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Title: Le Tour du Monde; Californie - Journal des voyages et des voyageurs; 2. sem. 1860
Author: Various
Language: French
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Copyright Status: Not copyrighted in the United States. If you live elsewhere check the laws of your country before downloading this ebook. See comments about copyright issues at end of book.

*** Start of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Le Tour du Monde; Californie - Journal des voyages et des voyageurs; 2. sem. 1860" ***

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(This file was produced from images generously made
available by the Bibliothèque nationale de France
(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)



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Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde:
Journal des voyages et des voyageurs" (2ème semestre 1860).

Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant aux
différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur
la Californie.

Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces
articles sont originaires.]



                    LE TOUR DU MONDE



            IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE
               Rue de Fleurus, 9, à Paris



                    LE TOUR DU MONDE

               NOUVEAU JOURNAL DES VOYAGES

                PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION

                 DE M. ÉDOUARD CHARTON

        ET ILLUSTRÉ PAR NOS PLUS CÉLÈBRES ARTISTES



                         1860
                   DEUXIÈME SEMESTRE

            LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie
         PARIS, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, No 77
          LONDRES, KING WILLIAM STREET, STRAND
              LEIPZIG, 15, POST-STRASSE

                         1860



TABLE DES MATIÈRES.


UN MOIS EN SICILE (1843.--Inédit.), par M. Félix BOURQUELOT.

  Arrivée en Sicile. -- Palerme et ses habitants. -- Les monuments
    de Palerme. -- La cathédrale de Monreale. -- De Palerme à
    Trapani. -- Partenico. -- Alcamo. -- Calatafimi. -- Ruines de
    Ségeste. -- Trapani. -- La sépulture du couvent des capucins. --
    Le mont Éryx. -- De Trapani à Girgenti. -- La Lettica. --
    Castelvetrano. -- Ruines de Sélinonte. -- Sciacca. -- Girgenti
    (Agrigente). -- De Girgenti à Castrogiovanni. -- Caltanizzetta.
    -- Castrogiovanni. -- Le lac Pergusa et l'enlèvement de
    Proserpine. -- De Castrogiovanni à Syracuse. -- Calatagirone. --
    Vezzini. -- Syracuse. -- De Syracuse à Catane. -- Lentini. --
    Catane. -- Ascension de l'Etna. -- Taormine. -- Messine. --
    Retour à Naples.                                                 1


VOYAGE EN PERSE, fragments par M. le comte A. de GOBINEAU (1855-1858),
dessins inédits de M. Jules LAURENS.

  Arrivée à Ispahan. -- Le gouverneur. -- Aspect de la ville. -- Le
    Tchéhar-Bâgh. -- Le collége de la Mère du roi. -- La mosquée du
    roi. -- Les quarante colonnes. -- Présentations. -- Le pont du
    Zend-è-Roub. -- Un dîner à Ispahan. -- La danse et la comédie. --
    Les habitants d'Ispahan. -- D'Ispahan à Kaschan. -- Kaschan. --
    Ses fabriques. -- Son imprimerie lithographique. -- Ses
    scorpions. -- Une légende. -- Les bazars. -- Le collége. -- De
    Kaschan à la plaine de Téhéran. -- Koum. -- Feux d'artifice. --
    Le pont du Barbier. -- Le désert de Khavèr. -- Houzé-Sultan. --
    La plaine de Téhéran. -- Téhéran. -- Notre entrée dans la ville.
    -- Notre habitation.                                            16

  Une audience du roi de Perse. -- Nouvelles constructions à
    Téhéran. -- Température. -- Longévité. -- Les nomades. -- Deux
    pèlerins. -- Le culte du feu. -- La police. -- Les ponts. -- Le
    laisser aller administratif. -- Les amusements d'un bazar persan.
    -- Les fiançailles. -- Le divorce. -- La journée d'une Persane.
    -- La journée d'un Persan. -- Les visites. -- Formules de
    politesses. -- La peinture et la calligraphie persanes. -- Les
    chansons royales. -- Les conteurs d'histoires. -- Les spectacles:
    drames historiques. -- Épilogue. -- Le Démavend. -- L'enfant qui
    cherche un trésor.                                              34


VOYAGES AUX INDES OCCIDENTALES, par M. Anthony TROLLOPE
(1858-1859); dessins inédits de M. A. de BÉRARD.

  L'île Saint-Thomas. -- La Jamaïque: Kingston; Spanish-Town; les
    _réserves_; la végétation. -- Les planteurs et les nègres. --
    Plaintes d'une Ariane noire. -- La toilette des négresses. --
    Avenir des mulâtres. -- Les petites Antilles. -- La Martinique.
    -- La Guadeloupe. -- Grenada. -- La Guyane anglaise. -- Une
    sucrerie. -- Barbados. -- La Trinidad. -- La Nouvelle-Grenade. --
    Sainte-Marthe. -- Carthagène. -- Le chemin de fer de Panama. --
    Costa Rica: San José; le Mont-Blanco. -- Le Serapiqui. --
    Greytown.                                                       49


VOYAGE DANS LES ÉTATS SCANDINAVES, par M. Paul RIANT. (Le
Télémark et l'évêché de Bergen.) (1858.--Inédit.)

  LE TÉLÉMARK. -- Christiania. -- Départ pour le Télémark. -- Mode
    de voyager. -- Paysage. -- La vallée et la ville de Drammen. --
    De Drammen à Kongsberg. -- Le cheval norvégien. -- Kongsberg et
    ses gisements métallifères. -- Les montagnes du Télémark. --
    Leurs habitants. -- Hospitalité des _gaards_ et des _sæters_. --
    Une sorcière. -- Les lacs Tinn et Mjös. -- Le Westfjord. -- La
    chute du Rjukan. -- Légende de la belle Marie. -- Dal. -- Le
    livre des étrangers. -- L'église d'Hitterdal. -- L'ivresse en
    Norvége. -- Le châtelain aubergiste. -- Les lacs Sillegjord et
    Bandak. -- Le ravin des Corbeaux.                               65

  --_Le Saint-Olaf_ et ses pareils. -- Navigation intérieure. --
    Retour à Christiania par Skien.                                 82

  L'ÉVÊCHÉ DE BERGEN. -- La presqu'île de Bergen. -- Lærdal. -- Le
    Sognefjord. -- Vosse-Vangen. -- Le Vöringfoss. -- Le
    Hardangerfjord. -- De Vikoër à Sammanger et à Bergen.           85


VOYAGE DE M. GUILLAUME LEJEAN DANS L'AFRIQUE ORIENTALE
(1860.--Texte et dessins inédits.)--Lettre au Directeur du _Tour
du monde_ (Khartoum, 10 mai 1860).

  D'ALEXANDRIE À SOUAKIN. -- L'Égypte. -- Le désert. -- Le simoun.
    -- Suez. -- Un danger. -- Le mirage. -- Tor. -- Qosséir. --
    Djambo. -- Djeddah.                                             97


VOYAGE AU MONT ATHOS, par M. A. PROUST (1858.--Inédit.)

  Salonique. -- Juifs, Grecs et Bulgares. -- Les mosquées. --
    L'Albanais Rabottas. -- Préparatifs de départ. -- Vasilika. --
    Galatz. -- Nedgesalar. -- L'Athos. -- Saint-Nicolas. -- Le P.
    Gédéon. -- Le couvent russe. -- La messe chez les Grecs. --
    Kariès et la république de l'Athos. -- Le voïvode turc. -- Le
    peintre Anthimès et le pappas Manuel. -- M. de Sévastiannoff.  103

  Ermites indépendants. -- Le monastère de Koutloumousis. -- Les
    bibliothèques. -- La peinture. -- Manuel Panselinos et les
    peintres modernes. -- Le monastère d'Iveron. -- Les carêmes. --
    Peintres et peintures. -- Stavronikitas. -- Miracles. -- Un
    Vroukolakas. -- Les bibliothèques. -- Les mulets. -- Philotheos.
    -- Les moines et la guerre de l'Indépendance. -- Karacallos. --
    L'union des deux Églises. -- Les pénitences et les fautes.     114

  La légende d'Arcadius. -- Le pappas de Smyrne. -- Esphigmenou. --
    Théodose le Jeune. -- L'ex-patriarche Anthymos et l'Église
    grecque. -- L'isthme de l'Athos et Xerxès. -- Les monastères
    bulgares: Kiliandari et Zographos. -- La légende du peintre. --
    Beauté du paysage. -- Castamoniti. -- Une femme au mont Athos. --
    Dokiarios. -- La secte des Palamites. -- Saint-Xénophon. -- La
    pêche aux éponges. -- Retour à Kariès. -- Xiropotamos, le couvent
    du Fleuve Sec. -- Départ de Daphné. -- Marino le chanteur.     130


VOYAGE D'UN NATURALISTE (Charles DARWIN).--L'archipel Galapagos
et les attoles ou îles de coraux.--(1838).

  L'ARCHIPEL GALAPAGOS. -- Groupe volcanique. -- Innombrables
    cratères. -- Aspect bizarre de la végétation. -- L'île Chatam. --
    Colonie de l'île Charles. -- L'île James. -- Lac salé dans un
    cratère. -- Histoire naturelle de ce groupe d'îles. --
    Mammifères; souris indigène. -- Ornithologie; familiarité des
    oiseaux; terreur de l'homme; instinct acquis. -- Reptiles;
    tortues de terre; leurs habitudes.                             139

  Encore les tortues de terre; lézard aquatique se nourrissant de
    plantes marines; lézard terrestre herbivore, se creusant un
    terrier. -- Importance des reptiles dans cet archipel où ils
    remplacent les mammifères. -- Différences entre les espèces qui
    habitent les diverses îles. -- Aspect général américain.       146

  LES ATTOLES OU ÎLES DE CORAUX. -- Île Keeling. -- Aspect
    merveilleux. -- Flore exiguë. -- Voyage des graines. -- Oiseaux.
    -- Insectes. -- Sources à flux et reflux. -- Chasse aux tortues.
    -- Champs de coraux morts. -- Pierres transportées par les
    racines des arbres. -- Grand crabe. -- Corail piquant. --
    Poissons se nourrissant de coraux. -- Formation des attoles. --
    Profondeur à laquelle le corail peut vivre. -- Vastes espaces
    parsemés d'îles de corail. -- Abaissement de leurs fondations. --
    Barrières. -- Franges de récifs. -- Changement des franges en
    barrières et des barrières en attoles.                         151


BIOGRAPHIE.--Brun-Rollet.                                          159


VOYAGE AU PAYS DES YAKOUTES (Russie asiatique), par OUVAROVSKI
(1830-1839).

  Djigansk. -- Mes premiers souvenirs. -- Brigandages. -- Le
    paysage de Djigansk. -- Les habitants. -- La pêche. -- Si les
    poissons morts sont bons à manger. -- La sorcière Agrippine. --
    Mon premier voyage. -- Killæm et ses environs. -- Malheurs. --
    Les Yakoutes. -- La chasse et la pêche. -- Yakoutsk. -- Mon
    premier emploi. -- J'avance. -- Dernières recommandations de ma
    mère. -- Irkoutsk. -- Voyage. -- Oudskoï. -- Mes bagages. --
    Campement. -- Le froid. -- La rivière Outchour. -- L'Aldan. --
    Voyage dans la neige et dans la glace. -- L'Ægnæ. -- Un Tongouse
    qui pleure son chien. -- Obstacles et fatigues. -- Les guides. --
    Ascension du Diougdjour. -- Stratagème pour prendre un oiseau. --
    La ville d'Oudskoï. -- La pêche à l'embouchure du fleuve Ut. --
    Navigation pénible. -- Boroukan. -- Une halte dans la neige. --
    Les rennes. -- Le mont Byraya. -- Retour à Oudskoï et à
    Yakoutsk.                                                      161

  Viliouisk. -- Sel tricolore. -- Bois pétrifié. -- Le Sountar. --
    Nouveau voyage. -- Description du pays des Yakoutes. -- Climat.
    -- Population. -- Caractères. -- Aptitudes. -- Les femmes
    yakoutes.                                                      177


DE SYDNEY À ADÉLAÏDE (Australie du Sud), notes extraites d'une
correspondance particulière (1860).

  Les Alpes australiennes. -- Le bassin du Murray. -- Ce qui reste
    des anciens maîtres du sol. -- Navigation sur le Murray. --
    Frontières de l'Australie du Sud. -- Le lac Alexandrina. -- Le
    Kanguroo rouge. -- La colonie de l'Australie du Sud. -- Adélaïde.
    -- Culture et mines.                                           182


VOYAGES ET DÉCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE, journal du docteur
BARTH (1849-1855).

