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Title: Une bibliothèque - L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver - et de s'en servir
Author: Cim, Albert
Language: French
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by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
http://gallica.bnf.fr)



  ALBERT CIM
  Bibliothécaire du Sous-Secrétariat d'État des Postes et Télégraphes

  UNE
  BIBLIOTHÈQUE

  L'ART D'ACHETER LES LIVRES
  DE LES CLASSER, DE LES CONSERVER
  ET DE S'EN SERVIR

        «... Nous aurons fait notre possible pour laisser un témoignage
        d'amour sincère et de culte vrai pour ce bien que nous ont
        légué l'intelligence et le travail de nos devanciers: LE LIVRE.»
                                (G. MOURAVIT, _le Livre_, p. IX.)

  PARIS
  ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR
  26, RUE RACINE, 26

  1902



IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE:

Vingt exemplaires sur papier du Japon

numérotés 1 à 20

et vingt exemplaires sur papier de Hollande

numérotés 21 à 40

Tous parafés par l'Éditeur.



A LA MÉMOIRE

de mon cher et illustre maître

ÉMILE LITTRÉ

dont le grand _Dictionnaire_, monument élevé à la gloire de notre langue
et de nos grands écrivains, atteste la puissante érudition et le culte
des Lettres et de la France,

Ce livre, consacré à la connaissance et à l'amour du Livre, est dédié.

ALBERT CIM.



PRÉFACE


Ce n'est pas aux bibliographes de profession et aux savants que cet
ouvrage s'adresse; c'est à tous ceux qui ont le goût des livres et
veulent se rendre compte des éléments matériels du livre, en connaître
la fabrication, les qualités physiques, les conditions d'achat, les
meilleurs modes d'entretien et de classement; et aussi et surtout à ceux
qui cherchent à tirer de leurs lectures le plus de profit et le plus de
plaisir possible. C'est à la jeunesse spécialement qu'il est destiné, à
la jeunesse studieuse et curieuse, qui sent s'éveiller en elle le
passionnant amour des livres et des Lettres,--deux choses que je ne
sépare pas.

J'ai pensé de préférence à ces fervents, mais humbles néophytes, que
dame Fortune a oublié de favoriser, et qui ne peuvent consacrer que de
menues sommes à l'accroissement et la mise en ordre de leurs modestes
bibliothèques.

Sans dédaigner les papiers de choix et les reliures précieuses, les
bijoux et trésors des Elzevier, des Plantin ou des Alde, les
chefs-d'œuvre de Gravelot, d'Eisen ou de Moreau le Jeune, et tout en
sachant fort bien que les belles éditions ne font que mieux apprécier
les bons livres, nous estimerons ceux-ci principalement par leur
contenu, nous les considérerons comme instruments de recherches et de
travail, de distraction aussi, de perfectionnement intellectuel et moral
surtout, non comme articles de luxe, motifs d'ornement et de parade.

Après un chapitre préliminaire, succinct avant-propos consacré à
_l'Amour des livres et de la lecture_, nous abordons l'élément
fondamental et essentiel du livre, _le Papier_, sa fabrication et ses
diverses sortes; nous étudions ensuite _le Format_ et
_l'Impression_,--deux chapitres que nous aurions pu réunir en un seul,
tant sont connexes les questions qu'ils traitent,--et enfin _la
Reliure_.

Voilà le livre constitué.

Nous nous occupons alors de son _Achat_: quels livres faut-il acheter?
Est-il nécessaire d'en posséder beaucoup? Vaut-il mieux s'adresser aux
libraires qu'aux bouquinistes, à la «nouveauté» qu'à l'«occasion», à ce
que les Allemands appellent l'«antiquariat»?

Nous examinons ensuite _l'Aménagement de la bibliothèque_, quels genres
de meubles et de rayonnages conviennent le mieux pour _le Rangement des
livres_, et quel doit être ce rangement. Puis viennent les divers
systèmes de _Classification_ et les principales sortes de _Catalogues_
(alphabétique, méthodique, etc.) qu'on peut avoir besoin d'établir. Le
chapitre dernier a pour objet _l'Usage et l'Entretien des livres_; il
passe en revue les moyens de les préserver de la poussière, de
l'humidité et des insectes, et de remédier aux accidents (déchirures et
taches) qui les menacent; il enseigne à les défendre contre leurs
nombreux ennemis: souris, rats, emprunteurs, collectionneurs de
gravures, etc.; recherche quels sont les moments de la journée les plus
favorables pour la lecture, quelle doit être l'hygiène du liseur,
comment il convient de tenir un livre, de le manier, d'en couper les
pages, etc., etc.

Le volume se termine par une liste des abréviations, locutions latines,
termes géographiques latins, chiffres romains et signes typographiques
usités en bibliographie; par un relevé des principaux ouvrages relatifs
aux bibliothèques et à tout ce qui concerne le papier imprimé; enfin par
un index alphabétique permettant de consulter le présent livre et de s'y
référer comme on ferait d'un dictionnaire.

A nos observations propres, nous avons joint fréquemment des remarques,
gloses ou anecdotes récoltées dans nos lectures. Il nous a semblé qu'il
était bon, qu'il était essentiel, d'appuyer le plus possible nos
renseignements ou nos avis de l'autorité de nos plus experts
prédécesseurs. Mais «à Dieu ne plaise, dirons-nous avec l'un d'eux[1],
que nous ayons jamais eu la pensée de nous enrichir sournoisement aux
dépens d'autrui, et de venir ensuite colorer ce trop facile procédé, en
répétant avec le sans-façon d'un vieil et naïf écrivain[2]: «Il doit peu
vous importer, mon cher lecteur, d'où j'aye pris tout ce que j'ai dit
dans mon livre, pourvu qu'il soit véritable et qu'il vous instruise».
Nous avons toujours eu soin, au contraire, d'indiquer exactement nos
références, autant par scrupule d'écrivain et par probité que par haine
de l'à peu près et par prudence, afin que nos citations ou assertions
pussent être contrôlées sur-le-champ et sans peine.

Le caractère élémentaire de cet ouvrage nous a obligé de nous
restreindre à une seule nation, la nôtre, à la bibliographie française.
Néanmoins, tout en laissant de côté les bibliothèques étrangères, nous
avons eu fréquemment recours, ainsi qu'on le constatera, à
l'_Encyclopædia britannica_, aux traités de Petzholdt et de Graesel, et,
pour la classification décimale, à Melvil Dewey et à l'Office
international de Bruxelles.

Nous savons qu'il est de mode en France, aujourd'hui plus que jamais, et
de mode très ancienne, de toujours nous dénigrer nous-mêmes et de nous
engouer d'autrui[3]. Nos généreux et naïfs enthousiasmes, nos
emballements continuels pour quantité de romanciers russes, scandinaves
ou italiens, déconcertent et font sourire les compatriotes de ces
écrivains eux-mêmes, les lettrés de Pétersbourg, d'Upsal ou de Florence.
De même en bibliographie: pendant que nous proclamons à tout vent et
sans discussion la supériorité des méthodes étrangères sur les nôtres,
l'étranger, plus équitable et, pour ainsi parler, plus Français que
nous-mêmes, rend hommage et justice à nos efforts, s'approprie nos idées
et met en pratique nos procédés[4]. Il y a là comme un singulier
chassé-croisé.

Dans une étude d'opérations si différentes les unes des autres, au cours
d'un travail aussi multiple et complexe que celui-ci, plus d'une erreur
a inévitablement dû se glisser, plus d'une omission se commettre, et
rien de plus facile que de trouver ici matière à critique. Nous ne
saurions donc mieux conclure que par cette humble requête, empruntée à
l'un de nos plus illustres devanciers, et adressée au lecteur: «De quoy
(de ce travail) si tu me sçais gré, j'auray de quoy louer ta
bienvueillance et courtoisie: sinon je te supplieray de vouloir au moins
excuser mes fautes et celles de l'imprimeur[5]».

ALBERT CIM.

Paris, le 31 août 1901.



UNE BIBLIOTHÈQUE



CHAPITRE I[6]

L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE

Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite au
livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion des
honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de l'amour
des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs du livre:
leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous
appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter?--Opinions
diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».--«Garder un livre, ce
n'est pas voler.»


Le livre, qui était autrefois le privilège presque exclusif de quelques
grands seigneurs, de fastueux surintendants ou cossus prébendiers,--des
Grolier, des de Thou, des Letellier, des Colbert, Huet, Soubise, La
Vallière, Paulmy, etc.,--est aujourd'hui, et depuis plus d'un siècle,
affranchi de ce pseudo-monopole, et tombé, pour ainsi dire, dans le
domaine public. De plus en plus, surtout depuis une trentaine d'années,
nous le voyons se multiplier et se répandre, se vulgariser,--dans l'une
et l'autre acception. Il obéit à la règle commune, à la loi rigoureuse
et fatale qui veut que la quantité ne s'obtienne jamais qu'au détriment
de la qualité.

D'une façon générale, et comme il ressortira de l'ensemble de cette
étude, le livre d'aujourd'hui est, pour la partie matérielle,--la seule
dont nous nous occupions,--pour le dehors et la forme, moins bien fait
et moins bon que le livre d'autrefois; et c'est surtout aux procédés de
fabrication actuelle du papier, à la mauvaise qualité de celui-ci,
qu'est due cette infériorité, incontestable à notre avis.

Qu'on veuille bien voir, dans ce que nous disons là, moins une critique
ou une plainte, qu'une simple remarque, une impartiale et platonique
constatation.

L'absolu n'existe pas dans les choses humaines; toutes ont du _pour_ et
du _contre_. Si le livre moderne est moins bien conditionné que le livre
ancien, il coûte aussi moins cher; au lieu d'être réservé à une élite,
il est accessible aux plus humbles et aux plus pauvres, il profite à
tout le monde. Et puis n'y a-t-il pas encore de temps à autre, chez
quelques rares éditeurs, de très artistiques publications, tirées sur
papier à la cuve et de confection spéciale, des livres dignes des grands
imprimeurs d'autrefois, des Alde, des Estienne, des Elzevier, des
Plantin, des Didot; dignes aussi des Jean Cousin, des Sébastien Leclerc,
des Gravelot, des Eisen et des Moreau, ces glorieux maîtres du burin?

Si peu coûteux que soit le livre, si démocratisé qu'il soit à présent,
il a d'ailleurs trouvé dans le journal un concurrent encore à plus bas
prix, encore plus abordable et plus pénétrant, plus démocratique que
lui. Il n'en demeure et n'en demeurera toujours pas moins le véritable
gardien de l'intelligence, de l'expérience, de la mémoire de ceux qui
nous ont précédés sur terre; il conservera toujours son titre de «Trésor
des remèdes de l'âme», que lui a donné un roi d'Égypte[7], voilà plus de
trois mille ans.

Le journal a sur le livre le désavantage d'être fait trop vite,
forcément,--et ce qu'on fait vite, forcément encore et inévitablement,
manque de soin et de maturité[8]; de ne parler presque exclusivement que
de choses éphémères et d'une importance relative; de ne posséder enfin
ni le format, ni la commodité et l'élégance du livre.

La vraie lecture, c'est celle du livre. «La lecture des journaux, a dit,
avec un dépit peu justifié d'ailleurs, un journaliste qui était en même
temps un très brillant styliste[9], la lecture des journaux empêche
qu'il n'y ait de vrais savants et de vrais artistes; c'est comme un
excès quotidien qui vous fait arriver énervé et sans force sur la couche
des Muses, ces filles dures et difficiles, qui veulent des amants
vigoureux et tout neufs. Le journal tue le livre, comme le livre a tué
l'architecture, comme l'artillerie a tué le courage et la force
musculaire.»

Je ne crois pas à la justesse de cette assertion ou de cette prédiction;
je ne crois pas que «le journal tue le livre»; tous deux plutôt s'aident
à vivre, se complètent l'un l'autre, se fortifient réciproquement.

Quant aux sports, aux nombreux sports que la fin du siècle dernier a vus
éclore, et dont la plupart nous viennent de la race anglo-saxonne:
cricket et croquet, lawn-tennis, football, polo, golf, rallye-paper,
yachting, racing, etc., et surtout au cyclisme et à l'automobilisme, si
en vogue à l'heure présente, il est certain qu'ils ont porté à la
lecture, à celle du livre aussi bien que du journal, un préjudice
sensible, et qu'actuellement ils détiennent ce que, dans leur langue
spéciale, on nomme le record. Mais n'ayez crainte: la lecture aura
toujours ses fidèles et ses fervents; il y aura toujours des jeunes gens
pour qui elle sera la plus puissante distraction, l'attraction
enchanteresse et souveraine; elle offrira toujours et à tous, même, dans
certains cas, aux plus ardents sportsmen, «le moyen d'échanger des
heures d'ennui contre des heures délicieuses[10]»; et le livre restera
toujours ce qu'il n'a jamais cessé d'être, même aux époques les plus
remuantes et les plus troublées, «la passion des honnêtes gens[11]».

                                   *

                                 *   *

Je voudrais, dans ce premier chapitre, au début de mon travail, rappeler
ce qui a été dit de plus vrai, de plus piquant ou de plus éloquent sur
le goût des livres et sur les plaisirs et les avantages que procure la
lecture: je ne saurais, il me semble, présenter de meilleurs
prolégomènes que cette anthologie. Pourquoi risquer de répéter en
mauvais termes ce qui a été magistralement exprimé avant nous? Mais le
choix de ces pensées serait considérable, immense, et il faut se borner.
Beaucoup d'entre elles trouveront d'ailleurs leur place dans l'un ou
l'autre des chapitres suivants. En voici quelques-unes cependant, des
plus saillantes, et dont l'ensemble formera comme un résumé
chronologique de la question qui nous occupe, une très succincte
monographie de l'histoire de l'amour des livres et de l'amour des
Lettres[12].

                   *       *       *       *       *

Parmi les écrivains de l'antiquité, Cicéron, Horace, Sénèque, les deux
Pline, Plutarque, Varron, Aulu-Gelle, Lucien, sont ceux qui ont le mieux
célébré ou goûté les charmes féconds de la lecture et de l'étude.

Tous les collégiens ont traduit le célèbre apophtegme, tant et tant de
fois cité: «Les Lettres sont l'aliment de la jeunesse et la joie de la
vieillesse; elles donnent de l'éclat à la prospérité, offrent un refuge
et une consolation à l'adversité; elles récréent sous le toit
domestique, sans embarrasser ailleurs; la nuit elles veillent avec nous;
elles nous tiennent compagnie dans nos voyages et à la campagne[13]».

«Le loisir sans les Lettres est une mort, écrit Sénèque: c'est la
sépulture d'un homme vivant[14].»

«Réfugie-toi dans l'étude, dit-il ailleurs, tu échapperas à tous les
dégoûts de l'existence[15].»

Pline le Jeune, qui déclarait avec une si charmante bonne grâce que
«c'est tout un, ou peu s'en faut, d'aimer l'étude et d'aimer Pline[16],»
nous a laissé, dans ses exquises lettres, et notamment dans celle qu'il
consacre aux écrits de son oncle le naturaliste, quantité de sages
préceptes sur la façon de lire et de profiter de ses lectures. C'est
Pline l'Ancien qui avait coutume de dire ce mot, tant de fois répété:
«Il n'y a si mauvais livre où l'on ne puisse trouver quelque chose
d'utile[17]».

Plutarque, ce «si parfait et excellent juge des actions humaines[18]»,
nous avertit que «le plus grand avantage que nous tirions du bienfaisant
commerce des Muses, c'est de vaincre et d'adoucir notre naturel par
l'instruction et par les Lettres, et de comprendre qu'il faut aimer la
modération et bannir de nous tout excès[19]».

«Il y a deux avantages qu'on peut retirer du commerce avec les anciens:
l'un est de s'exprimer avec élégance, l'autre d'apprendre à faire le
bien par l'imitation des meilleurs modèles, et à éviter le mal,» dit de
son côté Lucien de Samosate, dans sa virulente satire _Contre un
ignorant bibliomane_[20].

                   *       *       *       *       *

A l'entrée du moyen âge, l'historien des Francs, Grégoire de Tours,
lance ce significatif anathème: «Malheur à nos jours, parce que l'étude
des Lettres périt au milieu de nous[21]».

Mais l'étude et les Lettres ne tardent pas à trouver un asile dans les
monastères, et il n'est pas d'abbaye qui ne se pique de posséder sa
bibliothèque[22], de l'accroître et de l'enrichir. C'était, en effet,
une honte pour un couvent de n'avoir pas de livres: «Monastère sans
livres, place de guerre sans vivres,» déclare un proverbe de ce temps:
_Claustrum sine armario, quasi castrum sine armamentario_. Plusieurs
règles conventuelles, celle de saint Benoît particulièrement,
prescrivent l'enseignement et la pratique de la calligraphie et
ordonnent la transcription des manuscrits[23].

    A desenor muert à bon droit
    Qui n'aime livre ne ne croit:

Celui-là meurt à bon droit déshonoré, qui n'aime livre _ni_ ne croit,
proclame le _Roman de Renart_[24].

L'évêque de Durham, Richard de Bury, fondateur de la bibliothèque
d'Oxford, écrit, vers 1340, un petit traité latin de l'amour et du choix
des livres, _Philobiblion, Tractatus pulcherrimus de amore
librorum_[25], «qui est peut-être, depuis le moyen âge, le plus ancien
livre de bibliomanie que l'on connaisse[26]». «Les livres, dit le
judicieux évêque[27], ce sont des maîtres qui nous instruisent sans
verges et sans férule, sans cris et sans colère, sans costume
(d'apparat) et sans argent. Si on les approche, on ne les trouve point
endormis; si on les interroge, ils ne dissimulent point leurs idées; si
l'on se trompe, ils ne murmurent pas, si l'on commet une bévue, ils ne
connaissent point la moquerie.» Et, s'autorisant de Moïse, de Salomon et
de saint Luc, il nous exhorte «à acheter les livres de bon cœur et à ne
les vendre qu'avec répugnance[28]», il nous recommande instamment de les
manier avec respect et de les conserver avec soin[29].

Les livres ont aussi trouvé à cette époque, dans le grand poète
Pétrarque, un enthousiaste apologiste; il a notamment publié à leur
louange différents petits traités: _De l'abondance des livres_, _De la
réputation des écrivains_, etc., qu'on aime encore à lire et à méditer.
Pétrarque s'est d'ailleurs acquis, par son zèle à exhumer et à
transcrire de nombreux manuscrits d'auteurs anciens (Sophocle,
Aristophane, Cicéron, etc.), la reconnaissance de la postérité[30].

Le cardinal Bessarion, mort à Ravenne en 1472, qui, à deux reprises,
faillit être élu pape et fut un des plus féconds écrivains et l'un des
plus fervents bibliophiles de son époque, nous a conté, dans sa célèbre
lettre de 1468 au doge et au sénat de Venise, les débuts de sa passion
et en a décrit toute l'ardeur. «Dès ma plus tendre enfance, tous mes
goûts, toutes mes pensées, tous mes soins n'ont eu d'autre but que de me
procurer des livres pour en former une bibliothèque assortie. Aussi, dès
mon jeune âge, non seulement j'en copiois beaucoup, mais toutes les
petites épargnes que je pouvois mettre de côté par une grande économie,
je les employois sur-le-champ à acheter des livres; et, en effet, je
croyois ne pouvoir acquérir ni d'ameublement plus beau, plus digne de
moi, ni de trésor plus utile et plus précieux. Ces livres, dépositaires
des langues, pleins des modèles de l'antiquité, consacrés aux mœurs, aux
lois, à la religion, sont toujours avec nous, nous entretiennent et nous
parlent; ils nous instruisent, nous forment, nous consolent; ils nous
rappellent les choses les plus éloignées de notre mémoire, nous les
rendent présentes, les mettent sous nos yeux. En un mot, telle est leur
puissance, telle est leur dignité, leur majesté, leur influence, que,
s'il n'y avait pas de livres, nous serions tous ignorans et grossiers;
nous n'aurions ni la moindre trace des choses passées, ni aucun exemple,
ni la moindre notion des choses divines et humaines. Le même tombeau qui
couvre les corps aurait englouti les noms célèbres[31].» C'est par cette
lettre que le savant cardinal faisait don de ses précieuses collections
de manuscrits «à la vénérable bibliothèque Saint-Marc», dont elles sont
encore aujourd'hui une des principales richesses.

Les livres,

    _Ces_ bons hostes muets qui ne fâchent jamais,

comme les qualifie Ronsard[32], ont aussi fait les délices de Montaigne.
C'était dans sa «librairie», au troisième étage de sa tour, qu'il
passait «la plus part des jours de sa vie et la plus part des heures du
jour[33]»: et chaque page de ses _Essais_ porte l'empreinte de Plutarque
ou d'Ovide, d'Horace ou de Virgile, est tout imbue de la savoureuse
moelle des anciens. «Le commerce (c'est-à-dire la fréquentation et
l'usage) des livres, écrit-il[34], est bien plus sûr et plus à nous (que
celui des hommes et des femmes)... Il costoye tout mon cours, et
m'assiste par tout; il me console en la vieillesse et en la solitude; il
me descharge du poids d'une oysifveté ennuyeuse, et me desfaict à toute
heure des compaignies qui me faschent; il esmousse les poinctures de la
douleur, si elle n'est du tout extreme et maistresse. Pour me distraire
d'une imagination opportune, il n'est que de recourir aux livres; ils me
destournent facilement à eulx, et me la desrobbent... Il ne se peult
dire combien je me repose et sejourne en cette consideration, qu'ils
sont à mon costé pour me donner du plaisir à mon heure, et à
recognoistre combien ils portent de secours à ma vie. C'est la meilleure
munition que j'aye trouvé à cet humain voyage; et plainds extremement
les hommes d'entendement qui l'ont à dire» (qui en sont privés).

                   *       *       *       *       *

Le goût des livres et l'amour de la lecture se répandent davantage
encore sous le règne de Louis XIV, bien que, par lui-même et en dépit de
la réputation que l'histoire lui a faite, ce souverain n'ait guère donné
de preuves directes de cet amour ni de ce goût.

«A quoi cela vous sert-il de lire? demandait-il un jour au duc de
Vivonne, qui était renommé pour sa belle mine et ses fraîches couleurs.

--La lecture fait à l'esprit, Sire, ce que vos perdrix font à mes
joues,» lui répliqua le duc[35].

Gui Patin, le caustique érudit, adversaire acharné du «gazetier»
Renaudot et de l'antimoine, écrivait en 1645 à son ami Spon qu'il
trouvait dans l'étude un si puissant attrait, de tels charmes, que, «si
le roy Salomon avec la reine de Saba faisoient icy leur entrée avec
toute leur gloire, je ne sais si j'en quitterois mes livres[36]».

En maint endroit de ses lettres, Mme de Sévigné prône de même les vifs
et fructueux plaisirs que procure la lecture. «Aimer à lire... la jolie,
l'heureuse disposition! On est au-dessus de l'ennui et de l'oisiveté,
deux vilaines bêtes[37]!» «Qu'on est heureux d'aimer à lire[38]!» «Je
plains ceux qui n'aiment point à lire[39].» «Enfin, tant que nous aurons
des livres, nous ne nous pendrons pas[40]!» «Pour Pauline (sa
petite-fille), cette dévoreuse de livres, j'aime mieux qu'elle en avale
de mauvais, que de ne point aimer à lire[41].» «Je ne veux rien dire sur
les goûts de Pauline pour les romans, écrit-elle encore à sa fille...
Tout est sain aux sains, comme vous dites... Ce qui est essentiel, c'est
d'avoir l'esprit bien fait[42].»

C'est à peu près ce que dira plus tard Diderot[43]: «Il n'y a point de
bons livres pour un sot; il n'y en a peut-être pas un mauvais pour un
homme de sens».

«Heureux ceux qui aiment à lire!» répète aussi Fénelon dans son
_Télémaque_[44].

«L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la
vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait
dissipé,» déclare Montesquieu[45]; et il revient fréquemment sur les
inappréciables avantages de la lecture et de l'étude. «L'amour de
l'étude est presque en nous la seule passion éternelle; toutes les
autres nous quittent, à mesure que cette misérable machine qui nous les
donne s'approche de sa ruine... Il faut se faire un bonheur qui nous
suive dans tous les âges: la vie est si courte que l'on doit compter
pour rien une félicité qui ne dure pas autant que nous[46].» Et, dans
ses admirables _Pensées_, il note avec mélancolie, mais non sans une
communicative émotion et sans grandeur: «Mes lectures m'ont affaibli les
yeux; et il me semble que ce qu'il me reste encore de lumière n'est que
l'aurore du jour où ils se fermeront pour jamais[47]».

Le chancelier Daguesseau, lisant un poème grec avec le savant Boivin,
eut un mot charmant pour exprimer le plaisir qu'il éprouvait:
«Hâtons-nous! si nous allions mourir avant d'avoir achevé[48]!»

A Vauvenargues, qui a dit qu'«on ne peut avoir l'âme grande ou l'esprit
un peu pénétrant sans quelque passion pour les Lettres[49]», Voltaire
écrivait un jour: «Puissent les Belles-Lettres vous consoler! Elles
sont, en effet, le charme de la vie, quand on les cultive pour
elles-mêmes, comme elles le méritent; mais quand on s'en sert comme d'un
organe de la renommée, elles se vengent bien de ce qu'on ne leur a pas
offert un culte assez pur[50].»

«Quelque chose qu'il arrive, aimez toujours les Lettres, écrit encore
Voltaire[51]. J'ai soixante-dix ans, et j'éprouve que ce sont de bonnes
amies; elles sont comme l'argent comptant, elles ne manquent jamais au
besoin.»

Sur l'influence et la puissance des livres, Voltaire, dans sa
merveilleuse _Correspondance_, comme dans son _Dictionnaire
philosophique_ et ailleurs, ne tarit pas. «Songez que tout l'univers
connu n'est gouverné que par des livres, excepté les nations sauvages.
Toute l'Afrique, jusqu'à l'Éthiopie et la Nigritie, obéit au livre de
l'Alcoran, après avoir fléchi sous le livre de l'Évangile. La Chine est
régie par le livre moral de Confucius, une grande partie de l'Inde par
le livre du Veidam. La Perse fut gouvernée pendant des siècles par les
livres d'un des Zoroastres. Si vous avez un procès, votre bien, votre
honneur, votre vie même dépend de l'interprétation d'un livre que vous
ne lisez jamais... Qui mène le genre humain dans les pays policés? ceux
qui savent lire et écrire. Vous ne connaissez ni Hippocrate, ni
Boerhaave, ni Sydenham; mais vous mettez votre corps entre les mains de
ceux qui les ont lus. Vous abandonnez votre âme à ceux qui sont payés
pour lire la Bible[52].»

«Plusieurs bons bourgeois, plusieurs grosses têtes, qui se croient de
bonnes têtes, vous disent avec un air d'importance que les livres ne
sont bons à rien. Mais, messieurs les Welches, savez-vous que vous
n'êtes gouvernés que par des livres? savez-vous que l'ordonnance civile,
le code militaire et l'Évangile sont des livres dont vous dépendez
continuellement[53]?»

«Il faut vivre avec les vivants.--Cela n'est pas vrai: il faut vivre
avec les morts» (c'est-à-dire avec ses livres), déclare Chamfort[54].

«Les Lettres sont un secours du ciel, écrit Bernardin de
Saint-Pierre[55]. Ce sont des rayons de cette sagesse qui gouverne
l'univers, que l'homme, inspiré par un art céleste, a appris à fixer sur
la terre. Semblables aux rayons du soleil, elles éclairent, elles
réjouissent, elles échauffent: c'est un feu divin... Les sages qui ont
écrit avant nous sont des voyageurs qui nous ont précédés dans les
sentiers de l'infortune, qui nous tendent la main, et nous invitent à
nous joindre à leur compagnie, lorsque tout nous abandonne. Un bon livre
est un bon ami.»

«Celui qui aime un livre, dit de son côté le géomètre et théologien
anglais Isaac Barrow[56], ne manquera jamais d'un ami fidèle, d'un sage
conseiller, d'un joyeux compagnon, d'un consolateur efficace. Celui qui
étudie, qui lit, qui pense, peut se divertir innocemment et s'amuser
gaiement, quelque temps qu'il fasse, en quelque situation qu'il se
trouve.»

Gray, le chantre du _Cimetière de campagne_, prétendait que «rester
nonchalamment étendu sur un sofa et lire des romans nouveaux donnait une
assez bonne idée des joies du paradis[57]».

Goldsmith, l'auteur du _Vicaire de Wakefield_, affirme, par la bouche
d'un de ses personnages, que «la littérature est un sujet qui lui fait
toujours oublier ses misères[58]».

Et l'historien Gibbon, qui avait puisé dès l'enfance, auprès d'une de
ses tantes, un irrésistible amour de la lecture, disait plus tard «qu'il
n'échangerait pas cette passion pour les trésors de l'Inde[59]».

                   *       *       *       *       *

Au XIXe siècle, voici, parmi les fervents des livres et des Lettres,
Paul-Louis Courier, qui, tout jeune, écrivait à sa mère: «Mes livres
font ma joie, et presque ma seule société. Je ne m'ennuie que quand on
me force à les quitter, et je les retrouve toujours avec plaisir. J'aime
surtout à relire ceux que j'ai déjà lus nombre de fois, et par là
j'acquiers une érudition moins étendue, mais plus solide[60].»

Joubert s'écrie qu'«il n'est rien de plus beau qu'un beau livre[61]».
«Ce sont les livres, dit-il encore, qui nous donnent nos plus grands
plaisirs, et les hommes qui nous causent nos plus grandes douleurs[62].»

«Lorsque mon cœur oppressé me demande du repos, dit Joseph de
Maistre[63], la lecture vient à mon secours. Tous mes livres sont là
sous ma main; il m'en faut peu, car je suis depuis longtemps bien
convaincu de la parfaite inutilité d'une foule d'ouvrages qui jouissent
d'une grande réputation[64].»

Et n'est-elle pas émouvante et belle entre toutes, cette apostrophe de
Jules Janin: «O mes livres! mes économies et mes amours! une fête à mon
foyer, un repos à l'ombre du vieil arbre, mes compagnons de voyage!...
et puis, quand tout sera fini pour moi, les témoins de ma vie et de mon
labeur[65]».

Édouard Laboulaye a fort bien décrit aussi les secours que nous offrent
les livres et la lecture: «La lecture n'est pas la science universelle,
ce n'est pas non plus la sagesse universelle; mais un homme qui a pris
l'habitude de lire peut toujours consulter sur chaque question donnée
une expérience plus grande que la sienne, et une expérience
désintéressée... Le livre est donc l'expérience du passé. C'est mieux
encore: un livre est quelque chose de vivant, c'est une âme qui revit en
quelque sorte, et qui nous répond chaque fois que nous voulons
l'interroger... Où donc trouver des amis véritables? Dans les livres. Là
sont des gens qui ont souffert et qui ont raconté ce qu'ils ont
souffert, des amis qui ont vécu souvent plusieurs siècles avant nous,
mais qui nous consolent, parce qu'ils viennent mêler leurs souffrances à
la nôtre[66]...»

«L'art»--c'est-à-dire l'amour du Beau et du Vrai, l'étude et le culte
des Lettres--«est ce qui nous console le mieux de vivre», disait
Théophile Gautier[67].

Et notre grand historien littéraire Sainte-Beuve: «Ne pas avoir le
sentiment des Lettres[68], cela, chez les anciens, voulait dire ne pas
avoir le sentiment de la vertu, de la gloire, de la grâce, de la beauté,
en un mot de tout ce qu'il y a de véritablement divin sur la terre: que
ce soit là encore notre symbole[69]». «Heureux, écrit-il encore dans une
de ses plus exquises _Causeries du lundi_[70], heureux ceux qui lisent,
qui relisent, ceux qui peuvent obéir à leur libre inclination dans leurs
lectures! Il vient une saison, dans la vie, où, tous les voyages étant
faits, toutes les expériences achevées, on n'a pas de plus vives
jouissances que d'étudier et d'approfondir les choses qu'on sait, de
savourer ce qu'on sent, comme de voir et de revoir les gens qu'on aime:
pures délices du cœur et du goût dans la maturité... Le goût est fait
alors, il est formé et définitif; le bon sens chez nous, s'il doit
venir, est consommé. On n'a plus le temps d'essayer ni l'envie de sortir
à la découverte. On s'en tient à ses amis, à ceux qu'un long commerce a
éprouvés. Vieux vin, vieux livres, vieux amis. On se dit comme Voltaire
dans ces vers délicieux[71]:

    Jouissons, écrivons, vivons, mon cher Horace!
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    J'ai vécu plus que toi: mes vers dureront moins;
    Mais, au bord du tombeau, je mettrai tous mes soins
    A suivre les leçons de ta philosophie,
    A mépriser la mort en savourant la vie,
    A lire tes écrits pleins de grâce et de sens,
    Comme on boit d'un vin vieux qui rajeunit les sens.

«Enfin, que ce soit Horace ou tout autre, quel que soit l'auteur qu'on
préfère et qui nous rende nos propres pensées en toute richesse et
maturité, on va demander alors à quelqu'un de ces bons et antiques
esprits un entretien de tous les instants, une amitié qui ne trompe pas,
qui ne saurait nous manquer, et cette impression habituelle de sérénité
et d'aménité qui nous réconcilie, nous en avons souvent besoin, avec les
hommes et avec nous-même.»

Dans son autobiographie, _Ma vocation_[72], Ferdinand Fabre, un
romancier dont le talent d'observateur et d'écrivain méritait plus de
gloire et de succès, glisse cet aveu: «Les livres m'ont toujours fort
troublé; dès mon enfance... j'ai eu pour les livres je ne sais quel
respect profond, quelle attention émue. Je me suis dit souvent depuis:
«C'est dans les livres que l'homme a caché ce qu'il a de plus noble, de
plus haut, de plus vertueux, de plus vaillant...», et mille fois j'ai
baisé avec amour les pages de mes _Confessions_ de saint Augustin ou de
mon _Imitation de Jésus-Christ_.»

L'historien et critique d'art Charles Blanc fait la remarque
suivante[73]: «J'ai toujours pensé, et j'ai vérifié quelquefois, que
l'on peut se faire une idée juste du caractère et de l'esprit d'un homme
qu'on n'a jamais vu rien qu'en regardant sa bibliothèque. Dis-moi ce que
tu lis, et je te dirai qui tu es[74]. Avant même d'avoir lu les titres
des ouvrages rangés dans les armoires de ce personnage que l'on ne
connaît point et qui vous fait attendre dans son cabinet, on n'a qu'à
jeter un coup d'œil sur ses reliures pour savoir s'il a le sentiment de
l'ordre, s'il a du tact, s'il a du goût, s'il est vraiment possédé de
l'amour des livres ou s'il n'en a que l'ostentation, s'il est enfin de
ceux qui ont une bibliothèque seulement pour la montre, de ceux à qui M.
de Paulmy[75] proposait cette inscription à mettre sur leurs livres:
_Multi vocati, pauci lecti_, beaucoup d'appelés, peu de _lus_.»

«Quoi de plus désirable que la passion des vieux livres? écrit Hippolyte
Rigault[76]. Non des rares et des coûteux: celle-là, c'est le privilège
des riches et des enrichis; encore n'est-elle souvent qu'une passion
factice et toute de vanité, une manière de donner à des millions un air
intellectuel, chez les faux bibliophiles... L'amour des vieux livres,
humbles, mal reliés, qu'on achète pour peu de chose et qu'on revendrait
pour rien, voilà la vraie passion, sincère, sans artifice, où n'entrent
ni le calcul, ni l'affectation. C'est un bon sentiment que ce culte de
l'esprit et ce respect touchant pour les monuments les plus délabrés de
la pensée humaine; c'est un bon sentiment que cette vénération pour ces
livres d'autrefois qui ont connu nos pères, qui ont peut-être été leurs
amis, leurs confidents. Voilà les sentiments qu'éveille dans le cœur
l'amour des vieux volumes: aimable passion qui est plus qu'un plaisir,
qui est presque une vertu... On compte ses prisonniers avec un air
vainqueur; on les range un par un sur de modestes rayons; ils seront
aimés, choyés, dorlotés malgré leur indigence, comme s'ils étaient vêtus
d'or et de soie.»

Le spirituel chroniqueur et humoriste bibliophile Jules Richard nous
fait cette confession[77]: «Après avoir profité de tous les biens de ce
monde dans la juste mesure de mes moyens et de mes forces, je puis, sans
hypocrisie, constater ici que, de toutes les jouissances, celles qui
proviennent de l'amour des livres sont, sinon les plus vives, tout au
moins les plus facilement et les plus longtemps renouvelables. Au jeu,
on ne gagne pas toujours; avec les femmes, la vieillesse arrive avant la
satiété. Il y a bien aussi la table! Mais quand on a bu et mangé pendant
deux heures, il faut s'arrêter. La pêche! la chasse! dira-t-on.--Pour la
pêche, il faut de la patience et... du poisson; pour la chasse, il faut
des jambes et du gibier. Pour le livre, il ne faut que le livre.»--Et
des yeux, des yeux pas trop fatigués, est-il séant d'ajouter.

Mais nul n'a parlé des livres avec plus de cœur et de communicatif
sentiment, de haute raison et de compétence qu'un écrivain mort il y a
quelques années, à peu près inconnu, Gustave Mouravit, l'auteur de _le
Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur_, _Essai de critique,
d'histoire et de philosophie morale sur l'amour des livres_.[78] Voici
quelques extraits de cet excellent ouvrage, auquel nous aurons souvent
recours: «... Malheur à qui n'aime pas à lire, c'est-à-dire à se
perfectionner lui-même, à puiser dans ce merveilleux océan, formé de la
fusion de tant de génies divers, les éléments de sa propre vie, de sa
dignité, de son bonheur[79]». «... Ce mot de _bibliophilie_ n'est pas de
création récente. Nous l'avons trouvé inscrit pour la première fois sur
le titre d'un intéressant petit livre, première œuvre bibliographique du
savant et judicieux Salden (sous le pseudonyme de Christianus Liberius
Germanus): BIBLIOPHILIA, _sive de scribendis, legendis et æstimandis
libris exercitatio parænetica_ (Utrecht, 1681, in-16). Qu'on veuille
bien accorder quelque attention à l'énoncé de ce titre, car il renferme
la véritable et complète explication de ce qu'on entendait alors et de
ce qu'on doit réellement entendre par ce mot de bibliophilie. La
bibliophilie vraie, en effet, ne sépare pas l'_œuvre_ du _livre_[80].»
«... Il faut donc que la connaissance des livres et le culte des Lettres
se donnent la main, qu'ils s'unissent dans un embrassement qui les
honorera, les élèvera[81].» «... Les livres, les seuls amis que le temps
ne nous enlève pas[82].» «... O chers livres! vous qui avez banni du
monde l'ignorance et la grossièreté; vous dont «telle est la puissance,
telle la dignité, telle l'influence, que si vous n'étiez point, il n'y
aurait parmi nous ni trace des choses passées, ni la moindre notion des
choses divines et humaines[83],» ils sont bien antiques, vos titres à
l'amour et à la reconnaissance des hommes, «car à la tête de tous les
peuples, il y a un livre, et un livre à la tête de toutes les grandes
civilisations[84][85].»

Et pour clore cette très sommaire et déjà longue revue[86], nous
rappellerons la célèbre péroraison de l'article de Silvestre de Sacy sur
le _Catalogue de la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_, cette émouvante
oraison funèbre tant de fois citée[87], et qui est comme la «Tristesse
d'Olympio» du bibliophile; nous ne saurions mieux terminer:

«Encore bien peu de jours, et cette belle bibliothèque de MM. de Bure
n'existera donc plus! Ces livres qu'ils avaient rassemblés avec amour
vont se partager entre mille mains étrangères et sortir de ce petit
cabinet où ils étaient gardés avec un soin si tendre! D'autres
bibliothèques s'en enrichiront pour être dispersées à leur tour. Triste
sort des choses humaines! O mes chers livres! Un jour viendra aussi où
vous serez étalés sur une table de vente, où d'autres vous achèteront et
vous posséderont, possesseurs moins dignes de vous peut-être que votre
maître actuel! Ils sont bien à moi pourtant, ces livres; je les ai tous
choisis un à un, rassemblés à la sueur de mon front, et je les aime
tant! Il me semble que par un si long et si doux commerce ils sont
devenus comme une portion de mon âme! Mais quoi? Rien n'est stable en ce
monde, et c'est notre faute si nous n'avons pas appris de nos livres
eux-mêmes à mettre au-dessus de tous les biens qui passent et que le
temps va nous emporter, le bien qui ne passe pas, l'immortelle beauté,
la source infinie de toute science et de toute sagesse[88].»

                                   *

                                 *   *

Bien que nous n'ayons pas en vue ici les livres d'art et de luxe, nous
ne méconnaissons pas le très puissant attrait et toute l'importance que
possède, pour le simple usage même, pour la lecture ou l'étude,
l'extérieur du livre: un format commode, ni trop grand, ni trop petit;
un caractère d'impression suffisamment gros, que l'œil perçoive aisément
et suive sans fatigue; un papier de bonne qualité, dont la blancheur ne
miroite pas et n'éblouisse pas le regard; enfin une correction de texte
irréprochable. Volontiers nous nous écrierons avec Chevillier, un des
anciens historiens de l'imprimerie:

«O dieux et déesses! quoi de plus rare et de plus charmant que la
contemplation d'un beau livre imprimé en bons caractères, gros et menus,
avec une bonne encre indestructible?... Il n'y a pas de tableau du plus
grand maître qui soit plus agréable aux yeux de l'honnête homme et du
savant parfait[89].»

Donc, sans crainte de nous commettre avec les bibliomanes et en nous
maintenant strictement dans notre programme, nous reconnaîtrons avec
Mouravit «que la beauté matérielle d'un volume influe beaucoup sur le
profit intellectuel qu'on en peut tirer. Comme le disait notre bon
Rollin: «Une belle édition, qui frappe les yeux, gagne l'esprit, et, par
cet attrait innocent, invite à l'étude.» Tous ceux qui aiment les livres
comprendront cela[90].»

Écoutez encore cette ingénieuse et concluante comparaison, où le livre
mal imprimé et défectueux est assimilé au lecteur qui hésite, ânonne, se
reprend et se fourvoie sans cesse:

«Qu'un lecteur malhabile entreprenne de vous lire une belle œuvre: si
ses hésitations, ses intonations fausses, la rudesse de son organe, la
gaucherie de son interprétation, brisent constamment vos efforts pour
être attentif, et émoussent en vous, si l'on peut dire, le sentiment de
la lecture, le plaisir que vous vous étiez promis ne deviendra-t-il pas
un supplice? et quel profit rapporterez-vous de ce labeur? Ainsi en
est-il d'un livre où les incorrections, l'imperfection du tirage, le peu
d'élégance ou l'usure des caractères offensent le regard, lassent la
patience et mettent à chaque instant le lecteur en défiance de
l'exactitude du texte qu'il a sous les yeux. Avec quel plaisir, au
contraire,--plaisir intime et charmant,--l'intelligence se laisse aller
à suivre ces élégantes petites avenues, si gracieuses, si bien alignées,
où le spectacle qui se déroule le long du chemin apparaît mille fois
plus attrayant et sympathique; avec quelle jouissance l'homme sérieux
dévore ce volume, où l'exactitude scrupuleuse de la correction,
l'égalité parfaite du tirage, le choix intelligent et délicat d'un type
approprié à la nature de l'œuvre, viennent s'ajouter à la beauté des
caractères, aux harmonieuses proportions du format et de la
_justification_[91]!»

Ainsi, autant que possible, ne composez votre bibliothèque que de livres
remplissant les conditions précédemment énumérées: format pratique,
impression convenable, bon papier, texte correct.

                                   *

                                 *   *

Un autre principe, un axiome plutôt, que je tiens à rappeler tout
d'abord, c'est celui-ci: on ne lit bien, on ne savoure convenablement et
complètement un livre que s'il vous appartient, qu'à condition d'en être
l'unique et absolu propriétaire.

J'ajouterai même volontiers que, pour le bien goûter et le savourer, ce
livre, il n'est pas mauvais de l'avoir acheté de ses deniers et payé de
sa poche.

Le bon et regretté Léon de la Brière, historien de Mme de Sévigné et
commentateur de Montaigne, a même prétendu quelque part[92] que les
Français «ne lisent jamais les livres qu'on leur donne», et «lisent
rarement ceux qu'ils achètent». Il y a sans doute là un peu
d'exagération; mais l'idée, le principe que nous venons d'émettre, se
retrouve dans cette boutade.

Donc, pas de livres empruntés, pas de volumes de cabinet de lecture
surtout: c'est non seulement la bibliophilie qui s'y oppose, mais
l'hygiène: après de nombreuses expériences faites il y a quelques années
par MM. les docteurs du Cazal et Catrin, ces deux savants ont nettement
démontré que les livres sont de véritables véhicules des germes des
maladies contagieuses, de la diphtérie, de la tuberculose, de la fièvre
typhoïde notamment[93].

Que les livres dont vous vous servez soient donc à vous. Évidemment il
ne faudrait pas pousser cette règle trop loin, jusqu'à refuser, par
exemple, comme Larcher, le traducteur d'Hérodote, de consulter un volume
des plus rares, parce que ce volume ne vous appartient pas[94]; je parle
ici, non des ouvrages de référence accidentelle et momentanée, mais de
ceux qu'on lit entièrement et qui méritent d'être relus.

Et ces livres, vos livres, les prêterez-vous? Cette question du prêt des
livres est une de celles qui ont le plus préoccupé les bibliographes,
une de celles qui s'imposent et qu'il faut tout d'abord trancher.

On connaît la devise ou l'_ex-libris_ du célèbre amateur Jean (Ioannes)
Grolier (1479-1565). D'un côté de ses livres, sur l'un des plats, il
faisait graver: _Io. Grolierii et amicorum,_ et sur l'autre: _Portio
mea, Domine, sit in terra viventium_[95]. Un autre bibliophile de la
même époque, Thomas Maïoli, inscrivait de même sur ses livres: _Tho.
Maïoli et amicorum;_ mais, remarque M. Henri Bouchot[96], il corrigeait
parfois «d'une devise sceptique l'élan de son amitié: _Ingratis servire
nephas_[97], ce qui pourrait bien être le cri d'un propriétaire de
livres trompé par les emprunteurs». Rabelais écrivait sur le titre de
ses livres, comme on le voit encore à notre Bibliothèque nationale:
«_Francisci Rabelæsi, medici_, καὶ τῶν αὐτοῦ φίλων[98].» D'autres
savants ou amateurs, Bathis, de Bruxelles, Marc Laurin, de Bruges, ont,
le premier en grec, le second en latin, employé la même sentence, et
proclamé que leurs livres étaient à eux et à leurs amis[99]. On cite
encore un illustre collectionneur et érudit du XVIIe siècle, Michel
Bégon, qui pratiquait la même largesse, et qui, comme son bibliothécaire
lui remontrait un jour qu'avec ce système il s'exposait à perdre
beaucoup de livres, lui répliqua: «J'aime encore mieux perdre mes livres
que de paraître me défier d'un honnête homme[100]».

De nos jours, le sénateur Victor Schoelcher avait adopté cet ex-libris,
bien autrement libéral que celui de Grolier: «Pour tous et pour
moi[101]». En vrai et magnanime philanthrope, il commençait la charité
par autrui, par tout le monde, et se servait le dernier.

Un collectionneur du XVIIIe siècle, Randon de Boisset, désirant
concilier sa jalouse passion de bibliophile et ses sentiments
d'obligeance, s'avisa de se créer deux bibliothèques: l'une pour lui
seul, composée d'éditions princeps et d'exemplaires rares; l'autre, de
volumes ordinaires ou de _doubles_, qu'il prêtait volontiers[102].

Au lieu de deux bibliothèques, le richissime bibliomane anglais Richard
Heber (1773-1833) conseille d'en avoir trois, composées des mêmes
livres: l'une pour la parade et la montre, l'autre pour son usage
personnel, la troisième pour les emprunteurs, «pour prêter à ses amis à
ses risques et périls[103]». Mais tout le monde ne possède pas
l'emplacement suffisant ni la fortune nécessaire pour s'offrir le luxe
de trois, voire de deux bibliothèques, renfermant les mêmes ouvrages en
éditions différentes et diversement habillés.

Constantin, dans son petit manuel de _Bibliothéconomie_, est d'avis[104]
qu'il ne faut blâmer ni ceux qui ne prêtent pas leurs livres, ni ceux
qui les prêtent, et n'accuser ni les uns d'insouciance, ni les autres
d'égoïsme.

D'accord avec le célèbre évêque d'Avranches Huet[105], M. Octave Uzanne
soutient, au contraire, l'opinion, plus généralement adoptée, et plus
rationnelle aussi et plus naturelle, il faut bien l'avouer, qu'un
véritable bibliophile ne doit jamais laisser sortir ses livres de chez
lui. Le chapitre qu'il a publié à ce sujet[106] est des plus
caractéristiques et tout à fait convaincant: il mériterait d'être
intégralement reproduit ici. Nous en donnerons du moins un extrait qui
permettra de l'apprécier.

«Le bibliophile qui prête un volume s'en repent toujours; ce sont
d'abord des craintes vagues, un sentiment curieux d'inquiétude, qui
l'obsèdent, un agacement inconscient qui le tracasse; il sent qu'il lui
manque quelque chose, et la place béante laissée par l'absent sur les
rayons de sa bibliothèque le fait frémir furtivement. «Il n'y a rien que
l'on rende moins fidèlement que les livres, dit sentencieusement un
moraliste ancien; l'on s'en met en possession par la même raison que
l'on dérobe volontiers la science des hommes, desquels on ne voudrait
pas dérober l'argent.» Un livre prêté est en effet à moitié perdu;
l'emprunteur le plus honnête s'accoutume à sa vue, il en remet de jour
en jour la restitution, et arrive, sans qu'il y songe, à se faire
tacitement une morale à la Bilboquet: «Ce livre pourrait être à moi, il
devrait être à moi, il est à moi». Au surplus, on ne se gêne guère avec
les livres des autres, on en use sans façon; ce sont les mains humides,
les cendres du cigare, la poudre de l'écritoire, que sais-je! Tout
contribue à maculer les pages virginales[107].»

Comme exemple de l'inqualifiable incurie des emprunteurs de livres, on
rapporte l'aventure survenue à André Chénier, aventure bien propre à
décourager les bibliophiles prêteurs de leurs trésors.

André Chénier, qui avait une prédilection spéciale pour Malherbe, dont
il a d'ailleurs commenté les vers, possédait une bonne édition de ce
poète, un petit in-8 publié par Barbou en 1776, avec la notice et les
notes de Meunier de Querlon. Un jour, un visiteur emprunta ce volume à
Chénier, qui ne sut pas le défendre, n'osa pas refuser, et le livre ne
lui revint que tout taché d'encre et dans le plus pitoyable état. Sur
une des pages, la page 61, en regard de la plus grosse tache, Chénier
écrivit alors (1781) ces lignes:

«J'ai prêté, il y a quelques mois, ce livre à un homme qui l'avait vu
sur ma table, et me l'avait demandé instament (_sic_). Il vient de me le
rendre en me faisant mille excuses. Je suis certain qu'il ne l'a pas lu.
Le seul usage qu'il en ait fait a été d'y renverser son écritoire,
peut-être pour me montrer que lui aussi il sait commenter et couvrir les
marges d'encre. Que le bon Dieu lui pardone (_sic_) et lui ôte à jamais
l'envie de me demander des livres[108]!»

C'est le cas de rappeler le «mirlitonesque»[109] distique dont Charles
Nodier, Guilbert de Pixérécourt, d'autres encore, se disputent la
paternité[110]:

    Tel est le triste sort de tout livre prêté,
    Souvent il est perdu, toujours il est gâté;

et le fameux sixain de Guillaume Colletet, que, par une singulière
erreur, provenant sans doute et uniquement de l'assonance, on attribue
fréquemment à Condorcet[111]:

    Chères délices de mon âme,
    Gardez-vous bien de me quitter,
    Quoiqu'on vienne vous emprunter!
    Chacun de vous m'est une femme,
    Qui peut se laisser voir sans blâme
    Et ne se doit jamais prêter.

Disons donc, pour résumer la question, que les non-prêteurs ont pour eux
trois bonnes raisons: le manque de soin et le manque de probité des
emprunteurs, qui, lorsqu'ils ne détériorent pas les volumes, les gardent
très longtemps, parfois même tout à fait: combien de gens estiment et ne
se gênent même pas de déclarer tout haut que «garder un livre, prendre
un livre, ce n'est pas voler[112]»!

Le troisième motif, capital et péremptoire, pour ne pas vous séparer de
vos livres, c'est que vous en avez sans cesse besoin, et de tous, sans
distinction et sans prévision possible. Tel mot entendu, telle bribe de
conversation, tel article de journal, un incident ou événement
quelconque vous oblige à consulter tel ou tel volume; et, remarquez bien
cela, c'est toujours le volume absent qui vous fera défaut, toujours
celui-là que vous voudriez feuilleter. Ayez-les donc toujours tous sous
la main, prêts à répondre à votre appel.

«Que le diable emporte les emprunteurs de livres!» Voilà, il ne faut pas
craindre de le reconnaître, la vraie devise, non seulement de tout
amateur, mais de tout travailleur. C'est celle dont le peintre du
Moustier, au dire de Tallemant des Réaux, avait décoré le «bas de ses
livres», la plinthe de sa bibliothèque[113]. Tout travailleur, tout bon
ouvrier a besoin de la totalité de ses outils et ne se sépare d'aucun.
_Ite ad vendentes!_ «Allez en acheter!» s'écriait Scaliger[114].

Acceptez donc, si bon vous semble, dirons-nous avec Jules Janin[115], la
devise de Grolier et de Maïoli, étalez-la sur les plats de vos volumes,
cela peut faire très bel effet et vous valoir de délectables louanges,
mais, en pratique, suivez les conseils de Daniel du Moustier et de
Scaliger: «N'_en_ prêtez pas!»



CHAPITRE II

LE PAPIER

Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part
effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et
consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la
forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé.--Papier
glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers des papiers
trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos yeux!»--Papiers de
luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine, japon, parchemin.--Papiers
divers: serpente, pelure, Joseph, etc.--Carton, bristol.--Mauvaise
qualité de la plupart des papiers modernes.


Le papier est l'élément essentiel et fondamental du livre. De même qu'un
homme doué d'une solide constitution, ayant «un bon fond», résistera
mieux qu'un être chétif et débile aux assauts de la maladie et retardera
d'autant l'inévitable triomphe de la mort, de même un livre imprimé sur
papier de qualité irréprochable bravera bien mieux qu'un volume tiré sur
mauvais papier les injures du temps et les incessantes menaces de
destruction.

Aussi les bibliophiles ont-ils toujours attaché une importance capitale
à la qualité du papier des ouvrages destinés à leurs collections. Les
splendides reliures de Jean Grolier n'abritaient que des exemplaires de
choix, des «exemplaires en papier fin et en grand papier, que les
imprimeurs tiraient exprès pour lui[116]». «MM. de Thou» (notamment le
célèbre historien Jacques-Auguste de Thou) «qui ont été si longtemps
chez nous la gloire et l'ornement des belles-lettres, dit
Vigneul-Marville[117], n'avaient pas seulement la noble passion de
remplir leurs bibliothèques d'excellents livres, qu'ils faisaient
rechercher par toute l'Europe; ils étaient encore très curieux que ces
livres fussent parfaitement conditionnés. Quand il s'imprimait en
France, et même dans les pays étrangers, quelque bon livre, ils en
faisaient tirer deux ou trois exemplaires pour eux, sur de beaux et
grands papiers qu'ils faisaient faire exprès, ou achetaient plusieurs
exemplaires, dont ils choisissaient les plus belles feuilles, et en
composaient un volume, le plus parfait qu'il était possible.»

Jules Janin, le duc d'Aumale et autres bibliophiles d'élite ont plus
d'une fois suivi l'exemple des de Thou[118].

La reliure à part, c'est de la qualité du papier que dépend presque
toujours le prix de vente d'un ouvrage non épuisé, non _d'occasion_, qui
se trouve _en librairie_, comme on dit, et figure dans le catalogue d'un
éditeur. Prenons, par exemple, la collection Jannet-Picard, portée sur
le _Catalogue de la librairie Flammarion_, année 1896[119], et qui
comprend les œuvres de Molière, de Rabelais, Villon, Regnier, Marot,
etc. Le volume broché, papier ordinaire, de cette collection, coûte 1
franc; le volume broché, papier vergé, 2 francs; papier Whatman, 4
francs; papier de Chine, 15 francs.

De même pour la «Nouvelle Bibliothèque classique», fondée par l'éditeur
Jouaust, et annoncée dans le même catalogue Flammarion[120]: un volume
de cette collection sur papier ordinaire in-16 elzevierien est coté 3
francs; sur papier de Hollande, 5 francs; sur papier de Chine ou
Whatman, 10 francs; sur grand papier (c'est-à-dire papier à grandes
marges), chine ou Whatman, 30 francs.

L'édition des œuvres complètes d'Alfred de Musset (10 vol. format petit
in-12) publiée par l'éditeur Lemerre est de même tarifée[121]: le volume
sur papier vélin, 6 francs; sur hollande, 25 francs; sur chine et sur
Whatman, 50 francs; sur japon, 75 francs.

                                   *

                                 *   *

Le papier, qui tire son nom du mot latin _papyrus_, roseau très abondant
en Égypte, et dont l'écorce, aisément détachée en larges et légères
bandelettes, recevait l'écriture des anciens scribes, est d'origine très
lointaine et inconnue. C'est ce qui faisait dire au roi Charles IX que
le papier «semble nous avoir été transmis par un don spécial de
Dieu[122]». Il a cela de particulier et d'admirable qu'étant le produit
de substances presque sans valeur et souvent de matières de rebut, le
résultat d'une trituration de loques et de chiffons, une fois façonné et
imprimé, devenu livre ou journal, il acquiert une puissance sans
pareille, une sorte de souveraineté universelle. Il modifie nos idées et
nos croyances, transforme nos mœurs et nos lois, renverse ou restaure
les États, décide de la paix et de la guerre: il gouverne le monde, pour
ainsi dire; et il s'est tant multiplié de nos jours, on en fait une si
grande et si envahissante consommation, que cette particularité est
devenue une caractéristique de notre époque, qu'on a surnommé notre âge
«l'âge du papier».

Autrefois le papier ne se fabriquait qu'avec des chiffons (coton,
chanvre, lin); actuellement on en fabrique avec _presque tout_[123],
avec de la paille, du foin, du son, du crottin de cheval «bien
lavé[124]», de la mousse, des feuilles d'arbres, des fougères, de
l'ortie, du sparte ou alfa (graminée très répandue en Algérie), mais
surtout avec du bois (sapin, tremble, peuplier et tilleul)[125]. Sans
l'encre d'imprimerie qu'il faudrait d'abord enlever, ce qui augmenterait
considérablement les frais de fabrication, les vieux papiers (vieux
journaux, livres de rebut, etc.) pourraient aussi servir à en
confectionner du neuf: à cause de cette encre, le vieux papier ne peut
faire que du carton ou des _maculatures_, papier de pâte grossière
employé pour envelopper et emballer[126].

C'est la presse, ce sont les journaux, qui, par leur rapide et
considérable extension durant la seconde moitié du XIXe siècle, ont
stimulé la fabrication du papier et l'ont amenée aux prodigieux
résultats que nous voyons: plus de 1 500 millions de kilogrammes
fabriqués par année dans le monde entier; la France, à elle seule, en
fabrique annuellement plus de 100 millions de kilogrammes[127]. On a
calculé qu'un journal à grand tirage absorbe, à lui tout seul, une
centaine d'arbres par numéro, et que, dans un demi-siècle, pas plus
tard, toutes les forêts d'Europe auront été coupées à blanc et imprimées
à fond[128].

Sans entrer dans tous les menus détails de la fabrication du papier,
nous dirons, d'une façon générale, que les papiers faits avec des
chiffons valent mieux,--c'est-à-dire offrent plus de solidité et de
résistance, reçoivent mieux l'impression, sont plus «amoureux» de
l'encre, et aussi sont moins susceptibles de s'altérer et de se
jaunir,--que les papiers fabriqués avec du bois.

Il en résulte donc, et toujours d'une manière générale, que les livres
d'autrefois,--les livres de condition moyenne, livres ordinaires et à
bon marché: je laisse de côté, comme je l'ai dit au début, les ouvrages
de luxe,--valent mieux, matériellement parlant, que les livres
ordinaires et à bon marché d'aujourd'hui[129]. Nous aurons à nous
souvenir de cette remarque lorsque nous traiterons de l'achat des
livres.

Jadis les papiers ne se fabriquaient que dans des cuves, _à la forme_;
actuellement, grâce à la machine à papier continu, inventée vers 1798
par un ouvrier d'Essonnes, Louis Robert[130], et maintes fois
perfectionnée depuis, ce mode de fabrication est l'exception. Voici
succinctement en quoi consistait et consiste encore, sauf quelques
modifications de détails, la fabrication à la forme[131].

Après avoir lavé les chiffons, les avoir triturés et réduits en pâte
dans des réservoirs ou cuves, on procède au _blanchiment_ de cette pâte,
ce qui s'effectue de diverses façons, entre autres, en mélangeant à la
pâte un sel de chlore: le chlore a la propriété d'annihiler les couleurs
et de rendre blancs tous les tissus, fils et fibres. Ce sel de chlore
est l'hypochlorite de soude, dit, par abréviation et couramment,
chlorure. On prend ensuite un châssis au fond garni de menus fils de
laiton, de vergettes très rapprochées, nommées _vergeures_, et coupées
perpendiculairement par d'autres fils de laiton plus espacés, appelés
_pontuseaux_. Sur ce fond, cette sorte de toile métallique ou de tamis,
entre les vergeures et les pontuseaux, est entrelacé un autre mince fil
de laiton, affectant la forme d'un objet ou les initiales du
fabricant,--une «marque de fabrique» destinée à apparaître au milieu de
la feuille de papier: c'est le _filigrane_, qu'on appelle aussi la
_marque d'eau_. Cette marque représentait autrefois soit un pot, soit
une cloche, une couronne, un aigle, une grappe de raisin, l'écu de
France, le monogramme de Jésus-Christ, IHS, etc., et c'est elle qui a
donné son nom à ces divers formats de papier: pot, cloche, couronne,
grand aigle, raisin, écu, jésus, etc.

Le châssis, la _forme_, ainsi préparée, est plongée dans la cuve et
retirée pleine de pâte. Une sorte de couvercle, nommé _couverte_ ou
_frisquette_[132], recouvre la forme, qui n'a d'ailleurs que très peu de
profondeur, et, en l'empêchant de se charger d'une trop grande quantité
de pâte, règle l'épaisseur que l'on veut donner au papier. L'eau de
cette pâte s'égoutte d'elle-même presque instantanément, par les
intervalles des vergeures. La frisquette enlevée, l'ouvrier, qui tient
la forme avec ses deux mains, par les deux bouts, la retourne alors
prestement, la renverse sur un feutre ou _flotre_[133], où la couche de
pâte, c'est-à-dire la feuille de papier, vient se déposer. Sur cette
première feuille il applique un second feutre, sur lequel une seconde
feuille de papier viendra de même s'étendre en quittant la forme, et que
protégera de même un troisième feutre, etc.

Lorsque ces feuilles de feutre et de papier, ainsi intercalées et
superposées, ont atteint une certaine hauteur, sont au nombre de 150 ou
200, on transporte en bloc cette pile, appelée _porse_, sous une presse
hydraulique ou à main, et on les comprime pour en faire complètement
sortir l'eau et hâter la dessiccation. On désintercale ensuite les
feuilles, on met en tas d'un côté les feutres, de l'autre les feuilles
de papier, qu'on replace de nouveau sous la presse et qu'on comprime
encore, puis qu'on porte à l'étendage, qu'on fait sécher, jusqu'à ce
qu'elles soient absolument solidifiées et fermes, maniables sans risques
ni difficultés.

A propos de ces anciens papiers de fil, un écrivain anglais du XVIIe
siècle, Thomas Fuller, a fait cette remarque, sans doute plus curieuse
qu'exacte, que le papier participe du caractère de la nation qui le
fabrique. Ainsi, dit-il, «le papier vénitien est élégant et fin; le
papier français est léger, délié et mou; le papier hollandais, épais,
corpulent, spongieux[134]».

                                   *

                                 *   *

Aujourd'hui que les pâtes de bois, devenues les remplaçants, les
_succédanés_ des chiffons, sont les éléments les plus fréquemment
employés dans la fabrication des papiers, on fait usage de procédés tout
différents, et l'on obtient des papiers, non plus de dimensions
restreintes et de formats déterminés d'avance (pot, couronne, raisin,
jésus, etc.), mais des papiers continus, de longues bandes, qu'on met en
rouleaux ou qu'on sectionne à volonté.

Ces pâtes de bois se préparent de deux façons, chimiquement ou
mécaniquement[135].

Dans le premier cas, le bois, après avoir été scié et haché en menus
morceaux, est renfermé sous pression dans des vases clos, et désagrégé,
dissous par l'action d'agents chimiques, principalement du bisulfite de
chaux. La pâte ainsi obtenue, dite _cellulose au bisulfite_, est
préférable à la pâte mécanique, produite par l'usure de bûches de bois
en contact avec l'eau et au moyen de meules de granit.

La pâte de bois, versée dans une cuve, s'écoule d'elle-même et s'étale
sur une toile métallique sans fin (c'est-à-dire dont les deux extrémités
sont jointes l'une à l'autre), sans cesse agitée d'un double
mouvement,--mouvement en avant peu rapide, et mouvement latéral de
brusque va-et-vient, de trépidation précipitée,--à travers laquelle
l'eau s'égoutte, comme tout à l'heure à travers les vergeures de la
forme. Cette toile passe entre des cylindres de diamètres variés, qui
compriment et affinent progressivement la pâte, puis autour de rouleaux
de fonte creux, dits _sécheurs_, chauffés par la vapeur et enveloppés de
feutre, qui la dépouillent de toute humidité et complètent sa
transformation en feuille de papier.

La durée complète de l'opération, de cette transformation de la pâte en
feuille de papier maniable et utilisable, n'exige pas plus de deux à
trois minutes, suivant la vitesse de la machine, et le bois ainsi traité
permet de fabriquer des papiers à un prix _dix fois moindre_ que celui
du papier à la forme[136].

A la pâte de bois nombre d'ingrédients sont ajoutés, selon la qualité et
la sorte de papier qu'on veut obtenir: gélatine, résine, fécule, alun,
kaolin, sulfate de chaux, etc.; on y ajoute même des chiffons.

Le kaolin et le sulfate de chaux ont pour but de donner plus de poids,
plus de _charge_ au papier.

La gélatine, la résine, la fécule et l'alun servent à le _coller_.

Le _collage_ s'opère aussi à l'aide d'une sorte de savon résineux,
préparé par la fusion de la résine avec du carbonate de soude;
l'addition d'un peu d'alun dans la cuve ou pile précipite un composé
résineux d'alumine, qui agglutine les fibres du papier, reconstitue
ainsi l'adhérence primitive et naturelle existant entre les fibres
végétales avant leur transformation en pâte, et permet d'écrire sur ce
papier avec de l'encre _ordinaire_[137].

Le papier _collé_ est donc celui qui ne boit pas l'encre ordinaire, et
le papier _non collé_, celui qui boit cette encre: les papiers _buvards_
et _brouillards_[138], ainsi que les papiers à filtrer, sont des papiers
non collés.

Lorsqu'on veut écrire sur du papier non collé, mettre, par exemple, une
dédicace sur le faux titre d'un livre imprimé sur du papier de ce genre,
il suffit de déposer à l'endroit où l'inscription doit être faite un peu
de sandaraque, qu'on étend en frottant avec le doigt: la sandaraque, qui
n'est qu'une variété de résine, _colle_ l'endroit frotté, en obstrue les
pores, et empêche l'encre ordinaire d'y pénétrer trop profondément et de
s'y étaler trop largement.

Le papier collé prend aussi moins bien, et par la même raison, l'encre
d'imprimerie, mais il a plus de solidité et de résistance que le papier
non collé. Il est aussi moins susceptible de se piquer, de s'altérer
dans un air humide.

Le papier non collé a ses partisans: aux yeux de certains, l'impression,
plus pénétrante, plus onctueuse, y a meilleur aspect, surtout quand
l'ouvrage est accompagné d'illustrations. Pour essayer de contenter tout
le monde, les fabricants ont adopté un moyen terme et créé le
_demi-collé_.

Les papiers se lissent, se glacent et se satinent à l'aide de feuilles
de carton ou de feuilles métalliques (acier, zinc ou cuivre) et de
presses et de cylindres appelés, selon leur forme, laminoirs ou
calandres[139].

Le papier _couché_ est un papier, d'ordinaire très glacé[140], qui
s'obtient en recouvrant une feuille de papier bien collé d'une couche de
colle de peau et de blanc de Meudon mélangés. On y ajoute aussi du blanc
de zinc, du sulfate de baryte, du talc, du chlorure de magnésium,
etc.[141] Le papier couché est surtout employé pour le tirage des
photogravures, des gravures en couleurs et des publications ornées de ce
genre de vignettes.

Les papiers couchés ressemblent parfois beaucoup aux papiers glacés ou
satinés, et l'on pourrait les confondre. Pour les distinguer, il suffit
de mouiller le doigt et de frotter légèrement un coin de la feuille à
examiner: si le doigt se salit, se couvre d'un petit dépôt blanchâtre,
on a affaire à du papier couché; dans le cas contraire, à du papier
simplement glacé ou satiné.

Ces papiers plâtrés et glacés, d'une blancheur éclatante, si répandus
aujourd'hui, sont des plus pernicieux pour les yeux. On ne saurait mieux
comparer l'effet produit par eux sur la rétine qu'à celui de la
réverbération d'une route poudreuse tout ensoleillée ou d'un champ de
neige, qu'on serait astreint à regarder. Des médecins allemands ont, il
y a quelque temps, dirigé des attaques très vives contre les papiers
couchés et, en général, contre les papiers trop glacés et trop blancs.

«Nous n'avons pas besoin de faire remarquer, écrit à ce propos la _Revue
scientifique_[142], quelle transformation complète s'est produite dans
les papiers d'impression; on est bien loin des antiques papiers de
chiffon, dotés d'une coloration grise ou bleuâtre, et d'un grain assez
grossier, qui, pour l'impression comme pour l'écriture, exigeaient
l'emploi de caractères de dimensions assez grandes[143]. On se sert
maintenant, pour ainsi dire exclusivement, de papiers faits de fibres
végétales diverses, mais dont la caractéristique est de présenter une
surface extrêmement lisse, où la plume glisse, où l'impression se fait
en petits caractères. Or, qu'on regarde ces papiers perfectionnés, et
l'on constatera qu'il se produit souvent à leur surface des reflets
intenses..., toute une série de reflets, d'ombres et de lumière qui
fatiguent considérablement l'œil.»

La constatation n'est que trop facile et que trop exacte, et il y a là
un fait digne au plus haut point d'appeler l'attention de tous ceux qui
lisent, et de les mettre soigneusement en garde.

Certains bibliographes ont reproché aux belles éditions de Firmin Didot
d'avoir, par leur blancheur, «rendu myopes nos pères de 1830[144]»: que
ne dira-t-on pas de nos papiers, bien plus glacés, bien autrement
chatoyants et éblouissants! quels reproches ne méritent-ils pas!

Afin de remédier à ces graves et incontestables dangers, quelques
éditeurs ont fait choix, pour leurs impressions, de papiers légèrement
teintés, soit en jaune, soit en vert, soit en bleu. Vers la fin du
XVIIIe siècle, l'éditeur Cazin a fréquemment employé le papier azuré, et
ses charmants petits in-18, bien qu'imprimés en fins caractères, se
lisent sans fatigue.

La teinte qui semble la meilleure pour les yeux, «c'est la teinte bulle
et principalement celle désignée dans les étoffes sous le nom de teinte
mastic[145]». Le papier de cette nuance doit même être préféré au papier
vert, parce que l'encre noire apparaît rougeâtre et peu distincte sur le
vert, et, par suite, fatigue la vue[146].

Mais que penser des industriels qui, pour se singulariser, dans l'espoir
de provoquer la curiosité, s'avisent de tirer leurs ouvrages sur papier
rose ou rouge vif? Rien de plus pernicieux pour la vue que les papiers
rouges; la lecture d'une simple demi-page de cette couleur laisse dans
la rétine des tremblements, des papillotages, qui, de l'aveu unanime des
oculistes, peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences. Il y a
quelques années, un éditeur, déterminé à brusquer le succès, entreprit
le lancement d'une collection de mignons petits in-16, imprimés sur
papier rose, papier «cuisse de nymphe».

«Je sais bien, disait-il avec une aimable désinvolture, que je
risquerais d'abîmer les yeux de mes clients, si ces braves gens
commettaient l'imprudence d'ouvrir mes volumes, mais ils ne les
ouvriront pas! C'est pour la pose et la montre qu'on achète des livres
aujourd'hui... quand on en achète! On ne lit plus!»

Vous qui êtes de ceux qui lisent encore, vous qui achetez des livres
pour vous en servir réellement et efficacement, fuyez, fuyez comme la
peste ces papiers aux couleurs éclatantes. «Ménagez vos yeux! Ayez-en un
soin extrême!» C'est la première règle à suivre, le premier et le plus
important conseil que j'aie à vous donner.

                                   *

                                 *   *

Les papiers se vendent par _mains_, par _rames_ et par rouleaux ou
_bobines_.

La _main_ se compose de 25 feuilles, la _rame_ de 20 mains ou 500
feuilles.

Une _bobine_ a de 3 000 à 6 000 mètres de longueur, et de 0 m. 46 à 1 m.
35 de largeur; son poids est des plus variables. La vente par bobines ne
concerne que les journaux.

Nous donnons, dans le tableau ci-contre, la liste des papiers
actuellement le plus en usage, ainsi que leurs dimensions métriques[147]
et leurs modes d'emploi: quant à leurs poids, ils varient tellement, que
mieux vaut ne risquer aucun chiffre.

  DÉNOMINATION     DIMENSIONS   MODES D'EMPLOI
                   de la
                   FEUILLE (m)

  Grand aigle      0,75 × 1,06  Le _grand aigle_ n'est guère employé
                                que pour les cartes géographiques, les
                                tableaux et les registres.

  Colombier        0,63 × 0,90  Le _colombier_ est particulièrement
                                propre aux affiches commerciales et
  Soleil ou petit               aux tableaux des compagnies de chemins
  colombier        0,58 × 0,80  de fer.

  Grand jésus      0,56 × 0,76  Le _jésus_, la _double couronne_, le
                                _cavalier_ et le _carré_ sont plus
                                spécialement affectés aux _labeurs_ (aux
  Jésus            0,55 × 0,70  livres, par ex.: voir le mot _labeur_,
                                p. 105). C'est en jésus et en raisin
  Petit jésus      0,52 × 0,68  que se font généralement les in-18.

  Raisin           0,50 × 0,65  Le _raisin_ sert à la fois aux labeurs
                                et à la confection des registres.

  Double couronne  0,47 × 0,74  L'in-16 _double couronne_ remplace avec
                                avantage l'in-18 jésus; la grandeur du
  Cavalier         0,46 × 0,62  volume est la même, et l'impression
                                des 1/4, 1/2 et 3/4 de feuille se fait
  Carré            0,45 × 0,56  sans perte de papier.

  Coquille         0,44 × 0,56  La _coquille_, dont les dimensions
                                étaient autrefois 0,4 × 0,54, ne diffère
                                plus guère aujourd'hui du _carré_ qu'en
                                ce qu'elle est glacée et souvent
                                quadrillée, et, comme telle,
                                exclusivement consacrée aux travaux
                                commerciaux: factures, lettres, etc.,
                                ce qu'en termes de métier on appelle
                                _ouvrages de ville_, _bibelots_ ou
                                _bilboquets_. (Cf. E. Boutmy,
                                _Dictionn. de l'argot des typogr._,
                                p. 60.)

  Écu              0,40 × 0,52  L'_écu_, la _couronne_, la _tellière_,
                                le _pot_, et la _cloche_ servent à
                                l'impression de documents administratifs
  Couronne         0,36 × 0,46  et commerciaux, et à la confection de
                                cahiers et registres. L'_écu_ s'emploie
  Tellière (le ou               aussi pour certains labeurs: livres
  la) ou papier                 de distributions de prix, albums,
  ministre         0,33 × 0,44  almanachs, etc. La _couronne_ est
                                également utilisée pour l'impression des
  Pot ou papier                 livres: dans ce cas, son format est un
  écolier          0,31 × 0,40  peu plus grand (0,37 × 0,47) que quand
                                elle est destinée aux cahiers et aux
  Cloche           0,29 × 0,39  registres. La _double tellière_ sert
                                aussi à l'impression des livres; elle
                                donne naissance au format dit in-16
                                elzev. (0,113 × 0,18).

                                   *

                                 *   *

Bien que nous considérions le livre surtout au point de vue pratique,
comme instrument d'étude et outil de travail, il convient de dire
quelques mots des _papiers de luxe_, d'en définir les principales
variétés tout au moins.

On appelle papier _vergé_ celui qui laisse apercevoir par transparence
les empreintes des fils métalliques formant le fond du moule où il a été
fabriqué, comme nous l'avons expliqué plus haut. Nous rappelons que les
empreintes les plus rapprochées sont nommées _vergeures_, et que les
plus espacées, perpendiculaires aux premières, sont les _pontuseaux_.

Il existe du _faux vergé_, c'est-à-dire du papier vergé fabriqué non à
la forme, mais à la machine. On l'obtient en faisant passer la pâte
encore fraîche entre des cylindres à cannelures imitant vergeures et
pontuseaux (c'est-à-dire transversales pour les vergeures et circulaires
pour les pontuseaux), et où sont même au besoin gravées des marques
d'eau.

Le papier _de Hollande_ est, en dépit de son nom, un papier d'invention
et de fabrication absolument françaises. Ce sont de nos ancêtres
appartenant à la religion réformée, qui, obligés de s'enfuir à
l'étranger, après la révocation de l'édit de Nantes, portèrent leur
industrie et leurs procédés aux Pays-Bas, et, de là, nous expédièrent
leurs produits. Lorsqu'il est de bonne qualité, de pur fil, le papier de
Hollande, d'ordinaire vergé, est résistant, ferme, sonore,--sonnant,
comme on dit,--et de très bel aspect. De l'avis de certains
bibliophiles, il a ou il aurait parfois, quand il est trop collé sans
doute, l'inconvénient de ne pas très bien prendre l'encre, et de donner
accidentellement aux impressions une apparence un peu terne et grisâtre.

Le papier _Whatman_[148] ressemble au papier de Hollande, mais il est
toujours dépourvu de vergeures. Comme le hollande, il est grené, très
ferme et très solide. On l'emploie beaucoup pour le dessin linéaire et
le lavis[149].

Le _vélin_, ainsi nommé parce qu'il a la transparence et l'aspect de
l'ancien vélin véritable, provenant de la peau de jeunes veaux, est un
papier sans grain, très uni, lisse et satiné, excellent pour le tirage
des vignettes. D'une façon générale, tout papier fabriqué à la forme et
dépourvu de grains et de vergeures est qualifié de _vélin_.

Le papier _de Chine_ se fabrique avec l'écorce du bambou. Il a une
teinte grise ou jaunâtre, un aspect «sale», plus ou moins prononcé. Cela
vient de ce que sa fabrication s'effectue en plein air. Il est, en
outre, très mince, très léger et inconsistant. «Le papier de Chine...
doit sa réputation, non pas à sa propre beauté, mais bien à ses
affinités particulières avec l'encre d'impression[150]. Son tissu lisse
et mou tout ensemble est plus apte qu'aucun autre à recevoir un beau
tirage... L'impression y vient avec une incomparable netteté. Les livres
imprimés en petit texte gagnent particulièrement à être tirés sur
chine[151].» Ce papier est très sensible à l'humidité: aussi est-il bon
de le faire encoller aussitôt après l'impression. Le papier de Chine
sert non seulement pour certaines éditions de luxe, mais aussi pour les
reports lithographiques. La feuille de Chine, convenablement encollée au
préalable, et portant le texte, croquis ou dessin à transporter, à
_reporter_ sur la pierre, est appliquée sur celle-ci, et soumise à une
forte pression: un simple mouillage suffit alors pour qu'elle laisse sur
la pierre ce texte ou ce croquis,--le _report_.

Le papier _du Japon_ est un superbe papier blanc ou légèrement teinté en
jaune, soyeux, satiné, nacré, à la fois transparent et épais, qui
absorbe l'encre très facilement et fait on ne peut mieux ressortir les
tons des dessins. Il provient de l'écorce d'arbrisseaux de la flore
japonaise, tels que le _midzumatu_ (_Edgeworthia papyrifera_), dont les
fibres sont molles, souples, longues et solides; le _kozokodzou_
(_Broussonetia papyrifera_), fibres grosses, longues et solides; le
_gampi_ (_Wickstræmia canescens_), aux filaments très délicats: le
papier fourni par ce dernier arbuste est particulièrement fin, souple et
lisse[152].

On appelle aujourd'hui _papier parchemin_, _parchemin végétal_ ou _faux
parchemin_ un papier sans colle, trempé très peu de temps dans une
solution d'acide sulfurique, opération qui lui donne une transparence
jaunâtre, rappelant le vrai parchemin[153]. On utilise fréquemment le
papier parchemin comme couverture de volumes.

Mentionnons encore, en dehors des papiers de luxe:

Le papier _serpente_, papier très mince et sans colle, qui sert
principalement à protéger les gravures contre le maculage;

Le papier _pelure d'oignon_, ou simplement _pelure_, qui est aussi un
papier très mince, très léger et non collé, et s'emploie notamment pour
les copies de lettres; une certaine espèce de papier pelure collé est
utilisée comme papier à lettre économique: par sa légèreté, elle permet
d'éviter les surtaxes postales[154];

Le papier _joseph_ (du nom de son inventeur Joseph Montgolfier), ou
papier _de soie_, qui est blanc, fin, très souple et soyeux: on
l'emploie, comme le serpente, pour protéger les gravures, et aussi pour
envelopper de menus objets fragiles, des bijoux, etc.;

Le papier _végétal_ ou papier _à calquer_, papier très fin et
transparent, fait de filasse de chanvre ou de lin non blanchie;

Le papier _porcelaine_, papier recouvert d'une couche de blanc opaque
mélangé à de la colle de peau. Ce blanc était autrefois du blanc de
céruse: pour éviter les empoisonnements, on se sert aujourd'hui de
sulfate de baryte[155].

Les papiers _bulle_ sont des papiers teintés, en jaune le plus souvent,
et généralement de qualité inférieure.

Le _carton_ se fabrique soit par la superposition et la compression de
plusieurs feuilles de papier, soit par la même méthode que le papier
ordinaire, mais avec une pâte moins épurée, composée de déchets plus
grossiers. La première sorte est dite _carton de collage_, la seconde
_carton de moulage_[156].

Le carton anglais, connu sous le nom de _bristol_ ou _bristol anglais_,
«n'est, quelle que soit son épaisseur, qu'une feuille de papier faite à
la cuve avec les plus belles espèces de chiffons, auxquelles on ajoute
une proportion assez considérable de kaolin[157].»

Le _bristol français_, au contraire, est obtenu par superposition: c'est
un carton de collage de feuilles blanches laminées avec soin[158].

                                   *

                                 *   *

Tous les papiers (les papiers de fabrication moderne), selon une juste
remarque du _Mémorial de la librairie française_[159], «sont plus ou
moins sujets à changer de couleur; cette altération ne consiste pour la
plupart qu'en un brunissement qui affecte d'abord les extrémités du
papier et gagne peu à peu l'intérieur; parfois aussi elle est uniforme.
Dans ce dernier cas, le papier lui-même est altéré, tandis que, dans le
premier, il n'y a qu'intervention d'agents extérieurs, tels qu'une
atmosphère ambiante chargée de produits, en combustion, de gaz
d'éclairage. Les acides et oxydants produisent l'altération par action
directe sur les fibres du papier, ou, si ce dernier contient de
l'amidon, la combinaison de ces acides avec cet hydrate de carbone amène
une rapide détérioration de couleur. En un mot, l'altération de la
couleur des papiers ordinaires à la cellulose est relative à la quantité
de résine qu'ils contiennent, ou, plus généralement, à la résine et aux
procédés de fixation de cette dernière dans le collage.»

Préoccupés de se procurer des papiers de teinte moins variable et de
constitution plus durable, les imprimeurs ont imaginé maints procédés
d'examen et de contrôle des papiers, et voici les conseils que donne à
ce sujet _l'Intermédiaire des imprimeurs_[160]:

«Un papier contenant du bois mécanique est fort reconnaissable à simple
vue, il suffit de le regarder par réflexion: on aperçoit des fibres plus
brillantes que les autres et non feutrées; elles ont une longueur
variant de 3 à 5 millimètres, suivant leur finesse: c'est du bois râpé
de tremble. Le sapin est moins brillant et plus difficile à distinguer,
et les réactifs sont souvent indispensables pour en déceler la présence.
Le réactif le plus simple est une dissolution de 10 grammes de sulfate
d'aniline dans 250 grammes d'eau distillée. Une goutte de ce liquide sur
la feuille de papier produit une coloration jaune orange d'autant plus
prononcée qu'elle contient plus de bois mécanique ou râpé, tremble ou
sapin.

«Les papiers contenant du bisulfite ou bois chimique sont à longues
fibres qu'il est facile de distinguer à la déchirure lente; ce succédané
est solide, mais devient cassant lorsqu'il n'a pas été blanchi ou bien
débarrassé de l'acide sulfureux provenant de son traitement. Il est
cependant bien inférieur au chiffon et manque de souplesse.

«Enfin, comme essai de résistance, on peut faire la petite expérience
pratique suivante: mettre dans sa poche de côté différents types de
papier à essayer, les laisser quelques jours exposés au frottement de
l'habit. Alors examinez-les aux plis. Les bons papiers de chiffon seront
intacts, tandis que les autres à succédanés seront en lambeaux. On saura
alors de quel côté porter son choix. Quant à la transparence, c'est une
grande erreur de croire que c'est une qualité. Ce fondu ou épais (_sic_)
n'est obtenu qu'au détriment de la solidité.»

Dans une publication spéciale et particulièrement compétente, la _Revue
biblio-iconographique_, M. Pierre Dauze a traité récemment cette
question, «capitale pour les livres, du papier d'imprimerie, et il
affirme que, étant donnés les papiers employés par les éditeurs pour
leurs tirages ordinaires, _on ne trouvera plus, dans cinquante ans, que
les vestiges des impressions faites de nos jours_[161]. Il se demande
même si les papiers dits de luxe, papiers de fil, de Chine, du Japon,
sur lesquels on tire un certain nombre d'exemplaires de quelques livres,
dureront plus que les autres. L'ancien papier du Japon, fabriqué à la
main, uniquement avec des matières végétales, ne se fabrique plus, et
les éditeurs fabriquent» (font fabriquer plutôt) «un japon par des
méthodes mécaniques où l'élément minéral intervient. Or, ces sortes-là
sont susceptibles de se piquer. Quant au papier de Chine, il se pique
aisément et contamine les autres papiers; seulement, il n'est pas
rebelle au lavage comme le papier du Japon. Le seul papier qui puisse
inspirer une sécurité absolue, c'est le papier de fil sur lequel on
imprimait ces éditions d'incunables, qui nous sont parvenues aussi
fraîches, aussi nettes que si elles sortaient des mains de l'imprimeur.
En sera-t-il de même du papier de fil produit de nos jours? M. Pierre
Dauze suspecte fort l'emploi irréfléchi de substances chimiques ou
minérales de nature à introduire des ferments de décomposition
prématurée, et il signale, dans des exemplaires tirés sur papier de
Hollande, des taches de rouille qui proviennent évidemment de l'emploi
du fer dans lesdits papiers.

«L'auteur ne voit qu'un remède: c'est d'exiger des éditeurs qu'ils
n'emploient à l'avenir que des papiers _analysés_; d'obliger»
(c'est-à-dire de rendre obligatoire) «l'emploi des matières premières
exclusivement végétales, et une fabrication pure de toute substance
susceptible de compromettre ou d'abréger la conservation; de proposer
aux Sociétés de bibliophiles parisiennes de nommer un ou plusieurs
délégués qui feront une enquête auprès des savants professionnels, etc.
Cette commission analysera les papiers de luxe employés couramment et
rejettera ceux qui n'ont pas les qualités requises. Les éditeurs, ainsi
avertis, s'empresseront, pour gagner la confiance des bibliophiles,
d'imprimer sur ces papiers favorisés. Les mauvais papiers dits de luxe
ne se fabriqueraient plus faute d'acheteurs, et feraient place à des
papiers de bon aloi[162].»

Comme conclusion, on ne lira pas non plus sans intérêt ni profit les
renseignements suivants, extraits d'un rapport de la Société
d'encouragement aux arts et à l'industrie de Londres, sur la question
qui nous occupe, les causes de détérioration de plus en plus nombreuses
des papiers modernes:

«Les publications imprimées sur papier de dernière qualité ne servent
guère plus de douze à treize mois; les éditions à bon marché sur papier
ordinaire sont complètement détériorées au bout d'une quarantaine
d'années.

«A quoi cela tient-il? Au blanchiment du papier et à ses procédés
actifs. Les fabricants de papier abusent des agents chimiques à l'action
violente qui brûlent le peu de fibres contenues dans la pâte. On
pourrait leur adresser les mêmes reproches qu'à nos blanchisseurs, qui
brûlent notre linge pour le blanchir plus vite. Il faudrait blanchir le
papier comme le linge, avec lenteur, modération, prudence.

«Outre cet inconvénient, un autre, non moindre, réside dans les
détériorations obtenues par la désagrégation et l'altération des
couleurs. La désagrégation résulte des altérations produites dans les
fibres du papier sous l'effet d'actions chimiques ultérieures. La pâte
de bois, de plus en plus employée comme matière première, est obtenue
chimiquement; elle se dévore elle-même dans les réactions multiples,
mais d'un effet sûr et rapide.

«Quant à l'altération des couleurs, caractérisée généralement par le
brunissement, elle est la résultante de l'action de l'air ambiant: les
livres exposés souvent à la lumière du gaz brunissent rapidement. Mais
ce qui surtout détériore la couleur du papier, c'est le collage à la
résine où cette dernière domine; alors que normalement cette colle ne
devrait contenir que 2 pour 100 de résine, cette proportion est presque
décuplée; or, plus il y a de résine, plus vite brunit le papier.

«Les fabricants ajoutent aussi beaucoup de _charge_ dans le papier: on
appelle ainsi les substances minérales, à la tête desquelles on peut
placer le kaolin. Quand le papier contient plus de 10 pour 100 de
charge, les fibres ont de la peine à retenir cette matière inerte; pour
obtenir cette force, on augmente le collage, mais on n'arrive ainsi qu'à
produire une résistance factice. Dès que le papier est séché et qu'il a
été un peu manipulé, il perd vite la cohésion qu'il semblait
posséder[163].»



CHAPITRE III

LE FORMAT

Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_,
_volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_,
_incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats par
leurs dimensions métriques, et non plus par les termes archaïques:
jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit, in-douze, in-seize,
etc.--Confusion des formats.--Dimensions métriques des principaux
formats des livres.--Imposition.--_Signatures_ et _réclames_.--Tableau
des signatures.--Formats de classements adoptés par les bibliothèques
universitaires: grand, moyen, petit;--par la Bibliothèque
nationale.--Formats des premiers livres.--Formats les plus appréciés par
les lecteurs.--Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance
des formats avec les matières traitées dans les livres.


Nous venons, en parlant du papier, de traiter du fond et de la base du
livre: nous allons nous occuper à présent de son format; nous
examinerons ensuite l'impression.

On appelle _format_ d'un livre la dimension de ce livre, «dimension
déterminée par le nombre de pages que renferme chaque feuille[164]». On
comprend, en effet, que plus la feuille renfermera de pages
(c'est-à-dire plus elle sera pliée sur elle-même), plus ces pages seront
restreintes en hauteur et en largeur, plus par conséquent le volume sera
petit; et inversement, moins la feuille renfermera de pages
(c'est-à-dire moins elle aura été pliée), plus sera étendue la surface
de chacune de ces pages, plus grand par suite sera le volume. Quant à
l'épaisseur, c'est-à-dire au nombre de feuilles que le volume contient,
il n'en est pas question, elle n'entre pas en ligne de compte dans la
détermination du format: celui-ci ne dépend encore une fois que de la
superficie et n'indique que la hauteur et la largeur du volume.

On confond souvent les expressions _tome_ et _volume_. Le _tome_ (τόμος,
section) est une partie d'un ouvrage, une division, plus ou moins
rationnelle, faite par l'auteur lui-même, division analogue à celle de
l'ouvrage en livres, sections, chapitres, etc. Le _volume_ (du latin
_volumen_) indique une division matérielle dépendant uniquement de la
reliure ou du brochage. Le plus souvent la division par volumes concorde
avec la division par tomes; cependant, il n'est pas rare de trouver deux
tomes reliés en un volume; il est très rare, au contraire, qu'il faille
plusieurs volumes pour contenir un seul tome. On peut donc dire, d'une
façon générale, qu'un volume peut renfermer plusieurs tomes, mais qu'un
tome ne fait presque jamais plusieurs volumes. Enfin un volume peut
former à lui seul un ouvrage indépendant et complet; un tome, jamais, en
réalité; il fait toujours partie d'un ouvrage: «il n'y a tome que s'il y
a division», selon l'expression de Littré[165].

«Un volume relié ou broché de peu d'épaisseur» est une _plaquette_
(Littré), et «un petit ouvrage de peu de feuilles et qui n'est que
broché» est une _brochure_ (id.). _Pièce_ est synonyme de brochure[166].
Mais où finissent la brochure et la plaquette, et où commence le volume?
Il n'y a aucune règle précise à cet égard. «A la Bibliothèque nationale
on considère comme _pièces_ toutes les impressions qui ont moins de 49
pages[167].» M. Albert Maire dit qu'«une _brochure_ est un ouvrage qui
n'atteint pas 100 pages; au-dessous et jusqu'à 50 pages, elle peut se
nommer une _plaquette_[168]». D'autres appellent plaquette tout in-8 ou
in-12 ne dépassant pas 100 pages.

Quant au mot _exemplaire_, il désigne un ouvrage complet, abstraction
faite du nombre de pages aussi bien que du nombre de volumes et de tomes
qu'il comporte; il s'applique à «l'unité de tirage» d'un ouvrage, d'une
gravure, etc. Une bibliothèque, par exemple, possède trois exemplaires
du _Théâtre_ de Racine: l'un en un volume, l'autre en deux volumes, le
troisième exemplaire en quatre volumes. Un éditeur fait tirer tel roman
à 2 000 exemplaires; un libraire expédie 6 000 exemplaires de son
catalogue; etc.

On confond également volontiers les mots _tirage_ et _édition_, dans le
cas où ils signifient tous les deux le résultat de l'action d'imprimer,
de tirer un volume. Il y a cependant une différence entre eux. Les
tirages, effectués successivement, n'impliquent aucune idée de
corrections ni de modifications quelconques du texte; un exemplaire du
premier tirage d'un volume est identique à un exemplaire du deuxième, du
troisième, du dixième tirage de ce même volume. Ces tirages ont tous été
faits, à intervalles de temps plus ou moins éloignés, sur les mêmes
clichés[169], et ils ne se différencient que par l'usure de ces clichés:
un exemplaire du dixième tirage aura nécessairement ses caractères
typographiques moins nets qu'un exemplaire du premier tirage, surtout si
chacun de ces tirages comprend un grand nombre d'exemplaires.

Le mot _édition_ laisse entendre, au contraire, que l'ouvrage a été
revu, remanié, recomposé typographiquement. Une page quelconque, la page
20, par exemple, de la première édition d'un ouvrage peut ne pas être la
même que la page correspondante de la neuvième ou de la dixième édition
de cet ouvrage; tandis que, comme nous venons de le dire, la page 20
d'un exemplaire du premier tirage est «textuellement» identique à la
page 20 d'un exemplaire du neuvième ou du dixième tirage.

Déterminer, même approximativement, d'après le numéro de l'édition ou du
tirage, le nombre d'exemplaires d'un livre tirés et mis en vente est
chose impossible. Là non plus il n'y a aucune règle. Une édition peut
aussi bien se composer de 200 exemplaires que de 2 000, de 10 000, etc.
Plusieurs des romans de M. Émile Zola et de M. Alphonse Daudet, par
exemple, se sont tirés du premier coup, pour la mise en vente, ce qu'on
nomme le _départ_, à plus de 100 000 exemplaires. C'est afin
d'introduire un peu d'ordre et de clarté dans ce genre d'opérations que
certains éditeurs, au lieu d'inscrire sur la couverture et le titre des
volumes le chiffre de l'édition: deuxième édition, troisième édition,
quatrième édition..., ce qui ne dit rien du tout, les numérotent par
mille: deuxième mille, troisième mille, quatrième mille...

En général cependant, on peut dire que les ouvrages dont la vente ne
paraît pas assurée ou semble devoir être très restreinte,--un recueil de
poésies signé d'un nom inconnu, je suppose,--ne sont pas actuellement
tirés à plus de 500 exemplaires. Un roman, signé d'un débutant, se
tirera à 1 000 ou 1 500 exemplaires; si ce roman s'adresse à la jeunesse
et peut se vendre comme livre d'étrennes ou de prix, le premier tirage
pourra monter jusqu'à 5 000 exemplaires, voire davantage. C'est
également à ce chiffre, à 5 000 exemplaires, que se tirent d'ordinaire
les ouvrages classiques dont la vente paraît certaine[170].

Les premiers livres imprimés, les _incunables_[171], avaient des tirages
relativement minimes, qui ne dépassaient guère 300 exemplaires.

On appelle _édition princeps_ la première édition d'un ouvrage,
spécialement d'un ouvrage ancien: pour les auteurs modernes, on se sert
du terme _édition originale_.

Une édition est dite _définitive_ ou _ne varietur_ quand le texte en a
été revu par l'auteur ou par ses ayants droit, et déclaré par eux
désormais arrêté et invariable.

                                   *

                                 *   *

Ces définitions terminées, revenons au format.

De ce que nous avons dit de la fabrication actuelle du papier,
fabrication mécanique sur la toile sans fin, et non plus uniquement à la
forme, il résulte que les papiers d'aujourd'hui n'ont plus de dimensions
régulièrement et fixement délimitées. Il convient d'observer aussi tout
d'abord que ces expressions: in-octavo, in-douze, in-seize, in-dix-huit,
etc., s'appliquant exclusivement au mode de _pliage_ de la feuille
(in-octavo signifie que la feuille a été pliée de façon à former 8
feuillets[172] ou 16 pages; in-douze, de façon à former 12 feuillets ou
24 pages; in-seize, de façon à former 16 feuillets ou 32 pages; etc.),
sans indiquer les dimensions premières de cette feuille, ne signifient
pour ainsi dire rien. Elles n'ont et ne peuvent avoir un sens précis
qu'à condition d'être suivies de la désignation catégorique du papier,
du nom du format des feuilles: in-octavo _jésus_, in-douze _raisin_,
in-seize _cavalier_, etc., nom qu'on omet cependant très souvent dans le
langage usuel.

Il est à remarquer, en outre, qu'autrefois, dans le papier fabriqué à la
forme, la position des vergeures, des pontuseaux et de la marque
d'eau[173] après le pliage de la feuille, pouvait aider facilement à la
détermination du format du volume. Selon le nombre de fois que la
feuille était pliée sur elle-même, la marque d'eau se trouvait ou au
milieu du feuillet, ou au fond, ou au sommet, etc.; les vergeures et les
pontuseaux étaient horizontaux ou perpendiculaires.

Voici la liste des formats les plus usités, avec leur nombre de
feuillets et de pages et la position de leurs pontuseaux; celle de leurs
vergeures est naturellement toujours en sens inverse de celle-ci,
puisque vergeures et pontuseaux se coupent à angles droits:

L'_in-plano_, appelé aussi format _atlas_ ou _atlantique_, c'est la
feuille non pliée, en _feuillet_, comprenant par conséquent deux pages,
recto et verso: ici la position des pontuseaux dépend du sens dans
lequel on regarde la feuille;

L'_in-folio_ a la feuille pliée en 2 et contient 4 pages: ses pontuseaux
sont perpendiculaires;

L'_in-quarto_ ou _in-quatre_ (in-4)[174] a la feuille pliée en 4 et
contient 8 pages: ses pontuseaux sont horizontaux;

L'_in-octavo_ ou _in-huit_ (in-8) a la feuille pliée en 8 et contient 16
pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires;

L'_in-douze_ (in-12) a la feuille pliée en 12 et contient 24 pages: ses
pontuseaux sont horizontaux;

L'_in-seize_ (in-16) a la feuille pliée en 16 et contient 32 pages: ses
pontuseaux sont horizontaux;

L'_in-dix-huit_ (in-18) a la feuille pliée en 18 et contient 36 pages:
ses pontuseaux sont perpendiculaires;

L'_in-vingt-quatre_ (in-24) a la feuille pliée en 24 et contient 48
pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires ou horizontaux[175];

L'_in-trente-deux_ (in-32) a la feuille pliée en 32 et contient 64
pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires;

Etc., etc.

Mais, pour savoir la dimension d'une quelconque de ces pages, d'une page
in-8, par exemple, il est nécessaire de connaître d'abord, comme nous le
disions tout à l'heure, la dimension de la feuille qui a été pliée et a
fourni les 16 pages de cet in-8. Il est évident que plus cette feuille
sera grande, plus ces pages le seront.

C'est précisément ce que l'épithète _jésus_, _raisin_, _cavalier_, etc.,
nous apprend. Ainsi le papier jésus ayant 0 m. 55 de haut sur 0 m. 70 de
long, nous pouvons, grâce à ces chiffres, parvenir à nous faire une idée
exacte de l'in-8 jésus et en calculer la dimension.

Mais, dans le papier mécanique, fabriqué en bandes, _continu_, puis
sectionné à volonté, ces termes provenant des anciens papiers à la
forme: jésus, raisin, cavalier, colombier, etc., n'ont plus de raison
d'être, plus de sens: il n'y a plus de forme d'abord; il n'y a plus de
monogramme du Christ, plus de grappe de raisin, plus de cavalier, de
colombe, etc., en filigrane dans la pâte du papier; rien n'en fait plus
reconnaître à première vue l'espèce et les dimensions[176]. Il serait
donc bien plus logique, plus clair et plus simple de désigner
présentement les formats par leurs dimensions réelles, exprimées en
centimètres ou millimètres[177]; au lieu d'in-8 jésus, de dire 0 m. 175
sur 0 m. 275, ou par abréviation, 175 × 275; au lieu d'in-18 jésus, 0 m.
117 sur 0 m. 183 (117 × 183).

D'autant plus qu'avec le système bâtard actuellement en usage, on arrive
à des résultats singuliers: un volume de format in-4, par exemple, se
trouve être plus petit qu'un volume de format in-8, un in-8 plus petit
qu'un in-12, etc. (in-4 écu = 0,20 × 0,26; in-8 colombier = 0,225 ×
0,315; in-8 écu = 0,13 × 0,20; in-12 jésus = 0,138 × 0,233; etc.).

Convenons donc d'attribuer, dans la suite de cette étude et pour la
clarté de notre texte, une signification nette et précise aux termes que
nous emploierons, des dimensions certaines et invariables aux formats
que nous mentionnerons.

L'in-4 sera pour nous de l'in-4 _cavalier_ et aura pour dimension 0,23 ×
0,31;

L'in-8, de l'in-8 _cavalier_ = 0,155 × 0,23;

L'in-18, de l'in-18 _jésus_ = 0,117 × 0,183. Comme le fait observer M.
Émile Bosquet[178], cet in-18 est synonyme d'in-16 Hachette et d'in-12
Charpentier.

Enfin l'in-32 sera de l'in-32 _jésus_ = 0,088 × 0,138.

Voici d'ailleurs, pour faciliter toute recherche et prévenir toute
éventualité, le tableau des principaux formats des principales sortes de
papier employées en librairie, avec leurs dimensions exprimées en
mesures métriques[179]:

  FORMATS          Colombier     Grand jésus   Jésus         Raisin
                   0,63 ×0,90    0,56 ×0,76    0,55 ×0,70    0,50 ×0,65

  In-folio         0,45 ×0,63    0,38 ×0,56    0,35 ×0,55    0,325×0,50
  In-quarto        0,315×0,45    0,28 ×0,38    0,275×0,35    0,25 ×0,325
  In-octavo        0,225×0,315   0,19 ×0,28    0,175×0,275   0,162×0,25
  In-douze         0,158×0,30    0,14 ×0,253   0,138×0,233   0,125×0,217
  In-seize         0,158×0,225   0,14 ×0,19    0,138×0,175   0,125×0,162
  In-dix-huit      0,15 ×0,21    0,127×0,187   0,117×0,183   0,108×0,166
  In-vingt-quatre  0,105×0,225   0,093×0,19    0,092×0,175   0,083×0,162
  In-trente-deux   0,113×0,158   0,095×0,14    0,088×0,138   0,081×0,125


  FORMATS          Cavalier      Carré         Écu           Couronne
                   0,46 ×0,62    0,45 ×0,56    0,40 ×0,52    0,37 ×0,47

  In-folio         0,31 ×0,46    0,28 ×0,45    0,26 ×0,40    0,235×0,37
  In-quarto        0,23 ×0,31    0,225×0,28    0,20 ×0,26    0,185×0,235
  In-octavo        0,155×0,23    0,14 ×0,225   0,13 ×0,20    0,118×0,185
  In-douze         0,115×0,207   0,113×0,187   0,10 ×0,173   0,09 ×0,157
  In-seize         0,115×0,155   0,113×0,14    0,10 ×0,13    0,09 ×0,118
  In-dix-huit      0,103×0,153   0,09 ×0,15    0,066×0,133   0,078×0,123
  In-vingt-quatre  0,077×0,155   0,075×0,14    0,067×0,13    0,062×0,118
  In-trente-deux   0,078×0,115   0,07 ×0,113   0,065×0,10    0,059×0,09

                                   *

                                 *   *

Chaque première page d'une feuille porte, dans sa partie inférieure de
droite, sous la dernière ligne ou _ligne de queue_, un chiffre, dit
_signature_, qui indique le numéro de cette feuille. La ligne où se
trouve ce chiffre se nomme _ligne de pied_, par opposition à la _ligne
de tête_, qui est la ligne du sommet de la page, au-dessus même de la
première ligne de texte, et où se trouve le numéro de cette page, le
_folio_. La ligne de tête et la ligne de queue, blanches dans presque
toute leur longueur, sont formées chacune par une pièce de fonte,
appelée _garniture_ ou _lingot_, de 12 points d'épaisseur. D'autres
pièces de fonte, les _cadrats_, servent, dans la composition
typographique, à terminer les lignes de texte incomplètes et à isoler
les mots disposés en titre; d'autres encore, plus petites et de forme
cubique, les _cadratins_, forment les blancs qui précèdent les alinéas.
Ajoutons que, pour séparer les mots entre eux et les lignes entre elles,
on se sert de petites lames de métal moins hautes que les lettres et
portant le nom d'_espace_ (_une_ espace).

Au lieu de chiffres, on employait autrefois comme signatures les lettres
de l'alphabet: A, B, C, D..., et l'on mettait, en outre, au-dessous de
la dernière ligne de chaque feuille, à droite, le premier mot de la
feuille suivante, toujours afin de faciliter le classement des feuilles,
l'_assemblage_. Ce premier mot, ainsi placé en vedette au bas de la
dernière page, s'appelait la _réclame_. On a fini par la supprimer,
considérant qu'elle faisait double emploi avec la signature.

La signature permet, ou plutôt devrait permettre, de déterminer
facilement le format d'un livre.

Puisque nous savons, par exemple, que l'in-4 a sa feuille pliée de façon
à donner 8 pages, il est clair que la deuxième feuille commencera à la
page 9 (8 + 1) et que c'est au bas de cette page 9 que figurera la
signature 2. Le chiffre 3 se trouvera de même au bas de la page 17 (8 +
8 + 1); le 4, au bas de la page 25 (8 + 8 + 8 + 1); etc.

De même, l'in-8 comprenant 16 pages, la signature 2 se trouvera au bas
de la page 17 (16 + 1); la signature 3, au bas de la page 33 (16 + 16 +
1); le 4, page 49; etc.

Mais les feuilles destinées à fournir beaucoup de pages, à fournir, pour
préciser, des formats plus petits que l'in-8, ne se plieraient pas
aisément en un aussi grand nombre de fois, surtout si le papier était un
peu fort, on le comprend de reste; elles renfleraient, gondoleraient,
auraient trop gros dos, et se prêteraient difficilement au brochage ou à
la reliure[180]. Parfois même l'_imposition_[181], permettant, après le
tirage, de plier la feuille dans l'ordre numérique des pages, ne
pourrait pas s'effectuer. On sectionne donc ces feuilles, on les partage
en _cahiers_, _cartons_[182] ou _encarts_, qui tous nécessairement
portent aussi une signature, afin qu'on puisse les classer et assembler,
d'où une nouvelle cause de confusion, pour la détermination du format.
Chaque feuille d'un volume in-12, par exemple (24 pages), au lieu d'être
entière, pourra se composer de deux cahiers, l'un in-8 (16 pages) et
l'autre in-4 (8 pages), recevant chacun une signature. Chaque feuille
d'un volume in-18 (36 pages) pourra se faire en deux cahiers, l'un in-12
(24 pages) et l'autre in-6 (12 pages);--ou bien en trois cahiers de 12
pages chacun et ayant tous les trois leur signature propre. Souvent même
ces encarts sont encore plus compliqués[183].

Voici le tableau des signatures des vingt premières feuilles pour les
principaux formats modernes[184]:

  FOLIOS DES PAGES SIGNÉES
  C'EST-A-DIRE FOLIOS DE LA PREMIÈRE PAGE DE CHAQUE FEUILLE OU DE
  CHAQUE CAHIER DANS LES FORMATS

  SIGNATURES  In-folio  In-4     In-8      In-12 (24 pp.)
              (4 pp.)   (8 pp.)  (16 pp.)  En 1    En 2 cahiers
                                           cahier  (16 et 8 pp.)

  A ou  1      1          1        1         1       1
  B --  2      5          9       17        25      17
  C --  3      9         17       33        49      25
  D --  4     13         25       49        73      41
  E --  5     17         33       65        97      49
  F --  6     21         41       81       121      65
  G --  7     25         49       97       145      73
  H --  8     29         57      113       169      89
  I --  9     33         65      129       193      97
  K -- 10     37         73      145       217     113
  L -- 11     41         81      161       241     121
  M -- 12     45         89      177       265     137
  N -- 13     49         97      193       289     145
  O -- 14     53        105      209       313     161
  P -- 15     57        113      225       337     169
  Q -- 16     61        121      241       361     185
  R -- 17     65        129      257       385     193
  S -- 18     69        137      273       409     209
  T -- 19     73        145      289       433     217
  V -- 20     77        153      305       457     233


  SIGNATURES  In-16 (32 pp.)       In-18 (36 pp.)              In-32
                                                               (64 pp.)
              En 1       En 2      En 1    En 2      En 3      En 4
              cahier     cahiers   cahier  cahiers   cahiers   cahiers
              dit in-16  (16 pp.           (24 et    (12 pp.   (16 pp.
              roulé      chacun)           12 pp.)   chacun)   chacun)

  A ou  1       1          1         1       1         1         1
  B --  2      33         17        37      25        13        17
  C --  3      65         33        73      37        25        33
  D --  4      97         49       109      61        37        49
  E --  5     129         65       145      73        49        65
  F --  6     161         81       181      97        61        81
  G --  7     193         97       217     109        73        97
  H --  8     225        113       253     133        85       113
  I --  9     257        129       289     145        97       129
  K -- 10     289        145       325     169       109       145
  L -- 11     321        161       361     181       121       161
  M -- 12     353        177       397     205       133       177
  N -- 13     385        193       433     217       145       193
  O -- 14     417        209       469     241       157       209
  P -- 15     449        225       505     253       169       225
  Q -- 16     481        241       541     277       181       241
  R -- 17     513        257       577     289       193       257
  S -- 18     545        273       613     313       205       273
  T -- 19     577        289       649     325       217       289
  V -- 20     609        305       685     349       229       305

                                   *

                                 *   *

D'après les détails qui précèdent, et que nous aurions pu développer et
compléter davantage, on voit combien cette question des formats est
ardue et compliquée, combien elle est embarrassante. C'est au point que
nombre d'éditeurs et de libraires, tantôt par ignorance, tantôt même
pour ne pas dérouter le public et l'induire en erreur en lui annonçant
la vérité, attribuent à leurs livres d'inexactes désignations de format.

