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Title: Anciennes loix des françois conservées dans les coutumes engloises recueillies par Littleton, Vol. II
Author: Houard, David
Language: French
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Copyright Status: Not copyrighted in the United States. If you live elsewhere check the laws of your country before downloading this ebook. See comments about copyright issues at end of book.

*** Start of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Anciennes loix des françois conservées dans les coutumes engloises recueillies par Littleton, Vol. II" ***

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Libraries)



ANCIENNES
_LOIX_
DES FRANÇOIS,
_OU_
ADDITIONS AUX REMARQUES
_SUR LES COUTUMES ANGLOISES_.
RECUEILLIES PAR LITTLETON;

_AVEC les Pieces justificatives des principaux points d'Histoire
& de Jurisprudence traités dans ces Remarques._

Par M. HOUARD, Avocat en Parlement, Correspondant de l'Académie
des Inscriptions & Belles-Lettres.

             _Si me errasse deprehenderis, in viam revoca;_
             _Et ducem sequar manibus pedibusque._
                                                    Skénée.

NOUVELLE ÉDITION.

_TOME SECOND._

[Illustration]

_A ROUEN_,
Chez LE BOUCHER le jeune, Libraire, rue Ganterie.
_Et se trouve à Paris,_
Chez DURAND, Neveu, Libraire, rue Galande.

M. DCC. LXXIX.

_AVEC APPROBATION ET PRIVILÈGE DU ROI._



======================================================================

_TABLE_
DES
DIFFERENTES PIECES
_CONTENUES DANS LE SECOND VOLUME._

----------------------------------------------------------------------

_NOTICE du Livre connu sous le nom de Glanville_,               page 1

_USAGE que l'on peut faire des Ouvrages de Flete & de Britton,
pour la discussion des points les plus curieux de la Jurisprudence
& de la Coutume de Normandie_,                                      16

_PIECES justificatives des Remarques du premier Volume_,            75

_LOIX & Coutumes que le Roi Guillaume donna aux Anglois
après sa Conquête_,                                                 76

_OBSERVATIONS sur les Loix d'Edouard le Confesseur_,               118

_RÉFLEXIONS sur le Recueil des Loix Anglo-Saxonnes de
Wilkins_,                                                          176

Domini HENRICI SPELMANNI. Codex Legum veterum Statutorum
Regni Angliæ; quæ ab ingressu Guilielmi I. usque
ad annum nonum Henrici III, edita sunt,                            180

_DICTIONNAIRE des mots les moins intelligibles du Texte de
Littleton_,                                                        429

_ECLAIRCISSEMENS & Corrections_,                                   447

_CATALOGUE des Auteurs & des Ouvrages cités dans les deux
Volumes_,                                                          462

_TABLE des Matieres des premier & second Volumes_,                 467

[Illustration]



[Illustration]

ANCIENNES
_LOIX_
DES FRANÇOIS,
_OU_
ADDITIONS AUX REMARQUES
_SUR LES COUTUMES ANGLOISES_
RECUEILLIES PAR LITTLETON.

=====================================================================



_NOTICE DU LIVRE CONNU SOUS LE NOM
DE GLANVILLE._

_Cet Ouvrage, qui est écrit en Latin, est intitulé: Tractatus de Legibus
& Consuetudinibus regni Angliæ, tempore Regis Henrici secundi
compositus, Justitiæ gubernacula tenente illustri viro Ranulpho de
Glanvilla Juris regni & antiquarum consuetudinum eo tempore peritissimo,
& illas solum Leges continet & consuetudines secundum quas placitatur in
curia Regis ad scacarium & coram Justitiis ubicumque fuerint._

_Tome II._

Des quatorze Livres qui forment la division de cet Ouvrage, le premier
regle la compétence de la Cour du Roi & de celle du Vicomte. On y
indique aussi la Procédure que l'on doit tenir en ces deux Tribunaux
pour y faire admettre les _exoïnes_ & les autres exceptions, jusqu'au
moment où le demandeur & le défendeur comparoissent ensemble devant les
Juges.

Le second Livre prescrit les formalités qui précedent immédiatement le
Jugement, telles que l'élection des Jureurs; la _vue_ ou visite des
fonds en litige; le Rapport ou le Procès-verbal de l'état des lieux. On
y détermine encore les différens cas où la grande Assise, ou le Duel
doivent décider la question. Les cérémonies du Combat judiciaire n'y
sont point détaillées; on s'y borne à faire connoître les qualités
requises pour être admis à combattre personnellement, ou à fournir un
Champion, & les peines auxquelles le vaincu doit être condamné. Ces
peines se réduisent, en matiere civile, à une amende & à la perte de la
Seigneurie, ou de la propriété qui font le sujet du Procès. En matiere
criminelle, le vaincu est puni de mort.

Le troisieme Livre traite des Garanties. On n'y trouve que des formules
de Brefs, la fixation des délais pour comparoître & pour appeller en
Jugement, ceux sur lesquels on prétend exercer quelque recours.

Le quatrieme développe l'ordre des poursuites que l'on doit faire pour
se maintenir dans le Patronage des Eglises ou pour reclamer ce droit.

Le cinquieme parle de l'état du _Serf_ ou _Villain_; de l'espece des
preuves requises pour établir sa qualité de libre.

Le sixieme a pour objet la Dot ou le Douaire des _femmes_; les moyens
d'obliger les héritiers d'un mari à indemniser sa veuve des aliénations
faites au préjudice de cette derniere.

On apprend dans le septieme quels sont les droits des enfans légitimes
ou bâtards; ceux des majeurs ou des mineurs; la durée & les effets des
Tutelles roturieres ou des Gardes-Nobles.

Dans le huitieme Livre on voit des modeles de Transactions & de Records
passés en la Cour du Roi.

Les Hommages, les Reliefs sont l'objet du neuvieme. Il traite aussi de
la Jurisdiction des Seigneurs sur leurs vassaux, & des confiscations
auxquelles ceux-ci s'exposent, soit en ne s'acquittant point de leurs
services, soit en violant la foi qu'ils ont promise pour leurs tenures.

Le dixieme ne contient que des formules de Brefs pour se faire payer
des dettes ou pour se procurer l'exécution des Contrats de vente, de
donation, de prêt & de garantie.

Le onzieme indique les diverses circonstances où on peut se défendre par
Procureur dans les Tribunaux de Justice.

La forme des Brefs de Droit, c'est-a-dire, des Brefs requis pour
reclamer un Serf fugitif; pour révendiquer des meubles indûement saisis;
pour la mesure des terres; pour les partages des fonds, &c. fait la
matiere du douzieme.

Le treizieme expose la procédure des Plaids ou Assises de _Dessaisine_,
soit de biens ou de droits profanes, soit de Patronage d'Eglise.

Le quatorzieme enfin détermine l'espece de crime dont le Roi peut seul
connoître. Ces crimes sont ceux de leze-Majesté, d'homicide, de faux,
les incendies, le rapt.

Sur toutes ces matieres, le Compilateur dit simplement ce que l'on doit
pratiquer. Il ne fait aucunes réflexions sur les motifs ni sur le but
des usages. C'est notre style de _Gauret_ avec lequel on peut faire en
France toutes les diligences prescrites par les Ordonnances de 1667 & de
1670, sans les entendre, & même sans les avoir lues.

Dans le Recueil du Praticien Anglois, les formalités anciennes ne sont
point distinguées de celles prescrites par de nouveaux Statuts: &
comment auroit-il fait cette distinction? Il avoue dans sa Préface que
l'ignorance des Scribes, & la multiplicité des Loix rendoient de son
temps la collection du Droit public Anglois absolument impossible[1].

     [Note 1: _Leges autem & jura regni scripto universaliter
     concludi nostris temporibus, omnino impossibile est, cum
     propter scribentium ignorantiam, tum propter earum multitudinem
     confusam. Glanvill. Prolog. in fin._]

Ces Loix étoient écrites en Normand. La difficulté de bien entendre
cette langue avoit fait négliger de recourir aux sources, & toute la
science du Barreau se réduisoit, chez la plupart de ceux qui y
remplissoient quelques fonctions du temps de Glanville, à connoître le
Bref qui convenoit à chaque espece d'action; à faire valoir contre les
Brefs quelques exceptions tirées du vice de leur rédaction, ou à
observer exactement les délais & les expressions dans lesquels les
témoignages ou les Sentences devoient être conçus.

Glanville, en faisant rassembler les diverses Formules de Procédures
usitées depuis la conquête jusqu'à son siecle, a donc rendu à sa Patrie
un service important. Les Procédures une fois constantes, il a été plus
aisé d'appercevoir les principes dont elles étoient dérivées, & de
suivre la trace des changemens qu'elles avoient éprouvés depuis leur
institution primitive.

Ce célebre Jurisconsulte, dans le Traité qui porte son nom, ne s'est pas
servi, comme quelques-uns l'ont imaginé, _des termes_, _du témoignage_,
& _de l'autorité de Justinien_[2]. Les Institutes de cet Empereur lui
ont seulement fourni l'idée de la distribution des matieres.

     [Note 2: _Arth. Duck_, L. 2. c. 338.]

Voici l'opinion que j'ai conçue du Recueil de Glanville. Il indique la
méthode la plus sûre pour faire exécuter la Loi; & Littleton nous
instruit des causes & du but de cette méthode. Celui-ci propose toutes
les maximes; & la compilation de Glanville comprend toutes les
Procédures propres à mettre ces maximes en action. Littleton suppose en
ses Lecteurs la connoissance de ces Procédures; & le Rédacteur du
Traité, que je ne désignerai plus désormais que par le nom du Chancelier
Anglois, ne peut être utile qu'à ceux auxquels la Loi est déjà connue.

Ces deux Ouvrages réunis suffisent pour instruire à fond des Coutumes &
de l'ordre judiciaire observés chez les anciens Normands. De là je me
suis souvent borné à traduire Glanville dans mes Remarques sur les
Textes de Littleton. Tous les Brefs, dont Glanville nous a conservé des
modeles, n'ont pu cependant entrer dans ces Remarques. Ce sont donc ces
Brefs étrangers au plan du premier Volume, & qui fournissent matiere à
des observations intéressantes, que j'ai réservés pour ce Volume-ci.
Après les avoir rapportés, je ferai quelques réflexions sur l'antiquité
des Actes auxquels ce nom de _Bref_ étoit anciennement attribué.

BREF PREMIER.

_PRÆCIPE QUOD REDDAT._

Le Bref qui s'appelloit ainsi est conçu dans les termes suivans:

_Rex Vice-Comiti salutem: Præcipe A. quod juste & sine dilatione reddat
B. unam hidam[3] terræ in villa illa, unde idem B. queritur quod
predictus A. ei deforciat; & nisi fecerit summone eum per bonos
summonitores quod sit ibi coram me vel Justiciis meis in crastino post
octabis clausi pasche apud locum illum ostensurus quare non fecerit; &
habebis ibi summonitores & hoc Breve. Teste Ranulpho de Glanvilla apud
Clarindon._

     [Note 3: _Hoved. pag. 548._]

On retrouve dans ce Bref le modele des Lettres de Clameur de Loi
apparente usitées en Normandie.

II.

_NON PONATIS IN DEFALTAM._

Ce Bref répond à nos Lettres d'Etat. En voici la Formule.

_Rex Justiciario salutem: Warrantizo B. qui fuit apud illum locum per
preceptum meum illo die in servitio meo, & ideo coram vobis eo die
Assisiis nostris interesse non potuit &, vobis mando quod pro absentia
sua illius diei eum non ponatis in defaltam, nec in aliquo sit perdens._

III.

_CAPIAS._

Le Bref _Capias_ s'obtenoit contre le défendeur quand il avoit laissé
passer tous les délais sans comparoître, ou lorsqu'il avoit fait
proposer de fausses excuses. La tenure, en ces deux cas, étoit
sequestrée en la main du Roi.

_Rex Vice-Comiti salutem: Precipio tibi quod sine dilatione capias manum
meam medietatem terre de illa villa quam M. clamat ad dotem suam versus
R. de qua placitum est inter eos in curia mea & diem captionis Justiciis
meis scire facias & summone per bonos summonitores prædictum R. quod
sit coram me vel Justiciis meis apud West-Monasterium à crastino octabis
clausi pasche in quindecim dies auditurus inde judicium suum, & habeas
ibi summonitores & hoc breve._

IV.

_QUERAS._

_Rex Vice-Comiti salutem: Precipio tibi quod sine dilatione diligenter
queras per Comitatum tuum A. qui falso essoniavit B. versus C. in curia
mea & salvo facias eum custodiri, donec aliud inde habueris preceptum
meum T._

Les _Exoïneurs_[4] étoient crus à leur serment sur la vérité de l'excuse
qu'employoit le défendeur pour justifier sa non-comparence. Mais comme
le serment avoit quelquefois été prêté en l'absence du demandeur[5],
celui-ci obtenoit le Bref _Queras_ pour être admis à prouver la fausseté
du serment.

     [Note 4: C'est le nom que l'ancien Coutumier Normand donne
     à ceux qui proposoient en Cour les raisons qu'un défendeur
     avoit pour ne pas se présenter au jour de l'assignation.]

     [Note 5: Anc. Coutum. ch. 39. & Rouillé sur ledit Chap.]

V.

Celui qui avoit employé l'_Exoïneur_ ne pouvoit le soustraire à la peine
due aux parjures, qu'en donnant caution de ce qu'il feroit preuve du
fait que ce dernier avoit attesté. Si donc après avoir offert cette
preuve il ne donnoit pas caution dans le terme fixé par le Juge, il
étoit assigné en vertu du Bref suivant.

_QUARE NON HABUERIT WARRANTUM._

_Rex, &c. summone, &c. T. quod sit coram me, &c. quare non_ _habuerit I.
coram me die illo ad Warrantum de essonio quod I. pro eo fecit in curia
mea versus M. sicut plegiavit ipsum ad habendum eum, & habeas ibi
summonitores & hoc breve, &c._

VI.

Quand l'une des Parties ne se présentoit point en Jugement, son
adversaire obtenoit du Roi la tenure par un Bref en cette forme.

_SEISIAS._

_Rex Vice-Comiti, &c. Precipio tibi quod, &c. seisias M. de tanta terra
in villa illa, &c. quia seisina illius terre adjudicata est eidem M. in
curia mea pro defectu_.

Glanville, ainsi que l'Auteur du vieux Coutumier de Normandie, admet
deux Exoïnes pour maladies.

_Quandoque ex infirmitate veniendi, quandoque ex infirmitate de
rescantisa_, c'est-à-dire, l'_Exoïne de voie de Cour_, & celle de _mal
resséant_. La premiere s'entendoit des accidens qu'éprouvoit un plaideur
dans le cours d'un voyage entrepris pour se présenter à la Cour, & la
seconde de toute maladie qui empêchoit un homme assigné de sortir de
chez lui ou qui le retenoit au lit, _de malo lecti_. L'examen de la
situation du malade étoit en ce dernier cas indispensable; & pour
constater si la maladie étoit réellement de nature à exempter cet
assigné de se défendre par lui-même, on avoit recours au Bref de
_Languore_.

VII.

_Rex Vice-Comiti: Precipio tibi quod, &c. mittas quatuor milites legales
de Comitatu tuo, ad videndum si infirmitas B. unde se essoniaverit in
curia mea versus R. sit languor vel non. Et si viderint quod sit
languor, tunc ponant ei diem à die visonis in unum annum & unum diem
quod sit coram me vel Justiciis meis, vel sufficientem responsalem
mittat inde responsurum. Et si viderint quod non sit languor, tunc
ponant ei certum diem quo veniat, vel sufficientem responsalem mittat,
inde responsurum. Et summone per bonos summonitores predictos quatuor
milites, quod tunc sint ibi_ _ad testificandum visum suum, & quem diem
ei posuerint & habeas ibi summonitores & hoc breve, T. &c._

VIII.

Le Bref pour faire la visite d'un terrein litigieux étoit rédigé à peu
près de même; il s'appelloit _Breve ad Videndum_.

_Rex Vice-Comiti, &c. Precipio, &c. quod mittas liberos homines &
legales de visineto, de illa villa, ad videndum unam hidam terræ in
villa illa quam M. clamat versus R. & unde placitum est inter eos in
curia mea, & habeas quatuor ex illis coram me vel Justiciis meis, eo die
ad testificandum visum suum & quem diem ei posuerunt, T. &c._

IX.

Les noms des Brefs se tiroient de la clause qui désignoit plus
précisément l'effet auquel ils étoient destinés. Ainsi le Bref par
lequel une Cause étoit évoquée en la grande Assise portoit le nom de
_prohibe ne teneat_, parce qu'il avoit sur-tout pour but d'empêcher le
Vicomte de prononcer.

_Rex Vice-Comiti salutem, &c. Prohibe N. ne teneat placitum in curia
sua, quod est inter M. & R. de una hida terre in illa villa quam idem R.
clamat versus præfatum M. per Breve meum nisi duellum inde vadiatum
fuerit, quia M. qui tenens est, posuit se inde in Assisam meam, & petit
recognitionem fieri, quis eorum majus jus habeat in terra illa; teste,
&c._

X.

Ce Bref s'obtenoit non-seulement pour se conserver la propriété d'un
fonds, mais encore pour se maintenir dans celle des Services ou des
Redevances Seigneuriales. En ce dernier cas il étoit conçu en cette
forme:

_Rex, &c. Prohibe ne teneat placitum in curia sua quod est inter M. & R.
de servicio octo solidorum & unius sextarii_[6] _mellis, & duabus
Stikis_[7] _Anguillarum, que prefatus M. exigit à prefato R. de servitio
annuo de libero tenemento suo quod de eo tenet in illa villa, de quo
tenemento idem R. recognoscit se debere ei octo solidos per annum pro
omni servitio, nisi duellum, &c. & petit recognitionem utrùm inde debeat
per annum octo solidos pro anni servitio vel octo solidos & insuper unum
sextarium mellis & duas Stikas Anguillarum, &c._

     [Note 6: Le sextier contenoit douze livres d'eau, & le
     quartier, _quarterium_, n'en pesoit que huit. _Vide Assis. Reg.
     David. super tynam Collect. Skenet._]

     [Note 7: Esticke, _stica_, c'est le nom d'une mesure
     contenant un certain nombre d'anguilles.]

XI.

Après que ce Bref avoit été notifié au défendeur, le demandeur en
impétroit un autre, par lequel il étoit enjoint au Vicomte de nommer
quatre Chevaliers pour choisir avec lui douze Jureurs. Le choix de ces
Jureurs étant fait, ils prêtoient serment en vertu d'un nouveau Bref,
dont je ne donne point ici la formule, parce que j'ai parlé ailleurs
assez au long de tous les Brefs nécessaires pour l'instruction des
Causes d'Assises.

_QUARE TRAHIT._

Voici la Formule de ce Bref.

_Rex Vice-Comiti salutem; Questus est mihi R. quod N. trahit eum ad
villenagium, de sicut ipse est liber homo ut dicit, & ideo precipio tibi
quod si idem R. fecerit te securum de clamore suo prosequendo, tunc
ponas loquelam illam coram me vel Justiciis meis eo die & interim eum
pacem inde habere facias. Et summone per bonos summonitores predictum N.
quod tunc sit ibi ostensurus quare trahit eum ad villenagium injuste, &
habeas ibi, &c._

Les Procédures dont ce Bref étoit suivi étoient tout-à-fait semblables à
celles prescrites par les Capitulaires pour constater sa liberté[8], ou
on représentoit une Chartre d'ingénuité, ou on prouvoit qu'on étoit né
libre par le témoignage de ses parens & de ses voisins. Les Brefs pour
reclamer une dot, pour mesurer ou partager des terres, ont eu aussi
évidemment pour principes les maximes adoptées par les anciennes Loix
Françoises sur les mêmes matieres: & il n'y a peut-être pas un seul des
autres Brefs conservés par Glanville dont on ne puisse trouver le modele
dans les diverses préceptions recueillies par les Historiens ou les
Jurisconsultes du premier âge de notre Monarchie[9]. Avant de faire
plus particulierement connoître cette identité des Brefs Anglo-Normands
& des anciennes Préceptions Françoises, il est essentiel de se bien
convaincre que M. de Montesquieu n'a connu ni la nature ni les effets de
ces préceptions.

     [Note 8: _Capitul. 2, ann. 803, col. 389. Bálus. Capitul.
     ann. 803, col. 395. ibid. x. vol. Glanvilla, L. 5, c. 4._]

     [Note 9: _Capitul. Dagobert. Reg. 2. Leg. Alaman. ch.
     56, nº 1, col. 72, Balus. Glanvilla, c. 3, Balus. col. 8z,
     ibid. Capitul. 7, ann. 803, art. 10, col. 404, ibid, &
     Glanvilla, L. 7._]

Selon ce célebre Ecrivain[10], _les préceptions étoient des ordres que
le Roi envoyoit aux Juges pour faire ou souffrir certaines choses contre
la Loi_. Ce n'est certainement pas-là l'idée que nous en donne Grégoire
de Tours dans les endroits cités par M. de Montesquieu. Le Prêtre
Anastase refusoit de livrer à son Evêque les Chartres de plusieurs
propriétés que la Reine Clotilde lui avoit accordées; l'Evêque, pour l'y
contraindre, le fit enfermer vivant dans un tombeau. Anastase délivré de
cette horrible prison par une espece de miracle, eut recours au Roi
Clotaire, & il reçut de ce Prince des _préceptions_ qui le mirent à
l'abri des persécutions du cruel Prélat, & le maintinrent & sa postérité
dans la libre jouissance de ses biens. _Presbiter autem acceptis à Rege
præceptionibus res suas ut libuit defensavit posseditque ac suis
posteris dereliquivit_[11]. Peut-on dire que ces préceptions ayent été
accordées pour autoriser l'infraction des regles de la Justice? Les Rois
donnoient encore des _préceptions_ pour l'élection des Evêques:
assurément les personnes instruites ne trouveront rien d'illégal dans
ces ordres. L'Auteur de l'Esprit des Loix a donc mal défini les
préceptions; l'histoire d'_Andarchius_ va de plus en plus nous le
démontrer.

     [Note 10: Esprit des Loix, 4º vol. L. 31, c. 2, p. 115.]

     [Note 11: _Greg. Turon_, L. 4, c. 12.]

Cet homme, né _serf_ d'un Sénateur, avoit fait ses etudes avec lui, &
reçu la même éducation. Il sçavoit Virgile, le Code Théodosien & le
Calcul. Enflé de ces connoissances, il commença par mépriser ses
maîtres, il se recommanda à un Duc, en obtint un emploi dans ses
troupes. Au moyen de cette décoration s'étant insinué chez _Ursus_,
Bourgeois de Clermont, il feignit de se lier d'amitié avec lui. _Ursus_
avoit une fille; _Andarchius_ se proposa de l'obtenir en mariage. Pour y
réussir il déposa dans un cabinet de la maison d'_Ursus_ sa cuirasse, &
recommanda à la femme de ce dernier, en l'absence de son mari,
d'empêcher que personne ne pénétrât dans ce cabinet, parce que le dépôt
qu'il y avoit renfermé valoit plus de seize mille pieces d'or, lui
faisant néanmoins entendre qu'il lui en feroit volontiers le sacrifice,
si elle vouloit lui accorder sa fille. Cette femme, simple & crédule,
promit, sans consulter son mari, sa fille à _Andarchius_. Celui-ci sur
le champ se pourvoit en la Cour du Roi, & y obtient une _préception_ qui
enjoint au Juge du lieu de lui donner la fille d'_Ursus_ pour femme
_præceptionem ad judicem loci exhibuit ut puellam hanc suo matrimonio
sociaret_, par le motif qu'_Andarchius_ avoit donné des arrhes pour
l'épouser. _Ursus_, appellé devant le Juge, nia avoir jamais reçu rien
d'_Andarchius_ qui l'intima pour comparoître devant le Roi. Les deux
Parties se mettent en route; _Andarchius_ arrivé à certain endroit où
demeuroit un particulier qui portoit le nom d'_Ursus_, l'engage de venir
jurer dans une Eglise, sur les Reliques des Saints Martyrs, que s'il ne
donnoit pas à _Andarchius_, sa fille en mariage, il lui restitueroit
seize mille pieces d'or. Des témoins furent appostés dans cette Eglise
de maniere qu'ils entendoient bien le serment, mais ne pouvoient voir
celui qui le prêtoit. Après cette manoeuvre _Andarchius_ vient trouver
le véritable _Ursus_, & lui persuade qu'il est inutile d'aller à la
Cour, qu'il doit retourner chez lui; mais à peine _Ursus_ a-t-il suivi
ce perfide conseil, que l'imposteur continue son voyage, & présente au
Roi le Bref du serment qui lui avoit été délivré. Voilà, dit-il au
Prince, un écrit que je tiens d'_Ursus_, daignez m'accorder un ordre
pour que je force cet opiniâtre à exécuter ses promesses. Le Prince
aussi-tôt lui accorde des _préceptions_ conformes à sa demande.
_Andarchius_ retourne à Clermont, & les présente au Juge, _adeptis
præceptionibus ... ostendit judici jussionem Regis_; mais _Ursus_ en
prévint l'exécution en faisant périr _Andarchius_. Quelqu'effort que
l'on fasse, on n'apperçoit rien dans ce recit qui favorise l'opinion de
M. de Montesquieu. Tous les jours parmi nous des Lettres de restitution,
de grace ou de rémission sont délivrées au nom du Roi dans les
Chancelleries sur les plus faux exposés, & jamais qui que ce soit n'a
regardé ces Lettres comme le renversement volontaire des Loix de la part
du Souverain au nom duquel elles sont expédiées. Elles sont assujetties
à la vérification des Juges inférieurs, & les Préceptions étoient
également sujettes à cette vérification.

Lorsqu'_Andarchius_ eut obtenu les premieres préceptions, il les
présenta au Juge du lieu; ce Juge instruisit en conséquence le Procès.
_Ursus_ comparut devant lui, fut écouté, se défendit, _negavit ille vir
dicens quia neque te novi unde sis, neque aliquid de rebus tuis habeo_.
_Andarchius_, appréhendant un Jugement peu favorable, demande
l'évocation de la Cause en la Cour du Roi, _expetiit Ursum Regis
præsentia accersiri_; mais il ne paroît devant le Prince qu'après s'être
muni d'un _Bref de Serment_, afin qu'on ne pût pas lui objecter que les
faits de la Cause n'avoient point été suffisamment discutés devant le
premier Juge. C'est donc en conséquence de ce Bref que le Roi lui fait
délivrer de nouvelles préceptions. Ces préceptions enjoignoient au Juge
de décider la Cause, parce que dès qu'il paroissoit que le serment avoit
été prêté, & que ce serment contenoit le fait avancé par _Andarchius_,
rien ne devoit plus empêcher ce Juge de prononcer.

C'est tellement sous ce point de vue qu'on doit considérer l'affaire
d'_Andarchius_, que les Capitulaires de Clotaire I & II, cités par M. de
Montesquieu, attestent que l'ordre de procéder étoit tel que je viens de
le dire avant le regne de ces Princes.

Selon ces Capitulaires on avoit abusé sous les Prédécesseurs de Clotaire
I. de leurs préceptions; mais cet abus ne pouvoit leur être imputé.
Clotaire I[12], touché du désordre, & certain qu'il prenoit sa source
dans l'ignorance, la négligence des Juges & la mauvaise foi des Parties,
ordonne d'abord de garder dans _toutes les Causes la forme du droit
ancien, & que nulle Sentence n'ait son exécution, de quelque Juge
qu'elle soit émanée, si elle excede les bornes de la Loi & de l'équité.
Secundum jura forensia qui in precibus fuere mentiti, non illis prosint
quæ impetraverunt & ibi careant ipso scriptorum beneficio quo
perducentur rescripta, &c._[13].

     [Note 12: M. de Montesquieu s'est trompé, en disant que
     Baluse avoit mal-à-propos mis cet Edit sous le nom de Clotaire
     Ier. Ce Prince, en effet, n'y dit pas, comme l'a pensé l'Auteur
     de l'Esprit des Loix, que son aïeul avoit accordé des immunités
     aux Eglises. Il s'exprime ainsi: _Quæcumque Ecclesiæ .... à
     gloriosæ memoriæ præsatis principibus conlata sunt._ Il est
     visible que les Princes dont il parle sont Clovis son pere,
     Childebert son frere, auquel il succéda. Les guerres qu'il
     avoit eues à soutenir contre Childebert, la révolte de Chramne
     son fils, avoient troublé l'ordre judiciaire. Ce n'est pas
     _éclairer les Loix par l'Histoire_, que de faire dire aux Loix
     ce qu'elles ne disent pas, ou de représenter le regne le plus
     agité comme ayant été exempt de troubles. Clotaire Ier avoit
     donné à Chramne le _Gouvernement d'Aquitaine; ce dernier s'y
     étoit conduit si tyranniquement, qu'il y avoit de grandes
     plaintes contre lui_. La Constitution de 560 redressa tous les
     griefs.]

     [Note 13: _Capitul. ann. 870._ Balus. tom. 2, col. 236.]

Ainsi ce n'étoit pas pour _suspendre la pratique des Loix_ que le Prince
accordoit ses Préceptions; ce n'étoit pas pour condamner un coupable,
sans l'avoir entendu, ni pour _intervertir l'ordre des successions, &c._
Non, jamais nos Monarques _n'ont tiré du fonds de leur naturel des
usages si odieux & si tyranniques_; le but des Préceptions étoit
uniquement de rendre le Juge certain que la demande qu'elles contenoient
étoit approuvée du Souverain, en la supposant fondée sur le vrai, &
conforme au droit public. Dès que ces deux conditions manquoient, les
Juges étoient tenus de déclarer nulles les Préceptions; ce qu'ils
avoient négligé de faire avant le regne de Clotaire, & ce qu'il leur
enjoignit d'observer, _quæ si quolibet ordine impetrata fuerit
(licentia.) vel obtenta à judicibus, repudiata inanis habeatur & vacua._

Les Préceptions avoient, comme les Brefs Anglo-Normands, divers objets.
Tantôt elles permettoient d'instruire un Procès, quelquefois elles
dispensoient de la rigueur de la Loi par commisération ou par
quelqu'autre considération extraordinaire, mais légitime; plus souvent
elles procuroient aux Actes judiciaires ou aux Sentences une prompte
exécution. En tous ces cas l'examen des motifs des préceptions étoit un
préalable sans lequel elles n'auroient été d'aucun secours.

Ce qui a empêché jusqu'ici d'appercevoir la conformité qu'il y a entre
les anciennes Préceptions & les Brefs ou Lettres royaux des dix &
onzieme siecles, c'est que dans les premiers monumens de notre Histoire,
ces Préceptions portent indifféremment les noms de _lettres_, de
_préceptes_, de _préceptions_, de _jussions_, d'_autorités_, _&c._[14].
Cependant pour peu qu'on y fasse réflexion, on trouve que le titre de
_lettre_ est plus souvent donné à des ordres qui n'ont rapport qu'à la
sûreté des personnes auxquelles elles sont accordées. Le nom de
_préceptes_ désigne plus ordinairement la dispense d'une Coutume: ce qui
est bien éloigné d'une infraction arbitraire. Le nom d'_autorités_ étoit
affecté spécialement aux confirmations que nos Rois faisoient des
priviléges & des dons provenant de leurs Prédécesseurs ou des
libéralités des particuliers en faveur des Eglises. Et les _jussions_ ou
_préceptions_ avoient principalement pour but d'obliger les Magistrats
ou Gouverneurs des Provinces à faire exécuter une Loi, un Jugement ou
une Concession du Roi.

     [Note 14: _Præceptum est Diploma ceu Epistola qua licentiam
     alicui concedit, &c. Autoritas est Diploma Pragmaticum,
     præceptum Regium. Bignon. Not. Ad. L. 1, c. 14 & 19. Marculph._
     Voyez aussi _Appendic. 2. vol. Annal. Benedict._ Une Préception
     de Louis le Débonnaire, _de revocandis servis fugitivis
     Monasterii Farfensis, hanc autoritatem_, y est-il dit, _eis
     fieri jussimus_, & plus bas _has litteras relectas. eis reddere
     faciatis_, & ensuite _hanc nostram jussionem sigillari
     jussimus._]

Au reste, comme du nombre de ces divers Actes qui manifestoient les
volontés du Roi sur les affaires particulieres, & qui n'intéressoient
point la Police générale de l'Etat, ceux qui étoient les plus usités
furent rassemblés & conservés dans des Mémoriaux ou Rôles qu'on
appelloit _Brevia_ ou _Breves_[15], ces Actes prirent insensiblement ce
nom. Or, c'est sur-tout dans ceux de cette derniere espece que l'on
découvre le germe des Brefs dont les Loix Anglo-Normandes nous ont
conservé les Formules.

     [Note 15: On tenoit des Mémoriaux ou Brefs des biens que
     les Rois donnoient aux Reines. Capitul. ann. 793, col. 260,
     1. vol. Balus._ Les Commissaires du Roi, _Missi_, en tenoient
     aussi de ce qui se passoit lors de la publication des
     nouvelles Loix ou durant leurs Assises. _Capitul. 3, ann. 803
     nº. 25, col. 394, ibid. & Capitul. ann. 853. col. 55, Balus.
     2e vol._ Les formalités que l'on observoit en reçevant un
     serment étoient détaillées en un Procès-verbal qui
     s'appelloit Bref. _Formul. Sirmond, c. 31 & 41. Balus. col.
     486 & 492._ En un mot, on tenoit registre de tout ce qui
     émanoit du Souverain ou l'intéressoit. _Nitard. L. 4, pag.
     371._ Tout, jusqu'aux dépenses qu'il faisoit pour récompenser
     quelques-uns de ses sujets, étoit porté dans les _Brefs_ ou
     Mémoriaux. Sirmond, Not. ad Capitul. col. 765. Balus._]

De là le Bref _Non ponatis in defaltam de Glanville_[16] se retrouve
dans la vingt-troisieme Formule de Marculphe, L. 1er.

     [Note 16: Ce Bref a été ci-devant transcrit.]

_Cognoscat magnitudo seu utilitas vestra dum & nos ad præsens Apostolico
viro illo aut inlustri viro pro nostris utilitatibus ibi ambulare
præcepimus, ideo jubemus ut dùm illis partibus fuerit demoratus, omnes
causas suas suisque amicis an gasindis seu undecumque ipsi legitimo
redibit mittio[A], in suspenso debeant residere._

                                            [Marge A: Premisso.]

La vingt-huitieme Formule de Marculphe, du même Livre, n'a-t-elle pas
évidemment servi de modele au Bref _Præcipe quod reddat_? Voici cette
Formule.

_Ille Rex vir inluster illo Comite, fidelis Deo propitio noster ille ad
præsentiam nostram veniens clementiæ regni nostri suggessit eo quod
Pagensis vester ille eidem terram suam in loco nuncupante illo per
fortiam tulisset & post se retineat injuste & nullam justitiam ex hoc
apud ipsum consequi possit; propterea ordinationem præsentem ad vos
direximus per quam omnino jubemus ut ipso illo taliter constringatis
qualiter si ita agitur, hanc causam contra jam dicto illo legibus
studeat emendare, certe si noluerit & ante vos recte non finitur
memorato illo tultis fidejussoribus Kalendas illas ad nostram eum
omnimodis dirigere faciatis præsentiam._

La ressemblance est encore plus frapante entre le Bref _Quod posuit_ du
Chancelier Anglois[17], & la Formule vingt-une du premier Livre de
Marculphe. Le Bref est en cette forme:

_Rex Vice-Comiti vel alii Presidenti Curie illi salutem: Scias quod N.
posuit coram me vel Justiciis meis R. loco suo ad lucrandum vel
perdendum pro eo in placito illo quod est inter eum & R. de una carucata
terre in illa villa vel de alia aliquâ re nominatâ. Et ideo precipio
tibi quod predictum R. loco ipsius N. in placito illo recipias ad
lucrandum vel perdendum pro eo._

     [Note 17: Glanville, L. 11, c. 2.]

La Formule est ainsi conçue: _Fidelis Deo propitio ille ad præsentiam
nostram veniens suggessit nobis, eo quod propter simplicitatem suam
causas suas minime possit prosequi vel admallare, clementiæ regni nostri
petiit ut inlustris vir ille omnes causas suas in vice ipsius tam in
pago, quam in palatio nostro ad mallandum prosequendum que recipere
deberet, quod in præsenti per fistucam eas eidem visus est commendasse;
propterea jubemus ut dum taliter utriusque decrevit voluntas, memoratus
ille vir omnes causas sui, ubicumque prosequi vel admallare deberet, ut
unicuique pro ipso vel hominibus suis reputatis conditionibus, &
directum faciat & ab aliis similiter in veritate recipiat, sic tamen
quamdiu amborum decrevit voluntas._

Il seroit inutile de porter plus loin un parallele que tout le monde
peut facilement faire; mais il ne l'est pas d'observer que du Cange
l'avoit fait, lorsqu'à l'occasion des Loix de Henri Ier, Roi
d'Angleterre, il disoit: _Quod hic contemptus Brevium dicitur, despectus
litterarum Regiarum appellatur in Capitulis._ Du Cange n'avoit point,
comme M. de Montesquieu, un systême à établir, & par cette raison on
parvient plus sûrement avec lui à approfondir le véritable esprit de nos
anciennes Loix.

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_USAGE QUE L'ON PEUT FAIRE
À des Ouvrages de Flete & de Britton pour la discussion des points les
plus curieux de la Jurisprudence & de la Coutume de Normandie._

Littleton s'est principalement attaché à recueillir les maximes
fondamentales & originaires des Coutumes Angloises; & Britton s'est
borné à résoudre les difficultés qui de son temps faisoient l'objet le
plus ordinaire des Jugemens, soit que ces difficultés prissent leur
origine dans l'obscurité de la Loi, soit qu'elles résultassent de la
forme de procéder. De là ce dernier Auteur ne fait aucune distinction
entre les Statuts postérieurs à la conquête & ceux qui datent de cette
époque; c'est même particulierement sur les Statuts les plus récens
qu'il appuie ses décisions. Mais ces Statuts, beaucoup moins éloignés du
premier âge des anciennes Loix Normandes que les Commentaires les plus
anciens des Coutumes réformées qui régissent actuellement la Normandie,
peuvent servir beaucoup à rectifier les opinions que ces Commentaires
ont adoptées, soit sur l'origine, soit sur le vrai sens de ces Coutumes.

Britton débute dans son Traité comme l'Auteur des Institutes de
Justinien, je veux dire en parlant au nom du Souverain.

_Edwarde[A] par la grace de Dieu, Roi d'Angleterre, & Seigniour de
Irlande, à tous ses feals & ses Leauxs & ses Sujets pées & grace de
sauvacion._

L'Auteur emploie le même style dans tout le cours de l'Ouvrage, &c. On
peut faire quelques observations sur le Chapitre 17 de Trouveures. Il
est ainsi conçu:

_En droit de tresor musce en terre trove; de Wrekes[B] trove; de Wefs[C]
à nous appartenaunts, & d'Esturgons & de Balene & autres choses trove
que nous sount detenus que nos dussent estre; soit aussi ententivement
enquis & des nosmes des trovours, & en quels meyns teles troveures sount
devenues, & combiens ils vaillent; car tresor musce en terre, & trove,
volons que soit nostre, & si il soit trove en meer, a donques soit il al
trovour. Et volons que home qui le trovera en terre en face hastivement
à saver al Coroner del pays ou a Baillifs & le Coroner sauns delaye voet
en querre si rien en soit alloyne, & pur que ceo que purra estre trove
soit sauve à nostre oes[D] & les alloynours soient mis par meyn prises
jesques en eyre de Justices, & a donques volons nous que si nos Justices
pussent atteindre malice en les alloynours que les alloynours soyent
punis par prison & par fin[E]. Et si nule malice ne soit trove, a
donques soient punis par simples amerciamentes._

_De chose perdu & trove sur terre, volons nous que si le Seigniour de la
chose la demaunde dedens l'an & jour, & la pusse pruer estre sue[F], a
donques soit la chose delivre al demaundaunt. Et aussi soit à celuy que
le avera perdu, si il pusse averer la perte, & si nul eyt suy la chose
dedens l'an & jour, & cely que l'avera trove le eyt fait crier & publier
as Marches & as Eglises Parochyaines, a donques remeyne la chose al
trovour. Et Weifs ou estray[G] nient chalenge[H] dedens l'an & jour, si
soit au Signiour de la fraunchise, si il decele fraunchise eit este
saisi de droit, & si le Seigniour ne eyt fait crier tel beste trove,
solemnelement si come desuys est dit, a donques ne courge nul temps en
counte celuy a qui la beste avera este que il ne la pusse replevir a
quel houre que il voudra; & si le Seigniour le avowe pur sue, sieye le
demaundaunt action a demaunder sa beste coume a dire en fourme de
trespas ou de appeller de larcyn par mots de felonie, & lequel le
Seignour soit atteint de torcenouse detenue par une voye ou par l'autre,
si perdra il la fraunchise de estray aver a remenaunt[A], en droit de
Wreck de mer trove, volons que soit fait solonc la Ordinaunce de nos
Estatuts de Esturgon pris en nostre terre, volons que il soit nostre,
sauve al trovour ses mises & costages renables, de Balenes troves en
nostre poer, volons que la teste soit nostre, & la cowe[B] a nostre
compayne, solonc l'auncien usage._

                                            [Marge A: C'est Edouard I.]

                                            [Marge B: Wrekes _ex lingua
                                            Danorum à verro quod est
                                            traho_. Rouille. _Not. in
                                            cap. 17._]

                                            [Marge C: Wefs _res
                                            viduetæ_, qui
                                            n'appartiennent à personne.
                                            La Coutume reformee de
                                            Normandie les appelle
                                            _choses gaives_.]

                                            [Marge D: _Oes usus._]

                                            [Marge E: Composition.]

                                            [Marge F: Suivie,
                                            poursuivie.]

                                            [Marge G: _Extra hura_,
                                            _extra eri_, _extra jurie_,
                                            choses etrangeres au fonds
                                            où on les trouve, _extra
                                            jectæ_, _extra vectæ_.]

                                            [Marge H: Non reclamee.]

J'ai déjà remarqué que le Chapitre 102 de Britton traite du Douaire, &
que le 102e de l'ancien Coutumier Normand a aussi le Douaire pour objet.
Or, le 17e Chapitre de cet ancien Coutumier contient, comme le 17e de la
Compilation de Britton, toutes les maximes relatives au Vareck. Cette
conformité ne peut être raisonnablement attribuée au hazard, puisqu'elle
se remarque, non-seulement dans l'ordre, mais encore dans le fond des
choses traitées dans les deux Ouvrages. Il faut cependant l'avouer, le
Compilateur Normand n'a pas été si attentif que Britton à nous faire
connoître la nature des droits des Seigneurs: ce que Britton dit du
Vareck & des choses gaives, le prouve. Selon cet Auteur, les Seigneurs
ne jouissoient originairement que par _franchise_ des choses gaives. Ils
ne tenoient point ce droit de leurs fiefs, mais d'une concession
particuliere du Souverain, & encore falloit-il que celui qui avoit
trouvé l'_estray_ eût négligé de le proclamer, afin que ces Seigneurs en
profitassent: voilà donc la raison de ce que jamais les Juges des
Seigneurs n'ont connu ni du Vareck ni des Epaves en Normandie, & de ce
que ces droits y ont toujours été du ressort des Juges royaux.

                                            [Marge A: Dans la suite.]

                                            [Marge B: _Cauda._]

L'Art. 602 de la Coutume réformée excepte du Vareck la _Baleine_. Cette
décision est contredite par Britton & par l'ancien Coutumier, qui
comprennent expressément sous le nom de Vareck _tout Poisson qui par lui
vient à terre, & y aura été prins_. Ceci vient de ce que les
Réformateurs du Coutumier ont consulté & suivi Rouillé sur cette
matiere. Il soutient, en effet, on ne sçait par quel motif, que _la
Baleine n'est pas un Poisson royal_. Pour bien connoître l'esprit de
l'ancienne Législation Normande, il est étonnant qu'on n'ait pas eu
plutôt recours, lors de la réformation, aux Ecrivains Anglois qu'à ce
Glossateur. Que de lumieres, par exemple, le Chapitre 30 de Britton
n'auroit-il pas répandu sur les fonctions des anciens Jaugeurs, sur
leurs droits, sur la continence & l'espece des mesures anciennes usitées
en Normandie, dont la Coutume réformée de Normandie ne dit rien!

_Nous volons, ce sont les termes de ce Chapitre, que nul ne eyt mesure
en notre Realme forsque nous, mes que chescun preigne ses mesures & ses
peys[A] de nos estendars[B], si come de Bussels, Galons, Lievres[C],
Aunes, & teles autres mesures ...._

_Et come nous ayons les estendars & les ensamples[D] de nos peys & de
nos mesures baille a garder a ascun de nos Ministres, volons que celuy
Ministre eyt le poer[E] & la conisaunce de faux peys & fause mesures
par-tout notre verge ou que nous seons en nostre tere dedens fraunchises
& dehors, & de arder[F] quant que il trovera faux, de amercier[G] & de
autrement punir ceux que teles mesures ou ceux peys ount use & luy avons
assigne a deliverer les estendars a tous ceux que aver les vodront dount
la livre peise vingt sols en deniers countaunts le aune de deux coutes
esprouves, & le bussel conteigne deux cents livres de deniers & le galon
vingt-six livres. Les Marchaunts eient nequedent lour peys quant aver
desuent de peys solonc lour usages, & quant le Ministre de mesures doit
faire son office, si le face en cette maniere._

_Et primes voet avesque ses estendars de marche en marche de quant que
il trovera de marches dedens la verge, & tauntost face vener les
Baillifs devaunt luy a faire ceo que il lour enjoindra de par nous._

                                            [Marge A: Poids.]

                                            [Marge B: Etalons.]

                                            [Marge C: Livres.]

                                            [Marge D: Modeles.]

                                            [Marge E: Pouvoir.]

                                            [Marge F: Brûler.]

                                            [Marge G: Condamner à
                                            l'amende.]

                                            [Marge H: Boulanger.]

_Et si eux ne voillent vener, ou si ils veignent & ne voillent a luy
estre entendaunts, soit la fraunchise del marche prise en nostre meyn,
si autre de nous la teigne, & si ils soyent nos Baillifs soient punis
par prisons & par fyns. Et si les Baillifs veignent solonc ceo que faire
deyvent, a donques leur soit enjoint que ils facent vener devaunt luy
tous les bussels & demi-bussels & quartes & galons & demi-galons &
toutes les autres mesures dount l'en ad achate ou vendu en tele Ville &
de chescun pestour[H] un pain de chaque manere, & trestous les pestours
& toutes les Braceresses de la Ville & les Taverners & les autres bone
gents de la Ville par queux il purront enquerre la vérité de son Office,
& ceux que seront somouns & ne venent mye & lour semounse soit tesmoine
soient en la mercy. Et come ils serount venus devaunt luy tauntost face
jorer douze des plus prudes homes que eux verite presenterount des
articles dount ils seront chargez de par nous, &c._

Dans le grand nombre de Remarques, auxquelles ce passage pourroit donner
lieu, il y en a une qui me paroît mériter une attention particuliere.
Nos premiers Rois avoient établi les mêmes mesures & le même poids pour
tous les lieux de leur domination; les matrices en étoient conservées
dans leurs Palais[18]. Cependant ces mesures & ces poids éprouverent
dans la suite beaucoup de variations[19]. Le 6e Concile de Paris, en
828, L. 3, c. 2[20], nous apprend que presque chaque Province avait
alors sa mesure & son poids particuliers, _in diversis Provinciis
diversæ ab omnibus pene habeantur (mensuræ)_. Charles le Chauve, en 864,
ordonna donc à ses fideles de ne tirer leurs mesures que de son Palais,
selon l'ancien usage; mais en même-temps il leur défendit d'exiger de
leurs vassaux le Cens ou autres Redevances à une mesure plus forte que
celle sur laquelle ces vassaux avoient coutume de se régler[21]. Des
personnes furent préposées pour la vérification des poids & des mesures,
& elles avoient seulement le droit d'inspecter les mesures dont on se
servoit dans le domaine du Roi, & non pas celles des Seigneuries
particulieres. Or, nous trouvons la même police pour les poids & mesures
établis chez les Anglo-Normands.

     [Note 18: _Capitul. ann. 806, col. 456. Balus. 1er vol.
     Capitul. ann. 800; col. 1333, art. 9. Ibid._]

     [Note 19: _Capitul. ann. 814, art. 44, col. 518, ibid._]

     [Note 20: _Balus. Addit. 2 Capitul. col. 1142 & 1143._]

     [Note 21: _Capitul. art. 20, col. 182, 2e vol. Balus._]

Dans un Aveu rendu à la Chambre des Comptes de Normandie le 5 Juillet
1578, Antoine le Senéchal dit avoir un _quart de Fief-Noble en la
Paroisse de Notre-Dame d'Arques, nommé le Fief de l'Ardeniere.... à
cause duquel Fief il a droit quand le Roi vient, pour sa premiere &
joyeuse venue audit lieu, d'avoir la coupe ou hanap en quoy il boit, &
le doit servir. Il déclare aussi avoir droit de prendre tous les grains
qui sont mis en provision audit Château d'Arques; tous les vins, cidres
& cervoises qui demeurent, deux paulmes au-dessus du jable du bas & tous
les lards à demi-pied de la penture, & que s'ils chéent par défaut
d'être bien pendus, ils sont siens à raison de ce qu'au Bois de
l'Ardeniere l'on peut prendre les harts à pendre lesdits lards. Item, à
cause dudit quart de Fief de l'Ardeniere, continue-t-il, j'ai le droit
du gauge des poids, aulnes & mesures tant de grains, de breuvages que de
toutes autres liqueurs de gauge, même sceller & adjuster lesdites
mesures par-tout le Bailliage de Caux & ressort, à raison de ce que la
situation & place dudit Château d'Arques est assise à l'estente & dedans
mondit Fief, si ay droit de visiter par-tout le Bailliage de Caux &
ressort d'icelui toutes les mesures deux fois l'an, & si ay droit de
gauger les barils des Brasseurs estans audit Bailliage & ressort deux
fois par chacun an, & pour ce faire me doyvent un baril de Boisson de la
Boisson qu'ils vendent ou brassent, ou la valeur qu'ils la vendent au
travers ou autres gens. Item, à cause dudit Fief j'ai droit sur tous les
Gaugeurs de Normandie eux disans avoir le droit du Roi par tous les
Bailliages du pays gauger, & sceller leurs mesures & poids, & en prendre
le droit comme souverain pour le Roi. Et ai droit de faire visitations
par-tout le pays une ou deux fois l'an, & prendre les émolumens,
profits, forfaitures & amendes, ainsi comme à l'Office de Gaugeur
appartient.....& si ai droit de visiter les mesures de toutes autres
manieres de gens qui vendent audit Bailliage & ressort qui vendent à
peix & mesures._

De ce titre il résulte que de tout temps les Seigneurs du Fief de
l'Ardiniere avoient eu le _droit du gauge par-tout le Bailliage de
Caux_, & en outre ce _droit sur tous les Gaugeurs de Normandie qui
disoient avoir le droit du Roi dans les autres Bailliages_. Ces
Seigneurs, par conséquent, n'avoient que l'inspection des mesures &
poids royaux. Les mesures particulieres des Seigneuries étoient exemptes
de leur vérification; & de-là, d'un côté, cette grande diversité que
l'on remarque encore entre les mesures auxquelles les Redevances
Seigneuriales se payent, sur-tout en Normandie; & d'un autre côté, la
mesure royale, dont les Seigneurs de l'Ardeniere conservoient les
matrices, n'a pas dù varier: aussi est-il constant que la mesure
ancienne d'Arques est encore la même que celle des Anglo-Normands.

Le boisseau, du temps de Britton qui vivoit dans le milieu du treizieme
siecle, contenoit, suivant cet Auteur, deux cens livres, & la livre
pesoit vingt sols. Ainsi sa Nation n'avoit point changé, jusqu'à lui, la
livre connue sous les deux premieres Races de nos Rois, cette livre de
vingt sols étoit de douze onces, _duodecim unciæ libram viginti solidos
continentem efficiunt_[22].

     [Note 22: _Annal. Benedictin. ann. 1026._]

Les variations que l'altération des métaux occasionna dans leur valeur
durant les Croisades, entraînerent après elles nécessairement le
changement des mesures. _Jusqu'à Saint Louis on peut évaluer_, selon la
Remarque de M. de Villaret[23], _aux trois quarts la quantité de métal
qui étoit sorti de France, & le quart qui y resta devint le signe
représentatif de la même valeur_. Si les François furent forcés de se
contenter de ce _signe_ pour le commerce intérieur du Royaume, les Etats
voisins, qui étoient plus riches en argent, pour ne point participer aux
pertes de la France, durent nécessairement proportionner leurs poids &
leurs mesures, en trafiquant avec les François, à la valeur effective de
la monnoie qui avoit cours parmi ces derniers. A ce moyen le boisseau de
bled Anglois, du poids de deux cens livres, la livre de douze onces, se
trouva réduit au quart pour la France, c'est-à-dire, à cinquante livres
de douze onces. Or, chaque once du boisseau Anglois ne contenoit que
quatre cens quatre-vingt grains; au lieu que la livre Normande de seize
onces étoit composée de cinq cens soixante-seize grains à l'once. En
comparant donc les cinquante livres du boisseau de Britton au boisseau
actuel d'Arques de seize pots, chaque pot de deux livres quinze onces,
on trouve que ce dernier boisseau pese quarante-sept livres en bled, &
que chaque livre excede de six onces la livre du boisseau de Britton.
Conséquemment la livre du boisseau de Britton n'étoit que de dix onces
d'Arques; d'où il suit que le boisseau de Britton, composé de cinquante
livres de dix onces, étoit équivalent à trente-une livres quatre onces,
ou bien à dix pots chopine & demiart mesure d'Arques: ce qui est
conforme au Procès-verbal dressé de cette mesure en 1634, à un tiers de
demiart ou une once cent quatre-vingt douze grains près: différence peu
essentielle, lorsqu'on considere que le poids doit varier selon les
grains avec lesquels on mesure. Un bled plus ou moins sec est plus ou
moins pesant. C'est cette considération, sans doute, qui a déterminé le
Parlement de Normandie à ne suivre dans ses Arrêts ni le Procès-verbal
de 1634, ni celui de 1614, par lequel le boisseau d'Arques étoit fixé à
dix pots demion & demiart. La Cour, en déterminant irrévocablement par
ses Arrêts la continence de ce boisseau à dix pots, a coupé pied à
toutes les difficultés que la variation dans le mesurage auroit pu faire
naître.

     [Note 23: Tom. 14, ann. 1422, pag. 197.]

Il faudroit donner une édition complette de Britton pour faire connoître
l'abondance des secours qu'on pourroit en tirer. Mais en attendant que
parmi les personnes consacrées au Barreau de Normandie il s'en trouve
qui ayent assez de zèle & de loisir pour se livrer non-seulement à cette
entreprise, mais encore à celle de l'édition des Ouvrages de tous les
autres Jurisconsultes Anglois qui ont écrit sur le Droit Anglo-Normand,
le Lecteur, je m'en flatte, me sçaura gré de lui offrir encore ici
l'extrait de quelques décisions de Britton sur des matieres fréquemment
agitées, & que nos Coutumes anciennes & réformées ne paroissent pas
avoir suffisamment éclaircies.

La Coutume réformée, Art. 195, porte que les _terres d'alluvion
accroissent aux Propriétaires des héritages contigus, à la charge de les
bailler par aveu aux Seigneurs du fief, & d'en payer les droits
Seigneuriaux_. Britton s'explique d'une maniere plus satisfaisante à cet
égard. Il distingue les cas où un fonds est légitimement ou injustement
augmenté par l'alluvion; il établit le droit des Seigneurs à l'égard de
l'alluvion sur les principes les plus incontestables.

_De choses nient moebles comunes en nuly possession troves, purchases
l'en[A] ausi en plusours maneres._

                                            [Marge A: On l'acquiere.]

                                            [Marge B: Eau.]

_Une manere si come par substraction de ewe[B], dount ascun soil[A]
acrest par petit & par petit, si les terres ne soient mie boundes[B]
entre veisins. Mes issint ne serra ceo mie en hastives encres[C]: car si
la force de ascun flot court à un veisin en partie de son soil, par quoy
le soil lauter veisin encrest de aultre part de lewe, en tiel hastive
encres ne puist home rien perdre (si la Ryvere ne soit brace de la meer)
que le soil ne soit a recoverer par Assise, si le verrey possessour soit
deforce, si la négligence ne luy desturbe. Mes si lencres eyt este si
soutil[D] que nul ne poet voier ne apperceyver cel encres que luy eit
estre encru par Proces de temps si come en plusiours ans, & ne my en un
jour, ne en un an, & la chanels[E] & le cours del ewe se remue devers le
perdaunt, en tiel cas remeynt cel encres le purchas & le fee & le
fraunktenement al purchassour, si certeynes boundes ne soient troves. Et
par le encres de mesme encressent les Seignorages & les fees des
Seigniours, & purront les Seigniours destreindre en tiels encres aussi
bien come aillours en son fee sauns tort faire[24]._

                                            [Marge A: Sol.]

                                            [Marge B: Bornées.]

                                            [Marge C: Accroissement,
                                            hâtif, précipité.]

                                            [Marge D: Subtil, subit.]

                                            [Marge E: Chenal.]

     [Note 24: Britton, c. 33.]

Que ce passage eût été connu de _Godefroy_, il ne se seroit pas fait
cette objection: _Si les alluvions & accroissemens ont lieu pour les
terres des Propriétaires bornées & limitées_, ou du moins il n'auroit eu
garde de la réfoudre, comme il a fait, en attribuant à la Coutume
réformée de Normandie d'avoir en l'Art. 195, _accordé les alluvions aux
Propriétaires des terres contiguës sans distinction si elles sont
limitées ou non_. L'antiquité du témoignage de Britton auroit
probablement engagé ce Commentateur à rechercher si les Réformateurs de
la Coutume Normande auroient pu avoir quelques motifs pour s'écarter de
l'opinion de cet Auteur. Et de cette recherche il auroit résulté que
l'opinion de Britton lui auroit paru essentiellement liée avec les
principes sur lesquels le droit d'alluvion est fondé. En effet,
l'alluvion n'appartient au fonds qui s'y trouve contigu, que parce qu'il
est présumable que le changement du courant d'une Riviere, qui partage
deux fonds, a pu détacher originairement de l'un de ces fonds la partie
de terrein qui dans la suite des temps vient s'y rejoindre. A ce moyen
l'alluvion est moins considérée comme un accroissement pour ces fonds
qu'une restitution qui leur est faite des portions dont le déplacement
de l'eau les a dépouillés alternativement. Mais dès que l'un des fonds
est borné, la présomption qu'il ait souffert quelque perte
antérieurement à l'alluvion ne peut plus subsister, & conséquemment on
n'a pu avoir aucunes raisons pour anéantir, lors de la réformation, la
maxime qui avoit privé jusqu'alors du bénéfice de l'alluvion les fonds
dont les bornes étoient certaines. Au reste, cette maxime n'a pas
seulement dû être conservée par les Réformateurs des Usages Normands, à
cause des appuis qu'elle fournit au droit des Riverains sur l'alluvion,
elle l'a dû être encore relativement à la preuve qu'on en peut tirer de
la légitimité des droits des Seigneurs sur les accroissemens qui se font
aux terreins qu'ils ont inféodés: car la présomption qui a lieu en
faveur du fonds donné à fieffe est égale pour le fief d'où ce fonds
releve. Dans le voeu de la Loi ce que le vassal perd de son terrein par
la position & la nature du terrein même, la Seigneurie doit le perdre
aussi. Quand donc la perte est réparée, les droits du Seigneur doivent
nécessairement revivre.

Britton n'est pas moins intéressant lorsqu'il discute les effets de la
Foi & Hommage[25].

     [Note 25: Ch. 68]

_Volons_, nous dit-il, _que chescun Seigniour preigne homage de trestous
les parceners masles & femesles si il le voille aussi come de un heire;
& cel homage ne soit tenu forsque un soul homage par la unite de droit_.
Il établit la même doctrine à l'égard de la Féauté. _Nul parcener ne son
issue ne jurge feaulté sinon à son eyne parcener, si le Seigniour ne
voille eins soit en l'Election le Seigniour à prender tiels services
parmy une meyn ou parmy les meyns de tous les parceners. Car autrement
prendroit il les gardes & les mariages des aultres parceners._

Voilà donc la raison de la différence que la Coutume réformée de
Normandie met entre les puînés mâles & les soeurs puînées parageres. Si
la majorité de l'ainé mâle tiroit originairement, comme aujourd'hui, les
puînés de la garde du Seigneur; & au contraire, si les filles mineures
restoient en garde nonobstant que leur soeur aînée en fût sortie,
c'étoit parce que l'aîné des mâles étoit seul propriétaire du fief, au
lieu que les parcenieres avoient chacune leur part du fief en propriété.

Britton, à l'égard du desaveu qu'un vassal fait de son Seigneur,
s'explique ainsi: _Et mesme l'action eyt le Seigniour vers le tenaunt;
come son tenaunt avera fait homage a autre que a luy, lequel il duist
aver fait a luy, & issint fraude & malyce soit attaint. Et aussi si il
eyt fait homage a autre que a luy a tort, puisque il avera fait son
homage a luy a droit. Mes si le tenaunt l'eyt fait par destresse de
autre ou par foly & nient par malice, en tiel cas volons nous que l'en
face venir les Seigniours & le tenaunt en notre Cour, & la soit discus
que avera meillour droit en l'homage. Et celuy que droit avera recouvre,
& que tort avera soit puny._

Ces distinctions, on le voit, forment la base de la Jurisprudence
actuellement suivie en Normandie sur les matieres des commises & des
débats de tenure. Quand le vassal, de propos délibéré, viole la foi
promise à son Seigneur, ce dernier a contre son homme une action pour le
faire punir de sa fraude. La tenure rentre en la main du Seigneur, & est
réunie à son domaine; lorsqu'au contraire le vassal a avoué un autre
Seigneur que celui duquel il releve, soit par erreur, soit parce que cet
autre Seigneur l'y a contraint, alors les deux Seigneurs doivent
discuter leurs droits respectifs en Justice, sans que le vassal encoure
aucune peine, quel que soit l'évenement de leur contestation.

Notre Auteur nous apprend encore que si les Ecclésiastiques, pour les
fonds qui leur étoient aumônés, ne faisoient que serment de féauté sans
hommage, _ils faisoient ascune foits a lour Seigniour un paye a la
double value de lours services de un an en remembrance de reliefe au
chiefe de chescun trente ans_. _Si come_, ajoute-t-il, _est en Normandie
l'en fait de commun usage_.

Ainsi le droit d'indemnité, dû aux Seigneurs par les Ecclésiastiques,
n'est pas une invention nouvelle.

Combien d'autres usages ou maximes dont cet Auteur constate l'antiquité.
_Roixs_, selon lui, _ne purrount rien aliener en droit de lour Corone ne
de lour royalte que il ne soit repealable par lour_ _Successours.
Suffrable chose nequedent est que Baronies & aultres demeynes
fraunchises soient par Roys grauntes en un cas pur aumosne, & en autre
cas pur aver Prelats & autres sages gens du Realme de lour Counseil,
issint que ils soient au Roy entendaunts respounables & justiceables, &
en autre cas en fee ferme sicome cytes Burghes & autres demeynes, &c._

L'époque où le domaine des Rois a été irrévocablement regardé comme
inaliénable remonte donc bien au-delà de celle qu'on lui a fixée
jusqu'ici. Britton donne dans le Chapitre 18 le détail des droits
domaniaux qui existoient de son temps; les précautions les plus
scrupuleuses y sont prises pour la conservation de ces droits.

_Et quant a nos fees soit enquis (par nos eyres) de Eglises Cathedrales,
Perochiales & Religions & de mesons de Religion & de Hospitals en cel
counte quex sount de nostre avouson, & quex deyvent estre, & ne sount
mie; & par quex ils ount este suffrets, & coment & quex demeynes nous
tenons en nostre meyne en cel counte, & quex autres demeynes nous &
autres tenons de auncienes demeynes de nostre Corone, & quex de eschetes
& de purchas, & qui teles terres tiendent autre que de nous, & combien
les terres vaillent severaument[A] a la very value, & de demeynes que
deyvent estre nos que ne sount mye, coment eux ount este alloynes & par
quex, & qui les tient. Et auxy des fees & des avousons des Eglises, & de
hundreds que deyvent estre tenue de nous en chiefe, & ne sount mie
coment ils ount este alloynes, & qui les tient, & puis quel temps, & de
lour verey value, & del counte par an, & combiene le Visconte nous rent
par an de ferme, & combien des hundreds sount en nostre meyn, & combien
chescun hundred vaut, & combien les Baillifs rendent par an a nous, ou a
autre. Et aussi de aumosnes & de services dues a nous, si ils eyent este
sustrets, & par quex, & combien de temps. Et aussi de sutes[B] dues a
notre counte & a nos hundreds, & a nos maners, & a tours de nos
Viscontes, & a nos veues de fraunkplege, & a nos molyns, si eles eyent
este faites pleinement; & si non, coment eux ount este sustretes, & de
quel temps, & par quex, & ausi de tous services dues a nous de droit. De
eschetes que nous duissent eschier par la felonie des felons, ou par la
mort de nos tenaunts sauns heire, ou par ascun manere de revercion, par_
                                            [Marge A: Séparément.]

                                            [Marge B: Suites.]
_ascun manere de revercion, & de terres de Normauns & de felons que
tiendrent de nous en chiefe alienes puis lour felonies faites, que
dussent estre nos eschetes; soit aussi ensquis qui les tient, & de quel
temps, & combien ils vaillent par an en touts issues a la very value. Et
aussi de terres & tenements alienes par felons & autres tenaunts puis
lour felonie faite, dount notre gree nad mye este fait, del an & del
Wast, de Countes, Baronies, fees de Chivaller, grands Serjaunties, &
petites, desmembres sauns counge de nous, coment ils sount tenus, & qui
les tient, & de qui, ou de nous en chiefe ou par meen[A], & si rien nous
soit arrere de nul service ou de profyt que nostre duyst estre de droit,
& si pleynement come les gardes & les mariages, & homages, & reliefs, &
heires par tout ou aver les duissons de droit, ou sinon par qui ils nous
ount este sustrets & de quel temps, & combien ils vaillent par an. Des
enfaunts masles, damoyseles & vedves, qui mariages duissent estre nos,
maries sauns conge de nous, & quant de fees & a queux, & combien que
cest que lour terres vaillent par an. Et aussi soit enquis de toutes
maneres de purprestures faites sur nous de terres & de fraunchises &
ceux que serrount presentes deforceours & purprestures par fresche force
puis le eyre, crie; si soient somons de vener a certein jour a respondre
de lour tort, & soit le Proces tiel, come de play de terre par nos Brefe
solon la nature del graund cape[B], & del petit, & ceux deforceours, en
les autres articles avaunt dits soient auxi somons. Et come ascun appara
en Court, & die que il trova son auncestre seisie, & ceo puisse averrer,
si cesse la aemaunde sauns Brefe, & ceux que serrount assignes a pursuer
nostre droit, hastivement maundent quere Briefe de Droit que en appele
Precipe quod reddat nobis sur les deforceours. Et si le Brefe soit
purchase sur ascune chose appendaunte a nostre Corone come sount
auncienes demeynes, si ne soit nul temps limitte en counte countant. Et
si les tenaunts se voillent mettre en enqueste en fourme de graund
Assise a ceo ne soient point resceu sauns lassent de nous & de nostre
Conseil si nos Attournours en ceo cas ne sachent les verdits passer pur
nous. Car nous somes tenus de repeler les droits de nostre Corone a
torts alienes, en lesquex droites nul ne se doit eyder par exception de
non tunure. Mes list[C] a chescun de soy eyder par garaunt vocher & par
                                            [Marge A: Moyen.]

                                            [Marge B: Cape nom d'un Bref
                                            de prise-de-corps.]

                                            [Marge C: Est libre, licet.]
exceptions renables solonc ceo que dit serra entre les exceptions. Et si
Brefs soient purchaces pur nous sur eschetes ou terre purchaces alienes,
ou de autres choses que ne sount mie appartenauntes a la Corone, en tiel
cas ne volons nous mye que home counte de plus haut temps que de Brefe
de Droit, & prescription de ceux courge encontre nous come encontre
autres del people. Nos eschetes deforces soient demaundes par Briefe de
Droit. Et quant a sutes a nous estretes, courgent destresses; car taunt
de prerogatyfes volons nous aver par les graunts delays que il y ad en
Brefe de Customes & de Services. Quant a nos fees desmembres tenues de
nous par mesne puis le darreyn eyre, volons que tiels fees soient pris
en nostre meyn, & que le Visconte nous respoigne des issues, & que point
lour soient rendus sauns nous. Et quant a gardes & mariages a nous
detenus, volons que tauntost soient pledes tout sauns Brefe & courge[A]
la penaunce encontre les deforceours solonc la ordynaunce de nos
Estatuts; & volons que chescun sache que si home moerge que avera
tenement de nous par fee de Chivaller & de graunde Serjauntie lequel que
il eyt tenu de auncienes demeynes de la Corone ou de eschete ou de
purchas, qui heritage cheyt apres sa mort a plusiours filles come a un
heire, que de toutes les filles volons aver le mariage a touts les foits
que eux serrount a marier, & aussi de toutes les vedves, qui Seigniours
averount tenus de nous en chiefe. Et si presente soit que ascun soit
marie sauns conge de nous que soit masle, soit femele qui mariage a nous
appent, tauntost soient seisies en nostre meyn toutes ses terres &
toutes les terres lours barons, & le Visconte nous respoyne des issues &
sauns nous lour soient poient rendus. En droit de purprestures volons
nous que les noysaunces soient oustes as costages de purprestours, & les
suffrables soient pris en nostre meyn, & la value par an soit enroule, &
solonc la discretion de Tresorers & des Barons de nos Eschekers soient a
rentes a fee ferme a ceux que plus vodront doner._

                                            [Marge A: Et coure la
                                            peine.]

Il paroît par ce Texte que tout ce qui appartenoit au Souverain, chez
les Anglo-Normands, n'étoit pas inaliénable; qu'en certains cas les
particuliers acquereurs de biens domaniaux devoient être garantis dans
leurs acquisitions. Qu'en d'autres cas cette garantie n'avoit point
lieu; & c'est aussi ce que l'Auteur du Recueil connu sous le titre de
_Fleta_ nous enseigne: _De terris tenementis Regis_, dit-il, _secus
erit. Refert illæ utrum terræ fuerint Dominicæ terræ Regis, ex antiquo
Coronæ annexæ vel de eschaeta, vel perquisito quia de antiquis maneriis
per Prædecessores Regis alienatis currit tempus contra Regem sicut
contra alium, terras vero suas de eschaeta vel perquisito dare poterit
Rex & licita alienare, & de hujusmodi terris ad escambium, vel
Warrantizare si per Prædecessores suas expresse fuerit obligatus alias
vero terras alienatas non tenetur Warrantizare sed potius revocare_[26].

     [Note 26: Flet. L. 3, c. 6, ss. 3.]

Une chose cependant doit surprendre dans les Textes de Britton & de
Flete: c'est que dans Britton, mort dès 1275, on trouve
_l'inaliénabilité_ du domaine déjà établie; tandis que, selon Flete,
elle n'a dû être connue que depuis 1279, temps auquel ce dernier fixe
une Assemblée tenue à Montpellier entre tous les Souverains qui vivoient
alors: _Res quidem_, je copie les termes de Flete, _Coronæ sunt antiqua
maneria, Regia homagia, libertates & hujusmodi quæ cum alienentur,
tenetur Rex ea revocare secundum provisionem omnium Regum Christianorum
apud montem Pessoloniam anno regni Regis Eduardi filii Regis Henrici
quarto habitum_. Mais l'étonnement cesse quand on observe qu'à
l'exception de Flete il n'y a pas un seul Ouvrage mis au jour dans le
temps où ce Recueil suppose que le Colloque de Montpellier a été tenu
qui en ait fait mention; & qu'au contraire nous avons plusieurs actes
émanés des Souverains d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne, &c.
postérieurement à cette prétendue Assemblée, qui contiennent ou
l'aliénation ou la confirmation d'aliénations faites par eux de diverses
portions de leur domaine; d'où il faut conclure que cette Assemblée est
imaginaire, & que n'en ayant jamais existé d'acte autentique, l'Auteur
du _Fleta_, qui étoit, lors de la composition de son Livre, dans la
Prison que le titre de ce Livre désigne[27], a été trompé, comme Selden
l'a pensé, par de faux rapports de la part de quelques personnes qui
avoient assisté au Concile tenu à Lyon en 1274.

     [Note 27: _Imponi sibi passus est procul dubio carcerius
     noster seu Fletæ autor, &c. ad Fletam Dissertat. Selden, pag.
     551._]

Ces gens-là avoient sans doute fait envisager à cet Auteur la fermeté
avec laquelle Jacques, Roi d'Arragon, avoit soutenu qu'il ne devoit pas
payer au Pape le tribut que son père s'étoit engagé de donner tous les
ans au Saint Siége, comme la suite d'un Concordat que tous les
Souverains qui avoient assisté à ce Concile avoient fait pour la
manutention de leur domaine, quoique dans le Concile il n'y eût eu
aucune résolution prise à ce sujet.

On peut juger par le petit nombre, mais en même-temps par l'importance
des objets que Britton vient de nous offrir, & que je n'ai fait
qu'indiquer de quelle utilité pourroit être la lecture de cet Auteur
pour l'éclaircissement de notre ancienne Législation; il n'est cependant
point comparable, à beaucoup près, au Compilateur du _Fleta_ que je
viens de citer. Celui-ci a rassemblé, comme sous un seul point de vue
sur chaque matiere, les Statuts, les décisions qui étoient épars dans
tous les Diplomes des Rois & dans les Traités des Jurisconsultes qui
avoient paru avant lui; & quoiqu'il fût très-instruit du droit Romain,
il n'en a fait ordinairement usage que pour suppléer à ce que les
Coutumes Anglo-Normandes avoient omis de décider, & encore ce n'a été
qu'autant qu'il a trouvé que les Loix civiles pouvoient se concilier
avec l'esprit dans lequel les usages auquel il les faisoit rapporter
avoient été primitivement institués.

Son Ouvrage est divisé en six Livres. Sa diction est claire; son style
concis; les Chapitres de chaque Livre forment autant de Traités complets
du sujet que leur titre annonce. Après avoir dit quelque chose de cet
Ecrivain, nous parcourerons quelques endroits de son Livre où il s'agit
de matieres que ni Britton ni Littleton n'ont discutées, ou que ces
Auteurs n'ont pas assez approfondies.

Au Livre 2, c. 50, sect. 16 de Flete, il est parlé des priviléges des
Templiers & des Hospitaliers. Or, ces Religieux étoient fort renommés
sous Edouard Ier & ils furent anéantis dès le commencement du regne
d'Edouard II. On doit donc faire remonter au temps du premier de ces
Princes l'existence du célebre Jurisconsulte, auquel, pour plus de
facilité, je donnerai à l'avenir le nom de sa Collection. Cette preuve,
que j'emprunte de Selden[28], n'est pas la seule dont il appuie son
opinion sur l'antiquité de Flete. Dans le Livre 2, ch. 66 de cet
Ouvrage, il est fait mention d'un Rescript de Henri qui y est dit pere
du Prince, au nom duquel Flete prescrit des regles de procéder. Il ne
peut être assurément là question que de Henri III, dont Edouard Ier
étoit le fils. Et en effet, dans le même Livre 2, c. 64, Flete avoit
cité un Statut _de Mercatoribus_, lequel a été constamment dressé dans
le Parlement de Westminster en la trente-troisieme année du regne
d'Edouard Ier; enfin dans le même Chapitre 66, Henri II est désigné
comme aïeul du Roi, par les ordres duquel Flete écrit: ainsi il n'est
plus permis de douter raisonnablement de l'époque sous laquelle la
Collection de _Flete_ doit être placée. Il n'en est pas de même du nom &
de la profession de celui à qui nous sommes redevables de cette
production.

     [Note 28: Dissertat. ad Flet. caput decim. sect. 2, pag.
     546.]

Plusieurs Ecrivains parlent d'un Guillaume Flete ou _Fleta_, Anglois de
nation, & qui professoit la Regle des Hermites de Saint Augustin, & qui
a publié quelques Ouvrages de Théologie; mais il est constant que ce
Moine vivoit sous Richard II, vers la fin du quatorzieme siecle, date
qui ne peut s'accorder avec celle que les passages de Flete forcent de
donner à sa Compilation. D'ailleurs dans la Préface de ce Recueil on
trouve: _Tractatus autem iste qui Fleta merito poterit appellari, quia
in Fleta, de jure Anglicorum fuit compositus_; ce qui démontre que
_Fleta_ n'est pas le nom de l'Auteur, mais le titre de l'Ouvrage, & que
l'Ouvrage n'a porté ce titre qu'à cause du lieu où il a été composé. Ce
lieu est connu, c'est une Prison appellée en Anglois _The Fleet_, _la
Flotte_, par allusion à ce qu'elle paroît flottante sur la riviere où
elle est assise.

Selden nous apprend que sous Edouard Ier plusieurs Jurisconsultes des
plus célebres avoient été punis pour des affaires d'Etat, que
quelques-uns avoient été exilés, d'autres emprisonnés, d'autres
condamnés en de grosses amendes. Il cite à ce sujet d'anciennes Annales
manuscrites, où on lit sous l'an 1288 cette remarque: _Incarceratio
Justitiariorum Domini Regis, scilicet Thomæ de Weylong, Johannis de
Lovetot, Willelmi de Brampton & Adæ de Stratton de quo Dominus Rex
habuit quadraginta mille marcas & amplius præter vasa argentea &
aurea._

Selden ajoûte à ce passage celui d'une ancienne Chronique en Rimes
françoises, composée par Pierre de Langtoft.

      Quant le Roy Edvvard avoit demoré
      Trois annez de la Mer, Dieu l'ad remené,
      A son repoir trova par pleinte presenté
      Ses Justices & ses Clerks atteints de fausseté.
      Les uns avoient par douns les Leys destourné,
      Les autres la Couroune avoiente violé.
      Thomas de Weylande en Banc primes nomé
      Par agard du Court le reigne ad forjuré,
      En la terre de France sans repoir est alé,
      Ses Compaignions, ses Clerks sunt pris & mené
      A la Toure de Londres, deliveres par mené.
      E sur ceo chescun de Ofice est privé.
      E _Lys_ de _Begyngham_ n'est pas entechelé,
      E _Johan de Metingham_ le chef est demoré,
      Sire _Raufe de Heugham_ ad taunt disputé
      Ke du Baunk le Roy perdu ad le feé.
      Sire _Adam de Stratton_ est dur de mené,
      Jeo cray ke sauns deserte n'est il pas blamé?
      Or, argent sans noumbere au Roy il ad doné,
      Avoir chaunta pur luy, _placebo Domine_,
      _Dilexi quoniam_ fraude & fausseté.

Et de ceci l'habile Critique conclut que l'Auteur du _Fleta_ étoit un
des Juges enfermés dans la Prison connue sous cette dénomination; ce qui
est d'autant plus vraisemblable, que de son temps on la regardoit encore
comme particulierement destinée, par une espece de droit très-ancien, à
renfermer les accusés qui méritoient quelque considération.

Au reste, si nous n'avons que ces conjectures sur le nom & sur la vie de
l'Auteur du _Fleta_, son Ouvrage nous fournit des preuves certaines de
l'étendue de ses connoissances dans le droit commun de sa Nation.

Quelques morceaux, pris au hazard dans les différens Livres qui forment
la division de son Recueil, caractériseront mieux cet Ecrivain que tout
ce que je pourrois en dire.

Presque tout le second Livre a pour objet de régler les fonctions des
Officiers de la Couronne & celles des Officiers des Seigneurs
particuliers; les devoirs prescrits à ces derniers pourront faire
aisément juger de l'importance & de la multiplicité des obligations que
contractoient les autres.

Livre 2, ch. 71.

_DOCTRINA SERVIENTIUM._

_Ss. 1._ Et quia utile videtur aliquid sub compendio tractare de iis,
quæ compotum proficuorum maneriorum contingit, ideò de Ministris
generaliter in maneriis necessariis, & eorum Officiis, & qualiter se
habere debent in eisdem ad commodum Domini, exempli causa est dicendum,
ut hujusmodi compotorum auditores majores & minores secundum gradus
Officiorum constitutos in suis ignorantiis, negligentiis & iniquitatibus
debitèsciant onerare; hujusmodique Ministri a _pecia_[A] compoti sciant
sibi subtiliùs præcavere. Per imperitiam verò non debet quis excusari,
nisi Dominus incautè sibi prospexerit, & ideò in primis de qualitate
Domini, & qualiter expectari debet in præmissis videndum erit.

                                            [Marge A: _Pecia_, piece,
                                            _pecia compoti_, un compte
                                            sans suite, dépécé.]

_Ss. 2._ In omnibus autem, & super omnia decet quem libet Dominum verbis
esse veracem, & in operibus fidelem, Deum & Justitiam amantem, fraudem &
peccatum odientem, voluntariosque malevolos & injuriosos contemnentem, &
apud proximos pietatem, vultumque motibilem & plenum. Ipsius enim
interest potiùs Concilio quàm viribus uti propriove arbitrio, non
cujuslibet voluntarii juvenis, menestralli vel adulatoris, sed
jurisperitorum, virorum fidelium, & honestorum, in pluribus expertorum,
consilio debet favere. Qui bene igitur vult disponere, & familiæ suæ
scire veram executionem terrarum suarum, necessarium erit & perinde
sciat quantitatem suarum facultatum, & finem annuarum expensarum. Et cum
extentam illam possit quis per culturam terrarum diligentem, vel per
instaurationem bestiarum, aliquamve providentiam honestam augmentare &
excedere, illud incrementum in deposito custodiatur: nam terrarum
cultura per temporum incongruitatem singulis annis æquivalenter minimè
respondet; deficiente ergo blado, mortuisve bestiis, vel superveniente
combustione, vel alio inopinato eventu sinistro, locum habebit
depositum, quod quidem si devastetur, locus erit pecuniæ, & qui alienum
accommodat in casu quo accommodare oportebit, proprium devastat. Et si
cum creditoribus finem faciat dampnum non evadet, & sæpe contingit
dampnum unum aliud sequi, juxta illud.

_Ss. 3._ Nemo semel tantùm fortunæ sentiet ictum, sed propè congaudent
qui sibi de longè prospexerint. Prospiciat igitur sibi quis ut de
proprio vivat, sicut dictum est secundùm terrarum suarum annuum valorem;
quæ per tenentes Domini fideles & juratos sic debent extendi. Inprimis
inquirendum est de castris & aliis ædificiis intrinsecis, & fossatis
circumdatis, videlicet, quantum muri, & ædificia lapidea, & lignea,
plumbo, vel aliter cooperta, valeant per annum, & pro quanto appreciari
possunt, secundùm verum valorem eorundem murorum & ædificiorum, ac etiam
pro quanto ædificia extra fossatum appreciari possunt, & quantum valeant
unà cum gardinis, _curtilagiis_[A], columbariis, vivariis, & omnibus
aliis exitibus curiæ per annum: item quot campi, & quot sint culturæ in
Dominico, & quot acræ arabiles in qualibet cultura, & quantum quælibet
acra per se valeat per annum.

                                            [Marge A: Petite cour. En
                                            Picardie, _courtis_.]

_Ss. 4._ Item, quot acræ prati sunt in Dominico[29], & quantum valet
quælibet acra per se ad locandum per annum. Quot etiam acræ sunt
pasturæ, & cujusmodi bestiis illa pastura fuerit magis necessaria, &
quot & quales bestias sustinere poterit, & quantum quælibet acra valeat
per se, & quantum valeat pastura cujuslibet bestiæ ad locandum per
annum. Item, de pasturâ forinsecâ communi, quot & quales bestias Dominus
habere possit in eadem, & quantum valeat pastura cujuslibet bestiæ ad
locandum per annum.

     [Note 29: _Vide Capitulare de Villis Caroli-Magni, ann.
     Soc. Balus. tom. 1, col. 33._]

_Ss. 5._ Item, de parcis & dominicis boscis, quos Dominus pro voluntate
sua excolere poterit & assartare, quot acræ in se contineant, & pro
quacunque vesturâ & pasturâ cujuslibet acræ possit appreciari, & quantùm
acra fundi valeret per annum, & boscus hujusmodi, si assartaretur.

_Ss. 6._ Item, de boscis forinsecis, in quibus alii communicant quantum
Dominus se _appruare_[A] possit in eisdem, & de quot acris, &c. ut
suprà.

_Ss. 7._ Item, de pannagio, herbagio, & melle, & omnibus aliis exitibus
forestarum, boscorum, _morarum_[B], bruerarum, & vastonem, quantum
valeant per annum.

_Ss. 8._ Item, de molendinis, vivariis, ripariis, piscariis, separalibus
& communibus, quantum valeant per annum.

_Ss. 9._ Item, de placitis & perquisitionibus Comitatûs & Curiæ, &
forestarum, cum finibus & amerciamentis provenientibus de expeditatione
canum quantum valeant Domino per annum.

_Ss. 10._ Item, de Ecclesiis, quæ ad donationem Domini pertinent, quot
sunt, quæ, & ubi, & quantum quælibet Ecclesia valeat per annum, secundùm
veram ipsius æstimationem, & per marcas & solidos extendatur; ut, si
Ecclesia centum marcas valeat per annum, ad centum solidos extendatur
advocatio per annum.

_Ss. 11._ Item, de _herietis_[C], nundinis, mercatis, theoloniis,
operationibus, serviciis, & consuetudinibus forinsecis, & exhenniis[D],
quantum valeant per annum.

                                            [Marge A: _Appropriare_, se
                                            reserver.]

                                            [Marge B: Joncs-Marins.]

                                            [Marge C: Voyez ci-après ce
                                            que je dis de ce droit dans
                                            la Note 22 sur les Loix
                                            d'Edouard.]

                                            [Marge D: Dons-Gratuits.]

_Ss. 12._ Item, de warrennis, libertatibus, parcis, cuniculariis,
custodiis, releviis, feodis annuis, quantum valeant per annum.

_Ss. 13._ Item, de liberè tenentibus, quot sunt intrinseci, & quot
forinseci, & qui, & quas terras, & quæ tenementa, & quæ feoda teneant de
Domino, & quæ de aliis, & per quod servicium; an per socagium aut per
servicium militare, vel per liberam firmam, vel in eleemosynam tantùm,
vel in liberam & puram eleemosynam, vel alio modo, & qui tenent per
chartam, & qui non, & quantùm reddunt Domino singulis annis, & ad quos
terminos de certo redditu.

_Ss. 14._ Item, qui prædictorum faciunt sectas ad curiam Domini, & quot
sectas per annum, & quantum quælibet defalta, & quid accidit Domino per
mortem talium.

_Ss. 15._ Item, de custumariis quot sunt, & quæ sit eorum secta, &
quantum quilibet habet, & quantum terræ quilibet tenuerit, & quantum
valeant tenuræ suæ, tam de antiquo Dominico, quàm de novo perquisito.
Tenuræ dico, ut mesuagio, curtilagiis, terra arabili, prato, pastura,
redditu, bosco, & hujusmodi, ad quantum talliari valeant per annum, sine
destructione & exilio faciendo, & quantum valeant suæ operationes &
consuetudines, & quantum reddant in redditu singulis annis, & qui
possunt talliari ratione sanguinis nativi & qui non; quæ omnia, prout
extensa fuerint, imbrevientur.

_Ss. 16._ Facta quidem extensione, ut prædictum est, ac etiam ex quanto
blado debeat quælibet cultura vel acra seminari, secundùm terrarum
diversitatem: omnes namque culturæ vel acræ in seminis sparsione non
poterunt æquiparari.

_Ss. 17._ Item, certificetur de qualitate, quantitate, & numero
bestiarum, secundùm earum species, quot haberi poterunt in quolibet
manerio, sufficienter, & quantum liberè deductis expensis valere debeant
per annum; quæ omnia distinctè scribantur in membranis, ut perinde
sagaciùs vitam suam disponat & faciliùs convincat mendacia
compotariorum.

Livre 2, c. 72.

_DE OFFICIO COMMUNIS SENESCALLI._

_Ss. 1._ Provideat tunc sibi Dominus de Senescallo circumspecto &
fideli, viro provido, discreto & gratioso, humili & pudico, & pacifico,
& modesto, qui in legibus, consuetudinibusque Provinciæ, & Officio
Senescalciæ se cognoscat, & jura Domini sui in omnibus tueri affectet,
quique Subballivos Domini in suis erroribus & ambiguis sciat instruere &
docere, quique egenis parcere, & nec prece vel pretio velit à tramite
Justitiæ deviare, & perversè judicare, cujus Officium est curias tenere
maneriorum; & si per substitutum hoc plerunque fecerit, ad visus tamen
Francii plegii, vel, si Dominus illâ non utatur libertate, tunc saltem
bis vel ter, si pluries ad hoc vacare non poterit, præsentialiter curiam
tenere debebit, ut tunc de subtractionibus consuetudinum, servitiorum,
reddituum, sectatum ad curiam, mercata, & molendina Domini, & ad visus
aliarumque libertatum Domino pertinentium diligenter inquirat; necnon &
de alienatione terrarum, boscorum, pratorum, pasturarum, aquarum &
hujusmodi, per quem, videlicet vel quos, & à quo tempore, & quo jure,
tempore cujus Ballivi, vel servientis facta fuerit hujusmodi alienatio.
Quæ quantùm cum Justitia valeat per districtiones, vel per auxilium
Regis, si necesse fuerit, sine dilatione faciat revocare.

_Ss. 2._ Item provideat sibi Senescallus, ut in quolibet manerio per
communem particam probare distinctè & apertè sciat tam numerum acrarum
arabilium, quàm cujuscunque speciei seminis ad terram seminabilem
sufficienter quantitatem, nè fallaces præpositi computantes quantitatem
seminis excedant per numerum acrarum vel quarteriorum.

_Ss. 3._ Item, quod in omnibus Officiis securè fiant firmaturæ; dicitur
enim, facilis ingressus præbet plerumque fragilitati peccandi
voluptatem, & salvæ seruræ famulos reddunt aptiores; quod Anglicè
dicitur, OFTE TRESTE LOKES MAKETH TREUVE HYUVEN.

_Ss. 4._ Item, certificetur in primo adventu suo de custagiis carucarum
in quocunque manerio, quæ sciri poterunt per hanc rationem, ut terræ
sint tripartitæ, tunc novies viginti acræ faciunt carucatam, eò quod lx
in hyeme, lx in quadragesima, & lx in æstate pro Warecto debent exarari.

_Ss. 5._ De terris verò bipartitis debent ad carucam octies viginti acræ
computari, ut medietas pro Warecto habeatur, & medietas alia in hyeme, &
quadragesimâ seminetur, & perinde de numero carucarum de facili poterit
certiorari.

_Ss. 6._ Item, scire debeat de quot carucis adjutricibus, & quoties
debeat Dominus in quolibet manerio subveniri, & de omnibus auxiliis, &
operationibus quorumcunque veraciter scire debet.

_Ss. 7._ Item, inquirere debet de instauro in quolibet manerio
existente, cujus inventorium inter ipsum & servientem in scripto
cirographato debet imbreviari.

_Ss. 8._ Inquirat etiam de defectu bestiarum in quolibet manerio habito
& invento, quem statim faciat, consentiente Domino, discretè supplere.

_Ss. 9._ Inquiratur etiam de serviente, vel Ballivo cujuscunque manerii
& subministris qualiter erga vicinos & tenes Domini, & alios se
gesserint & habuerint, ipsis priùs amotis, ne veritas se latitet ob
timorem, & si de aliquibus disseisinis, verberibus & melletis, vel
luctis se intromiserint; & si ad tabernas vigiliasque quis, Officiis
suis omissis, noctanter ierint, pro quorum aditu Dominus vel alius
aliquod dampnum sustinuerit; & quod dampnum, & quoties, & qui sint inde
culpabiles, quæ quidem dampna, secundùm quod commodè poterit, illicò
faciat emendari, vel habito respectu ad plurialitatem hujusmodi
delictorum, penitus per ipsum Dominum amoveantur, vel saltem per ipsum
Senescallum, eo quod pro quolibet modico delicto non decebit Dominum
commovere.

_Ss. 10._ Item, amensurare debet superonerationem instauri bestiarum
ubique, de quibus superfluum vendatur, vel alia commoditas Domini inde
fieri disponetur; nec tamen inde fiat transmutatio, venditio, vel
alienatio, nisi per sufficiens Warrantum Domini, vel Senescalli, cum
laudabili testimonio fide dignorum.

_Ss. 11._ Item, ejus est veraciter scire de finibus, amerciamentis,
releviis, herietis, exennis, & venditionibus quibuscumque summam &
quantitatem, & de hiis qui receptione pecuniæ fuerint onerati.

_Ss. 12._ Item, scire debet de custodiis & maritagiis, à quo tempore in
manus Domini devenerint, & quantum valeant per annum. Et qui inde
expletia receperint, & quantum.

_Ss. 13._ Item, scire debet in quibus Ballivus manerii, & Ministri sui
per districtiones Domini appruaverint.

_Ss. 14._ Item, inquirere debet, si Ballivus, vel alius serviens vel
tenens Domini, vel alius aliquod vastum vel dampnum defecerit in boscis,
parcis, warrennis, cuniculariis, & hujusmodi, & quod dampnum, & quis hoc
fecerit, & quoties.

_Ss. 15._ Item, inquirere debet de nominibus omnium Sub-ballivorum in
quocunque manerio servientium, tam majorum quàm minorum, & de eorum
plegiis, quorum omnia nomina imbreviata debet custodire, & curiam
ingredi, & habere de Advocatis; nec debet major vel minor, antequam
plegium Domino per literas patentes invenerit, in obsequio Domini
remanere, nisi ipsi servientes per electionem fide dignorum in plena
curia, & per plegiagium electorum ad tale Officium fuerint convocati;
nec Senescallo aliquos in capite cum Domino commorantes à servitio
Domini ejicere licebit, sed soli Domino sit talis potestas reservata:
nec etiam custodias, maritagia, seu escaetas, vendendi, viduasve dotandi
alicui, præter quam solo Domino licebit. Senescallus verò nihil recipiet
de denariis Domini sui, sed ab omni compoto liber esse debet, & quietus,
præcepta tamen sua advocare tenetur.

_Ss. 16._ Item, inhibere debet generaliter & specialiter, ne ovis, vel
alia bestia Domini excorietur, priusquam à Ballivo & præposito, aliisque
fide dignis videatur, quâ morte fuerit mortua eò quod diversimodè mori
potuit, ut per interfectionem voluntariam, vel si sint jugulatu, amissæ,
furatæ, vel mahemiatæ, vel læsæ, & hujusmodi, per malam custodiam, in
quibus casibus Dominus indempnis debet penitus observari. Si autem
mortua fuerit per casus fortuitos, nec per combustionem, submersionem,
mahemium, senectutem, & hujusmodi, hoc suo custodi non debet imputari;
ad vim autem majorem, vel ad casus fortuitos non tenetur quis, nisi sua
culpa intervenerit. Si autem ab aliquo, vel alicujus cane vulneretur,
vel occidatur, vel per cursum velocem ab alio quàm custode ad mortem
fugetur, & hujusmodi, succurirtur Domino per querelam; non igitur pro
qualibet penè plata, vel pro quolibet capite ostenso erit una bestia
cuilibet repetenti allocanda. Sed in hoc casu diligentes fiant
examinationes ut res potiùs Domino valeant, quam pereant.

_Ss. 17._ Item, Senescalli Officium est qualibet nocte per se, vel per
substitutum, per Dominum tamen de expensis hospitii cum emptore,
Marescallo, coquo, dispensario, Officiariis computare, & diei scire
summam expensarum.

_Ss. 18._ Item, à præposito de lardario, secundùm quod necesse habuerit
per talliam recipere unum quodque genus carnium & piscium, & quod in sua
præsentia fercula scindi faciat, & coquo per numerum deliberare, & inde
rationabilem compotum audire.

_Ss. 19._ Item, ad ipsum pertinet veraciter scire quot panes obolati de
quarterio frumenti fiant, quos panetarius à pistore per numerum recipere
tenetur. Item, quot panes, quotque fercula simplici familiæ diebus
communibus conveniant.

_Ss. 20._ Item, habere debet unum folium taliæ tripartitæ de blado &
braseo, pistori deliberato per præpositum.

_Ss. 21._ Omnes autem servientes Senescalo conjunctim & divisim de
Officiis suis respondere tenentur; ipseque de eorum factis tenetur
testimonium perhibere.

Livre 2, chapitre 73.

_DE OFFICIO BALLIVI._

_Ss. 1._ Ballivus autem cujuscunque manerii esse debet in verbo verax, &
in opere diligens ac fidelis, ac pro discreto appruatore cognitus,
plegiatus & electus, qui de communioribus legibus pro tanto Officio
sufficienter se cognoscat, & quòd sit ita justus, quòd ob vindictam vel
cupiditatem non quærat versus tenentes Domini, vel aliquos sibi
subditos, occasiones injustas, per quas destrui debeant, seu graviter
amerciari. Caveat autem sibi à vitio pigritiæ redargui; surgat ergo
mane, nè tepidus videatur, vel remissus, & carucas inprimis jungi
faciat, deinde campos, boscos, prata, pasturasque ambiat & aspiciat, ne
indè dampna fiant in auroris.

_Ss. 2._ Facto siquidem suo circuitu carucas Dominicas adeat,
custumarias, & adjutrices, prospiciens quod antequam _dietam_[A] suam
plenè paraverint, minimè disjungentur, alioquin cadit in compoto. In
initio igitur temporis seminandi, & _trebinandi_[B], conjunctim sint cum
carucis Ballivus, præpositus, & messor per totam dietam, donec arraras
suas legitimè compleverint, quantum videlicet ad unum diem pertinebit, &
quòd omnes se intromittant, quòd carucarii diligenter & bene suas
faciant operationes, & qualiter eo die expediverint, statim disjunctis
carucis videant per mensuram: & nisi ipsi carucarii rationabiles
                                            [Marge A: Visite du jour,
                                            _hodiernum iter_.]

                                            [Marge B: _Trebinare_,
                                            donner le dernier labour.]
prætenderint excusationes de aruris suis, secundum aruram illius dietæ,
tenentur reddere rationem. Et nihilominus facta eorum & defectus sæpe ac
sæpius expedit supervidere, & videre per messorem, ne hujusmodi defectus
remaneant non correcti & impuniti. Et notandum, quod caruca boum, cum
duobus equis tantum expediet, quantum tota cum equis, præterquam in
terra litorea & petrosa, quæ pedibus boum gravis est & impediosa, tum
quia equus plus sumit & expendit; tum quia carucarii & fugatores extra
passum ire consuetum, secundùm usum boum grave videtur, tum quia caruca
boum in terra gravi præcedet, ubi equina remanebit.

_Ss. 3._ Qualiter verò equus magis quàm bos est sumptuosus, videndum est
& sciendum, quòd omnis bos vel vacca ad laborem carucæ deputata, à festo
Sancti Lucæ, usque ad Festum Inventionis Sanctæ Crucis per xxviij
septimanas, ex communi consuetudine ad præsepe custoditur. Equus autem
si in statu laborandi debeat observari, de sexta parte busselli avenæ de
pretio oboli singulis noctibus oportebit ipsum præbendari, & ex xij
denariorum herbagii ad minus æstivali tempore refocillari, & quolibet
mense denariatus sibi compete ferramenti, quorum summa est xj sol' vj
den' præter estoveria foragii, & eschaetarum bladi. Bos verò de tribus &
dimidia mensura avenæ, de quibus x faciunt bussel, sufficienter poterit
quâlibet septimanâ sustentari, unde summa ij sol' vj den' in toto. Equus
etiam cum senectute vel labore convincatur, de pelle tantum
correspondet, sed de bove secus erit; nam cum decem denariatis herbagii
salvari poterit Dominus indempnis, vel ferè, ut, si pro labore non
sufficiat, interfici poterit, & per venditionem carnis carnificibus, &
pellis, & hujusmodi, per particulas poterunt primi custus, vel ferè
Domino restitui, & sic poterit Dominus indempnis vel quasi observari.

_Ss. 4._ Item supervidere debet Ballivus falcatores, messores,
cariatores, operarios, & Ministros manerii universos, quod quilibet quod
suum fuerit justè debiteque prosequatur; vel legalius, subtiliusve ad
commodum Domini, quàm per competentes minas, quotiescunque transgressi
fuerint, poterunt castigari, monitionibus tractabilibus
intervenientibus.

_Ss. 5._ Faciant igitur circumspectè terras Dominicas marlari,
compastari, de ovili faldari, appruari, & emendari, ut sensuum suorum
abundantia per effectum operis liquere valeat universis.

_Ss. 6._ Nec permittat equos, vel affros carucarum, vel carectarum, ab
aliquo majore vel minore, per crebras & indebitas equitaturas impunè
vexari, sed quòd ipsi simul cum aliis pecoribus bene custodiantur, nè
per negligentiam vel pigritiem de debitis puturis & præbendis suis
quicquam amittant, vel subcontrahatur ab eisdem.

_Ss. 7._ Nec liceat Ballivo pro villenagiis proximis hæredibus, aut
aliis liberandis, vel pro releviis, seu maritagiis fines capere, vel
placitum tenere de aliquo quod tangat liberum tenementum, feodum, vel
libertatem, nec etiam furniandi sibi liceat, vel braciandi in manerio,
nisi Dominus præsens extiterit.

_Ss. 8._ Item, nec sit Ballivus ad mensam Domini, sed sub certis vadiis
quotidianis victus sibi constituatur.

_Ss. 9._ Sæpe videat Ballivus trituratores in grangiis, qui si purè
granum à paleâ non separaverint, illum iterum puriùs faciat triturari,
nè grana in paleâ remanentia in fimo agris disperso germinent, in
tegmineve domorum: foragium autem tassari faciat & cooperiri, cujus
eschaetæ, prout collectæ fuerint, in luto plateis, & itineribus
projiciantur ad fimum nutriendum, quod multo magis ad commodum Domini
sic deveniet, quàm si ad venditionem devolveretur: stubula verò in terra
requiescat, nec plus inde tollatur, nisi quod pro reparatione domorum
curiæ fuerit necessarium, & residuum per carucam subvertatur.

_Ss. 10._ Mense autem apprilli, tempore videlicet quo omnia aperiuntur,
warectandi erit tempus idoneum & amoenum, cum terra fregerit post
carucam; rebinnandi verò post festum Nativitatis Sancti
Johannis-Baptistæ, cum terra pullulaverit post carucam.

_Ss. 11._ Ad seminandum autem cum terra fuerit assessa, & non concava:
sed omnis colonus temporis congruitatem singulis minimè poterit vicibus
expectare.

_Ss. 12._ Videat etiam Ballivus, nè ad expeditionem carucariorum per
minus amplos radios depereat cultura, vel alio quovismodo durante
exarando. Et cum bona terra arari debeat pro warecto caveant sibi
carucarii, ne malam terram perversè arando attingant; sed per radium
quadratum terram bonam advertant, dùm tamen profundam, ita quòd terra
recens cooperta vel disco-operta non remaneat. Et cum tempus affuerit
rebinandi, nè profundo arent, carucariis inhibeatur; sed levis sit
carucæ cursus saltem ad herbarum & radicum destructionem: nam si tempus
pluviosum supervenerit, & per profundam aruram fiat terra mollis &
aquatica, & tempus venerit seminandi, caruca tunc ad aliquam terram
certam attingere non valebit, sed erit caruca tanquam lutosa: faciant
ergo radios suos leves in rebinando, ut profundiùs per duorum digitorum
largitatem attingere valeant in seminando, per quod caruca à luto
deliberari valeat, & mundari, & pulchram bonamque faciat aruram.

_Ss. 13._ Cum autem tempus advenerit seminandi, non permittat Ballivus
largos, sed spissos minutos, beneque conjunctos radios arari, per quod
semen æquiùs cadere valeat in eisdem: nam radiis largè aratis, & semine
projecto, herciaque superveniente, statim sit discensus seminis inter
duos radios per herciæ tractum, & summitas terræ inter ipsos radios
habita, detecta, & tanquam sterilis remanebit, quod tempore segetum ab
uno capite in aliud respiciendo ad oculum manifestiùs apparebit.

_Ss. 14._ Si quid autem bladi remanserit post seminationem agrorum, id
prudenter granario retornetur, vel granatarius in compoto de facili
poterit titubare.

_Ss. 15._ Si autem terra deorsum seminari debeat, terram exaltari &
minimè arari oportebit & terra per carucam aliquantulum elevata, sub
pede carucarii sinistro ultimum radium arando subvertatur &
prosternatur, ut ultimus radius perinde districtior habeatur.

_Ss. 16._ Item videat Ballivus, quod maturè incipiat seminare, ut ante
adventum magni algoris, magnique gelu, & yemis gramina suas expanderint
radices.

_Ss. 17._ Nam si tardè secare fecerit, & effusio pluviæ infrà octo dies
sequentes discenderit, & illico supervenerit gelu durabile,
quantumcunque aqua terræ concavitatem fuerit ingressa, gelu penetrabit,
per cujus si perseveraverit per triduum vel ampliùs, possibile est
hujusmodi grana tenera & aquosa germinata & pullulata omnino deperire.

_Ss. 18._ Et sciendum quod duæ sunt terræ, quæ maturè debent seminari ad
semen præcipuè quadragesimale, terra, viz. marlosa, & terra lapidea, nè
fortè per fervidum marcium dampnum contingat, & impedimentum per minimam
duritiam, vel nimiam concavitatem; & ideo tempestivè debent hujusmodi
terræ seminari, ut per sappum & virtutem yemis naturale recipiant
nutrimentum: terras autem molles & sabulonosas non est necesse maturè
seminare, eo quod hujusmodi terræ temporibus pluviosis ex consuetudine
subvertuntur per aruras; sed terras aquosas, & de marisco necessarium
est optimè fodere & radiare, & radios aptè purgare, ne semen humi
projectum, per impetum aquæ submergatur. Terras verò steriles, & quasi
derelictas semine genecti vehementer expedit seminare.

_Ss. 19._ Et notandum, quod semen hyemale in eadem terrâ à qua venit
projectum, sicuti aliud faceret de partibus remotis quæsitum nullatenus
abundabit: faciat igitur quivis discretus semen sibi emi hyemale, ut
copiosior eveniet ususfructus. De semine verò proprio quadragesimali
seminentur terræ Domini, nisi propter fori facilitatem hoc fuerit
omissum. Nulli Ballivo sit vile, si de rebus Domini Dominum possit
appruare, ut de suis ordeis braseum, de lanis pannum, de linis telas, &
hujusmodi fieri; vel si equum, pullum, vel palefretum de furfure,
fabisque educi, faciatque nutriri, vel alia quæ commoditatis Domini
respiciant incrementum.

_Ss. 20._ Item, vivaria, stagna, lacus, servoria, & hujusmodi, piscarias
suas quisque discretus bresmys & perchiis faciat instaurari; sed non de
lupis aquaticis, tenchiis, vel anguillis, qui effusionem piscium
nituntur devorare.

_Ss. 21._ Item, potestas habere posternas in omni curia totaliter
inhibeatur, sed unicus sit ingressus. Et in omnibus instauro equarum,
emissariorum, cignorum, & apium, quisque studeat instaurare.

_Ss. 22._ Et in fine de omnibus Officiis sibi subditis intromittere se
debet diligenter, ne per dissimulationem, & negligentiam suam, &
impudentiam ministrorum in poenam compoti merite debeat condempnari.

Livre 2, chapitre 74.

_DE MARESCALLO._

_Ss. 1._ Officium autem Marescalli est præbendam contra præpositum
talliare, & numerum equorum Senescallo hospitii in compoto diei qualibet
nocte computare, ut ipse in rotulo suo numerum equorum possit inserere,
specificando nomina supervenientium de eorum adventu, & morâ.

_Ss. 2._ Item, furfur à præposito per talliam recipere, cum inde necesse
habuerit, & inde Senescalo compotum reddere, ut fiat de furfure, sicut
de avena.

_Ss. 3._ Item, contra præpositum de ferris & clavis ab eo receptis
talliam recipere, tam de numero ferrorum, quam de eorum custubus, & ubi
ea allocaverit Senescalo demonstrare; nec sine sua licentia alienos
equos inde licebit ferrare. Item, fænum & literam equis deliberare.

Chapitre 75.

_DE COQUO._

Officium coqui est, de singulis ferculis ratiocinium reddere Senescalo
singulis diebus.

Chapitre 67.

_DE PRÆPOSITO._

_Ss. 1._ Præpositus autem tanquam appruator & cultor optimus per
villatam electus ad præposituram Domino, vel ejus Senescalo palam debet
præsentari, cui injungatur Officium illud indilate. Non ergo sit piger
vel somnolentus, sed efficaciter & continuè commodum Domini adipisci
nitatur, & exarare, carucasque intrinsecas & extrinsecas mane conjungi,
terrasque conjunctim & purè arari, putoque semine, nec minus sparsè
dispergi faciat & seminari, fimum etiam nutriri & co-adunari, ad
sterculinium cum terra fimumque mixtum faciat exaltari.