  Henry Barth. -- But de l'expédition de Richardson. -- Départ. --
    Le Fezzan. -- Mourzouk. -- Le désert. -- Le palais des démons. --
    Barth s'égare; torture et agonie. -- Oasis. -- Les Touaregs. --
    Dunes. -- Afalesselez. -- Bubales et moufflons. -- Ouragan. --
    Frontières de l'Asben. -- Extorsions. -- Déluge à une latitude où
    il ne doit pas pleuvoir. -- La Suisse du désert. -- Sombre vallée
    de Taghist. -- Riante vallée d'Auderas. -- Agadez. -- Sa
    décadence. -- Entrevue de Barth et du sultan. -- Pouvoir
    despotique. -- Coup d'oeil sur les moeurs. -- Habitat de la
    girafe. -- Le Soudan; le Damergou. -- Architecture. -- Katchéna;
    Barth est prisonnier. -- Pénurie d'argent. -- Kano. -- Son
    aspect, son industrie, sa population. -- De Kano à Kouka. -- Mort
    de Richardson. -- Arrivée à Kouka. -- Difficultés croissantes. --
    L'énergie du voyageur en triomphe. -- Ses visiteurs. -- Un vieux
    courtisan. -- Le vizir et ses quatre cents femmes. -- Description
    de la ville, son marché, ses habitants. -- Le Dendal. --
    Excursion. -- Angornou. -- Le lac Tchad.                       193

  Départ. -- Aspect désolé du pays. -- Les Ghouas. -- Mabani. -- Le
    mont Délabéda. -- Forgeron en plein vent. -- Dévastation. --
    Orage. -- Baobab. -- Le Mendif. -- Les Marghis. -- L'Adamaoua. --
    Mboutoudi. -- Proposition de mariage. -- Installation de vive
    force chez le fils du gouverneur de Soulleri. -- Le Bénoué. --
    Yola. -- Mauvais accueil. -- Renvoi subit. -- Les Ouélad-Sliman.
    -- Situation politique du Bornou. -- La ville de Yo. -- Ngégimi
    ou Ingégimi. -- Chute dans un bourbier. -- Territoire ennemi. --
    Razzia. -- Nouvelle expédition. -- Troisième départ de Kouka. --
    Le chef de la police. -- Aspect de l'armée. -- Dikoua. -- Marche
    de l'armée. -- Le Mosgou. -- Adishen et son escorte. -- Beauté du
    pays. -- Chasse à l'homme. -- Erreur des Européens sur le centre
    de l'Afrique. -- Incendies. -- Baga. -- Partage du butin. --
    Entrée dans le Baghirmi. -- Refus de passage. -- Traversée du
    Chari. -- À travers champs. -- Défense d'aller plus loin. --
    Hospitalité de Bou-Bakr-Sadik. -- Barth est arrêté. -- On lui met
    les fers aux pieds. -- Délivré par Sadik. -- Maséna. -- Un
    savant. -- Les femmes de Baghirmi. -- Combat avec des fourmis. --
    Cortége du sultan. -- Dépêches de Londres.                     209

  De Katchéna au Niger. -- Le district de Mouniyo. -- Lacs
    remarquables. -- Aspect curieux de Zinder. -- Route périlleuse.
    -- Activité des fourmis. -- Le Ghaladina de Sokoto. -- Marche
    forcée de trente heures. -- L'émir Aliyou. -- Vourno. --
    Situation du pays. -- Cortége nuptial. -- Sokoto. -- Caprice
    d'une boîte à musique. -- Gando. -- Khalilou. -- Un chevalier
    d'industrie. -- Exactions. -- Pluie. -- Désolation et fécondité.
    -- Zogirma. -- La vallée de Foga. -- Le Niger. -- La ville de
    Say. -- Région mystérieuse. -- Orage. -- Passage de la Sirba. --
    Fin du rhamadan à Sebba. -- Bijoux en cuivre. -- De l'eau
    partout. -- Barth déguisé en schérif. -- Horreur des chiens. --
    Montagnes du Hombori. -- Protection des Touaregs. -- Bambara. --
    Prières pour la pluie. -- Sur l'eau. -- Kabara. -- Visites
    importunes. -- Dangereux passage. -- Tinboctoue, Tomboctou ou
    Tembouctou. -- El Bakay. -- Menaces. -- Le camp du cheik. --
    Irritation croissante. -- Sus au chrétien! -- Les Foullanes
    veulent assiéger la ville. -- Départ. -- Un preux chez les
    Touaregs. -- Zone rocheuse. -- Lenteurs désespérantes. -- Gogo.
    -- Gando. -- Kano. -- Retour.                                  226


VOYAGES ET AVENTURES DU BARON DE WOGAN EN CALIFORNIE
(1850-1852.--Inédit).

  Arrivée à San-Francisco. -- Description de cette ville. -- Départ
    pour les placers. -- Le claim. -- Première déception. -- La
    solitude. -- Mineur et chasseur. -- Départ pour l'intérieur. --
    L'ours gris. -- Reconnaissance des sauvages. -- Captivité. --
    Jugement. -- Le poteau de la guerre. -- L'Anglais chef de tribu.
    -- Délivrance.                                                 242


VOYAGE DANS LE ROYAUME D'AVA (empire des Birmans), par le
capitaine Henri YULE, du corps du génie bengalais (1855).

  Départ de Rangoun. -- Frontières anglaises et birmanes. -- Aspect
    du fleuve et de ses bords. -- La ville de Magwé. -- Musique,
    concert et drames birmans. -- Sources de naphte; leur
    exploitation. -- Un monastère et ses habitants. -- La ville de
    Pagán. -- Myeen-Kyan. -- Amarapoura. -- Paysage. -- Arrivée à
    Amarapoura.                                                    258

  Amarapoura; ses palais, ses temples. -- L'éléphant blanc. --
    Population de la ville. -- Recensement suspect. -- Audience du
    roi. -- Présents offerts et reçus. -- Le prince héritier
    présomptif et la princesse royale. -- Incident diplomatique. --
    Religion bouddhique. -- Visites aux grands fonctionnaires. -- Les
    dames birmanes.                                                273

  Comment on dompte les éléphants en Birmanie. -- Excursions autour
    d'Amarapoura. -- Géologie de la vallée de l'Irawady. -- Les
    poissons familiers. -- Le serpent hamadryade. -- Les Shans et
    autres peuples indigènes du royaume d'Ava. -- Les femmes chez les
    Birmans et chez les Karens. -- Fêtes birmanes. -- Audience de
    congé. -- Refus de signer un traité. -- Lettre royale. -- Départ
    d'Amarapoura et retour à Rangoun. -- Coup d'oeil rétrospectif sur
    la Birmanie.                                                   280


VOYAGE AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, par le capitaine
BURTON (1857-1859).

  But de l'expédition. -- Le capitaine Burton. -- Zanzibar. --
    Aspect de la côte. -- Un village. -- Les Béloutchis. -- Ouamrima.
    -- Fertilité du sol. -- Dégoût inspiré par le pantalon. -- Vallée
    de la mort. -- Supplice de M. Maizan. -- Hallucination de
    l'assassin. -- Horreur du paysage. -- Humidité. -- Zoungoméro. --
    Effets de la traite. -- Personnel de la caravane. -- Métis
    arabes, Hindous, jeunes gens mis en gage par leurs familles. --
    Ânes de selle et de bât. -- Chaîne de l'Ousagara. --
    Transformation du climat. -- Nouvelles plaines insalubres. --
    Contraste. -- Ruine d'un village. -- Fourmis noires. -- Troisième
    rampe de l'Ousagara. -- La Passe terrible. -- L'Ougogo. --
    L'Ougogi. -- Épines. -- Le Zihoua. -- Caravanes. -- Curiosité des
    indigènes. -- Faune. -- Un despote. -- La plaine embrasée. --
    Coup d'oeil sur la vallée d'Ougogo. -- Aridité. -- Kraals. --
    Absence de combustible. -- Géologie. -- Climat. -- Printemps. --
    Indigènes. -- District de Toula. -- Le chef Maoula. -- Forêt
    dangereuse.                                                    305

  Arrivée à Kazeh. -- Accueil hospitalier. -- Snay ben Amir. --
    Établissements des Arabes. -- Leur manière de vivre. -- Le Tembé.
    -- Chemins de l'Afrique orientale. -- Caravanes. -- Porteurs. --
    Une journée de marche. -- Costume du guide. -- Le Mganga. --
    Coiffures. -- Halte. -- Danse. -- Séjour à Kazeh. -- Avidité des
    Béloutchis. -- Saison pluvieuse. -- Yombo. -- Coucher du soleil.
    -- Jolies fumeuses. -- Le Mséné. -- Orgies. -- Kajjanjéri. --
    Maladie. -- Passage du Malagarazi. -- Tradition. -- Beauté de la
    Terre de la Lune. -- Soirée de printemps. -- Orage. -- Faune. --
    Cynocéphales, chiens sauvages, oiseaux d'eau. -- Ouakimbou. --
    Ouanyamouézi. -- Toilette. -- Naissances. -- Éducation. --
    Funérailles. -- Mobilier. -- Lieu public. -- Gouvernement. --
    Ordalie. -- Région insalubre et féconde. -- Aspect du Tanganyika.
    -- Ravissements. -- Kaouélé.                                   321

    Tatouage. -- Cosmétiques. -- Manière originale de priser. --
    Caractère des Ouajiji; leur cérémonial. -- Autres riverains du
    lac. -- Ouatata, vie nomade, conquêtes, manière de se battre,
    hospitalité. -- Installation à Kaouélé. -- Visite de Kannéna. --
    Tribulations. -- Maladies. -- Sur le lac. -- Bourgades de
    pêcheurs. -- Ouafanya. -- Le chef Kanoni. -- Côte inhospitalière.
    -- L'île d'Oubouari. -- Anthropophages. -- Accueil flatteur des
    Ouavira. -- Pas d'issue au Tanganyika. -- Tempête. -- Retour.  337


FRAGMENT D'UN VOYAGE AU SAUBAT (affluent du Nil Blanc), par M.
Andrea DEBONO (1855)                                               348


VOYAGE À L'ÎLE DE CUBA, par M. Richard DANA (1859).

  Départ de New-York. -- Une nuit en mer. -- Première vue de Cuba.
    -- Le Morro. -- Aspect de la Havane. -- Les rues. -- La volante.
    -- La place d'Armes. -- La promenade d'Isabelle II. -- L'hôtel Le
    Grand. -- Bains dans les rochers. -- Coolies chinois. -- Quartier
    pauvre à la Havane. -- La promenade de Tacon. -- Les surnoms à la
    Havane. -- Matanzas. -- La Plaza. -- Limossar. -- L'intérieur de
    l'île. -- La végétation. -- Les champs de canne à sucre. -- Une
    plantation. -- Le café. -- La vie dans une plantation de sucre.
    -- Le Cumbre. -- Le passage. -- Retour à la Havane. -- La
    population de Cuba. -- Les noirs libres. -- Les mystères de
    l'esclavage. -- Les productions naturelles. -- Le climat.      353


EXCURSIONS DANS LE DAUPHINÉ, par M. Adolphe JOANNE (1850-1860).

  Le pic de Belledon. -- Le Dauphiné. -- Les Goulets.              369

  Les gorges d'Omblèze. -- Die. -- La vallée de Roumeyer. -- La
    forêt de Saou. -- Le col de la Cochette.                       385


EXCURSIONS DANS LE DAUPHINÉ, par M. Élisée RECLUS (1850-1860).

  La Grave. -- L'Aiguille du midi. -- Le clapier de
    Saint-Christophe. -- Le pont du Diable. -- La Bérarde. -- Le col
    de la Tempe. -- La Vallouise. -- Le Pertuis-Rostan. -- Le village
    des Claux. -- Le mont Pelvoux. -- La Balme-Chapelu. -- Moeurs des
    habitants.                                                     402


LISTE DES GRAVURES.                                                417

LISTE DES CARTES.                                                  422

ERRATA.                                                            427



[Illustration: WOGAN:--Portrait en pied de l'auteur en costume de
voyage.--Dessin de J. Pelcoq d'après une photographie.]



VOYAGES ET AVENTURES DU BARON DE WOGAN EN CALIFORNIE.

1850-1852.--INÉDIT.

     Arrivée à San-Francisco. -- Description de cette ville. --
     Départ pour les placers. -- Le claim. -- Première déception.


Dans les derniers jours de 1850, _l'Isthmus_, bateau à vapeur de la
Compagnie Américaine sur l'océan Pacifique, débarquait sur le quai de
San-Francisco une trentaine de passagers qu'il amenait de Panama.
Parmi ces voyageurs que le besoin d'aventures, de spéculations du la
fièvre de l'or amenait en Californie se trouvaient quatre Français,
poussés loin de leur patrie par les contrecoups des convulsions
politiques. Partis de différents points du sol natal, des rangs
sociaux ou des partis existants, ils s'étaient liés les uns aux autres
par le contrat d'une de ces associations industrielles que faisaient
éclore en ces temps agités les bouillonnements de la société
européenne d'une part, et de l'autre, la réputation exagérée des mines
d'or de la Californie; il ne s'agissait de rien moins que de
l'exploitation d'une machine nouvelle, qui, appliquée au lavage des
terres aurifères, devait donner de merveilleux résultats, autant du
moins que l'avaient annoncé beaucoup de journaux grands et petits, sur
la quatrième page desquels les amateurs de collections pourraient bien
trouver encore son dessin: coupe, profil et élévation.

Un des quatre associés est l'auteur des pages suivantes, extraites
d'un journal tenu aussi régulièrement que les circonstances le lui ont
permis et qu'il se propose de publier en entier si l'échantillon qu'il
en donne aujourd'hui pouvait éveiller l'intérêt des lecteurs!

À cette époque, San-Francisco n'était pas encore la grande cité qui
s'intitule pompeusement, à l'heure présente, la _Reine du Pacifique_.
Sa population, qui dépasse aujourd'hui 100 000 âmes, atteignait à
peine alors au quart de ce chiffre. Son développement rapide,
incessant, est dû tout entier à la rare énergie de sa population, qui
possède toutes les qualités de ses nombreux défauts. Rien n'a pu
l'abattre: ni les plus graves excès, ni les désordres administratifs
les plus scandaleux, ni les désastres effroyables d'immenses
incendies, ni les secousses monétaires, ni les découragements, ni les
paniques. San-Francisco a triomphé de tout, et ses immeubles
recherchés subissent une hausse progressive qui témoigne des promesses
de l'avenir. Tout y subit l'influence de l'heureuse impulsion de sa
jeunesse; tout s'y installe et prospère. On sent que les métaux
précieux, l'agriculture, le commerce, l'industrie doivent faire, par
leur concours intelligent, la grandeur de la Californie.