Les bibliographes modernes ont fréquemment protesté et ne cessent de
protester contre ces usages et ces termes surannés. Le docteur Graesel
écrit dans son _Manuel de bibliothéconomie_[185]:

«Depuis que, grâce à l'emploi de la machine, on est arrivé à donner au
papier des dimensions considérables, les dénominations traditionnelles
employées jusqu'ici ont perdu leur raison d'être, une feuille repliée
trois ou quatre fois pouvant encore produire un format correspondant,
comme dimensions, à ce qu'on appelait jadis un in-folio, aussi a-t-on
reconnu partout la nécessité d'adopter, pour déterminer les formats, des
règles fixes et invariables, et avec d'autant plus de raison que les
papiers varient de grandeur suivant les régions et, dans la même région,
suivant les fabriques. Toutefois, les différents pays n'ont pu encore
arriver à s'entendre, ce qui serait pourtant très désirable, sur les
mesures conventionnelles à adopter... En France, l'ordonnance
ministérielle du 4 mai 1878 a tranché la question en ce qui concerne les
bibliothèques universitaires, en établissant les désignations suivantes:
1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35
centimètres); 2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35
centimètres); 3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25
centimètres).»

Voici d'ailleurs le passage textuel de cette circulaire ministérielle à
laquelle il vient d'être fait allusion, et à laquelle aussi nous nous
référerons souvent:

«Il est inutile de préciser ici les moyens de déterminer chaque format.
A l'époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui
variaient peu, on reconnaissait le format en comptant les pages de la
feuille d'impression. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo,
représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de même
aujourd'hui que les feuilles d'impression sont de dimensions très
différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un
in-folio du XVIe siècle. L'indication actuelle a donc perdu son ancienne
signification, car elle ne répond pas toujours à l'indication de la
hauteur du livre; elle doit être abandonnée pour les désignations
suivantes, répondant aux dimensions réelles:

«1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35
centimètres);

«2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35
centimètres);

«3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25
centimètres[186])».

Au lieu de trois formats, la Bibliothèque nationale en a adopté cinq:

1º Grand in-folio (comprenant tous les volumes dépassant 45
centimètres);

2º In-folio (comprenant tous les volumes hauts de 45 à 31 centimètres);

3º In-4 (comprenant tous les volumes hauts de 31 à 25 centimètres);

4º In-8 (comprenant tous les volumes hauts de 25 centimètres à 95
millimètres);

5º Les _nains_ (comprenant tous les volumes au-dessous de 95
millimètres).

«Il serait à désirer, dit très justement M. Édouard Rouveyre, qu'à
l'avenir les libraires annonçassent, sur leurs catalogues, la hauteur et
la largeur des livres en centimètres, indépendamment de la désignation
du format, qui jouerait ici un rôle secondaire[187].»

C'est ce que font, ainsi que nous l'avons déjà remarqué et comme nous le
rappellerons, en parlant des catalogues et des fiches[188], les
partisans de la _Classification décimale_.

                                   *

                                 *   *

Depuis les débuts de l'imprimerie, les formats les plus appréciés du
public semblent avoir été toujours en décroissant.

L'in-folio et l'in-4 étaient, sauf exceptions, les formats des premiers
livres, des incunables[189], et, malgré les admirables petits in-8
d'Alde Manuce et de Sébastien Gryphe, les savants du XVIe siècle
tenaient en mépris tous les volumes qui n'avaient pas les plus grandes
dimensions[190]. On jugeait alors en quelque sorte de la valeur d'un
ouvrage d'après son ampleur et sa taille.

Scaliger, au dire du passionné érudit Adrien Baillet (1649-1706),
«raille Drusius pour la petitesse de ses livres; et J. Morel, l'un des
plus grands imprimeurs de son temps, se plaignait au savant Puteanus,
rival de Juste Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente,
et que les chalands n'en voulaient pas[191]».

Les livres de format inférieur à l'in-4, les in-8 ou in-12, étaient
surtout alors des livres de piété, des «livres d'heures».

Il est juste cependant de reconnaître que l'in-8, dont l'origine est
généralement attribuée à Alde Manuce,--l'inventeur de la lettre
_italique_, dite aussi et par suite _aldine_, qu'une légende affirme
avoir été exactement copiée sur l'écriture de Pétrarque[192],--avait
rencontré bon accueil à l'étranger. Ces volumes qu'on pouvait glisser
dans la poche et emporter aisément, qui contenaient autant de matière
que les in-4 et coûtaient moins cher, avaient trouvé de nombreux
partisans. Alde Manuce reçut même du sénat de Venise une récompense pour
avoir créé ou vulgarisé l'in-8: on lui octroya, en 1502, le privilège
d'employer seul ce format pendant une période de dix années, ce qui
n'empêcha pas les imitations et la concurrence de se produire[193].

Au XVIIe siècle, et en dépit du succès des elzeviers, les gros et grands
volumes étaient encore les plus appréciés. «Leurs formats et leurs
caractères (des elzeviers) étaient trop petits», remarque très justement
M. Henri Bouchot[194].

Nous voyons au XVIIIe siècle le format in-4 employé de préférence par
les imprimeurs de Hollande, même pour les recueils de poésies, que nous
imprimons à présent, au contraire, en volumes de menues et coquettes
dimensions, en in-18 ou in-24[195].

Mais l'in-8 ne tarda pas à triompher, et il n'est pas de bibliographe de
la première moitié du XIXe siècle qui ne le prône et ne le recommande.
L'érudit et consciencieux Gabriel Peignot insiste maintes fois notamment
sur les mérites de l'in-8.

«Nous citons de préférence les éditions in-8, écrit-il dans son _Manuel
du bibliophile_[196], parce que ce format, tenant le milieu entre les
plus grands et les plus petits, nous paraît le plus décent, le plus
convenable, le plus propre à former une bibliothèque qui présente un
aspect régulier; d'ailleurs, l'in-8 est ordinairement imprimé en
caractères assez forts pour ne point fatiguer les vues faibles.»

Et ailleurs[197]:

«Si un amateur ne voulait posséder qu'une collection choisie de 300
volumes, je lui conseillerais de tâcher de la former entièrement
d'ouvrages de même format, et de prendre l'in-8[198].»

Ludovic Lalanne[199] patronne également le format in-8, «auquel on
revient toujours», déclare-t-il.

Le format employé et vulgarisé, à partir de 1838, par l'éditeur Gervais
Charpentier, et connu sous le nom de _format Charpentier_[200],--c'est
un in-18 jésus ayant pour dimensions 0,117 × 0,183,--est actuellement le
plus répandu, pour les ouvrages de littérature du moins, et il nous
paraît tout à fait digne de sa vogue, il mérite toutes nos préférences.

En voici les motifs.

Le malheur veut que la plupart des liseurs assidus, des plus constants
amis des livres, deviennent myopes, parfois même longtemps avant la
vieillesse. Il leur faut tenir à la main, à proximité de leurs yeux, le
volume qu'ils lisent; si, au lieu de le tenir, ils le posent devant eux
sur une table, cela les contraint à pencher la tête, souvent très bas,
selon leur degré de myopie: d'où une congestion plus ou moins rapide.
C'est donc d'ordinaire et presque forcément _livre en main_ qu'ils
lisent: il est donc bon, il est donc indispensable que ce volume ne soit
pas trop lourd; l'in-18, moins grand que l'in-8, pèse moins que lui,
avec un nombre de pages égal et de même pâte de papier, et, par
conséquent, fatigue moins la main.

Considérons, en outre, que nos appartements modernes, dans les grandes
villes, à Paris principalement, sont exigus, et que la place nous y est
parcimonieusement mesurée: l'in-18 est moins encombrant que l'in-8, et,
sous un format plus restreint, contient ou peut contenir autant de
matière. Il n'y a souvent que les marges qui diffèrent. Cela est si vrai
que plusieurs éditeurs, après avoir fait paraître un ouvrage en in-8, le
publient en in-18 sans changer la _justification_, c'est-à-dire la
«longueur des lignes» (Littré) et en se servant de la même composition.
Exemple: la maison Calmann Lévy et nombre de ses volumes:
_Correspondance_ de Mérimée, de Doudan, de Balzac, etc., etc. Ces
volumes sont mis en vente d'abord en in-8 à 7 fr. 50; puis, lorsque
cette vente est épuisée, les clichés provenant des mêmes empreintes[201]
de ces mêmes volumes in-8 servent à tirer les in-18, cotés 3 fr. 50: ce
système a le triple avantage de contraindre les personnes pressées de
lire un de ces volumes à le payer 7 fr. 50 au lieu de 3 fr. 50,
d'augmenter de cette différence les bénéfices de l'éditeur, et aussi de
permettre aux amateurs de _grands papiers_ de satisfaire leur goût.

D'autres motifs militent encore en faveur du format in-18 et le font de
plus en plus préférer à l'in-8[202]: l'in-18, de dimensions moindres que
l'in-8, coûte moins cher de reliure; il se met plus commodément dans la
poche; etc.

Il va sans dire que certains ouvrages d'étendue considérable, comme les
encyclopédies et dictionnaires; d'autres, moins développés que ceux-ci,
mais ayant néanmoins des dimensions qui obligeraient à les composer en
trop menus caractères, ou à les sectionner en deux volumes, ce qu'on
tient parfois expressément à éviter; d'autres encore, accompagnés
d'illustrations ou de planches, de tableaux synoptiques, etc., exigent
un format plus grand que l'in-18.

Il va de soi également que nous ne répudions pas les formats qui se
rapprochent de très près du format Charpentier, celui, par exemple, de
l'ancienne petite collection Lefèvre (0,105 × 0,166), et de l'ancienne
«Librairie nouvelle» de Bourdilliat (mêmes dimensions), de la «Nouvelle
Bibliothèque classique» de Jouaust (0,113 × 0,18), etc.

Quant aux in-32 jésus (0,88 × 0,138), aux in-36, etc., à tous ces
volumes qui d'une façon générale et en termes vulgaires, sont moins
longs que la main, ils sont trop peu pratiques, offrent de trop nombreux
inconvénients pour être recommandés.

D'abord l'impression y est presque toujours et forcément microscopique.
Ensuite ces petits volumes s'accommodent mal de la reliure: les pages
n'ayant pas assez de marge intérieure, de _fond_, ni assez de jeu, ni
assez de poids, ils s'ouvrent mal, quand ils sont reliés: on ne peut
quasi plus s'en servir. Les travailleurs, qui,--au risque de scandaliser
et d'indigner MM. les bibliophiles et bibliotaphes,--ont parfois besoin
d'inscrire quelque annotation sur les marges de leurs livres, ne peuvent
le faire avec ces «éditions diamant»: la place manque. Elles n'ont leur
utilité que pour les ouvrages qu'on désire emporter avec soi, les
vade-mecum qu'on tient à avoir toujours dans sa poche, afin de les
consulter ou de les relire à volonté, tels que certains manuels, guides,
indicateurs, etc., ou des chefs-d'œuvre comme les _Fables_ de La
Fontaine, les _Odes_ d'Horace, les _Satires_ de Regnier, le _Théâtre_ de
Molière ou de Racine, etc.

A ce propos, le sagace Mouravit fait, d'après Bollioud-Mermet,
dit-il[203], la remarque suivante sur le choix des formats et leur
parfaite convenance, leur mise en harmonie avec l'ouvrage que le volume
renferme: «Les recherches savantes de l'érudition se trouvent à l'aise
dans l'in-folio; la pensée du philosophe, le récit de l'historien,
demandent la majestueuse gravité de l'in-quarto ou de l'in-octavo; le
poète, les esprits humoristes, se plaisent dans le charmant in-douze,
l'in-dix-huit si coquet, le gracieux in-trente-deux; un livre de
prédilection empruntera les sveltes proportions de ces minces
formats[204]».

M. Émile Leclerc résume ainsi, de son côté, l'emploi des formats:

«L'in-plano n'est guère employé que pour les affiches, les placards, les
textes destinés à accompagner les planches, les tables chronologiques,
les tableaux synoptiques, les imprimés administratifs et autres ouvrages
du même genre, certains travaux de ville.

«L'in-folio est réservé pour les impressions de luxe, pour les ouvrages
de recherches, que l'on consulte parfois, mais dont on ne se sert pas
habituellement.

«L'in-4, très usité autrefois, s'emploie pour les dictionnaires,
mémoires, rapports, ouvrages scientifiques et ceux contenant des
tableaux ou des opérations exigeant une grande justification.

«L'in-8 joint l'élégance à la beauté, l'usage en est fort commode, et il
figure agréablement dans une bibliothèque. C'est le format préféré des
lecteurs en général et des bibliophiles en particulier[205]. Il convient
à toutes sortes d'ouvrages; il tient le milieu pour les dimensions et
pour les caractères entre tous les autres formats: c'est le type le plus
répandu.

«L'in-12 est généralement adopté pour les classiques, les romans et
autres ouvrages usuels, qui en rendent l'emploi assez commun. Quoique
format dit bâtard, il est assez agréable d'aspect; il tient le milieu
entre l'in-8 et l'in-16.

«L'in-16 s'emploie pour les livres d'instruction et de récréation.

«L'in-18, d'usage fréquent, est surtout le format des romans.

«La double couronne en in-16 remplace le jésus en in-18, la grandeur du
volume est la même et l'impression des quarts, demis et trois quarts [de
feuille] se fait sans perte de papier[206].»

A la suite de ces divers formats, il convient de mentionner le format
fantaisiste _oblong_ (plus large que haut), employé surtout pour les
albums de dessin. Les livres qui ont reçu cette forme insolite ne se
tiennent pas aisément ouverts à la main, à moins d'être repliés plat
contre plat, d'où un grand risque de leur casser le dos, et ne peuvent
guère être lus que sur une table, ce qui, comme nous l'avons vu, est,
pour nombre de lecteurs, très incommode. Ils présentent, en outre, comme
tous les volumes de formats anormaux et baroques,--format carré (lourd
et disgracieux par essence même, l'élégance n'appartenant qu'aux formes
élancées, plus hautes que larges), format triangulaire (on a été jusqu'à
fabriquer des livres en triangle!), etc.,--le grave inconvénient de ne
pouvoir se caser facilement sur les tablettes des bibliothèques: ils
jurent avec les autres volumes, les dépassent en hauteur ou en largeur:
on ne sait où fourrer ces petits monstres.

Une curieuse particularité nous a été signalée par plusieurs libraires:
les volumes de grand format, lourds à la main (in-8 et au-dessus), se
vendent mieux en été, parce que beaucoup de personnes ont l'habitude de
lire au lit, et, durant la chaude saison, peuvent mettre bras et épaules
hors des couvertures sans se refroidir.



CHAPITRE IV

L'IMPRESSION

Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.--Le _point_
d'imprimerie.--Caractères: _romain_, _elzevier_, _italique_. Caractères
de fantaisie: _allongée_, _alsacienne_, _antique_, _classique_,
etc.--Casse.--Police des lettres.--Encre d'imprimerie.--Tirage:
empreintes et clichés.--Plus de
correcteurs.--Millésime.--Foliotage.--Inconvénient des lignes trop
longues.--Encore une fois: «Gare à vos yeux!»


A propos de l'impression, nous adresserons tout d'abord et encore une
fois aux lecteurs la recommandation que nous leur avons faite en parlant
des papiers: «Ménagez vos yeux!»

Donc, à part les dictionnaires et ouvrages de référence, à part les
sommaires, les notes, index, tableaux, etc., où l'on est bien obligé de
réduire et serrer le texte, pas de livres imprimés en caractères trop
fins, et, pour préciser, en caractères inférieurs au «corps huit». On
sait que les caractères d'imprimerie,--qui sont composés de plomb et
d'antimoine ou régule (environ 4 de plomb pour 1 d'antimoine),--se
mesurent et se classent par points, quel que soit d'ailleurs leur genre,
qu'ils appartiennent au _romain_, à l'_elzevier_ ou à l'_italique_. Nous
allons voir dans un instant ce que signifient ces noms. Le _point_[207],
unité typographique, équivaut à un peu moins de quatre dixièmes de
millimètre (0mm,38). Pratiquement, le «corps un», c'est-à-dire le type
de caractères qui aurait cette microscopique hauteur, ne se fabrique
pas; et les «corps» ne commencent guère à exister et s'employer qu'à
partir du «quatre» ou du «cinq». Le corps huit a une hauteur d'un peu
plus de trois millimètres (0mm,38 × 8), en mesurant non pas l'_œil_ ou
sommet des lettres basses (a, c, e, i, m, n...), mais celui des lettres
longues (b, d, f, g, h...). L'_œil_ d'une lettre est, en d'autres
termes, la partie saillante qui forme l'impression de cette lettre. Le
_corps_ ou la _force de corps_ est la hauteur totale de la lettre, dans
le sens vertical de l'_œil_. Le même corps peut avoir et a ordinairement
plusieurs variétés d'œil, et un caractère est _gros œil_ ou _petit œil_,
suivant les dimensions plus ou moins grandes données à la lettre ou au
signe en relief, au détriment du _talus_: on appelle ainsi la partie
inclinée du sommet de la tige des caractères, qui se trouve d'un seul
côté de l'œil dans les lettres longues ou accentuées, et des deux côtés
dans les lettres courtes. L'_approche_ est le «talus doublement latéral
qui sert à isoler la lettre de ses voisines: c'est la distance
horizontale que les lettres ont entre elles dans les mots[208]». Le
_cran_ est une petite entaille faite au corps de la lettre, à peu de
distance de la base, et qui sert à indiquer au compositeur dans quel
sens il doit placer cette lettre dans le composteur: il faut que le cran
se trouve toujours en dessous.

Il y a des lettres longues hautes: b, d, f, h, k, l, t, et des lettres
longues basses: g, j, p, q, y; dans les unes comme dans les autres, le
trait ou la boucle qui dépasse l'œil se nomme _queue_. Les _pleins_ sont
les traits verticaux des lettres; ils sont plus fortement appuyés, plus
«pleins» que les traits horizontaux ou contournés, qui, à cause même de
leur minceur et de leur finesse, ont reçu le nom de _déliés_. Le petit
trait placé au sommet des lettres b, d, h, i, j, k... se nomme _obit_,
et celui ou ceux qui se trouvent au bas des lettres f, h, i, k, l, m, n,
p... s'appellent _empattements_[209].

La lettre double ff, les lettres fi, fl, ffi et ffl, présentent cette
particularité, qu'elles sont fondues ensemble, de façon à ne former
qu'un caractère. Voici pourquoi. Si la lettre f, distincte et séparée,
était placée devant une autre f, devant un i ou devant une l, sa
bouclette supérieure, rencontrant le haut de l'f voisine, le point de
l'i ou le sommet de l'l, le presserait, et, par cette pression latérale,
amènerait aisément la rupture d'une de ces deux parties supérieures en
contact, sinon même des deux. On obvie à ce danger en fusionnant les
deux lettres.

Selon leurs points, leur _force de corps_, les caractères portaient
anciennement des noms spéciaux, à peu près tombés aujourd'hui en
désuétude, mais qu'il n'est cependant pas inutile de connaître. En voici
la liste[210]:

  FORCE EN POINTS
     ou                ANCIENS NOMS
  FORCE DE CORPS

    3 points           Diamant ou sanspareille.
    4   --             Perle.
    4 points 1/2       Sédanaise.
    5 points           Parisienne.
    6   --             Nonpareille.
    7   --             Mignonne.
    7 points 1/2       Petit-texte.
    8 points           Gaillarde.
    9   --             Petit-romain.
   10   --             Philosophie.
   11   --             Cicéro.
   12 ou 13 points     Saint-augustin.
   14 points           Gros-texte.
   15 ou 16 points     Gros-romain.
   18 ou 20   --       Petit-parangon.
   21 ou 22   --       Gros-parangon.
   24 points           Palestine.
   26 ou 28 points     Petit-canon.
   36 points           Trismégiste.
   40 ou 44 points     Gros-canon.
   48 ou 56   --       Double-canon.
   72 points           Triple-canon.
   96   --             Grosse-nonpareille.
  100   --             Moyenne de fonte.
  138   --             Grosse-sanspareille.

                                   *

                                 *   *

Le caractère d'imprimerie le plus fréquemment usité est le caractère
_romain_. Chaque imprimerie presque possède son type de lettres
romaines, et les différences entre les types de même corps appartenant à
des imprimeries différentes sont, en général, minimes: les uns sont d'un
_œil_ un peu plus étroit; les autres, plus large; ceux-ci ont leurs
_pleins_ plus gros; ceux-là, plus maigres; etc. On a ainsi, d'après ces
légères variations, du romain Didot[211], du romain Raçon, du romain
Lahure, Manie, etc. Pour peu qu'on soit au courant des choses de
librairie et de typographie, on reconnaît assez promptement ces types
respectifs, et il suffit souvent d'ouvrir un livre nouveau pour dire de
quelle imprimerie il sort[212].

L'_elzevier_, type de caractères provenant du graveur français Claude
Garamond, et employé au XVIIe siècle par les célèbres imprimeurs de
Leyde qui lui ont donné leur nom[213], a _généralement_ ses pleins moins
accentués et ses traits plus uniformes que ceux du romain, et il
présente une apparence un peu grêle, la boucle de l'_e_ notamment est
plus étroite dans l'elzevier que dans le romain (e, e). Beaucoup de nos
livres modernes, tels que des recueils de poésies, des études d'histoire
littéraire, etc., sont encore imprimés en elzevier. C'était le caractère
de prédilection de l'éditeur Jouaust, qui avait, dans ses dernières
années, créé un caractère mixte, où les défauts de l'elzevier étaient
compensés par les qualités du romain Didot, et réciproquement. Toujours
d'une façon générale, ces défauts et ces qualités consistent
principalement en ceci, que, dans l'elzevier, les déliés, ayant presque
la même force que les pleins, sont plus résistants, s'usent moins vite
et risquent moins de se casser. Le romain a pour lui, tout au moins aux
yeux de certains amateurs et bibliophiles, de paraître plus élégant, de
présenter meilleur aspect, à cause même de la différence mieux accusée,
de l'opposition, existant entre ses pleins et ses déliés.

On appelle _italique_ le caractère penché de droite à gauche.
Originairement, ce caractère portait le nom tantôt de _lettres
vénitiennes_, parce que les premiers poinçons en ont été fabriqués à
Venise, tantôt de _lettres aldines_, parce que Alde Manuce, comme nous
l'avons dit[214], s'en est servi le premier, en 1512. De nos jours, on
imprime rarement un volume entier en italique; mais on emploie assez
souvent ce caractère _penché_ pour la dédicace ou la préface d'un volume
dont le texte est en impression _droite_, c'est-à-dire en romain ou en
elzevier. On se sert spécialement de l'italique dans les impressions
_droites_ pour les mots ou les phrases sur lesquels on veut appeler
l'attention, pour l'indication des titres de livres, de journaux, etc.

                   *       *       *       *       *

Voici quelques spécimens de types de lettres majuscules et minuscules de
différents points, en romain[215], en elzevier et en italique:

   6 points          {  ROMAIN, romain.
  (nonpareille).     {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

   7 points          {  ROMAIN, romain.
  (mignonne).        {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

   8 points          {  ROMAIN, romain.
  (gaillarde).       {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

   9 points          {  ROMAIN, romain.
  (petit-romain).    {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

  10 points          {  ROMAIN, romain.
  (philosophie).     {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

  11 points          {  ROMAIN, romain.
  (cicéro).          {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

  12 ou 13 points    {  ROMAIN, romain.
  (saint-augustin).  {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

  14 points          {  ROMAIN, romain.
  (gros-texte).      {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

  15 ou 16 points    {  ROMAIN, romain.
  (gros-romain).     {  ELZEVIER, elzevier.
                     {  _ITALIQUE, italique_.

  Etc., etc.


Outre le romain, l'elzevier et l'italique, il existe des caractères,
dits de fantaisie, qui sont très nombreux. Les principaux sont:
l'_allongée_ ou _capillaire_, l'_alsacienne_ ou _écrasée_, l'_antique_,
la _classique_, l'_égyptienne_, l'_italienne_, la _latine_, la
_normande_, les lettres _jensoniennes_[216], les _lettres blanches_,
c'est-à-dire évidées complètement, les _lettres blanches ombrées_, dont
certains contours sont plus accentués ou garnis de hachures; les
_lettres maigres_, les _lettres bouclées_, les _lettres grises_ (grandes
lettres ornées[217]), etc. Mentionnons encore l'_anglaise_, la _ronde_,
la _bâtarde_, la _gothique_, la _coulée_, caractère penché de droite à
gauche, dont les lettres sont unies entre elles par leurs déliés; la
_cursive_, dont le premier type, gravé en 1556 par Nicolas Granjon, fut
connu sous le nom de _civilité_, du titre du livre _Civilité puérile et
honnête_, qu'il servit à imprimer[218]; les lettres _tourneures_ ou
_tournures_, ainsi nommées d'après leur forme arrondie, tournante, qui
étaient utilisées comme initiales de chapitre dans les anciens
manuscrits[219], et offrent beaucoup de ressemblance avec cette autre
espèce de majuscules arrondies, aussi fréquemment usitée dans les
manuscrits, appelée _onciale_[220].

Voici des spécimens de ces diverses lettres majuscules et minuscules:

  ALLONGÉE, allongée.
  ALSACIENNE, alsacienne.
  ANTIQUE, antique.
  ANTIQUE ALLONGÉE.
  ANTIQUE GRASSE.
  CLASSIQUE, classique.
  ÉGYPTIENNE, égyptienne.
  ÉGYPTIENNE ITALIQUE, égypt. italique.
  ITALIENNE, italienne.
  LATINE.
  NORMANDE, normande.
  JENSONIENNES, jensoniennes.
  BLANCHES.
  LETTRES BLANCHES OMBRÉES
  MAIGRETTES, maigrettes.
  LETTRES BOUCLÉES MAIGRES.
  Anglaise.
  Ronde. Bâtarde. Gothique. Civilité.

                                   *

                                 *   *

Toutes les lettres, signes, chiffres et séparations typographiques
(espaces, cadrats, etc.) sont rangés dans une grande boîte sans
couvercle, nommée _casse_, placée à hauteur d'appui et sur un plan
légèrement incliné. La casse est partagée en deux grandes divisions,
deux grands morceaux: _bas de casse_ et _haut de casse_. Dans le bas de
casse, qui est la partie la plus rapprochée de l'ouvrier compositeur, se
trouvent, dans une quantité de petits compartiments ou _cassetins_[221],
les types de lettres et de signes de l'usage le plus fréquent, les
minuscules, par exemple, d'où leur nom typographique de _bas de casse_.
Le haut de casse contient les lettres et signes employés moins souvent,
comme les grandes majuscules ou _grandes capitales_, les petites
majuscules ou _petites capitales_, les lettres _supérieures_ (placées,
dans les abréviations, à la droite supérieure de la lettre initiale,
ordinairement majuscule: Nº, Mme; Mlles, etc.), les guillemets,
parenthèses, etc.[222]

On appelle _police_ d'un caractère «l'assortiment des différentes sortes
dont il est composé: lettres, capitales, points, virgules, etc.»
(Littré), ou, en d'autres termes, le rapport des lettres et signes
typographiques entre eux dans la composition d'une langue. L'italien,
par exemple, emploie bien plus d'_a_ que de _b_; presque à chaque mot
l'_a_ reparaît dans cette langue: l'ouvrier typographe, le _typo_,
chargé de composer l'italien, devra donc avoir devant lui, dans sa
casse, bien plus d'_a_ que de _b_. En français, cette proportion ou
_police_ est, pour 100 000 lettres, de:

  BAS DE CASSE    GRANDES CAPITALES    CHIFFRES

   5000  a            300  A           300  1
   1000  b            150  B           200  2
   2500  c            260  C           200  3
    100  ç             25  Ç           200  4
   3000  d            250  D           200  5
  11000  e            450  E           200  6
    etc.               etc.            etc.[223]

Disons enfin que l'encre d'imprimerie se compose de noir de fumée et
d'huile de lin cuite, intimement mélangés par le broyage. On employait
jadis l'huile de noix: elle est plus siccative et meilleure que l'huile
de lin, mais coûte plus cher. Selon qu'elle est destinée aux journaux,
aux _labeurs_,--c'est-à-dire aux ouvrages de longue haleine, comme
l'impression d'un livre, «susceptibles d'occuper plusieurs ouvriers
pendant un certain temps[224]», et «nécessitant l'emploi d'une certaine
quantité de caractères de la même espèce[225]»,--ou encore aux tirages
de vignettes, l'encre typographique subit diverses modifications de
fabrication et est plus ou moins fine.

La première usine pour la fabrication industrielle de l'encre
d'imprimerie a été fondée en 1818 par Lorilleux père; jusque-là, les
imprimeurs avaient coutume de faire eux-mêmes leur encre[226], et il
faut avouer qu'il semble en être des anciennes encres comme des anciens
papiers: celles d'autrefois valaient généralement mieux que celles
d'aujourd'hui. «L'encre des premières impressions du XVe siècle, écrit
un bibliographe des plus experts en ces questions, Ambroise-Firmin
Didot[227], nous offre toutes les qualités désirables: elles est noire,
luisante, et quatre siècles écoulés ont prouvé qu'elle avait conservé
jusqu'à ce jour ses qualités primitives.» Après un court intervalle de
décadence, l'ancienne encre reprend sa supériorité: «celle que
fabriquaient eux-mêmes les Alde, les Estienne, les Elzevier, les
Plantin, les Ibarra, les Bodoni, et tous les imprimeurs jaloux de leur
renommée typographique, a conservé jusqu'à nos jours, répète le même
compétent érudit, toutes ses qualités primitives[228]».

                                   *

                                 *   *

L'imprimerie, cette invention qui, selon le mot de Louis XII, «semble
plus divine qu'humaine[229]», diffère à peu près autant actuellement de
l'imprimerie d'autrefois que les nouveaux modes de fabrication du papier
diffèrent des anciens.

Aujourd'hui, afin de ne pas fatiguer et écraser les caractères, on ne
_tire_ plus sur la _composition_ que les ouvrages dont le chiffre de
tirage ne doit pas dépasser quatre ou cinq mille exemplaires. Lorsque ce
chiffre est plus élevé, on prend, au moyen d'une pâte spéciale[230],
composée de colle de pâte, de blanc d'Espagne et de papier, et appelée
_flan_, les _empreintes_ de cette composition, puis on _cliche_ ces
empreintes, c'est-à-dire qu'on y coule un mélange de plomb et
d'antimoine, qui donne, en se refroidissant, un bloc présentant le même
relief que les lettres mêmes, et c'est sur ces blocs, sur ces _clichés_,
que l'impression, le tirage, s'effectue[231]. On peut tirer sur ces
clichés environ dix à quinze mille exemplaires. Lorsque le tirage doit
dépasser ce dernier chiffre, on a recours à la galvanoplastie; on
obtient, au moyen du courant électrique, des clichés en cuivre d'une
résistance bien plus grande, et avec lesquels on peut tirer un nombre
d'exemplaires bien plus considérable.

Par suite de l'usure des clichés, il advient très fréquemment que des
mots ou des lignes entières, principalement les premiers ou les derniers
mots des lignes, les premières ou les dernières lignes des pages,
manquent, ne sortent plus sur les feuilles que l'on tire. Vous ferez
donc bien, lorsque vous achetez un exemplaire d'un ouvrage
moderne,--particulièrement si cet ouvrage a atteint un chiffre élevé
d'éditions, et si cet exemplaire appartient à un des derniers
tirages,--d'en vérifier les bas de pages et les extrémités de lignes,
afin de vous assurer que le texte est complet.

La nécessité absolue de produire avant tout du bon marché fait que, de
l'avis de tous les gens compétents, la librairie n'a jamais été aussi
«vilaine[232]» qu'aujourd'hui. Et cela non pas par la faute seule des
imprimeurs ou éditeurs, mais par celle du public surtout, pour qui le
plus bas prix est l'argument décisif, l'unique et suprême cause
déterminante du choix[233].

Jadis, non seulement chaque imprimerie, mais chaque maison d'édition
avait son _correcteur_,--un employé instruit et expérimenté, chargé de
relire les épreuves[234]. Ce n'était pas là une besogne superflue, les
auteurs en général et les débutants en particulier n'étant pas initiés
aux innombrables détails de la composition et de la correction
typographiques[235].

Nombre d'éditeurs se passent aujourd'hui de cet employé et réalisent
ainsi une économie sensible: si les imprimeurs conservent encore leurs
correcteurs, c'est qu'ils ne peuvent guère faire autrement[236]; mais ce
n'est pas l'envie qui doit manquer à beaucoup d'entre eux d'économiser
aussi de ce côté, et les correcteurs d'imprimerie sont généralement
surchargés de travail et contraints par suite de mal travailler. «La
correction, il n'en faut plus parler, écrit Jules Richard[237]. Sauf en
quelques ateliers qui se respectent, on ne se donne ni la peine de
relire, ni celle de corriger. La faute typographique est si multipliée
qu'on ne veut plus d'_erratum_. Il ferait, par son ampleur, concurrence
au dernier chapitre. C'est là un mal récent et auquel il serait utile de
couper court.»

Où est le temps où les Estienne, si célèbres à la fois comme érudits et
comme typographes, étaient si jaloux de la pureté des éditions qui
sortaient de leurs presses, que l'un d'eux, Robert Estienne (1503-1559),
après avoir lu, relu, relu à satiété ses épreuves, les affichait à sa
porte et donnait une récompense, «cinq sols», pour chaque faute qu'on
lui indiquait[238]! Chez ce savant philologue et maître imprimeur, «la
correction, comme l'explique Michelet[239], se faisait par un décemvirat
d'hommes de lettres de toutes nations et la plupart illustres. L'un
d'eux fut le Grec Lascaris; un autre Rhenanus, l'historien de
l'Allemagne; l'Aquitain Rauconet, depuis président du parlement de
Paris; Musurus, que Léon X fit archevêque, etc.»

Aujourd'hui, nombre d'éditeurs ont pris l'habitude de ne plus indiquer
le _millésime_ (c'est-à-dire l'année de la publication) sur le titre du
volume. C'est afin de ne pas démoder l'ouvrage: de cette façon, un
_Guide dans Paris_, paru en 1890, peut encore être vendu comme neuf en
1900, et vingt, trente et quarante ans plus tard. Mais on devine
l'embarras du lecteur lorsqu'il se trouve en présence de phrases
contenant un adverbe de temps ou une allusion à la date de la
publication dudit ouvrage: «On voit aujourd'hui telle chose à tel
endroit...» Quand, aujourd'hui? «Il y a un demi-siècle la mode ne
permettait pas...» De quelle année le faire partir, ce demi-siècle?

Les _folios_ (numéros des pages) se placent au sommet de la page, soit
au milieu de ce sommet, si l'ouvrage ne comporte pas de _titre
courant_[240], soit, s'il en comporte un, à gauche ou à droite de ce
titre: à gauche, pour les pages paires; à droite, pour les impaires.

_Folioter_ un livre au bas des pages est une détestable méthode, qui
déroute l'œil, entrave les recherches et ne peut s'expliquer que par la
manie de vouloir faire moins bien pour faire autrement. Quand vous
feuilletez un livre dans le sens ordinaire, c'est-à-dire en rejetant les
pages de droite sur les pages de gauche, c'est principalement sur les
angles, angle inférieur ou angle supérieur de droite, que repose votre
main. Si vous vous servez de la main droite, tous vos doigts,--sauf le
pouce, lorsque vous agissez sur l'angle supérieur,--restent en dehors de
la page, appuyés sur la tranche, et ils ne cachent, par conséquent,
aucune ligne du texte. Il n'en est plus de même si c'est votre main
gauche qui opère, et c'est surtout sur l'angle inférieur de la page
qu'il lui est commode de se poser pour effectuer son mouvement: dans ce
cas, les doigts de cette main masquent l'extrémité des dernières lignes,
et, à plus forte raison, ce qui est au-dessous d'elles, ce chiffre que
vous cherchez et que votre œil est d'ailleurs accoutumé à trouver au
sommet de la page. Il est donc, de toute évidence, bien préférable de
laisser les folios à leur ancienne place, à ce sommet, et il ne faut pas
plus les mettre au bas de la page que sur les côtés. Bientôt sans doute
nous verrons des éditeurs, encore plus ingénieux et plus avides de se
distinguer, commencer un dictionnaire par la lettre F ou G, au lieu de
la lettre A, qu'il est bien temps de détrôner; imprimer une page dans un
sens et la suivante dans le sens contraire; etc.: lorsqu'on est en si
beau chemin, pourquoi s'arrêter?

Il serait bon, afin aussi de faciliter les recherches et d'aider le plus
possible les lecteurs et travailleurs, de numéroter toutes les pages,
les _belles pages_,--c'est-à-dire les pages impaires, les pages de
droite ou recto, débutant par un titre de chapitre,--comme les autres.
Je n'ignore pas que MM. les typographes estiment que ce foliotage
intégral serait tout à fait disgracieux sur les belles pages et jurerait
à l'œil. C'est possible[241]. Mais il y a une chose bien plus
désagréable encore, bien autrement incommode et fâcheuse, pour ne pas
dire absurde, c'est de voir des volumes entiers (composés de chapitres
n'ayant que quelques lignes, ou de menues pièces de vers, de quatrains,
de sonnets, etc., commençant et finissant tous en _belle page_, et dont
le verso est, par conséquent, une page blanche ou _fausse page_), ne
possédant pas un seul folio, sans pagination du commencement jusqu'à la
fin. Allez donc faire une recherche et vous retrouver dans ce
labyrinthe!

                                   *

                                 *   *

De même que nous vous exhortons de toutes nos forces, et cela dans
l'intérêt de vos yeux, à fuir les livres à impressions microscopiques,
nous vous engageons, pour le même motif, à éviter les longues lignes,
les lignes interminables de certaines publications.

Plus une ligne est longue, plus, pour que la lecture en soit facile et
ne fatigue pas les yeux, le caractère doit être fort et l'interlignage
large. Ouvrez le tome premier du _Dictionnaire_ de Littré et voyez la
«Préface»: les lignes ont 0m,185 de long et occupent toute la largeur de
la page; mais le caractère est gros et suffisamment espacé: c'est du
corps XIV (romain Didot), interligné à quatre points; aussi ces lignes
se détachent-elles bien et se lisent-elles aisément. Voyez plus loin le
«Complément de la préface»: le caractère est plus petit, c'est du corps
X (romain Didot); mais la page est divisée en deux colonnes, les lignes
n'ont plus, comme longueur, que la moitié des précédentes, moins de la
moitié même (0m,089), ce qui a permis de leur donner moins d'intervalle
que tout à l'heure, de ne les interligner qu'à deux points, et ce qui
permet également de les lire sans difficulté. Il n'en serait plus de
même si, avec ce caractère corps X ou un plus petit, nous avions la
ligne de tout à l'heure, une ligne de 0m,185 de long; plus d'un lecteur
aurait l'œil troublé, verrait ces lignes chevaucher et se confondre, les
lettres danser et papilloter.

«Gare à vos yeux!» C'est le cri d'alarme lancé jadis par Francisque
Sarcey, un passionné liseur et travailleur, dans une intéressante
plaquette, qu'il a fait exprès imprimer, dit-il, «en gros caractère et
sur du papier teinté pour soulager vos pauvres yeux[242]».

C'est le conseil et la suprême recommandation de tous les amoureux du
livre, de tous les chercheurs et fureteurs, tous les curieux et érudits.

Ayez bien soin de vos yeux! Vous ne sauriez avoir pour eux trop
d'égards, prendre pour eux trop de précautions. Ce sont les premiers et
les plus indispensables de vos instruments.



CHAPITRE V

LA RELIURE

Faut-il faire relier les livres?--Avantages et inconvénients des livres
reliés.--Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel Naudé,
etc.--Vocabulaire technique de la reliure: _plats_, _dos_, _tranches_,
_tête_, _queue_, _gouttière_, etc.--Couture: grecquage; machines à
coudre les livres.--Reliure pleine: peaux et parchemin; reliures
singulières; reliures uniformes; inconvénients des couleurs claires;
reliures _à la janséniste_, _à la fanfare_, _à l'oiseau_,
etc.--Demi-reliure.--Cartonnage bradel.--Cartonnage anglais.--Encore la
couture: couture de la brochure; couture de la reliure; supériorité de
la couture à la machine.--Couture métallique.--Reliure
arraphique.--Colles diverses.--Conseils pratiques: ne pas faire relier
de livres récemment imprimés;--choisir l'époque propice;--laisser au
relieur un laps de temps raisonnable;--pas de recueils factices;--gare
au rognage!--respecter les marges: _témoins_, _larrons_;--conserver les
couvertures imprimées;--titres à pousser;--modèles à donner au
relieur;--collationnez vos volumes.--Tarif de reliures.--Du choix d'un
relieur.


Une question se pose tout d'abord: sans nous occuper de l'aspect du
livre et de sa décoration, en nous plaçant uniquement au point de vue
pratique, _faut-il faire relier les livres?_ S'il ne s'agit que de leur
conservation et de la commodité et stabilité de leur rangement,
l'affirmative n'est pas douteuse; mais si vous envisagez leur maniement,
le degré de facilité qu'ils peuvent présenter pour la lecture ou les
recherches, l'hésitation est très permise, pour les volumes du moins qui
n'excèdent pas l'in-8.

En raison de leur taille et de leur poids, les ouvrages de grand format
non reliés et placés debout sur les rayons d'une bibliothèque se
déjettent et se tassent, se déforment. S'ils ont une certaine épaisseur
et sont destinés à être maniés fréquemment, si ce sont des
dictionnaires, par exemple, il est indispensable qu'ils soient revêtus
d'un solide cartonnage: brochés, avec simple couverture de papier mince,
ils n'offriraient aucune résistance, le dos notamment ne tarderait pas à
se décoller ou à se fendre, à se _casser_.

Mais pour les in-12, in-16, in-18, etc., d'une épaisseur moyenne, si la
couture était faite solidement, si cette couture, au lieu d'être une
_couture de brochure_ (où le fil ne passe que par deux trous dans chaque
cahier), était une _couture de reliure_ (où le fil passe par plus de
deux trous, et s'appuie ou s'enroule autour de ficelles ou _nerfs_
appliqués ou embrochés verticalement sur le dos des cahiers), il est
certain que les lecteurs et travailleurs, trouvant ces exemplaires
brochés moins lourds à la main et plus faciles à ouvrir et à feuilleter,
les préféreraient aux exemplaires reliés, la question d'élégance et de
luxe encore une fois mise à part.

Le grand inconvénient des livres reliés, surtout lorsqu'ils sont de
petit format et imprimés sur fort papier, c'est, comme nous l'avons
vu[243], de s'ouvrir mal et de se refermer d'eux-mêmes, dès que la main
ou un poids suffisant n'exerce plus sa pression sur eux, sur leurs pages
horizontalement étalées. Il n'est personne qui ne le connaisse, cet
agaçant et inévitable défaut, qui rend parfois si difficile l'emploi
d'un livre, lorsqu'on n'a pas, par exemple, l'entière disposition de ses
deux mains, qu'on a besoin de copier un passage de ce livre, ou d'en
conférer des sections avec des chapitres d'autres volumes.

C'est au point qu'un écrivain du XVIIIe siècle, le polygraphe Sébastien
Mercier, avait pris l'habitude de _casser le dos_ de tous les livres
reliés qu'il achetait: il préférait des volumes décousus et disloqués à
des volumes «qui ne veulent pas rester ouverts». Il avait d'ailleurs la
haine des «artistes relieurs», et voici ce qu'il écrivait à leur sujet:

«Les livres sont des amis qu'il faut pouvoir traiter familièrement.
J'aime fort la lecture, et je trouve que la reliure, du moins la reliure
trop recherchée, est sa plus grande ennemie. S'il y a une profession
inutile, c'est assurément celle des grands artistes relieurs. Elle
ajoute à la cherté des livres, et nuit à leur usage. Avec ce que coûtent
les belles reliures, on aurait une autre bibliothèque. Mais on achète
des livres comme des biscuits de Sèvres ou des magots de Chine.
Cependant, les livres sont faits, me semble-t-il, pour être lus, relus,
maniés et remaniés. Un Horace tout neuf n'appartient qu'à un sot. On
pourrait, selon moi, dire des livres ce qu'on dit des olives: les
_pochetées_ sont les meilleures[244].»

L'extrême et bruyante aversion que Sébastien Mercier manifestait pour le
livre relié finit même par lui attirer ce féroce quatrain:

    Mercier, en déclamant contre la reliure,
      Pour sa peau craindrait-il un jour?
      Que le brave homme se rassure:
      Sa peau n'est bonne qu'au tambour[245].

Le savant Gabriel Naudé, qui vivait à une époque où le livre broché
n'existait pour ainsi dire pas, combat, en plusieurs endroits de son
très instructif _Advis pour dresser une bibliothèque_, l'abus de la
reliure, et peu s'en faut qu'il ne la condamne tout à fait, lui aussi.

«... Le quatriesme (précepte) est de retrancher la despense superflue
que beaucoup prodiguent mal à propos à la relieure et à l'ornement de
leurs volumes, pour l'employer à l'achapt de ceux qui manquent, afin de
n'estre point sujets à la censure de Sénèque, qui se moque plaisamment
de ceux-là, _quibus voluminum suorum frontes maxime placent titulique_;
et ce, d'autant plus volontiers que la relieure n'est rien qu'un
accident et manière de paroistre, sans laquelle, au moins si belle et
somptueuse, les livres ne laissent pas d'estre utiles, commodes et
recherchez, n'estant jamais arrivé qu'à des ignorans de faire cas d'un
livre à cause de sa couverture, parce qu'il n'est pas des volumes comme
des hommes, qui ne sont cognus et respectez que par leur robe et
vestement[246].»

Et ailleurs:

«Je dis, premièrement, qu'il n'est point besoin pour ce qui est des
livres de faire une despense extraordinaire à leur relieure, estant plus
à propos de réserver l'argent qu'on y despenseroit pour les avoir tous
du volume plus grand et de la meilleure édition qui se pourra
trouver[247]...»

D'une façon générale, on ne lit commodément et bien que les livres
brochés. Le chroniqueur Edmond Texier, si goûté des lecteurs du _Siècle_
sous le second empire, nous conte, à ce sujet, une bien typique
anecdote.

«Un millionnaire de fraîche date se présente chez un libraire: «Il me
faut des livres, lui dit-il, pour meubler ma bibliothèque en chêne
sculpté... Pour le choix, je m'en rapporte à vous; vous ferez relier le
tout très convenablement.» Là-dessus il sort; mais revenant sur ses pas:
«Ah! j'oubliais de vous dire... Vous mettrez dans le ballot quelques
romans amusants; mais il ne faut pas faire relier ceux-là, parce que je
veux les lire[248].»

C'est bien cela, et l'on ne peut que sourire de la naïveté du brave
Lesné, qui, dans les notes de son poème sur _la Reliure_, peste, gronde
et fulmine de si bon cœur contre les amateurs qui «ne veulent pas
prendre la peine de tenir leur livre en lisant», à qui il faut «des
livres qui se tiennent ouverts sur la table[249]» tout seuls. Quelle
exigence! Conçoit-on pareille prétention!

Il est vrai qu'un fervent érudit dont l'opinion est à considérer,
Charles Asselineau, a déclaré qu'«un livre qui n'est pas relié n'est pas
un livre[250]»; mais, en émettant cette sentence, il se plaçait à un
tout autre point de vue que le nôtre, au point de vue du mérite et du
succès d'une œuvre: il entendait par là que «la reliure est devenue pour
les auteurs ce qu'était autrefois l'impression, une épreuve
décisive[251],» que la reliure est aujourd'hui la sanction de la
renommée, le criterium de la valeur d'un livre et de la célébrité d'un
écrivain.

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                                 *   *

Sans tomber dans les partis pris et les exagérations de Sébastien
Mercier, nous estimons que le meilleur système à appliquer, pour une
bibliothèque particulière, dont les livres ne sont pas destinés à
circuler en de nombreuses mains et à se fatiguer, c'est l'emploi de la
reliure, ou, plus exactement, de la demi-reliure, pour les volumes de
format supérieur à l'in-8, et du cartonnage bradel pour les in-8 et
leurs inférieurs.

Si l'on juge le cartonnage bradel trop faible et trop inconsistant pour
les volumes in-8,--ce qui peut advenir, surtout si ces volumes sont de
forte épaisseur,--on classera les in-8 parmi les volumes à relier; quant
aux in-12, in-16, in-18, etc., le bradel offre à leur endroit de
multiples avantages: économie, souplesse, légèreté, etc. Exception
faite, je le répète, pour les ouvrages destinés à être fréquemment
maniés: dans ce cas, la reliure s'impose.

Comme on le voit, nous nous efforçons de concilier ces deux choses:
solidité et commodité; nous cherchons toujours à nous rapprocher le plus
possible du desideratum exposé tout à l'heure, à prendre à la reliure ce
qu'elle a de bon, c'est-à-dire sa couture, tout en conservant au livre
la légèreté et la flexibilité, la _complaisance_ de la brochure, qui
permet si bien au livre de rester ouvert, et c'est par le cartonnage
bradel que nous avons le plus de chance d'atteindre notre double but.

                                   *

                                 *   *

Examinons maintenant ce qu'il faut entendre par ces mots de _reliure_ et
_demi-reliure_, _bradel_, _cartonnage_, etc., et tout d'abord
définissons les termes que nous aurons à employer dans nos explications,
c'est-à-dire les termes les plus usuels du vocabulaire technique de la
reliure.

On nomme _plats_ les deux surfaces planes du carton servant de
couverture au livre. Le plat de dessus porte les noms de _plat
supérieur_, _plat recto_ ou _premier plat_; le plat de dessous, ceux de
_plat inférieur_, _plat verso_ ou _deuxième plat_. Chaque plat ayant
deux faces, l'une en dehors du livre, l'autre en dedans, la première de
ces faces est le _plat extérieur_, la seconde le _plat intérieur_.

Jadis, au lieu d'être en carton, les plats étaient en bois plus ou moins
épais, recouvert de peau ou d'étoffe, avec plaques et clous d'or,
d'argent ou de cuivre, pierres précieuses, etc. Le bois avait
l'inconvénient, non seulement d'accroître de beaucoup le poids du
volume, mais encore de servir de réceptacle aux vers, en sorte que «le
livre portait dans sa couverture même les germes de sa
destruction[252]».

Le _dos_ est la partie arrondie du livre où se trouve la couture et où
s'inscrivent aujourd'hui le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage,
inscriptions qu'on mettait à l'origine sur le plat supérieur. La reliure
est dite _à dos plein_ quand les cahiers qui composent le livre sont
collés directement ou indirectement sur l'intérieur de ce dos, de
manière à former corps avec lui. Quand le dos des cahiers n'adhère pas à
la peau du dos de la couverture et s'en sépare lorsqu'on ouvre le
volume, en sorte qu'un vide se forme entre ces deux dos, la reliure est
dite _à dos brisé_. Certains bibliographes prétendent que ce dernier
mode de reliure, qui est aujourd'hui le plus fréquent,--on ne relie
guère maintenant à dos plein,--permet au volume de s'ouvrir plus
facilement et de ne pas se refermer de lui-même[253]. «C'est une
erreur», répliquent très nettement et avec raison MM. Sébastien
Lenormand et Maigne, ainsi que le docteur Graesel[254], et l'on fabrique
des reliures à dos plein qui s'ouvrent tout aussi bien--ou tout aussi
mal--que les reliures à dos brisé. C'est: 1º le peu d'épaisseur de la
peau ou garniture du dos; 2º la largeur du format[255]; 3º la minceur du
papier; 4º et enfin la couture faite sur nerfs ou rubans et non à la
grecque (nous verrons dans un moment ce que signifient ces locutions),
qui, seuls, peuvent faciliter l'ouverture d'un livre et lui permettre de
demeurer de lui-même et à toutes pages complètement ouvert.

On appelle _tranches_ «les trois surfaces du livre par où il a été
rogné[256]». La tranche horizontale supérieure porte le nom de _tête_;
la tranche horizontale inférieure, celui de _queue_; la tranche
verticale (qui affecte toujours la forme concave, tandis que le dos,
auquel elle est opposée, est convexe), celui de _gouttière_. Les
tranches, surtout celle de queue et celle de la gouttière, peuvent
n'être qu'_ébarbées_: on _ébarbe_ un livre en enlevant légèrement, avec
des ciseaux, l'excédent de chaque feuillet, «ce qui dépasse trop». Il
est important, comme nous le constaterons, de laisser aux marges le plus
d'ampleur possible, voire toute leur intégralité. Les tranches, surtout
celle de tête, peuvent être dorées, peintes en une seule couleur,
brunies par le frottement d'une agate, marbrées ou _jaspées_,
c'est-à-dire recouvertes, à l'aide d'une brosse, qu'on passe sur un
grillage ou tamis placé au-dessus et à proximité d'elles, d'une
multitude de menus points de couleur, qui rendent ces tranches tachetées
comme le jaspe. Lorsque la tranche, particulièrement la tranche dorée,
est, ainsi qu'on le pratiquait fréquemment autrefois, ornée de dessins
de fantaisie, feuillages, etc., effectués avec de petits fers qu'on
appuie sur la dorure, on dit que le livre est _antiqué sur tranches_.

_Endosser_ un livre, c'est donner au dos du livre cette forme arrondie,
convexe, qui entraîne pour la gouttière la forme creuse ou concave.

Dès que la peau est adaptée et collée sur le dos et les plats, on met le
livre entre des ais ou planchettes de bois, appelées _membrures_, que
l'on maintient fortement serrées au moyen de ficelles ou _fouets_, afin
de l'empêcher de gondoler: cette opération, ce serrage, qui s'effectue
aujourd'hui à la presse, se désigne sous le nom de _fouettage_:
_fouetter_ un volume.

«Pour protéger le livre, il est nécessaire que le carton déborde la
tranche. Cet excédent constitue les _chasses du livre_. Je vous ferai
observer en passant, écrit Charles Blanc[257], combien sont justes les
expressions du relieur: la tranche de devant s'appelle _gouttière_,
parce qu'elle est, en effet, comme une gouttière, creusée en cannelure.
Les chasses du livre sont bien nommées, parce qu'avant de rogner le
livre, on a dû donner la chasse, c'est-à-dire du jeu, au carton... Vous
remarquerez que le dos forme une petite saillie en se retournant sur
chaque côté du plat: ces saillies sont les _mors_ du livre. Elles sont
nécessaires pour loger les cartons, qui ont été tout exprès coupés
légèrement en biseau du côté de la saillie dont je parle; comme c'est le
long de cette saillie que le carton est attaché à la couverture du dos
par une bande de veau ou de maroquin sur laquelle il se meut, les mors
s'appellent très souvent _charnières_... Enfin, aux deux extrémités du
dos, vous voyez un petit rouleau couvert de fil de couleurs alternées:
cet ornement, qui est la _tranche-file_, répond à un but d'utilité, car
il sert à bien assujettir les cahiers et à donner plus de consistance à
la couverture, lorsque le livre, serré dans les rayons de la
bibliothèque, en sera tiré avec effort.»

Malgré ces bonnes raisons, nombre de relieurs d'à présent ne
tranchefilent plus leurs livres, si ce n'est pour les reliures de luxe:
les tranchefiles, toutes différentes de ce qu'elles étaient jadis, ne
sont d'ailleurs plus aujourd'hui que de menus et insignifiants
ornements, préparés d'avance, qu'on colle pour la forme en tête et en
queue des livres. On donne particulièrement le nom de _comètes_ à ces
tranchefiles artificielles lorsqu'elles sont en coton, au lieu d'être en
soie. C'est sous la tranchefile de tête que s'adaptent les minces rubans
de soie ou de coton appelés _signets_ et destinés à servir de _marques_
au livre. Jadis ces rubans, lorsqu'ils étaient nombreux, étaient adaptés
à une tige ou tringlette de métal nommée _pipe_.

On appelle _coiffe_ le rebord ou repli que forme l'extrémité de la peau
du dos des livres, en tête et en queue.

Les _gardes_ sont des feuilles de papier placées au commencement et à la
fin des livres pour en garantir, en _garder_ les premiers et les
derniers feuillets. Elles se composent de feuilles de papier blanc,
souvent aussi de feuilles de papier de couleur, désignées, d'après leurs
teintes et leurs dessins, sous les noms de _peigne_, _escargot_, _queue
de paon_, etc. Un de ces feuillets de garde est appliqué et collé sur
chaque plat intérieur du livre.

Les livres reliés sont cousus avec du fil de lin, sur des ficelles,
appelées _nerfs_ ou _nervures_, qui font, ou plutôt sont supposées faire
saillie sur le dos des volumes. Ces ficelles, en effet, n'émergent plus,
grâce au _grecquage_: opération très usitée, qui consiste à tracer, au
moyen d'une scie à main dite _grecque_, sur le dos des cahiers d'un
livre assemblés et serrés dans un étau, de petites rainures ou encoches
nommées _grecques_, elles aussi, destinées à loger les ficelles autour
desquelles le livre sera cousu. Les saillies, appelées également _nerfs_
ou _nervures_, qu'on remarque sur le dos des volumes reliés, ces minces
saillies transversales qui semblent correspondre aux ficelles, sont donc
le plus souvent simulées. Les espaces compris entre elles et où l'on
inscrit, où l'on _pousse_ le nom de l'auteur, le titre de l'ouvrage et
le chiffre de tomaison, sont les _entre-nerfs_ ou _compartiments_.

Hâtons-nous de dire que, depuis quelques années, depuis l'invention des
_machines à coudre les livres_, le mauvais et déplorable procédé du
grecquage, qui permettait aux ouvriers, d'accord avec leurs patrons, de
ne pas coudre chaque cahier dans toute sa longueur, de répartir sur deux
ou trois cahiers, en sautant tantôt le milieu, tantôt les extrémités, la
couture de la longueur ou hauteur totale du livre,--ce qu'on appelle
_coudre à l'échelle_,--n'a plus de raison d'être. Aujourd'hui, avec ces
nouvelles machines, comme nous le verrons plus loin en traitant de la
couture, la besogne se fait à la fois plus rapidement, incomparablement
mieux et à bien meilleur compte.

                                   *

                                 *   *

Il y a deux catégories principales de reliures: la _reliure pleine_, la
_demi-reliure_.

Un livre est en _reliure pleine_ lorsqu'il est tout entier recouvert de
la même peau: veau, truie, basane, chagrin, maroquin, etc.

La _basane_ est de la peau de mouton simplement tannée. Souple, légère,
poreuse et spongieuse, la basane se ressent facilement de l'influence de
la chaleur ou de l'humidité. Par suite de son bon marché, elle s'emploie
pour les reliures communes et peu coûteuses.

Le _chagrin_ provient de la chèvre, quelquefois du chameau ou du
cheval[258]. Il offre beaucoup de solidité et de résistance et convient
aux livres de fatigue. On fabrique des chagrins inférieurs avec de la
peau de mouton.

Le _maroquin_ est de la peau de chèvre tannée avec du sumac, et dont le
grain est très apparent. Le maroquin le plus apprécié est celui du
Levant, précisément parce que le grain de la peau y est plus saillant.
Le véritable maroquin, utilisé pour les reliures de luxe, coûte cher:
environ 180 francs les 12 peaux de 1 mètre à 1 m. 50, tandis que la même
quantité de chagrin se paye 80 francs; aussi s'ingénie-t-on à falsifier
le maroquin de maintes façons, à en fabriquer avec des peaux de veau, de
mouton, etc.[259]

Le _cuir de Russie_, qu'on emploie aussi pour les belles reliures, est
remarquable par son odeur particulière, due à la _bétuline_, principe
actif de l'écorce de bouleau, dans une décoction de laquelle on a laissé
tremper ce cuir pendant une vingtaine de jours. Grâce à cette odeur, le
cuir de Russie est, assure-t-on, à l'abri de la moisissure et des
attaques des insectes[260].

Le _parchemin_ provient de la peau non tannée--simplement macérée dans
de la chaux, puis écharnée, raclée ou _raturée_, et enfin adoucie à la
pierre ponce[261]--de divers animaux: agneaux, moutons, chèvres, veaux.
Dans ce dernier cas, il portait jadis spécialement le nom de
_vélin_[262]. Comme nous l'avons vu en parlant des papiers[263], on
imite le parchemin avec du papier sans colle trempé quelques instants
dans une solution d'acide sulfurique.

On couvre aussi les livres avec du velours, de la soie, de la toile,
etc. A propos des reliures en toile, nous remarquerons que la toile
noire, dite _toile à tablier_, fréquemment employée, notamment pour
couvrir les livres de certaines bibliothèques publiques (bibliothèques
municipales, régimentaires, etc.), ne produit pas d'ordinaire l'économie
qu'on en attend et donne des résultats peu satisfaisants. Sans fatigue
exagérée et au bout d'un laps de temps parfois très court, cette toile
se fend, particulièrement le long de la charnière des plats: ce défaut
provient de la couleur noire, en général de mauvaise qualité, qui ronge
et brûle la toile.

Les _reliures d'art_, qui se font toujours en _reliures pleines_, sont
celles où le dos et les plats extérieurs sont revêtus d'ornements,
filets, fleurons, armoiries, etc., appliqués avec des fers à dorer: d'où
le nom de _fers_ donné à ces empreintes. Quand cette impression est
faite sans dorure, avec des fers simplement chauffés, on dit que le
livre est _gaufré_ ou _estampé_. Souvent aussi les plats intérieurs sont
ornés de dessins poussés sur or ou à froid (on devrait plutôt dire: à
chaud[264]) sur le pourtour des gardes: la grande finesse, le genre et
l'aspect de ces dessins leur ont valu le nom de _dentelles_.

Les _reliures d'art_ et _de luxe_ sont en dehors de notre cadre. Nous
nous bornerons à rappeler que le vrai berceau de la reliure a été
l'Italie, Venise principalement[265]; que, dans la reliure d'art et de
luxe, la France occupe, depuis plusieurs siècles, le premier rang[266];
et à citer les noms de Jean Grolier[267], des Ève, de Le Gascon, des
Padeloup, des de Rome[268], de Thouvenin, du Seuil, Bauzonnet,
Trautz-Bauzonnet, Capé, Chambolle, Cuzin, Léon Gruel, etc., parmi les
plus illustres relieurs[269].

C'est surtout en fait de reliures que l'imagination et le caprice des
bibliophiles se sont donné carrière.

Il n'est guère d'animal dont la peau n'ait servi à habiller plus ou
moins de volumes, et l'on a vu des reliures en peau de panthère, de
tigre, de crocodile, de serpent, de sole, de morue[270], de phoque,
d'ours blanc, de cheval, de chat, de loup, de renard, de taupe, etc.,
etc.[271]

Qui n'a entendu parler des reliures en peau humaine? Il existe de
nombreux spécimens de ces reliures, et la peau humaine fournit,
paraît-il, un excellent cuir, «un cuir très solide, épais et
grené[272]». Parmi les livres ainsi recouverts avec le derme humain,
nous mentionnerons:

En Angleterre, un traité d'anatomie, que le docteur Antoine Askew, mort
en 1773, fit revêtir de peau humaine, afin sans doute que l'extérieur de
l'ouvrage fût en rapport avec l'intérieur[273]; et deux volumes dont les
couvertures proviennent de la peau d'une sorcière du Yorkshire, Mary
Ratman, exécutée pour assassinat dans les premières années du XIXe
siècle[274].

Un des numéros du _Catalogue de la bibliothèque de M. L. Veydt_, ancien
ministre des finances de Belgique (Bruxelles, Olivier, 1879, Nº 2414),
est ainsi conçu: «_Opuscules philosophiques et littéraires_, par MM.
Suard et Bourlet de Vauxcelles (Paris, Chevet, in-8). Exemplaire relié
en peau humaine, comme l'affirme une note collée contre la garde de ce
livre. Cette note porte les mentions de la provenance, du prix de la
reliure et du nom du relieur.--Vingt francs, Deromme, 1796.--Provenant
de la bibliothèque de M. de Musset. Acheté le 15 septembre 1832.» La
_Chronique médicale_ croit qu'il s'agit ici du père du poète Alfred de
Musset[275].

La Bibliothèque royale de Dresde «conserverait» un calendrier mexicain
écrit sur peau humaine[276].

En Amérique, un des plus riches négociants de Cincinnati, M. William
G..., possède deux livres reliés en peau de femme: l'un est le _Voyage
sentimental_ de Sterne, habillé d'une peau de négresse; l'autre, de
Sterne également, _Tristram Shandy_, est revêtu du derme d'une jeune
Chinoise[277].

En France: «Il existait autrefois à la Bibliothèque impériale (fonds
Sorbonne, nº 1297) une Bible du XIIIe siècle, que l'abbé Rive affirmait
être entièrement (reliée) en peau de femme.» Un ancien bibliothécaire de
la Sorbonne, le digne Gayet de Sansale, «a contesté le fait, mais il
l'admettait pour deux autres ouvrages: une Bible du XIIIe siècle
également (fonds Sorbonne, 1357), et un texte des _Décrétales_ (fonds
Sorbonne, 1625)[278]».

L'éditeur Isidore Liseux disait avoir vu un exemplaire de _Justine_, du
marquis de Sade, relié en peau de femme[279].

Un catalogue de livres d'occasion, distribué il y a quelques années,
porte cette indication: «Reliure en peau humaine.--Sue (Eugène), _les
Mystères de Paris_. Paris, 1854, 2 tomes rel. en 1 vol. pet. in-4,
_pleine peau humaine_, larges dent. sur les plats, dent. intérieure: 200
francs. Fort belle reliure exécutée avec un morceau de peau humaine. Une
plaque à l'intérieur, sur la garde de la reliure, ainsi conçue: «Cette
reliure provient de la peau d'une femme et a été travaillée par M.
Albéric Boutoille, 1874, qui atteste que cette reliure est bien en peau
humaine[280].»

La _Revue encyclopédique_, à qui j'emprunte la plupart de ces détails,
raconte encore le curieux fait suivant:

«M. Camille Flammarion ayant reçu d'une comtesse, dont, par un beau soir
étoilé, il avait admiré les épaules, et qui mourut peu après, l'étrange
présent de la peau de ces mêmes admirables épaules, chargea un tanneur
de la travailler avec soin. Elle était «d'un grain superbe,
inaltérable»: l'astronome en fit relier un exemplaire de _Terre et
Ciel_. Les tranches du livre sont de couleur rouge, parsemées d'étoiles
d'or, et sur les plats sont gravés en lettres d'or ces mots: _Souvenir
d'une morte_[281].»

Mais la plus étrange reliure qui ait jamais été faite dans ce genre
macabre, c'est sûrement celle qu'imagina en 1813 un avocat de
Valenciennes: faire relier une œuvre d'un écrivain avec la propre peau
de cet écrivain, certes, la chose n'est point banale, et c'est ce que
ledit avocat, nommé Edmond Leroy, put réaliser. Ayant assisté à
l'embaumement de Delille, le célèbre traducteur des _Géorgiques_, il
obtint du praticien chargé de l'opération «deux fragments de l'épiderme»
du poète, et ces deux fragments lui servirent à faire relier un
exemplaire des _Géorgiques_, traduction de Delille, qui se trouve
actuellement, paraît-il, à la bibliothèque municipale de
Valenciennes[282].

                                   *

                                 *   *

D'autres bibliophiles, nullement funèbres comme les précédents, tout à
fait, au contraire, plaisants et facétieux, cherchent à mettre
l'enveloppe du livre en harmonie avec son contenu, et jouent sur le
titre de l'ouvrage. Tel, par exemple, cet amateur d'outre-Manche qui
avait fait relier en peau de cerf un _Traité sur la chasse_; et cet
autre qui, parce que le mot anglais _fox_ signifie renard, s'avisa de
faire couvrir de peau de renard l'_Histoire de Jacques II_ par Fox[283];
et cet autre, encore, qui crut devoir faire revêtir de maroquin noir une
_Histoire de la Forêt Noire_[284]. Un relieur anglais--ce sont
décidément les fils d'Albion qui paraissent tenir le plus à ces
singularités--a exhibé naguère une _Histoire de Napoléon_ à reliure
tricolore, c'est-à-dire dont les plats étaient, comme le drapeau
français, également divisés en trois couleurs: bleu, blanc, rouge[285].

Et cet exemplaire des _Châtiments_ de Victor Hugo, de la bibliothèque de
Philippe Burty, «où s'étale une immense abeille d'or enlevée au trône
impérial des Tuileries[286]»? Et cette _Histoire de la Révolution_ de
Thiers, dont la couverture imite «un manteau princier bleu brodé d'or»,
et dont le plat supérieur porte, encastrées en son milieu, «les lunettes
authentiques de l'auteur, privées de leurs verres, et escortées de
quatre boutons de sa redingote préférée»? «L'effet en est insensé»,
ajoute M. Blanchon[287]. Nous le croyons sans peine.

Que dire encore des _reliures à musique_? Car «il y a des reliures à
musique, de même qu'il y a des tableaux-pendules! Vous ouvrez un album
dont la couverture contient dans un épais biseau une boîte à musique: à
l'instant même, le cylindre s'échappe, les lames du peigne métallique
reçoivent le frottement voulu, et vous entendez une valse ou une
cavatine dont les sons paraissent sortir de la muraille. Aux quatre
angles du plat extérieur se trouvent des clous qui semblent placés là
pour protéger la couverture par leur saillie, et qui en réalité
dissimulent l'entrée des clefs par où se remonte l'appareil quand le
cylindre est à bout de course[288].»

                                   *

                                 *   *

Certains amateurs adoptent une seule couleur pour tous leurs livres sans
distinction: c'est ainsi que les filles de Louis XV avaient fait choix,
pour leurs reliures: Mme Adélaïde, du maroquin rouge; Mme Sophie, du
maroquin citron; et Mme Victoire, du maroquin vert ou olive[289].

Ce système de reliure uniforme «est un bon et beau système, remarque
Jules Richard[290]; mais, s'ils sont logiques (les amateurs), ils
doivent faire casser les volumes anciens qu'ils achètent reliés, afin de
les réhabiller (_sic_) après à leur mode particulière. Quant à moi, si
j'admire ces enfilades majestueuses de livres semblables, je suis loin
de dédaigner la bibliothèque variée de couleurs, d'époques et de modes.
C'est plus gai;--d'ailleurs j'aime beaucoup le livre vêtu selon le goût
de son temps, même quand ce goût est devenu quelque peu ridicule. Je ne
dis pas cela, bien entendu, pour les fleurons et les compartiments du
XVIe siècle, ni pour les petits fers du XVIIe, ni pour les exquises
dentelles du XVIIIe. Mais le triangle révolutionnaire ne me déplaira pas
plus sur le dos d'un Marat que la lyre timbrée sur le dos de Lamartine.
Rien ne m'égaie comme les trèfles prétendus gothiques des troubadours de
1820. Je suis enfin de ceux qui trouvent bon air au _Mémorial de
Sainte-Hélène_ illustré par Charlet, aux histoires de Napoléon
illustrées par Raffet et H. Vernet, dans ces reliures de 1840, à dos
plats et à emblèmes bonapartistes dorés largement.»

D'autres amateurs veulent une couleur différente pour chaque genre. A ce
propos, voici les sagaces considérations émises par Ambroise-Firmin
Didot dans son rapport sur la reliure:

«Comme principe général, le choix des couleurs plus ou moins sombres,
plus ou moins claires (pour les reliures), devrait toujours être
approprié à la nature des sujets traités dans les livres. Pourquoi ne
réserverait-on pas le rouge pour la guerre et le bleu pour la marine,
ainsi que le faisait l'antiquité pour les poèmes d'Homère, dont les
rapsodes vêtus en pourpre chantaient l'_Iliade_, et ceux vêtus en bleu
chantaient l'_Odyssée_? Je me rappelle avoir vu dans la belle
bibliothèque de mon père un magnifique exemplaire de l'Homère de Barnès,
dont le volume de l'_Iliade_ était relié en maroquin rouge, tandis que
l'_Odyssée_ l'était en maroquin bleu. On pourrait aussi consacrer le
violet aux œuvres des grands dignitaires de l'Église, le noir à celles
des philosophes, le rose aux poésies légères, etc., etc. Ce système
offrirait, dans une vaste bibliothèque, l'avantage d'aider les
recherches en frappant les yeux tout d'abord. On pourrait aussi désirer
que certains ornements indiquassent sur le dos si tel ouvrage sur
l'Égypte, par exemple, concerne l'époque pharaonique, arabe, française
ou turque; qu'il en fût de même pour la Grèce antique, la Grèce
byzantine ou la Grèce moderne, la Rome des Césars ou celle des
papes[291].»

On ne lira pas non plus sans profit les très judicieuses réflexions
suivantes de Charles Blanc, extraites de sa _Grammaire des arts
décoratifs_[292]:

«Plus le livre est sérieux, plus il est séant de lui faire un vêtement
simple en sa dignité. Les coquetteries de la dorure, les entrelacs, les
mosaïques, les tranches gaufrées ou ciselées ne conviennent pas, ce me
semble, à un Montaigne, à un Pascal, à un Bossuet. Les philosophes, les
moralistes, les docteurs en théologie ou en droit seraient surpris de
voir leurs œuvres habillées de tons voyants, enjolivées de dentelles,
ornées de fleurs à la Grolier... Quelle étrange anomalie que de
prodiguer les parures mondaines sur la couverture d'une _Imitation de
Jésus-Christ_, comme pour faire jurer la somptuosité extérieure du livre
avec l'humilité chrétienne du moine qui l'écrivit, et avec la simplicité
évangélique de ses pensées!»

Il est bon de se méfier, pour les reliures, des couleurs claires:
vert-pomme, mauve, bleu tendre, etc., que la lumière altère très
rapidement[293].

Ne pas oublier non plus qu'il en est des gros volumes comme des grosses
femmes: les couleurs claires ne les _avantagent_ pas: un dictionnaire de
Larousse ou de Littré habillé de jaune-paille ou de rose-chair aurait un
aspect étrange et grotesque; tandis que ces couleurs siéent à merveille
aux sylphides et aux plaquettes.

Parmi les reliures d'art, on remarque les reliures dites, par allusion
aux solitaires de Port-Royal, _jansénistes_ ou _à la janséniste_: elles
ont pour caractères distinctifs la sobriété et la sévérité, et sont
faites d'un maroquin mat, «rappelant les teintes sombres de la bure»,
encadré tout au plus par «un simple filet, mat» également[294];--les
reliures _à la fanfare_, composées de rinceaux de feuillages et de
compartiments dorés: ce nom de «fanfare» leur vient d'un livre imprimé à
Chambéry en 1613 et intitulé _les Fanfares et Courvées..._, que le
relieur Thouvenin, contemporain de la Restauration, habilla, «dans le
goût des Ève», d'un maroquin ainsi richement orné[295];--les reliures _à
l'oiseau_, «où Derome imprimait sur le dos, entre les nervures, son joli
fer de _l'oiseau_ aux ailes déployées[296]»;--_à l'S barré_[297];--etc.

Encore un sage conseil, et nous quitterons la reliure d'art, les
reliures _pleines_, pour passer aux _demi-reliures_ et aux
_cartonnages_:

«La reliure est un écrin; que l'écrin soit digne du joyau, mais qu'il
reste un écrin protecteur et dont le prix ne fasse point oublier l'objet
qu'il renferme; n'enchâssez pas une perle dans une monture de plomb,
mais n'allez pas, de grâce, confier un caillou à l'or et au burin du
ciseleur[298].»

                                   *

                                 *   *

Un livre est en _demi-reliure_ lorsque le dos seul est revêtu de peau,
et que les plats sont garnis de papier ou de toile. Lorsque les coins
sont aussi garnis de peau, que la tête est dorée et les autres tranches
ébarbées, cette demi-reliure prend le nom de _demi-reliure amateur_.

Les cartonnages et les emboîtages sont des reliures légères, à dos de
toile, de carton ou de papier. Malgré leur ressemblance apparente, il y
a[299] entre ces deux procédés d'habillage des livres une différence
essentielle: dans les cartonnages, la couverture est fixée au volume
selon la méthode ordinaire, c'est-à-dire par les ficelles qui ont servi
à le coudre et qui, après avoir traversé le carton des plats de dehors
en dedans, viennent s'appliquer sur les plats intérieurs, et y sont
collées _épointées_, en d'autres termes, les pointes ou extrémités
effilochées et étalées pour offrir plus de surface, mieux s'imbiber de
colle, et mieux adhérer par suite au carton sous la feuille de
garde;--dans les emboîtages, les ficelles ne traversent pas les plats et
viennent simplement s'appliquer sur eux à l'intérieur, épointées comme
précédemment, puis collées et dissimulées, comme tout à l'heure aussi,
sous une feuille de garde blanche ou de couleur.

Le cartonnage dit _bradel_ ou _à la Bradel_ (nom d'un relieur français
vivant au commencement du XIXe siècle, qui mit à la mode ce procédé de
reliure) est une véritable demi-reliure à dos brisé, où la peau est
remplacée par la toile ou le papier[300]. Deux des tranches, gouttière
et queue, sont souvent intactes ou légèrement ébarbées, et la tête est
jaspée. Économique, commode et excellent pour une bibliothèque
particulière, ainsi que nous l'avons dit plus haut, mais trop peu
résistant pour une bibliothèque publique, «le cartonnage _à la Bradel_
est très élégant et présente, en outre, cet avantage, que l'on peut,
comme dans l'emboîtage, ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui
ne peut se faire avec les livres reliés[301]».

Déjà en 1820 l'auteur du poème _la Reliure_ proclamait les avantages des
«cartonnages bien faits[302]», des _bons bradels_; et, à peu près vers
le même temps, le déluré chansonnier Debraux, qui s'y entendait, disait
que, tout comme Malherbe,

    ... Bradel vint, et chaque livre en France
    Eut des habits moins pesants et meilleurs:
    Bradel unit la force à l'élégance[303]...

Le cartonnage bradel est fréquemment employé comme moyen de conservation
temporaire et vêtement provisoire des livres: aussi l'ingénieux
bibliophile Octave Uzanne l'a-t-il très justement baptisé de ce nom, qui
a fait fortune, «la robe de chambre du livre[304]».

On peut rattacher au cartonnage bradel la reliure dite _anglaise_. Elle
se compose d'un cartonnage plus souple encore que le bradel, et dont les
plats et le dos sont recouverts d'une peau fine ou de toile, et les
trois tranches d'ordinaire en couleur.

                                   *

                                 *   *

La partie capitale, essentielle, de la reliure, est la couture; aussi
allons-nous étudier de plus près cette importante opération.

Dans un livre broché, le fil passe simplement, dans chaque cahier et
d'un cahier à un autre, par deux trous plus ou moins distants, et, une
fois tous les cahiers ainsi réunis, on adapte, au moyen d'une couche de
colle, une couverture de papier au dos de ces cahiers, c'est-à-dire au
dos du livre.

Dans la reliure, on commence par battre au marteau ou laminer entre deux
cylindres les cahiers, afin d'en rendre les pages parfaitement planes;
cette opération a aussi pour résultat de donner plus de souplesse au
papier et d'amincir le volume[305]. La couture s'effectue devant un
petit appareil spécial appelé _cousoir_, ressemblant quelque peu à un
métier à tapisserie, et les fils ne sont plus seulement passés dans les
cahiers, mais aussi--et c'est là ce qui différencie essentiellement la
couture de la reliure de celle de la brochure--autour de ficelles ou
_nerfs_, en nombre variable, ordinairement de trois à cinq, sur
lesquelles viennent s'appuyer ou s'embrocher dans des entailles, comme
nous l'avons expliqué en parlant du _grecquage_[306], les dos des
cahiers.

Il va de soi que ces entailles ou _grecques_, faites à la scie, doivent
être aussi peu profondes que possible: on ne doit grecquer que très peu,
dans l'intérêt même du livre, pour que ses marges de fond ne soient pas
endommagées, ne soient pas trop réduites, que ce qu'on pourrait appeler
la _charnière_[307] du volume conserve son maximum d'amplitude. C'est
l'instante recommandation de tous les bibliographes, et nombre d'entre
eux ajoutent qu'on devrait ne pas grecquer du tout[308] et en revenir à
l'ancien mode de couture, à la couture dite _sur nerfs_, la couture où
les ficelles ou nerfs font saillie sur le dos des cahiers, et, par
suite, saillie réelle et non simulée sur le dos du livre; où l'on ne
triche pas, où chaque cahier est cousu non partiellement mais tout du
long, et où le fil chaque fois entoure entièrement la ficelle: cette
dernière façon de coudre s'appelle _à point arrière_, par opposition à
la couture _à point devant_ où le fil ne fait que s'appuyer contre la
ficelle, l'entourer seulement sur la moitié de sa circonférence[309]. La
grosseur du fil,--qui est, comme nous l'avons dit[310], du fil de
lin,--augmente, bien entendu, avec le format et même souvent avec
l'épaisseur du livre.

Ce qui a fait jusqu'à ces dernières années, jusqu'à l'invention des
machines à coudre les livres, la vogue du grecquage, c'est l'économie de
temps et d'argent qui en résultait. «Effectivement, écrivent MM. S.
Lenormand et Maigne[311], les trous pour passer l'aiguille sont tout
faits, et si une ouvrière peut coudre [dans sa journée] 300 cahiers non
grecqués en les alignant et en les cousant tout du long, elle peut en
coudre 1500 en cousant deux ou trois cahiers, et en sautant un nerf à
chaque passe, comme le font la plupart des femmes, malgré les
recommandations qu'on leur adresse à cet égard[312]. La grecqure, ainsi
manœuvrée, diminue donc la main-d'œuvre des quatre cinquièmes; elle
dispense l'ouvrière d'une infinité de soins, et dissimule les défauts de
l'endossure.»

Aujourd'hui, fort heureusement, la machine à coudre les livres, dont il
existe déjà plusieurs systèmes, a mis fin à ces défectuosités de travail
et à ces fraudes. La description de ces divers systèmes, forcément tous
très compliqués, que ce soit le système de l'Allemand Brehmer ou de
l'Américain Smyth, ou celui qui porte la marque suisse Martini[313],
excéderait les dimensions de notre ouvrage. Bornons-nous aux résultats.
On calcule qu'une machine,--la machine Brehmer, par exemple, qui est, je
crois, la plus employée,--coud 1500 cahiers à l'heure et fait à elle
seule la besogne de huit ouvrières[314], et non seulement cette besogne
se fait huit fois plus vite, mais le travail est incomparablement
supérieur à celui d'autrefois. Chaque cahier est percé exactement dans
le pli, cousu ensuite d'un bout à l'autre, et cousu _de l'intérieur à
l'extérieur_, ce qui régularise la tension de la couture et facilite
l'encollage du dos. Autre avantage inappréciable: chaque aiguille (on en
emploie trois pour les volumes in-18, quatre pour les grands in-8, etc.)
est indépendante; en sorte que si, la reliure terminée, un fil vient à
se rompre, les autres n'en pâtissent pas et restent intacts, le livre ne
se découd pas. Aujourd'hui, en un mot, il est plus économique de faire
de la bonne couture que de la mauvaise, que du grecquage; seulement, il
faut s'adresser aux maisons bien outillées, pourvues desdites machines,
et non aux petits relieurs routiniers ou qui végètent.

Pour la couture des volumes de grands formats et de papier fort, comme
les albums de musique, qu'on veut pouvoir ouvrir aisément et laisser
ouverts à plat, on remplace les ficelles par des rubans de soie ou des
lacets, ou encore par des bandes de parchemin.

Quant à la _couture métallique_, système qui nous vient d'Allemagne, et
où les cahiers sont assemblés un à un au moyen de fils de métal (fils de
fer étamés, zingués ou nickelés), puis réunis tous ensemble par le dos,
qu'une couche de colle adapte ensuite à la couverture, c'est, on le
devine sans qu'il soit besoin d'insister, un procédé «désastreux pour le
livre[315]». Ce mode de couture ne devrait servir que pour le brochage
des plaquettes très minces et sans valeur, catalogues, prospectus, etc.

Depuis longtemps, sinon dès les débuts mêmes de la reliure, on a essayé
d'éluder la couture, cette opération essentielle et fondamentale de
l'habillement du livre, mais peu apparente, presque cachée, facile par
suite à adultérer et à truquer, toute l'importance, tous les soins étant
donnés à ce qui se voit le plus, à la couverture, à l'ornement du dos et
des plats.

Un relieur du XVIIIe siècle, Delorme, «à l'imitation de quelques mauvais
ouvriers anglais, rapporte Lesné[316], rognait les livres par le dos,
les passait en colle forte, et s'abstenait par là de les coudre. Son but
était, je crois, de rendre le livre égal d'épaisseur sur tous les
points...» Mais, si louable que fût cette intention, un tel procédé ne
pouvait être que déplorable pour les volumes ainsi traités: voulait-on
les relier à nouveau, il fallait commencer par rogner la marge du fond,
qu'on avait enduite de colle; à la longue, les plus larges marges
auraient fini par y passer, et c'était la destruction du livre.

D'autres relieurs, nos contemporains, ceux-là, ont trouvé mieux: ils ne
se donnent même pas la peine de rogner le dos, de toucher à la tête ni à
la tranche des cahiers; ils se contentent de les grecquer, de passer des
ficelles dans les entailles du grecquage,--des ficelles autour
desquelles ne s'appuie ni ne s'enroule aucun fil de couture, mais qui
servent à faire croire que le livre est cousu;--ils imprègnent de colle
forte ces ficelles et les dos qu'elles traversent, y appliquent une
couverture, une mirifique couverture, toute éblouissante d'or et de
gaufrures,--et le tour est joué. _Cela tient_, et, comme beaucoup de
gens n'ont des livres que pour la montre, les laissent dormir sur leurs
rayons sans les feuilleter jamais et encore moins les couper, il y a
chance pour que la fraude ne soit de sitôt découverte. Mais qu'il prenne
fantaisie à l'un de ces singuliers amateurs d'introduire le coupe-papier
dans un des volumes _reliés_ par cet expéditif procédé, on voit d'ici ce
qui se produit: _cela ne tient plus_; toutes les feuilles se détachent
et tombent; il ne reste d'adhérent au dos que les premières et dernières
pages de chaque cahier, celles qu'on a frottées de colle.

Il est cependant quelques cas où ce mode de reliure sans couture, dit
_reliure arraphique_ (du grec ἄῤῥαφος, non cousu), peut s'employer et
s'emploie sans inconvénient. C'est pour les journaux et les publications
de grand format, à bon marché, tirées sur une seule feuille en in-plano
ou en in-folio. On assemble ces feuilles, on grecque les dos et l'on y
glisse des ficelles; on enduit dos et ficelles de colle forte, ou mieux
d'une colle spéciale formée par une «dissolution de gomme élastique ou
caoutchouc[317]», et l'on applique la couverture. Mais, pour peu que ces
feuilles aient une valeur artistique, si ce sont, par exemple, des
cartes de géographie qu'on veuille réunir en atlas, il est indispensable
de les _monter sur onglets_, c'est-à-dire de coller leur dos contre une
bande de papier ou même de l'insérer dans une sorte de mince et longue
charnière de toile adaptée au dos de la couverture. C'est cette bande ou
charnière de papier ou de toile qui porte le nom d'_onglet_.

La colle forte a l'avantage de sécher très rapidement; mais elle a
l'inconvénient de laisser des traces qui ne s'en vont pas aisément et de
détériorer les volumes. C'est pour cela que les brocheurs ne devraient
jamais employer de colle forte pour faire adhérer au dos des livres le
papier de la couverture: ils devraient se contenter de colle d'amidon ou
de colle de pâte. Celle-ci peut être facilement rendue imputrescible et
antiseptique (avec de l'alun, du phénol, etc.), et ne mérite plus les
anathèmes dont le brave Lesné l'a jadis accablée[318]. Les bonnes
maisons de reliure n'emploient plus d'ailleurs aujourd'hui, pour
l'endossure des livres, que de la colle ainsi préparée, dite _colle
hygiénique_.

Quant à la _colle à bouche_, dont les gens de bureau notamment se
servent volontiers pour de minuscules collages, elle tache le papier qui
boit, elle y laisse des empreintes jaunâtres et huileuses: on la
remplace aujourd'hui avec avantage par de la colle d'amidon
imputrescible et aromatisée, renfermée dans de petits flacons munis d'un
pinceau.

                                   *

                                 *   *

Il est indispensable d'attendre qu'un volume soit bien sec pour le
donner au relieur, autrement l'encre, lorsque le volume est livré au
battage ou passé au laminoir, se reporterait d'une page sur l'autre. On
remarque que, «pour les papiers de Chine, le sec s'opère instantanément;
pour les papiers ordinaires, en quelques mois; pour les vergés de
Hollande ou autres, il faut souvent quatre ans et parfois davantage,»
dit, mais non sans exagération sur ce dernier point, Jules Richard, dans
son _Art de former une bibliothèque_[319]. Actuellement, du reste,
certaines grandes maisons d'édition (Hachette, Marne, etc.) possèdent
des étuves où l'on fait rapidement sécher les feuilles.

Si, pour une cause quelconque, vous êtes obligé de faire relier un livre
tout récemment paru, exigez de votre relieur, s'il n'a pas une de ces
étuves à sa disposition, qu'il interfolie le volume de papier pelure ou
serpente: ce mince papier, qu'il vous sera loisible d'enlever plus tard,
préservera le texte de tout maculage.

Évitez de donner vos livres à relier durant certaines époques de
l'année, aux époques où les relieurs sont d'ordinaire encombrés de
travail. Le mois de janvier est généralement un mois peu propice pour
préparer un _train_:--on nomme ainsi la quantité de volumes, vingt,
cinquante, cent, etc., destinés à la reliure et envoyés en une fois chez
le relieur. La plupart des revues et autres périodiques terminent leur
année en décembre, et naturellement les abonnés s'empressent, dès que le
volume est complet, de l'expédier au relieur. Les mois de juin et de
juillet peuvent n'être pas très favorables non plus, à cause des
distributions de prix et des cartonnages qu'elles nécessitent, etc.

Pour travailler proprement et convenablement, un relieur ne doit pas
être talonné ni bousculé; il lui faut du temps, un laps de temps
raisonnable, pour mener à bien son œuvre[320].

S'il vous est loisible de faire relier ensemble deux tomes d'un même
ouvrage, surtout si ces tomes sont de peu d'épaisseur[321], ne réunissez
jamais sous la même couverture deux ouvrages différents; c'est une
économie mesquine et mal placée, et les _recueils factices_,--ainsi
nomme-t-on les volumes formés de pièces ou opuscules de mêmes
dimensions, mais sans lien typographique, c'est-à-dire ne faisant pas
partie d'une même publication,--sont aussi incommodes pour le classement
et les recherches que contraires au bon sens et à la logique.

S'il s'agit de brochures trop minces pour être reliées séparément,
renfermez-les dans des boîtes ou cartons: on en fabrique de très
pratiques et de très ingénieuses, de ces boîtes; elles ont l'aspect d'un
véritable livre relié, et l'inscription du dos peut être collective et
désigner le sujet traité par toutes les brochures encloses dans cette
gaine: BIBLIOGRAPHIE, ESTHÉTIQUE, IMPRIMERIE, NUMISMATIQUE, etc.

Nombre de relieurs ont tendance à trop rogner les livres; et il
paraîtrait que certains prétendus amateurs ne les retiennent pas sur
cette pente fâcheuse, les y encouragent. Un relieur, dont je suis loin
de garantir la parole, et que je soupçonne fort, au contraire, d'être
doué de plus d'imagination que de sincérité, a raconté un jour à
l'auteur de _l'Art d'aimer les livres_, M. Jules Le Petit, l'anecdote
suivante. Ce relieur «ayant été autrefois appelé par M. Thiers pour
prendre un certain nombre de volumes de divers formats, le grand
historien le conduisit devant un rayon de sa bibliothèque, dont il lui
fit mesurer l'écartement, en lui disant: «Arrangez-vous pour que tous
les volumes soient rognés de façon à entrer dans ce rayon.--Mais,
monsieur, les in-12 seuls pourront entrer ici, et pour les in-8 ce sera
impossible.--Comment, impossible! s'écria l'homme d'État, je les ai
mesurés, et, en les réduisant à la taille des in-12, cela ira fort bien;
il suffit qu'on puisse lire le texte; les marges ne signifient
rien[322].»

Qu'il soit apocryphe, comme je le crois, ou authentique, comme c'est
très peu probable, ne suivez pas cet exemple. Ménagez toujours et
recommandez toujours à votre relieur de ménager le plus possible les
marges de vos livres:

    Dans tout livre la marge est ce qui plaît aux yeux...
    Un livre trop rogné jamais ne se répare[323]...

Les belles et grandes marges donnent au livre une notable et très
légitime plus-value: elles permettent de le faire relier au besoin un
plus grand nombre de fois, elles prolongent sa durée, en même temps
qu'elles ajoutent à sa beauté artistique.

C'est non seulement par maladresse ou ignorance, mais souvent aussi par
cupidité et ladrerie que certains relieurs rognent les livres tant
qu'ils peuvent. Leur confrère Lesné, qui les connaissait bien, nous
dévoile en ces termes leur trafic:

«Il y en a même (des relieurs) qui rognent beaucoup par un motif
d'intérêt; c'est qu'en rendant un livre le plus petit possible, il y
entre moins de carton, de peau pour le couvrir, moins d'or pour le
dorer, et que d'ailleurs les rognures se vendant au cartonnier en
échange de carton neuf, en en faisant beaucoup, elles diminuent d'autant
le prix de celui qu'on emploie[324].»

Et le même codificateur et barde de la Reliure ajoute ce très sage
précepte, que tous nos praticiens modernes feraient bien de méditer et
d'observer:

«Un relieur, en rognant un livre, ne doit jamais dire: «C'est un
bouquin»; il doit toujours le traiter comme s'il était précieux; car tel
livre qui ne l'est pas pour un amateur, l'est pour un autre; et
d'ailleurs, en les considérant tous comme s'ils étaient précieux, on ne
risque pas de se tromper[325].»

Le mieux d'ailleurs pour vous, pour vos in-18 cartonnés à la Bradel,
c'est de faire seulement rogner et jasper la tête de ces livres, et en
ébarber la tranche gouttière et la queue[326]. La tête a besoin d'être
rognée, égalisée, afin que la poussière pénètre moins dans le livre;
c'est pour le même motif qu'on la dore ou la colore, qu'on la brunit à
l'agate ou qu'on la jaspe.

Quant aux volumes de référence, dictionnaires, etc., destinés à être
fréquemment consultés, et que vous avez revêtus d'une demi-reliure, il
est bon d'en faire rogner légèrement non seulement la tête, mais les
deux autres tranches, afin de pouvoir feuilleter plus aisément ces
ouvrages. Souvent même, pour certains de ces volumes d'usage constant et
de fatigue, on arrondit les angles des pages, ce qui empêche tant soit
peu celles-ci de se replier et de se corner, et rend aussi le
feuilletage plus facile.

Bien que nous n'ayons pas à nous occuper des publications de luxe,
disons, en passant, un mot des _fausses marges_. Doit-on les conserver?
Doit-on les supprimer à la reliure? On sait ce qu'on entend par fausses
marges. Les livres tirés sur papier de choix, japon, hollande, chine,
etc., offrent tous cette particularité, due aux nécessités du tirage,
que les marges extérieures d'un certain nombre de feuillets dépassent,
et souvent de trois ou quatre centimètres, les marges correspondantes
des autres feuillets. Quelques amateurs, comme A. de la Fizelière,
refusent de faire tomber à la reliure ces excédents de marge. «Une
gravure rognée à la marge est déshonorée, il en est de même pour les
livres, écrit ce bibliophile[327]. Je veux la marge entière dans un
exemplaire _exceptionnel_, qui ne me déplaît pas en restant broché.
C'est le spécimen du format que donne tel ou tel papier employé pour le
tirage.»

Ces fausses marges, qu'on a qualifiées de «monstrueuses
inégalités[328]», sont de véritables nids à poussière, et il nous
semble, comme à l'auteur du _Livre du bibliophile_[329], qu'on a grande
raison de les rogner: «elles proviennent, non d'une intention
artistique, mais d'une nécessité matérielle; ces différences dans la
dimension des papiers, loin d'être un ornement, donnent au livre un
aspect irrégulier qui ne saurait être agréable».

Religieusement conservées, ces fausses marges produiraient, en effet,
d'étranges reliures, des reliures de formats carrés, inusités, tout à
fait baroques et disparates. Il vaut donc mieux supprimer ces excédents
de marge lorsqu'on fait relier le livre,--ou bien le garder broché,
comme semble le conseiller A. de la Fizelière. Il est bon néanmoins, et
c'est l'avis de tous les bibliophiles, de laisser, au commencement ou à
la fin des livres, quelques feuillets préservés de la rognure[330],
qu'on replie régulièrement selon les dimensions de la tranche et qu'on
rentre à l'intérieur du volume, comme des _témoins_--c'est le nom qu'on
leur donne--des dimensions primitives et authentiques du papier[331].

Faites toujours relier vos livres avec la couverture de la brochure, de
façon que chaque volume, sous ses plats de papier, de toile ou de
maroquin, conserve toute son intégrité. Ces couvertures sont d'ailleurs
parfois très coquettement illustrées; la plupart contiennent au verso
des annonces et indications qui peuvent servir: ne vous privez pas de
ces documents, ne supprimez rien de vos livres, laissez-les toujours
intacts et entiers.

Il est des relieurs qui s'étonnent de cette «mode» de faire ainsi relier
chaque volume avec sa couverture, et qui en plaisantent avec des
haussements d'épaules. «Cela ne se faisait pas autrefois, maugréent-ils;
mais aujourd'hui les amateurs ont de telles exigences! Ils manifestent
de si inconcevables lubies! Jusqu'où iront-ils?» Etc., etc. Il y avait
une excellente raison pour que «cela ne se fît pas autrefois»: c'est
qu'autrefois les livres brochés n'avaient pas de couvertures imprimées,
et partant dignes d'être conservées. La couverture imprimée et illustrée
ne date guère que du commencement du XIXe siècle, et c'est surtout à
partir de 1820 qu'elle se propage et se diversifie, qu'elle prend de
l'originalité, acquiert de la valeur et de l'intérêt[332].

                                   *

                                 *   *

Ne vous en rapportez pas à votre relieur pour les titres à inscrire au
dos de vos volumes, ce qu'on appelle les _titres à pousser_. Sans
commettre ces gigantesques bourdes complaisamment relevées par les
bibliographes:--BRAN, tome I; BRAN, tome II (pour: BRANTÔME, I;
BRANTÔME, II);--MRS. BEECHER STOWE, _Uncle_, tome I; _Uncle_, tome II
(pour: _Uncle Tom_, I; _Uncle Tom_, II);--ROUSSEL, _Système ph. et
moral_ (fémoral) _de la femme_ (pour: _philosophique et
moral_);--DAFFRY, _De la monnoie et de l'expropriation_ (pour: DAFFRY DE
LA MONNOIE, _De l'expropriation_);--BELLOT, _Des minières et du régime
dotal_ (pour: BELLOT DES MINIÈRES, _Du régime dotal_); etc.,--il est des
relieurs qui pourront fort bien étiqueter ainsi les œuvres de Rabelais,
de Corneille ou de Racine: DE RABELAIS, _Œuvres_;--DE CORNEILLE,
_Œuvres_;--DE RACINE, _Œuvres_ (au lieu de: _Œuvres de Rabelais_, ou
RABELAIS, _Œuvres_;--_Œuvres de Corneille_, ou CORNEILLE,
_Œuvres_;--_Œuvres de Racine_, ou RACINE, _Œuvres_).

D'autres ont une tendance, très compréhensible d'ailleurs, à toujours
abréger leurs inscriptions, à supprimer notamment les prénoms qui
devraient être et qui sont indissolublement joints aux noms; ils
écriront volontiers: MARTIN, _Histoire de France_ (pour: HENRI MARTIN);
HUGO, _les Misérables_ (pour: VICTOR HUGO)[333]; GAUTIER, _le Capitaine
Fracasse_ (pour: THÉOPHILE GAUTIER); CHÉNIER, _Poésies_ (pour: ANDRÉ
CHÉNIER); SCOTT, _Ivanhoë_ (pour: WALTER SCOTT); etc.

Écrivez donc vous-même, sur une fiche annexée à chaque volume, le _titre
à pousser_, de telle sorte que votre relieur n'ait qu'à se conformer à
vos indications.

Cette inscription doit-elle être faite par lui directement sur la peau
ou la toile du dos du volume, ou bien indirectement, sur une étiquette
en peau, une _pièce_[334], collée ensuite sur le dos de ce livre? La
pièce étant de couleur différente et toujours plus foncée que celle du
livre[335], peut sembler lui donner un aspect plus élégant, plus coquet;
en revanche, elle a l'inconvénient de ne pas toujours bien adhérer au
dos du volume, de se décoller, surtout aux angles. Le mieux, selon
l'avis de personnes compétentes, est de pousser directement le titre sur
le dos, et d'imiter l'étiquette en teignant en noir, au moyen d'encre
ordinaire non communicative, le rectangle sur lequel se détachent les
lettres d'or de ce titre: on a ainsi l'élégante apparence de
l'étiquette, sans craindre l'inconvénient qu'elle présente, le
décollage.

Autant que possible, donnez toujours à votre relieur un modèle,
c'est-à-dire un volume relié auquel il devra se conformer en tous points
pour la reliure des livres que vous lui confiez. Vous vous épargnerez de
la sorte des malentendus aussi désagréables que fréquents, et vous lui
enlèverez, s'il commet des bévues, tout prétexte de discussion et toute
échappatoire. Choisissez ce modèle parmi les volumes dont vous risquez
le moins d'avoir besoin: par exemple, s'il s'agit de périodiques, ne
donnez pas, pour faire relier l'année ou le semestre qui vient de
s'écouler, le tome de l'année ou du semestre immédiatement précédent;
prenez, comme spécimen, un tome plus ancien et que vous ne présumez pas
avoir à consulter. Généralement, et à part des travaux spéciaux, c'est
dans les tomes les plus récents des périodiques, dans les années les
plus rapprochées de l'année courante, que vous êtes le plus exposé à
avoir des recherches à effectuer.

Avant d'envoyer un train au relieur, collationnez chaque volume,
c'est-à-dire vérifiez si toutes les feuilles s'y trouvent et si elles
sont bien placées dans leur ordre numérique, si de même toutes les
planches ou gravures sont présentes et bien à leur place. A plus forte
raison, devez-vous vérifier vos périodiques, et vous assurer que toutes
les livraisons composant le volume (le plus souvent annuel ou
semestriel) sont bien réunies, bien complètes et exactement classées. Au
retour de votre train, faites le même collationnement.

S'il manque des pages dans un volume que vous tenez à expédier chez le
relieur, ayez soin de faire insérer un onglet ou des feuillets blancs à
la place des pages absentes, afin de pouvoir les y intercaler plus tard,
si vous les retrouvez ou avez la chance de vous les procurer. Prenez
note par écrit de ces pages manquantes, de ces _défets_: à l'occasion
vous n'aurez qu'à vous référer à cette liste. Agissez de même pour les
périodiques dont des livraisons absentes seraient épuisées, et que vous
croiriez néanmoins devoir faire relier: inscrivez-les sur votre liste de
défets, et remplacez-les par des feuilles blanches, auxquelles vous
n'aurez qu'à substituer ces livraisons, si une heureuse rencontre les
met plus tard en votre possession.

Ne donnez jamais un train important comme quantité ou qualité à un
relieur que vous n'avez pas encore éprouvé et que vous ne connaissez
pas. Essayez-le d'abord au moyen de quelques volumes, tâtez-le,
assurez-vous de ce qu'il sait faire.

                   *       *       *       *       *

Voici, comme prix approximatifs de diverses reliures, appliquées aux
formats les plus courants et que nous avons choisis pour types[336],
quelques chiffres empruntés au _Tarif de la Chambre syndicale de la
reliure_[337]:

     In-4 cavalier    In-8 cavalier   In-18 jésus         In-32 jésus
     (0,23×0,31),     (0,155×0,23),   (0,117×0,183),      (0,088×0,138),
     in-4 raisin      in-8 raisin     in-16 Hachette,     in-18 carré
     (0,25×0,325)     (0,162×0,25)    in-12 Charpentier   (0,09×0,15)

  RELIURES TOILE (simples) Dos toile, plats papier, tranches jaspées.
      3,15             1,75            1,05                0,95

  RELIURES TOILE (Bradel) Dos toile, grain de soie, pièce en peau,
  tranches ébarbées.
      4,50             2,50            1,40                1,25

  DEMI-RELIURES Dos chagrin, plats papier, tranches jaspées.
      4,95             2,75            1,60                1,45

  EN PLUS POUR LES DEMI-RELIURES
    Tranches ébarbées, tête jaspée.
      1,20             0,60            0,25                0,25

    Tranches dorées ou en couleurs (soignées).
      4,50             2,25            1,50                1,25

  RELIURES PLEINES
    Chagrin 1er choix, têtes ou tranches dorées, janséniste.
     35  »            17  »           10  »                6 à 7,50

    Maroquin du Levant, tranches dorées, dentelle intérieure.
     70  »            35  »           20  »                12 à 15

Je rappellerai, en terminant, que, d'une façon générale et _exceptis
excipiendis_, il n'y a de bons relieurs que dans les grandes villes,
et--laissant à part, encore une fois, la reliure de luxe et d'art--que
c'est dans les grosses maisons, où l'outillage est multiple et complet,
que vous avez chance d'être le mieux servi et au meilleur compte. Il en
est, hélas! de la reliure comme de tout le reste, comme de la chaussure
et de la nouveauté, où triomphent les grands magasins, et de la guerre,
où la victoire est à l'argent et aux gros bataillons.



CHAPITRE VI

DE L'ACHAT DES LIVRES

Quels livres acheter?--L'embarras du choix.--Ils sont trop!--Avoir un
petit nombre d'amis et beaucoup de relations.--Ouvrages de référence,
base d'une bibliothèque.--Livres de chevet.--Ne vous prodiguez
pas.--Collections modernes de nos grands écrivains.--La librairie
«d'occasion».--Bouquinistes et étalagistes: le plaisir de
bouquiner.--Catalogues de librairie.--Méfiez-vous des
souscriptions.--N'achetez que ce que vous voulez lire.--Le bonheur des
collectionneurs.


Maintenant que nous connaissons les quatre éléments ou conditions
matérielles et essentielles du livre: papier, format, impression,
reliure (ou brochure), voyons quels livres il convient d'acheter, quels
types d'éditions méritent nos préférences, et comment doivent
s'effectuer ces acquisitions.

Tout d'abord l'innombrable multitude des produits de la pensée vous
arrête et vous déconcerte. Que choisir parmi tant, tant et tant
d'œuvres? Comment se guider dans un tel dédale?

Dès les débuts mêmes de la bibliophilie, la question s'est posée, et
Sénèque le Philosophe l'a on ne peut mieux discutée et tranchée dans son
traité _De la tranquillité de l'âme_ et dans ses _Lettres à Lucilius_.

«Rien de plus noble, écrit-il, que la dépense qu'on fait pour se
procurer des livres; mais cette dépense ne me paraît judicieuse que si
elle n'est pas poussée à l'excès. A quoi sert une incalculable quantité
de volumes, dont le maître pourrait à peine dans toute sa vie lire les
titres? Cette masse d'écrits surcharge plutôt qu'elle n'instruit, et il
vaut bien mieux s'en tenir à un petit nombre d'auteurs que d'en
parcourir des milliers... Chez la plupart, chez des gens qui n'ont même
pas l'instruction d'un esclave, les livres, au lieu d'être des moyens
d'étude, ne font que servir d'ornement à des salles de festin. Achetons
des livres pour le besoin seulement, jamais pour l'étalage[338].»

«... Fais un choix d'écrivains pour t'y arrêter et te nourrir de leur
génie, si tu veux y puiser des souvenirs qui te restent. C'est n'être
nulle part que d'être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager
finissent par avoir des milliers d'hôtes et pas un ami... La nourriture
ne profite pas, ne s'assimile pas au corps, si elle est rejetée aussitôt
qu'absorbée. Rien ne retarde une guérison comme de changer sans cesse de
remèdes; on ne réussit point à cicatriser une plaie où les appareils ne
sont qu'essayés; on ne fortifie pas un arbuste par de fréquentes
transplantations... La multitude des livres dissipe l'esprit. Ainsi, ne
pouvant lire tous ceux que tu aurais, il est suffisant pour toi d'avoir
ceux que tu peux lire[339].»

C'est ce que Pline le Jeune a résumé dans l'apophtegme célèbre: _Multum
legendum esse, non multa_[340]: beaucoup lire, mais non beaucoup de
choses. Et, fidèle à ce principe, il n'avait réuni que peu de livres
dans sa villa de Laurentinum, mais des livres dignes d'être sans cesse
relus[341].

Jérôme Cardan (1501-1576) estimait que toute bibliothèque devrait tenir
en trois volumes, l'un traitant de la vie des saints, l'autre contenant
de gracieux vers propres à récréer l'esprit, et le troisième enseignant
«la vie civile», c'est-à-dire les droits et devoirs du citoyen[342].
Mais déjà de son vivant ou peu après, Joseph Scaliger (1540-1609)
déclarait que, «pour une parfaite bibliothèque, il faudrait avoir six
grandes chambres[343]».

Au XVIIIe siècle, Formey, dans ses _Conseils pour former une
bibliothèque_[344], est d'avis, tantôt qu'«une centaine de volumes est
suffisante» (en ayant recours à l'occasion, il est vrai, aux
bibliothèques publiques et aux «librairies des amis»), tantôt qu'«avec
cinq à six cents, on en a assez pour toute la vie».

On voit que les opinions diffèrent, et qu'elles offrent de notables
variantes même chez les mêmes bibliographes.

Dans une ingénieuse et concluante comparaison, Voltaire commente en ces
termes le mot de Pline le Jeune:

«Un lecteur en use avec les livres comme un citoyen avec les hommes. On
ne vit pas avec tous ses contemporains, on choisit quelques amis. Il ne
faut pas plus s'effaroucher de voir cent cinquante mille volumes à la
Bibliothèque du roi, que de ce qu'il y a sept cent mille hommes dans
Paris[345].»

Peignot pense qu'«avec trois à quatre cents volumes, on pourrait se
composer la collection la plus précieuse qu'un amateur puisse
posséder[346]».

Sans donner de chiffres ni préciser, Mouravit fait ce sage aveu que «le
premier et difficile problème que doit résoudre un vrai bibliophile est
celui-ci: se faire une excellente bibliothèque avec le moins de livres
possible[347]».

Et l'éloquente voix de Lacordaire nous avertit que, «à part le besoin
des recherches dans un but utile, il ne faut lire ici-bas que les
chefs-d'œuvre des grands noms: _nous n'avons pas de temps pour le
reste_[348]».

                                   *

                                 *   *

Mais si, d'ordinaire et selon la remarque du patriarche-philosophe de
Ferney, on n'a et l'on ne peut avoir qu'un petit cercle d'amis, on ne
risque rien de posséder beaucoup de relations; si, d'accord avec
Lacordaire, nous n'avons pas de temps à consacrer aux écrits de second
ordre, et s'il est sage de nous en tenir aux chefs-d'œuvre, de nous
borner à nos maîtres préférés, il est non moins judicieux et profitable
d'être abondamment pourvu d'ouvrages à consulter, d'ouvrages de
recherches, de _référence_: dictionnaires, manuels, annuaires,
répertoires, etc.

Ici seuls l'emplacement et la fortune dont vous disposez doivent limiter
vos exigences.