_Ss. 2._ Aream etiam cariæ cum marla, seu fossatorum mundatione, vel
saltem terra bona quâlibet faciat quindenâ marlari, desuperque
straminari. Et cum de residuo straminis bestiis non necessarii, &
plateis luto projecti fimus superfuerit, illum ante martii siccitatem
colligi faciat, & nutriri, qui cum cariari debeat ad rura, cum
cariatoribus præsens existat præpositus totâ die, ut sine fictitia
dietam finiant & laborent, & secundùm laborem illius dietæ debet futurus
labor expediri, allocari, alioquin etiam in compoto cadent; & quod de
istis dicitur, dici poterit de cariatoribus universis.

_Ss. 3._ Terra autem sabulonosa fimo puro non fimoretur, sed cum terra
optimè permisceatur; hujusmodi enim terra respectivè quodammodo calida
est, fimusque purus calidus, & tempus æstivale fervidum: mixtis ergo
caliditatibus, ordea per consequens possibile est marcisci: expedit
igitur fimum hujusmodi terrâ misceri.

_Ss. 4._ Ex rore namque ex naturali frigiditate hujusmodi terræ mixtæ
horis vespertinis generata procreatur segetibus nutrimentum; fimus verò
purus in rure dispersus, ultra duos vel tres annos secundùm quod terra
fuerit frigida vel calida, minimè durabit. Mixtus autem in duplo licet
tantam non habeat substantiam, vel virtutem; marla autem durabilior est,
eo quod fimi descendendo, & marla ascendendo consumitur. Et hæc est
causa quare terras fimo dispersas profundè non expedit exarare, adjecta
itaque terra fimo rariùs descendet, & per consequens tardiùs consumetur;
qui cum superarentur, immissâ carucâ subvertantur, quia roris
stillicidia multum juvant ad mixturam. Nec in warrectum debent mitti
fimi, quia per rebinnuram fere subverterentur; & sic ante tempus seminis
multùm consumerentur: sed ante tempus seminandi immediatè distribuantur,
& maximè, si fuerint de ovili; quanto enim fimus ovilis semini sit
propinquior, tanto commodior & utilior: tempore autem augusti bidentes
alienos admittere expedit ad ovile, eo quod tunc temporis fimum
abundantiùs emittunt.

_Ss. 5._ Item, præpositus per consensum & visum Ballivi & Senescalli,
inter festa Pentecostes & Paschæ instaurationem pecorum, videlicet à
debilibus fortia, & ægrotis sana eligi faciat, & separari; debilia
namque magis consumunt, eo quod sæpiùs & meliùs oportebit hujusmodi
destinare tamen ad operationes, & laborem constituta præbendare, &
eisdem debilioribus frequentiùs parcere & deportare, & quanto in
laborando parcatum fuerit eisdem, tanto erit onus graviùs, pejorque
conditio robustis.

_Ss. 6._ Si autem priusquam senectutem nimiam attigerint, vel per
decrepitatem, mahemiam, vel laborem nimium declinaverint, sic fuerint
electa, ex mediocribus custubus poterint emendari, & per venditionem,
vel alio quovismodo poterunt per substituta de levi, quasi revivisci;
dum tamen prudenter vendantur, & de eis emantur fortiora, necessarium
est igitur hujusmodi pecora sapienter abolire: & post festum Sancti
Johannis-Baptistæ expedit, quod boves debiles, & malè intentati,
veteresque vaccæ, ac steriles, juveniliaque averia parum emendantia,
singulis annis in bonam mittantur pasturam, in quam pingues valeant
devenire, ut tunc quod Domino fuerit utilius, sagaciter inde disponatur.

_Ss. 7._ Sufficiensque pastura tribuatur pecoribus laborantibus, ne per
defectum declinent ad miseriam, per quod dampnum consequatur duplicatum,
eo quod sumptus erant graviores, rarioresque labores.

_Ss. 8._ De die claro faciat præpositus in præsentia sui vel messoris
affros & equos quotidiè præbendari: ita quod præbenda coram bobus
conferenda stramine avenæ misceatur, vel frumenti; arestæ enim straminis
ordeacei rugitus eorum impediret. De die dico, nè præbenda noctanter per
custodes furetur eisdem; cum stramine dico, eo quod occasione præbendæ
magis comedant foragium & per consequens magis bibent, & pinguescent,
tum tamen hujusmodi foragia per modicas paululum quantitates eis
liberentur; quod si per magnam, minus comedent, magisque devastabunt.
Præterea, si per magnam quantitatem eis fuerit liberatum ac ipsis
postmodum rugientibus cum fuerint satiati, residuum straminis
conculcabunt, naribusque inflabunt, & per consequens odio habebunt, &
sic sordescent.

_Ss. 9._ Affros autem quandoque lavare, desiccatos striliare non est
inutile; prodest etiam boves de die bis stergere cum vispilione, eò quod
affectiùs se lambebunt.

_Ss. 10._ Item, vaccis matricibus competens provideatur pastura, nè
lactis patiantur detrimentum, & cum vitulus taurinus vituletur, primo
mense non ablectetur; à quo deinceps de septimana in septimanam unicus
lactis tractus debeatur, qui ultra duos menses minimè lactari
permittatur; vitulus autem femellus integre suum lac obtineat per tres
septimanas, à quâ postea veluti de masculo tractus uberum vicissim
tollantur: & tempore separationis aquam habeant abundanter infra domum
videlicet & extra, ne per defectum aquæ, sicut frequenter contingit, ex
ægritudine pulmonis moriantur.

                                            [Marge A: Mesure qui pesoit
                                            huit livres, _Assis. Reg.
                                            David. Apud Sleneum_.]

                                            [Marge B: Cette mesure
                                            pesoit douze livres d'eau,
                                            _videlicet quatuor libras de
                                            aquâ marinâ, & quatuor
                                            libras de lacu vel stagno &
                                            4 de aqua currente & clara.
                                            Lagena debet esse in
                                            profunditate, sex polices
                                            cum dimidio pollicis, in
                                            latitudine inferiore debet
                                            esse octo pollicum cum
                                            dimidio policis & cum
                                            spissitudine ligni utriusque
                                            partis. Et in rotunditate
                                            partis superioris debet esse
                                            viginti septem pollicum, &
                                            in rotunditate, inferiore
                                            debet esse viginti trium
                                            pollicum, Ibid._]

_Ss. 11._ Cum autem calidum tempus accesserit & serenum, multum expendit
juvenculas & vaccas, instaurumque bestiarum in falda bene straminata
noctanter custodiri, ut perinde meliorentur Dominicæ culturæ.

_Ss. 12._ Cum autem tempore pasturæ bonas vaccas lactrices ab aliis
separaverit, bonaque de marico salsa pasci fecerit extunc debet lac
duarum hujusmodi vacarum de una _waga_[A] casei in xxiiij septimanis ex
communi consuetudine respondere, nec non & qualibet hebdomada de dimidia
_lagena_[B] butyri. Si autem de pastura bosci, vel prati post
falcationem, seu stibulæ post tempus messium, sic erit tanta proficui
responsio de tribus vaccis, quemadmodum prædictum est de duabus. Et nisi
de tanto responderit, cujus intererit, ipsum tenebit compoti catena, eo
quod miserrima trium de uno caseo de pretio unius oboli in duobus diebus
respondebit, & de denariato butyri per septimanam. Et quod dicitur de
trium vaccarum responsione, dici poterit de viginiti bidentibus
matricibus sanè custoditis.

_Ss. 13._ Nec sustineatur, quod aliqua vacca ultra festum Sancti
Michaëlis lactetur, eò quod hujusmodi lactare eas debilitat vehementer &
enervat, ac tardiùs minusque lactis præbebunt in anno futuro, vitulusque
exilior erit atque minor.

Chapitre 77.

_DE CULTORIBUS._

Cultores autem sint cogniti, & tales qui tempora congrue discretè
sciant expectare, culturasque, prout tempus & terra poposcerint,
seminare, carucasque ac hercias, cum necesse fuerit; debitè reparare.

Chapitre 78.

_DE FUGATORIBUS CARUCARUM._

_Ss. 1._ Fugatorum autem ars est, ut boves æquè sciant conjunctos
fugate, ipsos non percutiendo, pungendo seu gravando.

_Ss. 2._ Non enim este debent malancholici, vel iracundi, sed gavisi,
cantantes, & lætabundi, ut per melodias & cantica boves in suis
laboribus quodammodo delectentur, ipsisque foragium & præbendam deferre,
ipsosque debent amare, & noctanter cubitare cum eisdem, ipsosque
prurire, striliare, torcare, bene in omnibus custodire, prospiciendo nè
foragium eorum furetur, vel præbenda; nec pro duabus noctibus simul vel
tribus fiat liberatio, fæni vel _literæ_[A], sed paulatim de die in
diem, prout fuerit necessarium, liberetur eisdem: nec quòd candelam
habeant, prout dictum est, sustineatur.

                                            [Marge A: Litiere.]

_Ss. 3._ Debent aliena pecora in pastura carucariorum inventa imparcare.
Ipsi etiam & cultores, cum tempus culturæ cessaverit, fossare,
triturare, fodere, includere, cursus aquarum in agris emundare, ac alia
hujusmodi minuta opera & commoda facere tenentur.

Chapitre 79.

_DE PASTORIBUS._

_Ss. 1._ Pastores autem expedit habere discretos, & vigiles, & benignos,
ne oves per suas iras torqueantur; sed ut pacificè in lætitia suas
depascant pasturas: signum autem benignitatis Pastoris, est quòd greges
non diffugerit, sed pascentes suos _circina_[B] pastores.

                                            [Marge B: Je crois qu'il
                                            faut _circinat_, il s'écarte
                                            des autres Pasteurs, &c.]

_Ss. 2._ Inveniat igitur securitatem quilibet quòd in iis quæ officium
suum contingunt, laudabiliter se habebit.

_Ss. 3._ Provideat igitur sibi quisque de bono cane latrabili,
singulisque noctibus cum grege cubitare. Præsepia ac sua ovilia bonis
glagis calidè furratis palisque grossis præparari faciat atque muniri, &
talem curam adhibeat, nè bidentes sibi commissi furentur, vel mutentur,
nec etiam locis aquosis, mariscis, _plassetis_[A], vel profunditatibus,
& pasturis insanis depasci non permittantur, ne ob defectum bonæ
custodiæ putrefiant & pereant, alioquin in poena compoti tenebitur.

                                            [Marge A: Brossailles.]

_Ss. 4._ Ad oves autem multones, & eorum sequelas, tria fiant ovilia;
unum videlicet pro multonibus & castoribus, aliud pro matricibus
bidentibus, tertium pro hogastris annatis & juvenibus, si grex ad hoc
sufficiat, quibus tres deputentur custodes.

_Ss. 5._ Omnes autem oves uno signo consignentur, nec ultra festum
Nativitatis beatæ Mariæ matrices tractari per ubera, seu lactari non
permittantur: hæ quidem, quas retinere non expedit, postquam inter
festum Paschæ & Pentecostæ fuerint electæ, maturiùs tondeantur, ab
aliisque consignentur, & statim bosco committentur, in quo claudantur,
vel in alia pastura, in qua citiùs pinguesci poterunt, & emendari, quæ
quidem in festo Nativitatis Sancti Johannis-Baptistæ vendantur.

_Ss. 6._ Cognosci autem poterunt ægrotæ per casum dentium per signaque
senectutis; lana etiam talium per se vendatur cum pellibus, morinâ
mortuarum, & inde tot releventur cum sagacitate: quidam enim
circumspectè agentes carnes ovium morinâ mortuarum per tantum tempus, ut
inter horam novam & vespertinam, faciunt in aquam mitti, posteaque
suspendi, donec aqua decurratur; quâ carne postea salsatâ & desicattâ,
ipsam faciant appreciari, & inter operarios, familiamque expendi, & ne
cadant in compoto, hujusmodi carnes expeditas secundùm pretium appositum
faciunt in expensis quotidianis allocari.

_Ss. 7._ Inter festa autem Sancti Martini & Paschæ, infra domum oves
expedit noctanter custodire, nisi terra sicca fuerit ovileque bene
reparatum, tempusque serenum. Et quo casu multones forte expedit in
ovile mitti, debilibus autem domi commorantibus foenum apponatur. Cum
autem multones pro tempestate fortè domi commoraverint per se
custodiantur, quibus grossius foenum cum stramine avenæ frumentive bene
triturato distribuatur. Nam si de nocte per tempestatem gravati
extiterint, similiter fortè in crastino, ita quod parum comederint, vel
nihil, posteaque ad præsepe esurientes accesserint foenumque purum
invenerint, illud non comedent, sed devorando transglutinabunt, cumque
eorum natura sit rugiendi, ac id quod non mandetur nullatenus venerit ad
rugitum, possibile est hujusmodi m tonibus per putrefactionem illius
foeni in stomachis remanentis deperire: bonum est igitur quod stramen
foeno adjiciatur, eo quod ob straminis straminis grossitiem foenum
potiùs manducabunt.

_Ss. 8._ Cum autem oves matrices agnos suos producere inceperint, lanam
deleat bercarius de matrum uberibus, ne hujusmodi agni, per tractus
uberum lanam annexam transglutinantes, pereant per hujusmodi lanam in
stomachis suis morantem, quod valdè contingens est.

_Ss. 9._ Post tempus autem tonsionis venire faciat Ballivus coram eo
omnes pelles ovium occisarum, nec non & morinâ mortuarum, ipsasque per
probos & fide dignos faciat apertè videri, an uno signo, vel diversis
fuerint consignatæ. Præterea, quot sint de una & eadem lana quâ vivæ, ne
forte fuerint emptæ, malicioseque mutatæ, ut hujusmodi visores in
compoto Ballivo, si necesse fuerit, testimonium perhibeant veritati; quæ
quidem pelles, simul cum lana annua, vendantur per saccos, vel per
vellera, aliovè quovis modo, prout meliùs fuerit faciendum.

_Ss. 10._ Saccus enim xxx petras debet contra ponderare, vel saltem
xxviij si per rectam petram, quæ xij libras & dimid. ponderat ex
consuetudine communi, ponderetur. Expedit quoque ut Ballivus sit præsens
singulis annis cum lanæ agni, agnorumque pelles, ne fortè decipiatur,
consignari debeant & decimari.

_Ss. 11._ In festo omnium Sanctorum de melioribus ovibus interficiantur
duæ, duæque de pejoribus, ac duæ de mediocribus quæ sinon sanæ
inveniantur, alienentur per venditionem, vel alio modo, usque ad
quidenam Paschæ quo tempore totidem releventur.

_Ss. 12._ Castores autem bonis velleribus communiti cum matricibus
bidentibus tempore veniente competenti custodiantur; matrices autem,
multones & hogastri ter eligantur per annum, & videantur, ne per parvam
imperitiam, vel negligentiam sani morbum capiant ab ægrotis; nec expedit
quod pecora, videlicet oves, boves, vaccæ, & hujusmodi, tempore pluviæ
infra domum admittantur.

_Ss. 13._ Nam si calefactura venti inter cutem & carnem ingrediatur, vel
inter pellem & lanam, citiùs poterint deperire: sed expedit singulis
annis per discretos ter per annum videantur oves, & calefactæ, ægrotæ, &
putrefactæ, quæ per lanam à pellibus recentem, per occulosque croceos,
nec non & per dentium debilitatem cognosci poterunt, cum tota lana
vendantur indilatè, simul cum veteribus & debilibus: juvenes autem in
bona mittantur pastura ante mensem augusti, ut pinguescant in eadem.

_Ss. 14._ Et cum meliores emendentur, & pinguedinem receperint, vicissim
palamque vendantur carnificibus; hujusmodi verò carnes meliores sunt
ante augustum, & quod remanserit post festum Sancti Martini venditioni
divolvatur. Et caveant sibi Ballivus & Præpositus, nè aliquod instaurum
extra manerium vendatur, quin priùs per tenentes Domini, secundùm verum
valorem apprecietur; cujus sit publicus emptor, qui plus inde dare
voluerit, eo quod hujusmodiaveria non sunt catalla defuncti, seu de
parco Regis, vel præda.

_Ss. 15._ Item, diligenter eligantur bidentes in festo Sancti Michaëlis:
nam esto quod ad Pascham ad festumque Nativitatis Sancti Johannis, & in
principio mensis augusti sanæ permanserint; inter duo tamen festa beatæ
Mariæ in augusti septembrisque mensibus, ob malam custodiam in pastura
corruptibili, ac per commestum cujusdam nubis escaetæ, quæ tunc temporis
cadere contingit, vel per commestum albarum testudinum corrumpi poterunt
& infirmari. Et cum hoc fortè contigerit, statim à sanis separentur; de
quibus commodum Domini protinus ordinetur.

_Ss. 16._ Cum aliquis pro mortua fuerit præsentata, & visa fuerit quòd
mortua sit per morinam, infirmitatem, vel ex casu inopinato, tunc refert
utrum ante tempus tonsionis, vel post.

                                            [Marge A: Terme qui désigne
                                            toutes les parties charnues
                                            de l'animal.]

_Ss. 17._ Si autem ante, tune pellis cum vellere æquivalebit; & si post,
bercarius de uno agno, uno vellere, uno _carcosio_[A] bonæ carnis, & unâ
pelle debet respondere, alioquin poenam compoti non evadet Ballivus.

Chapitre 80.

_DE CUSTODIA PORCORUM._

_Ss. 1._ Quilibet autem discretus Ballivus semel saltem in anno porcos
suos potentes à debilibus elegi faciat & separari, insanique deleantur &
vendantur. Apros vel sues non teneat quis, nisi fuerit occasione
bonitatis suæ progeniei, sed suas faciat sues quodamodo castrari, ut
steriles efficiantur; bacones namque talium baconibus masculorum
æquivalebunt.

_Ss. 2._ Matrices, si quæ prægnantes remanserint, non permittat quivis
in hyeme perire, ne per asperitatem algoris sibi anticipentur suorum
tempora productionis porcellorum: ipse verò in tribus mensibus præcipuè
auxilio indiget, februario videlicet, martio & aprili, quæ ter in anno
debent porcellare, nisi mala custodia eas excuset, quibus etiam ac
porcis omnibus optimum est jacere in loco sicco longas matutinas. Si
autem glande, nucibus aut pessona valeant sustentari, bonum est porcorum
instaurum, dum inde boscus, mariscus, vel communia in foresta manerio
pertineat, ex quibus sumere poterint nutrimentum cum aliquo adjutorio
grangiarum. Et quo casu fiat porcheria in marisco vel bosco, in qua,
superveniente fortè gelu poterunt hospitari.

_Ss. 3._ Debiliores tamen & sues cum porcellaverint ad manerium
fugantur, & de exitibus grangiarum, durante hyemis asperitate,
nutriantur; qui cum fragilitatis compunctio transierit, statim
retornentur ad alios. Si autem boscus, mariscus, foresta, vel vastitas
manerio non pertineant, nec sit de quo sustentari poterunt, præterquam
de exitibus grangiarum, tunc porcos non expediet custodire, nisi tot
tantum quot ex stubula tempore autumnali cum aliquibus minutis
grangiarum exitibus poterunt confoveri. Et quo casu nullus teneatur
custos eorundem, sed quàm citiùs fuerint incrassati, habito warranto,
discretè vendantur.


Chapitre 81.

_DE TEMPORE AUTUMNALI._

_Ss. 1._ Non sufficit quòd semen magis projiciatur, nisi segetes cum
diligentia colligantur. Prospiciant igitur sibi Ballivus & Præpositus,
quòd ante tempus metendi mundentur segetes, quòdque cardines, parellæ, &
hujusmodi herbæ dampnosæ penitùs abolentur; hoc tamen fiat post festum
Nativitatis Sancti Johannis: nam si ante idem festum quis faceret hoc,
de uno stipite duæ pullulationes vel tres provenirent, & essent sic
dampnum duplicatum: faciant etiam ante dictum festum, si tempus
arriserit, prata falcari, dispargi, desiccari, co-adunari, & salvò
custodiri, priusquam subjungeretur imbribus pluviosis.

_Ss. 2._ Tempore autem metendi non sint servientes pigritiæ dediti, sed
manè faciat messor suos congregari messores, quos falces messi immittere
festinet, ac seriatim & continuè absque cursus velocitate ipsas meti
faciat, perspiciens nè subtus primum manipulum segetes prosternentur, ac
per invidiosam expeditionem omittantur insecatæ; imo quia vel purè
metientur, gavellæque seriatim supponentur, ut sic citiùs desiccentur,
ac commodè in minutis garbis æquèque colligantur; minuta namque garba
habilior est quàm magna ad carcandum, tassandum, & triturandum & congruo
tempore expectato in grangiis salvò cariantur & reponantur.

Chapitre 82.

_DE EXITIBUS GRANGIARUM._

_Ss. 1._ Priusquam hujusmodi blada tassentur lij garba ab omni genere
bladi in hostio grangiæ extrahatur, & obtenta sic de toto usufructu
manerii lij parte, per consequens scire poterit dequanto debet custos
residui respondere. Nec sustineatur, quod præpositus sit granatarius &
grangiarius simul; sed sit grangiarius Ballivus, vel ejus Substitutus,
qui bladum præposito liberet per mensuram rasam & non cumulatam; nec
sint diversæ mensuræ, sed una tantùm quæ sub sigillo Senescali sit bene
signata. Rasa dico, quia fraus citiùs fieri poterit in cumulata, eo quod
quatuor cumulatæ quintam ferè vel ampliùs continent de rasis, si mensura
lata fuerit; si minus lata in quinque continebuntur sex, ut si minus
lata in sex continentur septem: fiant ergo rasæ ut pote prædictum est.

_Ss. 2._ Si autem grangiarum exitus non nisi de semine triplicato
responderit Domino, inde nihil est lucraturus, nisi per bladi charam
venditionem: nam una acra pro frumento trinam exigit aruram præceptis
terris singulis annis seminatis, & valet arura xviij denarios.
Herciatura, j denarius, duo busselli frumenti pro semine xij denarios,
mundatura segetum ob messura v denarios & cariagium j denarium receptis
si quidem sex bussellis, ut tantum trina habeatur restitutio de exitibus
inde provenientibus de pretio trium solidorum, sed magis inde non
provenientibus, & misis deductis, tres obolos erit Dominus sic
amissurus. Abjectio verò bladi, ut crappæ hujusmodi quæ in anno
remanserint, recolligatur, ac potiùs trituretur & vendetur, purumque
puro re-admittatur. Insidianturque trituratores ac ventrices, ne
quicquam bladi furentur in suis _sotularibus_[A], cirotecis,
_alloveriis_[B], bursis, seu pontoneriis, vel sacculis, juxta grangiam
occultatis. Nullus Præpositus ultra unum annum remaneat irremotus, nisi
pro fideli ac optimo appruatore, sed cum in præpositura remanserit,
diligenter defectus videat in curia subortos, ut pote de domibus
detectis, muris fractis, fossatis obstructis, sepibus dirutis, carucis
ruptis, carectis disjunctis & fractis, ovilibus derelictis, & hujusmodi,
quibus cum celeritate manus adjutrices apponat, ne negligentia ejus
Domino sit dampnosa: quod enim hodiè posset de uno denario corrigi, in
fine fortè anni de xij denariis non poterit emendari. Ideòque melius
est in tempore occurrere, quàm post causam vulneratum causæ remedium
adhibere; prospiciat sibi tamen de warranto inde habendo, alioquin
voluntaria erit allocatio prædictorum, eo quod hujusmodi missas esse
falsas supponunt auditores compotorum; nec fient sepes de pomariis,
piris, cerisariis, vel prunariis, sed de salicibus & alba spina
construantur.

                                            [Marge A: Souliers ou
                                            bottes.]

                                            [Marge B: Ceinture.]

_Ss. 3._ Et caveat sibi Præpositus ne alicui extraneo, vel Domini
familiari supervenienti quicquam inveniat sine warranto vel mandato: nec
etiam permittat, quod aliquis vel aliqua ad caseatricem accedat,
quicquam casei, lactis, butyri, vel hujusmodi importet quod cedere
posset parvæ familiæ in commodum, seu casei, butyri, vel daeriæ in
incrementum. Nec etiam sustineat, quòd aliquis alicui Officio deputatur,
de nocte vel de die ferias, mercatos, disseisinas, vigilias, luctas
adeat, vel tabernas, sed quòd omnes constanter suis intendant Officiis;
nec licentia hac vel illac cuiquam vocandi concedatur, priusquam
substitutum, pro quo voluerit respondere, suo duxerit Officio collocare.
Si custos namque ovium, vel porcorum, vel hujusmodi vacaret nullo sibi
substituto, possibile, esset hujusmodi pecora per loca diversa deviare,
& dispergi, & dampnum facere Domino, vel vicinis, pluràque alia inde
possent dampna evenire. Et quâlibet septimanâ debet Præpositus cum
Ballivo computare consuetudines hebdomadis, operationesque talliare, ut
de arreragiis operationum perinde certiorentur, quæ si in denariis
convertentur, poterit sic redditus augmentari. Item, nec permittatur,
quod ignis deferatur in stabulum, vel boveriam, seu lumen candelæ, nisi
ob necessitudinem, nec tunc per minus quam per duos homines portare
sustineatur.

_Ss. 4._ Item, Præpositi scire est, quoties carectæ per diem cariagia
sua commodè facta valeant ad foenum, turbam, maheremium, boscum, fimum,
marlam, & hujusmodi, ut si cariatores de cæteris diebus secundùm illius
diei laborem non responderint, poenam compoti se voluerint incursuros.

_Ss. 5._ Item, Officium Præpositi de toto exitu grangiarum se cariare,
nec non & de omnibus receptis, & de omnibus emptionibus, & venditionibus
intrinsecis & forinsecis, tam bladi quàm instauri. Item, bladum ad
furnandum & brasium ad braciandum per tallias pistori deliberari, &
exitum eorundem, videlicet, furfur à pistore recipere, ac draschiam per
visum Ballivi custodi carucarum per talliam & mensuram liberare, ac
furfur etiam pistori vel Mariscallo ad panem garcionum & familiæ, & ad
pastum canum similiter per talliam & mensuram debet liberare.

Chapitre 83.

_DE OFFICIO PISTORIS._

_Ss. 1._ Officium autem Pistoris est, tam bladum ad furnandum quam
braseum ad braciandum per talliam recipere de personis prænominatis,
omnem exitum eorundem per diversas tallias distribuere. Nec licebit
pistori aliquas expensas de furfure facere, ut ad pastum canum, vel ad
panem garcionum, vel pauperum vel alicubi miscere, priusquam Præpositus
illud receperit ab eodem, & iterum per talliam liberarit eidem.

Chapitre 84.

_DE MESSORE._

_Ss. 1._ Messor autem fortitudinis, valetudinis, asperitatis,
fidelitatisque debet virtutibus communiri: manè ergo seròque boscos,
curiam, prata, rura, aliàque manerio pertinentia circuire debet &
insidiari, pecora etiam in dampnis Domini inventa imparcare, ac in
querelis emersis præstitâ securitate de querela prosequenda,
summonitiones attachiamentàque facere, diemque partibus ad proximam
curiam præfigere, & quod inde fecerit, palam in curia præsentare. Item
semen recipere tenetur per mensuram, & terris inde perseminatis de
residuo tenetur granatario reddere rationem. Carucas quoque ac hercias
in utroque seminis tempore ejus, interest supervidere, ut defectus (si
qui fuerint) debitè suppleantur. Carucas etiam custumarias atque rogatas
suis locis debet collocare, contra quem de semine recepto, seminato, ac
restituto, operationibusque tam consuetudinariis, quàm inquisitis per
totum annum debet Præpositus talliare: de arreragiis autem quæ fuerint
Præposito vel granatorio respondeat, Præpositus autem Ballivo; qui si
sufficienter responderit, ulterius non tenetur computare.

Chapitre 85.

_DE CARECTARIO._

_Ss. 1._ Carectarius autem constans esse debet, atque peritus, modestus,
non iracundus, in arte summandi, carcandi, & cariandi doctus & expertus,
equos diligat, & non superoneret, sed in potestate teneat, ne pro
nimietate depereant oneris seu laboris. Item, ejus est scire phalera,
_attilamenta_[A], & harnesa minuta carectis appendentia præparare &
emendare; quilibet autem carectarius simul cum _affris_[B] jaceat suæ
carectæ. Et quod de carectariis dicitur, de bovariis cum suis bobus
intelligatur, ne occasionem inveniant, quò minùs bestias sibi commissas,
& per malam custodiam extinctas, restituant.

                                            [Marge A: On dit encore
                                            _attranquillement_ en
                                            Normandie.]

                                            [Marge B: Chevaux propres au
                                            labour.]

Chapitre 86.

_DE VACCARIO._

_Ss. 1._ Vaccarius autem sit homo notus, qui vaccas sciat bene custodire
vitulosque, prout decet, producere & nutrire, donec tempus sanum
evenerit & amoenum. Inspiciat itaque quòd sua averia brumali tempore
magnæque frigiditatis, calidè benèque custodiantur & foragentur, in
faldisque bene straminatis noctanter imponantur temporibus opportunis,
cum quibus sibi provideat cubitare.

Chapitre 87.

_DE CASEATRICE._

                                            [Marge C: Propre.]

_Ss. 1._ Androchia autem pudica esse debet & honesta, fidelis &
laboriosa in officio daeriæ, sapiens & experta, _salvans_[C] & non
sumptuosa: non enim permittat quod aliquis, vel aliqua in androchiarium
sibi ingrediatur aliquid ablaturus, quòd in decrementum suæ cedere
posset responsioni: ejus autem officium est, vasa officio suo
competentia per scriptum à Præposito recipere indentatum, & ea
restituere per eundem, cum fuerit recessura. In quo quidem scripto
primus dies sui operis contineatur. Item, ejus est, lac per talliam
recipere, & per numerum lagenarum, caseum, facerèque butyrum, curamque
de poletria obtinere, ac de exitibus inde provenientibus frequenter
Ballivo & Præposito compotum reddere & respondere; nec volunt nonnulli
auditores compotorum minorem responsionem quàm de anca xij denarios & de
gallina iv denarios per annum allocare.

_Ss. 2._ Ipsius etiam interest ventare, vannare, vel ballare, ignem
tegere & hujusmodi minuta opera facere, cum ad hæc sanè poterit vacare.

Chapitre 88.

_DE AUDITORIBUS COMPOTORUM._

_Ss. 1._ Auditores verò compotorum sint circumspecti artem allocandi,
onerandique perfectè scientes, bonæ fidei, & non occasionantes.

_Ss. 2._ Et imprimis visum compoti faciant cum Præposito & Ballivo, ut
de Statu manerii per hujusmodi visum melius sint certiorati; & quod
transcurrendo inceperint, in fine anni conentur perfinire. Et quod de
uno Ballivo dicitur, de cæteris obligationibus intelligatur id idem: ità
quod singulis annis fiat semel visus compoti, & ad annum revolutum
ejusdem fiat compoti complementum. Nec expedit hujusmodi compotorum
debitores omnes simul convocare, sed sint ipsi auditores de manerio in
manerium accessuri, ut super suis dubitationibus, convocatis testibus
fide dignis, faciliùs poterunt reddi certiores.

_Ss. 3._ Item, nec expedit quòd pecunia Domini in manus hujusmodi
Ballivorum seu Præpositorum aliquandiu omittatur: Senescallus autem
hujusmodi compoto interesse debet, ut cum vocatus fuerit ad warrantum,
sua præcepta advocet vel dedicat.

_Ss. 4._ Item, ut idem Ballivus & Præpositus de finibus, amerciamentis,
& aliis denariis levatis, per controrotulum Senescali onerentur;
verùmque Ballivus, cui honores & exennia facta extiterint, tanquàm
capitali Ministro Domini compotis præpositi, aliorùmque ministrorum sibi
subjectorum pluries jam ceperit, vel saltem capere potuisset: ideo
remaneat Ballivus in custodia carcerali irreplegiabilis, donec Domino de
arreragiis, si quæ emerserint, plenariè fuerit satisfactum, nisi
Præpositus, vel alius per recognitionem suam meritò debeat onerari.

Je crois que les amateurs de l'économie rurale me sçauront gré de leur
avoir offert ces Textes de Flete sans traduction; s'il est le seul
Auteur qui nous ait conservé ces monumens précieux de l'attention
particuliere que les anciens Normands avoient toujours eu pour le
progrès de l'agriculture, il est aussi le seul Auteur de la basse
Latinité qui ait sçu rendre intéressans des détails qui, rendus en notre
Langue, paroîtroient peut-être aujourd'hui bas & minutieux.

Que l'on ne s'imagine pas que Flete ait entré dans ces détails par
l'impuissance où il étoit de s'occuper d'objets d'un ordre plus relevé.
Il n'y a rien de si énergique que ce qu'il dit sur le choix que les Rois
doivent faire des Magistrats destinés à rendre en leur nom la Justice au
peuple, & sur les devoirs des Juges. Rien de plus exact que sa doctrine
sur les sermens; rien d'aussi clair, d'aussi méthodique que les regles
qu'il prescrit pour s'assurer de la vérité ou de la fausseté des
témoignages.

Livre 1, Chapitre 17.

_DE JUSTICIARIIS SUBSTITUENDIS._

_Ss. 14._ Ad hæc autem creatus est Rex & Electus, ut Justitiam faciat
universis, & ut in ea Dominus sedeat, & per ipsum sua judicia discernat,
judicia enim non sunt hominis sed Dei, & tenetur justa judicia defendere
& sustinere, ne pax per negligentiam suam possit exterminari: & cum sit
Dei Vicarius, jus ab injuria, & æquum ab iniquo tenetur separare, ut sui
subditi honestè vivant, ne nullus alium lædat, & quod unicuique quod
suum fuerit debita contributione reddatur.

_Ss. 15._ Et caveat sibi ne in sede judicandi, quæ est quasi thronus
Dei, quemquam loco suo substituat insipientem & indoctum, corruptibilem
vel severum, ne pro luce ponat tenebras, & manu indocta modo furioso
gladio feriat innocentes, culpabilesque prece vel precio vitetur
illegitimè reddere quietos ne per malitiam, vel ejusdem substituti
imperitiam, simul cum ipso æterni luctus moestitiam sibi comparet.

_Ss. 16._ Cum igitur non sit possibile quod solus ad omnia terminanda
sufficeret, per Justiciarios & Comites & alios Ministros, viros
sapientes, Deùmque timentes, in quibus consistit veritas eloquiorum, ut
partito onere levior sit eis labor, quibus plenam exhibeat
Jurisdictionem, de necessitate oportebit eum subveniri, quibus
quæstiones super dubiis quærimoniæque super injuriis terminaturæ
referantur, qui cum ad hoc fuerint deputati imprimis jurent, quòd fidele
Concilium Regi præstabunt quotiens viderint profuturum.

_Ss. 17._ Item, quod Concilium Regium nemini revelabunt, cui non fuerit
revelandum, & praecipuè cum credant damnum posse evenire. Item, quod
nihil consentient alienari de hiis quæ pertinent ad antiquum Dominicum
coronæ Regis: item, quod procurabunt quod justitia fiat omnibus tam
divitibus quam pauperibus, magnatibus pariter & parvis secundùm rectas
consuetudines & leges in regno usitatas: item, quod liberè permittant de
seipsis consanguineis & amicis suis justitiam fieri cuicunque petenti,
nec per eos impediri justitiam prece vel precio, favore vel odio, sed
bona fide procurabunt, & quòd magnus judicetur sicut parvus secundùm
regni consuetudinem, nec sustentabunt vel defendent injuriantes in
injuriis suis opere vel servitio.

_Ss. 18._ Item, quod à nullo quem sciverint habere aliquod negotium in
curia expediendum, aliquod donum vel servitium recipiant, per se vel per
alium quocunque modo vel qualitercunque arte, occasione hujusmodi,
exceptis esculentis & poculentis pro uno die & non ultra.

_Ss. 19._ Item, si alicui pro certo innotuerit, vel à fide digno
audierit, aliquem alium conciliarium donum aliquod recepisse illicitum,
hoc deferetur in publicam notitiam totius concilii: & si quis inde
convictus fuerit, imperpetuum à Concilio Regis concludatur, terràsque,
res, redditus, & proventus bonorum suorum amittat per unum annum, qui si
hujusmodi proventus non habuerit, puniatur per discretionem, decretum
Regni & conciliariorum Regis.

_Ss. 20._ Illud etiam sacramentum quoad illum articulum jurabunt
Barones de scaccario, Justiciarii itinerantes, & omnes alii Ministri &
Ballivi Regis, exceptis Vice Comitibus quibus inferius dicetur.

_Ss. 21._ Et quod dicitur de munerum captoribus ab extraneis & ignotis,
intelligatur consimiliter de privatis, videlicet ut de eisdem
Conciliariis munera capientibus à Conciliario negotiante.

_Ss. 22._ Item, jurabunt quod malos Officiales vel Milites Ballivos in
Officiis vel Ballivis Regiis poni non procurabunt; & si tales positi
fuerint, per Regem, amoveantur sine mora, & alii boni & fideles
substituantur.

_Ss. 23._ Jurabunt etiam quod nullam personam de illegatione suspectam
in familiam Regis admitti procurabunt.

_Ss. 24._ Item, quod nullum de concilio vel cum Rege existentem
procurare versus Regem rogabunt quod sibi det quod ipsi possunt sibi
retinere, quod ad coronam retinuerunt; quod si Rex ex propria
concesserit lenitare, lenitatem sic receptam restituant, & in centum
libras nihilominus amercientur, à concilio vel hospitio Regis penitus
excludantur, & si delictum aliam poenam exigerit, graviùs puniantur.

_Ss. 25._ Item, quod nullum Breve, libertates, privilegia seu quæcunque
alia continens, per quæ injuria vel præjudicium oriri possit
consuetudinibus Angliæ, sigillari consentiant sine assensu Regio &
præsentia majorum de Concilio Regi.

_Ss. 26._ Jurabunt enim Vice-Comites sic quod non accipient munera ab
aliquo pro injuria alicui facienda, vel Justitiam deferendo, vel pro
jure Regis vel alterius permittendo vel impediendo.

_Ss. 27._ Item, quod non quærent occasiones illicitas, vel injuriosas
pro aliquo gravando.

_Ss. 28._ Item, quod non amercient aliquem nisi secundùm formam cartæ
libertatum.

_Ss. 29._ Item, quod nihil dabunt alicui de curialibus vel Ministris
Regis pro eis defendendis vel manutenendis contra alios, nec aliquid
dabunt pro negotiis suis promovendis nisi Domino Regi, vel ad opus
ipsius Regis, & hoc palàm & non in occulto.

_Ss. 30._ Et caveant sibi incauti ne volare præsumant antequam pennas
habeant; quod si fecerint, ex alto se noverint corruituros.

_Ss. 31._ Nec ad exemplum talibus exhibere judiciandi potestatem quam in
manu ponere gladium furiosi, quorum Jurisdictio per mortem delegantis
vel delegati, vel cum delegans Jurisdictionem revocaverit, vel lata
Sententia aliter quam finem capit & revocatur: nullus autem Subdelegatus
alium potest sibi subdelegare ut recordum possit præsentare.

Livre 5, Chapitre 22.

_DE CONVICTIONIBUS, VIDELICET JURAMENTIS._

_Ss. 1._ Juramentum est affirmatio vel negatio de aliquo, attestatione
sacræ rei firmata. Causa institutionis duplex est, scilicet propter
incredulitatem hominum, & propter idolatriam vitandam. Juramentum autem
meritorium est quia per illud subvenitur proximo & magis licitum est per
ipsum creatorem jurare quam per creaturas. Inhibetur tamen ne quis per
membra Dei ipsum blasphemando juret. Ad rectum juramentum exiguntur
tria, veritas & conscientia, judicium ut etiam verum non juret nisi
propter necessitatem, & justitia ut juramentum sit licitum & honestum.

_Ss. 2._ Juramentum aliud assertorium ut de præterito vel præsenti, &
aliud promissorum ut de futuro.

_Ss. 3._ Perjurium autem est mendacium cum juramento firmatum; & tribus
modis committitur. Primò, cum quis scit vel putat aliquid falsum esse
falsum, & illud jurat esse verum. Secundò, quum quis fallitur & credit
verum esse quod est falsum, & temerè & indiscretè jurat. Tertiò, cum
quis credat falsum esse & jurat verum quod verum est.

_Ss. 4._ Juramenti promissorii tres sunt modi: Primus cum quis jurat se
facturum & dicturum aliquid illicitum vel inhonestum. Secundus cum
licitum, & hoc cum solemnitate sed indiscretè & absque necessitate.
Tertius, cum sine solemnitate in cursu verborum ex quadam levitate &
consuetudine mala, ut sic, per Deum cras ibo ad Ecclesiam vel jejunabo
vel comedam carnes, inspectis tamen circumstantiis de re tamen licita;
de juramento autem promissorio non fit convictio sed de assertorio cum
juramentum vi vel metu justo viro extortum secundùm quosdam non
obligat, quia quod vi metuve gestum est ratum non habetur. Et alii
dicunt quod juramento promissorio excusat metus, & non assertorio; &
alii dicunt & melius, quod quamvis fuerit metus semper obligatur si
possit illud servare sine intentu salutis æternæ.

_Ss. 5._ Si servus cogatur scienter à Domino perjurus uterque est
perjurium; qui autem provocat eum ad jurandum quem scit falsum jurare
vel exigit vel recipit juramentum, vel vincit homicidam; quia homicida
solum corpus occidit, iste verò animam suam & alterius; & peccat qui
alium audit falsum jurare, scit, & tacet, nec intelligitur perjurare qui
ex licita causa deserit juramentum, ut si fidem juraverimus invicem si
mihi fregisti non teneor tibi hosti cum servanda est fides promissa cum
fidem servaverit hostis: sed furioso non est gladius reddendus propter
juramentum donec sanetur nec etiam tenenda sunt juramenta in illicitis
neque in inhonestis vel in portalibus vel ubi adhibetur ars vel dolus.

_Ss. 6._ Mendacium est falsa significatio vocis cum intentione fallendi.
Mendaciorum octo sunt genera: primum, est in doctrina religionis vel
fidei, ut Christum non natum esse de virgine, vel simile contra
articulos fidei. Secundum, quod nulli prodest & obest alicui vel
mendacium falsi testis vel detractoris. Tertium, quod ita prodest alicui
quod non obest alteri, ut mendacium testis in causa pecuniaria. Quartum,
quod fit sola mentiendi fallendique libidine. Quintum, quod fit placendi
cupiditate adulationis. Sextum, quod nulli obest, prodest tamen alicui
ad evitandum periculum pecuniæ. Septimum, quod fit ad evitandum
periculum personæ scilicet mortem. Octavum, ad evitandum periculum
corporis & animæ, ut pro continentia. Mendaciorum aliud perniciosum sive
malignitatis, aliud officiosum sive pietatis, aliud jocosum. Nullus
autem perfectus mentiri debet pro vita alterius redimenda, unde
Augustinus ad sempiternam salutem nullus est deducendus opitulante
mendacio. Cum autem contigerit quod juratores falsum fecerint
sacramentum ad querelam ejus qui per assisam amiserit convinci poterunt
de perjurio multis modis.

_Ss. 7._ Quandoque enim per sacramentum 24 legalium hominum, quandoque
ex ore proprio per examinationem judicis, & quandoque ex propria
voluntate & poenitentia, in quibus cæsibus non est par poena infligenda.

_Ss. 8._ Cum autem juratores fuerint convincendi videndum erit quot
juratores fuerint in assisa vel inquisitione ut quilibet duos habeat
convictores, & si plures habeat, non nocet, ita quod omnes sunt ejusdem
conditionis vel melioris cujus sunt 12 juratores. Et cum de convictione
agatur potest esse in causa tam justiciarius quam juratores standum
tamen non erit soli recordo justiciarii donec per convictionem mutetur;
ante omnia igitur & antequam juratores summoneantur videndum erit
recordum & examinandum ut si justiciarius fuerit in culpa, hoc
juratoribus non imputetur, nec è converso. Audito igitur recordo statim
perpendi poterit & non prius utrum assisa capta fuerit in modum Assisæ
processum fuerit, tunc procedatur ad convictionem, & non aliter nisi in
quadam inquisitione liberum tenementum tangente, de qua statutum est
quod convictiones fiant ex gratia tamen principis; constitutio verò
talis est. Cum autem plures in fide minus timeant falso jurare quam
debent per quod plures frequentes exhæredationem patiuntur, unde si
poena adhibetur magna sibi fortè præcaverent, provisum est quod ad
inquisitiones & juratas liberum tenementum jura, libertates, aut eorum
pertinentias tangentes concedit Rex convictiones quotiescunque sibi
videbitur expedire.

_Ss. 9._ Committit enim jurator perjurium quandoque propter falsum
sacramentum, ut si ex certa scientia aliter juraverit quam res in
veritate se habuerit. Secus enim propter fatuum quamvis falsum. Præterea
sunt quidam qui dicunt verum. Mentiri poterunt tamen si corpora mentes
gerint, & quidam qui fatuum faciunt sacramentum & falsum per
negligentiam vel per ignorantiam examinationis; & indè sequitur
pronunciatio judicii, & cum contra mentem judicaverint tunc falsum
reddit judicium quamvis dealbatum, & quo casu tenebitur ex malefacto
male pronunciando & justum judicium juratorum scienter pervertendo,
verumtamen si per imperitiam vel grossam ignorantiam possit excusari,
mitius agendum erit cum eo quo ad poenam, non tamen quod maleficium
remaneat impunitum.

_Ss. 10._ Si autem juratores minus bene examinati obscurè dixerint vel
ad interrogata non responderint, sed dubio vel justo errore ducti
veritatem non dixerint in parte vel in toto, tunc examinato recordo
locus erit potius certificationi quam convictioni ex tali causa ut
juratores de incerto faciant certum & de dubio verum, & de errore
revocentur ad veritatem; verumtamen si recordum sufficiens fuerit &
planum, non erit locus certificationi cum juratores recordum mutare non
valeant, quia sic præferretur eorum dictum recordo justiciarii, quod
esse non debet nisi querimonia fiat de judice tantum, & quo casu dictum
juratorum præferendum erit nec poterit judex per proprium recordum de
sua injuria subveniri; secùs vero esset si inter partes vocaretur
recordum ubi judex non fuerit pars in querela, & quo casu præferri debet
recordum. Juratores autem ante judicium dictum suum emendare poterunt,
post judicium verò non sine poena.

_Ss. 11._ Ut autem plenius sciatur quando locus sit convictioni &
quando non, videndum erit recordum utrum Assisa capta fuerit in modum
Assisæ vel in modum juratæ. Et utrum Assisa vel inquisitio capta fuerit
in præsentia tenementis, vel non. Si autem fuerit ibi exceptio
proposita, aut est peremptoria Brevis tantum & non actionis propter
errorem provenientem ex nomine vel loco, & non tangit Assisam, vel
peremptoria tam Assisæ quam Brevis. Si autem primo modo, non erit locus
convictioni licet juratores falsum dixerint vel erraverint, quia actio &
Assisa integrè manent quia non cadit nisi Breve tantum durante actione &
Assisa in suo statu, quia de hujusmodi veritate inquiritur quandoque cum
Sacramento & quandoque sine. Si autem secundo modo, ut si quis petat per
Assisam vel per aliud Breve tenementum, ubi petere debet redditum; si
juratores dicant pro petente locus erit convictioni propter errorem rei,
si Assisa capiatur in modum Assisæ. Secus enim si in modum juratæ. Si
autem Breve competens fuerit & cum querens vel petens intentionem suam
proposuerit & tenens excipiat contra articulos Brevis & contra
intentionem & illos in toto vel in parte negaverit, tunc oportebit
querentem vel tenentem intentionem suam probare per Assisam vel per
inquisitionem.

_Ss. 12._ Et quo casu si Juratores male juraverint locus erit
convictioni quia Assisa capiatur de articulis Brevis in modum Assisæ si
sit Assisa. Si autem talis sit exceptio quæ non tangit aliquem articulum
Brevis & ex toto concedatur intentio querentis, & querela justa
videatur; elidi tamen poterit per exceptionem, ut si incidat alia actio
opposita in modum exceptionis, ut si tenens dicat se esse in possessione
& justè per conventionem vel conditionem, & hoc probare paratus sit per
Assisam, sed eliditur actio & Assisa præcedens cum denegari non poterit;
oportet igitur probare conventionem quæ est alia actio & extra Assisam,
quæ & multas habet probationes. Probatur enim quandoque per instrumentum
& per testes, quandoque per Assisam pro defectu cartæ captam in modum
juratæ de consensu partium, & si proponens probare voluerit quod dicit
exceptio nulla erit & querens obtinebit.

_Ss. 13._ Si autem querens se ponere voluerit in juratam denegetur ei
actio, & quo casu non erit locus convictioni propter consensum. Et illud
idem erit si status opponatur in modum exceptionis & fiat Assisa si
querens personam habeat standi in judicio, & quod petere possit per
Assisam, oportet quod tenens probet illum esse talem quia intentio
querentis in toto conceditur si personam habeat stanti in judicio, quo
probato vel non probato terminabitur actio, sed per parentes non debet
probatio admitti cum præjudicaretur Domino si talem excipientem petere
vellet in servitutem si probatio faceret pro servo, sed de servo
existente sub potestate Domini admitti poterit probatio per parentes, &
quo casu terminabitur quæstio status unico judicio & Assisa. Si autem
servus clamaverit in libertatem & contra Dominum objicientem super
virtutem petierit judicium si ponere se debet in Assisam de statu ante
restitutionem terræ & bonorum, cessabit judicium & alia actione opus
erit Domino, eo quod servus ad aliam responsionem compelli non debet dum
tamen in statu fuerit libero nisi gratis hoc voluerit; probare enim
poterit tenens exceptionem suam multis modis, sicut per parentes
petentis si eos ad manum habuerit, & sinon, alium diem ipsos habere
sufficiet, & si nullos habuerit per instrumentum exceptionis vel in fine
per Assisam si aliam non habet probationem: contra quam petens replicare
poterit multipliciter. Dicere enim poterit quod liber sit & paratus se
liberum probare per parentes, vel per instrumentum manumissionis, vel
per privilegium. Si autem nihil replicando proposuerit petens, tunc in
fine per Assisam in modum juratæ captam judicabitur, nec ei
præjudicabitur imposterum quoad statum quamvis jurator contra eum
fecerit, nec erit locus convictioni cum non capiatur in modum Assisæ.
Servitus enim opposita nihil tangit Assisam magis quam conventio, sed
semper manet Assisa integra quamvis per exceptiones fuerit elisa. Si
autem capta fuerit Assisa in absentia tenentis, vel cum præsens fuerit
non exceperit sed statim se posuerit in Assisam sive juratores dicant
pro uno sive pro alio in articulis Brevis & falso cum dicant fortè
conventionem intervenisse, vel quod querens servus sit vel bastardus cum
non sit, vel aliud quid tale quod loco exceptionis proponatur à tenente,
locus erit convictioni quia Assisa capta est in modum Assisæ licet quasi
de consensu partium. Si autem cum tenens absens fuerit nil dicatur
contra Assisam ex providentia discreti Justiciarii tenentur juratores
reddere rationem de veredicto suo, & si postmodum de convictione agatur
per justam ignorantiam & per justum errorem poterunt juratores excusari.
In magna autem Assisa non jacet convictio eo quod tenens gratis & non de
necessitate ponit eum in magnam Assisam, cum in electione sit ejus vel
duellum.

_Ss. 14._ Item, est quoddam Sacramentum quod à parte parti defertur in
judicio in quo nulla sequitur convictio, & similiter à judice parti,
sufficiat enim Dominum ultorem expectare.

_Ss. 15._ Item, de dampnis nulla sequitur convictio sed potius
certificatio, ut si juratores nimis gravaverint disseisitorem in
dampnis.

_Ss. 16._ Item, in purgationibus nec in defensionibus per Legem contra
sectam productam, nec in inquisitionibus juratis generaliter locum
habebit convictio. Sunt tamen quædam juratæ speciales quæ quandoque
convictionem admittunt, ex gratia tamen Principis per constitutionem.

_Ss. 17._ Si autem in juramento vel judicio aliquando sit erratum
videndum erit si error sit excusabilis vel non, ab hoc quod mitigetur
poena.

_Ss. 18._ Si autem crassa sit ignorantia ut si factum de facili sciri
non possit nisi per præsumptionem, ut si conventio vel contractus
aliquis sit factus in occulto ita quod pauci præsentes exiterint, talis
error excusabilis est. Si autem in publico & palam, ita quod omnes de
patria vel quasi hoc sciverint & soli juratores hoc ignoraverint vel
dubitaverint, non excusantur à perjurio. Si autem factum narraverint
sicut veritas se habuit & Justiciarii secundùm narrationem suam
judicaverint, judicium potiùs erit fatuum quam falsum, cum credant tale
judicium tale sequi factum, falsum tamen erit judicium: necessaria est
igitur diligens examinatio Judicis in omni Assisa & errorem redigant in
veritatem, & cum obscurum sit judicium recurrendum erit ad majus
Consilium; de singulis enim dubitare non est inutile, & velox Consilium
sequitur p[oen]itentia.

_Ss. 19._ Non enim competit cuicunque petenti convictio, sed ipsi tantum
cui competit Assisa sicut ipsi qui in seisina fuerit nomine proprio &
non alieno. Nec ad eosdem Justiciarios pertinebit captio convictionis,
certificationis & Assisæ nisi recenter convictio petatur, in quo casu
capi poterit sine Brevi ex Officio judicis ex virtute sui waranti, quia
cum cui aliqua causa delegetur omnia videntur ei concessa sine quo causa
explicari non possit. Cum igitur convictio & certificatio ex Assisa
dependeant nec sine convictione vel certificatione plenè terminari
possit Assisa ad ipsum merito pertinebit capere convictionem &
certificationem cui competit plena jurisdictio capiendi Assisam. Post
tempus autem transibit judicium Assisæ in rem judicatam nec sine Brevi
deinceps capi non poterunt, & quamvis hujusmodi exceptiones,
convictiones vel certificationes extra comitatum capiantur, non tamen
præjudicabitur carta de libertatibus eo quod aliud privilegium habet
Assisa & aliud jurata.

_Ss. 20._ Per hoc autem quod forma Brevis originalis inseri debet in
Brevi de convictione, videtur aptè quod convictio tantum locum habet de
articulis in Brevibus Assisæ contentis ubi ulla objicitur exceptio, sed
capitur in modum Assisæ & quod ubi excipitur de conventione vel
opponitur causa status vel hujusmodi locum non habet convictio, quia
vertitur Assisa in juratam ad inquirendum de exceptione si dedicatur,
vel si non fiat secundum conventionem eo quod necessitas juris partes ad
hoc compellit.

_Ss. 21._ Impetrato igitur Brevi ex parte summonitoris bene poterit
summonitus diem ad suum essoniari, & cum alio die præsentes fuerint
parte, & 24 non venerint, detur alius dies & 24 attachientur quod sint
ad illum diem, præsentibus itaque juratoribus & querente, si summonitus
non venerit, attachietur. Et si querens non venerit præsente illo de quo
queritur recedat jurata sine die, expectato tamen quarto die
summonitionis & plegii pro querente de prosequendo in misericordia.

_Ss. 22._ Cum autem partes in judicio comparuerint in præsentia 12. &
24. summonitus nihil exceperit contra juratores nec alio modo quare
convictio debet remanere ad tempus vel imperpetuum, tunc imprimis
audiatur recordum Assisæ secundum quod capta fuerit, & inquiratur à
querente in quo vel in quibus 12 juratores falsum fecerint sacramentum
in articulis brevis vel etiam in quæstionibus vel exceptionibus si
Assisa capta fuerit in modum Assisæ, & ubi nulla fuerit proposita
exceptio à tenente, sed dicta post sacramentum à juratoribus, & quo casu
locus erit convictioni si juratores male juraverint in exceptionibus
sicut in articulis principalibus in brevi comprehensis, & secundum quod
ita fuerint sicut querens dicit vel non procedat jurata per sacramentum
24.

_Ss. 22._ Jurare debent in modum juratæ, & non in modum assisæ, & cum
juraverint justiciarius ostendat eis formam querelæ & super quibus
dicere debeat veritatem, utrum videlicet ille qui queritur justè fuerit
disseisitus, vel non & rationem dicti querentis eis exprimat, & secundum
quod dixerint pro una parte vel pro alia sequitur absolutio vel
condemnatio. Et cum 24 pronuntiare veredictum suum sint parati,
diligenter in pronuntiatione sunt à justiciario examinandi, ut dictum
suum rationibus probabilibus vel saltem manifestis præsumptionibus
affirment.

_Ss. 24._ Decipi enim poterunt 24 sicut & decepti fuerunt primi
juratores, & quo sequeretur falsa pronuntiatio vel fatua. Si autem
discordes inveniantur 24 in veredicto suo associentur eis alii pro
afforciamento. Si autem nihil sciverint de veritate intercedentibus
interrogationibus & examinationibus, remanebit suo loco possessio, eo
quod querens nihil probat, & idem erit si dubitaverint. Si autem
concordes veredictum pronuntiaverint & idem dixerint quod & 12 vel
plures sic remanebit possessio cum tenente, quia 12 verum fecerint
sacramentum, & querens custodiatur in gravi prisona pecuniaria poena
redimendus. Si autem veredictum ultimum contrarium sit primo, per hoc
remanebunt primi de perjurio & falsitate convicti & considerandum erit
quod prædicti 12 malè & falsò pronuntiaverint, & quod querens recuperet
seisinam & tenens in misericordia, & quod juratores si præsentes fuerint
custodiantur, & si absentes tunc capiantur. Sed si 12 concordes non
fuerint in assisa capienda sic poterunt 24 quosdam liberare. Si autem 24
varia dixerint dum tamen in principali convenerint secundum quod pro una
parte dixerint vel pro alia validum erit veredictum eorum.

_Ss. 25._ Poena autem convictorum hæc est. In primis capiantur & in
gaolam detrudantur & omnes terræ & omnia catalla in manu Regis
capiantur, & extra manum suam redimantur cum perpetua infamia, per quam
lege libera deinceps non poterint congaudere, quorum sacramentis vel
dictis nunquam erit aliquatenus fides adhibenda. Excusantur tamen quoad
infamiam quamvis non ad poenam redemptionis illi qui sponte sine querela
læsas habentes conscientias de sacramento cum justo ducti fuerint errore
dictum suum corrigere petierint, & quo casu suspenditur sacramentum 24
dum tamen omnes primi juratores sic poenituerint & finem fecerint pro
redemptione, & tunc præcipietur Vice-Comiti quod faciat querenti
secundum formam judicii. Suspenditur autem sacramentum 24 per concordiam
partium, & quo casu fiat seisina, & præcipiatur Vice-Comiti secundum
formam concordiæ.

_Ss. 26._ Et sunt casus in quibus remedium sequitur convictionem, ut si
justiciarii noluerint exceptiones contra juratores vel alias
rationabiles causas allocare, & quo casu erit convictio omnino
revocanda; & eodem modo si defectus fuerit in justiciario magis quam in
juratoribus subveniendum est convictis & errorem suum corrigant, & etiam
sub specie certificationis adhiberi poterit remedium post convictionem,
cum juratores obscurè dixerint, dubiè vel variè.

_Ss. 27._ Impeditur quandoque convictio per exceptiones contra juratores
quandoque tamen judicium primum non exequatur in toto vel in parte, ut
si querens nondum habuerit seisinam rei judicatæ ejus dampna in toto vel
in parte, & quandoque cum ille qui de falso sacramento queritur
auctoritate propria & sine judicio se intruderit in rem in qua sit
contentio vel aliquam ejus partem.

_Ss. 28._ Item redisseisina quandoque; impedit convictionem, ut si ille
qui per Assisam amiserit iterum fecerit disseisinam versus eundem in
toto vel in parte, quia sine judicio jus suum sibi usurpavit & ante
convictionem, quare querelam suam de conveniendo merito ammittit.

_Ss. 29_ Assisa autem super Assisam capienda non est nec convictio super
convictionem dum tamen inter easdem personas & de eadem re cum
diversitas facti non intervenerit exceptione tamen unius assisæ
quandoque sequitur una convictio & quandoque dum, ut si juratores totum
dedisse debuerint vel abstulisse, non dederunt vel abstulerunt nisi
partem & quo casu per eosdem debent capi juratores ne una aliæ sit
contraria quamvis diversis temporibus capi debeant.

Observons encore que dans les chapitres où Flete semble n'avoir fait que
copier les Jurisconsultes qui l'avoient devancé & particuliérement
Bracton, on apperçoit souvent qu'il ne s'occupe du même objet qui les a
fixés, que dans le dessein de réparer l'omission qu'ils ont faite de
maximes avec lesquelles ces objets étoient essentiellement liés. C'est
ainsi que sous le titre _de constitutione dotis_ où l'on retrouve tout
ce que Bracton & Britton ont dit à cet égard: Flete donne la définition
du parafernal dont ils n'avoient point parlé: _est etiam quædam dos quæ
dicitur paraferna quæ est quod mulier habet post vel per dotem
undecunque & ante matrimonium & constante matrimonio, &c._ p. 341. Il
décide aussi, dans ce même chapitre, cette question fameuse en
Normandie, si les biens donnés à la femme en dot par son mari sont
sujets au relief: _Vir vero uxorem dotare de tenementis suis... quamvis
in prejudicium domini feodi... ... & sic facit domino damnum & non
injuriam & quo casu sufficiat domino solum relevium &c._ p. 341. En un
mot, si l'on ne peut s'assurer sans Littleton de l'état des tenures, &
sans le secours de Glanville de l'ordre de procéder suivi dans le 11e &
12e siecle, la jurisprudence Anglo-Normande sur toutes les autres
matiéres, telle qu'elle subsistoit dans les 13e & 14e siecles, ne peut
être bien connue que par Britton & par Flete.

Bracton qui avoit précédé ces deux Auteurs & avoit publié un traité fort
étendu, _de Legibus & Consuetudinibus Angliæ_, sous Henri III, leur a
été, il est vrai, d'un grand secours; ils en ont copié des chapitres
entiers que lui-même avoit tirés, ou du droit Romain ou des
commentateurs de ce droit, & sur-tout d'Azon qu'il cite souvent; mais
ils se sont moins écartés que lui des principes qui étoient particuliers
aux Coutumes de leur nation.

Dans Bracton ces principes se trouvent pour ainsi dire noyés dans les
définitions, les divisions, les subdivisions qu'il emprunte du Code
Justinien; il ne se borne point comme eux à n'employer les dispositions
du Code que pour éclaircir les usages de son pays, il paroît au
contraire uniquement occupé, à n'approuver ces usages qu'autant que le
droit civil en confirme les maximes. D'ailleurs il écrivoit peu après
que Jean Sans-terre effrayé de l'injuste excommunication lancée contre
ses états par Innocent III, avoit fait hommage de sa couronne à ce Pape,
& sa doctrine sur la jurisdiction spirituelle, se ressent beaucoup de
l'ignorance de son siecle qui fut le germe de cet étrange événement.
Telles sont les raisons qui me déterminent à conseiller par préférence
la lecture des deux Jurisconsultes qui l'ont suivi.

[Illustration.]



PIECES
JUSTIFICATIVES
DES REMARQUES
DU PREMIER VOLUME.


==========================================================================

CE SONT LES LEIS & les Coustumes    _HÆ SUNT LEGES & consuetudines
que li Reis Villiam grantut a tut   quas Willelmus Rex concessit
le Peuple de Engleterre, aprés le   universo Populo Angliæ post
Conquest de la Terre. Ice les       subactam Terram. Eædem sunt quas
meismesque les Reis Edward sun      Edwardus Rex, cognatus ejus
Cosin tint devant lui[30].           observavit ante eum._

     [Note 30: Ici commencent les Pieces justificatives de ce
     que j'ai dit dans mon Discours Préliminaire.]

              I.                                 I.

                                     _De Asylorum Jure & Immunitate
                                     Ecclesiastica._

_Co est a saveir, Pais a Saint       Scilicet, Pax sanctæ Ecclesiæ
Yglise. De quel forfait que home     cujuscunque forisfacturæ quis reus
out fait en fel tens; & il pout      sit hoc tempore, & venire potest
venir a Saint Yglise; out pais de    ad sanctam Ecclesiam: pacem habeat
vie & de membre. E se alquons        vitæ & Membri. Et si quis
meist main en celui qui la Mere      injecerit manum in id quod Mater
Yglise requirit, se ceo fust v       Ecclesia postulaverit, sive sit
Abbeie, v Yglise de Religion,        Abbatia, sive Ecclesia Religionis,
rendist ce que il i avereit pris,    reddat id quod abstulerit, &
e cent sols de forfait: & de Mer     centum solidos nomine
Yglise de Paroisse xx. sols: & de    Forisfacturæ. Et de Matrice
Chappele x. sols. E que enfraint     Ecclesia Parochiali xx. solidos.
la pais le Rei en Merchenelae cent   Et de Capella x. solidos. Et
sols les amendes, altrefi de         secundùm pacem Regis in Legibus
Heinfare & de avveit purpensed._     _Merciorum_ centum solidis
                                     emendet: similiter de Heinfare,
                                     & de insidiis præcogitatis.

II.                                            II.
                                     _De Hominum Regis privilegio._

_Icee plaiz afierent a la            Haec placita spectant ad Coronam
Coroune le Rei. Et se alquens,       Regis. Et si qui malè fecerint
v quens, uxvost, meffeist            hominibus illius Ballivæ & de hoc
as homes de sa baillie, e de         sit attinctus per Justitiam Regis,
ço fuist atint de la Justice li      Forisfactura sit dupla illius quàm
Roi, forfait fuist a double          alius quispiam Forisfecerit.
de ce comme altrè fuist forfait._

==========================================================================

_HAS REGIS VILLELMI Leges Latinè     LOIX ET COUTUMES que le Roi
sic reddidit vir Clar. Carolus du    Guillaume donna aux Anglois après
Frêne Dom. du Cange Quæstor          sa conquête. Ces Loix sont les
Regius._                             mêmes que celles qui étoient
                                     suivies en Angleterre sous le Roi
                                     Edouard son prédécesseur.

I.                                        TRADUCTION

Scilicet pax sanctæ Ecclesiæ,         _En ce qui touche la paix de
quodcunque forisfactum quis           l'Eglise, il faut observer que
fecerit hactenus, & venire potest     tout malfaiteur qui pourra se
ad sanctam Ecclesiam, pacemhabeat     réfugier en une Eglise ne sera
vitæ & membri. Et si quis             puni d'aucune peine capitale ni
injecerit manum in eum qui Matrem     même corporelle; & si quelqu'un
Ecclesiam requisierit, si ea sit      est assez hardi pour se saisir de
vel Abbatia, vel Ecclesia             celui qu'une Eglise reclamera, il
religionis, reddat eum quem           sera condamné à le restituer, & à
ceperit, & centumsolidos pro          l'Eglise, si c'est une Abbaye ou
forisfactura: & de Matre Ecclesia     une Communauté Religieuse, vingt
Parochiali xx. solidos: & de          sols, si c'est une Eglise
Capella x. solidos. Et qui            Paroissiale, & dix sols si c'est
infringit pacem Regis in Lege         une Chapelle. L'amende dans la Loi
Merciorum, centum solidorum sint      des Merciens, pour toute paix
emendæ, similiter de _Heinfare_,      enfreinte, est de cent sols; la
& de insidiis præcogitatis.           peine est la même pour toute
                                      espece d'infraction ou de crime
                                      commis de dessein prémédité._

II.                                    TRADUCTION

Hæc placita spectant ad Coronam        _Si quelqu'un, soit Comte, soit
Regis. Et si quis sive Comes, sive     Prevôt, fait quelque dommage aux
Præpositus malefecerit hominibus       hommes de son Bailliage, il sera
suæ Ballivæ, & de hoc sit              condamné au double de l'amende à
attinctus sive convictus, per          laquelle tout autre auroit été
justitiam Regis, forisfactura sit      condamné pour le même délit; mais
dupla illius quàm alius quispiam       la Cour du Roi peut seule lui
forisfecerit.                          faire son Procès._

III.                                                   III.

                                       _De Pacis publicæ violatoribus._

_E que en Danelae fruissela pais       Et qui in _Danorum_ Lege
le Roi, vij. vinz livrerez e iv.       violaverit pacem Regis, cxliv.
les amendes: e les forfais le Roi      libris emendet; & Forisfacturæ
qui afierent al Vescunte xl. sols      Regis quæ spectant ad Vicecomitem
en Merchenelae, e l. sols en           xl. solidi in _Merciorum_ lege, &
West-Sexenelae. E al frans home        l. solidi in Lege _West-Saxonum_.
qui aueit Sac, e Soc, e Tol, e         Et de Libero homine qui habet
Tem, e Infangenetheof, se il est       _Sac_ & _Soc_ & _Tol_ & _Tem_ &
emplaidé, & seit mis en forfait en     _Infangentheof_ & implacitatus
le Countè afiere il forfait a oes      fuerit & ad Forisfacturam positus
le Vescunte xl ores en Denelae, e      in Comitatu, pertinet Forisfactura
de altre home, qui cest franchise      ad opus Vicecomitis, xl. Oræ in
non ad, xxxij. ores. De ces xxxij.     Danorum Lege, & de alio homine qui
ores arat li Vescuntea oes le Roi      ejusmodi libertatem non habet, Oræ
x. ores: e cil qui li plait aurat      xxxij. De his xxxij oris habebit
de remied vers lui xij. ores: e le     Vicecomes ad usum Regis oras
Seignur en ki fin il maindra, x.       decem, & is qui eum implacitaverit
ores: ço est en Denelae._              habebit in remedium versus eum
                                       oras xij. & Dominus cujus finibus
                                       manserit x oras. Hæc est Danorum
                                       Lex.

IV.                                     IV.

                                        _De latrocinii reo, & fidejussore
                                        qui morum ejus periculum in se
                                        susceperat._

_Co est la custume en Merchenelae:      Hæc est consuetudo in _Merciorum_
se alquens estapeled v de roberie,      lege; si quis appellatus fuerit de
è seit plevi devenir à justice, e       larcim, de latrocinio, seu de
il seit fuie dedenz, son plege si       furto & plegiatus fuerit venire ad
avera de iv. meis e i. jour de          Justitiam, & fugerit, Plegius ejus
quer le: e se il le put truver, si      habebit iv menses & unum diem ad
jurad seidodzime de main, que al        eum quærendum, & si possit eum
ure que il le plevi, Laren nel          invenire, Juret se duodecima manu,
sot, ne per lui ne seut est fui,        quod tempore quo eum plegiavit
ne aveir nel pot, dunc rendra le        Latro non fuerat, neque per eum
chatel, e xx. sols pur la test, e       esset quòd fugerit, nec eum
iv. den. al ceper, e une maille         prehendere possit. Tunc reddat
pur la besche, e xl. sols al Rei.       catallum, & xx. solidos pro
En Vest-Sexenelae cent solz al          capite, & iv. denarios _al ceper_,
clamur pur la test e iv livreres        & unum obolum _pur la besche_, &
al Rei. E en Denelae le forfait         xl. solidos Regi. In
viij. Livreres, les xx. solz pur        _West-Saxonum_ Lege c. solidos ad
la test, & les vij. livres al Rei.      clamorem pro capite & iv. libras
E s'il pot dedens un an iv. jurs        Regi. In Lege Danorum,
trover le larun, e amener a la          Forisfactura est viij. libræ, xx.
justice, si li rendra les xx.           solidi pro capite, & vij. libræ
sols, k'is aurad ont, e smert           Regi. Et si is potest intra annum
fainte la justice de larun._            & iv. dies invenire Latronem & eum
                                        aminare ad Justitiam, redhibebunt
                                        ei viginti solidos quos
                                        acceperint, & fiat justitia de
                                        Latrone.

III.                                    TRADUCTION

Et qui in Danorum Lege pacem Regis      _Celui qui viole la paix du Roi
fregerit, cxliv. libris emendet: &      paye, suivant la Loi des Danois,
forisfactur e Regis quaæ spectant       144 liv. d'amende. Tous les délits
ad Vice-Comitem, xl. solidi in          qui intéressent le Roi, & dont le
Merciorum Lege, & l. solidi in          Vicomte a la compétence, selon la
Lege West Saxonum. Et de libero         Loi des Merciens, emporte après
homine qui habet _Sac & Soc_, _Tol      eux une amende de 40 s. Par la Loi
& Tem_, & _Infangentheof_, si           des West-Saxons cette amende est
implacitatus fuerit, & in               de 50 s. Quant à l'homme libre qui
forisfactura positus in Comitatu,       a le droit de Sac & Sol, de Tol &
pertinet forisfactura ad usum           Tem, d'Infangentheof, s'il est
Vice-Comitis xl. oræ in Danorum         appellé en la Jurisdiction du
Lege; & de alio homine qui              Comté, & s'il y est condamné, aux
hujusmodi libertatem non habet,         termes de la Loi des Danois, il
xxxij. oræ. De his xxxij. oris          payera 40 s. d'amende au profit du
habebit Vice-Comes ad usum Regis        Vicomte; tout autre qui, quoique
x. oras: & is qui placitum contra       libre, n'a pas le susdit droit, ne
eum dirationatus fuerit, xij oras:      paye que 32 s. dont 10 pour le
& Dominus in cujus finibus              Roi, 12 pour le plaintif, 10 pour
manserit, x. oras. Hoc in Danorum       le Seigneur dans la Jurisdiction
Lege obtinet.                           duquel il demeure._

IV.                                     TRADUCTION

Hoc est consuetudo in Merciorum         _C'est une Coutume des Merciens
Lege, si quis appellatus fuerit de      que lorsqu'un accusé de larcin ou
Latrocinio, seu de Robaria (furto)      de roberie a donné un garant de ce
& plegiatus fuerit (seu plegium         qu'il se présentera en Cour, si
dederit) de stando juri, & fugerit      cet accusé prend la fuite, son
exinde, plegius ejus habebit iv.        garant a quatre mois & un jour
menses & unum diem ad eum               pour le chercher. Quand ce dernier
quærendum: & si possit eum              ne peut le trouver, il doit
invenire, jurabit duodecima manu        affirmer par le serment de douze
quod ea hora qua illum plegiavit,       hommes qu'au temps où il a plégé
Latronem esse non scivit, neque         le coupable, il ignoroit qu'il le
per eum fuit quod fugerit, neque        fût; qu'il n'a point facilité son
eum prehendere potuit: tunc reddet      évasion, & qu'il l'a inutilement
catallum, & xx. solidos pro             cherché. A ce moyen le garant
capitali, & iv. denarios cippario       ne sera tenu qu'à restituer le
(_seu custodi carceris_) &              meuble volé, à payer 20 s. pour la
Malliam, _seu medaliam_, pro _la        proscription du fugitif, 4 deniers
besche_, & xl. solidos Regi: in         au Geolier, une maille à l'Hundred
West-Saxonum Lege c. solidos ad         pour l'indemnité du travail de
clamorem pro capite, & iv. libras       l'absent, & 40 s. au Roi. Selon le
Regi. Et in Danorum Lege                Loi des West-Saxons on paye 100 s.
forisfactura est viij. libræ xx.        pour la proscription de la tête du
solidi pro Capitali, & vij. libræ       coupable, & 4 liv. au Roi. Et par
Regi: & si is potest intra annum &      la Loi des Danois, la forfaiture
iv. dies invenire Latronem, & eum       est de 8 liv. les proclamations
ad justitiam adducere reddentur ei      sont de 20. s. & l'amende envers
xx. solidi quos exsolverat, & fiat      le Roi de 7 liv. Si cependant on
justitia de Latrone.                    peut trouver le voleur dans l'an &
                                        jour, & le représenter à la
                                        Justice, on le condamne, & on rend
                                        au Plege les 20 s. payés pour la
                                        tête du coupable._

V.                                      V.

                                        _De Latronis prehensione._

_Cil ki prendra Larum sanz fuite        Si quis prehenderit Latronem
e sans cri, que cil en leist a qui      absque secta & absque clamore,
il aurad le damage fait, & vienge       atque eum ei cui damnum factum est
poit après, si est raisun que il        dimiserit, & venerit postea,
dunge x. solz de Hengwite, efin         rationi conveniens est ut det ille
face la justice a la primereine         x. solidos pro Hengwite, & finem
devise sans le congé a la justice,      faciat Justitiæ _à la primereme
si est forfait de xl. solz._            devise_ absque licentia Justitiæ,
                                        Forisfactura est xl. solidi.

VI.                                     VI.

                                        _De Animalium redemptione._

_Cil qui aveir escut, v Chivalz, v      Is qui Averium replegiaverit
Buefs, v Vaches, v Porcs, v Berbz,      scilicet aut Equum, aut Bovem, aut
que est Forfengend Engleis apeled       Vaccam, aut Porcum, aut Ovem (quod
cil qil cla, durra al gros, s al        forfengen Anglicè dicitur, _cil
Provost aveir the Lestussun viij.       qil cla_ dabit _al Gros. s._
den. iatant n'i ait meis qu'il ont      Præposito habere the Lestussum[31]
cent al maille ne durrad que viij.      viij. denarios, nec tamen _ait &
deniers, e pur un Porc iiij. den.       meis quil ont_) _cent al maille_
e pur un Berbz i. den. e isi tres       non dabit plusquam viij. denarios,
que üit pur chascun iiij, deniers       & pro Porco iv. denarios, & pro
de iatant n'i aurad, ne durrad que      Ove denarium i _e isitres que vit_
oit den. e durra wage, e truverad       unicuique iv. denarios,
plege. Que si altre veinged apres       nihilominus neque habebit nec
dedenz l'an e un jour pur l'aveir       dabit plusquam viij. denarios, &
demander, qu'il i ait a droit en        dabit vadios, & inveniet plegios
sa Curt, celuy de que il avoit          se, si aliquis venerit ad
lecus._                                 probationem nem intra annum & diem
                                        ut Averium petat, salvum
                                        exhibiturum in Curia id quod
                                        replegiaverit.

     [Note 31: Il faut lire _recussum_, l'avoir recous.]

V.                                      TRADUCTION

Qui Latronem prehenderit absque         _Si celui qui s'est saisi d'un
secta & absque clamore & in ejus        voleur qu'il n'avoit point un
potestatem tradiderit cui damnum        intérêt personnel de poursuivre ni
factum est, & venerit postea;           de reclamer l'envoie à celui qui a
rationi conveniens est ut det illi      été volé, & vient lui-même en Cour
x. solidos de Hengwita, & finem         à la suite du coupable, il lui est
faciat justitiæ ad primam divisam,      dû 12 s. de récompense; & celui
(_seu ad primum placitum_) absque       que le vol intéresse doit se
licentia justitiæ estque                présenter sans y être assigné aux
forisfactus de xl. solidis.             prochains Plaids, pour y payer une
                                        amende, si le tort qu'on lui a
                                        fait monte à 40 s._

VI.                                      TRADUCTION

Qui averium recuperaverit, vel           _Celui qui recouvre l'avoi, soit
Equum, vel Bovem, vel Porcum aut         boeuf, vache, porc ou brebis,
Berbicem, quod _Forfengem_ Anglicè       quand il est égaré, ou comme
dicitur, is qui illud habuerit           disent les Anglois, le forgagen,
dabit ad Grossos solidum Præposito       recevra de la personne qui le
habere _the lestussun_ viij              reclame, en tout, tant pour lui
denarios, & si non tot sint, ut in       que pour le préposé à la garde de
malliam centum computentur, dabit        l'avoir, 8 den. Si les avoirs
tantùm viij denarios, pro Porco          trouvés ne valent cependant pas
iv. denarios, & pro Berbin 1.            ensemble cent mailles, on ne
denarium: & sic usque ad octo pro        payera jamais plus de 8 d. Pour un
singulis quatuor denariis, & si          porc seul l'amende est de 4 d. &
tot non fuerint, dabit tantum            d'un d. pour une brebis; quand il
viij. denarios, & dabit vadium, &        n'y a pas plus de 8 avoirs, on
inveniet plegium. Quod si alius          paye 4 d. pour chaque, & on donne
postea venerit, intra annum &            en outre caution; parce que, si
diem, & averium repetat, ad rectum       dans l'an & jour quelqu'un vient
habeat in Curia eum, à quo averium       révendiquer les choses égarées il
recuperatum fuerit.                      a action en Cour contre celui qui
                                         les a recouvrées pour l'obliger a
                                         les restituer._

VII.                                     VII.

                                         _De Rebus fortè inventis._

_Altresi de aver en direz, e de          Similiter de Averio _Endirez_ &
altre treveure; seit mustred del         alia re inventa. Ostendatur tribus
treis pars del veisined, que il          partibus Vicineti, ut testimonium
eit testimonie de la troveure: si        habeat de inventione. Si aliquis
alquens vienge apres pur clamer la       veniat ad probationem ad rem
iose, duist vvage, & trosse              clamandam, det vadios & inveniat
pleges, que se altre clamur              plegios se si alius quispiam
l'aveir dedanz l'an è un jour, qui       clamaverit Averium, intra annum &
il l'ait a droit en la Curt celui        diem, salvum exhibiturum in Curia
qui l'averad troved._                    id quod invenerit.

VIII.                                    VIII.

                                         _De Homicidio & Capitis
                                         æstimatione seu Wera._

_Si home occit altre, e il seit          Si quis alium occiderit, & si reus
counsaunt, e il dénie faire les          confitens, & emendare negaverit,
amendes: durra de sa manbote al          det de suo manbote Domino pro
seignor pur le franc home x. solz        libero homine x. solidos, & pro
la were dol Thein xx. li. en             servo xx. solidos. Wera _Thani_
Merchenelae e en West-Sexenelae: e       xx. libræ in _Merciorum_ Lege, &
la were del Vilain C. solz en            in _West-Saxonum_. Et Wera Villani
Merchenelae, e ensement en               C. solidi in _Merciorum_ lege,
West-Sexenelae._                         atque etiam in _West-Saxonum_.

IX.                                      IX.

                                         _Quibus Capitis æstimatio seu Wera
                                         solvenda._

_De la were primerament rendrat          Quod ad Weram attinet, primò
l'um de halt Sainc à                     reddat is qui est de halt sanguine
la vuide as orphanins x. solz:           Viduæ & Orphanis x. solidos, &
e le surplus orphanine les               quod superest Parentes & orphani
Parens departent entr'els._              inter se dividant.

VII.                                     TRADUCTION

Et de averio, ita dicendum de alia       _Il en est de même de tout avoir
re quavis inventa. Ostendatur            adhiré ou de toute autre chose
tribus partibus vicineti, ut             perdue & trouvée; on doit la faire
testimonium habeat de inventione.        voir, en trois parades différentes
Si aliquis postea venerit ad rem         du lieu, à quelques personnes,
clamandam, seu repetendam det            afin qu'elles soient en état
vadium, & inveniat plegios, qui si       d'attester qu'elle a été trouvée;
alius intra annum & diem averium         & si quelqu'un la reclame après
clamaverit, ad rectum habiturum in       avoir donné Pléges & Gages, celui
curia eum qui rem invenerit              qui l'a trouvée est obligé de la
spondeant.                               rendre en bon état à celui qui
                                         dans l'an & jour prouve qu'elle
                                         lui appartient._

VIII.                                    TRADUCTION

Si quis alium occiderit, &               _Si quelqu'un en tue un autre, &
consenserit, & emendare                  après avoir avoué le meurtre
denegaverit, dabit de sua Manbota        refuse de payer les indemnités
Domino pro libero homine x.              requises, il sera contraint de
solidos, & pro servo xx. solidos.        payer par composition au Seigneur,
Wera Thani xx. libræ in Merciorum        pour le meurtre d'un homme libre,
lege, & in West-Saxonum lege: &          10 s.; 20 s. pour un esclave. La
Wera villani C. solidi in                taxe pour le meurtre d'un Seigneur
Merciorum lege & in West-Saxonum         est de 20 liv. suivant les Loix
lege.                                    des Merciens & des West-Saxons, &
                                         celles imposées par ces mêmes Loix
                                         pour la mort d'un villain est de
                                         cent sols._

IX.                                            TRADUCTION

De Wera primò reddetur de alto           _Observez que de ces taxes
sanguine, viduæ & orphanis x,            la veuve & les orphelins de
solidi: & quod superest orphani &        l'homicidé noble auront 10
parentes inter se dividant.              s., & que le surplus se partagera
                                         entre ces orphelins & les
                                         autres parens._

X.                                       X.

                                         _Animalium aliquot valor, in
                                         Capitis æstimatione censenda._

_En la were purra il rendre Chival       In Wera reddere poterit quis Equum
qui ad ad cuille pur xx. solz: e         non Castratum pro xx. solidis, &
tor pur x. solz e iter pur v.            Taurum pro x. solidis, & _iter_
sols._                                   pro v. solidis.

XI.                                      XI.

                                         _De Percussore._

_Si home fait plaie a altre, e il        Si quis alium percusserit, &
denie otrei fair les amendes:            negaverit ultrà emendare, primò
primerement li rende sun le chefe;       reddat _sun le chefe_ & plagas,
e li plaiez jurraz sur sentez, qui       juret super sancta quòd aliter non
pur mes nel pot fair, ne pur haur        potuit facere, nec pro _haur si
si chier nel fist de sarbote cho         chier_ nec fecit _desarbote cho
est de la dulor._                        est de la dulor._

XII.                                     XII.

                                         _De vulnere indito._

_Si la plaie lui vient à vis             Si plaga lui _vient a vis
descuvert, al polz tote veie iv.         deseuvert el polz tote vete_ iv.
deniers, & de tanz os cum hom            denarios, & de omni osse quod quis
trarad de la plaie, al os tote           traxerit ex plaga, osse toto viso
veie iv. den. pois acordement si         iv. denarios, postea _acordement
li metir ad avant honours qui si         si li metir ad avant honours que
il li ont ço qu'il ad fait a lui,        si illiont_, id quod ei fecit si
se son queur li purportast, e son        cor suum ei suggesserit, &
conseil li donast, prendreit de          consilium suum ei donaverit,
lui ce qu'il offre a lui._               accipiat ab eo quod ei obtulerit.

X.                                       TRADUCTION

In Wera reddere poterit quis Equum       _On pourra, au lieu de 20 s.,
qui testiculos habet pro xx.             donner un cheval entier; pour 10
solidis: & taurum pro x. solidis,        s. un taureau, & un porc pour 5
& verrem pro v. solidis.                 s._

XI.                                      TRADUCTION

Si quis alteri plagam fecerit, &         _Si quelqu'un frape un autre, &
ultra emendare denegaverit, primò        refuse de l'indemnifer, il doit
ei reddat suum capitale: &               d'abord payer la composition
plagatus jurabit super sancta,           proportionnée à la condition du
quòd pro minori (emenda) non             blessé, & ce dernier doit jurer
potest facere, nec pro odio              sur l'autel qu'il ne peut estimer
cariorem (vel majorem) fecerit de        à moins la plaie qu'il a reçue, &
sarbota, id est de dolore.               qu'il n'outre point cette
                                         indemnité par haine ou par
                                         ressentiment._
(_Lingua Saxon._ Sag, _est dolor_,
Bota, _emendatio_.)

XII.                                     TRADUCTION

Si plaga ei inflicta fuerit ita ut       _Si la plaie est visible sur toute
appareat, pro pelle totius iv.           la peau, il est dû 4 den.; pour
denarios (dabit) & de tot ossibus        chaque os vu tirer de la plaie, on
quæ ex plaga extrahentur, pro            payera pareille somme. Le blessé
quolibet osse toties iv. denarios        pourra cependant, étant appellé
(dabit.) Quod si coram                   devant ses Seigneurs, faire
superioribus Dominis pactum initum       valablement un accord (après que
fuerit, de plaga quæ alio ei facta       ces Seigneurs auront été
fuerit, si cor suum id ei                exactement instruits du fait) &
suggesserit, & consilium suum ei         alors le coupable devra que ce que
donaverit, accipiet ab eo quod           le blessé aura agréé de bonne
sibi oblatum fuerit.                     volonté ou par conseil._

XIII.                                    XIII.

                                         _Membrorum præcisorum æstimatio._

_Si ço avent qui alquon colpe le         Si acciderit ut quis pugnum
poin a altre, v le pied, si li           cujuspiam absciderit aut pedem,
rendra demi were, suluc çeo q'il         reddat ei medietatem Weræ secumdùm
est: més del pochier rendrad la          id quod est. Sed pro pollice
meité de la main. Del dei apres le       reddat medietatem manus. Pro
polcier, xv. solz de solt Engleis,       digito qui pollici proximus xv.
ço est quer deniers: de lunc dei         solidos, de solido Anglicano, hoc
xvj. solz, de l'altre qui ported         est _quer_ denarios. Pro digito
l'anel xvij. solz: del petit dei         longo xvj. solidos. Pro altero qui
v. solz, de l'ungle, si il colpe,        portat annulum xvij. solidos. Pro
de cascun v. sols de solt Engleis:       digito minimo v. solidos. Si
a l'ungle de petit dei iv. den._         unguem quis cuiquam præciderit, v.
                                         solidis de solido Anglicano
                                         emendet, & pro ungue digiti
                                         minimi, iv. denariis.

XIV.                                     XIV.

                                         _De Adulterio._

_Ki altri espouse purgist, si            Qui desponsatam alteri vitiaverit
forfait la were vers sun                 forisfaciat Weram suam Domino suo.
Seignour._

XV.                                      XV.

                                         _De Judice corrupto._

_Altresi qui faus jugement fait,         Etiam qui falsum tulerit judicium,
pert sa were, si il ne pot prover        Weram suam perdat, nisi tactis
sor Saintz qui mels nel sot              Sacrosanctis (_Evangeliis_)
juger._                                  probare poterit se meliùs judicare
                                         non potuisse.

XVI.                                     XVI.

                                         _De Purgatione illius qui Furti
                                         reus est._

_Si home apeled altre de larcin, &       Si quis alterum appellet de
il sot francz home, & il ait ond         Latrocinio is sit liber homo, &
ca verre testimonie de lealté,           habeat _ond caverre_ testimonium
s'en escoudirad per plein serment:       de legalitate purget se per plenum
& altre qui blasmed ait ested, per       sacramentum, & alter qui infamis
serment nomed: ço est a savoir           ante fuerat _per serment nomed_,
qu'a corte homes leals per non, si       videlicet xiv. homines legales
il aver les pot, si s'en escouriad       _per non_ si is habere eos poterit
sei dudzime de main: & si aveir          se purget se duodecima manu, & si
nes pot, si se defende de per            habere non possit se defendat _per
iuis, e li apeleur jurra sur lui         iuis_ & Appellator jurabit _sur
jur set homes només, qui pur haur        lui sur set_ homines _nomes_ quod
nel fist ne pur altre chose, si          propter _haur_ non fecit nec
pur son dreit non purchaçer._            propter aliam causam quàm quis jus
                                         suum persequeretur.

XIII.                                    TRADUCTION

Si acciderit ut quis pugnum              _Si quelqu'un a coupé le poing ou
cujuspiam juspiam absciderit aut         le pied d'un autre, il doit au
pedem, reddet ei medietatem weræ,        blessé la moitié de la taxe qu'il
secundùm id quod est: sed de             auroit dûe s'il l'eût tué.
pollice reddet medietatem manus.         Observez néanmoins que pour le
Pro digito qui pollicem                  pouce on paye moitié de ce qui'il
subsequitur, xv. solidos solidorum       coûte pour une main; pour le doigt
Anglicanorum, hoc est quadraginta        le plus proche du pouce, la taxe
denariorum. Pro longo digito, xvj.       est de 15 s. Anglois: ainsi chaque
solidos: prop altero qui portat          sol est de 40 den.; pour le doigt
annulum, xvij. solidos: pro digito       du milieu il appartient 16 s.;
minimo, v. solidos: de ungue si          pour l'annulaire 17 s.; pour le
præcidatur, de quolibet v. solidos       petit doigt 5 s.; si l'ongle est
solidorum Anglicanorum: & pro            coupé, chaque ongle est taxé à 5
ungue minimi digiti, iv. denarios.       s. Anglois; pour l'ongle du petit
                                         doigt on ne paye que 4 den._

XIV.                                     TRADUCTION

Qui sponsam alteriùs vitiaverit,         _Les Seigneurs ont la
forisfacit weram suam erga Dominum       composition entiere d'un homme
suum.                                    quand cet homme corrompt la femme
                                         d'autrui._

XV.                                      TRADUCTION

Similiter qui falsum judicium fecerit,   _Celui qui juge mal une cause
weram suam perdit, nisi                  paye la même taxe, à moins
præstitio super sancta sacramento        qu'il ne prouve, en jurant sur
probare possit, se meliùs judicare       l'autel, qu'il ne sçavoit pas
non scisse.                              mieux juger._

XVI.                                     TRADUCTION

Si quis alterum appellet de              _Si quelqu'un accuse un autre
Latrocinio, & is sit liber homo, &       de larcin, l'accusé peut se faire
aliquando habuerit verum                 absoudre en jurant, pourvu qu'il
testimonium de legalitate,               prouve qu'il a eu antérieurement
excondicet (i _excusabit_) se per        un certificat autentique de
planum sacramentum: & qui                probité; mais l'accusé qui au
infamatus ante fuerit, per               contraire a été diffamé par un
sacramentum nominatum: videlicet         Jugement, c'est-à-dire, qui a été
ex curia hominum legalium parium,        jugé infame en la Cour de ses
si eos habere potuerit,                  Pairs, ne peut se purger de ce
excondicet; seu purgabit se              Jugement que par le serment de
duodecima manu: & si eos habere          douze hommes; & s'il ne peut se
non potuerit, defendet se per            procurer ce nombre de Jureurs, il
judicium, (_ita purgationem              se défendra de l'accusation par la
vulgarem vocat_) & appellans             preuve ordinaire, & l'accusateur
jurabit super se & septem homines        sera tenu de jurer avec sept
nominatos, quod propter nullum           hommes qu'il n'agit point par
odium id fecerit; nec propter            haine, mais uniquement par la
ullam aliam causam quàm ut jus           nécessité de poursuivre son
suum persequeretur.                      droit._

XVII.                                    XVII.

                                         _De eo qui Templum aut domum
                                         fregerit._

_E si alcons est apelez de Muster        Et si quis appellatus fuerit de
fruisser, v de chambre, & il n'eit       fractione Monasterii aut Cubiculi,
esté blamed en arer, s'en escoudit       neque fuerit anteà infamis
per xlij. leals homes nomez sei          _enarer_ se purget per xlij.
dudzime main: e s'il eit altresjée       legales homines _nomes_ se
ested blamed, s'en escoudied a           duodecima manu, & si aliàs infamiâ
treis dubles, çeo a savoir per           notatus fuerit, purget se _a treis
xlviij. homes leals nomès, sei           dulles_, videlicet per xlviij.
trentesiste mein: e s'il aveir nes       homines legales _nomes_ se
pot, aut a la juisse a treis             trigesima sexta manu, & si illos
dubles, si co il doust a treis du        habere nequierit eat _a le ivise a
plein serment è s'il a en arer           treis aubles si coil doust a
larcin amended, alt a l'euve: li         treis_ de pleno sacramento, & si
Archevesque avera de forfature xl.       _il enarrer larcin amended alt al
sols en Merchenelae, è lui               ewe_ Archiepiscopus habebit de
Evestres xx. sols, è li Quenz xx.        forisfactura xl. solidos in
sols, è li Baron x. solz, è li           _Merciorum_ Lege, & Episcopus xx.
Vilain xl. deniers._                     solidos, & Comes xx. solidos, &
                                         Baro x. solidos, & Villanus xl.
                                         denarios.

XVII.                                 TRADUCTION

Si quis appellatus fuerit de          _Lorsque quelqu'un est appellé en
Monasterii vel Ecclesiæ               Justice pour avoir entré par
infractione, vel cameræ, & neque      effraction dans un Monastere ou
antea fuerit infamatus, excondicet    dans l'intérieur d'une maison,
seu purget se per xij. homines        s'il n'a point déjà été déclaré
legales nominatos, se duodecima       judiciairement infame, il pourra
manu. Et si aliquando infamatus       se justifier par le serment de
fuerit, purget se cum ter iterato     douze hommes; mais s'il est
testium numero, videlicet per         diffamé par quelque Jugement, il
xlviij. homines legales nominatos     doit se purger de l'accusation par
se xxxvj. manu: & si illos habere     trois fois plus de Jureurs,
non potuerit, eat ad judicium ter     c'est-à-dire, par le serment de
iteratum, quemadmodum debuerat ad     trente-six hommes nommés par
ter iteratum sacramentum. Et si       quarante-huit; & s'il ne lui est
antea latrocinium emendaverit, eat    pas possible de se procurer ce
ad aquam Archiepiscopus habebit de    nombre de témoignages, il subira
forisfactura xl. solidos in           trois fois l'épreuve ordinaire,
Merciorum lege, & Episcopus xx.       comme il auroit été obligé de se
solidos, & Comes xx. solidos, &       purger par trois fois plus de sermens
Baro x. solidos, & Villanus xl.       qu'un autre; enfin, s'il a déjà été
denarios.                             puni pour larcin, il subira l'épreuve
                                      de l'eau; & en ce cas l'Archevêque
                                      aura pour sa forfaiture 40 s.
                                      suivant la Loi des Merciens,
                                      l'Evêque 20 s., le Comte 20 s., le
                                      Baron 10 s. & le Villain 40 den._

XVIII.                                XVIII.

                                      _De Denariis Sancti Petri, seu
                                      Vectigali Romano._

_Franc home qui ad aver champester    Liber homo qui habuerit averia
trente deniers vailaunt, deit         campestria xxx. denariis
doner le dener saint Pere. Le         æstimanda, dabit denarium _sancti
Seignur pur iv. den. que il           Petri_. Pro iv. denariis quos
dourad, si erunt quites ses           donaverit Dominus, quieti erunt
Bordiers, e ses Boner, e ses          Bordarii ejus & ejus _Boner_, &
Serianz. Li Burgeis qui ad en sonn    ejus Servientes. _Burgensis_ qui
propre chatel demi marc vailant,      de propriis Catallis habet id quod
deit dener seint Pere. Qui en         dimidia Marca æstimandum est, det
Denalae Franc home est; e il avera    denarium _sancti Petri_. Qui in
demi marc en argent vailant de        Lege _Danorum_ est liber homo, &
aver champestre, si deuera donner     habet averia campestria quæ
le dinier Seint Pere. E per le        dimidia marcâ in argento
dener qui li Seignur durrat, si       æstimantur, debet dare denarium
erent quietes ceals qui meinent en    sancto Petro. Et per denarium quem
son demainer._                        donaverit Dominus, erunt, quieti
                                      ii qui resident in suo Dominico.

XIX.                                   XIX.

                                       _De Muliere vi compressâ & pudicitiâ
                                       luctamine tentatâ._

_Ki purgist femme per forze,           Qui foeminam vi opresserit,
forfait ad les membres. Ki abate       forisfacit membra sua. Qui
femme a terre, pur faire lui           prostraverit foeminam ad terram &
force, la multe al Seignur x.          ei vim inferat, multa ejus Domino
solz. S'il la purgiste; forfait        est x solidi. Si verò eam
est de membres._                       compresserit, forisfacit membra.

XVIII.                                 TRADUCTION

Liber homo qui habuerit in averiis     _L'homme libre, qui a en avoirs
campestribus trigenta denarios,        champêtres la valeur de 30 den.,
debet dare denarium sancti Petri.      doit le denier de S. Pierre. Le
Pro iv. denariis quos dabit            Seigneur affranchira ses Bordiers,
Dominus, quieti erunt Bordarii         ses Bonniers & ses Sergens, en
ejus, & ejus bonnarii, & ejus          payant 4 den. Le bourgeois, qui a
servientes. Burgensis qui dimidiam     un demi-marc en mobilier, doit
marcam habet in propriis catallis,     aussi le denier de S. Pierre. Par
debet dare denarium sancti Petri.      la Loi des Danois, celui qui a en
Qui in Lege Danorum est liber          avoirs de campagne la valeur d'un
homo, & habet averia campestria        demi-marc en argent doit cette
valoris dimidiæ marcæ in argento,      redevance, & le Seigneur acquitte
dare debebit denarium sancti           ceux qui demeurent en son domaine
Petri. Et per denarium quem            au moyen d'un denier._
Dominus donaverit, quieti erunt ii
qui manent in suo Dominico.

XIX.                                   TRADUCTION

Qui foeminam vi oppresserit,          _Celui qui fait violence à une
forisfacit sua membra. Qui            femme peut être puni par la perte
prostraverit foeminam ad terram,      de ses membres. S'il a terrassé
ut vim ei inferat, multa ejus         cette femme pour lui faire violence,
Domino est x. solidos: si verò        il ne doit que 10 s. à celui à qui
eam compresserit, forisfactus est     elle appartient; la peine de la perte
de membris.                           des membres n'est attachée qu'à une
                                      violence effectuée._

XX.                                    XX.

                                       _De iis qui vectigal Romanum seu
                                       sancti Petri non penaunt._

_Ki renent le dener Seint Pere, le     Qui negaverit denarium sancti
dener prendra per la justice de        Petri, eum pendat per justitiam
seint Eglise, è xxx. den. forfait.     sanctæ Ecclesiæ & xxx. denarios
E se il en est plaide de la            forisfacturæ. Et si de ea re est
justise le Rei, le forfait à           implacitatus per justitiam Regis,
l'Evesque xxx. den. e al Rei xl.       forisfaciat Episcopo xxx. denarios
solz._                                 & Regi xl. solidos.

XXI.                                   XXI.

                                       _De Oculo effosso._

_Si elquuns creve l'oil al altre       Si quis alteri oculum effoderit
per aventure quelque seit, si          infortunio quocunque, emendet lxx.
amendrad lxx. solz del solz            solidis solidorum Anglicanorum. Et
Engleis. E si la purvele i est         si _la purvele_ restituatur,
remis, si ne rendra lui que la         dimidium duntaxat reddatur.
meité._

XXII.                                  XXII.

                                       _De Relevio seu [Greek:
                                       eisdeiktikô] Comitis._

_De releife al Cunte, que al Rei       De relevio Comitis, quod ad Regem
afiert viij. chivals selez e           pertinet, viij. equi Ephippiati &
enfrenez, les iv. habers, e iv.        frænis ornati, iv. Loricæ, & iv.
hommes, e iv. escus, e iv.             Hammes, & iv. Scuta, & iv. Hastæ,
Launces, e iv. Espes, les altres       & iv. Enses, _les altres_ iv.
iv. Chaceurs, e Palfreis a freins      _chaceurs_ & Palfredi cum frænis &
& a chevestres._                       capistris.

XX.                                    TRADUCTION

Qui denegaverit denarium sancti        _Quiconque refuse le denier de
Petri, reddet denarium per             Saint Pierre peut être contraint à
justitiam sanctæ Ecclesiæ, &           le payer par le Juge
præterea xxx. denarios pro             Ecclésiastique, & il encourt
forisfactura. Et si de ea re           l'amende de 30 den.; s'il est jugé
implacitatus fuerit per justitiam      par le Juge royal il payera à
Regis, forisfactura Episcopo erit      l'Evêque 30 den. & au Roi 40 s._
xxx. denarios, & Regi xl. solidos.

XXI.                                   TRADUCTION

Si quis alteri oculum effoderit        _Pour avoir crevé un oeil, de
quocunque casu, emendabit lxx.         quelque maniere que ce soit, on
solidis solidorum Anglicanorum: &      doit 70 s. Anglois d'amende; si la
pupilla remanserit dimidium tantùm     paupiere n'est point endommagée,
ei dabitur.                            il n'est dû que moitié._

XXII.                                  TRADUCTION

De relevio Comitis quod ad Regem       _Le relief d'un Comte appartient
pertinet viij. equi cum sellis &       au Roi; il consiste en huit
frænis, iv. Loricæ, iv. galeæ, &       chevaux scellés & bridés, quatre
iv. scuta, & iv. lanceæ, & iv.         hautbers, quatre heaulmes, mes,
enses & aliæ res iv. equi              quatre boucliers, quatre lances &
venatorii, & palafredi cum frænis      quatre épées; les hommes du Comté,
& capistris.                           qui ont droit de chasse, doivent à
                                       quatre un palfroi dûement
                                       enharnaché._

XXIII.                                 XXIII.

                                       _De Relevio Baronis._

_De relief a Barun, iv. chivals        De Relevio Baronis, iv. Equi cum
enselez è enfrenès, e ij. Halbers,     sellis & frænis ornati, & Loricæ
e ij. Hammes, e ij. Escus, e ij.       ij & ij. Hammes & Scuta ij. & ij.
Launces, e ij. Espes: e les altres     Hastæ & ij. Enses, & _les altres
ij. un Chaceur, e un Palefei a         ij un chaceur_ & unus Palfredus
freins e a chevestres._                cum fræno & capistro.

XXIV.                                  XXIV.

                                       _De Vavasoris Relevio._

_De relief a Vavasour a son lige       De Relevio Vavasoris ad ligium
Signur, deite estre quite per le       suum Dominum. Quietus esse debet
cheval son peipe tel qu'il aveit a     per equum _son peipe_ talem qualem
jour de sa mort, e per son             habuerit tempore mortis suæ, & per
Halbert, e per son Haume, e per        Loricam suam, & _per son Haume_ &
son Escud, e per sa Lance, e per       per scutum suum, & per hastam
s'espe, s'il fust desapeilé, qu'il     suam, & per ensem suum, & si adeo
ne out ne Chival ne les armes per      fuerit inermis ut nec equum
c. solz._                              habuerit nec arma, per centum
                                       solidos.

XXV.                                   XXV.

                                       _Adeo me Cæcutire heic fateor, ut
                                       nec lemma adjicere possim._

_De eivers deins aver kil voldra       _De eivers deins aver Kil_ velit
clamer emblet, e il volge douer        calumniare, _emblet_, & ille vult
vvage e trover plege a porsuir son     dare vadios & invenire plegios ad
apel, dunt li scuverad a celui         prosequendum appellum suum, tunc
qu'il auverad entremeins nomer son     _liscuverad_ illi quod _il auverad
guarant s'ul l'ad; e s'il ne l'ad      entremeins nomer_ warrantum suum
dunt nomerad son Heuvelborh è ses      si eum habuerit, & si non habuerit
testimonies, è ait les a jur è         eum, nominabit suum Heuvelborh, &
a terme, s'il les ad, v s'il les pot   testes suos, & habebit eos ad
aver: è li enterceur liveriad en       diem, & ad terminum si eos habeat
guage sei siste main, è li alire       aut eos habere poterit, & _li
le metirad en la main son warant,      entreceur liuverad_ in vadium se
v a son Heuvelborh, è il ait           sexta manu, & alter ponat in manum
testimonies que il l'acharad al        sui warranti _v a son
marthied in Rei, è qu'il ne set        Heuvelborth_, & habeat ille testes
son warant, en le plege vif ne         quod _il lacharad al marthied in
mort: çoo jurad od ses testimonies     Rei_, & quod ille non _set_ suum
per plein serment: si perdra son       warrantum in plegio _vif ne mort
Chatel, si il testimonient qui il      coo jurad od_ testes suos per
Huvelborh enpust: è s'il ne pot        plenum Sacramentum perdat catallum
aveir guarant ne testimonie, si        suum si is testimonium perhibeat
perdrad, e pur soldrad pert sa         quod Heuvelborth _enpust_, & si
werre vers son Seigneur, ço est en     non poterit habere warrantum, nec
Merchenelae è en Denelae, è en         testem, perdat & pro _soldrad_
West-Sexenelae. Ne vochere mie son     perdat Weram suam Domino suo. Hoc
Seignor warant iceo qui seit mis       obtinet in _Merciorum_ jure, & in
en guage, è on Denelae meitre en       _Danorum_ & in _West-Saxonum_. Non
vele; dissi la qui il seit             vocabit Dominum suum ad Warrantum
derained: è s'il pot prover qui        de hoc quod ponitur in vadio, &
ceo soit de sa nurture per treis       _ou_ Danlae _meite en vele dissi
parts son vigued, se il aver ad        la_ quod is sit _dereined_, & si
deregned. Kar puis lei serment li      potest probare quod hoc sit de _sa
est jugied, ne l'en pot pas puis       nurture_, per tres partes _son
lever par lo jugement de               vigued se il aver ad deraigned_.
Engleterre._                           Nam post Sacramentum _li est
                                       jugied_: inde non potest posteà
                                       _lever_ per judicium Angliæ.

XXIII.                                TRADUCTION

De relevio Baronis iv. equi cum       _Le Baron doit quatre chevaux
sellis & frenis, & ij. Loricæ, &      scellés & bridés, deux heaulmes,
ij. galeæ, & ij. scuta, & ij.         deux boucliers, deux lances & deux
lanceæ, & ij. enses: & ij. aliæ       épées. Les hommes de la Baronnie,
res unus equus venatorius, & unus     qui ont droit de chasse, doivent à
Palafredus cum frænis & capistris.    deux un palfroy avec bride &
                                      harnois._

XXIV.                                 TRADUCTION

De relevio Vavassoris ad ligium       _Le vavasseur doit à son Seigneur,
suum Dominum, quietus esse debet      dont il est lige, l'épée, la
per equum sui patris, talem qualem    hache, le bouclier, le heaume, la
habuerit tempore mortis suæ, & per    cuirasse, le cheval dont son pere
ejus loricam, & per ejus galeam, &    se servoit lors de son décès; & si
per ejus scutum, & per ejus           le pere n'a laissé ni armes ni
lanceam, & per ejus ensem: nisi       chevaux, il est quitte pour cent
adeo fuerit rebus omnibus             sols._
destitutus, ut nec habuerit equum
vel arma pro centum solidis.

