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Title: Bibliographie Cornélienne - Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres - de Pierre Corneille
Author: Picot, Émile
Language: French
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*** Start of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Bibliographie Cornélienne - Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres - de Pierre Corneille" ***

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(This file was produced from images generously made
available by the Bibliothèque nationale de France
(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)



   Notes de transcription:
   Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
   corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été
   harmonisée. Les symboles avec marques diacritiques sont indiqués
   ainsi:

     marque diacritique	forme	       dessus
     macron (barre horizontale)	        [=x]
     2 points (tréma, umlaut)	        [:x]
     accent grave	`	        [`x]
     accent aigu	´               [´x]
     circonflexe	^	        [^x]
     caron (en forme de v)		[vx]
     breve (en forme de u)		[)x]
     tilde	                        [~x]

     Chiffres romains, C inversé        [C]
     Long S                             [s]
     Fraktur                            [f]
     Lettres espacées                   [=}



    BIBLIOGRAPHIE

    CORNÉLIENNE

    OU DESCRIPTION RAISONNÉE

    DE TOUTES LES ÉDITIONS DES OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE,

    DES IMITATIONS OU TRADUCTIONS

    QUI EN ONT ÉTÉ FAITES, ET DES OUVRAGES RELATIFS

    A CORNEILLE ET A SES ÉCRITS

    PAR

    ÉMILE PICOT


    [Illustration]


    PARIS

    AUGUSTE FONTAINE, LIBRAIRE

    35, 36 ET 37, PASSAGE DES PANORAMAS, ET GALERIE DE LA BOURSE, 1 ET 10.


    1876



    BIBLIOGRAPHIE

    CORNÉLIENNE



    _Cinquante exemplaires en papier Whatman._

    No 38

    PARIS.--TYP. G. CHAMEROT, RUE DES SAINTS-PÈRES, 19.



[Illustration: PETRVS CORNELIVS

_ROTHOMAGENSIS Anno D[=n]i 1644. M. fe._]



PRÉFACE


Les éditions originales de nos auteurs classiques ne sont plus
aujourd'hui de simples objets de curiosité que les bibliophiles
recherchent pour leur rareté. Étudiées avec soin par les érudits et
les savants, elles sont devenues la base des bonnes éditions modernes;
aussi les amateurs intelligents leur assignent-ils le premier rang sur
leurs tablettes, et le prix en a-t-il centuplé depuis le commencement
de ce siècle. Le temps n'est plus où les Walckenaer et les Taschereau
payaient un écu de cent sous les premières éditions du _Misanthrope_
et du _Tartuffe_, où Victor Cousin achetait pour 160 francs les
trente-deux pièces de Corneille; on assiste aujourd'hui à de
véritables batailles où les vainqueurs n'ont pas à craindre de revers.

La passion avec laquelle le public lettré poursuit ces précieuses
plaquettes a fait naître l'idée des bibliographies spéciales,
destinées à servir de guide aux collectionneurs, à leur indiquer
toutes les particularités des livres qu'ils recherchent, et à fournir
aux critiques un tableau complet des publications relatives à nos
grands auteurs.

Le succès qu'a obtenu la _Bibliographie moliéresque_, dont la seconde
édition sera bientôt épuisée, nous fait espérer que le public
témoignera quelque bienveillance à notre _Bibliographie cornélienne_.
Malgré les travaux de M. Taschereau, malgré la publication, si
consciencieuse, et l'on peut le dire définitive, de M. Marty-Laveaux,
les éditions originales de Corneille sont beaucoup moins bien connues
que celles de Molière et de Racine, parce qu'elles n'ont pas eu la
bonne fortune d'être aussi bien décrites par le savant auteur du
_Manuel du libraire_. De là vient que ces éditions n'atteignent pas
encore un prix en rapport avec leur intérêt et leur rareté.

La pensée d'être utile aux bibliophiles et aux libraires nous a fait
réunir, depuis plusieurs années, des observations qui se sont classées
au jour le jour. Chaque fois qu'un exemplaire nous est tombé sous les
yeux, nous en avons pris la description; peu à peu ces notes sont
devenues assez considérables pour que nous ayons songé à en faire un
livre. Le concours empressé des amateurs nous a permis de les
compléter.

M. le baron James de Rothschild, à qui nous devons la première idée de
notre travail, n'a cessé de nous aider de ses conseils et de son
expérience, en même temps qu'il nous permettait de puiser dans sa
précieuse bibliothèque. M. le comte de Lignerolles, M. Ambroise-Firmin
Didot et son savant bibliothécaire, M. Pawlowski, nous ont
gracieusement communiqué leurs riches séries d'éditions de Corneille;
les collections de MM. Bancel, Daguin et de Ruble n'ont pas eu non
plus de secrets pour nous. Sans prétendre nommer ici tous ceux qui
nous ont prêté leur concours, nous devons remercier d'une façon toute
spéciale M. Potier, le Nestor des libraires français, qui a bien voulu
revoir une épreuve de nos premiers chapitres; M. Paul Lacroix, qui
nous a signalé quelques livres peu connus; M. Léon Guyard, archiviste
du Théâtre-Français, et M. Charles Nuitter, archiviste de l'Opéra,
qui, l'un et l'autre, nous ont ouvert les dépôts confiés à leur soin.
Nous ne devons pas omettre Messieurs les conservateurs de la
Bibliothèque nationale, de la Bibliothèque de l'Arsenal, de la
Bibliothèque Cousin et du Musée britannique, dont nous ne sommes pas
parvenu à lasser l'obligeance.

Après avoir acquitté cette dette de reconnaissance, nous devons dire
quelques mots du plan que nous avons suivi. Nous nous sommes attachés
à décrire avec la plus extrême minutie toutes les éditions publiées du
vivant de Corneille, distinguant soigneusement celles auxquelles il a
coopéré de celles auxquelles il est resté étranger. Nous avons ainsi
réuni dans nos cinq premiers chapitres tous les livres qu'il est
indispensable de consulter pour établir un texte authentique de notre
auteur. La sévérité de notre classement nous a fait rejeter dans la
seconde catégorie les éditions elzéviriennes auxquelles les amateurs
attachent encore beaucoup de prix. Malgré les qualités matérielles de
leur exécution, nous avons pensé qu'elles devaient, au point de vue
littéraire, être rangées parmi les contrefaçons.

Tout en distinguant avec soin des véritables éditions originales les
réimpressions exécutées du vivant de Corneille, sans sa participation,
nous n'avons pas cru devoir les confondre avec les réimpressions
postérieures. Quoique ce ne soient en principe que des reproductions
subreptices ou des contrefaçons, généralement peu correctes, il n'est
pas impossible que telle ou telle d'entre elles renferme des
indications curieuses en ce qu'elles émanent de contemporains; c'est
le cas notamment pour l'édition du _Cid_ publiée par Guillaume
Chrestien, à Leyde, en 1638 (no 278), et pour l'édition elzévirienne
du _Menteur_ (no 318).

Afin d'enlever à notre livre un peu de la monotonie que présente un
simple catalogue, nous y avons introduit des notices historiques sur
chacun des ouvrages de Corneille. Nous n'avons pas eu la prétention
d'y révéler des faits inconnus; nous nous sommes borné le plus souvent
à donner une courte analyse des travaux de nos devanciers. Sur
quelques points cependant, nous avons été assez heureux pour relever
quelques détails qui n'avaient pas encore été recueillis. Le Journal
de Lagrange que nous avons pu consulter aux Archives du
Théâtre-Français, et un manuscrit non cité jusqu'ici de la
Bibliothèque nationale, nous ont permis de compléter les
renseignements relatifs aux représentations données du temps de
Corneille. Une _Lettre en vers_ de Robinet nous a fourni un
compte-rendu intéressant de la première représentation de _Pulchérie_.

Comme nous ne faisons pas ici de la critique, mais de la
bibliographie, nous nous sommes attaché dans nos citations à
reproduire avec une fidélité toute matérielle, le texte des éditions
anciennes; nous en avons respecté non-seulement l'orthographe, mais
encore la ponctuation, même dans les endroits où elle était vicieuse,
afin que le lecteur puisse se faire une idée exacte des originaux. Le
texte suivi dans le chapitre premier est celui de la première des
éditions originales de chaque pièce, tandis que l'édition collective
de 1682 a été prise pour guide dans le chapitre troisième[1]. Les
citations empruntées à Corneille ont été indiquées par des guillemets
marginaux.

  [1] Nous avons fait pourtant dans les citations la
  distinction entre l'_u_ voyelle et le _v_ consonne; entre l'_i_
  et le _j_. En reproduisant les titres, au contraire, nous avons
  suivi le système adopté par les imprimeurs. Corneille, qui fut un
  des premiers à faire cette distinction, ne la fit qu'en 1664.

Pour déjouer autant que possible les calculs de certains spéculateurs
peu scrupuleux qui composent des exemplaires avec des fragments
provenant d'éditions différentes, nous avons eu le soin de marquer la
séparation des lignes dans les titres des éditions contemporaines de
Corneille. Ce système a l'avantage d'indiquer, pour les éditions
véritablement importantes, quelles sont celles que nous avons décrites
_de visu_. Nous n'avions pas d'abord songé à l'appliquer aux
traductions étrangères: aussi le chapitre qui leur est consacré
contient-il un certain nombre d'articles, antérieurs à 1684, où la
séparation des lignes n'est pas indiquée, bien que nous ayons
nous-même relevé les titres sur les originaux.

Nous avons particulièrement insisté sur un point auquel les
bibliographes n'ont accordé d'ordinaire que peu d'attention: nous
voulons parler des mentions relatives aux libraires. Au dix-septième
siècle les libraires avaient l'habitude de s'associer pour la vente
des ouvrages auxquels la faveur du public paraissait assurée; le plus
souvent cette association était rappelée à la fin du texte du
privilége, et chacun des libraires faisait tirer des exemplaires à son
nom. Partant de ce principe, nous nous sommes efforcé de faire
connaître aussi complétement que possible les libraires à qui
Corneille avait confié la publication de chacune des éditions de ses
ouvrages. Nous n'avons pas laissé au hasard l'ordre dans lequel les
libraires ont été rangés; nous les avons classés conformément aux
indications fournies à la fin des priviléges; nous avons été ainsi
amenés plus d'une fois à citer certaines éditions avec des noms qui ne
se trouvaient pas sur les exemplaires que nous avons eus entre les
mains, ou tout au moins à compléter les adresses des libraires
mentionnés par les bibliographes. On distinguera facilement les
citations faites sur les originaux de celles qui sont des restitutions
même certaines, puisque, dans le premier cas, nous avons eu soin de
marquer la séparation des lignes dans l'original. Quand les libraires
cessionnaires du privilége ne sont pas mentionnés expressément, nous
n'avons fait figurer que ceux au nom de qui nous avons vu des
exemplaires, sauf à indiquer sous forme hypothétique qu'il peut en
exister d'autres au nom de tel ou tel libraire (voy. par exemple les
nos 116 et 117): nous espérons que ces notes ne seront pas inutiles
pour l'histoire de la librairie parisienne.

Les recherches de MM. Taschereau et Marty-Laveaux nous ont laissé peu
à glaner dans le champ des éditions originales; cependant nous croyons
avoir distingué le premier les diverses éditions de _Nicomède_ (nos 65
et 66) et de _Sophonisbe_ (nos 82 et 83), et donné une suite complète
des éditions collectives (nos 98-113).

On trouvera peut-être que nous sommes entré dans trop de détails,
relativement aux ouvrages dans lesquels figurent des fragments de
Corneille; il nous a paru curieux, quant à nous, de faire connaître un
certain nombre de livres aujourd'hui encore peu recherchés, mais qui
doivent figurer dans une collection cornélienne. Nous avons cru
d'autant plus utile de décrire avec soin cette série d'ouvrages
qu'elle est probablement destinée à s'enrichir de nouvelles
découvertes. Ceux qui trouveront dans quelque recueil du dix-septième
siècle des fragments signés de Corneille pourront immédiatement
vérifier si le livre qui les renferme est déjà connu.

Nous passerons rapidement sur les chapitres que nous avons consacrés
aux éditions modernes; il eût été probablement possible de les
enrichir encore en recherchant, avec plus de soin que nous l'avons
fait, les éditions imprimées au dix-huitième siècle, mais nous nous
sommes pour ainsi dire borné à dépouiller la _Bibliographie de la
France_. Augmenter outre mesure ces chapitres déjà trop longs eût été
plus fastidieux que profitable.

Nous avons donné un développement assez considérable au chapitre des
traductions étrangères pour lesquelles nous avons eu plusieurs
collaborateurs dévoués. M. de' Filippi nous a signalé plusieurs pièces
italiennes; M. Thor Sundby, de Copenhague, nous a très-gracieusement
envoyé la liste des traductions danoises; mais c'est surtout pour la
partie néerlandaise que nous avons eu un secours inespéré. M. Adolphe
Régnier, l'éminent directeur de la belle collection des _Grands
Écrivains de la France_, a bien voulu nous communiquer un important
travail que feu Van Lennep avait rédigé, à la demande de M. Louis
Hachette, pour l'édition de Corneille de M. Marty-Laveaux. Ce travail,
jugé trop considérable pour être inséré dans un livre où il eût été
comme un hors-d'oeuvre, était resté inédit, et nous avons la bonne
fortune de le présenter à nos lecteurs. M. Alphonse Willems, le savant
bibliographe de Bruxelles, nous est venu en aide avec la plus grande
obligeance, non-seulement pour compléter ce travail, mais pour en
revoir les épreuves. Grâce à lui et à diverses indications qui nous
ont été fournies par M. F. Vanderhaeghen, l'infatigable bibliothécaire
de l'Université de Gand, nous avons pu présenter un tableau à peu près
complet des traductions de Corneille publiées dans les Pays-Bas. Nos
renseignements n'ont malheureusement pas été aussi complets pour tous
les pays. Un inventaire définitif des traductions étrangères de nos
auteurs dramatiques ne sera possible que le jour où chaque pays
possédera des bibliographies théâtrales comparables à celles que MM.
Klemming et Dahlgren ont publiées pour la Suède.

La facilité que nous avons eue de consulter le recueil de livrets
achetés par l'Académie nationale de musique à la vente de M. de
Soleinne, nous a entraîné à donner peut-être une trop grande place aux
opéras tirés des tragédies de Corneille; sur ce point, cependant, nous
n'avons pas hésité à sacrifier une partie des notes que nous avions
prises.

Les chapitres complémentaires de notre _Bibliographie_, ceux qui
contiennent l'énumération de tous les ouvrages relatifs à Corneille et
à ses écrits, sont en grande partie empruntés à MM. Taschereau, Ballin
et Marty-Laveaux, auxquels nous n'avons eu que peu de chose à ajouter.
Il en est un cependant que nous croyons pouvoir recommander à
l'attention de nos lecteurs, c'est celui où nous avons décrit les
nombreuses pièces relatives à la querelle du _Cid_. Nous avons été
assez heureux pour pouvoir décrire un certain nombre de pièces que nos
devanciers n'avaient pu se procurer, en particulier cette fameuse
_Deffense du Cid_, vainement cherchée par M. Taschereau.

Nous comptions terminer notre ouvrage par une iconographie de
Corneille, pour laquelle un jeune amateur, M. Beraldi, nous avait
fourni d'utiles renseignements, mais la crainte de surcharger outre
mesure un volume déjà bien gros nous a forcé de renoncer à notre
projet. Nous avons dû nous contenter des renseignements que nous avons
donnés en parlant des diverses éditions de Corneille qui comportent
des figures. Nous avons nous-même reproduit en tête de notre volume le
plus ancien portrait de Corneille, qui est en même temps le plus rare
et le moins connu. Nous espérons que les amateurs verront avec plaisir
la gravure de Michel Lasne, que le procédé de M. Armand Durand a
permis de reproduire avec la plus grande fidélité.

Nous avons ajouté à notre ouvrage une table alphabétique générale et
une table des imprimeurs et des libraires. Cette dernière table nous
paraît indispensable dans une _Bibliographie_. Ce n'est qu'en dressant
des listes de ce genre qu'on pourra faire l'histoire de l'imprimerie
et de la librairie dans tous les pays.

En terminant, nous prendrons la liberté de recommander à nos lecteurs
la liste d'additions et de corrections que nous faisons suivre; celles
qu'on voudra bien nous communiquer par la suite seront accueillies
avec la plus vive reconnaissance. La bibliographie ne peut être qu'une
oeuvre collective à laquelle tous les amateurs, tous les chercheurs
doivent prendre part; nous ne nous sommes proposé que d'apporter une
modeste pierre à l'édifice commun.



ADDITIONS ET CORRECTIONS


  26. L'exemplaire in-4 de _Polyeucte_, qui a figuré à la vente
    Benzon, était daté de 1648 (no 28); il ne devait donc pas
    contenir d'achevé d'imprimer.

  79. Nous avons enfin trouvé chez M. Didot cette pièce que nous
    n'avions rencontrée nulle part. En voici la description:

LA || TOISON D'OR || Tragedie en Machines, || de Monsieur || de
Corneille l'Aisné || Representée sur le Theatre Royal des seuls ||
Comediens du Roy, entretenus par sa Majesté || en leur Hostel, ruë de
Guenegaud || Avec un Prologue nouveau. || Entreprise sous la conduite
du Sieur Du Fort, || Ingenieur & Machiniste du Theatre Royal || des
seuls Comediens du Roy. || _A Paris_, || _De l'Imprimerie de la
Veuve G. Adam, sur le Quay_ || _des Augustins, à l'Olivier_. ||
M. DC. LXXXII [1683]. || Avec Permission. In-4 de 35 pp. en tout.

Cette pièce est un simple programme qui comprend l'_Argument de la
Tragédie_ (pp. 3-10), les _Acteurs et la Décoration du Prologue_ (pp.
11-12); le _Prologue_ [en vers] _par le Sieur de la Chapelle_ (pp.
13-24); la _Toison d'or, Tragedie en Machines_ (pp. 23-35).

On lit à la fin: _Permis d'imprimer. Fait ce neuviesme Iuin 1683._ DE
LA REYNIE.

Le texte des Dessins du programme de 1683 diffère entièrement de celui
de 1661 et de la description des décorations mise par Corneille en
tête de chacun des cinq actes dans l'édition de 1661. On en jugera par
les premières lignes qui suivent immédiatement le _Prologue_:

    Un jardin magnifique succede à cette agreable solitude qui
    a servy de Décoration au Prologue: ce jardin est bordé tout au
    tour par des berceaux de chevrefeuilles, de jasmins et de
    grenadiers, dont les feuilles et les fleurs laissent voir d'espace
    en espace une grille de fer doré, ornée de festons et de
    corbeilles treillissées d'or, qui font avec la verdure un des plus
    agreables objets du monde: Au bas de ces berceaux regne une
    palissade de roziers chargés de fleurs, au long de laquelle sont
    des pieds d'estaux de marbre, qui portent des Statues d'or.

  99 _bis._ OEUVRES DE CORNEILLE. Tome Premier [Tome Second]. _A
    Paris, Chez Augustin Courbé, dans la petite Sale du Palais, à
    la Palme._ M. DC. XXXXVII [1647]. Auec Priuilege du Roy. 2 vol.
    in-4.

Recueil factice d'éditions séparées des pièces de Corneille dans le
format in-4. Un exemplaire est porté au Catalogue La Vallière de 1767;
un autre appartient à M. le comte de Lignerolles, qui a découvert
successivement chacun des deux volumes.

M. L. Potier nous signale ce recueil, dont l'absence du propriétaire
ne nous permet pas de donner une description détaillée.

  100. L'édition de 1648 se distingue de celle de 1652 par un
    détail matériel qui permet de la reconnaître facilement: elle
    est imprimée par cahiers 6 ff., tandis que les signatures de
    l'édition de 1652 se suivent régulièrement de 12 en 12 ff.

  110 et 113. Nous avons émis des doutes, page 146, sur l'existence
    de frontispices destinés à accompagner l'édition de 1668 (A);
    mais, depuis l'impression de notre chapitre IIIe, M. Lessore a
    bien voulu nous communiquer un exemplaire dans sa primitive
    reliure du _Théatre_ de Pierre et de Thomas Corneille, édition
    de 1668 (A), qui contient les frontispices que nous avons cru
    n'appartenir qu'au Recueil de 1682. Ainsi se trouve confirmée
    l'hypothèse émise par M. Daguin (voy. p. 150). Quant à
    l'édition de 1668 (B), il est hors de doute qu'elle n'a jamais
    eu de frontispices gravés.

  250. Une lettre de Huet à Ménage, datée du 16 mars 1663, et dont
    l'original appartient à M. le baron James de Rothschild, nous
    apprend que la _Plainte de la France à Rome_ avait d'abord
    passé dans le public pour être l'oeuvre de Corneille: «On m'a
    envoyé, dit Huet, une élégie sur la guerre de Rome, que je pris
    d'abord avec bien d'autres pour estre de Mr Corneille; j'en
    suis présentement désabusé.»

  421. Lisez: _Ulm_, 1836.

  640 _g._ Ajoutez: [par l'abbé Champion de Nilon]. Supprimez le no
    630 _i_.

  799. Lisez: URVAL.

  825 _bis._ HORATIORUM ET CURIATIORUM GLORIOSISSIMUM PRO IMPERIO
    CERTAMEN. _Absque nota._

    Traduction abrégée d'_Horace_ représentée dans un des colléges
    des jésuites. Elle est citée au _Catalogue Pont-de-Veyle_, no 1919.

  828 _bis._ RAGIONAMENTO SU L'UTILITÀ E SU LE PARTI DEL POEMA
    DRAMMATICO, portato dal Francese nell'Italiana favella
    dall'abate G. Cito.

Traduction italienne du _Discours sur l'utilité et les parties du
Poëme Dramatique_; elle se trouve dans les _Notizie letterarie intorno
ad alcuni huomini illustri della Francia, pubblicate dall'abate G.
Cito_; 1738, in-4.

  900. Lisez: [Cyrillique: Eraklie.]

Tandis que les dernières feuilles de notre _Bibliographie_ étaient
sous presse, la littérature roumaine s'est enrichie d'une nouvelle
traduction de Corneille. M. Georges Sion, qui nous exprimait, il y a
quelques mois, le regret de voir Corneille aussi négligé de ses
compatriotes, s'est mis lui-même à l'oeuvre, et, dans la séance de
l'Académie roumaine du 29 août-10 septembre dernier, il a présenté à
cette société, dont il est un des membres les plus distingués, une
traduction en vers d'_Horace_, dont l'impression a été aussitôt
décidée.

  915. Lisez: _Over against the New Exchange_.

  928. Effacez une fois _Nicolaes_.

  1146 _bis._ I VERI AMICI, Dramma recitato nel Teatro di S.
    Cassiano l'anno 1713; [Poesia dell'Abate Froncesco Silvani,
    Veneziano, e Domenico Lalli Veneziano; Musica di Andrea
    Paulati, Veneziano]. _In Venezia, per Marino Rossetti_, 1713.
    In-12.

Cet opéra, tiré d'_Héraclius_, a été repris à Venise, au théâtre
Saint-Angiolo, en 1723, avec quelques changements. Il a été fait alors
une nouvelle édition du livret (_In Venezia, per Francesco Storti_,
1723, in-12).



BIBLIOGRAPHIE

CORNÉLIENNE



I.--ÉDITIONS DES PIÈCES DE THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES PAR LUI-MÊME.


I

  1. MELITE, || OV || LES FAVSSES || LETTRES. || Piece Comique. ||
    _A Paris, || Chez François Targa, au premier || pillier de la
    grande Salle du Palais, deuant || les Consultations, au Soleil
    d'or._ || M. DC. XXXIII [1633]. || Avec Priuilege du Roy. In-4
    de 6 ff., 150 pp. et 1 f. blanc.

Les feuillets prélim. comprennent: 1 f. de titre; 3 ff. pour la
dédicace à M. de Liancour, l'avis _Au Lecteur_ et l'_Argument_; 2 ff.
pour le _Privilége_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége, daté de Saint-Germain en Laye, le dernier jour de
janvier 1633, porte: «Nostre bien amé François Targa, Marchand
Libraire de nostre bonne ville de Paris, nous a fait remontrer qu'il a
nouvellement recouvré un Livre intitulé _Melite, ou les fausses
Lettres, Piece comique_, faicte par Me Pierre Corneille, Advocat en
nostre Cour de Parlement de Rouen, qu'il desireroit faire imprimer et
mettre en vente, etc.» Le privilége lui est accordé pour dix ans
consécutifs, «à compter du jour et datte qu'il sera achevé
d'imprimer». On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere
fois, le douziéme iour de Feburier mil six cens trente-trois_.

Tous les biographes de Corneille ont raconté comment il composa
_Mélite_, en souvenir d'une aventure galante dont il avait été le
héros. Une mention insérée dans un manuscrit de la Bibliothèque de
Caen, _le Moréri des Normands_ par Joseph-André Guiot de Rouen, nous a
fait connaître le nom véritable de _Mélite_. C'était une demoiselle
Millet, qui demeurait, ainsi que nous l'apprend M. Gaillard, rue aux
Juifs, no 15. L'abbé Granet, qui avait fait de longues recherches sur
Corneille, désigne, il est vrai, l'héroïne de _Mélite_ sous le nom de
Mme Dupont, et l'on a supposé, pour concilier les deux versions, que
la jeune fille, qui avait d'abord montré une préférence pour
Corneille, avait épousé, par la suite, un autre que lui. Les documents
retrouvés par M. Gosselin ne permettent pas de s'arrêter à cette
hypothèse. «Au moment du mariage de Pierre Corneille, la dame Dupont
se trouvait veuve de Thomas Dupont, conseiller-correcteur à la Chambre
des Comptes de Rouen, et son nom était Marie Courant. Cela résulte
d'un arrêt du Parlement, du 11 août 1639, qui statuait sur une
difficulté née antérieurement entre les frères Thomas, Jacques et
Guillaume Dupont, et sur laquelle un premier arrêt était déjà
intervenu le 26 juin 1638. A cette date, Thomas Dupont vivait encore,
et, circonstance assez curieuse, il avait choisi pour son procureur
François Corneille, oncle de l'ami de sa femme et le sien aussi sans
doute.» (_Particularités de la vie judiciaire de Corneille_, par E.
Gosselin; Rouen, 1865, in-8, p. 15.) Si l'on admet l'authenticité du
récit relatif à _Mélite_, il faut donc tout au moins distinguer Mlle
Millet de Mme Dupont.

Pour ne pas nous éloigner de l'ordre suivi par les éditeurs de
Corneille et par Corneille lui-même, nous faisons figurer _Mélite_ en
tête de ses oeuvres, bien qu'elle n'ait été imprimée qu'après
_Clitandre_. Cette première pièce fut représentée par la troupe de
Mondory, la seule qu'il y eût alors à Paris. L'époque de la
représentation n'a pu être jusqu'ici exactement déterminée. L'opinion
la plus probable la place à la fin de l'année 1629 ou au commencement
de l'année 1630. Le succès confirma la vocation dramatique de
Corneille.

Quelques exemplaires de l'édition originale présentent des corrections
qui indiquent de légers remaniements pendant le tirage. La faute
d'impression 9[3](3 à l'envers) au lieu de 63, qui se remarque dans la
pagination des premiers exemplaires, a disparu des seconds; on a, de
plus, introduit en manchette, p. 101, après le vers:

    _Si proches du logis, il vaut mieux l'y porter,_

l'indication d'un jeu de scène: _Cliton et la Nourrice emportent
Mélite pasmée en son logis, ou Cloris les suit appuyée sur Lisis_. Par
contre, on a laissé subsister les fautes _Episrte_ pour _Epistre_, au
titre courant de la p. v, et 79 pour 97 dans la pagination. Les deux
tirages se trouvent à la Bibliothèque nationale: le premier y est
porté Y. 5801, le second Y. 5801 + A.

Il existe, sous la date de 1633, une édition de _Mélite_ dans le
format in-8, que M. Brunet et M. Frère ont rangée, sans l'avoir vue,
parmi les éditions originales de Corneille. Nous avons eu l'occasion
de l'examiner, et nous avons reconnu que c'est une simple contrefaçon.
On en trouvera la description ci-après, en tête de notre chapitre VII.
C'est probablement cette édition qui est citée au Catalogue Pompadour
(no 890), avec la mention: _Paris_, _Targa_, 1633, in-12.


II

  2. CLITANDRE, || OV || L'INNOCENCE || DELIVRÉE ||
    Tragi-Comedie.|| Dédiée à Monseigneur || le Duc de Longueuille.
    || _A Paris, || Chez François Targa, au premier pilier || de la
    grand'Salle du Palais, au Soleil d'or._ || M. DC. XXXII [1632].
    || Auec Priuilege du Roy.--MESLANGES || POETIQVES|| Du mesme.
    || _A Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la
    grand'Salle du Palais, || au Soleil d'or._ || M. DC. XXXII
    [1632]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 12 ff. et 159 pp.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. de titre; 5 pp. pour la
dédicace; 6 pp. pour la _Préface_; 9 pp. pour l'_Argument_; 1 f. pour
l'_Extrait du Privilége_ et les _Acteurs_.

_Clitandre_ occupe les 118 pp. suivantes; il y a ensuite un feuillet
blanc, puis vient le second titre. Les _Meslanges poëtiques_
continuent la pagination et même les signatures de la pièce (le cahier
H compte 4 ff. de _Clitandre_ et 4 ff. des _Meslanges_); ils ne
peuvent donc en être détachés.

Le privilége, donné à Paris le 8 mars 1632, est accordé à _François
Targa_, pour six ans. L'achevé d'imprimer est du 20 mars 1632.

Corneille paraît ici pour la première fois devant le public. Il avait
déjà fait représenter _Mélite_, qui lui avait valu une certaine
réputation; mais il aima mieux livrer d'abord à l'impression son
_Clitandre_, pour lequel il semble avoir eu une affection
particulière. Il s'était efforcé d'en faire une pièce plus régulière
que sa _Mélite_, et dont le noeud, l'intrigue, tous les incidents et
la conclusion pussent tenir dans un espace de vingt-quatre heures. Il
voulut aussi l'écrire «dans un style plus élevé», ce qui ne l'empêcha
pas de se permettre une de ces licences qui ne seraient guère de mise
aujourd'hui sur la dernière de nos scènes comiques. Calliste, fiancée
de Rosidor, vient trouver celui-ci dans son lit; «il est vrai, dit
Fontenelle, qu'ils doivent bientôt être mariés.»

Lorsque Corneille eut acquis l'habitude du théâtre, il reconnut que
_Clitandre_ était peu digne de lui; il en fit si bonne justice dans
l'_Examen_ qu'il y ajouta, qu'on eût dit qu'il se reprochait son
ancienne prédilection.

_Clitandre_ dut être joué en 1631. En en plaçant la représentation en
1632, les frères Parfaict nous semblent n'avoir pas pris garde à la
date du privilége et de l'achevé d'imprimer. Il est difficile
d'admettre que si, par exemple, la pièce avait été donnée au mois de
janvier, le privilége, dont l'obtention demandait certainement d'assez
longues démarches, eût pu être daté des premiers jours de mars.
Corneille, d'ailleurs, n'était pas encore assez connu pour que les
libraires missent une grande diligence à l'imprimer. Ce qui le prouve
bien, c'est que Targa crut nécessaire de grossir quelque peu le
volume, avant de le lancer dans le public, circonstance qui vint
probablement encore retarder l'impression. En effet, les _Meslanges_
sont précédés de l'avis suivant: «AU LECTEUR. Quelques-unes de ces
pieces te desplairont: sçache aussi que je ne les justifie pas toutes,
et que je ne les donne qu'à l'importunité du Libraire pour grossir son
Livre. Je ne croy pas cette Tragi-Comedie si mauvaise, que je me
tienne obligé de te recompenser par trois ou quatre bons Sonnets.»

Les pièces contenues dans le recueil sont:

  _A monsieur D. L. T._

     Enfin eschappé du danger
     Où mon sort me voulut plonger...

  _Ode sur un prompt Amour._

     O Dieux! qu'elle sçait bien surprendre...

  _A Monseigneur le Cardinal de Richelieu. Sonnet._

     Puisqu'un d'Amboise et vous d'un succez admirable...

  _Sonnet pour M. D. V. envoyant un Galand à M. L. D. L._

     Au point où me réduit la distance des lieux...

  _Madrigal pour un Masque donnant une boëte de Cerises confites à
  une Damoiselle._

     Allez voir ce jeune Soleil....

  _Epitaphe de Didon. Traduit du Latin d'Ausone._

     Miserable Didon, pauvre amante seduite..

  _Mascarade des Enfants gastez._

     _L'Officier._ Une ambition desreglée...


  _Récit pour le Ballet du Chasteau de Bissestre._

     Toy dont la course journaliere...

  _Pour monsieur L. C. D. F. representant un diable au mesme Ballet.
  Epigramme._

     Quand je voy, ma Phillis, ta beauté sans seconde...

  _Stances sur une absence en temps de pluye._

     Depuis qu'un malheureux adieu...

  _Sonnet._

     Apres l'oeil de Melite il n'est rien d'admirable...

  (Ce sonnet avait été récité au théâtre, lors de la représentation
  de _Mélite_, mais il était encore inédit en 1632.)

  _Madrigal._

     Je suis blessé profondément...

  _Epigrammes. Traduites du Latin d'Audoenus [Owen]._

     Jane toute la journée
     Dit que le joug d'Hyménée...

  _Dialogue. Tirsis. Calliste._

     _Tirsis._ Calliste mon plus cher souci...

  _Chanson._

     Toy qui près d'un beau visage
     Ne veux que feindre l'amour...

  _Chanson._

     Si je perds bien des maistresses
     J'en fais encor plus souvent...


III

  3. LA || VEFVE || OV LE || TRAISTRE || TRAHY. || Comedie. || _A
    Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la
    grand'Salle du Palais deuant la || Chappelle, au Soleil d'or._
    || M. DC. XXXIV [1634]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 20
    ff. prélim., sign. ã, [~e], par 8, [=i] par 4, et 144. pp.
    imprimées en caract. ital.

Les feuillets prélim. contiennent: 1 titre, 5 pp. pour la dédicace à
Madame de la Maison-Fort et 4 pp. pour l'avis _Au Lecteur_ (lequel n'a
pas été réimprimé ailleurs). Les 23 pp. suivantes sont occupées par
des vers que divers auteurs adressent à Corneille, au sujet de sa
pièce. Ces hommages sont au nombre de 26; ils sont signés de Scudéry,
Mairet, Guérente, I. G. A. E. P. [Jacques Gaillard, avocat en
Parlement], de Rotrou, C. B. [Charles Beys], Du Ryer, Bois-Robert,
d'Ouville, Claveret, J. Collardeau, L. M. P. [Louis Mauduit, Parisien,
auteur du poëme de _Narcisse_], du Petit Val, Pillastre, de Marbeuf,
de Canon, L. N. [Louis Neufgermain, ou L. Nondon, auteur de la
tragédie de _Cyrus_], Burnel, Marcel, Voille, Beaulieu et A. C. [A.
Chappelain, ou Adam Campigny, poëtes cités en 1633 et 1634]. Il y a
parmi ces noms des auteurs connus et des auteurs inconnus. Ces
derniers devaient être des Rouennais, amis du poëte, ainsi que M.
Taschereau le suppose avec beaucoup de vraisemblance. Il y avait à
Rouen, au commencement du dix-septième siècle, deux libraires appelés
_du Petit-Val_: Raphaël et David. L'un et l'autre publièrent un grand
nombre de pièces de théâtre Voy. notamment le Catalogue Soleinne, nos
879, 881, 906 à 911 et 1022. Il s'agit sans doute ici de David, neuf
fois couronné par l'Académie des Palinods (1615-1658). Aucun des
éditeurs modernes n'a cherché à interpréter les initiales; nous les
expliquons sous toutes réserves, d'après une note que M. P. Lacroix a
bien voulu nous communiquer. _La Veuve_ est, du reste, la seule de ses
pièces que Corneille ait eu la faiblesse de faire précéder de stances,
sonnets, strophes et madrigaux en son honneur, et il ne manqua pas de
les supprimer dans le recueil de 1644 et dans les éditions
suivantes.--Le recto du 19e f. est occupé par l'extrait du privilége,
accordé à _François Targa_, pour six ans, par lettres datées du 9 mars
1634. L'achevé d'imprimer qui suit le privilége est du «treisiesme
jour de mars mil six cens trente-quatre». Au verso du 19e f., on
trouve le relevé des plus notables fautes survenues à l'impression;
enfin le 20e f. contient au recto l'_Argument_ et, au verso, la liste
des _Acteurs_.

La plupart des éditeurs de Corneille, et M. Taschereau lui-même, ont
cru que la _Veuve_ n'avait dû être représentée qu'en 1634; M.
Marty-Laveaux (_OEuvres de Corneille_, I, p. 373) a démontré, à l'aide
de deux passages de la dédicace, que la représentation avait dû avoir
lieu plus tôt et que les frères Parfaict avaient eu raison de la
placer en 1633. (_Hist. du Théatre François_, t. V, p. 43.)


IV

  4. LA || GALERIE || DV PALAIS, || OV || L'AMIE RIVALLE. ||
    Comedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, Imprimeur &
    Libraire de || Monseigneur frere du Roy, dans la petite Salle
    || du Palais, à la Palme_; [ou _Chez François Targa, au premier
    pilier de la grand' || Salle du Palais, deuant la Chappelle, ||
    au Soleil d'or_]. || M. DC. XXXVII [1637]. || Auec Privilege du
    Roy. In-4 de 4 ff. et 143 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 3 pp. pour la dédicace; 2 pp.
pour le _Privilége_; 1 p. pour les noms des _Acteurs_.

Nous trouvons ici le texte entier du privilége accordé à _Courbé_,
pour «trois Comédies; Sçavoir _La Galerie du Palais, ou l'Amie_
_rivalle, La Place Royalle, ou l'Amoureux Extravagant, et la
Suivante; Et une Tragédie-Comédie intitulée, Le Cid_, composées par M.
Corneille.» Ce privilége est donné pour une durée de vingt ans, à la
date du 21 janvier 1637, et Courbé déclare y associer _François
Targa_, «suivant le contract passé entr'eux pardevant les Notaires du
Chastelet de Paris». L'achevé d'imprimer est du 20 février 1637.

M. Marty-Laveaux, à l'exemple des précédents éditeurs de Corneille, a
d'abord placé la représentation de la _Galerie du Palais_ en 1634,
mais il a remarqué ensuite un passage d'une pièce latine adressée par
Corneille à Richelieu, pièce qui a dû être composée en 1634, et dans
laquelle il est question de la _Place Royale_. Il a fallu avancer d'un
an la date généralement admise de cette comédie, et, comme il n'est
pas probable que Corneille ait pu donner trois pièces en un an,
changer aussi la date de la _Galerie du Palais_ et la reporter à 1633.
(Voy. _OEuvres de Corneille_, éd. Marty-Laveaux, t. X, pp. 7 et 65.)

Corneille assura le succès de sa quatrième comédie en lui donnant pour
scène un lieu connu de tous, cette fameuse Galerie du Palais, où se
vendaient ses ouvrages et qui était alors le rendez-vous du monde
élégant. Ses détracteurs lui reprochèrent plus tard avec aigreur cette
manière de fixer l'attention du public. Un pamphlet anonyme publié
dans la querelle du _Cid_, la _Lettre à *** sous le nom d'Ariste_,
contient le passage suivant: «Il reste maintenant à parler de ses
autres pièces qui peuvent passer pour farces, et dont les tiltres
seuls faisoient rire autrefois les plus sages et les plus sérieux. Il
a fait voir une _Mélite_, la _Galerie du Palais_ et la _Place Royale_,
ce qui nous faisoit espérer que Mondory annonceroit bientost le
_Cimetière S. Jean_, la _Samaritaine_ et la _Place aux Veaux_.» Ce
passage est curieux, parce qu'il prouve que toutes les comédies de
Corneille furent représentées par Mondory; on l'avait supposé
jusqu'ici, mais on n'avait appuyé cette opinion d'aucune preuve.

Une innovation qui mérite d'être rappelée est la suppression de la
nourrice traditionnelle, que Corneille avait conservée dans _Mélite_
et dans la _Veuve_, et qui est remplacée ici par une «suivante». A la
vérité, les suivantes remplirent toujours plus ou moins le rôle joué
jadis par les nourrices; elles ne ressemblèrent en rien aux
chambrières du XVIe siècle ou du commencement du XVIIe. Ces dernières
intriguaient toujours pour leur propre compte, tandis que les
suivantes n'intriguèrent que pour leur maîtresse.

La _Galerie du Palais_ dut rester en portefeuille pendant quatre ans.
Elle ne vit le jour qu'après que le _Cid_ eut mis le sceau à la
réputation de Corneille. Elle fut ainsi comprise dans le Privilége
accordé au libraire du poëte triomphant, privilége d'une durée plus
longue qu'aucun de ceux que nous avons rencontrés à cette époque.

La mention qui termine le privilége, mention que nous trouvons, du
reste, en plusieurs autres endroits, devrait inspirer à quelque
chercheur l'idée de fouiller les études des notaires de Paris, pour y
retrouver les minutes des contrats intervenus entre Courbé, Targa,
Sommaville, de Luyne, Billaine et les autres éditeurs des grands
écrivains du XVIIe siècle. Nul doute qu'il ne se soit conservé
quelques-uns de ces actes, qui nous révéleraient de piquants détails
sur les bénéfices qu'une pièce de Corneille pouvait rapporter aux
libraires qui la publiaient.

Les exemplaires avec le nom de _Targa_ sont très-rares. On en conserve
un à la Bibliothèque de l'Institut (Q. 150. B).


V

  5. LA || SVIVANTE, || Comedie. || _A Paris, || Chez Augustin
    Courbé, Imprimeur || & Libraire de Monseigneur Frere du Roy,
    dans la || petite Salle du Palais, à la Palme_; [ou _Chez
    François Targa, au premier || Pilier de la grand'Salle du
    Palais, deuant || la Chappelle, au Soleil d'or_]. || M. DC.
    XXXVII [1637]. || Avec Privilege du Roy. In-4 de 5 ff. prélim.
    et 128 pp.

Les feuillets prélim. contiennent: 1 f. de titre et 3 ff. pour
l'épître dédicatoire (sign. [=a]), plus 1 f. non signé, formant encart
pour l'_Extrait du Privilége_. Ce dernier texte est extrait du
privilége, donné pour vingt ans à Augustin Courbé, à la date du 21
janvier 1637, c'est-à-dire après la représentation du _Cid_. Courbé
déclare y associer François Targa. L'achevé d'imprimer est du 9
septembre 1637.

_La Suivante_ dut être représentée en 1634, mais ne fut publiée
qu'après le grand succès du _Cid_. Cette circonstance explique le ton
de l'épître qui la précède. Tout en présentant sa pièce au public sous
la forme d'une dédicace probablement imaginaire, il vise les ennemis
du _Cid_ et défend ses oeuvres avec la conscience de son génie. Quant
à _la Suivante_, «elle est d'un genre, dit-il, qui demande plustost un
style naïf que pompeux: les fourbes et les intrigues sont
principalement du jeu de la Comedie, les passions n'y entrent que par
accident. Les regles des Anciens sont assez religieusement observées
en celle-cy: il n'y a qu'une action principale à qui toutes les autres
aboutissent, son lieu n'a point plus d'estendue que celle du Theatre,
et le temps n'en est point plus long que celuy de la representation,
si vous en exceptez l'heure du disner qui se passe entre le premier et
le second Acte. La liaison mesme des Scenes, qui n'est qu'un
embellissement, et non pas un precepte, y est gardée; et si vous
prenez la peine de conter les vers, vous n'en trouverez pas en un acte
plus qu'en l'autre. [Il y a 340 vers dans chaque acte.] Ce n'est pas
que je me sois assujetty depuis aux mesmes rigueurs: j'ayme à suivre
les regles, mais, loin de me rendre leur esclave, je les élargis et
reserre selon le besoin qu'en a mon sujet, et je romps mesme sans
scrupule celle qui regarde la durée de l'action, quand sa severité me
semble absolument incompatible avec les beautez des evenemens que je
décris.»


VI

  6. LA PLACE || ROYALLE, || OV || L'AMOVREVX || EXTRAVAGANT. ||
    Comedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, Imprimeur &
    Libraire de || Monseigneur frere du Roy, dans la petite Sale_
    [sic] _du Palais, à la Palme_; [ou _Chez François Targa au
    premier pillier de la || grand'Salle du Palais, deuant la
    Chapelle, || au Soleil d'or_]. || M. DC. XXXVII [1637]. || Auec
    Privilege du Roy. In-4 de 4 ff. prélim. et 112 pp.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. de titre; 2 ff. pour la dédicace
à Monsieur *** et 1 f. pour le Privilége.

L'extrait du privilége est le même que celui de _la Suivante_. Il y a
de même partage amiable entre _Courbé_ et _Targa_. L'achevé d'imprimer
est du 20 février 1637.

Nous avons déjà parlé, à propos de _la Galerie du Palais_, de la pièce
latine adressée par Corneille au cardinal de Richelieu, en l'année
1634, pièce qui contient une allusion à _la Place Royale_ (voy.
Marty-Laveaux, _OEuvres de Corneille_, t. X, pp. 64-72, et, en
particulier, les vers 29 et 30 du poëme latin). Il convient donc de
placer en 1634 la représentation de cette comédie, que l'on considère
généralement comme ayant eu lieu en 1635.

Corneille, en prenant pour titre de sa pièce le nom de la Place où se
réunissait alors le beau monde, voulut exploiter le succès qu'il avait
obtenu avec _la Galerie du Palais_. Il paraît que Claveret avait déjà
fait choix du même titre pour un de ses ouvrages, et, dans sa lettre
«au soy-disant auteur du _Cid_», il accuse Corneille de plagiat. «Il
faudrait, dit M. Taschereau, avoir la bosse du vol bien prononcée pour
se laisser aller à dérober quoi que ce fût à Claveret.» (_Hist. de
Corneille_, 2e éd., p. 34.)

Le principal personnage de _la Place Royale_, Alidor, parle des
femmes, en termes peu ménagés, et, s'il faut en croire l'édition de
_Corneille_, publiée en 1747, plusieurs spectatrices se plaignirent de
ce que leur sexe était aussi peu ménagé par le poëte; aussi, l'épître
dédicatoire à M. *** contient-elle une longue justification d'Alidor,
dont l'auteur déclare ne point partager les sentiments.

La Bibliothèque nationale possède un exemplaire au nom de _Courbé_, et
la Bibliothèque de l'Institut un exemplaire au nom de _Targa_.


VII

  7. MEDEE || Tragedie. || _A Paris, || Chez François Targa, au ||
    premier pillier de la grand'Salle du Palais, || deuant la
    Chapelle, au Solier_ [sic] _d'or._ || M. DC. XXXIX [1639]. ||
    Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 95 pp.

Les feuillets prélim. contiennent: 1 titre; 2 ff. pour la dédicace à
Monsieur P. T. N. G. et 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms
des _Acteurs_.

Le privilége, daté du 11 février 1639, est accordé à _François Targa_,
pour sept ans. L'achevé d'imprimer est du 16 mars 1639.

_Médée_ dut être représentée dans les premiers mois de l'année 1635,
mais ne fut imprimée que deux ans après le _Cid_, en même temps que
l'_Illusion comique_. Corneille, obligé de répondre aux attaques
furieuses de ses ennemis, ne se pressa point de donner un nouvel
aliment à leurs critiques, en faisant imprimer les deux pièces qui
n'avaient pas été comprises dans le privilége du _Cid_. Après avoir
obtenu ce privilége pour vingt ans, son libraire n'obtint que sept ans
pour _Médée_ et l'_Illusion comique_. On dirait ainsi que les injures
des Mairet et des Claveret produisirent impression sur les Conseils du
roi.

Jusqu'ici Corneille n'est connu que comme poëte comique; il se révèle
maintenant comme poëte tragique, en faisant choix d'un sujet déjà
traité par Euripide et par Sénèque. Il y a de beaux vers dans sa
_Médée_, et, malgré des faiblesses et des longueurs, on y sent déjà
l'auteur du _Cid_. Cette première tragédie n'eut pourtant pas de
succès, et l'indifférence du public peut expliquer qu'elle n'ait vu le
jour qu'après _le Cid_. La troupe de Molière, qui avait repris la
pièce donnée au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, plus de vingt-cinq
ans auparavant, ne l'en conserva pas moins au répertoire, mais ne la
joua jamais seule. Le Registre de Lagrange en mentionne 13
représentations, de 1665 à 1677. Le 2 octobre 1665, elle fut donnée
avec l'_Alexandre_ de Racine; le 7 et le 9 novembre 1666, elle reparut
avec _le Menteur_, etc.

M. Marty-Laveaux dit que la _Médée_ de Longepierre, représentée en
1694, fit oublier celle de Corneille, ce qui n'est pas absolument
exact. Longepierre s'était plus ou moins inspiré de son devancier et,
loin de s'appliquer à éviter ses défauts, les avait encore exagérés.
Il est vrai que sa _Médée_ resta au théâtre pendant tout le cours du
XVIIIe siècle, «parce que le rôle principal, ainsi que le remarque M.
Taschereau, offrait l'occasion de briller à une actrice imposante»;
mais la pièce de Corneille ne fut pas entièrement oubliée.

Un curieux travail placé à la fin de l'édition de Racine, publiée par
M. Ménard, nous apprend qu'elle fut reprise en 1763. Quelques scènes
en ont été représentées au Théâtre-Français dans ces dernières années,
notamment en 1871, et les spectateurs ont témoigné leur intérêt pour
l'oeuvre de Corneille.

Vendu: 170 fr. vél., Huillard, 1870 (n° 589).


VIII

  8. L'ILLVSION || COMIQVE || Comedie. || _A Paris, || Chez
    François Targa, au || premier pillier de la grand'Salle du
    Palais, || deuant la Chapelle, au Soleil d'or._ || M. DC. XXXIX
    [1639]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 124 pp.

Les feuillets prélim. contiennent: 1 f. de titre; 3 pp. pour la
dédicace à Madamoiselle M. F. D. R.; 1 p. pour l'errata, et 1 f. pour
l'_Extrait du Privilége_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége est accordé à François Targa, à la date du 11 février
1639, pour une durée de sept ans. L'achevé d'imprimer est du 16 mars
1639, comme celui de _Médée_, imprimée en vertu du même privilége.

«Si _Médée_, qui fait honneur au jeune talent de Corneille, fut
froidement accueillie, dit M. Taschereau, une composition
extravagante, que les admirateurs de son génie voudraient pouvoir
rayer du catalogue de ses pièces, fut peu après reçue avec
enthousiasme: nous voulons parler de l'_Illusion_, représentée en
1636. Il la déclare lui-même un _monstre étrange_, et ce jugement
n'est que juste. Toutefois, on peut s'expliquer, par le mouvement
qu'elle présente, par une grande supériorité de style sur tous les
précédents ouvrages du même auteur, et par la nouveauté du personnage
de _Matamore_, imité du _Miles gloriosus_ de Plaute et du Capitan du
théâtre espagnol, l'avantage qu'elle eut de se maintenir pendant plus
de trente ans à la scène.»

Malgré ce jugement sévère, M. Taschereau lui-même cite un fort beau
passage de l'_Illusion_ (c'est le titre que porta la pièce à partir de
1660), le passage où Corneille prend à tâche de relever la profession
de comédien, comme s'il ne voulait pas qu'on pût confondre un jour les
interprètes du _Cid_ avec les saltimbanques ou les faiseurs de parade.
M. Marty-Laveaux cite d'autres vers, placés dans la bouche de
Matamore, mais qui ne sont pas empreints de l'exagération comique
propre à ce personnage; on les dirait empruntés au récit de Rodrigue
dans le _Cid_. Ajoutons que certains vers de l'_Illusion_ sont dans
toutes les mémoires, ceux-ci par exemple:

      Ainsi de nostre espoir la Fortune se joue;
    Tout s'esleve ou s'abaisse au bransle de sa roue,
    Et son ordre inégal qui regit l'Univers
    Au milieu du bonheur a ses plus grands revers.
                  (Acte V, scène VI, de l'édition originale.)

Il ne s'agit pas ici de défendre le sujet de l'_Illusion_, ni d'y
chercher, à l'exemple de M. Aimé-Martin, l'histoire de Corneille et de
Mondory; mais nous pouvons nous étonner du mépris avec lequel M.
Taschereau parle du rôle de Matamore. Ce personnage pouvait ne pas
être goûté en 1829, mais il est étrange que M. Taschereau ne l'ait pas
traité avec plus d'indulgence en 1855, dans sa seconde édition. Lors
de la timide reprise de l'_Illusion comique_, faite par M. Édouard
Thierry, en 1861 et en 1862, pour l'anniversaire de la naissance de
Corneille, l'artiste de talent chargé d'interpréter le rôle de
Matamore a su montrer que, pour ne pas appartenir au genre élevé, la
figure du spadassin gascon n'est pas moins d'un effet véritablement
comique. Corneille, plus encore que Mareschal ou que Scarron, a fait
passer en proverbe le nom de Matamore, sous lequel fut longtemps connu
l'acteur Bellemore.


IX

  9. LE CID || Tragi-Comédie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé,
    Im- || primeur & Libraire de Monseigneur || frere du Roy, dans
    la petite Salle du || Palais, à la Palme_; [ou _Chez François
    Targa, || au premier pillier de la grand'Salle du Palais, ||
    devant la Chapelle, au Soleil d'or_]. || M. DC. XXXVII [1637].
    || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 128 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour la dédicace à
Madame de Combalet; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des
_Acteurs_.

Le privilége, accordé à _Courbé_ pour le _Cid_, en même temps que pour
_la Galerie du Palais_, _la Place Royalle et la Suivante_ (voy.
ci-dessus), est daté du 21 janvier 1637 et garantit les droits de
l'éditeur pendant vingt ans. Courbé déclare y associer _Fr. Targa_,
«suivant le contract passé entr'eux pardevant les Notaires du
Chastelet de Paris». L'achevé d'imprimer est du 23 mars 1637.

Dans certains exemplaires, dans un notamment qui fait partie de la
collection Cousin, l'adresse du libraire _Courbé_ est ainsi disposée:
_A Paris, || Chez Augustin Courbé, || Imprimeur & Libraire de
Monseigneur || frere du Roy, dans la petite Salle || du Palais, à la
Palme_. L'Achevé d'imprimer y est, non plus du 23 mars, mais du 24
mars 1637.

La 3e stance récitée par Rodrigue à la fin du premier acte est ainsi
conçue, dans les exemplaires de la première catégorie:

        Pere, maistresse, honneur, amour,
    Illustre tyrannie, adorable contrainte,
    Par qui de ma raison la lumiere est esteinte,
    A mon aveuglement rendez un peu de jour.

Les autres exemplaires, avec l'achevé d'imprimer du 24 mars, portent:

        Pere, maistresse, honneur, amour,
    Noble et dure contrainte, aymable tyrannie,
    Tous mes plaisirs sont morts ou ma gloire est ternie;
    L'un me rend mal-heureux, l'autre indigne du jour.

On trouve, dans les éditions in-12 citées ci-après, une troisième
leçon très-différente.

Corneille avait déjà composé la tragédie de _Médée_, quand il emprunta
aux auteurs espagnols le sujet du _Cid_. Ce fut, dit-on, à
l'instigation de l'évêque de Chalon qu'il abandonna le théâtre de
Sénèque pour suivre les traces de Guillen de Castro. Les _Mocedades
del Cid_ et les diverses romances du Cid donnèrent naissance à une
tragédie qui excita, dès qu'elle parut, l'admiration universelle.
Voltaire a cru découvrir, en 1764, que la pièce de Corneille avait été
presque mot à mot traduite d'une pièce de Diamante, intitulée: _El
Honrador de su padre_, mais il a été démontré depuis que Diamante
n'avait fait que traduire la tragédie française vingt ans plus tard.

Si l'on en croit les frères Parfaict (_Histoire du Théatre François_,
t. VI, p. 92), _le Cid_ fut représenté vers la fin de novembre 1636.
Il fut joué par Mondory et sa troupe, et les acteurs montrèrent tant
de talent, que les adversaires du _Cid_ leur attribuèrent tout le
succès de la nouvelle tragédie.

«Il est malaisé, dit Pellisson (_Relation concernant l'histoire de
l'Académie françoise_, 1653, in-8, pp. 186 sq.), il est malaisé de
s'imaginer avec quelle approbation cette pièce fut reçue de la cour et
du public. On ne se pouvoit lasser de la voir, on n'entendoit autre
chose dans les compagnies, chacun en sçavoit quelque partie par coeur,
on la faisoit apprendre aux enfants, et en plusieurs endroits de la
France il estoit passé en proverbe de dire: _Cela est beau comme le
Cid_.»

L'immense supériorité du _Cid_ sur toutes les productions dramatiques
qui l'avaient précédé excita la jalousie de tous les auteurs qui
tenaient alors le premier rang dans l'estime publique. Les Mairet, les
Claveret, les Scudéry, ces anciens amis de Corneille, se déchaînèrent
contre lui avec une véritable fureur. Ils entassèrent libelle sur
libelle, injure sur injure, sans parvenir à ternir la gloire du poëte,
qui leur répondit en homme qui a la conscience de sa force et de
son génie. Il eut pour lui le public et une puissante protectrice,
Anne d'Autriche, qui vit avec bonheur sur la scène les héros de
sa chère Espagne. La reine paralysa quelque peu les mauvaises
dispositions de Richelieu, qui, dans sa jalousie contre _le Cid_,
prenait plaisir à le voir jouer par des laquais et des marmitons. C'est
très-vraisemblablement à son influence que Pierre Corneille le père
dut les lettres de noblesse qu'il reçut en janvier 1637. Mme de
Combalet, à qui fut dédiée l'édition originale du _Cid_, s'intéressa
très-chaudement à l'auteur. C'était la nièce et, si l'on doit ajouter
foi aux récits souvent suspects de Guy-Patin et de Tallemant des
Réaux, plus que la nièce du cardinal. Son intervention eût pu calmer
les jalousies excitées contre Corneille, s'il ne les avait
imprudemment réveillées en faisant paraître son _Excuse à Ariste_.

Nous n'avons pas à étudier ni même à énumérer ici les pièces publiées
dans la célèbre querelle du _Cid_; elles seront décrites ci-après dans
notre chapitre XIX. Nous voulons seulement ajouter quelques mots sur
les acteurs qui jouèrent à l'origine les rôles de la tragédie. M.
Marty-Laveaux a fait à ce sujet de très-intéressantes recherches, dont
nous pouvons profiter à notre tour. _Mondory_ représenta Rodrigue
pendant quelque temps, mais il fut frappé d'une attaque d'apoplexie
qui lui enleva la parole. _Mlle Villiers_ joua Chimène, ainsi que nous
l'apprend Scudéry dans sa _Lettre à l'Académie_, p. 5. D'après M.
Aimé-Martin, qui ne cite, il est vrai, aucun texte à l'appui de son
dire, le personnage de don Diègue aurait été créé par _d'Orgemont_; ce
qui est certain, c'est qu'il fut rempli ensuite par _Le Baron_, qui
mourut en 1655. Le rôle de l'Infante, si souvent et si justement
critiqué, fut joué par _Mlle Beauchâteau_ et ne fut sans doute composé
que pour elle. «Doña Urraque, dit Scudéry dans ses _Observations sur
le Cid_, n'y est que pour faire jouer la _Beauchâteau_.» Corneille
fait lui-même cet aveu, dans son _Discours du poëme dramatique_, quand
il dit: «Aristote blasme fort les Episodes détachez, et dit que les
mauvais Poëtes en font par ignorance, et les bons en faveur des
Comédiens, pour leur donner de l'employ. L'Infante du _Cid_ est de ce
nombre, et on la pourra condamner ou luy faire grace par ce texte
d'Aristote, suivant le rang qu'on voudra me donner parmy nos
modernes.»

Un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale (Msc. fr., no 2509,
ancien fonds de Versailles no 237) nous donne une liste complète des
acteurs qui jouaient le _Cid_, à l'époque de la mort de Corneille. Ce
manuscrit intitulé: _Repertoire des Comedies françoises qui se peuvent
jouer eu 1685_, a été exécuté pour le Dauphin, dont la reliure porte
les armes. Il contient la distribution complète de 73 pièces des deux
Corneille, de Rotrou, de Du Ryer, Molière, Racine, etc., plus une
liste de 28 «petites comedies», sans l'indication des acteurs. Ces
pièces formaient le répertoire courant des comédiens du roi au
commencement de l'année 1685 (il est probable que le manuscrit fut
exécuté avant l'époque du carnaval).

Voici la distribution du _Cid_:

               DAMOISELLES.

    Chimene:   _Chanmeslé_.
    Elvire:    _Guiot_.
    L'Infante: _le Comte_.
    Leonor:    _Poisson_.

               HOMMES.

    Rodrigue:  _Baron_.
    D. Diegue: _Chanmeslé_, ou _Guerin_.
    Le Roy:    _le Comte_, ou _la Tuillerie_.
    D. Sanche: _de Villiers_, ou _la Torilliere_.
    D. Arias:  _Hubert_.
    D. Alonze: _Beauval_.
    Le Comte:  _La Tuillerie_.

En 1728, un anonyme, que l'on a cru être Jean-Baptiste Rousseau,
publia une édition remaniée du _Cid_, dans laquelle il avait supprimé
le rôle de l'Infante, celui de Léonor et celui du page (voy. ci-après
chap. XIV). Cette suppression fut dès lors admise au Théâtre-Français,
où l'on s'avisa plus tard de retrancher la première scène entre Elvire
et Chimène, et de commencer la pièce par la scène IIIe de l'original:

    Enfin vous l'emportez, et la faveur du Roy
    Vous esleve en un rang qui n'estoit deub qu'à moy.

En 1737 et en 1741, on tenta de remettre _le Cid_ au théâtre, dans son
intégrité; le 1er juin 1806, Napoléon le fit jouer à Saint-Cloud, par
Monvel (don Diègue), Talma (Rodrigue), Mlle Duchesnois (Chimène),
Lafon (le Roi), Mlle Georges (l'Infante); mais, malgré une
distribution aussi extraordinairement favorable, l'épreuve ne réussit
pas. Le 22 janvier 1842, la première scène fut jouée dans son
intégrité, pour une représentation de Mlle Rachel, mais ce n'est que
le 4 octobre 1872 que la pièce a été jouée sans coupure, sur le
Théâtre-Français, pour la première fois depuis plus d'un siècle. Les
débuts de M. Mounet-Sully et de Mlle Rousseil ont été l'occasion de
cette restitution.

_Le Cid_, ainsi que nous l'apprend Corneille dans sa _Lettre
apologétique_, fut représenté trois fois au Louvre et deux fois à
l'hôtel de Richelieu. Le Registre de Lagrange mentionne quatre
représentations en 1659 et deux en 1679. A partir de cette époque,
nous pouvons, en nous aidant du curieux travail de M. Despois
(_OEuvres de Racine_, éd. Mesnard, t. VIII, pp. 608 sqq.), dresser un
tableau des représentations du _Cid_, données par les Comédiens du
Théâtre-Français, de 1680 à février 1875:

    De 1680 à 1715                            { à la ville: 219 } 242
                                              { à la cour:   23 }

    Règne de Louis XV (1715-1774)             { à la ville: 177 } 190
                                              { à la cour:   13 }

    Règne de Louis XVI (1774-1789)            { à la ville:  49 }     55
                                              { à la cour:    6 }

    Révolution (1789-1793)                                            17

    Directoire, Consulat, Empire (1799-1814)  { à la ville: 191 } 196
                                              { à la cour:    5 }


    Restauration (1814-1830)                  | à la ville:     |     86
    Règne de Louis-Philippe (1830-1848)       | à la ville:     |     75

    Seconde République (1848-1851)                                     9

    Second Empire (1851-1870)                 | à la ville:     |     30

    République (1870 à février 1875)                                  33
                                                                    ----
                      Ensemble                                       933

L'édition in-4 du _Cid_ est peu commune, et les beaux exemplaires en
sont fort rares; nous en avons vu à la Bibliothèque nationale, à la
Bibliothèque de l'Institut et à la Bibliothèque Cousin. La
Bibliothèque publique de Niort en possède un dans sa première reliure,
qui a appartenu à Marie de la Tour, duchesse de la Trémoille, dont la
marque est collée sur l'une des gardes. Le même volume contient _la
Galerie du Palais_ et _la Place Royalle_. Le libraire _Targa_ avait
sans doute reçu un beaucoup moins grand nombre d'exemplaires que son
confrère _Courbé_; aussi, les exemplaires qui portent son nom sont-ils
particulièrement rares. Nous en avons trouvé un dans la Bibliothèque
municipale de Versailles, avec l'achevé d'imprimer du 24 mars.

  10. LE || CID || Tragicomedie. || _A Paris_, ||
     _Ches_ { _François Targa_  }  _au Palais_
            { _Augustin Courbé_ }
     _S. d._ [1637]. In-12 de 4. ff. et 88 pp.

Il n'y a pas d'autre titre à cette édition qu'un frontispice gravé,
représentant un cippe sur lequel sont assis deux amours qui tiennent
un rideau. On lit sur ce rideau le titre de la pièce et au bas du
cippe le nom des libraires. Dans le coin gauche du piédestal se lit la
lettre ML, monogramme du graveur Michel Lasne. Le frontispice est
suivi de 2 ff. pour la dédicace et 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_
et les noms des _Acteurs_.

Cette première édition in-12 du _Cid_ est d'un très-petit format (la
justification est de 94 millimètres sur 49), et imprimée en
très-petits caractères. Il importe de ne pas la confondre avec
l'édition décrite ci-après. Le texte présente plusieurs leçons qui
diffèrent des éditions in-4; la principale est la correction faite à
la 3e des stances de Rodrigue, laquelle commence ainsi:

         Pere, maistresse, honneur, amour,
    Impitoyable loy, cruelle tyrannie,
    Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie:
    L'un me rend mal-heureux, l'autre indigne du jour.

Cette leçon se retrouve dans la seconde édition in-12 citée ci-après
(no 12); mais dans les différents recueils de ses oeuvres, Corneille
est revenu au texte des exemplaires de l'édition originale qui portent
la date du 24 mars 1637.

L'extrait du privilége est le même que dans l'édition in-4; l'achevé
d'imprimer est daté, en toutes lettres, du vingt-troisiesme Mars 1637.
Cette date a pu faire croire que l'édition in-12 avait été tirée en
même temps que la première édition in-4, qui porte la date du 23 mars,
et non celle du 24; mais le passage des strophes de _Rodrigue_ que
nous avons rapporté ne permet pas de s'arrêter à cette supposition.
Toutefois il est certain que l'édition in-12 dut paraître dans le
courant de l'année 1637, puisque le texte en est reproduit dans deux
éditions hollandaises datées de 1638.

Le prodigieux succès du _Cid_ put seul donner l'idée d'en faire une
édition in-12. Le format consacré pour les tragédies était l'in-4 ou,
tout au moins, l'in-8. Les libraires voulurent fournir au public
curieux qui discutait dans les ruelles les mérites de la pièce
nouvelle un texte facile à transporter; les lecteurs s'habituèrent à
ces éditions, dont l'usage était plus commode, en même temps que le
prix en était moins élevé. Toutes les pièces de Molière, de Racine, de
Boursault, etc., parurent dans le format in-12. Quant aux pièces de
Corneille, tant qu'elles eurent de la vogue, il en fut fait en même
temps deux éditions, dans les deux formats in-4 et in-12. Le jour où
le public commença de s'en dégoûter, les libraires renoncèrent
définitivement à l'in-4.

Vendu: 34 fr., mar. citr., sans indication de relieur, Solar, 1860 (no
1692).

  11. LE CID || Tragi-Comedie. || _A Paris, || Chez Augustin
    Courbé, Libraire & || Imprimeur de Monsieur frere du Roy, dans
    la || petite Salle du Palais, à la Palme_; [ou _Chez François
    Targa, au premier || pillier de la grand'Salle du Palais,
    deuant || la Chapelle, au Soleil d'or_]. || M. DC. XXXIX
    [1639]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 110 pp.,
    caract. ital.

Le titre est suivi de 2 ff., imprimés en caractères italiques, pour la
dédicace à Madame de Combalet, et d'un f. pour l'_Extrait du
Privilége_ et le nom des _Acteurs_. Ces ff. prélim. sont semblables à
ceux de l'édition de 1637, mais le texte en est moins serré. On ne
pourra les confondre en s'en rapportant aux indications suivantes:

      Page iij, dernière ligne:

    1637: de six cens ans vient encor de triompher
    1639: batailles après sa mort, & son nom au bout.

      Page v, dernière ligne:

    1637: quelque durée pour cet heureux effort de
    1639: ma plume, ce n'est point pour apprendre.

L'achevé d'imprimer rappelé au bas de l'extrait du privilége est du 24
mars 1637. Le texte de la troisième strophe du _Cid_ reproduit le
texte des exemplaires de l'édition in-4 de 1637, que nous avons rangés
dans la seconde catégorie.

  12. LE || CID || Tragicomedie. || _A Paris,_ ||
    _Ches_ { _Augustin Courbé_ } _au Palais_
           { _Pierre le Petit_ }
  _S. d._ [_vers_ 1642]. In-12 de 4 ff. et 88 pp.

Dans cette édition, le frontispice, l'extrait du privilége et l'achevé
d'imprimer sont en tout semblables à ceux de l'édition in-12 citée
plus haut (no 10). Le texte est le même, et, comme la justification
est celle que nous voyons d'ordinaire employée dans les éditions in-12
des pièces de Corneille (103 mm. sur 58), on serait tenté, au premier
abord, de la considérer comme la vraie édition originale du _Cid_ dans
ce format, mais la mention de _Pierre le Petit_, au lieu de _François
Targa_, sur le titre, ne nous permet pas de nous arrêter à cette
supposition. En effet, ce libraire, qui mourut en 1686, ne commença
d'exercer qu'en 1642, tandis que François Ier Targa fut libraire de
1612 à 1653, époque à laquelle son fils, François II, lui succéda.

Un fait qui vient confirmer notre opinion, c'est que le frontispice de
Michel Lasne, qui se trouve dans les deux éditions in-12, avec le seul
changement du nom des libraires, a précisément la justification du
petit in-12.

Le nombre des ff. des deux éditions est identique, mais le contenu des
pp. n'est pas toujours le même. On les distinguera sans peine, sans
même avoir besoin de les mesurer, en comparant les premiers mots des
pp. suivantes:

    ÉDITION A:                             ÉDITION B:

    f. 2,  vo: cor de triompher...         son corps porté dans...
    f. 3,  ro: vous donnez tousiours...    n'ont iamais le pouvoir...
    p. 5:      L'amour est un tyran...     Escoute, escoute enfin...
    p. 26:     Et s'il peut m'obéir...     Soit qu'il cede..., etc., etc.

  Cette édition fait partie du recueil publié en 1647, sous le nom
  de Tome second des _OEuvres_ de Corneille.

  13. LE CID || Tragi-Comedie. || _A Paris, Chez Augustin Courbé,
    Libraire & || Imprimeur de Monseigneur le Duc d'Orléans, || en
    la Salle des Merciers, à la Palme_; [ou _Chez la Veuue Iean
    Camusat, || et || Pierre le Petit, ruë Sainct Iacques, à la
    Toyson d'Or_]. || M. DC. XXXXIV [1644]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-4 de 4 ff. et 110 pp., caract. ital.

Cette édition est faite sur l'édition in-4 de 1639, et le texte en est
le même. Cependant la dédicace à Madame de Combalet, qui occupe les 2e
et 3e ff. prélim., est imprimée ici en lettres rondes et non en
caractères italiques.

Le 4e feuillet prélim. contient l'extrait du privilége au recto et les
noms des Acteurs au verso. Le privilége est le même que dans la 1re
édition in-4, et l'on n'y trouve que les mêmes mentions, sans qu'il
soit parlé de la _Veuve Camusat_ ni de _Pierre le Petit_. L'achevé
d'imprimer est du 24 mars 1637.

Le passage cité plus haut des strophes du _Cid_ est ici conforme au
texte de l'édition in-12. Les 110 pp. de texte reproduisent exactement
l'édition de 1639. Voici pourtant l'indication de quelques légères
différences:

      page 13, 1er vers:

    1639: Parlons en mieux, le Roy fait _honneur_ à vostre _aage_,
    1644: .... le Roy fait _h[=o]neur_ à vostre _âge_.

     page 15, 2e ligne:

    1639: Scene V,
    1644: Scene VII (faute d'impression).

      page 33, 2e ligne:

    1639: Scene VI (faute d'impression),
    1644: Scene IV.

      page 83, 1er vers:

    1639: Par mon _commandement_,
    1644: Par mon _c[=o]mandement_.

Une autre différence matérielle facile à saisir, c'est que, dans
l'édition de 1639, le mot _Tragicomédie_, qui figure au titre courant,
est écrit en un mot jusqu'à la p. 64, tandis que, dans l'édition de
1644, il est uniformément écrit en deux mots: _Tragi-Comedie_.

Les exemplaires de cette édition avec le nom de _Courbé_ sont plus
rares que les autres; nous en avons trouvé un à la bibliothèque
Sainte-Geneviève (Y. 457. Rés.)

  14. LE CID, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, ||
    Chez || Guillaume de Luyne, dans la Salle des || Merciers, sous
    la montée de la Cour des Aydes || à la Justice. || Estienne
    Loyson, au premier Pillier de || la grand'Salle proche les
    Consultations || au Nom de Jesus. || Pierre Traboüillet, dans
    la Galerie des || Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la
    Fortune || proche le Greffe des Eaux & Forests._ || M. DC.
    LXXXII [1682]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 2 ff. prél.
    pour le titre et le privilége, 74. pp. et 1 f. blanc, sign. A.
    D.

Édition publiée en vertu du privilége général accordé en 1679, à _G.
de Luyne_ et à ses associés. C'est un simple extrait de l'édition du
_Théatre_ de 1682, tiré sur les mêmes formes. L'achevé d'imprimer est
du 14 avril 1682.


X

  15. HORACE, || Tragedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé,
    Libraire & Imprimeur de || Monsieur frere du Roy, dans la
    petite Salle du || Palais, à la Palme._ || M. DC. XXXXI [1641].
    || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 103 pp.

Collation des feuillets prélim.: front. gravé, qui représente le
combat des Horaces et des Curiaces; il porte en tête le titre:
_Horace, tragedie_, avec la devise: _Nec ferme res antiqua alia est
nobilior_. Tit., et en bas, le nom de _Courbé_, la date de 1641 et la
signature du dessinateur et du graveur: _Le Brun inv._; _P. Daret
fecit_;--1 f. de titre et 4 ff. pour la dédicace à «Monseigneur le
Cardinal Duc de Richelieu», et les noms des _Acteurs_.

Le privilége occupe le verso du dernier f., c'est-à-dire la p. qui
devrait être chiffrée 104. Il est accordé à _Augustin Courbé_, pour
dix ans, et daté du 11 décembre 1640. L'achevé d'imprimer est du 15
janvier 1641.

Cette édition, imprimée à Paris, chez _Courbé_, est beaucoup moins
belle que les éditions rouennaises de _Laurens Maurry_; les caractères
en sont moins nets et l'encre moins noire; les fleurons sont également
moins bien gravés.

L'animosité que les rivaux de Corneille apportèrent à leur lutte
contre l'auteur du _Cid_ le força de garder le silence pendant
longtemps. M. Taschereau (_Histoire de Corneille_, 2e éd., p. 94) a
reproduit un curieux fragment d'une lettre de Chapelain, conservée
dans un recueil manuscrit appartenant alors à M. Sainte-Beuve, et
légué depuis à la Bibliothèque nationale, qui permet de supposer que
le poëte fut sur le point de renoncer au théâtre. «Il ne fait plus
rien, dit Chapelain, et Scudery a du moins gagné cela, en le
querellant, qu'il l'a rebuté du mestier, et lui a tari sa veine. Je
l'ay, autant que j'ay pu, rechauffé et encouragé à se venger et de
Scudery et de sa protectrice, en faisant quelque nouveau _Cid_ qui
attire encore les suffrages de tout le monde, et qui montre que l'art
n'est pas ce qui fait la beauté; mais il n'y a pas moyen de l'y
résoudre; et il ne parle plus que de regles et que des choses qu'il
eust pu respondre aux Académiciens, s'il n'eust pas craint de choquer
les puissances, mettant au reste Aristote entre les auteurs
apocryphes, lorsqu'il ne s'accommode pas à ses imaginations.» Cette
lettre, adressée à Balzac, est datée du 15 janvier 1639; elle prouve
qu'_Horace_ n'était pas encore commencé à cette époque. Une autre
lettre de Chapelain, du 9 mars 1640, nous apprend, au contraire, que
la nouvelle tragédie venait d'être jouée pour la première fois devant
Richelieu; nous avons ainsi la date certaine de la représentation.

Le sujet d'_Horace_ appartient bien en propre à Corneille, bien qu'il
eût été traité auparavant par trois autres auteurs: par l'Arétin
(_l'Horazia, tragedia di Pietro Aretino_ [dédiée au pape Paul III]; In
Vinegia, appresso Gabriel Giolito de Ferrari, 1546, in-8, et 1549,
in-12); par d'Aigaliers (_les Poësies de Laudun d'Aigaliers, contenans
deux Tragédies, la Diane, Meslanges et Acrostiches_; à Paris, chez
David Le Clerc, 1596, in-12), et par Lope de Vega (_El honrado
Hermano, tragi-comedia famosa_, publiée dans la _Decima octava Parte
de las Comedias de Lope de Vega Carpio_; Madrid, Juan Gonçalez,
1623, in-4, et reproduite dans le _Tesoro del Teatro español,
arreglado por D. Eugenio de Ochoa_; Paris, 1838, in-8, t. II). On a
cru à tort que Corneille avait emprunté l'idée du sujet à Lope de
Vega: les deux pièces n'offrent aucune ressemblance. Nous pensons
plutôt que Corneille aura voulu, de propos délibéré, s'éloigner des
auteurs espagnols, et qu'en lisant l'histoire romaine, pour laquelle
il avait une prédilection marquée, il aura fait choix de l'épisode qui
l'aura le plus frappé, pour donner un pendant au _Cid_. La phrase de
_Tite-Live_ qu'il a prise pour épigraphe indique à elle seule cette
tendance de son esprit. C'est de l'histoire romaine qu'il tire le
sujet d'_Horace_; c'est à la même source qu'il emprunte successivement
douze autres de ses pièces. Il vit, pour ainsi dire, dans le monde
romain et trace de son passé les plus saisissants tableaux.

Mondory ayant quitté la scène peu de temps après les premières
représentations du _Cid_, on suppose qu'_Horace_ fut donné sur le
théâtre de l'Hôtel de Bourgogne. Ce qui est certain, c'est que deux
acteurs de ce théâtre, _Floridor_ et _Beauchâteau_, le jouaient en
1657 (voy. le passage de d'Aubignac, cité par M. Marty-Laveaux, t.
IIIe, p. 251). C'était _Mlle Beauchâteau_ qui remplissait le rôle de
Camille, ainsi que nous l'apprend Molière dans l'_Impromptu de
Versailles_ (1663). La troupe de Molière en donna, de son côté,
quelques représentations. Le Registre de Lagrange en mentionne deux:
le mardi 29 juillet 1659, avec une recette de 145 livres, et le mardi
9 décembre de la même année, avec une recette de 867 livres. C'est aux
_Précieuses ridicules_, représentées en même temps que la pièce de
Corneille, qu'était due l'affluence du public à cette représentation.

Le Répertoire dressé pour le Dauphin au commencement de l'année 1685
(voy. no 9) ne mentionne pas _Horace_. Peut-être cette pièce
était-elle du nombre de celles qui devaient être inscrites dans les
feuillets laissés en blanc dans ce volume.

Parmi les acteurs modernes qui se sont particulièrement distingués
dans _Horace_, on doit citer _Monvel_ (m. en 1812), qui a laissé de
grands souvenirs dans le rôle du vieil Horace, et _Mlle Rachel_, qui a
joué 69 fois le rôle de Camille, dans lequel elle débuta au
Théâtre-Français (12 juin 1838).

D'après le tableau déjà cité de M. Despois, la Comédie-Française a
donné 624 représentations d'_Horace_, de 1680 à 1875, savoir sous
Louis XIV: 123 à la ville et 22 à la cour;--sous Louis XV: 121 à la
ville et 12 à la cour;--sous Louis XVI: 19 à la ville et 2 à la
cour;--pendant la Révolution: 3;--sous le Directoire, le Consulat et
l'Empire: 135 à la ville et 4 à la cour;--sous la Restauration: 58 à
la ville;--sous Louis-Philippe: 66;--sous la République: 8;--sous le
second Empire: 28;--sous la République: 3.

Vendu: 95 fr., exemplaire à relier, Huillard, 1870 (no 591).

  16. HORACE, || Tragedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé,_
    _Libraire & Imprimeur || de Monsieur frere du Roy, dans la
    petite Salle || du Palais, à la Palme._ || M. DC. XXXXI [1641].
    || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 103 pp.

Cette édition, dont la collation est la même que celle de l'édition
qui précède, en diffère entièrement. Ce n'est pas un simple tirage
avec des remaniements, mais une composition faite à nouveau. Nous
avons eu la bonne fortune de trouver des exemplaires de l'une et de
l'autre à la Bibliothèque de l'Institut (Q. 150.B). Voici comment on
peut les distinguer.

Le frontispice de la véritable édition originale (éd. A), est d'un
meilleur tirage; dans B, l'impression est moins noire et la planche
paraît fatiguée. La marque de _Courbé_, qui se voit sur le titre, est
au contraire plus noire dans B, mais on voit que le cuivre a été
retravaillé. L'observation que nous avons faite pour le frontispice
s'applique aussi aux fleurons, qui sont les mêmes, mais qui sont usés
dans B. Quant aux caractères, ils sont très-différents; on peut
surtout comparer la forme des z minuscules, des Q et des T majuscules.
Le texte des deux éditions ne présente pas de véritables variantes; on
relève toutefois dans B un certain nombre de fautes qui nous semblent
indiquer que le libraire _Courbé_, voyant ses exemplaires in-4 sur le
point d'être épuisés, aura fait faire une réimpression en toute hâte.
Ainsi seulement peuvent s'expliquer les différences suivantes:

      P. 5, 8e vers:

    A: Ny d'obstacle aux vainqueurs, ni d'espoir aux vaincus,
    B: Ny d'obstacle_s_ aux vainqueurs, etc.
    (ce vers est imprimé en deux lignes);

      P. 11, 13e vers:

    A: Ie pris sur cet Oracle vne entiere asseurance,
    B: Ie pris cet Oracle, etc.

     P. 17, 8e vers:

    A: D'horreur pour la bataille & d'ardeur pour ce choix
    B: D'horreur pour la bataille, d'ardeur, etc.

Ces fautes sont nombreuses, et jamais ni Corneille, ni les personnes
qu'il aurait pu charger de la révision des épreuves, ne les auraient
commises, si l'impression ne s'était faite avec une grande
précipitation. Sur un point seulement B est plus correct:

      P. 10, 16e vers:

    A: Et nous faisant amant, il nous fit ennemis,
    B: Et nous faisant amant_s_, etc.

C'est là une légère faute qui a pu échapper à Corneille, beaucoup
plus facilement que des vers faux. Du reste, les typographes se sont
astreints à reproduire l'original ligne pour ligne; ils ont même
reproduit, dans B, des fautes bizarres, comme celle-ci, p. 10, 12e
vers:

    Vnissant nos maisons il des vnit nos Rois.

Nous donnons avec soin tous ces détails, au risque d'être accusé de
minutie excessive; outre qu'ils ne sont pas sans intérêt pour les
éditeurs de Corneille, ils peuvent exercer une certaine influence sur
le prix des livres dans les ventes.

  17. HORACE || Tragedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé,
    Impr. || & Libraire de Monseigneur Frere Vnique || du Roy au
    Palais, à l'entrée de la || Gallerie des Prisonniers, à la
    Palme._ || M. DC. XXXXI [1641]. || Auec Priuilege du Roy. In-12
    de 6 ff. prél., 106 pp., inexactement chiffrées, et 1 f. pour
    le privilége.

Collation des feuillets prélim.; frontispice gravé qui représente
Romulus et Rémus, supportés par des attributs guerriers, et tenant un
rideau sur lequel on lit: _Horace, tragedie_; une banderole enroulée
autour des attributs contient ces mots: _Nec ferme res antiqua alia
est nobilior titus liu' l-p^o_ [_sic_], enfin un bouclier porte le nom
de Courbé, avec la date de 1641; titre imprimé; 4 ff. pour la dédicace
et les noms des _Acteurs_.

Nous avons vu, à la librairie Caen, un exemplaire, où l'adresse du
libraire était ainsi disposée: _A Paris, || Chez Augustin Courbé, ||
Impr. & Libraire de Monseigneur || Frere Vnique du Roy, au Palais, ||
à l'entrée de la Gallerie des || Prisonniers, à la Palme._

Le privilége, qui occupe le dernier feuillet, est le même que dans
l'édition in-4, avec l'achevé d'imprimer du 15 janvier 1641.

La pagination est régulière jusqu'à la p. 96, dernière du cahier H;
puis elle reprend, par erreur, à 79, et se continue ainsi jusqu'à la
fin du cahier I (79-88). Cette erreur se trouve dans les deux
catégories d'exemplaires.

La justification est de 105 mm. sur 58.

  18. HORACE. || Tragedie. || _Imprimé à Roüen, & se vend || à
    Paris, || Chez Augustin Courbé, || au Palais, en la Gallerie
    des || Merciers, à la Palme._ || M. DC. XLVII. [1647] || Auec
    Priuilege du Roy. In-12 de 4 ff., 74 pp. et 1 f.

Au titre, un fleuron représentant un panier fleuri. La dédicace à
Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu, occupe les 5 pp. suivantes.
Au verso du 4e f., les noms des _Acteurs_. Le feuillet non chiffré
qui suit les 74 pp. est occupé par le privilége reproduit in extenso.
Ce privilége, daté du 11 décembre 1640, est donné à _Courbé_. A la
fin: _Acheué d'imprimer le quinziéme Ianuier, mil six cens
quarante-vn_.

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

  19. HORACE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Au
    Palais. || Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des ||
    Merciers sous la montée de la Cour des Aydes || à la Justice.
    || Estienne Loyson, au premier Pillier de || la grand'Salle
    proche les Consultations, || au Nom de Jesus. || Pierre
    Traboüillet, dans la Galerie des || Prisonniers, à l'Image S.
    Hubert, & à la Fortune || proche le Greffe des Eaux et
    Forests._ || M. DC. LXXXII [1682]. || Avec Privilege du Roy.
    In-12 de 2 ff et 64 pp., chiffr. de 77 à 140.

Extrait de l'édition du _Théâtre_ de 1682, précédé d'un feuillet de
titre et d'un feuillet pour l'_Extrait du Privilége_.


XI

  20. CINNA || OV || LA CLEMENCE || D'AVGVSTE || Tragedie. ||
    Horat. -- -- -- cui lecta potenter erit res || Nec facundia
    deseret hunc, nec lucidus ordo. || _Imprimé à Roüen aux despens
    de l'Autheur, & se vendent. || A Paris, Chez Toussainct Quinet,
    au Palais, soubs || la montée de la Cour des Aydes._ || M. DC.
    XLIII [1643]. Auec Priuilege du Roy, in-4 de 8 ff., 110 pp. et
    1 f. blanc.

L'édition est précédée d'un frontispice gravé, qui représente les
conjurés implorant la clémence d'Auguste, avec ce titre en haut:
_Cinna ou la Clemence d'Auguste_, et dans le coin inférieur de droite:
_A Paris, Chez Tous. Quinet, au Palais, auec Pri_. 1643. Ce
frontispice est compris dans la sign. [=a], et précède 7 autres
feuillets prél. contenant: le titre, 1 f.; la dédicace à M. de
Montoron, 3 ff., dont le dernier est blanc au verso; l'extrait de
Sénèque, _de Clementia_, 1 f.; l'extrait de Montaigne, _Essais_, liv.
Ier, 1 f.; l'_Extrait du Privilége_ et la liste des _Acteurs_, 1 f.
Les 110 pp. sont entièrement imprimées en caractères italiques.

Le privilége de _Cinna_ est accordé directement à Corneille, et les
conditions en sont aussi favorables que celles du privilége du _Cid_.
Il y est dit: «Il est permis à nostre amé et feal Pierre Corneille
nostre Conseiller et Advocat general à la Table de Marbre des Eaues et
Forests de Rouen, de faire imprimer une Tragedie de sa composition
intitulée _Cinna_, ou _La clemence d'Auguste_, durant le temps de
_vingt_ ans, à compter du jour que ladite piece sera achevée
d'imprimer. Et deffenses sont faictes à tous Imprimeurs et Libraires
d'en imprimer, vendre et distribuer d'autre impression que celle
qu'aura fait faire ledit Corneille, ou ses ayans cause, sur peine de
quinze cens livres d'amende, confiscation des exemplaires, et de tous
despens, dommages et interests, ainsi qu'il est porté par les lettres
de Privilége. Donné à Fontaine-bleau, le premier aoust 1642. Signé
_Clier_. Et scellé du grand sceau de cire jaune.» Corneille fit
imprimer la pièce à ses frais, comme l'indique la mention portée sur
le titre, mais il s'entendit avec _Quinet_, au moment de la mise en
vente. Il est fait mention, à la fin du Privilége, de la cession
consentie par le poëte, en faveur de ce libraire. Corneille déclare
lui transporter tous ses droits «ainsi qu'il a esté accordé entre
eux». L'achevé d'imprimer est du 18 janvier 1643. On a lieu d'être
surpris de cette date, si l'on observe que l'arrangement intervenu
entre Corneille et Quinet ne fut conclu que le 27 janvier. Voici ce
qu'on lit, à ce sujet, dans les _Mémoires_ de Mathieu Molé:

«Le 16 juin [1643], sur la requête de _Toussaint Quinet_,
marchand-libraire à Paris, il y eut arrêt de la Cour, ainsi qu'il
suit: «Vu par la Cour les lettres patentes du Roi, données à Paris le
21 juillet 1642, signées: Par le Roi en son Conseil, Le Brun, et
scellées sur simple queue de cire jaune, par lesquelles et pour les
causes y contenues, ledit Seigneur auroit permis à _Toussaint Quinet_,
marchand libraire à Paris, d'imprimer, vendre et débiter, pendant sept
années entières, les _Harangues héroïques des hommes illustres, tant
anciens que modernes_, tirées de plusieurs auteurs et en plusieurs
volumes, en telles marques, caractères et autant de fois que bon lui
semblera, durant ledit temps, à compter du jour que lesdites
_Harangues_ seront achevées d'imprimer, et fait défenses à toutes
personnes de les imprimer, ou faire imprimer, vendre ni débiter, sans
le consentement dudit _Quinet_, sous les peines y contenues. Vu aussi
autres lettres patentes du Roi, données à Paris, le 1er août dudit an
1642, par lesquelles ledit Seigneur auroit aussi permis à maître
Pierre Corneille, conseiller du Roi et avocat général du siége de la
Table de marbre des eaux et forêts de Rouen, de faire imprimer, vendre
et débiter une tragédie de sa composition, intitulée: _Cinna, ou la
Clémence d'Auguste_, aussi en telles marques et caractères et autant
de fois qu'il voudra, pendant l'espace de vingt ans, aussi sous les
peines et aux charges y contenues; la cession et transport fait par
ledit Corneille dudit Privilége audit _Quinet_ de faire imprimer
ladite tragédie, du 27e janvier, passée entre eux sous seing privé,
requête présentée à ladite Cour par ledit _Quinet_ à fin
d'entérinement desdites lettres, conclusions du procureur général du
Roi, tout considéré: ladite Cour a ordonné et ordonne que lesdites
lettres des 21e juillet et 1er août dernier seront enregistrées au
greffe d'icelle, pour jouir par ledit _Quinet_ de l'effet et contenu
en icelles, selon leur forme et teneur, aux charges y contenues.»
_Mémoires de Mathieu Molé_, publiés par Aimé Champollion-Figeac, t.
IIIe. (_Paris_, 1856, in-8, pp. 66 sq.)

Il ne serait pas impossible que l'achevé d'imprimer eût été antidaté
de quelques jours, pour bien constater que l'impression s'était faite
aux frais de l'auteur.

M. Édouard Fournier (_Notes sur la vie de Corneille_, pp. CXVII sq.)
s'est efforcé de démontrer que le sujet de _Cinna_ avait été inspiré
par les événements dont Rouen fut le théâtre en 1639, et qu'en mettant
sur la scène la clémence d'Auguste, l'auteur du _Cid_ avait eu la
pensée de protester indirectement contre les exécutions que le
chancelier Séguier ordonna contre les partisans de _Jean-va-nu-pieds_.
Il n'est pas impossible que le poëte ait été guidé dans ses
développements par le désir d'inspirer la modération aux agents du
cardinal; mais nous croyons, quant à nous, qu'il n'aura puisé son
sujet, comme celui d'_Horace_, que dans ses lectures journalières sur
l'histoire romaine. Nous ne pensons pas qu'il ait pu songer à faire la
leçon à Richelieu, qu'il s'appliquait au contraire à ménager depuis la
querelle du _Cid_.

_Cinna_ fut joué sur le théâtre du _Marais_, vers la fin de 1640. Les
frères Parfaict (_Histoire du Théatre François_, t. Ve, p. 92) placent
la représentation à la fin de 1639; mais, comme _Horace_ venait à
peine d'être joué le 9 mars 1640, c'est là une erreur évidente.

De même que le _Cid_, _Cinna_ fut représenté en costumes de cour de
l'époque, c'est-à-dire que les hommes avaient la fraise plate, les
hauts-de-chausse à bouts de dentelle, le justaucorps à petites
basques, la longue épée, les souliers à noeuds énormes; et les femmes
le corsage court et rond, le sein découvert, la grande, ample et
solide jupe à queue, les talons hauts, les cheveux crêpés et bouffants
ou retombant en boucles. Auguste portait une couronne de lauriers
par-dessus sa vaste perruque. (Voy. _Curiosités théâtrales anciennes
et modernes, françaises et étrangères_, par V. Fournel; Paris, Adolphe
Delahays, 1859, in-16.)

On ne peut dire avec certitude quels acteurs eurent l'honneur
d'interpréter pour la première fois cette tragédie. On sait seulement
que _Bellerose_ remplit le rôle de _Cinna_ (_le Théatre François_, par
Chapuzeau, p. 123); _Floridor_ et _Beauchâteau_ lui succédèrent
(_Pratique du Théatre_, par l'abbé d'Aubignac, p. 52).

Du 3 mai 1659 au 28 mai 1680, la troupe de Molière donna 10
représentations de _Cinna_. Les détails que nous fournit le Registre
de Lagrange nous prouvent que la vogue des pièces de Corneille ne fut
pas constante. Le mardi 18 novembre 1659, un spectacle composé de
_Cinna_ et des _Précieuses ridicules_, alors dans leur nouveauté,
rapporta aux comédiens 533 livres, tandis que le mardi 3 octobre
1662, _Cinna_, donné seul, ne produisit qu'une recette de 65 livres!

Le Manuscrit du Dauphin, dont nous avons parlé plus haut (no 9), nous
donne pour _Cinna_, au commencement de 1685, la distribution suivante:

                   DAMOISELLES.

    Emilie:        _Chanmeslé_.
    Fulvie:        _Poisson_.
    Julie [Livie]: _Guiot_, ou _Bertrand_.

                   HOMMES.

    Cinna:         _Baron_.
    Auguste:       _Chanmeslé_.
    Maxime:        _Villiers_, ou _la Torilliere_.
    Euphorbe:      _Raisin_.
    Policlette:    _Beauval_.
    Evandre:       _Hubert_.

_Cinna_ subit à la scène des coupures analogues à celles qui furent
pratiquées dans le _Cid_. Le rôle de Livie fut supprimé, comme celui
de l'Infante. Voltaire dit, en parlant de cette suppression, qu'elle
remonte à plus de trente ans (_OEuvres de Corneille_, édition de
1764). Les actrices chargées du personnage d'_Émilie_ n'hésitèrent pas
à retrancher le grand monologue placé en tête de la pièce; mais
Voltaire obtint qu'il fût conservé. Quant au rôle de Livie, il fut
rétabli pour une représentation donnée à Saint-Cloud en 1806, sans que
les sociétaires du Théâtre-Français eussent l'idée de le remettre à la
scène. Ce n'est que le 21 novembre 1860 que la pièce a reparu dans son
intégrité.

De tous les acteurs modernes qui ont joué dans _Cinna_, celui qui a
laissé les plus durables souvenirs est _Joanny_ (m. en 1849), qui
donnait au rôle d'Auguste une grandeur qu'aucun artiste n'a su lui
donner depuis. Quant au rôle d'Émilie, il a été joué 60 fois par _Mlle
Rachel_.

Les 692 représentations de _Cinna_ données au Théâtre-Français, de
1680 au 28 février 1875, se décomposent de la manière suivante: sous
Louis XIV: à la ville, 139; à la cour, 27;--sous Louis XV: à la ville,
92; à la cour, 22;--sous Louis XVI: à la ville, 43; à la cour,
9;--sous la Révolution: 7;--sous le Directoire, le Consulat et
l'Empire: à la ville, 130; à la cour, 5;--sous la Restauration: à la
ville, 57;--sous Louis-Philippe: 110;--sous la seconde République:
8;--sous le second Empire: 36;--sous la République: 7.

Vendu: 300 fr., exempl. à relier, Huillard, 1870 (no 592);--135 fr.,
mar. r. ancien, exempl. court de marges et raccommodé, Potier, 1870,
no 1227.

  21. CINNA || OV || LA CLEMENCE || D'AVGVSTE. || Tragedie. ||
    Horat.... cui lecta potenter erit res || Nec facundia deseret
    hunc, nec lucidus ordo. || _A Paris, || Chez Toussainct
    Quinet, || au Palais, soubs la montée de la || Cour des Aydes._
    || M. DC. XLIII [1643]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 10
    ff. prélim. et 76 pp.

Collation des feuillets préliminaires: frontispice gravé représentant
une aigle romaine qui abrite, à l'aide d'une draperie qu'elle tient
dans ses serres, la louve dont Romulus et Rémus prennent le lait; sur
la draperie on lit: _Cinna, ou la Clemence d'Auguste_, et au bas, dans
un cartouche: _A Paris, chez Tous. Quinet, au Palais. Auec Priuilege
du Roy._ 1643; 1 f. pour le titre imprimé; 3 ff. pour la dédicace; 4
ff. pour les extraits des auteurs; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_
et les noms des _Acteurs_.

L'extrait du privilége et l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans
l'édition in-4.

Cette édition in-12 fait partie du recueil de 1647.

Vendu: 14 fr., vélin, exempl. taché, B*** [Bordes], 1873 (no 356).

  22. CINNA || OV || LA CLEMENCE || D'AVGVSTE || Tragedie. ||
    Horat.--cui lecta potenter erit res || Nec facundia deseret
    hunc, nec lucidus ordo. || _Imprimé à Roüen, & se vend || A
    Paris, || Chez Toussainct Quinet, au Palais, sous || la montée
    de la Cour des Aydes._ || M. DC. XLVI [1646]. || Auec Priuilege
    du Roy. In-4 de 8 ff. et 96 pp.

Collation des feuillets préliminaires: titre; 2 ff. pour la dédicace à
Monsieur de Montoron; 1 f. pour l'extrait de Sénèque; 1 f. pour
l'extrait de Montaigne; 2 ff. pour la _Lettre de Monsieur de Balzac à
Monsieur Corneille, sur le sujet de cette Tragedie_ (imprimée ici pour
la première fois); 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des
_Acteurs_.

Ce qui fait le prix de cette édition, c'est la lettre de Balzac à
Corneille, dont voici le début:

    «Monsieur,

  «J'ay senty un notable soulagement depuis l'arrivée de vostre
  paquet. Je crie donc miracle, dés le commencement de ma Lettre:
  Vostre _Cinna_ guérit les malades: Il fait que les paralytiques
  battent des mains: Il rend la parole à un enrumé, qui l'avoit
  perdue avec la voix; et la luy rend pour les employer l'une et
  l'autre en perpetuelles exclamations, et pour dire sans cesse, _La
  belle chose_. Vous avez peur neantmoins d'estre de ceux qui sont
  accablez par la majesté des choses qu'ils traittent. Vous croyez
  estre inferieur à vostre matiere, et n'avoir pas apporté assez de
  force pour soutenir la grandeur Romaine. Quoy que cette modestie
  me plaise, elle ne me persuade pas, et je m'y oppose pour
  l'interest de la vérité. Vous estes trop subtil examinateur d'une
  composition universellement approuvée: Et s'il estoit vray qu'en
  quelqu'une de ses parties vous eussiez senty quelque foiblesse, ce
  seroit un secret entre vos Muses et vous, car je vous asseure que
  personne ne l'a reconnue.»

L'extrait du privilége et l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans
l'édition de 1643.

Vendu: 27 fr. mar. r. (_Capé_), Giraud, 1855 (no 1636).

  23. CINNA, OV LA CLEMENCE D'AVGVSTE, Tragedie. Horat.--cui lecta
    potenter erit res Nec facundia deseret hunc, nec lucidus ordo.
    _Imprimé à Roüen, & se vend A Paris, Chez Toussainct Quinet, au
    Palais, sous la montée de la Cour des Aydes._ M. DC. XLVI
    [1646]. Auec Priuilege du Roy. In-12.

Édition citée par les bibliographes, en particulier par M.
Marty-Laveaux (t. XII, p. 524). Nous ne sommes pas parvenu à en
trouver un exemplaire.

  24. CINNA, || Tragedie. || _A Rouen, & se vend || A Paris, Chez
    Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, au Palais, en la Gallerie
    des Merciers, à la Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly, au Palais,
    dans la petite Salle, à la Palme, & aux Armes de Hollande_; ou
    _Chez Louis Billaine, au Palais, || au second Pillier de la
    grand'Sale à la || Palme, & au grand Cesar_]. || M. DC. LXIV
    [1664]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 71 pp.

Collation des feuillets préliminaires: titre; 2 ff. pour la dédicace;
3 ff. pour la lettre de Balzac et les noms des _Acteurs_.

Au verso de la page 71 se trouve un extrait du privilége de janvier
1653, avec mention de la cession faite par Corneille à _Courbé_ et à
_de Luyne_, et par _Courbé_, pour sa moitié, à _Jolly_ et à
_Billaine_. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois
[en] vertu du present Priuilege, le dernier d'Octobre 1660, à Roüen,
par Laurens Maurry_.

  25. CINNA, Tragedie. Par P. Corneille. _A Paris, Au Palais. Chez
    Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers, sous la montée
    de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne Loyson, au premier
    Pillier de la grand'Salle proche les Consultations, au Nom de
    Jesus. Pierre Traboüillet, dans la Galerie des Prisonniers, à
    l'Image S. Hubert, & à la Fortune proche le Greffe des Eaux et
    Forets._ M. DC. LXXXII [1682]. Avec Privilege du Roy. In-12.

Nous avons cité plus haut (nos 14 et 19) des éditions du _Cid_ et
d'_Horace_ avec la date de 1682; nous croyons pouvoir affirmer qu'il a
été fait des tirages à part, sinon des 32 pièces contenues dans le
recueil de 1682, du moins des 16 pièces qui forment les tomes IIe et
IIIe de cette édition. Nous n'avons vu par nous-même ou rencontré dans
les catalogues que cinq de ces tirages à part: _le Cid_, _Horace_,
_Pompée_, _Théodore_ et _OEdipe_, mais ces indications nous ont paru
assez significatives pour que nous n'ayons pas hésité à faire figurer,
sous la date de 1682, toutes les pièces comprises entre le _Cid_ et la
_Toison d'Or_.

_Cinna_ doit compter 2 ff. pour le titre, l'_Extrait du Privilége_ et
les _Acteurs_, et 63 pp.


XII

  26. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie. || _A Paris, || Chez
    Antoine de Sommauille, en || la Gallerie des Merciers, à l'Escu
    || de France. || Au Pa- || lais. || & Augustin Courbé, en la
    mesme || Gallerie, à la Palme._ || M. DC. XLIII [1643]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-4 de 8 ff. prél., 121 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente les
chrétiens brisant les idoles dans un temple; on lit sur le mur du
temple le titre: _Polieucte, martir_; titre imprimé; 3 ff. pour la
dédicace à la reine régente; 3 ff. pour l'_Abregé du martyre de saint
Polyeucte_ et le nom des _Acteurs_.

Au verso de la page 121 commence le privilége, qui se développe sur le
recto du feuillet suivant. Il est daté du 30 janvier 1643, et est
accordé pour dix ans à Corneille lui-même. On lit à la fin: _Acheué
d'imprimer à Roüen pour la premiere fois, aux dépens de l'Autheur, par
Laurens Maurry, ce 20. jour d'Octobre 1643_. Il n'est pas fait mention
de la cession aux libraires. L'achevé d'imprimer ne se trouve pas dans
un exemplaire que nous avons vu chez M. Benzon.

A l'époque où Corneille entreprit de mettre sur la scène un martyr
chrétien, il y avait plus de vingt ans que les drames religieux,
renouvelés des mystères du moyen âge, avaient disparu du théâtre. Dans
les premières années du dix-septième siècle, quelques auteurs de
province, comme J. Gauché, J. Boissin de Gallardon, Denis Coppée,
etc., avaient emprunté à la Bible ou aux légendes des Saints le sujet
de plusieurs tragédies; mais, à mesure que le goût s'était formé, la
fable avait été remise en honneur. Les pièces de Hardy, de Rotrou et
de Scudéry sont entièrement païennes, et l'auteur du _Traité de la
disposition du poëme dramatique_ ne fait que se conformer aux usages
reçus, quand il reconnaît que les arguments tirés des livres saints
«sont plus propres en particulier qu'en public, et dans les colléges
de l'Université ou dans les maisons privées, qu'à la cour ou à l'Hôtel
de Bourgogne». Baro songea le premier à revenir aux sujets chrétiens.
Il mit sur la scène un _Saint Eustache, martyr_, qui donna peut-être à
Corneille l'idée de _Polyeucte_. La pièce de Baro ne fut publiée qu'en
1649, mais nous savons qu'elle avait été jouée vers 1639.

Dans un chapitre manuscrit ajouté à l'exemplaire de _la Pratique du
Théatre_ que possède la Bibliothèque nationale, l'abbé d'Aubignac dit
ce qui suit: «Depuis peu d'années, Barreau mit sur le théatre de
l'Hostel de Bourgogne le martyre de saint Eustache, et Corneille ceux
de Polyeucte et de Theodore» (_Voy._ Marty-Laveaux, t. IIIe, p. 467);
Baro lui-même s'exprime ainsi dans la préface de _Saint-Eustache_:
«Cher lecteur, je ne te donne pas ce poëme comme une piece de théatre,
où toutes les regles seroient observées, le sujet ne s'y pouvant
accommoder: c'est sans doute que je n'y aurois point travaillé, si je
n'y avois été forcé par une autorité souveraine; la mesme obéissance
qui me le fit composer, me le fait mettre en lumiere, apres m'en estre
défendu depuis dix ans: et j'ay cru enfin que je devois ceste justice
au sieur des Fontaines, qui a fait imprimer le sien sans se nommer
[des Fontaines avait publié, en 1643, un nouveau _Martyre de saint
Eustache_], de ne souffrir que son nom et le mien fussent confondus
dans un mesme ouvrage.»

Corneille, dominé par des idées pieuses, crut pouvoir suivre l'exemple
donné par Baro. Il mit _Polyeucte_ sur la scène, malgré l'accueil
assez froid que la pièce avait reçu à l'hôtel de Rambouillet. S'il
faut en croire Voltaire, ce serait un prélat, Godeau, évêque de
Grasse, qui aurait été le plus opposé à l'introduction des sujets
chrétiens sur la scène.

On admet généralement que _Polyeucte_ fut représenté à la fin de
l'année 1640. M. Marty-Laveaux lui-même adopte cette opinion dans la
notice qu'il a mise en tête de la tragédie (t. IIIe, p. 468); mais il
s'est aperçu plus tard, en reproduisant une lettre latine adressée à
Corneille par le conseiller Claude Sarrau (t. Xe, pp. 438 sq.), que la
représentation ne pouvait être antérieure à l'année 1643. Dans cette
lettre, datée de la veille des ides de décembre (12 décembre) 1642,
Sarrau parle des trois grandes pièces déjà composées par Corneille et
de la quatrième qu'il prépare: «Ut valeas tu cum tuis Musis scire
imprimis desidero, et utrum _tribus_ eximiis et divinis tuis dramatis
quartum adjungere mediteris... Inaudivi nescio quid de aliquo tuo
_poemate sacro_, quod an affectum ac perfectum sit, quæso, rescribe.»
Comme cette lettre contient une allusion à la mort de Richelieu,
arrivée le 4 décembre 1642, on ne peut supposer que la date en ait été
altérée. On doit donc placer la représentation de _Polyeucte_ en 1643,
et reculer en conséquence celle des pièces suivantes.

Le succès de _Polyeucte_ fut éclatant et rappela celui du _Cid_. Les
acteurs de l'Hôtel de Bourgogne, qui le représentèrent, y gagnèrent
autant d'argent qu'à aucune tragédie profane.

On peut affirmer que Corneille n'emprunta rien à Baro; il n'emprunta
rien non plus au _Saül_ ni à l'_Esther_ de Du Ryer (1642 et 1644),
pièces qui avaient sans doute aussi précédé _Polyeucte_. Si le sujet
de ces tragédies est tiré de la Bible, ce ne sont pourtant pas des
pièces chrétiennes.

On ne sait rien de positif sur les acteurs qui jouèrent _Polyeucte_ à
l'origine. M. Lefèvre indique, dans son édition, une distribution de
fantaisie, dont il se garde bien de faire connaître la source. Le
_Journal_ (manuscrit) _du Théatre François_, qui appartenait autrefois
à M. Beffara et qui est conservé maintenant à la Bibliothèque
nationale, indique comme la distribution primitive celle que nous
fournit le Manuscrit du Dauphin (voy. ci-dessus, no 9). Voici, d'après
ce manuscrit, la liste des acteurs qui jouaient _Polyeucte_ au
commencement de l'année 1685:

                DAMOISELLES.

    Pauline:    _le Comte_
    Stratonice: _Guiot_

                HOMMES.

    Polyeucte:  _La Tuillerie_
    Severe:     _Baron_
    Felix:      _Chanmeslé_
    Nearque:    _la Torilliere_
    Fabian:     _Hubert_
    Albin:      _Guerin_
    Cleon:      _Beauval_

Le rôle de _Pauline_ a rarement trouvé de dignes interprètes. Tandis
que les moindres élèves du Conservatoire ont cru pouvoir se charger
avec succès du rôle de _Camille_, dans _Horace_, des tragédiennes
comme Mlle Clairon ont regardé le rôle de _Pauline_ comme étant
au-dessus de leurs forces. (_Mémoires de Mlle Clairon_, nouvelle
édition; Paris, Ponthieu, 1822, in-8, pp. 315-318.)

Les deux comédiennes à qui la tragédie de _Polyeucte_ a valu le plus
beau triomphe, ont été Adrienne Lecouvreur, qui, en 1705, âgée
d'environ quinze ans, prit part à une représentation de cette pièce,
organisée par quelques jeunes gens, et Rachel, qui joua le rôle de
_Pauline_ pour la première fois le 22 décembre 1840, juste deux cents
ans après la première représentation.

Adrienne «avait emprunté un habit de la femme de chambre de Mme la
présidente le Jay, dans lequel elle ne parut pas avantageusement; mais
elle charma tout le monde par une façon de réciter toute nouvelle,
mais si naturelle et si vraie, qu'on disoit d'une voix unanime qu'elle
n'avoit plus qu'un pas à faire pour devenir la plus grande comédienne
qui eût jamais été sur le Théatre-François.» (_Lettre à Mylord *** sur
Baron et Mlle Lecouvreur_ [par d'Allainval], 1730, in-12, pp. 23-25.)

Quant à Rachel, «avec quelle ardeur, dit M. Jules Janin (_Rachel et la
Tragédie_; Paris, Amyot, 1859, gr. in-8, p. 160), avec quelle ardeur
elle était tour à tour la femme obéissante à son mari, la fille qui
résiste à son père, et cette Pauline adorable, à l'aise même avec
Sévère qu'elle aime et dont elle est aimée, et qui le revoit après un
an d'absence, comme si elle l'avait vu la veille! Elle était surtout
la _Pauline_ de Corneille en tout ce quatrième acte admirable et
rempli des émotions les plus touchantes, et comme enfin elle disait
jusqu'aux nues ce grand cri: _Je vois! je crois! je suis chrétienne_
[sic]! En ce moment solennel, tout brillait, tout parlait, tout
brûlait dans cette personne héroïque; elle avait dix coudées, elle
était immortelle. En ce moment, nous retrouvions, contents d'elle et
de nous, la jeune fille inspirée des premiers jours, lorsque, toute
seule sur ce théâtre, abandonnée à elle-même, sans manteau et presque
sans tunique, la tête chargée d'un diadème dédoré, la main armée d'un
poignard de hasard, elle s'abandonnait librement, sans chercher
l'effet, sans viser au pittoresque et sans songer aux applaudissements
du parterre absent, à ce grand art dont elle était l'espoir, à ce
grand souffle ingénu que contenait son étroite poitrine, à cette
inspiration qui lui était venue comme le chant vient à l'oiseau, et
qui l'obsédait à son insu.

«Le rôle de _Pauline_ est resté jusqu'à la fin de ses jours une
des meilleures révélations de Mlle Rachel; elle ne l'a pas joué
moins de soixante et une fois. La veille de son dernier jour au
Théâtre-Français, Mlle Rachel a joué _Pauline_.»

Il ne faut pas oublier que M. Beauvallet, dans le rôle de Polyeucte,
fut presque à la hauteur de Mlle Rachel. Bien que celui de Sévère eût
toujours été considéré comme le plus important, M. Beauvallet, par le
caractère religieux qu'il sut donner à Polyeucte, en fit le premier
rôle.

Le nombre des représentations de _Polyeucte_ données au
Théâtre-Français, de 1680 à 1875, a été de 405; savoir: sous Louis
XIV: à la ville, 95; à la cour, 17;--sous Louis XV: à la ville, 122; à
la cour, 17;--sous Louis XVI: à la ville, 14; à la cour, 2;--sous la
Révolution: 2;--sous le Directoire, le Consulat et l'Empire: à la
ville, 27; à la cour, 4;--sous la Restauration, 10;--sous
Louis-Philippe, 41;--sous la seconde République, 15;--sous le second
Empire, 39;--sous la République: 1.

On a dit souvent que le gouvernement révolutionnaire avait interdit la
représentation de _Polyeucte_. M. Hallays-Dabot, désireux sans doute
de justifier par un précédent semblable les trop fréquentes erreurs de
l'administration à laquelle il préside, n'a pas manqué de le répéter
(_Histoire de la Censure dramatique en France_; Paris, Dentu, 1862,
in-18, p. 215), en attribuant au Consulat l'honneur d'avoir permis la
reprise de la pièce. Il y a là une erreur évidente, et M.
Marty-Laveaux a bien fait de la relever. Si _Polyeucte_ fut interdit
dans un moment d'effervescence, il fut remis au théâtre dès le 13
floréal an II.

Vendu: 105 fr., exempl. à relier, Huillard, 1870 (no 593).

  27. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie. || _Imprimé à Roüen, & et
    se vend || A Paris, || Chez || Antoine de Somma || uille, en la
    Gallerie || des Merciers, à l'Escu || de France. || Au Palais
    || Et || Augustin Courbé, || en la mesme Gallerie, || à la
    Palme._ || M. DC. XLIIII [1644]. Auec Priuilege du Roy. In-12
    de 10 ff., 85 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélimin.: 1 f. blanc; 1 f. pour le titre; 3
ff. pour la dédicace; 5 ff. pour l'extrait de Surius et les noms des
_Acteurs_.

Le privilége, dont nous trouvons un extrait au verso de la page 85 et
au recto du feuillet suivant, est celui dont le texte entier figure
dans l'édition in-4. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer le 27
novembre 1643_ (cinq semaines, par conséquent, après l'édition en
grand format).

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

Vendu: 100 fr., mar. r. (_Duru et Chambolle_), Potier, 1870 (no 1228).

  28. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie. || _A Paris, || Chez ||
    Antoine de Sommauille, en || la Gallerie des Merciers, à l'Escu
    || de France. || & || Augustin Courbé, en la mesme || Gallerie,
    à la Palme._ || M. DC. XLVIII [1648]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-4 de 8 ff., 121 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé (le même que dans
l'édition de 1643); titre imprimé; 3 ff. pour la dédicace; 3 ff. pour
l'_Abrégé du martyre de saint Polyeucte_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége, qui occupe le verso de la page 121 et le recto du
feuillet suivant, n'est suivi d'aucun achevé d'imprimer.

  29. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie chrestienne. || _A Paris, ||
    Chez Antoine de Sommuille_ [sic], || _au Palais, dans la petite
    salle des Merciers, || à l'Escu de France._ || M. DC. XLVIII
    [1648]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 10 ff., 85 pp. et 1
    f.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. blanc; titre avec les armes de
France et de Navarre; 3 ff. pour la dédicace; 5 ff. pour les extraits
des auteurs et les noms des _Acteurs_.

Le privilége, daté du 30 janvier 1643, est donné par extrait au verso
de la page 85, et se développe sur le recto du feuillet suivant.

  30. POLYEVCTE MARTYR, Tragedie chrestienne. _A Roüen, & se vend A
    Paris, Chez. . ._, 1664, in-12.

Nous empruntons cette indication au _Catalogue des livres de la
bibliothèque de feue Mme la marquise de Pompadour_, no 890. On
pourrait croire qu'il y a ici une faute d'impression, et que l'édition
annoncée est celle de 1644, in-12; mais, comme elle est classée après
celle de 1648, il est plus naturel de supposer qu'il existe
effectivement une réimpression de _Polyeucte_ faite par _Laurens
Maurry_ en 1664. Elle devait se vendre chez _de Luyne_, _Jolly_ et
_Billaine_, comme les éditions de _Cinna_ et du _Menteur_ publiées
sous la même date (no 24 et 38).

  31. POLYEUCTE MARTYR, Tragedie chrestienne. Par P. Corneille. _A
    Paris, Au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des
    Merciers sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice.
    Estienne Loyson, au premier Pillier de la grand'Salle proche
    les Consultations au Nom de Jesus. Pierre Traboüillet dans la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune
    proche le Greffe des Eaux & Forets._ M. DC. LXXXII [1682]. Avec
    Privilege du Roy. In-12.

Nous n'avons pas vu cette édition, mais il est hors de doute qu'elle
existe, les pièces contenues dans les tomes IIe et IIIe, sinon toutes
les pièces du recueil de 1682, ayant été tirées à part. (Voy.
ci-dessus, no 25.) _Polyeucte_ doit compter 2 ff. et 72 pp.


XIII

  32. LA MORT || DE POMPEE. || TRAGEDIE. || _A Paris, || Chez ||
    Antoine de Sommauille, en la Gallerie || des Merciers, à l'Escu
    de France. || Au Pa || lais. || & || Augustin Courbé, en la
    mesme Gallerie à la Palme._ || M. DC. XLIV. [1644]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-4 de 8 ff prél. et 100 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente
l'assassinat de Pompée dans une barque, sur la mer, et qui porte le
titre de la tragédie et les noms des deux libraires; _Au palles_
[sic], 1644, avec la signature: _F[rançois] C[hauveau] in. et fecit_;
1 f. pour le titre; 2 ff. pour la dédicace à «Monseigneur
l'éminentissime Cardinal Mazarin;» 2 ff. pour le remercîment à Son
Éminence (en vers), et 2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_, les extraits de
Lucain et de Velleius Paterculus, et pour les noms des _Acteurs_. M.
Brunet indique par erreur 9 ff. prélim.

Le dernier feuillet, paginé 99-100, contient le privilége accordé à
Corneille, pour _la Mort de Pompée_ et _le Menteur_. Ce privilége,
daté du 22 janvier 1644, lui est donné pour dix ans. Il déclare en
faire cession à _Antoine de Sommaville_ et à _Augustin Courbé_.
L'achevé d'imprimer est du 16 février 1644.

Nous donnons la collation de l'édition d'après plusieurs exemplaires
semblables que nous avons eus entre les mains; mais l'exemplaire de la
Bibliothèque Cousin contient, après l'indication des _Acteurs_, deux
feuillets préliminaires pour la traduction latine du _Remercîment à
Mazarin_: _Gratiarum Actio eminentissimo Cardinali Iulio Mazarino, ex
gallico Cornelii_, traduction qui compte 79 vers hexamètres et qui est
signée A. R. (Abrahamus Remius). La place occupée par ces deux
feuillets, qui portent à dix le nombre des feuillets préliminaires,
est une preuve, croyons-nous, qu'ils ont été intercalés après coup
dans l'édition dont ils ne faisaient primitivement pas partie. Du
reste, le _Remercîment_ parut d'abord en édition séparée; nous aurons
l'occasion d'en parler plus loin.

C'est à Lucain, son auteur favori, que Corneille a emprunté le sujet
de _la Mort de Pompée_. Il le déclare dans son avis _Au Lecteur_, où
il ajoute que la lecture de ce poëte l'a rendu si amoureux de la force
de ses pensées et de la majesté de son raisonnement, qu'afin d'en
enrichir notre langue, il a fait cet effort pour réduire en poëme
dramatique ce que Lucain a traité en épique. «On trouvera icy, dit
Corneille, cent ou deux cents vers traduits ou imités de luy.» En
dehors de ces emprunts et de ceux qu'il a faits à Velleius Paterculus,
Corneille a tiré quelques idées de deux tragédies françaises qui
avaient précédé sa pièce: la _Cornélie_ de Robert Garnier (_Paris_,
_Robert Estienne_, 1574, in-8), et _la Mort de Pompée_, de Charles
Chaulmer (_Paris_, _Antoine de Sommaville_, 1638, in-4). Voltaire a le
premier fait connaître les analogies qui existent entre ces deux
pièces et celle de Corneille. On trouve dans celle de Garnier une
scène entre la veuve de Pompée et Philippe, l'affranchi du triumvir,
qui permet quelques rapprochements curieux avec la tragédie de
Corneille. Quant à celle de Chaulmer, «cette pièce, dédiée à
Richelieu, dit M. Marty-Laveaux, diffère tout à fait, par le plan, de
celle de Corneille. Elle a, il est vrai, le mérite de mieux justifier
son titre, car Pompée en est le principal personnage; mais ce mérite
est à peu près le seul qu'elle possède. L'auteur a eu cependant la
pensée de substituer à l'unique discours de Photin sur le parti à
prendre à l'égard de Pompée, une véritable délibération, déjà
dramatique, qui a été de quelque utilité à Corneille pour l'admirable
scène par laquelle sa pièce commence.» On conçoit à peine comment le
savant rédacteur du _Catalogue Soleinne_ a pu dire, en parlant de la
tragédie de Chaulmer (no 1168): «On pourrait avancer et soutenir, avec
quelques bonnes raisons, que ce Ch. Chaulmer n'est qu'un pseudonyme,
et que le grand Corneille est l'auteur de cette première ébauche de
_la Mort de Pompée_.»

Le poëte nous apprend, dans l'épître qui précède _le Menteur_, qu'il
fit _Pompée_ «pour satisfaire à ceux qui ne trouvaient pas les vers de
_Polyeucte_ si puissants que ceux de _Cinna_, et leur montrer qu'il en
saurait bien trouver la pompe quand le sujet le pourrait fournir». Il
l'écrivit, ajoute-t-il, dans le même hiver que _le Menteur_. Si l'on
adopte pour _Polyeucte_ la date de 1643, comme la lettre du conseiller
Sarrau oblige de le faire, il faudra dire que ce n'est pas deux
pièces, mais trois pièces, que Corneille a écrites dans le seul hiver
de 1642, et l'on a encore plus de «peine à croire qu'elles soient
parties de la même main». La représentation dut avoir lieu, au théâtre
du Marais, dans les premiers mois de l'année 1643. Jusqu'à ces
derniers temps, il n'avait pas été possible de déterminer, avec une
entière certitude, la scène sur laquelle cette pièce fit son
apparition. La découverte d'un projet de lettres patentes, présenté au
roi par Corneille en 1643, afin d'obtenir qu'il pût empêcher les
comédiens de jouer ses oeuvres sans son autorisation, a dissipé tous
les doutes. «Le sieur Corneille, y est-il dit, nous a fait remonstrer
qu'il a cy-devant employé beaucoup de temps à composer plusieurs
pieces tragiques nommées _Cinna_, _Polyeucte_ et _la Mort de Pompée_,
lesquelles il auroit fait representer par nos comédiens ordres,
representant au Marais du Temple à Paris; et d'autant qu'il a appris
que depuis quelque temps les autres comediens auroient, à son grand
prejudice, entreprins de representer lesdictes pieces et que si ils
avoient cette liberté, l'exposant seroit frustré de son labeur, nous
suppliant sur ce luy pourvoir et luy accorder nos lettres necessaires,
etc.» Cette demande si juste ne fut d'ailleurs pas admise, et les
comédiens continuèrent de jouer Corneille malgré lui, parce qu'il
était d'usage que les pièces une fois imprimées appartinssent au
domaine public. (_Voy._ Marty-Laveaux, tome Ier, pp. LXXIV sq.)

Le Registre de Lagrange nous apprend que Molière en donna trois
représentations en 1659: le jeudi 16 mai, avec une recette de 135
livres; le jeudi 19 juin, avec une recette de 153 livres, et le mardi
26 août, avec une recette de 90 livres seulement. Cette dernière
soirée, qui ne rapporta que 3 livres à chacun des comédiens, fit
abandonner _Pompée_, que nous ne voyons plus mentionner jusqu'à la fin
du registre de Lagrange. Lors des trois représentations que nous
venons de citer, ce fut Molière lui-même qui remplit le rôle de César,
ainsi que nous l'apprend un passage de _l'Impromptu de l'Hostel de
Condé_ (Paris, N. Pépingué, 1664, in-12), cité par M. Marty-Laveaux.
Dans cette comédie, Montfleury, relevant les attaques que Molière
avait dirigées contre les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne dans
_l'Impromptu de Versailles_, met dans la bouche de ses personnages les
vers suivants:

    LE MARQUIS.

                              Cet homme est admirable,
    Et dans tout ce qu'il fait il est inimitable.

    ALCIDON.

    Il est vray qu'il récite avec[que] beaucoup d'art,
    Témoin dedans _Pompée_ alors qu'il fait Cesar.
    Madame, avez-vous vû dans ces tapisseries
    Ces héros de romans?

    LA MARQUISE.

                          Ouy.

    LE MARQUIS.

                                Belles railleries.

    ALCIDON.

    Il est fait tout de même; il vient le nez au vent,
    Les pieds en parentaise, et l'épaule en avant,
    Sa perruque qui suit le côté qu'il avance,
    Plus pleine de laurier qu'un jambon de Mayence,
    Les mains sur les côtez d'un air peu negligé,
    La teste sur le dos comme un mulet chargé,
    Les yeux fort égarez, puis débitant ses rôles,
    D'un hoquet éternel sépare ses paroles,
    Et lorsque l'on luy dit: _Et commandez icy_.

  Il répond:

    _Connoissez-vous Cesar de luy parler ainsi?
    Que m'offriroit de pis la Fortune ennemie,
    A moy qui tient le Sceptre egal à l'infamie?_


Le Manuscrit du Dauphin (voy. no 9) nous fournit pour la _Mort de
Pompée_, à l'époque de la mort de Corneille, la distribution suivante:

               DAMOISELLES.

    Cornelie:  _Beauval_.
    Cleopatre: _le Comte_.
    Charmion:  _Raisin_.

               HOMMES.

    Ptolomée:  _Baron_.
    Cesar:     _Chanmeslé_.
    Antoine:   _le Comte_.
    Achorée:   _la Tuillerie_.
    Photin:    _Dauvilliers_.
    Achillas:  _Villiers_.
    Septime:   _Raisin L._
    Philippe:  _Beauval_.

Le rôle de Cornélie fut pour Adrienne Lecouvreur, au commencement du
dix-huitième siècle, l'occasion d'un grand triomphe; Mlle Clairon, au
contraire, déclara qu'elle ne le comprenait pas et refusa de le jouer.

_La Mort de Pompée_ a eu 193 représentations au Théâtre-Français, de
1680 à 1870, savoir: sous Louis XIV: à la ville, 80; à la cour,
9;--sous Louis XV: à la ville, 50; à la cour, 6;--sous Louis XVI: à la
ville, 3; à la cour, 9;--sous le Directoire, le Consulat et l'Empire:
à la ville, 28; à la cour, 3;--sous la Restauration, 7;--sous le
second Empire, 4. Elle n'a pas été reprise dans ces dernières années.

Vendu: 100 fr., exempl. à relier, Huillard, 1870 (no 594).

  33. LA MORT || DE || POMPEE. || Tragedie. || _A Paris, || Chez ||
    Antoine de Somma- || uille, en la Gallerie des || Merciers, à
    l'Escu de Frãce. || Au Pa- || lais. || Et || Augustin Courbé ||
    en la mesme Gallerie, à la || Palme._ || M. DC. XLIIII [1644].
    || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 12 ff. et 71 pp.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. blanc; 1 f. de titre; 3 pp. pour
la dédicace à Mazarin, 6 pp. pour le Remercîment à Mazarin (ce
Remercîment est accompagné de la traduction latine _ex gallico
Cornelii_, dont nous avons parlé plus haut); 4 pp. pour l'avis _Au
Lecteur_; 2 pp. pour les extraits des auteurs; 5 pp. pour le
_Privilége_ et les _Acteurs_.

Le privilége et l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans l'édition
in-4.

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

Vendu: 80 f. mar. r. (_Duru et Chambolle_), Potier, 1870, no 1229.


  34. POMPÉE. || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Au
    Palais. || Chez || Guillaume de Luyne, dans la Salle des ||
    Merciers sous la montée de la Cour des Aydes || à la Justice.
    || Estienne Loyson, || au premier Pillier de || la grand'Salle
    proche les Consultations || au Nom de Jesus. || Pierre
    Traboüillet, dans la Galerie des || Prisonniers, à l'Image S.
    Hubert, & à la Fortune || proche le Greffe des Eaux & Forets._
    || M. DC. LXXXII [1682]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 66
    pp. et 1 f. pour le privilége, sign. A. D.

Édition publiée en vertu du privilége général accordé en 1679 à _G. de
Luyne_ et à ses associés. C'est un simple extrait du _Théatre_ de
1682, tiré sur les mêmes formes. L'achevé d'imprimer est du 7 février
1682.


XIV

  35. LE MENTEVR, || Comedie. || _Imprimé à Roüen, & se vend || A
    Paris, || Chez || Antoine de Sommauille, || en la Gallerie des
    Merciers, || à l'Escu de France. || Au || Palais || Et ||
    Augustin Courbé, en la mesme || Gallerie, à la Palme._ || M.
    DC. XLIV [1644]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff.
    prélim., 136 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prél.: titre, avec le fleuron de _Laurens
Maurry_ et les initiales L. M.; 3 ff. pour la dédicace et les noms des
_Acteurs_. M. Brunet indique un front. gravé que nous n'avons jamais
rencontré.

Le privilége, qui occupe le dernier f., est accordé à Corneille pour
_la Mort de Pompée_ et _le Menteur_, à la date du 22 janvier 1644; il
est d'une durée de dix ans. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour
la premiere fois, à Roüen, par Laurens Maurry, le dernier d'Octobre
1644._ Il n'est pas fait mention de la cession du privilége aux
libraires.

Après avoir emprunté aux Espagnols le sujet du _Cid_, Corneille leur
emprunta le sujet de sa première comédie sérieuse. _La Verdad
sospechosa_, qui lui servit de modèle, parut en 1630 sous le nom de
Lope de Vega (_Parte veynte y dos de las Comedias del Fenix de España,
Frey Lope Felix de Vega Carpio_; Çaragoça, Pedro Verges, 1630, in-4),
mais elle fut revendiquée en 1630, par son véritable auteur, D. Juan
de Alarcon. (_Parte segunda de las Comedias del licenciado Don Juan
Ruyz de Alarcon y Mendoça_; Barcelona, Sebastian de Cormellas, 1634,
in-4.) C'est de cette pièce, dont on trouvera facilement le texte dans
les _Comedias escogidas de Don Juan Ruiz de Alarcon y Mendoza_;
Madrid, Ortega y Compañia, 1826-29, 2 vol. in-8, t. Ier, dans les
_Comedias escogidas de Don Juan Ruiz de Alarcon_; _edicion de la real
Academia española_; Madrid, 1867, 3 vol. in-8, t. IIIe, et dans le
_Tesoro del Teatro español, desde su orígen hasta nuestros dias,
arreglado y dividido en cuatro partes, por D. Eugenio de Ochoa_;
Paris, Baudry, 1838, 5 vol. in-8, t. IVe, que Corneille a tiré les
traits principaux du _Menteur_; il ne fait point difficulté de le
reconnaître, et il ajoute dans l'_Examen_ joint à la comédie en 1660,
«qu'il voudrait avoir donné les deux plus belles pièces qu'il ait
faites et que ce sujet fût de son invention.» M. Marty-Laveaux a donné
place dans son édition de Corneille (t. IVe, pp. 241-273) à une
intéressante étude de M. Viguier, sur l'original espagnol et sur
l'imitation française. On peut y suivre, scène par scène, les deux
comédies, et s'y rendre compte de tous les détails que Corneille a dû
modifier, tant pour accommoder son modèle au goût du temps que pour
rester fidèle aux règles qu'il s'était prescrites. L'avantage n'est
pas toujours pour Corneille, moins libre dans ses allures que
l'écrivain espagnol, mais le poëte français l'emporte par la précision
et l'élégance. On ne peut donc que négliger des critiques
superficielles comme celles d'un auteur allemand, dont M. Viguier a
pris la peine de relever les erreurs. Dans un accès de gallophobie, M.
Ad. Fréd. de Schack (_Geschichte der dramatischen Literatur und Kunst
in Spanien_; Berlin, 1845-1846, 3 vol. in-8, t. IIe, pp. 430 et 625) a
pris plaisir à célébrer les poëtes espagnols aux dépens du _Cid_ et du
_Menteur_, mais toutes ses études sur le théâtre espagnol ne lui ont
même pas appris à quelle époque écrivait au juste Diamante!

Le _Menteur_ fut représenté au Marais en 1643. Dans une de ses lettres
à Corneille, Balzac, s'il ne témoigne pas encore du succès qu'obtint
la nouvelle comédie, semble tout au moins indiquer qu'on en parlait
déjà dans le public: «Vous serez Aristophane, quand il vous plaira,
lui dit-il, comme vous estes déjà Sophocle (_Lettres choisies du sieur
de Balzac_; Paris, 1647, in-8, 2e partie, p. 535, lettre du 10 février
1643; _OEuvres de Corneille_, éd. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 442 sqq).»
Le Registre de Lagrange nous apprend que la troupe de Molière en donna
3 représentations en 1659. _Le Menteur_ occupait alors une soirée à
lui seul; mais, le vendredi 14 novembre de cette année, il ne rapporta
aux comédiens que 70 livres, soit 3 livres 3 sols pour chacun des
membres de la troupe. Il fut dès lors établi qu'il ne suffisait plus
pour «faire la recette». Molière, qui jouait volontiers les oeuvres de
Corneille et qui appréciait sans doute _le Menteur_, ne renonça
pourtant pas à le jouer, mais il l'accompagna d'une seconde pièce: _le
Cocu imaginaire_, _l'École des Maris_, etc. Le Registre de Lagrange
mentionne 18 représentations de 1660 à 1666.

La distribution du _Menteur_ indiquée par le Manuscrit du Dauphin, au
commencement de 1685, est la suivante:

                         DAMOISELLES.

    Lucresse:            _Poisson_.
    Clarice:             _Raisin_.
    Sabine:              _Beauval_.
    Isabelle:            _Guiot_.

                         HOMMES.

    Lisandre [Dorante]:  _La Grange_.
    Cliton:              _Poisson_.
    Artabaze [Alcippe]:  _Brecourt_.
    Philisse [Philiste]: _de Villiers_.
    Le Pere [Geronte]:   _Chanmeslé_.
    Dueliste [Lycas]:    _Beauval_.

Parmi les actrices qui jouèrent _le Menteur_, Dangeau (_Journal_, t.
XIe, p. 306) fait figurer la duchesse du Maine qui, le lundi 21
février 1707, donna, dit-il, à Clagny, une représentation de cette
pièce à laquelle assista la duchesse de Bourgogne. Il est vrai que,
d'après _le Mercure_, ce ne serait pas le _Menteur_, mais _les
Importuns_ de Malézieux, que la duchesse du Maine aurait joué à cette
occasion.

Les deux artistes qui, de notre temps, se sont le plus distingués dans
le rôle du _Menteur_ sont Firmin (m. en 1859) et M. Delaunay.

De 1680 à 1870, la Comédie-Française a donné 616 représentations du
_Menteur_, savoir: sous Louis XIV: à la ville, 169; à la cour,
13;--sous Louis XV: à la ville, 161; à la cour, 15;--sous Louis XVI: à
la ville, 28, à la cour, 6;--sous la Révolution: 8;--sous le
Directoire, le Consulat et l'Empire: à la ville, 74, à la cour,
2;--sous la Restauration: 30;--sous Louis-Philippe: 51;--sous la
seconde République: 5; sous le second Empire: 54.

Vendu: 30 fr. mar. v. (_Duru_), Giraud, 1855 (no 1637).

  36. LE || MENTEVR, || Comedie. || _Imprimé à Roüen, & se vend ||
    A Paris, || Chez || Antoine de Somma- || uille, en la Gallerie
    || des Merciers, à l'Escu || de France. || Au || Palais || Et
    || Augustin Courbé, en la mesme Gallerie, || à la Palme._ || M.
    DC. XLIV [1644]. Auec Priuilege du Roy. In-12 de 4 ff. et 91
    pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour l'_Epistre_; 1 f.
pour le _Privilége_ et les noms des _Acteurs_. Le privilége, qui n'est
rapporté ici que par extrait, est le même que dans l'édition in-4; il
est suivi du même achevé d'imprimer.