Francisque Sarcey disait[349] que tout ce dont il avait besoin, en fait
de connaissances, il le trouvait dans le Larousse. Cette vaste
publication, accompagnée de ses deux suppléments et toujours complétée
et mise au pair par la _Revue encyclopédique ou universelle_, la «Revue
Larousse», peut tenir lieu, en effet, d'une bibliothèque. Malgré ses
imperfections, malgré ses erreurs, moins fréquentes que d'aucuns se
plaisent à l'insinuer, peu nombreuses même, en somme, si l'on considère
l'énorme quantité de texte qu'elle renferme, elle réalise bien le
grandiose projet de son auteur et fondateur, elle est bien la véritable
Encyclopédie du XIXe siècle.

La _Grande Encyclopédie_, commencée il y a une douzaine d'années par
l'éditeur Lamirault et encore en cours de publication, renferme, surtout
dans ses premiers volumes, d'excellents articles, rédigés avec soin,
amplement documentés, et ayant leur empreinte personnelle.

D'autres recueils encyclopédiques, comme le _Dictionnaire de la
Conversation_, l'_Encyclopédie moderne_ de Didot, etc., ont eu leur
vogue et ont encore leur valeur; mais ils datent de loin déjà, et, sur
bien des points, ne sont plus à jour.

Pour la langue française, l'historique et l'emploi des mots, rien ne
remplace l'admirable dictionnaire de Littré, qui n'a qu'un défaut, c'est
d'avoir trop restreint ses alinéas, de les avoir supprimés notamment
dans ses citations de vers, ce qui fait ressembler ceux-ci à de la
prose. Au dictionnaire de Littré ajoutez celui de notre ancienne langue
et de ses dialectes du IXe au XVe siècle de Frédéric Godefroy, ainsi que
des vocabulaires grecs, latins (Ducange--basse latinité--et Freund, par
exemple), et des principales langues vivantes.

Déjà au XVIIe siècle l'érudit La Mothe-Le Vayer, dans sa _Lettre à un
moine sur l'art de se former une bibliothèque à peu de frais_, écrivait,
à propos des dictionnaires:

«Quant à ces derniers, je tiens, avec des personnes de grande
littérature, qu'on ne saurait trop [en] avoir, et c'est chose évidente,
qu'il les faut posséder en pleine propriété, parce qu'ils sont d'un
journalier et perpétuel usage, soit que vous soyez attaché à la lecture
et intelligence de quelque auteur, soit que vous vaquiez à la méditation
et composition de quelque ouvrage[350].»

Si vous vous occupez de bibliographie, le _Manuel du libraire_ de
Jacques-Charles Brunet, _la France littéraire_ et _les Supercheries
littéraires_ de Quérard, le _Dictionnaire des anonymes_ de Barbier, et
le _Catalogue de la librairie française_ d'Otto Lorenz, vous sont
indispensables.

L'_Histoire des Grecs_ et l'_Histoire des Romains_ de Duruy, l'_Histoire
ancienne des peuples de l'Orient_ de Maspéro et les _Origines du
Christianisme_ de Renan, l'_Histoire de France_ d'Henri Martin, de
Michelet, de Lavisse, et une collection des _Mémoires relatifs à
l'Histoire de France_, celle de Petitot et Monmerqué, la plus complète,
de préférence; l'_Histoire des Français des divers états_ d'Alexis
Monteil; les quelques volumes, si remplis et si lumineux, d'Augustin
Thierry, et les études, non moins savantes et fécondes, de Fustel de
Coulanges; l'_Histoire de la Révolution_, par Thiers, Michelet, Louis
Blanc, Carlyle, Quinet, etc.; les _Origines de la France contemporaine_
de Taine; l'_Histoire du Consulat et de l'Empire_ de Thiers, avec celle
de _la Chute du premier Empire (1814-1815)_ de Henry Houssaye; les _Deux
Restaurations_ de Vaulabelle et la _Monarchie de Juillet_ de
Thureau-Dangin; l'_Histoire de Dix Ans_ de Louis Blanc, suivie de
l'Histoire de Huit Ans d'Elias Regnault et de la _Révolution de 1848_
par Daniel Stern ou Garnier-Pagès; le _Second Empire_ par Taxile Delord,
l'histoire de la _Guerre de 1870-71_ et de la _Troisième République_
(Charles de Mazade, Albert Sorel, Jules Claretie, Théodore Duret, Louis
Fiaux, Alfred Duquet, le commandant Rousset, etc.), vous permettront de
suivre, des origines du monde jusqu'à nos jours,--en étudiant plus
particulièrement la France,--les événements et les progrès de
l'humanité.

Michelet est, sans conteste, bien plus intéressant et entraînant
qu'Henri Martin; mais celui-ci possède un avantage des plus appréciables
pour les travailleurs et les chercheurs. Il a eu le bon esprit de
joindre à sa grande histoire une table analytique et alphabétique, qui
comprend tout un volume (le XVIIe) et permet de trouver instantanément
le renseignement désiré. Michelet étant, par un très fâcheux et
déplorable oubli, entièrement dépourvu de tables détaillées, les
recherches sont presque impossibles à travers ses quarante ou cinquante
volumes. Rien de plus utile, rien de plus précieux qu'une table ou index
alphabétique, «accessoire obligé de toute bonne, complète et commode
édition[351],» et l'on comprend bien qu'un chancelier d'Angleterre, Lord
Campbell, ait voulu demander, en 1850, qu'on privât de ses droits de
propriété littéraire tout écrivain qui publierait un livre sans
index[352].

Les _Causeries du lundi_ de Sainte-Beuve, ses _Portraits littéraires_,
ses _Portraits contemporains_, ses _Nouveaux Lundis_ et son
chef-d'œuvre, _Port-Royal_, constituent la plus accessible et la plus
vivante histoire de la littérature française que nous possédions,
histoire biographique et monographique, mais suffisamment détaillée et
complète. Ajoutez-y, comme complément ou correctif, sinon quelques gros
ouvrages, tels que la monumentale _Histoire littéraire de la France_,
entreprise par les Bénédictins de Saint-Maur, et continuée par des
membres de l'Institut (Fauriel, Daunou, Victor Le Clerc, Paulin Paris,
Renan, etc.)[353], bien lourde probablement pour votre humble collection
d'amateur et de jouisseur littéraire, du moins d'agréables et
consciencieuses études, inspirées par l'érudition et le goût modernes et
mises au point (Taine, Émile Montaigu, Paul Albert, Émile Deschanel,
Gaston Paris, Petit de Julleville, Ferdinand Brunetière, Paul Stapfer,
Émile Faguet, Anatole France, Jules Lemaître, Jules Levallois, René
Doumic, Paul Bourget, Gustave Lanson, Georges Pellissier, Édouard Rod,
etc.). Et, à propos d'histoire et de littérature, n'oubliez pas
l'ouvrage de Jal, son _Dictionnaire critique de biographie et
d'histoire, errata et supplément pour tous les dictionnaires
historiques_, et le bon petit _Dictionnaire des antiquités romaines et
grecques_ d'Anthony Rich.

Les dix-neuf volumes de la _Géographie universelle_ de Reclus, le
_Dictionnaire géographique et administratif de la France_ de Paul
Joanne, et une collection des _Guides_ Joanne et Bædeker (Joanne pour la
France surtout), vous rendront en maintes occasions de signalés
services.

N'oubliez pas non plus le Code et quelques bons ouvrages de droit, un
manuel ou dictionnaire de médecine visuelle, le _Bottin_ avec
l'_Annuaire Hachette_, et une collection complète d'un ou de plusieurs
périodiques,--toujours selon la place dont vous
disposez:--_l'Illustration_, par exemple, où sont consignés, retracés
par la plume et le crayon, les faits marquants de chaque semaine, et qui
offre, dans son ensemble, l'histoire écrite et illustrée de notre temps;
la _Revue encyclopédique_, alias _universelle_; _la Nature_;
_l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, un des recueils les plus
appréciés de tous les érudits et travailleurs; et le doyen de nos
journaux à gravures sur bois, _le Magasin pittoresque_, que, dans ses
«Matériaux de la bibliothèque», M. Guvot-Daubès place très justement en
tête des collections à consulter, ce qui, ajoute-t-il, peut se faire
aisément, grâce aux tables récapitulatives[354].

                                   *

                                 *   *

Voilà une série d'ouvrages pouvant servir de base à toute bibliothèque,
une réunion d'excellents outils, précieux à tous ceux qui lisent,
écrivent et étudient.

Mais ce ne sont là en quelque sorte que des _généralités_. Or, chacun de
nous a ses besoins et ses goûts particuliers, chacun de nous, par
vocation ou nécessité, par plaisir ou devoir, est poussé vers tel ou tel
genre de lectures et d'études[355], où il arrive peu à peu et forcément
à se restreindre et se confiner; d'abord parce que nous nous plaisons
tous à fréquenter de préférence les gens et les choses que nous
connaissons déjà, à approfondir, goûter et savourer de plus en plus ce
que nous savons; et parce que chaque coin de l'infini domaine de la
science est à lui seul une immensité.

Les uns se cantonnent ainsi dans l'histoire, dans une histoire spéciale,
celle, je suppose, de leur province ou de leur ville natale; d'autres
s'adonnent à l'examen de questions scientifiques, voire d'une seule
question; d'autres s'attachent à une époque, à un groupe, une école, ou
même à un personnage de notre littérature. Le législateur Sieyès et
l'idéologue Destutt de Tracy «lisaient perpétuellement Voltaire»:
arrivés au dernier tome, ils reprenaient le premier et
recommençaient[356]. Alphonse Daudet, dans les dernières années de sa
vie, avait arrêté son choix sur Montaigne et fait des _Essais_ son
unique livre de chevet: et combien partagent ce culte fervent pour
l'incomparable moraliste en qui revit, résumée et condensée, toute
l'antiquité! Combien se sont de même passionnés pour Horace, pour Dante
ou pour Shakespeare, et à combien Rabelais, Regnier, Molière, La
Fontaine, ont ou auraient pleinement suffi!

Tenez-vous-en donc, dans vos lectures, au précepte de Sénèque, de Pline
et de Voltaire: ne vous prodiguez pas, ne vous gaspillez pas. Ce n'est
qu'à la jeunesse qu'il convient d'aspirer à tout connaître, à tout voir
et tout lire, et de s'espacer, _s'égailler_, courir çà et là, partout,
au hasard des circonstances. Vous, votre choix est fait, votre cercle
d'études est tracé, la liste de vos auteurs préférés est close... ou à
peu près. Si vous voulez profiter et jouir de vos lectures, ne quittez
pas ce champ, si restreint qu'il soit et que vous l'ayez fait;
appliquez-vous à le creuser, à le fouiller et le retourner:

    Un trésor est caché dedans,

comme dans celui du vieux laboureur de La Fontaine, et

    C'est le fonds qui manque le moins.

                                   *

                                 *   *

Prenons le cas le plus fréquent. Supposons que ce soit vers nos grands
écrivains, du XVIe au XIXe siècle, que se dirigent vos
préférences,--quitte à vous d'opérer une sélection et de vous limiter
dans ce vaste et glorieux patrimoine. Rappelons-nous que ce sont des
volumes de format moyen (in-18 jésus environ) qu'il nous faut, imprimés
correctement sur bon papier, en caractères bien lisibles, et de prix
abordables,--ne dépassant pas, par exemple, le prix de la _nouveauté_, 3
francs ou 3 fr. 50. Quelles éditions allons-nous choisir?

Un de nos devanciers, Jules Richard, dans son traité de _l'Art de former
une bibliothèque_, s'est déjà posé la question, et n'a pu la résoudre:
aucune édition existant actuellement en librairie ne remplit les
conditions requises.

«J'ai toujours, écrit-il[357], déploré le sans-gêne avec lequel on
fabrique les livres pour le peuple. Généralement, c'est honteux! Dans ce
temps de doctrines humanitaires où l'on parle tant d'instruction
gratuite et obligatoire, je ne conçois pas qu'une _Société des bons
livres_, ayant pour but de fournir à bon marché au peuple une édition
convenable des classiques français et étrangers, ne se soit pas formée
sous la protection ou en dehors du gouvernement. Le goût du livre est
enfanté par le goût de la lecture, et il ne faut pas que le goût de la
lecture soit entravé par les apparences repoussantes du livre.»

«Mettre à la portée des petites bourses des éditions portatives, bien
faites et agréables à l'œil,» tel est le but que Jules Richard[358],
comme tant d'autres amis des livres et du peuple, aurait voulu voir
atteint, et qui reste toujours éloigné, toujours à l'état de projet ou
de rêve, malgré les plus pressantes, les plus légitimes et l'on peut
dire aussi les plus patriotiques réclamations[359].

Certes, il n'y a que des éloges à décerner à la collection des _Grands
Écrivains de la France_, entreprise, il y a une quarantaine d'années,
vers 1860, par la maison Hachette, sous la direction de l'érudit Adolphe
Regnier. Mme de Sévigné, Malherbe, La Bruyère, La Rochefoucauld,
Corneille, Racine, La Fontaine, Molière, figurent dans cette collection,
entièrement terminés. Pascal, le cardinal de Retz et Saint-Simon sont en
cours de publication. Par le contrôle et la pureté de leur texte, le
soin et la science apportés à leurs nombreuses notes et à leurs
volumineux lexiques, aussi bien que par le choix de leur papier et leurs
qualités typographiques, ces éditions se recommandent entre toutes,
méritent d'être citées en première ligne. C'est l'honneur de la
librairie moderne et un véritable monument élevé à la gloire des lettres
françaises.

Mais ce sont des éditions savantes, de gros volumes in-8, cotés 7 fr.
50, et qui sont, par conséquent, en dehors et au-dessus de nos
desiderata. Une autre collection, éditée par la même librairie et
commencée jadis par l'imprimerie Lahure, les _Œuvres des principaux
écrivains français_ (volumes in-18 à 1 franc), œuvres la plupart
complètes, ferait notre affaire, si elle n'était imprimée en caractères
trop fins, et, conséquence de son bas prix, sur papier de qualité
inférieure. Les anciens volumes, parus antérieurement à 1862, et dont
certains contenaient plus de pages que ceux d'aujourd'hui, ont été tirés
sur papier meilleur: il est vrai qu'ils se vendaient le double, 2 francs
au lieu de 1 franc. Comme nous en avons déjà fait la remarque, les
éditeurs ne sont pas seuls coupables du mauvais état présent de la
librairie; la faute en est surtout au public, qui exige avant tout et en
dépit de tout du «bon marché». On lui en fournit, hélas!

Les quelques «classiques» publiés par Louandre dans le catalogue
Charpentier (volumes in-18 jésus, marqués 3 fr. 50 et vendus couramment
à l'état de neuf 1 fr. 75) nous conviendraient assez, ainsi que les
_Chefs-d'œuvre de la littérature française_ de Firmin-Didot (environ 150
volumes in-18 jésus à 3 francs, vendus de même 1 fr. 75 ou 1 fr. 50), ou
encore la _Collection des meilleurs ouvrages français et étrangers_,
éditée par Garnier (in-18 jésus, mêmes prix); mais ces collections sont
incomplètes d'abord,--ainsi Voltaire et Rousseau n'y figurent que très
partiellement;--en outre, les derniers tirages, c'est-à-dire ceux qu'on
trouve actuellement en librairie, sont généralement inférieurs aux
anciens, aux tirages de 1850 ou 1860, qui étaient faits sur meilleur
papier et avec des clichés non fatigués. Quant à la _Bibliothèque
française_ de Didot, qui donne en forts volumes in-8 jésus à deux
colonnes (54 volumes) les œuvres complètes, soigneusement revues et
annotées, de la plupart de nos auteurs célèbres, elle est, par son
format, comme la collection des _Grands Écrivains_ d'Hachette, en dehors
de notre programme.

La _Nouvelle Bibliothèque classique_, fondée par Jouaust en 1876, et qui
se compose d'une soixantaine de volumes (in-16 elzevierien, à 3 francs),
marque certainement un grand progrès sur les précédentes collections à
bon marché. Le texte en est plus correct; les notices et les notes
(celles-ci placées à la fin des volumes) sont mieux rédigées, le papier
principalement est de beaucoup supérieur, l'impression est aussi plus
nette et plus soignée; mais cette impression est faite en elzevier, et
certains lecteurs n'aiment pas ce type de caractères et préfèrent le
romain. D'autres aiment mieux avoir les notes et traductions de texte au
bas des pages, près du texte même, ce qui, en effet, est plus commode
dans bien des cas, pour Montaigne, par exemple, dont chaque page, chaque
ligne est émaillée d'une citation latine. Quoi qu'il en soit, c'est
Jouaust,--qui fut un éditeur de l'ancienne mode, lettré, érudit,
laborieux, extrêmement soucieux de son œuvre, et passionné pour
elle[360],--qui se rapproche le plus de notre idéal. Malheureusement, il
n'a pas eu le temps de réunir dans sa _Nouvelle Bibliothèque classique_
tous les chefs-d'œuvre dignes d'y entrer, et des noms illustres, Pascal,
Mme de Sévigné, Buffon, Saint-Simon, etc., n'y figurent pas[361].

Je mentionnerai encore la _Bibliothèque elzévirienne_, fondée par
Jannet, et la _Nouvelle Collection Jannet-Picard_[362], consacrées
surtout à nos anciens écrivains.

Il est juste enfin de ne pas oublier, dans cette sommaire énumération,
l'excellente petite _Bibliothèque nationale, collection des meilleurs
auteurs anciens et modernes_, créée en 1863, et destinée, comme le dit
son sous-titre, «à faire pénétrer au sein des plus modestes foyers les
œuvres les plus remarquables de toutes les littératures». Ces petits
volumes in-16 à couverture bleue, actuellement au nombre d'environ
quatre cents, et comparables à l'ancienne collection populaire
stéréotype entreprise en 1799 par Pierre Didot[363], ont rendu et
rendent journellement à quantité d'écoliers, d'étudiants et de modestes
et fervents lecteurs d'inappréciables services. Mais eux non plus ne
remplissent pas les conditions que nous réclamons; leur format, commode
pour la poche, ne convient guère à une bibliothèque, et leur bas prix,
(0 fr. 25) ne vous laisse aucun doute sur la piètre qualité de leur
papier, l'insuffisance de leur exécution typographique.

                                   *

                                 *   *

Puisque la librairie «courante» ne peut nous fournir exactement et
complètement ce que nous voulons, essayons de la librairie «d'occasion»;
à défaut de livres récemment parus et «à l'état de neuf», voyons parmi
les ouvrages édités jadis et échoués chez les bouquinistes.

Là, en effet, nous avons chance de rencontrer ce que nous cherchons: des
volumes de format convenable, bien imprimés, de prix modique; nous
pouvons espérer surtout, comme nous l'avons précédemment expliqué[364],
que ces volumes seront tirés sur papier meilleur que celui de nos
malheureux livres populaires d'aujourd'hui. En outre, presque toujours,
nous trouverons ces ouvrages reliés ou cartonnés, puisque la coutume de
vendre les livres brochés est relativement récente et ne remonte guère
au delà de notre siècle[365]. Nous avons donc tout avantage à diriger
nos recherches du côté de ce qu'on nomme en librairie «l'occasion».

Comme il ne s'agit pas ici d'éditions princeps ni de livres rares, mais
de volumes tout simples, «communs», propres et maniables, il est inutile
de dresser une liste de nos éditions préférées: ces volumes abondent, et
cette liste serait forcément très incomplète, forcément interminable.

Laissons donc chacun choisir à sa guise, sous réserve toutefois qu'il
veuille bien se souvenir de ce que nous avons dit sur l'importance de la
qualité du papier, de la commodité du format, et de la grosseur et
netteté du caractère. Quant à cette autre essentielle condition,
l'authenticité et la pureté du texte, elle est le plus souvent, presque
toujours, en harmonie avec le soin apporté à l'exécution typographique.

Il n'est pas un ami des livres, sinon même pas un Parisien sachant lire,
qui ne connaisse le plaisir de bouquiner le long des quais ou devant les
étalages des libraires[366]. Il faut l'avoir goûté, ce plaisir,
«pour,--selon l'expression du bibliophile Jacob[367],--lui rendre grâce,
comme à un génie bienfaisant et consolateur. Si, continue le même
écrivain, ce plaisir n'était pas plus doux et plus fidèle que tous les
autres, plus fort de ses émotions diverses, plus favorable aux
organisations tendres et pensives, plus réel, plus vrai, plus matériel,
verrait-on des jeunes gens s'y livrer avec emportement, des hommes de
talent et d'esprit s'y plaire sans cesse, des riches et des puissants
s'y délecter de préférence à tous les jeux de la puissance et à tous les
hochets de la richesse!»

Un autre amoureux des livres, Adolphe de Fontaine de Resbecq, a rédigé
la relation de ses _Voyages littéraires sur les quais de Paris_[368], un
intéressant petit volume, où il a rassemblé ses souvenances et résumé
ses impressions de «voyageur» et de lettré. Une anecdote qu'il nous
conte montre bien quelle ténacité et quelle puissance possède la passion
du bouquinage. Un des confrères de Fontaine de Resbecq, M. H..., étant
devenu aveugle, se faisait conduire par son domestique sur le quai
Voltaire, sa promenade favorite. «On l'approchait des boîtes, il passait
alors légèrement les mains sur les livres, parcourait ainsi quelquefois
plusieurs mètres sans rien dire, puis, saisissant quelque mince volume,
il disait à son guide: «N'est-ce pas de chez Barbin?» (ou tel autre nom
de libraire célèbre). Il se trompait souvent sans doute, mais il lui est
arrivé plus d'une fois de deviner juste; alors sa joie était
inexprimable; il achetait, dans ce cas, ce qu'il avait déjà ou ce qui
lui était indifférent. C'était, disait-il, sa manière de remercier le
Créateur de lui avoir conservé l'ombre d'un sens perdu: cela fait vivre
le marchand, Dieu sera satisfait! Telle était sa pensée[369].»

Cependant, ce n'est pas du côté des bouquinistes échelonnés au bord de
l'eau que je vous engage à effectuer le plus assidûment vos recherches.
Vous pouvez certainement faire chez eux d'excellentes trouvailles,
rencontrer dans leurs boîtes des occasions qu'il vous est loisible de
qualifier, avec plus ou moins d'exagération, de «superbes»; mais ces
ouvrages ont le plus souvent un défaut capital, une tare indélébile:
continuellement exposés au vent et à la poussière, au soleil ou à la
pluie, ils ont nécessairement souffert de ce manque d'abri, ils gardent
des traces plus ou moins apparentes, mais immanquables, mais fatales,
des intempéries de l'air.

Les livres en étalage extérieur, rangés sur des rayons fixés à une
muraille, ne sont guère moins menacés, guère moins éprouvés[370].

C'est dans les magasins et arrière-boutiques des libraires d'occasion
que vous avez, à mon sens, intérêt à vous rendre et à fouiller; c'est là
que vous découvrirez le plus de bons livres en bon état.

Mais n'oubliez pas qu'il n'y a rien d'absolu en ce monde, et n'hésitez
pas à vous arrêter devant tout étalage de livres, à bouquiner partout où
vous en aurez l'occasion: c'est d'ailleurs là une recommandation
superflue, les livres, n'importe lesquels, attirant à eux
irrésistiblement et comme par enchantement tous ceux qui les aiment.

Lorsqu'un bouquiniste n'indique pas ses prix de vente sur ses boîtes ou
sur ses volumes, c'est mauvais signe; c'est signe qu'il n'a pas de prix,
qu'il établit ses chiffres et fait ses conditions selon les
circonstances, «d'après la tête du client». Il est des amateurs qui,
pour réagir contre cette déloyale coutume, ont pris le parti de ne
jamais acheter un livre dont le prix n'est pas marqué d'avance, et, aux
propositions et instances du marchand, de répondre invariablement par la
déclaration de cette formelle et excellente résolution.

Beaucoup de libraires d'occasion publient des catalogues mensuels,
bimensuels ou trimestriels, qu'ils adressent à leurs clients, et ce
procédé de vente est, paraît-il, des plus fructueux pour ces
commerçants, d'autant plus fructueux que certains, sinon la plupart, ont
contracté l'habitude de forcer la note, de surélever tous les prix. Ils
partent de ce principe, très judicieux, il faut l'avouer, que, si vous
avez vraiment besoin d'un ouvrage porté sur un de ces catalogues et en
vain cherché par vous jusqu'alors, vous ne lésinerez pas sur la somme à
débourser pour vous le procurer. Et c'est ainsi que des livres, tout
ordinaires, cotés jadis trente ou quarante sous, et qui se vendraient
encore ce prix directement, sans l'intermédiaire des catalogues, sont
tarifés sur ceux-ci à cinq francs, dix francs, voire davantage. Pour
justifier cette hausse, le libraire ajoute volontiers à la suite de
l'annonce du livre quelque fallacieuse mention: «Peu commun», «Devenu
rare», «Rarissime», etc.[371]

Méfiez-vous des ouvrages publiés par souscription; je vous dirai même:
«Ne souscrivez jamais à un ouvrage inachevé». Vous risquez--on n'en voit
que trop d'exemples--de demeurer en panne et de perdre votre argent. Je
ne ferai d'exception que pour les publications entreprises par de _très
grandes_ maisons d'édition, dont la solvabilité et la solidité sont
inébranlables. Mais ces maisons-là ne publient jamais ou presque jamais
d'ouvrages par souscription.

Quant aux industriels qui vous offrent, comme primes à des achats de
livres, des pendules avec candélabres, des bottes de couverts en ruolz,
des jumelles pour théâtre ou campagne, etc., faites mieux que de vous
méfier: n'achetez pas! Ne vous mêlez pas à ces trafics: la pendule ne
vaut rien, la jumelle non plus, et les livres encore moins.

                                   *

                                 *   *

Richard de Bury a consacré un chapitre de son _Philobiblion_[372] à
cette question: «Comme quoi on doit toujours acheter les livres, si ce
n'est dans deux cas,» et ces deux cas réservés sont: 1º la crainte
d'être trompé par le libraire; 2º l'espoir d'un moment plus opportun,
d'une meilleure occasion.

«Il y a peu de dépenses, de profusions, je dirais même de prodigalités
plus louables que celles qu'on fait pour les livres, écrit de son côté
le savant jésuite bibliographe Claude Clément[373], lorsqu'en eux on
cherche un refuge, les voluptés de l'âme, l'honneur, la pureté des
mœurs, la doctrine et un renom immortel.»

Jules Richard[374] déclare qu'«un bibliophile ne conserve pas les livres
qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_ avec plaisir, et
que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins richement». Sous sa forme
humoristique et plaisante, l'avis a du bon, surtout pour les amateurs
parisiens, logés toujours si à l'étroit, et il mérite d'être retenu.

Est-il raisonnable,--les ouvrages de référence à part, comme nous
l'avons dit au début de ce chapitre,--d'acheter plus de livres qu'on
n'en peut lire, et n'est-ce pas une excellente habitude de n'effectuer
de nouveaux achats qu'après avoir terminé la lecture des acquisitions
précédentes?

Il semble à première vue qu'il ne puisse y avoir doute à ce sujet, et
qu'il faille répondre à cette dernière question par l'affirmative.

Un écrivain que l'à-peu-près n'effrayait pas et qui a commis bien des
hérésies en bibliographie et ailleurs, Jules Janin, a émis ce conseil,
dans un opuscule «fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite
est d'être rare[375],» _l'Amour des livres_: «N'achetez aujourd'hui que
si vous avez lu, d'un bout à l'autre, le livre acheté il y a deux mois,
il y a six semaines. Furetière demandait un jour à son père de l'argent
pour acheter un livre.--«Or ça, répondait le bonhomme, il est donc vrai
que tu sais tout ce qu'il y avait dans l'autre, acheté la semaine
passée?» C'était bien répondre[376].»

Non, car, avec ce système, vous vous priveriez de livres cherchés en
vain par vous depuis longtemps et dont vous avez le plus grand besoin;
vous laisseriez échapper les aubaines les plus belles, les plus
inespérées. Encore une fois, rien d'absolu sur terre. Évidemment Jules
Janin a eu raison de mettre en garde les bibliophiles contre les
entraînements auxquels ils sont si tentés de succomber; il a eu raison
de les dissuader d'encombrer leurs rayons de livres qu'ils ne liront
jamais; très justement il conclut qu'«avec cette nécessité de lire
entièrement ce qu'on achète, on y regarde à deux fois avant d'acheter;
on se méfie un peu plus de ce qui est rare et curieux, pour se tenir aux
chefs-d'œuvres honorés de l'assentiment du genre humain[377].» Mais ce
«bon gros critique, comme le remarque si bien M. Jules Le Petit[378],
n'a jamais dû connaître à fond la passion des livres, ni la joie intime
que nous procure l'acquisition d'un volume souhaité, ni le serrement de
cœur qu'on éprouve à voir passer en d'autres mains l'objet qu'on
espérait obtenir».

«Le premier motif qui doit nous pousser à acquérir un ouvrage, dit
encore M. Jules Le Petit[379], c'est le désir de le lire, soit
immédiatement, soit plus tard, dans des moments de loisir. Il arrive
bien souvent, hélas! que ces moments-là ne viennent pas vite ou ne
viennent jamais...»; du moins on a le volume sous la main, on sait qu'il
est là, qu'on peut l'ouvrir, le consulter, le parcourir, et c'est ce
qu'on finit toujours par faire un jour ou l'autre, ne fût-ce qu'un
instant. «Il se passera plusieurs jours et des mois, sans que je les
employe (mes livres), selon l'aveu de Montaigne[380]; ce sera tantost,
dis-je, ou demain, ou quand il me plaira: le temps court et s'en va ce
pendant sans me blesser; car il ne se peult dire combien je me repose et
sejourne en cette consideration, qu'ils sont à mon costé pour me donner
du plaisir à mon heure, et à recognoistre combien ils portent de secours
à ma vie.»

L'essentiel, c'est de ne pas acheter au hasard et au tas, comme ce
monomane[381], ancien notaire devenu maire d'un arrondissement de Paris
et député sous le premier Empire, qui avait fait emplette de plusieurs
centaines de mille de volumes[382], dont il avait rempli trois maisons,
de la cave au grenier. L'important, l'intéressant et l'attrayant, c'est
d'avoir un but, de poursuivre une piste,--c'est d'avoir vos sujets
d'étude préférés et vos auteurs attitrés, et de vous y tenir.

Et alors vous goûterez vraiment et savourerez pleinement vos livres;
vous ferez partie de cette phalange d'hommes heureux dont parle
Balzac[383], de ces collectionneurs, qui,--dussent-ils, dans leur hôtel
ou leur mansarde, ne s'ingénier qu'à réunir des affiches ou aligner des
tabatières,--connaissent les moins précaires et les plus douces joies de
ce monde[384].



CHAPITRE VII

DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ET DU RANGEMENT DES LIVRES

Comment les livres étaient rangés autrefois.--Conditions d'une bonne
installation pour une bibliothèque: exposition, emplacement, local,
meubles, rayonnages, etc.--Rayonnages fixes,--mobiles;--à
crémaillères,--à clavettes.--Nous manquons de place.--Bibliothèques
tournantes.--Divers modes de rangement et de classement des livres:
classement horizontal, de gauche à droite, par ordre alphabétique de
noms d'auteur; appui-livre;--classement vertical, par ordre de
matières;--classement _ad libitum_: les plus beaux livres ou les plus
aimés sur le devant, par derrière les vilains ou les moins appréciés.


Ainsi que d'anciens documents, notamment d'anciennes images ou gravures,
nous l'apprennent, les livres se plaçaient autrefois à plat, couchés les
uns à la suite des autres, sur des rayons le plus souvent inclinés et
garnis de rebords[385]. En raison de cette disposition, les titres des
volumes étaient inscrits sur les plats, et l'on ne donnait aux dos,
qu'on voyait à peine, aucun ornement. Des clous de cuivre à large tête,
fixés aux quatre coins des plats, préservaient ceux-ci du frottement
contre le bois des rayons.

Le nombre des livres augmentant, on se décida à les placer les uns sur
les autres, et pour cela on dut commencer par supprimer l'inclinaison
des rayons et les rendre tous horizontaux. On cessa alors d'inscrire le
titre sur le plat supérieur, et l'on mit cette inscription en longueur
au dos du volume. Puis, au lieu d'empiler les livres, qui abondaient de
plus en plus, on trouva plus commode de les ranger debout sur la
_queue_, alignés et serrés les uns contre les autres[386]. C'est encore
ainsi qu'on procède.

Dans certaines bibliothèques publiques, à Leyde[387], à la Laurentienne
de Florence, à la cathédrale d'Hereford, etc., les livres étaient
attachés par des chaînettes de fer à leurs rayons ou à leurs pupitres,
de façon qu'on pût les consulter sur place, mais non les emporter. Ces
livres,--_catenati_, enchaînés,--dont les plats étaient en bois revêtu
de peau ou d'étoffe, et garnis de fermoirs et de coins, étaient parfois
très lourds, et l'on montre encore à la Laurentienne un volumineux
recueil manuscrit des épîtres de Cicéron, _Epistolæ ad familiares_, tout
bardé de cuivre, qui, en tombant sur la jambe gauche de Pétrarque, y
engendra une grave maladie et faillit rendre l'amputation
nécessaire[388].

                                   *

                                 *   *

Dans son célèbre _Katechismus der Bibliliothekenlehre_, le docteur Jules
Petzholdt, «le vieux maître de la bibliographie allemande[389]», émet, à
propos des bibliothèques publiques, des considérations qui ne sont
malheureusement que trop exactes, et sur lesquelles on ne saurait trop
appeler l'attention:

«On bâtit des écuries pour les chevaux et pour les vaches, et l'on
n'oublie pas de rechercher si l'endroit choisi et les constructions
projetées remplissent les conditions voulues:--pour ces chers animaux,
on ne néglige rien!--Ne serait-il pas équitable de demander que l'on
apporte la même attention et les mêmes soins à la construction de ces
bibliothèques, où des milliers de savants viennent en quelque sorte
puiser la substance de leurs travaux? Espérons que l'on finira par se
persuader, dans un avenir prochain, que de semblables exigences n'ont
rien que de raisonnable[390].»

Bien que nous ne nous occupions que d'une bibliothèque privée et de
modeste étendue, le vœu si légitime de Petzholdt méritait d'être
rappelé, et il convient, toute proportion gardée, d'en tirer profit pour
notre sujet.

De la bonne disposition et du bon ordre de notre bibliothèque dépendent,
en très grande partie, le plaisir et les services que nous tirerons
d'elle: selon une ingénieuse comparaison formulée par Herder[391], une
bibliothèque bien organisée est comme «un capital dont les intérêts
seraient perçus par l'intelligence»; et, bien avant lui, un de nos
premiers bibliographes,--premiers, par droit d'ancienneté et par rang de
mérite,--le savant Gabriel Naudé, nous a prévenus qu'une collection de
livres en désordre ne mérite pas le nom de bibliothèque, qu'une
bibliothèque non rangée, c'est une bibliothèque qui n'existe pas[392].

Bien que vieux de près de trois cents ans, les conseils rassemblés par
lui dans son _Advis pour dresser une bibliothèque_ sont encore pleins
d'utilité et d'à-propos, et nous ne saurions mieux faire que de rappeler
ici ceux qui ont trait à la question dont nous nous occupons, à
l'emplacement et au rangement des livres:

«Pour ce qui est de la situation et de la place où l'on doit bastir ou
choisir un lieu propre pour une bibliothèque, il semble que ce commun
dire:

    _Carmina secessum scribentis et otia quærunt,_

nous doive obliger à le prendre dans une partie de la maison plus
reculée du bruit et du tracas, non seulement de ceux de dehors, mais
aussi de la famille et des domestiques, en l'éloignant des rues, de la
cuisine, sale (salle) du commun, et lieux semblables, pour la mettre,
s'il est possible, entre quelque grande court et un beau jardin où elle
ait son jour libre, ses veues bien estendues et agréables, son air pur,
sans infection de marets, cloaques, fumiers, et toute la disposition de
son bastiment si bien conduitte et ordonnée, qu'elle ne participe aucune
disgrace ou incommodité manifeste.

«Or, pour en venir à bout avec plus de plaisir et moins de peine, il
sera toujours à propos de la placer dans des estages du milieu, afin que
la fraischeur de la terre n'engendre point le remugle, qui est une
certaine pourriture qui s'attache insensiblement aux livres; et que les
greniers et chambres d'enhaut servent pour l'empescher d'estre aussi
susceptible des intempéries de l'air, comme sont celles qui pour avoir
leurs couvertures basses ressentent facilement l'incommodité des pluyes,
neiges et grandes chaleurs. Ce que s'il n'est pas autrement facile
d'observer, au moins faut-il prendre garde qu'elles soient élevées de la
hauteur de quatre ou cinq degrez, comme j'ay remarqué que l'estoit
l'Ambroisienne à Milan, et le plus haut exhaussées que l'on pourra, tant
à raison de la beauté que pour obvier aux incommodités susdites: sinon
le lieu se trouvant humide et mal situé, il faudra avoir recours ou à la
natte, ou aux tapisseries pour garnir les murailles, et au poisle ou
bien à la cheminée, dans laquelle on ne bruslera que du bois qui fume
peu, pour l'eschauffer et desseicher pendant l'hyver et les jours des
autres saisons qui seront plus humides.

«Mais il semble que toutes ces difficultez et circonstances ne soient
rien au prix de celles qu'il faut observer pour donner jour et percer
bien à propos une bibliothèque, tant à cause de l'importance qu'il y a
qu'elle soit bien esclairée jusques à ses coins plus éloignez, qu'aussi
pour la diverse nature des vents qui doivent y souffler d'ordinaire, et
qui produisent des effects aussi différents que le sont leurs qualitez
et les lieux où ils passent. Sur quoy je dis que deux choses sont à
observer: la première, que les croisées et fenestres de la bibliothèque
(quand elle sera percée des deux costez) ne se regardent diamétralement,
sinon celles qui donneront jour à quelque table; d'autant que par ce
moyen les jours ne s'esvanoüyssant au dehors, le lieu en demeure
beaucoup mieux esclairé. La seconde, que les principales ouvertures
soient tousjours vers l'Orient, tant à cause du jour que la bibliothèque
en pourra recevoir de bon matin, qu'à l'occasion des vents qui soufflent
de ce costé, lesquels estans chauds et secs de leur nature rendent l'air
grandement tempéré, fortifient les sens, subtilisent les humeurs,
espurent les esprits, conservent nostre bonne disposition, corrigent la
mauvaise, et, pour [tout] dire en un mot, sont très sains et salubres:
où, au contraire, ceux qui soufflent du costé de l'Occident sont plus
fascheux et nuisibles, et les Méridionaux plus dangereux que tous les
autres, parce qu'estans chauds et humides ils disposent toutes choses à
pourriture, grossissent l'air, nourrissent les vers, engendrent la
vermine, fomentent et entretiennent les maladies, et nous disposent à en
recevoir de nouvelles[393]; aussi sont-ils appelez par Hippocrate:
_Austri auditum hebetantes, caliginosi, caput gravantes, pigri,
dissolventes_, parce qu'ils remplissent la teste de certaines vapeurs et
humiditez qui espaississent les esprits, relaschent les nerfs, bouschent
les conduits, offusquent les sens, et nous rendent paresseux et presque
inhabiles à toutes sortes d'actions. C'est pourquoy, au défaut des
premiers, il faudra avoir recours à ceux qui soufflent du Septentrion,
et qui, par le moyen de leurs qualitez froide et seiche, n'engendrent
aucune humidité, et conservent assez bien les livres et papiers[394].»

                                   *

                                 *   *

Ainsi, placer la bibliothèque dans l'endroit le moins bruyant de la
maison;--pas trop haut ni trop bas, c'est-à-dire ni dans les greniers ni
dans les sous-sols et rez-de-chaussée;--la bien éclairer: qu'il n'y ait
pas de coins sombres;--qu'elle soit autant que possible exposée à l'est,
ou, à défaut de l'est, au «septentrion»: tels sont les principes
formulés jadis par le sagace Naudé, et qui méritent encore d'être cités
comme base essentielle de l'installation de toute bibliothèque.

A propos de l'exposition septentrionale, si la plupart des bibliographes
se sont rangés à l'opinion de Vitruve et de Naudé, et préfèrent
l'exposition orientale[395], il convient de rappeler cependant que la
première de ces expositions a eu et a encore ses partisans. Louis Savot,
médecin de Louis XIII et auteur d'un traité sur _l'Architecture
française_, «pense qu'une bibliothèque serait mieux placée du côté du
septentrion, parce que l'air du nord étant plus pur, ne peut corrompre
ni altérer le papier et la couverture des livres[396]»; et un
bibliographe moderne, Alkan aîné, estime également que «la disposition
du franc nord est plus favorable aux livres que le midi ou le levant
même... Nous avons, ajoute-t-il, conservé, pendant un quart de siècle,
dans une grande pièce située au nord, chauffée par un simple tuyau
traversant, d'une chambre voisine, toute une bibliothèque, qui n'est
pas, comme l'on sait, sans importance. Pas un volume endommagé[397]!»

Si les meubles ou rayonnages destinés à contenir les livres devaient
être adossés à un mur portant des traces persistantes d'humidité, il
serait nécessaire de supprimer au préalable cette source de danger, et
pour cela on pourrait recourir au procédé indiqué par M. Jules
Cousin[398]. «Il consiste à donner au mur plusieurs couches d'huile
bouillante, et à le recouvrir ensuite de feuilles de plomb laminé, que
l'on fixe avec de petits clous. On peut alors, sans inconvénient, en
approcher les rayons. Ce procédé, un peu dispendieux sans doute, est
très sûr, et il serait opportun de l'employer lorsqu'on a de grandes
surfaces atteintes par l'humidité.»

L'humidité d'ailleurs est la grande ennemie des livres, et l'on ne
saurait prendre contre elle trop de précautions. Si solide et si sec que
soit le parquet de la pièce où ils sont renfermés, les
volumes,--notamment ceux «du bas», c'est-à-dire appartenant à l'infime
rangée de la bibliothèque,--ne devront jamais y reposer directement:
cette rangée doit, comme les autres, posséder son rayon particulier,
élevé d'au moins dix ou quinze centimètres au-dessus du parquet. Ils ne
devront pas non plus toucher le mur contre lequel s'appuient leurs
supports ou rayons, si indemne d'humidité que paraisse ce mur: il faut,
comme nous le verrons surtout en parlant de l'entretien des livres[399],
que l'air circule librement autour d'eux, qu'ils puissent en quelque
sorte respirer à l'aise.

                                   *

                                 *   *

Si les meubles propres à renfermer les livres peuvent différer selon
l'emplacement qu'ils occupent et le degré de fortune de leur
propriétaire, il est néanmoins certaines règles qu'il convient de ne pas
oublier.

D'abord, c'est que, comme nous le disions il y a un instant, «les
livres, et surtout les reliures, ont besoin d'air. Un livre est un être
vivant, il faut qu'il respire. Je suis convaincu par expérience, écrit
Jules Richard[400], qu'à la longue un volume relié s'abîme moins sur un
rayon que dans un meuble hermétiquement fermé. Nos ancêtres, qui
joignaient la prudence à la connaissance des choses, mettaient souvent
des portes à leurs armoires-bibliothèques, mais elles étaient
grillagées. Aujourd'hui les vrais amateurs ont des armoires ouvertes...»

Donc, pas de meubles fermés, pas de portes à vos rayonnages. En plus des
avantages ci-dessus énumérés, cette suppression vous vaudra double
profit: économie d'argent dans la fabrication du meuble, économie de
temps dans la recherche et le maniement de vos livres.

Faites-le, ce meuble, aussi pratique, partant aussi simple que possible,
un _rayonnage_ encore une fois[401], c'est-à-dire des montants destinés
à supporter des tablettes ou rayons, avec, dans le bas, une plinthe pas
trop élevée, et, dans le haut, une corniche qui ne mange pas trop de
place;--car c'est la place qui, généralement et à Paris surtout, manque
le plus dans nos appartements modernes.

On fabrique actuellement des sortes de rayonnages entièrement en métal,
en tôle vernissée ou émaillée, qui présentent de grandes garanties
contre les risques d'incendie, et rendent beaucoup plus faciles le
démontage, le transport, ainsi que le nettoyage et tous les soins de
propreté d'une bibliothèque.

Mais ne nous occupons que des systèmes plus en usage et courants, des
meubles en bois, destinés à un cabinet de travail ou à une chambre
d'étudiant.

Le chêne, le noyer, l'acajou, le palissandre, le poirier noirci, qui
imite si bien l'ébène, sont les essences qui, si votre budget vous le
permet, conviennent le mieux pour les montants, plinthes et corniches de
vos bibliothèques[402]. Pour les tablettes, contrairement à l'avis de
Peignot, employez un bois moins dur, aussi bien pour ne pas donner un
poids inutile à votre meuble qu'afin de vous épargner un non moins
inutile surcroît de dépense: le pin ou le pitchpin, passé en couleur, de
façon à s'harmoniser avec les montants, et garni, sur le côté extérieur,
d'une baguette de même essence qu'eux, suffira très bien et vous
satisfera pleinement.

Si vos humbles ressources vous contraignent à la plus stricte économie,
laissez de côté le chêne et autres bois compacts et coûteux, et
n'employez, pour toute votre bibliothèque,--vous ne vous en trouverez
pas plus mal,--pour les tablettes, aussi bien que pour les montants, la
plinthe et la corniche ou simple saillie, que des bois résineux, ennemis
des insectes, et de prix modique: pin, pitchpin, mélèze, etc., auxquels
vous ferez donner la teinte qu'il vous plaira.

Qu'il n'y ait jamais guère plus d'un mètre d'intervalle entre vos
montants; en d'autres termes, que vos tablettes n'aient jamais plus de 1
mètre à 1 m. 30 de longueur: avec une portée plus grande, elles
risqueraient de fléchir sous le poids des livres[403]. Leur largeur sera
naturellement subordonnée à la profondeur de votre bibliothèque,
c'est-à-dire que cette largeur variera selon que vous vous proposez
d'avoir ou de n'avoir pas plusieurs rangées de livres les unes derrière
les autres. Avec une seule rangée, vous pourriez donner à vos tablettes
un peu plus de la largeur de vos plus grands volumes, de vos in-4, par
exemple (0 m. 23), soit 25 centimètres. Pour l'épaisseur, 2 centimètres
sont suffisants.

Il est important que la face antérieure des montants ne déborde pas sur
les tablettes, qu'elle en laisse bien les deux extrémités à découvert,
de façon à ne pas cacher les livres placés à ces extrémités, et à
permettre de prendre et de remettre ces volumes aisément, sans risque de
les froisser et endommager.

                                   *

                                 *   *

Comment adapter les tablettes aux montants? Et d'abord, faut-il qu'elles
soient fixes ou mobiles?

Les livres devant être, ainsi que nous l'expliquerons plus loin, rangés
selon leur hauteur ou format, il n'y aurait guère d'inconvénients, comme
le constatent MM. Albert Maire et Guyot-Daubès[404], à ce que les
tablettes fussent établies à demeure, c'est-à-dire fixées directement
aux montants au moyen de mortaises, ou, _ce qui vaudrait moins_, à cause
des inégalités et saillies intérieures qui en résulteraient, posées sur
des tasseaux cloués à ces montants. En tout cas, il serait prudent de
clouer par l'extérieur et de bien s'assurer qu'aucune extrémité de clou
ne dépasse à l'intérieur et ne peut érafler les volumes.

Mais, malgré l'opinion des deux bibliographes précités, les tablettes
mobiles sont généralement préférées aux tablettes fixes[405]; elles
offrent d'ailleurs certains incontestables avantages, en cas de
déménagement, par exemple[406], ou de simple changement de place. Donc,
ces tablettes ou rayons mobiles, par quoi les soutenir et comment les
manœuvrer?

Le système des crémaillères a été longtemps en honneur et est encore
communément employé. On sait en quoi il consiste. A l'intérieur des deux
montants d'une bibliothèque ou de toute travée de bibliothèque, sur le
bord antérieur et sur le bord postérieur de chacun de ces montants, sont
fixées de longues bandes de bois taillées en dents de scie et placées
autant que possible de telle sorte que les dents de ces crémaillères
soient exactement en face les unes des autres. On prend des tasseaux,
sorte de languettes de bois dont les bouts sont coupés en biseau, et on
les encastre deux par deux, à la hauteur que l'on désire, dans les crans
de ces crémaillères, en ayant soin que ces crans se correspondent, se
trouvent bien vis-à-vis, sur le même plan horizontal. S'il en était
différemment, si l'un des tasseaux était plus bas ou plus haut que
l'autre, la tablette qu'on y poserait suivrait évidemment cette
inclinaison et pencherait d'un côté ou de l'autre.

Outre que la pose et la stabilité des tasseaux sont souvent contrariées
par le perpétuel jeu du bois, nous retrouvons, avec ce système, le même
inconvénient, voire un inconvénient pire, que dans le système de tout à
l'heure, où les tasseaux étaient cloués aux montants, puisque à la
saillie des tasseaux s'ajoute maintenant celle des quatre crémaillères
intérieures, de toute cette quantité de crans et de dents de scie,
d'aspérités disposées à souhait pour rayer et déchirer les couvertures
des volumes placés dans leur voisinage, c'est-à-dire aux extrémités de
chaque rayon. Aussi ferez-vous bien, si vous employez ce mode de
support, d'appliquer à ces extrémités, contre chaque couple de
crémaillère, une feuille de carton assez épais, destinée à protéger le
livre menacé.

Le système des clavettes ou pitons, que nous allons maintenant examiner,
est, sans comparaison, de beaucoup préférable à celui des crémaillères.

Au lieu d'être munis, sur chacun de leurs bords intérieurs, de cette
longue bande de bois taillée en dents de scie, les deux montants de la
bibliothèque sont à demi percés, en cette même place, d'une suite de
petits trous, également espacés de trois en trois centimètres, et dans
lesquels on introduit des clavettes ou pitons en fer ou en cuivre[407].
C'est sur la tête de ces clavettes, qui est aplatie et offre une surface
saillante d'environ un centimètre et demi carré, que les rayons de la
bibliothèque viennent s'appuyer. Il faut quatre clavettes pour chaque
rayon, deux de chaque côté, comme il fallait tout à l'heure quatre crans
de crémaillère, deux par tasseau; et, de même qu'on devait avoir grand
soin de choisir ces quatre crans bien en face les uns des autres, il est
indispensable que les quatre trous destinés à recevoir les clavettes
correspondent exactement, soient bien sur le même plan horizontal.

Quoique l'épaisseur de la tête des clavettes soit relativement minime et
ne dépasse guère trois ou quatre millimètres, il est bon, afin
d'empêcher la clavette d'accrocher ou d'écorner la tête des livres, de
ménager dans l'épaisseur du rayon, à ses deux extrémités, quatre
échancrures où viendront librement s'emboîter les têtes des quatre
clavettes: le rayon n'en sera que plus solidement assis, et toute
aspérité, toute saillie, sera supprimée. On remplace même parfois les
clavettes métalliques par des clavettes de bois, auxquelles
naturellement on donne plus d'épaisseur et plus de longueur, des espèces
de _tenons_, auxquels correspondent des _mortaises_ pratiquées deux à
deux aux extrémités des rayons. C'est le système employé, et
probablement depuis longtemps, dans certaines sections de la
Laurentienne de Florence: il est moins élégant que le précédent, plus
primitif, mais je ne le crois pas plus solide ni même plus économique.

On a cherché, dans ces derniers temps, à supprimer ou amoindrir le plus
possible la difficulté que présente le changement de place (abaissement
ou exhaussement) d'un rayon chargé de livres, que ce rayon soit appuyé
sur des tasseaux ou supporté par des clavettes. Plusieurs systèmes ont
été imaginés dans cette intention. M. le docteur Staender, directeur de
la bibliothèque royale et universitaire de Breslau, est notamment
l'inventeur d'un rayon «muni à ses deux extrémités de pitons en métal
montés sur tourillons mobiles. Ces pitons pénètrent dans des trous
carrés percés dans les montants de chaque travée. On peut aussi
remplacer, à l'une des extrémités du rayon, les pitons mobiles par des
pitons fixes[408].»

                                   *

                                 *   *

Il serait certainement très avantageux de ne pas donner à votre
bibliothèque-meuble une hauteur supérieure à celle où peut atteindre la
main, hauteur qui dispense de l'emploi des échelles ou escabeaux et est
actuellement adoptée pour les rayonnages des principales bibliothèques
publiques[409]. Malheureusement, et comme nous l'avons déjà plus d'une
fois noté, nous sommes presque toujours logés très à l'étroit; dans les
grandes villes surtout, la place nous est mesurée avec la plus extrême
parcimonie: d'où la nécessité de n'en pas perdre un brin. La hauteur de
votre bibliothèque dépendra donc de celle de votre appartement et de la
quantité de livres que vous possédez ou avez l'intention d'acquérir.

De même pour la profondeur du meuble. Il vaudrait mille fois mieux sans
nul doute ne pas mettre de livres les uns derrière les autres; mais...
toujours le manque de place! Du moins si vous êtes contraint de doubler
ou même de tripler la profondeur de vos casiers, d'y installer, l'une
derrière l'autre, deux, voire trois rangées d'in-16 ou d'in-18, ayez
soin de les échelonner, de façon que les volumes placés sur le premier
rang ne masquent pas les titres des volumes du second rang et ceux-ci
les titres du troisième. Surélevez d'un ou deux crans, ou d'un ou deux
trous,--selon que votre rayonnage sera à crémaillères ou à
clavettes,--le deuxième rayon et d'autant le troisième. Il va de soi
que, si vous employez le rayonnage à clavettes, vous devrez, pour
pouvoir disposer plusieurs rangs de rayons en profondeur, avoir fait
préalablement adapter, non pas seulement deux bandes de bois sur les
deux bords intérieurs de chacun des montants de votre bibliothèque,
mais, entre ces bandes extrêmes, deux autres bandes, plus ou moins
distantes et pareillement percées de trous, destinés à recevoir les
clavettes _de devant_, supportant les rayons 2 et 3, les rayons du fond,
moins larges que le rayon 1.

Il existe certains petits casiers pivotants, de différentes tailles,
dits _bibliothèques tournantes_, qu'on peut installer à portée de la
main, près de la table ou même sur la table de travail, et qui vous
permettent d'alléger ainsi vos rayons et d'accroître l'espace consacré à
vos livres. On y logera naturellement de préférence les ouvrages dont on
se sert le plus: dictionnaires, annuaires, manuels, etc.

Pour obvier à l'insuffisance de place, M. Gladstone, le célèbre homme
d'État anglais, avait imaginé de disposer sa bibliothèque comme une
bibliothèque publique, de diviser son cabinet de travail par de «petits
murs de livres à hauteur d'appui, perpendiculaires aux grands côtés de
la salle et y marquant de véritables demi-cloisons. Chacun de ces petits
murs à tablettes était accessible de [des] deux côtés, et, par
conséquent, donnait place à deux rangées de volumes présentant chacune
le dos. Ces deux cloisons formaient, en avant des fenêtres, autant de
réduits favorables à la solitude et au travail; elles laissaient le haut
des surfaces disponible pour les tableaux, gravures et objets d'art;
enfin, elles supprimaient l'emploi des échelles ou des marchepieds. M.
Gladstone s'est étendu avec beaucoup de verve sur les avantages de cet
arrangement; il a démontré que, par son système, 18 000 à 20 000 volumes
pouvaient trouver place dans une salle de 10 à 12 mètres de long sur 6
de large, et cela sans lui ôter l'aspect d'un salon ou lui donner celui
d'un magasin de librairie[410].»

Mais tout le monde ne dispose pas d'une salle de 10 à 12 mètres de long
sur 6 de large, et ce procédé, si ingénieux et élégant qu'il soit,
serait inapplicable dans nos étroites petites pièces.

Si vous désirez ne pas laisser tous vos volumes ou documents exposés aux
regards de vos visiteurs, si vous possédez des livres rares, des
incunables, des manuscrits enluminés, que vous tenez à mettre en
réserve[411], à abriter contre les indiscrets et contre la poussière,
faites fermer par des portes à panneaux plus ou moins ouvragés, des
portes à charnières ou à coulisses, la partie inférieure de votre
bibliothèque ou d'une de ses travées seulement. Que les montants en
soient torsés ou cannelés, la corniche enrichie de moulures, si bon vous
semble, soit! mais n'oubliez pas que plus ce meuble sera simple, plus il
facilitera vos recherches, accélérera votre besogne, plus il vous sera
commode.

Surtout, à aucun prix, ne vous servez de ces meubles dits
«fantaisistes», de ces vitrines «galbées», de ces bahuts rocaille et
Pompadour, de ces baroques échafaudages et stupides japonaiseries, où
les rayons s'interrompent brusquement ou s'enchevêtrent les uns dans les
autres: je m'occupe d'une bibliothèque d'homme de lettres ou de
sciences, d'homme d'étude, de travailleur, et non des étagères à
bibelots d'une petite-maîtresse.

                                   *

                                 *   *

On peut avoir à mettre en ordre une bibliothèque composée de nombreux
volumes de tous les formats, et qui se trouveraient mêlés ensemble et
amoncelés à terre. Dans ce cas, il faudrait commencer par les trier, et
c'est d'après les formats que ce tri devrait être opéré. On réunirait
donc d'abord tous les in-folio, tous les in-4, les in-8, etc.; on
s'occuperait ensuite de rassembler les volumes appartenant aux mêmes
ouvrages, ce qui se ferait aisément, ces volumes étant reconnaissables,
outre leurs égales dimensions, à la couleur de leur reliure ou à leur
titre.

C'est de même, en suivant l'ordre des formats, et, dans chaque format,
selon l'ordre alphabétique des noms d'auteurs et en allant de gauche à
droite, que les livres doivent être rangés sur les rayons. Vous mettrez
naturellement sur le ou les premiers rayons du bas vos plus grands
volumes, vos in-folio, si vous en possédez une quantité suffisante pour
leur attribuer un rayon, et vos in-4. Si vous n'avez que quelques
in-folio, il serait fâcheux, pour quatre ou cinq volumes de cette
taille, de hausser de plusieurs crans la tablette supérieure à ce
premier rang et de perdre ainsi une place précieuse. Vous joindrez donc
ces quatre ou cinq in-folio à vos deux ou trois _atlantiques_
(in-plano), format qui n'abonde pas non plus d'ordinaire dans une
bibliothèque du genre de la nôtre, et vous les rangerez à part et à
plat, vous les coucherez l'un sur l'autre dans une armoire[412],--dans
cette armoire, par exemple, que vous venez d'installer au bas et comme
en soubassement de vos rayonnages, et que vous aurez eu soin de faire
assez large pour renfermer ces grands livres. Ce rangement horizontal
aura en outre l'avantage de ménager vos atlantiques, généralement peu
épais et par suite peu résistants, qui risqueraient fort de se fatiguer
et de fléchir en restant debout.

Au-dessus des in-4, viendront, toujours par ordre alphabétique de noms
d'auteurs, et en allant toujours de gauche à droite[413], c'est-à-dire
dans le sens de la lecture, les in-8, puis les in-12 et in-18, et enfin,
près de la corniche, les plus petits formats[414].

Au lieu de l'ordre alphabétique, vous pourriez, si vous dressez un
catalogue et tenez un ou plusieurs _registres d'entrée_ de vos livres
(un pour chacun des quatre formats principaux: nous parlerons plus
loin[415] de ces formats et de ces registres), les ranger dans l'ordre
d'inscription. Mais cette méthode, convenable et indispensable aux
bibliothèques publiques, où chaque recherche d'un livre dans les rayons
exige au préalable la recherche du numéro d'inscription de ce livre au
catalogue, numéro reporté sur une étiquette collée au dos de ce même
livre, ne nous semble guère pratique pour une collection particulière et
modeste; et, justement afin de ne pas recourir sans cesse à notre
catalogue, si restreint qu'il soit, nous préférons de beaucoup le
classement par formats et par ordre alphabétique. Vos livres étant ainsi
alignés par rangs de tailles, et ces tailles allant toujours en
diminuant à mesure que les tablettes s'élèvent, la symétrique régularité
de cette disposition plaira d'emblée à la vue et produira le meilleur
effet.

M. Guyot-Daubès blâme cette méthode, et conseille de placer sur les
rayons de hauteur moyenne, en face des yeux, soit à environ 1 m. 65 du
sol, les volumes ayant le plus petit format. «La hauteur moyenne à
laquelle se trouveront les yeux d'une personne se tenant debout près de
la bibliothèque sera d'environ 1 m. 65; c'est donc sur un rayon à peu
près à cette hauteur qu'on devra placer les livres des plus petits
formats: in-12, in-16, in-18. Les titres, généralement peu apparents, du
dos de ces volumes pourront ainsi être lus avec facilité. Sur le rayon
au-dessus, on placera les volumes d'un format un peu plus grand...
Au-dessus se placeront les grands in-8[416];» etc.

Il y a là une singulière inadvertance. La force des caractères d'un
titre de livre, la lisibilité de ce titre, en d'autres termes, ne dépend
nullement du format de ce livre, mais de son épaisseur, de sa largeur de
dos. Un petit in-18 ou un in-32 de 500 pages pourra recevoir une
inscription, faite dans le sens ordinaire, le sens horizontal, bien plus
grosse, bien plus apparente que celle d'un in-8 de 50 pages ou d'une
plaquette in-4 ou in-folio. Dans ce dernier cas même, on est obligé,
faute de place horizontale, d'inscrire le titre verticalement sur le dos
du volume, ce qu'on pourrait faire d'ailleurs aussi pour un petit in-18
ou un in-32; mais ces inscriptions mises _en longueur_ ne sont jamais
bien lisibles ni bien commodes. C'est horizontalement que doivent
s'inscrire les titres au dos des volumes, et, plus ce dos sera large,
plus grosse et plus visible pourra être et sera cette inscription: cela
est de toute évidence, et vous n'avez qu'à le constater sur vos volumes.

Il y a un autre motif pour ne jamais placer au sommet de votre
bibliothèque vos plus grands formats, et c'est notre cher La Fontaine
qui vous l'enseigne dans sa fable _le Gland et la Citrouille_: un livre,
tout comme un gland qui se détache de l'arbre, peut tomber de sa
tablette, et mieux vaut recevoir sur la tête un mignon elzevier ou un
minuscule cazin qu'un énorme potiron.

C'est ici le cas de rappeler qu'il existe un petit appareil très simple
et peu coûteux destiné à retenir les livres à leur place sur les rayons.
L'_appui-livre_ se compose de deux courtes plaques métalliques
perpendiculaires l'une à l'autre: la plaque horizontale se glisse sous
les volumes à soutenir, du côté du vide, et la plaque verticale en
venant butter contre le premier de ces volumes, l'empêche de choir, et
retient ainsi debout et serrés les uns contre les autres les livres de
toute la rangée. Il faut avouer néanmoins que cet appareil n'a guère
d'efficacité que pour les volumes de petit format: les in-4 et les in-8,
les in-18 mêmes, réussissent aisément, par leur poids, à pousser
l'appui-livre, à le faire céder, et le rendent ainsi inutile. On
emploie, dans certaines bibliothèques publiques des États-Unis, un
appui-livre tout à fait primitif et bien plus pratique: «c'est une
simple brique de construction, enveloppée de papier bulle, et dont le
poids suffit à maintenir debout les in-octavo et les in-quarto[417].»

                                   *

                                 *   *

La méthode de classement adoptée à la Bibliothèque nationale et dans les
bibliothèques universitaires peut nous servir, sinon de base, du moins
d'indication pour le rangement de nos volumes. Ainsi que nous l'avons
vu[418], les livres sont répartis, d'après leurs formats, à la
Bibliothèque nationale, en cinq catégories, et, dans les bibliothèques
universitaires, en trois seulement. Ces trois catégories, avons-nous
dit, sont les suivantes:

1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35
centimètres);

2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 centimètres);

3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres).

Dans une bibliothèque privée, du genre de celle dont nous nous occupons,
les volumes dépassant 35 centimètres de hauteur sont généralement peu
nombreux; les volumes au-dessus de 25 centimètres sont même bien moins
abondants que ceux du _format Charpentier_ (18 centimètres[419]); ce
sont ces derniers dont on publie le plus aujourd'hui, comme nous l'avons
remarqué en traitant des formats, et qui ont chance de se trouver chez
nous en majorité. Réservons-leur donc la plus large place, et, afin de
la ménager le plus possible, la place, de créer le moins de vide
possible entre nos rayons, au-dessus de nos rangées de livres,
établissons quatre sections[420], au lieu de trois, et espaçons nos
rayons en conséquence:

1º _Très grand format_: volumes in-4 cavalier ou in-4 jésus,
c'est-à-dire volumes d'une hauteur à peu près égale à 31 ou 35
centimètres; les volumes de format supérieur, les quelques in-folio et
les atlantiques, étant, avons-nous dit tout à l'heure[421], rangés à
part, couchés l'un sur l'autre, dans une armoire;

2º _Grand format_: volumes in-8, ou, plus exactement et plus
complètement, volumes supérieurs à l'in-18 jésus et inférieurs à l'in-4
cavalier, c'est-à-dire ayant de 19 à 31 centimètres de hauteur;

3º _Moyen format_: volumes in-18 jésus, ou approximatifs (in-16 raisin,
in-12 carré, etc.), c'est-à-dire ayant environ 18 centimètres de
hauteur;

4º _Petit format_: volumes dont la hauteur est inférieure à 16 ou 17
centimètres (in-24 écu, in-32 jésus, etc.).

Que ce désir, si légitime, d'utiliser le maximum de place dont nous
disposons, ne nous empêche cependant pas de laisser, au-dessus de chaque
rangée de livres, entre la tête de ceux-ci et la tablette supérieure, un
peu d'espace, deux centimètres environ, afin de pouvoir aisément glisser
la main dans cet intervalle, et retirer ou replacer sans difficulté nos
volumes.

Mais comment concilier le classement par formats avec le classement par
matières? Car tout le monde ne peut, à l'exemple, paraît-il, de M. de
Talleyrand, ne garder dans sa bibliothèque que des volumes d'un seul et
même format, ce qui évidemment simplifiait de beaucoup la question et
supprimait toute difficulté. Et ce format, tant affectionné par
l'illustre diplomate, inutile de vous prévenir que c'était l'in-8: vous
vous souvenez de ce que nous avons dit de la vogue de l'in-8 dans toute
la première moitié du XIXe siècle[422]? M. de Talleyrand, assure-t-on,
ne voulait «souffrir» sur ses rayons «que des lignes immenses d'in-8,
tous rangés en bataille comme des grenadiers prussiens[423]».

Vous, qui n'êtes pas aussi exclusif, qui possédez des livres de toutes
dimensions, comment donc ferez-vous pour que le rangement par formats se
concilie avec l'ordre des matières?

La difficulté n'a d'importance, à vrai dire, et selon la remarque de
Tenant de Latour, que pour «les grands établissements publics, où la
confusion d'ailleurs se mettrait trop aisément sans cela. Mais, dans une
bibliothèque de quelques milliers de volumes, où l'on n'est pas obligé,
où il ne serait pas possible d'admettre tous les ouvrages qui se
rattachent à chaque division, où l'on n'admet assez généralement que des
livres plus ou moins utiles ou plus ou moins aimés, là où toute une
matière peut être représentée par cent volumes de formats divers[424],»
il est toujours relativement facile de ranger ces volumes avec
régularité, élégance et commodité.

Si vous tenez absolument, ce qui est du reste très légitime, à classer
ensemble tous vos volumes traitant de la même matière, employez le
_classement vertical_ préconisé par M. Guyot-Daubès. Vous voulez, par
exemple, que tous vos ouvrages sur l'histoire de France se trouvent
réunis. Au-dessus de vos in-4 traitant de ce sujet, placez vos in-8
consacrés à la même question; au-dessus de vos in-8, rangez vos in-12 et
in-18 ayant trait pareillement à notre histoire nationale, et, au-dessus
des in-12 et in-18, les in-24 et in-32 qui s'en occupent aussi. Vous
rangerez de même, à la suite des précédents, les volumes relatifs à la
littérature, à la linguistique, aux beaux-arts, etc. «Par ce moyen, la
bibliothèque conserve son aspect de régularité et de bonne disposition,
toute la place est bien utilisée, et il n'y a pas d'emplacement perdu
par suite de la présence de petits volumes dans des rayons largement
espacés; le _classement vertical_ a donc une importance sur laquelle on
ne saurait trop insister[425].»

Mais, dans chacune de ces catégories: histoire de France, littérature,
linguistique, beaux-arts, etc., n'oubliez pas de ranger toujours vos
volumes par ordre alphabétique de noms d'auteurs, ce qui facilitera de
beaucoup vos recherches, et toujours de gauche à droite sur chaque
rayon, comme nous l'avons dit.

Un autre système de classement, applicable seulement aux bibliothèques
particulières, se trouve mentionné, sinon préconisé, par l'auteur des
_Mémoires d'un bibliophile_. Il est de beaucoup plus simple, et on peut
le dire aussi original que rationnel pour certains lecteurs ou amateurs.
C'est le système employé par M. d'Herbouville, directeur général des
postes de 1815 à 1816, «possesseur d'une magnifique bibliothèque, et
l'un des hommes de France le plus en état de la bien classer[426]». Il
consiste tout bonnement à «mettre les plus beaux livres devant, et les
plus laids derrière[427]».

D'autres amoureux des livres placeront devant, bien à portée de la main,
leurs volumes préférés, ceux qu'ils relisent ou consultent le plus
fréquemment.

Tous ces systèmes ont du bon pour une collection particulière: vous
n'êtes pas et ne pouvez être astreint, dans votre bibliothèque, qui ne
sert qu'à vous seul, au même ordre, à la même rigoureuse méthode, qui
doit régir un établissement public. Le point capital pour vous, ou même
le seul point à retenir, c'est que votre classement vous plaise et que
vous le possédiez jusqu'au bout des doigts, de façon à aller quérir sans
lumière ou les yeux fermés n'importe lequel de vos volumes, c'est qu'il
vérifie et confirme l'excellente règle posée par un bibliophile anonyme:

«Un livre doit être placé dans une bibliothèque de manière à n'être
jamais cherché, mais tout simplement pris[428].»



CHAPITRE VIII

DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATION BIBLIOGRAPHIQUE

Différentes sortes de catalogues.--Catalogue alphabétique ou par noms
d'auteurs.--Emploi des fiches.--_Ex-libris._--Timbrage et _rondage_ des
volumes.--Détermination du _mot d'ordre_ et classement des fiches:
nombreux cas douteux et principales difficultés.

Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de
matières.--Classification de J.-Ch. Brunet.--Autres systèmes de
classification bibliographique.--Classification décimale de M. Dewey.


«On ne jouit vraiment de ses livres qu'à la condition de les classer, de
les garder et de les cataloguer,» a prétendu l'académicien
Cuvillier-Fleury[429]. Et Jules Richard affirme de son côté que, dès
qu'un «bibliophile amateur a commencé sa collection..., il lui faut tout
de suite un catalogue; il le lui faut absolument; car il n'y a pas de
vrai bibliophile ni de bibliothèque bien classée sans catalogue[430]».

Sans être aussi certain de la rigoureuse et inflexible nécessité de
cette condition, du moins pour une modeste bibliothèque comme la nôtre,
occupons-nous donc le plus succinctement possible, et si complexe, si
rébarbative et ingrate que soit la matière, du catalogage des livres et
de leur classification.

Les livres peuvent se classer et se cataloguer soit par noms d'auteurs:
c'est le catalogue _alphabétique_ ou _onomastique_;--soit d'après les
titres des ouvrages, c'est-à-dire par ordre de matières: c'est le
catalogue _méthodique_, nommé aussi _systématique_ ou
_idéologique_;--soit selon la place que les volumes occupent sur les
rayons: c'est le catalogue _topographique_, appelé par les Allemands
_Lokal-Katalog_[431]. On peut aussi les classer d'après leurs dates de
publication ou d'impression, et l'on a le catalogue _chronologique_; ou
d'après leurs lieux d'impression, ce qui donne le catalogue
_géographique_: ces deux dernières sortes de catalogues sont presque
exclusivement réservées aux incunables, et nous ne nous occuperons que
des deux premières, du catalogue alphabétique et du catalogue
méthodique.

Le catalogue alphabétique, écrit M. Albert Maire[432], «est le plus
important des catalogues d'une bibliothèque, celui qui est consulté sous
toutes ses formes et à tous les instants». Le catalogue méthodique ne
lui cède guère en utilité et mérite, et rend aussi les plus grands
services. Avez-vous à chercher le titre d'un livre dont vous connaissez
le nom de l'auteur, vous le trouvez sans difficulté avec le catalogue
alphabétique; mais si vous ne connaissez pas ce nom, ou encore si vous
voulez vous rendre compte du nombre d'ouvrages publiés sur une matière,
c'est au catalogue méthodique qu'il faut recourir. Tous deux sont donc,
et à peu près au même degré, d'un usage essentiel dans les bibliothèques
publiques et les grandes collections.

Un principe tout d'abord: ne vous servez pas de registres pour
cataloguer vos volumes, mais de fiches ou cartes[433], faites en bon
papier épais, de 8 ou 10 centimètres de large sur 12 ou 14 de haut, et
que vous rangerez, par ordre alphabétique, dans une longue boîte en
bois[434], ou, si vos livres, et par conséquent vos fiches, sont en
petit nombre, simplement en fort carton. En tête de chaque lettre, il
est bon de placer une fiche, dite _vedette_, plus haute que les autres
et de couleur différente, portant à son sommet mention de cette lettre.

Si votre bibliothèque comprend beaucoup de volumes, quatre ou cinq mille
au moins, il sera préférable d'employer des fiches articulées, qui se
classent dans des boîtes en chêne, traversées dans toute leur longueur
par une vis sans fin. Ces fiches, échancrées à leur partie inférieure ou
talon[435], se placent à cheval sur la vis sans fin. Chaque talon est
réuni, par une articulation en toile, au corps de la fiche, à la fiche
proprement dite, ce qui donne à celle-ci une grande mobilité, et rend
les recherches des plus faciles. Chaque talon possède en outre, à droite
et à gauche, un petit rebord en saillie qui vient s'engager dans une
rainure tracée dans les parois latérales de la boîte. Le talon de la
fiche étant ainsi, grâce à ce rebord, plus large que la boîte, il faut
le diriger obliquement pour l'y faire entrer; lorsqu'il est en place, la
fiche se trouve comme fixée, par sa partie inférieure, son talon, dans
la boîte, et ne peut en être retirée verticalement. Il n'y a plus qu'à
manœuvrer la vis au moyen d'une clef spéciale, qu'on ôte à volonté, pour
faire avancer un écrou qui serre et immobilise les talons de toutes les
fiches et, par suite, empêche celles-ci de se déplacer ou d'être
enlevées. Mais chacune d'elles, grâce à l'articulation de toile, peut se
mouvoir en avant et en arrière, osciller sur son talon, et par
conséquent être aisément consultée. Veut-on extraire de la boîte ou y
insérer une ou plusieurs fiches? Il suffit de desserrer la vis. Cet
ingénieux système de fiches et de boîtes, d'usage fréquent dans les
bibliothèques publiques, porte le nom de son inventeur, M. Ferdinand
Bonnange[436].

Sur chaque fiche on inscrit:

1º Le nom et le ou les prénoms de l'auteur: c'est ce nom qui devient le
_mot d'ordre_ de la fiche, c'est-à-dire qui en détermine le classement:
aussi doit-il être écrit en tête et en gros caractères, bien détaché de
la suite de l'inscription;

2º Le titre (autant que possible complet) du livre, et, s'il y a lieu,
le chiffre de l'édition;

3º L'_adresse_, c'est-à-dire le lieu de publication, le nom de
l'éditeur[437] et la date de publication ou millésime;

4º L'indication du nombre de volumes, du format,--beaucoup y ajoutent le
nombre de pages,--et de l'état matériel du ou des volumes de chaque
ouvrage[438]: brochés, reliés, non rognés, dorés sur tranches, etc. Ces
dernières indications se mettent toujours en abrégé: _br._, _r._ ou
_rel._, _n. r._, _d. s. tr._ (Voir à l'Appendice: ABRÉVIATIONS.) Si le
titre ne mentionne pas la date de l'édition, on inscrit sur la fiche _s.
d._ (sans date) ou _s. m._ (sans millésime), et si le lieu de
publication n'y figure pas non plus, on le constate de cette façon: _s.
l. n. d._ (sans lieu ni date) ou _s. l. n. m._ (sans lieu ni millésime).

Si vous voulez procéder plus régulièrement encore et à l'instar des
bibliothèques publiques, vous aurez un registre d'entrée[439] sur lequel
vous inscrirez, en lui donnant un numéro d'ordre, chacun de vos livres,
à mesure qu'ils vous arriveront. Si l'ouvrage se compose de plusieurs
volumes, il est préférable d'attribuer à chacun d'eux un numéro spécial:
tous vos livres auront ainsi en quelque sorte, chacun distinctement, un
état civil, et le dernier numéro porté sur votre registre vous indiquera
le nombre de volumes entrés dans votre bibliothèque, le total de vos
richesses.

Sur les registres ou cahiers du catalogue méthodique, dont il sera
question plus loin, vous ne donnerez, au contraire, qu'un seul numéro à
chaque ouvrage, quelle que soit la quantité de volumes dont il se
compose; et cela se comprend, puisque, là, dans le catalogue méthodique,
chaque ouvrage n'est considéré qu'au point de vue du sujet qu'il traite,
n'est envisagé que dans son ensemble, et ne doit, par conséquent, former
qu'une unité.

Ces inscriptions effectuées, vous transcrivez dans l'angle gauche
supérieur de la fiche le numéro du registre du catalogue méthodique,
ainsi que les lettres ou chiffre indices affectés à la section de ce
catalogue à laquelle cet ouvrage appartient, ce qu'on nomme la _cote_,
comme nous le verrons aussi plus loin. Quant au numéro du registre
d'entrée, au lieu de le porter pareillement en tête de la fiche, vous
l'inscrirez au-dessous du titre et de l'adresse. Voici pourquoi. Un
ouvrage peut se composer de nombreux volumes, qui, s'il est en cours de
publication, par exemple, vous seront adressés successivement; et, comme
vous devez assigner à chacun d'eux un numéro d'ordre, la place ne
tarderait pas à vous manquer pour ces inscriptions: vous seriez arrêté,
quelques centimètres au-dessous du bord supérieur de la fiche, par le
nom de l'auteur, le _mot d'ordre_, qui, comme nous l'avons dit, doit
être écrit en tête et en gros caractères. De plus, les mêmes ouvrages,
quel qu'en soit le nombre d'exemplaires que vous possédez, devant
respectivement figurer sur la même fiche, avec leurs numéros d'entrée,
le chiffre et le format de leur édition, et ce qui caractérise chacune
d'elles ou chaque exemplaire (illustrée, annotée, revue, etc.;--broché,
cartonné, relié, etc.), il est indispensable de réserver pour ces
inscriptions une place suffisante, et, cette place, vous ne pouvez la
trouver qu'au-dessous du mot d'ordre, du titre et de l'adresse. Si elle
venait à vous faire défaut, si votre fiche était complètement
remplie,--ce qui peut arriver, même assez vite, spécialement pour les
publications périodiques, dont vous recevez un ou plusieurs volumes par
année,--vous prendriez une seconde fiche, que vous réuniriez à la
première par le talon, à l'aide de colle, et sur laquelle vous
continueriez vos inscriptions. Ajoutons que numéro d'entrée et cote du
catalogue méthodique doivent figurer sur l'_ex-libris_ de chaque volume,
étiquette ou vignette que vous collerez ou avez déjà collée au verso du
premier plat de la couverture.

Supposons que nous ayons à rédiger la fiche d'un exemplaire broché de
l'_Histoire de Paris_ de Dulaure, composé de quatre volumes, inscrits
sur notre registre d'entrée sous les numéros 3415 à 3418, et, sur le
registre de la section du catalogue méthodique (Histoire: U; Histoire de
France U V1; Paris U V1 Oa.--Classification de Brunet, voir _infra_, pp.
278-281) sous le nº 62; nous libellerons et disposerons ainsi nos
diverses indications sur une des fiches précédemment décrites, une fiche
du système Bonnange:

  U V1 Oa
  -------
   Nº 62
                  DULAURE (J.-A.)
  _Histoire physique, civile et morale de Paris_, 7e édit.
  Paris, Librairie des Publications illustrées, 1864. 4 vol. in-8 br.

  Nº  3415:   Tome 1.
  --  3416:    --  2.
  --  3417:    --  3.
  --  3418:    --  4.

Par abréviation, on pourrait réunir ces quatre derniers numéros et se
contenter d'écrire, après «4 vol. in-8 br.»: Nºs 3415-3418; mais
l'affectation d'un numéro spécial à chaque tome sur la fiche même est
préférable; elle permet de faire suivre cette mention de la désignation
des caractères particuliers à chaque tome comme à chaque ouvrage: relié,
broché, etc., et de donner ainsi encore une fois à tous vos livres, sur
le registre d'entrée aussi bien que sur les fiches, une sorte de
certificat d'identité ou d'état civil.

Pour les tomaisons, employez toujours les chiffres arabes, de préférence
aux chiffres romains, qui occupent trop d'espace et sont une source de
confusion et d'erreurs. (Voir l'Appendice.)

De même, pour la fiche d'un exemplaire du roman d'Alphonse Daudet,
_Sapho_, nous aurions,--la cote du catalogue méthodique étant:
Belles-Lettres: O; Fictions en prose: O IV; Romans: O IV 2; Romans
français: O IV 2 D; et le numéro d'ordre supposé 515:

  O IV 2 D
  --------
   Nº 515

  DAUDET (Alphonse).

  _Sapho_, mœurs parisiennes.

  Paris, Charpentier, 1884. In-18. Cart. brad.

  Nº 4841.

Si un ou plusieurs autres exemplaires de ce même roman venaient
s'ajouter à votre bibliothèque, vous inscririez sur la fiche précédente,
au-dessous du Nº 4841, affecté à l'exemplaire que vous possédez déjà,
les numéros d'entrée de vos nouveaux exemplaires, avec les mentions de
rigueur:

  Nº 5307: Paris, Flammarion, s. m. In-18. Illustr. Rel. toile.
  Nº 6015: Paris, Lemerre, 1895. Pet. in-12. Br.

Pour un journal ou un recueil périodique, nous aurions:

  U Journaux I b
  --------------
      Nº 43

  REVUE DES BIBLIOTHÈQUES. Mensuelle. In-8.

     Directeurs: Émile Chatelain et Léon Dorez.
     Paris, Émile Bouillon, édit.

  Nº  5885:      4e année, 1894.     Demi-rel. chagr.
  --  7921:      5e   --   1895.          --
  --  8518:      6e   --   1896.          --
  --  9302:      7e   --   1887.          --
  --  9950:      8e   --   1898.          --
  -- 10217:      9e   --   1899.          --
  -- 11588:     10e   --   1900.          --

Nous rappelons que, pour ces nombreuses inscriptions, une fois la
première fiche remplie, on en prend une seconde, puis, s'il le faut, une
troisième, une quatrième, etc., et on les réunit toutes par leur talon,
qui, grâce à la charnière de toile, laisse indépendante et mobile la
partie supérieure, la fiche proprement dite.

Il arrive très fréquemment que le nom de l'auteur figure, accompagné de
mentions ou de qualités, à la suite du titre de l'ouvrage; il est bon
alors, quoique ce nom soit déjà placé comme mot d'ordre en tête de la
fiche, de le maintenir à son rang dans la transcription du titre.
Souvent même il s'y trouve comme incorporé. Exemples:

  CHARTIER (Alain).

  _Les O[eu]vres de feu messire Alain Chartier._

  Paris, Galliot du Pré, 1529. In-8. Rel. en vélin.

  PASCAL (Blaise).

  _Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets,
  qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers._

  Paris, Guillaume Desprez, 1670. In-8. Rel. en parch.

Il ne faut jamais modifier sur les fiches le texte du titre d'un
ouvrage; si ce texte est trop long, s'il semble diffus et chargé de
détails inutiles, et qu'on juge à propos de l'abréger, on indiquera par
des points (trois points suffisent:...) chaque endroit où une
suppression a été opérée.

Si un ouvrage, composé d'un certain nombre de volumes ou de parties, a
mis plusieurs années à paraître, a été, en d'autres termes, imprimé à
des dates différentes, on inscrit sur la fiche les deux dates extrêmes,
c'est-à-dire celle qui est portée sur le titre du premier volume et
celle du dernier, et on les joint par un trait d'union. Ainsi: 1864-1867
indique que l'ouvrage a commencé à paraître ou à être imprimé en 1864
(millésime du premier volume), et qu'il a été terminé en 1867 (millésime
du dernier). On pourrait encore, ce qui vaudrait mieux, ajouter à la
suite de chaque tome l'adresse de ce tome:

  Nº 1219: Tome 1.  Paris, Hetzel, 1864.
  Nº 2502:  --  2.    --     --    1865.
  Nº 3909:  --  3.    --     --    1867.

Quand un ouvrage n'a qu'un seul volume, il suffit, comme nous l'avons
fait tout à l'heure (fiches DAUDET, CHARTIER, etc.), d'en indiquer le
format; la mention 1 vol. se trouve sous-entendue.

Pour vos fiches ou cartes, comme pour vos registres, une écriture
droite, du genre de la petite ronde, est de beaucoup préférable à
l'écriture penchée, dite anglaise. L'écriture droite permet de faire
tenir dans un même espace bien plus de texte que l'anglaise, et elle
s'accommode mieux, par suite, avec les colonnes des registres[440].
Écrivez toujours bien lisiblement et, autant que possible, pas trop fin.
Vous pouvez d'ailleurs et vous devez même tracer en plus forts
caractères certaines mentions, telles que le mot d'ordre; en souligner
d'autres: le titre du livre, par exemple; dans certains cas, il vous est
loisible d'incliner légèrement votre écriture, en imitant l'italique:
vous donnerez ainsi à vos fiches toute la clarté désirable et le
meilleur aspect possible.

Les bibliothèques publiques remplacent les ex-libris par des empreintes
à l'encre grasse et indélébile, faites sur le titre des livres au moyen
du timbre même de ces bibliothèques, et elles inscrivent souvent dans le
champ de cette empreinte la cote du livre. Le même cachet est reporté
plus loin à deux endroits: à la dernière page du volume, et à une page
conventionnelle, qui est toujours la même pour chaque bibliothèque: page
97, anciennement page 101, pour la Bibliothèque nationale; page 41 pour
la bibliothèque Sainte-Geneviève; page 99 pour les bibliothèques
universitaires; etc. Si le volume n'atteint pas le chiffre de la page
conventionnelle, après avoir apposé l'empreinte sur le titre et sur la
dernière page, on timbre,--à la Bibliothèque nationale du moins,--la
première page de la deuxième feuille. «La forme du timbre est d'une
grande importance pour ne pas abîmer le livre, écrit le docteur
Graesel[441]; c'est pour cette raison qu'en France, où le timbrage
triple est obligatoire dans toutes les bibliothèques publiques, une
circulaire ministérielle[442] a recommandé d'employer des timbres
oblongs et de faible diamètre, de telle façon qu'on puisse les appliquer
sur les marges des volumes sans risque de couvrir le texte.»

C'est par ces marques indélébiles que les établissements publics
attestent leur propriété et se précautionnent contre les détournements
ou adirements de leurs livres. Afin qu'on puisse aisément reconnaître et
trouver les volumes lorsqu'ils sont en place sur les rayons, la cote, ou
simplement le numéro du registre d'entrée est inscrit sur une étiquette
de papier, en forme de menue rondelle (d'où le nom de _rondage_ donné à
cette opération[443]), que l'on colle au dos de chaque livre[444].

Mais vous, dont les volumes n'ont pas à redouter des mains étrangères et
ne doivent pas sortir de votre cabinet de travail, gardez-vous bien de
souiller et déshonorer de la sorte vos chers trésors: pas de rondelles
sur leurs dos, pas de timbres sur leurs feuilles de garde ou de titre,
pas de cachets gras sur leurs pages, pas d'inscriptions à l'encre, si ce
n'est des dédicaces d'auteurs étalées en belle place sur le recto du
faux titre, un _ex-dono auctoris_ qui spécialise votre exemplaire et en
augmente le prix.

Les aristocratiques amateurs d'autrefois faisaient graver, _pousser_,
leurs armoiries sur les plats de leurs reliures. A défaut de cette
somptueuse marque de propriété, vous avez de très artistiques vignettes
destinées à servir d'_ex-libris_, et vous pouvez encore, pour comble de
précaution et tout comme le président Auguste de Thou[445], faire
pousser vos initiales au bas du dos de vos livres, même de vos simples
bradels.

                                   *

                                 *   *

Un grand nombre de difficultés peuvent se présenter dans la rédaction et
le classement des fiches, dans la fixation et la transcription de ce
_mot d'ordre_, dont nous avons parlé tout à l'heure, ce mot à mettre en
tête de la fiche, mot qui déterminera le classement et qu'il faudra
chercher quand on recourra au catalogue. Voici les plus fréquentes de
ces difficultés et leurs solutions.

Les noms précédés de la particule nobiliaire _de_ ou _d'_ rejettent
cette particule après le nom. Ainsi:

  Joseph de Maistre s'écrira: MAISTRE (Joseph de);
  Mme de Sévigné       --     SÉVIGNÉ (Mme de);
  Comte d'Houdetot     --     HOUDETOT (Comte d');
  M.-A.-P. d'Avezac    --     AVEZAC (M.-A.-P. d').

Au contraire, les noms précédés de l'article _le_ ou _la_ se classent à
la lettre L:

  Jean Le Maire           s'écrira: LE MAIRE (Jean);
  Jean de la Fontaine        --     LA FONTAINE (Jean de);
  Duc de la Rochefoucauld    --     LA ROCHEFOUCAULD (Duc de).

Et non: MAIRE (Jean Le); FONTAINE (Jean de la); ROCHEFOUCAULD (Duc de
la)[446].

Les noms précédés de la particule nobiliaire _du_ ou _des_ ne rejettent
pas cette particule à la fin et se classent à la lettre D. La raison
qu'on donne pour justifier cette règle, c'est que _du_ étant mis pour
_de le_, _des_ pour _de les_, c'est cet article contracté qui, comme
tout à l'heure l'article simple, doit déterminer le classement.

  Joachim du Bellay    s'écrira donc: DU BELLAY (Joachim);
  Jacques des Barreaux      --        DES BARREAUX (Jacques).

Peut-être vaudrait-il mieux adopter une règle uniforme et _mettre
toujours le mot d'ordre au nominatif_. On ne verrait pas alors de ces
anomalies: Henri de Verdier classé à VERDIER (Henri de), et Henri du
Verdier classé à DU VERDIER (Henri)[447].

Les mêmes singularités et contradictions se retrouvent avec les
particules étrangères: _von_, _zum_, _zur_ (allemand); _van_, _ten_,
_ter_, _de_ (hollandais); _da_ (portugais); _o'_, _mc_, _mac_ (irlandais
et écossais); etc. _Von_ se rejette toujours après le nom: MÜLLER
(Johann von); SICKEL (Theodor von). Mais on écrit[448] ZUM BACH (Karl
Ad.[449]), ZUR HELLEN (D. A.); VAN PRAET (J.-B.-B.), VAN DEN BERGH (J.),
TEN BRINCK, DE DENE (Ed.); DA CUNHA (P.); O'BRIEN (Matthew), MAC-KAIN
(D.). MAC-LAURIN (C.), MC-CRADY (J.), M'CRAW (W.)[450]; etc.

D'autres bibliographes classent, au contraire, van Aelbroeck à AELBROECK
(van), van Praet à PRAET (van), et même von Schlegel à SCHLEGEL
(von)[451]; etc.

Ajoutons que, dans les noms allemands, les voyelles surmontées d'un
tréma, _ä_, _ö_, _ü_, sont considérées comme l'équivalent de _æ_, _œ_,
_ue_, de sorte que les noms Hänel, Löwenfeld et Dümmler seront placés
comme s'ils étaient écrits: HAENEL, LOEWENFELD et DUEMMLER. C'est même
sous ces dernières formes, conseille M. Léopold Delisle[452], qu'il sera
bon d'inscrire les noms au sommet des fiches.

Si un nom est composé de plusieurs mots, c'est généralement le premier
mot qui est le mot d'ordre. On écrira donc, et l'on effectuera le
classement en conséquence:

  ARNAULD D'ANDILLY,  et non ANDILLY (Arnauld d');
  LENAIN DE TILLEMONT,  --   TILLEMONT (Lenain de);
  MALTE-BRUN,           --   BRUN (Malte-).

Cependant Poquelin de Molière, François de Salignac de la Mothe-Fénelon,
Arouet de Voltaire, Charles de Secondat de Montesquieu, Caron de
Beaumarchais, etc., se classent à MOLIÈRE, FÉNELON, VOLTAIRE,
MONTESQUIEU, BEAUMARCHAIS, etc., parce que ces noms, universellement
connus, s'imposent comme mots d'ordre; et les fiches seront rédigées
sous cette forme: MOLIÈRE (Poquelin de), FÉNELON (François de Salignac
de la Mothe-), etc.

Les femmes auteurs sont désignées par le nom sous lequel elles ont
publié leurs ouvrages:

  DACIER (Anne Lefèvre, femme d'André);
  SÉVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de).

Lorsque plusieurs auteurs portent le même nom, on les classe d'après
leurs prénoms: CORNEILLE (Pierre) avant CORNEILLE (Thomas).

Si les prénoms sont les mêmes pour plusieurs homonymes, les qualités,
grades ou professions, joints à ces noms par les auteurs eux-mêmes, ou
ajoutés exceptionnellement par vous, détermineront le classement. DUMAS
(Alexandre) _fils_ se classera alphabétiquement avant DUMAS (Alexandre)
_père_[453]; MARTIN (Henri), archiviste paléographe, conservateur à la
bibliothèque de l'Arsenal, avant MARTIN (Henri), historien, membre de
l'Académie française, et ce dernier avant MARTIN (Henri), professeur,
membre de l'Académie des inscriptions.

Les homonymes dont les prénoms seraient inconnus se classeraient par
ordre chronologique.

Certains personnages, tels que les princes souverains, les papes, divers
prélats et écrivains, etc., n'ont point, à proprement parler, de noms de
famille, et ne sont communément désignés que par leurs prénoms: c'est ce
prénom qui sera le mot d'ordre, «et l'on distinguera, dit M. Léopold
Delisle[454], les homonymes par le nom des États qu'ils ont gouvernés,
des églises qu'ils ont administrées, des localités dont ils sont
originaires. Dans la série des homonymes, les saints passent au premier
rang. Les papes viennent à la place que l'ordre alphabétique assigne au
mot _pape_.» Exemples:

  CHARLES VIII, roi de _France_...
  CHARLES, duc d'_Orléans_...
  PAUL (saint).
  PAUL _Diacre_.
  PAUL d'_Égine_.
  PAUL III, _pape_.
  PAUL I, empereur de _Russie_.
  PHILIPPE, abbé de _Bonne-Espérance_.
  PHILIPPE le Bon, duc de _Bourgogne_.
  PHILIPPE II, roi d'_Espagne_.
  PHILIPPE III, roi de _France_.
  PHILIPPE de _Thessalonique_.

«Pour les personnages qualifiés de _saints_ ou de _bienheureux_, les
mots _saint_ et _bienheureux_ doivent être mis de côté, tandis que ces
mots font partie intégrante des noms de lieu ou d'institution dans la
composition desquels ils sont entrés[455].» On écrira donc:

  BENOÎT (saint), _Règle..._
  LOUIS (saint), _Enseignements..._

Mais on mettra à la lettre S les articles:

  SAINT-BENOÎT-sur-Loire (Abbaye de)...
  SAINT-LOUIS (Ordre de)...
  SAINT-LOUIS-des-Français, à Rome (Église de)...

On classera aussi «à la lettre S les noms d'hommes tirés d'un nom dans
lequel le mot _Saint_ entre comme partie intégrante[456]». Exemples:

  SAINT-FOIX (G.-F. de), _Essais historiques sur Paris..._
  SAINT-PIERRE (Bernardin de[457]), _Paul et Virginie..._
  SAINT-VICTOR (J.-M. Bins de), _Tableau historique et pittoresque
    de Paris..._

Pour les auteurs dont on possède des exemplaires des œuvres complètes,
des œuvres choisies et d'ouvrages séparés, on classe en premier lieu la
fiche relative aux œuvres complètes, inscrites dans l'ordre
chronologique des éditions; puis la fiche concernant les œuvres
choisies, rédigée de même; les fiches relatives aux ouvrages publiés
séparément viennent après, rangées par ordre alphabétique des
titres[458]. Exemples:

  CHATEAUBRIAND, _Œuvres complètes..._
  CHATEAUBRIAND, _Œuvres choisies..._
  CHATEAUBRIAND, _Atala..._
  CHATEAUBRIAND, _Martyrs (les)..._
  CHATEAUBRIAND, _Natchez (les)..._

Si un auteur a publié plusieurs de ses ouvrages sous des noms
différents, on rédige la _fiche complète_ ou _fiche principale_ avec,
pour mot d'ordre, le nom généralement le plus connu, et l'on met à
chaque autre nom une _fiche de rappel_ ou _de renvoi_. Ainsi Voltaire
(qui est déjà un pseudonyme et représente Arouet) a signé ses écrits de
_cent soixante_ noms différents[459]. Vous cataloguerez toutes ces
publications à VOLTAIRE sous cette forme:

  (Cote du catalogue méthodique.)
  VOLTAIRE [François-Marie AROUET de]. [Docteur RALPH].
  _Candide ou l'Optimisme_, roman traduit de l'allemand du docteur
    Ralph...
  (Numéro du registre d'entrée.)

  (Cote du catalogue méthodique.)
  VOLTAIRE [François-Marie AROUET de]. [Docteur AKAKIA].
  _Diatribe du docteur Akakia..._
  (Numéro du registre d'entrée.)

Et vous mettez à RALPH (Docteur) et à AKAKIA (Docteur) une fiche de
renvoi:

  RALPH (docteur).
    Voir VOLTAIRE.

Vous pouvez ajouter, à l'angle gauche supérieur de la fiche de renvoi,
la cote du catalogue méthodique inscrite sur la fiche principale, le
plus valant mieux que le moins.

Les premières éditions des _Provinciales_ de Pascal ont paru sous le nom
de Louis de Montalte; vous cataloguerez de la sorte un exemplaire d'une
de ces premières éditions:

  PASCAL (Blaise). [MONTALTE (Louis de)].
  _Les Provinciales ou les Lettres écrites par Louis de Montalte à un
    provincial de ses amis, et aux RR. PP. Jésuites_, 9e édit.
  Cologne, Nicolas Schoute, 1685. In-12. Rel. v.

Et à MONTALTE vous placerez une fiche de renvoi:

  MONTALTE (Louis de).
    Voir PASCAL (Blaise).

Quelques bibliographes font l'inverse, placent la fiche principale au
nom porté sur le titre, soit à MONTALTE dans le dernier exemple, et la
fiche de renvoi à PASCAL; mais la plupart sont d'un avis contraire et
estiment qu'il faut prendre comme mot d'ordre le vrai nom ou le nom le
plus connu. «C'est cette dernière manière de faire qui a été en général
suivie, et avec raison selon nous, dit le docteur Graesel[460], parce
qu'elle est plus conforme à ce grand principe qui veut que tous les
ouvrages d'un même auteur soient autant que possible réunis sous son
vrai nom[461], qu'ils aient paru sous ce vrai nom, sous un nom supposé
ou même sous le voile de l'anonymat.»

De même, s'il s'agit d'un nom traduit, d'une métonomasie:--MÉLANCHTHON,
traduction grecque de l'allemand Schwarzerd (ou Schwartzerde), terre
noire; ŒCOLAMPADE, traduction grecque de l'allemand Hausschein, lumière
de la maison; QUERCETANUS, traduction latine du français Duchesne;
CASTELLANUS, traduction latine du français Duchâtel; etc.,--il faut
prendre pour mot d'ordre le nom traduit, qui est le seul connu, le seul
inscrit sur les titres des œuvres, et l'on mettra, si l'on veut, au nom
véritable et qui ne figure sur aucune œuvre, une fiche de renvoi.
Contrairement à cette règle si rationnelle, la Bibliothèque nationale
porte toujours l'auteur à son nom véritable[462]: c'est comme si, dans
un dictionnaire biographique, il fallait chercher Mélanchthon à
SCHWARZERD ou Œcolampade à HAUSSCHEIN, et, pour cela, d'abord se
rappeler,--ou plutôt savoir, savoir précisément ce que l'on
cherche,--les vrais noms de Mélanchthon et d'Œcolampade. Ajoutons que
c'est aux dictionnaires, à vrai dire, et non aux fiches de catalogues, à
donner ces renseignements d'état civil et d'histoire littéraire.

Pour les ouvrages faits en collaboration, vous rédigez une fiche
complète ou fiche principale, que vous classez au nom du premier des
auteurs, et des fiches de renvoi au nom de l'autre ou des autres.
Exemple:

    Fiche principale:

  (Cote du
  catalogue méthodique.)

  ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONPRET.

  _Dictionnaire français-grec_, composé sur le plan des meilleurs
  dictionnaires français-latins, et enrichi d'une table des noms
  irréguliers, d'une table très complète des verbes irréguliers ou
  difficiles, et d'un vocabulaire des noms propres.

  Paris, Hachette, 1869. In-8. Cart. toile.

  (Numéro du
  registre d'entrée.)


    Première fiche de renvoi:

  PLANCHE.
  Voir ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONTRET.


    Deuxième fiche de renvoi:

  DEFAUCONPRET.
  Voir ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONTRET.

Si vous avez affaire à un ouvrage traduit, vous rédigez de même deux
fiches, l'une--fiche complète ou principale--au nom de l'auteur,
l'autre--fiche de renvoi--au nom du traducteur. Exemple:

    Fiche principale:

  (Cote du
  catalogue méthodique.)

  HOFFMANN.

  _Contes fantastiques_, trad. par X. Marmier.

  Paris, Charpentier, 1869. In-18. Br.

  (Numéro du
  registre d'entrée.)


    Fiche de renvoi:

  MARMIER (X.)
  Voir HOFFMANN.

De même, les factums et pièces de procédure sont portés au premier nom
inscrit dans l'énoncé du titre (demandeur ou défendeur), avec renvois au
nom de la partie adverse, des avocats, etc. Exemple: _Mémoire pour
Claude VERNEY et Marguerite FOLLEY, sa femme, de La Chapelle, terre de
Luxeuil, défendeurs originaires, contre M. de CLERMONT-TONNERRE, abbé
commendataire de l'abbaye de Luxeuil... demandeur_, et _Louis MONTAGNON,
de Dambenoît, appelé dans la cause_ (au sujet du droit de formariage;
1786. In-4).--La fiche principale doit être portée à VERNEY, et il faut
placer des fiches de renvoi aux autres noms[463].

Les fiches des ouvrages anonymes se classent de plusieurs manières. On
peut les grouper toutes ensemble;--ou bien placer en tête de chaque
lettre celles qui commencent par cette lettre;--ou bien prendre pour mot
d'ordre le substantif principal du titre[464];--ou encore prendre le
premier substantif nominatif du titre: c'est ce dernier système que
préconisent, sauf quelques cas particuliers, MM. Léopold Delisle, Jules
Cousin et Graesel[465], et la plupart des bibliographes. Les
explications fournies par le docteur Graesel à ce sujet sont très
probantes et établissent bien la différence qui existe et doit toujours
être maintenue entre les deux catalogues, l'alphabétique et le
méthodique.

«En choisissant, dit-il, comme mot d'ordre, à l'exclusion de tout autre,
celui qui indique le mieux quel est le sujet traité dans l'ouvrage, on
arriverait promptement à confondre le catalogue alphabétique des noms
d'auteurs avec le catalogue alphabétique des matières (catalogue
méthodique), bien qu'ils diffèrent l'un de l'autre du tout au tout... Le
catalogue alphabétique (des noms d'auteurs) n'est pas fait pour qu'on
puisse y rechercher les livres dont on ne connaît que vaguement le
titre, quand on ne l'a pas oublié tout à fait: dans ce cas, en effet, et
pourvu qu'on se souvienne du sujet de l'ouvrage que l'on désire, il sera
toujours possible de le retrouver au catalogue méthodique[466].»

Supposons un ouvrage anonyme intitulé _Manuel de bibliographie_; le mot
capital, le mot typique de ce titre est «Bibliographie», et c'est à la
lettre B qu'on est de prime abord tenté de classer la fiche. Mais, au
lieu de ce titre très simple, supposez celui-ci: _Manuel de
bibliographie, bibliotechnie, typographie et reliure_; vous avez là
quatre mots typiques, quatre mots d'ordre par conséquent, et
équitablement il vous faudrait rédiger, pour votre catalogue
alphabétique, quatre fiches complètes de classement. Au lieu de ces
quatre fiches, on n'en fait qu'une en prenant le mot MANUEL pour mot
d'ordre de ce catalogue. Il va sans dire qu'au catalogue de matières, on
classera la fiche complète dans la section de la BIBLIOGRAPHIE, le mot
MANUEL servant encore de mot d'ordre alphabétique, et qu'on mettra des
fiches de renvoi à BIBLIOTECHNIE, TYPOGRAPHIE et RELIURE.

Il arrive fréquemment, pour les livres antérieurs au XIXe siècle, que le
nom de l'auteur n'est pas indiqué sur le titre, mais se trouve soit au
bas de la préface ou de l'épître dédicatoire, soit à la fin du volume,
dans le privilège ou permission d'imprimer. L'ouvrage alors ne doit pas
être considéré comme anonyme. Il faut inscrire sur la fiche le nom de
l'auteur entre crochets et la classer à ce nom.

Si le titre de l'ouvrage ne porte que les initiales du nom de l'auteur,
tâcher d'abord de restituer ce nom dans son entier, et, si l'on y
parvient, inscrire, encore entre crochets, ce nom ou sa partie
manquante, à la suite des initiales, et classer en conséquence.
Exemples:


G. M. [ELZI]: classer à MELZI;

L.-E. J. [LOUIS-ERNEST JEANDIN]: classer à JEANDIN.

  _Choix de petits romans de différents genres_, par M. L. M. D. P.

  Londres, 1789. 2 vol. in-18.

Ces initiales signifiant: M. le marquis de Paulmy, mettre en tête de la
fiche:

[PAULMY (marquis de)]

et classer à PAULMY.

Si le nom est inconnu, on peut ou considérer l'ouvrage comme anonyme, ou
le classer à la dernière initiale qui figure sur le titre comme nom
d'auteur, ou, au contraire, selon d'autres bibliographes, à la première
initiale; c'est-à-dire que ceux-ci considèrent cette première initiale
comme étant celle du nom de famille de l'auteur, l'autre ou les autres
initiales étant celles de ses prénoms; tandis que ceux-là estiment que
c'est la dernière initiale qui doit être celle du nom. Soit un ouvrage
intitulé _Pensées chrétiennes_, par D. R. T., dont l'auteur est
absolument inconnu; on classera la fiche ou comme celles des ouvrages
anonymes[467], ou à la lettre T, ou à la lettre D[468].

Quelques écrivains, parmi ceux notamment dont les noms de famille sont
très répandus, ont imaginé, pour éviter autant que possible toute
confusion, de joindre, par un tiret ou trait d'union, ce nom à leur
prénom. Louis-Aimé Martin, par exemple, l'éditeur de Bernardin de
Saint-Pierre, signait ses livres: L. Aimé-Martin; de même M. Fernand
Lafargue a signé la plupart de ses romans: Fernand-Lafargue. Il est
nécessaire, dans ce cas, de rédiger deux fiches, l'une--principale--à
MARTIN et à LAFARGUE; l'autre--de renvoi--à AIMÉ-MARTIN et à
FERNAND-LAFARGUE[469].

Les journaux et périodiques se classent, comme les ouvrages anonymes,
soit à part, soit à leur mot d'ordre[470], qui est, nous l'avons vu, le
premier substantif nominatif du titre. Ainsi, au catalogue alphabétique,
_le Magasin pittoresque_ se classera à MAGASIN; _le Moniteur du Sport et
de la Mode_, à MONITEUR; au catalogue méthodique, nous classerions ce
dernier périodique à SPORT (fiche principale) et mettrions à MODE une
fiche de renvoi. Ne craignez pas d'ailleurs de trop multiplier les
fiches de renvoi: «un catalogue bien ordonné ne contient jamais trop de
renvois», dit très bien l'_Instruction générale_, du 4 mai 1878,
relative au service des bibliothèques universitaires[471].

Outre le double catalogage de rigueur, alphabétique et méthodique, il
est d'usage de cataloguer à part les manuscrits, les incunables, les
volumes de grande valeur, tous les joyaux d'une bibliothèque, ce qu'on
appelle à notre Bibliothèque nationale, ainsi que nous l'avons dit déjà,
la _réserve_. Comme il est utile de décrire ces ouvrages en détail, d'en
reproduire même avec exactitude la disposition typographique du titre,
de l'incipit ou du colophon, en signalant les particularités de
l'exemplaire, le format de notre fiche habituelle (8 ou 10 centimètres
sur 12 ou 14) peut être insuffisant pour de tels développements. On se
servira donc, pour ce catalogue spécial, de feuilles de papier plus
grandes (pot, tellière, etc.), qu'on renfermera dans des reliures
mobiles _ad hoc_[472], et l'on rédigera ces descriptions dans le genre
des modèles suivants, empruntés, sauf de légères modifications, à
l'excellent _Manuel du libraire_ de Jacques-Charles Brunet et à son
supplément[473].

  CONTENANCES (Les ||) de la Table. || _S. l. n. d._, in-4, de 6 ff.

  Le premier feuillet contient le titre, qui commence par une grande L
  historiée de Vérard; les deux feuillets suivants sont signés _a_ ii et
  _a_ iii. Le reste de la pièce est sans chiffres ni réclames; il n'y a
  pas de ponctuation.

  Le 10e quatrain, qui finit le verso du 2e f. et commence le 3e, a cinq
  vers; c'est-à-dire que le 2e vers se trouve répété en haut du 3e f.,
  ce qui constitue une sorte de réclame.

  Au verso du 5e f. commence une ballade de 3 strophes octosyllabiques,
  plus un quatrain, et à la suite, au bas du recto du 6e f., on lit: _Cy
  finissent les contenāces de la table_.[474]


  CHRONIQUES DE NORMANDIE.

  Les croniques de normendie || nouuellement jmprimees a || Rouen. Au
  verso du dernier f., 2e col., on lit: _Cy finissent... nouuellemēt
  īprimees a Rou || en pour Pierre regnault libraire de || luniuersite
  || de caē demourāt en froi || de rue a lenseigne saint Pierre (sans
  date)_. Pet. in-fol. goth. à 2 col. de 46 lig.

  Édition belle et rare, qui doit avoir paru vers 1500. Les feuillets
  n'en sont pas chiffrés, mais ils ont des signatures. Les six premiers
  ff. contiennent le titre en trois lignes, et surmonté de la marque de
  l'imprimeur tirée en rouge, la table des chapitres, et au verso du 6e
  f. une figure sur bois, avec le sommaire du texte impr. en gros
  caractères. Ce texte commence avec le cahier a, et continue jusqu'au
  recto du 5e f. du cahier r, 2e col.; le 6e f. est blanc. Tous ces
  cahiers ont chacun 6 feuillets. A la seconde colonne du recto du
  feuillet qui suit la signature _O_ ii, se lit cette rubrique: _Cy
  apres ensuit vng petit traicte leq̄l parle de la guerre cōtinuee entre
  francois et anglois depuis la mort du roy henri II. nōme de
  lenclastre_ (sic) _iusques a lannee destreues donnees et accordees en
  lā mil cccc. xliiii_[475].


  AMBROISE (S.). Sensuyt le Traictie sainct Ambroise || du bien de la
  mort. Au rº du 39e f., lig. 6, on lit: [¶] cy finist le liure de
  sainct Ambroise du || bien de la mort. _S. l. n. d._ (vers 1510), pet.
  in-8, goth., de 39 ff., sign. A.-E., grav. en b. sur le titre[476].


