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Title: Alfred de Musset et George Sand - dessins par Alfred de Musset
Author: Clouard, Maurice, 1857-
Language: French
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Copyright Status: Not copyrighted in the United States. If you live elsewhere check the laws of your country before downloading this ebook. See comments about copyright issues at end of book.

*** Start of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Alfred de Musset et George Sand - dessins par Alfred de Musset" ***

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Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)



ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND

MAURICE CLOUARD

Extrait de la _Revue de Paris_ du 15 août 1896

DESSINS PAR ALFRED DE MUSSET

PARIS


La _Véritable histoire de «Elle et Lui»_, récemment publiée par M. le
vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[1], a rouvert de la façon la plus
curieuse, entre Alfred de Musset et George Sand, un débat qui ne sera
pas décidément clos, ni l'équitable jugement prononcé, avant la mise au
plein jour des lettres échangées par ces amants illustres. La réputation
du célèbre _chercheur_ n'est plus à faire et nous nous garderons de dire
le bien que nous en pensons. Nous ne voulons à notre tour que joindre au
dossier commun quelques pièces authentiques. La «véritable histoire» de
cette liaison, apparemment, ce n'est pas _Elle et Lui_, ce n'est pas
davantage _Lui et Elle_;--et nous ne disons rien de _Lui_, qui fut
l'œuvre d'une personne étrangère au débat et l'exercice de rancunes
particulières:--on ne saurait préparer avec trop de soin le difficile
triomphe de la vérité.

Mais, d'abord, adressons l'hommage de notre plus respectueuse gratitude
à madame Lardin de Musset, la sœur du poète: elle a mis à notre
disposition tous les documents qu'elle possède. Il nous faut remercier
aussi M. Alexandre Tattet, qui nous a communiqué les lettres adressées à
son frère.

       *       *       *       *       *

Alfred de Musset et George Sand se virent, pour la première fois, au
mois d'avril ou de mai 1833. Écrivant l'un et l'autre à la _Revue des
Deux Mondes_, ils avaient naturellement l'occasion de se rencontrer; des
amis communs, Sainte-Beuve surtout, firent le reste. Relations de
courtoisie littéraire, d'abord: Alfred de Musset envoyait des vers à
George Sand, _Après la lecture d'Indiana_, datés du 24 juin 1833[2];
puis, des fragments de son poème _Rolla_, qu'il écrivait en ce moment.
Peu à peu, leur intimité devient plus grande, et George Sand adresse à
Musset un exemplaire de _Lelia_ portant ces dédicaces:

--Tome I--: «À monsieur mon gamin d'Alfred, GEORGE.»

--Tome II--: «À monsieur le vicomte Alfred de Musset, hommage
respectueux de son dévoué serviteur, GEORGE SAND.»

Dans une pièce de vers demeurée inédite, Alfred décrit familièrement les
soirées intimes de son amie:

     George est dans sa chambrette
     Entre deux pots de fleurs,
     Fumant sa cigarette,
     Les yeux baignés de pleurs.

     Buloz, assis par terre,
     Lui fait de doux serments;
     Solange, par derrière,
     Gribouille ses romans.

     Planté comme une borne,
     Boucoiran[3] tout crotté
     Contemple d'une œil morne
     Musset tout débraillé.

     Dans le plus grand silence
     Paul, se versant du thé,
     Écoute l'éloquence
     De Menard tout crotté.

     Planche, saoul de la veille,
     Est assis dans un coin
     Et se cure l'oreille
     Avec le plus grand soin...

[Illustration]

Débraillé ou non, Musset dessine sur un album la charge des habitués de
la maison et prend la liberté «d'outrager les beaux yeux noirs» en de
nombreux croquis: «Je vous envoie cette ébauche pour voir si vos amis la
reconnaîtront et si vous la reconnaîtrez vous-même...»

À la fin du mois d'août, ils sont amants[4]. Leur vie, durant cette
période, est semblable à celle des peuples heureux et n'a pas
d'histoire. Il suffit, à la rigueur, de lire ce qui est publié de la
correspondance de George Sand et de Sainte-Beuve dans le tome Ier des
_Portraits contemporains_, édition de 1888, et ce que Paul de Musset
raconte dans la _Biographie_ de son frère: on devine le reste. On nous
permettra de ne pas les suivre avant leur voyage en Italie.



I

VOYAGE EN ITALIE


Le 12 décembre 1833, dans la soirée, Paul de Musset conduisit les deux
voyageurs jusqu'à la malle-poste. Ils s'arrêtèrent à Lyon,--où ils
rencontrèrent Stendhal,--à Avignon, Marseille[5], Gênes, et le 28 ils se
trouvaient à Florence. De cette ville, les dates précises nous sont
fournies par le passeport d'Alfred de Musset:

     _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto alla Legazione d'Austria per Venezia.
     Firenze, 28 Dic. 1833. Visto, buono per Bologna et Venezia._--G.
     MOLINARI.
     Visto, buono per Bologna.--DELLACÀ, 29 Dicembre 1833.
     Bologna, 29 Dic. 1833. Per la continuazione del suo viaggio, via di
     Ferrara.
     Francolino, 30 Dic. 1833. Visto sortire.
     Rovigo, 30 Dic. 1833. Buono per Padova.
     Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour séjour. Venise, le 19
     janvier 1834.--Le consul de France: SILVESTRE DE SACY._

Les divers incidents du voyage, qui du reste n'ont rien de particulier,
sont racontés par George Sand dans son _Histoire de ma Vie_ et par Paul
de Musset dans la _Biographie_ de son frère.

À Gênes, George Sand avait senti les premières atteintes des fièvres du
pays; son état ne fit que s'aggraver dans la suite du voyage, elle
arriva malade à Venise.

Les deux amants s'installèrent sur le quai des Esclavons, à l'hôtel
Danieli, que tenait «_il signor Mocenigo_». Jadis, lord Byron avait
habité un palais sur le Grand Canal: «_Aveva tutto il palazzo, lord
Byron_», leur dit leur hôte. Ce souvenir du poète anglais est demeuré si
vivace chez Alfred de Musset que, huit ans plus tard, on le retrouve
dans son _Histoire d'un Merle blanc_[6]: «J'irai à Venise et je louerai
sur les bords du Grand Canal, au milieu de cette cité féerique, le beau
palais Mocenigo, qui coûte quatre livres dix sous par jour; là, je
m'inspirerai de tous les souvenirs que l'auteur de _Lara_ doit y avoir
laissés.»

Les premiers temps de leur séjour furent calmes; malgré son état
maladif, George Sand accompagnait Musset, qui, tout en visitant la
ville, prenait des notes sur les usages, sur les dénominations des
lieux: nous avons plusieurs pages d'adresses, de recettes culinaires,
mots du dialecte vénitien, courtes notices sur des familles ou des noms
célèbres à Venise, inscriptions copiées sur les monuments, tout cela
pêle-mêle, au hasard des rencontres. Nous voyons là qu'ensemble ils
visitèrent Chioggia, le Lido, déjeunèrent au restaurant du Sauvage à
Venise et se promenèrent dans les jardins de Saint-Blaise, à la
Zuecca... Mais bientôt George Sand dut garder la chambre et son ami
continua seul ses excursions.

Alfred de Musset avait écrit plusieurs fois à sa mère depuis son départ:
de Marseille, de Gênes, de Florence, puis de Venise. Les premières
lettres parvinrent à leur adresse[7]; mais vers la fin de janvier les
nouvelles cessèrent brusquement. Madame de Musset s'en plaignit à son
fils:

     «Paris, ce jeudi 13 février 1834.

     »Il m'est impossible, mon cher enfant, de me rendre compte des
     motifs que tu peux avoir pour me laisser si longtemps sans
     nouvelles, après la promesse que tu m'avais faite de m'éviter au
     moins ce chagrin-là. Tu connais ma facilité malheureuse à
     m'inquiéter; si tu lui laisses un libre cours, je ne puis pas
     prévoir où elle me conduira. Ces jours derniers, Hermine[8] était
     malade, elle a pris un rhume en sortant d'un bal chez madame
     Hennequin, qui nous avait invitées. Je veillais près d'elle et
     passais de longues nuits, que l'incertitude de ta position, de ta
     santé, rendaient bien tristes. Le matin, j'avais une fièvre
     nerveuse, la tête me tournait, il me semblait que j'allais devenir
     folle; je pleurais, je marchais à grands pas dans ma chambre,
     cherchais quel moyen je pourrais imaginer pour me procurer de les
     nouvelles. Enfin, j'ai supplié Paul[9], après plusieurs jours de
     cet état intolérable, d'aller voir Buloz et de savoir de lui si
     quelqu'un des amis de madame Sand avait eu de ses nouvelles.
     Heureusement Buloz avait reçu une lettre de toi, datée du 27
     janvier; Paul m'a calmé le sang en me rapportant cette nouvelle. Je
     ne suis plus malade, mais je suis bien triste; car il faut que tu
     aies des raisons pour me laisser dans une pareille inquiétude, si
     tu n'es pas malade, ce que cette lettre à Buloz ne prouve
     nullement, puisque je ne l'ai pas lue; au moins tu es ennuyé,
     lui-même l'a dit à Paul; tu ne te plais plus à Venise, peut-être en
     es-tu parti; je t'écris à tout hasard; ma lettre ne te parviendra
     probablement pas, mais c'est le moindre de mes soucis. Je me
     soulage en l'écrivant; il me semble au moins, pendant que je
     promène ma plume sur ce papier, que tu m'entends et que tu vas te
     hâter de soulager mon ennui en m'écrivant bien vite. Fais-le, mon
     bon fils, si cette lettre arrive jusqu'à toi, et surmonte la
     paresse ou le malaise qui t'en a empêché depuis six semaines, car
     il y a réellement tout ce temps que je n'ai reçu un mot de toi. La
     dernière qui m'a fait tant de plaisir est datée du 6 janvier; je
     l'ai relue bien des fois, mais maintenant je ne puis plus la
     relire, elle me fait mal, car cette phrase par laquelle tu la
     termines: «Ne crains pas, ma chère mère, que je te laisse sans
     nouvelles, il t'en coûtera des ports de lettres...» etc... n'y
     a-t-il pas, dans cette assurance de quoi faire naître les plus
     vives inquiétudes? Car, qui peut te détourner d'une si bonne et si
     chère résolution, que des accidents graves ou un état d'abattement
     causé par la maladie? Je sens, mon cher enfant, que si rien de tout
     cela n'existe, je vais t'ennuyer par mes doléances; mais figure-toi
     un peu ce que c'est que d'être à trois cents lieues de son fils
     chéri, et de ne savoir à quels saints se vouer pour savoir s'il
     existe ou s'il est mort, assassiné, noyé, que sais-je. Il y a de
     quoi en perdre l'esprit et c'est ce que je fais...

     »Nous avons passé un triste carnaval. [...]

     (Détails sur les bals où elle était invitée avec sa fille.)

     »Je ne sais pas si tu as reçu les deux lettres que je t'ai
     adressées à Venise. La première était adressée poste restante, à
     Venise; la seconde, quai des Esclavons ou bureau restant. Mais
     j'avais mis sur l'adresse: _Monsieur de Musset_, sans le prénom
     d'_Alfred_; je crains que si tu l'as été chercher, on ne te l'ait
     pas donnée. Enfin, je me persuade que tu n'as pas reçu mes lettres,
     puisque tu n'as répondu à aucune. Celle-ci sera-t-elle plus
     heureuse? Cela est fort douteux. Fais réclamer les autres si on ne
     te les as pas encore données. Il faudrait y aller toi-même, car on
     ne les donne pas à d'autres qu'à la personne même à laquelle elles
     sont adressées.

     »Mais cela n'est que du bavardage: tu le sais aussi bien que moi.

     »Je te quitte en t'embrassant bien tendrement; ton frère et ta sœur
     en font autant, mais personne au monde ne t'aime comme

     »Ta mère.»

Ce n'était ni la paresse ni la maladie qui empêchaient Alfred de Musset
de donner de ses nouvelles: il écrivait régulièrement et confiait ses
lettres à un gondolier, nommé Francesco, pour les porter à la poste avec
l'argent nécessaire à leur affranchissement; mais Francesco dépensait
l'argent au cabaret et jetait la lettre à l'eau.



II

À VENISE


Il y avait un peu plus d'un mois que les deux amants étaient à Venise,
quand éclata la crise terrible dont s'est ressentie leur vie entière:
fatigué au physique et au moral par le voyage, affaibli par le climat,
ennuyé de cette compagne toujours malade qui lui faisait si triste
figure, Alfred de Musset devint nerveux, irritable, s'emportant à la
moindre contradiction, au moindre obstacle; George Sand, que la fièvre
rendait non moins irascible et maussade, reçut mal ses observations ou
ses doléances: de là ces querelles qui firent de leur chambre d'hôtel un
enfer. Ce ne fut pas leur faute, il ne faut les accuser ni l'un ni
l'autre: le milieu seul fut coupable. Et puis, sans vouloir en convenir
avec eux-mêmes, ils commençaient malgré eux à sentir que leur beau rêve
était irréalisable et que l'amour idéal ne se trouvait pas sur la terre.
C'est alors, justement, qu'Alfred de Musset fut à son tour atteint par
la fièvre; et, dans l'état d'excitation où il vivait, le mal ne fit pas
de lents progrès chez lui comme chez George Sand: il l'abattit d'un seul
coup. George Sand éperdue, ne sachant où donner de la tête, manda le
premier médecin qu'on lui indiqua, le docteur Pagello[10].

Pagello vint et remplaça avantageusement un vieux médecin qui, nous ne
savons comment, se trouvait au chevet de Musset dès le début de sa
maladie, le docteur Rebizzo.

Pagello ordonna des compresses d'eau glacée et une potion calmante:

     _Aq. ceras. nigr_                   3ij.
     _Laud. liquid.  Sydn., gutt_        XX.
     _Aq. coob. laur. ceras., gutt_      XV.

     »Dr PAGELLO.»