Aucune des conditions modernes de la civilisation ne manque à la
métropole de ce pays. Le gaz et l'eau ont des conduits dans toutes les
rues, des omnibus circulent partout, d'élégants équipages et de
nombreuses voitures de place sillonnent tous les quartiers.
Francs-maçons, sociétés de bienfaisance, caisses d'épargne,
congrégations, sociétés bibliophiles, vastes chantiers de
construction, immenses ateliers de fonderie, scieries mécaniques,
télégraphie, presse, théâtres, marchés regorgeant en tout temps de
légumes, de gibier, de fruits magnifiques, tout est là réuni.

L'émigration arrive de toutes parts, et s'installe à demeure dans ce
pays si désert et si désolé il n'y a pas vingt ans! Il est devenu une
patrie!

Mais en 1850, la tumultueuse effervescence des éléments discordants
venus de tous les points du globe pour fonder cet avenir, faisait
ressembler San-Francisco à un immense creuset en ébullition, plutôt
qu'au berceau d'un grand État, et après un séjour de quelques heures
nous avions hâte de quitter ce théâtre de sanglantes collisions et ce
foyer de toutes les mauvaises passions. Nous nous embarquâmes à bord
d'un pyroscaphe qui faisait les voyages de la ville aux districts
aurifères.

Après avoir traversé la rade de San-Francisco en frayant notre route
au milieu des navires aux couleurs de toutes les nations, nous
gagnâmes l'embouchure du Sacramento pour remonter le cours de ce
fleuve.

Le paysage de ses bords nous offrit les plus riants aspects; de chaque
côté s'étendaient de verdoyantes savanes, ou de jolis bois peuplés de
nombreux troupeaux de cerfs; une suite de collines couvertes de
bouquets de chênes égayait la perspective; à l'horizon une chaîne de
hautes montagnes servait de cadre au tableau.

Nous naviguions, suivant de l'oeil ce panorama délicieux depuis
quelques heures, lorsque nous aperçûmes à une distance d'environ un
mille en avant de nous, un brick anglais de commerce qui paraissait à
l'ancre; nous hélâmes pour l'engager à nous laisser le passage libre;
il répondit avec son porte-voix en anglais: _I am aground in the
middle of the passage, the other part of the river being obstructed by
a sand bank._ (Je suis échoué au milieu du chenal et tout le reste du
courant est obstrué de bancs de sable.) Ceci ne faisait pas l'affaire
de notre capitaine yankee qui prit le parti de passer quand même,
par-dessus le corps de l'Anglais s'il le fallait; effectivement, à
peine avait-il échangé avec nous un regard d'intelligence, qu'il
commandait au chef mécanicien d'opérer un mouvement rétrograde, puis
imprimant à la vapeur toute sa puissance, notre steamer s'élança dans
l'espace jugé libre entre la rive et le bâtiment échoué. Le choc fut
terrible, mais le Yankee passa emportant avec lui une partie du
bordage de tribord du pauvre bâtiment anglais.

Quant à nous, nous y perdîmes notre bastingage et le tambour de notre
roue de bâbord, quelques voyageurs peu habitués à la mer y
perdirent.... leur équilibre et roulèrent pêle-mêle parmi les denrées
de toute espèce qui encombraient le pont. Nous arrivâmes sans autres
accidents à San-Sacramento, qui était notre première étape en
Californie.

Sacramento, la seconde ville de cette région, doit, comme
San-Francisco, son origine aux mines d'or; elle est située sur la rive
gauche du fleuve dont elle porte le nom.

Aussitôt après notre débarquement, nous nous mîmes en quête d'une
charrette et d'un attelage pour transporter nos bagages aux
_placers_[1] de Grass-Valley, où nous avions l'intention
d'expérimenter notre machine.

                   [Note 1: On donne le nom de _placer_ à toute
                   localité où, par suite de la richesse des terrains
                   aurifères, il s'est établi des camps ou postes pour
                   l'exploitation de l'or. Cette dénomination est
                   synonyme d'exploitation.]

Quelques heures après nous suivions, la carabine sur l'épaule, notre
véhicule portant l'avenir de notre association et avançant péniblement
sous les efforts de quatre mulets.

À la fin du jour nous fîmes halte dans un lieu découvert pour y passer
la nuit, et, le lendemain avant l'aube, nous nous remîmes en route. Le
pays que nous traversions était inhabité, ce n'était alors que
rarement que nous apercevions le long de quelque cours d'eau une
habitation isolée.

Nous suivions quelquefois des portions de route qui jadis avaient dû
être fort belles. Ces vestiges étaient encore l'ouvrage des
missionnaires, qui, au temps de leur puissance, avaient voulu relier
les diverses missions entre elles afin de rendre les communications
plus faciles. Le pays devenait de plus en plus accidenté à mesure que
nous avancions, ce qui retardait beaucoup notre marche.

De onze heures à une heure nous faisions ordinairement halte pour
laisser passer la grande chaleur et reposer nos mules.

Nous apportions la plus grande prudence, le soir, dans le choix du
lieu de notre campement et le jour dans l'ordre de notre marche, le
pays étant infesté par des vagabonds, chercheurs d'or occultes, qui au
lieu d'interroger laborieusement le sein de la terre, trouvaient plus
commode et moins fatigant de se procurer ce précieux métal en
dévalisant les voyageurs.

Enfin nous parvînmes au village de _Rough-and-Ready_ (brusque et
prêt), dans la vallée où s'élève Nevada-City; là nous eûmes pour la
première fois devant les yeux l'aspect d'un _placer_ de mineurs. Au
fond d'un ravin qui semblait avoir été bouleversé par un ouragan, une
grande quantité d'arbres avaient été arrachés du sol; au milieu
d'excavations profondes, on voyait les mineurs courbés sur leurs pics
avec lesquels ils retiraient les couches de terre aurifère pour aller
les laver à près d'un mille de distance; plus loin un autre plus
heureux, plongé dans l'eau glacée jusqu'aux reins, lavait la terre
dans un plat de fer battu pour en extraire l'or.

De chaque côté du ravin étaient échelonnées les habitations des
mineurs, consistant en tentes de toutes formes et en cabanes de
planches de cèdre.

Après avoir contemplé quelque temps ce spectacle si nouveau pour nous,
nous continuâmes notre route pour Grass-Valley, où nous arrivâmes le
surlendemain. Quoique plus considérable, ce placer avait le même
aspect à peu de chose près que celui de Rough-and-Ready.

À peine étions-nous arrivés que nous fûmes entourés par un flot de
curieux, nous regardant avec étonnement déballer notre précieuse
machine; nous dressâmes aussi notre tente sous un massif de verdure
qui nous fut indiqué par des Suisses, avec lesquels nous visitâmes le
placer dans toute son étendue avant de nous livrer au repos dont nous
avions tant besoin.

Vers minuit, nous fûmes tous réveillés par la tempête. La foudre
grondait avec fracas, et sa voix altière se répercutant dans les échos
des trois montagnes qui dominaient le placer, semblait plus terrible
encore; notre tente résista au choc du vent, grâce à ses cordages
neufs et à ses piquets de fer, mais non à la pluie qui s'infiltrait,
fouettée par le vent, en masses épaisses, brouillard qui eut bientôt
traversé nos couvertures et nos vêtements, et nous trempa jusqu'aux
os. Le jour arriva enfin, et ayant allumé un immense feu avec les
branches sèches que la tempête avait brisées, nous pûmes réchauffer
nos membres engourdis; ce n'était pas tout, il fallait monter la
machine et la faire fonctionner; dans ce but, nous choisîmes un
_claim_[2], où nous fîmes nos premières expériences qui n'amenèrent
aucun résultat satisfaisant. Enfin m'étant penché sur le récipient où
était placé le mercure, je pus constater que l'or passait par-dessus
sans s'y amalgamer; nous fûmes consternés à cette découverte et
pensâmes, d'un commun accord, que notre mercure, que nous avions eu
l'obligeance de prêter au capitaine de _l'Isthmus_ pour remplacer le
sien perdu pendant une tempête sur les côtes du Mexique, avait été
détérioré; nous recommençâmes avec persévérance, mais chaque fois que
nous passions le mercure à la peau de chamois, il n'y restait aucune
parcelle d'or. Après avoir constaté généralement que la machine, par
elle-même, était impropre au lavage des terrains aurifères, nous nous
sentîmes plus ou moins découragés. Mes trois compagnons proposèrent de
dissoudre la société, de partager le matériel et le reste des fonds
qui se trouvaient en caisse; j'acceptai l'offre, heureux de pouvoir
enfin vivre seul de cette vie d'aventure et de liberté à laquelle
j'aspirais. Ces messieurs partirent donc pour San-Francisco, et moi je
restai à Grass-Valley le temps nécessaire pour recueillir assez de
poudre d'or, et me procurer ainsi les moyens de me livrer à la vie
d'excursions que j'avais projetée.

                   [Note 2: Le claim est une étendue de terre de dix
                   pieds carrés auquel a droit tout mineur d'un
                   placer.]


     La solitude. -- Mineur et chasseur.

[Illustration: Grass-Valley.--Dessin de J. Pelcoq d'après un croquis
de l'auteur.]

Je me mis donc en quête des choses les plus nécessaires pour
travailler; d'abord j'achetai d'un Américain qui retournait à
New-York, une cabane et tous les outils à l'usage du mineur. Je
choisis un claim dans le haut de la vallée, où j'étais seul avec mes
pensées. Ma cabane n'était ni vaste ni élégante, mais elle était
commode, ce qui était le principal pour moi; mes lecteurs ne seront
peut-être pas fâchés d'en avoir la description. D'abord elle était
située sur le bord gazonné et fleuri d'un ruisseau et adossée à un
cèdre qui n'avait pas moins de vingt pieds de diamètre à sa base; ma
villa, bien moins large ne mesurait pas huit pieds sur les quatre
faces; sa maçonnerie consistait en branches de cèdre. Le toit était
formé avec des planches du même bois, fendues à la hache, et qui,
superposées les unes sur les autres comme des ardoises, me
garantissait assez bien des intempéries de l'air. Au milieu j'avais un
petit poêle de tôle, et pour batterie de cuisine un unique poêlon qui
me servait aussi bien pour faire la soupe que pour rôtir mon gibier;
dans le fond de la cabane était mon lit de camp, formé de quatre pieux
enfoncés en terre, et joints par quatre traverses sur lesquelles était
clouée de la toile; quant à la literie, elle se composait d'un sac de
campement rempli de feuilles de chêne; au-dessus de ma couche, à la
tête, était placée, comme une égide, une miniature représentant les
traits d'un être chéri; de chaque côté étaient suspendus ma bonne
carabine et mon revolver. Derrière ma cabane j'avais défriché un
jardin que j'avais entouré d'une palissade de branches, et j'y avais
semé des fleurs et des légumes de France, qui y poussaient
merveilleusement; près du jardin il y avait un petit four haut d'un
pied et demi, dans lequel je faisais du pain que je trouvais
délicieux. Le mineur auquel j'avais acheté ma cabane m'avait cédé
aussi quelques provisions englobant entre autres denrées une
quarantaine de livres de farine avariée, mais qui n'en était pas moins
d'une immense valeur pour moi. J'avais découvert à environ un mille de
mon habitation une petite société de quatre mineurs canadiens
d'origine française, avec lesquels je me liai bientôt d'amitié;
quoique d'une éducation inférieure, c'étaient d'honnêtes jeunes gens;
j'ai toujours eu à me louer des relations que nous eûmes ensemble et
j'ai été assez heureux pour faire leur fortune. Je crois déjà avoir
dit la composition de mon lit; or, un jour, par une belle après-midi
de soleil, j'étais monté sur la colline, avec mon sac de campement et
mon fusil sur l'épaule. Ayant trouvé une excavation remplie de
feuilles sèches, j'y entrai jusqu'à la ceinture et me mis avec les
pieds et les mains à en emplir mon sac; je revins à mon gîte après
avoir tué sur la montagne quelque menu gibier. Quand j'y arrivai, il
était nuit close, et après un léger repas je me jetai sur mon lit de
camp. La fatigue amena bientôt le sommeil. Vers les trois heures du
matin, quand le sommeil fut devenu plus léger, je sentis quelque chose
qui parcourait mon lit de campement et qui remuait d'une manière peu
rassurante; pensant que c'était un rat, je portai la main dessus au
travers du sac, et, frissonnant d'horreur, je sentis la forme d'un
serpent qui porta la tête vivement vers ma main; d'un bond je fus hors
de ma case et me dirigeai vers celle de mes voisins les Canadiens,
auxquels je racontai ma mésaventure, et les engageai à me suivre à ma
cabane. Rentré avec eux, je vidai le contenu de mon sac, d'où je vis
s'échapper un serpent à sonnettes de la plus belle venue, qui alla se
cacher sous un tronc d'arbre abattu près de mon jardin. Je voulus en
approcher pour le considérer à mon aise; mais le monstre oubliant que
je l'avais réchauffé dans mon sein, se rua sur ma baïonnette que je
lui présentais, et se mit à mordre le canon de mon fusil; craignant
qu'il ne me mordît moi-même, je mis le doigt sur la détente de ma
carabine, et le coup avant fait balle, il fut littéralement coupé en
deux. Après l'avoir mesuré, nous pûmes constater sa longueur, qui
dépassait quatre pieds deux pouces. Je lui coupai la queue à laquelle
était adaptée une douzaine de petits grelots d'écaille, qui rendaient
un son sec quand ils étaient mis en mouvement; c'est ce que l'on
appelle vulgairement la sonnette du serpent.