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

  37. LE || MENTEVR, || Comedie. || Par le Sieur Corneille. || _A
    Paris, || Chez Guillaume de Luyne, au Palais, en la || Gallerie
    des Merciers, sous la montée de || la Cour des Aydes._ || M.
    DC. LIII [1653]. In-4 de 2 ff et 124 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour l'_Epistre_.

Nous avons vu deux exemplaires tout à fait semblables de cette
édition, l'un à la Bibliothèque Cousin, l'autre à la Bibliothèque
Mazarine; ils n'ont bien tous deux que 2 ff. prélim., c'est-à-dire
qu'ils ne contiennent ni le _Privilége_ ni les _Acteurs_. Il est vrai
que le privilége n'est pas annoncé sur le titre.

  38. LE || MENTEVR, || Comedie. || _A Roüen, Et se vend || A
    Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, au Palais, en
    la Gallerie des Merciers, à la Iustice_, [ou _Chez Thomas
    Iolly, au Palais, dans la || petite Salle, à la Palme, & aux
    Armes de Hollande_; ou _Chez Loüis Billaine, au second Pillier
    de la grand Salle du Palais, à la Palme & au grand Cesar_]. ||
    M. DC. LXIV [1664]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 2 (?)
    ff. et 92 pp.

Collation des feuillets prélimin.: titre; 1 f. pour l'_Extrait du
Privilége_ et les _Acteurs_.

Le privilége, daté de janvier 1653, est donné à Corneille lui-même
pour neuf années. Corneille déclare y associer _Augustin Courbé_ et
_Guillaume de Luyne_, et _Courbé_ fait cession de sa part à _Thomas
Jolly_ et à _Louis Billaine_. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour
la premiere fois, [en] vertu du present Priuilege, le dernier
d'Octobre 1660, à Roüen, par Laurens Maurry_.

L'exemplaire de la Bibliothèque Cousin, le seul de cette édition que
nous ayons eu entre les mains, n'a que deux feuillets prélim. Il est
au nom de _Jolly_. Nous avons complété l'adresse des autres libraires
sur l'édition de _Cinna_ de 1664 (no 24).

  39. LE MENTEUR, Comedie. Par P. Corneille. _A Paris, Au Palais,
    Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers sous la
    montée de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne Loyson, au
    premier Pillier de la Grand'Salle proche les Consultations au
    Nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la Galerie des
    Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune proche le
    Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII [1682]. Avec
    Privilege du Roy. In-12.

Nous avons la certitude que cette édition existe, bien qu'elle n'ait
pas encore été citée. Elle doit compter 2 ff. et 84 pp. Voy.
ci-dessus, no 25.


XV

  40. LA SVITE || DV || MENTEVR, || Comedie. || _Imprimé à Roüen, &
    se vend || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || en la
    Gallerie des Merciers, || à l'Escu de France. || Au || Palais.
    || Et || Augustin Courbé, en la mesme || Gallerie, à la Palme._
    || M. DC. XLV [1645]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff.
    et 136 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre avec un fleuron représentant
une tête coiffée de plumes, de laquelle se détachent des rinceaux et
des guirlandes (on remarque les initiales de _Laurens Maurry_ entre
les guirlandes); 7 pp. pour l'_Epistre_; 2 pp. pour le _Privilége_; 1
p. pour les _Acteurs_.

Le privilége reproduit _in extenso_ occupe une page et demie. Il est
donné à «nostre cher et bien amé le sieur Corneille» pour un espace de
cinq ans, à compter du jour que la pièce sera achevée d'imprimer pour
la première fois, et porte la date du 5 août 1645. On lit à la fin:
_Acheué d'imprimer pour la premiere fois à Roüen, par Laurens Maurry,
ce dernier Septembre 1645._ Il n'est pas fait mention de la cession
faite par l'auteur aux libraires.

Le texte est imprimé en caractères italiques avec manchettes aux pp.
14, 24, 68, 99, 101, 102, 128 et 132.

La comédie, présentée par Corneille comme une _Suite du Menteur_, ne
se rattache nullement à cette pièce. Le poëte lui-même nous avertit
qu'elle est tirée d'une comédie de Lope de Vega, intitulée: _Amar sin
saber à quien_, qui est très-probablement antérieure à celle
d'Alarcon. Les deux ouvrages se trouvent, il est vrai, réunis dans le
recueil qu'un libraire de Saragosse donna, en 1630, sous le nom de L.
de Vega (_Parte veynte y dos de las comedias del Fenix de España, Frey
Lope de Vega Carpio_; Çaragoça, Vedro Verges, 1630, in-4); mais, en
1635, quelques mois avant la mort de Lope, Luis de Usátegui, son
gendre, publia le véritable tome XXIIe des comédies du «Phénix de
l'Espagne» où l'on ne retrouve plus la _Verdad sospechosa_, désormais
rendue à Alarcon (voy. le no 35). Il est assez vraisemblable que la
réunion fortuite des deux comédies dans un même volume aura seule
inspiré à Corneille l'idée de les compléter l'une par l'autre. Presque
tous les ouvrages qui obtinrent un grand succès au XVIIe siècle, à
quelque genre qu'ils appartinssent, donnèrent lieu à des suites. On
eut la _Suite de Don Quichotte_, la _Suite du Cid_, la _Suite des
Lettres portugaises_, etc. _Le Menteur_ ayant réussi à la scène,
Corneille aima mieux lui donner une suite que d'en laisser composer
une par Chevreau ou par Desfontaines. Il voulut seulement que le
public retrouvât dans la pièce nouvelle les principaux personnages du
_Menteur_. Mais, quelque soin que prenne Cliton, dès les premières
scènes, d'exposer les incidents qui servent de lien entre les deux
pièces, il n'en faut pas moins reconnaître que le caractère de Dorante
est singulièrement changé.

La _Suite du Menteur_ fut jouée à la fin de l'année 1643, sur le
théâtre du Marais, par les mêmes acteurs que le _Menteur_. Jodelet
lui-même, qui avait contribué au succès de la première pièce, dans le
rôle de Cliton, récita le portrait peu flatté que le poëte traçait de
lui. Les frères Parfaict (_Histoire du Théatre François_, t. VIe, pp.
237 sqq.) et M. Marty-Laveaux (t. IVe, pp. 123 sqq.) nous ont donné
quelques détails sur ce comédien qui entra au Marais en 1610 et mourut
à la fin de mars 1660, ainsi que nous l'apprend _la Muse historique de
Loret_.

Jodelet divertit le parterre pendant cinquante ans, aussi fut-on
surpris de le voir en 1649 et en 1650 prendre une part active à la
Fronde. Une mazarinade de 1649 contient le passage suivant:

    «Il n'est pas jusque(s) à Jodelet
    Qui n'ait en main le pistolet,
    Ayant adjoint à sa cabale
    Les gens de la Troupe Royale;
    Si bien qu'eux tous jusqu'aux Portiers
    Ont cuirasse et sont cavaliers,
    Tesmoignant bien mieux leur courage
    En personne qu'en personnage.»

_Le Courrier françois_ dit encore en 1650:

    «L'hostel de Bourgogne ferma.
    La trouppe du Marais s'arma.
    Jodelet n'eut plus de farine
    Dont il put barbouiller sa mine.»

Voy. _Choix de Mazarinades, publié par C. Moreau_; Paris, 1853, 2 vol.
in-8, t. Ier, p. 300 et t. IIe, p. 167; voy. aussi la _Bibliographie
des Mazarinades_ du même auteur, nos 1080, 1257, 1736.

Malgré les efforts de Jodelet et de ses camarades, la _Suite du
Menteur_ échoua; Corneille l'avoue lui-même, dans son _Epistre_ et
dans son _Examen_, sans se rendre bien compte des causes de son
insuccès. Sans parler des défauts de la pièce, qui, malgré
d'excellentes scènes, n'est pas d'un intérêt véritablement dramatique,
on peut dire qu'il est sans exemple dans la littérature que la suite
d'un ouvrage ait jamais participé à la vogue que l'auteur se proposait
d'exploiter. «Bien que d'abord cette Pièce n'eut pas grande
approbation, ajoute Corneille, à la fin de son _Examen_, quatre ou
cinq ans après la Troupe du Marais la remit sur le Théatre avec un
succès heureux, mais aucune des Troupes qui courent les Provinces ne
s'en est chargée.» Cette reprise dut avoir lieu peu de temps avant que
Jodelet se joignît aux frondeurs; ce fut la dernière. Le Registre de
Lagrange ne mentionne aucune représentation de la _Suite du Menteur_;
ce n'est qu'au commencement de ce siècle qu'Andrieux essaya les
retouches conseillées par Voltaire. La pièce, réduite en 4 actes, fut
jouée sur le Théâtre-Français, où elle obtint 7 représentations.
Andrieux, mécontent de son ouvrage, la remit en 5 actes et la donna
sous cette nouvelle forme sur le Théâtre de l'Impératrice, l'Odéon
actuel (voy. notre chapitre XIV).

On joua en 1645 une pièce de d'Ouville, dont le titre reproduisait
celui de la comédie de Lope de Vega, dont Corneille a tiré _la Suite
du Menteur: Aymer sans savoir qui_ (à Paris, chez Cardin Besongne,
1647, in-4). L'analyse que les frères Parfaict ont donnée de cette
pièce (_Histoire du Théatre François_, t. VIe, pp. 411-415) permet de
dire qu'elle n'a aucun rapport avec l'ouvrage espagnol.

Vendu: 40 fr., exempl. à relier, Huillard, 1870 (no 595);--170 fr.,
même exempl., Potier, 1870 (no 1231).

  41. LA SVITE || DV || MENTEVR, || Comedie. || _Imprimé à Roüen, &
    se vend || A Paris, || Chez || Antoine de Somma-|| uille en la
    Gallerie || des Merciers, à l'Escu || de France. || Au ||
    Palais. || Et || Augustin Courbé, || en la mesme Gallerie, || à
    la Palme._ || M. DC. XLV [1645]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-12 de 6 ff., 93 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre; 7 pp. pour la dédicace; 2 pp.
pour le _Privilége_; 1 p. pour les noms des _Acteurs_. Le privilége et
l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans l'édition in-4.

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

  42. LA || SVITE || DV || MENTEVR, || Comedie. || _A Paris, ||
    Chez Toussainct Quinet, || au Palais, dans la petite Salle,
    sous la montée || de la Cour des Aydes_; [ou _Chez Antoine de
    Sommauille, || au Palais, dans la petite salle des Merciers, ||
    à l'Escu de France_]. || M. DC. XLVIII [1648]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 93 pp.

La collation est la même que dans l'édition in-12 de 1645, mais les
caractères sont plus fins et la justification plus petite (109 mm. sur
56). Le privilége est le même, mais il n'y a pas d'achevé d'imprimer.

Cette édition fut sans doute publiée lors de la reprise, dont parle
Corneille à la fin de son _Examen_. Nous en avons vu des exemplaires à
la Bibliothèque Cousin, chez M. L. Potier et à la librairie Techener.

  43. LA SUITE DU MENTEUR, Comedie. Par P. Corneille. _A Paris, Au
    Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers
    sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne
    Loyson, au premier Pillier de la Grand'Salle proche les
    Consultations au nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune
    proche le Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII [1682],
    Avec Privilege du Roy. In-12.

Nous avons la certitude que cette édition existe, bien que nous ne
l'ayons pas vue. Elle doit se composer de 2 ff. et 84 pp. Voy.
ci-dessus no 25.


XVI

  44. RODOGVNE || PRINCESSE || DES PARTHES. || Tragedie. ||
    _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Toussaint
    Quinet, au Palais, || sous la montée de la Cour des Aydes_; [ou
    _Chez Antoine de Sommauille, au Palais, en la || Gallerie des
    Merciers, à l'Escu de France_; ou _Chez Augustin Courbé, au
    Palais, en la || Gallerie des Merciers, à la Palme._ || M. DC.
    XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 9 ff. et 115 pp.

Collation des feuillets prél.: Figure représentant Rodogune qui
empêche Antiochus de prendre la coupe; on lit en haut le titre de la
tragédie, avec le nom de Corneille, et en bas ces mots: _C. le Brun
in._, au-dessous desquels se trouve l'indication du lieu de
publication: _A Paris, Au Palais, Auec Priuilege du Roy_, 1647 (cette
figure, imprimée sur un f. séparé, manque souvent); 1 f. de titre avec
un fleuron portant le monogramme de _L. Maurry_; 4 ff. pour la
dédicace à «Monseigneur Monseigneur le Duc d'Anguien»; 2 ff. pour
l'extrait d'Appien; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des
_Acteurs_.

Le privilége, daté du 17 avril 1646, est donné pour cinq ans à
_Toussainct Quinet_, lequel y associe _A. de Sommaville_ et _A.
Courbé_. L'achevé d'imprimer est du dernier jour de janvier 1647.

Dans certains exemplaires d'un premier tirage, la dernière page est
chiffrée par erreur 107.

Dans tous les recueils des oeuvres de Corneille, sauf dans la grande
édition in-folio de 1663, _Rodogune_ est placée après _Théodore_, mais
il est certain que cette dernière pièce ne fut jouée qu'en 1645,
tandis que la première dut l'être dans le courant de l'année 1644.
Tous les historiens du théâtre sont unanimes sur ce point. Voltaire a
pensé qu'ils se trompaient et que l'ordre chronologique n'avait pas dû
être abandonné par Corneille; il a donc reculé la représentation de
_Rodogune_ jusqu'en 1646, tandis qu'avec tous les auteurs il a laissé
_Théodore_ à l'année 1645. L'ordre dans lequel furent publiées les
deux tragédies n'est pas, à notre avis, un motif suffisant pour
écarter une tradition universellement admise.

La place occupée par _Théodore_, dans les éditions de 1647 à 1655, lui
fut sans doute donnée en raison de la date à laquelle elle fut
publiée. Corneille s'était d'autant plus empressé de la faire
imprimer, qu'il espérait que sa _Vierge chrétienne_, malgré l'échec
qu'elle avait subi à Paris, serait bien accueillie sur les théâtres de
province, tandis qu'il retarda l'impression de _Rodogune_ pour
protéger les droits des comédiens et les siens. Lors de la composition
du recueil de 1647, les libraires s'en tinrent à l'ordre dans lequel
les pièces avaient été imprimées. Corneille conserva cet ordre, sans y
rien changer, jusqu'en 1660, époque à laquelle il se préoccupa de
donner une forme définitive aux éditions de ses oeuvres. Il mit alors
_Théodore_ immédiatement après _Pompée_, c'est-à-dire avant le
_Menteur_, dans la pensée de la rapprocher de _Polyeucte_, dont elle
était le pendant. La grande édition de 1663 innova sur ce point et
rangea toutes les pièces à leur vraie place, y compris _Théodore_,
mais les éditions de 1664 in-8, de 1668 et de 1682 revinrent aux
errements antérieurs. A partir de cette époque, il nous paraît facile
d'expliquer la transposition faite par Corneille. Les dernières
éditions de ses oeuvres sont «réglées» à huit pièces par volume;
_Théodore_, étant sa dix-septième pièce, devait naturellement ouvrir
le tome IIIe. Il est naturel de penser que le poëte, qui avait
commencé le tome IIe par le _Cid_, aura voulu mettre en tête du tome
IIIe, une pièce qui eût obtenu un succès incontesté; il choisit
_Rodogune_ et relégua _Théodore_ au second plan, à la fin du volume
précédent. L'édition in-folio étant réglée à douze pièces par volume,
c'est _Pompée_ qui ouvrait la seconde partie, en sorte que _Théodore_
avait pu sans inconvénient y occuper sa vraie place.

Fontenelle prétend que son oncle fut plus d'un an à disposer le sujet
de _Rodogune_. Il en devait l'idée première à un épisode raconté par
Appien; mais, l'histoire ne pouvant être mise sur la scène dans toute
sa nudité, le récit de Justin, les témoignages du Livre des Machabées
et de Josèphe n'étant d'ailleurs pas conformes sur tous les points aux
faits rapportés par l'historien grec, Corneille dut tirer de son
propre fonds la plus grande partie du poëme. Cet effort d'imagination
lui coûta beaucoup de peine et lui inspira pour _Rodogune_ une
affection particulière. «On m'a souvent fait une question à la Cour,
dit-il dans son _Examen_, quel étoit celuy de mes Poëmes que
j'estimois le plus, et j'ay trouvé tous ceux qui me l'ont faite si
prévenus en faveur de _Cinna_, ou du _Cid_, que je n'ay jamais osé
déclarer toute la tendresse que j'ay toujours eue pour celui-cy, à qui
j'aurois volontiers donné mon suffrage, si je n'avois craint de
manquer en quelque sorte au respect que je devois à ceux que je voyois
pencher d'un autre costé. Cette préférence est peut-estre en moy un
effet de ces inclinations aveugles, qu'ont beaucoup de péres pour
quelques-uns de leurs enfans, plus que pour les autres: peut-estre y
entre-t'il un peu d'amour-propre, en ce que cette Tragédie me semble
estre un peu plus à moy, que celles qui l'ont précédée, à cause des
incidens surprenans qui sont purement de mon invention, et n'avoient
jamais été veus au Théatre; et peut-estre enfin y a-t'il un peu de
vray mérite, qui fait que cette inclination n'est pas tout-à-fait
injuste.»

Au moment où Corneille achevait de combiner les scènes de sa tragédie,
il fut trahi par un de ceux qui avaient reçu ses confidences. Gabriel
Gilbert, auteur dramatique médiocre, dont la reine Christine de Suède
avait fait son secrétaire, profita de cette indiscrétion et ne
craignit pas d'écrire une _Rodogune_, qu'il fit représenter sous son
nom en 1644, quelques mois avant la pièce de Corneille (_Rodogune,
Tragi-Comedie_; à Paris, chez Toussainct Quinet, 1646, in-4). Le
plagiaire avait eu connaissance des quatre premiers actes de la vraie
_Rodogune_, qu'il suivit assez fidèlement, mais il fut abandonné à
lui-même pour le cinquième, et le misérable dénoûment qu'il imagina
suffit pour révéler son larcin. Corneille ne se plaignit même pas de
cet abus de confiance qu'il feignit d'ignorer; la supériorité du style
était pour lui une vengeance plus que suffisante. D'ailleurs Gilbert,
ignorant de quel auteur le sujet était tiré, n'avait pas su à qui
appliquer le nom de _Rodogune_; il l'avait donné par erreur à la reine
que Corneille appelle _Cléopatre_.

_Rodogune_ fut représentée à l'hôtel de Bourgogne; elle fut jouée par
_Mlle Bellerose_, à ce que nous apprend une mazarinade intitulée:
_Lettre de Bellerose à l'abbé de la Rivière_ (1649). Plus tard elle
passa dans le répertoire courant de la troupe de Molière. Le Registre
de Lagrange en mentionne 23 représentations de 1659 à 1680. Les
comédiens de l'hôtel de Bourgogne ne cessèrent point pour cela de
donner _Rodogune_, si l'on s'en rapporte à la distribution indiquée
par Mouhy, dans son _Journal du Théatre François_ (voy. Marty-Laveaux,
t. IVe, pp. 406 sq.). Ce furent très-probablement les acteurs que
nomme Mouhy: _Baron_, _Villiers_, _Champmeslé_, _Lecomte_, _Mlle de
Champmeslé_, _Mlle Dupin_ et _Mlle Guiot_ qui représentèrent la pièce
à Versailles en octobre 1676, lors de la reprise qui donna lieu au
_Remerciement_ de Corneille. C'étaient les mêmes acteurs qui jouaient
_Rodogune_, au commencement de l'année 1685, ainsi que nous
l'apprenons par le Manuscrit du Dauphin (voy. ci-dessus, no 19). Les
indications de ce manuscrit sont d'autant plus importantes qu'elles
viennent corroborer le témoignage de Mouhy. Voici la distribution
qu'il nous fournit:

               DAMOISELLES.

    Cleopatre: _Beauval_, ou _Dupin_.
    Rodogune:  _Chanmeslé_.
    Laodice:   _Guiot_.

               HOMMES.

    Antiochus: _Baron_.
    Seleuchus: _de Villiers_, ou _le Comte_.
    Timagene:  _Chanmeslé_.
    Oronte:    _le Comte_.

Parmi les artistes qui ont rempli le rôle de Cléopatre, nous citerons,
d'après Lemazurier (_Galerie des acteurs du Théâtre Français_, t.
IIe), _Mlle Aubert_, en 1712; _Mlle Lamotte_, en 1722; _Mlle
Balicourt_, en 1727; enfin et surtout _Mlle Dumesnil_. Les plus
brillantes interprètes de _Rodogune_ ont été _Mlle Gaussin_ et _Mlle
Clairon_.

Les représentations données par le Théâtre-Français de 1680 à 1870 ont
été au nombre de 455, savoir: sous Louis XIV: à la ville, 133; à la
cour, 21;--sous Louis XV: à la ville, 135; à la cour, 14;--sous Louis
XVI: à la ville, 34; à la cour, 6;--sous la Révolution, 9;--sous le
Directoire, le Consulat et l'Empire: à la ville, 67; à la cour,
3;--sous la Restauration, 18;--sous le second Empire, 15.

  45. RODOGVNE || PRINCESSE || DES PARTHES. || Tragedie. ||
    _Imprimé à Roüen, & se vend || à Paris, || Chez Toussaint
    Quinet, au || Palais, sous la montée de la Cour des Aydes_; [ou
    _Chez Antoine de Sommaville, || au Palais, en la Gallerie des
    Mer- || ciers, à l'Escu de France_; ou _Chez Augustin Courbé ||
    au Palais, en la Salle des Merciers, || à la Palme_]. || M.
    DC. XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 10 ff. et
    87 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé portant ces mots
dans un cartouche: _La Rodogune, Tragedie de M. de Corneille_, 1647
(ce frontispice manque à beaucoup d'exemplaires où il est remplacé par
1 f. blanc); 1 f. de titre; 4 ff. de dédicace à _Monseigneur le
Prince_ (le vo du dernier est occupé par un simple fleuron); 4 ff.
contenant l'extrait d'_Appian Alexandrin_ et les noms des _Acteurs_.

Nous avons eu sous les yeux deux exemplaires au nom de Quinet, ou le
fleuron et la lettre ornée qui précèdent la dédicace étaient
différents, tandis qu'ils étaient pour tout le reste absolument
conformes.

Le privilége occupe le verso de la p. 87. Il est au nom de _Toussainct
Quinet_, qui déclare y associer _Antoine de Sommaville_ et _Augustin
Courbé_. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la première fois, le
dernier iour de Ianuier 1647_.

La Bibliothèque Cousin possède un exemplaire de cette édition au nom
de _Courbé_, avec la date de 1646. Il y a là une faute d'impression
évidente, puisque l'achevé d'imprimer porte, comme dans tous les
exemplaires, le dernier jour de janvier 1647.

Vendu: 16 fr. mar. r. doublé de mar. bl. (_Gruel_), Giraud, 1855 (no
1641);--40 fr., exempl. à relier, Catalogue Lefebvre (de Bordeaux),
1875 (no 56).

  46. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES, Tragedie. Par P. Corneille.
    _A Paris, Au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des
    Merciers sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice.
    Estienne Loyson, au premier Pillier de la Grand'Salle proche
    les Consultations au Nom de Jesus. Pierre Trabouillet, dans la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune
    proche le Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII [1682].
    Avec Privilege du Roy. In-12.

Nous avons la certitude que cette édition existe, bien qu'elle n'ait
pas encore été citée. Elle doit compter 2 ff. et 68 pp. Voy. ci-dessus
no 25.


XVII

  47. THEODORE || VIERGE ET MARTYRE, || Tragedie ]| chrestienne. ||
    _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Toussainct
    Quinet, au Palais, sous || la montée de la Cour des Aydes_; ou
    _Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || en la Gallerie des
    Merciers, à l'Escu de France_; [ou _Chez Augustin Courbé, au
    Palais, en || la Gallerie des Merciers, à la Palme_]. || M. DC.
    XLVI [ou M. DC. XLVII] [1646 ou 1647]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-4 de 5 ff. et 128 pp.

Collation des feuillets prélim.: figure représentant la décollation de
sainte Théodore; titre avec le fleuron de Laurens Maury et ses
initiales L. M.; 5 pp. pour la dédicace à Monsieur L. P. C. B.; 1 p.
pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége, daté du 17 avril 1646 (comme le privilége de
_Rodogune_), est accordé pour cinq ans à _Toussainct Quinet_, qui
déclare y associer _A. de Sommaville_ et _A. Courbé_. L'achevé
d'imprimer est du dernier jour d'octobre 1646.

La plupart des exemplaires de cette édition que nous avons vus portent
la date de 1647; ce sont ceux dans lesquels nous avons trouvé le
frontispice gravé. La Bibliothèque Cousin possède un exemplaire de
1646, sans frontispice avec le nom de _Courbé_. Un autre exemplaire
est porté au Catalogue Pompadour, no 890. Il est possible que la
gravure n'ait pas été achevée, lorsque les premiers exemplaires furent
mis en vente.

En écrivant _Théodore_, Corneille espéra renouveler le succès de
_Polyeucte_. Il écrivit _Théodore_ après _Polyeucte_, comme il avait
écrit _la Place Royale_ après _la Galerie du Palais_, _Cinna_ après
_Horace_, _la Suite du Menteur_ après _le Menteur_. Il emprunta le
sujet de la pièce au _De Virginibus_ de saint Ambroise et crut pouvoir
mettre sur la scène une légende presque semblable à celle de sainte
Agnès, que les spectateurs naïfs du moyen âge écoutaient avec un
recueillement religieux. Nous connaissons un drame provençal du
commencement du XIVe siècle, auquel cette dernière sainte donne son
nom (_Sancta Agnes, provenzalisches geistliches Schauspiel,
herausgegeben von Karl Bartsch_; Berlin, Weber, 1869, pet. in-8), et
dans les premières années du XVIIe siècle, Pierre Troterel, seigneur
d'Aves, en fit l'héroïne d'une tragédie (_Tragédie de Sainte Agnes,
par le Sieur d'Aves_; Rouen, David du Petit Val, 1615, pet. in-12 de
95 pp.). Personne alors ne trouvait mauvais qu'une partie de l'action
se passât dans un lieu de prostitution; mais Corneille avait épuré le
goût public, et les spectateurs ne purent supporter le quatrième acte
de sa pièce. Jouée, en 1645, par les comédiens du Roi, _Théodore_
n'eut, d'après le _Journal du Théatre François_, que cinq
représentations. Corneille ne put dissimuler son échec: «La
representation de cette Tragédie, dit-il dans son _Examen_, n'a pas eu
grand éclat, et sans chercher des couleurs à la justifier, je veux
bien ne m'en prendre qu'à ses défauts, et la croire mal faite,
puisqu'elle a été mal suivie. J'aurois tort de m'opposer au jugement
du Public; il m'a été trop avantageux en d'autres Ouvrages pour le
contredire en celui-cy, et si je l'accusois d'erreur ou d'injustice
pour _Théodore_, mon exemple donneroit lieu à tout le monde de
soupçonner des mesmes choses les Arrests qu'il a prononcez en ma
faveur. Ce n'est pas toutefois sans quelque satisfaction, que je voy
la meilleure et la plus saine partie de mes Juges imputer ce mauvais
succès à l'idée de la prostitution qu'on n'a pû souffrir, bien qu'on
sçeust assez qu'elle n'auroit point d'effet, et que pour en extenuer
l'horreur j'aye employé tout ce que l'Art et l'expérience m'ont pû
fournir de lumiéres; pouvant dire du quatrieme Acte de cette Pièce que
je ne croy pas en avoir fait aucun, où les diverses passions soient
ménagées avec plus d'adresse et qui donne plus lieu à faire voir le
talent d'un excellent Acteur.» Dans les provinces, les spectateurs
étaient moins exigeants qu'à Paris. Après avoir remarqué que la _Suite
du Menteur_ n'y fut point donnée, Corneille termine l'_Examen_ de
cette pièce par la réflexion suivante: «Le contraire est arrivé de
_Théodore_, que les Troupes de Paris n'y ont point rétablie depuis sa
disgrace, mais que celles des Provinces y ont fait assez passablement
réüssir.»

Nous avons déjà parlé (voy. le no 44) du rang assigné à _Théodore_,
dans les diverses éditions collectives que Corneille donna de ses
ouvrages. Nous n'avons pu voir d'autre motif à l'interversion qui l'a
fait passer avant _Rodogune_, et même, en 1660, avant le _Menteur_,
que le désir qu'eut le poëte de la rapprocher de _Polyeucte_ et de ne
pas mettre en tête d'un volume une pièce qui n'avait pas obtenu un
complet succès.

  48. THEODORE || VIERGE ET MARTYRE, || tragedie chrestienne. ||
    _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Toussainct
    Quinet, || au Palais, sous la montée de la || Cour des Aydes_
    [ou _Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie
    des Merciers, || à l'Escu de France_; ou _Chez Augustin Courbé,
    || au Palais, en la Gallerie des || Merciers, à la Palme_]. ||
    M. DC. XLVI [1646]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 4 ff.,
    82 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour la dédicace à
Monsieur L. P. C. B.; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms
des _Acteurs_.

Le privilége, daté du 17 avril 1646, est accordé pour cinq ans à
_Toussainct Quinet_, qui déclare y associer _Antoine de Sommaville_ et
_Augustin Courbé_. L'achevé d'imprimer pour la première fois est du
dernier jour d'octobre 1646.

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

La Bibliothèque Cousin possède un exemplaire au nom de _Courbé_, avec
la date de 1647, qui ne présente d'ailleurs aucune différence avec les
exemplaires datés de 1646.

Vendu: 20 fr., mar. r. doublé de mar. bl. (_Gruel_), Giraud, 1855 (no
1639);--75 fr., mar. r. (_Duru et Chambolle_), Potier, 1870 (no 1230).

  49. THEODORE VIERGE ET MARTYRE, Tragedie chrestienne. Par P.
    Corneille. _A Paris, Au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans
    la Salle des Merciers sous la montée de la Cour des Aydes à la
    Justice. Estienne Loyson, au premier Pillier de la Grand'Salle
    proche les Consultations au Nom de Jesus. Pierre Trabouillet,
    dans la Galerie des Prisonniers, à l'image S. Hubert, & à la
    Fortune proche le Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII
    [1682]. Avec Privilege du Roy. In-12.

Cette édition doit se composer de 2 ff. et 76 pp.

Vendu: 6 fr. mar. v. (_Duru_), Giraud, 1855 (no 1640).


XVIII

  50. HERACLIVS || EMPEREVR || D'ORIENT, || Tragedie, || _Imprimé à
    Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Toussainct Quinet, au
    Palais, || sous la montée de la Cour des Aydes_; [ou _Chez
    Antoine de Sommauille, au Palais, || en la Gallerie des
    Merciers, à l'Escu de France_; ou _Chez Augustin Courbé, au
    Palais, || en la Gallerie des Merciers, à la Palme_]. || M. DC.
    XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff., 126 pp.
    et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. de titre avec un fleuron, au
monogramme de _L. Maurry_; 3 ff. pour la dédicace _A Monseigneur
Seguier, Chancelier de France_; 2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et les
noms des _Acteurs_.

Le privilége, dont le texte remplit le dernier f., est accordé pour
cinq ans à _T. Quinet_, à la date du 17 avril 1647, et Quinet déclare
y associer _A. de Sommaville_ et _A. Courbé_. L'achevé d'imprimer est
du 28 juin 1647.

Les libraires associés pour la publication de la pièce eurent un
procès dont Scarron (éd. de 1786, t. VIIe, p. 56) nous a conservé le
souvenir dans les vers suivants, que M. Marty-Laveaux a relevés:

    Si l'on ne payoit point les Muses,
    Elles deviendroient bien camuses;
    On ne feroit plus rogatums,
    On n'imprimeroit que factums;
    _Courbé_, _Quinet_ et _Sommaville_
    Finiroient leur guerre civile,
    Et ne s'entre-plaideroient plus
    Pour _Cassandre_ et l'_Heraclius_.

Dans le procès intenté par _Quinet_ à ses deux associés _Sommaville_
et _Courbé_, Corneille, croyons-nous, donna raison aux derniers. Leurs
deux noms figurent, en 1648, sur une édition de _Polyeucte_ (no 28),
tandis qu'on n'y voit pas celui de _Quinet_. Du reste la brouille ne
fut pas de longue durée. _Courbé_ ayant obtenu, en 1648, un privilége
pour les pièces de Corneille, y associa _Sommaville_ et _Quinet_. Leur
entente est constatée par le recueil de 1648, dont l'achevé d'imprimer
est du 31 septembre. (Voy. notre chapitre III.)

_Héraclius_ fut représenté à l'hôtel de Bourgogne vers la fin de
l'année 1646. Nous adoptons cette date et non celle de 1647 que nous
fournissent les historiens du théâtre, parce que le passage du
_Déniaisé_ de Gillet de la Tessonnerie, que cite M. Marty-Laveaux (t.
V, p. 117), nous paraît tout à fait concluant. Dans cette comédie
figurent deux amants qui se vantent tour-à-tour de leur galanterie
pour leur belle:

    J'ay fait voir à Daphnis dix fois _Heraclius_,
    --Moy, vingt fois _Themistocle_ et peut-estre encor plus.

Le privilége du _Déniaisé_ est daté du 9 mars 1647. Si l'on tient
compte du temps nécessaire pour l'obtention des lettres royales; si
l'on réfléchit que les acteurs ne jouaient alors que trois fois par
semaine, et qu'une pièce ne pouvait avoir plus de dix représentations
en un mois; si enfin l'on admet que la Tessonnerie ne put composer et
faire jouer sa pièce en moins d'un mois, on est forcé de placer
_Héraclius_ avant la fin de l'année 1646. Corneille lui-même nous
fournit un argument à l'appui de cette opinion. Dans l'avis au lecteur
qui précède _Rodogune_ (dont l'achevé d'imprimer est du 31 janvier
1647), il dit que cette tragédie n'est pas la seule où il ait pris de
la liberté avec l'histoire, et il ajoute: «Je l'ay poussée encore plus
loin dans _Heraclius_ que je viens de mettre sur le théatre.» Cette
phrase, écrite au commencement de l'année 1647, se rapportait sans
doute à un événement antérieur de quelques semaines.

Corneille composa _Héraclius_ en combinant plusieurs passages des
_Annales ecclesiastici_ de Baronius. «Cette Tragédie, nous dit-il dans
son _Examen_, a encore plus d'effort d'invention que celle de
_Rodogune_, et je puis dire que c'est un heureux Original, dont il
s'est fait beaucoup de belles copies, si-tost qu'il a paru.» Malgré la
netteté de cette déclaration faite par un homme dont on connaît la
franchise, quelques critiques du commencement du XVIIIe siècle
s'avisèrent de rechercher une comédie de Calderon intitulée: _En esta
vida todo es verdad y todo mentira_, qui présente dans certains
passages de frappantes analogies avec _Héraclius_, et prétendirent que
le poëte français avait emprunté sa pièce à l'Espagne. Cette assertion
fut avancée assez à la légère dans le _Mercure_ de 1724, mais démentie
par le savant jésuite Tournemine, dont Jolly reproduisit les
observations dans l'_Avertissement des OEuvres de Corneille_, publiées
par lui en 1738. Quelque incroyables que fussent les accusations de
plagiat portées contre Corneille, Voltaire n'hésita pas à les
reprendre, mais ne trouva pour les soutenir que les plus détestables
raisons. Corneille n'emprunta rien à Calderon; ce fut au contraire
l'auteur espagnol qui fit entrer des fragments de la pièce de
Corneille dans une conception presque insensée. Sa comédie de _Todo es
verdad y todo mentira_, ne fut publiée que 17 ans après _Héraclius_
(_Tercera Parte de las Comedias de D. Pedro Calderon de la Barca_;
Madrid, por Domingo Garcia Morràs, 1664, in-4 de 6 ff. non chiff. et
272 ff. chiff.); c'est ce que M. Viguier (_Anecdotes littéraires sur
Pierre Corneille_; Rouen, 1846, in-8, pp. 13 sqq., et _OEuvres de
Corneille_, éd. Marty-Laveaux, t. Ve, pp. 122 sqq.), a démontré d'une
manière irréfragable. Il faut toute la passion d'un «Franzosenfresser»
comme M. de Schack (_Geschichte der dramatischen Literatur und Kunst
in Spanien_, t. IIIe, p. 177; _Nachtrag_, p. 104), ou toute l'ardeur
castillane d'un poëte comme M. Harzenbusch, qui fait de la question
une question d'amour-propre national, pour accuser Corneille d'un
plagiat commis au contraire à son détriment.

Au dire de Corneille, le poëme d'_Héraclius_ «est si embarrassé, qu'il
demande une merveilleuse attention. J'ay veu, ajoute-t-il, de fort
bons esprits, et des personnes des plus qualifiées de la Cour, se
plaindre de ce que sa représentation fatiguoit autant l'esprit qu'une
étude sérieuse. Elle n'a pas laissé de plaire, mais je croy qu'il l'a
fallu voir plus d'une fois, pour en remporter une entière
intelligence.» La troupe de Molière donna plus tard _Héraclius_, comme
la plupart des autres pièces de Corneille. Le Registre de Lagrange en
mentionne 14 représentations de 1659 à 1680, dont 7 pour la seule
année 1661. D'après une tradition recueillie dans l'édition de la
Bruyère, donnée par Coste en 1731 (t. Ier, p. 3), Molière «réussit si
mal la première fois qu'il parut à la tragédie d'_Héraclius_, dont il
faisoit le principal personnage, qu'on lui jeta des pommes cuites qui
se vendoient à la porte, et il fut obligé de quitter». Peut-être la
malheureuse représentation où Molière subit cet affront est-elle
celle que Lagrange cite à la date du samedi 18 mai 1659, avec une
recette de 72 livres. Molière n'avait pour sa part que 3 livres!

Robinet nous raconte, dans sa _Lettre en vers à Madame_, du 1er
décembre 1668, une représentation d'_Héraclius_ donnée chez Monsieur:

    Lundy, les Altesses Royales,
    En l'une de leurs grandes Sales,
    Où tout brilloit tant que rien plus,
    Veirent le grand _Héraclius_,
    L'un des beaux fruits des doctes Veilles
    Du digne Aîné des deux Corneilles,
    Qu'avec un honneur non tel quel,
    Jouërent Messieurs de l'Hôtel.

Au commencement de l'année 1685, _Héraclius_ était distribué de la
manière suivante:

               DAMOISELLES.

    Pulcherie: _Chanmeslé_.
    Léontine:  _Beauval_, ou _Dupin_.
    Eudoxe:    _Poisson_.

               HOMMES.

    Héraclius: _Baron_, ou _Dauvilliers_.
    Marsian:   _Dauvilliers_, ou _le Comte_.
    Phocas:    _Chanmeslé_.
    Crispe:    _Hubert_, ou _le Comte_.
    Octavian:  _Raisin L._
    Exupere:   _Hubert_.
    Amintas:   _Beauval_.

De 1680 à 1870, le Théâtre-Français a donné 305 représentations
d'_Héraclius_, savoir: sous Louis XIV; à la ville, 60; à la cour,
4;--sous Louis XV; à la ville, 137; à la cour, 17;--sous Louis XVI; à
la ville, 18; à la cour, 6;--sous la Révolution: 5;--sous le
Directoire, le Consulat et l'Empire: à la ville, 40; à la cour,
2;--sous la Restauration: 13;--sous le second Empire: 3.

  51. HERACLIVS || EMPEREVR || D'ORIENT, || Tragedie. || _Imprimé à
    Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Toussainct Quinet, au
    Palais, sous la montée de la || Cour des Aydes_; [ou _Chez
    Antoine de Sommauille, || au Palais, en la gallerie des
    Merciers, || à l'Escu de France_; ou _Chez Augustin Courbé, au
    Palais, en la Gallerie des Merciers, à la Palme_]. || M. DC.
    XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff., 93 pp.
    et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour la dédicace; 3 ff.
pour l'avis _Au Lecteur_ et les _Acteurs_.

Le privilége est le même que dans l'édition in-4 qui précède. Il se
termine par la même mention et le même achevé d'imprimer.

Cette édition dut paraître peu de temps après l'édition in-4. Dans la
lettre citée ci-dessus, Conrart dit à Félibien, à la date du 16 août
1647: «Je tiendray le _petit Heraclius_ tout prest pour vous l'envoyer
par la premiere commodité d'amy qui se présentera.»

Vendu: 21 fr. mar. bl. doublé de mar. r. (_Gruel_), Giraud, 1855 (no
1642);--40 fr., exempl. à relier, Catalogue Lefebvre (de Bordeaux),
1875 (no 57).

  52. HERACLIVS || EMPEREVR || D'ORIENT, || Tragedie. || _A Paris,
    || Chez Guillaume de Luine, au Palais, sous || la montée de la
    Cour des Aydes._ || M. DC. LII. [1652]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-12 de 6 ff., 82 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour la dédicace; 3 ff.
pour l'avis _Au Lecteur_ et les noms des _Acteurs_.

Cette édition est imprimée en petits caractères très-nets; la
justification est de 104 mm. sur 58, tandis que l'édition de 1647 a
111 mm. sur 58. Il existe des exemplaires de l'édition de _Guillaume
de Luine_, avec la date de 1653. Nous avons pu nous convaincre à la
Bibliothèque Cousin, où nous avons trouvé un exemplaire sous chacune
des deux dates, que les deux catégories d'exemplaires appartiennent à
une seule et même édition.

  53. HERACLIUS EMPEREUR D'ORIENT, Tragedie. Par P. Corneille. _A
    Paris, Au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des
    Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice.
    Estienne Loyson, au premier Pillier de la Grand'Salle proche
    les Consultations au Nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune
    proche le Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII [1682].
    Avec Privilege du Roy. In-12.

Cette édition doit se composer de 2 ff., 72 pp. et 1 f. blanc.

Voy. la note du no 25.


XIX

  54. DESSEIN DE LA TRAGEDIE || D'ANDROMEDE, || Représentée sur le
    Theatre || Royal de Bourbon. || Contenant l'ordre des Scénes,
    la descri || ption des Theatres & des Machines, || & les
    paroles qui se chantent || en Musique. || _Imprimé à Roüen, aux
    despens de l'Autheur._ || M. DC. L. [1650]. || Auec Priuilege
    du Roy. || _Et se vend à Paris, chez Augustin Courbé, ||
    Imprimeur & Libraire ordinaire de M. le Duc || d'Orleans, au
    Palais, à la Palme._ In-8 de 68 pp., y compris le titre.

Au verso du titre, se trouve l'extrait du privilége accordé à
Corneille, pour cinq ans, à la date du 12 octobre 1649. L'achevé
d'imprimer est du 3 mars 1650.

Mazarin, qui avait apporté d'Italie le goût de l'opéra et des
représentations à grand spectacle, fit jouer, pendant le carnaval de
1647, un ballet italien intitulé _Orphée_ (_Orphée, Tragi-Comedie en
Musique en Vers Italiens, représentée devant Leurs Majestés_; Paris,
Sebastien Cramoisy, 1647, in-4 de 29 pp.). Malgré les splendeurs de la
mise en scène, ce ballet n'eut qu'un médiocre succès, que Renaudot, le
rédacteur de la _Gazette_, ne parvint pas à grandir. Les spectateurs
ne comprirent pas les vers italiens, ou, s'ils les comprirent, ne
purent qu'en déplorer la faiblesse. Mazarin, pour faire mieux goûter
par le public le genre de fêtes qui lui plaisait, eut alors l'idée de
monter un opéra français, dont les vers fussent écrits par le plus
grand poëte de l'époque; il désigna Corneille pour le composer. Le
poëte n'eut pas le choix du sujet, qui lui fut probablement imposé par
le cardinal. Il s'agissait d'utiliser les décorations et les machines
exécutées sous la direction de l'Italien Torelli, pour le ballet
d'_Orphée_, et l'on ne pouvait mettre sur la scène qu'un grand
spectacle mythologique.

Le sujet d'Andromède avait été traité plusieurs fois déjà par les
faiseurs d'opéras italiens (_Andromeda, Tragicomedia boscareccia di
Diomisso Guazzoni_, [_Cremonese_]; in Venetia, per Domenico Imberti,
1587 et 1599 in-12;--_Andromeda, Tragicomedia per Musica_ [_poesia di
Ridolfo Campeggi, Bolognese, musica di Girolamo Giacobbi, maestro di
capella di S. Petronio_]; in Bologna, per Bartolommeo Cecchi, 1610,
in-12;--_Andromeda, Dramma per Musica rappresentato nel Teatro di S.
Cassiano di Venezia l'anno 1637_, [_poesia di Benedetto Ferrari, di
Reggio di Modena, musica di Francesco Manelli, di Tivoli_]; in
Venezia, per Antonio Bariletto, 1637, in-12;--_Andromeda, Festa
teatrale [di Ascanio Pio di Savoja]_; in Ferrara, 1639, in-fol.,
figg.); nul doute que Corneille n'ait eu entre les mains sinon toutes
ces compositions, au moins les plus récentes, et qu'il ne s'en soit
inspiré.

La musique d'_Andromède_ fut écrite non pas, comme l'a cru Voltaire,
par le compositeur Boesset, ou Boissette, mais par le poëte burlesque
Dassoucy, qui, dans un fragment de recueil placé à la suite d'un
exemplaire de ses _Rimes redoublées_ que possède la Bibliothèque de
l'Arsenal, dit expressément: «C'est moy qui ay donné l'âme à
l'_Andromede de M. de Corneille_.» Ce passage a été relevé, pour la
première fois, par M. Paul Lacroix (_la Jeunesse de Molière_, p. 173),
et M. Fournier (_Notes sur Corneille_, p. xc) en a rapproché avec
beaucoup de raison le sonnet adressé par Corneille à Dassoucy sur son
_Ovide en belle humeur_, sonnet qui fut écrit en 1650, l'année même de
la représentation d'_Andromède_.

L'hypothèse des deux savants que nous venons de citer est maintenant
une certitude. Dassoucy a fait imprimer des _Airs à quatre parties_
(Paris, Robert Ballard, 1653, très-pet. in-8 obl.), qui contiennent
deux fragments d'_Andromède_, un morceau du Prologue: _Cieux,
escoutez, escoutez, Mers profondes_, et un morceau de l'acte
quatrième: _Vivez heureux amants_. Ce petit recueil est d'autant plus
intéressant qu'il contient quelques vers de Corneille à Dassoucy, qui
ont échappé à tous les éditeurs. Nous les reproduirons dans notre
chapitre Ve.

Corneille se mit à l'oeuvre en 1647, assisté de Dassoucy et de
Torelli. Une maladie du roi et les pieuses exhortations de Vincent de
Paul retardèrent la représentation, qui devait avoir lieu pendant le
carnaval de 1648. Dans une lettre datée du 20 décembre 1647, Conrart
nous donne à ce sujet de curieux détails. «On préparoit, dit-il, force
machines au palais Cardinal, pour représenter à ce carnaval une
comedie en musique dont M. Corneille a fait les paroles. Il avoit pris
_Andromede_ pour sujet, et je crois qu'il l'eust mieux traité à nostre
mode que les Italiens; mais depuis la guerison du Roy, M. Vincent a
degousté la Reine de ces divertissemens, de sorte que tous les
ouvrages ont cessé (_Lettres familieres de M. Conrart à M. Felibien_;
Paris, Barbin, 1681, in-12, pp. 110 sq.).» Ce témoignage est confirmé
par un passage de Dubuisson-Aubenay, emprunté par M. Marty-Laveaux (t.
Ve, pp. 247 sq.) à un manuscrit de la Bibliothèque Mazarine.
«L'affaire de la comedie françoise d'_Andromede_, dit-il entre le 2 et
le 8 janvier 1648, pour l'avancement de laquelle le sieur Corneille
avoit receu 2400 livres, et le sieur Torelli, gouverneur des machines
de la piece d'_Orphée_, ajustandes à celle-cy, plus de 1200 livres, a
été derechef rompue ou intermise, apres avoir été nagueres remise
sus.»

Les théâtres furent fermés pendant la Fronde, et la représentation
d'_Andromède_ fut encore ajournée. Le 18 août 1649, le roi revint à
Paris; mais plusieurs mois s'écoulèrent avant que la cour pût se
donner le divertissement d'un grand opéra. Ce n'est que vers la fin
de janvier 1650 que les comédiens du Petit-Bourbon donnèrent la pièce
de Corneille. Le succès en fut très-grand, et Renaudot en fit un long
et pompeux éloge dans un extraordinaire de la _Gazette_ daté du 18
février 1650.

Nous parlerons à l'article suivant d'une distribution d'_Andromède_
indiquée à la main dans un exemplaire de la pièce qui a fait partie de
la bibliothèque de M. de Soleinne. Il paraît certain que les
chanteurs, quels qu'ils fussent, se faisaient remplacer sur la scène
par de simples comparses. On lit dans le registre de Lagrange, à
propos de la représentation de _Psyché_ (1671): «Jusques icy les
Musiciens et Musiciennes n'avoient point voulu paroistre en public.
Ils chantoient à la comédie dans des loges grillées et treillissées.
Mais on surmonta cet obstacle et avec quelque legere despance on
trouva des personnes qui chanterent sur le theastre á visage
descouvert habillées comme les comediens.»

Certains passages d'_Andromède_ devinrent populaires, soit à cause des
paroles, soit à cause de la musique. Ainsi l'on trouve dans le
_Nouveau Recueil de Chansons et Airs de cour pour se divertir
agréablement_ (A Paris, chez Marin Leché, 1656, in-12, pp. 51 sq.)
l'_Air chanté aux grandes Machines d'Andromede à la gloire de nostre
Monarque_:

    Cieux, escoutez; escoutez, Mers profondes,
          Et vous, Antres et Bois,      _bis._
    Affreux deserts, rochers battus des ondes, etc.
                        (Vers 75 à 89 d'_Andromède_.)

Le _Dessein de la Tragedie_, simple programme à l'usage des
spectateurs, qui, nous le voyons par les premiers mots du texte, fut
rédigé par Corneille lui-même, témoigne à lui seul du grand succès de
l'opéra. Le 18 février, Renaudot parlait de personnes qui avaient vu
jouer cet ouvrage dix ou douze fois; or ce n'est que le 3 mars suivant
que s'achève l'impression du programme destiné certainement à
faciliter au public l'intelligence des représentations ultérieures.
Cela permet de supposer que la pièce, interrompue par le carême, dût
être reprise après Pâques.

  55. ANDROMEDE || tragedie. || Representée auec les Machines ||
    sur le Theatre Royal || de Bourbon. || _A Roüen, || Chez
    Laurens Maurry, prés le Palais._ || M. DC. LI. [1651]. || Auec
    Priuilege du Roy. || _Et se vendent A Paris, || Chez Charles de
    Sercy, au Palais, || dans la Salle Dauphine, à la bonne || Foy
    Couronnée._ In-12 de 8 ff. prélim. et 92 pp., y compris 1 f.
    pour le privilége.

Les ff. prélim. comprennent: 1 f. blanc et 1 f. de titre, puis 6 ff.
signés _à_ pour la dédicace à M. M. M. M., l'_Argument_, les noms des
_Acteurs_ et la _Decoration du Prologue_.

Le privilége, accordé à Corneille, pour «deux pièces de théâtre, l'une
intitulée _Andromede_ et l'autre _D. Sanche d'Arragon_,» est daté du
11 avril 1650 et garantit sa propriété pendant dix ans. L'achevé
d'imprimer est du 13 août 1650.

Vendu: 52 fr. vél., Catalogue Lefebvre (de Bordeaux), 1875, no 59.

  56. ANDROMEDE || Tragedie. || Représentée auec les Maschines sur
    le || Theatre Royal de Bourbon. || _A Roüen, || Chez Laurrens
    Maurry, prés le Palais._ || Auec Priuilege du Roy. || M. DC.
    LI. [1651]. || _Et se vendent A Paris, || Chez Charles de
    Sercy, au Palais, dans la Salle || Dauphine, à la bonne Foy
    Couronnée._ In-4 de 6 ff. et 123 pp., plus 6 grandes figures
    pliées.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant une
scène du 1er acte, et portant le titre de la pièce avec le monogramme
de _François Chauveau_; titre imprimé; 3 pp. pour la dédicace à M. M.
M. M.; 3 pp. pour l'argument; 1 f. pour le nom des _Acteurs_ et la
_Décoration du Prologue_.

Corneille avoue à la fin de l'_Argument_ que cette pièce n'est que
pour les yeux; c'est assez dire que les figures ont une grande
importance.

Ces cinq figures sont doubles et doivent être montées sur onglet. La
première, qui se place avant le prologue, représente une grotte percée
à jour par la mer; les premiers plans sont occupés par des arbres et
des rochers; au-dessus de la grotte paraissent, à gauche du théâtre,
Melpomène, la muse de la tragédie, et, à droite, le soleil traîné dans
un char à quatre chevaux.

La deuxième figure précède l'acte 1er; on y voit l'apparition de
Vénus, au-dessus des palais somptueux qui ornent la capitale du
royaume de Céphée. Les personnages se prosternent devant la déesse.
Les hommes portent un costume de fantaisie assez voisin des costumes
de parade en usage sous Louis XIV; quant aux femmes, leur habillement
est tout moderne.

La troisième figure, qui manque à la plupart des exemplaires que nous
avons vus, représente le «jardin délicieux» où se passe le second
acte. On y voit de chaque côté des «vases de marbre blanc qui portent
alternativement, les uns des statues d'où sortent autant de jets
d'eau, les autres des myrthes, des jasmins, et d'autres arbres de
cette nature». Les acteurs, qui occupent la scène, contemplent avec
étonnement les zéphyrs qui apparaissent dans les nuages.

La quatrième figure précède le 3e acte. Elle représente Andromède
attachée aux rochers en habit de noce et sur le point d'être dévorée
par le monstre, lorsque Persée apparaît dans les airs monté sur
Pégase. Sur le devant de la scène est ménagé un coin du rivage, où se
tiennent Cassiope, Timante et le Choeur, vivement émus à la vue de
cette scène prodigieuse.

La cinquième figure, placée en tête du 4e acte, nous montre une cour
magnifique entourée de portiques et de statues. Junon, portée dans un
char que traînent deux vastes paons, apparaît dans les airs aux
regards étonnés de Phinée et d'Ammon.

La sixième figure, qui précède le 5e acte, représente la cour d'un
temple, décoré de colonnes couplées, dont les bases sont ornées de
bas-reliefs. Dans les nuages apparaissent Jupiter et Neptune, et les
personnages tombent encore une fois en adoration devant les dieux.

Les six figures portent le no de la page à laquelle elles
correspondent. Celle du Prologue est signée: _Giacomo Torelli jnu._,
_Berdot de Montbelliard pinx._; _Fr. Chauueau fe._; les trois figures
suivantes ne sont pas signées; la cinquième porte en toutes lettres le
nom de _Chauveau_, la sixième n'a que ses initiales. Les figures sont
d'un format double de celui du livre; elles doivent en conséquence
être repliées.

La plupart des exemplaires que nous avons eus entre les mains sont
incomplets d'une ou deux figures; presque toujours aussi les figures
ont été atteintes par le couteau du relieur, en sorte que les chiffres
qui renvoient aux pages de l'édition ont disparu. Un accident de ce
genre était arrivé à l'exemplaire que M. Marty-Laveaux a collationné
et lui a fait croire (t. Ve, p. 253) que les figures avaient été
gravées pour être vendues séparément. Nous donnons notre description
d'après un exemplaire qui appartient à M. le baron James de
Rothschild.

Comme le remarque M. Marty-Laveaux, les décorations de Torelli
montrent une grande magnificence, mais elles manquent de variété. On y
retrouve toujours la forme des coulisses, au lieu d'y admirer les
effets imprévus que savent produire les artistes modernes. Ajoutons
que les apparitions qui terminent les cinq actes, et la manière dont
tous les acteurs se prosternent, nous paraîtraient aujourd'hui
fastidieuses.

Le Registre de Lagrange nous apprend ce que devint l'oeuvre de
Torelli, qui avait tant excité l'admiration du public. En 1660, le
théâtre du Petit-Bourbon fut démoli; les comédiens obtinrent à
grand'peine un autre asile. Ils demandèrent la faveur d'emporter pour
leur nouvel établissement du Palais-Royal les loges et les autres
choses nécessaires, «ce qui fust accordé, sous réserve des décorations
que le sr de Vigarani, machiniste du Roy, nouvellement arrivé à Paris,
se réserva sous prétexte de les faire servir au pallais des
Tuilleries, mais il les fist brusler jusques à la dernière, affin
qu'il ne restât rien de l'invention de son prédécesseur, qui étoit le
sr Torelli, dont il vouloit ensevelir la mémoire.»

Le privilége, daté du 12 mars 1651, se trouve au verso de la p. 123.
Il y est dit que: «Nostre cher et bien amé le sieur Corneille, Nous a
fait remonstrer, qu'il a cy-devant donné au Public diverses pieces de
théatre qui ont esté receuës avec succez, et qu'il est sollicité d'en
mettre maintenant au jour quatre nouvelles intitulées, _Andromede_,
_le Feint Astrologue_, et les _Engagemens du hazard_; ce qu'il ne peut
faire sans avoir nos Lettres de permission sur ce necessaires... etc.»
Le privilége lui est accordé pour dix ans, «à condition qu'il sera mis
deux Exemplaires de chaque volume, qui sera imprimé en vertu des
presentes, en nostre Bibliotheque publique, et un en celle de nostre
tres-cher et feal le Sieur marquis de Chasteauneuf Chevalier,
Garde-des-Seaux de France.»

Ainsi Corneille demande et obtient sous son nom le privilége
nécessaire à l'impression de deux des pièces de son frère; _le Feint
Astrologue_ et _les Engagements du hazard_. On ne peut croire qu'il y
ait là une confusion involontaire; le libellé du privilége ne permet
pas de le supposer. Il est probable que Thomas Corneille aura voulu,
grâce à cette innocente supercherie, obtenir pour ses pièces les
conditions exceptionnellement favorables auxquelles la grande
réputation de son frère pouvait seule prétendre. Nous trouvons une
confusion semblable dans le privilége de _Pertharite_.

L'obligation imposée au titulaire du privilége de déposer deux
exemplaires de chaque impression de son ouvrage dans la bibliothèque
du Roi et un dans celle du Garde des sceaux est un détail intéressant
pour l'histoire du dépôt légal; elle se retrouve dans plusieurs autres
priviléges accordés à Corneille.

Le privilége ne fait aucune mention des libraires cessionnaires;
l'achevé d'imprimer est du 13 août 1651.

On sera frappé de ce que l'édition in-4o n'ait pas été imprimée en
vertu du privilége du 12 octobre 1649, spécial au _Dessein de la
Tragédie d'Andromede_, ni même en vertu de celui du 11 avril 1650 déjà
relatif à _Andromède_; il est à croire que l'auteur et le libraire
_Charles de Sercy_ ayant entrepris de faire graver à grands frais des
figures pour l'édition in-4o auront voulu obtenir un privilége qui
garantît leurs droits pendant une année de plus. L'exécution des
planches dut aussi retarder la publication de cette édition,
postérieure d'un an à l'édition in-12.

M. Marty-Laveaux (t. Ve, pp. 257 et 313) a supposé que l'achevé
d'imprimer du 13 août 1650, qui se trouve à la fin d'_Andromède_ dans
le recueil de 1654, était une faute d'impression. Il n'a pas remarqué
que la même date se trouvait à la fin de l'édition in-12 de 1651; la
différence des priviléges suffirait au besoin pour déterminer l'ordre
dans lequel les deux éditions doivent être classées et ne permet pas
de supposer une erreur de date dans les achevés d'imprimer.

On trouve au _Catalogue Soleinne_ (t. Ier, pp. 251-253) la description
d'un exemplaire de la grande édition d'_Andromède_, dans lequel les
noms des acteurs ont été ajoutés d'une écriture du temps, en regard
des noms des personnages, de la manière suivante:

    DIEUX DANS LES MACHINES.

    _du parc_                       Jupiter.
    _M. beiart_                     Junon.
    _de brie_                       Neptune.
    _L'éguisé_                      Mercure.
    _beiart_                        Le Soleil.
    _M. de brie_                    Venus.
    _M. Herué_                      Melpomene.
    _vauselle_                      Eole.
    _M. de brie_                    Cymodoce.
    _M. Menon_                      Ephyre.
    _M. Magdelon_                   Cydippe.
    _valets_                        Huit Vents.

    HOMMES.

    _dufresne_                      Cephée.
    _M. vauselle_                   Cassiope
    _M. beiart_                     Andromede.
    _Molière_      } Ces deux noms  Phinée. _Chasteauneuf._
    _Chasteauneuf_ } sont raturés.  Persée. _Moliere._
    _beiart_                        Timante.
    _de vauselle_                   Ammon.
    _M. de brie_                    Aglante.
    _M. herué_                      Cephalie.
    _M. Magdelon_                   Liriope.
    _L'Eguisé_                      Un page de Phinée.
    _L'Estang_                      Choeur du peuple.
    _M. herué_                      _phorbas_.

M. P. Lacroix n'a pas hésité à reconnaître, dans ces annotations, un
autographe de Molière. Nous ne serons pas aussi affirmatif, mais nous
dirons que, si elles n'émanent pas de Molière lui-même, elles sont du
moins l'oeuvre d'un de ses camarades. C'est dans une de ses tournées
en province, peut-être à Lyon, que Molière donna des représentations
d'_Andromède_. Parmi les acteurs nommés ci-dessus, _L'Eguisé_,
_Vauselle_, _Dufresne_, _Chasteauneuf_, _Hervé_, _L'Estang_, _Mlles de
Vauselle_, _Menon et Magdelon_ n'avaient pas encore été cités comme
ayant appartenu à sa troupe. Tout en relevant ces particularités, M.
P. Lacroix signale une curieuse transposition dans le texte de la
pièce. Plusieurs vers du rôle de Céphalie sont mis à dessein dans
celui d'Aglante. Le savant bibliophile fait, à ce propos, de
très-ingénieuses et très-intéressantes conjectures que nous regrettons
de ne pouvoir reproduire.

L'exemplaire dont nous venons de parler appartient à Mme de
Maindreville, qui l'a payé 530 fr. à la vente Soleinne; il a figuré,
en 1873, à l'exposition organisée par M. Ballande pour le jubilé de
Molière (no 9 du Catalogue).

  57. ANDROMEDE || Tragedie. || Représentée auec les Machines ||
    sur le Theatre Royal || de Bourbon. || _A Paris, || Chez
    Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des
    Merciers, || à l'Escu de France._ || M. D. C. L. V. [1655]. ||
    Auec Priuilege du Roy. In-12 de 8 ff. et 92 pp.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. blanc; titre, avec les armes de
France et de Navarre; 5 ff. pour la dédicace et l'argument; 1 f. pour
la _Décoration du Prologue_ et les noms des _Acteurs_.

Les pp. 91 et 92 sont occupées par le texte du privilége accordé à
Corneille le 11 avril 1650 pour _Andromède_ et _Don Sanche_.

Cette édition existe probablement aussi avec les noms d'_Edme
Pepingué_ et de _Louis Chamhoudry_.

  58. ANDROMEDE, Tragedie. Par P. Corneille. _A Paris, Au Palais.
    Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers sous la
    montée de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne Loyson, au
    premier Pillier de la grand'Salle proche les Consultations, au
    nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la Galerie des
    Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune proche le
    Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII [1682]. In-12.

Extrait du recueil de 1682, qui doit se composer de 2 ff. et 80 pp.
Nous le citons, sans l'avoir vu, pour le motif exposé ci-dessus, no
25.

  59. ANDROMEDE || Tragedie || en Machines.--[Au verso du dernier
    f.:] _Permis d'imprimer. Fait ce 14 Juillet 1682._ De la
    Reynie. || _De l'Imprimerie de la veuve G. Adam, sur le Quay ||
    des Augustins, à l'Olivier, 1682._ In-4 de 6 ff. et 32 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, qui ne comprend que les trois
lignes transcrites ci-dessus; 4 ff. pour l'_Argument tiré du quatriéme
et cinquiéme Livre des Metamorphoses d'Ovide_; 1 f., dont le recto est
blanc, pour les noms des _Acteurs_.

La page 1 contient un titre de départ ainsi conçu: _Andromede_ ||
_Tragedie en machines. || de Monsieur || de Corneille l'Aisné, ||
Representée sur le Theatre Royal || des seuls Comediens du Roy, en- ||
tretenus par sa Majesté en leur Hô- || tel, Rue de Guenegaud. ||
Entreprise sous la conduite du sieur Dufort, || Ingenieur & Machiniste
du Theatre Royal || des seuls Comediens du Roy._

La _Gazette_ de 1682 parle d'une représentation d'_Andromède_ à
laquelle le Dauphin assista le 18 août de cette année; les
frères Parfaict y font également allusion; enfin Jolly, dans
l'_Avertissement_ de son édition de Corneille, cite d'une manière
expresse le programme de 1682; mais, tout en rapportant ces
témoignages, M. Marty-Laveaux n'a pas connu l'édition qui nous occupe.
Elle existe pourtant à la Bibliothèque nationale et à la Bibliothèque
de l'Arsenal. Nous croyons utile d'en faire exactement connaître le
contenu.

Comme on le voit par le titre reproduit ci-dessus, la reprise faite
par les comédiens du faubourg Saint-Germain n'est pas donnée avec les
machines de Torelli, détruites en 1660, mais avec des machines
nouvelles construites par le sieur Dufort. Après avoir reproduit
l'_Argument_ de la pièce, non pas d'après le _Dessein_ de 1650, mais
d'après l'édition de 1651, l'éditeur de ce nouveau programme y ajoute
un avis au lecteur ainsi conçu:

«Chacun sçait l'estime et le respect que le siecle present et la
posterité doivent aux travaux du Prince des Poëtes François, dont le
nom est si reveré, que les Estrangers mêmes ont traduit ses Ouvrages
en leurs Langues: C'est de l'Illustre Monsieur de Corneille l'aîné que
l'on entend parler; il remet aujourd'huy sur le Theatre une piece où
son genie inimitable n'a pas mêlé moins d'invention et de varieté dans
le spectacle, que de conduitte et d'esprit dans le sujet.

«Son _Andromede_ après plus de trente ans n'a pû vieillir, et c'est
par l'avis d'un nombre choisi d'honnestes gens, que les Comediens du
Roy ont bien voulu faire une dépense tres-considerable pour ce grand
spectacle.

«Il seroit à souhaitter que cette description pût ressembler aux
effets qu'il produit; cependant bien qu'il paroisse impossible d'y
reüssir, on ne laissera pas d'en donner icy une legere idée.

«L'impatience et la curiosité presque inseparables, ne seront pas
long-temps dans le lieu du spectacle sans estre satisfaites, puisqu'au
mesme moment que les Violons avertissent du commencement de la Piece,
on voit le Theatre s'ouvrir par un enlevement de Rideau qui ne cause
pas moins de surprise que de plaisir, tant pour la rapidité dont il se
dérobe aux yeux des spectateurs, que par l'Invention agréable du
Machiniste qui le fait emporter de chaque costé du Theatre dans ses
nuages par deux Amours, qui en embrassent chacun une moitié. Cette
nouvelle maniere d'ouvrir le lieu de la scene est assez ingenieuse, et
semble bien entrer dans l'esprit de l'Autheur, puisque l'amour de
Persée et celuy de Phinée pour Andromede sont le sujet de la Piece.»

Le programme comprend la description de la décoration du prologue et
de chacun des cinq actes, ainsi que les vers chantés dans la pièce. On
verra par la seule description relative au prologue, combien le texte
diffère de celui que nous fournit l'édition de 1651.

  _Édition de 1651_:

  L'ouverture du Theatre presente de front aux yeux des spectateurs
  une vaste montagne, dont les sommets inégaux, s'eslevant les uns
  sur les autres, portent le faiste jusque dans les nues. Le pied de
  cette montagne est percé à jour par une grotte profonde qui laisse
  voir la mer en esloignement. Les deux costez du Theatre sont
  occupez par une forest d'arbres touffus et entrelacez les uns dans
  les autres. Sur un des sommets de la montagne paroist Melpomene,
  la Muse de la Tragedie, et à l'opposite dans le ciel, on voit le
  Soleil s'avancer dans un char lumineux, tiré par les quatre
  chevaux qu'Ovide luy donne.

  (La rédaction du _Dessein_ publié en 1650 est un peu différente,
  mais les variantes ont été relevées par M. Marty-Laveaux.)

  _Programme de 1682_:

  On voit une Forest épaisse, formée de plusieurs Arbres de
  differente nature, et groupez differemment par un mélange de
  monceaux de terre et de Rochers. Dans le fonds il s'éleve une
  Montagne percée, au travers de laquelle la Mer paroît en
  éloignement, et sur le Sommet de la Montagne l'oeil découvre une
  vaste Campagne avec des lointains à perte de veuë. C'est sur cette
  éminence que paroît Melpomene, la Muse de la Tragedie, et à son
  opposite le Soleil dans son Char lumineux, tiré par les quatre
  Chevaux qu'Ovide luy donne. Ces deux Personnages qui font le
  Prologue à la gloire du Roy, aprés avoir dit tout ce que leur
  divin langage doit prononcer à l'occasion de ce grand Monarque,
  s'unissent ensemble de sentimens et de voix, et aprés un vol
  merveilleux, que Melpomene fait dans le Char du Soleil, il
  l'enlève rapidement pour aller ensemble publier les mêmes louanges
  au reste de l'Univers.

Les vers mis en musique méritent encore plus d'être rapportés, car les
remaniements que nous allons y signaler sont probablement de Corneille
lui-même.

Le vers 79e du Prologue:

    Louis est le plus _jeune_ et le plus grand des Rois,

est ainsi modifié:

    Louis est le plus _sage_, etc.

Les deux strophes suivantes (vers 80 à 95) ont été remplacées par une
seule strophe dont voici le texte:

    Par trop de grands exploits l'invincible Louis
    Semble avoir travaillé contre sa propre gloire,
    L'Univers n'a point d'yeux qui n'en soient éblouis;
        Mais quand l'avenir dans l'Histoire
        Verra tant de faits inouis,
        L'avenir les pourra-t-il croire?

La description des décorations des cinq actes, si on la rapproche de
l'édition de 1651, offre des différences analogues à celles que nous
avons signalées pour le Prologue. Quant aux vers chantés, nous en
ferons connaître les variantes.

Le vers 332 est devenu plus harmonieux:

Éd. de 1651:

    Reyne de _Paphe_ et d'Amathonte,

Progr. de 1682:

    Reyne d'_Eryce_ et d'Amathonte.

Les noms des acteurs sont indiqués, à partir du deuxième acte, d'une
manière très-curieuse.

Les vers 510 à 533 sont chantés par _M. de Villiers_ (un page), les
vers 546 à 569 par _Mlle d'Ennebaut_ (Liriope), et les deux artistes
chantent ensemble les vers 570 à 583.

Au troisième acte, _M. de Villiers_ chante les vers suivants, qui
manquent à toutes les éditions de Corneille, et qui doivent
s'intercaler, croyons-nous, après le vers 785:

      Repetez nos tristes accens,
    Rochers, antres affreux, infortuné rivage;
    Andromede du Ciel le plus parfait ouvrage,
    Va perdre la lumière au plus beau de ses ans.

      Injustes Dieux, trouppe barbare,
      Laisserez-vous perir une Beauté si rare?
      Changez vos claires eaux en pleurs,

    Fontaines et Ruisseaux qui coulez dans la plaine,
    Et vous tendres Zephirs, que vostre douce haleine
    Fasse monter aux Cieux nos cris et nos douleurs.

Le choeur chante les vers 982 à 985, et les vers 986 à 993 sont
remplacés par les vers suivants, que _M. de Villiers_ chante seul:

        Quand le danger presse une Belle,
          Qu'elle craint et languit,
          Qu'une pâleur mortelle
          La trouble et l'interdit;

        Le peril devient necessaire
        Tout doit en estre charmant,
        Et l'Amant le plus temeraire
        N'est pas le moins heureux Amant.

          Vous estes sa digne conqueste,
        Victoire à son amour, Victoire tous [sic];

          C'est luy qui calme la tempeste
    Et c'est luy qui vous donne enfin l'illustre Epoux
          Qui seul estoit digne de vous.

Les vers 1356 à 1370, du quatrième acte, ainsi que les vers 1733 à
1740 et 1765 à 1772, du cinquième acte, sont reproduits ici sans
variante, à l'exception du vers 1765, qui est ainsi conçu, par suite
d'une faute d'impression évidente:

    Allez, Amans, sans jalousie,

au lieu de:

    Allez, Amans, allez sans jalousie.

Les frères Parfaict (_Histoire du Théatre François_, t. XIIe, p. 321,
note _a_) disent, à propos des représentations de 1682: «_Andromede_
fut jouée à cette reprise trente-trois fois de suite, jusqu'au
quatriéme jour d'Octobre suivant: on la continua le Vendredi 22.
Janvier 1683. jusqu'au 3. Février de la même année, jour de la
trente-neuviéme représentation. La quarantiéme est du Samedi 20. Mars,
et la quarante-cinquiéme et derniere, le 4. Avril.»

De Vizé, en rendant compte de ces représentations dans le _Mercure
galant_ (juillet 1682, pp. 359 sq.), dit qu'une des choses qui
intéressèrent le plus le public fut de voir Pégase représenté par un
véritable cheval. Les frères Parfaict, qui citent ce passage du
_Mercure galant_, racontent comment on s'y prenait pour faire marquer
à ce cheval une ardeur guerrière: «Un jeûne austere auquel on le
réduisoit lui donnoit un grand appétit; et lorsqu'on le faisoit
paroître, un Gagiste étoit dans une coulisse, où il vannoit de
l'avoine. Ce Cheval, pressé par la faim, hannissoit, trépignoit des
piés, et répondoit ainsi parfaitement au dessein qu'on avoit.» En
1679, on avait représenté un opéra de _Bellérophon_, où l'on voyait le
héros combattre la Chimère, monté sur le coursier céleste; il faut
croire qu'à cette époque Pégase était encore en carton.

Un troisième exemplaire de ce programme est mentionné dans la
_Bibliothèque dramatique de Pont de Veyle_ (Paris, 1847, in-8), no
1819.


XX

  60. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie heroique. || _Imprimé à
    Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au
    Palais, en la petite || Salle des Merciers, à la Palme._ || M.
    DC. L. [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 8 ff. et 116
    pp.

Collation des feuillets prélim.: titre sur lequel se voit un fleuron
avec le monogramme de _L. Maurry_; 11 pp. pour l'_Epistre_ dédicatoire
à M. de Zuylichem; 3 pp. pour l'_Argument_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége, qui occupe la page 116, est donné à Corneille pour
_Andromède et D. Sanche_, dont il lui reconnaît la propriété pendant
dix ans. Il est daté du 11 avril 1650. On lit à la fin: _Acheué
d'imprimer à Roüen par Laurens Maurry, le quatorziéme de May mil six
cens cinquante_.

Après avoir imité Guillen de Castro, Alarcon et Lope de Vega,
Corneille crut s'être assez pénétré de l'esprit espagnol pour inventer
lui-même un sujet, à la manière des auteurs dramatiques de la
Péninsule. «Cette Piéce, dit-il, dans l'_Examen de D. Sanche_, est
toute d'invention, mais elle n'est pas toute de la mienne. Ce qu'a de
fastüeux le prémier Acte, est tiré d'une Comédie Espagnole intitulée:
_El Palacio confuso_, et la double reconnoissance qui finit le
cinquième est pris du Roman de _Don Pelage_.» Le poëte indique avec sa
franchise ordinaire les sources auxquelles il a puisé; mais on peut
dire qu'il ne leur doit que peu de chose. La comédie intitulée _El
Palacio confuso_, comédie dont la scène est en Italie et non pas en
Espagne, a paru pour la première fois dans la _Parte veynte y ocho de
Comedias de varios Autores_; en Huesca, por Pedro Bluson, 1634, in-4.
Elle a été réimprimée dans la _Parte veynte y ocho de las Comedias de
Lope Felix de Vega Carpio_, Çaragoça, 1639, in-4; dans la _Parte
veynte y cuatro de las Comedias de Lope Felix de Vega Carpio_, Madrid,
1640 (?), in-4; dans la _Parte veinte y ocho de Comedias nuevas de los
mejores ingenios d'esta corte_, Madrid, Joseph Fernandez de Buendia,
1667, in-4. Dans ce dernier recueil, la pièce est attribuée à Mira de
Amescua; mais, comme elle figure dans les oeuvres _authentiques_ de
Lope de Vega, il n'est pas douteux qu'elle ne soit de lui.

L'autre livre dont Corneille avoue s'être servi, _Dom Pelage, ou
l'Entrée des Maures en Espagne, par le Sieur de Juvenel_ (à Paris,
chez Guillaume Macé, 1643, 2 vol. in-8), n'offre que de bien faibles
analogies avec _Don Sanche_; M. Marty-Laveaux, qui a pris la peine de
le lire, n'a pu en rapprocher que deux courts passages (_OEuvres de
Corneille_, t. Ve, pp. 483 et 489).

On remarquera que la pièce est annoncée non pas comme une tragédie,
mais comme une comédie héroïque. Le poëte nous en dit lui-même la
raison dans son _Épitre_ dédicatoire.

La représentation de _Don Sanche_ dut avoir lieu presque en même temps
que celle d'_Andromède_; on a même supposé qu'elle avait précédé celle
de l'opéra. Immédiatement après la phrase de l'_Examen_ que nous avons
citée plus haut, Corneille dit, en parlant de sa pièce: «Elle eut
d'abord grand éclat sur le Théatre, mais une disgrace particuliére fit
avorter toute sa bonne fortune. Le refus d'un illustre suffrage
dissipa les applaudissemens que le Public lui avoit donnez trop
libéralement, et aneantit si bien tous les Arrests que Paris et le
reste de la Cour avoient prononcez en sa faveur, qu'au bout de quelque
temps elle se trouva reléguée dans les Provinces, où elle conserve
encor son prémier lustre.» La Monnoye (_Jugements des Savants sur les
principaux ouvrages des Auteurs_ [par Adrien Baillet; Paris, 1722, 7
vol. in-4], t. Ve, p. 354 en note), Joly (_Théatre de P. Corneille_;
Paris, 1747, t. Ier, p. xxxix), Voltaire (_Théatre de Corneille_;
Genève, 1764, t. Ve, p. 305), Guizot (_Corneille et son temps_; Paris,
1852, in-8, p. 204) et M. Marty-Laveaux (_OEuvres de Corneille_, t.
Ve, p. 400), ont cru que l'«illustre suffrage» refusé à _Don Sanche_
était celui du prince de Condé; or, l'arrestation de Condé ayant eu
lieu le 18 janvier 1650, il faut de toute nécessité, si l'on admet
cette opinion, placer la représentation de _Don Sanche_ avant la fin
de l'année 1649. Malgré les autorités sur lesquelles cette explication
est appuyée, elle nous paraît peu probable. Condé devait être trop
occupé des événements politiques pour s'arrêter à critiquer une pièce
de théâtre. Nous avons peine à croire que les comédiens aient donné un
ouvrage nouveau alors que la rivalité de Mazarin et de Condé mettait
tout Paris en feu. Ce ne fut qu'après l'arrestation du prince que la
cour put songer aux fêtes et aux spectacles. Alors sans doute, mais
alors seulement, furent joués _Andromède_ et _Don Sanche_. Nous
croyons que le suffrage refusé à Corneille fut celui de la reine. Anne
d'Autriche avait aimé _le Cid_, qui lui avait montré un véritable
héros espagnol; elle ne dut voir dans _Don Sanche_ qu'un héros de
roman d'une origine trop humble pour qu'une princesse pût s'éprendre
de lui.

Ce fut peut-être pour consoler le poëte du chagrin que lui causa le
mauvais succès de sa pièce que la reine, profitant d'un voyage de la
cour à Rouen, le fit nommer procureur des états de Normandie (15
février 1650).

Corneille fait hommage de _Don Sanche_ à Huyghens, seigneur de
Zuilychem, homme d'État hollandais, né en 1596. Ce personnage, qui a
laissé divers ouvrages, était un homme fort lettré; il professait une
estime particulière pour l'auteur du _Cid_, et nous aurons l'occasion
de citer, dans notre chapitre VIIe, les deux pièces de vers ajoutées
par lui à l'édition elzévirienne du _Menteur_. M. Éd. Fournier a
publié, dans la _Revue des Provinces_ du 15 février 1865, deux lettres
de Corneille à Huyghens qui viennent fort heureusement compléter la
dédicace imprimée. Nous y voyons que l'_Argument_ ajouté à _Don
Sanche_ et à _Andromède_ est une concession faite aux idées du savant
hollandais.

Corneille répète dans la dernière édition de ses oeuvres, publiée en
1682, la phrase qu'il écrivait en 1660, que _Don Sanche_ est «relégué
dans les provinces». On peut en conclure que les théâtres parisiens ne
reprirent pas _Don Sanche_ avant 1682, mais à cette date, sinon un peu
plus tôt, la pièce fut remise à la scène. Un manuscrit de la
Bibliothèque nationale (msc. franç. no 24.330) nous fournit une liste
des pièces qui composèrent le répertoire du théâtre du Faubourg
Saint-Germain de 1673 à 1685, et l'on y voit figurer _Don Sanche_.
Cependant cette pièce n'est pas mentionnée dans le manuscrit du
Dauphin (voy. ci-dessus no 9).

De 1680 à 1715, la Comédie française en donna 14 représentations à la
ville et 3 à la cour. Sous Louis XV, _Racot de Grandval_ interpréta
_Don Sanche_ avec un grand succès (1753); la pièce de Corneille eut
alors 35 représentations, dont 4 à la cour.

En 1833, la Comédie française a donné un arrangement de _Don Sanche_
dû à M. Planat (voy. notre chapitre XIIe). C'est sous cette forme
réduite que _Mlle Rachel_ l'a joué en 1844.

  61. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie heroique. || _Imprimé à
    Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au ||
    Palais, en la petite Salle || des Merciers, à la Palme._ || M.
    DC. L. [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 8 ff. et 83 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 5 ff. pour l'épître
dédicatoire; 2 ff. pour l'_Argument_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége occupe les pp. 82 et 83; il contient les mêmes mentions
que le texte contenu dans l'édition in-4o. L'achevé d'imprimer est du
14 mai 1650, _à Rouen par Laurens Maurry_.

  62. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie heroique. || _A Paris,
    Chez Augustin Courbé, au Palais, en la Salle des Merciers, à la
    Palme_; [ou _Chez Guillaume de Luyne, || au Palais, en la
    Gallerie des || Merciers, sous la montée de || la Cour des
    Aydes_]. || M. DC. LIII. [1653]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-12 de 6 ff. prél. sign. ê, et 72 pp. sign. A-F.

Au verso du titre, l'extrait du privilége accordé pour dix ans au
Sieur de Corneille, à la date du 11 avril 1650. Il n'y est pas fait
mention des libraires à qui l'auteur l'a cédé. On lit au-dessous:
_Acheué d'imprimer à Paris le 15. Septembre 1653_. Les 5 ff. suivants
sont occupés par l'épître dédicatoire, l'_Argument_ et les noms des
_Acteurs_.

  63. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie heroique. || _A Paris, ||
    Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des
    Merciers, || à l'Escu de France_; [ou _Chez Edme Pepingué, en
    || la grand'Salle du Palais, du Costé || de la Cour des Aydes_;
    ou _Chez Loüys Chamhoudry, || au Palais, deuaint la Saincte ||
    Chappelle_]. || M. DC. LV. [1655] || Auec Priuilege du Roy.
    In-12 de 6 ff. et 72 pp.

Au verso du titre, l'extrait du privilége, comme dans l'édition
précédente, mais sans achevé d'imprimer. Les caractères sont un peu
plus petits, et l'impression est plus nette que dans l'édition de
1653. Le nombre des pages est le même, bien qu'il y ait souvent un
nombre de vers différent dans les pages qui se correspondent. Quant
au texte, nous n'y avons relevé que de légères variantes
orthographiques, par exemple, p. 13:

      _Éd. de 1653_:

    Et bien, seigneur Marquis, qu'est-il besoin qu'on _face_?

      _Éd. de 1655_:

    . . . . . . . . qu'est-il besoin qu'on _fasse_?

  64. D. SANCHE D'ARRAGON, Comedie heroïque. Par P. Corneille. _A
    Paris, Au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des
    Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice.
    Estienne Loyson, au premier Pillier de la grand'Salle proche
    les Consultations, au Nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune
    proche le Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII [1682].
    In-12.

Nous n'avons pas vu cette édition, qui doit se composer de 2 ff., 69
pp. et 1 f. Cf. ci-dessus, no 25.


XXI

  65. NICOMEDE || Tragedie. || _A Roüen, || Chez Laurens Maurry,
    prés le Palais._ || Auec Priuilege du Roy. || M. DC. LI [1651].
    || _Et se vend A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais,
    dans la Salle || Dauphine, à la bonne Foy Couronnée._ In-4 de 4
    ff. et 124 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des
_Acteurs_.

Le privilége, daté du 12 mars 1651, est celui dont nous avons déjà
parlé à la fin de l'édition originale in-4o d'Andromède (no 51). Il
n'y est pas fait mention du libraire ou des libraires à qui Corneille
en a fait cession.

On remarquera que l'édition in-12, que nous décrivons ci-après, parle
d'une cession faite, non pas à _Charles de Sercy_, mais à _Guillaume
de Luyne_. On lit à la fin: _Achevé d'imprimer le vingt-neufiéme de
Nouembre mil six cent cinquante & un_.

Le faible succès qu'avait eu _Don Sanche_ décida Corneille à
s'éloigner des Espagnols et à revenir à l'antiquité. Un court passage
de Justin lui fournit le sujet d'une tragédie qui doit être comptée
parmi ses plus beaux ouvrages. Ainsi qu'il le déclare lui-même dans
l'_Examen de Nicomède_, il a voulu faire une pièce dans laquelle «la
tendresse et les passions» ne tinssent aucune place. «Mon principal
but, ajoute-t-il, a été de peindre la Politique des Romains au dehors,
et comme ils agissoient impérieusement avec les Rois leurs alliez;
leurs Maximes pour les empescher de s'accroistre, et les soins qu'ils
prenoient de traverser leur grandeur, quand elle commençoit à devenir
suspecte, à force de s'augmenter, et de se rendre considérable par de
nouvelles conquestes.»

On ne sait rien ni des acteurs qui jouèrent _Nicomède_ à l'origine, ni
même du théâtre sur lequel la pièce fut donnée. Jolly (_Théatre de
Corneille_; Paris, 1738, t. Ier, p. LII; Paris, 1747, t. Ier, p. XL)
rapporte seulement que la représentation eut lieu avant que le prince
de Condé et son frère eussent été remis en liberté (13 février 1651);
quelques-uns donnèrent ainsi matière à des allusions qui en
augmentèrent le succès.

Les troupes qui parcouraient les provinces, la troupe de Molière en
particulier, jouèrent à leur tour _Nicomède_. Dans l'avertissement
placé par Lagrange en tête de l'édition des _OEuvres de Monsieur
Moliere_ (Paris, Denis Thierry, 1682, 8 vol. in-12), on trouve des
détails très-curieux sur une représentation qui décida du sort de
Molière et de ses camarades. «Le 24. Octobre 1658, dit Lagrange, cette
Troupe commença de paroistre devant Leurs Majestez et toute la Cour,
sur un Théatre que le Roy avait fait dresser dans la Salle des Gardes
du vieux Louvre. _Nicomede_, Tragedie de Monsieur de Corneille
l'aisné, fut la Piece qu'elle choisit pour cet éclatant debut. Ces
nouveaux Acteurs ne déplurent point, et l'on fut surtout fort
satisfait de l'agrément et du jeu des Femmes.» Molière remercia le Roi
de sa bienveillance, et fit ingénieusement l'éloge de la troupe
royale, ce qui ne l'empêcha pas de la tourner en ridicule, cinq ans
après, à propos de cette même pièce de _Nicomède_.

«J'avois songé, dit Molière, dans l'_Impromptu_ de Versailles, une
Comedie, où il y auroit eu un Poëte que j'aurois représenté moy-mesme,
qui seroit venu pour offrir une Piece à une Trouppe de Comediens
nouvellement arrivez de la campagne. Avez-vous, auroit-il dit, des
Acteurs et des Actrices, qui soyent capables de bien faire valoir un
Ouvrage, car ma piece est une piece... Eh! Monsieur, auroient répondu
les Comediens, nous avons des Hommes et des Femmes qui ont esté trouvé
raisonnables par tout où nous avons passé. Et qui fait les Roys parmy
vous? voilà un Acteur qui s'en démesle par fois. Qui! ce jeune Homme
bien fait? vous mocquez-vous! Il faut un Roy qui soit gros et gras
comme quatre. Un Roy, morbleu, qui soit entripaillé comme il faut! un
Roy d'une vaste circonférence, et qui puisse remplir un Throsne de la
belle manière! La belle chose qu'un Roy d'une taille galante! voilà
déjà un grand défaut; mais que je l'entende un peu réciter une
douzaine de Vers. Là-dessus le Comedien auroit récité, par exemple,
quelques Vers du Roy de _Nicomede_:

    Te le diray-je Araspe, il m'a trop bien servy,
    Augmentant mon pouvoir....

Le plus naturellement qui luy auroit esté possible. Et le Poëte:
Comment vous appelez cela reciter? C'est se railler; il faut dire les
choses avec emphase. Ecoutez-moy:

    Te le diray-je, Araspe, etc.

_Imitant Monfleury excellent Acteur de l'Hostel de Bourgogne._
Voyez-vous cette posture? remarquez bien cela, là appuyez comme il
faut le dernier Vers. Voilà ce qui attire l'approbation, et fait faire
le brouhaha, etc.»

Le Registre de Lagrange ne mentionne que cinq représentations de
_Nicomède_, deux en 1660: le 13 avril et le 30 mai, et trois en 1661:
les 29 et 31 juillet et le 21 août. A chacune de ces représentations,
Molière ajouta une de ses comédies: _les Précieuses ridicules_, _le
Cocu imaginaire_ et _l'École des maris_. Cette addition, qui assurait
la recette, est un indice que la tragédie n'avait plus beaucoup de
vogue auprès du public. Peut-être la foule se pressait-elle à l'hôtel
de Bourgogne, où régnait l'emphatique Montfleury.

Dans sa _Lettre en vers à Madame_, du 17 novembre 1668, Robinet nous
rend compte en ces termes d'une représentation de _Nicomède_:

    Achevant de verbaliser,
    Gazetiser, nouvelliser,
    D'un Monsieur d'assez bonne mine,
    J'apprend que chez mon Héroïne,     [Madame.]
    Jeudy, la Troupe de l'Hôtel,
    Par un Poëme, non tel quel,
    Charma très-nombreuse Assemblée,
    De Beaux, et de Belles, comblée,
    Frisez et musquez, comme il faut,
    Et braves par bas, et par haut,
      _Nicoméde_, étoit ce Poëme,
    Digne d'une loüange extréme.
      Il est de Corneille, l'Aîné,
    Qui fut, je croi, prédestiné,
    Pour emporter, dans le Tragique,
    Tout seul l'Honneur du Dramatique.

Parmi les interprètes de _Nicomède_, il convient de citer au premier
rang _Baron_ qui sut donner un grand caractère au prince de Bithynie.
Le Manuscrit du Dauphin nous donne la distribution complète de la
pièce au commencement de l'année 1685:

               DAMOISELLES.

    Laodice:   _le Comte_.
    Arsinoé:   _Beauval_.
    Cleone:    _Poisson_.

               HOMMES.

    Attale:    _de Villiers_.
    Flaminius: _la Tuillerie_.
    Nicomede:  _Baron_.
    Prusias:   _Chanmeslé_.
    Araspe:    _Beauval_.

Baron prit sa retraite en 1691; il fut remplacé dans le rôle de
Nicomède par _Beaubourg_ (17 décembre 1691), puis par _Dufer_ (2 mai
1694). Au dix-huitième siècle, _Grandval_ (1754) et _Lekain_ (1771)
tinrent ce même rôle avec un talent qui frappa vivement leurs
contemporains. Dans ces dernières années, _M. Beauvallet_ l'a rempli
non sans éclat (6 juin 1861).

Quant au rôle de Laodice, il suffit de rappeler qu'il a été joué par
_Mlle Lecouvreur_, _Mlle Clairon_, _Mme Vestris_ et _Mlle Rachel_.

La Comédie française a donné, de 1680 à 1870, 314 représentations de
_Nicomède_, savoir: sous Louis XIV: à la ville, 138; à la cour,
12;--sous Louis XV: à la ville, 48; à la cour, 2;--sous Louis XVI: à
la ville, 3;--sous le Directoire, le Consulat et l'Empire: à la ville,
74; à la cour, 3;--sous la Restauration: 27;--sous Louis-Philippe:
3;--sous le second Empire: 4.

  66. NICOMEDE. || Tragedie. || _A Paris, || Chez Guillaume de
    Luine, || au Palais, en la Salle des Merciers, sous || la
    montée de la Cour des Aydes._ || M. DC. LII. [1652]. || Auec
    Priuilege du Roy.

  66. _bis._ NICOMEDE. || Tragedie. || _A Paris, || Chez Guillaume
    de Luine, au || Palais, en la Salle des Merciers, sous || la
    montée de la Cour des Aydes_; [ou _Chez Augustin Courbé, au
    Palais, || en la salle des Merciers, à la || Palme_]. ||
    M. DC. LIII. [1653]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 4 ff.
    et 80 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des
_Acteurs_.

On trouve à la fin du privilége (le même que dans l'édition in-4o)
mention de la cession faite par Corneille à _Guillaume de Luine_
(_sic_).

Première édition in-12 de _Nicomède_, comme le prouve la double date
de 1652 et 1653. Elle paraît avoir été exécutée à Paris et ne doit pas
être confondue avec la suivante.

Vendu: 70 fr., vélin, Potier, 1870 (no 1232).

  67. NICOMEDE || tragedie. || _A Rouen, || Chez Laurens Maurry,
    prés le Palais._ || Auec Priuilege du Roy. || M. DC. LIII
    [1653]. || _Et se vend A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, ||
    au Palais, sous la montée de la || Cour des Aydes._ In-12 de 4
    ff. et 80 pp., sign. A-G.

Les ff. prél. comprennent: 1 f. de titre; 2 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_ et 1 f. pour le privilége et les noms des _Acteurs_.

Le privilége est donné par extrait comme dans l'édition précédente et
se termine par une mention de la cession faite à _Guillaume de Luyne_.

La collation de cette édition est la même que celle de l'édition que
nous croyons avoir été imprimée à Paris, mais les caractères et
fleurons sont différents, ainsi que le contenu d'un certain nombre de
pages. On distinguera facilement les deux éditions en tenant compte
des détails suivants:

       A (édition de _Paris_), dernière ligne du 2e f. ro:

    dessein de faire assassiner _sõ_ fils Nicomede pour

       B (édition de _Rouen_) _ibid._:

    dessein de faire assassiner _son_, etc.

       A, p. 3, dernière ligne:

    Qui liuroit Annibal pourra bien vous _contraindre_.

       B, _ibid._:

    Qui liuroit Annibal pourra bien vous _cõtraindre_.

       A, p. 33 (chiffrée par erreur 36), 1er vers:

    Alors peut-estre, alors vous le prierez en vain.

       B, _ibid._:

    Ma vie est en vos mains, mais non ma dignité.

    (Le vers qui commence la page dans A n'est ici que le 5e).

Toutes les pages présentent de petites différences analogues à celles
que nous venons de signaler.

Il doit exister une édition de _Nicomède_ publiée par _Sommaville_ et
ses associés _Pepingué_ et _Chamhoudry_, en 1655, dans le format
in-12. Voy. le no 103.


  68. NICOMEDE, Tragedie. Par P. Corneille. _A Paris, Au Palais.
    Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers, sous la
    montée de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne Loyson, au
    premier Pillier de la grand'Salle proche les Consultations, au
    nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la Galerie des
    Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune, proche le
    Greffe des Eaux et Forests._ M. DC. LXXXII. [1682]. In-12.

Cette édition, que nous n'avons pas vue, doit se composer de 2 ff. et
72 pp. Cf. ci-dessus, no 25.


XXII

  69. PERTHARITE || ROY || DES || LOMBARDS, || Tragedie. || _A
    Rouen, || Chez Laurens Maurry, prés le Palais._ || Auec
    Priuilege du Roy. || M. DC. LIII. [1653]. || _Et se vend A
    Paris, || Chez Guillaume de Luynes, au Pa- || lais, sous la
    montée de la Cour des Aydes._ In-12 de 6 ff. et 71 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour l'avis _Au Lecteur_;
4 ff. pour les extraits des auteurs et la liste des _Acteurs_.

La page 71 est occupée par l'_Extrait du Privilége_, accordé «au sieur
Corneille, Advocat en nostre Parlement,» pour trois pièces de théâtre
intitulées: _Pertharite, Roy des Lombards_, _D. Bertran de Cigarral_
et _l'Amour à la mode_. Nous trouvons ici une confusion entre les
pièces de Pierre et de Thomas Corneille, analogue à celle que nous
avons relevée à propos d'_Andromède_. Le privilége, dont Corneille
déclare faire cession à _Guillaume de Luyne_, lui est donné pour vingt
ans, à la date du 24 décembre 1651. L'achevé d'imprimer est du 30
avril 1653.

Après _Nicomède_, le génie de Corneille touche à son déclin.
_Pertharite_, dont le sujet est tiré de Paul Diacre et des _Historiæ
insubricæ_ d'Henri Dupuis, ne trouva pas grâce devant le public. La
pièce ne fut jouée, dit-on, qu'une ou deux fois. M. Marty-Laveaux (t.
VIe, p. 4) a fort habilement fixé la date de la représentation, que la
plupart des éditeurs de Corneille plaçaient en 1653. Il a relevé un
passage de Tallemant des Réaux qui avait échappé à ses devanciers: «Au
carnaval de 1652, dit Tallemant, Mme de Montglas fit une plaisante
extravagance chez la presidente de Pommereuil. On y devait joüer
_Pertharite, roy des Lombards_, piéce de Corneille qui n'a pas
réussy...»

Avec sa franchise ordinaire, Corneille nous apprend lui-même l'échec
de _Pertharite_: «La mauvaise reception que le Public a faite à cet
Ouvrage, nous dit-il au commencement de l'avis _Au Lecteur_, m'avertit
qu'il est temps que je sonne la retraite... Il vaut mieux que je
prenne congé de moy-mesme que d'attendre qu'on me le donne tout à
fait, et il est juste qu'apres vingt années de travail je commence à
m'appercevoir que je deviens trop vieux pour etre encor à la mode.»
Cette dernière phrase, écrite en 1652, fournit un argument de plus à
ceux qui placent la représentation de _Mélite_ en 1629 ou en 1630.
Nous n'avons pas à insister sur ce point, qui ne nous a pas paru
contestable (Voy. ci-dessus, no 1). S'il était vrai, comme le prétend
Fontenelle et comme le répète d'après lui la _Bibliothèque du Théâtre
François_ (t. IIIe, p. 2), que _Mélite_ eût été jouée en 1625,
Corneille n'eût pas manqué de dire: «Apres vingt-cinq années de
travail.»

Malgré ses faiblesses, _Pertharite_ offre encore de beaux passages;
mais ce qui fait le principal intérêt de cette pièce, c'est que Racine
en a tiré plusieurs des situations d'_Andromaque_. Voltaire a, l'un
des premiers, relevé les ressemblances qui existent entre les deux
tragédies; mais, comme dans bien d'autres circonstances, il s'est
montré injuste pour Corneille: «Il est évident, dit-il, que Racine a
tiré son or de cette fange.» Parmi les critiques qui ont le mieux
apprécié _Pertharite_ et le mieux mis en lumière les emprunts faits
par Racine à Corneille, nous citerons M. A. Thiénot, qui a consacré un
long article à cette question dans le journal _le Constitutionnel_ du
18 août 1869.

  70. PERTHARITE || ROY || DES || LOMBARDS, || Tragedie. ||
    _Imprimé à Roüen, || & se vend || A Paris, || Chez Augustin
    Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la
    Palme._ || M. DC. LIV. [1654]. Auec Priuilege du Roy. In-12 de
    94 pp. et 1 f. bl., sign. Cc-Ff.

Cette édition, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque
nationale (Y. 5624. A. Rés.), est un tirage à part du recueil publié
en 1654, sous le titre d'_OEuvres de Corneille_ du 24 décembre 1651,
avec l'achevé d'imprimer du 30 avril 1653. Nous dirons plus loin (no
102) dans quelles circonstances ce tirage à part fut exécuté. La
pagination commence au deuxième feuillet, à 579, et se continue
régulièrement jusqu'à 670. La dernière page contient un extrait du
privilége.

  71. PERTHARITE || ROY || DES || LOMBARDS, || Tragedie. || _A
    Paris, || Chez Anthoine de Sommauille, || au Palais, en la
    Gallerie des Merciers, || à l'Escu de France._ || M. DC. LVI
    [1656]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 84 pp., y compris
    le titre et les feuillets prélim.

L'extrait du privilége, qui occupe la page 15, est le même que dans
l'édition de 1653, avec achevé d'imprimer du 30 avril 1653.

Il doit exister des exemplaires au nom d'_Edme Pepingué_ et de _Louis
Chamhoudry_.

  72. PERTHARITE, ROY DES LOMBARDS, Tragedie. Par P. Corneille. _A
    Paris, au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des
    Merciers sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice.
    Estienne Loyson, au premier Pillier de la grand'Salle proche
    les Consultations au nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la
    Galerie des Prisonniers à l'Image S. Hubert, & à la Fortune,
    proche le Greffe des Eaux & Forests._ M. DC. LXXXII. [1682].
    Avec Privilege du Roy. In-12.

Cette édition doit compter 2 ff. et 68 pp. (Voy. ci-dessus, no 25.)


XXIII

  73. OEDIPE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _Imprimée à
    Roüen, & se vend || A Paris, || Chez || Augustin Courbé, au
    Palais en la || Gallerie des Merciers, à la Palme. || Et ||
    Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, || dans la mesme Gallerie,
    || à la Iustice._ || M. DC. LIX. [1659]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-12 de 6 ff., 89 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour les _Vers presentez
à Monseigneur le Procureur General Foucquet, Sur-Intendant des
Finances_; 3 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et les noms des personnages.

Au verso de la page 89 se trouve l'extrait du privilége accordé pour
sept ans à Corneille lui-même, à la date du 10 février 1659, et dont
Corneille fait cession aux deux libraires nommés sur le titre. On lit
à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois, le 26. Mars 1659,
à Roüen, par L. Maurry_.

Au rapport de M. Marty-Laveaux (t. VIe, p. 110; t. Xe, p. 133), on
trouve en tête de certains exemplaires une pièce intitulée: _Sur la
mort de Damoiselle Elisabeth Ranquet, Femme de Nicolas de Cheureul,
Escuyer, Sieur d'Esturville. Epitaphe_. Nous n'avons pas été assez
heureux pour voir nous-même un exemplaire présentant cette
particularité.

L'échec de _Pertharite_ dégoûta Corneille du théâtre; pendant sept ans
il se consacra tout entier à la traduction de l'_Imitation de
Jésus-Christ_ et à des travaux littéraires de moindre importance, qui
ne nous sont pas tous parvenus. Les représentations données par
Molière à Rouen en 1658, l'admiration que la Du Parc fit éprouver à
Corneille, enfin l'invitation de Fouquet décidèrent l'auteur du _Cid_
à reprendre la plume. Dans une pièce de vers adressée au surintendant,
il lui demanda de choisir un sujet, promettant de retrouver, pour le
traiter,

               La main qui crayonna
    L'âme du grand Pompée et l'esprit de Cinna.

Fouquet choisit trois sujets: _OEdipe, Camma_ et un troisième sujet
qui n'est pas connu. Pierre Corneille écrivit _OEdipe_, tandis que
Thomas se chargea de _Camma_. Il se pourrait que le troisième sujet
fût celui de _Stilicon_, traité par Thomas Corneille peu de temps
avant la représentation d'_OEdipe_. Dans sa lettre du 29 janvier 1661,
l'auteur de la _Muse historique_ établit une sorte de parenté entre
ces trois pièces:

    Tout-de-bon le cadet Corneille
    Quoy qu'il ait fait mainte merveille,
    Et maint Ouvrage bien sensé,
    En cétuy-cy s'est surpassé.
      Ainsi cette Piéce divine,
    Qui du grand _OEdipe_ est couzine,
    Et propre soeur de _Stilicon_,
    (Piéces qu'on tient sans parangon)
    Est trés-digne de sa naissance,
    Et par l'agréable abondance
    De mille beaux traits diférens,
    Ne fait point tort à ses parens.

Le sujet d'_OEdipe_, emprunté à Sophocle et à Sénèque, avait été
plusieurs fois remis à la scène avant Corneille, entre autres par les
Italiens (_Edipo, tragedia di Seneca, tradotta da Lodovico Dolce_; in
Vinegia, per Giambattista e Marchio Sessa, 1560, in-12;--_Edipo,
tragedia di Gio. Andrea dell' Anguillara_; in Vinegia, per Dom. Farri,
1565, in-8; in Padova, per Lorenzo Pasquati, 1565, in-4;--_Edipo
Tiranno, tragedia di Sofocle ridotta in lingua volgare da Orfato
Giustiniano_; in Venetia, per Francesco Ziletti, 1585, in-4;--_Edipo
Tiranno, tragedia di Sofocle ridotta dalla greca nella toscana lingua
da Pietro Angelio [detto il Bargeo]_; in Firenze, per Bart.
Sermatelli, 1589, in-8;--_Edipo Re, tragedia di Sofocle, tradotta in
lingua italiana da Girolamo Giustiniani_; Venetia, per Sebastiano
Combi, 1610, in-12;--_Edipo, tragedia di Seneca tradotta, da Ettore
Nini_; in Venezia, per Marco Ginammi, 1622, in-8). Les _Anecdotes
dramatiques_ (Paris, 1775, 3 vol. in-8, t. IIe, p. 15) indiquent deux
pièces françaises écrites avant Corneille sur le sujet d'_OEdipe_:
l'une de Jean Prévôt (1605), l'autre de Nicolas de Sainte-Marthe
(1614); mais ce renseignement est en tout cas inexact: nous ne
connaissons pas l'_OEdipe_ de Sainte-Marthe, qui n'est cité dans
aucune bibliographie; quant à celui de Prévôt, il n'est pas de 1605,
mais de 1614 (_Les Tragedies et autres OEuvres poëtiques de Jean
Prévost, advocat en la Basse-Marche_; à Poictiers, chez Julian
Thoreau, 1614, in-12).

Corneille ne s'arrêta pas à ces imitations modernes; il prit
directement pour guides Sophocle et Sénèque, mais, dès qu'il eut
commencé sa tragédie, il crut devoir faire de larges concessions à
l'esprit de son siècle. Il s'éloigna ainsi de ses modèles et renonça
volontairement à la simplicité, qui est le plus noble caractère du
drame antique. Cette condescendance envers la mode ne manqua pas de
séduire le parterre. Le nouvel _OEdipe_, représenté le vendredi 24
janvier 1659, eut un grand succès. Voici en quels termes Loret en
rendit compte, dès le lendemain, dans sa _Muze historique_:

    Monsieur de Corneille, l'Aîné,
    Depuis peu de temps a donné
    A ceux de l'Hôtel de Bourgogne
    Son dernier Ouvrage, ou Bezogne,
    Ouvrage grand et signalé,
    Qui l'_OEdipe_ est intitulé;
    Ouvrage (dis-je) Dramatique,
    Mais si tendre et si patétique,
    Que, sans se sentir émouvoir,
    On ne peut l'entendre ou le voir.
    Jamais Piéce, de cette sorte,
    N'ût l'élocution si forte,
    Jamais, dit-on, dans l'Univers,
    On entendit [_sic_] de si beaux vers.
    Hier, donc, la Troupe Royale,
    Qui, tels sujets point ne ravale,
    Mais qui les met en leur beau jour,
    Soient qu'ils soient de Guerre, ou d'Amour,
    En donna le premier spectacle,
    Qui fit, cent fois, crier miracle.
    Je n'y fus point; mais on m'a dit
    Qu'incessamment on entendit
    Exalter cette Tragédie
    Si merveilleuze et si hardie;
    Et que les gens d'entendement
    Luy donnoient, par un jugement
    Fort sincere et fort équitable,
    Le beau titre d'inimitable,
    Mais cela ne me surprend pas
    Qu'elle ait d'admirables apas,
    Ny qu'elle soit rare et parfaite;
    Le divin Corneille l'a faite.

Le roi assista, le 8 février, à une représentation d'_OEdipe_ qui, au
dire de Loret et de Renaudot (Voy. Marty-Laveaux, t. VIe, pp. 106
sqq.), fut des plus brillantes. _Floridor_, qui remplissait le
principal rôle, fit à Louis XIV un compliment qui charma toute la
cour. Le roi fut si satisfait qu'il fit remettre à Corneille une
gratification dont celui-ci parle naïvement dans son avis _Au
Lecteur_: «Cette Tragedie a plû assez au Roy, dit-il, pour me faire
recevoir de veritables et solides marques de son approbation: Je veux
dire ses liberalitez que j'ose nommer ses ordres tacites, mais,
pressans de consacrer aux divertissemens de Sa Majesté ce que l'âge et
les vieux travaux m'ont laissé d'esprit et de vigueur.»

Le succès de l'_OEdipe_ ne fut dépassé que par celui des _Précieuses
ridicules_, de Molière, représentées à la fin de la même année. Voici
comment Loret s'exprime, au sujet de cette dernière pièce, dans sa
lettre du 6 décembre 1659:

      Cette Troupe de Comédiens,
    Que Monsieur avoue être siens,
    Reprézentant sur leur Théatre
    Une action assez folâtre,
    Autrement, un sujet plaizant,
    A rire sans cesse induizant
    Par des chozes facécieuzes,
    Intitulé _Les Précieuzes_;
    Ont été si fort vizitez
    Par Gens de toutes qualitez
    Qu'on en vit [_sic_] jamais tant ensemble
    Que ces jours passez, ce me semble,
    Dans l'Hôtel du Petit-Bourbon,
    Pour ce sujet mauvais, ou bon.
    Ce n'est qu'un sujet chimérique,
    Mais si boufon et si comique,
    Que jamais les Pièces Du-Ryer,
    Pui fut si digne de laurier;
    Jamais l'_OEdipe_ de Corneille,
    Que l'on tient être une merveille;
    La _Cassandre_ de Bois-robert;
    Le _Néron_ de Monsieur Gilbert;
    _Alcibiade_, _Amalazonte_,                 de M. Quinaut.
    Dont la Cour a fait tant de conte;
    Ny le _Fédéric_ de Boyer,
    Digne d'un immortel loyer,
    N'ûrent une vogue si grande,
    Tant la Piéce semble friande
    A pluzieurs, tant sages, que fous;
    Pour moy j'y portay trente sous:
    Mais oyant leurs fines paroles
    J'en ry pour plus de dix pistoles.

A l'exception de _Floridor_, nous ne savons rien des acteurs qui
jouèrent _OEdipe_ à l'origine. L'actrice qui remplissait le rôle de
Jocaste tomba malade après quelques représentations et fut remplacée
par la _Beauchâteau_ (lettre de Corneille à l'abbé de Pure, en date
du 12 mars 1659). Molière ne disputa point _OEdipe_ à l'Hôtel de
Bourgogne; du moins le Registre de Lagrange n'en mentionne aucune
représentation.

En 1663, le rôle d'Iphicrate était tenu par _de Villiers_: c'est
Molière lui-même qui nous l'apprend dans l'_Impromptu de Versailles_.
Quant au rôle d'_OEdipe_, il fut joué avec éclat par _Baron_ (1676).
Il servit plus tard aux débuts de _Champvalon_ (1718) et de _Sarrasin_
(1729). Depuis lors l'_OEdipe_ de Voltaire, représenté en 1718, a
remplacé au répertoire celui de Corneille.

De 1680 à 1729, le Théâtre-Français a donné 114 représentations de
l'_OEdipe_ de Corneille, savoir: sous Louis XIV: à la ville, 70; à la
cour, 22;--sous Louis XV: à la ville, 21; à la cour, 1.

  74. OEDIPE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Au
    Palais. || Chez || Guillaume de Luyne, dans la Salle des ||
    Merciers sous la montée de la Cour des Aydes || à la Justice.
    || Estienne Loyson, au premier Pillier de || la grand'Salle
    proche les Consultations || au Nom de Jesus. || Pierre
    Traboüillet, dans la Galerie des || Prisonniers, à l'Image S.
    Hubert, & à la Fortune, || proche le Greffe des Eaux &
    Forests._ || M. DC. LXXXII [1682]. || Avec Privilege du Roy.
    In-12 de 2 ff. et 78 pp.

Tirage à part du recueil de 1682. Le deuxième feuillet, qui contient
l'_Extrait du Privilége_ et les _Acteurs_, est encore paginé, au
verso, 444. Pour le reste de la pièce, la pagination a été changée.


XXIV

  75. DESSEINS || DE LA || TOISON D'OR, || Tragedie. || Representée
    par la Troupe Royale du Marests, chez Mr le || Marquis de
    Sourdeac, en son Chasteau du Neufbourg, || pour réjoüissance
    publique du Mariage du Roy, & de la || Paix auec l'Espagne, &
    en suite sur le Theatre Royal du || Marests. || _Imprimée à
    Roüen, Et se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au
    Palais, en la Gallerie || des Merciers, || à la Palme. || Et ||
    Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, dans la || mesme Gallerie, à
    la Iustice._ || M. DC. LXI [1661]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-4 de 26 pp. (y compris le titre), et 1 f. pour l'_Extrait du
    Privilége_.

Le privilége, daté du 27 janvier 1661, est accordé pour dix ans à
_Augustin Courbé_, qui déclare y associer _Guillaume de Luyne_. On lit
à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois le 31. Ianuier
1661, à Roüen, par Laurens Maurry_.

Le sujet de _la Toison d'or_, comme celui d'_Andromède_, avait été
choisi par les Italiens pour des représentations à grand spectacle. On
avait représenté sur le théâtre des Saints-Jean-et-Paul, à Venise, en
1642, un «drame ou fête théâtrale», d'Orazio Persiani, dont Marco
Marazzoli avait écrit la musique, et qui était intitulé: _Amori di
Giasone e d'Isifile_ (Venezia, per Antonio Bariletti, 1642, in-12).
Cette pièce, que nous n'avons pas sous les yeux, pourrait bien avoir
été mise entre les mains de Corneille par les machinistes italiens ou
par le marquis de Sourdéac lui-même, lorsqu'il vint trouver l'auteur
du _Cid_ pour lui demander une tragédie mêlée de musique qui pût être
représentée au château de Neufbourg. Ce gentilhomme, que Tallemant des
Réaux nous représente comme un «original», voulait célébrer sur ses
domaines, avec une pompe inusitée, le mariage du roi avec l'infante
Marie-Thérèse. Le mariage royal, arrêté lors de la paix des Pyrénées
(6 novembre 1659), ne fut célébré par procuration que le 3 juin 1660,
mais c'est vraisemblablement dès la fin de l'année 1659 que le marquis
de Sourdéac conçut l'idée de sa représentation. Il commença aussitôt
les préparatifs de la fête projetée, mais il faillit ne pouvoir
s'entendre avec Corneille. «Il a, dit Tallemant (_Historiettes_, édit.
Paulin Paris, t. VIIe, p. 370), de l'inclination aux méchaniques; il
travaille de la main admirablement: il n'y a pas un meilleur serrurier
au monde. Il luy a pris une [fantaisie de] faire joüer chez luy une
comedie en musique, et pour cela il a fait faire une salle qui luy
couste au moins dix mille escûs. Tout ce qu'il faut pour le theatre et
pour les sieges et les galeries, s'il ne travailloit lui-mesme, luy
reviendroit, dit-on, à plus de deux fois autant. Il avoit pour cela
fait faire une piece par Corneille; elle s'appelle _les Amours de
Médée_; mais ils n'ont pu convenir de prix. C'est un homme riche et
qui n'a point d'enfans. Hors cela, il est assez oechonome.»

L'affaire se raccommoda pourtant, et la représentation eut lieu au
château de Neufbourg, au commencement de l'hiver de 1660. Le marquis
de Sourdéac fit ensuite don de ses machines aux comédiens du Marais,
qui les installèrent sur leur théâtre. Voici ce que dit Loret, dans sa
lettre du 1er janvier 1661:

    Les Comédiens du Marest
    Font un inconcevable aprest,
    Pour joüer, comme une Merveille,
    Le _Jazon_ de Monsieur Corneille.

La représentation n'eut lieu que six semaines plus tard, et Loret nous
en rend compte longuement dans sa lettre du 19 février:

    _La Conqueste de la Toizon_
    Que fit, jadis, défunt Jazon,
    Piéce infiniment excellente,
    Enfin, dit-on, se reprézente
    Au Jeu de Paume du Marais,
    Avec de grandissimes frais.
      Cette Piéce du grand Corneille,
    Propre pour l'oeil et l'oreille,
    Est maintenant, en vérité,
    La merveille de la Cité,
    Par ses Scènes toutes divines,
    Par ses surprenantes Machines,
    Par ses concerts délicieux,
    Par le brillant aspect des Dieux,
    Par des incidens mémorables,
    Par cent ornemens admirables,
    Dont Sourdiac, Marquis Normand,
    Pour rendre le tout plus charmant,
    Et montrer sa magnificence,
    A fait l'excessive dépence,
    Et si splendide sur ma-foy,
    Qu'on diroit qu'elle vient d'un Roy.
    J'aprens que ce rare spectacle
    Fait à pluzieurs crier miracle,
    Et je croy qu'au sortir de là
    On ne plaindra point, pour cela,
    Pistole, ny demy-pistole,
    Je vous en donne ma parole.... etc.

Ce ne sont pas les seules louanges que Loret donne à la pièce de son
compatriote. Il revient sur le même sujet le 3 décembre 1661, le 14
janvier et le 18 février 1662 (voy. Marty-Laveaux, t. VIe, pp. 226
sqq.).

Nous ne savons rien de la musique de la _Toison d'or_, mais elle ne
peut avoir été composée que par un des quatre musiciens alors
célèbres: Dassoucy, Cambert, Lambert ou Boesset. Dassoucy avait
composé la musique d'_Andromède_, mais il s'était tellement perdu de
réputation depuis, qu'il est difficile de croire que Corneille ait
encore voulu travailler avec lui. Cambert (né en 1628, mort en 1677)
composa, en 1661 et en 1662, deux opéras, dont Perrin avait écrit les
paroles: _Ariane_ et _Adonis_, mais il ne put les faire représenter,
ce qui prouve qu'il n'était pas alors en grande vogue. Lambert et
Jean-Baptiste Boesset, fils d'Antoine Boesset, le musicien de Louis
XIII, jouissaient au contraire de la faveur publique, et l'on
retrouvera peut-être un jour dans les ouvrages imprimés ou manuscrits
de l'un ou de l'autre des fragments de la partition qui nous occupe.
La complaisance avec laquelle Loret nous parle de Boesset, dans sa
lettre du 20 janvier 1663, nous montre quelle était la réputation de
ce musicien à l'époque de la représentation de la _Toison d'or_. Il
s'agit d'un service funèbre célébré à Saint-Denis, en l'honneur de
Madame:

    La muzique de la Chapelle,            de la Chapelle du Roy.
    Digne d'une gloire immortelle,
    Et celle de la Chambre, aussy,
    Que, par un noble et beau soucy,
    Le sieur Boisset, Homme trés-rare.
    Qu'avec justice l'on compare
    Aux Amphions du temps passé,
    Etant dans son Art bien versé,
    A, de belle et bonne maniére,
    Remize en sa splendeur premiére,
    Ces deux grandes Muziques, donc,
    Admirables, s'il en fut onc,
    Avec des douceurs sans-pareilles,
    Charmérent toutes les oreilles,
    En commençant par un Motet
    Compozé par ledit Boisset,
    Par où, toute la Compagnie
    Admira son divin génie,
    Trés-propre à faire de beaux Airs
    Pour de mélodieux Concerts.

Les décorations de la _Toison d'or_ ne furent pas gravées comme celles
d'_Andromède_, mais, au dire des contemporains, elles les surpassèrent
encore en splendeur (voy. _le Théatre François_, par Chapuzeau, p.
52).

Le programme auquel Corneille a donné le nom de _Desseins_, a dû être
imprimé avec une grande hâte. Le privilége n'est que de quatre jours
antérieur à l'achevé d'imprimer, bien que l'impression se fit à Rouen.
Les exemplaires purent arriver à temps à Paris pour être distribués
aux spectateurs le jour de la première représentation.

Les seuls exemplaires des _Desseins_ qui aient été cités jusqu'ici
sont ceux de la Bibliothèque nationale (Y. 5969. A), et deux autres
exemplaires contenus dans des recueils de la Bibliothèque de Pont de
Veyle (Catalogue de 1847, nos 1810 et 1813).

  76. DESSEINS DE LA TOISON D'OR, Tragedie. Representée par la
    Troupe Royale du Marais, chez Mr le Marquis de Sourdeac, en son
    chasteau du Neufbourg, pour reiouissance publique du Mariage du
    Roy et de la Paix auec l'Espagne, et ensuite sur le Theatre
    Royal du Marais. _A Paris, Chez Augustin Courbé, au Palais, en
    la Galerie des Merciers, à la Palme._ M. DC. LXI [1661]. In-8.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 531. Il ne nous a pas
été possible d'en trouver un exemplaire.

  77. LA || TOISON D'OR, || Tragedie. || Representée par la Troupe
    Royale du || Marests, chez Mr le Marquis de Sour- || deac, en
    son Chasteau du Neufbourg, || pour réjoüissance publique du
    Mariage || du Roy, & de la Paix auec l'Espagne, || & en suite
    sur le Theatre Royal du || Marests. || _Imprimée à Roüen, Et se
    vend || A Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en la
    || Gallerie des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de
    Luyne, Libraire Iuré, dans la mesme Gallerie, || à la Iustice._
    || M. DC. LXI [1661]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff.,
    105 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. blanc; 1 f. de titre; 3 ff. pour
l'_Argument_; 1 f. pour la liste des _Acteurs_.

Le privilége commence au verso de la page 105, et occupe le recto du
feuillet suivant. Il est accordé à _A. Courbé_, qui déclare y associer
_G. de Luyne_, et daté du 27 janvier 1661. Il y est dit que Courbé
pourra «faire imprimer, vendre et debiter en tous les lieux de
l'obeïssance de sa Majesté, une Tragédie composée par le sieur P.
Corneille, intitulée _la Conquête de la Toison d'Or, Avec les Desseins
de ladite Piece_, en telles marges et tels caracteres, en un ou
plusieurs volumes, et autant de fois qu'il voudra, durant dix ans
entiers, à compter du jour que ladite Tragedie sera achevée d'imprimer
pour la premiere fois.» Cet achevé d'imprimer est daté du 10 mai 1661.

C'est dans la première scène du Prologue de cette tragédie qu'on
trouve ces vers bien connus:

      A vaincre tant de fois, mes forces s'affoiblissent:
    L'Etat est florissant, mais les Peuples gemissent;
    Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits,
    Et la gloire du Trône accable les Sujets.

Campistron imita ce passage dans la seconde scène du second acte de
_Tiridate_:

      Je sais qu'en triomphant les Etats s'affoiblissent;
    Le Monarque est vainqueur, et les Peuples gémissent:
    Dans le rapide cours de ses vastes projets,
    La gloire dont il brille accable les Sujets;

mais au XVIIIe siècle, l'on avait encore moins de liberté qu'au XVIIe;
les vers de Corneille, remaniés par Campistron, furent jugés
séditieux; le poëte dut les supprimer. (Voy. l'_Éloge de Campistron_,
dans les _OEuvres_ de d'Alembert, édit. Belin, t. IIe, p. 578.)

Vendu: 205 fr., mar. r. (_Thibaron-Échaubard_), Huillard, 1870 (no
597).

  78. LA TOISON D'OR, Tragedie. Par P. Corneille. _A Paris, Au
    Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers
    sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne
    Loyson, au premier Pillier de la grand'Salle proche les
    Consultations au Nom de Jesus. Pierre Traboüillet dans la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune
    proche le Greffe des Eaux et Forets._ M.] DC. LXXXII [1682].
    Avec Privilege du Roy. in-12.

Cette édition doit compter 2 ff., 94 pp. et 1 f. Voy. ci-dessus, no
25.

  79. LA TOISON D'OR, Tragedie en Machines de M. de Corneille
    l'Aisné. _A Paris, chez V. Adam_, 1683, in-4.

Nous n'avons pu retrouver cette édition, dont les recueils de Pont de
Veyle vendus en 1847 contenaient deux exemplaires (nos 1809 et 1813 du
Catalogue), et dont un troisième exemplaire a été adjugé à M. Techener
pour la modique somme de 2 francs, lors de la vente des livres de M.
Giraud, en 1855 (no 1646 du Catalogue). Nous savons seulement que
c'est un simple programme, précédé d'un prologue en vers par La
Chapelle. La pièce avait été remise à la scène le 9 juillet 1683, avec
des décorations nouvelles du sieur Durfort, qui avait déjà exécuté
celles d'_Andromède_ l'année précédente. Voici en quels termes les
_Anecdotes dramatiques_ (Paris, veuve Duchesne, 1775, t. IIe, p. 233)
nous parlent de cette reprise:

«A une reprise de cette pièce, en 1683, la Chapelle y ajouta un
Prologue; et les Comédiens, pour lui marquer leur reconnoissance,
résolurent, dans une assemblée, de lui faire présent de quinze louis
d'or, qu'ils lui envoyèrent par un de leurs camarades. A la dixième
représentation de cette reprise, les Comédiens interrompirent le
Spectacle, étant informés que la Reine venoit de mourir; et ils firent
rendre l'argent à la porte.»

Il serait très-désirable que le programme de 1683 pût être retrouvé.
Il contient sans nul doute des changements analogues à ceux que nous
avons signalés ci-dessus (no 59) dans le programme d'_Andromède_ de
1682.


XXV

  80. SERTORIVS, || Tragedie. || _Imprimée à Roüen, Et se vend || A
    Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en la || Galerie
    des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de Luyne, Libraire
    Iu- || ré, au Palais, en la Galerie des || Merciers, à la
    Iustice._ || M. DC. LXII [1662]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-12 de 6 ff. et 95 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 4 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et la liste des
_Acteurs_.

Le privilége, daté du 16 mai 1662, permet à _Guillaume de Luyne_ «de
faire imprimer deux Pieces de Theatre, composées par les Srs
Corneille, intitulées _Sertorius_ et _Maximian_, pendant sept années.»
On lit à la fin: _Acheué d'imprimer le huitiéme iour de Iuillet 1662.
à Roüen, par L. Maurry_.

Après _OEdipe_ et _la Toison d'or_, qui inaugurèrent la seconde partie
de sa carrière dramatique, Corneille revint à l'histoire romaine. Il
tira de Plutarque le bel épisode de _Sertorius_, qu'il enrichit de
détails de son invention. Il se mit au travail dans les derniers mois
de l'année 1661. A la date du 3 novembre de cette année, Corneille,
écrivant à l'abbé de Pure, s'excuse de ne lui avoir pas encore donné
son avis sur une tragédie dont il n'avait reçu que deux actes, et il
ajoute: «C'est ce qui a differé ma responce, et la priere que j'ay à
vous faire de ne vous contenter pas du bruit que les Comediens font de
mes deux Actes, mais d'en juger vous mesme et m'en mander vostre
sentiment tandis qu'il y a encor lieu à la correction. J'ay prié Melle
Des OEilletz, qui en est saisie, de vous les montrer quand vous
voudrez, et cependant je veux bien vous prevenir un peu en ma faveur,
et vous dire que si le reste suit du mesme air, je ne croy pas avoir
rien escrit de mieux. Mes deux Héroines ont le mesme caractere de
vouloir espouser par ambition un homme pour qui elles n'ont aucun
amour, et le dire à luy-mesme et toutefois je croy que cette
ressemblance se trouvera si diversifiée par la maniere de l'exprimer
que beaucoup ne s'en apercevront pas.»

La représentation de _Sertorius_ eut lieu vers la fin de février 1662.
Loret en parle longuement dans sa lettre du 4 mars de cette année:

      Depuis huit jours, les beaux Esprits
    Ne s'entretiennent dans Paris,
    Que de la derniére merveille
    Qu'a produite le grand Corneille,
    Qui, selon le commun récit,
    A plus de beautez que son _Cid_,
    A plus de forces et de graces
    Que _Pompée_, et que les _Horaces_,
    A plus de charmes que n'en a
    Son inimitable _Cinna_,
    Que l'_[Oe]dipe_, ny _Rodogune_,
    Dont la gloire est si peu commune,
    Ny, mesmement, qu'_Héraclius_;
    Sçavoir le Grand _Sertorius_,
    Qu'au Marest du Temple l'on joüe,
    Sujet que tout le monde avoüe
    Etre divinement traité,
    Nonobstant la stérilité;
    Et c'est en un semblable Ouvrage,
    Ce qu'on admire davantage.
    On ne voit, en cette action,
    Tendresse, amour, ny passion,
    Ny d'extr' ordinaire spectacle,
    Et passe, pourtant, pour miracle.
      Certes, cét illustre Normand
    Qui n'écrit rien que de charmant,
    De merveilleux et d'énergique,
    Passe, en qualité de Tragique,
    Les Poëtes les plus hardis
    Du temps prézent, et de jadis:
    Il fait mieux, dit-on, qu'Euripide,
    Bûveur de l'Onde Aganipide,
    Mieux que Sénéque le Romain,
    Prizé de tout le Genre Humain,
    Et, bref, mieux que défunt Sophocle,
    Qui n'a de rime qu'Empédocle,
    Mais dont les Esprits mieux sensez
    Dizent encor du bien assez
    Depuis deux mille ans que cet Homme
    Est mort, bien loin, par-delà Rome.
      Les Comédiens du Marest
    Poussez de leur propre intérest,
    Et qui dans des chozes pareilles,
    Ne font leur métier qu'à merveilles,
    S'éforcent à si bien joüer,
    Qu'on ne peut les en trop loüer:
    Et, pour ne pas paroître chiches,
    On leur voit des habits si riches,
    Si brillans de loin et de prés,
    Et, pour le sujet, faits exprés,
    Que chaque Spectateur proteste
    Qu'on ne peut rien voir de plus leste.

Les deux textes que nous venons de citer présentent une difficulté
d'interprétation assez sérieuse: «Les comédiens dont Corneille parle
dans sa lettre sont, suivant toute apparence, dit M. Marty-Laveaux,
ceux de l'hôtel de Bourgogne, puisque c'est à cette troupe
qu'appartenait Mlle des OEillets; et pourtant, d'après le témoignage
de Loret, c'est au théâtre du Marais que l'ouvrage a été représenté
pour la première fois. On pourrait, à la vérité, chercher à expliquer
cette contradiction en supposant que Mlle des OEillets a fait, pendant
quelque temps, partie du théâtre du Marais, ou que Corneille a retiré
sa pièce à la troupe qui devait d'abord la jouer, pour la faire
représenter à l'hôtel de Bourgogne; mais un passage d'une autre lettre
de notre poëte à l'abbé de Pure, datée du 25 avril, et par conséquent
postérieure de deux mois à la représentation de _Sertorius_, ne permet
pas d'adopter une telle supposition. En effet, Corneille, expliquant
pourquoi il ne pourra de sitôt donner une pièce aux comédiens du
Marais, s'exprime ainsi: «Outre que je seray bien aise d'avoir mon
tour à l'Hostel.... et que je ne puis manquer d'amitié à la Reine
Viriate à qui j'ay tant d'obligation, le demenagement que je prépare
pour me transporter à Paris me donne tant d'affaires que je ne sçay si
j'auray assez de liberté d'esprit pour mettre quelque chose cette
année sur le Théatre.» Certes, ce passage prouve bien que _Sertorius_
avait été joué à l'hôtel de Bourgogne, et il semble indiquer que cette
reine Viriate, envers qui Corneille se reconnaît si obligé, n'est
autre que Mlle des OEillets. Comment concilier le témoignage de notre
auteur avec celui de Loret?»

Le savant éditeur de Corneille déclare avoir cherché en vain une
conciliation; mais, en pareil cas, les hypothèses sont permises, et
l'on peut, croyons-nous, proposer au moins une explication plausible
du problème. Corneille dit bien, le 3 novembre 1661, que _Mlle des
OEillets_ est «saisie» des deux premiers actes de _Sertorius_, mais
rien ne prouve qu'elle ait effectivement joué ce rôle. Peut-être ne se
sera-t-elle pas crue assez jeune pour le remplir (elle était née en
1621). Il nous paraît probable que le rôle de Viriate aura été joué
par _Mlle Marotte_, dont Corneille parle au début de sa lettre du 25
avril 1662: «L'estime et l'amitié que j'ay depuis quelque temps pour
Melle Marotte me fait vous avoir une obligation tres singuliere de la
joye que vous m'avez donnée en m'apprenant son succes et les
merveilles de son debut. Je l'avois veue icy representer _Amalasonte_,
et en avois conceu une assez haute opinion pour en dire beaucoup de
bien à Mr. de Guise, quand il fut question, vers la My-caresme, de la
faire entrer au Marais.» Si l'on admet cette interprétation, qui nous
semble naturelle, les raisons alléguées par Corneille pour ne pas
donner de pièce nouvelle peuvent s'entendre dans ce sens qu'il serait
bien aise de faire jouer quelque ouvrage à l'Hôtel de Bourgogne, mais
qu'il craint de manquer à l'amitié qu'il a pour _Mlle Marotte_, en
confiant un rôle à une artiste de la troupe rivale. La fin de la
lettre est assez obscure, mais elle concorde avec notre explication
plutôt qu'elle ne la contredit: «Ainsy, si ces Mrs les secourent ainsy
que moy, il n'y a pas d'apparence que le Marais se restablisse, et
quand la machine (_la Toison d'or_), qui est aux abois, sera tout à
fait defunte, je trouve que ce Theatre ne sera pas en trop bonne
posture. Je ne renonce pas aux Acteurs qui le soustiennent, mais aussi
je ne veux point tourner le dos tout à fait à Mrs de l'Hostel dont je
n'ay aucun lieu de me plaindre et où il n'y a rien à craindre quand
une piece est bonne.» Que signifie ce passage, sinon que le théâtre du
Marais, inférieur à l'Hôtel de Bourgogne pour la tragédie, a besoin
pour se soutenir des pièces à grand spectacle? Si Corneille avait fait
représenter _Sertorius_ par les comédiens de l'Hôtel, dirait-il qu'il
ne veut point leur tourner le dos _tout à fait_?

Du reste, _Sertorius_ ne tarda pas à être joué par les troupes
rivales. Le registre de Lagrange nous fournit à ce sujet des
indications curieuses qui prouvent que la tragédie, dont le succès fut
très-grand, fut jouée par la troupe de Molière avant d'avoir été
imprimée. L'impression n'en fut achevée que le 8 juillet 1662, et la
troupe de Molière la représenta, pour la première fois, le vendredi 23
juin 1662. Elle en donna trois autres représentations en 1662, neuf en
1663, trois en 1664, et vingt autres représentations de 1665 à 1670,
soit, en tout, trente-neuf. Nous comprenons dans ces chiffres une
représentation donnée, en 1664, à Villers-Coterets, chez Monsieur, où
les comédiens séjournèrent du 20 au 27 septembre.

A l'époque de la mort de Corneille, le Manuscrit du Dauphin nous
fournit la distribution suivante:

               DAMOISELLES.

    Aristie:   _Chanmeslé_
    Viriate:   _le Comte_
    Thamire:   _Raisin_.

               HOMMES.

    Sertorius: _Chanmeslé_
    Perpenna:  _Dauvilliers_
    Aufide:    _le Comte_
    Pompée:    _Baron_
    Celsus:    _Beauval_
    Arcas:     _Hubert_, ou _Raisin_.

Au XVIIIe siècle, plusieurs acteurs se distinguèrent dans _Sertorius_.
_Grandval_ remplit avec un grand succès le rôle du général romain
(1758); celui de Viriate fut joué avec éclat par _Mlle Clairon_ et
_Mme Vestris_.

La Comédie-Française a donné 107 représentations de _Sertorius_, de
1680 à 1814, savoir: sous Louis XIV: à la ville, 46; à la cour,
11;--sous Louis XV: à la ville, 24; à la cour, 1,--sous Louis XVI: à
la ville, 7; à la cour, 4;--sous le Directoire, le Consulat et
l'Empire: à la ville, 13; à la cour, 1. La pièce n'a pas été reprise
depuis lors.

Vendu: 120 fr., vél., Huillard, 1870 (no 596); 102 fr., vél., et 155
fr., mar. r. (_Chambolle-Duru_), Potier, 1870 (nos 1233 et 1234).

  81. SERTORIVS, || Tragedie. || _Imprimé à Roüen, Et se vend || A
    Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en la || Gallerie
    des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de Luyne, Libraire
    || Iuré, au Palais, en la Gallerie des || Merciers, à la
    Iustice._ || M. DC. LXII. [1662]. Auec Priuilege du Roy. In-12
    de 6 ff., 82 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre; 4 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les _Acteurs_.

L'extrait du privilége est le même que dans l'édition précédente. On
lit à la fin: _Acheué d'imprimer le huitiéme Iuillet 1662. A Rouen par
L. Maurry._

Cette édition n'a jamais été distinguée de la précédente par les
bibliographes de Corneille.


XXVI

  82. SOPHONISBE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _Imprimée à
    Roüen, Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne,
    Libraire Iuré, au || Palais, en la Gallerie des Merciers, || à
    la Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la petite
    || Salle, aux Armes de Hollande, || & à la Palme_; ou _Chez
    Loüys Billaine, au second Pilier de la grand'Sale du Palais, à
    la Palme & au grand César._ || M. DC. LXIII [1663]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 76 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 4 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_ et les noms des
_Acteurs_.