XXV.                                   TRADUCTION

Si quis velit calumniari seu           _Celui qui voudra intenter action
repetere averia sua furto              pour reclamer ses avoirs volés, &
subrepta, & is velit dare vadium,      donner gages & garants de sa
& invenire plegios ad prosequendum     poursuite, doit nommer son garant
appellum suum, tunc necesse erit       sur le champ; s'il n'en trouve pas
ei qui ea habuerit, nominare suum      alors, il peut demander un délai
warantum, si habuerit, & si non        pour le nommer, ainsi que ses
habuerit, tunc nominabit suum          témoins: mais en ce dernier cas il
_Heuvelborh_ (i. Fidejussores)         doit jurer par six personnes qu'il
& testes, & eos habebit ad diem & ad   fera cette nomination dans ledit
terminum, si eos habuerit, aut         délai. Le coupable, au contraire,
habere potuerit: & intertrator         n'a_ _besoin que du serment de son
dabit in vadium se sexta manu, &       garant, ou de jurer avec ses
alter ponet in manum sui warranta      témoins qu'il a acheté l'avoir
vel sui _Heuvelborh_, & habeat         dans un marché royal; mais qu'il
ille testes, quòd ea (averia) emit     ne sçait si son vendeur est vivant
in Mercato Regis, & quod non scit      ou mort. Si ses témoins disent
suum warantum, nec plegium vivum       qu'il a en sa puissance son
nec mortuum. Id jurabit cum suis       vendeur, & s'il ne peut donner
testibus per planum sacramentum.       garant ni témoins du contraire, il
Perdet verò suum catallum, si ii       doit perdre sa cause, & être
in testimonio dicunt, quod             condamné, pour son imposture, en
_Heuvelborh_ cepit. Et si non          une composition conforme à son
poterit habere warantum, nec           état envers son Seigneur. Telle
testem, perdet & pro....., perdet      est la Loi des Merciens, des
weram suam erga suum Dominum. Hoc      Danois, des Vvest-Saxons. Si
obtinet in Merciorum, Danorum, &       l'accusé veut mettre en sequestre
West-Saxonum legibus. Non vocabit      l'objet reclamé, il n'a pas besoin
Dominum suum ad Warantum de hoc        de garant: car, selon la Loi des
quod positum fuerit in vadio, & in     Danois, il a la faculté de
Danorum lege, ponere velit, donec      sequestrer l'avoir jusqu'à ce que
disrationatus fuerit, & si possit      la question soit décidée, & qu'il
probare, quod ea (averia) sint de      ait prouvé par trois personnes
sua nutritura, per tres partes sui     tirées de trois endroits voisins
vicineti, si averium                   de son domicile, qu'il a élevé &
disrationaverit. Nam ex quo            nourri l'avoir. Observez encore
sacramentum ei judicatum & delatum     que dès que le serment est déféré
est, non potest ampliùs illud          à l'accusé, il ne peut plus être
levare per judicium Angliæ.            assujetti aux épreuves Angloises._

XXVI.                                  XXVI.

                                       _De ceturia mulctâ, ubi reus
                                       homicidii judicio non sistitur._

_De murdre freceis occist, è les       De _Murdre freceis occist_, &
homes del hundred nel prengent è       homines hundredi non prehendunt &
amenent a la justice dedenz les        minant ad Justitiam infra viij.
oit jours, per mustrer pur qui il      des ut ostendat ob quam causam
la fait, sin rendront le murdre        fecerit reddant _le murdre xlvij_.
xlvij. Marcs._                         Marcas.

XXVI.                                  TRADUCTION

Si quis aliquem murdro occiderit,      _Quand un meurtre est commis, i
& homines Hundredi eum non             les hommes qui composent l'Hundred
prehendant, & adducant ad              ne se saisissent pas du meurtrier,
justitiam intra octo dies ut           & ne l'amenent pas au Juge en
ostendant à quo murdrum factum         dedans huit jours, & ne prouvent
est, reddent pro murdro xlvij.         point quel est l'auteur du crime,
Marcas.                                ils seront tenus de payer 47 marcs
                                       pour le meurtre._

XXVII.                                  XXVII.

                                        _De clientis actione versus
                                        Dominum._

_Si home volt derainer covenant de      Si quis vult _derainer_
terre vers son Seignor, per ses         conventionem de terra sua versus
Pers de la tenure meismes, qui il       Dominum suum per pares suos de
apelerad à testimonies, les             tenura, ipsos quos appellaverit ut
cuverad derainer. Kar per               testes sint _lescuverad derainer_.
estranges nel purra pas derainer._      Nam per extraneos non potest
                                        _dereiner_.

XXVIII.                                 XXVIII.

                                        _De:::::::::_

_Home qui plaide en Curt, a qui         Qui placitat in Curia, cujuscunque
Curt qui co seit, fors là où le         curia sit, excepto ubi _le cors le
cors le est esti, è home li mettid      est esti e home li mettid_ super
sur qu'il ait dit chose, qui il ne      eo quod dixerit, rem quam nolit
voille coinistre, se il ne pot          confiteri, si non potest
derainer per ij. entendable homme       _derainer_ per ij. intelligentes
del plaidant & veant, qui il ne         homines qui interfuerunt placito &
l'aura dit, recovered a sa              videntes quod nom dixerit,
parole._                                _recovered à sa parole_.

XXIX.                                   XXIX.

                                        _De colonorum Relevio._

_De Relief a vilain, le meillur         De Relevio Villani. Meliùs animal
aveir qu'il avera, v Chival, v          quod habuerit id (sive Equus sit,
Buf, v Vache, donrad a son Seignor      sive Bos, sive Vacca) donabit
de Releïf, & puis si serait euz         Domino suo pro Relevio. Et posteà
les Vilains en franc plege._            _si serait euz les Villain_ in
                                        franco plegio.

XXVII.                                  TRADUCTION

Si quis velit distrationare             _Si quelqu'un méconnoît une
conventionem de terra erga Dominum      convention faite pour un fonds
suum, per pares ejusdem tenuræ,         avec son Seigneur, il sera jugé
quos ad testes, appellabit, erit        par les Pairs de même tenure,
disrationandus: nam per extraneos       qu'il appellera pour témoins; car
non poterit disrationari.               il ne peut être jugé par des
                                        étrangers._

XXVIII.                                 TRADUCTION

Qui placitat in Curia, cujuscunque      _Tout homme qui plaide, en quelque
Curia illa sit, præterquam ea ubi       Cour que ce soit, si ce n'est en
corpus Regis est, & aliquis ei          celle où le Roi est présent, en
imponat, quod rem quampiam              est cru à son serment, lorsque
dixerit, quam aggnoscere nolit, si      quelqu'un lui impute d'avoir dit
non potest eum disrationare per         une chose qu'il méconnoît avoir
duos intelligibiles homines qui         dite, & que deux des plus
interfuerunt placito & viderunt         intelligens de ceux qui ont
quod non dixerit, recurretur ad         assisté au Plaidoyer ne peuvent
ejus sacramentum.                       attester qu'il l'ait dite._

XXIX.                                   TRADUCTION

De Relevio Villani, meliùs averium      _Le relief du villain est la
quod habuerit, sive Equum, sive         meilleure bête qu'il éleve, soit
Bovem, sive Vaccam, donabit Domino      en cheval, boeuf ou vache, & en la
suo pro relevio: & postea               donnant au Seigneur, il est
habebitur Villanus in franco            villain de franc-plége (ou plége
plegio.                                 de droit)._

XXX.                                    XXX.

                                        _De viis publicis._

_De iij. chemins, ço est a saveir,      De tribus viis, videlicet,
Watlingstrete, & Ermingstrete,&         _Watlingstrete_ & _Ermingstrete_ &
Fos: Ki en alcun de ces chemins         _Fosse_. Qui in aliqua harum
oceit home qui seit errant per le       viarum hominem itinerantem sive
pais, u asalt, si enfreit le pais       occiderit sive insilierit, is
le Roi._                                pacem Regis violat.

XXXI.                                   XXXI.

                                        _De Latrone, cum latrocinio seu
                                        [Greek: epautophorô] prehenso._

_Si larcin est troved, en qui           Si latrocinium sit inventum in
terre qui ceo seit, & le Laron          cujuscunque terra sit & latro
ouesque, le Seignor de la terre &       simul, Dominus terræ & uxor ejus
la feme averunt la meited del           habebunt medietatem bonorum
aveir a Laron, e les chalejurs lor      Latronis, & _les chalieurs lor
chatel, se il le trovent, e la bor      chatel se ille trouvent & labor
meited, s'il est trové dedanz           meited_, si repertum sit intra
Sache & Soche, s'il perdra la           _Sache & Soche_ perdat Uxor, &
feme, & le Seignor l'avered._           Dominus habebit.

XXXII.                                  XXXII.

                                        _De::::::::::_

_De Strewarde de chescon des hides      _De Strewarde_ de unaquaque
de Hundred un home dedenz la feste      Hidarum Hundredi unus homo intra
de seint Michell, & le seint            festum _S. Michaelis & Martini, &
Martin, & Wardireve, si aura xxx.       Wardireve_ habebit xxx. hidas
hides quites per son travaile & si      quietas pro labore suo, & si
avers trespassent, perilot, vel         averia moriantur _perilot vel
denient watter, è il ne pussent         devient water_ & non possit
mustrer ne cri ne force qui l'on        ostendere nec clamorem nec vim quæ
fust faite, si rendisent l'aveir._      facta fuerit, reddat averia.

XXX.                                    TRADUCTION

De tribus viis, videlicet               _Trois routes, celle de
Watlingstrete, & Ermingstrete, &        Wastlingstrete, Degmingstrete &
Fosse. Qui in aliqua harum viarum       Defosse, ont ce privilége, que
hominem per patriam errantem            quiconque y tue ou insulte un
occiderit, vel adsalierit, is           voyageur, enfreint la paix du
pacem Regis infringit.                  Roi._

XXXI.                                   TRADUCTION

Si latrocinium inventum fuerit in       _Si un larcin est commis sur une
cujuscumque terra sit, & latro          terre, le voleur étant arrêté, le
simul, Dominus terræ & uxor ejus        Seigneur de la terre & sa femme
habebunt medietatem bonorum             ont moitié des biens du voleur, &
Latronis, & clamatores, _seu qui        ceux qui ont reclamé l'objet volé
res suas repetunt_, sua catalla,        ont l'autre moitié; mais si cet
si ea invenerint, & medietatem          objet se trouve dans l'étendue
suam, si inventus fuerit intra          d'un lieu auquel soit attaché le
Sacam & Socam, perdet uxor, &           privilége de Sac & Soc, la
Dominus habebit.                        confiscation est au profit du
                                        Seigneur, & sa femme n'y a aucune
                                        part._

XXXII.                                  TRADUCTION

De _Strewarde_ de unaquaque             _Chaque homme qui gardera entre la
Hidarum Hundredi quilibet homo          fête de S. Michel & de S. Martin
intra festum sancti Michaelis &         des bestiaux, aura, à raison de
sancti Martini, & Wardireve,            chaque charrue de terre de
habebit xxx hidas quietas pro           l'hundred où il fera sa garde,
labore suo, & si averia, seu            l'exemption de labourer 30 hides;
animalia, moriantur, vel                & si les bestiaux qui lui seront
periclitentur, vel labe aliqua          confiés meurent ou tombent
infecta sint, & non possit              malades, il en sera quitte en les
ostendi, clamorem vel vim factam        rendant en l'état où ils seront,
fuisse, reddantur averia.               pourvu que personne ne se plaigne,
                                        & qu'on ne puisse pas lui prouver
                                        que le mauvais état des avoirs
                                        vienne de sa faute._

XXXIII.                                 XXXIII.

                                        _De Colonis & globæ Ascriptitiis._

_Cil qui custivent la terre ne          Eos qui _custivent_ terram non
deit l'um travailer, se de lour         debet quis molestare præterquam de
diotre cense, non ne leist a            eorum _diotre_ censu. Nec licet _a
seignurage de partir les cultivurs      seignurage_ discedere Cultores de
de leur terre, pur tant cum ils         terra sua, quin rectum servitium
pussent le dreit seirvise faire.        suum facere possint. Nativi qui
Les naïfs ki departet de sa terre,      discedunt à terra sua non debent
ne devient, cartre faut naïverie        _cartre faut naivire quere_ quæ
querre, qui il ne facent leur           non faciunt rectum servitium quod
droit service, que apend à leur         spectat ad terram suam. Nativum
terre. Li naïfs ki departet de sa       qui discedit à terra unde est
terre, dunt il est nez, e vent a        nativus & venit ad alteram, nullus
autrui terre, nuls nel retenget,        eum retineat nec catalla ejus, sed
ne li, ne ses chatels; enz le           redire cogatur ut faciat servitium
facent venir arer a faire son           suum tale quod ad eum spectat. Si
servise, tel cum a li apend. Si         _les seignurages_ non faciunt
les seignurages ne facent altri         _altri gainnys_ venire ad terram
gainnys venis a lor terre, la           suam, Justitia id faciat.
justice le facet._

XXXIV.                                  XXXIV.

                                        _Ne quis Domino suo debitas
                                        præstationes subtrahat._

_Nullui ne toille a son senior son      Nemo domino suo subtrahat rectum
dreit servise, pur nul relais qui       servitium suum, propter nullam
il li ait fait en arere._               remissionem quam ei anteà fecerit.

XXXV.                                   XXXV.

                                        _De Foemina gravida qua capitali
                                        supplicio damnatur._

_Si feme est jugée à mort, v a          Si morti damnata sit aut membrorum
defacum des membres, ki seit            mutilationi foemina in utero
enceintée, ne faced l'um justice        gestans, de ea non fiat justitia
desquele seit delivrée._                priusquam parturierit.

XXXIII.                                 TRADUCTION

Qui colunt terram non debent            _On ne peut exiger que le cens
molestari, præterquam de eorum          ordinaire des colons, & le
resto censu. Nec licet Dominis          Seigneurage de l'hundred ne peut
cultores de terra sua dimittere,        en expulser ces colons tant qu'ils
quamdiu possunt rectum servitium        cultivent convenablement; on peut
facere. Nativi qui discedunt à          rechercher les natifs qui quittent
terra sua, & denegant Nativitatem,      l'hundred duquel ils dépendent
requirendi sunt, ut faciant rectum      pour les obliger à y revenir
suum servitium, quod spectat ad         rendre tel service que de droit.
terram suam. Nativum qui discedit       Personne ne doit donc retenir ni
à terra unde natus est, & in            un natif qui abandonne la terre où
alterius terram venit, nullus           il a pris naissance ni ses
retineat, nec eum nec ejus              meubles: on doit, au contraire, le
catalla: sed redire cogatur ad          renvoyer en son pays natal pour y
faciendum suum servitium quale ad       faire son service comme il
eum spectat. Et si Domini non           convient; & si les Seigneurages
faciant alios cultores venire, in       négligent de faire venir d'autres
eorum terram, justitia id faciat.       cultivateurs en la place du
                                        fugitif, les Juges doivent le
                                        faire._

XXXIV.                                  TRADUCTION

Nemo Domino suo subtrahat rectum        _Personne ne peut être dispensé de
servitium suum, propter ullam           rendre à son Seigneur ses
remissionem quam ei anteà fecerit.      services, quoique ce Seigneur l'en
                                        ait dispensé._

XXXV.                                   TRADUCTION

Si foemina morti damnata sit, aut       _Une femme condamnée à perdre la
membrorum diffractioni, seu             vie ou quelque membre, ne peut, si
mutilationi, & gravida sit, de ea       elle est gravide, être exécutée
non fiat justitia, priusquam enixa      qu'après sa délivrance._
fuerit.

XXXVI.                                  XXXVI.

                                        _De Intestatorum bonis._

_Si home mort sans devise, si           Si quis intestatus obierit, liberi
departent les enfans l'erite entre      ejus hæreditatem æqualiter
sei per ywel._                          dividant.

XXXVII.                                 XXXVII.

                                        _De adultera à patre deprehensa._

_Si le pere truitet sa file en          Si pater deprehenderit filiam in
avulterie en sa maison, v en la         adulterio in domo sua seu in domo
maison de son gendre, ben ii laust      generi sui, bene licebit ei
oure l'avultere._                       (_oure_, lege forsan _occire_,)
                                        occidere adulterum.

XXXVIII.                                XXXVIII.

                                        _De Jactu, velut ad Legem
                                        Rhodiam._

_Si home enpuissuned altre, seit        Si quis _en puissuned_ alterum fit
occis, v permanablement eissillé.       occisus aut per _manhablement
Lo jettai vos chosez por cause de       eissille_, ego jecero res tuas de
mort, & de eo ne me poez                navi ob metum mortis, de hoc non
emplaider: kar leist a faire            potes me implacitare. Nam licet
damage a altre pur pour de mort,        alteri damnum inferre ob mortis
quant parele ne pot eschaper. E si      metum quando periculum evadere non
de ço me mescez qui pur pour de         potest, & si de hoc me _mesces_
mort nel feisse de ço mespriorai,       quod ob metum mortis _nel feisse
e les choses qui sunt remises en        de co mespriorai_ & ea quæ in navi
le nef, scient departis en comune,      restant dividantur in communi
sulun les chatels. E si alcun           secundùm Catalla, & si quis
iothed les chatels fors de la nef       jecerit Catalla extra navim,
senz busun, s'il rendet._               quando necessitas non exegerit, ea
                                        restituat.

XXXVI.                                  TRADUCTION

Si quis intestatus obierit, liberi      _Les enfans des intestats
ejus hæreditatem ex equo divident.      partagent également l'héritage de
                                        leur pere._

XXXVII.                                 TRADUCTION

Si pater deprehenderit filiam in        _Un pere qui surprend sa fille en
adulterio in domo sua, seu in domo      adultere en sa maison, ou en celle
generi sui, bene licebit ei             de son gendre, peut tuer
adulterum occidere.                     l'adultere._

XXXVIII.                                TRADUCTION

Si quis alterum impotionaverit,         _Tout homme qui en empoisonne un
interficiatur, vel perpetuo exilio      autre mérite la mort, ou un exil
damnetur. Ego jecero res tuas (de       perpétuel. Si j'abandonne ce qui
navi) ob metum mortis, de hoc non       vous appartient par la crainte de
potes me implacitare. Nam licet         mourir, vous n'avez pas d'action
alteri damnum inferre ob mortis         contre moi; car il est permis de
metum, quando aliter periculum          faire dommage à quelqu'un quand on
vitari non potest. Et si de hoc         ne peut autrement sauver sa vie.
probaveris, quod ob metum mortus        Si cependant vous prouvez que j'ai
id non fecerim, de hoc me               jetté ce qui vous appartient en
misprenderem, & ea quæ in navi          mer par un autre motif que la
remanent, dividantur in communi         crainte de perdre la vie, & si je
secundum Catalla: Et si quis            ne m'en défends pas, tout ce que
jecerit Catalla extra navim, nulla      j'ai conservé dans mon vaisseau
exigente necessitate, ea                doit être regardé comme commun
restituet.                              avec vous, & vous y prendrez part,
                                        eu égard à la valeur de ce que
                                        vous avez perdu; mais je serois
                                        obligé de restituer la valeur
                                        entiere de l'objet jetté hors du
                                        vaisseau, si je l'avois fait sans
                                        nécessité._

XXXIX.                                  XXXIX.

                                        _De judicio in socium absentem._

_Dous sunt parceners d'un crichet,      Duo sunt participes unius
e est l'un emplaidé sanz l'altre,       _Crichet_, & unus eorum
& per sa folie si pert, ne dit per      implacitatus fuerit absque altero,
ço l'altre estre perdant, ki            qui negligentia sua perdit; non
present ne fud; Kar iose juge           inde debet damnum cedere alteri
entre eus, ne forjuge pas les           qui absens fuit. Nam quod
altres ki ne sunt a present._           judicatum est inter eos non debet
                                        præjudicare iis qui absentes
                                        fuerunt.

XL.                                     XL.

                                        _De Relevio eorum qui clientes
                                        censum pendunt._

_Cil qui tenent lur terre a cense,      Eorum qui Fundum suum tenent ad
soit lur droit releif a tant cum a      Censum, sit rectum Relevium tantum
cense est d'un an._                     quantum census annuus est.

XLI.                                    XLI.

                                        _De Jusiciis_

_Ententivement se purpensent cil        Cautè prospiciant ii quibus cura
qui les jugementz unt à faire, qui      incumbit judici afacere, ut
si jugent cum desirent, quant il        judicent uti petunt quando dicunt:
dient: Dimitte nobis peccata            _Dimitte nobis debita nostra_, &
nostra, & nous defendum qui l'um        prohibemus ne homo Christianus
Christien fors de la terre ne           extra terram non vendat _nen
vende, n'en surchetut en pais um        surchetut en paisumne wart lum_
ne wart l'um, qui l'um l'amne ne        quod homo animam suam non perdat
perde, qui Du rachatat de sa vie.       quam Deus vita sua redemit, qui
Ki tort elevera, v faus jugement        injuriam _eslevera_ aut falsum
fra pur curruz ne per hange, v per      judicium _fra pur curruz ne pur
aveir, seit en forsaunre le Rei de      hange v pur aveir_ sit in
xl. solz, s'il ne pot aleier qui        forisfactura Regis de xl. solidis.
plus dreit fait nel sont si perde       _S'il ne pot aleier_ quod plus
sa franchise, si al Rei nel pot         recti facere _nel sont si perde sa
rachater a son plaisir. Et s'il         Franchise si ai Rei nel pot
est en Denelae, seit forfait de         rachater a son plaisir_. Et si sit
Laxlite, si alaier ne se pot, qui       in _Danorum_. Lege sit
il melz faire ne solt. E qui            Forisfactura de Lahslite _sil
dreite lei, & dreite jugement           alaier ne se pot_ quod melius
refuserad, seit forfait envers          facere non _solt_ & quod rectam
celi ki dreit ço est a aveir, si        legem & rectum judicium
ço est envers li Rei, vj livres;        recusaverit, sit Forisfactura erga
si ço est envers cunte, xl. sols:       illum cui jus hoc pertinuerit; si
si ço est en Hundred, xxx. solz. E      sit erga Regem vj. libræ, si sit
envers tous icons ki curt unt en        erga Comitem xl. solidi, si sit in
Engleterre, ço est al solz              Hundredo xxx. solidi, & erga omnes
Engleis. E en Denelae qui dreit         _i cons_ qui Curiam habent in
jugement refuserad, sait en la          Anglia co eit ad solidos
mercie de Laxlite; e ne face bon        Anglicanos. In _Danorum Lege_ qui
plainte a Rei d'ici qui l'un li         rectum judicium recusaverit, sit
seit de faili el Hundred, v el          is in misericordia de suo
Conté._                                 _Lahslite_ nec bene faciat
                                        querelam Regi de hoc quod quis ei
                                        defecerit in Hundredo aut in
                                        Comitatu.

XXXIX.                                  TRADUCTION

Duo sunt participes unius               _Deux personnes possedent en
Cricheti, & unus eorum                  commun un cheval; l'un d'eux est
implacitatur absque altero, & per       appellé en Jugement pour le
negligentiam suam perdit, non           restituer, & par sa négligence il
debet propterea alter perdere, qui      perd sa cause; l'autre qui est
præsens non fuit: nam res inter         absent n'est pas pour cela
eos judicata non forisjudicat           dépouillé de son droit sur cette
alios qui præsentes non fuerunt.        monture: car ce qui est jugé entre
                                        deux ne peut préjudicier un tiers
                                        qui n'a pas été présent au
                                        Jugement._

XL.                                     TRADUCTION

Eorum qui tenent terram suam ad         _Ceux qui tiennent leurs terres à
censum, sit rectum relevium tantum      cens payent pour relief le revenu
quantum annuus census est.              d'une année._

XLI.                                    TRADUCTION

Cautè prospiciant, quorum est           _Les Juges doivent faire
judicia facere, ut judicent,            attention, en rendant leurs
quemadmodum capiunt, cum dicunt:        Sentences, à ces paroles:
_Dimitte nobis peccata nostra_.         Pardonnez-nous nos offenses; & en
Statuimus igitur ne quis hominem        conséquence nous défendons à tout
Christianum extra terram vendat,        homme de vendre un chrétien à des
ac præfertim in ea patria ubi non       étrangers, & sur-tout pour aller
cavetur ne anima perdatur, quam         en un pays où on ne prend pas
Deus vita sua redemit. Qui              garde si les ames rachetées par la
injuriam excitaverit, vel falsum        mort d'un Dieu se perdent. Que le
judicium fecerit ira vel odio, vel      Juge, d'ailleurs, qui suscite des
data pecunia, sit in forisfactura       querelles ou rend une Sentence
Regis de xl. solidis, si non            injuste, par colere ou par haine,
potest se allegiare (seu purgare)       ou pour de l'argent, paye 40 s. au
quod plus recti facere non scivit,      Rois; s'il ne peut alléguer_ _avec
libertatem suam perdat, nisi eam à      vérité, & prouver par l'épreuve
Rege redimere potuerit ad ejus          qu'il ne pouvoit pas mieux juger,
beneplacitum. Et si sit in Danorum      il perdra sa liberté, à moins
Lege, sit forisfactus de Lahslite,      qu'il ne la rachete sous le bon
si allegiare se non possit, se          plaisir du Roi. Si ce Juge vit
meliùs non facere scivisse. Et qui      sous la Loi des Danois, sa
rectam legem & rectum judicium          composition, appellée Lahslite,
recusaverit, sit forisfactus erga       sera aussi au profit du Roi; mais
eum ad quem jus hoc pertinuerit:        s'il a refusé de juger, il payera
si sit erga Regem, vj. libris, si       une amende à celui à qui il aura
erga Comitem xi. solidi si in           fait tort. Ainsi, si c'est le Roi
Hundredo xxx. solidi, & erga omnes      qui est préjudicié, le Juge payera
illos qui Curiam habent in Anglia,      6 liv.; si ç'est un Comte,
id est ad solidos Anglicanos. Et        l'amende sera de 40 sols; si c'est
in Danorum lege qui rectum              l'Hundred ou quelqu'un qui ait
judicium recusaverit, sit in            Cour en Angleterre, il sera dû 30
misericordia de suo _Lahslite_,         sols Anglois. Par la Loi des
nec querelam Regi fiat, de eo quod      Danois, celui qui refuse Jugement
quis ei defecerit in Hundredo, nec      peut être condamné à payer sa
in Comitatu.                            Lahslite entière, & à ce moyen il
                                        ne peut être traduit devant le
                                        Roi, soit que le Jugement ait été
                                        prononcé dans l'Hundred, soit
                                        qu'il l'ait été dans le Comté._

XLII.                                   XLII.

                                        _De Pignore, quod Namium vocant,
                                        capiendo._

_Ne prenge hum nam mil en Conté ne      Non capiat quis Namium aliquod in
de fors, d'ici qu'il ait tres fois      Comitatu nec per vim usque dum ter
demand dreit el Hundred v el            rectum petierit in Hundredo aut in
Conté: e s'il a la tiers fiée ne        Comitatu, & si ad tertiam vicem
pot dreit aveir, alt al Conté, e        rectum non potest habere, eat ad
le Conté l'en a sete le quart           Comitatum & Comitatus præfigat ei
jura: e se cili de fait de ki il        diem quartum & si _cili de fait de
se claime, duut prenge congé qui        ki il se claime dunt prenge congè_
il pusse nam prendre pur le son         ut possit Namium capere _pur le
l'um e pref._                           son lum & pref_.

XLII.                                   TRADUCTION

Nemo Namium capiat neque in             _Que personne ne prenne Nams dans
Comitatu, neque extra                   ou hors le Comté, sans au
(_Comitatum_). Donec ter rectum         préalable avoir demandé trois fois
petierit in Hundredo, vel in            droit à l'Hundred ou en la Cour du
Comitatu: & si ad tertiam vicem         Comte; & si à la troisieme fois on
rectum non potest habere, eat ad        ne veut pas le juger, il peut
Comitatum, & Comitatus assignet ei      s'adresser à cette Cour du Comte
diem quartum; & si is deficiat de       où on doit lui fixer 4 jours,
quo se clamat, tunc facultatem          après lesquels, si celui dont il
accipiat namium capiendi pro sua        se plaint ne comparoît pas, il
utilitate & proficuo.                   pourra en prendre des nams
                                        suffisans pour son dédommagement._

XLIII.                                  XLIII.

                                        _Ne quis rem aliquam emat sine
                                        testibus._

_Ne nul achat le vailiant de iv.        Nemo emat quantum iv. denariis
den. de mort, vif, sans testimonie      æstimatur; neque de re mortua
ad iv. hommes, v de burt, v de          neque de viva, absque testimonio
vile: e le l'um le chalange, e il       iv. hominum aut de burgo aut de
vent, ait testimonie, si n'ad nul       villa: & si quis rem vendicat &
warrant, rende l'um al un son           _il vent_ habeat testimonium; si
chatel, e le forfait ait ki aver        nullum habeat warrantum,
le deit: e si testimonie ad, si         respondeat alteri Catallum suum &
cum nous evis desunes, voest les        forisfacturam habeat qui habere
treis foiz, e a la quart feiz le        debet, & si testimonium habeat ut
derainet, v il le rende._               jam diximus, _voest_ tribus
                                        vicibus vice quarta _le dereinet &
                                        il le rende_.

XLIV.                                   XLIV.

                                        _De_::::::::::

_Aus ne semble pas raison, qui          Præterea Rationi consonum non
l'um face pruvance sur testimonie       videtur ut quis _face pruvance sur
ki conussent ço que entre est, e        testimonie ki conusent co que
qui nul nel prust devant le terme       entre est, & que nul nel prust
de vj. meis, apres ço qui l'aveir       devant le terme_ vj. mensium
fu emblé._                              postquam que _l'aveir su emble_.

XLIII.                                  TRADUCTION

Nemo emat quantum iv. denariis          _Personne ne peut acheter pour la
æstimatur neque de re mortua,           valeur de quatre deniers de choses
neque de viva, absque testimonio        mortes ou vives sans avoir quatre
iv. hominum aut de burgo, aut de        témoins domiciliés dans un Bourg
villa: & si clametur, veniat, &         ou dans une Ville: car si
habeat testes: si nullum Warantum       quelqu'un reclame la chose vendue,
habet, reddat homo homini suum          & s'il a des témoins, la chose
Catallum: & forisfacturam habeat        achetée doit lui être restituée
qui habere debet: & si testes           par l'acheteur qui n'a point de
habeat, uti diximus supra,              garant, & en outre cet acheteur
scilicet tribus vicibus, & ad           doit payer l'amende à qui elle
quartam vicem eum disrationet, vel      appartient. Quand un acheteur a
rem reddat.                             des témoins, il doit présenter ces
                                        témoins dans trois délais, comme
                                        on l'a ci-dessus dit; car si au
                                        4e délai il n'établit pas que la
                                        reclamation est injuste, l'objet
                                        de la reclamation doit être
                                        restitué._

XLIV.                                   TRADUCTION

Non videtur rationi consentaneum        _Il ne seroit pas raisonnable
ut probatio fiat per testes qui         d'exiger que la preuve se fît par
rem ablatam cognoscant, & ut quis       des témoins qui connussent la
probet, vel probationem faciat,         chose contestée, ni que l'on fût
ante terminum vj. mensium,              tenu de prouver le vol de la chose
postquam res ablata & subrepta          dans un moindre délai que celui des
fuit.                                   six mois, à compter du temps où
                                        elle auroit été volée._

XLV.                                    XLV.

                                        _De Vadimonio deserto._

_E al qui est redte, e testimonier      _E al qui est redte e testimoniet
de leautè, & le plait trez foiz         deleaute & le plait tres foiz_
eschuit, e al quart mustrent li         vicibus _eschuit_, & ad quartam
sumenour de ses treis defautes,         vicem ostendat summonitor de
uncore le mande l'um qui il plege       tribus defaltis, nihilominus _le
truse, e vienge a dreit: e s'il ne      mande lum_ ut plegium inveniat &
volt, si ne vit l'um vif v mort,        veniat ad jus, & si nolit, si non
si prenge l'um quanque il ad, e si      viderit hominem vivum aut mortuum,
rende l'um al chalangeur sun            capiat quantum habet & reddat
chatel, e li Sire ait la meité,         petenti catallum suum & Dominus
del remanant, & le Hundred la           habeat medietatem residui, &
meité. Et si nul parent n'ami           Hundredum medietatem. Et si nemo
cette justise deforcent, seint          _parent nami ceste justise
forfeit envers li Rei de vj. lib.       deforcent seient forfeit envers le
e quergent le larun n'en qui            Rei de vj. lib. & quergent le
poesté il seit trové, n'eit warant      larun nen ki poeste il seit trove,
de sa vie, ne per defensed plait        neit Warant de sa vie, ne per
n'ait mes recovrer._                    defensed plait nait mes recovrer_.

XLVI.                                   XLVI.

                                        _De Hospitibus._

_Nul ne receit hom ultre iij.           Nemo alium recipiet ultra iij
nuiz, si til ne li comand od qui        noctes, _si til ne li command od
il fust aniz._                          qui fust aniz_.

XLVII.                                  XLVII.

                                        _De Famulis._

_Ne nuls ne lait sun hum de li          Nemo hominem suum à se discedere
partir, plus qu'il est reté._           patiatur postquam rectatus fuerit.

XLV.                                    TRADUCTION

Ille verò qui rectatus est, &           _L'assigné qui a de bons
testimonium habet de legalitate, &      témoignages de légalité, & qui n'a
ter placitum deseruit, & in quarta      pas comparu pendant trois Plaids
vice tres ejus defaltas ostendunt       est mis en défaut au quatrieme
summonitores: adhuc ab eo petitur,      Plaid par celui qui l'a sommé de
ut plegium inveniat, & ad tectum        comparoître; mais outre cela on
veniat: & si nolit, si non visus        doit le sommer itérativement de
fuerit vivus aut mortuus, capiatur      trouver Plege, & de venir en
quidquid habet, & reddatur              Jugement; & s'il ne veut pas se
clamatori seu petenti, & Dominus        présenter, ou lorsqu'on ne le
habeat medietatem residui, &            trouve ni vif ni mort, tout ce qui
Hundredus medietatem. Et si nullus      lui appartient doit être saisi, &
parens vel amicus hanc justitiam        alors on donne sur ses meubles la
deforciant, sint forisfacti erga        valeur de la chose réclamée au
Regem de vj. libris, & quærant          demandeur; le Seigneur de
latronem, & in cujuscumque              l'assigné a la moitié du restant,
potestate inventus fuerit non           & l'Hundred l'autre moitié. Les
habeat Warantum de vita sua, nec        parens & amis de l'assigné qui ne
possit in posterum pro defensione       forment point d'opposition à ce
sua placitum recuperare.                Jugement, & ne font point de
                                        démarches pour le trouver, doivent
                                        6 liv. d'amende au Roi; & si
                                        l'assigné se trouve ensuite chez
                                        quelque personne que ce soit, il
                                        ne pourra plus de sa vie aucune
                                        Audience pour se défendre._

XLVI.                                   TRADUCTION

Nemo alium recipiat ultra iij.          _Personne ne doit loger un inconnu
noctes, nisi is aliter jubeat cum       chez soi plus de trois nuits, à
quo venit.                              moins qu'il ne soit recommandé par
                                        quelque personne connue._

XLVII.                                  TRADUCTION

Nemo hominem suum à se discedere        _Personne ne doit souffrir qu'un
patiatur, ex quo rectatus fuerit.       homme pour lequel il a été appellé
                                        en Jugement sorte de chez lui._

XLVIII.                                 XLVIII.

                                        _De_:::::::::

_Et ki larun encontre, e sanz qui       Et qui Latronem _en contre e sanz
a acient li leit aler, si l'amende      qui a acient li leit alter si la
a la vailance de larun, v se            mend a la vailence de larun, v se
n'espurge per plener lei qui il         n'espurge per plener lei_ quod
laron nel sout. Et ki le cri orat,      Latro non sit _e ki le cri orat e
e sursera, la surcise li Rei            sursera, la sursise li ei amend,
amend, v s'en espurget._                ou sen espurget_.

XLIX.                                   XLIX.

                                        _De_::::::::::

_E chascun Seniour eit son              Quilibet etiam Dominus habeat
Seriant, v sun plege, qi si nel         servientem suum aut plegium suum
reté qui ait a dreit el Hundret._       _qi_, si non rectatus fuerit,
                                        habeat ad rectum in Hundredo.

L.                                      L.

                                        _De_:::::::::

_Si est ascons qui blamet seit, de      Si quis intra Hundredum incusatus
dinz le Hundred iv. humes le            fuerit & iv. homines _le retent_,
retent, sei xij. main s'espurget,       se duodecima manu purget, & si _il
e si il seut suist deduz la             seust suist deduz la chalenge_,
chalange, li Sires rende sun were,      Dominus reddat Weram suam _e si
& si l'un chalange le Seignour,         lun chalenge, le Seignour que per
qui par le seut seit alé, si            le seut seit aler si se purget_
s'escudie sei vj. main: e s'il ne       duodecima manu, & si non posset
pot enver li Rei l'ament, e cil         emendet versus Regem & sit
soit vilage._                           utlagatus.

XLVIII.                                 TRADUCTION

Et qui in Latronem incurrit,            _Celui qui rencontre un voleur, &
eumque salvum gratis dimittit,          qui le laisse aller, quoiqu'il le
emendam solvat ad valorem               connoisse pour tel, doit payer,
Latronis, vel per plenariam legem       par forme d'amende, le prix de la
se expurget, quod latronem esse         personne du coupable, ou bien se
nescivit. Et qui clamorem audiet,       purger par l'épreuve ordinaire de
& supersedebit, supersisam Regis        ce qu'il ne connoissoit pas le
emendet, vel se expurget.               larron pour tel. Il y a plus,
                                        celui qui entendra proclamer un
                                        voleur, & restera tranquille, sans
                                        faire aucunes recherches, payera
                                        l'amende de sa négligence au Roi
                                        ou sera tenu de subir l'épreuve._

XLIX.                                   TRADUCTION

Quilibet etiam Dominus habeat suum      _Quand un Seigneur n'est point
servientem, vel suum plegium, cum       appellé en Jugement (pour
quo si rectatus fuerit, eat ad          représenter son homme qui a commis
rectum in Hundredo.                     un vol) il doit envoyer à
                                        l'Hundred son Sergent ou une
                                        Caution._

L.                                      TRADUCTION

Si is qui accusatur absconsus est,      _Si quelqu'un étant dans l'Hundred
& ad Hundredum à iv. hominibus          est accusé par quatre hommes, il
rectatur, duodecima manu se             peut se justifier par le serment
expurget. Et si post clamorem           de 12; & s'il s'enfuit durant
aufugiat, Dominus reddat suam           l'instruction, le Seigneur doit
Weram. Et si clametur Dominus,          payer la composition du fugitif;
quòd ex sua scientia excesserit,        mais quand le Seigneur est
se excondicat se vj. manu: quod si      lui-même accusé d'avoir facilité
non potest, emendam solvat Regi, &      son évasion, il ne peut se purger
sit utlagatus.                          de ce crime que par le serment de
                                        six personnes, & quand il ne peut
                                        trouver ce nombre de jureurs, il
                                        paye une amende au Roi, & est
                                        banni._



PREUVES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

-------------------------------------------------------------------------

OBSERVATIONS
_Sur les Loix d'Edouard le Confesseur._


ARTICLE PREMIER.

Rien ne peut mieux convaincre de l'exactitude de l'idée que j'ai donnée
de ces Loix dans le discours préliminaire, qu'une lecture réfléchie des
articles principaux dont elles sont composées.

Les Notes suivantes sont destinées à faire voir d'un côté que ces Loix
ont été mal entendues jusqu'ici; & d'un autre côté à indiquer les
expressions équivoques dont le Conquérant s'est servi dans la traduction
de ces Loix[32], pour inspirer insensiblement aux Anglois, qu'il avoit
subjugués, le goût des Loix Normandes.

      [Note 32: _Polydor. Virg. L. 9, pag. 151, nº 40._]

II[A].

Selden intitule cet article _de hominum Regis privilegio_. Cependant il
n'y est point question d'un privilége qui fût particulier a des
personnes soumises plus directement que d'autres au Roi, mais seulement
de faire connoître le tribunal auquel les Officiers Royaux devoient
répondre de leurs malversations.

                                            [Marge A: _Nota._ Le nombre
                                            qui est en tête de chaque
                                            Observation, indique
                                            l'Article des Loix
                                            d'Edouard, auquel
                                            l'Observation se rapporte.]

III.

L'homme libre avoit, 1º. la faculté de requérir à son profit une amende
contre ceux qui lui faisoient un procès injuste; cette amende
s'appelloit _Sac_: 2º. Il pouvoit faire cultiver ses terres par
d'autres; c'est ce droit qui est désigné par le mot de _Soc_: 3º. Il
étoit exempt de taxes, ou _ton lieux tol_, sur ce qu'il vendoit dans
l'étendue de ses domaines: 4º. Il pouvoit avoir des esclaves dont la
personne, les enfans & les biens étoient attachés fonciérement aux
terres dont il étoit propriétaire, _Theme_: 5º. Il avoit le droit de
punir les voleurs trouvés sur ses fonds en flagrant délit, _Infan genthe
of_: ce qui ne s'entendoit cependant pas d'une peine capitale.

Toutes ces prérogatives n'ont aucune relation avec celles qui ont de
tout temps constitué l'essence des fiefs; elles n'offrent que des
conséquences nécessaires d'une police générale établie pour encourager
la culture des terres. Celui qui avoit des fonds considérables ne
pouvoit les faire exploiter par sa famille seule; il étoit donc naturel
qu'il confiât la culture de partie de ces fonds aux pauvres ou à des
esclaves, & qu'il eût la liberté de les châtier sans procédures, &
provisoirement pour les torts qu'ils faisoient aux autres Colons qui
vivoient aussi sous sa dépendance.

IV.

_L'Hundred_ étoit composé de cent familles de Cultivateurs. Les Chefs de
ces familles s'assembloient à certains jours pour régler les opérations
de ceux qui leur étoient subordonnés, & pour répartir entr'eux les taxes
imposées sur _l'Hundred_. Lors donc qu'un Colon attaché à une famille
l'abandonnoit, celui qui s'en rendoit garant devoit à l'Hundred un
dédommagement du profit que le fugitif auroit pu faire. Or si chaque
chef de famille eût été vraiment Seigneur de ceux qui la composoient,
ç'auroit été à ce Chef & non à _l'Hundred_ que le dédommagement auroit
appartenu; jusqu'ici on n'apperçoit donc dans les Loix d'Edouard aucunes
traces de féodalité.

V.

1º. C'est probablement de cette loi que Raoul avoit vue pratiquer en
Angleterre, ou que l'Angleterre avoit reçue des Danois, qu'est provenue
cette rigueur des anciennes Coutumes de Normandie contre les voleurs; &
on ne peut se dissimuler que la forme de la clameur usitée en
Angleterre, pour exciter les habitans des lieux où les malfaicteurs se
réfugioient à les arrêter, ait fourni à Raoul l'idée du haro.

2º. L'amende infligée à celui qui après avoir été volé négligeoit de
poursuivre le coupable, étoit très-sage. Le défaut de clameur auroit
exposé les voisins à recevoir chez eux un voleur sans précaution.

VI.

1º. _Cil qil cla. Ille qui clamat._

2º. _Provost aveir the Lestussun. Prepositus averio derelicto._ Il y
avoit un garde préposé par chaque Comté, pour garder les bestiaux qui
étoient abandonnés, qui n'avoient point de maîtres[33].

      [Note 33: _Leg. Forest. Scot._]

IX.

Selden & du Cange ont interprété différemment le texte de cet article;
mais le premier en a mieux saisi le sens: car dans l'article 8. le
meurtre d'un Seigneur étant de 20 s., il est évident que c'est à la
veuve, aux parens & aux enfans de ce Seigneur que l'article 9 ordonne de
restituer; cette restitution y est en effet fixée à 20 s.; souvent les
articles qui distinguent les cas des noms sont omis dans l'ancien
Normand, le texte de Littleton en fournit des preuves à chaque ligne.

XVIII.

_Les Bordiers_, ceux qui tenoient un fond sur lequel il y avoit des
bâtimens. _Les Bonniers_, ceux qui n'avoient qu'une quantité déterminée
de terres labourables. On use ici de noms françois qui n'ont pû être
connus qu'après qu'on a eu la faculté de sous-inféoder les fiefs, & il
n'y avoit point de fiefs sous Edouard le Confesseur.

XXII.

Le Roi Edouard, qui régnoit en 961, par un de ses Capitulaires rapportés
par Selden dans ses notes sur l'histoire d'Eadmer, défend aux Abbés &
aux Abbesses d'amasser pour payer après le décès de leurs prédecesseurs
le cens appellé _hergeate_, _heriet_, ou _heriot_, cens qui se levoit
sur la succession des Grands du Royaume au profit du Roi.

Britton, chapitre 69, parle de ce cens sous le nom _d'heriet_; c'est,
selon lui, un droit qu'ont _certains Seigneurs de fonds de prendre_
_pour eux après la monde celui qui les a possédés, la meilleure bête qui
se trouve parmi ses avoirs_: mais, ajoute-t-il, ce droit _de rien ne
touche le Seigneur ne le heire, ne son heritage, ne nul comparison ad a
relefe; car ils l'ont pluis de grace que de droit, & pluis de villeins
que de fraunks_.

De ceci il résulte donc que les Traducteurs des loix d'Edouard, au temps
du Conquérant, ont confondu l'_hergeate_ avec le relief Normand. Car le
relief fixé pour le Comte, le Baron, le Vavasseur, par ces loix, ne
pouvoit servir à maintenir les héritiers de ces différentes sortes de
personnes, ni dans l'état ni dans les fonds de leurs peres, puisque sous
Edouard le Confesseur ces titres de dignité n'étoient pas connus des
Anglois, que les offices _des Tanes des Aldermans &c._ n'étoient point
héréditaires, & qu'il n'y avoit point de terres attachées à ces offices.
_Comes_, dit Camden, _saxones nostri quos suâ linguâ ealderman, latine
comites & consules dixerunt, eosdem que eorlas id est honoratos sua
lingua dani vocarunt.... Post Vvillelmi Normani adventum primum feudales
hæreditarii & patrimoniales esse ceperunt, primo sine loci nomine, dein
loci nomine adjuncto, & tertio comitatus denario id est tertia parte
mulctarum regis ex placitis accrescentium illis assignato._

Ainsi il ne faut pas donner à ces noms de _Comtes_, _de Barons_, _de
Vavasseurs_, employés dans les loix d'Edouard, la signification que ces
noms ont actuellement parmi nous & en Angleterre; on doit au contraire
les considérer comme indiquans seulement les personnes qui occupoient le
premier rang dans l'ordre civil sous Edouard; c'est-à-dire, les
Gouverneurs de l'_hundred_, les chefs de chaque famille de l'_hundred_ &
les hommes libres qui tenant de l'_hundred_ des fonds à ferme, étoient
incorporés dans une des cent familles dont l'_hundred_ étoit
ordinairement composé.

XXVII.

Dans cet article, ainsi que dans les autres où le nom de _Seigneur_ est
employé, ce nom ne désigne que le propriétaire d'un fonds & non un
Seigneur de fief. Les fiefs, je le répete, n'ont été connus en
Angleterre que postérieurement à la conquête. _Concessit_, dit Spelman,
_ipse Guillelmus I. legem Edwardi confessoris cum quibusdam auctionibus
in singulis observandam. Quæ igitur in charta (magna) deprehenduntur
Henrici I. de suo addita & ad legem Edwardi Confessoris minimè
pertinentia, orta videntur ratione juris feodalis quod Anglis primus
imposuit Guillelmus Conquestor[34]._ Il n'est donc pas question en cet
article de Pairs de fief, mais de personnes qui tenoient des fonds dans
le même hundred. Cette pairie de tenure existoit en Angleterre du temps
d'Alfred le Grand. C'étoit un reste des Coutumes des anciens Saxons,
Coutumes bien antérieures à l'institution de la féodalité.

      [Note 34: _Spelm. de rebus Anglic._]

XXIX.

Si, par le nom de _Villain_ on eût entendu un homme dont, conformément
aux loix féodales, la personne & les biens auroient été totalement en la
disposition d'un Seigneur, ce Villain n'auroit pas été assujetti _au
relief_, car _le relief_ n'étoit établi que pour se conserver un droit,
& le Villain de fief n'en avoit aucun ni sur sa propre personne ni sur
les fonds qu'il cultivoit, ni même sur ses meubles ou sur les fruits de
son industrie.

XXXIV & XXXV.

Ces articles répandent un nouveau jour sur les observations qui viennent
d'être faites; il n'y est pas question de Seigneurs de fief, mais de
_seigneurages_. Pour bien saisir l'énergie de cette derniére
dénomination, on doit se rappeller que l'_hundred_ étoit composé de cent
familles. Chacune de ces familles dressoit un rôle des hommes libres,
des esclaves & des enfans qui avoient plus de 12 ans, & le présentoit au
Gouverneur de l'hundred, qui faisoit avec 12 anciens élus par toutes les
familles, deux fois par an, les Réglemens provisoires & économiques pour
la distribution des travaux nécessaires à l'exploitation des terres,
Réglemens que chaque Chef de famille faisoit exécuter dans son district.
Or ces Chefs de famille étoient ce qu'on appelloit _seigneurage_, ils ne
pouvoient éxiger des Colons, qui leur étoient subordonnés, de plus
grands travaux que ceux que l'_hundred_ avoit déterminés. Ces Colons
appartenoient si peu à ces Chefs, que ceux-ci ne pouvoient les renvoyer,
tant qu'ils étoient en état de travailler; & lorsqu'un de ces Colons
mouroit ou s'enfuyoit, le Chef de la famille étoit obligé de le faire
remplacer, ou à son défaut, le Tribunal supérieur de l'_hundred_
substituoit quelqu'un à l'emploi du défunt ou du fugitif. Certainement
cet ordre n'offre rien d'approchant de celui qui a de tout temps
constitué l'économie féodale. _Les seigneurages_ étoient si peu maîtres
des fonds, qu'ils n'avoient pas même la liberté d'exempter un des
membres de leur familles de concourir à la culture des terres dont
l'exploitation leur avoit été confiée.

XL.

Les principaux de l'_hundred_ après leur décès laissoient leurs armes &
leurs chevaux au Roi, & le Roi prenoit aussi sur les meubles des
cultivateurs, la valeur d'une année entière du cens auquel l'_hundred_
les avoit imposés annuellement pendant leur vie. Au moyen de cette taxe
l'_hundred_ étoit exempt de toute autre imposition pour les besoins de
l'Etat.

XLV & L

Si le _Sire_ dont parle cet article eût été un _Seigneur_ de fief,
pourquoi l'_hundred_ auroit-il eu moitié de l'amende du vassal de ce
Seigneur? Pourquoi ce vassal auroit-il été soumis à _l'hundred_?
Pourquoi le Seigneur, qui auroit seul été préjudicié par l'évasion de
son vassal, en auroit-il été puni? Il y a plus le témoignage _de
légalité_ exigé par l'article 45, démontre qu'il ne s'y agit pas d'un
vassal de fief, mais d'un membre _de l'hundred_; car c'étoit une loi
_des hundreds_ que les Colons qui quittoient une famille pour
s'introduire en une autre, ne pouvoient y prendre aucun établissement
qu'en représentant un certificat de ce qu'ils n'avoient encouru aucune
note d'infamie, & que leur changement de domicile avoit été autorisé par
les Chefs, sous la dépendance desquels ils avoient vecu.

XLVIII.

_E ki le cri ora._

J'ai dit ci devant que le mot de _haro_ tiroit son origine du nom _de
Raoul_; mais je n'ai point entendu par-là attribuer à ce Prince les
formalités de ce cri. Mon intention a été seulement de faire voir quelle
idée ses sujets s'étoient formés de son équité, en décorant de son nom
la procédure la plus prompte & la plus efficace, pour arrêter le cours
des vols & des brigandages dans l'intérieur de son Etat. En effet, en
considérant cette procédure en elle-même & indépendamment de toute
dénomination, il me paroît évident que son époque est aussi ancienne que
l'entrée des Francs dans les Gaules.

Dès l'an 595, Clotaire II distribua le peuple _en centaine_. Quiconque
dans l'étendue du canton accordé à chaque centaine avoit été volé,
devoit être sur le champ indemnisé de sa perte par ceux qui vivoient
dans le même district, & tous étoient forcés de marcher à la poursuite
du voleur. Celui qui l'arrêtoit recevoit pour prix de son zele la
composition à laquelle la classe du coupable étoit taxée par la loi pour
les crimes capitaux. Si le voleur s'étoit refugié dans les domaines d'un
_Antrustion_, la moitié de la composition appartenoit à ce Seigneur;
mais toute personne avertie de poursuivre l'accusé, & qui négligeoit de
le faire, étoit condamné en 5 s. d'amende[35]. Les peines contre ceux
qui le receloient, contre les Juges qui le laissoient échapper, contre
les parens qui ne restituoient pas les effets volés, la maniere de se
purger par le serment du crime de larcin; tout cela et énoncé & réglé
dans les Capitulaires jusqu'au neuvieme siecle[36] dans les mêmes termes
des loix d'Edouard le Confesseur, & des autres loix Angloises
antérieures au regne de Guillaume le Conquérant. Les fiefs étant devenus
héréditaires en France, la Police des centaines s'abolit nécessairement.
Le Comte propriétaire de son bénéfice continua d'être dépositaire de
l'autorité royale, & il se trouva seul chargé de réprimer dans le
ressort de sa jurisdiction les désordres qui s'y commettoient. Les
vassaux ne furent plus obligés dès-lors de poursuivre ni d'arrêter les
malfaiteurs; ce qui avoit été enjoint jusques-là aux membres d'une
centaine pour leur tranquillité commune auroit alors été regardé entre
vassaux comme une entreprise sur leurs propriétés respectives. Maîtres
chacun de la portion de terrein qu'un Seigneur leur avoit assignée, &
dans un temps où les Seigneurs étoient presque toujours en guerre les
uns contre les autres; il auroit été dangereux qu'un sous-feudataire eût
eu des prétextes pour s'introduire impunément sur les fonds du
sous-feudataire d'une seigneurie voisine. En Angleterre, au contraire,
les _hundreds_ ou centaines ont toujours subsisté; établis dès le regne
_Déthelvolph_, ils étoient encore en vigueur au temps d'Alfred, &
Edouard le Confesseur continua de tenir la main à la pratique des
maximes de leur administration. L'une des principales de ces maximes
étoit que l'intérêt de l'_hundred_, pour l'expulsion ou le châtiment des
vagabonds ou des larrons, fût regardé par chacun de ses membres comme
s'il lui étoit personnel. _Si quis reus ante vadationem vel post
transfugeret, omnes ex centuria & decima Regis mulctam incurrerent._[37]
De là en Angleterre la sûreté des grands chemins. Elle étoit telle en
892, qu'on suspendoit des anneaux d'or aux arbres, & qu'il ne se
trouvoit personne assez téméraire pour les enlever.[38]

     [Note 35: _Balus. 1er vol. Capitul. col. 19._]

     [Note 36: _Ibid._ 2e vol. ann. 854, col. 346 & suivantes.]

     [Note 37: _Willelm. Malmesbur. du Cang citat. verbo
     hundred._]

     [Note 38: _Ibid._]

Ce fut à peu près dans ce siecle que Raoul vint ravager la Neustrie. A
peine l'eût-il conquise qu'il donna à ses sujets les mêmes loix qu'il
avoit vu pratiquer en Angleterre à l'égard des voleurs. La suspension
des anneaux d'or dans les voies publiques, les épreuves pour avoir
révélation des crimes, les clameurs pour la poursuite des coupables, les
amendes contre ceux qui négligeoient de les arrêter, tous ces
établissemens, dont l'origine étoit oubliée en France, lui furent
attribués par les Normands. Comme ces établissemens étoient convenables
à la circonstance où se trouvoit la Normandie qui étoit en proie aux
brigands, dont une guerre longue & cruelle n'avoit pas depuis long-temps
permis de punir les excès, ces établissemens seuls lui valurent le
précieux titre de Législateur. Ni les Seigneurs de fief, ni les vassaux
dans un temps plus calme n'auroient même eu aucun intérêt à les
contredire ces établissemens. Il ne pouvoit y avoir entre les Seigneurs
Normands, sous le gouvernement de leur nouveau Duc, aucune de ces
querelles particulieres qui divisoient les Seigneurs François, & que la
foiblesse de Charles le simple autorisoit: car Raoul exerçoit
directement, & sous la médiation des Grands de son Duché, sa
jurisdiction souveraine sur tous les sous-feudataires. Guillaume le
Conquérant qui avoit toujours été sincérement attaché aux loix de ses
prédécesseurs en montant sur le trône d'Angleterre, n'eut donc garde
d'abolir en ce Royaume le _hue & cri_ qui s'y pratiquoit dans les
_hundreds_; il ne crut pas même devoir changer le nom de cette clameur
en celui de _haro_. En ne donnant point à cette procédure un titre qui
auroit fait connoître aux Anglois combien elle étoit familiere aux
Normands, ses nouveaux sujets devoient naturellement se persuader que le
Conquérant n'avoit pas en vue d'abolir toutes leurs loix, &
conséquemment se déterminer à recevoir avec moins de répugnance de la
part de ce Prince quelques nouveaux usages en compensation d'une coutume
ancienne qui leur étoit chere, & dont il ne les privoit pas.

Au reste quelques ayent été les causes de la différence des noms qui ont
toujours désigné en Angleterre & en Normandie la procédure dont il
s'agit ici; il n'est pas moins certain que dans l'un & l'autre pays elle
étoit fondée sur les mêmes regles & avoit les mêmes effets. C'est
sur-tout dans l'ancien Coutumier de Normandie qu'on peut prendre une
connoissance exacte des caracteres du _haro_ tel que Raoul l'avoit
institué; & en comparant ce haro avec l'_huesium_ qui a subsisté en
Angleterre avant & après le Regne de Guillaume premier, il ne sera pas
possible de méconnoître l'identité de leur origine, & on se trouvera
forcé de faire remonter cette origine au temps ou la Neustrie n'étant
point encore désunie de la couronne de France, & n'ayant point encore
subit le joug des Loix féodales, notre Monarchie & celle d'Angleterre se
trouvoient soumises à la même législation.

Voici ce que l'Ancien Coutumier Normand, Chapitre 54, nous dit du Haro:
_Il ne doibt estre cryé fors pour cause criminelle, si comme pour feu ou
pour larcin, ou pour homicide ou pour autre évident péril, si come
s'aulcun court seure à un aultre le cousteau trait. Cil qui crie Haro_,
ajoûte le Compilateur, _sans appert péril le doibt amender au Prince; &
s'il nie qu'il ne le cria pas, le Prince doibt enquerir par les
prochains d'illec & par ceulx qui l'oüirent savoir s'ils ouyrent le Haro
que cil nie, & s'il en est attaint, il l'amendera; & se l'enqueste le
met en non savoir, il s'en pourra desrener._

_Et s'aulcun est attaint qu'il n'eut point de raisonnable cause pourquoy
il deust cryer Haro, il le doibt amender griefvement, non pourtant il
n'en doibt pas estre mis en prison s'il donne bons pleges de l'amende._

_Et s'aulcun est accusé de tel cry, il ne doibt pas estre mis en prison
s'il n'y appert mesfaict de sang ou de playe ou d'aulcun grand mesfaict;
& se le mesfaict est apparissant, & cil qui en est accusé dye qu'il est
prest de soutenir l'enqueste savoir s'il est coupable ou non, il ne
doibt pas estre mis en prison: car il monstre assez clérement qu'il n'y
a point de coulpe._

_A ce cry doibvent yssir tous ceulx qui l'ont ouy; & s'ils voyent
mesfaict ou il y ait péril de vie ou de membres ou de larcin; pourquoy
le malfaicteur doibve perdre vie ou membre, ils le doibvent retenir ou
crier haro après luy, aultrement sont ils tenus a l'amender au Prince,
ou de s'en desrener qu'ils n'ont pas oui le cry, s'ils en sont accusés;
s'ils tiennent le malfaicteur, ils sont tenus à le rendre à la Justice,
& ne peuvent le garder que une nuict, si ce n'est pour appert péril.
Tous ceulx à qui la Justice commandera à garder tels malfaicteurs ou les
amener en prison en la Ville où les malfaicteurs sont, doibvent faire
aide de leurs corps une nuict & un jour ou d'aultres pour eulx qui
soient suffisans à les mener en prison, & c'est appellé le plet de
l'espée; car teulx malfaicteurs doibvent estre réfrénez à l'espée & aux
armes, & doibvent estre mis en prison & lyéz._

Rassemblons ici quelques monumens qui nous sont restés de l'_hue & cry_
des Anglois. Ces monumens sont de deux sortes; ils parlent de la
_clameur_ telle qu'elle se faisoit ou avant, ou depuis la conquête de
l'Angleterre par les Normands. Quant à la maniere de procéder aux
clameurs avant la conquête, les Loix d'Edouard nous l'apprennent. Selon
ces Loix, articles 5, 25 & 48, ce n'étoit que pour crimes, tels que le
vol & l'homicide, que s'on faisoit ces clameurs; toute personne avoit
droit de les faire, & ceux de l'_hundred_ qui négligeoint de poursuivre
l'accusé & de l'arrêter, étoient susceptibles d'amende. Art. 26, on ne
conduisoit cet accusé en prison qu'après qu'il avoit été présenté au
Juge, & que le délit avoit été constaté. Les Seigneurs de l'hundred,
ceux à la garde desquels on les confioit, en étoient responsables
jusqu'à ce qu'il pût être transféré devant les Juges. Art. 50, il étoit
enfin défendu de se saisir d'un coupable dans les Eglises.

On se rappelle sans doute ici les formalités prescrites par les
premieres Loix Françoises pour la poursuite du vol: _Decretum est ut
quia invigilias constitutas nocturnos fures non caperent, eo quod per
diversas intercedente conludio scelera prætermissa custodias exercerent
centenas fieri, in quâ centenâ si aliquid deperierit capitale qui
perdiderat recipiat, & latro insequatur. Vel si in alterius centena
appareat & adhuc admoniti si neglexerint quinos solid...
condemnentur...... si persequens latronem suum comprehenderit integram
sibi compositionem accipiat.......... Nullus latronem vel quem libet
culpabilem.... de atrio Ecclesiæ trahere præsumat ........ si quis ad
vestigium minandum vel latronem persequendum admonitus venire noluerit
quinque solidis condemnetur[39]._

     [Note 39: _Edict. Chlot. II. ann. 595 suprà citat._]

Ces anciennes Loix renferment donc tout ce qui constitue encore
actuellement l'essence du Haro Normand, ainsi que les formalités des
Clameurs usitées en Angleterre depuis la conquête. On n'y apperçoit
qu'une seule différence: au lieu que chez les François, avant le Duc
Raoul, ainsi que chez les Anglois, jusqu'au regne de Guillaume le
Conquérant, la Clameur s'étoit faite d'_hundred_ en _hundred_ ou de
_centaine_ en _centaine_; après la cession de la Normandie à Raoul,
ainsi qu'après la conquête du Duc Guillaume, on ne fit plus 1º. ces
Clameurs que de fief en fief; 2º. les Officiers du Roi, qui eurent
d'abord la jurisdiction de ces fiefs, & ensuite les Juges des Seigneurs,
quand ceux-ci eurent obtenu le droit d'exercer la Justice, furent tenus
aux mêmes obligations qui avoient été auparavant imposées aux
_Seigneurages_ ou chefs des _hundreds_ ou des _centaines_. Rien ne
prouve mieux le cas que les Anglo-Normands faisoient de cette pratique
que ce qu'en ont écrit leurs Historiens, leurs Jurisconsultes, & les
précautions prises pour la conserver par les Rois d'Angleterre
successeurs du Conquérant.

_Si aliquis damnum_, dit Smith, _ex furto passus, aut qui ipsum
spoliatum viderit, sontem per acclamationem insequatur constabularius
ejus villæ cujus opem implorat, auxilia ciere furemque perquirere
debeat; quod si furem illic non deprehenderit in proximam commigrare, &
constabularium ad ferendas suppetias iterum invocare. Itaque oppidatim
per acclamationem istam tantisper furem persequuntur, donec ipsum
prehenderint. Paroecia si quæ diligentem operam in perscrutando non
adhibuerit sed evadendi copiam fieri concesserit, Regi mulctam
pecuniariam persolvit & spoliato damnum resarcit unde lictoris munere
quivis Anglus defungitur, & quisquis segnem aut minime diligentem operam
adhibuerit, non famæ modo verum etiam pecuniariæ animadversionis
periculum adit[40]._ Britton ajoûte que si le plaintif étoit _villain_
ou _deforceour_, il n'avoit pas le droit de faire la clameur, _de lever
hu & cry_; mais que toute personne, qui n'avoit point été convaincue de
crime en Justice, pouvoit _lever sa meyne_, c'est-à-dire, son voisinage
de _corne & de bouche_, & de _faire prendre tous les destaurbunts_ ou
suivre le meuble qu'on lui avoit volé jusqu'au premier Comté.

     [Note 40: _De Repbl. & Administ. Angl. Thom. Smith. c.
     23._]

Tout annonce donc dans le Texte de ces deux Ecrivains, l'empressement
avec lequel le Peuple & les Officiers de Justice concouroient à l'effet
de l'_hue_ & du _cry_ établis pour la sûreté publique. Mais cette ardeur
se rallentit durant les guerres qui diviserent la France & l'Angleterre
sous les regnes postérieurs à celui du Conquérant. Bien des gens
appellés pour aller à la poursuite des malfaiteurs s'en dispensoient
sous divers prétextes, & la difficulté de prouver judiciairement combien
ces prétextes étoient frivoles, détermina Henri III, qui commença de
régner en 1216, a rétablir les formalités des Clameurs telles qu'elles
avoient été pratiquées du temps des _Hundreds_. Voici l'Ordonnance de ce
Prince sur cette matiere.

_Henricus, Dei gratia, &c. Rex[41], Vice-Comiti tali vel tali, salutem.
Sciatis quòd ad pacem nostram firmiter observandam, provisum est de
Consilio nostro quòd vigiliæ fiant in singulis civitatibus, burgis &
omnibus aliis villis comitatus tui, à die Ascensionis Domini usque ad
festum Sancti Michaëlis: Scilicet in singulis civitatibus ad singulas
portas per sex homines armis munitos, & in singulis burgis per 12
homines, & in singulis villis integris per 6 homines vel quatuor ad
minus similiter armis munitos, secundum numerum inhabitantium & vigilent
continuò per totam noctem ab occasu solis usque ad ortum. Ita quòd si
aliquis extraneus transitum per ipsos faciat, arrestent usque mane. Et
tunc si fidelis sit, dimittatur, & si suspectus sit, Vice-Comiti
liberetur qui ipsum sine omni difficultate & dilatione recipiat, & salvò
custodiat: si vero hujusmodi extranei transitum facientes se non
permiserint arrestari, tunc prædicti vigiles hutesium levent super eos
undique, & eum insequantur cum tota villata & vicinis villatis cum
clamore & hutesio de villa in villam, donec capiantur: & tunc liberentur
Vice-Comiti sicut prædictum est. Ita quòd nullus occasione hujusmodi
arrestationis vel captionis extraneorum, per Vice-Comitem vel per
Ballivos suos occasionetur. Et singulæ civitates burgi & villæ
præmuniantur ad singulas prædictas vigilias & sectas ita diligenter
faciendum, ne defectum illorum graviter punire debeamus. Provisum est
etiam, quod singuli Vice-Comites una cum duobus militibus ad hoc
specialiter assignatis, circumeant Comitatus suos de hundredo in
hundredum, & civitates & burgos; & convenire faciant coram eis in
singulis hundredis civitatibus & burgis, cives, burgenses, liberè
tenentes, villanos & alios ætatis quindecim annorum usque ad ætatem
sexaginta annorum. Et eosdem faciant omnes jurare ad arma, secundum
quantitatem terrarum & catallorum suorum, scilicet ad quindecim libratas
terræ, unam loricam, capellum ferreum, gladium, cultellum & equum. Ad
decem libratas terræ unum habergetum, capellum ferreum, gladium &
cultellum. Ad centum solidatas terræ unum purpunctum, capellum ferreum,
gladium, lanceam & cultellum. Ad quadraginta solidatas terræ, & eo
amplius usque ad centum solidatas terræ; gladium, arcum, sagittas &
cultellum. Qui minus habent quam quadraginta solidatas terræ, jurati
sint ad falces, gisarmas, cultellos & alia arma minuta. Ad catalla
sexaginta marcarum, unam loricam, capellum ferreum, gladium, cultellum &
equum. Ad catalla sexaginta marcarum, unum haubereum, capellum ferreum,
gladium & cultellum. Ad catalla viginti marcarum, unum purpunctum,
capellum ferreum, gladium & cultellum. Ad catalla novem marcarum,
gladium, cultellum, arcum, & sagittas. Ad catalla quadraginta
solidatarum, & eo amplius usque ad decem marcas, falces, gisarmas, &
alia arma minuta. Omnes enim alii qui possunt habere arcus & sagittas
extra forestam habeant. Qui verò in foresta, habeant arcus & pilatos. In
singulis civitatibus, & burgis jurati ad arma sint coram majoribus
civitatis & præpositis & Ballivis burgorum ubi non sunt majores. In
singulis verò villatis aliis, constituatur unus constabularius vel duo,
secundùm numerum inhabitantium & provisionem prædictorum. In singulis
verò hundredis constituatur unus capitalis constabularius, ad cujus
mandatum omnes jurati ad arma de hundredis suis conveniant, & eis sint
intendentes ad faciendum ea quæ spectant ad conservationem pacis nostræ.
Clamare etiam faciant singuli Vice-Comites per civitates & burgos &
omnia mercata Ballivorum suorum, quòd nulli conveniant ad turniandum vel
burbandum nec ad alias quascunque aventuras. Nec etiam aliqui incedant
armati nisi specialiter fuerunt ad custodiam pacis nostræ deputati. Et
si aliqui fuerunt inventi sive incedentes armati, contra hanc
provisionem nostram, arrestentur & Vice-Comiti liberentur: & si se non
permiserint arrestari, tunc constabularii singulorum hundredorum &
villatarum, & alii quicunque sint, hutesium levent super eos undique, &
cum vicinis villis, & de villa in villam ipsos insequantur, donec
capiantur & Vice-Comiti liberentur sicut prædictum est. Quoties autem
contigerit hutesium levari super quoscunque perturbatores pacis nostræ,
prædones & malefactores in parcis vel vivariis, statim propter eos fiat
hutesium; & ipsos insequantur donec capiantur & Vice-Comiti liberentur,
sicut de aliis prædictum est. Et omnes Vice-Comites & eorum Ballivi,
constabularii, jurati ad arma, cives, burgenses, liberè tenentes &
villani talem sectam faciant propter prædictos malefactores, ne ipsi
malefactores evadant, & ne si pro eorum defectu evadant, ii in quibus
defectus inventus fuerit graviter puniri debeant, & sic per Consilium
nostrum puniantur, quòd poena illorum aliis metum incutiat & auferat
materiam delinquendi. Suspectos autem de die per quascunque
arrestationes recipiant arrestatos, Vice-Comites, sine dilatione &
difficultate salvò custodiant; donec per legem terræ deliberentur. Et
ideò tibi præcipimus, quòd sicut corpus tuum & omnia tua diligis, una
cum dilectis & fidelibus nostris Henrico filio Bernardi, Petro de
Goldintuna quos tibi ad hoc assignavimus, omnia prædicta sub forma
præscripta cum diligentia exequaris; ne pro defectu tui inde &
prædictorum H. & P. ad te & ad ipsos nos graviter capere debeamus. Teste
Archiepiscopo Eboracensi apud Westmonasterium vigesimo die Maii, anno
regni nostri, scilicet Henrici filii Regis Joannis, tricesimo sexto._

     [Note 41: _Additament. ad. Matth. Paris._]

Au moyen de ce qui vient d'être dit, il est facile de suivre les
différens changemens que le _Haro_ a successivement éprouvés depuis sa
naissance.

La révolution arrivée en Europe vers le commencement du 5e siecle, n'est
ignorée de personne. L'Empire Romain se trouvant harcelé par les
invasions continuelles des Peuples du Nord, se trouva presque réduit à
rien lorsque ces Peuples, en fondant de nouvelles Souverainetés dans les
Gaules, porterent en même-temps de nouvelles Loix & de nouvelles
Coutumes dans les pays de leurs conquêtes[42]. De là les usages des
Saxons, des Bavarois, devinrent propres à cette partie des Gaules, que
nous connoissons maintenant sous le nom de la France & de la
Grande-Bretagne. Dans le nombre des usages adoptés d'abord par ces deux
Etats, on doit comprendre les Centaines & les Proclamations des sujets
qui troubloient le repos public. Les premiers François suivirent cette
division en _centaine_, & en même-temps cette procédure de
proclamations, jusqu'à ce que les fiefs étant devenus parmi eux
héréditaires, les Seigneurs firent des Réglemens particuliers pour la
police de leurs domaines. Il n'y avoit point d'inféodations chez les
Anglois, lorsqu'à la fin du 9e siecle Raoul fut institué Duc de
Normandie. Pendant sa retraite en Angleterre il y avoit vu les sujets
distribués comme ils l'avoient été sous leurs premiers Monarques,
c'est-à-dire, soumis aux usages que ces Souverains avoient substitués
aux Loix Romaines. Raoul emprunta donc des Anglois les formalités
auxquelles les Neustriens donnerent le nom de _Haro_ après ses victoires
contre Charles le Simple. Guillaume, l'un de ses successeurs au Duché de
Normandie, ayant conquis ensuite l'Angleterre, y retrouva ces mêmes
formalités en vigueur: & comme Raoul, en les prescrivant aux Normands,
avoit eu soin de les plier aux Loix féodales qu'ils suivoient; de même
Guillaume, en donnant aux Anglois les Loix féodales Normandes, écarta
des Clameurs usitées de tout temps parmi eux, pour la poursuite des
larcins, ce qui ne pouvoit se concilier avec les maximes de la féodalité
à laquelle il les assujettissoit le premier.

     [Note 42: Rapin de Thoyr. Hist. d'Angl. 1er vol. pag. 405.]

LI.

Selden, duquel j'ai tiré le texte & l'interprétation latine des Loix
d'Edouard le Confesseur, cite à la fin de ce texte divers Auteurs qui
prétendent que Guillaume le Conquérant avoit ajoûté les Loix suivantes à
celles d'Edouard, lorsqu'en montant sur le Trône d'Angleterre il promit
à la Nation de maintenir l'exécution des Loix de son Prédécesseur.

_WILLELMUS, Dei gratia, Rex Anglorum, Dux Normannorum, omnibus hominibus
suis Franciæ & Angliæ: Salutem._

LI[43].

De Religione & Pace publica.

_Statuimus inprimis super omnia, unum Deum per totum regnum nostrum
venerari, unam fidem Christi semper inviolatam custodiri pacem, &
securitatem, & concordiam, judicium & justitiam inter Anglos &
Normannos, Francos & Britones Walliæ & Cornubiæ, Pictos & Scotos
Albaniæ; similiter inter Francos & Insulanos, Provincias & Patrias quæ
pertinent ad coronam & dignitatem, defensionem & observationem, &
honorem regni nostri, & inter omnes nobis subjectos per universam
Monarchiam regni Brittanniæ firmiter & inviolabiliter observari. Ita
quod nullus alii forisfaciat in nullo super forisfacturam nostram
plenam._

     [Note 43: Le numero LI se trouve ici répété, parce que
     Selden a considéré les Textes latins qui sont dans cet Edit
     particulier, comme la suite des Loix d'Edouard ci-devant
     transcrites, & a désigné chaque article par un chiffre qui
     indiquoit la relation que cet Edit avoit avec les articles de
     ces Loix.]

LII.

De fide & obsequio erga Regem.

_Statuimus etiam ut omnes liberi homines foedere & Sacramento affirment
quod intra & extra universum Regnum Angliæ (quod olim volabatur regnum
Brittanniæ) Willelmo suo Domino fideles esse volunt, terras & honores
illius fidelitate ubique servare cum eo, & contra inimicos & alienigenos
defendere._

LIII.

De Normanni, seu Francigenæ cæde.

_Volumus autem & firmiter præcipimus ut omnes homines, quos nobiscum
adduximus aut post nos venerint, sint sub protectione & in pace nostra
per universum Regnum prædictum; & si quis de illis occisus fuerit,
Dominus ejus habeat intra v. dies homicidam ejus si poterit; sin autem,
incipiat persolvere nobis xlvj marcas argenti quamdiu substantia Domini
illius perduraverit ubi verò Dominus defecerit, totus Hundredus in quo
occisio facta est communiter solvat quod remanet._

LIV.

De jure Normannorum qui ante adventum Guillelmi, cives fuerant
Anglicani.

_Et omnis Francigena qui tempore Edwardi propinqui nostri fuit in Anglia
particeps consuetudinum Anglorum, quod ipsi dicunt, anhlote & anscote,
persolvat secundùm legem Anglorum._

LV.

De Clientelari seu Feudorum jure, & Ingenuorum immunitate.

_Volumus etiam ac firmiter præcipimus & concedimus, ut omnes liberi
homines totius Monarchiæ regni nostri prædicti habeant & teneant terras
suas & possessiones suas bene & in pace, liberè ab omni exactione
injusta, & ab omni tallagio; ita quod nihil ab eis exigatur vel
capiatur; nisi servitium suum liberum quod de jure nobis facere debent &
facere tenentur; & prout statutum est eis & illis à nobis datum &
concessum jure hæreditario in perpetuum per commune consilium totius
regni nostri prædicti._

LVI.

De nocturnis Custodiis.

_Statuimus etiam & firmiter præcipimus ut omnes civitates, & burgi, &
castella, & hundredi, & wapentachia, totius regni nostri prædicti
singulis noctibus vigilentur & custodiantur in gyrum pro maleficiis &
inimicis prout Vice-Comes & Aldermanni, & præpositi & cæteri Ballivi &
Ministri nostri melius per commune consilium ad utilitatem regni
providebunt._

LVII.

De Mensuris & Ponderibus.

_Et quod habeant per universum regnum mensuras fidelissimas & signatas,
& pondera fidelissima & signata sicut boni prædecessores statuerunt._

LVIII.

De Clientum, seu Vassalorum præstationibus.

_Statuimus etiam & firmiter præcipimus ut omnes Comites & Barones; &
milites, & servientes, & universi liberi homines totius regni nostri
prædicti habeant & teneant se semper bene in armis & in equis ut decet &
oportet, & quod sint semper prompti & parati ad servitium suum integrum
nobis explendum & peragendum cùm semper opus affuerit, secundùm quod
nobis de feodis debent & tenementis suis de jure facere, & sicut illis
statuimus per commune consilium totius regni nostri prædicti, & illis
dedimus & concessimus in feodo jure hæreditario. Hoc præceptum non
nostrum sit violatum ullo modo super forisfacturam nostram plenam._

LIX.

Ut jura regia illæsa servare pro viribus conentur subditi.

_Statuimus etiam & firmiter præcipimus ut omnes liberi homines totius
regni prædicti sint fratres conjurati ad Monarchiam nostram & ad Regnum
nostrum pro viribus suis & facultatibus contra inimicos pro posse suo
defendendum & viriliter servandum, pacem & dignitatem coronæ nostræ
integram observandam, & ad judicium rectum & Justitiam constanter
omnibus modis pro posse suo sine dolo & sine dilatione faciendam. Hoc
decretum sancitum est in civitate London._

LX.

Ne venditio & emptio fiat nisi coram testibus & in civitatibus.

_Interdicimus etiam ut nulla viva pecunia vendatur aut ematur nisi intra
civitates, & hoc ante tres fideles testes, nec aliquam rem vetitam sine
fidejussione & warranto, quod si aliter fecerit solvat & persolvat, &
postea forisfacturam._

LXI.

De emptoriis, & jure urbium pagorumque notæ melioris.

_Item, nullum mercatum vel forum sit nec fieri permittatur nisi in
civitatibus regni nostri, & in burgis, & in muro vallatis, & in
castellis, & in locis tutissimis, ubi consuetudines regni nostri, & jus
nostrum commune & dignitatis coronæ nostræ quæ constituta sunt à bonis
prædecessoribus nostris deperiri non possunt nec desiderari nec violari,
sed omnia recte & in aperto & per judicium & Justitiam fieri debent. Et
ideo castella, & burgi, & civitates sita sunt & fundantur & ædificantur,
scilicet, ad tuitionem gentium & populorum regni, & defensionem regni, &
idcirco observari debent cum omni libertate & integritate & ratione._

LXII.

De Purgatione Forensi in judiciis publicis.

_Decretum est etiam ut[A] Francigena appellaverit Anglum de perjurio aut
murdro, furto, homicidio, Ran quod dicunt apertam rapinam, quæ negari
non potest, Anglus se defendat per quod melius noverit, aut judicio
ferri aut duello. Si autem Anglus infirmus fuerit, inveniat alium qui
pro eo faciat. Si quis eorum victus fuerit emendet Regi xl. solid., si
autem Anglus Francigenam appellaverit & probare voluerit judicio aut
duello, volo tunc Francigenam purgare se Sacramento[B] non fracto._

                                            [Marge A: Al. _si Fr._]

                                            [Marge B: _Al. non ferro
                                            apud hovendum._]

LXIII.

Firmantur Leges Edwardi Regis.

_Hoc quoque præcipimus ut omnes habeant & teneant Legem Edwardi Regis in
omnibus rebus, adauctis his quas constituimus ad utilitatem Anglorum._

LXIV.

De Justitiæ publicæ fidejussoribus.

_Omnis homo qui voluerit se teneri pro libero, sit in plegio ut plegius
eum habeat ad justitiam si quod offenderit: Et si quisquam evaserit,
talium videant plegii ut solvant quod calumniatum est, & purgent se quia
in evaso nullam fraudem noverint. Requiratur Hundredus & Comitatus
(sicut Antecessores statuerunt) & qui justè venire debent & noluerunt,
summoneantur semel; & si secundò non veniunt, accipiatur unus bos, & si
tertio, alius bos; & si quarto, reddatur de rebus hujus hominis quod
calumniatum est quod dicitur Ceapgyld & insuper Regis forisfactura._

LXV.

De Servis & eorum manumissione.

_Et prohibemus ut nullus vendat hominem extra Patriam. Si quis verò
velit servum suum liberum facere, tradet eum Vice-Comiti per manum
dextram in pleno Comitatu, & quietam illum clamare debet à jugo
servitutis suæ per manumissionem, & ostendat ei liberas vias & portas, &
tradat illi libera arma, scil. lanceam, & gladium; deinde liber homo
efficitur._

LXVI.

De Servis.

_Item, si servi permanserint sine calumnia per annum & diem in
civitatibus nostris, vel in burgis in muro vallatis vel in castris
nostris, à die illa liberi efficiuntur, & liberi à jugo servitutis suæ
sint in perpetuum._

LXVII.

De Suppliciorum modo.

_Interdicimus etiam ne quis occidatur vel suspendatur pro aliqua culpa,
sed[A] evernantur oculi & abscidantur pedes vel testiculæ vel manus; ita
quod truncus remaneat vivus in signum proditionis & nequitiæ suæ.
Secundum enim quantitatem delicti debet poena maleficiis infligi. Ista
præcepta non sint violata super forisfacturam nostram plenam. Testibus,
&c._

                                            [Marge A: _Al. eruantur._]

INSTITUTIONES SIVE LEGES REGIS WILLELMI.

_WILLELMUS, Dei gratia, Rex Anglorum. Omnibus ad quos scriptum hoc
perveniat salutem, & amicitiam. Mando & præcipio per totam Anglicam
nationem custodiri._

LXVIII.

De Examine Forensi.

_Si Anglicus homo compellet aliquem Francigenam per bellum de furto vel
homicidio vel aliqua re pro qua bellum fieri debeat vel judicium inter
duos homines, habeat plenam licentiam hoc faciendi. Et si Anglicus
bellum nolit, Francigena compellatus adlegiet se jurejurando contra eum
per suos testes secundum Legem Normanniæ._

LXIX.

De eodem.

_Item si Francigena compellat Anglicum per bellum de eisdem_ _rebus,
Anglicus plena licentia defendat se per bellum vel per judicium si magis
ei placeat. Et si uterque sit invalidus & nolit bellum vel non posset,
quærat sibi legalem defensionem._

LXX.

De eodem.

_Si Francigena victus fuerit persolvat Regi lx. sol. Et si Anglicus
nolit se defendere per bellum vel per testimonium, adlegiet se per Dei
judicium._

LXXI.

De Examine Forensi.

_De omnibus utlagariæ rebus Rex instituit ut Anglicus se purget ad
judicium. Et si Anglicus appellet Francigenam de utlagaria & hoc super
eum in veritate velit, defendat se Francigena per bellum. Et si Anglicus
non audeat enim probare per bellum, defendat se Francigena pleno
juramento non in verborum observantiis._

Selden convient que la distribution de ces Ordonnances, telle qu'il
l'offre, n'est pas celle qu'elles ont dans les originaux; mais il a cru,
dit-il, qu'en donnant à chaque article un titre qui annonceroit le sujet
qui y seroit traité, les amateurs de l'antiquité auroient plus de
facilités pour faire leurs observations sur chacun de ces sujets en
particulier. Je ne donnerai donc point aux réflexions suivantes d'autre
ordre que celui que Selden à donné aux articles auxquels elles se
rapporteront.

_Suite des Remarques._

ARTICLE LIII.

On voit clairement dans cet article que le terme _Dominus_ n'y indique
pas un Seigneur de fief; qu'il n'y est question que d'un _maître_ chargé
par l'_hundred_ de veiller sur un certain nombre de colons; c'est de là
que l'_hundred_ est obligé de suppléer à l'amende que ce maître se
trouve hors d'état de payer au Roi.

LIV.

_Anhlote_ & _Anscote_, Loi particuliere à laquelle les Anglois d'origine
étoient assujettis sous Edouard. Les François, que ce Monarque recevoit
dans ses Etats, pouvoient y conserver leurs usages; ces usages étoient
donc différens des Coutumes Angloises: & par conséquent l'opinion de
ceux qui ont avancé qu'Edouard avoit donné les Loix Normandes à sa
Nation, est sans fondement.

LV.

Ce seroit mal raisonner, ce semble, si on concluoit de cet article que
les Francs-Aleux Anglois, confirmés par le Conquérant, ne l'étoient pas
de leur nature: car lorsque ce Conquérant dit ici qu'il les donne à
titre héréditaire & à perpétuité, exempts de toute redevance, &c. il ne
veut faire entendre autre chose, sinon qu'à droit de conquête il a le
pouvoir de changer l'état des fonds, & de les assujettir à des charges
que dans leur état naturel ils ne devoient pas supporter.

LVIII.

En même-temps que le Conquérant approuvoit les Loix d'Edouard dans
toutes leurs dispositions, il avoit obtenu de l'Assemblée générale de la
Nation, que tous ceux qui, dans les divers ordres de l'Etat, avoient
reçu de lui des fiefs en hérédité, fussent assujettis aux Statuts
particuliers par lesquels ces sortes de biens étoient régis: par-là il
se ménageoit un moyen sûr de multiplier les fiefs & d'accoutumer
insensiblement les esprits au joug de la vassalité.

LX.

On appelloit l'argent en espece _pecunia sicca_, & les troupeaux ou
bestiaux destinés à être vendus, _pecunia viva_.

LXI.

On ne pouvoit pas tenir plusieurs Marchés dans un même jour, & on ne les
établissoit point à une distance moindre les uns des autres que six
lieues, & le tiers d'une lieue. La raison que Britton donne de cet
usage, est que la journée commune d'un voyageur ne peut excéder vingt
lieues, & qu'en divisant le jour en trois parties, un Marchand avoit six
heures pour se rendre à chaque Marché, six heures pour y trafiquer, &
six heures pour retourner chez lui ou en un autre Marché.

LXII.

Dans la Remarque faite sur la Section 189 de Littleton, je me suis borné
à faire connoître la simplicité des regles suivies pour les duels chez
les Anglo-Normands; mais les Textes de Britton & du vieux Coutumier de
Normandie, d'où j'ai extrait ces regles, étant comparés ensemble,
peuvent servir à appuyer de plus en plus mon opinion sur la nécessité
qu'il y a de préférer l'Ouvrage de Britton & le vieux Coutumier à toute
autre source pour s'assurer des premiers usages de notre Monarchie.

_BRITTON, Ch. 22._

Appel est pleynte de home faite sur autre ovesque purpos de lui
atteindre de felonie par mots a ceo ordines. Chescun home nequedent ne
poit mie appeller generaument; car home utlage, ne cely que ad nostre
Royalme forjure, ne home juge en nostre Court a la mort, ne provour que
avera faile[A] de sa prove, ne enfaunt dedans le age de 14 ans ne home
arage, ne folnastre, ne muet, ne surd, ne mesel outre de commune de
gents, ne home ordyne dedens seints orders. Ne sount mye receyvables en
appels encuser nequedent purrount eux nos mortels ennemies demurraunts
en nostre terre.......................................................
                                            [Marge A: Failli.]
& come ascun se profra de prover vers un ou vers plusiours si ferrons
hastivement prendre les cors des encuses & mener par-devaunt nous; & ils
come viendront en jugement si face lencusour son appel pur nous en ceste
manere par ascun serjaunt.

Johan que cy est appele peres que illonques est de ceo que come il fuit
en tiel certein lieu a tiel certein jour, tiel an, la oy mesme cesti
peres pur parler tiel mort ou tiel treson par entre cesty peres & un
autre tiel par nosmes & par teles aliaunces, & que cesti pere issint le
fist & issint le purparla felonisement come felon & trayturement come
traitour, est cesty Johan prist a prover par son cors en toutes les
maneres que la Cour voudra a garder que puer le doit.

Plusiours choses sount nequedent que desturbent bataille en chescun
felonie & la coviendra sagement parler. Car si le appelour soit maheme
ou dedens le age de 14 ans ou oultre le age de 70 ans ou ordine dedens
seints ordres ou femme ou si home puisse être eyde par recorde adonques
dirra il issint: est cesty Johan prest de prover en toutes les maneres
que la Court vodra a garder que home maheme ou de tiel age ou de tiel
estate prouer le deyue, ou de ceo vouche il record de tiel ou de tiel ou
de lour roules a record ou a garaunt & defendons que nul atturnes soient
reçeus pour la appellour ne pur les appelles ne nul essoyne allowe de
une part ne auter en nul cas de mort. Et volons que si le appel soit
pronounci par bouche de Serjeaunt & le appel soit abatu par mauvaise
mounstraunce ou autrement par defaute del Serjaunt que duist counter,
le mester de counter, que le Serjaunt soit mesme en nostre mercy en
cent sous & si mauveiste y courge privement de ceo & puis apres de ceo
soit atteint, si soit il puis apres commaunde a la prison & puis apres
suspendu de son office, & quant al defence se purra le defendaunt puis
apres defendre en ceste manere.

Peres que cy est defend toutes felonies & toutes tresons & toutes les
pourparlaunces ou compassements de mal envers la persone tiel ou de tiel
solonc ceo que serra purpose en countre luy de mot en mot. Et volons
bien que en ceulx appels que le appellour eit plus de mester de asser
les paroles ordeynement sans omission a ceo que son appel estoise que le
défendour en son defens & grauntouns al defendour de chescune felonie
que il defende les mots de la felonie en gros sauns estre non défendu.
Issint que pour defaulte de mot & de sillable ne soit il mie ajuge pur
non defendu: eins suffise al defendour que il die que de tele felonie
n'est mie coupable si come le appellour lui met surprist est que il
defende vers lui par son cors solonc ceo que la Cour a gardera que faire
le deyue ou par pays, nul ne quedent ne soit tenu atteint parceo que il
est non defendu en cas de mort.

Mes soit mys a la penaunce jesques a taunt que il soit purveu de meux
respondre, si il soit pronuncie parmi sa bouche, & si parmi sa bouche de
Serjaunt & le Serjaunt soit desavouve, si soit puny per prison & par fyn
& il se purvoye de meillour Serjaunt. Et come il avera suffisaument
defendu le gros de l'appel si se purra il eyder par exceptions & primes
de la jurisdiction le Juge & puis a la persone le appellour, & puis à sa
persoune propre & puis a lappel & puis a laction si come serra dit entre
les exceptions & quant a la Jurisdiction puit il dirre que il nest mie
tenu a respondre en place ou le Juge est partie, de si come nul jugement
ne se poit faire de meyns que de 3 persones cest a saver de un pleintife
& de un defendaunt: & en cas ou nous somes Partie, volons que nostre
Court soit Juge si come Countes & Barons en temps de Parlement &
conferme la Jurisdiction del Juge. Si se purra il eyder par ascune
exception quant a la persone le pleintife ou de sa persone demeyne: &
puis al appel abatere que purra avenie en moult de cases, si come par
omission de nosmer en l'appel, an ne jour ne lieu ou en noumaunt un
nosme pour un autre, si come Renaud pour Reyner, ou mustraunt le appel
issint.

Ceo vous mustre yon, ou il dust dire, son appele; ou clamant son appel
par ceste parolle, & ceo voil jeo averer, la ou il duist dire, & ceo
profre jeo a prover, ou per variaunce de son appel devaunt justices en
une forme & en Roule de coroner en autre forme. Et si par ascune
exception puisse abatre le appel adonques volons nous que il soit Juge
quittes quant devers cet appellour, & le appellour soit commaunde a la
prison pur ceo que il avera failly de prover ceo a quoy il se obligea &
issint soit en touts appels de felonie, & aussi la ou le appellour se
avera retret de son appel sauns jugement, & jalemeyns ses plegges de
suer soient en nostre mercy pur ceo que ils averount failly de
pleggages. Mes en tiel cas volons que mitigation soit faite pur ceo que
ceux se profrent a combattre pur notre pees meyntener. Et tout soit que
les appeles soient issint a gardes quites quant devers le pleintife pur
ceo ne remeigne mie que ils ne soient coupables de ceo que lour est mis
sus.

Par quoi en tiel cas volons que tauntost demaunde len a ceux de part
nous coment ils se voudront aquitter de tiel esclaunder & s'ils dient
par pays soyent mis arere en prison jesques a un certein jour, & en le
meen temps soit maunde pays, & solonc le verdist du pays sur ceo charge
soient juges. Et si le defendaunt ne pusse abatre le appel, adonques
soit en sa eleccion a soy defendre par son corps ou per pays. Et aussi
soit en toutes felonies quant est mustre suyt, forpris cas especialx, si
come femes & mahemes, & autres que ne poient ne deivent combatre. Et si
par son cors & en soit cas de autre félonie, adonques soit la cause
examine, eins ceo que la bataille se joyne lequel la cause soit trespas
ou felonie. Et si trespas, si soit le appel abbatu par ofices de
Justices; & si de felonie, adonques donc le defendaunt gage a soy
defendre & le appellour gage pur la cause d'ereiner. Lors lour soit jour
dune pur attirs des armes, & le defendour en le mesme temps remeyne en
prison. Et come ils viendrount armes en Court, si comence le pleyntife
son appel mot pur mot come il fist avaunt, & le defendour se defende
come avaunt & puis pregne lun lautre par la mayn & jurge primes le
defendaunt en ceste manere. _Ceo oyes vous home qui jeo teigne par la
mayn qui vous faites appeller Johan par nosme de baptesme, que jeo peres
a tiel an, a tiel jour ne en tiel lieu la mort avaunt dit N. ne
compassai ne purparlay ne a cele felonie ne assenti si come vous men
avez mis sus si Dieu moy eyde & les Seints._ Et puis jurge le appellour
issint. _Ceo oyez vous home que jeo teigne per la main que vous faites
appeller P. per noums de baptesme que vous estes parjures, car a tiel
jour, a tiel an & tiel lieu purs plastes vous tiel treson ou tel mort ce
que dit ay devaunt vous en le appel si Dieu me ayde & les Seynts._ Puis
soient ambideux menez en certain place ou ambideux jurgent issint. _Ceo
ayez vous Justices que jeo Johan ou peres nient ay mange ou beu une
autre fait fait ne fait faire par moy per quoy la ley de Dieu abasse &
la ley du diable enhausse_, & issint soit fait en toutes les batailles
de felonie & tauntost soit crie que nul ne soit si hardy, autre que les
combattours, que le chose que il veit ou oye soy mover ne haute voyce
pronouncier par quoy desturbaunce poet surdre à la bataille & volouns
que qui que ceo face encountre la cry que il eyt la prison de un an & un
jour. Puis voisent combatre _armes sauns fer & sauns longe arme a teste
descouvertes & a meyns nues & a pee ovesque deux batons cornus de une
longure_, & chescun de eux un escu de quatre corners sauns autre armure
dount nul ne pusse autre grever. Et si ascun eyt sur lui autre arme
musce & de ce soit greve son adversarie ou profre de grever soit fait
come serra dit entre les batailes de plee de terre. _Et si le defendour
se pusse defendre jesques a taunt que home pusse veer les estoiles en le
firmament_ & de ceo demaunde jugement si il deyue plus combattre si
volons que pur le defendaunt se face le jugement. Et aussi en toutes
batailles de champions & le appellour de felonie soit comaunde a la
prison. Et si le defendaunt, voile la felonie reconustre avaunt ceo que
il soit atteint autrement & appeller autres de la consente volons bien
que il soit a ceo receu. Et si le defendaunt soit venku si soit le
jugement tiel que il soit treyne & pendu & autrement tormente a la mort
a nostre volounte & que tous ses biens moebles soient les nous & ses
heires desherites & ses fils jaumes ne teignent tere en nostre realme,
si ne voile mesme estre suspecte de felonie & l'encusour que freschement
avera cette felonie suy abone fin eyt de nous graund guerdon.


ANCIEN COUTUMIER, Ch. 68.

_De suyte de Meurdre._

Suite de meurdre doibt estre faite en cette maniere. R. Se plainct de T.
qui a meurdry son pere felonneusement en la paix de Dieu & du Duc qu'il
est prest de prouver & de lui faire cognoistre en une heure de jour. Se
T. le nye mot à mot, & il offre son gaige & s'en defendre: l'en doibt
premierement prendre le gaige au défendeur & puis celuy à l'appelleur: &
chascun doibt donner pleges demener la loy. Non pourtant ilz doibvent
tous deux estre retenus en la prison du Duc: & ce que droict sera à
faire la bataille leur doibt estre ottroyée par la Justice. Et si peult
bailler l'un & l'autre en vifve prison si leur plaist pourtant que l'en
les baille fealement à bons gardes, qui les rendront mortz ou vifz au
jour de la bataille, appareillez de la bataille faire se ilz sont vifz.

S'aulcune force est faicte dedens ce d'aulcun d'eux ou à aulcun d'eulx,
le Bailly en peut enquerir de son office, & punyr celui qui en sera
attaint coulpable, selon la desserte du faict, & ceulx qui le gardoient
s'ilz en sont coulpables.

Et pour ce que ceulx qui les gardent par la Coustume ancienne seulent
porter la peine que ceulx deussent porter s'ilz ne les peuvent rendre à
la Justice au jour qui leur est mis. L'en seult user en Normendie qu'en
bataille de felonie puis qui les gaiges sont donnez, aulcun ne doibt
estre gardé hors de la prison au Duc.

Au jour qui est assis à faire la bataille se doibvent les champions
offrir à la Justice; ains que heure de midy soit passée, tous
appareilléz en leurs cuyrées, ou _en leurs cotes avecques leurs escus &
leurs bastons cornus_, armez si comme mestier sera, de drap, de cuyr, de
laine, & d'estoupes. Et escus, ne ès bastons, ne ès armures des jambes,
ne doibt avoir fors feust ou cuyr, ou ce qui est devant dict, n'ilz ne
pevent avoir aultre instrument à grever l'un l'autre fors l'escu & le
baston.

Et chascun doibt avoir les cheveulx rongnez par dessus les aureilles.
Ceste forme doibt estre gardée en toutes batailles & si pevent être
oings s'ilz veulent.

Quand ilz seront tous deux offertz à la Justice, les parolles de la
bataille seront recordées par la Justice, & s'il est advis à aulcun
d'eulx que les parolles de la bataille ne soient pas bien recordées, ou
que la bataille fut gaigée par aultres motz ilz pourront demander le
record de la Cort & lauront par ceulx qui furent a gaiger la bataille.
Et quand elle sera bien recordée si soient menez au champ pour
combattre, & quatre Chevaliers soient eslus qui gardent le champ, & tous
les aultres se seent en tour.

Le Ban du Duc soit crie qu'aulcun de ceulx qui illec sont sur vie & sur
membre ne soit si hardy qu'il face à aulcun des champions aide ne
nuysance par faict ne par dict, & si aulcun faict contre ce, il sera mis
en la prison du Duc & l'amendera à sa volonté.

Après les champions soient appellés au champ & jurent les parolles de
la bataille, & s'agenouillent tous deux & s'entretiennent par les mains,
l'appelleur à dextre & defenseur à senestre. L'en doibt demander à
chascun comme il a nom en baptesme, & s'il croit en Pere, en Filz, & en
benoist sainct Esprit, s'il tient la foi que saincte Eglise garde.

Quand chascun aura respondu ouy: le defenseur jurera en ceste forme:
_Oes homme que je tient par la main senestre, qui T. te faict appeller
en baptesme que ton pere ne meurdry en felonnie: ainsi maist Dieu & ses
Saincts._ L'appelleur jurera après: _Oes homme que je tient par la main
dextre qui R. te faict appeller en baptesme: que des parolles que tu as
jurées tu te es parjuré: ainsi maist Dieu & ses Saincts._ Après si
jureront les sorceries. Le defenseur jurera premier que par luy que par
aultre n'a faict apporter sorceries en champ qui luy puissent ne
doibvent ayder, ne à son adversaire nuyre. Et après l'appelleur jurera
ainsy. L'en baillera lors a chascun l'escu & le baston, & les quatre
Chevaliers qui sont esleuz à garder le champ seront entre eulx deux tant
qu'ilz ayent aoure avenaument & le ban du Duc sera crye de rechef. Quant
ilz auront aoure, les quatre Chevaliers se trairons ès ourées du champ
en quatre parties.

Se le defenseur se peult defendre tant que les estoiles appairent en
Ciel, il aura la victoire. Et cette forme doibt estre gardée en toutes
les batailles, fors que le serment doibt estre faict des parolles de
quoi la bataille fut gaigée.

Dans Britton & dans l'ancien Coutumier Normand _l'appareil_ des combats,
on le voit, _respire je ne scais quoi de lugubre & de terrible_[44], qui
laissoit agir librement les regrets & la terreur sur l'ame d'un
accusateur ou d'un accusé coupable. On n'y voit aucune différence entre
l'armure du roturier & du noble; la simplicité du serment, le laconisme
des proclamations, la solitude où les combattans étoient retenus
jusqu'àu moment critique duquel dépendoit le sort de leur cause; tout
cela nous retrace les formalités prescrites par les Capitulaires. En
effet, le _bâton_ est l'unique arme qu'ils permettoient dans ces
combats[45]. S'agissoit-il chez les Allemands de connoître à qui
appartenoit un terrain usurpé? Le Demandeur disoit, voilà ma borne;
l'autre repliquoit, c'est ici la mienne, _hic est terminus_. Le Comte
marquoit l'endroit indiqué par les deux contendans, & chacun d'eux
ayant pris une portion du terrain, dont il se disoit propriétaire,
l'enveloppoit d'un linge, y mettoit son cachet, & le déposoit pour gage
de la bataille entre les mains du Comte. Au moment assigné pour le
combat, ces deux morceaux de terre étoient placés entre les parties,
elles touchoient avec leur épée le morceau qu'elles prétendoient avoir
respectivement tiré de leur fonds; & après avoir prié Dieu d'accorder la
victoire à celui qui avoit le meilleur droit, elles en venoient aux
mains.[46] Les Coutumes des Bavarois à cet égard n'étoient pas plus
pompeuses.[47]

     [Note 44: Abbé Vély, tom. 6, pag. 111.]

     [Note 45: _Capitul. Carol. Magn. ann. 801, pag. 354.
     Balus._]

     [Note 46: _Capitul. ann. 630, art. 84, col. 80, ibid._]

     [Note 47: _Leg, Bajuvarior._ tit. 15, 16, 17. Balus. col.
     133 & suivantes.]

Ce n'est donc ni dans les établissemens de saint Louis, ni dans les
autres écrits du 13e. siecle, qu'il faut rechercher les _pratiques
anciennes_[48]. Les _corrections_ que ces écrits ont faites dans ces
_pratiques_, loin de tendre en effet à anéantir l'usage révoltant des
combats, devoient au contraire les rendre plus fréquens. Ces
_corrections_ consistent en des formalités qui ne servoient qu'à
distraire les combattans du danger auquel ils s'exposoient: des chevaux
superbement enharnachés, des armes brillantes, un cortége choisi d'amis
& de gardes, tout cela exigeoit de longs préparatifs. Ces arrangemens
multipliés, & qui précédoient le combat, formoient autant de liens
qu'une ame fiere & hautaine se mettoit insensiblement dans l'impuissance
de rompre. Les guerres avec les Orientaux avoient communiqué aux
François le goût de ces derniers pour le faste & pour l'extraordinaire:
de là le Formulaire des combats à outrance dressé en 1306, sous Philippe
le Bel[49]. Qu'on le compare aux Capitulaires ou aux Coutumes Normandes
introduites en Angleterre après la conquête, & l'on verra lesquels de
ces Coutumes ou de ce formulaire peuvent nous donner une idée plus juste
_des anciennes pratiques_ l'article 63 de l'Ordonnance de Guillaume le
Conquérant fait assez clairement entendre que l'article 62, contient
une addition aux Loix d'Edouard, & en même temps il prouve ainsi que les
articles qui le suivent, qu'en Normandie, dès le 10e siecle, il n'y
avoit aucun cas où le combat fût indispensable. Les facilités procurées
par les établissemens de saint Louis, pour se soustraire à cette barbare
Coutume, ont donc été mal-à-propos attribuées jusqu'ici à ce pieux
Monarque.

     [Note 48: Esprit des Loix, tom. 3, I. 28, c. 23.]

     [Note 49: Recueil des Ordonnances par Delauriere, premier
     vol. pag. 435. Voici comment ce Formulaire est conçu:

     _Premierement._ Nous voulons & ordonnons qu'il soit chose
     notoire, certaine & évidente, que le maléfice soit advenu. Et
     ce signifie l'acte où il aperra évidemment homicide, trahison
     ou autre vraysemblable maléfice par évidente suspicion.

     _Secondement._ Que le cas soit tel que mort naturelle en deust
     ensuivir, excepté cas de larecin, auquel gaige de bataille ne
     chiet point. Et ce signifie la clause par quoy peine de mort
     s'en deust ensuivir.

     _Tiercement._ Qu'ils ne puisent estre punis autrement que par
     voye de gaige. Et ce signifie la cause en trahison reposte, si
     que celuy qui l'auroit fait ne se pourroit deffendre que par
     son corps.

     _Quartement._ Que celuy que on veut appeller soit diffamé du
     fait par indices ou présomptions semblables à vérité. Et ce
     signifie la cause des indices.

     _Comment le deffendeur se vient présenter devant le Juge sans
     estre adjourné._

     En gaige de bataille, tout homme qui se dit vray, & sans
     coulpe, est tenu de soy rendre sans adjournement, s'il sçait
     estre accusé; mais on luy doit donner bon délay pour avoir ses
     amis.

     _Item._ Voulons & ordonnons, selon le texte de nosdites
     Lettres, que jaçoit ce que en larecin chiet peine de mort,
     toutes voyes il n'y chiet point gaige de bataille, si comme il
     est contenu en la cause de larrecin excepté.

     _Item._ Voulons & ordonnons que quand on propose aucun cas de
     gaige bataille, duquel peine de mort s'en deust ensuivir,
     excepté larrecin, comme dit est, il suffit que l'appellant die
     que l'appellé a fait, ou fait faire le cas par luy ou par
     autre, supposé que l'appellant ne nomme point par qui.

     _Item._ Si le cas est proposé en generaux termes, comme de
     dire, je te dis, & veux dire, maintenir & soustenir que tel N.
     a traistreusement tué ou fait tuer tel N. Nous voulons &
     ordonnons que telle proposition soit non suffisante & indigne
     d'y répondre, selon le stile de notre Court de France; mais luy
     convient dire le lieu où le maléfice a esté fait, le temps & le
     jour que sera mort la personne ou que la trahison aura esté
     faite; toutes voyes en telle condition pourroit estre
     l'information du maléfice, qu'il ne seroit ja besoin de dire
     l'heure ne le jour qui pourroit estre occult de scavoir.

     _Item._ Voulons & ordonnons que si le Juge ordonne gaige ou
     combat contre les Coutumes contenues en nos dites Lettres, de
     tout ce qui sera fait au contraire pourra estre appellé.