[Illustration: Un claim ou atelier de mineur.--Dessin de J. Pelcoq
d'après les _Reports of explorations_.]

Il paraîtrait que, sans y faire attention, j'avais fait entrer ce
serpent dans mon sac de campement, chose facile à cette époque de
l'année où ils sont engourdis par le froid et roulés sur eux-mêmes.

Dans ces contrées, nous avions encore un autre genre d'ennemi à
craindre, qui n'avait pas besoin d'être introduit dans le logis, et
qui savait bien y venir sans invitation, si l'on oubliait de fermer sa
porte. Un certain soir de dimanche, comme je travaillais dans mon
jardin, car je ne m'occupais de sa culture que tous les septièmes
jours, je vis l'ombre d'une bête ressemblant à notre loup cervier
d'Europe, et bondissant hors de ma case pour regagner la forêt; ayant
saisi mon fusil que j'avais près de moi, je le déchargeai sur l'animal
qui, se sentant piqué par le plomb, lâcha un dindon sauvage que
j'avais tué la veille tout en travaillant à mon claim; c'était un
coyotte, animal très-commun dans ces contrées; il rôde constamment
autour des placers pour se nourrir des détritus de toute sorte que les
mineurs jettent sur la voie.

.... On m'avait souvent parlé d'un marais très-giboyeux qui devait se
trouver à six milles au sud de Nevada-City. Je fus tenté d'aller le
visiter, et comme je venais de faire l'acquisition d'un mulet, en
prévisions des longues excursions que je projetais, je résolus
d'emmener avec moi cet animal pour faire l'essai de ses qualités....
ou de ses défauts.

Ma peau d'ours ployée en quatre me fit un bât des plus confortables,
que je fixai sur le dos du quadrupède avec une sangle de la tente que
mes coassociés avaient abandonnée à Grass-Valley lors de leur départ;
je confectionnai un bridon et des étrivières par le même moyen. Dans
cet équipage, je pris le chemin du marais, où je ne serais certes pas
arrivé avant l'aube du jour sans la rencontre d'un mineur qui eut
l'obligeance de me mettre dans mon chemin.

À cent mètres environ du bord, on apercevait dans la pénombre un
buisson de roseaux sous lequel j'allai m'embusquer.

À chaque instant des canards et des sarcelles venaient effleurer mon
visage de la pointe de leurs ailes; j'en abattis même plusieurs avec
le canon de mon fusil; mais ce n'était point à la race emplumée que
j'en voulais. Je visais à mieux que cela. De temps en temps, j'étais
obligé de faire changer de place mon mulet, car le fond n'étant pas
très-solide, je courais risque de le voir s'embourber, si je n'avais
eu recours à cette précaution. Il y avait près de trois quarts d'heure
que j'étais dans cette position, et le jour commençait déjà à
paraître, quand mon attention fut attirée par un bruit vague venant de
la montagne à laquelle était adossé le marais; j'avais à peine eu le
temps d'ajouter deux balles à celles qui étaient déjà dans mon fusil
qu'une magnifique troupe de cerfs et de biches apparut sur la lisière
de la forêt; à leur tête, à dix pas environ, marchait un superbe cerf
dix cors, qui, s'arrêtant avec l'air inquiet, leva sa belle tête en
l'air en reniflant; je compris à son inquiétude que j'avais été
éventé, et dans la crainte de les voir rentrer sous bois, je fis feu
de mes deux coups; je ne pus juger de leur effet, car je me sentis
lancé dans l'espace et ne m'arrêtai qu'au fond du marais: c'était mon
scélérat de mulet qui, effrayé par l'explosion de mon arme à feu,
avait jugé à propos de faire un vigoureux écart et de se séparer de
moi.

Aussitôt que j'eus pu me mettre sur mes pieds, je l'aperçus qui
pointait vers la forêt; je me mis immédiatement à sa poursuite et pus
enfin l'atteindre, grâce à son bridon dans lequel il s'était pris une
jambe, ce qui le forçait à galoper sur les trois qui lui restaient
libres.

Quoique je fusse couvert de vase et trempé jusqu'aux os, je me
dirigeai à l'endroit de la forêt où m'avait apparu le troupeau et j'y
trouvai avec une joie extrême un très-beau cerf étendu sur le sol, le
flanc traversé par une de mes balles. C'était une fiche de consolation
dans mon malheur; je fus plus vite consolé que séché, car mon amadou
s'étant ressenti du bain forcé que je venais de prendre, je ne pus
allumer de feu pour me sécher et je dus charger le soleil de ce soin.
Étant parvenu avec beaucoup de peine à charger intact ce cerf sur mon
mulet, je me dirigeai vers Nevada-City, où je me proposais de vendre
mon gibier.

J'y arrivai vers le midi, juste au moment où les mineurs rentraient de
leur claim pour dîner; je m'avançai bravement au milieu de l'unique
rue du village en criant en anglais: _Venison at one dollar a pound._
Cette bonne idée fut couronnée de succès, car à peine étais-je arrivé
au bout de la rue, qui n'avait pas six cents mètres de long, que
j'avais tout vendu à raison d'un dollar[3] la livre, et me trouvais
avoir gagné huit cents francs en poudre d'or.

                   [Note 3: Le dollar est une monnaie des États-Unis
                   dont le cours ordinaire du commerce est fixé à la
                   valeur de cinq francs, terme moyen.]

Une autre bonne aubaine se présenta: deux frères Nantais, MM. Dep...,
qui y tenaient une taverne et auxquels j'avais vendu un des gigots de
mon cerf, m'invitèrent à dîner et me dirent au dessert que si je
voulais m'engager à leur fournir du gibier pendant toute l'année, ils
s'engageraient eux-mêmes à me le prendre tout à des prix débattus
entre nous; j'acceptai pour tout le temps que je resterais à
Grass-Valley, sans me lier cependant pour un temps déterminé, et notre
parole de Breton remplaça l'acte sur papier timbré.

Dans ce village comme dans tous les placers, l'or et l'argent monnayés
n'étaient point employés; dans les transactions commerciales, toute
denrée était vendue et payée en poudre d'or; aussi voyait-on sur le
comptoir de chaque marchand une balance servant à peser la marchandise
et une autre d'un plus petit modèle pour en peser le prix. Chaque
mineur était nanti d'une bourse en cuir en guise de porte-monnaie, où
était renfermée la poudre d'or qu'il consacrait à ses menus achats.

Ce ne fut que quelque temps avant le coucher du soleil que je pus me
mettre en route pour Grass-Valley, porteur d'une somme assez ronde.


     Départ pour l'intérieur.

Des semaines, des mois s'écoulèrent ainsi entre les travaux du claim
et les plaisirs de la chasse; ceux-ci, chose étrange, me rapportant en
général plus de profit que ceux-là. Puis vint un moment où je ne pus
plus résister au désir impérieux qui me poussait vers les déserts de
l'Est; en conséquence, après avoir mis ma cabane sous la surveillance
des Canadiens et déposé ma petite fortune entre leurs mains loyales,
je fis un beau matin mes derniers préparatifs de départ. Ma peau
d'ours et mon hamac furent ployés en quatre sur le dos de mon mulet et
fixés au moyen d'une sangle; j'y plaçai mon bissac qui contenait mes
provisions, et, par-dessus le tout, je m'installai moi-même; je donnai
un dernier regard d'amour à mon paisible ermitage, à mes fleurs
chéries qui allaient peut-être dessécher sur leurs tiges, privées de
mes soins empressés, un amical serrement de main à mes voisins les
Canadiens, et le coeur heureux et rempli d'émotions aventureuses, je
me mis en route. Je m'étais confectionné une espèce de caban avec des
peaux de coyottes, car ma pauvre chemise de laine rouge de matelot
était bien usée. Dans cet équipage, je ressemblais assez à Robinson,
seulement le parapluie de peau me manquait; je l'avais remplacé par un
capuchon de la même étoffe que mon vêtement, et le trouvais infiniment
plus commode pour la marche ou le repos, la veille ou le sommeil.

Le début de mon voyage se passa sans incidents dignes d'être
rapportés; la journée était belle, le soleil resplendissant dorait la
cime des arbres de la forêt. Je voyageais sous un dôme de verdure
naturelle, où des myriades d'oiseaux voltigeaient en chantant et
paraissaient peu effrayés de ma présence; je fis environ quarante-cinq
à cinquante milles dans ma journée sans rencontrer d'Indiens; le calme
des sombres et profondes forêts de cèdres géants, orgueil de la
Sierra-Nevada (_Taxodium giganteum_), faisait pénétrer en moi un
sentiment de repos et de bonheur que je n'ai réellement éprouvé que
là. Mon âme semblait s'y reposer avec abandon des peines de la vie.

Vers les six heures j'arrivai près d'un joli petit ruisseau ombragé de
saules et de jeunes chênes. La position me sembla charmante pour y
établir mon campement; de chaque côté, le ruisseau était bordé d'un
beau tapis de gazon émaillé de fleurs fraîches comme l'aurore; après
avoir déchargé mon vieux camarade d'aventures et l'avoir laissé paître
sur ces bords charmants, je m'étendis moi-même sur le gazon, humant
avec délices les senteurs embaumées de la forêt. Quand je fus un peu
reposé, je pris un bain sous un de ses arceaux naturels de branchages
et de fleurs, et dans cette baignoire qu'eut enviée plus d'une jolie
naïade, je réparai mes forces en rendant à mes membres la souplesse
que leur enlève toujours une course de la longueur de celle que
j'avais parcourue; car, pour ménager mon mulet et plus encore par goût
de chasseur, j'avais fait la route à pied.

Mon premier soin fut d'allumer du feu, de plumer deux colins ou
perdrix californiennes, qui, une fois vidées, furent embrochées sur
une branche de chêne déposée elle-même sur deux fourches piquées en
terre devant le brasier; comme elles étaient fort grasses, je mis ma
poêle dessous pour en recevoir la graisse. J'eusse fait un repas
délicieux, si, pour le compléter, j'avais eu une chopine de cidre de
Bretagne; je dus remplacer ce nectar national des vieux Kimris par
l'eau du ruisseau, qui était au moins fraîche et limpide, qualités
qu'ont toujours dans ces régions les eaux qui descendent des montagnes
Rocheuses. Le soir, je disposai mon hamac entre deux branches de
cèdre, ne voulant pas trop me fier aux délices d'une nuit passée sur
le gazon, au bord d'un ruisseau dont le doux murmure devait bercer
délicieusement. Je coupai avec ma hache une bonne quantité de branches
de la même essence, qui entretinrent pendant toute la nuit un
magnifique foyer, sauvegarde contre les visites indiscrètes des bêtes
féroces.

Je me réveillai avec l'aurore; les oiseaux chantaient dans les
bosquets et donnaient à mon coeur, par leurs doux accords, cette
quiétude, ce courage si nécessaires à l'homme perdu dans les forêts, à
plusieurs milliers de lieues de sa patrie. Tout ce qui m'entourait
était si beau, si suave, que j'ai souvent regretté de n'être pas né
dans ces régions primitives, pour y vivre dans une continuelle
contemplation des beautés de la création.


     L'ours gris. -- Reconnaissance des sauvages. -- Captivité.
     -- Jugement. -- Le poteau de la guerre. -- L'Anglais chef de
     tribu. -- Délivrance.

.... Après bien des jours de marche, bien des dangers courus à la
rencontre des hommes et des animaux de ces régions, peu fréquentées
des Européens, dangers dont la fréquence me fit presque une habitude
quotidienne, je traversai l'extrémité sud du groupe de montagnes d'où
s'écoule à l'ouest le fleuve Humboldt, et remontant entre les lacs
Nicollet et Sévier, je pénétrai dans la partie de la Sierra-Wah où la
recherche de l'or et l'hégire des Mormons ont fait naître depuis mon
passage les cités de Fillmore et de Cédar. Mais alors les sombres
_cañons_, ou passes de ces montagnes, les forêts gigantesques de leurs
flancs n'étaient parcourus que par des bêtes fauves et par des hommes
non moins sauvages appartenant aux nombreuses subdivisions des Indiens
Pah-Utahs.

[Illustration: Forêt de _Taxodium giganteum_ ou pins géants.--Dessin
de Lancelot d'après les _Reports of explorations_.]