(Nous copions sur l'original, conservé par Musset); autrement dit:

     _Eau de cerises noires            1 once, 2 gros.
     Laudanum liquide de Sydenham      20 gouttes.
     Eau distillée de laurier cerise   15 gouttes._

Pendant plus de huit jours, le poète fut soigné avec un admirable
dévouement par George Sand et Pagello qui ne quittèrent pas son chevet:
«Par instants, les sons de leurs voix me paraissaient faibles et
lointains; par instants, ils résonnaient dans ma tête avec un bruit
insupportable. Je sentais des bouffées de froid monter du fond de mon
lit, une vapeur glacée, comme il en sort d'une cave ou d'un tombeau, me
pénétrer jusqu'à la moelle des os. Je conçus la pensée d'appeler, mais
je ne l'essayai même pas, tant il y avait loin du siège de ma pensée aux
organes qui auraient dû l'exprimer. À l'idée qu'on pouvait me croire
mort et m'enterrer avec ce reste de vie réfugié dans mon cerveau, j'eus
peur, et il me fut impossible d'en donner aucun signe. Par bonheur, une
main, je ne sais laquelle, ôta de mon front une compresse d'eau froide
que j'avais depuis plusieurs jours et je sentis un peu de chaleur.
J'entendis mes deux gardiens se consulter sur mon état: ils n'espéraient
plus me sauver[11]...»

[Illustration: ordonnance du Dr Pagello:

     _Aq. ceras. nigr_                   3ij.
     _Laud. liquid.  Sydn., gutt_        XX.
     _Aq. coob. laur. ceras., gutt_      XV.

     Surtout renvoyer
     cette ordonnance    Dr Pagello
]

À des crises nerveuses d'une violence extrême succédait cette léthargie
qui ressemblait à la mort. Le neuvième ou le dixième jour, Musset, comme
s'il sortait d'un rêve, ouvrit les yeux en poussant un léger cri, et
reconnut les deux personnes présentes: «J'essayai alors de tourner ma
tête sur l'oreiller et elle tourna. Pagello s'approcha de moi, me tata
le pouls et dit: Il va mieux; s'il continue ainsi, il est sauvé[12]...»
Musset était hors de danger, en effet, mais il s'en fallait de beaucoup
qu'il fût guéri: dans une lettre adressée à George Sand, datée du 4
avril 1834, il dit que cette crise a duré dix-huit jours.

Ici, nous sommes obligés de toucher un point délicat: pendant cette
période aiguë de sa maladie, Alfred de Musset a-t-il réellement vu ou
s'est-il imaginé voir George Sand entre les bras de Pagello?

Dans une relation datée de décembre 1852, écrite entièrement de sa main,
Paul de Musset déclare que son frère lui a toujours dit l'avoir _vue_,
pendant qu'il était étendu sur son lit de douleur, mais sans pouvoir
préciser le moment: «En face de moi, je voyais une femme assise sur les
genoux d'un homme, elle avait la tête renversée en arrière... Je vis les
deux personnes s'embrasser.» Et plus loin: «Le soir même ou le
lendemain, Pagello s'apprêtait à sortir, lorsque George Sand lui dit de
rester et lui offrit de prendre le thé avec elle... En les regardant
prendre leur thé, je m'aperçus qu'ils buvaient l'un après l'autre dans
la même tasse.» Mais c'est Paul qui a écrit cela, et non Alfred, et pas
une ligne d'Alfred ne fait allusion à ce fait; il reproche bien des
choses à sa maîtresse, mais jamais cela. Il ne nous paraît guère
possible d'admettre que George Sand, épuisée par les veilles, malade
elle-même, se soit donnée à un autre homme sous les yeux de celui
qu'elle soignait avec un dévouement sans bornes. Toute sa vie, elle a
protesté là contre, elle s'est défendue, non pas d'avoir été la
maîtresse de Pagello, mais de l'être devenue dans les circonstances que
voilà.--Je parle du fait matériel, et non de la «déclaration» adressée
par elle à Pagello et signalée récemment par le docteur Cabanès.--Le
meilleur moyen de détruire cette légende ne serait-il pas de publier sa
correspondance avec Musset? Mais une correspondance complète des deux
amants, et non des lettres tronquées comme celles qui circulent sous
main.

Cette même relation de Paul de Musset parle aussi d'une querelle
survenue pendant la convalescence d'Alfred. Une nuit, Alfred surprit
George Sand écrivant sur ses genoux; il voulut savoir ce qu'elle disait
dans cette lettre et à qui elle l'adressait. George Sand refusa toute
explication et, plutôt que de lui remettre son papier, elle le lança par
la fenêtre. Musset fut convaincu par cela seul qu'elle écrivait à
Pagello pour lui donner un rendez-vous.--Nous parlons toujours d'après
Paul de Musset.

Dans une note de sa correspondance inédite, George Sand affirme qu'elle
donnait simplement des nouvelles d'Alfred à Pagello, et qu'elle ne
voulut pas lui faire voir le billet parce qu'elle y parlait de folie.
«Plus tard, _elle_ consentit, à Paris, à _lui_ remettre cette fameuse
lettre.» Car, Alfred de Musset parti, elle descendit aussitôt dans la
rue où elle la retrouva.

Or il y a, dans les papiers d'Alfred de Musset, une _Canzonetta nuova
supra l'Elisire d'Amore_, qui répond en tous points à la pièce décrite
par George Sand dans la note citée plus haut; c'est une sorte de
placard, de quatre pages, imprimé à Venise, sur mauvais papier, et qui
se vendait quelques sous dans la rue. Au dos de cette romance, on lit
cette phrase manuscrite, au crayon, de George Sand: «_Egli è slato molto
male questa notte, poverello! credeva si vedere fantasmi inlorno al suo
letto, e gridava sempre: Son malto_, je deviens fou. _Temo molto per la
sua ragione. Bisogna sapere dal gondoliere se non ha bevuto vino di
Cipro, nella gondola, ieri. Se forse ubri..._--C'est-à-dire: «Il s'est
trouvé très mal cette nuit, le pauvre. Il croyait voir des fantômes
autour de son lit et criait sans cesse: _Je suis fou, je deviens fou_.
Je crains beaucoup pour sa raison. Il faut savoir du gondolier s'il n'a
pas bu du vin de Chypre, en gondole, hier. Si peut-être il était
gris...» George Sand ajoute: «La phrase devait probablement être
terminée ainsi: _S'il n'était que gris, cela ne serait pas si
inquiétant_. Il éprouvait un insurmontable besoin de relever ses forces
par des excitants, et, deux ou trois fois, malgré toutes les
précautions, il réussit à boire en s'échappant, sous prétexte de
promenade en gondole. Chaque fois, il eut des crises épouvantables, et
il ne fallait pas en parler au médecin devant lui, car il s'emportait
sérieusement contre ces révélations.»

       *       *       *       *       *

On était alors aux premiers jours de mars; un secours inattendu arriva
aux malheureux voyageurs. M. Alfred Tattet visitait l'Italie, en
compagnie d'une personne dont le nom fut célèbre au théâtre; il fit un
détour pour venir voir à Venise son ami Alfred de Musset, qu'il croyait
en bonne santé. Il le trouva revenant à la vie; lui aussi se fit
garde-malade, et ils furent trois au lieu de deux: «J'ai tâché, pendant
mon séjour à Venise, écrivait-il à Sainte-Beuve, de procurer quelques
distractions à madame Dudevant, qui n'en pouvait plus; la maladie
d'Alfred l'avait beaucoup fatiguée. Je ne les ai quittés que lorsqu'il
m'a été bien prouvé que l'un était tout à fait hors de danger et que
l'autre était entièrement remise de ses longues veilles[13].»--Un billet
de George Sand vient confirmer cette lettre:

     À MONSIEUR ALFRED TATTET

     _Hôtel de l'Europe_.

     «Alfred ne va pas mal; nous irons au spectacle si vous voulez. Mais
     guérissez-vous de votre rhume et soignez-vous.

     »Tout à vous,

     »GEORGE.»

Dès qu'il avait pu le faire, Alfred de Musset avait écrit à sa mère pour
lui dire son état et lui annoncer son retour: «Je vous apporterai un
corps malade, une âme abattue, un cœur en sang, mais qui vous aime
encore[14].»

Voici la réponse de madame de Musset:

     «Paris, 17 mars 1834.

     »Oh! mon pauvre fils! mon pauvre fils! Quel fatal voyage tu as fait
     là! Et quelle affreuse maladie! Ta lettre m'a bouleversée; j'en
     suis restée trois heures sans pouvoir parler. D'après le traitement
     qu'on t'a fait subir, ton frère conclut que tu as une fièvre
     cérébrale. Pour moi, je me perds dans les conjectures les plus
     sinistres pour deviner quelle complication de maladies a pu
     t'assaillir, toi si sain, si fort jusque-là, et qui n'as jamais
     fait sous mes yeux ce qu'on peut appeler une maladie. Je suis
     persuadée que le malsain climat dans lequel vous êtes allés vous
     fixer a contribué à ton malheur. Venise est inhabitable une grande
     partie de l'année; je voudrais à tout prix t'en savoir dehors. Il
     ne faut pas cependant que tu te remettes en route pour la France
     avant que ta pauvre santé soit consolidée; tu n'aurais pas la force
     de supporter le voyage, et une rechute serait plus dangereuse
     encore. Mais si tu t'en sens la force, tâche d'aller passer ta
     convalescence loin de Venise; elle en sera plus courte et plus
     sûre. J'ai une bien grande reconnaissance pour madame Sand et pour
     tous les soins qu'elle t'a donnés. Que serais-tu devenu sans elle?
     C'est affreux à penser. J'étais, lorsque j'ai reçu ta lettre, dans
     une inquiétude impossible à exprimer. J'avais été jeudi chez Buloz,
     qui venait de recevoir une lettre de madame Sand; il ne voulait pas
     me la montrer et il feignait de l'avoir perdue. Il avait
     imprudemment lâché le mot d'indisposition: Alfred a une
     indisposition! Il n'en fallait pas tant pour me faire deviner la
     vérité, l'horrible vérité; et je suis sortie de chez lui plus morte
     que vive.

     »Je n'ai pas besoin de le dire, mon bien cher enfant, que tout ce
     que tu désires de changements dans notre appartement sera fait de
     suite... (Description des modifications à opérer.) Si ce projet te
     convient, écris-le-moi, je le ferai exécuter avant ton retour, pour
     t'éviter l'ennui des ouvriers; autrement, nous attendrons ton
     retour, et je me bornerai à faire ce que tu me demandes.

     »Je te supplie de m'écrire lettres sur lettres, mon cher enfant; tu
     comprends combien cela m'est nécessaire en ce moment. Je suis si
     malheureuse, si tourmentée! Ton frère et ta sœur sont bien inquiets
     aussi. J'ai appris avec plaisir que M. Tattet est avec Arous; ce te
     sera une distraction agréable: un ami est bien précieux à trois
     cents lieues de tous les siens.

     »Nous nous portons tous bien, à l'inquiétude près, qui est un mal
     insupportable pour moi. Je t'embrasse, mon cher fils, de toute mon
     âme et t'aime plus que ma vie.

     »Ta mère,

     »EDMÉE.»

     «Tu ne m'as pas donné d'adresse positive et pas dit si tu as reçu
     une seule de mes lettres; de sorte que je crains toujours qu'elles
     ne te soient pas parvenues.»

Le timbre d'arrivée à Venise porte la date du 25 mars. À cette époque
Alfred de Musset était donc suffisamment rétabli pour sortir et aller
lui-même chercher ses lettres à la poste.

D'autre part, George Sand écrivait à Alfred Tattet qui lui demandait des
nouvelles:

     «Votre lettre me fait beaucoup de plaisir, mon cher monsieur
     Alfred, et je suis charmé que vous me fournissiez l'occasion de
     deux choses. D'abord de vous dire qu'Alfred, sauf un peu moins de
     force dans les jambes et de gaieté dans l'esprit, est presque aussi
     bien portant que dans l'état naturel. Ensuite de vous remercier de
     l'amitié que vous m'avez témoignée et des moments agréables que
     vous m'avez fait passer en dépit de toutes mes peines. Je vous dois
     les seules heures de gaieté et d'expansion que j'aie goûtées dans
     le cours de ce mois si malheureux et si accablant. Vous en
     retrouverez de meilleures dans votre vie; quant à moi, Dieu sait si
     j'en rencontrerai jamais de supportables. Je suis toujours dans
     l'incertitude où vous m'avez vue, et j'ignore absolument si ma
     vieille barque ira échouer en Chine, ou à toute autre morgue,
     _questo non importa_, comme dirait notre ami Pagello, et je vous
     engage à vous en soucier fort peu. Gardez-moi seulement un bon
     souvenir du peu de temps que nous avons passé à bavarder au coin de
     mon feu, dans les loges de la Fenice, et sur les ponts de _Venezia
     la Bella_, comme vous dites si élégamment. Si quelqu'un vous
     demande ce que vous pensez de la féroce Lelia, répondez seulement
     qu'elle ne vit pas de l'eau des mers et du sang des hommes, en quoi
     elle est très inférieure à Han d'Islande; dites qu'elle vit de
     poulet bouilli, qu'elle porte des pantoufles le matin et qu'elle
     fume des cigarettes de Maryland. Souvenez-vous tout seul de l'avoir
     vue souffrir et de l'avoir entendue se plaindre, comme une personne
     naturelle.--Vous m'avez dit que cet instant de confiance et de
     sincérité était l'effet du hasard et du désœuvrement. Je n'en sais
     rien, mais je sais que je n'ai pas eu l'idée de m'en repentir et
     qu'après avoir parlé avec franchise pour répondre à vos questions,
     j'ai été touchée de l'intérêt avec lequel vous m'avez écoutée. Il y
     a certainement un point par lequel nous nous comprenons: c'est
     l'affection et le dévouement que nous avons pour la même personne.
     Qu'elle soit heureuse, c'est tout ce que je désire désormais. Vous
     êtes sûr de pouvoir contribuer à son bonheur, et moi, j'en doute
     pour ma part. C'est en quoi nous différons et c'est en quoi je vous
     envie. Mais je sais que les hommes de cette trempe ont un avenir et
     une providence. Il retrouvera en lui-même plus qu'il ne perdra en
     moi; il trouvera la fortune et la gloire, moi je chercherai Dieu et
     la solitude.