     _Item._ Voulons & ordonnons que se l'une des Parties se
     départoit de nostre Court, après les gaiges jettés & receus,
     sans nostre congié, iceluy departant ainsy, voulons & ordonnons
     qu'il soit tenu & prononcié convaincu.

     _Item._ Voulons & ordonnons que le demandeur ou appellant doive
     dire ou faire dire par un Advocat son propos devant nous, ou
     son Juge compétent, contre sa Partie adverse, luy présent, & se
     doivent garder de dire chose on chée vilennie qui ne serve à sa
     querelle seulement, & doit conclurre & requerir que si
     l'appellé ou deffendant confesse les choses par luy proposées
     estre vrayes, qu'il soit condamné avoir forfait, & confisqué
     corps & biens à nous, ou estre puni de telle peine, comme
     droit, coustume & la matiere le requierent; & se ledit appellé
     ou deffendant le nie, adonc ledit appellant doit dire qu'il ne
     pourroit prouver par témoins, ne autrement, que par son corps
     contre le sien ou par son advoué en champ clos, comme
     Gentilhomme & preud'homme doit faire, en ma présence, comme
     Juge & Prince souverain. Et alors doit jetter son gaige de
     bataille, & puis faire sa retenue de conseil, d'armes, de
     chevaux & de toutes autres choses nécessaires & convenables à
     gaige de bataille, & que en tel cas, selon la noblesse &
     condition de luy appartient, avec toutes les protestations qui
     s'ensuivent, les quelles protestations voulons & ordonnons
     qu'elles soient registrées, pour scavoir s'il y aura gaige ou
     non.

     _Item._ Et premier dira, très-haut, très-excellent &
     très-puissant Prince & nostre souverain Seigneur; ou s'il
     n'est, ou sont du Royaume de France, au lieu de dire souverain
     Seigneur, diront nostre Juge compétant pour donner plus brieve
     fin aux choses que j'ai dites, je proteste & retiens que par
     leale exoine de mon corps je puisse avoir un Gentilhomme pour
     celui jour mon advoué, qui en ma présence, si je puis ou en mon
     absence, à l'aide de Dieu & de Nostre-Dame, fera son devoir, à
     mes périls, cousts & dépens, comme raison est, toutes & quantes
     fois qu'il vous plaira. Et semblablement de conseil, d'armes &
     de chevaux, comme pour ma propre personne, & ainsi comme en tel
     cas appartient.

     _Item._ Voulons & ordonnons que le deffendeur, s'il voudra sur
     ses périls dire au contraire, & requerir que les injures dites
     par l'appellant soient amendées de telle amende & peine qu'il
     devroit porter, s'il avoit fait les choses dessus dites, & que
     l'appellant, sauve l'honneur de nostre Maistre ou de son Juge
     compétant, a faulsement & mauvaisement menti, & comme faux &
     mauvais qu'il est de dire ce qu'il dit, & s'en deffendra ledit
     deffendeur à l'aide de Dieu & de Nostre-Dame, par son corps, ou
     par son advoué, cessant toute leale exoine, s'il est dit & jugé
     que gaige de bataille y soit, au lieu, jour & place que par le
     Roi, comme leur souverain Juge, sera dit & ordonné.

     Et lors doit lever & prendre le gaige de terre, & puis faire
     ses protestations dessus dites, & requerir son advoué, en cas
     de leale exoine, demander & faire retenue de conseil, d'armes &
     de chevaux, & de toutes autres choses nécessaires & convenables
     à gaige de bataille, selon la noblesse & condition de luy, & le
     surplus ainsi que dit est, lesquelles paroles & deffenses
     voulons & ordonnons que soient semblablement escrites &
     registrées pour scavoir s'il y aura gaige ou non, & pour
     l'amender l'un envers l'autre, selon que Justice le requerra.
     Et pour ce chacun d'eux jurera & prometra, & se obligera de
     comparoir aux jours, heure & place à iceux assignez, tant à la
     journée, à scavoir, se gaige y sera, comme à celle de la
     bataille, si bataille y chiet, selon l'information & le propos,
     lequel sera bien veu & sainement regardé par notables &
     preud'hommes Clercs, Chevaliers & Escuyers, sans faveur de
     nully, lequel gaige ou non sera devant eux adjugé au jour &
     place, comme dit est, sur la peine d'estre réputé comme
     recréant ou convaincu celuy à qui la faute sera.

     Et oultre voulons & ordonnons qu'ils soient arrestez, se ils ne
     donnent bons & suffisans gaiges ou plaiges de non partir sans
     nostre congié & licence.

     _Item._ Et pour ce que il est de coustume que l'appellant & le
     deffendant entrent au champ, portans avec eux toutes leurs
     armes, desquelles ils entendent offendre l'un l'autre, & eux
     deffendre, partans de leurs hostels à cheval, eux & leurs
     chevaux houssez & teniclés, avec paremens de leurs armes, les
     visieres baissées, les escus au col, les glaives au poing, les
     espées & dagues chaintes, & en tous estats & manieres qu'ils
     entendront eux combattre, soit à pied ou à cheval; car ce ils
     faisoient porter leurs dites armes par aucuns autres, &
     portassent leurs visieres levées sans nostre congié ou de leur
     Juge, ce leur porteroit tel préjudice, qu'ils seroient
     contraints de combattre en tel estat qu'ils seroient entrez au
     champ, selon la Coustume de présent, & du droit d'armes.

     Et parce que cette Coustume nous semble pour le combateur
     aucunement ennuyeuse, par nos dites Lettres & Chapitres de
     présent, voulons & ordonnons que lesdits combateurs puissent
     partir aux heures assignées, montez & armez comme dit est,
     entrans au champ, leur visieres levées, faisant porter devant
     eux leurs escus, leurs glaives & toutes les autres armures
     raisonnables de combattre en tel cas.

     Et tant plus pour donner à connoissance qu'ils sont vrais
     Chrestiens, partant de leurs hostels, se seigneront de leurs
     main droites, & porteront le crucifix ou bannieres où seront
     portraits Nostre-Seigneur, Nostre-Dame ou les Anges, ou Saints
     ou Saintes où ils auront leurs dévotions, desquelles enseignes
     ou bannieres se seigneront toujours jusques à ce qu'ils soient
     descendus dedans leurs pavillons & tentes.

     _Item._ Et par les anciennes Coustumes de nostre Royaulme de
     France l'appellant se doit présenter au champ _premier_, &
     devant l'_heure de midy_, & le deffendant devant l'_heure de
     none_, & quiconque deffaut de l'heure, il est tenu & jugié pour
     convaincu, se la grace & mercy du Juge ne s'y estend,
     lesquelles constitutions nous voulons & approuvons qu'elles
     tiennent & vallent: néantmoins pour aucunes bonnes raisons à ce
     nous mouvans, lesdites Ordonnances atrempons & consentons que
     nous ou le Juge puissions avanchier ou tarder le jour ou
     l'heure, selon la disposition du temps, ainsi qu'à tous Juges
     plaira, & les prendre à nos mains pour les accorder, & ordonner
     à l'honneur & bien de tous deux qui pourra, ou pour donner
     autre jour & heure, tant avant la bataille commanchiée, comme
     en combattant, pour parfaire leur bataille, & en les remettant
     au mesme & semblable point & party, comme l'on les aura prins,
     sans ce que nul d'eux se puist jamais excuser, complaindre,
     deffendre, ne protester contre leurs Juges compétens.

     _S'ensuit le premier des trois cris, & les cinq deffenses que
     le Roy d'armes ou Hérault doit faire à tous gaiges de
     bataille._

     _Premierement._ Ledit Roy d'armes ou Hérault doit venir à
     cheval à la porte des lices, & là doit une fois crier que
     l'appellant viegne.

     _Secondement._ Une autre fois crier que l'appellé viegne, quand
     l'appellant & l'appellé ou deffendant seront entrez & auront
     fait au Juge leurs protestations, & seront descendus en leurs
     pavillons.

     _Et tiercement._ Quant ils seront retournés de faire leurs
     derniers seremens, les Rois & Heraults d'armes, par la maniere
     qui s'en suit, crieront à haute voix: _Or oez, or oez_,
     Seigneurs, Chevaliers, Escuyers & toutes manieres de gens que
     nostre souverain Seigneur, par la grace de Dieu, Roi de France,
     vous commande & deffend, sur peine de perdre corps & avoir, que
     nul ne soit armé, ne porte espées ne autre harnois quelconques,
     se ne sont les gardes du champ, & ceux qui de par ledit Roy
     nostre Sire en auront congié. Ainçois le Roy nostre souverain
     Seigneur vous deffend & commande que nul de quelconque
     condition qu'il soit, durant la bataille ne soit à cheval, & ce
     aux Gentilshommes sur peine de perdre le cheval, & aux
     serviteurs & roturiers sur peine de perdre l'oreille; & ceux
     qui convoyeront les combattans, eux descendus devant la porte
     du champ, seront tenus de incontinent renvoyer leurs chevaux
     sur la peine que dit est; ainçois le Roy nostre Sire vous
     commande & deffend que nulle personne, de quelconque condition
     qu'il soit, ne entre au champ, sinon ceux qui seront députez,
     ne ne soient sur les lices, sur peine de perdre corps & biens;
     ainçois le Roy nostre Sire commande & deffend à toutes
     personnes, de quelconques conditions qu'ils soient, qu'ils se
     assient sur banc ou sur terre, afin que chacun puisse voir les
     Parties combattre, & ce sur peine du poing. Ainçois le Roy
     nostre Sire vous commande & deffend que nul ne parle, ne signe,
     ne tousse, ne crache, ne crie, ne fasse aucun semblant, quel
     qu'il soit, sur peine de perdre corps & avoir.

     _S'ensuivent les Requestes & Protestations que les deux
     Champions doivent faire à l'entrée du champ._

     Les protestations que les deux Champions doivent faire à
     l'entrée du champ sur la porte des lices, soit au Connestable
     que le Roy y a commis, & aux Mareschaux ou Mareschal du champ,
     qui là se trouvera, ausquels l'appellant dira, ou fera dire par
     son Advocat, les paroles qui s'en suivent, qui est pour
     plusieurs raisons le meilleur; & puis celles qu'il dira ou fera
     dire semblablement au Juge, quand il sera tout à cheval entré
     dedans, & premierement celles de l'heure du champ: Nostre
     très-honoré Seigneur, Monseigneur le Connestable, ou le
     Mareschal du champ, je suis tel N. de, ou voicy tel N. lequel
     pardevant vous, comme celuy qui a cy esté ordonné de par nostre
     Sire le Roy, se vient présenter armé & monté comme Gentilhomme
     qui doit entrer en champ pour combattre contre tel N. sur telle
     querelle qu'il m'a faite, comme faux, mauvais, traistre,
     meurtrier qu'il est, & de ce il prend Nostre-Seigneur,
     Nostre-Dame & Monsieur Saint Georges le bon Chevalier à
     tesmoing à cette journée, à nous par le Roy nostre souverain
     Seigneur assigneé, & pour ce faire & accomplir s'est venu
     présenter pour faire son vray devoir, & vous requiers que luy
     livriez & départiez sa portion du champ, du vent & du soleil, &
     de tout ce qui luy est nécessaire, proufitable & convenable en
     tel cas. Et ce fait il fera son devoir à l'aide de Dieu, de
     Nostre-Dame & de Monsieur Saint Georges le bon Chevalier, comme
     dit est, & proteste qu'il puist combattre à cheval & à pied,
     ainsy comme mieux luy semblera, & de soy armer ou desarmer de
     ses armes, & porter telles qu'il voudra, tant pour offendre que
     pour deffendre à son plaisir, avant combattre ou en combattant,
     se Dieu luy donne loisir de ce faire.

     _Item._ Que se tel N. son adversaire portoit autres armures en
     champ qu'il ne devroit par la Coustume de France, que icelles
     luy seroient ostées, & qu'en leur lieu n'en eust nulles autres,
     ne puist avoir.

     _Item._ Se son ennemy avoir armes par mauvais arts forgées,
     comme par briefs, charmes, sorts ou invocations des ennemis,
     parquoy il fut veu & conneu manifestement que son bon droit luy
     fust empeschié avant la bataille, ou en combattant, ou après
     que son bon droit puist estre moindre, ains soit le faux &
     mauvais pugny comme ennemi de Dieu, traistre & meurtrier, selon
     la condition du cas, & doit requerir que sur ce il doive
     specialement jurer.

     _Item._ Doit requerir & protester que se le déplaisir de Dieu
     ne fust que au _soleil couchant_ il n'eust deconfit, & oultré
     son _ennemy_ (laquelle chose il entend à faire se Dieu plaist)
     neantmoins peut requerir qu'il luy soit donné du jour, autant
     comme il en seroit passé en faisant les ceremonies, selon les
     droits & anciennes Coustumes, ou autrement peut protester, s'il
     n'a l'espace d'un jour tout du long, lequel nous luy devons
     consentir & octroyer.

     _Item._ Et que se tel N. son adversaire ne soit venu dedans
     l'heure dite de par le Roy nostre Sire, qu'il ne soit plus
     receu: mais soit tenu pour reprouvé & convaincu, laquelle
     Requeste est & sera à nostre liberté, neantmoins que s'il
     tardoit sans nostre volonté, qu'il soit fait comme dit est.

     _Item._ Doit demander & très-expressement protester de porter
     avec lui, pain, vin & autre viande pour mangier & boire
     l'espace d'un jour, si besoin lui estoit, & toutes choses à lui
     convenables & necessaires en tel cas, tant pour lui que pour
     son cheval; desquelles protestations & requestes, tant en
     general qu'en especial, il doit demander acte & instrument,
     lesquelles protestations & requestes, voulons & ordonnons que
     l'Appellant & deffendant puissent également & semblablement
     faire, & par la forme que dit est, voulons & ordonnons qu'ils
     puissent combattre à cheval ou à pied, armez chacun à sa
     volonté de tous bastons & harnois, excepté le mauvais engin,
     charmes, charrois, & invocations d'ennemis, & toutes autres
     semblables choses deffendues selon Dieu & sainte Eglise à tous
     bons Chrestiens.

     _Comment les eschafaux & les lices du champ doivent estre, le
     siege de la croix & du Te igitur, avec les pavillons des
     Champions._

     _Item._ Voulons & ordonnons que toutes lices de gaige de
     bataille ayent six-vingt pas de tour, c'est à scavoir quarante
     pas de large, & quatre-vingt de long, lesquelles tous Juges
     seront tenus de faire, & les retenir pour les autres s'il en
     venoit.

     _Item._ Voulons & ordonnons que le siege & pavillon de
     l'Appellant quel qu'il soit, sera à nostre main dextre, ou de
     son Juge, & celui du deffendant à la senestre.

     _Item._ Quand chacun aura dit, ou fait dire par son Advocat les
     choses dessus dites, avant qu'ils entrent au champ, doivent
     baisser leurs visieres, & y entrer leurs visieres baissées,
     faisant le signe de la Croix, tout ainsi que dit est; & en
     celui état doivent venir devant l'eschafaud où leur Juge sera,
     qui leur fera lever leurs visieres. Et se le Roi estoit
     present, ils doivent dire: Très-excellent & très-puissant
     Prince, & nostre Souverain Seigneur, je suis tel N. qui à
     vostre présence comme à nostre droiturier Juge competant, suis
     venu à jour & l'heure par vous à moi assignée, pour faire mon
     devoir contre tel N. à cause du meurtre & trahison qu'il a
     fait, & de ce j'en prends Dieu de mon costé, qui me sera
     aujourd'hui en aide; & quant il aura dit au plus près qu'il
     pourra par ses Conseillers lui sera baillé un escrit qui
     contiendra les paroles dessus dites, lesquelles de sa propre
     main il baillera au Mareschal du champ qui les recevra, & de ce
     fait nous lui donnerons congié d'aller descendre en son
     pavillon. Et se ainsi estoit que les paroles dessus dites
     escrites, il ne sceust dire, voulons & ordonnons qu'elles
     puissent estre dites par un Advocat.

     _Item._ Après tout ce, le Roi d'armes, ou Herault doit monter
     sut la porte des lices, & illec doit faire son second cry; &
     les cinq deffenses par la forme & maniere que dit est.

     _S'ensuivent les trois sermens que doivent faire ceux qui sont
     tenus combattre en champ par gaige de bataille._

     _Premierement._ Vient l'Appellant la visiere hauchée, tout à
     pied, partant de son pavillon avec ses gardes & Conseil, armé
     de toutes ses armes, comme il est dit dessus, & quand il sera
     dessous l'eschafaud où le juge est, il se mettra à genoux
     devant un siege richement paré, le mieux que on pourra, ou
     scaura, où sera la figure de nostre Redempteur _Jesus-Christ_
     en Croix couchié dessus un _Te igitur_, & à sa dextre sera un
     Prestre, ou Religieux, qui lui dira par la maniere qui
     s'ensuit: Sire, Chevalier, Escuyer, ou Seigneur de tel lieu, N.
     qui estes icy Appellant, véez icy la remembrance de nostre
     Seigneur & Redempteur Jesus-Christ, laquelle est très-vraye,
     qui voulut livrer son très précieux Corps à mort pour nous
     sauver. Or luy requerez mercy, & priez-le que à ce jour vous
     veuille aider, se bon droit avez; Car il est le Souverain Juge.
     Souviegnez vous des sermens que vous ferez, ou autrement vostre
     ame, vostre honneur, & vous estes en péril. Alors ces paroles
     finies, le Mareschal prend l'Appellant par ses deux mains à
     tout les gantelets, & met la droite sur celle Croix, & la
     senestre sur le _Te igitur_, & puis luy dit: Vous tel N. dites
     comme moy, & il le dit, s'il a bon droit, ou s'il se veut
     parjurer. Et lors le Mareschal dit: Je tel N. appellant jure
     par la remembrance de la passion de nostre benoist Sauveur &
     Redempteur Jesus Christ & sur les saincts Evangiles qui icy
     sont, & la foy de vray Chrestien & du saint Baptesme que je
     tiens de Dieu, que j'ai certainement juste & bonne querelle, &
     bon droit d'avoir en ce gaige de bataille appellé tel N. comme
     faux & mauvais, traistre, meurtrier, ou dire selon le cas qu'il
     veut soustenir, qu'il est, lequel a très fausse & mauvaise
     querelle de soy en deffendre; & ce luy montreray aujourd'huy
     par mon corps, contre le sien, à l'aide de Dieu, de
     Nostre-Dame, & de Monsieur saint Georges le bon Chevalier;
     lequel serment fait, ledit Appellant se lieve, & se retourne à
     son pavillon, avec ceux qui l'ont conduit.

     _Item._ Après ce, les Gardes vont au pavillon du deffendant,
     lequel ils menent pour faire le serment à la susdite forme,
     avec les Conseillers, armé de toutes ses armes, & le surplus
     comme dit est.

     _Item._ Et quand le Prestre l'a bien admonesté, le Mareschal
     après tout ce, prent ses deux mains à tout les gantelets, & les
     met ainsi qu'il a fait celles de l'Appellant, & puis lui dit:
     Je tel N. en deffendant, jure sur cette remembrance de la
     passion de nostre Seigneur Jesus-Christ, & sur les saincts
     Evangiles qui cy sont, & sur la foy de vray Chrestien, & du
     sainct Baptesme, que je tiens de Dieu, que j'ay, & cuide avoir
     fermement bonne, juste & sainte querelle, & bon droit de moy
     deffendre par gaige de bataille, contre tel N. qui faulsement &
     mauvaisement m'a accusé, comme faux & mauvais qu'il est, de moy
     avoir appellé, & de ce luy montreray aujourd'huy par mon corps,
     contre le sien, à l'ayde de Dieu, de Nostre-Dame, & de Monsieur
     saint Georges le bon Chevalier: ledit serment fait, le dit
     deffendant se lieve, & s'en retourne à son pavillon, comme a
     fait l'Appellant.

     _Item._ Au second serment, viendront les deux Parties, l'un
     après l'autre, semblablement comme dessus, & pour abregier,
     jureront comme dessus il a esté devisé.

     _Item._ Au tiers serment, les Gardes se départiront autant de
     l'un costé comme de l'autre, & viendront aux deux Parties, &
     les meneront accompagnées de leurs Conseillers, ainsi comme dit
     est, lesquels viendront pas à pas de part à part; & quand ils
     seront agenouillez devant la Croix, & le _Te igitur_, le
     Mareschal prendra leurs mains droites, & leur ostera leurs
     gantelets, lesquels il mettra sur la Croix. Alors doit estre le
     Prestre present, pour leur ramentevoir la vraye Passion de
     nostre Seigneur Jesus-Christ, la perdition de celuy qui aura
     tort, en ame & en corps, aux grands sermens qu'ils ont faits, &
     seront jugez par la sentence de Dieu, qui est de ayder à bon
     droit, les confortant de se mettre plutost à la mercy du
     Prince, que à la mercy ou justice de Dieu, & pouvoir de
     l'ennemy.

     Nous ordonnons que ce serment soit le dernier des trois, pour
     la mortelle haine qui est entre eux, especialement quand ils se
     entreverront, & se entretiendront par les mains; adonc le
     Mareschal leur demande, & premier à l'Appellant: Vous tel N.
     comme Appellant, voulez vous jurer; & s'il se repent & fait
     conscience comme Chrestien, nous le recevrons à nostre mercy,
     ou de son Juge avant qu'il ait combattu, pour luy donner
     pénitence, ou autrement ordonner à nostre bon plaisir.

     Dont se ainsi est, nous ordonnons qu'ils soient menez en leurs
     pavillons, & de là ne partent jusques à nostre Commandement, ou
     du Juge devant qui ils seront venus.

     Et s'il veut jurer & dire que ouy, alors le Mareschal demandera
     semblablement au deffendant, & puis retournera à l'Appellant, &
     dira qu'il die comme luy: Je tel N. Appellant, jure sur cette
     vraye figure de la Passion de nostre vray Redempteur
     Jesus-Christ, & sur cestes Evangiles qui cy sont, sur la foy de
     Baptesme comme Chrestien, que je tiens de Dieu, sur les
     très-souveraines joyes du Paradis, auxquelles je renonce pour
     les très-angoissantes peines d'enfer, sur mon ame, sur ma vie,
     & sur mon honneur que j'ay bonne, sainte, & juste querelle à
     combattre cetuy faux & mauvais, traistre, meurtrier, parjure,
     menteur tel N. que je vois cy present devant moy, & de ce j'en
     appelle Dieu mon vray Juge, Nostre-Dame & Monsieur saint
     Georges le bon Chevalier à tesmoins, & pour ce leaument faire
     par les sermens que j'ay faits, je n'ay, ne entens porter sur
     moy, ne sur mon cheval, paroles, pierres, herbes, charmes,
     charrois, conjuremens, ne invocations d'ennemis, ne nulles
     autres choses, où j'aye espérance d'avoir ayde, ne à luy nuire,
     ne ay recours fors que en Dieu, en mon bon droit, par mon corps
     & mon cheval, & par mes armes, & sur ce je baise cette vraye
     Croix, & les saints Evangiles & me tais. Après les sermens
     faits ledit Mareschal se trait vers ledit deffendant, & pour
     abregier, l'un & l'autre dient ainsi comme dit est. Et quant le
     deffendant a sur ses perils baisé la Croix, & le _Te igitur_
     pour plus clarifier droit à celui qui l'a, le Mareschal les
     prend par les mains droites & les fait entretenir. Lors il dit
     à l'Appellant, qu'il die après luy, en parlant à son ennemy: O!
     tu tel N. que je tiens par la main droite, par les sermens que
     j'ay faits, la cause pourquoy je t'appelle est vraye, & ay
     bonne cause de toy appeller, & à ce jour t'en combattray, tu a
     mauvaise cause, & nulles raisons de toy en combattre &
     deffendre contre moy; & tu le scays, dont j'en appelle à Dieu,
     nostre Dame & Monsieur saint Georges le bon Chevalier à
     tesmoin, comme faux, traistre, meurtrier & foy mentie. Après ce
     le Mareschal dit au Deffendeur qu'il die comme luy en parlant à
     l'Appellant: O! tu tel N. que je tiens par la main droite, par
     les sermens que j'ay faits, à cause que tu m'as appellé faux &
     mauvais, par quoy j'ay bonne & leallé cause de m'en deffendre &
     combattre contre toy à ce jour, & tu as mauvaise cause, &
     fausse querelle de me avoir appellé & combattre contre moy,
     comme tu le scais, dont de ce j'en appelle Dieu, & Monsieur
     saint Georges le bon Chevalier à tesmoins, comme faux & mauvais
     que tu es. Et après tous les sermens faits & paroles dites, ils
     doivent rebaiser le Crucifix, & puis chacun ensemble per aper
     se lever, & leur retourner en leurs pavillons pour faire leur
     devoir. Et le Prestre prend alors sa Croix, son _Te igitur_, &
     le siege sur quoy ils estoient, & les boulte hors & s'en va.

     _Le dernier des trois cris que le Roy d'armes ou Hérault doit
     crier à haute voix au milieu des lices._

     Or après ce que le Roy d'armes aura crié, & que chacun sera
     assis, & ordonné sans dire mot, & que les Parties seront toutes
     prestes, & en point de faire leur devoir: alors par le
     commandement du Mareschal, viendra le Roy d'armes, ou Hérault
     au milieu des lices par trois fois crier _faites vos devoirs,
     faites vos devoirs, faites vos devoirs_; & après ces paroles
     les deux champions souldront de leurs pavillons sur les
     escabeaux qui seront là tout prests, & leurs bastons à l'entour
     de eux, dequoy ils se doivent ayder, environnez de leurs
     Conseillers. Adonc subitement leurs pavillons seront par dessus
     les lices jettez hors.

     Et quand tout sera en point, lors le Mareschal partant, en
     criant par trois fois, _laissez-les aller, laissez-aller,
     laissez-les aller_, & ces paroles dites, jette le gant, & alors
     qui veut se monte prestement à cheval, & qui ne veut en gaige
     de querelle soit à son bon plaisir. Alors les Conseillers sans
     plus attendre s'en partent, & laissent-là à chacun sa
     bouteillette pleine de vin, & un pain lié en une touaillette, &
     fasse chacun le mieux qu'il pourra.

     _Par quatre manieres le gaige de bataille est dit oultre._

     _Item._ Voulons & ordonnons que gaige de bataille ne soit point
     oultré, fors par deux manieres, c'est à sçavoir, quand l'une
     des Parties confesse sa coulpe, & est rendu; & l'autre, qui est
     la seconde, quand l'un met l'autre hors des lices vif ou mort,
     dont mort ou vif comme sera le corps, il sera du Juge livré au
     Mareschal, pour de luy faire justice tout à nostre bon plaisir.
     Et lors s'il est vif, ordonnons qu'il soit en estant levé, &
     par les Roys d'armes, Hérauts desarmé & les éguillettes
     coupées, & tout son harnois, çà & là par les lices jettez, &
     puis a terre couchié, & s'il est mort soit ainsi desarmé &
     laissé jusques à nostre Ordonnance, qui sera de pardonner, ou
     d'en faire justice, tout ainsi que bon nous semblera: mais les
     pleiges seront arrestez jusques à la satisfaction de Partie, &
     le surplus de ses biens à son Prince confisquez.

     _Item._ Voulons & ordonnons que le Vainqueur se parte des lices
     honorablement à cheval, par la forme qu'il y est entré, s'il
     n'a essoine de son corps, portant le baston duquel il aura
     deconfit son Adversaire, en sa dextre main, & luy seront ses
     pleiges & hostaiges délivréz. Et que de cette querelle, pour
     quelque information du contraire, il ne soit tenu d'y
     respondre, ne nuls Juges ne l'en puissent plus contraindre,
     s'il ne veult.

     _Quia transivit in rem judicatam, & judicatum inviolabiliter
     observari debet, &c._

     _Item._ Voulons & ordonnons que le cheval, comme dit est, du
     vaincu, & generalement toutes les autres choses que le vaincu
     aura apporté au champ, soient & appartiennent de droit au
     Connestable, Mareschaux ou Mareschal du champ, qui pour ce jour
     en auroit eu la charge & la garde.

     _CONCLUSION._

     Or faisons à Dieu priere qu'il garde le droit à qui l'ha, & que
     chacun bon Chrestien se garde d'encherir en tel peril, car
     entre tous les perils qui sont, c'est celui que l'on doit plus
     craindre & redouter, dont maint noble, s'en est trouvé deçeu,
     ayant bon droit, ou non, par trop se confier en leurs engins, &
     en leurs forces, ou aveuglez, par ire, & outrecuidance: &
     aucunes fois par la honte du monde, donnent, ou refusent la
     paix, ou convenables partis, dont maintefois ont depuis porté
     de vieux pechez nouvelles penitences, en méprisant & nonchalant
     le jugement de Dieu, mais qui se plaint, & justice ne trouve,
     la doit-il de Dieu requerir: que si pour interest sans orgueil
     & mal tolent, ains seulement pour son bon droit, il requierre
     bataille, ja ne doit redouter engin, ne force: Car Dieu nostre
     Seigneur _Jesus-Christ_, le vray Juge, sera pour luy.]

LXIV.

1º. Le Conquérant emploie ici, comme équivalens, les termes d'_Hundreds_
& de _Comtés_, parce que sans cela les Anglois n'auroient pas compris la
signification de la premiere expression, & que la seconde n'auroit pas
été intelligible aux Normands. 2º. Il est observé dans cet article, à
l'égard des Hundreds, que leur établissement en Angleterre avoit précédé
la conquête: en effet, les Coutumes féodales avoient alors anéanti les
Centaines en France. Dans les moyens que le Conquérant prend aussi pour
substituer les usages Normands aux Loix d'Edouard, on trouve le tableau
de ce qui a dû se passer en France durant l'anarchie de la fin de la
seconde Race, lorsque les maximes des Capitulaires furent remplacées par
les usages particuliers des Seigneuries.

LXVII.

Bracton donne le détail des différens supplices que le Conquérant avoit
déterminés pour chaque espece de crime & pour les différens degrés du
même crime. Prenons pour exemple de la proportion que ce Prince avoit
sçu mettre entre les peines & les fautes, ce qu'il avoit ordonné à
l'égard du Rapt. _Si quis obviaverit mulieri vel alicubi invenerit eam
solam vel socios habuerit cum pace dimittat eam quàm si per inhonestatem
tetigerit frangit edictum Regis & emendabit secundum judicium commune._

_Si autem contra voluntatem ejus jactet eam ad terram, forisfacit
gratiam suam._

_Quod si impudicè discooperuerit eam & se super eam posuerit, omnium
possessionum suarum incurrit damnum._

_Quod si concubuerit cum ea, de vita & membris suis incurrit damnum._

_De poena ejusdem, poursuit Bracton, secundum Legem Romanorum Francorum
& Anglorum._

_Si eques esset, equus suus ad dedecus suum decoriabatur de superiori
labro quàm propius natibus abscindere debuit._

Item. _Canis si secum habeat, leporarius vel alius eodem modo
dedecorabitur. Si habuerit ancipitrem, perdat beccum & ungues pedum &
caudam[50]._

     [Note 50: Ce Chapitre de Bracton est très-curieux. Il
     rapporte ainsi l'origine de cette Coutume par laquelle la
     femme, en consentant d'épouser son ravisseur, lui sauvoit la
     vie, _& primo surrexit in Francia (hæc consuetudo) pro quodam
     Comite qui hospitatus est quemdam joculatorem cum uxore sua
     pulchra, quo mortuo (quali morte non curamus evolvere) ipse
     quidem Comes habuit eam, ipsa nolente. Ipsa autem quadam nocte
     exivit à castello, & fugiens venit Parisiis, ubi invenit Regem
     Robertum, & cadens ad pedes ejus narravit eventum rei. Quam ut
     Rex audivit misit propter Episcopos & Barones, qui tunc erant_
     _cum eo ad curiam, & præcepit mulieri ut narraret eis omnia
     sicut ei fecerat, quod & ipsa fecit. Rex autem concilio
     Episcoporum & Baronum, misit propter Comitem, ut statuto die
     veniret ad curiam, ad disrationandum vel defendendum se si
     posset. Comes autem ut audivit verba Regis, timens iram Regis
     pro suo maleficio, respondit quòd ad hunc terminum non posset
     ire ad curiam, sed concilio amicorum suorum mandavit Regi, ad
     pacificandam iram suam quod daret ei ducentas libras
     Beluacensis monetæ, & x. equos de precio tanto: joculatrici
     autem centum libras, & eam daret in conjugem diviti burgensi,
     aut militi, qui eam honestè custodiret omnibus diebus vitæ suæ.
     Rex quidem omnia hæc subsannando renuit dicens, quòd non esset
     justus Vicarius Dei, si tantam nequitiam venderet inultam
     argento, & cum magna ira fecit summonere exercitum, disponens
     ire super eum, sed Barones precati sunt Regem, ut eis inducias
     octo dierum donaret, & quòd possent eum adducere ad
     misericordiam suam: quod vix concessit, & sic ipse Comes
     concilio Baronum venit ad curiam, & cùm Rex comparuit quòd
     vellet cadere ad pedes ejus, divertit se dicens, aut pateretur
     justitiam aut discederet à curia. Quid plura? Omnes Barones
     clamaverunt & confirmaverunt contra Regem, quòd ipse Rex
     concesserat ei misericordiam suam, quando miserunt eo, tandem
     Rex vix concessit. Episcopi, Comites & Barones locuti cum
     Comite, disposuerunt, quòd ipse Comes duceret eam in uxorem,
     quæ erat pulchra & sapiens & quæ largita est multas eleemosynas
     Ecclesiis & pauperibus: quæ tamen de Judeis nata, à patre &
     matre & cunctis parentibus. Hæc dispensatio à talibus & tantis
     facta, in tantum excrevit & sublimata est, quod jam multis
     locis quasi consuetudinarie habetur._]

Le même scrupule se remarque dans la distinction des peines attachées
aux autres crimes, & ce scrupule fait voir que l'esprit des premieres
Loix de la Monarchie Françoise s'étoit conservé jusqu'au 11e siecle[51].
On le chercheroit en vain dans les monumens François du même temps.

     [Note 51: _Si qua libera femina Virgo vadit in itinere suo
     inter duas villas & obviavit eam aliquis & per raptum denudet
     caput ejus cum sex solidis componat._

     _Et si ejus vestimenta levaverit ut usque ad genicula denudet
     cum sex solidis componat._

     _Et si eam denudaverit ut genitalia ejus appareant vel
     posteriora cum duodecim solidis componat._

     _Si, &c._

     _Lex Salic. c. 58, no 1 & sequent._]

Wilkins a donné une édition des Loix d'Edouard, de laquelle je parlerai
dans la suite; & cet Auteur a terminé les additions que le Conquérant
avoit faites à ces Loix, par la Charte suivante.

CARTA WILLELMI.

_W. Gratia Dei, Rex Angliæ, Comitibus, Vice-Comitibus & omnibus
Francigenis & Anglis qui in Episcopatu Remegii Episcopi terras habent,
salutem: Sciatis vos omnes & cæteri mei fideles, qui in Anglia manent,
quod Episcopales leges quæ non bene nec_ _secundum sanctorum Canonum
præcepta usque ad mea tempora ni regno Anglorum fuerunt communi concilio
& consilio Archiepiscoporum meorum, & cæterorum Episcoporum & Abbatum, &
omnium principum Regni mei emendandas judicavi. Propterea mando & regia
auctoritate præcipio, ut nullus Episcopus vel Archidiaconus, de legibus
Episcopalibus amplius in hundret placita teneant, nec causam quæ ad
regimen animarum pertinet, ad judicium secularium hominum adducant. Sed
quicunque secundum Episcopales leges de quacumque causa vel culpa
interpellatus fuerit, ad locum quem ad hoc Episcopus elegerit vel
nominaverit, veniat, ibique de causa sua respondeat, & non secundum
hundret, sed secundum Canones & Episcopales leges, rectum Deo & Episcopo
suo faciat. Si vero aliquis per superbiam elatus ad justitiam
Episcopalem venire noluerit, vocetur semel, secundo & tertio; quod si
nec sic ad emendationem venerit, excommunicetur, & si opus fuerit ad hoc
vindicandum fortitudo & justitia Regis sive Vice-Comitis adhibeatur.
Ille autem qui vocatus ad justitiam Episcopi venire noluerit, pro
unaquaque vocatione legem Episcopalem emendabit. Hoc etiam defendo & mea
auctoritate interdico, ne ullus Vice-Comes aut præpositus aut minister
Regis nec aliquis laicus homo alium hominem sine justitia Episcopi ad
judicium adducat. Judicium vero in nullo loco portetur, nisi in
Episcopali sede, aut in illo loco quem ad hoc Episcopus constituerit._

De honestate & castitate dictorum Canonicorum.

_In qua videlicet Matre Ecclesia canonici Deo servientes caste &
catholice vivant, nullaque inter eos præbenda ematur, vel vendatur,
depulsa omni hæresi symoniaca. Si quis autem, quod absit, aliter
voluerit vivere, & canonicis præceptis obedire noluerit, fraterno amore
prima & secunda vice usque ad tertiam à Decano & fratribus cæteris
corrigatur. Si autem adhuc rebellis permanserit, ad notitiam Episcopi
perveniat, qui Episcopus una cum Decano & fratribus cæteris adjunctis
etiam orationum meditationibus fratrem infirmum sanare & corrigere
studeat. Si vero ipse taliter castigari noluerit, & proprio reatui
pertinaciter indulgere voluerit, omnibus rebus Ecclesiæ vacuus, ut
accessit, foras mittatur, & alter morum & scientiæ merito dignus, absque
omni munere, ut dictum est, locum ejus terram occupantis obtineat. His
omnibus incommutabiliter ita dispositis veto & regali auctoritate
prohibeo, ut quislibet cujusque ordinis sacratissimis locis supradictis
violentiam aliquam faciat, vel de rebus eorundem aliquid minuat. Quod si
Episcopus vel aliquis alius in futuro suadente diabolo hoc vetitum
facere temptaverit, deprimat & compescat ejus nequitiam Rex, qui tunc
temporis in hac patria regnaverit, ut regnum & gloriam obtinere valeat
in secula seculorum. Amen._

_REMARQUES SUR CETTE CHARTE._

Dans ma Remarque sur la Section 137 de Littleton, j'ai observé, à
l'égard du Concile tenu à Lislebonne par ordre de Guillaume le
Conquérant, en 1080[52], que lorsque les Ecclésiastiques avoient exercé
anciennement en France quelque portion de la Justice civile, ce n'avoit
été que par exception au droit commun; & en effet, leur Jurisdiction a
tellement été bornée de tout temps aux matieres purement spirituelles,
que par l'article 3 du Concile ci-dessus cité, la compétence dont le
Conquérant prive les Evêques n'est relative qu'aux épreuves; ils
n'avoient donc encore usurpé alors que cette compétence sur les Juges
Laics. Cette opinion est très-opposée à celle de M. de Montesquieu sur
les _Justices territoriales des Eglises_[53], & trop conforme aux
maximes de la Charte que _Wilkins_ nous offre ici, pour que je néglige
l'occasion que cette Charte me procure de développer l'équité des usages
sur lesquels elle étoit fondée. Mais pour se mettre bien au fait de la
nature des justices que les Eglises avoient eues jusqu'au temps du
Conquérant en France & en Normandie sur les hommes dépendans de leurs
Bénéfices, il est indispensable de discuter le systême de l'Auteur de
l'Esprit des Loix sur l'antiquité des Hautes-Justices des Seigneurs
laïcs: car c'est de ce systême qu'il tire les principales preuves sur
lesquelles il appuye l'antiquité de celles qu'il attribue aux Eglises
dès les temps les plus reculés de la Monarchie Françoise.

     [Note 52: _Norman. Sinod. Provincial. Dom. Bessin. pag.
     67._]

     [Note 53: Esprit des Loix, tom. 4, L. 30.]

Selon l'illustre Magistrat[54] «_c'étoit un principe fondamental de la
Monarchie, que ceux qui étoient sous la puissance militaire de
quelqu'un, étoient aussi sous la Jurisdiction civile._»

     [Note 54: Esprit des Loix, L. 30, c. 18.]

Arrêtons-nous d'abord à fonder les appuis que l'Auteur donne à cette
assertion. Il cite, en premier lieu.

Un Capitulaire de Louis le Débonnaire, en 815. En mettant sous les yeux
du Lecteur le texte de ce Capitulaire, il lui sera facile d'apprécier
sans recherches les conséquences que M. de Montesquieu en a tirées.

_In nomine Domini, &c..... Ludovicus... Imperator Augustus omnibus
fidelibus, &c._

_Sicut nullius vestrum notitiam effugisse putamus qualiter aliqui
homines.... relictis propriis habitationibus & facultatibus quæ ad eos
hereditario jure pertinebant de partibus Hispaniæ ad nos confugerunt....
& à Sarracenorum potestate se subtrahentes nostro Dominio libera &
prompta voluntate se subdiderunt, ita ad omnium vestrum notitiam
pervenire volumus quod eosdem homines sub protectione & defensione
nostra receptos in libertate conservare decrevimus._

ARTICLE PREMIER.

_Eo videlicet modo ut sicut ceteri liberi homines cum Comite suo in
exercitum pergant, &c._

II.

_Ipsi vero pro majoribus causis sicut sunt homicidia, raptus, incendia,
deprædationes, membrorum amputationes, furta, latrocinia, alienarum
rerum invasiones, & undecunque à vicino suo aut criminaliter aut
civiliter fuerit accusatus & ad placitum venire jussus, ad Comitis sui
mallum omnimodis venire non recusent. Ceteras vero minores causas MORE
suo, sicut hactenus fecisse noscuntur, inter se mutuo definire non
prohibeantur._

III.

_Et si quispiam eorum in partem quam ille ad habitandum sibi
occupaverat, alios homines undecunque venientes adtraxerit, & secum in
portione suâ quam adprisionem vocant, habitare fecerit, utatur illorum
servitio absque alicujus contradictione vel impedimento & liceat illi
eos distringere ad justitias faciendas quales ipsi inter se definire
possunt. Cetera vero judicia id est criminales actiones ad examen
Comitis reserventur._

VI.

_Noverint tamen iidem Hispani sibi licentiam à nobis inesse concessam ut
se in vassaticum Comitibus nostris more solito commendent. Et si
beneficium aliquod quisquam eorum ab eo cui se commendavit fuerit
consecutus, sciat se de illo tale obsequium seniori suo exhibere debere
quale nostrates homines de simili beneficio senioribus suis exhibere
solent._

Dans ces différentes dispositions apperçoit-on _la puissance militaire
du Comte marcher d'un pas égal avec sa jurisdiction civile sur les
hommes libres_? Le Capitulaire a évidemment pour objet de communiquer
aux Espagnols réfugiés en France les priviléges dont les hommes libres,
nés dans le Royaume, y jouissoient alors, & de les assujettir aussi aux
mêmes charges. Par conséquent les priviléges & les charges qui sont
accordés aux Espagnols par le Capitulaire, nous donnent une idée juste
des devoirs & des prérogatives attachés à la qualité d'hommes libres
François. Or, nous voyons que ces hommes libres marchoient à la guerre
sous les Comtes, que leurs causes les plus importantes, criminelles ou
civiles, c'est-à dire, celles où il s'agissoit de leur vie ou de leurs
biens, étoient de la compétence du Comte; mais les autres causes se
décidoïent entr'eux. L'homme libre pouvoit recevoir dans les aleux qui
lui avoient été donnés à défricher, _adprisiones_, telles personnes
qu'il jugeoit à propos, & les forcer de s'acquitter des fonctions
auxquelles ils s'étoient obligés en s'y établissant; l'une de ces
fonctions étoit de concourir, avec le chef ou maître de l'aleu, à rendre
la justice à tous ceux qui y étoient domiciliés. Nous verrons bientôt en
quoi consistoit cette Justice. Si, au lieu d'un alleu, l'Espagnol avoit
pris un fonds en bénéfice, c'est-à-dire, à usufruit, il étoit tenu
envers le Comte à l'hommage & aux redevances convenues par la concession
qui lui avoit été faite de ce bénéfice. Ainsi, quoique le Comte eût sur
les hommes libres toute la _puissance militaire_, il n'exerçoit pas sur
eux toute la Jurisdiction civile, les Parties de cette Jurisdiction qui
avoient plus de rapports avec les Justices Seigneuriales, devenues si
communes sous la troisieme Race, ne lui appartenoient pas. C'étoit, en
effet, l'homme libre qui dans l'intérieur de ses terres régloit,
conjointement avec les hommes libres qui s'y étoient établis, tout ce
qui intéressoit la tranquillité & la culture de ses domaines. Le Comte,
au nom du Roi, décidoit de tout ce qui attaquoit la police générale du
Royaume; il connoissoit des meurtres, des vols, des usurpations, &c.
Mais l'infraction des Réglemens domestiques & économiques établis dans
un alleu par le chef de la famille composée d'hommes libres qui
habitoient cet alleu, cette infraction, dis-je, étoit soumise au
jugement de ceux d'entre ces hommes que la famille avoit choisis pour la
gouverner. N'oublions pas cette premiere vérité, elle est comme la clef
de toutes les difficultés qui se rencontreront dans les divers
Capitulaires que M. de Montesquieu va nous opposer.

Cet Auteur, toujours frapé de la maxime que la _puissance militaire_
entraînoit nécessairement après elle la _Jurisdiction civile_, croit
trouver dans le cinquieme Capitulaire de Louis le Débonnaire de l'an
819, art. 14, que les _Placités du Comte étoient appellés les Placités
de l'homme libre_; & que de là _ce n'étoit que dans ces Placités du
Comte, & non dans ceux de ses Officiers qu'on pouvoit juger les
questions sur la liberté_; mais ce cinquieme Capitulaire de 819 ne dit
rien de semblable. Il enjoint seulement aux hommes libres de se trouver
chaque année aux trois Placités généraux du Comte, à moins qu'ils n'y
soient appellés comme accusés ou comme accusateurs, ou pour rendre
témoignage; & il ajoûte _ad cætera vero (Placita) quæ Centenarii tenent
non alius venire jubeatur nisi qui aut lingat, aut judicat, aut
testificatur_. Or, cette derniere disposition fait clairement entendre
que les Placités généraux du Comte n'étoient que pour les causes
extraordinaires des hommes libres, c'est-à-dire, comme on vient de
l'observer, pour les causes qui intéressoient la police de l'Etat, mais
que le Centenier jugeoit les causes ordinaires des hommes libres du
ressort de sa Centaine. Telle étoit donc la distinction des
Jurisdictions. Les causes majeures & l'état des personnes, _la liberté_
par conséquent étoient de la compétence du Roi, au nom duquel le Comte
les décidoit; les moindres causes qui avoient pour objet la vente,
l'achat, l'échange pour choses mobiliaires ou les services promis,
appartenoient aux Centeniers; l'instruction même des affaires
criminelles, pourvu qu'ils ne les jugeassent pas, les regardoit
aussi[55]: & il restoit à ce moyen aux chefs de famille ou hommes libres
propriétaires d'alleux le droit de prononcer provisoirement[56] sur les
contestations qui naissoient dans l'étendue de leur domaine, & qui en
altéroient l'ordre ou préjudicioient à sa culture.

     [Note 55: Ceci s'induit du Capitul. 79, L. 3. Collect.
     Ansegise, _ut nullus homo usque ad mortem, &c. judicetur._
     Voyez Capitul. 801, art. 30, col. 354. Chantereau, L. 4.]

     [Note 56: Les Sujets prenoient pour modeles de la
     discipline de leur famille celle qui s'observoit dans les
     familles ou Métairies du Souverain. De même donc que dans ces
     Métairies celui qui y remplissoit quelqu'Office pouvoit
     s'adresser au Roi contre le Bénéficier qui lui faisoit
     injustice; de même aussi le Colon d'une Métairie, appartenant a
     un homme libre, pouvoit se plaindre contre cet homme au
     Centenier, & au Comte si le Centenier ne lui rendoit pas
     justice. _Capitul. ann. 800, art. 57, Coll. 339, Balus._]

Les Plaids du Comte n'étoient donc pas plus particulierement les Plaids
de l'homme libre que ne l'étoient les Plaids du Centenier, & la
Jurisdiction provisoire du chef de famille. Et de ce que l'homme libre
marchoit à la guerre sous le Comte, il ne s'ensuivoit pas ni que le
Comte fût son seul Juge, ni que les Placités du Comte dussent porter
exclusivement le titre de _Placités des hommes libres_. Ce n'étoit pas
encore parce que _les vassaux des Evêques & des Leudes n'étoient point
sous la Jurisdiction civile des Comtes_, que ces Seigneurs ne les
menoient point à la guerre. En effet, le premier & le deuxieme
Capitulaire de 812. Collect. de Balus. col. 490 & 494, & le huitieme
Capitulaire de 803, qui est le 141 du 7e Livre de la Collection
d'Ansegise, combinés ensemble, fournissent la preuve du contraire.

_Ut omnis liber homo_, ce sont les termes du premier Capitulaire de 812,
art. I, _qui quatuor mansos vestitos de proprio suo sive de alicujus
beneficio habet ipse se præparet & ipse in hostem pergat sive cum
seniore suo._

L'article 7 du 2e Capitulaire s'exprime ainsi:

_De Vassis Dominicis qui adhuc intra casam serviunt & tamen beneficia
habere noscuntur, statum est ut quicunque ex eis cum domno imperatore
domi remanserint vassalos suos casatos secum non retineant, sed cum
Comite cujus pagenses sunt ire permittant._

Ces Capitulaires indiquent trois sortes d'hommes libres: 1º. Celui qui a
quatre manses en propre, & qui peut de lui-même se rendre à l'armée,
_ipse in hostem pergat, ipse se præparet_.

2º. Celui qui avoit en bénéfice une portion des propriétés d'un autre, &
il devoit aller au combat sous le chef de famille propriétaire de l'aleu
où il résidoit: 3º. celui qui étant _casé_, c'est-à-dire, domicilié dans
l'étendue d'un bénéfice du Roi, avoit pour bénéficier un vassal du Roi,
un Leude qui, étant de service à la Cour, ne pouvoit le conduire, & qui
par cette raison étoit obligé de se réunir à la milice du Comte dans le
ressort duquel le bénéfice étoit enclavé. Or, la distinction de ces
trois ordres suffit pour détruire le systême de M. de Montesquieu: car,
selon ce systême, l'homme libre de la premiere classe, qui avoit le
droit d'aller lui-même à l'armée, auroit dû aussi avoir le droit de se
juger, ce qui ne peut être raisonnablement admis.

L'homme libre de la seconde classe n'auroit dû reconnoître que la
Jurisdiction civile du chef de la Famille dont il auroit été membre; &
j'ai déjà prouvé que ce chef n'exerçoit qu'une Jurisdiction provisoire &
purement domestique & économique sur ceux qui étoient domiciliés dans
ses terres.

Enfin, l'homme libre de la troisieme condition n'auroit été soumis qu'à
la Jurisdiction civile du Leude dans le bénéfice duquel il auroit été
_casé_; & rien jusqu'ici n'a prouvé qu'un Leude bénéficier ait jamais eu
cette Jurisdiction civile.

Disons plus, le huitieme Capitulaire de 803 dit: _Reliqui vero
(Episcopi) qui ad Ecclesias suas remanent suos homines, bene armatos
nobiscum, aut cum quibus jusserimus dirigant._ D'où il suit que le Roi
pouvoit enjoindre aux Comtes, comme aux autres Commandans de sa milice,
d'y recevoir les hommes libres vassaux des Evêques; & cependant, selon
l'Auteur de l'Esprit des Loix, les Comtes n'avoient pas sur ces hommes
dépendans des Eglises la Jurisdiction civile; cette _Jurisdiction
civile_ ne _marchoit_ donc pas toujours d'_un pas égal avec la puissance
militaire_ des Comtes. La justesse de cette conséquence va se faire de
plus en plus sentir en parcourant le vingtieme Chapitre du Livre 30 de
l'Esprit des Loix: _Je vois déjà naître_, dit M. de Montesquieu, _la
Justice des Seigneurs, &c._

_Les fiefs comprenoient de grands territoires,.... ceux qui les
obtinrent... en tirerent tous les fruits & tous les émolumens; & comme
un des plus considérables étoient les profits judiciaires, (freda), il
suivoit que celui qui avoit le fief avoit aussi la justice, qui ne
s'exerçoit que par des compositions aux parens & des profits au
Seigneur._

Tout est ici confondu; on attribue le nom de fief aux bénéfices; on
suppose que les fruits des bénéfices, entr'autres le _fredum_ qui est
expressément conservé au Domaine Royal par le Capitulaire _de Villis_,
en 800, _Balus. col. 339_, appartenoit aux Bénéficiers, suivant ce
Capitulaire. Les Formules 3, 4, 14 & 17 du premier livre de Marculphe,
que l'on cite en preuve de cette supposition, enchérissent encore sur
son inconséquence; ces Formules exemptent les fonds accordés à titre de
bénéfice aux Ecclésiastiques ou aux Leudes, du payement _du fredum_.
Cette exemption prouve-t-elle que les Bénéficiers Laïcs ou
Ecclésiastiques percevoient ce droit à leur profit? Le Roi le consacre,
ce droit, à la décoration des Eglises: par-là accorde-t-il aux Evêques
le pouvoir de condamner leurs Vassaux au payement de ce droit? Ces
Formules interdisent aux Juges d'entrer dans les bénéfices, d'en
distraire aucun domicilié pour venir cautionner quelqu'un dans leurs
Tribunaux; ils défendent aux envoyés du Roi d'y prendre leur logement: &
de là M. de Montesquieu infere que _la justice fut dans les fiefs
anciens & dans les fiefs nouveaux un droit inhérent au fief même._ Et
c'est au contraire parce que les bénéfices n'avoient pas de justices qui
leur fussent propres, qui y fussent _inhérentes_, qu'il y avoit
nécessité de soustraire ces bénéfices aux droits que des Juges, dans le
ressort de la Jurisdiction desquels ces bénéfices restoient, auroient pu
y exiger. Il y a plus: s'il eût été de l'essence des bénéfices d'avoir
le _fredum_, d'être affranchis de loger les Juges dans le district
desquels ils se trouvoient situés, il auroit suffi dans les Chartes de
concession de ces bénéfices, d'y exprimer l'attribution de Justice, afin
que ces prérogatives leur eussent appartenues; cependant nulle mention
de Justice dans ces Chartes; le nom de Justice étoit néanmoins bien
_usité_ du temps de Marculphe. M. de Montesquieu semble avoir pressenti
la force de ces argumens, & il paroît moins compter sur les Capitulaires
& sur les Formules de Marculphe, que sur l'autorité de du Cange. _Si la
Justice n'étoit point une dépendance du fief; pourquoi_, demande le
sçavant Magistrat, _voit-on par-tout que le service du fief étoit de
servir le Roi ou le Seigneur, & dans leurs Cours & dans leurs guerres?_

D'abord on pourroit répondre à ceci qu'en donnant des bénéfices à des
Evêques ou à des Leudes, le Roi ne dispensoit ni ces Leudes ni ces
Evêques d'assister aux Jugemens que la Cour rendoit; mais une réponse
plus tranchante, c'est que du Cange a parlé des fiefs, & que dans M. de
Montesquieu il s'agit de bénéfices.

Les mêmes erreurs que nous venons de relever sont reproduites avec moins
de ménagemens encore dans le chapitre 21 du livre 30 de notre Auteur:
_Persuadé que les Justices étoient toujours établies dans les domaines
donnés par nos Rois aux Eglises, il voit que le privilége_ de ces
Justices _étoit dans la nature de la chose donnée. que le bien
Ecclésiastique avoit ce privilege, parce qu'on ne le lui ôtoit pas._

Que ces idées sont opposées aux 3e & 4e Formules du premier livre de
Marculphe! L'exemption de _l'entrée_ des Juges sur les terres des
Eglises est également attribuée aux dons de fonds dépendans du Fisc, &
aux dons d'alleux faits par des particuliers; _Villas aut regiâ aut
privatorum largitate conlatas._ Certainement M. de Montesquieu n'a pu
penser que les Justices fussent _dans la nature_ de ces _alleux_;
l'exemption dont parlent les Formules n'étoit donc pas constitutive des
Justices. Si elles s'approprioient le _fredum_, c'étoit par exception au
droit commun, par une grace particuliere du Souverain; & on ne voit
nulle part qu'elles ayent jamais prononcé cette condamnation contre
leurs vassaux. _Leurs Agens_ touchoient au contraire cette amende des
Juges qui les avoient infligées ou reçues, _in luminaribus ipsius
Ecclesiæ per manum agentium eorum proficiat in perpetuum_.

Je ne m'arrêterai pas à prouver que le mot _immunité_ employé dans les
Formules n'indique point le _droit qu'avoient les Ecclésiastiques de
rendre la Justice dans leur territoire_, parce qu'avant qu'on eût pû
donner à ce mot cette signification, il auroit fallu qu'on eût établi
que les Ecclésiastiques avoient un droit de Justice; droit qui devient
plus incertain à mesure que nous sondons plus attentivement les
fondemens qu'on s'efforce de lui donner. En effet, il faut être bien
dépourvu de bonnes raisons pour alléguer en faveur de ce prétendu droit
la Loi Ripuaire.

L'article premier du titre 58 de cette Loi s'explique par le deuxieme
Capitulaire de Clotaire II, de l'année 615, article 7, Col. 23. Balus.

L'Eglise suivoit la Loi Romaine, & ceux qu'elle avoit affranchis
restoient tellement sous sa dépendance, quant à leurs biens, qu'elle
héritoit d'eux s'ils mouroient sans enfans. On ne pouvoit les poursuivre
personnellement pour affaires civiles dans les Tribunaux laïcs; parce
qu'outre qu'ils n'avoient rien en leur disposition, ils étoient encore
considérés comme les mineurs ou les infames[57]. Et ils ne pouvoient
ester en Jugement que par les Evêques ou les Prevôts des Eglises; mais
parce que les Evêques avoient Jurisdiction sur ces affranchis, comme sur
les Clercs & autres membres ou sujets de l'Ordre Ecclésiastique[58]. On
ne peut pas dire que ces Evêques avoient une Justice _territoriale
seigneuriale_. Si de pareilles Justices eussent appartenu aux Eglises,
il auroit été inutile de faire des loix particulieres pour y assujettir
les affranchis de ces Eglises. On n'apperçoit d'ailleurs aucune trace de
ces Justices dans l'article 19 du 2e Capitulaire de Clotaire II. Il y
est ordonné aux Evêques, comme aux Comtes dont l'autorité s'étend sur
divers cantons, de prendre leurs Juges & leurs Commissaires dans le lieu
où ils doivent rendre & recevoir Justice.

     [Note 57: Baluse, L. I, col. 1122.]

     [Note 58: Les gens destinés à la culture des terres étoient
     dirigés par le Vidame dans leurs opérations, & les Clercs
     étoient conduits par le Prevôt: _Mandastis ut Vice Dominus cum
     carris & operariis, & præpositus Clericos habentes Beneficia
     secum adducerent. Hincmar. Epist. 30, 2e vol. pag. 316._]

_Episcopi vel potentes qui in aliis possident regionibus, judices vel
missos discussores de aliis provinciis non instituant nisi de loco qui
justitiam percipiant & aliis reddant._

Mais d'abord ne pourroit-on pas dire que le mot _judices_ dans ce
passage se rapporte aux Comtes qui avoient seuls droit d'en instituer, &
que l'institution des Commissaires y est relative aux seuls Evêques? Ne
pourroit-on pas ajouter que les Juges institués par les Comtes rendoient
la Justice, & que les Commissaires des Evêques percevoient les amendes
prononcées par ces Juges au profit de leurs Eglises? _Justitiam
percipiant._ Au reste supposons qu'il s'agisse dans le Capitulaire de
Juges & de Commissaires institués soit par les Evêques soit par les
Comtes, alors il ne sera pas possible de donner aux Juges & aux Envoyés
des Evêques d'autre Jurisdiction que celle qui leur est confirmée par le
Capitulaire de Carloman I, de l'année 882 titre 3 article 5, 6, 7, 9 &
14. Cette compétence y est bornée à veiller sur les vols qui se
commettent dans l'étendue de leur Diocese; pour cela il leur est permis
de faire admonester le coupable, afin qu'il _s'amende & fasse pénitence_
du tort qu'il a fait aux hommes de l'Eglise; mais monition purement
canonique, _vocabit illum sua admonitione per suum presbiterum canonice
ad emendationem & ad poenitentiam ut Deo & Ecclesiæ satisfaciat quam
læsit_. Si l'accusé méprisoit l'avertissement _saluberrimam
invitationem_, l'Evêque avoit le droit de l'excommunier, & il étoit tenu
de donner avis de cette excommunication _Seniori_, au Seigneur;
c'est-à-dire, ou au chef de la famille sous lequel cet accusé vivoit ou
au Bénéficier dans le domaine duquel il résidoit. Quand le coupable
n'avoit dans le Diocese de l'Evêque ni alleux ni bénéfice _qui infra
parochiam beneficia & alodum non habent_, alors l'Evêque dont il
dépendoit, après avoir eu avis des déportemens de son vassal, députoit
un de ses Prêtres pour sommer en son nom ce criminel de se corriger.
Lorsqu'un Evêque s'absentoit il étoit tenu de laisser dans sa Ville un
Coadjuteur pour remplir pour lui ces différens devoirs, & si cet Evêque
avoit des Bourgs ou Manoirs éloignés de la Ville où son siége étoit
établi, il devoit y préposer des Ecclésiastiques tant pour réprimer par
des peines canoniques les vagabonds, que pour décider canoniquement les
contestations qui s'élevoient entre les jeunes Prêtres.

Les Evêques étoient tellement restraints à une Jurisdiction purement
spirituelle, que les Capitulaires ordonnent aux Vicomtes, aux Centeniers
& autres Juges laïcs, _mundanæ legis documentis eruditis_ de procurer
aux Ordonnances des Prélats leur exécution; & qu'à l'égard de certaines
taxes qui se percevoient induement dans l'étendue des Domaines
Ecclésiastiques, il veut qu'en cas de contestation la cause soit décidée
seulement en présence de l'Envoyé de l'Evêque, & de l'Envoyé du Comte.

Ni le Concile de Paris, en 615, ni le premier Capitulaire de l'an 802,
ni celui de l'an 858, n'offrent rien qui réalise l'idée d'une _justice
civile & territoriale_ attribuée aux Eglises. Au contraire la Justice
Ecclésiastique dont ils reglent la compétence & l'administration n'est
relative qu'au caractere de ceux qui y sont sujets[59]; ce sont des
Clercs, des hommes de l'Eglise, des affranchis de l'Eglise, des
Religieuses, sur lesquels cette Justice s'exerce; les Avoués, les
Vidames, les Centeniers des Evêques l'exercent par les maximes
canoniques, _& hoc omnino observent ut nullatenus à quibus magis nobis à
canonica vel regulari norma discedant, sed humilitatem in omnibus
habeant, art. 13, 1. Capitul. 802, Balus. col. 366_. Et encore
l'exercice de cette Justice lorsqu'elle a pour objet des _voyageurs_,
_des veuves_, _des orphelins_, _des pauvres_, doit se concerter avec
les Comtes, article 14. _ibid._ Il y a plus, dans les Plaids tenus
conjointement par les Evêques & les Commissaires du Roi & les Comtes,
tels que ceux dont fait mention le titre 25 des Capitulaires de Charles
le Chauve, col. 99, de Baluse, 2 vol. les Evêques ne sont appellés que
pour y prêcher la doctrine évangélique, y représenter aux méchans les
peines auxquelles ils s'exposent par leurs forfaits: _Episcopi omnibus
demonstrent quam grave hoc peccatum sit & qualem poenitentiam quærit &
qualem damnationem nisi poenitentia succurrerit, adquirat._

     [Note 59: Voyez _Admonit. ad Ludovic. German. Regem. ad
     Hincmar. ann. 858, c. 7._]

Le titre 27 de ces Capitulaires, cité par préférence dans le livre de
l'Esprit des Loix, est encore plus précis à cet égard. Ainsi il ne reste
à M. de Montesquieu, de toutes les autorités dont il a fait usage
jusqu'à présent, que le Capitulaire 4 de 806. art. 1. _Balus._ col. 449.

_In primis omnium jubendum est_, dit l'Empereur dans ce Capitulaire, _ut
habeant Ecclesiæ earum justitias, tam in vitâ illorum qui habitant in
ipsis Ecclesiis quamque in pecuniis & substantiis eorum_.

Il n'est pas douteux que cette loi seroit décisive en faveur de M. de
Montesquieu, si le terme _justitias_ devoit s'entendre d'une
jurisdiction; mais il est de la derniere évidence qu'il ne désigne que
les _freda_, qui par le 2e Capitulaire de 803 avoient été accordés à
toutes les Eglises[60]. _De decimis & nonis atque justitiâ Ecclesiarum
Dei, ut omnes dare & emendare studeant._

     [Note 60: Le mot de justice est pris pour redevance dûe au
     Vicomte dans une Chartre de 1062, Annal. Bénédict. L. 61, pag.
     575. _Justitia seu præbenda panis & vini, &c. & reddere
     justitiam_ signifie payer une redevance dans l'Ordonn. de Phil.
     Aug. du premier Mai 1209.]

Or c'étoit le Juge laïc, le Comte qui prononçoit ces amendes, soit en
condamnant à la mort, soit en confisquant les biens ou les meubles des
criminels domiciliés dans les propriétés d'une Eglise, & l'Eglise les
faisoit percevoir par ces Envoyés de l'Evêque, _missis discursoribus_,
dont il a été précédemment fait mention. Ceci est si vrai que, 1º le
Capitulaire dont il s'agit n'a pas été intitulé par Baluse _de justitiis
Ecclesiarum_, mais _de justitiis generalibus_; parce que les Placités
généraux des Comtes étoient principalement destinés à terminer les
causes des hommes appartenans à l'Eglise, ainsi que les causes des
pauvres, des veuves, des orphelins qui étoient sous la protection
particuliere des Evêques, _Capitul. 2 & 3, ann. 805, Capitul. Collect.
Anseg. liv. 3. art. 77_. Les causes criminelles des hommes libres de
quelques Seigneurs qu'ils relevassent devoient devoient être aussi à
plus forte raison décidées dans ces Placités.

Charlemagne, dans le Capitulaire de 806, ne veut donc dire autre chose,
sinon que les Eglises auront, _habeant_, les condamnations, _justitias_,
prononcées par les Juges, soit quand ils condamneront quelqu'homme de
l'Eglise à mort, soit quand ils ne le condamneront qu'à la perte de ses
biens.

2º. Sans cette interprétation le Capitulaire attribueroit aux
Ecclésiastiques le droit de condamner à mort leurs vassaux; ce qui a
répugné dans tous les temps aux maximes canoniques.

3º. Enfin il seroit bien singulier qu'en 806 l'Empereur eût attribué _la
justice criminelle aux Eglises dans leur territoire_; tandis qu'en 803
il avoit infligé les peines les plus deshonorantes aux Evêques qui
s'opposeroient à l'exercice que les Comtes voudroient faire de cette
Justice contre ceux qui auroient commis quelques délits dans les
immunités des Eglises. _Si quis in immunitate damnum aliquod fecerit...
mandet Comes vel Episcopo vel Abbati ut reddat ei reum... si nec ad
tertiam inquisitionem consentire voluerit (Episcopus) quidquid reus
damnum fecerit totum ille qui eum infra immunitatem retinet nec reddere
vult, solvere cogatur. Et ipse Comes veniens licentiam habeat ipsum
hominem infra immunitatem querendi &c.[61]_

     [Note 61: _Capitul. 2, ann. 803._ Balus. 1er vol. Coll.
     387.

     Voyez aussi l'Edit de l'an 800. Balus. Coll. 330. Les Evêques
     n'avoient pas même la compétence des Cens qui leur étoient
     dûs.]

Après cela il seroit fort indifférent d'accorder à l'Auteur de l'Esprit
des Loix que le Capitulaire de Charles le Chauve, de l'an 857, _apud
Carisiacum_, art. 4, col. 96 Balus. _distingue_ (quoique ce Capitulaire
n'en dise pas un mot) les _jurisdictions du Roi, celles des Seigneurs, &
celles des Eglises_: car la difficulté ne réside pas sur le point de
sçavoir si les Seigneurs ou les Eglises avoient une Jurisdiction, mais
elle consiste à déterminer l'espece de Justice qu'ils exerçoient.

Je le répete, les causes civiles de tout homme libre, propriétaire ou
habitant d'un bénéfice royal ou ecclésiastique, ressortissoient ou de la
Cour du Roi, ou des Plaids du Comte; tout homme libre, habitant d'un
alleu qui appartenoit à un autre homme libre, étoit de la Jurisdiction
civile du Centenier; mais les causes criminelles ou importantes,
_majores causæ_, de tout homme libre, en quelqu'_immunité_ qu'il
résidât, étoient de la compétence du Comte seul. Si les Bénéficiers
Ecclésiastiques avoient quelque pouvoir sur leurs vassaux, c'étoit
uniquement pour l'amélioration de leurs terres, & pour y maintenir
provisoirement l'amour du travail & la tranquillité: pouvoir qui étoit
aussi attaché aux bénéfices des Laïcs & aux manoirs possédés par un chef
d'une des cent familles que le Centenier avoit sous ses ordres. Le
pouvoir de ces Bénéficiers étoit à peu près le privilége que les Loix
d'Edouard désignent par ces mots, _Soc_, _Sac_, _Tol_, _Tem_,
_Infangenteof_, & les fonctions de leurs Officiers, c'est-à-dire, des
hommes de leur manoir qu'ils associoient au gouvernement de ceux qui y
demeuroient, étoient les mêmes que celles des Baillifs & des Senéchaux,
dont Flete nous a parlé: fonctions bien différentes de celles que les
Juges Hauts-Justiciers des Seigneurs ont eues sous la troisieme Race,
puisqu'elles n'avoient pour but, ces fonctions, que de réprimer par
provision & par la perte de quelques meubles ou par quelque jour de
détention ceux qui négligeoient le travail auquel ils s'étoient
assujettis ou qui s'étoient écartés des usages établis dans le manoir.
Ainsi une Eglise, un Leude bénéficier, un Chef de famille sous nos
premiers Monarques pouvoient réciproquement se demander leurs esclaves
qui de leurs territoire s'étoient échappés en un autre, ils pouvoient
prendre des moyens pour concilier entr'eux leurs vassaux ou les membres
de leur famille. _Capitul. ann. 595, art. 11 & 12. Capitul. ann. 813,
art. 14 & 20. Capitul. ann. 813, art. 23._ Mais si ces moyens ne
réussissoient point, ils n'avoient aucun droit ni sur les personnes, ni
sur leur état ni sur leurs biens, pourvu que ces personnes fussent
libres d'origine. Lors même que la personne n'étoit pas libre; par
exemple, si c'étoit l'esclave d'une Eglise, le Juge du Roi, qui le
trouvoit en flagrant délit pouvoit l'arrêter; & si le délit exigeoit des
preuves, ce même Juge n'étoit tenu que d'appeller à l'instruction du
Procès le Vidame ou l'Archidiadre, mais c'étoit lui qui le condamnoit.
_Si servus Ecclesiæ in furto comprehensus fuerit, à judice_ publico
sicut & reliqui distringatur. Et si judex publicus servum Ecclesiæ sine
furto non præsumentem sine audientia Vice-Domini aut Archidiaconi aut
detinere aut injuriare præsumpserit anno integro ab Ecclesiæ liminibus
arceatur. Capitul. L. 5, art. 191. Balus. col. 860, 1er vol._

La seule maniere de juger permise aux Evêques étoit d'imposer une
pénitence publique, d'excommunier. _Si quis per aliquam invidiam vel
dolum in nocte vel in die ignem imposuerit & incenderit liberi vel servi
domum.... publica pænitentia secundum judicium Sacerdotum multetur.
Capit. L. 5, art. 351, col. 899. Balus. ibid. L. 6. Capitul. 366; &
Hincmar. ad Clericos Palatii, ut hominum suorum rapinas reprimant, 2e
vol. pag. 148._

Enfin, comme les causes criminelles des hommes libres soumis aux
Eglises, celles des pauvres, des veuves & des orphelins qui étoient sous
la protection spéciale des Eglises, étoient de la compétence des Comtes;
de même les causes relatives aux propriétés de l'Eglise en étoient
aussi: c'est 1º. Hincmar, Auteur non suspect, qui nous l'apprend, art.
12 de l'Admonition de 858 déjà citée, _(Comites) placita non pro
adquisitione lucri teneant, sed ut casæ Dei, & viduæ, ac pupilli &
populus justitiam habeant_; c'est Charles le Chauve qui le décide par
son Capitulaire de 869, _apud Pistas, tit. 40, art. 5, col. 211 de
Balus. Similiter Comites missi ac vassi nostri Episcopis ac Presbiteris
debitam reverentiam & vassalis Episcoporum legem & justitiam & debitum
honorem impendant_. C'est enfin Guillaume le Conquérant qui nous répete
dans sa Charte les maximes suivies jusqu'à lui dans la Domination
Françoise. _Je n'en dirai pas davantage[62]._

     [Note 62: M. de Montesquieu finit par ces mots ses
     raisonnemens; je les emprunte pour terminer mes preuves.]



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REFLEXIONS
_Sur le Recueil des Loix Anglo-Saxones de Wilkins._


La Collection de David Wilkins, Chanoine de Cantorbéry, qui a paru en
1721, a été entreprise par cet auteur pour faire connoître aux Anglois
les diverses sources d'où leurs Coutumes ont été tirées. Dans la Lettre
de Nicolson, que l'on a mise en tête de cet Ouvrage, le sçavant Evêque
Anglois convient que le droit féodal a été apporté en Angleterre par
Guillaume le Conquérant. Il prouve que ce droit étoit inconnu aux
Saxons, & que l'Angleterre n'a pu le tenir de l'Ecosse. Cependant il
croit appercevoir des traces de l'hommage dans des Actes bien antérieurs
à la conquête: mais ces Actes ne contiennent qu'un recit fait par des
Auteurs qui ont écrit depuis cette époque. D'ailleurs on ne voit dans
les Loix qui ont précédé la Conquête aucune trace des Droits de Garde,
de Mariage, qui sont cependant aussi intimement liés avec les Loix
féodales que l'hommage. Enfin Nicolson convient que l'_hériet_, qui est
le droit qui au premier coup-d'oeil paroît avoir plus d'analogie avec
ces Loix, est fondé sur des motifs tous différens de ceux qui sont le
principe du Relief Normand.

L'embarras de Nicolson sur l'origine des Loix anciennes de sa Nation,
vient de ce qu'il n'avoit pas compris la nécessité qu'il y a de
distinguer deux temps dans la législation de Guillaume le Conquérant.
Comme j'ai prouvé cette nécessité dans le Discours préliminaire, il doit
paroître maintenant évident que toutes les Loix Angloises qui ont
précédé la conquête, & que Nicolson croyoit essentielles pour
l'interprétation de celles qui ont été publiées sous le nom d'Edouard le
Confesseur par le Conquérant au commencement de son regne, ne peuvent
être d'aucune utilité pour expliquer les Coutumes purement Normandes que
ce Conquérant substitua dans la suite aux véritables Loix d'Edouard
qu'il avoit feint de confirmer.

Aussi dans les Loix Anglo-Saxones, depuis Ethelbert jusqu'au regne de
Canut inclusivement, que Wilkins a recueillies, on trouve bien quelques
dispositions conformes aux maximes de Capitulaires de nos Rois
antérieurs à Charlemagne; mais il n'y en a aucunes qui ayent le plus
foible rapport avec les Loix Françoises de la seconde Race, ni même avec
les principes fondamentaux des Coutumes Anglo-Normandes suivies en
Angleterre après la Conquête; si l'on en excepte cependant celles de
Henri Ier, qui, pour plaire à la Nation, feignit de rétablir les Loix
d'Edouard le Confesseur: feinte qui dura peu, puisque Henri ne cessa
pendant tout le cours de son regne de faire suivre les Coutumes
Normandes dans les occasions les plus importantes, ainsi que je le ferai
bientôt voir. D'ailleurs sous ses Successeurs les Loix féodales
Normandes continuerent tellement d'être regardées en Angleterre comme le
droit commun de la Nation, qu'elles firent l'unique objet de l'étude de
ses plus célebres Jurisconsultes jusqu'au treisieme siecle.

Wilkins, en publiant les Loix Anglo-Saxones, a donc rendu un foible
service à ses Compatriotes; plus, en effet, ils feroient à son exemple
d'efforts pour rapprocher leur droit Coutumier de ces Loix, plus ils
s'écarteroient de l'esprit originaire de ce droit.

C'est dans les Coutumes évidemment émanées du Conquérant que les
François retrouvent le droit Féodal, tel qu'il existoit parmi eux sous
les derniers Rois de la deuxieme Race; & c'est dans les Capitulaires de
ces Rois que les Anglois doivent rechercher les motifs de tous les
usages qui existent encore parmi eux, & qui ont quelque relation avec la
féodalité.

Mais, dira-t-on, qui peut nous assurer que ce sont-là les véritables
sources des usages judiciaires d'Angleterre?

Je conviens que les Loix Normandes, instituées par le Conquérant en
Angleterre, ne sont contenues dans aucuns écrits de son temps; la Nation
souffroit avec peine sous son regne le joug de ces Loix; & il y a tout
lieu de penser, à en juger par le penchant qu'ont eu dans tous les temps
les Ecrivains Anglois pour faire envisager les Loix d'Edouard comme les
seules que Guillaume avoit jurées, & qu'il avoit voulu que ses nouveaux
sujets suivissent, que quand même le Conquérant auroit fait rédiger par
écrit les Coutumes Normandes, cet ouvrage auroit été anéanti au
commencement du regne de Henri Ier. Cependant quoique ces Coutumes ne se
trouvent rassemblées dans aucun Recueil d'une époque aussi reculée que
la Conquête; il n'est pas moins constant, de l'aveu même des Historiens
& des Jurisconsultes Anglois les plus prévenus contre ces Coutumes,
qu'elles sont contenues substantiellement dans les Ouvrages de
Glanville, de Britton, de Littleton, & autres que j'ai ci-devant
indiqués. Or, dès que les regles prescrites par ces Auteurs, comme des
Coutumes établies par la Conquête, ont la plus forte liaison avec les
anciennes Loix Françoises, ne seroit-ce pas s'aveugler volontairement
que de nier que ces Coutumes sont dérivées de ces Loix?

Ces considérations ont déterminé la forme que j'ai donnée à cet Ouvrage.

Pour suppléer, d'un côté, au vuide qui se trouve entre les Capitulaires
& les Ordonnances de la troisieme Race, j'ai indiqué les écrits Anglois
où existent les Loix Françoises que Guillaume le Conquérant avoit reçues
de Raoul, & que ce Duc tenoit de nos derniers Rois Carlovingiens. D'un
autre côté, pour faciliter aux Anglois l'intelligence des Loix que le
Conquérant leur a imposées, je n'ai interpreté Littleton, celui de tous
leurs Auteurs qui a mis ces Loix en meilleur ordre, qu'à l'aide des
Coutumes Françoises, qui étoient seules connues avant le Duc Raoul dans
la Neustrie. J'ai fait plus: pour convaincre les Anglois du danger qu'il
y auroit à expliquer leurs Coutumes actuelles, par les Statuts de leurs
Rois prédécesseurs de Guillaume le Conquérant, je me suis appliqué à
faire connoître, dans le Discours préliminaire & dans les Notes que j'ai
faites sur les Loix d'Edouard, les caracteres distinctifs de ces
Coutumes & de ces Statuts.

Il ne me reste donc plus pour détruire la répugnance que les Anglois
pourroient avoir encore pour la méthode que je leur conseille pour
l'étude de leurs Loix, qu'à leur faire voir que je tiens cette méthode
de l'un des hommes les mieux instruits de ces Loix, que leur nation ait
jamais produite; & c'est dans cette vue que je termine cet Ouvrage par
le Traité de Spelman sur les anciennes Loix Angloises.

On y verra que le profond Critique reconnoît le Conquérant pour
l'Instituteur du droit Féodal Anglois, & de toutes les Coutumes qui en
sont des conséquences immédiates.

On y verra encore que si sous les Successeurs du Conquérant les Loix
d'Edouard ont reparu quelquefois, ce n'a été qu'à l'égard de certains
usages, qui dans un Royaume où presque tout avoit été soumis aux Loix
féodales, ne pouvoient se lier avec ces Loix; & que par cette raison ces
usages sont redevenus aussi inutiles que le Conquérant avoit eu en vue
de les rendre utiles en multipliant les inféodations.

Enfin, au moyen de ce Traité historique, où Spelman a rangé par ordre
chronologique les révolutions successives des Coutumes Angloises, depuis
l'union de la Normandie avec l'Angleterre, jusqu'au retour de cette
Province à la Couronne de France, tout ce que j'ai dit jusqu'ici de
l'état où le droit Coutumier Anglois & Normand s'est trouvé dans ces
différentes époques, est pleinement justifié.

Je ne fais que copier le Traité de Spelman, tel que Wilkins, possesseur
du manuscrit de cet illustre Sçavant, l'a publié.

J'ai cependant retranché les Notes de l'Editeur, qui n'avoient rapport
qu'aux Loix Anglo-Saxones imprimées en tête de ce Traité dans la
collection de Wilkins; parce qu'en substituant à ces Notes des Remarques
sur le texte de Spelman, je mets le Lecteur à portée de juger si l'usage
que je fais de ce texte est ou non préférable à celui que Wilkins en a
fait.


[Illustration]



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Domini HENRICI SPELMANNI.
CODEX
LEGUM VETERUM STATUTORUM
REGNI ANGLIÆ;

_Quæ ab Ingressu GUILIELMI I. usque ad Annum nonum
HENRICI III. edita sunt._

GUILIEL. I.

_An. Dn. 1067, Reg. 1._


                                            [Marge: _Nomen ejus._]

Guilielmus primus quem alii Comitem, alii Ducem vocant Normanniæ:
Forenses & Chronologi _Conquestorem_ (sive a Latino conquirendo, id est,
comparando Regnum Angliæ: Sive a Gallico _Conquivir_, quod est, vel
_comparare_, vel _subjugare_) Solium iniit 14 die Octob. an. Dn. 1067,
excessitque 9 Septembr. an. 1087. hoc est sui _Regiminis 20 incompleto_.

                                            [Marge: _Ditio._]

Ditionem ejus sic descripsit _Mat. Parisius_ in An. 1085. _Normannia_
sibi hæreditario Jure pervenerat, _Cenomanniam_ armis acquisierat,
_Britanniam Armoricanam_, acclivem sibi fecerat, in _Anglia_ solus
regnabat, _Scotiam_ & _Walliam_ subjugabat; pacis autem tantus amator
erat, quod puella auro onusta impune posset totam pertransire _Angliam_.

                                            [Marge: _Succcessio._]

Anno eodem (1065) Rex _Edwardus_ Senior[63] jam gravatus, cernens
Clitonis Edwardi nuper defuncti filium Edgardum, regio Solio minus
idoneum, tam corde quam corpore, Godwinique Comitis multam malamque
sobolem quotidie super terram crescere; ad cognatum suum Wilhelmum
Comitem Normanniæ animum apposuit, & eum sibi succedere in Regnum
Angliæ, voce stabili sancivit. Wilhelmus enim tunc in omni prælio
superior triumphator contra Regem Franciæ, & omnes Comites Normanniæ
contiguos publice personabat, invictus in armorum exercitio, judex
justissimus in causarum judicio, religiosissimusque ac devotissimus in
divino servitio. Hinc Rex Edwardus, Robertum Archiepiscopum Cantuariæ
legatum ad eum a latere suo direxit, illumque designatum Regni sui
successorem, tam debito cognationis quam merito virtutis sui
Archipræsulis relatu, insinuabat. De hoc Haraldus major domus regiæ
veniens in Normanniam, se Wilhelmo Comiti post Regis obitum, regnum
Angliæ conservaturum non tantum juravit, sed etiam se ducturum filiam
Wilhelmi in uxorem data fide spopondit.

     [Note 63: _Ingulphus. pag. 899 & 900._]

                                            [Marge: _Quo Titulo Rex
                                            factus._]

Quo hic titulo Rex evasit Angliæ, cum extraneus esset & (ut vocant)
_bastardus_, non est otiosum indagare. E regio enim Anglorum thoro
minime oriundus est, nec agnatione ullus ei aditus. Gradu tamen primo
Edouardi Confessoris consanguineus, sed materna linea, non paterna.
Duxerat quippe _Ethelredus_ Rex Anglorum _Emmam_ Sororem Roberti Ducis
Normanniæ, coelibis, at patris naturalis Guilielmi Conquestoris, & ex
illis nuptiis procreatus est _Edouardus_ Confessor, qui patri tamen in
regno non successit, sed fratri suo uterino, e Canuto Rege & præfata
_Emma_ (_Ethelredi_ aliquando vidua) propagato. Ejecta enim _Ethelredi_
sobole, regni apicem _Canutus_ occupat, Nothumque suum _Heraldum
Harefoot_ successorem statuit. Eo mortuo, regnum assecutus est _Canutus_
audax (vulgo _Hardi-cnute_) filius _Canuti_ Regis atque _Emmæ_, matris
Confessoris: Sed & illo brevi sine liberis decedente, frater ejus
Uterinus Edouardus Confessor in solium ejus promovetur. Edouardus prolis
spe orbatus, _Edgarum_ Germani sui Edmundi e filio Nepotem, e Pannonia
accersitum hæredem scripsit, _Adelingumque_ (alias _Clitonem_) quod
successorem Regni apud Saxones denotabat, salutavit. Tenellum vero atque
regno imparem _Heraldo_ Godwini Comitis filio inter Magnates Angliæ
potentissimo in tutelam credidit, fidei suscipiens Juramentum. Sed
_Eadgaro_ postmodum ut imbelli, abdicato; _Robertum_[64] Cantuariæ
Archiepiscopum in _Normaniam_ mittit, _Guilielmumque_ Ducem quem dum
exularet hospirem habuisset & patronum, Regni constituit successorem.
Duci insuper _Heraldum_ legat qui (post difficultates aliquot)
Rothomagum veniens, fidelitatem ei de regno jurat, mortuoque Edouardo,
ipsum in solium evecturum.

     [Note 64: _LL. Ed. Conf. cap. 39, append._]

Reversus _Heraldus_, Regem invenit novissimo laborantem morbo:
Collectisque suis ab eodem contendit ut se regni institueret
successorem. Contradicente vero _Edouardo_ & _Guilielmum_ præterea
iterante, vehementius reclamant _Heraldus_ & Cognati: Sic ut animo
turbato Rex ad parietem versus[65], faciant (inquit) Angli prout volunt,
Ducem sibi aut Regem, vel ut alii referunt[66] _sicut tu eos attulisti
sic & idem delegatum habes_. Ænigmatice, sed quod ad Ducem Normanniæ
potius referatur, qui _Edouardum_ exceperat exulantem, pluribusque
conservatum annis, regno hunc tandem exhibuerat[67].

     [Note 65: _Breviar. Monast. de Bello._]

     [Note 66: _Promissum._]

     [Note 67: _Asseritur donationem istam robore caruisse, tum
     quod a Rege facta esset in lethali lecto, tum & sine Baronagii
     sui communi assensu ut Matth. Paris in anno 1257, pag. 912,
     lib. 32._]

Defuncto vero _Edouardo Confessore_, _Heraldus_ sine mora regnum
occupat, exutis simul tribus justioribus hæredibus: Naturali scilicet,
legitimo & adoptivo. Horum duos potentissimos, Suanum Regem Daniæ, &
Guilielmum Ducem Normanniæ, tertium omnibus potiorem sed ephebum, atque
inopem, a tutore perfide destitutum, & qui partes ejus tueretur non
habentem, _Eadgarum Adelingum_.

Erat _Swanus_ Canuti Regis filius naturalis hoc est, Nothus, (quod apud
gentes boreales in hæreditate obeunda parum obfuit, successitque ideo in
regnum _Daniæ_) frater item _Heraldi Harefoot_, _Canuti_ audacis, &
_Edouardi Confessoris_ Regum Angliæ, fuissetque proculdubio Jus illius
sat laudabile si adversus _Heraldum_ invasorem sat foeliciter
dimicasset. Sed hic in partibus Angliæ borealibus cum ingenti fusus est
exercitu. Solum igitur jam Normannum habuit _Heraldus_ inimicum
formidabilem cui poenas luens suæ perfidiæ, regnum jure debitum in
_Hastingensi_ prælio resignavit.

Sic Regnum _Angliæ_ juris titulo non subactoris assecutus est
_Normannus_, atque inde _Conquereur_ quasi _Purchacesour_ appellatus
est. Conquestus enim in antiquis chartis illud notat[68] quod jure
hæreditario non habemus a parentibus, sed quod labore comparatum est vel
parsimonia. Hanc imperiti differentiam ignorantes _Conquestorem_ pro
subactore intellexere abusuque vocis novam extorsere significationem,
quæ antiquis nusquam reperitur.

                                            [Marge: _Bastardi idem Jus
                                            quod legitimi habens apud
                                            Boreales._]

                                            [Marge: _Et apud
                                            Longobardos._]

Sed quoniam de _bastardis_ hæreditatem adeuntibus mentionem fecimus, a
re non fuerit plura aliquot his attexere. Apud Boreales enim populos, a
legitimis olim vix sunt discriminati. Sic _Heraldus Harefoote_ (ut
_Swanum_ taceam) e sutoris calcearii filia oriundus in regnum Angliæ
irrepsit, & Guilielmus Conquestor in ducatum Normanniæ, qui alioquin ad
Dominum féodalem _Henricum_ Regem _Franciæ_ ob hæredis masculi defectum
ransiisset. Refert tamen Chronicon de Bello, _Guilielmum Nothum_ ab
Henrico Rege in successionem Normanniæ ideo susceptum, quod _Robertus_
Dux Normanniæ pater _Guilielmi_ ab _Henrico_ postulatus ejusdem filium
post natum in Regem Franciæ suscepisset. A borealibus etiam in austrum
transmigrantes _Longobardi_, morem hunc in _Italiam_ traduxere, ut inter
filios legitimos portionem licet non æqualem naturales sortirentur, quod
in suis claret Legibus. Sed de hoc _Hovedenum_ audi[69]. Est autem
sciendum quod consuetudo regni _Norwegiæ_ est usque in hodiernum diem,
quod omnis qui alicujus Regis _Norweiæ_ dignoscitur esse filius, licet
sit spurius, & de ancilla genitus, tantum sibi jus vendicat in regnum
_Norweiæ_, quantum filius Regis conjugati, & de libera genitus; & ideo
fiunt inter eos prælia indefinenter, donec unus eorum vincatur &
interficiatur.

                                            [Marge: _Rex coronatur._]

     [Note 68: _Vide Cod. LL. antiqu. Cap. Ludov. ad Legem
     Salicam § 2, & Glossar. ibidem, in voce Conquisitum. Vide &
     Hier. Bignonii Formul. ad Marculph. pag. 435._]

     [Note 69: _Lib. 2, tit. 14, l. 2, &c. in anno Dom. 1194,
     pag. 147._]

Fracta re Anglorum in _Hastingensi_ prælio[70], Guilielmus Victor
Londinum properat, & in festo Nativitatis Domini nostri, _Clero
populoque acclamantibus ab Aldredo Archiepiscopo Eboracensi_ regio
coronatur Diademate. Noluit enim Guilielmus hoc e Stigando ministerium,
quod exulante tantum non exauctorato prædecessore ejus Roberto,
Archiepiscopatum Cantuariæ invasisset.

Suscipit deinde Rex[71] Procerum _homagia_ cum fidelitatis juramento &
obsidibus; disponitque per Civitates & Castella e suis præsidia, &
firmatus jam in regno Normanniam repetit, magnam vim thesauri atque una
Anglorum obsides secum deserens. Peracto Negotio obsides illic ut in
tutiori linquit custodia, reversusque in Angliam commilitonibus suis qui
victoriam in _Hastingensi_ pugna sanguine & sudore emeruissent, Anglorum
prædia fusius dispartitur. Parum id quod reliquum fuit, cum indigenis
ipsis perpetuæ addixit servituti.

     [Note 70: _Anno Dom. 1067. Reg. 1._]

                                            [Marge: _Homagia procerum._]

                                            [Marge: _Extorres anglorum
                                            Proceres ugiunt._]

                                            [Marge: _Eadgarus fugit in
                                            Hungariam._]

Extorres igitur fugiunt Anglorum Proceres, pars ad exteros, pars ad loca
deserta atque invia; ubi feralem ducentes vitam Normannos sæpe acriter
lacesserunt. _Eadgarus_ Cognomento _Adelingus_ regni hæres legitimus (de
quo supra) ascensa navi cum Matre & Sororibus _Margareta_ &
_Christiana_, Hungariam, unde accersiti venerant, contendunt, sed
adverso coeli impetu, in Scotiam appelluntur. Regios hospites, regio
illic excipit hospitio Rex _Malcolmus_, (uti prius multos Anglorum
Comites) & _Margaretam_ in uxorem ducit, ancilla Christi, Christiana
facta.

                                            [Marge: _Filius ei natus._]

Guilielmo Regi natus est in Anglia Henricus filius[72], qui hoc auspitio
regnum Angliæ contra Robertum fratrem suum majorem in Normannia natum,
postea occupavit.

                                            [Marge: _Northumbria datur
                                            Comiti Roberto._]

Rex, Northumbriæ Comitatum dedit Comiti Roberto: Sed nolentes hunc
Pagenses, eum cum 900 aliis interfecerunt. Interfectores vero usque ad
unum Rex delevit.

                                            [Marge: _Filii R. Swani
                                            Angliam invadunt cum
                                            Eadgaro._]

Filii _Swani_ Regis Daniæ, jus paternum ad regnum Angliæ vendicantes,
Northumbriam cum 300 navibus invadunt; quibus se adjungunt Eadgarus
Adelingus & Barones reliqui apud Scotos, borealesque exulantes. Fusis
autem a Guilielmo Rege & profligatis, Eadgarus ipse Regis exorat
Gratiam, & deposita jam spe aviti regni fidelitatem Regi supplex jurat.

                                            [Marge: _Eadgarus moritur._]

Obiit deinceps sine prole, mansitque regni ejus sine sceptro hæres
unica, Soror ejus Margareta Regina Scotiæ; e qua nati sunt filii sex
regnum Scotiæ propagantes, & filiæ duæ quarum Matildis senior Henrico I.
Regi Angliæ nupta Matildem peperit Imperatricem Matrem Henrici II. in
quo sic coaluit stirps utraque regia Anglo-Saxonum & Normannorum.

     [Note 71: _Mat. Par. ann 1067, pag. 4 & 5._]

     [Note 72: _A. D. 1068._]

                                            [Marge: _Guil. distribuit
                                            Angliam inter socios suos._]

Diximus Guilielmum I. Angliam inter Commilitones suos, indigenis vel
ejectis vel perpetuæ servituti adactis, distribuisse. Sic Authores
plerique; sed intelligendum est, triplicem fuisse indigenarum speciem.
Unam fautorum Guilielmi; aliam inimicorum; tertiam neutralium & in
singulos pariter non animadversum. Ingressus est enim juris titulo, non
populatoris; regnum sibi a consanguineo suo divo Edouardo Confessore
solenniter legatum; Heraldique ipsius Pseudoregis juramento stipulatum,
vendicans. His igitur quos amicos reperit, aut satis æquos, honores
permisit & Patrimonia, novis etiam interdum additis. Sic Comitatum
Huntingtoniæ Siwardo Saxoni, Simoni Sylvestri Comitatum Leicestriæ.
Candoro Britoni Comitatum Cornubiæ, Eadgaro Adeling Comitatum Oxonii.
Brithrico Saxono cuidam Dominium Glocestriæ. Outredo Siwardi filio
Dominium de Raby.

Quibusdam etiam honores novos addidit, Siwardo Comitatum Northumbriæ.
Walleofo seu (ut Ingulphus) Waldeno filio ejus, cum Judith nepte sua in
uxorem, Comitatum Patris Huntingtoniæ & Northamptoniæ. Radulpho filio
Gualteri Nedantini Saxonis Comitatum Herefordiæ. Et Radulpho Gart Sax.
Comitatum Eastangliæ. i. Norfolciæ Suffolciæ & Cantabr. præterea ejecto
Osculfo, Copsonem fecit Northumbriæ Comitem, eoque interfecto
Gospatricum.

Sed hos omnes fateor præter Siwardum forte & Outredum filium suum,
Comitatibus demum exuit & honoribus. Brithricum ut Reginæ suæ litaret
iracundiæ exosum hunc habentis ob repudiatas ejus Nuptias. Radulphum
medentinum ob ignaviam. Reliquos novis inhiantes motibus. Nec quid
obfuit sciam quo pacatius succedens, hæc non efficeret. _Comitatuum enim
nulli tum adhuc jus hæreditarium: Sed Præfecti qui Comites dicebantur,
officiarii erant & magistratus, a Rege ad arbitrium dati & semoti, prout
illi hodie quos Comitatuum appellamus Locum-tenentes. Hæreditariam
fecit hanc dignitatem, feodalemque prior aliquot annis apud Gallos Hugo
Capetus ut novit commento beneficii, proceres ad novum ejus regnum
stabiliendos contra stirpem quam ejecerat Carolinam pelliceret._

                                            [Marge: _Guil. R. Comites ad
                                            placitum duraturos creat._]

Primos igitur Comites non perpetuos, sed ex more Saxonum Officiarios &
ad placitum duraturos (quales ingrediens reperierat) fecit Guilielmus;
sed ex hoc genere Anglos tantum (si recte teneo) non Normannos sive
Francos. _Morem enim utriusque Gentis secutus Francis Comitatus cessit
hæreditarie, cum jurisdictione assueta & tertia parte emolumenti
provenientis ex placitis Comitatus, quam Authores tertium vocant
denarium.[73]_

     [Note 73: Les Comtes, que le Conquérant établit d'abord,
     étoient amovibles, parce que la Loi d'Edouard, qu'il confirma
     en montant sur le Trône, n'admettoit point de Fiefs; mais dès
     que le Conquérant eut réussi à faire exécuter les Loix féodales
     Normandes, les Comtés furent héréditaires & à titre
     d'inféodation.]

                                            [Marge: _Hæreditarios
                                            Comitatus & Vicecomitatus
                                            concedit._]

Concessit utique & Vicecomitatus aliquot hæreditarie Baldwino Baroni de
Okehampton Devoniæ: Ursoni Abtot, Wigorniæ; Estottevillis forte,
Eboraci, nam hi olim sub illis seculis Vicecomitatum illum hæreditarie
possidebant.

                                            [Marge: _Male tractat
                                            inimicos._]

Inimicos pro more sævitiæ militaris, durius castigavit. Carcere, Exilio,
prædiorum fortunarumque ademptione. Turbidos, morte, patibulo,
cæcitate[74].

     [Note 74: _Mat. Par. in anno 1074._]

In servitutem neminem (quod sciam) adegit personalem (ut captos olim in
bello) nec aliam quam reperit, prædialem; militarem vero gravius auxit.

                                            [Marge: _Neutrales terras
                                            disponit._]

                                            [Marge: _Willelm e Albenege
                                            Pincerna Regis Willel. de
                                            Warrennia Forestarius
                                            Regis._]

De neutralibus quid statuit, dicat tibi Liber antiquus MS. ad
Shenebruniorum familiam (alias Sharnebourne) in agro Norfolciensi
aliquando pertinens. Edwinus Dacus venit de Dacia in Angliam cum Canuto
Rege Danorum, an. Dn. 1014, quando ipse Canutus debellavit cum Edredo
Rege Angliæ.--Et fuit ipse Edwinus Dominus integre de prædictis villis
(sc. _Neteshamiæ Shernebrunia_; & _Stonhoghia_, hodie _Snetsham_,
_Sharnbourne_ & _Stanho_, &c.) & obtinuit omnia prædicta in pace,
quousque _Wilielmus Bastardus_ Dux Normannorum rexit Angliam super
Heraldum Regem, qui coronatus fuit Rex Angliæ apud Westm' an. Dn. 1066.
Et post coronationem suam, ipse dedit diversas terras in Anglia
diversis hominibus qui secum venerunt in auxilio ad Angliam
conquirendam. Inter quas dedit _Villielmo de Albenege_ pincernæ suo, &
_Willielmo de Warrennia_ forestario suo, diversas terras & dominationes
in Comitatu Norfolciæ, & alibi in Anglia. Et prædicti _Willielmus
Pincerna_, & _Willielmus de Warrennia_, & omnes alii qui venerunt cum
prædicto Conquestore ejecerunt diversos homines infra dominationes suas
de omnibus terris & dominationibus suis: Inter quos prædicti _Willielmus
Pincerna_ & _Willielmus de Warrennia_ ejecerunt prædictum Edwinum de
prædictis duabus villis, & de omnibus aliis terris & dominationibus
suis. Propter quod, idem Edwinus, & quidam alii, qui ejecti fuerunt,
abierunt ad Conquestorem, & dixerunt ei; quod nunquam ante Conquestum,
nec in Conquestu suo, nec post fuerunt contra ipsum Regem in consilio &
auxilio, sed tenuerunt se in pace, & hoc parati fuerint probare quo modo
ipse Rex vellet ordinare. Per quod, idem Rex fecit inquiri per totam
Angliam, si ita fuit; quod quidem probatum fuit; propter quod idem Rex
præcepit, ut omnes illi qui sic tenuerunt se in pace in forma prædicta,
quod ipsi rehaberent omnes terras & dominationes suas, adeo integre & in
pace, ut unquam habuerunt vel tenuerunt ante Conquestum suum; & quod
ipsi in posterum vocarentur _Drenges_.

Super quod idem Rex ad sectam prædicti Edwini, mandavit prædictis
_Willielmo Pincernæ_, & _Willielmo de Warrenn_. quod ipsi deliberarent
prædicto Edwino, omnes terras & dominationes suas ex quibus ejecerunt
eum. Qui inde nihil voluerunt facere, sed prædictus _Willielmus
Pincerna_ dedit eidem Edwino unum messuagium, CCC. acras terræ, & tres
faldas in _Snetesham_, quæ in antea vocabatur _Netesham, tenendum de
eodem Willielmo Pincerna per certa servitia_, & retinuit ad opus suum &
ad opus _Willielmi de Warrennia_, residuum prædictæ villæ de _Snetesham_
unde _ipsi feofaverunt alios de hominibus suis qui secum venerunt de
Normannia._[75] Et prædictus _Willielmus de Warrennia_ dedit similiter
eidem Edwino, unum Messuagium, CCCC. acras terræ, & quatuor faldas in
_Sharnebourne_, cum dominio ejusdem villæ, quas in antea vocabatur
_Shenebrunia, tenendum per certa servitia de eodem Willielmo de
Warrennia_, & retinuit ad opus suum residuum ejusdem villæ de
_Shernebourne_ cum advocatione Ecclesiæ, unde _ipse feofavit alios de
hominibus suis qui secum venerunt de Normannia_.

     [Note 75: Voilà des sous-inféodations dont les Coutumes
     Normandes avoient pu seules faire naître l'idée.]

Et post istas donationes factas prædicto Edwino, per prædictum
_Willielmum Pincernam_, & _Willielmum de Warrennia_ Dominus _Radulphus
de Ibrenys_, qui similiter venit in Angliam cum Conquestore & cui idem
Rex dedit terras de _Suthmere_ cum membris in comitatu Norfolc. cepit
prædictum Edwinum, & ipsum incarceravit, & in prisona detinuit per
longum tempus, quousque idem Edwinus evasit per noctem extra prisonam, &
abiit prædicto _Willielmo Pincernæ_, & fecit ei querimoniam de injuria
sibi facta & supplicavit ei ut ipse posset tenere de ipso prædictam
villam de _Stanhowe_, qui voluit: Sed ipse cum _Willielmo de Warrennia_
ceperunt prædictam villam de _Stanhowe_ in manibus suis, & prædict.
_Willielmus Pincerna_, dedit prædicto Edwino unum Messuagium, CCCC.
acras terræ & quatuor faldas, in prædicta villa _de Stanhowe_, tenendum
de eo per servitium XL. den. per annum & residuum ejusdem villæ _de
Stanhowe_ cum advocatione Ecclesiæ retinuit ad opus suum, & ad opus
_Willielmi de Warrennia_; qui inde feofaverunt alios de hominibus suis,
qui secum venerunt de Normannia ut supra dictum est. Et postea idem
_Willielmus Pincerna_, mandavit in Normanniam pro una filia sua
bastarda, quam ibi procreaverat ante adventum suum in Angliam & illam
dedit _Ascento_ filio prædicti Edwini; & per hoc fuit idem Edwinus in
pace tota vita sua; ita quod nullus ausus fuit postea ei injuriam
facere, nec dampnum: Et prædictus Edwinus cito post prædictum maritagium
obiit in senectute sua post multas tribulationes suas tempore prædicti
Regis Willielmi Conquestoris, &c.

_Authorem fusius dedi, ut Normannorum morem in distribuendis agris
nusquam mihi clarius elucentem intelligeres[76]._ Quod enim hic factum
est, alias etiam fieri non dubitamus. Et hoc quidem celebre illud est
judicium cujus in Norfolcia meminit _Camdenus_: Et in juridicis
_Hibernensium_ relationibus _Joh. Davisius_, recte neutri aut per
transennam cognitum, ut e collatis judices. Illud denique certum est,
_Anglos pene omnes, etiam quos admisit primo, ejecit demum Guilielmus
Conquestor vel in Normannorum clientelam (quam Homagium vocant)
subjugavit_. Sic Edwinum hic supra vides; & in libro censuali (vulgo
_Domesdei_) quo describi fecit totam Angliam; vix reperitur Anglus
quispiam a Rege tenens in capite sed a Franco aliquo cui illud Rex
concesserat dominium.

     [Note 76: Les loix Normandes s'exécutoient sans être
     écrites.]

William le Conquerour ad graunt al _Warren_ un Norman de principall
quality le Castle de _Shirbourne_ in Northfolk, l'heir de _Shirbourne_
l'auncient enheritor de cest Castle, monstre al Conquerour, que il fuit
son subject & liege home, & enheritoir le dit Castle per meme la ley que
le Conqueror ad allow & establish en Engleterre, & pur ceo pria, que il
poet tener le dit Castle en peace: le Conqueror en cest case dona
judgment pur _Shirbourne_ encounter Warren, de quel judgment _Camden_
fait mention en le description de Northfolk, & Calthrop Justice disoit,
que il ad vieu un authentique Copy de cest Judgment en le Library de
_Sir Christopher Heydon_ al Baconsthorp en Northfolk. _Davys_ Case de
_Tanistry_, fol. 41. a.

                                            [Marge: _Leges condit._]

Distributis prædiis, de _Legibus_ cogitat innovandis: ardentissimisque
Procerum vix mulcetur deprecationibus, quin _Danorum_, e quibus ipse
propagatus fuerat, imposuisset. Æquiores enim & aliarum omnium
Britannicarum gentium, eas longe asserebat prudentiores. Tandem vero S.
_Edouardi Confessoris_ reddidit: _Sed hinc (ut perhibent) emendatas,
illinc Normannorum auctas consuetudinibus._

_Quas e Normannia traduxit consuetudines, nusquam (quod scio)
colliguntur, nec ab illis prioris seculi facile dignoscuntur[77]._

     [Note 77: Elles se trouvent, ces Loix, dans les Ouvrages
     des Auteurs que j'ai ci-devant indiqués. Ils n'ont pu les
     recueillir qu'après qu'un long usage les avoit autorisées. Le
     Conquérant, au lieu de les rédiger en un seul corps; préféra de
     laisser à ses Normands le soin de les réaliser par les divers
     Actes qu'ils passoient dans les formes & aux conditions
     prescrites par leurs Coutumes.]

                                            [Marge: _Scaccarium
                                            instituit._]

Curiam quam _Scaccarium_ vocant ad Normanniæ speciem hic instituit; sed
non iisdem prorsus ritibus. Præfuit enim Normanniæ non solum patrimonio
principis & rei fisci (ut nostra hodie) sed _Placitis_ etiam _Spadæ_
(quæ nos _Coronæ_ appellamus) & supremo regimini. Ideo a _Ludovico_ XII.
A. D. 1505, in Curiam erigitur parlamentariam[78], Rotomagi urbis
Normanniæ metropolis, perpetuo celebrandam.

     [Note 78: _Ordin. Lud. XII. fol. 51, 6., 6._]

                                            [Marge: _Justitiarium in
                                            Scaccario constituit._]

_Judices_ dedit[79] nostro _Scaccario Capitalium Angliæ
Justitiarium_[80] (quem illud seculum Justitiam nuncuparunt) ex officio
præsidentem; & majores regni Barones tam Ecclesiasticos quam Seculares;
non autem omnes, nec perpetuo ullos, sed nunc hos nunc illos ex arbitrio
Regis assessuros. Capitalis Angliæ Justitiarii locum sub ætate Edouardi
I. obtinuit is qui hodie _capitalis Baro Scaccarii_ dicitur: Baronum
regni alternantium, cæteri judices qui Baronum titulo non dignitate
succedentes, stationarii facti sunt. Sedebat Scaccarium sub his seculis
solummodo in terminis Paschæ & S. Michaelis, cum firmæ & reditus Regis
solverentur.

     [Note 79: _Dialog. Scaccar. cap. 4._]

     [Note 80: L'ancien Coutumier Normand parle de ce Justicier
     Greigneur.]