Campé une nuit sur le bord d'un cours d'eau que je reconnus plus tard
pour un affluent du Rio-Verde, je fus réveillé par des rugissements
d'ours, mais d'un diapason qui n'avait rien de rassurant. À la pointe
du jour, je rechargeai mes armes et y mis des lingots de fer trempé à
la place des balles de plomb; je ne sais ce qu'il y avait dans l'air,
mais j'éprouvais une espèce de pressentiment qui n'était pas de bon
augure, un serrement de coeur qui voulait dire: Prends garde à toi. Je
suivis ce conseil, et, à neuf heures environ, je continuai mon voyage;
la rivière longeant la direction de ma route, je la côtoyai jusqu'au
milieu du jour, et j'allais m'enfoncer dans la forêt, quand mon
attention fut réveillée par des cris lointains; j'approchai mon
oreille de terre à la façon des Indiens, et j'entendis distinctement
des cris confus. D'un bond, je me jetai dans un buisson de cerisiers
et de saules qui bordaient la rivière, et tapi comme un renard qui a
senti le chasseur, ma carabine en main, j'attendis. Au bout de
quelques minutes, j'aperçus une bande d'Indiens de tout sexe et de
tout âge accourant vers la rive opposée, et sautant à l'eau comme des
grenouilles. Je crus à une attaque et me mis sur la défensive; mais je
reconnus bientôt mon erreur, car les pauvres Indiens paraissaient trop
effrayés pour qu'il me fût possible de croire que c'était à moi qu'ils
en voulaient. Hommes et femmes nageaient à l'envi; seulement comme ces
dernières portaient presque toutes sur leur dos un ou deux enfants
ficelés dans des écorces de bouleau, elles nageaient bien moins vite
que les hommes; qui, une fois arrivés sur le rivage, prirent la fuite.
Trois seulement y restèrent, encourageant de la voix et du geste les
pauvres squaws à se presser; je m'attendais à voir apparaître de
l'autre côté de la rive un parti d'Indiens ennemis, et je me disposais
à battre en retraite de mon côté, quand j'entendis retentir le cri
formidable qui m'avait tenu éveillé pendant la nuit, à une distance
très-rapprochée; au même moment, je vis rouler du haut du talus une
énorme masse d'un gris sale, qui, s'étant relevée pour se jeter à
l'eau, devint bientôt un ours gris, effroyable bête, la terreur des
coeurs timorés, et le roi des animaux de ces régions; il nageait avec
une telle vigueur qu'il fut bientôt très-près de la dernière des
squaws, pauvre jeune mère traînant à la remorque deux petits jumeaux,
qui criaient quand ils n'avaient pas la bouche remplie d'eau. Les
Indiens, de leur côté, lançaient des flèches empoisonnées; mais la
distance qui les séparait étant encore trop grande, l'ours n'en fut
pas atteint.

[Illustration: Un cañon ou passage de la Sierra-Wah.--Dessin de
Lancelot d'après les _Reports of explorations_.]

Devant cette scène déchirante, je ne pus rester spectateur calme et
égoïste; je sortis de ma cachette, et après avoir appelé et forcé les
Indiens, fort disposés d'abord à la fuite en me voyant, à continuer
ferme le jeu de leurs arcs, je plaçai ma bonne carabine dans la
fourche d'un saule pour plus de précision dans mon tir, et j'ajustai à
cent vingt mètres; ma balle atteignit l'horrible tête du monstre, et
je le vis la tremper dans l'eau de la rivière, qui devint rouge de
sang. Sa course se ralentit visiblement. Ayant ensuite saisi un Indien
qui me paraissait le mari de l'infortunée squaw, je le poussai à l'eau
pour le contraindre à aller porter secours à cette malheureuse, qui,
paralysée par la peur et arrêtée par son fardeau, avait beaucoup de
peine à nager. Je fus cependant obligé de le menacer de mon revolver
pour l'y forcer. J'épaulai ma carabine, et une autre balle de fer
arriva encore dans la tête du _grizly-bear_[4], et l'arrêta assez à
temps pour permettre à l'Indienne de gagner la rive. En y mettant les
pieds elle tomba presque asphyxiée. Je fis signe aux trois Indiens,
père, frère et mari de cette infortunée, de la porter dans la forêt et
de la mettre en sûreté. Enhardi par mon premier succès, je voulus
faire plus intime connaissance avec un gibier si terrible; je coulai
vivement deux lingots dans ma carabine, et l'ayant jetée en
bandoulière, je m'élançai sur un des saules qui bordaient la rive, j'y
étais à peine installé et n'avais pas encore eu le temps de me fixer à
une de ses branches au moyen de ma ceinture, dans la crainte que mes
pieds ne vinssent à glisser, que le monstre dressé le long du tronc du
saule, la gueule fumante, me couvrait déjà de son haleine fétide. À
cette époque, j'ignorais encore que les _grizly-bears_ ne montent pas
sur les arbres; aussi, dans ma crainte et dans le but de l'arrêter, je
lui déchargeai à un mètre de distance, successivement, mes deux coups
de feux dans son énorme gueule béante, une de mes balles lui traversa
la mâchoire, en sortant par le cou, l'autre s'enfonça dans son large
poitrail; il poussa un rugissement terrible, et en faisant un violent
effort pour m'atteindre, il retomba sur le dos au pied du saule.
Cependant il se redressa presque aussitôt. Le temps me manquait pour
recharger ma carabine; je voulus me servir de mon revolver; mais dans
la vivacité de mes mouvements il s'était pris de telle façon dans ma
ceinture avec des branches de saule, que je ne pus immédiatement l'en
retirer. Je ne perdis cependant pas la tête, et ayant saisi ma hache,
j'en assenai un violent coup sur la tête de l'assaillant. Un de ses
yeux fut atteint et son sang vint m'inonder. Il tomba à terre et y
resta environ trois secondes, se tordant dans les convulsions de la
rage. Pendant ce temps, je parvins à dégager mon revolver, et me
voyant maître de la place, puisqu'il devenait évident que l'ennemi ne
monterait pas à l'assaut, je pris tout mon temps pour viser et lui
crever l'autre oeil. Dès lors, je pus facilement venir à bout de la
terrible bête. Privée de la vue, elle tournait constamment autour de
mon tronc de saule en déchirant l'écorce de ses puissantes dents et de
ses griffes. Enfin, un dernier coup de carabine mit fin à son agonie
qui s'était prolongée durant plus de vingt minutes, pendant lesquelles
il avait mis à découvert les racines de mon saule. Il en avait arraché
de si énormes morceaux que l'arbre en avait éprouvé de violentes
secousses.

                   [Note 4: Grizly-bear, ours gris.]

L'ours gris est, par sa force, le roi ou le tyran des animaux des
montagnes Rocheuses et des grandes prairies américaines; il n'est pas
rare d'en rencontrer pesant cinq cents kilos. Ils ne montent pas sur
les arbres comme ceux des autres espèces et ne sont pas aussi
intelligents. Leurs longs poils sont d'un gris rougeâtre, et leurs
oreilles pointues, leurs yeux féroces tirent sur le brun rouge; leurs
pattes dépassent onze pouces de long, et chaque griffe, recourbée en
croissant, en a six. Je coupai à ma victime ces formidables défenses
et lui cassai les dents à coups de hache, afin de m'en faire un
trophée comme les Indiens. Je lui ouvris le ventre pour suivre, en
vrai chasseur, le trajet de mes balles dans son corps: le coeur et les
poumons avaient été traversés trois fois. J'étais ainsi occupé quand
mes Indiens et leurs squaws arrivèrent et se mirent à danser une ronde
échevelée autour de nous, en chantant une chanson dont je crus
reconnaître le caractère gastronomique dans certains mots indiens
qu'ils prononçaient souvent. Je les laissai faire, et m'étant assis
sur les flancs rebondis de mon ours, je me joignis au choeur. Voyant
ma bonne volonté, ils vinrent me prendre par la main et m'entraînèrent
dans leur ronde; je cédai de bonne grâce, et ils en parurent
enchantés.

Au moment de nous séparer, un de ces Indiens qui savait un peu
d'espagnol, me fit un discours emphatiquement sentencieux qu'il
termina par cet aphorisme de circonstance: «La reconnaissance est une
vertu peau-rouge; l'ingratitude a le visage pâle.» Je m'éloignai ne
sachant que répondre à une parole aussi sensée.... Deux jours plus
tard j'aurais pu le faire; car deux jours plus tard j'étais bel et
bien abandonné dans le désert et dévalisé de mes menus bagages par
l'Indien même dont j'avais sauvé la femme et l'enfant, et qui avait
tenu à m'accompagner en qualité de guide. Ce n'est pas tout; le
lendemain au lever du soleil, je rêvais bien moins à ce mode indien de
gratitude qu'à la patrie dont j'étais séparé par plusieurs milliers de
lieues, quand je fus tout à coup, tiré de mes douces pensées par le
sifflement d'une flèche qui vint s'enfoncer dans la terre à un pas de
moi. L'inclinaison qu'elle avait gardée me porta à jeter les yeux du
côté d'où elle pouvait être partie, mais je ne pus apercevoir l'auteur
de cette agression. À quelques instants de là, une autre la suivit,
paraissant toujours venir du même point, qui était une éminence
escarpée, couronnée par un plateau élevé de soixante mètres sur ma
droite. Cette seconde flèche était venue s'enfoncer dans le tronc de
cèdre où j'étais appuyé et à quelques pouces de mon épaule; ceci
devenait compromettant. Je me levai et allai me cacher derrière un
tronc d'arbre, m'en servant comme d'un bouclier contre mon agresseur
invisible; en avançant tout doucement la tête entre les branches, je
vis effectivement un Indien, que je reconnus pour mon ingrat voleur,
qui, le corps caché derrière un bloc de rocher, cherchait à découvrir
l'endroit ou je m'étais embusqué. La pointe rougeâtre de ses flèches
me fit juger qu'elles étaient empoisonnées; mon parti fut alors
bientôt pris: je l'ajustai, et ma balle l'atteignit un peu au-dessus
de l'aisselle droite. Il s'affaissa sur la roche et y resta suspendu
le haut du corps et les bras pendants. Ayant alors jeté ma carabine en
bandoulière, je grimpai vers lui en m'accrochant aux aspérités des
rochers et aux racines; mais comme le passage était difficile, il
s'écoula assez de temps pour lui permettre de revenir à lui avant que
j'eusse atteint le haut du rocher. Avec une agilité qui me surprit,
dans un homme aussi grièvement blessé, il gagna le plateau sans qu'il
me fût possible de lui envoyer mon second coup de feu, embarrassé que
j'étais par la difficulté du terrain. Quand je fus arrivé sur le
plateau, il était déjà à près d'un quart de mille, fuyant dans la
plaine. Le suivre eût été une folie. Je me contentai de lui envoyer,
en forme de souhait de bon voyage, une balle conique de mon coup à
grande portée, mais sans l'arrêter, car il avait trop d'avance sur
moi.

Je descendis, et en passant à côté de la roche homicide où je l'avais
frappé, je la trouvai encore teinte de son sang. Après avoir fait un
mauvais déjeuner, je repris, triste et préoccupé, ma route au travers
de la forêt. Le lendemain, vers onze heures, un bruit vague et confus
attira mon attention; peu rassuré, j'attachai mon oreille au sol et
pus me convaincre bien vite qu'un parti de guerre indien était sur mes
traces, car la brise m'apportait le son de leurs voix encore
lointaines. La fuite était impossible. Me cacher eût été chose
inutile, et m'eût attiré le mépris des Indiens. Me confiant donc dans
ma bonne étoile, j'attendis de pied ferme, le dos appuyé à un arbre et
la face à l'ennemi. Quelques minutes après, ils étaient à soixante pas
de distance de moi. Alors commencèrent à tomber à mes côtés plusieurs
flèches dont je fus garanti par les arbres qui me couvraient. Mon
premier mouvement fut de me défendre à l'aide de mon revolver et de ma
carabine; mais quand je les vis se rapprocher peu à peu et m'assaillir
de leurs traits empoisonnés, je songeai à me rendre; car je rêvais à
la patrie, douce pensée qui me conseilla la prudence. Je déposai mes
armes au pied de l'arbre que j'avais choisi comme point d'appui, et
me dirigeai vers eux. Ils me reçurent les flèches sur la corde de
l'arc, prêts à recommencer une nouvelle décharge. Un féroce cri de
guerre accueillit ma résolution, et je fus immédiatement entouré,
couché sur le sol et garrotté des pieds et des mains.

J'adressai successivement la parole à celui qui me parut être le chef
de la bande, mais il me répondit en langue indienne quelques paroles
que je ne pus comprendre. Après beaucoup de mots et non moins de
gestes échangés entre eux, je crus comprendre qu'il était question de
me porter ou de me détacher les jambes; le chef penchait pour le
premier moyen, mais la bande, peu disposée à faire une telle corvée,
voulait le second, et elle l'emporta heureusement. Les liens de mes
jambes furent donc détachés, et je me mis en route à travers la forêt
au pas gymnastique, entraîné par ces Indiens.

Vers les deux heures, nous fûmes arrêtés dans notre course par une
rivière qu'ils se disposèrent à traverser à la nage; un des plus
robustes de la bande fut désigné pour me porter sur son dos, où je fus
attaché avec des lanières de peau de buffle. J'avoue que ce ne fut pas
sans crainte que je vis commencer cette opération, d'autant plus
qu'ayant toujours les mains liées, le danger devenait imminent, si mon
Indien n'était pas habile nageur. Je fis tout ce que je pus pour faire
comprendre au chef que je savais nager, et que s'il voulait me faire
détacher, je pourrais aussi bien qu'eux traverser à la nage; mais soit
qu'il ne comprit pas mes signes, ou qu'il se défiât de moi, tout fut
disposé pour mon passage; mon sac, mes armes, tout le butin, pris avec
moi, fut attaché en forme de ballot dans ma peau d'ours et lancé à
l'eau en même temps que nous. Je m'aperçus bien vite que mon Indien
était bon nageur, et nous arrivâmes rapidement à l'autre bord, où nous
attendîmes au milieu d'une petite anse bordée de joncs et de plantes
aquatiques. Comme il faisait très-chaud, je fus bientôt sec, car ils
n'avaient pas pris la précaution de me retirer mes vêtements de peau;
nous suivîmes encore le cours de la rivière environ une heure; puis
nous rencontrâmes un affluent dont nous suivîmes le cours, et vingt
minutes après nous trouvions, cachés dans les saules qui bordaient
cette rivière, trois canots indiens construits en branches de saule et
recouverts en écorce de bouleau d'un travail fort ingénieux; nous y
étant installés, nous remontâmes la rivière à coups de pagayes, et,
après deux heures de voyage, je pus distinguer à deux milles environ
devant nous une immense prairie, couverte de ce que j'aurais pris pour
un grand nombre de meules de foin, si je n'avais vu sortir du sommet
de plusieurs d'entre elles un filet de fumée bleue qui m'indiquait
assez que c'étaient les cases d'une tribu. Dès que nous atteignîmes
l'anse principale où étaient attachés des pirogues et des canots avec
des amarres en corde végétale, nous fûmes aperçus des habitants, des
cris de joie accueillirent notre arrivée, et plus d'un millier de
femmes, d'enfants et de vieillards accoururent sur le rivage. Les plus
impatients de me voir se jetèrent à l'eau avec des contorsions des
plus grotesques, et entourèrent notre canot par-dessous lequel les
enfants plongeaient comme de jeunes marsouins.