     »En attendant, nous partons pour Paris dans huit ou dix jours, et
     nous n'aurons pas, par conséquent, le plaisir de vous avoir pour
     compagnon de voyage. Alfred s'en afflige beaucoup, et moi je le
     regrette réellement. Nous aurions été tranquilles et _allegri_ avec
     vous, au lieu que nous allons être inquiets et tristes. Nous ne
     savons pas encore à quoi nous forcera l'état de sa santé physique
     et morale. Il croit désirer beaucoup que nous ne nous séparions pas
     et il me témoigne beaucoup d'affection. Mais il y a bien des jours
     où il a aussi peu de foi en son désir que moi en ma puissance, et
     alors, je suis près de lui entre deux écueils: celui d'être trop
     aimée et de lui être dangereuse sous un rapport, et celui de ne
     l'être pas assez, sous un autre rapport, pour suffire à son
     bonheur. La raison et le courage me disent donc qu'il faut que je
     m'en aille à Constantinople, à Calcutta ou à tous les diables. Si
     quelque jour il vous parle de moi et qu'il m'accuse d'avoir eu trop
     de force ou d'orgueil, dites-lui que le hasard vous a amené auprès
     de son lit dans un temps où il avait la tête encore faible, et
     qu'alors n'étant séparé des secrets de notre cœur que par un
     paravent, vous avez entendu et compris bien des souffrances
     auxquelles vous avez compati. Dites-lui que vous avez vu la vieille
     femme répandre sur ses tisons deux ou trois larmes silencieuses,
     que son orgueil n'a pas pu cacher. Dites-lui qu'au milieu des rires
     que votre compassion ou votre bienveillance cherchait à exciter en
     elle, un cri de douleur s'est échappé une ou deux fois du fond de
     son âme pour appeler la mort.

     »Mais je vous ennuie avec mes bavardages et peut-être vous aussi
     vous pensez que, par habitude, j'écris des phrases sur mon chagrin.
     Cette crainte-là est ce qui me donne ordinairement de la force et
     une apparence de dédain. Je sais que je suis entachée de la
     désignation de _femme de lettres_ et, plutôt que d'avoir l'air de
     consommer ma marchandise littéraire par économie dans la vie
     réelle, je tâche de dépenser et de soulager mon cœur dans les
     fictions de mes romans; mais il m'en reste encore trop et je n'ai
     pas le droit de le montrer sans qu'on en rie. C'est pourquoi je le
     cache; c'est pourquoi je me consume et mourrai, seule, comme j'ai
     vécu. C'est pourquoi j'espère qu'il y a un Dieu qui me voit et qui
     me sait, car nul homme ne m'a comprise et Dieu ne peut pas avoir
     mis en moi un feu si intense pour ne produire qu'un peu de cendres.

     »Ensuite, il y a des gens qui prennent tout au sérieux, même la
     Mort, et qui vous disent: «Cela ne peut pas être vrai; on ne peut
     pas plaisanter et souffrir, on ne peut pas mourir sans frayeur, on
     ne peut pas déjeuner la veille de son enterrement.» Heureux ceux
     qui parlent ainsi. Ils ne meurent qu'une fois et ne perdent pas le
     temps de vivre à faire sur eux-mêmes l'éternel travail de
     renoncement, ce qui est, après tout, la plus stupide et la plus
     douloureuse des opérations.

     »À propos d'opérations, l'_illustrissimo professore Pagello_ vous
     adresse mille compliments et amitiés. Je lui ai traduit servilement
     le passage sombre et mystérieux de votre lettre où il est question
     de lui et de mademoiselle Antonietta, sans y ajouter le moindre
     point d'interrogation, sans chercher à soulever le voile qui
     recouvre peut-être un abîme d'iniquités. Le docteur Pagello a
     souri, rougi, pâli; les veines colossales de son front se sont
     gonflées, il a fumé trois pipes; ensuite il a été voir jouer un
     opéra nouveau de Mercadante à la Fenice, puis il est revenu, et,
     après avoir pris quinze tasses de thé, il a poussé un grand soupir
     et il a prononcé ce mot mémorable que je vous transmets aveuglément
     pour que vous l'appliquiez à telle question qu'il vous plaira:
     _Forse!_

     »Ensuite, je lui ai dit que vous pensiez beaucoup de bien de lui,
     et il m'a répondu qu'il en pensait au moins autant de vous, que
     vous lui plaisiez _immensamente_ et qu'il était bien fâché que vous
     ne vous fussiez pas cassé une jambe à Venise parce qu'il aurait eu
     le plaisir de vous la remettre et de vous voir plus longtemps. J'ai
     trouvé que son amitié allait trop loin, mais j'ai partagé son
     regret de vous avoir si tôt perdu.

     »Je n'écris pas à Sainte-Beuve parce que je ne me sens pas le
     courage de parler davantage de mes chagrins et qu'il m'est
     impossible de feindre avec lui une autre disposition que celle où
     je suis. Mais si vous lui écrivez, remerciez-le pour moi de
     l'intérêt qu'il nous porte. Sainte-Beuve est l'homme que j'estime
     le plus; son âme a quelque chose d'angélique et son caractère est
     naïf et obstiné comme celui d'un enfant. Dites-lui que je l'aime
     bien; je ne sais pas si je le verrai à Paris; je ne sais pas si je
     le reverrai jamais.

     »Ni vous non plus, mon cher; mais pensez à moi quelquefois et
     tâchez d'en penser un peu de bien avec ceux qui n'en penseront pas
     trop de mal. Je ne vous dis rien de la part d'Alfred, je crois
     qu'il vous écrira de son côté. Amusez-vous bien, courez, admirez et
     surtout ne tombez pas malade.

     »T. à v.,

     »GEORGE SAND.»

     22 mars [1834].

     «Écrivez-moi à Paris, quai Malaquais, 19, si vous avez quelque
     chose à me dire.»



III

RETOUR D'ITALIE


Le 22 mars 1834, il était donc décidé que George Sand et Alfred de
Musset revenaient ensemble à Paris; mais le 28, tout était changé. Les
troisième, quatrième et cinquième chapitres de la dernière partie de la
_Confession d'un enfant du siècle_ donnent une idée de ce qui a dû se
passer durant ces quelques jours. Musset, apparemment, crut faire acte
de grandeur d'âme et de générosité en partant seul, laissant George Sand
en compagnie de Pagello.

Avant de le quitter, ses «deux grands amis» remirent au voyageur un
petit portefeuille portant ces deux dédicaces autographes[15]. Sur la
première page:

     _À son bon camarade, frère et ami,

     Sa maîtresse,_

     GEORGE.

     Venise, 28 mars 1834.

     Sur la dernière:

     _Pietro Pagello
     raccomanda
     M. Alfred de Musset
     a Pietro Pinzio        |
     a Vicenzo Stefanelli   | Ingegneri.
     a M. J. R. Aggiunta._  |

Alfred de Musset quitta Venise dans la journée ou dans la soirée du 29
mars 1834; son passeport nous fournit encore des indications précises:


_Venezia, 28 marzo 1834. Dir. Gen. di Poli. Buono per Milano.

Vu au consulat de France à Venise. Bon pour se rendre à Paris. Venise,
29 mars 1834.--Le consul de France_: SILVESTRE DE SACY.

_Visto al Comando. Arona, 1 aprile 1834.

Vu au Pont Saint-Maurice, le 3 avril 1834, allant en France.

Vu à Genève, le 5 avril 1834. Bon pour Paris.

Vu à Bellegarde, le 6 avril 1834._

Il était accompagné par une sorte de domestique, nommé Antonio, que
George Sand avait chargé de veiller sur son maître pendant le voyage et
qui devait la tenir au courant des incidents de la route. Elle-même
reconduisit Musset jusqu'à Mestre, dit-elle dans son _Histoire de ma
Vie_,--jusqu'à Vicence, d'après une lettre d'elle à Boucoiran[16].--Il
lui écrivit de Padoue et de Genève; elle, de son côté, lui adressa une
lettre à Milan.

Le 12 avril, Alfred de Musset arriva à Paris (le 10, dit Paul dans la
_Biographie_), exténué au physique et au moral. Il s'enferma dans sa
chambre et, pendant plus d'un mois, il ne voulut voir personne.

«Je fus saisi d'une souffrance inattendue, raconte-t-il plus tard dans
son _Poète déchu_[17]; il me semblait que toutes mes idées tombaient
comme des feuilles sèches, tandis que je ne sais quel sentiment inconnu,
horriblement triste et tendre, s'élevait dans mon âme. Dès que je vis
que je ne pouvais lutter, je m'abandonnai à la douleur, en désespéré...
La douleur se calma peu à peu, les larmes tarirent, les insomnies
cessèrent, je connus et j'aimai la mélancolie.»

Ce qui entretenait encore le poète en ce malheureux état, c'était la
correspondance établie entre lui et elle: n'étant plus en contact, ils
renouvelaient leur rêve et poétisaient jusqu'à leurs querelles passées.
En outre des lettres qu'ils s'adressaient tous les trois ou quatre
jours, George Sand lui envoyait ses _Lettres d'un Voyageur_: la
première, le 29 avril; la deuxième, dans les premiers jours de juin (par
l'entremise de Buloz); puis, le 17 juin, «la seconde moitié du second
volume de _Jacques_», avec mission de la lire et d'y faire les coupures
qu'il jugerait nécessaires[18]. C'est Musset qui s'occupait à Paris des
affaires de George Sand, restée à Venise, voyait ses fournisseurs,
s'entendait pour elle avec Buloz et lui faisait expédier par ses
éditeurs les sommes dont ils lui étaient redevables.

D'autre part, il mandait ceci, dès le 30 avril, à son amie: «J'ai bien
envie d'écrire notre histoire; il me semble que cela me guérirait et
m'élèverait le cœur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os;
mais j'attendrai la permission formelle.» Et, le 12 mai, George Sand lui
répondait: «Il m'est impossible de parler de moi dans un livre, dans la
disposition d'esprit où je suis; pour toi, fais ce que tu voudras,
romans, sonnets, poèmes; parle de moi comme tu l'entendras, je me livre
à toi les yeux bandés.» Ce projet, on le sait, est devenu _la Confession
d'un Enfant du siècle_. On a donc eu tort de prétendre que George Sand
avait imaginé _Elle et Lui_ pour répliquer à cette confession[19]. Non
seulement elle était prévenue des intentions d'Alfred de Musset, mais
elle l'autorisait à écrire. Bien plus, la rupture définitive s'étant
consommée dans les premiers jours de mars 1835, et _la Revue des Deux
Mondes_ publiant dès le 15 septembre le deuxième chapitre de la première
partie de _la Confession_, celle-ci fut commencée probablement avant
cette rupture.

Pagello, emporté dans le même tourbillon, écrivait des lettres, lui
aussi; mais il n'osait s'adresser directement à Musset, il s'adressait à
son ami Tattet. Voici la première de ces lettres que nous avons
retrouvées:

     «7 giagno 1834, Venezia.

     »Mio caro amico,

     »Mi sono affrettato di eseguire la vostra commissione, son
     assicurato che le duc casse di bottiglie sono già sulla strada
     della Francia.--Se niente arrivasse al contrario, scrivetemi, e vi
     serviro.--Madame G. vi saluta cordialmente, sta bene e si diverte
     abbastanza per questo poco che puo offrire Venezia in confronto di
     Parigi.--Addio, buon amico. La nostra amicizia di un giorno sembra
     quella di due anni; forse ci vedremo a Parigi.--Non vi so dire nè
     il quando nè il corne, so che ci rivedremo.--Se vedete Alfred de
     Musset, baciatelo per me.

     »Addio, addio, vostro sincero

     »PIETRO PAGELLO.»

     TRADUCTION

     «Venise, 7 juin 1834.

     »Mon cher ami,

     »Je me suis hâté de faire votre commission et je me suis assuré que
     les deux caisses de bouteilles sont déjà sur la route de
     France.--S'il n'arrivait rien au contraire, écrivez-moi et je vous
     servirai.--Madame G. (George) vous salue cordialement; elle va bien
     de santé et se divertit suffisamment, pour le peu qu'offre Venise
     en comparaison de Paris.--Adieu, bon ami; notre amitié d'un jour
     semble celle de deux années; peut-être nous verrons-nous à
     Paris.--Je ne sais vous dire ni quand ni comment, je sais que nous
     nous reverrons.--Si vous voyez Alfred de Musset, embrassez-le pour
     moi.

     »Adieu, adieu, votre sincère

     »PIERRE PAGELLO.»

Pendant que s'échangeaient toutes ces lettres, on s'occupait d'Alfred de
Musset et de George Sand à Paris beaucoup plus qu'ils ne l'auraient
désiré. Le brusque retour du poète sans sa compagne avait prêté à des
récits fort éloignés de la vérité: ne sachant rien, on inventait. Les
premières semaines, confiné dans sa solitude volontaire, Musset ignora
ce qui se disait; mais, dès sa rentrée dans le monde, ces méchants
propos parvinrent à ses oreilles. Ce fut Buloz qui, sans le savoir,
éveilla ses soupçons. Alfred de Musset donna le démenti le plus formel à
tous ces mensonges et défendit énergiquement George Sand. Mais les
insinuations malveillantes de Gustave Planche avaient fait leur chemin;
malgré ses efforts, Musset ne put imposer silence aux calomniateurs. De
leur côté, les amis de George Sand avaient jasé à tort et à travers, et
quand on sut qu'elle allait revenir avec le troisième complice, avec
Pagello, ce fut un véritable scandale.

[Illustration]



IV

VOYAGE DE MUSSET À BADE


George Sand, à son tour, avait quitté Venise; le 29 juillet, elle était
à Milan, puis elle traversait la Suisse; elle arrivait à Paris vers le
10 août,--avec Pagello.--Alfred de Musset, qu'elle avait prévenu depuis
longtemps, l'attendait et leur premier soin fut de se revoir. C'est par
le livre de madame Arvède Barine[20] qu'il faut connaître cette période
de leur existence: brouilles et raccommodements se succèdent sans
interruption, compliqués par la présence de Pagello devenu jaloux.
Joignez enfin que tout le bruit fait autour d'eux déchire le bandeau
brutalement: ils comprennent combien leur situation est fausse et
ridicule.