Le privilége, en date du 4 mars 1663, donne à _G. de Luyne_ le droit
exclusif, pendant cinq ans, de publier deux pièces de théâtre des
sieurs Corneille intitulées: _La Sophonisbe_ et _Persée et Demetrius_.
De Luyne déclare associer à son droit _Th. Jolly_ et _L. Billaine_. On
lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois le 10. Auril
1663. A Roüen, Par L. Maurry._

L'histoire de _Sophonisbe_, reine de Numidie, que Tite-Live, Polybe et
Appien ont racontée, est un des sujets qui ont le plus souvent inspiré
les poëtes dramatiques modernes. Le premier auteur qui la mit au
théâtre fut le Trissin. Il fit représenter sa tragédie à Vicence vers
1510. Cette pièce eut un grand succès, attesté par les nombreuses
éditions que les libraires italiens en publièrent pendant tout le
cours du XVIe siècle (_Sophonisba, tragedia_; in Roma, Lodovico degli
Arrighi et Lautitio Perugino, 1524, pet. in-4;--in Roma, per Lodovico
Vicentini [degli Arrighi], 1524, pet. in-4, seconde édition, avec deux
lettres grecques sur le titre;--in Vicenza, per Tolomeo Janiculo,
1529, in-4;--_Di M. Giovangiorgio Trissino la Sophonisba, li Retratti,
Epistola, Oracion al serenissimo Principe di Vinegia_; in Vinegia, per
Ieronimo Pentio da Lecho, a instantia de Nicolo Garanta, 1530, pet.
in-8;--[in Vinegia], per Al. Pag. Benacense, s. d., in-8;--_La
Sofonisba, tragedia del S. Giorgio Trissino Vicentino_; in Vinegia,
per Bernardo de' Bindoni, 1549, in-8;--in Vinegia, per Gabriele
Giolito et Fratelli, 1553, 1562, 1585 et 1586, in-12;--in Vinegia, per
Francesco Lorenzini, 1560, in-8;--in Genova, per Antonio Bellone,
1572, in-8;--in Vinegia, per Altobello Salicato, 1582, pet. in-12;--in
Vicenza, per Perin Libraro, e Giorgio Greco Compagni, 1585, in-12;--in
Venetia, per Michele Bonibelli, 1595, in-12, etc.). Un autre auteur
italien, Galeotto Caretto, publia en 1546 une seconde _Sophonisbe_ qui
ne fit pas oublier celle du Trissin (_La Sophonisba, Tragedia del
magnifico Cavaliere et Poeta Messer Galeotto Carretto_; in Vinegia,
appresso Gabriel Giolito de' Ferrari, 1546, in-8). La première
_Sophonisbe_ fut traduite en prose française par Mellin de
Saint-Gelais, et représentée à Blois, devant le roi, en 1559. Gilles
Corrozet en publia deux éditions anonymes sous ce titre singulier:
_Sophonisba, Tragedie tres excellente, tant pour l'argument que pour
le poly langage et graves sentences dont elle est ornée; représentée
et prononcée devant le Roy en sa ville de Bloys_; à Paris, chez
Philippe Danfrie et Richard Breton, 1559, in-8;--à Paris, chez Richard
Breton, 1560, in-8. Un peu plus tard, Claude Mermet en fit une
nouvelle traduction en vers (_La Tragedie de Sophonisbe Reyne de
Numidie, où se verra le desastre qui luy est advenu, pour avoir esté
promise à un mary, et espousée par un autre; et comme elle a mieux
aimé eslire la mort, que de se voir entre les mains de ses ennemis_; à
Lyon, chez Léonard Odet, 1584, in-8). Corneille n'a pas connu les deux
traductions que nous venons de mentionner, ou du moins il n'en a pas
fait usage; il ne paraît pas non plus s'être servi de la _Mort
courageuse de Sophonisba, par le Sieur de Reboul_ (Lyon, Jacques
Roussin, 1597, in-12), tandis qu'il a eu entre les mains les deux
imitations suivantes: _Sophonisba, Tragedie, par Anthoine de
Montchrestien, sieur de Vasteville_; à Caen, chez la veufve de Jacques
le Bas, 1596, in-8 (reproduite sous le titre de: _la Carthaginoise, ou
la Liberté_, dans les _Tragédies_ du même auteur; à Rouen, chez Jean
le Petit [1601], pet. in-8;--à Rouen, chez Jean Osmond, 1604, pet.
in-12;--à Niort, chez Porteau, 1606, pet. in-12;--à Rouen, chez
Martin de la Motte, 1627, pet. in-8); _La Sophonisbe, Tragedie, par le
Sieur du Mont-Sacré (Nicolas de Montreux), gentil-homme du Maine_; à
Rouen, chez Raphaël du Petit-Val, 1601, pet. in-12.

La tragédie de Mairet est la première pièce française sur ce sujet qui
eut un mérite sérieux et dont le succès fut durable. Elle fut
représentée, à ce que l'on croit, en 1629, et imprimée quelques années
après: _La Sophonisbe, Tragi-Comedie, dediée à M. le Garde des
Sceaux_; à Paris, chez Pierre Rocolet, 1635, in-4. Dans cette pièce,
antérieure non-seulement au _Cid_, mais à _Mélite_ et à _Clitandre_,
Mairet introduisit la règle de vingt-quatre heures, qui n'avait jamais
été observée auparavant. La vogue de _Sophonisbe_, qui fit croire à
Mairet qu'il pourrait jouer un rôle parmi les adversaires du _Cid_, se
prolongea longtemps après le succès des chefs-d'oeuvre de Corneille;
aussi se produisit-il dans le public un sentiment de vive curiosité
quand on apprit que Corneille se proposait de traiter le même sujet.
Cette concurrence inattendue jeta Mairet dans un violent chagrin; on
prétend même qu'il en fit une maladie. Corneille, qui s'était depuis
longtemps réconcilié avec son ancien ennemi, ne manqua pas de
protester de ses bonnes intentions; il exagéra même l'éloge de son
devancier: «Depuis trente ans que Monsieur Mairet a fait admirer sa
_Sophonisbe_ sur nostre Théatre, dit-il dans la préface de sa
tragédie, elle y dure encore, et il ne faut point de marque plus
convaincante de son mérite, que cette durée, qu'on peut nommer une
ébauche, ou plûtost des arrhes de l'immortalité, qu'elle asseure à son
illustre Autheur. Et certainement il faut avoüer qu'elle a des
endroits inimitables, et qu'il seroit dangereux de retaster après luy.
Le démeslé de Scipion avec Massinisse, et les desespoirs de ce Prince
sont de ce nombre: il est impossible de penser rien de plus juste, et
tres-difficile de l'exprimer plus heureusement. L'un et l'autre sont
de son invention, je n'y pouvois toucher sans luy faire un larcin, et
si j'avois été d'humeur à me le permettre, le peu d'espérance de
l'égaler me l'auroit défendu. J'ay creu plus à propos de respecter sa
gloire et ménager la mienne, par une scrupuleuse exactitude à
m'écarter de sa route, pour ne laisser aucun lieu de dire, ny que je
sois demeuré au dessous de luy, ni que j'aye pretendu m'élever au
dessus, puisqu'on ne peut faire aucune comparaison entre des choses,
où l'on ne voit aucune concurrence.» Corneille proteste donc qu'il a
simplement voulu «faire autrement, sans ambition de faire mieux»; il
cite, pour se justifier, nombre de sujets qui ont été successivement
traités par divers auteurs, tels que ceux de _Marianne_, de _Panthée_,
de _Cléopatre_, etc.

La nouvelle _Sophonisbe_ fut représentée à l'Hôtel de Bourgogne en
janvier 1663. Malgré l'aigreur des critiques que l'abbé d'Aubignac
dirigea contre Corneille, le succès paraît avoir répondu à l'attente
du poëte. Loret le constate avec complaisance dans sa lettre du 20
janvier 1663:

      Quitons cette importante Afaire,
    Que le temps nous rendra plus claire;
    Et parlons d'un célébre Autheur
    Dont je suis grand admirateur.
      Cette Piéce de conséquence,
    Qu'avec une extrême impatience
    On atendoit de jour en jour,
    Dans tout Paris et dans la Cour,
    Piéce qui peut être apellée
    _Sophonisbe_, renouvelée
    Maintenant se joüe à l'Hôtel          de Bourgogne.
    Avec applaudissement tel,
    Et si grand concours de personnes,
    De hautes Dames, de Mignonnes,
    D'esprits beaux en perfection,
    Et de Gens de condition,
    Que, de longtemps, Piéce nouvelle
    Ne receut tant d'éloges qu'elle.
      Je ne m'embarasseray point
    A déduire, de point en point,
    Ses plus importantes matieres,
    Ny ses plus brillantes lumieres:
    Pour dignement les concevoir
    Il faut les oüir et les voir;
    Je veux, pourtant, dans nôtre Histoire,
    Prouver son mérite et sa gloire
    Par un invincible argument,
    Car en dizant, tant seulement,
    Que cette Piéce nompareille
    Est l'Ouvrage du grand Corneille,
    C'est pousser sa louange à bout,
    Et qui dit Corneille, dit tout.

Le succès dont nous entretient Loret fut de courte durée. Les
adversaires de Corneille, à la tête desquels s'était placé l'abbé
d'Aubignac, rabaissèrent sa _Sophonisbe_ en exaltant celle de Mairet.
Ces critiques, dont nous parlerons dans notre chapitre XIXe, furent
réfutées par divers auteurs. Saint-Evremond, notamment, mit en relief,
dans sa _Dissertation sur l'Alexandre de Racine_, les côtés de la
pièce qui avaient déplu au public. Les beaux esprits de la cour
reprochaient à Corneille ce qui était son principal mérite:
l'exactitude des moeurs et des caractères; ils savaient gré au
contraire à Mairet de n'être sorti de son siècle que pour emprunter
quelques noms à l'antiquité.

Le poëte fut très-sensible aux éloges de Saint-Evremond et lui écrivit
une lettre de remerciment qui nous a été conservée: «Me voulez-vous
bien permettre d'ajoûter ici, disait Corneille en terminant, que vous
m'avez pris par mon foible, et que ma _Sophonisbe_, pour qui vous
montrez tant de tendresse, a la meilleure part de la mienne? Que vous
flattez agréablement mes sentimens, quand vous confirmez ce que j'ai
avancé touchant la part que l'Amour doit avoir dans les belles
Tragédies, et la fidélité avec laquelle nous devons conserver à ces
vieux Illustres les caracteres de leur temps, de leur Nation et de
leur humeur!» (_OEuvres diverses de Corneille_; Paris, 1738, in-12,
pp. 221 sq.; Marty-Laveaux, t. Xe, p. 498.)

Un auteur qui, après avoir attaqué _Sophonisbe_, en devint le plus
ardent défenseur, Donneau de Visé, nous fournit, dans sa première
critique (_Nouvelles nouvelles_; à Paris, chez Gabriel Quinet, 1663,
in-12, 3e partie), des détails précis sur les acteurs qui remplirent
les principaux rôles de la pièce. _Montfleury_ joua Syphax;
_Floridor_, Massinisse; _La Fleur_, Lélius; _Mlle des OEillets_,
Sophonisbe, et _Mlle Beauchâteau_, Eryxe.

Le Registre de Lagrange ne mentionne aucune représentation de
_Sophonisbe_ par la troupe de Molière. Les registres du
Théâtre-Français n'en citent que deux représentations entre 1680 et
1700. Il ne serait même pas impossible qu'il ne s'agît ici de la
tragédie de Mairet.

Le sujet de _Sophonisbe_ a été traité deux fois au XVIIIe siècle, par
Lagrange-Chancel et par Voltaire. La pièce de Lagrange-Chancel fut
jouée quatre fois au mois de novembre 1716, mais elle n'a pas été
imprimée; celle de Voltaire, représentée en 1764, a été publiée sous
un nom supposé.

Cette dernière pièce est entièrement tirée de Mairet, dont Voltaire
n'a voulu que rajeunir et que relever le style. Le succès en a été
médiocre.

Vendu: 60 fr., mar. r. anc., Chédeau, 1865 (no 703).

  83. SOPHONISBE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, ||
    Chez Guillaume de Luyne, Libraire || Iuré, au Palais, dans la
    Salle des Merciers, || à la Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly,
    au Palais, dans la petite Salle, aux Armes de Hollande & à la
    Palme_; ou _Chez Louys Billaine, au second Pilier de la grand'
    Sale du Palais, à la Palme & au grand César._] || M. DC. LXIII.
    [1663]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff., 80 pp., et 1
    f. pour l'_Extrait du Privilége_.

Collation des feuillets prélim.: titre; 9 pp. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 p. pour les _Acteurs_.

Cette édition, dont M. Piot possède un exemplaire, a été probablement
imprimée à Paris. L'extrait du privilége est le même que celui dont
nous avons parlé ci-dessus (no 80) et contient les mêmes mentions. La
justification est, pour les feuillets préliminaires, de 119 mm. sur
63, et, pour le corps du texte, de 117 mm. sur 64.


XXVII

  84. OTON || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Chez
    Guillaume de Luyne, Libraire-Iuré, || au Palais dans la Sale_
    [sic] _des Merciers || à la Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly,
    au Palais dans la || petite Sale des Merciers à la Palme & aux
    || Armes d'Hollande_; ou _Chez Loüys Billaine, au second
    Pillier || de la grand Sale du Palais, à la Palme || & au grand
    Cesar_]. || M. DC. LXV [1665]. || Auec Privilege du Roy. In-12
    de 2 ff., 78 pp. et 1 f.

  84 _bis_. OTHON || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, ||
    Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, au || Palais, en la
    Gallerie des Merciers, à la Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly,
    au Palais dans la || petite Sale_ [sic] _des Merciers, à la
    Palme & aux || Armes d'Hollande_; ou _Chez Loüys Billaine, au
    second Pillier || de la grand Sale du Palais, à la Palme || &
    au grand Cesar_]. || M. DC. LXV [1665]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-12 de 2 ff., 78 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour l'avis _Au Lecteur_
et les _Acteurs_.

Le privilége, dont un extrait occupe le dernier feuillet, est daté du
dernier d'octobre 1664; il est accordé pour sept ans _à Guillaume de
Luyne_, qui déclare y associer _Thomas Jolly_ et _Louis Billaine_.

L'achevé d'imprimer est du 3 février 1665.

Les deux titres que nous avons reproduits appartiennent à une seule et
même édition. Les titres, qui portent la faute d'impression, _Oton_
pour _Othon_, sont certainement antérieurs aux autres et doivent être
plus rares. Nous en avons cependant trouvé dans plusieurs exemplaires:
à l'Institut, à la bibliothèque Cousin, etc.

«Si mes amis ne me trompent, cette Piéce égale ou passe la meilleure
des miennes, dit Corneille dans la préface qu'il a placée en tête de
la tragédie d'_Othon_. Quantité de suffrages illustres et solides se
sont déclarez pour elle, et si j'ose y meler le mien, je vous diray
que vous y trouverez quelque justesse dans la conduite, et un peu de
bon sens dans le raisonnement. Quant aux Vers, on n'en a pas vu de
moy que j'aye travaillez avec plus de soin.»

Nous savons en effet qu'_Othon_ est une des pièces qui coûtèrent au
poëte le plus de peine; on assure qu'il en refit trois fois le
cinquième acte, et que cet acte lui «coûta douze cents vers».
(_Histoire du Théatre François_, tome IXe, p. 322, note _a_; notes
manuscrites de Tralage à la Bibliothèque de l'Arsenal, citées par M.
Taschereau: _OEuvres de Corneille_, t. Ier, p. XXVI, et par M.
Marty-Laveaux, t. VIe, p. 567.) Le sujet de la pièce est tiré des
Histoires de Tacite, mais Corneille a mis également à contribution
Plutarque et Suétone dans leurs Vies de Galba et d'Othon.

M. Marty-Laveaux suppose que Corneille s'est inspiré d'une pièce
italienne représentée en 1652. D'après le savant éditeur, cette pièce
serait de Ghirardelli, auteur de la _Mort de Crispe_, citée par
Corneille dans son _Discours de la Tragédie_; mais ce renseignement,
emprunté à la _Biographie universelle_, paraît inexact. La seconde
édition de la _Drammaturgia_ d'Allacci (Venezia, 1755, in-4o)
mentionne une tragédie d'_Othon_ imprimée avant la pièce française
(_Ottone, tragedia_; in Bologna, per Giacomo Monti, 1652, in-4o), mais
elle l'attribue à Louis Manzoni, de Bologne, et non à Ghirardelli.
D'ailleurs, si la notice donnée par la _Biographie universelle_ est
exacte, l'_Ottone_ de Ghirardelli n'aurait jamais été imprimé, en
sorte qu'il eût été bien difficile à Corneille de s'en inspirer. Nous
croyons donc que notre poëte n'a pas puisé à d'autres sources que
celles qu'il indique avec sa bonne foi ordinaire. C'est l'exacte
peinture de la politique romaine qui fait l'intérêt de sa pièce, et ce
sont ces mérites historiques qui lui ont valu un accueil bien plus
favorable de la part des critiques modernes que de la part des
critiques du XVIIe siècle.

_Othon_ fut joué pour la première fois à Fontainebleau, le 3 août
1664, ainsi que le rapporte Loret dans sa lettre du 2 août:

    Ce qu'illec je sceus davantage,
    C'est qu'_Othon_, excélent Ouvrage,
    Que Corneille, plein d'un beau feu,
    A produit au jour depuis peu,
    De sa plume docte et dorée,
    Devoit, la suivante soirée,
    Ravir et charmer à son tour
    Le Légat et toute la Cour:              [Le légat Chigi]
    Je l'appris de son Autheur mesme;
    Et j'ûs un déplaizir extresme
    Qui me fit bien des fois pester
    De ne pouvoir encor rester
    Pour voir, dudit Sieur de Corneille,
    La fraîche et derniére Merveille,
    Que je verray s'il plaît à Dieu,
    Quelque-jour en quelque autre lieu.

Dans la lettre du 8 novembre 1664, nous trouvons le compte rendu de la
première représentation d'_Othon_ à Paris:

    Il faut icy, donc, que j'avoüe
    Qu'à l'Hôtel de Bourgogne on joüe,
    Depuis un jour ou deux, dit-on,
    Un sujet que l'on nomme _Othon_,
    Sujet Romain, sujet sublime,
    Et digne d'éternelle estime.
    Jamais de plus hauts sentimens,
    Ny de plus rares ornemens,
    Piéce ne fut si bien pourvûe.
    Je ne l'ay point encore vûe,
    Et je ne suy que le raport
    Que m'en fit hier maint Esprit fort,
    Qui dit qu'elle est incomparable,
    Et que sa conduite admirable,
    Dans Fontainebleau, l'autre-jour,
    Charma tous les Grands de la Cour.
    Mais d'où luy naît cet avantage?
    Et d'où vient que de cét Ouvrage
    Tout le monde est admirateur?
    C'est que Corneille en est Autheur,
    Cét inimitable Génie;
    Et que l'illustre Compagnie,
    Ou Troupe Royale, autrement,
    Qui la récite excélemment,
    Luy donne toute l'éficace,
    Tout l'éclat et toute la grace
    Qu'on doit prétendre, en bonne foy,
    Des grands Comédiens du Roy.

Ainsi, Loret n'a vu lui-même aucune des deux représentations, et il ne
juge la nouvelle tragédie que d'après ce que lui ont dit l'auteur et
certain esprit fort de sa connaissance. Le public a-t-il apprécié
_Othon_ comme l'a fait le chroniqueur de cour? c'est ce qu'il est
difficile de savoir.

Boileau, dit le _Bolæana_ (1742, in-12, pp. 132 et 134) «n'étoit point
du tout content de la tragédie d'_Othon_ qui se passoit tout en
raisonnement, et où il n'y avoit point d'action tragique»; mais cette
opinion ne fut pas générale. S'il faut en croire les _Anecdotes
dramatiques_, le maréchal de Gramont aurait dit, à l'occasion
d'_Othon_, que Corneille devrait être le «Bréviaire des Rois» et M. de
Louvois, «qu'il faudroit, pour juger cette pièce, un parterre composé
de ministres d'État.» Ce qui est certain, c'est qu'_Othon_ resta au
répertoire. Voici, d'après le Manuscrit du Dauphin, comment il était
interprété à l'époque de la mort de Corneille:

              DAMOISELLES.

    Camille:  _le Comte_.
    Plautine: _Chanmeslé_.
    Albiane:  _Raisin_.
    Flavie:   _Poisson_.

              HOMMES.

    Othon:    _Baron_.
    Vinius:   _La Tuillerie_.
    Martian:  _Dauvilliers_.
    Lacus:    _le Comte_, ou _Dauvilliers_.
    Galba:    _Chanmeslé_.
    Albin:    _de Villiers_.

Les registres du Théâtre-Français dépouillés par M. Despois indiquent,
de 1680 à 1700, 29 représentations à la ville et 6 à la Cour. _Othon_
fut joué une fois encore avant 1715; il n'a pas été repris depuis
lors.

Vendu: 53 fr., vél., Chédeau, 1865 (no 704).


XXVIII

  85. AGESILAS, || Tragedie. || En Vers libres rimez. || Par P.
    Corneille. || _A Roüen, Et se vend || à Paris, || Chez Thomas
    Iolly, au Palais dans la petite Salle des Merciers à la Palme &
    aux Armes d'Hollande_; [ou _Chez Guillaume de Luyne, Libraire
    || Iuré, au Palais, en la Gallerie des || Merciers, à la
    Iustice_; ou _Chez Loüis Billaine, au Palais, || au second
    Pilier de la grand'Salle, à la Palme, & au grand Cesar_]. || M.
    DC. LXVI [1666]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 2 ff., 88
    pp. et 2 ff., dont le dernier est blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre avec un fleuron qui représente
une corbeille de fleurs et de fruits; 1 f. pour l'avis _Au Lecteur_ et
la liste des _Acteurs_.

L'extrait du privilége occupe le premier des 2 ff. non chiffrés de la
fin. Il est accordé au sieur P. Corneille pour sept années, et le
poëte déclare avoir cédé ses droits à _Thomas Jolly_, _Guillaume de
Luyne et Louis Billaine_. Les frais de l'impression avaient été
supportés par Corneille; le fait est mentionné formellement après le
privilége. L'achevé d'imprimer, placé au verso du privilége, est ainsi
conçu: _Acheuée d'imprimer le 3. iour d'Avril 1666. par L. Maurry_.

Il existe des exemplaires de cette édition avec la date de 1667 et de
1668 (Bibliothèque Cousin). La nécessité où les libraires se virent
de la rajeunir ainsi aux yeux du public suffirait pour prouver qu'elle
n'était pas d'une vente facile.

En mettant sur le théâtre l'histoire du roi de Sparte Agésilas,
Corneille crut pouvoir renouveler le succès de ses premières
tragédies, grâce à une innovation qui dut paraître hardie. Il
abandonna l'alexandrin uniforme, et n'employa que les vers libres
mêlés. «La maniére dont je l'ay traitée, dit-il dans son avis _Au
Lecteur_, n'a point d'éxemple parmy nos François, ny dans ces précieux
restes de l'antiquité qui sont venus jusqu'à nous, et c'est ce qui me
l'a fait choisir.» L'espoir du poëte fut malheureusement déçu; le
public ne prit aucun goût à la nouveauté. L'épigramme de Boileau est
trop connue pour que nous la reproduisions ici; ce «bon mot de deux
rimes orné» exprimait sans doute le sentiment du parterre. Robinet,
dans sa _Lettre en vers à Madame_, du 6 mars 1666, fit pourtant
l'éloge d'_Agésilas_. Après avoir rappelé que la mort de la reine Anne
d'Autriche empêchait les mascarades du carnaval, il continuait en ces
termes:

    Mais vous avez pour supplement
    Le noble divertissement
    Que vous donnent les doctes veilles
    De l'aisné des braves Corneilles:
    Son charmant _Agesilaüs_,
    Où sa Veine coule d'un flus
    Qui fait admirer à son age
    Ce grand et rare personnage.

La première représentation avait dû avoir lieu à l'hôtel de Bourgogne,
dans le cours du mois précédent, c'est-à-dire en février. Le deuil de
la cour hâta l'abandon d'_Agésilas_, qui n'a jamais été repris depuis.
Nous ne possédons, ni sur les représentations, ni sur la pièce
elle-même, aucune critique contemporaine; Corneille, qui souvent nous
fournit dans ses préfaces des renseignements à ce sujet, n'en donne
aucun dans l'avis _Au Lecteur_ que nous avons déjà cité.

Vendu: 37 fr., v. br., exempl. raccommodé, Chédeau, 1865 (no 705);--50
fr., v. f. (_Simier_), Huillard, 1870 (no 598);--155 fr., mar. r.
(_Chambolle-Duru_), Potier, 1870 (no 1235).


XXIX

  86. ATTILA || ROY || DES HVNS, || Tragedie. || Par T. [ou P.]
    Corneille. || _A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire
    Iuré, || au Palais, dans la Salle des Merciers, sous || la
    montée de la Cour des Aydes, || à la Iustice_; [ou _Chez Thomas
    Iolly, au Palais, || dans la Salle des Merciers, à la Palme, ||
    & aux Armes de Hollande_; ou _Chez Loüis Billaine, au Palais,
    au second pillier de la grand'Salle, à la Palme, & au grand
    Cesar_]. || M. DC. LXVIII [1668]. || Avec Privilege du Roy.
    In-12 de 4 ff., 78 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. blanc; 1 f. de titre; 2 ff. pour
l'avis _Au Lecteur_ et la liste des _Acteurs_. La faute d'impression
_T. Corneille_ pour _P. Corneille_ ne se trouve que sur le titre d'un
petit nombre d'exemplaires.

Le privilége, dont un extrait est placé à la p. 78, au-dessous de 9
lignes de texte, est daté du 25 novembre 1666; il est accordé pour
cinq ans à _Guillaume de Luyne_, qui déclare y associer _Thomas Jolly_
et _Louis Billaine_. L'achevé d'imprimer est du 20 novembre 1667.

Les critiques modernes ont vengé Corneille des injustes attaques de
Boileau: «Après l'_Attila_, Holà!» Boileau, qui n'entendait rien à
l'histoire, qui confondait les Visigoths et les Huns, ne voyait dans
la pièce de Corneille que des personnages grotesques; nous y voyons au
contraire une peinture historique des plus parfaites et des plus
saisissantes. Ce qui nous paraît fade aujourd'hui, ce sont les scènes
d'amour introduites par Corneille par déférence pour le goût de son
siècle, mais le personnage même d'_Attila_ est à nos yeux d'une grande
beauté. Le caractère de ce barbare est rendu avec une vérité
frappante, et les historiens ont même reconnu que le poëte, par une
sorte d'intuition qui n'appartient qu'au génie, avait, sur certains
points, devancé les découvertes de l'histoire.

_Attila_ fut représenté par la troupe de Molière, et le Registre de
Lagrange nous fournit à cette occasion les renseignements les plus
précieux. On y lit, à la date du vendredi 4 mars 1667: «_Attila_:
Piece nouvelle de M. de Corneille l'aisné, pour laquelle on luy donna
2,000 livres, prix faict.» Il est curieux de noter ce que rapportèrent
les dix premières représentations:

    Vendredy,  4e Mars                               1.027 livres.
    Dimanche,  6e Mars                                 527  --
    Mardy,     8e Mars                                 604  --
    Vendredy, 11e Mars                                 811  --
    Dimanche, 13e Mars                                 589  --  10 s.
    Mardy,    15e Mars                                 223  --
    Vendredy, 18e Mars                                 273  --
    Dimanche, 20e Mars (avec _le Medecin malgré luy_)  602  --
    Mardy,    22e Mars         (id.)                   424  --
    Dimanche, 27e Mars         (id.)                   684  --

Ce tableau est plus instructif que tous les articles de la _Gazette_;
il nous montre que le nom de Corneille était encore assez puissant
pour attirer une grande foule à la première représentation, mais que
ses pièces n'avaient plus une vogue bien durable. Cependant Robinet
(_Lettre en vers à Madame_, du 13 mars 1667) dit, en parlant
d'_Attila_:

    Cette derniére des Merveilles
    De l'Aîné des fameux Corneilles,
    Est un Poëme sérieux,
    Où cet Autheur si glorieux,
    Avecque son Stile énergique,
    Des plus propres pour le Tragique,
    Nous peint, en peignant Attila,
    Tout à fait bien, ce Régne-là;
    Et de telle façon s'explique
    En matiére de Politique,
    Qu'il semble avoir, en bonne foy,
    Eté grand Ministre ou grand Roy.
    Tel, enfin, est ce rare Ouvrage,
    Qu'il ne se sent point de son âge,
    Et que d'un Roy des plus mal nais [_sic_],
    D'un Héros qui saigne du nez,
    Il a fait, malgré les Critiques,
    Le plus beau de ses Dramatiques.
      Mais on peut dire, aussi, cela
    Qu'après luy, le même _Attila_,
    Est, par le sieur La Torilliére,
    Reprézenté d'une maniére,
    Qu'il donne l'Ame à ce Tableau
    Qu'en a fait son parlant Pinceau.
      Toute la Compagnie, au reste,           La Troupe du Roy,
    Ses beaux Talens y manifeste;             au Palais Royal,
    Et chacun selon son Employ,
    Se montre digne d'être au Roy.
    Bref, les Acteurs et les Actrices
    De plus d'un Sens, font les Délices,
    Par leurs Attrais, et leurs Habits
    Qui ne sont pas d'un petit prix:
    Et mêmes, une Confidente                  Mlle Moliere.
    N'y parêt pas la moins charmante,
    Et maint (le cas est évident)
    Voudroit en étre Confident.
    Sur cet Avis, qui vaut l'Affiche,
    Voyez demain, si je vous triche,
    Aussi-tôt que vous aurez lû,
    De ma Lettre, le Residu.

Ainsi _La Thorillière_ jouait Attila et _Mlle Molière_ Flavie. On peut
supposer que le rôle d'Honorie fut tenu primitivement par _Mlle du
Parc_, qui se sépara de la troupe de Molière après la 11e
représentation et passa à l'Hôtel de Bourgogne pour y jouer
l'_Andromaque_ de Racine. Les représentations de la pièce de
Corneille, interrompues par les fêtes de Pâques et peut-être aussi par
le départ de _Mlle du Parc_, reprirent le dimanche 15 mai et se
poursuivirent sans interruption jusqu'à la fin de juin. Il y en eut
trois autres au mois d'octobre de la même année et une le 29 avril
1668, soit en tout 30 représentations, ce qui, au milieu du XVIIe
siècle, était certainement un chiffre très-honorable pour une
tragédie.

De 1680 à 1700, M. Despois a relevé, sur les registres du
Théâtre-Français, 12 représentations d'_Attila_ données à la ville et
3 à la cour. Depuis lors, la pièce que Boileau avait condamnée n'a pas
été remise à la scène, mais peut-être assisterons-nous bientôt à une
reprise qui sera pour la plupart des spectateurs une révélation. Un
excellent artiste, qui est en même temps un homme de lettres et un
érudit, M. Got, de la Comédie-Française, a, nous assure-t-on, la
pensée de jouer _Attila_. Nul doute qu'il ne sache donner à ce rôle
son véritable caractère.

Vendu: 120 fr., vél., Chédeau, 1865 (no 706).


XXX

  87. TITE || ET || BERENICE. || Comedie heroïque. || Par P.
    Corneille. || _A Paris, || Chez Thomas Jolly, au Palais, dans
    la petite Salle, à la Palme & aux Armes de Hollande_; [ou _Chez
    Guillaume de Luyne Libraire || Juré, au Palais, dans la
    Gallerie || des Merciers, à la Justice_; ou _Chez Loüis
    Billaine, au Palais, au second || pillier de la grand'Salle, à
    la Palme, || & au grand César._ || M. DC. LXXI [1671]. || Avec
    Privilege du Roy. In-12 de 4 ff. et 76 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour les extraits des
auteurs; 3 pp. pour le _Privilége_; 1 p. pour la liste des _Acteurs_.

La page 76 et dernière est chiffrée par erreur 44.

Le privilége, daté du dernier jour de décembre 1670, est accordé pour
neuf ans à Pierre Corneille; il offre cette particularité remarquable
qu'il lui est donné non-seulement pour _Tite et Bérénice_, mais encore
pour une «traduction en vers François de la _Thebaïde_ de Stace». On
lit à la fin que «ledit sieur Corneille a cedé son droit de Privilege
à _Thomas Jolly_, _Guillaume de Luynes_, et _Louis Billaine_, pour la
comedie de _Tite et Berenice_ seulement, suivant l'accord fait entre
eux.»

L'achevé d'imprimer est du 3 février 1671.

Du Ryer fit représenter, en 1645, une tragédie en prose intitulée
_Bérénice_, qui fut mise en vers douze ans plus tard par Thomas
Corneille. Cette pièce n'a point de rapport avec _Tite et Bérénice_.
Voici la courte analyse qu'en ont donnée les frères Parfaict: «Criton,
pour se soustraire à la cruauté de Phalaris, tyran d'Agrigente, se
retire dans l'Isle de Créte, avec sa fille Bérénice. Le Roy de Créte,
et Tarsis, fils de ce Roy, deviennent amoureux de Bérénice, qui est
reconnue pour fille du Roy de Créte, et Tarsis, pour le fils de
Criton. Le Roy consent au mariage de sa fille, avec Tarsis: c'est ce
qui termine la Piece, qui est assez passable.» (_Histoire du Théatre
François_, t. VIe, p. 384.)

Les biographes de Corneille et de Racine nous ont raconté tour à tour
comment Henriette d'Angleterre fit secrètement inviter les deux poëtes
à traiter un sujet qui devait lui rappeler les amours de Louis XIV et
de Marie Mancini, et les sentiments qu'elle avait elle-même inspirés
au roi son beau-frère. Les détails relatifs à ce «duel», dont le
marquis de Dangeau fut le confident, ont été recueillis par M.
Marty-Laveaux et M. Mesnard, et nous n'avons qu'à renvoyer à leurs
excellentes éditions (_OEuvres de Corneille_, t. VIIe, pp. 185-196;
_OEuvres de Racine_, t. IIe, pp. 343-362).

La pièce de Racine fut jouée le 21 novembre 1670; celle de Corneille
ne le fut que huit jours après. La première fut représentée à l'Hôtel
de Bourgogne; la seconde fut interprétée par la troupe de Molière. A
la date du vendredi 28 novembre, on lit dans le Registre de Lagrange:
«_Berenice._ Piece nouvelle de M. de Corneille l'aisné, dont on luy a
payé 2000 livres.» Le public, désireux de comparer les deux ouvrages,
accourut en foule à la première représentation. Les comédiens
encaissèrent 1913 livres; c'est peut-être la somme la plus élevée
qu'aucune soirée leur ait jamais rapportée. Le dimanche 30 novembre,
la recette fut encore de 1669 livres; le mardi 2 décembre, de 935
livres, et le vendredi 12, de 1080 livres. C'était là, pour le moins,
un succès de curiosité. La troupe de Molière donna de suite, pendant
l'hiver de 1670-1671, 21 représentations de _Tite et Bérénice_.

La gazette rimée de Robinet nous révèle un fait curieux, qui n'a pas
encore été signalé. Monsieur, veuf depuis le 30 juin 1670, eut la
curiosité d'entendre, avant la représentation, la pièce de Corneille,
dont l'origine lui était certainement connue. Corneille en fit la
lecture chez lui le lundi 16 novembre. Voici en quels termes Robinet
nous raconte cet incident dans sa _Lettre en vers à Monsieur_, du 22
novembre 1670:

    Grand Prince, je fais conscience,
    De vous demander audience
    Des Façons de mon Impromptu
    Sans Flâme, Brillant, ny Vertu
    Lorsqu'encor, vous avez l'oreille
    Pleine des beaux Vers de Corneille,
    De ces vers entousiasmans
    Elevez, pompeux, et charmans,
    Dont, dimanche, il vous fit lecture:
    Où je fus, par bonne Avanture,
    Du nombre des maints Auditeurs
    Qui furent ses admirateurs
    Avec Vôtre Altesse Royale,
    Qui goûta ce charmant Régale,
    Mieux qu'on ne goûte, dans les Cieux,
    Le ravissant Nectar des Dieux.
      Tous mes discours vous seroient fades
    Aux prix de ces rares Tirades,
    Dont, à tous coups, à tous instans,
    Il enlevoit les ecoutans,
    Au prix, dis-je, de ces Saillies,
    De son plus beau feu, rejaillies,
    De ses rapides mouvemens,
    De ses fins et grands Sentimens,
    Et, bref, de tous ces traits de maître,
    Qu'il a fait, dimanche, paraître,
    Dans son Poëme merveilleux
    Et je dirois miraculeux,
    Pour qui, sans fin, se recrierent
    Les delicats qui l'écouterent,
    Disant, dans leur étonnement,
    Ou leur juste ravissement,
    C'est Corneille, le grand Corneille, etc.

Dans cette même lettre, Robinet fait figurer l'annonce de la prochaine
représentation parmi les nouvelles importantes:

    La premiere en forme d'avis,
    Dont maints et maints seront ravis,
    Est que ce Poëme de Corneille
    La _Berenice_ non pareille,
    Se donnera pour le certain,
    Le Jour de Vendredy prochain,
    Sur le Théatre de Molière.

Huit jours après, Robinet nous raconte qu'il n'a pu voir jouer
_Bérénice_, n'ayant pu «sortir par la porte, pour une raison assez
forte»; mais le 20 décembre suivant, il nous en donne un compte rendu
complet:

    La _Bérénice_ de Corneille,
    Qu'on peut, sans qu'on s'en émerveille,
    Dire un vrai-Chef-d'oeuvre de l'Art,
    Sans aucun Mais, ni Si, ni Car,
    Est fort suivie, et fort louée,
    Et, même, à merveille, jouée,
    Par la digne Troupe du Roy,
    Sur son Théatre, en noble arroy.
    _Mademoiselle de Moliére_,
    Des mieux, soûtient le Caractére
    De cette Reyne, dont le coeur
    Témoigne un Amour plein d'honneur.
    Cette autre admirable Chrêtienne,
    Cette rare Comédienne,
    _Mademoiselle de Beauval_,
    Sçavante dans l'Art Théatral,
    Fait bien la fiére Domitie:
    Et _Mademoiselle de Brie_
    Qui tout joue agréablement,
    Comme judicieusement,
    Y pare grandement la Scéne,
    Parlant avec cette Romaine,
    Qui l'entretient confidamment
    Dessus l'incommode Tourment
    Que lui cause au fonds de son Ame
    Son Ambition, et sa Flâme.
    _La Torilliere_ fait Titus,
    Empereur orné de Vertus,
    Et remplit, dessus ma parole,
    Dignement, cet auguste Rôle.
      De mesme, le jeune _Baron_
    Héritier, ainsi que du Nom,
    De tous les charmes de sa Mére,
    Et des beaux Talens qu'eut son Pére,
    Y représente, en son air doux,
    Domitian, au gré de tous,
    Dans l'amour tendre autant qu'extrême,
    Dont ladite Romaine, il aime.
      Enfin, leurs Confidans, aussi,        les Srs Hubert du Croisi,
    Dont à côté les Noms voici,                  et La Grange.
    Y fait tres-bien leur Personnage,
    Et dans un brillant Equipage,
    Ainsi que tous, pareillement,
    Dont l'on ne doute nulement,
    Font dans le _Bourgeois Gentil-homme_,
    Où _La Grange_, en fort galant Homme,
    Fait le Rôle qui lui sied mieux,
    Sçavoir celui d'un Amoureux.
    Ayant vû l'une, et l'autre Piéce,
    Avec extase, avec liesse,
    J'en puis, ceci, mettre en avant,
    Et j'en parle comme un sçavant.

La _Gazette_ mentionne une représentation de _Tite et Bérénice_ donnée
à Vincennes, devant le roi, le 21 janvier suivant.

Malgré les témoignages d'estime que nous venons de rapporter,
Corneille ne fut pas satisfait du succès de sa pièce. Il sentait que
le public préférait celle de Racine, et, pour se consoler, il s'en
prit aux interprètes de son oeuvre. Ce sentiment se montra clairement,
six ans après, dans le remercîment qu'il adressa au roi. En le
remerciant d'avoir fait reprendre ses premières tragédies, il le
priait de faire jouer aussi les dernières:

    _Agésilas_ en foule auroit des spectateurs
    Et _Bérénice_ enfin trouverait des acteurs.

On peut conclure de ce passage que la troupe de Molière ne s'était pas
distinguée dans _Tite et Bérénice_ autant que le disait Robinet. Elle
remit cependant l'ouvrage de Corneille à la scène le 20 septembre
1678, et le joua neuf fois de 1678 à 1680.

Le tableau dressé par M. Despois ne mentionne aucune représentation de
_Tite et Bérénice_; il n'est pas impossible, cependant, que cette
pièce ait été donnée quelquefois par la Comédie-Française, à la fin du
XVIIe siècle; mais, comme elle portait dans l'usage le simple titre de
_Bérénice_, elle aura pu être confondue avec la tragédie de Racine.

Vendu: 20 fr. br., Chédeau, 1865 (no 707).

  88. TITE || ET || BERENICE. || Comedie heroique. || Par P.
    Corneille. || _A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, || Libraire
    Juré, au Palais, dans la Gallerie || des Merciers, à la
    Justice_; [ou _Chez Jean Guignard, dans la grand'Salle du
    Palais, à l'Image S. Jean_; ou _Chez Estienne Loyson, || à
    l'entrée de la Galerie des Prisonniers, || au Nom de Jésus_; ou
    _Chez Pierre Traboüillet, || dans la grand'Salle du Palais au
    Pilier des || Consultations, au Sacrifice d'Abel_]. || M. DC.
    LXXIX [1679]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 4 ff. et 76
    pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour les extraits des
auteurs; 2 ff. pour le _Privilége_ et la liste des _Acteurs_.

Le privilége, daté du 17 avril 1679, est accordé pour dix ans à _G. de
Luyne_, qui déclare y associer _J. Guignard_, _E. Loyson_ et _P.
Trabouillet_, «pour en jouir conjointement avec luy, suivant les parts
et portions qu'ils ont en la présente comedie seulement.» C'est en
vertu du même privilége que _G. de Luyne_ publia, en 1682, le
_Théatre_ de Corneille, mais il n'y associa cette fois que _Loyson_ et
_Trabouillet_.

Vendu: 5 fr. cart., Chédeau, 1865 (no 708);--15 fr., exempl. à relier,
Catalogue Lefebvre (de Bordeaux), 1875 (no 70).


XXXI

  89. PULCHERIE || Comedie || heroïque. || _A Paris, || Chez
    Guillaume de Luyne, Libraire || Juré, au Palais, dans la Salle
    des Merciers, sous || la montée de la Cour des Aydes, || à la
    Justice._ || M. DC. LXXIII [1673]. || Avec Privilege du Roy.
    In-12 de 4 ff. et 72 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, avec la marque de _G. de
Luyne_ représentant la Justice; 3 pp. pour l'avis _Au Lecteur_; 2 pp.
pour le _Privilége_; 1 p. pour la liste des _Acteurs_.

Le privilége, daté du 30 décembre 1672, est accordé à _Guillaume de
Luyne_, pour une durée de cinq années. L'achevé d'imprimer est du 20
janvier 1673.

L'idée de composer une pièce dont la soeur de l'empereur Théodose fût
l'héroïne dut venir à Corneille alors qu'il écrivait _Attila_. Il mit
dans la bouche du roi des Ostrogoths, Valamir, un éloge de cette
princesse, qui prouve bien que le caractère de cette femme, énergique
autant que vertueuse, l'avait vivement frappé. Le poëme auquel
Pulchérie donna son nom fut achevé longtemps avant la représentation.
Mme de Sévigné, dans ses lettres du 15 janvier et du 9 mars 1672,
parle de lectures faites par Corneille chez M. de la Rochefoucauld et
chez le cardinal de Retz.

Ces lectures, auxquelles Donneau de Visé fait allusion dans le
_Mercure galant_ du 19 mars, produisirent un effet des plus
favorables. Le poëte avait eu le rare bonheur de trouver des auditeurs
à qui les situations de _Pulchérie_ devaient naturellement plaire; il
ne recueillit que des approbations. Huit mois s'écoulèrent cependant
avant que le nouvel ouvrage se produisît en public; ce ne fut que le
vendredi 15 novembre 1672 qu'il fut représenté. Robinet nous dit, le
lendemain, dans une _Lettre en vers_ qui n'a pas encore été citée,
qu'on a joué au Marais

    Hier, certaine _Pulchérie_
    En Beautez, dit-on, fort fleurie.

Après certaines équivoques du goût le plus douteux, Robinet ajoute:

    Cette charmante _Pulchérie_
    Est une belle Comédie
    Qu'on joua, pour le premier coup,
    Et qui plût, m'a-t'on dit, beaucoup.

      Or point je ne m'en émerveille,
    Car elle est de l'Aîné Corneille,
    Et c'est à dire de celui,
    De qui tout Autheur d'aujourd'hui,
    Doit, certe, le Théatre apprendre,
    S'il veut, au Mêtier, se bien prendre.

      En ce Dramatique nouveau,
    Sorti de son sçavant Cerveau,
    On m'a dit, aussi, que la Troupe
    Sembloit avoir le Vent en poupe,
    Et qu'enfin, il n'y manquoit rien,
    Ce qu'encore je croi trés-bien,
    Mais c'est tout ce que j'en puis dire,
    Attendant que, pour en êcrire,
    Et plus asseurement, et mieux,
    De mes Oreilles, et mes Yeux,
    Je puisse avoir le Témoignage,
    Que j'aime, toûjours, davantage.

Robinet ne manqua pas, en effet, d'aller au théâtre du Marais. Sa
_Lettre en vers_ du 17 décembre contient un compte-rendu complet de la
représentation:

    J'ai trouvé toutes les beautez
    Que l'on en dit de tous côtez:
    Et cette belle _Pulchérie_,
    A part, ici, la Flaterie,
    M'en fit mêmes, voir, encor, plus.
    Par où je connus que Phoebus
    Conserve, dans le grand Corneille,
    La même vigueur nompareille,
    Et tout le beau Feu qu'on lui veid
    Dans son tendre et [tres] fameux _Cid_;
    Et qu'il a, depuis, fait paraître
    En tous ses Ouvrages de Maître,
    Par lesquels, jusques aujourd'hui
    Il tire l'Echelle après lui.
    O que ladite _Pulchérie_
    Est, par tout, brillante, et fleurie,
    Et qu'en ce Sujet, bien écrit,
    On void de ces beaux trais d'Esprit,
    Particuliers à ce Corneille,
    Dont je dirai, toûjours, merveille,
    Tant je suis épris justement
    De son Cothurne si charmant!

Voici maintenant les noms des acteurs, que M. Marty-Laveaux n'avait
pas retrouvés:

    Primò, l'agréable _Dupin_,
    Dont le Corsage est si poupin,
    Et si chargé de Pierrerie,
    Y fait fort bien, la Pulchérie.

      Mademoiselle _Desurlis_,
    L'un des Objets _les_ plus accomplis,
    Que l'Amour, nôtre commun Sire,
    Fasse briller dans son Empire,
    Y joue un grand Rôle, et des mieux,
    Avec son Air majestueux.

      Item, Mad'moiselle _Marote_,
    Que pour bonne Actrice, l'on note,
    D'une Justine, y fait, aussi,
    Le Rôle, non coussi, coussi.

      Léon, Amant de Pulchérie,
    Qui n'est pas assez attendrie,
    Pour lui présenter la Main, quand
    Il ne quadre pas à son Rang,
    Par _Douvilliers_, se représente,
    D'une façon, certe, excellente,
    Et montre, ne manquant en rien,
    Qu'il est un bon Comédien.

      Martian qui, par Pulchérie,
    Sent, encor, d'Amour, la furie,
    Mais qu'il reprime comme il faut,
    Ainsi que je l'ay dit plus haut,
    Ce Vieillard, que, par politique,
    Cette Princesse qui s'en pique,
    Choisit, pour son Epous de Nom,
    En donnant sa Fille, à Léon,
    Est désigné fort bien encore
    Par _Verneuil_, je m'en remémore:
    Et le sieur _Désurlis_, enfin
    D'un Rôle politique et fin,
    Trés-méritoirement, s'acquite.
    Voila, donc, la Piéce dêcrite
    Tant bien que mal, de bout, en bout:
    Mais qui voudra mieux sçavoir tout,
    Aille la voir dessus la Scéne,
    Elle en vaut, ma foy, bien la peine.

Corneille, nous l'avons rappelé à propos de _Sertorius_ (no 80), avait
pour _Mlle Marotte_, qui remplissait le rôle de _Pulchérie_, une
estime particulière, mais cette actrice et le théâtre du Marais en
général n'étaient pas en grande faveur auprès du public. «Je me
contenteray de vous dire, ajoute le poëte, à la fin de son avis _Au
Lecteur_, que bien que cette Piéce aye été réléguée dans un lieu, où
l'on ne vouloit plus se souvenir qu'il y eust un Théatre, bien qu'elle
ait passé par des bouches pour qui on n'étoit prévenu d'aucune estime,
bien que ses principaux caractéres soient contre le goust du temps,
elle n'a pas laissé de peupler le Desert, de mettre en crédit des
Acteurs dont on ne connoissoit pas le mérite, et de faire voir qu'on
n'a pas toujours besoin de s'assujettir aux entestemens du Siécle pour
se faire écouter sur la Scene.»

Le succès dont parle Robinet et dont Corneille lui-même se félicite
ne fut pourtant pas très-vif. Le 24 février 1673, Mme de Coulanges
écrit à Mme de Sévigné que «_Pulchérie_ n'a point réussi». La pièce
fut abandonnée par les acteurs qu'elle avait mis en crédit et n'a
jamais été représentée après la mort de l'auteur.

Vendu: 50 fr., cart., Potier, 1870 (no 1236).


XXXII

  90. SURENA || GENERAL || DES PARTHES, || Tragedie. || _A Paris,
    || Chez Guillaume de Luyne, Libraire || Juré, au Palais en la
    Salle des Merciers, || sous la montée de la Cour des || Aydes,
    à la Justice._ || M. DC. LXXV [1675]. || Avec Privilege du Roy.
    In-12 de 2 ff. et 72 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, au verso duquel se trouve
l'_Extrait du Privilége_; 1 f. pour l'avis _Au Lecteur_ et les
_Acteurs_.

Par le privilége, daté du 6 décembre 1674, il est permis à _Guillaume
de Luyne_ «d'imprimer, ou faire imprimer, vendre et débiter, durant
cinq années entières et accomplies une pièce de Théatre intitulée:
_Suréna, General des Parthes, Tragédie_, composée par le sieur de
Corneille.» L'achevé d'imprimer est du 2 janvier 1675.

Nous ne savons rien de cette dernière pièce de Corneille qui dut être
jouée en novembre 1674. Corneille en avait emprunté le sujet à
Plutarque, en ajoutant au récit de l'historien divers personnages et
divers incidents imaginaires. On ne peut mettre en doute l'insuccès de
_Suréna_, bien que nous ne possédions pas les lettres dans lesquelles
Robinet devait donner des détails sur la représentation. La pièce
tomba sans bruit; Corneille, accablé déjà par la mort de son second
fils, sentit avec désespoir qu'il avait perdu la vigueur de la
jeunesse. Il se tint désormais éloigné du théâtre, plein d'une sombre
tristesse. Il souffrait surtout de la décadence de son génie, et nous
retrouvons ce sentiment dans tout ce qu'il écrivit jusqu'à sa mort.
Par surcroît de malheur, le Roi suspendit ses libéralités, et l'auteur
du _Cid_ fut plongé dans la misère. Aucune histoire ne fait une plus
douloureuse impression que celle des dernières années de Corneille.

La bibliothèque Cousin possède un exemplaire de _Suréna_, relié en
maroquin rouge aux armes de Colbert. Ne serait-ce pas un exemplaire de
dédicace envoyé par l'auteur au premier ministre, avant qu'il lui
écrivît la lettre déchirante dans laquelle il sollicita son
intervention auprès du Roi (Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 501 sq.)?



II. PIÈCES DE THÉATRE ÉCRITES PAR DIVERS AUTEURS

AVEC LA COLLABORATION DE CORNEILLE.


I

  91. LA || COMEDIE || DES || TVILERIES. || Par les cinq Autheurs.
    || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, Imprimeur, & || Libraire
    de Monseigneur Frere du Roy, dans la || petite Salle du Palais,
    à la Palme._ || M. DC. XXXVIII [1638]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-4 de 10 ff. et 140 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre avec la marque de _Courbé_; 2
ff. pour l'épître «A Monseigneur le Chevalier d'Igby,» signée _J.
Baudoin_; 3 pp. pour l'avis _Au Lecteur_; 2 pp. pour le _Privilége_; 1
p. pour les _Acteurs_; 4 ff. pour _Les Tuilleries, Monologue_.

Le privilége, accordé pour sept ans à _Courbé_, est daté du 28 mai
1638; l'achevé d'imprimer est du 19 juin de la même année.

La _Comédie des Tuileries_ est l'oeuvre collective des cinq auteurs
que Richelieu avait entrepris de faire travailler sous sa direction:
Boisrobert, Colletet, Corneille, L'Estoile et Rotrou. Pellisson
(_Histoire de l'Academie Françoise_, Paris, 1653, in-8, p. 181) nous a
donné quelques détails curieux sur cette collaboration à laquelle
Richelieu avait recours pour achever une comédie en un mois. C'est par
lui que nous connaissons la fameuse anecdote des cinquante pistoles
données par le cardinal à Colletet pour les vers sur le canard, qui
figurent dans le _Monologue des Tuileries_. Les cinq auteurs se
répartirent les actes de la pièce dont Richelieu avait fait le plan.
D'après une tradition très-probable, recueillie par Voltaire, le
troisième acte de la tragédie serait échu à Corneille; on y trouve en
effet plusieurs passages qui rappellent sa manière.

Nous connaissons la date exacte de la représentation des _Tuileries_.
La _Gazette_ du 10 mars 1635 nous apprend que cette comédie avait été
jouée devant la Reine le 4 mars précédent. Le numéro du 21 avril parle
d'une autre représentation donnée pour le duc d'Orléans cinq jours
auparavant.

L'auteur de la dédicace au chevalier d'Igby est J. Baudoin,
académicien qui se fit un nom en signant les ouvrages des autres.
Baudoin, qui présenta de même au public l'_Aveugle de Smyrne_, écrivit
l'avis _Au Lecteur_, dans lequel on trouve un long éloge de la pièce:
«Vous sçavez, y est-il dit, avec quelle magnificence elle a esté
representée à la Cour, et que ceux qui l'ont veuë en ont tous admiré
la conduitte, et les decorations de Theatre.... Vous sçaurez au reste
qu'elle a esté faite par cinq différens Autheurs, qui pour n'étre pas
nommez, ne laissent pas toutesfois d'avoir beaucoup de Nom; et les
Ouvrages desquels sont assez connus d'ailleurs, pour vous faire
advouer le merite de celuy-cy.»

Vendu: 30 fr., v. m., Huillard, 1870 (no 599).

  92. LA || COMEDIE || DES || TVILERIES. || _S. l. n. d._ [_A
    Paris, Chez Augustin Courbé, 1638_], pet. in-12 de 7 ff. et 100
    pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé; 2 ff. pour la
dédicace; 4 ff. pour l'avis _Au Lecteur_, le _Privilége_ et les
_Acteurs_.

Le frontispice gravé, qui tient lieu de titre, représente une femme
assise dans une allée des Tuileries et qui joue de la guitare; près
d'elle se tient un gentilhomme en costume du temps. Au-dessus des deux
personnages se trouve le titre reproduit ci-dessus; en bas, dans
l'angle de gauche, le nom du graveur _Daret_.

Le premier feuillet de texte est signé par erreur _[=e]iij_, au lieu
de _[=e]iiij_; il appartient au même cahier que les trois ff.
précédents.

Le privilége et l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans
l'impression en grand format.

Cette édition, à laquelle l'édition in-12 du _Cid_ (no 10) a servi de
modèle, est d'un format très-petit (la justification varie entre 90 et
95 millim. en hauteur, sur 49 en largeur); elle est remarquablement
imprimée. On dit que la composition fut faite avec des caractères
d'argent qui servirent, en 1656, à l'impression de la Bible de
Richelieu, mais cette tradition paraît pour le moins fort douteuse.

Nous donnons à cette édition la date de 1638, à cause de l'analogie
qu'elle présente avec la petite édition du _Cid_, que nous avons
rapportée à l'année 1637 (no 10), et parce qu'il nous paraît probable
qu'elle a dû être exécutée en même temps que l'édition in-4. M. Brunet
(_Manuel du Libraire_, 5e édition, t. IIe, col. 71) lui donne la date
de 1648, mais il reproduit évidemment une faute d'impression qui se
trouve dans le catalogue Soleinne (no 1129).

Vendu: 70 fr., mar. citr. (_Trautz-Bauzonnet_), Cat. Potier,
1859;--100 fr., même exemplaire, Chédeau, 1865 (no 714).


II

  93. L'AVEVGLE || DE || SMYRNE. || Tragi-Comedie. || Par les Cinq
    Autheurs. || _Chez Augustin Courbé, Imprimeur & || Libraire de
    Monseigneur Frère du Roy, dans la || petite Salle du Palais, à
    la Palme._ || M. DC. XXXVIII [1638]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-4 de 4 ff. et 146 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, avec la marque de _Courbé_; 3
pp. pour la dédicace «A Monseigneur le Marquis de Coualin, Colonel des
Suisses, etc.,» dédicace signée _Baudoin_; 3 pp. pour l'avis _Au
Lecteur_; 1 p. pour les _Acteurs_ et l'_Extrait du Privilége_.

Le privilége, daté du 28 mai 1638, comme celui de la _Comédie des
Tuileries_, est accordé pour sept ans à _Augustin Courbé_. L'achevé
d'imprimer pour la première fois est du 17 juin 1638. Comme on le
voit, cette pièce, postérieure de deux ans à la précédente, fut
imprimée deux jours auparavant; c'est ce qui l'a fait placer la
première dans les recueils qui contiennent le théâtre des Cinq
Auteurs.

Nous faisons figurer l'_Aveugle de Smyrne_ dans ce chapitre, parce
qu'il appartient au théâtre des _Cinq Auteurs_, mais il n'est pas
certain que Corneille y ait eu la moindre part. Comme l'a fait
remarquer M. Livet (_Histoire de l'Académie françoise, par Pellisson
et d'Olivet_, t. Ier, p. 83, note 1), on lit dans l'avis _Au Lecteur_
qui suit la dédicace: «Vous pourrez juger de ce que vaut cet Ouvrage,
soit par l'excellence de sa Matiére, soit par la forme que lui ont
donnée _quatre_ célébres Esprits.» Ce passage semble bien indiquer que
les cinq auteurs étaient réduits à quatre. L'absent ne pouvait être
que Corneille à qui semblable collaboration était certainement à
charge, et qui, dit Voltaire, avait prétexté «les arrangements de sa
petite fortune» pour se retirer à Rouen. Bien que cette explication
ait toutes les chances de probabilité, on pourrait à la rigueur
soutenir que l'auteur de l'avis _Au Lecteur_ a voulu distinguer la
matière et la forme de l'ouvrage. On admettrait alors que l'un des
cinq auteurs avait prêté son nom à Richelieu pour l'invention du
sujet, tandis que les quatre autres poëtes s'étaient chargés de
l'exécution. Dans le doute, nous avons cru que l'_Aveugle de Smyrne_
devait être mentionné dans notre Bibliographie.

La _Gazette_ du 28 février 1637 nous apprend que cette pièce fut
représentée le 22 de ce mois dans l'hôtel de Richelieu, par les deux
troupes de comédiens qui existaient alors, «en présence du Roi, de la
Reine, de Monsieur, de Mademoiselle sa fille, du prince de Condé, du
duc d'Enghien son fils, du duc Bernard de Weimar, du maréchal de La
Force et de plusieurs autres seigneurs et dames de grande condition».

Richelieu avait fait de grands frais pour la représentation.
_Mondory_, qui l'année précédente avait été frappé d'apoplexie en
jouant le rôle d'Hérode dans la _Marianne_ de Tristan l'Hermite, avait
dû remonter sur la scène pour interpréter le rôle de l'aveugle; «mais
il n'en put représenter que deux actes, et s'en retourna dans sa
retraite avec une pension de deux mille livres que le cardinal lui
assura. Les Seigneurs de ce temps-là se signalèrent aussi en
libéralités; ils lui donnèrent presque tous des pensions, ce qui fit à
Mondory environ huit à dix mille livres de rentes, dont il jouit
jusqu'à sa mort, et dans un âge fort avancé.» (_Anecdotes
dramatiques_, t. Ier, pp. 520 sq.)

Vendu: 10 fr., v. m., avec la _Comédie des Tuileries_, Giraud, 1855
(no 1655).

  94. L'AVEVGLE || DE SMYRNE || Tragicomedie. || _S. l. n. d._ [_A
    Paris, Chez Augustin Courbé, 1638_]. Pet. in-12 de 3 ff. et 92
    pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant
l'aveugle qui descend les degrés d'un perron, appuyé sur l'épaule d'un
enfant; il porte un costume presque entièrement semblable à celui des
gentilshommes de la fin du règne de Louis XIII; le frontispice, qui
tient lieu de titre, est signé: _C. le Brun I.--Daret Sc._; 1 f. pour
la dédicace; 1 f. qui contient au recto l'avis _Au Lecteur_, et au
verso les _Acteurs_ et l'_Extrait du Privilége_.

On trouve à la fin un rappel de l'achevé d'imprimer du 17 juin 1638.

Cette édition est imprimée avec les petits caractères dont nous avons
parlé ci-dessus; elle est très-jolie et peut-être plus rare que
l'édition in-4. Nous en avons trouvé un exemplaire relié avec la
_Comédie des Tuileries_, à la Bibliothèque municipale de Versailles.
(E. 457. d.)

Vendu: 160 fr., mar. citr. (_Trautz-Bauzonnet_), Chédeau, 1865 (no
715).


III

  95. PSICHÉ, || Tragedie-Ballet. || Par I. B. P. Moliere. || _Et
    se vend pour l'Autheur, || A Paris, || Chez Pierre Le Monnier,
    au Palais, || vis-à-vis la porte de l'Eglise de la S. Chapelle,
    || à l'Image S. Louis, & au Feu Divin._ || M. DC. LXXI. ||
    Avec Privilege du Roy. In-12 de 2 ff., 90 pp. et 1 f.

Les 2 ff. prélim. comprennent le titre et un avis du _Libraire au
Lecteur_.

Le privilége dont un extrait occupe le dernier f., est accordé, pour
dix ans, à Jean-Baptiste Pocquelin de Molière, «l'un des Comediens de
Sa Majesté»; il est daté du 31 décembre 1670. L'achevé d'imprimer est
du 6 octobre 1671.

Le libraire nous explique dans son avis _Au Lecteur_ comment fut
composée la tragédie-ballet de _Psyché_; Molière choisit le sujet et
disposa le plan de la pièce, mais ne put achever qu'une partie de la
versification: le prologue, le premier acte et la première scène des
deux actes suivants. Le reste de l'ouvrage fut écrit par Corneille, à
l'exception des paroles destinées à être chantées, qui furent
composées par Quinault. Le vieux Corneille écrivit plus de 1,100 vers
en quinze jours. Il avait conservé par intervalle une ardeur toute
juvénile; il eût pu s'écrier comme autrefois:

    Cent vers me coustent moins que doux mots de Chanson.

Grâce à la collaboration des trois auteurs et de Lully, _Psyché_ fut
achevée dans le délai fixé par le roi. La représentation eut lieu le
16 janvier 1671, dans une grande salle neuve construite au Louvre, sur
les plans de Vigarani.

L'abbé de Pure (_Idées des spectacles anciens et nouveaux_; Paris,
1668, in-12, pp. 311 sqq.) et le programme de _Psyché_ nous
fournissent des renseignements précis sur cette salle; nous avons
aussi par la _Gazette_ et par le Registre de Lagrange des détails
circonstanciés sur la représentation. Voici, d'après le programme,
quelle était dans le principe la distribution des rôles:

    Jupiter                  _Du Croisy_.

    Venus                    _Mlle de Brie_.

    L'Amour                  _Baron_.

    Ægiale     } Graces    {     _Les petites La_
    Phaëne     }           { _Torilliere et du Croisy_.

    Psiché                   _Mlle Moliere_.

    Le Roy, Pére de Psiché   _La Torilliere_.

    Aglaure    } Soeurs  }   _Mlles Marotte et Boval_.
    Cidippe    } de Psiché }

               } Princes,  }
    Cleomene   } Amans     } _Hubert et La Grange_.
    Agenor     } de Psiché }

    Le Zephire               _Moliere_.

    Lycas                    _Chasteauneuf_.

    Le Dieu d'un fleuve      _De Brie_.

Le Registre de Lagrange nous fait connaître les artistes chargés des
parties de chant: c'étaient _Mlles de Rieux_, _Turpin_, _Grandpré_,
_MM. Forestier_, _Mosnier_, _Champenois_, _Ribou_, _Pouffin_. La même
source nous donne le détail des dépenses faites pour monter la pièce,
dépenses qui s'élevèrent à 4,359 livres, 15 sols. Pendant les
représentations, Beauchamps, qui avait réglé les ballets, reçut 1,100
livres, plus 11 livres par jour pour conduire l'orchestre et
entretenir les ballets.

Après plusieurs représentations réservées à la cour, la
tragédie-ballet fut enfin jouée en public le 24 juillet 1671. Le
succès répondit à l'attente des auteurs et des acteurs. La troupe de
Molière donna de suite 38 représentations qui lui valurent de belles
recettes. Elle reprit la pièce le 11 novembre 1672 et la joua de
nouveau 32 fois sans interruption. Nous avons recueilli sur cette
reprise un document qui n'a pas encore été signalé; c'est un passage
d'une _Lettre en vers_ de Robinet datée du 26 novembre 1672. Bien que
ce morceau soit un peu long, nous ne croyons pas sans intérêt de le
reproduire ici. Il nous paraît compléter heureusement les informations
de M. Marty-Laveaux. On y voit quelques changements dans la
distribution; ainsi le rôle du Zéphire est tenu non plus par
_Molière_, mais par _Mlle du Croisy la jeune_.

Après avoir dit dans des termes très-singuliers que la première
représentation de _Pulchérie_ avait eu lieu la veille au théâtre du
Marais, Robinet continue ainsi:

    Cependant, ajoûtons ici
    Encore, ce petit mot-ci,
    Que l'Autheur a fait ce Poëme,
    Par l'effet d'une estime extrême
    Pour la merveilleuse Psiché,
    Par qui chacun est alléché,
    Ou _Mad(e)moiselle de Moliére_,
    Qui, de façon si singuliére,
    Et, bref, avecque tant d'appas,
    Qui font courir les Gens, à tas,
    Encor, maintenant, represente
    Ladite Psiché si charmante.

      Dimanche, encore, je la veis,
    Et tous mes sens furent ravis
    A ce plus rare des Spectacles,
    Et lequel, rempli de Miracles,
    Surpasse tous les Opera
    Qu'on voit et, je croi, qu'on verra.

      Ah! que Venus dans sa Machine,          Mlle de Brie.
    Me parut, encore, divine:
    Et que je fus charmé des Airs,
    Et des admirables Concerts
    Par qui, sur la Terre, on l'appelle,
    Ayant les Graces avec Elle!

      Que ces petites Grâces là,              les petites La Torilliere,
    Encor, aussi, me plûrent là,              et de Beauval.
    Par leurs discours, et par leurs gestes,
    Qui paressent, vrayment celestes!

      Que les Amours, pareillement,           le petit la Torilliere,
    Qui sont de l'Accompagnement,                  et Barbier.
    Encore, aimables me semblérent,
    Et, tout de même, me charmèrent!

      Qu'encor, de Psiché, les deux Soeurs,   Mlles de Beauval, et de
    Faisant, si bien, les Rôles leurs,             la Grange.
    Me délectèrent, et ravirent,
    Ainsi que tous ceux qui les virent!

      Que les deux Princes, ses Amans,        les Srs Hubert et de
    Par leurs honnêtes Complimens,                 la Grange.
    Soit qu'ils soyent morts, ou bien en vie,
    Me rendoyent l'Ame, encor ravie!

      Que le Père, aussi de Psiché,           Le Sr de la Torilliere.
    Qu'on voit, pour elle, si touché,
    M'attendrit avecque ses Larmes,
    Et qu'il leur sçait donner de charmes!

      Qu'encore, je fus satisfait
    De l'Amour si beau, si parfait,           le Sr Baron.
    Alors que, pour le dire en somme,
    Il devient là, grand comme un Hôme!

      Que son Zéphir, des plus Galans,        Mlle du Croisi la jeune.
    Des plus jeunes, des plus brillans
    Qui soyent sous l'Empire de Flore,
    Me donna de Plaisir, encore!

      Que de même, encore, Psiché,
    Par qui maint coeur est ébréché,
    Me sembla bien digne d'Hommages,
    Dans ses trois divers Personnages!

      Qu'encore, encore, aussi, Venus
    Me plût, voire tant que rien plus,
    Soit qu'éclatast sa Jalousie,
    Soit qu'elle parust radoucie!

      Qu'encore, le tonnant Jupin,
    Qui les holas vient mettre, enfin,
    Qui nôtre Psiché dêifie,
    Et bref, à l'Amour la marie,
    Me sembla fermer dignement,
    Ledit Spectacle si charmant!

      Qu'encor j'admiray les Machines,
    Oû ces Personnes célestines,
    Sçavoir Venus, Psiché, l'Amour,
    Vont en l'Olympien Séjour!

      Qu'encor les Airs, et la Musique,
    Que, de bien goûter, je me pique,
    Qu'encor la jeunette _Turpin_,
    Qui chante d'un air si poupin,
    Qu'encor le Sauteur admirable,
    Qu'on croid favorisé du Diable,
    Pour faire les Sauts surprenans,
    Dont il étonne tous les Gens,
    Qu'encor les diverses Entrées,
    Qui sont là, si bien incérées,
    Où l'incomparable _Beauchamp_,
    A le loüer, donne un beau champ,
    Qu'encor, enfin, toutes les choses,
    Dedans cette Merveille, encloses,
    Sçavoir les décorations,
    Et diverses Mutations.
    De la claire, et pompeuse Sçene,
    Me rendirent, chose certaine,
    Extasié, charmé, contant!
    Ah! jamais, je ne le fus tant.

Robinet, dans son langage burlesque, témoigne naïvement de
l'admiration que _Psyché_ avait le don d'exciter dans le public; aussi
cette tragédie-ballet laissa-t-elle des souvenirs durables. En 1703,
_Mlle Desmares_ et _Baron_ fils firent le succès d'une nouvelle
reprise; la pièce fut donnée 29 fois, du 1er juin au 1er août suivant.

Le 19 août 1862 la Comédie-Française a donné une très-curieuse
représentation de _Psyché_. Les principaux rôles étaient tenus par
_Mlles Devoyod_, _Fix_, _Rose Deschamps_, _Favart_, _Tordeus_,
_Ponsin_, _Rose Didier_; _MM. Maubant_, _Worms_, _Ariste_. C'est à des
femmes qu'était confiée l'interprétation des rôles créés par _Molière_
et par _Baron_.

  96. PSICHÉ, || Tragedie-Ballet. || Par I. B. P. Moliere. || _A
    Paris, || Chez Claude Barbin, au Palais, sur || le Second
    Perron de la S. Chapelle._ || M. DC. LXXIII [1673]. || Avec
    Privilege du Roy. In-12 de 2 ff., 90 p. et 1 f.

Les 2 ff. prélim. contiennent le titre et l'avis du _Libraire au
Lecteur_; le dernier f. contient l'_Extrait du Privilége_. Cet extrait
est semblable à celui de l'édition de 1671, sauf qu'il contient la
mention suivante: «Ledit Sieur Moliere a cedé son droit de Privilege à
_Anne David_, Femme de _Jean Ribou_, ainsi qu'il apert par sa Cession;
et ladite _David_ a cedé du droit de Privilege des OEuvres dudit Sieur
Moliere à _Claude Barbin_, suivant l'accord fait entre eux.» L'achevé
d'imprimer est du 12 avril 1673.

Nous n'avons relevé dans le texte des deux éditions que quelques
variantes orthographiques sans importance.

  97. PSICHÉ, || Tragedie-Ballet || Par I. B. P. Moliere. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || M. DC. LXXI [1671].
    In-12 de 82 pp. (y compris le titre), et 1 f. blanc, signé
    A.-D.

Édition imprimée par _Daniel Elzevier_, à _Amsterdam_, avec une sphère
sur le titre. M. Pieters (_Annales des Elzevier_, 2e édit., Gand,
1858, in-8, p. 346) en cite des réimpressions datées de 1675 et 1680.

Pour une édition moderne de _Psyché_ et pour les ballets qui en ont
été tirés, nous renverrons à la _Bibliographie moliéresque_, nos 171,
202 et 203.



III.--ÉDITIONS COLLECTIVES DU THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES PAR LUI-MÊME.


I

  98. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Premiere partie. || _Imprimé à
    Roüen, & se vend || A Paris, || Chez || Antoine de Somma-||
    uille, en la Gallerie || des Merciers, à l'Escu || de France.
    || Et Augustin Courbé, || en la mesme Gallerie, || à la Palme.
    || Au Palais._ || M. DC. XLIV [1644]. In-12 de 4 ff., 654. pp.
    et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: portrait de Corneille gravé par
Michel Lasne; frontispice gravé représentant des Amours qui tiennent
un cartouche sur lequel on lit: _OEuvres de Corneille_, 1645; 2 ff.
pour le titre imprimé et l'avis _Au Lecteur_. On lit à la fin de la
page 654: _Imprimé à Roüen par Laurens Maurry_.

Cette édition, qui ne contient ni privilége ni achevé d'imprimer, dut
être publiée en vertu des priviléges particuliers obtenus pour chaque
ouvrage. Elle comprend huit pièces: _Mélite_, _Clitandre_, _la Veuve_,
_la Galerie du Palais_, _la Suivante_, _la Place Royale_, _Médée_ et
_l'Illusion comique_, précédées chacune d'une dédicace, mais sans les
_Examens_ qui parurent pour la première fois en 1660.

La publication des _OEuvres_ réunies de Corneille dut être une
véritable spéculation de librairie. Les éditeurs voulurent exploiter
le succès de ses dernières pièces: du _Cid_, d'_Horace_, de _Cinna_,
de _Polyeucte_, de _Pompée_, du _Menteur_, de _Rodogune_, en composant
un recueil de ses premiers ouvrages déjà presque oubliés du public.
Corneille lui-même semble avouer que telle fut l'intention de
_Sommaville_ et de _Courbé_, quand il dit dans son avis _Au Lecteur_:
«C'est contre mon inclination que mes Libraires vous font ce présent,
et j'aurois esté plus aise de la suppression entiere de la plus
grande partie de ces Poëmes, que d'en voir renouveler la mémoire par
ce recueil.... Et certes, j'aurois laissé perir entierement ceux-cy,
si je n'eusse recognu que le bruit qu'ont fait les derniers obligeoit
desjà quelques curieux à la recherche des autres, et pourroit estre
cause qu'un Imprimeur, faisant sans mon adveu ce que je ne voulois pas
consentir, adjousteroit mille fautes aux miennes.» Il ajoute qu'il y a
jeté un coup d'oeil, non pas pour les corriger exactement (il eust
esté besoin de les refaire presque entiers), mais du moins pour en
oster ce qu'il y a de plus insupportable.»

Quelques auteurs, s'appuyant sur un passage du commentaire de
Voltaire, ont supposé que l'édition de 1644 avait dû avoir une seconde
partie contenant les huit pièces publiées depuis l'_Illusion comique_;
mais personne n'a jamais vu cette seconde partie, et M. Taschereau
(_OEuvres de Corneille_, t. Ier, p. XXX) a fort bien démontré pourquoi
elle n'avait jamais dû exister. La pensée de spéculation qui avait
porté les libraires à faire un recueil des premières pièces du poëte,
devait les porter à ne pas y faire immédiatement entrer toutes les
pièces qui avaient encore un débit assuré. Les premières éditions du
_Cid_, données en 1637, ayant été tout entières épuisées, on en fit en
1644 une cinquième édition qui ne se serait plus vendue si le public
eût trouvé la pièce dans un recueil. _Horace_ ne vit le jour qu'en
1641; _Cinna_ et _Polyeucte_ ne furent imprimés qu'en 1643; _Pompée_
et _le Menteur_ qu'en 1644; la _Suite du Menteur_ en 1645; _Théodore_
et _Rodogune_ en 1647. C'est assez dire que, à plus forte raison, ces
dernières pièces ne pouvaient pas encore être réunies aux _OEuvres_.

En réimprimant ses premières comédies, Corneille y a changé des
centaines de vers. L'excellente édition de M. Marty-Laveaux a, pour la
première fois, recueilli toutes ces variantes, qui ont un grand
intérêt non-seulement pour l'histoire de la langue, mais pour
l'histoire littéraire en général. Le recueil de 1644 nous montre, de
la manière la plus frappante, le soin avec lequel Corneille revoyait
ses ouvrages en les donnant à l'impression. La plupart des éditions
postérieures ont été corrigées par lui avec la même sollicitude.

Le recueil de 1644 est un livre d'une haute importance, qui mérite de
passionner tous les vrais bibliophiles.

Vendu: 505 fr., mar. r., Chédeau, 1865 (no 676).

  99. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Tome II. || _A Paris, || Chez
    Augustin Courbé, dans la || petite Sale du Palais, à la Palme._
    || M. DC. XXXXVII [1647]. Auec Priuilege du Roy. In-12.

Cette seconde partie des _OEuvres_ de Corneille, destinée à faire
suite au tome Ier de 1644, ne constitue pas une édition séparée;
c'est un recueil factice des éditions in-12 du _Cid_ (_Augustin
Courbé et Pierre le Petit, s. d._); d'_Horace_ (_Courbé_, 1647); de
_Cinna_ (_Quinet_, 1643); de _Polyeucte_ (_Sommaville et Courbé_,
1644); de _la Mort de Pompée_ (_Sommaville et Courbé_, 1644); du
_Menteur_ (_Sommaville et Courbé_, 1644); de _la Suite du Menteur_
(_Sommaville et Courbé_, 1645); de _Theodore_ (_Quinet_, 1646); et de
_Rodogune_ (_Quinet_, 1647).

Le recueil est précédé de deux feuillets contenant le titre et la
table; il n'y a pas de privilége général. L'exemplaire de M. Bancel
renferme en outre le portrait de 1644, mais ce portrait ne fait
certainement pas partie du livre.

On trouvera la collation de chacune des pièces énumérées ci-dessus
dans notre chapitre Ier (nos 12, 18, 21, 27, 33, 36, 41, 45, 48).

Vendu: avec un exemplaire du tome Ier de 1644, 3,850 fr., mar. bl.,
doublé de mar., avec comp. en mosaïque (_Chambolle-Duru_), B***
[Bordes], 1873(no 346);--6,000 fr., même exempl., Fontaine, 1874 (no
564);--4,000 fr., même exempl., Benzon, 1875 (no 243).

  100. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Premiere [Seconde] Partie. ||
    _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin
    Courbé, || au Palais dans la petite Salle, || à la Palme_; [ou
    _Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des
    Merciers, || à l'Escu de France_; ou _Chez Toussainct Quinet ||
    au Palais, sous la montée de || la Cour des Aydes._] || M. DC.
    XLVIII [1648]. || Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-12.

_Premiere partie_: Portrait de Corneille par Michel Lasne; frontispice
gravé (avec la date de 1645); titre imprimé et avis _Au Lecteur_;
ensemble 4 feuillets prélim., 654 pp. et 1 f. blanc.

_Seconde partie_: 2 ff. pour le titre et l'avis _Au Lecteur_; 639 pp.
et 2 ff. dont le dernier est blanc.

La première partie est semblable à celle de 1644 quant à l'impression
et au nombre de pages, mais la composition est différente, comme il
est facile de s'en convaincre par une foule de détails; par exemple
par les suivants:

      Page 11, 1re ligne:

    1644: C'est en vain que l'_õ_ fuit, tost ou tard on s'y brule:
    1648: C'est en vain que l'_on_ fuit, tost ou tard on s'y
             brûle (en deux lignes).

      Page 21, dernière ligne:

    1644: Pour vous _recomp[~e]ser_ du _temps_ que vous perdez.
    1648: Pour vous _recompenser_ du _t[~e]ps_ que vous perdez.

      Page 45, 4e ligne:

    1644: Ie commence à m'estimer quelque chose puis
    1648: Ie commence à m'estimer quelque chose

      Page 131, 2e ligne:

    1644: Mais vous monstrerez bien embrassant ma _def[~e]ce_
    1648: Mais vous monstrerez bien embrassant ma _deff[~e]ce_

      Page 159, 1re ligne:

    1644: Tu chercherois bien-tost moyen de t'en _desdire_
    1648: Tu chercherois bien-tost moyen de t'en _dédire_.

  Page 281, dernière ligne:

    1644: Du moins ces deux sujets balancent ton courage.
    1648:          DORINANT.

    Sçais-tu bien que c'est là iustement mon visage?

Il y a dans l'éd. de 1648 deux lignes de plus, et l'accord ne se
rétablit qu'au bas de la page 283.

      Page 343, 1re ligne:

    1644: Prenne ou laisse à son choix vn homme de merite.

Ce vers est le dernier de la page précédente dans l'éd. de 1648, et la
p. 343 se termine par ce vers:

    Allons chez moy, Madame, acheuer la iournée.

      Page 527, 1re ligne:

    1644: Contant nostre Hymenée entre vos _aduantures_,
    1648: Contant nostre Hymenée entre vos _auantures_.

La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de cette Première
Partie relié en mar. r. par _Capé_ (Y + 5512 + B Rés.), qui est
composé de fragments des trois éditions de 1644, 1648 et 1652. Nous
pensons que nos indications suffiront pour mettre les amateurs à
l'abri de pareilles supercheries. Telle est l'utilité des différences
matérielles que nous signalons ça et là entre des éditions qui
paraissent à première vue semblables.

La _Premiere Partie_ se termine par un privilége qui commence au bas
de la p. 654 et se développe sur les deux pp. suivantes; on trouve à
la fin un achevé d'imprimer du 30 mars 1648.

La _Seconde Partie_ contient sept pièces: _le Cid_, _Horace_, _Cinna_,
_Polyeucte_, _Pompée_, _le Menteur_ et _la Suite du Menteur_. Elle est
précédée d'un avis _Au Lecteur_ qui commence ainsi: «Voicy une Seconde
Partie de Pieces de Theatre un peu plus supportables que celles de la
premiere.» Cet avis n'a été reproduit que dans les éditions de M.
Taschereau et de M. Marty-Laveaux. Le volume se termine par un
privilége, qui commence au verso de la p. 639 et occupe entièrement le
feuillet suivant.

Le privilége, daté du 25 février 1647, porte ce qui suit: «Nous avons
permis et permettons par ces presentes à l'Exposant [_Augustin_
_Courbé_] d'imprimer, faire imprimer, vendre et debiter, en tous les
lieux de nostre obeïssance, les Pieces de Theatre du sieur Corneille,
Intitulées, _Clitandre_, _la Vefve_, _la Melite_, _la Gallerie du
Palais_, _la Place Royalle_, _la Suivante_, _la Medée_, _l'Illusion
Comique_, et autres qui ont esté desja mises en lumiere, avec
Privileges du feu Roy nostre tres-honoré Seigneur et Pere, ou de Nous,
desquelles le temps est expiré, et ce en un ou plusieurs Volumes, en
telles marges, en tels caracteres, et autant de fois qu'il voudra,
durant l'espace de sept ans, à compter du jour que chaque Piece ou
Volume sera achevé d'imprimer pour la première fois en vertu des
presentes.» _Augustin Courbé_, concessionnaire du privilége, déclare y
associer _Antoine de Sommaville_ et _Toussaint Quinet_.

L'achevé d'imprimer de la _Seconde Partie_ est du 31 septembre 1648
(_sic_).

Au moment où parut ce recueil, trois autres pièces de Corneille
avaient été publiées séparément: _Théodore_, _Rodogune_ et
_Héraclius_. Les éditions de ces pièces n'étant pas encore épuisées,
les libraires jugèrent inutile de les réimprimer pour en faire une
seconde partie.

Vendu: 256 fr., mar. r., doublé de mar. bl. (sans indication de
relieur), Giraud, 1855 (no 1621);--1,015 fr., même exemplaire, Solar,
1860 (no 1684);--2,105 fr., mar. r. (_Capé_), B*** [Bordes], 1873 (no
347);--1,505 fr., même exemplaire, Benzon, 1875 (no 244).

La seconde partie seule: 710 fr., v. f., Chédeau, 1865 (no 677).

  101. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Premiere [Seconde et
    Troisieme] Partie. || _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris,
    || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des
    Merciers, || à la Palme_; [ou _Chez Antoine de Sommauille, ||
    au Palais, en la Gallerie des Mer- || ciers, à l'Escu de
    France_; ou _Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la
    montée de || la Cour des Aydes_]. || M.DC.LII [1652]. || Auec
    Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

_Premiere Partie_: portrait de Corneille; frontispice gravé (le même
que ci-dessus, avec la date de 1645); 2 ff. pour le titre imprimé et
l'avis _Au Lecteur_, et 656 pp.--Le privilége commence au milieu de la
p. 654 et se développe sur les 2 pp. suivantes. On lit à la fin:
_Acheué d'imprimer à Roüen par Laurens Maurry, ce 30. iour de Mars
1648._

_Seconde Partie_: 2 ff. pour le titre et l'avis _Au Lecteur_, et 642
pp.--Le privilége occupe les pp. 640 et suiv. L'achevé d'imprimer est
du 31 septembre 1648 (_sic_).

_Troisieme Partie_: 287 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et
le titre particulier de _Théodore_. Ce volume ne contient ni privilége
ni achevé d'imprimer. Le titre à l'adresse de _Sommaville_ porte:
_Chez Antoine de Sommaville, au || Palais en la Gallerie des Merciers,
|| à l'Escu de France._

L'édition de 1652 a la même justification que celles de 1644 et de
1648 (110mm sur 58mm, 2).

Le contenu des deux premiers volumes est le même que celui des deux
parties de 1648, mais on les distinguera facilement parce que
l'édition de 1652 est imprimée par cahiers de 12 ff. et les
précédentes par cahiers de 6 ff. Le troisième volume renferme:
_Théodore_, _Rodogune_ et _Héraclius_.

Le privilége qui se trouve à la fin des deux premières parties est
celui du 25 février 1647, auquel _Courbé_ associe ses deux confrères.
Le tome IIIe ne contient pas de privilége.

  102. OEVVRRES || DE || CORNEILLE. || Premiere [Seconde et
    Troisiéme] Partie. || _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris,
    || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des
    Merciers, || à la Palme_; [ou _Chez Guillaume de Luyne, au ||
    Palais, sous la montée de la Cour des Aydes_]. || M.DCLIV
    [1654]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

_Premiere Partie_: portrait de Corneille; frontispice gravé, avec la
date de 1654 et 691 pp., y compris 5 ff. pour le titre imprimé, l'avis
_Au Lecteur_, le titre particulier et la dédicace de _Mélite_.--Le
privilége occupe les pp. 690 et 691; il se termine par un rappel de
l'achevé d'imprimer du 30 mars 1648.

_Seconde Partie_: 2 ff. et 642 pp.--Le privilége occupe les pp. 641 et
642; il se termine par l'achevé d'imprimer du 31 septembre 1648.

_Troisiéme Partie_: 670 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et
le titre particulier de _Théodore_.

Les deux premiers volumes contiennent les mêmes pièces que ceux des
éditions qui précèdent; le tome troisième renferme: _Théodore_,
_Rodogune_, _Héraclius_, _Andromède_, _D. Sanche d'Arragon_,
_Nicomède_ et _Pertharite_.

Le privilége reproduit _in extenso_ dans les deux premiers volumes est
celui du 25 février 1647. Le troisième volume contient, p. 575, après
_Nicomède_, un extrait du privilége accordé à Corneille le 12 mars
1651 pour _Andromède_, _Nicomède_, _le Feint Astrologue_ et les
_Engagements du hasard_ (Voy. ci-dessus, nos 56 et 65), et p. 670 un
autre extrait du privilége du 25 décembre 1651 relatif à _Pertharite_,
_D. Bertran de Cigarral_ et _l'Amour à la mode_ (voy. no 69). On
trouve à la p. 670 un achevé d'imprimer du 30 avril 1653.

Nous avons vu chez M. L. Potier un exemplaire de la _Troisiéme Partie_
dans sa reliure primitive, qui présente une particularité remarquable.
Les 275 premières pages sont conformes aux exemplaires ordinaires,
mais la fin du volume, à partir d'_Andromède_, appartient à l'édition
que nous décrirons ci-après, sous la date de 1656 (no 104). La page
qui devrait être chiffrée 276 y est entièrement blanche, au lieu de
contenir la réclame _Andro-_ en lettres capitales comme dans les
autres exemplaires datés de 1654 et dans ceux de 1656.

Il n'est pas impossible d'expliquer cette particularité. La troisième
partie, telle que _Courbé_ la fit d'abord imprimer, ne devait
contenir, comme celle de 1652, que trois pièces: _Théodore_,
_Rodogune_, _Héraclius_. Le volume s'arrêtait à la p. 275, sans
extrait du privilége ni achevé d'imprimer, et le verso de cette page
était blanc. Pour compléter la troisième partie, _Courbé_ dut faire
imprimer successivement les trois pièces d'_Andromède_, de _D. Sanche_
et de _Nicomède_, qui se terminèrent par un extrait du privilége du 24
décembre 1651, puis _Pertharite_, avec un autre extrait du privilége.
Ainsi s'explique, sans qu'on ait besoin de supposer que toutes les
pièces du recueil de 1654 aient été tirées à part, l'existence de
l'édition de _Pertharite_ que nous avons décrite ci-dessus (no 70).

Le troisième volume étant ainsi composé de deux et même de trois
parties distinctes, on comprend sans peine que Courbé ait pu compléter
de différentes manières les exemplaires qui lui restaient en magasin.

Il existe sous la même date une _Quatriesme Partie_, qui contient deux
pièces de Thomas Corneille: _le Feint Astrologue_ et _D. Bertran de
Cigarral_. Ce volume, qui paraît dû, soit à une supercherie, soit à
une grossière erreur du libraire _Courbé_, ne peut pas être considéré
comme faisant partie intégrante de l'édition; il se compose de 224 pp.
chiffr., y compris 2 feuillets prélim. On trouve à la p. 108, après
_le Feint Astrologue_, un extrait du privilége du 12 mars 1651,
relatif à _Andromède_, à _Nicomède_, au _Feint Astrologue_ et aux
_Engagements du hasard_ (voy. no 56) et à la p. 224, après _D. Bertran
de Cigarral_, un extrait du privilége du 24 décembre 1651, relatif à
_Pertharite_, à _D. Bertran de Cigarral_ et à _l'Amour à la mode_
(voy. no 69). Ces deux priviléges attribuant à Pierre Corneille toutes
les pièces énumérées ci-dessus, il est possible que _Courbé_ ait été
de bonne foi en les joignant à ses oeuvres. L'exemplaire de cette
Quatrième Partie que possède la Bibliothèque nationale (Y. + 5512 B +
_a_ 4) contient en plus _l'Amour à la mode_ et _le Berger extravagant_
avec une pagination séparée.

Nous avons vu à la librairie Fontaine un exemplaire avec la date de
1655.

La justification de l'édition de 1654 est de 122mm sur 65; les
caractères et les fleurons sont plus gros que ceux de l'édition de
1652.

Les exemplaires que nous avons eus sous les yeux ne portent que le nom
de _Courbé_, ou celui de _Luyne_. Les priviléges ne contiennent du
reste aucune indication relative à l'association des libraires. Il est
probable que _Courbé_ et de _Luyne_, au lieu de s'entendre avec
d'autres libraires pour la vente de cette édition, auront cédé à
_Sommaville_, _Pépingué_, _Chamhoudry_ et _Loyson_ le droit d'en
publier une autre. Ainsi doit s'expliquer, croyons-nous, l'existence
du recueil suivant.

Vendu: 325 fr., exempl. à relier, Aguilhon, 1870 (no 351).

  103. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Premiere [Seconde et
    Troisiéme] Partie. || _A Paris, || Chez Antoine de Sommauille,
    || au Palais, en la Gallerie des Mer- || ciers, à l'Escu de
    France_; [ou _Chez Edme Pepingué, dans la gran- || de Salle du
    Palais, vis à vis le || troisiesme pillier_; ou _Chez Loüys
    Chamhoudry, || au Palais, deuant la Saincte || Chappelle_; ou
    _Chez Iean Baptiste Loyson, || près la sainte Chappelle, à
    l'entrée de || la petite Salle des Merciers_]. || M.DC.LV
    [1655]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

_Premiere Partie_: 2 ff. pour le titre et l'avis _Au Lecteur_, 654 pp.
et 1 f. blanc.--Elle contient huit pièces, de _Mélite_ à _l'Illusion_.

Nous avons vu chez M. Bancel un exemplaire de cette _Premiere Partie_,
au nom de _Loyson_, avec la date de 1654.

_Seconde Partie_: 2 ff. et 639 pp.--Elle contient sept pièces, du
_Cid_ à _la Suite du Menteur_.

_Troisiéme partie_: 287 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et
le titre particulier de _Théodore_.--Elle contient trois pièces:
_Théodore_, _Rodogune_, _Héraclius_. Sur le titre au nom de
_Pépingué_, l'adresse de ce libraire est ainsi disposée: _Chez Edme
Pépingué, en || la grand'Salle du Palais, du costé || de la Cour des
Aydes._

Cette édition, dont la justification est de 107mm sur 58, est imprimée
en petits caractères; elle ne renferme ni privilége, ni achevé
d'imprimer. Le titre de la troisième partie porte un fleuron aux armes
de France et de Navarre, qui rappelle l'enseigne de _Sommaville_.

Nous avons dit ci-dessus (no 102) ce que nous pensons de cette
édition, qui a dû être exécutée par les quatre libraires cités à la
suite d'une entente avec _Courbé_. Au premier abord, on pourrait
croire que cette entente n'avait pas dû être nécessaire, le privilége
général accordé à _Courbé_ pour sept ans en 1647, ayant pris fin en
1654. Mais on ne peut s'arrêter à cette idée si l'on songe que les
priviléges particuliers de _la Galerie du Palais_, de _la Suivante_,
de la _Place Royale_ et du _Cid_ étaient valables jusqu'en 1657, et
celui de _Cinna_ jusqu'en 1663. Des imprimeurs provinciaux pouvaient
bien faire paraître des contrefaçons anonymes qui échappaient souvent
aux peines portées par les ordonnances; un libraire parisien, établi
au Palais, à côté du légitime propriétaire du privilége, ne l'eût
certainement pas osé. Il est hors de doute que les confrères de
_Courbé_ firent exécuter l'édition de 1654-1655, en même temps qu'il
publiait lui-même, avec de _Luyne_, celle qui porte la date de 1654.
L'une fut imprimée à Paris, tandis que l'autre fut imprimée à Rouen.
_Sommaville_, dont le nom se trouve sur la plupart des exemplaires que
nous connaissons, dut être le principal cessionnaire de _Courbé_, mais
il fit participer à son entreprise trois de ses confrères.

Le tome IIIe du recueil de 1655, comme celui de 1652, ne contient que
trois pièces. Nous avons dit que le tome IIIe de 1654 fut complété
après coup; _Sommaville_ et ses associés voulurent agir de même avec
leur édition. Ils firent réimprimer à part, avec les mêmes caractères
et dans le même format, les pièces que _Courbé_ avait déjà réunies à
son troisième volume et les firent relier à la suite du leur. Nous
avons cité _Andromède_ (no 57), _Don Sanche_ (no 63) et _Pertharite_
(no 71). _Nicomède_ doit également exister, bien que nous n'en ayons
vu aucun exemplaire.

Vendu: 380 fr., exempl. à relier, Aguilhon, 1870 (no 352).

  104. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Premiere [Seconde et
    Troisiesme] Partie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, au
    Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme_; [ou
    _Chez Guillaume de Luyne au || Palais, dans la Salle des
    Merciers, || à la Iustice_]. || M.DC.LVI [1656]. || Auec
    Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

_Premiere Partie_: 4 ff. et 696 pp. (?)--Nous n'en connaissons pas
d'exemplaire.

_Seconde Partie_: 2 ff. et 643 p.--Les trois dernières pages sont
occupées par le privilége, à la fin duquel on lit: _Acheué d'imprimer
le 28. Nouembre 1656_.

_Troisiesme Partie_: 670 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général
et le titre de Théodore.--Le volume contient, comme le volume
correspondant de l'édition de 1654, les extraits de deux priviléges
placés aux pp. 575 et 670. On trouve à la fin du premier un achevé
d'imprimer du 20 octobre 1655, et à la fin du second un achevé
d'imprimer du 29 octobre 1655.

Le privilége, dont le texte est reproduit à la fin du second volume,
est celui du 25 février 1647; on a lieu de s'en étonner puisque ce
privilége était expiré depuis deux ans.

La répartition des pièces entre les trois volumes est la même que dans
l'édition de 1654.

Nous avons vu plusieurs exemplaires de la seconde et de la troisième
parties, mais, quelques recherches que nous ayons faites, il ne nous
a pas été possible d'en découvrir un seul de la première. Nous pouvons
suppléer à cette lacune à l'aide du tome Ier que nous allons décrire
ci-après, l'édition de 1657 ne se distinguant de l'édition de 1656 que
par le titre (voy. le no 105). Il n'est guère possible de pénétrer les
motifs qui ont décidé les libraires à remanier le recueil de 1656,
mais il est très-probable que la publication de l'édition de 1655 ne
fut pas étrangère à ce remaniement. Peut-être _Courbé_ avait-il cédé à
_Loyson_, puis à _Sommaville_ le droit de rééditer les _OEuvres de
Corneille_, en s'engageant de son côté à ne pas en donner de
réimpression pendant un certain délai. On pourrait alors supposer que
_Courbé_, ayant fait exécuter par avance, en 1656, une édition sur
laquelle l'imprimeur aurait fait figurer la date vraie de l'année, fut
obligé d'en changer la date avant de la mettre en vente.

Il doit exister avec la date de 1656 une _Quatriesme Partie_
contenant, comme en 1654, deux pièces de Thomas Corneille.

  105. OEVVRES || DE || CORNEILLE. || Premiere [Seconde et
    Troisiéme] Partie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, au
    Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme_; [ou
    _Chez Guillaume de Luyne, au || Palais, dans la Salle des
    Merciers, || à la Iustice_]. || M.DC.LVII [1657]. || Auec
    Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

_Premiere Partie_: portrait de Corneille, par _Michel Lasne_;
frontispice gravé avec la date de 1654, titre imprimé; 1 f. pour
l'avis _Au Lecteur_ et 696 pp.

La collation de la _Seconde_ et de la _Troisiesme Partie_ est
entièrement semblable à celle de l'édition de 1656.

Nous avons dit ci-dessus (no 104) que les deux éditions de 1656 et
1657 ne diffèrent que par le titre. En opérant la substitution de ce
titre, les libraires ont également réimprimé l'avis _Au Lecteur_, qui
se trouve sur le feuillet correspondant. Le texte en est le même que
dans l'édition de 1648.

Nous avons vu chez M. L. Potier un exemplaire dans sa primitive
reliure, qui se composait d'un tome Ier avec la date de 1657 et des
tomes IIe et IIIe avec la date de 1656.

L'exemplaire de M. Didot est complété par une _Quatrième Partie_,
analogue à celle que nous avons décrite ci-dessus (no 102), et qui
devait primitivement porter la date de 1656. Elle se compose de 224
pp., y compris les titres, et renferme deux pièces: _le Feint
Astrologue_ et _D. Bertran de Cigarral_; mais la table, placée au
verso du titre général, indique en outre: _l'Amour à la mode_ et _le
Berger extravagant_. Ces deux pièces sont jointes au volume en
éditions séparées: l'une en 112, l'autre en 113 pp. Un simple
faux-titre sans nom de libraire y remplace le titre primitif.

  106. LE || THEATRE || DE P. CORNEILLE. || Reueu & corrigé par
    l'Autheur. || I. [II. et III.] Partie. || _Imprimé à Roüen, Et
    se vend || A Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en
    la || Gallerie des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de
    Luyne, Libraire Iuré, || dans la mesme Gallerie, || à la
    Iustice._ || M.DC.LX [1660]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol.
    in-8.

_I. Partie_: xc pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le
titre imprimé), 2 ff. non chiff. pour le _Privilége_ et le titre de
_Mélite_, et 704 pp.--Le frontispice représente un cartouche surmonté
de deux Amours tenant une couronne; on lit dans le centre du cartouche
le titre et la date de 1660.--Les pages prélim. contiennent le
_Discours de l'Utilité et des Parties du Poëme dramatique_ et les
_Examens_.

Le volume renferme 8 pièces (de _Mélite_ à l'_Illusion_) accompagnées
chacune d'une figure. Les figures de _Mélite_, de _Clitandre_, de _la
Veuve_, de _la Suivante_, de _la Place Royale_, de l'_Illusion_ sont
signées _F. C[hauveau], delin._; _H. D[avid], sculp._; celles de la
_Gallerie du Palais_ et de _Médée_ sont signées _L. S[pirinx]_.

Dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (y + ft 5510 Rés.),
cette première partie renferme de plus en face du titre un portrait de
Corneille (celui de l'édition de 1644), tiré dans le format in-8, sur
papier fort; nous croyons que ce portrait ne fait pas partie de
l'édition.

_II. Partie_: CXVIIJ pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le
titre imprimé); 4 ff. pour le _Privilége_ et le titre particulier du
_Cid_, et 720 pp.--Le frontispice représente un cartouche soutenu par
deux Amours sonnant de la trompette; il porte la date de 1660.--Les
pages prélim. contiennent le _Discours de la Tragedie, et des moyens
de la traiter selon le vray-semblable ou le necessaire_, et les
_Examens_. Elles sont suivies de 8 pièces placées dans cet ordre: _le
Cid_, _Horace_, _Cinna_, _Polyeucte_, _Pompée_, _Théodore_, _le
Menteur_ et _la Suite du Menteur_.

Les figures du _Cid_, de _Cinna_, de _Polyeucte_, du _Menteur_, de la
_Suite du Menteur_ et de _Théodore_ sont signées de _Chauveau_ et de
_David_; celle d'_Horace_ est signée de _Spirinx_; celle de _Pompée_
ne porte pas de signature.

_III. Partie_: LXXXIIJ pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et
le titre imprimé); 1 f. pour le titre de _Rodogune_ et 632 pp.--Le
frontispice, qui représente un cartouche surmonté d'une corbeille de
fleurs, est daté de 1660 et signé: _I. Math[eus]f_.--Les pages prélim.
comprennent le _Discours des trois Unitez d'Action, de Jour et de
Lieu_, et les _Examens_. Au verso de la p. LXXXIIJ se trouve un
_Extrait du Privilége_.--Le volume renferme 7 pièces accompagnées de
7 figures: _Rodogune_, _Héraclius_, _Andromède_, _D. Sanche_,
_Nicomède_, _Pertharite_ et _OEdipe_.

Les figures de _Rodogune_ et de _Don Sanche_ sont signées de _L.
Spirinx_; celles d'_Héraclius_, d'_Andromède_ et de _Pertharite_ sont
signées de _Chauveau_ et _David_; celles de _Nicomède_ et d'_OEdipe_
sont signées de _Matheus_.

Le privilége est daté de janvier 1653, sans indication du quantième;
il est donné pour neuf ans à Corneille lui-même, qui déclare le céder
à _Augustin Courbé_ et _Guillaume de Luyne_, suivant l'accord fait
entre eux. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la première fois,
[en] vertu du présent privilége, le dernier d'octobre 1660, à Rouen,
par Laurens Maurry_.

En 1644, Corneille, ainsi que nous l'avons fait remarquer, soumit ses
pièces à une première révision; il introduisit aussi quelques
changements dans les pièces qui formèrent la _Seconde Partie_ publiée
en 1648. Les éditions qui suivirent reproduisirent fidèlement le texte
arrêté alors par le poëte; les quelques variantes qu'on y relève sont
le plus souvent le fait des typographes ou le résultat du hasard. En
1660, Corneille fit une nouvelle révision de son théâtre. Il agrandit
le format qu'il avait précédemment adopté, rendit ses volumes plus
symétriques, mit en tête de chacun d'eux un _Discours_ spécialement
écrit pour l'édition, et des _Examens_ dans lesquels il passa en revue
chacune de ses pièces.

Corneille lui-même nous entretient dans une lettre à l'abbé de Pure,
datée du 25 août 1660, de la peine que lui donna la publication de ce
nouveau recueil, en particulier la confection des _Discours_:

«Je suis, dit-il, à la fin d'un Travail fort penible sur une matiere
fort delicate. J'ay traité en trois Prefaces les principales questions
de l'art poetique sur mes trois volumes de Comedies. J'y ay fait
quelques explications nouvelles d'Aristote, et avancé quelques
propositions, et quelques maximes inconnues à nos Anciens. J'y refute
celles sur lesquelles l'Academie a fondé la condamnation du Cid, et ne
suis pas d'accord avec Mr d'Aubignac de tout le bien mesme qu'il a dit
de moy. Quand cela paroistra, je ne doute point qu'il ne donne matiere
aux Critiques, prenez un peu ma protection. Ma premiere Preface
examine si l'utilité ou le plaisir est le but de [la] Poesie
Dramatique, de quelles utilités elle est capable et quelles en sont
les parties, tant intégrales comme le Sujet et les moeurs, que de
quantité comme le Prologue, l'Episode et l'Exode. Dans la seconde je
traite des conditions du Sujet de la belle tragedie, de quelle qualité
doivent estre les incidents qui la composent et les personnages qu'on
y introduit afin de sentir la pitié et la crainte, comment se fait la
purgation des passions par cette pitié et cette crainte, et des moyens
de traiter les choses selon le vraysemblable ou le nécessaire. Je
parle en la troisiesme des trois unitez, d'action, de jour et de lieu.
Je croy qu'apres cela, il n'y a plus guere de questions d'importance à
remuer et que le reste n'est que la broderie qui (_sic_) peuvent
ajouter la Rethorique, la Morale et la Politique.» (Marty-Laveaux, t.
Xe, pp. 486 sq.; l'original est à la Bibliothèque nationale, msc.
franç., no 12763, fol. 157 sq.)

On joint à cette édition les deux volumes suivants imprimés dans le
même format et avec les mêmes caractères:

  POEMES || DRAMATIQVES || DE || T. || CORNEILLE. || I. [II.]
  Partie. || _Imprimés à Roüen, Et se vendent || A Paris, || Chez ||
  Augustin Courbé, au Palais, en la || Gallerie des Merciers, à la
  Palme. || Et || Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, || dans la
  mesme Gallerie, || à la Iustice._ || M.D.LXI [1661]. || Auec
  Priuilege du Roy. 2 vol. in-8.

_I. Partie_: frontispice gravé, portant le titre suivant: _Poemes ||
drama- || tiques || de T. || Corneille. || I. Partie._ || 1660;--titre
imprimé, au verso duquel se trouve la table des _Poëmes contenus en
cette premiere Partie_; 709 pp. (y compris 6 figures qui précèdent
chacune des 6 pièces contenues dans le volume) et 1 f. pour le
_Privilége_, lequel commence au verso de la p. 709.

_II. Partie_: frontispice gravé avec la date de 1661 et les
signatures: _Choueau_ (sic) _in._ et _Le Doyen fe._;--titre imprimé;
632 pp. et 1 f. pour le _Privilége_.

Nous parlerons des figures au no 109.

Le privilége, daté du 3 décembre 1657, du jour même où _Courbé_
obtenait un nouveau privilége pour les _OEuvres de Pierre Corneille_,
est accordé pour vingt ans à _Augustin Courbé_, qui déclare y associer
_Guillaume de Luyne_. L'achevé d'imprimer est du 15 décembre 1660.

Vendu: 120 fr., mar. bl. (_Niedrée_) Giraud, 1855 (no 1622), pour la
Bibliothèque nationale.

  107. LE || THEATRE || DE |] PIERRE CORNEILLE. || Imprimé du
    vivant de l'Auteur. || Tome Premier [Tome Second]. || _A Roüen,
    || Chez Laurent Maurry, ruë Neuve Saint Lo, || à l'Imprimerie
    du Louvre._ || M.DC.LXIII [1663]. || Avec Privilege du Roy. 2
    vol. in-fol.

Édition qui se confond avec la suivante. Nous n'en connaissons qu'un
seul exemplaire, celui qui a été donné à la Bibliothèque du
Théâtre-Français par M. Geffroy. Cet exemplaire est incomplet; il y
manque: _Polyeucte_, le _Menteur_ et la _Suite du Menteur_, mais il
est assez bien conservé pour que nous puissions en donner une
description.

La publication de la grande édition imprimée par _Maurry_, en 1663
(voy. le no 108), dut être retardée par la gravure du portrait et du
frontispice. Il est probable qu'en attendant que ces deux planches
fussent terminées, _Maurry_ aura mis en circulation quelques
exemplaires avec un titre provisoire, et c'est un de ces exemplaires
que nous avons eu sous les yeux. L'édition ne contient encore que les
pièces de théâtre, c'est-à-dire qu'elle ne renferme ni les discours en
prose, ni même aucun privilége. Le tome Ier doit se composer d'un
simple feuillet de titre, de 638 pp. et de 1 f. blanc; le tome IIe,
d'un titre et de 672 pp.

  108. LE || THEATRE || DE || P. CORNEILLE. || Reveu et corrigé par
    l'Autheur. || I. [et II.] Partie. || _Imprimé à Roüen, Et se
    vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, au
    || Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Iustice_; [ou
    _Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la petite || Salle, aux
    Armes de Hollande, || & à la Palme_; ou _Chez Loüis Billaine,
    au Palais, au second Pilier de la Grand'Salle, à la Palme, &
    au grand Cesar_]. || M.DC.LXIII [1663; ou M.DC.LXIV, 1664; ou
    M.DC.LXV, 1665]. || Avec Privilege du Roy. 2 vol. in-fol.

_I. Partie_: portrait de Corneille; frontispice gravé; titre imprimé
en rouge et en noir; 30 ff. prélim. (paginés de I à LX), contenant 1
f. pour la _Table_ et le _Privilége_, 2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_),
27 ff. pour le _Discours du Poëme dramatique_ et les _Examens_; 638
pp. et 1 f. blanc.

Le portrait représente Corneille en costume des premières années du
règne de Louis XIV, avec la perruque, la calotte et le rabat. Autour
du portrait on lit: _Pierre Corneille, né à Rouen en M.VI.C.VI_;
au-dessous, sont les armes de Corneille supportées par des licornes.
Les noms du dessinateur et du graveur sont inscrits au bas de la
figure: _A. Paillet, ad viuum delin. 1663; Guillelmus Vallet,
sculpsit_.

Le frontispice représente le buste de Corneille, placé sur un
piédestal et couronné de lauriers par deux grandes figures drapées;
au-dessus du buste est une renommée qui souffle dans une trompette
ornée d'une flamme sur laquelle on lit le mot _Tragedie_; une autre
trompette, qu'elle tient de la main gauche, porte le mot _Comedie_; un
cartouche, placé sur la clef de voûte d'une arcade qui fait le fond du
sujet, contient l'indication du titre: _le Theatre de P. Corneille_;
sur le piédestal est gravée cette inscription: _Ament serigue
nepotes_, et sur la base se trouvent les noms du dessinateur et du
graveur: _A. Paillet, inv. et del.; G. Vallet, sculpsit_.

Le volume contient 12 pièces, de _Mélite_ à _Polyeucte_; il se termine
par un second privilége.

_II. Partie_: titre imprimé sur un feuillet séparé; 30 ff. prélim.
(paginés de I à LX), dont le premier renferme la _Table_ et le
_Privilége_, et les autres le _Discours de la Tragedie_ et les
_Examens_; 672 pp. contenant 12 pièces ainsi disposées: _Pompée_, _le
Menteur_, _la Suite du Menteur_, _Rodogune_, _Théodore_, etc.,
jusqu'à la _Toison d'or_ (réunie pour la première fois dans cette
édition au _Théâtre_ de Corneille); xvij pp. pour le _Discours des
trois Unitez_, et un second _Privilége_; 1 f. blanc.

Chaque volume contient, nous l'avons dit, deux priviléges, mais ces
priviléges sont de date différente. Celui qui est placé immédiatement
après le titre est daté du 3e jour de décembre 1657; il est accordé
pour vingt ans à _Augustin Courbé_, qui aura le droit exclusif
d'imprimer, vendre et débiter les oeuvres des sieurs de Corneille
frères, «à condition qu'il sera mis deux des exemplaires qui seront
imprimez en vertu des presentes, en notre Bibliothèque publique, et un
en celle de nostre tres-cher et féal le sieur Seguier, Chevalier
Chancellier de France, avant que de les exposer en vente; et qu'elles
seront registrées dans le livre de la Communauté des Libraires de
nostre dite ville de Paris, suivant les Arrests de nostre Cour de
Parlement, à peine de nullité d'icelles.» A la fin du privilége se
trouvent les mentions suivantes: «Ledit _Courbé_ a fait part de la
moitié du susdit privilége à _Guillaume de Luyne_, aussi Marchand
Libraire à Paris. Et ledit _Courbé_ a cedé son droit particulier du
present privilége à _Thomas Jolly_ et _Louis Billaine_, aussi
Marchands Libraires à Paris, suivant l'accord fait entre eux.--La
presente impression in-folio des oeuvres du sieur P. Corneille, a esté
achevée d'imprimer le 22. Decembre 1663.» Le traité de cession conclu
par _Courbé_ avec deux de ses confrères explique qu'on ne rencontre
pas d'exemplaires à son nom.

Le privilége placé à la fin des volumes est accordé à Corneille
lui-même pour neuf ans, à la date de .. janvier 1653 (le
quantième est resté en blanc); il n'était donc pas expiré à l'époque
où _Courbé_ obtint celui de 1657. Mais ce nouveau privilége ne lui fut
accordé que du consentement de Corneille, car il était cessionnaire,
avec _Guillaume de Luyne_, des droits conférés au poëte en 1653. Le
texte du privilége de 1653 est donné ici comme dans l'édition de 1660,
avec la date de l'achevé d'imprimer de cette édition au 31 octobre
1660. Un détail qu'il est difficile d'expliquer, c'est que la pièce se
termine dans le premier volume par la mention suivante: _Et cette
dernière Edition_ [in-folio] _achevée le 24. Avril 1663. audit Roüen,
par ledit Maurry_, et, dans le second volume, par cette autre mention:
_Et cette derniere Edition achevée le 15. de Septembre 1663, audit
Roüen, par ledit Maurry_.

L'édition fut terminée plusieurs mois avant l'achèvement du portrait
et du frontispice et les 2 ff. prélim. ne furent imprimés qu'au
dernier moment. Les deux volumes que nous avons décrits sous le numéro
précédent, aussi bien que les trois achevés d'imprimer que nous venons
de rapporter, ne laissent aucun doute à cet égard.

Les libraires durent faire tirer en même temps des titres, sous
plusieurs dates différentes, car l'impression de ces titres paraît
avoir été effectuée sur les mêmes formes.

L'édition de 1663 nous offre un texte revu par Corneille pour la
troisième fois. Le poëte s'inquiéta beaucoup plus, en faisant cette
révision, de la forme que du fond. Il voulut introduire un système
orthographique nouveau, pour faciliter aux étrangers la prononciation
de notre langue. L'avis _Au Lecteur_, qui précède le premier volume,
est consacré tout entier à l'exposition de son système, dont les
points fondamentaux sont: la distinction de l'_i_ voyelle et du _j_
consonne, de l'_u_ voyelle et du _v_ consonne; la distinction de l'_s_
allongé ([s]) et de l'_s_ rond; l'accentuation de l'_e_ ouvert et de
l'_é_ fermé; l'emploi des doubles lettres.

Tout en posant ces préceptes, Corneille ne put obtenir des typographes
qu'ils les suivissent exactement. Dans tout le cours de cette édition,
comme dans celles de 1664, in-8o de 1668, l'_i_ et le _j_, l'_u_ et le
_v_ sont encore souvent confondus. Les accents n'y sont pas marqués
non plus d'après les indications de l'auteur: Corneille le reconnaît
lui-même dans l'avis _Au Lecteur_ du recueil de 1682.

Les premières lignes de l'avis _Au Lecteur_ de l'édition in-folio
témoignent du soin avec lequel le poëte arrêtait lui-même la
composition de ses volumes: «Ces deux Volumes, dit-il, contiennent
autant de Pieces de Theatre que les trois que vous avez veus cy-devant
imprimez in-Octavo. Ils sont réglez à douze chacun, et les autres à
huit. _Sertorius_ et _Sophonisbe_ ne s'y joindront point, qu'il n'y en
aye assez pour faire un troisiéme de cette _Impression_, ou un
quatriéme de l'autre. Cependant, comme il ne peut entrer en celle-cy
que deux des trois _Discours_ qui ont servy de Prefaces à la
précedente, et que dans ces trois Discours j'ay tasché d'expliquer ma
pensée touchant les plus curieuses et les plus importantes questions
de l'Art Poétique, cet Ouvrage de mes reflexions demeureroit imparfait
si j'en retranchois le troisiéme. Et c'est ce qui me fait vous le
donner en suite du second Volume, attendant qu'on le puisse reporter
au devant de celuy qui le suivra, si-tost qu'il pourra estre complet.»

Vendu: 145 fr., mar. r. (_Niedrée_), Bertin, 1854 (no 762);--330 fr.,
mar. r., _Duru_, Giraud, 1855 (no 1623);--250 fr., mar. r. (avec la
date de 1665), Solar, 1860 (no 1685);--900 fr., mar. r.
(_Duru-Chambolle_), Benzon, 1875 (no 246).

  109. LE || THEATRE || DE || P. CORNEILLE. || Reveu & corrigé par
    l'Autheur. || I. [II. III. et IV.] Partie. || _A Roüen, Et se
    vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, ||
    au Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Iustice_; [ou
    _Chez Thomas Iolly, au Palais, dans || la petite Salle, à la
    Palme, & aux || Armes de Hollande_; ou _Chez Loüis Billaine, au
    Palais, au second || Pilier de la grand'Salle, à la Palme, || &
    au grand Cesar_. || M.DC.LXIV [1664, et pour la IV. Partie,
    M.DC.LXVI--1666]. || Avec Privilege du Roy. 4 vol. in-8.

_I. Partie_: cxviij pp. prélim. (y compris le frontispice gravé et le
titre); 2 ff. non chiffr. pour le _Privilége_ et le titre de _Mélite_;
703 pp. et 8 figures.

_II. Partie_: cxiv pp. prélim. (y compris le frontispice gravé et le
titre), 2 ff. pour le _Privilége_ et le titre du _Cid_; 720 pp. et 8
figures.

_III. Partie_: xcj pp. prélim. (y compris le frontispice gravé et le
titre); 1 f. pour le titre de _Rodogune_; 743 pp. et 8 figures.

Le contenu de ces trois volumes est le même que celui du recueil de
1660, sauf l'addition de la _Toison d'or_. La Ire Partie s'ouvre par
un avis _Au Lecteur_, qui précède le _Discours du Poëme dramatique_;
dans la IIe Partie, l'ordre des pièces est changé: _Théodore_, au lieu
d'être placée après _Pompée_, se trouve à la fin du volume; la IIIe
Partie renferme 8 pièces au lieu de sept.

Les frontispices sont les mêmes qu'en 1660; la date n'en a pas été
modifiée. Les figures sont également les mêmes; celle qui accompagne
_la Toison d'or_, dernière pièce du tome IIIe, est seule nouvelle;
elle est signée: _Gl Ladame, inv. et fecit_.

M. Brunet a confondu le recueil de 1664 in-8 avec celui de 1660. Cette
erreur ne peut s'expliquer que par le peu de soin avec lequel les
éditions originales de Corneille avaient été étudiées jusque dans ces
dernières années.

On évitera même de confondre les feuillets provenant des deux recueils
en observant les _i_ et les _j_, les _u_ et les _v_, dont la
distinction est généralement faite dans cette dernière édition.

_IV. Partie_, 1666 (la disposition typographique employée pour les
adresses des libraires n'est pas tout à fait semblable à celle que
nous avons indiquée pour les trois premières parties): 2 ff. prélim.,
232 pp. et 1 f. blanc; 3 figures.

Cette IVe partie contient _Sertorius_, _Sophonisbe_ et _Othon_; elle a
dû être publiée originairement sans figures, car de tous les
exemplaires qui nous sont passés sous les yeux, quatre seulement les
possédaient, notamment celui de la Bibliothèque nationale, celui de M.
Cousin et celui de M. Didot. Les figures de _Sertorius_ et de
_Sophonisbe_ portent la signature de _L. Spirinx_; celle d'_Othon_
n'est pas signée.

Le privilége, dont les deux premières parties de cette édition
contiennent le texte, tandis qu'un extrait occupe le verso de la p.
xcj de la IIIe Partie, est le privilége de janvier 1653; il est suivi
de la mention de la cession faite par _Courbé_ à _Jolly_ et à
_Billaine_, mention dont nous avons parlé ci-dessus (no 108). On lit à
la fin de ce privilége dans les tomes Ier et IIe: _Et cette derniére
Edition achevée le 15. Aoust 1664. audit Roüen, par ledit Maurry_,
tandis que le tome IIIe porte: _achevée le quatorziéme Aoust mil six
cens soixante-quatre_.

La IVe Partie ne reproduit qu'un extrait du privilége du 3 décembre
1657, terminé par une mention de la cession faite par _Courbé_ et d'un
achevé d'imprimer daté du _30. Octobre 1665_.

On joint à cette édition les trois volumes suivants:

  POEMES || DRAMATIQUES || DE || T. CORNEILLE. || I. [II. et III.]
  Partie. ||_A Roüen, Et se vendent || A Paris, || Chez Guillaume de
  Luyne, Libraire Iuré, || au Palais, en la Gallerie des Merciers,
  || à la Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la ||
  Salle des Merciers, à la Palme, & || aux Armes de Hollande_; ou
  _Chez Loüis Billaine, au Palais || Pilier de la grand'Salle, à la
  Palme, || & au grand Cesar_. || M.DC.LXV [-M.DC.LXVI: 1665-1666].
  || Avec Privilege du Roy. 3 vol. in-8.

_I. Partie_, 1665: frontispice gravé avec la date de 1660; titre
imprimé, 709 pp. et 1 f. qui contient la fin du privilége (lequel
commence p. 710). Ce volume renferme 6 pièces précédées chacune d'une
figure. La figure du _Feint Astrologue_ est signée de _Choveau_
(_sic_) et _Le Doyen_; celle de _l'Amour à la mode_ et du _Charme de
la Voix_ sont signées de _Matheus_; celle du _Berger extravagant_
porte le nom de _Le Doyen_ seul; les deux autres ne sont pas signées.

_II. Partie_, 1665: frontispice gravé signé _Choveau_ (_sic_) et _Le
Doyen_, avec la date de 1661; titre imprimé, 652 pp. et 2 ff. pour le
privilége et l'achevé d'imprimer. Ce volume renferme, comme le
précédent, 6 pièces précédées chacune d'une figure. Les figures des
_Illustres ennemis_ et de _la Mort de Commode_ sont signées de _Choveau_
et _Le Doyen_; celles de _Bérénice_ et de _Darius_ portent le nom de
_Matheus_.

Le privilége des deux premiers volumes est daté de 1657; c'est le même
que dans l'édition de 1661; il est suivi d'une mention de la cession
faite par _Courbé_ à _Jolly_ et à _Billaine_ de la moitié des droits
qu'il s'était réservés, et d'un achevé d'imprimer du mois de décembre
1664: _à Roüen, par le susdit L. Maurry_.

_III. Partie_, 1666 (la disposition des adresses des libraires n'est
pas la même que dans les deux premiers volumes): 2 ff. prélim. pour le
titre général et le titre particulier du _Galant doublé_; 1 figure
pour cette même pièce et 401 pp., plus 3 autres figures. Ce volume
renferme 4 pièces accompagnées chacune d'une figure: _le Galant
doublé_, _Stilicon_, _Camma_ et _Maximian_. Les 4 planches sont
signées du nom ou du monogramme de _Spirinx_.

Le privilége, dont l'extrait occupe le verso de la p. 401, est le même
que celui des deux premières parties, mais l'achevé d'imprimer est du
30 octobre 1665.

Les amateurs modernes ont pris l'habitude d'éliminer les oeuvres de
Thomas Corneille, qui à l'origine accompagnaient celles de son frère;
mais les deux recueils étaient si bien destinés à être vendus ensemble
que, dans les exemplaires en reliure ancienne (dans ceux, par exemple,
de M. Cousin et de M. Didot), la troisième partie des _Poëmes_ de
Thomas est réunie à la quatrième partie des _OEuvres_ de Pierre.
Grâce à cette combinaison, les libraires pouvaient donner au public
cinq volumes de même épaisseur.

Nous avons vu figurer à la vente Pasquier en 1875 (no 327 du
Catalogue) un exemplaire de cette édition où le titre du tome IIe
était emprunté à l'édition de 1660. Un restaurateur, plus habile
qu'honnête, avait complété la date à la plume. Grâce à notre système
de description, il nous a été facile de découvrir cette supercherie,
contre laquelle les amateurs feront bien de se mettre en garde.

Vendu (avec les _Poëmes_ de Th. Corneille): 140 fr., mar. r. anc.,
Bertin, 1854 (no 760);--485 fr., même exempl., Solar, 1860 (no 1685),
pour M. Didot;--260 fr., mar. r. mod., même vente (no 1686);--760 fr.,
mar. v. (_Ve Niedrée_), Benzon, 1875 (no 245).--Sans les _Poëmes_ de
Th. Corneille: 600 fr., mar. r. (_Tripon_), Fontaine, 1872 (no
2644);--2,000 fr., mar. r. doublé de mar. r. (_Trautz-Bauzonnet_),
Fontaine, 1874 (no 565);--1,000 fr., mar. r. jans. (_Trautz-Bauzonnet_),
ibid. (no 566).

  110. LE || THEATRE || DE || P. CORNEILLE. || Reveu & corrigé par
    l'Autheur. || I. [II., III. et IV.] Partie. || _A Rouen, Et se
    vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, || Libraire Iuré,
    au Palais, en la Gallerie || des Merciers, à la Iustice_; [ou
    _Chez Thomas Iolly, au Palais, || dans la petite Salle, à la
    Palme, & aux || Armes de Hollande_; ou _chez Louis Billaine, au
    Palais, || au second Pilier de la grand'Salle], à la || Palme,
    & au grand Cesar_.] || M.DC.LXVIII [1668]. || Avec Privilege du
    Roy. 4 vol. in-12.

_I. Partie_: xcviij pp. (y compris le titre); 3 ff. non chiff. pour le
titre); 3 ff. non chiff. pour le _Privilége_ et pour le titre de
_Mélite_; 586 pp. et 1 f. blanc.

_II. Partie_: cx pp. (y compris le titre); 3 ff. non chiff. pour le
_Privilége_ et le titre du _Cid_; 596 pp. et 2 ff. blancs.

_III. Partie_: lxxxiv pp. (y compris le titre); 3 ff. non chiff. pour
le _Privilége_ et le titre de _Rodogune_; 618 pp. et 1 f. blanc.

Le contenu de ces trois premières parties est le même que celui des
parties correspondantes du recueil de 1664.

_IV. Partie_: xxvj pp. (y compris 1 f. blanc et le titre); 3 ff. pour
le _Privilége_ et le titre de _Sertorius_; 364 pp.

La IVe partie renferme cinq pièces: _Sertorius_, _Sophonisbe_,
_Othon_, _Agésilas_ et _Attila_. Elle est précédée d'un avis ainsi
conçu: «_Le Libraire au Lecteur_. Je n'ay pû tirer de l'Autheur, pour
ce quatrième Volume, un discours pareil à ceux qu'il a mis au devant
des trois qui l'ont précédé, ny sa Critique sur les piéces qui le
composent, mais il m'a promis l'un et l'autre quand ce volume sera
complet, et qu'il en aura huit comme les précédens. En attendant
l'effet de cette promesse, je vous donne ici les Préfaces dont il a
accompagné chacune de celles-cy quand il les a fait imprimer.» Cet
avis est effectivement suivi des cinq préfaces.

Les 4 volumes renferment le même privilége, non pas celui qui fut
accordé à _Courbé_ pour vingt ans le 3 décembre 1657, mais celui que
Corneille avait obtenu en janvier 1653. C'est là une erreur évidente,
puisque le privilége de 1653 n'était valable que pour 9 ans.

A la fin du privilége est mentionnée la cession faite par Corneille à
_Courbé_ et à _de Luyne_, puis par _Courbé_, pour sa part, à _Jolly_
et à _Billaine_. On lit ensuite: _Et cette derniere Edition achevée le
15. Septembre 1668. audit Rouen, par ledit Maurry_.

Corneille ne tint pas la promesse qu'il avait faite à son libraire de
lui fournir pour la IVe partie un Discours préliminaire et des
Examens. _Tite et Bérénice_, _Pulchérie_ et _Suréna_ complétèrent plus
tard les 8 pièces qui devaient former cette partie, mais n'y furent
réunis qu'en 1682. «G. de Luyne et ses associés se bornèrent, dit M.
Taschereau, à ajouter au tome IV de cette édition de 1668 des
exemplaires des éditions originales, puis des réimpressions séparées
des trois dernières pièces de l'auteur. Pour hâter sans doute
l'épuisement de ces quatre volumes, ils prirent même le parti, en
1672, de faire imprimer pour un certain nombre d'exemplaires 40 pages
in-12, avec pagination particulière (36 pages numérotés et en tête 2
feuillets non paginés), mais avec signatures faisant suite à celles
des 364 pages du volume, contenant les Vers et les Poëmes sur les
victoires de Louis XIV, les uns composés, les autres traduits par P.
Corneille.»

Nous rapportons ces paroles de M. Taschereau, parce que, pour notre
part, nous n'avons pas rencontré d'exemplaires ainsi complétés. Nous
aurons l'occasion de faire remarquer plus loin (no 112) avec quelle
lenteur se débita le recueil de 1668, mais il ne faut pas en attribuer
le peu de débit à l'indifférence du public. Les libraires firent
imprimer en même temps deux éditions à deux prix différents, et le
livre dut être tiré à un très-grand nombre d'exemplaires.

On joint au recueil de 1668 (A) l'édition suivante des _Poëmes_ de Th.
Corneille:

  POEMES || DRAMATIQUES || DE || T. CORNEILLE. || I. [II. III. IV.
  et V.] Partie. || _A Rouen, Et se vendent || A Paris, || Chez
  Guillaume de Luyne, Libraire || Iuré, au Palais, en la Gallerie
  des || Merciers, à la Iustice_; [ou _chez Thomas Iolly, au Palais,
  dans la petite Salle, à la Palme, & aux Armes de Hollande_; ou
  _Chez Louis Billaine, au Palais, au second Pillier de la
  grand'Salle, à la Palme, et au grand Cesar_]. || M.DC.LXIX.
  [-M.DC.LXXX: 1669-1680]. || Avec Privilége du Roy. 5 vol. in-12.

_I. Partie_, 1669: 592 pp. (y compris le titre) et 2 ff. pour le
_Privilége_.

_II. Partie_, 1669: 544 pp. (y compris le titre) et 2 ff. pour le
_Privilége_.

_III. Partie_, 1669: 584 pp. (y compris le titre) et 2 ff. pour le
_Privilége_.

_IV. Partie_, 1673: recueil factice d'éditions séparées précédé d'un
titre général et contenant: _Laodice_, 1668; _le Baron d'Albikrac_,
1669; _la Mort d'Annibal_, 1670; _la Comtesse d'Orgueil_, 1671;
_Ariane_, 1672; _Théodat_, 1673.

_V. Partie_, 1680: recueil factice d'éditions séparées, précédé d'un
titre général et contenant: _la Mort d'Achille_, 1674; _D. Cesar
d'Avalos_, 1676; _Circé_, 1675; _l'Inconnu_, 1676; _le Comte d'Essex_,
1678.

Les trois premiers volumes contiennent le texte du privilége du 3
décembre 1657, avec un achevé d'imprimer daté du mois d'avril 1669;
les deux volumes complémentaires ne renferment pas de privilége
général.

Quelques amateurs pensent que chacune des parties de l'édition de 1668
doit être accompagnée d'un frontispice gravé. Cette opinion nous
paraît fort douteuse. De tous les exemplaires qui nous sont passés
entre les mains, un seul contenait des frontispices; c'était un
exemplaire en reliure moderne auquel on avait ajouté les frontispices
de 1682, qui n'étaient pas de la même grandeur que le livre.

  111. LE || THEATRE || DE || P. CORNEILLE. || Reveu et corrigé par
    l'Autheur. || I. [II. III. et IV.] Partie. || _A Rouen, Et se
    vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire || Iuré,
    au Palais, en la Gallerie des || Merciers, à la Iustice_; [ou
    _Chez Thomas Iolly, au Palais, || dans la petite Salle, à la
    Palme, & aux || Armes de Hollande_; ou _Chez Louis Billaine, au
    Palais || au second Pilier de la grand'Salle, à la || Palme, &
    au grand Cesar_]. || M.DC.LXVIII [1668]. || Avec Privilege du
    Roy. 4 vol. in-12.

Cette édition, dont le titre est exactement semblable à la précédente,
n'en est pas moins toute différente. Pour en faire plus aisément la
collation, nous désignerons la première par A et la seconde par B.

_I. Partie_: xcviij pp. prélim. (y compris le titre); 3 ff. pour le
_Privilége_ et le titre particulier de _Mélite_; 474 pp.

_II. Partie_: xc pp. prélim. (y compris le titre); 3 ff. pour le
_Privilége_ et le titre du _Cid_; 479 pp.

_III. Partie_: lxxxiv pp. prélim. (y compris le titre); 3 ff. pour le
_Privilége_, 1 f. blanc, 1 f. pour le titre de _Rodogune_; 531 pp.

_IV. Partie_: xxvj pp. prélim. (y compris le titre et 1 f. blanc qui
précède le titre); 3 ff. pour le _Privilége_ et le titre de
_Sertorius_; 312 pp.--Les feuillets prélim. de l'édition B sont
exactement semblables à ceux de l'édition A. Cette similitude est si
complète qu'il ne nous a pas été possible de relever le moindre détail
typographique qui pût servir à les distinguer. Par contre, le texte du
théâtre est beaucoup plus compacte dans B que dans A, ainsi qu'on peut
s'en convaincre en comparant les collations de chaque volume. Pour
gagner de la place, l'imprimeur n'a pas inséré le nom des personnages
au-dessus de chaque couplet, dans une ligne de blanc; il s'est
contenté de placer des initiales à la marge.

M. Taschereau (_OEuvres de Corneille_, t. Ier, p. xxxviij) signale
cette édition B, qu'il considère comme une simple contrefaçon. Il est
vrai que le papier en est moins beau, mais les caractères, les lettres
ornées et les fleurons sont identiques, et les feuillets prélim. des 4
volumes ont été certainement imprimés sur la même composition. Nous
sommes plutôt d'avis que les libraires associés auront voulu faire une
édition d'un prix moins élévé que l'édition A, et qu'ils y auront
employé un papier moins fin et un texte plus compacte, pour diminuer
l'épaisseur des volumes. Il n'était pas possible de réduire la place
occupée par les discours préliminaires. Aussi a-t-on employé la même
composition pour les deux éditions, tandis qu'il a suffi d'un
remaniement très-simple pour gagner une centaine de pages pour chacune
des trois premières parties et une cinquantaine pour la quatrième. M.
Taschereau a été frappé de ce que tous les volumes de B, qu'il a eu
entre les mains, portaient le nom de _Thomas Jolly_, mais nous en
avons un sous les yeux qui porte le nom de _Louis Billaine_, et nous
avons rencontré celui de _Guillaume de Luyne_ sur des volumes de
Thomas Corneille.

En effet, l'édition de Thomas Corneille, qui porte la date de 1669,
est double comme l'édition du théâtre de son frère. Voici la
description de ce recueil, qu'on peut joindre à l'édition B.

  POEMES || DRAMATIQUES || de T. Corneille. || I. (II. et III.)
  Partie. || _A Rouen, Et se vendent || A Paris, || Chez Guillaume
  de Luyne, || Libraire Iuré, au Palais, en la Gallerie || des
  Merciers, à la Iustice_; ou _Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la
  petite Salle || à la Palme, & aux Armes de Hollande_; ou _Chez
  Louis Billaine, au Palais, au second Pillier de la grand' Salle, à
  la Palme & au grand Cesar_]. || M.DC.LXIX. || Avec Privilege du
  Roy, 3 vol. in-12.

_Ire Partie_: 437 pp. (y compris le titre) et 1 f. non chiff.,
contenant la fin du _Privilége_, qui commence p. 438.--_IIe Partie_:
446 pp. (y compris le titre), 2 ff. pour le _Privilége_ et 3 ff.
blancs.--_IIIe Partie_: 487 pp. (y compris le titre), 1 f. contenant
la fin du _Privilége_ et 1 f. blanc.

Cette édition désigne également les personnages par de simples
initiales placées dans la marge. Nous avons à peine besoin de
remarquer qu'on peut y ajouter les deux recueils qui portent le titre
de IVe et Ve Partie (voy. no 110).

Tout en admettant que B n'est pas une contrefaçon, nous devons
reconnaître que cette édition est postérieure à l'édition A. Celle-ci
indique après le privilége de la IIe Partie la correction suivante: p.
xlix, 1. 24: _Alciabe_, lisez _Alcibiade_; or, dans B, la correction
est faite, ce qui indique bien un tirage subséquent.

M. Taschereau dit n'avoir jamais rencontré d'exemplaire de la IVe
partie de B complété par des exemplaires des trois dernières pièces de
Corneille. Cette particularité est facile à expliquer. Les libraires
voulurent écouler d'abord les exemplaires dont le prix était le plus
élevé; ils en complétèrent la troisième partie pour les recommander au
public. Nous allons voir, sous le numéro suivant, comment furent
vendus les exemplaires de l'édition B qui étaient restés en magasin.

  112. LE || THEATRE || DE || P. CORNEILLE. || Reveu & corrigé par
    l'Auteur. || _A Roüen, Et se vend || A Paris, || Chez Pierre
    Traboüillet, dans la || grande Salle du Palais, vis-à-vis la
    porte || proche les Consultations, à la Fortune || & à l'Image
    S. Louys._ || M.DC.LXXX [1680]. || Avec Privilege du Roy. 4
    vol. in-12.