                                            [Marge: _Duellum
                                            introduxit._]

Introduxit etiam litium examen per duellum, id est, _triall by battail_:
quod apud Saxones nostros, licet frequens aliis, non invenio.

                                            [Marge: _Leges lingua
                                            Normannica scribit._]

_Leges[81] scribi instituit lingua Normannica_, eandemque in agendis
litibus, scholis, ludis, ceremoniis, venatione, aucupio, &c. usurpari.
Prohibetur autem in litibus agendis, Stat. 33. Ed. 3. ca. 15. & in
scholis.

     [Note 81: Cela ne s'entend que des Loix d'Edouard, & des
     Additions que le Conquérant y fit.]

                                            [Marge: _Bellum cum
                                            Haraldo._]

Guilielmus cognomento Bastardus a veteribus olim _Comes_ & interdum
_Consul_, a recentioribus passim _Dux_ Normanniæ appellatus, prælium
iniit cum _Haraldo_ Pseudorege Anglorum, prope _Hastinges_ in Sussexia
in die S. Calixti Pap. pridie Idus Octob. id est, ejusdem mensis 6. A.
D. 1066. triumphatisque hostibus, Londini in die dominicæ nativitatis
Rex ab omnibus acclamatur, & ab _Aldredo_ Archiepiscopo Eboracensi regni
insignitur diademate. Posthinc _Conquester_ dictus est vulgariter.


                                            [Marge: _Ignitegii
                                            Institutio._]

Clandestinis malefidus conventiculis novas siquidem parituris
molitiones, edicto cavit, ut pulsata ad horam noctis octavam campana,
focus ubique obrueretur (_Curfu_, i. e. _Couerfeu_ vocant, Latine
_Ignitegium_) lumen extingueretur, & solutis concessibus singuli se
quieti reciperent. Firmato autem apud successores regno, Hen. I. legem
hanc ademit. Vid. Chartam Wil. Conq. Ecclesiæ Divi Pauli de 12 hidis
quos _Ethelbertus_ dedit, &c. & Chart. ipsius Ethelberti, _Stow_, p. 77.
A. D. 603. in tit. _East-Saxons_.

                                            [Marge: _Cervum capientis
                                            poena._]

_Cervum vel Capreolum capienti, oculi eruebantur[82]; nec fuit qui his
se opponeret legibus: amabat enim ferus Rex feras, quasi pater
ferarum._[83]

                                            [Marge: _Militum creandorum
                                            nova ratio._]

     [Note 82: _Matt. Paris, anno 1085._]

     [Note 83: Quelle différence entre ce portrait du Conquérant
     & celui qu'en fait Rapin de Thoiras! Ceci prouve que dans le
     milieu du siecle dernier tous les sçavans Anglois n'étoient pas
     Philosophes.]

_Militum_ creandorum mutavit formulam[84], Anglicam illam exosam habens.
Anglorum quippe consuetudo fuit, ut militiæ consecrandus, vespere
præcedente, apud Episcopum, Abbatem, Monachum, vel Sacerdotem aliquem,
sua confessus peccata, noctem totam contritione & orationibus in
Ecclesia perageret, missamque crastino audiens, gladium ad altare
offerret. Evangelio finito, sacratum jam gladium collo Militis cum
benedictione imposuit Sacerdos, perceptumque Eucharistiam, Militem
dimisit legitime consecratum. Hic quem _Guilielmus_ sprevit, mos
Anglorum; sed _quem substituit, non satis elucet_. _Forsan aliis
prætermissis ceremoniis, militari baltheo candidatum cingere[85]._

     [Note 84: _Ingulphus., pag. 901._]

     [Note 85: Britton donne, chap. 68, la forme de l'hommage dû
     pour ces deux sortes de Chevaliers.]

                                            [Marge: _Jura Feodalia &
                                            Tenury._]

_Jura Feodalia_ & _Tenurarum_ (quibus hodie conterimur) disciplinam a
_Longobardis_ petitam introduxit: _Wardiam_, _Maritagium_, _Relevium_,
_Homagium_, _Fidelitatem_, _Estuagium_, & _Tenuram_ (quam vocant) per
_Servitium Militare_. Saxonibus enim hæc incognita, si regulas
respexeris a Littletono traditas: suas tamen habuisse servitutes
militares nemo dubitet, quo proficisci tenebantur in exercitum Domino
evocante _Herebergare_, id est alias, castrametari. _Poena detrectantis_
& subducentis se ab exercitu.

_Clypeum ferre in exercitu_; Normannis scutagium. _Collatio pecuniæ ad
alendum exercitum, alias Hereotum, id est, præstatio armorum vel
alicujus militaris supellectilis ad præsidium Domini, vassalo moriente,
& id genus alia._[86] E quibus nullum à Jurisconsultis nostris servitium
habeatur militare, quod _Wardiam_ & _Maritagium_, prout hodie solet, non
afferebat. Hinc terræ, quæ tenentur de maneriis in antiquo dominico
Regis, in libris juridicis dicuntur teneri omnes in _Socagio_[87]:
propterea quod maneria illa, tempore quo confectus erat Liber Domesdei,
fuisse deprehenduntur in manibus Regis Edouardi Confessoris, a quo nemo
in illis tenuit per servitium militare.

     [Note 86: Tout cela n'a aucun rapport aux Loix Normandes:
     1º. les Seigneurs, dont les Loix Saxones parlent, avoient le
     droit d'assembler les hommes de leur Province pour les mener au
     combat; mais ce n'étoit point parce que ces hommes tenoient des
     fonds de ces Seigneurs, qu'ils étoient obligés de les suivre.

     2º. J'ai fait voir ailleurs la différence qu'il y a entre
     l'_Hériet_ & le _Relief_.

     3º. Quant à l'Escuage, que Spelman croit trouver chez les
     Saxons, on pourroit également le trouver établi chez les Grecs:
     ils avoient des Ecuyers.]

     [Note 87: _Fitzh. fol. 11 & fol. 16._ E.]

                                            [Marge: _Forinsecum
                                            servitium._]

Sub Conquestu etiam fuit adinventum (ut ex Bractono[88] liquet)
_Servitium forinsecum_, alias extrinsecum & regale, i. e. servitium quo,
ex ratione tenementorum non personæ, quispiam tenetur Regi militare. Et
dicitur forinsecum & extrinsecum, non quod extra regnum faciendum sit,
quod aliquando tamen accidat; sed quod extra servitium Domino feodali
debitum (quod intrinsecum vocant) Regi sit præstandum: Ideo (inquit)
dici possunt forinseca servitia, quia pertinent ad Dominum Regem, & non
ad Dominum capitalem, nisi cum in propria persona profectus fuerit in
servitio, &c. vel nisi, &c. De hoc vide plura apud eundem.

     [Note 88: _Bract. lib. 2. cap. 16, n. 7._]

                                            [Marge: _Relevia ad placitum
                                            Regis gravissima._]

_Hæredes_ tenentium in capite, non justo & legitimo relevio, sed gravi
redemptione terras suas e manibus Regis suscipiunt: quod Henricus I.
sustulit, Chart. Libertat. Angl. cap. XIV.

Delinquentes etiam non secundum modum delicti, _sed ad decoctionem
facultatum suarum ex arbitrio Regis plectebantur_[89].

     [Note 89: Ceci est contraire à l'art. 62 de la seconde
     Addition faite par le Conquérant aux Loix d'Edouard.]

                                            [Marge: _Etiam a Comitibus,
                                            præter Herefordenses,
                                            imposita._]

Exemplo _Regis_ sævitum etiam est a _Comitibus_ (penes quos & forum
Comitatus fuit, & totius Comitatus administratio) in pagenses suos: adeo
ut in quibusdam provinciis, ob parvam occasiunculam in transgressione
præcepti herilis, 20 vel 25 solidi pendebantur; ut refert
Malmesberius[90]. Hoc vero indignatus _Guilielmus_ filius _Osberni_
Comes _Herefordiæ_, qui Normanniæ Ducem ad oppugnandam Angliam ante
alios omnes maxime incitaverat juveratque, legem inter suos tulit
_Herefordenses_; ut nullus miles, pro qualicunque commisso, plus 7.
solidis solveret.

     [Note 90: _Malmes. in Wil. I, pag. 105._]

_Mulctarum_ autem asperitatem ademit postea _Henricus_ I. ut infra
videris in Charta sua Libertatum Angliæ.

                                            [Marge: _Chartæ._]

_Instrumenta_, quibus transferuntur[91] prædia breviori methodo, & multo
magis concinna, quam Saxonica, exhibuit: & Chartæ jam inde, non ut antea
Chirographa appellantur: nec vernaculo, ut apud plerunque Saxones, sed
Latine conscribuntur, Warrantiæ clausulam prius haud notam continentes.

     [Note 91: _Ingulph. 901._]

                                            [Marge: _Sigilla._]

Introducitur jam & _Sigillorum_ ratio[92], Saxonibus non in usu. Saxones
enim crucibus sæpe aureis & sacris aliis signaculis (quæ interdum
_Thaumata_ appellabant) sua subscriptis Chirographa confirmarunt,
testium adhibentes magnam multitudinem, quam Normanni contraxerunt.
Reperio tamen Saxonum aliquot Reges, nempe Edouardum Confess. &
superiori ævo Edgarum, sigillis usos esse.

     [Note 92: _Ingulph. ibid._]

                                            [Marge: _Traditio Saisinæ._]

Et cum Saxones traditione gladii Domini sui, galeæ, cornu, crateræ,
calcaris, strigilis, arcus, interdum & sagittæ, prædia cederent absque
scripto; Normannis potius fuit per chartam facere, cessionemque
prædiorum traditione cespitis, domorum annulo ostii testificare. Mos
uterque in lege valet feodali, sed hæc investitura propria dicitur, illa
impropria: sub initio tamen Guilielmi Conq. in usu mansit, annis vero
posterioribus ire coepit in desuetudinem.

                                            [Marge: _Angli spreti._]

_Normanni_ autem tantum tunc (inquit _Ingulphus_)[93] Anglicos abominati
sunt, ut quantocunque merito pollerent, de dignitatibus pellerentur: &
multo minus habiles alienigenæ, de quacunque alia natione quæ sub coelo
est, extitissent, gratanter assumerentur. Et ipsum etiam idioma tantum
abhorrebant, quod leges terræ, statutaque Anglicorum Regum, lingua
_Gallica_ tractarentur, instituit.

                                            [Marge: _Idiomatis & linguæ
                                            mutatio._]

     [Note 93: _Ingulph. ibid._]

                                            [Marge: _Pueros Gallice
                                            docendos._]

Et pueris etiam in scholis principia literarum Grammatica, Gallice & non
Anglice traderentur. De hoc _Robertus Halkot_ Dominicanus, qui obiit 14.
E. III. Narrant historiæ, quod cum Willielmus Dux Normannorum regnum
Angliæ conquisivisset, deliberavit quomodo linguam Saxonicam posset
destruere & Angliam & Normanniam in idiomate concordare: Et ideo
ordinavit, quod nullus in curia Regis placitaret, nisi in Gallico: &
iterum, quod puer quilibet ponendus ad literas addisceret Gallicam, &
per Gallicam Latinam, quæ duo hodie observantur. Ut modus etiam
scribendi Anglicus omitteretur, & modus Gallicus in chartis & in libris
omnibus admitteretur.

                                            [Marge: _Cognomina
                                            introducta._]

Introducuntur jam etiam nomina _gentilitia_, quæ & _Cognomina_
appellantur. Hactenus enim Angli, more Græcorum & Germanorum, simplici
usi sunt nomine, atque hoc in baptismate imposito. Licet enim nonnulli
apud Saxones alias reperiantur binomines, ut _Edgar Etheling_, _Edmundus
Ironside_, _Osgat Clappa_, & hujusmodi; de more tamen hoc non factum
est, sed ab insigni quopiam accedente. Post adventum autem Normannorum
cooptare coeperunt sibi cognomina, alii a loco suæ habitationis (ut
nobiliores plurimi) alii ab officio, professione, artificio, ministerio;
alii ab animæ corporisve qualitatibus, & quibusdam notis, &c. quæ omnia
licet primo essent personalia, & individuo cuipiam contingentia;
paulatim tamen ad sobolem transiere, factaque demum sunt gentilitia.

                                            [Marge: _Et Arma
                                            gentilitia._]

Hoc item seculo (incertum sub quo Rege) _emicare coeperunt insigniendi
Symbola_, quæ _Arma vocant_: primoque (ut Cognomina) tantummodo fuisse
personalia, sed ad filios cum patris armatura postea delata, eveniunt
tandem _gentilitia_.

In re Ecclesiæ hæc de novo instituit etiam[94] _Guilielmus_ I.

     [Note 94: _Eadmer. Monac, pag. 6._]

                                            [Marge: _Papam non
                                            suscipiendam, nisi Rege
                                            approbante._]

Ut nemo in omni dominatione sua constitutus, Romanæ urbis Pontificem,
pro Apostolico (id est, Papa legitimo) nisi se jubente, reciperet; aut
ejus literas, si primitus ei non ostensæ fuissent, susciperet.

                                            [Marge: _Nec Constutitiones
                                            Archiepiscopi._]

Primatem regni sui, Archiepiscopum _Cantuariensem_ seu _Dorobernensem_,
si coacto generali Episcoporum consilio, præsideret, Rex non sinebat
quicquam statuere, aut prohibere, nisi quæ suæ voluntati accommoda, & a
se primo essent ordinata.

                                            [Marge: _Nec Barones
                                            plectendos ab Episcopis._]

Nulli--Episcoporum suorum concessum iri permittebat, ut aliquem de
Baronibus suis seu Ministris, sive incesto, sive adulterio, sive aliquo
capitali crimine denotatum, publice nisi ejus præcepto implacitaret, aut
excommunicaret, aut ulla Ecclesiastici rigoris poena, constringeret.

                                            [Marge: _Rex Guil.
                                            crudelis._]

Erat humilis Dei servientibus[95], durus sibi resistentibus. Posuerat
namque Consules & Principes in carcerem; Episcopos & Abbates
possessionibus suis privaverat; fratri quoque non pepercerat, nec erat
qui resisteret.

     [Note 95: _Hunting. pag. 371._]

Auferebat quoque potentissimis etiam auri & argenti millia.

Ad castella solus omnes fatigabat construenda.

                                            [Marge: _Poena Cervum
                                            capientis._]

Si cervum caperent[96] aut aprum, oculos eis evellebat, nec erat qui
obmurmuraret. Amavit autem feras tanquam pater esset earum, &c.

     [Note 96: _Hoc & Matt. Par. pag. 11._]

                                            [Marge: _Poena homicidæ._]

Si aliquis quempiam quacunque de causa peremisset, capitali subjacebat
sententiæ.

                                            [Marge: _Poena
                                            oppressoris._]

Si aliquem vi oppressisset genitalibus privabatur armis.

                                            [Marge: _De Terminis
                                            Juridicis, & duodecim virali
                                            Judicio._]

Quoad illa quæ _Polydorus_ asserit; pacis Justitiarios, & dierum
Juridicorum distinctiones, _Terminos_ appellatas, examenque per xii
Juratores, quod is terribile duodecimvirale Judicium vocat, a
_Conquestore_ fuisse instituta, _fallit sine dubio vehementer_[97].
_Justitiarios_ enim istos ante imperium _Edouardi_ III. id est, duobus
annis serius, initium accepisse, in _Archæologo_ nostro clarum fecimus.
_Terminos_ autem multo ante ingressum _Conquestoris_, e scitis Canonum
(quæ Episcopum non laterent) oriundos, vim a _Danis Saxonicisque_
Regibus consecutos esse, monstrant foedus _Edouardi_ senioris &
_Guthruni_; synodus _Ænhamensis_ sub _Ethelredo_; & Leges _Canuti_ &
_Edouardi_ Confessoris c. 3. Duodecimviralem primo _Juratam_
Anglo-Saxonibus innotuisse, evincunt sub Ethelredo Rege Senatus
_Vanetingensis_, cap. 4. & _Consulium de Monticolis Walliæ_, cap. 3.
Licet etiam _Guilielmus_ Conquestor statim post subactam Angliam XII
Juratores e singulis Comitatibus ad leges patrias inquirendas
dictandasque conscribi faceret: in criminosis tamen decernendis vix
usquam reperiri puto aut eum successoremve ejus aliquem ante _Henricum_
II. duodecemvirale judicium exercuisse, rarius equidem & ipsos Saxones.
Frequentissimum enim sub his seculis examen fuit, id quod judicium Dei
appellabant, hoc est, Ordalium aliaque sortilegia, _in quibus Normannis
nostris summopere Duellum placuit, ipsis & Glanvilla nostra Legem
apparentem nuncupatum_.

     [Note 97: Avant le Conquérant, les questions se décidoient
     par des Jurés, mais avec des formalités bien différentes de
     celles que ce Prince prescrivit après la Conquête. _Voyez_
     Arth. Duck. L. 2, nº 26, pag. 318.]

_Hic sequuntur in MS. Spelmanno Chartæ Regis Willielmi Conquestoris de
quibusdam statutis, ex Rub. Libr. Scacc. fol. 162._

                                            [Marge: _Charta R. Guil. de
                                            Legibus Edov. Regis._]

_Charta Regis Willielmi Conquest. de Legibus boni Regis Edouardi Conf.
stabiliendis; facta in vit. ante An. ejus 4. Domini nostri 1070,
precibus Willielmi London. Episcopi, qui dicto anno obiit._

_Willielmus_ Rex salutat _Willielmum_ Episcopum & Godfridum
Portegresium, & omnem[A] Burghware infra London. Franc. & Angl.
amicabiliter: Et vobis notum facio, quod ego volo quod vos sitis omni
lege illa digni, qua fuistis _Edwardi diebus Regis_[98].

                                            [Marge A: Burgi Barones.]

     [Note 98: On ne suivoit donc plus les Loix d'Edouard dans
     toute l'Angleterre, puisqu'il falloit une confirmation
     particuliere de ces Loix pour que certains lieux continuassent
     d'en faire usage.]

Et volo quod omnis puer sit patris sui hæres post diem patris sui. Et
ego nolo pati, quod aliquis homo aliquam injuriam vobis inferat. Deus
vos salvet. Leges has _Edwardi_ Confessoris, ut hic charta stabilivit
Willielmus Conq. Sic & solenni jurejurando confirmavit super omnia sacra
in Ecclesia Sancti _Albonis_, Frederico ejusdem loci Abbate, hoc
ministrante. Chro. 10. col. a. nu. 20. sub anno 1072. Neutri autem
stetisse ex historiis liquet; facta autem est hæc Charta ante an. 4.
_Guilielm. Conq._ nam Willielmus Epis. obiit anno 1070, & annus ejus 4
incepit 14 Octob. 1070.

                                            [Marge: _Concilium
                                            Wintoniæ._ A.D. 1070. _Reg.
                                            3._]

_Concilium Wintoniæ in quo præsente Willielmo Rege & Alexandri II. Papæ
legatis, Stigandus Archiepiscopus Cantuariæ & multi alii Episcopi &
Abbates a sedibus suis ejiciuntur._

                                            [Marge: _Episcopos ejectos
                                            perpetuo carceri
                                            emancipat._]

Anno 1070 (3 Guiliel. I.) Concilium magnum in Octavis Paschæ _Wintoniæ_
celebratum est[99], jubente & præsente Rege _Guilielmo_, Domino
Alexandro Papa consentiente & per suos Legatos Carmenfredum Sedunensem
Episcopum, & Presbyteros Johannem & Petrum Cardinales Sedis Apostolicæ,
suam authoritatem exhibente. In hoc degradatur _Stigandus_
Archiepiscopus Cantuariæ, tribus de causis. 1. Quod Episcopatum
_Wintoniæ_, cum Archiepiscopatu injuste possideret. 2. Quod exulante
_Roberto_ Archiepiscopo sed non exauctorato, ejus Archiepiscopatum
sumpserat, pallioque Cantuariaæ remanente, in missarum celebratione
aliquandiu usus esset. 3. Quod a _Benedicto_ quem S. Romana Ecclesia
excommunicaverat, quod Sedem Apostolicam pecuniis invaserat, pallium
postea accepisset. Multi præterea degradati sunt Episcopi & Abbates quos
nec Ecclesiæ Canones, nec Leges seculi, nec causa evidens damnabat. Sed
urgente hoc Rege calido, ut diminuta Anglorum potentia, familiares suos
& Normannos induceret regni primordia firmaturos. Ejectos perpetuo
mancipavit carceri, ne mutationes molirentur liberi; & in hoc se tueatur
ut apud Virgilium Dido.

     [Note 99: _Flor. Wigor. Hov. p. 453, Wals. p. 432._]

_Res dura & Regni novitas me talia cogunt._

                                            [Marge: _1072. Concil.
                                            Windesoriæ._]

Anno ab incarnatione Domini nostri _Iesu Christi_[100] millesimo
septuagesimo secundo, Pontificatus autem Domini Papæ _Alexandri_
undecimo, Regni vero _Willielmi_ gloriosi Regis Anglorum & Ducis
Normannorum sexto; ex præcepto ejusdem Alexandri Papæ annuente eodem
Rege in præsentia ipsius Episcoporum atque Abbatum, ventilata est causa
de primatu quem Lanfrancus Dorobernensis Archiepiscopus super
Eboracensem Ecclesiam jure suæ Ecclesiæ proclamabat. Alio tempore
_Wolstanus_ in Consilio Wintoniæ coacto, Rege _Willielmo_ jubente &
_Alexandro_ Papa consentiente possessiones plurimas sui Episcopatus die
v. contra Tho. Eboracens. Archiep. dirationatur in Conc. Pedredæ coram
Rege & Archiep. Cantuar. atque Primatibus totius Regni adjudicantibus
terminatur pro Ulstano.

     [Note 100: _Malm. pag. 117. Mat. Par. ibid. pag. 7._]

                                            [Marge: A.D. 1070 _&_ 1071.]

_Rex colligi facit Leges Regni antiquas._

                                            [Marge: XII. _Inquisitores e
                                            singulis eliguntur
                                            Comitatibus._]

_Willielmus_ Rex quarto anno regni sui, consilio Baronum suorum, fecit
summoneri[101] per universos consulatus Angliæ, Anglos nobiles &
sapientes, & sua Lege eruditos, ut eorum & jura _& consuetudines ab
ipsis audiret_. Electi igitur de singulis totius patriæ comitatibus viri
XII jurejurando confirmarunt primo.

     [Note 101: _Hoved. an. 1180, pag. 601. Archæon. fol. 126,
     b._]

                                            [Marge: _Eorum
                                            Sacramentum._]

Ut quoad possent recto tramite, neque ad dextram neque ad sinistram
partem divertentes Legum suarum consuetudinem & sancita patefacerent;
nil prætermittentes, nil addentes, nil prævaricando mutantes.

                                            [Marge: _Incipiunt a Legibus
                                            Ecclesiæ._]

A Legibus itaque sanctæ matris Ecclesiæ sumentes exordium, quoniam per
eam Rex & Regnum solidum habent subsistendi fundamentum, Leges
libertatis & pacis ipsius concionati sunt, dicentes, &c.[102] prout
extant apud _Hovedenum_ in an. Dn. 1180, pa. 601, & in _Archæonom. Guil.
Lambardi_, pa. 126, vel quæ fonti magis videantur congruæ, exoleto illo
Normannorum idiomate ab _Ingulpho_ Saxone coætaneo traditæ, _ut hic
sequuntur_,[103] _tenore admodum dispari_. Sed Ingulphum ipsum prius
audi, e MS. codice Croilandensi.

     [Note 102: Il s'agit ici des Loix d'Edouard, que le
     Conquérant abolit insensiblement, comme je l'ai dit.]

     [Note 103: Spelman devoit, sans doute, donner une nouvelle
     édition des Loix d'Edouard en meme-temps qu'il auroit fait
     servir comme de Préface à ces Loix le présent Traité.]

                                            [Marge: A. D. 1070 _Rex
                                            thesauros Ecclesiæ
                                            diripit_.]

Anno Dom. 1070, Rex _Willielmus_ pessimo usus consilio, omnia Anglorum
Monasteria auro spolians & argento, insatiabiliter appropriavit; & ad
majora sanctæ Ecclesiæ opprobria, calicibus & feretris non pepercit.

     [Note 104: _Mat. Par. ibid. pag. 7._]

                                            [Marge: _Servitia militum
                                            Ecclestiasticis imponit._]

Episcopatus quoque & Abbatias omnes[105] quæ Baronias tenebant, &
eatenus ab omni servitute seculari libertatem habuerant, sub servitute
statuit militari, inrotulans[A] singulos Episcopatus & Abbatias pro
voluntate sua[106], quot milites sibi & successoribus suis, hostilitatis
tempore, voluit a singulis exhiberi. Et rotulos hujus Ecclesiasticæ
servitutis ponens in thesauris, multos viros Ecclesiasticos huic
constitutioni reluctantes, a regno fugavit. Sub hac tempestate Stigandus
Cantuariensis Archiepiscopus, & Alexander Lincolniensis, facto ad Scotos
diffugio, moram ad tempus fecerunt ibidem. Solus inter omnes Angliæ
prælatos, Egelwinus Dunelmensis Episcopus exul & proscriptus, zelum Dei
habens, excommunicavit universos Ecclesiæ invasores, & rerum
Ecclesiasticarum raptores.

     [Note 105: _Ibid. & V. Charta. Ex Wilston. § 4 supra._]

                                            [Marge A: _Involutans._]

     [Note 106: En cela le Conquérant suivoit les Loix de
     France. Il y a plusieurs rôles des services que devoient les
     fonds possédés par les Ecclésiastiques dans les Capitulaires.]

                                            [Marge: _Temporum ad idem
                                            recursus._]

Anno 1073[107], Henrici Imp. 17. omnia juxta cursum _Solis_ & _Lunæ_
habentur, sicut in anno 15 _Tiberii_ in quo baptizatus est Dominus i.
dies baptismatis 8. Idus _Januarii_ die dominico _Epiphaniæ_ & secunda
feria initium jejunii ejus 40 diebus. A baptismate itaque Domini in anno
15 _Tiberii_ hucusque duo magni _cycli_, hoc est, 1064 anni.

     [Note 107: _Fl. Wig. Hoved._]

                                            [Marge: _Prima decollatio
                                            magnatum._]

An. 1075, 1. Guilielmi I. _Waltheofus_ Comes cum Radulpho Comite
Estangliæ, multisque aliis principibus in Regem conjuratus licet
poenitentia ductus eum festinanter adiit in Normannia & rem omnem
pandens misericordiam petiisset, suprema tamen sententia damnatus est, &
Anglorum omnium primus (quod sciam) capite mulctatus. Hov. ibid. Flor.
Wig. ibid. & præc.

                                            [Marge: _Hidagium._]

An. 1084, de unaquaque hida[108], per Angliam VI solidos accepit Mat.
Par. pa. 10. hoc rejicit ad an. 1083, & factum ait post descriptionem
Angliæ tunc a Justitiariis ad hanc emissis compositam.

     [Note 108: _Flo. Wig. ibid._]

                                            [Marge: _Domesdei liber
                                            agrarius conditur._]

An 1086, Articulatim describi fecit totam Angliam quantum terræ quisque
Baronum suorum possidebat, quot feodales milites, quot carucas, quot
Villarios, quot Animalia, imo quantum vivæ pecuniæ quisque haberet in
omni regno suo a maximo usque ad minimum, & quantum redditus quæque
possessio reddere poterat, & vexata est terra multis cladibus inde
provenientibus. Componebatur hæc descriptio in duo volumina quæ ex
prisco nomine _Domesday_ hodie nuncupantur: Sed desideratis Comitatuum
enarrationibus. Vide _Præf. Eadmeri_.

                                            [Marge: _A. D. 1084. Filium
                                            juniorem militem facit._]

Anno Domini 1084,[109] Rex Anglorum Willielmus, in _Pentecostes_ festo,
apud _Westmonasterium_ Henricum filium juniorem cingulo militari
donavit.

     [Note 109: _Mat. Par. ibid. Flo. Wig. in an. 1086._]

                                            [Marge: _Homagium
                                            fidelitatem & pecuniam ab
                                            omnibus exigit._]

Deinde (_Searesbiriæ_ die Calendar. Aug an. 1086, inquit _Florent._)
cepit _homagia_ hominum totius Angliæ[110], & _juramentum_ fidelitatis,
cujuscunque erant feodi vel tenementi, & extortis magnæ _pecuniæ_
copiis, ab omnibus promiscue, sive per fas, sive per nefas, in
Normanniam transfretavit.

     [Note 110: _Mat. Par. ibid. Flo. Wig. in an. 1086._]

                                            [Marge: _Telonia &
                                            Consuetudines iniquæ
                                            exoriuntur._]

Anno Domini 1085,[111] cum jam Dei voluntatem super Anglorum Gentem
_Normanni_ complevissent, nec aliquis princeps de genere Anglorum
superesset in regno, omnesque in moerorem & servitutem redacti fuissent,
ita ut Anglum vocari foret Opprobrio: pullulaverunt in Anglia _telonia_
iniqua & _consuetudines_ pessimæ, & quanto magis principes decernebant
de recto & justitia tanto magis fiebat injuria.

     [Note 111: _Mat. Par._]

                                            [Marge: _Cervum capientis
                                            poena._]

_Cervum_ vel _Capreolum_[112] vel _aprum_ (inquit Hoved.) capienti oculi
eruebantur, nec fuit qui his se opponeret Legibus, &c. Florent. in an.
1087, ait eum morientem graviter de his poenituisse.

     [Note 112: _Hoc Hoved. supra._]

                                            [Marge: _Castrorum
                                            structura._]

Ad _Castra_ quoque construenda, Rex antecessores suos omnes superabat.

Circa an. Domini 1085, 2, 18 & 19, Guiliel. R.

Item lib. MS. Arch. _Cant._ hæc in fine chartæ prædictæ adjungit. Tenor
hujus chartæ est in Anglico de verbo ad verbum in eadem charta, &
continetur in registro Epis. London.

                                            [Marge: _Manerium Lestona
                                            Episcopo Lincoln. dat._]

Concedo (Rex Guil. Conq.) eidem Ecclesiæ (Lincoln.) manerium quoddam
quod vocatur _lestona_ quodque _Waldenus_ Comes dudum per manum meam
dicto Episcopo dederat. Et quoddam alterum quod dicitur Waburne quod
sibi olim cum Episcopali baculo concesseram ibid. m. 13. nu. 5. Teste L.
Archiep. & E. Vicecom.

Decreta D. Lanfranci pro Ordin. S. Benedic. ex antiq. in Ecclesiæ
Christi Cantuar. in palatio Dunelmensi Londini Apostolat. Benedict. pa.
211, &c. usque pa. 253. ubi dicitur finis Statutorum D. Lanfranci.
Incipiunt, _Lanfrancus_ indignus Ecclesiæ Dorobernensis antistes
dilectissimis fratribus suis, &c. & continent 25 capita.

Cum autem ingravescente ægritudine[113] diem mortis sibi imminere
sensisset (Guilielmus I.) fratrem suum _Odonem_ Barocensem Episcopum,
Comites _Morcarum_, & _Rogerum_, _Siwardum_ cognomento Baro, &
_Walnothum_ Regis _Haraldi_ germanum (quem a pueritia tenuerat in
custodia) & omnes quos vel in Anglia vel in Normannia custodiæ
manciparat, laxavit.

     [Note 113: _Flo. Wig. in. an. 1087. Hunting. pag. 37.
     partim._]

Dein filio suo _Guilielmo_ regnum tradidit[114] Angliæ; & _Roberto_
filio suo primogenito, qui tunc exulabat in _Francia_, Comitatum
concessit _Normanniæ_; Henrico tertio filio thesauri copiam.

     [Note 114: _Fl. Wig. ibid. & Hunting. 371._]

Et sic coelesti munitus viatico[115], postquam XX. annis, mensibus X &
XVIII diebus, genti Anglorum præfuit, quinto Iduum Septembris die regnum
cum vita perdidit, & Cadomi in Ecclesia S. Stephani protomartyris quam
ipse a fundamentis struxerat, bonisque ditaverat, sepultus requiescit.

     [Note 115: _Fl. Wig. ibid._]

An. Dn. 1086, Rex in Hebdomada Pentecostes filium suum Henricum armis
militaribus honoravit. Nec multo post mandavit ut Archiepiscopi,
Episcopi, Abbates, Comites, Barones, Vice-comites, cum suis militibus
die Calendarum Augustarum sibi occurrerent Saresbiriæ. Quo cum
venissent, milites illorum sibi fidelitatem contra omnes homines jurare
coegit. Sed hoc magis perspicue reddit codex quidam MS. in hunc modum.
Eodem anno (scil. 1086.) Rex filium Md addere alicubi Relaxationem quam
Guilielmus I. fecit de Danigeldo nisi propter inopinatos casus, e
_Nigro lib. Saccarii_, V. locum in _Glossar._ nostro in verbo
_Danigeldum_.

Suum Henricum armis militaribus honoravit, & convocatis magnatibus terræ
& Archiepiscopis, & Episcopis, Abbatibus, & eorum militibus eidem filio
fidelitatem jurari fecit. Cogitaverat enim Rex transfretare, & in anno
sequenti cogitatum implevit.

De placito apud _Pinendenam_ inter _Lanfrancum_ Archiepiscopum &
_Odonem_ Baiocensem Episcopum. Tempore[116] magni Regis Willielmi qui
Anglicum regnum armis conquisivit, & suis ditionibus subjugavit,
contigit Odonem Baiocensem Episcopum, & ejusdem Regis fratrem multo
citius quam Lanfrancum Archiepiscopum in Angliam venire, atque in
Comitatu de Chent cum magna potentia residere, ibique potestatem non
modicam exercere. Et quia illis diebus in Comitatu illo quisquam non
erat qui tantæ fortitudinis viro resistere posset, propter magnam quam
habuit potestatem, terras complures & Archiepiscopatum Cantuariæ &
consuetudines nonnullas sibi arripuit atque usurpans suæ dominationi
ascripsit. Postea vero non multo tempore contigit præfatum Lanfrancum
Cadomensis Ecclesiæ Abbatem jussu Regis in Angliam quoque venire atque
in Archiepiscopatu Cant. Deo disponente totius Angliæ Regni Primatem
sublimatum esse. Ubi dum aliquandiu resideret & antiquas Ecclesiæ suæ
terras multas sibi deesse inveniret, & suorum negligentia antecessorum
illas distributas atque distractas fuisse reperisset, diligenter
inquisita & bene cognita veritate, Regem quam citius potuit & non pigre
inde requisivit. Præcepit ergo Rex Comitatum totum absque mora considere
& homines comitatus omnes Francigenas & præcipue Anglos in antiquis
Legibus & consuetudinibus peritos in unum convenire qui cum convenerunt
apud Pinendenam omnes pariter consederunt. Et quam multa placita de
diratiocinationibus terrarum & verba de consuetudinibus Legum inter
Archiepiscopum & prædictum Baiocensem Episcopum ibi surrexerunt & etiam
inter consuetudines Regales & Archiepiscopales quæ prima die expedire
non potuerunt ea causa totus Comitatus per tres dies fuit ibi detentus.
In illis tribus diebus dirationavit ibi Lanfrancus Archiepiscopus plures
terras quas tunc ipse Episcopus & homines sui tenuerunt, viz. Herbertus
filius Moins, Turold de Rover. Radulphus de curva Spina, _Hugo de monte
forti_, & alii plures de hominibus suis cum omnibus consuetudinibus &
rebus quæ ad easdem terras pertinebant super ipsum Baiocensem Episcopum,
& super ipsos prædictos homines illius & alios sc. Declinges, Estoces,
Prestetuna, Daintuna, & multas alias minutas terras, & super Hugonem de
Monteforti dirationavit Hocinges & Brocet. _scilicet Raculf Sandivir,
Rateburge, Rodetune, Monasterium de Limnige, cum terris &
consuetudinibus ad ipsum Monasterium pertinentibus, Saltwde cum burgo
Hethe ad Saltwde pertinente, Langpor, Niwendenne, Roking, Decling,
Prestetune, Broche, Sunderherste, Earhethe, Orpintune, Emsforde, quatuor
prebendas de Niwentune, Stokes & Denmtune. In Suthreia favente Rege
Willielmo dirationavit ipse Archiepiscopus Marcelache. In London
Monasterium sanctæ Mariæ cum terris & domibus quas Lunng. presbyter &
uxor illius habuerunt. In Midlesexe Hergas Heisam. In Bochingehamshire
Risebergam Haltune. In Oxenefordsire Niwentune. In East sexe Stistede.
In Sutfolchia Frakenham._ Item super Radulphum de curva spina LX
solidatas de pastura in Grean. Et omnes illas terras & alias
dirationavit cum omnibus consuetudinibus & rebus quæ ad easdem terras
pertinebant ita liberatas atque quietas, quod in illa die qua ipsum
placitum finitum fuit, non remansit homo in toto regno Angliæ, qui
aliquid inde calumniaretur, neque super ipsas terras etiam pravum
quicquam clamaret. _Stokes vero & Denmtune & Frakenham reddidit Ecclesiæ
sancti Andreæ, quia de jure ipsius Ecclesiæ antiquitus fuerunt._ Et in
eodem placito non solum istas prænominatas & alias terras, sed & omnes
libertates Ecclesiæ suæ, & omnes consuetudines suas renovavit &
renovatas ibi dirationavit. Soca, Saca, Toll, Team, Flymenafyrmthe,
Grithbreche, Foresteall, Haunfare, Infangennetheof, cum omnibus aliis
consuetudinibus paribus istis, vel minoribus istis in terris & in aquis,
in sylvis, & in viis & in pratis, & in omnibus aliis rebus infra
civitatem & extra, infra burgum & extra, & in omnibus aliis locis. Et
ab omnibus illis probis & sapientibus hominibus, qui affuerunt, fuit ita
ibi diraciocinatum, & etiam a toto comitatu concordatum atque judicatum,
quod sicut ipse Rex tenet suas terras omnino liberas & quietas in suo
dominio, ita Archiepiscopus Cant. tenet suas terras omnino liberas &
quietas in suo dominio. Huic placito interfuerunt Goiffridus Episcopus
Constantiensis, qui in loco Regis fuit, & justitiam illam tenuit;
Lanfrancus Archiepiscopus, qui, ut dictum est, placitavit, & totum
diraciocinavit; Comes Cantiæ, videlicet prædictus Odo Baiocensis
Episcopus; Ernestus Episcopus de Rover; Aegelricus Episcopus de
Cicestria, vir antiquissimus & legum terræ sapientissimus, qui ex
præcepto Regis advectus fuit ad ipsas antiquas legum consuetudines
discutiendas & edocendas in una quadriga; Richardus de Tunebregge; Hugo
de Monte forte; Willielmus de Arces; Haymo Vicecomes; & alii multi
Barones Regis & ipsius Archiepiscopi, atque illorum Episcoporum homines
multi; & alii aliorum comitatuum homines etiam cum toto isto comitatu,
multæ & magnæ authoritatis viri, Francigenæ scilicet & Angli. In horum
omnium præsentia multis & apertissimis rationibus demonstratum fuit,
quod Rex Anglorum nullas consuetudines habet in omnibus terris Cant.
Ecclesiæ, nisi solummodo tres. Et illæ _tres_, quas habet,
_consuetudines_, hæ sunt. _Una_, si quis homo Archiepiscopi effodit
illam regalem viam, quæ vadit de civitate in civitatem; _altera_, si
quis arborem incidit juxta regalem viam, & eam super ipsam viam
dejecerit; de istis duabus consuetudinibus qui culpabiles inventi
fuerint atque detenti, dum talia faciunt, sive vadimonium ab eis
acceptum fuerit, sive non, tamen in secutione ministrorum Regis & per
vadimonium emendabunt quæ juste emendanda sunt. _Tertia_ consuetudo
talis est, si quis in ipsa regali via sanguinem fuderit, aut homicidium
vel aliud aliquid fecerit, quod nullatenus fieri licet, si dum hoc facit
deprehensus atque detentus fuerit, Regi emendabit. Si vero deprehensus
ibi non fuerit, & inde absque vade data semel abierit, Rex ab eo nichil
juste exigere poterit. Similiter fuit ostensum in eodem placito, quod
Archiepiscopus Cant. Ecclesiæ in omnibus terris Regis & Comitis debet
multas consuetudines juste habere. Etenim ab illo die quo clauditur
_Alleluya_ usque ad Octavas Paschæ, si quis sanguinem fuderit,
Archiepiscopo emendabit; & in omni tempore, tam extra Quadragesimam quam
infra, quicunque illam culpam fecerit quæ _Childwite_ vocatur,
Archiepiscopus aut totam aut dimidiam emendationis partem habebit. Infra
Quadragesimam quidem totam, & extra, aut totam, aut dimidiam
emendationem. Habet etiam in iisdem terris omnibus quæcunque ad curam &
salutem animarum videntur pertinere. Hujus placiti multis testibus
multisque rationibus determinatum finem postquam Rex audivit, laudavit,
laudans cum consensu omnium principum suorum confirmavit, & ut deinceps
incorruptus perseveraret, firmitus præcepit. Quod propterea scriptum est
hic, ut & futuræ in æternum memoriæ proficiat, & ipsi futuri ejusdem
Ecclesiæ Episcop. Cantuar. successores sciant, quæ & quanta in
dignitatibus ipsius Ecclesiæ a Deo tenere, atque a Regibus & Principibus
hujus regni æterno jure debeant exigere.

     [Note 116: _Ex vet. MS. seu Rentale Roffens. Ecclesiæ._]



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_GUILIELMUS II._

_Guillielmus_ Rufus non jure hæreditario, sed ex Testamento patris sui,
in regnum Angliæ successit. _Roberto_, fratre ejus primogenito,
Normanniam avitum patrimonium possidente. Regnare coepit 9. Septemb. an.
1087, exiit 1. Aug. An. 1100, regni ejus 13. non. completo.

                                            [Marge: _Incarceratio
                                            liberatorum procerum._]

Mortuo _Guilielmo_ I. _Guilielmus_ filius ejus[117] Angliam festinato
adiit, ducens secum _e Normannia_ Wulnothum & Morcarum Comitem,
Saxonicos Proceres, quos inter alios pater ejus carcere in Normannia
diutino retinuerat, &, ut supra diximus, moriturus liberaverat: Sed mox,
ut Wintoniam venit, illos, ut prius fuerant, custodiæ mancipavit.

     [Note 117: _Flo. Wig. in an. 1087. Hoved. ibid._]

                                            [Marge: _Coronatio Regis._]

Sexto Cal. Octobris, die Dominico, in Westmonasterio, a Lanfranco
Doroberniæ Archiepiscopo, in Regem consecratus est.

                                            [Marge: _Thesauri Guil. I.
                                            in eleemosynis erogantur in
                                            Anglia._]

Dein Wintoniam rediens, thesauros sui patris, ut ipse jusserat, per
Angliam divisit; sc. quibusdam principalibus Ecclesiis decem, quibusdam
sex marcas auri, quibusdam minus. Ecclesiis etiam in civitatibus
vel[118] villis suis per singulas, denarios 60 dari; cruces, altaria,
scrinia, textos, candelabra, situlas, fistulas, ac ornamenta varia
gemmis, auro, argento, lapidibusque pretiosis redimita, per Ecclesias
digniores ac monasteria jussit dividi.

     [Note 118: _Hov. fol. 5._]

Ejus quoque germanus Robertus in Normanniam reversus,
thesauros, quos invenerat, Monasteriis, Ecclesiis, pauperibus,
pro anima patris sui largiter divisit. Et, Ulfum Heraldi quondam
                                            [Marge: _Haroldi & Malcolmi
                                            RR. filii fiunt milites._]
Regis Anglorum filium, Dunecaldumque Regis Scotorum Malcolmi filium, e
custodia laxatos, & armis militaribus honoratos, abire permisit.

Nobiliores quique proceres[119] a Rege ad Robertum deficientes, bella
quique per patrias suas movent: inde Odo Baiocens. & Dunelm. Episcopus,
& alii exhæredati, abjurant Angliam. Vid. _Hunt_.

     [Note 119: _Hunting. pag. 372._]

                                            [Marge: _Terræ ob
                                            infidelitatem ademptæ
                                            restituuntur. Regni
                                            successio Roberto
                                            pangitur._]

Normannis quibus in bello[120] inter _Guilielmum_ Rufum & _Robertum_
Comitem Normanniæ, terræ ademptæ erant in Anglia, ob fidelitatem Roberto
præstitam, pacta jam pace restituuntur. Ad hæc etiam constituerunt inter
se, ut si Comes absque filio legali in matrimonio genito moreretur,
hæres ejus esset Rex; modoque per omnia simili, si Regi contigisset
mori, hæres illius fieret Comes. Hanc conventionem 12 ex parte Regis, &
12 ex parte Comitis, Barones juramento firmarunt.

     [Note 120: _Fl. Wig. an. 1091. Hoved. 4º 1090. inceptum,
     sed finitum an. 1091._]

                                            [Marge: _Anglia
                                            dissidentibus Papis neutri
                                            paruit._]

Dissidentibus de Papatu _Urbano_ II.[121] & _Clemente_ III. res (ut de
aliis mundi partibus sileamus) per plures annos Ecclesiam Angliæ in
tantum occupavit, ut ex quo _Gregorius_ (qui & _Hildebrandus_) defunctus
fuit (id est an. 1085.) nulli, loco Papæ, usque ad hoc tempus subdi vel
obedire voluerit, licet _Urbanum_ pro Vicario B. Petri Italia Galliaque
jam receperat. Et dum apud Gallos vixit _Anselmus_ Beccensis Abbas,
Archiepiscopus Cantuar.[122] prohibetur a Rege ne huic in Anglia
obediret, donec a Rege admitteretur juxta 1 Guilielmi I. V.

     [Note 121: _Iidem ex Eadm. pag. 25._]

     [Note 122: _Eadm. pag. 26._]

                                            [Marge: _Leges ad votum
                                            populi permittuntur._]

                                            [Marge: _Exactiones injustæ
                                            tolluntur._]

                                            [Marge: _Venationes
                                            conceduntur. Fidelitas._]

Conjuratis cum Odone Baiocensi Episcopo[123] præcipua magnatum parte, ut
Guilielmum ejicerent, & Robertum fratrem ejus primogenitum in solio
collocarent; Guiliemus Rex fecit congregari Anglos, & ostendit eis
traditionem Normannorum, & rogavit ut sibi auxilio essent eo tenore, ut
si in hac necessitate sibi fideles existerent, _meliorem legem[124] quam
vellent eligere, eis concederet_, & omne injustum scottum (i. e. tributa
& exactiones) interdixit; & concessit omnibus silvas suas, & venationes:
sed quicquid promisit parvo tempore custodivit. Angli tunc fideliter eum
jurabant.

     [Note 123: _Fl. Wig. Mat. Par. 1088. Hoved. an 1088, pag.
     461._]

     [Note 124: Les Loix d'Edouard n'étoient donc plus l'unique
     Loi.]

                                            [Marge: _Ecclesiæ ad firmam
                                            dimittunt._]

A. D. 1089. obeunte[125] _Lanfranco_ Archiep. Cantuar. Rex _Willielmus
Ecclesias & Monasteria fere totius Angliæ in manu sua, pastoribus
defunctis, retinens_,[126] gravi omnia depopulatione vastabat, & instar
firmarum laicis commendabat.

     [Note 125: _Mat. Par. an. 1089._]

     [Note 126: La Régale s'est introduite en Angleterre par le
     Conquérant, qui la tenoit des François.]

                                            [Marge: _Homag. Regis
                                            Scotiæ._]

Anno 1090, _Malcolmus_ Rex Scotiæ, Regi Angliæ homagium facit &
fidelitatem jurat.

                                            [Marge: _Rex iterum legum &
                                            morum pollicetur
                                            mendationem._]

Rex morbo laborans Glocestriæ[127], pene ad exhalationem spiritus, vitæ
poenitet anteactæ, meliorisque spondet institutionem, vades inter se &
Deum facit Episcopos suos, mittens qui hoc votum suum super altare sua
vice promittant. Scribitur edictum, regioque sigillo firmatur, quatenus
captivi, quicunque sunt, in omni dominatione sua relaxentur; omnia
debita irrevocabiliter remittantur; omnes offensiones antehæc
perpetratæ, indulta remissione, perpetuæ oblivioni tradantur.

     [Note 127: _Eadm. pag. 26, l. 35, an. 1093. prid. Non.
     Mar._]

Promittuntur insuper omni populo _bonæ & sanctæ leges, inviolabilis
observatio juris_, injuriarum gravis, & quæ terreat cæteros examinatio.
Anselmum donat Archiepiscopatu Cant.

Convalescens denuo, cuncta[128] quas infirmus statuerat bona, dissolvit,
& irrita esse præcepit: inde orta vasta miseria miseraque vastatio.
Siquidem omne malum quod Rex fecerat priusquam fuerat infirmatus, bonum
visu est comparatione subsequentium.

     [Note 128: _Eadm._]

                                            [Marge: _Episcopatus jam
                                            gratis donat. Fructus
                                            retinet._]

Rex e morbo gravius laborans Gloverniæ[129] vitam suam corrigere,
Ecclesias non amplius vendere, nec ad censum ponere, sed illas regia
tueri potestate, irrectas leges destruere & rectas statuere, Deo
promisit. Anselmo igitur Archiepiscopatum Cantuariæ jam largitur, &
_Roberto Bloet_ Cancellario suo Londoniensem præsulatum. Vacaverat per
quatuor annos integros _Archiepiscopatus_, & in fiscum deportati sunt
ejusdem redditus, qui successori semper antea conservabantur. His
tamen[130] non pacatus Rex, 1000 libras ab Archiepiscopo deinceps petit,
vel hoc solo nomine quod gratis promotioni suæ Episcopali annuisset.
Renuit autem Archiepiscopus, pari dignum poena arbitratus, ante
promotionem vel post eam pecunias numerare.

     [Note 129: _Fl. Wig. an. 1093. Hov. ibid. Mat. Paris in
     1092._]

     [Note 130: _Mat. Par. an. 1094, pag. 17, l. 41._]

                                            [Marge: _Militum
                                            conscriptio._]

Rex conscribi[131] procurat 20000 peditum in Anglia ut in Normanniam
convenirent; hi autem cum ad mare venissent transituri, Rex a singulis
eorum pecuniam vectualem, 10 scil. sol. accipiens, omnes domum remisit.
Videtur, milites hos non compulsu (quod _Pressing_ vocant) sed precibus
Regis conscriptos esse; pecuniam vero a pagensibus collatam, non Rege.

     [Note 131: _Mat. Par. an. 1093._]

                                            [Marge: _Ecclesiæ
                                            exactionibus subditæ._]

Rex Guilielmus in Angliam (e Normannia) rediens[132], Ecclesias &
Monasteria totius regni gravi exactione afflixit. Vid. hæc inf. an.
1094.

     [Note 132: _Mat. Par. ibid._]

                                            [Marge: _Regni Wallensium
                                            finis._]

_Rhesus_[133] Walanorum (seu Wallensium) Rex, in ipsa hebdomada
Paschali, juxta castellum quod _Brecheniean_ nominatur, in pugna occisus
est. Ab illo die regnare in _Walonia_ Reges desiere.

     [Note 133: _Fl. Wig. an 1093._]

                                            [Marge: _Mos componendi
                                            lites inter Reges Angliæ &
                                            Scotiæ._]

Rex Scotorum _Malcolmus_ die festivitatis S. Bartholomæi Apostoli, Regi
Guilielmo juniori, ut prius per legatos inter eos statutum fuerat, in
civitate Gloverniæ occurrit; sed Malcolmum videre aut cum eo colloqui,
præ nimia superbia & potentia, Rex Guilielmus despexit. Insuper etiam
illum ut (secundum judicium tantum Baronum suorum) in curia sua,
rectitudinem ei faceret, constringere voluit; sed id agere, nisi in
regnorum suorum confiniis, ubi Reges Scotorum erant soliti rectitudinem
facere Regibus Anglorum, & secundum judicium Primatum utriusque regni,
nullo modo Malcolmus voluit.--In patriam secedens[134], Angliam hyeme
prædatum revertitur, & cum primogenito filio ejus Edwardo, multisque
aliis[135] in _Northumbria_ (die festivitatis S. Bricii) a militibus
_Roberti Moulbrey_ Northumbrorum Comitis, occisi sunt, in provincia
nimirum quam atroci depopulatione ipse prius quinquies attinuerat.

     [Note 134: _Mat. Par. 1092._]

     [Note 135: _Hoved. suis exercitibus._]

Hoc audito, sanctissima Scotorum Regina _Margareta_, Edgari Ethelingi
soror, præ dolore efflavit animam.

                                            [Marge: _Rex concedit regnum
                                            Scotiæ._]

Qua mortua[136], _Dunenaldum_ Regis _Malcolmi_ fratrem, Scoti sibi in
Regem elegerunt, & omnes Anglos qui de curia Regis extiterunt, de Scotia
expulerunt. Quibus auditis, filius Regis Malcolmi Dunecanus, Regem
Guilielmum (cui tunc militavit) ut ei regnum patris sui concederet,
petiit, & impetravit, eique fidelitatem juravit: & sic ad Scotiam cum
multitudine Anglorum & Normannorum properavit, & patruum suum Dunenaldum
expulit, & in loco ejus regnavit. Deinde nonnulli Scotorum in unum
congregati, homines illius pene omnes peremerunt, ipse vero cum paucis
vix evasit. Veruntamen illum post hæc regnare permiserunt, ea ratione,
ut amplius in Scotiam, nec Anglos nec Normannos introduceret, sibique
militare sineret. V. Flo. Wig. v. 466.

     [Note 136: _Fl. Wig. 1093._]

                                            [Marge: _Conventus magnarum
                                            regni ad Hastingiam._]

                                            [Marge: _Pecuniarum immensa
                                            collectio._]

Post Calend. Oct. 1093, ex præcepto[137] Regis omnes fere Episcopi, una
cum principibus Angliæ, ad _Hastings_ convenerunt ipsum Regem in
Normanniam transfretaturum, sua benedictione & concursu[138] prosecuti.
Rex Normanniam fratri suo Roberto toto conamine auferre laborans, multam
& immensam undique collectam pecuniam in hoc expendebat, videturque
difficultates pati regiæ excellentiæ indecentes. Et, Rex asseruit quod
                                            [Marge: _Episcopos Angliæ
                                            Romano non fore subditos._]
nullus Archiepiscopus[139] vel Episcopus regni sui, Curiæ _Romanæ_ vel
_Papæ_ subesset, præcipue cum ipse omnes libertates haberet in regno
suo, quas Imperator vendicabat in Imperio. Inter alia vero jam tum
vendicabat _Henricus_ IV. ipsius Papæ designationem.

     [Note 137: _Eadm. pag. 23._]

     [Note 138: _Eadm. pag. 21._]

     [Note 139: _Mat. Par. an. 1094._]

                                            [Marge: _Militum
                                            conscriptio._]

Rex Nuntiis in Angliam missis[140] XX. millia pedonum in Normanniam
jussit sibi in Auxilium mitti. Quibus ut mare transirent Heastingæ
congregatis, pecuniam, quæ eis data fuerat ad victum Ranulphus
Passeflambardus præcepto Regis abstulit, scil. unicuique X sol. & eos
domum repedare mandavit, pecuniam vero Regi transmisit.

     [Note 140: _Flo. Wig. an. 1094, pag. 462._]

                                            [Marge: _Tributum bienne._]

Interea gravi & assiduo _tributo_, hominumque mortalitate, præsenti &
anno sequenti, tota vexabatur Anglia. Hæc Matt. Par. in an. 1093. vid
sup.

                                            [Marge: _Anselmus Archiep.
                                            Cant. Romam abire vult._]

_Anselmus_ electus in Cantuar. Archiep.[141] veniam a Rege petit Romam,
pro accipiendo ab Urbano pallio, adeundi. Respondet Rex, se nondum
Urbanum accepisse pro Apostolico nec vel suæ aut paternæ fuisse
consuetudinis, ut præter suam licentiam aliquis in regno Angliæ Papam
nominaret, & qui hanc ei potestatem præriperet, coronam suam videretur
adimere. Anselmus asserit, se Urbano professum esse obedientiam, cum
_Beccensis_ adhuc fuisset in Normannia Abbas, & Regi hoc nondum
Archiepiscopus prodidisse, nec jam posse resilire. Gravibus coercetur
angustiis: Nam ut Urbano canonicam obedientiam, sic cum homagio
fidelitatem Regi juraverat, & his inter se pugnantibus, cui sisteret aut
quid agendum dubitatur. Res ad Episcoporum, Abbatum, cunctorumque regni
principum (id est magni regni Concilii) definitionem commendatur.

     [Note 141: _Eadm. pag. 25._]

                                            [Marge: _Concilium
                                            Rockinghamiæ._]

                                            [Marge: _Pallium Anselmo
                                            datur._]

Indicti igitur a Rege, _Rochinghamiæ_ omnes conveniunt 5. Idus Martii
1094, die Dominico, hora prima, in Ecclesia ipsius castri: & post
longissimas disceptationes die una atque altera definitur, urgeturque
acrius ab Episcopis ipsis, Regi potius observandam fidem quam Romano
Pontifici: Anselmumque increpantes, Noveris (inquiunt) totum regnum
conqueri adversum te, quod nostro communi Domino conaris decus imperii
sui, coronam, auferre. Quicunque enim regiæ dignitatis ei consuetudines
tollit, coronam simul & regnum tollit: Unum quippe sine alio decenter
haberi non posse probamus. Sed nec his nec aliis plurimis _Anselmus_
flectitur, adeo ut sentire demum deprehendatur, Archiepiscopum
Cantuariensem a nullo hominum, nisi a solo Papa, judicari posse vel
condemnari: nec ab aliquo cogi pro quavis calumnia, cuiquam, eo excepto,
contra suum velle respondere. Ira excandescens Rex, parem se in regno
profitetur nunquam perpessurum: sed post quatriduanas jam litigationes,
induciæ conceduntur usque ad Octavas Pentecostes. Rex interea clam per
nuntios cum _Urbano_ agit, ut Archiepiscopale pallium sibi mitteretur
Anselmo conferendum, ut, hoc ipso beneficio, viri frangeret morositatem,
qui nec ita vincitur. A Rege enim pallium noluit accipere, sed in altare
positum fastu solenni inde reportavit.

                                            [Marge: _Rex Urbanum
                                            præcepit pro Apostolico
                                            suscipi._]

De Papatu graviter jam per x annos deceptatum fuit[142]. Primo inter
_Gregorium_ VII. quem in _Brixensi_ synodo anno 1083, deposuerat
Henricus Imperator, & _Clementem_ III. loco ejus ibidem designatum.
Deinde inter eundem _Clementem_ & _Victorem_ III. _Urbanumque_ II.
successive a Pontificiis contra Clementem constitutos. Partium studio
orbis scinditur Christianus; Gallis Italisque Urbano adhærentibus,
Germanis Clementi, Anglis neutri, quod hucusque Rex juxta legem a patre
ejus conditam, quis pro Apostolico suscipiendus esset, non
promulgaverat.

     [Note 142: _An. 1095, juxta Hov. pag. 465, an. 1095._]

Demum autem _Urbani_ victus amicitia, quod Archiepiscopale Cantuariæ
pallium _Anselmo_ debitum, ei ex arbitrio conferendum transmississet:
_Urbanum_ in omni imperio suo pro Apostolico haberi,[143] eique vice
beati Petri in Christiana religione obediri, imperavit.

     [Note 143: _Eadm. Will. 2, pag. 33._]

                                            [Marge: _Concilium
                                            Scaresberiæ._]

In Concilio regni Octavis Epiphaniæ apud _Searesberiæ_ celebrato; Comes
_Guilielmus de Owe_[144], qui cum _Roberto Moubreo_ Comite
Northumbrensi multisque aliis, de ejiciendo interficiendoque Rege
conjuraverat, filiumque amitæ Regis _Stephanum de Albemarlo_ in solium
evehendo, ad duellum provocans, victus est ab appellante. Juxta legem
igitur a Guilielmo Conquestore latam, oculi ei eruuntur, & testiculi
abscinduntur.

     [Note 144: _Flo. Wig. an. 1096. Hov. 1095._]

                                            [Marge: _Rob. Comes
                                            Northumbriæ gratiam
                                            obtinet._]

_Roberto_ autem Comiti Northumbriæ indulgebatur gratia, sub conditione,
ut uxor ejus castellum _Bambergense_ Regi traderet, quod hac pulsa
necessitate fecit.

Sed Guilielmus de _Aldari_, Regis compater, dapifer, atque amitæ filius,
hujus proditionis particeps, acriter per plateas flagellatur, laqueo
suspenditur; _Concilio_, ut videtur, sic decernente. Moriturus autem
Confessori innocentiam protestatus est.

                                            [Marge: _Tributa &
                                            exactiones gravissimæ ad
                                            Normanniam lucrandam._]

Post 17. Cal. Julii, an. 1096[145], cum _Robertus_ Dux Normanniæ
Hierosolymis profecturus, Normanniam fratri suo Regi Guilielmo pignori
collocasset, pro 10000 marcis sub triennio restituendis; Rex ut tantam
vim pecuniæ, lucrandi spe Ducatus cogat, Angliam totam decoquit. Hinc ex
dono, illinc ex mutuo, passim exactionibus & tributo, quod Saxones
_Danegeldum_ & _Hidagium_, Normanni _Tallagium_ vocant, pro arbitrio non
ex lege, nummos eradit, nec tamen ultra 666 libras.

     [Note 145: _Flo. Wig._]

_Marcas_ (quod reperi) vel has circiter compilavit: Interea ab Ecclesiis
& Monasteriis, quæ nunc primum ad tributa adiguntur, non abstinetur.
Nihil (inquit _Eadmerus_) Ecclesiarum ornamentis in hac parte indulsit
dominandi cupiditas, nihil sacris altarium vasis, nihil reliquiarum
capsis, nihil Evangeliorum libris auro argentoque paratis.

                                            [Marge: _Danegeldi
                                            redditio._]

Instituta olim erat Ethelredi Regis anno 13. _Danegeldi_ redditio hoc
est 12. denar. annuatim, ex unaquaque hyda, i. e. centum acræ terræ,
totius Angliæ, ad conducendum milites, qui piratas Danicas coercerent.
De hoc autem libera (inquit Legum Edouardi Confessoris concinnator) &
quieta erat omnis Ecclesia, & etiam omnis terra quæ in proprio dominio
Ecclesiæ erat, ubicunque jacebat, nihil prorsus in tali redditione
persolvens, quia magis confidebant in orationibus quam in armorum
defensionibus. Et hanc libertatem tenuit Anglorum Ecclesia, usque ad
tempus _Willielmi_ Regis junioris, qui de Baronibus totius Angliæ
auxilium petiit ad Normanniam retinendam de fratre suo _Roberto_
Normannorum Comite, Jerusalem proficiscente. Concessum est ei, non lege
statutum neque firmatum; sed habuit necessitatis causa ex unaquaque hyda
4 solidos, Ecclesia non excepta: quorum dum fieret collectio,
proclamabat sancta Ecclesia libertatem suam reposcens, sed nihil
profecit.

Indixit majoribus Angliæ[146], ut quisque illorum pro posse sibi
pecuniam festinanter accommodaret. Idcirco Episcopi, Abbates, Abbatissæ,
aurea & argentea Ecclesiæ ornamenta fregerunt; Comites, Barones,
Vice-comites, suos milites & villanos spoliaverunt, & Regi non modicam
summam auri & argenti detulerunt. Ille autem mense Septembri mare
transiit, pacem cum germano facit, 6666 lib. illi præstitit, & ab eo
Normanniam in vadimonium accepit.

     [Note 146: _Fl. Wig. an. 1096._]

                                            [Marge: _Ordalium 50 divitum
                                            Anglorum._]

Sub his temporibus[147] (viz. antequam Anselmus Romam petiit) Guilielmus
Rex, pecuniæ emulgendæ spe, 50 circiter ditiores Anglos de cervis regiis
deprædandis accusatos, ad examen igniti ferri demandavit. Statuto autem
die cum judicium sævius executum esset, Dei misericordia, illæsi omnes
ab ustione, innocentiam sunt testati. Commotus Rex: _Meo_ (inquit)
_judicio amodo respondebitur, non Dei_; quod pro voto cujusque hinc inde
plicatur. Judicium autem igniti ferri (ut Ordalii species reliquas)
judicium Dei appellabant.

     [Note 147: _Eadm. pag. 48._]

                                            [Marge: _Nulla Synodus sub
                                            Guilielmo generalis._]

A. D. 1097[148], ad hunc usque annum, nec certe in sequentibus, passus
est Rex Anselmum _synodum_ generalem celebrare, aut delicta undequaque
pullulantia cohibere. Mare igitur apud Papam conquesturus sub Novembri
transiit. Rex autem confestim præcepit cuncta quæ illius juris fuerant,
in suum transcribi dominium, & irrita fieri omnia quæ per ipsum mutata,
vel statuta fuisse probari poterant, ex quo venerat in Archiepiscopatum.
Ingens ex hoc illic tribulatio.

     [Note 148: _Fl. Wig. ibid. Malmesb. lib. 4. Ran. Cestriens.
     lib. 7, cap. 11. Eadm. pag. 41._]

                                            [Marge: _Exactiones
                                            sæviunt._]

A. D. 1098. Rex[149] in æstate urbem _Cenomanniam_ cum magna parte
illius provinciæ, subegit. Populos vero interim Anglorum exactionibus &
tributis, non abradens modo sed potius excorians, omnibus infestus &
molestus fuit.

     [Note 149: _Flo. Wig. ibid. Mat. Par. ibid. pag. 42._]

                                            [Marge: _Membrorum ob
                                            proditionem detruncatio._]

1098. Multi Walli[150] in Menavia (i. e. Anglesey) ab obsequio Regis
deficientes occiduntur; & proditionis rei, quidam manibus vel pedibus
truncatis testiculisque abscissis, excæcantur. Inter hos _Kenredum_
Presbyterum quendam Ecclesia memorant extractum, testiculisque cum oculo
uno atque lingua excisis, die tertia loquelam recepisse.

     [Note 150: _Flo. wig. & Hoved. ibid._]

                                            [Marge: _Rex excommunicandus
                                            decernitur._]

1099. Rex in _Barensi_ Concilio[151] sub Urbano Papa, ob sævitiam ejus
in Ecclesiam Anglicanam & _Anselmum_ Archiepiscopum, præsertim quod
investituras præsulum sibi arrogaverat, plena acclamatione
excommunicandus decernitur. Anselmi autem precibus ibidem tunc
præsentis, moratur a sententia.

     [Note 151: _Flo. wig. ibid. Eadm. pag. 49._]

[                                            Marge: _Excommunicantur
                                            investituras dantes
                                            Laicis._]

In Concilio[152] vero jam tum subsequente _Romæ_ generali (cui etiam
_Anselmus_ interfuit) sub anathematis interminatione prohibentur Laici
Ecclesiarum investituras dare; Clerici a Laicis accipere, & accipientes
consecrari; Laicorumve hominum ob honores Ecclesiasticos homines fieri.

     [Note 152: _Eadm. Flo. wig. ibid._]


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_HENRICUS  I._

                                            [Marge: _Henricus succedit
                                            Willel. Rufo._]

Guilielmo occiso, successionis dignitas ad Robertum pertinet, cum ex
jure hæreditario, tum ex pacto inter ipsum & Guilielmum, a XII Baronibus
utrinque conjuratis. _Henricus_ autem[153] frater minimus, quod in
Anglia natus esset, & a Patre jam tum Rege, potiorem se apud Anglos
novit, proclivesque eos in partes suas. Arctius tamen ut connecteret
fluctuantes, Guilielmum queritur sævis Legibus, tributis & exactionibus,
tanquam clava ferrea, contrivisse subditos: _Robertum_ utique
Hierosolymis jam quinquennio militantem, vivumne anne mortuum incertum
esse; hominem vero levem & præcipitem, semet denique virga aurea omnia
metientem, justitia, & mansuetudine regnaturum pollicetur. _Leges
insuper Edouardi Confessoris, omnium habitas desiderio, profligatis
asperis & quibuscunque examinatis restitutum._ Placuit conditio, & dum
Sceptri calet ambitu, jugisque mens esset ad pollicita perimplenda, Rex
eligitur consecratusque Westmonasterii, a Mauritio Londoniensi Episcopo
(Anselmo Archiepiscopo Cantuar. exulante) die dominica 2 Augusti An. Do.
1100, id est, intra triduum post excessionem fratris, solenni tunc
restipulatur jurejurando[154]: Bonas & sanctas omni populo Leges se
servaturum; & omnes oppressiones & iniquitates quæ sub fratre suo
emerserant in omni sua dominatione, tam in Ecclesiis quam in Secularibus
negotiis, prohibiturum & subversurum.

     [Note 153: _Nubrig. lib. 1, c. 3._]

                                            [Marge: _Jurejurandum Regis
                                            ad Coronationem suam._]

     [Note 154: _Eadm. in Hen. I, pag. 55._]

Edidit & jam illico[155] _Chartam libertatum Angliæ munitamque Sigillo
regio, per singulos Comitatus divulgatam iri imperavit_[156].

     [Note 155: _Eadm. ibid._]

     [Note 156: Il conserva les Fiefs, suivant l'art. 2 de cette
     Charte, & c'étoit conserver dans le sein de ses Etats le germe
     de la destruction de toute autre Loi que celle qui étoit
     constitutive de la féodalité.]

                                            [Marge: _Ignitegii lex
                                            adempta._]

                                            [Marge: _Injustitias tollit
                                            & effoeminatos._]

An. 1100, 1 Hen. I. edicto per Angliam misso cum in Curia, tum in toto
regno restituit populo ignis atque candelarum usum[157], quem pater ejus
post horam vesperæ octavam, pulsante ad ignitegium campana prohibuerat;
injustitias a fratre & _Ranulpho_ institutas prohibuit, effoeminatos a
Curia pellit.

     [Note 157: _Malm. lib. 5, pag. 156. Stowe in ann._]

                                            [Marge: _Mensurandi virga
                                            instituitur._]

Mensuras injustas prohibuit, fecitque novas ad brachii sui ipsius
longitudinem & inde ulnam appellavit. Eadem hodie _virga_ dicitur Angl.
_a Yard_; erat autem Rex proceri & magni corporis.

                                            [Marge: _Rex posthabito
                                            concilio Romano investituram
                                            dat._]

Rex post Coronationem[158] dedit Episcopatum _Wintoniensem_ Willielmo
_Giffard_, & continuo de possessionibus cunctis ad Episcopatum
pertinentibus (contra Canones Romani Concilii anno præcedente sub
_Urbano_ editos) investivit eundem.

     [Note 158: _Mat. Par. an. 1100, pag. 54._]

                                            [Marge: _Ranulphus Dun.
                                            Episc. in turrim
                                            conjicitur._]

In communi Concilio gentis Anglorum[159] _Ranulphus Dunelmensis_
Episcopus, postulatus de tot & plurimis gravaminibus sub defuncto Rege
(cui nimium erat familiaris) populo illatis, de communi consilio gentis
Anglorum in Turrim conjicitur.

     [Note 159: _Mat. Par. pag. 54. Fl. Wig. an. 1100. Malm.
     lib. 5. pag. 156._]

                                            [Marge: _Anselmus negat Regi
                                            hominium & investituras._]

Anselmus etiam Cantuariæ Archiepiscopus revocatur. Rediens vero negat
Regi hominium facere & Archiepiscopatum de manu ejus accipere ob Canones
prædicti Concilii, quod Regem egit in maximas angustias. Nec enim minui
pateretur majestatis privilegia, nec tutum duceret hanc injuriam ab
Archiepiscopo illatam vindicare, ne Robertum Hierosolymis jam reversum
in Regem promoveret, Papa conspirante, Archiepiscopus. Dantur igitur
induciæ usque Pascha, & utrinque Romam mittuntur, qui Decreta
Pontificia, in pristinum regni usum transmutarent.

                                            [Marge: _Synodus Lambethæ._]

                                            [Marge: _Nuptiæ Regis
                                            Henrici._]

An. Dn. 1101. In Synodo[160] Episcoporum Abbatum, Nobilium quorumcunque
ac religiosi ordinis virorum _Lambethæ_ habito, de nuptiis agitur inter
Henricum Regem & Matildem filiam Malcolmi Regis Scotiæ, & Margaretæ
Uxoris suæ, Sororis Edgari Ethelingi Saxonicorum Regum hæredis ultimi.
Cum autem Matildis Wintoniæ in Coenobio Monialium enutrita, velum ex
more Monialium gestasset aliquando; id in primis studiose quæritur,
annon & ipsa Monialis esset. Decernitur vero, eam Coenobium subiisse
castitatis solummodo tuendæ gratia; velumque non e voto, aut diuturno
habitu; at sub temporum intervallis, modo præcipiente, modo coercente
Catherina matertera sua illic Moniali induisse. Libera igitur totius
Concilii acclamatione de nunciatur, & Regi nubit.

     [Note 160: _Eadm. pag. 56. & seq._]

An. Dn. 1101. Pascha veniente non reversi sunt[161] Roma nuntiis,
porriguntur ideo induciæ ad eorum reditum.

     [Note 161: _Eadm. pag. 48._]

                                            [Marge: _Populus fidem, Rex
                                            justiciam spondet._]

                                            [Marge: _Robertus Dux
                                            Angliam invadit._]

An. Dn. 1101. Consilium[162] percrebuit sub Pentecostes festivitate
tristis fama Robertum Ducem Normanniæ reversum jam e terra sancta maximo
exercitu invasurum Angliam. _Henricus_ Rex Subditorum metuens
defectionem; totam regni nobilitatem, totam populi numerositatem, ad
fidei vocat sponsionem; & quod vicissim petebatur, ipse manu in manum
Anselmi porrecta justis & sanctis Legibus se totum regnum quoad viveret
in cunctis administraturum pollicetur, & Anselmo postea jura totius
christianitatis in Anglia exercendæ[163], se relicturum; atque decretis
& jussionibus Apostolicæ Sedis se perpetuo obediturum summopere
promittebat.

     [Note 162: _Eadm. pag. 49. Mat. Par. an. 1101._]

     [Note 163: _Eadm. pag. 49._]

                                            [Marge: _Foedus Henrici R. &
                                            Roberti Ducis._]

An. eodem sub Cal. Aug. _Robertus_ (pars major navalis militiæ quam
Henricus Rex ad impediendum ejus adventum miserat, ei defecit) ante Cal.
Aug. cum magno exercitu _Portesmutham_ applicuit[164]. Principes
utrinque fratrum non ferentes dissidium, colloquium inierunt, mutuum &
generale & concordiæ foedus tali pacto firmaverunt.

     [Note 164: _Mat. Par. an. 1101, pag. 55._]

Quod Rex _Roberto_ annis singulis tria millia marcarum argenti daret ex
Anglia. Et qui eorum diutius viveret, hæres esset alterius, si absque
filio moreretur. Hoc a XII magnatibus utrinque est juratum.

                                            [Marge: _Rex hominium
                                            requirit ab Anselmo._]

Regressi nuncii literas[165] a _Paschali_ deferunt Regi prohibentes
investituras; unde Rex Commotus Anselmo[166] imperat, ut vel hominium
faciat, Abbatesque & Episcopos consecret, quos ipse investierat, more
Antecessorum suorum; vel e regno protinus decedat.

     [Note 165: _Eadm. pag. 59._]

     [Note 166: _Eadm. pag. 61._]

Consultior autem Proceres Regni _Wintoniam_ cogit, & _Anselmum_ una.
Decernunt Romam iterum mittendum esse: at majoris dignitatis Nuncios. Ex
parte Regis Giraldum Archiepiscopum Eboraci, Herebertum Theodfordensem,
Robertumque Cestrensem Episcopos. Ex Anselmi parte non notantur. Romam
venientes jussa apud Papam exponunt: Regi adimi avita privilegia,
succendi Regem dira Clero interminari gratiam obtestantur. Papa ne vel
hilum flexus & literis satagit demulcere Regem, illis Anselmum
consolatur, & firmata prius, confirmat denuo & dimittit nuncios.

                                            [Marge: _Concilium
                                            Londini._]

His reversis, & Sententia Papæ intellecta, Rex _Londini_ indicit
conventum Principum regni, Anselmoque huic accito, aut consuetudines
regni tandem præstare mandat, aut regnum abdicare. Anselmus provocat ad
Papæ literas. Respondetur ab Episcopis Romam missis Papam aliud literis,
aliud ore tradidisse: Regi sc. puris verbis per semetipsos mandasse ut
quamdiu in aliis vitam boni Principis ageret, de Ecclesiarum
investituris æquanimiter illum toleraret, nec eum ullo
excommunicationis vinculo necteret, si religiosas personas per dationem
virgæ pastoralis eis investiret. Hæc in Episcopali veritate coram toto
Concilio contestati sunt: Et cur hæc literis non inscripsit retulerunt
Causam; ne in aliorum notitiam Principum prolata, ipsi eam sibi
usurparent Romani Pontificis authoritate contempta. Dicta etiam eis hæc
fuisse, clam Nunciis Archiepiscopi.

Scinditur in contraria totum _Concilium_, sed nec his Anselmus
frangitur. Communionem, dantis Regis vel accipientis a Rege investituram
Clerici, se non subtracturum, ait; donec certior in his factus fuerit a
_Paschali_ Papa, sed interea neminem istiusmodi accipientem
consecraturum, nec volenti alteri veniam indulturum. Soluto Concilio Rex
Episcopos quosdam baculo pastorali atque annulo, investituræ Symbolis
donat.

Citius autem novæ a Papa deferuntur[167] literæ quibus Episcoporum
assertio strenue confirmatur. His autem non visis, sed ex nuncio
intellectis, Rex in Anselmum gravius excandescit. Procerum tamen
Consilio ipsum obtestatur, ut quod alii nequierant, profectus Romam,
Papam suæ causæ conciliaret benevolum.[A] Iter[168] iniit 5. Cal. Maii
1103, sed mandata regia frigidius exequenti Angliam[B] redeunti
interdicit Rex, & in fiscum rapit Archiepiscopatus emolumenta.
Intercessione autem sororis suæ Bleisensis Comitissæ, sed & una metuens
excommunicationis sententiam ab Anselmo Galliis agente, in semet
proferendam, colloquium cum Anselmo init in Castro Aquilæ, amicitiaque
redintegrata, investituras cum rebus Archiepiscopatus cedit; aliis Romæ
per Legatos terminatu reservatis. Legatorum indole sic decernit demum
Papa: Regem amplius non daturum investituras, sed Homagium ei
facientibus prælatis benedictionem non negandam, & excommunicatos sub
his jurgiis, concepta satisfactionis formula, restituendos.

                                            [Marge A: _An. 1103._]

                                            [Marge B: _An. 1104.
                                            Anselmus Romam
                                            proficiscitur._]

     [Note 167: _Eadm. pag. 70._]

     [Note 168: _Mat. Par. Flo. Wig. Eadm. pag. 76._]

An. 1104. Non facile potest[169] narrari miseria, quam sustinuit illo
tempore (sub Id. Jun.) terra Anglorum propter exactiones regias,
videtur; ad subjugationem Normanniæ quam sequenti anno aggressus est,
incipiendam; nam Flo. Wigor. sic rem disponit.

     [Note 169: _Fl. Wig. ibid._]

                                            [Marge: _Tributi exactio
                                            gravissima._]

An. 1105. Subacta Parte _Normanniæ_[170] potiori, fiunt tributa ad
reliquam consequendam; adeoque sævit hæc exactio in ipsos pauperculos,
ut nonnulli qui non haberent quod darent, aut a suis domiculis pelli,
aut avulsis asportatisque hostiis domorum penitus diripiendos exponi,
aut ablata vili supellectile in summam penuriam redigi, aliisve modis
cruciari, perhibeantur.

     [Note 170: _Eadm. pag. 83._]

                                            [Marge: _Sacerdotes acrius
                                            luunt conjugia sua._]

                                            [Marge: _Papæ Responsum
                                            Anselmo datum._]

Cum nuper in _Londoniensi_ Synodo[171] Sacerdotibus & Canonicis
prohiberetur uxores ducere, ductarumve frui consortio; creditaque Regi
esset poenæ in delinquentes irrogandæ ratio; graves ille exegit
redemptiones; quæ suo tamen minime respondebant desiderio. Singulorum
igitur culpam in universos transferens, de parochiali omni Ecclesiæ tam
innocentium quam nocentium Sacerdotum mulctam eradit pecuniariam.
Contumeliose interea rapiuntur multi, incarcerantur, cruciantur. Ducenti
fere (ut dicitur) Presbyteri albis induti & sacerdotalibus Stolis nudis
pedibus occurrunt Regi, unaque voce ejus sed frustra implorant
misericordiam. _Anselmus_ ab Episcopis invocatus, de his per literas cum
Rege agit, increpat & exorat emendationem. Interea Legati Roma redeunt
_Anselmo_ deferentes responsum Papæ scil. Rege investituras remittente,
excommunicatos absolvendos esse, & Homagia Regi permittenda.

     [Note 171: _Eadm. pag. 83._]

                                            [Marge: _Privilegia Anselmo
                                            a Rege concessa._]

Lætus Rex _Anselmo_[172] sub assumptione _Beccum_ proficiscitur, &
penitus reconciliatus; Ecclesias Angliæ quas _Guilielmus_ junior sub
censu primus redegerat, ab eodem liberas Anselmo reddit, polliceturque
se de ipsis quamdiu essent sine pastore nihil unquam accepturum.

     [Note 172: _Eadm. lib. 4, pag. 89._]

Quoad Sacerdotum mulctas, concessit, ut qui nihil dederant, nihil
darent; & qui dederant, tribus annis sua omnia in pace & quiete libera,
possiderent.

Cuncta quæ ab Archiepiscopatu exulante Anselmo, suo jussu accepta
fuerant, se redditurum cum in Angliam reversus esset, & dato vadimonio
est pollicitus, & pollicita quæque fide adimplevit.

A. D. 1100. Interea Rex Anselmo cedit terras Archiepiscopatus Cantuariæ,
cæteraque omnia quæ defunctus eripuerat Guilielmus junior, hoc adjiciens
privilegium.

                                            [Marge: _Charta Regis
                                            Anselmo data._]

_Charta Regis Henrici I. de immunitatibus in London Anselmo Archiepisc.
Cantuar. concessis[173]._

     [Note 173: _Matt. Park. Ant. Brit. pag. 118._]

H. Rex Anglorum, Hugoni de Boclande & W. Baignardo, & omnibus Ministris
meis Londoniæ salutem. Volo & præcipio ut omnes Anselmi Archiepiscopi
homines quos in Londonia habet, & omnes ejus alii homines, euntes &
redeuntes in ea villa, ut ita sint quieti de omnibus consuetudinibus,
sicut unquam Lanfrancus Archiepiscopus suos melius habuit Patris mei
tempore, & videte ne eis ullam injuriam faciatis. Teste Hugone Comite de
Cestria apud Westmonasterium.

                                            [Marge: _Concil.
                                            Westmonaster._]

An. Dn. 1102, 3 Henr. I. post festum S.[174] Michaelis annuente &
præsente ipso Rege, habitum est _Concilium_ in Ecclesia S. Petri
_Westmonast._ Consedentibus Anselmo Cantuariensi, & Gerardo Eboracensi,
Archiepiscopis, cæterisque regni Episcopis & Abbatibus; nec non (ut
omnia firmiora haberentur ex utriusque ordinis concordia) Comitibus
etiam & Baronibus. Nulla quippe Synodus per plures annos elapsos
hactenus est admissa.

     [Note 174: _Eadm. lib. 3, pag. 67, Malmes. de Pontif. lib.
     1. Flo. Wig. in hoc an. Antiq. Eccl. Brit. p. in Anselm. Mat.
     Par. ibid._]

1. Primo itaque ex authoritate sanctorum Patrum Simoniacæ Hæresis
Surrextio, in eodem Concilio dampnata est. In qua culpa inventi,
depositi sunt.

      _Guilielmus Abbas de Pershore. Wigorn._
      _Wimundus Abb. de Tavestock Devon._
      _Aldwinus Abb. de Ramesey Hunting._
      _Godricus Abb. de Peterburg. Northamp._      }
      _Haimo Abb. de Cerne Dorset._                }    Nondum
      _Egelricus Abb. de Midletum. Dorsant. Wilt._ }    consecrati.

Et ob alia delicta.

      _Ricardus Abb. de Ely._
      _Robertus Abb. de S. Edmund. Suff._
      _Ille de Mickelney._

2. Statutum quoque est, ne Episcopi sæcularium placitorum officium
suscipiant; & ut non sic ut Laici, sed ut religiosas personas decet,
ordinatas vestes habeant; & ut semper & ubique honestas personas testes
habeant suæ conversationis.

Ut Archidiaconatus non dentur ad firmam.

Ut Archidiaconi sint Diaconi.

Ut nullus Archidiaconus, Presbyter, Diaconus, Presbyter Canonicus uxorem
ducat, vel ductam retineat. Subdiaconus vere quilibet qui Canonicus non
est, si post professionem castitatis uxorem duxerit, eadem regula
constringatur.

Ut Presbyter quamdiu illicitam conversationem mulieris habuerit, non sit
legalis, nec Missam celebret, nec si celebraverit, ejus Missa audiatur.

Ut nullus ad Subdiaconatum aut supra ordinetur sine professione
castitatis.

Ut filii Presbyterorum non sint hæredes Ecclesiarum patrum suorum.

Ne quilibet Clerici sint sæcularium Præpositi, nec Procuratores, nec
Judices sanguinis.

Ut Presbyteri non eant ad potationes, nec ad pinnas bibant.

Ut vestes Clericorum sint unius coloris, & calceamenta ordinata.

Ut Monachi vel Clerici qui ordinem suum abjecerunt, aut redeant, aut
excommunicentur.

Ut Clerici patentes coronas habeant.

Ut decimæ non nisi Ecclesiis dentur.

Ne Ecclesiæ aut Præbendæ emantur.

Ne novæ capellæ fiant sine consensu Episcopi.

Ne Ecclesia sacretur donec provideantur necessaria & Presbytero &
Ecclesiæ.

Ne Monachi poenitentiam cuivis injungant sine permissu Abbatis sui, &
quod Abbates eis licentiam de hoc dare non possunt, nisi de eis quorum
animarum curam gerunt.

Ne Monachi Compatres, vel Monachæ Commatres fiant.

Ne Monachi teneant villas ad firmam.

Ne Monachi Ecclesias nisi per Episcopos accipiant, neque sibi datas ita
expolient suis reditibus, ut Presbyteri ibi servientes in iis quæ sibi &
Ecclesiis necessaria sunt, penuriam patiantur.

Ut fides inter virum & mulierem occulte & sine testibus, de conjugio
data, si ab alterutro negata fuerit, irrita habeatur.

Ut criniti sic tondeantur ut pars aurium appareat, & oculi non tegantur.

Ne cognati usque ad septimam generationem ad conjugium non copulentur,
vel copulati simul permaneant; & si quis hujus incestus conscius fuerit,
non ostenderit, ejusdem criminis se participem esse cognoscat.

Ne corpora defunctorum extra Parochiam suam sepelienda portentur, ut
Presbyter Parochiæ perdat quod inde illi juste debetur.

Ne quis temeraria novitate, corporibus mortuorum, aut feretris, aut
aliis rebus, quod contigisse cognovimus, sine Episcopali authoritate,
reverentiam sanctitatis exhibeat.

Ne quis illud nefarium negotium, quo hactenus homines in Anglia
solebant, velut bruta animalia venundari, deinceps ullatenus facere
præsumat.

[175]Sodomiticum flagitium facientes, & eos in hoc voluntarie juvantes,
in hoc eodem Concilio, gravi anathemate damnati sunt, donec poenitentia
& confessione absolutionem mereantur. Qui vero hoc crimine publicatus
fuerit, statutum est siquidem fuerit persona religiosi ordinis, ut ad
nullum amplius gradum promoveatur, & si quem habet, ab illo deponatur.
Si autem Laicus, ut in toto regno Angliæ legali suæ conditionis
dignitate privetur. Et ne hujus criminis absolutionem iis qui se sub
regula vivere non noverunt, aliquis nisi Episcopus facere præsumat.

     [Note 175: _Hoc in exemplari Antiq. Brit. non habetur._]

Statutum quoque est ut per totam Angliam in omnibus dominicis diebus,
excommunicatio præfata renovetur.

                                            [Marge: _Languescit hæc
                                            Synodus._]

Hæc Synodus (ut nonnullæ aliæ _Westmonasterii_ habitæ) _Londoniensis_
etiam vulgo dicebatur; & prima fuit quæ post longam reviviscit
desuetudinem: Sed ejus constitutiones statim spretæ sunt & posthabitæ;
cum ex discordia inter _Regem_ & _Anselmum_ Archiepiscopum circa
investituras Ecclesiarum, tum[176] quod totus Clerus Eboracensis uxores
dimittere aut castitatem profiteri strenue renuerunt. Adactus est etiam
Anselmus ipse excommunicationem quam Synodus statuit singulis diebus
dominicis in _Sodomitas_ renovandam, rationabili dispensatione
cohibere.[177] Criniti insuper comam nutriunt; & Abbates quidam qui hic
pro Simonia sunt depositi; per Simoniam suas iterum, vel novas Abbatias
consequuntur. Rex vero huic Concilio plurimum reddit vigorem anno regni
sui X ut ibidem videas.

     [Note 176: _Epist. Ger. Ebor. Archiep. Antiq. Br. 119.
     Eadmer. lib. 3 pag. 68._]

     [Note 177: _Eadm. lib. 4, pag. 105._]

                                            [Marge: _Discordia inter
                                            Regem & Anselmum._]

An. 1103. Magna discordia facta est inter Regem Henricum & Anselmum
Archiepiscopum, eo quod Archiepiscopus nollet consentire quod Rex daret
investituras Ecclesiarum, neque communicare iis quibus Rex, quia Rex jam
dederat, &c. Unde Rex præcepit Girardo Eboracensi eos consecrare.

Post hæc Rex tenuit[178] curiam suam in Pascha _Wint._ & Anselmus a Rege
rogatus Romam petiit 5 Cal. Maii, &c.

     [Note 178: _Mat. Par. an. 1102._]

                                            [Marge: _Concil. Lond._]

Anno Domini 1106. habitum est _Londini Concilium_ ad Procerum atque
populi animos Regi contra Robertum Ducem Normanniæ novum molientem
bellum, confirmandos.

Magnates igitur edicto regio convocatos, _Rex_ sic alloquitur.

                                            [Marge: _Oratio Regis ad
                                            Concilium._]

Amici & fideles mei, indigenæ & naturales. Nostis ex veraci fama,
fratrem meum _Robertum_ ad Hierosolymorum regnum a Deo vocatum, & a
populo foeliciter electum fuisse.

Ipsum vero pertinacius hoc refutasse, & a Deo igitur merito refutandum.
Vir (ut etiam nostis) elatæ frontis, ferox, bellis atque spoliis
assuetus, pacis inimicus & impatiens, qui vos ludibrio habet &
contemptui; ignavos, desides, & helluones clamitans, conculcare gestiens
& desiderans. Ego humilis & pacificus, paci studeo, vestrisque vos in
antiquis libertatibus (prout sæpius jurejurando sum pollicitus)
confovebo. In consiliis vestris acquiescam, & secundum hæc, ex more
mansueti Principis gubernabo. Scribantur dicta, roborabo; & iteratis
omnia juramentis, sacrosanctius confirmabo. Omnia siquidem quæ Principum
omnium optimus Edouardus sanctus, Deo inspirante statuit, _ego statuo; &
inviolate impero observanda_[179].

     [Note 179: On n'exécutoit donc pas encore ces Loix dans le
     Royaume; celles de Guillaume les avoient donc anéanties. La
     Charte par laquelle il avoit fait semblant de rétablir les Loix
     d'Edouard fut si mal observée, dit Rapin de Thoiras en son
     extrait du tom. 1 des Actes de Rimer, que _ce ne fut que cent
     ans après qu'on en trouva une copie dans un des Monasteres où
     on avoit mis plusieurs copies de cette Charte en dépôt_.]

Mihi igitur individue adhærentes injurias a fratre, id est, hoste meo &
totius regni Angliæ, illatas, unanimiter excipite, strenue propellite, &
ut bellicosos decet, cumulatius ulciscimini. Anglorum robore fretus &
virtute; Normannorum minas & jactantias flocci facio. Sic Rex in
Concilio: Et quæ inde subsecuta sunt dicat tot Mat. Parisius suis
verbis. Talibus igitur promissis, quæ tamen in fine _impudenter
violavit_, omnium corda sibi inclinavit, ut pro ipso contra quemlibet
usque ad capitis expositionem dimicarent.

                                            [Marge: _Denarii nova
                                            forma._]

An. 1106. 7 Hen. I. Rex instituit[180] denarium cum duplici cruce
lineari per totam ducta superficiem cudi; sic ut in pauperum beneficium,
interlineari spatio vel in obolos frangerentur, vel in quadrantes.

     [Note 180: _Stowe in Edw. an. 1279._]

                                            [Marge: _Dispensatio de
                                            promovendis Presbyterorum
                                            filiis ad sacra officia._]

An. 1107. Cum in Romana Ecclesia[181] institutum esset ut Presbyterorum
filii ad sacra officia non promoverentur; nunc decretali Paschalis
Epistola ad Anselmum Archiep. Cantuar. dat. 3 Cal. Junii. An. Dn. 1107.
id est, 7 Henr. I. quia in Anglorum regno tanta hujusmodi plenitudo est,
ut major pene & melior clericorum pars in hac specie
censeatur:--_Anselmo conceditur dispensandi facultas, pro necessitate
temporis & utilitate Ecclesiæ_; ita tamen ut imposterum constitutionis
Ecclesiasticæ præjudicium caveatur.

     [Note 181: _Eadm. lib. 4, p. 91. Epist. Decr. Paschal._]

                                            [Marge: _Dux Norman.
                                            excæcatur._]

An. 1107. sub æstate,[182] Robertus Exdux Normannia nova in Regem
aggressurus elabitur custodia, sed deprensus in fuga, carceri mancipatur
arctiori, & fulgenti obstaculo oculorum luce clam privatur, salvis tamen
orbiculis eorundem.

     [Note 182: _Mat. Par. in ann. Matt. West in ann._]

                                            [Marge: _Concilium Londini
                                            Palatinum._]

An. Dom. 1107. _Concilium Londoniæ Palatinum de investituris._

A. D. 1107. (id est, 8. Henr. I.) in Cal. Augusti, _Conventus_ omnium
Episcoporum, Abbatum, & Procerum regni, _Londoniæ_ in palatio Regis
factus est; & per tres dies (absente Anselmo Archiepiscopo) inter Regem
& Episcopos satis actum e Ecclesiarum investituris, quibusdam ad hoc
nitentibus, ut Rex eas faceret more Patris & Fratris sui, non juxta
præceptum & obedientiam Apostolici. Nam Papa Paschalis in sententia quæ
inde promulgata fuerat, firmus stans, concesserat hominia, quæ Papa
Urbanus æque ac investituras interdixerat: ac per hoc Regem sibi de
investituris consentaneum fecerat. Dehinc, præsente Anselmo, astante
multitudine, annuit Rex & statuit.

Ut (ab eo tempore in reliquum) nunquam per dationem baculi pastoralis,
vel annuli, quisquam de Episcopatu aut Abbatia, per Regem, vel quamlibet
laicam manum investiretur in Anglia: Concedente quoque Anselmo, ut
nullus in prælationem electus, pro hominio quod Regi faceret,
consecratione suscepti honoris privaretur.

Quibus ita dispositis, pene omnibus Ecclesiis Angliæ, quæ suis erant
pastoribus diu viduatæ, per consilium Anselmi, & Procerum regni, sine
omni virgæ pastoralis, aut annuli investitura, patres a Rege sunt
instituti. Instituti quoque sunt ibidem & eodem tempore, ab ipso Rege,
quidam ad regimen quarundam Ecclesiarum Normanniæ, quæ similiter erant
suis patribus destitutæ.[183]

     [Note 183: _Fl. Wig. ibid. & Eadm. totidem verbis lib. 4,
     pag. 91. & Hoved. ibid. MS. Croyland. pag. 104. v. infra._]

                                            [Marge: _Subjectio Archiep.
                                            Ebor. Cantuariæ._]

In hoc etiam Concilio[184] Anselmus postulat Gerardum Archiepiscopum
Eboracensem de professione canonicæ obedientiæ & subjectionis Cantuariæ
Archiepiscopatui debita. De quo plura Eadmer, lib. 4.

     [Note 184: _Eadm. lib. 4. pag. 91._]

                                            [Marge: _Electi Cantuariæ
                                            benedicendi._]

Et statutum est, ut qui ad Episcopatum electi erant, Cantuariam irent, &
ibi dignitatis ipsius benedictionem ex more susciperent.

                                            [Marge: _Oculi Duci
                                            Normanniæ eruuntur._]

A. D. 1107. Robertus Dux Normanniæ[185] ab Henrico Rege incarceratus,
deceptis custodibus, conatus est evadere; sed fugiens ab eisdem, captus
est. Hoc cum Regi nuntiatum esset, Rex jussit eum arctiori carceri &
custodiæ mancipatum, fulgenti obstaculo oculorum luce privari, quod &
factum est[186].

     [Note 185: _Mat. Par. pag. 60._]

     [Note 186: _Hæc a Spelm. bis narrantur._]

                                            [Marge: _Rex investituram
                                            Clero cedit Clerus Regi
                                            Homagium._]

Eodem anno factus est Conventus Episcoporum & Abbatum, pariter &
Magnatum Londoniis in palatio Regis, præsidente Archiepiscopo Anselmo,
cui innuit Rex Henricus, & statuit, ut ab eo tempore in reliquum nunquam
per donationem baculi pastoralis vel annuli quisquam de Episcopatu vel
Abbatia per Regem vel quamlibet laicam manum investiretur in Anglia:
concedente Archiepiscopo, ut nullus ad prælationem electus, pro homagio
quod Regi faceret, consecratione suscepti honoris privaretur.

                                            [Marge: _Concil. London._]

A. D. 1107. _Concilium_ Londini _celeberrimum, in quo Rex gratias Deo
exolvens ob insignes victorias, investituras Ecclesiarum & electiones
Prælatorum remittit_, &c.[187].

     [Note 187: _MS. Croilland. sub Joffrido Abbat. pag. 104.
     Vid. supra Mat. Par._]

                                            [Marge: _Rex investituras
                                            Ecclesiarum & electiones
                                            Prælatorum. &c. remittit._]

Magnificus autem Anglorum Rex _Henricus_, hoc in tempore, pro _Roberti_
fratris sui ac aliorum suorum adversariorum a Deo sibi præfata felici
victoria, intima devotione gratias multiplices accumulans & exolvens;
tam Episcoporum & Abbatum totius Cleri Angliæ, quam Comitum, Baronum,
Optimatum & Procerum totius regni sui celeberrimo Concilio apud
_Londonias_ constituto, sui cordis proprio & sanctissimo motu, coram
omnibus coadunatis, investituras amodo Ecclesiarum per annulum &
baculum remisit, electiones Prælatorum omnibus Ecclesiis libere
concessit, Episcopatuum & Abbatiarum vacationes successoribus
restituendas integre promisit, ac omnia alia quæ sancta mater Ecclesia
diu antea suspiraverat, regali munificentia contulit, suis _tantum
juribus regalibus sepositis & exceptis_. Quantum tunc gaudium, quam
devotus arridebat populus, quam solenniter & sancte omnes & singuli
Regis animum ad sidera extollebant, nullus ediceret, nec _Tullius_
edoceret. Illa namque vice venerabilis Archiepiscopus Cantuariæ
_Anselmus_, assistente sibi reverendo Archiepiscopo Eborum _Girardo_,
uno die sex Episcopos a suis Ecclesiis canonice electos consecravit.

                                            [Marge: _Exceptis juribus
                                            regalibus._]

                                            [Marge: _Sex Episcopi
                                            canonice electi jam
                                            consecrantur._]

                                            [Marge: _Curialium rapinæ
                                            coercentur._]

Anno 1108[188]. id est, 8 & 9, _Henr._ I. cum sub plurimis fingebatur
populus gravaminibus, Rex ægre ea ferens, authores censuit puniendos; &
a Curialibus sibi primum exordiendum. Sub tempore quippe Regis
præcedentis, eis hactenus inoleverat consuetudo, ut dum curiam
sequerentur, accolas undequaque deprædarent, res hospitum involarent,
raperent, disperderent, & nisi pretio redimerent, igni traderent.
Crudelia insuper exercentes in patres familias, turpia in uxores &
filias: adeo ut præcognito Regis adventu, in sylvis & locis abditis sibi
suisque quærerent præsidium.

     [Note 188: _Eadm. lib. 4. pag. 94._]

Hanc barbariem, Anselmi Archiepiscopi atque Procerum consilio, edicto
coercuit; statuens, ut hujusmodi nefariis aut oculi eruerentur, aut
pedes, manus, vel membra aliqua, constanti justitia, detruncarentur.

Edixit etiam Curialibus suis[189], ubicunque villarum esset, quantum a
rusticis gratis accipere, quantum & quoto pretio emere debuissent.

     [Note 189: _Malm. lib. 5. pag. 162._]

                                            [Marge: _Felones
                                            suspenduntur._]

Anno 1108. post Non. Martii, i. e. 9 _H._ I. Rex[190] Anglorum Henricus
pacem firmam, legemque talem constituit; ut si quis in furto vel
latrocinio deprehensus fuisset, suspenderetur; sublata Wirgildorum, id
est, pecuniariæ redemptionis lege.

     [Note 190: _Fl. Wig. ibid. pag. 481. Hov. ib. Rad. Nig.
     ib._]

Stupra etiam edicto compescuit.

                                            [Marge: _Monetam
                                            corrumpentium poena._]

Ut Monetarii & alii falsos denarios facientes[191], absque aliqua
redemptione oculos & testiculos amitterent.

     [Note 191: _Malm. in H. 1. 158, pag. 159. Fl. wig. Rad.
     Niger. Hov. in anno 1108._]

                                            [Marge: _Monetam integram
                                            non respuendam._]

Et quoniam sæpissime dum denarii boni[192] argenti eligebantur,
flectebantur, rumpebantur [a venditoribus] respuebantur; statuit ut
nullus denarius vel obolus (quos & rotundos esse instituit) aut etiam
Quadrans, si integer esset, respueretur[193]. Nota, quod _si_ &
_respueretur_ solummodo apud Hovedenum reperiuntur. Vide supra in An.
1106.

     [Note 192: _Fl. Wig. anno pag. 1108. Eadm. lib. 4. pag. 94.
     Hoved. ib._]

     [Note 193: _Malm. lib. 4. pag. 162._]

                                            [Marge: _Foresta._]

Anglos angaria forestæ vehementer oppressit,[194] multas etiam
instituit, ut patet in Chart. Libert. R. Steph.

     [Note 194: _Rad. Nig. an. 1108._]

Cervicidas ab homicidiis parum decernebat. Vid. Neub. lib. 103.

                                            [Marge: _Filia Regis nupta
                                            Imperatori._]

Rex dedit _Mathildem_[195] filiam suam Henrico Imp. quæ apud Moguntiam
desponsata est, in & Imperatricem consecrata. Cui Imperator dedit CM.
equites in dote.

     [Note 195: _Ibid._]

                                            [Marge: _Danegeld._]

Tunc in Anglia datum est _Danegeld_.[196]

     [Note 196: Impôt. Vide _Cangium ad istud verbum_. Il étoit
     destiné au payement des troupes employées contre les Danois,
     _quasi Danorum gelda_.]

                                            [Marge: _Mercatorum virga._]

Mercatorum falsam ulnam castigavit[197], brachii sui mensusura adhibita,
omnibusque per Angliam proposita. Vid. supra in An. 1. Regis.

     [Note 197: _Malm. lib. 5. pag. 162._]

                                            [Marge: _Poenarum
                                            commutatio._]

Principio regni, ut terrore exempli reos inureret, ad membrorum
detruncationem, post ad pecuniæ solutionem proclivior, &c.

Breve _Regis Henrici_ I. _de non faciendo Episcopum Wigorn.
geldare_[198].

     [Note 198: _MS. wigorn. fol. 136._]

_Gelder. Quietantia Ep. Wig._

_Henricus_ Rex Anglorum Waltero de _Bellocampo_ & collectoribus
Werecestresire, salutem.

Præcipio vobis ne amodo faciatis Episcopum Wigorniæ Geldare, &c. Teste
Ep. Sarum apud Winton.

                                            [Marge: _Charta Regis de
                                            Moneta falsa._]

_Charta Regis Henrici I. de Moneta falsa & cambiatoribus_[199].

     [Note 199: _Ruber. Liber Scaccar. fol. 163. b._]

_Henricus_ Rex Anglorum Sampsoni Episcopo & Ursoni de Abetot, & omnibus
Baronibus Francis & Anglicis de Wircestrescira, salutem. Sciatis quod
volo & præcipio, ut omnes Burgenses & omnes illi qui in burgis morantur,
tam Franci quam Angli, jurent tenere & servare monetam meam in Anglia,
ut non consentiant falsitatem monetæ meæ. Et si quis cum falso denario
inventus fuerit, si warantum inde revocaverit, ad eum ducatur; & si
illum inde comprobare poterit, fiat justitia mea de ipso Warant. Si vero
non poterit illum probare de ipso falsionario, fiat justitia mea saltem
de dextro pugno & de testiculis. Si autem nullum Warantum revocaverit,
portet inde judicium, se nescire nominare vel cognoscere aliquem a quo
acceperit. Præterea defendo ne aliquis monetarius denarios mutet, nisi
in Comitatu suo; & hoc coram duobus testibus legitimis ab ipso Comitatu.
Et si in alio Comitatu mutando denarios captus fuerit, si captus sit, ut
falsionarius; & nullus sit ausus cambire denarios, nisi monetarius.
Teste Willielmo Cancellario & Roberto Comite de _Mell._ & R. filio
_Hamonis_, & R. de _Revers_ apud Westm. in Natale Domini.

V. Gervas. Tilber. l. 1. ca. 3. fol. 2. l. 40.

Operæ pretium vero est audire quam severus Rex fuerit in pravos.
Monetarios enim fere omnes totius Angliæ fecit ementulari, & manus
dextras abscindi, quia monetam furtive corruperant. H. _Huntind._ l. 7.
p. 382. in An. 25. Hen. I. _Rad. Cestrens._ dicit statutum esse An.
1108.

                                            [Marge: _Charta Regis de
                                            Comitatibus & Placitis
                                            venendis._]

_Charta ejusdem Regis, ubi Comitatus teneri debet, & ubi placita de
divisis terrarum._

_Henricus_ Rex Anglorum _Sampsoni_ Episcopo & _Ursoni_ de _Abetot_, &
omnibus Baronibus suis Francis & Anglicis de Wirecestrescira, salutem.

Sciatis quod concedo & præcipio, ut amodo Comitatus mei & Hundredi in
illis locis & eisdem terminis sedeant, sicut sederunt in tempore Regis
_Edwardi_, & non aliter: Ego enim quando voluero, faciam ea satis
summonere propter mea dominica necessaria ad voluntatem meam. Et si
amodo exurgat placitum de divisione terrarum, si est inter Barones meos
dominicos, tractetur placitum in Curia mea. Et si est inter
_Vavassores_[200] duorum Dominorum, tractetur in Comitatu: & hoc Duello
fiat, nisi in eis remanserit.

     [Note 200: Il conserve les Vavassories; il ne détruisoit
     donc pas les Coutumes féodales.]

Et volo & præcipio, ut omnes de Comitatu eant ad Comitatus & Hundreda,
sicut fecerint tempore Regis _Edwardi_: nec remaneant propter aliquam
causam pacem meam vel quietudinem, qui non sequuntur placita mea &
judicia mea, sicut tunc temporis fecissent. Teste R. Episcopo _Londoniæ_
& R. Episcopo & Ranulfo Cancell. & R. Comite de Mell. apud _Rading_.

                                            [Marge: _De Wrecco maris._]

_De Wrecco maris tempore Henrici primi & Regis Stephani._

Sub iisdem diebus (i. e. A. D. 1139. _Stephani_ Regis. An. 4.)
tempestate prævalente, contigit navem quandam variis sumptibus refertam
de _Rumenel_ terra Archiepiscopi Cantuariensis, super terram Ecclesiæ de
Bello in Dengemareis membro de Wy confractam (hominibus vix evadentibus)
jactari. Sciendum est autem hoc pro lege ab antiquitate per maris
littora observandum, ut navi fluctibus contrita, si evadentes intra
statutum terminum & tempus, eam minime reparassent; navis & quæcunque
appulsa forent, absque calumnia in dominium terræ illius & in Wrec
cederent. Sed supra memoratus Rex Henricus, hanc abhorrens consuetudinem
tempore suo, per imperii sui spatia edictum proposuit, quatenus si vel
unus e navi confracta vivus evasisset[201], hæc omnia obtineret: verum
qo. novus Rex cedit & nova Lex. Nam, defuncto eo, regni Primores edicto
recenti pessundato, morem antiquitus observatum sibimet usurparunt[202].
Unde factum est, ut homines de Dengemareis secundum maritimas
consuetudines, & regales dignitates, Ecclesiæ Belli prædictum Wrec vi
obtinerent. E Chronico Monasterii de Bello.