Après un de ces orages, Alfred de Musset, n'y pouvant plus tenir, envoie
ce billet à George Sand: «Je vais mettre une seconde fois la mer et la
montagne entre nous; si Dieu le permet, je reverrai ma mère, mais je ne
reverrai jamais la France.»

En même temps, il écrivait à Buloz:

«Lundi, 18 [août 1834].

»Mon ami, ma mère me donne de quoi aller aux Pyrénées, et je vais
partir. Dites-moi si vous croyez pouvoir, quand je serai là-bas,
m'envoyer quelque argent. J'y vais pour travailler; je vous donnerai
d'abord les vers que je vous ai promis, vous aurez ensuite et bientôt
mon roman. Je m'engagerai, si vous voulez, à un dédit pour une époque
que vous fixerez, et à laquelle vous recevrez le manuscrit entier, à
moins de maladie grave, auquel cas, tout vous sera fidèlement rendu.
Répondez-moi un mot ou venez me voir si vous avez le temps. Mais tout de
suite, car je ne serai pas ici vendredi.

»T. à v.

»ALFRd DE MUSSET.»

Il devait aller à Toulouse pour voir son oncle, M. Desherbiers, alors
sous-préfet à Lavaur; de là aux Pyrénées, puis à Cadix. En conséquence
de quoi, il partit pour... Bade. Nous avons de nouveau recours au
passeport:

_Vu au Ministère des affaires étrangères. Paris, 20 août 1834.

Vu pour Francfort et les bords du Rhin. Paris, 20 août 1834. Préfecture
de police.

Vu à la légation de Bade. Paris, 21 août 1834.

Vu à la légation des villes libres d'Allemagne. Paris, 21 août 1834.

Vu pour les eaux de Bade. Strasbourg, 28 août 1834.

Baden, 30 August 183._--(ILLISIBLE.)

D'autre part, George Sand s'était réfugiée à Nohant; elle y était déjà
installée le 31 août, seule, ayant eu la sagesse de laisser Pagello à
Paris. Et entre Nohant et Bade recommença une nouvelle correspondance
encore plus passionnée que celle entre Paris et Venise[21]; et pendant
ce temps-là Pagello, resté seul à Paris, inconnu, se lamentait de son
isolement.--Voici ce qu'il écrivait à Alfred Tattet:

     »Parigi, 6 settembre 1834.

     »Mio caro Alfredo,

     »Il vostro povero amico è a Parigi.--Ho domandato di voi alla
     vostra casa, mi fu detto che siete alla campagna. Se avessi tempo,
     sarei venuto a darvi un bacio, ma come sono qui per poco ve lo
     mando in questo foglio. Non so quanti giorni ancora resterò a
     Parigi.--Voi sapete che io son obbligato di obbedire alla mia
     piccola borsa, e questa mi comanda di già la partenza.--Addio.--Se
     potrò vedervi a Parigi, sarò fortunato; se non potrò, mandatemi un
     bacio anche voi in un pezzello di carta. Hôtel d'Orléans, n° 17,
     rue des Petits-Augustins.--Addio, mio buono, mio sincero amico,
     addio.

     »Vo affmo amico,

     »PIETRO PAGELLO.»

     TRADUCTION

     «Paris, 6 septembre 1834,

     »Mon cher Alfred,

     »Votre pauvre ami est à Paris.--Je suis allé chez vous demander de
     vos nouvelles; on m'a dit que vous étiez à la campagne. Si j'avais
     eu le temps, je serais allé vous embrasser, mais comme je suis ici
     pour peu, je vous embrasse par cette feuille. Je ne sais combien de
     jours encore je resterai à Paris; vous savez que je suis obligé
     d'obéir à ma petite bourse, et celle-ci me commande déjà le
     départ.--Adieu.--Si je puis vous voir à Paris, je serai heureux; si
     je ne puis, envoyez-moi un baiser, vous aussi, sur un petit bout de
     papier. Hôtel d'Orléans, n° 17, rue des Petits-Augustins.--Adieu,
     mon bon, mon sincère ami, adieu.

     »Votre très affectionné ami,

     »PIERRE PAGELLO.»

Alfred de Musset, dans _Une Bonne Fortune_, raconte un des incidents de
son séjour à Bade[22]. Après un mois de promenades et de distractions
variées, entremêlées de travail, Alfred de Musset songea au retour; son
amour, qu'il pensait calmer par l'absence, n'avait fait que s'exalter.
Le 10 octobre, il passe à Strasbourg, et dès son arrivée à Paris, le 13,
il écrit à George Sand, encore à Nohant: «Mon amour, me voilà ici; tu
m'as écrit une lettre bien triste, mon pauvre ange, et j'arrive bien
triste aussi. Tu veux bien que nous nous voyions! Et moi, si je le
veux!...» Quelques jours après, George Sand venait le rejoindre.

Pagello n'était pas encore parti, mais ce double retour le décida bien
vite à reprendre le chemin de Venise, non sans avoir adressé une lettre
d'adieu à son ami Alfred Tattet, en lui recommandant le silence:

     MONSIEUR ALFRED TATTET

     Rue Grange-Batelière, n° 13, Paris.

     «Parigi, 23 ottobre 1834.

     »Mio buon amico,

     »Prima di partire vi mando un bacio ancora. Vi congiuro di non dar
     parola giammai del mio amore con la George.--Non voglio
     vendette.--Parto colla sicurezza d'aver agito in uomo
     onesto.--Questo mi fa dimenticare la mia sofferenza e la mia
     povertà.--Addio, mio angelo.--Vi scriverò da Venezia.--Addio,
     addio.

     »PIETRO PAGELLO.»

     TRADUCTION

     «Paris, 23 octobre 1834.

     »Mon bon ami,

     »Avant de partir, je vous envoie encore un baiser. Je vous conjure
     de ne souiller jamais mot de mon amour avec la George.--Je ne veux
     pas de vengeances[23].--Je pars avec la certitude d'avoir agi en
     honnête homme.--Ceci me fait oublier ma souffrance et ma
     pauvreté.--Adieu, mon ange.--Je vous écrirai de Venise.--Adieu,
     adieu.

     »PIERRE PAGELLO.»



V

À PARIS


Alfred Tattet avait dissuadé Musset de revoir George Sand; d'où,
brouille entre les deux amis: Musset convenait bien, en son for
intérieur, qu'il avait tort, mais ne voulait pas qu'on le lui dît.
George Sand, ne connaissant pas encore les raisons invoquées par Tattet,
voulut dissiper ce nuage:


«Mardi, 28 octobre 1834.

»Mon cher Tattet,

»J'apprends que j'ai été la cause indirecte et très involontaire d'un
différend entre vous et Alfred. Je serais bien fâchée de savoir deux
vieux amis désunis par rapport à moi. J'espère bien que cela ne sera
pas.

»Dans tous les cas, je vous prie de venir me voir; après l'intérêt que
vous m'avez témoigné, j'ai lieu d'être surprise et affligée de votre
oubli. Je désire causer avec vous et vous attends à votre premier retour
à Paris. Toujours quai Malaquais, 19.

»GEORGE SAND.»

«Quand vous serez ici[24], écrivez-moi un mot, je vous donnerai
rendez-vous, car je suis souvent dehors ou enfermée.»

Mais à peine les deux amants se sont-ils revus qu'ils ne peuvent plus
eux-mêmes s'entendre:

GEORGE SAND À ALFRED DE MUSSET

«N'ai-je pas prévu que tu souffrirais de ce passé qui t'exaltait comme
un beau poème tant que je me refusais à toi et qui ne te paraît plus
qu'un cauchemar à présent que tu me ressaisis?»

ALFRED DE MUSSET À GEORGE SAND

«Ne pense pas au passé! Non, non! Ne compare pas! Ne réfléchis pas! Je
t'aime comme on n'a jamais aimé!»

Les crises se succèdent avec rapidité: ils s'adorent le matin et se
disent des injures le soir, pour retomber le lendemain dans les bras
l'un de l'autre. C'est la phase de leurs amours la plus tourmentée, la
plus poignante: à la lecture de ce que madame Arvède Barine publie de
leurs lettres, on se demande comment ils n'y ont pas laissé tous deux
leur raison.

Alfred de Musset a la fièvre et George Sand veut prendre un déguisement
pour venir le soigner chez sa mère: «Si je peux me lever, j'irai te
voir», lui répond-il.

Le 8 novembre, Alfred de Musset provoque en duel Gustave Planche qui a
mal parlé de George Sand; Planche lui fait des excuses, et, le 12
novembre, Musset écrit à son ami Tattet:

     «Mon cher ami,

     »Tout est fini.--Si par hasard on vous faisait quelques questions
     (comme il est possible qu'on vous soupçonne de m'avoir parlé); si
     enfin peut-être on allait vous voir, pour vous demander à vous-même
     si vous ne m'avez pas vu, répondez purement que non, que vous ne
     m'avez pas vu et soyez sûr que notre secret commun est bien gardé
     de ma part.--J'irai vous voir bientôt.

     »À vous de cœur.

     »ALFRED DE MUSSET.»

Puis il va dans la Côte-d'Or, à Montbard, chez l'un de ses parents.
Quelques jours après, le «pauvre vieux lierre» est revenu où il
s'attache.

Le 25 novembre, George Sand écrit à Sainte-Beuve que Musset ne veut plus
la voir[25]; son exaltation touche à la folie: la rupture paraît
complète. Le 15 décembre, George Sand est à Nohant; et le 13 janvier
1835, elle adresse cette lettre à Alfred Tattet:

     «Monsieur,

     »Il y a des opérations qui sont fort bien faites et qui font
     honneur à l'habileté du chirurgien, mais qui n'empêchent pas la
     maladie de revenir. En raison de cette possibilité, Alfred est
     redevenu mon amant; comme je présume qu'il sera bien aise de vous
     voir chez moi, je vous engage à venir dîner avec nous au premier
     jour de liberté que vous aurez. Puisse l'oubli que je fais de mon
     offense ramener l'amitié entre nous.

     »Adieu, mon cher Tattet.

     »Tout à vous,

     »GEORGE SAND.»

Combien le ton de ce billet diffère de celui du 28 octobre 1834!...
C'est que Musset avait parlé et raconté à George Sand, dans un moment
d'expansion, que son ami Tattet avait fait de son mieux pour empêcher
leur rapprochement: de là, colère de la maîtresse contre le gêneur, et,
charmée de prendre sa revanche, elle tient à la lui faire savoir.

Peu après, se produit un incident qui remet Pagello en scène, et sur
lequel nous n'avons pas d'autre renseignement que cette lettre écrite
par George Sand à Alfred Tattet:

     «14 février 1835.

     »Monsieur,

     »J'ai une affaire indispensable à terminer avec vous. Il s'agit
     d'une affaire d'argent, dans laquelle je suis compromise d'honneur
     aux yeux de Pierre Pagello. J'ai besoin d'une attestation de vous,
     et vous êtes trop galant homme pour me la refuser. Je sais que vous
     m'êtes extrêmement hostile et j'ai peu sujet de vous bénir. Mais
     soyez sûr que j'ai trop le sentiment des convenances pour vous en
     faire des reproches et que jamais aucune vengeance de ma part ne
     cherchera à vous atteindre. Ayez donc, monsieur, la bonté de
     recevoir chez vous quatre tableaux qui appartiennent à Pierre
     Pagello et que je m'étais chargé de vendre. Voyant qu'il avait
     besoin d'argent et sachant, par l'avis d'un expert, que les
     tableaux ne valaient rien, je lui en donnai la somme de deux mille
     francs et j'y ajoutai le procédé de lui cacher le secours que [je]
     lui apportais. Je lui ai remis mille francs en argent et le tins
     quitte d'une somme plus forte qu'il me devait. Je crus devoir ces
     ménagements à sa position fâcheuse et délicate à Paris.
     Aujourd'hui, Pierre Pagello, averti par un de mes amis, me fait un
     grand crime de cette action et pense que je l'ai faite à dessein de
     la divulguer et d'avilir son nom; d'abord, en racontant l'histoire
     telle qu'elle est, je n'ai point sujet de l'avilir; ensuite, je ne
     l'ai racontée qu'à Alfred qui vous l'a redite, à vous seul.
     Voulez-vous avoir la bonté, monsieur, de rendre témoignage de ma
     discrétion, lorsque vous écrirez à Pierre Pagello?

     »En second lieu, cette personne insinue que je pourrais bien m'être
     défaite des tableaux à mon avantage, afin de me donner en même
     temps les gants d'une générosité singulière. Elle ajoute que, s'ils
     sont entre mes mains _en effet_, elle espère que vous voudrez bien
     les recevoir, afin de les lui renvoyer ou de les lui faire vendre.
     Je fais porter les tableaux chez vous; voulez-vous bien en accuser
     réception à Pierre Pagello? J'espère que oui. Vous avez pensé que
     le sentiment d'équité vous forçait à vous faire le bourreau d'une
     âme criminelle. Je ne savais pas que vous eussiez l'âme aussi
     austère et le bras aussi ferme. J'en souffre, mais je vous en
     estime d'autant plus, monsieur, et à cause de cela, je pense que
     vous me laverez de l'accusation de friponnerie, car, si votre amour
     de la vérité vous a commandé de me nuire, il doit vous commander de
     me réhabiliter sous les rapports par où je le mérite.

     »Veuillez m'honorer d'un mot de réponse. J'ai l'honneur de vous
     saluer.

     »GEORGE SAND.»

Cependant tous deux sont moralement à bout de forces; ils ne peuvent
plus se voir sans se quereller et n'ont pas le courage de se quitter.
C'est George Sand qui se reprend la première; le 6 mars, elle écrit à
Boucoiran: «Aidez-moi à partir aujourd'hui.» Et le lendemain, Musset,
venant au rendez-vous, trouve la maison vide:

     À MONSIEUR BOUCOIRAN[26]

     _Passage Choiseul_, 28.