Cette édition, dont nous avons trouvé des volumes dépareillés à la
bibliothèque Sainte-Geneviève, fut faite à l'aide d'un procédé
analogue à celui que les libraires avaient employé en 1657.
_Trabouillet_ se rendit acquéreur en 1680 des exemplaires invendus de
l'édition à bon marché de 1668, laquelle, ainsi que nous l'avons fait
remarquer, avait dû être tirée à grand nombre; il retira les anciens
titres et leur en substitua de nouveaux, sans rien changer au reste du
livre. Il nous suffit donc de renvoyer pour la collation de cette
édition au no 111.

Les _Poëmes dramatiques de Th. Corneille_ (édition B de 1669) ont subi
un remaniement du même genre. On peut les joindre à cette édition avec
la date de 1680.

  113. LE || THEATRE || DE || P. CORNEILLE. || Reveu et corrigé par
    l'Autheur. || I. [II. III. et IV.] Partie. || _A Paris, || Chez
    Guillaume de Luyne, || Libraire Juré, au Palais, en la Galerie
    des || Merciers, sous la montée de la Cour des || Aydes, à la
    Justice_; [ou _Chez Estienne Loyson, au premier || Pillier de
    la grand'Salle du Palais, proche les || Consultations au nom
    de Jesus_; ou _Chez Pierre Traboüillet, au || Palais, en la
    Galerie des Prisonniers, à l'Image || S. Hubert, & à la Fortune
    proche le || Greffe aux Eaux et Forests_]. || M.DC.LXXXII
    [1682]. || Avec Privilege du Roy. 4 vol. in-12.

_I. Partie_: frontispice gravé; portrait de Corneille; xcviij pp.
prélim. (y compris le titre); 1 f. pour le titre de _Mélite_; 586 pp.
et 1 f. pour le _Privilége_.--Le frontispice est une réduction du
grand frontispice qui précède l'édition in-fol. de 1663; on lit
au-dessous: _Le Theatre de P. Corneille_. Le portrait de Corneille ne
porte pas de signature; il représente le poëte dans le costume des
premières années du règne de Louis XIV: perruque, calotte et rabat; on
lit au-dessous: _Pierre Corneille né à Rouen en l'Année_ M.VI.C.VI.

_II. Partie_: frontispice gravé; cx pp. prélim. (y compris le titre);
1 f. pour le titre du _Cid_; 597 pp.--Le frontispice représente deux
Amours placés au-dessous de vastes lauriers; l'un tient une draperie
qui porte ces mots: _le Theatre de P. Corneille_; l'autre grave sur la
pierre les armes du poëte; ce dernier Amour est assis sur une base en
pierre, qui porte l'inscription suivante: _Reueu et corrigé et
augmenté de diuerses pieces nouuelles_. 2. _Partie._

Il y a deux sortes d'exemplaires de cette IIe Partie; les uns comptent
597 pp. et contiennent un _Extrait du Privilége_ au verso de la p.
597; les autres n'ont que 596 pp. et l'_Extrait du Privilége_ y occupe
le recto du feuillet suivant. Cette différence vient de ce que,
pendant le tirage, Corneille a supprimé vingt vers dans la scène Ve du
cinquième acte de _Théodore_ (p. 587). La feuille Bb, dernière du
volume, s'est ainsi trouvée subir un remaniement complet.

_III. Partie_ (l'adresse des libraires est disposée autrement que dans
les deux premiers volumes): frontispice gravé, LXXXIV pp. prélim. (y
compris le titre); 1 f. pour le titre de _Rodogune_; 618 pp. et 1 f.
pour l'_Extrait du Privilége_.--Le frontispice représente une femme
nue, qui personnifie la Vérité; cette femme, qui se tient debout sur
une boule, est entourée de six personnages en costumes romains et
asiatiques; elle supporte des deux mains une banderole sur laquelle on
lit ces mots: _le Theatre de P. Corneille_.

_IV. Partie_: frontispice gravé; xxij pp. prélim. (y compris le
titre); 1 f. pour le titre de _Sertorius_ et 591 pp.--Le frontispice
représente Apollon entouré de personnages de diverses nations. Au
verso de la p. 591 se trouve un _Extrait du Privilége_.

Cette édition, la dernière qu'ait publiée Corneille, nous donne le
texte définitif adopté par lui. Elle a, par cela même, une grande
importance et mérite d'être recherchée peut-être plus encore que
toutes les précédentes. Les exemplaires en sont moins rares, mais il
est fort difficile d'en trouver de bien complets avec tous les
frontispices. Un exemplaire qui a figuré à la vente Pasquier, en 1875,
offrait un défaut qu'il importe de signaler. L'un des frontispices
était emprunté à l'édition de Th. Corneille, que nous allons décrire
ci-après; un faussaire y avait changé le T en un P plus ou moins bien
réussi. Le but de cette bibliographie est précisément de mettre les
amateurs à l'abri de fraudes semblables.

Chacun des volumes du recueil de 1682 contient huit pièces; l'ordre
dans lequel elles sont placées est celui qui avait déjà été suivi en
1668; le tome IVe contient de plus _Tite et Bérénice_, _Pulchérie_ et
_Suréna_.

Le privilége, «donné à S. Germain en Laye, le 17. jour d'Avril, l'an
de grace 1679,» est accordé pour dix ans à _Guillaume de Luyne_, qui
déclare y associer _Estienne Loyson_ et _Pierre Trabouillet_. L'achevé
d'imprimer pour la première fois est du 26 février 1682. La troisième
partie porte le 16 février, ce qui est évidemment une faute
d'impression.

On joint à cette édition l'édition suivante de Thomas Corneille:

  POEMES || DRAMATIQUES || DE || T. CORNEILLE. || [I. II. III. IV.
  et V.] Partie. || _A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire
  || Juré au Palais, dans la Salle des Merciers, sous || la montée
  de la Cour des Aydes à la Justice_; [ou _Chez Trabouillet, au
  Palais, en la || Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à
  || la Fortune proche le Greffe des Eaux & Forets_]. || M.DC.LXXXII
  [1682]. || Avec Privilege du Roy. 5 vol. in-12.

_I. Partie_: frontispice gravé; titre imprimé; 592 pp.--Le frontispice
représente une femme debout couronnée de lauriers, qui tient de la
main droite une trompette, tandis que, de la main gauche, elle fait
jaillir du lait de son sein; près de cette femme trois Amours jouent
avec divers attributs.--Ce Ier volume ne contient ni privilége, ni
achevé d'imprimer.

_II. Partie_: frontispice gravé; 545 pp. et 3 ff. blancs.--Le
frontispice représente l'empereur Commode, vêtu d'une longue robe, qui
se perce la poitrine d'un poignard; à ses pieds se trouvent sa
couronne et les autres insignes de son pouvoir impérial.--Un _Extrait
du Privilége_ occupe le verso de la p. 545.

_III. Partie_: frontispice gravé; 510 pp. et 1 f. blanc.--Le
frontispice représente une femme qui personnifie la comédie; cette
femme tient de la main droite un tambour de basque et de la gauche une
trompette; à ses pieds se voient une Folie et un violon, près d'elle
un Amour joue de la vielle.

_IV. Partie_: 533 pp. en tout. Un _Extrait du Privilége_ occupe le
verso du dernier feuillet.

_V. Partie_: 571 pp. et 2 ff. blancs. Le verso du dernier feuillet
imprimé (p. 572) contient un _Extrait du Privilége_.

Nous n'avons jamais vu de frontispices à ces deux dernières parties.
Un amateur distingué, M. Daguin, ancien président du tribunal de
commerce, qui a particulièrement étudié les éditions collectives
données par Corneille, nous déclare ne les avoir jamais rencontrés non
plus. «C'est précisément cette particularité, ajoute-t-il dans une
note qu'il a bien voulu nous communiquer, qui me fait penser que les
frontispices destinés aux _Poëmes_ de Thomas Corneille ont été
exécutés pour l'édition de 1669 (voy. ci-dessus no 111) et non pour
celle de 1682. Dans ce cas, il faudrait admettre que les frontispices
gravés pour les _OEuvres_ de Pierre Corneille appartiennent, eux
aussi, à l'édition de 1668, et non à celle de 1682.» Nous avons déjà
exposé ce système, qui ne nous paraît pas encore appuyé de preuves
suffisantes.

Le privilége, daté du 17 avril 1679, est donné pour dix ans à
_Guillaume de Luyne_, qui déclare y associer _Pierre Trabouillet_.
L'achevé d'imprimer, qui suit les _Extraits du Privilége_, est, pour
la IIe partie, du 26 février 1682, pour la IVe et la Ve partie, du 23
juillet de la même année.



IV.--ÉDITIONS DES OUVRAGES DE PIÉTÉ DE CORNEILLE

PUBLIÉES PAR LUI-MÊME.


I

  114. L'IMITATION || DE || IESVS CHRIST. || Traduite en vers
    François || par P. Corneille. || _A Roüen, || Chez Laurens
    Maurry, prés le Palais._ || M.DC.LI [1651]. || Auec Priuilege
    du Roy. || _Et se vendent A Paris, || Chez Charles de Sercy, au
    Palais, || dans la Salle Dauphine, à la bonne || Foy
    Couronnée_; [ou _Imprimé à Roüen, || Et se vendent || A Paris,
    || Chez Pierre le Petit, Imprimeur || & Libraire ordinaire du
    Roy, rüe || S. Iacques à la Croix d'Or_]. || M.DC.LI [1651]. ||
    Auec Priuilege du Roy. || In-12 de 5 ff. non chiffr. et 56 ff.
    chiffr.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant un
écusson soutenu par deux anges, qui personnifient la Foi et la
Charité; on lit dans l'écusson: L'_Imi || tation|| de Iesus Christ ||
mise || en vers François || Par P. Corneille_, et au-dessous, la date
de 1651 et la signature _H. Dauid Fec._; ce frontispice est tiré sur 1
f. séparé qui ne fait pas partie du premier cahier;--titre imprimé
portant un fleuron aux insignes de la passion (les titres, au nom de
_P. le Petit_, sont imprimés en rouge et en noir);--2 ff. pour l'avis
_Au Lecteur_;--1 f. pour l'_Approbation des Docteurs_ et la première
page du texte latin.

Cette édition renferme le premier fragment de l'_Imitation_ publié par
Corneille, c'est-à-dire les 20 premiers chapitres seulement du livre
Ier. L'auteur du _Cid_ voulait, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même,
sonder par cet essai le goût du public: «Les matieres y ont si peu de
disposition à la Poësie, dit-il dans son avis _Au Lecteur_, que mon
entreprise n'est pas sans quelque apparence de témérité. Et c'est ce
qui m'a empesché de m'engager plus avant, que je n'aye consulté le
jugement du Public par ces vingt Chapitres que je luy donne pour coup
d'essay, et, pour arres du reste. J'apprendray par l'estime ou le
mépris qu'il en fera, si j'ay bien ou mal pris mes mesures, et de
quelle façon je dois continuer: s'il me faut estendre davantage les
pensées de mon Autheur, pour leur faire recevoir par force les
agréments qu'il a méprisez, ou si ce peu que j'y adjouste quelquefois
par la nécessité de fournir une strophe, n'est point une liberté qu'il
soit à propos de retrancher.»

L'avis _Au Lecteur_ est suivi de l'_Approbation des Docteurs_, dont le
texte, assez bizarrement conçu, a passé dans toutes les premières
éditions de l'_Imitation_. Voici comment s'expriment les Docteurs: «Le
livre de l'Imitation de Jésus-Christ avoit honoré toutes les Langues
des Nations mesme les plus éloignées, mais il n'avoit point encor
parlé celle du Parnasse. Ce travail estoit réservé à Monsieur
Corneille pour en exprimer parfaitement dans la douceur de ses beaux
Vers tout l'esprit et la lettre. La grandeur du sujet, le mérite de
l'Autheur qui en a fait le choix, et la maniere dont il a sçeu le
traiter, donnent à cet Ouvrage plus de recommandation que tous les
Eloges possibles; et tout le témoignage que nous en pouvons rendre,
est que cette traduction est toute fidelle, toute Orthodoxe, et toute
conforme à son Original, et par conséquent tres-digne de passer dans
les mains de toutes les personnes de piété, tres-utile pour inspirer
les plus belles Maximes de la Morale Chrestienne, et capable de faire
de tres-grands fruits. C'est ainsi que nous soubssignez Docteurs en la
Sacrée Faculté de Théologie de Paris, et Chanoines de l'Eglise de
Rouen, l'avons estimé. A Rouen le 30. d'Aoust 1651. GAULDE, R. LE
CORNIER.»

Dans cette première édition, le texte latin est placé en regard de la
traduction; il occupe le verso des feuillets, tandis que les vers de
Corneille sont imprimés sur le recto des feuillets correspondants. Le
56e f. est rempli par le texte du privilége, daté du 22 septembre
1650; nous y lisons, après les mentions de style: «Nostre cher et
bien-amé le Sieur Corneille nous a fait remonstrer qu'il a traduit en
Vers François l'_Imitation de Jésus Christ_, et qu'il est sollicité de
donner au Public ladite Version; ce qu'il n'oseroit faire sans avoir
nos Lettres sur ce nécessaires, lesquelles il nous a tres-humblement
supplié de luy accorder.» A ces causes Corneille est investi pour cinq
ans du privilége. Le texte se termine par la mention suivante: _Acheué
d'imprimer pour la premiere fois, le 15. de Nouembre 1651._

Les sentiments de piété dans lesquels vivait Corneille furent les
seuls mobiles qui le portèrent à traduire l'_Imitation de Jésus
Christ_. Comme il le donne clairement à entendre dans sa dédicace au
pape Alexandre VII, il voulait en quelque sorte racheter l'orgueil que
ses succès au théâtre avaient pu lui inspirer, en traduisant un livre
qui se refusait aux ornements de la poésie. Malgré la dédicace au
pape, peut-être la reine Anne d'Autriche ne fut-elle pas étrangère à
cette entreprise. L'auteur du _Carpenteriana_ parle du désir que la
reine aurait exprimé au poëte, de voir s'achever son oeuvre; mais elle
prête un singulier motif à la pénitence que s'était donnée Corneille.
La traduction de l'_Imitation_ lui aurait été imposée par un
confesseur, pour se faire pardonner un poëme licencieux qu'il aurait
composé quelques années auparavant, l'_Occasion perdue et recouvrée_.
Nous parlerons de ce poëme dans notre chapitre VIe, consacré aux
ouvrages attribués à Corneille, mais nous devons dire dès maintenant
que M. Marty-Laveaux, dans l'introduction de son t. Xe, a fait bonne
justice des imputations calomnieuses dirigées par l'auteur du
_Carpenteriana_ contre la mémoire de notre poëte.

La traduction de l'_Imitation_ eut un très-grand succès, dont les
nombreuses éditions qui en furent publiées sont la meilleure preuve.
Nous craignons que le chapitre que nous leur consacrons n'offre bien
des lacunes; mais il présentera du moins la description raisonnée d'un
certain nombre d'éditions, qui ne sont désignées dans les
bibliographies que par une simple date.

Vendu: 110 fr., mar. bl. (_Trautz-Bauzonnet_), Solar, 1860 (no 215).

  115. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en vers ||
    François, || Par P. Corneille. || _Imprimé à Roüen, || Et se
    vendent || A Paris, || Chez Pierre le Petit, Imprimeur || &
    Libraire ordinaire du Roy, ruë || S. Iacques à la Croix d'Or._
    || M.DC.LI [1651]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. non
    chiff., 107 ff. chiffr. et 1 f. non chiffr.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant un
écusson supporté par deux anges qui personnifient la Foi et la Charité
(le même que dans l'édition précédente, mais avec la date de 1652, ou
même dans quelques exemplaires de 1653);--titre imprimé en rouge et en
noir;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_, dans lequel le passage que nous
avons cité ci-dessus a été omis;--2 ff. pour l'_Approbation des
Docteurs_, la _Table des Chapitres_, et la première page du texte
latin.

Cette édition contient le premier livre de l'_Imitation_ en entier (25
chapitres); l'original latin y est placé en regard de la traduction.
Le privilége commence au verso du f. 107 et se développe sur le recto
du feuillet suivant. La date et le texte sont les mêmes que dans la
première édition. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la première
fois, le 31. d'Octobre 1652_, c'est-à-dire onze mois et demi après la
publication des vingt premiers chapitres. Le titre porte cependant la
date de 1651.

Il existe probablement des exemplaires au nom de _Ch. de Sercy_.

Vendu: 19 fr., mar. r., Giraud, 1855 (no 196).

Nous décrivons ci-après (nos 117 et 119) deux éditions datées de 1651,
mais en réalité postérieures.

  116. L'IMITATION DE IESVS-CHRIST. Traduite en vers François par
    P. Corneille. Seconde Partie. _A Roüen, De l'Imprimerie de L.
    Maurry, ruë aux Iuifs, derrière la Chapelle du Palais_; [ou
    _Imprimé à Roüen, & se vend à Paris, Chez Charles de Sercy, au
    Palais, en la Salle Dauphine, à la bonne Foy couronnée_].
    M.DC.LII [1652]. In-12 de 6 ff. prélim. et 60 ff. chiffr.

Cette édition renferme les chapitres XXI-XXV du livre premier et les
six premiers chapitres du livre second de l'_Imitation_. Le texte
latin est placé en regard de la traduction française; l'achevé
d'imprimer est du 31 octobre 1652.

Il existe sans doute des exemplaires au nom de _Pierre le Petit_.

Vendu: avec le no 114, 50 fr. m. bl. (_Capé_), Giraud, 1855 (no
195};--131 fr. même exempl., Solar, 1860 (no 216).

  117. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en vers
    François || par P. Corneille. || _A Roüen, || Chez Laurens
    Maurry, prés le Palais._ || M.DC.LI [1651]. || Auec Priuilege
    du Roy. || _Et se vendent A Paris, || Chez Charles de Sercy, au
    Palais, || dans la Salle Dauphine, à la bonne || Foy
    Couronnée._ In-12 de 5 ff. non chiffr. et 60 ff. chiffr.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé, tiré sur 1 f.
séparé (c'est le même que dans les éditions ci-dessus);--titre imprimé
avec les insignes de la passion;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--1
f. pour l'_Approbation des Docteurs_, et la première page du texte
latin.

Cette édition, où le texte est placé en regard de la traduction,
contient le livre Ier et les six premiers chapitres du livre IIe.

Le privilége, qui occupe le f. 59 vo et le f. 60 ro, est suivi d'un
achevé d'imprimer du 31 octobre 1652.

Il doit exister des exemplaires au nom de _P. le Petit_.

  118. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François par P. C. || Enrichie de Figures de Taille-Douce ||
    sur chaque Chapitre. || _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris,
    || Chez Charles de Sercy, au Palais dans la Salle Dauphine,
    à la bonne Foy Couronnée_; [ou _Chez Pierre le Petit, Imprimeur
    ord. du Roy, || ruë S. Iacques, à la Croix d'Or_]. || M.DC.LIII
    [1653]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 191 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant un
ange aux ailes éployées qui tient une draperie sur laquelle est
inscrit le titre;--titre imprimé avec les insignes de la passion;--2
ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et l'_Approbation des Docteurs_;--1 f.
pour la _Table_;--1 f. pour la fig. du 1er chapitre.

Cette édition contient le Ier livre et 6 chapitres du IIe
livre;--chaque chapitre est précédé d'une vignette. Voici l'indication
des figures: f. vj, vo: _Jésus-Christ enseignant les troupes qui le
suivoient_, composition signée _David_, très-différente de la même
gravure faite sur le même sujet en 1656;--p. 4: _S. Alexis meurt en
habit de mandiant_;--p. 8: _S. Thomas d'Aquin_;--p. 16: _Ste
Marcelle_;--p. 20: _l'Eunuque de la Reine d'Ethiopie_;--p. 24: _David
regardant Bersabée_;--p. 28: _la Chute de Lucifer_;--p. 34: _la
Madelaine_;--p. 38: _S. Maur commandé par S. Benoist_;--p. 42: _S.
Bruno_;--p. 46: _la Conversion de Sainct Augustin_;--p. 52: _le roy
Ezechias adverty de sa mort_;--p. 56: _Job dans la souffrance_;--p.
64: _S. Vitalian passe sa vie à hanter des femmes publiques_;--p. 68:
_la Madelaine au pied de Jesus-Christ_;--p. 72: _la Conversion de St
Paul_;--p. 76: _Carloman, fils de Charlemagne_;--p. 80: _S. Paul et S.
Antoine_;--p. 86: _S. François porte l'impression des sacrés
stigmates_;--p. 92: _S. Benoist dans une grotte_;--p. 100: _S. Pierre
pleurant son péché_;--p. 108: _Thomas à Kempis_;--p. 118: _Charles
Quint fait faire ses funérailles_;--p. 130: _le Jugement dernier et
universel_;--p. 140: _S. Elisabeth de Hongrie_;--p. 150:
_l'Annonciation_;--p. 162: _le prophète Daniel_;--p. 166: _S.
Estienne_;--p. 171: _S. Pachome_;--p. 176: _Adam et Eve_;--p. 182:
_Joseph dans les prisons de Pharaon_.

La plupart des figures sont signées de _R. du Clos_ et de _David_; une
seule est signée de _Le Brun_.

Le privilége occupe les pp. 189-191. Il se termine par un achevé
d'imprimer du 31 octobre 1652.

Cette édition est la première qui contienne une gravure en tête de
chaque chapitre. M. Marty-Laveaux ne l'a pas connue, car il dit que
cette particularité se présente tout d'abord dans une édition achevée
d'imprimer le 30 juin 1653 (no 120).

La correspondance de Corneille avec le P. Boulart nous révèle toute
l'importance que le poëte attachait à ces gravures, pour lesquelles il
demanda des sujets à plusieurs religieux. L'exécution en est des plus
médiocres, mais la naïveté même de la conception nous montre l'esprit
de Corneille dans toute sa candeur et toute sa foi. Les amateurs
feront bien de rechercher de préférence les éditions où elles se
trouvent.

  119. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en vers ||
    François, || Par P. Corneille. || _Imprimé à Roüen, || Et se
    vendent || A Paris, || Chez Pierre le Petit, Imprimeur || &
    Libraire ordinaire du Roy, ruë || S. Iacques à la Croix d'Or._
    || M.DC.LI [1651]. || Auec Priuilege du Roi. Pet. in-12 de 6
    ff. non chiff. et 66 ff. chiffr.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant un
ange aux ailes éployées qui tient au milieu des airs une draperie sur
laquelle on lit: _l'Imitation de Iesus-Christ || mise en vers ||
françois ||par|| P. Corneille_;--titre imprimé en rouge et en noir;--2
ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et l'_Approbation des Docteurs_; 2 ff.
pour la _Table_, le _Privilége_ et la 1re p. du texte latin.

Cette édition, qui complète le fragment décrit sous le no 115, existe
probablement au nom de _Sercy_; elle contient les douze premiers
chapitres du livre IIe de l'_Imitation_; le texte latin est placé en
regard de la version de Corneille.

Le privilége ne contient pas de mention de la cession faite par le
poëte aux libraires. Il est suivi de ces mots: _Acheué d'imprimer pour
la premiere fois le 30. de Iuin 1653_.

  120. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François par P. C. || Enrichie de Figures de Taille-douce sur
    chaque Chapitre. ||_A Roüen, || De l'Imprimerie de L. Maurry,
    ruë aux Iuifs, || derriere la Chapelle du Palais_; [ou:
    _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Charles de
    Sercy, au Palais, en la Salle || Dauphine, à la bonne Foy
    couronnée_; ou _Chez Augustin Courbé, au Palais en la Salle des
    Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes_; ou _Chez
    Guillaume de Luyne, au Palais, en la Salle des Merciers, sous
    la montée de la Cour des Aydes_.] || M.DC.LIII [1653]. || Auec
    Privilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 239 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé avec la date de
1652; il représente un cartouche soutenu par deux anges dans lesquels
sont personnifiés la Foi et la Charité (dans les exemplaires au nom de
_Sercy_, le frontispice représente un ange aux ailes éployées, qui
soutient au milieu des airs une draperie sur laquelle on lit ce titre:
_l'Imitation || de || Jesus-Christ || mise en vers || françois || par
P. Corneille_);--titre imprimé, qui porte les insignes de la
passion;--3 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et l'_Approbation des
Docteurs_;--1 f. pour la 1re figure: _Jesus-Christ enseignant les
troupes qui le suivoient_. Le volume contient 37 figures.

Les 31 premières figures sont celles que nous avons déjà décrites (no
118). Voici comment les suivantes sont placées:--p. 188: _S.
Cecile_;--p. 192: _S. Ignace, martyr, estant deschiré par les
lions_;--pp. 199-200: _le Martyre de Sainct Laurens_;--pp. 209-210:
_le Pharisien et le Publicain_;--p. 216: _l'Empereur Lothaire_;--pp.
221-222: _S. Antoine_.

Cette édition contient la traduction des deux premiers livres, sans
texte latin. Les pp. 238 et 239 sont occupées par le privilége du 22
septembre 1651. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere
fois, le 30. de Iuin 1653_.

  121. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François || par P. Corneille. || Liure premier [Liure second].
    || _Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Pierre le
    Petit, Imprimeur ord. du Roy, || ruë S. Iacques, à la Croix
    d'Or._ || M.DC.LIII [1653]. || Auec Priuilege du Roy. 2 vol.
    in-12.

_Livre premier_: frontispice gravé qui représente un grand cartouche
soutenu par deux anges qui personnifient la Foi et la Charité; on lit
dans le cartouche le titre du livre, et au-dessous la date de 1653
(même planche que ci-dessus);--titre imprimé qui porte les insignes de
la passion;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--2 ff. pour
l'_Approbation des Docteurs_, la _Table_ et la première page du texte
latin; ensemble 6 ff. non chiff., 107 ff. chiff. et 1 f. occupé par la
fin du privilége, lequel commence au verso du f. 107.

_Livre second_: frontispice gravé qui représente un ange aux ailes
éployées soutenant une draperie sur laquelle se lit le titre de
l'_Imitation_,--titre imprimé qui porte les insignes de la passion;--2
ff. pour l'avis _Au lecteur_ et l'_Approbation_;--2 ff. pour la table,
le privilége et la première page du texte latin;--66 ff. chiff.

Le privilége contenu dans chacune des deux parties est le même; il est
daté du 22 septembre 1651. L'achevé d'imprimer pour la première fois
est, à la fin du Premier Livre, du 31 octobre 1652, et, à la fin du
Second Livre, du 30 juin 1653.

Cette édition, où le texte latin est placé en regard de la traduction,
est évidemment postérieure à la précédente. Le changement de date sur
le frontispice suffit pour le démontrer.

Il doit en exister des exemplaires au nom de _Sercy_ et peut-être
d'autres libraires.

  122. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François || par P. Corneille. || Liure Premier [Liure Second].
    || _Imprimé à Rouën, & se vend || A Paris, || Chez Charles de
    Sercy, au Palais, en la Salle || Dauphine, à la bonne Foy
    couronnée_; [ou _Chez Pierre le Petit, Imprimeur ord. du Roy,
    ruë S. Iacques, à la Croix d'or_]. || M.DC.LIIII [1654]. ||
    Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-12.

_Livre Premier_: frontispice gravé représentant un grand cartouche
supporté par deux anges qui personnifient la Foi et la Charité;--titre
imprimé qui porte les insignes de la passion;--2 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_;--2 ff. pour l'_Approbation des Docteurs_, la _Table des
chapitres_, et la 1re p. du texte latin; ensemble 6 ff. prélim., 107
ff. chiff. et 1 f. Le texte latin est placé en regard de la
traduction.

Le dernier feuillet est occupé par le privilége, qui commence au verso
du f. 107. Ce privilége est celui du 22 septembre 1651. On lit à la
fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois, le 30. de Juin 1653_.

_Livre Second_: front. gravé représentant un ange aux ailes éployées
qui tient une draperie au milieu des airs;--titre imprimé qui porte
les insignes de la passion;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et
l'_Approbation_; 2 ff. pour la _Table des chapitres_, le _Privilége_
et la 1re p. du texte latin; ensemble 6 ff. prélim. et 66 ff. chiff.

Cette seconde partie est accompagnée du texte latin comme la première
et n'a pas non plus de figures. Le privilége et l'achevé d'imprimer
sont les mêmes.

La première partie ne diffère peut-être que par le titre du no 121, et
la seconde est peut-être la même que celle qui a été décrite sous les
nos 119 et 121. Ces diverses éditions étant conservées dans des dépôts
publics différents, il ne nous a pas été possible de les comparer.

  123. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François par P. C. || Liure Troisiéme. || _A Paris, || Chez
    Robert Ballard, seul Impr. de la || Musique du Roy, ruë S. Iean
    de Beauuais, || au Mont Parnasse._ || M.DC.LIIII [1654]. ||
    Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. prélim. et 132 ff.
    chiffr.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente,
dans certains exemplaires, deux patriarches soutenant une draperie,
et, dans d'autres exemplaires, un large rideau soutenu par des anges
au-dessus d'un paysage;--titre imprimé qui porte les insignes de la
passion;--4 ff. pour l'avis _Au Lecteur_, l'_Approbation_, le
Privilége et la _Table_.

Cette édition, où le texte latin est placé en regard de la traduction
française, renferme les trente premiers chapitres du livre IIIe.

Le privilége, daté du 30 décembre 1653, est accordé pour quinze ans à
Pierre Corneille. On y lit ce qui suit: «Nostre cher et amé le sieur
Corneille, Nous a fait remonstrer qu'il a traduit en vers François
l'_Imitation de Jésus-Christ_, dont il a desja fait imprimer les deux
premiers Livres en vertu du Privilege à luy accordé par nos Lettres du
22. Septembre 1651. Lesquels deux premiers Livres il auroit fait
enrichir de Figures de taille-douce sur chaque Chapitre, contenans
chacune quelque exemple tiré de l'Escriture Sainte, ou de la Vie des
Saints, et appliquée à une sentence contenue ausdits Chapitres; Ce
qu'il désireroit continuer à l'avenir pour les deux Livres restans à
imprimer: Et d'autant que dans nosdites Lettres en forme de Privilege
il ne seroit parlé desdites Figures, et que plusieurs personnes
pourroient les faire graver de nouveau pour les appliquer sur le texte
Latin et Original de l'_Imitation de Jesus-Christ_, ou sur les
Versions qu'on en a faites en Prose Françoise et autres langues, ou
mesme pour les vendre ou débiter au public en Images separees, et
frustrer par ce moyen ledit Exposant des fruits de son travail...»

A ces causes, le privilége a été porté à une durée de quinze ans, à
partir de la première impression faite en vertu des nouvelles lettres,
et s'applique également aux figures. Corneille déclare faire cession
de ses droits au sieur _Ballard_.

On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois à Roüen, par
Laurens Maurry, le dernier d'Aoust mil six cens cinquante-quatre_.

  124. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François par P. C. || Enrichie de Figures de Taille-douce ||
    sur chaque Chapitre. || Liure troisiéme. || _A Paris, || Chez
    Robert Ballard, seul Impr. de la || Musique du Roy, ruë S. Iean
    de Beauuais,|| au Mont Parnasse._ || M.DC.LIIII [1654]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 180 pp.

Collection des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente une
vaste draperie soutenue par six petits anges au-dessus d'un riche
paysage;--titre imprimé qui porte les insignes de la passion;--1 f.
pour l'avis _Au Lecteur_;--3 ff. pour l'_Approbation des Docteurs_, la
_Table_ et la 1re figure.

En regard de chaque tête de chapitre se trouvent des figures faisant
suite à celles des deux premiers livres, éd. de 1653. En voici la
description sommaire:

F. vj, verso: _S. Mathieu quitte sa barque_;--p. 4: _Le Prophete_
_Samuel_;--pp. 9-10: _Sainte Catherine_;--p. 18: _Joseph s'enfuit de
sa Maistresse_;--p. 24: _Iesus Christ instruit la Samaritaine_;--p.
32: _S. Pierre et S. André_;--p. 40: _S. Iustin_;--pp. 47-48: _Le Roy
Nabuchodonozor parmi les bestes_;--pp. 53-54: _S. Ignace de Loyola se
plonge dans un estang_;--p. 58: _Henri Suso Iacobin_;--p. 64: _S.
Benoist se roule tout nu sur des espines_;--p. 68: _Le P. Laurens de
Suniano, Capucin sollicité par une femme impudique...._;--p. 74: _Saül
est agité du malin esprit_;--pp. 79-80: _Dauid surmonte le géant
Goliat_;--pp. 85-86: _S. François Xavier_;--pp. 91-92: _S. Louis Roy
de France_;--pp. 97-98: _S. André_;--p. 102: _La Nativité de Iesus
Christ_;--p. 108: _S. François renonce à la succession de son
pere_;--p. 114: _S. Eustache_;--p. 120: _Iesus Christ espouse Ste
Catherine_;--pp. 129-130: _S. Pierre Celestin se demet du
Pontificat_;--p. 136: _Iesus Christ lauant les pieds de ses
Apostres_;--p. 144: _S. Arnoul refuse la Couronne Ducale_;--p. 148:
_Boëce emprisonné injustement_;--pp. 153-154: _S. Iean Calibite_;--p.
160: _Heliodorus voulant piller les tresors du Temple_;--p. 166:
_David meprise les injures que lui conte Semeï_;--pp. 169-170: _Iesus
Christ au jardin des Oliues_;--p. 174: _Iesus Christ rend la veue à vn
aueugle_.

Toutes ces figures sont signées du graveur _H. David_; celles pour
lesquelles nous avons donné un double numéro sont imprimées au verso
d'un feuillet dont le recto est blanc.

Le privilége, dont les feuillets prélim. contiennent le texte, est
celui du 30 décembre 1653. Corneille déclare faire cession de ses
droits à _Ballard_. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la
premiere fois à Roüen, Par Laurens Maurry, le dernier d'Aoust mil six
cens cinquante-quatre_.

Cette troisième partie, comme la précédente, ne contient que les
trente premiers chapitres du livre IIIe.

  125. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite & paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || Premiere Partie.
    || _Imprimé à Roüen par L. Maurry, || Pour || Robert Ballard,
    seul Imprimeur de la || Musique du Roy, à Paris, ruë S. Iean de
    || Beauuais, au Mont Parnasse._ || M.D.LVI [1656]. || Auec
    Approbation des Docteurs, & Priuilege du Roy. In-12 de 12 ff.
    et 239 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant deux
prophètes qui tiennent une draperie sur laquelle est inscrit le
titre;--titre imprimé qui porte les insignes de la passion;--7 ff.
pour la dédicace;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f. pour
l'_Approbation des Docteurs_ et la figure du premier livre.

Les pp. 238-240 contiennent le _Privilége_; l'achevé d'imprimer est du
20 mars 1656.

Nous ne connaissons de cette édition qu'une première partie qui
contient le Ier livre et les douze premiers chapitres du IIe livre; M.
Marty-Laveaux (t. VIIIe, p. xx, note 3) n'en a pas non plus retrouvé
la suite, qui n'a peut-être jamais été imprimée, les libraires ayant
dès lors fait paraître des éditions contenant plusieurs parties avec
pagination suivie.

  126. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite & paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || Premiere Partie.
    || _Imprimé à Roüen par L. Maurry, || Pour || Robert Ballard,
    seul Imprimeur de la || Musique du Roy, à Paris, rue S. Iean de
    || Beauuais, au Mont Parnasse._ || M.DC.LVI [1656]. || Auec
    Approbation des Docteurs, & Priuilege du Roy. In-12 de 12 ff.
    et 420 pp., figg.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente une
draperie soutenue par deux prophètes; Dieu le Père plane au-dessus
d'eux dans les cieux; on lit sur la draperie: _L'Imitation || de ||
Iesus Christ || mise en || vers françois || par || P. Corneille_, et,
en bas de la figure, _H. Dauid fecit_;--titre imprimé qui porte les
insignes de la passion;--7 ff. pour l'épistre _Au Souverain
Pontife_;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f. pour l'_Approbation
des Docteurs_ et la 1re figure.

Les pp. 417 à 420 sont occupées par la _Table_; il n'y a pas de copie
du privilége.

Cette édition renferme les deux premiers livres de l'_Imitation_ et
les trente premiers chapitres du troisième livre. Elle est ornée des
mêmes figures que les premières éditions.

  127. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite & paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || Derniere Partie.
    || _Imprimée à Rouen par L. Maurry, || Pour || Robert Ballard,
    seul Imprimeur de la || Musique du Roy, à Paris, ruë S. Iean de
    || Beauuais, au Mont Parnasse_; [ou _Chez Pierre Rocolet,
    Imprimeur & Libraire ordinaire du Roy, au Palais, en la
    Gallerie des Prisonniers, aux Armes du Roy et de la Ville_; ou
    _Chez Antoine de Sommauille, au Palais, en la Gallerie des
    Merciers, à l'Escu de France_; ou _Chez André Soubron, Libraire
    de la Reyne, au Palais, à l'entrée de la Gallerie des
    Prisonniers, à l'Image Nostre-Dame_]. || M.DC.LVI [1656]. ||
    Auec Approbation des Docteurs, & Priuilege du Roy. In-12 de 6
    ff., 306 pp. et 3 ff. non chiff. pour la _Table_.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente un
écusson supporté par trois anges, au-dessus d'un paysage; on lit dans
l'écusson: _L'Imitation || de || Iesus Christ || mise en vers ||
françois par || P. Corneille_;--titre imprimé qui porte les insignes
de la passion;--3 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et le _Privilége_;--1
f. pour l'_Approbation des Docteurs_ et la figure du chapitre XXXI du
livre troisième.

Cette première figure est signée _Campion_; le sujet en est ainsi
indiqué: _S. François de Paule refuse l'or et l'argent que luy
presente le Roy Louis unziesme_. Les autres figures, dont nous
indiquerons sommairement le sujet, sont placées de la manière
suivante:

Pages 7-8: _Ste Thaïs_;--p. 12: _S. Raimont_;--p. 16: _La
Transfiguration_;--p. 22: _Ste Marie Niepce de S. Abraham_;--pp.
27-28: _Les trois enfans d'Israel dans la fournaise_;--pp. 33-34: _Le
Sacrifice d'Abraham_;--pp. 39-40: _Josaphat_;--p. 44: _David_;--pp.
47-48: _Le Roy Ezechias_;--p. 54: _S. Simeon Stylite_;--pp. 57-58:
_L'Empereur Maurice_;--pp. 63-64: _Frere Girard_;--p. 70: _Iesus
Christ devant Pilate_;--pp. 73-74: _Ste Lucie_;--pp. 81-82: _Ste
Lucie_;--pp. 89-90: _La Mere des Machabées_;--pp. 95-96: _Ste
Nathalie_;--pp. 103-104: _Iesus Christ tirant les Ames des
Limbes_;--p. 112: _S. Norbert_;--pp. 121-122: _S. Joseph_;--p. 126:
_S. Jacques Hermite_;--pp. 131-132: _S. Jean Baptiste_;--pp. 137-138:
_S. François_;--pp. 149-150: _Ste Elisabeth_;--pp. 157-158: _Simon le
Cyreneen_;--pp. 163-164: _Les Apostres fuyant_;--pp. 169-170: _La Mort
du Mauvais Riche_;--p. 186: _Venite ad me omnes_;--pp. 189-190: _Iesus
Christ dans le St.-Sacrement_;--p. 200: _S. Guillaume_;--pp. 207-208:
_Iesus Christ benit cinq pains_;--p. 214: _S. Basile_;--pp. 221-222:
_S. Malachie_;--p. 228: _Udo Euesque de Magdebourg_;--pp. 231-232:
_S.Estienne_;--pp. 237-238: _Iesus Christ mourant_;--p. 242: _La
Presentation de la Ste Vierge_;--p. 248: _Le Prophete Elie_;--pp.
255-256: _S. Paul_;--p. 266: _Iesus Christ appelle Zachée_;--pp.
271-272: _S. Faustin Iouite_;--pp. 277-278: _Les Pelerins
d'Emaüs_;--pp. 283-284: _Ste Mathilde_;--pp. 289-290: _Les Sarrasins
et Ste Claire_;--pp. 295-296: _L'Annonciation_;--p. 302:
_L'Institution du St-Sacrement_.

Les figures, dont nous avons indiqué le placement par un double
numéro, sont imprimées au verso de feuillets blancs au recto. La
plupart portent le nom de _Campion_; quelques-unes le nom de
_Chauveau_; quelques-unes enfin sont anonymes. Sur plusieurs le nom du
graveur _David_ accompagne celui du dessinateur.

L'_Approbation des Docteurs_, qui s'applique désormais à l'ouvrage
complet, est conçue dans les termes suivants:

«Monsieur Corneille ayant heureusement achevé cette admirable
Traduction du Livre de l'Imitation de Jesus-Christ, nous sommes
obligez de rendre ce témoignage à la vérité en sa faveur, qu'il ne se
pouvoit pas mieux, et que toute y est Catholique, Orthodoxe, et
conforme au sens de l'Autheur. Nous ne doutons pas qu'un si excellent
Ouvrage, où la Poésie parle si purement le langage des Saincts, ne
trouve l'approbation qu'il mérite, et que la Charité qui en a fourny
les plus riches idées, n'échauffe le coeur de ceux qui auront la piété
de le lire avec application. Donné à Rouen ce jour de Saint Mathias,
le vingt-cinquième de Février mil six cens cinquante-six.

    «Signé, GAULDE, et R. LE CORNIER.»

Le privilége, reproduit par extraits dans les feuillets prélim., est
celui du 30 décembre 1653; avec mention de la cession faite par
Corneille à _Ballard_, et par _Ballard_ à _Rocolet_, _Sommaville_ et
_Soubron_. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois,
le dernier iour de Mars mil six cens cinquante-six, à Roüen, Par
Laurens Maurry_.

  128. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite et
    paraphrasée en Vers François. || Par P. Corneille. || _Imprimé
    à Rouen par L. Maurry, || Pour || Robert Ballard, seul
    Imprimeur du Roy || pour la Musique, Marchand Libraire, A
    Paris, || ruë S. Iean de Beauuais, au Mont Parnasse_; [ou _A
    Paris, Chez Pierre Rocolet, Imprimeur & Libraire ordinaire du
    Roy, au Palais, en la Gallerie des Prisonniers, aux Armes du
    Roy, & de la Ville_; ou _Chez Anthoine de Sommauille, au
    Palais, en la Gallerie des Merciers, à l'Escu de France_; ou
    _Chez André Soubron, Libraire de la Reyne, || au Palais à
    l'entrée de la Gallerie des Prisonniers, || à l'Image
    Nostre-Dame_]. || M.DC.LVI [1656]. || Auec Approbation des
    Docteurs, & Privilege de sa Majesté. In-4 de 9 ff., 551 pp. et
    4 ff.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant une
croix entourée d'anges et de saincts, au pied de laquelle se trouvent
les armes du pape; une draperie attachée à la croix porte ces mots:
_Les || Quatre Liures || de || l'Imitation de || Iesus Christ ||
Traduits et Paraphrasez || en vers françois || Par P. Corneille_; ce
frontispice est tiré sur un feuillet séparé, non compris dans les
signatures;--titre imprimé qui porte les insignes de la passion
entourés de quatre têtes d'anges;--5 ff. pour l'épître _Au Souverain
Pontife Alexandre VII_;--1 f. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f. pour
l'_Approbation des Docteurs_ et la figure du 1er livre représentant
Jésus enseignant à la multitude, figure signée: _F. Chauueau in. et
fe_.

La _Table des Chapitres_ commence au verso de la p. 551 et occupe les
3 ff. suivants. Le dernier feuillet est rempli par le privilége du 30
décembre 1653. On trouve à la fin la mention de la cession consentie
par Corneille au profit de _Ballard_, et de l'association formée entre
_Ballard_, _Rocolet_, _Sommaville_ et _Soubron_, puis on lit ces mots:
_Acheué d'imprimer pour la premiere fois, ce dernier iour de Mars mil
six cens cinquante-six, à Roüen, Par Laurens Maurry_.

La figure du livre second (pp. 111 et 112) représente l'Annonciation;
celle du livre troisième (p. 182), le Christ enseignant à deux
pêcheurs qui deviennent ses disciples; celle du quatrième livre (pp.
457-458), la Cène. Toutes ces figures sont signées _Chauveau_.

M. le duc d'Aumale possède un exemplaire de cette édition qui provient
des ventes Pixerécourt et Giraud, et qui porte l'envoi suivant de la
main de l'auteur: «Pour le R. P. D. Laurens Balland, chartreux, son
tres humble serviteur Corneille.» Telle est du moins la lecture donnée
par M. L. Potier dans le catalogue Giraud; les catalogues Didot et
Pixerécourt appellent le donataire «Laurens Ballaud»; enfin M.
Marty-Laveaux l'appelle «Ballard». Un autre exemplaire, donné par M.
Henri Barbet à la bibliothèque de Rouen, porte: «Pour le R. P. don
Augustin Vincent, chartreux, son tres humble serviteur et ancien amy
Corneille.» Cette dernière dédicace a donné lieu à la publication
suivante: _Sur un Autographe de Pierre Corneille, avec fac-simile_;
par M. Deville (_Revue de Rouen_, 1835, 2e semestre, pp. 183 sqq.).

  129. L'IMITATION || DE IESVS CHRIST || Mise en vers || françois
    || Par || Pierre || Corneille. || _Imprimé A Roüen par L.
    Maurry, || Pour || Robert Ballard, seul imprimeur || du Roy
    pour la Musique, Marchand || Libraire, A Paris, ruë S. Iean de
    || Beauuais, au Mont Parnasse._ || M.DC.LVI [1656]. || Auec
    Priuilege du Roy. Très-pet. in-12 de 8 ff., 507 pp. et 2 ff.
    pour le privilege.

Collation des feuillets prélim.: titre qui porte une réduction en
taille-douce de la gravure décrite ci-dessus; une draperie soutenue
dans les airs par une légion de petits anges:--9 pp. pour l'_Epistre_
au pape;--4 pp. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 p. pour l'_Approbation
des Docteurs_.

Cette petite édition contient les quatre livres d'après l'édition
in-4. Chaque chapitre y est précédé d'une figure gravée en
taille-douce, mais tirée dans le texte à mi-page. Les figures
reproduisent en petit celles que nous avons décrites plus haut.

Le privilége commence au verso de la p. 507 et se développe sur les 2
ff. suivants. Il est suivi d'un rappel de l'achevé d'imprimer du
dernier jour de mars 1656.

Ce petit volume, très-bien exécuté, était un de ces livres de poche
condamnés à une rapide destruction; aussi les exemplaires en sont-ils
fort rares; nous n'en avons rencontré que trois, qui appartiennent à
M. le baron de Ruble, à M. L. Potier et à M. Bocher. Ce dernier
exemplaire provient de la vente Pasquier, 1875, où il a été vendu 301
fr., relié en mar. v., par _Trautz-Bauzonnet_.

  130. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite & paraphrasée
    en Vers François. || Par P. Corneille. || _Imprimée A Roüen par
    L. Maurry, || Pour || Robert Ballard, seul Imprimeur du Roy ||
    pour la Musique, Marchand Libraire, A Paris, || ruë S. Iean de
    Beauuais, au Mont Parnasse_; [ou _A Paris, Chez Pierre Rocolet,
    Imprimeur & Libraire ordinaire du Roy, au Palais, en la
    gallerie des Prisonniers, aux Armes du Roy, & de la Ville_; ou
    _Chez Antoine de Sommauille, au Palais, en la Gallerie des
    Merciers, à l'Escu de France_; ou _Chez André Soubron, Libraire
    de la Reyne, au Palais, à l'entrée de la Gallerie des
    Prisonniers, à l'Image Notre-Dame_]. || M.DC.LVIII. [1658]. ||
    Auec Approbation des Docteurs, & Priuilege du Roy. In-4 de 11
    ff. et 531 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé (le même que dans
l'édition de 1656, in-4); portrait de Corneille, au-dessous duquel se
trouvent ses armes et cette inscription: _Pierre Corneille, natif de
Rouen, s'est rendu celebre par quantite de pieces de Theatre, et par
la traduction fidelle en vers François du livre incomparable de
l'imitation de Iesus Christ_; on lit au bas: _A Paris chez Pierre
Mariette, rue S. Iacques à l'Esperance, avec privilége du Roy_;--titre
imprimé;--5 ff. pour l'_Epistre au Souverain Pontife_;--2 ff. pour
l'avis _Au Lecteur_ et l'_Approbation des Docteurs_;--figure qui
représente Jésus instruisant le peuple.

Les figures placées en tête de chaque livre sont les mêmes que dans
l'édition de 1656.

L'extrait du privilége occupe le verso de la p. 531. Il porte la date
du 30 décembre 1653 et contient les mentions qui se trouvent dans
l'édition de 1656.

M. Alfred Dubois a bien voulu nous communiquer le précieux exemplaire
de cette édition acheté par feu M. Aimé Dubois, son père, à la vente
Renouard.

Cet exemplaire, relié en veau marbré ancien, contient 15 corrections
manuscrites de Corneille aux pp. 133, 148, 153, 159, 164, 219, 259,
285, 297, 396, 413, 419, 497, 506 et 511. Une note inscrite sur le
frontispice gravé nous apprend qu'il appartenait, en 1752, au couvent
de Sainte-Colombe de Sens, de l'ordre de Saint-Benoît. Sur la dernière
garde, Renouard a inséré une note ainsi conçue: «Les corrections que
l'on voit écrites sur quinze pages de ce volume, sont toutes de la
main de l'illustre auteur de cette traduction, Pierre Corneille.
Vérification en a été faite à la Bibliothèque royale. R.» Voy.
_Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur_, t. Ier, p. 95.

Les corrections manuscrites ont été relevées par M. Marty-Laveaux.

Un exemplaire de la Bibliothèque de l'Arsenal porte une note
manuscrite ainsi conçue: _Don de l'Autheur. Nicolas de Brulion,
prestre de l'Oratoire._

  131. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite et
    Paraphrasée en Vers || François. || Par P. Corneille. ||
    [Premiere [et Derniere] Partie. || _Imprimée à Roüen, par L.
    Maurry, || Pour || Robert Ballard, seul Imprimeur de la ||
    Musique du Roy, à Paris, ruë S. Iean de || Beauuais, au Mont
    Parnasse_; [ou _A Paris, chez Pierre Rocolet, Imprimeur &
    Libraire ordinaire du Roy, au Palais, en la gallerie des
    Prisonniers, aux Armes du Roy, & de la Ville_; ou _Chez Antoine
    de Sommauille, au Palais en la Gallerie des Merciers, à l'Escu
    de France_; ou _Chez André Soubron, Libraire de la Reyne, au
    Palais, à l'entrée de la Gallerie des Prisonniers, à l'Image
    Nostre-Dame_]. || M.DC.LIX [1659]. || Auec Approbation des
    Docteurs & Priuilege du Roy. 2 vol. in-12.

M. L. Potier se rappelle avoir eu entre les mains les deux parties de
cette édition, mais nous n'avons vu que la _Derniere Partie_, qui
contient la seconde moitié du livre troisième (chap. XXXI à LIX) et le
livre quatrième (ch. I-XVIII). Le volume se compose de 4 ff. et 304
pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant un
médaillon soutenu par des anges au-dessus d'un paysage; on lit dans le
médaillon: _L'Imitation || de || Iesus Christ || mise en vers ||
françois par || P. Corneille_;--titre imprimé qui porte les insignes
de la passion; 2 ff. pour l'Approbation des Docteurs, le privilége et
la première figure.

Les figures sont les mêmes que dans l'édition de 1656, in-12, et ont
le même placement, à l'exception des 4 dernières qui se trouvent
reculées de 2 pp. L'extrait du privilége et l'achevé d'imprimer sont
également semblables.

  132. L'IMITATION || DE IESVS-CHRIST. || Traduite & paraphrasée en
    Vers || François. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Chez
    Robert Ballard, seul Imprimeur || de la Musique du Roy, ruë S.
    Iean de Beauuais, au Mont Parnasse_; [ou _Chez Pierre Rocolet,
    Imprimeur du Roy, au Palais en la || gallerie des Prisonniers,
    aux Armes || du Roy, & de la Ville_; ou _Chez Antoine de
    Sommauille, au Palais en la Gallerie des Merciers, à l'Escu de
    France_; ou _Chez André Soubron, Libraire ordinaire || de la
    Reyne, au Palais à l'entrée de la Gallerie || des Prisonniers,
    à l'Image de Nostre-Dame_]. || M.D.LIX [1659]. || Auec
    Approbation des Docteurs, & Priuilege du Roy. In-12 de 12 ff.,
    554 pp. et 5 ff. pour la _Table_ et le _Privilége_.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente une
croix entourée d'anges et de saints, au-dessous de laquelle sont
placées les armes du pape Alexandre VII (Chigi); la croix porte une
draperie avec cette inscription: _L'Imitation || de || Iesus-Christ ||
Traduite & paraphras. || en vers François || Par P. Corneille_;--titre
imprimé qui porte le chiffre du Christ placé dans une couronne
d'épines;--7 ff. pour la dédicace _Au Souverain Pontife_;--2 ff. pour
l'avis _Au Lecteur_;--1 f. qui contient au recto l'_Approbation des
Docteurs_, et au verso une figure pour le livre premier, représentant
Jésus qui instruit le peuple.

Cette édition renferme les quatre livres précédés chacun d'une figure.
La p. 114, qui précède le Livre second, est occupée par une figure
représentant l'Annonciation; la p. 182 contient une figure pour le
Livre troisième, où l'on voit le Christ instruisant deux de ses
disciples qui reviennent de la pèche. La figure du Livre quatrième
occupe la page 462; elle représente la Cène.

Le privilége, placé à la fin de la table, est le privilége donné à
Corneille à la date du 30 décembre 1653. Corneille déclare céder ses
droits à _Ballard_, qui y associe _Rocolet_, _Sommaville_ et
_Soubron_. Il n'y a pas d'achevé d'imprimer.

Il existe sous la même date et avec les mêmes noms de libraires deux
éditions qui ne diffèrent absolument que par les fleurons et quelques
légers détails orthographiques. Ces différences n'ont pas d'intérêt
littéraire, mais suffisent pour indiquer une nouvelle composition
typographique. Nous en relèverons seulement quelques-unes:

   A, p. 47: le fleuron représente une corbeille de fleurs;--B,
   _ibid._: le fleuron représente une tête d'ange radiée,
   accompagnée de deux ailes.

     A, p. 97, 17e vers:

     Donne pour ce grand iour, donne _odre_ à tes affaires.

   La faute est corrigée dans B.

   B, p. 178: Les premières lignes ont chevauché à l'impression;
   elles sont régulières dans A.

   A, p. 289: Les deux derniers vers occupent chacun deux lignes; ils
   n'en tiennent qu'une dans B.

   A, p. 419, les deux vers:

    C'est, ô Dieu tout-puissant, c'est l'heureux sacrifice...
    As voulu qu'icy-bas l'homme embaumast tes pieds...

  sont imprimés chacun en deux lignes; ils sont écrits en une ligne
  dans B, l'aide d'abréviations.

  Les figures des deux catégories d'exemplaires sont des
  réductions des figures in-4 de 1656.

  133. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite & paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Chez
    Robert Ballard, seul Imprimeur || du Roy, pour la Musique, ruë
    S. Iean || de Beauuais, au Mont Parnasse_; [ou _A Paris, Chez
    Pierre Rocolet, Imprimeur & Libraire ordinaire du Roy, au
    Palais, en la Gallerie des Prisonniers, aux Armes du Roy & de
    la Ville_; ou _Chez Antoine de Sommauille, au Palais, en la
    Gallerie des Merciers, à l'Escu de France_; ou _Chez André
    Soubron, Libraire de la Reyne, au Palais, à l'entrée de la
    Gallerie des Prisonniers, à l'Image Nostre-Dame_]. || M.DC.LXII
    [1662]. || Auec Approbation des Docteurs, & Priuilege du Roy.
    In-12 de 12 ff., 554 pp., et 5 ff. non chiff. pour la _Table_
    et le _Privilége_.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant une
croix posée sur des nuages et entourée de saints; au pied de la croix
les armes du pape Alexandre VII;--titre gravé qui porte le chiffre du
Christ entouré de rayons et de la devise: _Laudabile nomen Domini_;--7
ff. pour la dédicace au Pape;--2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f.
pour l'_Approbation des Docteurs_, au verso de laquelle se trouve la
figure pour le premier Livre.

Les IIe, IIIe et IVe Livres sont précédés chacun d'une figure
comprise dans la pagination. Les figures sont des réductions de
celles de _Chauveau_.

Le privilége, rapporté _in extenso_, est daté du 30 décembre 1653. Il
est suivi d'une mention de la cession faite par _Corneille_ à
_Ballard_ et par _Ballard_ à _Rocolet_, _Sommaville_ et _Soubron_.

  134. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite & Paraphrasée
    en Vers || François. Par P. Corneille. || _A Paris, || Chez ||
    Robert Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, ruë S.
    Iean de || Beauuais, au Mont-Parnasse. || Et au Palais, Thomas
    Jolly, dans la petite Salle, à la Palme & aux armes de
    Hollande_; [ou _Et au Palais, || Guillaume de Luyne, Libraire
    Iuré, au || Palais, au bout de la Salle des Merciers, sous ||
    la montée de la Cour des Aydes, à la Iustice_; ou _Et au
    Palais, Louis Billaine, au second pillier de la grand'Salle à
    la Palme & au grand Cesar_]. || M.DC.LXV [1665]. || Avec
    Approbation des Docteurs, & Privilege du Roy. Pet. in-12 carré
    de 6 ff. et 404 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant une
croix posée sur les nuages et entourée de saints; il ne porte pas les
armes du pape;--titre imprimé avec un petit fleuron représentant une
corbeille de fleurs;--3 ff. pour l'avis _Au Lecteur_; 1 f. pour
l'_Approbation des Docteurs_ et l'_Extrait du Privilége_.

Les quatre livres sont précédés chacun d'une figure réduite d'après
les originaux de _Chauveau_; les figures sont comprises dans la
pagination.

L'avis _Au Lecteur_ que nous trouvons ici est nouveau; la première
partie est une refonte des avis publiés dans les éditions antérieures,
mais la seconde partie a été spécialement écrite pour l'édition et
reproduite dans les réimpressions postérieures.

Quant au texte, il reproduit celui de l'édition de 1659 (no 133), mais
il est moins correctement imprimé.

Le privilége est celui du 30 décembre 1653. Corneille déclare céder
ses droits au sieur _Ballard_, qui y associe les sieurs _Jolly_, _de
Luine_ (_sic_) et _Billaine_. L'extrait se termine par un rappel de
l'achevé d'imprimer du dernier jour de mars 1656.

M. Brunet (_Manuel du Libraire_, t. IIIe, col. 423), indique une
édition de 1666 que nous n'avons pas retrouvée.

  135. L'IMITATION || DE || JESUS-CHRIST. || Traduite & Paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || _A Paris, ||
    Chez Robert Ballard, seul Imprimeur du || Roy pour la Musique,
    ruë S. Jean de || Beauvais, au Mont-Parnasse_; [ou _Chez Thomas
    Jolly, au Palais, dans la petite Salle, à la Palme & aux Armes
    de Hollande_; ou _Chez Guillaume de Luyne, Libraire Juré, au
    Palais, dans la Gallerie des Merciers à la Justice_; ou _Chez
    Loüis Billaine, au Palais au second pillier de la grand'Salle,
    à la Palme, & au grand César_]. || M.DC.LXX [1670]. || Avec
    Approbation des Docteurs, & Privilége du Roy. In-16 carré de 8
    ff., et 528 pp.

Collation des feuillets prélim.: faux-titre;--frontispice gravé
représentant une croix entourée d'anges et de saints (sans les armes
du pape); une draperie suspendue à la croix porte: _L'Imitation || de
I. C. || Traduitte en vers || Par P. Corneille_;--titre imprimé avec
un petit fleuron;--4 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f. pour
l'_Approbation_ et l'_Extrait du Privilége_. La figure du Ier Livre
appartient au corps du texte; elle est imprimée sur le f. A i.

Le privilége, dont un _Extrait_ se trouve à la fin des feuillets
prélimin., est celui du 30 décembre 1653, auquel _Ballard_ déclare
associer _Jolly_, _de Luyne_ et _Billaine_; l'_Extrait_ se termine par
un rappel de l'achevé d'imprimer du dernier mars 1656.

Les figures qui précèdent chaque livre sont une réduction assez
médiocre des quatre grandes figures de _Chauveau_.

  136. L'IMITATION DE JESUS-CHRIST. Traduite & Paraphrasée en Vers
    François. Par P. Corneille. _Paris_, 1673, pet. in-12.

Voy. catalogue Pompadour, 1765 (no 61), et _Manuel du Libraire_ (t.
IIIe, col. 423). M. Marty-Laveaux (t. XIIe, p. 536) cite une édition
de _Paris_, _de Luyne_, 1675, in-16.


II

  137. LOVANGES || DE LA || SAINTE VIERGE. || Composées en rimes
    Latines || par S. Bonauenture. || Et mises en vers François par
    || P. Corneille. || _A Rouen, & se vendent || A Paris, || Chez
    Gabriel Quinet, au Palais, || dans la Gallerie des
    Prisonniers, || à l'Ange Gabriel._ || M.DC.LXV [1665]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-12 de 5 ff. prélim. et 83 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé signé _Ludovic.
Cossinus_, qui représente la Vierge tenant sur ses genoux
l'Enfant-Jésus; une banderole, qui se développe au bas de la planche,
porte ces mots: _Tota pulchra es, amica mea, et macula non est in
te_;--titre;--2 ff. pour l'avis _Au lecteur_;--1 f. pour l'_Extrait du
Privilége_, au verso duquel commence le texte latin.

Le texte est imprimé dans tout le corps du livre en regard de la
traduction française, chaque page contenant deux strophes latines ou
deux strophes françaises, surmontées chacune d'un petit fleuron.

Le privilége, daté du 19 juillet 1665, est donné pour six ans au sieur
P. Corneille. On lit à la fin: _Achevé d'imprimer pour la premiere
fois le 22. d'Aoust 1665. à Roüen par L. Maurry, aux depens de
l'Autheur, lequel a traité de la presente impression, & du Privilege à
l'avenir avec Gabriel Quinet Marchand Libraire à Paris, pour en joüir,
suivant l'Accord fait entr'eux_.

Le poëme latin traduit par Corneille se compose de 83 strophes de huit
vers rimés, et présente cette particularité que les lettres initiales
du premier vers de chaque strophe donnent en acrostiche la Salutation
angélique: _Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in
mulieribus et benedictus Fructus ventris tui_.

Cet ouvrage ascétique, d'une forme assez barbare, est attribué par le
poëte à saint Bonaventure, mais il avoue lui-même dans sa préface que
l'attribution ne lui paraît pas très-certaine.


III

  138. L'OFFICE || DE LA || SAINTE VIERGE. || Traduit en françois,
    || tant en vers qu'en prose. || Avec les sept Pseaumes
    Penitentiaux, || les Vespres & Complies du Dimanche, || & tous
    les Hymnes du Breviaire || Romain || Par P. Corneille. || _A
    Paris, || Chez Robert Ballard, seul Imprimeur du Roy, || pour
    la Musique, ruë S. Iean de Beauvais, || au Mont Parnasse. || Et
    au Palais. Chez Thomas Jolly, dans la petite Salle, à la Palme
    & aux Armes de Hollande_; [ou _Et au Palais. || Chez Guillaume
    de Luynes, à la Salle des Merciers, à l'Enseigne de la
    Iustice_; ou _Et au Palais. Chez Louis Billaine, au second
    pilier de la grand'Salle, à la Palme & au grand Cesar_]. ||
    M.DC.LXX [1670]. || Avec Approbation des Docteurs, & Privilege
    du Roy. In-12 de 8 ff., 528 pp. et 2 ff. pour le _Privilége_,
    plus 10 figures.

Collation des feuillets prélim.: 1 f. blanc;--(figure);--titre avec un
petit fleuron représentant le Saint-Esprit;--5 ff. pour la dédicace _A
la Reine_; l'_Oratio pro Rege_, la _Priere pour le Roy_ [en vers],
l'_Oraison pour le Roy_, l'_Oraison pour la Reine_ et l'_Oraison pour
Monseigneur le Dauphin_;--1 f. pour la _Permission_ et les
_Approbations_.

Les figures sont tirées sur des feuillets séparés, et ne sont pas
comprises dans la collation. En voici la description: 1º (en face du
titre), Vierge, signée _Mariette ex._;--2º p. 4, l'Annonciation;--3º
p. 88, la Crèche, signée des lettres I G T en monogramme;--4º p. 132,
la Présentation, signée _Jean Messager excudit_;--5º p. 170, le roi
David;--6º p. 224, la Résurrection, signée _Mariette ex._;--7º p. 226,
le Sermon sur la montagne, signé I G T; on lit au-dessous ces deux
vers:

    Jesus apprend à ceste multitude
    Quels sont les fruicts de sa beatitude.

8º p. 326, le Christ en croix, signé _Pierre Mariet le fils
excudit_;--9º p. 406, l'Ascension, signée _Mariette excud._;--10º p.
502, _St Jean_. Toutes ces figures, excepté la dernière, portent le
chiffre de la page à laquelle elles correspondent.

Le volume contient au verso des feuillets l'Office de la Vierge, en
latin sur une colonne avec la traduction française en prose sur
l'autre colonne, et au recto des feuillets placés en face la
traduction en vers par Corneille. Voici les pièces qui précèdent le
texte de l'Office:

«_Permission et Approbation de Monsieur le Grand Vicaire._

«On peut imprimer et donner au Public l'Office de la Sainte-Vierge,
les sept Pseaumes de la Pénitence, Vespres et Complies du Dimanche, et
les Hymnes du Breviaire Romain, traduits et mis en Vers François par
Monsieur de Corneille; toutes Versions et Poësies susdites ne
contenant rien qui ne soit conforme au Texte, qui ne soit digne de la
grandeur du sujet, et capable d'augmenter la dévotion des Fidelles.
Fait à Paris ce 25. jour d'Octobre 1669 G. DE LA BRUNETIERE, _Vic.
Général_.»

«_Approbation de Monsieur Loisel, Docteur de la Société de Sorbonne,
Chancelier de l'Eglise et Université de Paris, Curé de Jean en Gréve._

«Vous trouverez dans cette production de Pieté, une lettre qui ne tue
point, mais qui vivifie. Les paroles de l'Escriture et de l'Eglise,
qui y sont traduites mot à mot, y conservent toute leur force, et la
Poësie, qui les accompagne pas à pas, ne leur fait perdre, ny le prix
ny le poids de leurs matiéres, ny de leurs mystéres; vous en gousterez
la douceur, comme de cette coupe, que le céleste Salomon a présentée à
ses amis, et que le docte Origène n'auroit pas voulu refuser de la
main d'un Poëte, la voyant remplie du vin de la doctrine Orthodoxe, et
du laict de la devotion Evangélique; je vous en recommande l'usage et
j'y soubscrips. Ce premier jour de l'an 1670. LOISEL.»

«_Approbation de Monsieur de Saint-Laurens._

«J'ay leu la traduction de l'Office de la Sainte Vierge, etc., avec la
Paraphrase en vers, faite par Monsieur Corneille. C'est un ouvrage qui
exprime le sens des Pseaumes et des priéres de l'Eglise d'une manière
si nette, si majestueuse, et si touchante en mesme temps, qu'il en
imprime la vénération par de hautes idées, et qu'il excite la piété
dans le coeur par de saintes affections. C'est le témoignage que j'ai
crû estre obligé de rendre à l'excellence de cet ouvrage, et au mérite
de cet Autheur si célébre. Fait à Paris ce 1. jour de l'année 1670. N.
GOBILLON, _Docteur de la Maison et Société de Sorbonne, Curé de
Saint-Laurens_.»

Nous ne savons pourquoi ces _Approbations_ n'ont jamais été
reproduites par les éditeurs de Corneille.

Le privilége, daté du 24 novembre 1669, est accordé pour sept ans à
Corneille lui-même, qui déclare céder et transporter son droit au
sieur _Ballard_, aux sieurs _Joly_, _de Luynes_ et _Billaine_,
marchands libraires à Paris, «pour cette impression seulement,»
suivant l'accord fait entre eux. On lit à la fin: _Acheué d'imprimer
pour la premiere fois, le 15. jour de Ianvier mil six cens septante_.

Nous avons dit, en parlant de l'_Imitation de Jésus-Christ_, que la
Reine avait peut-être engagé elle-même Corneille à en tenter la
traduction. C'est à elle maintenant qu'il dédie ce volumineux recueil,
qui est plus spécialement liturgique.

L'_Office de la Sainte Vierge_ dut être employé comme livre d'église,
aussi les exemplaires en sont-ils devenus fort rares.


IV

  139. VERSION DES HYMNES DE SAINT VICTOR. _S. l. n. d._ [_Paris,
    vers 1680_], pet. in-4 de 4 pp., caract. ital.

Cette pièce, dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque de
l'Institut (Q.400 E*) et un autre à la Bibliothèque de l'Arsenal, n'a
qu'un titre de départ; elle ne porte pas le nom de l'auteur.

Les _Hymnes à Saint Victor_ furent écrites par Santeul, qui les publia
d'abord à part sous ce titre:

PRO SANCTO VICTORE MARTYRE. Hymni tres. _S. l. n. d._ [_Paris, vers
1680_], in-4 de 3 pp., sans nom d'auteur. (Bibliothèque
Sainte-Geneviève, dans un recueil coté Y 421.)

Le texte publié d'abord diffère assez sensiblement d'un autre texte
contenu dans un recueil de poésies latines de Santeul, imprimé vers
1710, sans titre général. Ce recueil, qui forme un volume in-12 de IV
et 56 pp., commence par une dédicace intitulée: _Claudio Lalano_ ||
_Sodali Suo_ || _I. B. Santolius V._; il ne porte ni date, ni nom de
lieu. Les hymnes latines en occupent les pp. 28-31; elles sont suivies
d'une traduction en douze strophes par Charpentier, de l'Académie
française, et de la traduction de Corneille. (Voy. Marty-Laveaux, t.
IXe, pp. 605 sq.)



V.--OEUVRES DIVERSES DE CORNEILLE


I. OUVRAGES EN PROSE OU EN VERS PUBLIÉS SÉPARÉMENT DE SON VIVANT OU
APRÈS SA MORT.

  140. MESLANGES || POETIQUES || Du mesme. || _A Paris, || Chez
    François Targa, au premier pilier de la grand'Salle du Palais,
    || au Soleil d'Or._ || M.DC.XXXII [1632]. || Auec Priuilege du
    Roy. In-8.

Nous citons ici pour mémoire ce petit recueil dont nous avons déjà
donné une description (voy. ci-dessus, no 2). En le joignant à
_Clitandre_, sur les instances de son libraire, Corneille suivait
l'exemple de plusieurs auteurs de son temps. Nous mentionnerons plus
loin deux pièces de Scudéry: _Ligdamon et Lidias_ et le _Trompeur
puny_ (nos 180-182), et une pièce de La Pinelière, _Hippolyte_ (no
185), qui sont suivies toutes trois de poésies diverses.

  141. EXCVSE A ARISTE. _S. l. n. d._ [_Paris_, 1637], in-4 de 2
    ff. non chiffr. de 28 lignes à la page pleine, caract. ital.

Ce petit poëme, qui fut en partie cause de la querelle du _Cid_, est
trop connu pour que nous ayons à en parler ici. Il nous suffira de
renvoyer aux savantes recherches de Marty-Laveaux, t. IIIe, pp. 29-31;
t. Xe, pp. 74-78.

L'édition in-4 que nous décrivons n'a pas été citée jusqu'ici. Nous en
avons trouvé un exemplaire à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458
(4) Rés.). Cet exemplaire est couvert d'annotations manuscrites qui
nous ont paru curieuses; malheureusement la marge qui les contient a
été à moitié coupée par le relieur, et nous n'osons pas tenter un
travail de restitution que nous recommandons à des personnes plus
familiarisées que nous avec la paléographie du XVIIe siècle.

  142. EXCVSE A ARISTE. _S. l. n. d._ [_Paris, 1637_ ], in-8 de 4
    pp. de 34 lignes, sign. _A_, caract. ital.

Le titre de cette pièce n'occupe qu'une ligne, au-dessous de laquelle
commence le poëme, sans qu'on ait réservé aucun blanc. La 1re page
contient trente et un vers; la page 4 en compte cinq, au-dessous
desquels se trouve le rondeau: _Qu'il fasse mieux, ce jeune
jouvencel_, puis ce vers: _Omnibus invideas, livide, nemo tibi._

Bibliothèque nationale (Y. 5665 Rés.--2 exempl.).--Bibliothèque de
l'Arsenal (B. L. 9809).

M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 74) indique une autre édition de l'_Excuse
à Ariste_, dans le format in-8, qui, dit-il, se trouve à la
Bibliothèque nationale, à côté de la précédente. La réimpression que
le savant éditeur a prise pour une édition séparée appartient, en
réalité, à la seconde édition des _Observations sur le Cid_ (voy.
notre chapitre XIXe), et c'est par erreur qu'elle en a été séparée
dans un des recueils de la Bibliothèque nationale. Elle ne compte que
3 ff., et le 4e f., qui doit compléter le cahier, est précisément le
titre du volume: _Observations sur le Cid_, etc.

Cette réimpression, en tête de laquelle se trouve un fleuron à tête de
lion, est fort peu correcte. On y lit, au vers 15: _laisse_ au lieu de
_leurre_, et au vers 35: _m'ait_ au lieu de _met_, etc.

L'_Excuse à Ariste_ ne fut pas oubliée aussi vite que la querelle du
_Cid_; elle fut reproduite, en 1671, par la Fontaine, dans son
_Recueil de Poësies chrestiennes et diverses_, dédié à Mgr le prince
de Conty.

  143. RONDEAU.

      Qu'il fasse mieux, ce ieune iouuencel,
    A qui le _Cid_ donne tant de martel,
    Que d'entasser iniure sur iniure,
    Rimer de rage une lourde imposture,
    Et se cacher ainsi qu'un criminel, etc.

Ce rondeau, dont on trouvera le texte dans l'_Histoire de Corneille_,
de M. Taschereau, 2e édit., p. 64, et dans les _OEuvres de Corneille_,
éd. Marty-Laveaux, t. Xe, p. 79, parut d'abord imprimé sur un simple
feuillet in-4. Nous en avons vu des exemplaires à la Bibliothèque de
l'Arsenal (B. L. 9809) et à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458
(5), in-4, Rés.).

  144. LETTRE || APOLOGITIQVE || DV Sr CORNEILLE. || contena[=n]t sa
    responce aux Observations fai- || ctes par le Sr Scuderi || sur
    le Cid. || M.DC.XXXVII [1637]. _S. l._, in-8 de 14 pp. (y
    compris le titre) et 1 f. blanc, signé à la fin CORNEILLE.

«Monsieur, dit Corneille au commencement de cette lettre, il ne vous
suffit pas que vostre Libelle me deschire en public. Voz lettres me
viennent quereller jusques dans mon Cabinet, et vous m'envoyez
d'injustes accusations lorsque (_sic_) me devez pour le moins des
excuses. Je n'ay point fait la piece qui vous picque, je l'ay receue
de Paris avec une lettre qui m'a appris le nom de son Autheur; Il
l'adresse à un de nos amis qui vous en pourra donner plus de lumiere.
Pour moy, bien que je n'aye guere de jugement, si l'on s'en rapporte à
vous. Je n'en ay pas si peu que d'offencer une personne de si haute
condition, dont je n'ay pas l'honneur d'estre cogneu, et de craindre
moins ses ressentimens que les vostres.»

Bibliothèque nationale (Y. 5668 Rés.).--Bibliothèque Sainte-Geneviève
(Y. 2538 (2) Rés.).--Arsenal (9809).--Bibliothèque Mazarine (20220).

  145. LETTRE || APOLOGETIQVE || DV Sr CORNEILLE, || contenant sa
    Response aux || Observations faites par le || Sr Scudery sur le
    Cid. || M.DC.XXXVII [1637]. _S. l._, in-8 de 8 pp.

Cette édition, qui paraît être la seconde, se termine par une
imitation en vers d'une épigramme de Martial, qu'on retrouve dans la
_Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots de la Lettre
sous le nom d'Ariste_: Je fis donc résolution de guérir ces
idolatres.--Bibliothèque nationale (Y + 5665 (7) et Y + 5668. A.
Rés.).--Bibliothèque de l'Université.

  146. REMERCIMENT || a || Monseigneur || Monseigneur
    l'Eminentissime || Cardinal Mazarin. || _A Paris, || Chez ||
    Antoine de Sommauille, en la Salle || des Merciers à l'Escu de
    France. || au Palais. || & || Augustin Courbé, Imprimeur &
    Libraire || de Monseigneur le Duc d'Orléans, dans la mesme
    Salle à la Palme._ || M.DC.XXXXIII [1643]. In-4 de 4 ff. non
    chiffr. de 25 lignes à la page pleine, sign. _ã_, caractères
    ital.

Ce _Remercîment_, intercalé la même année dans l'édition originale de
_la Mort de Pompée_ (no 32), compte quatre-vingts vers et commence
ainsi:

      Non, tu n'es point ingrate, ô Maistresse du monde,
    Qui de ce grand pouvoir sur la terre, et sur l'onde
    Malgré l'effort des temps retiens sur nos Autels
    Le Souverain Empire, et des droits immortels.
    Si de tes vieux Heros j'anime la memoire,
    Tu releves mon nom sur l'aisle de leur gloire,
    Et ton noble Genie en mes vers mal tracé
    Par ton nouveau Heros m'en a recompensé...

Il est signé à la fin, en gros caractères: CORNEILLE.

Le _Remercîment_ parut isolément, mais il fut suivi à court intervalle
de la traduction latine d'Abr. Remius, dont voici le titre:

  GRATIARVM ACTIO || Eminentissimo Cardinali || Iulio Mazarino, ||
  ex Gallico Poëmate || Cornelij. _Absque nota_, in-4 de 2 ff.
  paginés, de 24 lignes à la page pleine, sign. A., caract. ital.

Cette pièce n'a qu'un simple titre de départ. Nous en avons trouvé un
exemplaire relié à la suite du _Remercîment_, dans le précieux recueil
conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 in-4, Rés.). Elle
se retrouve dans le recueil intitulé: _Abrahami Remmii Poemata_;
Parisiis, 1644, in-12.

  147. SVR LE DEPART DE MADAME LA MARQVISE DE B. A. C.

Granet (_OEuvres diverses de Corneille_; Paris, 1738, in-12, p. 194)
nous apprend que les vers composés par Corneille _Sur le départ de
Madame la Marquise_, autrement dit de Mlle du Parc, parurent d'abord
«en feuille volante in-4, mais sans date d'année». Nous n'avons pas
retrouvé cette édition que d'autres bibliographes auront peut-être la
chance de rencontrer. La même pièce figure dans le recueil dit de
_Sercy_ (no 207); elle se trouve aussi dans un _Petit Recueil de
Poësies choisies_ publié, en 1660, sous la rubrique d'_Amsterdam_ (no
210). M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 141) en cite une copie manuscrite
conservée à la Bibliothèque de l'Institut, dans un des portefeuilles
de la collection Godefroy.

  148. REMERCIMENT || AV ROY. || _A Paris_, || M.DC.LXIII [1663].
    In-4 de 7 pp.

Sur les rapports de Chapelain et de Costar, Louis XIV pensionna
soixante-douze écrivains français ou étrangers, à partir du 1er
janvier 1663. Corneille, compris dans ces libéralités, adressa au roi
un _Remercîment_ qui commence ainsi:

      Ainsi du Dieu vivant la bonté surprenante
    Verse quand il luy plaist sa grace prévenante,
    Ainsi du haut des Cieux il aime à départir
    Des biens dont nostre espoir n'osoit nous advertir...

Les autres écrivains qui avaient eu part aux faveurs royales durent
adresser de même à Louis XIV leurs remercîments dans une forme
solennelle. Ils ne furent pas tout à fait libres de conserver leur
reconnaissance dans leur for intérieur. C'est ce que nous apprend une
curieuse lettre de Huet à Ménage, dont l'original appartient à M. le
baron James de Rothschild. Nous en citerons un passage qui permet de
fixer approximativement la date des vers de Corneille.

    «A Rouen, le 17. Aoust 1663.

  «Je suivray vostre exemple en ce qui regarde Mr. Colbert, et plust
  à Dieu le pouvoir suivre aussi en ce qui est des vers de
  remerciement au Roy. Je le feroi du meilleur de mon coeur, tant
  parce que je suis presentement en des estudes tout à fait opposées
  à la versification, que par ce que je suis fort occupé à disposer
  mon livre [_Origenis Commentaria in Sacram Scripturam_; Rothomagi,
  1668, 2 vol. in-fol.] pour le donner à l'Imprimeur, et qu'il y a
  quelque sorte de honte de faire des vers pour de l'argent, comme
  vous me le dittes avec raison. Mais si le Roy en desire, et que
  Mr. Colbert s'en soit expliqué, comme vous me l'apprenez, et comme
  le P. Rapin me le confirme, adjoustant mesme que ceux qui y
  manqueront, seront remarquez; la honte et la bassesse qui peut
  estre en cela n'est elle pas couverte et effacée par ce
  commandement? Je ne vois donc pas de moyen de m'en dispenser, et
  si vous m'en voulez croire vous n'y manquerez pas non plus. Vous
  voyez que tout le monde le fait; cette singularité que vous aurez
  affectée, sera sans doute condamnée. Il fait bon suivre le
  torrent, _et in neutram partem conspici_. Dans le dessein où je
  suis contre mon gré de deployer ma chalemie je vous supplie tres
  humblement de m'envoyer le plustost que vous pourrez, les
  _remerciemens_ de Mrs. de Valois [_Soteria pro Ludovico Magno_;
  Parisiis, 1663, in-4; _Oratio de laudibus Ludovici Adeodati
  regis_; Parisiis, 1663, in-4] et de Mrs. Corneille [le
  _Remercîment_ de Th. Corneille n'est cité nulle part], car je n'ay
  pas appris que d'autres en ayent encore fait outre ces Mrs. et
  Mrs. Chapelain [_Ode pour le Roy_; Paris, 1663, in-4o] et du
  Perier [ce _Remercîment_ est resté inconnu] dont j'ay veu les
  pieces, et celle du P. Rapin (_Regi Ludovico XIV. Pacifer
  Delphinus_; _Carmen heroicum_; Parisiis, 1662, in-fol.).»

Nous ne connaissons de l'édition originale du _Remercîment au Roy_
qu'un seul exemplaire qui appartient à M. le baron de Ruble.

  149. A MONSEIGNEVR || LE DVC DE GVISE, || Sur la Mort de
    Monseigneur son Oncle. || Sonnet. _S. l. n. d._ [_Paris_,
    1664], placard in-fol., imprimé d'un seul côté.

En tête, un fleuron; puis viennent les quatre lignes de titre,
immédiatement suivies du sonnet, lequel est imprimé en gros caractères
et porte en bas la signature: CORNEILLE. Nous transcrivons les quatre
premiers vers:

      Croissez, jeune Heros, nostre douleur profonde
    N'a que ce doux espoir qui la puisse affoiblir;
    Croissez, et hastez-vous de faire voir au Monde
    Que le plus noble sang peut encor s'ennoblir.

Le duc de Guise, dont il est ici question, est Louis-Joseph, fils
unique de Louis de Lorraine, duc de Joyeuse et d'Angoulême, lequel
hérita, en 1664, du titre de son oncle, Henri II, duc de Guise. M.
Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 182 sq.) cite avec beaucoup d'à-propos un
passage d'une lettre de Mézerai, publiée par M. Edouard Guardet
(_Revue française_, Ve année, t. XVIIe, 1859, pp. 568 sq.), lettre
datée du 10e de juillet de 1664, et dans laquelle il est parlé du
sonnet de Corneille.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

  150. AV ROY || SVR SON RETOVR || DE FLANDRE.--[A la fin:]
    CORNEILLE. || Avec Permission. 1667. _S. l._ [_Paris_], in-4 de
    4 pp. chiffr. de 30 lignes, caract. ital.

Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque Cousin,
n'a qu'un simple titre de départ précédé d'un fleuron. Elle se compose
de 94 vers et commence ainsi:

    Tu reviens, ô mon Roy, tout couvert de lauriers,
    Les palmes à la main tu nous rends nos guerriers,
    Et tes peuples surpris et charmés de leur gloire
    Meslent un peu d'envie à leurs chants de victoire.

Louis XIV revint à Paris, à la fin du mois d'août 1667.

  151. POEME || SVR LES || VICTOIRES || DV ROY || Traduit de Latin
    || en François || Par P. Corneille. || _A Paris, || Chez
    Guillaume de Luyne, Libraire || juré, au Palais, en la Salle
    des Merciers, sous la || montée de la Cour des Aydes, || à la
    Iustice_; [ou _Chez Thomas Iolly, au Palais, en la Salle || des
    Merciers, à la Palme, & aux Armes d'Hollande_; ou _Chez Loüys
    Billaine, au second Pilier de la grand'Sale du Palais, à la
    Palme & au grand César_]. || M.DG.LXVII [1667]. || Avec
    Privilege du Roy. In-8. de 38 pp. (y compris le titre), et 1 f.
    pour l'_Extrait du Privilége_.

La page 3 contient un avis _Au Lecteur_. Le _Poëme sur les Victoires
du Roy_ occupe les pp. 4 à 29. Le texte latin signé du P. Charles de
la Rue, jésuite, est imprimé en regard du texte français, sous le
titre de _Regis Epinicion_. La p. 30 est remplie par une épigramme
latine de M. de Montmor, «premier maistre des requestes de l'Hostel du
Roy,» en quatre vers latins, suivie de quatre traductions ou
imitations de Corneille, chacune en quatre vers. Viennent ensuite les
pièces suivantes également de Corneille: _Au Roy sur son retour de
Flandre_, pp. 31-35, et _Remercîment presenté au Roy, en l'année
1663_, pp. 35-38.

Le privilége, daté du 28 novembre 1667, est accordé pour sept ans à
_Guillaume de Luynes_ (_sic_), qui déclare y associer les sieurs
_Jolly_ et _Billaine_. L'achevé d'imprimer est du 15 décembre 1667.
Voy. l'éd. Marty-Laveaux, t. Xe, p. 192.

  152. DE VICTORIIS REGIS CHRISTIANISSIMI LUDOVICI XIV. Poema a
    Clarissimo viro Petro Corneille versibus Gallicis redditum.
    _Parisiis, Apud Sebastianum Mabre-Cramoisy_, 1667, in-8.

  153. AV ROY || SVR LA CONQVESTE || DE LA FRANCHE-COMTÉ. _S. l. n.
    d._ [_Paris_, 1668], in-4 de 2 ff.

Cette pièce, qui n'est qu'un simple sonnet, est imprimée au verso du
1er feuillet, et la traduction en 18 vers latins lui fait face sur le
recto du 2e f. Le sonnet qui commence par ces deux vers:

    Quelle rapidité de conqueste en conqueste
    En depit des hyvers guide tes étendars?

est signé P. CORNEILLE. Les vers latins imprimés en regard ne sont
précédés d'aucun autre titre que du mot _Idem_; ils sont au nombre de
19 et sont signés: SANTOLIVS VICTORINVS.

Le recto du 1er feuillet et le verso du 2e sont blancs.

Nous avons vu cette pièce à la Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

  154. AV ROY || SVR SA CONQVESTE || DE LA FRANCHE-COMTÉ.--[A la
    fin:] _A Rouën. De l'Imp. de L. Maurry_, 1668. In-8 de 8 pp.,
    sign. A.

Cette édition, qu'il ne faut pas confondre avec la précédente, n'a pas
de feuillet de titre, mais un simple titre de départ. Elle comprend:

1º Les stances:

      Quelle rapidité de conqueste en conqueste
    En dépit des Hyvers guide tes étendarts?

signées: _P. Corneille._

2º _Idem latine_:

    _Quis te per medias hyemes, Rex Maxime, turbo,
    Quis-ve triumphandi præscius ardor agit?..._

10 distiques, signés: _P. Corneille._

3º _Idem_, 20 vers hexamètres latins, signés: _Car. de la Rue, Soc.
Jesu._

4º _Idem_, 5 strophes latines de 4 vers, signées: _I. Tourné Soc.
Iesu._

5º _Idem_, 19 vers latins, signés: _Santolius Victorinus_ (ce sont les
mêmes que dans l'édition précédente).

6º _Idem_, 3 vers hexamètres latins, signés: _Carolus Du Perier._

7º _Idem alio Carmine_, 5 strophes latines de 4 vers, signées:
_Carolus Du Perier._

8º _Idem_, 6 strophes latines de 4 vers, signées: _Rob. Riguez Soc.
Iesu._

9º _In juctionem utriusque Maris Epigraphe_, 13 vers hexamètres
latins, signés: _I. Parisot, in Senatu Tolosano causarum patronus._

10º _Imitation_:

      La Garonne et l'Atax dans leurs grottes profondes
    Soûpiroient de tout temps pour voir unir leurs ondes.

12 vers signés: _P. Corneille._

Bien que l'édition précédente ne soit pas datée, il est certain que
celle-ci doit être postérieure. La variété des pièces qui la composent
en est la meilleure preuve.

  155. POEME || SVR LES || VICTOIRES || DV ROY || Traduit de Latin
    || en François || Par P. Corneille. _S. l. n. d._ [_Paris, vers
    1670_], in-12 de 34 pp. (y compris le titre), et 1 f. pour
    l'_Extrait du Privilége_.

Ce recueil, dont nous avons trouvé un exemplaire à la Bibliothèque
Sainte-Geneviève, n'a qu'un simple faux-titre, sans nom de lieu ni
d'imprimeur. Il contient les pièces suivantes:

1º, p. 3: _Au Lecteur_;

2º, pp. 4-5: _Regi. Epinicion_ [par le P. de la Rue];--_Les Victoires
du Roy en l'année 1667_ [texte latin et traduction française en
regard];

3º, p. 24: _Traductions et Imitations de l'Epigramme Latine de
Monsieur de Montmor premier Maistre des Requestes de l'Hostel du Roy_
[texte en deux distiques latins et quatre quatrains français traduits
ou imités de l'original];

4º, p. 25: _Au Roy sur son retour de Flandre_;

5º, p. 28: _Remercîment présenté au Roy en l'année 1663_;

6º, p. 32: _Au Roy sur sa Conqueste de la Franche-Comté_;

7º, p. 33: _Idem, latine_. [Cette traduction est signée en toutes
lettres: _P. Corneille_];

8º _In junctionem utriusque Maris, Epigraphe_ [signée I. Parisot];

9º _Imitation_ [signée P. Corneille].

L'_Extrait du Privilége_, qui occupe le recto du dernier feuillet, est
le même que celui que nous avons décrit ci-dessus (no 152); il ne se
rapporte qu'au _Poëme sur les Victoires du Roy_ et se termine par un
rappel de l'achevé d'imprimer du 15 décembre 1667, bien que le recueil
contienne des pièces relatives à l'année 1668.

Il ne faut pas confondre ce recueil avec celui qui, d'après M.
Taschereau, complète certains exemplaires du _Théatre_ de Corneille,
édition de 1668 A (no 110).

  156. DEFFENCE DES FABLES || DANS LA POESIE. || Imitation du latin
    || de M. de Santeüil. [A la fin:] P. CORNEILLE. _S. l. n.
    d._ [_Paris, vers 1670_], in-4 de 4 pp., de 28 lignes, caract.
    ital.

Ce poëme n'a qu'un titre de départ, surmonté d'un large fleuron, au
milieu duquel se voient les armes de France et de Navarre. Il compte
82 vers, dont voici les premiers:

      Qu'on fait d'injure à l'Art de luy voler la Fable!
    C'est interdire aux Vers ce qu'ils ont d'admirable,
    Anéantir leur pompe, éteindre leur vigueur,
    Et hazarder la Muse à secher de langueur.

Les vers de Jean-Baptiste Santeul, imités par Corneille, durent être
composés en 1669. Ils furent publiés l'année suivante (_Ad
illustrissimum Virum P. Bellevræum, pro defensione Fabularum, Elegia_;
1670, in-4 de 2 ff.) et réunis en 1729 aux oeuvres du poëte latin. M.
Marty-Laveaux les a réimprimés en même temps que ceux de Corneille (t.
XIe, pp. 234-241).

  157. LA THEBAÏDE DE STACE, traduite en Vers François. _Paris_,
    1671?

Tous les bibliographes de Corneille se sont efforcés de retrouver
cette traduction qui a dû être imprimée, mais les recherches
entreprises jusqu'ici sont demeurées infructueuses. Il ne nous coûte
pas d'avouer que nous n'avons pas été plus heureux que nos devanciers.
En parlant de _Tite et Bérénice_ (no 87), nous avons fait observer que
Corneille avait obtenu un privilége valable à la fois pour cette pièce
et pour la traduction de la _Thébaïde_. Ce privilége étant daté du 31
décembre 1670, l'impression de ce dernier ouvrage ne put avoir lieu
qu'en 1671. Un fragment tout au moins en fut imprimé et communiqué à
quelques amis, puisque Ménage en cite trois vers dans ses
_Observations sur la langue Françoise_, publiées au commencement de
l'année 1672. Il est probable, malgré ce témoignage, que l'ouvrage ne
fut jamais mis en circulation et même ne fut jamais achevé. On ne peut
expliquer autrement la disparition totale d'un livre aussi important.
Si quelques exemplaires avaient été donnés au public, le fait aurait
été assez connu, pour que le _Mercure galant_ d'octobre 1684 ne parlât
pas de la _Thébaïde_ comme d'un poëme laissé par Corneille en
portefeuille.

Voy. l'excellente note que M. Marty-Laveaux a consacrée à cette
question (t. Xe, pp. 245 sq.).

  158. SVR LE DEPART DV ROY.--REGI ITER MEDITANTI. _S. l. n. d._
    [_Paris_, 1672], in-4 de 2 ff.

Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque
nationale (Y n. p.), ne se compose que de 8 vers empruntés à la
première scène du second acte de _Tite et Bérénice_. Santeul les fit
réimprimer à part et y joignit une traduction latine en 6 vers.

L'édition forme un simple placard sur lequel le texte latin est placé
en regard du texte français. Les deux morceaux ont été reproduits dans
les diverses éditions des oeuvres de Santeul.

  159. REGI PRO RESTITUTA APUD BATAVOS CATHOLICA FIDE. [_Parisiis_,
    1672], in-12 de 2 ff.

Corneille nous apparaît ici à la fois comme poëte latin et comme poëte
français. Ses vers latins, au nombre de 24, sont suivis d'une
traduction française en autant de vers, intitulée: _Au Roy sur le
rétablissement de la Foi Catholique et ses Conquestes de Hollande._
Nous ne connaissons l'édition séparée que par une citation de Granet
(_OEuvres diverses de Corneille_; Paris, 1738, in-12, p. 46), qui nous
apprend que ces deux pièces furent imprimées in-12 en feuille volante.
Elles ont été réimprimées dans un recueil qui sera décrit plus loin
(no 224).

  160. LES || VICTOIRES || DU ROY || SUR LES ESTATS DE HOLLANDE, ||
    en l'année M.DC.LXXII. || Par P. Corneille. || _A Paris, Chez
    || Guillaume de Luyne, au Palais, || et || Simon Benard, ruë
    Saint Jacques._ || M.DC.LXXII [1672]. || Avec Permission.
    In-fol. de 19 pp., caract. ital.

Cette belle édition est ornée au titre d'un fleuron qui représente le
Rhin et l'Escaut enchaînés, détournant leurs regards éblouis par le
soleil. En tête de la p. 3 se trouve un grand fleuron de _Fr.
Chauveau_ représentant le passage du Rhin, fleuron que reproduit,
croyons-nous, un tableau de Van der Meulen.

Le poëme, traduit de l'original latin du P. de la Rue, se compose de
444 vers, à la fin desquels se trouve répété le nom de P. CORNEILLE.
Il commence ainsi:

      Les douceurs de la Paix, et la pleine abondance
    Dont ses tranquilles soins comblent toute la France,
    Suspendoient le couroux [_sic_] du plus grand de ses Rois,
    Ce couroux seur de vaincre, et vainqueur tant de fois, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.)--Bibliothèque Mazarine (C. 274. A9).

Voici la description de l'édition latine du poëme qui correspond à
celle-ci:

  LVDOVICO || MAGNO || POST || EXPEDITIONEM || BATAVICAM. ||
  EPINICIVM. || _Parisiis, || Apud || Guillelmun de Luynes, in
  Palatio. || Et || Simonem Benard, via Jacobæa_, || M.DC.LXXII
  [1672]. || Cum Permissu. In-fol. de 12 pp., avec un grand fleuron
  sur le titre, un autre au-dessus du titre de départ et un petit
  fleuron à la fin (les mêmes que dans l'édition française donnée
  par Corneille). A la fin: C. DE LA RUE. S. I.

Bibliothèque Mazarine (C. 274. A9).

  161. LES VICTOIRES DU ROY SUR LES ESTATS DE HOLLANDE, en l'année
    M.DC.LXXII. Par Pierre Corneille. _A Paris, Chez Guillaume de
    Luynes, au Palais, et Simon Benard, ruë Saint Jacques._
    M.DC.LXXII [1672]. Avec Permission. In-8.

Édition citée par l'abbé Granet.

  162. LES VICTOIRES DU ROY SUR LES ESTATS de HOLLANDE en l'année
    M.DC.LXII. Par Pierre Corneille. _Grenoble_, 1673, in-12.

Catalogue L*** [Longuemare], 1853, no 780.

  163. AV ROY || SVR SA LIBERALITÉ ENVERS || LES MARCHANDS DE LA
    VILLE DE PARIS. || _S. l. n. d._ [_Paris_, 1674], in-fol. de 4
    ff. de 26 lignes à la page, caract. ital.

Cette pièce, dont la Bibliothèque Mazarine possède un exemplaire (C.
274. A9. 77), n'a qu'un simple titre de départ, au-dessus duquel se
trouve un grand fleuron de _Chauveau_, représentant Alexandre entouré
de guerriers; un général s'avance en se prosternant devant le roi. A
la fin se trouve la signature P. CORNEILLEE (_sic_), au-dessous de
laquelle on voit un grand fleuron aux armes de la ville de Paris.

Les _Mémoires secrets_ de Bachaumont (t. Vo, pp. 62 sq.) nous font
connaître les circonstances dans lesquelles fut composé ce poëme, qui
n'est qu'une traduction de Santeul. Les vers de Corneille commencent
ainsi:

      Chantez, Peuple, chantez, la valeur libérale,
    La bonté de Louis à son grand coeur égale...

Voici la description de l'édition latine faite pour accompagner
celle-ci:

  REGI || PRO SVA || ERGA VRBIS || MERCATORES || AMPLIORIS ORDINIS
  || MVNIFICENTIA. || _Parisiis, || Typis Petri le Petit, Regii
  Typographi: || via Iacobæa, sub Cruce aurea._ || M.DC.LXXIV
  [1674]. || Cum Permissu. In-fol. de 8 pp.


L'édition renferme trois grands fleurons placés sur le titre,
au-dessus du titre de départ et à la fin. Les deux derniers sont
signés de _Chauveau_. La pièce est signée: SANTOLIUS VICTORINUS.

Bibliothèque Mazarine (C. 274. A9, 11).

  164. REGIS || PRO SVA || ERGA VRBIS || MERCATORES || AMPLIORIS
    ORDINIS || MVNIFICENTIA || ENCOMIVM. || _Parisiis, || Typis
    Petri le Petit, Regii Typographi: via || Iacobæa, sub Cruce
    aurea._ || M.DC.LXXIV [1674]. || Cum Permissu. In-8 de 14 pp.
    et 1 f. blanc.

Les pp. 3-8 sont occupées par le poëme de Sauteul; les pp. 9-14 par la
traduction de Corneille. Aucune des deux pièces n'est signée.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

Il existe sous le même titre et dans le même format une autre édition
où les vers de Santeul sont accompagnés d'une traduction française de
Du Perier. Ce poëte, plus connu par ses oeuvres latines que par ses
oeuvres françaises, était grand ami de Santeul; il se vante dans sa
traduction de l'avoir vue préférée par Santeul lui-même à celle de
Corneille.

  165. POEME A LA LOUANGE DE LOUIS XIV, présenté par les Gardes des
    Marchands merciers de la ville de Paris. _Paris_, 1770, in-fol.

Ce recueil, imprimé avec grand luxe, contient les vers de Santeul et
de Corneille, accompagnés d'une notice extraite des registres des
délibérations du bureau de la mercerie.

  166. AU ROY || SUR SON DEPART || POUR L'ARMÉE en 1676. _S. l. n.
    d._ [_Paris_, 1676], in-4 de 4 pp. de 23 lignes, caract. ital.

Cette pièce n'a qu'un titre de départ surmonté d'un grand fleuron aux
armes de France; un autre fleuron occupe le bas de la 4e page. Le
poëme ne porte pas de signature; il commence ainsi:

    Le Printemps a changé la face de la terre,
    Il ramene avec luy la saison de la guerre.

Corneille s'est borné à paraphraser une pièce latine publiée sous le
titre suivant:

  REGI || AD EXERCITVM INEVNTE || VERE PROFICISCENTI || ODE.--[In
  fine:] JOANNES LUCAS SOCIETATIS JESU.--_Ex Officinâ Simonis
  Benard, viâ Jacobæâ. S. d._ [1676], in-4 de 4 pp. de 24 lignes,
  avec un fleuron à la première page et à la dernière.

Bibliothèque nationale (_Recueil Thoisy, matières historiques_, t. Xe,
in-fol.).

Le catalogue de M. de Bruyères-Chalabre (Paris, 1833, no 168)
mentionne un exemplaire de ce poëme avec envoi autographe de Corneille
à l'abbé de Camilly.

  167. VERS PRESENTEZ || AU ROY || SUR SA CAMPAGNE DE 1676.--[A la
    fin:] _A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré; au
    Palais || dans la Salle des Merciers, sous la montée de la Cour
    || des Aydes à la Justice._ || M.DC.LXXVI [1676].|| Avec
    Permission. In-4 de 2 ff. de 30 vers à la page pleine, sans
    chiffre, réclames ni signature, caract. ital.

La pièce n'a pas de feuillet de titre, mais un simple titre de départ.
Le nom du libraire et la date se trouvent au bas de la p. 3.

Le poëme ne se compose que de 76 vers, dont voici les premiers:

      Ennemis de mon Roy, Flandre, Espagne, Allemagne,
    Qui croyiez que Bouchain deust finir sa Campagne,
    Et n'avanciez vers luy que pour voir comme il faut
    Régler l'ordre d'un Siege, ou livrer un assaut, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

  168. ODE A MONSIEUR PELLISSON. _S. l. n. d._ [_Paris, vers
    1676_], in-4.

Cette pièce, traduite par Corneille d'une pièce latine dont on ignore
l'auteur (_Clarissimo Viro D. Pellissonio_, _Regi Christianissimo a
secretioribus Consiliis_, _supplicum Libellorum Magistro_), dut être
composée vers 1676; elle a été reproduite pour la première fois par
l'abbé Granet (_OEuvres diverses de Corneille_, pp. 220 sqq.).

Nous n'avons pu retrouver l'édition originale citée par Granet.

  169. SUR LES VICTOIRES DU ROY. En l'année 1677.--[A la fin:] _A
    Paris, Chez Guillaume de Luyne, Libraire Juré, au Palais, dans
    la Salle des Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes à la
    Justice._ Avec Permission. In-4 de 2 ff.

Cette pièce, reproduite dans le _Mercure galant_ du mois de juillet
1677, compte 72 vers; elle commence ainsi:

      Je vous l'avois bien dit, Ennemis de la France,
    Que pour vous la victoire auroit peu de constance,
    Et que de Philisbourg à vos armes rendu
    Le pénible succès vous seroit cher vendu...

Elle n'a pas d'autre titre qu'un simple titre de départ et ne porte
pas le nom de Corneille.

M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 322) dit que cette édition existe à la
Bibliothèque de l'Arsenal: nous ne l'y avons pas retrouvée.

  170. SUR LES VICTOIRES || DU ROY || En l'Année 1677. _S. l. n.
    d._ [_Paris_, 1677], in-4 de 2 ff. de 26 lignes à la page, sans
    chiffre, réclame ni signature.

Cette édition n'a, comme la précédente, qu'un titre de départ.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

  171. AV ROY. || SUR LA PAIX DE 1678.--[A la fin:] _De
    l'Imprimerie de Pierre le Petit. Impr. ord. du Roy & de
    l'Academie Françoise._ In-fol. de 4 pp. chiffr. de 30 lignes.

Cette pièce n'a qu'un simple titre de départ surmonté d'un large
fleuron représentant les armes royales.

Le poëme, qui n'est pas signé, compte 100 vers et commence ainsi:

      Ce n'estoit pas assez, grand Roy, que la victoire
    A te suivre en tous lieux mist sa plus haute gloire,
    Il falloit pour fermer ces grands evenements,
    Que la paix se tinst preste à tes commandements, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

  172. INSCRIPTION POUR L'ARCENAL DE BREST. _S. l. n. d._ [_Paris_,
    1679]. 1 f. in-8.

Cette feuille volante contient la traduction, faite par Corneille, en
huit vers, d'une des inscriptions que Santeul avait composées pour
l'arsenal de Brest. Elle est signée P. CORNEILLE.

Le poëte de Saint-Victor avait dû primitivement faire imprimer cinq
des pièces qu'il écrivit sur ce sujet, bien que nous n'en connaissions
pas d'édition antérieure à l'impression des vers de Corneille. Le
placard, dont la Bibliothèque de l'Arsenal (B. L., no 7329 B. a) et la
Bibliothèque de Caen possèdent un exemplaire, contient, en effet, avec
les vers français, cinq pièces latines. Nous ignorons si ce placard
doit se confondre avec le placard in-4 dont parle l'abbé Granet.

Santeul composa plus tard d'autres inscriptions sur le même sujet. Un
recueil intitulé: _Inscriptions faites pour l'Arcenal de Brest_, et
daté, en français, _Du 6 Septembre 1679_ (_s. l._, in-4 de 10 ff., à
la Bibliothèque Mazarine), en contient huit, à la suite desquelles on
trouve une longue _Réponse à la critique des Inscriptions faites pour
l'Arcenal de Brest_. Dans les oeuvres de Santeul, les inscriptions
sont au nombre de neuf.

Un placard, formant 2 ff. in-4 imprimés d'un seul côté (Bibliothèque
nationale, Y), contient, sous ce titre: _Pour l'Arcenal de Brest_, les
neuf inscriptions de Santeuil, et une dixième pièce: _Pour la Fontaine
du même Port._

  173. A || MONSEIGNEVR. || SVR SON MARIAGE. _S. l. n. d._
    [_Paris_, 1680], in-fol. de 4 pp. chiffr. de 34 lignes, caract.
    ital.

La pièce commence par un simple titre de départ, précédé d'un fleuron
qui représente Apollon entouré des Muses; elle est signée à la fin des
initiales: P. C.

Le poëme, composé de 124 vers, débute ainsi:

      Prince, l'appuy des Lys, et l'amour de la France,
    Toy, dont au berceau mesme elle admira l'enfance,
    Et pour qui tous nos voeux s'efforçoient d'obtenir
    Du Souverain des Rois un si bel avenir... etc.

Il a été reproduit dans le _Mercure galant_ du mois de mars 1680.

La Bibliothèque nationale possède en même temps l'imprimé (Y + Rés.)
et le manuscrit autographe du poëme (Msc. franc., no 12763, fol. 165).

  174. OEUVRES DIVERSES DE PIERRE CORNEILLE. _A Paris, chez Gissey,
    rue de la Vieille Boucherie, à l'Arbre de Jessé_; _Bordelet,
    ruë S. Jacques, vis-à-vis le College des Jésuites, à S.
    Ignace_, M.DCC.XXXVIII [1738]. Avec Approbation et Privilége du
    Roi. In 12. de XXXIV-461 pp. et 3 ff. non chiffr. pour la
    _Table_ (laquelle commence p. 462) et le _Privilége_.

Les pp. XXXIII-XXXIV sont imprimées sur un encart, sans feuillet
correspondant.

L'abbé François Granet, éditeur de ce recueil, l'a fait précéder d'une
préface dans laquelle il insiste sur l'intérêt que présentent les
moindres fragments de Corneille. Il a réuni les traductions que le
grand tragique avait faites de plusieurs poëmes latins du P. de la Rue
et de Santeul, les vers qu'il avait présentés au Roi dans plusieurs
circonstances, etc. Pour les productions de la jeunesse de Corneille,
il s'est montré plus réservé. «En retranchant les morceaux d'une
galanterie licencieuse, dit-il, je n'ai fait que me conformer à
l'exemple de M. Corneille, qui a purgé ses premieres comédies de tout
ce qui en pouvoit rappeler l'idée.» L'éditeur a fait entrer dans son
livre trois madrigaux extraits de _la Guirlande de Julie_; il a
réimprimé plusieurs morceaux qui figuraient dans les éditions
originales des pièces de théâtre, mais qui avaient été laissés de côté
depuis; enfin il a reproduit quelques-uns des vers adressés par
Corneille aux auteurs de ses amis et mis par ceux-ci en tête de leurs
ouvrages.

A l'exemple de Fontenelle, Granet s'est efforcé de retrouver les deux
livres de Stace traduits par Corneille, mais il n'a pas été plus
heureux que son devancier.

Le privilége, daté du 13 décembre 1737, est accordé pour six ans au
sieur.....

La préface est suivie de la _Défense du grand Corneille_, par le Père
Tournemine, jésuite.

Les pièces qui composent le recueil sont au nombre de 96, en y
comprenant diverses épigrammes latines traduites par Corneille.

Le volume doit renfermer un carton qui n'est pas semblable dans tous
les exemplaires. Dans les uns, il contient seulement le _Sonnet sur la
Mort de Louis XIII_; dans les autres, il contient une autre rédaction
de la même pièce, suivie du _Placet au Roy, sur le retardement de sa
pension_. (Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 88 sq.)

  175. OEUVRES DIVERSES DE PIERRE CORNEILLE. Nouvelle édition
    augmentée. _A Amsterdam, chez Zacharie Chatelain_, 1740, in-12
    de LX pp. 1 f. blanc, 428 pp. et 4 ff.

Réimpression du recueil de l'abbé Granet. L'éditeur hollandais se
vante dans un avis _Au Lecteur_ de l'avoir notablement augmenté; mais,
en réalité, il n'y a pas ajouté une seule pièce de Corneille.

Les additions sont indiquées à la table des matières par un
astérisque; elles comprennent:

1º _Dissertation sur les caractères de Corneille et de Racine_,
_contre le sentiment de la Bruyère_ (par Tafignon), pp. XXXI-LX;

2º _La Fable est un reste du paganisme dont les poëtes chrétiens
doivent s'abstenir dans leurs ouvrages_ (imitation en vers d'une pièce
de Santeul; elle n'est pas de Corneille), pp. 209-212;

3º _In hæc verba Sancti Augustini Deum alloquentis_: _Quis mihi dabit
acquiescere in te, etc._ (épigramme latine de Santeul, traduite par
Corneille; Granet n'avait pas reproduit le texte original), p. 372;

4º _Ad Santolium Victorinum de obitu Petri Cornelii_ (5 distiques
latins de Léonard Mathieu imprimés dans les OEuvres de Santeul), p.
428.

Le titre du recueil porte un fleuron avec la devise: _Libertas ex
foedere et pace._ On lit au-dessous · _B. Picart del.--C. de Putter
fecit 1739_.

  176. DOCUMENT RELATIF A CORNEILLE, communiqué à l'Académie par M.
    Floquet. [_Rouen_, 1835], in-8 de 4 pp.

Extrait du _Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen_,
1835, in-8, pp. 240 sqq.

Le document publié par M. Floquet est la touchante lettre adressée par
Corneille à Colbert, en 1678, pour le prier de lui faire obtenir,
comme par le passé, une part dans les faveurs du roi. Cette lettre,
dont la Bibliothèque nationale possède l'autographe original, a été
découverte par M. Lacabane dans la collection généalogique de Chérin
de Barbimont.

  177. VERS INÉDITS DE P. CORNEILLE, publiés par M. Faugère.
    _Paris, Typographie de F. Didot frères_, 1847, in-8 de 16 pp.

Extrait de la _Nouvelle Revue encyclopédique_, t. IIIe, pp. 466-478,
mars 1847.

M. Faugère a eu l'heureuse chance de retrouver, à la Bibliothèque
Sainte-Geneviève, une version des _Hymnes de Sainte-Geneviève_, écrite
en entier de la main de Corneille. Cette version, exécutée sans doute
entre 1660 et 1665, à la requête du P. Boulart, ou de quelque autre
génovéfain, ami du poëte, a été réunie, en 1855, par M. Lefèvre aux
_OEuvres de Corneille_. (Voy. Marty-Laveaux, t. IXe, pp. 615 sqq.)

  178. LETTRES INÉDITES DE P. CORNEILLE. 1653-1656. Avec une
    introduction par M. Célestin Port. _Paris, Typographie de F.
    Didot frères_, 1852, in-8 de 15 pp.

Extrait de la _Bibliothèque de l'École de Chartes_, 3e série, t.
IIIe, pp. 348 sqq.

Ces lettres sont au nombre de quatre; elles sont adressées au R. P**
Boulard, et datées de _Rouen, la veille de Pasques_ (30 mars) 1652, le
12 avril 1652, le 23 avril 1652 et le 10 juin 1656. Elles sont tirées
d'un manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, intitulé: _Recueil
de pièces pour prouver que Thomas à Kempis est l'auteur de
l'Imitation_ (D. f. 11, in-fol.), et sont toutes relatives à la
traduction de l'_Imitation_.

  179. DEUX LETTRES INÉDITES DE P. CORNEILLE à Huyghens de
    Zuilychem, par Édouard Fournier. (Extrait de la _Revue des
    Provinces_ du 15 février 1865.) _Paris, Imprimerie parisienne
    Dupray de la Maherie_, 1865, in-8 de 11 pp.

«Ces deux lettres, dit M. Fournier, se trouvent au _British Museum_,
où nous en avons nous-même pris copie, il y a deux ans, avec l'aide
de notre savant ami Francisque Michel. Elles y sont placées dans les
_Additional Mss._, sous les nos 21,514, fol. 20, 21 et 22, 23. La
première fut acquise, en 1824, à une vente dont le livret (_Catalogue
of a valuable Collection of Autograph Letters_, 1824, in-8), l'indique
à la p. 21. La seconde ne fut achetée qu'en 1856 (_British Museum. A
Guide to the Autograph Letters_, 1862, in-8).»

Les deux lettres sont datées du 6 mars 1649 et du 28 mai 1650.

Dans la première, Corneille remercie son correspondant de l'envoi d'un
volume de poésies latines, sans doute, les _Momenta desultoria,
Poematum Libri XIV_; il lui envoie en même temps deux recueils de ses
ouvrages, «qui n'ont rien de nouveau que l'impression», et y joint
quelques vers ïambiques latins sur sa tragédie de _Médée_, tout en
s'excusant de «cette eschappée en une langue qu'il y a trente ans
qu'il a oubliée».

Dans la seconde, Corneille annonce à Zuilychem l'envoi d'une comédie
qu'il lui dédie, c'est-à-dire de _Don Sanche d'Aragon_. (Voy. no 60.)


II. OUVRAGES OU RECUEILS DIVERS CONTENANT DES PIÈCES DE CORNEILLE EN
PROSE OU EN VERS.

  180. LIGDAMON || ET LIDIAS: || OV || LA RESSEMBLANCE. ||
    Tragi-Comedie. || Par Monsieur || de Scudery. || _A Paris, ||
    Chez François Targa, au premier || pilier de la grand'Salle du
    Palais, || deuant les Consultations._ || M.DC.XXXI [1631]. ||
    Auec Priuilege du Roy.--AVTRES || OEVVRES || DE || MONSIEVR ||
    DE SCVDERY. || _A Paris, || Chez François Targa, au premier ||
    pilier de la grand'Salle du Palais, || deuant les
    Consultations._ || M.DC.XXXI [1631]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-8 de 20 ff. et 264 pp., sign. A-R.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente
Ligdamon combattant dans une arène contre des lions, en présence de
trois juges et de plusieurs autres personnages (ce frontispice porte
le titre de la pièce, le nom et l'adresse de _Targa_, et deux marques
très-curieuses de ce libraire);--titre imprimé;--2 ff. pour l'a
dédicace à M. le duc de Montmorency;--1 p. pour un _Sonnet à luy
mesme_;--8 pp. pour un avis _A qui lit_;--12 pp. pour des hommages à
Scudéry, signés: de Rotrou, Scarron, A. Hardy, Corneille, de la Crette
Bellenger, du Ryer, Guerente, Belleville, il Cavalier Grambosco, Dom
Ivan Florimond, de Chandeville-Sarcilly;--3 pp. pour le
_Privilége_;--3 ff. pour l'_Argument_; 1 f. pour l'erratum et les
_Acteurs_.

La tragi-comédie occupe les 133 premières pages du volume; on trouve
ensuite le second titre que nous avons reproduit ci-dessus, et la
pagination reprend de 137 à 264.

Le privilége, daté du 17 juillet 1631, est accordé à _Targa_ pour dix
ans; l'achevé d'imprimer est du 18 septembre 1631.

Le verso du 11e feuillet prélim. contient un quatrain adressé par
Corneille à Scudéry. Ce quatrain, signalé déjà par les frères Parfaict
(_Histoire du Théatre françois_, t. IVe, p. 443), puis inséré par M.
Edouard Tricotel dans le _Bulletin du Bouquiniste_ (1er août 1859), a
été ajouté aux oeuvres de notre poëte, par M. Marty-Laveaux (t. Xe, p.
57). Il est ainsi conçu:

      Encor que Ligdamon en dépeignant Silvie
    Lui donne assez d'appas pour charmer l'Univers,
    Sa beauté toutefois dont la France est ravie
    Ne me toucheroit point sans celle de tes vers.

  181. LE TROMPEVR PVNY, OV L'HISTOIRE SEPTENTRIONALE,
    Tragi-Comedie par Monsieur de Scudery. _A Paris, Chez Pierre
    Billaine._ M.DC.XXXIII [1633]. In-8.

Nous n'avons pas vu cette édition mentionnée au Catalogue Soleinne
sous le no 1070.

Au verso du 12e feuillet se trouve le madrigal suivant, signé
CORNEILLE:

        Ton Cleonte, par son trespas,
          Jette un puissant appas
              A la supercherie;
              Vu l'esclat infini
    Qu'il reçoit de ta plume, apres sa tromperie;
    Chacun voudra tromper pour estre ainsi puny;
          Et quoy qu'il en perde la vie,
          On portera tousjours envie
          A l'heur qui suit son mauvais sort;
    Puis qu'il ne vivroit plus s'il ne fust ainsi mort.

  182. LE || TROMPEVR || PUNY. || OV L'HISTOIRE SEPTENTRIONALE. ||
    Tragi-Comedie || Par || Monsieur de Scudery. || _A Paris, ||
    Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || dans la petite Salle
    à l'Escu de France._ || M.DC.XXXV [1635]. || Auec
    Priuilege.--AVTRES ||OEVVRES || DE MONSIEVR || DE SCVDERY. In-8
    de 16 ff. et 168 pp., sign. A-L.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente deux
personnages assis, dont l'un écrit, tandis que l'autre tient un
livre; un tableau, placé derrière eux, reproduit une autre scène de
la pièce; enfin l'on aperçoit dans le lointain, à travers une porte
ouverte, deux hommes qui se battent en duel; ce frontispice, signé de
_Michel Lasne_, porte le titre de la pièce, l'adresse de _Sommaville_
et la date de 1635;--portrait de Scudéry par _Michel Lasne_, autour
duquel on lit sa fameuse devise:

    «Et Poëte et Guerrier,
    Il aura du laurier;»

--titre imprimé;--7 pp. pour la dédicace «A Madame de Combalet»;--4
pp. pour la «Préface par Monsieur de Chandeville, sur les OEuvres de
Monsieur de Scudery»;--12 pp. occupées par divers hommages en vers,
signés: Du Ryer, Mairet, d'Inville, Boisrobert, Corneille, d'Autheuil,
Guérente, Mondory, G. de Coste, de S. Firmin;--3 pp. pour le
privilége.

La pièce de Corneille occupe le recto du feuillet _[=e]iij_.

Le privilége, daté du 18 décembre 1632, est accordé à _Pierre
Billaine_, qui déclare en faire cession à _Sommaville_. L'achevé
d'imprimer est du 4 janvier 1633.

La tragi-comédie s'arrête à la p. 111 (sign. A-G); elle est suivie de
28 ff. qui continuent la pagination de la pièce de 113 à 168 et sont
signés H-L. Cette seconde partie, analogue à celle qui est jointe au
_Clitandre_ de Corneille (no 2), n'a qu'un faux-titre.

  183. LA || SOEVR || VALEVREVSE, || OV || L'AVEVGLE || AMANTE. ||
    Tragi-Comedie || Dediée à Monseigneur || le Duc de Vandosme. ||
    Par le Sr Mareschal. || _A Paris, || Chez Anthoine de
    Sommauille, dans la || Galerie du Palais, à l'Escu de France._
    || M.DC.XXXIIII [1634]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 16
    ff. et 200 pp. (la dernière page est chiffr. par erreur 196).

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé de _Michel Lasne_,
représentant Mars qui tient un bouclier, sur lequel se détache le
portrait du poëte; aux pieds de Mars jouent deux Amours; au-dessus du
dieu une Renommée tient une couronne de lauriers et une trompette qui
porte le titre;--titre imprimé;--5 pp. pour la dédicace;--7 pp.
contenant des hommages en vers, signés: de Scudéry, Mairet, de Rotrou,
Corneille, du Ryer; 7 ff. pour l'_Argument_;--1 f. pour les _Acteurs_.

L'édition ne renferme ni privilége ni achevé d'imprimer.

Au verso du 6e feuillet commence une pièce en 20 vers, signée
CORNEILLE, dont voici les premiers vers:

      Rendez-vous, Amants et Guerriers,
    Craignez ses attraits et ses armes;
    Sa valeur, égale à ses charmes,
    Unit les myrthes aux lauriers...

Cette pièce se termine au recto du 7e f. Elle a été recueillie pour la
première fois par M. Edouard Fournier dans ses _Notes sur la vie de
Corneille_, qui précèdent _Corneille à la Butte Saint-Roch_, et
reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 62 sq.).

M. de Soleinne possédait le manuscrit original de cette pièce avec une
dédicace particulière au duc de Vendôme (Catalogue Soleinne, no 1047);
les envois poétiques à l'auteur ne devaient pas s'y trouver.

  184. EPINICIA || MVSARVM. || Eminentissimo || Cardinali || Duci
    || de Richelieu. || _Parisiis, || Apud Sebastianum Cramoisy
    Typographum || Regium, via Iacobæa, sub Ciconiis._ M.DC.XXXIV
    [1634]. || Cum Priuilegio Regis. In-4 de 12 ff., 282 pp. et 1
    f., pour la _Table_.

Collation des feuillets prélim.: titre;--7 ff. pour l'épître adressée
au cardinal de Richelieu, par Gomin;--4 ff. contenant une pièce en
prose à la louange des _Epinicia_, un avis du libraire au lecteur, un
extrait du privilége et un portrait de Richelieu, non signé.

L'avis au lecteur est ainsi conçu: «_Typographus Lectori._ Ne mirare,
Lector, si nullam hîc, nec rerum, nec temporum, nec personarum
servatam seriem vides: nam ut singula in manus nostras venere, ea
prælo subjecimus. Si qui sua hîc desiderari querentur, sciant ea nos
effugisse, quibus tamen secunda editione, quæ brevi locupletior
prodibit et accuratior, faciemus satis. Hoc te monitum volui. Vale et
fruere.»

Le privilége, daté du 23 avril 1633, est accordé à Boisrobert, qui en
a fait cession à _Cramoisy_; l'achevé d'imprimer est du 14 août 1634.

Ce recueil, relié d'ordinaire à la suite d'un recueil français
intitulé: _Les Sacrifices des Muses au grand Cardinal de Richelieu_ (à
Paris, chez Sebastien Cramoisy, 1635, in-4), contient, pp. 248-251,
une pièce composée de 43 distiques latins et intitulée: _P. Cornelli
|| Rothomagensis, || ad illustrissimi || Francisci || Archiepiscopi ||
Normanniæ Primatis || invitationem, || qua gloriosissimum Regem, ||
Emimentissimumque Cardinalem-Ducem || versibus celebrare jussus est,
|| Excusatio._ Suivent les distiques qui commencent ainsi:

    Neustriacæ lux alma plagæ, quo nostra superbit
        Infula, et Aonii laurus opaca jugi,
    Heroum ad laudes, dignosque Marone triumphos
        Parce, precor, tenuem sollicitare chelyn...

En étudiant ce poëme avec plus de soin que les précédents éditeurs, M.
Marty-Laveaux y a remarqué des allusions à la _Place Royale_, qui
lui ont permis de rectifier la date de cette pièce et celle de la
_Galerie du Palais_. (Voy. ci-dessus, nos 5 et 7.)

Il existe dans le même format, avec le même privilége et le même
achevé d'imprimer, deux recueils destinés à célébrer la gloire du Roi,
comme les précédents ont pour but de publier les louanges du Cardinal:
_Palmæ Regiæ invictissimo Ludovico XIII. Regi Christianissimo, a
præcipuis nostri ævi Poetis in Trophæum erectæ_; Parisiis, apud
Sebastianum Cramoisy, 1634; et _Le Parnasse Royal, où les immortelles
Actions du tres-chrestien et tres-victorieux Monarque Louis XIII sont
publiées par les plus celebres Esprits de ce temps_; à Paris, chez
Sebastien Cramoisy, 1635.

On ne trouve dans ces recueils en l'honneur du roi aucune pièce de
Corneille. L'auteur du _Cid_ n'avait chanté la gloire de Richelieu
qu'à l'instigation de l'archevêque de Rouen, François Harlay de
Champvalon, et l'on peut admettre que le prélat avait recommandé au
poëte de s'adresser plutôt à Richelieu qu'à Louis XIII. Les
panégyristes montrèrent d'ailleurs peu d'empressement à chanter la
gloire du roi. La difficulté qu'eut l'imprimeur à remplir son recueil
en retarda longtemps la publication, ainsi qu'il l'avoue lui-même dans
l'avis au lecteur. Les vers adressés au cardinal eussent probablement
pu paraître plus tôt, mais il eût été peu convenable qu'ils parussent
avant les vers adressés au roi.

  185. HIPPOLYTE, || Tragedie. || Par de la Pineliere, Angeuin. ||
    _A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || en la
    petite Salle, à l'Escu de France._ || M.DC.XXXV [1635]. || Auec
    Priuilege du Roy.--AVTRES || OEVVRES || POETIQVES || du mesme
    || Autheur. || M.DC.XXXV [1635]. In-8 de 20 ff. et 112 pp.,
    dont les deux dernières ne sont pas chiffr.

Collation des feuillets prélim.: titre;--3 ff. pour la dédicace «A
Monsieur de Bautru, introducteur des Ambassadeurs»;--6 ff. pour la
«Préface sur l'Hippolyte de Monsieur de la Pineliere. Par le sieur de
Hautgalion»;--4 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--6 ff. pour l'erratum,
les _Acteurs_ et les envois poétiques de divers auteurs à la
Pinelière.

Les envois, au nombre de six, sont signés: Th. de la Rivière, Je
Bensserade, Corneille, le sieur de Buys, de Montereul, d'Alibray.

Les vers de Corneille occupent le verso du f. [=u] ij. Ils commencent
ainsi:

      Phedre, si ton chasseur auoit autant de charmes
    Qu'en donne à son visage un si docte pinceau,
    Ta passion fut juste et merite des larmes
    Pour plaindre le malheur qui le met au tombeau.

L'_Hippolyte_ s'arrête à la p. 98, après le 1er f. du cahier N, et les
_Autres OEuvres poëtiques_ occupent le reste du cahier N et le cahier
O. Ils se terminent par le mot _Fin_, après l'épigramme intitulée:
_Sur une Courtisane devenue aveugle._

Les vers de Corneille, reproduits pour la première fois au Catalogue
Soleinne (_Supplément au_ t. Ier, p. 201), ont été réimprimés depuis
par M. Edouard Fournier (_Notes sur la vie de Corneille_, pp. XCVII
sq.) et par M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 73).

  186. LA GVIRLANDE DE IVLIE. Pour Mademoiselle de Ramboüillet
    Iulie Lucine d'Angennes. _Escript par N. Jarry._ M.DC.XLI
    [1641]. In-fol.

Tous ceux qui s'occupent de livres connaissent, au moins de
réputation, le chef-d'oeuvre du calligraphe _Jarry_. Ce manuscrit,
exécuté pour le duc de Montausier, passa plus tard entre les mains de
Gaignat et du duc de la Vallière. Voici la description qu'en donne le
_Catalogue_ de cet illustre amateur (1re partie, t. IIe, no 3247):
«Manuscrit précieux sur vélin, unique dans son genre, et que rien ne
peut égaler en beauté. M. Huet [_Huetiana_, Paris, 1722, in-12, p.
103] l'a appelé le chef-d'oeuvre de la galanterie, et en a vanté la
magnificence de l'exécution. Ce fut le baron de Sainte-Maure, plus
connu sous le nom de duc de Montausier, qui en conçut l'idée et en fit
la dépense. Il chargea le fameux _Robert_ de peindre les fleurs dont
il est enrichi, et _Nicolas Jarry_, dont le talent ne peut être trop
célébré, d'écrire les Madrigaux, que les hommes de lettres qui
fréquentoient l'hôtel de Rambouillet s'empressèrent de faire sur
chaque fleur, à la louange de celle pour qui ce livre était destiné.

«Ces fleurs sont au nombre de 29; sçavoir: l'Amarante, l'Anémone,
l'Angélique, la Couronne Impériale, l'Eliotrope, la Flambe, la Fleur
d'Adonis, la Fleur de Grenade, la Fleur d'Orange, la Fleur de Thym,
l'Hyacinthe, le Jasmin, l'Immortelle blanche, l'Immortelle jaune, la
Jonquille, le Lis, le Méleagre, le Muguet, le Narcisse, l'OEillet, le
Pavot, la Pensée, la Perceneige, la Rose, le Safran, le Souci, la
Tulipe, la Tulipe flamboyante et la Violette.

«Ces Fleurs, réunies d'abord sur une même page et formant une
guirlande superbe au milieu de laquelle on lit: _La Guirlande de
Iulie_, se trouvent ensuite séparées et peintes sur le recto de 29
feuillets, qui ne contient jamais qu'une seule fleur.

«Les Madrigaux, dont chaque fleur est l'objet, sont supérieurement
écrits en lettres rondes, chacun séparément sur un feuillet. On en
compte 61, parce qu'il y en a plusieurs sur une même fleur. M. de
Montausier, lui-même, est au nombre des Poëtes qui les ont faits. Le
plus beau, le plus connu et le plus souvent cité, est celui de
Desmarets, sur la Violette.

«On voit sur le septième feuillet une belle miniature représentant
Zéphyr dans un nuage, tenant dans sa main gauche la Guirlande de
Julie et, dans sa droite, une rose. Il parsème la terre de diverses
fleurs que son souffle fait éclore de sa bouche.

«Le duc de Montausier, en ordonnant l'exécution de ce riche MS., le
destinoit à Julie-Lucine d'Angenes, Marquise de Rambouillet, à qui il
le présenta en 1641. Il eut soin auparavant de faire relier
magnifiquement ce livre [en maroquin rouge, par _Le Gascon_], et
d'orner le dedans et le dehors de la couverture, du chiffre de cette
fille célèbre, qu'il épousa quatre ans après, en 1645. Ce fut, sans
contredit, le plus beau présent qu'il pût lui faire, et le plus
analogue à son goût et à ses talents.

«M. l'Abbé Rive a donné une notice particulière très-exacte et
très-étendue de ce MS. [_Notices historiques et critiques de deux
Manuscrits, uniques et très-précieux, de la Bibliothèque de M. le Duc
de la Vallière, dont l'un a pour titre: la Guirlande de Julie, et
l'autre, Recueil de fleurs et insectes, peints par Daniel Rabel, en
1624_; Paris, Didot l'aîné, 1779, in-4.]»

Une autre notice écrite par Gaignères et complétée par De Bure se
trouve dans le _Supplément à la première partie du Catalogue de M. le
duc de la Vallière_; elle a été reproduite par Didot jeune, Nodier et
M. Livet, en tête des éditions citées ci-après.

Six pièces de la _Guirlande_: le _Lis_, la _Tulipe_, la _Hyacinthe_,
la _Fleur d'orange_, la _Fleur de Grenade_ et l'_Immortelle blanche_,
sont signées d'un C. dans le manuscrit. Le libraire _Charles de
Sercy_, qui a fait entrer la _Guirlande_ dans un recueil de poésies
dont nous parlerons plus loin, a signé du nom entier de Corneille
trois de ces madrigaux: la _Tulipe_, la _Fleur d'orange_ et
l'_Immortelle blanche_, tandis qu'il n'a marqué les trois autres que
d'une simple initiale. Granet n'a reproduit dans ses _OEuvres
diversés_ de Corneille que les trois morceaux que lui attribuait
_Sercy_; mais M. Taschereau (_Vie de Corneille_, 2e éd., pp. 107 sq.)
a, non sans raison, croyons-nous, revendiqué les six pièces pour
l'auteur du _Cid_. Il est fort possible en effet que _Sercy_ ait donné
ses indications au hasard.

Gaignères et deux des éditeurs de la _Guirlande de Julie_, Didot et
Nodier, ont fait honneur à Conrard des six madrigaux marqués d'un C.
M. Marty-Laveaux a cru prudent de suivre l'exemple de Granet.

Ce précieux manuscrit fut vendu après la mort de la duchesse d'Uzès,
fille du duc de Montausier, à un particulier qui le paya quinze louis
et le revendit à Moreau, valet de chambre du duc de Bourgogne, lequel
en fit présent à M. de Gaignères. Après la mort de Gaignères, le
volume passa entre les mains du chevalier de B***. L'abbé de Rothelin
l'acheta à la vente de cet amateur, et en fit présent, à son tour, à
Boze, dans le catalogue de qui nous le voyons mentionné. M. de Cotte
l'acquit des héritiers de M. de Boze et le céda plus tard à Gaignat.
Il fut donné pour 780 livres à la vente Gaignat, mais il atteignit le
prix de 14,510 à la vente la Vallière, en décembre 1783. Il fut acquis
par la duchesse de Châtillon, fille du duc de la Vallière, à la mort
de laquelle il passa chez Mme la duchesse d'Uzès, sa fille. Il
appartient aujourd'hui à M. le duc de Crussol, qui l'a reçu de son
père, M. le duc d'Uzès. Il a figuré à l'exposition organisée à Paris,
en 1874, au profit des Alsaciens-Lorrains.

M. Brunet (_Manuel du Libraire_, vo Jarry) parle d'un manuscrit qui
paraît avoir été l'esquisse et le modèle de _Jarry_. C'est un in-4 de
53 ff., exécuté sur papier en belles lettres bâtardes. Il a figuré aux
ventes Crozat de Tugny en 1751 (no 1316 du Catalogue) et Courtanveaux,
en 1783 (no 1275 du Catalogue). M. P. Firmin-Didot jeune s'en est
alors rendu acquéreur pour la somme modique de 3 fr. 75.

  187. LA GVIRLANDE DE IVLIE. Pour Mademoiselle de Ramboüillet,
    Iulie-Lucine d'Angennes. _Escript par N. Jarry._ 1641. In-8.

L'auteur du _Huetiana_ dit que le duc de Montausier fit faire deux
exemplaires tout pareils de la _Guirlande de Julie_; c'est une erreur.
La copie fut également exécutée par _Jarry_, mais elle est du format
in-8. «Elle contient 40 feuillets écrits en bâtarde. Elle ne renferme
que les Madrigaux seuls, sans aucune peinture. La couverture en est
ornée du chiffre de Julie, à qui il fut offert par le duc de
Montausier, en même temps que le MS. précédent.»--_Catalogue la
Vallière_, 1re partie, t. IIe, no 3248.

Ce volume vendu 406 fr. chez la Vallière, en 1783, fut revendu 622 fr.
chez d'Hangard; 250 fr. seulement chez Lefebvre, et 2,900 fr. chez de
Bure, en 1853; il appartient depuis lors à M. le marquis de
Sainte-Maure.

  188. LA GUIRLANDE DE JULIE. _A Paris, De l'Imprimerie de Didot
    jeune_, 1784. In-8.

Édition publiée d'après le manuscrit sur papier cité plus haut.

Renouard dit qu'elle a été tirée à 90 exemplaires; M. Brunet (vo
_Montausier_) dit, au contraire, qu'il en existe au moins 250
exemplaires.

_La Guirlande de Julie_ avait été déjà imprimée à la suite de la _Vie
de M. de Montausier, écrite sur les Mémoires de la duchesse d'Uzès sa
fille_ (par Nicolas Petit, jésuite); Paris, 1729, 2 tomes en un vol.
in-12.

  189. LA GUIRLANDE DE JULIE, offerte à Mademoiselle de
    Rambouillet, Julie Lucie-Lucine d'Angènes, par le marquis de
    Montausier; ornée de 30 gravures dessinées et peintes par
    Madame Legendre. _A Paris, chez Mademoiselle Adèle Prudhomme,
    rue des Marais, no 18; H. Nicolle et Pélicier, [Imprimerie de
    Didot jeune], 1818._ In-8,

Édition sur papier vélin double satiné.

  190. LA GUIRLANDE DE JULIE, expliquée par de nouvelles
    annotations sur les madrigaux et sur les fleurs peintes qui la
    composent, par M. Amoreux, D. M. _Montpellier et Paris, Gabon
    et Ce, [Imprimerie de X. Jullien, à Montpellier], 1824._ In-18.

  191. LA GUIRLANDE DE JULIE, offerte à Mademoiselle de Rambouillet
    par M. de Montausier. _Paris, N. Delangle, éditeur, rue du
    Battoir_, no XIX, M.DCCC.XXVI [1826]. Pet. in-12 de xj et CIV
    pp.

_Collection de Petits Classiques françois_, «imprimée à 500
exemplaires, aux frais et par les soins de Charles Nodier et N.
Delangle, avec les caractères de Jules Didot aîné.»

Nous avons dit que Nodier attribuait à Conrard les six madrigaux
signés d'un C dans l'original.