Je fus saisi et porté à terre au milieu d'une foule considérable. Nous
entrâmes dans une large rue, formée par deux rangs de huttes; le grand
chef arriva bientôt, et je compris vite qu'il donnait des ordres pour
éloigner la foule, devenue tellement compacte que je me sentais
étouffé comme dans une ceinture vivante. Le chemin que nous
parcourions montait, et je découvris la hutte du chef, qui était
beaucoup plus haute et plus vaste que les autres; sur son sommet une
foule d'Indiens des deux sexes étaient montés pour mieux jouir du coup
d'oeil. Cependant, au lieu d'y aller directement, mon escorte prit à
droite au travers d'un dédale de huttes, et s'arrêta devant l'une
d'elles, où on me fit entrer, suivi seulement du grand chef et de
trois Indiens, chefs inférieurs; la fumée épaisse qui remplissait la
hutte m'empêcha d'abord de distinguer les objets qui s'y trouvaient,
mais ayant été conduit au fond, je trouvai, couché sur une natte,
l'Indien que j'avais blessé l'avant-veille d'un coup de feu. Sa squaw
était près de lui avec tous ses parents. Le chef me demanda en
espagnol si je connaissais cet Indien, je fis signe que oui; ayant
levé une peau de buffle qui le couvrait, il me montra du doigt la
blessure produite par ma balle. On y avait appliqué une espèce
d'emplâtre de feuilles écrasées. Interrogé sur l'origine de cette
blessure, je ne crus pas devoir dissimuler que j'en étais l'auteur.

Mon crime étant avéré, je fus conduit à la hutte du conseil,
accompagné d'une foule considérable; plus vaste que les autres cases
de la tribu, elle ne différait en rien des autres par sa construction
qui était de branches de chêne piquées en terre et enduites de terre
glaise. Les Indiens de cette tribu étaient d'une grande taille, bien
faits et vigoureux, avec des nez aquilins et des mentons
très-saillants; les femmes y possédaient, en général, le genre de
beauté qu'on retrouve dans toutes les tribus indiennes; les vieilles
femmes seules étaient assujetties aux travaux les plus durs, et comme
dans la plus grande partie des autres tribus, les jeunes jouissaient
de la considération galante de chacun. D'après ma carte, ce village,
appartenant à la grande tribu des Timpabaches, subdivision des
Pah-Utahs, était situé sur les bords du San-Juan, rivière tributaire
du Rio-Grande, branche mère du Colorado de l'Ouest.

Entré dans la case du chef, j'y trouvai rassemblés les quatre
principaux chefs qui, assis au fond de la hutte, m'y attendaient; ils
étaient fraîchement tatoués, à en juger par l'éclat des couleurs qui
resplendissaient sur leurs traits farouches. Chacun d'eux avait son
tomahawk posé à côté de lui, et portait des plumes d'aigle dans la
chevelure; leur cou et leurs poignets étaient ornés de dents humaines
et de griffes d'ours; autour de leurs reins pendaient des queues de
loup et de renard; des trophées de guerre ornaient l'intérieur de la
hutte du conseil. C'étaient des crânes humains avec leur chevelure,
des armes de toute espèce prises dans les combats, des peaux d'ours et
de tigre, et une chose qui me frappa singulièrement, ce fut de
retrouver parmi ces dépouilles, celle d'un monstrueux serpent que
j'avais tué quelque temps avant de pénétrer dans la Sierra-Wah: je ne
me trompais pas, c'était bien son affreuse tête percée de mes deux
coups de feu.

Au centre brûlait un brasier homérique, dont la fumée sortait par
l'ouverture pratiquée, comme toujours, au sommet de la hutte.

Deux Indiens armés de leur tomahawk, gardaient la porte du conseil, et
comme les cris de la foule curieuse semblaient gêner les chefs, ils
donnèrent ordre qu'une peau d'ours fût jetée en guise de portière sur
l'ouverture. D'abord ils commencèrent par la cérémonie du calumet, le
chef le plus âgé ayant décrit un cercle sur la terre et l'ayant
entouré de signes cabalistiques, y fit apporter un charbon ardent
auquel il alluma le calumet national qu'il offrit au grand manitou, au
soleil, à la terre et aux quatre points cardinaux; les autres chefs le
regardaient faire d'un air fort sérieux. Ensuite le calumet leur fut
remis à tour de rôle; nul d'entre eux ne s'en servit de la même
manière, car chacun d'eux s'était engagé par serment devant le manitou
de fumer d'une façon unique pendant le cours de son existence. À mon
grand regret le calumet ne me fut point offert; mais à sa place on me
montra un tomahawk teint du sang ennemi, qui était, je crois, l'arme
du bourreau. Un guerrier le leva avec ostentation sur ma tête;
heureusement il sut s'arrêter dans son mouvement; car j'avais les bras
toujours attachés derrière le dos, et ma tête eût volé en morceaux,
s'il l'avait laissé retomber sur elle.

[Illustration: La case du jugement.--Dessin de J. Pelcoq d'après un
croquis.]

Cette cérémonie achevée, on alla replacer le tomahawk de guerre
au-dessus d'une affreuse peinture tracée sur une écorce de bouleau
fixée aux parois de la hutte. Cette peinture représentait
grossièrement le soleil, astre dans lequel les Timpabaches croient que
le grand esprit réside.

La squaw de l'Indien blessé par moi fut ensuite introduite, et celui
des chefs qui avait ouvert la séance l'interrogea sur ce qu'elle
savait au sujet du fait qui m'était reproché; je vis bien d'abord que
la pauvre squaw me plaignait au lieu de me charger; je lus dans ses
yeux et dans ses gestes qu'elle plaidait ma cause autant que sa
position d'épouse du blessé le lui permettait.

Je compris aussi qu'elle racontait la scène du combat contre l'ours,
et comment je les avais sauvés tous d'un péril certain. À la
déposition de la squaw, une teinte de bienveillance éclaira le visage
des membres du conseil, et après un débat assez animé, le grand chef
m'adressa en espagnol les questions suivantes:

«Pourquoi le visage pâle est-il venu dans ces régions déclarer la
guerre aux Timpabaches? Qu'il réponde. Le grand chef de cette nation
attend qu'il se justifie s'il le peut.

[Illustration: Le poteau de la guerre.--Dessin de J. Pelcoq.]

--Le visage pâle, répondis-je, n'a point déclaré la guerre; il a, au
contraire, été attaqué, et il s'est défendu.

--Alors, ajouta-t-il, qu'il montre la blessure que lui a faite son
agresseur.

--Je n'ai pas reçu de blessure, mais j'ai dû en faire une pour sauver
ma vie.

--Le visage pâle n'avait pas ce droit; après avoir été brave devant
l'ours gris, il devait être clément et fuir devant les flèches du
Timpabache qui ne l'eussent pas atteint. Il a versé le sang, son sang
doit être versé. Le grand chef le Serpent à cornes et son conseil
pensent que le visage pâle a mérité la mort.»

À ces mots l'Indienne prononça quelques paroles que je ne compris pas,
et, soulevant la peau d'ours qui formait la portière de la hutte du
conseil, elle s'éloigna. Après son départ, un nouveau conciliabule
s'éleva dans le conseil des chefs; je crus un moment que les avis
étaient partagés sur mon sort; mais bientôt, tranchant définitivement
la question, le premier chef se fit apporter de nouveau le tomahawk de
guerre, me le posa sur la tête en prononçant quelques paroles en
langue indienne, les yeux fixés sur l'image du soleil dont j'ai déjà
parlé plus haut. Je compris que mon arrêt de mort venait d'être
prononcé.

Je songeai à la patrie et aux êtres chers auxquels il faudrait dire un
éternel adieu.

Au fond de la hutte existait le tronc d'un chêne auquel je fus attaché
par le cou au moyen d'une forte corde de cuir, fixée elle-même à un
anneau d'or massif, dont le poli intérieur faisait supposer qu'il
avait servi à plus d'une victime. On apporta une botte de joncs secs
sur lesquels plusieurs Indiens se couchèrent en fumant et en
fredonnant une complainte de mort qui finit par m'endormir, accablé
que j'étais par la fatigue, l'émotion et la faim, car il m'avait été
impossible de la rassasier avec un morceau de galette de gland doux
cuite sous les cendres que mes gardiens m'avaient offert lors de leur
repas du soir.

.... Deux jours et deux nuits se succédèrent sans apporter de grands
changements à ma situation.

Dans la matinée du troisième jour, mon attention fut attirée par un
tumulte inaccoutumé de voix, d'allées et venues dans le camp. Pendant
la nuit, j'avais été constamment tenu éveillé par un pressentiment
sinistre; bientôt les quatre chefs se présentèrent majestueusement
équipés, suivis par une centaine de guerriers, la chevelure ornée de
plumes d'aigle; les uns étaient armés d'arcs et de boucliers de bois
dur recouvert de peau d'ours gris peinte de diverses couleurs, et
d'autres de fusils à silex. On remit au grand chef le tomahawk de
guerre dont j'ai déjà parlé, et il ouvrit la marche funèbre. On me
délia les jambes, et je fus conduit la corde au cou hors de la hutte;
je compris que l'heure de ma mort était venue.

En vrai soldat, je me résignai et marchai avec toute la fierté et
l'assurance que mon âme put obtenir de ma chair émue. Arrivés hors de
la hutte, les Indiens de mon escorte montèrent sur des chevaux
magnifiquement caparaçonnés de peaux d'ours, de tigres et de bisons;
tous avaient appendu aux mors de leur bride des chevelures à plusieurs
desquelles adhérait encore la peau de la tête ou même le crâne.

L'immense prairie qui entourait les wigwams des Timpabaches était
couverte d'Indiens. J'eus bientôt découvert, à la diversité de leurs
accoutrements et à leur nombre, qu'il y avait là plusieurs tribus
réunies; je fus conduit au centre de cette savane par mon escorte de
guerriers, qui tous, armés de leurs tomahawks, avaient beaucoup de
peine à éloigner la masse populaire que la curiosité jetait sur mon
passage.

Au milieu de la prairie s'élevait une espèce de monticule de gazon,
surmonté par le tronc d'un jeune chêne fourchu; c'était le poteau de
la guerre; j'y fus immédiatement attaché par les mains et les pieds.

J'étais dans cette position depuis quelque temps, quand le grand chef
s'avança vers moi, accompagné d'un personnage qui, bien qu'affublé à
la manière indienne, avait cependant le type européen. C'était un
homme de soixante-cinq ans environ, à la taille haute et au torse
robuste. Il portait une barbe rousse très-longue, contre l'habitude
des Indiens qui se l'arrachent; ses vêtements en peau de panthère non
tannée ajoutaient encore à sa physionomie sauvage; il portait un rifle
en bandoulière, une hache et un revolver dans la ceinture.

«Le grand chef des Timpabaches ici présent, me dit-il en bon anglais,
me charge de vous dire qu'il vous a condamné à mort; sa sagesse lui a
conseillé cette résolution pour plusieurs motifs: le premier et le
plus concluant est votre qualité d'Américain; le second est la
blessure mortelle faite par vous sur le territoire des Timpabaches à
un Indien de sa tribu. En considération, cependant, du bien qu'il a
entendu raconter de vous, il veut bien vous faire grâce des supplices
qui sont dus à de tels actes, châtiments cruels que je n'approuve pas
et auxquels, moi, Indien de coeur et Anglais de nation, je me serais
opposé probablement.

--Je vous remercie, lui dis-je, de ce sentiment qui vous honore, mais
dites bien au grand chef qu'il se trompe quant à ma nationalité: je ne
suis point Américain; et, si j'ai blessé un de ces Indiens, ce n'a été
qu'à mon corps défendant, et poussé à bout par son ingratitude envers
moi qui l'avais sauvé lui et sa famille de la dent et des griffes de
l'ours gris. Du reste, n'est-il pas dans la nature de l'homme de
défendre son existence quand elle est menacée?»

Sans me répondre directement, mon étrange interlocuteur reprit:

«Sir, votre position m'attriste beaucoup, n'avez-vous donc pas une
famille à regretter, une femme, une mère, une soeur, qui pleureront
votre mort?

--Oui, répondis-je, et tous éprouveront une douleur profonde quand ils
ne me verront pas revenir au foyer de mes pères; mais au moins
ignoreront-ils où et comment j'aurai perdu l'existence; à part cela,
la mort ne m'effraye pas, le malheur m'a appris à la mépriser. Quand
je me décidai à faire cette excursion au delà des montagnes Rocheuses,
j'étais déterminé au sacrifice de ma vie: la mort n'est pour moi
qu'un accident vulgaire et prévu. Du reste, je suis soldat, et à ce
titre je saurai montrer à ces barbares qu'un Français peut savoir
mourir aussi bravement qu'un guerrier indien.»