     «Monsieur,

     »Je sors de chez madame Sand et on m'apprend qu'elle est à Nohant.
     Ayez la bonté de me dire si cette nouvelle est vraie. Comme vous
     avez vu madame Sand ce matin, vous avez pu savoir quelles étaient
     ses intentions, et, si elle ne devait partir que demain, vous
     pourriez peut-être me dire si vous croyez qu'elle ait quelques
     raisons pour désirer de ne point me voir avant son départ. Je n'ai
     pas besoin d'ajouter que dans le cas où cela serait, je
     respecterais ses volontés.

     »ALFRED DE MUSSET.»

Cette fois, c'était fini et bien fini. Ce fut une détente, un
soulagement:

     GEORGE SAND À BOUCOIRAN

     «9 mars 1835.

     »Je suis très calme, j'ai fait ce que je devais faire. La seule
     chose qui me tourmente, c'est la santé d'Alfred.»

Pendant un mois environ, elle fut en proie à une sorte de maladie de
langueur, puis le calme vint réellement, et bientôt l'indifférence.

Chez Musset, au contraire, l'apaisement parut se faire tout de suite,
mais ce n'était qu'une apparence trompeuse:

     J'ai vu le temps où ma jeunesse
     Sur mes lèvres était sans cesse
     Prête à chanter comme un oiseau
     Mais j'ai souffert un dur martyre
     Et le moins que j'en pourrais dire,
     Si je l'essayais sur ma lyre
     La briserait comme un roseau[27]...

Le 21 juillet, il écrivait à son fidèle ami:

     MONSIEUR ALFRED TATTET

     _À Baden, poste restante._

     «Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je n'étais pas à
     Paris, ce qui l'ait que ma réponse est en retard de quelques jours.
     Pour répondre d'abord à votre question sur ce qui regarde madame...
     (Affaire personnelle à Alfred Tattet)... je crois que ce que je
     puis vous dire de mieux, c'est qu'il y a tantôt huit ou neuf mois,
     j'étais où vous êtes, aussi triste que vous, logé peut-être dans la
     chambre où vous êtes, passant la journée à maudire le plus beau, le
     plus bleu ciel du monde et toutes les verdures possibles. Je
     dessinais de mémoire le portrait de mon infidèle; je vivais
     d'ennuis, de cigares et de pertes à la roulette. Je croyais que
     c'en était fait de moi pour toujours, que je n'en reviendrais
     jamais. Hélas! hélas! comme j'en suis revenu! Comme les cheveux
     m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le ventre,
     l'indifférence dans le cœur, par-dessus le marché! Hélas! à mon
     retour, je me portais on ne peut mieux; et si je vous disais que le
     bon temps, c'est peut-être celui où on est chauve, désolé et
     pleurant!... Vous en viendrez là, mon ami. Je vous plains
     aujourd'hui bien sincèrement parce que vous souffrez. Quand vous
     serez guéri, vous n'en serez pas fâché, soyez-en sûr. Tout ce qui
     fait vivre est bon et sain. Je vous promets de vous tenir au
     courant de tout ce que je pourrai savoir.

     »Je travaille à force. Combien de temps comptez-vous rester à
     Baden? Adieu, je suis à vous.

     »ALFRED DE MUSSET.»

Hélas! non, Alfred de Musset «n'en était pas revenu...» Quelque chose
s'était brisé en lui, laissant une plaie qui saigna jusqu'à sa mort.



VI

DEUX LIVRES


Le 15 janvier 1859, commençait dans la _Revue des Deux Mondes_ la
publication de _Elle et Lui_. Comment expliquer cet ouvrage?

Ce n'est pas une réponse à la _Confession d'un Enfant du siècle_: nous
avons donné la preuve que Musset, avant de l'écrire, avait
l'autorisation de George Sand. Pourquoi ce silence de vingt-trois années
si la _Confession_ était une accusation mensongère? Pourquoi n'avoir
parlé que si tard, quand Musset n'était plus là pour la réplique?

Après leur rupture, Musset avait continué d'écrire à George Sand, à des
intervalles plus ou moins longs; une correspondance d'un nouveau genre,
tout amicale, s'était établie entre eux.


GEORGE SAND À ALFRED DE MUSSET

[1836.]

«Avec les gens qu'on n'aime ni n'estime, on peut avoir des exigences et
ne pas se donner la peine de les motiver. De moi à toi, il n'en sera
jamais ainsi, et je ne te demanderai jamais rien sans savoir de toi-même
à quel point tu approuves ma demande.»

Pendant l'hiver de 1837, George Sand vient passer quelques jours à
Paris; ils se retrouvent et ont «six heures d'intimité fraternelle,
après lesquelles il ne faudra jamais se mettre à douter l'un de l'autre,
fût-on dix ans sans se voir et sans s'écrire».

«Tu peux disposer de moi comme d'un ami et compter que je ferai avec
joie tout ce qui te sera agréable», répond-elle, le 19 avril 1838, à
Musset qui lui avait recommandé quelqu'un.

La même année ou l'année suivante, Musset impose silence à Alfred
Tattet, qui avait raconté divers incidents du voyage à Venise:

     «J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué plusieurs fois à
     la parole que vous m'aviez donnée de garder le silence sur tout ce
     qui s'est passé en Italie. Cela m'a fait beaucoup de peine, d'abord
     pour vous, qui manquez ainsi à votre promesse, et ensuite pour moi,
     qui ai cru, pendant plus de quatre ans, avoir un véritable ami.

     »T. à v.

     »ALFd DE MUSSET.»

M. de Spoelberch de Lovenjoul, dans son récent travail, cite les lettres
qu'«Elle» et «Lui» échangèrent en 1840 à propos de leur correspondance
passée.

Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre des deux anciens
amants, qui inspire à Alfred de Musset son _Souvenir_[28].

Au commencement de l'année 1844 Paul de Musset visite l'Italie et son
frère lui rappelle l'ancien amour dans les stances qu'il lui dédie[29].

En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de la _Biographie_ de
Mirecourt, adresse une lettre au journal _le Mousquetaire_[30]: «Je ne
défendrai pas ici M. de Musset des offenses que vous lui faites. Il est
de force à se défendre lui-même, et il ne s'agit que de moi pour le
moment. C'est pourquoi je me borne à vous dire que je n'ai jamais confié
à personne ce que vous croyez savoir de sa conduite à mon égard et que,
par conséquent, vous avez été induit en erreur par quelqu'un qui a
inventé ces faits. Vous dites qu'après le voyage en Italie, je n'ai
jamais revu M. de Musset. Vous vous trompez, je l'ai beaucoup revu et je
ne l'ai jamais revu sans lui serrer la main...»

Donc, malgré toutes ces bonnes relations d'amitié, vingt mois après la
mort d'Alfred de Musset, _Elle et Lui_ parut, d'abord dans la _Revue des
Deux Mondes_, puis en volume. Grand tapage au profit de Buloz, mais
scandale énorme et qui retomba sur l'auteur. Quelques amis de George
Sand, qui détestaient Alfred de Musset et avaient toujours essayé de lui
nuire, furent seuls à approuver, avec les ennemis personnels du poète;
le blâme fut général et il suffit de lire les journaux de l'époque pour
s'en assurer.

Paul de Musset prit, comme il le devait, la défense d'Alfred. Sans rien
dire à personne, il envoya _Lui et Elle_ au _Magasin de Librairie_,
dirigé par Charpentier, l'éditeur de son frère[31]; ce fut par cette
revue que madame de Musset mère apprit l'existence d'une réponse:

     À MONSIEUR PAUL DE MUSSET

     «Dimanche, 10 avril 1859.

     »Si tu avais pris la peine, mon cher Paul, de m'écrire pour me
     donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre d'hier, je
     n'aurais pas été si vivement impressionnée de cette nouvelle
     inattendue et je m'y serais probablement rendue comme je le fais
     aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et sans remède, je m'y
     soumets, tout en regrettant amèrement de n'en avoir rien su
     d'avance. Je trouve ta première partie brillante de style,
     d'intérêt et d'esprit; on ne dira toujours pas de ceci que c'est
     ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre. Les portraits sont de main
     de maître et d'une ressemblance vivante.

     »Mais j'en reviens à mes inquiétudes. Je crois que tu te fais une
     foule d'ennemis irréconciliables. Tous ces personnages existent
     encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront manquer de se
     reconnaître. D'ailleurs, la dame les y aidera. C'est là vraiment la
     plus forte objection que j'ai toujours eue pour cette publication
     qui, dans ma prévision, t'attirera une foule de désagréments. Si ce
     n'était cette crainte, je ne pourrais m'empêcher d'être électrisée
     par des pages si belles et si bien écrites. Il y en a plusieurs
     d'étonnantes; mais si j'avais été consultée, je t'aurais engagé à
     ne pas oublier la scène étrange qui s'est passée entre elle et moi
     à l'occasion du départ pour l'Italie.

     »Je t'ai raconté cent fois qu'avant de partir, ton frère m'avait
     demandé mon consentement à ce triste voyage et que je l'avais
     obstinément refusé; enfin, voyant mon désespoir, il s'était jeté à
     mes genoux en me disant: «Ne pleure pas, ma mère. Si l'un de nous
     deux doit pleurer, ce ne sera pas toi.» Ce sont ses propres
     paroles. Tu comprends que je ne les ai jamais oubliées; il s'en
     alla, après m'avoir rassurée, et déclara à la dame qu'il ne pouvait
     pas partir, qu'il ne pouvait affliger sa mère. Le bon fils! Que fit
     cette femme? À neuf heures du soir, elle prit un fiacre et se fit
     conduire à ma porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait
     en bas; je descendis, me faisant suivre d'un domestique et n'y
     comprenant rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme
     seule. C'était elle. Alors elle employa toute l'éloquence dont elle
     était maîtresse à me décider à lui confier mon fils, me répétant
     qu'elle l'aimerait comme une mère, qu'elle le soignerait mieux que
     moi. Que sais-je? La sirène m'arracha mon consentement. Je lui
     cédai, tout en larmes et à contre-cœur, car _il avait une mère
     prudente_, bien qu'elle ait osé dire le contraire dans _Elle et
     Lui_.

     »Cette scène a son prix, et je suis fâchée qu'elle ne se trouve pas
     dans ton récit véridique. Vois si tu peux l'introduire en parlant
     des regrets qu'il laissa derrière lui dans sa famille.

     »Adieu, mon cher fils. Je suis peinée de t'avoir affligé par ma
     lettre. Le sort en est jeté, nous verrons ce que l'avenir nous
     garde.

     »Je t'embrasse et t'aime tendrement.

     »EDMÉE.»

Certes, Paul de Musset eut raison de répondre; nous blâmons seulement la
manière. On ne riposte pas à un pamphlet par un autre pamphlet; on ne
réfute pas des faits dénaturés dans un sens en les dénaturant dans le
sens contraire. Selon nous, le mieux eût été d'opposer des documents
certains à ces histoires plus ou moins travesties; de publier, en un
mot, la correspondance même des deux amants:--nous en revenons toujours
là!--Paul de Musset pouvait le faire. George Sand, ayant les originaux,
se croyait à l'abri de cette réplique: elle ignorait qu'Alfred de
Musset, aussitôt après leur rupture définitive, avait confié ses lettres
à madame Caroline Jaubert, et que celle-ci en avait pris la copie
exacte[32].

_Lui et Elle_ ne fit qu'augmenter le tapage; deux camps se formèrent et
l'encre coula à flots. Nous ne prétendons pas écrire l'histoire de cette
guerre; nous ne voulons plus que citer deux lettres inédites, la
première et la dernière de celles que Paul de Musset recueillit en cette
occasion et dont il forma tout un dossier.

     AUGUSTINE BROHAN À PAUL DE MUSSET

     «Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859.

     »Je viens de lire _Lui et Elle_, puis _Elle et Lui_. Cela,
     monsieur, vous sera sans doute fort indifférent d'avoir mon avis;
     mais votre esprit généreux comprendra que j'aie voulu vous le
     donner.

     »Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez aussi que,
     pendant de longues années, notre grand poète, votre frère,
     m'appelait son _amie_, et ami, véritablement, je l'étais.
     Simplement, sans que cela fût la suite ou le commencement d'un
     autre voyage du cœur, il lui avait plu de se plaindre à moi de ces
     horribles souffrances qui avaient aigri et changé sa nature
     première, parce qu'il avait compris quelle sympathie il y avait
     dans mon âme pour sa pauvre âme brisée. Souvent il m'a dit que s'il
     y avait un remède pour le sauver de cette incurable maladie qui le
     minait, c'est moi qui le saurais trouver. Mais hélas! quels que
     fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans les
     étourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, là où votre
     affection échouait, il n'y avait plus de remède.

     »Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est venue le
     délivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement avoir était de
     ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait pu jamais supposer
     qu'on eût à le venger? Il n'est pas besoin de vous dire quel dégoût
     (il n'est pas non plus besoin d'être femme pour l'éprouver) quel
     dégoût, dis-je, prend à la gorge en lisant ce pamphlet d'_Elle et
     Lui_!...

     «Assurément, mon intention n'est point de faire de grandes phrases,
     mais comment parler posément de cette audacieuse calomnie qui a
     tenté de ternir la mémoire illustre d'un génie et d'un cœur comme
     celui que nous pleurons!

     »Je ne voulais, monsieur, que vous dire bonnement que votre réponse
     a déchargé ma colère, dont j'étouffais. Je voulais vous remercier
     d'avoir remis dans mon cœur, fidèle au souvenir, les mots, les
     idées, les _airs ressemblants_ du cher mort. Vous m'avez donné de
     profondes joies et je vous devais de vous en dire ma
     reconnaissance.

     »Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-même,
     appartient à la jeunesse, à ce qui souffre, à ce qui aime, et j'ai
     été jeune en son temps. J'ai souffert,--qui n'a pas souffert?--et
     j'aime un bel enfant qui est le mien, à qui j'apprends à épeler
     dans ces belles poésies sorties du cœur du poète et qui devaient le
     protéger contre tous, quand encore on n'aurait pas eu l'honneur
     d'être aimée de lui.

     »Recevez, monsieur, mes compliments les meilleurs et les plus
     empressés sur la noble façon dont vous avez rempli la tâche que
     tout esprit honnête voudrait avoir à remplir.