  PLAI || SANT Blason, || (Le) de la teste de || Boys. || _S. l. n. d._
  (_Lyon, vers 1555_), in-16, de 8 ff. non chiff., de 23 l. à la page,
  en lettres rondes, sign. A-B. par 4.

  Le vº du titre est blanc.

  Pièce fort curieuse, que reproduisent MM. de Montaiglon et de
  Rothschild au tome XIII des _Poësies franç._ des XVe et XVIe siècles,
  d'après l'exempl. unique, qui est conservé à Aix dans la bibliothèque
  Méjanes, nº 30 047, dans un recueil qui contient en outre la _Loittre
  de Tenot à Piarrot_, l'_Admonition contre la dissolution des Habitz_,
  et _le Franc Archier de Cherré_[477].


  LESCARBOT (Marc). Histoire || de la novvelle || France || contenant
  les navigations, découvertes, & habi || tations faites par les
  François ès Indes Occiden || tales, & Nouvelle-France souz l'avœu &
  autho || rité de noz Rois Tres-Chrestiens, & les diverses || fortunes
  d'iceux en l'exécution de ces choses, || depuis cent ans jusques à
  hui. || En quoy est comprise l'Histoire Morale, Naturele, et Geo ||
  graphique de ladite Province: Avec les Tables & || Figures d'icelle.
  || Par Marc Lescarbot Aduocat en Parlement, || Témoin oculaire d'vne
  partie des choses ici récitées. || Multa renascentur quæ iam cecidere
  cadentque. || _A Paris, || chez Iean Milot, tenant sa boutique sur les
  degrez || de la grand' salle du Palais._ || M. DC. IX. || _Avec
  Privilége du Roy_ (du 27 novembre 1608), in-8, de XXIV ff. lim. et 444
  ff. chiff.; à la page 207 se trouve la: _Figvre dv port de Ganabara av
  Brésil_; à la p. 236: _Figvre de la terre nevve. Grande Riviere de
  Canada, et côtes de l'Ocean en la Novvelle France_; à la p. 480:
  _Figvre de Port Royal en la Novvelle France. Par Marc Lescarbot,
  1609._ (_Jan Svvelinck sculp., J. Millot excudit_)[478].


  LE SAGE (Alain-René).

  Histoire || de Gil Blas || de Santillanne (_sic_). || Par M. Le Sage.
  || Dernière édition, revue et corrigée. || _A Paris._ || _Par les
  Libraires associés._ || M. DCC. XLVII. || _Avec Approbation &
  Privilége du Roy_, || 4 vol. in-12, fig.

  Édition définitive du chef-d'œuvre de Le Sage, publiée l'année même où
  il mourut à Boulogne-sur-Mer; elle n'est pas rare, mais jolie et très
  recherchée...

  Les premières éditions de ce livre célèbre sont moins bonnes, moins
  complètes et surtout moins recherchées que celle-ci[479].

Au lieu des titres in-extenso et des remarques qui les accompagnent, il
suffit, pour les fiches ordinaires, d'une rédaction abrégée. Prenons,
par exemple, le dernier ouvrage dont nous venons de donner la fiche
détaillée, nous aurons, pour la fiche du catalogue alphabétique et celle
du catalogue méthodique:

  LE SAGE (Alain-René).

  _Histoire de Gil Blas de Santillanne_ (sic). Dern. édit. revue et
  corrigée.

  Paris, Libraires associés, 1747. 4 vol. in-12, fig.

On réduirait de même les autres fiches détaillées, en ne laissant que
les parties essentielles et de rigueur.

                                   *

                                 *   *

Le catalogue par ordre de matières, le catalogue méthodique ou
systématique, dont nous allons maintenant nous occuper, forme le pendant
ou comme la contre-partie du catalogue alphabétique. Celui-ci s'emploie
surtout, avons-nous dit, quand on connaît le nom de l'auteur et qu'on
veut trouver le titre d'un livre; celui-là, au contraire, quand on
connaît le titre de l'ouvrage et qu'on désire savoir le nom de l'auteur,
ou encore et surtout lorsqu'on tient à se renseigner sur la quantité
d'ouvrages relatifs à telle ou telle question et mis à la disposition
des lecteurs de telle ou telle bibliothèque.

Le plus simple et le mieux, c'est d'exécuter simultanément les deux
catalogues, de rédiger chaque fiche en double exemplaire[480], et de
classer l'un dans la boîte du catalogue alphabétique, l'autre dans celle
du catalogue méthodique. Les diverses sections de ce dernier seront
séparées par des fiches de couleur, un peu plus hautes que les fiches
ordinaires, des _vedettes_ portant chacune le titre de sa
section;--absolument, ainsi que nous l'avons vu page 221, comme sont
séparées les sections du premier, c'est-à-dire les fiches de chaque
lettre du catalogue alphabétique.

Mais quelles seront-elles, ces sections du catalogue méthodique? Dans
quel ordre les ranger et les grouper, ces fiches? Quel sera le système
de classification générale bibliographique que nous allons appliquer et
suivre?

Il ne s'agit de rien moins ici que de déterminer intégralement tous les
éléments des connaissances humaines, de diviser et subdiviser
logiquement tout ce vaste ensemble, et, rien qu'à l'énoncé du problème,
on en pressent les difficultés, on devine combien la tâche est
compliquée, ardue et épineuse.

«La première chose à faire avant de mettre la main au catalogue
méthodique, écrit M. Jules Cousin[481], c'est de s'être tracé un système
de classement, avec des divisions et subdivisions plus ou moins
nombreuses, suivant l'importance du fonds que l'on a à cataloguer. Si
l'on n'a pas, dès l'abord, fait ce travail préliminaire, si l'on n'a pas
au moins marqué les grandes lignes du plan que l'on s'astreindra à
suivre rigoureusement, on marchera au hasard, et, à la place de l'ordre
et de la clarté, on n'aura que confusion et chaos... Pour montrer le
mieux à faire, il n'y a, croyons-nous, rien de plus sage que d'indiquer
ce qui s'est déjà fait, et d'interroger l'expérience des hommes les plus
compétents.»

Jetons donc un coup d'œil sur les divers essais et systèmes de
classification pratiqués jusqu'ici[482], et voyons ce qu'on en peut
tirer et quel choix on doit faire.

                                   *

                                 *   *

Un des plus anciens catalogues bibliographiques qui soient parvenus
jusqu'à nous est celui de la bibliothèque de l'église de Saint-Emmeran
de Ratisbonne; il a été rédigé en 1347 et comprend douze divisions,
consacrées la plupart aux livres saints: 1º _Libri textuum Bibliæ_; 2º
_Diversi expositores super Biblia_; 3º _Doctores_; 4º _Libri
Historiarum_; etc.

Mais ce n'est pas là, à vrai dire, un système bibliographique; pas plus
que ce catalogue publié en 1498 par Alde l'Ancien sur un simple
feuillet, intitulé: _Libri græci impressi_, et contenant quatorze
articles divisés en cinq classes: 1º _Grammatica_; 2º _Poetica_; 3º
_Logica_; 4º _Philosophica_; 5º _Sacra scriptura_.

Le premier classement qu'on peut vraiment considérer comme un système
bibliographique date de cinquante ans plus tard; il est dû au célèbre
médecin suisse Conrad Gesner, qui, dans la deuxième partie de son
ouvrage _Bibliotheca universalis_, imprimé à Zurich de 1545 à 1549,
classa les _Pandectæ_[483], c'est-à-dire tout ce que l'esprit humain
peut embrasser, en vingt et une catégories: 1. _Grammatica_; 2.
_Dialectica_; 3. _Rhetorica_; 4. _Poetica_; 5. _Arithmetica_; 6.
_Geometria_; 7. _Musica_; 8. _Astronomia_; 9. _Astrologia_; 10. _De
Divinatione et Magia_; 11. _Geographia_; 12. _Historia_; 13. _De
diversis Artibus_; 14. _De naturali Philosophia_; 15. _De prima
Philosophia, et Theologia Gentilium_; 16. _De morali Philosophia_; 17.
_De œconomica Philosophia_; 18. _Politica_; 19. _De Jure civili et
pontifico_; 20. _Theologia_ (ce titre devait être celui du 21e livre;
mais la _Médecine_, qui en aurait formé le 20e, n'ayant pas paru, on la
remplaça par la _Théologie_).

Quant à la France, le premier système de classement bibliographique qui
y fut publié remonte à l'année 1587; il a pour auteur Christofle de
Savigny et pour titre _Tableaux accomplis de tous les arts libéraux_. Il
contient seize sections et présente plus d'une analogie avec le système
de Gesner: Grammaire, Rhétorique, Dialectique, Arithmétique, Géométrie,
Optique, Musique, Cosmographie, Astrologie, Géographie, Physique,
Médecine, Éthique, Jurisprudence, Histoire, Théologie. Une nouvelle
édition (Paris, Liber, 1619; in-fol. 37 pp.) comprend deux nouvelles
sections, Poésie et Chronologie, dont la dernière manque à Gesner. «Le
système de Savigny, observe la _Grande Encyclopédie_[484], est le
premier exemple des remaniements que les auteurs de systèmes
bibliographiques firent souvent subir à leurs méthodes, pendant les deux
siècles suivants et même encore au XIXe siècle, malgré les progrès de la
bibliographie et l'expérience des livres et des systèmes de classement.»

Un peu avant l'apparition de l'ouvrage de Christofle de Savigny, en
1583, l'érudit Lacroix du Maine avait présenté à Henri III un curieux et
singulier projet «pour dresser une bibliothèque parfaite et accomplie de
tous points[485]». Ce parangon des bibliothèques devait comprendre dix
mille volumes, renfermés dans «cent buffets..., chacun d'iceux contenant
cent volumes». Le «premier ordre» de ces buffets, du nº 1 au nº 17,
était consacré à la religion; le «second ordre», du nº 18 au nº 41, aux
arts et sciences; le «troisième ordre», du nº 42 au nº 62, à la
description de l'univers; le «quatrième ordre», du nº 63 au nº 72, aux
choses qui concernent le genre humain; le cinquième, aux hommes
illustres en guerre; le sixième, aux ouvrages de Dieu; et le septième,
aux mémoires et mélanges.

Le pieux Jean Mabun, dont nous parle Gabriel Naudé[486], ne trouva rien
de mieux, lui, pour classer ses livres, que de se conformer à
l'avertissement du Psalmiste: _Disciplinam, bonitatem et scientiam doce
me_, et de les partager ainsi en trois classes: Théologie, Morale et
Sciences.

Moins strict, plus expérimenté et plus éclairé, Gabriel Naudé
(1600-1653) estime que le meilleur ordre est le suivant: «Théologie,
Médecine, Jurisprudence, Histoire, Philosophie, Mathématiques,
Humanités, et autres, lesquelles il faut subdiviser chacune en
particulier suivant leurs diverses parties[487],» etc.

A peu près à la même époque, le père jésuite Claude Clément (1594-1642)
publiait, sous son nom latinisé de Claudius Clemens, un ouvrage
intitulé: _Musei, sive bibliothecæ tam privatæ quam publicæ exstructio,
instructio, cura, usus..._ (Lugduni, 1635; in-4), où se trouve un plan
de classement bibliographique comprenant vingt-quatre catégories ou
«armoires[488]»; Ismaël Bouilliau[489] (1605-1696) dressait le célèbre
catalogue de la bibliothèque des de Thou; et un autre membre de la
Société de Jésus, Jean Garnier (1612-1681), auteur du _Systema
bibliothecæ collegii parisiensis Soc. Jes._ (Paris, 1678; in-4),
réduisait à cinq les grandes divisions bibliographiques: Théologie,
Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire[490].

Plus tard vinrent Gabriel Martin et Prosper Marchand, Guillaume-François
de Bure et son cousin Guillaume de Bure, Née de la Rochelle, d'autres
aussi, qui remanièrent de maintes façons les divisions de ce dernier
système. Remanié encore et complété dans la première moitié du XIXe
siècle par Jacques-Charles Brunet[491], l'auteur du précieux _Manuel du
libraire et de l'amateur de livres_, il finit par prédominer et
s'imposer à la plupart des bibliographes[492].

On peut adresser bien des reproches à cette classification dite de
Brunet: elle ne donne ni à la géographie, ni à l'archéologie, ni à la
bibliographie le rang que ces sciences méritent; elle place la
télégraphie (devenue électrique) dans la même subdivision que la
calligraphie et la sténographie; elle emploie des expressions mal
définies, comme _prolégomènes_ et _paralipomènes_[493], etc.; néanmoins
tous ceux qui s'occupent de livres et de catalogues sont d'accord pour
rendre hommage à cette œuvre[494]. Quant à nous, pour une bibliothèque
comme la nôtre, une bibliothèque privée ne dépassant pas quinze à vingt
mille volumes, c'est plutôt le cadre de classement tracé par M. Léopold
Delisle et dont il sera question ci-après[495], ou encore la
classification décimale, dont nous parlerons également plus loin[496],
que nous choisirions pour la mise en ordre de nos livres; mais le
système de Brunet est si connu, si souvent cité comme le modèle type des
classifications bibliographiques, qu'il s'impose, comme sujet d'étude
tout au moins.

Il était tout naturel que Brunet et ses devanciers plaçassent la
théologie en tête de leur liste. Dans les bibliothèques d'autrefois, au
moyen âge et même encore au XVIIIe siècle, n'était-ce pas la Bible, avec
les commentaires sur les livres saints, les traités de scolastique et de
casuistique, etc., qui occupaient le premier rang et la plus grande
place?

Dans un très beau chapitre, consacré à l'analyse et à l'apologie du
système de Brunet, Gustave Mouravit, énumérant les conditions que doit
remplir une bonne méthode de classement bibliographique, écrit[497]:

«Cette méthode sera à la fois synthétique et analytique: synthétique, en
ce qu'elle présentera dans ses principales divisions les grandes sphères
où se déploie l'activité de la pensée humaine; analytique, en ce qu'elle
offrira, dans ses moindres détails, les produits de cette activité, et
cela en suivant la filiation et l'enchaînement des objets sur lesquels
cette activité s'exerce...

«Ainsi, au sommet des choses, l'homme voit d'abord Dieu, son auteur et
sa fin. Les _matières théologiques_ se grouperont dans une PREMIÈRE
DIVISION.

«Après Dieu, au moment où l'homme se retourne vers le monde, il
rencontre les hommes, ses semblables; alors se révèlent à lui les
grandes notions du droit et du devoir, du juste et de l'injuste. La
_jurisprudence_, qui les approfondit, les formule et en règle
l'application, formera une DEUXIÈME DIVISION.

«Puis l'homme se replie sur lui-même; il veut se connaître et, avec lui,
il veut connaître aussi le monde extérieur, les rapports plus ou moins
étroits qui l'unissent à ce monde, les modifications qu'il éprouve à son
occasion et celles qu'il lui fait éprouver à son tour. C'est là
proprement le domaine _des sciences et des arts_, embrassé dans une
TROISIÈME DIVISION.

«Mais l'intelligence humaine a sa vie propre; en même temps qu'elle
cherche à étendre le champ de ses connaissances, elle essaye de se
traduire au dehors; elle emprunte la forme du langage pour se montrer
elle-même comme une manifestation, le plus souvent d'un type rêvé par
elle et qui réalise plus ou moins _le beau_ en essence. Les études sur
le langage et sur les règles qui doivent présider aux créations de
l'esprit, les œuvres qui naissent sous le souffle de l'intelligence dans
la vision d'un idéal quelconque, tout cet ensemble de connaissances et
de productions littéraires viendra se ranger, sous le titre de
_belles-lettres_, dans une QUATRIÈME DIVISION.

«Enfin, après Dieu, la justice, le monde extérieur, les manifestations
plus ou moins brillantes de la pensée, l'homme veut connaître les
destinées et de cette humanité dont il fait partie, et des choses mêmes
qui l'environnent; il veut savoir les évolutions diverses qu'ont
accomplies tant d'objets de ses spéculations: après la notion, il veut
le fait. Les _sciences historiques_ propres à l'éclairer à cet égard se
réuniront dans une CINQUIÈME DIVISION.

«Comme appendice, la _bibliographie_, qui porte son flambeau
investigateur dans toutes les parties de la science, aura sa place à
part: SIXIÈME DIVISION.

«Et, par une raison d'ordre, et de même qu'on réserve dans un vaste
édifice des appartements pour la conservation des objets qui ne
sauraient commodément trouver place ailleurs, la _polygraphie_ et les
_collections_ formeront la SEPTIÈME ET DERNIÈRE DIVISION.»

Tel est, magnifiquement exposé, le plan du système de classification dit
de Brunet, qu'en raison même de son importance et de son universalité,
nous allons continuer d'examiner, et que nous décrirons, sinon
complètement, du moins dans ses détails principaux.

Ce système comprend cinq grandes divisions ou classes: Théologie,
Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire[498]. Chacune
de ces divisions comporte un nombre de subdivisions plus ou moins
considérable, dont les premières sont indiquées par des _chiffres
romains_.

Voici le tableau synoptique de ces cinq grandes divisions ou classes
avec leurs premières subdivisions. En tête de chaque colonne, nous avons
ajouté une des cinq voyelles, de sorte que les cinq grandes divisions
sont respectivement représentées, selon la méthode suivie à la
Bibliothèque nationale (salle de lecture), par les voyelles A, E, I, O,
U. On évite ainsi, dans la rédaction des fiches, de répéter sur chacune
d'elles la mention de la classe (THÉOLOGIE, JURISPRUDENCE, etc.), et
l'on remplace cette mention par la voyelle correspondante[499]. Ces
voyelles majuscules sont exprimées en caractères gras (on pourrait tout
aussi bien employer des caractères penchés, de l'_italique_) pour ne pas
être confondues avec les majuscules servant, comme nous le verrons tout
à l'heure, d'indices aux troisièmes subdivisions.

TABLEAU SYNOPTIQUE

des grandes divisions ou classes et premières subdivisions du système
bibliographique de J.-Ch. Brunet


  A. Théologie

     I. Écriture sainte.
    II. Liturgie.
   III. Conciles.
    IV. SS. Pères.
     V. Théologiens.
    VI. Opinions singulières.
   VII. Religion judaïque.
  VIII. Religion des peuples orientaux.
    IX. Appendice à la théologie. (Déistes et incrédules.--Athées.)

  E. Jurisprudence

     I. Droit de la nature et des gens.
    II. Droit politique.
   III. Droit civil et droit criminel.
    IV. Droit canonique ou ecclésiastique.

  I. Sciences et Arts

     I. Sciences philosophiques.
    II. Sciences physiques et chimiques.
   III. Sciences naturelles.
    IV. Sciences médicales.
     V. Sciences mathématiques.
    VI. Appendices aux sciences. (Philosophie occulte, alchimie et
        astrologie.)
   VII. Arts.
  VIII. Arts mécaniques et métiers.
    IX. Exercices gymnastiques
     X. Jeux divers.

  O. Belles-Lettres

     I. Linguistique.
    II. Rhétorique.
   III. Poésie.
  III*. Poésie dramatique.
    IV. Fictions en prose.
     V. Philologie.
    VI. Dialogues et Entretiens.
   VII. Épistolaires.
  VIII. Polygraphes.
    IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs;
        Recueils de pièces; Mélanges.

  U. Histoire

     I. Prolégomènes historiques[500].
    II. Histoire universelle, ancienne et moderne.
   III. Histoire des religions et des superstitions.
    IV. Histoire ancienne.
   IV*. Appendice à l'histoire ancienne (Bas-Empire, Scythes,
        Goths, etc.)
     V. Histoire moderne.
    VI. Paralipomènes historiques[501].

  MÉLANGES ET DICTIONNAIRES ENCYCLOPÉDIQUES
  NOTICES DES PRINCIPAUX JOURNAUX LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET
  POLITIQUES.

Ainsi que nous l'avons dit et que le montre le tableau précédent, les
premières subdivisions des cinq grandes classes sont indiquées par des
_chiffres romains_. Ces subdivisions sont à leur tour fractionnées en
sous-subdivisions ayant pour indices des _chiffres arabes_; ces secondes
subdivisions donnent lieu de même, s'il est nécessaire, à des troisièmes
subdivisions, marquées par les _lettres majuscules_ de l'alphabet; puis
ces troisièmes subdivisions, à des quatrièmes, précédées de _lettres
minuscules_[502].

On conçoit aisément, en effet, que ces fractionnements puissent se
prolonger presque à l'infini. Ainsi, dans la classe ou division HISTOIRE
(U), partagée en six grandes subdivisions, la cinquième (V), l'HISTOIRE
MODERNE, est fractionnée, pour l'Europe seule, en quinze
sous-subdivisions ou secondes subdivisions, indiquées par des chiffres
arabes: 1. Histoire de France;--2. Histoire de la Belgique;--etc[503].
La première de ces sous-subdivisions, 1. Histoire de France, est
partagée à son tour en quatorze sous-sous-subdivisions ou troisièmes
subdivisions, désignées par les majuscules de l'alphabet: A. Géographie
ancienne et moderne; topographie, statistique;--B. Histoire celtique et
gauloise;--C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans
les Gaules;--D. Mœurs et usages; antiquités et monuments;...--O.
Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France.
Nous avons de même, pour cette dernière troisième subdivision O: _a._
Paris;--_a bis._ Résidences royales;--_b._ Ile-de-France, Picardie,
Artois;--_c._ Beauce, Orléanais, Blaisois, etc.;--_d._ Normandie;--etc.

Plus une bibliothèque est nombreuse et variée, plus ces subdivisions
sont nécessaires. C'est parce que J.-Ch. Brunet avait en vue
«l'arrangement d'une grande bibliothèque formée sur un plan qui embrasse
tous les genres[504]», que son système bibliographique est si développé
et comprend tant de fractionnements et de ramifications.

En voici un second tableau plus détaillé, et, sinon complet, du moins
suffisant pour avoir une idée exacte de ce système et pouvoir cataloguer
les livres d'une bibliothèque particulière même de notable importance.
Ce tableau comprend _in extenso_ les cinq grandes divisions, leurs
premières subdivisions à chiffres romains, et leurs secondes
subdivisions à chiffres arabes. Quant aux troisièmes subdivisions,
indiquées par des lettres majuscules, et aux quatrièmes, marquées par
des minuscules, pour ne pas grossir ce livre outre mesure, je ne les y
ai fait figurer que partiellement, et je renvoie au _Manuel_ de Brunet,
tome VI, Introduction, colonnes XXVII à lxij, ceux des lecteurs qui
désireraient plus de précision et de développements.


A. THÉOLOGIE

  I. Écriture sainte.

    1. Textes et versions.
    2. Interprètes de l'écriture sainte.
    3. Philologie sacrée.

  II. Liturgie.

    1. Traités sur les rites et cérémonies de l'Église, et
       principalement les offices divins.
    2. Collections de liturgies en différentes langues.
    3. Liturgies des églises grecques et orientales.
    4. Liturgies de l'église latine[505].
    5. Liturgies gallicanes.
    6. Liturgie mozarabe, et autres liturgies particulières.
    7. Liturgies anglicanes.

  III. Conciles.

    1. Traités touchant les conciles et les synodes.
    2. Collections de conciles.
    3. Conciles généraux.
    4. Conciles nationaux, provinciaux et diocésains.

  IV. SS. Pères.

    1. Introduction à l'étude des SS. Pères.
    2. Collections, extraits et fragments d'ouvrages des SS. Pères.
    3. Ouvrages des SS. Pères grecs.
    4. Ouvrages des SS. Pères latins et de quelques autres écrivains
       ecclésiastiques.
    5. Ouvrages des SS. Pères arméniens.

  V. Théologiens.

    1. Théologie scolastique et dogmatique.
    2. Théologie morale.
    3. Théologie catéchétique[506].
    4. Théologie parénétique[507], ou sermons comprenant aussi les
       homélies, les prônes, etc.
    5. Théologie ascétique ou mystique.
    6. Théologie polémique.
    7. Théologiens chrétiens séparés de l'église romaine.

  VI. Opinions singulières.

    1. Ochin, Postel, Bruno-Nolano, Beverland, etc.
    2. Illuminés et autres fanatiques.

  VII. Religion judaïque.
       Doctrines, culte, institutions.

  VIII. Religion des peuples orientaux[508].

    1. Recueil de livres sacrés de différents peuples.
    2. Mahométisme.
    3. Magisme ou religion des anciens Persans; Brahmanisme ou
       religion des Indiens.
    4. Bouddhisme et religions de la Chine.
    5. Sabéisme, etc.

  IX. Appendice à la théologie.
      _Ouvrages philosophiques sur la divinité et sur les cultes
      religieux._

    1. Déistes et incrédules.
    2. Athées.


E. JURISPRUDENCE

  * _Introduction._

    A. Histoire de la législation et des tribunaux.
    B. Étude du droit.
    C. Philosophie du droit.
    D. Dictionnaires et traités généraux.

  I. Droit de la nature et des gens.

    1. Traités généraux.
    2. Droit international.
    3. Ouvrages spéciaux qui se rapportent au droit des gens.

  II. Droit politique.

  III. Droit civil et droit criminel.

    1. Généralités.
    2. Droit des anciens peuples, autres que les Romains.
    3. Droit romain.
    4. Droit français.
    5. Droit maritime.
    6. Droit étranger.

  IV. Droit canonique ou ecclésiastique.

    1. Introduction; traités élémentaires, dictionnaires, etc.
    2. Lettres des papes, canons, décrétales et bulles.
    3. Traités généraux sur le droit ecclésiastique, traités
       particuliers sur des (_sic_) matières canoniques, et
       procédure contre les hérétiques.
    4. Juridictions ecclésiastiques de la cour de Rome.
    5. Traités pour et contre l'autorité ecclésiastique.
    6. Église gallicane.
    7. Droit ecclésiastique étranger, et statuts des ordres religieux.
    8. Appendice: droit des églises non catholiques.


I. SCIENCES ET ARTS

  * _Introduction et dictionnaires._

  I. Sciences philosophiques.

    1. Introduction, histoire et dictionnaires.
    2. Philosophie générale et mélanges.
    3. Logique.
    4. Métaphysique.
    5. Morale.
    6. Applications de la morale.

        A. Économie.
        B. Politique.
        C. Économie politique, avec les applications de cette
           science à l'économie sociale.

  II. Sciences physiques et chimiques.

    1. Physique proprement dite.
    2. Chimie.

  III. Sciences Naturelles.

    1. Généralités.
    2. Géologie.
    3. Botanique.
    4. Zoologie, ou histoire naturelle des animaux.
    5. Mélanges d'histoire naturelle et de physique.
    6. Écarts de la nature; monstres; prodiges.
    7. Cabinets et collections d'histoire naturelle, préparation et
       conservation des objets.
    8. Appendice de l'histoire naturelle: agriculture et économie
       rurale.

  IV. Sciences médicales.

    1.  Introduction.

        A. Histoire.
        B. Écrits sur la médecine et pour ou contre cette science.
        C. Dictionnaires et bibliothèques de médecine.
        D. Traités préparatoires à l'étude de la médecine.

    2.  Traités généraux.
    3.  Anatomie.
    4.  Physiologie.
    5.  Hygiène.
    6.  Pathologie médicale.
    7.  Séméiologie, ou traité sur les signes des maladies.
    8.  Spécialités médicales.
    9.  Thérapeutique; matière médicale, générale et spéciale.
    10. Médecine légale.
    11. Mélanges et journaux de médecine.
    12. Chirurgie.
    13. Pharmacie et pharmacopée; secrets de médecine.
    14. Médecine vétérinaire et traités d'hippiatrique.

  V. Sciences mathématiques.

    1. Généralités.
    2. Mathématiques pures.
    3. Mathématiques appliquées.

        A. Calcul des probabilités.
        B. Mécanique.
        C. Astronomie.
        D. Optique, dioptrique, catoptrique et perspective.
        E. Marine.
        F. Art militaire.
        G. Génie des ponts et chaussées; chemins de fer; canaux.

  VI. Appendice aux sciences.

    1. Philosophie occulte.

        A. Introduction et histoire; dictionnaires.
        B. Cabale et magie.
        C. Apparitions, démons, possessions, exorcismes, sortilèges et
           choses analogues.
        D. Divination par les songes, par les signes[509] de la main,
           par les cartes.

    2. Alchimie.
    3. Astrologie, prédictions astrologiques et autres pronostications.

  VII. Arts.

    1. Mnémonique ou art de la mémoire naturelle et artificielle.
    2. Écriture et autres moyens de représenter la parole.

        A. Calligraphie, polygraphie, cryptographie, sténographie,
           tachéographie, télégraphie.
        B. Typographie.

    3. Beaux-Arts.

        A. Introduction, histoire, dictionnaires, philosophie des
           beaux-arts.
        B. Arts du dessin.
            a. Dessin proprement dit, lithographie.
            b. Photographie.
            c. Peinture.
            d. Gravure.
            e. Sculpture.
            f. Architecture.
        C. Musique.

  VIII. Arts mécaniques et métiers.

    1. Dictionnaires et traités généraux, mélanges, expositions de
       l'industrie.
    2. Pyrotechnie: art de l'artificier; fonderie; verrerie, etc.
    3. Art de tourner; industries manufacturières; travaux à l'aiguille;
       métiers.
    4. Traités sur l'art culinaire.

  IX. Exercices Gymnastiques.

    1. Lutte et escrime.
    2. Équitation.
    3. Natation.
    4. Danse.
    5. Chasses et pêches.

  X. Jeux Divers.


O. BELLES-LETTRES

  I. Linguistique.

    1. Introduction.

        A. Rapports de l'écriture avec le langage.
        B. Origine et formation des langues, étymologie générale.
        C. Grammaire générale et mélanges de grammaire.
        D. Comparaison des langues, alphabets, grammaires et
           vocabulaires polyglottes généraux.

    2. Langues européennes anciennes et modernes.
    3. Langues asiatiques.
    4. Langues africaines.
    5. Langues américaines.

  II. Rhétorique.

  * _Rhéteurs._

    1. Introduction.
    2. Rhéteurs grecs.
    3. Rhéteurs latins anciens, et rhéteurs modernes qui ont écrit
       en latin.
    4. Rhéteurs français, italiens, espagnols et anglais.
    5. Rhéteurs orientaux.

  ** _Orateurs[510]._

    1. Orateurs grecs.
    2. Orateurs latins anciens.
    3. Orateurs modernes qui ont écrit en latin.
    4. Orateurs français, italiens, espagnols et anglais.
    5. Orateurs orientaux.

  III. Poésie.

  * _Introduction et traités généraux sur la poésie._

    1.  Recueils de poésies en différentes langues.
    2.  Poètes grecs.
    3.  Poètes latins.
    4.  Poètes français.
    5.  Poètes italiens.
    6.  Poètes espagnols.
    7.  Poètes portugais.
    8.  Poètes allemands.
    9.  Poètes flamands et hollandais.
    10. Poètes scandinaves.
    11. Poètes anglais.
    12. Poésies écossaises et irlandaises.
    13. Poètes illyriens, serviens, roumains, hongrois, bohémiens,
        lithuaniens, esthoniens, polonais, russes.
    14. Poésie orientale.
    15. Poètes hébreux et syriaques.
    16. Poètes arabes, persans, arméniens et turcs.
    17. Poètes sanscrits, palis, hindoustanis, cingalais, chinois et
        malais.

  III*. Poésie (seconde partie).
        _Poésie dramatique._

    1.  Histoire générale des théâtres; écrits pour et contre le
        théâtre, et traités généraux sur l'art dramatique.
    2.  Poètes dramatiques grecs.
    3.  Poètes dramatiques latins anciens.
    4.  Poètes dramatiques du moyen âge et des temps modernes qui ont
        écrit en latin.
    5.  Poètes dramatiques français.
    6.  Poètes dramatiques italiens.
    7.  Poètes dramatiques espagnols.
    8.  Poètes dramatiques portugais.
    9.  Poètes dramatiques allemands et hollandais.
    10. Poètes dramatiques danois et suédois.
    11. Poètes dramatiques anglais, etc.
    12. Poètes dramatiques illyriens, polonais et russes.
    13. Poètes dramatiques turcs, indiens, chinois, etc.

  IV. Fictions en prose.

    1. Apologues ou fables en différentes langues.
    2. Romans, contes et nouvelles.

        A. Histoire des romans et collections de romans.
        B. Romans grecs.
        C. Romans latins, anciens et modernes.
        D. Romans français.
        E. Romans italiens.
        F. Romans espagnols.
        G. Romans portugais.
        H. Romans allemands, hollandais, flamands, etc.
           Etc., etc.

  Appendice au titre IV.

    1. Facéties et pièces burlesques.
    2. Dissertations singulières, plaisantes et enjouées.

        A. Différents sujets.
        B. Dissertations sur l'amour.
        C. Ouvrages érotiques.
        D. Traités singuliers pour et contre les femmes, sur le
           mariage, etc.

  V. Philologie.

    1. Philologie proprement dite.
    2. Satires générales et satires personnelles.
    3. Gnomiques: sentences, apophthegmes, adages, proverbes.
    4. Bons mots, ana, pensées, etc.
    5. Symboles, emblèmes, devises et énigmes.

  VI. Dialogues et entretiens.

  VII. Épistolaires.

    1. Épistolaires grecs.
    2. Épistolaires latins anciens.
    3. Épistolaires modernes qui ont écrit en latin.
    4. Épistolaires français.
    5. Épistolaires italiens, espagnols et portugais.
    6. Épistolaires allemands et anglais.
    7. Épistolaires orientaux.

  VIII. Polygraphes.

    1. Polygraphes grecs.
    2. Polygraphes latins anciens.
    3. Polygraphes modernes qui ont écrit en latin.
    4. Polygraphes français.
    5. Polygraphes italiens.
    6. Polygraphes espagnols et portugais.
    7. Polygraphes allemands.
    8. Polygraphes danois, suédois, russes et hongrois.
    9. Polygraphes anglais et anglo-américains.

  IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs;
      recueils de pièces; mélanges.

    1. Collections d'ouvrages anciens en grec et en latin.
    2. Collections d'ouvrages écrits en latin par des modernes.
    3. Collections et extraits d'ouvrages français.
    4. Collections et extraits d'ouvrages italiens, d'ouvrages espagnols
       et d'ouvrages portugais.
    5. Collections et extraits d'ouvrages allemands.
    6. Collections et extraits d'ouvrages anglais et anglo-américains.
    7. Collections et extraits d'ouvrages hébreux, arabes, persans.
    8. Recueils d'ouvrages en différents dialectes indiens,
       indo-chinois, chinois, etc.


U. HISTOIRE

  I. Prolégomènes historiques.

    1. Traités sur la manière d'écrire et d'étudier l'histoire;
       philosophie de l'histoire; atlas historiques; dictionnaires.
    2. Géographie.
    2*. Voyages.
    3. Chronologie.

  II. Histoire universelle, ancienne et moderne.

    1. Anciennes chroniques générales.
    2. Ouvrages sur l'histoire universelle, écrits depuis le
       commencement du XVIe siècle.
    3. Traités particuliers relatifs à l'histoire universelle; mœurs
       et usages.

  III. Histoire des religions et des superstitions.

    1. Histoire générale des religions.

        A. Histoire de l'Église chrétienne.
        B. Histoire générale et particulière des hérésies et des
           schismes.

    2. Histoire des religions, seconde partie: histoire des religions
       païennes (le polythéisme et le panthéisme), considérées sous le
       rapport mythologique.

  IV. Histoire ancienne.

    1. Origine des nations.
    2. Histoire générale et particulière de plusieurs peuples anciens.
    3. Mélanges historiques: civilisation, gouvernement, etc.
    4. Histoire des Juifs.
    5. Histoire des Phéniciens, des Babyloniens, des Égyptiens, des
       Perses et de quelques autres peuples anciens.
    6. Histoire générale et particulière de la Grèce.
    7. Histoire de l'Italie avant les Romains.
    8. Histoire générale et particulière du peuple romain et de ses
       empereurs.

  IV*. Appendice à l'histoire ancienne.

    1. Histoire byzantine ou du Bas-Empire.
    2. Histoire des migrations des Scythes, des Goths, des Visigoths,
       des Huns, des Vandales, etc., et de leurs invasions en Europe
       pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne.

  V. Histoire moderne.

  _Généralités._

  Europe[511].

        A. Itinéraires généraux.
        B. Histoire générale de l'Europe, etc.
           Etc., etc.

    1.  Histoire de France.

        A. Géographie ancienne et moderne; topographie; statistique.
        B. Histoire celtique et gauloise.
        C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans
           les Gaules.
        D. Mœurs et usages; antiquités et monuments.
        E. Histoire générale sous les trois races des rois de France.
        F. Collections de chroniques et de mémoires historiques.
        G. Collections de dissertations particulières; recueils de
           diplômes et de chartes.
        H. Mélanges historiques.
        J. Ouvrages qui se rapportent à l'histoire générale de
           certaines époques.
        K. Histoire particulière de la France sous chaque règne.
        L. Histoire royale et princière, contenant les origines, les
           généalogies, titres, prérogatives, etc., des rois; droits
           de la couronne sur divers États; histoire des princes issus
           du sang royal, et celle des reines.
        M. Cérémonial français.
        N. Mélanges d'histoire politique et civile de France.
        O. Histoire particulière des anciennes provinces et des villes
           de France. (On pourrait ajouter à chaque paragraphe les noms
           des départements qui y correspondent.)

            a. Paris.
            a bis. Résidences royales.
            b. Ile-de-France, Picardie, Artois.
            c. Beauce, Orléanais, Blaisois, etc.
            d. Normandie.
            e. Maine, Touraine, Anjou, Poitou.
            f. Bretagne.
            g. Nivernais, Bourbonnais, Berry.
            h. Champagne.
            i. Bourgogne et Franche-Comté.
               Etc., etc.

    2.  Histoire de la Belgique[512], contenant les anciennes provinces
        de Brabant, de Flandre, du Hainaut, de Namur, de Luxembourg, de
        Limbourg, du pays de Liège, et la Hollande.
    2*. Histoire de la Belgique, seconde partie: Hollande.
    3.  Histoire d'Italie.
    4.  Histoire des îles Ioniennes, de la Sardaigne, de la Corse et de
        l'île de Malte.
    5.  Histoire de la Suisse.
    6.  Histoire d'Espagne.
    7.  Histoire de Portugal.
    7*. Histoire des îles Baléares, etc.
    8.  Histoire d'Allemagne.
    9.  Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande,
    10. Histoire scandinave.
    11. Histoire de l'empire des Russies.
    12. Histoire de la Pologne, de la Lithuanie et de l'Ukraine.
    13. Histoire générale de l'empire ottoman, avec l'histoire des
        possessions turques en Europe, y compris la Moldavie, la
        Valachie, la Bulgarie et la Servie.
    14. Histoire de la Grèce et de ses îles.
    15. Histoire des hordes nomades, vulgairement nommées Bohémiens,
        qui parcourent l'Europe, et auxquelles on suppose une origine
        indienne.

     †  _Mélanges relatifs à l'histoire de l'Asie, de l'Afrique et de
        l'Amérique, comprenant l'histoire générale des colonies modernes
        fondées par les Européens._

  ** Asie.

    1.  Histoire générale.
    2.  Histoire des Arabes et de l'Islamisme.
    3.  Histoire des possessions turques en Asie, y compris la Syrie et
        l'Arménie.
    4.  Histoire d'une partie du littoral de la mer Caspienne et des
        contrées caucasiennes.
    5.  Histoire de la Perse, du Caboul, du Turkestan, etc.
    6.  Histoire de l'Inde.
    7.  Histoire de l'Archipel indien: Ceylan, Sumatra, Java, les
        Philippines, etc.
    8.  Histoire d'une partie de l'Asie centrale et septentrionale,
        comprenant l'Inde au delà du Gange, le Tibet, la Mongolie et la
        Tartarie.
    9.  Histoire de la Chine et de la Corée.
    10. Histoire du Japon.
    11. Histoire des possessions russes en Asie.
    12. Appendice à l'histoire de l'Asie: Australie, Nouvelle-Zélande,
        Polynésie.

  *** Afrique.

    1. Histoire générale.
    2. Histoire de l'Égypte et de la Nubie.
    3. Histoire des États barbaresques, y compris l'Algérie.
    4. Histoire des régions centrales, des régions occidentales et des
       régions orientales de l'Afrique.
    5. Histoire des îles d'Afrique.

  **** Les deux Amériques.

    1. Histoire générale.
    2. Amérique septentrionale.
    3. Iles Antilles.
    4. Amérique méridionale.

  VI. Paralipomènes historiques.

    1.  Histoire de la chevalerie et de la noblesse.
    2.  Histoire des solennités, pompes et cérémonies publiques.
    3.  Archéologie.
    3*. Archéologie, seconde partie: Archéographie.
    4.  Histoire littéraire.
    5.  Biographie, et spécialement la biographie littéraire et celle
        des artistes.
    6.  Bibliographie.

        A. Introduction.
        B. Traités généraux sur les livres, sur les bibliothèques, leur
           histoire, et sur les devoirs des bibliothécaires.
        C. Histoire de l'imprimerie.
           Etc., etc.

  Mélanges et Dictionnaires encyclopédiques.

  Notice des principaux journaux littéraires et scientifiques [et
    politiques].

    I. Journaux français.

        a. Gazettes, journaux purement littéraires, et journaux
           politiques et littéraires.
        b. Journaux bibliographiques.
        c. Journaux religieux.
        d. Journaux relatifs à la jurisprudence et à l'économie.
        e. Journaux scientifiques.
        f. Journaux relatifs aux beaux-arts, aux arts et métiers, etc.
        g. Journaux géographiques et historiques.
           Etc., etc.

   II. Journaux écrits en latin.

  III. Journaux étrangers.

                                   *

                                 *   *

Pour appliquer ce système de classification, dont nous venons de tracer
les grandes lignes, prenons l'exemple qui nous a déjà servi à propos du
catalogue alphabétique, soit un exemplaire de l'_Histoire de Paris_ de
Dulaure, dont il s'agit de déterminer la cote du catalogue méthodique.

Nous cherchons dans la classe U. HISTOIRE; nous nous arrêtons à V.
HISTOIRE MODERNE, puis à 1. Histoire de France, ensuite à O. Histoire
particulière des anciennes provinces et des villes de France, et enfin à
_a_. Paris,--_a_ en italique, mais que, pour plus de régularité et de
commodité, nous écrirons, avons-nous dit[513], en caractère romain: a.
La fiche de cette _Histoire de Paris_ portera donc les mentions
suivantes: U V 1 O a.

L'ouvrage (nom de l'auteur, titre, etc.) étant inscrit sur le ou les
registres d'entrée, comme il a été spécifié à propos du catalogue
alphabétique[514], nous l'inscrivons sur le registre du catalogue
méthodique affecté à l'Histoire de Paris. Théoriquement, chaque
subdivision des cinq grandes classes (A, E, I, O, U), que cette
subdivision soit marquée par un chiffre romain, un chiffre arabe, une
lettre majuscule ou une minuscule (U--V 1 O a), devrait avoir son
registre ou cahier spécial, aussi bien que sa section distincte dans la
boîte à fiches du catalogue méthodique[515]; mais on se rend bien compte
que nombre de ces sections se réduiraient parfois à très peu de chose,
sinon à rien, et que, pour la plupart des cas, même dans une
bibliothèque importante, il est plus pratique et plus simple de
s'arrêter, sinon à la première, du moins à la deuxième ou à la troisième
subdivision[516], de réunir, par exemple, dans un même registre
l'Histoire de Paris (U V 1 O a) à l'Histoire particulière des anciennes
provinces et des villes de France (U V 1 O), confondre même ces deux
rubriques dans l'Histoire de France (U V 1).

En supposant donc que l'ouvrage en question, cet exemplaire de
l'_Histoire de Paris_ de Dulaure, soit le soixante-deuxième inscrit sur
le registre ou cahier du catalogue méthodique affecté à la subdivision
a, nous aurons pour la cote:

  U V 1 O a
  ---------
    Nº 62

S'agit-il de cataloguer le _Théâtre_ de Racine? Nous prenons la classe
O. BELLES-LETTRES, puis la division POÉSIE et son appendice III*. POÉSIE
DRAMATIQUE, et nous nous arrêtons à 5. Poètes dramatiques français. Nous
inscrivons l'ouvrage sur le registre ou cahier du catalogue méthodique
affecté à cette série, et, en supposant qu'il y reçoive le numéro 820,
nous avons la cote:

  O III* 5
  --------
   Nº 820

Très fréquemment, il arrive que le même ouvrage peut être classé à
plusieurs endroits, c'est-à-dire qu'il traite de matières différentes et
intéresse plusieurs branches des connaissances humaines. Dans ce cas, on
le catalogue dans la section (division, subdivision, sous-subdivision,
etc.), qui paraît la plus directement intéressée, et l'on place dans les
autres des fiches de renvoi. Ainsi, et selon la remarque de J.-Ch.
Brunet lui-même[517], «les ouvrages sur le _Mariage_ se placent dans
neuf classes différentes, selon le point de vue sous lequel le sujet est
traité. Le mariage, considéré comme sacrement, appartient à la Théologie
et au Droit canonique;--comme acte civil, et pour ce qui regarde les
droits réciproques des époux, au Code civil;--quant aux infractions qui
y sont faites, au Code pénal;--considéré dans les devoirs des époux, à
la Morale ou à l'Économie;--dans ses rapports avec la population, à
l'Économie politique;--sous le rapport médical, à la Médecine;--comme
appartenant aux mœurs et aux usages des anciens, aux Antiquités;--enfin,
envisagé du côté plaisant, aux Facéties.»

Quant aux polygraphes (Voltaire, Diderot, Jean-Jacques Rousseau, etc.),
nous avons vu qu'ils forment une subdivision spéciale de la
classification de Brunet (O VIII). La Bibliothèque nationale, comme nous
le constaterons tout à l'heure, les classe aussi sous une même rubrique
(Z).

Il y a des titres trompeurs, qui peuvent être différemment interprétés
ou ne répondent nullement au contenu des ouvrages. Ainsi il ne faudrait
pas classer le _Jardin des racines grecques_ de Lancelot dans
l'Horticulture, ni dans la Pathologie le _Traité des fluxions_
(mathématiques) du géomètre écossais Mac-Laurin[518]; ni dans la
Théologie les _Mémoires pour servir à l'histoire de la Calotte_, comme
l'a fait jadis un libraire, aussi ignorant qu'irrévérencieux, chargé
d'inventorier la bibliothèque de Lamennais[519]; ni dans la Géographie
les _Voyages littéraires sur les quais de Paris_ de Fontaine de Resbecq;
etc.

                                   *

                                 *   *

Les systèmes de classification bibliographique abondent. Étroitement
rattachés qu'ils sont à l'inventaire général et à la méthodique
coordination des connaissances humaines, il faudrait, pour en faire une
étude complète, remonter jusqu'à Aristote, l'encyclopédie vivante de
l'antiquité; rappeler le _Novum Organum_ du chancelier Bacon, et son
mode de dénombrement et de classement de nos connaissances suivant ces
trois facultés: 1º MÉMOIRE (Histoire, etc.); 2º RAISON (Philosophie,
Mathématiques, etc.); 3º IMAGINATION (Poésie, Beaux-Arts, etc.), que
d'Alembert a repris et si brillamment développé dans son _Discours
préliminaire de l'Encyclopédie_. Il faudrait ne pas omettre surtout les
_lois_ promulguées de nos jours par Auguste Comte: loi d'évolution ou
_loi des trois états_: état théologique ou fictif, état métaphysique ou
abstrait, état positif ou scientifique; ni sa _classification des
sciences_: mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie ou
science des corps vivants, et sociologie ou science des sociétés[520].

En nous en tenant strictement aux bibliographes, il faudrait citer,
outre les premiers classements et les essais dont nous avons parlé, qui
ont inspiré, voire enfanté, la classification de Brunet, le système de
Parent aîné[521], celui du marquis de Fortia d'Urban[522], de l'Anglais
Bentham[523], qui avait si joliment imaginé de classer les livres
d'après le bien-être qu'ils peuvent procurer, du bibliothécaire belge
Namur[524], d'Aimé-Martin[525], de l'abbé Girard, de Peignot, Camus,
Ameilhon, Massol, Coste[526], etc. En insérant celui de Brunet, le plus
réputé et le plus usité de tous, nous avons voulu donner une idée type
de ces méthodes. Nous allons en passer rapidement en revue quelques
autres, des plus caractéristiques et des plus importantes.


BIBLIOTHÈQUE NATIONALE.

M. Léopold Delisle, administrateur général de la Bibliothèque nationale,
trace en ces termes l'exposé du classement des livres de cet
établissement[527]:

«Les livres imprimés de la Bibliothèque nationale sont répartis en
trente grandes divisions, dont chacune a pour marque caractéristique une
grande lettre de l'alphabet, accompagnée ou non d'une étoile, d'un
chiffre ou d'une minuscule. En voici le tableau:

  A.   Écriture sainte.
  B.   Liturgie et conciles.
  C.   Pères de l'Église.
  D.   Théologie catholique.
  D².  Théologie non catholique.
  E.   Droit canon.
  *E.  Droit de la nature et des gens.
  F.   Droit civil.
  G.   Géographie et Histoire générale.
  H.   Histoire ecclésiastique.
  J.   Histoire ancienne: Grecs, Byzantins, Turcs, Romains, Antiquités.
  K.   Histoire d'Italie.
  L.   Histoire de France.
  M.   Histoire d'Allemagne, des Pays-Bas, des pays du Nord et de l'Est
         de l'Europe.
  N.   Histoire de la Grande-Bretagne.
  O.   Histoire d'Espagne et de Portugal.
  O².  Histoire d'Asie.
  O³.  Histoire d'Afrique.
  P.   Histoire d'Amérique.
  P².  Histoire d'Océanie.
  Q.   Bibliographie.
  R.   Sciences philosophiques, politiques, économiques, morales et
         physiques.
  S.   Sciences naturelles.
  T.   Sciences médicales.
  V.   Mathématiques, sciences et arts.
  Vm.  Musique.
  X.   Linguistique et rhétorique.
  Y.   Poésie et théâtre.
  Y².  Romans.
  Z.   Polygraphie.»


BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE FRANCE.

(Sorbonne[528].)

_Cadre de classement._

B. Bibliographie.

  B. G.       _Bibliographie générale._
  B. S. b.    Bibliographie spéciale (bibliothèques).
  B. S. r.    Bibliographie spéciale (répertoires).
  B. S. a.    Bibliographie spéciale (amateurs).

T. Théologie.

  T. E.       _Théologie. Écriture._
  T. E. t.    Textes.
  T. E. v.    Versions.
  T. E. e.    Exégèse.
  T. E. e. a. Exégèse de l'Ancien Testament.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  T. L.       _Liturgie._
  T. L. g.    Liturgie générale.
  T. L. p.    Liturgie particulière.
  T. C.       _Conciles._
  T. S.       _Saints Pères._
  T. T.       _Théologiens._
  T. P.       _Polémique._
  T. H.       _Histoire ecclésiastique._
  T. D.       _Droit canon._

S. Sciences.

  S. D.       _Dictionnaires. Encyclopédies._
  S. P.       _Sciences philosophiques._
  S. G.       _Sciences politiques et gouvernementales._
  S. N.       _Sciences naturelles._
  S. M.       _Sciences médicales._
  S. O.       _Sciences occultes._
  S. [Phi].   _Sciences physiques._
  S. X.       _Mathématiques pures et appliquées._
  S. A.       _Beaux-Arts._
  S. I.       _Arts industriels._
  S. J.       _Journaux scientifiques._

L. Littérature.

  L. P.       _Philologie._
  L. P. c.    Philologie générale et composée.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  L. H.       _Histoire littéraire._
  L. D.       _Traités didactiques._
  L. M.       _Littérature du moyen âge._
  L. G.       _Littérature grecque._
  L. L.       _Littérature latine._
  L. L'.      _Littérature latine moderne._
  L. F.       _Littérature française._
  L. E.       _Littérature étrangère._

H. Histoire.

  H. U.       _Histoire universelle._
  H. U. i.    Introduction.
  H. U. c.    Chronologie.
  H. U. h.    Histoire générale.
  H. A.       _Histoire ancienne._
  H. A. g.    Histoire générale de l'antiquité.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  H. M.       _Histoire moderne de l'Europe (France exceptée)._
  H. F.       _Histoire de France._
  H. F. c.    Collections.
  H. F. g.    Histoire générale.
  H. F. o.    Origines, Mérovingiens, Carolingiens.
  H. F. ca.   Premiers Capétiens, premiers Valois.
  H. F. v.    Deuxièmes Valois.
  H. F. b.    Bourbons.
  H. F. r.    Révolution.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  H. V.       _Géographie et voyages._
  H. V. a.    Atlas.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  H. L.       _Législation._
  H. R.       _Archéologie._
  H. J.       _Journaux et recueils littéraires historiques._
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  M.          Musique (Partitions).
  U.          _Universités françaises._

I. Incunables.

  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

M. S. Manuscrits.

  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

R. Réserve.


BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE PARIS[529].

(_Musée Carnavalet._)

HISTOIRE DE PARIS.

_Tableaux des divisions_

  SECTIONS                                                        SÉRIES

         I.--Bibliographie.

  A.  Bibliographie de Paris. Études bibliographiques intéressant
      l'histoire de Paris.                                             1
  B.  Catalogues de bibliothèques riches en histoire de Paris.         2

        II.--Histoire physique et naturelle.

  A.  Météorologie parisienne, faune, botanique et horticulture,
      paléontologie, géologie.                                         3
      _Appendice:_ carrières sous Paris, catacombes.                   4
  B.  Hydrographie.
      _Eaux naturelles._--La Seine, la Bièvre, inondations, puits
      et sources, eaux de Passy.--_Appendice:_ ports et navigation.    5
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  C.  Population, statistique.                                         8

       III.--Histoire Générale.

  A.  Histoire de Paris formant corps d'ouvrage et généralités.        9
  B.  Descriptions et guides cicerones.                               10
  C.  Histoire particulière des quartiers de Paris.                   11

        IV.--Topographie.

  A.  Généralités.--Plans et enceintes.
      Généralités. Études sur la topographie de Paris                 31
      Plans par ordre chronologique                                   32
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

         V.--Monuments et Architecture.

  A.  Monuments publics.
      Les monuments de Paris en général, inscriptions                 42
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

        VI.--Histoire religieuse.

  A.  Généralités.
      Liturgie parisienne, officialité, administration
      ecclésiastique, anciens sermonnaires intéressant l'histoire
      des mœurs                                                      50
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

       VII.--Histoire des Lettres, Sciences et Arts à Paris.

  A.  Instruction publique.
      Généralités                                                     56
      Ancienne Université de Paris et ses collèges.                   57

      VIII.--Histoire des mœurs et coutumes.

  A.  Généralités.
      Histoire générale des mœurs et coutumes des Français           73
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

        IX.--Fêtes et Divertissements.

  A.  Fêtes officielles, etc.                                         88
  B.  Théâtre.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

         X.--Histoire civile et administrative.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

        XI.--Police et Histoire judiciaire.
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

       XII.--Environs de Paris.

  A.  _Environs de Paris en général._--Cartes et vues                158
      Histoire, dictionnaires et documents divers.                   159
  B.  Histoire particulière des villes; villages et châteaux         160
  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Un des meilleurs systèmes de classement, surtout pour une collection de
petite ou de moyenne étendue, comprenant des ouvrages de toute sorte,
est celui qu'indique M. Léopold Delisle, et qu'il recommande comme «un
cadre dans lequel trouveraient aisément place tous les ouvrages dont se
composent la plupart de nos bibliothèques municipales[530]».

Ici, comme précédemment, les diverses matières sont désignées chacune
par une lettre majuscule:

  A. Théologie.
  B. Jurisprudence.
  C. Sciences philosophiques, politiques et morales.
  D. Sciences physiques et chimiques.
  E. Sciences naturelles.--Agriculture.
  F. Médecine.
  G. Sciences mathématiques et applications.--Mécanique.--Astronomie.
     --Marine.--Art militaire.--Jeux.
  H. Beaux-Arts.
  I. Linguistique et littérature.--Généralités.--Mélanges.--Langues
     et littératures autres que celles pour lesquelles il existe des
     divisions spéciales.
  J. Langues et littératures de l'Orient.
  K. Langues et littératures classiques (la Grèce et Rome).
  L. Langue et littérature françaises.
  M. Langues et littératures des États de l'Europe autres que la France.
  N. Histoire universelle.--Généralités de la géographie et des voyages,
     de la chronologie, de la biographie, de l'archéologie, de la
     paléographie et de l'histoire ecclésiastique, y compris les
     croisades.
  O. Histoire ancienne de l'Orient.--Juifs.--Égyptiens.--Assyriens,
     etc.--Indiens.--Chinois.
  P. Histoire ancienne des Grecs et des Romains.--L'empire byzantin.
  Q. Histoire de France.
  R. Histoire des États européens autres que la France.
  S. Histoire de l'Asie et de l'Afrique. On y pourra comprendre la
     Turquie.
  T. Histoire de l'Amérique et de l'Océanie.
  U. Bibliographie et histoire littéraire.
  V. Mélanges encyclopédiques et autres.--Collections.--Polygraphie.

Les subdivisions, dont le nombre peut s'étendre à volonté, seront
marquées par des lettres minuscules, placées à la suite de la majuscule
annonçant la division. Exemple:

  Q.  _Histoire de France._
  Qa. Généralités de l'histoire de France.--Géographie.--Histoires
      générales.--Résumés.--Collections de documents.
  Qb. Détails de l'histoire de France par périodes et par règnes.
  Qc. Publications périodiques relatives à l'histoire de France.
  Qd. Histoire des institutions et des usages politiques,
      ecclésiastiques, administratifs, militaires, commerciaux, etc.,
      de la France.
  Qe. Histoire provinciale et locale.
  Qf. Histoire des familles et des individus. (Généalogies et
      biographies.)

En reprenant ici notre exemple, la cote à donner à l'_Histoire de Paris_
de Dulaure, nous aurions, avec ce mode de classement:

   Qe
  -----
  Nº 62

Et si la subdivision Qe. _Histoire provinciale et locale_ était, à son
tour, comme la subdivision correspondante de Brunet, sectionnée en:

  Qea. Paris (Histoire, mœurs et usages).
  Qeb. Ile-de-France.
  Qec. Beauce.
  Qed. Normandie.
    Etc., etc.,

nous aurions pour la susdite cote:

   Qea
  -----
  Nº 62

On voit, d'après ce qui précède, combien les classifications
bibliographiques offrent de divergences et de latitude. Chaque
bibliothèque spéciale donne tout naturellement et forcément à sa
spécialité, à ce qui la préoccupe le plus, une place à part et la plus
grande place; elle attribue à cette spécialité des divisions distinctes,
accompagnées de nombreuses subdivisions et sous-subdivisions. Ainsi la
bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes,
organisée en 1878 par M. Ernest Jacquez, porte en tête de son catalogue
l'électricité et le magnétisme; puis viennent les sciences physiques,
chimiques, naturelles, mathématiques, philosophiques, etc., et, dans
deux sections particulières et parallèles, les ouvrages exclusivement
consacrés à la télégraphie et aux postes, avec ces numéros et lettres
d'ordre:

   1. Électricité et magnétisme.
   2. Sciences physiques (électricité exceptée).
   3. Sciences chimiques.
   4. Sciences naturelles.
   5. Sciences mathématiques.
   6. Sciences philosophiques, morales, sociales et économiques.
   7. Publications encyclopédiques, mélanges, arts.
   8. Littérature, linguistique, polygraphie, histoire et géographie.
   9. Jurisprudence.
  10. Cartes et atlas.
   T. Télégraphie.
   P. Postes.

Et comme subdivisions:

  1A. Histoire de l'électricité et du magnétisme;...
  1B. Grandeurs électriques et magnétiques; sources d'électricité et
      de magnétisme;...
  1C. Traités complets et partiels anciens et modernes d'électricité et
      de magnétisme;...
  1D. Applications de l'électricité et du magnétisme;...
  1E. Journaux, revues et annuaires français et étrangers concernant
      l'électricité;...

  2A. Histoire et traités préparatoires (des sciences physiques,
      électricité exceptée);...
  2B. Cours et traités généraux;...
  Etc., etc.

On peut consulter encore sur ces arides questions de classification la
table systématique de la _Bibliographie de la France, Journal général de
l'imprimerie et de la librairie_; celle du _Catalogue général de la
librairie française_, de Lorenz; du _Polybiblion, Revue bibliographique
mensuelle_; ainsi que les nombreux cadres de classement des
bibliothèques et publications étrangères; et l'on se convaincra de plus
en plus qu'il n'y a pas de système bibliographique absolu et
infaillible, pouvant également convenir à tout le monde et sur lequel
tout le monde soit d'accord[531]; on reconnaîtra de plus en plus la
justesse de la remarque de J.-Ch. Brunet, qu'«il est naturel que chaque
possesseur de livres classe sa bibliothèque selon la nature de ses
études, selon ses propres opinions, et qu'au besoin il rattache à sa
spécialité tout ce qui, de près ou de loin, semble s'y rattacher[532].»

                                   *

                                 *   *

Faisant abstraction de toutes ces complexes et interminables divisions
et subdivisions encyclopédiques, des bibliographes des États-Unis ont
conseillé d'inscrire simplement sous les mots du dictionnaire la liste
des ouvrages qui se rapportent à ces mots. Au mot AME, par exemple, vous
trouvez les titres des ouvrages qui traitent de l'âme; au mot ARGENT,
ceux qui traitent de l'argent; à ASTRONOMIE, ceux qui traitent de cette
science; etc. Pour remédier aux difficultés du classement, ils l'ont
tout bonnement supprimé[533].

Mais, comme un lien existe entre toutes les branches du savoir humain,
et qu'on a besoin de saisir ce lien, de tenir ce fil pour se guider à
travers ce lacis de ramifications, et se reporter d'une science à une
autre, les Américains ne se sont pas arrêtés à leur
_Dictionary-Catalogue_, ils ont cherché un système qui pût embrasser
toutes les questions, même les plus menues, s'étendre à l'infini, et
aussi qui fût indépendant des pays et des langues, et susceptible d'être
rapidement sinon instantanément compris de tous les bibliographes, de
tout le monde.

La _Classification décimale_, imaginée par M. Melvil Dewey, directeur de
la Bibliothèque de l'État de New-York et président de l'Association des
bibliothécaires américains, a fait grand bruit il y a quelques années,
et elle semblait pouvoir remplir ces desiderata. Au mois de septembre
1895, une Conférence bibliographique internationale s'est tenue à
Bruxelles, sous le patronage du gouvernement belge; elle a décidé la
création d'un Institut international de bibliographie, et provoqué la
formation d'un Office international, subventionné par les gouvernements,
«pour préparer un Répertoire bibliographique universel et assigner aux
publications faites dans les divers États la cote de classement que
devra recevoir chacune d'elles et qui sera apposée sur les exemplaires
de toutes les bibliothèques affiliées à l'Office international[534]».
D'autres conférences analogues eurent lieu à Londres en 1896, et à
Bruxelles en 1898; mais il paraît que plus d'un désaccord s'est produit
entre les promoteurs de ce mouvement; on n'a pas su maintenir aux
chiffres des cotes une signification invariable et certaine, et il en
est naturellement résulté une paralysante confusion[535].

Néanmoins, l'Office et l'Institut international de bibliographie, fondés
à Bruxelles en 1895 pour propager la «géniale invention[536]» de M.
Melvil Dewey, subsistent toujours, et c'est à une publication de cet
office[537] que nous empruntons la plupart des détails suivants.

M. Melvil Dewey répartit l'ensemble des connaissances humaines en neuf
classes principales, numérotées chacune par un chiffre, de 1 à 9. Les
encyclopédies, les périodiques et les ouvrages d'un caractère général et
qui n'appartiennent à aucune de ces classes sont désignés par un zéro et
forment une classe à part, une classe préalable, dite des «Ouvrages
généraux» ou «Généralités». On a ainsi:

  0 Ouvrages généraux[538].
  1 Philosophie.
  2 Religion. Théologie.
  3 Sciences sociales et Droit.
  4 Philologie. Linguistique.
  5 Sciences mathématiques et naturelles.
  6 Sciences appliquées. Technologie.
  7 Beaux-Arts.
  8 Littérature.
  9 Histoire et Géographie.

Chacune de ces dix grandes classes est partagée en dix subdivisions,
ayant chacune pour indice ou symbole le chiffre de la classe à laquelle
elle appartient, suivi d'un autre chiffre variant encore de 0 à 9. Voici
la liste de ces (10 × 10) subdivisions:

0 Ouvrages généraux.

  00 Généralités.
  01 Bibliographie.
  02 Bibliothéconomie.
  03 Encyclopédies générales.
  04 Collections générales d'essais.
  05 Périodiques généraux. Revues.
  06 Sociétés générales. Académies.
  07 Journaux. Journalisme.
  08 Bibliothèques spéciales.
  09 Manuscrits et livres précieux.

1 Philosophie.

  10 Généralités.
  11 Métaphysique.
  12 Divers sujets métaphysiques[539].
  13 L'esprit et le corps.
  14 Systèmes philosophiques.
  15 Psychologie.
  16 Logique.
  17 Morale.
  18 Philosophes anciens.
  19 Philosophes modernes.

2 Religion. Théologie.

  20 Généralités.
  21 Théologie, religions naturelles[540].
  22 Bible. Évangile.
  23 Théologie doctrinale.
  24 Pratique religieuse. Dévotion.
  25 Œuvres pastorales.
  26 L'Église.
  27 Histoire de l'Église.
  28 Église et sectes chrétiennes.
  29 Religions non chrétiennes.

3 Sciences sociales et Droit.

  30 Généralités.
  31 Statistique.
  32 Science politique.
  33 Économie politique.
  34 Droit.
  35 Administration. Droit administratif.
  36 Assistance. Assurances. Associations.
  37 Enseignement. Éducation.
  38 Commerce. Transports. Communications.
  39 Coutumes. Costumes.

4 Philologie. Linguistique.

  40 Généralités.
  41 Philologie comparée.
  42 Philologie anglaise.
  43 Philologie germanique.
  44 Philologie française.
  45 Philologie italienne.
  46 Philologie espagnole.
  47 Philologie latine.
  48 Philologie grecque.
  49 Autres langues.

5 Sciences mathématiques et naturelles.

  50 Généralités.
  51 Mathématiques.
  52 Astronomie. Géodésie. Navigation.
  53 Physique.
  54 Chimie. Minéralogie.
  55 Géologie.
  56 Paléontologie.
  57 Biologie. Anthropologie.
  58 Botanique.
  59 Zoologie.

6 Sciences appliquées. Technologie.

  60 Généralités.
  61 Médecine.
  62 Art de l'ingénieur.
  63 Agriculture.
  64 Économie domestique.
  65 Commerce. Transports.
  66 Industries chimiques.
  67 Manufactures.
  68 Industries mécaniques et métiers.
  69 Construction.

7 Beaux-Arts.

  70 Généralités.
  71 Paysages de jardins. (Jardins, parcs, promenades.)
  72 Architecture.
  73 Sculpture. Numismatique.
  74 Dessin. Décoration.
  75 Peinture.
  76 Gravure.
  77 Photographie.
  78 Musique.
  79 Divertissements. Jeux. Sports.

8 Littérature.

  80 Généralités.
  81 Littérature américaine[541].
  82 Littérature anglaise.
  83 Littérature germanique.
  84 Littérature française.
  85 Littérature italienne.
  86 Littérature espagnole.
  87 Littérature latine.
  88 Littérature grecque.
  89 Autres littératures.

9 Histoire et Géographie.

  90 Généralités.
  91 Géographie et voyages.
  92 Biographie.
  93 Histoire ancienne.
  94 Histoire moderne { Europe.
  95                  { Asie.
  96                  { Afrique.
  97                  { Amérique du Nord.
  98                  { Amérique du Sud.
  99                  { Océanie. Régions polaires.

Ces cent premières subdivisions (de 00 à 99) forment à leur tour chacune
dix deuxièmes subdivisions, fractionnées elles-mêmes chacune en dix
troisièmes subdivisions, etc., toutes numérotées, d'après le même
principe, de 0 à 9. On obtient ainsi des nombres de trois, quatre,
cinq... chiffres. Afin d'accentuer l'intelligibilité «des nombres un peu
longs», il est d'usage d'y intercaler un point, ordinairement après le
troisième chiffre. Ce point, bien entendu, «n'a rien de décimal»[542].

Prenons, par exemple, la subdivision 33 Économie politique, nous aurons
comme deuxièmes subdivisions[543]:

  330  Généralités.
  331  Capital, main-d'œuvre et salaires.
  332  Banques. Monnaie. Crédit.
  333  Propriété immobilière: rente foncière, propriété des terres,
       forêts, mines.
  334  Coopération.
  335  Socialisme et communisme. Anarchie.
  336  Finances publiques.
  337  Protection. Libre-échange. Tarifs douaniers.
  338  Production des richesses. Industrie.
  339  Répartition des richesses. Paupérisme.

Puis, en agissant de même sur une quelconque de ces deuxièmes
subdivisions, 331 Capital, main-d'œuvre et salaires, je suppose, nous
aurons:

  331.0 Généralités.
  331.1 Rapports du capital et de la main-d'œuvre.
  331.2 Salaires. Participation aux bénéfices. Assurance obligatoire.
  331.3 Travail des enfants. (Voir 179.2 Cruauté envers les enfants.)
  331.4 Travail des femmes. (Voir 396.5 Occupations des femmes.)
  331.5 Travail des déportés, des prisonniers.
  331.6 Travail des indigents. Travail à bas prix des étrangers, des
        Chinois.
  331.7 Main-d'œuvre habile et brutale.
  331.8 Classes ouvrières.

Comme on le voit, il n'est pas toujours nécessaire d'épuiser les dix
chiffres pour une subdivision; ici, nous nous arrêtons au 8. On laisse
ainsi des cases vacantes, qui pourront être utilisées plus tard. On
remarquera aussi, dans ce dernier tableau, deux exemples de renvois à
d'autres catégories, «renvois fort utiles, ajoute M. Ed. Sauvage[544],
car il arrive fréquemment que la limite entre deux sujets appartenant à
des divisions différentes ne peut être tracée avec précision».

Prenons encore une de ces catégories, la sous-subdivision 331.8 Classes
ouvrières. Elle se subdivisera à son tour comme il suit:

  331.80 Généralités.
  331.81 Heures de travail.
  331.82 Places de travail. Dangers. (Voir aussi 613.6 Hygiène;
         622.8 Mines; 614.8 Sauvetage.)
  331.83 Nourriture. Vêtements. Habitations.
  331.84 Moralité; habitudes. Intempérance; tempérance. Amusements.
         Tentations. (Voir aussi 17 Morale; 79 Exercices;
         263.6 Dimanche.)
  331.85 Aides. Conférences. Bibliothèques. Salles de lecture. (Au point
         de vue seulement de la science économique et des classes
         ouvrières.)
  331.86 Formation de l'ouvrier. Apprentissage.
  331.87 Organisation du travail.
  331.88 Sociétés pour régler le travail (_trade unions_).
  331.89 Grèves.

Le principe sur lequel repose ce système de classification est, sans
conteste, des plus ingénieux: les nombres classificateurs définissent
entièrement la division à laquelle ils s'appliquent. C'est ainsi que
dans la dernière cote que nous venons de citer, dans ce nombre 331.89,
attribué aux travaux traitant des grèves, nous voyons d'abord le 3, qui
indique les Sciences sociales; ce 3 suivi d'un autre 3, 33, désigne
l'Économie politique; 331, le Capital et la main-d'œuvre; 331.8, les
Classes ouvrières; enfin la question particulière considérée, les
Grèves, est définie par l'addition du 9 final[545].

Quant aux fiches rédigées selon les règles de la classification
décimale, le type adopté par l'Office et l'Institut international de
Bruxelles est «la fiche blanche de 125 × 75 millimètres, posée en
largeur et perforée à la base, pour en faciliter la conservation dans
des tiroirs à tringles mobiles[546]». Contrairement, en effet, à
l'usage, généralement suivi, d'écrire sur les fiches dans le sens de la
hauteur, dans la partie moins large, c'est dans le sens de la largeur
que l'Office et l'Institut international conseillent de transcrire les
mentions. Voici, réduit des deux tiers environ, un spécimen d'une de ces
fiches[547]. Le cercle tracé dans la partie inférieure indique le trou
par où passe la tringle dans laquelle sont enfilées toutes les fiches.
Inutile de faire observer que ce système, où, pour retirer ou intercaler
une fiche, il faut enlever toutes les autres, est inférieur au système
Bonnange, précédemment décrit[548].

  MARTEL (Jules).                                                  537

  1896. _Traité d'électricité_, par J. MARTEL, professeur à la Faculté
  des Sciences de Lyon.

  Paris, Gauthier-Villars et fils, 1896, in-8 raisin (0,17 × 0,26),
  XI-326 p., 6 francs.

Le chiffre 537 indique la cote du livre, la subdivision Électricité (5,
Sciences mathématiques et naturelles; 53, Physique; 537, Électricité),
et l'on remarquera que le format de l'ouvrage n'est pas seulement
désigné par la mention in-8 raisin, mais par la mesure métrique entre
parenthèses (0,17 × 0,26)[549].

Des fiches divisionnaires de couleur, un peu plus hautes que les fiches
blanches, des _vedettes_, portant en tête les nombres de chaque classe
ainsi que leur traduction en mots, séparent les fiches bibliographiques
appartenant à des divisions différentes.

L'Office et l'Institut international de Bruxelles ont émis le
vœu,--exprimé déjà en 1879 par le bibliographe allemand Burchard,--que
les éditeurs voulussent bien joindre désormais à leurs livres nouveaux
des fiches bibliographiques toutes préparées et rédigées selon le modèle
adopté, les unes pour les répertoires d'auteurs (catalogues
alphabétiques), les autres pour les répertoires de matières (catalogues
méthodiques). Ces fiches pourraient être imprimées sur papier très fin,
et les bibliothécaires et bibliophiles n'auraient qu'à les coller sur
leurs fiches blanches ordinaires de carton mince. Par ce moyen, non
seulement on simplifierait beaucoup, et autant dire sans aucuns frais,
les opérations de catalogage, mais on aurait cet immense avantage
d'avoir partout des fiches uniformément établies. Jusqu'ici,
malheureusement, ce vœu n'est guère sorti du domaine théorique, et il
n'est encore qu'un pur projet[550].

                                   *

                                 *   *

Le système de classification décimale, qui paraît et qui est si
séduisant, n'a cependant pas séduit tout le monde, tant s'en faut:
nombre d'objections y ont été faites, et par des érudits et spécialistes
des plus compétents et des plus autorisés, nommément par MM. Léopold
Delisle[551], F. Funck-Brentano[552], Ch.-V. Langlois[553], Henri
Stein[554], G. Fumagalli, l'éminent bibliographe italien[555], etc.

«Le plan général (de ce système) est des plus simples, écrit M. Léopold
Delisle[556]; l'ensemble et les détails en ont été empruntés au système
décimal, comme l'indique suffisamment le titre: _Decimal
Classification_. C'est là ce qui fait la force apparente des théories de
M. Dewey. Malheureusement, l'étude des phénomènes de la nature et des
événements de l'histoire, les fruits de l'activité humaine, les travaux
scientifiques, artistiques et littéraires, les produits de l'esprit ou
de l'imagination, sont loin de toujours se prêter à la rigueur des
divisions et subdivisions décimales.»

«Le grand défaut du système de Dewey, dit de son côté le docteur
Graesel[557], c'est de donner à toutes les classes le même nombre de
divisions et la même ampleur, alors que chacune des branches des
connaissances humaines a son étendue particulière et demande, par
conséquent, à être divisée d'une façon différente des autres.»

Il semble, en résumé, que ce système a été accueilli en Europe par les
gens de lettres et les bibliographes de profession avec une méfiance
plus ou moins caractérisée, tandis que les hommes de sciences, médecins,
physiologistes, etc., n'y ont pas trouvé les mêmes imperfections et s'y
sont volontiers ralliés[558]. Nombre d'entre eux, pour le catalogage de
leurs livres et la rédaction et la mise en ordre de leurs fiches
bibliographiques ou autres, ont adopté des méthodes où les combinaisons
de chiffres remplacent toutes les mentions de classes et catégories,
toutes les lettres indices de divisions et subdivisions des anciennes
classifications.

Il est même à remarquer que, dès l'année 1879, c'est-à-dire bien avant
l'introduction en Europe du système de M. Melvil Dewey[559], un médecin
de Paris, très connu depuis par ses travaux de laryngologie, le docteur
Baratoux, employait un procédé de notation chiffrée reposant sur le
principe même de la classification décimale. Ce n'est qu'en 1897, alors
que cette classification provoquait tant de controverses dans le monde
bibliographique, que M. le docteur Baratoux, jusque-là étranger à ces
questions et qui n'avait pas soupçonné l'importance de sa méthode de
catalogage, en publia dans son journal, _la Pratique médicale_, le
tableau détaillé explicatif[560].

Dans le monde de la science, ce système de notation chiffrée était comme
pressenti, déjà réalisé, et il a continué à se garder et à conquérir de
nombreux partisans. Il ne semble pas jusqu'ici devoir obtenir le même
succès dans le monde des lettres, pour les grandes collections du moins
et les anciennes et immenses bibliothèques publiques. Quant aux
collections particulières, quant à notre bibliothèque, dont le total des
richesses n'excède pas quinze ou vingt mille volumes, il n'y aurait
aucun inconvénient, on ne trouverait même que commodité et profit, selon
nous, à faire usage de la classification décimale.



CHAPITRE IX

DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES

Nettoyage des bibliothèques.--Comment et avec quoi essuyer les
livres?--Évitez l'emploi de la laine et du drap.--Insectes bibliophages:
moyens de les détruire.

Réparation des livres.--Feuillets déchirés ou décousus.--Taches: taches
maigres, taches grasses.--Encollage du papier.

Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et humidité;
feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac; équarrisseurs de
livres; collectionneurs de frontispices et de gravures; relieurs;
emprunteurs; etc.--Femmes bibliophiles.

Comment couper les feuillets d'un livre?--Le meilleur des
coupe-papier.--Par où doit-on prendre un livre?--Comment le
tenir?--Respect dû aux livres.--Code et hygiène des liseurs.--Faut-il
lire au lit? en mangeant?--Quelle heure convient le mieux pour la
lecture?--Dangers du doigt mouillé.--Faut-il annoter ses livres?--La
meilleure preuve de l'affection qu'on a pour eux et pour les Lettres.


Nous avons vu que le livre est comme un être vivant, possédant une âme
et un corps. L'âme, nous n'avons pas à nous en occuper ici; nous
n'envisageons et n'étudions que l'enveloppe et la forme matérielle du
livre, et nous nous en tenons à sa _santé_ physique.

Tout comme son propriétaire, le livre a besoin d'air, besoin d'hygiène
et de propreté.

«Tous les mois, les vitrines réservées seront ouvertes, aérées,
essuyées, ainsi que les livres ou manuscrits auxquels elles sont
affectées, dit la circulaire ministérielle du 4 mai 1878[561]. Tous les
ans, aux vacances, cette dernière opération (l'essuyage) aura lieu pour
un tiers des livres de la bibliothèque (rangés, comme nous le savons,
non dans des vitrines fermées, mais sur des rayons libres). Le battage
ne doit pas être brutal; il est surtout utile pour les volumes brochés,»
etc.

Vous, dont les livres sont bien moins nombreux que ceux de ces
établissements publics, vous agirez sagement en ne laissant pas
s'écouler un aussi long délai sans procéder à ce nettoyage; vous
l'effectuerez, sinon tous les mois, comme pour les susdites collections
réservées, du moins et au moins une fois par semestre, en avril et en
octobre, par exemple.

«De même, remarque Alkan aîné[562], que l'on a soin de faire brosser ses
habits, il faut faire épousseter de temps en temps les livres, les
battre, essuyer la tranche avec le plus grand soin.»

Mais avec quoi l'essuyer?

Le docteur Graesel aussi bien que la circulaire ministérielle du 4 mai
1878 conseillent, pour cet essuyage, l'emploi «de chiffons de
laine[563]». Suivez plutôt le conseil du savant bibliographe Gabriel
Peignot, de Jules Richard et de M. Édouard Rouveyre[564]: ne vous servez
pas de lainage pour les soins d'entretien et de propreté à donner à vos
livres. La laine attire et retient les insectes et les vers, et par elle
vous risquez d'introduire l'ennemi dans la place.

«Chaque fois que vous prendrez dans votre bibliothèque un livre pour le
consulter, dit Jules Richard[565], époussetez-le, puis frottez-lui le
dos et les plats avec une peau fine, semblable à celle dont se servent
les domestiques pour faire briller l'argenterie. Cette friction
hygiénique est excellente et des plus salutaires pour la santé du livre.
Je vous en prie, n'oubliez ni le plumeau en plumes douces, ni la peau
fine. On peut remplacer cette dernière par des foulards hors de service
et très usés.»

D'aucuns blâment l'emploi du petit plumeau,--si commode pourtant,
puisqu'il est facile de dissimuler ce minuscule objet dans les rayons de
la bibliothèque, et de l'avoir ainsi toujours sous la main,--et
allèguent contre lui qu'il projette la poussière dans la pièce, sinon
même sur les rangées de livres des tablettes inférieures. Il est évident
que, s'il s'agissait d'un grand nettoyage, le plumeau ne pourrait
efficacement servir qu'à condition de fonctionner à l'extérieur ou
devant une fenêtre ouverte; mais quand il ne s'agit que de quelques
volumes, des ouvrages que vous tirez un à un de vos rayons, durant vos
lectures ou vos recherches, n'hésitez pas à recourir à ses bons offices.
En tout cas, n'oubliez pas le point capital: avant d'ouvrir un livre, ne
négligez jamais d'enlever la poussière accumulée sur sa tranche
supérieure, afin que cette poussière ne pénètre pas dans l'intérieur du
livre.

Pour le motif que je vous ai signalé il y a un instant, ne garnissez pas
de drap les tablettes de votre bibliothèque. Sans doute cette garniture
offre certains avantages: adaptée en bandelette sur le devant et le long
de chaque rayon, comme le demandait Peignot[566], elle préserve quelque
peu de la poussière la tranche supérieure des volumes rangés
immédiatement au-dessous; appliquée à plat sur la surface même des
rayons, elle protège la partie inférieure de la reliure de vos livres en
leur ménageant un frottement plus doux que celui du bois; mais, en
revanche, ce parement de drap est un nid à poussière, un réceptacle
d'insectes[567].

Vernissez vos tablettes ou badigeonnez-les avec une solution
antiseptique, et souvenez-vous qu'il en est des vers comme des maladies:
il est plus facile d'en prévenir l'accès que de les détruire ensuite ou
de les chasser. N'employez donc, pour vos bibliothèques et rayonnages,
que des bois exempts de toute humidité, des bois bien secs et vernis ou
enduits comme il vient d'être dit.

                                   *

                                 *   *

Les principaux vers qui attaquent les livres et rongent le papier
appartiennent au genre _Anobium_, qui comprend trois espèces: _Anobium
pertinax_, _Anobium eruditus_ et _Anobium paniceum_, et au genre
_Œcophora_, dont l'espèce _Œcophora pseudo-spretella_ doit être placée
au premier rang des ravageurs de bibliothèques. Vulgairement, on les
appelle, les uns et les autres: vers de bois, vrillettes, pulsateurs,
etc.[568].

A l'état de larves, les anobiums ressemblent aux vers que l'on trouve
dans les noisettes, et leurs différentes espèces se confondent. Ces
larves, nées ou introduites dans les livres, s'y nourrissent et s'y
développent aux dépens des éléments de ces livres, y accomplissent leurs
métamorphoses, et s'y creusent des couloirs de sortie. Les anobiums
peuvent facilement traverser plusieurs volumes rangés d'affilée, et
Gabriel Peignot a trouvé jusqu'à _vingt-sept_ volumes percés en ligne
droite par un même ver[569]. L'épaisseur des couvertures n'est nullement
un obstacle à ces dégâts, au contraire: on a remarqué que les livres
brochés sont moins fréquemment atteints que les livres reliés. Pour une
autre raison, les livres anciens sont bien plus fréquentés par ces
insectes que les livres modernes: c'est que le papier de ceux-ci, notre
papier de bois, avec sa _charge_ de plâtre ou de kaolin, est tellement
mauvais, que les vers eux-mêmes n'en veulent pas. C'est d'ailleurs,
outre sa modicité de prix, le seul avantage qu'il possède sur le papier
d'autrefois.

La colle de farine paraît être ce qui attire le plus les vers: voilà
pourquoi les relieurs ne doivent pas manquer d'ajouter à leur colle de
l'alun ou tout autre corps qui la rende imputrescible. Les anciens plats
de bois des couvertures, auxquels on a si judicieusement renoncé,
offraient aussi à ces insectes un appât très recherché[570].

La larve de l'_Œcophora_ diffère de celle de l'_Anobium_ en ce qu'elle
possède des pattes. «C'est, dit William Blades[571], une chenille avec
six jambes sur le thorax et huit protubérances en forme de suçoirs sur
le corps. Elle ressemble au ver à soie. Après avoir passé à l'état de
chrysalide, elle se transforme en petit papillon brun... Sa longueur est
d'environ 12 millimètres, et la tête, corneuse, possède de fortes
mâchoires... Le lecteur qui n'a pas eu l'occasion de visiter de vieilles
bibliothèques, remarque encore William Blades, ne peut se figurer la
dévastation que ces insectes nuisibles sont capables de faire.»

Certaines espèces de blattes, la _Blatta germanica_ ou _Croton Bug_[572]
et la _Blatta americana_, causent de grands ravages dans les
bibliothèques d'Amérique. Ces insectes, vulgairement désignés sous les
noms de _cancrelats_, _ravets_ ou _bêtes noires_, ont à peu près la
longueur d'un hanneton; ils sont doués d'une extrême agilité,
recherchent les ténèbres, et exhalent une odeur fétide, qu'ils
communiquent à tout ce qu'ils touchent. Un missionnaire du XVIIe siècle,
le père dominicain Dutertre, nous a jadis conté leurs rapides et
étonnants dégâts[573].

Mentionnons encore un petit insecte à écailles argentées appelé
_Lepisma_; «mais ses ravages ne sont pas de grande importance», assure
William Blades[574]. D'autres auteurs cependant, comme le docteur Henri
Beauregard, affirment que le lepisma «fait de réels dommages[575]».

Quel est le meilleur système à employer pour se débarrasser de toute
cette vermine? «C'est là, répond Graesel[576], une question difficile à
résoudre et qui a même été, à différentes reprises, l'objet de
concours[577]; mais la plupart des mesures qui ont été proposées
jusqu'ici sont ou trop compliquées ou insuffisantes.»

Pour combattre l'anobium, qui affectionne la colle d'amidon et dépose
volontiers ses œufs dans le bois de hêtre, des bibliographes conseillent
de placer, «en été, dans certains endroits de la bibliothèque, des
morceaux de hêtre recouverts d'une légère couche de colle d'amidon, sur
lesquels les insectes viennent aussitôt pondre leurs œufs. La sortie des
vers n'ayant lieu qu'en hiver, on diffère jusqu'à cette saison l'examen
des pièges. Si, après les avoir visités, entre janvier et mars, on
reconnaît que certains d'entre eux sont vermoulus ou couverts de petites
excroissances dénotant la présence des vers, on les brûle et l'on arrive
ainsi à se débarrasser à peu près complètement de l'anobium[578].»

D'une façon plus générale, c'est-à-dire sans se borner à l'anobium ou
vrillette, et en cherchant à détruire aussi l'œcophora et les autres
insectes bibliophages, «la méthode la plus simple et en même temps la
plus pratique, croyons-nous, dit encore le docteur Graesel, est celle
qui consiste à imprégner de térébenthine, de camphre ou de toute autre
substance insecticide des morceaux de drap que l'on place ensuite
derrière les rangées de livres. Pour les volumes précieux, et
particulièrement pour les reliures en bois, dont toute bibliothèque un
peu importante possède une certaine quantité et qui sont en général très
estimées en raison de leur ancienneté, le mieux est d'employer l'huile
de cèdre (le _cedrium_), dont les propriétés conservatrices étaient déjà
connues des anciens. Naumann a aussi proposé, et ce sur le conseil d'un
chimiste distingué, de mêler à la colle d'amidon des relieurs de la
farine de marrons d'Inde. En raison de son amertume, cette farine,
paraît-il, protégerait encore mieux les livres contre les attaques des
vers que la térébenthine et le camphre. Du Rieu a récemment conseillé
d'employer la benzine comme préservatif: il suffirait, d'après lui, de
la répandre goutte à goutte avec une éponge sur les rayons, les vieilles
reliures en bois ou les volumes attaqués, pour détruire les insectes,
sinon toujours à la première application, du moins dans tous les cas à
la seconde[579].»

Un désinfectant plus énergique et tout à fait radical, assure-t-on, est
recommandé depuis quelques années, c'est «l'aldéhyde formique (formol,
formaline, formaldéhyde), corps dont le pouvoir antiseptique avait été
reconnu en 1888 par M. Lœw, et dont la fabrication commerciale en
solutions concentrées fut enseignée à l'industrie par les travaux de M.
Trillat[580]».

Voici comment, d'après le chimiste P. Miquel, il convient de procéder.
On dissout environ une partie de chlorure de calcium dans deux parties
de solution commerciale d'aldéhyde formique, et l'on humecte de ce
mélange des bandes de toile qu'on étend dans le local à désinfecter,
après avoir eu soin d'en fermer toutes les ouvertures. Au bout de
vingt-quatre heures, tous les germes ou microbes contenus dans ce local
sont anéantis, et il ne reste plus qu'à l'aérer pour chasser les relents
pénétrants du formol.

Ce procédé, infaillible, affirme M. Yve-Plessis[581], paraît néanmoins
peu pratique, par suite précisément de l'odeur âcre et insupportable que
dégage l'aldéhyde formique.

Alkan aîné conseille, lorsqu'on aperçoit sur une reliure quelques trous
de vers, de plonger une aiguille ou un poinçon mince dans chacun de ces
trous, afin de détruire le ver, si, par hasard, il s'y trouve encore;
puis, de boucher «avec du camphre en poudre ou du poivre mêlé à un peu
de cire ramollie[582]».

Les trous de vers qui se trouvent dans une page peuvent se boucher en
collant sur leur orifice des rondelles de papier aussi menues qu'il le
faut, ou bien encore, et ce qui vaut mieux, en obturant ces petits
orifices avec de la pâte de papier. On fabrique soi-même cette pâte avec
du papier râpé à la lime (les marges d'un livre dépareillé et sacrifié,
par exemple), qu'on fait cuire dans un peu d'eau mélangée de colle de
poisson[583].

Il est juste d'ajouter que, grâce aux précautions prises à peu près
partout actuellement, dans les bibliothèques publiques, pour la
sauvegarde des anciens livres, aujourd'hui mieux connus et plus
appréciés; grâce à la lumière naturelle qu'on ne leur ménage plus, aux
fréquents aérages et nettoyages dont ces précieux volumes sont
particulièrement l'objet, le fléau dont nous nous occupons a beaucoup
perdu de son intensité[584]. La propreté, la lumière naturelle et l'air
sont, en effet, les trois grands ennemis des insectes.

    ... Goutte bien tracassée
    Est, dit-on, à demi pansée[585]:

de même, les livres fréquemment battus, journellement remués et maniés,
sont à l'abri de ces myriades d'imperceptibles et infatigables rongeurs.
Selon le joli mot de Charles Nodier, «la bibliothèque des savants
laborieux n'est jamais attaquée des vers[586]».

                                   *

                                 *   *

En général, il est préférable de laisser aux spécialistes, c'est-à-dire
aux relieurs, le soin de réparer les couvertures endommagées, les
feuillets décousus ou déchirés, aussi bien que de nettoyer les livres et
d'en faire disparaître les taches. En pareilles matières, rien ne
remplace l'expérience et le doigté du praticien. D'autant plus qu'une
difficulté nouvelle se présente; nous retrouvons ici encore les funestes
inconvénients des mauvais papiers modernes: d'après une très juste
remarque, «le nettoyage du papier est rendu beaucoup plus difficile et
beaucoup plus aléatoire depuis qu'on fabrique une si grande quantité de
papier avec des pâtes fortement additionnées de matières minérales. En
tentant d'enlever les taches, on peut détruire le papier[587].» Les
hommes d'étude, écrivains ou savants, ont d'ailleurs autres choses à
faire, et des choses plus urgentes, plus importantes, que de s'occuper
de ces nettoyages et rafistolages.

Voici cependant à ce sujet quelques instructions succinctes.

Pour remettre en place les feuillets simples ou doubles que l'usage ou
un accident quelconque ont arrachés en droite ligne dans le pli de la
couture et qui ne se trouvent plus retenus par le fil, humecter
légèrement de colle de pâte, à l'aide d'un pinceau et sur une largeur
d'un demi-centimètre, toute la longueur de la marge du fond de la page
décousue; appliquer ensuite avec précaution et ajuster exactement bout à
bout cette marge contre la marge correspondante de la page suivante,
puis fermer le livre et laisser sécher.

Afin que le pinceau ne dépose pas trop de colle sur la marge, et que
cette largeur d'un demi-centimètre ne soit pas dépassée, on étend
préalablement sur la page décousue une feuille de papier qui ne laisse à
découvert que l'extrême bord de la marge, cette mince bande d'un
demi-centimètre, et c'est alors seulement qu'on y passe le pinceau de
colle. On retire ensuite cette feuille de garde, et l'on met en place la
page, comme il vient d'être dit.

S'il ne s'agit que d'une déchirure que vous voulez empêcher de
s'étendre, vous prenez une bande de papier transparent, de papier
serpente, un peu plus longue que cette déchirure, vous l'humectez de
colle de pâte et l'appliquez soigneusement comme une compresse,
désormais immuable, sur la partie malade.

                                   *

                                 *   *

Les taches qu'on rencontre sur les feuillets des livres se divisent en
deux grandes catégories: taches maigres et taches grasses.

Les taches maigres sont produites le plus ordinairement par la
poussière, la boue, l'eau, la rouille et l'encre à écrire.

Pour enlever les taches dues à la poussière, il suffit souvent de les
frotter avec un peu de mie de pain ou de gomme à effacer. Si ce moyen ne
réussit pas, si ces taches sont importantes et invétérées, prendre «un
peu de terre bolaire blanche[588] en poudre fine, que l'on tamise sur
les endroits tachés, de manière à en avoir à peu près l'épaisseur d'un
centime. On place ensuite dessus une feuille de papier, et l'on met le
tout sous presse pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, il
est rare que toutes les taches ne soient pas enlevées par la terre
bolaire. S'il en restait encore quelques-unes, on répéterait
l'opération, et l'on pourrait être alors assuré d'un succès
complet[589].»

Au lieu de la terre bolaire, qui ne se rencontre pas couramment dans le
commerce, à Paris du moins, des spécialistes conseillent d'employer le
chlorure de chaux: une demi-heure de contact suffit d'ordinaire pour
amener la disparition de la tache[590].

Le frottement du grattoir ou du caoutchouc blanc peut aussi suffire, en
bien des cas, à enlever les taches de boue. Sur celles qui
persisteraient, on appliquera une dissolution de savon, qu'on laissera
séjourner une demi-heure ou une heure, selon l'importance de la tache.
On trempe ensuite la feuille dans de l'eau bien pure, et, au moyen d'un
blaireau ou d'une éponge, on détache délicatement la couche de savon,
qui, en s'en allant, entraîne la boue avec elle[591].

Les taches d'humidité[592], les _piqûres_, les _mouillures_--ces taches
sont si fréquentes qu'elles ont mérité en librairie ces noms
spéciaux--se traitent homéopathiquement par l'eau: un simple bain d'eau
pure, froide ou bouillante, suffit le plus souvent, après une heure ou
deux d'immersion, pour les faire disparaître. Si elles résistaient, on
ajouterait à ce bain un peu d'eau de Javel (hypochlorite de potasse) ou
de chlorure de chaux[593].

Si les mouillures n'ont atteint que quelques feuillets, l'opération peut
se faire très facilement. Il suffit de poser à plusieurs reprises un
linge humide de chaque côté d'un des feuillets tachés, après avoir isolé
ce feuillet des deux pages voisines au moyen de feuilles d'étain. Dès
que l'action du linge mouillé s'est produite, dès que la tache a
disparu, on enlève le linge et les feuilles d'étain, on les remplace par
du papier buvard et l'on referme le livre. On nettoie de même les
quelques autres feuillets[594].

Mais quand le livre est entièrement ou à demi envahi par les mouillures,
il faut se résoudre à le plonger dans l'eau feuille par feuille, et pour
cela le découdre ou le dérelier, opération qui, dans ce dernier cas,
exige de minutieuses précautions et de la patience, surtout si le livre
est relié à dos plein.

Si ces mouillures, déjà anciennes et invétérées, présentaient un
caractère d'intensité exceptionnelle, si elles s'étaient transformées,
sur nombre de pages, sur la tranche ou certains coins du livre, en
_moisissure_, alors le mal serait des plus graves, et l'on ne risquerait
rien de recourir, pour tenter de le conjurer, aux plus énergiques
médications: eau de Javel plus ou moins concentrée, chlorure de chaux,
etc. «La moisissure, dit très bien M. Ris-Paquot, est la plus terrible
de toutes les taches; c'est la véritable gangrène du livre, et, quand
elle est bien accentuée, nulle opération ne pourrait le sauver de cette
terrible maladie, entraînant avec elle la décomposition de la pâte du
papier. Là, tous les remèdes peuvent être employés: le malade est
condamné à l'avance; il faut essayer, et, quoique les miracles ne soient
plus à la mode, qui sait si un hasard providentiel ne viendra point
couronner la persévérance[595]?»

Il est à remarquer que le contact prolongé de l'eau ordinaire ou de
l'eau de Javel fait perdre au papier, redevenu sec, sa fermeté et son
_encolle_. Nous avons vu que les papiers d'impression sont souvent
_collés_, ce qui leur donne plus de résistance, les rend moins
susceptibles de se piquer, et permet d'y écrire avec de l'encre
ordinaire. Il y a plusieurs méthodes pour encoller le papier: la plus
simple et la seule dont nous parlerons est l'encollage à la gélatine,
qu'on peut employer à froid et préparer d'avance. On fait bouillir 10
grammes de gélatine blanche dans un demi-litre d'eau, ou «une plaquette
par litre d'eau, en y ajoutant un peu d'alun, afin de décourager les
vers que pourrait attirer la gélatine[596]»; on laisse tiédir ou
refroidir, et l'on badigeonne le papier avec cette colle ou _encolle_,
ou mieux, on y plonge un à un tous les feuillets; puis, après les avoir
mis sous presse, on les étend sur des linges et à l'ombre, pour qu'ils
sèchent lentement. En général, d'ailleurs, lorsqu'on a fait subir au
papier un lavage quelconque, il a tendance à se boursoufler et il faut
éviter de le faire sécher trop vite[597].

Les taches d'encre ordinaire ou encre à écrire et les taches de rouille
se traiteront de même par des bains d'eau pure additionnée--mais en plus
grande quantité que pour les simples mouillures--d'eau de Javel. On
pourrait aussi employer le sel d'oseille (bioxalate de potasse) et le
chlorure de chaux, l'acide oxalique, citrique ou tartrique, ou encore,
si la tache est légère et de peu d'étendue, placer dessus, au moyen
d'une barbe de plume d'oie ou d'un pinceau, une goutte de vinaigre,
humecter ensuite avec de l'eau légèrement additionnée d'eau de Javel, et
sécher entre des feuilles de papier buvard[598]. L'acide chlorhydrique
mérite également d'être signalé; il «attaque l'encre d'écriture, tout en
épargnant celle du texte et la teinte paille du vieux papier[599]».
Antony Méray en fit l'épreuve sur deux incunables, qui portaient des
inscriptions manuscrites à l'encre. «Un bain d'acide chlorhydrique
étendu d'eau les débarrassa très bien, dit-il, de notes nombreuses et de
griffonnages inutiles; mais comme cet agent chimique laisse au papier
une apparence molle et humide, il fallut laver mes feuillets à grande
eau, puis détruire les traces de l'acide au moyen d'une dissolution de
bicarbonate de soude, avant de procéder à l'encollage[600].»

Remarquons, au sujet du chlore, et par conséquent de son composé l'eau
de Javel, «qu'assurément les effets de cette substance sont à peu près
infaillibles pour le blanchiment du papier. Mais on peut dire que la
contexture du papier lui-même n'a pas d'ennemi plus terrible, qu'il
détruit lentement ce qu'il a blanchi, et que, sans de sages précautions,
son usage est des plus pernicieux. Fermer un livre blanchi au chlore,
c'est, pour nous servir d'un dicton populaire, enfermer le loup dans la
bergerie[601].»

L'eau de Javel ne doit donc s'employer qu'avec grande circonspection et
ménagement, en tâtonnant pour ainsi dire. Il n'y a que dans le cas de
moisissure, comme nous l'avons expliqué, qu'on puisse user d'elle
libéralement, sans retenue ni regret: ce moribond, que la gangrène
dévore et va anéantir, elle le prolonge et le purifie à la fois.

                                   *

                                 *   *

Passons à l'enlèvement des taches grasses.

Les plus fréquentes sont les taches de suif, de stéarine (bougie), de
graisse, d'huile, et les taches produites par l'attouchement des doigts
ou par le maculage provenant de l'encre d'imprimerie.

Les taches de suif, de bougie, de graisse et d'huile peuvent s'enlever
simplement «en recouvrant la tache d'un peu de craie en poudre très
fine, et mettant à la presse. Le lendemain, on change, et ainsi de
suite, à trois ou quatre reprises[602]».

Un moyen plus énergique consiste à appliquer sur la tache une feuille de
gros papier buvard qu'on chauffe à l'aide de quelques petits charbons
placés dans une cuiller d'argent, en ayant soin de changer le papier
buvard à mesure qu'il se salit; puis, au moyen d'un pinceau, on enduit
d'une légère couche d'essence de térébenthine, chauffée au bain-marie et
presque bouillante, les deux côtés du papier à nettoyer. On rend ensuite
à ce papier sa blancheur en imbibant d'alcool rectifié, chauffé
également au bain-marie, la place qui était tachée[603].

Ne pas oublier, dans cette opération, que la térébenthine et l'alcool
s'enflamment très aisément, et prendre garde de trop les approcher du
feu.

«Ce procédé peut être également employé pour faire disparaître les
taches de cire à cacheter, bien que celles-ci rentrent plus
particulièrement dans la classe des taches maigres[604].»

Les taches de cire s'enlèvent aussi «en trempant le papier dans de la
benzine ou de la térébenthine; après quoi, on couvre l'imprimé de papier
brouillard plié et l'on repasse avec un fer chaud[605]».

De même, les taches de bougie peuvent s'enlever par un procédé plus
expéditif que le précédent: après avoir, à l'aide d'un grattoir, aminci
la tache le plus possible, il suffit de traiter la partie restante par
de légères lotions d'alcool à 90°. L'acide stéarique étant soluble dans
l'alcool, le procédé réussit très bien[606].

Si les taches d'huile étaient rebelles à la recette indiquée ci-dessus,
on pourrait recourir à la suivante. «On forme une bouillie pas trop
épaisse composée de: 500 grammes de savon, 300 grammes d'argile, 60
grammes de chaux vive, et d'eau en quantité suffisante; on étend une
petite couche de cette bouillie sur la tache, et on l'y laisse pendant
un quart d'heure environ. On trempe ensuite la feuille dans un bain
d'eau chaude, puis on la retire et on la fait sécher lentement[607].»

Les feuillets tout récemment tachés d'huile et encore humides de cette
huile, adhérant encore entre eux, doivent, d'après Antony Méray, qui
nous raconte comment il a expérimenté ce procédé[608], être trempés,
préalablement décousus, dans une dissolution de potasse caustique, qui
commence à s'emparer de la matière grasse. «Cette opération avait aminci
et rendu savonneux le papier, qui conservait une couleur rance[609] très
désagréable. Un bain d'eau de Javel mêlée d'un quart d'eau ordinaire le
débarrassa entièrement de cette vilaine trace. Restait à enlever le
chlore introduit par l'eau de Javel: une dissolution de sulfite de soude
réussit à chasser cet actif destructeur.»

Les taches dues à l'attouchement des doigts sont quelquefois assez
tenaces. Pour les combattre, on use du procédé que nous avons vu
appliquer il y a un instant aux taches de boue, on étend sur elles «une
couche de savon blanc en gelée, et on l'y laisse pendant quelques
heures. On enlève ensuite le savon avec une éponge fine trempée dans
l'eau chaude, et toute la crasse disparaît le plus souvent en même
temps. Si ce traitement ne suffisait pas, on pourrait remplacer le savon
en gelée par du savon noir; mais il faudrait avoir soin de le laisser
peu de temps sur le noir d'impression, qui pourrait se décomposer et
couler, ce qui produirait plus de mal que de bien[610].»

Les taches produites par l'encre d'imprimerie sont fréquentes et
difficiles à enlever. Pour les faire disparaître, on peut essayer de la
mie de pain roulée en boulettes, et en frotter les endroits salis. «Il
est rare cependant, ajoute M. Jules Cousin[611], qu'on arrive à un
résultat complètement satisfaisant, surtout si le maculage est assez
fort. Aussi nous répétons ici le conseil que nous avons déjà donné[612]:
qu'on prenne la précaution de ne jamais faire relier de livres trop
fraîchement imprimés; du moins, si l'on est quelquefois obligé de le
faire, il faut recommander au relieur d'interfolier les cahiers avec du
papier serpent[613] avant le battage, pour éviter que l'encre
d'imprimerie ne se décharge des pages l'une sur l'autre.»

                                   *

                                 *   *

Outre la poussière et les insectes, l'eau ou l'humidité, l'encre, la
bougie, l'huile et la graisse, les livres ont de nombreux ennemis, tels
que les souris, les rats et les chats, le feu, le soleil et le gaz, les
épiciers et les marchands de tabac, les collectionneurs de gravures et
frontispices, les relieurs, les emprunteurs, et, au dire de plusieurs
bibliographes peu galants, les femmes, les femmes surtout et avant tout.

«Les souris, écrit Alkan aîné[614], ne s'attaquent guère qu'aux volumes
séparés, d'un papier doux, tendre, et capable de les aider à faire leurs
nids. Il n'y a donc aucun danger pour les volumes en rayons.

«Les rats y ont aussi recours pour leurs nids, mais ils semblent
préférer d'autres matières que le papier, et ce n'est qu'à défaut de
substances laineuses qu'ils s'attaquent aux livres.

«Il y a bien le chat. Mais le remède est souvent pire que le mal: il
aiguise ses griffes sur le dos des livres, lorsqu'ils sont à sa portée;
dans tous les cas, il sait les y mettre.»

Les dangers dont le voisinage du feu, c'est-à-dire simplement une
chaleur trop vive, menace les livres, sont évidents, et il serait
superflu d'insister sur ce point.

Le soleil mange la couleur des reliures, principalement lorsque cette
couleur est tendre; voilà pourquoi nous avons conseillé[615], à propos
de la parure et de l'habillement des livres, de se méfier des vert-pomme
ou olive, des jaune-paille et des bleu-pervenche. L'effet des rayons
solaires est surtout fâcheux pour les volumes appartenant à un même
ouvrage. Selon qu'ils ont été peu ou prou frappés par ces rayons ou en
ont été préservés, les dos de ces volumes ne se ressemblent plus: les
uns ont conservé leur couleur, les autres l'ont totalement perdue,
d'autres, et c'est le plus grand nombre, n'ont blanchi que d'un côté, du
côté tourné vers la fenêtre, et leurs dos se partagent en deux teintes
brusquement tranchées, deux étroites bandes de couleurs toutes
différentes: on ne se douterait jamais, à la vue de ces disparates,
qu'on a devant soi un seul ouvrage, les éléments extérieurement égaux et
similaires d'un même tout[616].

Le gaz d'éclairage, par le calorique qu'il développe et aussi par les
émanations sulfureuses qu'il engendre, attaque aussi la reliure des
livres: ce sont naturellement les volumes rangés sur les rayons les plus
élevés qui sont atteints les premiers et le plus grièvement. William
Blades nous apprend qu'ayant fait installer le gaz dans son cabinet de
travail et placer une suspension à trois becs au-dessus de sa table, la
tension de la chaleur de l'atmosphère vers le plafond de la pièce
produisit en peu de temps, au bout d'une année à peine, des effets
désastreux.

«Les dos des livres placés sur les rayons supérieurs furent tous abîmés,
et, quand on les touchait, ils se séparaient des volumes, s'éparpillant
comme du tabac à priser. Ce désastre, bien entendu, n'était dû qu'aux
émanations sulfureuses produites par le gaz; ces émanations attaquent en
premier lieu le maroquin, puis le vélin; bien que le cuir de Russie
résiste plus longtemps, il finit par être détruit par cet impitoyable
ennemi[617].»

                                   *

                                 *   *

Pour confectionner leurs sacs et leurs cornets, les épiciers et les
marchands de tabac massacrent sans pitié les livres les plus rares.

«De tout temps il a fallu des cornets à l'épicier, de tout temps il a
fallu des livres à rouler en cornets; qui sait si les Histoires de
Tite-Live et de Tacite, les Oraisons de Cicéron, les Tragédies d'Ovide
et tous les ouvrages dont nous déplorons la perte, n'ont pas été la
proie des épiciers du barbare moyen âge?

«L'épicier du XIXe siècle a déclaré une guerre à mort aux parchemins,
sans doute en haine de la noblesse. L'âge d'or de l'épicerie date de la
Révolution française, car la docte congrégation de Saint-Maur et la
confrérie des épiciers ne pouvant subsister ensemble, l'une a tué
l'autre. _Ah! doit-on hériter de ceux qu'on assassine!_ Le Bénédictin
faisait des livres, maintenant l'épicier en défait[618].»

Les tailleurs et les cordonniers ont été aussi de terribles
«équarrisseurs de livres». L'abbé Lebeuf, l'historien du diocèse de
Paris, nous conte que M. Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran,
sortant, après cinq ans de captivité, du donjon de Vincennes, où
Richelieu l'avait fait enfermer pour cause de jansénisme, entra chez un
tailleur et se fit prendre mesure d'un habit. Là, «il s'aperçut que le
misérable artisan avait découpé les bandes sacrilèges servant à prendre
les mesures dans les _Œuvres de saint Augustin_ en grand papier, que le
cardinal de Richelieu avait fait saisir dans la prison de son inflexible
ennemi[619]».

Un tailleur d'habits, de la même époque sans doute, «racontait qu'un
archiviste, ou garde-titre d'un chapitre, lui avait fourni, pendant
plusieurs années, des cahiers de fort beaux manuscrits grand in-folio,
dont il s'était servi pour faire des bandes et prendre la mesure des
habits qu'il faisait. Il en montra quelques restes où il était encore
facile de se rendre compte que c'étaient des manuscrits du XIIe
siècle[620].»

La cordonnerie pour dames accomplit, pendant plus de vingt-cinq ans, au
dire du bibliophile Jacob[621], «une effroyable hécatombe de livres
anciens». Voici comment:

«Le quartier qui forme le talon de la chaussure a besoin d'être fortifié
par une doublure en cuir plus mince et plus rigide que celui de
l'empeigne; mais le pied délicat des femmes ne s'accommode pas de ce
quartier [ce cuir ou ce carton?] dur et solide qui soutient le quartier
d'un soulier d'homme. Les cordonniers avaient donc imaginé de doubler le
quartier des chaussures de dames avec de la peau de veau ou de mouton
déjà assouplie, qu'ils empruntaient à la reliure des vieux livres. On
voit d'ici l'objet principal du travail de l'équarrisseur de vieux
livres. Les peaux de veau ou de basane, détachées des reliures
anciennes, étaient empilées, selon leur grandeur, et formaient des
paquets plus ou moins volumineux, qui se vendaient à la cordonnerie de
Paris. Pendant vingt-cinq ans, ce commerce de vieille peausserie a causé
_l'immolation de deux à trois millions de volumes_[622].»