  192. PRÉCIEUX ET PRÉCIEUSES.--Caractères et Moeurs littéraires au
    XVIIe siècle, par M. Ch.-L. Livet. _Paris, Libraire académique,
    Didier et Ce, 1859_, in-8 de 2 ff., XXXVI-442 pp. et 1 f. pour
    la _Table_.

L'ouvrage de M. Livet contient (pp. 393-442) une réimpression complète
de la _Guirlande de Julie_.

  193. LES || CHEVILLES || DE || Me ADAM || Menuisier || de Neuers.
    || _A Paris, || Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la
    montée de la || Cour des Aydes._ || M.DC.XLIV [1644]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-4 de 18 ff., 100 pp., 4 ff. et 315 pp.

Collation des feuillets prélim.: portrait de Me Adam, au-dessous
duquel on lit un sixain en son honneur et l'adresse de _Quinet_;
--titre;--12 ff. (paginés 5-28) pour l'_Epistre_;--4 ff. pour
la _Preface de Monsieur de Marolles, Abbé de Ville-Loin_, et le
_Privilége_.

Les 100 pp. qui forment la première partie contiennent des vers
français, latins, grecs, italiens et espagnols adressés au poëte par
plus de cinquante auteurs, et réunis sous le titre d'_Hommage du
Parnasse_. Un sonnet signé de Corneille occupe la p. 11; en voici le
 premier quatrain:

      Le Dieu de Pythagore, et sa Metempsycose,
    Jettans l'ame d'Orphée en un Poëte François,
    Par quel crime, dit-elle, ay-je offencé vos loix,
    Digne du triste sort que leur rigueur m'impose?

Les 4 ff. qui suivent l'_Hommage du Parnasse_ contiennent les _Noms
des Auteurs_ et la _Table des Pieces contenues aux Chevilles de
Maistre Adam_.

Le privilége, daté du 16 avril 1644, est accordé pour dix ans à «Adam
Billault, Maistre Menuisier de la ville de Nevers», qui déclare en
faire cession à _Toussaint Quinet_. L'achevé d'imprimer est du 25 mai
1644. Détail curieux: on trouve dans l'_Honneur du Parnasse_ deux
pièces signées du libraire _Quinet_.

  194. LES EPISTRES || DV SIEVR || DE BOIS-ROBERT- || METEL, Abbé
    de Chastillon. || Dédiées a Monseigneur || l'Eminentissime
    Cardinal Mazarin. || _A Paris, || Chez Cardin Besongne, au
    Palais, au haut de la montée || de la Ste Chappelle, aux Roses
    vermeilles._ || M.DC.XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-4 de 10 ff., 200 et 47 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, avec la marque du libraire;--3
pp. pour la dédicace «A Monseigneur l'Eminentissime Cardinal
Mazarin;--7 pp. pour les hommages poëtiques, signés: Menagius, de
Gombaut, Menard et Corneille;--4 ff. pour la _Préface_, par M.
Mascaron.

Le recueil se compose de deux parties, dont la première compte 200
pp.; la seconde commence ensuite par un titre de départ ainsi conçu:
_Autres || OEuures || poëtiques || de Monsieur de Boisrobert_.

Au verso de la p. 47 se trouve l'_Extrait_ du privilége accordé pour
dix ans à Boisrobert, à la date du 4 juin 1646; l'auteur déclare en
faire cession à _Cardin Besogne_. L'achevé d'imprimer est du 21
juillet 1646.

La pièce de Corneille occupe le recto du 6e f. prélim.; elle débute
ainsi:

    Que tes entretiens sont charmants,
    Que leur douceur est infinie, etc.

  195. LES || TRIOMPHES || DE || LOVIS LE IVSTE || XIII. DV NOM, ||
    ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE. || Contenans || les plus grandes
    Actions ou Sa Maiesté s'est || trouuée en personne,
    representées en Figures Ænigmatiques exposées par vn || Poëme
    Heroïque de Charles Beys, & accompagnées de vers François sous
    || chaque Figure, composez par P. de Corneille. || Auec les
    Portraits des Rois, Princes et Generaux d'Armees, || qui ont
    assisté ou seruy ce Belliqueux Louis le Iuste Combattant; Et de
    leurs Deuises & || Expositions en forme d'Eloges, par Henry
    Estienne, Escuyer, Sieur des Fossez, Poëte & || Interprete du
    Roy és Langues Grecque & Latine. || Ensemble le Plan des
    Villes, Sieges et Batailles, auec || vn Abregé de la Vie de ce
    Grand Monarque, par René Barry, Conseiller du Roy, & Hi- ||
    storiographe de sa Majesté. || Le tout traduit en Latin par le
    R. P. Nicolaï, Docteur en Sorbonne de la Faculté || de Paris, &
    premier Regent du grand Conuent des Iacobins. || Ouurage
    entrepris & finy par Iean Valdor, Liegeois, Calcographe du Roy.
    || Le tout par commandement de leurs Maiestez. || _A Paris, ||
    En l'Imprimerie Royale, Par Antoine Estienne, Premier Imprimeur
    || & Libraire ordinaire du Roy._ || M.DC.XLIX [1649]. || Auec
    Priuilege de Sa Maiesté.--LVDOVICI IVSTI || TERTII DECIMI ||
    NVNCVPATI, GALLIÆ SIMVL ET NAVARRÆ || CHRISTIANISSIMI REGIS, ||
    TRIVMPHALIA MONVMENTA. || Quibus egregia maxime quæ per seipsam
    tam Augusta || Maiestas facinora peregit, continentur;
    Ænigmaticis Iconibus ac figuris expressa, || quas Heroico
    Carmine Carolus Beys explicauit, & Gallicis quoque versibus ad
    || singulas figuras Iconasque affixis P. Cornelius seorsim
    exornauit. || Cum Iconibus etiam Regum, Principum,
    Strategorum,|| qui bellicoso illi Regi Ludouico Iusto pugnanti,
    vel obsequium, vel auxilium præstiterunt; Adectis || ad has
    eorum effigies ac stemmata, singulorum Symbolis & Elogiis per
    Henricum Stephanum Equitem || Fossarum Dominum, Græcarum
    Latinarumque literarum Interpretem, ac Poëtam Regium,
    explicatis. || Accessit et Vrbium, Obsidionum, ac Præliorum,
    tam Augusti || Monarchæ Regno gestorum, cum compendiariâ vitæ
    illius narratione, descriptio; quam historico || stylo Renatus
    Barry, Consiliarius & Historiographus Regius, delineauit ac
    expressit. || Omnia porrô ex Gallico Idiomate in Latinum
    conuertit F. Ioannes Nicolai Sacræ Theologiæ in Facultate ||
    Parisiensi Doctor, & apud Fratres Prædicatores in Conuentu S.
    Iacobi primarius Professor. || Opus, curâ Ioannis Valdorii
    Leodiensis propalatum, susceptum, ac perfectum; || Accedente ad
    præfata omnia elaboranda Regio iussu. || _Lutetiæ Parisiorum,
    || In Regiâ ipsâ Typographiâ per Antonium Stephanum, Proto
    Typographum Regium, || & Christianissimi Regis Bibliocômum
    ordinarium._ || M.DC.XLIX [1649]. || Cum eiusdem
    Christianissimæ Majestatis Priuilegio. In-fol. de 33 ff., 87
    pp., 142 pp. et 2 ff., non chiffr.; 106 ff. chiffr., 6 ff. non
    chiffr. et 2 ff. chiffr. 109-110.

Collation des feuillets prélim.: titre français; titre latin; 2 ff.
pour l'_Epistre_ de Valdor au Roi (l'un de ces feuillets est un encart
qui répète la signature _aij_, détail qui explique le nombre impair
des ff. prélim.);--2 ff. pour la traduction latine de l'_Epistre_, et
un morceau signé des Fossez (Estienne);--2 ff. pour l'_Epistre_ de
Valdor à la Reine;--5 ff. pour la traduction latine de cette
_Epistre_, une _Ode au Roy_, en vers français et latins et une grande
figure;--13 ff. pour l'_Exposition des Devises qui sont pour la Reyne
Regente_, une _Ode à la Reyne_, en français et en latin, ode qui est
accompagnée d'un grand portrait; deux hommages poétiques à Louis le
Juste en français et en latin, signés du P. Le Moyne et de R. Rapin;
des hommages poétiques à Valdor, sur son ouvrage, signés de Ferran, de
Beys, d'Isaac Habert, de G. Colletet, de Scudéry, de Tristan
l'Hermite, de Furetière, de F. Cassandre, de Jean Nicolaï;--7 ff. pour
les préfaces en latin et en français, pour les lettres du roi au P.
Nicolaï, à Estienne des Fossez, à Beys, à Bary et à Corneille, pour
une ode de Furetière _Au Roy, sur son portrait_ et pour le
_Privilege_.

La 1re partie renferme une planche de _S. della Bella_ et 20 planches
de _Valdor_ qui représentent les grandes actions du roi; chacune de
ces dernières est accompagnée d'une inscription en vers due à
Corneille.

La 2e partie contient 25 portraits remarquablement gravés.

La 3e partie est entièrement consacrée à des plans topographiques,
gravés dans un format double de celui du livre; la collation en
présente quelques irrégularités. Il semble que l'ouvrage dût contenir
six planches de plus qu'il n'en contient en réalité. Voici
l'indication de ces lacunes: La foliation saute de 10 à 13; de 26 à
29; de 68 à 71; de 72 à 75; de 96 à 99; de 102 à 105. Après le f. 106
sont placées 2 feuilles doubles (soit 4 ff.) signées d'une simple
étoile et 2 ff. sans chiffre ni signature. Le volume se termine par 2
ff. chiffrés 109 et 110.

Le privilége, daté du 22 mai 1649, est accordé à Valdor pour dix ans.
Sur ce graveur, qui fut nommé en 1651 agent du prince-évêque de Liége
en France, et sur son ouvrage, on peut consulter le travail suivant:
_Le 3e Valdor, calcographe de Louis XIV_; Liége, imprimerie de L.
Grandmont-Donders, 1865, in-8 de 50 pp. avec un portrait lithographié.
(_Extrait du Bulletin de l'Institut archéologique liégeois._)

M. Ambr. F. Didot possède l'exemplaire de dédicace relié en mar. r.,
aux armes d'Anne d'Autriche.

  196. LES LETTRES || DE SAINCT || BERNARD, || Premier Abbé || de
    Clervaux, || Docteur de l'Eglise. || Traduites || Par le R. P.
    Dom Gabriel de Sainct Malachie, || Religieux Feuillent [_sic_]
    de l'Ordre de Cisteaux. || Dédiées à Monseigneur le Mareschal
    de l'Hospital. || _A Paris, || Chez Gaspar Meturas, ruë Sainct
    Iacque || à la Trinité, prés les Maturins._ || M.DC.XLIX
    [1649.] || Auec Priuilege & Approbation. In-4 de 22 ff. (dont
    le premier est blanc) et 607 pp.--LETTRES || DE SAINCT ||
    BERNARD, || Traduites en François || Par le R. P. en Nostre
    Seigneur, Dom Gabriel de Saint || Malachie, Religieux de la
    Congregation de N. Dame || de [sic] Feüillans, de l'Ordre de
    Cisteaux. || Seconde Partie. || _A Paris, || Chez George Iosse,
    rue Sainct Iacques, || à la Couronne d'Espine._ || M.DC.LIV
    [1654]. || Auec Priuilege & Approbation. In-4 de 12 ff. et 644
    pp.

Dans l'exemplaire de ce livre que possède la Bibliothèque nationale
(C. 2043), les feuillets prélim. du Ier sont ainsi composés:
1 f, blanc;--titre;--4 ff. pour l'_Epistre_;--2 ff. pour
l'_Avertissement_;--2 ff. pour des hommages poétiques au traducteur,
signés de Gemmaris;--4 ff. pour un _Cantique de S. Bernard à la
louange de Jesus, traduit en François par Monsieur de Sales_ (ces 4
ff. qui portent une pagination et qui sont signés A, forment encart
dans le volume et ne se trouvent peut-être pas dans tous les
exemplaires);--2 ff. pour des hommages poétiques au traducteur,
signés: Corneille, de Sales, du Breton et pour l'_Extrait du
Privilége_;--6 ff. contenant la _Table_ et 1 figure.

Le privilége, dont la première partie seule contient un extrait, est
daté du 14 mai 1648; il est accordé pour dix ans à _G. Meturas_. On
trouve à la fin un achevé d'imprimer du 23 août 1649.

Le sonnet de Corneille est adressé à saint Bernard; il commence ainsi:

      Du Cloistre et de la Cour precieuse clarté,
    Mais du Cloistre sans tache, et d'une Cour sans crimes,
    Aussi ferme soustien des Ordres legitimes,
    Qu'implacable ennemy de la fausse equité...

  197. EPITAPHIVM IN ÆDE SAN BENEDICTINA PARISIIS APPENDENDVM,
    Nicolaus Gulonius, mortalitatis maiorumque memor, piis illorum
    Manibus designabat. _Anno_ CI[C] DCL [1650]. In-fol. de 12 pp.

Ce recueil, que M. Marty-Laveaux a signalé pour la première fois, et
dont la Bibliothèque nationale possède un exemplaire, contient les
épitaphes de neuf membres de la famille de Nicolas Goulu et la sienne
propre, sans parler d'un éloge de Jean Goulu et d'un avis sur ses
ouvrages. Jean Goulu, savant bénédictin, né en 1576, mort en 1629,
était petit-fils par sa mère du célèbre poëte Jean Dorat. Corneille
composa en son honneur une épitaphe latine à laquelle Dom Pierre de
Saint Romuald fait allusion dans son _Trésor chronologique et
historique_ (Paris, 1647, in-fol., 3e partie, pp. 899 sq.). C'est
précisément cette épitaphe, dont le texte authentique s'est retrouvé
dans le volume cité plus haut. Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 392 sqq.

  198. L'OVIDE || EN BELLE HVMEVR, || DE M. DASSOVCY. || Enrichi de
    toutes ses || figures burlesques. || _A Paris, || Chez Charles
    de Sercy, au Palais, en la || Galerie Dauphine, à la Bonne
    Foy._ || M.DC.L [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6
    ff., 142 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant Ovide,
en costume grotesque, une couronne de lauriers sur la tête, et sa
plume sur l'oreille; il est assis dans un fauteuil, et le poëte lui
présente un portrait où il se reconnaît; titre imprimé; 4 ff. pour la
dédicace «A Monseigneur le Comte de St Aignan», le sonnet de Corneille
à Dassoucy et deux envois poétiques de Chavannes et de Tristan
l'Hermite.

La p. 1 est occupée par un madrigal de Bergerac; la p. 2 par une
figure singulière qui représente une lanterne étendant les bras pour
créer le monde.

Le volume contient 6 autres figures comptées dans la pagination.

Le privilége, dont un extrait occupe le recto du dernier feuillet, est
accordé pour sept ans à Dassoucy, à la date du 18 février 1650.
L'achevé d'imprimer est du 25 février 1650.

L'_Ovide en belle humeur_ a été réimprimé à _Paris_ en 1653, in-4; en
1659 et 1664, pet. in-12; et à _Lyon_, 1658, in-12. Il en existe une
édition elzévirienne (_Suivant la copie imprimée à Paris_, 1651, pet.
in-12 de 94 pp.) que M. Pieters (2e édition, p. 201) qualifie de «rare
et chère».

  199. LES CHASTES || MARTIRS, || Tragedie || chrestienne || Par
    Mademoiselle Cosnard. || _A Paris, || Chez Nicolas et Iean de
    la Coste, au mont S. Hilaire à || l'Escu de Bretagne: Et en
    leur boutique à la petire_ [sic] _porte du Palais, || qui
    regarde le Quay des Augustins._ || M.DC.L [1650]. || Auec
    Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 95 pp.

Collation des feuillets prélim.: un f. blanc ou un frontispice gravé
(?); titre; 1 f. pour la dédicace «A la Reyne Regente»; 1 f pour deux
hommages poétiques signés de Corneille et de M. de Saint-Nicolas,
maître des eaux et forêts à Vire; 2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et
les _Acteurs_.

Nous empruntons cette description à M. Marty-Laveaux (_OEuvres de
Corneille_, t. Xe, p. 129), qui l'a donnée d'après un exemplaire
appartenant à M. Léon de la Sicotière, d'Alençon, exemplaire qui
provient de la vente Soleinne (no 1249 du Catalogue). La Bibliothèque
de l'Arsenal ne possède qu'un exemplaire incomplet, et, quant à la
Bibliothèque nationale, nous n'y avons trouvé qu'une contrefaçon
intitulée:

  LES CHASTES || MARTIRS, || Tragedie || chrestienne. || Par
  Mademoiselle Cosnard. || _Sur l'Imprimé. || A Paris, || Chez
  Augustin Courbé, dans la petite || Salle du Palais, à la Palme._
  || M.DC.LI [1651], In-12 de 3 ff. et 65 pp., soit en tout 36 ff.
  signés A-K.

Cette contrefaçon, mal imprimée, ne contient pas les hommages
poétiques.

La Bibliothèque nationale possède en outre une tragédie chrétienne de
Mlle Cosnard intitulée: _Les Filles genereuses, ou le Triomphe de la
Pudicité_ (Ms. franç., no 25503).

  200. ILLVSTRISSIMO VIRO || POMPONIO || DE BELLIEVRE || Regi a
    Consiliis || et || Primo in Principe || Galliarum Senatu ||
    Præsidi || inaugurato || Panegyricus || in Colleg. Marchiano ||
    Parisiensis || Academiæ || dictus. || _Parisiis, || Apud
    Dionysium Langlæum, || in monte D. Hilarij, sub Pelicano._ ||
    M.DC.LIII [1653]. In-4 de 32 pp. et 2 ff.

Au verso de l'avant-dernier f. (p. 34) se trouvent des vers de
Corneille «A Monsieur de Loy, Professeur en l'Université de Paris,
sur son Panegyrique de Monseigneur le Premier President de
Bellievre», vers qui commencent ainsi:

    Pourquoy s'étoner que de Loy
    Réussisse avec avantage...

  201. AIRS || à quatre parties, || Du Sieur Dassoucy, || _A Paris,
    || Par Robert Ballard, seul Imprimeur du || Roy pour la
    Musique._ || Auec Priuilege de sa Majesté. || Basse-Contre. ||
    1653. Très-pet, in-8 obl. de 23 ff. chiffr. et 1 f. non
    chiffr., sign. A-C., titre encadré.

Au verso du titre commence la dédicace _A Son Altesse Royale Madame
la Duchesse de Savoye_, qui se développe sur le feuillet suivant.
En voici le début:

«Apres avoir respandu toutes mes larmes sur le Tombeau du deffunct
Roy mon auguste Protecteur, je creus apres l'eclypse de ce grand
Astre, qu'il n'y avoit plus de jour au monde, ny d'azile pour la
vertu; Dans cette funeste pensée, je jugé que ce n'estoit pas assez
de faire pleurer à mes tristes Airs la mort de celuy qui ne les
avoit pas dedaignez durant sa vie, si pour satisfaire à ma douleur,
je ne les condamnois à mourir: C'en estoit fait et mes Competiteurs
n'estoient pas marris que j'eusse enterré un talent qui leur
causoit de la jalousie; Mais depuis que (par l'honneur que j'ay
receu dans vostre Royal service) j'ay appris qu'il y avoit encore
un climat, une Cour, et une Reyne, ou plustost une divinité,
l'amour de toute la terre, et l'aymant de toutes les vertus, aupres
de qui le merite ne va jamais, sans y trouver sa gloire et sa
recompense; J'ay revoqué cet Arrest inhumain, etc.»

Au recto du 3e f. se trouvent les vers suivants qui, avant M.
Marty-Laveaux, n'avaient jamais été réunis aux oeuvres de
Corneille:

    POUR MONSIEUR DASSOUCY,

      _sur ses Airs_,

    Cet Autheur a quelque Genie,
    Ses Airs me semblent assez doux:
    Beaux Esprits, mais un peu jaloux,
    Divins enfants de l'harmonie,
    Ne vous en mettez en courroux,
    Apollon aussi bien que vous
    Ne les peut ouyr sans envie.

      CORNEILLE.

Les airs de Dassoucy sont au nombre de 19. Le 14e et le 15e
s'appliquent à deux passages de l'_Andromède_ de Corneille: _Vivez,
heureux Amants_, etc., et _Cieux, escoutez_. Voy. ci-dessus, no 54.

La seule partie de ce recueil que nous connaissions, la partie de
_Basse-Contre_, conservée à la Bibliothèque nationale, est
malheureusement la moins intéressante des quatre. Il serait bien
curieux de pouvoir reconstituer, en réunissant les autres parties, un
fragment de la musique d'_Andromède_.

  202. RELATION || contenant || l'histoire || de || l'Academie ||
    Françoise. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, en
    la Salle des Merciers à la Palme_; [ou _Chez Pierre le Petit,
    Imprimeur || & Libraire ordinaire du Roy, ruë S. || Iacques, à
    la Croix d'Or_]. || M.DC.LIII [1653]. || Auec Priuilege du Roy.
    In-8 de 2 ff., dont le premier est blanc, 590 pp. et 3 ff. pour
    le _Privilége_.

Le privilége, daté du 14 novembre 1652, est accordé pour dix ans à
Paul Pellisson Fontanier, qui déclare en faire cession à _Augustin
Courbé_ et à _Pierre le Petit_.

Pellisson nous a conservé un quatrain et plusieurs fragments de
lettres de Corneille. Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 86, 427-432.

La _Relation_ de Pellisson a été réimprimée en 1671, 1672, 1700, 1729,
1730 et 1743. M. Livet en a donné une nouvelle édition, en y joignant
la continuation publiée par l'abbé d'Olivet. (_Paris, Didier, 1858_, 2
vol. in-8.)

  203. LA VIE || DE DAMOISELLE || ELIZABETH || RANQVET. || _A
    Paris, || Chez Charles Savreux, Libraire & Relieur || du
    Chapitre de l'Eglise de Paris, au || Parvis Nostre Dame, aux ||
    trois Vertus._ || M.DC.LV [1655]. || Auec Approbation &
    Privilege. In-12 de 7 ff. et 131 pp.

Collation des feuillets prélimin.: portrait d'Élisabeth Ranquet, gravé
par J. Frosne; on lit à l'entour: _Elizabeth Ranquet, agée de 36 ans,
decedée le 6 d'Avril 1654_; en bas sont ses armes et un quatrain; sur
les côtés, son chiffre;--titre imprimé avec la marque du libraire;--2
ff. pour l'_Avertissement_;--3 ff. pour l'_Approbation_ et trois
hommages poétiques.

Les vers de Corneille occupent le verso du 5e f. et le recto du 6e.
Nous avons dit qu'ils se trouvent en tête de certains exemplaires de
l'édition originale d'_OEdipe_ (no 73).

Le privilége, dont un extrait se trouve au verso du dernier f., est
accordé à _Charles Savreux_, pour sept ans, à la date du ... avril
1655 (le quantième est resté en blanc). L'achevé d'imprimer est du 10
mai 1655.

  204. POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. ||
    BENSSERADE. || DE SCVDERY. || BOISROBERT. || SARRASIN. ||
    DESMARETS.  || BERTAVD. || S. LAVRENT. || COLLETET. || LA
    MESNADIERE. || DE MONTEREVIL. || VIGNIER. || CHEVREAV. ||
    MALLEVILLE. || TRISTAN. || TESTV. || MAVCROY. || DE PRADE. ||
    GIRARD. || DE L'AGE. || Et plusieurs autres. || _A Paris, Chez
    Charles de Sercy, au Palais, dans la || Salle Dauphine, à la
    Bonne-Foy Couronnée._ || M.DC.LIII [1653]. || Avec Priuilege du
    Roy. In-12 de 14 ff., 418 pp. et 1 f. pour les _Fautes à
    corriger_.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente un
rideau sur lequel est inscrit le titre du livre; au-dessus du rideau,
un masque grotesque accoté de deux Amours qui tiennent une couronne de
laurier;--titre imprimé qui porte la marque de _Sercy_;--1 f. pour la
dédicace «A Monseigneur l'Abbé de Saint-Germain Beaupré»;--10 ff. pour
la _Table_;--1 f. pour le _Privilége_.

Première édition de ce recueil, qui forma successivement un, deux,
trois, quatre et cinq volumes.

Cette première partie contient quatre pièces de Corneille, savoir:

    _La Poësie à la Peinture_, p. 235;
    _Sonnet_: Demeurez en repos, etc., p. 399;
    _Sonnet_: Deux sonnets partagent la ville, p. 401;
    _Epigramme_: Amy veux tu sçavoir, etc., p. 402.

M. P. Lacroix attribue en outre à Corneille un sonnet signé d'un C à
la _Table_, mais anonyme dans le recueil: _Une Troupe servile_, etc.,
p. 304.

Le privilége, daté du 19 janvier 1653, est accordé à _Sercy_ pour neuf
ans; l'achevé d'imprimer est du 24 mars 1653.

  205. POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. ||
    BENSSERADE. || DE SCVDERY. || BOISROBERT. || LA MESNARDIERE. ||
    SARRASIN. || DESMARETS. || BERTAVD. || DE MONTEREVIL. ||
    VIGNIER. || CHEVREAV. || MALLEVILLE. || PETIT. || LE BRET. ||
    DE PRADE. || MAVCROY. || Et de plusieurs autres. || Premiere
    Partie. || Seconde Edition, reueuë, corrigée, & augmentée. [Et
    Seconde Partie]. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au
    Palais, dans la || Salle Dauphine, à la Bonne-Foy couronnée._
    || M.DC.LIII [1653]. || Avec Privilege du Roy. 2 vol. in-12.

_Premiere Partie_: frontispice gravé (le même que ci-dessus);--titre
imprimé;--1 f. pour la dédicace;--2 ff. pour un avis du
_Libraire au Lecteur_;--12 ff. pour la _Table_;--1 f. pour le
_Privilége_.--Ensemble: 17 ff. et 456 pp.

Ce volume contient les quatre pièces de Corneille déjà citées; il n'a
pas d'achevé d'imprimer.

La _Seconde partie_ est nouvelle; en voici le titre:

  POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. || BOISROBERT.
  || SARRASIN. || DESMARETS. || L. DE LAFFEMAS. || BREBEVF. ||
  MALEVILLE. || DE MONTEREVIL. || PETIT. || COTIN. || VIGNIER. || LE
  BRET. || DE IVSSY. || DV PERIER. || Et de plusieurs autres. ||
  Seconde Partie. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais
  || dans la Salle Dauphine, à la Bonne-Foy || Couronnée._ ||
  M.DC.LIII [1653]. || Auec Priuilege du Roy.

Collation: frontispice gravé représentant un coeur formé d'épis et de
lauriers; le titre est inscrit au milieu de cette couronne, et des
banderoles, qui se déroulent à l'entour, portent les devises
suivantes: _L'Amour a ses lauriers comme il a ses guerriers;
l'embellis bien vn coeur_;--titre imprimé;--1 f. pour l'avis du
_Libraire au Lecteur_;--13 ff. pour la _Table_;--1 f. pour le
_Privilége_;--1 f. blanc; ensemble: 18 ff. et 444 pp.

Beaucoup de pièces qui composent ce second volume sont empruntées à la
_Guirlande de Julie_. Il y a dans le nombre trois pièces signées de
Corneille:

    _La Tulippe._ Madrigal, p. 235.
    _La Fleur d'Orange._ Madrigal, p, 238.
    _L'Immortelle blanche._ Madrigal, p. 242.

L'achevé d'imprimer est du 12 août 1653.

  206. POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. ||
    BENSSERADE. || DE SCVDERY. || BOISROBERT. || LA MESNARDIERE. ||
    SARRASIN. || DESMARETS. || BERTAVD. || DE MONTREVIL. || COTTIN.
    || VIGNIER. || CHEVREAV. || MALEVILLE. || VAVVERT. || PETIT. ||
    MAVCROY. || Et de plusieurs autres. || Premiere [Seconde]
    Partie. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais, dans
    la || Salle Dauphine, à la Bonne-Foy couronnée._ || M.DC.LIV
    [1654]. || Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-12.

_Premiere Partie_ (Troisiéme Edition, reueuë, corrigée, & ||
augmentée): frontispice gravé (le même que ci-dessus);--titre
imprimé;--1 f. pour la dédicace;--2 ff. pour l'avis du _Libraire au
Lecteur_;--12 ff. pour la _Table_:--1 f. pour le _Privilége_;
ensemble: 18 ff. et 456 pp.

Le contenu est le même que celui de la seconde édition; il n'y a pas
d'achevé d'imprimer.

_Seconde Partie_ (Seconde Edition, reueue, corrigée, & || augmentée):
18 ff. et 444 pp.

Même collation que ci-dessus. L'achevé d'imprimer est du 14 juillet
1654.

On doit joindre à ces deux volumes une _Troisiesme Partie_, que
_Sercy_ annonce en ces termes dans son avis _Au Lecteur_: «La
reputation des Poësies choisies vous est assez connue, les deux
premieres que je vous ai données ont esté si bien receues, que pour
contenter le public, j'ay esté obligé d'en renouveller et d'en
augmenter l'impression par plusieurs fois. Mais cela n'a pas suffit
(_sic_), il m'en est tant venu de tous costez que je n'ay peu me
deffendre de vous donner ceste troisiesme Partie.» En voici la
description:

  POESIES || CHOISIES. || DE MESSIEVRS, || BENSSERADE. ||
  BOISROBERT. || SEGRAIS. || BERTAVLT. || DE MARIGNY. || DE LAFEMAS.
  || BOILEAV. || DE MONTEREVIL. || DE FRANCHEVILLE. || TESTV. ||
  PETIT. || LORET. || LE BRET. || BARDOV. || Et de plusieurs autres.
  || Troisiesme Partie. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au
  Palais, || dans la Salle Dauphine, à la Bonne-Foy || Couronnée._
  || M.DC.LVI [1656]. || Auec Privilege du Roy. In-12 de 12 ff., 457
  pp. et 1 f. pour le _Privilége_.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant un
écusson surmonté d'un Amour qui tient une banderole; deux autres
Amours sont assis en bas sur un piédestal;--titre imprimé;--1 f. pour
l'avis _Au Lecteur_;--9 ff. pour la _Table_.

L'achevé d'imprimer pour la première fois est du 6 février 1656.

Ce volume ne contient aucune pièce signée de Corneille.

  207. POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. ||
    BENSERADE. || DE SCVDERY. || BOISROBERT. || LA MESNADIERE. ||
    SARRASIN. || DESMARETS. || BERTAVD. || DE MONTEREVIL. ||
    COTTIN. || VIGNIER. || CHEVREAV. || MALEVILLE. || VAVVERT. ||
    PETIT. || MAVCROY. || Et de plusieurs autres. || _A Paris, ||
    Chez Charles de Sercy, au Palais, dans la || Salle Dauphine, à
    la Bonne-Foy couronnée._ || M.DC.LVII [-M.DC.LVIII: 1657-1658].
    || Auec Priuilege du Roy. 4 vol. in-12.

_Premiere Partie_ (Quatriéme Edition, reueuë, corrigée, & ||
augmentée), 1657: frontispice gravé (le même que ci-dessus);--titre
imprimé;--1 f. pour la dédicace;--2 ff. pour l'avis du _Libraire au
Lecteur_;--11 ff. pour la _Table_;--2 ff. pour le _Privilége_;
ensemble: 18 ff. et 456 pp.

Rappel de l'achevé d'imprimer du 30 octobre 1653.

_Seconde Partie_, 1657: frontispice gravé;--titre imprimé, qui
contient 18 noms;--1 f. pour l'avis du _Libraire au Lecteur_,--13 ff.
pour la _Table_;--1 f. pour le _Privilége_;--1 f. blanc; ensemble: 18
ff. et 444 pp.

Rappel de l'achevé d'imprimer du 14 juillet 1653.

_Troisiesme Partie_, 1658: frontispice gravé;--titre imprimé, qui
porte 14 noms;--1 f. pour l'avis _Au Lecteur_;--9 ff. pour la _Table_
et l'_Extrait du Privilége_; ensemble: 12 ff. et 454 pp.

L'achevé d'imprimer est du 17 août 1658.

Cette troisième partie contient, p. 365, un sonnet signé d'un C, qui
ne se trouve pas dans la première édition:

    Que me sert qu'on m'écoute avec tant de transport, etc.

M. P. Lacroix a pensé que cette pièce était de Corneille, et M.
Marty-Laveaux (t. Xe, p. 19) a regardé l'attribution comme
très-vraisemblable, sans pourtant se croire autorisé à joindre le
sonnet aux _OEuvres_ de notre poëte.

Avant même d'avoir réimprimé la troisième partie, _Sercy_ joignit à
son recueil un nouveau volume dont voici le titre:

  POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || MALEVILLE. || MAYNARD. ||
  DE L'ESTOILLE. || DE RAMPALE. || COTIN. || DE MARIGNY. || BARDOV.
  || DE MONTEREVIL. || DE LIGNIERS. || LE CLERC. || DE LAFFEMAS. ||
  BOISSIERE. || LE VAVASSEVR. || Et plusieurs autres. || Quatriesme
  Partie. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais, || dans
  la salle Dauphine, à la Bonne- || Foy Couronnée._ || MDC.LVIII
  [1658]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 16 ff. et 455 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente un
dé en pierre sur lequel reposent Apollon et Minerve; devant cette
pierre qui porte le titre, trois Amours jouent avec une pierre sur
laquelle se voient des armes gravées;--titre imprimé;--2 ff. pour la
dédicace «A haut et puissant Seigneur, Messire François de
Rostaing»;--11 ff. pour la _Table_ et le _Privilége_;--1 f. blanc.

L'achevé d'imprimer est du 12 janvier 1658.

Cette partie ne contient aucune pièce de Corneille.

Le succès du livre n'étant pas encore épuisé, _Sercy_ y ajouta un
dernier volume dont voici le titre:

  POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. || BOISROBERT.
  || DE MARIGNY. || DESMARESTS. || GOMBAVLT. || DE LA LANNE. || DE
  CERISY. || MAVCROIX. || DE MONTEREVIL. || DE LIGNIERES. || PETIT.
  || DE QVINCY. || MAISTRE ADAM. || BARDOV. || PORCHER. || Et
  plusieurs autres. || Cinquiesme Partie. || _A Paris, || Chez
  Charles de Sercy, au Palais, dans || la Salle Dauphine, à la
  Bonne-Foi couronnée._ || M.DC.LX [1660]. || Auec Priuilége du Roy.
  In-12 de 18 ff. et 429 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente un
poëte couronné de lauriers par la main d'une Muse; au-dessus du poëte,
trois Amours tiennent dans les airs une couronne de fleurs qui sert de
cadre au titre (la planche est signée: _Heince in., Le Doyen
fecit_);--titre imprimé;--2 ff. pour la dédicace «A Monsieur de
Benserade»;--11 ff. pour la _Table_;--2 ff. pour le _Privilége_;--1 f.
blanc.

On lit à la fin du _Privilége_: _Acheué d'imprimer pour la premiere
fois le 18. Aoust 1660_.

Ce volume contient 19 pièces indiquées à la Table avec le nom de
Corneille:

    Pages 73: _Jalousie._ N'aimez plus tant, Philis...
          75: _Bagatelle._ Quoy si-tost que j'en veux...
          77: _Stances._ J'ay veu la peste en raccourcy...
          78: _Sonnet._ Vous aimez que je me range...
          79: _Sur le départ de M. la M. de B. A. T._
          82: _Pour une Dame qui representoit la Nuit. Madrigal._
          83: _Elegie._ Iris, je vay parler...
          87: _Sonnet._ Je vous estime, Iris...
          88: _Sonnet._ D'un accueil si flateur...
          89: _Stances._ Marquise, si mon visage...
          90: _Sonnet._ Usez moins avec moy...
          91: _Sonnet perdu au jeu._ Je cheris ma défaite...
          92: _Chanson._ Vos beaux yeux sur...
          93: _Stances._ Caliste, lorsque je vous...
          94: _Madrigal._ Mes deux mains à l'envy...
          94: _Madrigal._ Je ne veux plus devoir...
          96: _Stances._ Que vous sert-il de me charmer...
          96: _Epigramme._ Qu'on te flatte, qu'on te baise...
          96: _Rondeau._ Je pense à vous...

  208. POESIES || CHOISIES || DE MESSIEVRS || CORNEILLE. ||
    BENSERADE. || DE SCVDERY. || BOISROBERT. || LA MESNARDIERE. ||
    SARRASIN. || DESMARETS. || BERTAVD. || DE MONTEREVIL. ||
    COTTIN. || VIGNIER. || CHEVREAV. || MALEVILLE. || VAVVERT. ||
    PETIT. || MAVCROY. || Et de plusieurs autres. || _Imprimées à
    Roüen & se vendent || A Paris, || Chez Charles de Sercy, au
    Palais, dans la || Salle Dauphine, à la Bonne-Foy couronnée._
    || M.DC.LX [-M.DC.LXI: 1660-1661]. || Auec Priuilege du Roy. 5
    vol. in-12.

La collation de cette édition est la même que celle de l'édition qui
précède. Le premier volume porte un achevé d'imprimer de 1660; les
autres, un achevé d'imprimer du 23 février 1661.

Cette réimpression, exécutée par _Laurens Maurry_, ne porte sur aucun
volume la mention de quatrième ou de cinquième édition.

Il existe encore une ou deux éditions postérieures. Nous avons vu des
volumes imprimés à Paris, avec la date de 1662; M. Brunet en indique
avec la date de 1666.

  209. LES || HOMMES || ILLVSTRES || de Mr de Campion. || Tome
    Premier. || Premiere Partie. || _Imprimé à Roüen par L. Maurry
    || Pour || Augustin Courbé, Marchand Libraire au Palais, ||
    à Paris, en la petite Salle des Merciers, à la Palme._ ||
    M.DC.LVII [1657]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 15 ff. et
    711 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre;--9 ff. pour la dédicace «A Son
Altesse Monseigneur Henry d'Orléans, Duc de Longueville, etc.» et
l'avis _Au Lecteur_;--4 ff. contenant des hommages poétiques signés:
le Parc Rousenay, Rault, le Veillard, Corneille, le _Privilége_ et la
table du t. Ier;--1 f. encarté pour la table des _Hommes illustres de
la Seconde Partie du premier Tome_.

La première partie du premier volume est la seule qui ait paru.

Le privilége, daté du 9 décembre 1656, est accordé pour sept ans à
Campion, qui déclare céder ses droits à _Augustin Courbé_. L'achevé
d'imprimer de la Ire partie est du 15 janvier 1657.

Notons, en passant, que Campion, qui donne dans son recueil une _Vie
du Cid_, n'y a fait aucune allusion à la tragédie de son illustre
compatriote.

La pièce de Corneille a été reproduite pour la première fois par M.
Léon de Duranville dans la _Revue de Rouen_, avril 1843, p. 222. Elle
a donné lieu à des articles insérés dans l'_Impartial de Rouen_ des 22
et 23 juin 1845.

  210. PETIT || RECVEIL || DE || POESIES || CHOISIES || Non encore
    Imprimées. || _A Amsterdam_ || M.DC.LX [1660]. In-12. de 62 pp.
    (y compris le titre) et 1 f. blanc.

Ce recueil, qui présente l'aspect des contrefaçons de librairie, a été
imprimé dans une ville de province de France, malgré la rubrique
d'_Amsterdam_.

On trouve à la p. 47 la pièce intitulée: _Sur le départ de
Mademoiselle la Marquise de C. A. B._ (Voy. ci-dessus no 147).

  211. RECVEIL || DES PLUS || BEAVX VERS, || qui ont esté mis || en
    chant, || Auec le Nom des Autheurs tant des Airs || que des
    Paroles. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au || Palais,
    dans la Salle Dauphine, à la || Bonne-Foy Couronnée._ ||
    M.DC.LXI [1661]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 16 ff. et
    286 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente
Apollon au milieu des Muses; une des Muses déploie une draperie sur
laquelle est inscrit le titre du livre; la planche est signée _Le
Doyen fe_; on lit au bas l'adresse du libraire;--titre imprimé;--3 ff.
pour la dédicace «A Monsieur de Pelisson Fontanier;»--10 ff. pour la
_Table_ et le _Privilége_;--1 f. blanc.

Le privilége, daté du 10 janvier 1661, est accordé pour dix ans au
Sieur B. D. B. [de Bacilly?], qui déclare en faire cession à _Charles
de Sercy_; l'achevé d'imprimer est du 18 juin 1661.

Ce recueil contient, p. 89, 6 vers intitulés: _Air de Mr Lambert pour
la Reyne_, et signés: _M. de Corneille_.

  212. RECVEIL DES PLUS BEAUX VERS QUI ONT ESTÉ MIS EN CHANT, Avec
    le Nom des Autheurs. Seconde et Nouvelle Partie, dans laquelle
    sont compris les Airs de Versailles. _A Paris, Chez Monsieur
    Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, et chez Pierre
    Bienfait._ M.DC.LXVIII [1668]. In-12.

Ce recueil, dont l'achevé d'imprimer est du 5 juin 1668, contient (p.
257) un _Air de M. Blondel_, sur des paroles signées: M. DE CORNEILLE.
Ces paroles, qui ne sont composées que de six vers, sont adressées à
Iris, c'est-à-dire, selon toute vraisemblance, à Mlle du Parc.

  213. LES || DELICES || DE LA || POËSIE || GALANTE, || Des plus
    Celebres Autheurs || de ce Temps. || Premiere [Seconde et
    Troisiesme] Partie. || _A Paris, || Chez Iean Ribou, au Palais,
    sur le || Grand Perron, deuant la S. Chapelle, || à l'Image S.
    Louis._ || M.DC.LXVI [1666]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol.
    in-12.

_Premiere partie_: frontispice gravé représentant un cippe sur lequel
est assis un Amour; autour de ce cippe, qui porte le titre du livre,
on voit six personnages allégoriques; en bas le nom du libraire et la
date;--titre imprimé;--2 ff. pour l'épître «A Monseigneur le Duc de
Coeslin»;--6 ff. pour la _Table_ et l'_Extrait du Privilége_; ensemble
10 ff. et 254 pp.

Ce volume, dont l'achevé d'imprimer est du 12 juillet 1664, contient,
pp. 36-39, le _Remerciment au Roy_, signé P. CORNEILLE.

_Seconde Partie_: frontispice gravé qui représente trois femmes
montrant ironiquement les _Délices de la Poësie galante_ à deux hommes
qui se détournent; ces trois femmes sont placées autour d'une table
qui porte les oeuvres de Brébeuf, de Sarrazin et de Voiture; au bas de
la planche l'adresse du libraire et la date;--titre ainsi conçu: LES
DELICES DE LA POËSIE GALANTE. Seconde Partie. _A Paris. Chez Iean
Ribou, au Palais, vis à vis la Porte de l'Eglise de la Sainte
Chapelle, à l'Image Saint Louis._ M.DC.LXVII [1667]. Auec Priuilege du
Roy;--136 pp.

L'achevé d'imprimer est du 24 mai 1667.

_Troisiesme Partie_ (le titre est disposé autrement que le précédent):
2 ff. pour les titres (il n'y a pas de frontispice);--2 ff. pour la
dédicace «A Monseigneur Messire Henry Louis Habert, Chevalier, Comte
de Mesny-Habert, etc.» et pour l'_Extrait du Privilége_;--88 pp.

L'achevé d'imprimer est du 7 avril 1667.

C'est ici la seconde édition des _Délices de la Poësie galante_; mais
cette édition est très-différente de la première. Il avait d'abord
paru deux parties de ce recueil dans la forme suivante:

  LES || DELICES || DE LA || POËSIE || GALANTE, || Des plus celebres
  Autheurs || du Temps. || Dediées à Monsieur le Marquis || de
  Coislin. || _A Paris, || Chez Iean Ribou, au Palais, sur les
  degrez de || la Saincte Chapelle, à l'Image S. Louis._ ||
  M.DC.LXIII [1663], || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 13 ff.
  (frontispice gravé qui porte la date de 1664; titre imprimé, qui
  commence le cahier _[=a]_; 3 ff. pour l'épître; 8 ff. pour la
  _Table_ et l'_Extrait du Privilége_) et 283 pp.

Ce volume, qui porte un achevé d'imprimer du 25 septembre 1663, ne
contient aucune pièce de Corneille, mais on y trouve plusieurs
morceaux qui ne figurent pas dans la réimpression, notamment le _Balet
de l'Inclination_, que _Ribou_ supprima plus tard pour insérer le
_Remerciment au Roy_.

Le succès de ce recueil, destiné à remplacer la collection de _Sercy_,
déjà vieille de dix ans, avait déterminé _Ribou_ à lui donner une
suite dont voici le titre:

  LES || DELICES || DE LA POËSIE || GALANTE, || Des plus Celebres
  Autheurs || de ce Temps. || Seconde Partie. || _A Paris, || Chez
  Iean Ribou, au Palais, sur le || Grand Perron, deuant la S.
  Chapelle, || à l'Image S. Louis._ || M.DC.LXVI [1666]. || Auec
  Priuilege du Roy. In-12 de 2 ff., 265 pp. et 1 f. pour le
  _Privilége_.

Le volume est précédé du frontispice déjà décrit, qui porte la date
de 1664.

La date indiquée sur le titre est une faute d'impression évidente; il
faut lire M.DC.LXIV [1664].

L'achevé d'imprimer est du 12 juillet 1664.

Le privilége rapporté dans ces différents volumes est daté du 14
septembre 1663; il est accordé à _Ribou_ pour cinq ans.

  214. ELOGIA || IVLII MAZARINI || CARDINALIS. || _Parisiis, ||
    Excudebat Antonius Vitré, Regis & Cleri Gallicani ||
    Typographus._ || M.DC.LXVI. [1666]. In-fol. de 6 ff., 240, 71,
    292 pp. et 1 f. pour la _Table des Auteurs_.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé, signé _Ægid.
Rousselet sculp._, 1666; ce frontispice représente la Renommée tenant
dans les airs le tombeau de Mazarin; au-dessous de la Renommée, une
femme drapée écrit l'histoire du cardinal dans un livre que porte un
géant dompté;--titre imprimé;--4 ff. pour la dédicace latine de
Ménage.

Les trois paginations que nous avons indiquées correspondent à trois
parties: une partie latine, une partie italienne, une partie
française.

Le _Remerciment_ de Corneille «A Monseigneur l'Eminentissime Cardinal
Mazarini» occupe les pp. 5-7 de la 3e partie. La 1re partie (pp.
51-53) en contient la traduction latine, signée en toutes lettres:
_Abrahamus Remius, Poëta Regius_. Voy. ci-dessus, nos 32 et 146.

  215. LA || THEOLOGIE || DES SAINTS, || où sont representez || les
    Misteres & les Merueilles || de la Grace. || Par le R. P.
    Claude Delidel, || de la Compagnie de Iesus. || _A Paris, ||
    Chez Iean Henault, Libraire-Iuré, || rue S. Iacques, à
    l'Ange-Gardien._ || M.DC.LXVIII [1668]. || Auec Approbation, &
    Priuilege du Roy. In-4 de 8 ff., 506 et 424 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre;--3 pp. pour la dédicace «A
Monseigneur l'Eminentissime Cardinal de Retz»;--3 pp. pour l'hommage
poétique de Corneille à l'auteur;--3 ff. pour la _Table_ et
l'_Errata_;--1 f. pour la _Permission_, les _Approbations_ et le
_Privilége_.

Le privilége, daté du dernier jour de novembre 1666, est accordé pour
cinq ans à _Jean Hénault_; l'achevé d'imprimer est du 16 janvier 1668.

La pièce de Corneille se compose de six strophes de dix vers
intitulées: _Au R. P. Delidel, de la Compagnie de Jesus, sur son
Traité de la Théologie des Saints_. On lit à la fin: _Par son
tres-obligé Disciple_, PIERRE DE CORNEILLE. _Quod scribo, et placeo,
si placeo, omne tuum est._

  216. CAROLI DE LA RVE || E || SOCIETATE IESV, || IDYLLIA. ||
    _Rothomagi, || Typis Maurrianis, || In officina Richardi
    Lallemant, prope Collegium._ || M.DC.LXIX [1669]. In-12. de 88
    pp.

Ce recueil comprend les pièces suivantes:

1º _Ad clarissimum virum P. Cornelium, tragicorum principem_, épître
composée de 157 vers et datée de Rouen, des calendes de juin 1669;

2º _Regi post Belgicam expeditionem an. M.DC.LXVII. Epinicium._

3º _Les Victoires du Roy en l'année M.DC.LXVII. De la traduction de M.
Corneille._ Voy. no 151;

4º _Annæ Austriacæ Reginæ Christianissimæ Epicedium_;

5o-9º Cinq Emblèmes héroïques dont le troisième est intitulé: _Ad
clarissimum virum Petrum Cornelium in obitu Caroli filii_;

10º-14º _Cinq Paraphrases horatianæ_;

15º Sonnet de Benserade sur l'embrasement de Londres;

16º Traduction latine, par le P. de la Rue;

17º _Au Roy sur la Conqueste de la Franche-Comté_ [par P. Corneille].
Voy. nos 153-155;

18º _Idem latine ab eodem authore P. Cornelio_;

190-21º Trois petites pièces latines sur le même sujet, par le P. de
la Rue et deux autres auteurs.

M. Ballin a donné la description de ce recueil, d'après un exemplaire
appartenant à M. Thomas, de Rouen (_Précis analytique des Travaux de
l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen_, année 1850,
in-8).

  217. CAROLI DE LA RVE E SOCIETATE IESV, IDYLLIA. _Parisiis_, 1670
    (?), in-12.

Cette seconde édition n'est citée nulle part, mais elle doit exister.

  218. CAROLI DE LA RUE || E || SOCIETATE JESU, IDYLLIA. || Tertia
    Editio auctior. || _Parisiis, || Apud Simonem Benard, via
    Jacobæâ, || è regione collegij Claromontani socie- || tatis
    Jesu._ || M.DC.LXXII [1672]. || Cum Priuilegio Regis. In-12 de
    108 pp. en tout.

Dans cette édition, les _Emblemata heroica_ sont au nombre de 7; il y
a de plus à la fin du volume trois odes religieuses, dont l'une en
français et en latin.

La p. 108 contient un extrait du privilége accordé pour cinq ans à
_Simon Benard_, à la date du 29 décembre 1671. On lit à la fin: _Edito
perfecta est die 15. Ianuarij 1672_.

  219. CAROLI RUÆI || E SOCIETATE JESU || CARMINUM || LIBRI QUATUOR
    || Ad celsissimum Principem || Ferdinandum || Episcopum ||
    Monasteriensem et Paderborniensem. || _Lutetiæ Parisiorum ||
    Apud Simonem Benard, viâ Jacobæâ || è regione collegii
    Claromontani Soc. Jesu._ || M.DC.LXXX [1680]. || Cum Privilegio
    Regis. In-4 de 5 ff. et 283 pp.

Belle édition qui mériterait d'être recherchée aujourd'hui. Les
feuillets prélim. comprennent un grand frontispice gravé par
_Edelinck_; le titre; un portrait de l'évêque de Paderborn, peint par
_Michelin_ et gravé par _Edelinck_; 2 ff. pour la dédicace et le
faux-titre.

Le privilége, daté du 14 décembre 1679, cet accordé pour vingt ans à
_S. Benard_.

  220. CAROLI RUÆI E SOCIETATE JESU CARMINUM LIBRI QUATUOR. Editio
    quinta. _Lutetiæ Parisiorum, Apud Viduam Simonis Benard, via
    Jacobæâ è regione Collegii Soc. Jesu._ M.DC.LXXXVIII [1688].
    Cum Privilegio Regis. In-12 de 233 pp.

Cette édition des oeuvres du P. de la Rue, sous le nom de _Carmina_,
se divise, comme la précédente, en 4 livres; le premier porte le titre
de _dramaticus_, le second de _panegyricus_, le troisième de
_symbolicus_, le quatrième de _miscellaneus_. On y retrouve toutes les
pièces citées plus haut.

Il en existe une réimpression publiée à _Anvers_, en 1693, in-12.

  221. CAROLI RUÆI E SOCIETATE JESU CARMINUM LIBRI QUATUOR. Editio
    sexta. _Lutetiæ Parisiorum_, 1754. In-12.

  222. LES FONTAINES || DE PARIS. _S. l. n. d._ [_Paris vers
    1670_], in-12 de 12 pp.

Ce petit recueil, dont nous (avons) vu un exemplaire à la Bibliothèque
nationale (V. 2715 A.), n'a qu'un simple titre de départ; il renferme
les vers de Santeul sur les fontaines de Paris, avec leurs traductions
par Corneille, du Périer et Charpentier, puis les épîtres de Santeul à
Cl. Pelletier et à Henri Fourché.

Les deux pièces traduites par Corneille sont l'inscription _Sur la
Pompe du Pont de Nostre Dame_, et l'inscription pour la _Fontaine des
Quatre Nations_. M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 243) dit qu'elles ont été
plusieurs fois imprimées en feuilles volantes in-4 et in-12,
ordinairement sans date. Nous n'avons pas rencontré d'autre édition
que celle-ci.

  223. OBSERVATIONS || DE MONSIEVR || MENAGE || SVR || LA LANGVE ||
    FRANÇOISE. || _A Paris, || Chez Claude Barbin, au Palais, ||
    sur le segond Perron de la Sainte || Chapelle._ || M.DC.LXXII
    [1672). || Avec Privilege du Roy. In-12 de 4 ff., 486 pp. et 21
    ff. pour la _Table_ et le _Privilége_.

Le privilége, daté du 10 mai 1671, est accordé pour dix ans au sieur
Ménage qui déclare céder ses droits à _Claude Barbin_. L'achevé
d'imprimer est du 7 avril 1672.

C'est dans les _Additions et Changemens_ qui terminent cet ouvrage,
pp. 462 et 465, que sont cités deux passages de la _Thébaïde_, de
Corneille. Les voici:

«Pag. 119. Ajoutez [à propos de l'expression OU QUE]: Et dans sa
Thebaïde, page 68.

    «_Où qu'il jette la vue, il voit briller des armes._»

«Pag. 143. Ajoutez [à propos du mot SPHINX]... Et M. Corneille dans sa
Thebaïde, livre 2, page 65.

    «_Dont autrefois le Sphinx, ce monstrueux oiseau,
    Avoit pour son repaire envahi le coupeau._»

  224. A LA GLOIRE || DE LOUIS || LE GRAND || CONQVERANT || DE LA
    || HOLLANDE. Par Mrs Corneille, Montauban, || Quinault, &
    autres. || _A Paris, || Chez || Olivier de Varennes, au Palais,
    || en la Galerie des Prisonniers, au Vaze d'Or. || Et || Pierre
    Bienfaict, Libraire-Juré, en la Court || du Palais, à l'Image
    S. Pierre, prés Monseigneur || le Premier Président._ ||
    M.DC.LXXIl [1672]. || Avec Permission. In-4 de 12 pp.

Voici l'indication des pièces contenues dans ce recueil:

    1º Una dies Lotharos, Burgundos Hebdomas una,
        Una domat Batavos Luna; quid annus erit?

et l'_Explication_ en 6 vers français;

2º _Regi pro restituta apud Batavos Catholica fide_: 24 vers
hexamètres latins;

3º _Au Roy sur le restablissement de la Foy catholique en ses
Conquestes de Hollande_ (6 strophes de 4 vers de douze pieds),
traduction française du morceaux précédent;

4º _Au Roy._ Sonnet, signé Montauban;

5º _Au Roy._ Sonnet, signé Quinault;

6º _Au Roy._ Sonnet, non signé;

7º _Au Roy sur la Conqueste de la Hollande._ Sonnet, signé C. B.;

8º _Au Roy._ Madrigal, signé D. M.

9º _Sur le Progrès des Conquestes du Roy._ Madrigaux, signés P. L. M.
P. E. P.;

10º _Sur la Naissance de Monsieur le Duc d'Anjou._ Madrigal, non
signé.

Chacune de ces dix pièces occupe une page.

  225. LE || MERCVRE || GALANT, || Contenant tout ce qui s'est
    passé dans || les Armées du Roy, & dans les || Ruelles pendant
    l'année 1673. avec || une douzaine d'Histoires nouvelles, || &
    grand nombre de Pieces Galantes, || tant en Prose qu'en Vers.
    || Tome VI. || _A Paris, || Chez Henry Loyson, au Palais, dans
    || la Salle Royale, à l'entrée en montant par || le grand
    Escalier qui regarde la place Dauphine, aux Armes de France._
    || M.DC.LXXIV [1674]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 6 ff.,
    384 pp. et 2 ff., dont le dernier est blanc.

Après avoir reproduit plusieurs pièces relatives à la prise de
Maestricht, Donneau de Visé ajoute (p. 37):

«On me vient d'apporter encor un _Sonnet_ sur la Prise de Mastric, que
je croy, Madame, que vous serez bien aise d'avoir, puisqu'il est du
grand Corneille: Il a plû et à la Cour et à la Ville, et je ne doute
point que vostre Province ne soit du mesme sentiment.» Suit le sonnet
_Sur la Prise de Mastric_.

  226. LE NOUVEAU || MERCURE || GALANT, || Contenant tout || ce qui
    s'est passé de curieux de- || puis le premier de Janvier, jus-
    || ques au dernier Mars 1677. || _A Paris, || Chez Claude
    Barbin, au Palais sur || le Second Perron de la S.
    Chapelle._ || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Privilege du Roy.
    In-12 de 4 ff. et 208 pp.

On trouve dans ce volume (p. 47) les vers adressés par Corneille au
roi, lors de la reprise de _Cinna_, de _Pompée_ et d'_Horace_:

    Est-il vray, grand Monarque, et puis-je me vanter,
    Que tu prennes plaisir à me ressusciter;

et, pp. 53 sq., le _Placet au Roy_:

          Plaise au Roy ne plus oublier
    Qu'il m'a depuis quatre ans promis un Benefice...

  227. LE NOUVEAU || MERCURE || GALANT. || Contenant les Nouvelles
    || du Mois de Juillet 1677. & plusieurs autres. || _A Paris, ||
    Chez Theodore Girard, au Palais, || dans la Grand'Salle, à
    l'Envie._ || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Priuilege du Roy.
    In-12 de 1 f., 285 pp. et 2 ff.

On lit dans ce volume, p. 164: «Venons aux Vers que M. de Corneille
l'aisné a presentez au Roy sur ses Conquestes. Je pourrois me
dispenser de vous les envoyer, parce qu'ils sont imprimez; mais comme
ils ne le sont qu'en feuille volante, il est bon de vous donner lieu
de les conserver; et d'ailleurs si le mot de Parélie a embarrassé
quelqu'une de vos Dames de Province, vous leur en ferez voir
l'explication dans le changement des deux Vers où ce mot estoit
employé.» Suit la pièce citée plus haut (no 169). Les vers 21 et 22:

    Ainsi quand le Soleil fait naistre un parélie,
    La splendeur qu'il lui prête à la sienne s'allie,

y sont ainsi modifiés:

    Ainsi quand le Soleil sur un épais nuage,
    Pour se faire un second imprime son image.

  228. MERCURE || GALANT || Dedié à Monseigneur || le Dauphin. ||
    Mars 1679. || _A Paris. || Au Palais._ In-12 de 361 pp. et 1
    f., plus une planche de musique pliée.

Ce volume contient, pp. 76-85, la pièce intitulée: _Au Roy sur la
paix_. (Voy. ci-dessus, no 171.)

  229. MERCURE || GALANT || Dedié à Monseigneur || le Dauphin. ||
    Mars 1680. || Seconde Partie. || Contenant les Cérémonies du
    Ma- || riage de Monseigneur le Dauphin. || _A Paris. || Au
    Palais._ In-12 de 4 ff., 304 pp., plus une planche pliée.

Ce volume, dont l'achevé d'imprimer est du 2 avril 1680, ne contient
que des pièces relatives au mariage du dauphin, qui avait été célébré
le 7 mars précédent. On y trouve, pp. 261-271, les vers de Corneille
_A Monseigneur sur son mariage_ (no 173).

La planche pliée est une grande gravure de _Coypel_, tirée sur papier
jaune et rehaussée d'or.

  230. RELATION DE L'ETAT || DV || CANAL ROYAL || DE ||
    COMMVNICATION || DES MERS || EN LANGVEDOC ||, Avec la
    Verification qui en a été faite par || Ordre de Sa Majesté. ||
    _A Beziers, Par Henri Martel._ || M.DC.LXXXI [1681]. In-8 de 48
    pp.

On trouve dans ce volume, p. 37, l'épigramme de Corneille: _Sur la
jonction des Mers_. (Voy. nos 154 et 155.)

  231. JOAN. || BAPTISTÆ || SANTOLII || VICTORINI || OPERA ||
    POËTICA. || _Parisiis, || Apud Dionysium Thierry, vià Jacobeâ,
     || sub signo Urbis Lutetiæ._ || M.DC.XCIV [1694]. Cum
    Privilegio Regis. In-12 de 10 ff. et 472 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 3 pp. pour la dédicace
_Hieronymo Peleterio_; 7 pp. pour la _Table_; 3 ff. pour l'avis _Ad
Lectorem_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_.

On trouve dans ce recueil les pièces suivantes:

_Sur la libéralité du Roy touchant les Marchands de Paris_, p. 6;

Et la traduction de P. Corneille, Poëme, p. 12;

_Sur le départ du Roy pour l'Armée_, par P. Corneille. Traduct. Latine
par l'Auteur, p. 211;

_Sur la Conqueste de la Franche-Comté_, par P. Corneille. Traduct.
Latine par l'Auteur, p. 212;

_Pour la défense des Fables dans la Poësie_, à M. de Bellievre.
Elegie, p. 225;

Traduction de la même piece par P. Corneille, p. 227;

_Inscriptions de toutes les Fontaines de Paris_, et leurs traductions
par P. Corneille et autres, p. 378;

Le privilége, daté du 1er février 1694, est accordé pour douze ans à
Santeul, qui en fait cession à _D. Thierry_.

  232. JOANNIS BAPTISTÆ || SANTOLII || VICTORINI || OPERUM OMNIUM
    || EDITIO SECUNDA, || In qua reliqua opera nondum conjunctim
    edita || reperiuntur. || _Parisiis, || Apud Dionysium Thierry,
    viâ Jacobeâ, || sub signo Urbis Lutetiæ._ || M.DC.XCVIII
    [1698]. || Cum Privilegio Regis. 2 vol. in-12.

_Tomus Primus_: portrait; titre; 1 f. pour la dédicace _Hieronymo
Peletierio_; 3 ff. pour l'avis _Ad Lectorem_; 5 ff. pour la _Table_ et
l'_Extrait du Privilége_, 1 f. paginé 218-219, et signé _T ij_, qui
doit former carton dans le corps du texte; ensemble: 12 ff. et 500 pp.

_Tomus Secundus_: 3 ff. et 192 pp.

Dernière édition publiée du vivant de l'auteur.

La 1re partie contient les pièces de Corneille énumérées ci-dessus.

  233. JOANNIS BAPTISTÆ SANTOLII VICTORINI Operum omnium Editio
    tertia. _Parisiis, Esprit Billot, Barbou_, 1729, 3 vol. in-12.

Édition publiée par André-François Billard; elle est plus complète que
les précédentes.

On ne trouve aucune pièce de Corneille dans le recueil intitulé:
_OEuvres de feu Monsieur de Santeuil, chanoine régulier de
Saint-Victor_, etc.; Paris, S. Benard, 1698, in-12.

  234. RECUEIL DES HARANGUES PRONONCÉES PAR MESSIEURS DE L'ACADEMIE
    FRANÇOISE, dans leurs receptions, et en d'autres occasions
    differentes, depuis l'establissement de l'Academie jusqu'à
    présent. _A Paris, Chez Jean-Baptiste Coignard_, 1698, in-4.

On trouve dans ce recueil, pp. 11-13, le discours prononcé par
Corneille lors de sa réception à l'Académie françoise.

  235. RECUEIL DES HARANGUES PRONONCÉES PAR MESSIEURS DE L'ACADEMIE
    FRANÇOISE, dans leurs receptions, et en d'autres occasions
    différentes, depuis l'establissement de l'Academie jusqu'à
    présent. _A Paris, Chez Jean-Baptiste Coignard_, 1714, in-12.

  236. DIVERSITEZ CURIEUSES pour servir de récréation à l'esprit,
    [par l'abbé Bordelon]. _A Paris, Chez U. Coustellier_;
    M.DC.LXXXXVIII [1698]; [ou _A Amsterdam, Chez André de
    Hoogenhuysen_, M.DC.XCIX [1699]. 7 vol. in-12.

On y trouve, t. IIe, pp. 1 sqq., les vers adressés _Au Roy_ par
Corneille, lors de la reprise de _Cinna_, de _Pompée_ et d'_Horace_.
(Voy. no 226).

  237. LES VÉRITABLES OEUVRES DE MONSIEUR DE SAINT EVREMOND,
    Publiées sur les Manuscrits de l'Auteur [par Des Maizeaux]. _A
    Londres, Chez Jacob Tonson, Libraire, à Grais-Inn-Gate, Et se
    vendent chez les Libraires François, dans le Strand._ M.DCC.V
    [1705]. 2 vol. in-4.

On y trouve une lettre adressée par Corneille à Saint-Evremond, à
propos de _Sophonisbe_, avec la réponse de Saint-Evremond.

Pour les autres éditions des _OEuvres_ de Saint-Evremond, voy. Frère,
_Manuel du Bibliographe normand_, t. IIe, p. 495.

  238. MÉMOIRES DE LITTÉRATURE, par de S*** [Sallengre]. _La Haye_,
    1715-1717.--CONTINUATION DES MÉMOIRES DE LITTÉRATURE ET
    D'HISTOIRE [par le P. Desmolets, Goujet et autres]. _Paris_,
    1726-1731; ensemble 11 vol. in-12.

Ce recueil, pour lequel le libraire _Nyon fils_ fit faire de nouveaux
titres en 1749, contient (t. Xe, pp. 439-443), une _Lettre de M.
Pierre Corneille à M. d'Argenson, Conseiller du Roi en son Parlement
de Normandie, et Intendant de sa justice en Xaintonge_.

  239. LES NOUVEAUX AMUSEMENTS DU COEUR ET DE L'ESPRIT, Ouvrage
    periodique [publié par Philippe de Retot]. _A la Haye [Paris],
    Chez Zacharie Chatelain_, 1737-1745, 15 vol. in-12.

On trouve dans ce recueil (t. XIVe, p. 330) le _Sonnet sur la mort de
Louis XIII_:

    Sous ce marbre repose un Monarque François, etc.

L'abbé Granet avait ajouté cette pièce aux _OEuvres diverses de
Corneille_ (no 174), à l'aide d'un carton, mais il en avait donné un
texte très-différent. M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 87-91) a
soigneusement relevé ces variantes; il a reproduit six textes divers
du même sonnet, tant d'après les deux recueils imprimés que nous
venons d'indiquer que d'après quatre recueils manuscrits.

  240. REMERCÎMENT fait par Corneille pour Jaqueline Pascal.

Jacqueline Pascal n'avait que treize ans, en 1640, lorsqu'elle composa
une pièce de vers _Sur la Conception de la Vierge_, pièce dont
Corneille lui avait fourni le sujet et qui remporta le prix de
l'Académie des Palinods de Rouen, au mois de décembre de cette même
année. Corneille assistait à la distribution des récompenses et
improvisa, au nom de la jeune fille, un _Remercîment_ en 10 vers, qui
nous a été conservé dans le manuscrit des _Mémoires de Marguerite
Périer_ (Bibl. nat., fonds français, no 12988). L'impromptu de
Corneille, signalé d'abord par M. Sainte-Beuve (_Histoire de
Port-Royal_, 2e édit., t. IIe, p. 469), a été publié par M. Cousin
dans le _Bulletin du Bibliophile_, 17e série, 1843-1844, p. 273, et
dans la _Bibliothèque de l'Ecole des Chartes_, 1re série, t. Ve, p.
330.

Il a été reproduit par M. Marty-Laveaux, t. Xe, p. 81.

On peut consulter à ce sujet la _Vie de Corneille_, de M. Taschereau,
2e édition, pp. 106 et 317, et les _Mémoires de l'Académie de Rouen_,
t. XXXVIe, p. 197, et t. Le, p. 293.

  241. SONNET INÉDIT DE CORNEILLE.

Ce sonnet, publié par M. Ludovic Lalanne dans l'_Athenæum français_ du
26 mars 1853, a été trouvé par lui à la Bibliothèque de l'Institut
(recueil msc. de Godefroy, portefeuille no 217). Il contient une
plainte adressée au roi, à propos des taxes dont on voulait frapper
les lettres de noblesse. MM. Lalanne et Taschereau avaient considéré
cette pièce comme postérieure à l'année 1664; M. Marty-Laveaux a fort
bien démontré qu'elle devait avoir été écrite vers 1657. En voici les
premiers vers:

    La noblesse, grand Roy, manquoit à ma naissance;
    Ton Pere en a daigné gratifier mes vers,
    Et mes vers annoblis ont couru l'univers
    Avecque plus de pompe et de magnificence.

  242. VERS INÉDITS DE P. CORNEILLE.

Lettre de M. P. Lacroix à M. E. Fournier, et Observations de M.
Fournier insérées dans la _Revue des Provinces_, t. IIe (Paris, 1864,
in-8), pp. 476-486.

M. Lacroix a reproduit, en les attribuant à Corneille, deux sonnets
signés d'un C dans le recueil des _Poësies choisies de Messieurs
Corneille, Benserade_, etc. (Voy. ci-dessus, nos 204, 207), et qui ne
sont peut-être pas de lui (cf. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 254 sq.); il
a signalé pour la première fois le madrigal mis en musique par Blondel
(voy. no 212); enfin il a donné, comme de Corneille, une assez longue
pièce extraite des manuscrits de Trallage. Ce dernier morceau, que Mme
de Maintenon présenta, dit-on, à Louis XIV, aurait été, suivant M.
Lacroix, composé par Corneille en 1682. On doit avouer qu'il ne
rappelle guère la manière du poëte; aussi M. Marty-Laveaux n'a-t-il
pas cru devoir le reproduire.

  243. ADDENDA AUX OEUVRES DES GRANDS ÉCRIVAINS.

Sous ce titre, M. Paul Lacroix a publié, dans le _Bulletin du
Bouquiniste_, plusieurs lettres qui contiennent divers fragments de
Corneille, ou attribués à Corneille, qui n'avaient pas encore été
relevés. La 2e lettre (1863, pp. 467-470) contient le sonnet _A Saint
Bernard_ (voy. ci-dessus, no 196);--la 3e lettre (1863, pp. 499-502)
contient les vers _A Monsieur de Loy_ (no 200);--la 5e lettre (1863,
pp. 691-696) contient les épigrammes contre d'Aubignac, attribuées à
Corneille par Tallemant des Réaux (no 255);--la 6e lettre (1864, pp.
51-54) renferme une épigramme qui figure sous le nom de Corneille dans
la quatrième édition du recueil de _Sercy_ (voy. le no 207), mais qui
est en réalité de Saint-Amand (Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 357 sqq.), et
deux sonnets pour la tragédie de _Timocrate_, de Thomas Corneille, qui
sont probablement de Thomas Corneille lui-même;--la 7e lettre (1864,
pp. 251-255) pose la question de savoir si le distique: _Una dies
Lotharos, Burgundos hebdomas una_, etc., et la traduction française
qui l'accompagne dans le recueil intitulé: _A la gloire de Louis le
Grand, conquérant de la Hollande_ (voy. ci-dessus, no 224), doivent
être attribués à Corneille; la 8e lettre (1864, pp. 555-561) revient
sur le recueil de _Sercy_ et sur l'un des quatrains contre d'Aubignac,
attribué par Tallemant à Corneille ou à quelque «corneillien»;--la 9e
lettre (1864, pp. 587-591) signale une _Ode sur la Paix et le Mariage_
(Paris, de Luyne, 1660, in-4), qui «pourrait être signée Corneille,
sans faire tort à l'auteur du _Cid_ et de _Cinna_», et reproduit deux
petites pièces françaises signées Corneille, qui se trouvent dans les
éditions des oeuvres de Santeul (voy. ci-dessus, nos 158, 231-233). La
dernière de ces pièces n'est qu'un passage légèrement remanié de _Tite
et Bérénice_.



VI.--OUVRAGES ATTRIBUÉS A CORNEILLE.


I. OUVRAGES PUBLIÉS SÉPARÉMENT.

  244. PARAPHRASE || DE LA DEVISE DE L'OBSERVATEVR.

Voici une reproduction aussi exacte que possible de cette pièce qui
n'a pas encore été signalée:

        PARAPHRASE

        DE LA DEVISE DE L'OBSERVATEVR

        ET POETE ET GVERRIER
        IL AVRA DV LAVRIER.

    Ou commentaire de ces mots, _Soit qu'il m'attaque en
    soldat maintenant qu'il est obligé de l'estre, soit
    qu'il m'attaque en escriuain_. _&c._ page 10. de la
    Lettre à l'Illustre Academie.

    _Dans le milieu d'vn camp, l'assé [sic] de commander;
    Sur la peau d'vn tambour où je vay m'accouder,
    Plus haut que les canons je fais sonner ma veine:
    A Paris quant je laisse eschapper quelque escrit,
    Mon liure des l'abord fait sçauoir, a qui lit,
          Combien je suis grand Capitaine.
    Ainsi les nobles feux qu'allume la chaleur
          De la muse & de la valeur:
    Et dont a tous moments je pousse les fumées:
    Pour m'acquérir le nom de Poëte, & guerrier;
    M'erigent en rimeur jusques dans les armées,
    Et me rendent vaillant jusques sur le papier._

    Dedidicit jam pacé ducem. ~Lucanus, 1e, Phar.~

Nous sommes disposé à ranger la pièce qui précède parmi les oeuvres
diverses de Corneille. Outre qu'elle nous paraît bien dans sa manière,
nous l'avons trouvée à la suite du _Rondeau_ dans le précieux recueil
de la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458, in-4o, Rés.). Elle est
imprimée sur une feuille volante du format in-4, dont le verso est
blanc. Les caractères diffèrent de ceux qui ont été employés pour la
composition du _Rondeau_, mais la disposition du texte est presque la
même. On remarquera le vers latin qui termine l'épigramme; il est
emprunté à Lucain, l'auteur favori de Corneille.

Le P. Niceron et divers autres bibliographes ont attribué, sans aucune
raison, à Corneille plusieurs des pièces publiées dans la querelle du
_Cid_. Nous avons classé parmi ses oeuvres diverses les trois pièces
qui sont incontestablement de lui. On trouvera les autres dans notre
chapitre XIXe.

  245. LE PRESBYTERE D'HENOVVILLE. A Tircis. _A Roüen, Chez Iean le
    Boullenger._ M.DC.XXXXII [1642]. In-12 de 12 pp.

Cette pièce a été pour la première fois attribuée à Corneille par M.
Emm. Gaillard (_Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen_,
1834, pp. 164-169); M. Brunet (_Manuel du libraire_, t. IIe, col. 286)
et M. Édouard Fournier (_Notes sur la vie de Corneille_, pp. LXXI sq.)
l'ont ajoutée sans contestation aux oeuvres de notre poëte, mais M.
Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 11-14) a soumis la question à un nouvel
examen. La raison qui avait déterminé M. Gaillard à considérer
Corneille comme l'auteur du _Presbytère d'Hénouville_, c'était que le
poëte aurait été souvent l'hôte de l'abbé Legendre, curé d'Hénouville;
or M. Gosselin (_Pierre Corneille (le père) et sa maison de campagne_,
Rouen, 1864, in-8) a démontré depuis que c'était à Petit-Couronne que
la famille Corneille allait respirer l'air des champs. Ce détail n'est
assurément pas décisif; mais ce qui est plus significatif, c'est que
le _Presbytère d'Hénouville_ n'ait pas été imprimé chez _Laurens
Maurry_. M. Marty-Laveaux a fait en outre remarquer, avec beaucoup
d'à-propos, que le nom de _Tircis_ était le nom sous lequel Corneille
s'était mis en scène dans _Mélite_, et que les mots «A Tircis»
semblent indiquer que le poëme ne fut pas composé par lui, mais lui
fut au contraire adressé par un de ses amis.

Le seul exemplaire connu du _Presbytère d'Hénouville_ appartient à la
Bibliothèque de Rouen (_Recueil de poësies diverses_, O. 744).

  246. SYLLA, tragédie en cinq actes et en vers, précédée d'une
    Dissertation dans laquelle on cherche à prouver, par la
    tradition, par l'histoire, par des anecdotes particulières et
    par un examen du style et des caractères, que cette pièce est
    du grand Corneille; publiée d'après un manuscrit du
    dix-septième siècle déposé chez M. Tion de la Chaume, notaire
    de Paris, par M. C. Palmézeaux. _A Paris, Charon, Madame
    Masson, Barba, an XIII-1805._ In-8 de 2 ff., lvij et 95 pp.

Cette tragédie parut, pour la première fois, dans la _Suite de la
Grammaire françoise_, du P. Buffier (_Paris, Nicolas le Clerc._ 1728,
in-12). Elle a été attribuée par Barbier à Mallet de Brefud, mais le
véritable auteur est le P. Charles de la Rue. On consultera, sur
l'histoire de cette pièce et sur les différentes éditions qui en ont
été publiées, la _Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de
Jésus_, par Augustin et Aloïs de Backer, t. Ier (Liége, 1853, grand
in-8), pp. 663 sq.

  247. L'OCCASION PERDUE RECOUVERTE, par Pierre Corneille. Nouvelle
    edition accompagnée de notes et de commentaires, avec les
    sources et les imitations qui ont été faites de ce poème
    célèbre, non recueilli dans les OEuvres de l'auteur. _Paris,
    Chez Jules Gay, éditeur_, 1862. In-8 et in-12 de 96 pp. en
    tout.

Édition tirée à 320 exemplaires, tous numérotés et sur papier vergé;
250 format petit in-12, et 70 format in-8.

MM. Gay père et fils, qui se sont fait une célébrité peu enviable
comme éditeurs de «livres galants», n'ont pas craint de porter
atteinte à la mémoire de Corneille en réimprimant sous son nom cette
pièce depuis longtemps oubliée.

L'_Occasion perdue recouvrée_ parut d'abord dans les _Poësies
gaillardes, galantes et amoureuses de ce temps_; s. l. n. d. [Rouen,
vers 1655], pet. in-12 de 82 pp., et dans le _Nouveau Cabinet des
Muses, ou l'Eslite des plus belles Poësies de ce temps_; Paris, veuve
Edme Pépingué, 1658, in-12; elle fut intercalée après coup dans ce
dernier recueil, où elle occupa un cahier de 50 pp. imprimé à part,
qui manque à la plupart des exemplaires. Elle reparut ensuite dans
l'_Elite des Poësies héroïques et gaillardes de ce temps_; s. l. n. d.
(vers 1660), in-12 de 94 pp.; dans les _Poësies nouvelles et autres
OEuvres galantes du Sieur de C**_ [Cantenac]; _Paris, Théodore
Girard_, 1662, in-12; puis dans un certain nombre de réimpressions de
l'_Elite des poësies héroïques et gaillardes_ (Paris, imprimé cette
année [vers 1670, selon le catalogue Luzarche, no 2386]; s. l., 1683,
catalogue la Vallière, no 13506; s. l., 1689, catalogue Cigongne, no
945; s. l. [à la Sphère], 1695, pet. in 12); dans les _Poësies
héroïques et galantes_, s. d., 1687, in-12; enfin dans la _Nouvelle
Elite des Poësies heroïques et gaillardes de ce temps_; Utrecht, 1734
et 1737, in-12.

Il ne vint à l'esprit d'aucun contemporain d'attribuer l'_Occasion
perdue_ à Corneille; le premier ouvrage où l'on trouve cette
attribution est le _Carpenteriana_, ou _Recueil des pensées
historiques, critiques, morales et de bons mots de M. Charpentier, de
l'Académie françoise_ (Paris, J. Fr. Morisset, 1724, in-8), publié par
Boscheron. On lit dans ce recueil, p. 284:

«M. Corneille l'aîné est auteur de la pièce intitulée: _L'Occasion
perdue et recouvrée_. Cette pièce étant parvenue jusqu'à M. le
chancelier Séguier, il envoya chercher M. Corneille et lui dit que
cette pièce, ayant porté scandale dans le public et lui ayant acquis
la réputation d'un homme débauché, il falloit qu'il lui fit connoître
que cela n'étoit pas, en venant à confesse avec lui; il l'avertit du
jour. M. Corneille ne pouvant refuser cette satisfaction au
chancelier, il fut à confesse avec lui, au P. Paulin, petit père de
Nazareth, en faveur duquel M. Séguier s'est rendu fondateur du couvent
de Nazareth. M. Corneille s'étant confessé au révérend père d'avoir
fait des vers lubriques, il lui ordonna, par forme de pénitence, de
traduire en vers le premier livre de l'_Imitation de J.-C._, ce qu'il
fit. Ce premier livre fut trouvé si beau, que M. Corneille m'a dit
qu'il avoit été réimprimé jusqu'à trente-deux fois. La Reine, après
l'avoir lu, pria M. Corneille de lui traduire le second; et nous
devons à une grave maladie dont il fut attaqué la traduction du
troisième livre, qu'il fit après s'en être heureusement tiré.»

L'année même où avait lieu la publication du _Carpenteriana_, les
_Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux-arts_, publiés à
Trévoux (décembre 1724, pp. 2272-2276), réfutèrent une anecdote
blessante pour la mémoire de Corneille. Ils s'attachèrent à démontrer
que l'_Occasion perdue recouverte_ n'était pas de lui, mais de
Cantenac, et que, par conséquent, l'auteur du _Cid_ n'avait pas eu à
faire pénitence de ce poëme.

La question paraissait jugée depuis longtemps, lorsque a paru la
réimpression de M. Gay. Les raisons alléguées par lui pour attribuer à
Corneille une pièce licencieuse n'ont pas trouvé grâce aux yeux du
parquet, qui a fait saisir les exemplaires de la réimpression restés
en magasin, en même temps que d'autres productions du même libraire.

M. Marty-Laveaux (t. VIIIe, pp. I-IX) s'est cru obligé de discuter à
son tour le témoignage du _Carpenteriana_, dont il n'a rien laissé
subsister. Il a notamment relevé dans l'_Occasion perdue et recouvrée_
une locution gasconne qui n'eût pas échappé à Corneille, et qui ne
peut avoir appartenu qu'à Cantenac.

M. Viollet-le-Duc (Bibliothèque poétique, Paris, 1843, in-8, pp. 521
sq.) a fait une autre observation également importante: c'est que le
premier fragment de l'_Imitation_ fut certainement publié avant les
vers dont Corneille aurait été obligé de faire pénitence. Le premier
recueil dans lequel l'_Occasion perdue_ ait été insérée ne porte pas
de date, mais il est difficile d'admettre qu'il soit antérieur à 1655.
Les éditeurs de poésies «gaillardes» n'ont pas dû laisser un long
temps s'écouler avant de reproduire un aussi friand morceau; aussi
croyons-nous que le recueil intitulé: _Poësies gaillardes, galantes et
amoureuses_ a dû paraître sinon après, du moins fort peu de temps
avant le _Nouveau Cabinet des Muses_ de 1658.


II. RECUEILS CONTENANT DES PIÈCES DE VERS ATTRIBUÉES A CORNEILLE.

  248. RECVEIL DE DIVERSES POESIES DES PLVS CELEBRES AVTHEVRS DE CE
    TEMPS. _A Paris, Chez Louis Chamhoudry, au Palais, vis à vis la
    S. Chapelle, à l'Image S. Louis._ M.DC.LII [1652]. Auec
    Priuilege du Roy. 2 part, in-12.

Ce recueil renferme une _Épigramme de Monsieur de Corneille_, contre
un poëte, mais l'attribution repose sur une erreur évidente, car
l'épigramme se retrouve dans la 3e partie des _OEuvres de Saint-Amand_
(Paris, 1649, in-4).

Le privilége, daté du 6 mars 1651, est accordé pour dix ans à «Jean
Conart, l'un de nos Maistres d'Hostel ordinaire», qui déclare en faire
cession à _Chamhoudry_.

En 1655, le même libraire fit paraître une troisième partie qu'il
intitula: _Nouveau Recueil de Poësies des plus celebres Autheurs du
Temps_, dont il existe une contrefaçon exécutée en province, sous la
date de 1655.

  249. LES || MVSES || ILLVSTRES, || Par François Colletet, le
    Fils. || _Paris, || Pierre David & Louis Champ- || houdry._ ||
    1658. || Avec Privilege du Roy. In-8 de 8 ff. et 388 pp.

Les _Muses_ sont au nombre de quatre: la _Muse Sérieuse_, la _Muse
Bachique_, la _Muse Amoureuse_ et la _Muse Burlesque_. Les feuillets
préliminaires contiennent la table et l'_Extrait du Privilége_.

Le privilége, daté du 8 avril 1658, est accordé pour sept ans au sieur
François Colletet le fils, qui déclare en faire cession à _P. David_
et _Louis Chamhoudry_. L'achevé d'imprimer est du 15 avril 1658.

On trouve dans ce recueil (pp. 148 et 149) les deux sonnets pour
_Timocrate_, que M. Marty-Laveaux a reproduits (t. Xe, pp. 360 sq.),
mais qu'il croit être de Thomas Corneille.

  250. RECUEIL || DE QUELQUES || PIECES || NOUVELLES || ET
    GALANTES, || Tant en Prose qu'en Vers; || Dont les Titres se
    trouveront apres || la Preface. || _A Cologne, || Chez_
    _Pierre du Marteau._ || M.DC.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 4 ff.
    (dont le premier est blanc), 182 pp. et 1 f. blanc.

Édition qui porte une sphère sur le titre.

La 32e pièce du recueil, intitulée: _Plainte de la France à Rome,
Elegie_ (pp. 168-173), est signée CORNEILLE. Elle est en réalité de
Fléchier, sous le nom de qui elle parut d'abord dans une édition
probablement imprimée par _Mabre-Cramoisy_ (_s. l. n. d._, in-4 de 4
ff.); elle avait été reproduite dans les _Délices de la Poësie
galante_ (voy. ci-dessus, no 213), et l'on ne s'explique guère comment
elle put être réimprimée sous le nom de Corneille.

  251. RECUEIL || DE QUELQUES || PIECES || NOUVELLES || ET
    GALANTES, || Tant en Prose qu'en Vers; || dont les Titres se
    trouveront apres || la Preface. || _A Cologne, || Chez Pierre
    du Marteau [Hollande, à la Sphere]._ || M.DC.LXIV [1664]. Pet.
    in-12 de 180 pp. en tout.

La pièce attribuée à Corneille y occupe les pp. 167-171.

  252. RECUEIL || DE QUELQUES || PIECES || NOUVELLES, || Tant en
    Prose qu'en Vers; || Dont les Titres se trouveront aprés la
    Preface. || Premiere [Seconde] Partie. || _A Cologne, || Chez
    Pierre du Marteau._ || M.DC.LXVII [1667]. 2 vol. pet. in-12.

Édition qui porte une sphère sur le titre.

_Premiere Partie_: 180 pp., y compris 4 ff. prélim.

_Seconde Partie_: 4 ff. et 232 pp.

La 1re partie contient (pp. 167-171) la _Plainte de la France à Rome_.
_Elegie_, signée: CORNEILLE.

  253. LES PLAISIRS DE LA POESIE GALANTE, GAILLARDE ET AMOUREUSE.
    _S. l. n. d._ In-12.

Ce petit recueil, qui n'a d'autre titre qu'un frontispice gravé,
contient (p. 20) une épigramme sur d'Aubignac signée CORNEILLE; aussi
M. Paul Lacroix l'a-t-il attribuée à notre poëte (_Bulletin du
Bouquiniste_, 1863, p. 696). M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 374) fait
observer que la même épigramme se trouve dans les _Historiettes_ de
Tallemant des Réaux, avec le nom de Cotin.

  254. LE NOUVEAU || MERCURE || GALANT. || Contenant les Nouvelles
    du mois de May 1677. || & plusieurs autres. || Tome III. ||_A
    Paris, || Au Palais, || dans la Salle Royale, à || l'Image S.
    Louis._ || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Privilege du Roy. In-12
    de 6 ff. et 363 pp.

On trouve dans ce volume (pp. 97-100) une jolie pièce qui commence
ainsi:

    Je suis vieux, belle Iris, c'est un mal incurable...

Le rédacteur du _Mercure_ ne dit pas expressément qu'elle soit de
Corneille, mais il semble le donner à entendre: «Que pensez-vous,
Madame, de cette galanterie? L'Autheur qui prétend que ses vieilles
années luy ont acquis l'avantage d'aimer si commodement, et qui
s'explique d'une maniere si agreable, ne merite-t-il pas d'estre
particulierement consideré de la Dame? Il est rare de pouvoir
conserver dans un âge aussi avancé que celuy qu'il se donne, le feu
d'esprit qu'il fait paraistre encore dans ces vers; et le vieux
Martian, que vous avez tant admiré dans l'admirable _Pulchérie_ du
grand Corneille, n'auroit pas parlé plus galamment, s'il avoit voulu
s'éloigner du sérieux.» M. Marty-Laveaux regarde comme très-probable
l'attribution de ces vers à Corneille.

  255. LES HISTORIETTES DE TALLEMANT DES RÉAUX. Troisième édition
    publiée avec notes et éclaircissements historiques, par MM.
    Paulin Paris et de Monmerqué. _Paris, Techener_, 1853-1860, 9
    vol, in-8.

Tallemant rapporte (t. VIIe, pp. 250-255) diverses pièces de vers
composées contre l'abbé d'Aubignac. Trois de ces pièces sont
attribuées à Corneille, ou à «quelque corneillien».

  256. NOUVEAU RECUEIL DES EPIGRAMMATISTES FRANÇOIS ANCIENS ET
    MODERNES, depuis Marot, par M. B. L. M. [A. A. Bruzen de la
    Martiniere]. _Amsterdam, Wetstein_, 1720, 2 vol. in-12.

Le t. Ier contient (pp. 104 sq.) un quatrain imité des vers de Lucain
sur l'invention de la peinture. Ce quatrain est donné comme étant
l'oeuvre de Corneille.

  257. ... ANA [ALLAINVALLIANA], OU BIGARRURES CALOTINES [par
    l'abbé L.-J.-C. Soulas d'Allainval]. _A Paris, chez de
    Heuqueville_, 1732 et 1733, 4 vol. in-12.

On trouve dans le t. IVe (pp. 9 sq.) un quatrain imité de deux vers
d'Horace, que l'auteur attribue à Corneille.

  258. BIBLIOTHEQUE DE COUR, DE VILLE ET DE CAMPAGNE par Guyot de
    Pitaval. Nouvelle édition [refondue par l'abbé Pérau]. _A
    Paris, Chez Théodore le Gras_, 1746, 8 vol. in-12.

On y trouve (t. Ier, p. 241) un quatrain «envoyé par le grand
Corneille» à un poëte médiocre.

Voy. sur le recueil de Pitaval, Quérard, _la France littéraire_, t.
IIIe, p. 297.

  259. MANUEL DU VOYAGEUR A PARIS, OU PARIS ANCIEN ET MODERNE,
    contenant la description historique et géographique de cette
    capitale, de ses monuments, palais, édifices publics, jardins,
    spectacles, etc. Par P. Villiers. Nouvelle édition, revue,
    corrigée et considérablement augmentée. _Paris, Delaunay_,
    1813, in-18.

On y trouve un quatrain «adressé au Christ de l'église Saint-Roch»,
que Villiers donne comme étant de Corneille. Cette petite pièce paraît
avoir été publiée d'après une copie manuscrite qui se trouve au verso
d'un exemplaire de l'_Imitation de Jésus-Christ_ (édition de 1658,
in-4), appartenant à M. Socard, de Troyes. Rien ne prouve qu'elle soit
de Corneille.



VII.--ÉDITIONS DES PIÈCES DE THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES DE SON VIVANT, MAIS SANS SA PARTICIPATION, EN FRANCE OU EN
HOLLANDE.


I

  260. MELITE, || OV || LES FAVSSES || LETTRES. || Piece Comique.
    || _A Paris, || Par Iaques de Loges, à l'Enseigne du || Mauuais
    Temps._ || M.DC.XXXIII [1633]. || Avec Permission. In-8 de 4
    ff. et 135 pp., caract. ital.

Collation des feuillets prélim.: titre;--1 f. pour la dédicace _A
Monsieur de Liancour_;--1 f. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f. pour
l'_Argument_.

Nous avons cherché longtemps cette édition souvent citée par les
bibliographes de Corneille. Elle a été plusieurs fois indiquée comme
étant du format in-12; mais, cette indication nous paraissant erronée,
nous avons tenu à la décrire sur l'original. Nous avons parcouru
toutes les bibliothèques de Paris, sans pouvoir la rencontrer; nos
visites chez les amateurs n'ont pas été plus fructueuses; enfin, grâce
à l'obligeant intermédiaire de M. E. de la Germonière, M. Lormier, de
Rouen, a bien voulu nous communiquer son exemplaire, celui même qui a
figuré à la vente Potier, en 1870. Nous avons pu constater que la
_Mélite_ de _J. de Loge_ n'est pas imprimée dans le format in-12, mais
bien dans le format in-8 indiqué au catalogue. Nous nous sommes
également convaincu que ce n'est pas une édition donnée par Corneille,
mais bien une simple contrefaçon qui reproduit le texte de l'édition
originale in-4. _Le Catalogue chronologique des Libraires et des
Libraires-Imprimeurs de Paris_, rédigé par A.-M. Lottin, en 1789, ne
mentionne aucun libraire du nom de _de Loge_, et nous devons admettre
que le nom et l'enseigne bizarre dont il est accompagné sont purement
imaginaires. La _Mélite_, in-8, a dû être publiée dans une ville de
province, vers 1634, c'est-à-dire après la publication de _La Veuve_;
elle est imprimée dans le même format que cette pièce et en caractères
analogues, mais non identiques à ceux de _François Torga_. Ce qui
confirme notre hypothèse, c'est que le volume ne contient pas de
privilége, mais la mention d'une simple permission, mention assez
ordinaire aux contrefaçons.

Vendu 50 fr., mar. r. (_Chambolle-Duru_); Potier, 1870 (no 1226).

  261. MELITE, || OV || LES FAVSSES || LETTRES. || Piece Comique.
    || Par M. de Corneille. || _A Lyon, || Chez Claude la Riuiere,
    ruë || Merciere, à la Science._ || M.DC.LIII [1653]. || Auec
    Permission. In-12 de 4 ff. et 88 pp., caract. ital.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour la dédicace; 1 f.
pour l'avis _Au Lecteur_; 1 f. pour l'_Argument_.

  262. MELITE, || Comedie. || Par le Sr P. Corneille. || _A Paris,
    || Chez Augustin Courbé, || au Palais._ || Anno M.DC.LIV
    [1654]. Pet. in-12 de 88 pp. (y compris 3 ff. prélim.), sign.
    A-D.

Au titre, le fleuron aux palmes croisées; au 2e f. au-dessus du titre
de départ, le fleuron à la tête de buffle, avec les petites
excroissances sur les cornes.

Edition elzévirienne restée inconnue aux elzéviriographes. M. Potier,
qui en possède un exemplaire, pense qu'elle a dû être imprimée par
_Fr. Foppens_, à _Bruxelles_. Elle a été citée dans la _Description
bibliographique des livres composant la Librairie J. Techener_, 1858,
t. II, no 10,564, et dans le _Catalogue Soleil_ (janvier 1872), no
1308, sous la date de 1655.

Cette édition et la précédente soulèvent une question historique que
nous n'avons pu élucider. _La Riviere_ et _Foppens_ ont-ils été amenés
à réimprimer _Mélite_, en 1655 et en 1654, par quelque reprise de
cette comédie? Ont-ils eu, au contraire, la pensée de donner une
édition des _OEuvres_ de Corneille par pièces séparées, comme le fit
après eux _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_? C'est ce que nous ne nous
hasarderons pas à décider.

  263. MELITE, || Comedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet.
    in-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, et qui fait
partie de son recueil de 1664. Le titre porte la devise: _Quærendo_.

On s'étonnera peut-être de nous voir ranger sous la même rubrique les
éditions données par les _Elzevier_ ou leurs continuateurs, et les
grossières contrefaçons imprimées en France. Les unes ont conservé du
prix auprès des amateurs, tandis que les autres ont été tellement
négligées qu'il est presque impossible d'en trouver des exemplaires.
Malgré la différence vénale qui existe entre les deux espèces
d'éditions, nous croyons que, au point de vue littéraire, notre
classification s'explique d'elle-même. La valeur des livres sortis des
presses elzéviriennes tient presque toujours à leur exécution
matérielle et non à la pureté des textes qu'ils nous fournissent. Les
_Elzevier_ (et ce que nous disons des _Elzevier_ s'applique également
à _Wolfgang_) étaient de très-habiles marchands et des typographes
d'un goût parfait, mais il ne faut pas leur attribuer d'autre mérite.
Leurs éditions étaient correctes quand elles étaient revues par un
savant; elles étaient fautives, au contraire, quand les épreuves
étaient soumises à quelque prote ignorant. On sait depuis longtemps
(voy. Pieters, _Annales des Elzevier_, 2e édit.; Gand. 1858, in-8, pp.
xxxv sq.) que les _Elzevier_ n'ont employé que des caractères fondus
avec les poinçons du graveur parisien _Jacques de Sanlecque_ et de son
fils, mais on serait disposé à leur faire du moins honneur de leur
«papier de Hollande». A ce point de vue encore il semble qu'il faille
un peu rabattre des éloges qui leur ont été prodigués jusqu'ici. M. H.
Lempertz a publié dans ses _Bilder-Hefte zur Geschichte des
Buchhandels und der mit demselben verwandten Künste und Gewerbe_
(Köln, 1854 et années suiv., in-fol.) une curieuse lettre adressée
d'Amsterdam, à l'abbé Ménage, par _Louis_ et _Daniel Elzevier_. Cette
lettre, datée du 10 mai 1662, commence ainsi:

     Monsieur,

  «Nous n'avons jusques à steure peu commencer a vos Poemes [_Ægidii
  Menagii Poemata. Quarta editio, auctior et emendatior_;
  Amstelodami, ex officina Elzeviriana, 1663, pet. in-12 de 4 ff. et
  327 pp., dont les deux dernières ne sont pas chiffrées] a cause de
  la multitude des ouvrages qu'avons soubs la presse, d'autre part
  serions bien aise de l'imprimer sur du papier que Monsr _le Goux_
  nous doibt envoyer de Paris, qui est le plus beau qu'ayons jamais
  veu, de l'envoy duquel il ne nous a pas encore donné advis et à ce
  sujet nous luy escrivons presentement. Si neantmoins vous estes
  pressé pour cet ouvrage, nous le commencerons sur de bon papier
  qu'avons presentement: mais nous aimerions mieux de l'imprimer sur
  le papier dudit _le Goux_.»

Le passage que nous venons de citer peut jusqu'à un certain point
diminuer le mérite industriel des imprimeurs hollandais, mais il ne
peut qu'augmenter leur réputation commerciale, en montrant le soin
qu'ils mettaient à se procurer le meilleur papier sorti des fabriques
étrangères. Ce qui leur appartient bien en propre, c'est l'élégance de
leur petit format, la netteté de leur impression, en un mot une
exécution dont la perfection n'a jamais été surpassée.


II

  264. CLITANDRE, || Tragédie, || Par P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet.
    in-12 de 60 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. D-F.

Edition imprimée à _Amsterdam_, par _Abraham Wolfgang_, et qui fait
partie de son recueil de 1664. Le titre porte la devise: _Quærendo_.


III

  265. LA || VEFVE || OV LE || TRAISTRE || TRAHY || Comedie. || _A
    Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la
    grand'Salle du Palais deuant || la Chappelle, au Soleil d'or._
    || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege du Roy. || _Iouxte la
    copie._ In-8 de 16 ff. et 144 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 3 pp. pour la dédicace;--4 pp.
pour l'avis _Au Lecteur_; 21 pp. pour les vers en l'honneur de
Corneille; 1 f. pour l'_Argument_ et les _Acteurs_.

Cette contrefaçon, probablement imprimée en Normandie, est une copie
assez exacte de l'édition originale. Le titre et le corps du texte ont
surtout une grande ressemblance. Nous avons cependant remarqué que
dans les pièces à la louange de Corneille, on avait omis celle qui est
signée I. G. A. E. P.

Bibliothèque de l'Institut (Q.562 Z.).

  266. LA VEFVE, || Comedie, || Par P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet.
    in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. G-K.

Édition publiée à _Amsterdam_ par _Abraham Wolfgang_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.


IV

  267. LA GALERIE || DU PALAIS, || Comedie, || Par || P. Corneille.
    || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV
    [1664]. Pet. in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre),
    sign. L-O.

Édition sortie des mêmes presses que la précédente. Elle fait partie
du recueil de 1664.


V

  268. LA || SVIVANTE, || Comedie. || par || P. Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV
    [1664]. Pet. in-12 de 67 pp. (non compris la fig. ni le titre),
    sign. P-R.

Édition exécutée à _Amsterdam_, comme les précédentes. Elle fait
partie du recueil de 1664.


VI

  269. LA PLACE || ROYALLE, || Comedie. || Par || P. Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris_, || CI[C].I[C]C.LXIV
    [1664]. Pet. in-12 de 59 pp. (non compris la fig. ni le titre),
    sign. S-V.

Édition exécutée par _Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.


VII

  270. MEDEE || Tragedie. || Par le Sr Corneille. || _Sur
    l'imprimé. || A Paris, || Chez François Targa, au || premier
    pillier de la grand'Salle || du Palais, deuant la Chapelle, ||
    au Soleil d'or._ || M.DC.XXXIX [1639]. || In-12 de 4 ff. et 96
    pp.

Contrefaçon exécutée en France, probablement à Caen.

Au titre, un fleuron grossier qui représente une petite tête d'ange,
de chaque côté de laquelle se développe une corne d'abondance
accompagnée de rinceaux. Le même fleuron se retrouve sur le titre de
plusieurs des contrefaçons décrites ci-après (nos 278, 305).

  271. MEDEE || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris_ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet.
    in-12 de 56 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. X-Z.

Édition exécutée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.


VIII

  272. L'ILLVSION, || Comedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant
    la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet.
    In-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. Aa-Cc.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.


IX

  273. LE || CID || Tragi-Comedie. || Nouvelle. || Par || Le Sieur
    Corneille. || _A Leyden, || Chez Guillaume Chrestien_, || 1638.
    Pet. in-12 de 4 ff., 76 pp. et 2 ff. blancs.

Collation des feuillets prélim.: titre avec la marque du libraire
représentant un pélican aux pieds duquel on lit la devise suivante:
_Nil penna sed vsus_;--3 pp. pour la dédicace;--2 pp. pour un avis
_Aux Amateurs de la Langue Françoise_,--1 p. pour les _Acteurs_.

Le texte de cette édition est copié sur le texte de l'édition in-12 de
Paris. L'avis du libraire, déjà reproduit par M. Marty-Laveaux, est
ainsi conçu:

     «AUX AMATEURS DE LA LANGUE FRANÇOISE.

     «Messieurs,

  «Le soin ou m'engage le desir que j'ay de satisfaire à vos
  curiosités (m'ayant fait découvrir cette excellente et ravissante
  piece, entre les nouveaux ouvrages de nos écrivains) m'a porté
  dans le dessein de la faire mettre souz la presse, pour vous en
  rendre participans. Je m'y suis de plus senti provoqué par le peu
  d'exemplaires qui s'en est trouvé en ces pays, et qui sembloit
  témoigner que la France fût jalouse, que cet oeuvre admirable
  tombât en la main des éstrangers. Sa lecture a charmé l'oreille
  des Roys de telle sorte, que mémes dans les grands soins qui les
  environnent, il y en a qui l'ont fait reïterer plusieurs fois;
  tant ils l'ont estimée digne de leur audience. Aussi n'est-il
  point d'Eloge assez relevé, qui ne soit au dessous de ses
  beautés, et ce n'est rien dire d'égal à ses graces, que d'asseurer
  qu'elles expriment toutes celles qui sont les plus rares en
  l'Elegance Françoise: qu'elles representent les traits les plus
  vifs et les plus beaux dont on puisse se servir pour expliquer la
  gloire des grandes actions d'une ame parfaitement genereuse; et
  bref que les lire, et les admirer sont presque une mesme chose. Il
  faudroit imaginer d'autres loüanges, que celles que l'on est
  accoustumé de donner aux ouvrages les plus accomplis, pour les
  attribuer a celuy-cy; les conceptions en sont si sublimes,
  qu'elles ont quelque chose de Divin, et qui va surpassant les
  efforts de la pensée humaine: en fin son excellence est telle, que
  vous la comprendrez mieux en le lisant, que je ne vous la puis
  décrire. Je n'y attache point d'argument, pour ce que l'Autheur
  n'y en a point fait, et que sa lecture surprendra vôtre esprit
  avec bien plus de douceur et de plaisir, par la diversité de ses
  incidens inesperés, que si elle estoit precedée par une
  connoissance confuse du sujet telle que donneroit un argument, qui
  ne seroit qu'un abrégé du contenu de toute la piece. Recevez la
  s'il vous plaist, et si elle vous apporte autant de satisfaction,
  que j'employe de zele à vous l'offrir, elle y trouvera une
  recompense assez convenable à ses mérites.

    «J. P.»

Vendu: 79 fr. mar. v. (_Duru_), Giraud, 1855 (no 1633);--75 fr., même
exempl., Solar, 1860 (no 1693).

  274. LE || CID || Tragi-Comedie || nouvelle. || Par le Sieur
    Corneille. || _Iouxte la Copie Imprimée. || A Paris_, ||
    CI[C].I[C]C.XXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 95 pp. chiffr. (y
    compris les 3 ff. prél. non chiffr.), caract. ital.

Au titre, un fleuron avec la tête de Méduse.

«Véritable Elzevier qui se distingue non-seulement par la tête de
Méduse que les Elzevier à cette époque employaient encore
exclusivement, mais aussi par les caractères qui sont ceux de
l'_Herodes Infanticida_ d'Heinsius, du même format, qui porte leur
nom; par deux fleurons qu'ils employaient fréquemment alors dans leurs
impressions in-8, et dont l'un se trouve dans l'édition de la même
tragédie d'Heinsius, et l'autre dans les _Gemmulæ linguarum_ de 1637,
qui portent également leur nom; enfin par les lettres grises qui se
trouvent au commencement des 1er, 2d et 3e actes; ce sont les mêmes
que celles de ces actes dans l'édition qu'ils ont donnée du _Cid_ en
1644, qui fait partie de l'_Illustre Théatre de Mons. Corneille_, et
dont l'origine elzévirienne n'est pas contestée.» Pieters, _Annales de
l'Impr. des Elzevier_, 2e édit., pp. 189, sq.

  275. LE || CID || Tragi-Comedie. || _Iouxte la Copie imprimée A
    Paris._ || M.DC.XL [1640]. _S. l._ In-8 de 87 pp., titre
    encadré, caract., ital.

Grossière contrefaçon exécutée en France. Nous en avons vu un
exemplaire à la librairie Baer, à Paris.

  276. LE CID || Tragicomedie. || _Iouxte la copie imprimée || A
    Paris, || Chez François Targa; || & Augustin Courbé, || au
    Palais._ || M.DC.XXXXI [1641]. In-12 de 96 pp., y compris le
    titre.

Les mots _Iouxte la copie imprimée_ sont habilement dissimulés dans
une espèce de fleuron carré assez grossier.

Cette contrefaçon est mal imprimée et sur mauvais papier.

Vendu: 4 fr. v. m. Giraud, 1855 (no 1634).

Un exemplaire de cette pièce, relié en v. marbr. par _Thompson_, est
coté 15 fr. dans la _Description bibliographique des livres composant
la Librairie J. Techener_ (Paris, 1858, 2 vol. in-8), t. IIe, no
10.543; il y est faussement indiqué comme une seconde édition donnée
par Corneille.

  277. LE CID, Tragi-Comedie Par le Sieur Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée A Paris._ M.DC.XLI [1641]. Pet. in-12 de 87 pp.
    en tout.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier à Leyde_; elle
porte une sphère sur le titre. Pieters, _Annales des Elzevier_, 2e
édit., p. 192.

  278. LE CID || Tragi-Comedie. || Par le Sr Corneille. || _Sur
    l'Imprimé, || A Paris, || Chez Augustin Courbé, Imprimeur || &
    Libraire de Monsieur Frere du Roy, dans || la petite Salle du
    Palais, à la Palme._ || M.DC.XLIIII [1644]. In-12 de 4 ff. et
    88 pp.

Contrefaçon assez mal imprimée, mais dont le papier est meilleur que
celui qu'on employait d'ordinaire en pareil cas. Les 4 ff. prélim.
sont imprimés en lettres rondes, et contiennent le titre, la dédicace
et les noms des _Acteurs_; le reste du volume est en caractères
italiques.--Au titre le fleuron décrit plus haut (no 270).

Le texte de la troisième des strophes du _Cid_, nous prouve, comme le
fait déjà supposer la simple inspection du titre, que l'imprimeur a
suivi un exemplaire de l'édition in-4 de 1637 (no 9 A).

Bibliothèques de M. Didot et de M. Lormier, de Rouen.

  279. LE || CID, || Tragi-Comedie || Par || Monsr Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || M.DC.XLIV [1644].
    Pet. in-12 de 87 pp. (y compris 3 ff. prélim., non chiffr.),
    sign. A-D.

Édition imprimée à _Leyde_, par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_;
elle fait partie de l'_Illustre Théatre_ de 1644. Le texte est celui
des éditions in-12 de _Paris_.

Il existe sous la même date et avec le même titre deux éditions
très-différentes. Celle qui est évidemment la première est ornée au 2e
f., au-dessus de la dédicace _A Madame de Combalet_, du fleuron à la
sirène; dans l'édition B, on voit à la même place le fleuron bien
connu à la tête de buffle. Au verso du 3e f. prélim., on lit dans A:
ACTEVRS et dans B: ACTEURS. Nous avons trouvé des exemplaires de l'une
et de l'autre édition dans des recueils qui ont figuré à la vente
Benzon, en 1875 (no 247 et 248 du Catalogue).

«Le catalogue officinal de 1644 fait en outre mention d'une petite
édition du _Cid de Corneille_, in-24, qu'il cote 6 s. de Hollande, et
que jusqu'ici je n'ai encore rencontrée ni vu citer que là.» Pieters,
_Annales des Elzevier_, 2e édit., p. 192.

  280. LE CID, || Tragedie. || _Iouxte la copie imprimée. || A
    Paris, || Chez François Targa, || & || Augustin Courbé, || au
    Palais._ || M.DC.LI [1651]. In-12 de 10 (?) ff. prélim. et 120
    pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, dont le milieu est occupé par
une espèce de fleuron dans lequel les mots _Iouxte la copie imprimée_
sont habilement dissimulés;--2 ff. pour la dédicace;--1 f. blanc? (ce
feuillet manque à l'exemplaire que nous avons sous les yeux, et les 3
premiers ff. prélim. y sont placés les derniers, par une erreur
évidente);--6 ff. pour les extraits des auteurs espagnols et les noms
des _Acteurs_.

Cette contrefaçon, médiocrement imprimée, fait partie du recueil de
1652, que nous décrivons au chapitre VIIIe. Le texte en est assez peu
correct, comme on peut eu juger par la 3e strophe de _Rodrigue_ où les
deux dernières leçons se trouvent confondues au point de produire un
vers faux:

      Pere, maistresse, honneur, amour,
    Impitoyable _loy_, _aymable_ tyrannie, etc.

  281. LE || CID || Tragi-Comedie. || Par Monsr Corneille. ||
    _Suiuant la Copie imprimée || A Paris_, || CI[C].I[C]C.LI
    [1651]. Pet. in-12 de 63 pp. et 1 f. blanc, sign. A-D.

Réimpression elzévirienne exécutée à _Leyde_.

  282. LE CID, Tragi-Comedie. _Sur l'imprimé à Caen._ M.DC.LIV
    [1654]. In-12.

_Bibliothèque dramatique de Pont-de-Veyle_; Paris, 1847, in-8, no 838.

  283. LE CID, Tragi-Comedie. Par Monsr Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée A Paris._ CI[C].I[C]C.LVI [1656]. Pet. in-12.

Édition elzévirienne, que M. Pieters n'a pas connue, et que notre ami
M. A. Willems, de Bruxelles, a bien voulu nous signaler.

  284. LE CID, || Tragedie. || Par le Sr Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet.
    in-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. A-C.

Jolie édition avec la devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle a été
imprimée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_ et fait partie du
recueil de 1664 (no 381).

  285. LE || CID, || Tragi-Comedie. || _Sur l'imprimé à Caen._ ||
    M.DC.LXVI [1666]. In-12 de 3 ff. et 89 pp., dans une même série
    de signatures.

Grossière contrefaçon, imprimée en France.

  286. LE || CID. || Tragi-Comedie. || _A Lyon, || Chez
    Iean-Baptiste Deville, || ruë Merciere, à la Science._ ||
    M.DC.LXXII [1672]. || Avec Permission. In-12 de 3 ff., 88 pp.
    et 1 f.

Les 3 ff. prélim., qui contiennent le titre, la dédicace et les noms
des _Acteurs_ commencent le cahier A, que complètent les premières pp.
chiffrées absolument comme dans les éditions des _Elzevier_ (ainsi
s'explique leur nombre impair).

Voici un exemple des contrefaçons autorisées par les lieutenants du
Roi dans les provinces, personnages qui paraissent s'être assez peu
préoccupés des ordonnances relatives à la librairie et aux priviléges.
On lit au recto du dernier f.:

     «Permission.

  «Je n'empêche pour le Roy qu'il soit permis à Jean-Baptiste
  Deville de faire imprimer _le Cid, Tragi-Comedie_, avec les
  deffences ordinaires à tous autres. A Lyon, ce 27. aoust 1672.

    «VAGINAY.»

  «Soit fait suivant les Conclusions du Procureur du Roy, les jour
  et an cy-dessus

    «Deseve.»

Peut-être ignorait-on dans les bureaux de M. de Vaginay, en 1672, que
le _Cid_ avait pour auteur Pierre Corneille et que les droits de
l'auteur étaient formellement réservés en vertu des priviléges du
Roi.

Nous avons cité plus haut (no 261) une édition de _Mélite_ publiée par
le prédécesseur de _J.-B. Deville_.

  287. LE CID, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Caen, ||
    Imprimé cette année_ [_vers_ 1680]. In-12 de 72 pp., y compris
    le titre.

Cette édition, qui porte une sphère sur le titre, est attribuée par M.
Marty-Laveaux aux _Elzevier_ de _Leyde_. Nous avons eu l'occasion de
la voir et nous pouvons affirmer qu'elle a été exécutée en France.

Catalogue Soleinne, no 1146.--Bibliothèque de M. Daguin.

On jugera du texte de cette contrefaçon par le passage suivant des
strophes du _Cid_:

      Pere, Maîtresse, honneur, amour,
    Illustre Grande [_sic_], agréable contrainte,
    Par qui de ma raison la lumiere est éteinte,
    A mon aveuglement rendez un peu de jour, etc.

  288. LE CID, Tragedie. Par le Sr Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée à Paris._ M.DC.LXXXII [1682]. Pet. in-12.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_.

_Bibliothèque dramatique_ de Pont-de-Veyle, 1847 (no 839).


X

  289. HORACE, Tragedie. Par le Sr Corneille. _Iouxte la Copie
    imprimée A Paris, Chez Augustin Courbé_, M.DC.XXXX [1640]. Pet.
    in-12.

_Description des livres composant la Librairie J. Techener_, 1858, t.
IIe, no 10.546.

  290. HORACE, || Tragedie, || Par || le Sieur Corneille. ||
    _Iouxte la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLI
    [1641]. Pet. in-12 de 4 ff. et 75 pp.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_ à _Leyde_,
avec la sphère sur le titre. Elle fait partie de l'_Illustre Théatre_
de 1644 (no 378).

  291. HORACE || Tragedie. || _Sur l'imprimé, || A Paris, || Chez
    Augustin Courbé, Li- || braire & Imprimeur de Mon- || sieur
    Frere du Roy, dans la || petite Salle du Palais. || à la
    Palme._ || M.DC.XLIIII [1644]. In-12 de 88 pp. (y compris le
    titre), sign. A-L, caract. ital.

Contrefaçon imprimée avec les mêmes caractères que les nos 270 et 278.

  292. HORACE, || Tragedie, || Par || le Sieur Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLV
    [1645]. Pet. in-12 de 3 ff. et 65 pp., sign. A-C.

Édition imprimée à _Leyde_, par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_,
avec la sphère sur le titre. Elle se trouve dans quelques recueils
factices que des amateurs peu délicats se plaisent à regarder comme
des exemplaires de l'_Illustre Théatre_. Le titre général de ce
célèbre recueil porte la date de 1644; on ne saurait donc y faire
entrer une pièce imprimée après cette date.

  293. HORACE || Tragedie. || Par || le Sieur Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLVII
    [1647]. Pet. in-12 de 3 ff. et 65 pp., sign. A-C.

Édition publiée à _Leyde_, par _Louis_ et _Bonaventure Elzevier_, avec
une sphère sur le titre.

  294. HORACE, || Tragedie. || _S. l. n. d._ [_vers_ 1652], in-12
    de 4 ff. et 100 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, qui ne contient que deux
lignes placées au milieu de la page;--3 ff. pour la dédicace et les
noms des _Acteurs_.

Contrefaçon médiocrement imprimée qui fait partie du recueil de 1652.
(Voy. notre chapitre VIIIe, no 379.)

  295. HORACE, || Tragedie. || Par || le Sieur Corneille. || _A
    Leyde, || Chez Jean Sambix_ || CI[C].I[C]C.LIV [1654]. Pet.
    in-12 de 3 ff. et 65 pp., sign. A-C.

Édition imprimée par _Jean Elzevier_, à _Leyde_, pour _Jean Sambix_,
qui n'était pas un libraire imaginaire comme on l'a cru quelquefois.

  296. HORACE || Tragedie || Par || P. Corneille. || _Suivant la_
    _Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet.
    in-12 de 64 pp. (non compris la fig. ni le titre), et 2 ff.
    blancs, sign. D-F.

Édition, avec la devise: _Quærendo_, exécutée à _Amsterdam_ par
_Abraham Wolfgang_; elle fait partie du recueil de 1664 (no 381).

  297. HORACE, || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXXII [1682]. Pet.
    in-12 de 2 ff. pour la fig. et le titre, 64 pp. et 2 ff.
    blancs, sign. D-F.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_, avec la devise: _Quærendo_.


XI

  298. CINNA || OU || LA CLEMENCE || D'AUGUSTE. || _Suiuant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLIV [1644]. Pet.
    in-12 de 84 pp. (y compris 16 pp. prélim.), plus 1 f. blanc,
    sign. A-D.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_, à _Leyde_,
avec la sphère sur le titre, et qui fait partie de l'_Illustre
Théatre_ de 1644. Il est à remarquer que les pp. 71 et 72 sont
doubles, en sorte que la dernière page de texte devrait être chiffrée
86 au lieu de 84.

Cette édition est cotée 6 s. de Hollande, au Catalogue officinal de
1644.

  299. CINNA || OU || LA CLEMENCE || D'AUGUSTE. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLVIII [1648]. Pet.
    in-12 de 72 pp. (y compris le titre), sign. A-C.

Édition imprimée par les _Elzevier_ de _Leyde_; elle porte la sphère
sur le titre. Elle ne contient pas l'extrait de Sénèque, et l'extrait
de Montaigne y est imprimé en petits caractères.

  300. CINNA || Tragedie. || _S. l. n. d._ [1652], in-12 de 8 ff.
    et 103 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre qui ne contient que deux lignes
imprimées en gros caractères, à mi-page;--2 ff. pour la dédicace;--2
ff. pour l'extrait de Sénèque;--3 ff. pour la lettre de M. de Balzac
et les noms des _Acteurs_ (l'extrait de Montaigne ne s'y trouve pas).

Contrefaçon médiocrement imprimée qui fait partie du recueil de 1652
décrit au chapitre VIIIe (no 379).

  301. CINNA OU LA CLEMENCE D'AUGUSTE. _Suivant la Copie imprimée A
    Paris._ CI[C].I[C]C.LVI [1656]. Pet. in-12.

Réimpression elzévirienne exécutée à _Leyde_.

Cat. Giraud, 1855 (no 1630).

  302. CINNA, || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet.
    in-12 de 60 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. G-I.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
marque: _Quærendo_ sur le titre; elle fait partie du recueil de 1664
(no 381).

  303. CINNA, || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXXI [1681]. Pet.
    in-12 de 2 ff. pour la fig. et le titre, 60 pp. et 4 ff.
    blancs, sign. G-I.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_, avec la devise: _Quærendo_.


XII

  304. POLYEUCTE || MARTYR, || Tragedie. || de || Monsr Corneille.
    || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLIV
    [1644]. Pet. in-12 de 93 pp. (y compris 16 pp. prélim.), plus 1
    f. blanc, sign. A-D.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_, à _Leyde_,
avec la sphère sur le titre. Elle fait partie de l'_Illustre Théatre_
de 1644 (no 378).

  305. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie. || Par le Sr Corneille. ||
    _Sur l'imprimé || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, ||
    en la Gallerie des Merciers, à l'Escu de || France, & Augustin
    Courbé, || en la mesme Gallerie, à la Palme || Au Palais._ ||
    M.DC.XLV [1645]. In-12 de 7 ff. non chiffr. et 44 ff. chiffr.,
    sign. _ã_, pour les 4 premiers ff. prélim. et A-M pour les 3
    autres ff. prélim. et le texte, caract. ital.

Les feuillets prélim. contiennent: 1 f. de titre;--2 ff. pour la
dédicace;--3 ff. pour l'extrait des auteurs;--1 f. pour les _Acteurs_.

Contrefaçon sortant des mêmes presses que la _Médée_ de 1639 (no 270),
le _Cid_ de 1644 (no 278) et l'_Horace_ de 1644 (no 291), avec le même
fleuron sur le titre: une petite tête d'ange entourée de deux cornes
d'abondance et de rinceaux, le tout grossièrement gravé.

  306. POLYEUCTE MARTYR, Tragédie de Monsr Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée A Paris_ CI[C].I[C]C.XLVIII [1648]. Pet. in-12
    de 93 pp.

Édition elzévirienne imprimée à _Leyde_.

_Catalogue Techener_, 1858, t. IIe, no 10,559 (il y a par erreur 1678
au lieu de 1648).--Catalogue Milot, 1861.

  307. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie || chrestienne. || M.DC.LII
    [1652]. _S. l._, in-12 de 6 ff. et 108 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, au verso duquel se trouvent
les noms des _Acteurs_;--5 ff. pour la dédicace et l'_Abregé du
martyre de S. Polyeucte_.

Contrefaçon médiocrement imprimée, qui fait partie du recueil de 1652
décrit au chapitre VIIIe (no 379).

  308. POLYEUCTE || MARTYR, || Tragedie. || De Monsr Corneille. ||
    _A Leyde, || Chez Jean Sambix._ || CI[C].I[C]C.LV [1655]. Pet.
    in-12 de 93 pp. (y compris 8 ff. prélim.) et 1 f. blanc, sign.
    A-D.

Édition imprimée par les _Elzevier_, de _Leyde_.

  309. POLYEUCTE MARTYR Tragedie de Monsr Corneille. _Suiuant la
    Copie imprimée A Paris._ CI[C].I[C].LVI [1656]. Pet. in-12 de
    93 pp. (dont les 16 premières non chiffr.), et un f. blanc.

Édition elzévirienne qui nous a été signalée par M. A. Willems.

  310. POLYEUCTE || MARTYR, || Tragedie || chrestienne, || Par ||
    P. Corneille. || _Suivant la copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 68 pp. (non compris la
    fig. ni le titre), sign. K-M.

Édition, avec la marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle a été exécutée
à _Amsterdam_, par _Abraham Wolfgang_, et fait partie du recueil de
1664 (no 381).

  311. POLYEUCTE || MARTYR, || Tragedie || chrestienne, || Par P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXX [1670]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la fig. et le
    titre et 68 pp., sign. K-M.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_, avec la devise: _Quærendo_
sur le titre.

  312. POLYEVCTE || MARTYR. || Tragedie. || A Troyes chez Nicolas
    Oudot, & se vendent || à Paris, || Chez _la vefue N. Oudot, ||
    ruë vieille Boucherie._ || M.DC.LXXX [1680]. Pet. in-12 de 8
    ff. non chiffr. et 80 pp.

Grossière réimpression. Nous citerons plus loin diverses éditions dues
au même imprimeur.


XIII

  313. LA MORT || DE POMPÉE. || Tragedie. || _Suivant la Copie
    imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLIV [1644]. Pet. in-12 de
    82 pp. (y compris 10 pp. prélim.), plus un f. blanc, sign. A-D.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_, à _Leyde_,
avec la sphère sur le titre; elle fait partie de l'_Illustre Théatre_
de 1644 (no 378).

  314. LA MORT || DE || POMPEE || Tragedie. || _Suivant la Copie
    imprimée, || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLVIII [1648]. Pet. in-i2
    de 82 pp. (y compris 5 ff. prélim.) et 1 f. blanc, sign. A-D.

Réimpression de l'édition précédente.

  315. POMPÉE || Tragedie. || M.DC.LII [1652]. _S. l._, in-12 de 5
    ff., 107 pp. et 1 f. blanc.

Collation: titre, qui ne contient que 3 lignes imprimées en gros
caractères et un petit fleuron;--4 ff. pour la dédicace et les noms
des _Acteurs_. Les 5 ff. prélim. et les 14 premières pp. du texte
composent ensemble le cahier A.

Contrefaçon médiocrement imprimée qui fait partie du recueil de 1652
décrit au chapitre VIIIe (no 379). Elle présente cela de remarquable
que les vers traduits ou imités des auteurs latins sont imprimés en
italiques et que les passages des originaux sont cités en note au bas
des pages, comme dans les recueils de 1648, 1652 et 1655.

  316. POMPEE || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet.
    in-12 de 62 pp., et 1 f. blanc (non compris la fig. ni le
    titre), sign. N-P.

Édition, avec la marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle a été imprimée
à _Amsterdam_, par _Abraham Wolfgang_, et fait partie du recueil de
1664 (no 381).

  317. POMPÉE, Tragedie, Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXI [1681]. Pet. in-12.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_.

_Bibliothèque dramatique_ de Pont-de-Veyle, 1847, no 836.


XIV

  318. LE || MENTEVR, || Comedie. || _Suivant la Copie imprimée ||
    A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLV [1645]. Pet. in-12 de 4 ff.
    prélim. non compris dans les sign., et 88 pp., sign. A-D.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_, à _Leyde_,
avec la sphère sur le titre. Elle se joint au recueil de 1644.

Cette édition est curieuse et doit être recherchée à cause des deux
pièces de vers, l'une en latin et l'autre en français, que Huyghens y
a ajoutées.

Ces deux pièces, auxquelles Corneille lui-même a fait allusion,
occupent le 3o f. prélim. et le recto du 4e. La pièce latine commence
ainsi:

    _In Præstantissimi Poëtæ Gallici_

    CORNELII,

    COMOEDIAM, quæ inscribitur

    MENDAX.

    Gravi cothurno torvus, orchestrâ truci
    Dudum cruentus, Galliæ justus stupor
    Audivit et Vatum decus Cornelius.
    Laudem Poëtæ num mereret Comici
    Pari nitore et elegantiâ, fuit
    Qui disputaret, et negarunt inscii;
    Et mos gerendus insciis semel fuit....

Voici le commencement des vers français:

    A Monsieur Corneille

    Sur sa Comedie _le Menteur_.

    Et bien, ce beau Menteur, ceste piece fameuse,
    Qui estonne le Rhin et faict rougir la Meuse,
    Et le Tage et le Pó, et le Tibre Domain [sic],
    De n'avoir rien produit d'esgal à ceste main,
    A ce Plaute rené, à ce nouveau Terence,
    La trouve-on si loing ou de l'indifference
    Ou du juste mespris des sçavants d'aujourdhuy....

  319. LE || MENTEVR, || Comedie. || _Suivant la Copie imprimée ||
    A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLVII [1647]. Pet. in-12 de 4 ff. et
    88 pp., sign. × et A-D.

Réimpression de l'édition précédente.

  320. LE || MENTEVR, || Comedie. || _S. l. n. d._ [1652], in-12 de
    120 pp., y compris le titre (qui ne contient que trois lignes
    imprimées en gros caractères à mi-page) et 2 ff. pour la
    dédicace.

Contrefaçon médiocrement imprimée, qui fait partie du recueil de 1652,
décrit au chapitre VIIIe (no 379). Nous en avons trouvé un second
exemplaire chez M. Ambroise Firmin Didot.

Vendu: 20 fr. mar. r. doublé de mar. v. (_Gruel_), Giraud, 1855 (no
1637).

  321. LE || MENTEUR, || Comedie, || Par || P. Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII
    [1663]. Pet. in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre),
    sign. T-Y.

Édition sortie des presses d'_Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec
la marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de
1664 (no 381).

  322. LE || MENTEUR. || Comedie, || Par || P. Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXXII
    [1682]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et le titre, et 76
    pp., sign. T-X.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_, au _Quærendo_.


XV

  323. LA SVITE || DV || MENTEVR, || Comedie. || _Suivant la Copie
    imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLV [1645]. Pet. in-12 de
    95 pp. (y compris 4 ff. prélim.), sign. A-D.

Édition imprimée à _Leyde_, par _Abraham_ et _Bonaventure Elzevier_;
elle se joint à leur recueil de 1644 (no 378).

  324. LA SUITE || DU || MENTEUR, || Comedie. || _Suivant la Copie
    imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.XLVII [1647]. Pet. in-12
    de 95 pp. en tout, sign. A-D.

Réimpression de l'édition précédente. Il en existe des exemplaires
avec la date de 1848.

  325. LA SVITE || DV || MENTEVR. || Comedie. || M.DC.LII [1652].
    _S. l._, in-12 de 8 ff. et 127 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre imprimé en gros caractères;--7
ff. pour la dédicace. Les noms des _Acteurs_ sont placés au verso du
titre.

Contrefaçon médiocrement imprimée, qui fait partie du recueil de 1652
décrit au chapitre VIIIe (no 379).

  326. LA SUITE || DU || MENTEUR, || Comedie. || Par || P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 80 pp. (non compris la
    fig. ni le titre), sign. A-D.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664
(no 381).

  327. LA SUITE || DU || MENTEUR, || Comedie. || Par || P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXXXI [1681]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et
    le titre, et 80 pp., sign. Z-Cc.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_, au _Quærendo_.


XVI

  328. RODOGVNE. || PRINCESSE || DES PARTHES. || Tragedie || _Sur
    l'Imprimé. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au || Palais,
    en la Gallerie des Mer- || ciers, à la Palme._ || M.DC.XLVII
    [1647]. In-12 de 80 pp. chiffr., y compris les ff. prélim.

Contrefaçon grossière, exécutée probablement en Normandie; elle ne
porte ni privilége ni achevé d'imprimer. La dédicace occupe les pp.
3-6; l'_Extrait_ d'_Appian Alexandrin_, les pp. 7-11; les noms des
_Acteurs_, la p. 12.

  329. RODOGUNE || PRINCESSE || DES || PARTHES. || Tragedie. || De
    Mr de Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.XLVII [1647]. Pet in-12 de 84 pp. en tout, sign.
    A-D.

Édition imprimée par _Abraham_ et _Bonaventure Elzevier_, à _Leyde_,
avec une sphère sur le titre.

  330. RODOGVNE || PRINCESSE || DES PARTHES. || Tragedie. ||
    M.DC.LII [1632]. _S. l._, in-12 de 6 ff., 118 pp. et 1 f.
    blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre imprimé en gros caractères,
au verso duquel se trouvent les noms des _Acteurs_;--2 ff. pour la
dédicace;--3 ff. pour l'extrait d'Appien.

Contrefaçon médiocrement imprimée qui fait partie du recueil de 1652,
décrit au chapitre VIIIe (no 379).

  331. RODOGVNE || PRINCESSE || DES || PARTHES. || Tragedie. || Par
    Mr de Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris_, ||
    CI[C].I[C]C.LII [1652]. Pet. in-12 de 84 pp., sign. A-D.

Réimpression de l'édition publiée par les _Elzevier_ de _Leyde_.

  332. RODOGVNE || PRINCESSE || DES PARTHES. || Tragedie de Mr ||
    de Corneille. || _A Lyon, || Chez Claude la Riuiere, ruë ||
    Merciere, à l'Enseigne de || la Science._ M.DC.LIII [1653].
    In-8 de 6 ff., 82 pp. et 1 f. blanc, caract. ital.

Collation des feuillets prélim.: titre;--2 ff. pour la dédicace (le
verso du second de ces feuillets est occupé par un fleuron
représentant une Diane d'Ephèse, avec les initiales E D P dans un
petit cartouche);--3 ff. pour les extraits des auteurs et les noms des
personnages.

Nous avons cité (no 261) une édition de _Mélite_ exécutée à Lyon par
_Cl. La Rivière_, et (no 286) une édition du _Cid_ publiée dans la
même ville chez _J.-B. Deville, rue Merciere, à la Science_, en 1672;
_Cl. La Rivière_ devait être le prédécesseur de ce _Deville_, et c'est
sans doute lui qui avait fondé le commerce de réimpressions plus ou
moins frauduleuses continué par _Deville_. On doit rendre à ces
libraires la justice qu'ils n'hésitaient pas à signer leurs
contrefaçons, ce qui pouvait les exposer à une forte amende. Nous
avons vu que _Deville_ les faisait même spécialement autoriser.

  333. RODOGUNE || PRINCESSE || DES || PARTHES, || Tragedie, || Par
    || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et
    le titre, 66 pp. et 1 f. blanc, sign. A-C.

Édition avec la devise: _Quærendo_ sur le titre; elle a été imprimée
par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, et fait partie du recueil de
1664 (no 381).

  334. RODOGUNE || PRINCESSE || DES || PARTHES, || Tragedie, || Par
    || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXXXII [1682]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure
    et le titre, 66 pp. et 1 f. blanc, sign. A-C.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_, au _Quærendo_.


XVII

  335. THEODORE || VIERGE || ET || MARTYRE, || Tragedie ||
    chrestienne. || _Iouxte la copie imprimée || à Roüen, & se vend
    || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la
    Galerie des Merciers, || à la Palme._ || M.DC.XLVII [1647].
    In-12 de 5 ff., 129 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre, avec une espèce de fleuron,
dans lequel sont cachés les mots: _Iouxte la copie imprimée_; 4 ff.
pour la dédicace et les noms des _Acteurs_.--Il n'y a bien que 5 ff.
prélim. et non pas 6; les 2 premiers ff. de la dédicace sont signés
_âij_ et _âiij_, le 3e est signé _ê_, en sorte qu'il n'y a pas de f.
_âiij_. Les réclames indiquent qu'il n'y a pas de lacune dans le
texte.--Le feuillet blanc de la fin manque à l'exemplaire que nous
avons sous les yeux et nous ne l'indiquons que sous toutes réserves.

Cette contrefaçon fait partie du recueil de 1652 (no 379).

  336. THEODORE || VIERGE ET MARTYRE. || Tragedie chrestienne. ||
    _Sur l'Imprimé. || A Paris. || Chez Toussaint Quinet, au ||
    Palais sous la montée de la || Cour des Aydes._ || M.DC.XLIX
    [1649]. In-12 de 4 ff. et 91 pp., caract. ital.

Collation des feuillets prélim.: titre;--3 ff. pour la dédicace et les
_Acteurs_. Le cahier n'est pas signé. Le texte est signé A-M.

Contrefaçon imprimée avec les mêmes caractères que la _Médée_ de 1639
(no 270), le _Cid_ de 1644 (no 278), l'_Horace_ de 1644 (no 291) et le
_Polyeucte_ de 1645 (no 305), bien que le titre porte un fleuron
différent.

  337. THEODORE || VIERGE ET MARTYRE, || Tragedie || chrestienne,
    || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A
    Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 68 pp. (non
    compris la fig. ni le titre), sign. Q-S.

Édition avec la marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle sort des presses
d'Abraham _Wolfgang_, à _Amsterdam_, et fait partie du recueil de 1664
(no 381).

  338. THEODORE || VIERGE ET MARTYRE, || Tragedie || chrestienne.
    || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A
    Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXXII [1682]. Pet. in-12 de 2 ff. pour
    la fig. et le titre et 68 pp., sign. Q-S.

Réimpression de l'édition de Wolfgang, au _Quærendo_.


XVIII

  339. HERACLIVS || EMPEREUR || D'ORIENT, || Tragedie. || Par || le
    Sieur Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.XLVII [1647]. Pet. in-12 de 84 pp. en tout, sign.
    A-D.

Édition imprimée par _Abraham_ et _Bonaventure Elzevier_, à _Leyde_,
avec une sphère sur le titre. Il existe des exemplaires sous la date
de 1648.

  340. HERACLIVS || EMPEREVR || D'ORIENT. || Tragedie. || _Sur
    l'Imprimé. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille || au
    Palais, en la gallerie des Mer- || ciers, à l'Escu de France._
    || M.DC.XLIX [1649]. || In-12 de 96 pp. (y compris le titre),
    et 2 ff. prélim., sign. A-M, caract. ital.

Contrefaçon imprimée avec les mêmes caractères que la _Médée_ de 1639
(no 270), le _Cid_ de 1644 (no 278), l'_Horace_ de 1644 (no 291), le
_Polyeucte_ de 1645 (no 305) et la _Théodore_ de 1649 (no 336); elle
porte sur le titre le fleuron à la tête d'ange.

  341. HERACLIVS || EMPEREVR || D'ORIENT, || Tragedie. || M.DC.LII.
    [1652]. _S. l._, in-12 de 6 ff. et 119 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre;--2 ff. pour la dédicace;--3
ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et les noms des personnages.

Contrefaçon médiocrement imprimée qui fait partie du recueil de 1652,
décrit au chapitre VIIIe (no 379).

  342. HERACLIUS || EMPEREUR || D'ORIENT, || Tragédie, || Par || P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure
    et le titre, et 68 pp., sign. D-F.

Édition avec la devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle sort des presses
d'_Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, et fait partie du recueil de 1664
(no 381).

  343. HERACLIUS EMPEREUR D'ORIENT, tragedie, par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ CI[C].I[C].LXXX [1680].
    Pet. in-12.