     »BROHAN.»

Si véhémente que puisse paraître cette lettre, aujourd'hui que les
esprits sont calmés, elle n'égale pas en violence _la Correspondance
littéraire_, _le Journal des Débats_, _la Revue contemporaine_, etc.

     PHILARÈTE CHASLES À MADAME CHODZKO

     «29 avril 1861.

     »Vous devinez avec la grâce et la sûreté du coup d'œil les plus
     charmantes, chère madame, tout ce qui peut m'être cher et précieux.
     Il n'y a pas d'être plus noblement doué ni que je vénère plus que
     madame Dudevant. C'est le premier écrivain de cette époque, et si
     Dieu lui avait donné un peu plus de faiblesse, c'est-à-dire un peu
     plus d'amour, et avec ce don un peu plus d'indulgence (l'amour
     n'est que pardon), elle ne serait peut-être pas un peintre aussi
     incomparable. Elle n'aurait pas non plus commis les deux seules
     erreurs graves de sa vie, de parler de ses ancêtres féminins dans
     ses Mémoires et d'Alfred de Musset dans son livre. Deux malheurs
     que l'honnête homme a pu se permettre, mais que _la femme_, si elle
     eût été plus terriblement femme, n'aurait pas admis, alors même que
     le vilain monstre pécuniaire et corrupteur qui lui a soufflé ces
     crimes contre la délicatesse d'âme, l'eût encore plus violemment
     entraînée à les commettre.

     »Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise avec son
     poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de l'Inde avec la
     fièvre. Il y a chez George Sand un génie de peinture, une grandeur
     de sentiment, une largeur chaude de style artistique, rares chez
     les génies les plus rares, qui mêlés à une probité et à une équité
     superbes, en font un des plus beaux honneurs de notre France
     actuelle.

     »Je serai très heureux qu'elle veuille bien agréer mon humble
     hommage et je vous remercie bien cordialement d'une entremise qui
     me rend, certes, notre grand homme plus favorable...

     »Mille tendres et très respectueux remerciements.

     »PHILARÈTE CHASLES.»

Et maintenant que nous avons apporté notre part de témoignages, quand
donnera-t-on la parole aux deux héros eux-mêmes pour confesser toute la
vérité?

     MAURICE CLOUARD



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE


1833

20 et 25 Juin.--Le Temps. Critique de _Un Spectacle dans un Fauteuil_,
par A. G. (2 art.).

11 Juillet.--Journal des Débats. Crit. de _Valentine_, par C. R.
(Cuvillier-Fleury).

28 Juillet.--Journal des Débats. Crit. de _Un Spectacle dans un
Fauteuil_ et des _Contes d'Espagne et d'Italie_, par J. S.

LELIA, PAR G. SAND. Paris. Dupuis et Tenré. 1833. 2 vol. in-8°.

7 Août.--Bagatelle. Crit. de _Lelia_, par Lottin de Laval.

9 Août.--Europe Littéraire. La Vie Littéraire, autrefois et aujourd'hui,
par C. de Feuillide.

15 Août.--Revue des Deux-Mondes. Crit. de _Lelia_, par G. Planche.

22 Août.--Europe Littéraire. Crit. de _Lelia_, par C. de Feuillide.

24 Août.--Le Figaro. Il ou Elle (Sur le duel Planche-De Feuillide).

30 Août.--Écho de la Jeune France. Le Duel de G. Planche et de C. de
Feuillide.

1 Septembre.--Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche et de C. de
Feuillide.

1 Septembre.--Journal des Débats. Crit. de _Lelia_, par C. R.
(Cuvillier-Fleury).

29 Septembre.--Le National. Article par Sainte-Beuve.

4 Novembre.--Journal des Débats. Sur G. Sand, à propos d'_Indiana_, par
J. J. (Janin).

29 Novembre.--Journal des Débats. G. Sand et les _Heures du Soir_, par
J. J. (Janin).

1834

24 Mars.--Journal des Débats. G. Sand, à propos de _Valentine_, par J.
J. (Janin).

15 Mai.--Revue des Deux Mondes. 1re Lettre d'un Voyageur, par G. Sand.

15 Juillet.--Revue des Deux-Mondes. 2e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

15 Septembre.--Revue des Deux-Mondes. 3e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

1er Octobre.--Journal des Femmes. Crit. de _Un Spectacle dans un
Fauteuil_, par Mme Cl. Robert.

1er Octobre.--Revue des Deux-Mondes. Crit. de _Jacques_, par G. Planche.

15 Octobre.--Revue des Deux-Mondes. 4e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

1835

1er Janvier.--Revue des Deux-Mondes. Une bonne Fortune, par Alf. de
Musset.

15 Janvier.--Revue des Deux-Mondes. 5e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

15 Juin.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai, par Alf. de Musset.

15 Juillet.--Mercure de France. Quelques gens de lettres dans leur
intérieur, par une Contemporaine (Mme Ida Saint-Elme).

15 Septembre.--Revue des Deux Mondes. Fragment de la Confession d'un
Enfant du Siècle, par Alf. de Musset.

1er Décembre.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Décembre, par Alf. de
Musset.

1836

CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALF. DE MUSSET. Paris. Bonnaire.
1836. 2 vol. in-8°.

15 Février.--Revue des Deux-Mondes. Crit. de _La Confession_, par
Sainte-Beuve.

21 Février.--Chronique de Paris. Crit. de _La Confession_, par C. A.
(Chaudesaignes).

1er Mars.--Revue des Deux-Mondes. Lettre à Lamartine, par Alf. de
Musset.

10 Mars.--Petit Courrier des Dames. Crit. et Extr. de _La Confession_,
n. s.

15 Mars.--Mercure de France. Crit. de _La Confession_, par S. H.
Berthoudt.

15 Juin.--Écho de la Jeune France. Crit. de _La Confession_, n. s.

1er Juillet.--Revue des Deux-Mondes. Portrait de. G. Sand gravé sur
acier par Calamatta, d'après Eugène Delacroix.

15 Août.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Août, par Alf. de Musset.

CRITIQUES ET PORTRAITS LITTÉRAIRES, PAR SAINTE-BEUVE. Paris. Renduel,
1832-1836. 3 vol. in-8°. Tome II. p. 283. Les _Nuits_, la _Confession_
et les _Lettres d'un Voyageur_.

10 Octobre.--Petit Courrier des Dames. Note et Extr. de _La Nuit
d'Août_.

1837

LETTRES SUR LES ÉCRIVAINS FRANÇAIS, PAR VAN ENGELGOM (Jules Lecomte).
Bruxelles. 1837. 1 vol. in-18, p. 35. Pourquoi, au théâtre, A. de Musset
fuyait à la vue de G. Sand.

10 Mars.--Fronde. Crit. de _La Confession_, n. s.

LETTRES D'UN VOYAGEUR, PAR G. SAND. Paris. Souverain. 1837. 2 vol.
in-8°.

1839

LE POÈTE DÉCHU, PAR ALFRED DE MUSSET. Œuvre inédite.

1840

CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALF. DE MUSSET. Paris.
Charpentier, 1840. 1 vol. in-12.

1841

LES ÉCRIVAINS MODERNES DE LA FRANCE, PAR CHAUDESAIGNES. Paris. Gosselin.
1841. 1 vol. in-12--p. 88. Analyse de _La Confession_. (Reproduction,
avec quelques changements, de l'art. de la _Chronique de Paris_ du 21
Février 1836).

15 Février.--Revue des Deux-Mondes. Souvenir, poésie par Alf. de Musset.

1844

1er Avril.--Revue des Deux-Mondes. À mon frère revenant d'Italie,
stances, par A. de Musset--Le Constitutionnel du 6 Avril en publie un
extrait.

1846

18 Janvier.--L'Artiste. Alf. de Musset, G. Sand et le Voyage en Italie,
les _Nuits_ par H. Vermot. Fragm. d'une Lettre de G. Sand.

1848

21-24 Juin.--Petit-fils du Père Duchène. Note sur le Pamphlet: Intrigues
et Amours de G. Sand (par Brault, in-8°).

1850

1er Juillet.--L'Artiste. Parallèle du talent de Musset et de celui de G.
Sand.

1853

PORTRAITS À LA PLUME, PAR CLÉMENT DE RIS. Paris. Didier. 1853. 1 vol.
in-12--p. 30. Crit. de _La Confession_.

1854

ALFRED DE MUSSET, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris. Roret. 1854. 1 vol.
in-32.

GEORGE SAND, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris. Roret. 1854. 1 vol. in-32.

15 Février.--Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand à propos de la
_Biographie_ de Mirecourt.

12 Mars.--Le Mousquetaire. Crit. de _La Confession_ par A. Dumas.

HISTOIRE DE MA VIE, PAR G. SAND. Paris. Lecou. 1854-1855. 20 vol.
in-8°--Tome XVII, p. 219-233, Le Voyage en Italie.

1857

10 Mai.--Gazette de Paris. Sur _La Confession_, par Ph. Audebrand.

9 Juin.--Les Contemporains. Comment écrivaient A. de Musset et G. Sand,
par Mirecourt.

1858

3 Juillet.--L'Artiste. Alf. de Musset et G. Sand.

1859

ELLE ET LUI, PAR G. SAND. Revue des Deux-Mondes, 15 Janvier, 1er et 15
Février, 15 Mars.

ELLE ET LUI, PAR G. SAND. Paris. Hachette. 1859. 1 vol. in-12.

LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET. Magasin de Librairie, 10 et 25 Avril,
10 Mai.

LUI, PAR MME L. COLET. Messager de Paris, du 23 août au 16 septembre (22
feuilletons).

3 Mars.--Journal des Débats, Crit. de _Elle et Lui_, par Prevost
Paradol.

5 Avril.--Correspondance Littéraire. Crit. de _Elle et Lui_, par Lud.
Lalanne.

11 Avril.--La Mode. Crit. de _Elle et Lui_, par U. Guttinguer.

15 Avril.--Revue Anecdotique. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, clef des
personnages.

20 Avril et 5 Mai.--Correspondance Littéraire. Crit. de _Lui et Elle_,
par Lud. Lalanne.

21 Mai.--L'Illustration. Crit. de _Elle et Lui_.

24 Mai.--Le Siècle. Crit. de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par T.
Delord.

7 Juin.--Gazette de France. Crit. de _Elle et Lui_.

15 Juin.--Le Pays. Crit. de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par Barbey
d'Aurevilly.

25 Juillet.--Le Correspondant. Crit. de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_,
par A. de Pontmartin.

15 Août.--Revue Contemporaine. Confessions de deux Enfants du Siècle,
par H. Babou.

18 Août.--Revue de l'Instruction publique. Crit. de _Elle et Lui_, par
A. Claveau.

15 Octobre.--Revue des Deux-Mondes. Préface de Jean de la Roche, par G.
Sand.

1er Novembre.--Revue Anecdotique. À propos de _Lui_, extrait du Causeur.

25 Novembre.--Correspondance Littéraire. La Préface de _Jean de la
Roche_ et A. de Musset.

27 Novembre.--Journal des Débats. Crit. de _Lui_, par Cuvillier-Fleury.

10 Décembre.--Magasin de Librairie. Crit. de _Lui_, par T. Delord.

L'ANNÉE LITTÉRAIRE, PAR VAPEREAU. Année 1859. Paris. Hachette. 1 vol.
in-12--p. 63. À propos de _Elle et Lui_--p. 91. Sur _Lui et Elle_--p.
94. Sur _Lui_.

1860

LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET. Paris. Charpentier. 1860. 1 vol. in-12.

LUI, PAR MME L. COLET. Paris. Bourdilliat. 1860. 1 vol. in-12.

EUX, DRAME CONTEMPORAIN, PAR MOI [A. Doinet]. Caen, Legost-Clerisse.
1860. 1 vol. in-12.

EUX ET ELLES, PAR M. DE LESCURE. Paris. Poulet-Malassis et De Broise.
1860. 1 vol. in-12.

1er Janvier.--Revue Anecdotique. Note sur _Eux_, pseudonyme de l'auteur.

Janvier.--Bentley's quarterly review, Étude sur G. Sand.

25 Janvier.--Correspondance Littéraire. Crit. de _Lui et Elle_, par.
Lud. Lalanne.

14 Février.--Le Gaulois. Les Amours d'un poète, idylle en 4 colonnes,
par A. Delatouche.

19 Février.--Le Gaulois. Note relative aux Amours d'un Poète.

JEAN DE LA ROCHE, PAR G. SAND. Paris. Hachette. 1860. 1 vol. in-12.

1er Mars.--Revue Anecdotique. Stances sur _Lui_, par Andréa P.

25 Mars.--Correspondance Littéraire. À propos des vers d'Andréa P.

1er Avril.--Revue Anecdotique. Note sur le livre de M. de Lescure.

ANNÉE LITTÉRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR A. VAPERTEAU. 3e année, 1860. Paris.
Hachette. 1 vol. in-12--p. 145. Des clefs de roman, à propos de _Jean de
la Roche_.

1861

1er Octobre.--Revue Anecdotique. Clef des personnages de _Lui_.

1862

ALFRED DE MUSSET, PAR ADOLPHE PERREAU. Paris. Poulet-Malassis. 1862. 1
vol. in-12--p. 21 à 40. Alf. de Musset et G. Sand, les _Nuits_, etc.

LA NUIT DE MAI, PAR ALF. DE MUSSET. Traduction en vers latins par M.
Eugène Beaufrère. Nîmes. Imp. Lafare et Attenoux. 1862. Br. in-8°.

1863

LES MORTS VONT VITE, PAR ALEXANDRE DUMAS. Paris. M. Levy. 1863. 2 vol.
in-12. Tome II, p. 109, 135, 163. Sur _La Confession_, etc...

1864

19 Mars.--Nouvelle Revue de Paris. Crit. de _Elle et Lui_.

ALFRED DE MUSSET DEVANT LA JEUNESSE, PAR LISSAGARAY. Paris. Cournol.
1864. Br. in-8°--p. 15. Sur _La Confession_, etc...