«Les dénicheurs de bons livres anciens, continue le bibliophile
Jacob[623], se souviennent encore du roi des équarrisseurs, de cet
honnête et farouche Quillet, qui avait ses magasins et son atelier sur
le quai Saint-Michel, vis-à-vis de la Morgue. Touchant voisinage! Cet
atelier ressemblait à l'antre de Polyphème: on n'y voyait que vieilles
reliures en lambeaux, livres écorchés ou déreliés, amas de vieux
papiers, de gravures, de bouts de ficelle, détritus bibliographiques en
tout genre. C'est là que trônait l'impassible Quillet, les bras nus, le
couteau à la main, les reins ceints d'un tablier de boucher. Il passait
sa vie à dépecer des livres et à en classer méthodiquement les débris.
Si le livre privé de sa reliure lui semblait digne de quelque pitié, il
ne le déchiquetait pas immédiatement: il le réservait pour ses clients,
libraires ou bouquineurs, qui venaient sans cesse passer en revue les
lamentables dépouilles de l'équarrissage. Souvent le livre était sauvé
et allait se rajeunir, en faisant peau neuve, chez le relieur. Mais une
fois qu'il avait été condamné à mort par le dédain ou l'oubli des
acquéreurs ordinaires, il ne tardait pas à être mis en pièces et destiné
à divers usages, selon la qualité du papier. Le papier fort, bien collé,
des anciens livres, servait à faire des sacs pour les treilles; le petit
papier, de format in-8 et in-4, fournissait des sacs à l'épicerie; le
petit papier mou et spongieux, sans résistance et sans solidité, était
_fondu_ pour faire des cartonnages. Que Dieu fasse paix à l'âme du bon
et respectable Quillet, malgré les massacres de livres qu'il a si
longtemps exécutés de sa propre main et non sans une affreuse
jouissance! «Bon an, mal an, me disait-il un jour en riant dans sa
barbe, je travaille plus de 50 000 volumes. Mais, ajoutait-il avec
onction, je ménage les livres de piété, car je les vends toujours bien,
et tout habillés.»

                                   *

                                 *   *

Les collectionneurs de portraits et frontispices, de premières pages ou
titres de départ, de lettres ornées, colophons, marques d'imprimerie,
couvertures anciennes, etc., figurent aussi parmi les plus impitoyables
mutilateurs de livres. Rien n'est sacré pour eux. Que d'admirables
missels, par exemple, ont été stupidement tailladés et déchiquetés par
des amateurs de fleurons et d'initiales en couleur, véritables barbares
à qui tout commerce avec les livres devrait être interdit[624]! Tel
encore ce cordonnier et _biblioclaste_ John Bagford, l'un des fondateurs
de la société des Antiquaires d'Angleterre, dont William Blades nous
donne le portrait d'après Howard, et nous conte les terribles exploits.

John Bagford, qui vivait au commencement du XVIIe siècle, passait son
temps à parcourir «les provinces, allant de bibliothèque en
bibliothèque, arrachant les titres des livres rares de tous les formats.
Il en faisait des collections, suivant leur nationalité et les villes où
il les trouvait, en sorte qu'avec des affiches, des notes manuscrites et
des assemblages de toutes sortes et de toutes natures, il était arrivé à
collectionner plus de cent volumes in-folio, qui se trouvent aujourd'hui
au British Muséum[625].»

_Cent_ volumes composés de feuillets arrachés dans les plus précieux
ouvrages! Ce n'est pas sans raison que William Blades conclut que de
tels enragés bibliomanes, «bien qu'ils s'arrogent eux-mêmes le nom de
bibliophiles, doivent être classés parmi les pires ennemis des
livres[626]».

L'habitude de pratiquer des coupures dans les journaux a conduit
certains écrivains ou publicistes à traiter de même les fascicules de
leurs revues et les pages de leurs livres. De ce nombre on cite
Lamartine[627], Émile de Girardin et Victor Fournel[628].

Ce système expéditif enlève non seulement toute valeur aux livres ainsi
mutilés, mais, de plus, selon la judicieuse objection de M.
Guyot-Daubès[629], «l'économie de temps qu'il procure au point de vue
d'une recherche est bien peu de chose, puisqu'une simple note de
référence permettra dans une bibliothèque bien tenue de retrouver le
passage cherché en une ou deux minutes».

Il est à remarquer d'ailleurs qu'Émile de Girardin avait changé
d'opinion à cet égard durant ses dernières années: «il prétendait alors
que, dans une recherche, le passage intéressant se trouvait toujours au
dos d'une page qui, antérieurement, avait été détachée du livre[630]».

Falconet[631] avait aussi coutume, _dit-on_, de découper dans les livres
les passages qui l'intéressaient le plus, si bien qu'il réduisait à
quelques feuillets des ouvrages considérables; il appelait cela «n'en
garder que la quintessence».

L'érudit bibliographe Jamet le Jeune (1710-1778) avait aussi «la manie
de former des recueils factices d'opuscules et brochures, parfois de
fragments enlevés à divers ouvrages et relatifs à un sujet donné; il
faisait relier le tout, y joignait force notes en marge, et donnait le
titre de _Stromates_ aux collections qu'il créait ainsi[632]».

Quant aux collectionneurs d'antiques couvertures de livres, rappelons
que, dans une vente publique, la vente de la collection Deroussent, qui
eut lieu à Montreuil-sur-Mer, en mai 1860, on put voir «un monceau de
couvertures de livres jadis reliés en maroquin ou en veau fauve par du
Seuil, et presque tous aux armes de l'abbé de Dompmartin, etc., etc. M.
Deroussent lui-même n'avait pas craint de dépecer de splendides in-folio
en grand papier, qu'il avait vendus au poids à la garnison de Montreuil
pour en confectionner des cartouches! Il était possédé aussi de la manie
des albums, et avait mutilé maint volume, enlevant les charmants
frontispices gravés par Léonard Gaultier, et les portraits si recherchés
dus au burin de Thomas de Leu[633].»

Et ce Vandale se croyait un bibliophile modèle, digne de la
reconnaissance et de l'admiration de ses concitoyens.

                                   *

                                 *   *

Comme ennemis des livres, les relieurs méritent un chapitre spécial, et
ils l'ont, ils en ont même plusieurs, dans l'ouvrage de William Blades.

«Ah! que de ravages avons-nous vus,» s'écrie ce bibliographe, presque au
début de sa très intéressante monographie[634], «qui n'avaient d'autres
auteurs que les relieurs! Vous pouvez prendre un air autoritaire,--vous
pouvez donner par écrit des instructions aussi précises que s'il
s'agissait de votre testament,--vous pouvez jurer que vous ne payerez
pas si vos livres sont rognés:--c'est inutile. Le _Credo_ d'un relieur
est bien court, car il ne se compose que d'un article, et cet article
lui-même ne comprend qu'un seul mot, l'horrible mot: «Rognures!»

Et à la fin[635]:

«Dante, dans son _Inferno_, mesure aux âmes damnées diverses tortures,
appropriées avec une opportunité toute dramatique aux crimes perpétrés
par les victimes. Si nous avions à prononcer un jugement sur les
relieurs coupables d'avoir détérioré certains volumes précieux que nous
avons vus, où les feuilles vierges confiées à leurs soins ont, par leur
négligence barbare, perdu leur dignité, leur beauté, leur valeur, nous
ramasserions les rognures si impitoyablement enlevées, pour faire rôtir
les coupables par leur lente combustion. Dans l'ancien temps, avant que
l'on ait appris la valeur des reliques de nos premiers imprimeurs, il y
avait quelque excuse pour les péchés du relieur, qui s'égarait par
l'ignorance, si générale alors; mais de nos jours, où la valeur
historique et intrinsèque des anciens ouvrages est partout reconnue, on
doit être sans pitié pour une aussi coupable négligence.»

«De Rome, relieur célèbre du XVIIIe siècle, à qui Dibdin a donné le
sobriquet de «grand tondeur», raconte encore William Blades[636], était
dans sa vie privée un homme estimable; mais il se livrait avec amour au
vice de réduire les marges des livres que l'on lui confiait à relier. Il
est allé si loin dans cette rage de rogner, qu'il n'a pas épargné un bel
exemplaire des _Chroniques de Froissart_ sur vélin, dans lequel se
trouve un autographe du bien connu bibliophile de Thou, qu'il a taillé
sans pitié ni merci[637].»

                                   *

                                 *   *

Des emprunteurs, nous ne dirons rien ici; nous nous sommes naguère
suffisamment occupé d'eux[638], et avons amplement montré leur
sans-gêne, leurs dégâts, et combien il est prudent de se garer de ces
indiscrets et malfaisants personnages.

Les priseurs, qui laissent si volontiers choir de leur nez de ces larges
gouttelettes chatoyantes et ambrées; les fumeurs, avec leurs débris
d'allumettes mal éteintes ou noircies, avec leur jus de pipe, leurs
cendres de cigares, leurs bouts de cigarettes en feu, sont encore, pour
les livres, des causes de dangers continuels.

Les botanistes qui font de leurs volumes une succursale de leurs
herbiers et se servent de leurs in-folio et in-4, comme le bonhomme
Chrysale employait son gros Plutarque à mettre ses rabats, pour classer,
presser et aplatir des tulipes, des iris ou des jonquilles; le
jouvenceau qui enferme pieusement dans quelque luxueux paroissien ou
dans un élégant recueil de vers l'humble violette ou l'éclatante et
chère pensée, don d'une main mignonne, à jamais adorée: encore des
ennemis du livre!

Et ces excellentes ménagères, qui, cherchant un solide parchemin pour
couvrir leurs pots de beurre ou de confitures, ne trouvent rien de mieux
que d'«utiliser» de la sorte les vieux «bouquins» et toutes les vilaines
«paperasses» relégués au grenier[639]. Et ces généreuses mamans, qui,
pour occuper et distraire leurs garçonnets ou leurs fillettes, pour
avoir la paix surtout, leur donnent «des images à colorier»,--d'antiques
volumes à gravures sur bois et à somptueux frontispices: «On est
tranquille au moins pendant ce temps-là! On respire! Ils ne font pas de
bruit, ces bons chéris! Ils s'amusent bien gentiment[640]!»

D'une façon générale d'ailleurs, les femmes, force est bien de le
constater, sont considérées par nombre de bibliophiles, et certains
d'entre eux sont des plus autorisés, comme d'invétérées et irréductibles
«ennemies des livres».

Oyez comme ces discourtois chevaliers parlent d'elles.

Richard de Bury d'abord, l'auteur du _Philobiblion_, qu'on peut regarder
comme le plus ancien bibliographe et le père de la bibliophilie:

«A peine cette bête (c'est de ce gracieux nom que l'illustre évêque de
Durham et grand chancelier d'Angleterre qualifie le beau sexe, et ce
sont les livres qui, par une audacieuse et irrévérente prosopopée, sont
censés parler de la sorte), à peine cette bête, toujours nuisible à nos
études, toujours implacable, découvre-t-elle le coin où nous sommes
cachés, protégés par la toile d'une araignée défunte, que, le front
plissé par les rides, elle nous en arrache, en nous insultant par les
discours les plus virulents. Elle démontre que nous occupons sans
utilité le mobilier de la maison, que nous sommes impropres à tout
service de l'économie domestique, et bientôt elle pense qu'il serait
avantageux de nous troquer contre un chaperon précieux, des étoffes de
soie, du drap d'écarlate deux fois teint, des vêtements, des fourrures,
de la laine ou du lin. Et ce serait avec raison, surtout si elle voyait
le fond de notre cœur; si elle assistait à nos conseils secrets; si elle
lisait les ouvrages de Théophraste ou de Valère Maxime, et si elle
entendait seulement la lecture du XXVe chapitre de
_l'Ecclésiastique_[641].»

«Les femmes bibliophiles!... s'écrie de son côté M. Octave Uzanne. Je ne
sache point deux mots qui hurlent plus de se trouver ensemble dans notre
milieu social; je ne conçois pas d'accolade plus hypocrite, d'union qui
flaire davantage le divorce! La femme et la _bibliofolie_ vivent aux
antipodes, et, sauf des exceptions aussi rares qu'hétéroclites,--car les
filles d'Ève vous déroutent en tout,--je pense qu'il n'existe aucune
sympathie profonde et intime entre la femme et le livre; aucune passion
d'épidémie ou d'esprit; bien plus, je serais tenté de croire qu'il y a
en évidence inimitié d'instinct, et que la femme la plus affinée sentira
toujours dans «l'affreux bouquin» un rival puissant, inexorable, si
éminemment absorbant et fascinateur, qu'elle le verra sans cesse se
dresser comme une impénétrable muraille entre elle-même et l'homme à
conquérir[642].»

M. Paul Eudel remarque aussi que «la collection (des livres
particulièrement) a toujours eu pour ennemies jurées nos chères
compagnes».--«C'est autant de moins, disent-elles, pour la toilette et
le train de la maison[643].»

M. B.-H. Gausseron déclare de même[644] que «les livres, jusque dans la
maison du bibliophile, ont un implacable ennemi, c'est la femme... La
femme, l'ennemie-née du bibliophile.»

«L'amour des livres, c'est une marque de délicatesse, mais c'est une
délicatesse d'homme: les femmes, pour la plupart, ne le comprennent pas,
écrit M. Porel[645]. Pour les ouvrages du XVIIIe siècle, qu'elles
veulent acquérir maintenant parce qu'ils sont à la mode, elles ont été
depuis longtemps particulièrement malfaisantes.»

Et le maître bibliophile Jacob atteste à son tour que «les femmes
n'aiment pas les livres et n'y entendent rien: elles font, à elles
seules, l'enfer des bibliophiles:

    Amours de femme et de bouquin
    Ne se chantent pas au même lutrin[646].»

Les épingles à cheveux sont, au dire de maints bibliographes, le
coupe-papier habituel de la femme; à moins qu'elle ne préfère se servir,
pour le même office, de son index ou du bout de son pouce, ce qui, d'une
façon comme de l'autre, taille les bords du livre en dents de scie.

«Ne confiez jamais, ô bibliophiles, le soin de couper un livre que vous
tenez en estime particulière à d'autres qu'à vous-mêmes; défiez-vous,
pour accomplir cette opération si simple en apparence, mais en réalité
si délicate, de cette main mignonne qui excelle dans l'art de la
broderie et qui ne connaît point de rivale dans mille travaux élégants.
Tout habile qu'elle est, cette main charmante, à laquelle on peut
confier sans crainte la réparation du tissu le plus fin, vous fera le
plus innocemment du monde d'innombrables festons aux marges que vous
voulez respecter; bien heureux si le couteau, en déviant de la ligne
marquée, ne tranche cette marge jusqu'au texte, et perde ainsi à tout
jamais un livre qui n'est plus présentable aux yeux d'un véritable
bibliophile[647].»

La mode des papillotes est, je crois, un peu passée; mais, alors qu'elle
florissait, les livres en voyaient de belles et en essuyaient de
cruelles avec ces dames!

«Nous avons en main un bel ouvrage où l'on avait coupé de quoi se faire
des papillotes, écrit Alkan aîné[648]. Les femmes surtout sont les
bourreaux des livres. (Il y a bien _quelques_ exceptions.)»

Oui, certes, il y en a, et de plus en plus[649]; mais continuons notre
citation:

«Nous lisons dans un petit volume, supérieurement imprimé par Pitrat
aîné, à Lyon, 1879, petit in-8, papier teinté, encadrements rouges,
ayant pour titre _les Ennemis des livres_, par un bibliophile[650], ce
qui suit:

«J'ai connu un bibliophile qui venait d'acquérir un livre, à la
recherche duquel il était depuis longtemps; il eut l'imprudence de le
laisser sur la table de son cabinet. Le lendemain du jour de son
acquisition, il trouva sa femme, entrée par hasard dans son lieu de
travail, occupée à déchirer les feuillets de ce livre, pour en faire des
papillotes aux boucles de ses cheveux[651].»

                                   *

                                 *   *

De même que, pour couper les feuillets d'un livre broché, vous commencez
toujours et forcément chaque section par la droite de ce livre et faites
avancer votre couteau vers la gauche, commencez toujours par
l'_extrémité droite_, c'est-à-dire par les dernières pages du livre que
vous vous proposez de couper, et continuez de même sorte l'opération
jusqu'à l'_extrémité gauche_, je veux dire jusqu'aux premières pages, au
début du livre. Supposons un in-18, fabriqué dans les conditions de
pliage et de couture ordinaires. Mettez ce volume à plat sur une table,
tenez-le bien ouvert, et insinuez votre couteau d'abord entre les deux
pages qui forment le milieu du dernier cahier. Appuyez fortement la main
gauche sur le volume, afin de le maintenir dans une position
parfaitement horizontale[652], et manœuvrez votre coupe-papier en le
faisant avancer avec précaution au delà du pli de la couture médiane et
jusqu'au sommet de l'autre tranche, de façon à couper la tête de la
feuille dans toute sa longueur et d'une même suite de mouvements. Vous
coupez ensuite les tranches latérales de ce cahier, et vous passez au
suivant, à l'avant-dernier, sur lequel vous procédez de même, et ainsi
de suite, toujours en remontant, jusqu'au premier cahier, à la feuille
de titre du livre.

C'est pour effectuer avec plus de facilité et d'un même coup la section
du papier dans toute la longueur de la tête de chaque feuille, que nous
conseillons de commencer l'opération par la fin du livre: il s'ouvre
mieux ainsi, comme il est aisé de s'en convaincre, et prend mieux la
position absolument horizontale, indispensable pour glisser le
coupe-papier d'un bout à l'autre de la tête.

En coupant de la sorte la tête du livre dans toute sa longueur et en une
fois, sans vous arrêter au pli de la couture,--autant que la chose est
possible et que le coupe-papier n'éprouve pas trop de résistance en
franchissant ce pli,--vous avez l'avantage non seulement de procéder
plus rapidement, mais encore et surtout de ne pas laisser dans ce pli,
au fond de la tête du volume, des parties non atteintes par le
coupe-papier, et qui ne manqueraient pas de se déchirer ensuite,
lorsqu'on ouvrirait le livre.

Le couteau à papier doit avoir peu d'épaisseur, afin de ne pas faire
éclater les bords des pages et de laisser le moins de traces possible de
son passage: qu'il soit en ivoire ou en os, en ébène ou en buis, peu
importe; ce qui est absolument nécessaire, c'est que ses deux tranchants
n'aient aucune coche et soient scrupuleusement lisses, et qu'il ne se
termine pas en pointe aiguë, mais très émoussée, bien arrondie, de façon
à ne pas trouer les feuillets entre lesquels on l'introduit. Il est des
couteaux à papier qui ont des proportions démesurées, une largeur de
lame de cinq à six centimètres, voire plus: il n'en résulte
qu'incommodités et inconvénients, et il y a tout avantage à ce que cette
largeur n'excède pas deux centimètres et demi à trois centimètres. Le
plioir dont se servent les brocheuses est peut-être, à condition d'être
aminci un tantinet pour la raison que nous venons de dire, le meilleur
des couteaux à papier.

Défiez-vous des couteaux en bois tendre, recommande l'auteur de
l'excellente étude du _Magasin pittoresque_[653] sur _les Ennemis des
livres_, à laquelle nous nous référons volontiers: «l'usage journalier
les couvre bientôt de coches malencontreuses, et le papier en est
blessé; un coup précipité les fait parfois voler en éclats, au grand
dommage du livre dont ils devaient régulariser les feuillets. On fait
nombre de charmants outils de ce genre dans certaines villes d'eaux, et
principalement à Spa; de fines peintures les ornent et d'ingénieux
emblèmes leur donnent une sorte de valeur artistique; les lecteurs
avisés, et qui ne vivent pas uniquement de gracieux souvenirs, leur
préféreront toujours les coupe-papier un peu rustiques dont nos pères
aimaient à se servir. Le bois dont on use pour leur emploi éphémère
n'est ni homogène ni résistant; ils sont d'ailleurs revêtus d'un vernis
que mille causes peuvent altérer, et qui, à la longue, disparaît en
passant d'une façon rapide entre les feuillets qu'on veut séparer. Les
coupe-papier de santal qu'on nous expédie de l'Inde sont d'un aspect
charmant avec leurs rosaces en mosaïque, où le métal blanc s'unit à
l'ébène et à l'ivoire; mais le bois parfumé qui leur sert de base ne
dure pas longtemps au contact d'un papier trop ferme: ces couteaux de
nabab sont des couteaux de luxe, propres tout au plus à orner un bureau.

«Défiez-vous surtout, lecteurs pacifiques, de ces espèces de cimeterres
aux manches plus ou moins historiés, à la pointe aiguë et recourbée, qui
font le brillant ornement des magasins de papeterie, et qu'on donne
presque toujours en cadeau, lorsqu'on prétend offrir un souvenir aimable
à un professeur ou bien à un lettré, et qui simulent parfaitement une
arme orientale. Laissez ces splendeurs décevantes à quelques
bureaucrates en relation avec l'armée. Ces coupe-papier métalliques sont
d'un usage détestable, et percent souvent sans miséricorde les feuillets
qu'ils ont dû séparer. D'ordinaire leur tranchant est par trop affilé,
et la lame agit d'une façon irrégulière en mordant sur la marge, comme
cela a lieu avec les simples couteaux ou avec les canifs, dont un
soigneux bibliophile n'emploiera jamais le secours[654]. N'avez-vous
point remarqué sur ces belles marges dont nous parlons ici des
déchirures aiguës déshonorant un livre? C'est presque toujours la preuve
du crime secret accompli par le coupe-papier cimeterre, et il ne se
révèle, hélas! bien souvent qu'après de nombreuses années, alors que
l'on croyait posséder un livre vierge de tous les outrages qu'on peut
redouter d'un distrait ou simplement d'un maladroit.

«Pour être juste maintenant à l'égard des fabricants de coupe-papier, il
faut mettre sous les yeux du lecteur réfléchi les causes nombreuses de
détérioration ou même de destruction à peu près complète qui s'attachent
aux utiles auxiliaires de la science bibliographique, qu'on nous vend
journellement à des prix si modérés. Rappelez-vous (et tout habitué des
grands centres littéraires en a pu faire la remarque) qu'on rencontre
très peu de coupe-papier dont le manche ou le tranchant n'ait reçu
quelque injure notable. Les uns, mutilés jusqu'à la lame, peuvent être à
peine saisis par deux doigts; les autres périssent par le bout opposé,
et déchirent au lieu de couper; il y en a un grand nombre qu'un canif
pernicieux a tailladés d'une façon désolante, et qui n'offrent plus que
l'aspect d'une scie; d'autres encore, tombés entre les mains d'un
ciseleur émérite, sont finement ornementés sur la partie plane de leur
tranchant, et Dieu sait s'ils sont propres en cet état à l'usage auquel
on les destine! Les moins maltraités, il faut l'avouer, sont ceux qu'une
plume inattentive a couverts de caricatures parfois bien enfantines, ou
de paysages trop primitifs pour qu'un ami de l'ordre ne s'efforce pas de
les effacer. Qu'arrive-t-il, hélas! quand une nécessité pressante force
un lecteur soigneux à faire usage d'un pareil instrument? Des déchirures
involontaires se produisent immanquablement sur les marges qu'on a tenté
de séparer; de fâcheuses maculatures se manifestent si le papier est
encore humide. Pour expliquer ces cas désolants, fruits de l'étourderie
ou de l'inattention, il suffit de se rappeler qu'un coupe-papier simple
ou surchargé d'ornements superflus devient presque toujours, entre
certaines mains désœuvrées, une sorte de jouet, ou, si on le préfère, un
objet servant de contenance et propre tout au moins à accentuer la
pensée. Les réflexions lentes ou les mouvements désordonnés lui sont
également fatals; on le taillade ou bien on le brise, et ceux qui l'ont
mis en ce triste état n'ont pas songé un seul moment qu'un livre mal
coupé est presque toujours un livre perdu.»

Ainsi que chacun a pu s'en convaincre, un couteau de bois n'a pas de
prise, ou n'a qu'une prise très difficile, sur le papier du Japon. En
forçant avec un de ces couteaux à tranchant mousse, on risquerait même,
soit de rompre l'instrument, soit de déchirer le papier, plutôt que de
le couper. Force est donc d'employer ici un coupe-papier _coupant_,
c'est-à-dire un couteau de métal ou un canif, qu'on manœuvre, bien
entendu, avec la plus extrême prudence, pour qu'il ne glisse pas à faux,
ne dévie pas de sa route et n'entame pas les marges.

                                   *

                                 *   *

La meilleure manière de retirer un volume d'un rayon de bibliothèque,
c'est de prendre ce volume par le dos; mais, pour cela, il est
nécessaire que les livres rangés sur ce rayon ne soient pas trop serrés
et qu'on puisse, en les poussant légèrement, glisser les doigts entre
eux.

Beaucoup de bouquinistes et d'étalagistes ont l'habitude de tasser et
presser leurs livres tant qu'ils peuvent dans leurs boîtes ou sur leurs
tablettes; ils trouvent à cela deux avantages: d'abord d'y faire tenir
un plus grand nombre de volumes, puis d'empêcher la poussière de
pénétrer à l'intérieur de ces volumes ou d'en ternir les plats.
Malheureusement, ces deux avantages sont surpassés et de beaucoup par
l'inconvénient qui résulte de ce système, la difficulté de retirer les
volumes: brochés, on risque de déchirer les couvertures; reliés,
d'abîmer la coiffe. Dans le cas particulier, cet indestructible et
insupportable tassement présente un autre danger: c'est de faire
déguerpir le client, qui aime à feuilleter et examiner avant d'acheter,
et ne tient nullement à se casser les ongles en essayant d'extirper de
leur geôle ces infortunés prisonniers.

Si les livres rangés sur un rayon sont trop serrés pour que vous
puissiez les saisir par le dos, c'est forcément par leur partie
supérieure qu'il faut les prendre, c'est en appuyant le doigt sur la
tête ou le sommet de la gouttière,--mais non en tirant sur la coiffe,
comme on est toujours tenté de le faire,--que vous réussirez à vous en
emparer sans dommage et avec le moins de peine possible.

                                   *

                                 *   *

Vous êtes parvenu à le prendre, ce livre, et vous vous apprêtez à
l'ouvrir et à le lire, comment le tiendrez-vous? comment le manier?

S'il est de petit format, rien ne vous empêche de le tenir à la main, et
c'est par la partie inférieure du dos que vous le soutiendrez en le
maintenant ouvert.

S'il est de grand format et trop lourd pour être ainsi supporté, il faut
vous résoudre à le poser sur une table, devant laquelle vous vous
assoirez: dans ce cas, si, lorsqu'il est ouvert, les feuillets ont
tendance à se relever, votre main doit suffire à les maintenir baissés.
Si vous désirez ne pas immobiliser vos doigts, si vous avez besoin, par
exemple, d'écrire, de copier des extraits de ce livre, servez-vous, pour
le tenir ouvert, soit d'un presse-papier suffisamment lourd, que vous
poserez dessus, soit d'une de ces petites pinces à ressort, faites en
bois ou en métal, comme certains négociants en emploient pour garder en
ordre leurs notes ou factures. N'allez pas, en tout cas, appuyer vos
coudes sur les pages, l'un d'un côté du livre, l'autre de l'autre côté:
vous risqueriez d'abord de froisser ou de déchirer ces pages; vous
fatigueriez la reliure, en outre, et pourriez l'endommager.

«Si l'on convient, dit très sensément et gracieusement Jean Darche[655],
qu'un bon livre est un ami, un maître avec lequel on converse, quelle
irrévérence n'est-ce pas de le traiter si mal! Oserait-on agir de la
sorte envers un ami vivant? Tout livre, dès qu'il est bon, dès qu'il est
admis à notre intimité, a un droit acquis par là même à notre estime, à
notre affection et à notre respect.»

Le respect des livres, écoutez en quels termes naïfs, mais pleins
d'émotion, de persuasion et d'éloquence, l'auteur du _Philobiblion_ le
recommande aux étudiants de son siècle et à tous les lecteurs:

«Non seulement nous remplissons un devoir envers Dieu en préparant de
nouveaux volumes, mais nous obéissons à l'obligation d'une sainte piété
si nous les manions délicatement, ou si, en les remettant à leurs places
réservées, nous les maintenons dans une conservation parfaite, de façon
qu'ils se réjouissent de leur pureté, tant qu'ils sont entre nos mains,
et qu'ils reposent à l'abri de toute crainte, lorsqu'ils sont placés
dans leurs demeures. Certainement, après les saints vêtements et les
calices consacrés au corps de Notre-Seigneur, ce sont les livres sacrés
qui sont dignes d'être touchés le plus honnêtement par les clercs, car
ils leur font injure toutes les fois qu'ils osent les prendre avec des
mains sales. Aussi nous pensons qu'il est avantageux d'entretenir les
étudiants sur les diverses négligences, qu'ils pourraient toujours
facilement éviter, et qui nuisent considérablement aux livres. D'abord
qu'ils mettent une sage mesure, en ouvrant ou en fermant les livres,
afin que, la lecture terminée, ils ne les rompent pas par une
précipitation inconsidérée, et qu'ils ne les quittent point avant de
remettre le fermoir qui leur est dû. Car il convient de conserver avec
plus de soin un livre qu'un soulier.

«Il existe, en effet, une gent écolière fort mal élevée, en général, et
qui, si elle n'était pas retenue par les règlements des supérieurs,
deviendrait bientôt fière de sa sotte ignorance. Ils agissent avec
effronterie, sont gonflés d'orgueil, et, quoiqu'ils soient
inexpérimentés en tout, ils jugent de tout avec aplomb.

«Vous verrez peut-être un jeune écervelé, flânant nonchalamment à
l'étude, et, tandis qu'il est transi par le froid de l'hiver, et que,
comprimé par la gelée, son nez humide dégoutte, ne pas daigner s'essuyer
avec son mouchoir avant d'avoir humecté de sa morve honteuse le livre
qui est au-dessous de lui. Plût aux dieux qu'à la place de ce manuscrit
on lui eût donné un tablier de savetier! Il a un ongle de géant, parfumé
d'une odeur puante, avec lequel il marque l'endroit d'un plaisant
passage. Il distribue, à différentes places, une quantité innombrable de
fétus avec les bouts en vue, de manière à ce que la paille lui rappelle
ce que sa mémoire ne peut retenir. Ces fétus de paille, que le ventre du
livre ne digère pas et que personne ne retire, font sortir d'abord le
livre de ses joints habituels, et ensuite, laissés avec insouciance dans
l'oubli, finissent par se pourrir. Il n'est pas honteux de manger du
fruit ou du fromage sur son livre ouvert et de promener mollement son
verre tantôt sur une page tantôt sur une autre, et, comme il n'a pas son
aumônière à la main, il y laisse les restes de ses morceaux. Il ne
cesse, dans son bavardage continuel, d'aboyer contre ses camarades, et,
tandis qu'il leur débite une foule de raisons vides de tout sens
philosophique, il arrose de sa salive son livre ouvert sur ses genoux.
Quoi de plus! Aussitôt il appuie ses coudes sur le volume, et, par une
courte étude, attire un long sommeil; enfin, pour réparer les plis qu'il
vient de faire, il roule les marges des feuillets, au grand préjudice du
livre.

«Mais la pluie cesse et déjà les fleurs apparaissent sur la terre; alors
notre écolier, qui néglige beaucoup plus les livres qu'il ne les
regarde, remplit son volume de violettes, de primevères, de roses et de
feuilles; alors il se servira de ses mains moites et humides de sueur
pour tourner les feuillets; alors il touchera de ses gants sales le
blanc parchemin, et parcourra les lignes de chaque page avec son index
recouvert d'un vieux cuir; alors, en sentant le dard d'une puce qui le
mord, il jettera au loin le livre sacré, qui reste ouvert pendant un
mois, et est ainsi tellement rempli de poussière qu'il n'obéit plus aux
efforts de celui qui veut le fermer.

«Il y a aussi des jeunes gens impudents auxquels on devrait défendre
spécialement de toucher aux livres, et qui, lorsqu'ils ont appris à
faire des lettres ornées, commencent vite à devenir les glossateurs des
magnifiques volumes que l'on veut bien leur communiquer; et, où se
voyait autrefois une grande marge autour du texte, on aperçoit un
monstrueux alphabet ou toute autre frivolité qui se présente à leur
imagination et que leur pinceau cynique a la hardiesse de reproduire. Là
un latiniste, là un sophiste, ici quelques scribes ignorants font montre
de l'aptitude de leurs plumes, et c'est ainsi que nous voyons très
fréquemment les plus beaux manuscrits perdre de leur valeur et de leur
utilité.

«Il y a également de certains voleurs qui mutilent considérablement les
livres, et qui, pour écrire leurs lettres, coupent les marges des
feuillets en ne laissant que le texte, ils arrachent même les feuilles
de garde pour en user ou en abuser. Ce genre de sacrilège devrait être
défendu sous peine d'anathème.

«Enfin, il sied à l'honnêteté des écoliers de se laver les mains en
sortant du réfectoire, afin que leurs doigts graisseux ne tachent point
le sinet du livre ou le feuillet qu'ils tournent. De plus, que l'enfant
larmoyant n'admire point les miniatures des lettres capitales, de peur
qu'il ne pollue le parchemin de ses mains humides, car il touche de
suite à ce qu'il voit.

«Que désormais les laïcs, qui regardent indifféremment un livre renversé
comme s'il était ouvert devant eux dans son sens naturel, soient
complètement indignes de tout commerce avec les livres. Que le clerc
couvert de cendres, tout puant de son pot-au-feu, ait soin de ne pas
toucher, sans s'être lavé, aux feuillets des livres; mais que celui qui
vit sans tache ait la garde des livres précieux[656].

«La propreté des mains, à moins qu'elles ne soient galeuses ou couvertes
de pustules--stigmates de la cléricature,--convient aussi bien aux
écoliers qu'aux livres. Toutes les fois que l'on remarque un défaut dans
un livre, il faut y porter remède au plus tôt, car rien ne grandit plus
vite qu'une déchirure, et la fracture qui est négligée un moment ne se
répare dans la suite qu'avec dépens.

«Quant aux armoires bien fabriquées où les livres peuvent être conservés
en toute sûreté sans craindre aucun dommage, le très doux Moïse nous en
instruit au trente et unième chapitre du Deutéronome: _Prenez ce livre_,
dit-il, _et mettez-le à côté de l'arche d'alliance du Seigneur votre
Dieu_[657]. O lieu délicieux et convenable pour une bibliothèque que
cette arche faite du bois de l'impérissable Setim, et recouverte d'or de
tous côtés! Mais le Sauveur défend aussi, par son propre exemple, toute
négligence inconvenante dans le maniement des livres, comme on peut le
lire dans le quatrième chapitre de saint Luc[658]. En effet, lorsqu'il
eut lu, dans le livre qui lui était offert, les paroles prophétiques
écrites sur lui-même, il ne le rendit au ministre qu'après l'avoir fermé
de ses mains sacrées. Que, par cette conduite, les étudiants apprennent
plus clairement à soigner les livres, qui, dans quelque cas que ce soit,
ne doivent point être négligés[659].»

                                   *

                                 *   *

Comme suite à ces prescriptions d'un des plus anciens et des plus
illustres amis des livres, il ne messied pas de placer ici les
recommandations d'un bibliographe moderne, de l'Américain Harold Klett.
Elles résument, d'une façon parfois un peu trop humoristique et
fantaisiste, toutes les précautions à prendre pour consulter un livre,
et le docteur Graesel déclare qu'il voudrait les «voir affichées dans
tous les bureaux de prêt» des bibliothèques publiques[660].

L'article d'Harold Klett a paru dans _the Library Journal_ de
New-York[661], sous le titre de _Don't_, «Ce qu'on ne doit pas faire».
En voici la traduction[662]:

  «Ne pas lire au lit;

  «Ne pas faire d'annotations marginales, à moins qu'on ne soit un
  Coleridge;

  «Ne pas faire de cornes à ses livres;

  «Ne pas couper avec négligence les livres neufs;

  «Ne pas griffonner votre intéressant et précieux autographe sur les
  pages de titre;

  «Ne pas faire mettre à un livre d'un dollar une reliure de cinq
  dollars;

  «Ne pas mouiller le bout de ses doigts pour tourner plus facilement
  les feuillets;

  «Ne pas lire en mangeant;

  «Ne pas confier des livres précieux à de mauvais relieurs;

  «Ne pas couper ses livres avec les doigts;

  «Ne pas laisser ses livres à l'abandon et sans les fermer;

  «Ne pas laisser tomber sur ses livres la cendre des cigares;

  «Ce qui vaut mieux, ne pas fumer en lisant: cela fait mal aux yeux;

  «Ne pas enlever les vieilles gravures des livres;

  «Ne pas poser vos livres sur le _rebord d'avant_[663] (c'est-à-dire
  sur la gouttière,--comme on le fait souvent, lorsqu'on est en train de
  lire, et que, momentanément interrompu dans cette lecture, au lieu de
  prendre la peine de fermer le volume après y avoir laissé une marque,
  on le place debout sur la tranche de devant, sur la gouttière écartée
  et béante);

  «Ne pas faire sécher des feuilles (de plantes) dans les livres;

  «Ne pas placer de rayons (de bibliothèque) au-dessus des becs de gaz;

  «Ne pas tenir les livres par les plats de la couverture[664];

  «Ne pas éternuer sur les pages;

  «Ne pas arracher les feuillets de garde;

  «Ne pas acheter des livres dépourvus de valeur;

  «Ne pas nettoyer ses livres avec des linges sales;

  «Ne pas loger ses livres dans des buffets, des commodes ni des
  armoires: ils ont besoin d'air;

  «Ne pas faire relier ensemble deux livres différents;

  «_Dans aucun cas_, n'enlever ni les planches ni les cartes des livres;

  «Ne pas couper les livres avec des épingles à cheveux;

  «Ne pas faire relier de livres en cuir de Russie[665];

  «Ne pas employer les livres pour caler des chaises et des tables
  boiteuses;

  «Ne pas lancer les livres sur les chats ou sur la tête des enfants;

  «Ne pas briser le dos des livres en les ouvrant entièrement et de
  force;

  «Ne pas lire les livres reliés trop près du feu ou du poêle, ni en
  hamac ou en bateau;

  «Ne pas laisser les livres prendre de l'humidité;

  «Ne pas oublier ces conseils.»

«On peut encore ajouter à cette liste, dit M. E.-D. Grand[666], la
recommandation de toutes les bibliothèques publiques:

  «Ne pas poser les livres ouverts les uns sur les autres, et ne pas
  écrire en appuyant le papier sur les pages.»

«Tous les préceptes du _Library Journal_, conclut le même bibliographe,
sont d'accord avec les principes de la raison, et il n'y aurait lieu de
faire d'objection qu'au sujet de l'exclusion qui frappe le cuir de
Russie dans les reliures et qui ne semble pas plus justifiée que les
reproches de La Bruyère au maroquin.»

Plusieurs de ces avis et prohibitions ont besoin d'être discutés ou
développés et appuyés d'exemples.

La question de la lecture au lit ou à table nous amène à envisager
d'abord quels sont les moments de la journée les plus convenables pour
lire.

Tous les médecins sont d'accord pour déclarer que lire en mangeant est
une pernicieuse habitude; et ce n'est pas d'hier que la remarque est
faite.

«Quand, après le repas, les chapelains de saint Louis lui offraient de
lui lire quelqu'un de ses livres favoris: «Non, disait-il avec un
sourire, il n'est si bon livre qui vaille après manger une
causerie[667].»

«Nous sommes tous portés, quand nous sommes seuls, observe _l'Hygiène
moderne_[668], à lire en mangeant, soit que nous déjeunions, soit que
nous dînions, et c'est là une habitude extrêmement mauvaise et qui doit
être condamnée, surtout si, pour ne pas perdre de temps, on continue à
table une étude ou un travail commencé.

«Si vous lisez, que ce soit quelque chose d'amusant.

«L'habitude commune de lire à déjeuner le journal du matin n'est pas
absolument préjudiciable; elle fournit des sujets de conversation et ne
fatigue pas trop le cerveau; mais si l'on nous demandait notre avis,
nous conseillerions de ne rien lire du tout pendant les repas.

«La digestion se fait toujours mieux quand l'esprit est libre de toute
préoccupation, et que les processus naturels s'accomplissent sans être
entravés par le travail de la pensée.

«Il est extrêmement sain de dîner en compagnie de personnes gaies. Le
stimulant qui est ainsi donné à l'activité nerveuse agit puissamment et
efficacement sur la digestion.

«Tout au contraire, une personne qui est ennuyée, fatiguée ou excitée,
ne peut digérer d'une façon satisfaisante.»

Jean Darche, dans son _Essai sur la lecture_[669], estime, d'une façon
générale, que le temps le plus favorable pour lire, c'est le matin, en
se levant, et le soir avant de se coucher. Tel était aussi l'avis
d'Erasme[670].

Quant à la lecture au lit, si elle est dangereuse pour les livres, qu'on
ne peut, en effet, dans la position horizontale, tenir aisément ouverts
et qu'on risque d'endommager, elle n'est qu'incommode pour les lecteurs
et ne les menace d'aucun péril direct. Outre les paresseux à qui elle
peut convenir, elle est d'un grand secours pour les malades, et ne
mérite pas l'ostracisme impitoyable prononcé contre elle par Harold
Klett, en tête de ses _Don't_.

Néanmoins, suivant les conseils de plusieurs médecins spécialistes, on
ne doit pas lire continûment des heures entières, et il est bon
d'interrompre fréquemment ses lectures pour promener les regards à
travers la fenêtre, ou, si la vue est bornée par un mur très rapproché,
pour les porter en haut, vers le ciel,--le meilleur moyen de reposer les
yeux étant de regarder au loin. Il est bon également de quitter son
livre pour prendre des notes, pour réfléchir, ou, mieux encore, se lever
de son siège, marcher et circuler quelque peu dans l'appartement ou la
pièce[671].

La défense faite par Harold Klett de corner les feuillets d'un livre en
guise de signet s'explique tout naturellement, puisque cette corne
casserait le papier et y laisserait un pli ineffaçable. Pour marquer
l'endroit où vous vous arrêtez dans votre lecture, à défaut de ruban
attaché à la tranchefile, servez-vous d'une languette de papier, que
vous glisserez entre les pages.

Humecter son doigt pour tourner les feuillets d'un livre est, il faut
l'avouer, un procédé bien commode et bien tentant. Lorsque, debout
devant une boîte de bouquiniste ou le comptoir d'un libraire, vous
parcourez un volume et vous trouvez arrêté par deux feuillets qui, en
dépit de vos essais réitérés et de toutes vos insistances, s'obstinent à
ne pas se décoller, que faire? Le doigt, le doigt mouillé, semble tout
indiqué.

Et, cependant, voyez ce dont vous avertit le doyen de notre Faculté de
médecine, M. le docteur Brouardel, des plus autorisés en l'espèce:

«Parmi les causes de propagation de la tuberculose, il faut noter
l'habitude trop répandue de s'aider d'un doigt préalablement humecté de
salive pour feuilleter un livre, un dossier, des papiers
quelconques,--jusqu'aux plus crasseux billets de banque! Si «la moitié»
du personnel des instituteurs primaires de Paris est phtisique, elle le
doit, pour une bonne part, à cette pratique malpropre et funeste. Ceci,
on le voit d'ailleurs faire tous les jours, non pas seulement dans
l'enseignement, mais dans les bureaux, les offices ministériels, etc.
Les élèves, les employés, les clercs font ce qu'ils voient faire; ils
emportent ensuite partout, dans leur carrière administrative ou dans
leur vie d'hommes d'affaires, l'habitude de ces immenses dangers.

«Le tuberculeux dépose innocemment sur les feuilles de papier des
bacilles que l'homme sain y ramasse et porte inconsciemment à sa bouche:
il suffit d'un malade pour empoisonner toute une bibliothèque, tous les
cartons d'une étude ou d'un bureau!

«Les professeurs, pères de famille, maîtres de pension, instituteurs ou
autres personnes chargées de surveiller la jeunesse studieuse, feront
bien de ne pas perdre de vue ce danger.

«Un avis pourrait même être affiché dans les bibliothèques et salles de
lecture pour mettre le public en garde contre cette fâcheuse
habitude[672].»

Les preuves abondent de la réalité de ce péril, de la fréquence de cette
contagion, et nous n'avons, pour en fournir, que l'embarras du choix.

Dernièrement, à Kharkow, chef-lieu de gouvernement de la Russie
méridionale, «une véritable épidémie de tuberculose s'était abattue sur
les employés de la municipalité, surtout sur ceux spécialement affectés
aux archives. Émus de cet état de choses, les médecins soumirent ces
archives à des analyses bactériologiques et micrographiques, et
constatèrent bientôt que les bacilles de Koch y pullulaient. L'enquête
établit que l'employé préposé très longtemps auparavant aux archives,
tuberculeux à la dernière période, avait la mauvaise habitude de se
mouiller le doigt avec de la salive pour feuilleter et compulser les
pièces. Il avait ainsi contaminé les archives soumises à sa garde; les
bacilles, avec le temps, s'y étaient développés et avaient créé un
véritable foyer de tuberculose qui avait infecté les employés. Que ceci
serve de leçon aux personnes qui ont la mauvaise habitude de ne pouvoir
feuilleter un livre sans l'intervention de la salive. Avis aussi à
celles qui empruntent des livres aux cabinets de lecture, livres prêtés
en grand nombre aux malades de toute sorte[673].»

                                   *

                                 *   *

La prohibition des annotations marginales formulée par Harold Klett dans
le susdit article _Don't_, s'explique et se justifie d'elle-même,
lorsqu'il s'agit des livres d'une bibliothèque publique: si chaque
lecteur s'avisait de mentionner, sur chaque ouvrage qu'il emprunte, ses
impressions ou remarques personnelles, les marges des plus grands
in-folio n'y suffiraient pas, et les volumes seraient dans un étrange
état.

Mais, si l'on considère une bibliothèque privée, et c'est notre cas, la
même restriction doit-elle être maintenue? En d'autres termes,
avons-nous tort ou raison de souligner des passages ou d'inscrire des
notes sur des livres qui nous appartiennent et ne sont qu'à nous?

Dans son _Traité élémentaire de bibliographie_, Sylvestre Boulard a
vivement combattu cette habitude.

«Ces soulignures sont des taches qui font du tort à la vente de
l'ouvrage, écrit-il[674]... Ces notes ne sont que des taches
désagréables pour la plus grande partie des acquéreurs.»

Maître Boulard était, sinon orfèvre, du moins libraire et expert en
librairie; on ne s'en aperçoit que trop ici. Est-ce que nous recherchons
et collectionnons des livres pour en trafiquer? Est-ce que notre
bibliothèque a été formée par nous peu à peu, amoureusement et
pieusement, pour être ensuite cédée à bon prix, avec beaux bénéfices, et
avons-nous à nous préoccuper de cette vente avant ou après décès?

Nullement. Nos livres sont notre bien, et il s'agit d'en jouir à notre
convenance et d'en profiter de notre mieux. Ce sont des instruments que
nous avons certes le devoir de soigner et de ménager, mais que nous
avons aussi le droit de rectifier et de compléter; ou plutôt ce sont des
collaborateurs, des compagnons, que nous nous plaisons à consulter[675],
mais dont nous ne sommes pas tenus d'adopter sans réplique tous les
avis, avec lesquels nous avons licence de douter et d'objecter, que nous
contrôlons, reprenons et amendons au besoin.

Le lecteur qui veut mettre à profit, savourer et conserver le fruit de
ses lectures, doit forcément marquer de quelque signe les passages qui
le frappent le plus, inscrire dans la marge, de côté, en tête ou en
pied, au crayon,--le crayon suffit, la plume prendrait trop de temps, et
le papier peut boire d'ailleurs,--telle remarque, telle critique, qui
vous vient à l'esprit, ou telle comparaison que cet endroit vous
suggère. Il n'est pas question ici, bien entendu, de ces annotations ou
exclamations dont certains commentateurs surchargeaient jadis les bas de
pages des ouvrages classiques: «Beau!» «Superbe!» «Admirable!»
«Sublime!» etc., de ce qu'on pourrait appeler «les notes bêtes»; ce ne
sont que «les notes utiles» que nous approuvons et conseillons, les
rectifications d'abord, puis les rapprochements et analogies de forme ou
de fond, les objections, etc. De cette façon et dans ce sens, c'est un
charme que d'annoter ses livres, et, pour le connaître et l'apprécier,
ce charme, ainsi que nous en avertit l'érudit et judicieux Gustave
Brunet[676], «il faut l'avoir goûté».

Je sais qu'il y a des livres si beaux, si splendidement édités, qu'on
n'ose appuyer le crayon sur leurs pages et altérer la blancheur de leurs
marges; ceux-ci, regardez-les, contemplez-les, admirez-les; mais ayez
quelque autre édition de ces ouvrages, une édition moins luxueuse et
plus abordable, avec qui vous puissiez converser et discuter. Ou bien
encore, et pour tout concilier, inscrivez vos notes, non dans les
marges, mais sur une fiche simple ou double, avec renvois aux pages, et
placez ensuite cette fiche en tête ou à la fin du volume. Mais nombre de
travailleurs et de liseurs préféreront toujours se servir des marges.

Il n'est guère de véritable ami des livres et des Lettres qui ne l'ait
commise, cette profanation, qui n'ait perpétré ce prétendu crime
d'annotation, et ne se soit livré, involontairement ou de parti pris, à
cette muette mais délectable et très profitable causerie. Racine
chargeait de gloses certains de ses volumes, Voltaire pareillement; et
le président de Thou, si soucieux cependant de la beauté et de
l'intégrité de ses livres; et l'évêque Huet, «de tous les hommes, celui
qui a peut-être le plus lu[677]»; et La Monnoye, Mirabeau, Morellet,
Naigeon, Alfieri, Dulaure, Letronne, l'astronome Lalande, le poète
Lebrun-Pindare, Paul-Louis Courier, Boissonade, Éloi Johanneau, Charles
Nodier, Jacques-Charles Brunet, etc., etc., sans compter ce «Jamet le
jeune, qui, au dire de Nodier précisément, doit sa célébrité parmi les
bibliophiles aux notes dont il aimait à couvrir les gardes, les
frontispices et les marges de ses livres[678]». Quant au marquis de
Paulmy, c'était exclusivement sur les feuillets de garde qu'il
inscrivait ses annotations, notamment l'analyse critique qu'il avait
coutume de faire de chacun des ouvrages entrant dans sa bibliothèque,
et, «tout grand seigneur qu'il était, ses notices n'en sont pas plus
bêtes; elles doublent même la valeur vénale de l'exemplaire, au lieu de
la diminuer[679]».

Oui, la meilleure manière de prouver à nos livres tout le cas que nous
faisons d'eux et toute l'affection que nous leur portons, c'est, non de
les considérer comme «sacrés», à la façon des Cantiques de Lefranc de
Pompignan[680]; mais bien, au contraire, de les fréquenter et compulser
le plus possible, de les traiter en camarades et confidents, avec
lesquels on aime à deviser et discuter, à se rappeler, conférer et
s'épancher.

                   *       *       *       *       *

En terminant, pour prendre congé du lecteur et le laisser sur ce qu'on
nomme la bonne bouche, adressons à ces chers livres, comme un dernier
salut et un suprême hommage, cet hymne de gratitude, d'amour et de
glorification, composé à leur los:

«Livres, don précieux, par qui existe le commerce intime des âmes dès ce
monde, trésor impérissable, si doux à acquérir, si facile à conserver,
soutien de l'âme fatiguée, consolation pour les mauvais jours, moyen
sublime d'obtenir pour nous-mêmes et de répandre sur nos frères la joie
sereine, la vérité, l'amour, «la chose la meilleure qui soit en nous!»
puissiez-vous être l'objet d'une affection véritable et digne de vous!
Puisse le culte de l'intelligence renaître et se conserver pur! Puisse
la soif des grandes choses ramener la foule dédaigneuse, qui s'éloigne,
vers vous, source féconde d'où s'épanchent la lumière qui grandit
toujours et la vie qui ne finit pas[681].»



APPENDICE



I.--ABRÉVIATIONS


A propos des incunables (chap. III, pp. 70-71, note 171), nous avons dit
un mot de certaines abréviations nommées les unes _sigles_, les autres
_notes tironiennes_. Nombre de ces anciennes marques, initiales, lettres
enclavées, signes et formules brachygraphiques[682], sont encore usités
fréquemment, et il n'est pas inutile de les connaître. Exemples: IHS ou
I. H. S., Jhesus Christus ou Jesus Hominum Salvator;--INRI ou I. N. R.
I., Jesus Nazareus Rex Judæorum;--X, XRS, Χρ, Christus, Χριστός;--D. M.,
Dîs manibus ou Deo magno;--D. O. M., Deo optimo maximo;--M. P., Maximus
pontifex;--S. P. Q. R., Senatus populusque romanus;--S., saint;--SS.,
saints, ou sanctissimus;--TH. ou Θ, la mort, ou décédé (de
θάνατος);--etc.

Quantité de termes du langage courant ou de cérémonie sont très souvent
représentés par leurs abréviatifs: M., monsieur;--MM., messieurs;--Mmes,
mesdames;--Mlles, mesdemoiselles;--Mgr., Monseigneur;--S. A., Son
Altesse;--LL. AA. RR., Leurs Altesses Royales;--S. É., Son Éminence;--S.
E. ou S. Exc., Son Excellence;--S. S., Sa Sainteté;--S. G., Sa
Grandeur;--S. Gr., Sa Grâce;--N. S. P., Notre Saint Père (le
pape);--PP., Pères (de l'Église);--R. P., Révérend Père;--etc.

La grammaire a de nombreuses abréviations spéciales: adj.,
adjectif;--adv., adverbe;--art., article;--pr. ou pron., pronom;--m. ou
masc., masculin;--f. ou fém., féminin;--s. ou sing., singulier;--p., pl.
ou plur., pluriel;--syn., synonyme;--etc.

La géographie a les siennes: N., Nord;--S., Sud;--E., Est;--O.,
Ouest;--N.-N.-E., Nord-Nord-Est;--fl., fleuve;--affl.,
affluent;--confl., confluent;--mont., montagne;--dép. ou dépt.,
département;--arr. ou arrond., arrondissement;--etc.

La chimie a, dans sa nomenclature, toute une série d'abréviatifs, on
pourrait dire de _sigles_: O, oxygène;--Az, azote;--H, hydrogène;--Hg,
mercure (_hydrargyrus_);--Cl, chlore;--S, soufre;--K, potassium
(anciennement kalium, de l'arabe _kaly_ ou _kali_);--AzH³,
ammoniaque;--SO², acide sulfureux;--SO³, acide sulfurique;--etc.

Le système métrique: g. ou gr., gramme;--m., mètre;--hect.,
hectare;--centigr., centigramme;--c., cent. ou centim., centimètre;--c.
ou cent., centime;--f. ou fr., franc;--cmq, cm², centimètre carré;--cmc,
cm³, centimètre cube;--etc.

Les mathématiques, outre les abréviations: cos., cosinus;--log.,
logarithme;--sin., sinus;--tg. ou tang., tangente;--C. Q. F. D., ce
qu'il fallait démontrer;--etc., ont de nombreux signes brachygraphiques:
+ plus; − moins; × multiplié par; ÷ divisé par; = égal; > plus grand; <
plus petit; ∞ infini; ∫ somme; etc.

De même pour la musique, la botanique, l'astronomie, la météorologie, la
médecine, la pharmacie, etc., toutes les branches du savoir humain.

Nous nous sommes borné, dans la liste suivante, aux abréviations
concernant spécialement l'objet de notre livre, aux abréviations
bibliographiques.

Nous ferons à leur sujet, aussi bien d'ailleurs qu'au sujet des
abréviations en général, quelques observations:

1º Afin que les abréviations ne pussent être confondues les unes avec
les autres, il serait bon de ne pas les exagérer jusqu'à représenter un
mot par sa lettre initiale seulement, quand cette initiale est celle
d'un autre mot fréquemment employé, et par cela même pouvant être
abrégé. Malheureusement, il n'y a pas de règles fixes, et les libraires
écrivent aussi bien _f._ que _fasc._ pour _fascicule_; _f._ que _form._
pour _format_; _p._ pour _page_, aussi bien que pour _papier_, _petit_,
_peigne_ (tranches peigne)[683], etc. L'habitude, la pratique et aussi
le sens de la phrase aideront à débrouiller ces confusions[684].

2º En revanche, typographiquement et théoriquement, la suppression de la
lettre finale toute seule est condamnée comme inutile: «les abréviations
d'une lettre ne sont pas acceptées» (LECLERC, _loc. cit._, p. 158); et
cela se conçoit, puisque cette lettre finale est remplacée par un point,
c'est-à-dire par un signe occupant une place équivalente à celle de la
lettre enlevée. Ainsi on n'écrira pas, ou plutôt on ne devrait pas
écrire, _pag._ pour _page_, mais _p._; _tom._ pour _tome_, mais _t._;
_librair.-édit._ pour _libraire-éditeur_, mais _libr.-édit._ Cependant,
on rencontre fréquemment des abréviations de ce genre; il en est même
qui sont incontestablement admises, comme _loc. cit._, pour _loco
citato_, au lieu de _l. cit._ ou _l. c._ C'est que ces simples lettres:
_l._ (pour _loco_), _p._ (pour _page_), _t._ (pour _tome_), etc.,
semblant insuffisantes et incompréhensibles, on a jugé utile d'en
laisser plusieurs devant elles, de moins écourter le mot, et, comme on
ne doit régulièrement s'arrêter qu'après une consonne (_loc._, pag.,
tom., etc.), seule, la voyelle finale s'est trouvée retranchée.

3º On ne devrait jamais terminer une abréviation après une voyelle; mais
comment, par exemple, abréger distinctement les mots _blanc_ et _bleu_?
Certains libraires n'hésitent donc pas à se servir, dans leurs
catalogues, de l'abréviation _bla._, pour _blanc_, _blanche_; à écrire
_chi._, pour _chine_, etc. La règle, mais règle fréquemment inobservée
sans risque d'ambiguïté ni de confusion, c'est «d'exprimer, dans toute
abréviation, la ou les consonnes qui appartiennent à la première syllabe
non énoncée» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, p. 93); par conséquent,
d'écrire: _arch._ pour _archives_, _bibl._ ou _biblioth._ pour
_bibliothèque_, _bull._ pour _bulletin_, _dict._ ou _dictionn._ pour
_dictionnaire_, _fasc._ pour _fascicule_, _hist._ pour _histoire_; et
non: _arc._, _bib._, _bul._, _diction._, _fas._, _his._ Cependant, on
rencontre couramment _let._ (au lieu de _lettr._) pour _lettres_, _lig._
(au lieu de _lign._) pour _lignes_, _œuv._ (au lieu de _œuvr._) pour
_œuvres_, etc., etc.

4º Encore en règle générale et sans qu'il y ait là un principe absolu,
il vaut mieux, dans une locution, un titre d'ouvrage, etc., qu'on veut
abréger, faire supporter l'abréviation au substantif. (Cf. LECLERC,
_loc. cit._, p. 156.) Ainsi on écrira: _Classific. décimale_ plutôt que
_Classification décim._ La raison de cette règle, c'est que, toujours
d'une façon générale, l'abréviation du substantif se saisit mieux que
celle de l'adjectif: _Prescript. trentenaire_, par exemple, est plus
clair que _Prescription trenten._ Cependant, on écrira: _Miscellanées
bibliogr._, de préférence à _Miscell. bibliographiques_. L'essentiel est
d'épargner au lecteur toute hésitation et toute peine, et de se faire
promptement et parfaitement comprendre.

5º Enfin, et contrairement aux procédés suivis dans les anciens
manuscrits et les premiers livres, il convient, dans les textes
ordinaires, d'user des abréviations le moins possible. Elles nuisent
presque toujours au bon aspect typographique. Ce n'est que dans les
notes et dans les ouvrages spéciaux: dictionnaires, grammaires,
catalogues, annuaires, manuels, guides, vade-mecum, etc., qu'elles
peuvent être employées avec plus ou moins de réserve, et sont couramment
admises.

  A., a., an., _A._, _a._, _an._     an, année; _anno_ (lat.). Voir
                                       _Locutions latines_.
  a., az.                            azuré, s. (f. a.: fers azurés).
  _A. C._, _an. Chr._                _anno Christi_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  à comp.                            à compartiments.
  _A. D._, _an. Dom._, _an. dni._    _anno Domini_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  _ad verb._                         _ad verbum_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  à. fr.                             à froid.
  _Amst._                            _Amstelodami_ (lat.): à Amsterdam.
  an., ann.                          année; annuel, le.
  anast., anastat.                   anastatique (livre, planche,
                                       reproduction, etc.,
                                       anastatique[685]).
  anc.                               ancien, ne.
  ang., angl.                        anglais, e (r. angl.: reliure
                                       anglaise).
  anon.                              anonyme.
  ant.                               antique; antiqué, e. (tr. ant.:
                                      tranches antiquées[686]).
  _Antverp._                         _Antverpiæ_ (lat.): à Anvers.
  _ap._                              _apud_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  app.                               appendice.
  aquar.                             aquarelle, s.
  art.                               article.
  _art._                             _articulus_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  atl.                               atlantique; atlas (f. atl.:
                                       format atlantique).
  _Aug. Vind._                       _Augustæ Vindelicorum_ (lat.):
                                       à Augsbourg.
  aut.                               auteur.
  aut., autog.                       autographe; autographié, e.
  av. la let.                        avant la lettre.
  av. let.                           avec lettre.
  av. rem.                           avec remarque.
  az., a.                            azuré, s. (f. az.: fers azurés).

  b.                                 basane; bois (gr. s. b.: gravures
                                       sur bois).
  bas., b.                           basane.
    bas. gran.                         basane granitée.
  bibl., bibliogr., bibliograph.     bibliographe; bibliographie, ique.
  bibl., biblioph.                   bibliophile; bibliophilie.
  bibl., biblioth.                   bibliothèque.
  bl.                                bleu, e.
  bla.                               blanc, che.
  blas.                              blason.
  Br., br., Brad., brad.             Bradel, bradel (cart. brad.:
                                       cartonnage bradel).
  br.                                brun, e.
  br., bro.                          broché, e.
  br., broch.                        brochure.
  bull.                              bulletin.

  C., c., Ch., ch., Chi., chi.       Chine, chine.
  c.                                 chiffré (ffc.: feuillets chiffrés);
                                       coins; cuir.
  c.-à-d.                            c'est-à-dire.
  cap., _cap._                       capitale; _capitulum_ (lat.):
                                       chapitre. Voir _Loc. lat._
  car., caract.                      caractère, s.
    car. elz., goth.,                  caractères elzeviriens,
      ital., micr.,                      gothiques, italiques,
      rom., r. et n.                     microscopiques, romains, rouges
                                         et noirs.
  cart.                              carton; cartonnage; cartonné, e.
    cart. Brad. ou brad.               cartonnage bradel.
    cart. n. r.                        cartonné non rogné.
  catal.                             catalogue.
  c. d. R.                           cuir de Russie.
  c. et ferm.                        coins et fermoirs.
  cf., cfr.                          conférer: «comparer, faire
                                       collation, en parlant de textes»
                                       (Littré.)
  _c. f._                            _cum figuris_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  ch.                                chant.
  ch., chagr.                        chagrin.
  ch., chap.                         chapitre.
  Chi., chi., Ch., ch., C., c.       Chine, chine.
  chiff., c.                         chiffré, e.
  ch.-l.                             chef-lieu.
  _Ch. M._, _ch. m._                 _charta magna_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  chrom., chromolith.                chromolithographie.
  citr.                              citron.
  col.                               colorié, e.
  col., colon.                       colonne, s.
  comp.                              compartiments; composé, e.
  comp., compl., cp., cplt.          complet, ète.
  coul.                              couleur.
  couv.                              couverture.
    couv. impr.                        couverture imprimée.
    couv. fact.                        couverture factice.
  cp., cplt., comp., compl.          complet, ète.

  D.                                 dom, don (D. Calmet: dom Calmet).
  d.                                 date (s. d.: sans date); de;
                                       demi; doré; doublé, e.
  d.-b.                              demi-basane.
  d.-ch.                             demi-chagrin.
  d. d. t.                           doublé de tabis.
  déd.                               dédicace.
    déd. aut.                          dédicace autographe.
    déd. impr.                         dédicace imprimée.
    déd. man. ou manus.                dédicace manuscrite.
  _del._                             _delineavit_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  dent.; dent. int.                  dentelle; dentelle intérieure.
  dern.                              dernier, ère.
  des.                               dessin, s.
  div., Don, Dons                    division, s.
  D.-M.                              docteur-médecin.
    D.-M. P.                           docteur-médecin de la
                                         Faculté de Paris.
  d.-m.                              demi-maroquin.
  Dº, dº                             dito (de l'ital. _detto_):
                                       déjà dit, énoncé précédemment.
  dor. s. t., d. s. t.               doré sur tranches.
  doub.                              double; doublé, e.
  Dr, Dr                             docteur.
  dr.                                droite.
  d.-r., d.-rel., demi-rel.          demi-reliure.
  dupl.                              duplicata.
  d.-v.                              demi-veau.

  éb.                                ébarbé, e.
  éc.                                écaille.
  éd., édit.                         éditeur, édition.
  e.-f.                              eau-forte, eaux-fortes.
  elz.                               elzevier; elzevierien, ne.
  encadr.                            encadrement, s.
  enl.                               enluminé, e.
  entr.                              entrelacs.
  env. d'aut.                        envoi d'auteur.
  _eod. loc._                        _eodem loco_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  _epist._                           _epistola, æ_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  épr.                               épreuve, s.
  est.                               estampe; estampé, e.
  etc., &c.; etc., &c.               _et cætera_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  &., &                              et.
  ex., p. ex.                        exemple; par exemple.
  ex.; exempl.                       exemplaire, s.
  _excus._                           _excusum_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  extr.                              extrait.
  _ex typ._                          _ex typographia_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._

  f.                                 fascicule; fauve (v. f.: veau
                                       fauve); fers; feuille ou
                                       feuillet; filets; format;
                                       franc, s.
  f.                                 fers.
    f. a.; f. à. fr.;                  fers azurés; fers à froid;
    f. d.;                             fers dorés;
    p. f.                              petits fers.
  f.                                 feuille ou feuillet.
    ff.                                feuilles ou feuillets;--Digeste
                                         (droit romain).
    ff. chif., ffc.                    feuillets chiffrés.
    ff. nchif., ffnc.                  feuillets non chiffrés.
    fnc.                               feuillet non chiffré.
  f., fil.                           filet, s.
    f. comp., fil. à comp.             filets à compartiments.
    f. comp., fil. comp.               filets composés.
    f. d., fil. dor.                   filets dorés.
    f. d. s. l. p.,
      fil. dor. s. l. pl.              filets dorés sur les plats.
  f., form.                          format.
    f. atl., f. obl.                   format atlantique, format oblong.
  fact.                              factice (couv. fact.: couverture
                                       factice).
  fasc., f.                          fascicule, s.
  ferm.                              fermoirs.
  feuil.                             feuillage; feuille, s.;
                                       feuillet, s.
  ff., ffc., ffnc., fnc., etc.       Voir ci-dessus: f.: feuille ou
                                       feuillet, etc.
  fig.                               figure, s.
    figg.                              figures.
    fig. col.                          figures coloriées.
    fig. s. b.                         figures sur bois.
  fil., f.                           filet, s.
    fil. à comp., fil. comp.,
    fil. dor., etc.                    Voir ci-dessus: f., fil.:
                                         filet, s; etc.
  fil, filigr.                       filigrane.
  fl. d. l.                          fleurs de lis.
  fº, fol.                           folio.
    fºs, ffºs, ff.                   folios.
  fº, in-fol.                        in-folio.
    form., f.                          format.
    form. atl., obl.                   Voir ci-dessus: f., form.:
                                         format, etc.
  fr., f.                            franc, s.
  fr., à fr.                         froid, à froid.
  front. gr.                         frontispice gravé.
  fx. tit.                           faux titre.

  g.                                 gauche.
  gauf., gf.                         gaufré, e.
  gén.                               général, e.
  gf., gauf.                         gaufré, e.
  goth.                              gothique.
  gr.                                grand, e; granit ou granité, e;
                                       gravé, e; gravure, s; grec.
  gran., gr.                         granit ou granité, e.
  grav., gr.                         gravure, s.
    grav. en b., gr. s. b.             gravures en bois, gravures sur
                                         bois.
  gr. marg.                          grandes marges.
  gr. p., gr. pap.                   grand papier.
  H., h., Holl., holl.               Hollande, hollande.
  hebd.                              hebdomadaire.
  héliogr.                           héliogravure, s.

  _i._, _i. e._                      _id est_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  _ib._, _ibid._                     _ibidem_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  _id._                              _idem_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  ill., illustr.                     illustrations; illustré, e.
  imp., impr.                        imprimé, e; imprimerie; imprimeur.
    impr.-édit.                        imprimeur-éditeur.
    impr.-libr.                        imprimeur-libraire.
    Impr. nat.                         Imprimerie nationale.
  in-fº                              in-folio.
  in-pl.                             in-plano.
  in-4º ou 4º,
    ou mieux[687] in-4               in-quarto ou in-quatre.
  in-8º ou 8º, ou mieux in-8         in-octavo ou in-huit.
  in-12 ou 12º; in-16 ou 16º;        in-douze, in-seize, in-dix-huit,
    in-18 ou 18º; in-24 ou 24º;        in-vingt-quatre, etc.
    etc.
  inc., incis.                       incisé, e: entaillé, gravé
                                       (couv. cuir incis.: couverture
                                       cuir incisé).
  inc.,                              incompl. incomplet, ète.
  inc., incun.                       incunable.
  _inf._                             _infra_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  _init._                            _initium_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  init. grav.                        initiales gravées.
  int.                               intérieur, e.
  _inv._                             _invenit_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  ital.                              italique, s; italien, ne.

  J., j., Jap., jap.                 Japon, japon.
  j.                                 jaune.
  j., jas., jasp.[688]               jaspé, e.
  jans.                              janséniste.
  l., _l._                           lavé; lilas; _loco_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  l., let.                           lettre, s.
  l., lig.                           ligne, s.
  lat.                               latin, e.
  _laud._                            _laudatus, i_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  La Val., Laval.                    La Vallière, Lavallière.
  _l. c._, _loc. cit._               _loco citato_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  let., lettr.                       lettre, s.
  lib., libr.                        libraire, librairie.
    libr.-édit.                        libraire-éditeur.
  _lib._                             _liber_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  lig., l.                           ligne, s.
  lim., limin.                       liminaire, s (feuillets).
  _Lips._                            _Lipsiæ_ (lat.): à Leipzig.
  lith., lithog.                     lithographie; lithographié, e.
  liv, livr.                         livre, s; livraison, s.
  _l. l._, _loc. laud._              _loco laudato_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  loc.                               locution.
  _loc. cit._, _l. c._               _loco citato_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  _loc. laud._, _l. l._              _loco laudato_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  _Lugd._                            _Lugduni_ (lat.): à Lyon.
  _Lugd. Bat._, _Lugd. B._           _Lugduni Batavorum_ (lat.):
                                       à Leyde.

  m., mar.                           maroquin.
    m. ant.                            maroquin antique.
    m. bl.                             maroquin bleu.
    m. bla.                            maroquin blanc.
    m. citr.                           maroquin citron.
    m. du L.                           maroquin du Levant.
    m. d. d. m.                        maroquin doublé de maroquin.
    m. d. d. t.                        maroquin doublé de tabis.
    m. j.                              maroquin jaune.
    m. jans.                           maroquin janséniste.
    m. l.                              maroquin lilas.
    m. n.                              maroquin noir.
    m. o., m. ol.                      maroquin olive.
    m. pl.                             maroquin plein.
    m. r.                              maroquin rouge.
    m. v.                              maroquin vert.
    m. viol.                           maroquin violet.
  m., mouill.                        mouillures (m. et p.: mouillures
                                       et piqûres).
  marb., marbr.                      marbré, e. (tr. marbr.: tranches
                                       marbrées).
  marg.                              marges (gr. marg.: grandes
                                       marges).
  Md.                                marchand.
  Me.                                maître (Me X..., notaire).
  méd.                               médium (pap. méd.: papier médium
                                       ou moyen[689].)
  mens.                              mensuel, le.
  micr.                              microscopique.
  mil.                               milieu.
  min.                               miniature.
  minusc.                            minuscule.
  monogr.                            monogramme, monographie.
  mos.                               mosaïque.
  mouill., m.                        mouillures.
    mouill. et piq.                    mouillures et piqûres.
    (et même m. et p.)
  moy.                               moyen, ne.
  mq., mqq.                          manque, manquent.
  Ms., ms.                           manuscrit (substantif singulier),
                                       et manuscrit, e (adjectif
                                       singulier).
    Mss, mss[690], MMs, mms.           manuscrits (substantif pluriel),
                                         et manuscrits, es (adjectif
                                         pluriel).

  N.                                 Nom inconnu ou qu'on ne veut pas
                                       désigner. (Ex.: Madame X...,
                                       Madame ***, Monsieur Un Tel,
                                       Monsieur N...).
  n.                                 nerfs; noir, e; nom; non; note.
  N., n.; _N., n._                   note, _nota_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  N. B.; N. B.                       _nota bene_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  N. C.                              notable commerçant.
  N.-D.                              Notre-Dame.
  _N. L._, _n. l._                   _non licet_ ou _non liquet_
                                       (lat.). Voir _Loc. lat._
  n. ms., n. mss, not. mss           note manuscrite, notes
                                       manuscrites.
  Nº, Nºs, num.                      numéro, s.
  nouv. édit.                        nouvelle édition.
  n. r., n. rog.                     non rogné.
  N.-S. J.-C.                        Notre-Seigneur Jésus-Christ.
    NN. SS.                            Nos Seigneurs.
  n. st.                             nouveau style. Voir la note
                                       à st.: style.
  _N. V._, _n. v._                   _ne varietur_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._

  o., ol.                            olive (couleur).
  obl.                               oblong.
  œuv.; œuv. compl.                œuvres; œuvres complètes.
  ol., o.                            olive (couleur).
  _op. cit._                         _Opere citato_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  orig.                              original, e.
  orn.                               orné, e; ornement.
  ouv., ouvr.                        ouvrage.

  P.                                 Paris. (Ex.: P., s. d., in-8:
                                       Paris, sans date, in-huit).
  P., PP.                            Père, Pères de l'Église.
    R. P.                              révérend père.
    S.-P.                              le Saint-Père (le pape).
  p.                                 page; papier; peau; peigne
                                       (tr. p.: tranches peigne[691]);
                                       petit, e.
    pp.                                pages; petit papier.
  p., pap.;--p. p., pp.              papier;--petit papier.
    pap. ch., p. de C.                 papier de Chine.
    pap. holl., p. de H.               papier de Hollande.
    pap. jap., p. du J.                papier du Japon.
    pap. méd., p. méd.                 papier médium ou moyen[692].
    pap. moy, p. moy.                  papier moyen.
    pap. v., p. v.                     papier vergé.
    pap. vél., p. vél.                 papier vélin.
    pap. Wh., p. Wh.                   papier Whatman.
  par., paragr.                      paragraphe.
  parch.                             parchemin, parcheminé, e.
  part.                              partie, s.
  _pass._                            _passim_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  p. de tr.                          peau de truie.
  perc., percal.                     percaline.
  pet., p.                           petit, e.
    pet. f., p. f.                     petits fers.
    pet. form.                         petit format.
    pet. pap., p. p., pp.              petit papier.
  p. ex.                             par exemple.
  _pinx._                            _pinxit_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  piq. de v.                         piqûres de vers.
  pl.                                plats; planches; plein, e.
    pl. enl.                           planches enluminées.
  plaq.                              plaquette.
  point.                             pointillé.
  portr., ptr., ptrs                 portrait, s.
  PP.                                Pères (de l'Église).
  pp.                                pages; petit papier.
  princ., ppal.                      principal.
  ps.                                psaume.
  ps., pseud.                        pseudonyme.
  P.-S., P. S.                       post-scriptum, postscriptum.

  Q., quest.                         question.
  qq.                                quelques.
  qqf.                               quelquefois.
  qq. mouill.                        quelques mouillures.
  _Q. S._, _q. s._                   _quæ supra_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._

  R.                                 révérend (R. P., RR. PP.:
                                       révérend père, révérends pères).
  R., rép.                           réponse.
  r.                                 reliure; rogné, e; rouge.
  rac.                               racine (v. rac.: veau racine).
  récl.                              réclame, s.
  rég., régl.                        réglé, e.
  rel., r.                           relié, e; reliure.
    rel. anc.                          reliure ancienne.
    rel. angl.                         reliure anglaise.
    rel. brad.                         reliure bradel.
    rel. en ch.                        reliure en chagrin.
    rel. jans.                         reliure janséniste.
    rel. p. de tr.                     reliure en peau de truie.
    rel. pl.                           reliure pleine.
    rel. s. n.                         reliure sur nerfs.
  rem.                               remarque.
  rép.                               réponse; réparé, e.
  reprod.                            reproduction.
  r. et n.                           rouge et noir.
  rº                                 recto.
  rog., n. rog., n. r.               rogné, e; non rogné, e.
  rom.                               romain.

  S., SS; St, Sts; Ste, Stes         saint, s; sainte, es.
  s.                                 sans; siècle; supérieur, e (tr. s.:
                                       tranche supérieure); sur.
  s., sig., sign.                    signature, s; signé, e; signet, s.
  s., suiv., ss.                     suivant, s; e, es. (a. 1884 et ss.:
                                       années 1884 et suivantes).
  s. a.                              sans année (de publication)
                                       (synon. de s. d.).
  sc.                                scène.
  _sc._, _sculps._                   _sculpsit_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  s. d.                              sans date.
  sect.                              section.
  _seq._                             _sequens_, _sequentes_, _sequentia_
                                       (lat.) Voir _Loc. lat._
  sig., sign., s.                    signature, s; signé, e; signet, s.
  s. l.                              sans lieu (sans indication de lieu
                                       de publication).
  s. l. n. a.                        sans lieu ni année.
  s. l. n. d.                        sans lieu ni date.
  s. l. n. d. n. typ. (ou n. t.)     sans indication de lieu, ni de
                                       date, ni de typographe.
  s. l. n. d. n. typ. ni libr.       sans indication de lieu, ni de
                                       date, ni de typographe, ni de
                                       libraire.
  s. l. n. n.                        sans lieu ni nom (d'imprimeur).
  s. l. n. typ. (ou n. t.)           sans lieu ni typographe.
  s. m.                              sans millésime.
  s. n. d'aut.                       sans nom d'auteur.
  s. n. d'impr.                      sans nom d'imprimeur.
  _sq._, _sqq._                      _sequens_, _sequentes_,
                                       _sequentia_ (lat.). Voir
                                       _Loc. Lat._
  Sr.                                sieur (le).
  _SS._, _ss._                       _Suprascriptus_ (lat.). Voir
                                       _Loc. lat._
  St, Sts; S., SS.; Ste, Stes        saint, s; sainte, s.
  st.                                style (v. st.: vieux style;
                                       n. st.: nouveau style[693]).
  s. t.                              sans titre; sans nom de
                                       typographe.
  s. tit., s. t.                     sans titre.
  s. typ., s. t.                     sans (nom de) typographe.
  suiv., ss., s.                     suivant, s; e, es.
  sup., supér., s.                   supérieur, e.
  _sup._                             _supra_ (lat.). Voir _Loc. lat._
  supp., suppl.                      supplément.
  _s. v._, _s. verbo_, _s. voce_     _sub verbo_, _sub voce_ (lat.).
                                       Voir _Loc. lat._
  S. V. P., s. v. p.                 s'il vous plaît.
  syn., synon.                       synonyme.

  t.                                 tabis; tête; titre; tome;
                                       typographe.
  t., tit.                           titre.
  tab.                               table; tableau.
  T. C. F., TT. CC. FF.              Très Cher Frère, Très Chers
                                       Frères.
  t. d.; t. j.                       tête dorée; tête jaspée.
  tit. cour.                         titre courant.
  tit. gr.                           titre gravé.
  tit. r. et n.                      titre rouge et noir.
  tr.                                tranche, s; truie (p. de tr.:
                                       peau de truie).
    tr. ant.                           tranches antiquées[694].
    tr. cis.                           tranches ciselées.
    tr. dor., tr. d.                   tranches dorées.
    tr. j.                             tranches jaspées.
    tr. marb.                          tranches marbrées.
    tr. p.                             tranches peigne[695].
    tr. r.                             tranches rouges.
    tr. s. d.                          tranche supérieure dorée.
  trad.                              traduit.
  trad., traduct.                    traducteur, traduction.
  T. S. V. P.                        tournez (la page), s'il vous
                                       plaît.
  typ., typogr., t.                  typographe, typographie.

  V.[696], v., voy.                  Voir, voyez.
  v.                                 veau; vélin; vergé, e; vers
                                       (poésie); vert, e; vieux;
                                       volume.
    v. ant.                            veau antique.
    v. bl.                             veau bleu.
    v. br.                             veau brun.
    v. éc.                             veau écaille.
    v. est.                            veau estampé.
    v. f.                              veau fauve.
    v. f. ant.                         veau fauve antique.
    v. fil.                            veau (avec) filets.
    v. gr.                             veau granit ou granité.
    v. jas., v. j.                     veau jaspé.
    v. marb., v. m.                    veau marbré.
    v. pl.                             veau plein.
    v. porph., v. p.                   veau porphyre.
    v. rac.                            veau racine.
    v. t.                              veau tacheté.
    v. v.                              veau vert.
    v. viol.                           veau violet.
  vél., v.                           vélin.
    vél. de H.                         vélin de Hollande.
  _Venet._                           _Venetiæ_ (lat.): à Venise.
  vers.                              verset.
  vign.                              vignette, s.
  vº                                 verso.
  vol., v.                           volume, s.
  voy., V.[697], v.                  voyez.
  v. s.                              vieux style. Voir la note à st.:
                                       style.
  Vve.                               veuve.

  Wh.                                Whatman (papier).

  X                                  Inconnu, anonyme. Voir
                                       ci-dessus: N.


EXEMPLES:

1 vol. in-8, 4 ff. n. ch., 185 pp., rel. m. d. L., dent. int., f. d. s.
l. pl., tr. s. d.

Lire: 1 volume in-huit, 4 feuillets non chiffrés, 185 pages, relié en
maroquin du Levant, dentelle intérieure, filets dorés sur les plats,
tranche supérieure dorée.


1 vol. in-18, d. r. ch., t. jas., n. r., qq. m.

Lire: 1 volume in-18, demi-reliure chagrin, tête jaspée, non rogné,
quelques mouillures.


_N. B._ Les millésimes s'abrègent quelquefois par la suppression du
premier chiffre de gauche, le chiffre des mille: 825, pour 1825;
843-847, pour 1843 à 1847.



II.--LOCUTIONS LATINES



  _a ... ad_                   de ... à. Ex.: _a_ p. 20 _ad_ 28: de la
                                 page 20 à la page 28.

  _absque_                     sans.

    _absque nota_,
    _absque ulla nota_           sans indication, sans aucune indication
                                   (sans nom de ville d'imprimeur, ni
                                   d'éditeur). Ex.: _absque ulla nota,
                                   sed Parisiis, Guido Mercator, circa
                                   1493._ (Cf. _sine_.)

  _ad calcem_                  au bas de la page (_calx, calcis_,
                                 talon).

  _addendum_, _addenda_        à ajouter.

  _ad extremum_                au bout, à l'extrémité. (Cf. _ad calcem_,
                                 _in fine._)

  _ad libitum_                 à volonté, au choix.

  _ad litteram_                à la lettre, mot pour mot, fidèlement.
                                 Ex.: Traduction _ad litteram_. (Cf. _ad
                                 verbum_.)

  _ad usum_                    à l'usage (_ad usum Delphini_, à l'usage
                                 du Dauphin: à propos des livres
                                 expurgés).

  _ad verbum_ (_ad verb._)     au mot, à l'article. Ex.: Voir Littré,
                                 _Dictionn._, _ad verb._ Dire:--Voir
                                 Littré, _Dictionnaire_, au mot Dire.
                                 (Cf. _sub verbo_ et _sub voce_.)
                                 _Ad verbum_ a aussi le sens de _ad
                                 litteram_, mot pour mot, littéralement.

  _ædes_, _ædis_; _in
    ædibus_; _ex ædibus_       maison; dans la maison, l'imprimerie de;
                                 de la maison, l'imprimerie de.

  _alias_                      autrement, autrement dit. Ex.: Henri
                                 Beyle, _alias_ Stendhal. (Cf. _seu_,
                                 _vel_, _vulgo_.)

  _anno_ (_A._, _a._)          année, dans l'année.

  _anno Christi_ (_A. C._,
    _an. Chr._)                en l'an du Christ.

  _anno Domini_ (_A. D._,
    _an. Dom._, _an. dni._)    en l'an du Seigneur.

  _apud_ (_ap._)               chez, dans. Ex.: Voir Montaigne _ap._
                                 Littré, _Dictionn._ art. Père:--Voir
                                 Montaigne dans Littré, _Dictionnaire_,
                                 article Père.

  _articulus_ (_art._)         article.

    _collatis passim
      articulis_                 çà et là dans les articles réunis[698].

  _cætera desunt_, _cætera
    desiderantur_              le reste manque, est désiré. (Formule qui
                                 se met parfois au bas d'un ouvrage
                                 inachevé.)

  _capitulum_ (_cap._)         chapitre.

  _charta magna_ (_Ch. M._,
    _ch. m._)                  grand papier.

  _circa_                      autour de, environ.

  _corrigendum_,
    _corrigenda_               à corriger. (Erreur ou erreurs à
                                 corriger.--_Corrigenda_ s'emploie
                                 quelquefois comme synonyme d'_errata_.)

  _cum figuris_ (_c. f._)      avec figures, vignettes.


  _deleatur_ (∂)               à effacer, à enlever. (Terme et signe de
                                 typographie.)

  _delineavit_ (_del._)        a dessiné; dessiné par... (Marque du
                                 dessinateur.)


  _eodem loco_ (_eod. loc._)   au même endroit.

  _epistola, æ_ (_epist._)     épître, s; lettre, s.

  _erratum, errata_            erreur, erreurs. On donne le nom
                                 d'_errata_ à la liste des fautes
                                 commises dans le texte d'un ouvrage
                                 imprimé, suivies de leurs
                                 corrections[699].

  _et cætera_ (etc., _&c._;
    etc., &c.)                 et le reste, et les autres.

  _ex_                         de, du.

  _ex ædibus_                  Voir _ædes_.

  _excusum_ (_excus._)         imprimé.

  _ex dono_                    du don de... (donné par l'auteur ou par
                                 l'éditeur, etc.).

  _ex libris_                  des livres, d'entre les livres
                                 (c'est-à-dire volume faisant partie des
                                 livres de... de la bibliothèque de...;
                                 volume appartenant à...).

  _ex meis_ (sous-ent.
    _libris_)                  de mes livres, des miens (c'est-à-dire
                                 volume de ma bibliothèque).

  _ex officina_                de l'atelier, de l'imprimerie de...

  _ex typographia_ (_ex
    typ._)                     de l'imprimerie de...


  _ibidem_ (_ib._, _ibid._)    là même, dans le même endroit.

  _idem_ (_id._)               le même, la même.

  _id est_ (_i._, _i. e._)     c'est, c'est-à-dire, c.-à-d.

  _impressum_                  imprimé.

  _in_                         dans. Ex.: Cité in _Géogr. univ._ de
                                 Reclus:--Cité dans la _Géographie
                                 universelle_ de Reclus.

  _in ædibus_                  Voir _ædes_.

  _in extenso_                 en entier.

  _in fine_                    à la fin. Ex.: Voir tel ouvrage ou tel
                                 chapitre _in fine_, à la fin. (Cf.
                                 _ad calcem_, _ad extremum_.)

  _infra_ (_inf._) (opposé
     de _supra_)               plus bas, ci-dessous.

  _in globo_                   en masse, en entier.

  _initium_ (_init._)          commencement. Ex.: Voir tel ouvrage ou
                                 tel chapitre _init._, au commencement.

  _in memoriam_                à la mémoire de, en souvenir de.

  _invenit_ (_inv._)           a inventé; inventé par...


  _laudatus_ (_laud._)         loué, cité.

    _supra laudati omnes._       tous les ouvrages loués (cités)
                                   ci-dessus.

  _liber_ (_lib._)             livre.

  _loco citato_ (_loc.
    cit._, _l. c._)            dans l'endroit ou l'ouvrage cité
                                 précédemment.

  _loco laudato_ (_loc.
    laud._, _l. l._)           dans l'endroit ou l'ouvrage loué (cité)
                                 précédemment.


  _memento_                    souviens-toi. Livre, cahier ou registre
                                 sur lequel on écrit ce dont on veut
                                 se souvenir.


  _ne varietur_ (_N. V._,
    _n. v._).                  afin qu'il n'y soit rien changé. (Édition
                                 _ne varietur_: édition définitive.)

  _non licet_ (_N. L._,
    _n. l._).                  ce n'est pas permis.

  _non liquet_ (_N. L._,
    _n. l._).                  ce n'est pas clair.

  _nota_, _nota bene_ (_N._,
    _n._; _N. B._; _N._,
    _n._; _N. B._).            notez, notez bien, remarquez bien.


  _opere citato_ (_op. cit._)  dans l'ouvrage cité précédemment.


  _passim_ (_pass._)           çà et là, en divers endroits.

  _pinxit_ (_pinx._)           a peint; peint par... (Marque du
                                 peintre.)

  _prope_                      près, à peu près, presque.



  _quæ supra_ (_Q. S._,
    _q. s._).                  les choses (dites ou indiquées)
                                 ci-dessus, les ouvrages mentionnés
                                 ci-dessus.


  _sculpsit_ (_sc._,
    _sculps._)                 a taillé, a gravé, gravé par... (Marque
                                 du graveur.)

  _sequens_, _sequentes_,
    _sequentia_ (_seq._,
    _sq._, _sqq._)             suivant, e; suivants, antes; la suite.

  _seu_                        ou, ou bien, autrement dit. Ex.: Henri
                                 Beyle, _seu_ Stendhal. (Cf. _alias_,
                                 _sive_, _vel_, _vulgo_.)

  _sic_                        ainsi, c'est ainsi. Ex.: Boullier,
                                 Traitté (_sic_) de la certitude morale.

  _sine_                       sans. (Cf. _absque_.)

    _sine menda_                 sans faute.

    _sine nota_                  sans indication (de ville, d'imprimeur,
                                   etc.).

  _sive_                       ou, ou bien. Ex.: Henri Beyle, _sive_
                                 Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, _vel_,
                                 _vulgo_.)

  _sub_                        sous, dans, à.

    _sub verbo_ (_s. v._,
      _s. verbo_, _verbo_)     au mot, à l'article. Ex.: Voir Littré,
                                 _verbo_ Dire; voir Larousse, _s. voce_
                                 Écrire:--Voir Littré au mot Dire; voir
                                 Larousse à l'article Écrire. (Cf. _ad
                                 verbum_ et _sub voce_.)

    _sub voce_ (_s. v._,
      _s. voce_, _voce_)       même sens que _sub verbo_ et _ad verbum_.

  _supra_ (_sup._) (opposé
    d'_infra_)                 plus haut, ci-dessus.

  _suprascriptus_ (_SS_,
    _ss_)                      écrit plus haut, ci-dessus; susdit.

  _ut supra_                   comme ci-dessus.

  _vade-mecum_                 (littéralement: va avec moi). «Se dit
                                 surtout d'un livre portatif destiné à
                                 rappeler en peu de mots les notions
                                 principales d'une science, d'un art,
                                 etc.» (Littré.) On dit aussi qq. fois
                                 _veni-mecum_ (viens avec moi).

  _vel_                        ou, ou bien. Ex.: Henri Beyle, _vel_
                                 Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, _sive_,
                                 _vulgo_.)

  _verbo_, _voce_              même sens que _sub verbo_, _sub voce_,
                                  _ad verbum_.

  _vulgo_                      généralement, très souvent, d'ordinaire.
                                 Ex.: Henri Beyle, _vulgo_ Stendhal,
                                 c.-à-d. généralement désigné sous le
                                 nom de Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_,
                                 _sive_, _vel_.)


ADVERBES NUMÉRAUX.

     1º Primo.                         Une fois Semel.
     2º Secundo.                         2  --  Bis.
     3º Tertio.                          3  --  Ter.
     4º Quarto.                          4  --  Quater.
     5º Quinto.                          5  --  Quinquies
     6º Sexto.                           6  --  Sexies.
     7º Septimo.                         7  --  Septies.
     8º Octavo.                          8  --  Octies.
     9º Nono.                            9  --  Novies.
    10º Decimo.                         10  --  Decies.
    11º Undecimo.                       11  --  Undecies.
    12º Duodecimo.                      12  --  Duodecies.
    13º Tertiodecimo.                   13  --  Tredecies.
    14º Quartodecimo.                   14  --  Quaterdecies.
    15º Quintodecimo.                   15  --  Quindecies.
    16º Sextodecimo.                    16  --  Sedecies.
    17º Septimodecimo.                  17  --  Septiesdecies.
    18º Octavodecimo ou Duodevicesimo.  18  --  Duodevicies.
    19º Nonodecimo ou Undevicesimo.     19  --  Undevicies.
    20º Vicesimo ou Vigesimo.           20  --  Vicies.
    21º Vicesimo primo.                 21  --  Vicies semel,
                                                  ou semel et vicies.
    22º Vicesimo altero.                22  --  Bis et vicies.
    23º Vicesimo tertio.                23  --  Ter et vicies.
    30º Tricesimo ou Trigesimo.         30  --  Tricies.
    40º Quadragesimo.                   40  --  Quadragies.
    50º Quinquagesimo.                  50  --  Quinquagies.
    60º Sexagesimo.                     60  --  Sexagies.
    70º Septuagesimo.                   70  --  Septuagies.
    80º Octogesimo.                     80  --  Octogies.
    90º Nonagesimo.                     90  --  Nonagies.
   100º Centesimo.                     100  --  Centies.
   200º Ducentesimo.                   200  --  Ducenties.
   300º Trecentesimo.                  300  --  Trecenties.
   400º Quadringentesimo.              400  --  Quadringenties.
   500º Quingentesimo.                 500  --  Quingenties.
   600º Sexcentesimo.                  600  --  Sexcenties.
  1000º Millesimo.                    1000  --  Millies.



III.--TERMES GÉOGRAPHIQUES LATINS[700]


Outre les termes géographiques qu'on rencontre le plus fréquemment dans
les catalogues de librairie, tels que les noms de contrées, de
capitales, etc., on trouvera dans la liste suivante les noms de la
plupart des localités où l'imprimerie a été introduite dès ses débuts ou
peu après, c'est-à-dire dès la seconde moitié du XVe siècle ou au
commencement du XVIe.

  _Abbatis Villa_, _Abbavilla_      Abbeville.
  _Aduaticorum Oppidum_,
    _Atuatica_, _Namou_,
    _Namureum_, _Namurum_.          Namur.
  _Æmona_. Voir _Labacum_[701]      Laybach (Autriche).
  _Æsis_, _Æsium_, _Essium_         Jesi (Italie, près d'Ancône).
  _Agendicum_, _Senones_            Sens.
  _Agenno_, _Agennum_               Agen.
  _Agrippina_. Voir _Colonia_       Cologne.
  _Aichstadium_, _Eustadium_        Eichstædt (Bavière).
  _Alata Castra_, _Castra
    Puellarum_, _Edinum_,
    _Edenburgum_                    Édimbourg.
  _Albani_ (_Villa Sancti_),
    _Verulamium_.                   St-Albans (Angleterre).
  _Albia_, _Albiga_                 Albi (Tarn).
  _Albia_                           Alby ou Albie (Haute-Savoie).
  _Albiorum_, _Witteberga_          Wittenberg (Saxe).
  _Aldenarda_, _Aldenardum_         Oudenarde ou Audenarde (Belgique).
  _Alenconium_, _Alentio_           Alençon.
  _Alostum_                         Alost (Belgique).
  _Alta Villa_                      Eltville ou Elfeld (Allemagne, près
                                    de Mayence).
  _Alvernia_, _Arvernia_            l'Auvergne.
  _Ambianum_                        Amiens.
  _Ambivaritum_. Voir _Antverpia_   Anvers.
  _Amstelodamum_                    Amsterdam.
  _Ancone_, _Ancona_                Ancône.
  _Andegava_, _Andegavum_           Angers.
  _Andemantunum_, _Lingonæ_         Langres.
  _Angolstadium_, _Ingolstadium_    Ingolstadt (Bavière).
  _Annecium_, _Annesiacum_          Annecy.
  _Annonæum_, _Annoniacum_          Annonay.
  _Antverpia_, _Handoverpia_,
    _Ambivaritum_                   Anvers (Antwerpen).
  _Aquæ_, _Badena_                  Baden (Duché de Bade).
  _Aquæ Bonæ_                       Bonn (Suisse); Eaux-Bonnes
                                    (Basses-Pyrénées); etc.
  _Aquæ Sextiæ_                     Aix (Provence).
  _Aquila in Vestinis_, _Aquilia_   Aquila (Italie, Abruzzes).
  _Aquileja_                        Aglar ou Aquileja (Frioul).
  _Aquincum_, _Buda_                Bude ou Ofen.
  _Aquisgranum_                     Aix-la-Chapelle (Aachen).
  _Aquitania_                       l'Aquitaine. (Partie S.-O. de la
                                    France, depuis l'Auvergne et la
                                    Saintonge jusqu'aux Pyrénées.)
  _Arelas_                          Arles.
  _Arenacum_                        Arnheim (Hollande).
  _Argentoratum_                    Strasbourg.
  _Armorica_ (du celte _Ar Mor_,
    près de la mer)                 l'Armorique, la Bretagne.
  _Artaunum_. Voir _Herbipolis_     Wurtzbourg (Bavière).
  _Arverna_, _Claromontium_         Clermond-Ferrand.
  _Asculum Picenum_                 Ascoli Piceno (Italie, près
                                    d'Ancône).
  _Atrebatæ_                        Arras.
  _Atuatica_. Voir _Aduaticorum
    oppidum_                        Namur.
  _Audomarapolis_, _Audomarum_      Saint-Omer.
  _Augusta Ausciorum_, _Auxorum_    Auch.
  _Augusta Nemetum_,
    _Noviomagus_, _Spira_           Spire (Bavière).
  _Augusta Prætoria_                Aoste (Italie, Piémont).
  _Augusta Suessonum_, _Suessonæ_   Soissons.
  _Augusta Taurinorum_, _Taurinum_  Turin.
  _Augusta Tiberii_                 Ratisbonne (Bavière).
  _Augusta Trevirorum_              Trèves (Prusse rhénane).
  _Augusta Veromanduorum_.
    Voir _Quintinopolis_            Saint-Quentin.
  _Augusta Vindelicorum_            Augsbourg (Bavière).
  _Augustobona, Trecæ_              Troyes (Champagne).
  _Augustodunum_                    Autun.
  _Augustomagus_, _Civitas
    Silvancetum_                    Senlis.
  _Aurelia_, _Aurelianum_           Orléans.
  _Autissiodorum_                   Auxerre.
  _Auxorum_. Voir _Augusta
    Ausciorum_                      Auch.
  _Alvaricum_, _Bituricæ_           Bourges.
  _Avenio_                          Avignon.

  _Bacodurum_, _Passavia_,
    _Patavia_                       Passau (Bavière).
  _Badena_. Voir _Aquæ_             Baden (Duché de Bade).
  _Bagaudarum Castrum_,
    _Monasterium Fossatense_        Saint-Maur-des-Fossés.
  _Bajocæ_, _Bagias_                Bayeux.
  _Bajonna_ (_Baya ona_, bonne
    baie en basque), _Lapurdum_     Bayonne.
  _Bamberga_                        Bamberg (Bavière).
  _Bancona_, _Oppenhemium_          Oppenheim (Allemagne).
  _Barcino_, _Barchino_             Barcelone.
  _Barcum_                          Barco (Italie, près de Brescia).
  _Barium_                          Bari (Italie).
  _Barium Ducis_, _Barro-Ducum_     Bar-le-Duc.
  _Baruthum_                        Bayreuth (Bavière).
  _Basilca_                         Bâle.
  _Batavia_                         la Hollande.
  _Bellovacum_                      Beauvais.
  _Belna_                           Beaune (Côte-d'Or).
  _Bergomum_, _Pergamus_,
    _Pergamum_                      Bergame (Italie).
  _Berna_                           Berne.
  _Berolinum_                       Berlin.
  _Berona in Ergovia_,
    _Monasterium Beronense_         Berone, Beromunster (Suisse).
  _Bipontium_                       Deux-Ponts ou Zweybrücken (Bavière).
  _Bisuntium_. Voir _Vesontio_      Besançon.
  _Biterræ_                         Béziers.
  _Bituricæ_. Voir _Avaricum_       Bourges.
  _Blesæ_                           Blois.
  _Bonna_                           Bonn (Prusse).
  _Bononia_                         Bologne (Italie).
  _Bononia_, _Bononia in
    Francia_, _Gessoriacum_         Boulogne-sur-Mer.
  _Barbetomagus_, Voir _Vormatia_   Worms.
  _Briocense oppidum_, _Briocæ_     Saint-Brieuc.
  _Briovera_, _Oppidum Sancti
     Laudi_                         Saint-Lô.
  _Brixia_                          Brescia.
  _Brugæ_                           Bruges.
  _Brunna_                          Brünn (Autriche).
  _Bruxella_, _Bruxelæ_             Bruxelles.
  _Buda_. Voir _Aquincum_           Bude ou Ofen.
  _Burdigala_                       Bordeaux.
  _Burgdorfium_                     Burgdorf ou Berthoud (Suisse) et
                                    Burgdorf (Hanovre).
  _Burgi_, _Burgum_                 Burgos.
  _Burgundia_                       la Bourgogne.
  _Buscoduca_, _Buscum Ducis_       Bois-le-Duc (Hollande).
  _Byzantium_                       Byzance, Constantinople.

  _Cabelia_                         Chablis (Yonne).
  _Cadomum_                         Caen.
  _Cadurcum_                        Cahors.
  _Cæsaraugusta_                    Saragosse.
  _Cæsarodunum_. Voir _Turoni_      Tours (Indre-et-Loire).
  _Cajeta_                          Gaëte.
  _Cale_, _Portus Calensis_         Porto ou Oporto (Portugal).
  _Caledonia_, _Scotia_             l'Écosse (anc. Calédonie).
  _Caletum_                         Calais.
  _Calium_, _Callis_                Cagli (Italie, près d'Ancône).
  _Calmontium Bassiniæ_,
    _Calvus Mons_                   Chaumont-en-Bassigny.
  _Camberiacum_                     Chambéry.
  _Camboricum_, _Cantabriga_        Cambridge.
  _Cameracum_                       Cambrai.
  _Cantabriga_. Voir _Camboricum_   Cambridge.
  _Cantuaria_                       Canterbury.
  _Carentonum_                      Charenton.
  _Carcaso_                         Carcassonne.
  _Carnutum_                        Chartres.
  _Carodunum_. Voir _Cracovia_      Cracovie.
  _Carololesium_                    Charleroy.
  _Casale Majus_                    Casal Maggiore (Italie, Milanais).
  _Casale Sancti Evasii_            Casale Monferrato (Italie, Piémont).
  _Casinus Mons_, _Cassinensis
    Mons_                           Mont-Cassin.
  _Cassella_                        Cassel.
  _Castellodunum_                   Châteaudun.
  _Castra Puellarum_. Voir _Alata
    Castra_                         Édimbourg.
  _Catalaunum_                      Châlons-sur-Marne.
  _Cenomanum_                       Le Mans.
  _Cistercium_                      Cîteaux.
  _Claromontium_. Voir _Arverna_    Clermont-Ferrand.
  _Cliniacum_, _Cluniacum_          Cluny.
  _Collis_                          Colle (Italie, Toscane).
  _Colonia_, _Agrippina_,
    _Colonia Agrippina_             Cologne.
  _Compendium_                      Compiègne.
  _Complutum_                       Alcala de Henarès (Espagne).
  _Comum_                           Côme.
  _Conimbrica_                      Coïmbre (Portugal).
  _Consentia_, _Cosentia_           Cosenza (Italie, Calabre).
  _Constantia_, _Valeria_           Constance.
  _Constantia_                      Coutances.
  _Corabilium_, _Corbonium ad
    Sequanam_                       Corbeil.
  _Corbeja vetus_, _Corbeia_        Corbie (Somme).
  _Corbonium ad Sequanam_. Voir
    _Corabilium_                    Corbeil.
  _Corduba_                         Cordoue.
  _Coriosopitum_                    Quimper.
  _Cosentia_. Voir _Consentia_      Cosenza (Italie, Calabre).
  _Cracovia_, _Carodunum_           Cracovie.
  _Cremona_                         Crémone (Italie, Milanais).
  _Culenburgum_                     Culembourg ou Kuilenbourg
                                      (Hollande).
  _Cutna_. Voir _Kuttenberga_       Kuttenberg (Bohême).

  _Dariorigum_, _Dartoritum_,
    _Venetia_.                      Vannes.
  _Darmstadium_                     Darmstadt.
  _Dartoritum_. Voir _Dariorigum_   Vannes.
  _Daventria_                       Deventer (Hollande).
  _Delfi_                           Delft (Hollande).
  _Deodatum_                        Saint-Dié.
  _Dionantum_, _Dinandum_           Dinant (Belgique).
  _Divio_, _Diviodunum_             Dijon.
  _Divodurum_, _Mediomatrica_,
    _Metæ_, _Metis_, _Mettis_       Metz.
  _Dola Sequanorum_, _Dolum_        Dôle (Jura).
  _Dordracum_                       Dordrecht (Hollande).
  _Dresda_                          Dresde.
  _Duacum_                          Douai.
  _Dublinum_                        Dublin.
  _Dusseldorpium_                   Dusseldorf.

  _Eboracum_                        York.
  _Ebroica_, _Ebroicum_             Évreux.
  _Edenburgum_, _Edinum_. Voir
    _Alata Castra_                  Édimbourg.
  _Einsilda_                        Einsiedeln (Suisse).
  _Emda_, _Embda_                   Emden (Hanovre).
  _Engolisma_                       Angoulême.
  _Erfordia_                        Erfurt (Saxe).
  _Eridanium_                       «Nom de lieu d'impression supposé,
                                      que l'on trouve sur un grand
                                      nombre de livres italiens... et
                                      qui, sur la plupart, doit être
                                      traduit par _Milan_.»
                                      (P. Deschamps, _loc. cit._,
                                      col. 464 et 1434.)
  _Eslinga_. Voir _Ezelinga_        Esslingen (Wurtemberg).
  _Essium_. Voir _Æsis_             Jesi (Italie, près d'Ancône).
  _Eustadium_, Voir _Aichstadium_   Eichstædt (Bavière).
  _Ezelinga_, _Eslinga_             Esslingen (Wurtemberg).

  _Fæsulæ_                          Fiesole (Italie, Toscane).
  _Fanum Sancti Nicolai a Portu_    Saint-Nicolas-du-Port
                                      (Meurthe-et-Moselle).
  _Ferrara_, _Ferraria_             Ferrare.
  _Fivizanum_                       Fivizano (Italie, Toscane).
  _Flavium Aurgitanum_, _Giennum_   Jaen (Espagne, Andalousie).
  _Flesinga_                        Flessingue (Hollande).
  _Florentia_                       Florence.
  _Forum Livii_, _Forolivium_       Forli (Italie, près de Ravenne).
  _Fossatense Monasterium_. Voir
    _Bagaudarum Castrum_            Saint-Maur-des-Fossés.
  _Franciscopolis_, _Portus
    Gratiæ_                         Le Havre.
  _Francofurtum ad Mœnum_           Francfort-sur-le-Mein.
  _Francofurtum ad Oderam_          Francfort-sur-l'Oder.
  _Franckera_, _Franchera_          Franecker ou Francker (Hollande).
  _Fraxinum_. Voir _Frisinga_       Freising (Bavière).
  _Friburgum_                       Fribourg (Allemagne et Suisse).
  _Frisinga_, _Fraxinum_,
    _Fruxinum_                      Freising (Bavière).
  _Fulginium_                       Foligno (Italie).

  _Gallia_                          la Gaule, la France.
  _Ganda_, _Gandavum_               Gand.
  _Garactum_                        Guéret.
  _Geneva_, _Genava_, _Genua_       Genève.
  _Genua_                           Gênes (et quelquefois Genève.
                                      --Gênes, en ital. _Genova_).
  _Germania_                        la Germanie, l'Allemagne.
  _Gessoriacum_. Voir _Bononia_     Boulogne-sur-Mer.
  _Giennum_. Voir _Flavium
    Aurgitanum_                     Jaen (Espagne, Andalousie).
  _Glascovia_, _Glascua_            Glascow.
  _Goettinga_, _Gottinga_           Goettingue (Hanovre).
  _Gouda_, _Tergum_                 Gouda ou ter Gouw (Hollande).
  _Gradiscia_                       Gradisca (Illyrie).
  _Gratianopolis_                   Grenoble.

  _Hafnia_                          Copenhague.
  _Haga Comitis_                    La Haye, Haag ou S'Gravenhaag.
  _Hagenoa_                         Haguenau.
  _Hala_                            Halle (Allemagne).
  _Hamburgum_, _Marionis_           Hambourg.
  _Handoverpia_ Voir _Antverpia_    Anvers.
  _Hannovera_                       Hanovre.
  _Harlemum_                        Harlem (Hollande).
  _Heidelberga_ (Mont des
    myrtilles).                     Heidelberg.
  _Helvetia_                        l'Helvétie, la Suisse.
  _Herbipolis_, _Artaunum_,
    _Wirceburgum_                   Wurtzbourg (Bavière).
  _Hesdinium_                       Hesdin (Pas-de-Calais).
  _Hibernia_                        l'Irlande.
  _Hispalis_                        Séville.
  _Hispania_                        l'Espagne.
  _Holmia_                          Stockholm.
  _Hungaria_, _Ungaria_             la Hongrie.

  _Ilerda_                          Lérida (Espagne, Catalogne).
  _Ingolstadium_. Voir
    _Angolstadium_                  Ingolstadt (Bavière).
  _Insula_                          Lille.
  _Ipra_                            Ypres (Belgique).

  _Kuttenberga_, _Cutna_            Kuttenberg (Bohême).

  _Labacum_, _Æmona_                Laybach (Autriche).
  _Langobardia_                     la Lombardie.
  _Lantenacum_                      Lantenac (Côtes-du-Nord).
  _Lantriguerum_. Voir _Trecora_    Tréguier (Côtes-du-Nord).
  _Lapurdum_. Voir _Bajona_         Bayonne.
  _Laudi_ (_Oppidum Sancti_).
    Voir _Briovera_                 Saint-Lô.
  _Laudunum_, _Lugdunum Clavatum_   Laon.
  _Lauginga_, _Lavinga_             Lavingen (Bavière).
  _Leida_. Voir _Lugdunum
    Batavorum_                      Leyde (Hollande).
  _Lemovicum_                       Limoges.
  _Leodicum_, _Leudicum_            Liège.
  _Leopolis_                        Lemberg, Leopol, ou Lwów (Autriche).
  _Leudicum_. Voir _Leodicum_       Liège.
  _Lexovium_                        Lisieux.
  _Limonum_, _Pictavia_             Poitiers.
  _Lingonæ_. Voir _Andemantunum_    Langres.
  _Lipsia_                          Leipzig.
  _Londinium_, _Londinum_           Londres.
  _Longa Villa_                     Longeville (Meuse).
  _Lotharingia_                     la Lorraine.
  _Lovania_, _Lovanium_             Louvain.
  _Lubeca_                          Lübeck.
  _Luca_                            Lucques.
  _Lucerna_                         Lucerne.
  _Luciliburgum_, _Luciburgum_      Luxembourg.
  _Lugdunum_                        Lyon.
  _Lugdunum Batavorum_. _Leida_     Leyde (Hollande).
  _Lugdunum Clavatum_. Voir
    _Laudunum_                      Laon.
  _Luneburgium_, _Lunæburgum_       Lunebourg (Hollande).
  _Lusitania_                       le Portugal.
  _Lutetia_. (Cf. _Parisius_.)      Lutèce (Paris).