     [Note 201: _Concordatum est quod Wreckum maris non
     adjudicetur ubi homo catus vel canis vivus evadit a navi._
     Flete, L. 1, c. 44.]

     [Note 202: Les Seigneurs qui avoient des fiefs étoient les
     premiers à reclamer les Loix féodales dont ils avoient
     sollicité la révocation. Ces Loix leur déplaisoient seulement,
     quant au pouvoir sans bornes qu'elles donnoient au Souverain,
     de qui tous les fiefs relevoient.]

                                            [Marge: _Concilium Lond.
                                            1108._]

A. D. 1108. Regis Henrici I. 8. magnum Concilium _Londini_ celebratur
sub festo Pentecostes, præsentibus Rege, _Anselmo_ Cantuariensi
Archiepiscopo, _Thoma_ Archiepiscopo Eboracensi electo, cæterisque
Episcopis, & cunctis Majoribus seu Baronibus regni.

Statutum est ab eisdem Archiepiscopis & aliis omnibus Episcopis Angliæ,
in præsentia ejusdem gloriosi Regis _Henrici_, assensu omnium Baronum
suorum.

                                            [Marge: _Ut Clerici caste
                                            vivant._]

Ut Presbyteri, Diaconi, Subdiaconi caste vivant, & foeminas in domibus
suis non habeant, præter proxima consanguinitate sibi junctas, secundum
hoc quod sancta Nicæna synodus definivit.

                                            [Marge: _Cum uxoribus nec
                                            cohabitent, nec colloquium
                                            sine testibus habeant._]

Illi vero Presbyteri, Diaconi, Subdiaconi, qui post interdictum
Londoniensis Concilii, foeminas suas tenuerunt, vel alias duxerunt, si
amplius missas celebrare voluerint, eas omnino a se sic facient alienas,
ut nec illæ in domos eorum, nec ipsi in domus earum intrent, sed neque
in aliqua domo scienter conveniant, neque hujusmodi foeminæ in
territorio Ecclesiæ habitent. Si autem propter aliquam honestam causam
eas colloqui oportet, cum duobus legitimis testibus extra domum
colloquantur.

                                            [Marge: _Purgationis & poenæ
                                            ratio._]

Si vero in duobus aut tribus legitimis testibus, vel publica
parochianorum fama, aliquis eorum accusatus fuerit, quod hoc statutum
violaverit, purgabit se adjunctis secum ordinis sui idoneis testibus,
sex si Presbyter, quatuor si Diaconus, duobus si Subdiaconus fuerit. Cui
autem hæc purgatio defecerit, ut transgressor sacri Statuti judicabitur.

Illi autem Presbyteri, qui divini altaris & sacrorum ordinum
contemptores, præelegerint cum mulieribus habitare; a divino officio
remoti, omnique Ecclesiastico beneficio privati, extra chorum ponantur,
infames pronunciati.

Qui vero rebellis & contemptor foeminam non reliquerit, & missam
celebrare præsumpserit vocatus ad satisfactionem, si neglexerit, octavo
die excommunicetur.

Eadem sententia Archidiaconos & Canonicos omnes complectitur, de
mulieribus relinquendis & de vitanda earum conversatione, & de
districtione censuræ, si statuta transgressi fuerint.

                                            [Marge: _Juramentum
                                            Archidiaconorum &
                                            Diaconorum._]

Jurabunt Archidiaconi omnes, quod pecuniam non accipient pro toleranda
transgressione hujus statuti: nec tolerabunt Presbyteros quos scient
foeminas habere, Missam cantare, vel _Vicarios_ habere. Similiter Decani
facient. Qui vero Archidiaconus, vel Diaconus, hoc jurare noluerit,
Archidiaconatum vel Decaniam perdet.

                                            [Marge: _Poenitentia
                                            poeitentium._]

Presbyteri vero, qui relictis mulieribus, Deo & sacris altaribus servire
elegerint, 40 dies ab officio cessantes, pro se interim Vicarios
habebunt; injuncta eis poenitentia secundum hoc quod Episcopis eorum
visum fuerit.

                                            [Marge: _Mobilia lapsorum._]

Omnia[203] vero mobilia lapsorum posthac Presbyterorum, Decanorum,
Subdiaconorum, & Canonicorum tradantur Episcopis, & concubinæ cum rebus
suis velut adulteræ.

     [Note 203: _Hic Canon apud Eadm. non alios extat._]

                                            [Marge: _Concil. Lond.
                                            1109._]

_An. Dom. 1109. Concilium Londin. post festivitatem Pentecostes._

                                            [Marge: _Tho. electus Ebor.
                                            non consecrandus donec
                                            professionem fecerit._]

                                            [Marge: _Rex
                                            excommunicationem metuit._]

_Anselmus_ Archiep. Cantuar.[204] moritur XI. Maii ultimi; gravi jam tum
pendente lite inter ipsum & _Thomam_ electum _Eboracens._
Archiepiscopum, quem sub perpetuo anathemate consecrari _Anselmus_
prohibuerat, donec subjectionis professionem Ecclesiæ Cantuariensi
debitam spospondisset. Renuit hoc enim Eboracensis, longisque domi &
foris res ambagibus agitatur, _Papa_ ab Anselmi partibus se habente.
Cogit igitur Rex Concilium, professusque nolle semet vel ad horam
excommunicationi Anselmi subjacere aliquatenus: Episcoporum atque
Procerum assensu (juxta antiqua Pontificum Romanorum privilegia, &
decretum patris sui tempore Lanfranci Archiep. latum) statuit: _Thomam_
hanc professionem sigillo regio declaratam, exhibiturum in
consecratione, quod statim fecit.

     [Note 204: _Eadm. lib. 4, pag. 102, &c._]

                                            [Marge: _Professionis
                                            forma._]

Ego _Thomas_ Eboracensis Ecclesiæ consecrandus Metropolitanus profiteor
subjectionem & canonicam obedientiam sanctæ Dorobernensi Ecclesiæ, &
ejusdem Ecclesiæ Primati canonice electo & consecrato, & successoribus
suis canonice inthronizatis; salva fidelitate Domini mei Regis _Henrici_
Anglorum, & salva obedientia ex parte mea tenenda, quam _Thomas_
Antecessor meus sanctæ Romanæ Ecclesiæ ex parte sua professus est.

                                            [Marge: _Severitas Regis in
                                            Presbyteros._]

An. 1110. Sub nativitate Domini acta est Presbyterorum causa, & Rex sua
lege acrius constrinxit eos, quatenus vellent, nollent, Concilio
Londoniensi obedirent, & a consortio mulierum, quo (sublato jam Anselmo)
liberius usi sunt, se cohiberent.

                                            [Marge: _Nuptiæ filiæ
                                            Matildis._]

Rex dedit _Matildem_[205] filiam suam Henrico Regi Teutoncorum (i. e.
Imperatori) in conjugem. Nondum vero nubilis, tantum desponsatur.

     [Note 205: _Hov. an. 1110. Fl. Wig. ibid. Polyd._]

An. 1114. 8. Id. Jan. _Matildis_ filia[206] Regis Henrici, _Henrico_
Imp. Moguntiæ desponsatur, & Imperatrix consecratur: deditque ei
Imperator CM. equites in dote. Rex itaque cepit ab unaquaque hida Angliæ
3. solid.

     [Note 206: _Fl. wig. ib. Hunting. & Ra. Nig. an. 1108.
     Hunt. 1109._]

                                            [Marge: _Danegeld._]

Tunc in Anglia datum est _Danegeld_[207], i. e. tributum.

                                            [Marge: _Rex Episc. Roff.
                                            Archiep. Cant. facit._]

An. Dom. 1114. sub 6. Calend. Maii _H._ Rex[208]

     [Note 207: _Ra. Nig. ib._]

     [Note 208: _Fl. Wig. ibid. Eadm. lib. 5. pag. 109._]

Episcopos & Principes Angliæ in unum apud _Windleshoram_, eorumque
consilio _Radulphum_ Episcopum _Roffensem_ in Archiepiscopum elegit
Cantuariæ: quæ jam sedes per totum pene quinquennium a transitu Anselmi
viduata permanserat in manibus Regis.

Subinde cuncta etiam Monasteria, quæ diu fuerant destituta, suis donavit
Pastoribus.

                                            [Marge: _Conventus Procerum
                                            Regni. 1115._]

An. Dom. 1115. 16. Cal. Oct. Rex omnes Episcopos & Principes regni sub
uno convenit in palatio suo _Westmonasterii_ de negotiis regni
consulturos. Quid autem ibi actum sit in sæcularibus & Annalium
scriptoribus (qui vel Monachi semper vel Ecclesiastici existentes,
Ecclesiastica magis quam sæcularia prodidere) non reperitur. In re autem
sui ordinis ista memorantur.

Venire propere ad Concilium _Anselmum_ Abbatem Sabiæ _Anselmi_
Archiepiscopi nepotem Papæ nuncium, & Papales ferentem literas asperas
satis & velut objurgatorias Regem. In quibus dubitare videtur Papa
_Paschalis_ de Doctrina & moribus Episcoporum Angliæ qui Romanæ Curiæ
usque adeo non innotescerent. Regem vero insimulantes.

                                            [Marge: _Papa accusat R.
                                            Henric. I._]

1. Quod inconsulto Romano Pontifice Episcoporum causas deferret.

2. Quod oppressis Apostolicæ Sedis appellationem subtraheret.

3. Quod Concilia Synodalia celebraret.

4. Quod præter authoritatem Romani Pontificis Episcoporum quoque
mutationes præsumeret.

Minasque demum interminans si vero (inquit) adhuc in vestra, &c.

Graviter his accensi _Rex_ & _Concilium_ totum, quid sit Papæ
respondendum consulunt mittendumque Legatum statuunt _Guilielmum_
Exoniensem antistitem, cæcum licet in Romana Curia bene Lynceum
oculatum.

                                            [Marge: _Concil. Saresberiæ
                                            1116._]

_Concilium Saresberiæ quod primum dicitur in quo tres regni Ordines
convocantur._

Anno[209] 1116. 16. Hen. I. 13. Cal. April. ex sanctione Regis habitus
est Conventus Episcoporum, Abbatum, Comitum & Baronum totius Regni apud
_Saresberiam_ ex hac occasione.

     [Note 209: _Eadm. lib. 5. pag. 117. Wig. ib._]

                                            [Marge: _De successione in
                                            Normannia._]

Conjurantibus Rege Francorum[210] & Andegaviæ, Flandriæque Comitibus de
adimenda Regi Angliæ Normannia, nepotique suo _Guilielmo_ (ad quem jure
pertinebat) conferenda: Rex Normanniam proficisci statuit, moramque
illic per annos aliquot (puta 5.) habiturus, domi omnia prudentius
satagit disponenda.

     [Note 210: _Mat. Par. ib._]

Primo igitur regni declarat successorem, filium suum primogenitum
_Guilielmum_; postulatque omnium ei unanimiter homagium fieri, &
fidelitatis sacramentum. Proceres impigre faciunt utrumque: Sed
_Radulphus_ Archiepiscopus Cantuariæ, cæterique Episcopi & Abbates regni
Angliæ, fide & sacramento professi sunt, se, & regnum & regni coronam,
si defuncto patre suo Rege superviverent in eum, omisso omni calumnia, &
occasione, translaturos; eique cum Rex foret, hominia fideli mente
facturos.

                                            [Marge: _Gravissima
                                            tributa._]

In isto etiam _Concilio_ Regi concedi videntur[211] gravissima tributa:
Sic enim Huntingtoniensis. Hoc Anno (1116) pro necessitate Regis, geldis
creberrimis, & exactionibus variis Anglia compressa est.

     [Note 211: _Huntington. ibid. & Malm. Mat. Par._]

Agitur hic præterea de lite inter _Radulphum_ Archiepiscopum Cantuariæ,
& _Thurstanum_ Eboracensem electum, quem Archiepiscopus consecrare
noluit, quod subjectionis professionem Cantuariensi Ecclesiæ ab antiquo
solitam, nullatenus exhiberet. Nec Concilii interea flectitur
authoritate, nec minaci Regis iracundia, Pontificatum ei alioquin
prohibentis. Pontificatui potius se renuntiaturum pollicetur; sub
triennio tamen postea, consecrationem in Concilio Remis a Calixto ipso
Papa assecutus est, Rege & Cantuariensi Archiepiscopo quantumvis
renitentibus. Cumque ex hoc Angliam ei Rex prohibuisset, Papa Regi
excommunicationem minitans, Archiepiscopo Cantuariæ sub interdicti poena
imperat; ut infra unum mensem post acceptionem ipsius Epistolæ,
Thurstanum sine exactione professionis in suam restituat Ecclesiam.

Victis jam igitur Rege & Archiepiscopo, Thurstanus Angliam accersitur, &
in Eboracensi Archiepiscopatu collocatus est An. Dn. 1120.

                                            [Marge: _An hoc Concilium
                                            primum fuerit in Anglia._]

Sed de isto Concilio pluribus agendum est. Nam primum fuisse perhibent
Annalium nostrorum scriptores nuperi, in quo tres regni ordines
conscripti sunt. Magnates scil. Laici, Magnates Ecclesiastici, &
Communitas regni plebis personam sustinens; sed miror equidem unde hæc
assertio; apud antiquos enim & illius sæculi scriptores qui Concilii
meminerunt, _Florentium Wilgornensem_, _Eadmerum_, _Malmesberiensem_,
nulla populi vel Plebis mentio. Nulla apud _Radulphum nigrum_, _Simeonem
Dunelmensem_ & _Radulphum de Diceto_ vicini ævi Authores, nec in
subsequentibus equidem _Mat. Parisio_, _Mat. Westmonasteriensi_,
_Ranulpho Cestrensi_, aut _Walsinghamio_.

                                            [Marge: _Pol. Vergil.
                                            notatur._]

Primus certe quem recentiores in hunc errorem, ut in alios multos
perduxisse censeam, est _Polydorus Vergilius_ Histor. lib. XI. p. 188.
eo forte deceptus quod eminentiores quique e populo ad fidei sacramentum
prout Magnates vocarentur. Sic namque fieri in Concilio An. Dn. 1127. in
quo Matildi filiæ Regis juratum fuit, ostendit _Newbrigensis_ lib. 1.
cap 3. Recentes nullum hujus assertionis Authorem exhibent, alium forte
non habentes quam _Polydorum_ cujus non gestiunt meminisse.

Anno 17. istius Regis;[212] pro necessitate Regis geldis creberrimis &
exactionibus variis Anglia compressa est.

     [Note 212: _Hunting. lib. 7. pag. 380._]

                                            [Marge: _Rex a Papa
                                            privilegia Patria obtinet._]

Anno 1119, id est 19 & 20 Hen. I.[213] _Calixto_ Papæ _Gisortium_
venienti occurrit Rex _Henricus_, moram in Normannia trahens;
impetravitque ab eo omnes consuetudines, quas Pater _suus in Anglia &
Normannia habuerat; maxime ut neminem aliquando Legati officio in Anglia
fungi permitteret_[214].

     [Note 213: _Ra. Nig. ib._]

     [Note 214: _Voyez_ les Chap. 23 & 24 des Preuves des
     Libertés de l'Egl. Gallic. tom. 2.]

                                            [Marge: _An. 1116._]

_Aliud Concilium Regina eidem præsidente, dum Rex in Normannia
moratur[215]._

     [Note 215: _Eadm. lib. 5. pag. 118 & seq._]

                                            [Marge: _Concil. Lond.
                                            præsi. Regina._]

                                            [Marge: _Abbas Sabæ in
                                            Angliam missus._]

Eodem anno circa Mensem Augustum, habitum est _Londini_ commune
_Concilium_ Episcoporum, Abbatum & Nobilium, praæsente Regina, super
quibusdam regni negotiis; & inter hæc de eo quod Anselmum Abbatem _Sabæ_
cum Legatina potestate in Angliam missum, Normanniam advenisse
intellexerant. Hoc decernunt fore contra antiqua Anglorum privilegia,
qui ex indulgentia S. _Gregorii_ & plurium Pontificum Romanorum Legatum
alium non habeant, quam Cantuariensem Archiepiscopum. In cujus igitur
cum injuriam fieret, ipsum super his in Normanniam Regi, ipsum in
Italiam Papæ delegandum statuunt. Provinciam libentissime suscipit
Archiepiscopus _Radulphus_; apud Regem agit ut Anselmus ab ingressu
Angliæ detineretur; apud Papam ut concessam B. Augustino a
_Bekeregorio_ dignitatem, Archiepiscopus Cantuariæ retineret. Detulit &
_Bullam_ Papæ Regi hoc idem confirmantem, quæ apud Eadmerum extat lib.
5. pag. 120.

                                            [Marge: _Primogenitus Regis
                                            sit Dux Normanniæ, homagium
                                            facit, recipit, &
                                            submergitur._]

Anno 1120[216] composita jam pace inter _Ludovicum_ Francum & Regem
Angliæ; Rex Angliæ Normanniam cedit Guilielmo filio suo primogenito 18
annorum nato; qui jubente patre Homagium pro eodem Regi Franciæ præstat,
& a Normanniæ Magnatibus vicissim accipit. Lætus igitur Rex Henricus,
quinto profectionis suæ anno propemodum completo, Angliam in navi una
revertitur. In altera vero dum sequuntur filii ejus Guilielmus &
Richardus cum Maria filia & pluribus regni Nobilibus, omnes una
submerguntur 6 Cal. Decembr.

     [Note 216: _Hoved. ib._]

                                            [Marge: _De secundo Regis
                                            conjugio agit._]

Anno 1121. Rex, uxore (quæ altero hinc anno decessit) atque filiis
orbatus; in Purificatione B. Mariæ apud _Windleshoram_ (vel ut habet
continuator Florentii, _Londinum_) totius Angliæ _Concilium_ adunat. In
quo de secundo ejus decernitur conjugio, omniumque consensu Adelinam
filiam Godefridi Ducis Lovaniæ, lectissimam virginem, expetendam.
Electis igitur qui rem perorent, Regi citius adducta est, & 4 Cal. Feb.
desponsata.

                                            [Marge: _Edictum Regis de
                                            Ecclesiis prospiciendis._]

Anno 1124, Generale[217] Domini Regis _Henrici_, per fines totius Angliæ
ad Purificationem sanctæ Dei genitricis Mariæ, divulgatur _Edictum_; ut
quæcunque pastoribus viduatæ fuissent Ecclesiæ, sibimet prospicientes,
Regis in transmarinis partibus præsentiam adirent, ad suscipiendos.
Prælatos per idoneos Legatos.

     [Note 217: _Chron. de Bello. MS._]

                                            [Marge: _Poena
                                            Monetariorum._]

Anno 1125. Omnibus fere Angliæ Monetariis[218] manus dextras atque
genitalia strictius fecit abscindi, quod Monetam furtive corruperant.
Qui autem fit ut dextris plectantur, non oculis; haud reperio. Lege enim
ab ipso lata, anno regni sui 8 oculi adimendi erant, non dextræ.

     [Note 218: _Hunting. Contin. Flo. Mat. Par. ib._]

Mutavit at subinde Monetam, unde cara omnia, & gravissima secuta fames.

                                            [Marge: _Ad minuendam
                                            potentiam H. fil. Roberti
                                            Ducis._]

                                            [Marge: _Concil. Lond._]

Anno 1127. Rex[219] anxius de proditione & cæde _Caroli_ Comitis
_Flandriæ_ sibi conjunctissimi; eoque magis quod Ludovicus Rex Franciæ
ejus Comitatum dederat _Guilielmo_ filio Roberti Ducis Normanniæ, nepoti
atque hosti Regis Henrici; Concilium _Londini_ ad Rogationes tenuit.
Cujus auspiciis Galliam sequenti anno ingrediens, _Ludovicum_ coegit
auxilium suum Comiti subducere. Comes tamen pugnacissimus juvenis, a
_Theodorico_ Alamanno quem ad Flandriam occupandam Rex Henricus
incenderat, victoriam reportavit, sed ex levi in manu vulnere, effudit
animam; quod Henrico evenit foelicissime. Nulla enim Roberto Duci jam
superstat soboles.

     [Note 219: _Hunting. Hoved. Mat. Par. ib._]

                                            [Marge: _Synodus Westm.
                                            contra uxores clericorum._]

Celebravit etiam tempore hujus Concilii, scil. 3 Idus Maii generalem
_Westmonasterii_ Synodum _Guilielmus_ Archiepisc. Cantuariæ Legatus
Romanus; in qua multa statuit ad rem Ecclesiæ, maxime vero contra
Sacerdotum matrimonia. Et licet omnia Regis atque Papæ confirmarentur
authoritate; en quid de successu hujus Synodi & aliarum præcedentium
perhibetur in historia Saxonica _Petriburgensi, nihil hæc omnia valuere
Decreta_. _Omnes Regis venia, suis uti antea gavisi sunt uxoribus._

                                            [Marge: _Concil. Lond. in
                                            quo omnes jurant Matildis
                                            sucsessionem._]

Anno eodem Rex in Mense _Septemb._ Angliam venit ducens secum e
Normannia _Matildem_ filiam suam Imperatricem, Comitis Andegaviæ uxorem:
Natalique primo magnum _Concilium Cleri atque Procerum_, Londini habuit.
In hoc Reginam Conjugem suam filiam Lovanensis Ducis, Salopesberiæ donat
Comitatu. Sed cum ex ea nullam suscitasset prolem, de successore anxius;
omnes totius Angliæ Optimates[220], Episcopos, Abbates, Comites &
Barones, & quotquot alicujus momenti essent, sacramento adegit &
constrinxit; ut si ipse sine hærede masculo discederet, _Matildem_
filiam suam quondam Imperatricem, incunctanter, & sine ulla
retractatione DOMINAM reciperent[221]. Eidemque & susceptis vel
suscipiendis ex eis Nepotibus, regnum Angliæ cum Ducatu Normanniæ
conservaturos.

     [Note 220: _Mat. Par. anno 1127._]

     [Note 221: _Hunting. & Mat. Par. ibid. Hoved. in an.
     1130._]

Juraverunt cuncti quicunque in eodem Concilio alicujus videbantur esse
momenti. Primo _Guilielmus_ Cantuariæ Archiepiscopus; mox Episcopi
cæteri & Abbates, Laicorum primus, _David_ Rex Scotiæ Imperatricis
avunculus; tunc _Moritonii_ Comes & _Bononiæ_ Stephanus, nepos Regis e
sorore Adala: Dein _Robertus_ filius Regis quem ante regnum susceperat,
& postea Comitem _Glocestriæ_ fecerat: Duobus his novissimis æmula laude
contendentibus, quis eorum prior juraret, hic filii dignitate
splendidus, at impuri & nepotis ille, sed legitimi.

Anno 1129. Regis 29.[222] Rex ad Calend. Aug. magnum Concilium _Londini_
tenuit de uxoribus Sacerdotum prohibendis praesentesque ambo Episcopi
cum Suffraganeis suis, justitiam de eorundem uxoribus (focarias vocat
_Parisiensis_) Regi concesserunt: Imprudentia, ut calumpniabant,
_Guilielmi_ Arcbiep. Cantuariæ, sed aliis omnibus Episcopis
consentientibus. Rex autem accepta a Sacerdotibus ingenti nummorum mole,
uxores eis permisit denuo, & illusa hoc commento Episcoporum
constitutione, ipsi in ludibrium transiere.

     [Note 222: _Hunting. & Mat. Par. ibid. Hoved. in an.
     1130._]

                                            [Marge: _Concil.
                                            Northampton._]

Anno 1131. Regis 31. habitum est _Northamptoniæ_[223] magnum Concilium
(_placitum_ vocat _Huntingtonius_, _Conventum Hovededenus_) omnium
_Magnatum_ Angliæ, in Nativitate S. Mariæ; ubi de jurgiis agitur inter
_Matildem_ Imperatricem, & maritum suum _Comitem Andegaviæ_, cui ipsa
reddenda decernitur reposcenti; Missa igitur & recepta est fastu suæ
dignitati congruo.

Renovarunt illic (_Matildi_) fidem[224] qui dederunt Proceres; & modo
dant qui prius non dedere.

     [Note 223: _Hunting. in ann._]

     [Note 224: _Malm. in eod. an._]

                                            [Marge: _Matildis liberi
                                            Regni Angl. Hæredes._]

Anno 1132.[225] cum _Matildis filium_ Andegavensi Comiti peperisset
(Henricum nomine) Rex convocatis regni Principibus filiam suam & Hæredes
ex ea nascituros, sibi (ut prius) constituit successores.

     [Note 225: _Mat. Par. ib._]

                                            [Marge: _Conventus Lond. de
                                            lite inter Episcopos._]

Anno 1133. Regis 33.[226] ad initium quadragesimæ jejunii Conventus
_Londini_ habetur super litibus inter S. _Davidis_ & _Glamorgensem_
Episcopos; nec non _Cantuariæ_ Archiepisc. & _Alexandrum_ Lincolniens.
Episcopum de Parochiarum consuetudinibus; quæ _Wintoniæ_ postea ad
Rogationes ventilantur. Sed indefinita illa Archiepiscopi ad Regem in
Normannia sequenti Anno transportatur.

     [Note 226: _Hunting. 1133 & 1134._]

                                            [Marge: _Rex in Normanniam
                                            abit._]

Anno vero 1133. in ipsa prima die Anni sui 33. id est, Augusti
Normanniam navigat Sole sub Eclipse existente; ultimusque fuit & fatalis
illi iste transitus; in Normannia enim supra triennium detentus Calendis
Decemb. id est, mensis illius die primo in nocte obiit.

                                            [Marge: _Ultima Regis Henr.
                                            voluntas._]

In extremis languens de _Successore_ denuo interrogatus, filiæ omnem
terram suam citra & ultra mare legitima & perenni Successione
adjudicavit. Addendo insuper:


      Solvantur (inquit) debita mea.
      Reddantur Liberationes, & solidate quæ debeo.
      Reliqua indigentibus distribuantur.


                                            [Marge: _Thesaurarii Regis
                                            Stephan. Regi thesaurum
                                            tradunt._]

Sed _Rogerus Saresberiensis_ Episcopus, & _Guil. de Ponte arcus_,
Custodes thesauri regalis qui ad centena fere millia librarum in
denariis æstimabatur, præter vasa aurea & argentea, _Stephano_ Regi
omnia tradiderunt.

      J'observerai sur ce regne, que Henri Ier avoit si peu
      intention d'abolir les Loix féodales dans ses Etats, & de
      n'y admettre que les Loix d'Edouard, qui, par leur nature,
      étoient nécessairement exclusives des Fiefs, qu'en 1101 &
      1102 il fit successivement deux conventions avec Robert
      Comte de Flandre, & lui donna _en fief_ 400 marcs d'argent;
      au moyen de quoi Robert s'obligea à divers services envers
      lui, & entr'autres de lui donner 500 Cavaliers & 1000
      chevaux. C'est, je crois, le premier exemple d'une
      inféodation faite sans glebe. Voyez _Abregé historique des
      Actes de Rimer_, tom. 10, pag. 2, 2e col. de l'Histoire
      d'Angleterre de Rapin Thoyras.



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STEPHANUS.

_Anno Domini 1135._

                                            [Marge: _Stephanus Regnum
                                            Angliæ invadit contra
                                            juramentum._]

_Stephanus_ nepos Henrici I. ex sorore ejus Adala uxore Theobaldi
Comitis Bononiæ & frater Theobaldi junioris Comitis Blesensis, vir
strenuus & bellicosus; abdicato juramento quod de suscipienda in hæredem
regni Matilde juraverat; non humato adhuc avunculo Rege, solium invadit.
Electus tamen a Magnatibus pari alligatis scelere, & perjurio.

                                            [Marge: _Coronatur._]

                                            [Marge: _Rex vovit Deo,
                                            Populo, Ecclesiæ._]

Horum primus _Guilielmus_ Archiepiscopus Cantuariæ in die S. _Stephani_
An. Dn. 1136. coronavit eum, cæteris acclamantibus; foeminæque subdi
(velut turpe quiddam) renuentibus[227]. Linivit scelus Hugonis Bigoti
Senescalli Regis testimonium, qui solenni jurejurando coram
Archiepiscopo protestatus est, quod dum Rex ageret in extremis,
Imperatricem exhæredavit, & Stephanum igitur constituit Successorem.
Juravit autem Rex _Stephanus_ in Coronatione sua, tria ista, inter alia,
Deo, populo, & Ecclesiæ[228].

     [Note 227: _Voyez_ ma Note sur la Remarque de la Sect. 8 de
     Littleton, Ier vol. pag. 26.]

     [Note 228: _Hunting. lib. 8. pag. 387._]

_Primo_, cum juramento vovit[229] quod defunctis Episcopis nunquam
retineret Ecclesiam in manu sua, sed statim electioni Canonicæ
consentiens, Episcopis[A] eas investiret.

     [Note 229: _Hoved. pag. 482. Mat. Par._]

                                            [Marge A: _Episcopiis._]

_Secundo_ vovit quod nullius Clerici vel Laici Sylvas in manu sua
retineret, sicut Rex Henricus fecerat, qui singulis annis eos
implacitaverat, si vel venationem cepissent in Sylvis propriis, vel si
eas ad proprias necessitates suas distraherent, vel minuerent. Quod
nefandi genus placiti (verba sunt _Huntingtoniensis_) adeo fuit
execrabile, ut si visores alicujus lucum, quem habere pecuniam
æstimarent, a longe conspicerent, statim vastatum perhiberent, sive
esset, sive non, & eum immerito redimerent.

_Tertio_ vovit quod _Danegeldum_, id est, duos Solidos ad hidam, quos
antecessores sui accipere solebant singulis annis, in æternum
condonaret. Hæc principaliter Deo vovit & alia: sed nihil horum tenuit.
Hæc _Huntingtonius_.

                                            [Marge: _Homagia accepit._]

Accepit deinde Homagia[230] Magnatum qui _Matildi_ prius regnum
juraverant, impletisque Radingæ exequiis Henrici Regis _Oxonii_
Conventum agit. Illic iterata omnia quæ in Coronatione voverat,
restipulatur denuo & confirmat.

     [Note 230: _Mat. Par. Hunting. Hoved._]

Post festum Paschæ[231] Angliam venit _Robertus_ Comes _Glocestriæ
Matildis_ frater, fiduciæ suæ Cardo in angustiis tamen actus, Regi facit
homagium, sed adjecta conditione, scil. quamdiu ille dignitatem suam
custodiret, & sibi pacta servaret. Secundum illud antiquum proverbium
(inquit _Parisius_) _Quamdiu habebis me pro Senatore, & ego te pro
Imperatore_. Et sub hoc ut videtur tempore Chartam edidit de
libertatibus Angliæ confirmandis, quas Henricus I. sub initio regni sui
concedebat.

     [Note 231: _Malmes. Novel. lib. 1. pag. 179. Mat. Par._]

                                            [Marge: _Charta de
                                            libertatibus._]

_Charta Stephani Regis de Libertatibus._

_Stephanus_ Dei Gratia Rex Angliæ Justic. Vicecomitibus, Baronibus, &
omnibus ministris, & fidelibus suis Francis & Anglicis, Salutem.

Sciatis me concessisse & præsenti Charta mea confirmasse omnibus
Baronibus & hominibus meis de Anglia omnes libertates & bonas Leges quas
Henricus Rex Angliæ avunculus meus eis dedit & concessit, & omnes bonas
Leges & bonas consuetudines eis concedo quas habuerunt tempore Regis
_Edwardi_.

Quare volo & firmiter præcipio; quod habeant & teneant omnes illas bonas
Leges & libertates de me & hæredibus meis, ipsi & hæredes sui libere,
quiete, & plenarie. Et prohibeo ne quis eis super hiis molestiam vel
impedimentum vel diminutionem faciat super forisfacturam meam. Teste
_Willielmo Martel._ apud London.

_Iste Wil. Martel. fuit dapifer Regis qui captus Wintoniæ An. R. Steph.
1142. pro redemptione dedit insigne Castellum de Scirburne. Hov. An.
1142. pag. 488. l. 14._

_Henricus_ Wintoniensis Episcopus Legatus Romanus vadem se apposuit
inter Deum & eum, viz. Regem _Stephanum_.

Quod sanctam Ecclesiam honoraret, & exaltaret; & bonas Leges
manuteneret, malas vero abrogaret, (Oratio Legati ad Synodum Winton. An.
1142, Malm. pa. 188. ubi addit immediate:) piget meminisse, pudet
narrare qualem se in regno exhibuerit, &c. acerbe.

                                            [Marge: _Jurament.
                                            Episcoporum conditionale._]

A. D. Reg. 1. Sub hac utique tempestate fidelitatem Regi jurant
Episcopi[232], conditionem etiam adjungentes, viz. quamdiu ille
libertatem Ecclesiæ, & vigorem disciplinæ conservaret.

     [Note 232: _Malmes. ib._]

                                            [Marge: _Juramentum Regis._]

Rex vicissim jurat omnia, quæ in scripto quodam continebantur, hoc
tenore[233].

     [Note 233: _Malm. ib._]

Ego _Stephanus_ Dei gratia assensu Cleri & populi in Regem Angliæ
electus, & a Domino _Willielmo_ Archiepiscopo Cantuariæ & sanctæ
Ecclesiæ Romanæ Legato consecratus, & ab Innocentio sanctæ sedis Romanæ
Pontifice postmodum confirmatus.

Respectu & amore Dei, sanctam _Ecclesiam_ liberam esse concedo, &
debitam reverentiam illi confirmo.

Nihil in Ecclesia vel in rebus Ecclesiasticis symoniace acturum vel
permissurum promitto.

_Ecclesiasticarum_ personarum & omnium Clericorum,& rerum eorum
justitiam & potestatem, & distributionem honorum Ecclesiasticorum in
manu Episcoporum esse perhibeo, & confirmo.

Dignitates _Ecclesiarum_ privilegiis earum confirmatas, & consuetudines
earum antiquo tempore habitas, inviolate manere concedo & statuo.

Omnes _Ecclesiarum_ possessiones & tenuras, quas die illa habuerant qua
_Willielmus_ Rex avus meus fuit vivus & mortuus, sine omnium
calumniantium reclamatione, eis liberas & absolutas esse concedo.

Si quid vero de habitis aut possessis ante mortem Regis, quibus modo
careat, _Ecclesia_ deinceps repetierit; indulgentiæ & dispensationi meæ,
vel discutiendum vel restituendum reservo.

Quæcunque vero post mortem Regis, liberalitate Regum, largitione
Principum, oblatione vel comparatione, vel qualibet transmutatione
fidelium collata sunt; confirmo pacem, me & justitiam facturum, & pro
posse meo conservaturum promitto, forestas quas Willielmus Rex Avus
meus, & Willielmus II. avunculus meus instituerunt & tenuerunt, mihi
reservo. Cæteras omnes quas Henricus Rex superaddidit Ecclesiis & Regno,
quietas reddo & concedo.

Si quis autem Episcopus vel Abbas, vel alia Ecclesiastica persona ante
mortem suam, rationabiliter sua distribuerit, vel distribuenda
statuerit, firmum manere concedo.

Si vero morte præreptus fuerit, pro salute animæ ejus, Ecclesiæ consilio
eadem fiat distributio.

A. D. 1136. Reg. 1. Dum vero sedes propriis fuerint pastoribus vacuæ, &
ipsæ & omnes earum possessiones in manu & custodia Clericorum, vel
proborum hominum ejusdem Ecclesiæ committantur, donec pastor canonice
substituatur.

Omnes exactiones & mischeningas & injustitias, sive per Vice-comites vel
per alios quoslibet male inductas, funditus extirpo.

Bonas leges, & antiquas & justas consuetudines in murdris, & placitis, &
aliis causis observabo, & observari præcipio. Apud _Oxenford_, Anno
Incarnationis Domini 1136. regni mei _primo_.

Nomina testium (inquit _Malmesburiensis_) qui multi fuerunt, apponere
fastidio; quia pene omnia ita perperam mutavit, quasi ad hoc tantum
jurasset, ut prævaricatorem sacramenti se regno toti ostenderet.

Hoc deinceps Anno _Rex_ venatum proficiscitur Bramptoniam in viciniis
_Huntingtoniæ_[234], nuperisque elatus victoriis, proceres ibi in
placita forestæ vocat (id est de sylvis & venationibus) concessionis
suæ, voti, atque sacramenti immemor.

     [Note 234: _Hunting. lib. 8. Regis an. 1. Mat. Par. V.
     supra sacramentum ejus._]

                                            [Marge: _Comes Glocestriæ
                                            deficit a Stephano Rege._]

In 1138. sub Pentecosten,[235] Comes _Glocestriæ_, conscripto ad
_Matildis_ opem in Normannia exercitu, homagium, quod Regi fecit,
abdicat, & more majorum, fidem atque amicitiam suam (quod diffidiare sub
hoc sæculo vocant) nunciis interdicit. Juste fieri hæc contendit; tum
quod Rex illicite ad regnum aspiraverat, tum & fidem omnem sibimet datam
& juratam violaverat. Coronatur interea perjurio perjurium: sed
intercessit Papæ indulgentia.

     [Note 235: _Mat. Par. ib. Malm. Nov. lib. 1. pag. 179 &
     192._]

                                            [Marge: _Novi Comites._]

Rex vero prævia perculsus fama[236], _multos novos instituit Comites_,
exhaustoque jam thesauro Regio, prædiis ad fiscum pertinentibus ditat,
ut fidelius sibi contra Glocestrensem militarent.

     [Note 236: _Mat. Par. ib. supr._]

                                            [Marge: _Concil.
                                            Northampton._]

Anno 1138. in Octavis Paschæ[237] (quod erat 4. Idus Aprilis) Rex
Concilium _Northamptoniæ_ tenuit, cui præsidebant Eboracensis
Archiepiscopus _Thurstanus_, Episcopi, Abbates, Comites, _Barones_,
_Nobiles quique_ per Angliam. Hæc _Florentii_ continuator, qui præterea
Prælatorum aliquot institutiones illic memorat, sed, ut sæpius Monachi,
secularia prætermittit. Cogi autem videtur hoc Concilium ad
deliberandum de gravissimo bello, quod in Regem moliebatur _Robertus_
Comes _Glocestriæ_ in transmarinis adhuc constitutus. Prævola quippe
fama ejus detexerat machinationes, & qua potuit Rex se accingit de summa
rerum jam dimicaturus. Cum autem exhaustus esset thesaurus Regius nec
haberet quo desideratos obligaret munere, sacrarium patefaciens
dignitatum, multos creavit _novos Comites_, prædiisque, ne _inanis
videretur dignitas_,[238] prout potuit honoravit.

                                            [Marge: _Albericus Ostiensis
                                            synodum Westmon. vocat._]

     [Note 237: _Flo. Wig. Malmesb. Nov. lib._ 34.]

     [Note 238: _Contin. Floren. in an. 1138. pag. 520 & 526._]

Hoc etiam anno Angliam venit[239] _Albericus Ostiensis_ Episcopus,
Legatus Romanus, qui lectis coram Rege & Magnatibus literis
_Apostolicis_, primo non admittitur; at susceptus demum, synodum
convocat _Westmonasterii_ 13. die Decembris in Ecclesiæ status
reformationem. Aderant ei 18 _Episcopi_, 30 circiter _Abbates_, &
innumera Cleri & populi multitudo. Interfuit Rex ipse Stephanus cum
Romano alio Legato; & post multarum causarum discussionem, promulgata
sunt ibidem 17 Capitula. E quibus hæc _decerpsimus_, cum ad politiam
Ecclesiæ, tum & regni quodammodo pertinentia.

     [Note 239: Les Dignités qui n'étoient point inhérantes à
     des Fiefs étoient alors peu usitées.]

5. Nullus omnino de manu Laici Ecclesiam seu quæcunque Ecclesiastica
beneficia accipiat: Cum autem investituram aliquis per Episcopum
acceperit, præcipimus ut super Evangelium juret, se nihil propter hoc
vel per se, vel per aliquam aliam personam dedisse alicui vel
promisisse. Si autem præsumptum fuerit, irrita hujusmodi donatio erit, &
tam dator quam acceptor ultioni canonicæ subjaceat.

7. Statuimus præterea, ne quis Ecclesiam seu quælibet beneficia
Ecclesiastica, paterna sibi vendicet hæreditate, aut successorem sibi in
Ecclesiastico constituat beneficio. Quod si præsumptum fuerit, irritum
fore decernimus, cum Psalmista dicentes: _Deus meus pone illos ut rotam,
qui dicunt hæreditate possideamus sanctuarium Dei._

8. Sanctorum patrum vestigiis inhærentes, Presbyteros, Diaconos,
Subdiaconos, uxoratos aut concubinarios, Ecclesiasticis officiis &
beneficiis privamus, ac nequis eorum Missam audire præsumat, Apostolica
authoritate prohibemus.

9. Foeneratores Clericos, & turpia lucra sectantes, & publica secularium
negotia procurantes, ab officio & beneficio Ecclesiastico nihilominus
removendos esse censemus.

10. Si quis Clericum, vel Monachum, vel Sanctimonialem, vel quamlibet
Ecclesiasticam personam occiderit, incarceraverit, vel nefarias ei manus
intulerit, nisi tertio submonitus satisfecerit, anathemate feriatur.
Neque quisquam ei præter Romanum Pontificem, nisi mortis urgente
periculo modum poenitentiæ finalis injungat. Si autem impoenitens
mortuus fuerit, corpus ejus inhumatum remaneat.

11. Si quis Ecclesiarum res mobiles vel immobiles violenter usurpare
præsumpserit; nisi post canonicam vocationem emendaverit, eum
excommunicari præcipimus.

12. Apostolica authoritate prohibemus, ne quis absque licentia Episcopi
sui in possessione sua Ecclesiam vel Oratorium constituat, &c.

                                            [Marge: _Concil. Oxon.
                                            1139._]

_Concilium Oxenfordiæ._

Anno 1139. R. 4. circa 8. Cal. Julii, Rex _Magnates_ Angliae _Oxonium_
vocat ad _Concilium_: Animadvertit enim Robertum _Glocestrensem_ belli
fomitem, novum in dies conscribere militem, castra capere & munire, &
militarem undique comportare supellectilem; deficere ad eum populum
plurimum, potentissimosque aliquot, cum ex seculo tum e Clero, in partes
Imperatricis transfretare. Intelligit præterea, multos aut castella nova
exstruentes, aut vetera munientes, tanquam Regi propugnaturos, inimicis
suis clam adhærere. Ex hoc esse genere _Rogerum_ Episcopum _Saresberiæ_,
qui castellum Saresberiæ egregie firmaverat, castella _Schiresburniæ_ &
_Divisæ_ mire ædificaverat & munierat; aliudque _Malmesberiæ_
inchoaverat. Alexandrum etiam Lincolniensem Episcopum, nepotem Rogeri,
qui castella de _Newwerk_ & _Sleford_ condiderat, & primum illud in
tutamen dignitatis omni ingenio exornaverat. Hi cum _Nigello_ Episcopo
Eliensi nepote altero ejusdem Rogeri[240], maximo apparatu militum,
equis & armis instructo, Oxonium veniunt. Rex proditionem suspicatus,
suos armat; contenditur inter milites de hospitiis. Famulus quidam Ducis
Britanniæ ab Episcopalibus occiditur, nepos etiam paulo minus. His autem
a Regio milite fugatis, capti sunt Episcopi Saresberiensis &
Lincolniensis, Eliensi fuga elapso.

     [Note 240: _Contin. Flor. pag. 521._]

Rex in Episcopos agit, cum ob hanc pacis suæ ab eorum militibus
violationem, tum quod castella non citra suspicionem in semet ipsum
munierant. Eorundem igitur claves poscit in fidei vadem, & renuentes
Episcopos tradit carceri, & nihilominus habito postmodum Concilio coram
Primoribus Angliæ, statutum est[241].

     [Note 241: _Continuat. an. 1139. pag. 528._]

Ut omnia per Angliam oppida, castella, munitiones quoque, in quibus
secularia solent exerceri negotia, Regis & Baronum suorum juri cedant.

Ecclesiastici vero viri, viz. Episcopi, canes inquam divini, in salutem
& defensionem ovium suarum latrare non cessent, ne lupus invisibilis,
malignus scil. hostis, oves dominicas rapiat, & dispergat, omnino
caveant.

Rex castella antedicta cum ingenti in eisdem thesauro, vi aut minis
occupat.

                                            [Marge: _Synodus Winton.
                                            1139._]

_Synodus Wintoniæ._

Anno eodem (1139.) ad 4. Calend. Septembris, _Henricus_ Wintoniensis
Episcopus, Regis frater, & Romanæ Sedis Legatus, synodum indicit. Aderat
_Theobaldus_ Archiepisc. _Cantuar._ cæterique omnes Episcopi, quos aut
morbus non detinuit aut periculum belli. Citatur & _Rex_ ipse, qui
Comites misit responsuros, at inprimis Procuratorem suum _Albericum de
Vere_, Causidicum argutissimum. Recognoscuntur hic omnia quæ _Oxonii_
gesta sunt; gladiusque Ecclesiasticus in gladium stringitur secularem.

Legatus suam proponit modestiam, qui hoc functus munere, per semestre
nihil hactenus aggressus est. Queritur tanta jam se evocari necessitate,
tanto interpelli scelere. Episcopos nempe sacros atque unctos Domini
contra jus & fas, contra omnem vim canonum, pietatis & religionis,
nefandis manibus captivatos, & quod ne dictu est, in carcerem turpiter
detrusos a divinis officiis cohiberi: Ecclesiam suis spoliari
possessionibus, & sacrilege rapi bona ejus: Regem a nequissimis
incentoribus ad hoc seductum: Fratrem suum esse & charum utique;
facultatum vero & ipsius corporis subiturum potius se dispendia, quam
Episcopalem celsitudinem tanta dejici indignitate perpessurum pateretur.
Facturum igitur quicquid definiret Synodus.

Pro Rege multa _Albericus_ in Episcopos injuriarum, versutiæ, tumultus,
seditionis, infidelitatis, defectionis, & proditionis insimulans:
_Rogerum_ Saresberiensem captum non ut Episcopum, sed Ministrum Regis;
nec per violentiam erepta castella, sed tradentibus Episcopis, ut de
tumultu quem in Curia concitaverant, immunes essent. Pecuniam
_Saresberiensi_ licite ademptam, quod ex fisci hanc redditibus sub
Henrico Rege collegisset: ipsum Regi tamen e Castellis cessisse ut
commisso absolveretur, horumque non deesse testes.

_Rogerus Saresberiensis_ asserit, se ministrum Regis Stephani nunquam
fuisse. Prolatas accusationes non in foro seculari, at in Episcoporum
synodo debuisse agitari, priusquam spoliarentur bonis. Contra spoliatos
ex jure gentium non litigandum, nisi præcedente restitutione.

Denique si justitiam in hac _Synodo_ non consequatur, eam in majori
curia quæsiturum.

Hæc absente Rothomagensi Archiepiscopo, qui sub triduo veniens: Concedo
(inquit) ut castella Episcopi haberent, si se jure habere debere per
Canones probare possent: Quod quia non possent, extremæ improbitatis
esse, contra Canones niti velle. Et esto (inquit) justum sit ut habeant:
Certe quia suspectum est tempus, secundum morem aliarum gentium,
Optimates omnes claves munitionum suarum debent voluntati Regis
contradere, qui pro omnium pace debet militare.

Languescit protinus controversia[242]; sed prædictis addidit Causidicus
_Albericus_: Regi innotescere, agi inter Episcopos de Romano Pontifice
implorando; Regem id ne faciant prohibere, & missis reditum interdicere:
sed interea semet Romam appellare. Turbata his dissolvitur Synodus:
Legatus autem & Archiep. ad pedes Regis provoluti frustra intercedunt.

     [Note 242: _Hæc qui latius cupit, Malmesb. adeat. Hoved.
     lib. 1._]

_De Naufragio & Wrecco maris tempore RR. Henrici I. & Stephani, Anno
Dom. 1139. Regis Steph. 4._

                                            [Marge: _De Wrec quod
                                            accidit tempore Regis
                                            Stephani._]

Sub iisdem diebus tempestate prævalente contigit[243] navem quandam
variis sumptibus refertam, de _Rumenel_ terra Archiepiscopi
Cantuariensis, super terram Ecclesiæ de Bello in _Dengemareis_ membro de
_Wy_, confractam (hominibus vix evadentibus) jactari. Sciendum est autem
hoc pro lege ab antiquitate per maris littora observandum.

     [Note 243: _Totum e Chron. MS. Monasterii de Bello._]

Ut navi fluctibus contrita, si evadentes infra statutum terminum &
tempus eum minime reparassent, navis & quæcunque appulsa forent, absque
calumnia in dominum terra illius & in Wrec cederent.

                                            [Marge: _Lex Henrici I._]

Sed supra memoratus Rex _Henricus_ hanc abhorrens consuetudinem, tempore
suo, per imperii sui spatia edictum proposuit, quatenus: Si vel unus e
navi confracta vivus evasisset, hæc omnia obtineret. Verum quo novus Rex
cedit, & nova Lex. Nam defuncto eo, regni Proceres, edicto recenti
pessundato, morem antiquitus observatum sibimet usurparunt. Unde factum
est, ut homines de Dengemareis secundum maritimas consuetudines, &
regales dignitates Ecclesiæ Belli, pradictum Wrec vi obtinerent[244].

     [Note 244: Spelman avoit rassemblé les témoignages des
     différens Historiens pour composer son Traité chronologique des
     Loix. Il est donc obligé de répéter quelquefois le Texte des
     Loix auxquelles ces Historiens ont donné diverses dates.]

                                            [Marge: _Rex quotannis
                                            coronatur._]

Prisci moris fuit[245], ut Magnates Angliæ ad natale Dom. ad Curiam R.
convenirent, tum ad festivitatem celebrandum tum ad obsequium Regi
præstandum, & de negotiis regni deliberandum.

     [Note 245: _Contin. Flor. an. 1126. pag. 501 & an. 1139.
     pag. 533._]

Coronabatur quippe in hoc festo annuatim Rex ab Archiep. Cantuar. eum ad
Ecclesiam a dextra ducente, & ritus solennes peragente. Unde factum est,
ut Historiographi veteres annum a nativitate Domini ordiantur, & sedulo
notent ubi Rex curiam tenuit natalitiam.

                                            [Marge: _Fastum omittit._]

Anno autem Dom. 1140. R. _Stephani_ 5. deturpato jam bellis atque
cladibus toto regno, fastus iste Regius non intermitti tantum sed omitti
cepit. Unde[246] _Huntingtonius_ in hoc anno ait: Ubi autem ad Natale
vel ad Pascha Rex fuerit, dicere non attinet. Jam quippe curiæ solennes
& ornatus regii stemmatis ab antiqua serie descendens prorsus
evanuerant. Coronatus etiam se exhibuit in festo Pentecostes, ut
_Florentii_ continuator refert, atque ita sine dubio in Paschate,
Magnatibus utique congregantibus.

     [Note 246: _Hist. lib. 8. pag. 390. Mat. Par. an 1139.
     Hoved. an. 1140._]

                                            [Marge: _Nequitia
                                            Monetariorum._]

Anno 1140. cum e falsariorum nequitia[247] tanta esset monetæ
difficultas, ut omnia chara essent, & ex decem vel eo amplius solidis
vix 12 denarii reciperentur, exhaustusque Regi esset thesaurus totus;
ferebatur Rex denariorum pondus, quod fuerat tempore Regis _Henrici_,
alleviari jussisse.

     [Note 247: _Malmesb. Novel. lib. 1. pag. 185._]

                                            [Marge: _Rex obsidetur &
                                            capitur._]

                                            [Marge: _Matilde eum
                                            dimittere non vult._]

An. 1141. in die Purificationis B. Mariæ Virg. _Stephanus_ Rex in
obsidione _Lincolniæ_ capitur[248], & _Matildi_ Imperatrici cum urbe
_Wintoniæ_ & corona regni Angliæ traditur. Suscepta igitur a plerisque
homagia passim capit, _Londinum_ que magno fastu ingrediens, ANGLORUM
DOMINA salutatur. Assidet autem _Westmonasterii_, de arduis regni
dispositura: Ubi supplex ejus obtestatur gratiam Anglorum Regina pro
Domino & marito suo Stephano Rege, non captivo solum, sed compedibus
(dictu lacrymabile) mancipato. Supplicem autem non exaudit.

     [Note 248: _Cont. Flor. in hoc anno. pag. 140._]

                                            [Marge: _Intercessores pro
                                            R. Stephano._]

Obtestantur una igitur Anglorum Proceres, ut acceptis, cum obsidibus
plurimis, castellis, prædiis, & divitiis suis, non regno eum, sed
libertati sic restitueret; ut vel Monachus fiat, vel in transmarinis
peregre vivat. Sed nec hos exaudit.

Obtestatur eam (qui contra fratrem suum Regem partes ejus foverat)
_Wintoniensis_ Episcopus & Legatus, ut Comitatum qui fuerat Regis
_Stephani_, adempto jam regno, filio ejusdem Eustachio largiretur. Nec
hunc exaudit.

Obtestantur eam demum cives _Londonienses_, qui benevole eam exceperant,
ut abrogatis patris sui Henrici Regis _duris atque asperis legibus,
optimas illas Regis Edouardi Confessoris restitueret_[249]. Nec hos
exaudit.[250]

     [Note 249: Henri Ier n'avoit pas cessé, comme on le voit,
     de faire exécuter les Loix du Conquérant.]

     [Note 250: Sous l'an 1141 on trouve dans les Actes de Rimer
     une Charte par laquelle l'Impératrice Matilde, fille de Henri
     Ier, fait Milon de Glocestre Comte d'Herefort: elle prouve,
     d'un côté, que les Loix féodales continuoient d'être suivies
     sous le regne d'Etienne; & d'un autre côté, que les Comtés de
     ce temps-la étoient des dignités glébées, & non pas de simples
     titres.]

                                            [Marge: _Matildes fugit
                                            Comes Glocestriæ capitur._]
                                            Consurgente igitur in eam
                                            civitate, fugam turpiter
                                            arripit, in prædam derelicta
                                            supellectile. Paulo autem
                                            postea _Robertus_ Comes
                                            _Glocestriæ_, Imperatricis
                                            frater, & spes unica, sic
                                            jam versa belli alea, captus
                                            est, & sub æqua permutatione
                                            Rex & Comes liberantur.

                                            [Marge: _Concil. Lond. A.
                                            1142._]

Præsente _Rege_ post ejus liberationem, An. 1142. in media
quadragesima[251], Episcopus _Wintoniensis_, Romanus Legatus, _Concilium
Londini_ agit, præsentibus Rege & Episcopis. In quo propterea quod
nullus honor vel reverentia ferebatur Dei Ecclesiæ, vel ejus ordinatis,
sed æque Clerici & Laici capiebantur, redimebantur, & in vinculis
detinebantur[252]: Sancitum est ibi & generaliter constitutum, Rege
consentiente.

     [Note 251: _Mat. Par. ib. Hunting. lib. 8. an. Steph. 8.
     Hoved. an. 1143._]

     [Note 252: _Neubrig. lib. 1. cap. 10._]

Ne aliquis[253] qui Ecclesiam coemeteriumque violaverit, vel in Clericum
aut virum religiosum manus injecerit violentas, ab alio quam ipso Romano
Pontifice non absolveretur.

     [Note 253: _Mat. Par. Neubrig._]

Sancitum est[254] etiam, ut aratra in campis, cum ipsis agricolis, talem
pacem habeant in agris, qualem haberent in coemeterio si extitissent.

     [Note 254: _Mat. Par._]

Excommunicaverunt autem omnes qui contra hoc decretum venirent, candelis
accensis: & sic milvorum rapacitas aliquantulum conquievit. Verba
Parisii.

Refert autem _Gervasius_ Dorobernensis, hoc _Concilium_ edicto regio
convocatum; ipsumque Regem in eodem Proceres & Laicos interpellasse, ut
ei militantes foeminea se eximerent dominatione: Episcopos vero &
Ecclesiasticos suppetias ferrent suis opibus. Quo impetrato, Regem
vicissim concessisse.

Ut qui in Clericum manus injiceret violentas, aut ex quacunque causa
sine licentia Episcopi comprehenderet, excommunicaretur, nec nisi a
Romano Pontifice absolvendus foret.

Tempore quippe civilis belli, Clericos tanquam Laicos trucidabant;
captivosque pretio exponebant redimendos.

                                            [Marge: _Synod. Winton. Rege
                                            captivo existente._]

Captivo jam Rege, Synodus Wintoniæ in gratiam Imperatricis celebratur,
Anno Dom. 1142. Feria secunda post Octavas Paschæ, Synodus Theobaldi
Archiepiscopi Cantuariæ, & omnium Episcoporum Angliæ, multorumque
Abbatum; præsidente in eadem Wintoniensi Episcopo Legato Romano, ingenti
apparatu exorditur.

Legatus die prima Episcopos sevocat in arcanum consilium, mox Abbates,
dein Archidiaconos: & quæ modo clanculum acta sunt, postridie palam sic
enuntiat.

Regnum Angliæ, cum Ducatu Normanniæ, ad _Matildem_ Imperatricem jure,
hæreditate, decreto & concessione patris sui _Henrici_ I. voto &
sacramento omnium utriusque ditionis Procerum attinere. Nectante ea
moras in Normannia, dum paci patriæ necessario consulendum fuit,
Stephanum in Regem suscipi; cultum vero pacis, Ecclesiæ, & bonarum legum
stipulantem. Eum omnia protinus violasse, nec admonitum a _Concilio_
nupero resipiscere. Juste igitur a Deo vocari ad poenas, hostibusque
dari ludibrio & captivo. Regnum jam esse sine Rege: Ad jus Cleri
potissimum spectare Principem eligere, simulque ordinare: Convenisse
ipsos heri super hoc; invocataque, ut par est, Divinitate, filiam dicti
Regis incomparabilis _Henrici_ I. in Angliæ (inquit) Normanniæque
dominam eligimus, & ei fidem & manutenementum promittimus.

                                            [Marge: _Legatusdissolvit
                                            Concilium._]

Sententia sine contradictione acclamatur. Feria vero 4. accersiti ut
assensum præbeant, procuratores veniunt Communitatis _Londoniensis_: At
hi de liberando Rege agunt; hoc (inquiunt) Cives, hoc Barones adjuncti
civibus obtestantur. Porrigitur in eundem tenorem libellus supplex a
_Regina_ missus. At _Legatus_ comiter præteriens desiderata, feria 5.
multis prius excommunicatis qui regiarum erant partium, _Concilium_
solvit.

                                            [Marge: _Discordiæ in Anglia
                                            sub Matilde._]

Sub his temporibus, dum in contraria rapiuntur partium studia, his
_Stephano_ Regi, illis _Imperatrici_ adhærentibus; neuter Principum aut
imperiose agere, aut quod ad justitiam pertinet, exercere valuit.
Uterque autem blandiri suis, & ne deficerent, omni mulcere artificio
cogebantur. Evenit interea, prout scriptum est in sacra pagina: _In
diebus illis non erat Rex in Israel, sed unusquisque quod sibi certum
videbatur faciebat._ Silent Leges, & jus sceleri datum est. Digladiantur
inter se Proceres, & Provincialium motus inde effervescunt. Castella
quippe (inquit Neubrigensis) per singulas provincias studio partium
surrexerant, erantque in Anglia quodam modo tot Reges, vel potius
tyranni, quot Domini castellorum, habentes singuli percussuram proprii
numismatis, & _potestatem subditis, regio more, dicendi juris_[255].
Plura hujusmodi.

     [Note 255: On voit ici un tableau de ce qui dut se passer à
     la fin de la seconde Race en France; les Seigneurs, ne
     reconnoissant plus de Souverain, s'emparent du droit de rendre
     la Justice à leurs vassaux; & le Clergé introduit dans les
     affaires civiles la procédure établie par le droit civil &
     canonique.]

                                            [Marge: _Henricus filius
                                            Matildis fit Dux Norman._]

Anno 1149. _Henricus_[256] filius _Gaufridi_ Comitis _Andegaviæ_ &
Matildis Imperatricis, Angliæ & Normanniæ hæredis, Dux Normanniæ factus
est, Ducatum ei cedente patre suo; quo & anno proximo moriente, _Comes_
itemque _Andegaviæ_ salutatur. Nec multo post (An scil. 1151.)
_Alianorem_ hæredem _Pictaviæ_ (habito inter eam & Regem _Franciæ_,
consanguinitatis causa, divortio) sibi accepit conjugem, & accrevit sic
ei titulus Dux Normanniæ, & Comes Andegaviæ & Pictaviæ.

     [Note 256: _Mat. Par. in ann. 1149, 1150, 1151._]

                                            [Marge: _Henr. Dux Norman.
                                            Angliam invadit._]

Eodem anno 1149. _Henricus_[257] Dux Normanniæ potentissimum inde
exercitum in _Angliam_ traducit, gestisque plurimis felicissime, fecit
monetam novam, quam vocabant Ducis; & non tantum ipse, sed omnes
potentes, tam Episcopi, tam Comites, quam Barones, suam faciebant
_monetam_: sed ex quo Dux ille venit, plurimorum monetam cassavit.

     [Note 257: _Hoved. ib. pag. 490._]

Anno 1150. Comites & Barones fecerunt lingantiam & fidelitatem
_Eustachio_ filio Regis _Stephani_[258].

     [Note 258: _Mat. Par. ib._]

                                            [Marge: _Concil. Lond._]

_Concilium generale Londini._

Anno 16. (Regis, id est, Domini nostri 1151.) _Theobaldus_ Cantuariæ
Archiepiscopus & Apostolicæ Sedis Legatus, Concilium generale apud
Londoniam in media quadragesima, ubi Rex Stephanus & filius suus
Eustachius, & _Angliæ Proceres_ interfuerunt, totumque illud Concilium
novis appellationibus infrendunt. In Anglia namque appellationes in usu
non erant, donec eas _Henricus Wintoniensis_ (Episcopus) dum Legatus
esset, malo suo crudeliter intrusit. In eodem namque Concilio, ad Romani
Pontificis audientiam ter appellatus. Hæc _Huntingtonius_ illius sæculi
Author.

Hic me monet locus ut de Jure Civili & Canonico quæ sub _Stephano_ Rege
Angliam dicuntur ingressa, quidpiam referamus. Videntur quippe cum
appellationibus huc transmigrasse, quarum prima quod sciam mentio in
Concilio Wintoniensi Ann. 1139[259].

     [Note 259: _Vide Not. ad Fortes. pag. 43, 44, 45._]

                                            [Marge: _Rex Eustachium
                                            filium coronari vult._]

Anno 17 regni sui, (id est Domini nostri 1151) _Stephanus_[260]
convocatis Episcopis, filium suum _Eustachium_ in Regem voluit coronari.
_Theobaldus_ autem Archiepiscopus Cantuar. cæterique Episcopi, Papæ
literis ad _Theobaldum_ datis prohibiti (quod Stephanus contra
jusjurandum solium invaserat) recusarunt. Excandescentes igitur Rex &
filius, concludi jubent Episcopos in domo quadam donec peragerent
postulata. Sed cum nec hoc modo ad votum traherentur quamvis de
capitibus suis dubitantes; solutis ipsis possessiones suas Rex ad fiscum
rapit; & resipiscens brevi restituit eas.

     [Note 260: _Hunting. lib. 8. pag. 395._]

                                            [Marge: _Eustachius subito
                                            moritur._]

Sequenti autem anno dum _Eustiachius_ prædatum iret _S. Edmundi_
Monasterium, die 10 Augusti morte subita (insanus ut quidam aiunt)
præreptus est. Cumque nulla jam superesset _Stephano_ proles successura
mascula, de pace inter Principes felicius tractatum est, prout sequitur.

                                            [Marge: _Pacis Capitula
                                            inter Stephan. R. & Henr.
                                            Ducem Norm._]

_Capitula pacis inter Stephanum Regem Anglorum & Henricum Ducem
Normanniæ Wallingfordiæ pacta._

Anno Domini 1153. Justitia de Coelo prospiciente[261] & diligentia
Theobaldi Cantuariensis Archiepiscopi, & Episcoporum regni intercedente,
Rex Anglorum Stephanus, & Dux Normannorum Henricus, apud
_Wallingford_[262] in talem Concordiam convenerunt.

     [Note 261: _Mat. Par. ib. pag. 82._]

     [Note 262: _Al. Winton._]

Rex Stephanus omni hærede viduatus[263] præter solummodo Ducem
_Henricum_, recognovit in Conventu Episcoporum, & aliorum regni
optimatum, quod jus hæreditanum Dux Henricus in regnum Angliæ habebat.

     [Note 263: _Neubr. lib. 1. c. 30._]

Et Dux benigne concessit, ut Rex _Stephanus_ tota vita sua, si vellet,
regnum pacifice possideret.

Ita tamen confirmata est Pax quod ipse Rex & Episcopi tunc præsentes,
cum cæteris Optimatibus regni, jurarent, quod Dux post mortem Regis, si
illum superviveret, regnum sine contradictione aliqua obtineret[264].

     [Note 264: _Hic Mat. Par. ad Prophetiam Merlini excurrit._]

In Rege quoque Ducem, & in Duce omnes venerabuntur Regem.

Regalia passim a Proceribus usurpata, Rex in sua recipiet.

Possessiones quæ ab invasoribus direptæ erant, ad legitimos possessores,
quorum fuerant Regis _Henrici_ tempore, revertentur.

Castella adulterina quæ tempore Regis a quocunque constructa sunt
diruentur: Horum numerus (ut refert _Parisius_) ad undecies cen. &
quindecim excrevit.

Rex Colonos prædiis assignabit; ædificia combusta renovabit; replebit
pascua armentis; decorabit ovibus Montana.

Clericus debitam tranquillitatem se habere gaudebit, exactionibus
indebitis non gravabitur.

Vice-comites in locis ponentur consuetis, & neminem ex odio
persequentur; non gratificabuntur amicis; non indulgentiis crimina
sublevabunt: Suum cuique ex integro reservabunt. Metu poenarum
afficient nocentes; fures & prædones terrebuntur in furca & sententia
capitali.

Milites (juxta Isaiam) gladios convertent in vomeres, & lanceas in
ligones; a castris ad aratra; a tentoriis ad Ergasteria redibunt;
_clientes ab excubiis fatigati_,[265] in communi lætitia respirabunt.

     [Note 265: On rétablit le droit féodal, mais on en réprime
     les abus.]

Relevabitur rusticitas otio innocens & quieta.

Negotiatores Commercium ditabit celerius.

Et publica Moneta una & eadem erit in regno ex argento percussa.

Jurantur hæc utrinque & quievit bellum quod septemdecim annis jam
sævierat.

Adoptavit etiam Ducem[266] Stephanus tam in filium quam in successorem
regni; constituitque eum Justitiarium Angliæ sub ipso, omniaque regni
negotia per eum terminabantur, &c.

     [Note 266: _Hoved. an. 1153._]

                                            [Marge: _Stephanus alias
                                            Conventiones facit._]

Brevi postea proficiscentibus Rege & Duce comiter _Londinum_ Rex sub
natali festivitate chartam edit alias exhibentem conventiones, prout
sequitur. Adde hic chartam Stephani Regis de hac Concordia e MS. Cod. de
LL. Sax. Regum in Latina lingua; quodam W. Fleetwood fol. penult. quæ
etiam hic habetur in paginis sequentibus.

                                            [Marge: _Concil. Westm' de
                                            Stufis._]

_Concilium Westmonasterii in quo Stufæ (quas vulgo the Stew-Houses
vocant) confirmantur, Anno 1161. vel 1162._

In hoc Concilio (quod _Stowus_[267] Parlamentum nuncupat) ordinatum est
(inquit) a _Communibus_, & confirmatum a Rege & Baronibus ut diversæ
consuetudines in dominio Episcopi Wintoniensis ad _Stufas_ in ripa
_Thamesis_ juxta _Southwark_ spectantes, exinde ut prius ab antiquo
custodirentur. Capitula aliquot earum in hunc modum ponit.

     [Note 267: _Survey London. pag. 407._]

Ut Custos _Stufæ_, aut uxor ejus foeminam aliquam innubam ad placitum
ire & redire libere quandocunque voluerit, non impediat.

Ut Custos Stufæ nullam mulierem ad mensam suscipiat, sed ubi ipsa
voluerit, victum habeat.

Ut pro camera mulieris ultra quatuordecim denarios pro septimana non
accipiat.

Ut ostium non apertum custodiat in diebus festivalibus.

Ut nullam mulierem innubam in diebus festivalibus habeat in domo:
Ballivusque curet ut arceantur omnes illæ tunc e dominio.

Ut nulla mulier innuba, quæ peccato suo renunciare voluerit, impediatur.

Ut nulla mulier religiosa, aut viri alicujus uxor, a custode Stufæ
recipiatur.

_Ut nulla mulier innuba pecuniam a viro aliquo accipiat ad concumbendum
cum eo nisi noctem totam usque ad auroram cum eodem concubuerit[268]._

     [Note 268: On ne sera point étonné qu'une pareille Coutume
     eut lieu dans la Seigneurie d'un Evêque, quand on sçaura qu'au
     quinzieme siecle l'Archevêque de Rouen percevoit encore à
     Dieppe un droit sur les femmes publiques. Chart. de
     l'Archevêché de Rouen, fº. 46.]

Ut ad Stufam aliquam nemo attrahatur aut alliciatur.

Ut Constabularii Balivus & Officiarii alii domini Manerii, septimanatim
scrutentur singulas Stufas.

Ut custos Stufæ nullam custodiat mulierem quæ nefandum habet incendii
morbum; nec panem vendat nec cervisiam, carnem, pisces, ligna, carbones,
aut aliqua alia victualia.

Hæc ille capitula quae Henrici II. ævo ita prorsus edita non existimo.
Hujusmodi enim constabulariorum (qualium hic memorat) officium non tunc
in usu, nec tanti elocatas censeo nobiliores cameras. Antiqua tamen sunt
& antique aucta aliis constitutionibus, quæ in singulari veteri MS.
penes me visuntur.

                                            [Marge: _Charta Regis de
                                            Pacis convent. inter ipsum &
                                            Henr. Duc. Norman._]

_Charta Regis Stephani de quibusdam pacis conventionibus inter ipsum &
Henricum Ducem Normanniæ. An. Dn. 1153. Reg. 18[269]._

     [Note 269: _Rub. lib. Scac. fº. 104 prima._]

_Stephanus_ Rex Angliæ Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus, Comitibus,
Justic. Vicecom. Baron. & omnibus fidelibus suis Angliæ salutem.

Sciatis quod _Ego_ Rex Angliæ _Stephanus_ Henricum Ducem Normanniæ post
me successorem _Angliæ_ regni & hæredem meum jure hæreditario constitui,
& ei & hæredibus suis regnum Angliæ donavi & confirmavi.

Dux vero propter hunc honorem, & donationem & confirmationem sibi a me
factam, homagium mihi & sacramenti securitatem fecit, scil. quod fidelis
mihi erit, & vitam & honorem meum pro posse suo custodiet per
conventiones inter nos prolocutas quæ in hac charta continentur. Ego
etiam eandem securitatem Duci sacramento feci, quod vitam & honorem ejus
pro posse meo custodiam, & sicut filium meum & hæredem in omnibus in
quibus potero manutenebo & custodiam contra omnes quos potero.
Willielmus autem filius meus ligium homagium & securitatem Duci Norm.
fecit & Dux concessit ei ad tenendum de se omnes tenuras quas ego tenui
antequam regnum adeptus essem, sive in Anglia, sive in Normannia, sive
in aliis locis; & quicquid cum filia de Warenn' accepit, sive in Anglia,
sive in Normannia, & ad illos honores pertinet, & de omnibus terris &
villis & burgis & redditibus quos Dux in dominico suo nunc habet &
nominatim de illis quæ pertinent ad honorem Com. de Warenn. Willelmum
filium meum & homines illius qui de honore illo sunt plenarie saisieti &
nominatim de Castello de _Bolencumber_ & _Mortui maris_: Ita scil. quod
Regnum de _Warenn._ castra de Bolencumber & Mortui maris custodiet si
voluerit, & dabit inde Duci obsides. Si vero noluerit alii de ligeis
hominibus Com. de Warenn. quos Dux voluerit similiter per salvos obsides
& salvam custodiam. Alia vero Castra quæ pertinent ad Comitatum de
_Warenn. Moretoniæ_ Dux ei reddet ad voluntatem meam cum poterit per
salvam custodiam & per salvos obsides: Ita quod omnes obsides reddantur
filio meo quieti quando Dux habebit Regnum Angliæ.

Incrementum etiam quod ego filio meo Willelmo dedi, ipse Dux ei
concessit, scil. castrum de Norwic. cum septingentis libratis terræ; ita
quod redditus de Norwico infra illas septingentas libratas computentur,
& totum Comitatum de Norwic. propter illas quæ pertinent ad Ecclesias &
Episcopos & Abbates & Comites, & propter tertium denarium nominatim unde
Hugo Bigotus Comes est: Salva & reservata in omnibus regali justitia.

Item ad roborandam gratiam meam & dilectionem dedit ei Dux & concessit
quicquid Richardus de Aquila habebat de honore de _Peneneselli_ & præter
hæc castrum & villam _Peneneselli_ & servitium Faramosi propter villam &
castrum _Dover_, & quod ad Honorem _Dovere_ pertinet Ecclesiam de
_Feveresham_ cum pertinentiis Dux confirmavit & alia Ecclesiis aliis a
me data vel reddita consilio sanctæ Ecclesiæ amodo confirmabit.

Comites & Barones Ducis qui nunquam homines mei fuerunt pro honore quem
Domino suo feci, homagium & Sacramentum mihi fecerunt, salvis
conventionibus inter me & Ducem factis. Cæteri vero qui antea mihi
homagium fecerant, fidelitatem mihi fecerunt sicut Domino.

Et si Dux a præmissis recederet, Comites & Barones mei ligium homagium
Duci fecerunt, salva mea fidelitate quamdiu vixero & regnum tenuero
simili Lege, quod si a præmissis recederem omnino a servitio meo
cessarent quousque errata corrigerent.

Cives etiam civitatum & homines castrorum quæ in dominico meo habeo, ex
præcepto homagium & securitatem Duci fecerunt, salva fidelitate mea
quamdiu vixero & regnum tenuero.

Illi autem qui castrum de _Wallingeford_ custodiunt, homagium mihi
fecerunt & dederunt mihi obsides de fidelitate servanda.

Ego vero de castris & immunitionibus meis talem securitatem Duci de
consilio sanctæ Ecclesiæ feci, ne Dux me decedente per hoc dampnum &
impedimentum regni incurrat.

Et jam turris London & mota de Windesor consilio sanctæ Ecclesiæ
_Ricardo_ de _Lucieo_ ad custodiendum tradita sunt. _Ricardus_ autem de
_Lucy_ juravit & in manum Archiepiscopi & custodiam filium suum obsidem
dedit quod post meum Decessum prædicta castra Duci reddat.

Similiter consilio sanctæ Ecclesiæ Rogerus de _Busseio_ motam de
_Oxenford_ & _Jordanus_ de _Busseio_ firmitatem _Lincolniæ_ custodient &
ligei homines Duci sunt, & juraverunt & inde obsides dederunt in manum
Archiepiscopi; quod si ego decederem Duci munitiones sine impedimento
redderent.

Episcopus _Winton._ in manum Archiepiscopi Cantuar. coram ipsis
affidavit quod si ego decederem, castrum Winton. & munitiones
_Hamtoniæ_, Duci redderet.

Quod si aliquis eorum (cui) custodia munitionum commissa fuerit
moreretur, aut a Custodia sibi deputata recederet, consilio sanctæ
Ecclesiæ alius custos sibi statueretur postquam ille recederet. Si vero
aliquis de hiis qui eas munitiones custodiunt contumax vel rebellis
fuerit de castris, scil. quæ ad coronam pertinent: communi consilio Ego
& Dux nos inde continebimus donec ad voluntatem utriusque cogatur
satisfacere.

Archiepiscopi & Episcopi de regno Angliæ & Abbates ex præcepto meo
fidelitatem Sacramento Duci fecerunt. Illi quoque qui in regno Angliæ
deinceps fient Episcopi vel Abbates idem facient.

Archiepiscopi & Episcopi ab utraque parte in manum ceperunt, quod si
quis nostrum a prædictis conventionibus recederet; tam diu eum
Ecclesiastica justitia cohærebit, quousque errata corrigat, & ad
prædictam pactionem pactione redeat.

Mater etiam Ducis & uxor & fratres ipsius Ducis, & omnes quos applicare
poterit, hæc assecurabunt.

In negotiis autem regni consilio Ducis operabor. Ego autem in toto regno
Angliæ tam in parte Ducis quam in mea, regalem justitiam exercebo.
Testibus hiis _Theobalao Cantuar_. Archiepiscopo, Henrico _Winton_,
Roberto _Exon_. Roberto _Bathon_. Jocelino _Sare_. Roberto _Lincoln_.
Flavio _Cicestrens_. Willelmo _Norwic_. Richardo _London_. Nigello
_Heliensi_, Gilberto _Hereford_. Walt. _Cestrensi_, Walt. _Roffensi_,
Galfrido _de S. Assaf_. Episcopis: Roberto Priore de _Beremundeseie_,
Otone milite templi, Willelmo Comite _Cicestrensi_, Roberto Com.
_Legecester_, Willelmo Com. _Gloucestr_. Regium Com. _Cornwall_,
Baldwino Com. _Devon_, Rogero Com. _Hereford_, Patricio Com. _Sare_,
Willelmo _de Albeni_, _Alberico_ Comite, _Rogero_ Comite _de Clara_,
Richardo Comite de _Pembroc_, Richardo de _Lucy_, Willelmo _Martel_,
Richardo de _Humez_, Reginaldo de _Warenn_. Mansero _Biset_, Johanne de
_Norwic_, Richardo de _Canvilla_, Henr. apud Westm. Anno ab
incarnatione Domini nostri Ihesu Christi. Mº. Cº. liiiº.

Sequitur longa _Conventio_[270] facta & scripta apud Dover 14. Cal. Apr.
inter Hen. Regem Ang. & Henricum fil. & Hæredem suum & _Theodoricum_
Comitem _Flandriæ_ & Comitem Philippum filium & hæredem suum, de
auxiliis, &c.

     [Note 270: _Rub. Lib. fol. 164. b._]

_Charta_ recognitionis servitiorum Comites Flandriæ & Castellani facere
debent Henrico Regi Angl.

_Charta_ Conventionis & finis quem Willielmus Rex Scotorum fecit cum
Domino suo Hen. Rege Angl. fil. Matild. Imperat. & de homagio suo facto
de ter. Scotiæ, & super multis aliis.

                                            [Marge: _Convent. Oxon.
                                            1154._]

_Conventus Magnatum Oxonii, An. 1154. Reg. 19._

Ad Octavas sequentis Epiphaniæ[271], Oxonium conciliantur Magnates
Angliæ: jussuque Regis hominium Duci & fidelitatem faciunt; salvis Regi
dum viveret fide & honore debitis.

     [Note 271: _Hunting. pag. 348._]

Nec interea longa mora, cum Dunstapulam iterum convocantur. Queritur
illic Dux castella aliquot, cæteris licet dirutis, Rege concedente vel
connivente, prætermissa esse contra pactionem; sed remedium non adeptus
ægre tulit. Postea tamen Rex Stephanus obsedit multa & prostravit,
novissimeque omnium sub æstate castellum de Drake juxta Eboracum.

                                            [Marge: _Concil. Lond.
                                            1154._]

_Concilium Londini._

                                            [Marge: _Venen. perit._]

Reversus inde circa[272] festum B. Archangeli Michaelis, cum Episcopis &
Nobilibus Angliæ Concilium Londonii celebravit, tum pro regni negotiis,
tum etiam pro negotio vacantis Ecclesiæ Eboracensis, cui hic
Archiepiscopus _Rogerius_ datur[273], qui non multo post a Monachis suis
injecto sacro calici veneno, dum reliquias ebibit, extinctus est.

     [Note 272: _Neubr. lib. 32._]

     [Note 273: _Hov. ib. pag. 490._]

Rex Cantuariam hinc profectus _moritur_ 25. Octobris, An. 1154. regni
sui 19.

Charta Regis Ricardi[274], per quam adquietavit Regi Scotiæ homagium
suum & castra expressa contra priores Conventiones.

     [Note 274: _Rub. Lib. fol. 166._]

_Stephanus_ Rex II. Leges Civiles & Canonicas Angliam docet, edicto
prohibetque ne ab aliquo retinerentur. Frater _Roger Bacon._ & Jo. de
_Salisbury_, qui vixerunt sub H. 2. Vid. fusius in Not. ad Fortesc. p.
43, 44, 45.


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HENRICUS. II.

_Anno Domini 1154._

                                            [Marge: _Henricus II. regnum
                                            iniit._]

_Henricus_ filius _Matildis_ Imperatricis, Dux Normanniæ & Aquitaniæ,
Comes Andegaviæ, Pictaviæ, &c. regnum iniit 25. die Octob. An. 1154. &
coronatus fuit Westmonasterii die Dominica 17. Decemb. sequenti.

                                            [Marge: _Ditionis ejus
                                            limites._]

Regnum Angliæ celebre fecit[275], adjectis Scotia, Hibernia, insulis
Orcadum, Britannia Armoricana, Pictavia, Aquitania, & aliis in Francia
territoriis.

     [Note 275: _Stow._]

                                            [Marge: _Professio ejus in
                                            coronatione._]

Inter coronationis solennia[276], professionem de servanda Ecclesiæ Dei
libertate (necnon de aliis procul dubio, quæ ab ineunte Principe jurari
solent) scripto conceptam, super altari, ut sanctius se astringeret, Deo
obtulit.

     [Note 276: _Epist. Tho. Becket. Archiep. ad ipsum Regem.
     Hov. pag. 497._]

Videtur scriptum illud fuisse Chartam Libertatum Angliæ, qua omnia ab
Henrico I. avo suo concessa, ipse redintegrata, concedit & confirmat.

                                            [Marge: _Charta Libertatum
                                            Angliæ._]

_Charta Libertatum Angliæ Regis Henrici II._

_Henricus_ Dei gratia, Rex Angliæ, Dux Normanniæ & Aquitaniæ, Comes
Andegaviæ, Baronibus & fidelibus suis, Francis & Anglicis, salutem.

                                            [Marge: _Concedit omnes
                                            consuetudines quas Henricus
                                            I. concessit._]

Sciatis, me ad honorem Dei & sanctæ Ecclesiæ, & pro communi emendatione
totius regni mei, concessisse & reddidisse, & præsenti Charta mea
confirmasse, Deo & sanctæ Ecclesiæ, & omnibus Comitibus & Baronibus, &
omnibus hominibus meis, omnes consuetudines, quas Rex Henricus avus meus
eis dedit & concessit. Similiter etiam omnes malas consuetudines, quas
ipse delevit & remisit, ego remitto & deleri concedo, pro me & hæredibus
meis.

                                            [Marge: _Malas delet._]

                                            [Marge: _Præcipit ut
                                            Ecclesia & omnes homines
                                            sui, eas teneant quiete._]

Quare volo & firmiter præcipio, quod sancta Ecclesia & omnes Comites &
Barones, & omnes mei homines, omnes illas consuetudines, & donationes, &
libertates, & liberas consuetudines, habeant & teneant libere & quiete,
bene & in pace & integre, de me & hæredibus meis, sibi & hæredibus suis,
adeo libere & quiete & plenarie, in omnibus, sicut Rex Henricus avus
meus eis dedit & concessit, & Charta sua confirmavit. T. Richardo de
_Luci_.

                                            [Marge: _Charta Libertatum
                                            Lond. concessarum._]

_Charta Libertatum ejusdem Regis Londoniensibus concessarum._

_Henricus_, Dei gratia, &c. Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus,
Baronibus, Justitiis, Vicecomitibus, Ministris, & omnibus fidelibus
suis, Francis & Anglis, salutem.

Sciatis, me confirmasse civibus meis _London._ quod nullus eorum
placitet extra muros civitatis London. de ullo placito præter placita de
tenuris exterioribus, exceptis meis Monetariis & Ministris meis.

Concessi etiam eis quietantiam murdri infra Urbem & Portsocna: & quod
nullus faciet bellum: & quod de placitis ad coronam se possunt
disrationare secundum antiquam consuetudinem civitatis: & quod infra
muros nemo capiat hospitium per vim, vel per liberationem Mareschalli.

Hoc etiam eis concessi, quod omnes cives _Londoniarum_ sint quieti de
thelono & lestagio per totam Angliam, & per portum maris: & quod nullus
de materia pecuniæ judicetur, nisi secundum legem civitatis, quam
habuerunt tempore Henrici avi mei: & quod in civitate in nullo placito
sit Miskenninga: & quod Hustingus semel tantum in hebdomada teneatur: &
quod terras suas, & tenuras, & vadimonia, & debita omnia juste habeant,
quicunque eis debeat, & de terris suis & tenuris, quæ infra urbem sunt,
rectum eis teneatur secundum legem civitatis, & de omnibus debitis suis
quæ accommodata fuerint apud London. & de vadimoniis ibidem factis,
placita apud London. teneantur. Et si quis in tota Anglia theloneum vel
consuetudinem ab London. ceperit, postquam ipse a recto defecerit,
Vicecomes London. namium inde apud London. capiat.

Concedo etiam eis, quod habeant fugationes suas, ubicunque eas habuerunt
tempore Regis Henrici, avi mei.

Insuper etiam ad emendationem civitatis eis concessi, quod sint quieti
de Brud toll, & de Childwyte, & de Yaresgive, & de Scotale; ita quod
Vicecomes meus London. vel aliquis alius Ballivus Scotale non faciat.

Has prædictas consuetudines eis concedo, & omnes alias libertates quas
habuerunt tempore Henrici Regis, avi mei.

Quare volo & firmiter præcipio, quod ipsi & hæredes eorum hæc prædicta
omnia hæreditarie habeant & teneant de me & hæredibus meis. Hiis
testibus, Archiepiscopo Cantuariæ, Episcopo London.

                                            [Marge: _Alienigenas
                                            expellit._]

Anno 1155. Rex sub Natali Domini[277], consultis Baronibus, edicto
cavit, quod Guilielmus de Ypres, cæterique omnes Flandrenses, &
alienigenæ, qui tempore belli huc confluxerant, constituto eis fatali
die, ab Anglia discederent.

     [Note 277: _Neubr. lib. 2. cap. 1. Mat. Par. Rob. de Monte,
     &c._]

                                            [Marge: _Alienata per
                                            Stephanum Regem resumit._]

Urbes, castella, villas, prædia, cæteraque omnia ad sacrum patrimonium,
id est, coronam pertinentia, quæ a Stephano Rege alienata erant, revocat
& resumit.

                                            [Marge: _Pseudo-Comites
                                            deponit._]

Comites a Rege Stephano creatos[278] sine comitatibus, quos authores
illius seculi Imaginarios & Pseudocomites vocant, deponit; prædiaque eis
a Stephano collata, ad dignitatum suarum supportationem, fisco refert.

     [Note 278: _Rob. de Monte. Mat. Par._]

                                            [Marge: _Castra illegitima
                                            diruit._]

Castella adulterina & illegitima[279], quæ tempore Regis Stephani
constructa erant, & ab eodem juxta decretum Wallingfordiæ non eversa,
tandem demoliri fecit; sed aliquibus in regni beneficium reservatis.

     [Note 279: _Rob. de Monte. an. 1156. Neubr. Hoved. an.
     1156. Mat. Par._]

                                            [Marge: _W. Peverell ob
                                            veneficium plectitur._]

Guilielmum _Peverell_ castelli _Nottingham_ & maximarum possessionum
Baronem exhæredavit[280], causa veneficii Comiti Cestriæ atque aliis
propinati.

     [Note 280: _Rob. de Monte. Mat. Par. Mat. West._]

                                            [Marge: _Et Episcopus Wint.
                                            pro transfretatione sine
                                            licentia._]

Tria castella Henrici _Wintoniensis_ Episcopi[281], quod sine licentia
sua mare transiit; ad terram complanavit.

Per idem tempus Rex _Henricus_[282] solennes nuncios Romam mittens,
Papam Adrianum Anglum rogat, ut sibi liceat Hiberniam insulam subjugare,
& ad fidem Christi revocare; cui Papa hoc concessit Privilegium.

     [Note 281: _Mat. Par._]

     [Note 282: _Mat. Par. Mat. West._]

                                            [Marge: _Bulla Adrian. Papæ
                                            pro concessione Hiberniæ._]

_Bulla Adriani Papæ III. qua Hibernia Insula Henrico II. Regi Angliæ
conceditur[283]._

     [Note 283: _Mat. Par. pag. 91._]

_Adrianus_ Episcopus, servus servorum Dei, charissimo in Christo filio
illustri Anglorum _Regi_, salutem & Apostolicam benedictionem.

Laudabiliter & satis fructuose de glorioso nomine tuo propagando in
terris, & æternæ foelicitatis præmio accumulando in coelis, tua
Magnificentia cogitat; dum ad dilatandos Ecclesiæ terminos, & ad
declarandum indoctis & rudibus populis Christianæ fidei veritatem, &
vitiorum plantaria de agro Dominico extirpanda, sicut Catholicus
Princeps intendis, & ad id convenientius exequendum, consilium Sedis
Apostolicæ exigis & favorem. In quo facto quanto altiori consilio &
majori discretione procedis, tanto in eo feliciorem progressum, te,
parante Domino, confidimus habiturum.

Significasti siquidem nobis (fili in Christo charissime) te Hiberniæ
insulam, ad subdendum populum legibus Christianis, & vitiorum inde
plantaria extirpanda velle intrare, & de singulis domibus annuam unius
denarii B. Petro velle solvere pensionem; ita & jura Ecclesiarum illius
terræ illibata & integra conservare.

Nos autem pium & laudabile desiderium tuum favore congruo prosequentes,
& petitioni tuæ benignum impendentes assensum, gratum & acceptum
habemus, ut pro dilatandis Ecclesiæ terminis, vitiorum restringendo
discursu, pro corrigendis moribus & virtutibus inserendis, pro
Christianæ religionis augmento, insulam illam ingrediaris, & quæ ad
honorem Dei & illius terræ salutem spectaverint, exequaris: & illius
terræ populus te recipiat, & sicut Dominum veneretur, jure Ecclesiarum
illibato & integro permanente, & salva B. Petro de singulis domibus
annua unius denarii pensione.

Sane omnes insulas, quibus Sol justitiæ Christus illuxit, & quæ
documenta fidei Christianæ susceperunt, ad jus sancti Petri &
sacrosanctæ Romanæ Ecclesiæ (quod tua etiam nobilitas recognoscit) non
est dubium pertinere. Si ergo quod animo concepisti effectu duxeris
prosequente complendum, stude gentem illam bonis moribus informare, &
agas tam per te quam per illos, quos ad hoc, fide, verbo, & vita idoneos
esse perspexeris, ut decoretur ibi Ecclesia, plantetur & crescat fidei,
Christianæ religio, & quæ ad honorem Dei & salutem pertinent animarum,
taliter ordinentur: ut & a Deo sempiternæ, mercedis cumulum consequi
merearis, & in terris gloriosum nomen valeas in seculis obtinere.

                                            [Marge: _Concil. Wallingf._]

An. 1156. _Concilium_ habetur _Wallingfordiæ_, in quo, die Dominica post
octavas Paschæ, vi. 4. Idus April. Magnates regni fidelitatem jurant,
primitus Regi, deinceps filio suo Guilielmo primogenito, ipsoque
discedente Henrico fratri suo, nondum 6. hebdomadarum infantulo.

                                            [Marge: _Nova moneta._]

Novam facit monetam[284], quæ (abdicata jam Procerum illa) sola recepta
erat, & accepta in regno.

                                            [Marge: _Leges Hen. I.
                                            excitat._]

Stabilita in regno pace[285], publicæ disciplinæ in primis habuit
sollicitudinem. Leges _Henrici_ Regis avi sui, quæ sub Stephano passæ
sunt deliquium, excitat denuo præcipitque per totum regnum
inviolabiliter observari; Judices renovans & Ministros.

     [Note 284: _Hoved._]

     [Note 285: _Neubrig. lib. 2. c. 1. Hoved._]

                                            [Marge: _Concil. Winton._]

Ad festum S. Michaelis Archang. _Concilium Wintoniam_ vocat[286], in quo
agitur de Hibernia conquirenda, eandemque dando fratri Regis Guilielmo.
Sed quia matri ejus Imperatrici non placuit, intermissa est ad tempus
expeditio.

     [Note 286: _Rob. de Monte._]

                                            [Marge: _Resumit Carliol.
                                            civitatem._]

Eripit _Malcolmo_, Regi Scotorum[287], civitatem _Carliol._ quam
_Stephanus_ anno regni sui primo Regi Scotorum Davidi dederat; novum
Castrum super Tinam, Castrum Banburgi, & totum Comitatum _Laudonensem_
adjacentem; omnia nempe quibus Matildis Imperatrix ob auxilium contra
Stephanum, Davidem etiam donaverat. Ne tamen ingratus omnino videretur,
concessit ei Comitatum Huntingtoniæ, quam Henrico patri suo, Davidis
filio, Stephanus prius largitus erat.

     [Note 287: _Matt. Par. Mat. West. Neubrig. lib. 2. cap.
     4._]

                                            [Marge: _Resumit Pennenesel
                                            & Norwic. civitatem._]

Resumpsit, etiam[288] a Guilielmo, _Notho_ Regis Stephani, Comite
_Moretonii_ & _Warennæ_, castrum Pennenesel, castrum & civitatem
_Norwicum_, membra coronæ Angliæ, omnesque munitiones in Anglia &
Normannia, quas ex dono Regis Stephani possidebat. Libentius tamen ut
hæc redderet, dedit ei quicquid pater ejus Rex Stephanus habuit, die,
qua Rex Henricus mortuus fuit & vivus.

     [Note 288: _Mat. Par. Mat. West. N. Trivet._]

                                            [Marge: _H. Bigod castella
                                            Regi resignat._]

Eo tempore _Hugo Bigod_ castella sua Regi resignavit; quod & multi alii
qui a corona aliquid adepti erant alias facere sunt coacti.

                                            [Marge: _Malcolmus R.
                                            hominium præstat Regi
                                            Henr._]

Eodem anno _Malcolmus_ Rex Scottorum[289] venit ad Regem apud _Cestre_,
& homo suus devenit, eo modo quo avus suus fuerat homo veteris Regis
_Henrici_, salvis omnibus dignitatibus suis. _Hoved._

     [Note 289: _Hoved. ann. 1157._]

                                            [Marge: _Expeditio contra
                                            Wallos._]

Ad expeditionem contra _Wallos_[290] duo quique milites per totam
Angliam inveniunt tertium.

Cum vero inter loca aspera & nemorosa[291], pars istius exercitus
anterior ab insidiatoribus profligata esset, recurrens in sequentem,
Regem clamitat occisum esse. Quo audito, fugientibus cæteris, fugit una
_Henricus Essexiensis_ jure hæreditario Regis signifer; abjectoque
vexillo regio, occurrentibus pariter Regem extinctum prædicat. Rex autem
salvus fuit: At super hoc, _Henricus_ a _Roberto Montefort_ de
proditione appellatur, & judicio Regis ad duellum cogitur, in quo a
_Roberto_ victus est. Rex tamen vitæ ejus pepercit, & detonsum trusit in
monasterium _Radingæ_; sed amplissimum ejus patrimonium fisco attraxit.

     [Note 290: _Mat. Par._]

     [Note 291: _Neubr. lib. 2. cap. 5. Hollingsh._]

                                            [Marge: _Rex iterum
                                            coronatus est Lincolniæ._]

Rex _Lincolniæ_, juxta priscum morem[292], die Dominico natalis iterum
coronatus est Lincolniæ[293], non intra moenia propter vetustam
superstitionem, quam contempsit _Stephanus_; at in Wikeforde juxta, post
divinorum celebrationem, coronam super altare posuit, nec hanc postea
unquam induit; ut habet Parisius. Cessasse hinc videtur prisca illa
fastus regii ceremonia. Hovedenus autem ait: tertio se & Alienoram
conjugem suam in Paschali solennitate sequenti Wircestriæ fecisse
coronari; oblatisque jam coronis suis ad altare, vovisse Deo nunquam
postea se coronandos.

     [Note 292: _Neubr. lib. 2. cap. 9._]

     [Note 293: _Mat. Par. ait Wigorniæ._]

                                            [Marge: _Nova moneta._]

A. D. 1158. Nova moneta fuit in Anglia fabricata (inquit Parisius;) at
forte eadem est de qua _Hovedenus_ supra in An. 1156.

                                            [Marge: _Scutagium._]

A. D. 1159. Rex sub _Scutagii_ nomine ab Anglis dicitur[294] hoc anno
percepisse 12400 lib. argenti; ingentem etiam vim pecuniæ ex aliis suis
ditionibus, ad Tholosanum Comitatum qui de jure hæreditario uxoris suæ
fuit, comparandum. Hoc igitur illud esse censeo, quod a quibusdam
appellatur _Scutagium Tholosanum_, licet mihi non videtur fuisse
Scutagium, sed Tallagii genus aliquod a subditis concessum. Scutagium
enim non præcedit bellum, at finitum sequitur de absentibus colligendum:
nec ad comparandum novas ditiones, sed ad pristinas retinendum; & hoc
infra fines regni, non extra. Quod igitur de Scutagio Normannico,
Aquitanico & hujusmodi perhibetur, intelligendum censeo non in Anglia
levatum, sed in Normannia & Aquitania: vel si in Anglia, de his tantum
qui terras eidem obnoxias, sive in Normannia & Aquitania, sive in ipsa
Anglia (nam in donatione sic conveniretur) tenuere.

     [Note 294: _Gervasius, Stow._]

                                            [Marge: _Nuptiæ Henr.
                                            septennis cum Margareta
                                            trienni._]

A. D. 1160. 4. _Novembr._ _Nonis_ Burgi celebratum est matrimonium inter
_Henricum_ filium Regis Angliæ septennem, & _Margaretam_ filiam Regis
Franciæ triennem, Legati Romani authoritate; sed eisdem paulo antea
desponsatis.

                                            [Marge: _Papa Alexander in
                                            Anglia recipitur._]

A. D. 1162. Reg. 8. In schismate de Papatu, Rex Angliæ (ut etiam
Franciæ) _Alexandrum_ recipit pro catholico[295].

     [Note 295: _Hoved._]

Hæretici quidam, in synodo _Oxoniensi_ dampnati[296], cauterio fronte
inuruntur, flagellantur, ejiciuntur: omnibus prohibitis aut hospitium
aut alimonium eis præbere.

     [Note 296: _Mat. Par. in hoc ann. pag. 36._]

                                            [Marge: _Concil. Clarendon.
                                            de consuetud. regni._]

_Concilium Clarendoniæ, in quo pars consuetudinum regni (quas avitas
vocabant) sunt recognitæ[297]._

     [Note 297: _Neubr. lib. 2. c. 13._]

A. D. 1164. in præsentia Regis Henrici apud _Clarendoniam_, 8. Cal.
Febr. præsidente Joh. de Oxonia, de mandato ipsius Regis, præsentibus
etiam Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus, Prioribus, Comitibus,
Baronibus & Proceribus regni; facta est recognitio, sive recordatio
cujusdam partis consuetudinum & libertatum antecessorum suorum, Regis
viz. Henrici avi sui, & aliorum, quæ observari debebant in regno, & ab
omnibus teneri, propter dissensiones & discordias sæpe emergentes inter
Clerum & Justitiarios dom. Regis & Magnatum regni. Harum vero
consuetudinum recognitarum quæedam pars in 16. capitulis subsequentibus
continetur.

1. De advocatione & præsentatione Ecclesiarum, si controversia emerserit
inter Laicos, vel inter Laicos & Clericos, vel inter Clericos in curia
Dom. Regis terminetur.

2. Ecclesiæ de feudo Dom. Regis non possunt in perpetuum dari, absque
concessione ipsius.

3. Cleri accusati de quacunque re, summoniti a judiciario Regis, veniant
in curiam ipsius responsuri ibidem de hoc, unde videbitur curiæ Regis,
quod ibi sit respondendum; ita quod Regis Justiciarius mittet in curiam
sanctæ Ecclesiæ, ad videndum quo modo res ibi tractabitur. Et si Clerus
convictus vel confessus fuerit, non debet eum de cætero Ecclesia tueri.

                                            [Marge: _Nemo regno exeat
                                            sine licentia._]

4. Archiepiscopis, Episcopis & Personis regni, non licet exire regnum
absque licentia Dom. Regis: & si exierint, si Regi placuerit, securum
eum facient, quod nec in eundo, nec in redeundo, nec in moram faciendo,
perquirent malum sive damnum Domino Regi vel regno.

5. Excommunicati non debent dare vadium ad remanentiam, nec præstare
juramentum; sed tantum vadium & plegium standi judicio Ecclesiæ, ubi
absolvuntur.

6. Laici non debent accusari, nisi per certos & legitimos accusatores &
testes in præsentia Episcopi, ita quod Archidiaconus non perdat jus
suum, nec quicquam quod inde habere debeat. Et si tales fuerint qui
culpantur, quod non velit vel non audeat aliquis accusare, eos Vicecomes
requisitus ab Episcopo, faciat jurare duodecim legales de vicineto sive
de villa, coram Episcopo, quod veritatem secundum conscientiam suam
manifestabunt.

7. Nullus qui de Rege tenet in capite, nec aliquis Dominicorum
Ministrorum ejus, excommunicetur, nec alicujus eorum terræ sub
interdicto ponantur, nisi prius Dom. Rex, si in regno fuerit,
conveniatur, vel Justitiarius ejus, si fuerit extra regimen, ut rectum
de eo faciat; & ita, ut quod pertinebat ad Regis curiam, ibi terminetur,
& de eo quod spectat ad curiam Ecclesiasticam, ad eandem mittatur, ut
ibidem terminetur.

8. De appellationibus si emerserint, ab Archidiacono debebit procedi ad
Episcopum, ab Episcopo ad Archiepiscopum; & si Archiepiscopus defuerit
in justitia exhibenda, ad Dominum Regem perveniendum est postremo, ut
præcepto ipsius in curia Archiepiscopi controversia terminetur: ita quod
non debeat ultra procedi absque assensu Dom. Regis.

9. Si calumnia emerserit inter Clericum & Laicum, vel e converso, de
ullo tenemento quod Clericus velit ad eleemosynam trahere, vel Laicus ad
laicum feudum; per recognitionem duodecim legalium hominum, juxta
capitalis Justitiarii Regis considerationem terminabitur, utrum
tenementum sit pertinens ad eleemosynam, sive ad laicum feudum coram
Justitiario Regis. Et si recognitum fuerit ad eleemosynam pertinere,
placitum erit in curia Ecclesiastica: Si vero ad laicum feudum, nisi
ambo tenementum de Episcopo eodem vel Barone, advocaverint de feudo illo
eundem Episcopum vel Baronem, erit placitum in curia ipsius, ita quod
propter factam recognitionem saisinam non amittat, qui prius fuerit
saisitus de Civitate, vel Castello, vel Burgo, vel Dominico Manerio
Regis.

10. Si ab Archidiacono vel Episcopo super aliquo delicto citatus fuerit,
unde debeat eis respondere, & ad citationes eorum noluerit satisfacere,
bene licet eis sub interdicto ponere eum, sed non licet excommunicare,
priusquam capitalis Minister Regis villæ illius conveniatur, ut
justitiet eum ad satisfactionem venire. Et si minister Regis inde
defecerit, erit in misericordia Regis, & exinde poterit Episcop. ips.
accusatum Ecclesiastica justitia coercere.

11. Archiepiscopi, Episcopi, & universæ personæ regni, qui de rege
tenent in capite, habeant possessiones suas de Rege sicut Baroniam, &
inde respondeant Justitiariis & Ministris Regis, & sequantur & faciant
omnes consuetudines regias, & sicut cæteri Barones debent interesse
judiciis curiæ Regis, cum Baronibus quousque perveniatur ad diminutionem
membrorum, vel ad mortem.

12. Cum vacaverit Archiepiscopatus, vel Episcopatus, vel Abbatia, vel
Prioratus in dominio Regis, esse debet in manu ipsius, & inde percipiet
omnes reditus & exitus sicut dominicos reditus suos. Et cum ventum
fuerit ad consulendum Ecclesiam, debet Dominus Rex mandare potiores
personas Ecclesiæ, & in capella ipsius Regis debet fieri electio,
assensu ipsius Regis, & consilio personarum regni quas ad hæc faciendum
advocaverit, & ibidem faciet electus homagium & fidelitatem Regi, sicut
ligio Domino suo, de vita sua & de membris, & de honore terreno, salvo
ordine suo, priusquam consecretur.

13. Si quisquam de Proceribus regni disfortiaverit Archiepiscopo, vel
Episcopo, vel Archidiacono, de se suisve justitiam exhibere, Dominus Rex
debet eos justitiare. Et si forte aliquis disfortiet Domino Regi
rectitudinem suam, Archiepiscopi, Episcopi & Archidiaconi debent eum
justitiare, ut Regi satisfaciat.

14. Catalla eorum, qui sunt in forisfacto Regis, non detineat Ecclesia,
vel coemeterium, contra Justiciarios Regis, quia ipsius Regis sunt, sive
in Ecclesiis sive extra fuerint inventa.

15. Placita de debitis, quæ fide interposita debentur, vel absque
interpositione fidei, sint in justitia Regis.

16. Filii rusticorum non debent ordinari absque assensu Domini, de cujus
terra nati dignoscuntur[298].

     [Note 298: On voit toujours les Coutumes féodales
     subsister.]

Hanc recognitionem sive recordationem de consuetudinibus & libertatibus
(iniquis, inquit _Parisius_, & dignitatibus Deo detestabilibus)
Archiepiscopi, Episcopi, Abbates, Priores, Clerus, cum Comitibus, &
Baronibus, & Proceribus cunctis, juraverunt, & firmiter in verbo
veritatis promiserunt, viva voce tenendas & observandas Domino Regi, &
hæredibus suis, bona fide, & absque malo ingenio, in perpetuum. Sed
resiluit statim Thomas Archiepiscopus Cantuariæ, gravem sibi imponens
poenitentiam, & nisi a Papa (quod factum est) non remittendam. Vide
ibid. Epist. Papæ.

                                            [Marge: _Clericos criminosos
                                            degradandos ante punit._]

Decrevit etiam Rex, Ut Clericos, quos in publico flagitio Episcopi
invenirent obnoxios, præsente Regis Justitiario, exauctorarent, & post
curiæ Regis traderent puniendos. Archiepiscopus in contrarium sentiebat,
ut quos exauctorarent Episcopi, a manu laicali postmodum non punirentur,
quia bis in idipsum punire viderentur.

                                            [Marge: _Casus Phil. de
                                            Broc._]

Huic controversiæ occasionem præstitit _Philippus de Broc_, Canonicus
Bedefordensis; qui tractus in causam propter homicidium, in Regis
Justitiarium verbum protulit contumeliosum: quod cum negare coram
Archiepiscopo non posset, Præbendæ suæ beneficio mulctatus est, & per
biennium a regno pullus[299].

     [Note 299: _Constitutiones Clarendoniæ in Com. Wilt. extant
     in Concil. impres. sed omissis quæ Papa non approbavit Camd.
     pag. 250. Vid. Binium, tom. 3. par. 2. pag. 1342. ubi Alexand.
     III. singulos hujus Concilii Canones synodica damnavit
     authoritate. Vide Concilium Northamptioniæ Pambrittanicum, an.
     1176. ubi a Legato Papæ, Hugone de Petra Leonis, denuo
     confirmantur. Justiciariique jurati ad earundem observantiam._]

                                            [Marge: _Aliud Exemplar
                                            Concilii Clarendon._]

_Aliud Exemplar ejusdem Concilii e Libro de Vita & Passione S. Thomæ
Cantuariensis (Quadrilogus nuncupato) Parisiis impresso, An. 1495.
desumptum._

Rescriptum illarum consuetudinum quas avitas vocant, quoniam quando &
coram quibus facta est recognitio regalium consuetudinum[300].