À ces mots, je vis l'émotion gagner la prunelle de ce chasseur
d'hommes, qui paraissait si féroce à première vue.

«J'ai tout essayé, dit-il, pour obtenir voire grâce de ces Indiens,
mais il y a contre vous, dans le conseil des chefs, un parti puissant.
L'Indien que vous avez blessé était le beau-frère d'un des guerriers
les plus influents de la tribu.

--Je vous en remercie encore, lui répliquai-je; mais permettez-moi de
vous demander un seul et dernier service avant de mourir, celui de
tâcher de faire abréger mon supplice et de vous charger de faire
remettre un médaillon que j'ai là sur mon coeur à une de vos
compatriotes que j'ai laissée en France, lors de mon départ pour
l'Amérique. Je ne veux pas que cette image, qui me rappelle les traits
de la plus chère des femmes, soit profanée après ma mort par ces
barbares. Vous irez sans doute un jour à Sacramento, ou même à
San-Francisco; là vous pourrez trouver, en le cherchant, un Français
digne de recevoir mon dépôt sacré, avec recommandation d'annoncer à
cette femme que je suis mort dans les placers.

--Cette mission, pour moi, est sacrée, me répondit-il, je ferai exprès
le voyage pour accomplir votre dernier voeu, et je promets sur mon
honneur de gentleman anglais et de chef indien de m'acquitter
religieusement de cette sainte mission.

--Alors, écartez ma vareuse, et vous trouverez ce médaillon.»

M'ayant demandé la permission de l'ouvrir, il y attacha son regard
humide de larmes, et me dit:

«Je vous trouve bien malheureux de quitter pour toujours cette
créature dont le regard attristé semble présager d'avance les dangers
qui vous attendaient dans votre périlleux voyage.»

Quelques larmes roulant sur la fourrure de mon vêtement furent ma
seule réponse. Dans l'intérieur de la boîte de métal où je gardais
cette chère relique, j'avais écrit son nom; après l'avoir lu,
l'étranger me demanda avec vivacité si ce nom était aussi le mien, et
si je n'étais pas d'origine anglaise.

--Oui, et certes j'en suis fier, lui répondis-je; mes aïeux ayant
suivi la fortune des Stuart, abandonnèrent fortune et patrie pour
accompagner en France leur roi exilé.»

Il ne me laissa pas achever:

«Mais alors, s'écria-t-il, vous descendez de ce Wogan, dont la valeur
a été célébrée par l'auteur de _Waverley_[5]; et, s'il en est ainsi,
moi, descendant de Lennox duc de Richmond, je ne puis voir couler
devant mes yeux le sang d'un homme dont les ancêtres ont prodigué le
leur pour la cause de mes aïeux. Comptez donc sur Lennox, à la vie et
à la mort!»

                   [Note 5: «Le capitaine Wogan, dont le caractère
                   entreprenant est si bien dépeint dans l'histoire de
                   la rébellion par Clarendon, avait d'abord été
                   attaché au parlement, mais il avait abjuré ce parti
                   lors de l'exécution de Charles 1er. Dès qu'il eut
                   appris que le comte de Glencairn et le général
                   Middleton avaient arboré l'étendard royal dans les
                   highlands d'Écosse, il prit congé de Charles II
                   qu'il avait accompagné à Paris. Il revint en
                   Angleterre, leva un corps de cavalerie à ses frais
                   dans les environs de Londres, traversa le royaume
                   qui, depuis si longtemps, était sous la domination
                   de l'usurpateur, et par des démarches habiles, il
                   parvint à joindre, sans avoir perdu un seul homme,
                   un corps de highlanders alors sous le drapeau des
                   Stuart. Après avoir fait la guerre pendant
                   plusieurs mois et acquis, par ses talents et son
                   courage, une grande réputation, il eut le malheur
                   d'être blessé dangereusement, et aucun secours de
                   l'art ne fut capable de prolonger sa glorieuse
                   carrière.»

                                   _Waverley_, chap. XXVIII.]

À ces mots, l'homme dont je venais si étrangement d'apprendre le nom,
s'éloigna, suivi des principaux guerriers de sa tribu. J'attendis
peut-être un quart d'heure, l'âme et la pensée tournées vers ma
patrie, quand je fus tiré de mes réflexions par une rumeur subite qui
se fit entendre dans le camp et se communiqua aux guerriers qui
entouraient le poteau de mort où j'étais attaché. C'étaient les cris
de guerre des tribus qui s'apprêtaient au combat. De l'éminence où
j'étais enchaîné, je vis distinctement le brave Lennox groupant autour
de lui la tribu qui l'avait adopté pour chef et l'adossant à la
lisière de la forêt, tandis que les Timpabaches gardaient le centre de
la plaine.

Quelque temps après, je vis les chefs de chaque tribu se rendre au
milieu de la savane; leur conférence, cette fois, ne dura qu'un
instant; ils s'avancèrent vers moi, et Lennox à leur tête, coupant mes
liens avec son poignard, me rendit la vie et la liberté. Je tombai
dans ses bras et le pressai sur mon coeur avec l'émotion de la
reconnaissance.

Au bout de quelques instants, l'arène du combat se chargea des apprêts
d'une fête à laquelle furent convoquées toutes les tribus présentes.
Tous leurs chefs réunis, ayant mon libérateur et le grand chef à leur
tête, vinrent me prier de séjourner encore quelques jours dans cette
tribu, et d'assister à un festin qui allait être offert par la nation
des Timpabaches.

.... C'est ainsi que la rencontre inopinée d'un homme, aujourd'hui
bien connu en Californie par ses goûts aventureux et son influence sur
les Indiens, m'arracha providentiellement à une mort certaine. Lennox
ne s'en tint pas là; grâce à sa protection, je pus, en toute sûreté,
descendre le Rio-Colorado jusqu'au Rio-Virgin, remonter cette rivière
et enfin regagner la région des mines, et Grass-Valley, où l'on me
croyait mort depuis longtemps.

                                   B{on} de WOGAN[6].

                   [Note 6: M. de Wogan, ancien officier de spahis,
                   ancien chef d'un des bataillons de la garde mobile,
                   en 1848, est aujourd'hui directeur du télégraphe à
                   Saint-Sever (Landes).]

[Illustration: Types d'Indiennes du Colorado.--Dessin de J. Pelcoq
d'après les _Reports of explorations_.]



GRAVURES.