  _Maceriæ_, _Maceria_              Mézières.
  _Madritum_                        Madrid.
  _Magdeburgum_                     Magdebourg.
  _Maguntia_. Voir _Mogontiacum_    Mayence.
  _Mantua_                          Mantoue.
  _Marionis_. Voir _Hamburgum_      Hambourg.
  _Marpurgum_                       Marbourg (Hesse-Cassel).
  _Marsiburgum_, _Marsipolis_       Mersebourg (Saxe).
  _Massilia_                        Marseille.
  _Matisco_                         Mâcon.
  _Mechlinia_                       Malines.
  _Mediolanium_, _Mediolanum_,
  _Santonum_                        Saintes.
  _Mediolanum_                      Milan.
  _Mediomatrica_. Voir _Divodurum_  Metz.
  _Meldorum Civitas_, _Meldi_       Meaux.
  _Melodunum_                       Melun.
  _Memminga_                        Memmingen (Bavière).
  _Mercurii Curtis_                 Mirecourt.
  _Messana_                         Messine.
  _Metæ_, _Metis_, _Mettia_.
     Voir _Divodurum_               Metz.
  _Misna_                           Meissen (Saxe).
  _Modicia_                         Monza (Italie, Lombardie).
  _Mogontiacum_, _Moguntiacum_,
  _Moguntiacus_, _Moguntia_,
  _Maguntia_ ou _Magontia_          Mayence. («Cette ville est à jamais
                                      célèbre par la découverte de la
                                      typographie et par le nom de
                                      Gutenberg.» (P. Deschamps, _loc.
                                      cit._, col. 850).
  _Molinæ_                          Moulins.
  _Monachium_                       Munich.
  _Monasterium_                     Moutier, Moustiers, Montiers,
                                      Münster, etc.
  _Monasterium Fossatense_. Voir
    _Bagaudarum Castrum_            Saint-Maur-des-Fossés.
  _Mons Albanus_                    Montauban.
  _Mons Argi_, _Mons Arginus_       Montargis.
  _Mons Biligardus_                 Montbéliard.
  _Mons Brisonis_                   Montbrison.
  _Mons Pessulanus_, _Mons
    Pessulus_, _Mons Puellarum_     Montpellier.
  _Mons Vici_, _Mons Regalis_       Mondovi (Italie, Piémont).
  _Montes_, _Montes Hannoniæ_       Mons (en flam. Bergen).
  _Murcia_                          Murcie (Espagne).
  _Mussipons_, _Mussipontum_        Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).
  _Mutina_                          Modène.

  _Namnetus portus_, _Namnetum_     Nantes.
  _Namon_, _Namurcum_, _Namurum_.
    Voir _Aduaticorum Oppidum_      Namur.
  _Nancejum_                        Nancy.
  _Narbo Martius_, _Narbona_        Narbonne.
  _Neapolis_                        Naples.
  _Nemausus_                        Nîmes.
  _Neustria_, _Normannia_           la Neustrie, la Normandie.
  _Nicolai a Portu_ (_Fanum
    Sancti_)                        Saint-Nicolas-du-Port
                                      (Meurthe-et-Moselle).
  _Niortum in Pictonibus_           Niort.
  _Nonantula_                       Nonandola (Italie, près de Modène).
  _Nordovicum_                      Norwich (Angleterre).
  _Norimberga_                      Nuremberg.
  _Normannia_. Voir _Neustria_      la Normandie (anc. Neustrie).
  _Noviodunum_                      Nevers.
  _Noviomagus_                      Neufchâteau (Vosges).
  _Noviomagus_                      Nimègue (Hollande).
  _Noviomagus_. Voir _Augusta
    Nemetum_                        Spire.
  _Noviomagus Veromamduorum_        Noyon.

  _Ocellodurum_                     Zamora (Espagne).
  _Œnipons_, _Œnipontum_            Inspruck.
  _Offenburgum_                     Offenbourg (Allemagne, Bade).
  _Olisipo_, _Ulyssipo_             Lisbonne.
  _Olmutium_, _Olomucium_           Olmutz (Moravie).
  _Oppenhemium_. Voir _Bancona_     Oppenheim (Allemagne, Darmstadt).
  _Oriens_                          Lorient.
  _Oxonia_, _Oxonium_               Oxford.

  _Palum_, _Palenza_                Pau.
  _Pampalona_                       Pampelune.
  _Panormus_                        Palerme.
  _Papia_. Voir _Ticinum_           Pavie.
  _Parisius_, _Parisis_. Cf.
    _Lutetia_                       Paris (anc. Lutèce).
  _Passavia_, _Patavia_. Voir
    _Bacodurum_                     Passau (Bavière).
  _Patavium_, _Patavia_             Padoue.
  _Pergamus_, _Pergamum_. Voir
    _Bergomum_                      Bergame.
  _Perpenianum_                     Perpignan.
  _Perusia_                         Pérouse (Italie).
  _Petricordium_                    Périgueux.
  _Petropolis_                      Saint-Pétersbourg.
  _Phorca_, _Phorcenum_             Pforzheim (Allemagne, Bade).
  _Pictavia_. Voir _Limonum_        Poitiers.
  _Pilona_, _Pilsna_                Pilsen (Bohême).
  _Pinarolium_                      Pignerol (Italie, Piémont).
  _Pinciacum_                       Poissy (Seine-et-Oise).
  _Pinczovia_                       Pinczow (Pologne, palat. de
                                      Cracovie).
  _Pintia_, _Valdoletum_            Valladolid.
  _Pisæ_                            Pise.
  _Pisaurum_                        Pesaro (Italie, près d'Ancône).
  _Piscia_                          Pescia (Italie, Toscane).
  _Placentia_                       Plaisance (Italie, près de Milan).
  _Plevisacium_                     Pieve di Sacco (Italie, Vénétie).
  _Pollianum Rus_                   Pogliano (Italie, près de Vérone).
  _Portesium_                       Portesio (Italie, près de Brescia).
  _Portus Calensis_. Voir _Cale_    Porto ou Oporto (Portugal).
  _Portus Gratiæ_. Voir
  _Franciscopolis_                  Le Havre.
  _Portus Regius_                   Port-Royal (des Champs).
  _Portus Santonum_. Voir
    _Rupella_                       La Rochelle.
  _Portus Venetus_. Voir _Venetia_  Venise.
  _Posnania_, _Posna_               Posen.
  _Posonium_                        Presbourg (Hongrie).
  _Praga_                           Prague.
  _Promontorium_                    Promentour ou Promenthoux (Suisse).
  _Provinum_                        Provins.

  _Quedlinburgum_                   Quedlinbourg (Saxe).
  _Quintinopolis_, _Augusta
    Veromanduorum_                  Saint-Quentin.

  _Ravenna_                         Ravenne.
  _Redones_                         Rennes.
  _Regiomontium Borussiæ_           Kœnigsberg.
  _Regium Lepidi_                   Reggio d'Emilia (Italie, près de
                                      Modène).
  _Remorum Civitas_, _Remis_        Reims.
  _Rhætia_                          le Tyrol, les Grisons (anc. Rhétie).
  _Rhaugia_                         Raguse (Dalmatie).
  _Ricolocus_                       Richelieu (Indre-et-Loire).
  _Ricomagus_                       Riom.
  _Roma_                            Rome.
  _Rostochium_                      Rostock (Allemagne, Mecklembourg).
  _Rotena Urbs_. Voir _Segodunum_   Rodez.
  _Roterodamum_                     Rotterdam.
  _Roto_                            Redon.
  _Rotomagus_                       Rouen.
  _Ruotlinga_                       Reutlingen (Wurtemberg)
  _Rupella_. Voir _Portus
     Santonum_                      La Rochelle.
  _Rupes Fortis_                    Rochefort.

  _Sabate_, _Savona_                Savone (Italie, Piémont).
  _Salernum_                        Salerne.
  _Salinis_, _Salinæ_               Salins (Jura).
  _Salmantica_                      Salamanque.
  _Salmurium_                       Saumur.
  _Sarisberia_, _Sarus_             Salisbury.
  _Savilianum_                      Savigliano (Italie, Piémont).
  _Savona_. Voir _Sabate_           Savone (Italie, Piémont).
  _Scandia_, _Scandinavia_          la Scandinavie (Suède, Norwège).
  _Scandianum_                      Scandiano (Italie, près de Modène).
  _Schiedamum_, _Sciedammæ_         Schiedam (Hollande).
  _Schoonhovia_                     Schoenhoven (Hollande).
  _Scotia_. Voir _Caledonia_        l'Écosse (anc. Calédonie).
  _Sedanum_                         Sedan.
  _Segobriga_                       Segorbe (Espagne, prov. de Valence).
  _Segodunum_, _Rotena Urbs_        Rodez.
  _Sena Julia_, _Senæ_              Sienne (Italie, Toscane).
  _Senone_s. Voir _Agendicum_       Sens.
  _Sequana_                         la Seine.
  _Silvanectum Civitas_. Voir
  _Augustomagus_                    Senlis.
  _Slesvicum_                       Schleswig (Allemagne).
  _Sora_, _Soria_                   Soria (Espagne, Vieille-Castille).
  _Spinalium_                       Épinal.
  _Spira_. Voir _Augusta Nemetum_   Spire (Bavière).
  _Stutgardia_                      Stuttgard.
  _Sublacense Cœnobium_,
    _Subiacum_                      Subiaco (Italie centrale).
  _Suessonæ_. Voir _Augusta
    Suessonum_                      Soissons.
  _Suevia_                          la Souabe (Wurtemberg, Bavière,
                                      etc.).

  _Tarraco_                         Tarragone (Espagne, Catalogne).
  _Tarvisium_                       Trévise (Italie, Vénétie).
  _Taurinum_. Voir _Augusta
  Taurinorum_                       Turin.
  _Telo Martius_, _Telonis Portus_  Toulon.
  _Tergeste_                        Trieste.
  _Tholosa_. Voir _Tolosa
    Tectosagum_                     Toulouse.
  _Thorunium_                       Thorn (Allemagne).
  _Tibur_                           Tivoli (Italie centrale, près de
                                      Rome).
  _Ticinum_, _Papia_                Pavie.
  _Tigurum_                         Zurich.
  _Toletum_                         Tolède.
  _Tolosa_                          Tolosa (Espagne).
  _Tolosa_, _Tolosa Tectosagum_,
    _Tholosa_                       Toulouse.
  _Tornacum Nerviorum_              Tournai.
  _Tornomagensis Vicus_             Tournon (Ardèche).
  _Trajectum_, _Trajectus Mosæ_
    ou _ad Mosam_, _Trajectum
    Superius_                       Maestricht.
  _Trajectum Inferius_,
    _Trajectum Rheni_ ou _ad
    Rhenum_, _Ultrajectum_          Utrecht.
  _Treba_, _Trevium_                Trevi (Italie, près de Spolète).
  _Trecæ_. Voir _Augustobona_       Troyes.
  _Trecora_, _Lantriguerum_         Tréguier (Côtes-du-Nord).
  _Trevirorum Augusta_. Voir
    _Augusta Trevirorum_            Trèves (Prusse rhénane).
  _Trevium_. Voir _Treba_           Trevi (Italie, près de Spolète).
  _Trevoltium_                      Trévoux.
  _Tridentum_                       Trente (Tyrol).
  _Tubinga_                         Tubingen (Wurtemberg).
  _Tullum_                          Toul.
  _Turoni_, _Cæsarodunum_           Tours.
  _Tusculanum_, _Tusculanum Lacus
    Benaci_                         Toscolano (Italie, près de Brescia).
  _Tutela_                          Tulle.

  _Ulma_                            Ulm.
  _Ultrajectum_. Voir _Trajectum
  Inferius_                         Utrecht.
  _Ulyssipo_. Voir _Olisipo_        Lisbonne.
  _Ungaria_. Voir _Hungaria_        la Hongrie.
  _Upsalia_                         Upsal.
  _Uraniburgus_                     Uranibourg (Suède).
  _Urbinum_                         Urbino (Italie, près d'Ancône).
  _Ursius (Sanctus)_                Sant'Orso (Italie, près de Vicence).
  _Utinum_                          Udine (Italie, Vénétie).

  _Valdoletum_. Voir _Pintia_       Valladolid.
  _Valentia_                        Valence (France et Espagne).
  _Valeria_. Voir _Constantia_      Constance.
  _Vallis Guidonis_                 Laval.
  _Varsavia_                        Varsovie.
  _Vasconia_                        la Gascogne.
  _Venetia_, _Portus Venetus_       Venise.
  _Venetia_. Voir _Dariorigum_      Vannes.
  _Vercellæ_                        Verceil (Italie, Piémont).
  _Verodunum_. Voir _Virodunum_     Verdun (Meuse).
  _Verona_                          Vérone.
  _Versaliæ_                        Versailles.
  _Verulamium_. Voir _Albani_
    (_Villa Sancti_)                Saint-Albans (Angleterre).
  _Vesolum_                         Vesoul.
  _Vesontio_, _Bisuntium_           Besançon.
  _Vicentia_                        Vicence (Italie, Vénétie).
  _Victriacum_, _Victoriacum
    Francisci_                      Vitry-le-François.
  _Vienna_                          Vienne (France).
  _Vigornia_                        Worcester.
  _Vinaria_                         Weimar.
  _Vindobona_                       Vienne (Autriche).
  _Virodunum_, _Verodunum_          Verdun (Meuse).
  _Viterbium_                       Viterbe (Italie centrale).
  _Vormatia_, _Borbetomagus_        Worms.
  _Vratislavia_                     Breslau.

  _Westmonasterium_                 Westminster.
  _Wirceburgum_. Voir _Herbipolis_  Wurtzbourg (Bavière).
  _Witteberga_. Voir _Albiorum_     Wittenberg (Saxe).

  _Zutphania_                       Zutphen (Hollande).
  _Zwolla_                          Zwolle (Hollande).



IV.--CHIFFRES ROMAINS


  CHIFFRES ROMAINS              VALEUR

  I.                            1
  II.                           2
  III.                          3
  IIII ou IV.                   4
  V.                            5
  VI.                           6
  VII.                          7
  VIII.                         8
  VIIII, VIV ou IX.             9
  X.                           10
  XI.                          11
  XII.                         12
  XIII.                        13
  XIV.                         14
  XV.                          15
  XVI.                         16
  XVII.                        17
  XVIII.                       18
  XIX.                         19
  XX.                          20
  XXI.                         21
  XXII.                        22
  XXIII.                       23
  XXIV.                        24
  XXV.                         25
  XXVI.                        26
  XXVII.                       27
  XXVIII.                      28
  XXIX.                        29
  XXX.                         30
  XXXX ou XL.                  40
  XLI.                         41
  XLII.                        42
  L.                           50
  LI.                          51
  LX.                          60
  LXX.                         70
  LXXX ou XXC.                 80
  LXXXX ou XC.                 90
  XCI.                         91
  XCII.                        92
  XCVIII.                      98
  XCIX ou IC.                  99
  C.                          100
  CI.                         101
  CII.                        102
  CL.                         150
  CC.                         200
  CCL.                        250
  CCC.                        300
  CCCC ou CD.                 400

  D                    }      500
  IƆ ou Iↄ.            }

  DL.                  }      550
  IƆL ou Iↄl.          }

  DC.                  }      600
  IƆC ou Iↄc.          }

  DCC.                 }      700
  IƆCC ou Iↄcc.        }

  DCCC.                }      800
  IƆCCC ou Iↄccc.      }

  DCCCC.               }      900
  IƆCCCC ou Iↄcccc.    }

  M.                   }    1 000
  CIƆ ou cIↄ.          }
  ∞.                   }
  [X couché].          }

  MM.                  }    2 000
  CIƆCIƆ ou cIↄcIↄ.    }
  IICIƆ ou IIcIↄ.      }
  ∞∞.                  }

  MMM.                 }    3 000
  CIƆCIƆCIƆ.           }
  IIICIƆ.              }
  ∞∞∞.                 }

  IƆƆ ou Iↄↄ.          }    5 000
  V∞.                  }
  V̅.                   }

  IƆƆ∞.                }    6 000
  VI∞.                 }
  V̅M.                  }

  CCIƆƆ ou ccIↄↄ.      }   10 000
  ƆMC.                 }
  IMI.                 }
  X∞.                  }
  XM.                  }

  XX∞.                     20 000

  XXX∞.                    30 000

  IƆƆƆ ou Iↄↄↄ.        }   50 000
  L∞.                  }
  L̅.                   }

  LX∞.                 }   60 000
  L̅X̅.                  }

  CCCIƆƆƆ ou cccIↄↄↄ.  }  100 000
  C∞.                  }
  CM.                  }

  CC∞.                 }  200 000
  CCM.                 }

  M̅.                    1 000 000
  M̅M̅.                   2 000 000

Les principes originels de la numération romaine paraissent être les
suivants[702]:

Les doigts de la main sont le symbole des premiers chiffres, I, II, III
et IIII; le V représente le pouce et l'index écartés. Deux V unis par la
pointe (X) firent dix. Les lettres C et M, initiales majuscules de
_centum_ et de _mille_, valurent cent et mille, et eurent souvent pour
formes, la première: [C carré], la seconde ↀ ou CIƆ. Le signe [C carré]
(cent), coupé par moitié dans sa hauteur, donne deux L, ou deux fois
cinquante; CIƆ donne, comme moitié de droite, IƆ ou D, qui représente
cinq cents. On peut aussi considérer ce D comme l'initiale majuscule de
_dimidium_, moitié (moitié de _mille_).

Dans cette numération, sept lettres suffisent, par leur adjonction et
leur position, pour exprimer tous les nombres:

  I = 1;      V = 5;      X= 10;      L = 50;
  C = 100;    D = 500;    M = 1000.

Encore peut-on considérer, ainsi que nous venons de le voir, X comme
formé de deux V unis par la pointe, et D comme la combinaison de l'I et
du C retourné.

D'une façon générale, on procède par addition et par soustraction. Une
lettre de valeur moindre, placée _à la droite_ d'une autre lettre,
augmente la valeur de celle-ci de la valeur qu'elle a elle-même; et,
inversement, une lettre de valeur moindre, placée _à la gauche_ d'une
autre lettre, diminue d'autant celle-ci. Ainsi VI = 5 + 1 = 6; et, au
contraire, IV = 5 − 1 = 4; LX = 50 + 10 = 60; XL = 50 − 10 = 40. Un
nombre plus compliqué, 1695, par exemple, étant composé de 1000 + 600
[500 + 100] + 100 − 5, s'écrira: MDCVC.

Mais il faut observer que ce mode de numération additif et soustractif
comporte, à mesure que les chiffres s'ajoutent les uns aux autres et que
les nombres s'élèvent, de fréquentes exceptions. Ainsi XM qui, selon la
règle précédente, devrait signifier M − X, c'est-à-dire 990, signifie X
multiplié par M, soit 10000. CM, au lieu de signifier M − C (900),
signifie C multiplié par M (100 000). Un autre principe, principe
multiplicatif, est donc introduit à partir des mille dans ce système de
numération. «Pour les nombres supérieurs, dit M. Paul Tannery[703], les
Romains _n'avaient pas de système régulier_; le plus souvent, dans les
manuscrits latins, le nombre des mille est écrit comme un nombre
d'unités simples, mais soit surmonté d'un trait horizontal, soit suivi
de la lettre M (abréviation de _millia_). Ainsi, dans Pline, DCCCXC.M.D,
pour 890 500. D'autre part, un nombre encadré par un trait horizontal
au-dessus, et deux traits verticaux à droite et à gauche, exprime des
_centena millia_. Ainsi, encore dans Pline[704], |L̅X̅X̅X̅V̅I̅I̅I̅| XC.M doit se
lire 8 890 000. Il y a là introduction de principes multiplicatifs et
élévatoires étrangers au système répétitif, additif et soustractif
originaire.»

Il arrive assez fréquemment qu'on compose les chiffres romains en bas de
casse (c'est-à-dire en lettres minuscules); dans ce cas, si l'unité
finale est un i déjà précédé d'un autre i, on emploie, pour cette
finale, au lieu de l'i voyelle, l'i consonne, aujourd'hui nommé j.
Exemples:

  i.         1
  ij.        2
  iij.       3
  iv.        4
  v.         5
  vi.        6
  vij.       7
  viij.      8
  xi.       11
  xij.      12
  xiij.     13
  Etc., etc.

Au lieu de bas de casse ordinaires (romains), on emploie parfois des bas
de casse italiques, et l'on se sert, comme dans l'ancienne langue, de
l'_u_ à la place du _v_: on nomme ces chiffres romains italiques
_chiffres financiers_[705]. Exemples: _iu_: 4;--_u_: 5;--_ui_:
6;--_uij_: 7;--_uiij_: 8;--etc.

L'usage d'exprimer la date de publication d'un livre en chiffres romains
remonte à l'origine de l'imprimerie[706]; mais si le mode d'emploi et la
valeur attributive des chiffres arabes ont des règles immuables et
certaines, il n'en est pas de même des chiffres romains, surtout maniés
et combinés par les anciens imprimeurs. Non seulement ceux-ci remplacent
fréquemment le D (500) par ses éléments IƆ, et l'M (1000)
(originairement ↀ) par CIƆ; mais ils substituent volontiers à l'I un
simple accent: 'Ɔ pour IƆ; C'Ɔ pour CIƆ; dans leurs combinaisons de
chiffres, ils se servent de la multiplication tout autant que de
l'addition et de la soustraction; et ils font si bien qu'on leur a très
justement reproché de ne suivre «d'autre règle que leur caprice»[707],
et qu'«on serait tenté de penser que leur but était de se rendre
inintelligibles»[708]. Ce sont très souvent, en effet, des énigmes
qu'ils vous proposent[709], et que les bibliographes les plus experts ne
parviennent pas à déchiffrer sans peine.

Voici quelques exemples de ces bizarres et embarrassants millésimes:

  M CCCC 7z (1000 + 400 + 70 + 2)                                1472
  M CCCC iiij XX VIII (1000 + 400 + [4×20=] 80 + 8)              1488
  M iiii c iiii XX viij (1000 + [4×100=] 400 + [4×20=] 80 + 8)   1488
  M IIIIc IIIIxx XIII =                                          1493
  M iiij D (1000 + 500 − 4)                                      1496
  M iij D ou M III D                                             1497
  M CCCC XC VIII ou M CCCC IIC                                   1498
  M cccc iCi (1000 + 400 + [100 − 1 + 1 =] 100)                  1500
  M CDC II (1000 + [500 − 100 + 100 =] 500 + 2)                  1502
  M 'Ɔ VIII                                                      1508
  M D XL IIX                                                     1548
  CIƆ IƆ XXC                                                     1580
  ∞ D XXC IIX                                                    1588
  CIƆ IƆ XXC IIX                                                 1588
  C'Ɔ 'Ɔ XC VI                                                   1596
  CIƆ IƆ CX                                                      1610
  cIↄ Iↄc Lxxv                                                   1675
  CIƆ IƆ CCL                                                     1750

Il résulte de ce qui précède que les chiffres romains, à cause de leurs
complications, de leur multiplicité, de la place relativement longue
qu'ils exigent le plus souvent pour former un nombre, et aussi et
surtout des continuelles chances d'erreur qu'ils présentent, doivent
être employés le moins possible, et seulement pour les nombres peu
élevés, et qu'il est nécessaire, lorsqu'on reproduit une date inscrite
en romain, d'en donner la traduction entre parenthèses en chiffres
arabes. «La numération romaine, dit Lemare[710], est si pénible, si
embarrassante, si éloignée de la perfection de celle des Arabes, qui est
devenue la nôtre, qu'il faut la laisser aux Trissotins et déterreurs de
médailles et faiseurs d'inscriptions.»



V.--SIGNES TYPOGRAPHIQUES


-- Tiret ou _moins_.

  Le tiret, appelé _moins_ dans les imprimeries, n'était originairement
  qu'un signe de mathématiques opposé au _plus_ +. Il remplit en
  typographie différentes fonctions, dont la principale est de marquer,
  dans les conversations écrites, le changement d'interlocuteur, et de
  dispenser ainsi de répéter les expressions: _dit-il_, _répondit-il_,
  _reprit-il_, etc. C'est Marmontel, assure-t-on, qui a fait le premier
  un emploi fréquent du tiret dans les dialogues.

  Le tiret sert aussi à éviter, dans les tables et nomenclatures, la
  répétition des mots sous lesquels on le place, ou l'emploi des termes
  _idem_ ou _dito_--il s'emploie également pour séparer les matières
  dans les sommaires ou dans certains textes;--placé après une virgule,
  un point-virgule ou un point, il renforce, pour ainsi dire, ce signe
  de ponctuation et accentue le changement de sens, la transition
  d'idées;--enfin, très souvent maintenant, il remplace la parenthèse.
  Ces deux derniers modes d'emploi nous viennent des typographes
  anglais. (Cf. TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I, pp. 49-50; et
  DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, pp. 30-31.)


- Trait d'union ou _division_.

  Par une singulière fortune, le trait d'union porte en typographie le
  nom, à première vue contradictoire, de _division_. C'est que ce petit
  signe servant à la fois, selon les règles grammaticales aussi bien que
  typographiques, à unir certains mots et à indiquer en fin de ligne les
  coupures des mots par syllabes, on n'a envisagé, en grammaire, que le
  premier rôle, d'où le nom de _trait d'union_, et, en typographie, que
  le second, d'où le nom de _division_.

  Sans relater tous les cas grammaticaux où l'on fait usage du trait
  d'union, nous remarquerons qu'on l'emploie en français: 1º entre les
  prénoms ou les initiales des prénoms d'une même personne: Jean-Jacques
  Rousseau; le jurisconsulte Jean-Baptiste-Victor Proudhon, et
  l'économiste socialiste Proudhon (P.-J.); les bibliographes
  Jacques-Charles Brunet, Techener (Jacques-Joseph), J.-M. Quérard,
  Renouard (A.-A.), etc.;--2º entre les noms du mari et de la femme, les
  noms propres composés, etc.: Bussy-Rabutin, Royer-Collard,
  Garnier-Pagès, etc.;--3º entre les mots désignant une ville, un
  département, une rue, une place, etc.[711]: Pont-à-Mousson
  (Meurthe-et-Moselle), Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), rue du
  Pré-aux-Clercs, rue Pierre-Charron, place Victor-Hugo, avenue
  Louis-Blanc. Mais cette règle n'est pas applicable aux prénoms
  étrangers ni à leurs initiales, ni, en général, d'après certaines
  _marches_ d'imprimerie, aux expressions géographiques ou
  topographiques non françaises, et l'on écrit sans trait d'union: Ebert
  (Friedrich Adolf), bibliographe allemand; John S. Billings,
  bibliographe américain; E. F. Taylor et Tedder (H. R.), bibliographes
  anglais; etc.[712];--et Civita Vecchia, New York, Oil City, Vera Cruz,
  San Francisco, San José del Morro, Santo Domingo, São Paulo, etc. (Cf.
  LECLERC, _loc. cit._, p. 136; RECLUS, _Géogr. univ._, index
  alphabétiques à la fin des volumes; etc.) Il est bien entendu que si
  les noms de Pierre Charron, Victor Hugo, Louis Blanc, au lieu de
  désigner une rue, une place, etc., s'appliquent à ces écrivains
  eux-mêmes, ils ne prennent pas de trait d'union.

  Contrairement à un usage assez répandu, on ne met pas de traits
  d'union entre les noms propres composés d'un nom et d'un surnom:
  Julien l'Apostat, Jean sans Peur, Louis le Grand, etc.; à moins que
  ces noms ne désignent un monument, une rue, une place, etc.: la tour
  de Jean-sans-Peur, le lycée et la rue Louis-le-Grand, etc.

  On emploie encore le trait d'union entre les mots exprimant des
  nombres inférieurs à cent: dix-sept, dix-huit, soixante-dix-neuf, deux
  cent quatre-vingt-quinze, etc.; excepté entre les noms de nombre unis
  par la conjonction _et_: vingt et un, soixante et onze, etc.

  Placé entre deux chiffres ou nombres, le trait d'union tient lieu de
  la préposition _à_ ou de la conjonction _et_: pp. 12-19 (c'est-à-dire
  de la page 12 à la page 19 inclusivement); années 1862-69 (de l'année
  1862 à l'année 1869 inclusivement); pp. 8-9 (pages 8 et 9); années
  1896-97 (1896 et 1897). (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 149-150.)

  Ajoutons, à propos de la _division_ typographique, qu'on s'est jadis
  quelquefois servi d'un double trait (=) pour indiquer les coupures de
  mot en fin de ligue.


« » Guillemets.

  On place entre guillemets les citations, les dialogues, les locutions
  que l'on ne veut pas mettre en italique, mais sur lesquelles on désire
  néanmoins appeler l'attention, etc. «Nous ne saurions trop protester,
  en passant, contre l'introduction des informes guillemets anglais
  consistant en virgules retournées et apostrophes (“ ”): c'est
  simplement affreux, surtout dans les gros caractères. Nombre d'idées
  anglaises, qu'il est de bon genre d'adopter, sont dans ce cas.»
  (LECLERC, _loc. cit._, p. 148.) La protestation est des plus
  justifiées. Comme nous l'avons noté, dès la préface de ce livre, et
  avec attestation à l'appui, «rien ne réussit mieux en France que ce
  qui n'est pas français».


( ) Parenthèses.

[ ] Crochets.

  Les parenthèses servent à enfermer, au milieu d'une phrase, «les mots
  formant un sens distinct et séparé, les incidences qui peuvent être
  supprimées sans nuire au sens général, les dates, renvois, sources
  diverses, indications, explications, réflexions, etc., les mots et
  phrases venant en sous-titre.» (LECLERC, _loc. cit._, p. 145.)

  Les crochets s'emploient pour enclore une restitution de texte; pour
  enfermer, au début d'un article, soit une note, soit une introduction
  de plus ou moins d'étendue et généralement composée en caractère
  différent; soit encore pour placer une intercalation dans une autre
  déjà mise entre parenthèses. On emploie aussi un crochet dans la
  composition des vers pour rattacher le mot ou la fraction de mot
  excédant la justification.


... Points suspensifs.

  Voir Astérisque.


(?) Point d'interrogation entre parenthèses.

  Placé après un mot ou une phrase, ce point d'interrogation indique que
  ce mot est douteux, que cette phrase suggère une incertitude dans
  l'esprit de l'auteur, comme s'il s'interrogeait et se demandait:
  Est-ce bien cela?


(!) Point d'exclamation entre parenthèses.

  Indique une chose bizarre, déraisonnable ou grotesque, digne de
  provoquer l'étonnement, le rire ou la moquerie.


§ § Paragraphe.

  Signe abréviatif des parties d'un chapitre, d'un article, d'un titre,
  etc.: Chap. XV, § 5.


* * Astérisque.

  L'astérisque (petit astre, petite étoile), qui, dans les anciens
  manuscrits, servait à indiquer quelque défectuosité dans le texte,
  s'emploie aujourd'hui comme _appel de note_ ou désignation
  conventionnelle, pour séparer les deux parties d'un verset. Il
  s'emploie aussi, au nombre de trois, comme abréviation d'un nom
  propre: Le comte de M***; Arouet de V***. Au lieu de trois
  astérisques, on peut en mettre autant qu'il y a de lettres supprimées:
  Arouet de Voltaire, par exemple, s'écrirait: Arouet de V*******. Dans
  ce dernier cas, on remplace souvent maintenant les astérisques par des
  points placés en pied de ligne: Arouet de V........ Il va sans dire
  qu'ici le dernier point--point final de la phrase--est en plus et ne
  compte pas. Lorsqu'on veut indiquer une suppression dans un texte,
  dans un titre de livre, etc., on se sert également de ces points, dits
  _points de suspension_ ou _points suspensifs_. Quelle que soit
  l'étendue de la suppression, trois points suffisent pour l'indiquer,
  ainsi que nous l'avons dit[713]; mais, ici comme tout à l'heure, la
  ponctuation exigée par le sens de la phrase s'ajoute et n'entre pas en
  compte.

  Les astérisques, disposés en triangle (⁂) à la fin d'un paragraphe, au
  milieu d'une ligne de blanc, tiennent lieu de filet de séparation ou
  de _cabochon_ (petit fleuron, figurine ou vignette, qu'on emploie en
  typographie, surtout dans la composition des journaux, pour les
  séparations de texte et les en-tête d'alinéas). Si cette fin de
  paragraphe tombe au bas de la page ou de la colonne, la ligne de
  blanc, c'est-à-dire les astérisques ou le cabochon, est mieux placée
  en tête de la page ou de la colonne suivantes. (Cf. LECLERC, _loc.
  cit._, p. 151.)


† Croix.

  La croix, appelée aussi _poignard_ ou _obélisque_ et anciennement
  _obèle_ (ὀβελός, broche, épieu), s'emploie dans les livres d'église et
  dans les dictionnaires avec une valeur conventionnelle. Dans une
  biographie, placé devant un millésime, ce signe indique que le décès
  du personnage a eu lieu à cette date. La croix sert aussi (servait
  surtout) de renvoi à des notes marginales. Dans les ouvrages de
  géographie, elle sert à indiquer un évêché, tandis que l'archevêché a
  pour signe ☨.


¶ Pied-de-mouche.

  S'employait autrefois, ainsi que la croix et l'astérisque, pour
  marquer un renvoi, comme _appel de note_. Servait aussi à signaler
  dans un texte des passages spéciaux, à indiquer des séparations et à
  accentuer, en quelque sorte, certains alinéas.


℣ Verset.

℟ Répons.

  Ces deux signes sont employés dans les livres d'église (paroissiens,
  missels, bréviaires, etc.) pour indiquer, le premier, les _versets_ de
  l'Écriture sainte qui se disent ou se chantent aux offices, et forment
  leçons ou chapitres; et l'autre, les paroles (_réponses_ ou _répons_),
  ordinairement tirées aussi de l'Écriture sainte, qui se disent ou se
  chantent après les leçons ou chapitres. (Cf. LITTRÉ, _Dictionn._)


&, _&_ Et (conjonction).


☞ Index.

  C'est-à-dire: Voyez, remarquez.


| ou || / ou // Trait ou double trait vertical ou oblique.

  Dans la copie d'un texte imprimé et particulièrement d'un titre, ces
  traits servent à indiquer les divisions des lignes, les fins de
  lignes. (Voir _supra_, chap. VIII, pp. 249-252.)

  Dans certains incunables, les traits obliques / ou // remplacent les
  virgules et les alinéas. (Voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 653,
  col. 2.)


[¶]

  Dans les incunables, ce signe indique des alinéas qu'on désire
  caractériser, des phrases qu'on veut détacher du texte davantage. Le
  signe typographique actuel [C carré], employé dans la correction des
  épreuves et indiquant l'alinéa ordinaire, en est dérivé. (Voir
  _supra_, chap. VIII, p. 250, 2e ligne du bas.)



VI.--BIBLIOGRAPHIE


Nous aurions voulu faire suivre chacun de nos chapitres d'un index
bibliographique relatif à la question spéciale traitée dans ce chapitre
(_Amour des livres et de la lecture_, _Papier_, _Format_, _Impression_,
etc.); mais la plupart des ouvrages de bibliographie et de bibliotechnie
embrassant un ensemble de questions, et non pas uniquement une
spécialité, il aurait fallu réindiquer les mêmes sources et nous répéter
presque invariablement dans chacune de ces «bibliographies». Aussi
avons-nous jugé à la fois plus rationnel et plus simple de les réunir
toutes en une seule, comprenant la liste, non certes de tous les
ouvrages traitant de ce sujet si complexe, la bibliographie[714], mais
du moins des principaux et de tous ceux où nous avons puisé et où les
lecteurs pourront fructueusement recourir à leur tour[715]. Les
références indiquées dans les notes de nos divers chapitres pourraient
du reste, à la rigueur, tenir lieu respectivement de «bibliographies
spéciales».

Sans doute les ouvrages portés sur cette liste sont de valeur parfois
fort différente. A côté d'œuvres très consciencieusement élaborées et
d'une réelle et profonde érudition, on trouvera des traités tout à fait
élémentaires ou même des volumes insuffisamment documentés, rédigés sans
préparation ni soin; mais, nous souvenant qu'«il n'est pas de mauvais
livre d'où l'on ne puisse tirer quelque chose d'utile[716]», nous
n'avons pas cru devoir exclure ces _scriptores minores_, puisque nous
les avions consultés, voire utilisés.

Afin de ne pas démesurément compliquer cette nomenclature, et de donner
cependant quelque idée de l'importance matérielle de ces sources, nous
n'avons mentionné le nombre de pages que pour les volumes, les
plaquettes plutôt, n'excédant pas 100 pages.


ACHARD (C.-F.), _Cours élémentaire de bibliographie_. Marseille,
1806-1807. 3 vol. in-8.

  L'auteur déclare avoir mis son ouvrage «à la portée des élèves des
  lycées et des écoles secondaires». D'après la _Grande Encyclopédie_
  (art. Bibliographie, t. VI, p. 605), c'est le premier essai
  d'introduction de la bibliographie dans l'enseignement.


ADELINE (JULES), _Lexique des termes d'art_. (Bibliothèque de
l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quentin, s. d. In-8.


AIMÉ-MARTIN (L.), _Plan d'une bibliothèque universelle; Études des
livres qui peuvent servir à l'histoire philosophique et littéraire du
genre humain,--suivi du Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les
langues et des ouvrages originaux de tous les peuples_. (Introduction au
Panthéon littéraire.) Paris, Desrez, 1837. In-8.


ALKAN (aîné), _les Livres et leurs ennemis_. Paris, Techener, 1883.
In-8. 16 pp. (Extrait du _Bulletin du bibliophile_, mai 1883.)


_Annales littéraires_, publication collective des bibliophiles
contemporains. Paris, imprimerie Quantin. In-8.

  Ouvrage publié par les membres de l'«Académie des beaux livres»
  (fondée et présidée par OCTAVE UZANNE), et non mis dans le commerce.
  Commencée en 1890, cette publication, qui comprend 5 volumes, a cessé
  en 1894.


_Annuaire du bibliophile, du bibliothécaire et de l'archiviste_, publié
par LOUIS LACOUR. Paris, Meugnot, 1860-61-62-63. 4 vol. in-18.


BACKER (LOUIS DE).

  Voir ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE).


BARBIER (ANT.-ALEX.), _Dictionnaire des ouvrages anonymes_..., suite de
la seconde édition des _Supercheries littéraires dévoilées_, par J.-M.
QUÉRARD. Paris, Daffis, 1872-1879. 4 vol. in-8.


BERALDI (HENRI), _la Reliure du XIXe siècle_. Paris, Conquet, 1894-1897.
4 vol. in-4.


Id. _Voyage d'un livre à travers la Bibliothèque nationale._ Paris,
Masson, 1893. In-4. 45 pp. (Publié originairement dans _la Nature_,
1893, 2e semestre, pp. 35, 65, 134, 247.)

  Monographie succincte des diverses opérations par lesquelles passe un
  livre depuis son entrée à la Bibliothèque nationale jusqu'à sa mise en
  lecture.


_Bibliographe moderne (le)_, Courrier international des archives et des
bibliothèques, publié sous la direction de M. Henri Stein.
Bimensuel[717]. (Fondé en 1897.)


_Bibliographie de la France_, Journal général de l'Imprimerie et de la
Librairie. Hebdomadaire. (Fondé en 1811.)


BLADES (WILLIAM), _les Livres et leurs ennemis_. Trad. de l'anglais.
Paris, Claudin, 1883. In-8.


BLANC (CHARLES), _Grammaire des arts décoratifs_. Nouv. édit. Paris,
Laurens, s. d. (Principalement la Reliure, pp. 336-363.)


BLANCHEMAIN (PROSPER).

  Voir ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE).


BLANCHON (H.-L.-ALPH.), _l'Art et la Pratique en reliure_. (Bibliothèque
des professions industrielles, commerciales, agricoles et libérales).
Paris, Hetzel, s. d. In-18.


BLONDEL (SPIRE), _l'Art intime et le Goût en France_ (Grammaire de la
Curiosité). Paris, Rouveyre et Blond, 1884. In-4. (Principalement le
chap. XXVI, les Reliures, pp. 317-332.)


BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_. La Haye, s. n. d'édit., 1765.
In-8. (Publié s. n. d'aut.--Une nouvelle édit. de cet opuscule de 111
pp. a paru en 1865 chez Jouaust avec notice de PAUL CHÉRON.)


Id. _Essai sur la lecture_. Amsterdam et Lyon, Duplain, 1765. In-8. (s.
n. d'aut.)


BONNANGE (FERDINAND), _Projet d'un catalogue universel des productions
intellectuelles_. Mémoire sur les moyens à employer pour dresser
rapidement des catalogues exacts et complets des richesses renfermées
dans les bibliothèques, etc. Paris, Gauthier-Villars, 1874. In-8. 39 pp.


BONNARDOT (A.), _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les
livres, ou Traité sur les meilleurs procédés pour blanchir, détacher,
décolorier, réparer et conserver les estampes, livres et dessins_. 2e
édit. Paris, Castel. 1858. In-8. (La 1re édit. est de 1846.)


Id. _De la réparation des vieilles reliures, Complément de l'Essai sur
l'art de restaurer les estampes et les livres, suivi d'une Dissertation
sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscrits._ Paris, Castel,
1858. In-8. 73 pp.


BOSQUET (ÉM.), _Barêmes ou Devis de travaux de reliure (établis au moyen
de 48 tableaux)_. Paris, chez l'auteur, 1892. In-4.


Id. _La Reliure, études d'un praticien sur l'histoire et la technologie
de l'art du relieur-doreur_. Paris, Lahure, 1894. In-8.


Id. _Traité théorique et pratique de l'art du relieur..._ Paris, Baudry,
1890. In-8.


BOUCHOT (HENRI), _le Livre_, l'illustration, la reliure. Étude
historique sommaire. (Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts).
Paris, Quantin, s. d. In-8.

  C'est surtout au «livre illustré» que cette étude est consacrée.


Id. _Les Reliures d'art à la Bibliothèque nationale_. Paris, Rouveyre,
1888. In-8.


BOULARD (M.-S.), _Traité élémentaire de bibliographie_. Paris, Boulard,
an XIII (1804). In-8.


BOURQUELOT (FÉLIX).

  Voir QUÉRARD.


BOUTMY (EUGÈNE), _Dictionnaire de l'argot des typographes_. Paris,
Marpon et Flammarion, 1883. In-18.


BRUN (M.-A.), _Manuel pratique et abrégé de la typographie française_.
Paris, Didot, 1825. Petit in-12.

  Dans ce volume, qui comprend 233 pp., aucun mot n'a été divisé à la
  fin des lignes; malgré cela, l'espacement en est très régulier. Pour
  arriver facilement à ce résultat, qu'on a qualifié de «véritable tour
  de force typographique» (LECLERC, _loc. cit._, p. 116), il suffit que
  l'auteur vienne en aide au compositeur, et ajoute ou supprime, selon
  la circonstance, quelques mots du texte.


BRUNEL (GEORGES), _le Livre à travers les âges_, numéro unique résumant
l'histoire du Livre depuis les origines de l'écriture, publié sous la
direction de CHARLES MENDEL par GEORGES BRUNEL (avec divers
collaborateurs). Paris, Mendel, 1894. In-4. 51 pp.


BRUNET (GUSTAVE), _Dictionnaire de bibliologie catholique, présentant un
exposé des principaux objets de la science des livres_. (Encyclopédie
Migne.) Paris, Migne, 1860. Grand in-8.


Id. _Études sur la reliure des livres et sur les collections de
bibliophiles célèbres_. Bordeaux, Vve Moquet, 1891. In-8.


Id. _Fantaisies bibliographiques_. Paris, Jules Gay, 1864. In-16.


  _Etc., etc._

  Voir BRUNET (JACQUES-CHARLES), QUÉRARD, et ROUVEYRE.


BRUNET (JACQUES-CHARLES), _Manuel du libraire et de l'amateur de
livres_. Paris, Didot, 1860-65. 6 vol. in-8; auxquels font suite: t.
VII, Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du
libraire et de l'amateur de livres... par UN BIBLIOPHILE (PIERRE
DESCHAMPS), 1870;--t. VIII et IX, Supplément, par PIERRE DESCHAMPS et
GUSTAVE BRUNET, 1878.

  Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.


_Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_, revue mensuelle fondée
en 1834, par CH. NODIER, JÉRÔME PICHON, PAUL LACROIX, G. PEIGNOT, J.-C.
BRUNET, etc. Paris, Techener.


BURY (RICHARD DE), _Philobiblion, excellent traité sur l'amour des
livres_. Trad. par HIPPOLYTE COCHERIS. Paris, Aubry, 1856. In-16.


CHAILLOT (P.).

  Voir LIBRAIRE (UN).


CHARPENTIER (PAUL), _le Papier_ (tome X de l'_Encyclopédie chimique_,
publiée sous la direction de M. FREMY). Paris, Dunod, 1890. In-8.


CHASSANT (L.-ALPH.), _Dictionnaire des abréviations latines et
françaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les
manuscrits et les chartes du moyen âge_, 3e édit. Paris, Aubry. 1866.
In-18.


CHEVILLIER (ANDRÉ), _l'Origine de l'imprimerie de Paris_, dissertation
historique et critique. Paris, Jean de Laulne, 1694. In-4.


CHRISTIAN (A.), directeur de l'Imprimerie nationale, _Origines de
l'imprimerie en France_. Conférences faites les 25 juillet et 17 août
1900. Paris, Imprimerie nationale, 1900. In-4.

  Très intéressante étude, composée en beaux caractères anciens, et
  ornée de nombreuses planches reproduisant des pages de manuscrits et
  d'incunables, d'anciennes gravures, des premières marques
  d'imprimeurs, etc.: «pages superbes, tirées en _types nationaux_,» a
  dit M. LÉON BOURGEOIS (p. XV).


CLARETIE (JULES), _Causerie sur ma bibliothèque_, in _Annales
littéraires_, publication collective des bibliophiles contemporains,
1890, pp. 5-30. Paris, imprimerie Quantin, 1890. In-8.


_Classification décimale_, Tables générales abrégées. Bruxelles, Office
international de bibliographie, 1897. In-8. 73 pp.


CLAUDIN (ANATOLE), _Histoire de l'imprimerie en France au XVe et au XVIe
siècle_. Paris, Imprimerie nationale, 1900. T. I et II. (En cours de
publication.)

  Voir, du même auteur, des monographies sur l'origine de l'imprimerie à
  Paris, à Toulouse, Albi, Bordeaux, Limoges, Auch, Saint-Lô, etc.


COCHERIS (HIPPOLYTE).

  Voir BURY (RICHARD DE).


CONSTANTIN (L.-A.), _Bibliothéconomie, ou Nouveau Manuel complet pour
l'arrangement, la conservation et l'administration des bibliothèques_
(Manuels Roret). Nouv. édit. Paris, Roret, 1841. In-18.

  La 1re édition est de 1839. Petzholdt a traité très durement ce
  manuel. De son côté, GRAESEL déclare (_loc. cit._, pp. 23 et 24)
  qu'«il n'a pas, en effet, au point de vue scientifique, d'importance
  véritable»; mais il ajoute aussitôt, avec plus d'indulgence,
  c'est-à-dire d'équité, qu'«aujourd'hui encore, ce petit livre offre
  aux commençants, pour lesquels il a du reste été écrit, des
  renseignements utiles». MOURAVIT estime avec raison (_loc. cit._, p.
  330) que c'est «un des meilleurs traités technologiques du genre».
  Constantin n'est qu'un des prénoms de l'auteur: il s'appelait Hesse
  (Léopold-Auguste-Constantin).


_Courrier des bibliothèques et des amateurs de livres_. Mensuel. Paris,
Welter. (Fondé en 1901.)


COUSIN (JULES), _De l'organisation et de l'administration des
bibliothèques publiques et privées, Manuel théorique et pratique du
bibliothécaire_. Paris, Pedone-Lauriel, 1882. In-8.

  Bon ouvrage, mis à profit par tous les bibliographes.


CRAPELET (G.-A.), _Études pratiques et littéraires sur la typographie_,
t. I. Paris, Crapelet, 1837. In-8. (Le t. I a seul paru.)

  «Cet ouvrage, que tout imprimeur doit étudier, fut malheureusement
  interrompu par la mort de l'auteur, typographe instruit et passionné
  pour son art.» (A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t.
  XXVI, col. 740, n. 3.) Ce tome I traite principalement des correcteurs
  et de la correction typographique.


DARCHE (JEAN), _Essai sur la lecture, ou Traité complet des livres et de
tout ce qui les concerne_. Paris, Bureau des _Annales de la Sainteté au
XIXe siècle_, 1870. In-16.


DARUTY DE GRANDPRÉ (marquis), _Vade-Mecum du bibliothécaire, ou Règles
pratiques pour la rédaction des catalogues et le classement des
volumes_, suivies d'une instruction raisonnée sur le format des livres.
Paris, Paul et fils et Guillemin, 1897. In-8. 64 pp.


DAUPELEY-GOUVERNEUR (G.), _le Compositeur et le Correcteur typographes_.
Paris, Rouvier et Logeat, 1880. In-16.

  Imprimeur et ancien correcteur d'imprimerie, l'auteur de ce manuel a
  mis dans son livre le résultat de sa longue pratique et de son
  expérience. Malgré plusieurs principes posés par lui, et contestables,
  ou même définitivement repoussés, c'est un des bons ouvrages que nous
  ayons sur la typographie. Voir notamment la seconde partie consacrée à
  la _Correction_: Ponctuation, Emploi des majuscules, etc.


DELALAIN (P.), _Inventaires des marques d'imprimeurs et de libraires de
la collection du Cercle de la librairie_. Paris, Cercle de la librairie,
1886-1888.


DELISLE (LÉOPOLD), _les Bibliothèques publiques aux États-Unis_, ou
_Decimal Classification and Relative Index for libraries, by Melvil
Dewey_.--In _Journal des Savants_, 1896, pp. 155-170.

  Un des meilleurs articles qu'on ait écrits sur et contre la
  classification décimale. La première partie de cet article a seule
  paru.


Id. _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien
en ordre des livres d'une bibliothèque_. Lille, Danel, 1890. In-8. 76
pp.


Id. _Introduction au Catalogue général des livres imprimés de la
Bibliothèque nationale_. Paris, Imprimerie nationale, 1897. T. I, pp. I
à LXXXII.


Id. _Note sur les catalogues de la Bibliothèque nationale_. Lille,
Danel, 1889. In-8. 15 pp.


DELON (C.), _Histoire d'un livre_ (Bibliothèque des écoles et des
familles), 6e édit. Paris, Hachette, 1898. In-8.

  Résumé des diverses opérations relatives à la fabrication du Livre.
  Ouvrage élémentaire, mais rempli de détails intéressants et
  agréablement présentés.


DENIS (FERDINAND), _Histoire de l'ornementation des manuscrits_. Paris,
Curmer, 1857. In-4.


DENIS (FERDINAND), P. PINÇON, et DE MARTONNE, _Nouveau Manuel de
bibliographie universelle_ (Manuels Roret). Paris, Roret, 1857. 3 vol.
in-18, ou 1 vol. in-8.


DEROME (L.), _le Luxe des livres_. Paris, Rouveyre, 1879. In-12.


DESCHAMPS (PIERRE).

  Voir BRUNET (JACQUES-CHARLES).


DESORMES (E.), _Notions de typographie à l'usage des écoles
professionnelles_. Paris, École professionnelle Gutenberg, 1888. In-8.


DIDEROT, _Lettre adressée à un magistrat sur le commerce de la
librairie_, in _Œuvres complètes_, t. XVII, pp. 7-75. Paris, Garnier,
1876. 20 vol. in-8.


DIDOT (AMBROISE-FIRMIN), _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
l'Exposition universelle_ (de Londres) _de 1851_. Rapport du XVIIe
jury... Seconde édition, avec quelques additions. Paris, Imprimerie
impériale, 1854. In-8. 142 pp.


Id. _Typographie_, in _Encyclopédie moderne_, t. XXVI, col. 557 à 922.

  C'est surtout à l'histoire de la typographie (en France et à Paris
  principalement) qu'est consacré cet article détaillé et très
  important, qui a été publié à part sous le titre d'_Essai sur la
  typographie_. Paris, Didot, 1855. In-8.


DUPONT (PAUL), _Histoire de l'imprimerie_. Paris, Dupont, 1854. 2 vol.
in-8.


EGGER (ÉMILE), _Histoire du livre depuis ses origines jusqu'à nos
jours_, 5e édit. Paris, Hetzel, s. d. In-12. (La 1re édit. est de 1880.)


_Encyclopædia britannica (the), a Dictionary of arts, sciences, and
general literature._--Ninth edit. Edinburgh, Adam and Charles Black,
1875-1889. 24 vol. et un vol. index.

  Voir spécialement les articles: Bibliography, par E. F. TAYLOR, t.
  III, pp. 651-663; Libraries (Bibliothèques), par H. R. TEDDER et E. C.
  THOMAS, t. XIV, pp. 509-551; etc.


_Encyclopédie moderne, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres,
des arts, de l'industrie, de l'agriculture et du commerce_, nouv.
édit..., publiée par MM. FIRMIN DIDOT frères, sous la direction de M.
LÉON RENIER. Paris, Didot, 1851. Avec le Complément: 44 vol. in-8 à 2
col.

  Voir notamment les articles: Papier (16 col.), par P.-N. DIDOT
  Stéréotypie (Complément: 5 col.), par STARK; Typographie (environ 400
  col.), par A.-F. DIDOT; etc.


EUDEL (PAUL), _le Truquage_, les contrefaçons dévoilées. Paris, Dentu,
1887. In-12.

  Voir le chapitre relatif aux Livres et Reliures, pp. 260-277.


FAUCOU (LUCIEN), _Mémoire sur les vexations qu'exercent les libraires et
imprimeurs de Paris_, publié d'après l'imprimé de 1725... Paris,
_Moniteur du bibliophile_, 1879. Petit in-4.


FERTIAULT (F.), _les Amoureux du livre_ (sonnets d'un bibliophile,
etc.). Paris, Claudin, 1877. In-8.


Id. _Drames et Cancans du livre_. (Nouvelles et anecdotes.) Paris,
Lemerre, 1900. In-18.


Id. _Les Légendes du livre_. Paris, Lemerre, 1886. In-8.

  Ce dernier volume est, comme _les Amoureux du livre_, un recueil de
  sonnets, accompagnés d'intéressantes notes historiques et littéraires,
  consacrés à la louange des livres et des bibliophiles.


FONTAINE DE RESBECQ (A. DE), _Voyages littéraires sur les quais de
Paris_. 2e édit. suivie de _Mélanges tirés de quelques bouquins de la
boîte à quatre sols_. Paris, Furne, 1864. In-16.


FORMEY (JEAN-LOUIS-SAMUEL), _Conseils pour former une bibliothèque peu
nombreuse mais choisie_. Nouv. édit. Berlin, Haude et Spener, 1756.
Petit in-8. (Publié s. n. d'aut.)

  «Bon livre, qui indique les bons livres,» dit une note manuscrite
  anonyme, relevée sur la garde de mon exemplaire (d'occasion).


FOURNIER (ÉDOUARD), _l'Art de la reliure en France aux derniers
siècles_. Paris, Gay, 1864. In-12.

  Voir LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB).


FOURNIER (H.), _Traité de la typographie_. Paris, H. Fournier, 1825.
In-8.--3e édit., Tours, Mame, 1870. In-8.


FOURNIER LE JEUNE [PIERRE-SIMON], _Manuel typographique utile aux gens
de lettres, et à ceux qui exercent les différentes parties de l'art de
l'imprimerie_. Paris, Barbou, 1764-1766. 2 vol. pet. in-8.

  Cet ouvrage (cf. l'Avertissement, t. I, p. XXIV) devait se composer de
  quatre volumes. Le premier traite de la gravure des caractères et de
  leur fonte, ainsi que de la police des lettres; le second donne de
  nombreux spécimens de caractères typographiques. La mort de l'auteur,
  survenue en 1768, l'a empêché de compléter son œuvre, de retracer,
  ainsi qu'il se l'était promis, l'histoire de l'imprimerie et des
  principaux imprimeurs. Tel qu'il est resté, cet intéressant ouvrage,
  édité avec goût et artistement, «est plutôt, selon le mot de A.-F.
  DIDOT (_Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 848), le
  manuel du fondeur en caractères que celui de l'imprimeur».


FRANKLIN (ALFRED), _les Anciennes Bibliothèques de Paris, Églises,
Monastères, Collèges_, etc. Paris. Imprimerie nationale, 1867-1873. 3
vol. in-4.


FREY (A.), _Manuel nouveau de typographie..._ (Manuels Roret). Paris,
Roret, 1835. 2 parties en 1 vol. in-18.--Nouv. édit. en 1857.

  «Livre estimable, fait avec une conscience d'auteur que l'on rencontre
  trop rarement dans la collection des _Manuels_. On reconnaît, ce qui
  n'est pas moins rare, que l'auteur possède à fond la matière qu'il
  traite.» (CRAPELET, _loc. cit._, p. 245, note.) Ouvrage estimable, en
  effet, mais qui date et n'est plus au courant de la question. Il a été
  remplacé, dans la collection des Manuels Roret, par l'excellent petit
  livre de M. ÉMILE LECLERC.


GAUSSERON (B.-H.), _Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue_.
Paris, Daragon, 1901. In-18.


GRAESEL (Dr ARNIM), _Manuel de bibliothéconomie_. Traduction de JULES
LAUDE. Paris, Welter, 1897. In-8.

  Le manuel de Graesel est choisi comme texte allemand à traduire dans
  les examens des candidats aux fonctions de bibliothécaire
  universitaire. «On ne pouvait mieux faire, dit M. MAIRE (_loc. cit._,
  p. 37), son livre étant jusqu'à présent le meilleur traité de
  bibliothéconomie.» Sans rien contredire à cet éloge, nous émettrons
  cependant le regret de ne pas trouver dans l'ouvrage de Graesel plus
  d'exemples, plus de spécimens et de modèles. Si intéressante qu'elle
  est, la lecture de ce très consciencieux et savant manuel, qui a été
  fort bien traduit et complété par M. Jules Laude, produit parfois le
  même effet que celle d'un traité de grammaire qui serait dépourvu
  d'exemples et ne contiendrait que l'énoncé des règles et leur
  développement.

  Voir PETZHOLDT.


GRAND-CARTERET (JOHN), _Vieux Papiers, Vieilles Images. Cartons d'un
collectionneur_. Paris, Le Vasseur, 1896. In-8.


_Grande Encyclopédie (la)_, inventaire raisonné des sciences, des
lettres et des arts, par une Société de savants et de gens de lettres.
Paris, Lamirault, s. d. In-4. Ouvrage en cours de publication et presque
terminé (29 vol. parus: lettres A à S). Le 1er vol. est de 1889.

  Voir tous les articles qui se rapportent au Livre: Bibliographie (par
  E.-D. GRAND, t. VI, pp. 598-641, très bon article); Bibliomanie,
  Bibliophilie, Bibliothèque (par A. MOLINIER, CHARLES LUCAS, etc., t.
  VI, pp. 647-682); Écriture, Imprimerie, Livre, Reliure, etc. Voir
  notamment, à la fin de chacun de ces articles, les bibliographies qui
  s'y rapportent et qui sont dressées avec grand soin et très
  abondantes.


GRUEL (LÉON), _Manuel historique et bibliographique de l'amateur de
reliures_. Paris, Gruel et Engelmann, 1887. In-4.


GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes et de garder le fruit de ses
lectures et de ses travaux. Comment on organise son bureau, sa
bibliothèque_. Nouv. édit. Paris, P. Guyot, s. d. In-18.


HANOTAUX (GABRIEL), _la Seine et les Quais, promenades d'un
bibliophile_. Paris, Daragon, 1901. In-18. 96 pp.


_Instruction générale relative au service des Bibliothèques
universitaires_, du 4 mai 1878. _Ap. ROBERT, Recueil de lois concernant
les bibliothèques publiques_, pp. 115-138; ou _ap. MAIRE, Manuel
pratique du bibliothécaire_, pp. 427-449.


_Intermédiaire des chercheurs et curieux (l')_. Actuellement
hebdomadaire, et publié sous la direction de M. GEORGES MONTORGUEIL.
(Fondé en 1864.)

  Voir, pour les articles relatifs au Livre, la table générale des
  matières et les tables des derniers volumes de ce très intéressant
  recueil, bien connu et hautement apprécié par tous les liseurs et
  travailleurs.


_Intermédiaire des imprimeurs (l')_ (à Lyon). Mensuel. (Fondé en 1886.)


JANIN (JULES), _l'Amour des livres_. Paris. J. Miard, 1866. In-12. 61
pp.

  «Petit livre fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite
  est d'être rare.» (J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 40.) Cet opuscule, qui
  n'a été tiré qu'à 204 exemplaires, est, en effet, comme l'ouvrage
  suivant d'ailleurs, très superficiel et d'une exactitude parfois peu
  rigoureuse.


Id. _Le Livre_. Paris, Plon, 1870. In-8.


JANNET (PIERRE).

  Voir QUÉRARD.


JORDELL (D.).

  Voir LORENZ.


JULIA DE FONTENELLE [JEAN-SÉBASTIEN-EUGÈNE] ET POISSON (P.), _Nouveau
Manuel complet du marchand papetier et du régleur_ (Manuels Roret).
Nouv. édit. Paris, Roret, 1854. In-18.


LACOUR (LOUIS).

  Voir _Annuaire du bibliophile_.


LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), _les Amateurs de vieux livres_.
Paris, Rouveyre, 1880. In-8. 60 pp.

  Cette plaquette se compose de courtes monographies sur «les
  bouquinistes, les étalagistes, les épiciers, les bibliomanes, les
  bibliophiles et les bouquineurs». Ces esquisses, trop rapides pour
  être suffisamment accentuées et travaillées, figurent en tête d'un
  volume, paru antérieurement, du même auteur, et intitulé _Ma
  République_ (Paris, Delahays, s. d. In-16). _Ma République_ n'est
  autre chose qu'une fantaisie bibliographique, le récit d'une
  romanesque aventure qui se passe peu après la chute de Robespierre, et
  a pour point de départ la disparition d'un magnifique exemplaire de
  _la République_ de Jean Bodin, 6e édition, in-8, publiée à Paris en
  1580.


Id. _Curiosités de l'histoire des arts_. Notices sur le parchemin et le
papier... Origines de l'imprimerie, la reliure... (Bibliothèque de
poche.) Paris, Delahays, 1858. In-18.

  Ces notices se retrouvent, plus ou moins modifiées et complétées, dans
  les ouvrages suivants du même auteur, intéressants surtout par leurs
  illustrations:

  _Les Arts au moyen âge et à l'époque de la Renaissance_, 7e édit.
  Paris, Didot, 1880. In-4.

  _XVIIe siècle, Lettres, Sciences et Arts_. Paris, Didot, 1882. In-4.

  _XVIIIe siècle, Lettres, Sciences et Arts_. 2e édit. Paris, Didot,
  1878. In-4.

  Voir LOUISY (P.).


LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), _Mélanges bibliographiques_. Paris,
Librairie des biblioph., 1871. In-12.


LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), ÉDOUARD FOURNIER et FERNAND SERÉ,
_Histoire de l'imprimerie et des arts et professions qui se rattachent à
la typographie_: calligraphie, enluminure, parcheminerie, librairie,
gravure sur bois et sur métal, fonderie, papeterie et reliure; ...
Paris, Delahays, s. d. In-4.

  Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.


LALANNE (LUDOVIC), _Curiosités bibliographiques_. (Bibliothèque de
poche.) Paris, Delahays, 1857. In-16. La 1re édit. est de 1846.

  Vol. de 440 pp. rempli de détails des plus intéressants sur l'histoire
  du livre. MOURAVIT (_loc. cit._, p. 390) reproche à l'auteur «d'avoir
  emprunté tout le fond de son ouvrage» aux _Recherches sur les
  bibliothèques anciennes et modernes_, de PETIT-RADEL, reproche exagéré
  et immérité.


LAROUSSE, _Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle_. Paris,
Larousse, 1866 et suiv. 17 vol. in-4 (y compris deux suppléments).

  Voir les articles Bibliographie, Bibliothèque, Catalogue (très bon
  art., 32 col.), Elzévir (14 col.), Papier, Reliure, etc.


LECLERC (ÉMILE), _Nouveau Manuel complet de typographie_. Préface de M.
PAUL BLUYSEN (Manuels Roret). Paris, Encyclopédie Roret, Mulo, 1897.
In-18. Le faux titre et la couverture diffèrent du titre et portent
seulement: _Encyclopédie-Roret, Typographie_.

  Très bon petit volume, qui, dans ses 568 pages et avec ses 110
  illustrations, renferme tout ce qui intéresse l'impression du livre
  (caractères, composition, épreuves, papier, clichage, etc., etc.). Il
  a malheureusement le défaut de tous les manuels Roret: il est de
  format trop exigu, ce qui nuit aux illustrations (reproductions
  d'anciens textes ou d'anciennes vignettes, types de lettres, spécimens
  de machines, etc.), qui auraient besoin de plus de surface.


LECOY DE LA MARCHE (A.), _les Manuscrits de la Miniature_ (Bibliothèque
de l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quantin, s. d. In-8.


LEFEVRE (THÉOTISTE), _Guide pratique du compositeur d'imprimerie_.
Paris, Didot, 1855-1872. 2 vol. in-8.

  C'est le guide en quelque sorte classique du typographe. Quoique
  vieilli en bien des parties, il est encore précieux à consulter, voire
  indispensable.


LE GALLOIS, _Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe, des
premiers livres qui ont été faits, de l'invention de l'imprimerie_, etc.
Paris, Estienne Michallet, 1680. In-12.--Nouv. édit. en 1685.

  «Cet ouvrage n'est, pour ainsi dire, qu'une traduction abrégée du
  Traité de Lomeier.» (PEIGNOT, _Répertoire bibliogr._, p. 34.)


LENORMAND (SÉB.), _Nouveau Manuel complet du relieur en tous genres_.
Nouv. édit. entièrement refondue et considérablement augmentée par M.
MAIGNE (Manuels Roret). Paris, Roret, 1890. In-18.


LE PETIT (JULES), _l'Art d'aimer les livres et de les connaître_.
Lettres à un jeune bibliophile. Paris, chez l'auteur, 1884. In-8.

  Ouvrage qui traite surtout du livre de luxe, des éditions rares et de
  la reliure artistique.


LESNÉ, _la Reliure_, poème didactique en six chants. Paris, Lesné, 1820.
In-8.

  Les notes, très nombreuses, qui accompagnent ce poème, forment un
  véritable traité théorique et critique de reliure. «Il est
  regrettable, dit MOURAVIT (_loc. cit._, p. 229), que l'auteur se soit
  montré si prosaïque en chantant un art plein de poésie et si bien
  fait, par ses merveilleuses ressources, pour glorifier les productions
  du génie. Du moins, si c'est un détestable _poème_, c'est un ouvrage
  plein de sages conseils, de judicieuses remarques, de préceptes
  heureux, et que, très certainement, on consultera toujours avec
  fruit.» Lesné a dédié son poème à son fils, et, entre autres
  excellentes exhortations, voici ce qu'il lui dit (p. 1): «Fais
  toujours bien pour le seul plaisir de bien faire. Pénètre-toi bien que
  l'état le plus simple devient un art dans la main de celui qui
  l'exerce avec distinction, et que l'art le plus sublime n'est plus
  qu'un vil métier pour celui qui travaille avec routine, et dans la
  seule vue de pourvoir à son existence.»


LIBRAIRE (UN), _Manuel du libraire, du bibliothécaire et de l'homme de
lettres_. Paris, Emler frères, 1828. Petit in-18.

  Cet ouvrage a pour auteur P. GHAILLOT jeune, impr.-libr. à Avignon,
  chez qui il a été imprimé. Voir QUÉRARD, _Supercheries littéraires_,
  t. II, col. 781; et BARBIER, _Dictionn. des ouvrages anonymes_, t.
  III, col. 49.


_Livre du bibliophile (le)_, (s. n. d'aut.--Ouvrage attribué à M.
ALPHONSE LEMERRE). Paris, Lemerre, 1874. Petit in-12. 49 pp.


LOMEIER (JOHANN), _De Bibliothecis Liber singularis_. Zutphaniæ
(Zutphen), 1669. In-8.


LORENZ (OTTO) et JORDELL (D.), _Catalogue général de la librairie
française depuis 1840_. Paris, Lorenz et Per Lamm, 1867-96. 13 vol.
in-8.

  Le tome XIV est en cours de publication (1901). A partir du tome XII,
  le titre porte la mention: «Continuation de l'ouvrage d'OTTO LORENZ...
  Rédigé par D. JORDELL».


LOUANDRE (CHARLES).

  Voir QUÉRARD.


LOUISY (P.), _le Livre et les Arts qui s'y rattachent..._ (Collection de
«l'Ancienne France»). Paris, Didot, 1894. In-8.

  Les illustrations (au nombre de 222) de ce volume et très souvent le
  texte sont empruntés au grand ouvrage de PAUL LACROIX (Bibliophile
  JACOB) sur _le Moyen âge et la Renaissance, le XVIIe _et_ le XVIIIe
  siècle_.


LUBBOCK (SIR JOHN), _le Bonheur de vivre_. Trad. sur la 20e édit.
anglaise. Paris, Alcan, 1891. In-18.

  Voir chap. III et IV, pp. 52-89: La lecture et le choix des livres.


_Magasin pittoresque (le)_. Actuellement semi-mensuel et publié sous la
direction de M. CHARLES FORMENTIN. (Fondé en 1833.)

  Voir, pour les articles relatifs au Livre, la table générale des
  matières et les tables des derniers volumes. Voir notamment _les
  Ennemis des livres_, articles non signés parus en 1873, 1875, 1876 et
  1878. (Ne pas confondre cette série d'articles avec le livre de
  MULSANT (ÉTIENNE) [UN BIBLIOPHILE], qui porte le même titre.)


MAIGNE.

  Voir LENORMAND (SÉB.).


MAIRE (ALBERT), _Manuel pratique du bibliothécaire_. Paris. Picard et
fils, 1896. In-8.

  Bon ouvrage, qui, bien que concernant spécialement les bibliothèques
  universitaires, sera lu et consulté avec grand intérêt par tous ceux
  qui s'occupent des éléments et de la condition du Livre. Il contient
  notamment un très utile lexique de tous les termes usités en
  bibliographie. Moins savant, mais moins aride que l'ouvrage de
  Graesel, le manuel de Maire est un des meilleurs traités de
  bibliotechnie que nous possédions en France.


MARTONNE (DE). [GUILLAUME-FRANÇOIS DE MARTONNE.]

  Voir DENIS (FERDINAND).


MAURY (ALFRED).

  Voir QUÉRARD.


_Mémorial de la librairie française_, Revue hebdomadaire des livres...
Paris, H. Le Soudier. (Fondée en 1895.)

  Outre sa revue des livres, ce périodique contient, particulièrement
  sous le titre d'«Échos et Nouvelles», de très utiles renseignements
  sur tout ce qui touche l'imprimerie et la librairie.


MENDEL (CHARLES).

  Voir BRUNEL (GEORGES).


MICHEL (MARIUS), _la Reliure française, commerciale et industrielle,
depuis l'invention de l'imprimerie jusqu'à nos jours_. Paris, Morgand et
Fatout, 1881. In-4.


MOURAVIT (GUSTAVE), _le Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur_,
Essai de critique, d'histoire et de philosophie morale sur l'amour des
livres. Paris, Aubry, s. d. (1870). In-16.

  Nous avons dit, à différentes reprises (voir p. 23 et _passim_), tout
  le bien que nous pensons de l'ouvrage de Mouravit, qui n'a qu'un tort,
  celui d'avoir été tiré à un nombre très restreint d'exemplaires (200
  d'après Lorenz) et d'être aujourd'hui devenu très rare et très cher.
  M. JULES LE PETIT apprécie comme nous avec grands éloges le volume de
  Mouravit, où il a trouvé, «en dehors d'un style de maître, des aperçus
  délicieux et des réflexions remplies de bon sens sur les livres et sur
  les bibliophiles». (_loc. cit._, p. 37.)


MULSANT (ÉTIENNE) [UN BIBLIOPHILE], _les Ennemis des livres_, Lyon, H.
Georg, 1879. Petit in-8. 64 pp.


MUNIER (J.-B.), _Nouveau Guide illustré de l'imprimerie, de la librairie
et de la papeterie_. Paris, Marpon et Flammarion, s. d. In-18. 64 pp.
chiff.


NAMUR (P.), _Manuel du bibliothécaire_. Bruxelles, Tircher, 1834. In-8.


_Nature (la), Revue des sciences et de leurs application_. Hebdomadaire.
Actuellement publiée sous la direction de M. HENRI DE PARVILLE. (Fondée
en 1873.)

  Pour les articles relatifs au Livre, voir les tables semestrielles des
  matières.


NAUDÉ (GABRIEL), _Advis pour dresser une bibliothèque, présenté à
Monseigneur le Président de Mesme_. Réimprimé sur la deuxième édition
(Paris, 1644). Paris, Liseux, 1876. Petit in-12.--La 1re édit. est de
1627.


NODIER (CHARLES), _l'Amateur de livres_, in _les Français peints par
eux-mêmes_, t. II, pp. 81-86. Paris, Delahays, s. d.


Id. _Le Bibliomane_, in le journal _le Voleur_, 20 novembre 1842, pp.
441-444.


Id. _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, ou Variétés littéraires
et philosophiques_. Paris, Crapelet, 1829. In-8.

  «Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus
  doux que celui d'en parler,» déclare l'auteur en tête de sa préface.

  Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.


ŒTTINGER (ÉDOUARD MARIE), _Bibliographie biographique universelle_,
Dictionnaire des ouvrages relatifs à l'histoire de la vie publique et
privée des personnages célèbres... Paris, Lacroix et Daffis, 1866. 2
vol. in-8.


PARENT (aîné), _Essai sur la bibliographie et sur les talens _(sic)_ du
bibliothécaire_. Paris, Imprim. chrétienne et chez l'auteur, an IX.
In-8. 54 pp.

  «Cet opuscule, d'un style boursouflé et déclamatoire, est plein d'une
  érudition curieuse à force d'être naïvement étalée.» (MOURAVIT, _loc.
  cit._, p. 345.)


Id. _Dictionnaire raisonné de bibliologie_. Vesoul et Paris, 1802-1804.
3 vol. in-8.


Id. _Essai de curiosités bibliographiques_. Paris, Renouard, 1804. In-8.


Id. _Essai historique et archéologique sur la reliure des livres et sur
l'état de la librairie chez les anciens_. Dijon, Lagier (et Paris,
Renouard), 1834. In-8. 84 pp.


Id. _Manuel bibliographique, ou Essai sur les bibliothèques anciennes et
modernes et sur la connaissances des livres, des formats, des éditions_.
Paris, s. n. d'édit., 1800. In-8. (Le titre porte seulement les
initiales G. P.).


Id. _Manuel du bibliophile, ou Traité du choix des livres_. Dijon,
Lagier (et Paris, Renouard), 1823. 2 vol. in-8.

  «... Ouvrage qui devrait être connu de tous ceux qui se vouent à la
  culture intellectuelle (car il a été écrit surtout pour ceux-là)... ce
  judicieux _Traité du choix des livres_, un peu arriéré aujourd'hui
  dans sa partie purement bibliographique, mais plein de sages conseils
  et des meilleurs principes...». (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109.)

  «M. Peignot est un des savants qui ont le mieux mérité de la science
  bibliographique.» (RENOUARD, _Catalogue d'un amateur_, t. IV, p. 214.)


PEIGNOT (GABRIEL), _Répertoire bibliographique universel, contenant la
notice raisonnée des bibliographies spéciales_. Paris, Renouard, 1812.
In-8.


Id. _Traité du choix des livres_. Paris, Renouard (et Dijon, Lagier).
1817. In-8. (Cet ouvrage est la 1re édition du _Manuel du bibliophile,
ou Traité du choix des livres_, du même auteur.)

  _Etc., etc._

  Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.


PELLECHET (M.), _Catalogue général des incunables des bibliothèques de
France_. Paris, Picard et fils, 1897. In-8, t. I.

  Ouvrage en cours de publication, «chef-d'œuvre de la nouvelle école
  bibliographique», a dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr.
  impr. de la Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI).


PETIT-RADEL (LOUIS-CHARLES-FRANÇOIS), _Recherches sur les bibliothèques
anciennes et modernes jusqu'à la fondation de la bibliothèque Mazarine
et sur les causes qui ont favorisé l'accroissement successif du nombre
des livres_. Paris, Rey et Gravier, 1819. In-8.


PÉTRARQUE, _De l'abondance des livres et de la réputation des
écrivains_. Trad. du latin par VICTOR DEVELAY. Paris, Librairie des
bibliophiles, 1883. In-32 carré. 44 pp.


PETZHOLDT (Dr JULIUS), _Katechismus der Bibliothekenlehre. Anleitung zur
Einrichtung und Verwaltung von Bibliotheken_. Leipzig, 1856. Une refonte
de cet important ouvrage a été faite par le Dr ARNIM GRAESEL, et a paru
à Leipzig, chez Weber, 1890. In-8.


PICHON (JÉRÔME).

  Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.


PINÇON (P.).

  Voir DENIS (FERDINAND).


POISSON (P.).

  Voir JULIA DE FONTENELLE.


_Polybiblion_, revue bibliographique universelle. Mensuelle. (Fondée en
1868.)


PSAUME, _Dictionnaire bibliographique, ou Nouveau Manuel du libraire et
de l'amateur de livres_. Paris, Ponthieu, 1824. 2 vol. in-8.

  Voir surtout, dans cet ouvrage (signé seulement de l'initiale P...),
  l'intéressant «Essai élémentaire sur la bibliographie», qui en forme
  l'introduction (t. I, pp. 9-264).


QUENTIN-BAUCHART (ERNEST), _les Femmes bibliophiles de France_ (XVIe,
XVIIe et XVIIIe siècles). Paris, D. Morgand, 1886. 2 vol. in-8.


QUÉRARD (JEAN-MARIE), _la France littéraire, ou Dictionnaire
bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France,
ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus
particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles_. Paris, Didot,
1827-1842. 10 vol. in-8. (Supplément: t. XI et XII, 1854-1864.)


Id. _La Littérature française contemporaine (1827-1849)_. Paris, Daguin,
1847-1857. 6 vol. in-8.

  Cet ouvrage fait suite au précédent. A partir du tome II, le nom de
  QUÉRARD est remplacé par ceux de CHARLES LOUANDRE et FÉLIX BOURQUELOT,
  puis par ceux de FÉLIX BOURQUELOT et ALFRED MAURY; sur le tome VI, le
  nom de FÉLIX BOURQUELOT figure seul.


Id. _Les Supercheries littéraires dévoilées_. 2e édit., publiée par MM.
GUSTAVE BRUNET et PIERRE JANNET. Paris, Daffis, 1869-70. 3 vol. in-8.

  Voir BARBIER (ANT.-ALEX.).


_Règles typographiques adoptées dans les publications de la librairie
Hachette et Cie_. Notice destinée aux auteurs et aux imprimeurs. Paris,
Hachette. 1889. In-16. 66 pp.

  Très bon petit manuel, plein de renseignements utiles et d'excellents
  conseils pour tous ceux qui impriment ou font imprimer.


_Reliure (la)_, Organe et propriété du syndicat patronal des relieurs,
brocheurs, cartonneurs, doreurs, etc. Revue mensuelle. (Fondée en 1891.)


RENOUARD (ANT.-AUG.), _Catalogue de la bibliothèque d'un amateur_.
Paris, Ant.-Aug. Renouard, 1819. 4 vol. in-8.


_Revue biblio-iconographique_. Mensuelle. Publiée sous la direction de
MM. PIERRE DAUZE et D'EYLAC. (Fondée en 1894.)


_Revue des bibliothèques_. Mensuelle. Publiée sous la direction de MM.
ÉMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ. (Fondée en 1891.)


RICHARD (JULES), _l'Art de former une bibliothèque_. Paris, Rouveyre et
Blond, 1883. In-8.


RICHOU (GABRIEL), _Traité de l'administration des bibliothèques
publiques_. Paris, Paul Dupont, 1885. In-8.


RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur-amateur de tableaux,
gravures, reliures et livres_. Paris, Laurens, 1890. In-8.


ROBERT (ULYSSE), _Recueil des lois, décrets, ordonnances, arrêtés
concernant les bibliothèques publiques_. Paris, Champion, 1883. In-8.


ROUVEYRE (ÉDOUARD), _Connaissances nécessaires à un bibliophile_. 3e
édit. Paris, Rouveyre et Blond, 1883. 2 vol. in-8 écu. 5e édit. Paris,
Rouveyre, s. d. (1899). 10 vol. in-8 carré.

  Pour nos références aux deux volumes ou aux deux premiers volumes de
  cet ouvrage, le chiffre de l'édition a été indiqué en note, à la suite
  du titre.


ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE), _Miscellanées bibliographiques_,
avec la collaboration de MM. LOUIS DE BACKER, PROSPER BLANCHEMAIN,
GUSTAVE BRUNET, etc. 3 vol. ou parties. Paris, Rouveyre, 1878, 1879,
1880. Le nom de M. Uzanne ne figure pas à côté de celui de M. Rouveyre
sur le titre des tomes II et III.


SAINTE-BEUVE, _A propos des bibliothèques populaires_: discours prononcé
au Sénat le 25 juin 1867 (in _Premiers Lundis_, t. III, pp. 205-238). Et
toutes les œuvres, _passim_.


SERÉ (FERNAND).

  Voir LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB).


SILVESTRE (LOUIS-CATHERINE), _Marques typographiques, ou Recueil des
monogrammes, chiffres, enseignes, emblèmes, devises, rébus et fleurons
des libraires et imprimeurs qui ont exercé en France depuis
l'introduction de l'imprimerie, en 1470, jusqu'à la fin du XVIe
siècle..._ Paris, Potier, impr. Maulde et Renou, 1853-1865. 15
livraisons. In-8.


SOBOLSTCHIKOFF (BASILE), _Principes pour l'organisation et la
conservation des grandes bibliothèques_. Paris, Vve Jules Renouard,
1859. In-12. 72 pp.


SOREL (CHARLES), _De la connaissance des bons livres, ou Examen de
plusieurs auteurs_. Amsterdam, Henry et Théodore Boom, 1672. Petit
in-12. (Publié s. n. d'aut.).

  «Curieux livre, trop peu connu et trop peu cité,» dit MOURAVIT (_loc.
  cit._, pp. 42 et 58). On y lit (chap. 1, p. 43) cette excellente
  maxime, toujours vraie, toujours de circonstance et intéressante à
  rappeler: «Sçachons que de se vendre bien, ce ne fut jamais la marque
  infaillible de la bonté d'un livre».


STEIN (HENRI), _Manuel de bibliographie générale_. Paris, Picard et
fils, 1897. In-8.

  Voir particulièrement pp. 1 à 42: Bibliographies universelles.


TASSIS (AUGUSTE), _Guide du correcteur, ou Complément des grammaires et
des lexiques_. 8e édit. Paris, Didot, s. d. In-18.

  Bon petit manuel du correcteur typographe (124 pp.). L'auteur a
  malheureusement mis à la fin de son livre trois listes alphabétiques
  ou lexiques,--au lieu de n'en faire qu'une,--ce qui complique et gêne
  les recherches.


TECHENER (JACQUES-JOSEPH), _Histoire de la bibliophilie, Recherches sur
les bibliothèques des plus célèbres amateurs, Armorial des
bibliophiles_. Paris, Techener, 1861-1864. 10 liv. in-fol. avec pl.


TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un bibliophile_. Paris. Dentu, 1861.
In-18.


UZANNE (OCTAVE), _Bouquinistes et Bouquineurs_. Physiologie des quais de
Paris, du Pont-Royal au Pont Sully. Paris, May, 1893. In-8.


Id. _Caprices d'un bibliophile_. Paris, Rouveyre, 1878. In-8.


Id. _Le Livre_, revue mensuelle du monde littéraire. Paris, Quantin,
1880-1889. In-8.


Id. _Nos amis les livres_. Causeries sur la littérature curieuse et la
librairie. Paris, Quantin, 1886. In-18.

  Recueil d'articles parus originairement dans la revue le Livre.


Id. _La Reliure moderne, artistique et fantaisiste_. Paris, Rouveyre,
1887. In-8.


Id. _Les Zigzags d'un curieux_. Causeries sur l'art des livres, etc.
Paris, Quantin, 1888. In-18.

  Recueil d'articles parus originairement dans la revue _le Livre_.

  _Etc., etc._

  Voir _Annales littéraires_, et ROUVEYRE.


VACHON (MARIUS), les Arts et les Industries du papier en France,
1871-1894. Paris, May et Motteroz, s. d. In-4.


VALLÉE (LÉON), _Bibliographie des bibliographies_. Première partie:
Catalogue des bibliographies générales et particulières par ordre
alphabétique d'auteurs, avec indication complète du titre, des lieu et
date de publication, du format, etc.--Seconde partie: Répertoire des
mêmes bibliographies par ordre alphabétique de matières. Paris, Terquem,
1883. In-8.


VITU (AUGUSTE), _Petite Histoire de la typographie_. Paris, Delagrave,
1886. In-8.

  Ouvrage élémentaire.


WERDET (EDMOND), _De la librairie française; son passé, son présent, son
avenir, avec des notices biographiques sur les libraires-éditeurs les
plus distingués depuis 1789_. Paris, Dentu, 1860. In-18.


Id. _Histoire du livre en France depuis les temps les plus reculés
jusqu'en 1789_. Paris, Dentu, 1861-1862. 4 parties en 5 vol. in-18. (La
3e partie forme 2 vol.).


YVE-PLESSIS (R.), _Petit Essai de biblio-thérapeutique, ou l'Art de
soigner et restaurer les livres vieux ou malades_. Paris, Daragon, 1900.
In-18. 95 pp.



INDEX ALPHABÉTIQUE


A

Abréviations dans les incunables: 70-71; procédés d'abréviation des mots
et principales abréviations bibliogr.: 381-400.

ACHARD (C.-F.): 439.

ADELINE (J.): 439.

ADÉLAÏDE (Mme), fille de Louis XV: 139.

Adresse (typ.), synon. de souscription et de colophon: 70.

Adresse (catalogues et classific.): 222-223.

Aigle, grand aigle (pap.): 53.

AIMÉ-MARTIN (L.): 248, 289, 439.

ALBERT (PAUL): 172.

ALDE (les): 3, 71, 106, 133.

Aldéhyde formique: 325.

ALDE MANUCE dit L'ANCIEN: 86, 87, 100, 255.

Aldines (typ.), lettres --, synon. de lettres italiques et de lettres
vénitiennes: 86, 100.

ALEMBERT (D'): 289.

ALEXANDRE, helléniste: 243.

ALFIERI: 376.

ALKAN (aîné): 198, 318, 325, 326, 336, 353, 354, 439.

Allongées (typ.), lettres --: 102, 103.

ALMELOVEEN (J.): 113.

Alsaciennes (typ.), lettres --: 102, 103.

AMBROISE (saint): 250.

Ambroisienne (l'), bibliothèque de Milan: 195.

AMEILHON: 289.

ANACRÉON: 383.

Anastatique (mode de reproduction des livres, des estampes, etc.): 108,
385.

Anglaise, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.

Anglaise, reliure --: 145.

_Annales littéraires_: 439, 444, 462.

ANNE DE BRETAGNE: 353.

_Annuaire du bibliophile_: 218, 330, 335, 346, 440, 451.

_Annuaire Hachette_: 173.

_Anobium_, insecte bibliophage: 321, 322, 324.

Antiquariat: VIII.

Antiques (typ.), lettres --: 102, 103.

Antiqué sur tranches (rel.): 127, 385, 398.

Appel de note (typ.): 435, 436.

Approche (typ.): 97.

Appui-livre: 213.

ARGENSON (marquis D'): 21.

ARISTOTE: 288.

ARNAULD D'ANDILLY: 236.

Arraphique, reliure --: 150.

ASKEW (ANTOINE): 134.

ASSELINEAU (CHARLES): 24, 123.

Assemblage (des feuilles d'impression): 79.

Astérisque (typ.): 435-436.

Atlantique, format --: 73.

Atlas, format --: 73.

AUGUSTIN (saint): 20, 340.

Augustin: voir Saint-augustin (typ.).

AULU-GELLE: 6.

AUMALE (duc D'): 38.


B

BACKER (LOUIS DE): 440, 461.

BACON (chancelier): 288.

BÆDEKER: 173.

BAGFORD (JOHN): 343.

BAILLET (ADRIEN): 86.

BALDERMUS: 108.

BALZAC (H. DE): 89, 189.

BARATOUX (docteur): 316.

BARBIER (ANT.-ALEX.): 170; curieux procédé qu'il emploie pour déménager
la bibliothèque du Conseil d'État: 203; 440, 454, 459.

BARROW (ISAAC): 16.

Basane (rel.): 130, 160.

Bas de casse (typ.): 104.

Bâtarde, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.

BATHIS: 31.

BAUDOUIN (MARCEL): 304, 315.

BAUZONNET: 133.

BEAUMARCHAIS: 236.

BEAUREGARD (docteur HENRI): 322, 323.

BEECHER STOWE (Mrs.): 159.

BÉGON (M.): 31.

Belle page (typ.): 115.

BELLOT DES MINIÈRES: 159.

BENOÎT (saint): 8.

BENTHAM (J.): 289.

BERALDI (H.): 209, 366, 440.

BERARDI (G.): 179.

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE: voir SAINT-PIERRE (BERNARDIN DE).

BERNIS (cardinal DE): 14.

BESSARION (cardinal): 10, 24.

BEYLE (HENRI) (STENDHAL): 402, 405, 406.

Bibelots (typ.): 53.

Biblioclastes, massacreurs de livres: 342-346.

_Bibliographe moderne (le)_: 440.

Bibliographie, nombre total des ouvrages de --: 438; principaux ouvrages
de --: 170, 438-463.

_Bibliographie de la France_, journal général de l'Imprimerie et de la
Librairie: 440.

_Bibliographie scientifique (la)_, bulletin trimestriel: 315.

BIBLIOPHILE (UN): voir DESCHAMPS (PIERRE) et MULSANT (ÉTIENNE).

Bibliophilie, origine de ce mot, ce qu'il signifie: 23-24.

Bibliothécaires, Congrès international des -- (1900): 302, 323.

Bibliothèque, différentes acceptions de ce mot: 8; conditions d'une
bonne installation pour une --: 193 et suiv.; -- est comme «un capital
dont les intérêts seraient perçus par l'intelligence»: 193; nettoyage et
aérage des --: 318 et suiv.; -- tournantes: 207; chutes mortelles dans
les --: 206; timbrage des volumes dans les bibliothèques publiques: 230.

Bibliothèque nationale: 209, 214, 230, 235, 242, 247, 249, 263;
classement des livres: 290-291, 353; voyage d'un livre à travers la --:
440, 446.

Bibliothèque Sainte-Geneviève: 230.

Bibliothèque de la Sorbonne, classement des livres: 292-294.

Bibliothèque de la ville de Paris (musée Carnavalet), classement des
livres: 295-297.

Bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes,
classement des livres: 300-301.

Bibliothèque de Florence (la Laurentienne): 192, 205; -- de Leyde: 192;
-- de la cathédrale d'Hereford: 192; -- de Milan (l'Ambroisienne): 195.

Bibliothèques universitaires: 223, 230.

Bilboquets (typ.): 53.

BILLINGS: 433.

Bimensuel, bisannuel; signification de ces mots: 440.

BLADES (W.): 321, 322, 323, 338, 343, 346, 347, 441.

BLANC (CHARLES): 20, 123, 127, 128, 139, 141, 159, 441.

BLANC (LOUIS): 170, 171, 433.

Blanc, livres en blanc: 158.

BLANCHEMAIN (P.): 441, 461.

Blanches (typ.), lettres --: 102, 103.

Blanchiment du papier: 43, 62.

BLANCHON (H.-L.-ALPH.): 131, 133, 138, 142, 146, 150, 395, 441.

Blatte, insecte bibliophage: 322.

BLONDEL (SPIRE): 133, 441.

BLUYSEN (P.): 452.

Bobine (pap.): 52.

BODIN (JEAN): 451.

BODONI: 106.

BOERHAAVE: 15.

BOILEAU: 26.

BOISLISLE (A. DE): 171, 172.

BOISSONADE: 376.

BOIVIN: 14.

BOLLIOUD-MERMET: 6, 91, 441.

BONAVENTURE DES PERIERS: XI, 133.

BONNANGE (F.): 222, 226, 286, 441.

BONNARDOT: 330, 441.

BOSQUET (ÉMILE): 76, 134, 148, 442.

BOSSUET: 4, 141.

BOUANT: 41, 327, 329, 333.

BOUCHOT (HENRI): 30, 43, 70, 86, 87, 99, 121, 134, 142, 191, 192, 442.

Bouclées (typ.), lettres --: 102, 103.

BOUILLIAU ou BOUILLIAUD (Ismaël): 258.

BOUILLET (Dictionnaire de --): 47.

BOULARD (ANTOINE-MARIE-HENRI): 188.

BOULARD (MARTIN-SYLVESTRE): 188, 373, 374, 442.

BOULLIER: 405.

Bouquiner, plaisir de --: 181-184.

Bouquiniste et étalagiste, portrait du --: 183; leurs livres trop tassés
et serrés dans leurs boîtes ou sur leurs tablettes: 359.

BOURDILLIAT: 90.

BOURLET DE VAUXCELLES: 135.

BOURGEOIS (LÉON): 444.

BOURGET (PAUL): 172.

BOURQUELOT (F.): 442, 459.

BOUTMY (E.): 53, 442.

BOUTOILLE (A.): 136.

Brachygraphie: 381.

BRADEL, relieur: 144.

Bradel, reliure ou cartonnage --: 124, 143, 144.

BRANTÔME: 159.

BRÉBEUF: 106.

BREHMER: 147, 148.

BRISSON (AD.): 179.

Bristol (pap. et cart.): 58.

Brochure (bibl.), synon. de pièce ou plaquette: 66-67.

Brochure (rel.), couture des livres brochés: 120, 145.

BROUARDEL (docteur): 371, 372.

BRUN (M.-A.): 442.

BRUNEL (G.): 442, 443, 456.

BRUNET (GUSTAVE): 30, 31, 32, 232, 258, 346, 375, 376, 443, 459, 461.

BRUNET (JACQUES-CHARLES): XII, 72, 170, 219, 225, 249, 250, 254; son
système de classification bibliographique: 258-284; 286, 287, 289, 290,
292, 300, 302, 376, 408, 431, 433, 443, 446.

BRUNETIÈRE (F.): 25, 172.

BUFFON: 179, 345.

_Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_: 24, 439, 443, 452, 457,
458, 459.

BURCHARD: 313.

BURE (MM. DE): 25, 182, 258.

BURTY (PH.): 138.

BURY (RICHARD DE): 9, 185, 349, 350; extrait de son ouvrage le
_Philobiblion_, sur le respect dû aux livres: 361-365; 443.

BUSSY-RABUTIN: 433.

BYRON (lord): 111.


C

Cabinets de lecture, dangers qu'ils présentent: 29, 373.

Cabochon (typ.): 436.

Cadrat (typ.): 79.

Cadratin (typ.): 79.

CALMET (dom): 387.

CAMPBELL (lord): 171.

CAMUS: 289.

Cancrelat, insecte bibliophage: 322.

CAPÉ: 134.

Capillaires (typ.), lettres --: 102.

Caractères d'imprimerie: 95 et suiv.; force en points ou force de corps
et anciens noms des caractères: 98 et 101; caractères de fantaisie: 102
et 103. Voir Lettres.

CARDAN (J.): 167.

CARLYLE: 170.

Carnavalet, musée --; bibliothèque de la ville de Paris, son classement:
295-297.

Carré (pap.): 53, 77.

Carton, fabrication et différentes espèces de --: 57-58.

Carton (typ.), synon. d'encart: 80-81.

Cartonnage (rel.): 142-145.

Casse (typ.): 104.

CASTELLANUS: 242.

Cassetin (typ.): 104.

Catalogues de bibliothèques, différentes sortes de --: 220; --
alphabétique ou onomastique: 220, 253, 285; -- méthodique, systématique
ou idéologique: 220, 224, 253, 254, 285; -- topographique ou
_Lokal-Katalog_: 220; -- chronologique: 220; -- géographique: 220.

Catalogues de la librairie d'occasion, exagération de certains prix:
184-185.

_Catenati_, livres enchaînés: 192.

CATHERINE DE MÉDICIS: 353.

CATRIN (docteur): 29.

Cavalier (pap.): 53, 77.

CAZAL (docteur DU): 29.

CAZIN: 50.

Cellulose au bisulfite (pap.): 46.

Chagrin (rel.): 130, 131.

CHAILLOT (P.) (UN LIBRAIRE): 111, 443, 454.

CHAMBOLLE: 134.

CHAMFORT: 15.

CHAMPFLEURY: 241.

Charge (pap.): 47, 63.

CHARLES, duc de Bourgogne: 431.

CHARLES-QUINT: 349.

CHARLES IX: 39.

CHARLET: 140.

Charnière (rel.): 128, 146.

CHARPENTIER (GERVAIS): 88.

CHARPENTIER (PAUL): 40, 43, 46, 47, 48, 52, 56, 58, 443.

Charpentier, format --: 88, 90, 214.

CHARTIER (ALAIN): 228, 229.

CHASSANT (L.-ALPH.): 381, 444.

Chasses d'un livre (rel.): 128.

CHATEAUBRIAND: 239.

CHATELAIN (ÉMILE): 228, 460.

CHÉNIER (ANDRÉ): 33, 34, 160.

CHÉRON (PAUL): 441.

CHESNEAU (NICOLAS): 71.

CHEVILLIER: 26, 27, 444.

CHEVIN (abbé): 408.

CHICHEREAU: 144.

Chiffres romains: 426 et suiv.; -- financiers: 429; inconvénients des
chiffres romains: 431.

Chine, papier de --: voir Papier.

Chlore (eau de Javel), son action sur le papier: 332, 333, 335.

CHRISTIAN (A.): 444.

CHRISTIANUS LIBERIUS GERMANUS, pseud. de SALDEN: 23.

Chutes mortelles dans les bibliothèques: 206.

Cicéro (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

CICÉRON: 6, 7, 10, 71, 192, 339.

Cimelien (bibl.): 209.

Civilité (typ.), caractères de --: 102, 103.

CLARETIE (J.): 21, 51, 138, 171, 444.

Classement des livres: 209-218; -- horizontal, par rangs de taille et
ordre alphabétique: 210 et suiv.; -- vertical: 216-217; -- _ad libitum_,
mettre aux premières places les plus beaux livres ou les livres
préférés: 217-218.

Classification de Brunet: 258-284; -- diverses, 288-303; -- décimale:
303-316, 444.

Classiques (typ.), lettres --: 102, 103.

CLAUDIN (A.): 142, 185, 444.

CLAVIER: 383.

CLEMENS (CLAUDIUS) ou CLÉMENT (CLAUDE): 186, 257.

Clichage et cliché (typ.): 67, 107-109.

Cloche (pap.): 53.

COCHERIS (H.): 9, 185, 350, 365, 443, 444.

Coiffe (rel.): 129.

COLBERT: 1.

COLERIDGE: 366.

COLINES (SIMON DE): 72.

Collage ou encollage du papier: 47, 48, 331.

Colle, différentes espèces de --: 151; -- de farine attire les vers:
322, 324.

Collectionneurs, hommes heureux: 189; -- de portraits et de
frontispices, mutilateurs de livres: 342-343.

COLLETET (G.): 34, 35.

COLLIGNON (ALBERT): 25.

Colombier (pap.): 53, 77, 78.

Colophon (typ.): 70.

Comète (rel.): 129.

Compartiments (rel.): 130.

COMTE (AUGUSTE): 289.

CONDORCET: 34, 35.

CONFUCIUS: 15.

CONSTANTIN (L.-A.): XI, 32, 35, 88, 203, 211, 220, 239, 253, 258, 302,
303, 444-445.

Contagion des maladies par les livres: 29.

Coquille (pap.): 53.

CORNEILLE (PIERRE): 159, 176, 236.

CORNEILLE (THOMAS): 236.

CORNELY (J.): 179.

Corps (typ.), -- des caractères: 95, 96, 98.

Correction des épreuves (typ.): 110-113.

_Correspondance historique et archéologique_: 314.

CORROZET (GILLES): 72.

_Cosmos_, revue des sciences: 63.

COSTE: 289.

Cote (classific.): 227, 231.

Coulée, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102.

Coupe-papier: voir Couteau à papier.

Courant, titre -- (typ.): 113-114.

COURIER (P.-L.): 17, 376, 383.

Couronne, double couronne (pap.): 53, 77, 92.

_Courrier de la librairie_: 18.

_Courrier des bibliothèques_: 60, 213, 445.

COUSIN (JEAN): 3.

COUSIN (JULES): 31, 74, 197, 198, 223, 235, 245, 254, 272, 329, 330,
332, 334, 335, 330, 430, 445.

Cousoir (rel.): 145.

Couteau à papier ou Coupe-papier: les épingles à cheveux, coupe-papier
habituel de la femme: 352; comment se servir du couteau à papier:
354-359; le meilleur des couteaux à papier: 355-356.

Couture (rel.): 145 et suiv.; -- de brochure: 120, 145; -- de reliure:
120, 145; -- à l'échelle: 130; -- sur nerfs: 146; -- à point arrière:
146, 147; -- à point devant: 146, 147; -- métallique: 149. Machines à
coudre les livres: 130, 147-148.

Couverte (pap.): 44.

Couvertures des livres brochés, ne pas les supprimer à la reliure: 158;
de quelle époque datent les couvertures illustrées: 158.

CRAMOISY, imprimeur: 71.

Cran (typ.), -- des caractères: 97.

CRAPELET (G.-A.): 87, 105, 106, 107, 109, 110, 111, 112, 113, 445, 449.

Crochets (typ.): 434.

Croix (typ.): 436.

Cuir de Russie (rel.): 131, 338, 368, 369.

Cursive, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102.

CUVILLIER-FLEURY: 219.

CUZIN: 134.


D

DACIER (Mme): 236.

DAFFRY DE LA MONNOIE: 159.

DAGUESSEAU: 14.

DALEMBERT ou D'ALEMBERT: 345.

DANTE: 174, 347.

DARBLAY: 52.

DARCHE (J.): 6, 25, 39, 361, 370, 445.

DARUTY DE GRANDPRÉ: 78, 80, 81, 445.

DAUDET (ALPHONSE): 68, 174, 227, 229.

DAUNOU: 172.

DAUPELEY-GOUVERNEUR (G.): 2, 71, 74, 98, 102, 234, 384, 432, 438, 445.

DAUZE (PIERRE): 60, 61, 460.

_de, du, d'_; noms propres précédés de la particule nobiliaire, comment
les écrire: 233; la particule _de_ ne se place jamais seule devant le
nom, ne pas écrire de Montmorency, de Biron, etc.: 234.

DEBRAUX (ÉMILE): 144.

DEFAUCONPRET: 243.

Défets (bibl. et rel.): 162.

DELALAIN (P.): 72, 446.

Déliés (typ.): 97.

DELILLE: 137.

DELISLE (LÉOPOLD): 60, 66, 67, 72, 158, 223, 235, 237, 238, 239, 242,
245, 253, 260, 286, 290, 297, 304, 314, 438, 446, 458.

DELON (CH.): 40, 43, 46, 104, 446.

DELORD (TAXILE): 171.

DELORME, relieur: 149.

Déménagement: «un homme de lettres ne devrait jamais déménager»: 203;
curieux procédé de déménagement d'une bibliothèque: 203.

Demi-reliure: 124, 130, 143; -- amateur: 143.

DENIS (FERDINAND): 343, 446, 455, 459.

Dentelle (rel.): 132, 388, 400.

DENYAU (J.): 31.

Départ (terme de librairie): 68.

Départ, titre de -- (typ.): 114, 116.

DEROME (L.): 170, 183, 446.

DEROME, relieur: voir ROME (DE).

DEROUSSENT: 346.

DES BARREAUX (JACQUES): 233.

DESCAVES (LUCIEN): 344.

DESCHAMPS (PIERRE) (UN BIBLIOPHILE): 258, 408, 414, 418, 443, 446.

DESCHANEL (ÉMILE): 172.

Désinfection des livres et des papiers: 29.

DESORMES (E.): 2, 52, 81, 98, 238, 381, 446.

DES PERIERS (BONAVENTURE): XI, 133.

DESTUTT DE TRACY: 174.

_Deutéronome_: 365.

DEWEY (MELVIL): X, 219, 303, 304, 314, 315, 316, 446.

Diamant ou sans pareille (typ.), caractère d'impr.: 98.

DIBDIN: 347.

_Dictionary-Catalogue_: 303.

Dictionnaires; on ne saurait trop en avoir: 170.

_Dictionnaire de la Conversation_: 135, 169.

DIDEROT: 13, 288, 345, 447.

DIDOT (les): 3, 50, 96, 108, 169, 178, 448.

DIDOT (AMBROISE-FIRMIN): 43, 72, 96, 106, 140, 403, 445, 447, 448, 449.

Didot (Firmin): 50, 108, 177, 281, 431, 447.

DIDOT (PIERRE): 111, 180.

DIODORE DE SICILE: 4.

DIOGÈNE: 166.

Division ou trait d'union (typ.): 432-434.

Doigt, ne pas humecter son doigt pour tourner les feuillets: 371-373.

DOLET (ÉTIENNE): 71.

DOMPMARTIN (abbé DE): 346.

DOREZ (LÉON): 228, 460.

Dos d'un livre (rel.): 125; -- plein, -- brisé: 125.

DOSNE (Mlle): 353.

Double-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.

DOUDAN (X.): 24, 89.

DOUMIC (RENÉ): 172.

Dragontines, lettres --: 102.

Drap de lit, format --: 75.

DROUET (Mme): 138.

DRUSIUS: 86.

DU BELLAY (JOACHIM): 233.

DUCANGE: 71, 170.

DUCHESNE (ANDRÉ): 242.

DULAURE: 225, 226, 285, 286, 299, 376.

DUMAS (ALEXANDRE) fils: 236.

DUMAS (ALEXANDRE) père: 236.

DU MOUSTIER: 35, 36.

DUPONT (PAUL): 447.

DUQUET (ALFRED): 171.

DURET (THÉODORE): 171.

DU RIEU: 324.

DURUY (V.): 170.

DU SEUIL: 133, 346.

DUTERTRE: 323.

DUVERGIER DE HAURANNE: 340.


E

Eau de Javel: voir Chlore.

Ébarber (rel.), -- un livre: 127.

EBERT (F. A.): 206, 433.

_Écclésiaste (l')_: 166.

_Éclair (l')_: 29.

Écrasées (typ.), genre de lettres: 102.

Écriture; pour les travaux bibliographiques, l'écriture droite est
préférable à l'écriture penchée: 230.

Écu (pap.): 53, 77.

Éditeurs: 109, 110.

Édition, définition de ce terme: 67, 68; -- définitive ou _ne varietur_:
70, 404; -- originale: 70; -- princeps: 70.

EGGER (É): 447.

Égyptienne (typ.), genre de lettres: 102, 103.

EISEN: 3.

ELZEVIER ou ELZEVIR (les), imprimeurs: 3, 71, 106, 179.

Elzevier, elzevir, ou elzevierien (typ.), caractères --: 95, 99, 100,
101; certains lecteurs n'aiment pas ce caractère: 178.

Elzeviers ou elzevirs (livres): 50, 87, 126.

Emboîtage (rel.): 143.

Empattement (typ.): 97.

Empreintes (typ.): 107.

Emprunteurs de livres, leur incurie: 33-36.

Encart (typ.), synon. de carton: 80-81.

Encollage ou collage du papier: 47, 48, 331.

Encre d'imprimerie: 105.

_Encyclopædia britannica_: X, XI, XII, 85, 116, 235, 437, 447.

_Encyclopédie moderne (l')_: 169, 403, 445, 447, 449.

Endosser (rel.), -- un livre: 127.

ENGEL: 148.

Entre-nerfs (rel.): 130.

Épreuves (typ.), correction des --: 110-113.

Équarrissage des livres: 340-342.

ÉRASME: 370.

_Erratum, errata_: 112, 402, 403.

Escargot (papier de couleur): 395.

_Estafette (l')_, journal: 169.

Estampé, e (rel.), livre, couverture --: 132.

ESTIENNE (les): 3, 106.

ESTIENNE (HENRI): 109, 242.

ESTIENNE (ROBERT): 72, 112, 113.

Espace, s. f. (typ.): 79.

EUDEL (P.): 351, 448.

EVE (les), relieurs: 133, 142.

_Événement (l')_: 29.

_Ex-dono_: 232, 403.

Exemplaire, définition de ce mot: 67.

_Ex-libris_: 30, 225, 230, 232, 403.

_Explicit_ (typ.): 70.

EYLAC (D'): 460.


F

FABRE (FERDINAND): 20.

Factices, recueils --: 153.

FAGUET (ÉMILE): 47, 172.

FALCONET (CAMILLE): 344, 345.

FALGONET (ÉTIENNE): 344, 345.

FALLIÈRES: 231.

Fanfare, reliure à la --: 142.

FAUCOU (LUCIEN): 448.

FAURIEL: 172.

Fausse page (typ.): 115.

Fausses marges (typ. et rel.): 156; doit-on les faire couper par le
relieur: 156, 157.

Faux titre (typ.): 115.

Femmes, considérées par beaucoup de bibliophiles comme ennemies des
livres: 349-354.

FÉNELON: 13, 236.

FERNAND-LAFARGUE: 248.

Fers (rel.): 132.

FERTIAULT (F.): 24, 32, 166, 167, 188, 206, 344, 448.

Feuille (pap. et format), différents modes de pliage des --: 72-73;
assemblage des --: 79.

Feuillet (pap. et format), définition de ce mot: 72-73.

Feuilleton (typ.): 80.

FIAUX (LOUIS): 171.

Fiches ou cartes (catalogues et classific.): 221 et suiv.; -- Bonnange:
226, 286; pour les fiches, une écriture droite est préférable à
l'écriture penchée: 230; -- complète ou principale: 239-244, 253; -- de
rappel ou de renvoi: 240-244; -- vedette: 221, 253, 313; -- conformes
aux règles de la classification décimale: 312-314.

Filigrane (pap.): 44.

Filigranées (typ.), lettres --: 102.

Financiers (typ.), chiffres --: 429.

Firme (d'éditeur): 71, 115.

FLAMMARION (CAMILLE): 136.

Flan (typ.): 107.

Flotre (pap.): 45.

Folio ou numéro des pages: 78, 113; pourquoi les folios ne doivent pas
être mis au bas des pages: 114; faut-il folioter toutes les pages: 115,
116.

Folio, in-folio: voir Format.

FONTAINE DE RESBECQ: 25, 182, 288, 448.

Force de corps (typ.): 96, 98.

Format, tableau des principaux formats des papiers: 53; -- des livres:
65 et suiv.; tableau des principaux formats des livres: 77; format
in-plano, atlas ou atlantique: 73, 91, 210, 391; -- in-folio: 73; --
in-folio et in-quatre, formats les plus employés pour les premiers
livres, les incunables: 85-86; 91, 210, 218, 391; -- in-quarto ou
in-quatre: 73, 76, 85, 86, 87, 91, 163, 211, 218, 391; -- in-octavo ou
in-huit: 74, 76; jadis en grande vogue: 86-88, 89, 92, 124, 163, 211,
215, 218, 391; -- in-douze: 74, 86, 92, 124, 211, 391; -- in-seize: 74,
92, 124, 391; -- in-dix-huit: 74, 76, 87, 88, 89, 90, 92, 124, 163, 211,
218, 391; -- in-vingt-quatre: 74, 87, 391; -- in-trente-deux: 74, 76,
90, 163, 218; -- drap de lit: 75; -- Charpentier: 88, 90, 214; --
oblong: 93, 126; -- carré: 93; -- triangulaire: 93. Classement des
livres d'après leurs formats: 209 et suiv.

FORMENTIN (CH.): 455.

FORMEY: 167, 448.