     [Note 300: _Quadrilog. lib. 5. in exordio._]

Anno ab incarnatione Domini millesimo centesimo sexagesimo quarto,
Papatus Alexandri anno quarto, illustrissimi Regis Anglorum Henrici
secundi anno decimo. In præsentia ejusdem Regis facta recordatio &
recognitio cujusdam partis consuetudinum & libertatum, & dignitatum
antecessorum suorum videlicet Regis Henrici avi sui, & aliorum quæ
observari & teneri debent in regno. Et propter dissensiones & discordias
quæ emerserant inter Clerum & justitias Domini Regis, & Barones regni de
consuetudinibus & dignitatibus. Facta est ista recognitio coram
Archiepiscopis & Episcopis, & Clero & Comitibus & Baronibus & Proceribus
regni. Et easdem consuetudines recognitas per Archiepiscopos &
Episcopos, & per Barones, & per Nobiliores & _Antiquiores_ regni, Thomas
Cantuariensis Archiepiscopus, & Rogerus Eboracen. Archiepiscopus, &
Gilbertus Londoniensis Episcop. & Henricus Wintoniensis Episcopus,
Nigellus Eliensis Episcopus, & Willelmus Norwicensis Episcopus, &
Robertus Lincolniensis Episcopus, & Hilarius Cicestrensis Episcopus,
Jocelinus Saresberiensis, & Richardus Cestrensis Episcopus, &
Bartholomæus Oxoniensis Episcopus, & Robertus Herefordensis Episcopus, &
David Menevensis Episcopus, & Rogerus Wirgorniensis electus
concesserunt, & in verbo veritatis viva voce firmiter promiserunt
tenendas & observandas Domino Regi & Hæredibus suis, bona fide & absque
malo ingenio; præsentibus istis: Roberto Comite Rochestriæ, Reginaldo
Comite Cornubiæ, Conano Comite Britanniæ, Johanne Comite de Haugo,
Rogerio Comite de Clare, Comite Gauffrido de Mandeville, Hugone Comite
Cestriæ, Willermo Comite de Arundell, Comite Patricio, Willermo Comite
de Ferrariis, Richardo de Luci, Reginald de sancto Walerico, Rogerio
Bigot, Reginaldo de Warenner, Richerio de Aquila, Willermo de Bransa,
Richardo de Canivilla, Nigello de Monbray, Simone de Bello Campo,
Humphrido de Boun, Matheo de Herefordia, Waltero de Meduana, Maneter de
Biseht _Dapifero_, Willermo Maleth, Willermo de Curti, Roberto de
Dunestavilla, Jocelino de Baillolio, Willermo Lanualis, Willermo de
Laisneto, Gauffrido de Veu, Willermo de Hastinga, Hugone de Moravilla,
Alano de Neuvil, Simone filio Petri, Willermo Mallevit Camerario,
Johanne Malevit, Johanne Marescallo, Petro de Mara, & multis aliis
Proceribus & Nobilibus regni tam Clericis quam Laicis. Consuetudinum
vero & dignitatum regni recognitarum, cujus quædam pars præsenti Scripto
continetur, cujus partis capitula hæc sunt.

_Capitulum primum._

De advocatione & præsentatione Ecclesiarum si controversia emerserit
inter Laicos, vel inter Laicos & Clericos, vel inter Clericos in Curia
Domini Regis tractetur & terminetur.

Cap. 2. Ecclesiæ de feudo Regis non possint in perpetuum dari absque
assensu & concessione ipsius.

Cap. 3. Clerici citati & accusati de quacunque re sive moniti a justitia
Regis veniant in Curiam ipsius, responsuri ibidem, de hoc unde videbitur
Curiæ quid ibi sit respondendum, & in Curia Ecclesiastica unde videbitur
quid sit ibi respondendum. Ita quod justitia Regis mittet in Curiam
sanctæ Ecclesiæ, ad videndum qua ratione res ibi tractabitur. Et si
Clericus convictus vel confusus fuerit non debet eum de cætero Ecclesia
tueri.

Cap. 4. Archiepiscopis Episcopis, personis regni non licet exire de
regno absque licentia Regis, & si exierint, si Domino Regi placuerit,
assecurabunt quod nec in eundo nec in moram faciendo nec in redeundo
perquirent malum vel damnum Regi vel regno.

Cap. 5. Excommunicati non debent dare vadium ad remanens nec præstare
juramentum, sed tantum vadium & plegium standi judicio Ecclesiæ ut
absolvantur.

Cap. 6. Clerici non debent accusari nisi per certos & legales
accusatores & testes in præsentia Episcopi, ita quod Archidiaconus non
perdat jus suum; nec quicquam quod inde habere debeat. Et si tales
fuerint qui culpantur, quos nec velit, nec audeat aliquis eos accusare:
Vicecomes requisitus ab Episcopo faciet jurare duodecim legales homines
de vicineto seu de villa coram Episcopo quod inde veritatem secundum
conscientiam suam manifestabunt.

Cap. 7. Nullus qui de Rege teneat in capite, nec aliquis Dominicorum
Ministrorum ejus excommunicetur; nec terræ alicujus illorum sub
interdicto ponantur, nisi prius Dominus Rex si in terra fuerit
conveniatur, vel justitia ejus si extra regnum fuerit ut rectum est de
ipso faciat, & ita id quod pertinebat ad Curiam regiam ibidem
terminetur, & de eo quod spectabit ad Ecclesiam ad eandem mittatur ut
ibidem tractetur.

Cap. 8. De appellationibus si emerserint ab Archidiacono debent
procedere ad Episcopum, ab Episcopo ad Archiepiscopum, & si
Archiepiscopus defuerit in justitia exhibenda, ad Dominum Regem est
perveniendum postremo, ut præcepto ipsius in Curia Archiepiscopi
controversia terminetur ita quod non debet ulterius procedere absque
assensu Regis.

Cap. 9. Si calumnia emerserit inter Laicum & Clericum vel inter Clericum
& Laicum de ullo tenemento quod Clericus ad Eleemosynam velit attrahere,
Laicus vero ad Laicum feudum, recognitione duodecim hominum legalium per
capitalis Regis justitiæ considerationem terminabitur, utrum tenementum
sit pertinens ad Eleemosynam sive ad Laicum feudum coram ipsa justitia
Regis. Et si recognitum fuerit ad Eleemosynam pertinere placitum erit in
Curia Ecclesiastica. Si vero ad Laicum feudum (nisi ambo de eodem
Episcopo vel Barone advocaverint) erit placitum in Curia Regis; sed si
uterque advocaverit de feudo illo ante eundem Episcopum vel Baronem,
erit placitum in Curia ipsius ita quod propter factam recognitionem
saisinam non amittat qui prius saisitus fuerat.

Cap. 10. Qui de Civitate, Castello, vel burgo, vel dominico manerio
Regis fuerit, si ab Archidiacono vel Episcopo de aliquo delicto citatus
fuerit unde debeat iis respondere, & ad citationem eorum noluit
satisfacere, bene licet eum sub interdicto ponere. Sed non debet
excommunicari priusquam capitalis minister villæ illius conveniatur, ut
justificet eum ad satisfactionem venire. Et si minister Regis inde
defecerit, ipse erit in misericordia Regis, & exinde poterit Episcopus
ipsum accusatum justitia Ecclesiastica coercere.

Cap. 11. Archiepiscopi & personæ universæ regni qui de Rege tenent in
capite habent possessiones suas de Rege sicut Baroniam, & inde
respondent justitiis & ministris Regis, & sequentur & facient omnes
rectitudines, & consuetudines regias, & sicut Ba Barones cæteri debent
judiciis Curiæ Regis cum Baronibus interesse usque dum perveniatur in
judicio ad diminutionem membrorum vel mortem.

Cap. 12. Cum vacaverit Archiepiscopatus vel Abbatia vel Prioratus de
dominio Regis debet esse in manu ejus, & inde percipiat omnes reditus &
exitus sicut dominicos, & cum venerit ad consulendam Ecclesiam debet
Dominus Rex mandare potiores personas Ecclesiæ & in capella ejus debet
fieri electio assensu Regis & consilio personarum regni, quas ad hoc
faciendum vocaverit. Et ibidem faciet electus homagium & fidelitatem
Regi sicut ligio Domino suo de vita sua, de membris & honore terreno,
salvo ordine suo priusquam sit consecratus.

Cap. 13. Si quisquam de Proceribus Archiepiscopis vel Episcopis, vel
Archidiaconis, de se vel suis justitiam exhibere renuerit Rex debet
justificare. Et si forte aliquis deforciaret Regi rectitudinem suam
Archiepiscopi & Archidiaconi debent eum justificare ut Regi satisfaciat.

Cap. 14. Catalla eorum qui sunt in forisfacto Regis non detineat
Ecclesia vel coemeterium contra justitiam Regis sive in Ecclesiis, sive
extra fuerint inventa.

Cap. 15. Placita de debitis quæ fide interposita debentur, vel absque
interpositione fidei sint in justitia Regis.

Cap. 16. Filii rusticorum non debent ordinari absque assensu Domini de
cujus terra nati sunt sive esse dignoscuntur.

                                            [Marge: _Concil. Clarend.
                                            1164._]

_Concilium apud Clarendoniam 8 Cal. Februar. A. D. 1164. id est, 11.
Henr. II. præsidente Johanne de Oxonia de mandato ipsius Regis
præsidentibus etiam ipsis Archiepiscopis, viz. Thoma Cant. & Rogero
Eboracens. Episcopis Abbatibus Prioribus Comitibus Baronibus, &c.[301]_

     [Note 301: _V. Capitt. Mat. Par. pag. 96, & Nic. Trivet. &
     Ger. Dor._]

In hoc Concilio discisæ sunt plurimæ radices Ecclesiasticæ potestatis,
ex quo diu cum nutasset ipsa arbor, tandem corruit. Sexdecim Capitulis.

Hunc _Johannem_ de Oxonia excommunicavit postea _Thomas_ Archiepiscopus
_Cant._ (vulgo _Becket_) ut patet in Epistola ipsius ad suffraganeos
suos apud Hoved. pa. 99.

Novarum rerum & gravissimarum perturbationum tempestas in Ecclesiam
Archipræsulemque ejus jam irruit, quam profusius & lugubriter canunt
istius sæculi authores, sed expressius habeas ex Epistolis ipsorum
agentium & patientium. Quæ cum plurimæ & ab Hovedeno magna ex partæ
concinnatæ; sine obsecro ut te illi relegam, ne ab instituto nostro plus
satis abripiar.

                                            [Marge: _Concil.
                                            Northampton. A. D. 1164._]

_Concilium Northamptoniæ[302]._

     [Note 302: _Mat. Par. ib. Hoved in an. 1165._]

Anno 1164. 3 Id. Octobr. _Concilium_ habetur _Northamptoniæ_, ubi Thomas
Archiepiscopus Cantuariæ de plurimis postulatur. Inter alia Regi versus
eum conquestus est _Joh. Marescallus_ Regis, quod Archiepiscopus
manerium quoddam ei deforciabat, quod jure hæreditario idem _Johannes_
de Archiepiscopo _teneret_. Et cum super hoc querelam suam in Curia
Archiepiscopi exhibuisset, multasque moras & vexationes passus,
justitiam non est assecutus; sed Curiam Archiepiscopi secundum
_consuetudinem_ regni Sacramento suo _falsificaverat_.

Respondet Archiepiscopus, nulla justitia defuit _Johanni_ in Curia
mea[303]; sed ipse (nescio cujus Consilio an proprio voluntatis motu)
attulit in Curia mea quendam Toper. & juravit super illum, quod ipse pro
defectu justitiæ, a Curia mea recessit: Et videbatur Justitiariis Curiæ
meæ, quod ipse injuriam mihi fecit, quia sic a Curia mea recessit: Cum
statutum sit in regno Angliæ: Quod qui Curiam alterius falsificare
voluerit, oportet eum jurare super sacrosancta Evangelia.

     [Note 303: _Hoved. ib._]

Exigente[304] super hoc, judicium Rege, Barones Curiæ Regis judicaverunt
eum esse in misericordia Regis: & quamvis Archiepiscopus niteretur
judicium illud falsificare; tamen prece & Consilio Baronum posuit se in
misericordia Regis de 500 libr. & invenit inde fidejussores.

     [Note 304: _Hoved. ib. Mat. Par. an. 1164._]

Deinceps Archiepiscopus ad rationem villicationis suæ, multifariam in
regno gestæ priusquam consecratus esset, revocatur: Ab eoque sub hoc
nomine deposcuntur 30,000 Marcæ, ultra 500 alias quas Rex se mutuo, ille
dono concessisse affirmabat. His accumulantur multa gravia: Et licet
omnibus satis candide se respondisse arbitratus est Archiepiscopus,
Magnatum tamen sententiæ malefidus, Romam provocat.

Nuntios igitur Rex ad Papam Alexandrum mittit, duos postulans huc
Legatos destinari (vel ut refert _Hovedenus_ Eboracensem Archiepiscopum
hac donari potestate) qui in omnibus inter ipsum & Thomam Cantuariensem,
remota appellatione, definirent. Veritus autem Papa Legatorum indolem,
neutrum annuit: Concessit autem[305]; ut Rex ipse legatus esset totius
Angliæ; ita tamen quod ipse nullum gravamen facere posset Cantuariensi
Archiepiscopo.

     [Note 305: _Hoved. pag. 493._]

Rex gravissime his accensus, singulis Angliæ Vicecomitibus
ita præcipit.

                                            [Marge: _Constitutiones R.
                                            Henr. II._]

_Aliud istarum Constitutionum Exemplar e Libro sumptum de vita &
passione S. Thomæ Cantuariensis Archiepiscopi, Parisiis impresso. A. D.
1495. & Quadrilogus nuncupato._

Hæ sunt Constitutiones[306] quas constituit Rex _Henricus_ in Normannia;
& mandavit justitiis suis _Richardo_ de _Luci_ & duobus Archidiaconis S.
& R. & omnibus Principibus & populis Angliæ jurandas, & servandas:
Latores earum fuerunt _Guimerus_ Presbyter & _Galterus de Grinesby_.

     [Note 306: _Vit. & Pas. S. Thom. Cant. lib. 5. cap. 2._]

Si quis inventus fuerit ferens literas Domini Papæ, vel aliquod mandatum
Archiepiscopi Cantuariensis continens interdictum Christianitatis in
Angliam, capiatur, & de eo sine delatione justitia fiat sicut de
traditore Regis & Regni.

Cap. 2. Præterea nullus Clericus vel Monachus, vel conversus, vel
alicujus conversionis permittatur transfretare vel redire in Angliam
nisi de transitu suo habeat literas justitiæ, & de reditu suo literas
Domini Regis. Si quis aliter inventus fuerit agens, capiatur &
incarceretur.

3. Ne aliquis appellet ad Papam vel ad Archiepiscopum.

4. Ne aliquod placitum teneatur de mandatis Papæ vel Archiepiscopi, vel
aliquod mandatum eorum in Anglia ab ullo homine, recipiatur. Si quis
inventus fuerit aliter agens capiatur & incarceretur.

5. Generaliter quoque interdictum est, quod nullus ferat aliquod
mandatum Clerici vel Laici Domino Papæ vel Archiepiscopo. Si talis
inventus fuerit, capiatur & incarceretur.

6. Si Episcopi, vel Clerici, vel Abbates, vel Laici sententiam
interdicti tenere noluerint, sine delatione de terra ejiciantur & tota
eorum cognatio; ita quod de Catallis suis nil secum ferant.

7. Ut Catalla omnium Papæ vel Archiepiscopo faventium, & omnes
Possessiones eorum & omnium eis pertinentium cujuscunque gradus, vel
sexus, vel conditionis, capiantur & dominica manu Domini Regis
confiscentur.

8. Ut omnes Clerici qui redditus habent in Anglia sint summoniti per
omnes Comitatus ut intra tres menses veniant in Angliam ad redditus
suos, sicut diligunt redditus suos: Et si non venerint ad terminum
statutum: Redditus in manu Regis capiantur.

9. Ut Denarii beati Petri non reddantur amplius Apostolico, sed
diligenter serventur in Thesauro Regis, expendanturque ad ejus
præceptum.

10. Londoniensis & Norwicensis Episcopi sint in misericordia Regis; &
summoneantur per Vice-comites & Bedellos ut sint coram Justitiariis
Regis ad rectum faciendum Regi & justitiis ejus de eo quod contra
Statuta de _Clarendon_ interdixerunt ex mandato Papæ terram Comitis
Hugonis, & excommunicationem quam Dominus Papa in ipsum fecerat per suas
Parochias divulgaverint sine licentia Justitiariorum Regis.

                                            [Marge: _Epistola R. Henrici
                                            II. Capiendos appellantes
                                            Romam._]

A. D. 1164. _Henricus_ Dei gratia Rex, &c. _Vicecomiti_ N. Salutem.
Præcipio tibi quod si aliquis Clericus vel Laicus in Balliva tua Romanam
Curiam appellaverit, eum capias & firmiter teneas, donec voluntatem meam
præcipiam.

                                            [Marge: _Et res Clericorum
                                            Archiepiscopi._]

Et omnes reditus Clericorum Archiepiscopi, & possessiones saisias in
manum meam, & omnium Clericorum qui cum Archiepiscopo sunt.

                                            [Marge: _Et Cognatos ejus
                                            cum Catallis suis._]

Patres, fratres, & sorores, nepotes & neptes pones per salvos plegios &
catalla eorum donec voluntatem meam inde præcipiam, & hoc breve tecum
afferas cum summonitus fueris.

_Gileberto_ quoque Londoniensi Episcopo scripsit in hæc verba.

                                            [Marge: _Ne Clerici
                                            adhærentes Archiepiscopo
                                            reditibus gaudeant._]

Nosti quam male Thomas Cantuariensis Archiepiscopus operatus est
adversum me & regnum meum, & quam male recesserit; & ideo mando tibi
quod Clerici sui, qui detraxerunt honori meo & regni, qui circa ipsum
fuerunt post fugam suam, non percipiant aliquid de reditibus suis, quos
habuerunt in Episcopatu tuo, nisi per me, nec habeant aliquid Auxilium
vel Consilium a te.

_Item Justitiariis suis sub hac forma._

                                            [Marge: _Tabellarios
                                            capiendos._]

Si quis inventus fuerit ferens literas Domini Papæ vel mandatum, aut
_Thomæ_ Archiepiscopi, continens interdictum Christianitatis in Anglia,
capiatur & retineatur, donec inde voluntatem meam præcipiam.

                                            [Marge: _Ecclesiastici non
                                            transeant mare._]

Item nullus Clericus, Monachus, Canonicus, vel Conversus, vel alicujus
Religionis, transfretare permittatur nisi habeat literas de reditu suo,
Justitiarii, vel nostras. Et si quis aliter inventus fuerit, capiatur &
retineatur.

                                            [Marge: _Nullus appellet ad
                                            Papam, &c._]

Nullus appellet ad Papam vel ad Archiepiscopum; neque aliquod placitum
ex eorum mandato teneatur; neque aliquod mandatum eorum in Anglia
recipiatur: Et si quis tenuerit vel receperit, vel tractaverit, capiatur
& retineatur.

                                            [Marge: _Interdictum
                                            tenentes ejiciendos, cum
                                            cognatione._]

Si Episcopi, Abbates, Clerici, vel Laici sententiam interdicti[307]
tenuerint, sine dilatione e terra ejiciantur, & tota eorum cognatio, ita
quod nihil de Catallis suis secum ferant, sed Catalla eorum &
possessiones in manu nostra saisiantur.

     [Note 307: _Ita legitur in MS. nullo alio vocabulo
     adjuncto, corrupte vero ut supra videri potest; ad quem locum
     referri debet._]

                                            [Marge: _Clericis in Angliam
                                            redeundum._]

Omnes Clerici qui reditus habent in Anglia, sint summoniti per omnes
Comitatus, ut infra tres menses præcise ad reditus suos, sicut diligunt
eos & amant, in Angliam redeant. Et si terminum præfixum non venerint,
reditus eorum in manu nostra saisiantur.

                                            [Marge: _Summonendos qui
                                            Comitem H.
                                            excommunicarunt._]

Episcopi Londoniensis & Norwicensis summoneantur, quod sint coram
Justitiariis nostris ad rectum faciendum, quod contra statuta regni,
interdixerunt terram Hugonis Comitis, & in ipsum sententiam anathematis
intulerunt.

                                            [Marge: _Denarii B. Petri
                                            retinentur._]

Denarii B. Petri colligantur & serventur quousque inde Dominus Rex
voluntatem suam præceperit.

                                            [Marge: _Ecclesia Cant.
                                            confiscatur._]

Ecclesiam præterea Cantuariensem, & omnia bona Archiepiscopi, Rex &
suorum confiscari præcepit.

                                            [Marge: _Tota Cognatio
                                            Archiepiscopi exulat._]

Et (quod in nullius historiæ legitur serie, inquit Parisius) totam ejus
cognationem exilio ascriptam addixit, sine delectu conditionis, sexus,
aut ætatis.

                                            [Marge: _Non orandum pro T.
                                            Archiep._]

Et (cum Ecclesia Catholica oret pro hæreticis, schismaticis, & perfidis
Judæis, prohibitum est a Rege) ne quis Archiepiscopum orationum
suffragiis adjuvaret.

                                            [Marge: _XII Magnates ad
                                            Papam missi non
                                            exaudiuntur._]

Rex 12 Episcopos, Comites & Magnates ad Papam mittit qui Senensem
civitatem venientes, ei omnia versus Thomam Archiepiscopum exponunt;
petentesque aut remedium exibendum aut 2 Legatos mittendos in Angliam ad
cognoscendam controversiam, in neutro exauditi redeunt[308].

     [Note 308: _Hoved. an. 1165. pag. 496._]

                                            [Marge: _Papa damnat statuta
                                            Clarendoniæ & anathematizat
                                            observantes._]

Quarto die sequenti venit illuc Thomas Cantuariensis Archiepiscopus & ad
pedes Dom. Papæ prostratus, obtulit ei Chirographum supradictum, in quo
Leges Angliæ, quas Rex avitas vocabat, erant scriptæ[309]. Quas cum
Dominus Papa coram omnibus Cardinalibus, & Clero, & populo multo lectas
audiret, damnavit illas in perpetuum & anathematizavit omnes, qui eas
tenerent vel aliquo modo foverent. Concedit etiam ut Thomas omnes
adversarios excommunicet, excepto Rege.

     [Note 309: _Hoved. ib._]

                                            [Marge: _Edictum Regis
                                            contra Alex. Papam & Thomam
                                            Archiep._]

_Edictum Regis contra Alexandrum Papam & Thomam Archiep._

Si quis inventus fuerit[310] ferens literas vel mandatum Domini Papæ,
vel Cantuariensis Archiepiscopi, continens interdictum Christianitatis
in Anglia, capiatur, & de eo sicut de Regis traditore & regni, sine
dilatione justitia fiat.

     [Note 310: _Hoved. ib._]

Item nullus Clericus, vel Monachus, vel Conversus alicujus Religionis,
permittatur transfretare vel redire in Angliam; nisi de transfretatione
habeat literas justitiarum, & de reditu, literas Regis. Et si aliquis
aliter inventus fuerit, capiatur & retineatur.

Item interdictum est ne aliquis ferat mandatum aliquod Dom. Papæ, vel
Cantuariensis. Et si quis talis inventus fuerit capiatur & retineatur.

Item generaliter interdictum est ne aliquis appellet ad Dominum Papam
vel ad Cantuariensem Archiepiscopum, neque de cætero aliquod eorum
mandatum in Anglia recipiatur; neque aliquod placitum ex mandato eorum
teneatur, & si quis contra hoc interdictum aliquid fecerit, capiatur &
retineatur.

Item si Episcopi, vel Presbyteri, vel Abbates, sive Monachi vel Clerici
vel Laici sententiam interdicti tenuerint; sine dilatione de terra
ejiciantur, & tota eorum cognatio; ita quod nihil de Catallis suis secum
deferant; & Catalla & Possessiones eorum capiantur in manu Regis.

Item omnes Clerici qui habent reditus in Anglia, sint summoniti per
omnes Comitatus, quod sint infra tres menses post summonitionem in
Anglia ad redditus suos sicut diligunt habere ipsos redditus, & redire
in Angliam. Et si non venerint ad terminum prædictum, Catalla, &
possessiones eorum capiantur in manu Regis.

Item _Londoniensis_ & _Norwicensis_ Episcopi summoneantur, ut sint coram
Justitiariis Regis, ad rectum faciendum, quod contra statuta regni
interdixerunt terram Comitis Hugonis, & in ipsum sententiam tulerunt.

Item denarii S. Petri colligantur & custodiantur.

                                            [Marge: _Archiepiscop.
                                            damnat Clarendon &
                                            excommunicat observantes._]

                                            [Marge: _Absolvit qui
                                            jurabant obedientiam eis._]

                                            [Marge: _Authores earum
                                            qui._]

Anno 1166[311], in die Dominica Ascensionis (Rege in Normannia
existente) _Thomas_ Archiepiscopus pulpitum ascendens _Niceliaci_,
prædictas regni consuetudines, quas avitas vocant, damnat & cassas
pronunciat; excommunicans accensis candelis earundem observatores,
exactores, consiliatores, adjutores & defensores. Scribit etiam
Episcopis Cantuariensis provinciæ, acta referens & confirmans; ipsosque
absolvit a professione (hoc est, a sacramento) quam fecerant de
consuetudinibus istis observandis, quas in epistola recitat[312], &
excommunicatorum plurium nomina, & inter alia _Richardi Luci_ &
_Jocelini Bailol_, quos ait illarum consuetudinum authores fuisse &
fabricatores. Proceres autem[313] absentes & non vocati nec convecti, ut
dicebant, missis ad Archiepiscopum legatis appellaverunt, & Ecclesiam
intraverunt.

     [Note 311: _Mat. Par. ib. Hoved._]

     [Note 312: _Epist. Hoved. pag. 498 & 515._]

     [Note 313: _Mat. Par._]

                                            [Marge: _Rex cognatos Thomæ
                                            ejicit._]

Rex[314] vicissim expulit ab Anglia, & ab omnibus terris suæ
dominationis, omnes homines & foeminas, quoscunque invenire potuit, de
cognatione B. Thomæ Cantuariensis: pueros etiam in cunis vagientes, &
adhuc ad ubera matrum pendentes, misit in exilium, ut visis illis,
augmentaretur dolor Archiepiscopi.

     [Note 314: _Hoved. an. 1166. pag. 500._]

                                            [Marge: _Hidagium._]

Hoc anno[315] ad subventionem terræ, de unaquaque carucata terræ totius
Angliæ quatuor denarii concessi sunt & collecti.

     [Note 315: _Mat. Par._]

                                            [Marge: _Matildis obit._]

Hoc anno obiit _Matildis_ Imperatrix, mater Hen. II. & sepulta est
Rothomagi.

                                            [Marge: _Papa Legatos in
                                            Galliam mittit._]

An. 1169[316] _Alexander_ Papa ad petitionem Regis Legatos in Galliam
mittit, qui de prædictis cognoscerent controversiis, & excommunicatos
absolverent, pacemque co hæc parum promoventes recesserunt.

     [Note 316: _Mat. Par. pag. 106. Hoved. pag. 516._]

                                            [Marge: _Rex Henr. II. omnes
                                            Vice-comites deponit._]

Rex post Pascham _Londinum_ veniens, deposuit fere omnes Vice-comites
Angliæ, facta inquisitione per sacramentum hominum regni, de _prisis_ 1.
extortionibus eorum; adegitque omnes ad redemptiones.

                                            [Marge: _Concil. Westm._]

_Magnum Concilium Westmonast.[317]_

     [Note 317: _Hoved. pag. 518._]

                                            [Marge: _Coronat filium
                                            Henricum, qui patris obit._]

In festo S. _Barnabæ_ Apost. idem Rex (Henricus) magnum celebravit
Concilium Londoniis, cum _Principibus & Magnatibus_ terræ suæ, de
coronatione Henrici filii sui, & Dominica sequenti, quæ evenit 17. Kal.
Julii, Clero & populo consentientibus, fecit prædictum filium suum
coronari, &c.

Anno eodem[318], in Idibus Julii, convocatis _Westmonasterii_
Magnatibus, Rex Henricum filium suum primogenitum in Regem fecit
coronari; qui ab authoribus alias dicitur Rex Henricus III. alias Rex
Henricus junior: sed in vita patris defunctus est.

     [Note 318: _Mar. Par. ib. pag. 117. Hoved. pag. 518._]

                                            [Marge: _Rex Scotor. &
                                            Proceres regni novo Regi
                                            hominium praæstant._]

In crastino coronationis illius[319], fecit Rex pater _Willielmum_ Regem
Scottorum, & _David_ fratrem suum, & Comites & Barones regni, devenire
homines novi Regis, & jurare ei fidelitatem contra omnes homines, salva
fidelitate sua.

     [Note 319: _Hov. ib._]

                                            [Marge: _Ludov. R. Franciæ
                                            invadit Angliam._]

_Ludovicus_ Rex _Franciæ_[320] exercitum cogit in Regem Angliæ, quod
Margaretam filiam suam, uxorem Regis junioris, cum marito non fecit
coronari. Propere autem occurrens ei Rex pater, pacem fecit: pollicendo
quod in proximis filius iterum, & una uxor ejus, coronarentur: & factum
est Wintoniæ 6. Cal. Septemb. An. Dom. 1172[321].

      [Note 320: _Hov. ibid._]

      [Note 321: _Hov. an. 1172. pag. 529._]

                                            [Marge: _Pax restituta in
                                            Anglia._]

                                            [Marge: _Tho. Archiep.
                                            trucidetur._]

4. Idus Octob. cum Rex[322] & Magnates Franciæ a Papa impetrassent, ut,
remota omni appellatione, Rex Angliæ anathemati subjiceretur, & regnum
ejus interdicto, in Ecclesia redderet Archiepiscopum; pax eorundem
mediatione post difficultates aliquot est composita, & _Archiepiscopus_
ad sua omnia restitutus. Angliam igitur regreditur post sexenne fere
exilium, & Calendis Decembris _Sandwicum_ applicans, litteras quibus
Papa Archiepiscopum Eboracensem, & Episcopos aliquot Regi obsequentiores
suspendebat, donec Archiepiscopo satisfacerent, jam ad ipsos (celatos
hactenus) propere mittit. Intellecto hoc, excanduit supra modum Rex: &
per nuntios Archiepiscopum rogat ut suspensos absolvat; sed respondet
ille, se non posse, quod majori innodarentur authoritate. Prorupit ergo
Rex in verba aspera & minantia, quæ cum astantes excepissent,
_Willielmus de Traci_, _Reginaldus_ filius _Ursi_, _Hugo de Marvilla_, &
_Richardus Brito_, de Normannia advolantes Canterburiam, 5. die
Nativitatis Dominicæ preces agentem vespertinas crudelissime & plusquam
barbare ante altare in Ecclesia mactaverunt Archiepiscopum, incipiente
A. D. 1171.

     [Note 322: _Mat. Par. ib. pag. 117._]

                                            [Marge: _R. Henr. II.
                                            excommunicationi vicinus._]

Quinta feria ante Pascham (qua Romanus Pontifex e solenni more annuatim
solet publice vel absolvere vel excommunicare) communi Cardinalium
consilio jam decreverat, Regem Angliæ atque Angliam ipsam sub interdicto
ponere. Interea Romam veniunt (prioribus inauditis) alii a Rege Legati,
qui solennius ejus protestantes innocentiam, juramento pollicentur,
Regem ipsius Papæ & Cardinalium judicio obtemperaturum.

                                            [Marge: _Pax inter Regem &
                                            Papam._]

Missis igitur duobus a Papa Cardinalibus Rex occurrit in Normannia, &
post longos tractatus in præsentia eorundem Legatorum, juravit mortem
_Thomæ_ martyris gloriosi, nec voluntate sua nec conscientia perpetratam
fuisse, nec ejus artificio perquisitam. Sed quoniam ex verbis, quæ
succensus iracundia incaute protulerat, nequissimi clientes occasionem
sumpserant Archiepiscopum perimendi; absolutionem supplex petiit &
impetravit. Promittens insuper ad mandatum Legatorum:

                                            [Marge: _Terræ sanctæ
                                            subveniend._]

Quod tantum daret de pecunia sua, unde 200 milites ad defensionem terræ
sanctæ possent sustentari per annum.

                                            [Marge: _Appellationes
                                            permittend._]

Quod permitteret deinceps appellationes libere fieri.

                                            [Marge: _Novæ consuet.
                                            revocandæ._]

Quod consuetudines, quæ suis erant introductæ temporibus contra
libertatem Ecclesiæ, in irritum revocaret.

                                            [Marge: _Possessiones
                                            Cantuariæ restituendæ._]

Quod possessiones Cantuariensis Ecclesiæ, quæ post recessum
Archiepiscopi ablatæ integre redderentur.

                                            [Marge: _Exulantes
                                            revocandi._]

Quod Clericis & Laicis utriusque sexus, qui pro beato martyre de regno
exierant, cum pace sua recipere bona omnia, & libere redire licebit.

Hæc omnia promisit & juravit Rex Henricus pater, & Rex Henricus filius;
sigilloque regio confirmata Romam mittuntur[323].

Et graves nihilominus poenas (3. virgæ ictus a quovis Clerico accipiens)
dedit[324].

     [Note 323: _Char. absol._]

     [Note 324: _Vid. chartam absolutionis ejus. Hov. pag. 529.
     Mat. Par. pag. 127. V. etiam homagium Regis Scotiæ & Baronum
     ejus de regno Scotiæ in. an. 1175. Hov. pag. 545. Mat. Par.
     pag. 126. melius & v annos inter 1172 & 1176. apud Hov. & Mat.
     Par. & in Chron. Hollinsh. ubi vide prædict. articul. pag. 83.
     b. multo fusius e Gervas. Dorob._]

                                            [Marge: _De origine
                                            Assisarum xii Juratorum._]

_De origine Assisarum & recognitionum per XII Juratores[325]._

     [Note 325: Henri II n'institua point la Jurée; elle
     existoit sous le Conquérant: mais il permit d'y avoir recours
     dans les causes où avant son regne on n'employoit que le duel.]

_Assisas_ instituit Rex _Henricus_ II. ad duelli asperitatem (quam
_triall by batttel_ vocant) auferendam. Monstrant hoc sui ipsius Brevia
apud _Glanvillam_[326], quibus sic loquitur: Rex Vicecom. salutem.
Prohibe N. ne teneat placitum in curia sua, quod est inter M. & R. de
una hida terræ, &c. nisi duellum inde vadiatum fuerit, quia M. qui est
Tenens, posuit se inde in Assisam meam, & petit recognitionem fieri.

     [Note 326: _Lib. 2. cap. 8 & 9._]

Quod dicit, in Assisam meam, intelligendum est, in constitutionem meam:
nam quæ postea Statuta dicta sunt, sub hoc seculo Assisæ appellantur; ut
hic infra ipsius hujusce Regis, Assisæ de Clarendon, & Assisa de
habendis armis. Hinc & de legibus ab eodem editis _Radulphus Niger_:
Singulis (inquit) annis novas leges, quas Assisas vocant, edidit. De
Assisarum autem (quibus duellum tollitur) origine, sic _Glanvilla_[327]:
Est autem magna Assisa regale quoddam beneficium clementia Principis de
consilio _Procerum_ populis indultum, quo vitæ hominum, & status
integritati tam salubriter consulitur, ut in jure quod quis in libero
solo tenemento possidet retinendo, duelli casum declinare possunt
homines ambiguum, &c.

     [Note 327: _Lib. 2. cap. 7._]

Istarum siquidem originem ab Henrico II emanasse clarius tibi elucebit,
si frequentissimas deprehenderis in regni ejus parte posteriori,
inauditas vero sub anteriori. Evincit primum author celebris
_Glanvilla_, qui integris aliquot libellis sub eodem Rege Assisarum
tradidit disciplinam. Posterum habes e privilegio quodam Regis _Johannis
Beverlacensi_ Ecclesiæ (ut in charta _Richardi_ II[328] per Inspeximus
extat) concesso, prout sequitur.

     [Note 328: _Pat. 5. Ric. 2. par. 2. m. 12._]

                                            [Marge: _Poena perjurantium
                                            in magna Assisa._]

Poena in hac _Assisa_ (id est, magna Assisa domini Regis) temere
jurantium ordinaria est, & ipsi regali institutioni eleganter inserta.
Si enim ipsi juratores perjurasse in curia fuerint legitime
convicti[329], vel in jure confessi; omnibus catallis & rebus mobilibus
spoliabantur, Domino Regi eisdem applicandis; de clementia autem
Principis maxima, salvis eis tenementis solis liberis. Præterea in
carcerem detrudentur, & ibi per annum ad minus in prisona detinebantur:
insuper de cætero legem terræ amittentes, perpetuam infamiæ notam inde
merito incurrent.

     [Note 329: _Glan. lib. 2. cap. 19._]

Dominus _Ludovicus_ Duelli loco induxit _Preuves per Tesmoings &
Charters_. Choppin. pag. 577.[330]

     [Note 330: Choppin dit ceci, L. 3: _De domanio Franciæ_,
     tit. 26, nº 18.

     Spelman avoit fait sa Remarque pour établir, sans doute, que
     Saint Louis, dans ses Etablissemens, n'avoit fait que suivre ce
     que Henri II, plus de cent ans auparavant, avoit ordonné par
     toute l'Angleterre.]

                                            [Marge: _Charta Eccl.
                                            Beverlacensi data._]

_Rex_ omnibus ad quos, &c. salutem. Inspeximus cartam, quam Dominus
_Johannes_, quondam Rex Angliæ proavus meus, fecit præfatæ Ecclesiæ
_Beverlac._ & _Simoni_ huic Præposito _Beverlacen._ ac Clericis Ecclesiæ
ejusdem, in hæc verba: Johannes Dei gratia Rex Angl. Dominus Hibern. Dux
_Aquit._ Com. _Andag._ Archiepiscopis, Episcopis, &c. & omnibus Ballivis
& fidelibus suis, salutem. Sciatis, nos suscepisse in protectionem &
defensionem nostram Ecclesiam Beverlac. & Simonem Præpositum Beverlac. &
omnes homines, res & possessiones, jura & libertates illius Ecclesiæ &
Præpositi & Clericorum, ad Ecclesiam illam pertinentes. Præcipientes,
quod non faciatis, vel ab aliquo fieri permittatis eis inde injuriam,
vexationem, aut gravamen, vel aliquid quod sit in dampnum vel
dispendium, juris vel libertatum præfatæ Ecclesiæ. Volumus enim &
firmiter præcipimus, quod Ecclesia Beverlac. & prædictus Simon
Præpositus, & Successores sui, habeant & teneant, toto tempore nostro &
hæredum nostrorum, omnia jura, libertates & dignitates, quæ prædicta
Ecclesia Beverlac. & prædecessores prædicti Præpositi habuerunt &
tenuerunt, vel tenere debuerunt, temporibus antecessorum nostrorum.
Volumus etiam quod libertates & dignitates datæ ab antecessoribus
nostris, & ab aliis, Deo & beato Johanni de _Beverlaco_, & Præposito
illius Ecclesiæ, in nullo depereant, vel minuantur vel lædantur, per
_assisas_, vel recognitiones, vel constitutiones postea factas. Sed si
recognitiones vel assisæ fieri debeant de tenemento aliquo, vel de re
aliqua, quæ pertineat ad præpositum Beverlac. & Præposituram, tam in
dominicis quam feodis, teneantur in curia Præpositi Beverlac. ubi
placita inde fuerunt, & esse consueverunt, tempore Regis H. patris
nostri, vel tempore H. Regis avi patris nostri, _antequam recognitiones
vel assisæ in regno nostro essent constitutæ_.[331] Volumus etiam, &c.
Testibus, &c. Datum per manum nostram apud _Vernohun_ 8. die Octob. anno
regni nostri quarto.

     [Note 331: Ceci veut dire seulement que sous Henri 1er les
     grandes Assises n'étoient pas instituées pour le Bref de Droit,
     & que les matieres de ce Bref se discutoient, avant Henri II,
     par le duel: car j'ai prouvé plus haut qu'il existoit une Jurée
     pour les autres Brefs au temps de la Conquête. _Voyez_ Polid.
     Verg. L. 9, nº. 10, pag. 152.]

                                            [Marge: _Concil. Lond. de
                                            Henr. juniore._]

_Concilium (seu colloquium uti alias dicebatur) magnum Londoniis habitum
in festo S. Barnabæ (ut inquit Hovedenus) id est, 11 Junii, sed, ut ait
Mat. Paris. celebratum 18. die Julii, A. D. 1170. in quo Rex Henricus
pater Henricum filium suum primogenitum consortem sibi regni facit
coronatque[332]._

     [Note 332: _Hoved. in Hen. II. pag. 518._]

Deinde in festo S. _Barnabæ_ Apostoli idem Rex (Henricus pater) magnum
celebravit Concilium _Londoniis_, cum Principibus & Magnatibus terræ suæ
de coronatione Henrici filii sui, & Dominica sequenti, quæ evenit decimo
septimo Calendarum Julii, Clero & Populo consentientibus &
assentientibus, fecit ipse prædictum Henricum filium suum coronari, & in
Regem consecrari apud Westmonasterium a _Rogero_ Archiepiscopo
Eboracensi, ministrantibus ei in illo officio _Hugone Dunelmensi_
Episcopo, & _Waltero Roffensi_ Episcopo, _Gilleberto Londinensi_
Episcopo, & _Jocelino Salisbiriensi_ Episcopo: nulla mentione facta de
beato Thoma Cantuariensi Archiepiscopo, ad quem coronatio illa &
consecratio de jure Ecclesiæ suæ spectabat. Et in crastino coronationis
illius fecit Rex pater Willielmum Regem Scottorum, & David fratrem suum,
& Comites & Barones regni, devenire homines novi Regis, & jurare ei
fidelitatem contra omnes homines, salva fidelitate sua.

                                            [Marge: _Dividit terras
                                            inter filios._]

_Rex ægrotans dividit terras suas inter filios[333]._

     [Note 333: _Hoved. pag. 518._]

Deinde a _Colloquio_ illo (scil. _Ludovici_ Regis) venit Rex
(_Henricus_) pater in Normanniam, & apud Moramgram incidit in gravem
ægritudinem, & divisit terras filiis suis in hunc modum.

Dedit itaque _Richardo_ filio suo Ducatum Aquitaniæ, & omnes terras quas
accepit cum matre illius Alienor Regina.

Et _Gaudefrido_ filio suo dedit Britanniam, cum Alais filia Conani, quas
ad opus illius acquisierat a Ludovico Rege Francorum.

Et _Henrico_ Regi filio suo dedit Normanniam, & omnes terras quæ fuerunt
patris sui Gaufridi Comitis Andegavensis. Et fecit illos tres filios
suos devenire homines _Ludovici_ Regis Franciæ.

Et _Johanni_ filio suo, adhuc minimo, dedit Comitatum _Moretanii_.
Deinde post multum temporis de infirmitate convaluit[334].

     [Note 334: _Adde hic Concilium Windesoriæ, in quo finis &
     concordia sit de terris Hiberniæ, &c. Mat. Par. in an. 1175.
     pag. 126. Vide Hollins. Chron. Benedict. Abb. MS. in an.
     1175._]

                                            [Marge: _Institutis
                                            Justitiariorum itinerantium
                                            vulgo circuitus._]

_Prima institutio Justitiariorum itinerantium, & eorum itinerum, quæ
circuitus vocant._

_Concilium Notinghamiæ._

                                            [Marge: _Concil. Notingham
                                            de statutis regni._]

Anno gratiæ 1176. post Natale Domini, in festo[335] Conversionis S.
_Pauli_, venit Dominus Rex pater usque Notingham, & ibi celebravit
_magnum concilium_, de statutis regni sui: & coram Rege filio suo, &
coram Archiepiscopis, Episcopis, Comitibus, & Baronibus regni sui (& per
concilium militum & hominum suorum, inquit Benedict. Abbas) communi
omnium concilio divisit regnum suum in sex partes, per quarum singulas
tres Justitiarios itinerantes constituit, quorum hæc sunt nomina.

     [Note 335: _Hoved ib. Mat. Par. pag. 127. Benedic. Abb. in
     an. 1176. MS._]

                                             { Norfolc.
                                             { Suffolc.
                                             { Cantebrigesire.
   { _Hugo de Cressi_                        { Huntedunesire.
1. { _Walterus_ fil. _Roberti_               { Bedefordesire.
   { _Robertus Mantel_                       { Bukinhamsire.
                                             { Estsex.
                                             { Hertefordesire.

                                             { Lincolnesire.
                                             { Notingamsire.
   { _Hugo de Gundevilla_                    { Derebisire.
2. { _Willielmus_ fil. _Radulfi_             { Staffordesire.
   { _Willielmus Basset_                     { Warwickesire.
                                             { Norhantesire.
                                             { Leicestresire.

                                             { Kent.
                                             { Surrie.
   { _Robertus_ fil. _Bernardi_              { Suthantesire.
3. { _Ricardus Giffard_                      { Suthsexa.
   { _Rogerus_ fil. _Reinfrai_               { Berkesire.
                                             { Oxenefordsire.

   { _Willielmus_ fil. _Stephani_            { Herefordesire.
4. { _Bertram de Verdun_                     { Gloucestersire.
   { _Turstan_ fil. _Simonis_                { Wirecestersire.
                                             { Salopesire.

                                             { Wiltesire.
   { _Radulphus_ fil. _Stephani_             { Dorsete.
5. { _Willielmus Ruffus_                     { Somersete.
   { _Gilebertus Pipard_                     { Devonia.
                                             { Cornubia.

                                             { Everwikesire.
                                             { Richemundesire.
   { _Robertus de Wals_                      { Lancastre.
6. { _Radulphus de Glaovil_                  { Coplande.
   { _Robertus Pikenot_                      { Westmerlande.
                                             { Northumberlande.
                                             { Cumberlande.

Et postea fecit Dom. Rex[336] omnes prædictos Justitiarios jurare supra
sacrosancta Evangelia, _quod ipsi bona fide, & sine malo ingenio, has
subscriptas Assisas custodirent, & inviolabiliter ab hominibus regni
facerent custodiri_[337].

     [Note 336: _Hoved. pag. 548._]

     [Note 337: En France, sous les deux premieres Races, il y
     avoit eu des Justiciers ambulans, _Missi-Dominici_. En
     Normandie un grand Senéchal ambulant avoit été substitué à ces
     Justiciers. _Voyez_ Anc. Cout. chap. 10. Les Justiciers dont il
     est ici question ne furent donc pas établis en Angleterre par
     Henri II pour la premiere fois, mais leur nombre fut seulement
     augmenté par ce Prince.]

De hoc Concilio sic Benedict. Abbas[338]: Circa festum S. Pauli venit
Dominus Rex usque ad _Northampton_, & magnum ibi celebravit Concilium de
Statutis regni sui coram Episcopis, Comitibus, & Baronibus terræ suæ, &
per consilium militum & hominum suorum.

     [Note 338: _In vita Hen. II._]

                                            [Marge: _Assisæ._]

_Assisæ Henrici Regis factæ apud Clarendon, & renovatæ apud
Northamtune._

Si quis retatus fuerit coram Justitiis Domini Regis, de murdro, vel
latrocinio, vel roberia, vel receptatione hominum tale facientium, vel
de falsoneria, vel iniqua combustione, per sacramentum XII militum de
hundredo; & si _milites non adfuerint_, per sacramentum XII liberorum &
legalium hominum, & per sacramentum 4. hominum de unaquaque villa
hundredi, eat ad judicium aquæ: & si perierit, alterum pedem amitat. Et
apud Northamtune additum est pro rigore justitiæ, quod dextrum similiter
pugnum cum pede amittat, & regnum abjuret, & infra 40 dies a regno
exulet.

2. Et si ad aquam mundus fuerit, inveniat plegios, & remaneat in regno,
nisi retatus fuerit de murdro, vel aliqua turpi _felonia_ per commune
comitatus, & legalium militum patriæ: de quo, si prædicto modo retatus
fuerit, quamvis ad aquam mundus fuerit, nihilominus infra 40 dies a
regno exeat, & catalla sua secum asportet, salvo jure Dominorum suorum,
& regnum abjuret in misericordia Domini Regis.

3. Hæc autem _Assisa_ attinebit, a tempore quo Assisa facta fuerit apud
_Clendune_, continue usque ad hoc tempus, & a modo quamdiu Domino Regi
placuerit, in murdro, & proditione, & iniqua combustione, & in omnibus
prædictis, nisi in minutis furtis & roberiis, quæ factæ fuerant temporæ
guerræ; sicut de equis, & bobus, & minoribus rebus.

4. Nulli liceat neque in burgo neque in villa hospitari aliquem
extraneum ultra unam noctem in domo sua, quem ad rectum habere noluerit,
nisi hospitatus ille essonium rationabile habuerit, quod hospes domus
monstret vicinis suis, & cum recesserit, coram vicinis recedat, & per
diem.

5. Si quis saisitus fuerit de murdro, vel de latrocinio, vel roberia,
vel falsoneria, & inde sit cognoscens, vel de aliqua alia felonia, quam
fecerit, coram Præposito hundredi vel burgi, vel coram legalibus
hominibus, id postea coram Justiciis negare non poterit.

6. Si qui obierit francus Tenens, hæredes ipsius maneant in tali
saisina, qualem pater suus habuit die qua fuit vivus & mortuus, de feodo
suo, & catalla sua habeant, unde faciant & divisum, & Dominum suum
postea requirant, & ei faciant de relevio, & aliis quæ eis facere debent
de feodo suo.

7. Et si hæres fuerit infra ætatem, Dominus feodi accipiat homagium
suum, & habeat in custodia illum quamdiu debuerit: alii Domini, si
plures fuerint, homagium ejus recipiant, & ipse faciat eis quod facere
debuerit.

8. Et uxor defuncti habeat dotem suam, & partem de catallis ejus, quæ
eam contingit.

Et si Dominus feodi negat[339] hæredibus defuncti saisinam ejusdem feodi
quam exigunt, Justitiarii Domini Regis faciant inde fieri recognitionem
per XII legales homines, qualem saisinam defunctus inde habuit, die qua
fuit vivus & mortuus: & sicut recognitum fuerit, ita hæredibus ejus
restituant. Et si quis contra hoc fecerit, & inde attaintus fuerit,
remaneat in misericordia Regis.

     [Note 339: Les Coutumes féodales avoient prévalu; il
     n'étoit plus question des Loix d'Edouard. Le Traité de
     Glanville, écrit par l'ordre de Henri II, en fournit une preuve
     sans replique.]

10. Justitiæ Domini Regis faciant fieri recognitionem, de dissaisinis
factis super Assisam, a tempore quo Dominus Rex venit in Angliam proxime
post pacem factam inter ipsum & Regem filium suum.

11. Justitiæ capiant fidelitates Domini Regis infra clausum Pascha, & ad
ultimum infra clausum Pentecostæ, ab omnibus, viz. Comitibus, Baronibus,
Militibus, & libere tenentibus, & etiam rusticis, qui in regno manere
voluerint: & qui facere noluerit fidelitatem, tanquam inimicus Domini
Regis capiatur.

12. Habent etiam justitiæ præcipere, quod omnes illi qui nondum fecerunt
homagium & ligiantiam Domino Regi, quod ad terminum quem eis nominabunt,
veniant & faciant Regi homagium & ligiantiam, sicut ligio Domino.

13. Justitiæ faciant omnes justitias & rectitudines spectantes ad
Dominum Regem & ad coronam suam, per breve Domini Regis, vel illorum qui
loco ejus erunt, de feodo dimidii militis & infra; nisi tam grandis sit
querela, quod non possit deduci sine Domino Rege, vel talis quam
justitiæ ei reponent pro dubitatione sua, vel ad illos qui in loco ejus
erunt. Intendant tamen pro posse suo ad commodum Dom. Regis faciendum.

14. Faciant etiam assisam de latronibus iniquis, & malefactoribus terræ,
quæ assisa est per Consilium Regis, filii sui & hominum suorum per quos
ituri sunt comitatus.

15. Item justitiæ provideant quod Castella diruta prorsus diruantur, &
diruenda bene prosternantur. Et nisi hoc fecerint Dominus Rex judicium
Curiæ suæ de eis habere voluerit sicut de contemptoribus præcepti sui.

16. Justitiæ inquirant de excactis, de Ecclesiis, de terris, de
foeminis, quæ sunt de donatione Domini Regis.

17. Ballivi Domini Regis respondeant ad scaccarium, tam de assiso
reditu, quam de omnibus perquisitionibus suis quas faciunt in ballivis
suis; exceptis illis quæ pertinent ad Vicecomitatum.

18. Justitiæ inquirant de Custodiis Castellorum, & qui, & quantum, & ubi
eas debeant, & postea mandent Dom. Regi.

19. Latro ex quo capitur Vicecomiti tradatur ad custodiendum: Et si
Vicecomes absens fuerit, ducatur ad proximum Castellanum, & ipsum illum
custodiat donec illiberet Vicecomiti.

20. Justitiæ faciant quærere per consuetudinem terræ, illos qui a regno
recesserunt, & nisi redire voluerint infra terminum nominatum, & stare
ad rectum in Curia Domini Regis, postea uthlagentur; & nomina
uthlagatorum afferantur ad Pascha, & ad festum S. Michaelis, ad
scaccarium, & exinde mittantur Domino Regi[340].

     [Note 340: _Adde hic quæ sequuntur apud Hoved. de homagio
     R. Scotiæ. pag. 550 & V. Matth. Par. & Chron._]

                                            [Marge: _Legatus Romanus
                                            Hugo Petro-Leonis. A. D.
                                            1176._]

                                            [Marge: _Clerici
                                            implacitantur de forestis._]

Hoc etiam Anno[341] Angliam venit Legatus Romanus _Hugo Petro-Leonis_
alias Hugerum Cardinal. S. Angeli, qui & interfuisse dicitur Concilio
_Northamptoniæ_. Synodum autem celebravit[342] suffragantibus Episcopis,
Angliæ & Scotiæ; concessitque in eadem, & dedit Domino Regi licentiam
implacitandi Clericos regni sui, de forestis suis, & de captione
venationis, coram Laicis suis Justitiariis, prout ab ipso Rege
constitutum fuit[343].

     [Note 341: _Mat. Par. pag. 127._]

     [Note 342: _Hollins._]

     [Note 343: _Hoved. pag. 547._]

Rex vicissim concessit ei quatuor hæc capitula in regno Angliæ
observanda[344].

     [Note 344: _Mat. Par. pag. 127._]

                                            [Marge: _Et de Laico feodo
                                            non aliter._]

Primo, quod de cætero Clericus non trahatur ante Judicem sæcularem
personaliter, pro aliquo crimine vel transgressione, nisi pro foresta, &
Laico feodo, unde Regi, vel alii Domino sæculari, Laicum debetur
servitium.

                                            [Marge: _Rex non teneat
                                            Ecclesiam ultra annum._]

Secundo ut Archiepiscopatus, Episcopatus vel Abbatiæ, non teneantur in
manu Regis, ultra annum nisi pro causa evidente, vel necessitate
urgente.

                                            [Marge: _Interfectores
                                            Clericorum._]

Tertio concessit, ut interfectores Clericorum convicti vel confessi,
coram Justitiario regni, præsente Episcopo puniantur.

                                            [Marge: _Clerici non facient
                                            Duellum._]

Quarto quod Clerici Duellum facere non cogantur.

                                            [Marge: _Supplicium
                                            detegentis secreta Domini
                                            sui._]

Rex _Henricus_[345] filius _Pictaviæ_ existens, cepit Adam de
_Chirchdune_, Vicecancellarium suum, Clericum videlicet _Gaufridi_
Præpositi _Beverlaci_, Cancellarii Regis filii, & fecit eum fustibus
cædi, imponens illi, quod ille secreta sua detexerat Regi patri suo; &
flagellatum duci fecit nudum per Plateas Civitatis _Pictavis_
fusticando, & sub voce præconia clamando. Sic debet dehonestari, qui
secreta Domini sui detegit.

     [Note 345: _Hoved. pag. 551._]

                                            [Marge: _Rex filiam Regi
                                            Siciliæ in uxorem dat._]

In Concilio _Londoniis_[346] Rex Henricus Pater consilio universorum
_Episcoporum_, Comitum & Baronum regni, concessit Regi Siciliæ filiam
suam, Johannam in uxorem. Vide Chartam dotis ejus apud Hoved. p. 551.

     [Note 346: _Hoved. ib._]

                                            [Marge: _Rex Vivianum
                                            Cardinalem terrefacit._]

An. 1177.[347] _Viviano_ Cardinale, Legato Pontificis Romani, Angliam
veniente, Rex misit ad eum Ric. _Wintoniensem_, & Gaufridum _Eliensem_
Episcopos ut interrogarent eum, cujus authoritate ausus erat intrare
regnum suum sine ipsius licentia. Quibus plurimum territus Cardinalis;
de satisfactione juravit Regi; quod ipse nihil ageret in legatione sua,
contra voluntatem ipsius.

     [Note 347: _Hoved. ib. pag. 553._]

                                            [Marge: _Rex filio Johanni
                                            Hibernium dat._]

Habito _Oxonii_ Concilio Henricus Rex dedit Johanni filio suo
Hiberniam[348].

     [Note 348: _Polyd. 236. Hoved. ib. Hollins. infra._]

                                            [Marge: _Rex & Ludov. Rex
                                            Fr. de itinere
                                            Hierosolymitano agunt._]

_Ludovicus_[349] Rex Franciæ Henricus Rex Angliæ 7 Cal. Octob. pactum
ineunt de suscipiendo Crucem, & _Hierosolymas_ proficiscendo[350].

     [Note 349: _Mat. Par._]

     [Note 350: _Pacti Chartam exibet. Mat. Par. p. 128._]

                                            [Marge: _Roberto Comiti
                                            Leicestriæ terræ
                                            redduntur._]

Anno Gratiæ 1177. Regis Henrici 23. Rex Angliæ Pater celebrato _Concilio
generali_ apud _Northamtun_.[351] Post festum S. Hilarii reddidit
Roberto Comiti Leicestriæ omnes terras suas citra mare & ultra sicut eas
habuerat 15 Diebus ante guerram, exceptis Castellis de Muntford & de
Pasci: Similiter Hugoni Comiti Cestriæ, &c.

     [Note 351: _Hoved. ib. pag. 560._]

                                            [Marge: _Concil. Lond. de
                                            lite inter Regem Castellæ &
                                            Navarræ._]

Eodem Anno[352] Rex Concilium generale _Londini_ celebrat in causa litis
inter Alfonsum Regem Castellæ, & Sanctium Regem Navarræ, judicio ejus &
Baronum suorum ab utroque Rege compromissæ.

     [Note 352: _Hoved. ib. pag. 561._]

                                            [Marge: _Frater Comitis de
                                            Ferrariis interficitur._]

Tempore dicti Concilii[353], noctu interfectus est Londini, _frater
Comitis_ de _Ferrariis_ & in plateas clam projectus. Postulantur cædis
multi cives; inter hos nobilis & dives senex quidam _Johannes_. Qui cum
judicio aquæ (id est, _Ordalio_) deprehensus sit culpabilis; suspendio
traditur, licet Regi 500 lib. in redemptionem vitæ, obtulisset.
Intelligendum autem est, examen hoc factum fuisse aqua calida, non
frigida, quod Johannes nobilis esset; nam aqua frigida rustici
solummodo examinabantur[354].

     [Note 353: _Hoved. pag. 566._]

     [Note 354: On avoit conservé cette mauvaise Coutume; parce
     qu'elle ne préjudicioit point les Loix féodales, & qu'elle
     plaisoit plus au Clergé que le duel. Voici ce que dit Wilkins,
     dans son Glossaire, des Ordales, _Ordalium_, &c.]

                                            [Marge: _Johannes Rex
                                            Hiberniæ constituitur._]

                                            [Marge: _Hibernia Proceribus
                                            regni divisa._]

Eodem anno[355] celebratum est _generale Consilium Oxonii_; in quo Rex
constituit Johannem filium suum _Regem in Hibernia_, Concessione &
Confirmatione Alexandri summi Pontificis: Divisitque munificentius
terram Hiberniæ inter Proceres suos multifariam, his Castella, urbes,
dominia; illis provincias & regna integra, indictis servitiis & juratis
ligantiis & fidelitatibus utrique Regi possidendum.

     [Note 355: _Hoved. pag. 566 & 567. V. Conc. Oxo._]

_Hugoni de Lasci_ Midiam totam pro servitio 100 Militum.

_Roberto_ fil. Stephani, & Miloni de Cogham Regnum de Corc (excepta
Civitate & Cantredo) pro servitio--60 Militum.

_Hereberto_ fil. Hereberti & Guilielmo fratri Comitis _Cornubiæ_, &
_Jollano de la Primerai_ nepoti eorum, totum regnum de Limeric pro
servitio--60 Militum & cæt.[356]

     [Note 356: _Hoved. pag. 566._]

In hoc etiam Concilio[357] supplices veniunt Reguli & Nobiles plerique
_Walliæ_. Regique Patri homagium & fidelitatem facientes, pacem ei &
regno suo conservandum juravere.

     [Note 357: _Hoved. pag. 566._]

                                            [Marge: _R. Henr. & Ludov.
                                            R. Fr. de itinere Hierosol.
                                            agunt._]

XI. Cal. Octobr.[358] Rex Angliæ (in Normanniam transvectus)
_colloquium_ tueri iniit cum _Ludovico_ Rege Franciæ: Pactumque inter
eos est & juratum, quod militaturi pro terra sancta, Crucem susciperent,
& una Hierosolymas proficiscerentur. Pacti Chartam breviter exhibet
_Mat. Parisius_ p. 128. integre, _Rogerus Hoveden._ p. 570.

     [Note 358: _Hoved. Mat. Par._]

                                            [Marge: _Statutum de militia
                                            pro terra sancta._]

Henricus autem Rex _Vernolium_ inde veniens; coram Episcopis, Comitibus,
& Baronibus multis regni Angliæ, in beneficium militantium pro terra
sancta statuit.

Ne quis pro debito Domini res hominis capere præsumat, nisi homo ejusdem
debiti debitor, aut plegius extiterit: Sed redditus quos homines reddere
debent Dominis suis, reddantur Creditori Dominorum suorum, & non
Dominis.

Cæteræ vero res hominum propriæ sint in pace, neque eas pro Dominorum
debitis liceat cuique _naintire_.[A]

                                            [Marge A: C'est _nantire_,
                                            nantir.]

Hoc _statutum_ sigillo suo roboratum, Rex præcepit per omnes ditiones
suas transmarinas custodiri. Quære, an per cismarinas.

                                            [Marge: _Concil.
                                            Lateranense: acta in eo._]

_Concilium generale Lateranense[359]._

     [Note 359: _Hoved. pag. 582._]

Anno 1179. secunda feria secundæ Septimanæ quadragesimæ quæ 3. Nonas
Martii evenit, coepit XI _Generale_ Concilium in _Lateranensi_ Ecclesia
Romæ celebrari, Præsidente _Alexandro_ Papa 3. & suffragantibus 280. vel
300. Episcopis[360] præter cæteram Cleri multitudinem. Exierant quippe
præcedenti[361] anno per orbem Christianum Romæ subditum Legati
Pontificis ad hoc indicendum. Quo dum undique conflueretur,
Archiepiscopi & Episcopi tam Scotiæ quam Hiberniæ[362]: per Angliam
transeuntes, pro licentia transeundi juraverunt:

Quod neque Regi, neque regno ejus damnum quærerent.

     [Note 360: _Guiliel. Tyrius lib. 21. c. 26._]

     [Note 361: _Hoved. an. 1178. pag. 580._]

     [Note 362: _Hoved. an. 1179. pag. 582._]

Cum autem hi multi erant, ex Anglia 4. tantum Episcopi profecti sunt
Romam, viz. Hugo Dunelmensis, Johan. Norwicens. Rob. Herefordensis, &
Reginaldus Bathoniensis: Abbates autem plurimi. Sed Episcopi Angliæ
constanter asseruerunt:

Quod ad generale _Concilium_ Domini Papæ quatuor Episcopi de Anglia
tantum Romam mittendi sunt[363].

     [Note 363: _Adde Canones de præsentando infra 6 menses.
     Hov. pag. 588. & de torneamentis prohibendis apud Hov. pag. 584
     & 588. & V. Concilia._]

                                            [Marge: _A. D. 1179. Regi
                                            25. Richard. de Luci fit
                                            Canonicus._]

Post Pascha _Richardus de Luci_ Justitiarius Angliæ, relicta Justitiaria
potestate factus est Canonicus regularis in Abbatia sua de _Lewes_, quam
ipse in fundo suo fecerat, & bonis multis ditaverat, & paulo post ibidem
obiit.

                                            [Marge: _Anglia divisa._]

Quo defuncto Dominus Pater magno celebrato _Concilio_ apud _Windeshores_
communi Consilio Archiepiscoporum, Episcoporum, Comitum & Baronum, coram
Rege filio suo divisit Angliam in 4 partes; & unicuique partium præfecit
viros sapientes ad faciendam justitiam in terra, in hunc modum.

                                      { Suthantesire.
                                      { Wiltesire.
   { _Rich. Episcop. Wint._           { Gloucestresire.
   { _Rich. Thesaur. Reg._            { Dorsete.
1. { _Nicholaus fil. Toroldi._        { Somersete.
   { _Thomas Basset._                 { Devonia.
   { _Robert. de Witefeld._           { Cornubia.
                                      { Berkesire.
                                      { Oxenefordsire.

                                      { Cantebrigesire.
                                      { Huntedunesire.
   { _Gaufrid. Elien. Episc._         { Northamtesire.
   { _Nichol. Capel. Regis._          { Leicestresire.
2. { _Gilebertus Pipardus._           { Warewichsire.
   { _Reginald. de Wisebec._          { Wirecestresire.
       _Cler. Reg._                   { Herefordsire in
   { _Gaufridus Hosee._                    Wallia.
                                      { Staffordesire.
                                      { Salopesire.

                                      { Norfolchiæ.
                                      { Suthfolchiæ.
   { _Johan. Epis. Norwic._           { Essex.
   { _Hugo  Murdac. Cler._            { Hertefordsire.
       _Regis._                       { Midlesex.
3. { _Michal Belet._                  { Kent.
   { _Richardus del Pei._             { Surreia.
   { _Johannes Brito._                { Sudsexe.
                                      { Bukinghamsire.
                                      { Bedefordsire.

                                      { Notinghamsire.
                                      { Derebisire.
   { _Godefridus de Luci._            { Euerwicsire.
   { _Johannes Cumin._                { Northumberland.
   { _Hugo de Caerst._                { Westmerland.
4. { _Ranulf de Glanvilla._           { Cumberland inter
   { _Williel. de Bendings._              Rible &
   { _Alanus de Furnellis._               Mecese.
                                      { Lancastre.

Isti sex (inquit _Hovedenus_) sunt justitiæ in Curia Regis constituti,
ad audiendum clamores populi, & eis assignatæ erant subscriptæ
Provinciæ.

                                            [Marge: _Monetæ forma
                                            corrupta est._]

Ad festum S. _Martini_[364] (qui erat An. 27. Regis _Henrici_ II.) forma
monetæ publicæ, a falsariis corruptæ, mutata est; bono reipub. pauperum
vero & Colonorum damno. Monetarios Rex coegit ad se redimendos.

     [Note 364: _Neubrig. lib. 3. c. 5. Hoved. an. 1180. pag.
     197. Mat. Par. 1181._]

                                            [Marge: _Ran. de Glanvilla
                                            fit Justitiarius._]

Eodem Anno 1180.[365] _Henricus_ Rex Angliæ Pater, constituit Ranulfum
de _Glanvilla_ summum justitiarium totius Angliæ; cujus sapientia
conditæ sunt Leges subscriptæ (inquit _Hovedenus_) quas Anglicanas
vocamus. Recitat vero ipsas illis quas Guilielmus I. Anno 4. regni sui
concinnari fecerat ut ibidem supra memoravimus[366].

     [Note 365: _Hoved. pag. 600._]

     [Note 366: Dans la Notice du Livre de Glanville j'ai fait
     voir que cet Auteur n'avoit recueilli que les Actes nécessaires
     pour la suite des Procès. C'est Littleton qui a rassemblé les
     Loix du Conquérant sur les Fiefs.]

                                            [Marge: _Lex de armis
                                            exhibendis._]

Rex _Cenomannæ_ existens[367] Legem tulit de armis exhibendis, per omnes
terras suas transmarinas observandam; quam cum Philippus Rex Franciæ &
Philippus Comes Flandriæ audivissent, præceperunt ut sui homines simili
modo armarentur: Modum breviter memorat Hovedenus pa. 611. Sed Rex cum
Rege Scotiæ Portesmutham applicans 7. Cal. Augusti; hanc postea assisam
de armis statuit.

     [Note 367: _Hoved. ib. pag. 611._]

                                            [Marge: _Assisa Regis Hen.
                                            de armis._]

_Assisa Regis Henrici II. de habendis[368] armis in Anglia._

     [Note 368: _Hoved. ib. pag. 614._]

Quicunque habet feodum unius militis habeat loricam, & cassidem, &
clypeum, & lanceam; & omnis miles habeat tot loricas, & cassides &
clypeos, & lanceas, quot habuerit feoda militaria in dominio suo.

Quicunque liber laicus habuerit in Catallo vel in redditu ad valentiam
16 marcarum habeat loricam, & cassidem, & clypeum, & lanceam: Quicunque
liber laicus habuerit in Catallo ad valentiam 10 marcarum habeat
hambergellum, & capelet ferri, & lanceam; & omnes Burgenses & tota
communia liberorum hominum habeant Wambais & capelet ferri & lanceam; &
unusquisque _juret_ quod infra festum S. Hilarii hæc arma habebit, &
Domino Regi, sc. Henrico filio Matildis Imperatricis fidem portabit, &
hæc arma in suo servitio tenebit _secundum præceptum_ suum, & ad fidem
Domini Regis & regni sui.

Et nullus ex quo hæc arma habuerit, ea vendat, nec invadiet nec præstet,
nec aliquo alio modo ea a se alienet, nec Dominus ea aliquo modo ab
homine suo aliquo modo alienet, nec per forisfactum, nec per donum, nec
per vadium, nec aliquo alio modo.

Et si quis hæc habens arma obierit, arma sua remaneant hæredi suo; & si
hæres de tali ætate non sit, quod armis uti possit, si quis fuerit, ille
eum qui habebit in custodia, habeat similiter custodiam armorum, &
inveniet hominem qui armis uti possit in servitio Domini Regis, si opus
fuerit donec hæres de tali ætate sit, quod arma portare possit, & tunc
ea habeat.

Quicunque vero Burgensis plura arma habuerit, quam eum habere oportuerit
secundum hanc assisam, ea vendat, vel det, vel sic a se alienet alicui
homini, qui ea in servitio Domini Regis in Anglia retineat. Et nullus
eorum plura arma retineat, quam eum secundum hanc assisam habere
oportuerit.

Item, nullus Judæus loricam vel habergellum penes se retineat, sed ea
vendat, vel det, vel alio modo a se removeat; ita quod remaneant in
servitio Domini Regis Angliæ.

Item, nullus portet arma extra Angliam, nisi per præceptum Domini Regis:
nec aliquis vendat arma alicui, qui ea portet ab Anglia, nec mercator
nec alius ea ab Anglia portet.

Item, Justitiæ facient jurare per legales milites, vel per alios liberos
& legales homines de hundredis & visnetis, & de burgis, quod viderint
expedire: quod qui habeant ad valentiam catalli, secundum quod eum
habere oportuerit, loricam, & galeam, & lanceam, & clypeum, secundum
quod dictum est; sc. quod separatim nominabunt eos omnes de hundredis
suis, & visnetis, & burgis, qui habuerint 16 marcatas vel in catallo vel
in redditu: Et Justitiæ postea omnes illos, sc. Juratores & alios,
faciant imbreviari, qui quantum catalli vel redditus habuerint, & qui
secundum valentiam catalli vel redditus quæ arma habere debuerint, &
postea coram eis in communi audientia illorum faciant legere hanc
assisam de armis habendis, & eos jurare, quod ea arma habebunt secundum
valentiam prædictam catallorum, vel reddituum, & ea tenebunt in servitio
Domini Regis secundum hanc prædictam assisam, in præcepto & fide Dom.
Regis Henrici filii Matildis Imperatricis, & regni sui.

Et si contigerit, quod aliquis illorum, qui habere debuerint hæc arma,
non sint in Comitatu ad terminum, quando Justitiæ in Comitatu illo
erunt; Justitiæ ponant ei terminum in alio Comitatu coram eis.

Et si in nullo Comitatu per quos ituræ sint, ad eas venerint, & non
fuerint in terra ista, ponant ei terminum apud Westminster ad Octavas S.
Michaelis, quod tunc sit ibi, ad faciendum sacramentum suum, sicut se &
omnia sua diligit; & ei præcipiatur, quod infra prædictum festum S.
Hilarii habeat arma secundum quod ad eum pertinet habendum.

Item Justitiæ præcipiant per omnes Comitatus per quos ituræ sunt, quod
qui hæc arma non habuerint, secundum quod prædictum est; Dominus Rex
capiet se ad eorum membra, & nullo modo capiet ab eis terram & catalla.

Item nullus juret super legales & liberos homines, qui non habeat
sexdecim marcatas, vel 10 marcatas in catallo.

Item Justitiæ præcipiant per omnes Comitatus, per quos ituræ sunt, quod
nullus, sicut seipsum & omnia sua diligit, emat vel vendat aliquam
navem, ad ducendum ab Anglia: nec aliquis deferat, vel deferri faciat,
mairemam extra Angliam.

Et præcepit Rex, quod nullus reciperetur ad sacramentum armorum, nisi
liber homo.

                                            [Marge: _Rogeri Arch. Ebor.
                                            mortui bona sibi
                                            appropriat._]

_Rogerus_ Archiepiscopus _Eboracensis_ hoc in valetudine sua judicium
tulerat[369].

     [Note 369: _Hoved. ib. pag. 615._]

Quod de jure non liceret alicui viro Ecclesiastico divisam (i.
testamentum) facere, nisi priusquam ægrotare inciperet.

Cum ipse igitur suprema laborans infirmitate sua jam disposuisset; Rex
hæc quæ poterat omnia, missis per Archiepiscopatum ministris, ad fiscum
redigit: Legem quam dixerat Archiepiscopus præ se ferens. Mandat insuper
Justitiariis suis, quod diligentem inquisitionem facerent de pecuniis
Archiepiscopi, inventam sibi etiam conscriberent. Poscunt hoc nomine ab
_Hugone_ Dunelmensi Episcopo, 300 marcas argenti, quas in eleemosynas
erogandas ipse receperat. Respondit se a vivente Archiepiscopo totidem
recepisse, & leprosis, cæcis, claudis, mutis, pauperibus, operibusque
charitatis distribuisse: & qui eas habere voluerit, colligat (inquit)
per me nunquam colligentur. Responsione Rex accensus, saisiari jubet
castellum ejus Dunelmense, affligique ipsum modis omnibus.

_Neubrigensis_[370] ait, eum non pauca millia marcarum argenti in
thesauris habuisse: Regem vero, per officiales suos, inventa omnia
diripuisse, non inventa ab eis quibus data erant, extorsisse: dicentem,
thesauros a quocunque usque ad mortem repositos, solius Principis in
bonis esse.

     [Note 370: _Neub. lib. 3. c. 5._]

Pari modo egit etiam Rex cum Johanne Archidiacono ejusdem Archiepiscopi,
viro pecunioso[371].

     [Note 371: _Neub. ibid._]

                                            [Marge: _Henricus junior Rex
                                            obit._]

_Henricus_ Rex filius in festo S. _Barnabæ_ Torroinnæ obiit in Castello
Martel, _A._ 1183.

                                            [Marge: _Gilb. de Plumtum a
                                            suspendio liberatur._]

Anno 1184[372]. _Gilbertus_ de _Plumtun_, Miles nobilis, coram Rege &
_Ranulfo_ de _Glanvilla_ Justitiario Angliæ, convictus est de raptu, &
suspendio judicatus. Dum autem _Wigorniæ_ duceretur ad patibulum,
clamante populo eum justum esse & innocentem; accurrit, in articulo
_suspensionis_, Episcopus civitatis, ministrisque & carnifici prohibet
sub anathemate, ne die illa (erat quippe Dominica, & festum S. Mariæ
Magdalenæ) eum morti traderent. Reducto igitur in diem crastinam, Rex
interea vitam cedit, non ignarus a _Glanvilla_ prosecutum ex invidia, ut
suspensi uxorem, filiam Rogeri _Galewast_, cum hæreditate ejus,
_Reinero_ Vicecomiti suo Eboracensi in conjugem daret. A morte tamen
liberatum in carcere detinuit Justitiarius usque ad Regis obitum.

     [Note 372: _Hoved. ib. pag. 622._]

                                            [Marge: _Thomas filius
                                            Bernardi, Justitiarius
                                            summus obit._]

Eodem anno[373] obiit _Thomas_ filius Bernardi, qui, post decessum
_Alani_ de _Neovilla_, constitutus erat summus Justitiarius omnium
forestarum Angliæ a Domino Rege. Quo defuncto, divisit Dominus Rex
forestas suas Angliæ in diversas partes, & unicuique partium præfecit 4
Justitiarios, viz. 2 Clericos, & 2 Milites; & 2 servientes de domo &
familia ipsius, custodes venationis & viridis super omnes alios
forestarios, tam Regis quam Militum & Baronum: Et misit eos placitare
placita forestæ, secundum _suprascriptam Assisam forestæ_. Hæc
_Hovedenus_; sed _Assisa_ de qua loquitur in libro edito non
habetur[374].

     [Note 373: _Hoved. ib. pag. 624._]

     [Note 374: At _Clarkenwell, an. 1184. H. 23._ touching the
     King's going to _Jerusalem_ War. _pag. 108. col. 2_. At
     _Cattington, an. 1185. Regis 34. Hollings. pag. 111_.]

                                            [Marge: _Concil. Lond. de
                                            subsidio Terræ Sanctæ._]

Ad primam Dominicam Quadragesimæ Rex _magnum Concilium Londini_
tenuit[375]: Cui aderant ipse Rex & _Patriarcha_ Hierosolymorum;
Episcopi, Abbates, _Comites_, & _Barones_ regni Angliæ, & _Guilielmus_
Rex Scotiæ, & David frater ejus, cum Comitibus & Baronibus terræ suæ.
Consulitur de subsidio ferendo _Terræ Sanctæ_, quod dictus Patriarcha, &
per Epistolam ipse Lucius Papa, votum Regis memorans & inculcans,
vehementer flagitant. Universis autem post deliberationem placuit, quod
Dominus Rex consuleret inde Dominum suum Philippum Regem Franciæ: & sic
soluto Concilio, Dominus Rex dedit universis hominibus suis, tam
Clericis quam Laicis, licentiam capiendi crucem.

     [Note 375: _Hoved. pag. 629. Mat. Par. pag. 137._]

Unde factum est[376] quod _Baldewinus_ Cantuariensis Archiepiscopus, &
Ranulfus _Glanvilla_ Justitiarius Angliæ, & Walterus Rothomagensis
Archiepiscopus, Hugo Dunelmensis Episcop. & alii quamplures Episcopi
transmarini & cismarini, & fere omnes Comites & Barones & Milites
Angliæ, Normanniæ, Aquitaniæ, &c. crucem ceperunt.

     [Note 376: _Hoved. ib. pag. 629._]

Rex recusat coronam Jerus. _Mat. Par._

                                            [Marge: _Johannes filius
                                            Henr. Rex Hiberniæ
                                            constituitur._]

Deinde Rex[377] in die Dominica quæ vocatur _Lætare_ Jerusalem, quæ illo
anno pridie Cal. Aprilis evenit, _Windesoriæ_ fecit Johannem filium
suum, Militem, & statim misit eum in _Hiberniam_, & inde eum Regem
constituit.

     [Note 377: _Hoved. ib._]

                                            [Marge: _Urbanus Papa Joh.
                                            coronandi potestatem
                                            concedit._]

Misit etiam hoc anno[378] Rex nuntios suos ad _Urbanum_ Papam, & ab
eodem impetravit, ut quem vellet e filiis suis in _Regem_ coronaret
Hiberniæ: quod Papa & bulla sua confirmavit, & coronam misit de penna
pavonis auro contextam.

     [Note 378: _Hoved. ib. pag. 631._]

A. D. 1186[379]. _Matildis_ Imperatrix moritur.

     [Note 379: _Mat. Par._]

Cum vero res delata esset, idem Papa post Natale Domini, an. 1187.
_Octavianum_ Cardinalem & _Hugonem de Nunant_ ad Regem misit[380],
commisitque eis Legatiam in Hiberniam, ad coronandum ibi _Johannem_
filium Regis: sed Rex adhuc coronationem distulit.

     [Note 380: _Hoved. ib. pag. 634._]

                                            [Marge: _Conventio inter R.
                                            Angliæ & Franciæ de cruce
                                            Hieros. suscipiend._]

12. Cal. Febr. die S. Agnetis[381], Reges Franciæ & Angliæ ex pacto
conveniunt inter _Gisortium_ & _Trie_, cum Archiepiscopis, Episcopis,
_Comitibus_ & _Baronibus_ regnorum suorum. Conventui aderat _Guilielmus_
Archiepiscopus _Tyri_, qui insigni sua prædicatione, hostiles Regum
animos commulsit invicem, eoque perduxit, ut amici facti, in illa die,
de manu sua crucem receperint. Ut autem ipsi gentes suæ seorsum
cognoscerentur, Rex _Franciæ_ & gens sua susceperunt cruces rubeas; Rex
_Angliæ_, cum gente sua, cruces albas; & _Philippus_ Comes _Flandriæ_,
cum gente sua, suscepit cruces virides. Sic unusquisque ad providendum
sibi & itineri suo necessaria, reversus est in regionem suam.

     [Note 381: _Hoved. ib. pag. 641._]

                                            [Marge: _Statutum de itinere
                                            Terræ Sanctæ._]

_Statutum Regis Henrici II. de itinere Terræ Sanctæ primo conditum in
Cenomannia, & sancitum denuo hic in Anglia[382]._

     [Note 382: _Hoved. ut supra._]

_Henricus_ Rex Angliæ post susceptionem crucis, (ut prædicitur)
_Cenomannum_ venit, suorumque hic consilio ordinavit, prout sequitur.

Quod unusquisque decimam reddituum & mobilium suorum in eleemosynam
dabit, in subventionem terræ Jerosolymitanæ hoc anno, exceptis armis, &
equis, & vestibus militum, & exceptis equis, & libris, & vestibus, &
vestimentis, & omnimoda capella Clericorum, & lapidibus pretiosis tam
Clericorum quam Laicorum: facta prius excommunicatione ab
Archiepiscopis, Episcopis, Archipresbyteris singulis in singulis
Parochiis, super unumquemque qui decimam prætaxatam legitime non
dederit, sub præsentia & conscientia illorum qui debent interesse.

Colligatur autem pecunia ista in singulis parochiis, præsente Presbytero
parochiæ, & Archipresbytero, & uno Templario, & uno Hospitalario, &
serviente Domini Regis, & Clerico Regis, & serviente Baronis, & Clerico
ejus, & Clerico Episcopi: Et si aliquis juxta conscientiam illorum minus
dederit quam debuerit, eligentur de Parochia 4 vel 6 viri legitimi, qui
jurati dicant quantitatem illam, quam ille debuisset dixisse, & tum
oportebit illum superaddere quod minus dedit.

Clerici autem & Milites, qui crucem acceperint, nihil de decima illa
dabunt, sed de proprio suo dominico, quicquid homines eorum debuerint ad
opus illorum, colligetur per supradictos, & eis totum reddetur.

Episcopi autem per literas suas in singulis Parochiis Episcopatuum
suorum, facient nunciari in die Natalis, & S. Stephani, & S. Johannis,
ut unusquisque decimam prætaxatam, infra purificationem B. Virginis
Mariæ, penes se colligat, & sequenti die deinceps, illis Præsentibus qui
dicti sunt, ad locum quo vocatus fuerit, unusquisque legitime persolvat.

Præterea statutum est a Domino Papa, quod quicunque Clericus vel Laicus
crucem susceperit, ab omnibus peccatis de quibus poenituerit, &
confessus fuerit, authoritate Dei & beatorum Apostolorum Petri & Pauli,
liberatus est, & absolutus.

Depositum autem est a Regibus & Archiepiscopis, & aliis principibus
terræ, quod omnes illi tam Clerici quam Laici, qui hoc iter non
accipient, decimas reddituum & mobilium suorum hujus anni, & omnium
catallorum suorum, tam in auro quam in argento, & omnibus aliis, dabunt:
Exceptis vestibus, & libris, & vestimentis Clericorum, Capellanorum, &
lapidibus pretiosis tam Clericorum quam Laicorum; & exceptis equis &
armis, & vestibus militum, ad usum proprii corporis pertinentibus.

Depositum est etiam, quod omnes Clerici, Milites, & servientes, qui hoc
iter accipient, decimas terrarum suarum & hominum suorum habebunt, &
nihil pro se dabunt.

Burgenses vero & rustici, qui sine _licentia_ Dominorum suorum crucem
acceperint, nihilominus decimas dabunt.

Dispositum est etiam, quod nullus enormiter juret, & quod nullus ludat
ad aleas vel ad decios; & quod nullus post proximum Pascha utatur vario,
vel crisio, vel sabellina, vel escarleta: & quod omnes contenti sint
duobus ferculis. Et quod nullus aliquam mulierem secum ducat in
peregrinatione, nisi forte aliquam lotricem peditem, de qua nulla
habeatur suspicio: & quod nullus habeat pannos decisos, vel laceratos.

Dispositum est etiam, quod quicunque Clericus vel Laicus redditus suos
ante susceptionem crucis invadiaverit, exitus hujus anni integre habeat;
& transito anno creditor redditus rehabeat, ita quod fructus quos inde
receperit, in solutione debiti computentur; & debitum post susceptionem
crucis quamdiu debitor erit in peregrinatione non usuret.

Statutum est, quod omnes Clerici & Laici, qui in hac peregrinatione
proficiscentur, possunt licite invadiare redditus suos, sive
Ecclesiasticos sive Laicos, sive alios, a Pascha cum iter arripuerint,
usque ad tres annos; ita quod creditores, quicquid de creditoribus
contingat, fructus omnium reddituum quos in vadio habebunt, a prædicto
Pascha, usque ad tres annos integre percipiant.

Dispositum, est etiam, quod quicunque in peregrinatione decesserit,
pecuniam suam, quam secum in peregrinatione attulerit ad sustentationem
servientium suorum, & ad auxilium Jerosolymitanæ, & ad sustentationem
pauperum dividet, juxta consilium discretorum virorum, qui ad hoc
constituentur.

Hæc omnia supradicta statuta sunt & disposita ab Henrico Rege Angliæ, in
præsentia:

_Rich._ fil. Regis Com. Pictaviæ.
_Wil. Turon._ Archiep.
_Baldewini_ Cant. Archiep.
_Walteri Rothomag._ Archiep.
_Johannis_ Ebroicens. Episc.
_M._ Namnetens. Episc.
_Hugonis_ de Nunant. Cestrensis Electi.
_Lisardi_ Sagiensis Electi.
_Radulfi_ Andegavens. Epis.
_R._ Cenomanensis Episc.

Et in præsentia Baronum _Andegaviæ_, _Cenomanniæ_ & _Turonorum_ apud
Cenomannum.

Vide hæc non tam integre apud _Neubrig._ lib. 3. cap. 22. p. 289.

                                            [Marge: _Concil.
                                            Gaintingtoniæ cruce
                                            suscipienda._]

_Concilium Gaintingtoniæ de cruce suscipienda, A. D. 1188[383]._

     [Note 383: _Hoved. pag. 642. Gervas. Par. Hollinsh._]

Tertia Cal. Februarii Rex in Angliam revertitur; & statim postea magnum
celebravit Concilium Episcoporum, Abbatum, Comitum & Baronum, & aliorum
multorum tam Clericorum quam Laicorum, apud Gaintington[384]. Ubi in
publica audientia recitari fecit omnia supradicta capitula quæ
constituerat (in Cenomannia) de cruce capienda. Quibus recitatis,
Baldewinus Cantuariensis Archiepiscopus, & Gilbertus Roffensis
Episcopus, ejus Vicarius, mirifice prædicaverunt illo die, coram Rege &
Principibus suis verbum Domini, & salutiferæ crucis mysterium; ad quorum
prædicationem multi tam Clerici quam Laici crucem receperunt.

     [Note 384: _Al. Gaintington 8 vel 9 milliaria a Nortampt._]

                                            [Marge: _Decimæ colligentur
                                            pro itinere Hierosol._]

Et tunc Dominus Rex misit servientes suos Clericos & Laicos per singulos
Comitatus Angliæ ad _decimas colligendas_ secundum prædictam
præordinationem in terris suis transmarinis constitutam. Sed de singulis
urbibus totius Angliæ fecit eligi omnes ditiores, viz. de Londonia 200,
& de Eboraco 100, & de aliis urbibus secundum quantitatem earum, & fecit
omnes sibi præsentari diebus & locis statutis, de quibus cepit decimam
mobilium suorum, secundum æstimationem virorum fidelium, qui noverant
redditus & mobilia eorum. Si quos autem invenisset rebelles, statim
fecit eos incarcerari, & in vinculis teneri, donec ultimum quadrantem
persolverent.

Similiter fecit de _Judæis_ terræ suæ, unde inæstimabilem sibi
acquisivit pecuniam.

Deinde misit _Hugonem_ Dunelmensem Episcopum, & alios Clericos & Laicos
ad _Willielmum_ Regem Scottorum pro _decimis colligendis_[385] in terra
sua: quo audito, Rex Scotiæ occurrit eis inter _Wrec_ & _Brigeham_ in
_Loenas_, & non permittens eos terram suam pro decimis colligendis
intrare, obtulit se daturum Domino suo Regi Angliæ quinque millia
marcarum argenti, pro supradictis decimis, & pro castellis suis
rehabendis, sed Rex Angliæ facere noluit.

     [Note 385: _Hoved. pag. 642._]

                                            [Marge: _Gilbertus de
                                            Ogerstan in latrocinio
                                            deprehensus punitur._]

Eodem anno[386] _Gilbertus_ de _Ogerstan_ frater _Templi_, a Domino Rege
Angliæ electus & constitutus cum aliis tam Clericis quam Laicis ad
decimas colligendas, deprehensus est in latrocinio, quem cum Dominus Rex
ratione judicii damnare posset: tamen tradidit eum Magistro Templi
Londoniarum, ut secundum ordinis sui statum tractaretur; quem Magister
Templi suscipiens, vinculis mancipavit, & diversis poenis afflixit.

     [Note 386: _Hoved. pag. 649._]

                                            [Marge: _Variorum furtorum
                                            poena in Suffliete._]

Curia de _Suffliete_ dicit & parata est probare, quod tempore Domini Gi.
Episcopi[387] venit quidam homo Parmentarius nomine, & furatus est
bladum nocte de granario Monachorum in _Suffliete_, cum quo blado captus
est & in eadem curia incarceratus, & habuit judicium suum in eadem curia
de _Suffliete_, scil. quod ivit ad aquam apud _Suttune_, & fuit mundus.
Et tunc fuit Coronarius Domini Regis _Osbernus_ Monachus, qui præsens
fuit ad illud judicium faciendum.

     [Note 387: _Gilbertus Glanvil. consecratus est Episcopus
     Roffensis 29. Septemb. 1185. id est. 31 Hen. II. & decessit 24.
     Junii 1214. id est, 16. R. Johannis Concionatus est crucem apud
     Gaintington paulo post 3. Cal. Feb. an. 1188. 34. Hen. II._]

Item contigit in eadem villa, quod quidam faber, _Jordanus_ nomine,
furatus est pannos _Walderi_ fabri, cum quibus pannis captus est &
ligatus in curia de _Suffliete_, sed quia negavit contra omnes, recessit
quietus per judicium curiæ, & abjuravit patriam: Et ibi fuit idem
Osbernus Coronarius Domini Regis.

Item duæ mulieres venerunt in villam de _Suffliete_, quæ furatæ fuerant
multos pannos in villa de _Croindone_, & secuti sunt eas homines ejusdem
villæ de _Croindone_, quorum pannos furtive apportaverant usque in
villam de _Suffliete_, & ibi captæ fuerant & incarceratæ, & habuerunt
judicium suum in curia de _Suffliete_, ad portandum calidum ferrum,
quarum una fuit salva & altera damnata, unde submersa fuit in Bikepole.
Et hoc totum contigit tempore Gilberti Domini Episcopi. Et in quolibet
judicio fuerunt Coronarii Domini Regis. Et _Paulus de Stanes_ fuit tunc
Cacherellus de hundredo de _Acstane_. Et per totum illud tempus Robertus
de _Hecham_ Monachus fuit Custos de Manerio de _Suffliete_, & ad
mulieres judicandas fuit Dominus Henricus de _Cobeham_, & alii plures
homines discreti de patria. _Ex vet. MS. seu Rentale Roff. Ecclesiæ._

Cum prædones Danorum _Frekeham_ & _Iselham_, quod Rex _Alvredus_ dedit,
spoliando vendidissent, S. _Dunstanus_ illud eripuit, & Ecclesiæ
Roffensi restituit. Idem Sanctus _Ethelredum_ Regem, fratrem Sancti
_Edwardi_ Martyris, a vastatione Ecclesiæ Roffensis (nescio qua causa
furibundus Rex quam conceperat) C. lib. prohibuit[388].

     [Note 388: _Ita MS. Spelmanni, sententia non completa._]

                                            [Marge: _Lex contra ormannos
                                            lata._]

Sub hac tempestate edita videtur lex quædam ad Normannorum cohibendam
insolentiam. Sic enim liber Prioratus S. _Petri de Dunstaple_[389].
Henricus Rex II. dedit _Hugoni de Curnay_ manerium de Houcton cum
omnibus pertinentiis, tenendum in forma qua ipse illud tenuit & habebat.
Mox autem post hæc _Hugo de Curnay_, per legem contra Normannos in
Anglia editam, ab Anglia exulabat: & Dominus Rex omnes terras ejus pro
beneplacito suo dedit, &c. Sententiam legis non reperio: terras autem
_Hugonis de Cornaco_ proditoris, Rex Johannes dedit Johanni
Marescallo[390].

     [Note 389: _Lib. Dunstap. tit. Houston, cap. 1._]

     [Note 390: _A Britanno, pag. 347._]

                                            [Marge: _Vita Henrici a
                                            Radulpho Nigro descripta._]

Piissimus Rex Angliæ Stephanus obiit 9. Cal. Novemb. &c. infra. Obiit
Anastasius Papa, successit Adrianus Anglicus. Nactus Angliæ regnum
_Henricus_, servos, spurios, caligarios, cubiculi, mensæ, regno
præfecit; & ex eis Quæstores, Prætores, Proconsules, Tribunos,
Municipes, Forestarios, super provincias constituit. Illustres
ignominiis oneratos, sed cæteris rebus vacuos, patrimoniis omnino
privavit, vel subdole portionibus detractis decrustando sensim
adnichilavit. Ex cubiculariis & aulæ nugatoribus Episcopos, Abbates,
factos authoritate propria, ad officium apparitorum revocavit: & quem
præsulem crearat ex præside, in præsidatum recreavit ex præsule.
Monasteriis vacantibus sollicite disposuit, non qualiter beatus
Gregorius subarando, sed quomodo Vectius qui monumentum patris exarando
coluit. Abbates ypodromos & canum custodes fecit. Possessiones
Ecclesiarum confiscavit, & quas ipse Deo imprudenter obtulit, impudens
revocavit. Episcopis testamentum facere permisit, sed relicta Ecclesiæ
callide subtraxit, relicta privatis violentius eripuit.

Nulli intra metas forestæ habitanti in locis propriis aut virgas
colligendi, aut sylvestria & invia in agriculturam agendi, potestatem
concessit sine forestariis. Legem quoque de forestis inauditam dedit,
qua delicti alieni immunes perpetuo mulctabuntur, cum decessores nulla
linea sanguinis contigerit. Illustribus uxores ducere, filias nuptui
dare præter Regis conscientiam inhibuit, & transgressores tanquam reos
læsæ majestatis punivit. Hæredes omnium quos avus suus extulerat, & qui
ei in subigenda Anglia constanter assistebant, cognatos quoque suos,
tanquam aspides exosos habuit. Corruptor pudicitiæ, & avum sequens in
flagitiis, primo in sponsas, post in filias Procerum illecebras
exercens, consortia hominum declinans, sub tectis & scopulis inviis se
sæpe deperdidit, filios ad idem invitans. Reginam, ut liberius stupris
vacaret, per quam crebro satyrion accepit, in domo carceris inclusit.

Nulli fidem servans fratres misere vitam finire coegit, immemor
Sacramenti præstiti præsente patris corpore.

Nullo quæstu satiatus abolitis antiquis legibus singulis annis novas
leges quas _assisa_ vocant edidit[391]. _Danegeldum_ avitum innovavit.
Judæorum Legem Christianismo præposuit, & eis succedens usuras capiendo
judaizabat.

     [Note 391: Il faut toujours se défier des portraits que les
     anciens Historiens Anglois ont fait des Princes qui ont succédé
     au Conquérant, & qui ont maintenu en Angleterre les Coutumes
     Normandes. Il n'est pas concevable comment une Nation éclairée
     qui suit ces Coutumes, préfère encore actuellement d'en
     rechercher l'interprétation dans les Loix antérieures à la
     Conquête qui n'y ont nul rapport, à l'avantage qu'il y auroit à
     consulter pour l'intelligence de ces Coutumes les Loix
     Françoises, d'où ces Coutumes sont dérivées. Si les Anglois
     n'aiment point à se rappeller l'époque où ils ont été soumis à
     un Duc de Normandie, qu'ils ne laissent donc plus subsister
     parmi eux aucune trace des Loix dont il leur a fait subir le
     joug. _Voyez_ ce qu'a pensé Rapin de Thoiras de Henri II, Hist.
     d'Anglet. 2e vol.]

Episcopos contra fidem orthodoxam jurare compellens: Clericos ad
sanguinis judicium & duplicem contritionem attrahere. Expulso beato
Thoma consanguineos ejus & Commessarios proscripsit, ipso in Ecclesia
interfecto, persecutoribus ejus patrocinium præstitit. Laicos apostatare
compulit. Juratus se tria Monasteria constructurum duos ordines
transvertit, personas de loco ad locum transferens: Meretrices alias
aliis Cenomanicas Anglis substituens. Aurum & argentum sub voti prætextu
in truncos convertit de XX solidis duos denarios extorquens, & in hoc
facinus Regem Francorum induxit; sicut & cunctis Principibus Christianum
nomen profitentibus auctor mali & exemplar inauditi fuit flagitii.
Consanguineos in tertio gradu connubere mos illi celeberrimus. Corruptus
a _Ricardo_ Archiepiscopo monetam corrumpi permisit, corruptores tandem
suspendio decedere compellens, avibus coeli, piscibus fluminum, bestiis
terræ carnem eorum dedit, & sata pauperum, loca pascuæ fecit. Causam
fidei læsæ & advocationis Ecclesiarum in Curia decidi constituit.
Electionis jus ita declinavit, quod toto regni sui spatio nec unus ex
millibus canonice sit promotus. Vulgus inauditum manibus & pedibus
truncavit. Comites & Episcopos in servitutem fossandi; & cæterorum
operum servilium coegit. Tributarius exteris, in domesticos prædo,
Scutagiis, recognitionibus, & variis angarium alluvionibus, fere omnes
depressit. Omne jus populi vitæ fori denunciavit. Scripta authentica
omnium enervavit, libertatibus omnium insidians quasi e specula.

Solotenus egit innoxiorum municipia, filias miseræ conditionis
corruptas, & oppressas copulans clarissimis. Hæredes omnes mechanicos
creavit. Servis generosas copulans, pedaneæ conditionis fecit universos.
Hæreditates retinuit aut vendidit. Fortunam semper in exitu præter duos
annos vitæ ultimos blandam expertus.

Ex inaucta ei insolentia nihil intemeratum reliquit, nihil intactum
præteriit & in auro aurum esuriebat, sitiebat, anhelabat, & crescentem
auri cumulum vincebat avaritia. Oratorium ingressus picturæ aut susurrio
vacabat, horas regulares quasi aconitum fugiebat. Presbyteros noxios
compeditos habuit in vinculis, nullam distinctionem habens Clerici aut
rustici, Abbatis vel cerdonis, Monachi vel pedanæ, in causis differendis
cavillacissimus, ut sæpe jus venderet. Episcopatus vacantes electione
suspendit; ut eis diutius abuteretur, & cum prius debeant Clerici &
Monachi in Episcopos & Abbates canonice eligi, quam consecrari vel
benedici; hodie prius in Anglia consecrantur & benedicuntur, nunquam
enim eliguntur: Sed a Laicis intruduntur inter eligentes serens
discordias, quod ei etiam inter filios consuetissimum, ut factionem
propriam aliena malignitate obnubilaret & hæc ei causa excidii præcipua.

_Hucusque protaxit hanc Chronicam Magister Radulfus Niger, qui accusatus
apud prædictum Principem, & in exilium pulsus; ob expulsionis injuriam
atrociora quam decuit de tanto & tam serenissimo Rege mordaci stylo
conscripsit, magnificos ejus actus quibus insignis ubique habebatur
reticendo, atque prava ejus opera absque alicujus excusationis
palliatione replicando cum pleraque de his quæ commemoravit in pluribus
articulis aliquantulam admittant excusationem; si gestorum ejus intentio
justo libramine ponderetur; si regiæ potestatis lubrica libertas
pensetur, quæ cunctis potentibus dat licere quodlibet, quorum vitiis
facile favent inferiores, prompti ad adulandum, cum & impunitas præstet
audaciam, divitiæ vero acuant & accendant culpam._

_Hoc auctarium adjecit Radulfus Coggeshalus Abbas Cisterciensium qui ad
Radulphi Nigri Chronicon ad A. D. 1113. porrectum 116. annorum
appendices fecit. V. Baleus._



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RICHARDUS. I.

                                            [Marge: _Rex jurat._]

Episcopi & Clerus reliquus Regem solenni processione a thalamo ducunt in
Ecclesiam ad altare; positisque illic sacrosanctis Evangeliis cum
plurimorum sanctorum reliquiis: _Rex_ coram Clero & populo juravit.

Quod pacem, honorem, & reverentiam, omnibus diebus vitæ suæ portabit Deo
& sanctæ Ecclesiæ & ejus ordinatis. Juravit etiam; quod populo sibi
commisso rectam justitiam exercebit, & quod malas Leges & iniquas
consuetudines, si aliquæ fuerint in regno suo, delebit, et bonas
observabit.

Præstito hoc sacramento inungitur, regalibusque deinceps indutus
vestimentis ab Archiepiscopo coronam accepturus, conjuratus est ex parte
Dei, & prohibitus.

                                            [Marge: _Coronatur._]

Ne hunc honorem accipere præsumat, nisi mente habeat sacramenta tenere,
quæ fecit: Respondens vero se per auxilium Dei, bona fide observaturum
omnia supradicta; coronatus est.

                                            [Marge: _Conc. Pipewel. A.D.
                                            1189. Reg. 1._]

_Concilium apud Pipewel, An. Dn. 1189. Reg. 1.[392]_

     [Note 392: _Hoved. pag. 658._]

Post coronationem suam (viz. in Crastino exaltationis S. Crucis) venit
Rex ad Abbatiam de _Pipewel_, & congregatis ibi _Baldwino_ Cant.
Archiep. & _Waltero_ Rothomagensi Archiepiscopo; & _Johanne_ Dublinensi
Archiepiscopo, & _Formale_ Trevirensi Archiepiscopo--cæterisque Angliæ
Episcopis, & _Albino_ Fernensi Episcopo, & _Concerde_ Hegibonensi
Episcopo, & Abbatibus & Prioribus fere totius Angliæ; plurimas contulit
Episcopales & Ecclesiasticas dignitates.

                                            [Marge: _Ran. de Glanvilla
                                            deponitur._]

                                            [Marge: _Omnia vendit._]

Deposuit[393] a _Ballivis_ (id est officiis) suis, _Ranulphum de
Glanvilla_ Justitiarium Angliæ, & omnes fere Vice-comites Angliæ, &
ministros eorum, gravesque eis redemptiones imposuit. Exposuit autem
omnia venditioni (ut Hierosolymitano se itineri affluentius expediret)
Comitatus, Vicecomitatus, Castella, Villas, prædia, immunitates
privilegia; perceptisque ab _Hugone_ Dunelmensi Episcopo 1000 Marcis
argenti[394], eum & Guilielmum Comitem Albemarliæ constituit summos
Angliæ Justitiarios, & associavit eis in regimine regni, Willielmum
Marescallum, & Gaufridum filium Petri, & Willielmum _Bruera_ & Robertum
de _Wihtefeld_, & Rogerum filium _Remfredi_.

     [Note 393: _Mat. Par. pag. 148._]

     [Note 394: _Hoved. pag 658._]

                                            [Marge: _Concil. London.
                                            A.D. 1189._]

_Generale Concilium Londoniis[395] sub Novembri in auxilium Terræ
sanctæ. An. Dom. 1189._

     [Note 395: _Al. Westm._]

                                            [Marge: _Rex & Proceres
                                            nunciant se diem & locum
                                            convenitus jurasse._]

Mense Octobris[396] _Rothrodus_ Comes de _Pertico_ & alii Nuntii
_Philippi_ Regis Franciæ, venerunt in Angliam ad _Richardum_ Regem
Angliæ dicentes, quod Rex Franciæ in generali Concilio Parisiis
juraverat, tactis sacrosanctis Evangeliis, & omnes Principes regni sui
qui Crucem Domini susceperant, quod Deo volente immutabiliter erunt apud
_Vizeliacum_[397] ad Clausum Paschæ; inde Jerosolymam ituri; & in
testimonium illius sacramenti Rex Franciæ misit Regi Angliæ chartam suam
petens ab eo ut ipse & Comites, & Barones sui facerent illi simili modo
securum, quod ad eundem terminum essent apud Vizeliacum[398].

     [Note 396: _Hoved. ib. pag. 660. Mat. Par. pag. 149._]

     [Note 397: _Al. Nize._]

     [Note 398: _Al. Nize._]

                                            [Marge: _Rex & Proceres
                                            Angliæ obvios se daturos
                                            jurant._]

Hinc factum est quod Richardus Rex Angliæ, & Comites, & Barones sui qui
crucem susceperant in _generali Concilio_ constituti apud Londonias[399]
juraverunt, tactis sacrosanctis Evangeliis, quod per auxilium Dei
immutabiliter venirent Vizeliacum in Clausum Paschæ, parati inde iter
Jerosolymitanum arripere; & prædictus Comes de Pertico & cæteri Nuncii
Regis Franciæ hoc idem juraverunt in animam Regis Franciæ coram Rege
Angliæ in Concilio illo, & _Willielmus_ Marescallus, & quidam alii hoc
idem juraverunt in animam Regis Angliæ, coram Nunciis Regis Franciæ in
eodem Concilio, & misit inde Chartam suam Regi Franciæ.

     [Note 399: _Al. Westm._]

                                            [Marge: _Legatus siscitur &
                                            illusus remittitur._]

Hoc Anno mense Nov.[400] _Johannes Anagninus_ Cardinalis Legatus a
latere Clementis Papæ III. ad litem componendam inter _Baldewinum_
Cantuar. Archiepisc. & Monachos S. Trinitatis _Cantuariæ_: _Doveriam_
applicans, a Rege prohibetur injussus progredi. Rex interea Cantuariam
proficiscitur, & re composita, accersitus illuc Cardinalem fastu regio
excepit. Sed illusum atque ægre hæc ferentem relegavit.

     [Note 400: _Hoved. pag. 661._]

_Ligantia pro regno Scotiæ relaxatur. An. Dom. 1189._

                                            [Marge: _Rex Scotiæ
                                            excipitur._]

                                            [Marge: _Homagium facit pro
                                            dignitatibus in Anglia._]

Eodem anno Mense Novemb.[401] _Gaufridus_ Eboracensis electus una cum
Baronibus Eboracensis Scyræ, & Vicecomite Eboraci, per mandatum Domini
Regis perrexit usque ad aquam de Twede, & ibi recepit _Willielmum_ Regem
Scottorum, & exhibuit ei honorem debitum, & securum conductum usque ad
Regem Angliæ. Venit igitur Cantuariam Rex Scottorum, Mense Decembris ad
Regem Angliæ, & fecit ei Homagium pro dignitatibus suis habendis ia
Anglia, sicut Malcolmus frater suus habuit. Et Richardus Rex[402] Angliæ
reddidit ei Castellum de _Rokesburgh_ & Castellum de _Berwic_ libera, &
quieta; & eum, & omnes hæredes suos, clamavit liberos, & quietos ab
ipso, & Regibus Angliæ in perpetuum, de omni ligantia, & subjectione de
regno Scotiæ; & pro hac redditione Castellorum suorum, & pro quieta
clamantia fidelitatis, & ligantia de regno Scotiæ, & pro Charta Richardi
Regis Angliæ inde habenda, _Willielmus_ Rex Scottorum dedit Richardo
Regi Angliæ decem millia marcarum Esterlingorum. Unde Richardus Rex
Angliæ fecit Chartam suam hac forma.

     [Note 401: _Hoved. pag. 662._]

     [Note 402: _Mat. Par. pag. 149._]

                                            [Marge: _Charta Rich. R. de
                                            libertat. Wiliel. Regis
                                            Scotor._]

_Charta Richardi Regis Angliæ de libertatibus Willielmo Scottorum Regi
concessis._

                                            [Marge: _Castella ei
                                            redduntur._]

_Richardus_ Dei gratia Rex Angliæ, Dux Normanniæ & Aquitaniæ Comes
Andegaviæ Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus, Comitibus, & Baronibus;
Justitiariis, & Vicecomitibus, & omnibus ministris suis totius Angliæ;
ballivis & fidelibus suis salutem. Sciatis Nos charissimo consanguineo
nostro _Willielmo_, eadem gratia Regi _Scottorum_ reddidisse Castella
sua _Rokesburk_ & _Berwic_ tanquam ejus propria, jure hæreditario ab eo
& hæredibus suis in perpetuum possidenda.

                                            [Marge: _Pacta fratris
                                            relaxantur._]

Præterea quietavimus ei omnes Conventiones & pactiones quas bonæ memoriæ
bonus pater noster _Henricus_ Rex Angliæ per novas Chartas, & per
captionem suam extorsit; ita videlicet ut nobis faciet integre &
plenarie quicquid Rex Scottorum _Malcolmus_ frater ejus antecessoribus
nostris de jure fecit, & de jure facere debuit.