                                                      Dessinateurs.
  Chapelle de Sainte-Rosalie (près Palerme)              Rouargue      1
  Types et costumes siciliens                            Rouargue      4
  Ruines à Girgenti (Agrigente)                          Rouargue      5
  Vue de Syracuse                                        Rouargue      8
  Taormine et l'Etna                                     Rouargue      9
  La Marine à Messine                                    Rouargue     12
  Rocher de Scylla                                       Rouargue     13
  Stromboli                                              Rouargue     16
  Pigeonnier près d'Ispahan                         Jules Laurens     17
  Pont d'Allah-Verdi-Khan sur le Zend-è-Roud,
    à Ispahan                                       Jules Laurens     21
  Collége de la Mère du roi, à Ispahan              Jules Laurens     24
  Une peinture indienne dans le palais des
    Quarante-Colonnes, à Ispahan                    Jules Laurens     25
  Entrée de Kaschan                                 Jules Laurens     28
  Une caravane persane au repos                     Jules Laurens     29
  Types persans                                     Jules Laurens     32
  Faubourg de Téhéran                               Jules Laurens     33
  La porte de Schah-Abdoulazim                      Jules Laurens     36
  Dans une cour, à Téhéran                          Jules Laurens     37
  Types et portraits persans                        Jules Laurens     40
  Groupe de Persans                                 Jules Laurens     41
  Dans l'Enderoun (appartement intérieur
    -- Costumes d'intérieur et de sortie)           Jules Laurens     44
  Choix d'armes, d'instruments et objets divers
    persans                                         Jules Laurens     45
  Le Démavend                                       Jules Laurens     48
  Vue de l'île Saint-Thomas                             de Bérard     49
  Saint-Pierre, à la Martinique                         de Bérard     52
  Cataracte de Weinachts (Guyane anglaise)              de Bérard     53
  Une sucrerie à la Guadeloupe                          de Bérard     56
  La Pointe-à-Pître, à la Guadeloupe                    de Bérard     57
  Le port d'Espagne, à la Trinidad                      de Bérard     60
  La baie de Panama                                     de Bérard     61
  Vue des Bermudes                                      de Bérard     64
  Costumes norvégiens d'Hitterdal                          Pelcoq     65
  La vallée de Bolkesjö                                      Doré     68
  Costumes du Télémark                                     Pelcoq     69
  La vallée de Vestfjordal                                   Doré     72
  Intérieur d'auberge à Bolkesjö                         Lancelot     73
  Église d'Hitterdal                                      Wormser     75
  Le Rjukandfoss                                             Doré     76
  Un chalet à Bamble                                     Lancelot     77
  Vue du lac Bandak                                          Doré     80
  Le lac Flatdal                                             Doré     81
  Fjord de Gudvangen                                         Doré     84
  Église de Bakke                                            Doré     85
  Route de Stalheim                                          Doré     88
  Le Vöringfoss                                              Doré     89
  Vallée de l'Heimdal                                        Doré     92
  Femme du Sogn                                            Pelcoq     93
  Une noce en Norvége                                      Pelcoq     96
  Le marché aux grains (Suez)                       Karl Girardet     97
  Port de Suez                                      Karl Girardet    100
  Cimetière européen à Suez                         Karl Girardet    100
  Qosséir                                           Karl Girardet    101
  Djeddah                                           Karl Girardet    101
  Port de Souakin                                   Karl Girardet    101
  Mosquée de Salonique                              Karl Girardet    104
  Femmes albanaises, près d'un arabas,
    à Vasilika                                       Villevieille    105
  Un Juif de Salonique                                       Bida    108
  Une Juive de Salonique                                     Bida    109
  Sceau du monastère de Kariès                                       111
  Vue générale de mont Athos                         Villevieille    112
  Le Conseil des Épistates au mont Athos                Boulanger    113
  Saint Georges (fresque de Panselinos dans le
    Catholicon de Kariès)                                  Pelcoq    116
  Monastère d'Iveron                                Karl Girardet    117
  L'higoumène d'Iveron                                     Pelcoq    120
  La Phiale ou le Baptistère du couvent de Lavra         Lancelot    121
  Croix sculptée en bois dans le trésor de Kariès         Thérond    124
  Coffret dans le trésor de Kariès                        Thérond    125
  Peinture de la trapeza de Lavra: les trois patriarches  Thérond    128
  La confession                                              Bida    129
  Bas-relief du couvent de Vatopédi                     A. Proust    130
  Albanais, soldat de la garde des Épistates         Villevieille    132
  Vue du couvent d'Esphigmenou                      Karl Girardet    133
  Intérieur de la cour principale du couvent slave
    de Kiliandari                                        Lancelot    136
  La récolte des noisettes au mont Athos             Villevieille    137
  L'île Chatam, dans l'archipel Galapagos            E. de Bérard    140
  Baie de la Poste, dans l'île Floriana
    (archipel Galapagos)                             E. de Bérard    140
  L'île Charles, dans l'archipel Galapagos           E. de Bérard    141
  Aiguade de l'île Charles (archipel Galapagos)      E. de Bérard    144
  Oiseaux et reptile (archipel Galapagos)                  Rouyer    145
  Côtes de l'île Albermale, dans l'archipel
    Galapagos                                        E. de Bérard    148
  Oeno, dans l'archipel Pomotou (îles à coraux)      E. de Bérard    149
  Village de Vanou, dans l'île de Vanikoro
    (îles à coraux)                                  E. de Bérard    149
  Baie de Manevai, dans l'île de Vanikoro
    (îles à coraux)                                  E. de Bérard    152
  Récifs et piton de l'île de Borabora
    (îles à coraux)                                  E. de Bérard    153
  Rade et pic de l'île de Borabora (îles à coraux)   E. de Bérard    156
  Île de Whitsunday, dans l'archipel Pomotou
    (îles à coraux)                                  E. de Bérard    157
  Brun-Rollet                                                Fath    160
  Traîneau yakoute                                    Victor Adam    161
  Une sorcière tongouse                               Victor Adam    164
  Port d'Okhotsk                                      Victor Adam    165
  Bazar de Nertchinsk                                 Victor Adam    168
  Colonie ou village yakoute                          Victor Adam    169
  Voyageur russe en Sibérie                           Victor Adam    172
  Argali (mouton sauvage)                             Victor Adam    173
  Campement de Tongouses                              Victor Adam    176
  Chamans yakoutes                                    Victor Adam    177
  Femme yakoute                                       Victor Adam    180
  Poteaux des frontières du pays des Yakoutes et
    de la Chine                                       Victor Adam    181
  Types indigènes (Australie du Sud)                      G. Fath    184
  Sépultures australiennes dans les bois                 Lancelot    185
  Sépulture australienne au désert                           Doré    189
  Restes d'un voyageur retrouvés par ses compagnons
    dans les déserts du lac Torrens                          Doré    192
  Oasis d'Éderi (Fezzan)                                 Rouargue    193
  Mourzouk (capitale du Fezzan)                          Rouargue    196
  Gorge d'Agueri                                         Lancelot    197
  Vallée d'Auderaz                                       Rouargue    200
  Vue d'Agadez                                           Lancelot    201
  Vue de Kano (entrepôt du Soudan central)               Lancelot    204
  Dendal ou boulevard de Kouka (capitale du Bornou)      Lancelot    205
  Vue du lac Tchad                                       Rouargue    208
  Village marghi                                         Rouargue    209
  Halte dans une forêt du Marghi                         Rouargue    212
  Village mosgou                                         Rouargue    213
  Chef mosgovien                                         Rouargue    216
  Intérieur d'une habitation mosgovienne                 Rouargue    217
  Chef kanembou                                          Rouargue    220
  Entrée du sultan de Baghirmi dans Maséna
    (sa capitale)                                        Rouargue    221
  Une razzia à Barea (Mosgou)                            Rouargue    224
  Vue du marché de Sokoto                                Hadamard    225
  Bac sur le Niger, à Say                                Rouargue    228
  Vue des monts Homboris                                 Lancelot    229
  Village sonray                                         Lancelot    232
  Vue de Kabra (port de Tembouctou)                      Rouargue    233
  Camp touareg                                           Lancelot    236
  Arrivée à Tembouctou                                   Lancelot    237
  Vue générale de Tembouctou                             Lancelot    240
  Portrait en pied du baron de Wogan en costume
    de voyage                                           J. Pelcoq    241
  Grass-Valley                                          J. Pelcoq    244
  Un claim ou atelier de mineur                         J. Pelcoq    245
  Forêt de _taxodium giganteum_ ou pins géants           Lancelot    248
  Un cañon ou passage de la Sierra-Wah                   Lancelot    249
  La case du jugement                                   J. Pelcoq    252
  Le poteau de la guerre                                J. Pelcoq    253
  Types d'Indiennes du Rio-Colorado                     J. Pelcoq    256
  Grande pagode de Rangoun                               Français    257
  Bateau à voile sur l'Irawady                     Cliché anglais    258
  Canot de parade                                  Cliché anglais    259
  Bateau de commerce                               Cliché anglais    259
  Birmans dans une forêt                                J. Pelcoq    261
  Pattshaing ou tambour-harmonica                  Cliché anglais    262
  Pattshaing à baguettes                           Cliché anglais    262
  Harpe birmane                                    Cliché anglais    263
  Harmonica birman                                 Cliché anglais    263
  Pagode à Pagán                                   Cliché anglais    264
  Représentation théâtrale dans le royaume d'Ava         Hadamard    265
  Dagobah ou pagode en forme de cloche             Cliché anglais    266
  Intérieur d'une pagode                           Cliché anglais    267
  Maison de l'ambassade à Amarapoura               Cliché anglais    268
  Vallée des puits de bitume                        Karl Girardet    269
  Types de grands seigneurs et hauts fonctionnaires
    birmans                                                 Morin    272
  Le palais du roi et l'éléphant blanc                     Navlet    273
  Sculptures comiques dans le monastère royal à
    Amarapoura                                           Lancelot    276
  Vue du Maha-Toolut-Boungyo (monastère royal à
    Amarapoura)                                          Lancelot    277
  Détails intérieurs du Maha-comiye-peima à Amarapoura     Navlet    281
  Une porte à Amarapoura                           Cliché anglais    284
  Canon birman                                     Cliché anglais    284
  Danse des éléphants                              Cliché anglais    284
  Canal d'irrigation dans le royaume d'Ava         Cliché anglais    285
  Jeunes dames birmanes                                     Morin    288
  Le temple du Dragon                                    Lancelot    289
  Rives de l'Irawady (près des mines de rubis)     Cliché anglais    292
  Petite pagode à Mengoun                          Cliché anglais    292
  Grand temple de Mengoun (depuis le tremblement
    de terre de 1839)                               Karl Girardet    293
  Vallée de l'Irawady au confluent du Myit-Nge          Paul Huet    297
  Temple ruiné à Pagán                                   Lancelot    300
  Salces ou volcans de boue à Membo                Cliché anglais    301
  Cônes volcaniques dans la plaine de Membo        Cliché anglais    301
  Paysans birmans en voyage                        Cliché anglais    302
  Statue gigantesque de Bouddha à Amarapoura             Lancelot    304
  Zanzibar vue de la mer                             E. de Bérard    305
  Portrait de feu l'iman de Zanzibar                 E. de Bérard    308
  Pont de la ville de Zanzibar                       E. de Bérard    309
  Un village de la Mrima                                Lavieille    312
  Jihoué la Mkoa ou la roche ronde                 Cliché anglais    313
  La fontaine qui bout (source thermale dans le
    Khoutou)                                       Cliché anglais    313
  Sycomore africain                                Cliché anglais    314
  L'Ougogo                                         Cliché anglais    315
  Burton et ses compagnons en marche                    Lavieille    316
  Chaîne côtière de l'Afrique occidentale               Lavieille    317
  Passe dans l'Ousagara                                 Lavieille    320
  Paysage dans l'Ounyamouézi                            Lavieille    321
  Noirs de l'Ousumboua                               G. Boulanger    324
  Huttes à Mséné                                        Lavieille    325
  Nègres porteurs                                    G. Boulanger    328
  Noir de l'Ouganda                                  G. Boulanger    329
  Habitation de Snay ben Amir à Kazeh                   Lavieille    332
  Jeunes dames à Kazeh                               G. Boulanger    333
  Coiffures des indigènes de l'Ounyanyembé         Cliché anglais    334
  Coiffures des indigènes de l'Oujiji              Cliché anglais    335
  Maison des étrangers à Kaouélé                        Lavieille    336
  Navigation sur le lac Tanganyika                      Lavieille    337
  Le capitaine Burton sur le lac Tanganyika             Lavieille    339
  Habitation au bord du lac Tanganyika                  Lavieille    340
  Le bassin du Maroro                                   Lavieille    341
  Instruments et ustensiles des Ouajiji            Cliché anglais    342
  Riverains du Tanganyika (côté ouest)             Cliché anglais    343
  Riverains du Tanganyika (côté sud)               Cliché anglais    343
  Le bassin du Kisanga                                  Lavieille    344
  Végétation de l'Ougogi                                Lavieille    345
  Passe de l'Ouzagara                              Cliché anglais    346
  Rocher de l'Éléphant près du cap Gardafui        Cliché anglais    347
  Dernier établissement égyptien dans le Fazogl          Lancelot    348
  Contrée des Shelouks sur le Saubat                     Lancelot    349
  Bélénia (village bari sur le fleuve Blanc)             Lancelot    352
  Habitants de la Havane                                    Potin    353
  Coolies chinois à Cuba                                   Pelcoq    356
  Vue générale de la Havane (capitale de Cuba)           Lancelot    357
  Avenue de palmiers devant une habitation de Cuba   E. de Bérard    360
  Cathédrale de la Havane                                  Navlet    361
  La volante (voiture de la Havane)                   Victor Adam    363
  Vue de Matanzas                                        Lancelot    364
  Paysage dans l'île de Cuba: Loma (coteau)
    de Candela                                          Paul Huet    365
  Paysage dans l'île de Cuba (Loma de la Givora)        Paul Huet    368
  Grenoble et les Alpes dauphinoises                Karl Girardet    369
  Les Grands Goulets                                Karl Girardet    372
  Pont-en-Royans                                             Doré    373
  Sainte-Croix et les ruines du château de Quint    Karl Girardet    376
  Die et la vallée de Roumeyer (vue prise des
    hauteurs de Saint-Justin)                            Français    377
  Le Mont-Aiguille (vu de Clelles)                       Daubigny    380
  Pontaix                                           Karl Girardet    381
  Roumeyer et le mont Glandaz                            Français    384
  Entrée de la vallée de Roumeyer                   Karl Girardet    385
  La vallée de Léoncel                              Karl Girardet    388
  La vallée de la Véoure et de la plaine du Rhône
    (vue prise des hauteurs de la Vacherie)         Karl Girardet    389
  Beaufort                                               Français    392
  La forêt de Saou                                       Sabatier    394
  Poët-Cellard                                      Karl Girardet    395
  Bourdeaux                                         Karl Girardet    396
  Le Velan et Plan-de-Baix (vue des sources
    du Ruïdoux)                                     Karl Girardet    397
  Cascade de la Druïse                              Karl Girardet    398
  La gorge de Trente-Pas                            Karl Girardet    400
  Le mont Viso                                           Sabatier    401
  Le pont du Diable                                      Sabatier    405
  Le lac de l'Échauda                                    Sabatier    408
  Le Pelvoux                                             Sabatier    409
  Le mont Aurouze                                        Français    412
  Les montagnes du Devoluy                          Karl Girardet    413
  Ruines de la Chartreuse de Durbon                 Karl Girardet    416



CARTES ET PLANS.


  Carte de la Sicile, par M. A. Vuillemin.                             3
  Carte de la Perse, par M. A. Vuillemin.                             19
  Carte des grandes et petites Antilles, par M. A. Vuillemin.         51
  Carte du haut Télémark (Norvége méridionale), d'après
    M. Paul Riant.                                                    67
  Carte de la presqu'île de Bergen, d'après M. Paul Riant.            83
  Carte de la Chalcidique, par M. A. Vuillemin.                      115
  Partie du gouvernement d'Yakoutsk, par Piadischeff.                167
  Carte de l'Australie, par M. A. Vuillemin.                         187
  Carte des voyages du docteur Henri Barth en Afrique (partie
    orientale) d'après M. de Lanoye.                                 195
  Voyage du docteur Barth (Itinéraire de Sokoto à Tembouctou),
    par M. A. Vuillemin.                                             234
  Carte du cours inférieur de l'Irawady comprenant les possessions
    britanniques et la partie sud du royaume d'Ava, d'après le
    capitaine H. Yule.                                               260
  Plan d'Amarapoura et de sa banlieue, d'après les relevés du
    major Grant Allan.                                               280
  Carte du cours supérieur de l'Irawady et partie nord du royaume
    d'Ava, d'après le cap. Yule.                                     296
  Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
    orientale (Itinéraire de Zanzibar à Kazeh).                      307
  Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
    orientale (2e partie).                                           338
  Carte de l'île de Cuba, par M. A. Vuillemin.                       355
  Carte du Dauphiné (partie occidentale: Isère et Drôme),
    par M. A. Vuillemin.                                             371
  Carte du Dauphiné (partie orientale: Isère et Hautes-Alpes),
    par M. A. Vuillemin.                                             404



ERRATA.


I. Sous le titre _Voyage d'un naturaliste_, pages 139 et 146, on
a imprimé: (1858.--INÉDIT).--Cette date et cette qualification ne
peuvent s'appliquer qu'à la traduction.

La note qui commence la page 139 donne la date du voyage (1838)
et avertit les lecteurs que le texte a été publié en anglais.


II. Dans un certain nombre d'exemplaires, le voyage du capitaine
Burton AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, 1re partie,
46e livraison, le mot ORIENTALE se trouve remplacé par celui
d'OCCIDENTALE.


III. On a omis, sous les titres de _Juif_ et _Juive de
Salonique_, dessins de Bida, pages 108 et 109, la mention
suivante: d'après M. A. Proust.


IV. On a également omis de donner, à la page 146, la description
des oiseaux et du reptile de l'archipel des Galapagos représentés
sur la page 145. Nous réparons cette omission:

1º _Tanagra Darwinii_, variété du genre des
_Tanagras_ très-nombreux en Amérique. Ces oiseaux ne diffèrent de
nos moineaux, dont ils ont à peu près les habitudes, que par la
brillante diversité des couleurs et par les échancrures de la
mandibule supérieure de leur bec.

2º _Cactornis assimilis:_ Darwin le nomme _Tisseim des
Galapagos_, où l'on peut le voir souvent grimper autour des
fleurs du grand cactus. Il appartient particulièrement à l'île
Saint-Charles. Des treize espèces du genre _pinson_, que le
naturaliste trouva dans cet archipel, chacune semble affectée à
une île en particulier.

3º _Pyrocephalus nanus_, très-joli petit oiseau du
sous-genre _muscicapa_, gobe-mouches, tyrans ou moucherolles. Le
mâle de cette variété a une tête de feu. Il hante à la fois les
bois humides des plus hautes parties des îles _Galapagos_ et les
districts arides et rocailleux.

4º _Sylvicola aureola._ Ce charmant oiseau, d'un jaune
d'or, appartient aux îles Galapagos.

5º Le _Leiocephalus grayii_ est l'une des nombreuses
nouveautés rapportées par les navigateurs du _Beagle_. Dans le
pays on le nomme _holotropis_, et moins curieux peut-être que
l'_amblyrhinchus_, il est cependant remarquable en ce que c'est
un des plus beaux sauriens, sinon le plus beau saurien qui
existe.

Le saurien _amblyrhinchus cristatus_, que nous reproduisons ici,
est décrit dans le texte, page 147.

[Illustration: _Amblyrhinchus cristatus_, iguane des îles Galapagos.]

       *       *       *       *       *

IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE
Rue de Fleurus, 9, à Paris.

       *       *       *       *       *





*** End of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Le Tour du Monde; Californie - Journal des voyages et des voyageurs; 2. sem. 1860" ***

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About ISYS® Search Software
Established in 1988, ISYS Search Software is a global supplier of enterprise
search solutions for business and government.  The company's award-winning
software suite offers a broad range of search, navigation and discovery
solutions for desktop search, intranet search, SharePoint search and embedded
search applications.  ISYS has been deployed by thousands of organizations
operating in a variety of industries, including government, legal, law
enforcement, financial services, healthcare and recruitment.



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