FORTIA D'URBAN (marquis): 289.

Fouets, fouettage, fouetter un livre (rel.): 128.

FOURNEL (VICTOR): 344.

FOURNIER (ÉDOUARD): 34, 134, 142, 191, 448, 452.

FOURNIER (H.): 448.

FOURNIER LE JEUNE ou FOURNIER (PIERRE-SIMON): 96, 106, 448-449.

FOURNIER (traducteur du _Vicaire de Wakefield_): 16.

FOX: 137.

Français, «ne lisent jamais les livres qu'on leur donne»: 26; s'engouent
de tout ce qui vient de l'étranger: XI, 434.

France, «la vraie mère de la bibliographie»: XI.

FRANCE (ANATOLE): 172.

FRANÇOIS Ier: 110.

FRANKLIN (ALFRED): 136, 449.

FREMY: 40, 443.

FREUND (docteur G.): 170, 408.

FREY (A.): 449.

Frisquette (pap. et typ.): 44.

FROISSART: 348.

Frontispice (typ.): 69, 115-116.

FULLER (TH.): 45.

FUMAGALLI (G.): 314.

FUNCK-BRENTANO (F.): 314.

FURETIÈRE: 187.

FUST: 103.

FUSTEL DE COULANGES: 170.


G

GAIL: 383.

Gaillarde (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

GALIOT DU PRÉ: 72.

GARAMOND (CLAUDE): 99.

Gardes d'un livre (rel.): 129.

GARNIER (JEAN): 258.

GARNIER-PAGÈS: 171, 433.

Garniture (typ.): 79.

Gaufré, e (rel.), livre ou couverture --: 132.

GAULTIER (LÉONARD): 346.

GAUSSERON (B.-H.): 6, 16, 351, 449.

GAUTIER (THÉOPHILE): 4, 19, 159, 160.

GAYET DE SANSALE: 136.

Gaz d'éclairage, son action sur la couleur des papiers: 62, 339; sur la
reliure des livres: 338.

GERING (ULRICH): 72.

GESNER (CONRAD): 255, 256.

GHÈLE (JEHAN): 72.

GIBBON: 16.

GIRARD (abbé): 289.

GIRARDIN (ÉMILE DE): 344.

GLADSTONE: 208.

GODEFROY (DENIS): 242.

GODEFROY (FRÉDÉRIC): 170.

GOETHE: 24.

GOLDSMITH: 16.

GOMEZ DE LA CORTINA (J.): 31.

Gothique, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.

GOTHOFREDUS (DENIS GODEFROY): 242.

Gouttière d'un livre (rel.): 127, 128.

GRAESEL (docteur ARNIM): X, 83, 126, 144, 145, 153, 193, 202, 206, 209,
211, 221, 231, 235, 241, 242, 245, 246, 249, 302, 314, 315, 318, 321,
322, 323, 324, 325, 326, 338, 366, 445, 449, 455, 458, 485.

GRAND (E.-D.): 72, 235, 242, 245, 254, 259, 368, 438, 450.

GRAND-CARTERET (J.): 450.

_Grande Encyclopédie_: 72, 108, 169, 191, 231, 235, 242, 245, 248, 256,
239, 260, 289, 366, 428, 438, 439, 450.

GRANDLIEU (PH. DE) (LÉON LAVEDAN): 369.

GRANJON (NICOLAS): 102.

GRANVELLE (cardinal DE): 349.

GRAVELOT: 3.

GRAY: 16.

Grecquage (rel.): 129, 130, 146-147, 150.

GRÉGOIRE XIII, pape: 398.

GRÉGOIRE DE TOURS: 8.

GRIFFING (H.): 117.

GRIMM: 345.

Grises (typ.), lettres --: 102.

GROLIER ou quelquefois GROLLIER: 1, 30, 31, 36, 37, 133, 141.

Gros-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.

Gros-parangon (typ.), caractère d'impr.: 98.

Gros-romain (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

Gros-texte (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

Grosse-nonpareille (typ.), caractère d'impr.: 98.

Grosse-sanspareille (typ.), caractère d'impr.: 98.

GRUEL (LÉON): 134, 450.

GRYPHE (les), imprimeurs: 72.

GRYPHE (SÉBASTIEN): 86.

GUÉRARD (EDMOND), pseud. de Victor Fournel: 344.

GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT: 34.

Guillemets (typ.): 434.

GUIOT-MARCHAND: 72.

GUIZOT: 349.

GUTENBERG: 103, 418.

GUYOT-DAUBÈS: 173, 201, 202, 212, 216, 217, 344, 450.


H

HACHETTE, _Annuaire --_: 173.

HACHETTE, _Règles typographiques adoptées dans les publications de la
librairie --_: 1, 74, 234, 238, 393, 460.

_Halle aux cuirs (la)_, journal: 134.

HANOTAUX (GABRIEL): 25, 181, 450.

HATZFELD (Dictionnaire de --): 8, 47, 336.

HEBER (RICHARD): 32.

HENNET (LÉON): 288.

HENRI II, roi d'Angleterre: 250.

HENRI III, roi de France: 342-343.

HERBOUVILLE (M. D'): 217.

HERDER: 193.

HÉRODOTE: 30.

HIPPOCRATE: 15, 196.

HOEFER: 345.

HOFFMANN: 244.

HOMÈRE: 140.

HORACE: 6, 11, 20, 91, 121, 174.

HOUDETOT (comte D'): 233.

HOUSSAYE (HENRY): 171.

HUET, évêque d'Avranches: 1, 32; «de tous les hommes celui qui a
peut-être le plus lu»: 376.

HUGO (VICTOR): 107, 138, 159, 433.

Humidité, la grande ennemie des livres: 198; taches d'--: 329-330.

HUNTER (JOHN): 135.

_Hygiène moderne (l')_: 369.


I

IBARRA: 106.

_Illustration (l')_: 42, 173.

Imposition (typ.): 75, 78, 80.

Impression des livres: 95-117.

Imprimerie: «la théorie de l'imprimerie ne devrait être ignorée d'aucun
de ceux à qui l'usage des livres est familier»: 96; --, invention «plus
divine qu'humaine»: 106; --, «le plus grand événement de l'histoire»:
107; détails techniques sur l'--: 95-117.

Imprimerie nationale, à quoi l'on reconnaît les impressions faites par
elle: 99, 444.

Imprimeurs, anciens --, leurs marques: 71-72; anciens règlements des --:
110.

_Incipit_ (typ.): 69, 70.

Incunables: 69-72; 85, 437.

_Indépendance de l'Est (l')_: 372.

Index alphabétique, «accessoire obligé de toute bonne édition»: 171;
projet (en Angleterre) de priver de ses droits d'auteur tout écrivain
qui publierait un livre sans index: 172.

Insectes bibliophages: 320 et suiv.

_Intermédiaire des chercheurs et des curieux (l')_: 31, 34, 35, 50, 61,
134, 135, 137, 142, 144, 158, 173, 427, 450.

_Intermédiaire des imprimeurs (l')_: 59, 450.

Italiennes (typ.), lettres --: 102-103.

Italique (typ.), genre de caractères: 2, 86, 95, 100, 101.


J

JACOB (Bibliophile): voir LACROIX (PAUL).

JACOB (LOUIS): 258.

JACQUEZ (ERNEST): 300.

JAL: 133, 172, 345.

JAMET LE JEUNE: 345, 376.

JANIN (JULES): 6, 18, 34, 36, 38, 186, 187, 451.

JANNET (PIERRE): 451, 459.

JANNET-PICARD (Collection --): 38, 179.

Janséniste, reliure --: 141-142.

Japon, papier du --: voir Papier.

Jasper (rel.): 127.

JATTEFAUX: 104.

JENSON (NICOLAS): 102.

Jensoniennes (typ.), lettres --: 102, 103.

Jésus, petit jésus, grand jésus (pap.): 53, 77.

JOANNE (PAUL): 173.

JOHANNEAU (ÉLOI): 376.

JONQUIÈRE (amiral): 51.

JORDELL (D.): 451, 454.

JOUAUST: 39, 90, 100, 178-179.

JOUBERT: 17.

_Journal des savants_: 304, 314.

Journaux, lecture des --: 4.

JULIA DE FONTENELLE (JEAN-SÉBASTIEN-EUGÈNE): 451, 459.

JUSTE LIPSE: voir LIPSE (JUSTE).

Justification (typ.): 28, 89.


K

KERVER, THIELMAN --: 72.

KLETT (HAROLD): 365, 366, 370, 371, 373.

KLOCK (C.): 106.


L

Labeur (typ.): 53, 78, 105.

LABORDE (comte DE): 133

LABOULAYE (CH.): 40, 56.

LABOULAYE (É.): 18.

LA BRIÈRE (LÉON DE): 28.

LA BRUYÈRE: 176, 233, 369.

LACORDAIRE: 168.

LACOUR (LOUIS): 440, 451.

LACROIX DU MAINE: 256.

LACROIX (PAUL) [Bibliophile JACOB]: 38, 133, 139, 157, 180, 183, 191,
248, 339, 340, 341, 352, 448, 451, 455, 461.

LACURNE DE SAINTE-PALAYE: 345.

LAFARGUE (FERNAND): 248.

LA FIZELIÈRE (A. DE): 156, 157.

LA FONTAINE: 91, 174, 175, 177, 213, 233, 326.

LA HARPE: 188.

LALANDE: 376.

LALANNE (LUDOVIC): 9, 10, 11, 30, 38, 45, 57, 71, 86, 87, 88, 102, 103,
134, 137, 191, 192, 403, 452, 485.

LAMARTINE: 139, 344.

LAMENNAIS: 288.

LA MONNOYE: 376.

LA MOTHE-LE VAYER: 170.

LANCELOT: 288.

LANDRIOT (Mgr): 24.

LANGLÈS: 30.

LANGLOIS (CH.-V.): 314.

LANSON (G.): 69, 172.

LARCHER: 30.

LA ROCHEFOUCAULD (duc DE): 176, 233, 431.

LAROUSSE: 40, 41, 47, 57, 108, 113, 141, 146, 169, 239, 240, 289, 329,
405, 431, 440, 452.

Larron (rel.): 157-158.

LA SABLIÈRE (Mme DE): 234.

LASCARIS: 113.

Latines (typ.), lettres --: 102, 103.

LATOUCHE (HENRI DE): 111.

LAUDE (JULES): 449.

Laurentienne (la), bibliothèque de Florence: 192, 205.

Laurentinum: 167.

LAURIN (MARC): 31.

LA VALLIÈRE (duc DE): 1.

LA VALLIÈRE (Mlle DE): 141.

_Lavallière_ ou _La Vallière_, couleur -- (rel.): 141, 392.

LAVEDAN (LÉON): 369.

LAVISSE: 170.

_le_ ou _la_, noms propres précédés de cet article, comment les écrire:
233.

LÉAUTÉ: 42.

LEBEUF (abbé): 340.

LEBRETON: 52.

LEBRUN-PINDARE: 376.

LECLERC (ÉMILE): 2, 40, 42, 46, 52, 74, 80, 81, 86, 91, 92, 96, 97, 98,
102, 104, 106, 107, 234, 238, 381, 383, 384, 393, 403, 429, 433, 434,
436, 442, 449, 452.

LECLERC (SÉBASTIEN): 3.

LE CLERC (VICTOR): 172, 233.

LECOQ (JEAN): 71.

LECOY DE LA MARCHE: 9, 102, 103, 131, 453.

Lecture, amour des livres et de la lecture: 1-36; -- au lit, à table:
366, 367, 369, 370; l'heure la plus favorable pour la --: 370; ne pas
lire des heures entières sans interruption: 370. Voir Livre.

LEFEVRE (THÉOTISTE): 78, 81, 98, 105, 381, 432, 453.

LEFÈVRE, libraire-éditeur: 90.

LEFRANC DE POMPIGNAN: 377.

LE GALLOIS: X, 453.

LE GASCON, relieur: 133.

LEGOUVÉ (E.): 24.

LE MAIRE (JEAN): 233.

LEMAÎTRE (JULES): 172.

LEMARE: 431.

LEMERRE (ALPHONSE), auteur du _Livre du bibliophile_: 55, 157, 454.

LENAIN DE TILLEMONT: 236.

LE NOIR (PHILIPPE): 72.

LENORMAND (SÉB.): 126, 131, 146, 147, 150, 453.

LÉON X, Pape: 87.

LE PETIT (JULES): 134, 153, 154, 186, 187, 188, 451, 453, 456.

_Lepisma_, insecte bibliophage: 323.

LEROY (EDMOND): 137.

LE SAGE: 16, 232.

LESCARBOT (MARC): 251.

LESNÉ: 123, 144, 146, 147, 149, 151, 154, 155, 454.

LETELLIER ou LE TELLIER: 1.

LETRONNE: 376.

Lettres (les Belles-Lettres), Sainte-Beuve écrivant ce mot avec une L
majuscule: 19; «un homme de lettres ne devrait jamais déménager»: 203;
amour des --: voir Lecture et Livre.

Lettres ou caractères (typ.): 95 et suiv.; -- basses: 96, 97; --
courtes: 97; -- longues: 96; -- longues hautes: 97; -- longues basses:
97; -- allongées: 102, 103; -- alsaciennes: 102, 103; -- antiques: 102,
103; -- blanches: 102, 103; -- blanches ombrées: 102; 103; -- bouclées:
102, 103; -- capillaires: 102; -- élastiques: 102, 103; -- écrasées:
102; -- égyptiennes: 102, 103; -- grises: 102; -- italiennes: 102, 103;
-- jensoniennes: 102, 103; -- latines: 102, 103; -- maigres: 102, 103;
-- normandes: 102, 103; -- onciales: 102; -- supérieures: 104; --
tourneures ou tournures: 102; -- filigranées: 102; -- dragontines ou
saxonnes: 102, 103; -- de forme: 103; -- de somme: 103. caractères
elzevier, italique, romain: voir ces mots.

LEU (THOMAS DE): 346.

LEVALLOIS (JULES): 172.

Librairie: 109; -- d'occasion: 180-185.

_Library Journal (the)_: 366, 368.

LIBRI (G.): 18.

Ligne (typ.), -- de pied: 78; -- de queue: 78; -- de tête: 78.

Lingot (typ.): 79.

LIPSE (JUSTE): 86.

LISEUX (ISIDORE): 136.

LITTRÉ (ÉMILE): V, 8, 45, 47, 65, 66, 69, 71, 72, 89, 104, 116, 141,
158, 169, 234, 268, 336, 387, 401, 402, 405, 406, 437, 438, 440.

Livre, amour des livres et de la lecture: 1-36, 189; le livre et le
journal: 4; la vraie lecture, c'est celle du livre: 4; le livre et les
sports: 5; amour des livres et des Lettres dans l'antiquité, au moyen
âge et de nos jours, ce qu'on a dit de plus remarquable à ce sujet:
6-26; «l'univers n'est gouverné que par des livres»: 15; «rien de plus
beau qu'un beau livre»: 17, 27; «les livres, les seuls amis que le temps
ne nous enlève pas»: 24; on ne lit bien un livre que s'il vous
appartient: 28; livres de cabinets de lecture, véhicules de maladies
contagieuses: 29, 371-373; faut-il prêter ses livres: 30-36; livres
anciens, incunables: 69-72, 85, 437; il n'existe aucun livre sans faute:
111; faut-il faire relier les --: 119 et suiv.; -- sont des amis qu'il
faut pouvoir traiter familièrement: 121; un relieur ne doit jamais dire
d'un livre: «C'est un bouquin»: 155; achat des --: 165-189; «leur
multitude dissipe l'esprit»: 166; livres de référence: 156, 168; -- en
blanc: 158; -- de chevet: 173 et suiv.; -- brochés: 180; comment ils
étaient rangés autrefois dans les bibliothèques: 191 et suiv.;
l'humidité, la grande ennemie des livres: 198; un livre est un être
vivant: 199, 317; -- doit être placé dans une bibliothèque de manière à
n'être jamais cherché, mais simplement pris: 218; -- ont besoin d'air:
317; avec quoi les essuyer: 318; les ennemis des livres: insectes,
souris, rats, poussière, humidité, soleil, gaz, collectionneurs,
emprunteurs, femmes, etc.: 321-326, 336-354; nettoyage et réparation des
--: 327-336; équarrissage des --: 340-342; comment couper les feuillets
d'un livre broché: 354-359; la meilleure manière de retirer un livre
rangé avec d'autres sur un rayon de bibliothèque: 359-360; par où et
comment tenir un livre: 360; un bon livre est un ami: 361; respect dû
aux livres: 361-365; précautions à prendre dans le maniement et pour la
conservation des livres: 365-373; doit-on les annoter (notes
manuscrites): 373-377; apothéose des livres: 377; «se vendre bien ne fut
jamais la marque infaillible de la bonté d'un livre»: 461; etc.

LOEW: 325.

LOMEIER (J.): 453, 454.

LORENZ (OTTO): 23, 170, 301, 353, 451, 454, 456.

LOUANDRE (CH.): 177, 454, 459.

LOUIS (saint): 238, 369.

LOUIS XII: 39, 107.

LOUIS XIII: 197.

LOUIS XIV: 12, 18.

LOUIS XV: 139.

LOUISY (P.): 106, 110, 180, 191, 452, 454.

LUBBOCK (J.): 16, 455.

LUC (saint): 9, 365.

LUCAS (CH.): 450.

LUCIEN DE SAMOSATE: 6, 8.

Lumière solaire, -- du gaz, -- électrique; leur action sur la couleur
des papiers: 337-339.


M

MABUN (JEAN): 257.

MAC-LAURIN ou MACLAURIN: 235, 288.

Maculatures (pap. et typ.): 40, 41.

_Magasin pittoresque (le)_: 40, 56, 147, 173, 248, 323, 326, 330, 333,
343, 349, 353, 356, 455.

MAIGNE: 126, 131, 146, 147, 150, 453, 455.

Main (pap.): 52.

MAÏOLI. (THOMAS): 30, 36, 133.

MAIRE (ALBERT): 40, 52, 56, 67, 84, 104, 105, 131, 132, 144, 149, 156,
192, 200, 201, 202, 210, 220, 223, 224, 230, 234, 238, 245, 248, 249,
253, 254, 257, 258, 259, 260, 292, 295, 318, 321, 325, 376, 393, 449,
450, 455, 485.

MAISTRE (J. DE): 17, 233.

MALHERBE: 33, 144, 176.

MANQUEST: 52.

Manuscrit, s; abréviation de ce mot: 393.

MARAT: 139.

MARCHAND (PROSPER): 258.

Marche (typ.): 1-2.

Marges des livres: 149; leur importance: 154, 155; fausses marges: 156,
157.

MARMONTEL: 432.

Maroquin (rel.): 131.

Marque d'eau (pap.): 44.

Marques des anciens imprimeurs: 71-72.

MARTIN (GABRIEL): 258.

MARTIN (HENRI), archiviste paléographe: 236.

MARTIN (HENRI), historien: 159, 170, 171, 236-237.

MARTIN (HENRI), professeur: 237.

MARTIN (LOUIS-AIMÉ): 248.

MARTINI: 148.

MARTONNE (G.-F. DE): 446, 455.

MASPÉRO: 170.

MASSOL: 289.

MAURY (ALFRED): 455, 459.

MAZADE (CH. DE): 171.

MÉLANCHTHON (SCHWARZERD): 242, 243.

Membrures (rel.): 128.

_Mémorial de la librairie française_: 42, 49, 58, 63, 323, 339, 353,
455.

MÉNAGE (GILLES): 5, 111.

MENDEL (CH.): 442, 456.

MÉRAY (ANTONY): 24, 330, 331, 332, 335.

MERCIER (SÉBASTIEN): 121, 124.

MÉRIMÉE: 89.

MESME (Président DE): 456.

MEUNIER DE QUERLON: 33.

MICHAULT (PIERRE): 430.

MICHEL (MARIUS): 134, 456.

MICHELET, historien: 113, 170, 171.

Mignonne (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

Millésime (d'un volume): 113.

MILTON: 16.

Ministre, papier --: 53.

MIQUEL (P.): 325.

MIRABEAU: 376.

Moins ou tiret (typ.): 432.

MOÏSE: 9, 365.

MOLIÈRE: 91, 174, 177, 236.

MOLINIER (A.): 260, 450.

MONMERQUÉ: 170.

MONTAIGLON (M. DE): 251.

MONTAIGNE: 7, 11, 28, 141, 174, 178, 188, 343, 402.

MONTAIGU (ÉMILE): 172.

MONTALTE (LOUIS DE), pseud. de Pascal: 241.

MONTEIL (ALEXIS): 170.

MONTESQUIEU: 5, 13, 14, 236.

MONTORGUEIL (GEORGES): 450.

MORANTE (marquis DE): 206.

MOREAU, dessinateur et graveur: 3.

MOREAU (GEORGES): 2.

MOREL (J.), imprimeur: 86.

MORELLET: 376.

Mors d'un livre (rel.): 128, 146.

MORTET (V.): 46.

Mot d'ordre (classific.): 222, 225, 232.

MOUCHY (duchesse DE): 353.

Mouillures (taches d'humidité): 329, 330.

MOURAVIT (G.): X, 6, 22, 23, 27, 28, 30, 43, 91, 92, 123, 134, 137, 138,
143, 167, 168, 176, 186, 187, 206, 259, 261, 263, 353, 377, 445, 452,
454, 456, 457, 458, 461, 485.

Moyenne de fonte (typ.), caractère d'impr.: 98.

MULSANT (E.) (UN BIBLIOPHILE): 321, 353, 455, 456.

MUNIER (J.-B.): 52, 456.

MURRAY: 111.

_Musée des familles_: 121.

MUSSET (ALFRED DE): 135, 374.

MUSURUS: 113.


N

NAIGEON: 376.

NAMUR (P.): 198, 231, 283, 289, 429, 430, 431, 456.

NAPOLÉON 1er: 138, 140.

NAPOLÉON III: 138.

_Nature (la)_: 40, 42, 46, 47, 50, 51, 56, 59, 117, 338, 440, 456.

NAUDÉ (GABRIEL): XII, 122, 174, 193, 194, 196, 197, 257, 456.

NAUMANN: 324.

NÉE DE LA ROCHELLE: 258.

Nerfs ou nervures (rel.): 120, 129, 146.

Nettoyage des bibliothèques et des livres: 318 et suiv.

_Ne varietur_, édition --: 70, 404.

NIVEL: 71.

NOAILLES (vicomtesse DE): 353.

Nobiliaire, particule --: voir _de, du, d'_.

NODIER (CHARLES): 26, 34, 326, 376, 457.

Nonpareille (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

Normandes (typ.), lettres --: 102, 103.

Note, appel de --: 435, 436.

Notes tironiennes: 71, 381.

Numération romaine: 427-431.


O

Obèle, obélisque (typ.): 436.

_Obit_ (typ.): 97.

Occasion, librairie et livres d'--: 180-185.

ŒCOLAMPADE (HAUSSCHEIN): 242, 243.

_Œcophora_, insecte bibliophage: 321, 322.

Œil (typ.), -- des caractères: 96.

ŒTTINGER (ÉD. M.): 457.

Oiseau, reliure à l'--: 142.

Onciale (typ.), lettre --: 102.

Onglet (typ. et rel.): 81, 151.

OSYMANDIAS: 4.

OVIDE: 11, 339.


P

PADELOUP, relieur: 133.

Page, nombre de pages des feuilles selon les formats: 72-74, 82; belle
-- (typ.): 115; fausse -- (typ.): 115.

Paléotype, synon. d'incunable: 69.

Palestine (typ.), caractère d'impr.: 98.

Paon, queue de paon (papier de couleur): 395.

Papier, élément essentiel et fondamental du livre: 37; son origine,
anciens procédés de fabrication: 39 et suiv.; procédés modernes, grande
consommation actuelle: 40 et suiv.; -- à la forme: 43 et suiv.;
blanchiment du --: 43; papier à la machine, papier de bois: 43 et suiv.;
mauvaise qualité de la plupart des -- modernes: 43, 60; couleur de -- la
moins fatigante pour les yeux: 50-51; «Ménagez vos yeux»: 50-52;
funestes effets des impressions sur -- rouge ou rose: 51-52; dimensions
et modes d'emploi des principales sortes de papiers: grand aigle,
colombier, soleil, jésus, raisin, double couronne, cavalier, carré,
coquille, écu, couronne, tellière ou ministre, pot ou écolier, cloche:
53, 77, 78; altération de la couleur des --: 58 et suiv., 338-339;
moyens de reconnaître la qualité des --: 59-63; papiers dangereux, leur
désinfection: 29, 325, 372; -- brouillard (buvard): 47, 48; -- bulle:
57; -- buvard: 47; -- Canson: 55; -- de Chine: 38, 39, 55, 60, 152; --
collé, non collé, demi-colle: 47, 48, 331; -- couché: 48, 49; -- glacé,
inconvénients des papiers trop glacés: 49; -- gris (buvard): 48; -- de
Hollande: 39, 54, 152; -- indien d'Oxford: 57; -- du Japon: 39, 56, 60;
comment couper le papier du Japon: 359; -- joseph: 57; -- parchemin ou
parchemin végétal: 56; -- pelure: 56; -- porcelaine: 57; -- serpente:
56; -- de soie: 57; -- végétal ou à calquer: 57; -- vélin: 39, 55, 131;
-- vergé: 38, 54; -- Whatman: 38, 39, 55.

Papyrus: 39.

Paragraphe (typ.): 435.

Parchemin: 56, 131.

PARENT (aîné): 289, 457.

Parenthèses (typ.): 434.

Paris, mieux pourvu en grandes bibliothèques que toute autre ville du
monde: XII; bibliothèque de la ville de Paris (musée Carnavalet),
classement des livres: 295-297.

PARIS (GASTON): 172.

PARIS (PAULIN): 172.

Parisienne (typ.), caractère d'impr.: 98.

PARVILLE (HENRI DE): 456.

PASCAL: 25, 141, 177, 179, 229, 241.

PATIN (GUI): 12.

PAULMY (marquis DE): 1, 21, 247, 376.

Peigne (pap. et rel.), papier --, tranches --: 395.

PEIGNOT (G.): 6, 11, 31, 85, 87, 168, 200, 289, 318, 319, 320, 321, 453,
457-458.

PELLECHET (Mlle MARIE): 72, 323, 353, 458.

PELLET (MARCELLIN): 134.

PELLISSIER (GEORGES): 172.

Perle (typ.), caractère d'impr.: 98.

Petit-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.

PETIT DE JULLEVILLE: 172.

Petit-parangon (typ.), caractère d'impr.: 98.

PETIT-RADEL: 402, 452, 458, 485.

Petit-romain (typ.), caractère d'impr.: 93, 101.

Petit-texte (typ.), caractère d'impr.: 98.

PETITOT: 170.

PÉTRARQUE: 10, 86, 192, 458.

PETZHOLDT: X, 192, 193, 221, 444, 449, 458.

Philosophie (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

PICHON (J.): 459.

Pièce, synon. de brochure (plaquette): 66, 67.

Pièce ou étiquette (rel.): 160.

Pied-de-mouche (typ.): 436.

PIGOUCHET (PHILIPPE): 72.

PINÇON (P.): 446, 459.

Pipe (rel.): 129.

Piqûres (taches d'humidité): 329, 330.

PLANCHE, helléniste: 243.

PLANTIN: 3, 71, 106, 179.

Plaquette, définition de ce mot: 66, 67.

Plats (rel.): 125; -- de bois: 125, 322.

Pleins (typ.), -- d'une lettre: 97.

PLESSIS (YVE): voir YVE-PLESSIS.

PLINE L'ANCIEN: 6, 428, 429, 439.

PLINE LE JEUNE: 6, 7, 167, 174, 439.

PLUMIER, botaniste: 31.

PLUTARQUE: 6, 7, 8, 11.

Poignard (typ.): 436.

Point d'exclamation entre parenthèses (!): 435.

Point d'interrogation entre parenthèses (?): 435.

Points suspensifs (...): 229, 435, 436.

Point typographique: 95, 96, 101.

POISSON (P.): 401, 459.

Police (typ.), -- d'un caractère: 104, 105.

_Polybiblion_: 301, 459.

POMPADOUR (marquise DE): 353.

PONSARD: 19.

Pontuseaux (pap.): 44, 54.

POREL: 352.

Porse (pap.): 45.

Pot (pap.): 53.

Pousser un titre (rel.): 130, 159.

PRAET (van): 234-235.

_Pratique médicale (la)_: 316.

PRIEUR: 259, 264.

Primes offertes pour achats de livres: 185.

PSAUME: 459.

PUTEANUS (GUILLAUME DUPUIS): 86.


Q

QUENTIN-BAUCHART (ERNEST): 353, 459.

QUÉRARD (J.-M.): 170, 240, 433, 440, 442, 443, 451, 454, 455, 459.

QUERCETANUS (ANDRÉ DUCHESNE): 242.

Queue (rel.), -- d'un livre: 127.

Queue (typ.), -- d'une lettre: 97.

Queue de paon (papier de couleur): 395.

QUILLET, «roi des équarrisseurs de livres»: 341-342.

QUINET (EDGAR): 171.


R

RABELAIS: 30, 31, 159, 174.

RACINE: 67, 91, 159, 177, 286, 375.

RAFFET: 140.

RAGUSE (duchesse DE): 353.

Raisin (pap.): 53, 77.

Rame (pap.): 52.

RANDON DE BOISSET: 31.

RATMAN (MARY): 135.

RAUCONET: 113.

Ravet, insecte bibliophage: 322.

Rayons ou tablettes; rayonnage, base du mobilier dans toute
bibliothèque: 200 et suiv.; rayonnage fixe, -- mobile, -- à
crémaillères, -- à clavettes: 202 et suiv.

Réclame (typ.): 69, 79.

RECLUS (ÉLISÉE): 172, 403, 433.

Recueils factices: 153.

Référence, livres de --: 156, 168.

Registre (typ.): 69.

Registre d'entrée (classific.): 211, 223, 224, 285.

REGNAULT (ÉLIAS): 171.

REGNAULT (PIERRE): 250.

REGNIER (ADOLPHE): 176.

REGNIER (MATHURIN): 91, 174.

Relieurs, leur tendance à trop rogner les livres: 154-155, 346-347; un
relieur ne doit jamais dire d'un livre: «C'est un bouquin»: 155; où
trouver de bons --: 164.

Reliure: 119-164; faut-il faire relier les livres: 119-120; couture de
la --: 120 et suiv.; reliure ou cartonnage bradel: 124, 143, 144;
reliure et demi-reliure: 124 et suiv.; -- pleine: 130-132; -- en cuir de
Russie: 131, 338, 368, 369; -- en toile: 132; -- à la salamandre: 133;
-- d'art: 132, 133; -- en peau humaine: 134 et suiv.; -- à musique: 138;
-- uniforme: 139; -- janséniste: 141-142; -- à la fanfare: 142; -- à
l'oiseau: 142; -- à l'S barré: 142; -- anglaise: 145; -- sans couture ou
arraphique: 150. Ne pas faire relier les livres récemment imprimés:
151-152. Conseils pratiques pour la --: 151-164. Tarif de reliures: 163.

_Reliure (la)_, revue mensuelle: 162, 460.

RENAN (E.): 170, 172.

_Renart (Roman de)_: 9.

RENAUDOT: 12.

RENEL: 46, 47.

RENIER (LÉON): 447.

RENOUARD (A.-A.): 176, 433, 458, 460.

Réparation des livres: 327 et suiv.

Répons (℟.): 436.

Réserve (de la Bibliothèque nationale): 209, 249.

RESTIF DE LA BRETONNE: 203.

RETZ (cardinal DE): 177.

_Revue biblio-iconographique_: 40, 60, 61, 63, 460.

_Revue des bibliothèques_: 40, 46, 228, 460.

_Revue des Deux Mondes_: 18.

_Revue internationale des bibliothèques_: 314.

_Revue scientifique_: 29, 49, 304, 306, 315.

_Revue universelle_ (précédemment _-- encyclopédique_): 2, 135, 136,
137, 138, 169, 173, 373.

RHENANUS, historien: 113.

RICH (ANTHONY): 172.

RICHARD (JULES): 22, 34, 38, 109, 112, 123, 139, 152, 160, 175, 176,
186, 199, 219, 221, 318, 319, 376, 460.

RICHELIEU (cardinal): 340.

RICHET (CHARLES): 304, 315.

RICHOU (G.): 460.

RIGAULT (H.): 22.

RIGAULT, imprimeur: 71.

RIS-PAQUOT: 329, 331, 460.

RIVE (abbé): 136.

Rubricateur: 71.

ROBERT (LOUIS): 43.

ROBERT (ULYSSE): 450, 460.

ROCCA (ANGE): 111, 112.

ROD (ÉDOUARD): 172.

ROLLIN: 27.

Romain (typ.), genre de caractères: 95, 99, 100, 101, 116.

ROME (DE), relieur: 133, 135, 142; sa tendance à trop rogner les livres:
347, 348.

Rondage: 231.

Ronde, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.

RONSARD: 11.

ROTHSCHILD (M. DE): 251.

ROUSSEAU (J.-J.): 178, 179, 288, 433.

ROUSSEL: 159.

ROUSSET (commandant): 171.

ROUVEYRE (ÉD.): 25, 34, 70, 75, 85, 126, 156, 157, 202, 208, 219, 272,
318, 334, 340, 371, 393, 440, 441, 443, 460, 461, 462.

ROVER: 206.

ROYER-COLLARD: 168, 433.


S

S barré, reliure à l'--: 142.

SACY (SILVESTRE DE), son article «mémorable» sur sa bibliothèque, adieux
à ses livres: 25-26; 182.

SADE (marquis DE): 136.

Saint, e, comment écrire les noms propres dans lesquels figure ce mot
(saint Paul, Saint-Simon, église Saint-Pierre, etc.): 238.

Saint-augustin (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.

SAINT-FOIX (G.-F. DE): 239.

SAINT-MAUR (Bénédictins de): 172, 339.

SAINT-PIERRE (BERNARDIN DE): 16, 239, 248.

SAINT-SIMON, historien: 171, 177, 179.

SAINT-VICTOR (J.-M. BINS DE): 239.

SAINTE-BEUVE: 12, 14, 16, 17, 19, 25, 26, 168, 172, 174, 239, 376, 461.

Salamandre, reliure à la --: 133.

SALDEN: 23.

SALOMON: 9, 12.

SAND (GEORGE): 241, 242.

SARCEY (FRANCISQUE): 117, 169.

SAUVAGE (ED.): 306, 309, 310, 311, 312.

Savigny (Christofle de): 256.

SAVOT (LOUIS): 197.

Saxonnes, lettres --: 103.

SCALIGER: 36, 86, 167.

SCHOEFFER: 103.

SCHOELCHER (VICTOR): 31.

SCHWARZERD (OU SCHWARTZERDE): 242.

SCOTT (WALTER): 16, 160.

Sédanaise (typ.), caractère d'impr.: 98.

SÉGUIER (chancelier): 18.

SÉNÈQUE LE PHILOSOPHE: 6, 7, 165, 166, 174.

SERÉ (FERNAND): 191, 452, 461.

Serpentante, méthode de classement des livres: 211.

SÉVIGNÉ (Mme DE): 12, 13, 28, 176, 179, 233, 234, 236.

SHAKESPEARE: 174.

SHEPHERD J. FRANZ: 117.

SIEYÈS: 174.

Sigles (abréviat.): 70, 71, 381.

Signature (typ.): 69, 75, 78-79, 81. Tableau des signatures dans les
principaux formats: 82.

Signet (rel.): 129.

SILVESTRE (L.-C.): 72, 461.

SMYTH: 148.

SOBOLSTCHIKOFF (B.): 461.

Soleil, son action sur la couleur des reliures: 337; -- des papiers:
339.

Soleil ou petit colombier (pap.): 53.

SOPHIE (Mme), fille de Louis XV: 139.

SOPHOCLE: 10.

Sorbonne, bibliothèque de la --, classement des livres: 292-294.

SOREL (ALBERT): 171.

SOREL (CHARLES): 461.

SOUBISE: 1.

Souscription ou _explicit_ (typ.): 70.

Souscription (bibl.), se méfier des ouvrages publiés par --: 185.

SPON: 12.

STAENDER (docteur): 206.

STAPFER (PAUL): 41, 172.

STARK: 108, 448.

STEIN (HENRI): 314, 440, 461.

STEPHANUS (HENRI ESTIENNE): 242.

Stéréotypie: 107, 108.

STERN (DANIEL): 171.

STERNE: 135.

Stromates, recueils factices: 346.

Style, vieux style, nouveau style (chronologie): 398.

SUARD: 135.

SUE (EUGÈNE): 136.

Suscription ou _incipit_ (typ.): 69.

SYDENHAM: 15.


T

Table alphabétique: voir Index.

Table des matières, de l'avis des plus compétents bibliographes, doit
être placée en tête du livre: 485.

Tablettes (de bibliothèque): voir Rayons.

Taches sur les feuillets des livres, moyens de les enlever: 328-336.

TACITE: 339.

TAINE (HIPPOLYTE): 171, 172.

Talus (typ.), -- des caractères: 96.

TALLEMANT DES RÉAUX: 35, 36.

TALLEYRAND (M. DE), sa bibliothèque: 215-216.

TANNERY (J.): 47.

TANNERY (PAUL): 428.

TASSIS (A.): 2, 234, 238, 462.

TAYLOR (E. F.), bibliographe anglais: XI, 433, 447.

TECHENER (J.-J.): 433, 462.

TEDDER (H. R.), bibliographe anglais: XII, 433, 447.

Tellière (pap.): 53.

Témoins (rel.): 157.

TEMPORAL (JEHAN): 72.

_Temps (le)_: 2, 352.

TENANT DE LATOUR: 189, 216, 217, 462.

Tête d'un livre (rel.): 127; doit toujours être rognée: 156-157.

TEXIER (EDMOND): 122-123.

THÉOPHRASTE: 350.

THIELMAN KERVER: 72.

THIERRY (AUGUSTIN): 170.

THIERS: 138, 154, 170.

THOMAS (E. C.), bibliographe anglais: XII, 447.

THOU (MM. DE): 1, 38, 232, 258, 348, 376.

THOUVENIN, relieur: 133, 142.

THUREAU-DANGIN: 171.

Timbrage des volumes dans les bibliothèques publiques: 230.

Tirage (libr.), définition de ce mot: 67.

Tirage (typ.): 107, 108.

Tiret ou moins (typ.): 432.

TIRO (TULLIUS): 71.

Tironiennes, notes --: 71, 381.

TISSANDIER (GASTON): 332, 334.

TITE-LIVE: 339.

Titre des livres: 113-116; -- courant (typ.): 113-114; -- de départ
(typ.): 114, 116; -- à pousser (rel.) 130, 159-160; grand titre ou
frontispice (typ.): 69, 115-116; faux titre (typ.): 114, 115.

Tome, définition de ce mot: 66.

TORY (GEOFFROY): 72.

Tourniquet (papier de couleur): 395.

Train (rel.): 152.

Trait d'union ou division (typ.): 238, 248, 432-434.

Tranche, tranches d'un livre (rel.): 127.

Tranche-file (rel.): 128.

TRAUTZ-BAUZONNET: 133, 134.

TRILLAT: 325.

Triple-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.

Trismégiste (typ.), caractère d'impr.: 98.

Tuberculose, sa propagation par les livres: 29, 371-373.


U

Université de France (Sorbonne), classement des livres: 292-294.

URBAIN (V.): 42.

UZANNE (O.): 5, 7, 32, 33, 34, 134, 145, 351, 352, 439, 440, 441, 461,
462.


V

VACHON (MARIUS): 462.

VALÈRE-MAXIME: 350.

VALINCOUR: 26.

VALLÉE (LÉON): 463.

VAN PRAET: 234-235.

VARRON: 6.

VASCOSAN: 72.

VAULABELLE (A. DE): 171.

VAUVENARGUES: 14.

Vedette (catalogues et classific.), fiche --: 221, 253.

Vélin (pap.): 39, 55, 131.

Vénitiennes (typ.), lettres --: 100.

VÉRARD: 72, 249.

Vergeures (pap.): 44, 54.

VERNET (H.): 140.

VERRUE (comtesse DE): 353.

Vers et insectes bibliophages: 320 et suiv.

Verset (℣.): 436.

VEYDT (L.): 135.

VIAN: 234.

VICTOIRE (Mme), fille de Louis XV: 139.

VIGNEUL-MARVILLE: 38.

VIGNY (ALFRED DE): 168.

VILLEMAIN: 21.

VILLOTTE (LOUIS DE): 108.

VINET (A.): 24.

VIRGILE: 11.

VITRUVE: 196, 197.

VITU (A.): 463.

VIVONNE (duc DE): 12.

VOSTRE (SIMON): 72.

VOLTAIRE: 12, 14, 15, 20, 41, 167, 168, 174, 178, 236, 240, 241, 242,
288, 376, 377, 435.

Volume, définition de ce mot: 66.


W

WECHEL: 71.

WERDET (EDMOND): 88, 463.

Whatman, papier --: voir Papier.

WIESNER: 338, 339.


Y

YVE-PLESSIS (R.): 35, 325, 326, 463.


Z

ZÉNON LE STOÏCIEN: 15.

ZOLA (ÉMILE): 68.



NOTES


  [1] G. MOURAVIT, _le Livre_, p. 370.

  [2] LE GALLOIS, auteur d'un _Traité des plus belles bibliothèques de
    l'Europe_ (Paris, Michallet, 1680).

  [3] Rien ne réussit mieux en France que ce qui n'est pas français: on
    l'a dit souvent et depuis longtemps: «Les François ont toujours eu
    cela de bon (entre autres mauvaises graces) de prester plus
    voulentiers audience et faveur aux estrangers qu'aux leurs propres».
    (BONAVENTURE DES PERIERS, _Nouvelles Récréations_, Nouv. 88, p. 222.
    Paris, Delahays, 1858.)

  [4] «France must be regarded as the real mother of bibliography... The
    labours of French bibliographers, especially after Naudé, converted
    a study, more or less desultory, into a science and a systematic
    pursuit.» (E. F. TAYLOR, _Encyclop. britannica_, art. Bibliography,
    t. III, p. 651, col. 2.) «La France doit être considérée comme la
    vraie mère de la bibliographie... Les travaux des bibliographes
    français, surtout après Naudé, ont converti une étude plus ou moins
    décousue en une science et un travail systématiques.»--Cf. aussi
    CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 6.--«Paris is much better
    provided than London or any other city in the world with great
    public libraries.» (H. R. TEDDER et E. C. THOMAS, _Encyclop.
    britannica_, art. Libraries [Bibliothèques], t. XIV, p. 525, col.
    2.) «Paris est bien mieux pourvu que Londres ou que toute autre
    ville du monde en grandes bibliothèques publiques.»--Et, de l'aveu
    des Allemands eux-mêmes, parmi tous les systèmes de classification
    qu'on possède, le moins imparfait est encore le nôtre, celui de
    Brunet.

  [5] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une bibliothèque_, p. xv.

  [6] Selon les _Règles typographiques de la librairie Hachette_ (pp. 1,
    22 et 50), nous écrivons «CHAPITRE I», comme on écrit «CHAPITRE II,
    III, IV,» etc., et non «CHAPITRE PREMIER», forme employée par la
    plupart des imprimeurs. Autant que possible, nous suivrons
    d'ailleurs, dans le cours du présent livre, la _marche_
    (c'est-à-dire l'ensemble des règles typographiques) de la librairie
    Hachette, qui est aussi la marche adoptée par l'imprimerie Lahure.
    Quantité de ces règles sont non seulement très minutieuses, mais
    aussi très variables et sujettes à caution et à discussions. Sans
    parler de la ponctuation, l'emploi des lettres majuscules et des
    caractères italiques donne lieu notamment à des incertitudes et des
    tâtonnements continuels. Écrira-t-on: Ministère de l'Intérieur, ou
    Ministère de l'intérieur, ou ministère de l'Intérieur, ou ministère
    de l'intérieur? Bibliothèque Nationale, ou Bibliothèque nationale,
    ou bibliothèque nationale? L'architecture du Moyen Age, ou du moyen
    âge? De même, à quels mots mettra-t-on des majuscules dans: le
    _Traité des études_ de Rollin, _la Nouvelle Héloïse_ de Rousseau,
    _les Précieuses ridicules_ de Molière, _De l'esprit des lois_ de
    Montesquieu? Les titres des livres, journaux, etc., devant toujours
    être composés en italique (caractères penchés) lorsque le texte est
    en romain (caractères droits, analogues à ceux-ci), nous avons le
    choix entre: Je lis le _Temps_, Je lis _le Temps_, et Je lis _Le
    Temps_. Cette dernière marche, très justifiable, puisqu'elle
    reproduit le titre exact du journal, est suivie par de bonnes
    imprimeries et d'excellentes publications, comme la _Revue
    universelle_, que dirige avec tant de compétence et de goût M.
    Georges Moreau. La seconde marche: Je lis _le Temps_, conserve
    l'italique au titre entier, mais met une minuscule à l'article, ce
    titre se trouvant compris dans le texte, et la majuscule à l'article
    n'étant de règle qu'au début de la phrase. C'est la marche que nous
    adoptons, tout en reconnaissant que la précédente est tout aussi
    défendable et satisfaisante. Quant à la première: Je lis le _Temps_,
    elle a encore des partisans; ils considèrent ici l'article, non
    comme appartenant au titre du journal, mais «comme partie intégrante
    de la phrase, et il est évident alors qu'il faut l'exprimer comme
    elle, c'est-à-dire en romain,» selon le conseil de
    DAUPELEY-GOUVERNEUR, dans son manuel _le Compositeur et le
    Correcteur typographes_, p. 119. Au début d'un ouvrage concernant
    «le Livre», ces courtes observations typographiques ne paraîtront
    sans doute pas inopportunes. (Outre les deux sources citées
    ci-dessus, voir sur ces questions: AUGUSTE TASSIS, _Guide du
    correcteur, passim_;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels Roret),
    chap. V, pp. 111-198;--E. DESORMES, _Notions de typographie à
    l'usage des écoles professionnelles_: Lecture des épreuves, pp.
    280-321;--etc.)

  [7] Osymandias. Cf. DIODORE DE SICILE, _Biblioth. histor._, I, 49; et
    BOSSUET, _Discours sur l'hist. univers._, III, 3. Dans le texte de
    Diodore, il y a simplement ἰατρεῖον, officine médicinale.

  [8] Et combien de livres sont «journaux» en ce point! Mais ici la
    rapidité et la négligence ne sont pas essentielles à l'œuvre, elles
    ne proviennent que du fait de l'auteur; tandis que le journal,
    pressé par l'actualité, aiguillonné par la concurrence, est tenu de
    se hâter avant tout.

  [9] THÉOPHILE GAUTIER, _Mademoiselle de Maupin_, préface, p. 34.
    (Paris, Charpentier, 1866.)

  [10] «Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on
    doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses.» (MONTESQUIEU,
    _Pensées diverses_, Variétés.--_Œuv. compl._, t. II, p. 431. Paris,
    Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)

  [11] Le mot est de Gilles Ménage. Cf. OCTAVE UZANNE, _Du prêt des
    livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I. p. 35.

  [12] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _Essai sur la lecture_ et _De la
    bibliomanie_;--GABRIEL PEIGNOT, _Œuv._, _passim_, et notamment
    _Manuel du biblioph._, Discours prélimin.;--JULES JANIN, _l'Amour
    des livres_ (plaq. de 61 pp.) et _le Livre_;--JEAN DARCHE, _Essai
    sur la lecture_;--MOURAVIT, _le Livre_;--B.-H. GAUSSERON,
    _Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue_, ouvrage destiné à
    «tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions
    de ceux qui l'ont aimé avant eux» (p. 6), où l'auteur a réuni, comme
    nous allons le faire, un grand nombre de maximes et pensées sur les
    livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les
    écrivains anglais.--Etc., etc.

  [13] «Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas
    res ornant, adversis perfugium ac solatium præbent, delectant domi,
    non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur,
    rusticantur.» (CICÉRON, _Pro Archia_, VII.) C'est encore Cicéron qui
    a dit (_Ad Famil._ [_Varroni_], IX, 4): «Si hortum in bibliotheca
    habes, deerit nihil.» M. OCTAVE UZANNE (_Nos amis les livres_, p.
    268) a délicatement commenté cette sentence: «Seigneur, s'écriait un
    ancien, accordez-moi une maison pleine de livres, un jardin plein de
    fleurs!» Il semble que dans cette prière soit contenue toute la
    quintessence de la sagesse humaine: les fleurs et les livres
    masquent les tristesses de cette vie, et nous font aller en
    souriant, l'œil égayé, l'esprit bienheuré, jusqu'au jour de la
    grande échéance définitive, au vrai quart d'heure de Rabelais.»

  [14] SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, 82.--Pour abréger, je m'abstiens
    de citer le texte original, mais en maintenant l'indication de la
    source, qui permet de s'y référer sans difficulté.

  [15] ID., _De la tranquillité de l'âme_, III. Cf. aussi _De la
    brièveté de la vie_, XIV et XV, etc.

  [16] _Lettres_, I, 13.

  [17] PLINE LE JEUNE, _Lettres_, III, 5.

  [18] MONTAIGNE, _Essais_, II, 2; t. II, p. 109. (Paris, Charpentier,
    1862.)

  [19] PLUTARQUE, _Vie de Coriolan_. Voir aussi les _Œuv. morales_,
    _pass._

  [20] § XVII.

  [21] _Histoire ecclésiastique des Francs_, préface.

  [22] Le mot _bibliothèque_ (de βιβλίον, livre, et θήκη, lieu de dépôt)
    s'emploie dans quatre acceptions différentes. Il signifie: 1º un
    édifice ou une salle servant à contenir une collection de livres: la
    bibliothèque Sainte-Geneviève; cet écrivain vit enfermé dans sa
    bibliothèque; 2º les tablettes ou le meuble garni de tablettes sur
    lesquelles les livres sont rangés: une bibliothèque en chêne; 3º une
    collection de livres: posséder une nombreuse bibliothèque; 4º une
    série d'ouvrages ayant un caractère commun: la _Bibliothèque bleue_,
    la _Bibliothèque des voyages_. Au lieu de bibliothèque, on disait
    autrefois _librairie_: la librairie du roi Charles V. (LITTRÉ et
    HATZFELD, _Dictionn._)

  [23] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 29 et suiv., 150 et
    suiv., 186 et _pass._; LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la
    Miniature_, p. 90; etc.--Lalanne ajoute (p. 32) que, dans beaucoup
    de couvents, cette règle de la copie des manuscrits «n'était guère
    mieux observée que les vœux de pauvreté, de chasteté et
    d'obéissance».

  [24] Vers 39.

  [25] M. Hippolyte Cocheris en a donné une excellente édition avec
    traduction. (Paris, Aubry, 1856. In-16.)

  [26] LALANNE, _loc. cit._, p. 186.

  [27] _Philobiblion_, chap. I, pp. 16-17.

  [28] _Loc. cit._, chap. III, p. 28.

  [29] _Loc. cit._, chap. XVII, p. 143 et _pass._--Cf. _infra_, chap.
    IX, pp. 364-365.

  [30] LALANNE, _loc. cit._, pp. 226-227.

  [31] Voir PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. I, pp. XXXI et suiv.;
    LALANNE, _loc. cit._, pp. 191 et suiv.

  [32] _Poésies pour Hélène_, X, _Élégie_. (_Œuv. chois._, p. 64. Paris,
    Garnier, 1841. In-18.)

  [33] MONTAIGNE, _Essais_, III, 3; t. III, pp. 360-367. (Paris,
    Charpentier, 1862.)

  [34] _Ibid._, pp. 365-366.

  [35] Cf. VOLTAIRE, _Siècle de Louis XIV_, chap. XXVI. (_Œuv. compl._,
    t. II, p. 446. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870. 8 vol. in-4.)

  [36] GUI PATIN, _Lettres choisies_, lettre VIII, p. 27. (Paris, Jean
    Petit, 1688.) Littérairement, Gui Patin devrait se placer avant
    l'avènement de Louis XIV. «Gui Patin se croyait sorti du XVIe
    siècle, et il ne l'était qu'à demi,» dit fort bien SAINTE-BEUVE.
    (_Caus. du lundi_, 3e édit., t. VIII, p. 97.)

  [37] Lettre du 14 décembre 1689. (_Lettres de Mme de Sévigné_, t. VI,
    p. 58. Paris, Didot, 1867. 6 vol. in-18.)

  [38] Lettre du 15 juin 1689.

  [39] Lettre du 17 juillet 1689.

  [40] Lettre du 23 septembre 1671.

  [41] Lettre du 15 janvier 1690.

  [42] Lettre du 16 novembre 1689.

  [43] _Les Aventures de Pyrrhus_. (_Œuv. compl._, t. IX, p. 463. Paris,
    Garnier, 1876. 20 vol. in-8.)

  [44] Liv. II, p. 28. (Paris, Dezobry, s. d.)

  [45] _Pensées diverses_, Portrait. (_Œuv. compl._, t. II, pp. 419-420.
    Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)

  [46] MONTESQUIEU, _Discours sur les motifs qui doivent nous encourager
    aux sciences_. (_Œuv. compl._, t. II, p. 402.)

  [47] _Pensées diverses_, Portrait. (_Œuv. compl._, t. II, p. 424.)

  [48] Cf. SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. III, p. 411.

  [49] _Réflexions et Maximes_, p. 276. (Paris, Didot, 1858. In-18.)

  [50] Lettre de décembre 1744. (_Œuv. compl._, t. VII, p. 651. Paris,
    édit. du _Siècle_, 1867-1870.)

  [51] Lettre au cardinal de Bernis, 18 janvier 1764.

  [52] _Dictionn. philos._, art. Livres.

  [53] _L'Homme aux quarante écus_, chap. X.

  [54] _Dialogue XXIV._ (_Œuv. chois._, t. I, p. 184. Paris, Biblioth.
    nation., 1866, 3 vol. in-16.) Cf. la réponse de l'oracle à Zénon le
    Stoïcien sur le meilleur genre de vie et la règle capitale de
    conduite à adopter: «Converse avec les morts» (avec les livres).

  [55] _Paul et Virginie_, pp. 93-94. (Paris, Didot, 1859, In-18.)

  [56] _Ap._ LUBBOCK, _le Bonheur de vivre_, trad., p. 54. (Paris,
    Alcan, 1891.)

  [57] WALTER SCOTT, notice sur Le Sage, _ap._ SAINTE-BEUVE, _Caus. du
    lundi_, t. dernier (sans numéro), table, p. 28.

  [58] _Vic. de Wakef._, trad. Fournier, chap. XX, p. 144. (Paris, M.
    Lévy, 1869.) Et, un siècle avant Goldsmith et Gray, MILTON disait,
    «en un latin superbe» (B.-H. GAUSSERON, _loc. cit._, p. 46):

      Et totum rapiunt me, mea vita, libri.

  [59] Cf. SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. VIII, p. 436.

  [60] Comme écrivain, P.-L. Courier (1772-1825) appartient bien au XIXe
    siècle, mais la lettre d'où est extrait cet éloge des livres et de
    la «relecture» est datée du 10 septembre 1793. Voir P.-L. COURIER,
    _Œuv._, p. 425. (Paris, Didot, 1865. In-18.)

  [61] _Pensées_, CCXI, t. II, p. 146. (Paris, Didier, 1861. 2 vol.
    in-8.)

  [62] _Ibid._, CCVIII, t. II, p. 145. Cf. aussi pp. 133, 136 et _pass._

  [63] _Soirées de Saint-Pétersbourg_, t. I, p. 11. (Lyon, Pélagaud,
    1870, 10e édit.)

  [64] Dans le chap. VI, _De l'achat des livres_, nous examinerons cette
    question: De la quantité de volumes que doit posséder une
    bibliothèque particulière.

  [65] _Courrier de la librairie_, mai 1858. Cf. aussi _l'Amour des
    livres_, du même écrivain, pp. 35 et 59: «O mes livres! mon juste
    orgueil! ma fête suprême! Oraison funèbre qui ne saurait périr!»
    Etc. C'est dans ce petit livre que je trouve (p. 54) l'anecdote
    suivante: «M. le chancelier Séguier causait avec le roi [Louis XIV]
    dans sa chambre. On parlait de la vénalité des juges. «Monsieur le
    chancelier, disait le roi, à quel prix vendriez-vous la
    justice?--Oh! Sire, à aucun prix!... Pour un beau livre, je ne dis
    pas!»

  [66] _De l'éducation qu'on se donne à soi-même_, in _Revue des Cours
    littér._, t. III, 24 mars 1866, pp. 281-288. Voir aussi d'ÉD.
    LABOULAYE une conférence sur les _Bibliothèques populaires_, _loc.
    cit._, 30 décembre 1865, pp. 83-88; et in _Revue des Deux Mondes_,
    1er septembre 1859, pp. 212-224, un très intéressant article sur _la
    Manie des livres, à propos d'un catalogue_ (le catalogue de la
    bibliothèque du trop fameux «collectionneur» G. Libri).

  [67] _Poésies_, t. I, préface, p. 7. (Paris, Lemerre, 1890.) Cf.
    PONSARD, _l'Honneur et l'Argent_, III, VI:

      L'art, ce consolateur des misères humaines!

  [68] Remarquons en passant que Sainte-Beuve a soin d'écrire Lettres
    (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec
    une majuscule: homme de Lettres, gens de Lettres, la république des
    Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. _Caus. du lundi_, 3e édit.,
    t. VI, pp. 463 et 474; t. VIII, p. 112; etc., etc.)

  [69] _Caus. du lundi_, t. XV, p. 362.

  [70] Tome III, pp. 54-55.

  [71] Ils font partie de l'_Épître à Horace_ (1772). (VOLTAIRE, _Œuv.
    compl._, t. VI, p. 575. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870.)

  [72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.)

  [73] _Grammaire des arts décoratifs_, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.)

  [74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre
    historien, critique et polygraphe, M. JULES CLARETIE, et avec les
    légitimes restrictions suivantes: «_Dis-moi ce que tu lis, et je te
    dirai qui tu es._ L'axiome peut être vrai pour un particulier qui
    choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une
    bibliothèque comme on composerait un bouquet... mais la vérité n'est
    plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout
    garder, après avoir tout lu.» (_Causerie sur ma bibliothèque_, in
    _Annales littéraires des bibliophiles contemporains_, 1890, p. 5.)
    C'est dans la même _Causerie_ (p. 21) que se trouve cette très belle
    profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence:
    «J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément,
    passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous
    toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs
    rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses
    qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les
    blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait
    Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La
    littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à
    la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.»

  [75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses _Mémoires_ (t. V, p.
    255.--Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même
    proposition de la même plaisante devise: _Multi vocati, pauci
    lecti_.

  [76] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, pp. 170-172.

  [77] _L'Art de former une biblioth._, pp. 152-153.

  [78] Paris, Aug. Aubry, s. d.--LORENZ (_Catalogue général_, t. VI, p.
    309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre
    n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu
    de diffusion et la rareté.

  [79] Pages 3-4.

  [80] _Loc. cit._, pp. 403-404.

  [81] _Ibid._, pp. 341-342.

  [82] _Ibid._, p. 362.

  [83] Cardinal Bessarion, Lettre au doge et au sénat de Venise
    (1468).--Cf. _supra_, p. 10.

  [84] _Bulletin du bibliophile_, 17e sér., p. 323.

  [85] _Ibid._, pp. 356-357.

  [86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et
    l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: GOETHE,
    _Entretiens avec Eckermann_;--ALEXANDRE VINET, _Études sur la
    littérature française_, etc., et X. DOUDAN, _Mélanges et Lettres_,
    etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des
    Lettres);--CHARLES ASSELINEAU, dont l'opuscule _le Paradis des Gens
    de Lettres_ contient un vrai chant de triomphe du livre;--ERNEST
    LEGOUVÉ, _l'Art de la lecture_ et _la Lecture en action_;--Mgr
    LANDRIOT, _Conférences sur l'étude des Belles-Lettres_,
    etc.;--ANTONY MÉRAY, _les Diverses Façons d'aimer les livres_ (in
    _Annuaire du bibliophile_, 1861, pp. 142-157);--FRANÇOIS FERTIAULT,
    _les Amoureux du livre_, sonnets d'un bibliophile; _les Légendes du
    livre_ (autre recueil de sonnets); _Drames et Cancans du livre_,
    anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé:
    Comment j'aime mes livres;--GABRIEL HANOTAUX, _la Seine et les
    Quais, promenades d'un bibliophile_;--ALBERT COLLIGNON, _la Vie
    littéraire_, notes et réflexions d'un lecteur;--etc.

  [87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu
    le sort des _Provinciales_ et des _Pensées_ de Pascal, «qu'on
    tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de
    M. FERDINAND BRUNETIÈRE (_Histoire et Littérature_, t. I, p. 314).
    Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. FONTAINE DE
    RESBECQ, _Voyage litt. sur les quais de la Seine_, p.
    134;--ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
    édit., t. II, pp. 163-164;--etc. Le pieux JEAN DARCHE a fait mieux:
    il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a
    terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde!
    et ce sera bien ma faute si... Amen!» (_Essai sur la lecture_, pp.
    374-375.)--Cet article de SILVESTRE DE SACY a paru dans le _Journal
    des Débats_ du 25 octobre 1853, et il fait partie des _Variétés
    littéraires, morales et historiques_ de cet écrivain (Paris,
    Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de
    1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable... chef-d'œuvre de M.
    de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le _Catalogue de
    la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_.» (SAINTE-BEUVE, _Caus. du
    lundi_, t. XIV, p. 191.)

  [88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié
    sa satire XI, sur _l'Honneur_. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite
    par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le
    plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais
    appris d'eux à m'en passer». (Cf. CHARLES NODIER, _Mélanges tirés
    d'une petite bibliothèque_, Préface, p. III; et SAINTE-BEUVE, _Caus.
    du Lundi_, t. XII, p. 465.)

  [89] CHEVILLIER, _Origine de l'imprimerie de Paris_, p. 60.

  [90] _Loc. cit._, pp. 158-159.

  [91] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 162-163.

  [92] Dans son récit _la Nouvelle Ecbatane_, in _Bagatelles_, par le
    Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu,
    1892.)

  [93] Cf. les journaux de février 1896, principalement _l'Événement_ du
    19, et _l'Éclair_ du 23 février. Cf. aussi la _Revue scientifique_
    du 4 février 1899, pp. 153-154, les _Papiers dangereux_ et leur
    désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le _Bulletin
    mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux_ nous apprend que la
    Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la
    désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans
    l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant
    quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique... Mais il est un
    danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le
    public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les
    livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel
    roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze
    cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop
    fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des
    convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un
    excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main,
    peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies
    transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole,
    jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le
    croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les
    septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose
    pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous
    étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé,
    d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le
    prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous
    reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique
    (p. 325), et des risques de propagation de la tuberculose par les
    livres (pp. 371-373).

  [94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut
    un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que
    Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer.
    Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre
    avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane:
    apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres
    qui ne sont pas ma propriété». (MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 125-126.)

  [95] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 286.

  [96] _Le Livre_, p. 264.

  [97] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 293, donne: _Ingratis
    servare nephas_.

  [98] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col 402.

  [99] Cf. GUSTAVE BRUMET, _loc. cit._, pp. 271 et 296. De même, M. J.
    Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la
    bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de
    ses livres, au-dessus de ses armoiries: _J. Gomez de la Cortina et
    amicorum_, et au-dessous: _Fallitur hora legendo_. (Cf. JULES
    COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 160, n. 1.) Et
    Jacques Denyau, bibliophile angevin: _Sum Jacobi Denyau et amicorum,
    non omnium_. (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879,
    col. 390.)

  [100] Cf. PEIGNOT, _Dictionn. raisonné de bibliol._, t. II, p. 361.
    C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil
    qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom
    de _bégonia_ à un genre de plantes d'Amérique.

  [101] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 401.

  [102] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Dictionn. de bibliol._, col. 519.

  [103] UZANNE, _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I.
    p. 37.

  [104] _Loc. cit._, p. 71.

  [105] FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 264.

  [106] _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, pp.
    35-40.

  [107] UZANNE, _loc. cit._, pp. 38-39.

  [108] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 août 1893, col. 127.

  [109] L'épithète est de M. OCTAVE UZANNE, _loc. cit._, p. 36.

  [110] Cf. UZANNE, _ibid._;--JULES RICHARD, _l'Art de former une
    biblioth._, p. 41;--ÉDOUARD FOURNIER, _l'Esprit des autres_, p. 295
    (5e édit.);--_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879,
    col. 401;--etc.

  [111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: JULES
    JANIN, _l'Amour des livres_, pp. 60-61;--ROUVEYRE, _Connaissances
    nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 92;--YVE-PLESSIS,
    _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 20;--etc. Sur la paternité
    de Colletet, voir l'_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 et 25
    février 1878, col. 65 et 122. A part une épître _A un jeune Polonais
    exilé en Sibérie_, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et
    de politique, n'a jamais écrit de vers.

  [112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est
    exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation
    et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des
    malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de
    l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à
    fait, parce que le principe que _garder un livre n'est pas un vol_
    est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (CONSTANTIN,
    _Bibliothéconomie_, p. 68.)

  [113] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, Du Moustier, t. III. p.
    139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.)

  [114] _Ap._ JULES JANIN, _loc. cit._, pp. 59-60.

  [115] _Loc. cit._, p. 61.

  [116] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _Mélanges bibliogr._, p. 5.

  [117] _Mélanges d'histoire et de littérature_, _ap._ LALANNE,
    _Curiosités bibliogr._, pp. 302-303.

  [118] Cf. JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 30; etc.

  [119] Page 13.

  [120] Page 37.

  [121] _Catalogue de la librairie A. Lemerre_, 1899, pp. 20-21.

  [122] J. DARCHE, _Essai sur la lecture_, p. 15. Comme nous le verrons
    plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la
    même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine
    qu'humaine», elle aussi.

  [123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication
    multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un
    livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72
    sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (CH.
    LABOULAYE, _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier.)

  [124] _Magasin pittoresque_, avril 1860, p. 135.

  [125] Cf. PAUL CHARPENTIER, _le Papier_ (t. X de l'_Encyclopédie
    chimique_ publiée sous la direction de M. Fremy), _passim_;--DELON,
    _Histoire d'un livre_, pp. 105 et suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du
    biblioth._, pp. 371 et suiv.;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels
    Roret), pp. 542 et suiv.;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier,
    t. XII et 2e supplément;--CH. LABOULAYE, _loc. cit._;--etc.; et
    _passim_, _le Magasin pittoresque_, _la Nature_, la _Revue des
    bibliothèques_, la _Revue biblio-iconographique_, etc.--«La science
    a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi
    de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très
    bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille;
    demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen
    de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur
    cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour
    l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites
    avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se
    déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité
    dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (PAUL
    STAPFER, _Quatre Consolations aux auteurs_, in _Bibliothèque
    universelle_. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi VOLTAIRE,
    _la Guerre civile de Genève_, poème héroïque, chant IV:

        Tout ce fatras fut du chanvre en son temps;
        Linge il devint par l'art des tisserands,
        Puis en lambeaux des pilons le pressèrent;
        Il fut papier: cent cerveaux à l'envers
        De visions à l'envi le chargèrent;
        Puis on le brûle, il vole dans les airs,
        Il est fumée, aussi bien que la gloire.
        De nos travaux, voilà quelle est l'histoire;
        Tout est fumée, et tout nous fait sentir
        Ce grand néant qui doit nous engloutir.

  [126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi _maculatures_ (du lat.
    _maculare_, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent
    d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou
    d'enveloppe.--LAROUSSE (_Grand Dictionn._, art. Papier, 2e
    supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on
    recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en
    France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres
    opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité».

  [127] BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, art. Papier.

  [128] LECLERC, _loc. cit._, p. 546. Voir aussi _la Nature_, 27 mars
    1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», _les
    Succédanés du papier_, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale,
    montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à
    papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que
    la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes
    de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce
    chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente
    le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans
    au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne
    cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé,
    etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte
    mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à
    grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par
    numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique
    et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on
    n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et
    imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les
    rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique
    espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans
    le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes.
    Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à
    l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.»

    Un article de _l'Illustration_, analysé dans le _Mémorial de la
    librairie française_ (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au
    contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation
    totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada,
    lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus
    vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique,
    et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire
    inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle
    seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela
    pendant un temps indéfini.»

    C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous
    semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt
    pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille
    inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel.

  [129] «... Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens
    imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos
    impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos
    livres nés d'hier.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 191.)

  [130] Cf. A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
    l'Exposit. univers. de 1851_, p. 86.

  [131] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--HENRI BOUCHOT, _le
    Livre_, chap. VII, pp. 253 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 106 et
    suiv.;--etc.

  [132] _Frisquette_ est aussi un terme d'imprimerie désignant le
    châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du
    papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer.

  [133] Le mot «_flotre_ est une altération de _feutre_». (LITTRÉ,
    _Dictionn._, art. Flotre.)

  [134] LALANNE, _loc. cit._, p. 108.

  [135] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--LECLERC, _loc.
    cit._, pp. 544 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 114 et
    suiv.;--RENEL, _la Fabrication actuelle du papier_, in _la Nature_,
    18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;--V. MORTET,
    _le Papier_, et _le Papier au moyen âge_, in _Revue des
    bibliothèques_, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;--etc.

  [136] BOUILLET, _Dictionn. universel des sciences..._ Nouvelle édit.,
    refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art.
    Papier.

  [137] Cf. RENEL, _loc. cit._, in _la Nature_, 18 janvier 1890, p. 102.
    Voir aussi P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 112.

  [138] On fait souvent de papier _brouillard_ le synonyme absolu de
    papier _buvard_ (cf. LITTRÉ, HATZFELD, LAROUSSE, _Dictionn._). On
    désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier
    _brouillard_ un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus
    mince et plus léger que le papier _buvard_ habituel, et d'ordinaire
    aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en
    pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout
    spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier
    buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le
    nom de _papier gris_.

  [139] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 173.

  [140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le
    _couchage_.

  [141] Voir sur le _papier couché_ le _Mémorial de la librairie
    française_, 26 juillet 1900, p. 420.

  [142] Nº du 3 juin 1899, p. 696.

  [143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.)

  [144] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 décembre 1898, col.
    808-809.

  [145] _La Nature_, 13 décembre 1890, p. 30.

  [146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on
    conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures,
    rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour
    écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les
    plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a
    cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture
    rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers
    _jaunes_ font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets
    plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens,
    notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils
    ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres
    couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.»
    (_La Nature_, 13 décembre 1890. p. 30.)

  [147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et
    présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus
    ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P.
    CHARPENTIER, _loc. cit._, pp. 259-260;--DESORMES, _Notions de
    typogr._, p. 499;--LECLERC, _loc. cit._, p. 286;--MUNIER, _Nouveau
    guide illustré de l'imprimerie..._, p. 10;--MAIRE, _loc. cit._, p.
    375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des
    papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en
    lignes»;--etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me
    fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les
    modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce
    qui touche le _papier_, le _format_ et l'_impression_, à la
    compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la
    librairie Flammarion.--Pour exprimer les dimensions des papiers, il
    est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.:
    Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50).

  [148] On a conservé l'habitude d'écrire _Whatman_ avec une majuscule.

  [149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le
    papier _Canson_: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique
    à Annonay.

  [150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.)

  [151] _Le Livre du bibliophile_, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.)

  [152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir CH. LABOULAYE,
    _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier;--_le Magasin
    pittor._, avril 1877, pp. 114 et 122;--_la Nature_, 5 octobre 1889,
    p. 291;--P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 249;--MAIRE, _loc. cit._,
    p. 373.

  [153] Sur le parchemin ordinaire et proprement dit, voir _infra_,
    chap. V, p. 131.

  [154] LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, t. XII, p. 150, col.
    3.--Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier
    également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment
    opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de
    _papier indien_, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à
    Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême
    ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a
    besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes
    contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder;
    dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum,
    etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à
    propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé.

  [155] LECLERC, _loc. cit._, p. 551.

  [156] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 307.

  [157] ID., _ibid._

  [158] ID., _loc. cit._, p. 308.

  [159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29
    novembre 1900, p. 633.

  [160] In _la Nature_, 29 décembre 1894, p. 74.

  [161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre
    Bibliothèque nationale, M. LÉOPOLD DELISLE, dans son discours
    d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à
    Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes
    modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une
    mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.»
    (_Courrier des bibliothèques_, 28 février 1901, p. 52.)

  [162] _Revue biblio-iconographique_, in _Intermédiaire des cherch. et
    cur._, 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une
    intention analogue, de demander aux ministères et établissements
    publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages
    tirés sur bon papier et convenablement édités.

  [163] _Cosmos_, Revue des sciences et de leurs applications, 15
    septembre 1900, p. 320; et _Revue biblio-iconographique_, avril
    1901, pp. 206-207.--Le _Mémorial de la librairie française_, 29 août
    1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier
    confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper
    des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et
    faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le
    papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du
    centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main
    se relèveront en forme de bords d'assiette.»

  [164] LITTRÉ, _Dictionn._, art. Format.

  [165] _Dictionn._, art. Tome.

  [166] Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la
    mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 14.

  [167] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 14, n. 1.

  [168] _Loc. cit._, p. 297.

  [169] Voir sur ce mot _infra_, pp. 107-109

  [170] Cf. _Catalogue de la librairie Hachette_, Littérature générale,
    février 1901, p. 41: «_Histoire de la littérature française..._, 5e
    édition... (_Vingt-cinquième mille_)..., par M. G. Lanson...»

  [171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des
    curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur
    les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus.

    On appelle _incunables_ (du latin _incunabulum_, berceau), ou
    encore, mais plus rarement, _paléotypes_ (παλαιός, ancien, et τύπος,
    modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie
    (1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement.

    Les incunables ont pour caractères distinctifs:

    1º L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier.

    2º L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques,
    très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses
    italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les
    caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été
    surpassé.

    3º L'absence de signes de ponctuation.

    4º L'absence de _signatures_, de _réclames_ (voir _infra_, pp. 70 et
    78-79, la signification de ces mots), de pagination, et, dans les
    plus anciens incunables, de _registre_, c'est-à-dire de la table
    indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient
    indiqués par les premiers mots de leur première page.

    5º L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre
    orné de figures gravées ou imprimées»). [LITTRÉ.] (Voir _infra_, pp.
    115-116.): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé
    au début du texte, dans ce qu'on nomme la _suscription_ ou
    l'_incipit_; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: _Cy
    commence..._ que commençait le plus souvent le texte.

    6º L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de
    l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la
    dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé
    _souscription_ ou _explicit_ (qui signifie finit, se termine, est
    déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens
    manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot
    _explicit_ ou _Cy finist..._ que ce dernier paragraphe commençait
    d'ordinaire), opposé à _suscription_ et à _incipit_; la souscription
    porte aussi les noms d'_adresse_ et de _colophon_ (κολοφών,
    achèvement). M. BOUCHOT (_le Livre_, pp. 33, 36, 56, 103) et après
    lui M. ROUVEYRE (_Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e
    édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot
    _signature_, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres
    ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et
    peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.

    7º La quantité d'abréviations: un _z_ pour la conjonction _et_; une
    sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine _cum_ ou la particule
    française _con_, et pour la finale de certains mots: _neqʒ_,
    _neque_; _quibʒ_, _quibus_; _no9_, nous; _vo9_, vous; etc.; le _q_
    avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix
    pour signifier _quam_ ou _quod_; la fréquente suppression de
    certaines lettres: _bōs_ pour bons, _presēt_ ou même _pr̅s̅t_ pour
    présent, _leq̄l_ pour lequel, _Dn̄s_ pour _Dominus_, etc. Ces modes
    d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre
    bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois
    toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées.
    Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de _Virgile d'Asper_,
    qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque
    nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le
    lire, le connaître par cœur. Le premier vers des _Bucoliques_ y est
    représenté sous cette forme:

        Tityre, t. p. r. s. t. f.

    pour:

        Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.

    Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à
    exprimer un mot entier, portent le nom de _sigles_ (de _siglæ_,
    contracté de _singulæ_: _singulæ litteræ_. Les sigles étaient très
    fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les
    inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux _notes
    tironiennes_, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou
    médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger
    l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui
    perfectionna ce système de sténographie. (Cf. LALANNE, _Curiosités
    bibliogr._, pp. 46 et suiv.).

    8º La rareté des alinéas et des chapitres.

    9º L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou
    divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en
    blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main
    par des calligraphes et _rubricateurs_ (_rubricare, rubrum facere_
    [Ducange], peindre en rouge; de _rubrica_, rubrique, sanguine, craie
    rouge, etc.).

    10º Des traits obliques au lieu de points sur les _i_.--Etc.

    Les anciens imprimeurs avaient tous des _marques_ typographiques,
    allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et
    frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont
    des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent
    au-dessus de leur _firme_ (de l'angl. _firm_ [du bas-latin _firma_,
    convention], maison de commerce, raison sociale.
    DAUPELEY-GOUVERNEUR, in _le Compositeur et le Correcteur
    typographes_, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du
    féminin: cf. LITTRÉ, _Dictionn._, Supplément), c'est-à-dire du nom
    et de l'adresse de leur maison.

    Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces
    marques des anciens imprimeurs:

    Les Alde Manuce avaient pour marque une _Ancre_, autour de laquelle
    était enroulé un dauphin;

    Les Elzevier, un _Arbre_ ou une _Minerve_;

    Rigault avait pour emblème un _Arrosoir_;

    Wechel, un _Caducée_;

    Nicolas Chesneau, un _Chêne_;

    Nivel et Cramoisy, une _Cigogne_;

    Les Plantin, un _Compas_;

    Lean Lecoq, un _Coq_;

    Etienne Dolet, une _Doloire_ (sorte de hachette);

    Antoine Vérard, un _Écusson_ fleurdelisé supporté par deux anges;

    Simon de Colines, des _Lapins_;

    Simon Vostre, deux _Léopards_ à tête de lévrier;

    Jehan Ghèle, des _Lévriers_;

    Thielman Kerver, deux _Licornes_;

    Galiot du Pré, une _Galée_ ou _Galère_;

    Les Gryphe, un _Griffon_;

    Philippe Le Noir, trois _Nègres_;

    Robert Estienne, un _Olivier_;

    Guiot Marchant, une _Portée de plain-chant_ et _deux Mains
    entrelacées_;

    Geoffroy Tory, un _Pot cassé_;

    Vascosan, une _Presse typographique_;

    Gilles Corrozet, une _Rose dans un Cœur_;

    Philippe Pigouchet, deux _Sauvages_ (homme et femme);

    Ulrich Gering, un _Soleil_;

    Jehan Temporal, le _Temps_ armé de sa faux;

    Etc., etc.

    (Cf. SILVESTRE, _Marques typographiques..._;--P. DELALAIN,
    _Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires_;--BRUNET,
    _Manuel du libr._, principalement t. V, col. 1569 et suiv.;--A.-F.
    DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et
    suiv.;--E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI,
    pp. 598 et suiv.;--etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle
    PELLECHET, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a
    dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr. imprim. de la
    Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI), _Catalogue
    général des incunables des bibliothèques de France_, dont le tome I
    a paru chez A. Picard en 1897.

  [172] On appelle _feuillet_ «chaque partie d'une feuille de papier
    formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par
    conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages
    double du chiffre indicatif du format.

  [173] Voir sur ces termes _supra_, p. 44.

  [174] «Lorsque _in-4_, _in-8_, _in-12_, etc., sont abrégés, on ne les
    fait pas suivre d'un º supérieur.» (_Règles typographiques..._
    _Hachette_, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère
    supprimer l'º dans _in-4_ et _in-8_.» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc.
    cit._, p. 101.) Voir aussi LECLERC, _Typographie_, p. 162.

  [175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre
    avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la
    _signature_ se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. COUSIN,
    _loc. cit._, p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le
    format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32.

  [176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons
    d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer,
    pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des
    papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format
    _drap de lit_, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96
    pages in-8 cavalier. Grâce à une _imposition_ spéciale (c'est-à-dire
    au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes
    à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de
    façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon
    leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes
    feuilles _drap de lit_ et à procéder au pliage: on obtient pour
    chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6),
    portant toutes leur respective _signature_ et paraissant avoir
    toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.

  [177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir _infra_, p. 85),
    et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la
    classification décimale (voir chap. VIII, _De la classification_, p.
    313).

  [178] _Barêmes ou Devis de travaux de reliure_, Annexe: Tableau des
    formats en usage dans la librairie française.--Ce tableau, où sont
    tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen
    de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit
    d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du
    format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous
    l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres
    donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.

  [179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante,
    qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la
    feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en
    tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans
    le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant
    pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2
    une seule fois, pour connaître la dimension du format _in-folio
    colombier_, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 ×
    0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. 52, il est de règle de
    placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4
    étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format
    _in-4 colombier_ sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La
    feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 ×
    2), le format _in-8 colombier_ sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225
    × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de
    l'autre (12 = 4 × 3), le format _in-12 colombier_ sera de (0,63 ÷ 4
    et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12
    était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de
    même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6
    d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format
    _in-18 jésus_ (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout
    ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le
    nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes
    dispositions des pages dans les châssis selon les formats,
    c'est-à-dire l'_imposition_, voir TH. LEFEVRE, _Guide pratique du
    Compositeur_, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux
    graphiques d'impositions. Voir aussi DARUTY DE GRANDPRÉ, _Vade-mecum
    du biblioth... Instruction raisonnée sur le format des livres_, pp.
    27-64.--Nous rappelons ce que nous avons dit p. 53 (Tableau des
    papiers) que le format actuel de la couronne servant aux _labeurs_
    (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que
    celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 ×
    0,46).

  [180] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 327.

  [181] Au début de l'imprimerie, l'_imposition_ était des plus simples,
    ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par
    suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la
    fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc
    l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de
    feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux
    premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille
    2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et
    la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la
    feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à
    droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement
    pour signatures les lettres B, C, D... En outre, afin d'éviter les
    confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages
    étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres
    romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier
    cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait
    de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de
    chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3,
    A4, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 285; et DARUTY DE GRANDPRÉ,
    _loc. cit._, p. 25, n. 1.)

  [182] Certains _cartons_ ou _encarts_, plus longs que larges, «formant
    une bande relativement étroite», portent le nom de _feuilletons_.
    (DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, p. 20.) On donne encore le nom de
    _cartons_ à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est
    quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui
    contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages
    qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés
    sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se
    compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut
    n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page,
    de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et
    qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto
    et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle
    _onglet_ (LECLERC, _loc. cit._, p. 110), du nom de la mince bande de
    papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf.
    _infra_, chap. V, _De la reliure_, p. 151). Enfin on donne aussi le
    nom de _cartons_ aux cartes de détail placées dans les angles d'une
    grande carte géographique.

  [183] Pour plus de développements, voir TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t.
    I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp.
    299-418;--DESORMES, _loc. cit._, pp. 45 et suiv.;--LECLERC, _loc,
    cit._, pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;--et DARUTY DE GRANDPRÉ,
    _loc. cit._, pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre
    indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept:
    1º en 1 cahier sans coupure; 2º en 1 cahier avec coupure en
    longueur; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur; 4º en 2 cahiers,
    chacun sans coupure; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans;
    6º en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7º en 3 cahiers avec coupure
    et carton dedans.

  [184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se
    confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures.

  [185] Page 197.

  [186] _Instruction générale relat. au service des biblioth.
    universitaires ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 433.

  [187] ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e édit.,
    t. II, p. 52.

  [188] Voir _infra_, chap. VIII, p. 313.

  [189] «Au début de l'imprimerie, les formats employés étaient
    généralement l'in-folio et l'in-quarto, et certains auteurs ont
    supposé qu'aucun livre, avant 1480, n'avait été imprimé sous un
    format plus petit.» (Trad. de l'_Encyclop. Britannica_, t. III, p.
    652, col. 1.) Néanmoins, PEIGNOT, dans son _Dictionnaire raisonné de
    bibliologie_, art. Format, mentionne des éditions des plus petits
    formats antérieures à 1480; mais on peut considérer ces «petits
    livres» comme des exceptions.

  [190] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, p. 293.

  [191] ID., _Ibid._

  [192] BOUCHOT, _le Livre_, p. 110.

  [193] Cf. BOUCHOT, _ibid._;--LECLERC, _loc. cit._, p. 289. En 1513, le
    pape Léon X accorda à Alde Manuce un privilège analogue d'une durée
    de quinze ans, «... sous les peines d'excommunication et d'amende de
    cinq cents ducats d'or envers les contrefacteurs». (CRAPELET,
    _Études prat. et litt. sur la typographie_, t. I, pp. 65-66.)

  [194] _Loc. cit._, p. 170.

  [195] LALANNE, _loc. cit._, p. 293.

  [196] Tome II, p. 130.

  [197] _Loc. cit._, t. II, p. 421.

  [198] Constantin est moins exclusif. «Celui, écrit-il, qui veut se
    former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement,
    fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille
    collection d'une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de
    bibliothèque élégant, fait un très joli objet d'ameublement, et est
    d'un usage commode. Il n'est pas difficile de trouver dans la
    librairie un bon choix d'ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés
    d'une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18.» (_Bibliothéconomie_,
    p. 48.)

  [199] _Loc. cit._, p. 294.

  [200] Cf. WERDET, _De la librairie française_, p. 177.

  [201] Voir sur ces termes _infra_, p. 107.

  [202] Nous rappelons ce que nous avons dit p. 76, que nous entendons
    toujours par in-18 l'in-18 jésus (0,117 × 0,183), et par in-8 l'in-8
    cavalier (0,155 × 0,23).

  [203] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_, pp. 48-49 (Paris,
    Jouaust, s. d.). Cette référence est indiquée par Mouravit, mais il
    est à noter que le texte de l'opuscule de Bollioud-Mermet, en cet
    endroit ou ailleurs, ne se rapproche que bien vaguement de la
    remarque de Mouravit sur le choix et la convenance des formats.

  [204] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 197.

  [205] Cf. _supra_, pp. 87 et suiv., les appréciations que nous avons
    citées à propos de l'in-8, et les motifs qui nous font préférer
    l'in-18.

  [206] LECLERC, _loc. cit._, p. 288.--Nous avons déjà noté plus haut
    (p. 76) que certains in-12, in-16 et in-18 ont les mêmes dimensions,
    et peuvent être considérés comme «synonymes». Inutile de faire
    observer que, dans les deux citations précédentes de Mouravit et de
    M. Leclerc, les formats mentionnés manquent de précision, qu'il eût
    été bon de dire de quel in-4, de quel in-8, in-12, in-16, etc., il
    s'agit, puisqu'un in-4 peut être plus petit qu'un in-8 (in-4 écu <
    in-8 colombier), un in-8 plus petit qu'un in-12, etc. (voir _supra_,
    p. 76 et le tableau de la page 77). Mais, encore une fois, l'usage
    est fréquent de désigner les formats par le nombre seul des plis de
    la feuille, sans faire connaître les dimensions de cette feuille, la
    _sorte_ de papier employée: jésus, raisin, colombier, etc., et de ne
    donner ainsi de ces formats qu'une idée approximative.

  [207] L'invention du point typographique est due à Pierre-Simon
    Fournier, _alias_ Fournier le Jeune (vers 1737); mais la mesure
    initiale dont s'était servi cet imprimeur et graveur était
    conventionnelle, partant sujette à discussions et à erreurs (cf.
    LECLERC, _Typographie_, pp. 40 et 42). Le «point Fournier» fut
    modifié en 1753 par F.-Ambroise Didot, qui prit pour base la mesure
    légale d'alors, le _pied de roi_, dont il divisa la ligne en six
    parties égales, en six points. Un caractère d'imprimerie ayant
    exactement pour longueur ces six points se nomme le _six_; s'il a un
    point de plus, c'est-à-dire sept points, le _sept_; huit points, le
    _huit_; etc. (Cf. A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art.
    Typographie, t. XXVI, col. 846.)--C'est Fournier le Jeune qui a dit
    que «la théorie d'un art si utile (l'imprimerie) ne devrait être
    ignorée d'aucun de ceux à qui l'usage des livres est familier», et
    qu'«il serait à souhaiter que tout homme de lettres fût en état de
    juger sainement de la mécanique de ses productions.» (_Manuel
    typographique_, t. I. p. IX.)

  [208] LECLERC, _loc. cit._, p. 48.

  [209] ID., _ibid._, p. 46.

  [210] Cf. THÉOTISTE LEFEVRE, _Guide pratique du compositeur
    d'imprimerie_, t. I, p. 425;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur
    et le Correcteur typographes_, p. 5;--E. DESORMES, _Notions de
    typographie_, p. 500;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 41-42. Les listes
    de concordance des anciens noms avec les nombres de points données
    par ces ouvrages offrent de fréquentes divergences.

  [211] Le texte du présent livre est imprimé en caractère romain Didot
    corps dix petit œil; les notes sont en romain Didot corps huit, les
    sommaires des chapitres en romain Didot corps sept, et la préface en
    romain Didot corps onze.

  [212] L'Imprimerie nationale a, elle, un indice spécial: ses _l_,
    dites _l barrées_, portent un imperceptible trait, une barre
    minuscule, au milieu de leur longueur (l l).

  [213] Cf. BOUCHOT, _le Livre_, p. 174.

  [214] Voir _supra_, p. 86.

  [215] En romain Didot. Remarquez que ce romain est plus petit d'œil
    que l'elzevier du corps correspondant.

  [216] Du nom de l'habile graveur et imprimeur français Nicolas Jenson,
    qui alla s'établir à Venise vers 1469. (Cf. LALANNE, _Curiosités
    bibliogr._, p. 84.)

  [217] Sur les _lettres grises_, cf. DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._,
    p. 68.

  [218] LECLERC, _loc. cit._, pp. 64.

  [219] ID., _ibid._

  [220] «... les formes arrondies de l'onciale (d'où est issue la lettre
    tournure).» (LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la Miniature_,
    p. 153.) Notons encore qu'on nomme lettres _filigranées_ des
    initiales particulières de même aux anciens manuscrits, majuscules
    ornées de fioritures très déliées, d'une sorte de filigrane, «fil
    ténu, capricieusement enroulé et engendrant des espèces de graines
    ou de petites boules». (ID., _loc. cit._, pp. 154-156); lettres
    _dragontines_, appelées aussi _saxonnes_, d'autres initiales
    d'anciens manuscrits «terminées par des têtes et des queues de
    serpents, bordées de points, garnies, dans leurs massifs, de perles,
    d'entrelacs et de monstres enchevêtrés». (ID., _loc. cit._, p. 263.)
    Rappelons enfin que les caractères gothiques des premiers livres
    portent le nom de _lettres de forme_ et de _lettres de somme_,
    celles-ci moins anguleuses, moins hérissées de pointes que
    celles-là. C'est de _lettres de somme_ que se servirent Gutenberg,
    Fust et Schoeffer, les inventeurs de l'imprimerie. (Cf. LALANNE,
    _loc. cit._, p. 103.)

  [221] La casse française renferme 54 cassetins dans le bas de casse,
    et 98 dans le haut de casse. Des casses moins grandes, partant moins
    encombrantes, et d'un seul morceau, notamment la casse dite
    _parisienne_, sont actuellement en usage: on en a retranché les
    petites capitales, relativement peu employées, et qui sont placées à
    part.

  [222] Sur la casse, voir DELON, _Histoire d'un livre_, pp. 135 et
    suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 304 et
    suiv.;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 70 et suiv.; etc. Je suis
    également redevable de nombreux renseignements typographiques à
    l'obligeance de M. Jattefaux, prote de l'imprimerie Lahure.

  [223] Voir cette liste complète dans TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I,
    p. 430.

  [224] MAIRE, _loc. cit._, p. 353.

  [225] CRAPELET, _Études prat. et litt. sur la typographie_, p. 145.

  [226] Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 531-532.

  [227] _L'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit.
    univers. de 1851_, p. 62.

  [228] _Ibid._

  [229] LOUISY, _le Livre_, p. 221. «Typographia, Deorum manus et munus,
    imo ipsa, cum mortuos in vitam revocet, omnino diva est.» (C. KLOCK,
    _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, avant-propos, p. ij.) En tête de son
    _Manuel typogr._ (t. I, p. iv), FOURNIER LEJEUNE a inscrit--et
    modifié comme il suit--les vers bien connus de _la Pharsale_ de
    Brébeuf:

        C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux
        De peindre la parole et de parler aux yeux.

    Plus loin (t. I, p. vij) il dit que l'imprimerie est «regardée à
    juste titre comme un présent du ciel». CRAPELET, _loc. cit._, p. 2,
    écrit de même: «L'art typographique... cette admirable invention,
    qui était regardée comme l'œuvre de la Divinité même...». Et VICTOR
    HUGO, _Notre-Dame de Paris_, liv. V, chap. 2: «L'invention de
    l'imprimerie est le plus grand événement de l'histoire. C'est la
    révolution mère. C'est le mode d'expression de l'humanité qui se
    renouvelle totalement... Sous la forme imprimerie, la pensée est
    plus impérissable que jamais;» etc.

  [230] On se sert aussi, ou plutôt on s'est servi de plâtre, pour
    prendre ces empreintes. Ce qui a fait préférer au clichage au plâtre
    le clichage dit _au papier_ ou _au flan_, c'est la rapidité
    d'exécution et l'économie de ce dernier procédé; mais le plâtre
    avait l'avantage de donner des empreintes plus complètes et
    meilleures. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 533-534.)

  [231] Théoriquement, le mot _clichage_ est synonyme de l'ancien mot
    _stéréotypie_: ils signifient tous les deux l'action de «créer,
    d'après une composition unique formée par l'assemblage des
    caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et
    identiques». (LECLERC, _loc. cit._, p. 533.) Mais _clichage_ est
    l'expression moderne, actuellement en usage, et désignant
    l'opération dont nous venons de parler, qui débute par la prise des
    empreintes au moyen de plâtre ou de _flans_. La _stéréotypie_
    (στερεός, solide; τύπος, type), s'applique plus particulièrement au
    procédé imaginé en partie par Firmin Didot vers la fin du XVIIIe
    siècle, et qui consistait en ceci: «Après avoir composé une page en
    caractères plus bas que ne le sont les caractères ordinaires, et
    fondus avec un alliage particulier, plus dur que les autres, on la
    renfermait dans un mandrin; puis, à l'aide d'un balancier, on
    l'enfonçait dans une plaque de plomb de même dimension, fondue et
    dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une
    matrice où la lettre est en creux; cette matrice, placée dans un
    mandrin et abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion,
    procurait un cliché saillant... sur lequel on pouvait tirer à dix,
    quinze ou vingt mille exemplaires sans qu'il y parût.» (LOUIS DE
    VILLOTTE, _De la stéréotypie_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I,
    pp. 9-10.) Cf. aussi l'article _Stéréotypie_ par STARK, in
    _Encyclop. moderne_, Complément, t. XII, col. 438-442. Les Didot
    utilisèrent leur invention en publiant une nombreuse collection de
    petits volumes à bon marché,--la collection «stéréotype»--contenant
    tous les chefs-d'œuvre des littératures classiques, qui obtint une
    très grande vogue, et peut se comparer à la collection de la petite
    «Bibliothèque nationale», commencée par l'imprimeur Dubuisson en
    1863, et qui se continue encore. Seulement, le papier des
    «stéréotypes» de Didot, qui, au bout d'un siècle, est encore intact,
    est de beaucoup supérieur à celui des petits volumes de Dubuisson,
    déjà tout piqués et jaunis.

    Mentionnons encore, parmi les modes de reproduction typographique,
    le procédé dit _anastatique_ (ἀνάστασις, résurrection), applicable
    non seulement aux livres, mais aux gravures, planches, etc. Il
    consiste à transporter sur une plaque de métal le texte ou la
    gravure à reproduire; on encre ensuite cette plaque, et l'on procède
    au tirage. Ce transport, qui s'effectuait jadis par des moyens
    chimiques, imaginés en 1844 par M. Baldermus, de Berlin (cf.
    LAROUSSE, _Grand Dicionn._, et _Grande Encyclop._, art.
    Anastatique), s'opère actuellement à l'aide de la photographie.
    Relativement coûteux et peu expéditif, ce procédé ne convient que
    pour les tirages à petit nombre: on l'emploie, par exemple, pour
    remplacer les pages manquantes dans un ouvrage ancien, dans un livre
    de valeur, dont on possède un exemplaire complet.

  [232] L'épithète est de JULES RICHARD, _l'Art de former une
    bibliothèque_, p. 6: «On n'a jamais fait de plus vilaine librairie».

  [233] Relativement à l'influence du public sur la qualité des livres,
    voir CRAPELET, _loc. cit._, pp. 225-226: «Il n'est pas douteux que
    ceux qui ont les moyens d'acheter des livres, et qui ne considèrent
    que le bon marché dans leurs acquisitions, ne peuvent pas employer
    plus mal leur argent. Les libraires (éditeurs), entraînés par le
    goût du public, le servent à son gré, en épuisant toutes les
    combinaisons pour lui donner de la marchandise à bas prix, mais qui
    ne conserve pas la moindre valeur: car on n'a jamais bon marché d'un
    livre incorrect, altéré, tronqué, et imprimé sur du mauvais
    papier... Henri Estienne dit: «L'avarice, fléau plus redoutable à
    l'art typographique qu'à aucun autre: _Avaritia, malum in arte
    typographica magis quam in alia ulla formidandum_».

  [234] Anciennement même «chaque ouvrage avait un correcteur
    particulier. Les livres de religion étaient lus par des théologiens;
    les livres de droit par des jurisconsultes; l'astronomie, la
    médecine, par ceux qui possédaient ces sciences;» etc. (CRAPELET,
    _loc. cit._, p. 155.) D'après le règlement donné à l'imprimerie de
    Paris par François Ier, en 1539, et cité par le même bibliographe
    (p. 181), «si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont
    sçavans et suffisans pour corriger les livres qu'ils imprimeront,
    seront tenus avoir correcteurs suffisans, sur peine d'amende
    arbitraire; et seront tenus lesdicts correcteurs bien et
    soigneusement de corriger les livres, rendre leurs corrections aux
    heures accoutumées d'ancienneté, et en tout faire leur devoir...».
    Ces dispositions furent confirmées et maintenues par les successeurs
    de François Ier. Néanmoins, le règlement de 1649 reproche à
    l'imprimerie de Paris d'avoir beaucoup perdu de son ancien éclat, et
    impose aux libraires (éditeurs) l'obligation de prendre un
    certificat de correction pour certains livres. (Voir CRAPELET, _loc.
    cit._, pp. 181-182.) D'après le règlement de 1686, les imprimeurs
    devaient faire imprimer les livres «en beaux caractères, sur de bons
    papiers et bien corrects»; on exigeait même qu'ils ne pussent ouvrir
    boutique à moins d'être «congrus en langue latine et de savoir lire
    le grec». Quiconque était empêché de vaquer à la correction de ses
    ouvrages devait avoir des correcteurs capables; et, ajoute
    l'ordonnance de 1728, les feuilles mal corrigées par eux seraient
    réimprimées à leurs frais.» (LOUISY, _le Livre_, p. 234.)

  [235] Nous n'avons pas à nous occuper, dans cette étude consacrée à la
    connaissance, à l'usage et à l'amour du Livre, des rapports des
    auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons
    qu'effleurer ici, à propos de la netteté et de l'intégrité du texte,
    cette très intéressante et très complexe question: la correction des
    épreuves, qui a fait et fera toujours le tourment des écrivains, qui
    sera toujours leur «enfer»,--leur «paradis» étant de rêver à leur
    œuvre et de l'exécuter en imagination, et leur «purgatoire» de la
    coucher par écrit,--pour peu qu'ils aient la haine de l'à peu près,
    la passion de l'exactitude, de l'ordre et de la clarté. «Je me
    soucie moins que vous ne pourriez croire du succès de mes ouvrages,
    écrivait lord Byron à son imprimeur Murray, _mais la moindre faute
    de typographie me tue_... Corrigez donc si vous ne voulez me forcer
    à me couper la gorge.» (_Ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. 304.) Nous
    dirons seulement aux auteurs qu'une écriture bien lisible et soignée
    n'est pas toujours, comme on serait tenté de le croire, une garantie
    du bon travail de l'imprimeur: _au contraire_, paraît-il. Un
    manuscrit artistement calligraphié ou seulement d'une parfaite
    lisibilité exige moins d'attention de la part du compositeur, qui
    souvent alors compose «à vue de nez». Cette opinion est confirmée
    par l'auteur anonyme d'un petit _Manuel du libraire_, qui adresse,
    après Gilles Ménage, cet «Avis aux auteurs»: «Si vous voulez qu'il
    n'y ait point de fautes dans les ouvrages que vous ferez imprimer,
    ne donnez jamais de copies bien écrites, car alors on les donne à
    des apprentis, qui font mille fautes; au lieu que si elles sont
    difficiles à lire, ce sont [les bons ouvriers ou] les maîtres qui y
    travaillent eux-mêmes». (_Manuel du libraire, du biblioth. et de
    l'hom. de let._, par un libraire. Paris, Emler, 1828, p. 142. Cf.
    aussi CRAPELET, _loc. cit._, pp. 289-290.) Henri de Latouche,
    l'auteur de _Fragoletta_, partageait l'avis de Gilles Ménage, et il
    affirme également que «plus le manuscrit sera clair et lisible»,
    moins le compositeur y apportera d'attention. (Cf. CRAPELET,
    _ibid._) Ajoutons encore que, tout en traitant ces assertions de
    paradoxes, l'érudit imprimeur G.-A. Crapelet, un des écrivains qui
    ont le mieux connu tous les détails de la typographie et qui en ont
    le mieux parlé, les confirme et les appuie de sa haute autorité.
    «... La nécessité où se trouve l'ouvrier d'apporter une attention
    soutenue à la lecture des manuscrits de cette espèce (mal écrits et
    surchargés de ratures et de renvois) donne à sa composition un
    certain degré d'exactitude et de correction, quelquefois
    surprenant.» (_Loc. cit._, pp. 264 et 290.) Rappelons enfin, pour ne
    décourager personne, que la perfection, typographique ou autre,
    n'est pas de ce monde, et qu'_il n'existe aucun livre sans faute_,
    typographiquement parfait. «Un livre sans faute est une chimère...»
    (CRAPELET, _loc. cit._, p. 222.) _Typographica ars nimis est
    erroribus obnoxia._ (ANGE ROCCA, _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p.
    221.) Ainsi le _Virgile_ in-folio, imprimé au Louvre par Pierre
    Didot en 1798, et qui, comme le _Racine_ de la même provenance, est
    réputé un des chefs-d'œuvre de la typographie, contient un j dont le
    point manque, s'est détaché à la pression. (Cf. A-F. DIDOT,
    _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 858-859.)

  [236] N'avoir pas de correcteurs, ou n'en employer que d'incapables, a
    été réputé _crime en matière d'imprimerie_ par le philologue
    italien, bibliothécaire du Vatican, Ange Rocca, mort en 1620. (Cf.
    CRAPELET, _loc. cit._, p. 176.)

  [237] _L'Art de former une biblioth._ pp. 81-82.

  [238] Crapelet observe que cette anecdote bien connue n'a pas grand
    fondement. «On rapporte, écrit-il, que Robert Estienne exposait des
    épreuves devant sa maison, voisine du Collège de Beauvais, et des
    Écoles du Droit Canon, situées rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qu'il
    donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes.
    Si ce moyen a été employé par Robert Estienne, il n'a pu lui sauver
    que des incorrections très légères, car ce savant imprimeur avait lu
    et relu ses épreuves avant de les exposer, et les écoliers n'étaient
    pas de force à découvrir des fautes graves après la lecture d'un
    homme aussi habile et aussi exercé dans ce genre de travail.
    D'ailleurs le fait en lui-même, qui n'est rapporté que comme un
    on-dit par Jans. Almeloveen, dans sa _Dissertatio de Vitis
    Stephanorum_, me paraît fort douteux, et pourrait bien n'être qu'une
    fiction pour enseigner qu'on ne saurait prendre trop de précautions
    pour assurer la correction des livres.» (CRAPELET, _loc. cit._, pp.
    213-214.)

  [239] _Histoire de France_, t. IX, la Renaissance, chap. XI, p. 299
    (Paris, Marpon et Flammarion, 1879). Cf. aussi LAROUSSE, _loc.
    cit._, art. Estienne (Robert).

  [240] On appelle _titre courant_ le titre, soit de l'ouvrage, soit des
    chapitres, qui se trouve répété et «court», pour ainsi dire, au
    sommet des pages. On distingue encore, comme nous allons le voir
    (page suivante, note 241), trois autres espèces de titres: le _faux
    titre_, le _titre_ ou _grand titre_, et le _titre de départ_.

  [241] C'est cependant ce que font souvent les imprimeurs anglais: ils
    numérotent toutes les pages, excepté celles des _trois titres par
    lesquels tout livre débute généralement_: 1º _faux titre_ (la toute
    première page du livre: le titre, ordinairement abrégé, et sans nom
    d'auteur, est placé au milieu de cette page); 2º _titre_ proprement
    dit, ou _grand titre_ (titre complet, avec le nom de l'auteur, et,
    au bas de la page, le nom et l'adresse--la _firme_--de l'éditeur; le
    grand titre portait aussi autrefois le nom de _frontispice_: ce nom
    est aujourd'hui réservé aux titres ornés de vignettes ou
    d'encadrements, ou encore à la gravure placée en regard du
    titre--portrait de l'auteur, par exemple,--et dont le sujet se
    rapporte de près ou de loin à l'ouvrage); 3º _titre de départ_
    (placé en haut de la page: c'est sur cette page--la première, à vrai
    dire,--que commence le texte de l'ouvrage);--excepté ces feuillets
    de début, toutes les pages de l'intérieur du volume, les pages de
    titre d'article et les belles pages comme les autres, sont
    foliotées: voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 173 (let. B); t.
    VI, p. 756 (let. D); t. VII, p. 588 (let. E), etc. Ces belles pages
    n'ont pas de titre courant, et leur folio se trouve placé au sommet
    médial. L'effet de ce foliotage n'est nullement désagréable à l'œil.

  [242] F. SARCEY, _Gare à vos yeux!!_ préface, p. V. (Paris,
    Ollendorff, 1884).--«MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient
    depuis un certain temps l'influence que peuvent avoir, sur la
    facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères
    d'imprimerie, l'intensité de la lumière, sa qualité, celle du
    papier, l'interlignage (c'est-à-dire l'espacement des lignes
    d'impression). Ils arrivent à cette conclusion que l'élément
    principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des
    caractères: il ne faudrait jamais employer des caractères de moins
    de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle
    avant même qu'on ait affaire à des lettres d'un format aussi réduit.
    Par rapport à ce côté de la question, l'éclairage n'est que tout à
    fait secondaire.» (_La Nature_, 23 juillet 1898, p. 126.)

  [243] A propos des formats, p. 90.

  [244] In _Musée des familles_, 1er mars 1896, p. 158.

  [245] _Ap._ BOUCHOT, _le Livre_, p. 297.

  [246] G. NAUDÉ, _loc. cit._, chap. V, p. 70. (Paris, Liseux, 1876.)

  [247] _Loc. cit._, chap. VIII, p. 98

  [248] ED. TEXIER, _ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 220.

  [249] LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.

  [250] _Ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 209.

  [251] _Ibid._ C'est à peu près ce que dit aussi JULES RICHARD, _l'Art
    de former une biblioth._, p. 139: «Un bibliophile ne conserve pas
    les livres qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_
    avec plaisir, et que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins
    richement.»

  [252] CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, la Reliure, p.
    342.--Cf. _infra_, chap. IX, p. 322.

  [253] «Ce genre de reliure... permet au livre de se tenir ouvert sur
    une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance
    qu'oppose le dos de la couverture quand il adhère aux cahiers.»
    (ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. IV, p.
    66.)

  [254] S. LENORMAND et MAIGNE, _Manuel du relieur_ (Manuels Roret), p.
    64.--«... Ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui ne peut
    se faire avec les livres reliés.» (Dr GRAESEL, _Manuel de
    bibliothéconomie_, p. 373.) C'est en grande partie pour ce motif,
    afin que le livre puisse mieux s'ouvrir, que nous conseillons, pour
    les volumes inférieurs à l'in-8, le cartonnage bradel.

  [255] La largeur du format, voilà surtout ce qui, avec la flexibilité
    de la garniture du dos, permet au livre de s'ouvrir aisément et de
    rester de lui-même ouvert. Exemple: un volume oblong, un album.
    Prenez, au contraire, un livre de format étroit, comme les in-12
    elzevieriens (in-12 couronne: 0,09 × 0,157) de certaines collections
    modernes: relié, il est indispensable de tenir ce petit volume à la
    main pour qu'il demeure ouvert, et il a toujours tendance à se
    refermer de lui-même, comme mû par un ressort. C'est que, dans le
    premier cas, le cas de l'album, la feuille étant plus large pèse
    davantage sur son extrémité libre, retombe d'elle-même, et oppose
    ainsi un contrepoids supérieur à la résistance de la couture et du
    dos; dans le second cas, pour l'étroit petit elzevier, c'est cette
    résistance qui l'emporte. Remarquons aussi que plus le papier est
    fort et rigide, plus la résistance du dos est énergique. Le papier
    des anciens petits elzeviers était du papier de fil, souple et peu
    épais: aussi ces gracieux petits volumes sont-ils autrement
    maniables et «complaisants» que les prétendus elzeviers modernes à
    papiers rigides.

  [256] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 337.

  [257] _Loc. cit._, p. 337.

  [258] Cf. BLANCHON, _l'Art et la Pratique en reliure_, p. 18.

  [259] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 17.

  [260] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 18; et S. LENORMAND et MAIGNE,
    _loc. cit._, p. 73.--Sur les reliures en cuir de Russie, cf.
    _infra_, chap. IX, pp. 368 et 369.

  [261] Sur la fabrication et l'emploi du parchemin, voir de curieux
    renseignements dans LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la
    Miniature_, pp. 27-36. Voir aussi MAIRE, _Manuel prat. du
    biblioth._, pp. 377-378; et BLANCHON, _loc. cit._, p. 18.

  [262] Cf. _supra_, chap. II, p. 55.

  [263] Chap. II, p. 56.

  [264] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 340.

  [265] «A Venise, à Florence... Voilà le vrai berceau de la reliure...
    Les plus beaux exemplaires des reliures de ce temps se trouvaient
    dans la bibliothèque du célèbre bibliophile italien Maoli (Maïoli),
    qui a dû vivre de 1510 à 1560...» (BLANCHON, _loc. cit._, p. 117.)
    «Au commencement du XVIe siècle, les Italiens trouvent une voie
    nouvelle sous l'influence des Aldes, qui avaient probablement joint
    à leur imprimerie un atelier de reliure. Venise fut alors pour
    l'Italie l'école de la reliure, et, pour la première fois, les
    motifs en plein or des Aldes servirent de remplissages dans les
    premières reliures à entrelacs... L'Italie donne alors le ton à
    l'Europe. Les reliures à la Salamandre de François Ier, conservées
    dans nos bibliothèques publiques, sont presque toutes dans le goût
    italien. Les Italiens furent donc nos initiateurs; mais on ne
    saurait méconnaître toutefois la grande part qu'ont eue, dans
    l'histoire de l'art et de la reliure en particulier, les artistes
    français de la Renaissance, notamment Nicolas Ève et son fils
    Clovis, célèbres libraires-relieurs de Henri III et de Henri IV.»
    (SPIRE BLONDEL, _l'Art intime et le Goût en France_, pp. 318-319.)