19 Mars.--Petite Revue. Réfutation de la conférence de M. Lissagaray,
par Pincebourde.

8 Mai.--Le Temps. Réfutation de la conférence de M. Lissagaray, par H.
de Lagardie.

1865

LES POÉSIES D'A. DE MUSSET, PAR CH. BIGOT, conférence. Nevers. Tous les
libraires. 1865. Br. in-8°--p. 7. Alfred de Musset et G. Sand, désespoir
du poète trahi.

17 Juin.--Petite Revue. Deux sonnets sur _Chatterton_ à Alf. de Vigny
par G. Sand et Alf. de Musset. Lettre de Ratisbonne à ce sujet[33].
Reproduit dans: Gazette Anecdotique, 28 février 1877--Les Annales, 18
Décembre 1887.

1866

1er Avril.--Revue du XIXe siècle. La littéraire de 1830.

ŒUVRES D'ALFRED DE MUSSET. Édition dédiée aux Amis du poète avec une
Notice biographique par son frère. Paris. Charpentier. 1865-1866. 10
vol. in-4°--Tome X, p. 19 à 27. Le Voyage en Italie, les _Nuits_, la
_Confession_--p. 32-33, sur le _Poète déchu_, le _Souvenir_.

1er Décembre.--Revue du XIXe Siècle. A. de Musset et G. Sand, d'ap.
Pierre Leroux.

1869

PORTRAITS CONTEMPORAINS, PAR SAINTE-BEUVE. Nouvelle édition. Paris. C.
Levy. 1869. 5 vol. in-12--Tome 1, p. 516. Lettre de G. Sand à
Sainte-Beuve.

THE NIGHT IN OCTOBER, translated from the French of Alfred de Musset by
Aunt Jane. Paris. Plon. 1869. Br. in-8°.

1873

LES COULISSES DU PASSÉ, PAR P. FOUCHER. Paris. Dentu. 1873. 1 vol. in
12-p. 282. Le désespoir d'A. de Musset.--p. 371. A. de Musset et G. Sand
dans les _Portraits_ de Sainte-Beuve.

11 Mars.--Le Corsaire. Sonnet à G. Sand: «Telle de l'Angelus» par A. de
Musset.--Reproduit dans: Le Constitutionnel. 12 janvier 1881. Le Figaro,
15 janvier 1881. Gaulois, 19 août 1896, etc.

1875

ALFRED DE MUSSET, PAR H. SECRÉTAN. Lauzanne, Impr. Howard Delisle. 1875.
1 vol. in-8°--p. 68. Georges Sand et A. de Musset; fragments de trois
lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.

LES NUITS D'ALF. DE MUSSET, fragments. Musique de A. de Massa. Paris.
Durand Schoenewerck et Cie 1875. Gr. in-8°. titre lithographie par L.
Denis[34].

1876

31 Mars.--Gazette Anecdotique. Crit. de _Lui_ par G. d'Heilly.

CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALF. DE MUSSET, orné de 1 portrait
et 1 Eau Forte. Paris. Charpentier. 1870. 1 vol. in-32.

ROMANCIERS CONTEMPORAINS, PAR MARIUS TOPIN. Paris. Charpentier. 1876. 1
vol. in-12.--p. 31, sur _Lui et Elle, Elle et Lui_.

1877

BIOGRAPHIE D'A. DE MUSSET, PAR PAUL DE MUSSET. Paris. Charpentier. 1877.
1 vol. in-12-Voir p. 118, 125 à 132, 139, 144 et 260.

14 Avril.--L'Homme Libre. Lettre d'Alf. de Musset à G. Sand, et Stances
à G. Sand: «Porte la vie...» par Alf. de Musset. Stances reproduites
dans: Annales Politiques et littéraires, 19 Avril 1891.--Observateur
Français. 31 Avril 1891.--Courrier de Londres et de l'Europe. 26 Avril
1891.--Gazette Anecdotique, 15 Mai 1891.--Le Jour. 11 Mai 1891.--Simple
Revue, 1 Juillet 1894.-Pages d'Art et de Sciences (Bruxelles), décembre
1894. etc...

ALFRED DE MUSSET VON PAUL LINDAU. Berlin. A. Hoffmann. 1877. 1 vol
in-8°-p. 118 et suiv.: A. de Musset et G. Sand, les _Lettres d'un
Voyageur. Lui et Elle, Elle et Lui, Lui_, etc.

1878 15 Mars.--Revue des Deux-Mondes. Sur _Elle et Lui_, par
d'Haussonville.

CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES comprenant les Correspondances de P.
Chasles, G. Planche et Sauvage. Vente, rue des Bons-Enfants, le 28 Juin
1878. Paris. G. Charavay, 1878. Br. in-8°-n° 141 et 142. Lettres d'Alf.
de Musset à G. Planche et réponse de celui-ci, 8 et 10 Nov.
1834.--Provocation en duel à propos de G. Sand et excuses.

Sept.-Oct.--The North American Review. Musset et G. Sand, par T. S.
Perry.

LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET, avec deux dessins de Rochegrosse.
Paris. Charpentier. 1878. 1 vol. in-32.

1er Novembre.--Revue des Deux-Mondes. Après la lecture d'Indiana,
stances, par A. de Musset.

1879

7 Février.--Revue du XIXe Siècle. À propos de l'édition in-32 de _Lui et
Elle_, par Ch. Rigot.

SAINTE-BEUVE ET SES INCONNUS, PAR A. PONS. Paris. Ollendorff. 1879. 1
vol. in-12--p. 115 à 121. A. de Musset et G. Sand, leur correspondance,
extraits, etc.

ALF. DE MUSSET. SPOWDIEDZ' DZIECIECIA WIEKU przklad L. Kaczynskiej.
Warszawa. Nakladem Radakcyl Przegladu Tygodniowego. 1879. 3 vol. in-16.
Traduction de la Confession d'un Enfant du Siècle.

1880

THE POET AND THE MUSE, being a version of A. de Musset's: La Nuit de
Mai, la Nuit d'Août and la Nuit d'Octobre, with an Introduction by
Walter Herries Pollock. London. Richard Bentley son. 1880. 1 vol. in-12.

A. DE MUSSET. LA CONFESION DE UN HIJO DEL SIGLO, traduccion de R. G.
Madrid, Imprenta de la Gaceta Universal. 1880. 1 vol. in-12.

UN AMOUR DE MUSSET, PAR AUGUSTE MARIN, comédie en 1 acte en vers. Paris.
Dentu. 1880. 1 vol. in-12--Les deux personnages de cette pièce,
représentée pour la 1re fois à Marseille, sur le théâtre du Gymnase le
13 Janvier 1880, sont G. Sand et A. de Musset--Voir année 1895.

Septembre.--Temple Bar Magazine. (Londres). Alf. de Musset, n. s.

1881

15 Janvier.--Gazette Anecdotique. Note relative à la Correspondance de
G. Sand et d'A. de Musset.

1. Février.--The Fortnightly Review (Londres). Tennyson et Musset, par
A. C. Swinburn--p. 137 et suiv.: G. Sand, la _Confession_, etc.

1 Avril.--Revue Bordelaise. Un mot sur A. de Musset et G. Sand.

1 Mai.--Illustrazione Italiana (Milan). Le Dr Pagello et G. Sand à
Venise.

DOCUMENTS LITTÉRAIRES PAR ÉMILE ZOLA. Paris. Charpentier. 1881. 1 vol.
in-12--Voir p. 101, 207, 224, 276.

28 Octobre.--Le Parlement. Note inédite de P. de Musset sur _Elle et
Lui_.

1882

26 Avril.--Le Figaro. Lettre de G. Sand où il s'agit de Musset.

28 Avril.--Le Figaro. Lettre d'A. de Musset à G. Sand (déjà publiée dans
l'Homme-Libre, 1877).

25 Juillet.--Intermédiaire des Chercheurs. Clef partielle de _Elle et
Lui_.

15 Août.--Revue des Deux-Mondes. Crit. de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_,
_Lui_, par Max. Ducamp.

3 Septembre.--Le Figaro. Stances à G. Sand; «Te voilà revenu», par A. de
Musset, art. de Racot (Extrait des Souvenirs de Max. Ducamp). Reproduit
dans Gazette de France, 1882.--Saint-Raphaël-Revue, 28 Juin 1896.

19-20 Septembre.--République Française. G. Sand et sa Correspondance,
par A. Leroy.

14 Octobre.--Le Figaro. Lettre de G. Sand à Mirecourt (déjà publiée dans
le Mousquetaire, 1854).

LAS NOCHES DE ALFREDO DE MUSSET, version castellana en verso per
Guillermo Belmonte. Madrid. 1882. 1 vol. in-32.

CORRESPONDANCE DE G. SAND, 1812-1876. Paris. G. Levy. 1882. 6 vol.
in-12--Voir principalement les tomes II et III.

SOUVENIRS LITTÉRAIRES, PAR MAXIME DUCAMP. Paris. Hachette. 1882-1883. 2
vol. in-8°--Voir tome II, p. 339 et suiv., 348, 360.

1883

25 Février.--Intermédiaire des Chercheurs. Sur la clef de _Elle et Lui_.

4 Mai.--Le Gaulois. Sur _Elle et Lui, Lui et Elle_.

10 Mai.--Intermédiaire des Chercheurs. Serenata a G. Sand, par P.
Pagello.

1885

VOLUPTÉ, PAR SAINTE-BEUVE. IIe Edition. Paris, Charpentier. 1885. 1 vol.
in-12--p. 399. Lettre de G. Sand à Sainte-Beuve.

LES CONFESSIONS, PAR ARSÈNE HOUSSAYE. Paris. Dentu. 1885. 4 vol. in-8°
(voir 1891)--Tome I, p. 271 à 283. Tome II. p. 1 à 37.

1886

CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES, vente du Lundi 10 Mai 1886, Hôtel
Drouot. Paris. Eug. Charavay. Br. in-8°--n° 226. Lettre de G. Sand à
Pagello et analyse de cette lettre.

30 Juin.--Gazette Anecdotique. p. 272. Analyse de la lettre de G. Sand à
Pagello.

1887

ÉDITIONS ORIGINALES DES ROMANTIQUES, PAR L. DERÔME. Paris. Rouveyre.
1887. 2 vol. in-8°--Voir tome I p. 63-64.

3 Mai (21 Avril).--Rouskya Kourier (Moscou). Alf. de Musset et G. Sand.

Octobre.--Annales de l'Est, n°4.--Alf. de Musset à Bade, par _E_.
Krantz, lettres inédites.

1888

ALF. DE MUSSET À BADE, PAR ÉMILE KRANTZ, avec lettres inédites. Extrait
des Annales de l'Est. Nancy. Impr. Berger-Levrault. 1888. Br. in-8°.

3 Mars.--Gil-Blas. G. Sand et A. de Musset, par A. Silvestre.

15 Juillet.--Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg. A. de Musset et G.
Sand en Italie, par A. Houssaye.

1889

27 Avril.--Le Figaro. G. Sand, A. de Musset et Mme de Belgiojoso, par A.
Houssaye.

10 Juin.--Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg. Dialogue des Morts et
Vivants, par Alceste.

1891

LES CONFESSIONS, PAR ARS. HOUSSAYE, tomes V et VI. Paris. Dentu. 1891. 2
vol. in-8°--Voir tome V, p. 168.

19 Avril.--Annales Politiques et Littéraires. A. de Musset et G. Sand,
d'après M. Brisson.

CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR A. DE MUSSET. Dix compositions de
P. Jazet gravées à l'eau forte par Abot. Paris. Ancienne Maison Quantin,
May et Malleroz. 1891. 1 vol. in-4°.

1892

ÉTUDES ET RÉCITS SUR A. DE MUSSET, PAR MME DE JANZÉ. Paris. Plon. 1892.
1 vol. in-12--p. 26 à 43. G. Sand et A. de Musset.

6 Mars.--Le Soir (Bruxelles).--Sur la Correspondance de Musset et de
Sand.

5 Mai.--La Dépêche (Toulouse). Les femmes d'A. de Musset, par Pierre et
Paul.

12 Septembre.--Morning Post (Londres). A. de Musset et G. Sand, d'ap.
Max. Ducamp.

15 Octobre.--Revue Politique et Littéraire (Revue Bleue). G. Sand et A.
de Musset, par F. Grenier, avec extraits de leurs lettres.

20 Novembre. Intermédiaire des Chercheurs. La Correspondance Sand et
Musset, par le Dr Cabanes.

THE CONFESSION OF A CHILD OF THE CENTURY, BY A. DE MUSSET. Translated by
Kendall Warren. Chicago. C. H. Sergel and C°. 1892. 1 vol. in-12.

21 Novembre.--L'Éclair. La Correspondance de Musset et de G. Sand.

22 Novembre.--Morning Post (Londres). Sur la Correspondance Musset-Sand.

25 Novembre.--L'Estafette. À propos de l'article du Dr Cabanes dans
l'Intermédiaire.

8 Décembre.--Indépendance Belge. L'affaire de la Correspondance
Sand-Musset, d'ap. le Dr Cabanes.

15 Avril 1892 à 15 Janvier 1893. Université Catholique. Les
_Confessions_ de Saint-Augustin, J.-J. Rousseau et A. de Musset, par C.
Douais (8 articles).

1893

2 Janvier.--Le Gaulois. Sur la Correspondance Sand-Musset, par H.
Lapauze.

5 Janvier.--El Correo (Madrid). La Correspondance Sand-Musset.

8 Février.--L'Univers, Crit. du Cours de M. Benoist.

8 Février.--Courrier de l'Ain. Sur le Cours de M. Benoist, réplique à
l'Univers, par F. A.

15 et 22 Février.--Le Figaro. La Correspondance de G. Sand et
Sainte-Beuve, par le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul.

18 Février. Écho de Paris. Influence de G. Sand sur A. de Musset, par A.
Silvestre.

22. Février.--L'Evénement. Les amours de G. Sand.

Mars.--The Nineteenth Century (Londres)--p. 529. A. de Musset et G.
Sand, par L. Katscher.

ALFRED DE MUSSET, PAR MME ARVÈDE BARINE. Paris. Hachette. 1893. 1 vol.
in-12--p. 57 à 90. A. de Musset et G. Sand, extraits de leur
Correspondance-p. 94 et 134.