Réimpression de l'édition de Wolfgang. Catalogue Soleinne, t. Ier, no
1143.


XIX

  344. ANDROMEDE || Tragedie. || Representée auec || les Machines
    sur le Theatre || Royal de Bourbon. || _Sur l'imprimé, || A
    Paris, || Chez Charles de Sercy, || au Palais, dans la Salle
    Dauphine, || à la bonne Foy Couronnée._ || M.DC.LI [1651].
    In-12 de 6 ff. et 96 pp. caract. ital.

Four réduire à 6 le nombre des feuillets prélim., l'imprimeur de cette
contrefaçon a dû commencer la dédicace au verso même du titre;
viennent ensuite l'_Argument_, les _Acteurs_ et la _Décoration du
Prologue_.

Nous avons trouvé cette pièce à la suite d'un exemplaire des _OEuvres
de Corneille_, de 1652.

  345. ANDROMEDE, || Tragedie. || Representée auec les Machines ||
    sur le Theatre Royal || de Bourbon. || _Sur la copie imprimée à
    Roüen, || Chez Laurens Maurry, prez || le Palais. || Auec
    Priuilege du Roy._ || M.DC.LII [1652]. || _Se vendent A Paris,
    || Chez Charles de Sercy, au Palais, || dans la Salle Dauphine,
    à la bonne || Foy Couronnée._ In-12 de 7 ff. et 127 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre;--3 pp. pour la dédicace;--7
pp. pour l'_Argument_;--1 p. pour les _Acteurs_;--1 p. pour la
_Décoration du Prologue_.

Les ff. prélim. et le texte sont compris dans une même série de
signatures.

Contrefaçon médiocrement imprimée.

  346. ANDROMEDE, Tragedie par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ CI[C].I[C].LX [1660]. Pet. in-12.

Édition elzévirienne inconnue des elzéviriographes, et qui parait
avoir été imprimée à _Leyde_ par _Jean Elzevier_.

Catalogue Potier, 1855 (no 2140); _ibid._, 1863 (no 2376).

  347. ANDROMEDE, || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant
    la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663].
    Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et le titre, et 68 pp.,
    sign. G-I.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_. Elle porte sur
le titre la devise: _Quærendo_ et fait partie du recueil de 1664 (no
381).

  348. ANDROMEDE, || Tragedie, || P. Corneille. [_sic_] || _Suivant
    la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXXIII [1683].
    Pet. in-12 de 2 ff. pour la fig. et le titre, et 68 pp., sign.
    G-I.

Réimpression de l'édition d'_Abraham Wolfgang_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre et la même figure.


XX

  349. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie heroique. || _Iouxte la
    copie imprimée || à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez
    Augustin Courbé, au || Palais, en la petite Salle des Mer-||
    ciers à la Palme._ || M.DC.L [1650]. || Auec permission de
    [_sic_] Superieurs. In-12 de 12 ff. et 118 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre (les mots _Iouxte la copie
imprimée_ y sont dissimulés dans une espèce de fleuron fort
grossier);--15 pp. pour la dédicace;--6 pp. pour l'_Argument_;--1 p.
pour les _Acteurs_.

Contrefaçon mal imprimée.

  350. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie || heroique. || _Suivant
    la Copie imprimee || A Paris._ || M.DC.L [1650]. Pet. in-12 de
    90 pp. (y compris le titre) et 3 ff. blancs, sign. A-D.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_ à _Leyde_,
avec une sphère sur le titre.

Bibliothèque de M. Didot.

  351. D. SANCHE D'ARRAGON, Comedie heroique. _Suivant la Copie
    imprimée à Paris._ M.DC.LVI [1656]. Pet. in-12.

Réimpression de l'édition elzévirienne de 1650.

Catalogue Milot, 1861 (no 600).--Catalogue Potier, 1863 (no 2375)
(coté 40 fr., mar. bl., avec l'édition de _Nicomede_, 1652).

  352. D. SANCHE || D'ARRAGON, || Comedie || heroïque, || Par || P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et
    le titre, et 68 pp., sign. K-M.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_. Elle porte la
devise: _Quærendo_ sur le titre et fait partie du recueil de 1664 (no
381).


XXI

  353. NICOMEDE || Tragedie. || Par le Sr Corneille. || _Iouxte la
    copie imprimée || A Roüen, || Chez Laurens Maurry, pres le
    Palais._ || Auec Priuilege du Roy. || M.DC.LII [1652]. || _Et
    se vend A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais, dans la
    Salle || Dauphine, à la bonne Foy Couronnée._ In-12 de 4 ff. et
    100 pp.

Collation des ff. prélim.: titre; 2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_; 1 f.
dont le recto est blanc et dont le verso est occupé par les _Acteurs_.
Le cahier prélim. est signé _a_; le texte est signé A-I.

Contrefaçon très-grossièrement imprimée.

  354. NICOMEDE || Tragedie. || _Sur l'imprimé, || A Paris, || Chez
    Charles de Sercy, || au Palais, dans la Salle Dauphine,  || à
    la bonne Foy Couronnée._ || M.DC.LII [1652]. In-12 de 4 ff. et
    88 pp., caract. ital.

Nous avons trouvé cette contrefaçon et l'édition d'_Andromède_ citée
plus haut à la fin d'un exemplaire des _OEuvres de Corneille_, de
1652.

  355. NICOMEDE || Tragi-Comedie || M.DC.LII [1652]. In-12 de 6 ff.
    et 124 pp.

Collation des feuillets prélim.:--1 f. blanc (?);--1 f. pour le
titre;--2 ff. pour l'épître à Madame ***;--2 ff. pour l'avis _Au
Lecteur_ et les _Acteurs_.

Édition qui paraît faire suite aux nos 280, 294, 300, 307, 315, 320,
325, 330, 335 et 341.

Bibliothèque de M. Lormier de Rouen.

  356. NICOMEDE, || Tragedie. || Par le || Sieur Corneille. || _A
    Leyde, || Chez Jean Sambix._ || CI[C].I[C]C.LII [1652]. Pet.
    in-12 de 88 pp. en tout, sign. A-D.

Édition imprimée par _Bonaventure_ et _Abraham Elzevier_, à _Leyde_
avec une sphère sur le titre.

  357. NICOMEDE, || Tragédie. || Par || P. Corneille. || _Suivant
    la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663].
    Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et le titre, et 68 pp.,
    sign. N-P.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664 (no 381).

  358. NICOMEDE, Tragedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée à Paris._ CI[C].I[C]C.LXXX [1680]. Pet. in-12.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_.

Catalogue Soleinne, no 1143.


XXII

  359. PERTHARITE, || ROY || DES || LOMBARDS. || Tragedie, || Par
    || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 2 ff. pour la figure et
    le titre, et 67 pp., sign. Q-S.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise:
_Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664 (no 381).


XXIII

  360. OEDIPE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _Suiuant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LX [1660]. Pet.
    in-12 de 5 ff., 72 pp. et 1 f., sign. A-D.

Contrefaçon française.

  361. OEDIPE, || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet.
    in-12 de 2 ff. pour la figure et le titre, et 68 pp., sign.
    T-X.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_. Elle porte la
devise: _Quærendo_ sur le titre et fait partie du recueil de 1664 (no
381).


XXIV

  362. LA || TOISON D'OR. || Tragedie. || Representée par la Troupe
    Royale du || Marests, chez Mr le Marquis de Sour- ||deac, en
    son Chasteau du Neuf-Bourg, || pour réjouissance publique du
    Mariage || du Roy, & de la Paix auec l'Espagne, || & en suite
    sur le Theatre Royal du || Marests. || _Sur l'imprimé à Rouen,
    Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, || Libraire
    Iuré, dans la Gallerie des || Merciers, à la Iustice._ ||
    M.DC.LXII [1662]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 5 ff. et
    98 pp., compris dans une même série de signatures.

Contrefaçon dont le titre imite parfaitement celui de l'édition
originale; la différence du nombre de pages suffit d'ailleurs pour
empêcher toute confusion.

  363. LA || TOISON D'OR, || Tragedie. || Representée par la Troupe
    Royale || du Marests, chez Mr le Marquis de || Sourdeac, en son
    Chasteau du Neuf || Bourg, pour réjoüissance publique || du
    Mariage du Roy, & de la Paix || avec l'Espagne, & en suite sur
    le || Theatre Royal du Marests. || Par le || Sieur Corneille.
    || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C]. I[C]C.LXII
    [1662]. Pet. in-12 de 6 ff. prél. (y compris la figure et le
    titre), 85 pp. et 1 f. blanc, sign. A-D.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664
(no 381).

  364. LA TOISON D'OR, Tragedie. _A Roüen, Chez Jean-Baptiste
    Besongne, s. d._, in-12.

_Bibliothèque dramatique de Pont-de-Veyle_; Paris, 1847, in-8, no 838.

  365. LA TOISON D'OR, || Tragedie. || Representée par la Troupe
    Royale || du Marets, chez Mr le Marquis de || Sourdeac, en son
    Chasteau du Neuf || bourg, pour réjoüissance publique du ||
    Mariage du Roy, & de la Paix avec || l'Espagne, & en suite sur
    le Theatre || Royal du Marests. Par le || Sieur Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXXIII
    [1683]. Pet. in-12 de 5 ff. prélim. (y compris la fig. et le
    titre), et 85 pp., sign. A-D.

Réimpression de l'édition d'_Abraham Wolfgang_, avec la devise
_Quærendo_ sur le titre et la même figure.


XXV

  366. SERTORIUS, || Tragedie. || Par M. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || M.DC.LXII [1662]. In-12 de 84
    pp. (y compris le titre) et 5 ff. prélim.

Édition imprimée à _Amsterdam_, par Daniel _Elzevier_, avec une sphère
sur le titre.

  367. SERTORIUS, || Tragedie. || Par || P. Corneille. || S_uivant
    la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet.
    in-12 de 2 ff. pour la figure et le titre, et 67 pp., sign.
    Dd-Ff.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664
(no 381).


XXVI

  368. SOPHONISBE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIII [1663]. Pet.
    in-12 composé d'une fig., 4 ff. prél. (y compris le titre) et
    64 pp., sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664
(no 381).


XXVII

  369. OTHON, || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la
    Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXV [1665]. Pet.
    in-12 de 3 ff. prél. (y compris la fig. et le titre), et 66
    pp., sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664
(no 381).

  370. OTHON, Tragedie, Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXI [1681]. Pet. in-12.

Réimpression de l'édition précédente. _Bibliothèque dramatique de
Pont-de-Veyle_, 1847, no 837.


XXVIII

  371. AGESILAS, || Tragedie. || En Vers libres rimez. || Par P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXVI [1666]. Pet. in-12 de 3 ff. prél. (y compris
    la figure et le titre), 76 pp. et 1 f. blanc, sign. A-D.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle s'ajoute au recueil de 1664.

  372. AGESILAS, || Tragedie. || En Vers libres rimez. || Par P.
    Corneille. || _Sur l'Imprimé || A Paris, || Se vend à
    Amsterdam_, || M.DC.LVI [1666]. Pet. in-12 de 88 pp., sign.
    A-D.

Bibliothèque de M. de la Gondie, à Versailles.


XXIX

  373. ATTILA || ROY || DES HUNS, || Tragedie, || Par P. Corneille.
    || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXVII
    [1667]. Pet. in-12 de 4 ff. prél. (y compris la figure et le
    titre) et 64 pp., sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
marque: _Quærendo_ sur le titre. Elle s'ajoute au recueil de 1664 (no
381).


XXX

  374. TITE || ET || BERENICE, || Comedie heroique, || Par P.
    Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXXI [1671]. Pet. in-12 de 71 pp. (y compris la
    figure, le titre et 1 f. prél.), sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_. Elle porte sur
le titre la devise: _Quærendo_, et la figure est signée de _Romain de
Hooghe_. Elle doit s'ajouter au recueil de 1664.

  375. TITE ET BERENICE, Comedie heroique, Par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ CI[C].I[C]C.LXXX [1680].
    Pet. in-12.

Réimpression de l'édition de _Wolfgang_.

Catalogue Soleinne, t. Ier, no 1143.

XXXI

  376. PULCHERIE || Comedie || heroique, || Par P. Corneille. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXXIII
    [1673]. Pet. in-12 de 71 pp. (y compris la figure, le titre et
    1 f. prél.), sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
devise: _Quærendo_ sur le titre; elle se joint au recueil de 1664. La
figure est de _Romain de Hooghe_, dont on aperçoit le monogramme sous
une draperie, au-dessus des mots: _Anno s. 1673._


XXXII

  377. SURENA || GENERAL || DES || PARTHES, || Tragedie. ||
    _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C][C.LXXVI
    [1676]. Pet. in-12 de 71 pp. (y compris la figure, le titre et
    1 f. prél.), sign. A-C.

Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, avec la
devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle se joint au recueil de 1664. La
figure est signée: _Harmaeus (?) P. de Brügge._



VIII.--ÉDITIONS COLLECTIVES DU THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES DE SON VIVANT, MAIS SANS SA PARTICIPATION, EN FRANCE ET EN
HOLLANDE.

  378. L'ILLVSTRE || THEATRE || DE || MONSR CORNEILLE. || _A
    Leyden._ || M.DC.XLIV [1644]. Pet. in-12.

Recueil factice de cinq pièces imprimées séparément par _Bonaventure_
et _Abraham Elzevier_, à _Leyde_: _le Cid_, 1644 (no 279); _Horace_,
1641 (no 292); _Cinna_, 1644 (no 298); _Polyeucte_, 1644 (no 304), et
_la Mort de Pompée_, 1644 (no 313). Les cinq pièces sont précédées de
2 ff. pour le titre et la table.

Les recueils de pièces elzéviriennes avec le titre d'_Illustre
Théatre_ sont de la plus grande rareté; nous n'en connaissons que cinq
exemplaires:

1º Celui de Sensier, Pixerécourt, Buvignier, Clinchamp et Montesson,
qui mesure 128 mm.; cet exemplaire, acheté 4,000 fr. par M. Bordes à
la vente Potier, en 1870, et cédé par lui à M. Benzon, de Londres,
s'est revendu, en 1875, 6,600 fr. (soit avec la commission et les
frais 7,260 fr.); il appartient aujourd'hui à M. Eugène Paillet;

2º Celui de M. Bourdillon, de M. Pieters et de M. de la Villestreux,
qui fut acheté au prix de 1,795 fr., à la vente de ce dernier amateur,
par M. Caperon; il n'a que 123 mm.;

3º Celui de M. le comte de Lignerolles, qui provient d'une vente faite
à Bruxelles, en novembre 1863;

4º Celui de M. Huillard, qui fut acheté 900 fr., en février 1870, par
M. Ratier; il n'a que 121 mm., et le titre courant a été atteint en
plusieurs endroits par le couteau du relieur;

5º Celui du marquis de Coislin et de M. Pasquier, qui s'est vendu
1,000 fr., en 1875, avec deux autres petits recueils de pièces
elzéviriennes; il a 128 mm. de hauteur, mais le titre a subi un
remmargement, et les éditions d'_Horace_ et de _Pompée_ n'y sont que
de seconde date.

Un exemplaire, dont le titre avait été imité en impression moderne, a
figuré, en janvier 1847, à une vente faite à Paris à la Salle
Silvestre; il a été revendu, en juillet 1848, à Londres, avec la
bibliothèque de M. Benjamin Delessert.

Les 2 ff. préliminaires sont la partie la plus importante de ce
recueil, les pièces séparées n'étant pas elles-mêmes d'une
très-grande rareté. Charles Nodier, qui ne pouvait se consoler de ne
pas l'avoir pas rencontré, a prétendu dans sa _Description raisonnes
d'une jolie collection de Livres_ (Paris, Techener, 1844, in-8, p.
292), que ce titre était «l'oeuvre d'un spéculateur plus ou moins
postérieur» à l'époque des _Elzevier_. C'est là une assertion qui ne
pouvait tromper Nodier lui-même, car il est évident que le titre est
bien authentique.

La date de 1644 exige qu'aucune des pièces comprises dans le volume ne
soit d'une année antérieure.

Nous avons constaté la rareté de l'_Illustre Théatre_, mais nous
sommes loin de partager l'engouement que ce petit recueil inspire à
certains amateurs. Quelle que soit l'élégance de l'impression, nous ne
pouvons dissimuler que le texte en est peu correct; c'est, à nos yeux,
moins un livre qu'un objet de simple curiosité.

  379. LE THEATRE || FRANÇOIS || par le Sieur || Corneille, ||
    auquel sont || representées les principales || & meilleures
    Pieces || qu'il a faites. || M.DC.LII [1652]. _S. l._, 2 vol.
    in-12.

T. Ier (sans tomaison): titre; 1 f. pour la table des deux volumes;
cinq pièces avec pagination particulière: _Le Cid_, _Horace_,
_Pompée_, _le Menteur_ et _La Suite du Menteur_. (Voy. les nos 280,
294, 315 et 320.)

T. IIe (pas de titre ni de feuillet prélim.): _Théodore_, _Polyeucte_,
_Cinna_, _Rodogune_ et _Héraclius_. (Voy. les nos 300, 307, 315, 335
et 341.)

Nous ne connaissons de cette édition qu'un seul exemplaire appartenant
à M. Benjamin Fillon, qui a bien voulu nous le communiquer. Le 1er
volume avait figuré à la vente Potier, en 1870 (no 1223), où il avait
atteint le prix de 100 fr. Le 2e volume a été découvert plus tard par
la librairie Fontaine, qui l'a cédé depuis à M. Fillon. Cette seconde
partie n'a pas de titre et ne semble pas en comporter un. Le titre de
la 1re partie, n'ayant pas de tomaison, peut être considéré comme un
titre général convenant à tout le recueil; la table qui suit ce titre
général contient l'indication des pièces qui composent chaque partie,
et le tome second correspond bien à cette description. Ajoutons que le
titre de _Théodore_ qui précède le second volume porte un nom de
libraire qui le distingue des autres titres particuliers du recueil.

Cette édition clandestine a dû être détruite, car les exemplaires en
sont de la plus grande rareté. C'est là, il faut le reconnaître, le
principal et même l'unique mérite du livre. Les éditions elzéviriennes
ont pour elles cette admirable exécution qui séduira longtemps encore
les amateurs. Les contrefaçons exécutées dans les provinces de France
ne présentent pas le même genre d'intérêt; elles sont le plus souvent
fort grossières. Il est néanmoins curieux encore d'en étudier le
texte. Peut-être y découvrirait-on, à côté de fautes qu'on ne saurait
imputer à Corneille, des variantes prises dans des éditions originales
qui se sont perdues.

  380. LE || THEATRE || DE || CORNEILLE, || auquel se voyent les
    plus belles Pieces qu'il || a faites: sçauoir: || Le Cid. || Le
    Cinna. || Le Polieucte. || Les Horaces. || La Mort de Pompee.
    || La Rodogune. || L'Heraclius, ou Mort || de Phocas. || Le
    Menteur. || La Suite du Menteur. || Le Don Sanche. _S. l. n.
    d._ [_vers_ 1655], pet. in-8.

Collation: 2 ff. prélim., 668 pp. pour les neuf premières pièces, plus
10 ff. prélim. et 68 pp. pour _D. Sanche d'Aragon_; caractères
italiques.

Ce volume, imprimé dans quelque ville de province, vers 1655 (la
première édition de _D. Sanche_ étant de 1650), ne contient ni
privilége, ni nom de lieu ou de libraire. C'est une contrefaçon que
les éditeurs parisiens ont peut-être fait saisir et qui est devenue
fort rare. Nous n'en connaissons que trois exemplaires: le premier,
incomplet du 1er f., a figuré à la vente Chedeau, en 1865 (no 678 du
catalogue), où il n'a pas dépassé le prix de 100 fr.; il se trouve
aujourd'hui à la Bibliothèque nationale (Y 5510. Rés.); le second,
incomplet des derniers feuillets du _Menteur_, a été légué par M.
Luzarche à la Bibliothèque de l'Arsenal; le troisième, mieux conservé
que les précédents, appartient à M. L. Potier.

  381. LE ||THEATRE || DE P. CORNEILLE, || Reveu & corrigé, &
    augmenté || de diverses pieces nouvelles. || I. [II. III. et
    IV.] Partie. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ ||
    CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. 4 vol. pet. in-12.

Charmante édition exécutée à Amsterdam par _Abraham Wolfgang_, et
justement recherchée, sinon pour le texte lui-même, du moins pour la
beauté de l'impression et du papier et pour l'élégance des figures.
Cette édition a l'avantage de donner, non pas un choix, mais la suite
complète des pièces de Corneille. «Elle est devenue depuis quelques
années, dit M. Brunet, un objet d'une très-grande importance auprès
des bibliomanes français, et il est fort difficile d'en trouver des
exemplaires complets.» Voici la collation de chacun des volumes:

_I. Partie_: frontispice gravé représentant le buste de Corneille
couronné par deux Renommées, avec ce titre: _Le Theatre de P.
Corneille_;--portrait de Corneille, sans nom de graveur;--titre avec
la devise: _Quærendo_;--5 ff. pour un avis de l'_Imprimeur au Lecteur_
(avis signé A. W.) et la table des pièces de Pierre et de Thomas
Corneille;--1 f. blanc;--74 pp. pour le _Discours du Poëme dramatique_
et les _Examens_, et 8 pièces (de _Mélite_ à l'_Illusion comique_).
Chaque pièce, précédée d'une figure et d'un titre, a une pagination
distincte. On en trouvera la collation exacte sous les nos 263, 264,
266, 267, 268, 269, 271, 272.

_II. Partie_: frontispice gravé représentant deux Amours, dont l'un
déploie un voile sur lequel on lit: _Le Theatre de P. Corneille_, et
l'autre grave des armes sur une pierre;--titre;--92 pp. contenant le
_Discours de la Tragédie_ et les _Examens_;--7 pièces avec fig., titre
et pagination séparée, du _Cid_ à la _Suite du Menteur_ (Voy. les nos
284, 296, 302, 310, 316, 321, 326). Il doit se trouver 2 ff. blancs
après _Horace_.

_III. Partie_: frontispice gravé, représentant la Vérité debout sur
une boule entourée de rois orientaux; cette figure tient une écharpe
sur laquelle on lit: _Le Theatre de P. Corneille_;--1 f. pour le
titre;--68 pp. pour le _Dicours des trois Unitez_ et les trois
Examens;--1 f. blanc;--7 pièces, précédées chacune d'une figure et
d'un titre, avec pagination séparée. Il doit se trouver un feuillet
blanc après _Rodogune_. (Voy. les nos 337, 333, 342, 347, 352, 357,
359.)

_IV. Partie_: 6 ff. prél. comprenant le frontispice gravé, le titre et
l'_Avertissement de Sertorius_;--4 pièces: _Sertorius_ (1664), _la
Toison d'or_ (1662), _Sophonisbe_ (1663), et _Othon_ (1665). Chaque
pièce a une figure, un titre et une pagination séparée. Il doit se
trouver l f. blanc après la _Toison d'or_. (Voy. les nos 361, 363,
367, 369.) Les signatures ne se suivent pas.

On forme une Ve Partie en réunissant les pièces publiées par Wolfgang,
de 1666 à 1676: _Agesilas_ (no 371), _Attila_ (no 373), _Tite et
Bérénice_ (no 374), _Pulchérie_ (no 376 et _Surena_ (no 377).

Les oeuvres de Th. Corneille font nécessairement partie de cette
édition, puisque la table s'en trouve dans le t. Ier des oeuvres de
son frère. En voici la description:

  LES || TRAGEDIES || ET || COMEDIES || DE || TH. CORNEILLE, ||
  Reveues et corrigées, et augmentées || de diverses pieces
  nouvelles. || I. [II. III. IV. et V.] Partie. || _Suivant la copie
  imprimée || A Paris._ || CI[C] I[C]C LXV [CI[C] I[C]C LXVIII:
  1665-1668]. 5 vol. pet. in-12.

_I. Partie_: 2 ff. pour le frontispice gravé et le titre: _Les
Engagements du hazard_, 1662, 2 ff. et 80 pp., sign. A-D;--_le Feint
Astrologue_, 1663, 4 ff. et 87 pp., sign. A-D;--_D. Bertran de
Cigarral_, 1663, fig., 3 ff. et 90 pp., sign. A-D;--_l'Amour à la
mode_, 1663, 3 ff. et 90 pp., sign. A-D;--_le Berger extravagant_,
1663, 4 ff. et 87 pp., sign. A-D;--_le Charme de la Voix_, 1662, 1
fig., 3 ff. et 82 pp., sign. A-D.

_II. Partie_: 2 ff. pour le frontispice gravé et le titre:
_Le Geolier de soy mesme_, 1662, 1 fig., 3 ff. et 78 pp., sign.
A-D;--_les Illustres Ennemis_, 1662, 1 fig., 3 ff. et 78 pp.,
sign. A-D;--_Bérénice_, 1662, 1 fig., 4 ff. et 76 pp., sign.
A-D;--_Timocrate_, 1662, 1 fig., 5 ff. et 73 pp. sign. A-D;--_la Mort
de l'empereur Commode_, 1662, 1 fig., 1 f. et 70 pp., sign.
A-C;--_Darius_, 1662, 1 fig., 4 ff. et 73 pp. et 1 f. blanc sign. A-D.

_III. Partie_: 2 ff. pour le frontispice gravé et le titre:
_Stilicon_, 1662, 1 fig., 4 ff. et 75 pp., sign. A-D;--_le Galand
doublé_, 1662, 1 fig., 1 f. et 82 pp., sign. A-D;--_Camma_, 1662, 1
fig., 4 ff., 74 pp. et 1 f. blanc, sign. A-D; _Maximian_, 1662, 1
fig., 4 ff., 74 pp. et 1 f. blanc sign. A.-D. Ces quatre pièces sont
les seules qui soient mentionnées au verso du titre de la 3e partie;
mais Wolfgang continua son édition à mesure que Th. Corneille fit
paraître de nouvelles pièces. Il convient d'ajouter à ce volume:
_Pyrrhus, roy d'Epire_, 1666, 2 ff., 79 pp. et 2 ff. blancs, sign.
A-D; _Persée et Demetrius_, 1666, 2 ff. et 68 pp., sign. A-C.

_IV. Partie_, 1676: 2 ff. pour le frontispice gravé et le titre;
_Antiochus_, 1666, 4 ff. et 63 pp., sign. A-C;--_Laodice_, 1668, 3 ff.
et 62 pp., sign. A-C;--_le Baron d'Albikrac_, 1670, 106 pp. (y compr.
4 ff. prél.) et 1 f. blanc, sign. A-E;--_la Comtesse d'Orgueil_, 1671,
5 ff. et 105 pp., sign. A-C;--_Théodat_, 1673, 72 pp. (y compris 3 ff.
prél.), sign. A-C;--_la Mort d'Annibal_, 1673, 83 pp. (y compris 4 ff.
prél.), sign. A-D.

_V. Partie_, 1678: 2 ff. pour le titre et la table (il n'y a pas de
frontispice gravé);--_Ariane_, 1674, 69 pp. (y compris la fig. et le
titre), plus 1 f. blanc, sign. A-C;--_Circé_, 1676, 124 pp. (y compris
la fig. et le titre), plus 2 ff. blancs, sign. A-F;--_La Mort
d'Achille_, 1676, 67 pp. (y compris la fig. et le titre), plus 2 ff.
blancs, sign. A-C;--_Don Cesar d'Avalos_, 1676, 96 pp. (y compris la
fig. et le titre), sign. A-D;--_L'Inconnu_, 1678, 115 pp. (y compris
la fig. et le titre), plus 2 ff. blancs, sign. D-H;--_Le Comte
d'Essex_, 1678, 69 pp. (y compris la fig. et le titre), plus 1 f.
blanc, sign. A-C.

Toutes les pièces de Thomas Corneille sont, comme celles de Pierre
Corneille, précédées d'une figure. Nous n'avons indiqué spécialement
les figures que lorsqu'elles sont tirées sur des feuillets séparés et
ne rentrent pas dans les signatures. Les feuillets préliminaires y
sont, au contraire, compris, lors même qu'ils restent en dehors de la
pagination; c'est pourquoi ils sont souvent en nombre impair.

Vendu, avec les _Tragédies et Comédies_ de Th. Corneille, 660 fr.,
mar. bl. (_Simier_), prince d'Essling, 1846 (no 136);--400 fr., même
exempl., Giraud, 1855 (no 1624);--710 fr., même exempl., Solar, 1860
(no 1686);--2,400 fr., mar. br. (_Trautz-Bauzonnet_), Potier, 1870 (no
1224);--3,300 fr. mar. br. (_Trautz-Bauzonnet_), Fontaine, 1872 (no
2645);--1,200 fr., mar. r. (_Duru_), Fontaine, 1874 (no 567);--2,500
fr., mar. bl. (_Duru_), avec diverses pièces ajoutées, Fontaine, 1874
(no 568);--4,500 fr., mar. r. doublé de mar. bl. (_Trautz-Bauzonnet_),
Quentin Bauchart, 1874 (_Mes Livres_, no 84);--1,750 fr. mar. r.,
doublé de mar. bl. (_Lortic_), Benzon, 1875 (no 250).



IX.--ÉDITIONS DES OUVRAGES DE PIÉTÉ DE CORNEILLE

PUBLIÉES DE SON VIVANT, MAIS SANS SA PARTICIPATION, EN FRANCE ET EN
HOLLANDE.


I

  382. L'IMITATION DE IESVS-CHRIST. Traduite en Vers François, par
    P. Corneille. _Sur l'imprimé A Paris, Chez Charles de Sercy, au
    Palais, dans la Salle Dauphine, à la bonne Foy Couronnée._
    M.DC.LI [1651]. In-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 534.

  383. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François, || Par Mr Corneille. || _Iouxte la copie imprimée, ||
    A Roüen, || Chez Laurens Maurry, prés le Palais._ 1652. || Auec
    Priuilege du Roy. || _Et se vendent A Paris, || Chez Charles de
    Sercy, au Palais, dans la || Salle Dauphine, à la bonne Foy
    Couronnée._ Pet. in-8 de 3 ff. et 112 pp.

Collation: titre, avec les insignes de la Passion; les mots: _Iouxte
la copie imprimée_ sont habilement dissimulés dans les ornements qui
entourent ce fleuron (le titre est imprimé sur 1 f. séparé, non
compris dans les signatures);--2 ff. pour l'avis _Au Leceur_ [_sic_]
et la première page du texte latin.

Cette contrefaçon, où le texte est imprimé en regard de la traduction,
ne contient que les vingt premiers chapitres du Ier livre de
l'_Imitation_.

  384. L'IMITATION || DE || JESUS-CHRIST. || Traduite en Vers
    François || Par || P. Corneille. || _A Leyde, || Chez Jean
    Sambix._ || CI[C].I[C]C.LII [1652]. In-12 de 71 pp. en tout.

Édition imprimée par les _Elzevier_ de _Leyde_ et qui porte une
sphère sur le titre. M. Pieters (_loc. cit._, p. 202) constate
qu'elle est «fort belle et excessivement rare». Comme la précédente,
elle ne contient que les vingt premiers chapitres du livre Ier.

M. Brunet et M. Bérard l'indiquent avec la date de 1653, sous laquelle
elle existe aussi (_Catal. Huillard_, 1870, no 78).

  385. L'IMITATION DE IESVS CHRIST, traduite en Vers François, par
    Pierre Corneille. _Sur l'imprimé A Roüen, & se vend à Paris_,
    M.DC.LIII [1653]. 2 vol. pet. in-12.

Catalogue d'une vente faite en mai 1875 par M. A. Claudin, no 13.

  386. L'IMITATION DE IESVS CHRIST, traduite en Vers François par
    P. Corneille. _Iouxte la Copie imprimée A Paris_, M.DC.LIV
    [-M.DC.LV: 1654-1655]. 3 vol. in-12.

Les mots: _Iouxte la copie imprimée_ ne se trouvent que sur les titres
des deux premières parties; ils sont dissimulés dans un fleuron. Cf.
nos 276 et 280.

Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 535.

  387. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST, || Traduite & Paraphrasée
    en Vers François. || Par P. Corneille. || Volume premier
    [Second volume]. || _A Leyde, || Chez Iean Sambix._ ||
    M.DC.LVII [1657], || Avec Privilege & Approbation. 2 vol.
    in-12.

_Volume Premier_: titre avec la sphère;--6 ff. pour l'épistre _Au
Souverain Pontife_;--3 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--2 ff. pour
l'_Approbation des Docteurs_ et le commencement du texte latin et
français;--263 pp., contenant les deux premiers livres.

_Second Volume_: 137 pp. pour le 3e livre (y compris le titre qui
porte la sphère);--407 pp. pour le 4e livre;--3 ff. blancs.

Dans cette édition, le texte latin est imprimé en regard des vers de
Corneille. Malgré la mention faite sur le titre, on ne trouve nulle
part le texte du privilége.

La rubrique de _Leyde_ cache une contrefaçon française. Les caractères
ne sont pas ceux de la Hollande, et l'on ne trouve nulle part, pas
même dans les feuillets prélim., les réclames usitées par les
imprimeurs hollandais.

  388. L'IMITATION || DE || JESUS-CHRIST. || Traduite & Paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || Edition nouuelle.
    || _A Bruxelles. || Chez François Foppens, Imprimeur || &
    Libraire, au S. Esprit._ || M. DC. LVII [1657]. || Avec
    Approbation des Docteurs, & Privilege du Roy. In-12 de 6 ff.
    non chiffr., 495 pp. et 4 ff. non chiffr., plus 4 fig.

Au recto du feuillet qui porte la 1re fig. se trouve l'extrait du
privilége accordé à _François Foppens_ par Philippe IV, pour une durée
de dix ans, à la date du 24 décembre 1653.

Les figures sont des réductions en contre-partie des figures de
l'édition de 1656 (no 128).

  389. L'IMITATION || DE || IESVS-CHRIST. || Mise en Vers ||
    François, || par || Pierre Corneille. || _A Francheford, ||
    Chez Nicollas Hulst, à l'Escu de France._ || M.DC.LVIII [1658].
    Pet. in-8 de 6 ff. et 160 pp. (pour les deux premiers livres),
    302 pp. et 1 f. blanc (pour les livres IIIe et IVe).

Les feuillets prélim. comprennent le titre, l'épître _Au Souverain
Pontife Alexandre VII_, l'avis _Au Lecteur_ et l'_Approbation des
Docteurs_.

  390. L'IMITATION DE IESVS CHRIST, Traduite & Paraphrasée en Vers
    François par P. Corneille. _A Leyde_, 1660, in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 535; c'est
probablement une contrefaçon française sous le nom de _Sambix_, comme
le no 387.

  391. L'IMITATION || DE || JESUS-CHRIST, || Traduite & Paraphrasée
    en Vers || François. || Par P. Corneille. || _A Bruxelles, ||
    Chez François Foppens, Imprimeur & Li- || braire à l'enseigne
    du S. Esprit._ || M.DC.LXV [1665]. In-12 de 12 ff., 495 pp. et
    4 ff. pour la _Table_, plus 4 fig.

Réimpression, page pour page, de l'édition de 1657 (no 388).

  392. L'IMITATION DE JESUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François par P. Corneille. _A Lyon, Chez Jean-Baptiste Deville,
    ruë Merciere, à la Science_, M.DC.LXXVI [1676]. In-12.

Voy. sur le libraire _Deville_ le no 286.

  393. L'IMITATION || DE || JESUS-CHRIST, || Traduite et
    Paraphrasée || en Vers François || Par Pierre Corneille,
    Conseiller du Roy. || Edition nouvelle. || _A Bruxelles, ||
    Chez François Foppens, Imprimeur & || Libraire, au S. Esprit._
    || M.DC.LXXXIV [1684]. In-12 de 12 ff., 496 pp. et 4 ff. pour
    la _Table_, figg.

Collation des feuillets prélim.: titre imprimé en rouge et en noir,
avec une taille-douce représentant la Vierge;--7 ff. pour la
dédicace;--3 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et l'_Approbation_;--1 f.
pour le _Privilége_ donné à Foppens par Philippe IV (l'extrait n'est
pas daté), au verso duquel se trouve la figure du livre 1er.

Les figures qui précèdent chaque livre sont les mêmes que dans les
éditions de _Foppens_ déjà citées.


II

  394. LOUANGES || DE LA || SAINTE VIERGE. || Traduites &
    Paraphrasées en Vers || François. || Par P. Corneille. || _Sur
    l'Imprimé || A Paris, || Se vend à Lille._ M.DC.LXV [1665].
    In-12 de 3 ff. et 28 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre rouge et noir avec une
taille-douce représentant la Vierge;--1 f. pour l'avis _Au
Lecteur_;--1 grande figure tirée sur une feuille séparée et
représentant la Vierge et l'Enfant-Jésus, avec cette inscription:
_Tota pulchra es Amica mea et macula non est in te._

Édition sortie des presses de _Fr. Foppens_, à _Bruxelles_; nous en
avons vu un exemplaire chez M. L. Potier.



X.--ÉDITIONS DES PIÈCES DE THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES DEPUIS SA MORT JUSQU'A NOS JOURS.


I

  395. MELITE, Comedie. Par P. Corneille. _Jouxte la Copie imprimée
    A Paris._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 519.

  396. MELITE, Comedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Pet. in-12 de 84 pp.
    (y compris 3 ff. prélim., dont le premier est blanc), sign.
    A-D.

Édition hollandaise, avec réclame à chaque page. (Bibliothèque
nationale.)


II

  397. CLITANDRE, Comedie. Par P. Corneille. _Jouxte la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 519.

  398. CLITANDRE, Tragedie [sic]. Par P. Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2
    ff. (dont le premier est blanc) et 56 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


III

  399. LA VEFVE, Comedie. Par P. Corneille. _Jouxte la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 519.

  400. LA VEFVE, Comedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2 ff.
    (dont le premier est blanc), et 68 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


IV

  401. LA GALERIE DU PALAIS, Comedie. Par P. Corneille. _Jouxte la
    Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 519.

  402. LA GALERIE DU PALAIS, Comedie. Par P. Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée. A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2
    ff. prélim. (dont le premier est blanc), et 68 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


V

  403. LA SUIVANTE, Comedie, par P. Corneille. _Jouxte la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 520.

  404. LA SUIVANTE, Comedie, par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2 ff.
    prél. (dont le premier est blanc) et 67 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


VI

  405. LA PLACE ROYALLE, Comedie. Par P. Corneille. _Jouxte la
    Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 519.

  406. LA PLACE ROYALLE, Comedie. Par P. Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Pet. in-12 de 2
    ff. prélim. (dont le premier est blanc) et 56 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


VII

  407. MEDÉE. Tragedie. Par P. Corneille. _Jouxte la Copie imprimée
    A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 523.

  408. MEDÉE, Tragedie, Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2 ff.
    prélim. (dont le premier est blanc) et 56 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


VIII

  409. L'ILLUSION, Comedie. Par P. Corneille. _Jouxte la Copie
    imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12.

Édition citée par M. Marty-Laveaux, t. XIIe, p. 523.

  410. L'ILLUSION. Comedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2 ff.
    (dont le premier est blanc) et 68 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


IX

  411. LE CID, Tragedie par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée à Paris._ M.DC.LXXXVII [1687]. In-12.

_Bibliothèque dramatique de Pont-de-Veyle_, 1847, no 836.

  412. LE CID, Tragedie par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée à Paris._ M.DC.LXXXXII [1692]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.

  413. LE CID, Tragedie de Mr. de Corneille. Nouvelle édition revue
    et corrigée par Monsieur Roussaut. _Paris, 1747_, in-8 de 70
    pp.

Malgré la rubrique _Paris_, cette édition a été imprimée en Danemark.
Elle fait partie du _Recueil de Pièces choisies du Nouveau Théatre
françois et italien_; t. IIe, _Copenhague_, 1749, in-8.

  414. LE CID, Tragédie par P. Corneille. _Paris, 1764._ In-8.

Édition publiée par Lekain, qui en parle ainsi dans ses _Mémoires_:
«Avant que M. de Voltaire eût enrichi la littérature française de ses
Commentaires sur le théâtre de P. Corneille; avant qu'il eût tracé les
règles d'une poétique ainsi mise en action, on était à la Comédie dans
l'usage de supprimer la première scène du _Cid_, dans laquelle le
spectateur s'instruit par la bouche même de Chimène de son amour pour
Rodrigue, et de la passion de ce dernier pour la belle Castillane.

«Cette scène n'existant plus, il était impossible que ce même
spectateur prît un intérêt bien vif à la querelle suscitée, un moment
après, entre les pères de ces deux amants, par le choix que le roi
vient de faire de l'un d'eux pour être le gouverneur de son fils. Par
une suite de cette même absurdité, qui a souvent réglé la conduite de
quelques innovateurs présomptueux, ils avaient aussi supprimé la
première scène du quatrième acte de cette superbe tragédie, et je
remarque que cette scène était d'autant plus nécessaire qu'elle
prépare d'une manière admirable tout ce que le spectateur doit
éprouver de plus flatteur pour Rodrigue et d'intéressant pour Chimène.
Selon le récit qu'Elvire y fait à sa maîtresse du combat de Rodrigue
contre les Maures, les jours de ce héros sont à l'abri de tout danger
et par l'aveu du roi et par l'acclamation générale du peuple.

    Les Maures en fuyant ont emporté son crime....
    Et la main de Rodrigue a fait tous ces miracles....,

dit Chimène.

«Ainsi cette malheureuse amante, en applaudissant d'une voix faible et
languissante aux éloges que la nation prodigue à son libérateur, ne
peut encore s'empêcher de poursuivre sa mort.

    Reprenons donc aussi ma colère offensée,

dit-elle plus bas.

«Cette situation intéressante et terrible se trouve, à la vérité,
presque toujours la même, dans le rôle de Chimène; mais ce défaut
était inévitable dans un sujet aussi simple, aussi peu compliqué que
celui du _Cid_, et que le grand Corneille a traité avec tant de génie,
d'élévation et de pathétique.

«M. de Voltaire a donc eu la plus grande raison de s'élever contre
l'ineptie de ceux qui avaient retranché l'exposition de cette tragédie
sans réfléchir qu'ils en altéraient la marche et l'intérêt. C'est sur
la sagesse des réflexions de M. de Voltaire que je me suis déterminé à
faire rétablir ces deux scènes, non-seulement au théâtre de Paris,
mais encore dans la nouvelle édition du _Cid_ que je me propose de
donner.

«Elle servira de guide aux comédiens de province, qui saisissent avec
plus de facilité les fautes de leurs modèles qu'ils n'ont d'aptitude
pour en saisir les traits caractéristiques.» (_Mémoires de Lekain,
précédés de Réflexions sur cet acteur et sur l'art théâtral_, _par F.
Talma_; Paris, Ponthieu, 1825, in-8, pp. 13-16.)

Par une singulière inconséquence, on lit à la suite de cette
dissertation, destinée à faire respecter le texte des anciens auteurs,
un chapitre intitulé: _Réflexions grammaticales respectueusement
hasardées sur quelques endroits de la tragédie du Cid_, dans lequel
Lekain ne craint pas de proposer un certain nombre de leçons de sa
façon, destinées à remplacer des vers de Corneille qu'il trouve
faibles ou écrits au mépris des règles de la grammaire. Ces
substitutions sont pitoyables. Ceci prouve qu'un grand acteur peut
être souvent un détestable critique.

  415. LE CID, tragédie, par P. Corneille. _A Paris, Chez Fagés,
    1801._ In-8.

  416. LE CID, tragédie en cinq actes et en vers de Pierre
    Corneille. _A Paris, chez Fages, [impr. Cussac], 1816._ In-8 de
    40 pp.

  417. LE CID, tragédie de P. Corneille, représentée sur le Théâtre
    de l'Hôtel de Bourgogne vers la fin de l'année 1636. Nouvelle
    édition, conforme à la représentation. _A Paris, Chez Barba et
    chez Hubert, [imprim. Fain]. 1817._ In-8 de 56 pp.

  418. LE CID, tragédie en cinq actes et en vers, de Pierre
    Corneille, représentée sur le Théâtre-Français en 1663. _A
    Paris, chez Fagés, [impr. Everat], 1821._ In-12.

  419. LE CID, tragédie en cinq actes par P. Corneille, _Leipzig,
    Leo_, 1825. In-8. (4 gr.)

_Choix du Théâtre français à l'usage des Écoles_, t. IIe.

  420. LE CID, tragédie en 5 actes, par P. Corneille, 1636.
    _Berlin, Schlesinger, 1834._ Gr. in-8.

Nouvelle édition, 1841.

  421. LE CID, tragédie par Pierre Corneille. _Ulm_, 1636. Gr.
    in-12.

_Melpomene, eine Auswahl der vorzüglichsten französischen Trauerspiele
in Versen, mit Anmerkungen von Georg Kissling._

  422. LE CID, tragédie en cinq actes de P. Corneille représentée
    pour la première fois sur le Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne en
    1636. _Paris, Marchand, [impr. Dondey-Dupré], 1839._ In-8.

  423. LE CID, tragédie par P. Corneille, édition classique.
    _Paris, Delalain, 1840._ In-18.

  424. LE CID, tragédie en cinq actes par P. Corneille. _Paris,
    Hachette, [impr. Panckoucke], 1841._ In-18.

  425. LE CID, tragédie en cinq actes par P. Corneille. _Paris,
    Locquin, 1841._ In-18.

  426. LE CID, tragédie par P. Corneille, _A Paris, chez Mme veuve
    Maire-Nyon, quai Conti_, n. 13, [_impr. de Vve Dondey-Dupré_],
    1841. In-18.

  427. LE CID, tragédie par P. Corneille, avec des notes et des
    commentaires par l'Académie Française, Voltaire, Laharpe, etc.
    _Paris, Dezobry et E. Magdeleine, [impr. Desrez], 1841._ In-18.

  428. LE CID, tragédie en cinq actes de P. Corneille. _A Paris,
    chez Prevot, rue Bourbon-Villeneuve, n. 61, [impr. Vassal],
    1842._ In-8.

  429. LE CID, tragédie par P. Corneille. Édition classique avec
    notices littéraires et remarques, par N.-A. Dubois, professeur
    de l'Université, auteur de plusieurs ouvrages classiques.
    _Paris_, _J. Delalain, rue des Mathurins Saint-Jacques, 1842._
    In-12 (0 fr. 50).

  430. LE CID, tragédie en cinq actes, par P. Corneille. _Paris, L.
    Hachette, [impr. Panckoucke], 1843._ In-12 (0 fr. 35).

  431. LE CID, tragédie en cinq actes par Pierre Corneille. 2e
    édition. _Leipzig, H. Fritsche, 1846._ In-8 de 92 pp.

  432. LE CID, tragédie en cinq actes par Pierre Corneille. 3e
    édition. _Leipzig, H. Fritsche, 1847._ In-8 de 78 pp.

  433. LE CID, tragédie par P. Corneillle. _Bielefeld, 1847._
    In-32.

_Théâtre français_, publié par C. Schütz.

  434. LE CID, tragédie de P. Corneille, annotée par Géruzez.
    _Paris, Hachette, [impr. Crapelet], 1848._ In-18 (0 fr. 60).

  435. CORNEILLE.--LE CID, annoté par A. Dubois. _Paris, Delalain,
    1850._ In-12 (0 fr. 50).

_Nouvelle Bibliothèque française des aspirants au baccalauréat ès
lettres_, publiée par M. Émile Lefranc.

  436. LE CID, tragédie, par P. Corneille. _Paris, Gustave Barba,
    1851._ In-4 de 16 pp. à 2 col.

_Panthéon populaire illustré._

  437. LE CID, tragédie par Pierre Corneille. Édition classique
    avec introduction et notes par M. A. Dubois, ancien professeur
    de l'Université. _Paris, Delalain, 1852._ In-18.

  438. LE CID, tragédie, par P. Corneille. _Leipzig, 1854._ In-12.

_Élite des Classiques français._

  439. LE CID, tragédie, précédé de la vie de P. Corneille, avec
    commentaires, par O. Fiebig et St. Leportier. _Leipzig, 1854._
    In-12.

_Chefs-d'oeuvre des Classiques français._

  440. LE CID, tragédie par P. Corneille. _Leipzig, 1855._ In-12.

_Bibliotek gediegener und interessanter französischen Werke._

  441. LE CID, tragédie par Pierre Corneille, accompagnée de notes
    critiques et littéraires par G. H. F. de Castres. _Leipzig,
    Wengler, 1857._ Gr. in-10 de 159 pp.

  442. LE CID, tragédie de Pierre Corneille. _Paris, imprimerie et
    librairie J. Delalain, 1859._ In-24 de 72 pp.

  443. LE CID, tragédie, par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes, par M. A. Dubois, ancien professeur de
    l'Université. _Paris, imprimerie et librairie J. Delalain,
    1859._ In-18 de 96 pp. (0 fr., 35).

  444. LE CID, tragédie en cinq actes; par P. Corneille, avec des
    notes et des commentaires. _Paris, Lecoffre et Cie, [impr.
    Raçon et Cie], 1861._ In-18 de 114 pp.

  445. LE CID, tragédie de P. Corneille, annotée par E. Géruzez,
    _Paris, L. Hachette et Cie, [impr. Lahure], 1862._ In-18 de 131
    pp. (0 fr. 35.)

  446. LE CID, tragédie par Corneille. Édition classique
    accompagnée de notes et remarques littéraires, grammaticales et
    historiques par M. A. Dubois. _Paris, J. Delalain, 1862._ In-12
    de XII-83 pp. (0 fr. 50).

  447. LE CID, tragédie par Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes, par M. A. Dubois. _Paris, Delalain,
    1863._ In-18 de VI et 81 pp.

  448. LE CID, tragédie par Corneille. Nouvelle édition, avec notes
    historiques, grammaticales et littéraires, précédées
    d'appréciations littéraires et analytiques empruntées aux
    meilleurs critiques, par M. Jonette, professeur agrégé. _Paris,
    Belin, [impr. de Belin à Saint-Cloud], 1863._ In-12 de 108 pp.

  449. LE CID, tragédie en cinq actes, par P. Corneille. Édition
    classique avec notes historiques, grammaticales, littéraires et
    analytiques, empruntées aux meilleurs critiques, par M. F.
    Jonette. _Paris, Belin, 1865._ In-8.

  450. LE CID, tragédie par P. Corneille. _Leipzig, 1865._ In-12.

_Collection d'auteurs français._

  451. LE CID, tragédie; par Corneille. Édition classique
    accompagnée de notes et remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par N.-A. Dubois _Paris, Jules Delalain et fils,
    1867._ In-12 de VIII et 87 pp. (0 fr. 50).

  452. LE CID, tragédie en cinq actes par P. Corneille avec des
    notes et des commentaires. _Paris et Lyon, Lecoffre et fils,
    [impr. Jacob à Orléans], 1867._ In-18 de 112 pp.

  453. LE CID, tragédie par P. Corneille. _Paris, Jules Delalain et
    fils, 1868._ In-18 de 72 pp. (0 fr. 30).

  454. LE CID, tragédie de Pierre Corneille annotée par E. Géruzez,
    agrégé de la Faculté des lettres de Paris. _Paris, L. Hachette
    et Cie, [impr. Lahure], 1869._ In-18 de 131 pp.

  455. LE CID, tragédie par Corneille. _Paris, Delalain, 1870._
    In-18 de 72 pp. (0 fr. 30).

  456. LE CID, tragédie, par P. Corneille. Édition classique, avec
    Notice littéraire et Remarques, par N.-A. Dubois, _Paris, Jules
    Delalain et Cie, 1872._ In-18 de VIII et 108 pp.

  457. LE CID, tragédie en 5 actes par Corneille. _Altenburg, H.-A.
    Pierer, 1872._ In-8 de 94 pp.

_Collection d'auteurs français._ Sammlung französischer Schriftsteller
für den Schul- und Privatgebrauch, herausgegeben und mit Anmerkungen
versehen von Dr. G. van Muyden und Oberlehr. Ludw. Rudolph. 2. Serie,
no 1.

  458. LE CID, tragédie en cinq actes; par Corneille. Illustré par
    Pauquet. _Paris, Barba, [impr. Parent], 1872._ In-4 de 16 pp. à
    2 col.

  459. LE CID, tragédie en cinq actes; par Corneille. Avec notes et
    commentaires. Nouvelle édition publiée par Ad. Rion. _A Paris,
    chez tous les libraires, [impr. Viéville et Capiomont], 1874._
    In-12 de 63 pp.

_Les bons livres._

  460. LE CID, tragédie de P. Corneille annotée par E. Géruzez.
    _Paris, Hachette, [impr. Lahure], 1874._ In-18 de 131 pp. (0
    fr. 40).

  461. LE CID, heroisk Drama af Pierre Corneille. Med Anmærkninger
    ved Chr. Sick. _Kjöbenhavn, 1874._ In-8 de 2 ff. et 87 pp.

Édition du texte original publiée en Danemark, avec notes par Chr.
Sick.


X

  462. HORACE, Tragédie Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXII [1692]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.

  463. LES HORACES, tragédie de P. Corneille. _A Paris, chez Fagés,
    boulevart Saint-Martin, no 29, [impr. Froullé], 1811._ In-8 de
    48 pp.

Tiré à 1,000 exemplaires.

Le titre de la pièce est proprement _Horace_ et non _les Horaces_;
cependant Corneille emploie lui-même cette forme dans l'avis _Au
Lecteur_ de _Sophonisbe_.

  464. LES HORACES, tragédie de P. Corneille; représentée sur le
    théâtre de l'hôtel de Bourgogne, par la troupe royale, au
    commencement de l'année 1639. Nouvelle édition, conforme à la
    représentation. _A Paris, chez Barba, [impr. Fain], 1817._ In-8
    de 64 pp.

  465. LES HORACES, tragédie en cinq actes et en vers. Par Pierre
    Corneille, représentée sur le Théâtre-Français en 1639. _Paris,
    Bezon, [impr. Coniam], 1825._ In-8.

  466. HORACE, tragédie de Corneille, représentée pour la première
    fois en 1639. Nouvelle édition conforme à la représentation.
    _Paris, Prévôt, [impr. de Mme Poussin], 1839._ In-32.

  467. LES HORACES, tragédie en cinq actes de P. Corneille,
    représentée pour la première fois sur le théâtre de l'hôtel de
    Bourgogne, par la troupe Royale, au commencement de l'année
    1639. _Paris, Marchant [impr. Dondey-Dupré], 1840._ In-8.

  468. HORACE, tragédie en cinq actes de P. Corneille. Édition
    classique. _Paris, Locquin, 1841._ In-18.

  469. HORACE, tragédie en cinq actes de P. Corneille. _Paris, L.
    Hachette [impr. Panckoucke], 1841._ In-18.

  470. HORACE, tragédie en cinq actes par P. Corneille, Édition
    classique avec notice littéraire et remarques par N.-A. Dubois.
    _Paris, Delalain, 1841._ In-18.

  471. HORACE, tragédie de P. Corneille, avec des commentaires et
    des notes par Voltaire, Laharpe, _Paris, Dezobry et E.
    Magdeleine, [impr. Desrez], 1841._ In-18.

  472. HORACE, tragédie en cinq actes et en vers, par P. Corneille.
    _Berlin, Schlesinger'sche Buchhandlung, 1842._ Gr. in-8 de 52
    pp. (15 gr.)

_Répertoire du Théâtre français, à Berlin_, 2e série, no 15 A.

  473. HORACE, tragédie en cinq actes; par P. Corneille. _Paris,
    Hachette, [impr. Panckoucke], 1843._ In-18 (0 fr. 25).

  474. HORACE, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille,
    1639.--_Paris, Piaud, [impr. Baudouin], 1844._ In-18.

  475. HORACE, tragédie en cinq actes par Pierre Corneille. Édition
    revue à l'usage des écoles. _Leipsic, H. Fritsche_, 1846,
    In-8.

_Choix du Théâtre français à l'usage des écoles._

  476. HORACE, tragédie de P. Corneille, annotée par M. Géruzez.
    _Paris, Hachette, 1848._ In-18.

  477. LES HORACES, tragédie, en cinq actes de P. Corneille,
    représentée pour la première fois sur le théâtre de l'hôtel de
    Bourgogne par la troupe royale en 1639. _Paris, Michel Lévy
    frères, [impr. Arbieu à Poissy], 1850._ In-18.

  478. HORACE, tragédie, par P. Corneille. _Paris, Gustave Barba._
    In-4 de 16 pp. à 2 col.

_Panthéon populaire illustré._

  479. HORACE, tragédie par Pierre Corneille, édition classique
    avec introduction et notes par N.-A. Dubois, ancien professeur
    de l'Université. _Paris, Delalain, 1852._ In-18.

  480. HORACE, tragédie en cinq actes, par P. Corneille. Avec des
    notes et des commentaires. _Paris, J. Lecoffre, [impr. F.
    Didot], 1853._ In-18.

  481. HORACE, tragédie en cinq actes, par P. Corneille, avec des
    Notes et des Commentaires. _Paris, Lecoffre, 1853._ In-18.

  482. HORACE, tragédie par P. Corneille. _Leipzig, 1855._ In-8.

_Chefs-d'oeuvre des Classiques français, avec commentaires par O.
Fiebig et St. Leportier._

  483. Horace, tragédie en cinq actes par Pierre Corneille. Edition
    revue à l'usage des écoles, avec l'Extrait de Tite-Live.
    _Leipsic, H. Fritsche, 1855._ In-8 de 76 pp.

_Choix du théâtre français, à l'usage des écoles._ Nouvelle édition.

  484. HORACE, tragédie en cinq actes, de P. Corneille. Édition
    classique. _Paris, Ve Maire-Nyon, [impr. Morris], 1856._ In-18.

  485. HORACE, tragédie par Pierre Corneille édition classique avec
    introduction et notes par N.-A. Dubois, ancien professeur.
    _Paris, Delalain, 1856._ In-18.

  486. HORACE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par N.-A. Dubois, ancien professeur.
    _Paris, Delalain, 1861._ In-18 de VIII et 78 pp. (0. fr. 35).

  487. HORACE, tragédie de Corneille. _Paris, Delalain, 1861._
    In-18 de 62 pp. (0 fr. 30).

  488. HORACE, eine Tragödie von P. Corneille in trilogiseher
    Composition herausgegeben von Dr Hermann Doergens. _Köln und
    Neuss, Schwamm, 1861._ Gr. in-8.

Texte français avec introduction et appendice en allemand.

  489. HORACE, tragédie en cinq actes; par P. Corneille; avec des
    notes et des commentaires. _Paris, Lecoffre et Cie, [impr.
    Raçon], 1862._ In-18 de 98 pages.

  490. HORACE, tragédie par Corneille. Édition classique
    accompagnée de remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par A. Dubois, ancien professeur, _Paris,
    Delalain, 1863._ In-12 de VIII et 75 pp. (0 fr. 50).

  491. HORACE, tragédie de Pierre Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par N.-A. Dubois. _Paris, Jules Delalain
    et fils, 1867._ In-18 de VIII et 78 pp. (0 fr. 60).

  492. HORACE, tragédie par Corneille. Édition classique
    accompagnée de remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par N.-A. Dubois. _Paris, Jules Delalain et fils,
    1867._ In-12 de XII et 72 pp. (0 fr. 50).

  493. HORACE, tragédie de P. Corneille annotée par E. Géruzez.
    _Paris, L. Hachette, [impr. Bourdier], 1868._ In-18 de 103 pp.
    (0 fr. 40).

  494. HORACE, tragédie par Corneille. _Paris, Jules Delalain et
    fils, 1869._ In-18 de 63 pp. (0 fr. 30).

  495. HORACE, tragédie de P. Corneille. _Paris, Delalain, 1869._
    In-18 de 66 pp. (0 fr. 30).

  496. HORACE, tragédie de P. Corneille, annotée par E. Géruzez.
    _Paris, Hachette, [impr. Bourdier et Cie], 1869._ In-18 de 103
    pp. (0 fr. 40).

  497. HORACE, tragédie par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par N.-A. Dubois. _Paris, Delalain,
    1870._ In-18 de VIII et 78 pp. (0 fr. 35.)

  498. HORACE, tragédie de P. Corneille. _Paris, Jules Delalain et
    fils, 1873._ In-18 de 64 pp. (0 fr. 30).

  499. HORACE, tragédie en cinq actes par Corneille, avec notes et
    commentaires par Ad. Rion. _A Paris, chez tous les libraires,
    [impr. Lahure], 1874._ In-16 de 63 pp.

_Les bons livres._

  500. HORACE, tragédie en cinq actes par Corneille, avec des notes
    et des commentaires. _Paris, Lecoffre, [impr. Aureau et Cie à
    Lagny], 1874._ In-18 de 100 pp.

  501. HORACE, tragédie de P. Corneille, annotée par E. Géruzez.
    _Paris, Hachette [impr. Viéville et Capiomont], 1874._ In-18 de
    103 pp. (0 fr. 60).


  XI

  502. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, Tragedie, Par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris_, M.DC.LXXXX [1690]. In-12.

Édition hollandaise.

  503. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie, par P. Corneille.
    _A Paris, par la Compagnie des libraires, 1786._ In-8.

  504. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie de P. Corneille.
    _Paris, Froullé, 1811._ In-8 de 48 pp.

Tiré à 1000 exemplaires.

  505. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes et
    en vers de P. Corneille (1639). _A Paris, chez Fagès, [impr.
    Cussac], 1816._ In-8 de 48 pp.

  506. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie de P. Corneille
    (1639). Nouvelle édition, conforme à la représentation. _A
    Paris, chez Barba et chez Hubert, [impr. Fain], 1817._ In-8 de
    60 pp.

  507. CINNA, tragédie par P. Corneille. _Paris, Achille Desange,
    rue Jacob, no 5, [impr. Fournier], 1826._ In-32.

_Répertoire populaire du Théâtre-Français._

  508. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes et
    en vers de P. Corneille représentée sur le Théâtre-Français en
    1639. _A Paris, chez Bezon, boulevard Saint-Martin, no 29,
    [impr. Daumont à Versailles], 1826._ In-8.

  509. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes et
    en vers de Corneille. _Paris et Strasbourg, Levrault, [impr.
    Levrault à Strasbourg], 1827._ In-18 (0 fr. 50).

  510. CINNA, tragédie en 5 actes par P. Corneille. _Berlin,
    Schlesinger, 1837._ Gr. in-8.

_Répertoire du Théâtre-Français, à Berlin._

  511. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes de
    Corneille représentée pour la première fois sur le Théâtre de
    l'Hôtel de Bourgogne en 1639. _Paris, Dondey-Dupré, 1839._
    In-8.

  512. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie de P. Corneille
    avec des commentaires. _Paris, Dezobry et Magdeleine, rue des
    Maçons Sorbonne, no 1, [impr. Desrez à Batignolles], 1841._
    In-18.

  513. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes par
    P. Corneille. _Paris, Hachette, [impr. Panckoucke], 1841._
    In-18.

  514. CINNA, tragédie en cinq actes, de P. Corneille. Édition
    classique. _Paris, Locquin, rue Notre-Dame-des-Victoires, no
    16, 1841._ In-18.

  515. CINNA, tragédie, par P. Corneille. Édition classique, avec
    notes et remarques, par A. Mottet. _Paris, Delalain_, 1841._
    In-18.

  516. CINNA, tragédie en cinq actes et en vers de Pierre
    Corneille. _Paris, Piaud, rue Beauregard, 30, [impr. Baudouin],
    1844._ In-18.

  517. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes, par
    P. Corneille. _Paris, Hachette, [impr. Panckoucke], 1847._
    In-18.

  518. CINNA, tragédie par Pierre Corneille. Édition classique,
    avec introduction et notes par A. Mottet, de l'ancienne École
    normale. _Paris, Delalain, 1852._ In-18.

  519. HORACE, tragédie par P. Corneille. _Bielefeld, C. Schütz,
    1852._ In-32.

_Théâtre français_, publié par C. Schütz.

  520. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes, par
    P. Corneille, avec des notes et commentaires. _Paris, J.
    Lecoffre, [impr. F. Didot], 1853._ In-18.

  521. CINNA, tragédie en cinq actes de P. Corneille. Édition
    classique. _Paris, Ve Maire-Nyon, [impr. Morris], 1856._ In-18.

  522. CINNA, tragédie par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par A. Mottet. _Paris, Delalain, 1857._
    In-18 de 90 pp.

  523. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes, par
    P. Corneille, avec des notes et des commentaires. _Paris,
    Lecoffre, [impr. Raçon], 1859._ In-18 de 95 pp.

  524. CINNA, tragédie de Pierre Corneille. _Paris, Delalain,
    1859._ In-24 de 69 pp. (0 fr. 30).

  525. CINNA, tragédie par Corneille. Edition classique accompagnée
    de notes et remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par A. Mottet. _Paris, Delalain, 1859._ In-12 de
    80 pp.

  526. CINNA, tragédie, par P. Corneille. Édition classique, avec
    introduction et notes par N.-A. Dubois, ancien professeur.
    _Paris, J. Delalain, 1861._ In-18 de VIII et 78 pp. (0 fr.
    35).

  527. CINNA, tragédie, par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par A. Mottet de l'ancienne École
    normale. _Paris, Delalain, 1861._ In-18 de 62 pp. (0 fr. 35).

  528. CINNA, tragédie par P. Corneille, avec les variantes de la
    première édition et des notes explicatives par A.-G. Lunden.
    _Stolp, 1861._ In-12.

_Anthologie de la littérature française à l'usage des classes
supérieures._

  529. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie de P. Corneille,
    annotée par M. Géruzez, professeur agrégé à la Faculté des
    lettres de Paris. _Paris, L. Hachette et Cie, [impr. Lahure],
    1862._ In-18 de 96 pp.

Quoique portant la date de 1862, cette édition a été publiée en 1861.

  530. CINNA, tragédie par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par A. Mottet. _Paris, Delalain, 1863._
    In-18, de VIII et 80 pp.

  531. CINNA, tragédie, par P. Corneille. _Leipzig, 1865._ In-12.

_Chefs-d'oeuvre des Classiques français, avec commentaires, par O.
Fiebig et St. Leportier._

  532. CINNA, tragédie par P. Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes par A. Mottet. _Paris, Jules Delalain et
    fils, 1867._ In-18 de VIII et 80 pp. (0 fr. 35).

  533. CINNA, tragédie de Corneille. Édition classique accompagnée
    de notes et remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par A. Mottet. _Paris, Jules Delalain et fils,
    1867._ In-12 de VIII et 66 pp. (0 fr. 50).

  534. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie par Pierre
    Corneille. _Paris, Jules Delalain et fils, 1868._ In-18 de 62
    pp. (0 fr. 35).

  535. CINNA, tragédie, par P. Corneille.

_Clarendon Press Series. French Classics. A Selection of Plays by
Corneille, Moliere and Racine, edited with English Notes by Gustave
Masson B. A. Univ. Gallic._ (Oxford, at the Clarendon Press, 1868,
in-12), t. Ier.

  536. CINNA, tragédie, par Corneille. _Paris, Jules Delalain et
    fils, 1869._ In-18 de 64 pp. (0 fr. 30).

  537. CINNA, tragédie, par Corneille. Édition classique
    accompagnée de notes et remarques littéraires, grammaticales
    et historiques, par A. Mottet. _Paris, Delalain, 1869._ In-12
    de VI-66 pp. (0 fr. 50).

  538. CINNA, OU LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie en cinq actes, par
    P. Corneille. Avec des notes et des commentaires. _Paris,
    Lecoffre, [impr. Varigault, à Lagny], 1869._ In-18 de 95 pp.


XII

  539. POLYEUCTE MARTYR, tragédie par P. Corneille. _Suivant la
    copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXII [1692]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.

  540. POLYEUCTE MARTYR, tragédie par P. Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée A Paris._ M.DCC.III [1703]. In-12.

Édition hollandaise. _Bibliothèque dramatique de Pont-de-Veyle_, 1847,
no 837.

  541. POLYEUCTE MARTYR, tragédie, par P. Corneille. _A Paris, aux
    dépens de la Compagnie, 1764._ In-8.

  542. POLYEUCTE MARTYR, tragédie, par P. Corneille. _A Genève,
    Chez Pellet et fils, 1767._ In-8.

  543. TRAITÉ DE L'ARRANGEMENT DES MOTS, traduit du grec de Denys
    d'Halicarnasse, avec des Réflexions sur la Langue Françoise,
    comparée avec la Langue Grecque; et la tragédie de Polyeucte,
    de P. Corneille, avec des Remarques; par l'Abbé Batteux, des
    Académies Françoise et des Belles-Lettres, pour servir de suite
    à ses Principes de Littérature. _A Paris, Chez Nyon l'aîné et
    Fils, 1788._ In-12.

La tragédie de Corneille occupe les pp. 329 à 424.

  544. THÉÂTRE CLASSIQUE, ou Esther, Athalie, Polyeucte et le
    Misanthrope commentés par F. Roger. _Paris, Migneret_, 1807.
    In-8.

  545. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne de P. Corneille,
    représentée sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, par la
    troupe royale, en 1640. Nouvelle édition, conforme à la
    représentation. _A Paris, chez Barba, [impr. Fain], 1818._ In-8
    de 68 pp. (1 fr. 50).

  546. LA RELIGION, poëme en quatre chants, par L. Racine. Édition
    suivie d'Esther et d'Athalie par J. Racine père, et de
    Polyeucte par Corneille. _Paris, A. Delalain, 1819._ In-18 (1
    fr. 25).

Autres éditions du même recueil: _Lyon, Perisse frères, et Paris,
Méquignon junior_, 1824, in-12;--_Paris, Maire-Nyon_, 1828, in-18 (1
fr. 80);--_Paris, madame Dabo-Butschert_, 1828, in-18 (1 fr.
50);--_Paris, Lecoffre, 1854_, in-18, etc.

  547. THÉATRE CLASSIQUE, contenant Esther et Athalie, par Racine
    père; Polyeucte, par P. Corneille, et Mérope, par Voltaire.
    Nouvelle édition. _Paris, Delalain, 1821._ In-18.

  548. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne en cinq actes, de P.
    Corneille. _Paris, imprimerie de Guiraudet, 1822._ In-18.

  549. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne en cinq actes, de P.
    Corneille. _Paris et Strasbourg, Levrault, 1822._ In-18.

  550. THÉATRE CLASSIQUE contenant Esther, Athalie, Polyeucte et
    Mérope. Ouvrage adopté par le Conseil royal de l'Instruction
    publique. Seconde édition. _Paris, Aumont et veuve Nyon, 1822._
    In-18.

  551. POLYEUCTE MARTYR, tragédie en cinq actes, par Pierre
    Corneille. Nouvelle édition revue et corrigée avec soin.
    _Paris, Auguste Delalain, 1825._ In-18.

  552. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne en cinq actes, par P.
    Corneille. _Paris, A. Desauges, rue Jacob, no 5, et Baudouin
    frères, [impr. Fournier], 1826._ In-32.

  553. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne en cinq actes de P.
    Corneille. _Paris et Strasbourg, Levrault, 1828._ In-18.

C'est l'édition de 1822 avec un nouveau titre.

  554. THÉATRE CLASSIQUE, contenant Athalie et Esther par Racine,
    Polyeucte par Corneille, le Mysanthrope [_sic_] par Molière.
    Ouvrage approuvé par l'Université. _Paris, Aug. Delalain,
    1831._ In-18.

Chaque pièce est paginée à part.

  555. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille.
    _Paris, Locquin, 1841._ In-18.

  556. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique,
    avec des notes par M. Naudin. _Paris, Delalain, 1841._ In-18.

  557. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille.
    _Paris, Hachette, [impr. Panckoucke], 1841._ In-18.

  558. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille,
    avec des commentaires et des notes par Voltaire et Laharpe.
    _Paris, Dezobry et Magdeleine, [impr. Desrez], 1841._ In-18.

  559. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne en cinq actes, par P.
    Corneille, représentée pour la première fois à Paris sur le
    Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne par la troupe Royale en 1640.
    _Paris, Marchant, [impr. Dondey-Dupré], 1844._ In-8.

Fait partie du _Magasin théâtral_.

  560. THÉATRE CLASSIQUE. _A Lyon et à Paris, chez Perisse, [impr.
    Perisse, à Lyon], 1844_. In-18.

Ce volume contient _Esther_, _Athalie_ et _Polyeucte_.

  561. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. _Berlin, Schlesinger,
    1844._ Gr. in-8.

_Répertoire du Théâtre français à Berlin_, 2e série, no 40.

  562. POLYEUCTE, tragédie en cinq actes et en vers, par P.
    Corneille. _Paris, Berlandier, rue Chilpéric, no 4, [impr.
    Huizelin, à Nancy], 1846._ In-8.

  563. POLYEUCTE, MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille,
    avec le commentaire de Voltaire, un choix de notes de divers
    auteurs, et un commentaire nouveau par M. Walras (acte Ier).
    _Caen, Hardel_, 1847. In-8.

  564. POLYEUCTE, tragédie par P. Corneille. Édition classique avec
    notice et remarques par A. Naudin. _Paris, Delalain, 1847._
    In-8.

  565. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille.
    _Paris, Hachette, [impr. Panckoucke], 1847._ In-18.

  566. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne par Pierre Corneille,
    avec des notes et des commentaires. _Paris, Lecoffre, [impr. F.
    Didot], 1848._ In-18.

  567. POLYEUCTE MARTYR, tragédie de P. Corneille, annotée par M.
    Géruzez. _Paris, Hachette, [impr. Crapelet], 1848_. In-18.

  568. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne en cinq actes de P.
    Corneille; représentée pour la première fois sur le Théâtre de
    l'Hôtel de Bourgogne, en 1640. _Paris, Michel Lévy frères,
    [impr. Arbieu, à Poissy], 1850._ In-18 angl.

  569. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par Pierre Corneille.
    _Paris, J. Lecoffre, [impr. F. Didot], 1850._ In-18.

  570. POLYEUCTE, tragédie, par Corneille. Édition classique avec
    notice et remarques, par A. Naudin. _Paris, Delalain, 1852._
    In-18 de 90 pp. (0 fr. 40).

  571. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. _Paris, Delalain,
    1852._ In-18 de 84 pp. (0 fr. 30).

  572. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille.
    Avec des notes et des commentaires. _Paris, J. Lecoffre, [impr.
    F. Didot], 1853._ In-18.

  573. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. _Bielefeld, 1853._
    In-32.

_Théâtre français_, publié par C. Schütz.

  574. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique,
    avec notice et remarques, par A. Naudin. _Paris, J. Delalain,
    1855._ In-18. (0 fr. 40).

  575. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par Pierre Corneille,
    avec des notes et des commentaires. _Paris, J. Lecoffre et Cie,
    [impr. Raçon], 1857._ In-18 de 87 pp.

  576. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille.
    _Paris, Hachette, [impr. Bourdier et Cie], 1858._ In-18 de 72
    pp.

  577. POLYEUCTE, tragédie, par Corneille. Édition classique
    accompagnée de remarques littéraires, grammaticales et
    historiques; par E. Lefranc, ancien professeur au Collége
    Rollin. _Paris, Delalain, 1858._ In-12 de 84 pp. (0 fr. 50).

  578. POLYEUCTE, tragédie de P. Corneille. _Paris, imprimerie et
    librairie J. Delalain, 1859._ In-24 de 72 pp.

  579. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique,
    avec notes et remarques, par A. Naudin. _Paris, imprimerie et
    librairie J. Delalain, 1859._ In-18 de 90 pp. (0 fr. 35).

  580. POLYEUCTE, tragédie de P. Corneille, annotée par E. Géruzez.
    _Paris, Hachette, [impr. Lahure], 1862._ In-18 de 108 pp. (0
    fr. 40).

  581. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par Pierre Corneille,
    avec des notes et des commentaires. _Paris, Lecoffre, [impr.
    Raçon], 1862._ In-18 de 87 pp.

  582. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique
    avec notice et remarques par A. Naudin. _Paris, Delalain,
    1863._ In-18 de VI et 81 pp.

  583. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique
    accompagnée de remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par E. Lefranc, ancien professeur au collége
    Rollin. _Paris, Delalain, 1863._ In-12 de XII et 72 pp. (0 fr.
    50).

  584. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par Pierre Corneille,
    avec des notes et des commentaires. _Paris, J. Lecoffre, [impr.
    Raçon et Cie], 1864._ In-18 de 87 pp.

  585. POLYEUCTE, tragédie, par P. Corneille. Édition classique
    avec introduction et notes, par A. Naudin. _Paris, Jules
    Delalain et fils, 1867._ In-18 de VI et 81 pp. (0 fr. 35).

  586. POLYEUCTE, tragédie, par Corneille. Édition classique
    accompagnée de notes et remarques littéraires, grammaticales et
    historiques, par E. Lefranc. _Paris, Jules Delalain et fils,
    1867._ In-12 de XII et 72 pp. (0 fr. 50).

  587. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne, par P. Corneille,
    avec l'examen de l'auteur, les variantes et un choix de notes
    de tous les commentateurs. _Paris, Delagrave et Cie, [impr. de
    Claye], 1867._ In-18 de 100 pp.

_Théâtre classique._

  588. POLYEUCTE, tragédie, de Corneille. Édition classique avec
    introduction et notes, par A. Naudin. _Paris, Jules Delalain et
    fils, 1868._ In-18 de VI et 81 pp.

  589. POLYEUCTE MARTYR, tragédie, par Pierre Corneille, avec des
    notes et des commentaires. _Paris, Lecoffre et fils, [impr.
    Parent], 1869._ In-18 de 87 pp.

  590. POLYEUCTE, tragédie, par Corneille. _Paris, Jules Delalain
    et fils, 1872._ In-18 de 72 pp. (0 fr. 30).


XIII

  591. POMPÉE, Tragédie, par P. Corneille. _Suivant la copie
    imprimée à Paris_, M.DC.LXXXXI [1691]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.


XIV

  592. LE MENTEUR, Comédie, par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXI [1691]. In-12 de 72 pp.

Édition hollandaise, avec une sphère sur le titre.

  593. LE MENTEUR, comédie, par P. Corneille. Nouvelle édition
    conforme à la représentation. _Toulouse, Devers, 1815._ In-8.

  594. LE MENTEUR, comédie, par P. Corneille.

_Clarendon Press Series. French Classics. A Selection of Plays by
Corneille, Moliere and Racine, edited with English Notes by Gustave
Masson, B. A. Univ. Gall._ (Oxford, at the Clarendon Press, 1868,
in-12), t. IIe.


XV

  595. LA SUITE DU MENTEUR, Comédie, par P. Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXI [1691]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.


XVI

  596. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES, Tragédie, par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXX. [1690]. Pet.
    in-12 de 68 pp. (y compris un f. blanc et le titre), et 2 ff.
    blancs, sign. A-C.

Édition hollandaise, avec une sphère sur le titre.

  597. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES. Tragédie, par Mr. P.
    Corneille. _Se vend à Copenhague chez J. P. Chevalier._ In-8 de
    86 pp.

Fait partie du _Recueil de Pièces choisies du nouveau Théatre François
et Italien_; t. IIIe. Copenhague, 1749, in-8.

  598. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES, Tragédie de P. Corneille.
    Nouvelle édition. _A Cologne, Chez Pierre Marteau, imprimeur
    libraire, 1757._ In-8, de 67 pp.

Édition hollandaise.

  599. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES. Tragédie de Pierre
    Corneille. _Au Nord._ M.DCC.LX [1760]. In-4 de 3 ff. prélim. (y
    compris une figure) et 80 pp., texte encadré.

La figure représente Rodogune montrant à Antiochus Cléopâtre qui vient
de boire la coupe empoisonnée (acte Ve, scène IVe); elle prononce ces
vers:

                    Seigneur voyez ces yeux
    Déjà tous égarés, troubles, et furieux;

(c'est ainsi qu'ils sont écrits au bas de la planche). Cette citation
est précédée des mentions suivantes: _F. Boucher, inv. et delin.
1759._--_Gravé à l'eau-forte par Mme de Pompadour.--Retouché par C. N.
Cochin._ Les retouches ont dû être nombreuses, car la gravure est
très-fine et d'un très-joli effet.

On lit dans le _Catalogue des livres de la bibliothèque de feu Madame
la Marquise de Pompadour, dame du Palais de la Reine_ (Paris,
Hérissant, 1765, in-8, no 890): «Cette édition a été faite sous les
yeux de Madame de Pompadour, dans son appartement à Versailles, pour
lui donner une connoissance de l'imprimerie. On a joint à cet
exemplaire une estampe gravée par elle-même sur un dessein de M.
Boucher.»

Cette pièce faisait partie d'un lot considérable de pièces de
Corneille réunies sous le même numéro, et qui avaient sans doute fait
partie du cabinet de M. de Beauchamp, auteur des _Recherches sur les
théâtres de France._ Mme de Pompadour avait acquis cette collection en
bloc. Son exemplaire de _Rodogune_ était relié en mar. orné de riches
compartiments. Il fut détaché du lot (qui fut adjugé 15 livres 1 sol)
et atteignit le prix de 30 livres 5 sols. Il fut revendu 70 livres en
1775, chez Delaleu.

L'exemplaire de la Bibliothèque nationale, auquel manque du reste la
figure, porte la note manuscrite suivante: «Cette tragédie de P.
Corneille m'a été envoyée par Madame la Marquise de Pompadour, qui a
pris la peine de l'imprimer elle-même, Elle m'a fait l'honneur de me
dire qu'on n'en avait tiré que vingt exemplaires. Ce 17 décembre 1761.
CAPPERONNIER.»

Nous croyons que le tirage aura dépassé le nombre indiqué au Catalogue
Pompadour, car nous avons trouvé des exemplaires dans toutes les
bibliothèques publiques de Paris, et chez plusieurs amateurs.

  600. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES, tragédie, de P. Corneille,
    représentée sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne en 1644.
    Nouvelle édition conforme à la représentation. _A Paris, chez
    Barba, [impr. Fain], 1818._ In-8 de 64 pp. (1 fr. 50).

  601. RODOGUNE, tragédie, par P. Corneille. _Berlin, Schlesinger,
    1842._ Gr. in-8 (15 gros.).

_Répertoire du Théâtre français à Berlin_, 2e série no 5.

  602. RODOGUNE, PRINCESSE DES PARTHES, tragédie de P. Corneille,
    annotée par M. Géruzez. _Paris, Hachette, 1849._ In-18.

  603. RODOGUNE, tragédie en cinq actes par Corneille, avec notes
    et commentaires. Nouvelle édition, publiée par Ad. Rion. _A
    Paris, chez tous les libraires, [impr. Lahure], 1874._ In-16 de
    63 pp.

_Les bons livres._


XVII

  604. THEODORE, Tragédie chrestienne, Par P. Corneille. _Suivant
    la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXI [1691]. Pet. in-12 de
    91 pp.

Édition hollandaise, avec une sphère sur le titre.


XVIII

  605. HERACLIUS, EMPEREUR D'ORIENT, Tragédie, Par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet.
    in-12 de 2 ff. prélim. (dont le premier est blanc) et 68 pp.,
    sign. A-C.

Édition hollandaise.


XIX

  606. ANDROMEDE, Tragédie, Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXII [1692]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.


XX

  607. D. SANCHE D'ARRAGON, Comedie heroïque. Par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXX [1690]. Pet.
    in-12 de 69 pp. (y compris le titre), et 1 f. blanc, sign. A-C.

Édition hollandaise, avec une sphère sur le titre. (Bibliothèque
nationale.)


XXI

  608. NICOMÈDE, Tragedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 2 ff.
    prél. (dont le premier est blanc), et 68 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)

  609. NICOMÈDE, tragédie de P. Corneille, représentée sur le
    Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne par la troupe royale en 1652.
    Nouvelle édition conforme à la Représentation. _Paris, Barba,
    [impr. Fain], 1819._ In-8 (1 fr. 50).

  610. NICOMÈDE, tragédie de P. Corneille, annotée par M. Géruzez.
    _Paris, L. Hachette, 1840._ In-18.

  611. NICOMÈDE, tragédie par Corneille. Nouvelle édition avec le
    commentaire de Voltaire et un commentaire nouveau par M. J.
    Naudet. _Paris, Dezobry, Magdeleine et Cie, [impr. Hennuyer,
    aux Batignolles], 1845._ In-18.

  612. NICOMÈDE, tragédie de Pierre Corneille, annotée par M.
    Géruzez. _Paris, L. Hachette et Cie, [impr. Crapelet], 1849._
    In-18.


XXII

  613. PERTHARITE, ROY DES LOMBARDS. Tragedie par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXX [1690]. Pet.
    in-12 de 2 ff. prélim. (dont le 1er est blanc) et 67 pp., sign.
    A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


XXIII

  614. OEDIPE, Tragedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée, A Paris._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Pet. in-12 de 2 ff.
    prél. (dont le premier est blanc) et 68 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


XXIV

  615. LA TOISON D'OR, Tragédie par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXI [1691]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.

Cette même édition est citée dans la _Bibliothèque dramatique de
Pont-de-Veyle_ (no 837), avec la date de 1692.


XXV

  616. SERTORIUS, Tragédie. Par M. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXX [1690]. Pet. in-12 de 69 pp. (y
    compris 3 ff. prélim.) et 1 f. blanc, sign. A-C.

Édition imprimée en Hollande, avec une sphère sur le titre.
(Bibliothèque nationale.)


XXVI

  617. SOPHONISBE, Tragedie. Par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Pet. in-12 de 5 ff.
    prélim. (dont le premier est blanc) et 762 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


XXVII

  618. OTHON, Tragedie, par T. [sic] Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet. in-12 de 3 ff.
    prél. (dont le premier est blanc) et 66 pp., sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


XXVIII

  619. AGESILAS, Tragedie, En Vers libres rimez. Par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXX [1690]. Pet.
    in-12 de 2 ff. prélim. (dont le premier est blanc) et 68 pp.,
    sign. A-C.

Édition hollandaise. (Bibliothèque nationale.)


XXIX

  620. ATTILA, Tragedie, par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée A Paris._ M.DC.LXXXXI [1691]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.


XXX

  621. TITE ET BÉRENICE, Comedie heroïque, par P. Corneille.
    _Suivant la Copie imprimée A Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. Pet.
    in-12.

Édition hollandaise.


XXXI

  622. PULCHERIE, Comedie héroïque, par P. Corneille. _Suivant la
    Copie imprimée à Paris._ M.DC.LXXXX [1690]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.


XXXII

  623. SURENA, Tragédie, par P. Corneille. _Suivant la Copie
    imprimée à Paris._ M.DC.LXXXX [1690]. Pet. in-12.

Édition hollandaise.



XI.--ÉDITIONS DES OEUVRES DE CORNEILLE

PUBLIÉES DEPUIS SA MORT JUSQU'A NOS JOURS.


I.--OEUVRES COMPLÈTES.

  624. LE THÉATRE DE PIERRE CORNEILLE. Reveu & corrigé, & augmenté
    de diverses pieces nouvelles. _Suivant la Copie imprimée A
    Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. 4 vol. in-12.

_I. Partie_: 1 f. de titre; 68 pp. prélim. et 8 pièces (nos 396, 398,
400, 402, 404, 406, 408, 410).--_II. Partie_: 1 f.; 89 pp. prélim.; 1
f. blanc et 8 pièces (nos 411 ou 412, 462, 502, 539, 591, 592, 595,
604).--_III. Partie_: 1 f. blanc; 1 f. de titre; 69 pp. prélim.; 1 f.
blanc et 8 pièces (nos 596, 605, 606, 607, 608, 613, 614, 615).--_IV.
Partie_: 1 f. de titre; ? pp. prélim. et 8 pièces (nos 616-623).

Ce recueil, qui paraît avoir été mis en vente à _Amsterdam_, contient
souvent, au lieu de telle ou telle des pièces séparées que nous
indiquons, des pièces imprimées antérieurement par _Wolfgang_. La date
des titres généraux, plus ancienne que celle de la plupart des titres
particuliers, semble justifier l'existence de volumes ainsi composés
de parties disparates; on remarquera cependant que toutes les pièces
du t. 1er portent 1688 ou 1689, ce qui nous fait croire que l'édition
avait été entreprise sous cette date. Les volumes suivants n'ayant pas
été immédiatement achevés, on s'explique que les libraires hollandais
en aient fait imprimer les feuillets préliminaires, et les aient
provisoirement composés de toutes les pièces détachées qui leur
restaient en magasin.

On joint à cette édition:

LES TRAGEDIES ET COMEDIES DE TH. CORNEILLE. Reveues & corrigées, &
augmentées de diverses pieces nouvelles. _Suivant la Copie imprimée A
Paris._ M.DC.LXXXIX [1689]. 5 vol. in-12.

  625. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE. Reveu & corrigé par l'Auteur. I.
    [II. III. IV. et V.] Partie. _A Paris, Chez Guillaume de Luyne,
    Libraire Juré, au Palais, dans la Salle des Merciers, sous la
    montée de la Cour des Aydes, à la Justice_; [ou _Chez Pierre
    Trabouillet au Palais, en la Gallerie des Prisonniers, à
    l'Image S. Hubert & à la Fortune proche le Greffe des Eaux et
    Forests_, ou _Chez Augustin Besoigne, dans la Grand' Salle du
    Palais, vis-à-vis la Cour des Aydes, aux Rozes vermeilles_].
    M.DC.LXXXXII [1692]. Avec Privilege du Roy. 5 vol. in-12.

_I. Partie_: lx pp. pour le titre, l'avis _Au Lecteur_ et le _Discours
du poëme dramatique_; 2 ff. pour un avis du _Libraire au Lecteur_; 1
f. pour le titre et les _Acteurs de Mélite_; 560 pp. et 2 ff. pour le
privilége. Ce volume contient 7 pièces de _Mélite_ à l'_Illusion_, à
l'exception de _Médée_, qui est dans le tome second.

_II. Partie_: lviij pp. pour le titre et le _Discours de la tragédie_;
1 f. pour le titre de _Médée_ et 563 pp. Ce volume contient _Médée_ et
six pièces du _Cid_ à la _Suite du Menteur_.

_III. Partie_: xxxvj pp. pour le titre et le _Discours des trois
Unitez_; 1 f. pour le titre de _Pompée_ et 504 pp., contenant six
pièces de _Pompée_ à _D. Sanche_.

_IV. Partie_: 504 pp. en tout, contenant six pièces de _Nicomède_ à
_Sophonisbe_.

_V. Partie_: 473 pp. (y compris le titre), et 1 f. blanc.

Le privilége, daté du 25 mai 1691, porte ce qui suit: «Nostre bien Amé
_Guillaume de Luyne_ Marchand Libraire et Imprimeur de nostre bonne
Ville de Paris, Nous a fait remontrer que le sieur Thomas Corneille de
l'Académie Françoise, auroit reveu et corrigé les Piéces de Théatre
par luy composées, comme aussi celles du feu Sieur Pierre Corneille
son Frere, dans l'impression desquelles contenant en tout neuf petites
(_sic_) Volumes [édition de 1682], il s'estoit glissé beaucoup de
fautes, tellement qu'estant à present dans leur perfection, et le
dernier Privilége que ledit Exposant auroit obtenu de Nous estant
prest d'expirer, il Nous auroit tres-humblement fait supplier de luy
vouloir accorder encore un Privilege pour la réimpression desdites
Pieces de Théatre....» _G. de Luyne_ devient concessionnaire du
privilége pour dix ans et déclare y associer ses confrères _Pierre
Trabouillet_ et _Augustin Besoigne_.

Le privilége est donné _in extenso_ à la fin du tome Ier et, par
extrait, à la fin du tome Ve. Il se termine par un achevé d'imprimer
du 31 décembre 1691.

Thomas Corneille, ayant entrepris la révision des oeuvres de son
frère, doit être l'auteur de l'avis du _Libraire au Lecteur_, qui
termine les feuillets prélim. du premier volume et dans lequel sont
relevées diverses fautes commises dans l'édition de 1682.

On joint à cette édition:

LE THEATRE DE T. CORNEILLE. Reveu & corrigé par l'Auteur. _A Paris
Chez Guillaume de Luyne..._; [ou _Chez Pierre Trabouillet_...; ou
_Chez Augustin Besoigne_...]. M.DC.LXXXXII [1692]. 5 vol. in-12.

  626. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE, revû et corrigé par l'Autheur.
    _A Lyon, 1698._ 5 vol. in-12.

  627. LE THÉATRE DE PIERRE CORNEILLE, avec l'Examen de chaque
    Piece fait par luy-même. Nouvelle Edition augmentée des Pieces
    de Critique qui ont été faites au sujet des Tragédies & des
    Comédies de M. Corneille. _A Paris, 1700._ 5 vol. in-12.

_Catalogue de la Bibliothèque du Chasteau de Rambouillet, 1726, p.
149._

  628. LE THEATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle Édition revûe,
    augmentée des Pieces dont l'Avis au Lecteur fait mention, &
    enrichie de tailles-douces. _A Amsterdam, Chez Henry Desbordes,
    dans le Kalver-Straat, 1701._ Avec Privilege des Etats de Holl.
    & Westfr. 5 vol. pet. in-12, portr., front. grav., figg.

_I. Partie_: titre avec la sphère; portr. de Corneille; frontispice
gravé; XLVIII pp. pour le _Privilége_, l'_Avis du Libraire au
Lecteur_, l'_Éloge de Corneille_ et le _Discours sur le Poëme
dramatique_; 452 pp. Il y a en outre une figure avant chaque pièce:
en tout 7.--_II. Partie_: titre; XLVIII pp. pour le _Discours de la
Tragédie_ (les pp. XXXIX à XLVIII sont imprimées en caractères plus
petits que les précédentes); 416 pp. et 5 figg. (_Médée_, qui aurait
dû être placée dans le 1er vol., avant l'_Illusion comique_, est
placée dans le 2e, après le _Cid_, comme dans l'édition donnée par Th.
Corneille).--_III. Partie_: titre; XXIII et 487 pp., plus 7
figg.--_IV. Partie_: titre; 479 pp. et 7 figg.--_V. Partie_: titre;
382 pp. et 1 f. blanc, plus 6 figg.

Cette édition est moins bien imprimée que celle des _Elzevier_, mais
le libraire se flatte d'avoir obtenu une grande correction.

Il reproduit, comme étant son oeuvre personnelle, l'avis du _Libraire
au Lecteur_, placé en tête de l'édition de 1692.

Les additions faites à cette édition comprennent: 1o L'_Éloge de P.
Corneille_, extrait des _Nouvelles de la République des Lettres_; 2o
les _Sentiments de l'Académie Françoise sur la Tragédie du Cid_; 3o
les _Observations_ de Scudéry sur le _Cid_; 4o le _Discours de
Corneille à l'Académie Françoise_.

On doit joindre à cette édition:

LE THEATRE DE T. CORNEILLE. Nouvelle Edition revûë, augmentée des
Pièces dont l'Avis au Lecteur fait mention, & enrichie de
tailles-douces. _A Amsterdam, Chez Henry Desbordes, dans le
Kalver-Straat_, 1701, Avec Privilege des Etats de Holl. & Westf. 5
vol. in-12, dont voici la collation:

_I. Partie_: titre; 558 pp.; 1 f. blanc et 7 figg.--_II. Partie_:
titre; 556 pp. et 8 figg.--_III. Partie_: 1 titre; 413 pp.; 1 f. blanc
et 6 figg.--_IV. Partie_: titre; 426 pp.; 1 f. blanc et 6 figg.--_V.
Partie_: titre, 416 pp. et 5 figg.

  629. Le THÉATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition revue, corrigée
    et augmentée. _A Paris, Chez la Veuve de Pierre Trabouillet;
    [ou Chez Guillaume Cavelier], 1706._ 5 vol. in-12.

Édition publiée par Thomas Corneille. On y joint ses _Poëmes
dramatiques_ en 5 vol. in-12.

Un exempl. rel. en mar. v., dent., doublé de mar. r., par _Boyet_, aux
armes de Me de Chamillart, 4,100 fr. Brunet.

  630. LE THEATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle Édition revûe, corrigée
    & augmentée. _A Paris, Chez Pierre Ribou; [ou Chez Guillaume
    Cavelier; ou Chez H. Charpentier], 1714._ 5 vol. in-12, figg.

  631. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition revûe, corrigée
    & augmentée. _A Paris, Chez M. Bordelet_; [ou _Chez H.
    Charpentier_], 1722 [ou 1723]. 5 vol. in-12.

  632. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition revûë, corrigée
    & augmentée. Enrichie de Figures en Taille-douce. _A Amsterdam,
    Chez L'Honoré & Chatelain, 1723._ Avec Privilege des États de
    Holl. & Westf. 5 vol. pet. in-12, portr. et fig. avant chaque
    pièce.

T. Ier: Portr., titre et 462 pp., plus 7 figg.

Ce volume contient un avis au lecteur, divers éloges de Corneille
extraits de la _République des Lettres_, _des Hommes illustres de
Perrault_, et du _Dictionnaire historique de Moréri_. Viennent
ensuite les trois discours sur l'art dramatique et 7 pièces.

T. II: titre et 432 pp., plus 5 figg.

T. III: titre et 487 pp., plus 7 figg.

T. IV: titre et 492 pp., plus 9 figg.

T. V: titre, 412 pp. et 1 f. de privilége, plus 4 figg.

Le privilége est daté du 18 juillet 1700.

On joint à cette édition:

LE THÉATRE DE T. CORNEILLE. Nouvelle édition, revûe, corrigée &
augmentée. Enrichie de Figures en Taille-douce. _A Amsterdam, chez
Zacharie Chatelain, 1733._ Avec Privilege des Etats de Holl. & Westf.
5 vol. pet. in-12, portr. et fig. avant chaque pièce.

  633. PROJET d'une nouvelle édition des OEuvres de Pierre
    Corneille de l'Académie Françoise en 8 volumes in-4o, avec des
    figures de B. Picart.

Ce prospectus a été publié dans la _Bibliothèque Françoise, ou
Histoire littéraire de la France_ (Amsterdam, H. du Sauzet, in-8), t.
XVe, 1731, pp. 180-187. L'édition annoncée n'a pas été publiée.

  634. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle Édition. _A Paris, Chez
    David l'aîné, Quai des Augustins, à la Providence & au Roi
    David_; [ou _Chez Guillaume Cavelier..._; ou _Chez Henry
    Charpentier..._; ou _Chez Charles Osmont..._; ou _Chez la Veuve
    de Pierre Ribou..._; ou _Chez Christophe David fils..._].
    [_Imprimerie de C. Robustel_]. M.DCC.XXXVIII [1738]. Auec
    Approbation & privilége du Roi. 5 vol. en 6 part. in-12.

T. Ier: 5 ff. (y compris un portrait de Corneille), xcvj et 456
pp.--La _Suivante_, qui terminait primitivement ce volume (pp.
457-548), a été reportée après coup à la fin de la 2e partie du t. Ve,
l'édition n'ayant pu être achevée en 5 volumes et le libraire ayant
voulu donner une même épaisseur aux 6 tomes. Un _Avis aux Relieurs_,
qui occupe le 4e f. prélim. du tome Ier, fait connaître ce changement.

T. IIe: 2 ff. et 526 pp.

T. IIIe: 2 ff. et 525 pp.

T. IVe: 2 ff. et 609 pp.

T. Ve, 1re partie: 2 ff. et 444 pp.

T. Ve, 2e partie: 2 ff. et 299 pp. continuant la pagination jusqu'à
743; 33 pp. pour les _OEuvres diverses_; 1 f. blanc; 92 pp. (paginées
de 457 à 548) pour la _Suivante_; 2 ff. pour le privilége.

Édition publiée par François-Antoine Jolly, censeur royal.

Un _Avertissement_, placé en tête du premier volume, donne pour la
première fois des renseignements sur l'époque de la représentation et
de l'impression de chaque pièce. Jolly a pu recueillir, à ce sujet, un
certain nombre de faits curieux, qui s'étaient conservés jusqu'à lui
par la tradition; aussi les éditeurs modernes ont-ils consulté ses
remarques avec profit.

Le privilége, daté du 26 juillet 1720, est accordé à _Michel-Étienne
David_ pour vingt ans; il concerne un grand nombre d'ouvrages divers.
David déclare y associer, en ce qui regarde les OEuvres de Messieurs
Pierre et Thomas Corneille, _Guillaume Cavelier_ père, pour un
cinquième; _Henry Charpentier_, pour un cinquième; _Charles Osmont_,
pour un cinquième; la _Veuve de Pierre Ribou_ et _Christophe David_
fils, chacun pour un dixième.

Voilà un trait curieux du «bon plaisir» royal. Il suffisait d'un
privilége pour donner à un libraire le droit exclusif de publier les
ouvrages de tous nos grands écrivains: Corneille, Racine, etc., etc.
Les autres libraires, à moins de renoncer à leur commerce, étaient
forcés de subir la loi de celui que le roi s'était plu à distinguer et
nous voyons qu'ils devaient se contenter d'une minime part. Ils
avaient, du reste, la faculté de céder à d'autres l'intérêt qu'ils
avaient chèrement acheté; aussi, pour cette seule édition de 1738,
avons-nous trouvé encore des exemplaires au nom de _Nion père_, _Quai
de Conti à sainte Monique_; de _Leclerc_, _Quai des Augustins à la
Toison d'or_, et de _Gandouin_, _Quai des Augustins à la belle Image_,
de _Martin_, etc. Cette énumération n'est probablement pas limitative.

Vendu: 290 fr., mar. v. ancien, comp. en mosaïque, Double, 1863 (no
172).

On joint à cette édition:

LE THEATRE DE T. CORNEILLE, avec des Commentaires. _A Paris_, _Chez
David l'aîné_, etc. M.DCC.XXXVIII [1738]. 5 vol. in-12.

  635. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition revue, corrigée
    et augmentée de ses OEuvres diverses; enrichie de figures en
    taille-douce. _A Amsterdam, Chez Zacharie Chatelain, 1740._ 6
    vol. pet. in-12, portr. par _B. Picart_, figg.

Édition faite sur celle de 1682. Elle contient en outre des notices
par Fr.-Ant. Jolly Le t. VIe est consacré aux _OEuvres diverses_ de
Corneille (no 175).

On joint à cette édition:

LE THÉATRE DE T. CORNEILLE. Nouvelle édition revue, corrigée et
augmentée. _A Amsterdam, Chez Zacharie Chatelain, 1740._ 5 vol. pet.
in-12. portr.

L'exemplaire de Mme de Pompadour, en papier fort, relié en mar. r.,
s'est vendu 31 livres en 1765 (_Cat. Pompadour_, no 891).

  636. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE [publié par Fr.-Antoine Jolly,
    censeur royal]. _Paris, David père, 1747._ 6 vol. in-12.

Réimpression de l'édition de 1738. Le t. VIe porte le titre d'_OEuvres
diverses_ et n'est que la reproduction du volume publié par l'abbé
Gravet en 1738 (no 174).

On joint à ces 6 volumes:

LE THÉATRE DE THOMAS CORNEILLE. _Paris, David père, 1748._ 5 vol.
in-12.

Il existe des exemplaires en grand papier. Celui de Mme de Pompadour,
relié en mar. r., s'est vendu 41 livres en 1765 (_Cat. Pompadour_, no
392).

  637. THÉATRE DE PIERRE ET THOMAS CORNEILLE. _Leipsic, 1754._

11 vol. in-12.

  638. LE THÉATRE DE P. CORNEILLE. _A Paris, Chez David père,
    1755._

7 vol. in-12, portr.

  639. OEUVRES DE P. CORNEILLE. _A Paris, Chez G. Martin_...; [ou
    _Chez Desprez_...; ou _Chez Bauche_...; ou _Chez L. H. Guérin
    et L. F. de la Tour_...], 1758. 10 vol. in-12.

  640. THÉATRE DE PIERRE CORNEILLE, avec des Commentaires, &c. &c.
    &c. [par Voltaire. Genève], M.DCC.LXIV [1764]. 12 vol. in-8,
    figg. (de 50 à 60 fr.)

Tome Ier: 4 ff., 454 pp. et 1 f. pour la _Table_, plus 3 figg,: 1
front. gravé et 2 figg. pour _Médée et le Cid_.--T. IIe: 2 ff., 1 f.
d'_Errata_ et 413 pp., plus 2 figg. pour _Horace_ et _Cinna_.--T.
IIIe: 2 ff., 1 f. d'_Errata_ et 510 pp., plus 3 figg. pour _Polyeucte,
Pompée_ et _le Menteur_.--T. IVe: 2 ff., 1 f. d'_Errata_, 482 pp. et 1
f. pour la _Table_, plus 3 figg. pour la _Suite du Menteur, Théodore_
et _Rodogune_.--T. Ve: 2 ff., 429 pp. et 1 f., plus 2 figg. pour
_Héraclius_ et _Don Sanche_.--T. VIe: 2 ff., 1 f. d'_Errata_, 442 pp.
et 3 figg. pour _Andromède, Nicomède_ et _Pertharite_.--T. VIIe: 2 ff.
et 467 pp., plus 3 figg. pour _OEdipe, la Toison d'or_ et
_Sertorius_.--T. VIIIe: 2 ff., 1 f. d'_Errata_ et 388 pp., plus 3
figg. pour _Sophonisbe, Othon_ et _Agésilas_.--T. IXe: 2 ff., 1 f.
d'_Errata_, 443 pp. et 3 figg. pour _Attila, Tite et Bérénice_ et
_Suréna_.--T. Xe: 2 ff., 1 f. d'_Errata_, 495 pp. et 4 figg. pour
_Pulchérie, Ariane, le Comte d'Essex_ et _Mélite_.--T. XIe: 2 ff., 500
pp. et 4 figg. pour _Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais_ et _la
Suivante_.--T. XIIe: 2 ff., 1 f. d'_Errata_, 355 pp., 47 pp. pour la
_Liste des Souscripteurs_ et 2 figg. pour _la Place Royale_ et
_l'Illusion_.

Toutes les figures sont l'oeuvre de _Gravelot_, sauf le frontispice,
dessiné par _Plater_.

Les gravures du _Cid_, de _Pompée_, du _Menteur_, de _Théodore_,
d'_Héraclius_, de _Don Sanche_, _Nicoméde_, _OEdipe_, _Sertorius_,
_Othon_, _Agésilas_, _Pulchérie_, du _Comte d'Essex_, de _Mélite,
Clitandre_, de _la Veuve_, _la Galerie du Palais_, _la Suivante_ et
_la Place Royale_ sont signées de _N. Le Mire_; celles de _Médée_,
_Horace_, _Andromède_, _la Toison d'or_ et l'_Illusion_ sont de _J.-J.
Flipart_; celles de _Cinna_ et de _Polyeucte_ sont de _Lempereur_;
celles de _la Suite du Menteur_ et d'_Attila_ sont de _C. Buquoy_;
celles de _Rodogune_, _Pertharite_ et _Sophonisbe_ sont de _Longueil_;
celles de _Tite et Bérénice_ et de _Suréna_ sont d'_A_. _Radiguet_;
celle d'_Ariane_ est de _B.-L. Prévost_. Le frontispice, daté de 1762,
est du graveur _Watelet_.

Nous dirons plus loin, dans notre chapitre XVIe (voy. _Ode et Lettres
à Monsieur de Voltaire en faveur de la famille du grand Corneille_),
par suite de quelle circonstance Voltaire se fit le protecteur de Mlle
Corneille. Ce fut à son profit qu'il entreprit de publier une édition
du théâtre de Corneille, accompagnée d'un commentaire. Cet ouvrage,
qui est une des belles-actions de la vie de Voltaire, n'ajouta rien à
sa réputation d'écrivain. Formé à l'école de Racine, le commentateur
se laissa entraîner à blâmer sans ménagement chez son devancier tout
ce qui n'était plus du goût raffiné du xviiie siècle. On est souvent
surpris, en lisant ses remarques, des querelles mesquines qu'il fait
au poëte, dont il admirait pourtant le génie avec la plus entière
sincérité.

L'annonce des _Commentaires_ de Voltaire et la publication qui en fut
faite avec le _Théâtre de Corneille_ et séparément, donnèrent lieu aux
écrits suivants:

_a._ LETTRE DE M. DE VOLTAIRE, DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE, A M. L'ABBÉ
D'OLIVET, chancelier de la même Académie [datée de Ferney, 20 août
1761], _S. l._, in-12 de 15 pp.

  Réimprimée dans le t. IIIe des _Nouveaux Mélanges
  philosophiques_, 1765.

_b._ RÉPONSE DE M. DE VOLTAIRE A M. LE DUC DE BOUILLON, qui lui avait
écrit une lettre en vers, au sujet de l'édition qu'il fait faire des
OEuvres de Corneille, au profit de Mademoiselle Corneille. _S. l.
[1761]._ In-12 de 7 pp.

_c._ LETTRE à M. de Voltaire sur une édition de Corneille.

  _Année littéraire_, 1764, t. IIIe, p. 97.

_d._ LETTRE sur la nouvelle Édition de Corneille, par M. de Voltaire.
_A Amsterdam, M.DCC.LXIV [1764]._ In-8 de 22 pp. et 1 f. blanc.

  Le titre de départ porte: _Lettre au sujet des Commentaires
  sur les Tragédies de Corneille._

  Éloge anonyme de l'édition publiée par Voltaire. L'auteur
  s'attache à combattre les critiques dont elle était l'objet: «Je
  connais le Public, dit-il. Si un homme ignoré s'avisait de
  commenter Corneille ou Racine, on ne pourrait jamais le croire
  capable d'une tâche aussi difficile, et l'on condamnerait son
  ouvrage avant même de l'avoir lû; et lorsqu'un homme, qui s'est
  exercé avec éclat dans la carrière de ces deux grands Poëtes,
  entreprend cet examen, les remarques qu'il est obligé de faire ne
  sont, dit-on, que pour rabaisser celui qu'il commente. Le premier,
  en critiquant, passe pour ignorant; le second pour envieux. C'est
  ainsi qu'un auteur marche toujours entre deux précipices.» Tout en
  avouant ses préférences pour Racine, le critique trouve que
  Voltaire ne pouvait rendre hommage mieux qu'il ne l'a fait au
  génie de Corneille.

_e._ RÉFLEXIONS SUR LA NOUVELLE ÉDITION DE CORNEILLE, PAR M. DE
VOLTAIRE, ou Réponse à la Lettre apologétique de cet ouvrage.
_Amsterdam, 1764._ In-8 de 23 pp.

_f._ COMMENTAIRES SUR LE THÉATRE DE PIERRE CORNEILLE, par M. de
Voltaire.

  Longue et intéressante critique publiée dans la _Bibliothéque des
  Sciences et des Beaux-Arts_, pour les mois de juillet, août et
  septembre 1765, t. XXIVe (La Haye, P. Gosse, 1765, pet. in-8).

_g._ CRITIQUE POSTHUME d'un Ouvrage de M. de Voltaire. _A Londres_
[_Paris_], M.DCC.LXXII [1772]. In-8 de 3 ff. et 25 pp., dans une même
série de signatures (les pp. 11-25 sont chiffrées par erreur 13-27).

  Critique assez faible des _Commentaires_ de Voltaire sur
  Corneille. Elle est donnée comme la reproduction d'un manuscrit
  trouvé parmi les papiers d'un homme de lettres de province qui
  vient de mourir. Le libraire dit, dans son _Avertissement_, «que
  du reste, on sera édifié du ton honnête et modéré de l'auteur, qui
  avait assurément beau champ pour mortifier M. de Voltaire, et lui
  rendre les épithètes qu'il prodigue lui-même si volontiers.»

_h._ RACINE A M. DE VOLTAIRE, des Champs-Élysées [par Dorat].

  «Cette pièce fut imprimée ou du moins lancée manuscrite dans le
  public en 1764, à l'occasion des _OEuvres de Corneille_ avec
  commentaires, données par Voltaire (voir les _Mémoires secrets_,
  29 avril 1764). Depuis elle a été imprimée dans les _Pièces
  échappées aux seize premiers volumes de l'Almanach des Muses_
  [recueillies par Sautreau]; Paris, [1781], in-12, et dans les
  _OEuvres de Dorat._» TASCHEREAU.

  _i._ CRITIQUE POSTHUME D'UN OUVRAGE DE M. DE VOLTAIRE, [par
  l'abbé Champion de Nilon]. _Londres, 1772._ In-8 de 27 pp.

_j._ CINQUIÈME LETTRE A M. DE VOLTAIRE, où l'on examine ses
Commentaires sur Corneille; par M. Clément. _A La Haye; et se trouve à
Paris, chez Moutard_, M.DCC.LXXIV [1774]. In-8 de 237 pp.

_k._ SIXIÈME LETTRE A M. DE VOLTAIRE, où l'on continue d'examiner ses
Commentaires sur Corneille; par M. Clément. _A La Haye; et se trouve à
Paris, chez Moutard_, M.DCC.LXXIV [1774]. In-8 de 360 pp.

  Ces deux lettres sont remplies de violentes invectives contre
  Voltaire. Les critiques de Clément perdent toute valeur par la
  forme dans laquelle elles sont présentées.

_l._ SENTIMENT D'UN ACADÉMICIEN DE LYON [par Voltaire].

  _Mercure_ de décembre 1774.--Réponse aux deux lettres de Clément.

  641. THÉATRE DE P. CORNEILLE avec des Commentaires et autres
    Morceaux intéressans. _S. l._, 12 vol. in-8.

Contrefaçon de l'édition publiée par Voltaire à Genève.

  642. THÉATRE DE P. CORNEILLE, avec des Commentaires, &c., &c.,
    &c. M.DCC.LXV [1765]. _S. l. [Genève]_, 12 vol. in-8, figg.

Seconde édition donnée par Voltaire, avec les mêmes figures.

  643. THÉATRE DE P. CORNEILLE, avec des Commentaires, et autres
    Morceaux intéressans. Nouvelle Edition augmentée. _Geneve,
    [Berlin, Rottmann]_, M.DCC.LXXIV [1774]. 8 vol. in-4.

Réimpression, avec quelques changements, de l'édition publiée par
Voltaire en 1764. Elle contient les mêmes gravures, auxquelles on a
ajouté un encadrement, en raison du format.--Voltaire, piqué des
critiques dont ses _Commentaires_ avaient été l'objet, accentua dans
un certain nombre de passages le blâme qu'il avait porté contre
Corneille.

  644. OEUVRES DE P. CORNEILLE, avec le Commentaire de Voltaire sur
    les Pièces de théâtre et des Observations critiques sur ce
    Commentaire, par le citoyen Palissot. Édition complète, dédiée
    au Premier Consul de la République Française. _Paris, de
    l'Imprimerie de P. Didot l'aîné an IX [1801]._ 12 vol. in-8.

Le t. XIIe contient les _OEuvres de Th. Corneille_.

Édition publiée par H. Duveyrier.

Il y a des exemplaires de cette édition en grand papier.

Voy. sur cette édition un article de Félix Nogaret inséré dans la
_Décade philosophique_, an IX, 4e trimestre, pp. 550-554.

Pris à partie par le _Journal de Paris_, à cause des critiques qu'il
avait dirigées contre l'édition de Voltaire, Palissot répondit à ces
attaques par une lettre justificative qui a été reproduite dans ses
_OEuvres_ (Paris, Léopold Collin, 1809, t. VIe, pp. 389-397).

  645. OEUVRES DE P. CORNEILLE, avec les Commentaires de Voltaire
    [et CHEFS-D'OEUVRE DE THOMAS CORNEILLE]. _A Paris, chez
    Antoine-Augustin Renouard, libraire, rue Saint-André-des-Arcs_,
    no 55, [_impr. Crapelet_], 1817. 12 vol. in-8, figg.

Cette édition contient deux portraits, plus 23 gravures d'après Moreau
et une d'après Prudhon. Les dessins originaux faisaient partie de la
bibliothèque de M. Renouard (voy. _Catalogue de la bibliothèque d'un
amateur_, Paris, 1819, t. IIIe, p. 62), et ont figuré à sa vente où
ils ont été adjugés au prix de 580 fr. (no 1517 du Catalogue); ils
appartiennent aujourd'hui à M. le baron James E. de Rothschild.

Le prix de publication, qui était pour les souscripteurs de 96 fr., a
été porté à 108 fr. après la clôture de la souscription. Il a été tiré
25 exemplaires en grand papier avec figures avant la lettre, dont le
prix a été de 188 fr. pour les souscripteurs et de 208 fr. pour les
non-souscripteurs. Sur ces 100 exemplaires en grand papier, 25 ont
été publiés avec les eaux-fortes des figures; ils ont coûté 40 fr. de
plus.

  646. OEUVRES DE P. CORNEILLE, avec le Commentaire de Voltaire et
    les Jugements de Laharpe. _Paris, chez Janet et Cotelle, [impr.
    P. Didot l'aîné], 1821._ 12 vol. in-8.

Le prix de publication a été pour les premiers souscripteurs de 4 fr.
50 c. par volume sur papier des Vosges, de 6 fr. sur papier fin
d'Annonay, et de 6 fr. sur papier vélin.

Ce prix a été augmenté de 1 fr. par volume à partir du quatrième mois
de la souscription.

  647. OEUVRES DE P. CORNEILLE, avec les notes de tous les
    commentateurs. _Paris, Chez Lefèvre, rue de l'Éperon_, n° 6,
    [_impr. Jules Didot aîné à Paris_], 1824 [-1825]. 12 vol.
    in-12.

_Collection des Classiques françois._

Édition publiée par M. Parelle, d'après le texte de 1682. On y trouve
d'assez nombreuses variantes et plusieurs morceaux qui n'avaient pas
encore été réunis aux oeuvres de Corneille.

Il y a des exemplaires en grand papier vélin.

  648. OEUVRES DE P. CORNEILLE avec le Commentaire de Voltaire et
    les Jugements de Laharpe. _Paris, Ladrange, [impr. J. Didot],
    1827._ 12 vol. in-8.

Même édition que le n° 646, avec de nouveaux titres.

  649. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE, avec les Commentaires de
    Voltaire, Palissot, La Harpe, et CHEFS-D'OEUVRE DE TH.
    CORNEILLE. _A Rouen, au bureau du Journal de Rouen, rue St-Lo,
    n° 7, [impr. Brière à Rouen], 1829._ In-8.

Prospectus en tête duquel on lit: Édition unique créée pour les
habitants de Rouen et de la Seine-Inférieure. On ne recevra pas
au-delà de 1,500 souscripteurs, et les souscriptions sont ouvertes
seulement pour les habitants du département de la Seine-Inférieure. La
souscription sera fermée le 1er février 1830. L'édition aura 12
volumes in-8, qui paraîtront de mois en mois à partir du 1er mars.
Prix de chaque volume: 2 fr. 25.

Nous ne croyons pas que cette édition ait jamais été entreprise.

  650. OEUVRES DE P. CORNEILLE, avec commentaires, notes, remarques
    et jugements littéraires. _Paris, Ledoyen_, [_impr. Goujon à
    Saint-Germain-en-Laye], 1830 [-1831]._ 12 vol. in-8.

Le t. XIIe contient les _Chefs-d'oeuvre de Th. Corneille_.

  651. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE SUIVIES DES OEUVRES
    CHOISIES DE TH. CORNEILLE, avec les notes de tous les
    commentateurs. _Paris, chez Lefèvre, rue de l'Éperon n° 6,
    [impr. Éverat], 1834._ 2 vol. gr. in-8, à 2 col., portr. (22
    fr.)

Un second tirage, fait sur les mêmes clichés, porte la date de 1837.

  652. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE, SUIVIES DES OEUVRES
    CHOISIES DE TH. CORNEILLE, avec les notes de tous les
    commentateurs. _Paris, chez Lefèvre, [impr. Éverat], 1838
    [-1839]._ 4 vol. in-12.

  653. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE, SUIVIES DES OEUVRES
    CHOISIES DE TH. CORNEILLE, avec les notes de tous les
    commentateurs. _Paris, F. Didot et chez Lefèvre, 1839._ 2 vol.
    gr. in-8, à. 2 col., portr. de P. Corneille.

Nouveau tirage de l'édition de 1834 (no 651).

  654. OEUVRES DES DEUX CORNEILLE (PIERRE ET THOMAS). Édition
    variorum collationnée sur les meilleurs textes. Précédées de la
    Vie de Pierre Corneille rédigée d'après des documents anciens
    et nouveaux, avec les variantes et les corrections de Pierre
    Corneille, ses Dédicaces, ses Avertissements et ses Examens,
    ses trois Discours sur la tragédie; accompagnées de notices
    historiques et littéraires sur chaque pièce des deux Corneille,
    ainsi que de notes historiques, philologiques et littéraires,
    formant le résumé des travaux de Voltaire, du père Brumoy, de
    l'abbé Batteux, Palissot, Victorin Fabre, Ginguené, l'empereur
    Napoléon, Guizot, Saint-Marc Girardin, Sainte-Beuve, Nisard,
    Taschereau; par Charles Louandre. _Paris, Charpentier, libraire
    éditeur, 28, quai de l'École_; [ou _Chez Mme Ve Dondey-Dupré_],
    1853. 2 vol. in-12.

Tome Ier: 2 ff. prélim.; XLVIII-622 pp. et 1 f. pour la _Table_.--Tome
IIe: 2 ff. prélim. et 528 pp.

On a suivi pour cette édition le texte adopté par M. Renouard en 1817.

Il existe de nouveaux tirages sur clichés, avec le nom de
_Charpentier_ et les dates de 1860 et 1865.

  655. OEUVRES DE P. CORNEILLE, avec les notes de tous les
    commentateurs. _Paris, F. Didot et chez l'éditeur, Lefèvre, rue
    Hautefeuille, 18, 1854 [-1855]._ 12 vol. in-8 (84 fr.)

_Collection des classiques français du XVIIe siècle, publiée par M.
Lefèvre._

Cette édition, plus complète que les précédentes, était la meilleure
qui existât avant celle qu'a publiée M. Marty-Laveaux. On y a fait
entrer plusieurs pièces qui n'avaient pas encore été réunies aux
oeuvres de Corneille, quelques-unes mêmes, comme le _Presbytère
d'Hénouville_, qui ne sont peut-être pas de lui. La notice de
Fontenelle, qui ouvre le 1er volume, est suivie d'une seconde notice
sur Corneille, due à M. Gaillard, de l'Académie de Rouen. Lefèvre a
suivi le texte de l'édition de 1682, non sans l'avoir quelquefois
abandonné, soit par inadvertance, soit de propos délibéré. Il a
reproduit en entier les ouvrages de piété de Corneille, en les
accompagnant du texte latin.

Il a été tiré 20 exemplaires sur papier vergé de Hollande.

  656. OEUVRES COMPLÈTES DE PIERRE CORNEILLE, SUIVIES DES OEUVRES
    CHOISIES DE TH. CORNEILLE. _Paris, L. Hachette et Cie, [impr.
    Lahure], 1857._ 5 vol. in-18 (20 fr.).

Il existe un second tirage daté de 1862 (no 661).

  657. OEUVRES COMPLÈTES DE J. RACINE ET DE P. ET T. CORNEILLE.
    Nouvelle édition. _Paris, Gennequin, [impr. Gaittet et Cie],
    1857._ In-8 de 453 pp. à 2 col., portr.

  658. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition, revue
    et annotée par M. Taschereau. _Paris, Chez P. Jannet, 1857._ 2
    vol. in-12.

T. Ier: XXXIX-495 pp.--T. IIe: 534 pp. et 1 f.

Ces deux volumes, qui contiennent 13 pièces de Corneille, depuis
_Mélite_ jusqu'à _Pompée_, sont les seuls qui aient paru d'une édition
qui devait être plus complète qu'aucune des éditions antérieures. Ils
sont précédés d'une bibliographie des éditions des _OEuvres_ de
Corneille publiées de son vivant. M. Taschereau a pris pour point de
départ de son travail le recueil de 1682, en conservant avec soin
l'orthographe introduite par le poëte à partir de 1664. Un
avertissement de l'éditeur la fait rapidement connaître au lecteur.

Il est très-regrettable que cette édition, interrompue par les
mauvaises affaires de Jannet, n'ait pas été continuée.

Nous pouvons dire que M. Taschereau était aidé dans son travail de
révision par M. Marty-Laveaux, qui préludait ainsi à la belle édition
qu'il a donnée depuis sous son nom.

  659. OEUVRES COMPLÈTES DE PIERRE CORNEILLE ET OEUVRES CHOISIES DE
    THOMAS CORNEILLE, précédées de la vie de P. Corneille par
    Fontenelle, et contenant les notes de Voltaire, La Harpe,
    Marmontel, Palissot, Saint-Évremont, etc. _Paris, Firmin Didot
    frères, fils et Cie, 1860._ 2 vol. gr. in-8 a 2 col., portr. de
    P. Corneille (20 fr.).

Reproduction de l'édition de 1834 (no 650), tirée sur les mêmes
clichés, avec un nouveau titre. Il en existe plusieurs tirages sous
des dates différentes.

  660. OEUVRES COMPLÈTE DE P. CORNEILLE. _Paris, N. Chaix et Cie,
    1864._ 7 vol. in-8.

_Bibliothèque universelle des familles_, publiée par Napoléon Chaix.

  661. OEUVRES COMPLÈTES DE PIERRE CORNEILLE, SUIVIES DES OEUVRES
    CHOISIES DE THOMAS CORNEILLE. Édition Lahure. _Paris, L.
    Hachette et Cie, [impr. Lahure]_, 1862 [-1866]. 5 vol. in-18
    jésus (14 fr.).

  662. OEUVRES DE P. CORNEILLE. Nouvelle Édition revue sur les plus
    anciennes impressions et les autographes, et augmentée de
    morceaux inédits, de variantes, de notices, de notes, d'un
    lexique des mots et locutions remarquables, d'un portrait, d'un
    facsimile, etc., par M. Ch. Marty-Laveaux. _Paris, Librairie de
    L. Hachette et Cie, [impr. Lahure], 1862 [-1868]._ 12 vol.
    in-8, et un album gr. in-8, titres rouges et noirs.

_Les Grands Écrivains de la France._ Nouvelles éditions publiées sous
la direction de M. Ad. Régnier, membre de l'Institut.

Tome Ier: 4 ff., CXVI et 502 pp.--Tome IIe: 4 ff. et 530 pp. (les pp.
437-438, 443-444 doivent être remplacées par des cartons signés d'un
astérisque).--T. IIIe: 4 ff. et 572 pp.--T. IVe: 4 ff., 514 pp. et 1
f.--T. Ve: 4 ff. et 596 pp.--T. VIe: 4 ff. et 660 pp.--T. VIIe: 4 ff.,
538 pp. et 1 f.--T. VIIIe: 4 ff., XXIII et 695 pp.--T. IXe: 4 ff. et
643 pp.--T. Xe: 4 ff. et 583 pp.--T. XIe: 4 ff., XCV et 488 pp.--T.
XIIe: 4 ff. et 572 pp.--_Album_: 2 ff. pour les titres; 2 ff. et 1 pl.
chromolithogr. pour les _Armoiries de P. Corneille_; 2 ff. et 1 pl.
sur cuivre pour le _Portrait_ dessiné par _Sandoz_, d'après _Lebrun_,
gravé par _Pannier_, terminé par _Leguay_; 8 ff. et 3 figg. sur bois
pour les _Vues d'habitation_; 12 ff. et 5 figg. sur bois pour les
_Théâtres, Décorations, Costumes_; 6 ff. et 2 pl. (dont une double),
pour les _Fac-simile d'autographes_.

Les tomes XIe et XIIe portent un titre particulier ainsi conçu:
_Lexique de la langue de P. Corneille, avec une Introduction
grammaticale par M. Ch. Marty-Laveaux; ouvrage qui a remporté le prix
au concours de 1859 à l'Académie française._

Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons de cette édition
qu'on peut appeler définitive. M. Marty-Laveaux, savant aussi
consciencieux que modeste, n'a épargné ni le temps ni la peine pour
nous donner une oeuvre vraiment digne de la critique moderne. Son
travail peut être proposé comme un modèle à tous ceux qui voudront
publier les oeuvres de nos auteurs classiques. Le seul regret que nous
ayons à exprimer, c'est que, pour se conformer au plan général adopté
par M. Régnier pour la collection des _Grands Écrivains_, l'éditeur
ait été obligé de sacrifier l'orthographe de Corneille.

  663. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE. _Paris, Henri Plon,
    éditeur, 8, rue Garancière. Brière bibliophile._ M.DCCC.LXV
    [1865-1869]. 12 vol. in-32, pap. vél., portr.

T. Ier: faux-titre qui porte ces mots: _Classiques
françois._--_Collection du Prince Impérial, dédiée à Son Altesse
Impériale avec l'autorisation de l'Empereur_ (cette mention se
retrouve sur les faux-titres et sur la couverture imprimée de chaque
volume); portr. de Corneille en taille-douce, imprimé par _Chardon
aîné_ sur papier fort; titre; LXXXVIII pp. pour la _Notice sur Pierre
Corneille_ par Jules Janin, et 479 pp., dont les 39 premières
contiennent la _Vie de Corneille_ par Fontenelle et diverses autres
pièces.--T. IIe: 2 ff., 461 pp. et 1 f. pour la _Table_.--T. IIIe: 2
ff., 424 pp., 1 f. pour la _Table_ et 1 f. blanc.--T. IVe: 2 ff., 362
pp. et 1 f. pour la _Table_.--T. Ve: 2 ff., 510 pp. et 1 f. pour la
_Table_.--T. VIe: 2 ff., 465 pp. et 1 f. pour la _Table_.--T. VIIe: 2
ff. et 467 pp.--T. VIIIe: 2 ff., 400 pp., 1 f. pour la _Table_ et 1 f.
blanc.--T. IXe: 2 ff., 521 pp. et 1 f. pour la _Table_.--T. Xe: 2
ff., 542 pp. et 1 f. blanc.--T. XIe: 2 ff., 466 pp. et 1 f. blanc.--T.
XIIe: 2 ff., IV pp. d'_Avertissement_, 449 pp. et 1 f. blanc.

Édition portative et bien imprimée. Le texte est assez correct
jusqu'au tome XIe. Pour les onze premiers volumes, M. Brière,
_bibliophile_, s'est borné à reproduire le texte donné par M.
Marty-Laveaux, et c'est assurément ce qu'il pouvait faire de mieux. Il
est regrettable qu'il n'ait pas reconnu lui-même, ainsi qu'il aurait
dû le faire, les obligations qu'il a eues envers le savant auteur du
_Lexique de Corneille_. Il a voulu présenter son travail d'abréviateur
comme une oeuvre originale; il n'a pas craint pour y parvenir de
publier tous ses volumes sous le millésime de 1865, pour faire croire
aux lecteurs, quelques années après, que les derniers volumes de sa
publication avaient paru avant ceux de M. Marty-Laveaux, mais il a
trahi lui-même son inexpérience dans le dernier volume. Le tome Xe de
la _Collection des Grands Écrivains de la France_ ayant tardé à
paraître, M. Brière, qui ne pouvait attendre indéfiniment qu'il fût
publié, a commencé par réimprimer les oeuvres diverses de Corneille
telles qu'elles avaient été données par M. Lefèvre en 1852; puis,
ayant sous les yeux le volume que M. Marty-Laveaux s'était enfin
décidé à laisser paraître, il y a puisé à pleines mains pour
constituer une seconde partie. Nous n'aurions pas à parler de ces
emprunts si M. Brière, au lieu de les avouer, n'avait écrit la phrase
suivante: «La seconde partie se compose _en entier_ de nos
_découvertes personnelles_. Le lecteur jugera de l'intérêt de ces
pièces que nous nous félicitons d'avoir _tirées de l'oubli_, dans
lequel elles sont restées durant près de deux siècles.» Or les
«découvertes» de M. Brière se bornent à s'être procuré, l'un des
premiers, un exemplaire du tome Xe de la grande édition de M.
Marty-Laveaux; il n'a fait que reproduire les pièces qui y sont
contenues, mais sans ordre, sans méthode et surtout sans indiquer les
sources. Il est surprenant qu'un éditeur qui a su faire de semblables
«découvertes» n'ait pas su en tirer un meilleur parti.

  664. OEUVRES DE P. CORNEILLE: Théâtre complet; précédées de la
    vie de l'auteur par Fontenelle, et suivi d'un Dictionnaire
    donnant l'explication des mots qui ont vieilli. Nouvelle
    édition, imprimée d'après celle de 1682, ornée du portrait en
    pied colorié du principal personnage des pièces les plus
    remarquables. Dessins de M. Geffroy, sociétaire de la
    Comédie-Française, gravure de MM. Colin et Wolf. _Paris,
    Laplace et Cie, [impr. Bourdier, Capiomont et Cie], 1868._ Gr.
    in-8 de 583 pp. (18 fr.).

  665. OEUVRES COMPLÈTES DE P. CORNEILLE, SUIVIES DES OEUVRES
    CHOISIES DE TH. CORNEILLE. _Paris, Hachette, [impr. Toinon et
    Cie à Saint-Germain], 1871 [-1874]._ 7 vol. in-18 (8 fr. 75).

_Les principaux Écrivains français._

  666. OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE. Théâtre complet. Nouvelle
    édition imprimée d'après celle de 1682, ornée de portraits en
    pied coloriés; dessins de M. Geffroy sociétaire de la
    Comédie-Française. _Paris, Laplace, Sanchez et Cie, [impr.
    Crété fils, à Corbeil], 1873._ 3 vol. in-18 jésus.


II.--OEUVRES CHOISIES.

  667. LES CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE P. CORNEILLE. Savoir, Le Cid,
    Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, Rodogune. Avec le jugement
    des Savans à la suite de chaque pièce. _A Oxford, Chez Jacques
    Fletcher, 1738._ 2 vol. in-12.

Édition publiée par J.-G. Dupré, dont la signature se trouve au bas de
la dédicace à la duchesse de Bedford.

  668. LES CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE P. CORNEILLE. Savoir, Le Cid,
    Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, Rodogune. Avec le Jugement
    des Savans à la suite de chaque pièce. Nouvelle Édition. _A
    Oxford, Chez Jacques Fletcher_, M.DCC.XLVI [1746]. In-8 de 3
    ff. prél. (y compris le titre imprimé sur un f. séparé) et 414
    pp.

Le titre porte une petite gravure en taille-douce représentant un
bâtiment d'Oxford et signée _Cole Oxon sc._ Les feuillets prélim.
contiennent la dédicace de M. J.-G. Dupré et un _Avis au Lecteur_.

Vendu: 142 fr., mar. citr. (_Derome_), exempl. en grand papier,
Renouard, 1854 (no 1519);--41 fr., mar. r. (_Bradel_), exemplaire en
grand papier, Giraud, 1855 (no 1627).

  669. LES CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DRAMATIQUES DE Mrs CORNEILLE,
    avec le jugement des Savans à la fin de chaque pièce. _Oxford.
    S. n. et s. d. [vers 1750]._ 2 vol. in-8.

Réimpression des éditions précédentes avec l'addition de deux pièces
de Th. Corneille.

Il existe des exemplaires tirés dans le format in-4.

  670. LES CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DRAMATIQUES DE Mrs CORNEILLE,
    avec le Jugement des Savans à la suite de chaque pièce.
    Nouvelle Édition. _A Oxfort_, 1770. 3 vol. in-8.

Les _Jugemens des Savans_ ont été augmentés de divers extraits du
_Commentaire de Voltaire_.

  671. LES CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE PIERRE ET DE THOMAS CORNEILLE.
    Nouvelle édition augmentée des Notes et Commentaires de M. de
    Voltaire. _A Paris, par la Compagnie des libraires associés,
    1771._ 3 vol. in-12.

  672. LES CHEFS-D'OEUVRE DRAMATIQUES DE MESSIEURS CORNEILLE, avec
    le jugement des savans à la suite de chaque pièce. _A Rouen,
    chez Machuel, 1780._ 3 vol. in-12.

  673. RECUEIL DES MEILLEURES PIÈCES DRAMATIQUES FAITES EN FRANCE
    DEPUIS ROTROU JUSQUA NOS JOURS, OU LE THÉATRE FRANÇOIS [publié
    par Delisle de Salles]. _Lyon, Joseph Sulpice Grabit,
    1780-1781._ 8 vol. in-8.

Cette collection, restée inachevée, est précédée de l'_Histoire de la
Tragédie_ [par l'éditeur] et de l'_Histoire du Théatre françois,
depuis son origine jusqu'à Rotrou_, par Fontenelle. Elle contient des
pièces de Rotrou, Mairet, du Ryer, Tristan l'Hermite, Corneille, etc.

  674. THÉATRE CHOISI DE P. CORNEILLE. _A Paris, de l'imprimerie de
    Didot aîné, 1783._ 2 vol. In-4.

  675. CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DRAMATIQUES DE P. ET T. CORNEILLE,
    avec le Jugement des Savans à la suite de chaque pièce.
    _Oxford, 1783._ 3 vol. in-12.

  676. LES CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE PIERRE ET DE THOMAS CORNEILLE.
    Nouvelle Édition augmentée des Notes et Commentaires de M. de
    Voltaire. _A Paris, par la Compagnie des libraires associés,
    1785._ 3 vol. in-12.

  677. CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE P. CORNEILLE. _Paris, 1785._ 4
    vol. in-18.

_Petite Bibliothèque des Théâtres_.

  678. CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE P. CORNEILLE. _A Londres_,
    M.DCC.LXXXVI [1786]. 3 vol. in-24.

Édition publiée par _Cazin_.

  679. CHEF-D'OEUVRES DE P. CORNEILLE. _Berlin, Maurer, 1792-1793._
    6 vol. in-12.

_Collection d'auteurs classiques français_, t. XI à XIII (chaque
volume étant double).

  680. THÉATRE DE PIERRE ET DE THOMAS CORNEILLE.
    _Francfort-sur-le-Mein, H. Bechtold. S. d._, 2 vol. in-16.

_Bibliothèque des classiques français_, livres CLXXV et CLXXVI.

  681. CHEF-D'OEUVRES DE P. CORNEILLE. Édition stéréotype. _A
    Paris, chez Didot l'aîné et chez Firmin Didot, an VIII._ 3 vol.
    in-18.

T. Ier: 256 pp.--T. IIe: 318 pp.--T. IIIe: 315 pp.--On joint à cette
édition les _Chefs-d'oeuvre de T. Corneille_ en un vol, in-18 de 243
pp.

  682. CHEF-D'OEUVRES [_sic_] DE P. ET TH. CORNEILLE. _A Paris,
    chez Deterville et Debray, [impr. Didot jeune]_, an IX-1800. 4
    vol. in-18, sur papier carré fin d'Angoulême.

  683. CHEFS-D'OEUVRE DE P. ET TH. CORNEILLE, avec les Remarques de
    Voltaire. _Paris, Stéréotype d'Herhan, 1805._ 5 vol. in-12.