  [266] Déjà au XVIe siècle, malgré la vogue de Venise, BONAVENTURE DES
    PERIERS faisait dire à Mercure, au début de son _Cymbalum Mundi_ (p.
    304. Paris, Delahays, 1858. Nouv. édit. avec des notes et une notice
    par P. L. JACOB, bibliophile [Paul Lacroix]): «Où est-ce que l'on
    relie le mieux? A Athènes (_id est_ en France, à Lyon, d'après le
    bibliophile JACOB, _ibid._), en Germanie, à Venise ou à Rome? Il me
    semble que c'est à Athènes.» C'est ce qui a permis au comte DE
    LABORDE d'avancer que «la Reliure est un art tout français». (_Le
    Palais Mazarin_, _ap._ P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 1.) «La
    _reliure d'art_ française occupe la première place en Europe, et, à
    l'appui de ce que nous avançons, nous pourrions citer les prix
    toujours plus hauts qu'atteignent, dans les ventes, non seulement
    les reliures anciennes, mais aussi les travaux modernes.» (BLANCHON,
    _loc. cit._, avant-propos, p. V.)

  [267] «C'est au célèbre bibliophile Jean Grollier (_sic_) que semble
    de droit appartenir l'honneur d'avoir créé la reliure française.»
    (P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 2.).

  [268] On écrit aussi Derome ou Deromme: l'orthographe donnée par JAL,
    _Dictionn._, pp. 1082-1084, est de Rome, les de Rome.

  [269] Outre les ouvrages déjà cités dans ce chapitre, voir sur
    l'historique de la reliure: ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en
    France aux derniers siècles_;--OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne
    artistique et fantaisiste_;--HENRI BOUCHOT, _les Reliures d'art à la
    Bibliothèque nationale_, _passim_;--JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer
    les livres_, pp. 161-186;--LUDOVIC LALANNE, _Curiosités bibliogr._,
    pp. 282-291;--et les ouvrages de MM. LÉON GRUEL, ÉMILE BOSQUET,
    MARIUS MICHEL, etc.

  [270] La peau de morue a donné en reliure de très bons résultats.
    (Renseignement fourni par la maison de reliure Engel.)

  [271] Voir _Intermédiaire des cherch. et cur._, 30 nov. 1900, col.
    917-918.

  [272] Journal _la Halle aux cuirs_, in _Intermédiaire des cherch. et
    cur._, 10 avril 1886, col. 202.--Mais les avis diffèrent, et le même
    _Intermédiaire_, dans son numéro du 30 décembre 1900, col. 1111,
    affirme, par la plume de M. MARCELLIN PELLET, que «la peau humaine
    n'est pas belle en reliure; il est très difficile, sinon impossible,
    de la dégraisser complètement».

  [273] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.--Un autre médecin anglais, le
    célèbre John Hunter (1728-1794), fit relier de même en peau humaine
    un traité sur les maladies de la peau. (_Dictionn. de la
    Conversation_, art. Reliure.)

  [274] _Revue encyclop._, 11 juin 1898, p. 542.

  [275] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 mai 1879, col. 295, et
    10 juillet 1882, col. 396; et _Revue encyclop._, _loc. cit._

  [276] _Revue encyclop._, _loc. cit._

  [277] _Ibid._

  [278] _Revue encyclop._, _loc. cit._, p. 542; et ALFRED FRANKLIN, _les
    Anciennes Bibliothèques de Paris_, t. I, p. 297.

  [279] _Revue encyclop._, _loc. cit._

  [280] _Ibid._

  [281] _Revue encyclop._, _loc. cit._

  [282] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1883, col.
    585-586, et _Revue encyclopéd._, _loc. cit._

  [283] LALANNE, _loc. cit._, p. 288.

  [284] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.

  [285] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 402.

  [286] BLANCHON, _loc. cit._, p. 128. On lit dans la _Revue
    universelle_ (ex-_Revue encyclopédique_) du 13 avril 1901, p. 337:
    «Ce fut à Mme Drouet qu'il (Victor Hugo) donna _les Châtiments_
    reliés en maroquin pourpre, avec, sur le plat, enchâssée dans le
    cuir, une abeille du manteau impérial de Napoléon III, prise par M.
    Jules Claretie, lors du sac des Tuileries.»

  [287] _Ibid._

  [288] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 348.

  [289] P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 19.

  [290] _Loc. cit._, pp. 68-69.

  [291] A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
    l'Exposit. univers. de 1851_, Rapport du XVIIe jury, pp. 72-73.

  [292] Pages 346 et 359.

  [293] Une des meilleures couleurs usitées en reliure est la couleur
    dite _Lavallière_ (ou _La Vallière_:--allusion à la robe de
    Carmélite de Mlle de la Vallière [cf. LITTRÉ, _Dictionn._,
    supplém.];--mais, dans cette acception, on écrit le plus souvent ce
    nom en un seul mot). C'est une couleur de gamme assez étendue,
    allant du brun clair au brun foncé.

  [294] BLANCHON, _loc. cit._, p. 123. «On donne ce nom (de _reliures
    jansénistes_) aux reliures qui n'ont aucun ornement extérieur, _pas
    même un simple filet_, et pas d'autre dorure que le titre du livre
    sur le dos,» dit M. A. CLAUDIN, _Intermédiaire des cherch. et cur._,
    10 juin 1875, col. 348.

  [295] BOUCHOT, _le Livre_, pp. 284 et 286.

  [296] ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en France_, in _Intermédiaire
    des cherch. et cur._, 25 mars 1879, col. 190.

  [297] «Rien de plus commun que l'S barré dans les lettres, manuscrits
    et reliures, de 1560 environ à 1640. Il est possible qu'on en ait
    fait parfois un rébus (_fermesse_ [S fermé], c'est-à-dire
    _fermeté_), ou un monogramme; mais c'est la plupart du temps... une
    fioriture, un paraphe, et, sur les reliures ou les panneaux, un
    ornement.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 avril 1881, col.
    281; et 25 mai 1888, col. 297 et suiv.)

  [298] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 241-242.

  [299] Ou plutôt il devrait y avoir, car cette règle ne s'observe plus
    toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage,
    finissent par se confondre.

  [300] MAIRE, _loc. cit._, pp. 296-297. D'autres font remonter
    l'existence et l'invention du relieur Bradel jusqu'à la seconde
    moitié du XVIIIe siècle. «Bradel avait, fin XVIIIe siècle, son
    atelier rue d'Écosse (Paris, Ve arrondissement), en une maison
    appartenant au collège Sainte-Barbe... Cet atelier fut ensuite
    occupé par Chichereau, aussi relieur, qui s'y trouvait encore en
    1792.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 22 juin 1901, col.
    1073.)

  [301] GRAESEL, _loc. cit._, p. 373.

  [302] LESNÉ, _la Reliure_, notes, p. 131.

  [303] ÉMILE DEBRAUX, _Chansons complètes_, t. III, p. 61, les
    Relieurs. (Paris, s. n. d'édit., imprim. P. Baudoin, 1836, 3 vol.
    petit in-32.)

  [304] OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne, artistique et fantaisiste_,
    chapitre: Des cartonnages à la Bradel, p. 252.

  [305] «Un livre qui n'a pas été suffisamment battu s'ouvre facilement,
    bâille et devient ainsi un réceptacle à poussière et à vermine.»
    (GRAESEL, _loc. cit._, p. 374.)

  [306] Voir _supra_, p. 129.

  [307] Ne pas confondre le mot «charnière» ainsi employé avec la
    _charnière_--synonyme de _mors_--du plat des livres, dont il a été
    question ci-dessus, p. 128.

  [308] «La grecque..., méthode pernicieuse, qui gâte presque autant de
    livres qu'on en relie.» (LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.) Cf. aussi
    LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 130; BLANCHON, _loc. cit._, p.
    39; LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Reliure; etc.

  [309] Sur la couture _à point arrière_ et _à point devant_, cf.
    _Magasin pittoresque_, septembre 1874, p. 284.

  [310] Page 129.

  [311] _Loc. cit._, p. 130. Voir aussi LESNÉ, _loc. cit._, note 6 du
    chant I, p. 115, où les mêmes remarques se trouvent formulées à peu
    près dans les mêmes termes.

  [312] Non pas «malgré», mais conformément à ces recommandations. Cette
    tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les
    ateliers de reliure. (A. C.)

  [313] Je regrette de ne pouvoir citer, parmi ces inventeurs, aucun nom
    français; mais, comme on l'a remarqué avant moi, nos
    mécaniciens-constructeurs semblent «se désintéresser de la
    fabrication des machines à l'usage des relieurs, et ne paraissent
    pas se rendre compte des besoins et des nombreux vides à combler...
    S'ils faisaient pour la reliure» ce qu'on a fait et ce qu'on fait
    journellement pour l'imprimerie, «nul doute que notre outillage
    tiendrait actuellement la première place, et que nos praticiens ne
    seraient pas forcés de demander à l'étranger ce qui leur est parfois
    indispensable.» (BOSQUET, _la Reliure_, p. 26, note 1.)

  [314] Renseignements fournis par la maison de reliure Engel.

  [315] MAIRE, _loc. cit._, p. 99, n. 1.

  [316] _Loc. cit._, notes, pp. 116 et 135.

  [317] LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 371. Cf. aussi BLANCHON,
    _loc. cit._, p. 43.

  [318] _Loc. cit._, p. 125.

  [319] Page 68.

  [320] GRAESEL (_loc. cit._, p. 363), estime que, «pour un train d'une
    importance moyenne, quinze jours, au maximum, sont largement
    suffisants». Cela dépend de ce qu'il faut entendre par «importance
    moyenne». En France, la plupart des relieurs trouveraient
    certainement ce délai insuffisant pour un train composé seulement de
    vingt ou trente volumes. Bien que s'appliquant en partie à des
    reliures de luxe, les considérations de M. JULES LE PETIT (_l'Art
    d'aimer les livres_, p. 182) me semblent plus justes: «En général,
    il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un
    an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins
    deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons
    relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce...
    Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre,»
    etc.

  [321] Je rappelle qu'il n'est question ici que d'une bibliothèque
    particulière et fermée, ne servant qu'à une seule personne. Pour une
    bibliothèque publique, il est préférable, voire indispensable, que
    chaque tome soit relié séparément, afin d'éviter d'en immobiliser
    deux en même temps dans la même main.

  [322] J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 185.

  [323] LESNÉ, _loc. cit._, chant IV, p. 59.

  [324] LESNÉ, _loc. cit._, notes du chant IV, p. 170.

  [325] ID., _ibid._, mêmes notes, p. 172.

  [326] C'est également le conseil donné par l'_Instruction générale
    relat. au service des biblioth. universitaires_: «N'admettre la
    rognure que pour les ouvrages usuels; interdire de rogner pour les
    autres, en les faisant seulement rogner et jasper en tête, pour les
    préserver de la poussière.» (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.)

  [327] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
    édit., t. I, p. 88.

  [328] Le bibliophile JACOB (Paul Lacroix), _ap._ ROUVEYRE, _loc.
    cit._, p. 87.

  [329] Page 37.

  [330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en
    tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit
    toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion
    de la poussière.

  [331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans
    le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils
    portent le nom de _larrons_. Les relieurs sont tenus d'éviter les
    _larrons_, qui sont des défauts, tandis que les _témoins_, toujours
    laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.--On
    appelle aussi _larron_ en typographie tout «morceau de papier qui,
    se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la
    prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un
    blanc» (LITTRÉ); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille
    de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans
    l'impression». (ID.)

  [332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir
    _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 1879 et 1886, _passim_.
    Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours
    reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres _en blanc_.
    (Cf. L. DELISLE, _Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth.
    nation._ Introduct., t. I, p. IV, n. 4.)

  [333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est
    que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque
    la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom
    inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de _la Légende
    des siècles_: V. HUGO (au lieu de VICTOR HUGO), serait un barbare.»
    (CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, p. 360.)

  [334] La peau servant à faire des _pièces_ a très peu d'épaisseur;
    c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane
    est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur
    longueur.

  [335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires
    que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là,
    aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (JULES
    RICHARD, _loc. cit._, p. 60.) Le même bibliographe recommande (_loc.
    cit._, p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de
    l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a
    tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (_ibid._) qu'il
    convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut
    en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en
    gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des
    suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la
    lettre, soit en divers états...» Mais ce sont là des conseils
    quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus
    aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais
    modestes amis des livres et de l'étude.

  [336] Cf. chap. III, p. 76.

  [337] Supplément au nº 3 du journal _la Reliure_, «organe et propriété
    du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs
    sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon,
    Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui
    fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais
    je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et
    que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement
    et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il
    faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix
    réel et acceptable.

  [338] Voir SÉNÈQUE, _De la tranquillité de l'âme_, IX, 9. (Pour
    abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.)
    «Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en
    peinture,» disait Diogène. (_Ap._ FERTIAULT, _les Légendes du
    livre_, p. 156.)

  [339] Voir SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, lettre II. Cf.
    _l'Ecclésiaste_, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils.
    Il n'y a point de fin à multiplier les livres.»

  [340] PLINE LE JEUNE, _Epist._, VII, 9.

  [341] _Non legendos libros, sed lectitandos._ (_Epist._, II, 17.)

  [342] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 137.

  [343] _Ap._ FERTIAULT, _loc. cit._, p. 20.

  [344] Pages IX et 7.

  [345] VOLTAIRE, _Articles de journaux_, I, Conseils à un
    journaliste... (_Œuv. compl._, t. IV, p. 615. Paris, édit. du
    _Siècle_, 1867-1870.)

  [346] _Manuel du biblioph._, t. I, p. 11.

  [347] _Loc. cit._, p. 312.

  [348] _Ap._ SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 403. Cf. le mot
    de Royer-Collard à Alfred de Vigny: «Je ne lis plus, monsieur, je
    relis». (SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. XI, p. 524.)

  [349] En 1886, dans le journal _l'Estafette_: voir LAROUSSE, _Grand
    Dictionn._, 2e supplément, art. Larousse.

  [350] _Ap._ DEROME, _le Luxe des livres_, p. 59.

  [351] A. DE BOISLISLE, _Mémoires de Saint-Simon_, Avertissement, t. I,
    p. LXXI (Collect. des _Grands Écrivains de la France_).

  [352] A. DE BOISLISLE, _loc. cit._

  [353] Elle comprend actuellement (1901) 31 volumes et s'arrête au XVe
    siècle.

  [354] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes..._, chap. X, pp.
    108-109.

  [355] «... les bibliothèques ne pouvans mieux estre comparées qu'au
    pré de Sénèque où chaque animal trouve ce qui luy est propre: _Bos
    herbam, canis leporem, ciconia lacertum._» (GABRIEL NAUDÉ, _Advis
    pour dresser une biblioth._, chap. III, p. 24.)

  [356] Voir SAINTE-BEUVE, _Portraits littér._, t. II, p. 437.

  [357] _Loc. cit._, p. 120.

  [358] _Loc. cit._, p. 121.

  [359] Parmi ces réclamations, je rappellerai celle du bibliographe
    A.-A. Renouard, dans cette description de sa propre bibliothèque,
    qu'il a publiée sous le titre de _Catalogue de la bibliothèque d'un
    amateur_: «Il faudrait destiner nos imprimeries à l'emploi qui de
    tous me semble le plus utile et aussi le plus honorable, la
    fabrication très soignée d'éditions presque de luxe, quoique d'un
    prix à peu près ordinaire; de livres à l'usage de ceux qui, sans
    être curieux amateurs, ni possédés du démon de la bibliomanie,
    savent cependant très bien distinguer et préférer l'édition la plus
    nette et la plus élégante.» (RENOUARD, _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._,
    p. 181.) Voilà un programme excellent en tous points:
    malheureusement, ce n'est qu'un programme.

  [360] «Jouaust était de la famille des grands éditeurs, hommes de goût
    et véritablement hommes de lettres par le soin qu'ils prennent de
    faire valoir les œuvres qu'ils publient, et de les présenter aux
    amateurs sous le séduisant aspect qu'assurent un papier de choix,
    des types élégants et bien lisibles, une correction impeccable,
    illustrées de gravures finement en harmonie avec le texte, et
    d'autant plus précieuses qu'elles sont moins encombrantes. Son nom
    sera cité dans l'histoire de son art à la suite des maîtres qui en
    ont fait la gloire à travers les âges.» (G. BERARDI, _l'Indépendance
    belge_, in _Ultima_, notes et chroniques, p. 9. Paris, imprim.
    Jouaust, 1891. In-18, 78 pp.)--«Pendant trente ans, il (Jouaust) a
    fait la joie des lettrés; il leur a donné de fins joyaux, que les
    amateurs du siècle prochain se disputeront avec passion...» (AD.
    BRISSON, _les Annales politiques et littér._, _ibid._, pp.
    14-15.)--«Il (Jouaust) a été un lettré et un artiste avant d'être un
    commerçant. Il avait recueilli et il a su continuer parmi nous les
    traditions des Elzevir et des Plantin Moretus...» (J. CORNELY, _le
    Matin_, _ibid._, p. 18.)

  [361] Cette très intéressante collection est continuée par l'éditeur
    Ernest Flammarion, qui y a récemment ajouté _les Confessions_ de
    J.-J. Rousseau.

  [362] Sur la collection Jannet-Picard, voir _supra_, chap. II, p. 38.

  [363] Cf. LOUISY, _le Livre_, p. 270.

  [364] Voir _supra_, chap. II, p. 43.

  [365] Cf. _supra_, chap. V, p. 158.

  [366] M. GABRIEL HANOTAUX, dans l'avant-propos de son livre _la Seine
    et les quais, promenades d'un bibliophile_ (p. III), a très
    justement et joliment dit: «Paris est la seule ville du monde qui
    ait sa bibliothèque en plein air. Les boîtes des quais font partie
    de nos perspectives. Elles accompagnent les profils du Louvre et
    font un premier plan aux galeries et aux tours de Notre-Dame.»

  [367] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p.
    56.

  [368] Paris, Furne, 1857 (et 1864). 1 vol. in-16.

  [369] _Loc. cit._, pp. 3-4. Glissons ici à ce propos cette touchante
    réflexion de S. DE SACY (_Variétés littér._, t. I, p. 250, Catalogue
    de la biblioth. de J.-J. de Bure): «Je deviendrais aveugle que
    j'aurais encore, je le crois, du plaisir à tenir dans mes mains un
    beau livre. Je sentirais du moins le velouté de sa reliure, et je
    m'imaginerais le voir. J'en ai tant vu!»

  [370] Voir dans _les Amateurs de vieux livres_, par P. L. JACOB, p.
    34, un curieux portrait du marchand bouquiniste-étalagiste: «...
    L'_étalagiste_ est d'ordinaire Normand, comme le vendeur de salade;
    il connaît mieux le prix des pommes que celui des livres; il ne juge
    guère sa marchandise que d'après le premier venu qui la marchande;
    il surprend dans vos yeux l'envie qui vous émeut à la vue de ce
    livre, et il le taxe à proportion de cette envie, qu'il démêle dans
    un geste d'empressement, même dans une indifférence composée. Le
    seul _Manuel du libraire_ qu'il étudie, c'est la physionomie des
    acheteurs: l'un sourit, l'autre soupire, celui-ci fronce les
    sourcils, celui-là pince les lèvres; un cinquième, plus exercé,
    touchera vingt volumes avant de mettre la main sur le volume qu'il
    lorgne; tous enfin se trahissent d'une façon particulière, qui
    n'échappe pas à l'_étalagiste_, aussi fin, aussi astucieux qu'un
    diplomate du cabinet de Saint-James.»--En général, comme l'a
    remarqué L. DEROME (_le Luxe des livres_, p. 66), les livres anciens
    coûtent moins cher chez les libraires parisiens de la rive gauche
    que chez ceux de la rive droite, «qui ont une clientèle princière et
    la confiance des riches amateurs étrangers, tandis que les marchands
    de la rive gauche sont réduits à celle des savants et des lettrés,
    qui connaissent mieux la valeur des livres et ne peuvent se
    permettre certaines folies». Etc.

  [371] En revanche, il faut reconnaître qu'il y a de ces catalogues qui
    sont très bien faits et dignes d'intéresser tous les amateurs de
    livres, par exemple, les catalogues de la librairie ancienne A.
    Claudin, qui paraissent actuellement (1901, 14e année, neuvième
    série) tous les mois, sous le titre d'_Archives du bibliophile_.

  [372] Chap. III, pp. 27-30. (Trad. de H. Cocheris.)

  [373] _Musæi sive biblioth..._, Lugduni, 1635, in-4, lib. III, p. 468,
    _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 65-66. Cf. _infra_, chap. VIII, p.
    257.

  [374] _Loc. cit._, p. 139. Cf. _supra_, chap. V, p. 123.

  [375] L'appréciation est de M. JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer les
    livres_, p. 40.

  [376] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 14.--A propos des ouvrages
    nouveaux, JULES JANIN (_ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109) donne
    aussi ce conseil: «N'achetez que le livre dont vous avez fait la
    lecture cinq ou six semaines auparavant,»--c'est-à-dire le livre
    dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. «En ce
    temps de réclame, combien ont pu expérimenter la sagesse de ces
    paroles!» ajoute Mouravit.

  [377] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 15.

  [378] _Loc. cit._, p. 40.

  [379] _Loc. cit._, pp. 40-41.

  [380] _Essais_, III, 3: t. III, p. 366. (Paris, Charpentier, 1862.)

  [381] Il s'appelait Boulard (Antoine-Marie-Henri) (1754-1825). Il fut
    l'exécuteur testamentaire de La Harpe, et c'est par ses soins que
    fut publiée la partie du _Cours de littérature_ relative à la
    philosophie du XVIIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec son
    homonyme Boulard (Sylvestre), imprimeur, libraire et écrivain
    (1750-1819?), auteur d'un _Traité élémentaire de bibliographie_.
    (Paris, Boulard, 1804. In-8. 140 pp.)

  [382] «Une biographie ne lui en accorde que 280 000; mais un autre
    renseignement va jusqu'à notre chiffre de 600 000 (volumes). La
    différence est importante. Les deux documents sont-ils précis? On
    peut choisir.» (FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 107.)

  [383] Cf. _le Cousin Pons_, principalement chap. II, p. 11 (Paris,
    Michel Lévy, Librairie nouvelle, 1870): «... Il possédait son musée
    pour en jouir à toute heure, car les âmes créées pour admirer les
    grandes œuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils
    éprouvent autant de plaisir aujourd'hui qu'hier; ils ne se lassent
    jamais, et les chefs-d'œuvre sont, heureusement, toujours jeunes...
    Vous tous qui ne pouvez plus boire à ce que, dans tous les temps, on
    a nommé _la coupe du plaisir_, prenez à tâche de collectionner quoi
    que ce soit (on a collectionné des affiches!), et vous retrouverez
    le lingot du bonheur en petite monnaie.»

  [384] «J'aime mes livres comme je les aimais à vingt ans; je les aime
    peut-être même avec plus d'ardeur, car, tout bien considéré, je les
    connais mieux, et il n'arrive point, dans l'amour des livres, ce qui
    arrive, hélas! trop souvent dans l'autre amour, savoir que,
    lorsqu'on est parvenu à bien connaître l'objet de sa flamme, on est
    tenté de l'aimer un peu moins... Parmi les goûts si divers que la
    Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui,
    après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus
    véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie,
    les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.»
    (TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, pp. 250-252.)

  [385] Cf. LALANNE. _Curiosités bibliogr._, p. 146 ;--PAUL LACROIX, ÉD.
    FOURNIER et F. SERÉ, _Histoire de l'imprimerie_, p. 42;--BOUCHOT,
    _le Livre_, pp. 79, 258 et 268;--LOUISY, _le Livre_, p.
    191;--_Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 667, fig.
    7;--etc.

  [386] Cf. BOUCHOT, _loc. cit._, p. 268.

  [387] A Leyde, comme le fait voir une gravure de 1610, les livres
    étaient rangés debout, mais avec le dos tourné vers le fond du rayon
    et la _gouttière_ ou tranche en avant: les titres étaient donc
    inscrits sur la tranche. (Cf. MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, p.
    58.)

  [388] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 284. C'était Pétrarque lui-même qui
    avait copié ces lettres de Cicéron et composé ce manuscrit.

  [389] GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p. 11.

  [390] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 41.

  [391] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 384.

  [392] «... Sans cet ordre et disposition, tel amas de livres que ce
    peut estre, fust-il de cinquante mille volumes, ne mériteroit pas le
    nom de bibliothèque, non plus qu'une assemblée de trente mille
    hommes le nom d'armée, s'ils n'estoient rangez en divers quartiers
    sous la conduitte de leurs chefs et capitaines, ou une grande
    quantité de pierres et matériaux celui de palais ou maison, s'ils
    n'estoient mis et posez suivant qu'il est requis pour en faire un
    bastiment parfait et accomply.» Etc. (GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour
    dresser une biblioth._, chap. VII, pp. 86-87.)

  [393] Ce que dit là Gabriel Naudé se trouve déjà dans VITRUVE, _De
    Architectura_, III, 2: «Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare
    debent; usus enim matutinum postulat lumen. Item in bibliothecis
    libri non putrescent; nam in his, quæ ad meridiem et occidentem
    spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi
    advenientes procreant eas et alunt, infundentesque humidos spiritus
    pallore volumina corrumpunt.»

  [394] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VI, pp.
    81-85.

  [395] «Pour ce qui est du nord, il a, lui, les bises sifflantes, les
    rigueurs persistantes de l'hiver, les brumes, qui donnent aussi
    l'humidité. Au contraire, l'orient apporte un air doux et
    fortifiant, pur, tiède et léger, suffisamment sec et tempéré par une
    suave fraîcheur: l'orient, c'est la vie en sa jeunesse; il donne la
    vigueur, égaie le cœur et rend à l'homme le travail agréable et
    facile. En même temps, cette exposition permettra de faire pénétrer
    souvent l'air à l'intérieur, et cet air, abondant et assez chaud,
    sans être brûlant comme celui du midi, sera toujours extrêmement
    avantageux à la conservation des livres.» (J. COUSIN, _De
    l'organisation des biblioth._, p. 6.)

  [396] NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 38.

  [397] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 9.

  [398] _Loc. cit._, p. 144.

  [399] Voir _infra_, chap. IX, pp. 317 et 368.

  [400] _L'Art de former une biblioth._, p. 56.

  [401] «La base du mobilier dans toute bibliothèque est le rayonnage.»
    (MAIRE, _loc. cit._, p. 60.)

  [402] PEIGNOT y ajoute le cèdre, et écrit (_Manuel du biblioph._, t.
    II, p. 419): «Si l'on a une bibliothèque composée de livres
    précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins
    du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les
    tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son
    odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers
    et autres insectes...»

  [403] M. MAIRE (_loc. cit._, p. 61) donne 1 mètre pour la longueur
    maximum de cette portée; M. GUYOT-DAUBÈS (_l'Art de classer les
    notes_, p. 88), 1 m. 50.

  [404] «Les rayons mobiles n'ont pour ainsi dire plus leur raison
    d'être dans une bibliothèque universitaire et même dans la plupart
    de nos bibliothèques de France, où les livres sont posés selon leur
    hauteur.» (MAIRE, _loc. cit._, pp. 61-62.) «Les rayons s'appuient,
    soit sur des crémaillères, ou, plus pratiquement et plus
    économiquement, sur des tasseaux fixés à demeure sur les montants.»
    (GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, pp. 88-89.)

  [405] Le docteur GRAESEL (_loc. cit._, p. 131) déclare que «l'emploi
    des rayons mobiles a été reconnu comme préférable à celui des rayons
    fixes... Ils sont, en effet, infiniment plus commodes, la mobilité
    des tablettes permettant, suivant les besoins, de diminuer ou
    d'augmenter leur hauteur sans aucune difficulté.» M. ÉD. ROUVEYRE
    (_loc. cit._, 5e édit., t. I, p. 137) est d'avis qu'on doit «ne se
    servir de tablettes fixes qu'à la dernière extrémité... qu'il est
    toujours préférable d'adopter des tablettes mobiles».

  [406] «Un homme de lettres ne devrait jamais déménager, même pour être
    mieux,» déclare nettement RESTIF DE LA BRETONNE (_Monsieur Nicolas_,
    5e époque, t. VIII, p. 15, note. Paris, Liseux, 1883). Il est
    certain qu'on ne profite bien de ses collections de livres et de
    notes qu'à la condition de parfaitement connaître leur place, et,
    par conséquent, de ne pas changer souvent cette place.--A propos de
    déménagements de livres, rappelons le curieux procédé imaginé par
    Antoine-Alexandre Barbier (1765-1825), bibliothécaire du Conseil
    d'État sous l'Empire. Ayant reçu l'ordre de l'Empereur d'enlever
    sans aucun retard les trente mille volumes de la bibliothèque du
    Conseil d'État et de les ranger dans un local peu éloigné, dont le
    rayonnage était déjà effectué, Barbier demanda cent vingt grenadiers
    «un peu intelligents», leur fit faire la chaîne, et, en deux jours,
    les trente mille volumes, passés de main en main tout le long de la
    chaîne, se trouvèrent transportés dans leur nouvelle résidence et
    remis exactement aux mêmes places qu'ils occupaient dans l'ancienne.
    (Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 46.)

  [407] Il est même plus pratique et plus simple de percer ces trous,
    non dans les montants mêmes, mais le long de bandes de bois,
    analogues à celles des crémaillères, mais un peu plus épaisses, pour
    que les trous aient une profondeur suffisante (de 1 à 2
    centimètres), et qu'on adapte ensuite, comme précédemment, aux deux
    bords intérieurs de chaque montant.

  [408] GRAESEL, _loc. cit._, p. 134.

  [409] L'emploi des échelles et escabeaux présente de continuels
    inconvénients, voire de graves dangers, surtout lorsque les parquets
    sont cirés. Parmi les savants morts des chutes qu'ils ont faites
    dans leurs bibliothèques, on cite le célèbre bibliothécaire de
    Dresde F. A. Ebert (1791-1834) (cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 15); le
    marquis de Morante, bibliophile espagnol (1808-1868) (cf. FERTIAULT,
    _les Légendes du livre_, pp. 64 et 193); «le zélé Rover, mort à
    quatre-vingt-deux ans, d'une chute qu'il fit en prenant un de ces
    volumes au milieu desquels il passa sa vie dans la plus sauvage
    retraite» (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 136, note 2); etc.

  [410] ROUVEYRE, _loc. cit._, 5e édit., t. I, pp. 134-136.

  [411] La _réserve_, c'est le nom qu'on donne, dans notre Bibliothèque
    nationale, à ces raretés et trésors bibliographiques. «La Réserve
    est le _trésor_ de la Bibliothèque [nationale]; elle abrite ses
    livres les plus précieux, et il y en a quatre-vingt mille.» (H.
    BERALDI, _Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 42.)
    GRAESEL (_loc. cit._, pp. 51 et 182) appelle «les œuvres rarissimes,
    les _Cimelien_» (_sic_) (de κειμήλια, joyaux), «terme assez
    fréquemment employé dans les bibliothèques allemandes,» ajoute-t-il.

  [412] «_Formats atlantiques._--Les grands formats de certains atlas
    nécessitent une travée spéciale sous la forme d'un comptoir sur les
    rayons duquel ils seront placés horizontalement, dans l'intérêt de
    leur conservation.» (_Instruction générale relat. au service des
    biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 441.)

  [413] «On doit toujours placer les livres dans la même direction,
    c'est-à-dire en allant de gauche à droite, parce que c'est
    précisément dans ce sens que nous sommes accoutumés à lire.»
    (GRAESEL, _loc. cit._, pp. 303-304.) Quant à la _méthode
    serpentante_, préconisée par CONSTANTIN (_loc. cit._, p. 51), qui
    consiste à ranger les volumes du premier rayon de gauche à droite,
    ceux du second de droite à gauche, ceux du troisième de gauche à
    droite, etc., elle ne présente guère que des inconvénients, et,
    encore une fois, il est préférable de nous en tenir à cette règle:
    ranger toujours les livres dans le sens de la lecture, c'est-à-dire
    de gauche à droite.

  [414] Tel est aussi l'avis de GRAESEL (_loc. cit._, p. 129): «... les
    rayons du bas pour le grand format, ceux du milieu pour le moyen
    format, et ceux du haut pour le petit format.»

  [415] Voir pp. 214-215 et 223-224.

  [416] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes_, pp. 92-93.

  [417] _Courrier des biblioth._, mars-avril 1901, p. 113.

  [418] Chap. III, pp. 84-85.

  [419] Théoriquement 183 millimètres (in-18 jésus).

  [420] Correspondant à nos quatre formats décrits p. 76.

  [421] Page 210.

  [422] Voir pp. 87-88.

  [423] TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, p. 36.

  [424] ID., _ibid._, pp. 35-36.

  [425] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 100.

  [426] TENANT DE LATOUR, _loc. cit._, p. 35.

  [427] ID., _ibid._

  [428] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 105; et _Miscellanées
    bibliographiques_, t. I., p. 11.

  [429] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
    édit., t. II, p. 161.

  [430] JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 145.

  [431] CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 117.

  [432] _Manuel prat. du biblioth._, p. 118.

  [433] Chose curieuse et qui démontre bien les progrès de la
    bibliothéconomie, le célèbre docteur Petzholdt, l'auteur du
    _Katechismus_ (publié en 1856), condamne irrévocablement les
    catalogues sur fiches, les déclare incommodes, difficiles à
    consulter, nullement pratiques; selon lui, les fiches ne doivent
    servir qu'à préparer le catalogue en volumes, le seul estimable et
    recommandable. (Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 254.)

  [434] JULES RICHARD (_loc. cit._, p. 146) donne à ces boîtes le nom de
    _cabriolet_, probablement parce que certaines d'entre elles, pour
    faciliter le maniement des fiches, sont plus élevées à une extrémité
    qu'à l'autre et offrent ainsi quelque analogie avec un de ces
    véhicules surmonté de sa capote. Mais toutes les boîtes à fiches
    n'ont pas cet aspect, et la plupart sont de forme régulière.

  [435] Voir un modèle de ces fiches _infra_, p. 226.

  [436] Cf. BONNANGE, _Projet d'un catalogue universel..._, p. 11.

  [437] «Quand il s'agit de livres modernes, on peut omettre dans les
    adresses bibliographiques les noms des imprimeurs ou des libraires»
    [éditeurs]. (L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques
    pour... une biblioth._, p. 20.)

  [438] Cf. L. DELISLE, _ibid._;--MAIRE, _loc. cit._, pp. 119 et
    suiv.;--J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, pp. 38 et
    suiv.;--etc. Il arrive fréquemment, dans les catalogues de
    librairie, par exemple, que l'indication du nombre de volumes et du
    format est placée avant l'adresse. L'ordre que nous indiquons a pour
    lui l'autorité des plus scrupuleux bibliographes et aussi la
    logique. Il procède de cette règle: inscrire d'abord sur la fiche
    les mentions qui figurent sur la page de titre de l'ouvrage: nom de
    l'auteur, titre et adresse; puis les mentions qui n'y figurent pas
    ou qui n'y figurent qu'accidentellement: nombre de volumes et de
    pages, format, état des volumes, etc.

  [439] Ou mieux encore, plusieurs, un pour chacune des catégories de
    formats adoptées pour le rangement de vos livres sur rayons. Par
    économie de place, nous avons adopté quatre catégories (voir
    _supra_, pp. 214-215). Les bibliothèques universitaires en ont
    trois, auxquelles correspondent trois registres ayant chacun leur
    numérotage spécial: par exemple, de 1 à 9999 pour les grands
    formats, de 10 000 à 29 999 pour les moyens formats, 30 000 et
    suivants pour les petits formats. (_Instruction générale relat. au
    service des biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p.
    432.) Ainsi, dans ces bibliothèques, d'après le numéro d'entrée
    inscrit sur une fiche, on reconnaît instantanément le format du
    livre que représente cette fiche.

  [440] «L'écriture ronde, ou tout au moins un peu relevée, est
    recommandée dans l'inscription des cartes; elle est plus nette, plus
    lisible et tient moins de place.» (_Instruction générale relative au
    service des biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p.
    437.)

  [441] _Loc. cit._, pp. 185-186.

  [442] Datée du 24 décembre 1884, signée de M. Fallières, alors
    ministre de l'Instruction publique, et adressée aux maires des
    communes de France.--Si l'on inscrit la cote dans le champ de
    l'empreinte apposée sur le titre, on peut, afin de rendre ce champ
    plus grand et d'avoir plus de place, se servir d'un timbre rond, de
    3 à 4 centimètres de diamètre, pour cette première empreinte, et
    d'un timbre oblong d'environ 0,04 × 0,02, pour les empreintes
    suivantes (page intérieure conventionnelle et page finale)
    dépourvues d'inscriptions.

  [443] Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 661.

  [444] En haut du dos, et non au bas, comme le conseille NAMUR (_Manuel
    du biblioth._, p. 63). Il est évident qu'en collant les étiquettes
    au bas du dos des livres, elles ne suivent pas les ressauts produits
    par les différences de formats et se trouvent toutes alignées au
    même point, ce qui donne à leur ensemble un bien meilleur aspect.
    Mais il est à remarquer aussi qu'on peut être obligé, faute de
    place, de mettre les livres sur deux rangs: dans ce cas, les livres
    du premier rang, si petits qu'ils soient, cachent les étiquettes des
    livres du second rang; en outre, comme, en lisant un livre, on le
    tient d'ordinaire par la partie inférieure du dos, il y a grande
    chance, si l'étiquette se trouve sous les doigts, pour qu'elle se
    déchire ou se décolle rapidement.

  [445] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 168, note 1.

  [446] Remarquez ici la règle typographique qui veut que l'article
    simple prenne la majuscule quand il commence un nom de personne sans
    être précédé de la particule _de_: La Fontaine, La Bruyère, La
    Rochefoucauld, Victor Le Clerc; et la minuscule, lorsqu'il est
    précédé de cette particule: Jean de la Fontaine, le duc de la
    Rochefoucauld, Mme de la Sablière. (Cf. _Règles typographiques...
    Hachette_, pp. 43-44;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur et le
    Correcteur typographes_, pp. 272-276;--LECLERC, _Typographie_, p.
    133;--etc.).

  [447] Nous signalerons, au sujet de la particule nobiliaire française
    et de la majuscule ou de la minuscule qu'elle doit prendre,
    d'intéressantes dissertations dans TASSIS, _Guide du correcteur_, 8e
    édit., pp. 31-32; et dans DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, pp.
    272-275. Nous rappellerons surtout l'ouvrage de VIAN, _la Particule
    nobiliaire_ (Paris, 1868. in-8; et Paris, Dentu, 1880, in-12), dont
    LITTRÉ, dans son _Dictionnaire_, art. Nobiliaire, cite l'extrait
    suivant, qu'on ne saurait trop recommander à l'attention des
    écrivains soucieux de l'exactitude et de la pureté du langage: «La
    particule _de_ ne se place jamais seule devant le nom; on signe,
    non: de Montmorency, de Biron, de Noailles, mais: Charles de
    Montmorency, duc de Biron, Paul de Noailles. En signant un billet à
    un ami ou un acte, on met sans _de_: Grammont, Richelieu, Mortemart.
    Quand on ne met pas le titre de noblesse ou le titre de monsieur ou
    monseigneur, on ne met pas non plus la particule _de_: j'ai
    rencontré le comte de Ségur, et non: j'ai rencontré de Ségur; mon
    cher Grignan, et non de Grignan, dit Mme de Sévigné. Il y a deux
    exceptions: on laisse le _de_, même sans prénom, qualification ou
    titre: 1º devant les noms d'une syllabe ou de deux avec un _e_ muet:
    de Thou a bien écrit; j'ai vu de Sèze;--2º devant les noms qui
    commencent par une voyelle ou une _h_ muette: l'_Armorial_ de
    d'Hozier; à moi d'Auvergne; le fils de d'Orléans.» (VIAN, _loc.
    cit._, p. 52.)

  [448] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 129.

  [449] Les prénoms étrangers ou leurs initiales ne se joignent pas par
    des traits d'union. Van Praet (bibliographe), cité plus loin, était
    naturalisé Français.

  [450] En Angleterre et en Amérique, on écrit généralement en un mot
    Mackain, Maclaurin, etc., comme Mackenzie, Macdonald, Macaulay, etc.
    (Cf. _Encyclop. britannica_.)

  [451] Ainsi M. J. COUSIN (_loc. cit._, p. 44) écrit VAN MONS (avec un
    V majuscule) et place ce nom à la lettre V; et van AELBROECK et von
    SCHLEGEL (avec des v minuscules), qu'il place respectivement aux
    lettres A et S. Il écrit de même DE BRY (avec un D majuscule,
    pourquoi?), et classe ce nom à la lettre D, tandis que de Bris, de
    Bar, etc., se classent à BRIS (de), BAR (de), etc. M. E.-D. GRAND
    (_Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. 615) est d'avis
    que «la particule néerlandaise _van_, analogue au _von_ allemand,
    doit être rejetée après le nom: par une anomalie singulière, elle
    est classée avant le nom, d'après les règles de la Bibliothèque
    nationale, qui porte, par exemple, [van Praet] à VAN PRAET, au lieu
    de PRAET (van)». A propos du classement alphabétique des noms
    d'auteurs, le docteur GRAESEL déclare très justement (_loc. cit._,
    p. 247): «C'est là une source de discussions infinies, et le nombre
    des cas douteux qui peuvent se présenter est tellement considérable
    qu'il nous serait impossible de les examiner tous, même
    superficiellement, sans donner à ce chapitre une étendue démesurée,
    et sans risquer de nous perdre dans des détails par trop minutieux».

  [452] _Loc. cit._, p. 24.

  [453] Plusieurs bibliographes n'hésiteraient pas à préférer ici
    l'ordre chronologique à l'ordre alphabétique.

  [454] _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le
    maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 22. Cet
    opuscule, auquel nous avons déjà eu recours à plusieurs reprises,
    est un des meilleurs guides qu'on puisse consulter sur la question
    qui nous occupe, et nous le suivons ici presque mot à mot et pas à
    pas. Voir aussi l'_Instruction générale relative au service des
    bibliothèques universitaires_, du 4 mai 1878, _ap._ MAIRE, _loc.
    cit._, pp. 425-449.

  [455] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 24. C'est à tort que M. MAIRE, _loc.
    cit._, p. 129, dit qu'«on peut adopter deux méthodes pour les noms
    de saints», et classer indifféremment saint Paul, par exemple, à
    PAUL (saint) ou à SAINT PAUL. En suivant ce dernier mode, certaines
    confusions pourraient se produire: saint Simon, apôtre, classé à
    SAINT SIMON, se confondrait (à part le trait d'union) avec
    SAINT-SIMON, historien; saint Victor, martyr, avec SAINT-VICTOR,
    littérateur et critique; saint Martin, évêque de Tours, avec
    SAINT-MARTIN, orientaliste; etc. Rappelons d'ailleurs ici ces deux
    règles typographiques: 1º «Les mots _saint_ et _sainte_ ne prennent
    ni majuscule ni trait d'union quand ils se rapportent aux
    personnages eux-mêmes;» 2º «Les noms composés qui désignent des
    pays, des villes, des rues, des églises, etc., prennent des traits
    d'union entre tous leurs mots». Ainsi on écrit: le martyre de saint
    Pierre, et l'église Saint-Pierre; le supplice de sainte Catherine,
    et les tours de Saint-Sulpice; les villes de Saint-Valery-sur-Somme
    et de Bar-le-Duc; l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, la rue
    Vieille-du-Temple, l'église Saint-Louis-des-Français, etc., etc.
    Seuls, et seulement d'après quelques _marches_ typographiques, les
    noms composés étrangers font exception: New York, San Francisco,
    Civita Vecchia, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 134, 136 et
    149;--TASSIS, _loc. cit._, pp. 42-43;--DESORMES, _Notions de
    typographie_, p. 309;--_Règles typographiques... Hachette_, pp.
    35-36;--etc.)

  [456] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 25.

  [457] Nombre d'écrivains, considérant ici Bernardin, non comme nom de
    baptême, mais comme nom de famille, écrivent: BERNARDIN DE
    SAINT-PIERRE, et classent par conséquent ce nom à la lettre B: cf.
    SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. dernier, Table, art. Bernardin de
    Saint-Pierre;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Bernardin de
    Saint-Pierre;--etc.

  [458] Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 125; et L. DELISLE, _loc. cit._,
    p. 31.

  [459] On en trouve la liste dans QUÉRARD, _Bibliographie
    Voltairienne_, et dans LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Pseudonyme.

  [460] _Loc. cit._, p. 237.

  [461] Son vrai nom littéraire: Voltaire, par exemple, et non Arouet;
    George Sand, et non Aurore Dupin ou baronne Dudevant; Champfleury,
    et non Fleury; etc. (A. C.)

  [462] Cf. E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI,
    p. 615, col. 2.--Voici ce que dit à ce propos M. LÉOPOLD DELISLE,
    administrateur de la Bibliothèque nationale (_loc. cit._, p. 23):
    «Autant que possible les noms des auteurs doivent être relevés
    suivant la forme que ces noms affectent dans la langue maternelle
    des auteurs. Ainsi les ouvrages d'André Duchesne, de Henri Estienne
    et de Denis Godefroy seront mis sous les rubriques DUCHESNE,
    ESTIENNE, GODEFROY, et non sous les rubriques QUERCETANUS,
    STEPHANUS, GOTHOFREDUS.» Nombre de bibliographes repoussent, et avec
    raison selon nous, ce système de transcription et de classification.
    «Il serait absurde et contraire à tous les usages de cataloguer les
    ouvrages de Melanchthon sous le nom inconnu de SCHWARZERD», écrit le
    docteur GRAESEL, _loc. cit._, pp. 239-240. Le plus rationnel et le
    plus simple encore une fois nous semble de toujours s'en tenir au
    _texte de la page du titre du livre_, quitte à ajouter entre
    crochets sur la fiche le vrai nom à la suite du faux nom: VOLTAIRE
    [François-Marie AROUET] ou [François-Marie AROUET DE]; MELANCHTHON
    [Philippe SCHWARZERD]; SAND (George) [Armandine-Lucile-Aurore DUPIN,
    baronne DUDEVANT]; etc.

  [463] Cf. E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, _loc. cit._, t. VI, p. 617.

  [464] C'est le conseil donné par l'_Instruction générale relat. au
    service des biblioth. universitaires_ (_ap._ MAIRE, _loc. cit._, p.
    438): «Si les auteurs d'ouvrages ayant pour titres: _Éléments
    d'anatomie_ et _Culture des bois_ sont inconnus, le premier de ces
    ouvrages sera catalogué à _Anatomie_, le second à _Bois_.»

  [465] L. DELISLE, _loc. cit._, pp. 25 et suiv., et _Introduction au
    catalogue génér..._, t. I, p. LXIX;--J. COUSIN, _loc. cit._, p.
    42;--GRAESEL, _loc. cit._, p. 244. Cependant, un volume dont les
    premiers mots du titre seraient: _Département de la Seine. Ville de
    Paris. Direction des Travaux. Notes du Directeur à l'appui du budget
    de l'exercice 1872_, se classera de préférence à PARIS (Ville
    de);--_Ministère du Commerce. Lois et règlements sur..._ se classera
    à LOIS;--etc. (Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et
    techniques pour... une biblioth._, p. 25.)

  [466] GRAESEL, _loc. cit._, pp. 244 et 246.

  [467] Voir _supra_, p. 245.

  [468] A la Bibliothèque nationale, les auteurs désignés par leurs
    initiales sont toujours classés parmi les anonymes, à moins qu'on ne
    puisse les identifier; au Musée britannique, au contraire, les
    initiales sont classées dans l'ordre alphabétique.--En France, les
    prénoms de l'auteur (ou les initiales de ces prénoms) sont réunis
    par un tiret; au Musée britannique, les prénoms ne sont pas réunis
    par un tiret. (Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p.
    614.) Par ce que nous avons dit il y a un instant sur les
    incertitudes que présentent parfois les initiales, on voit de quelle
    utilité est ce tiret ou trait d'union. Dans l'exemple donné
    ci-dessus: L.-E. J., nous sommes sûr, grâce au trait d'union entre L
    et E, que L.-E. sont les initiales des prénoms, et par conséquent J
    celle du nom de famille de l'auteur. Cette certitude disparaît si
    vous écrivez L. E. J. Le bibliophile Jacob (pseudonyme de Paul
    Lacroix) a signé un grand nombre de ses livres: P. L. JACOB,
    c'est-à-dire Paul Lacroix Jacob, sans trait d'union entre P et L,
    puisqu'on n'en met pas entre un prénom et un nom.

  [469] Cf. _Grande Encyclop._, _loc. cit._, t. VI, p. 614.

  [470] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 151.

  [471] _Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 438.

  [472] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 264.

  [473] Pour l'explication des abréviations et des signes contenus dans
    ces exemples, voir à l'Appendice.

  [474] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 292.

  [475] J.-CH. BRUNET, _loc. cit._, t. I, col. 1873.

  [476] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 37.

  [477] _Loc. cit._, Supplément, t. II, col. 247.

  [478] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 846.

  [479] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 842.

  [480] C'est le conseil donné par CONSTANTIN (_loc. cit._, p. 99): «Le
    mieux est donc de les exécuter simultanément (les fiches, bulletins
    ou cartes des deux catalogues); ce qui est très aisé, en faisant une
    copie exacte des bulletins ou cartes», etc.; et par MAIRE (_loc.
    cit._, p. 163). Ajoutons cependant qu'il est inutile, pour le
    catalogue méthodique, de prendre copie des _fiches de renvoi_ du
    catalogue alphabétique: seules, les _fiches complètes_ ou _fiches
    principales_ doivent être identiquement libellées en deux
    exemplaires affectés aux deux catalogues. (Cf. L. DELISLE,
    _Instructions élémentaires et techniques pour... une biblioth._, p.
    33.)

  [481] _Loc. cit._, p. 52.

  [482] Sur l'historique de la classification bibliographique, voir
    l'Introduction au t. VI (col. I à xxvj) du _Manuel du libraire_ de
    JACQUES-CHARLES BRUNET: c'est une étude succincte, mais très
    soigneusement faite. Voir aussi E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._,
    art. Bibliographie, t. VI, pp. 608 et suiv.;--MAIRE, _loc. cit._,
    pp. 182 et suiv.;--etc.

  [483] _Pandectarum sive partitionum universalium Conradi Gesneri libri
    XXI: Bibliothecæ universalis tom. II, totius philosophiæ et omnium
    bonarum artium atque studiorum locos communes et ordines universales
    simul et particulares complectens_ (Zurich, Froschover, 1548;
    in-fol., VI-375 ff.). Le dernier livre de l'ouvrage parut l'année
    suivante, sous ce titre: _Partitiones theologicæ, Pandectarum
    universalium Conradi Gesneri liber ultimus_ (Zurich, 1549; in-fol.,
    XXI-157 ff.). Le premier avait paru en 1545 sous le titre, comme on
    vient de le voir, de _Bibliotheca universalis_.

  [484] _Loc. cit._, t. VI, p. 609.

  [485] Cf. MAIRE, _loc. cit._, pp. 183 et 193.

  [486] _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VII, p. 88.

  [487] _Loc. cit._, p. 89. La première édition de l'ouvrage de Naudé,
    _Advis pour dresser une bibliothèque_, est de 1627.

  [488] Cf. MAIRE, _loc. cit._, pp. 183 et 195. «La tentative faite par
    Louis Jacob (R. P. Ludovicus Jacob), pendant les années 1643 à 1646
    et 1651 à 1653, dit encore M. ALBERT MAIRE (_loc. cit._, p. 183), de
    donner la liste des livres parus en France, mérite d'être signalée,
    bien que ses relevés soient fort incomplets.»

  [489] On écrit aussi, mais moins exactement, Bouillaud.

  [490] Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 127.

  [491] Il ne faut pas confondre, comme le font M. ALBERT MAIRE, _loc.
    cit._, p. 565 et _passim_, et nombre d'autres écrivains,
    JACQUES-CHARLES BRUNET, l'auteur dudit _Manuel_, né à Paris en 1780,
    mort en 1867, et PIERRE-GUSTAVE BRUNET, né à Bordeaux en 1807, mort
    en 1896, l'auteur du _Dictionnaire de bibliologie catholique_, de
    _la Reliure ancienne et moderne_, des _Fantaisies bibliographiques_,
    etc., et, en collaboration avec M. PIERRE DESCHAMPS, du _Supplément
    au Manuel du libraire_ de JACQUES-CHARLES BRUNET.

  [492] «Ce n'est ni à Gabriel Martin, ni à Prosper Marchand, ni à
    Garnier, ni à Bouillaud, que revient cet honneur (d'avoir créé un
    système bibliographique à peu près universellement adopté): l'_enfin
    Malherbe vint_ n'est pas plus vrai, absolument parlant, en
    bibliographie qu'en littérature.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 332.)

  [493] M. Prieur, bibliothécaire des Facultés à Besançon, a fait un
    relevé des critiques auxquelles prête la classification de Brunet;
    on en trouvera le résumé dans MAIRE, _loc. cit._, pp. 186-189.

  [494] «Cette classification, œuvre des maîtres, que nous appellerions
    volontiers la classification des hommes de bon sens, et que
    l'histoire, Dieu merci, nous permet d'appeler la _classification des
    bibliographes_.»... (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 334.)--«Après tout,
    c'est encore la meilleure des classifications établies jusqu'ici.»
    (MAIRE, _loc. cit._, p. 190.) Néanmoins, M. Albert Maire,
    s'associant aux critiques exprimées par M. Prieur, pense avec lui,
    et non sans raison, «que le système de Brunet, quoique le meilleur
    encore, ne peut plus répondre actuellement à toutes les exigences du
    développement des sciences. Il demanderait un remaniement
    considérable à peu près dans toutes ses parties, mais surtout dans
    les sciences expérimentales, qui sont trop sommairement exposées.
    Hâtons-nous de dire toutefois que ces changements ne peuvent
    s'effectuer du jour au lendemain, mais devraient être consacrés par
    l'acceptation simultanée de tous ceux qui se servent de ce système.
    Dans un congrès seulement..., on pourrait établir et arrêter une
    nouvelle base de divisions ou proposer de réformer le système de
    Brunet, s'il est gardé.» (MAIRE, _ibid._)--«Le système français qui
    survécut aux innovations du XIXe siècle... est celui de Brunet, qui
    dérive directement de l'ancien mode de classement. Ce système est
    aussi celui qui fut le plus fréquemment appliqué dans les pays
    étrangers.» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t.
    VI, p. 611.)--«Depuis le moyen âge, la classification des sciences
    humaines a extrêmement varié: la plus usitée en France aujourd'hui,
    et, à vrai dire, la moins imparfaite, malgré quelques défauts de
    détails, est celle qui, créée par les libraires érudits du XVIIIe
    siècle, a été adoptée définitivement dans le _Manuel du libraire_ de
    Brunet; elle fait encore autorité aujourd'hui, et répond à peu près
    à tous les besoins; les subdivisions intérieures peuvent varier,
    mais l'ensemble est satisfaisant. Les progrès des sciences obligent
    d'ailleurs à créer sans cesse de nouveaux chapitres, principalement
    dans la médecine, et il serait puéril de considérer aujourd'hui
    l'histoire des États-Unis comme appartenant à l'histoire des
    colonies européennes; mais, moyennant quelques modifications de
    détail, ce cadre bibliographique a l'avantage très appréciable de
    pouvoir s'appliquer également à d'anciennes bibliothèques où
    dominent la théologie, la jurisprudence et l'histoire, et à des
    bibliothèques modernes où les sciences, la littérature et
    l'archéologie occupent une place prépondérante.» (A. MOLINIER,
    _Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p.
    661.)--L'_Instruction générale relative au service des bibliothèques
    universitaires_ du 4 mai 1878 porte que, dans ces bibliothèques, «la
    division adoptée pour le classement des matières sera conforme à
    celle du _Manuel du libraire_ de Brunet, comme étant la plus
    répandue». (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 438.)

  [495] Voir pp. 297-300.

  [496] Pages 303-316.

  [497] _Loc. cit._, pp. 314-317.

  [498] La bibliographie, que Mouravit, comme nous venons de le voir,
    place, sans doute par amour et respect pour cette science qu'il
    possédait si bien, dans un appendice spécial et comme occupant une
    grande division, la sixième, ne forme, à vrai dire, qu'une
    sous-subdivision de la cinquième classe, de l'HISTOIRE (VI.
    Paralipomènes historiques; 6. Bibliographie. Voir _infra_, pp.
    283-284.) De même les polygraphes, au lieu de former une division
    spéciale, appartiennent à la subdivision VIII de la quatrième
    classe.

  [499] On pourrait de même, afin de faciliter la rédaction des fiches
    et de régulariser l'ensemble du système, numéroter, dans la
    cinquième classe (U), les deux dernières subdivisions à la suite des
    autres: VII. MÉLANGES ET DICTIONNAIRES ENCYCLOPÉDIQUES; VIII. NOTICE
    DES PRINCIPAUX JOURNAUX LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET POLITIQUES,
    qui, dans le texte de Brunet, ne sont précédées d'aucun indice.

  [500] C.-à-d. Introduction à l'Histoire. Dans cette subdivision I
    figurent la Géographie et les Voyages (voir _infra_, p. 278).

  [501] C.-à-d. Appendice à l'Histoire. C'est dans cette subdivision VI
    que se trouve la Bibliographie (voir _infra_, pp. 283-284). «Les
    expressions prolégomènes et paralipomènes ne sont pas claires», dit
    très justement M. PRIEUR, _loc. cit._

  [502] Ces minuscules, J.-Ch. Brunet les exprime parfois en caractères
    romains, le plus souvent en italique. Il y aurait avantage à
    régulariser ces indices et à les mettre toujours et partout en
    romain: c'est ce que nous avons fait déjà et ce que nous
    continuerons de faire dans l'inscription des cotes.

  [503] Voir _infra_, pp. 280-281.

  [504] J.-CH. BRUNET, _loc. cit._, t. VI, col. XV.

  [505] Cette section 4 pourrait être placée avant la section 3. (Note
    de J.-CH. BRUNET.)

  [506] C'est-à-dire qui a rapport à la catéchèse: «Instruction orale
    sur les choses de l'Église, par demandes et par réponses» (d'où
    catéchisme). (LITTRÉ.)

  [507] C'est-à-dire qui a rapport à la parénèse: «Discours moral,
    exhortation.» (LITTRÉ.)

  [508] L'histoire du paganisme et celle des religions orientales
    forment un appendice à l'histoire des religions. (Note de J.-CH.
    BRUNET.)

  [509] Le texte de BRUNET (_Manuel du libr._, t. VI, col. xl) donne
    bien Signes, et non: lignes, comme l'indiquent ROUVEYRE, _loc.
    cit._, 3e édit., t. II, p. 30, et J. COUSIN, _loc. cit._, p. 69.

  [510] La distinction entre _Rhéteurs_ et _Orateurs_ est trop subtile,
    ces deux termes se confondent maintenant trop souvent, pour qu'une
    classification spéciale soit attribuée à chacun d'eux. (A. C.)

  [511] Puisqu'il y a ci-dessous deux astérisques devant Asie, trois
    devant Afrique, etc., il eût été logique d'en mettre un devant
    Europe. (A. C.)

  [512] Le texte de Brunet,--qui, malgré les mérites de
    l'imprimeur-éditeur Firmin Didot, est loin d'être aussi correct et
    aussi convenablement disposé qu'il le faudrait,--donne ici «Histoire
    belgique», et plus bas: «2*. Histoire Belgique».

  [513] Page 265, note 502.

  [514] Voir pp. 223-224.

  [515] Ces registres ou cahiers ne font pas double emploi avec les
    fiches du catalogue méthodique. D'abord, dans chaque section de ce
    catalogue, les fiches sont rangées d'après leur mot d'ordre,
    c'est-à-dire par ordre alphabétique, tandis que les ouvrages sont
    inscrits sur les registres ou cahiers des sections dans l'ordre où
    ils arrivent; en outre, les registres ou cahiers des sections du
    catalogue méthodique servent à fournir, pour chaque _ouvrage_
    nouvellement reçu, le numéro d'ordre à joindre à la cote, de même
    que le ou les registres d'entrée (un par format) fournissent, pour
    chaque nouveau _volume_, le numéro d'ordre du catalogue
    alphabétique; ces registres ou cahiers des sections sont, en
    d'autres termes, au catalogue méthodique ce que le ou les registres
    d'entrée sont au catalogue alphabétique. Enfin, dans une
    bibliothèque publique, les fiches des deux catalogues, renfermées
    dans leurs boîtes Bonnange, peuvent être laissées à la disposition
    des lecteurs, tandis que le ou les registres d'entrée et les
    registres ou cahiers des sections, documents administratifs, restent
    à portée de l'employé chargé du catalogage et lui permettent de ne
    pas interrompre son travail.

  [516] C'est aussi ce que dit M. LÉOPOLD DELISLE: «... Il conviendra de
    distribuer (ces cartes ou fiches) dans les différentes divisions,
    subdivisions et paragraphes d'un cadre bibliographique, plus ou
    moins détaillé, dont le _Manuel_ de Brunet fournit le modèle le plus
    souvent adopté en France. Ce modèle pourra toutefois être simplifié
    dans la plupart des cas. Quel que soit le cadre adopté, il est bon
    de ne pas pousser le classement méthodique jusqu'aux dernières
    ramifications...» (_Instructions élémentaires et techniques pour...
    une biblioth._, p. 33.)

  [517] _Loc. cit._, t. VI, col. XV.

  [518] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 25.

  [519] Cf. LÉON HENNET, _le Régiment de la Calotte_, Préface, p. I.
    (Paris, Libr. des biblioph., 1886.)

  [520] Cf. _Cours de philosophie positive_, _passim_.

  [521] PARENT (aîné), _Essai sur la bibliographie et sur les talens du
    bibliothécaire_, pp. 46-50. (Paris, an IX. In-8.)

  [522] FORTIA D'URBAN (marquis de), _Nouveau Système de bibliographie
    alphabétique_, 2e édit., précédée par des considérations sur
    l'orthographe française... (Paris, 1822. In-12.)

  [523] JÉRÉMIE BENTHAM, _Essai sur la nomenclature et la classification
    des principales branches d'art et de science_. (Paris, 1828. In-8.)
    Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. 612.

  [524] NAMUR, _Manuel du bibliothécaire_, pp. 57 et 243-270.
    (Bruxelles, 1834. In-8.)

  [525] AIMÉ-MARTIN, _Plan d'une bibliothèque universelle..._ suivi du
    _Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les langues_, pp. 538-543.
    (Paris, 1837. In-8.)

  [526] Cf. LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Catalogue.

  [527] _Note sur les catalogues de la bibliothèque nationale_, pp. 1-2.
    Il s'agit ici des _Imprimés_, de la _salle de travail_, accessible
    seulement aux personnes munies de cartes spéciales délivrées par le
    secrétariat de la Bibliothèque. Pour la _salle de lecture_, salle
    publique, dont les volumes sont distincts de ceux de la _salle de
    travail_, la Bibliothèque nationale emploie, comme nous l'avons dit
    (p. 260), la classification de Brunet, avec les indices respectifs
    A, E, I, O, U pour les cinq grandes classes: Théologie,
    Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire.

  [528] Nous avons vu (p. 260) que «la division adoptée pour le
    classement des matières» dans les bibliothèques universitaires
    (autres que la Sorbonne) est celle de Brunet. Pour le cadre de
    classement de la Sorbonne, nous ne donnons non plus que les grandes
    lignes: voir le texte complet dans MAIRE, _loc. cit._, pp. 224-229.

  [529] Cf. MAIRE. _loc. cit._, pp. 235-246.

  [530] L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la
    mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 7.
    Ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 260), c'est à ce système de
    classement de M. Léopold Delisle, ou bien à la classification
    décimale, que, pour une bibliothèque comme la nôtre, n'excédant pas
    quinze à vingt mille volumes, nous donnerions la préférence.

  [531] «Il faut bien se pénétrer de l'impossibilité de créer un système
    à la satisfaction de tout le monde; les habitudes, les prédilections
    pour certaines études, les opinions religieuses et politiques de
    chacun y demanderont toujours des changements et même une
    interversion complète de l'ensemble.» (CONSTANTIN, _loc. cit._, p.
    163.)

  [532] _Loc. cit._, t. VI, col. xv-xvj.--Le _Congrès bibliographique_
    qui s'est réuni à Paris en 1878, à l'occasion de l'Exposition, avait
    émis le vœu qu'une réunion générale des bibliothécaires français eût
    lieu l'année suivante, afin de discuter, entre autres questions,
    celle de l'adoption d'un système bibliographique uniforme pour
    toutes les bibliothèques de France. Cette réunion n'a pas eu lieu,
    et ce projet, par conséquent, n'a pu être discuté. (Cf. GRAESEL,
    _loc. cit._, p. 432.) La même question d'uniformisation de système
    bibliographique est revenue, et sans plus de succès, devant le
    _Congrès international des bibliothécaires_, qui s'est tenu à Paris,
    en 1900, durant l'Exposition universelle.

  [533] Les Américains ne sont pas les inventeurs de ce mode de
    catalogage, qui se trouve signalé et expliqué, dès 1839, dans
    CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 99: «... Classer méthodiquement tous les
    écrits sur un même sujet, et réunir ensuite ces catalogues spéciaux
    dans l'ordre alphabétique de la matière qu'ils renferment, sans
    établir ni classes, ni divisions, ni subdivisions; c'est-à-dire:
    Bible, non à Théologie, mais à la lettre B...; Code, non à
    Jurisprudence, mais à la lettre C...», etc.

  [534] L. DELISLE, _Journal des savants_, 1896, p. 160: Decimal
    Classification..., pp. 155-170.

  [535] Cf. MARCEL BAUDOUIN, _Revue scientifique_, 21 août 1897, pp.
    235-239: La seconde conférence bibliographique internationale de
    Bruxelles en 1897; et CHARLES RICHET, _ibid._, 11 juin 1898, pp.
    749-752: Le projet de la Société Royale de Londres et la
    classification décimale.

  [536] L'expression est de M. MARCEL BAUDOUIN, _Revue scientifique_, 30
    mai 1896, p. 681: La classification décimale et les sciences
    médicales, pp. 681-686.

  [537] Office international de bibliographie, publication nº 9,
    _Classification décimale_, Tables générales abrégées. (Bruxelles,
    1897. In-8, 73 pp.)

  [538] Il est d'usage en typographie de mettre un point après un
    chiffre ou nombre servant d'indice et suivi d'un texte (note,
    énumération, etc.), d'écrire, par conséquent: 0. Ouvrages
    généraux;--1. Philosophie;... 10. Généralités, etc.; mais j'ai tenu
    à me conformer autant que possible et strictement au mode de
    rédaction et de disposition de l'Office international de Bruxelles:
    voir _Classific. décimale_, pp. 29 et suiv.

  [539] Omis dans le texte de l'Office international de Bruxelles, p.
    30.

  [540] Le texte de l'Office international donne: religion naturelles
    (_sic_). Je me suis référé ici et plus loin à l'article de M. ED.
    SAUVAGE, _Revue scientifique_, 10 septembre 1898, pp. 325-331:
    Classification bibliographique décimale. Peut-être faut-il plutôt
    lire ici: Théologie _et_ religions naturelles.

  [541] Manque dans le texte de l'Office international, p. 30. Voir ED.
    SAUVAGE, _loc. cit._, p. 326.

  [542] _Classific. décimale_, p. 7.

  [543] Cf. _Classific. décimale_, p. 37; et ED. SAUVAGE, _loc. cit._,
    p. 327.

  [544] _Loc. cit._, p. 327.

  [545] Cf. ED. SAUVAGE, _loc. cit._, p. 327.

  [546] _Classific. décimale_, p. 18.

  [547] Cf. _Classific. décimale_, p. 19.

  [548] Voir _supra_, pp. 221-222 et 226.

  [549] Tels sont les chiffres qui figurent dans l'exemple donné par la
    _Classification décimale_ de l'Office international, p. 19: nous
    avons vu, dans notre tableau des formats, p. 77, que l'in-8 raisin a
    pour dimensions exactes: 0,162 × 0,25.

  [550] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 467-468.

  [551] L. DELISLE, _Journal des savants_, mars 1896: Decimal
    Classification and Relative Index for libraries, by Melvil Dewey...
    Cet article est suivi de la mention: «La fin à un prochain cahier».
    Cette fin ne se trouve dans aucun des cahiers postérieurement parus.

  [552] F. FUNCK-BRENTANO, _Correspondance historique et archéologique_,
    3e année, nº 26: L'Office international de bibliographie...

  [553] CH.-V. LANGLOIS, _Revue internationale des bibliothèques_, I,
    1896: A propos de l'Institut international de bibliographie.

  [554] H. S. (HENRI STEIN), _Ibid._: La conférence bibliographique
    internationale de Bruxelles.

  [555] G. FUMAGALLI, bibliothécaire à l'Université de Naples, _la
    Conférence internationale de bibliographie de Bruxelles et le
    Répertoire bibliographique universel_. (Document autographié.)

  [556] _Loc. cit._, p. 156.

  [557] _Loc. cit._, p. 508.

  [558] Voir notamment _Revue scientifique_, 30 mai 1896 et 21 août
    1897, art. de M. MARCEL BAUDOUIN;--11 juin 1898, art. de M. CHARLES
    RICHET;--10 septembre 1898, art. de M. ED. SAUVAGE.--Voir aussi _la
    Bibliographie scientifique_, bulletin trimestriel publié par
    l'Institut international de bibliographie scientifique (Première
    année: 1895). Rédacteur en chef: MARCEL BAUDOUIN.

  [559] Quoique la première édition, tout à fait rudimentaire, de
    l'ouvrage de M. MELVIL DEWEY date de 1876 (_A Classification and
    subject Index for cataloging and arranging the books and pamphlets
    of a library_.--Amherst, Massachusetts, 1876. In-8 de 44
    pp.--Réédité, modifié et complété en 1885, 1888, 1890 et 1894), la
    classification décimale n'a guère été connue en Europe qu'après
    1890, et surtout depuis la Conférence de Bruxelles de septembre
    1895.

  [560] Voir _la Pratique médicale_, journal des maladies des oreilles,
    du nez et du larynx, du 1er janvier au 15 juillet 1897.

  [561] _Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.

  [562] _Les Livres et leurs ennemis_, p. 9.

  [563] «Ou de toile», ajoute Graesel, _loc. cit._, p. 318. «...
    L'essuyage pratiqué au moyen de chiffons de laine ou de linge
    secoués à l'extérieur de la salle toutes les fois qu'il en sera
    besoin, et fréquemment blanchis,» dit la circulaire en question.
    (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.)

  [564] PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. II, p. 424;--JULES RICHARD,
    _l'Art de former une biblioth._, p. 147;--ROUVEYRE, _Connaissances
    nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 108.

  [565] _Loc. cit._, p. 147.--Par une singulière contradiction, Jules
    Richard, qui proscrit ici la laine et le drap, déclare (p. 56) qu'il
    ne blâmera pas les amateurs «si leurs rayons sont confortablement
    doublés de drap». Peignot, au moins, a fait amende honorable: voir
    _infra_, p. 320, note 567.

  [566] Voir la note suivante.

  [567] «Pour préserver une bibliothèque des vers et autres insectes, on
    connoît plusieurs moyens: le premier est celui dont nous avons déjà
    parlé, la qualité du bois dont le meuble est fait; le second est une
    grande propreté et surtout l'attention continuelle de garantir les
    livres de la poussière, parce que non seulement elle ternit les
    reliures et leur enlève leur fraîcheur, mais elle favorise le
    développement des insectes. Il faut battre les volumes au moins une
    fois l'an, et éviter d'employer aucune espèce de lainage dans la
    construction intérieure de la bibliothèque. J'ai eu tort de dire,
    dans un de mes ouvrages précédens, que l'on pouvoit garnir chaque
    rayon d'une bandelette de drap pour garantir de la poussière la
    tranche supérieure des livres. Le drap attire les insectes et leur
    sert de pâture.» (PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. II, p. 424.)

  [568] Cf. BLADES, _les Livres et leurs ennemis_, pp. 77 et suiv.;--UN
    BIBLIOPHILE (E. MULSANT), _les Ennemis des livres_,
    _passim_;--MAIRE, _loc. cit._, pp. 93 et suiv.;--GRAESEL, _loc.
    cit._, pp. 319 et suiv.

  [569] _Ap._ BLADES, _loc. cit._, p. 77.

  [570] Cf. _supra_, chap. V, p. 125. «Les reliures en bois, si à la
    mode anciennement, offraient aux vers un excellent terrain de
    développement, et il est encore facile de constater dans les volumes
    qui nous sont parvenus ainsi reliés... les dégâts qu'ils y ont
    causés.» (GRAESEL, _loc. cit._, p. 319.)

  [571] _Loc. cit._, pp. 78 et suiv.

  [572] BLADES, _loc. cit._, p. 92, où il faut lire, _germanica_, au
    lieu de _germinica_. (Voir Dr HENRI BEAUREGARD, _Nos Bêtes, Animaux
    Nuisibles_, p. 32.)

  [573] Voir _Magasin pittor._, 1878, pp. 146 et suiv.: Les Ennemis des
    livres. (Série d'articles non signés.)

  [574] _Loc. cit._, p. 93.

  [575] _Loc. cit._, p. 35. Le lepisma est très dangereux pour les
    livres, m'assure-t-on, et d'autant plus dangereux qu'il résiste,
    paraît-il, aux plus énergiques insecticides.

  [576] _Loc. cit._, p. 321.

  [577] Actuellement (juillet 1901), trois prix, fondés durant le
    _Congrès international des bibliothécaires_, tenu à Paris en août
    1900, sont proposés comme récompense des trois meilleurs mémoires
    relatifs à la destruction des insectes qui détériorent les livres.
    Deux de ces prix, l'un de 1000 francs, l'autre de 500, ont été
    institués par Mlle Marie Pellechet, bibliothécaire honoraire à la
    Bibliothèque nationale (décédée le 11 décembre 1900); le troisième,
    dit prix du Congrès des bibliothécaires, d'une valeur de 1000
    francs, provient d'un donateur anonyme. (Cf. _Mémorial de la
    librairie française_, 4 et 11 juillet 1901, pp. 395 et 412.)

  [578] GRAESEL, _loc. cit._, p. 320.

  [579] GRAESEL, _loc. cit._, p. 321.

  [580] R. YVE-PLESSIS, _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 11.
    Cf. aussi MAIRE, _loc. cit._, p. 91.

  [581] _Loc. cit._, p. 14.

  [582] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 13.

  [583] R. YVE-PLESSIS, _loc. cit._, pp. 54-55.

  [584] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 322.

  [585] LA FONTAINE, _Fables_, III, 8.

  [586] In _Magasin pittor._, 1878, p. 148: Les Ennemis des livres.

  [587] BOUANT, _Dictionn. des connaiss. pratiques_, art. Taches.

  [588] La terre bolaire ordinaire ou bol d'Arménie est une ocre rouge
    qui s'extrait par le lavage de certains sables très abondants en
    Arménie et dans l'île de Lemnos. (Larousse, _Grand Dictionn._, art.
    Bol.) On sait que la principale propriété de l'argile sèche est
    d'absorber l'eau avec avidité. Diverses terres argileuses (les
    argiles _smectiques_), avides de matières grasses, sont employées au
    dégraissement des draps. (BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_,
    art. Argile.) On pourrait les employer de même au dégraissement des
    papiers et des livres.

  [589] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth..._, p. 165.

  [590] Cf. RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur de tableaux...
    de livres_, p. 244.

  [591] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, pp. 165-166.

  [592] L'humidité, avons-nous dit dans le chap. VII, p. 198, est la
    grande ennemie des livres: voir à cet endroit les moyens de la
    combattre.

  [593] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167.

  [594] Cf. BONNARDOT, _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les
    livres_, in _Magasin pittor._, 1877, p. 46. Voir aussi ANTONY MÉRAY,
    _Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres_, in
    _Annuaire du bibliophile_, 1862, pp. 79-92.

  [595] RIS-PAQUOT, _loc. cit._, p. 244.

  [596] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, pp. 84-85.

  [597] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167.

  [598] Cf. GASTON TISSANDIER, _Recettes et procédés utiles_, pp.
    112-115.

  [599] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, p. 89.

  [600] ID., _ibid._

  [601] _Magasin pittor._, 1877, p. 46: Conseils pour la réparation des
    livres.

  [602] BOUANT, _loc. cit._, art. Taches.

  [603] Cf. G. TISSANDIER, _loc. cit._, p. 115; et J. COUSIN, _loc.
    cit._, p. 168.

  [604] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.

  [605] ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 161.

  [606] G. TISSANDIER, _la Science pratique_, p. 94.

  [607] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.

  [608] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 83.

  [609] C'est-à-dire jaunâtre.

  [610] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.

  [611] _Loc. cit._, pp. 168-169.

  [612] Nous l'avons donné également: voir chap. V, p. 152.

  [613] Ou mieux _serpente_. Cf. LITTRÉ, HATZFELD, etc.

  [614] _Loc. cit._, p. 13.

  [615] Voir chap. V, p. 141.

  [616] Cf. les changements de couleur produits sur les papiers modernes
    par la lumière naturelle et la lumière artificielle, _supra_, chap.
    II, pp. 58 et suiv.

  [617] BLADES, _loc. cit._, p. 33. Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 40 et
    60. Si le gaz d'éclairage attaque et détruit le cuir des reliures,
    il semble, d'après les expériences d'un savant allemand, M. Wiesner,
    avoir, à distance raisonnable, peu d'action sur la constitution et
    la blancheur du papier. Voir un résumé de ces expériences dans le
    journal _la Nature_, 1er octobre 1892, pp. 286-287: «... Il (M.
    Wiesner) avait précédemment observé que du papier à pâte de bois,
    exposé pendant quatre mois à 75 centimètres d'un bec de gaz de huit
    bougies, n'avait pas plus été décoloré qu'après deux heures
    d'exposition directe au soleil. Il a exposé ce même papier, le plus
    répandu pour les publications actuelles, dans une chambre éclairée
    au gaz et mal ventilée: après 5400 heures d'exposition, la
    température n'ayant pas dépassé 21 degrés centigrades, il reconnut,
    que les gaz non brûlés, seuls ou mélangés à de l'oxygène, n'avaient
    eu aucune action sur le papier... M. Wiesner conclut que l'éclairage
    au gaz peut être maintenu, sans danger de détérioration pour les
    livres, dans les bibliothèques. Il va sans dire que cette conclusion
    n'exclut pas l'emploi de la lumière électrique, qui, sans influer
    plus que le gaz sur l'état physique et la coloration du papier, a
    sur lui l'avantage de réduire dans une très forte proportion les
    risques d'incendie.» Voir aussi dans le _Mémorial de la librairie
    française_, 29 novembre 1900, p. 633, une note analogue à la
    précédente, et d'où il résulte également que, relativement à
    l'altération de la couleur des papiers: «La lumière solaire est la
    plus active, le gaz l'est moins, et la lumière électrique a peu
    d'influence, par suite de la moindre proportion de rayons chimiques
    qu'elle renferme ».

  [618] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p.
    40.

  [619] _Ap._ ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 86.

  [620] _Ibid._

  [621] _Le Commerce des livres anciens_, in _Miscellanées bibliogr._,
    t. II, pp. 75-76.

  [622] _Loc. cit._, p. 76.

  [623] _Ibid._, pp. 76-77.

  [624] La tradition accuse Henri III d'avoir découpé dans quantité de
    missels et manuscrits des miniatures et des lettres peintes «pour en
    orner de petites chapelles ou pour en former des reposoirs...
    Maintenant que ces livres vénérés sont réputés offrir, ce qu'ils
    offrent en effet, l'histoire de l'art au moyen âge et même durant la
    Renaissance, le mal apparaît dans ses vraies proportions et fait
    maudire les auteurs inconnus de ces détestables pilleries, comme on
    eût dit au temps de Montaigne. Plusieurs personnages de la cour (de
    pareils livres ne pouvaient appartenir qu'à des grands seigneurs)
    imitèrent, dit-on, Henri III; c'est ce qui explique bien souvent ces
    lacérations si douloureuses pour des yeux éclairés, alors que l'on
    essaye de reconstituer une histoire de l'art au moyen âge, dont ces
    splendides volumes sont, après tout, les uniques dépositaires.»
    (_Magasin pittor._, 1876, p. 27: Les Ennemis des livres.--Cf.
    FERDINAND DENIS, _Histoire de l'Ornementation des manuscrits_, p.
    125. Paris, Curmer, 1857. In-4.)

  [625] W. BLADES, _loc. cit._, p. 112.

  [626] _Loc. cit._, p. 113.

  [627] «Lamartine, qui en arrachait les feuillets (de ses livres),
    lorsqu'il avait une citation à intercaler dans ses manuscrits.»
    (LUCIEN DESCAVES, _le Sort des livres_, in _le Livre à travers les
    âges_, p. 27.)

  [628] Victor Fournel est l'auteur, sous le pseudonyme d'Edmond
    Guérard, d'un _Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes_ (Paris,
    Didot, 1872; 2 vol. in-12), et c'est sans doute pour la confection
    de ce recueil qu'il massacra ainsi nombre de volumes de sa
    bibliothèque.

  [629] _L'Art de classer les notes_, p. 36.

  [630] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 37.

  [631] Il me paraît très probable que ni le médecin Camille Falconet
    (1671-1762), ni le sculpteur Étienne Falconet (1716-1791), n'est
    coupable de ce barbare moyen de _quintessencier_ les livres, qu'on
    leur a confusément attribué à l'un et à l'autre. VICTOR FOURNEL
    (EDMOND GUÉRARD) raconte cette anecdote, précisément dans le
    _Dictionnaire_ (t. I, p. 147) dont nous venons de parler, mais il
    n'ajoute au nom de Falconet aucun prénom ni aucune épithète. Il
    indique comme référence Panckoucke; mais ce nom isolé est
    insuffisant pour nous renseigner. M. GUYOT-DAUBÈS (_loc. cit._, p.
    37) accuse nettement, d'ailleurs sans preuve aucune ni indication de
    source, «le célèbre médecin Falconet». Pour M. FERTIAULT (_les
    Légendes du livre_, p. 200), le coupable serait Étienne Falconet,
    qui «se rappelait sans doute avec terreur les 45 000 volumes de son
    oncle Camille, le médecin. C'est Dalembert qui conte le fait»,
    ajoute M. Fertiault. D'abord, ainsi que JAL le démontre
    (_Dictionn._, art. Falconet), rien ne prouve les relations de
    parenté entre Étienne et Camille Falconet; tout porte à croire, au
    contraire, qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Ensuite, si
    Dalembert «conte le fait», il n'en nomme pas l'auteur. Voici le
    texte de DALEMBERT (_Encyclopédie_, t. II, p. 228, col. 2, art.
    Bibliomanie): «J'ai ouï dire à un des plus beaux esprits de ce
    siècle qu'il était parvenu à se faire, par un moyen assez singulier,
    une bibliothèque très choisie, assez nombreuse, et qui pourtant
    n'occupe pas beaucoup de place. S'il achette (_sic_), par exemple,
    un ouvrage en douze volumes où il n'y ait que six pages qui méritent
    d'être lues, il sépare ces six pages du reste, et jette l'ouvrage au
    feu. Cette manière de former une bibliothèque m'accommoderait
    assez,» conclut Dalembert. Le médecin Camille Falconet, qui était un
    très obligeant érudit, possédait une «immense bibliothèque (elle
    renfermait 45 000 volumes, dont 11 000 entrèrent à la Bibliothèque
    du roi...). Elle était au service de tout le monde... Sa méthode
    était d'écrire ses observations sur des cartes (fiches). Il en
    laisse au moins 90 000, dont la plupart doivent être très
    curieuses.» (GRIMM, _Corresp. litt._, février 1762, t. V, pp. 46-47.
    Paris, Garnier, 1878.) Voir aussi DIDEROT, _Œuvres compl._, t. XIII,
    p. 463, _Encyclop._, art. Biblioth., Paris, Garnier, 1876.--A notre
    connaissance, aucun contemporain de Camille Falconet ne fait de lui
    un massacreur de livres, un biblioclaste, _au contraire_. Ce sont
    sans doute ses 90 000 fiches, soigneusement confectionnées par lui
    et léguées à son ami Lacurne de Sainte-Palaye (Cf. HOEFER,
    _Biographie génér._, art. Falconet), qui ont fait croire qu'il
    s'agissait, non de résumés, de réflexions ou d'extraits copiés à la
    main, mais d'extraits réels, de pages lacérées et enlevées. Telle la
    singulière confusion qui attribue à Buffon l'habitude d'écrire non
    seulement en jabot de dentelle et manchettes brodées,--ce qui
    n'offre rien d'impossible ni de bien surprenant,--mais _sur_ ses
    manchettes amidonnées; plutôt que l'habitude d'écrire sur les marges
    ou _manchettes_ de son papier tout simplement.

  [632] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 253.

  [633] _Annuaire du bibliophile_, 1861, p. 215.

  [634] Chap. III, p. 34.

  [635] Chap. VIII, pp. 100-101.

  [636] _Loc. cit._, p. 105.

  [637] Sur la tendance qu'ont les relieurs à trop rogner les livres,
    cf. _supra_, chap. V. pp. 154 et suiv.

  [638] Voir _supra_, chap. I, pp. 30 et suiv.

  [639] «... Comment ignorer aujourd'hui que, de siècle en siècle, des
    milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux
    dépens des documents historiques les plus secrets ou les plus
    importants? La correspondance du cardinal de Granvelle (l'heureux
    confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze
    gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de
    vingt aux âges futurs, si les ménagères d'un antique château de la
    Franche-Comté n'avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots
    de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux
    parchemin.» (_Magasin pittor._, 1875, p. 307: Les Ennemis des
    livres.)

  [640] Cf. in _Magasin pittor._, années 1873, 1875, 1876, 1878, cette
    suite d'articles anonymes humoristiques, auxquels je viens encore de
    faire un emprunt: Les Ennemis des Livres.

  [641] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. IV, pp. 39-40, trad.
    Cocheris. Voici quelques versets de ce XXVe chapitre de
    _l'Ecclésiastique_:

    «Toute malice est légère au prix de la malice de la femme: qu'elle
    tombe en partage au pécheur.

    «La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous
    mourons tous.

    «Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit,
    ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors.

    «Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous
    couvrira de confusion à la vue de vos ennemis.»

    En revanche, le chapitre suivant (XXVIe) de _l'Ecclésiastique_ parle
    très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et
    offre ainsi la contre-partie du XXVe:

    «La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de
    ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses
    bonnes actions.

    «Qu'ils soient ou riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et
    la joie sera en tout temps sur leurs visages.»

    Etc., etc.

  [642] O. UZANNE, _Zigzag d'un curieux_: Les Femmes bibliophiles, p.
    30.

  [643] P. EUDEL, _le Truquage_: Livres et Reliures, p. 275.

  [644] _Bouquiniana_, pp. 36 et 94.

  [645] Préface du catalogue de sa bibliothèque, in _le Temps_, 25
    février 1901.

  [646] _Ap._ UZANNE, _loc. cit._, p. 31.

  [647] _Magasin pittor._, 1875, p. 262, _loc. cit._

  [648] _Loc. cit._, p. 15.

  [649] Il n'y a en effet rien d'absolu ici-bas, et il convient de
    rappeler, comme correctif et exemples de femmes bibliophiles, les
    noms d'Anne de Bretagne, de Catherine de Médicis, de la marquise de
    Pompadour, de la comtesse de Verrue (la dame de Volupté), de la
    vicomtesse de Noailles, des duchesses de Raguse et de Mouchy, de
    Mlle Dosne, de Mlle Marie Pellechet surtout, à qui ses importants
    travaux sur les incunables ont valu le titre (qui n'avait été
    décerné à aucune femme avant elle) de bibliothécaire honoraire à la
    Bibliothèque nationale; etc. (Cf. MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 43-44;
    _Mémorial de la librairie française_, 4 juillet 1901, p. 395; et
    surtout ERNEST QUENTIN-BAUCHART, _les Femmes bibliophiles de
    France_, Paris, Morgand, 1886; 2 vol. in-8.)

  [650] D'après LORENZ, _Catalogue général_, cet ouvrage, qu'il ne faut
    pas confondre avec les articles anonymes publiés sous le même titre
    dans _le Magasin pittoresque_, a pour auteur Mulsant (Étienne).

  [651] ALKAN aîné, _loc. cit._, p. 15.

  [652] Pour aider au maintien de cette horizontalité, on peut glisser,
    sous la partie de droite du volume que l'on coupe, un livre moins
    épais que lui de moitié environ, livre qu'on fera ensuite passer
    sous la partie de gauche, lorsque celle-ci, au fur et à mesure de
    l'opération, diminuera d'épaisseur.

  [653] 1875, pp. 262-263.

  [654] Sauf, comme nous le disons plus loin, pour les volumes tirés sur
    papier du Japon. (A. C.)

  [655] _Essai sur la lecture_, p. 364.

  [656] Psaume XIV, 2.

  [657] _Deutér._, chap. XXXI, § IV, 26.

  [658] Allusion à ces mots: «On lui présenta le livre du prophète
    Isaïe, et, l'ayant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient
    écrites... Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et
    s'assit.» (_Évangile selon saint Luc_, chap. IV, § 11, 17 et 20.)

  [659] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. XVII, pp. 143-148, trad.
    H. Cocheris.

  [660] GRAESEL, _loc. cit._, p. 407--A propos des livres des
    bibliothèques publiques et de leur malencontreux sort, on ne lira
    pas sans intérêt les réflexions suivantes de M. HENRI BERALDI
    (_Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 28): ...
    «D'une façon générale, plaignons le livre mis en service public. On
    a décrit les ravages exercés sur les bibliothèques par les rats, les
    vers, les petites bêtes. Il faut, hélas! y joindre les désordres
    graves causés par ce gros microbe qui s'appelle l'homme, brutal,
    sans soin, et pas toujours très propre; désordres qui finissent par
    faire périr le livre d'une véritable cachexie de surmenage. Le
    _processus_ de cette redoutable affection est tel: décoloration du
    maroquin par exposition au grand jour, bris du dos, éraillure des
    nerfs, cassure des coins, salissure de la tranche de gouttière par
    les pouces; à l'intérieur, taches d'encre, plis et cassures du
    papier par un maniement sans égards; puis, sur les marges, aux
    passages les plus consultés, accumulation d'une noirâtre couche de
    crasse confluente; c'est la gangrène, précédant les accidents
    ultimes, les déchirures bientôt multiples que nulle chirurgie, nulle
    biblioplastie ne saurait réparer.»

  [661] Vol. XI, nº 4, avril 1886, pp. 117-118.

  [662] La traduction donnée par GRAESEL (_ibid._) est très incomplète.
    La _Grande Encyclopédie_ (art. Bibliophilie, t. VI, p. 644) en a
    publié une plus complète, mais qui n'est pas toujours exacte.

  [663] _Don't stand your books on the fore-edge._

  [664] Ce qui risque de casser ou de faire gauchir le dos.

  [665] Recommandation contestée.--Sur les reliures en cuir de Russie,
    voir _supra_, chap. V, p. 131, et chap. IX, p. 338.

  [666] _Grande Encyclop._, art. Bibliophilie, t. VI, p. 644.

  [667] Cité par PH. DE GRANDLIEU [LÉON LAVEDAN] in _le Figaro_ du 26
    août 1879, p. 1, col. 2. Je n'ai pas trouvé cette anecdote dans les
    historiens contemporains de saint Louis, notamment dans Joinville.

  [668] Numéro de septembre 1898, p. 191.

  [669] Pages 312-313.

  [670] _Ibid._

  [671] Cf. ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t.
    III, p. 19.

  [672] Conférence faite à Nancy par M. BROUARDEL, doyen de la Faculté
    de médecine de Paris, sur les causes de la propagation de la
    tuberculose. (_L'Indépendance de l'Est_, 26 mars 1900.)

  [673] _Revue encyclop._, 14 juillet 1900 (l'Actualité), p. 110. Voir
    aussi ce que nous avons dit, chap. I, p. 29. à propos des cabinets
    de lecture.

  [674] Page 77.

  [675]

        Eh! depuis quand un livre est-il donc autre chose
        Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant;...
        Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause,
        Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant?

    (A. DE MUSSET, _Premières Poésies_: Namouna, I, 7, p. 335. Paris,
    Charpentier, 1861. In-18.)

  [676] _Fantaisies bibliogr._, p. 264.

  [677] SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. II, p. 170. Et cet homme qui
    passe pour avoir «le plus lu» et qui possédait, comme particulier,
    la plus vaste bibliothèque qu'on pût voir, savez-vous ce qu'il
    pensait des livres? «Il prétendait que tout ce qui fut jamais écrit
    depuis que le monde est monde pourrait tenir dans _neuf ou dix
    in-folio_, si chaque chose n'avait été dite qu'une seule fois. Il en
    exceptait les détails de l'histoire...» (ID., _ibid._)

  [678] GUSTAVE BRUNET, _loc. cit._, p. 251; voir aussi pp. 266-267. Sur
    les «annotations manuscrites sur les livres», cf. CHARLES NODIER,
    _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque_, pp. 49-56; et MAIRE,
    _loc. cit._, p. 286.

  [679] JULES RICHARD, _loc. cit._, p. 31.

  [680]

        Sacrés ils sont, car personne n'y touche.

    (VOLTAIRE, _le Pauvre Diable_.--Œuv. compl., édit. du _Siècle_, t.
    VI, p. 601.)

  [681] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 365-366.

  [682] La brachygraphie (de βραχὺς, bref et de γράφω, j'écris) est
    l'art d'écrire par abréviation. Voir, pour les sigles, notes
    tironiennes et autres systèmes brachygraphiques anciennement en
    usage, le _Dictionnaire des abréviations latines et françaises
    usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les
    manuscrits et les chartes de moyen-âge_, par L.-ALPH. CHASSANT,
    paléographe. Paris, Aug. Aubry, 3e édit., 1866, LII-170 pp. Pour les
    différentes abréviations modernes dont il est question ci-après,
    consulter les manuels de typographie de Lefevre, Desormes, Leclerc,
    etc.; et les traités spéciaux: grammaire, géographie, chimie,
    botanique, etc.

  [683] Voir sur ce mot _infra_, p. 395, note 691.

  [684] Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner
    lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à
    l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index
    bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un
    catalogue l'annonce d'un exemplaire des _Odes_ de ce poète, suivie
    de la mention _e. bro._, au lieu de traduire cette mention, ainsi
    qu'il le fallait, par _exemplaire broché_, il la prit pour un nom de
    ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à
    _Ébro_. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre
    sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent
    l'épithète latine de _socors_, que de mauvais plaisants traduisirent
    par _sot corps_, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une
    lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour
    être ridicule». (Cf. _Curiosités littéraires_, p. 286, Paris,
    Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. COURIER, lettre à
    M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. _Œuvres_, p. 548.
    Paris, Didot, 1865; in-18.

  [685] Voir sur ce mode de reproduction des livres et des estampes
    _supra_ chap. IV, p. 108, note 231.

  [686] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.

  [687] Cf. _supra_, p. 73, note 174.

  [688] Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (p. 383, 2º), cette forme
    d'abréviation, quand elle se rapporte à un mot masculin singulier,
    devrait être rejetée comme inutile: autant vaut écrire en toutes
    lettres _jaspé_ que _jasp._ D'autre part, l'abréviation _jas._
    «n'exprimant pas la consonne _p_, qui appartient à la syllabe non
    énoncée» (cf. p. 384, 3º), n'est pas régulière: resterait donc
    seulement comme abréviation possible de _jaspé_ la lettre _j_, qu'on
    peut avec grande raison considérer comme trop incertaine et vraiment
    insuffisante. C'est ce qui explique et ce qui justifie encore une
    fois (cf. p. 383, 2º) les abréviatifs _jasp._ ou _jas._ Cette
    remarque s'applique à plusieurs autres des abréviations ci-dessus:
    _lig._ pour _ligne_, _orn._ pour _orné_, _tit._ pour _titre_, etc.,
    etc.

  [689] Mentionné par ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un
    bibliophile_, 3e édit., t. I, p. 132; et 5e édit., t. II, p. 120.

  [690] Il est à remarquer que _ms._ (abréviation du substantif
    singulier manuscrit) se termine par un point, ainsi que toutes les
    autres abréviations qui, comme on le voit dans la présente liste,
    laissent le mot inachevé, brusquement interrompu; mais que _mss_
    (abréviation du substantif pluriel manuscrits), au contraire, n'est
    pas suivi de point: «au pluriel, _mss_, sans point final» (LECLERC,
    _loc. cit._, p. 156); «pluriel _mss_, sans point final» (_Règles
    typographiques... Hachette_, p. 50); cf. aussi MAIRE, _loc. cit._,
    p. 278. Voici la raison de cette règle: dans _ms._ (abréviation de
    manuscrit, au singulier) l'_s_ finale correspond à l'_s_ médiale du
    mot (manus) après laquelle la coupure a été faite: donc il faut
    mettre un point après cette lettre, comme après toute coupure de
    mot; dans _mss_ (abréviation de manuscrits, au pluriel), la seconde
    _s_, l'_s_ finale de l'abréviation, correspond à l'_s_ finale du
    mot: donc pas de point après cette lettre, puisqu'il n'y a pas là
    coupure de mot. L'abréviation du mot _portrait_, que nous verrons
    plus loin, rentre dans le même cas: _ptr._ (portrait, au singulier),
    _ptrs_ (sans point final, pour portraits, au pluriel). De même
    _saint_ et _saints_: _St_ et _Sts_ (sans point final). Manuscrit,
    adjectif, suit la même règle que manuscrit, substantif: _n. ms._,
    note manuscrite; _n. mss_ (sans point final), notes manuscrites.

  [691] C'est-à-dire tranches dont le dessin en couleur représente des
    dents de peigne: ce dessin est d'ailleurs effectué au moyen d'un
    peigne à dents de cuivre. Il y a aussi des papiers _peigne_; on les
    emploie surtout, ainsi que d'autres papiers de couleur dits
    _escargot_ ou _tourniquet_, _paon_ ou _queue de paon_, etc., comme
    feuillets de garde des livres. Voir sur la fabrication des papiers
    _peigne_, _escargot_, etc., BLANCHON, _l'Art et la Pratique en
    reliure_, pp. 73-79.

  [692] Voir la note relative à médium, _supra_, p. 393, note 689.

  [693] _Vieux style_ se dit, en chronologie, de la manière de compter
    les jours de l'année avant la réforme opérée par Grégoire XIII en
    1582, et qui est encore suivie dans les pays de religion orthodoxe,
    notamment en Grèce et en Russie. On dit, par opposition, _nouveau
    style_, pour la façon de compter depuis cette époque. Le vieux style
    est actuellement (1901) en retard de treize jours sur le nouveau;
    ainsi le 1er janvier, dans le vieux style, est le 14 janvier dans le
    nouveau.

  [694] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.

  [695] Voir sur ce mot p. 395, note 691.

  [696] L'abréviatif V. a l'inconvénient de se confondre avec le chiffre
    romain V.

  [697] Voir la note 696 de la page précédente.

  [698] Cf. PETIT-RADEL, _Recherches sur les biblioth._, pp. 184 et 185.

  [699] L'_errata_ se met ordinairement à la fin du volume, après la
    table. «Il serait sans doute plus convenablement en place au
    commencement, après le frontispice comme avertissement essentiel au
    lecteur; mais, à cause de leur effet, de prime abord jugé fâcheux,
    on préfère reporter--pour ne pas dire dissimuler--ces indications
    tout à l'extrémité du volume.» (LECLERC, _loc. cit._, pp. 255-256.)
    Sur les _errata_, voir LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 272-282;
    et A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI. col.
    675-676.

  [700] Voir le _Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à
    l'usage du libraire et de l'amateur de livres_, par UN BIBLIOPHILE
    (PIERRE DESCHAMPS), supplément du _Manuel du libraire_ de BRUNET,
    œuvre d'une patiente et solide érudition, et d'une importance
    capitale pour la géographie bibliographique (796 pages in-8: 1592
    colonnes). Voir aussi le _Grand Dictionnaire de la langue
    latine..._, par le docteur G. FREUND, et le _Dictionnaire
    latin-français des noms propres de lieux_, par l'abbé CHEVIN (Paris,
    Retaux, s. d. In-18). Ce dernier ouvrage est insuffisamment
    documenté et très incomplet.

  [701] Le terme auquel il est renvoyé est généralement le plus
    important et le plus usité.

  [702] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1896, col.
    463.

  [703] _Grande Encyclop._, art. Chiffres.

  [704] Il s'agit probablement de PLINE L'ANCIEN; cf. son _Histoire
    naturelle_, XXXIII, 47: «Non erat apud antiquos numerus ultra centum
    millia», etc.

  [705] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 183.

  [706] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 188.

  [707] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 104.

  [708] NAMUR, _loc. cit._

  [709] Et ces énigmes sont parfois, non pas en chiffres, mais en vers.
    En voici une qui termine le _Doctrinal du temps présent_, par Pierre
    Michault, secrétaire du duc Charles de Bourgogne; nous en
    reproduisons l'orthographe et la disposition:

            «Vn trepier et quatre croissans
            Par six croix auec sy nains faire
            Vous feront estre congnoissans
            Sans faillir de mon miliaire.
        Cy fine le doctrinal du temps present
        Imprime par Colard Mansion a Bruges.»

    Par un trépied, l'auteur entend une M; par quatre croissants, quatre
    C; par six croix, six X; et par six nains, six I. Ce qui donne: M
    CCCC XXXXXX IIIIII (1466). (Cf. NAMUR, _loc. cit._, pp. 192-193, et
    BRUNET, _Manuel du libr._, t. III, col. 1699.)

  [710] _Ap._ LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Chiffre, t. IV, p. 98,
    col. 4. Lemare cite à l'appui de ses critiques l'édition des
    _Maximes_ de La Rochefoucauld, de Firmin Didot, où les 504 maximes
    de ce recueil (plus trois suppléments: voir l'édition in-18, Paris,
    1858) sont précédées chacune d'un numéro d'ordre exprimé en chiffres
    romains. On y lit des nombres comme ceux-ci: CCCC XXX VIII, CCCC LXX
    VII, CCCC LXXX VIII, etc. Ne vaudrait-il pas mieux écrire tout
    simplement: 438, 477, 488, etc., et ne pas obliger le lecteur à
    faire des calculs aussi fastidieux?

  [711] Cf. _supra_, p. 238, ce que nous avons dit des noms composés où
    entre le mot _saint_: Saint-Valery-sur-Somme, église Saint-Sulpice,
    etc.

  [712] Sur l'avantage qu'il y a à joindre les prénoms ou leurs
    initiales par un trait d'union, voir _supra_, p. 247, note 468 (p.
    248).

  [713] Cf. _supra_, chap. VIII, p. 229.

  [714] «Le nombre total des ouvrages de bibliographie a été évalué à
    20 000 par quelques bibliographes» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._,
    art. Bibliographie, t. VI, p. 608, col. 2.) La bibliothèque
    nationale en possède 14 601. (L. DELISLE, _Catalogue général des
    livr. impr. de la Biblioth. nation._, t. I, Introduction, p. L.)

  [715] En pareil cas, et selon le judicieux avis de LITTRÉ, «la chose
    nécessaire est, non pas d'être complet, ce qui est impossible, mais
    de fournir un fonds solide de renseignements sûrs». (_Ap._
    DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, préface, p. xj.)

  [716] «Nullum esse librum tam malum, ut non aliqua parte prodesset.»
    (PLINE L'ANCIEN _ap._ PLINE LE JEUNE, _Epist._, lib. III, 5.)

  [717] C'est-à-dire paraissant tous les deux mois. Le _Grand
    Dictionnaire_ de LAROUSSE traduit abusivement l'adjectif _bimensuel_
    par «qui se reproduit ou paraît deux fois par mois». _Bimensuel_
    signifie qui se fait ou paraît _tous les deux mois_, par opposition
    à _semi-mensuel_, qui s'applique à ce qui se fait, qui paraît _deux
    fois par mois_. LITTRÉ, dans le supplément de son _Dictionnaire_,
    ajoute cette remarque: «C'est une erreur de prendre bimensuel pour
    exprimer deux fois par mois. Bisannuel signifie, non pas deux fois
    par an, mais qui se fait tous les deux ans, qui dure deux ans...»
    Bimensuel, qui correspond à bisannuel, ne doit donc pas signifier
    non plus deux fois par mois, mais qui se produit ou paraît tous les
    deux mois, qui dure deux mois.

  [718] Régulièrement, c'est en tête du livre que doit se placer la
    table des matières, de même que c'est en tête des chapitres que se
    place le sommaire, c'est-à-dire la table des matières afférente à
    chaque chapitre: tel est l'avis des plus compétents bibliographes,
    et telle est la méthode suivie par eux. Cf. PETIT-RADEL, _Recherches
    sur les bibliothèques_, p. V;--LALANNE, _Curiosités
    bibliographiques_, p. V;--MAIRE, _Manuel pratique du
    bibliothécaire_, p. IX;--GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p.
    XV;--MOURAVIT, _le Livre_, p. XVII. «Voulant joindre, dit ce
    dernier, le précepte à l'exemple jusque dans les dispositions
    matérielles de notre livre, nous avons, suivant un antique usage,
    rétabli en tête de ce volume la table analytique des matières, qui
    renferme le dessein et le plan de l'auteur (toutes choses que le
    lecteur veut et doit tout d'abord connaître), tandis que nous avons
    rejeté à la fin la table alphabétique, à laquelle on ne recourt que
    pour les recherches.» Malgré ces excellentes raisons et ces
    autorités, nous avons cru devoir enfreindre cette règle: la préface,
    elle aussi,--son nom l'indique,--est faite pour être mise en tête du
    livre; la nôtre renferme précisément, comme on a pu le constater,
    l'exposé de notre «dessein» et le résumé de notre «plan», et il nous
    a semblé que, placée immédiatement à sa suite, notre table des
    matières disparaîtrait derrière elle et ferait avec elle en quelque
    sorte double emploi. Nous avons donc rejeté cette table où l'on est
    accoutumé maintenant de l'aller chercher, à la fin du volume, après
    l'index alphabétique.



TABLE DES MATIÈRES[718]


  Préface                                                            VII

  Chapitre I. --L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE                    1

    Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite
    au livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion
    des honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de
    l'amour des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs
    du livre: leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous
    appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter?
    --Opinions diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».
    --«Garder un livre, ce n'est pas voler.»

 Chapitre II. --LE PAPIER                                             37

    Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part
    effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et
    consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la
    forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé.
    --Papier glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers
    des papiers trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos
    yeux!»--Papiers de luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine,
    japon, parchemin.--Papiers divers: serpente, pelure, joseph, etc.
    --Carton, bristol.--Mauvaise qualité de la plupart des papiers
    modernes.

 Chapitre III. --LE FORMAT                                            65

    Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_,
    _volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_,
    _incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats
    par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes
    archaïques: jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit,
    in-douze, in-seize, etc.--Confusion des formats.--Dimensions
    métriques des principaux formats des livres.--Imposition.
    --_Signatures_ et _réclames_.--Tableau des signatures.--Formats
    de classement adoptés par les bibliothèques universitaires: grand,
    moyen, petit;--par la Bibliothèque nationale.--Formats des
    premiers livres.--Formats les plus appréciés par les lecteurs.
    --Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance des
    formats avec les matières traitées dans les livres.

  Chapitre IV. --L'IMPRESSION                                         95

    Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.--Le
    _point_ d'imprimerie.--Caractères: _romain_, _elzevier_,
    _italique_.--Caractères de fantaisie: _allongée_, _alsacienne_,
    _antique_, _classique_, etc.--Casse.--Police des lettres.--Encre
    d'imprimerie.--Tirage: empreintes et clichés.--Plus de
    correcteurs.--Millésime.--Foliotage.--Inconvénient des lignes
    trop longues.--Encore une fois: «Gare à vos yeux!»

  Chapitre V. --LA RELIURE                                           119

    Faut-il faire relier les livres?--Avantages et inconvénients
    des livres reliés.--Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel
    Naudé, etc.--Vocabulaire technique de la reliure: _plats_,
    _dos_, _tranches_, _tête_, _queue_, _gouttière_, etc.--Couture:
    grecquage; machines à coudre les livres.--Reliure pleine: peaux
    et parchemin; reliures singulières; reliures uniformes;
    inconvénients des couleurs claires; reliures _à la janséniste_;
    _à la fanfare_; _à l'oiseau_; etc.--Demi-reliure.--Cartonnage
    bradel.--Cartonnage anglais.--Encore la couture: couture de la
    brochure; couture de la reliure; supériorité de la couture à la
    machine.--Couture métallique.--Reliure arraphique.--Colles
    diverses.--Conseils pratiques: ne pas faire relier de livres
    récemment imprimés;--choisir l'époque propice;--laisser au
    relieur un laps de temps raisonnable;--pas de recueils factices;
    --gare au rognage!--respecter les marges: _témoins_, _larrons_;
    --conserver les couvertures imprimées;--titres à pousser;
    --modèles à donner au relieur;--collationnez vos volumes.
    --Tarif de reliures.--Du choix d'un relieur.

  Chapitre VI. --DE L'ACHAT DES LIVRES                               165

    Quels livres acheter?--L'embarras du choix.--Ils sont trop!
    --Avoir un petit nombre d'amis et beaucoup de relations.
    --Ouvrages de référence, base d'une bibliothèque.--Livres de
    chevet.--Ne vous prodiguez pas.--Collections modernes de nos
    grands écrivains.--La librairie «d'occasion».--Bouquinistes et
    étalagistes: le plaisir de bouquiner.--Catalogues de librairie.
    --Méfiez-vous des souscriptions.--N'achetez que ce que vous
    voulez lire.--Le bonheur des collectionneurs.

  Chapitre VII. --DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ET DU
  RANGEMENT DES LIVRES                                               191

    Comment les livres étaient rangés autrefois.--Conditions d'une
    bonne installation pour une bibliothèque: exposition,
    emplacement, local, meubles, rayonnages, etc.--Rayonnages fixes,
    --mobiles;--à crémaillères,--à clavettes.--Nous manquons de
    place.--Bibliothèques tournantes.--Divers modes de rangement et
    de classement des livres: classement horizontal, de gauche à
    droite, par ordre alphabétique de noms d'auteur; appui-livre;
    --classement vertical, par ordre de matières;--classement _ad
    libitum_: les plus beaux livres ou les plus aimés sur le devant,
    par derrière les vilains ou les moins appréciés.

  Chapitre VIII.--DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATION
  BIBLIOGRAPHIQUE                                                    219

    Différentes sortes de catalogues.--Catalogue alphabétique ou par
    noms d'auteurs.--Emploi des fiches.--_Ex-libris._--Timbrage et
    _rondage_ des volumes.--Détermination du _mot d'ordre_ et
    classement des fiches: nombreux cas douteux et principales
    difficultés.

    Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de
    matières.--Classification de J.-Ch. Brunet.--Autres systèmes de
    classification bibliographique.--Classification décimale de
    M. Dewey.

  Chapitre IX.--DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES              317

    Nettoyage des bibliothèques.--Comment et avec quoi essuyer les
    livres?--Évitez l'emploi de la laine et du drap.--Insectes
    bibliophages: moyens de les détruire.

    Réparation des livres.--Feuillets déchirés ou décousus.--Taches:
    taches maigres, taches grasses.--Encollage du papier.

    Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et
    humidité; feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac;
    équarrisseurs de livres; collectionneurs de frontispices et de
    gravures; relieurs; emprunteurs, etc.--Femmes bibliophiles.

    Comment couper les feuillets d'un livre?--Le meilleur des
    coupe-papier.--Par où doit-on prendre un livre?--Comment le
    tenir?--Respect dû aux livres.--Code et hygiène des liseurs.
    --Faut-il lire au lit? en mangeant?--Quelle heure convient le
    mieux pour la lecture?--Dangers du doigt mouillé.--Faut-il
    annoter ses livres?--La meilleure preuve de l'affection qu'on
    a pour eux et pour les Lettres.

  APPENDICE

    I.--Abréviations                                                 381
   II.--Locutions latines                                            401
  III.--Termes géographiques latins                                  408
   IV.--Chiffres romains                                             426
    V.--Signes typographiques                                        432
   VI.--Bibliographie                                                438

  Index alphabétique                                                 465

  Table des matières                                                 485


45184.--Paris. Imprimerie LAHURE, 9, rue de Fleurus.





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