29 Mai.--The Oriental Advertiser (Constantinople). Les Amoureux
célèbres, G. Sand, Mme de Bolgiojoso et A. de Musset. La Correspondance
d'A. de Musset et de G. Sand.

3 Juin.--Le Gaulois. Des romans à clefs, par P. Roche.

15 Juin.--Monde Thermal. A. de Musset et G. Sand, d'ap. Mme Barine, par
Saint-Herem.

24 Juin.--Le Siècle. Deux ancêtres, G. Sand et A. de Musset, par
Charley.

26 Juin.--Gazette de France. A. de Musset et G. Sand d'ap. Mme Barine,
par E. Biré.

15 Juillet.--Le Téléphone. G. Sand et A. de Musset d'ap. Mme Barine, par
E. Trolliet.

21 Juillet.--Le Temps. Crit. du livre de Mme Barine, par A. Bossert.

28 Août.--Moniteur Universel. G. Sand, Musset et Pagello, d'après Mme
Barine, par R. Doumic.

21 Septembre. Le Gaulois. A. de Musset et G. Sand, d'ap. Mme Barine, par
A. Filon.

31 Décembre.--Le Figaro. Sur les portraits de G. de Sand, dessinés par
A. de Musset.

1894

11 et 12 Février. Le Gaulois. Sur la Correspondance Sand-Musset.

17 Février.--Irish Times (Dublin). Crit. de la Conférence de M.
Guilgault, sur G. Sand et la _Nuit de Mai_.

31 Mars.--L'Etoile Belge (Bruxelles). Sur la Correspondance Sand-Musset.

LES LUNDIS D'UN CHERCHEUR, PAR LE VTE DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL. Paris.
G. Levy. 1894, 1 vol. in-12--p. 149 à 180. Les lettres inédites de G.
Sand.

17 Août.--Le Gaulois. Quand publiera-ton la Correspondance Sand-Musset?

ALFRED DE MUSSET AF SVEN SODERMANN. Stockolm. 1894, 1 vol. in-8º--p. 98.
A. de Musset, G. Sand, Voyage en Italie, les _Nuits_, _Lettres d'un
Voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, etc.--p. 112. Stances à G. Sand
«Te voilà revenu».

2 Décembre.--Courrier de l'Aisne. A. de Musset et G. Sand en Italie, par
A. Houssaye.

15 Décembre.--Revue de Paris. Une amitié romanesque, G. Sand et Mme
d'Agoult, par S. Rocheblave.

ALFRED DE MUSSET, PAR A. CLAVEAU. Paris. Lecène et Oudin. 1894. 1 vol.
in-8º--p. 37 à 52, La Crise, G. Sand, les _Nuits_.

1895

12 Janvier.--Le Gaulois. Sur la Correspondance Sand-Musset, sa
publication, par H. Lapauze.

Mars.--Magasin Littéraire. Quatrain à G. Planche, par A. de Musset.

1 Mai.--Nouvelle Revue. Deux lettres inédites de G. Sand à Sainte-Beuve,
par Ch. de Lomenie.

ANONYME. UN AMOUR DE POÈTE. Un acte, en vers. Collection de
l'impressario. 1895. Br. in-16--Cette pièce, qui a pour auteurs MM. Léon
d'Agenais et Roger Dubled, est à 2 personnages, G. Sand et A. de Musset.
Elle a été représentée en janvier 1896 au Théâtre Mondain de la Cité
d'Antin.--C'est la réimpression textuelle, sans aucun changement de UN
AMOUR DE MUSSET par Auguste Marin, 1880.

1896

A. DE MUSSET. LES NUITS ET SOUVENIRS. Un portrait d'ap. David d'Angers
et 17 vignettes d'ap. A. Gerardin. Paris. Pelletan. 1896. 1 vol. in-8º.

24 Janvier.--Le Siècle. Crit. de _Un Amour de Poète_, pièce en 1 acte.

23 Février.--Journal des Débats. Crit. de l'étude de M. Sven Sodermann
sur A. de Musset (1894).

25 Mars.--Illustrazione Populare (Milan).

19 Avril.--L'Estafette. Projet de M. Rocheblave de publier la
Correspondance Sand-Musset.

1 Mai et 1 Juin.--Cosmopolis. La Véritable Histoire d'Elle et de Lui,
par le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (2 art.)[35].

25 Mai.--Paris. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, à propos de l'art. de
Cosmopolis.

30 Mai.--Le Gaulois. Crit. de l'art. de Cosmopolis, par A. Galdemar.

1 Juin.--La Gironde (Bordeaux).

3 Juin.--Le Radical (Marseille).

4 Juin.--Le Courrier de l'Aisne (Laon).

6 Juin.--L'Écho du Nord (Lille). Analyse et Extr. de la Lettre de G.
Sand à Pagello.

13 Juin.--Revue Encyclopédique, p. 420. Les lettres de Musset et de G.
Sand, d'ap. l'art. de Cosmopolis.

10 Mai à 28 Juin.--Saint Raphael-Revue. Alfred de Musset, par Jean
Morin, 8 articles. Voir les n° des 17 Mai, 21 et 28 Juin.

8 Juillet.--Journal de Genève.

15 Juillet.--Revue d'Histoire littéraire de France.

15 Juillet.--La Vie Contemporaine, p. 139. Les Amantes lyriques, par E.
Besnus.

19 Juillet.--Le Monde Artiste, p. 454. Crit. de l'art. de Cosmopolis,
Extraits de Lettres.

19 Juillet.--Neue freie Presse (Vienne). Sie und Er, Elle et Lui, par W.

1er Août.--Revue Hebdomadaire. Un roman vécu à trois personnages, G.
Sand, A. de Musset et le Dr Pagello, par le Dr Cabanès.

1er août.--Paris.

2 août.--L'Évènement. Des lettres, Musset et G. Sand, par Maxime Rude.

2 Août.--Le Voltaire. Histoire d'amour, par Raoul Deberdt.

5 Août.--Gil Blas. Musset et G. Sand, par Gabriel Seguy.

6 Août.--Gaulois. Les Femmes de Musset, par H. Lapauze.

9 Août.--Eclair. Elle, Lui et l'Autre, d'ap. le Dr Cabanès.

9-10 Août.--Précurseur (Anvers). Musset et G. Sand. Extr. de Paris.

11 Août.--Paris. Les petits Papiers, par Caribert.

13 Août.--Journal des Débats. Sur Musset, à propos de l'art. du Dr
Cabanès, par Ed. Rod.

14 Août.--Le Gaulois. A. de Musset et G. Sand, lettres inédites, d'ap.
la Revue de Paris, par H. Lapauze.

15 Août.--Revue de Paris. Alfred de Musset et G. Sand, Notes et
documents inédits, par M. Clouard.

15 Août.--Journal de Rouen. Supplément. Sur Musset, par Ed. Rod, extrait
du Journal des Débats.

15 Août.--Daily Telegraph (Londres). Note sur l'art. de la Revue de
Paris.

16 Août.--Écho de la Semaine. Les Femmes de Musset, par H. Lapauze.

16 Août.--Progrès de la Côte d'Or (Dijon). Pagello et G. Sand, par
Jacques de la Beaune.

16 Août.--Annales Politiques et Littéraires. À propos de récents
articles sur Musset et G. Sand.

17 Août.--Le Journal. Viols de tombes, par J. Richepin.

17 Août.--Journal des Débats. Crit. de l'art, de la Revue de Paris.

19 Août.--Le Précurseur (Anvers). Sur Musset. Extrait du Journal des
Débats.

19 Août.--Le Patriote (Le Mans). Vieux Cancans, par Eug. Lautier.

19 Août.--République Libérale (Arras). 2 Crit. sur l'art, de la Revue de
Paris, l'une par P. Lebeau, l'autre non signée.

20 Août.--L'Événement. Liaisons et Passions, par P. Pascal.

21 Août.--Écho de l'Indre (Le Châtre). Lettre parisienne, par Andhré
Bouché.

22 Août.--Le Gaulois. Sur Musset, Sand et Pagello, par Solidor.



NOTES

[1: _Cosmopolis_, revue internationale, des 1er mai et 1er juin 1896.]

[2: Cette poésie ne se trouve pas dans les _Œuvres d'Alfred de Musset_,
mais Paul de Musset l'a publiée dans le _Revue des Deux Mondes_ du 1er
novembre 1878.]

[3: Précepteur de Maurice Sand.]

[4: Voir un fragment de lettre de George Sand à Sainte-Beuve publié par
celui-ci dans les _Portraits contemporains_, nouvelle édition, Paris,
1869, in-12, tome I, page 516.]

[5: Dans la _Correspondance_ de George Sand, tome I, pages 256 et 258,
deux lettres d'elle sont publiées, écrites de cette ville et datées
l'une du 18, l'autre du 20 décembre.]

[6: _Scènes de la Vie privée et publique des Animaux._ Paris, Hetzel,
1842, t. II, p. 362.]

[7: Ces lettres, qui étaient entre les mains de Paul de Musset, ont
disparu et ne se sont pas retrouvées parmi les papiers laissés par
madame Paul de Musset.]

[8: La sœur d'Alfred de Musset.]

[9: Son frère.]

[10: Sa lettre a été publiée par M. le vicomte de Spoelberch de
Lovenjoul (_Cosmopolis_).--M. le docteur Cabanès vient de publier, dans
la _Revue hebdomadaire_, une très curieuse étude sur les relations de
George Sand, Pagello et Alfred de Musset; son récit diffère quelque peu
du nôtre dans les détails, mais le fond de l'histoire est le même.]

[11: Relation de ce qui s'est passé à Venise, par Paul de Musset
(manuscrit inédit);--voir un peu plus loin.]

[12: Extrait de la même relation.]

[13: Cette lettre, datée de Florence, 17 mars 1834, a été publiée par M.
le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (_Cosmopolis_).]

[14: _Biographie_, p. 129.]

[15: Ce carnet a 72 feuillets.

Sur le premier, envoi de George Sand.

Les feuillets 3 à 12 portent des notes manuscrites d'Alfred de
Musset:--maximes, extraits de divers auteurs: Sénèque, Pindare,
Marc-Aurèle, Homère, Byron, etc.; d'autres encore, français, anglais,
italiens.

Les feuillets 2, 15--48, 57--71 sont restés blancs.

Les feuillets 13, 14, 49--56 sont arrachés. Sur les fragments qui en
restent, on distingue des traces d'écriture au crayon.

Sur le feuillet 72 et dernier, envoi de Pagello, écrit en sens inverse
des autres pages.

C'est de ce carnet qu'il s'agit dans la lettre d'Alfred de Musset à
George Sand datée du 15 juin 1834.]

[16: Datée du 6 avril 1834 et publiée dans sa _Correspondance_, tome I,
p. 265.--D'après une lettre qu'elle écrit le 15 avril 1834 à Musset
lui-même, c'est le lendemain de son départ qu'elle est allée à Vicence
pour savoir comment il avait passé sa première nuit de voyage (lettre
inédite).]

[17: En 1839.--Paul de Musset en cite des fragments dans la
_Biographie_.]

[18: En tête de l'exemplaire de Jacques que possédait Alfred de Musset,
se trouve cet envoi autographe: «George à Alfred.»]

[19: L'exemplaire de _la Confession d'un Enfant du siècle_ appartenant à
George Sand porte cette dédicace manuscrite: «À George Sand--Alfd Mt.»]

[20: _Alfred de Musset_, par Arvède Barine. Paris, Hachette, 1893, I
vol. in-12.--L'auteur a consacré un long chapitre aux relations d'Alfred
de Musset et de George Sand. Des documents précis habilement groupés,
des extraits de lettres, en font un ensemble psychologique des plus
attrayants.]

[21: L'une de ces lettres a été publiée dans _l'Homme libre_ du 14 avril
1877 et dans _le Figaro_ du 28 avril 1882.]

[22: On trouvera d'autres détails dans: 1° _Alfred de Musset à Bade_,
par Émile Krantz;--extrait des _Annales de l'Est_; in-8°, Nancy,
Imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1888;--2° _Kleine Beiträge zur
Würdigung Alfred de Musset (Poésies Nouvelles)_, von Dr Moritz Werner;
in-8°, Berlin, C. Vogt, 1896.]

[23: De plusieurs lettres de George Sand il ressort qu'au moment où elle
est devenue la maîtresse de Pagello, «il s'est trouvé, dans sa vie à
lui, de ces liens mal rompus avec ses anciennes maîtresses, des
situations ridicules et désagréables»: au moment de la quitter, il
semble craindre de voir se renouveler ces ennuis.]

[24: Alfred Tattet avait un domicile à Paris, 15 (et non 13), rue
Grange-Batelière, mais il habitait le plus souvent une grande propriété
qu'il possédait à Bury, près Margency, dans la vallée de Montmorency.]

[25: Lettre publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, ainsi
que celle d'Alfred de Musset au même (_Cosmopolis_).]

[26: Publié par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul
(_Cosmopolis_).]

[27: _La Nuit de mai_. Écrite en mai 1835.]

[28: Publié dans la _Revue des Deux Mondes_ du 15 février 1841.]

[29: À mon frère revenant d'Italie.--_Revue des Deux Mondes_, 1er avril
1844.]

[30: Insérée dans le n° du 15 février 1854.]

[31: _Lui et Elle_ est publié dans les n° des 10, 25 avril et 10 mai
1859.]

[32: C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note
manuscrite.]

[33: J'ai trouvé dans les papiers d'Alf. de Musset une Lettre de Paul de
Musset à L. Ratisbonne, par laquelle il nie absolument l'authenticité de
ces sonnets. Cette lettre, datée du 9 Mai 1865, est inédite.]

[34: Autre édition musicale dont je n'ai pas la date de publication:

LES NUITS, DIALOGUES, poésies d'A. de Musset, musique de Paul-Émile
Berchon. Paris. L. Maynaud. In-4°, titre ornementé.]

[35: L'édition de cette Revue, publiée à Londres, a donné lieu, dans la
presse anglaise, à un certain nombre d'articles qui ne sont pas parvenus
à ma connaissance.]





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