  684. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _A Paris, chez H. Nicolle,
    et chez A. Belin, [impr. Belin], 1812._ 4 vol. in-18 (6 fr.).

Les mêmes libraires ont publié, sous la même date, les _Chefs-d'oeuvre
de Th. Corneille_, in-18.

  685. CHEFS-D'OEUVRE DE P. [ET DE TH.] CORNEILLE. Édition
    stéréotype d'après le procédé de Firmin Didot. _Paris, P.
    Didot, et F. Didot, 1813._ In-18 (4 fr.).

Tiré à 1,600 exemplaires.

  686. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Menard et Raimond;
    Versailles, chez Lebel, 1813._ 3 vol. in-12.

_Répertoire général du Théâtre-Français_, tomes I-III.

  687. LES CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, P. Didot l'aîné,
    1814._ 3 vol. in-8.

_Collection des meilleurs Ouvrages de la Langue française, dédiée aux
amateurs de l'art typographique._ Tomes XIII, XIV et XV.

Prix: 13 fr. 50;--papier fin: 22 fr. 50;--papier vélin: 45 fr.

  688. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec les Commentaires de
    Voltaire et des Observations critiques sur ces Commentaires.
    Par M. Lepan. Seule édition où l'on trouve le véritable texte
    de Corneille et les changemens adoptés par la Comédie
    française; faite par souscription au profit de Mlle J. M.
    Corneille. _Paris, Cordier, 1817._ 5 vol. in-8 (30 fr.).

Ces trois volumes ont été tirés également dans le format in-12 sur
papier plus commun (prix: 20 fr.).

Cette édition n'étant pas épuisée en 1826, l'éditeur dut en rajeunir
les titres. Voy. le no 701.

  689. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec les Commentaires de
    Voltaire. _Paris, H. Nicolle, [impr. Egron], 1818._ 5 vol.
    in-12.

_Répertoire général du Théâtre français, composé des tragédies, des
comédies et drames des auteurs du premier et du second ordre restés au
Théâtre français_, tomes I-V.

  690. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Dabo et Tremblay,
    [impr. Tremblay à Senlis], 1819._ 4 vol. in-18 (6 fr.).

  691. THÉATRE FRANÇAIS: RÉPERTOIRE COMPLET. P. CORNEILLE. Édition
    Touquet. _A Paris, chez l'éditeur, rue de la Huchette, no 18,
    [impr. Belin], 1821-1822._ 4 vol., pet. in-12.

  692. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Dabo, [impr.
    Tremblay], 1821._ 4 vol. in-18.

_Répertoire général du Théâtre Français, composé des tragédies,
comédies et drames des auteurs du premier et du second ordre_, tomes
I-IV.

  693. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Ménard et Desenne,
    [impr. Chaigneau], 1822_. 4 vol. in-18 ou in-12, figg.

_Bibliothèque française_, 56e et 57e livraisons.

Les figures se composent d'un portrait de Corneille et de 12 figg.,
d'après Devéria, pour _le Cid_, _Horace_, _Cinna_, _Polyeucte_, _la
Mort de Pompée_, _le Menteur_, _Rodogune_, _Héraclius_, _Don Sanche_,
_Sertorius_, _Nicomède_ et _Psyché_.

Les livraisons de cette collection, composées chacune de 2 volumes,
ont été mises en vente au prix de 4 fr., format in-18, et de 5 fr.,
format in-12, pour les souscripteurs. Les non-souscripteurs ont payé 1
fr. de plus par volume. Les exemplaires en papier vélin ont été payés
le double de ce prix.

  694. OEUVRES CHOISIES DE P. CORNEILLE. _Paris, Lheureux, [impr.
    F. Didot], 1822 [-1823]._ 4 vol. in-8.

On joint à cette édition les _Chefs-d'oeuvre de T. Corneille_ qui
forment un 5e volume.

Prix de chaque volume: papier ordinaire, 5 fr.; papier d'Annonay, 7
fr.; papier vélin satiné, 11 fr.

  695. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Saintin, [impr.
    Crapelet], 1823._ 3 vol. in-32 (5 fr.).

  696. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, L. de Bure, [impr.
    Firmin Didot], 1824._ 4 vol. In-32, portr.

_Classiques français, ou Bibliothèque portative de l'Amateur._

T. I: 2 ff. prélim. et portrait; _Vie de P. Corneille par Fontenelle_,
pp. (I)-XXV; _Trois Discours concernant l'art dramatique_, pp.
(XXVII)-CLXXIII; Table des onze pièces considérées comme
chefs-d'oeuvre, avec leur date, p. (CLXXV): _Le Cid_. _Horace_, pp.
(1)-230; 1 f. de _Table_.--T. II: 2 ff. prélim.; _Cinna_, _Polyeucte_,
_le Menteur_, pp. (l)-335.--T. III: 2 ff. prélim.; _Pompée_,
_Rodogune_, _Héraclius_, pp. (1)-330; 1 f. de _Table_.--T. IV: 2 ff.
prélim.; _Don Sanche_, _Nicomède_, _Sertorius_. pp. (l)-333; 1 f. de
_Table_.

Jolie édition bien imprimée; on y joint les _Chefs-d'oeuvre de T.
Corneille_, in-12 de 2 ff. prélim. et 347 pp., contenant: _Ariane_,
_le Comte d'Essex_, _le Festin de pierre_.

  697. CHEFS-D'OEUVRE DRAMATIQUES DE P. CORNEILLE. _Paris,
    Ladrange, Guibert, Lheureux et Verdière, [impr. J. Didot
    l'aîné], 1824._ 4 vol. in-18.

_Répertoire du Théâtre-Français_, tomes I-IV.

  698. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec les observations des
    anciens commentateurs et de nouvelles remarques. Par MM. Ch.
    Nodier et P. Lepeintre. _Paris, chez Mme Dabo Butschert,
    [impr. F. Didot], 1824, [-1825]._ 2 vol. in-8.

_Bibliothèque dramatique, ou Répertoire universel du
Théâtre-François._ Première série, tomes I et II.

Prix du volume: papier ordinaire, 8 fr. 50; grand raisin vélin, 20 fr.

Le tome Ier contient un portrait de Corneille et un fac-simile de son
écriture.

  699. CHOIX DES TRAGÉDIES DE CORNEILLE, suivi de notes, précédé
    d'un essai sur les progrès de la littérature dramatique, par
    Ventouillac. _Londres, 1824._ 2 vol. in-12.

  700. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE CORNEILLE, avec les Examens de
    Voltaire et de Laharpe, précédés de sa Vie par Fontenelle et de
    son Éloge par Gaillard. _Paris, Sautelet. [impr. Pinard], 1825
    [-1826]._ 2 vol. in-8.

Un 3e volume contient les _Chefs-d'oeuvre de Thomas Corneille_.

  701. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE CORNEILLE, avec ses Préfaces, les
    Examens qu'il a faits sur ses pièces et ses trois Discours sur
    le poëme dramatique; accompagnés des Commentaires de Voltaire,
    etc. Seule édition où se trouve l'indication des changemens
    adoptés par la Comédie Française. _Paris, chez l'éditeur [M.
    Lepan], Cour du commerce, [impr. Tilliard], 1826._ 5 vol.
    in-12.

Édition de 1817, avec un nouveau titre. Voy. le no 688.

  702. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE ET THOMAS CORNEILLE, avec les notes
    de tous les commentateurs. _Paris, Charles Béchet, quai des
    Augustin no 57, [impr. Fournier], 1827._ In-8.

  703. OEUVRES DE PIERRE ET DE THOMAS CORNEILLE. Nouvelle édition.
    _Paris, Baudouin frères, rue de Vaugirard, no 17, [impr.
    Rignoux], 1827._ 2 vol. in-24.

_Collection du Répertoire du Théâtre-Français._

  704. OEUVRES DE P. CORNEILLE. _Paris, Dufour et compagnie, rue du
    Paon no 1, [impr. J. Didot aîné], 1827._ 4 vol. in-48.

_Collection des Classiques en miniature._

  705. CHEFS-D'OEUVRE DE CORNEILLE, suivis de notes et précédés
    d'une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur, par L. T.
    Ventouillac. _Londres, S. Low, 1827._ 2 vol. in-18.

_Choix des Classiques français._

  706. OEUVRES CHOISIES DE P. CORNEILLE. _Paris, Emler frères,
    [impr. Fournier], 1829._ 4 vol. in-8.

  707. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE CORNEILLE. _Paris, Lecointe, quai
    des Augustins no 49, [impr. Lachevardière]_, 1830, 4 vol.
    in-18.

_Nouvelle bibliothèque des Classiques français._

  708. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Hiard, rue
    Saint-Jacques no 156, [impr. Marchand-Dubreuil], 1831._ 4 vol.
    in-18.

_Bibliothèque des Amis des lettres_, livr. 98-101.

  709. OEUVRES CHOISIES DE P. CORNEILLE. _Paris, Treuttel et Würtz,
    [impr. Herhan], 1831._ 4 vol. in-8.

_Nouvelle Bibliothèque classique._

  710. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, revus sur les dernières
    éditions originales, précédés de l'éloge de P. Corneille, par
    Victorin Fabre, et augmentés de l'analyse et du choix des
    meilleurs morceaux extraits des Poésies, des Psaumes et de la
    traduction de l'Imitation de Jésus-Christ, par M. H. Le Corney.
    _Paris, Pourrat frères, rue des Petits Augustins, no 5, [impr.
    Rignoux], 1832._ 5 vol. in-8.

  711. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, revus sur les dernières
    éditions originales et précédés d'une notice sur sa vie et ses
    ouvrages. _Paris, Roger, rue de Seine no 10, [impr. Rignoux].
    1834-1835._ 69 livraisons in-8.

Cette publication avait été annoncée comme devant être complète en 45
ou 50 livraisons, au prix de 25 c.

  712. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Poussielgue, 1836._
    4 vol. in-32.

  713. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE. _Paris, Pougin, quai des
    Augustins, no 49, [impr. Leboyer, à Lagny], 1837._ 4 vol.
    in-18.

  714. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE ET THOMAS CORNEILLE, précédés d'une
    notice par Fontenelle, enrichis de préfaces et notes par
    Voltaire. _Paris, Desbleds, rue des Grands-Augustins, no 26,
    [impr. Saintin], 1838._ 5 vol. in-18.

  715. CHEFS-D'[OE]UVRE DRAMATIQUES DE P. CORNEILLE, SUIVIS DES
    [OE]UVRES CHOISIES DE TH. CORNEILLE. _Paris, Lefevre, [impr.
    Everat], 1839._ In-12 (3 fr. 50).

  716. CHEFS-D'OEUVRE DE P. ET TH. CORNEILLE. _Paris, Locquin, rue
    Notre-Dame des Victoires, no 16, 1842._ 5 vol. in-12 (2 fr.).

  717. THÉATRE DE PIERRE ET DE THOMAS CORNEILLE, avec notes et
    commentaires. _Paris, F. Didot, 1842._ 2 vol. in-12 (6 fr.).

  718. THÉATRE CLASSIQUE; contenant le Cid, Horace, Cinna,
    Polyeucte de P. Corneille, le Misanthrope de Molière,
    Britannicus, Esther, Athalie de J. Racine, avec les préfaces
    des auteurs, les examens de Corneille, les variantes, le texte
    des imitations et un choix de notes de tous les commentateurs.
    _Paris, Dezobry et Magdeleine, [impr. Hennuyer aux
    Batignolles], 1844._ In-18.

  719. OEUVRES DE P. ET TH. CORNEILLE, précédées de la Vie de
    Pierre Corneille par Fontanelle et des Discours sur la poésie
    dramatique. Nouvelle édition. _Paris, Furne, rue Saint-André
    des Arts, no 55, [impr. Fournier], 1844._ In-8.

Ce recueil contient 17 pièces et quelques poésies.

  720. CHEFS-D'OEUVRE DRAMATIQUES DE P. CORNEILLE, avec les notes
    de tous les commentateurs. Troisième édition. _Paris, Lefèvre,
    [impr. Lacrampe], 1844-1845._ 3 vol. in-18.

  721. THÉATRE CLASSIQUE, contenant le Cid, Horace, Cinna,
    Polyeucte de P. Corneille; le Misanthrope de Molière;
    Britannicus, Esther, Athalie de Racine. _Paris, Dezobry et
    Magdeleine, [impr. Hennuyer], 1845._ In-18.

  722. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec notes et commentaires.
    _Paris, F. Didot, rue Jacob, 56, 1846._ In-16, portr.

  723. BIBLIOTHÈQUE FRANÇAISE DU BACCALAURÉAT ÈS-LETTRES, à l'usage
    des aspirants. Poëtes dramatiques. Tome I. Corneille: Le Cid,
    Polyeucte. Racine: Britannicus. _Paris, Boulet, rue Basse du
    Rempart, 64, [impr. Dondey-Dupré], 1846._ In-18.

  724. OEUVRES DE PIERRE ET THOMAS CORNEILLE. Nouvelle édition. _A
    Paris, chez Mme veuve Desbleds, rue des Grands Augustins,
    [impr. Giroux, à Saint-Denis du Port], 1846._ In-18.

La couverture porte: _Collection européenne_ et le nom du libraire
_Béchet_.

  725. OEUVRES DE J. RACINE ET DE P. ET T. CORNEILLE. Nouvelle
    édition. _A Paris, chez Lecou, rue du Bouloi, 10, [impr.
    Bailly], 1847._ Gr. in-8, à 2 colonnes.

Cette édition, à laquelle on a substitué un titre au nom d'_Eugène
Victor et Penaud frères_, _rue du Faubourg-Montmartre_, 10, a été
donnée en prime _gratis_ aux deux mille premiers souscripteurs des
publications de ces éditeurs.

  726. THÉATRE CHOISI DE CORNEILLE, avec une notice biographique et
    littéraire et des notes par M. Géruzez. _Paris, Hachette,
    [impr. Crapelet], 1848._ In-12.

  727. THÉATRE CLASSIQUE, contenant le Cid, Cinna, Polyeucte, de P.
    Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope,
    de Voltaire; le Misanthrope, de Molière, avec les préfaces des
    auteurs, les examens de Corneille, les variantes, les
    principales imitations et un choix de notes. Nouvelle édition
    revue sur les meilleurs textes par un professeur de l'académie
    de Paris. _Paris, L. Hachette, [impr. Panckoucke], 1848._ In-12
    (2 fr. 50).

  728. OEUVRES DE J. RACINE ET DE P. ET T. CORNEILLE. Nouvelle
    édition. _Paris, Penaud frères_, 1851. In-8 (12 fr. 50).

Édition publiée par _Lecou_ en 1847 (no 725), à laquelle on a mis un
nouveau titre.

  729. CINNA, POLYEUCTE, LE MENTEUR, POMPÉE, RODOGUNE, HÉRACLIUS,
    NICOMÈDE, DON SANCHE, SERTORIUS, par P. Corneille. _Paris,
    Barba, [impr. Plon], 1852._ In-4, à 2 col.

_Panthéon populaire illustré._ Chaque pièce a une pagination séparée.

  730. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec une histoire abrégée du
    Théâtre-Français, une biographie de l'auteur et un choix de
    notes de divers commentateurs; par M. D. Saucié. Nouvelle
    édition. _Tours, A Mame, 1853._ In-8.

_Bibliothèque de la jeunesse chrétienne._

  731. OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE, précédées d'une notice sur sa
    vie et ses ouvrages, par Fontenelle. _Paris, Furne, [impr.
    Claye], 1853._ In-8 de 2 ff., XII-758 pp. et 1 f.; portr. et
    figg. (7 fr.).

_Nouvelle Collection de classiques français, comprenant les
chefs-d'oeuvre littéraires du XVIIe siècle._

Ce choix contient 11 pièces précédées chacune d'une figure d'après
_Bayalos_.

  732. THÉATRE CLASSIQUE, contenant le Cid, Horace, Cinna,
    Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J.
    Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de Molière; avec
    les préfaces des auteurs, les examens de Corneille, les
    variantes et les principales imitations, et annoté par Ad.
    Regnier. _Paris, L. Hachette, [impr. Lahure], 1853._ In-12.

  733. OEUVRES DE P. CORNEILLE, précédées d'une notice sur sa vie
    et ses ouvrages, par Julien Lemer. _Paris, Ad. Delahays, [impr.
    Raçon], 1855._ 2 vol. in-18 (6 fr.).

Édition publiée en 1854.

  734. OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE, précédées d'une notice sur sa
    vie et ses ouvrages, par Fontenelle. _Paris, Furne, [impr.
    Claye], 1857._ Gr. in-8, figg.

Réimpression sur clichés exécutée en 1856. Voy. le no 731.

  735. OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE, précédées d'une notice sur sa
    vie et ses ouvrages, par Julien Lemer. _Paris, Delahays, [impr.
    Raçon], 1857._ 2 vol. in-18.

_Bibliothèque d'un homme de goût_.--Réimpression sur clichés. Voy. le
no 733.

  736. THÉATRE CHOISI DE CORNEILLE. Édition classique, précédée
    d'une notice littéraire, par F. Estienne [_Léon Feugère_].
    _Paris, Jules Delalain, 1857._ In-24 de 456 pp. (1 fr. 75).

  737. OEUVRES DE P. ET TH. CORNEILLE, précédées de la vie de
    Pierre Corneille, par Fontenelle et des discours sur la poésie
    dramatique. Nouvelle édition illustrée de douze gravures sur
    acier. _Paris, Garnier frères, [impr. Raçon], 1857._ Gr. in-8 à
    2 col. (12 fr. 50).

  738. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec une histoire abrégée du
    Théâtre-Français, une biographie de l'auteur et un choix de
    notes de divers commentateurs; par D. Saucié, agrégé de
    l'université, professeur de rhétorique au lycée de Tours.
    _Tours, Mame et Cie, 1858._ In-8 de 383 pp. et 4 figg.

_Bibliothèque de la jeunesse chrétienne._--Réimpression sur clichés.
Voy. le no 730.

  739. THÉATRE DE CORNEILLE. Nouvelle édition. _Paris, Garnier
    frères, [impr. Raçon, 1858]._ In-18 jésus de 507 pp.

  740. CHEFS-D'OEUVRE DE CORNEILLE, avec une histoire abrégée du
    Théâtre-Français, une biographie de l'auteur et un choix de
    notes de divers commentateurs; par M. D. Saucié, professeur de
    rhétorique. Nouvelle Édition. _Tours, imprimerie et librairie
    Mame et Cie, 1860._ In-8 de 383 pp. et 4 figg.

_Bibliothèque de la jeunesse chrétienne._--Réimpression sur clichés.
Voy. le no 730.

  741. OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE, précédées d'une notice sur sa
    vie et ses ouvrages, par Fontenelle. _Paris, Furne et Cie,
    [impr. Claye], 1861._ In-8, portr. et figg. (7 fr.).

_Nouvelle collection des classiques français._--Réimpression sur
clichés. Voy. le no 731.

  742. OEUVRES DE P. ET TH. CORNEILLE, précédées de la vie de P.
    Corneille, par Fontenelle, et des discours sur la poésie
    dramatique. Nouvelle édition illustrée de douze gravures sur
    acier. _Paris, Garnier, [impr. Raçon], 1861._ Gr. in-8 de 535
    pp. à 2 col. (12 fr. 50).

Réimpression faite sur clichés. Voy. le no 737.

  743. OEUVRES CHOISIS DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition, revue.
    _Paris, Vermot, [impr. Raçon], 1863._ In-8 de 250 pp.

  744. CHEFS-D'OEUVRE DE CORNEILLE, avec une histoire abrégée du
    Théâtre-Français, une biographie de l'auteur et un choix de
    notes de divers commentateurs; par D. Saucié, professeur
    agrégé. Nouvelle édition. _Tours, Mame et Cie, 1863._ In-8 de
    383 pp. et 4 figg.

_Bibliothèque de la jeunesse chrétienne._--Réimpression sur clichés.
Voy. le no 730.

  745. CHEFS D'OEUVRE DE CORNEILLE. Le Cid, Cinna, Horace,
    Polyeucte, le Menteur. _Paris, Hachette, [impr. Lahure], 1865._
    In-18 jésus de VII-339 pp.

  746. CHEFS D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, précédés de la vie de Pierre
    Corneille, par Fontenelle. _Paris, Ducrocq, [impr. Moulin, à
    Saint-Denis], 1865._ In-8 de 440 pp. (3 fr. 50).

_Bibliothèque des Lycées et Colléges._

  747. THÉATRE CHOISI DE CORNEILLE, avec une notice biographique et
    littéraire et des notes, par E. Géruzez. _Paris, Hachette,
    [impr. Lahure], 1865._ In-12 de LXXXVIII et 525 pp. (2 fr. 50).

  748. THÉATRE DE CORNEILLE. Nouvelle édition collationnée sur la
    dernière édition publiée du vivant de l'auteur. _Paris,
    Garnier, [impr. Lainé], 1865._ In-18 de 507 pp.

Réimpression sur clichés. Voy. le no 739.

  749. OEUVRES DE PIERRE ET THOMAS CORNEILLE, précédées de la Vie
    de Pierre Corneille, par Fontenelle, et des Discours sur la
    poésie dramatique. Nouvelle édition illustrée de 12 gravures
    sur acier. _Paris, Garnier frères, [impr. Raçon], 1865._ Gr.
    in-8, à 2 col. (12 fr. 50).

Réimpression faite sur clichés. Voy. le no 737.

  750. OEUVRES CHOISIES DE PIERRE CORNEILLE. Nouvelle édition.
    _Paris, Vermot et Cie, [impr. Divry et Cie], 1867._ In-8 de IV
    et 220 pp., portr.

Réimpression faite sur clichés. Voy. le no 743.

  751. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE CORNEILLE. _Paris, Marpon, [impr.
    Dubuisson], 1867._ 2 vol. in-32 (0 fr. 50).

_Bibliothèque nationale._

T. Ier: _Le Cid, Horace_ (191 pp.).--T. IIe: _Cinna, Polyeucte_ (177
pp.).

  752. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec une histoire abrégée du
    Théâtre-Français, une biographie de l'auteur et un choix de
    notes de divers commentateurs, par D. Saucié, professeur de
    rhétorique. Nouvelle édition. _Tours, Mame et fils, 1867._ In-8
    de 383 pp. et 4 figg.

_Bibliothèque de la jeunesse chrétienne._--Réimpression sur clichés.
Voy. le no 730.

  753. OEUVRES CHOISIES DE CORNEILLE. Nouvelle édition revue.
    _Paris, Vermot, [impr. Blot], 1868._ In-8 de IV et 220 pp.,
    portr.

Réimpression faite sur clichés. Voy. le no 743.

  754. CHEFS-D'OEUVRE DE PIERRE CORNEILLE. Le Cid, Horace, Cinna,
    Polyeucte, le Menteur. _Paris, Hachette, [impr. Toinon et Cie,
    à Saint-Germain], 1868._ In-18 jésus de VII et 339 pp.

Réimpression faite sur clichés. Voy. le no 745.

  755. THÉATRE DE PIERRE ET DE THOMAS CORNEILLE, avec notes et
    commentaires. _Paris, librairie de Firmin Didot frères, fils et
    Cie, 1868._ 2 vol. in-12, portr. (6 fr.).

T. Ier: 2 ff., portr., 560 pp. et 2 ff. blancs.--T. IIe: 2 ff. et 552
pp.

Cette édition stéréotypée contient 12 pièces de P. Corneille, plus le
_Comte d'Essex_ et _le Festin de pierre_ de Th. Corneille. Le portrait
est une gravure sur bois fort grossière.

  756. OEUVRES CHOUSIES DE CORNEILLE. Nouvelle édition revue.
    _Paris, A. Rigaud, [impr. Rochette], 1869._ In-8, portr.

Édition imprimée sur les clichés de _Vermot_ (no 743).

  757. THÉATRE CHOISI DE CORNEILLE. Édition classique précédée
    d'une notice littéraire, par F. Estienne [L. Feugère]. _Paris,
    Jules Delalain, 1870._ In-18 de XV et 416 pp. (1 fr 75).

  758. THÉATRE DE CORNEILLE. Nouvelle édition, collationnée sur la
    dernière édition publiée du vivant de l'auteur. _Paris, Garnier
    frères, [impr. Lainé], 1870._ Gr. in-18 de 507 pp. (3 fr.)

Édition tirée sur clichés. Voy. le no 737.

  759. CHEFS D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, avec une histoire abrégée du
    Théâtre-Français, une biographie de l'auteur et un choix de
    notes de divers commentateurs; par M. D. Saucié, professeur de
    rhétorique au lycée de Tours. Nouvelle édition. _Tours, Mame et
    Cie_, 1870. In-8 de 383 pp. et 4 figg.

_Bibliothèque de la jeunesse chrétienne._--Réimpression sur clichés.
Voy. le no 730.

  760. THÉATRE CHOISI DE CORNEILLE, avec une notice biographique et
    littéraire et des notes, par E. Géruzez. _Paris, Hachette,
    [impr. Lahure], 1872._ In-18 jésus de LXXXVIII et 525 pp. (2
    fr. 50.)

Réimpression sur clichés. Voy. le no 747.

  761. OEUVRES CHOISIES DE P. CORNEILLE. Nouvelle édition, revue.
    _Paris, Rigaud, [impr. Martinet], 1873_. In-8 de IV et 220 pp.

Édition tirée sur clichés (voy. les nos 743 et 756). Un autre tirage
porte la date de 1874.

  762. CHEFS-D'OEUVRE DE P. CORNEILLE, précédés d'une notice sur
    l'auteur. Nouvelle édition. _Limoges, E. Ardant, 1874._
    Corneille In-8 de 232 pp., figg.

  763. OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE, précédées d'une notice sur sa
    vie et ses oeuvres, par Fontenelle. _Paris, Furne, Jouvet et
    Ce, 1875._ In-8.

Réimpression exécutée sur les clichés de _Furne_ (no 731). La
couverture imprimée porte seule la date.



XII.--ÉDITIONS DES OUVRAGES DE PIÉTÉ DE CORNEILLE

PUBLIÉES DEPUIS SA MORT JUSQU'A NOS JOURS.


I

  764. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François, par P. Corneille. _A Lyon, 1693._ In-12.

  765. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François par P. Corneille, Conseiller du Roi. Édition nouvelle
    Retouchée par l'Auteur avant sa mort. _A Brusselle, Chez
    François Foppens, au S. Esprit._ M.DCC.IV [1704]. In-12 de
    xxiij pp. prélim. (y compris une 1re fig., tirée à part et ne
    faisant pas partie du premier cahier), 1 f. pour la figure du
    premier livre, 440 pp. et 4 ff. pour la _Table_, avec 5 figg.
    en tout.

Titre rouge et noir. Les figures qui précèdent chaque livre ne
rentrent pas dans la pagination.

Au verso du dernier feuillet se trouve un extrait du privilége donné
par Philippe IV à _Foppens_, le 24 décembre 1663, avec mention de son
renouvellement le 11 octobre 1690, et cette autre mention: «Le 20.
Octobre 1703, ce Privilege a encore été renouvellé pour neuf ans sous
le Regne du Roi Philippe V.»

  766. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François par P. Corneille. _A Paris, Chez David; [ou Chez
    Charpentier; ou Chez Osmont]._ M.DCC.XV [1715], In-12.

  767. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en vers
    François. Par P. Corneille, Conseiller du Roy. Édition
    nouvelle, Retouchée par l'Auteur avant sa mort. _A Bruxelles,
    Chez François Foppens, Libraire._ M.DCC.XV [1715]. Avec
    Privilege de Sa Majesté. In-12 de xxiij pp. (y compris la 1re
    fig. qui ne fait pas partie des cahiers prélim.), 1 f.
    contenant la fig. pour le 1er livre, 440 pp., 4 ff. pour la
    _Table_ et l'_Extrait du Privilege_, avec 5 figg. en tout.

Titre rouge et noir.

L'exemplaire de cette édition que nous avons vu à la bibliothèque de
l'Arsenal contient, avant les feuillets de _Table_, un cahier de 4
ff., paginé de 1 à 8 et signé d'un astérisque, où se trouvent des
_Traductions nouvelles de quelques Psaumes_ et une _Paraphrase
nouvelle de l'Oraison dominicale_.

  768. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François, par P. Corneille. _A Nancy, Chez Abel Denys Cusson,
    1745._ In-4.

L'éditeur a placé à la suite de l'_Imitation_ la plus grande partie
des oeuvres spirituelles de Corneille, ses traductions de l'_Office de
la Vierge_, des _Sept Psaumes de la Pénitence_, des _Vêpres du
Dimanche_, des _Hymnes du Bréviaire romain_ et des _Louanges de la
Sainte-Vierge_, mais il a retranché les _Instructions chrestiennes_
tirées de l'Imitation et les _Prières chrestiennes_. Il s'est en outre
permis un grand nombre de changements, sur la foi d'un exemplaire, que
le hasard lui avait fourni. Cet exemplaire portait des corrections
manuscrites qu'il croyait pouvoir attribuer à Corneille lui-même.

  769. IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François. Par Mr Pierre Corneille, de l'Académie Françoise. _A
    Bruxelles, Chez François Foppens, Libraire._ M.DCC.L [1750].
    In-12 de 12 ff., 440 pp. et 4 ff. pour la _Table_.

Édition imprimée en France, probablement à Paris. Titre rouge et noir.
Il en existe des exemplaires avec la date de 1751.

  770. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en Vers
    François, par Pierre Corneille, Conseiller du Roy. Édition
    nouvelle, Retouchée par l'Auteur avant sa mort. _A Paris, Chez
    David_...; [ou _Chez la Veuve Gandouin, Quai des Augustins_; ou
    _Chez la Veuve Brocas & Aumont, rue Saint-Jacques;--impr. de
    Lebreton, imprimeur ordinaire du Roi_]. M.DCC.LI [1751]. Avec
    Approbation et Privilege du Roy. In-12 de 12 ff., 545 pp. et 3
    ff. pour la _Table_, plus 5 figg. de _Pocquet_.

Le privilége, dont nous trouvons le texte dans les feuillets prélim.,
est accordé pour dix ans à _Michel-Étienne David_, à la date du 13
novembre 1744. C'est un privilége général analogue à celui que nous
avons déjà signalé (no 634).

Les figures sont copiées sur celles de l'édition de 1656, in-4.

  771. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite en vers, par P.
    Corneille. _A Paris, Chez David, 1799._ In-12.

  772. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite en vers par P.
    Corneille. _Berne, Société typographique, 1800._ In-12.

L'_Imitation_ fut en outre réimprimée dans les _OEuvres de Corneille_
publiées en 1802, par Palissot (no 644); en 1817, par Renouard (no
645); en 1821, par Janet et Cotelle (no 646); en 1824, par Lefèvre (no
647).

  773. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST. Texte latin suivi de la
    traduction de P. Corneille. Paris, _Imprimerie impériale,
    1855._ Gr. in-fol., figg.

«En 1640, l'Imprimerie royale inaugurait sa fondation par une édition
de l'_Imitation_ commandée par Richelieu. En 1855, le même
établissement voulut, à l'occasion de l'Exposition universelle,
produire une oeuvre typographique monumentale, en publiant une autre
édition du même ouvrage, dans laquelle l'ornementation unirait la
richesse des détails à la sévérité du style. L'édition de 1640 est
sans doute un beau livre, mais celle de 1855 est unique sous le
rapport typographique: elle présente, en effet, une nouvelle phase des
impressions en or et en couleurs. Ici, ce ne sont plus des
encadrements se répétant à chaque page, mais des têtes de livres ou de
chapitres, et des lettres ornées conservant la même physionomie, tout
en offrant une constante diversité.

«Les ornements du texte, imprimés en or et en couleurs, comprennent un
faux-titre général, un titre avec figures en miniature, quatre
faux-titres, quatre têtes de livre, cent dix têtes de chapitre,
soixante petites vignettes, trois cents lettres ornées et
cinquante-six culs-de-lampe.

«A l'impression, les faux-titres, les têtes de livre et les têtes de
chapitre ont donné lieu à sept tirages; chacune des autres pages à
six, l'encadrement du titre à huit, et les huit petites miniatures à
vingt-quatre. Ces miniatures avaient offert à la décomposition trente
teintes différentes.»

Ainsi s'exprime le rédacteur de la _Bibliographie de la France_ au
sujet de ce volume dû au faste impérial. Nous sommes loin, quant à
nous, de partager son admiration pour cet ouvrage somptueux. Tout en
admirant la perfection des procédés mécaniques employés aujourd'hui,
nous trouvons que la décoration du volume ne s'harmonise pas avec
l'impression du texte. Nous ne comprenons pas, du reste, que l'on
veuille appliquer la chromolithographie à la décoration des livres.
Excellente pour reproduire des antiquités, des objets d'art, des
dessins d'étoffe, etc., elle nous paraît impuissante à reproduire les
enluminures des vieux manuscrits. Les couleurs sont sans relief, l'or
sans éclat, le dessin sans vigueur; l'ensemble est lourd et cotonneux;
aussi les amateurs sérieux ont-ils toujours repoussé ce genre
d'images.

Le volume sorti des presses de l'Imprimerie impériale n'a été tiré
qu'à 103 exemplaires numérotés, dont 73 ont été donnés en cadeau par
Napoléon III. Nous n'essayerons pas de calculer ce que chaque
exemplaire a coûté; il est probable que les prix auxquels
l'_Imitation_ se vend aujourd'hui ne représentent que les frais de
publication. Un exemplaire relié en mar. r., doublé de vél. blanc, est
cependant coté 3,000 fr. (Catalogue Fontaine, 1875).

  774. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en vers
    français par P. Corneille. Nouvelle édition, accompagnée du
    texte, collationnée sur les éditions originales et augmentée de
    toutes les variantes, de lettres de Corneille et d'une préface
    nouvelle, par Alex. de Saint-Albin. _Paris, J. Lecoffre, [impr.
    Raçon], 1856._ In-18.

  775. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en vers
    français par P. Corneille. _A Paris, chez Techener, place du
    Louvre, 20, [impr. Didot], 1856._ In-8.

Tirage à part des _OEuvres complètes de P. Corneille_, édition de 1855
(voy. le no 655) avec le texte latin et les lettres de Corneille au P.
Boulart.

  776. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en vers
    françois par P. Corneille. _Paris, J. Gay, 1862._ In-12.

  777. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée en vers
    français par P. Corneille. Nouvelle édition revue sur les plus
    anciennes impressions par M. Ch. Marty-Laveaux. _Paris,
    Librairie de L. Hachette et Cie, [impr. Lahure], 1862._ In-8.

Tirage à part à un seul exemplaire du t. VIIIe des _OEuvres de P.
Corneille_ publiées par M. Marty-Laveaux. Cet exemplaire a été offert
par les éditeurs à M. l'abbé Delaunay, ancien curé de Saint-Étienne du
Mont, qui avait coopéré à la publication du volume.

  778. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, traduite et paraphrasée par P.
    Corneille. _Paris, Librairie L. Hachette et Cie, 1867._ In-16.


II

  779. HEURES CONTENANT L'OFFICE DE LA VIERGE, LES SEPT PSEAUMES
    PENITENTIAUX, LES VESPRES & COMPLIES DU DIMANCHE. Le tout
    traduit en François, tant en Vers qu'en Prose, avec tous les
    Hymnes du Bréviaire Romain, mis aussi en Vers François, Et des
    Instructions et Prieres Chrestiennes, tirées du Livre de
    l'Imitation de Jésus-Christ. Par P. Corneille. _A Paris, Chez
    Claude Blageart, Court-Neuve du Palais, au Dauphin_. M.DC.LXXXV
    [1685]. Avec Approbation, & Privilege du Roy. In-12 de 8 ff.,
    528 pp. et 2 ff.

Collation des feuillets prélim.: titre;--1 f. d'_Errata_;--5 pp. pour
l'épître _A la Reine_;--5 pp. de Prières pour le Roi, la Reine et le
Dauphin;--1 f. pour les _Approbations_.

Le privilége occupe les deux derniers feuillets. Il se termine par un
rappel de la cession faite par Corneille à _Jolly_, _de Luyne_ et
_Billaine_, et de l'achevé d'imprimer du «15. jour de Janvier mil six
cens septante.»

  780. HEURES CONTENANT L'OFFICE DE LA VIERGE, LES SEPT PSEAUMES
    PENITENTIAUX, LES VESPRES & COMPLIES DU DIMANCHE. Le tout
    traduit en François, tant en Vers qu'en Prose, avec tous les
    hymnes du Bréviaire Romain, mis aussi en Vers François, Et des
    Instructions et Prieres Chrestiennes, tirées du Livre de
    l'Imitation de Jésus-Christ. Par P. Corneille. _A Paris, Chez
    Jean Guignard._ M.DC.LXXXXVIII [1698]. In-12.



XIII.--EXTRAITS DES OUVRAGES DE CORNEILLE.


  I.--EXTRAITS DES OUVRAGES DE CORNEILLE EN GÉNÉRAL.

  781. LA FLEUR DES CHANSONS AMOUREUSES DE CE TEMPS. _A Rouen, chez
    Adrien de Launay. S. d. [vers 1640]_, in-12.

On y trouve, p. 7, la chanson:

    Si je perds bien des maistresses,
    J'en fais encor plus souvent....

  782. NOVVEAU RECVEIL || de || Chansons || et Airs de Covr|| pour
    se diuertir agreablement. || _A Paris || Chez Marin Leché, au
    pre- || mier Pillier de la grand'Salle du || Palais au Soleil
    d'Or._ || 1656. || Auec Permission. In-12 de 163 pp., y compris
    le titre.

Ce recueil, très-incorrectement imprimé, mais rare et curieux,
contient, pp. 51 sq., l'_Air chanté aux grandes Machines d'Andromede à
la gloire de nostre Monarque_, fragment extrait de l'_Andromède_ de
Corneille, vers 75-89.

  783. RECUEIL || DE POESIES || CHRESTIENNES || ET || DIVERSES. ||
    Dedié à Monseigneur le Prince || de Conty. || Par M. de la
    Fontaine. || _A Paris, || Chez Pierre le Petit, Imprimeur &
    Libr. || ordinaire du Roy, rue saint Jacques || à la Croix
    d'or._ || M.DC.LXXI [1671]. || Avec Privilege de Sa Majesté. 3
    vol. in-12.

[_Tome I._]: frontispice gravé représentant un autel sur lequel
s'appuient deux grandes figures: la Religion et la Charité; un
cartouche placé au centre porte ces mots: _Poesies chrestiennes_; en
bas l'adresse de _P. le Petit_;--titre imprimé;--1 f. pour l'_Epistre_
«A Monseigneur le Prince de Conty»;--8 ff. pour la _Préface_ et
l'_Avertissement_;--1 f. pour le _Privilége_;--5 ff. pour la _Table_;
ensemble 17 ff. et 418 pp.

_Tome II._: frontispice gravé représentant un cartouche surmonté d'une
lyre et soutenu par Apollon et par la Renommée; on lit au centre:
_Poesies diverses_, et, en bas, l'adresse du libraire;--titre
imprimé;--5 ff. pour la _Table_;--424 pp.;--4 ff. pour l'_Extrait des
endroits changez dans les Ouvrages de M. de Malherbe_ et le
_Privilége_.

_Tome III._: frontispice gravé représentant un cartouche dans lequel
on lit: _Poesies Diverses_; en bas l'adresse de _P. le Petit_ et la
date de 1663, qui montre que la planche avait servi pour une
publication antérieure;--titre imprimé;--3 ff. pour la _Table_ et 368
pp.

Le privilége, daté du 20 janvier 1669, porte ce qui suit: «Nostre cher
et bien amé _Pierre le Petit_ nostre Imprimeur ordinaire, nous a fait
remonstrer qu'il luy a esté mis entre les mains par Lucile Helie de
Breves, un livre intitulé _Recueil de Poesies Chrestiennes et
Diverses_, etc., à ces causes desirant favorablement traiter
l'Exposant, considerant qu'il a plus de droit qu'aucun autre Libraire
d'imprimer ledit Recueil, d'autant que la plus grande partie des
pieces dont il est composé ont déjà esté imprimées par luy avec nostre
permission; et que les autres pieces que l'Auteur a tirées de divers
ouvrages pour perfectionner ledit Recueil, sont en si petit nombre
qu'elles ne peuvent faire aucun tort aux Livres dont elles sont
prises, puis qu'il l'a fait de concert avec les Auteurs vivans; et que
les pieces qui s'y rencontrent des Auteurs qui sont morts ne
prejudicient à personne, la pluspart des Privileges des Livres dont
elles sont tirées estant expirez: Et de plus qu'il y a quantité de
pieces nouvelles qui n'ont point encore veu le jour, lesquelles font
une des principales parties dudit Recueil...» Le privilége est en
conséquence accordé pour sept ans à _P. le Petit_. On lit à la fin:
_Achevé d'imprimer pour la premiere fois le vingtiéme jour de Decembre
1670._

On voit, par l'extrait qui précède, que La Fontaine n'eut d'autre part
à la publication de ce recueil que la préface et la dédicace qu'il y
ajouta.

Les extraits de Corneille sont contenus dans le t. IIIe; en voici la
liste:

                                                                Pages.


  _Remerciment à M. le Cardinal Mazarin_                              87

  _Remercîment presenté au Roy_                                       89

  _La Poésie à la Peinture_. En faveur de l'Académie des Peintres
  illustres                                                           93

  _Traduction de l'Epigramme latine de M. de Montmor_                 96

  _Excuse à Ariste_                                                   97

  _Endroits choisis de ses pieces de theatre._

  Conqueste de la Toison d'Or                                        100

  _Le Cid._ Chimene fait le recit de la mort de son pere             101

  _Horace._ Apostrophe de Sabine à Rome                              102

  Entretien d'Horace et de Curiace nommez pour se battre             103

  Adieu de Curiace au vieil Horace                                   105

  Douleur du vieil Horace sur le faux bruit de la fuite de
    son fils                                                     _ibid._

  _Cinna._ Peinture du Triumvirat. Cinna fait le récit de sa
    conjuration.                                                     107

  Auguste veut se démettre de l'Empire                               109

  Entretien d'Auguste et de Cinna, tiré de Seneque                   110

  _Polyeucte._ Songe de Pauline                                      113

  Entretien de Polyeucte et de Nearque                               114

  Entretien de Polyeucte avec sa femme                               116

  Belle peinture des premiers Chrestiens                             121

  _Pompée._ Teste de Pompée presentée à Cesar                    _ibid._

  _Heraclius._ Misere des Tyrans                                     122

  Plainte de Phocas qui ne peut reconnoistre son fils            _ibid._

  _Nicomede._ Les trop grands services sont des reproches            123


  784. RECUEIL || DE POËSIES || CHRÊTIENNES || ET || DIVERSES. ||
    Dedié à Monseigneur le Prince || de Conty. || Par M. de la
    Fontaine. || A _Paris, || Chez Jean Couterot, rue S. Jacques,
    || à l'Image Saint Pierre._ || M.DC.LXXIX [1679]. || Avec
    Privilege de Sa Majesté. 3 vol. in-12.

[_Tome I._]: frontispice gravé, 16 ff. et 424 pp.--On lit à la fin:
_Permis d'imprimer. Fait ce 20. Décembre 1678._ DE LA REYNIE.

_Tome II._: frontispice gravé; 6 ff.; 424 pp. et 4 ff.

_Tome III._: frontispice gravé; 4 ff. et 368 pp.

Cette édition est la même que la précédente, dont elle ne se distingue
que par un détail. Les titres ont été refaits, et l'on a ajouté au t.
Ier 6 pp. cotées 419-424, qui contiennent des _Stances chrétiennes_ de
l'abbé Testu sur divers passages de l'Écriture sainte et des Pères.

  785. RECUEIL || DE POËSIES || CHRÊTIENNES || ET || DIVERSES. ||
    Dedié à Monseigneur le Prince || de Conty. || Par M. de la
    Fontaine. || _A Paris, || Chez Jean Couterot, rue S. Jacques,
    || à l'Image saint Pierre._ || M.DC.LXXXII [1682]. || Avec
    Privilege de Sa Majesté. 3 vol. in-12.

Ces trois volumes ne se distinguent des précédents que par le
rajeunissement du titre. Les feuillets complémentaires du t. Ier sont
en tout semblables à ceux que nous avons décrits sous le no 784.

  786. CHOIX DE POESIES MORALES ET CHRÉTIENNES DES POETES DE NOS
    JOURS, dédié à Monseigneur le Duc d'Orléans, Premier Prince du
    sang [par Claude Le Fort de la Morinière]. _A Paris, Chez
    Bruassin, 1740._ 3 vol. in-8.

Les extraits de Corneille remplissent la moitié du livre cinquième,
pp. 214-244.

  787. ESPRIT DU GRAND CORNEILLE, extrait de ses oeuvres
    dramatiques, dédié à M. de Voltaire, [par Charlier]. _Bouillon,
    1773._ 2 vol. in-8.

  788. LEÇONS FRANÇAISES DE LITTÉRATURE ET DE MORALE, ou RECUEIL EN
    PROSE ET EN VERS DES PLUS BEAUX MORCEAUX DE NOTRE LANGUE, par
    MM. Noël et Delaplace. Vingt-septième édition. _Paris, Mme
    veuve Lenormant, 1847._ 2 vol. in-8.

Ce recueil, dont la première édition avait paru en 1802, contient
divers morceaux de Corneille.

  789. LA MORALE DES POËTES, ou PENSÉES EXTRAITES DES PLUS CÉLÈBRES
    POËTES LATINS ET FRANÇAIS, par Moustalon. _Paris, Lebel et
    Gaitelle, 1809._ In-12.

Il y a des additions dans la 3e édition de cet ouvrage (_Paris,
Boulland_, 1823, 2 vol. in-12, fig.).

  790. MORCEAUX CHOISIS de Corneille, Molière, La Fontaine,
    Quinault, Boileau, Deshoulières, Racine, Regnard, Jean-Baptiste
    Rousseau, Crébillon, Racine le fils, Voltaire, Gresset,
    Saint-Lambert, Delille; par P.-J. Chateau, professeur de
    belles-lettres, auteur du _Traité de la Prosodie italienne_. _A
    Paris, chez l'Éditeur, rue du Cherche-Midi, no 40, [impr.
    Gratiot], 1814._ In-12.

  791. LE MIROIR DU COEUR HUMAIN, OU L'ABEILLE DRAMATIQUE. Recueil
    d'observations et de pensées ingénieuses, morales et amusantes,
    tirées des Auteurs dramatiques français et formant une suite de
    préceptes pour se conduire dans la société, réunies en forme de
    dictionnaire, sous les mots qui leur sont propres; par E.-M.-J.
    Lepan. _A Paris, chez Cordier, Belin-Leprieur, Janet père,
    1815._ In-12 de XII et 204 pp.

L'auteur a mis P. Corneille à contribution pour les mots: _Abus_,
_allégresse_, _amans_, _ami_, _amour_, _amour-propre_, _avenir_,
_bienfaits_, _biens_, _comédie_, _confiance_, etc.

  792. L'ESPRIT DU GRAND CORNEILLE, ou Extrait raisonné de ceux des
    ouvrages de P. Corneille qui ne font pas partie du recueil de
    ses chefs-d'oeuvre dramatique, pour servir de supplément à ce
    recueil et au commentaire de Voltaire; par M. le comte François
    de Neufchâteau, l'un des quarante de l'Académie française, etc.
    _Paris, Pierre Didot, 1819._ In-8.

  793. Le Citateur dramatique, ou Choix de maximes, sentences,
    axiomes, apophthegmes et proverbes, en vers, contenus dans tout
    le Répertoire du Théâtre-Français, recueillis par Léonard
    Gallois. _Paris, Barba, 1822._ In-18.

Cette compilation a eu plusieurs éditions; la dernière (_Paris,
Ledoyen_, 1829, 2 vol. in-18) est considérablement augmentée.

  794. CHEFS-D'OEUVRE DRAMATIQUES FRANÇAIS, ou Cours de lectures
    dramatiques françaises, fait à Londres, au commencement de
    l'année 1830, accompagné du discours d'ouverture, de celui de
    clôture, et de notices littéraires sur les auteurs des pièces
    contenues dans ce recueil; par C.-J. Dupont, professeur de
    langue française. _Paris, Delaunay, 1831._ 2 vol. in-12.

  795. MORCEAUX CHOISIS DES CLASSIQUES FRANÇAIS, à l'usage des
    classes supérieures. Chefs-d'oeuvre des prosateurs et des
    poëtes du xviie et du xviiie siècles, recueillis et annotés par
    M. Léon Feugère. Ouvrage spécialement destiné aux classes de
    rhétorique, de seconde et de troisième des lycées et colléges.
    2e édition. 2e partie. Chefs-d'oeuvre de poésie. _Paris,
    Delalain, 1853._ In-12 (3 fr. 50).

Cet ouvrage a été fréquemment réimprimé depuis sur les mêmes clichés.

  796. CHEFS-D'OEUVRE DES CLASSIQUES FRANÇAIS du xviie siècle, ou
    Extraits de nos meilleurs écrivains en prose, avec des notices
    et des explications par MM. Aurélien de Courson et Vallery
    Radot, conservateur et bibliothécaire à la Bibliothèque
    impériale du Louvre. Classes supérieures. _Paris, Plon, 1852._
    In-12.

  797. LA FRANCE LITTÉRAIRE. Morceaux choisis de littérature
    française ancienne et moderne; recueillis et publiés par L.
    Herrig et G.-F. Burguy. _Brunsvic, Georges Westermann, 1856._
    In-8 de XI et 697 pp., impr. à 2 col.

Ce volume contient, pp. 179-203, les quatre premiers actes d'_Horace_,
et des fragments du _Cid_ et de _Cinna_, reproduits avec l'orthographe
usitée dans l'édition de 1682.

  798. POÉSIES. Lectures choisies. Racine, Corneille, Lebrun, La
    Fontaine, Delille, Lamartine, Soumet, Guiraud, Le Bailly, etc.
    3e édition revue et augmentée par Ad. Rion. _A Paris, rue
    Hautefeuille, et chez tous les libraires, 1856._ Gr. in-16.

Ce petit recueil a eu depuis 1856 de nombreux tirages.

  799. UURVAL UR FRANSKA LITTERATUREN, till dess vänners och den
    studerande ungdomens tjents, efter tidsföljd utarbetadt af
    Öfverst-Löjtnant F. N. Staaf, f. d. lärare vid Kongl.
    Krigs-Akademien, Officer af Franska Universitetet. Fjerde
    upplagan. _Stockholm, E. T. Bergegren, 1873._ 6 vol. in-8.

Ce vaste recueil, dont la première édition est de 1859, n'a pas moins
de 3,520 pp. Les clichés exécutés à Paris ont servi à la publication
d'une édition destinée à la France et qui porte le titre suivant: _La
Littérature française, depuis la formation de la langue jusqu'à nos
jours_; Paris, Didier, 1865, 1869, 1870 et 1874, 6 vol. in-8. Le t.
Ier contient des extraits de Corneille.

  800. LES POËTES FRANÇAIS. Recueil des chefs-d'oeuvre de la Poésie
    française depuis les origines jusqu'à nos jours, avec une
    notice littéraire sur chaque poëte, par MM. Charles
    Asselineau--Hippolyte Babou--Charles Baudelaire--Théodore de
    Banville--Philoxène Boyer--Charles d'Héricault--Édouard
    Fournier--Théophile Gautier--Jules Janin--Louis Moland--A. de
    Montaiglon--Léon de Wailly, etc. Précédé d'une Introduction par
    M. Sainte-Beuve de l'Académie française. Publié sous la
    direction de M. Eugène Crépet. _Paris, Gide, 1861-1862._ 4 vol.
    gr. in-8.

Le tome IIe de ce recueil contient, pp. 576-588, une notice sur
Corneille par M. Eugène Noël, un extrait de l'_Imitation_ (livre IIIe,
ch. IIe); les stances _Au Roi_, _sur Cinna_, _Pompée_, _Horace_,
_Sertorius_, _OEdipe_, _Rodogune_, _qu'il a fait représenter à
Versailles en 1676_; les stances: _Marquise, si mon visage A quelques
traits un peu vieux_, etc.; enfin les _Stances de don Rodrigue_.

  801. MANUEL DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE des XVIIe, XVIIIe et XIXe
    siècles, par C. Ploetz, docteur en philosophie, ancien premier
    professeur au Collége français de Berlin. Seconde édition,
    revue et augmentée. _Berlin, F.-A. Herbig, 1867._ In-8.

Ce recueil contient, pp. 1-54, des fragments du _Cid_, d'_Horace_, de
_Cinna_ et de _Polyeucte_.

  802. EXTRAITS DES CLASSIQUES FRANÇAIS. Dix-septième, dix-huitième
    et dix-neuvième siècles. Accompagnés de notes et notices par
    Gustave Merlet, professeur de rhétorique au Lycée Descartes. A
    l'usage de tous les établissements d'instruction. Deuxième
    Partie: Poésie. _Paris, Librairie classique de Ch. Fouraut et
    fils, 1871._ In-12, de 2 ff., VIII et 576 pp.

Les extraits de Corneille occupent les pp. 48-79 de ce volume.

Nous arrêtons ici cette énumération, bien qu'il fût facile de citer
des centaines de chrestomathies françaises, dans lesquelles se
trouvent des fragments de Corneille.


II.--EXTRAITS PARTICULIERS DE L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST.

  803. LE CHEMIN DU SALUT; dévotion des âmes sincères et
    pénitentes, par P. Corneille, et selon la Bible. Dédié aux
    Français régénérés. _A Paris, l'an IX de la République, et en
    commission à Berne, chez la Société typographic_ [sic], [_de
    l'Imprimerie des citoyens Hignou et Comp._]. In-32.

«Les 148 premières pages de ce volume sont des extraits des quatre
premiers livres de l'_Imitation_ de Corneille. On remarque çà et là
d'assez singulières variantes, dont quelques-unes sont simplement des
fautes d'impression, d'autres des changements faits à dessein, pour
corriger, améliorer. Ainsi, à la page 6, au vers 75 du livre I, «un
paysan stupide» a été remplacé par «un simple paysan;» à la page 10,
au vers 191 du même livre:

    Plus lors sa connaissance est diffuse et certaine,

On a substitué _majeure_ à _diffuse_.» MARTY-LAVEAUX, tome XIIe, p.
536.

  804. NOUVELLES HEURES A L'USAGE DES ENFANTS, depuis l'âge de cinq
    ans jusqu'à douze; contenant: 1º des Prières pour le premier
    âge; 2º des Prières pour l'âge de sept ou huit ans, et des
    Méditations chrétiennes à la portée de cet âge; 3º l'Ordinaire
    de la sainte Messe, Vêpres et Complies et les Litanies de
    Saints; 4º un Examen de conscience pour l'Enfance; 5º des
    Prières pour la Confession et la première Communion; 6º sept
    Méditations pour la semaine sainte; un petit Recueil de vers,
    tirés de la traduction de l'_Imitation de Jésus-Christ_, par P.
    Corneille, etc. _Paris, chez Maradan, 1801._ In-18 de 248 pp.

  805. EXTRAITS DE L'IMITATION, mise en vers par P. Corneille.
    Seconde édition. _A Paris, chez Fabre, libraire, palais du
    Tribunat, galerie de Bois, no 220_; _Gagnard, rue Mazarine, no
    1604, Ventose, an_ XI [1802]. In-8 de 2 ff., 34 pp. et 1 f.
    blanc.

On trouve à la fin le nom de l'éditeur, J.-F. Sobry.

  806. IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, ouvrage immortel de Thomas de
    Kempis, en vers et en prose; la partie poétique du grand Pierre
    Corneille; et suivie de quelques autres morceaux choisis.
    _Lyon, [Lausanne, de l'imprimerie des cit. Hignou et
    Compagnie], 1802._ Pet. in-12 de 576 pp.

Les passages tirés de Corneille remplissent les 148 premières pages,
sous le nom de _Chemin du Salut_.

«Cet ouvrage, dit Barbier (_Dissertation sur soixante traductions
françaises de l'Imitation_, p. 111), est rédigé dans les principes du
protestantisme; il est une des preuves que l'Église protestante a dans
son sein des mystiques, comme l'Église catholique.»

  807. LA MORALE DES FAMILLES CATHOLIQUES, par Pierre Corneille:
    fragmens offerts de sa traduction de l'Imitation de
    Jésus-Christ. Publié par M. Ch. de Chantal. _Paris, Perisse,
    rue du Pot-de-fer, no 8, et Debécourt, [impr. de Pillet aîné],
    1843._ In-18 (0 fr. 75).

Dédié à M. Onésime Leroy.

  808. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST. Nouvelle édition, avec des
    réflexions, des pratiques nouvelles et des extraits de la
    traduction de Pierre Corneille, par M. l'abbé L. Bautain,
    vicaire général de Paris, etc. _Paris, Furne, [impr. de
    Benard], 1852._ Gr. in-8, figg. (12 fr. 50).

L'ouvrage, orné de 6 gravures et de 125 sujets gravés sur bois et
imprimés dans le texte, a paru aussi en 25 livraisons à 50 c.

  809. L'IMITATION DE JÉSUS-CHRIST. Nouvelle édition, avec des
    réflexions, des pratiques nouvelles et des extraits de la
    traduction de Pierre Corneille; par M. l'abbé L. Bautain,
    vicaire général de Paris, Promoteur du Diocèse, Membre du
    Conseil académique, Supérieur de la Maison de Juilly, Docteur
    en théologie, en médecine et ès-lettres, etc., etc. _Paris,
    Furne, [impr. J. Claye], 1855._ In-18 de XVI et 524 pp., front.
    grav. et figg.

Les figures, au nombre de 5, sont gravées d'après Overbeck et Chazal.



XIV.--PIÈCES DE CORNEILLE REMANIÉES OU RETOUCHÉES

PAR DIVERS AUTEURS.

  810. MES RÉCRÉATIONS DRAMATIQUES [par Tronchin, de Genève].
    _Genève, Bonnant, 1779-1784._ 5 vol. in-8.

Les quatre premiers volumes furent réimprimés en 1780, sous le titre
développé de: _Mes Récréations dramatiques, ou Choix des principales
tragédies du grand Corneille, auxquelles on s'est permis de faire des
retranchements, en supprimant ou raccourcissant quelques scènes, et
substituant des expressions modernes à celles qui ont vieilli_;
_précédé de quatre tragédies nouvelles de l'éditeur_; Paris, Moutard,
1780, in-8.

_Le Cid_ est réduit de 600 vers; sur ceux qui restent, 480 ont été
retouchés ou remplacés.

_Cinna_ est abrégé de 406 vers et présente 435 retouches, etc.

  811. SIX TRAGÉDIES DE PIERRE CORNEILLE, retouchées pour le
    théâtre. _Paris_, an X-1802. In-8.

Cette retouche, véritable profanation, est l'oeuvre de Louis Delisle,
ancien conseiller au parlement de Provence, et d'Audibert de
Marseille; ces deux auteurs, qui n'ont pas eu le courage de signer
leur oeuvre, ont arrangé, ou plutôt massacré: _Sertorius_, _Nicomède_,
_La Mort de Pompée_, _Polyeucte_, _Les Horaces_ (réduits en 2 actes),
_Rodogune_. L'éditeur fut, dit-on, _Maradan_, qui, lui non plus, n'osa
mettre son nom sur le titre.

Une _Édition plus correcte_, publiée la même année, contient une
septième pièce: _Héraclius._

  812. CORNEILLE AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE, OU OEUVRES DE PIERRE
    CORNEILLE, REMISES A LA SCÈNE, par F. Brunot, membre de
    plusieurs sociétés savantes, en 1804. Avec des changements
    nécessités par ceux de la langue et d'après les commentaires de
    Voltaire, et les remarques de M. Palissot sur ces commentaires.
    Msc. in-4 de 244 ff.

Bibliothèque nationale (Msc. franç., no 15078).

Les pièces remaniées par Brunot sont les suivantes: _Sophonisbe_,
_Pulchérie_, _Nicomède_ et _Horace_. Voici, à titre d'exemple, comment
il a modifié le fameux vers du vieil Horace:

                            Qu'il mourût,
    Ou que sa propre main alors te secourût.

  813. OEUVRES CHOISIES DE CORNEILLE. Édition épurée [_sic_].
    _Paris, Lehuby, rue de Seine, [impr. Duvergier], 1845._ In-12.

Cette édition fait partie de la _Bibliothèque littéraire de la
jeunesse_, et contient 20 dessins.

  814. OEUVRES CHOISIES DE CORNEILLE. Édition épurée, illustrée de
    vingt dessins de M. Célestin Nanteuil, gravés par MM. Brevière,
    Trichon, etc. _Paris, Lehuby, [impr. H. F. Didot, au Mesnil,
    Eure], 1859._ Gr. in-8 de 511 pp.

VIII

  815. L'ILLUSION COMIQUE, arrangée par M. Édouard Thierry.

M. Édouard Thierry a fait représenter sur le Théâtre-Français, le 6
juin 1861, un arrangement de cette pièce, qu'il a justifié lui-même de
la manière suivante (_Moniteur universel_ du 3 juin 1861):

«N'y eût-il dans l'_Illusion_ que ce cri d'orgueil, ou plutôt ce cri
de bonheur jeté par Corneille à l'heure où son génie se réveille et
prend possession de lui-même, il me semble que la pièce valait la
peine d'être reprise au moins une fois, et pour l'anniversaire de la
naissance du grand ancêtre. Je l'ai cru et je le crois encore, puisque
la représentation aura lieu jeudi prochain.» Malgré cette opinion
favorable, M. Thierry a pensé que certaines scènes de l'_Illusion_ ne
pouvaient plus supporter la représentation, et les a remplacées par
des fragments de _Don Sanche_.

IX

  816. LE CID, tragédie de P. Corneille, arrangée par J.-B.
    Rousseau(?).

Un anonyme, que l'on a cru être J.-B. Rousseau, fit représenter le
_Cid_ en 1728, en supprimant le rôle de l'Infante et quelques vers
qu'il jugeait inutiles à l'action. Ces changements furent dès lors
admis par la Comédie-Française, et, malgré le respect dû à Corneille,
le public a paru donner raison à Rousseau. Son arrangement a été
reproduit dans le recueil suivant:

PIÈCES DRAMATIQUES choisies et restituées, par Monsieur *** [J.-B.
Rousseau?]. _Amsterdam, François Changuion, 1736._ In-12, titre grav.

Ce recueil contient: _Le Cid_, par P. Corneille; _Don Japhet
d'Arménie_, par Scarron; _Marianne_, par Tristan l'Hermite; _Le
Florentin_, par Champmeslé (et La Fontaine).

L'auteur de cette «restitution» a supprimé, dans le _Cid_, les trois
rôles de l'Infante, de Léonor et du Page. Il a dû, pour opérer ce
retranchement, faire de nombreuses coupures dans les autres rôles,
faire disparaître notamment tous les passages dans lesquels Chimène
s'adresse à l'Infante. Il a intercalé, au deuxième acte, en tête de la
scène entre don Fernand, don Arias et don Sanche, les deux vers
suivants:

    Quoi! me braver encore après ce qu'il a fait!
    Par la rébellion couronner son forfait!

Les deux vers que prononce l'Infante au commencement de la dernière
scène de la pièce:

    Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesse
    Ce généreux vainqueur des mains de ta princesse.

sont remplacés par les deux vers suivants, mis dans la bouche de don
Fernand:

    Approche-toi, Rodrigue, et toi, reçois, ma fille,
    De la main de ton roi, l'appui de la Castille.

Ces vers sont imprimés entre guillemets dans l'édition que nous
citons. Jusqu'à ces dernières années, ainsi que nous l'avons déjà dit
(voy. ci-dessus, no 10), ils ont été fidèlement récités dans toutes
les représentations données au Théâtre-Français.

  817. RÉFLEXIONS GRAMMATICALES RESPECTUEUSEMENT HASARDÉES SUR
    QUELQUES ENDROITS DE LA TRAGÉDIE DU CID, par Lekain.

_Mémoires de Lekain, précédés de Réflexions sur cet acteur et sur
l'art théâtral_, par F. Talma; Paris, Ponthieu, 1825, in-8, pp. 40-46.

Lekain s'est proposé dans ces _Réflexions_ de corriger quelques
«fautes grammaticales» échappées à Corneille et de remédier au manque
de liaison que la suppression du rôle de l'Infante produisait entre
les scènes. Voici, par exemple, les vers qu'il intercale à la fin de
la scène IIe de l'acte IVe, pour motiver la scène de Chimène:

    ELVIRE.

        Madame, c'est assez d'éteindre votre flamme;
    Rodrigue est trop puni, s'il n'est plus dans votre âme.

    CHIMÈNE.

    S'il n'est plus dans mon âme!... Ah! ciel! tu peux penser
    Que jamais....

    ELVIRE.

                    Il vient.

    CHIMÈNE.

                              Dieux! fuyons sans balancer.

Les autres corrections de Lekain sont malheureusement de la même
force.

  818. Le Cid, tragédie en cinq actes, de Pierre Corneille, changée
    sur les observations de l'Académie française. _Lausanne, 1780._
    In-8.

XIII

  819. LE MENTEUR, comédie en cinq actes, nouvellement mise en vers
    libres, par M. Collé, Lecteur de S. A. S. Monseigneur le Duc
    d'Orléans, premier Prince du sang. Prix 30 sols. _A Paris, Chez
    P. Fr. Gueffier, au bas de la rue de la Harpe, à la Liberté._
    M.DCC.LXX [1770]. Avec Approbation, & Privilége du Roi. In-8 de
    96 pp.

Dans une _Préface_, Collé expose les raisons qui l'ont déterminé à
entreprendre cet ouvrage. Voici à quoi elles se réduisent. «C'est,
dit-il, à tenter d'être encore utile au théâtre, dans un âge assez
avancé, pour n'y pouvoir plus rien donner de neuf de moi-même; c'est,
en rajeunissant d'anciennes bonnes comédies, à tâcher de mériter, pour
tout fruit de mes peines, le peu de gloire que l'on peut en retirer;
et qui, peut-être encore, sera refusée à un travail aussi ingrat.»

XIV

  820. LA SUITE DU MENTEUR, comédie de Pierre Corneille, retouchée
    et réduite en quatre actes; avec un Prologue; par Andrieux, de
    l'Institut national, Représentée sur le Théâtre de la rue de
    Louvois, pour la première fois, le 26 germinal de l'an II. Prix
    1 fr. 50. _A Paris, Chez Madame Masson, Éditeur de Pièces de
    Théâtre, rue de l'Échelle, no 558, au coin de celle
    Saint-Honoré. Et au Bureau de la Décade philosophique, rue de
    Grenelle-Saint-Germain, en face de la rue des Saints-Pères, no
    321. Imprimerie de Chaignieau aîné._ An XI-1803. In-8 de 88 pp.

Voltaire constate que la _Suite du Menteur_ fut assez mal accueillie,
et il ajoute: «Serait-il permis de dire qu'avec quelques changements
elle ferait au théâtre plus d'effet que le _Menteur_ lui-même?»
Andrieux releva ces paroles et voulut essayer les changements
conseillés par Voltaire. Il mit la pièce en quatre actes et la fit
représenter, sous cette forme nouvelle, le 26 germinal an XI (16 avril
1803), au théâtre Louvois. Le prologue mettait en scène: le directeur
du théâtre (_Picard_), l'auteur de la pièce (_Barbier_), Dorante
(_Devigny_), Cliton (_Picard jeune_), Cléandre (_Dorsan_), Philiste
(_Barbier_), Jasmin (_Picard_), le Prévôt de la maréchaussée
(_Bosset_), Mélisse (_Mlle Delille_) et Lise (_Mlle Molière_).
L'arrangement eut assez de succès, mais ne contenta pas encore
l'auteur, qui remit la comédie en cinq actes et la donna sur le
théâtre de l'Odéon (alors théâtre de l'Impératrice), le 29 octobre
1808.

  821. LA SUITE DU MENTEUR. Comédie en cinq actes, en vers, de P.
    Corneille, avec des changements et additions considérables, et
    un Prologue, par F. G. J. S. Andrieux. _Paris, Barba, 1810._
    In-8.

Cet arrangement se trouve dans les _OEuvres de
François-Guillaume-Jean-Stanislas Andrieux_ (Paris, Nepveu, 1818-1823,
4 vol. in-8).

XX

  822. DON SANCHE D'ARAGON. Comédie héroïque de P. Corneille, mise
    en trois actes par Mégalbe, représentée ainsi réduite pour la
    première fois au Théâtre-Français, le 15 avril 1833. _Paris,
    Barba, Hautecoeur, Martinet, [impr. Moessard], 1833._ In-8.


M. Magnin (_Revue des Deux-Mondes_ du 1er mars 1844) a rendu compte
assez favorablement de cette réduction due à M. Planat. Le nouveau
_Don Sanche_ ne compte plus que 1,056 vers, savoir: 427 vers de
Corneille sans changement; 102 vers altérés; 527 vers, soit
précisément la moitié, composés de toute pièce par M. Planat.


  823. DON SANCHE D'ARAGON. Comédie héroïque de P. Corneille, mise
    en trois actes par P. Planat. Représentée ainsi réduite pour
    la première fois au Théâthre-Français, le 15 avril 1833.
    Seconde édition. _Paris, Tresse, Palais-Royal, [impr.
    Moessard], 1844._ In-8.

Édition publiée à l'occasion de la reprise de la pièce le 17 février
1844. _Mlle Rachel_ remplaça _Mlle Rose Dupuis_, dans le rôle
d'Isabelle, mais elle y produisit si peu d'effet que la pièce ne fut
donnée que cinq fois.

XXII

  824. OBSERVATIONS SUR LA TRAGÉDIE DE NICOMÈDE, par Lekain.

_Mémoires de Lekain_; Paris, Ponthieu, 1825, in-8, pp. 46-101.

Les changements proposés par Lekain pour _Nicomède_ ne valent guère
mieux que ceux qu'il avait introduits dans le _Cid_ (voy. le no 817).
Ils prouvent, comme dit Andrieux, que «l'art de Lekain était de jouer
la tragédie, de réciter les vers, et non de les composer».

  825. CHANGEMENT PROPOSÉ POUR LA TRAGÉDIE DE NICOMÈDE, de P.
    CORNEILLE, par Andrieux.

Cet arrangement, imprimé d'abord à la suite à'_Anaximandre, ou le
Sacrifice aux Grâces, comédie en un acte_ [par Andrieux]. Paris,
Léopold Collin, 1805, in-8, a été reproduit dans les _OEuvres de
François-Guillaume-Jean-Stanislas Andrieux_ (Paris, Nepveu, 1818-1823,
4 vol. in-8).

Andrieux raconte, dans un avant-propos, que l'idée de ces changements
lui vint dans une conversation qu'il eut un soir avec Talma. Il lui
parla «du chagrin qu'on éprouvait quelquefois, aux représentations de
certaines tragédies de Corneille, lorsque, auprès des plus sublimes
beautés, on trouvait des disparates fâcheuses, des expressions
vieillies ou triviales, qui faisaient murmurer ou sourire l'auditoire.
Nous désirions tous deux, ajoute-t-il, qu'il y eût moyen de faire
cesser cette espèce de scandale.»

Andrieux entreprit donc de remanier _Nicomède_, ce qui lui eût été
impossible s'il se fût proposé de faire des vers cornéliens, «mais il
ne s'agissait que de supprimer des longueurs, d'ôter des trivialités,
de polir des vers incorrects.» Il voulut faire ce travail moins pour
le public que pour Corneille, sans rien sacrifier de l'énergie de
l'original, et l'on peut dire que si l'on pouvait accepter le principe
des changements, ceux qu'il propose seraient parfois assez heureux;
mais aujourd'hui l'on comprend autrement la critique littéraire et
l'on tend de plus en plus à respecter le texte des classiques, même
dans les endroits les plus faibles.

Les changements d'Andrieux furent adoptés au Théâtre-Français en 1804
et en 1805; «ils ont complétement réussi, dit l'auteur; ils sont
inscrits sur l'exemplaire de la comédie et paraissent adoptés pour
toujours.» Nous croyons que cette espérance ne s'est pas réalisée, et
que, lors de la reprise de _Nicomède_ par M. Beauvallet, le 6 juin
1861, les acteurs s'en sont tenus au texte de Corneille.



XV.--TRADUCTIONS OU IMITATIONS DES OUVRAGES DE CORNEILLE EN DIVERSES
LANGUES.


I. Traductions en latin.

XI

  826. LA CLÉMENCE D'AUGUSTE, tragédie, 1715.

Traduction latine de _Cinna_, représentée au Collège de Navarre, 17
août 1715, avec un épilogue en vers français.

XII

  827. LE COMBAT DE L'AMOUR DIVIN ET DE L'AMOUR PROFANE, ballet,
    1680.

Traduction abrégée de _Polyeucte_, représentée au Collège d'Harcourt,
le 8 août 1680. Nous n'avons pas retrouvé l'édition qui est citée au
Catalogue Soleinne (t. IIIe, no 3646), en même temps que la pièce qui
précède. Le titre latin doit être: _Duellum Amoris divini et profani._

XXXIV

  828. GRATIARVM ACTIO || Eminentissimo Cardinali || Iulio
    Mazarino, || ex Gallico Poëmate || Cornelij. _Absque nota
    [Parisiis, 1643]._ In-4 de 2 ff. paginés de 24 lignes à la page
    pleine, sign. A, caract. ital.


Voy. les nos 32 et 146.

Outre cette pièce, traduite par Abraham Remi, nous avons cité (no 158)
quelques vers de Corneille traduits par Santeul. Le poëte lui-même
avait traduit en latin ses vers _Au Roy sur la Conqueste de la
Franche-Comté_ (nos 153-155).


II. Traductions en italien.

  829. TRAGEDIE DI PIER CORNELIO, tradotte in versi Italiani [da
    Giuseppe Baretti], con l'originale a fronte. Opera divisa in
    quattro Tomi. _In Venezia, presso Giuseppe Bartella, nel
    negozio Hertz, 1747-48._ 4 vol. in-4.

Cette traduction est dédiée au duc de Savoie Victor-Amédée, qui fut
plus tard roi de Sardaigne. Les trois premiers volumes contiennent
chacun une préface, sous forme de lettre, dans laquelle Baretti s'est
proposé de démontrer que les compositions théâtrales doivent s'écrire
en vers. Quant au jugement porté sur son oeuvre par les écrivains du
temps, ils sont contradictoires; les _Novelle letterarie_ de Florence
en font l'éloge; Charles Gozzi la trouve élégante; Ugoni, au
contraire, l'appelle «una cattivissima cosa». Baretti lui-même, dans
une lettre au docteur Bicetti, du 2 mai 1750, la trouve plutôt
mauvaise que bonne, avouant qu'il avait besoin d'argent quand il
l'entreprit, et qu'il a bâclé en quelques mois une besogne qui aurait
exigé plusieurs années pour être bien faite.

On trouve divers fragments des pièces de Corneille dans l'ouvrage
suivant: _Delle migliori tragedie greche e francesi Traduzioni ed
Analisi comparativi di Pietro Napoli Signorelli_; Milano, al Genio,
1804, 2 vol. in-4.

II

  830. CLITANDRO, Tragedia [_sic_] di Pietro Cornelio. _In Venezia,
    per il Lovisa, 1747._ In-12.


Traduction en prose.

XI

  831. CID. Tragicomedia tradotta dall' idioma Francese nell'
    Italiano [dal Dott. Andrea Valfrè di Bora, Accademico Involto
    di Torino, ed Apatista di Firenze]. _In Carmagnola, 1656._
    In-8.

Nous regrettons de ne connaître cette traduction que par le titre.
Peut-être conviendrait-il de citer ensuite: _Il Duello d'Amore et di
Fortuna, tragicomedia di Giacomo Brunozzi, Canonico di Pistoja_ (in
Bologna, 1670, in-12). Le titre de cette pièce semble indiquer une
imitation du _Cid_.

  832. AMORE, ET HONORE. || Tragedia || Portata dal Francese || da
    || Ferecida Elbeni Cremete, || L'Eccitato || Fra gli Academici
    Faticosi || di Milano, || dedicata || All'Illustriss., &
    Ecclentissimo || Prencipe || D. Antonio Teodoro || Trivultio,
    || Prencipe del Sacro Romano Impero, di || Misoco, e della
    Valle di Misolcina; || Marchese di Malleo, e di Pici- || leone;
    Conte di Meltio, || e Gorgonzola; || Signore di Codogno, del
    Palasio, Prata, || Terrauerde &c. Baron Libero || di Retegno
    Imperiale; || Grande di Spagna, Caualier del Tosone; ||
    Generale delle Militie nello Stato, e || Capitan della Guardia
    di S. E. || il Prencipe di Ligne Go- || uernatore di Milano. ||
    _In Milano, per Gioseffo Marelli._ 1675. Pet. in-12 de 79 pp.,
    1 f. pour l'_Imprimatur_ et 1 f. blanc.

L'auteur déclare, dans un avis au lecteur, qu'il n'est pas le
véritable auteur de cette tragédie, qu'il s'est contenté de l'arranger
au goût du jour. «Essa è parto d'un Ingegno Francese; Mà dubitando, se
al comparire in Italia in questi Tempi sospetti potesse essere ben
accolto, l'hò travestito in fretta alla peggio, che è quanto dire alla
moda.» Le rôle de l'Infante et celui de D. Arrias ont été supprimés;
Chimène s'appelle Ismenia, Elvire porte le nom de Linda; en dehors de
ces changements et des coupures qu'entraîne la suppression de deux
rôles, la traduction, écrite en prose, est généralement littérale. La
pièce forme trois actes composés de la manière suivante: le Ier acte
comprend l'acte Ier de l'original (moins la scène IIe) et les deux
premières scènes du second acte; le second acte est formé des scènes
VIe, VIIe et VIIIe du second acte et de l'acte IIIe en entier; le IIIe
acte comprend le IVe acte, moins la scène IIe, et le Ve acte, moins
les scènes IIe et IIIe.

M. Anatole de Montaiglon a bien voulu nous communiquer un exemplaire
de cette traduction, qui doit être fort rare.

  833. AMORE ET HONORE, Tragedia portata dal Francese da Ferecida
    Elbeni Cremete, l'Eccitato frà gli Academici Faticosi di
    Milano. _Bologna, 1679, per il Longhi._ In-12.

Réimpression de la traduction précédente.

  834. IL CID, Tragi-comedia di M. Pietro Cornelio, Trasportata dal
    Francese, E rappresentata da' Signori Cavalieri del Collegio
    Clementino Nelle loro Vacanze di Carnevale dell' Anno M.D.CCI.
    Dedicata All' Illustrissima, & Eccellentissima Signora, La
    Signra. D. Olimpia Pamfilii Colonna Gran Contestabilessa del
    Regno di Napoli. _In Roma_, M.DCC.I [1701]. _Nella Stamperia di
    Luca Ant. Chracas. Appresso la Curia Innocenziana._ Con licenza
    de' Superiori. Pet. in-12 de 6 ff. et 155 pp., avec la marque
    de l'imprimeur au verso de la dernière page.

Dans sa dédicace à la princesse Pamfili-Colonna, dédicace datée du 26
janvier 1701, Chracas dit que la tragédie du _Cid_, empruntée par la
France à l'Espagne et par l'Italie à la France, n'a jamais obtenu un
succès plus grand que sur le théâtre du Collége Clémentin, «dove lo
spirito, e brio di quei nobilissimi Cavalieri, con traduzione loro
propria, l'hà fatta spiccare con tal risalto, che meritava il Mondo
intiero, non che la sola Roma a sentirla ».

La liste des acteurs qui suit la dédicace et l'argument est des plus
curieuses. Voici la distribution de la pièce, lors des représentations
de 1701

    Le Roi: D. Gio: Vizzaroni, de Porto S. Maria;
    L'Infante: l'abbé Nicolò Severoli, de Faenza;
    D. Diègue: le comte Giuseppe Bianchetti Gambalonga, de Bologne;
    D. Rodrigue: l'abbé Domenico Passionei, de Fossombrone;
    D. Gomes: Nicolò Spinola, de Gênes;
    Chimène: Francesco Antonio Berardi, de Cagli;
    D. Sanche: le commandeur Antonio dal Pozzo, de Rome;
    Elvire: D. Ambrogio Spinola, duc de San-Pietro;
    Léonore: Costantino Serra, de Gênes;
    D. Alonse: le comte Giacomo Ariberti;
    D. Arias: D. Lorenzo Marziani, prince de Fornari, de Messine, etc.

Pour donner des rôles à d'autres personnages de distinction, le
traducteur a introduit des ballets héroïques, dans lesquels on voit
figurer: le comte Emmanuel d'Este, de Milan; D. Francesco et D.
Aniello Muscetola, princes de Leporano, de Naples; le duc Gerolamo
Gravina, duc de Croyglias, de Palerme, et une foule d'autres grands
seigneurs. Les comparses eux-mêmes comptent dans leurs rangs des
princes et des ducs.

La traduction est en prose. Le traducteur, qui, d'après Melzi, est le
P. D. Filippo Merelli, de Somasca, n'a pas hésité à faire de
nombreuses suppressions à l'original, afin de gagner du temps pour les
ballets.

  835. L'AMANTE INIMICA, OVERO IL RODRIGO GRAN CIDD DELLE SPAGNE,
    Opera Tragicomica di Pietro Cornelio, Tradotta dal Francese, &
    accomodata per le Scene alla maniera Italiana. _In Bologna,
    1669. Per il Longhi._ Con licenza de' Superiori. Pet. in-12 de
    89 pp. et 3 ff. blancs.

Traduction en prose assez fidèle, bien qu'elle soit parfois abrégée.
Le style ne manque ni de vivacité, ni de précision, par exemple dans
la scène du comte et de D. Diègue;

  _Il conte_: Al fine otteneste il posto.--_D. Diego_: M'hà onorato
  Sua Maestà.--_Co._ Possedete il grado d'Aio di quest'Infante.--_D.
  Die._ Come premio di mia leal servitù.--_Co._ Come dono d'una
  cieca fortuna.--_D. Die._ Fù giustitia.--_Co._ Fù capriccio.--_ D.
  Die._ Hebbe il Re a' miei passati servigi riguardo.--_Co._
  Riguardò egli più alla propria inclinazione che al dovere.--_D.
  Die._ Non s'ingannano i Rè.--_Co._ Non sono forsi Huomini?...

Il existe une autre édition de la même traduction, également publiée à
_Bologne_ par _Longhi_, mais qui ne porte pas de date.

  836. L'AMANTE NEMICA, OVVERO IL CID DELLE SPAGNE, Tragedia di
    Pietro Cornelio.

Réimpression contenue dans le tome IIIe des _Opere varie trasportate
del Francese e recitate in Bologna_; Bologna, Lelio della Volpe, 1724,
in-12.

  837. HONORE CONTRO AMORE, Tragedia ricavata da soggetto
    Spagnuolo, vestito alla Francese, e tradotta in Italiano per G.
    A. Z. D. O. _Bologna, per il Longhi, 1691._ In-8.

Traduction du _Cid_ par Giovanni Andrea Zanotti, detto Ottavio. Voy.
Melzi, _Dizionario di Opere anonime e pseudonime di Scrittori
italiani_; Milano, 1848, 3. vol. gr. in-8, t. IIe, p. 9.

  838. IL CID, Tragedia di Pietro Cornelio, recitata da' Signori
    Cavalieri del Collegio Clementino nelle Vacanze del carnovale
    dell'Anno 1722. Dedicata all' E[~m]o e R[~m]o
    Principe il sig. Card. di S. Susanna, Gioseffo Pereira de la
    Cerda, consigliere di stato della Real Maestà di Portogallo,
    ecc., ecc. _In Roma_, M.DCC.XXII [1722]. _Nella stamperia del
    Chracas, presso S. Marco al Corso._ In-12.

Réimpression de la traduction précédente, avec de nouveaux intermèdes
où paraissent des Turcs, des Américains, des cavaliers et dames de
Castille, etc. On y trouve également les noms des personnages qui ont
figuré dans les ballets.

  839. IL CID, Tragicomedia di messer Pietro Cornelio, trasportata
    dal Francese. _Roma, 1732._ In-12.

Réimpression de la traduction de Merelli.


  840. IL RODRIGO, Tragedia dell' Abate Antonio Landi Fiorentino.
    _Firenze, 1765, Stamperia imperiale._ Pet. in-4, avec un
    frontispice, qui contient deux beaux portraits.

L'auteur dit qu'il ne prétend pas avoir mieux fait que Corneille, mais
que sa tragédie n'est pas une traduction. Ce n'en est pas moins une
imitation.

  841. IL CID, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta [in versi] da
    Giuseppe Greatti [Giuseppe Baretti?].

_Teatro applaudito_, t. XXIXe; Venezia, 1798, in-8.

  842. TENTATIVO SUI TRE PRIMI TRAGICI FRANCESI del conte Cesare di
    Castelbarco. _Milano, Boniardi Pogliani, 1844._ Gr. in-8.

Traduction en vers du _Cid_, d'_Andromaque_ et de _Zaïre_.

  843. LE CID, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille.
    Traduction italienne de Giulio Carcano. _Paris, Michel Lévy
    frères, et Librairie nouvelle, [impr. Loignon et Cie, à
    Clichy], 1866._ Gr. in-8 de 38 pp. à 2 col.

_Répertoire de M. Ern. Rossi._

X

  844. AMOR DELLA PATRIA SOPRA TUTTI GLI AMORI, O' VERO L'ORATIO.,
    Tragicomedia tradotta dal Francese di Pietro Cornelio. _In
    Bologna, per il Longhi. S. a. [circa 1700]_, in-12.

Traduction d'_Horace_ en prose.

  845. L'ORAZIO, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta in versi
    Toscani, [_circa 1720_]. Msc. in-4 de 255 pp., texte franç. et
    ital.

Bibliothèque nationale (Msc. it., no 1388).

  846. ORAZIO, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dall' abate
    Placido Bordoni.

_Teatro applaudito_, t. LIIe; Venezia, 1800, in-8.

XI

  847. IL CINNA Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dal
    Francese, et accomodata ail' uso delle Scene d'Italia. _In
    Bologna, per il Longhi._ Con licenza de' Superiori. _S. a.
    [circa 1700]_, pet. in-12 de 102 pp. (y compris le titre), 1 f.
    pour l'approbation et 2 ff. blancs.

Traduction en prose, précédée d'un court argument historique.

  848. IL CINNA, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dal prevosto
    Giovannardi, Modanese. _Venezia, Pietro Bassaglia. S. a._,
    in-12.

XII

  849. POLIUTO, Tragedia Cristiana di M. Pietro Cornelio
    Trasportata Dall' Idioma Francese, E recitata da' Signori
    Cavalieri del Clementino Nelle Vacanze del Carnevale dell' Anno
    M.DCC.I. Dedicata da Luca Antonio Chracas a' medesimi
    Cavalieri. _In Roma_, M.DCC.I [1701]. _Nella Stamperia di Luca
    Ant. Chracas. Appresso la Curia Innocenziana._ Con Licenza de'
    Superiori. Pet. in-12 de 8 ff., 150 pp. et 1 f. pour la marque
    de l'imprimeur.

Cette pièce fut imprimée en même temps que la traduction du _Cid_
citée plus haut (no 834). La dédicace porte de même la date du 26
janvier 1701. Les acteurs ne furent pas moins distingués. D. Salvatore
Caputo, marquis della Petrella, joua _Félix_; Alessandro Gardoni joua
_Polyeucte_; le marquis Manfredo Trecchi, _Pauline_; Francesco
Passionei de Fossombrone, _Sévère_; Giuseppe Pelicano de Reggio,
_Néarque_; le comte Emmanuel d'Este, _Albin_, etc. Quatre ballets,
imaginés par le traducteur, donnèrent de la variété au spectacle; on
n'y vit également figurer que des gentilshommes, en particulier ceux
qui avaient rempli les premiers rôles dans le _Cid_.

La traduction, fort abrégée, est en prose. Melzi l'attribue au P. D.
Filippo Merelli, de Somasca.

Il y avait eu avant Corneille une tragédie italienne sur le même
sujet: _Polieto, tragedia sacra, di Girolamo Bartolommei, Fiorentino_;
in Roma per Francesco Cavalli, 1632, in-12; in Firenze, nella
stamperia di Pietro Nesti, 1655, in-4.

  850. POLIEUTO, Tragedia cristiana di M. Pietro Cornelio,
    trasportata dall' idioma Francese. _Bologna, per il Longhi._
    _S. a._ [_circa 1705_], in-12.

  Réimpression de la traduction de Filippo Merelli.

  851. POLIERTO, Tragedia di Pietro Cornelio.

Traduction en prose insérée dans le t. Ve des _Opere varie tradotte e
recitate in Bologna_ (Bologna, Lelio della Volpe, 1725, in-12); nous
croyons que c'est celle de Merelli.

  852. IL POLIEUTO MARTIRE, Tragedia sacra tradotta dal Francese di
    Pietro Cornelio. _In Venezia, per Domenico Lovisa, 1702._
    In-12.

Traduction en cinq actes et en prose, qui ne doit pas être confondue
avec celle de Merelli.

  853. POLIUTO, Tragedia cristiana di P. Cornelio, Traduzione dal
    Francese in versi. _Bologna, Pisarri, 1741._ In-8.

Traduction dont l'auteur ne s'est fait connaître que dans l'édition
suivante.

  854. POLIEUTO, Tragedia di Pietro Cornelio tradotta [in versi]
    dal P. D. Bonifacio Collina. _In Bologna, per il Volpe, 1743._
    In-8.

  855. POLYEUCTE, tragédie en cinq actes, de Corneille, traduite en
    vers italiens par Joseph Montanelli, représentée au
    Théâtre-Italien à Paris par la Compagnie dramatique de Mme
    Ristori, le 27 avril 1859. _Paris, Michel Lévy frères, [impr.
    Thunot et Cie], 1859._ Gr. in-8 de 38 pp. à 2 col.

XIV

  856. IL BUGIARDO, Commedia di tre atti in prosa, rappresentata
    per la prima volta in Mantova la primavera dell' anno 1750.

Nous suivons l'exemple de Voltaire en faisant figurer la comédie de
Goldoni parmi les imitations des pièces de Corneille; mais, comme l'a
déjà fait remarquer M. Marty-Laveaux (t. IVe, pp. 272 sq.), nous
avouerons qu'elle n'a que des rapports éloignés avec le _Menteur_. _Il
Bugiardo_ a été imprimé dans les _Commedie di Carlo Goldoni_ (Firenze,
1753, in-8, t. Ier; Pesaro, 1753, in-12, t. Ier; Venezia, 1753, in-8,
t. IVe; Bologna, 1753, in-8, t. IVe, etc.) et traduite par M. Aignan
dans les _Chefs-d'oeuvre des Théâtres étrangers_ (Paris, Ladvocat, 25
vol. in-8).

XVI

  857. RODOGUNA PRINCIPESSA DE' PARTI, Tragedia del Cornelio,
    portata dal Francese in Italiano dal Conte Gio. Orsi, [_circa
    1720_].

Traduction en prose conservée à la Bibliothèque nationale. (Msc.
ital., no 1387.)

  858. LA RODOGONA, Tragedia tradotta dal Francese di Pietro
    Cornelio, e recitata da' Signori Cavalieri del Collegio
    Clementino nelle vacanze del Carnevale nell' anno 1702. _In
    Roma, nella stamperia di Gianfrancesco Chracas, 1702._ In-12.

Traduction en prose attribuée par Melzi au P. D. Filippo Merelli.

  859. RODOGUNA, Tragedia di Pietro Cornelio tradotta dal Francese.
    _In Bologna._ M.DCII [1702]. _Nella Stamperia del Longhi._ Con
    licenza de' Superiori. Pet. in-12 de 132 pp.

Réimpression de la traduction de Merelli, précédée de l'_Ombra di
Nicanoro_, _Prologo per Musica_. Cette même traduction a été encore
reproduite dans le t. IVe des _Opere varie tradotte e recitate in
Bologna_ (Bologna, Lelio della Volpe, 1725, in-12).

  860. RODOGUNA, Tragedia di Pietro Cornelio. _In Venezia, per il
    Paoli_, 1715. In-12.

Traduction en prose.

  861. RODOGUNA, PRINCIPESSA DE' PARTI, Tragedia trasportata dal
    Francese di Pietro Corneille sopra la Scena Italiana, dedicata
    all' Alt. Sereniss. del Signor Principe Enrico Lantgravio
    d'Assia Darmstat, &c., &c., &c., e recitata da' Sereniss. suoi
    Nipoti con alcune Dame, e Cavalieri per proprio divertimento
    nel Teatrino di Corte, nel Carnevale dell' anno 1722. _In
    Mantova, per Alberto Pazzoni, 1722._ In-12.

Traduction en prose.

XVIII

  862. L'ERACLIO, IMPERATORE D'ORIENTE, Tragedia di Pietro
    Cornelio, tradotta dal Francese et accomodata per le scene alla
    maniera Italiana. _In Bologna, per Pier Maria Monti, 1691._
    In-12.

Traduction en prose, dont la dédicace est signée G. A. Z. D. O.,
c'est-à-dire, d'après Allacci et Melzi, Gio. Andrea Zanotti, detto
Ottavio.

  863. ERACLIO, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta e
    rappresentata da' Signori Cavalieri del Collegio Clementino in
    Roma nel carnevale dell' anno 1699. _Roma, per il Chracas,
    1699._ In-12.

Traduction libre en prose attribuée par Melzi au P. D. Filippo
Merelli, de Somasca. L'auteur italien a fait, à sa guise, un grand
nombre de coupures et d'additions.

  864. ERACLIO, Tragedia di M. Pietro Cornelio, tradotta, e
    rappresentata da' Sig.ri Cavalieri del Collegio Clementino in
    Roma, nel Carnevale dell' Anno 1699. _In Bologna, nella
    Stamperia del Longhi, 1701._ Con licenza de' Superiori. Pet.
    in-12 de 138 pp. et 3 ff. blancs.

Réimpression de la traduction de Merelli. M. Marty-Laveaux la confond
avec celle de Zanotti.

XX

  865. LA VREA NOBILTA, tolta dalla Commedia eroica del famoso
    autor Francese Pietro Cornelio, da lui intitolata D. Sancio.
    _Bologna, stamperia di Longhi. S. a. [circa 1710]_, in-12.

Traduction de Don Sanche en prose. Elle a été reproduite dans le t.
IVe des _Opere varie tradotte e recitate in Bologna_; Bologna, Lelio
della Volpe, 1725, in-12.

XXII

  866. NICOMEDE, Tragedia di Monsù Cornelio, trasportata dall'
    idioma Francese dal signor Girolamo Gigli. _Roma, 1701._ In-12.

Traduction en prose.

XXIII

  867. EDIPO, Tragedia di Pietro Cornelio. _In Bologna, per il
    Longhi. S. a. [circa 1700]_, in-12.

Traduction en prose.

XXVI

  868. LA SOFONISBA, Tragedia tradotta dal Francese di Mons.
    Corneille, da L. P. _In Ferrara e in Bologna, per il Longhi,
    1715._ In-12.

  869. LA SOFONISBA, Tragedia tradotta dal Francese di Mons.
    Corneille. _In Bologna, per Lelio Volpe, 1724._ In-12.

Il existe une pièce italienne antérieure à cette traduction, et dont
l'auteur a peut-être imité la tragédie de Corneille: _Sofonisba, opera
tragicomica rappresentata in Roma nel Collegio Clementino l'anno_ 1681
(in Roma, per il Bussotti, 1681, in-12). Un peu plus tard, le
Napolitain Saverio Pansuti fit paraître une nouvelle _Sofonisba_ (in
Napoli, per Domenico Antonio, e Niccolò Parrino), 1725, in-8).

XXVII

  870. OTTONE, Tragedia di Pietro Cornelio, trasportata dall'
    idioma Francese. _In Venezia, per Domenico Lovisa, 1720._
    In-12.

Traduction en prose.

XXVIII

  871. AGESILAO, Tragedia del famoso autor Francese Pietro
    Cornelio. _In Bologna, stamperia di Longhi, S. a. [circa
    1710]_, in-12.

XXIX

  872. ATTILA, RE DEGLI UNNI, Tragedia del famoso autor Francese
    Pietro Cornelio. _Bologna, stamperia di Longhi, s. a. [circa
    1710]_, in-12.

Traduction en prose.

XXX

  873. TITO E BERENICE, Opera heroicomica di Pietro Cornelio,
    tradotta dal Francese. _Bologna, stamperia di Longhi. S. a.
    [circa 1710]_, in-12.

Traduction en prose.

XXXI

  874. LA PULCHERIA, Opera di Pietro Cornelio, tradotta dal
    Francese ed accomodata all' uso delle Scene d'Italia. _In
    Bologna, nella stamperia del Longhi, 1704._ In-12.

Traduction en prose.

XXXII

  875. SURENA, GENERALE DE' PARTI, Opera tragica di Pietro
    Cornelio. _In Bologna, nella stamperia del Longhi, 1719._
    In-12.

Traduction en prose.


III. Traductions en espagnol.

IX

  876. EL HONRADOR DE SU PADRE, comedia en tres actos en verso, por
    D. Juan Bautista Diamante.

Imitation du _Cid_, imprimée dans le recueil intitulé: _Comedias
nuevas escogidas de los mejores ingenios de España_; onzena Parte;
Madrid, 1658, in-4, ou Madrid, Gregorio Rodriguez, 1659, in-4 (voy.
_Catálogo de la Biblioteca de Salvá_, Valencia, 1872, 2 vol. in-8, t.
Ier, p. 403). Elle a été réimprimée dans le _Tesoro del Teatro
español, desde su origen (año de 1356), hasta nuestros días; arreglado
y dividido en cuatro partes, por D. Eugenio de Ochoa_; Paris, imprenta
de Casimir y Crapelet, 1808, 5 vol. in-8, t. Ve.

Nous avons dit plus haut (n° 9) que Voltaire avait cru retrouver dans
la pièce de Diamante le véritable original du _Cid_; il est démontré
aujourd'hui que c'est une simple traduction. Nous citerons dans les
chapitres qui suivent plusieurs opuscules relatifs à cette question.

  877. DON RODRIGO DE VIVAR, Tragedia en tres actos, escrita en
    variedad de metros.

Traduction libre, qui existe en manuscrit dans les archives du Teatro
del Principe à Madrid, sans nom de traducteur, mais avec permission de
représenter donnée en 1781.

  878. EL CID, tragedia de P. Corneille, refundida por D. T. G. S.
    [Don Tomas Garcia Suelto], y representata por la primera vez en
    el Teatro de Los Canos del Peral, el dia 25 de Agosto de 1803.
    _Madrid, 1805._ In-8.

  879. CID RODRIGO DE VIVAR, Drama en tres actos y en verso
    original, de don Manuel Fernandez y Gonzalez. Representado con
    gran éxito en el Teatro de Novedades el dia 18 de diciembre de
    1853. _Madrid, libreria de la V. é hijos de Cuesta_,
    [_imprenta de C. Gonzalez], 1858._ Gr. in-8 de 102 pp.

_La España dramática._

Imitation du _Cid_ en trois actes et en vers.

  880. CID RODRIGO DE VIVAR, Drama en tres actos y en verso,
    original, de don Manuel Fernandez y Gonzales. Refundido por el
    autor. _Madrid, libreria de la V. é hijos de Cuesta, [imprenta
    de T. Fortanet], 1862._ Gr. in-8 de 102 pp.

_La España dramática._

Nous croyons que les auteurs des quatre pièces suivantes se sont
également inspirés du _Cid_:

LAS MOCEDADES DEL CID, drama refundido por D. Alberto E. Rossi.
Refonte de la tragédie de Guillen de Castro.

HONOR Y AMOR, drama en cinco actos por Iza Zamácola.

DON RODRIGO, drama original en versos de A. F. de la Serna.

PARA HERIDAS LS DEL HONOR, Ó EL DESAGRAVIO DEL CID, drama original en
versos de D. Rafael Galvez Amandi.

X

  881. HORACIO, tragedia en cuatro actos, habiéndose suprimido el
    quinto, por Corneille. Original francés con la traduccion
    literal española, preparada expresamente para Mr. Rafael Félix,
    director de la Comp. francesa de Mlle Rachel. _Nueva-York,
    imprenta de Baker y Goodwin, 1855._ In-4 de 28 pp.

La couverture imprimée porte: _Unica Edicion autorizada de las
representaciones de Mlle Rachel en francés y español, que contiene la
copia original francesa, con la traduccion literal española por Jules
Mantéguès._

XI

  882. CINNA, Tragedia de P.Cornelio, traducida del idioma Frances
    en Castellano. _Madrid, 1713._ In-8.

D. Augustin de Montiano y Luyando, dans son _Discurso sobre las
tragedias españolas_ (Madrid, 1750, p. 66), attribue la traduction à
Don Francisco Pizarro de Aragon, marquis de San Juan. L'exemplaire
décrit par Salvá (_Catálogo_, t. Ier, n° 1198) porte sur la garde une
note manuscrite qui confirme cette attribution.

Le titre est suivi d'une approbation du Dr Don Juan de Ferreras, curé
de l'église paroissiale de Saint-André de Madrid, qui a trouvé la
traduction faite «con tanta alma, que si pudiera ser verisimil la
Metempsichosis de los antiguos errados Philosophos, se pudiera creer,
que la del Autor, y del Traductor era la misma.»

La traduction est en vers de différentes mesures, suivant l'usage
adopté sur le théâtre espagnol.


  883. CINNA. Tragedia de P. Cornellio, traducida del idioma
    Frances en Castellano. _S. l. n. d. [Madrid, Fernando Monge,
    1731]._ In-8 de 4 ff. et 134 pp.

Réimpression de l'édition précédente. La licence du Conseil, datée du
4 juillet 1731, nous fait connaître le nom du libraire.

  884. EL PAULINO, Tragedia nueva a la moda Francesa con todo el
    rigor de el arte, en imitacion del Cina de Pedro Cornelio,
    compuesta por don Thomas de Añorbe y Corregel, Capellan del
    Real Monasterio de la Encarnacion de Esta Corte. Con licencia.
    _En Madrid. Año de_ M.DCC.XL [1740]. In-4 de 43 pp.

La permission d'imprimer est datée du 13 avril 1740.

Montiano (_Dircurso primero sobre las tragedias españolas_, 1750) a
cru devoir mettre le public en garde contre cette imitation, de peur
qu'on n'attribuât à Corneille les faiblesses du traducteur.

  885. CINNA, tragedia de P. Corneille, traducida de D. Manuel
    Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après une
communication de M. Hartzenbusch.

XII

  886. LA MAYOR GLORIA DE UN HEROE ES SER CONSTANTE EN LA FE, O EL
    HEROE VERDADERO, Comedia heroica de F. R. [Fermin del Rey].
    _Barcelona, 20 de Febrero 1785._

Imitation en trois actes de _Polyeucte_, qui n'a pas été imprimée. Il
en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale de Madrid,
et une autre dans les archives du Teatro del Principe de la même
ville. Le lieu de la scène est changé ainsi que les noms des
personnages.

  887. POLIEUCTO, tragedia en cinco actos, por Corneille. Copia
    original francesa, con la traduccion literal española, por
    Jules Mantéguès, preparada expresamente para Mr. Rafael Félix,
    director de la Comp. francesa de Mlle Rachel. _Nueva-York,
    imprenta de Baker y Goodwin, 1855._ In-4 de 48 pp. à 2 col.

  888. POLIEUCTO, tragedia cristiana en cinco actos, por Corneille,
    traducida al Castellano por D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après une
communication de M. Hartzenbusch.

XIII

  889. EL EMBUSTERO ENGAÑADO, comedia en dos actos, escrita por L.
    A. J. M. [Luis Antonio José Monein.] _S. l. n. d. [Madrid]._
    In-4 de 24 pp. à 2 col.

Imitation du _Menteur_.

XVI

  890. RODOGUNA, Tragedia en cinco actos, escrita en romance en
    decasilabo.

Traduction libre, sans nom de traducteur, qui se trouve en manuscrit,
dans les archives du Teatro del Principe, avec permission de
représenter accordée en 1777.

  891. RODOGUNA, tragedia en cinco actos por Corneille, traducida
    en castellano por D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après M.
Hartzenbusch.


VI. Traductions en portugais.

IX

  892. O CID, Tragedia de P. Corneille. _Lisboa, na typographia
    Rollandiana, 1787_, com licença da Real Meza da Commissão Geral
    sobre o Exame, e Censura dos Livros. Pet. in-8 carré de 92 pp.
    et 2 ff. contenant un extrait du catalogue de _François
    Rolland_.

On lit en tête du titre: _Theatro estrangeiro._ Numero I.

Traduction en vers attribuée à Antonio José de Paula (_Diccionario
bibliographico portuguez, estudos de Innocencio Francisco da Silva_;
Lisboa, 1858-70, 9 vol. in-8, t. VIIIe, p. 209); elle est précédée
d'un avis de l'éditeur qui fait l'éloge du théâtre en général, et
rappelle que les peuples les plus catholiques ne l'ont jamais
condamné. Le libraire s'est proposé de publier un recueil des
meilleurs pièces françaises et italiennes comme en possèdent la
plupart des nations cultivées de l'Europe.

  893. AFFRONTA CASTIGADA, OU O SUBERBO PUNIDO, tragedia por
    Nicolau Luis. _Lisboa, na Officina de Antonio Gomes, 1794._
    In-4 de 40 pp.

Traduction du _Cid_ en vers.

Nicolau Luis, appelé quelquefois da Silva, vivait dans la seconde
moitié du dix-huitième siècle, mais on ne sait rien de sa vie; il a
traduit ou imité plus de deux cents comédies ou tragédies, en évitant
le plus souvent de nommer les auteurs originaux.

  894. O CID, tragedia de Corneille.

_Theatro de Manuel de Figueiredo_; Lisboa, na Imprensa Regia,
1804-1815, 14 vol. in-8, t. VIIIe.

  895. D. RODRIGO, drama original em cinco actos e em prosa, por D.
    Antonio Firmino da Silva Campos e Mello. _Lisboa, na
    typographia de Antonio José da Rocha, 1842._ Gr. in-8 de 96 pp.

Imitation du _Cid_.

  896. D. RUY CID DE BIVAR, tragedia em cinco actos, de P.
    Corneille, traduzida por ***, revista e emendada por J. M.
    Pereira da Silva. _Rio de Janeiro, na Typographia imperial e
    constitucional de Junius Villeneuve e Ca, 1843._ Gr. in-4 de 20
    pp.

_Archiva Theatral_, IIIa serie.

M. Jean Manuel Pereira da Silva, né à Rio, en 1817, est un des hommes
les plus distingués du Brésil. Il est correspondant de l'Institut de
France.

En dehors des traductions que nous avons citées, M. I. Fr. da Silva
(_Diccionario bibliographico portuguez_, t. VIIIe, p. 209) dit qu'il
possède une traduction manuscrite du Cid signée des initiales J. A. M.

XI

  897. CINNA, OU A CLEMENCIA DE AUGUSTO, tragedia de Corneille.

_Theatro de Manuel de Figueiredo_; Lisboa, na Imprensa Regia,
1804-1815, 14 vol. in-8, t. VIIIe.

  898. CINNA, OU A CLEMENCIA DE AUGUSTO, tragedia de P. Corneille,
    traducida por Antonio José de Araujo.

Traduction inédite citée par M. I. Fr. da Silva (_Diccionario
bibliographico portuguez_, t. VIIIe, p. 421).

XVIII

  899. HERACLIO RECONHECIDO, tragedia por Nicolau Luis. _Lisboa, na
    Officina de José de Aquino Bulhões, 1783._ In-4 de 40 pp.

Imitation en vers.


V. Traduction en roumain.

XVIII

  900. Eralïe, înmoarat al rasartului, tragedia în 5 acte de
    Korneil, si tradusa din frantozeste de I. Roset. Bucuresti, în
    tipografia lui Ediad,] 1831. In-8 de 122 pp.

Traduction très-faible, dont le style est tout à fait primitif.

On a lieu d'être surpris que les Roumains n'aient pas cherché à faire
passer dans leur langue d'autres pièces de Corneille. Le poëte Georges
Sion, à qui nous exprimions récemment notre étonnement à ce sujet,
nous a répondu que ses compatriotes, dont un grand nombre ont étudié
nos classiques dans nos écoles, ne se sentaient pas encore en état
d'en faire des traductions qui ne fissent pas trop perdre à
l'original. Les pièces de Voltaire ont été jugées plus faciles, et
plusieurs ont été traduites avec succès; M. Sion lui-même a donné
d'élégantes versions du _Misanthrope_ et de _Phèdre_, mais, à part
quelques fragments du _Cid_ et de _Cinna_, qu'il a mis en vers
roumains pour les élèves du conservatoire de Bucarest, il n'a pas
abordé le théâtre de Corneille.


VI. Traductions en anglais.

I

  901. MELITE, a Comedy translated from the French of P. Corneille.
    _London, printed for and sold by T. Bell, no 26 Bell yard,
    Temple Bar, and G. Burnet, Strand_, M.DCC.LXXVI [1776]. In-8,
    fig.

XI

  902. THE CID, a Tragi-Comedy out of French made English, and
    acted before Their Majesties at Court, and on the Cockpit stage
    in Drury-Lane, by the Servants to both Their Majesties.
    _London, 1637._ Pet. in-12.

Traduction en vers par J. Rutter, dont le nom est au bas de l'épître
dédicatoire adressée à Edouard, comte de Dorset, lord-chambellan. Le
même auteur fit paraître, en 1640, une traduction de la _Vraie Suite
du Cid_, de l'abbé Desfontaines, qu'il intitula: _The Second Part of
The Cid._

Malgré l'empressement mis par un poëte anglais à traduire le _Cid_,
l'année même de sa publication, le tempérament britannique ne paraît
pas s'être accommodé aux passions toutes méridionales du héros
espagnol. Pepys raconte qu'il assista, le 1er décembre 1662, à la
représentation du _Cid_, au Cokpit, et que la pièce, bonne pour la
lecture, lui parut à la scène «une fort sotte chose (a most dull
thing)». _Diary and Correspondence of Samuel Pepys_; the sixth
Edition; London, 1858, 4 vol. in-12.

  903. THE CID, || a || Tragicomedy, || out of French made ||
    English: || And acted before their Majesties || at Court, and
    on the Cock-pit || Stage in Drury-lane, by the || servants to
    both their || Majesties. || The Second Edition Corrected and
    Amended. || _London, || Printed by W. Wilson for Humphrey_ ||
    _Moseley, at the Signe of the Princes Armes_ || _in St. Pauls
    Church-Yard._ || 1650. In-12 de 42 ff. non chiff., dont les
    trois derniers sont occupés par le catalogue du libraire.

Réimpression de la traduction précédente.

  904. THE CID, OR THE HEROICK DAUGHTER, a Tragedy in verse,
    translated from the French of P. Corneille, by John Ozell.
    _London, 1714._ In-12.

  905. XIMENA, OR THE HEROICK DAUGHTER, a Tragedy by Colley Cibber,
    adapted for theatrical representation as performed at the
    Theatre Royal in Covent Garden, regulated from the Prompt
    Book. _London, printed for the Proprietors under the direction
    of John Bell, British Library, Strand, 1792._ In-8 de 78 ff.,
    avec 2 fig. sur acier.

Simple imitation du _Cid_, dans laquelle l'auteur s'est proposé
d'éviter une partie des fautes que le goût français avait, prétend-il,
fait commettre à Corneille.

Cette pièce, imprimée séparément, a été réunie au _Bell's British
Theatre_, t. XVe (London, 1797, in-8): elle a été également reproduite
dans les oeuvres de Colley Cibber, dont la meilleure édition est celle
de _Londres_, 1777, 5 vol. in-12, avec portr.

  906. THE CID, a Tragedy in five Acts by a Gentleman formerly a
    Captain in the Army. _London, printed by A. Young, 18 Vere
    Street, and sold by M. Faulder, 42, Bond-Street, 1802._ Price
    two shillings and six pence. In-8 de 63 pp.

X

  907. HORATIUS, a Roman Tragedy, by Sir William Lower. _London,
    1656._ In-4.

  908. HORACE, a Tragedy, by Mrs. Kath. Phillips. _London, 1667._
    In-fol.

Cette traduction de «l'incomparable Orinda», a été réimprimée, avec
_Pompée_, à la suite du recueil de ses oeuvres: _Poems by the most
deservedly admired Mrs. Katherine Philips, the Matchless Orinda, to
which is added Monsieur Corneille's Pompey and Horace, Tragedies, with
several other Translations out of French_; London, printed by N. T.
for Henry Herringman, at the sign of the Blue Anchor, in the Lower
Walk of the New Exchange, 1678, in-fol.

  909. HORACE, a French Tragedy of Monsieur Corneille englished by
    Charles Cotton, Esq. _London, printed for Henry Browne, at the
    Gun, at the West End of St. Pauls, 1671._ In-4 de 4 ff. et 75
    pp.

En face du titre, une gravure de W. Dolle, représentant le combat des
Horaces.

Charles Cotton, né en 1630 à Beresford Hall, dans le comté de
Stafford, mort à Westminster en 1687, est surtout connu par ses
traductions du français. Il traduisit, entre autres ouvrages, le
_Virgile travesti_ de Scarron (_Scarronides, or Virgil Travestie_).
Une seule de ses traductions a eu un succès durable: celle des
_Essais_ de Montaigne (1693), qu'on a réimprimée avec corrections en
1759.

Cotton a pris de grandes libertés avec la tragédie de Corneille; il y
a ajouté des choeurs de sa composition.

  910. HORACE, a French Tragedy of Monsieur Corneille, englished by
    Charles Cotton. _London, 1677._ In-4, front. grav.

Seconde édition de la traduction précédente.

XI

  911. CINNA'S CONSPIRACY, a Tragedy in verse, translated from the
    French of P. Corneille by Colley Cibber. _London, 1713._ In-4.

XII

  912. POLYEVCTES, OR THE MARTYR, a Tragedy by Sir William Lower.
    _London, 1655._ In-4.

XIII

  913. POMPEY, a Tragedy, translated from Monsieur Corneille, by
    Mrs. Catherine Philips, the Fifth Act translated by Sir John
    Denham. _London, 1663._ In-4.

Cette traduction, entreprise à la demande du comte d'Orrery, a été
reproduite à la suite d'_Horace_, dans le recueil déjà cité des
oeuvres de Catherine Philips (voy. le no 908).

_Pompée_ réussit en Angleterre, sans avoir pourtant le succès
qu'obtint plus tard _Héraclius_. Pepys raconte qu'il fit en voyage la
lecture de cette tragédie, «a play translated from thé French by
several noble persons, among others, my Lord Buckhurst, that to me is
but a _mean play_, and the words and sense not very extraordinary.»
Pepys's, _Diary and Correspondence_, the sixth Ed.; London, 1858, 4
vol. in-12; t. IIe, p. 400 (23 juin 1666). La traduction à laquelle
Pepys fait allusion est probablement la suivante:

  914. _Pompey_, a Tragedy acted with great applause. _London,
    printed for John Crooke, at the sign of the Ship, in St Pauls
    Church Yard, 1663._ In-4 de 3 ff. et 62 pp.

On y a ajouté un prologue écrit par le comte de Roscomon pour le
théâtre de Dublin, et un épilogue par sir Edward Deering.

  915. POMPEY THE GREAT, a Tragedy [translated from the French of
    Corneille by Edmund Waller]. _London, 1664._ In-4.

Waller fut aidé dans son oeuvre par le comte de Dorset et Middlesex,
sir C. Sedley et Sidney Godolphin.

Une lettre de Saint-Évremond, adressée à Corneille en 1666, à propos
de _Sophonisbe_, et reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 499
sq.), nous donne de curieux détails sur l'accueil fait par les Anglais
aux oeuvres de Corneille et en particulier sur Waller: «Je vous puis
répondre, dit Saint-Évremond, que jamais réputation n'a été si bien
établie que la vôtre en Angleterre et en Hollande. Les Anglois, assez
bien disposés naturellement à estimer ce qui leur appartient,
renoncent à cette opinion souvent bien fondée, et croient faire
honneur à leur Ben Johnson de le nommer le Corneille de l'Angleterre.
M. Waller, un des plus beaux esprits du siècle, attend toujours vos
pièces nouvelles, et ne manque pas d'en traduire un acte ou deux actes
en vers anglois pour sa satisfaction particulière. Vous êtes le seul
de notre nation dont les sentiments ayent l'avantage de toucher les
siens. Il demeure d'accord qu'on parle et qu'on écrit bien en France;
il n'y a que vous, dit-il, de tous les François, qui sache penser. M.
Vossius, le plus grand admirateur de la Grèce, qui ne sçauroit
souffrir la moindre comparaison des Latins aux Grecs, vous préfère à
Sophocle et à Euripide.»

XIV

  916. THE MISTAKEN BEAUTY, OR THE LYAR, a Comedy, acted by Their
    Majesties Servants at the Royal Theatre. _London, printed for
    Simon Neale at the three Pigeons in Bedford-street in Covent
    Garden, over again the New Exchange._ M.DC.LXXXV [1685]. In-4
    de 2 ff. et 52 pp.

_La Beauté trompée_, simple traduction du _Menteur_, bien qu'elle ne
porte pas le nom de Corneille.

  917. THE LYING LOVER: OR, THE LADIES FRIENDSHIP. A Comedy. By Sir
    Richard Steele. Hæc nosse salus est adolescentulis. Ter.
    _London_, M.DCC.XI [1711]. In-8.

Seconde imitation du _Menteur_, due au célèbre humoriste Steele.
Celui-ci n'a eu garde de prononcer le nom de Corneille et, pour
déguiser son emprunt, a donné des noms anglais à tous les personnages.
Géronte est devenu le vieux _Bookwit_; Dorante, le jeune _Bookwit_;
Alcippe, _Lovemore_; Philiste, _Frederick_; Cliton, _Latine_; Clarice,
_Penelope_; Lucrèce, _Victoria_; Isabelle, _Lettice_, etc. Du reste,
Steele a respecté les cinq actes de l'original, et, malgré les
changements de décors et les couplets qu'il a cru devoir introduire,
il a généralement suivi l'ordre des scènes de Corneille; mais dans
l'exécution son «humeur» s'est donné libre carrière. Il descend
parfois jusqu'à la farce de tréteaux. Voici, à titre d'exemple,
comment il a travesti le commencement de la scène IIIe du deuxième
acte:

  _Lovemore._ Ah! Penelope! inconstant! sickle Penelope! _Penelope._
  But, Lettice, you don't tell me what the gentleman said; now
  there's no body here you may speak-- _Love._ Now there's no body
  there's no body here?--Then I am a thing, an ustensil--I am no
  body, I have no essence that I am sensible of--I think 'twill be
  so soon--This ingrate,--this perjur'd! _Pen._ Tell me, I say,
  how the match happened to break off. _Love._ This is downright
  abuse--What! don't you see me, madam? _Lett._ He had the folly,
  upon her being commonly civil to him, to talk of directing her
  affairs before his time: in the first place, he thought it but
  necessary her maid, her faithful servant Mrs. Betty, should be
  remov'd. _Love._ Her faithful servant Mrs. Betty! Her betrayer,
  her whisperer, Mrs. Lettice--Madam, wou'd you but hear me--I will
  be heard. _Pen._ Pr'y thee step, Lettice, and see what noise is
  that without. _Love._ The noise is here, madam; 'tis I that make
  what you call noise--'Tis I that claim aloud my right, and speak
  to all the world the wrongs I suffer. _Pen._ Cooling herbs well
  steep'd--a good anodyne at night made of juice of hellebore, with
  very thin diet, may be of use in these cases (_Both looking at him
  as disturb'd_). _Love._ Cases!--What cases? I shall downright
  run mad with this damn'd usage. Am I a jest? _Lett._ A jest!--no
  faith, this is far from a merry madness--Ha! ha! ha! _Love_.
  Harky'e Lettice--I'll downright box you--Hold your tongue, gipsy.
  _Lett._ Dear madam, save me--go you to him-- _Pen._ Let him
  take you--Bless me--how he stares,--take her. _Lett._ Take her.
  _Pen._ Take lier (_Running round each other_). _Love._ Very
  fine--No, madam, your gallant, your spark last night; your fine
  dancer, entertainer, shall take you..., etc., etc.

  918. THE LYING LOVER: OR, THE LADIES FRIENDSHIP. A Comedy. By Sir
    Richard Steele. Hæc nôsse salus est adolescentulis. Ter. The
    seventh Edition. _London: Printed for T. Lownds, T. Caslon,
    and W. Nicoll._ M.DCC.LXIV [1714]. In-12 de 71 pp., y compris
    une fig.

L'existence de cette 7e édition suffit pour attester le succès qu'eut
la farce de Steele.

  919. THE LYAR. A Comedy in three Acts. As it is Performed at the
    Theatre in the Hay-Market. By Samuel Foote, Esq. _London:
    Printed for P. Vaillant, J. Rivington, and S. Bladon in
    Paternoster-Row._ M.DCC.LXXVI [1776]. (Price One Shilling and
    sixpence.) In-8 de 70 pp. et 1 f.

Foote, qui était en même temps acteur et poëte dramatique, profita de
ses voyages en France pour emprunter à nos auteurs comiques divers
sujets dont il évita de faire connaître les originaux: _le Menteur_
est du nombre. La pièce de Corneille a été réduite en trois actes; les
personnages ont reçu des noms anglais: _Sir James Elliot_ (Alcippe);
_Old Wilding_, the Father, (Géronte); _Young Wilding_ (Dorante); _Miss
Grantam_ (Clarice); _Miss Godfrey_ (Lucrèce); _Kitty_ (Isabelle).
Cliton, qui est resté Français, a pris le nom de _Papillon_; quant à
Philiste, son rôle a été fondu avec celui d'Alcippe. Les premiers mots
de la comédie nous reportent au _Menteur_:

  _Young Wilding_. And I am now, Papillion, perfectly equipped. =
  _Papillion_. Personne mieux. Nobody better. _Y. Wild_. My
  figure? _Pap_. Fait à peindre. _Y. Wild_. My air. _Pap.
  Libre_. _Y. Wild_. My address? _Pap_. Parisiene (_sic_). _Y.
  Wild_. My hat sits easily under my arm; not like the draggled tail
  of my tatter'd academical habit. _Pap_. Ah, bein (_sic_) autre
  chose. _Y. Wild_. Why then, adieu, Alma Mater, and bien venu[=e],
  la ville de Londre; fare well to the schools, and welcome the
  theatres; presidents, proctors, short commons with long graces,
  must now give place to plays, bagnios, long tavern-bills with no
  graces at all, etc., etc.

XVI

  920. RODOGUNE, OR THE RIVAL BROTHERS, a Tragedy, done from the
    French of Mons. Corneille. Humbly inscribed to the Right
    Honourable Philip Earl of Chestersfield. _London, printed for
    the Authors._ M.DCC.LXV [1765]. In-8 de III et 81 pp.

Le traducteur, S. Aspinwall, dit, dans la préface qu'il a signée, que
c'est en raison du succès qu'a obtenu la traduction de l'_Andromaque_
de Racine donnée par Mrs. Philips, sous le titre de _The distressed
Mother_, qu'il a entrepris cette traduction. Il dit avec assez peu de
modestie que ses amis l'ont assuré que sa _Rodogune_ était supérieure
à l'original, et il ajoute ingénument: «I will impute it merely to our
language being more nervous than the French, and to the translators
being unconfined by the felters of Rhyme in which the original is
written.»

XVIII

  921. HERACLIUS, EMPEROUR OF THE EAST, a Tragedy written in French
    by M. de Corneille, englished by Lodowick Carlell. _London,
    1644._ In-4.

_Héraclius_ est peut-être, de toutes les pièces de Corneille, celle
qui eut le plus grand succès en Angleterre, si l'on en juge, du
moins, par ce qu'en dit Samuel Pepys. Celui-ci raconte, à la date du 8
mars 1663-64, qu'il vit représenter la tragédie nouvellement traduite.
La pièce produisit sur lui une vive impression; il fut en particulier
très-frappé de la scène où l'empereur d'Orient parait environné de
tout le peuple en habits romains. «Cette scène est, dit-il, au-dessus
de tout ce que j'ai jamais vu représenter sur aucun théâtre (above all
I ever saw at any of the theatres).»

Le 4 février 1666-67, Pepys revit _Héraclius_ au Duke's Playhouse,
«excellente pièce, qui lui causa un plaisir extraordinaire.» Il y
avait grande compagnie, Mrs. Stewart, très-belle avec de grandes
boucles, Lord et Lady Rochester, Lord John Butler, fils du Duc
d'Ormond, etc.

Voy. _Diary and Correspondence of Samuel Pepys_, _loc. cit._

L'éditeur de ce recueil croit que la traduction vue par Pepys n'était
pas celle de Carlell, qui, dit-on, ne fut jamais représentée.

XXI

  922. NICOMEDE, a Tragi-Comedy translated out of the French of
    Monsieur Corneille by John Dancer, as it was acted at the
    Theatre Royal in Dublin, together with an Exact Catalogue of
    all the English Stage Plays printed till this present year
    1671. Licensed Dec. 16. 1670. Roger L'Estrange. _London,
    printed for Francis Kirkman and are to be sold at his shop in
    Thames Street, over against the Custom House, 1671._ In-4 de 2
    ff. et 56 pp., plus 16 pp. pour le catalogue.

Dédié au Right. Hon. Thomas Earl of Offroy.


VII. Traductions en néerlandais.

  923. ONDERZOEK over de Nederduitsche Tooneelpoëzy. _Amsterdam, A.
    Schoonenburg, 1724._ Pet. in-8, avec front, gravé de J. Goeree.

Ces _Recherches sur la poésie dramatique hollandaise_ renferment la
traduction des trois discours de Corneille sur l'Art dramatique.

VIII

  924. [DE WAARSCHYNELYKE TOVERY, Blyspel. Uit het Fransch van den
    Heer P. Corneille. _Te Amsterdam, 1684._ Pet. in-8?]

_La Magie vraisemblable_, traduction en vers de l'_Illusion comique_,
par Simon Van der Cruyssen.

Nous n'avons pas vu cette édition, dont la date nous est fournie par
le texte du privilége qui accompagne l'édition suivante.

  925. DE WAARSCHYNELYKE TOVERY, Blyspel. Uit het Fransch van den
    Heer P. Corneille, _Te Amsterdam, by d'Erfg: van J. Lescailje,
    op den Middeldam, naast de Vischmarkt, 1691._ Met Privilegie.
    Pet. in-8 de 72 pp.

Au titre un joli fleuron de _S. Fokke_, représentant une ruche posée
sur une console, devant un édifice aux deux extrémités duquel sont
placées des statues de Melpomène et de Thalie, et qui est surmonté des
armes d'Amsterdam.

Privilége du 19 septembre 1684, renouvelé la 18 janvier 1691.

«Comme le traducteur du _Menteur_, celui de l'_Illusion_ a transporté
le lieu de la scène en Hollande, et a baptisé à la hollandaise les
personnages et les rôles dont il est parlé dans la pièce. Par malheur,
il n'a pas réfléchi que ce changement de lieu tendait à détruire toute
illusion dès les premiers mots qui se débitent au lever du rideau. Il
est question d'une _grotte obscure_; or, tout crédule que soit le
Pridamant hollandais, on aurait pu difficilement lui faire croire que
son pays possédât une véritable grotte, les rochers étant chose
inconnue en Hollande. Un autre changement apporté à la pièce, c'est
qu'au magicien, le traducteur, pour des raisons qu'il n'explique pas,
a substitué une magicienne. La traduction, au reste, n'est pas
mauvaise, et bien que Van der Cruyssen ne fût qu'un versificateur
médiocre, le dialogue, chez lui, ne manque pas de facilité.» VAN
LENNEP.

  926. DE WAARSCHYNELYKE TOVERY, Blyspel. Uit het Fransch van den
    Heer P. Corneille. _TAmsteldam, by David Ruarus,
    Boeckverkooper_, 1729. Met Privilegie. Pet. in-8 de 74 pp. et 1
    f. blanc.

Privilége du 27 mai 1728.

«Réimpression de la traduction de Van der Cruyssen, exécutée par ordre
des régents; elle semble attester le succès de la pièce. Cependant
nous ne la retrouvons pas au répertoire à partir de 1774, année où fut
inauguré le théâtre actuel.

«Le théâtre d'Amsterdam, fondé en 1617 par une des nombreuses chambres
de rhétorique de cette ville, avait été vendu en 1621 aux maisons
d'orphelins et d'infirmes, et entièrement rebâti en 1637 par l'ordre
des régents de ces établissements. Ce furent ces régents qui, pendant
près de deux siècles, dirigèrent le théâtre, l'excédant des recettes
étant versé par eux dans la caisse des hospices confiés à leurs soins.
Comme ils étaient nommés par les magistrats, le théâtre pouvait être
considéré comme une institution publique émanant de l'autorité.» V. L.

IX

  927. DE CID. Bly-Eyndend Treurspel. In Franse vaersen gestelt
    door d'Heer Corneille. Nu in Nederlandse Rijmen vertaald.
    _TAmsterdam, by Dominicus van der Stichel. Voor Abraham de
    Wees, Boeckverkooper, op den Middel-dam, in't Nieuwe Testament.
    Anno 1641._ In-4 de 32 ff. non chiffr., sign. A-H.

Traduction du _Cid_ en vers par Van Heemskerck. Cette édition,
imprimée à son insu, a échappé aux recherches de Van Lennep. Elle est
précédée, suivant un usage cher aux auteurs hollandais, d'un argument
en prose, dont Van Lennep nous donne ainsi la traduction d'après la
réimpression de 1662:

  «Sommaire de la tragi-comédie espagnole nommée _Le Cid_.

«L'Infante de Castille est amoureuse de Don Rodrigue, jeune et
vaillant cavalier; mais, le sachant trop au-dessous d'elle, elle
favorise une inclination mutuelle entre lui et Chimène, fille du comte
de Gormas, inclination qu'approuvent les parents des deux jeunes gens.
Le père de Don Rodrigue va demander au comte la main de Chimène pour
son fils; mais comme il vient d'obtenir la charge de gouverneur de
l'Infant, qu'avait briguée le comte, il trouve celui-ci plus disposé à
lui chercher querelle qu'à écouter ses propositions: des paroles on en
vient aux injures, et le comte, à la fin, s'emporte au point de donner
un soufflet à Don Diègue, le père de Rodrigue. Le vieillard tire
l'épée; mais, désarmé par son adversaire, il se tourne vers son fils
et l'excite à venger son injure. Don Rodrigue se rend à cet appel, non
sans avoir soutenu un violent combat intérieur; il provoque le comte
et le tue. Chimène accourt demander justice au roi du meurtrier de son
père; Don Diègue, de son côté, réclame la grâce de son fils.
L'Infante, qui n'a pu encore maîtriser l'amour qu'elle éprouve pour
Don Rodrigue, tire des événements qui ont eu lieu un augure favorable
à ses désirs et, dans un dialogue émouvant avec sa nourrice, Léonor,
elle fait part à celle-ci des combats qui se livrent dans son coeur.
Le roi, avant de prononcer sa sentence, veut prendre l'avis de son
conseil et fait reconduire Chimène chez elle par Don Sanche, rival de
Don Rodrigue. Don Sanche saisit cette occasion pour exciter la colère
de Chimène contre Don Rodrigue, et lui offre son bras pour la venger.
Chimène, revenue chez elle, éclate en plaintes douloureuses et se
lamente devant Elvire, sa demoiselle d'honneur, du sort cruel qui la
force à demander la mort de celui qu'elle adore. Don Rodrigue paraît
inopinément devant elle, prêt à lui livrer sa tête, afin qu'elle venge
sur lui la mort de son père; elle refuse son offre, sous le prétexte
adroit qu'un trépas volontaire ne pourrait satisfaire à sa vengeance,
et qu'elle veut qu'il meure par la sentence de ses juges. En sortant
de chez elle, Rodrigue rencontre son père, qui le cherchait pour lui
annoncer que les Maures ont fait une descente sur la côte et que toute
la ville est en émoi. Il lui dit, en outre, que cinq cents jeunes
gentilshommes de ses amis sont venus lui offrir leurs bras pour venger
l'affront qu'il a reçu du comte et se trouvent en ce moment chez lui;
il engage son fils à se mettre à la tête de cette bande vaillante et à
aller combattre les Maures, afin de reconquérir par ce moyen la faveur
du roi et celle de sa maîtresse. Don Rodrigue, en effet, vole au
combat, défait les Maures et fait prisonniers deux de leurs chefs,
qu'il envoie vers le roi. A la suite de cet exploit, il obtient le nom
de _Cid_ (mot arabe qui signifie Seigneur) et sa grâce. Chimène, sur
ces entrefaites, vient réitérer son accusation et exiger la punition
de Don Rodrigue. Voyant le roi incliner vers la clémence, elle demande
que, selon les anciennes coutumes du pays, un champ clos soit ordonné.
Le roi consent à sa demande, à condition qu'elle épousera le
vainqueur. Don Sanche s'offre à elle comme son champion et est
accepté. Don Rodrigue désarme son adversaire et lui laisse la vie,
mais à charge d'aller se jeter aux pieds de Chimène et de lui faire
part de l'issue combat. A la vue de Don Sanche qui se présente devant
elle, l'épée nue et teinte de sang (_sic_), Chimène éperdue se figure
qu'il a tué Don Rodrigue, et, n'écoutant que sa passion, elle
l'empêche de prendre la parole. Se présentant de nouveau devant le
roi, elle avoue sa tendresse pour Don Rodrigue, et demande
l'autorisation de se libérer envers Don Sanche en lui faisant don de
tous ses biens, et de se retirer dans un cloître afin d'y passer les
jours qui lui restent à pleurer son père et son amant. Enfin la vérité
se fait jour, l'Infante elle-même amène Don Rodrigue vers Chimène,
qui, vaincue par les sollicitations du roi, consent à l'accepter pour
époux, mais demande que son mariage soit différé jusqu'à la fin de son
deuil. Le roi lui accorde ce délai et ordonne qu'en attendant, Don
Rodrigue, à la tête de l'armée, partira pour la Barbarie, afin de
combattre les Maures dans leur propre pays. Don Rodrigue se rend à cet
ordre avec joie, et, modérant son ardeur amoureuse en faveur de
l'heureux avenir qui l'attend, il se fie à son roi et au bon vouloir
de sa maîtresse.

«Pendant les deux derniers siècles la propriété littéraire était chose
inconnue en Hollande, et les spéculateurs ne se gênaient nullement
pour éditer les oeuvres des auteurs en vogue, dont ils avaient su se
procurer des copies. Il serait presque impossible d'énumérer les vers
de Vondel, imprimés sans son aveu. Le grand poëte, dans un distique
mis en tête d'un de ces poëmes, parle de ces publications
frauduleuses, moins pour se plaindre du larcin que pour prémunir le
public contre les fautes nombreuses qui s'y trouvaient, et contre les
méchants vers qu'on y avait insérés sous son nom.

«Outre le moyen employé par Vondel pour déjouer ces procédés
malhonnêtes, les auteurs en avaient deux autres: l'un, qui était le
plus généralement en usage, c'était de faire ce que fit le traducteur
du _Cid_, et de donner au public une édition authentique de leur
ouvrage; l'autre, d'engager un libraire à obtenir des États de la
province le privilége de la publication. S'agissait-il d'une pièce de
théâtre et obtenait-elle les honneurs de la représentation sur la
scène d'Amsterdam, c'était aux régents des hospices que la privilége
était accordé, et ceux-ci, à leur tour, conféraient à tel ou tel
libraire le droit de publication. Quoi qu'il en arrivât, l'auteur ne
tirait presque jamais le plus minime profit de son oeuvre, à moins
qu'il ne la dédiât à un Mécène assez généreux pour lui donner quelque
gratification.» V. L.

  928. DE CID, bly-eyndend Treurspel. Mitsgaders het gantsche leven
    en bedrijf van den selven Cid. _T'Amsterdam, by Nicolaes van
    Ravesteyn, 1641._ In-12 de 176 pp.

Réimpression de la traduction de Van Heemskerck publiée par lui-même.
Elle porte la date de 1641 et nous ne pouvons dire avec certitude
qu'elle ait paru avant l'édition décrite ci-après (no 929). Du reste
les deux éditions d'_Amsterdam_ et de _Hoorn_ contiennent exactement
les mêmes pièces préliminaires.

  929. DE VERDUYTSTE CID. Bly- Eyndend Treur- Spel. Midtsgaders het
    gantsche leven en bedrijf van den selven Cid. Opt' nieuws daer
    by ghevoeght. _Tot Hoorn. Ghedruckt voor Barent Adriaens
    Berentsma. Anno 1641._ Pet. in-8 de 154 pp.

Réimpression de la pièce de Van Heemskerck.

Elle est précédée d'un avis au lecteur, dont Van Lennep nous a donné
la traduction d'après une édition de 1662 en tout semblable à
celle-ci:

_«L'Imprimeur au Lecteur._

«Lecteur bénévole, ce _Cid_, qui, à ce que nous assure le traducteur,
a beaucoup perdu de ses grâces dans la traduction, n'avait pas appris
à parler hollandais pour briller sur la scène, moins encore pour
ennuyer les yeux et les oreilles du public par la voie de la presse,
mais uniquement afin de se faire connaître à quelques rares amis et
patrons du traducteur; puis d'être mis de côté et enfoui dans la
poussière d'une Bibliothèque bien close. Mais une copie en ayant été
soustraite au Propriétaire et imprimée à son insu et contre son désir,
et cela avec tant d'incorrections qu'il en a honte, je lui ai fait
sentir que puisqu'il ne pouvait empêcher la publication de son _Cid_,
autant valait le publier tel qu'il l'avait écrit; et j'espère par là
avoir rendu service à la jeunesse studieuse.»

L'avis au lecteur est suivi de «témoignages de la valeur du _Cid_ dans
sa propre langue» qui contiennent en français ce qui suit:

«Les comédiens de Son Altesse [le duc Ferdinand de Nassau] parlent
ainsi en leurs affiches:

«Le grand _Cid_, qui a porté sa renommée par tout le monde et qui a
eslevé le Sieur Corneille, son Autheur, à un degré si haut que les
autres de sa profession n'y peuvent atteindre, vous sera représenté.
Nous espérons que vous confirmerez le jugement qu'en a fait toute la
Cour, et que dans l'embellissement que nous y apporterons vous
avouerez que nous sommes curieux de rechercher vostre contentement.

«Un autre, qui l'a fait imprimer à Leyden en l'année 1638, luy a donné
des Louanges encore bien plus grandes, l'appellant: une excellente et
ravissante piéce, dont la lecture a charmé l'oreille des Rois, Et une
oeuvre admirable qui n'a point d'éloge assez relevé qui ne soit
au-dessous de ses beautez. Que ce n'est rien dire d'égal à ses graces,
que d'asseurer qu'elles expriment toutes celles qui sont les plus
rares en l'élégance Françoise; qu'elles représentent les traits les
plus vifs et les plus beaux dont on se puisse servir pour expliquer la
gloire des grandes actions d'une âme parfaitement généreuse, et que
les lire et les admirer sont presque une mesme chose.»

Nous avons reproduit nous-même en entier l'avis du libraire de Leyde,
sous le no 273.

Après ces préliminaires, vient une préface du traducteur lui-même
ainsi conçue:

«Si jamais oeuvre de petite dimension [boeckxken] a reçu dans sa
propre langue un accueil favorable, ou si jamais pièce dramatique a
été chaleureusement reçue au théâtre, c'est bien le _Cid_, qui n'a pas
procuré moins de gloire que de profit à son auteur, le Sieur
Corneille. A la demande de ceux dont la prière était un ordre pour
moi, j'en avais, il y a déjà quelques années, traduit le premier acte
en notre langue, afin de voir jusqu'à quel point on pourrait rendre en
hollandais les gentillesses françaises, et mon ardeur, que la beauté
de ce chef-d'oeuvre excitait, à mesure que je travaillais, a fait le
reste. Et comme on arrive chemin faisant où l'on ne croyait point
aller, je me suis trouvé transporté peu à peu de la scène des fictions
sur celle des événements véritables, et j'ai rassemblé dans les
mémoires espagnols toute la vie et les exploits du fameux Cid; ce que
j'ai fait d'autant plus volontiers, que j'ai cru trouver un coeur
hollandais dans une poitrine espagnole, c'est-à-dire un défenseur
inébranlable de la liberté de sa patrie et un adversaire redoutable de
toute domination étrangère, domination que le Cid répudie avec des
paroles dignes d'être prononcées par un Hollandais libre, contre la
soif de dominer qui possède les Espagnols d'aujourd'hui, et d'autant
plus remarquables qu'elles ont été mises dans la bouche du Cid par la
plume d'un jésuite espagnol (violent entre les violents). N'ayant pu
empêcher, lecteur équitable, que ces choses frivoles ne vinssent entre
vos mains, je n'ai pas voulu du moins vous laisser ignorer ces
particularités. VENIAM PRO LAUDE.»

«Tous les écrivains hollandais avaient ainsi leur devise, dont bien
souvent ils signaient leurs ouvrages, au lieu d'y mettre leur nom.
_Veniam pro laude_ était celle de J. Van Heemskerck.» V. L.

Le volume se termine par la Vie du Cid (_Het Leven van Don Rodrigo
Diaz de Bivar toe-genaemt de Cid_), laquelle est précédée d'un titre
séparé et remplit les pp. 99 à 154.

  930. DE VERDUYTSTE || CID, || Bly-Eyndend || Treur-Spel. ||
    Gespeelt op d'Amsterdamsche Schouburg. || _T'Amsterdam,
    Gedruckt by Tymen Houthaeck, || voor Dirck Cornelisz.
    Houthaeck, Boeckverkoper op de Nieuwe-zijds || Kolck, in 't
    Bourgoens Kruys. Anno 1650._ In-4 de 30 ff. non chiff.

Au titre, un fleuron signé des lettres C V S, en monogramme, et
représentant une fontaine avec la devise: _eeuwigh_ (éternellement).

Réimpression de la traduction de J. Van Heemskerck. Elle contient
l'avis de l'imprimeur au lecteur, les deux pièces françaises citées
plus haut, la préface du traducteur et l'argument.

  931. DE VERDUYTSTE CID. Bly-Eyndend Treurspel. _T'Amsterdam,
    gedruckt by Broer Jansz Bouman. Anno 1662._ Pet. in-8.

Au titre, un joli fleuron représentant le roi de Castille assis sur
son trône et jugeant le procès du Cid et de Chimène.

Réimpression de la traduction de J. Van Heemskerck, avec l'argument
reproduit ci-dessus (no 927), mais sans les autres pièces
préliminaires.

932. DE CID. Bly-Eyndend Treurspel. In Franse Vaersen gestelt door
d'Heer Corneille. Nu in Nederlandse Rijmen vertaald. _Amsterdam, by
Michiel de Groot, 1662._ In-8.

Réimpression de la traduction de Van Heemskerck, ainsi que les sept
éditions suivantes.

  933. DE VERDUYTSTE CID. Bly-Eyndend Treur-Spel. _Amsterdam,
    1668._ In-8.

  934. DE CID, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    _Amsterdam, 1670._ In-8.

  935. DE VERDUYTSTE CID. Bly- Eyndend Treur-Spel. _Amsterdam,
    1683._ Pet. in-8.

  936. DE CID, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    Vertoond op de Amsteldamsche Schouwburg. Den laatsten Druk. _Te
    Amsterdam, by d'Erfgen: van J. Lescailje, op den Middeldam,
    naast de Vischmarkt, 1697._ Pet. in-8 de 64 pp.

«Cette édition, supérieure aux précédentes au point de vue
typographique, leur est inférieure quant au texte, qui fourmille de
fautes. On n'y trouve aucune des pièces qui précèdent les premières
éditions. Le titre porte un fleuron avec la devise: _Laboranter._»
V. L.

  937. DE CID, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    _T'Amsteldam, by David Ruarus, Boekverkooper, 1732._ Met
    Privilegie. Pet. in-8.

«Le titre est orné d'une des nombreuses vignettes qui, à cette époque,
distinguaient les pièces de théâtre, que les régents des hospices
avaient obtenu le privilége de faire jouer et imprimer. Celle dont
nous parlons est due au burin de l'excellent graveur _Punt_, qui en
même temps était le premier acteur tragique du théâtre d'Amsterdam.
Dans un cartel de style rococo, surmonté des armes de la ville, et
entouré d'abeilles et de fleurs, on voit une niche, près de laquelle
se tiennent d'un côté deux orphelins, de l'autre un vieillard infirme;
au fond le Parnasse avec Apollon et Pégase; en bas, ce distique de
Vondel:

    De Byen storten hier het eêlste dat sij leezen,
    Om d'ouden stok te voên en d'ouderlooze weezen.

c'est-à-dire: Les abeilles répandent ici ce qu'elles ont butiné de
plus exquis, pour en nourrir le vieillard et l'orphelin.

«Cette édition reproduit exactement celle de 1697. Elle contient en
outre la copie du privilége accordé aux régents, et le droit
d'impression concédé par ceux-ci à _David Ruarus_.» V. L.

  938. DE CID, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    _Te Amsteldam, by Isaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper,
    1736._ Met Privilegie. In-8.

«Cette édition se trouve dans le recueil des oeuvres dramatiques de J.
Van Heemskerck; elle ne contient que la tragédie, mais le texte est
bien plus correct que celui des précédentes impressions.

«Le libraire _Duim_ était, comme _Punt_, acteur, et partageait avec
lui la faveur du public.» V. L.

  939. DE CID, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    Zo als het zelve op den Amsteldamschen Schowburg word vertoond.
    _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper op den hoek van den
    Voorburg-Wal en Stilsteeg, 1760._ Met Privilegie. Pet. in-8 de
    63 pp. en tout.

Cette réimpression ne commence qu'à la scène entre le comte et D.
Diègue. Le rôle de l'Infante est supprimé.

«Il est presque certain que les éditions signalées par nous [Van
Lennep en indique en tout neuf] ne sont pas les seules qu'ait eues la
traduction du _Cid_ entre les années 1640 et 1760; mais elles
suffisent pour prouver deux choses: l'une que la renommée du _Cid_ et
de son auteur s'est établie en Hollande bien plus tôt que partout
ailleurs à l'étranger; l'autre, que le public n'a cessé de lire et
d'applaudir au théâtre le chef-d'oeuvre de Corneille, bien qu'il eût
«perdu de ses grâces par la traduction», ainsi que l'en avait
charitablement averti l'imprimeur de l'édition de 1641. Jacob Van
Heemskerck, en effet, quoiqu'il ne manquât pas de talent et qu'on ait
même de lui un livre charmant en prose sous le titre de «l'_Arcadie
hollandaise_», n'était qu'un versificateur médiocre, et l'on ne
saurait croire, en lisant ses vers, qu'ils fussent d'une époque où
Vondel et d'autres avaient déjà publié tant de chefs-d'oeuvre de style
et de diction. C'est donc bien au mérite intrinsèque de la pièce et au
jeu des acteurs qu'il faut attribuer le succès dont jouissait encore,
dans la dernière moitié du siècle dernier, l'oeuvre informe de Van
Heemskerck; et l'on ne saurait autrement expliquer le courage dont
faisait preuve l'éditeur de 1760, en reproduisant une traduction, dans
laquelle quelques rares passages assez bien rendus ne rachetaient pas
tant d'expressions basses, prosaïques ou tombées en désuétude. Aussi
le public commença-t-il à s'en lasser; et bientôt l'apparition d'une
traduction nouvelle fit «enfouir» celle de Van Heemskerck «dans la
poussière d'une bibliothèque «bien close.» V. L.

  940. _Den Cid_, blyendigh Treur-Spel. In't frans uyt-ghegheven
    door den on-verghelijckelijcken Corneille, ende nu vertaelt uyt
    den eersten druck. _Tot Duynkercke, ghedruckt by Antonius van
    Ursel: Boeck-vercooper, woonende bij de groote Kercke, in S.
    Ursula, 1694._ In-8 de 3 ff. et 62 pp.

Cette traduction, dont on ne connaît plus qu'un seul exemplaire, et
qui n'a pas été citée par Van Lennep, est l'oeuvre de Michel de Swaen,
poëte flamand né à Dunkerque. Elle est dédiée au poëte lui-même par le
libraire _Van Ursel_, qui affirme l'avoir mise sous presse à l'insu de
l'auteur.

Au moment où la ville de Dunkerque passa sous la domination de Louis
XIV, elle possédait une _chambre de rhétorique_ des plus florissantes.
C'est là que de Swaen se fit connaître. Outre son poëme sur la vie et
la mort de Jésus-Christ, et sa traduction du _Cid_, il traduisit
l'_Andronic_ de Campistron, et composa lui-même une tragédie
intitulée: _l'Abdication de Charles-Quint_. On admire dans ses
traductions un style facile et poétique; son drame original est un des
plus réguliers qu'ait produits le théâtre hollandais au dix-septième
siècle.

Voy. sur de Swaen le _Belgisch Museum_ de J.-F. Willems, t. IXe, Gand,
1845, pp. 392 sqq.

  941. DE CID. Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met
    leerzame aanteekeningen door den Heere de Voltaire, enz. Het
    Fransch gevolgd door J. Nomsz. _Te Amsteldam, by David
    Klippink, Boekverkooper, 1771._ Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Nomsz.

«Au titre, une vignette représentant le Bon Goût personnifié sous la
forme d'un petit génie, qui tient d'une main une pique et une couronne
de lauriers. Le génie étend le pied sur un autre petit génie qui tient
en mains un masque et un serpent. Cette seconde figure représente la
Critique anonyme.

«A côté d'une colonne sur laquelle s'appuie le bon génie, l'on voit
une lyre et plusieurs livres, dont quelques-uns portent les titres de
diverses pièces de théâtre écrites ou traduites par Nomsz.

«Le volume contient une préface, dont voici la traduction: J'aurais
une belle occasion maintenant de régaler à leur aise les amateurs de
libelles. Après avoir traité Corneille de misérable rimailleur,
j'aurais pu me moquer de sa figure, de sa tournure, de sa manière de
parler et d'agir, de son costume, de ses moeurs; j'aurais même pu
décocher quelques traits contre sa famille et son extraction; mais
pour ne point scandaliser les lecteurs bien élevés, les seuls auxquels
il faille tâcher de plaire, je ne relèverai aucune des spirituelles
insolences qui, lors de la publication de sa tragédie, furent jetées à
la tête de Corneille. Je renvoie le lecteur, pour peu qu'il comprenne
le français, à ce que dit à ce sujet monsieur de Voltaire dans la
préface qu'il a mise en tête de la dernière édition de Corneille. «On
voit, y est-il dit, par cet échantillon de plus de cent brochures
faites contre Corneille, qu'il y avait, alors comme aujourd'hui, un
certain nombre d'hommes que le mérite d'autrui rend si furieux, qu'ils
ne connaissent plus ni raison ni bienséance. C'est une espèce de rage
qui attaque les petits auteurs, et surtout ceux qui n'ont point eu
d'éducation.»

«Il est démontré d'ailleurs, dans cette préface, que le _Cid_ a été
dénigré par des gens qui étaient mécontents et qui, par là,
s'attachaient plus à l'attaquer qu'à l'éclairer: chose trop commune
dans le monde littéraire.

«Quant à ma traduction du _Cid_, je sens qu'elle n'est nullement
exempte de fautes, mais je me flatte qu'elle pourra mieux servir à
faire juger du génie du grand Corneille que celle dont on se sert au
théâtre d'Amsterdam. Je n'ai rien changé dans les parties principales
de la pièce; mais j'ai supprimé le rôle de l'Infante, qui me
paraissait un hors-d'oeuvre, et qui, selon le témoignage de monsieur
de Voltaire, est désapprouvé à bon droit en France. Si mon travail
peut être utile aux jeunes auteurs, j'aurai atteint mon but et je
verrai ma peine suffisamment récompensée.»

«Les lecteurs de la traduction faite par Nomsz confirmèrent en général
le jugement que lui-même en avait porté dans sa préface. Auteur
dramatique d'une fertilité prodigieuse et traducteur correct (il a
traduit plusieurs pièces de Racine et autres tragiques français),
Nomsz faisait de bons vers et s'entendait surtout, en traduisant, à
conserver dans les passages les plus applaudis la tournure et l'effet
de l'original. Grâce à sa traduction, le _Cid_ a fait longtemps encore
les délices du public hollandais. Malheureusement, depuis quelques
années, le goût de la tragédie classique et, par suite, l'art même de
la déclamation, se sont perdus en Hollande, et la prose, qui jusqu'à
la fin du siècle dernier, était bannie de la scène, a fini par y
détrôner les vers.» V. L.

  942. DE CID, Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met
    leerzame aanteekeningen, door den Heere de Voltaire, enz. Het
    Fransch gevolgd, door J. Nomsz. _Te Amsteldam, by Izaak Duim,
    op den Cingel, tusschen de Warmoesgracht en Drie- Koningstraat,
    1772._ Met Privilegie. In-12 de 4 ff. et 71 pp.

Réimpression de la traduction de J. Nomsz.

Privilège daté du 8 novembre 1757, renouvelé le 2 février 1772.

X

  943. J. J. Z. D. W. D. J. HORACE, Treurspel. Tantæ molis erat
    Romanam condere gentem! _T'Amsterdam, gedruckt by Gillis
    Joosten, voor Adam, Karelsz, in 't Vreeden Jaer, 1648._ Pet.
    in-8.

Au titre, les armes de la ville d'Amsterdam.

«Les initiales J. J. Z. D. W. D. J. doivent être interprétées: _Jan
Jans Zoon De Witt, Doctor Juris, c'est-à-dire_: _Jean de Witt, fils de
Jean, docteur en droit._ Si dans les éditions qui parurent après
l'année 1679, on ne mit plus sur le titre que les lettres J[an] D[e]
W[itt], c'est que probablement les éditeurs jugèrent qu'elles
suffisaient pour indiquer un nom aussi connu que celui du feu
Grand-Pensionnaire, car ce n'est pas à un moindre personnage qu'à
l'homme qui, pendant vingt ans, gouverna la Hollande avec une autorité
despotique, que l'on doit cette première traduction d'Horace. Tout
grave et austère que les historiens nous le dépeignent, Jean de Witt,
dans sa jeunesse, avait sacrifié aux muses, et notamment dans l'année
1648 il était membre d'une société artistique et littéraire. Sa
traduction, faite sur l'édition française originale, a le mérite
d'être fidèle, et les vers sont meilleurs que ceux de la traduction du
_Cid_ de Van Heemskerck. Il est heureux cependant que le
Grand-Pensionnaire ait laissé d'autres titres à l'estime de la
postérité que cette oeuvre de jeunesse.

«La pièce est précédée d'un sonnet dont voici la traduction:

«Arion mettait en mouvement les poissons; Amphion les rochers et les
pierres; Orphée les forêts et les torrents; mais toi, auteur tragique,
tu fais accourir vers toi les hommes et leur arraches un jugement
qu'approuve le bon goût.

«Qui peut voir sans compassion le deuil de Sabine, les larmes
sanglantes de Camille? Qui peut voir succomber ces vaillants jeunes
gens, se dévouant pour la patrie, sans pleurer sur leur tombe?

«Si les temps antiques revenaient, tu charmerais même ces dompteurs de
brutes par les accords que ta muse t'inspire.

«O vous tous, poëtes tragiques, pardonnez-moi si je me trompe; mais
cette tragédie-ci tue les vôtres, et son auteur a l'avantage sur vous
tous: car en lui revit l'esprit de Peppias [_sic_].» V. L.

  944. J. J. Z. D. W. D. J. HORACE, Treurspel. Tantæ molis erat
    Romanam condere gentem. _T'Amsterdam, Gedruckt by Gillis
    Ioosten, voor Adam Karelsz, in't Vreeden Jaer, 1649._ Pet.
    in-8.

«Cette édition est datée, comme la précédente, de «l'année de la
paix», à cause du traité de Westphalie. Elle contient de plus une
dédicace dont voici la traduction:

    «_A Mademoiselle Sarah Van Lennep_.

    «Mademoiselle,

«Parmi ceux qui, en reproduisant sur la scène les passions de ce
monde, ont obtenu un succès universel, le sieur Cornelj [_sic_] ne
figure point au dernier rang; mais comme entre les plus beaux diamants
il y a toujours à choisir, ainsi la tragédie d'_Horace_ peut être
remarquée comme la plus belle perle entre les bijoux que l'auteur a
offerts au public et comme disputant le prix au glorieux _Cid_, dont
la splendeur, si éclatante qu'elle soit, ne saurait offusquer la
lumière dont brille son _Horace_. Quant à cette pièce, tout éloge,
quelque grand qu'il fût, serait au-dessous de son mérite. Ce jugement
serait celui de tout le monde, si tout le monde était aussi bon
connaisseur que Votre Seigneurie; cependant le traducteur confesse
qu'il ne fait que bégayer en hollandais ce qui lui a été dicté en un
français si mélodieux. Mais je sais que Votre Seigneurie fera comme
font ceux qui se connaissent en peinture: leur montre-t-on un tableau
bien ordonné et exécuté à larges traits, ils ne s'offenseront point de
ce que parmi tant de ligures, de paysages, de bâtiments, se trouve ici
une jambe, là un tronc d'arbre, autre part une pierre d'une couleur un
peu terne. Votre Seigneurie usera d'un jugement trop fin pour
s'arrêter à des fautes qui, à dire vrai, ne doivent point être
réputées telles; elle saura que jamais en France pièce ne fut plus
chaleureusement applaudie ni plus hautement estimée qu'_Horace_. Tout
présent doit posséder quelque valeur intrinsèque, qui le rende digne
de celui qui le reçoit; j'ose assurer Votre Seigneurie que le cadeau
que je lui offre recèle je ne sais quoi de sympathique à Votre
Seigneurie; ce que j'ai pu découvrir lorsque j'ai eu l'honneur
d'entendre quelques réflexions que lui suggérait une lecture qui lui
était faite par un de mes amis. C'est par suite de cette circonstance
que j'ose prendre la hardiesse de dédier la traduction de cette
tragédie à Votre Seigneurie. J'espère qu'elle ne regardera pas aux
fautes occasionnées tant par la précipitation avec laquelle
l'imprimeur a travaillé, que par l'absence du traducteur, et je
demeurerai, en attendant,

    «Mademoiselle,
    «Le moindre de vos serviteurs,

    «ADAM KARELSZ.»

Van Lennep ajoute les notes suivantes, à propos de l'auteur de la
dédicace et de la personne à qui elle était adressée:

«_Adam Karelsz_ signifie littéralement «Adam, fils de Charles». Au
dix-septième siècle, et plus tard encore, dans les Pays-Bas, les noms
de famille étaient rares, et les personnes, en général, ne se
distinguaient entre elles qu'en ajoutant à leur nom de baptême celui
de leur père. Souvent aussi on y joignait un sobriquet. Ainsi l'Adam
Karelsz dont il est question ici, signait parfois _Adam Karelsz Van
Zjermesz_, et c'est ce nom de _Zjermesz_ surtout qu'il a rendu célèbre
par son talent comme acteur, profession qu'il cumulait avec celle de
libraire. Il écrivit aussi quelques tragédies qu'on trouve encore
mentionnées sur le catalogue des pièces qui formaient en 1682 le
répertoire du théâtre d'Amsterdam.

«Sarah Van Halmael, mariée en 1625 à Warner Van Lennep, ce dernier
issu d'une famille noble de la Gueldre, s'était établie à Amsterdam
peu avant son mariage. De son fils aîné descend en droite ligne
l'auteur de cette notice: du puîné la branche des Van Lennep établis
en Grèce et dans l'Asie Mineure.»

  945. _J. D. W. Horace en Curace_ [_sic_], Treurspel. Tantæ molis
    erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche
    Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. _T'Amsterdam, by
    Jacob Lescalje, 1679._ Très-pet, in-8.

«Cette édition, loin de répondre à son titre, qui la représente comme
_corrigée_, fourmille de fautes typographiques, qui ne se trouvent pas
dans la première. Elle ne contient ni le sonnet, ni la dédicace, mais
renferme par contre un argument en vers, dont voici la traduction:

«L'amour de la patrie et celui de la gloire font mépriser les prières
d'une épouse, d'une soeur, d'une amante; elles poussent Horace à se
dévouer pour Rome et à combattre le fiancé de sa soeur, frère de sa
femme. Curiace meurt de la main de l'époux de sa soeur, du frère de sa
maîtresse. Camille, outrée de douleur et de désespoir, maudit son
frère, le meurtrier de son amant. Horace met fin à ses plaintes en la
poignardant. Sabine, désolée, pleure les malheurs d'Albe et ses trois
frères morts de la main de son époux. K. L.

«Ces initiales K. L. sont celles de: _Katharina Lescaille ou
Lescalje_, fille du libraire de ce nom, née en 1649, morte en 1711.
Nous aurons occasion de reparler d'elle.» V. L.

  946. J. D. W. HORACE EN CURACE [_sic_], Treurspel. Tantæ molis
    erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche
    Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. _T'Amsterdam,
    by Michiel de Groot, 1680._ Très-pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente.

  947. J. D. W. HORACE EN CURACE [_sic_]. Tantæ molis erat Romanam
    condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. _Te
    Amsterdam, by de Erfgenamen van J. Lescailje, 1699._ Met
    Privilegie. Pet. in-8.

«Cette édition est plus correcte que les réimpressions décrites
ci-dessus. Le correcteur a consulté une édition française postérieure
à l'année 1656, car il a supprimé les douze vers prononcés par Julie à
la fin de la pièce, ainsi que l'avait fait Corneille à partir de cette
date. Le sonnet de Catherine Lescailje n'a pas non plus été
reproduit.» V. L.

  948. J. D. W. HORACE EN CURACE [_sic_]. Tantæ molis erat Romanam
    condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. _Te
    Amsterdam, by Gisbert de Groot, 1670._ Pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente, qui ne contient naturellement pas
de privilége. La date de 1670 est sans doute une faute d'impression
pour 1700.

  949. HORACE, Treurspel. Het Fransche van den Heer P. Corneille
    nagevolgt. _Tot Leyden, by Hendrik Mulhovius, Boekverkoper,
    1709._ Pet. in-8.

Traduction en vers par Jean Schröder.

«Au titre, un fleuron représentant Melpomène et Thalie qui s'appuient
des deux côtés sur un cadre, autour duquel se lit la devise de
Schröder: _Suum cuique vitium est._ Dans le cadre se trouve une lyre
éclairée par le soleil levant. La pièce est précédée d'une épitre
dédicatoire dont voici la traduction:

«Au très-noble Seigneur Pierre de Leyden, Seigneur de Vlardingue,
ancien Bourgmestre et Conseiller de la ville de Leyde, Granad-Heemraad
de la Rhinlande et des pays de Putten, Député au noble et puissant
Collége de l'Amirauté d'Amsterdam, etc., etc., etc.

   «Très-noble Seigneur,

  «Connaissant ce que je dois à Vtre Seignrie pour les faveurs
  nombreuses reçues tant de Vtre Seignrie que de ses illustres
  ancêtres, je me sens pressé pour peu que j'en sois capable, de
  prouver ma reconnaissance à Vtre Seignrie, priant Vtre Seignrie
  d'excuser la liberté que je prends en lui demandant d'abriter cet
  _Horace_ que je soumets à sa perspicacité contre les flèches des
  éplucheurs de lettres, la suppliant de bien vouloir tenir pour
  certain que je ne m'imagine pas être assez maître de la cadence et
  de la diction pour revêtir ce hardi défenseur et libérateur de sa
  patrie d'un meilleur habit que d'autres ont essayé de le faire
  avant moi; mais, ne voulant pas perdre inutilement mes heures de
  loisir, j'ai tâché, non de braver mes devanciers, mais de suivre
  la trace de leur lumière; et je jugerai n'avoir pas eu raison de
  me plaindre de mon travail si j'ai l'honneur de voir que mon
  étranger travesti ne déplaît pas à Vtre Seignrie. Dans cette
  attente, et flatté de cet espoir, je proteste que je suis et
  demeurerai,

    «Très-noble Seigneur,
       «de Vtre Seignrie,
    «le très-humble et très-obligé serviteur,
       «JOHANNES SCHRÖDER.» V. L.

  950. DEN ROMS-MOEDIGEN HORATIUS, VERWINNAER DER ALBAENEN,
    blyeyndig Treurspel, in-rym-gestelt door Joannes Franciscus
    Cammaert, naems-letterkeer Musen-ciertac of Minnaars-cas. _Tot
    Brussel, by G. Jacobs, boeck-drucker tegen de Baerdbrugge, in
    de Druckerye, 1751._ In-8 de 4 ff. et 52 pp.

«Cette misérable traduction d'_Horace_ est l'oeuvre du Bruxellois
Jean-François Cammaert, le plus fécond des dramaturges flamands. Soit
calcul, soit naïveté, le nom de Corneille est passé complètement sous
silence. Pourtant, à part la platitude et l'incorrection du langage
qui lui appartiennent en propre, l'auteur ne peut revendiquer pour sa
part d'invention que d'avoir remplacé _Julie_, confidente de Sabine et
de Camille, par _Jules_, prince romain, confident de Sabine. On voit
par les pièces liminaires que cet _Horace_ a été représenté à
Bruxelles, sur la scène de l'Opéra, le 30 octobre 1747.» A. WILLEMS.

  951. HORATIUS, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille
    op nieuws gevolgd. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper,
    1753._ Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Van Stamhorst.

«Le titre est orné d'un cartouche surmonté des armes de la ville,
autour desquelles on voit des abeilles et des fleurs; ce cartouche
renferme une femme assise (probablement la ville d'Amsterdam) qui a
deux ailes au front, une lyre à la main et sur ses genoux un manteau
parsemé d'étoiles. A sa droite se tiennent un vieillard et deux
orphelins, fouillant une ruche; à sa gauche, des livres de théâtre, un
cygne au bord de l'eau, Pégase sur le Pinde, faisant jaillir
l'Hippocrène; derrière, la Renommée sonnant de la trompette; à ses
pieds un enfant nu, jouant avec des attributs scéniques.

«Cette édition est précédée du privilége et d'un avis, dont voici la
traduction:

  «_Avis._

  «J'ai peu de chose à dire au lecteur bénévole à propos de cette
  nouvelle imitation du grand _Horace_ de Corneille. Qu'on ne
  cherche le motif de ce travail ni dans un sentiment de jalousie
  envers ceux qui m'ont devancé, ni dans le présomptueux espoir de
  faire mieux qu'eux. Je ne parlerai même pas de leurs traductions.
  Je dirai seulement que, depuis longtemps déjà, on avait jugé celle
  dont le privilége appartient au théâtre, peu faite pour plaire
  encore à un public qui n'aime pas les longueurs. Ce motif m'avait
  engagé, il y a déjà longtemps, à entreprendre une nouvelle
  traduction d'une tragédie aussi remplie de beaux sentiments que de
  discours élevés; et mon ardeur, je l'avoue, était si grande, que
  j'ai trop peu considéré les difficultés du travail et la faiblesse
  de mes moyens. Plus tard, convaincu de la hardiesse de mon
  entreprise, j'ai gardé ma traduction sous clef pendant plusieurs
  années sans vouloir la montrer à personne. J'aurais mieux fait,
  sans doute, de persévérer dans cette façon d'agir; mais enfin le
  désir de voir la pièce reparaître sur la scène l'a emporté sur ma
  répugnance à offrir au public une version si peu digne de
  l'original.

  «Je me suis restreint au nombre de vers que compte la pièce de
  Corneille, et par là ma traduction en aura une centaine de moins
  que les précédentes; j'ai de plus tâché de rendre, autant que
  possible, la pensée de mon illustre devancier. Je n'ai pas fait de
  changement notable dans la pièce, excepté dans la dernière scène
  du troisième acte, où le vieil Horace, après s'être plaint
  amèrement de la fuite de son fils, à la demande qu'on lui adresse,
  de ce qu'il eût voulu que son fils eût fait contre trois, donne
  cette courte et fière réponse que Boileau, dans la préface de sa
  traduction de Longin, cite comme un exemple du vrai sublime:

    Qu'il mourût!

mais en y ajoutant:

    Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.

  «Les grands maîtres de l'art ayant jugé d'un commun accord que ce
  vers affaiblissait la force des deux mots qui précèdent, et qui,
  dans leur brièveté, renferment un monde d'idées, j'ai pris la
  liberté de laisser ce vers de côté; ce que j'ai fait d'autant plus
  volontiers après avoir lu une dissertation sur la tragédie par le
  célèbre auteur du _Télémaque_, laquelle se trouve dans les
  _Réflexions historiques et critiques sur les différens Théâtres de
  l'Europe_, imprimée à Amsterdam en 1740 aux frais de la Compagnie,
  et où ce vers est attribué à l'exigence de la rime.»

  «La traduction de Van Stamhorst fut représentée pour la dernière
  fois au théâtre d'Amsterdam en 1782.

  «Quoique meilleure que les deux autres, elle est cependant faible
  à bien des points de vue, et c'est par cette raison peut-être
  qu'_Horace_ ne put se soutenir sur la scène hollandaise aussi
  longtemps que le _Cid_ et _Cinna_, qui eurent de meilleurs
  interprètes. La pièce disparut du répertoire dès le commencement
  du siècle actuel.» V. L.

  952. HORATIUS, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille
    op nieuws gevolgd. _Te Amsteldam, by Izaak Duim,
    Boekverkooper, 1768._ Met Privilegie. Pet. in-8.

«Réimpression de l'édition précédente. Les fautes typographiques y
sont corrigées, mais le fleuron que nous avons décrit a fait place à
une vignette des plus vulgaires.» V. L.

XI

  953. GEBOD DER LIEFDE, ONS DOOR CHRISTUS GEGEVEN, te veel door de
    Christen verzuymt, door Cezar Octavianus romsch Keizer, en
    algoden dienaer gepleegt aen die hem moorden wilden:
    (Meester-stuk van den grooten Corneille.) In't Nederduyts
    vertaelt, en door de veerthien vereenigde Redenryke Gilden op
    het Tooneel van't Konst-genoodschap der Jong van Zinnen,
    schuylende onder de Bescherminge der Edele Maget ende
    Bloedgetuyge Barbara, binnen de Stad Belle vertoont, volgens
    Lotinge op de navolgende dagen van Herft-maend 1774. _Tot Ipre,
    By F. T. Walwein_. In-8 de 58 pp. et 1 f.

Traduction en vers de _Cinna_ par de Swaen. Cette traduction, qui doit
être contemporaine de celle du _Cid_ (no 940), a été représentée en
1774 sur le théâtre de Bailleul.

  954. [CINNA, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    _Te Amsterdam, 1677._ Pet. in-8?]

Traduction en vers par André Pels.

Nous n'avons pas vu cette édition, dont la date nous est indiquée par
le privilége de la suivante.

  955. CINNA, Treurspél. Uit het Fransch van den Heer Corneille.
    _Te Amsterdam, by Albert Magnus, op de Nieuwen Dyk, in den
    Atlas, 1683._ Mét Privilégie. Pet. in-8 de 4 ff. prél. et 63
    pp.

Seconde édition de la traduction de Pels. Le titre porte un fleuron
représentant un jeune homme qui escalade un rocher; on lit, autour de
cette vignette, les mots: _Nil volentibus arduum_, devise d'une
société littéraire.

Le privilége, daté du 25 mars 1677, porte renouvellement du 20 mai
1683.

«La société _Nil volentibus arduum_, dont Pels fut un des membres les
plus actifs, avait été fondée en 1668 par ce qu'on peut appeler la
jeune Hollande d'alors. Ses membres s'étaient, dès l'abord, érigés en
arbitres du goût et s'évertuaient à acquérir de l'influence sur le
public, en lui donnant soit des traités sur la poétique ou des
ouvrages de critique, soit des oeuvres dramatiques pour la plupart
traduites du français. Par malheur ils traduisirent, sans nul
discernement, tout ce qui se produisait à Paris: les pièces de
Quinaut, de Pradon et consorts, comme celles de Corneille et de
Racine. Il leur suffisait qu'une pièce fût écrite en français, et
d'après _les règles_, pour qu'elle leur parût propre il servir de
modèle. Par là, l'influence qu'ils exercèrent fut fatale à la
littérature hollandaise, qui, au lieu de suivre la route qu'avaient
frayée Vondel et ses contemporains, et de conserver un cachet
original, se fit traîner à la remorque de la littérature française et
n'en devint qu'une pâle copie. La rivalité qui existait entre la
société _Nil volentibus_ et celle qui avait pour devise: _In magnis
voluisse sat est_, aurait pu avoir de bons résultats si cette rivalité
avait porté sur le principe même de la littérature, au lieu de se
manifester par des querelles sur de mesquines questions de forme.» V.
L.

  956. CINNA, OF GOEDERTIERENHEID VAN AUGUSTUS, Treurspel. _Te
    Amsterdam, gedrukt voor het Kunstgenootschap, en te bekomen by
    de Erven van J. Lescailje._ Met Privilegie, 1707. Pet. in-8.

Troisième édition de la traduction de Pels. Van Lennep n'a pas vu les
éditions antérieures, mais il en a soupçonné l'existence.

  957. CINNA, OF GOEDERTIERENHEID VAN AUGUSTUS. Treurspél. De
    tweede Druk, mérkelyk verbéterd. _Te Amsterdam, Gedrukt voor
    het Kunstgenootschap, én te bekomen by de Erven van J.
    Lescailje._ Met Privilegie. 1716. Pet. in-8 de 6 ff. et 67 pp.

Les feuillets prélim. contiennent 1 fig. signée _Erlinger_, au bas de
laquelle se trouve le titre de la tragédie; 1 f. de titre; 1 f. pour
le privilége et 3 ff. pour une dédicace à Gérard de Papenbroek, et les
noms des personnages. La figure représente les conjurés se jetant aux
pieds d'Auguste.

Nouvelle édition corrigée de la traduction de Pels. C'est la quatrième
et non la seconde, comme l'indique le titre.

«Gérard de Papenbroek, dont la dédicace fait un pompeux éloge, avait
été échevin de la ville d'Amsterdam; il se fit connaître par la
protection qu'il accorda aux savants et aux artistes. Il enrichit de
ses dons le consistoire de l'Église réformée et l'athénée de la
ville.» V. L.

  958. CINNA, Treurspel. Uit het Fransch van de Heer Corneille. _Te
    Amsterdam, by Pieter Rotterdam, Boekverkooper, op de Vygendam,
    1720._ Pet. in-8 de 70 pp.

Cinquième édition de la traduction précédente.

Le privilège, accordé à _Albert Magnus_, à la date du 19 octobre 1713,
et cédé à Pierre Rotterdam le 18 septembre 1714, est relatif aux
oeuvres d'André Pels.

  959. CINNA, OF GOEDERTIERENHEID VAN AUGUSTUS. Treurspél. _Te
    Amsteldam, by Isaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper,
    bezuiden het Stadhuis._ Met Privilegie, 1736. Pet. in-8 de 6
    ff. et 67 pp., fig.

Les 6 feuillets prélim. comprennent la figure, le titre, un privilège
daté du 27 mai 1728, la dédicace à Gérard de Papenbroek, et les noms
des acteurs.

Sixième édition de la traduction de Pels; elle n'est pas citée par Van
Lennep.

  960. CINNA, Treurspel. (Na Corneille.) Door Mr Wm Bilderdijk. _Te
    Amsterdam, bij Immerzeel en Comp._ M.DCCC.IX [1809]. In-8 de 11
    ff. prél. (y compris le titre gravé) et 102 pp.

Cette pièce forme la première partie du t. IIIe des tragédies
(_Treurspelen_) de Bilderdijk. Elle est précédée d'une épître
dédicatoire au roi Louis et d'un avant-propos.

«Guillaume Bilderdijk, né le 7 septembre 1756, mort le 18 décembre
1831, a été le plus illustre poëte que la Hollande ait produit depuis
Vondel. Pour l'imagination, il a eu parmi ses compatriotes peu de
rivaux; pour la facilité, il n'a pas eu son pareil. Il a traité tous
les genres avec un rare bonheur. Dans ses oeuvres poétiques (dont le
libraire _Kruseman_ a donné en 1856-59 une nouvelle édition en 16
volumes), on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, la beauté des
images et de la diction, ou l'immense savoir du poëte, qui montre
toujours qu'il connaît à fond la matière qu'il traite. Bilderdijk, en
effet, était non-seulement un littérateur érudit, mais un
jurisconsulte distingué, familier avec la plupart des langues de
l'Europe, avec le latin, le grec, l'hébreu et divers autres idiomes
orientaux; distingué par de profondes connaissances en médecine, il
dessinait et gravait lui-même les vignettes qui ornaient ses ouvrages.
Outre ses poésies, il a publié divers travaux historiques et
linguistiques, un traité de perspective, etc.

«Dans sa dédicace, Bilderdijk se plaint en vers magnifiques de la
faiblesse de son talent qui l'empêchera de faire sentir les beautés de
l'original, et plus encore de ce que le siècle actuel ne produit plus
de grands hommes comme Corneille; mais il se dit soutenu par l'espoir
que, sous les auspices d'un roi, protecteur des belles-lettres, la
terre batave verra naître une époque fertile en génies, comme le
siècle d'Auguste.

«Dans la préface, il raconte, en premier lieu, comment le roi, pénétré
de la décadence du théâtre, et désirant relever le goût de la nation
pour la poésie dramatique, avait exigé de lui une traduction nouvelle
de la pièce de Corneille. Le public, poursuit-il, jugera s'il a rempli
la tâche qui lui était donnée et s'il s'est pénétré de l'esprit de son
devancier. Il doit cependant appeler l'attention du lecteur sur un ou
deux points que, pour bien apprécier Corneille, l'on ne saurait
négliger. «A l'époque où écrivait Corneille, dit-il, cette délicatesse
de sentiments, cette pureté d'expression, cette élégance raffinée, en
un mot, qui depuis caractérise les écrivains français, était encore
dans l'enfance. Corneille était noble, sublime, parfois divin, et quel
vrai poëte peut manquer de l'être? mais il l'était par lui-même et
parce qu'il était pénétré de l'esprit (plus que de la manière de dire)
des anciens. Il ne pouvait cependant se soustraire à l'influence d'un
siècle qui était au-dessous de lui et qu'il avait encore à relever. Il
s'ensuit que parfois, s'accommodant au style oratoire de son époque,
il se sert d'images moins bien placées dans la bouche des personnages
qu'il fait parler, ou peu en harmonie avec la matière qu'il traite.

«Par la même raison, il approche parfois un peu trop, si ce n'est du
style, au moins du ton de la comédie. Je cite comme un exemple du
premier de ces défauts le passage où Émilie, qui, d'après ce
qu'exigent les règles de la bienséance actuelle, devrait conserver
dans toutes ses paroles cette réserve de jeune fille qui n'est que la
pudeur portée au plus haut degré, où Émilie, dis-je, s'attribue, pour
ainsi dire, des enfants:

    Enfants impétueux de mon ressentiment,
    Que ma douleur séduite embrasse aveuglément.

«De même Auguste se sert d'une expression impropre, quand il dit:

    Je vois trop que vos coeurs n'ont point pour moi de fard.

«Les lecteurs sagaces trouveront aisément chez Corneille de ces fautes
dont Racine est presque toujours exempt, et nous n'en accusons pas le
grand poëte, mais l'état de la poésie à l'époque où il vivait; elles
ne déparent pas ses lauriers, mais ne doivent point être données aux
commençants comme des exemples à suivre.

«Je citerai, parmi les passages où Corneille s'écarte du ton de la
tragédie, les réponses d'Euphorbe à Maxime (act. IIIe, scène Ire), et
celle de Maxime à Cinna, dont la tournure est absolument celle de la
comédie; les vers suivants, par exemple:

    C'est ce qu'à dire vrai je vois fort difficile.
    L'artifice pourtant vous y peut être utile;
    Il en faut trouver un qui la puisse abuser;
    Et du reste le temps en pourra disposer....
    Vous pourriez m'opposer tant et de tels obstacles,
    Que pour les surmonter il faudrait des miracles;
    J'espère toutefois qu'à force d'y rêver, etc.

sont de la comédie toute pure.» «Après avoir dit quelques mots du
mérite de la pièce de Corneille, Bilderdijk continue ainsi:

«Lorsque Voltaire attaqua le monologue d'Émilie qui commence la pièce,
le qualifia de long et d'inutile, et ne l'attribua qu'à la
complaisance du poëte envers les acteurs désireux de briller dans un
long discours, il trouva de nombreux échos. Il n'a pas tout à fait
tort peut-étre dans les raisons qu'il avance, mais il oublie ce que la
tragédie était du temps de Corneille; il oublie que c'est grâce à lui,
et grâce à Racine après lui, que la déclamation d'apparat du théâtre
latin fit place à des expressions partant du coeur et à un goût se
modelant sur celui des Grecs. En condamnant les monologues, Voltaire
oublie que la tragédie ne doit pas uniquement représenter l'action qui
en forme le noeud, mais aussi les ressorts dont elle résulte, et pour
ainsi dire sa conception dans le coeur humain. Les personnages ne
doivent pas seulement agir et parler, mais sentir, penser et souffrir;
et quelquefois le spectateur, pour trouver dans la pièce des
enseignements et une nourriture pour son coeur, doit apprendre à
connaître celui qui paraît en scène, non par un dialogue, où malgré
toute la confiance qu'il accorde à son interlocuteur, quelque
réticence est nécessaire ou probable, mais tel qu'il parle lorsqu'il
se montre comme il est, lorsqu'il préfère lire dans son propre coeur.
Pour faire voir que le monologue d'Émilie est loin d'être inutile, il
suffit de remarquer qu'aussitôt qu'on le supprime, la conversation
d'Émilie avec sa confidente paraît sous un tout autre jour, et que son
caractère prend quelque chose d'odieux, ce qui n'a pas lieu lorsque
son monologue nous a appris à connaître ses vrais sentiments. C'est ce
monologue qui nous montre, qu'en suivant l'impulsion de ce qu'elle
croit son devoir, elle agit en dépit d'elle-même; que lorsqu'elle
donne à Flavie des réponses aussi positives, aussi acerbes, aussi peu
conformes à son sexe, elle a refoulé dans son coeur tout sentiment
plus doux: c'est ce monologue qui nous prépare à entendre avec
indulgence ce qui, sans cela, exciterait chez nous la répugnance et
l'indignation. On aime à voir un esprit altier chez une princesse que
son âge, sa position et une longue habitude de la domination ont
élevée au-dessus de son sexe, et chez laquelle le doute timide d'une
jeune fille serait déplacé; mais le front virginal qui ne rougit pas,
le jeune coeur qui ne tremble pas à l'idée d'un assassinat, la jeune
fille qui ne doit pas mille fois s'enhardir et se cuirasser avant de
se résoudre et de soutenir sa résolution même contre la plus légère
objection, nous fait horreur. Il serait même à désirer que
l'hésitation d'Émilie n'eût pas été attribuée uniquement aux craintes
qu'elle ressent pour son amant, et qu'une secrète reconnaissance pour
les bienfaits d'Auguste, même quelque aversion pour l'action elle-même
qu'elle contemple, y eussent quelque part. Mais le génie de Corneille
se plaisait à créer des caractères audacieux et gigantesques, et il
faut bien entrer dans le monde où il vit quand on veut sentir ses
beautés.

«Mais non-seulement le monologue était nécessaire: il est amené tout
naturellement. Qu'y a-t-il de plus naturel, en effet, au moment où
l'on va prendre une résolution suprême contre laquelle le coeur se
débat, que ce besoin de s'occuper à chaque instant de soi-même, de
considérer sous toutes ses faces le projet qu'on va former, tantôt de
reculer d'effroi, pour se forger l'instant d'après des prétextes
plausibles de se précipiter à corps perdu dans l'exécution? C'est
ainsi qu'à coup sûr on doit se représenter la situation d'un
conspirateur, même alors que les considérations personnelles de
reconnaissance et de relation intime ne subsistent pas.

«On a cependant, dans les derniers temps, supprimé ce monologue à la
représentation. On a agi de même avec la prophétie de Livie au
cinquième acte, qui manque même dans la traduction de _Nil
Volentibus_. Personne, à ce qu'il paraît, n'a senti que par cette
omission le spectateur ne peut être satisfait qu'à demi. Malheureux
aristarques, vous voulez toujours en savoir plus que le poëte, sans
songer que lorsqu'il s'abandonne au torrent impétueux de ses
sensations profondes, il arrive toujours à bon port comme y arrive
toute chose qui suit l'impulsion que la nature lui imprime! «La pièce,
dites-vous, n'est-elle donc pas finie, lorsque la conjuration a
avorté, lorsque et Cinna, et Émilie, et Maxime sont sauvés?»--Non, mes
amis, elle n'est pas finie. Car ce n'est pas le sort de Cinna,
d'Émilie, qui tient notre âme en suspens: c'est celui d'Auguste.
Auguste périra-t-il ou régnera-t-il en paix? Voilà le problème qui
nous est soumis, et qui n'est pas résolu. On prévoit déjà vers le
commencement, on est sûr dès le commencement du quatrième acte que la
conjuration de Cinna ne réussira pas; mais ce qu'on ne sait pas et ce
que nous tenons à savoir, c'est si l'homme, qui captive de plus en
plus notre coeur et qui va échapper à la onzième tentative
d'assassinat, n'aura plus rien à craindre d'entreprises pareilles.
Plus la bonté dont il fait preuve en pardonnant à ses assassins est
touchante, plus il montre de noblesse dans la manière dont il
pardonne, plus nous formons le voeu que cette bonté lui soit à la fin
salutaire. «Que le conseil de Livie ne te soit pas fatal!» Ce voeu, le
poëte l'a pressenti, il l'a lu dans le coeur du spectateur, et il a eu
soin d'y répondre. Oui, Livie, dont les conseils ont gouverné, ont
guidé, ont convaincu Auguste; Livie à laquelle il doit cette grandeur
d'âme qui nous ravit; Livie, dont les avis paraissaient empruntés à la
divinité; Livie est mue par une inspiration prophétique, et elle
annonce à son époux la fin de ses terreurs et de son incertitude, un
règne désormais calme et prospère sur un peuple qui l'adore. Y a-t-il
quelque âme assez froide pour vouloir se passer de cette prophétie, je
ne lui envie pas sa tiédeur, mais, pour moi, j'admire le poëte de ce
que, dans les vingt-quatre vers dont elle est composée, il a su donner
à sa tragédie une perfection qui, sans cela, lui aurait manqué.
J'exige seulement qu'Auguste, dans la joie que lui cause la
perspective qui lui est ouverte, rende grâces de son bonheur à celle
dont les conseils l'y ont conduit. Corneille a-t-il pu négliger de lui
faire exprimer sa gratitude envers Livie? ou bien devons-nous la lire
dans ce vers:

    Ainsi toujours les dieux daignent nous inspirer.

«Je le voudrais, pour l'honneur du poëte. Quoi qu'il en soit, j'ai mis
dans sa bouche ce que sentait mon coeur, et celui qui trouve oiseux
les quatre vers que j'y ai consacrés, est libre de les supprimer.»

«La traduction de Bilderdijk, bien supérieure à celle de Pels, a
remplacé celle-ci au théâtre, où elle jouira de la faveur publique
toutes les fois qu'elle trouvera de bons interprètes.» V. L.

  961. CINNA, Treurspel. (Na Corneille.) Door Mr Wm Bilderdijk. _Te
    Leyden, by L. Herdingk en Zoon._ M.DCCC.XXIV [1824]. In-12 de
    68 pp. et 1 f.

La traduction de Bilderdijk a été, en outre, réimprimée en 1852, dans
le _Klassiek Pantheon_, no 47, in-16.

XII

  962. POLIEUKTE, ARMENISCH MARTELAAR, Treurspel. Uit het Fransch
    van den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk.
    _T'Amsterdam, by de wed: van Gysbert de Groot, op den
    Nieuwendyk, 1696._ Pet. in-8 de 64 pp. en tout.

Traduction de _Polyeucte_, par François Ryk. Elle est précédée d'une
longue épître en vers d'A. Bogaert, «rimailleur du temps».

  963. POLIEUKTE, ARMENISCH MARTELAAR, Treurspel. Uit het Fransch
    van den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk.
    _T'Amsteldam, By de Wed: van Gijsbert de Groot,
    Boekverkoopster, op den Nieuwendyk, tusschen de twee Haarlemmer
    Sluizen, in de Groote Bybel, 1707._ Pet. in-8 de 71 pp.

Simple réimpression de la traduction de Ryk.

  964. POLIEUKTE, ARMENISCH MARTELAAR. Treurspel. Uit het Fransch
    van den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. _Te
    Amterdam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, 1724._
    Pet. in-8.

«Le titre est orné d'une vignette représentant la ruche d'abeilles
obligée, etc. Outre l'épître de Bogaert, on trouve dans cette édition
un avis des éditeurs, qui avouent qu'en réimprimant cette tragédie,
ils vont sur les brisées d'un confrère, chose qu'en général,
disent-ils, ils ne se permettent pas. Les raisons qui les ont portés à
agir de la sorte sont, à ce qu'ils prétendent, 1º le désir de publier
une édition plus correcte que les deux prédentés; 2º l'assurance que
leur a donnée le traducteur que, n'ayant jamais reçu un sou pour son
travail, son droit sur son oeuvre était resté intact.» V. L.

  965. POLIEUKTE, ARMENISCH MARTELAAR, Treurspel. Het Fransch van
    den Heer P. Corneille nagevolgt, door Frans Ryk. _Te Amsteldam,
    by Izaak Duim, op den Cingel, tusschen de Warmoesgragt en de
    Drie-Kooningstraat. S. d. [vers 1750]._ In-8 de 4 ff. dont le
    premier est blanc, 68 pp. et 2 ff. blancs.

Réimpression publiée par la société _Melioribus non Pluribus_; elle
est précédée de l'épître de Bogaert à Ryk, mais ne contient pas de
privilége.

«Cette édition, qui ne porte pas de date, est une reproduction exacte
de l'édition de 1724. Elle n'en diffère que par le fleuron du titre.
La ruche est remplacée par l'agneau dans les flammes, accompagné de la
devise: _Perseveranter._» V. L.

  966. POLIEUKTE, ARMENISCH MARTELAAR, Treurspel. Het Fransch van
    den Heer P. Corneille nagevolgt, door Frans Ryk. _Te Amsteldam,
    by Izaak Duim, 1754._ Pet. in-8 de 4 ff. et 68 pp.

«Reproduction exacte des éditions précédentes. Elle est ornée
d'une nouvelle vignette très-belle d'exécution, composée par le
graveur _S. Fokke_, et qui représente Apollon sur le Parnasse,
entouré des Muses. Apollon envoie Melpomène à la rencontre d'un
poëte, qu'elle couronne de lauriers.

«Le fait seul que la traduction de Ryk, toute faible qu'elle fût,
eut jusqu'à cinq éditions, prouve en faveur du succès que la
tragédie obtint près du public d'Amsterdam. On ne la voit
cependant plus figurer sur l'affiche depuis l'année 1774.» V. L.

XIII

  967. DE DOOD VAN POMPEJUS, Treurspel. Uit het Fransch van den
    Heer Corneille. _'t Amsterdam, by de Erfgenamen van Jacob
    Lescailje, 1684._ Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers de _La Mort de Pompée_, par Bidloo.

«Le titre est orné d'un fleuron représentant une ruche entourée
d'abeilles; la ruche est placée dans un cercle formé par deux branches
de laurier et surmonté des armes d'Amsterdam. Sous la ruche on lit la
devise de l'ancienne chambre de rhétorique _Yver_ (Zèle): _In Liefd'
bloejende_ (Fleurissant en amour). En tête de la traduction se trouve
le privilége donné aux régents.

«Le droit d'imprimer accordé aux héritiers Lescaille porte la date du
6 décembre 1684. Au mois d'août 1685 parut une critique de la
traduction sous le titre suivant:

«DICHTKUNDIG ONDERZOEK OP HET VERTAALD TREURSPEL POMPEJUS, door het
Konstgenootschap In Magnis voluisse sat est. _T' Amsterdam, by Aart
Dirksz Oossaan, Boekverkooper, 1685._ Pet. in-8.

«Au titre se lit la devise de la société, écrite sur une banderole
qu'un aigle volant vers le soleil tient dans son bec.

«La société _In magnis voiuisse sat est_ était une des sociétés
hollandaises qui, au XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, s'occupaient
de travaux littéraires. Elle fut établie en 1682; c'est du moins de
cette année que date le privilége que lui accordèrent les États pour
la publication de ses oeuvres. Bon nombre de ses membres travaillèrent
à l'opuscule dont il s'agit, lequel ne contient pas moins de six
pièces de vers (épigrammes et satires) à l'adresse du traducteur,
suivies d'un examen critique, qui compte vingt pages. Toutes ces
pièces tendent à prouver que l'auteur de la traduction n'entend ni le
français, ni les règles de la syntaxe, ni celles de la prosodie.

«Le traducteur mérite en général les reproches qui lui sont adressés;
cependant l'animosité des membres de la société paraît devoir être
principalement attribuée à une critique amère que lui-même aurait
faite d'une traduction de _Cinna_, publiée par l'un d'entre eux.
L'esprit de camaraderie qui régnait parmi ces messieurs devait
naturellement les exciter à tirer vengeance d'un pareil affront. Nous
ignorons si le traducteur de _Pompée_ leur répondit; s'il le fit, il
eut soin de garder l'anonyme, en quoi il fit preuve de tact.

«L'anecdote suivante est citée comme une des preuves nombreuses de cet
esprit de camaraderie dont nous parlons. A la fin de la représentation
de certaine pièce nouvelle, un des spectateurs, se tournant vers une
de ses connaissances, lui demande ce qu'il pense de la tragédie qu'ils
viennent de voir. Vous concevez, répond l'autre, que je ne puis en
faire l'éloge, l'auteur n'étant pas membre de notre société.» V. L.

  968. DE DOOD VAN POMPEJUS, Treurspel.

_Govard Bidloos Tooneelpoëzy_; Leiden, J. A. Langerak, 1719, in-4, pp.
333-448.

  969. [POMPEJUS, Treurspel. Het Fransche van den Heere P.
    Corneille op nieuws gevolgd, onder de Zinspreuk Le Tems est un
    grand maître. _Amsterdam, 1728._ Pet. in-8?]

Traduction en vers par Charles Sébille.

Nous n'avons pas vu cette édition, qui n'est pas citée par Van Lennep,
mais dont la date nous est fournie par le privilége de l'édition
suivante.

  970. POMPEJUS, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille
    op nieuws gevolgd, onder de Zinspreuk Le Tems est un grand
    maître. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en
    Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1737._ Met Privilegie.
    In-8 de 4 ff., 60 pp. et 2 ff. pour le privilége.

Seconde édition de la traduction de Sébille. Le privilége, daté du 27
mai 1728, est renouvelé à la date du 16 août 1737.

«Il existe deux sortes d'exemplaires de cette édition. Les uns ont été
tirés dans le format pet. in-8, en usage à Amsterdam pour les pièces
de théâtre; les autres, au contraire, ont été imprimés dans le format
gr. in-8, et réunis à deux autres pièces également traduites par
Sébille: _la Mort de César_, de Voltaire, et _le Joueur_, de Regnard.

«Le titre des deux espèces d'exemplaires est orné d'un beau fleuron de
_S. Fokke_, où la ruche obligée est posée sur une console qui se
détache d'un petit édifice. Cet édifice, sur les deux côtés duquel
sont placées des statues de Melpomène et de Thalie, est surmonté des
armes d'Amsterdam. La ruche est entourée de livres et d'abeilles, et
près d'elles se tiennent, comme de coutume, un vieillard infirme et
deux orphelins; au fond, le cheval ailé.

«La tragédie est précédée d'un avis, dont nous traduisons la partie
essentielle.

«_Avis._

«On ne m'accusera pas de vanité si j'ai essayé de donner une nouvelle
traduction en vers de cette oeuvre d'un auteur français (considéré par
moi comme le premier entre tous), la précédente n'ayant pu satisfaire
le public. Le peu de succès qu'elle a eu doit être attribué, selon
moi, à la précipitation avec laquelle le traducteur s'est acquitté de
sa tâche. Peut-être, en y mettant plus de soin et plus de temps,
eût-il écrit de meilleurs vers: mais il paraît avoir agi avec une hâte
déplorable.

«Quant à la méthode que j'ai suivie, je n'en dirai que ceci: On a
toujours critiqué, et avec raison, les quatre premiers vers de
_Pompée_. Je les ai, je crois, délivrés de l'amphigouri qu'on y
remarquait. De là même manière, malgré ma haute estime pour l'auteur
français, j'ai ça et là changé ou bien entièrement retranché quelques
passages; j'ai même osé glisser dans la tragédie quelques vers de ma
composition, quatre surtout que j'ai mis dans la bouche de Cornélie
(acte IIIe, scène IVe).

«La définition que fait Ptolémée de la défaite du grand Pompée à
Pharsale a aussi donné sujet à bien des observations qui me paraissent
justes; mais elle est si belle, que je n'ai pas voulu la laisser de
côté, tout en reconnaissant que je suis resté bien au-dessous de mon
modèle.

«Un auteur, quelque grand qu'il soit, n'est qu'un homme, et par là
sujet à faillir.

«J'ai été souvent surpris en entendant des traducteurs répondre à ceux
qui leur signalaient des fautes qu'ils avaient commises: «Je l'ai
trouvé ainsi dans l'original.» Mauvaise excuse vraiment, surtout dans
la bouche de ceux qui traduisent des vers; car les remplissages, les
mauvaises locutions et les rimes forcées abondent chez les poëtes
français tout comme chez les nôtres, etc.»

«La traduction de Sébille, incomparablement meilleure que l'autre,
figurait encore au répertoire du théâtre d'Amsterdam au commencement
de ce siècle. Il y a cependant plus de cent ans qu'on ne l'a
représentée.» V. L.

XIV

  971. DE LOOGHENAAR, Blyspel.

_Lodewjk Meyers Tooneelpoëzy_; t'Amsterdam, by Jacob Lescaille, 1658,
in-4.

Traduction en vers du _Menteur_, par Louis Meyer, poëte assez estimé
du XVIIe siècle. Elle est précédée d'une épître dédicatoire dont voici
la traduction:

  «A Madame, Madame Anne de Hoorn, épouse du noble et très-vénérable
  seigneur Messire Corneille de Hooswyck, seigneur de Hooswyck,
  Diemerbrock et Papekop, Bourgmestre et Conseiller de la ville
  d'Amsterdam.

  «Madame, un étranger ose se jeter à vos pieds pour implorer votre
  protection, tout indigne qu'il se reconnaisse d'obtenir cette haute
  faveur. C'est un _Menteur_, né en Espagne, et qui, ayant traversé
  la France, a l'intention de voir aussi les Pays-Bas. A son arrivée
  à Paris, il a été accueilli si favorablement que, non-seulement il
  n'a pas regretté d'avoir quitté sa patrie et d'avoir appris une
  langue autre que la sienne propre, mais que l'audace lui est venue
  de s'embarquer pour la Hollande, où, tout en parlant français, il a
  su charmer tous les gens de goût par son esprit; ce succès lui a
  donné le courage de plier sa langue à parler aussi notre idiome. Il
  y a près de six ans qu'il l'a appris par mes soins, et l'expérience
  lui ayant démontré que lors de sa venue en France il avait bien
  fait d'échanger ses moeurs et son nom espagnols contre ceux de la
  France, il a suivi le conseil que je lui ai donné d'élire domicile
  à la Haye, de prendre un nom hollandais et de conformer sa façon de
  parler et d'agir à celle qui est en vogue chez nous, afin d'être
  par là mieux reçu de nos concitoyens. Et maintenant, sur le point
  de quitter le foyer de son précepteur, il n'ose se hasarder en
  plein air, s'il ne lui est permis de s'abriter sous les ailes de
  Votre Seigneurie, laquelle, connaissant à fond la langue française,
  saura saisir le sens de ses paroles, lorsque, par ci, par là, il
  lui échappera quelque solécisme. Le jugement sagace de Votre
  Seigneurie, qui mesure aux bonnes choses les éloges qui leur sont
  dus et qui ne se laisse point séduire par les mauvaises, toutes
  fardées qu'elles soient, saura discerner les endroits où il
  s'écarte de l'esprit et de la gentillesse française et ceux où il a
  su en approcher. Et quoiqu'il tire son plus grand lustre d'un vice
  haï de tout le monde et qui le rend indigne de toute faveur, il
  s'est pourtant mis dans la tête qu'il suffisait de s'orner de
  l'éclat de votre nom pour obtenir l'estime des Hollandais. Quant à
  moi, tout en reconnaissant la témérité d'une conduite aussi
  arrogante, je ne regrette pas de la lui avoir inspirée. Si votre
  bienveillance pour les Muses et pour ceux qui les cultivent daigne
  consentir à lui offrir l'asile qu'il réclame, il ne saurait s'y
  réfugier qu'en présentant en même temps à Votre Seigneurie
  l'hommage de mon profond respect, et qu'en me fournissant
  l'occasion de remercier Votre Seigneurie des nombreuses faveurs
  qu'elle accorde à nos Muses scéniques en leur faisant l'honneur de
  sa présence, et de lui témoigner la vive reconnaissance que je
  ressens pour les bontés dont Elle m'a comblé, et dont jamais la
  mémoire ne périra dans mon coeur. J'aurais bien aimé témoigner ma
  gratitude en offrant à Votre Seigneurie un sujet noble auquel ma
  Muse espère donner le jour; mais, comme son fruit n'est point
  encore à terme, et que je me flatte que l'oeuvre à laquelle deux
  esprits aussi éminents que Lopez de Vega et Corneille ont
  travaillé, n'aura pas été tout à fait gâtée par la traduction, je
  n'ai pas voulu attendre plus longtemps pour vous faire connaître
  l'ardeur de mon coeur reconnaissant, espérant que Votre Seigneurie
  daignera jeter un regard de bonté sur ce que je me permets de lui
  offrir, et me permettra de me nommer,

    «Madame,
      de Votre Seigneurie,
        le très-humble, très-obligé et très-dévoué serviteur,

    «L. MEYER.

«Anne de Hoorn appartenait à une famille patricienne d'Amsterdam, qui
compte encore aujourd'hui plusieurs rejetons. C'était une femme d'un
haut mérite, très-versée dans les littératures nationale et étrangère.
Elle protégeait les gens de lettres, surtout Vondel, qui, dans des
temps malheureux, fut tiré par elle de l'indigence.

«La dédicace est suivie d'un couplet adressé _aux Lecteurs_, et dont
voici le sens:

«Tout homme qui aime à entendre mentir avec esprit et tromper père,
maîtresses, amis et valets, doit faire connaissance avec ce
Menteur-ci; mais qu'il se garde d'en suivre l'exemple, à moins qu'il
ne soit certain d'être né sous la même planète.» V. L.

  972. DE LOOGENAAR, Blyspel. De lastste druk. _T'Amsterdam, by de
    Erfgenamen van J. Lescailje en D. Rank, 1721._ Pet. in-8.

«Édition revue et corrigée, dans laquelle tous les personnages portent
d'autres noms que dans la première édition. Il est presque certain
qu'elle avait été précédée d'une autre édition séparée; mais nous
n'avons pu la découvrir.

«L'épître dédicatoire nous a déjà appris que le traducteur a
transporté la scène de Paris à la Haye, et en général il a adapté avec
assez de bonheur les situations et le dialogue au nouveau cadre qu'il
a choisi. Les vers de Meyer, sans être des meilleurs, coulent avec
assez de facilité, et, si la traduction n'est pas assez bonne pour
satisfaire le lecteur qui connaît l'original, elle n'est pas assez
mauvaise pour nuire à l'effet que la pièce a pu produire sur la scène.

«Après l'inauguration du nouveau théâtre d'Amsterdam, en 1774, le
_Menteur_ ne parut plus sur l'affiche.» V. L.

Les vers de Huygens, dont nous avons parlé ci-dessus, attestent en
même temps que cette traduction le succès que le _Menteur_ eut en
Hollande. Voy. le no 318.

XVI

  973. RODOGUNE, PRINSESSE DER PARTHEN. Uit het Fransch van den
    Heer Corneille. _Te Amsterdam, by Aart Dirksz Oossaan,
    Boekverkooper op den Dam, op de hoek van de Beurs-straat,
    1687._ Met Privilegie. In-12 de 4 ff. prél. et 80 pp.

Traduction en vers par François Ryk.

«Le titre est orné du fleuron de la Société littéraire _In Magnis
voluisse sat est_ (voy. le no 966).

«La tragédie est précédée d'une épître dédicatoire et du texte du
privilége accordé à la Société le 16 octobre 1687. Voici la traduction
de l'épitre:

«A Madame Jacoba Victoria Bartolotti Van den Heuvel, épouse du
très-honorable seigneur Koonraad Van Beuringen, ancien bourgmestre et
conseiller de la ville d'Amsterdam.

«Madame, parmi les pièces de théâtre composées par la sieur Corneille,
cet excellent auteur français, celle de _Rodogune, Princesse des
Parthes_, n'est pas considérée par lui comme la moins bonne, soit par
rapport aux incidents qui en forment le noeud, soit par rapport au
tumulte des passions qui y sont développées. L'amour, l'ambition, la
soif de la vengeance, l'affection inaltérable que se portent deux
frères rivaux, jointe à une tendresse respectueuse pour une mère
dénaturée, s'y montrent tour à tour, et sont propres non-seulement à
exciter une attention soutenue chez le spectateur, mais à faire vibrer
les cordes les plus sensibles de son âme; et c'est surtout à émouvoir
que, suivant les connaisseurs, doit tendre la tragédie. On voit ici le
crime puni de sa propre main, tandis que l'amour et la vertu, après
avoir couru les plus grands dangers, finissent par triompher.

«La Muse française prend plaisir ici à marier aux cyprès funèbres le
myrte cher aux amants, et toutes ces raisons, jointes à la majesté et
à l'excellence du style dans lequel la pièce est écrite, ont engagé
notre Société à l'offrir au théâtre dans notre langue.

«Comme Votre Seigneurie, depuis sa plus tendre jeunesse, a montré un
goût singulier pour la poésie et le beau langage, nous avons osé lui
dédier cette traduction, dans l'espoir que, dans sa bonté, elle ne la
dédaignerait pas, mais voudrait bien l'accepter avec l'hommage
respectueux de ceux qui se tiendront éternellement obligés à Votre
Seigneurie, et se disent,

    «Madame,
      de Votre Seigneurie,
       les très-humbles serviteurs.

    «Sous la devise:
    «IN MAGNIS VOLUISSE SAT EST.»

«Frans ou François Rijk était un des membres les plus zélés de la
Société _In Magnis voluisse_. Il traduisit différentes pièces de
Corneille, de Racine et d'autres poëtes français. Quoique, parmi les
traductions qu'il a faites, celle de _Rodogune_ ne soit pas la
meilleure, la pièce obtint cependant beaucoup de succès au théâtre, et
ce fut surtout lorsque, dans les dernières années du XVIIIe siècle et
dans les premières du XIXe, Mme _Wattier_ fut chargée du rôle de
Cléopâtre, que le public s'y porta avec enthousiasme. Après la
retraite de cette tragédienne, la pièce disparut du répertoire.

«Koenraad ou Conrad Van Beuningen, mari de Jacqueline-Victoire
Bartolotti Van Heuvel, avait été le bras droit du Grand Pensionnaire
de Witt, et chargé par lui des négociations les plus délicates aux
cours de Danemark, de France et d'Angleterre. Après la mort de de
Witt, il continua de servir l'État dans divers postes éminents,
jusqu'au jour où des symptômes d'aliénation mentale se découvrirent
chez lui et forcèrent les magistrats à confier à sa femme la gestion
de ses biens. Il mourut en 1693. Mme Van Beuningen, durant le séjour
qu'elle fit à Paris de 1660 à 1666, avait probablement appris à
connaître et à apprécier les pièces de Corneille, et ce fut cette
circonstance surtout qui engagea la Société _In Magnis voluisse_ à lui
dédier la traduction de _Rodogune_.» V. L.

Sur _Mme Wattier_, Van Lennep ajoute la note suivante:

«_Mme Wattier_, connue également sous le nom de _Ziesenis_, qui était
celui de l'architecte distingué qu'elle avait épousé, débuta en 1780
au théâtre d'Amsterdam comme jeune première, dans la tragédie, la
comédie et l'opéra-comique. Le 11 novembre 1793, elle remplaça la
première tragédienne dans le rôle de Cléopâtre et obtint un immense
succès. Sa réputation, depuis ce temps, ne fit que grandir, et ceux
qui l'ont connue s'accordent à dire que, si dans son art elle a pu
avoir des rivales, aucune d'elles ne l'a surpassée. Elle unissait à un
port majestueux une beauté antique, des yeux étincelants de passion,
une voix également propre à charmer et à faire frémir de terreur ceux
qui l'écoutaient. Un vieil amateur nous racontait un jour qu'il avait
joué dans _Rodogune_ avec Mme Wattier sur un théâtre de société.
«Lorsque,» nous disait-il, «elle nous adressait ces mots: _Mes
enfants, prenez place_, c'était bien le diable si vous aviez pu rester
debout.» Napoléon, l'ayant vu jouer, la nomma sur-le-champ sociétaire
de la Comédie française, titre qu'elle conserva jusqu'à la fin de
1818. Invitée par l'impératrice Joséphine à la Malmaison, elle y joua,
avec Talma, deux scènes d'_Hamlet_, lui en français, elle en
hollandais.»

  974. RODOGUNE, PRINSESSE DER PARTHEN. Uit het Fransch van den
    Heer Corneille. _Te Amsteldam, by de Erven van J. Lescailje en
    Dirk Rank, op de Beurssluis, 1721._ Met Privilegie. Pet. in-8
    de 4 ff. et 80 pp.

Cette édition est absolument calquée sur la précédente. Le titre porte
le même fleuron que le no 936.

  975. RODOGUNE, PRINSESSE DER PARTHEN. Uit het Fransch van den
    Heer Corneille. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en
    Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1744._ Met Privilegie.
    Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Troisième édition, restée inconnue à Van Lennep. La Bibliothèque
nationale en possède un exemplaire.

XVII

  976. THEODORE, MAEGT EN MARTELARES, Treurspel. Uit het Fransch
    van den Heere P. Corneille. Labor excitat artem. _Te Rotterdam,
    by Joh. van Doesburg, Boekverkooper, 1715._ Pet. in-8 de 7 ff.,
    82 pp. et 1 f. blanc.

Traduction en vers par le libraire Jean Van Doesburg; on la dit fort
recommandable.

Les feuillets préliminaires comprennent un très-médiocre frontispice
gravé par _Bleyswyk_ (frontispice qui est gravé sur un feuillet
séparé); le titre imprimé; 2 ff. pour une dédicace en vers à
«Dominique Roosmale, ancien échevin de la Schielande, amateur de la
poésie,» dédicace signée: JOH. VAN DOESBURG; 3 ff. pour un _Avis au
lecteur_ et les noms des personnages.

«Le traducteur avoue dans sa préface que la tragédie de _Théodore_ n'a
pas réussi à Paris, mais il attribue le peu de succès de cette pièce
moins à son manque de mérite qu'à la prudence excessive des
spectateurs français, et cite à l'appui de ce qu'il avance l'opinion
que l'abbé d'Aubignac a émise sur cette même tragédie.

«L'espoir du traducteur que le public hollandais aurait le goût moins
difficile que celui de Paris ne s'est point réalisé. Peut-être même
n'a-t-il jamais été mis à l'épreuve. La pièce ne paraissant pas sur le
répertoire d'Amsterdam, on peut être à peu près sûr qu'elle n'a pas
été représentée ailleurs.» V. L.

XVIII

  977. CLAVDII DE GRIEKS HERAKLIVS, Treur-Spel met op-dragt aen
    Syne Doorluchticheyt Leopoldus Wilhelmus, Aertz-Hertog van
    Oosten-Rijk, Hertog van Bourgoignien, Gouverneur General van
    de Neder-Landen. _Tot Brussel, by Claudius de Griek, boekverkooper,
    1650._ In-4 de 4 ff. et 55 pp. (dont la dernière est chiffrée
    par erreur 43).

«Le poëte Claude de Griek exerçait la profession de libraire à
Bruxelles, sa ville natale. Son _Héraclius_ est une version presque
littérale de celui de Corneille, qui avait été publié trois ans
auparavant; mais l'auteur paraît ne pas s'en douter. Ni sur le
titre, ni dans l'épître dédicatoire à l'archiduc Léopold-Guillaume,
il ne prononce le nom de Corneille.» A. W.

  978. HERAKLIUS, Treurspel. _T'Amsteldam, by d'Erven van Albert
    Magnus, op de Nieuwendyk, in den Atlas, 1695._ Pet. in-8 de 4
    ff. et 80 pp.

Traduction en vers par François Ryk.

«La vignette sur le titre représente Melpomène assise, tenant une
lyre sur le genou droit et une ruche sur la genou gauche. A ses
pieds sont des attributs de théâtre; derrière elle, un personnage
allégorique branlant d'un air furibond un poignard et une torche;
plus bas, un satyre tenant les armes d'Amsterdam; au fond, un
amphithéâtre, et, plus loin encore, le Parnasse avec Pégase. Au
bas, la devise _Yver in liefd' bloeiende_ (zèle fleurissant en
amour).» V. L.

«Ryk ne prononce pas plus le nom de Corneille que son devancier,
mais il avoue du moins, dans une dédicace en vers qu'il adresse à
Laurent Baak, que la pièce n'est pas originale. «J'espère, dit-il,
que vous ne trouverez pas mauvais que je vous fasse hommage de ce
byzantin français costumé à la hollandaise.» A. W.

«Laurent Baak était issu d'une famille de riches négociants, tous
aimant et pour la plupart cultivant les belles-lettres. La maison
de son grand-père, appelé Laurent comme lui, servait de point de
réunion à Hooft, Vondel et autres beaux esprits du temps. Le
Laurent Baak dont il est question ici se distingua aussi comme
auteur.» V. L.

  979. HERAKLIUS, Treurspel. _T'Amsterdam, by Izaak Duim, 1737._
    Pet. in-12.

«Reproduction de l'édition de 1695, mais avec un nouveau fleuron.

«Le succès d'_Héraclius_ fut moindre que celui de quelques autres
pièces de Corneille. Il fut représenté, pour la dernière fois, sur le
théâtre d'Amsterdam en 1782.» V. L.

  980. HERAKLIUS. Treurspel. _Te Amsteldam, by Izaak Duim,
    Boekverkooper op den hoek van den Voorburgwal en Stilsteeg,
    1762._ Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Au titre, le fleuron décrit sous le no 737.

XIX

  981. ANDROMEDA. Treurspel. Verciet met Zang, Dans, Konst- en
    Vliegwerken. _T'Amsterdam, by Kornelis Sweerts, 1699._ Pet. in-8,
    front. gravé.

«Traduction en vers par François Ryk. Elle est précédée d'une dédicace
à Jo'nas Witsen, bailli d'Amsterdam. Le poëte y raconte que la famille
de Witsen a produit nombre de Persées qui ont sauvé la patrie du
dragon ennemi venu pour la dévorer.» V. L.

  982. ANDROMEDA. Treurspel. Verciert met Zang, Dans, Konst- en
    Vliegwerken. _T'Amsterdam, by H. vande Gaete, 1715._ Pet. in-8
    de 4 ff. et 54 pp.

Réimpression restée inconnue à Van Lennep. Le frontispice est signé de
_Schynvoet_.

  983. ANDROMEDA, Treurspel. Verciert met Zang, Dans Konst- en
    Vliegwerken. _T'Amsterdam, by David Ruarus Boekverkooper,
    1730._ Met Privilegie. Pet. in-8 de 64 pp., front. gravé de
    _Schynvoet_.

  984. ANDROMEDA. Treurspel. Verciert met Zang, Dans, Konst- en
    Vliegwerken. _Amsterdam, by Izaak Duim, 1739._ Met Privilegie.
    Pet. in-8.

«Chacune de ces éditions est ornée d'une gravure différente, toutes
représentant Andromède attachée au rocher et Persée combattant la
monstre. Ce fait, que la pièce fut réimprimée jusqu'à trois fois dans
l'espace de quarante ans, tend à prouver qu'elle plaisait au public,
attiré sans doute par le spectacle qu'on y déployait. On ne cessa de
la donner chaque année jusqu'en 1789. Après cette époque, on ne la
retrouve plus sur l'affiche.» V. L.

XXI

  985. [NICOMEDES, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P.
    Corneille gerymd door Kataryne Lescailje. _Amsteldam, 1684._
    Pet. in-8?]

Nous avons déjà cité le nom de Catherine Lescailje, née en 1649, morte
en 1711 (voy. le no 945).

»Dès sa plus tendre jeunesse, elle avait composé des poésies, et
Vondel, dans des vers qu'il lui avait adressés, l'avait qualifiée de
«moderne Sapho». Quoiqu'il y ait beaucoup à rabattre de cette
qualification, Mlle Lescailje mérite d'être placée au rang, sinon des
grands poëtes, au moins des meilleurs versificateurs de son temps.
Après la mort de son père, elle dirigea la maison de librairie connue
sous le nom des héritiers Lescailje, au commencement seule, plus tard
conjointement avec _Thierry Rank_, qui avait épousé la fille d'une de
ses soeurs. Elle-même ne voulut jamais se marier, probablement de
crainte que le mari qu'elle aurait pris ne compromit le crédit et la
prospérité de la maison qu'elle dirigeait avec tant de succès.» V. L.

Nous n'avons pas vu l'édition de 1684, que Van Lennep n'indique pas.
Nous en rétablissons la date d'après le privilége de l'édition
suivante.

  986. NICOMEDES, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P.
    Corneille gerymd door Kataryne Lescailje. _Te Amsteldam, by de
    Erfg: J: Lescailje, op de Middeldam, op de hoek van de
    Vischmarkt, 1692._ Met Privilegie. Pet. in-8 de 3 ff. et 68 pp.

Au titre, un fleuron avec la devise: _Perseveranter._

Les ff. prélim. contiennent un front. gravé dans le genre de _Romain
de Hooghe_, un titre imprimé et 1 f. pour le privilége.

Le privilége est daté du 19 septembre 1684 et renouvelé le 31 mars
1692.

  987. NICOMEDES, Treurspel. Uit het Fransch van den Heere P.
    Corneille, door Kataryne Lescailje. _T'Amsteldam, by Izaak
    Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, by
    den Dam, 1734._ Met Privilegie. Pet. in-12 de 72 pp. chiffr.

La traduction de Catherine Lescailje a été en outre réimprimée dans le
recueil de ses poésies (_De Dichten van Katharyne Lescailje_,
Amsterdam, by de Erfg. van J. Lescailje, 1731, 3 vol. in-4, t. IIIe,
pp. 401-484). Elle est encore portée, en 1782, au catalogue des pièces
jouées sur le théâtre d'Amsterdam, bien qu'elle fût dès lors
abandonnée.

XXII

  988. PERTHARITUS, KONING DER LOMBARDEN. Treurspel, gevolgd naar
    het Fransche van den Heer P. Corneille. _Te Amsteldam, by de
    Erfgenamen van J. Lescailje en Dirk Rank, 1723._ Met
    Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers, par Sybrand Feitama.

  989. PERTHARITUS, KONING DER LOMBARDEN. Treurspel, gevolgd naar
    het Fransche van den Heere P. Corneille. Nooit te voren
    gedrukt.

_Tooneelpoezy van S. F[eitama] onder de Zinspreuk: Studio fovetur
ingenium_; te Amsteldam, by P. Visser en A. Slaats, 1735, 2 vol. in-4,
t. Ier, pp. 275-354.

On ne s'explique guère cette mention: _Nooit te voren gedrukt_
(imprimé pour la première fois).

  990. PERTHARITUS, KONING DER LOMBARDEN. Treurspel. Naar het
    Fransche van den Heer P. Corneille gevolgd, onder de Zinspreuk:
    Studio fovetur ingenium. Verbeterd in dezen tweeden druk. _Te
    Amsterdam, by Izaak Duim, Boekverkooper, op den hoek van den
    Voorburgwal en Stilsteeg, 1756._ Met Privilegie. In-8 de 4 ff.
    et 67 pp., front. gravé.

Édition revue et corrigée.

  991. PERTHARITUS, KONING DER LOMBARDEN, Treurspel. Naar het
    Fransche gevolgd, onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium.
    _Amsterdam, 1773._ In-8.

Les ff. prélim. comprennent un très-beau frontispice, dessiné par
_Buys_ et gravé par _Vinkeles_.

«Quoique la traduction de Feitama soit une des meilleures qu'il ait
écrites, elle n'a pas reparu au théâtre après l'année 1774.» V. L.

XXIII

  992. EDIPUS, Treurspel. Dit het Fransch van P. Corneille.
    _T'Amsterdam, by de Erfgen: van J. Lescailje en Dirk Rank, op
    de Beurssluis, 1720._ Met Privilegie. Pet. in-8. de 11 ff. et
    96 pp.

Les ff. prélim. contiennent un beau frontispice de _J. Goeree_; le
titre porte l'agneau au milieu des flammes, avec la devise:
_Perseveranter._

Traduction en vers, par Balthasar Huydecoper.

«Cet auteur, né en 1699, mort en 1778, appartenait à une famille
patricienne d'Amsterdam, dont plusieurs membres remplirent des postes
éminents dans la république. Lui-même fut échevin dans sa ville natale
et bailli de l'île de Texel. Il écrivit quelques tragédies, dont deux
surtout, _Achille_ et _Arsace_, obtinrent un succès mérité. Il publia,
en outre, plusieurs ouvrages de critique et de linguistique, dans
lesquels il fit preuve d'un goût sûr et d'une profonde érudition, et
qu'aiment encore à consulter les Hollandais qui veulent apprendre à
bien écrire leur langue.

«La traduction est précédée d'une épître dédicatoire en vers, adressée
au fameux professeur P. Burman, à Leide, épître dont nous essayons de
donner ici la traduction:

«Le roi OEdipe, cet exemple de toutes les infortunes humaines, ce
prince le plus malheureux qu'ait vu l'antiquité, reparaît sur la
scène, non dans un habit nouveau, ni versant des pleurs que je lui
fais répandre, ni tel qu'il a paru pour la seconde fois à la cour de
France, applaudi par tous; mais tel que Corneille l'a fait briller,
étoile resplendissante, illuminant de ses rayons l'Hélicon français,
tel enfin qu'il se montra aux spectateurs émus jusqu'aux larmes de ses
malheurs. Celui-là est digne du supplice de Marsyas, qui, présumant
trop de ses forces, ose disputer au grand poëte de la France la
couronne qui lui appartient. Tel le soleil lorsqu'en plein midi il
réjouit et vivifie les champs qu'il éclaire, tel autrefois apparut
Corneille. Un autre [Voltaire] arrive, pâle lune à minuit, et veut se
mesurer avec lui: c'est Diane qui osa défier son frère. Mais le soleil
fend-il les nuages et se montre-t-il dans sa splendeur, on voit
aussitôt pâlir le disque de la lune. De même Corneille relèvera la
tête, lorsque tout le monde aura vu flétrir et s'user par le temps et
la rouille le clinquant qui l'aveugle aujourd'hui. Mais, sachant ce
qui arrive à d'autres, je dois prévoir, etc.»

«La préface est bien écrite, mais elle est trop longue pour la
reproduire ici.

«Huydecoper nous apprend pourquoi l'_OEdipe_ de Corneille n'avait
point jusque-là trouvé de traducteur; ou plutôt, dans un dialogue
amusant, il en fait donner la raison par certain aristarque qui
prétend que la pièce est la plus belle que son auteur ait écrite, et
par là ne saurait être rendue en hollandais, que la Société littéraire
_Nil volentibus_, qui a tout traduit, n'a pas osé s'y frotter, etc.,
jugement, comme on peut le croire, peu encourageant pour Huydecoper,
qui venait d'achever sa traduction, et qui, malgré cela, ne laissa pas
de la faire représenter. Le reste de la préface est consacré à la
dissection de l'_OEdipe_ de Voltaire, dont il fait une critique amère
et généralement assez juste; il avertit le lecteur qu'il s'est permis
de fondre en six lignes ce que dit Thésée dans la Ve scène du IIIe
acte, depuis les mots:

    L'âme est donc toute esclave, etc.

jusqu'au vers qui se termine par:

    Et puis nous laisser faire.

«Ce morceau sur le libre arbitre, qui, d'après ce qu'en disent les
commentateurs de Corneille, contribua beaucoup au succès de la pièce,
aurait choqué les rigides calvinistes de la Hollande et empêché
peut-être la représentation.

«La critique de la pièce de Voltaire dont nous avons parlé ne resta
pas sans réponse. Dès le mois de mai de 1720, Huydecoper fut l'objet
de vives attaques dans une revue mensuelle de Hollande. Il fut pris à
partie aussi bien à cause de sa traduction qu'à cause du jugement
porté par lui sur les deux tragédies d'_OEdipe_. Il n'était pas homme
à se laisser réduire au silence, et, dans le courant de la même année,
il fit paraître une réponse intitulée: _Corneille verdedigd_ (voy.
notre chap. XIXe). Malgré tous les arguments qu'il put faire valoir,
la tragédie de Voltaire supplanta sur la scène hollandaise celle de
Corneille. _OEdipe_ figurait encore au répertoire dans la première
moitié de ce siècle.» V. L.

  993. EDIPUS, Treurspel. Uit het Fransch van P. Corneille. _Te
    Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper,
    bezuiden het Stadhuis_, 1735. Met Privilegie. Pet. in-8 de 10
    ff. et 96 pp.

Réimpression textuelle de l'édition de 1720.

XXV

  994. [SERTORIUS, Treurspel. Gevolgt naar het Fransche van den
    Heere P. Corneille. _Te Amsteldam_, 1714. Pet. in-8?]

Traduction en vers, par Jean Haverkamp.

Nous n'avons pas vu l'édition de 1714, qui n'a pas non plus été citée
par Van Lennep. Nous la rétablissons à sa date d'après le privilége de
l'édition suivante.

  995. SERTORIUS, Treurspel; Gevolgt naar het Fransche van den
    _Heere P. Corneille. Te Amsteldam, by de Erven van J. Lescailje
    en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1722._ Met Privilegie. In-12 de
    5 ff. prél. et 72 pp., fig.

Seconde édition de la traduction de Havercamp; elle est précédée d'une
dédicace à Georges Bruyn, seigneur de Hardenbroek, régent des
hospices, directeur du commerce du Levant, etc., etc.

Le privilége est daté du 23 mai 1714, avec renouvellement du 1er
juillet 1728.

La figure, que nous avons comptée parmi les ff. prél., est tirée à
part; elle porte ce titre: _Sertorius_: _Treurspel_.

  996. SERTORIUS, Treurspel. Uit het Frans van den Heere P.
    Corneille, door T. A. _Te Amsterdam, by Hendrik Bosch, 1722._
    Pet. in-8.

Nouvelle traduction en vers, par T. Arendsz.

«Le titre est orné d'un joli fleuron, représentant un jeune garçon
sous un arbre auquel sont suspendus divers instruments de musique. On
lit au bas la devise: _Kies voorzigtig_ (fais un choix prudent). La
dédicace en vers, adressée au sieur Adriaan Lever, porte la signature
de Bosch, l'éditeur. Une notice qui suit la pièce contient une
traduction de l'_Examen_ publié par Corneille lui-même; il y est dit,
en outre, que la traduction que Thomas Arendsz en avait faite existait
depuis longtemps en manuscrit, et qu'on la revit et corrigea avant de
la livrer à l'impression. La publication du travail de Haverkamp fut
sans doute cause qu'on jugea à propos de publier aussi celui
d'Arendsz. Sans cela ce serait un fait assez curieux que ces deux
traductions du même ouvrage paraissant simultanément, et cela
longtemps après l'original. Quant aux traductions, toutes deux ont
leur mérite, et l'on pourrait dire «que les beaux esprits s'y sont
rencontrés»; car maintes fois on remarque des vers exactement
semblables chez l'un et chez l'autre traducteur.» V. L.

XXVII

  997. OTHO, MET DE DOOD VAN GALBA, KEIZER VAN ROMEN, Treurspel.
    Naar het Fransch van den Heer P. Corneille. _Te Amsteldam, by
    de Erfgenamen van J. Lescailje, 1695._ Met Privilegie. Pet.
    in-8.

Traduction en vers d'_Othon_, par S. van der Cruyssen.

Au titre, la marque des héritiers de _Lescailje_, avec la devise:
_Laboranter_.

«La traduction est précédée au privilége et d'une dédicace à Madame
Anna-Élisabeth Hinloopen, épouse du sieur Joan Ewruyn Glimmen signée:
SIMON VAN DER CRUYSSEN,

«La traduction est faible, et, comme elle ne fut pas réimprimée, il
est à présumer que la pièce ne réussit pas au théâtre.

«Mme Hinloopen, à qui la pièce est dédiée, descendait d'une famille
patricienne d'Amsterdam; elle était régente des hospices, dont son
mari était régent.» V. L.

  998. OTHO, Treurspel door Jacob Zeeus. _Te Delf, gedrukt by
    Reinier Boitet, 1721._ Met Privilegie. Pet. in-8.

«Seconde traduction en vers, par J. Zeeus. Elle est précédée de six
vers en l'honneur de l'auteur, dont voici la traduction:

    _«Sur la tragédie d'Othon._

«Melpomène, accoutumée à parler un langage épuré, donna ce joyau à
Zeeus, qui le traduisit en excellent hollandais, comme elle s'y était
attendue. Elle a donné son approbation à cet ouvrage, et, comme elle
estime l'art au-dessus de l'or, elle appelle du geste _Othon_ sur la
scène et en bannit les mauvaises pièces. J. VAN HOVEN.

«Malgré l'enthousiasme avec lequel Van Hoven saluait cette traduction,
elle ne put obtenir les honneurs de la représentation.» V. L.

XXIX

  999. ATTILA, KONING DER HUNNEN. Treurspel. Gevolgt naar het
    Fransche van den Heer P. Corneille. _Te Amsterdam, by de
    Erfgen: van Jakob Lescailje, op de Middeldam, op de hoek van de
    Vischmart, 1685._ Met Privilegie. Pet. in-8 de 2 ff. et 64 pp.

Traduction d'_Attila_ en vers rimés, par M. Elias. Le privilége, daté
du 19 septembre 1684, est accordé aux régents du théâtre d'Amsterdam,
qui déclarent en faire cession aux successeurs de _Jacques Lescailje_.

«Le titre est orné d'un fleuron qui représente une grande ruche
entourée d'abeilles, mais sans l'accompagnement des vieillards ni des
orphelins. Au fond, le Parnasse dont Pégase occupe le sommet, et au
pied duquel on voit Apollon et les Muses. Le tout est entouré de deux
branches d'églantier, surmontées des armes d'Amsterdam, autour
desquelles s'enlace une banderole avec la devise de la chambre de
rhétorique: _In Liefde Bloeiende._» V. L.

  1000. [ATTILA, KONING DER HUNNEN. Treurspel. Gevolgt na het
    Fransche van den Heer P. Corneille. _Amsteldam, 1728._ Pet.
    in-8?]

Seconde édition de la même traduction. Elle n'est pas indiquée par Van
Lennep, mais nous en donnons la date d'après le privilége de l'édition
suivante.

  1001. ATTILA, KONING DER HUNNEN. Treurspel. Gevolgt na het
    Fransche van den Heer P. Corneille. _Te Amsteldam, by Izaak_
    _Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis,
    1743._ Met Privilegie. In-8 de 71 pp.

Troisième édition de la traduction d'Elias.

Le privilége, daté du 27 mai 1728, porte renouvellement du 18 octobre
1743.

«On a lieu de s'étonner qu'une traduction tout au plus passable
d'_Attila_ ait pu avoir plusieurs éditions. Quoiqu'elle soit encore
mentionnée sur le catalogue des pièces qui composaient le répertoire
courant en 1782, il paraît qu'à cette époque elle était abandonnée
déjà depuis longtemps.» V. L.

XXX

  1002. [TITUS VESPASIANUS; Treurspel. Gevolgd naar het Fransche
    van den Heere P. Corneille. _Te Amsteldam, 1714._ Met
    Privilegie. Pet. in-8?]

Traduction en vers de _Tite et Bérénice_, par S. Feitama.

Cette première édition est restée inconnue à Van Lennep, mais la date
nous en est fournie par le privilége de l'édition suivante.

  1003. TITUS VESPASIANUS; Treurspel. Gevolgd naar het Fransche van
    den Heere P. Corneille. _Te Amsteldam, by de Erfgen: van J.
    Lescailje, en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1722._ Met
    Privilegie. In-12 de 4 ff. prél. et 62 pp.

Réimpression de la traduction de Feitama; elle est précédée d'une
dédicace à Philippe Serrurier.

L'auteur dit qu'il a changé le titre de la pièce de Corneille pour
qu'elle ne fût pas confondue avec la _Bérénice_ de Racine.

Le privilége, daté du 23 mai 1714, porte renouvellement du 6 février
1722.

  1004. TITUS VESPASIANUS, Treurspel. Gevolgd naar het Fransche van
    den Heere P. Corneille. Merkelyk verbeterd. Nooit te voren
    alzoo gedrukt.

Cette édition corrigée se trouve dans les OEuvres dramatiques de
l'auteur _(Tooneelpoezy van S. F[eitama] onder de Zinspreuk: Studio
fovetur ingenium_;te Amsteldam, by P. Visser en A. Slaats
boekverkoopers, 1735, 2 vol. in-4, t. IIe, pp. 229-308).

«Feitama, dont nous avons déjà cité une traduction de _Pertharite_,
était un poëte estimé, surtout un bon versificateur. On a de lui,
outre plusieurs pièces originales, bon nombre de traductions, une,
entre autres, de _la Henriade_, et une autre, en vers, du
_Télémaque_,» V. L.

XXXII

  1005. SURENA, VELDHEER DER PARTHEN; Treurspel. _Te Amsteldam, by
    Izaak Duim, boekverkooper; bezuiden het Stadhuis, 1738._ Met
    Privilegie. In-8 de 5 ff. et 64 pp.

Traductions en vers par François Ryk.

Les ff. prélim. comprennent 1 front. gravé par _Punt_, le titre, le
privilége et une dédicace.

XXXIII

  1006. THOMAS VAN KEMPENS NAAVOLGING VAN JESUS CHRISTUS, naar de
    Fransche Uitbreiding van P. Corneille. In Nederduitsche
    dichmaat gebracht. _Te Amsterdam, gedrukt voor het
    Kunstgenootschap en te bekomen by de Erven van J. Lescaille,
    1707._ Met Privilegie. In-8 de 8 ff. (y compris un front.
    gravé) et 151 pp.

Traduction des deux premiers livres de la _Paraphrase de l'Imitation
de Jésus-Christ_, publiée par la Société littéraire _Nil volentibus
arduum_.

  1007. THOMAS VAN KEMPENS NAAVOLGING VAN JESUS CHRISTUS, naar de
    Fransche Uitbreiding van P. Corneille. De tweede druk op nieuws
    in rym vertaald en veel verbeterd. _Amsterdam, by de Erven van
    J. Lescaille, 1716._ Met Privilegie. In-8 de 6 ff. et 115 pp.,
    front. gravé par _J. Luyken_.

Seconde édition, revue et corrigée, de la même traduction.

  1008. THOMAS A KEMPIS NAVOLGING CHRISTI in gedicht naer P.
    Corneille. _Gouda, 1710._ In-8.

  1009. TH. VAN KEMPENS NAVOLGING VAN JESUS CHRISTUS, meest gevolgt
    naar de Fransche Uitbreiding van P. Corneille. _Te Rotterdam,
    by Jan Daniel Beman, 1730._ In-8 de 10 ff., 262 pp. et 2 ff. de
    table.

Traduction du troisième livre de la _Paraphrase de l'Imitation_,
publiée par la Société _Natura et Arte_.


VIII. Traductions en allemand.

  1010. [f]Erstlinge von Tragödien, Helden-Reimen und andern
    Tichteryen, von Tobias Fleischer.[f] _S. l._, 1666. In-8.

On trouve dans ce recueil des traductions de _Polyeucte_ et de
_Cinna_.

  1011. [f]=P. Corneille's Schauspiele.= Bearbeitet von J. J. Kummer.
    =Gotha=, 1779-1781.[f] 2 vol. in-12.

T. Ier: _Der Cid._--T. IIe: _Die Horazier._

Ces deux pièces font partie de la collection intitulée: _Theater der
Ausländer._

  1012. [f]=Peter Corneille's= Meisterwerke metrisch übersetzt [von Carl
    von Hänlein]. =Berlin, Ferd. Dümmler=, 1811-1817.[f] 2 vol. in-8,
    avec 8 figg. (2 thal.)

Ire partie, 1811: _Der Cid, Cinna._

IIe partie, 1817: _Horatius, oder der Kampf der Horatier und
Curiatier, Pompejus Tod._

  1013. [f]Auswahl aus =Corneille's Dramatischen Werken=. Frei
    bearbeitet von J. J. Kummer. =Gotha und Leipzig, Reichenbach.=
    1832.[f] 2 vol. in-18 (8 gr.)

T. Ier: _Der Cid._--T. IIe: _Die Horazier._

Ces deux pièces ont reparu quelques années plus tard dans la
collection intitulée: _Classisches Theater_ (Gotha und Leipzig,
in-18).

  1014. [f]=Die Sinnreiche=[f] || TRAGI-COMOEDIA || [f]=genannt=[f] ||
    [f]CID, || ist || ein Streit der Ehre und Liebe. || verdeutscht ||
    vom || Georg Greflinger || Regenspurgern, || Kays. Notar. ||
    =Hamburg, || Gedruckt bey Georg Papen, || In Verlegung Johann
    Naumans|| Buchh. vor S. Joh. Kirchen. || Im Jahr= 1650.[f] Pet.
    in-8 de 42 ff. non chiff., plus un front. gravé.

Le frontispice représente Rodrigue agenouillé devant Chimène, près du
cadavre du comte de Gormas. Chimène cherche à percer d'une épée la
poitrine du Cid, mais un Amour détourne le coup. On lit au-dessus de
la planche: CID, || =Verdeutscht vom Georg Greflinger || Regenspurg.
Kayserl.= _Not_; et en bas: _Bey Johann Nauman Buchhandlern || in
Hamburg || Bart. Iselburg fe: Hamb._

Au titre se voit une marque qui représente la boule du monde surmontée
d'un cavalier dont le cheval porte des ailes. La tête du personnage se
perd dans les nuages, où l'on aperçoit le chiffre du Christ. La terre
porte aussi le monogramme du Christ et de la Vierge, et sur une
banderole, qui se développe à l'entour, on lit la devise: _Superata
Tellus_ (il faudrait vraisemblablement _Tellure_) _sidera domat_.

Au verso du titre, se trouve une dédicace dont voici la traduction
littérale:

«Aux très-excellentes et très-nobles demoiselles, Mademoiselle
Éléonore Edwige et Mademoiselle Anne Dorothée, duchesses de Schleswig,
Holstein, Stormarn et Dithmarschen, comtesses d'Oldenbourg et de
Delmenhorst, etc., ses très-gracieuses demoiselles, l'éditeur Jean
Naumann, libraire à Hambourg, dédie respectueusement cette pièce.»

La dédicace est suivie d'un quatrain des plus médiocres. Vient ensuite
un _Avis au Lecteur_ dont voici la traduction:

«Cette tragédie qui finit dans la joie, autrement dit cette
tragi-comédie appelée _le Cid_, n'est qu'un combat entre l'honneur et
l'amour. Les Français et les Hollandais sont d'avis qu'aucune pièce
n'a encore dépassé l'invention de celle-ci. L'auteur, qui est
Français, s'appelle Cornelius. Ses paroles sont brèves, mais pleines
de sens; il est douteux qu'un Allemand puisse rendre ses vers aussi
brièvement sans les massacrer. Je n'en reproduis que l'ombre; c'est
dans le français qu'on peut voir le tableau original. Si quelqu'un
veut en avoir plus ample connaissance, qu'il s'y reporte; mon tableau
s'effacera volontiers, car il n'a pas été composé pour briller, mais
pour m'exercer à l'étude des langues. On y trouvera un grand travail.
Il m'a fallu beaucoup de peine pour reproduire l'ombre, je ne parle
pas du tableau. J'espère d'ailleurs que personne ne me reprochera, à
moi, le plus humble de ceux qui se sont enivrés aux fontaines de
Castalie, d'avoir traduit en allemand semblable ouvrage. Je suis
Allemand, c'est-à-dire libre; j'ai la liberté de m'exercer dans ma
langue et dans celle des autres, tout comme le plus savant, pourvu que
je me borne à écrire des choses honorables et qui ne fassent tort à
personne. J'ai conservé la forme versifiée, à l'exemple des Français
et des Hollandais; je n'ai rien dit de plus ni de moins, m'attachant
cependant plus au sens qu'aux mots. Chaque langue a ses expressions
qui lui sont propres; on doit chercher à les remplacer le mieux
possible. Si cette pièce te plaît, tu peux en attendre trois autres:
_la Fâcheuse Contrainte_ (_der beklägliche Zwang_), _Laure_ (_die
Laura_) et _Andronic et Aron_. Si ces pièces te plaisent à leur tour,
accorde-moi tes bonnes grâces, sinon j'aurai du moins le profit de
m'être de la sorte initié à la langue française. Porte-toi bien et
prends tout en bonne part.

    «Je suis ton dévoué serviteur,

    «G. G. R. K. N. [Georges Greflinger,
    notaire impérial à Ratisbonne].

    «Hambourg, le 1er août 1650.»

Les ff. préliminaires comprennent encore un long argument.

Si le style de Greflinger n'est pas sans faiblesse, on ne peut lui
contester un vrai mérite. On trouve dans sa traduction nombre de vers
bien frappés. Bien que l'expression n'ait pas, en général, la
concision du modèle, il est remarquable qu'il ait réussi à rendre _le
Cid_ vers pour vers; il a même imité la forme et le mètre des stances
de Rodrigue.

  1015. [f]=Die Sinnreiche=[f] TRAGI-COMOEDIA [f]=genannt=[f] CID,
    [f]ist ein Streit der Ehre und Liebe. Verdeutscht von Georg
    Greflinger, Regenspurgern Kays. Notar. Hamburg, in =Verlegung
    Georg Wolf Buchh. in S. Joh. Kirchen, im Jahr= 1679.[f] In-8
    de 37 ff. non chiff., plus un front. gravé.

Réimpression de la traduction de Greflinger.

  1016. [f]=Deutscher Schaubühne= erster Theil, auff welcher in dreyen
    sinnreichen Schau-Spielen, die wunderbare Würfung keuscher
    Liebe und der Ehren vorgestellet wird. 1. Der Cid. 2. Der
    Chimene Trauer-Jahr. 3. Der Geist des Graffen von Gormas oder
    der Todt des Cid. Aus dem Franz. übersetzt durch Isaac Clauz
    aus Straßburg. =Straßburg.= 1655.[f] In-8.

Nous n'avons pas eu ce recueil sous les yeux et ne pouvons en donner
une description complète.

La seconde pièce est, croyons-nous, la _Suite et le Mariage du Cid_,
de Chevreau (_Paris, 1638_); la troisième est l'_Ombre du comte de
Gormas et la Mort du Cid_, de Chillac (_Paris, 1639_).

  1017. [f]=Der Cid=, Trauerspiel. Aus dem Frantzösischen ins
    Hochdeutsche übersetzt und dem Durchl. Fürsten und Herrn Anthon
    Ulrichen, Herzogen zu Braunschweig und Lüneburg, unterhänigst
    zugeeignet, von Gottfried Langen. =Braunschweig= 1699.[f] In-8.

  1018. [f]=Der Cid=, Tragödie in fünf Aufzügen. Aus dem Französischen
    von U. L. Gust. S. Kleffel. =Rostock, Stiller=, 1779.[f] In-8 (9
    gr.)

Kayser indique cette traduction avec la date de 1807. Faut-il voir
dans cette indication une erreur de chiffre ou supposer une seconde
édition?

  1019. [f]=Der Cid=, Tragödie in fünf Aufzügen von Corneille.
    Uebersetzt von Ant. Niemeyer. =Köthen=, 1810.[f] In-8.

  1020. [f]=Der Cid.= Trauerspiel in fünf Acten nach Peter Corneille.
    Von Graf K. Chr. E. Benzel-Sternau. =Gotha, Becker=, 1811.[f] Gr.
    in-8 (16 gr.).

  1021. [f]=Der Cid=, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, nach P.
    Corneille. Von Matth. Collin.[f]

Cette traduction a été publiée dans le t. Ier des _OEuvres
dramatiques_ de Collin. (_Math. Collin's Dramatische Werke_; Pesth,
Hartleben, 1817, 4 vol. in-12.)

  1022. [f]=Der Cid=, Schauspiel in fünf Akten nach Corneille.--=Der
    Wahrsager=, Schauspiel in zwey Abtheilungen nach Poinsinet.
    =Brandenburg, Wiesike=, 1820.[f] In-8.

  1023. [f]=Der Cid=, romantisches Trauerspiel zum Theil nach spanischen
    Romanzen. Von E. =Ortlep. Leipzig, Lehnhold=[f]. 1828. In-8.

Imitation partielle de la tragédie de Corneille.

  1024. [f]=Der Cid=, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, aus dem
    Französichen des Herrn Corneille übersetzet.[f]

Traduction en vers insérée dans: _Die deutsche Schau-Bühne nach den
Regeln und Exempeln der Alten; ans Licht gestellt von Joh. Christoph
Gottscheden_, Ire part. (Leipzig, 1742, in-8), pp. 329-406.

  1025. [f]=Uebersetzung des Cid= von Corneille (Act.[f] I-III.),
    [f]mit einem Nachwort von O. Kallsen, Dr. phil.[f]

Cette traduction est insérée dans le _Programm des kön_.
_Gymnasiums zu Meldorf am Ende des Schuljahres_ 1856; Meldorf,
1836, in-4 de 38 pp.

Meldorf, petite ville du Holstein, appartenait alors au Danemark.

  1026. [f]=Der Cid=, Tragödie von P. Corneille. Uebersetzt von dem
    Oberlehrer Carl Franke.[f]

Cette traduction est insérée dans la publication suivante:

_Programm womit zu der fur Sonnabend und Montag, den 15. und 17.
August im königlichen katholischen Gymnasium zu Sagan bestimmten
öffentlichen Prüfung, Redeübung, Entlassung der Abiturienten und
Versetzung der Schüler aller Klassen ergebenst einladet Dr. Floegel,
Director, Ritter des rothen Adlerordens 4. Classe._ Sagan,
Schnellpressendruck von P. H. Raabe und Sohn, 1868. In-4 de 40 pp. à 2
col. (pp. 3-27).

Elle est en vers non rimés et serre le texte autant que possible.
L'auteur n'a voulu, dit-il, que fournir aux élèves de la classe
supérieure l'occasion de parcourir de nouveau une pièce qu'ils avaient
déjà étudiée avec lui dans le courant de l'année scolaire.

  1027. [f]=Der Cid=, Trauerspiel in 5 Aufzügen von P. Corneille.
    Uebersetzt von Malvine Gräfin Waltzan. =Leipzig, Ph. Reclam
    jun.=, 1873.[f] Gr. in-16 de 59 pp.

_Universal Bibliothek_, no 487.

X

  1028. [f]=Des Herrn=[f] T. (_sic_) CORNEILLE [f]=Horatz, oder
    gerechtfertigter Schwester-Mord=, Trauer-Spiel aus seinem
    Französischen ins Teutsche gesetzt. In Verlegung[f] _Johannis
    Cundisii_, [f]=Buchhändlers in Görlitz. Leipzig, gerdruckt bey
    Christian Michael=, 1662.[f] In-8.

Traduction d'_Horace_, par D. E. Heidenreich.

  1029. [f]=Die Horazier=, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, aus dem
    Französichen des Herrn Peter Corneille übersetzet von Friedr.
    Erdmann Freyh. von Glaubitz, Kaiserl. und
    Reichs-Cammergerichtsassessoren.[f]

Traduction en vers insérée dans: _Die Deutsche Schau-Bühne nach den
Regeln und Exempeln der Alten_; _ans Licht gestellt von Joh. Christoph
Gottscheden_, Ire part. (Leipzig, 1742, in-8), pp. 1-78.

  1030. [f]=Die Horazier=, Trauerspiel. Von Georg Behrmann. =Hamburg=,
    1752.[f] In-8.

Imitation d'Horace.

  1031. [f]=Die Horatier=, Trauerspiel in 5 Aufzügen nach P. Corneille.
    =Quedlinburg=, 1811.[f] Gr. in-8.

  1032. [f]=Horace=. Eine Tragödie von P. Corneille. Herausgegeben von
    Herm. Dörgens. =Köln und Neuß, Schwan'sche Verlagshandlung=,
    1861.[f] Gr. in-8 de XXVIII et 64 pp. (10 gr.)

XI

  1033. [f]=Cinna, oder die Gütigkeit Augusti=, ein Trauerspiel des
    Corneille.[f]

Irdische Flora_, 1702, in-8, pp. 95 sqq.

  1034. [f]=Cinna, oder die Gütigkeit des Augustus.= Trauerspiel aus dem
    Französischen übersetzt. =Wien=, 1750.[f] In-8.

Une première traduction de _Cinna_ fut publiée en 1655, en même temps
que la traduction de _Polyeucte_ (voy. le no 1010).

XII

  1035. POLYEUCTUS || [f]oder|| =Christlicher Märtyrer= || Meist aus
    dem Französischen || des H.[f] Corneille [f]ins Deutsche || gebracht
    || Mit sich darzu fügenden neuen Erfin- || dungen vermehret ||
    und || vor weniger Zeit || In Gegenwart und Versamlung || hoher
    Häupter || E. Hochlöbl. Universität und || E. Ed. E. Hochweisen
    Raths || zu Leipzig || durch || Ein öffentliches Trauer-Spiel
    || Nach anderer dergleichen Aufführung auff gesche- || henes
    inständiges Ansuchen || Einer Studierenden Gesellschaft ||
    vorgestellt || von= Christophoro Kormarten, Lips. || =Leipzig und
    Hall in Sachsen, || In Fickischen Buchläden anzutreffen= 1679.[f]
    In-8 de 8 ff (dont le 2e et le 3e sont blancs) et 221 pp.

Imitation de _Polyeucte_ en prose par Christophe Kormart. Elle est
dédiée à neuf professeurs ou négociants de Leipzig et de Hambourg,
protecteurs du traducteur. La dédicace est suivie d'un avis au
lecteur, dans lequel Kormart déclare que, malgré tous les mérites de
Corneille, il s'est permis d'introduire ça et là quelques changements.

Kormart a voulu arranger la pièce de Corneille d'après le goût
allemand. A côté de scènes empruntées mot pour mot à l'original, il a
introduit des scènes nouvelles dans lesquelles il met en action les
faits qu'un simple récit révèle au spectateur dans la tragédie
française. «Il n'est plus question de l'unité de lieu; la scène change
sans cesse; l'alexandrin est transformé en simple prose. Si les
personnages ont conservé l'étiquette en usage à cette époque, s'ils se
parlent encore à la troisième personne du singulier, ils sont
cependant devenus plus solides et plus vivants. Le tiède confident et
conseiller Néarque, par exemple, a fait place à un Africain, plein
de la foi la plus ardente, qu'une amitié enthousiaste unit à
Polyeucte. Les principales figures de Corneille ont reçu une marque
plébéienne; elles sont devenues infiniment plus communes, mais aussi
plus puissantes.» Voy. Devrient, _Geschichte der deutschen
Schauspielkunst_, t. Ier (Leipzig, 1848, in-8), pp. 234-241.

  1036. [f]=H. Corneille Polyeuctus=, oder[f] TRAGOEDIA [f]=vom
    christlichen Martyrer Polyeuctus=, aus Frantzöischen [_sic_]
    geteutscht und und mit neuen Erfindungen anständiglich vermehrt
    von C. R. L. Hall, =in Verlegung Johann Fickens S. Witbe=
    1673.[f] Pet. in-8 de 6 ff. prél. non chiff. et 221 pp.

  1037. [f]=Polyeuctes=, ein Märtyrer. Christliches Trauerspiel. Aus dem
    Frantzösischen des[f] P. Corneille [f]übersetzt von Catharina Salome
    Linckin, gebohrner Feltzin. =Straßburg=, 1727.[f] Pet. in-8.

Traduction en vers.

  1038. [f]=Polyeuctes, christlicher Märtyrer.= Trauerspiel. Leipzig=[f],
    1733. In-8.

  1039. [f]=Polyeuctes=, christliches Trauerspiel. =Wien=, 1750.[f] In-8.

  1040. POLYEUCTE MARTYR, tragédie chrétienne. [f]=Oder Der Märtyrer
    Polyeuctes=, welcher in der achten Verfolgung deren Christen
    unter dem Kayser Decio enthauptet worden, in einem christlichen
    poetischen Trauer-Spiel vorgestellet von P. Corneille,
    Frantzöisch und Deutsch.[f]

Traduction en vers rimés accompagnée du texte original en regard. Elle
est insérée dans un recueil qui n'a pas de titre général et commence
par la pièce suivante:

GABINIE, tragédie chrétienne, =oder die unter der letzteren zehenden
schweresten Haupt-Verfolgung Kaysers Diocletiani standhaffte Christin
Gabinie, in einem christlichen poetischen Trauer-Spiel vorgestellt von
P. B. [Palaprat und Brueys]. Frantzöisch und Deutsch. Franckfurth und
Leipzig, verlegt Gottlieb Siegert, Buchhändl. in Hirschberg, 1734.=
In-8 de 8 ff. prél. et 351 pp. avec 2 figg.

_Polyeucte_ occupe les pp. 160 à 351 de ce volume. Le texte est
précédé d'une figure. Le but du traducteur a été simplement de
présenter au lecteur des pièces édifiantes.

XIV, XV

  1041. [f]=Der Lügner=, Lustspiel in zwei Theilen von Corneille ins
    Deutsche übersetzt. =Quedlinburg=, 1762.[f] Gr. in 8 (6 gr.)

Traduction du _Menteur_ et de la _suite du Menteur_, par J. A.
Tiessen.

  1042. [f]=Der Lügner=, Lustspiel in fünf Aufzügen. Aus dem
    Französischen von P. Corneille. =Wien, Wallishaußer=, 1807.[f] In-8
    (8 gr.)

XVI

  1043. RODOGUNE [f]=Prinzessin aus Parthien=, Trauer-Spiel aus des
    Corneille Französischen übersetzet durch F. E. Bressand.
    =Wolffenbüttel, gedruckt bey Caspar Johann Bißmarckt=, 1691.[f]
    In-8.

Traduction en vers.

  1044. [f]=Rodogüne, Prinzessin der Parthen=, ein Trauerspiel in fünf
    Aufzügen, aus dem Französischen von P. Corneille. =Leipzig,
    Barth=, 1769.[f] In-8 (4 gr.)

  1045. [f]=Rodogüne=, Trauerspiel in fünf Aufzügen nach Corneille, von
    A. Bode. =Berlin und Leipzig=, 1803.[f] In-8 (10 gr.)

  1046. =Rodugune, Parthische Prinzessin.= Trauerspiel von P.
    Corneille. Deutsch von H. Heller. =Leipzig, Ph. Reclam jun.=,
    1874.[f] Gr. in-16 de 61 pp.

_Universal-Bibliothek_, no 528 (2 gr.).

XXV

  1047. SARTORIUS, [f]in einem Schau-Spiel, bey höchsterfreulicher
    Begehung des Gebuhrts-Tages der durchlauchtigsten Fürstin und
    Frauen, Frauen Elisabetha Juliana, Hertzogin zu Braunschweigk
    und Lüneburk, gebohrne Hertzogin zu Schleßwig und Holstein,
    etc., etc., von einigen Theils Dero hochfürstl. Durchl. Fürstl.
    hoch-Gräfl. und Adelichen Persohnen, auff dem neuen Theatro zu
    Saltzthal vohrgestället, im Jahr 1694.[f] _S. l._, in-8.

L'auteur, F.-E. Bressand, reconnaît dans sa préface que sa pièce n'est
qu'une traduction. Il rapporte, du reste, qu'il a traduit encore
d'autres tragédies françaises: _Rodogune_, _Athalie_, _Herménégilde_,
etc.


IX. Traductions en danois.

IX

  1048. [f]=Dansk Oversettelse= af dend tredie Scena i dend tredie Act
    af Mr. Corneilles franske= Tragoedie, =som kaldis Cid. Gioort=
    =for tidsfordrivs skyld af Fr. D'Anholt, som i 19 aar haver
    opholdet sig i Danmark.[f] (A la dernière page:) [f]=Trykt i Paris=
    1696.==[f] Pet. in-4 de 8 pp.

Traduction de la troisième scène du troisième acte du _Cid_ par Fr.
d'Anholt (Frédéric Rostgaard).

  1049. [f]=Dansk Oversettelse= af dend tredie Scena i dend tredie Act
    af Mr. Corneilles franske[f] Tragoedie, [f]=som kaldis Cid=, Gioort for
    tidsfordrivs skyld af Fr. D'Anholt. =Pariis=, 1696.[f] (A la
    dernière page:) [f]Paris, 1696.[f] Pet. in-4 de 8 pp.

Cette traduction est la même que la précédente, mais l'impression
offre quelques variantes.

XII

  1050. [f]=Polieuctes Martyr.= Tragedie udi fem Acter. Oversat paa
    Danske Vers af det Franske Sprog efter Herr Pt. Corneilles
    Original. Til det Kongl. Danske Theaters Brug. =Kiöbenhavn=,
    1763.[f] In-8 de 96 pp.

Traduction de _Polyeucte_, à l'usage du Théâtre royal danois.
L'auteur est Vilhelm Bornemann.


X.--Traductions en suédois

IX

  1051. LE CID. [f]=Eller Then om Heder täflande Kärleken.= Sorge-Spel
    Uti Fem Afhandlingar. Författat på Französka af then widt
    berömde[f] Pierre Corneille, [f]Och På Swensk vers öfwersatt 1739,
    Af[f] Gabriel Boding. [f]Förestält på then Kongl. Skådeplatzen i[f]
    Stockholm. [f]Första gången then 23 Sept. 1740.[f] _Stockholm_,
    [f]=Tryckt uti Kongl. Tryckeriet.=[f] In-4 de 72 pp. (1 daler. 16 öre).

Traduction représentée pour la première fois sur le Théâtre du Jeu de
paume (_Bollhus_), à Stockholm le 23 septembre 1740; reprise sur le
Théâtre de la Houblonnière (_Humlegården_), le 25 août 1777.

Gabriel Boding, né on 1714, mort en 1790, était arpenteur dans le
gouvernement de Stockholm. Outre le _Cid_, il a fait paraître, en
1741, une traduction des _Fourberies de Scapin_, de Molière.

  1052. CID, tragedi i 5 akter af Pierre Corneille. Fritt öfversatt
    af P. Westerstrand. _Stockholm, Horbergska Botryckeriet, 1843._
    In-8 de 76 pp. et 1 f. d'errata.

Traduction en vers. Elle avait paru dès l'année 1839 dans les
_Metriska Öfversättningar af P. Westerstrand_, mais l'auteur lui fit
subir plusieurs changements dans l'intervalle.

X

  1053. [f]=Horace=, Sorge-Spel i fem Afhandlingar af P. Corneille,
    öfwersatt af J. Berghult.[f]

Traduction représentée sur le théâtre du Jeu de paume, à Stockholm, en
1741.

On doit à l'auteur, Berghult, deux autres traductions du français: _le
Grondeur_ (_Tvärviggen_), de Brueys et Palaprat, et _l'Impromptu de
garnison_ (_Den illfänige Friaren_).

XIV

  1054. [f]=En Bättrad Will-Hierna, Och en Trogen Wänskap=, Förstäld uti
    en Af Engelskan öfwersatt= Comoedia =Som wardt öfwersänd Till
    Herr Cantzeli-Rådet[f] Baron Eric Wrangel [f]Af En fråwarande wän.
    Åhr 1721. =Stockholm, Tryckt uti=[f] _A. Holms_ [f]=Tryckerij=,
    1723.[f] In-8 de 3 ff. et 113 pp.

Traduction du _Lying Lover_, de Steele. On a vu ci-dessus (no 917) que
cette pièce est imitée du _Menteur_. L'auteur de la présente
traduction est le comte Charles Gyllenborg, président de la
chancellerie suédoise, né en 1679, mort en 1746, qui fit représenter
en 1737 une imitation du _Français à Londres_, de Boissy (_Den Svenska
sprätthöken_), et, en 1745, une traduction de l'_Andromaque_, de
Racine. L'éditeur, le baron Eric Wrangel, né en 1686, mort en 1765,
fit représenter sous son nom, à Stockholm, deux tragédies en vers,
_Fröken Snöhvit_ (_Mlle Blanche comme neige_) (1737), et _Torilla_
(1738).

  1055. EN BÄTTRAD VILLHJERNA, OCH EN TROGEN VÄNSKAP. Förestäld uti
    en af Engelskan öfversatt comoedia, som vardt öfversänd till
    Eric Wrangel. _Upsala, tryckt hos P. Hanselli_, 1861. In-8 de
    124 pp.

Réimpression de la traduction précédente. C'est un tirage à part à 25
exemplaires du recueil intitulé: _Samlade Vitterhetsarbeten af Jacob
och Anders Wollimhaus samt Olof och Carl Gyllenborg_; Upsala, 1863,
in-8, pp. 243-366.

  1056. [f]=Baron Sorgfri eller en förbättrad Will-Hierna=[f],
    Comoedia [f]i fem Akter efter Steele, fritt öfwersatt af C.
    Gyllenborg[f].

Texte revu de la traduction de C. Gyllenborg, représenté au Théâtre du
Jeu de paume (_Bollhus_), à Stockholm, le 11 février 1745.


XI. Traductions en russe.

IX

  1057. [Cyrillique: Cid, tragediya v' 5 deystviyah'. Sochineniye
    Korneliya; perevod' frantsuzskago belymi stihami. Sanktpeterburg'],
    1779 In-8 (50 kop.)

Traduction du _Cid_ en vers blancs.

  1058. [Cyrillique: Cid, tragediya v' 5 deystviyah' v' stihami.
    Sochineniye P. Korneliya; perevod' frantsuzskago Pavel'
    Kat[i)]enín. Sanktpeterburh',] 1822. In-8.

Traduction du _Cid_, par Paul Katjenin.

XI

  1059. [Cyrillique: Cinna, ili Avgustovo Miloserdie, tragediya
    v' 5 deystviyah'. Sochineniye P. Korneliya; perevod' s'
    frantsuzskago belymi stikhamii. Sanktpeterburh'], 1779. In-8
    (50 kop.)

Traduction de _Cinna_ en vers blancs.

XII

  1060. [Cyrillique: Polievkt' muchenik', tragediya khristianskaja
    Petra Korneliya perevod' s' frantsuzsk stihov' v'
    russkiye N. X.]

Traduction de _Polyeucte_, représentée sur le théâtre de la cour de
Russie, au mois de janvier 1759. Il en existe une copie manuscrite à
la Bibliothèque nationale (Msc. slaves, no 41).

XIII

  1061. [Cyrillique: Smert' Pompeyeva, tragediya v' 5 deystviyah'.
    Sochineniye P. Korneliya; perevod' s' frantsuzskago belymi
    stikhamii. Sanktpeterburh',] 1779. In-8 (50 kop.)

Traduction de _la Mort de Pompée_ en vers blancs.

XVI

  1062. [Cyrillique: Rogoduna, tragediya v' 5 deystviyakh'.
    Sochineniye Korneliya; perevod' s' frantsuzskago prozoyu.
    Moskva, v' T. Kompanija tipografi[vs]eskaja], 1788. In-8 (40 kop.).

Traduction de _Rodogune_, en prose.


XII. Traductions en serbe.

X

  1063. [Cyrillique serbe: Horacije. Tragedija u 5 chinova od
    Petra Kornelja. S francuskog prevyeo Nikola Marinovi[´c]. U
    Byeogradu, u Dra[vz]avna [vS]tamparija], 1871. In-16 de 4 ff.,
    102 pp. et 1 f. blanc.

Traduction d'_Horace_ en vers, par Nicolas Marinovi[´c], dédiée au
major Michel Anastasijevi[´c], le célèbre patriote à qui Belgrade
doit la fondation de son université. Le traducteur, fils de l'ancien
président du ministère serbe, a fait toutes ses études à Paris, et sa
parfaite connaissance de la langue française lui a permis de suivre le
texte original avec une grande fidélité.


XIII. Traductions en polonais.

IX

  1064. CYD RODRYG, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez And.
    Morsztyna. _Supra[´s]l_, 1752. In-8.

Traduction du _Cid_, par André Morsztyn.

  1065. CYD, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez L.
    Osi[´n]skiego. _Warszawa_, 1861. In-8.

Traduction du _Cid_, par Louis Osi[´n]ski. M. Estreicher
(_Bibliografia polska_, t. Ier, p. 370) la cite dans sa liste des
ouvrages dramatiques, mais ne la mentionne pas, t. IIe, p. 432, au mot
_Kornel_. On en trouve un extrait dans les oeuvres d'Ignace Krasicki
(_Dzieta poetyckie Ignacego Krasickiego_; W Warszawie, 1803, 10 vol.
in-8, t. IIIe, pp. 364-368).

X

  1066. HORACYUSZE, tragedya P. Kornela, przek[~l]adania L.
    Osi[´n]skiego. _Warszawa, 1802._ In-8.

Traduction d'_Horace_, par L. Osi[´n]ski. On en trouve un extrait dans
l'édition des oeuvres de Krasicki citée plus haut, t. IIIe, p. 368-373.

  1067. HORACYUSZE, tragedya P. Kornela, przek[[~l]adania L.
    Osi[´n]skiego. _Warszawa, 1861._ In-8.

XI

  1068. CYNNA ALBO [~L]ASKAWO[´S][´C] AUGUSTA, tragedya P. Kornela
    z francuzkiego przek[~l]adania Ks. Franc. Godlewskiego. _Wilno,
    Zawadzki, 1807._ In-8.

François-Xavier Godlewski, né en 1769, mort en 1838, a publié 4
volumes de sermons et des traductions de _Cinna_, de Corneille, et de
la _Thébaïde_, de Racine.

  1069. CYNNA, CZYLI [~L]ASKAWO[´S][´C] AUGUSTA, tragedya w 5
    aktach z P. Kornela przez L. Osi[´n]skiego. _Warszawa, 1861._
    In-8.

M. Estreicher, t. Ier, p. 370, cite la traduction de _Cinna_, par
Osi[´n]ski, comme ayant été publiée à Varsovie en 1861, mais, plus
loin (t. IIe, p. 432), il en parle comme d'un manuscrit existant à la
bibliothèque de l'Université de Cracovie.

XII

  1070. POLIEUKT, tragedya chrze[´s]cia[´n]ska P. Kornela
    przek[~l]adania W. Niemojowskiego. _S. l. n. d._ [1819]. In-8.

Traduction de W. Niemojowski.

  1071. POLLIEUKT MECZENNIK, tragedya chrze[´s]cia[´n]ska w 5
    aktach, t[~l]ómaczona z francuzkiego z dzie[~l] P. Kornela
    przez Stanislawa Laskowicza. _Wilno, A. Marcinowski, 1836._
    In-8 de 92 pp.

Stanislas Laskowicz ne s'est fait connaître que par sa traduction de
_Polyeucte_ et des traductions de Voltaire.

XIII

  1072. [´S]MIER[´C] POMPEJUSZA, tragedya w 5 aktach z P. Kornela
    przez W[~l]. Miniewskiego.

M. Estreicher cite cette traduction de _la Mort de Pompée_, t. Ier, p.
370; nous ne savons où elle a été publiée.

XIV

  1073. [~L]GARZ, komedya P. Kornela, na[´s]ladowania z Lopego
    Wegi, przek[~l]adania Leona Moszy[´n]skiego. _S. l. n. d._
    [vers 1775]. In-8.

Traduction du _Menteur_, par le célèbre Ignace Krasicki, sous le
pseudonyme de Léon Moszy[´n]ski.

  1074. [~L]GARZ, komedya P. Kornela, na[´s]ladowania z Lopego Wegi
    przek[~l]adania Leona Moszy[´n]skiego. _Warszawa, 1780._ In-8.

Réimpression de la traduction de Krasicki. Il en existe une autre
édition séparée (_Warszawa_, 1832, in-8).

XVIII

  1075. HERAKLIUSZ, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez
    Aleksandrowicza. _Lwów, 1749._ In-8.

Traduction d'_Héraclius_, par Aleksandrowicz.

XXVII

  1076. OTTON, tragedya w 5 aktach P. Kornela, przek[~l]adania St.
    Konarskiego. _Warszawa, 1744._ In-8.

Stanislas Konarski, né en 1700, mort en 1773, appartenait à l'ordre
des Piaristes. Il a composé divers traités de grammaire et de
rhétorique.

Les autres littératures slaves ne possèdent aucune traduction de
Corneille.


XII.--Traductions en grec.

IX

  1077. [Grec: HO Xid. Tragôdia eis praxeis pente hypo Korneliou.
    Metaphrastheisa kai ekdotheisa hypo Panagê T. Reilandou,
    phoitetou tês nomikês. En Athênais], 1868. In-8 de VIII et 72
    pp.

Traduction du _Cid_, par Panaï G. Weiland.

XI

  1078. [Grec: Poiêmata Iakôbon Rhisou Rhagkabê periechonta
    metaphrasin triôn gallikôn tragôdiôn meta tou prôtotupou
    keimenou, kai alla diaphora. En Athênais], 1836. 2 vol. in-12.

Le t. 1er contient _Cinna_, de Corneille, et _Phèdre_, de Racine. Le
t. IIe contient _Zaïre_, de Voltaire, et diverses autres pièces.

La traduction de _Cinna_ est en vers _politiques_ rimés, de quinze
syllabes.


XV.--Traductions en arménien.

XII

  1079. POLYEUCTE MARTYR ARMÉNIEN, tragédie de Pierre Corneille.
    _Venise, typographie des Mekhitaristes_, 1858.--[Arménien:
    Polktos vkay Hayeren voghbergut’yuny P. Gorrneyi targmanutyun
    H. G. V. H. Vénétik i tpayani Mkhit’areany.] 1858. Gr. in-12
    de 157 pp. y compris les ff. prélim., avec un portrait
    lithographie de Corneille sur papier fort (2 fr. 50).

Traduction en vers rimés arméniens par le R. P. Georges Hurmuz,
docteur en théologie, archevêque de Stoussik'. I; en existe des
exemplaires avec le texte arménien seul.

  1080. [Arménien: Tatron arevelean. Polktos vkay Hayeren
    voghbergut’yuny i Hing ararutss, T’argm, S. Hek’imean
    K. polis] 186?.

Théâtre oriental. Polyeucte, martyr arménien, tragédie en cinq actes,
trad. par Z. Hekimtan. _Constantinople_, 186?.


XIV. Traductions en magyar.

IX

  1081. CID Corneille Péterböl. Magyarítva Greguss Ágoston által.
    _Szarvas, Réthy Lipót sajátja, 1847._ Pet. in-8 de 2 ff. et 92
    pp.

_Le Cid_, traduit par Auguste Greguss.

Greguss, né à Eperjes le 27 avril 1825, est un des poëtes les plus
estimés de la Hongrie actuelle. Il est aujourd'hui professeur
d'esthétique à l'Université de Budapest.

  1082. CID. Tragédia öt felvonásban. Fordította Greguss Ágoston.
    Kiadja a Kisfaludy-Társaság. _Budapest, az Athenaeum tulajdona,
    1873._ Pet. in-8 de 99 pp.

Seconde édition de la traduction de Greguss publiée par la Société
Kisfaludy.

X

  1083. A' HORATZIUSOK ÉS KURIATZIUSOK, Szomorújáték versekben és
    öt részben Zechenter Antal, a' fö-hadi-tanátsnak tisztje által.
    Pulchrumque mori succurrit in armis. Virg. _Posonyban, Landerer
    Mihály' költségével, és betüivel, 1781._ Pet. in-8 de 86 pp.

_Horace_, traduit par Antoine Zechenter.

Zechenter, né à Bude, vers 1750, était attaché au conseil de guerre
aulique. Il a traduit _Mithridate_, de Racine, et divers ouvrages de
Voltaire, de Goethe, etc.



XVI.--OPÉRAS ET BALLETS

TIRÉS DES PIÈCES DE CORNEILLE.


VII

  1084. MEDÉE, Tragédie. En Musique, Représentée par l'Académie
    Royale de Musique. _On la vend, à Paris, A l'Entrée de la Porte
    de l'Academie Royale de Musique, Au Palais Royal, rue
    Saint-Honoré. Imprimée aux dépens de ladite Academie. Par
    Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique._
    M.DC.XCIII [1693]. Avec Privilége du Roy. In-4 de 79 pp. en
    tout.

Collation: titre, avec les armes royales;--_Prologue_, où figurent
_la Victoire_, _Bellonne_ et _la Gloire_;--_Acteurs de la
Tragédie_;--_Médée, tragédie._

L'opéra de _Médée_ fut tiré par Thomas Corneille de la tragédie de son
frère. Charpentier écrivit la musique; mais ce compositeur, connu par
ses chansons à boire, n'obtint qu'un médiocre succès quand il voulut
aborder le théâtre. La première représentation eut lieu le 4 décembre
1693. Le rôle de Créon fut chanté par _Dun_, celui de Jason par
_Dumesny_; MMlles _Moreau_ et _Le Rochois_ interprétèrent ceux de
Créuse et de Médée.

Il n'est pas impossible que les pièces de Corneille antérieures à
_Médée_ aient également fourni matière à quelques opéras. Nous
citerons, par exemple, à cause de l'analogie des titres, un livret
italien de l'abbé Francesco Silvani intitulé: _Il Tradimento tradito_,
ou _Tradimento traditor di se stesso_. Ce livret, dont Albinoni, en
1709, et Lotti, en 1711, écrivirent successivement la musique, est
peut-être une imitation de _la Veuve_ ou _le Traitre trahi_, mais nous
n'avons pu vérifier le fait.

  1085. MEDÉE ET JASON, Tragedie, Représentée pour la premiere fois
    par l'Academie Royale de Musique, Le Lundy vingt-quatriéme
    Avril 1713. _A Paris, Chez Christophe Ballard, seul Imprimeur
    du Roy pour la Musique, rue S. Jean de Beauvais, au
    Mont-Parnasse._ M.DCC.XIII [1713], Avec Privilége de Sa
    Majesté. Le Prix est de trente sols. In-4 de 67 pp. en tout.

Au verso de la p. 67, se trouve le privilége général accordé pour dix
ans au sieur Guyenet, concessionnaire de l'opéra, à la date du 22 juin
1709, avec mention de la cession faite par Guyenet à _Ballard_.

L'abbé Pellegrin, sous le pseudonyme de la Roque, écrivit ce nouveau
livret, dont la musique fut composés par Salomon, membre de la musique
du roi. Les rôles furent ainsi distribués:

_Mlle Journet_, Médée; _Cochereau_, Jason; _Thévenard_, Créon; _Mme
Pestel_, Créuse; _Mlle Dun_, Nérine; _Dun_, Arcas; _Mlle Antier_,
Cléone, etc.

Un prologue allégorique, où l'on voyait Apollon rassurer l'Europe et
prédire à la France le retour de la victoire, eut particulièrement le
don de plaire au vieux roi.

La partition de Salomon n'était, du reste, pas sans mérite, bien qu'il
abordât pour la première fois la scène à l'âge de cinquante-deux ans.
Les nombreuses reprises de son oeuvre attestent qu'elle obtint un
succès durable.

  1086. MEDÉE ET JASON, Tragedie. Representée pour la première fois
    par l'Academie Royale de Musique, Le Lundy vingt-quatriéme
    Avril 1713. Et remise au Théatre le dix-septiéme Octobre 1713,
    avec plusieurs augmentations. Le prix est de trente sols. _A
    Paris, Chez Pierre Ribou, Quai des Augustins, à la descente du
    Pont-Neuf_, à l'Image Saint Loüis. M.DCC.XIII [1713]. Avec
    Approbation & Privilege du Roy. In-4 de 55 pp. en tout.

Reprise de l'opéra de Pellegrin et Salomon.

La distribution ne fut pas changée, à l'exception du rôle de _Créuse_
où _Mlle Poussin_ remplaça _Mme Pestel_.

Le verso de la p. 55 du livret est occupé par le privilége donné aux
sieurs Besnier, Chomat, Duchesne et de La Val de S. Pont,
cessionnaires des droits de Francini et Dumont à l'exploitation de
l'opéra. Ce privilége, accordé pour dix-neuf ans, est daté du 20 août
1713; cession en est faite à _Ribou_ par traité du 22 août 1713.

A la fin du livret se trouvent 2 ff. contenant le _Catalogue des
Livres nouveaux qui s