                                            [Marge: _Jus hospitalitatis
                                            confirmatur._]

Et nos ei faciamus quicquid antecessores nostri, prædicto Malcolmo de
jure fecerunt, & de jure facere debuerunt; scilicet in conductu & de
veniendo in Curiam, & in morando in Curia, & redeundo a Curia, & in
procurationibus & in omnibus libertatibus & in dignitatibus & honoribus
eidem jure debitis, secundum quod recognoscetur a quatuor Proceribus
nostris ab ipso Willielmo Rege electis; & a quatuor proceribus aliis a
nobis electis.

                                            [Marge: _Marciæ usurpatæ
                                            restituuntur._]

Si autem _fines sive_ Marcias regni _Scotiæ_ aliquis nostrorum hominum
postquam prædictus Rex Willielmus a patre nostro captus fuerit,
usurpaverat injuste; volumus ut integre restituantur, & ad eum statum
reducantur quo erant ante ejus captionem.

                                            [Marge: _Sua omniain Anglia
                                            ex conceduntur._]

Præterea de terris suis quas haberet in Anglia, seu Dominicis, seu
feodis, scil. in Comitatu Huntondoniæ, & in omnibus aliis in ea
libertate & plenitudine possideat, & hæredes ejus in perpetuum, qua
præfatus Rex Malcolmus possedit, vel possidere debuit, nisi jam
prædictus Rex Malcolmus, vel hæredes sui aliquid postea infeodaverint:
Ita tamen quod si aliqua postea infeodata sunt, ipsorum infeodorum
servitia, ad eum vel ejus hæredes pertineant.

Et si quid pater noster prædicto Willielmo Regi Scottorum donaverit,
ratum, & firmum habere volumus.

Et terram quam Pater noster præscripto Regi Willielmo donavit in eadem
libertate qua ipsam ei dedit, ipsum & hæredes suos perpetuo jure
possidere volumus.

Reddidimus etiam ei ligantias hominum suorum quas Pater noster receperat
& omnes Chartas quas Pater noster de illo habuit per captionem suam.

                                            [Marge: _Cum ligantiis
                                            hominum suorum & Chartis._]

Reddidimus etiam ei ligantias hominum suorum, & omnes Chartas quas Dom.
Pater noster de eo habuit per captionem suam. Et si aliquæ aliæ forte
per oblivionem retentæ, aut inventæ fuerint, eas penitus carere viribus
præcipimus.

                                            [Marge: _Homagium fecit &
                                            fidelitatem._]

_Ipse autem_ ligius homo noster devenit de omnibus terris, de quibus,
antecessores sui antecessorum nostrorum ligii homines fuerunt, & nobis &
hæredibus nostris fidelitatem juravit, testibus his _Baldewino_ Cantuar.
Archiepiscopo, & Waltero Rothomagensi T. Dublin. Archiepisc. Hugone
_Dunelmensi_, & Johanne _Northwicensi_, & Henrico _Saresbiriensi_, &
Hugone _Lincolniensi_, & Godefrido _Wintoniensi_, & Gileberto
_Roffensi_, & Reginaldo _Bathoniensi_, & Hugone _Coventrensi_, &
Willielmo _Wigorniensi_ Episcopis; & Alienor. matre Regis, & Johanne
Comite _Moretonis_ fratre Regis & multis aliis.

Ut autem ratum & firmum sit istud & perpetuum præsenti Charta & sigillo
nostro id roboravimus: Testibus B. _Cantuar._ W. _Rothomag._ T.
_Dublin._ Archiepis. H. _Dunelm._ H. _Linc._ C. _Winton._ H. _Sar._ Reg.
_Bathon._ Episc. Domino J. fratre nostro. R. Com. _Leicestr._ H. Com.
_Warenn._ H. _Bard._ _Steph. de longo_ campo dapifero nostro & aliis
multis v. die Decembris. Datum per manum Willelmi Eliensis Clerici
Cancellarii nostri apud Cantuar. regni nostri anno primo.

Rex[403] plurimos Comitatus, terras, libertates, & privilegia concedit,
magnam inde cogens vim pecuniae; tradiditque Willielmo Eliensi Episcopo
Cancellario suo & uni Justitiariorum Angliæ, unum de sigillis suis per
quod fieri præcepit mandata sua in regno.

     [Note 403: _Hoved. pag. 663._]

Compositis domi negotiis XI die Decemb. feria secunda, transfretavit a
Dorobernia usque ad Caleis in Flandria, Hierosolymam profecturus; magnum
suum sigillum, quod Malo Catulo Vicecancellario suo credidit secum
deferens.

_Forma Pacis inter Reges Franciæ & Angliæ Hierosolymas profecturos. An.
Dom. 1190. Reg. 1._

                                            [Marge: _Reges
                                            paciscuntur._]

_Philippus_[404] Rex Franciæ & _Richardus_ Angliæ Hierosolymas una
profecturi, Die S. Hilarii ad vadum S. Remigii colloquium ineuntes,
pacem inter se & regna sua, scriptis, sigillis, & sacramentis suis
confirmant; jurant pariter regni utriusque Proceres; sed Archiepiscopi,
& Episcopi in verbo solummodo veritatis, ejusdem pollicentur
observationem.

     [Note 404: _Hoved. pag. 664._]

                                            [Marge: _Fidem jurant &
                                            mutuum auxilium._]

Quod uterque illorum (Regum) honorem alterius servabit, & fidem ei
portabit de vita, & membris & terreno honore suo, & quod neuter eorum
alteri deficiet in negotiis suis; sed Rex Franciæ juvabit Regem Angliæ,
ad terram suam defendendam, ac si ipse vellet civitatem suam Parisiis
defendere, & si esset obsessa; & Richardus Rex Angliæ juvabit Regem
Franciæ ad terram suam defendendam, ac si ipse vellet Civitatem suam
Rothomagi defendere, si obsessa esset.

Comites autem & Barones utriusque regni juraverunt:

                                            [Marge: _Proceres fidem &
                                            pacem._]

Quod a fidelitate Regum non discedent, nec guerram movebunt ullam in
terris illorum, quamdiu ipsi fuerint in peregrinatione sua.

Et Archiepiscopi, & Episcopi firmiter promiserunt in verbo veritatis;
juraverunt, inquit Parisius.

                                            [Marge: _Episcopi
                                            excommunicabunt
                                            transgressores._]

Quod in transgressores hujus Pacis & Conventionis, sententiam
anathematis dabunt.

Præterea prædicti Reges statuerunt:

                                            [Marge: _Reges invicem
                                            succedent._]

Quod si alter illorum decessisset in peregrinatione Jerosolymitana,
alter qui vixerit, pecunias defuncti, & gentes habebit, ad servitium Dei
faciendum.

                                            [Marge: _Alia forma
                                            sacramenti eorum._]

Mat. Paris Regum sacramenta separatim sic refert.

Ego Philippus Rex Francorum, Richardo Regi Anglorum bonam fidem servabo,
ut fideli meo & amico, de vita, & membris, & honore terreno[405].

     [Note 405: _Mat. Par. pag. 150._]

Ut ego Rex Anglorum Richardus, idipsum Regi Francorum facere promitto de
vita & membris, ut Domino meo & amico.

                                            [Marge: _Equi capti ad
                                            auxilium Regis._]

Willielmus[406] Episcopus Eliensis Justitiarius Angliæ, & Cancellarius
cepit ad opus Dom. Regis de unaquaque Civitate Angliæ, duos Palefridos,
& duos summarios (i. equos clitellarios) de auxilio; & de unaquaque
Abbatia Angliæ, unum palefridum & unum summarium; & de unoquoque manerio
Regis, unum Palefridum, & unum summarium.

     [Note 406: _Hoved. pag. 665. Mat. Par. pag. 151._]

                                            [Marge: _Justitiaria Angliæ
                                            dividitur in 2._]

Post Purificationem[407] accersitis plurimis Episcopis & Johanne Comite
Moretonii fratre suo de Anglia in Normanniam, Rex consilio eorum divisit
Justitiariam Angliæ in duo Officia. Constituit nempe _Will._ Episcopum
_Eliensem_ Cancellarium suum summum Justitiarium Angliæ; & concessit
Hugoni Dunelmensi Episcopo Justitiariam a fluvio Humbri usque ad terram
Regis Scotiæ.

     [Note 407: _Hoved. pag. 664._]

                                            [Marge: _Fratres Regis
                                            abjurant Angliam._]

Et fecit Gaufridum Eboracensem electum & Johannem Comitem Moretonii
fratres suos, jurare quod Angliam non intrarent infra tres annos proximo
sequentes, nisi per licentiam illius. Sed relaxavit Johanni hoc
sacramentum, novo præstito: Quod fideliter ei serviret.

                                            [Marge: _Breve Regis pro
                                            Guil. Episc. Eliensi._]

_Breve Regis de obediendo Guilielmo Episcopo Eliensi Justitiario,
Cancellario, &c._

_Richardus_ Dei gratia, &c. Omnibus fidelibus suis per Angliam
constitutis salutem[408].

     [Note 408: _Mat. Par. pag. 152._]

Mandamus vobis & præcipimus quod sicut Nos & regnum nostrum diligitis, &
vos ipsos, & omnia quæ possidetis, sitis omnino intendentes dilecto &
fideli Cancellario nostro _Eliensi_ Episcopo, super omnibus quæ ad nos
spectant, & pro ipso faciatis, sicut pro nobis faceretis, si essemus in
regno, de omnibus quæ vobis ex parte nostra direxerit. Teste meipso apud
_Baionam_.

                                            [Marge: _Bulla Papæ pro
                                            Legat. Potestate data Episc.
                                            Eliensi._]

Adjungam si placeat Bullam _Clementis_ Papæ, qua Legationis donatus est
Potestate[409].

     [Note 409: _Mat. Par. pag. 151._]

_Clemens_ Episcopus servus servorum Dei, salutem & Apostolicam
Benedictionem. Juxta commendabile desiderium charissimi in Domino filii
nostri Richardi illustris Anglorum Regis fraternitati tuæ legationis
officium in tota Anglia & Wallia tam per Cantuariensem quam per
Eboracensem Archiepiscopatum, & in illis Hiberniæ partibus in quibus
nobilis Vir Johannes Comes Moretonii, frater ipsius Regis potestatem
habet & dominium authoritate Apostolica duximus comittendum. Datum Nonis
Julii, Pontificatus nostri anno tertio.

Vide formam aliam apud Mat. Par. Anno 1195. pag. 172. ubi _Hubertus_
Cantuar. Archiepiscopus Legatus constituitur.

                                            [Marge: _Justitiarii &
                                            ductores navigii Regis._]

[410]Rex ad _Chinonem_ in _Andegavia_ constituit Girardum _Anxienensem_
Episcopum, & Bernardum Episcopum _Baioniæ_[411], & Robertum de
_Sabul_[412] & Richardum de Canvil, & Will. de Forz.[413] de Ulerum,
ductores & constabularios (Justitiarios inquit Parisius) totius navigii
sui, quod in terram navigii Suliæ iturus erat; & tradidit eis Chartam
suam in hac forma.

     [Note 410: _Hoved. pag. 666._]

     [Note 411: _Al. de. Baruia._]

     [Note 412: _Al. Sabulis._]

     [Note 413: _Al. Foret._]

                                            [Marge: _Charta R. pro
                                            itineratibus cum eo._]

_Charta Richardi Regis Angliæ de statutis illorum, qui per mare ituri
erant[414]._

     [Note 414: _Hoved. pag. 666, Mat. Par. pag. 151._]

_Richardus_ Dei gratia Rex Angliæ & Dux Normanniæ & Aquitaniæ & Comes
Andegaviæ, omnibus hominibus suis Jerosolymam per mare ituris, salutem.
Sciatis nos, de communi proborum virorum consilio, fecisse has justitias
subscriptas.

Qui hominem in navi interfecerit, cum mortuo ligatus projiciatur in
mare.

Si autem eum ad terram interfecerit, cum mortuo ligatus in terra
infodiatur.

                                            [Marge: _Ferrum stringens
                                            vel sanguinem._]

Si quis autem per legitimos testes convictus fuerit, quod cultellum ad
alium percutiendum extraxerit; aut quod alium ad sanguinem percusserit,
pugnum perdat.

                                            [Marge: _Palma feriens._]

Si autem de palma percusserit, sine effusione sanguinis; tribus vicibus
mergatur in mari.

                                            [Marge: _Convitiator._]

Si quis autem socio opprobrium, aut convitia, aut odium Dei injecerit;
quot vicibus convitiatus fuerit, tot uncias argenti ei det.

                                            [Marge: _Latro._]

Latro autem de furto convictus, tondeatur ad modum campionis, & pix
bulliens super caput ejus effundatur, & pluma pulvinaris super caput
ejus excutiatur ad cognoscendum eum, & in prima terra qua naves
applicuerint, projiciatur. Teste me ipso apud _Chinonem_.

                                            [Marge: _Obedientia._]

Præterea idem Rex præcepit in alio brevi suo; ut omnes homines sui, qui
per mare essent ituri, obedirent dictis & præceptis prædictorum
Justitiariorum navigii sui.

                                            [Marge: _Sacramentum._]

Et refert _Parisius_ ipsum fecisse constitutiones istas sacramento
confirmari.

_Concordia & Statuta Philippi Franciæ, & Richardi Angliæ Regum apud
Messinam in Sicilia facta[415]._

     [Note 415: _Hoved. pag. 675._]

                                            [Marge: _Reges jurant mutuam
                                            tutelam._]

Octava die Octobris Rex Franciæ & Rex Angliæ, coram Comitibus &
Baronibus suis & Clero, & populo juraverunt super reliquias Sanctorum.

Quod alter alterum & exercitum ejus in peregrinatione illa, in eundo, &
redeundo, bona fide custodiret.

                                            [Marge: _Idem Proceres._]

Et Comites & Barones hoc idem juraverunt se firmiter & inconcusse
servaturos.

Deinde prædicti Reges per voluntatem & consilium totius exercitus
peregrinorum statuerunt:

Quod omnes peregrini, qui in via hujus peregrinationis moterentur; de
omnibus armaturis & equitaturis suis, & de vestibus quibus usuri erant,
pro voluntate sua disponant, & de medietate possessionum suarum, quas
secum habent in via, similiter pro arbitrio suo faciant, dummodo nihil
in patriam suam remittant.

                                            [Marge: _Relaxatio Wrecci._]

_Relaxatio Wrecci Maris[416]._

     [Note 416: _Hoved. pag. 678._]

_Richardus_ Rex jam expertus calamitates naufragorum; pro amore Dei, &
salute animæ suæ & parentum suorum, quietum clamavit in perpetuum _Wrec_
per totam terram suam citra mare & ultra, statuens:

                                            [Marge: _Naufragorum bona
                                            quis habere debeat._]

Quod omnis naufragus qui ad terram vivus pervenerit, omnes res suas
liberas & quietas habeat.

Si autem in navi mortuus fuerit, filii vel filiæ, fratres vel sorores
ejus habeant res suas, secundum quod ostendere poterunt se esse
propinquiores illius hæredes.

Hanc autem quietam clamantiam de _Wrec_ fecit _Richardus_ Rex Angliæ; &
Charta sua confirmavit anno 2. regni sui, mense Octobris, apud Messinam,
coram Waltero _Rothomagensi_, & Gerardo _Anxiensi_ Archiepiscopis, &
Johanne _Ebroicense_, & Bernardo _Baoniensi_ Episcopis, & multis aliis
tam Clericis quam Laicis de familia Regis Angliæ; & Charta illa tradita
fuit per manum Rogeri Mali Catuli Vicecancellarii Regis.

                                            [Marge: _Graves
                                            exactiones._]

Will. _Eliensis_ Episcopus Apostolicæ sedis Legatus, Dom. Regis
Cancellarius, & totius Angliæ Justitiarius; plebem Angliæ sibi
commissam, gravibus exactionibus premebat[417].

     [Note 417: _Hoved. pag. 680._]

_Concilium habitum Londoniis contra Eliensem Episcopum Cancellarium &
Justitiarium Angliæ. An. Dn. 1191._

                                            [Marge: _Conventus
                                            Procerum._]

Tertia die[418] proxime post Octavas S. Michaelis, Johannes Comes
_Moretonii_ frater Regis, & Walterus Archiepiscopus _Rothomagensis_, &
omnes _Episcopi_, & _Comites_ & _Barones_, & _Cives Londonienses_ cum
illis, convenerunt in atrio Ecclesiæ S. Pauli.

     [Note 418: _Hoved. ib. pag. 701. V. Epist. Hug. Coventrens.
     Episc. pag. 703._]

                                            [Marge: _Querela de
                                            injuriis._]

Gravissime hic queritur de Guilielmo Eliensi Episcopo, Justitiario
Angliæ, Cancellario Regis, & Legato Romano. Inter alia.

De injuriis quibus affecisset _Gaufridum_ Archiepiscopum _Eboracensem_
fratrem Regis, & _Hugonem_ Episcopum _Dunelmensem_.

                                            [Marge: _De administrando
                                            regno sine aliorum
                                            consilio._]

Et quod spretis consiliis illorum quos Rex ei associaverat in regimine
regni, omnia regni negotia cum impetu & voluntaria dispositione solus
fecisset.

                                            [Marge: _Literæ Regis de
                                            cura regni._]

                                            [Marge: _Eliens. Episc. ab
                                            administr. regni
                                            deponitur._]

Proferuntur jam primum ab Archiepiscopo _Rothomagensi_ & Guilielmo
Marescallo Comite _Strogoil_, literæ Regis[419] _Messinæ_ datæ, quibus
præcepit, ut iidem Archiepiscopus & Marescallus in regimine regni
Cancellario associarentur, & quod Cancellarius sine illorum consilio, &
aliorum pariter assignatorum, nihil de negotio Regis vel regni
tractaret: Aliter si in detrimentum regni quicquam faceret, deponeretur,
& loco ejus Rothomagensis Archiepiscopus institueretur. Totius igitur
Concilii judicio Cancellarius deponitur, & _Rothomagensis_ instituitur.

     [Note 419: _Vid. literas Regis in Mat. Par. pag. 359 &
     seq._]

                                            [Marge: _Communa Londonarium
                                            concessa. Et juramento
                                            firmata._]

Eodem die Comes _Moretonii_ & Archiepiscopus _Rothomagensis_, & alii
Regis Justitiarii, concesserunt civibus _Londoniarum_ habere communam
suam[420]. Et eodem anno Comes _Moretonii_ & Archiepiscopus
_Rothomagensis_, & fere omnes Episcopi & Comites, & Barones regni
juraverunt communam illam firmiter, & inconcusse se servaturos, quamdiu
Dom. Regi placuerit.

     [Note 420: _Hoved pag. 702._]

                                            [Marge: _Cives fidelitatem
                                            Regi jurant, & Joh.
                                            recepturos successorem._]

Et Cives Londoniæ juraverunt fidele servitium Dom. Regi Richardo, &
hæredi suo; & si ipse sine prole decessisset, reciperent Comitem
Johannem, fratrem Richardi Regis, in Regem & Dominum. Et juraverunt ei
fidelitatem contra omnes homines, salva fidelitate Regis Richardi
fratris sui. Cancellarius depositus juravit reddere Castella Angliæ.

Vide Epistolam _Hugonis_ Coventrensis Episcopi, de dejectione Willielmi
Eliensis Episcopi Regis Cancellarii. Hoved. p. 702. ubi causæ aliquot
magis specialiter referuntur.

Et vide ibidem Epistolam Petri Blesensis pro Willielmo, & Epistolam
Celestini Papæ, istius Concilii principes excommunicat. p. 706. & vide
nomina eorum in Epistola ipsius Willielmi ad Lincolniens. Episcop. p.
707.

                                            [Marge: _Fidelitas
                                            juratur._]

In tempore Quadragesimæ Regina _Alienora_, mater Regis, & omnes Magnates
Angliæ in unum convenientes, juraverunt fidelitatem & fidele servitium
_Richardo_ Regi Angliæ, & hæredi suo, contra omnes homines[421].

     [Note 421: _Hoved. pag. 718._]

                                            [Marge: _Rex perfide
                                            capitur._]

In mense _Novemb._ Reg. an. 4. vel circa eum, Rex Richardus clam per
Austriam rediens ab Hierosolymis, juxta Viennam perfide captus est a
_Leopoldo_ Duce, & Imperatori postea venundatus[422].

     [Note 422: _Hoved. pag. 717 & 720._]

                                            [Marge: _Legatus prohibetur
                                            ingredi._]

Legati Pontificis Romani, ad componendas lites inter Cancellarium
ejectum de Justitiaria potestate, & _Rothomagensem_ Archiepiscopum ejus
obeuntem munus, in Normannia progredi inhibentur[423].

     [Note 423: _Hoved. pag. 720._]

                                            [Marge: _Rex Angliam
                                            subjugat Imperatori,
                                            recipitque; tenend. sub
                                            tributo 5000 libr._]

                                            [Marge: _Rex relaxatur._]

_Richardus_ Rex Angliæ, A. D. 1192. in captione Henrici Romanorum
Imperatoris detentus, ut captionem illam evaderet, consilio _Alienoræ_
matris suæ, deposuit se de regno Angliæ, & tradidit illud Imperatori,
sicut universorum Domino; & investivit eum inde per pileum suum[424].
Sed Imperator, sicut prolocutum fuit, statim reddidit ei in conspectu
Magnatum Alemanniæ & Angliæ, regnum Angliæ, prædictum, tenendum de ipso
pro quinque millibus librarum Sterlingorum, singulis annis de tributo
solvendis; & investivit eum inde Imperator per duplicem crucem de auro.
Sed idem Imperator in morte sua de omnibus his, & aliis conventionibus,
quietum clamavit ipsum _Richardum_ Regem Angliæ & hæredes suos.

     [Note 424: _Hoved. ib. pag. 724._]

_Modus conciliandi pecuniam ad redemptionem Regis. A. D. 1193. Reg. 4. &
5._

                                            [Marge: _Literæ Regis pro
                                            colligenda pecunia
                                            redemptionis._]

Rex per literas ad Justitiarios & fideles suos totius Angliæ, datas apud
_Hagenou_ in _Germania_ 3. Cal. Maii[425], petit colligi in redemptionis
suæ solutionem 70,000 marcas argenti, transmittique ad eum omni
expeditione. A Justitiariis petit ut honorifice & magnifice ei
subveniant, cum de proprio, tum ex mutuo alacre aliis exemplum
præbentes. Universum autem (inquit) aurum & argentum Ecclesiarum
diligenti observatione & scripti testimonio, ab ipsarum Ecclesiarum
Prælatis accipiatis: eisque per sacramentum vestrum, & aliorum Baronum
nostrorum, quos volueritis, affirmetis, quod eis plenarie restituetur.

     [Note 425: _Hoved. pag. 726._]

Mandat item, ut singulorum Magnatum nomina, & subventiones quæ fiunt per
sigillum matris suæ, ei significentur. Extant literæ integræ in
Hovedeno, cum bulla aurea Imperatoris, &c.

Authoritate igitur literarum istarum, _Mater_ Regis, & Justitiarii
Angliæ statuerunt:

                                            [Marge: _4 Pars reddituum._]

                                            [Marge: _Pars mobilium._]

                                            [Marge: _20. s. de Feod. M.
                                            l._]

                                            [Marge: _Tota lana
                                            Cistrensium, &c._]

                                            [Marge: _Totus thesaurus
                                            Ecclesiarum._]

Quod universi, tam Clerici quam Laici, quartam partem redditus sui de
hoc anno darent ad redemptionem Dom. Regis: & tantum superadderent de
mobilibus suis, unde Rex deberet eis gratias scire. Et de unoquoque
Feodo Militis 20 s. Et de Abbatiis ordinis Cistrensis, & de domibus
ordinis de Semplingham, totam lanam suam de hoc anno. Et universum aurum
& argentum Ecclesiarum, sicut Rex mandato suo præceperat.

Sed adegit Imperator Regem ad solutionem 10,000 Marcarum argenti ad
pondus Coloniæ: & ad 50,000 Marcarum præterea, inter Imperatorem & Ducem
Austriæ dividendas, viz. 30,000 Imperatori, & 20,000 Duci Austriæ, &c.
_Vide formam Conventionis in Hovedeno_, p. 728.

                                            [Marge: _Colligitur taxatio,
                                            sed non ubique; integre._]

Subventio prædicta ipso hoc anno exhibetur: sed Episcopi quidam ceperunt
a Clericis suis quartam partem reddituum suorum, quidam vero nisi
decimam. In omnibus terris Regis transmarinis similis est nummorum
coacervatio[426].

     [Note 426: _Hoved. pag. 732._]

                                            [Marge: _Rex liberatur._]

A. D. 1194. Regis 5. Pridie Nonas _Februarii_, feria sexta, die
Ægyptiaca, Rex e captione sua Moguntii liberatur[427].

     [Note 427: _Hoved. pag. 734._]

                                            [Marge: _Summonet
                                            Coventrensem Episcopum._]

Eodem die Rex summonuit per literas suas Hugonem _Coventrensem_
Episcopum, quod ipse veniret in Curia sua, & staret judicio Episcoporum,
in eo quod ipse Episcopum erat: & judicio Laicorum, in eo quod ipse de
eo tenuerat laicalem ballivam super his, quæ adversus eum
loqueretur[428].

     [Note 428: _Ibid._]

                                            [Marge: _Concedit redditus
                                            pro homagiis._]

Deinde Rex[429] concessit quibusdam Archiepiscopis, Episcopis, Ducibus,
Comitibus, & Baronibus multis de Imperio, redditus annuos pro homagiis &
fidelitatibus, & auxiliis eorum contra Regem Franciæ. Recepit itaque
homagium de Archiepiscopis Moguntino & Coloniensi, Episcopo Legis,
multisque Ducibus & Magnatibus, salva fide Imperatoris. Vide aliquot
eorum nomina apud Hoveden. Ibid.

     [Note 429: _Ibid._]

                                            [Marge: _Concilium adversus
                                            Joh. fratrem Regis._]

_Concilium Regni adversus Comitem Johannem Fratrem Regis[430]._

     [Note 430: _Hoved. pag. 735._]

                                            [Marge: _Nuntius ejus
                                            capitur._]

Paulo ante adventum Regis, _Adam de S. Edmundo_ Clericus, a Johanne
Comite Moretonii fratre Regis in Angliam mittitur cum literis ad
castella ipsius Johannis contra Regem munienda. Jactans autem Johannis
Domini sui potentiam, & familiaritatem cum Rege Franciæ inimico Regis
Angliæ; a Majori Londoniensi captus est cum omnibus Brevibus in quibus
mandata. Comitis continebantur, & Archiepiscopo Cantuariæ una cum eisdem
traditus.

                                            [Marge: _Proceres
                                            convocantur._]

Archiepiscopus, convocatis in crastino Episcopis, Comitibus & Baronibus
regni, ostendit literas Comitis Johannis, intellectoque earundem tenore,
per _commune Consilium_ regni definitum est[431]:

     [Note 431: _Hoved. ibid._]

                                            [Marge: _Terræ ejus
                                            saisantur._]

Quod Comes _Johannes_ dissaisiretur de omnibus tenementis suis in
Anglia; & ut castella sua obsiderentur: & factum est ita.

Nota hic qui dicuntur Commune Consilium Regni, & quam subito olim
summonerentur.

                                            [Marge: _Excommunicatur, &
                                            fautores ejus._]

Item Archiepiscopus & Episcopi excommunicaverunt Comitem Johannem &
omnes fautores ejus & consiliarios, qui pacem & regnum Regis Angliæ
turbaverunt vel turbarent.

                                            [Marge: _Rex rediti._]

Rex die Dominico, tertio Idus Martii, e captione, apud Sandwicum
applicuit[432].

     [Note 432: _Hoved. ibid._]

                                            [Marge: _Concil.
                                            Nottingham._]

_Concilium apud Nottingham, post Regis e captione reditum A. D. 1194.
Reg. 5._

Tricesima die mensis _Martii_, feria 4. _Richardus_ Rex Angliæ
celebravit primum _Concilii_ sui diem apud _Nottingham_[433], cui
interfuerunt _Alienora Regina_, mater ejus, & _Hubertus Cantuariensis_
Archiepiscopus, qui in dextris Regis sedebat in Concilio illo: &
_Gaufridus Eboracensis_ Archiepiscopus, qui a sinistris ejus sedebat: &
Hugo _Dunelmensis_, & Hugo _Lincolniensis_, & Willielmus _Eliensis_
Regis Cancellarius, & Willielmus _Herefordensis_, & Henricus
_Wigorniensis_, & Henricus _Exoniensis_, & Johannes _Candidæ Casæ_,
Episcopi: & Comes _David_ frater Regis _Scotiæ_, & Hamelinus Comes de
_Warenna_, & Ranulphus Comes _Cestriæ_, & Willielmus Comes de
_Ferreres_, & Willielmus Comes de _Salisberia_, & Rogerus _Bigot_.

     [Note 433: _Hoved. pag. 736._]

                                            [Marge: _Fautores Comitis
                                            Joh. dissaisantur._]

1. Eodem die Rex dissaisivit Gyrardum de Canvilla de Castelo &
Vicecomitatu _Lincolniensi_, & _Hugonem Bardolf_ de Vicecomitatu
_Eboracensis_ sciræ, & de Castello _Eboraci_, & de _Scardeburc_, & de
custodia de _Westmerland_, quod ipsi Comiti Johanni adhæserant contra
Regem; & omnia supradicta exposuit venditioni, &c.

                                            [Marge: _Accusationes in eum
                                            & Episcopum Cov._]

                                            [Marge: _Judicium._]

2. Tricesima prima die mensis _Martii_, sc. pridie Calendarum Aprilis,
Rex Angliæ celebravit secundum diem Concilii sui; in quo ipse petit sibi
fieri judicium de Comite Johanne fratre suo, qui contra fidelitatem quam
ei juraverat, castella sua occupaverat, & terras suas transmarinas &
cismarinas destruxerat, & foedus cum inimico suo Rege Franciæ contra eum
inierat. Similiter de _Hugone Nunant_, Coventrensi Episcopo, sibi fieri
judicium postulavit, qui secreti sui consilium eum reliquerat, & Regi
Franciæ & Comiti Johanni inimicis suis adhæserat, omne malum in
perniciem regni sui machinans. Et judicatum est, quod Comes _Johannes_,
& Episcopus _Coventrensis_ peremptorie citarentur; & si infra 40 dies
non venerint, nec juri steterint, judicaverunt Comitem _Johannem_
demeruisse regnum, & Episcopum _Coventrensem_ subjacere judicio
Episcoporum in eo quod ipse Episcopus erat; & judicio Laicorum in eo
quod ipse Vicecomes Regis extiterit.

                                            [Marge: _Tallagium 2.
                                            solidorum._]

3. Calendis _Aprilis_ prima die ejusdem mensis, prædictus Rex Angliæ
celebravit tertium _colloquium_ suum, in quo constituit sibi dari de
unaquaque carucata terræ totius Angliæ duos solidos, quod ab antiquis
nominatur, _Te Mantale_.

                                            [Marge: _Tertiae partis se
                                            milit. ad Norman._]

Deinde præcepit, quod unusquisque faceret sibi tertiam partem servitii
militaris, sicut singulus feodus apportat, ad transfretandum cum illo in
Normanniam.

                                            [Marge: _Lana Cistrensium,
                                            quæ redimitur._]

Deinde exigebat a Monachis Ordinis _Cistrensis_ totam lanam suam de hoc
anno: sed quia hoc facere erat eis grave & importabile, fecerunt cum eo
finem pecuniarum.

                                            [Marge: _Queritur de
                                            Archiep. Ebor. qui non
                                            respondet._]

4. Secunda die mensis Aprilis Sabbato, celebravit _diem quartum &
ultimum_ Concilii sui[434], in quo omnes tam Clerici quam Laici, qui
volebant sibi conqueri de Archiepiscopo _Eboracensi_, fecerunt
querimonias multas de rapinis & injustis exactionibus: sed
Archiepiscopus Eboracensis nullum dedit eis responsum.

     [Note 434: _Hoved. pag. 737._]

                                            [Marge: _Ger. de Canvilla
                                            accusatur de receptione
                                            prædonum._]

Deinde per _consilium_ & machinationem Cancellarii (ut dicitur) Gerardus
de _Canvilla_ fuit _retatus_ de receptione prædonum, qui rapuerunt bona
mercatorum euntium ad nundinas de _Stanford_; & ab eo recesserunt ad
rapinam illam faciendam.

                                            [Marge: _De læsa majestate,
                                            in non stando juri Regis._]

Præterea appellaverunt eum de læsione Regiæ Majestatis, in eo quod ipse
ad vocationem Justitiarum Regis venire noluit, nec juri stare de
prædicta receptatione raptorum, neque eos ad justitiam Regis producere,
sed respondit se esse _Hominem Comitis Johannis_, & velle in curia sua
juri stare.

                                            [Marge: _De adjuvando
                                            inimicum Regis._]

                                            [Marge: _Negat omnia, &
                                            duellum vadiat._]

Præterea appellaverunt eum, quod ipse fuit in vi & adjutorio cum Comite
Johanne, & aliis inimicis Regis, ad castella Regis de _Nottingham_ & de
_Tikehil_ capienda. Gerardus vero de Canvilla negavit omnia quæ
objiciebantur ab illis, & illi dederunt vadium de prosequendo, &
Gerardus dedit vadium de defendendo se per unum de liberis hominibus
suis.

                                            [Marge: _Concessiones
                                            Willel. Regi Scotiæ._]

Rex Angliæ[435], in præsentia _Alienoræ_ matris suæ, & _Huberti
Cantuariensis_ Archiepiscopi, & _Hugonis Dunelmensis_ Episcopi, &
_Gocelini Glascovensis_ Episcopi, & aliorum multorum tam Clericorum quam
Laicorum utriusque regni:

      [Note 435: _Hoved. pag. 737 & 738._]

Concessit & charta sua confirmavit _Willielmo_ Regi Scottorum &
hæredibus suis in perpetuum; quod quandocunque ipsi per summonitionem
Regis Angliæ ad curiam suam venient, Episcopus _Dunelmensis_ & Vicecomes
_Northumbriæ_ recipient eum ad aquam de _Twede_, & in salvo conductu
ducent eos usque ad aquam de _Taise_, & ibi recipient eos Archiepiscopus
_Eboracensis_ & Vicecomes Eboraci, & in salvo conductu ducent eos usque
ad fines Comitatus Eboracensis, & sic per Episcop. & Vice-comites
ducentur de comitatu ad comitatum, donec perveniant ad curiam Regis
Angliæ: Et ex quo Rex Scottorum intraverit terram Regis Angliæ, habebit
quotidie de bursa Regis Angliæ 100 solidos de liberatione.

Cum autem Rex Scotiæ ad curiam Regis Angliæ venerit, quamdiu ipse in
curia Regis Angliæ moram fecerit, habebit quotidie de liberatione
triginta solidos & duodecim Wastellos Dominicos, & duodecim Simenellos
Dominicos, & quatuor sextertia de Dominico vino Regis, & octo sextertia
de vino expensabili, & 2 libras de pipere, & 4 libras de cymino, & 2
petras de cera, vel 4 cereos, & 40 grossos longos colpones de Dominica
candela Regis, & 24 colpones de alia candela expensabili: Et cum ipse in
patriam suam redire voluerit, conducetur per Episcopos & Vice-comites de
comitatu in comitatum, donec pervenerit ad aquam de _Twede_: & habebit
similiter quotidie 100 solidos de bursa Regis Angliæ in liberationem.

Charta autem hujus Concessionis & Confirmationis Regis Angliæ tradita
fuit _Willielmo_ Regi Scotiæ in villa de Northamptun, feria secunda in
hebdomada Paschæ, per manum Willielmi Eliensis Episcopi, Regis
Cancellarii, Anno ab Incarnatione Domini nostri Jhesu Christi 1194. anno
etiam regni Regis _Richardi_ V. 12. die mensis Aprilis, feria tertia in
hebdomada Paschæ.

                                            [Marge: _Winton. Episc. de
                                            Castell. & Comit. Winton.
                                            dissaisatur._]

15. die mensis _Aprilis_ venit Rex Angliæ ad _Wintoniam_[436], & eodem
die dissaisivit Godefridum _Wintoniensem_ Episcopum de Castello &
Comitatu _Wintoniæ_, & de illis duobus Maneriis quæ Episcopus
Wintoniensis ab illo emerat ante iter suum Jerosolymitanum, & de magna
parte patrimonii sui.

     [Note 436: _Hoved. pag. 738._]

24. die mensis _Aprilis_[437] Dominus Rex fecit pacem & finalem
concordiam inter Gaufridum Eboracens. Archiepiscopum & Willielmum
Eliensem Episcopum, quod prædictus Eliensis Episcopus ad summonitionem
Eboracensis Archiepiscopi jurabit cum centesima manu Sacerdotum, quod
ipse nec præcepit, nec voluit, ut idem Eboracensis Archiepiscopus
caperetur.

     [Note 437: _Hoved. pag. 739._]

                                            [Marge: _Charta de Libertat.
                                            Lond._]

_Charta Regis Richardi primi de Libertatibus London. A. D. 1194. Reg.
5._

_Richardus_ Dei gratia Rex Angliæ, Dux Normanniæ, Aquitaniæ, & Comes
Andegaviæ, Archiepiscopis, Episcopis Abbatibus, Comitibus, Justic.
Vicecomitibus, Ministris, & omnibus fidelibus Francis & Angl. totius
Angliæ, salutem.

Sciatis, nos concessisse civibus nostris _London_, quod nullus eorum
placitetur extra muros civitatis, &c. _Ut in charta quam Henricus Rex
Pater ejus fecit eisdem civibus[438]._ T. Huberto _Cantuariæ_
Archiepiscopo, Richardo _London_, Hugone de _Dunelmo_, Gilberto
_Roffen_, Hugone _Lincolniensi_, Episcopis; Radulpho Comite _Cestriæ_,
Richardo Comite de _Clare_, Willielmo _Marescallo_, Rogero _Bigot_,
Galfrido filio Petri, Hugone _Bardolfe_, Willielmo _Brewere_, Willielmo
de _Warenne_. Dat. per manum Willielmi Eliensis Episcopi, Cancellarii
nostri apud Winton. 23. die Aprilis, anno regni nostri quinto[439].

     [Note 438: _In alio MS. &c. sicut in charta quam Henricus
     Rex II. & pater ipsius eisdem civibus fecit, continetur._]

     [Note 439: _In alio MS. hic sequitur. Concessit &
     confirmavit Chartam Civitatis London, vid. de Middlesex de
     Ridellis amovendis per Thamisiam & Medeweyam. Notandum etiam
     est, quod in eodem hoc MS. codice, qui ante 300 annos exactas
     videtur, nulla fit mentio alicujus chartæ libertatum
     Communitati Angliæ per hunc Regem factæ: sed post fusiorem
     personæ & virtutum ejus descriptionem immediate transit ad
     Chartam hanc de libertatibus London. Deinde vero ad Assisas, ut
     vocat; hoc est, Constitutiones quasuam regnum integrum
     tangentes. Vid. Hoved. 678, 152._]

In mense _Septembris_ missi sunt[440] ex parte Regis per singulos
comitatus Angliæ Justitiarii errantes, & secundum subscriptorum formam
capitulorum processerunt in justitiis exequendis.

     [Note 440: _Hoved. pag. 743._]

                                            [Marge: _Forma procedendi in
                                            Placitis Coronæ Regis._]

_Forma procedendi in Placitis Coronæ Regis[441]._

     [Note 441: _Hoved. pag. 744._.]

In primis eligendi sunt 4 Milites de toto comitatu, qui per sacramentum
suum eligant duos legales Milites de quolibet hundredo &
wapentaccio,[442] & illi duo eligant super sacramentum suum 10 Milites
de singulis Hundredis vel wapentaccis, vel, si Milites defuerint,
legales & liberos homines: ita quod illi duodecim in singulis
respondeant de omnibus capitulis de toto hundredo & wapentaccio.

     [Note 442: C'est un canton composé d'un certain nombre de
     villages.]

                                            [Marge: _Capitula Placitorum
                                            Coronæ Regis._]

_Capitula Placitorum Coronæ Regis._

De _Placitis Coronæ_ novis & veteribus, & omnibus quæ nondum sunt finita
coram Justitiariis Dom. Regis.

Item de omnibus _Recognitionibus_, & omnibus placitis quæ summonita sunt
coram Justitiariis per Breve Regis, vel capitalis Justitiæ, vel a
capitali curia Regis coram eis missa.

Item de _Eschaetis_ quæ sunt & quæ fuerunt postquam Rex arripuit iter
versus terram Jerusalem, & quæ fuerunt tunc in manu Regis, & iterum sunt
modo in manu ejus vel non, & de omnibus _Eschaetis_ Domini Regis; si a
manu sua sunt remotæ, quomodo, & per quem, & in cujus manus devenerunt,
& qualiter, & quis exitus inde habuerit, & quos, & quid valuerint, &
quid modo valeant: & si aliqua Eschaeta sit, quæ ad Dominum Regem
pertineat, quæ in manu ejus non sit.

Item de _Ecclesiis_ quæ sunt de donatione Domini Regis.

Item de _Custodiis puerorum_, quæ ad Dominum Regem pertinent.

Item de _Maritagiis_ puellarum vel viduarum, quæ ad Dominum Regem
pertinent.

Item de _Malefactoribus_ & eorum receptoribus, & eis consentientibus.

Item de _Falsonariis_.

Item de _Interfectoribus Judæorum_, qui sunt: & de vadiis Judæorum
interfectorum, & catallis, & terris, & debitis, & chartis, & quis ea
habuerit, & quis quantum eis debuerit, & quæ vadia habuerint, & quis ea
teneat, & quantum valeant, & quis exitus inde habuerit, & quos, & omnia
vadia, & debita Judæorum interfectorum, capiantur in manu Regis, & qui
ad occisionem Judæorum fuerunt, & non fecerunt finem cum Domino Rege,
vel Justitiariis suis, capiantur, & non deliberentur, nisi per Dom.
Regem vel Justitiarios suos.

Item de omnibus auxiliis datis ad redemptionem Domini Regis, quis
quantum promiserit, & quantum reddiderit, & quantum a retro sit[443].

     [Note 443: _Hoved. pag. 744._]

Item de _Fautoribus_ Comitis Johannis, qui finem cum Dom. Rege fecerunt,
& qui non.

Item de _Catallis_ Comitis Johannis vel fautorum ejus, quæ ad usum
Domini Regis non sunt conversa, & quantum Vice-comites receperunt, &
Ballivi sui, & quis aliquid contra antiquas consuetudines regni dederit.

Item de omnibus terris Comitis Johannis, de _Dominicis_, & _Wardis_, &
_Eschaetis_, & de donis suis, & qua de causa data sunt ei illa dona, &
omnia dona Comitis Johannis capiantur in manu Dom. Regis, præterquam
illa quæ per Regem confirmata sunt.

Item de _debitis_ & _finibus_ quæ debentur Comiti Johanni, & qua de
causa; & omnia exigantur ad opus Dom. Regis.

Item de _foeneratoribus_, & eorum _Catallis_, qui mortui sunt.

Item de vinis venditis contra _Assisam_, & de falsis mensuris tam vini
quam aliarum rerum.

Item de cruciatis mortuis ante iter suum arreptum versus Jerusalem, &
quis eorum catalla habuerit, & quæ, & quanta.

Item de magnis _Assisis_, quæ sunt de centum solidatis terræ, & infra.

Præterea in quolibet Comitatu eligantur tres _Milites_ & unus
_Clericus_, custodes Placitorum coronæ. Et nullus _Vicecomes_ sit
Justitiarius in Vicecomitatu suo, nec in Comitatu quem tenuerit post
primam coronationem Dom. Regis.

Præterea _tailleantur_ omnes Civitates & Burgi, & dominica Dom. Regis.

_Justitiarii_ vero nominati una cum _Baillivis Willielmi_ de S. Mariæ
Ecclesia, & Gaufridi filii Petri, & Willielmi de _Chimelli_, & Willielmi
Bruere, & Hugonis _Bardulfi_ & Vicecomitis locorum, summoniri faciant
milites in Comitatu in rotulo nominatos; & ad diem & locum quem eis
scire facient, veniant, & coram eis jurare faciant illos, quod legale
posse suum ponent ad Wardas, & Eschaetas Dom. Regis instaurandas, & ad
appretiandas ad commodum Dom. Regis, nec alicujus odio, favore vel
gratia illud omittent; & quod prædicti milites nominati super
sacramentum suum eligent 12 legales milites, vel liberos, & legales
homines, si milites ad hoc inventi non fuerint, per diversas partes
singulorum Comitatuum in itinere prædictorum Justitiariorum, sicut
expedire viderint; qui similiter jurent, quod ad _Wardas_ & _Eschaetas_
de partibus illis instaurandas, & appretiandas, & affirmandas, suum
legale posse & consilium & auxilium apponent ad commodum Regis ut
prædictum est; & prædicti jurati super sacramentum suum eligent de
liberioribus hominibus _Eschaetarum_ & _Wardarum_, quot & quales
noverint esse sibi necessarios, ad prædicta Dom. Regis negotia, sicut
melius fieri potest, ad commodum Domini Regis exequenda.

Et secundum est quod prædictæ _Wardæ_ & _Eschaetæ_ instaurabantur de
exitibus ex eis provenientibus usque ad festum Michaelis. Item de
exitibus ejusdem termini, & si non sufficiunt, supplebitur deficiens de
_Telonio_ Dom. Regis ita quod illi qui tenebunt _Wardas_, & _Eschaetas_
illas ad firmam respondebunt inde a festo S. Michaelis & deinceps
tanquam de stauratis.

Dominus autem Rex illis qui _Wardas_ illas & _Eschaetas_ ad firmam
tenebunt, eas usque ad terminum suum de anno in annum warrantizabit; ita
quod licet Dominus Rex aliquam illarum alicui dedisset, firmarius firmam
suam tenebit, usque ad finem anni, per firmam ei reddendam, cui Rex eam
dederit, quam Dominus Rex inde perceperit.

Justitia vero _Eschaetæ_, quam dederit, remaneat Dom. Regi, nisi Dominus
Rex illud nominatim dederit.

_Firmarius_ vero cum firmam suam dimiserit, instauramentum suum, &
omnia sua quæ in firmis posuerit ultra instauramentum Regis, libere &
sine diminutione habebit, & inde habebunt literas Dom. Archiepiscopi
patentes, continentes tenorem Chartæ Dom. Regis super hoc factæ.

Inquiratur item diligentissime quantus sit _assisii_ redditus per
singula manerii in demenio, & quantum valeant omnia alia in prædictis
maneriis _assisa_; & quot sunt carucæ, & quantum singulæ valeant, non
æstimantes eas ad pretium XX solidorum tantum; sed secundum quod terra
fuerit vel bona vel mala, crescat vel decrescat pretium.

Illi vero qui _firmas_ suscipient, _firmas_ suas instaurabunt ut
prædictum est, secundum pretium supradictum, de exitibus _Eschaetarum_ &
_Wardarum_.

Inquiratur item de quot bobus, & averiis singulæ carucæ valeant
instaurari; & quot & quantum instauramentum singula maneria possint
sustinere, & tunc aperte & distincte in scriptum redigantur.

                                            [Marge: _Pretium
                                            animalium._]

Erit autem pretium bovis IV solidi, & vaccæ similiter, & averi
similiter; & ovis crispæ X denarii & ovis lanæ grossioris VI denarii, &
suis XII denarii, & verris XII denarii. Et cum firmarii firmas suas
dimiserint, de prædicto pretio respondebunt, vel de animalibus
pacabilibus in optione firmariorum; & cum omnia prædicta instaurata
fuerint, & appretiata, omnia imbrevientur aperte & distincte &
deferantur ad Scaccarium. Excipiuntur autem de hac assisa Episcopatus &
Abbatiæ, & terræ Baronum qui proximi sunt ætati.

Inquiratur etiam per sacramentum prædictorum de omnibus _Wardis_ &
_Eschaetis_, quæ non sunt in manu Domini Regis; & capiantur in manu Dom.
Regis, & de illis fiat sicut de aliis Eschaetis & Wardis.

                                            [Marge: _Capitula de
                                            Judæis._]

_Capitula de Judæis[444]._

     [Note 444: _Hoved. pag. 745._]

Omnia debita & vadia Judæorum imbrevientur, terræ, domus, redditus, &
possessiones.

_Judæus_ vero qui aliquid horum celaverit, sit in forisfactura Domini
Regis de corpore suo, & de concelamento, & de omnibus possessionibus
suis, & omnibus Catallis suis; nec unquam concelamentum Judæo recuperare
licebit.

Item provideantur 6 vel 7 loca, in quibus facient præstita sua; &
provideantur 2 legales Christiani, & 2 legales Judæi, & 2 legales
scriptores; & coram illis & Clericis Willielmi de S. Mariæ Ecclesia, &
Willielmi de Chimilli fiant præstita, & Chartæ præstitorum fiant in
modum Chirographi, & altera pars remaneat _Judæo_, sigillato sigillo
illius cui pecunia traditur; & altera pars remaneat in arca communi, in
qua sunt 3 ferruræ; unde duo Christiani habeant unam clavem, & 2 _Judæi_
unam, & Clerici Willielmi de _S. Mariæ_ Ecclesia, & magistri Willielmi
de _Chimilli_ habeant tertiam; & præterea tria sigilla, & qui claves
habuerint sigilla apponent.

Clericus autem prædictorum Willielmi & Willielmi habeant rotulum de
transcriptis omnium chartarum, & sicut chartæ mutabuntur, mutetur &
rotulus.

De singulis Chartis dentur 3 denarii, medietas a _Judæo_, & medietas ab
eo cui pecunia creditur; unde 2 scriptores habeant 2 denarios, & custos
rotuli tertiam; & de cætero nullum fiet præstitum, nulla Judæis fiet
solutio, nulla fiet chartarum mutatio, nisi coram predictis vel majori
parte, si omnes interesse nequiverint.

Et praedicti duo Christiani habeant unum rotulum de recepta Judæorum
solutionis eis de cætero faciendæ; & 2 Judæi unum, & Custos rotuli unum.

Item quilibet _Judæus_ jurabit super rotulum suum quod omnia debita sua,
& vadia & redditus, & omnes res, & possessiones suas imbreviari faciet,
& quod nihil celabit ut prædictum est; & si scire poterit quod aliquis
aliquid celaverit, istud justitiis ad eos missis secreto revelabit; &
quod falsarios Chartarum, & retonsores denariorum, ubi eos scient,
detegent, & monstrabunt, & de falsis Chartis similiter.

Præterea _Inquisitio_ quæ quærenda erat de prisis & censeriis omnium
Baillivorum Domini Regis, tam Justitiarum quam Vicecomitum &
Constabulariorum, & Forestariorum & eorum servientium, post coronationem
Domini Regis Richardi primum, & quare prisæ illæ captæ fuerunt, & per
quem, & de omnibus Catallis, donis & promissis factis occasione saisinæ
factæ de terris Comitis _Johannis_, & fautorum suorum; & quis ea
receperit, & quæ, & quantam dilationem ceperit per mandatum Huberti
Cantuariensis Archiepiscopi tunc temporis Capitalis Justitiarii Regis.

                                            [Marge: _Rex aliud sigillum
                                            regni fieri jubet._]

Sub hoc tempore[445] Rex ex _Andegavia_ & _Cenomannia_ veniens in
Normanniam, moleste tulit quicquid factum fuerit de treugis factis inter
ipsum & Regem Franciæ; & imputans Cancellario suo hoc per eum fuisse
factum, abstulit ab eo sigillum suum, & fecit sibi novum sigillum fieri;
& mandavit per singulas terras suas, quod nihil ratum foret quod fuerat
per vetus sigillum suum; tum quia Cancellarius ille operatus fuerat inde
minus discrete, quam esset necesse; tum quia sigillum illud perditum
erat quando _Rogerus Malus-Catulus_ Vicecancellarius suus submersus erat
in mari ante insulam de _Cypro_.

     [Note 445: _Hoved. pag. 746._]

Et præcepit Rex quod omnes qui Chartas habebant, venirent ad novum
sigillum suum, ad Chartas suas renovandas.

                                            [Marge: _Torniamenta
                                            statuit._]

Praeterea statuit Rex[446] _Torniamenta_[A] fieri in Anglia, & Charta
sua confirmavit, ita quod quicunque _torniare_ vellet, daret ei pecuniam
secundum formam subscriptam.

     [Note 446: _Hoved. pag. 746._]

                                            [Marge A: Tournois.]

Videlicet, Comes daret pro licentia torniandi XX marcas argenti; &
Barones X marcas argenti; & miles terram habens, IV marcas argenti; &
miles non habens terram, II marcas argenti. Et præcepit Rex ne aliquis
accederet ad loca torniamentorum, nisi prius tradidisset ei memoratam
pecuniam. Chartam autem hujus Concessionis, tradidit Rex Willielmo
Comiti Salesburiensi custodiendam. Vide Mat. Par. pag. 170. V. Hoved.
pag. 755. lin. 11.

                                            [Marge: _Hubertus Archiep.
                                            juramentum mittit per totam
                                            Angliam._]

Eodem anno 1195. _Hubertus_ Cantuar. Archiepiscopus Apostolicæ Sedis
Legatus, & totius Angliæ Justitiarius, misit per totam Angliam hujusmodi
formam Juramenti, viz[447].

     [Note 447: _Hoved. pag. 757._]

Quod omnes homines regni Angliæ, pacem Dom. Regis pro posse suo
servabunt.

Et quod nec latrones nec robatores, nec eorum receptatores erunt, nec in
aliquo eis consentient. Et quod cum hujusmodi malefactores scirent,
illos pro toto posse suo capient & Vicecomitibus liberabunt, qui nullo
modo deliberentur nisi per Dom. Regem, vel capitalem justitiam suam: Et
si illos capere non poterunt, eos Baillivis Domini Regis cuicunque
fuerint, scire facient.

Levato autem clamore insequendi _Utlagatos_, _Robatores_, _Latrones_,
aut eorum _Receptatores_, omnes sectam illam plene facient pro toto
posse suo; & si quem viderint, vel manifestum fuerit, sectam illam non
fecisse, vel sine licentia se ab ea retraxisse, eos tanquam malefactores
ipsos capient, & Vicecomiti liberabunt, non liberandos nisi per Regem,
aut ejus capitalem justitiam.

Milites[448] vero ad hoc assignati faciet venire omnes de balliva sua
coram se a quindecim annis, & ultra; & jurare facient quod pacem Domini
Regis, ut supradictum est, servabunt; & quod nec utlagati, nec
robatores, nec latrones, nec eorum receptatores erunt, nec in aliquo eis
consentient, & quod sectam, ut prædictum est, plenam facient; & quod si
cum malefactione aliquem ceperint, militibus in balliva super se
positis, & ad hoc assignatis, eum liberabunt, qui eum liberabunt
Vicecomiti custodiendum, ut ipsum malefactorem, nec liberandum nisi per
præceptum Dom. Regis, vel ejus capitalis justitiæ.

     [Note 448: _V. Bract. Lib. 3. Tract. 2. cap. 1. num. 1._]

Ad hæc igitur exequenda missi sunt per singulos Comitatus Angliæ, viri
electi & fideles, qui per sacramentum fidelium hominum de visnetis,
multos ceperunt, & carceribus Regis incluserunt. At multi inde
præmuniti, & sibi male conscii fugerunt, relictis domibus &
possessionibus suis[449].

     [Note 449: _W. cum Barba Leges peritas suspensas & tractas
     ad caudam equi. Hoved. pag. 765. Mat. Par. 186._]

                                            [Marge: _Assisa de mensuris
                                            per Rich. R._]

_Assisa de mensuris facta per Richardum Regem Angliæ ad Instantiam
Huberti Cant. Archiep. Angliæ Justitiarii in die S. Edmundi Regis &
Martyris apud Westm. A. D. 1197. Reg. 8._

Hæc est _Assisa_[450] facta per Regem Richardum per petitionem Consilii
Episcoporum & cæterorum Baronum suorum de mensuris per totum regnum
Angliæ in festo S. Edmundi apud Westm. Anno regni sui 8.

     [Note 450: _E vet. MS._]

Constitutum est quod omnes Mensuræ totius Angliæ tam in bladis quam in
leguminibus, & de rebus consimilibus, sint ejusdem quantitatis, sc. una
bona summa, &c.

_Assisa de mensuris facta per Richardum Regem Angliæ, ad Instantiam
Huberti Cantuariensis Archiepiscopi & Angliæ Justitiarii in die S.
Edmundi Regis & Martyris apud Westm.[451]._

     [Note 451: _Hoved. pag. 774. Mat. Par. an 1197. pag. 184._]

Constitutum est quod omnes mensuræ totius Angliæ tam de bladis, quam de
leguminibus, & de rebus consimilibus, sint ejusdem quantitatis, scilicet
una bona summa æqui, & hæc mensura sit rasa tam in Civitatibus & Burgis
quam extra.

Mensura etiam vini & Cervisiæ, & cæterorum liquorum sit ejusdem
quantitatis secundum diversitates liquorum.

Pondera etiam libræ, & cæteræ peisæ sint ejusdem quantitatis in toto
regno secundum diversitates mercaturarum.

Mensuræ etiam bladorum & liquorum vini & cervisiæ, inclaventur ferreis
clavis, ne per dolum possint falsari.

Constitutum est ut lanei panni ubicunque fuerint in regno, fiant de
eadem latitudine, sc. de duabus ulnis inter listas; & ejusdem bonitatis
in medio & in lateribus. Eademque sit mensura de ulnis in toto regno, &
ulna sit ferrea.

Prohibitum est mercatoribus omnibus per totum regnum, ne quis prætendat
seldæ suæ rubros pannos, vel nigros, vel scuta, vel aliqua alia per quæ
visus emptorum sæpe decipiuntur ad bonum pannum eligendum.

Prohibitum est etiam quod nulla tinctura vendenda, nisi solummodo nigra
fiat alicubi in regno, nisi in Civitatibus aut capitalibus Burgis.

Constitutum est etiam ut in singulis Civitatibus aut Burgis, 4 & 6
legales homines de eadem villa, secundum quantitatem villæ, simul cum
Vicecomite vel cum Præposito Civitatis aut Burgi, si in manu
Vicecomitis non fuerint, assignentur ad hanc assisam custodiendam sub
hac forma; ut ipsi videant & certi sint quod omnia vendantur & emantur
per eandem mensuram, & omnes mensuræ sint ejusdem quantitatis secundum
diversitatem mercium. Et si aliquem invenerint qui confessus vel
convictus fuerit, quod per aliam quam per statutam vendiderit mensuram,
corpus ipsius capiatur, & in prisona teneatur, & omnia Catalla sua in
manu Domini Regis saisiantur, nec deliberentur nisi per Regem aut
capitales ejus justitias.

De ipsis custodibus statutum est, quod si ipsi hanc custodiam ita
negligenter fecerint, quod per alios quam per eos Custodes coram
justitiis Domini Regis, aliquem assisam præscriptam transiisse, vel de
mensuris victualium, vel aliarum mercium, vel latitudine pannorum, ipsi
Custodes de Catallis suis in misericordia Dom. Regis remaneant.

Præceptum est etiam ut post festum Purificationis beatæ Mariæ, nullus in
aliquo Comitatu vendat aliquid nisi per præscriptam mensuram, quæ
ejusdem sit quantitatis, nec post feriam mediæ quadragesimæ, quæ erit
apud _Stanford_, vendat aliquem pannum minoris latitudinis quam duarum
ulnarum inter listas.

                                            [Marge: _Tallagium 5
                                            solidorum._]

_Tallagium 5 solidorum de singulis carucatis, & modusimponendi &
colligendi ejusdem. An. Dom. 1198[452]._

     [Note 452: _Hoved. pag. 778. Mat. Par. pag. 188._]

                                            [Marge: _Commissionarii
                                            jurati._]

                                            [Marge: _Inquisitores._]

Eodem anno _Richardus_ Rex Angliæ accepit de unaquaque carucata terræ,
sive hyda totius Angliæ quinque solidos de auxilio: Ad quos colligendos
misit idem Rex per singulos Comitatus Angliæ unum Clericum & etiam
militem; qui cum Vicecomite Comitatus ad quem mittebantur, & legalibus
militibus ad hoc electis, præstito juramento quod fideliter exequerentur
negotium Regis, fecerunt venire coram se, Senescallos Baronum illius
Comitatus, & de qualibet villa Dominum, vel Baillivum villæ &
Præpositum, cum 4 legalibus hominibus villæ, sive liberis, sive
rusticis; & 2 milites legaliores de Hundredo qui juraverunt.

                                            [Marge: _Inquisitorum
                                            Sacramentum._]

Quod fideliter & sine fraude dicerent, quot carucarum Wannagia fuerint
in singulis villis; quot scilicet in dominico, quot in vilenagia, quot
in eleemosynis viris religiosis collatis; quas ipsi donatores, vel eorum
hæredes tenentur warrantizare, vel adquietare, vel unde viri religiosi
debent servitium facere.

                                            [Marge: _Taxatio._]

                                            [Marge: _Collectores._]

Et super singula carucarum _Wannagia_ ponebant ex præcepto Regis primo
II solidos, postea III solidos, & hæc omnia in scriptum redigebantur, &
habebat inde Clericus rotulum unum, & miles rotulum alterum, Vicecomes
rotulum tertium; Senescallus Baronum rotulum quartum de terra Domini
sui. Hæc pecunia recipiebatur per manus duorum legalium militum de
singulis Hundredis, & per manum Ballivi de Hundredo; & ipsi inde
respondebant Vicecomiti, & per prædictos rotulos respondebat Vicecomes
inde ad scaccarium coram Episcopis, Abbatibus & Baronibus ad hoc
assignatis.

                                            [Marge: _Poena celantium._]

Ad poenam vero juratorum, qui aliquid contra juramentum suum celaverint
in hoc negotio, statutum erat.

Quod quicunque rusticus convictus fuisset de perjurio, daret Domino
meliorem bovem de Caruca sua, & insuper responderet de pretio ad opus
Dom. Regis, tantum pecuniæ quantum fuisset declaratum per suum perjurium
fuisse celatum: Si vero liber homo convictus fuisset, esset in
misericordia Regis, & insuper refunderet de proprio ad opus Domini
Regis, quantum fuerit per eum celatum, sicut & rusticus.

                                            [Marge: _Gravis distringendi
                                            modus._]

                                            [Marge: _Excipiuntur feoda
                                            Eccles. Eschaetæ._]

_Statutum_ etiam fuit; quod quilibet Baro cum Vicecomite, faceret
districtiones super homines suos, & si per defectum Baronum
districtiones factæ non fuissent, caperetur de dominico Baronum, quod
super homines suos restaret reddendum, & ipsi Barones ad homines suos
inde caperent; & libera _feoda Ecclesiarum parochialium_ de hoc tallagio
excipiebantur, & omnes _Eschaetæ_ Baronum quæ fuerunt in manu Dom.
Regis, communicaverunt.

                                            [Marge: _Serganteriæ._]

_Serganteriæ_ vero Dom. Regis, quæ non erant de feodis militum,
excipiebantur; sed tamen imbreviebantur, & numerus carucatarum terræ, &
valentiæ terrarum, & nomina servientium; & servientes illi summonebantur
esse apud Londonias in Octavis clausi Pentecostes, audituri & facturi
præceptum Dom. Regis.

Ipsi vero qui electi fuerant, & constituti ad hoc negotium Regis
faciendum, statuerunt per æstimationem legalium hominum, ad
uniuscujusque carucæ _Wannagium_ centum acras terræ.

                                            [Marge: _Extensio terræ
                                            Rich. I._]

_Extensio terræ Richardi I. Regis Angliæ secus mare, ex Hovedeno in Ric.
I. p. 672. ubi agit de divisione Regnorum secus mare._

Sciendum est quod tota terra, quæ est ab Anglia usque in Hispaniam secus
mare, videlicet Normannia, Britannia, Pictavia, est Domini Regis Angliæ;
& protenditur usque ad portum qui dicitur _Huarz_[453], qui dividit
terram Comitis de Baonia a terra Regis _Navarræ_. Et terra Regis
_Navarræ_ incipit a portu de _Huviarz_, & protenditur usque ad aquam quæ
dicitur _Castre_, &c.

     [Note 453: _Al. Huviarz._]

Eodem Anno (viz. 1198. Reg. 9. & 10.) _Hugo Bardulfi_, & magister
Rogerus _Arundel_ & Gaufridus _Hachet_, quibus commissæ fuerant
_Lincolnsire_, _Notinghamsire_, _Derebisire_, _Euerwicsire_,
_Northumberland_, _Westmerland_, _Cumberland_, _Lancaster_, itinerantes
placitaverunt placita coronæ Regis[454].

     [Note 454: _Hoved. ib. pag. 783._]

                                            [Marge: _Capitula Placitorum
                                            Coronæ Regis._]

_Capitula Placitorum Coronæ Regis._

De Placitis Coronæ novis & veteribus quæ non sunt finita coram justitiis
Domini Regis. De morte antecessorum. De nova dissaisiva. De magnis
Assisis usque ad 10 libratas terræ, & infra. Et de advocationibus
Ecclesiarum. Et capientur coram eis electiones magnæ _Assisæ_ per
mandatum Domini Regis, vel ejus capitalis justitiæ.

De Ecclesiis vacantibus vel non vacantibus quæ fuerunt de donatione
Domini Regis; quis eas donavit, vel quis eas habeat & per quem, &
quantum valent.

De Eschaetis Domini Regis & eorum valentiis, & quis eas habeat, & per
quem.

De Dominabus & de valectis, & puellis quæ sunt vel esse debent in
donatione Domini Regis, & de valentiis terrarum suarum & si quis eorum
vel earum sit maritatus, & inquiratur cui, per quem, & a quo tempore.

Inquirendum est etiam quæ viduæ non finierunt pro se maritandis, & finis
capiatur ad opus Dom. Regis.

De sergentariis Domini Regis, quis eas habet, & per quem, & quantum
valent, & qui finem non fecerunt ad auxilium Domini Regis, & qui
fecerunt, & finis capiatur.

De usuris Christianorum, & eorum Catallis qui sunt mortui.

De illis qui sunt in misericordia Regis & non amerciati.

De præpresturis Domini Regis.

De viis Dom. Regis _Estreciatis_.

De Thesauris inventis.

De malefactoribus & eorum receptoribus.

De fugitivis retatis reversis post ultimam Assisam.

De omnibus ponderibus & mensuris, & ulnis renovatis; & si 4 homines qui
sunt attornati ad hæc custodienda, in unaquaque villa fecerint quod inde
statutum est; & si attachiaverunt transgressores illius Assisæ, & si non
attachiaverunt prout debent, puniantur sicut ipsi transgressores.

Totum vinum illius qui vendidit contra Assisam, capietur ad opus Domini
Regis, & præterea Dominus vini & venditores sint in misericordia Regis.

Inquirendum est per omnes Comitatus de hidis & carucatis; & si
Justitiarii qui ad hæc attornati fuerunt se bene habuerint; & si de
omnibus receperunt; & si aliqua concelaverunt.

De custodiis Portuum maris; si quid receperunt quod non reddiderunt; &
si mercedem aliquam pro jure Regis retinendo; & si quis aliquid ceperit
qui non fuit ad hoc attornatus.

Inquirendum est si omnes venerint & quis ille fuerit & qualiter
nominatus fuerit.

His igitur & aliis vexationibus, sive juste sive injuste tota Anglia a
mari usque ad mare redacta est ad inopiam. Sed nondum finitis supervenit
aliud genus tormenti ad confusionem hominum regni per Justitiarios
forestarum, viz. per Hugonem de Nevilla summum Justitiarium omnium
forestarum Regis in Anglia, qui cognominatus est Enuellu; & per Hugonem
War, & per Ernistum de Neville.

Prædictis igitur Justitiariis forestarum itinerantibus, præceptum est ex
parte Regis, ut per singulos comitatus, per quos ipsi ituri essent,
convenirent coram iis ad placita forestæ, Archiepisc. Episc. Comites &
Barones, & omnes libere tenentes, & de unaquaque villa Præpositus, & 4
homines ad audienda præcepta Regis.

                                            [Marge: _Assisa Regis Rich.
                                            I. de Forestis._]

_Hæc est Assisa Dom. Regis, & hæc sunt præcepta de Forestis suis in
Anglia, facta per assensum & consilium Archiepisc. & Episc. Abbatum,
Comitum, & Baronum & Militum totius regni sui[455]._

     [Note 455: _Hoved. pag. 784._]

Dominus Rex primum defendit, quod si aliquis ei forisfaciat de venatione
sua, vel de Forestis suis, in aliqua re, non vult quod confidant in hoc,
quod habuit misericordiam de illis per eorum catalla hucusque qui ei
forisfecerint de venatione sua, & de Forestis suis. Nam si qui amodo ei
forisfecerint inde, & inde convicti fuerint, plenariam vult de illis
Justitiam fieri, qualis facta fuit tempore Henrici avi patris Domini
Regis, viz. ut amittant oculos & testiculos.

Item, Dominus Rex defendit, quod nullus habeat arcus vel sagittas, neque
canes, neque leporarios in Forestis suis, nisi habeat ipsum Regem ad
warrantum suum, vel aliquem alium qui eum possit inde _warantizare_.

Item Rex defendit, quod nullus donet vel vendat aliquid ad destructionem
bosci sui, vel wastam, quæ sit infra Forestam Regis; sed concedit bene
quod capiant de boscis suis, quod necesse iis fuerit sine wasta, & hoc
per visum Forestarii sui, & Viridariorum suorum.

Item præcipit, quod omnes illi qui habent boscos infra metas Forestæ
Domini Regis, quod ponant idoneos Forestarios in boscis suis: de quibus
Forestariis ipsi quorum bosci fuerint sint plegii: vel tales inveniant
plegios idoneos, qui possunt emendare, si Forestarii in aliquo
forisfecerint quod Dom. Regi pertineat.

Item præcipit, quod sui Forestarii curam super Forestarios Militum &
aliorum qui boscos habent infra metas Forestæ Domini Regis, quod bosci
non destruantur. Nam si super hoc bosci eorum destructi fuerint, sciant
bene illi quorum bosci fuerint, quod de ipsismet vel eorum terris
capietur emendatio, & non de alio.

Item præcipit Rex, quod sui Forestarii jurent, quod secundum omne posse
suum tenebunt ejus Assisam, qualem eam fecit de Forestis suis, & quod
non vexabunt milites neque probos homines de hoc, quod Dominus Rex iis
concessit de boscis eorum.

Item præcipit, quod in quolibet Comitatu in quo venationem habet,
ponantur 12 Milites ad custodiendum venationem suam, & viride in
Forestis suis, & quod 4 Milites ponantur ad adgistandos boscos suos, &
ad recipiendum panagium suum, & custodiendum & defendendum.

Item præcipit, quod nullus adgistet boscos suos infra metas Forestæ suæ,
antequam bosci eorum adgistentur: & est sciendum quod incipit
adgistamentum Dom. Regis 15 die ante festum S. _Michaelis_, & durat 15
diebus post festum S. _Michaelis_.

Item præcipit Rex, quod si Forestarius ejus habet in custodia sua
Dominicos boscos Regis, & bosci illi destructi fuerint, & non possit,
nec sciat justam causam monstrare quare bosci destruantur, nihil aliud
capiatur de Forestario illo, nisi proprium corpus suum.

Item præcipit, quod nullus Clericus ei forisfaciat de venatione sua,
neque de Forestis suis: & præcipit bene Forestariis suis, quod si
invenerint eos forisfacientes, non dubitent in eos manus imponere, ad
eos resistendos & capiendos: ipse enim eos inde warantizabit.

Item Rex præcipit, quod omnia essarta videantur in quolibet tertio anno,
tam nova quam vetera, intra regardum, & omnes perpræsturæ similiter, &
omnia wasta boscorum, & quod quodlibet illorum per se imbrevietur.

Item Rex præcipit, quod Archiepisc. Episcop. Comites, Barones, &
Milites, & libere tenentes, & omnes homines de terra sua, veniant ad
summonitionem _Magistri Forestarii_ sui, & ad placitanda placita de
Forestis suis.

Prohibendum est etiam ad Placita Forestæ, ne aliqua caretta exeat
Chiminum in Foresta Regis, neque porci sint in Foresta Regis tempore de
Foinesun, sc. 15 diebus ante nativitatem S. _Johannis Baptistæ_, & 15
diebus post idem festum.

Est autem sciendum, quod qui forisfecerit in Foresta Regis de venatione
sua, & inde attaintus fuerit, erit in misericordia Regis ad oculos &
testiculos perdendos.

Qui autem forisfecerit in Foresta Regis de viridi, sive per
_culpaturam_, sive per _esbrancaturam_, sive per _foditionem turvarum_,
sive per _escoriationem moræ_, sive per _culpationem_ de subnemore, sive
per _essartum_, sive per novam _prepræsturam_, per _sepem_ vel
_fossatum_, vel per _remotionem molendini_, vel _cursus aquæ_, vel
_beccariæ_, vel aliarum domorum, vel per foenum & falcandum extra sepes,
vel extra fossata, erit in misericordia Regis de pecunia sua, nisi habet
Viridarios vel Forestarios Regis ad warrantum.

Similiter qui arcus vel sagittas portaverit, vel canes duxerit sine
copula per Forestam Regis, & inde attaintus fuerit, erit in misericordia
Regis.

Statutum etiam est, quod semper in tertio anno fiat visus Forestæ; in
reguardo autem Forestæ hæc supradicta videnda sunt. Et videnda sunt in
reguardo nova essarta & vetera imbladata post ultimum reguardum, & quo
blado vel legumine imbladata sint. Nova autem sarta erunt in manu Regis:
si vetera sarta imbladata sunt de frumento, vel siligine, unaquæque acra
dabit Regi 13 denarios de illa vestitura: & si imbladata fuerint de
avena, vel hordeo, vel fabis, vel pisis, vel alio legumine, unaquæque
acra dabit Regi 6 denarios de illa vestitura.

Et sciendum est, quod tempore _Henrici Regis_ filii _Matildis_
Imperatricis, permissum erat intra metas Forestæ fossata fieri loco
sepium. Et idem Rex Henricus statuit apud Woodstock, quod quicunque
forisfecerit ei de Foresta sua semel de venatione sua, de se ipso salvi
plegii capiantur; & si iterum forisfecerit, similiter capiantur de ipso
salvi plegii; si autem tertio idem forisfecerit, pro tertio forisfacto
nulli plegii capiantur, sed proprium corpus forisfactoris.

Eodem anno viri religiosi voluerunt dare Regis 5 solidos de wannagio
carucæ, sicut cæteri homines regni faciebant.

Exiit edictum à Rege, ut quicunque in regno suo forisfecisset Clerico,
aut alii viro religioso, non cogeretur satisfacere illi: sed si Clericus
aut alius vir religiosus forisfecisset alicui Laico, statim
compelleretur ad satisfaciendum illi: unde factum est, quod viri
religiosi ad redemptionem coacti sunt.

Præterea præcipit idem Rex, ut omnes, tam Clerici quam Laici, qui
chartas sive confirmationes habebant de sigillo suo veteri, deferrent
eas ad sigillum suum novum renovandas: & nisi fecerint, nihil quod actum
fuit per sigillum suum vetus, ratum haberetur. Hov. p. 785[456].

     [Note 456: _Casus Rob. de Turnham Hov. pag. 786._]

                                            [Marge: _Truncatio membrorum
                                            provenatione adimitur._]

Legem furtivæ venationis, qua delinquentibus eruebantur oculi,
abscindebantur virilia, manus vel pedes truncabantur, pius Rex &
miscericors sustulit[457] _Richardus_ I inhumanum ducens, ut homines ad
imaginem Dei creati, pro feris, quæ juxta legem naturalem generaliter
omnibus sunt concessæ, de vita vel membris periclitarentur, & id
faciendo feris & bestiis deterior videretur. Hoc enim solummodo
sufficiebat ei, ut quilibet in tali culpa deprehensi, vel Angliam
abjurarent, vel poenam carceralem subirent, vel poena punirentur
pecuniali, salvis omnibus vita & membris. Hæc _Parisius_, qui casum
refert nova hac lege judicatum.

     [Note 457: _Mat. Par. in an. 1232. pag. 360._]

                                            [Marge: _Vicesimæ ad terræ
                                            sanctæ subventionem datur._]

Cum ad mandatum Dom. Papæ omnes Prælati totius regni coram Rege
congregati fuissent[458], ut partem vicesimam mobilium suorum ad
subventionem Terræ Sanctæ concederent, & seorsum sederent super præfato
negotio colloquentes; Rex ait Galfrido fil. Petri, & Willielmo Priwerre,
qui apud pedes ejus sedebant, voce demissa, Videtis Prælatos illos qui
ibi sedent. Videmus, Domine (inquiunt.) Et Rex ad eos, Si scirent
quomodo eos ob reverentiam Dei timeo, & quam invite offenderem illos,
ipsi me conculcarent, quemadmodum conculcatur calceamentum vetus.

     [Note 458: _Mat. Par. in an. 1232. pag. 361._]

                                            [Marge: _Moribundus Joh.
                                            ratri regnum dividit._]

A. D. 1199. Reg. 11. Cum de vita desperaret Rex _Richardus_[459],
divisit _Johanni_ fratri suo regnum Angliæ, & omnes alias terras suas, &
fecit fieri prædicto Johanni fidelitates ab illis qui aderant, &
præcepit, ut traderentur ei castella sua, & tres partes thesauri sui: &
omnia baubella sua divisit Othoni nepoti suo Regi Alemannorum, & quartam
partem thesauri sui præcepit servientibus suis & pauperibus distribui.

     [Note 459: _Hoved. pag. 791._]

                                            [Marge: _Moritur._]

Decessit 8. Idus _Aprilis_ feria 3. ante Dominicam Palmarum, 12.[460]
die postquam percussus fuerat.

     [Note 460: _Al. 9._]



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JOHANNES.

_Anno Domini 1199._

                                            [Marge: _Quo jure Regnum
                                            obtinuit Johannes._]

                                            [Marge: _Arthuro Rex
                                            promisit Regnum._]

Recte quæritur quonam titulo _Johannes_ cum tertius esset filius
_Henrici_ II solium Regni sit ingressus, cum Arthurus Dux Britanniæ
filius esset legitimus atque hæres Gaufridi Plantagenest, secundi filii
ejusdem Henrici patris, sc. Richardi Regis jam defuncti, dictorumque
_Gaufridi_ & Johannis. Declaraverat etiam _Richardus_ Rex cum _Messinæ_
esset _Arthurum_ sibi successurum, ut _Parisius_ refert. Sed id inprimis
intelligendum est, nec Legibus coerceri æstus majestatis, nec authoribus
qui partium studio sæpe ducuntur, semper adhibenda fides. Res pro more
illius seculi est perpendenda qui alias hæredem suscepit in successionem
quamvis impuberem, alias impubere prætermisso, seniorem familiæ, velut
magis strenuum ad gubernandum (quod Hibernici Tanistriam vocant)
cooptavit.

                                            [Marge: _Londin. Johannem
                                            suscipiunt in Regem._]

_Londonienses_ profecto Regi _Richardo_ Hierosolymis juramento se
obstringunt Johannem suscepturos in Regem si Richardus sine prole
decederet, & hoc ipso nomine fidelitatem ei jam tum jurabant.

Mortuo _Richardo_[461], ejus servi, milites & stipendiarii _Johannem_
suscipiunt dona promittentem. Is in transmarinis agens Hubertum
Cantuariensem Archiepiscopum & Guilielmum Marescallum in Angliam
protinus direxit, qui cum Gaufrido filio Petri Justitiario Regni
Magnates Northamptoniæ convocatos ad fidelitatem Johanni jurandum prout
plebeios antea perducunt.

     [Note 461: _Mat. Par. pag. 188. l. 50._]

                                            [Marge: _Principes cæteri
                                            adherent Arthuro._]

_Arthuro_ adhaerent Principes Andegaviæ, Cenomanniæ, & Turoniæ dicentes
judicium esse & consuetudinem illarum regionum, ut _Arthurus_ filius
fratris senioris in patrimonio sibi debito & hæreditate, avunculo
succedat, quem viz. Gaufridus Pater ejusdem _Arthuri_ esset habiturus si
Regi Richardo defuncto supervixisset. Sed Johannes in octavis Paschæ ab
Archiepiscopo Rothomagi accinctus est gladio ducatus Normanniæ[462].

     [Note 462: _Mat. Par. pag. 189. l. 25._]

                                            [Marge: _Modus eligendi R.
                                            Johannem._]

_Hubertus_ Archiepiscopus Cantuariæ vir eximiæ prudentiæ, & inter
columnas regni eminentissima, tertia via ingreditur veniente scil. in
Angliam Johanne Duce jam Normanniæ & convocatis Londoniis magnatibus
regni in vigilia Ascensionis ad Coronationem ejus; idem Archiepiscopus
sic effatur. Nullum prævia ratione in Regnum successurum nisi ab
universitate Regni unanimiter invocata Spiritus gratia electum &
secundum morum suorum eminentiam præelectum, ad exemplum _Sauli_ primi
Regis inuncti quem proposuit Dominus populo suo, non filium Regis nec de
regali stirpe procreatum; similiter Davidem Semei filium, hunc quia
strenuum & aptum dignitati regiæ, illum quia sanctum & humilem, ut sic
qui in regno supereminet strenuitate, omnibus possit & potestate &
regimine. Verum si quis ex stirpe regia aliis præpolleret, pronius &
promptius ad electionem ejus est consentiendum. Et cum Ducem Johannem
istiusmodi esse perhibuisset eum ratione tam meritorum quam regii
sanguinis, unanimiter (inquit) eligimus universi.

Vides quibus se implicant ambagibus qui recto deviant a tramite; nec
inter omnes quisquam illius meminit quod Johanni maxime interfuit, &
perspicuis verbis recordatus est _Rogerus Hoveden_[463]. Richardum scil.
de vita desperantem, Johanni fratri suo divisisse regnum Angliæ omnes
alias terras suas, fecisseque fieri ei fidelitatem ab illis qui aderant,
& præcepisse ei tradi Castella sua & tres partes thesauri sui.

     [Note 463: _Hov. pag. 791._]

Accedit aliud adminiculum, quod sub illo seculo multorum tuebatur
opinione, præferendum esse in successione fratrem defuncti juniorem
potius quam nepotem ejus e seniori jam antea defuncto, ut inferius
videris in argumentatione Romæ habita inter _Innocentium_ Papam III. &
Legatos _Ludovici_ Franci.

                                            [Marge: _R. Joh. coronatur.
                                            An. 1199._]

_Johannes_ coronatus est _Westmonasterii_ ab Archiep. Cantuar. die
dominicæ Ascensionis 6 Cal. Junii triplicis involutus sacramento
sponsionis[464].

     [Note 464: _Mat. Par. pag. 190._]

                                            [Marge: _Sacramentum ejus._]

Quod sanctam Ecclesiam & ejus ordinatos diligeret, & eam ab incursione
malignantium indemnem conservaret.

Quod perversis Legibus destructis, bonas substitueret.

Quod rectam justitiam in regno Angliæ exerceret.

Deinde adjuratus est ab eodem Archiepiscopo ex parte Dei & districte
prohibitus.

Ne honorem hunc accipere præsumeret; nisi in mente habeat, opere, quod
juraverat, adimplere. Ad hoc ille respondens, promisit; se per auxilium
Dei bona fide ea quæ juraverat servaturum. Die crastino Homagia &
fidelitates accepit.

                                            [Marge: _Carucagium
                                            conceditur._]

                                            [Marge: _Archiep. Ebor. id
                                            prohibens spoliatur._]

Sub hoc tempore generaliter concedebatur Regi per Angliam Carucagium (i.
e. tallagium de qualibet carucata terræ) quod cum Gaufridus
Archiepiscopus Eboracensis non permitteret Vicecomitem in sua Diocesi
colligere, sed & ipsum excommunicasset, & totam Eboracensem Provinciam
interdicto Ecclesiastico supposuisset; mandato regio spoliatus est bonis
omnibus sui Archiepiscopatus.

                                            [Marge: _A. D. 1201. Edictum
                                            ad servitium militare._]

Die Ascensionis dominicæ, Rex apud Theokesberi generale proposuit
Edictum. Anno Domini 1201.

Ut Comites & Barones & omnes qui militare servitium ei debebant parati
essent ad Portesmuthe cum equis & armis ad transfretandum cum eo ad
partes transmarinas in die Pentecostes jam instante[465].

     [Note 465: _Mat. Par. pag. 198._]

                                            [Marge: _Scutagium 2
                                            marcarum._]

Veniente autem die statuto, multi impetrata licentia remanserunt, dantes
Regi de quolibet scuto duas marcas argenti.

                                            [Marge: _Constitutio R. Joh.
                                            de feodis magni Sigilli._]

_Constitutio Regis Johannis de feodis magni Sigilli. A. D. 1199. Reg.
1[466]._

     [Note 466: _Lib. Archiepiscopi Cant. MS. fol. 8. Chart.
     Reg. Joh. 1._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, Dominus Hiberniæ, Dux Normanniæ,
Aquitaniæ, & Comes Andegaviæ, Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus,
Comitibus, Baronibus, Justitiariis, Vicecomitibus, Præpositis & omnibus
Ballivis & fidelibus suis salutem.

2. Cum ad regimen regni Angliæ quod nobis jure competit hæreditario
divina misericordia vocaverit, & mediante tam Cleri quam Populi unanimi
consensu & favore satis misericorditer nos in Regem sublimaverit; summo
desideramus desiderio, sicut & debemus, libertati & indempnitati tam
Cleri quam Populi propensius provideri, & pravas & iniquas
consuetudines, quæ vel ex causa cupiditatis, vel minus sano consilio,
vel alio motu mentis illicito pullularunt, ad honorem Dei, & sacrosanctæ
Ecclesiæ & pacem & tranquillitatem Cleri & Populi penitus extirpare.

3. Et cum sigillum bonæ memoriæ Richardi fratris nostri illustris
quondam Regis Angliæ, diebus suis in eum pervenerat statum ut de
quibusdam negotiis ad sigillum pertinentibus, quædam præter cursum
solitum ab antiquis temporibus statuta, potius voluntate quam ratione
mediante in præjudicium regiæ dignitatis & libertatis Regni
recipiebantur, viz.

4. De literis protectionis patentibus pro quibus dabantur decem & octo
solidi & quatuor denarii pro quibus non debebantur dari nisi duo solidi.

5. Et de simplicibus confirmationibus in quibus nihil novi est insertum,
pro quibus dabantur duodecim marcæ & quinque solidi, pro quibus non
debebantur dari nisi decem & octo solidi & quatuor denarii.

6. Nos pro salutæ animæ nostræ & felicis memoriæ Henrici quondam Regis
Angliæ, Patris nostri, & memorati Regis Richardi fratris nostri, &
omnium antecessorum & successorum nostrorum, volumus, concedimus, & ad
instantiam venerabilis Patris nostri Huberti Cant. Archiepiscopi
Cancellarii nostri.

7. Statuimus ne ullis aliquando temporibus a nostro vel alicujus
successorum nostrorum sigillo quicquam ultra id quod ab antiquis
temporibus de Sigillo Regum Angliæ statutum est, recipiendum; & quod de
Sigillo bonæ memoriæ Henrici Patris nostri quondam Regis Angliæ
recipiebatur, pro quibuscunque negotiis recipiatur, scil.

8. De charta novi feofamenti terrarum vel quorumlibet tenementorum, vel
libertatum, capiatur una marca auri, vel decem marcæ argenti, ad opus
Cancellarii, & una marca argenti ad opus Vicecancellarii, & una marca
argenti, ad opus Prothonotarii; quinque solidi pro cera.

9. De simplici confirmatione in qua nihil novi est adjectum, detur una
marca argenti ad opus Cancellarii, unus bisancius ad opus
Vicecancellarii, & unus bisancius ad opus Prothonotarii, & duodecim
denarii pro cera.

10. De simplici protectione dentur duo solidi.

11. Si quis autem contra hanc constitutionem nostram venire
præsumpserit, indignationem Domini omnipotentis, & nostram omnemque qua
quisquam in Regem unctus & consecratus maledicere potest, maledictionem
incurrat.

12. Prædictus autem Archiepiscopus Cantuariensis & Cancellarius noster,
una cum Episcopis omnibus qui nobis in consecratione nostra manus
imposuerunt, in omnes qui contra hanc constitutionem venire
præsumpserint, sententiam excommunicationis generaliter de assensu
nostro promulgavit.

13. Huic autem nostræ constitutioni quam de Sigillo nostro fecimus ipsum
Sigillum primo post Coronationem nostram apposuimus, in testimonium &
perpetuam firmitatem.

14. T. J. _Dublinens._ Archiep. W. _London._ _Rofen._ C. _Winton._ H.
_Lincol._ E. _Eliens._ H. _Sarum._ S. _Bathon._ C. _Coventer._ H.
_Landaven._ R. _Bangor._ Phil. _Dunelm._ S. _Meden._ Episcopis. Willelmo
Com. de _Arundell._ Hamelino Com. de _Waren._ R. Com. de _Clare._ W.
_Marescallo_ Com. de _Penbroc._ C. fil. Petri Com. _Essex._ Rog. _le
Bigot_ Com. _Nortfolchiæ._ W. Com. _Sarum._ R. Com. _Cestr._ Walter.
Com. _Warwic._ W. Com. _de Ferrariis_, Will. de _Brahos_, Rob. fil.
_Walteri_, Walt. de _Lasc._ W. de _Waren._ Rob. fil Rogeri, Will.
_Briwer_, Hug. _Bardolf._

15. Dat. per manum H. _Cant._ Archiepisc. Canc. nostri apud
_Northampton_, septimo die Junii, anno regni nostri primo.

(Numeros & Sectiones nos exhibuimus.)

Quod testamentum _Huberti_ Archiep. _Cant._ ratum fit.

                                            [Marge: _De Testamento
                                            Huberti. Arch. Cant._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angl. Dux Hiberniæ, Dux Normanniæ, Aquit. &
Comes Andeg. Justic. & omnibus Ballivis suis Angliæ, salutem[467].

     [Note 467: _Lib. MS. Cant. Arch. fol. 9. b. n. 6._]

Sciatis, quod volumus & firmiter præcipimus, quod Testamentum quod
venerabilis pater noster in Christo H. Cantuar. Archiepiscopus secundum
Deum condidit, firmum sit & stabile, & quod firmiter & inviolabiliter
teneatur & observetur. Et ideo vobis mandamus & firmiter prohibemus, ne
aliquis vestrum aliquo modo contra testamentum suum veniat, vel illud
aliquo modo impediat vel infringat, vel ab aliquo impediri vel infringi
sustineat. T. Com. Will. _Marescallo_, Will. de _Breos_, apud _Rothom._
XXX. die Augusti.

_Quod Archiepiscopi Cant. habeant tres Monetarios cum tribus cuneis in
Civitate Cantuaria[468]._

     [Note 468: _Ibidem, n. 7._]

                                            [Marge: _Archiep. Cant. tres
                                            Monetarios habeat in Civ.
                                            Cant._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ Dominus Hiberniæ, Dux Normanniæ,
Aquitaniæ, Comes Andegaviæ, Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus,
Comitibus, Baronibus, Justiciariis, Vicecomitibus, & omnibus Ministris &
fidelibus suis, Francis & Anglis, salutem.

Sciatis nos concessisse & præsenti Carta nostra confirmasse Deo &
Ecclesiæ Christi _Cant._ & venerabili patri nostro _Huberto_ Cant.
Archiepiscopo, & omnibus successoribus suis sibi canonice substituend.
tres Monetarios cum tribus cuneis, ad monetam fabricandam in civitate
Cantuariæ perpetuo habendos, quos Dominus Rex Ric. frater noster
reddidit bonæ memoriæ Baldwino Cant. Archiepiscopo, & successoribus
suis, & Carta sua confirmavit.

Quare volumus & firmiter præcipimus, quod prædictus Archiepiscopus H. &
successores sui, habeant prædictos Monetarios cum prædictis cuneis, ita
libere, honorifice & quiete, sicut aliquis prædecessorum suorum liberius
& quietius Monetarios suos cum cuneis suis habuit.

Hiis testibus: _Roffensi_ Episc. S. Andr. Com. _David_, Will. Com. de
_Arundel_ Will. de _Humet_ Const. _Norm._ Hug. de _Gernaco_, Will. de
_Rupibus_. Datum per manus Simonis Archid. _Wellen._ & Johannis de
_Gray._ apud _Cenom._ xxix. die _Septemb._ anno primo regni nostri.

Consuetudines Scaccarii super debitis Dom. Regis inquirendis. _Hoved._
p. 815.

_Quod Archiepiscopus Cant. convertat terras tentas de Ecclesia sua in
Gavel-kind ad feoda militaria._

                                            [Marge: _Terræ Arch.
                                            conversæ ad feoda
                                            militaria._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angl. Dominus Hiberniæ, Dux Normanniæ,
Aquitaniæ, & Comes Andegaviæ, Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus,
Comitibus, Baronibus, Justiciariis, Vicecomitibus, Præpositis,
Ministris, & omnibus Ballivis & fidelibus suis, salutem[469].

     [Note 469: _Lib. MS. Cant. Arch. fol. 11. n. 14._]

Sciatis nos concessisse & præsenti Carta nostra confirmasse venerabili
patri nostro in Christo _Huberto_ Cant. Archiepiscopo, & successoribus
suis, in perpetuum, quod liceat eis terras, quas homines de feodo
Ecclesiæ _Cant._ tenent in _Gavelkende_, convertere in feoda militaria;
& quod idem Archiepiscopus & successores sui eandem in omnibus
potestatem & libertatem habeant in perpetuum, in homines illos qui
terras easdem ita in feoda militum conversas tenebunt, & in hæredes
eorum, quam ipse Archiepiscopus habet, & successores sui post eum
habebunt, in alios milites de feodo Ecclesiæ Cant. & in hæredes eorum.
Et homines illi, & hæredes eorum, eandem per omnia libertatem habeant in
perpetuum, quam alii milites de feodo Ecclesiæ _Cantuar._ & hæredes
eorum habent. Ita tamen quod nihilominus consuetus redditus denariorum
reddatur integre de terris suis, sicut prius; & xenia, andragia, & alia
opera, quæ fiebant de terris eisdem, convertatur in _redditum
denariorum_ æquivalentem, & redditus ille reddatur, sicut alius redditus
denariorum.

Quare volumus & firmiter præcipimus, quod quicquid prædictus
Archiepiscopus, & successores sui post eum, de terris illis, in feoda
militum secundum præscriptam formam convertendis, fecerint, ratum in
perpetuum & stabile permaneat. Et prohibemus, ne quis contra factum
ipsius Archiepiscopi, vel Successorum suorum, in hac parte venire
præsumat.

T. E. _Eliens._ & S. _Bathon._ Episcopis, C. fil. Petri Com. _Essex._
Will _Marescallo_ Com. de _Penbroc._ Rob. de _Harecourt_, Garmo fil.
_Geraldi_, Petro de _Stolx_, Ric. de _Riveriis_, Roberto de _Tateshall_.
Datum per manum Simonis _Archidiaconi Wellen._ apud _Rupem Aurivall._
iv. die Maii, anno regni nostri tertio. Hæc est duplicata.

                                            [Marge: _Arch. Cant.
                                            Assisæ._]

_Quod idem Archiepiscopus habeat magnas Assisas de terris prædictis, A.
D. 1201. Reg. 3._

_Johannes_ Dei gratia Rex Angl. Dominus Hiberniæ, Dux Norm. Aquit. Com.
Andeg. Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus, Comitibus, Baronibus,
Justiciariis, Vicecomitibus, Præpositis, & omnibus Ballivis & fidelibus
suis, salutem[470].

     [Note 470: _Lib. MS. Cant. Arch. fol. 11. b. n. 15._]

Sciatis nos concessisse, & præsenti Carta confirmasse venerabili patri
nostro, Huberto Cantuar. Archiepiscopo, & successoribus suis in
perpetuum, quod habeat in Curia sua magnas Assisas de terris, quæ
tenentur in _Gavelkend_, de feodo Ecclesiæ Cant. in Canc. Ita scilicet,
quod idem Archiepiscopus rogabit nos, vel Capitalem Justiciar. nostrum,
& nos vel ille mittemus aliquem de Justiciar. nostris in Curiam ipsius
Archiepiscopi, in cujus visu & præsentia Assisæ illæ teneantur. Et
quicunque de hominibus de feodo Ecclesiæ Cantuar. inciderint in
misericordiam per Assisas illas, illorum misericordiæ erunt
Archiepiscopi Cant. aliorum hominum vero misericordiæ, qui per Assisas
illas in misericordiam inciderint in Curia Archiepiscopi, nostræ erunt.

Quare volumus & firmiter præcipimus, quod prædictus Archiepiscopus, &
successores sui, habeant & teneant Assisas illas in Curia sua, libere &
quiete, & sine omni impedimento & contradictione, sicut prædictum est,
cum misericordiis hominum de feodo Ecclesiæ Cant. in perpetuum, tempore
nostro, & tempore hæredum nostrorum. Et prohibemus districtius, ne quis
contra hanc concessionem nostram in aliquo venire præsumat.

T. E. _Elien._ S. _Bathon._ Episcopis, C. fil. Petri Com. _Essex_ Will.
_Marescallo_ Com. de _Penbroc._ Rob. de _Harecourt_, Gar. fil.
_Geraldi_, Petro de _Stlox._ Ric. de _Riveriis_, Rob. de _Tateshall_.
Datum per manum Simonis. Archid. Well. apud _Rupem Aurivall._ iv die
Maii, anno regni nostri tertio.

                                            [Marge: _Capitula super
                                            quibus facta se magna Charta
                                            R. Joh._]

_Capitula super quibus facta est Magna Charta Regis Johannis._

Ista sunt Capitula, quæ Barones petunt, & Dominus Rex concedit, _signata
sigillo Johannis Regis_[471].

      [Note 471: _Lib. MS. vet. Arch. Cant. fol. 14. b. n. 30._]

Post decessum antecessorum hæredes plenæ ætatis habebunt hæreditatem
suam per antiquum relevium exprimendum in Charta.

Hæredes, qui infra ætatem sunt, & fuerint in custodia, cum ad ætatem
pervenerint, habebunt hæreditatem suam sine relevio & fine.

Custos terræ hæredis capiat rationabiles exitus & consuetudines &
servitia sine destructione & vasto hominum & terrarum suarum. Et si
Custos terræ fecerit destructionem & vastum, amittat custodiam. Et
custos sustentabit domos, parcos, vivaria, stagna, molendina, & cætera
ad terram illam pertinentia, de exitibus terræ ejusdem. Et ut hæredes
ita maritentur ne disparagentur, & per consilium propinquorum de
consanguinitate sua.

Ne vidua det aliquid pro dote sua, vel maritagio, post decessum mariti
sui, sed maneat in domo sua per XL dies post mortem ipsius, & infra
terminum illum assignetur ei dos, & maritagium statim habeat, &
hæreditatem suam.

Rex vel Ballivus non saisiet terram aliquam pro debito, dum catalla
debitoris sufficiant, nec plegii debitoris distringantur, dum capitalis
debitor sufficit ad solutionem. Si vero capitalis debitor defecerit in
solutione, si plegii voluerint, habeant terras debitoris, donec debitum
illud persolvatur plene, nisi capitalis debitor monstrare poterit, se
esse inde quietum erga plegios.

Rex non concedit alicui Baroni, quod capiat auxilium de liberis
hominibus suis, nisi ad corpus suum redimendum, & ad faciendum
primogenitum filium suum militem, & ad primogenitam filiam suam semel
maritandam; & hoc faciet per rationabile auxilium.

Ne aliquis majus servitium faciat de feodo militis, quam inde debetur.

Ut communia placita non sequantur curiam Domini Regis, sed assignentur
in aliquo certo loco, & tot recognitiones capiantur in eisdem
comitatibus in hunc modum: Ut Rex mittat duos Justic. per quatuor vices
in anno, qui cum quatuor militibus ejusdem Comitatus electis per
Comitatum, capiant Assisas de nova dissaisina, morte antecessoris, &
ultima præsentatione, nec aliquis ob hoc sit summonitus, nisi Juratores
& duæ partes.

Ut liber homo amercietur pro parvo delicto secundum modum delicti, & pro
magno delicto secundum magnitudinem delicti; salvo contenemento suo.
Villanus etiam amercietur, salvo vainagio suo. Et Mercator eodem modo,
salva mercandisa per sacramentum proborum hominum de visneto.

Ut Clericus amercietur de laico feodo suo secundum modum aliorum
prædictorum, & non secundum beneficium Ecclesiasticum.

Ut mensura vini, bladi, & latitudines pannorum, & rerum aliarum,
emendetur, & ita de ponderibus.

Ne aliqua villa amercietur pro pontibus faciendis ad riparias, nisi ubi
de jure antiquitus esse solebat.

Ut Assisæ de nova dissaisina & de morte antecessoris abbrevientur, &
similiter de aliis Assisis.

Ut nullus Vicecomes intromittat se de placitis ad Coronam pertinentibus,
sine Coronatoribus: & ut comitatus & hundreda sint ad antiquas firmas,
absque ullo incremento, exceptis dominicis maneriis Regis.

Si aliquis tenens de Rege moriatur, licebit Vicecomiti, vel alii Ballivo
Regis, saisire & imbreviare catallum ipsius per visum legalium hominum:
Ita tamen quod nihil inde amoveatur, donec plenius sciatur, si debet
aliquod liquidum debitum Domino Regi: & tunc debitum Domini Regis
persolvatur; residuum vero relinquetur executoribus, ad faciendum
testamentum defuncti. Et si nihil Regi debetur, omnia catalla cedent
defuncto.

Si aliquis liber homo intestatus decesserit, bona sua per manum
proximorum parentum suorum & amicorum, & per visum Ecclesiæ,
distribuantur.

Ne viduæ distringantur ad se maritandum, dum voluerint sine marito
vivere: Ita tamen quod securitatem facient, quod non maritabunt se sine
assensu Regis, si de Rege teneant, vel Dominorum suorum de quibus
tenent.

Ne Constabularius vel alius Ballivus capiat blada, vel alia catalla,
nisi statim denarios inde reddat, nisi respectum habere possit de
voluntate venditoris.

Ne Constabularius possit distringere aliquem militem ad dandum denarios
pro custodia castri, si voluerit facere custodiam illam in propria
persona, vel per alium probum hominem, si ipse eam facere non possit per
rationabilem causam. Et si Rex eum duxerit in exercitum, sit quietus de
custodia secundum quantitatem temporis.

Ne Vicecomes vel Ballivus Regis, vel aliquis alius, capiat equos vel
carectas alicujus liberi hominis pro cariagio faciendo, nisi ex
voluntate ipsius.

Ne Rex vel Ballivus suus capiat alienum boscum ad castra vel ad alia
agenda, nisi per voluntatem ipsius cujus boscus ille fuerit.

Ne Rex teneat terram eorum, qui fuerint convicti de felonia, nisi per
unum annum & unum diem, sed tunc reddatur Domino feodi.

Ut omnes Ridelli de cætero penitus deponantur de Tamisia & Medeweye, &
per totam Angliam.

Ne breve, quod vocatur _Præcipe_, de cætero fiat alicui de aliquo
tenemento, unde liber homo amittat curiam suam.

Si quis fuerit _dissaisitus_ vel prolongatus per Regem sine judicio de
terris, libertatibus, & jure suo, statim ei restituatur. Et si contentio
super hoc orta fuerit, tunc inde disponatur per judicium XXV Baronum, &
ut illi, qui fuerint _dissaisiti_ per patrem vel fratrem Regis, rectum
habeant sine dilatione per judicia parium suorum in curia Regis. Et si
Rex debeat habere terminum aliorum signatorum, tunc Archiepiscopus &
Episcopi faciant inde judicium ad certam diem, appellatione remota.

Ne aliquid detur pro brevi inquisitionis de vita vel membris, sed libere
concedatur sine pretio, & non negetur.

Si aliquis tenet de Rege per feodam firmam, per _soccagium_, vel
_burgagium_, & de alio per servitium militis, Dominus Rex non habebit
custodiam militum de feodo alterius, occasione _burgagii_ vel
_soccagii_; nec debet habere custodiam _burgagii_, _soccagii_, vel feodæ
firmæ: Et quod liber homo non amittat militiam suam occasione parvarum
_sergantisarum_, sicuti de illis qui tenent aliquod tenementum, reddendo
inde cultellos, vel sagittas, vel hujusmodi.

Ne aliquis _Ballivus_ possit ponere aliquem ad legem simplici loquela
sua, sine testibus fidelibus.

Ne corpus liberi hominis capiatur, nec imprisonetur, nec dissaisietur,
nec utlagetur, nec exuletur, nec aliquo modo destruatur, nec Rex eat vel
mittat super eum vi, nisi per judicium parium suorum, vel per legem
terræ.

Ne jus vendatur, vel differatur, vel vetitum sit.

Quod mercatores habeant salvum ire & venire ad emendum vel vendendum,
sine omnibus malis toltis, per antiquas & rectas consuetudines.

Ne scutagium vel auxilium ponatur in regno, nisi per commune consilium
regni, nisi ad corpus Regis redimendum, & primogenitum filium suum
militem faciendum, & filiam suam primogenitam semel maritandam, & ad hoc
fiat rationabile auxilium. Simili modo fiat de talagiis & auxiliis de
civitate London, & de aliis civitatibus quæ inde habent libertates; & ut
civitas London plene habeat antiquas libertates, & liberas consuetudines
suas, tam per aquas quam per terras.

Ut liceat unicuique exire de regno & redire, salva fide Domini Regis,
nisi tempore werræ, per aliquod breve tempus, propter communem
utilitatem regni.

Si quis mutuo aliquid acceperit a _Judæis_ plus vel minus, & moriatur
antequam debitum illud solvatur, debitor non usurabit quamdiu hæres
fuerit infra ætatem, de quocunque teneat: Et si debitum illud inciderit
in manum Regis, Rex non capiet, nisi catallum quod continetur in charta.

Si quis moriatur, & debitum debeat _Judæis_, uxor ejus habeat dotem
suam, & si liberi remanserint, provideantur eis necessaria secundum
tenementum, & de residuo solvatur debitum, salvo servitio dominorum.
Simili modo fiat de aliis debitis, & ut custos terræ reddat hæredi, cum
ad plenam ætatem pervenerit, terram suam instauratam secundum quod
rationabiliter poterit sustinere de exitibus terræ ejusdem de carucis
vel wainagiis.

Et si quis tenuerit de aliqua eschaeta, sicut de Honore _Wallingford_,
_Nottingham_, _Banen_[472] & _Lancastr._ & de aliis eschaetis, quæ sunt
in manu Regis, & sunt Baroniæ, & obierit, hæres ejus non dabit aliud
relevium, vel faciet Regi aliud servitium quam faceret Baroni, & ut Rex
eodem modo eam teneat, quo Baro eam tenuit.

     [Note 472: _Al._ Bononiæ.]

Ut fines qui facti sunt pro dotibus, _maritagiis_, hæreditatibus, &
_amerciamentis_, injuste & contra legem terræ, omnino condonentur, vel
fiat inde per judicium XXV Baronum, vel per judicium majoris partis
eorundem, una cum Archiepiscopo, & aliis quos secum vocare voluerit; ita
quod si aliquis vel aliqui de XXV fuerint in simili querela, amoveantur,
& alii loco illorum per residuos de XXV substituantur.

Quod obsides & chartæ reddantur, quæ liberatæ fuerunt Regi in
securitatem.

Ut illi qui fuerint extra forestam non veniant coram Justiciar. de
foresta per communes summonitiones, nisi sint in placito, vel plegii
fuerint, & ut pravæ consuetudines de forestis, & de forestariis, &
warennis, & vic. & rivariis, emendentur per _XV_[473] Milites de
quolibet Comitatu, qui debent eligi per probos homines ejusdem
Comitatus.

     [Note 473: _Al. xii._]

Ut Rex amoveat penitus de _Wallia_ parentes & totam sequelam Gerardi de
_Atyes_, quod de cætero balliam non habeant, scil. Engelardum _Andr._
Petrum & Cyonem de _Cancell._ Cyonem de _Cygon_; Matheum de _Martino_, &
fratres ejus, & Galfrid nepotem ejus, & Philippum de _Marbo_.

Et ut Rex amoveat alienigenas milites, stipendiarios, balistarios, &
ruttarios, & servientes, qui venerunt cum equis & armis ad nocumentum
regni.

Ut Rex faciat Justic. Constabular. Vic. & Ballivos de talibus qui sciant
legem terræ, & eam bene velint observare.

Ut Barones, qui fundaverunt Abbatias, unde habeant chartas Regum, vel
antiquam tenuram, habeant custodiam earum, cum vacaverint.

Si Rex _Wallenses_ dissaisierit vel elongaverit de terris vel
libertatibus, vel de rebus aliis in Anglia vel in Wallia, eis statim
sine placito reddantur. Et si fuerint dissaisiti vel elongati de
tenementis suis Angliæ per patrem vel fratrem Regis sine judicio parium
suorum, Rex eis sine dilatione justitiam exhibebit eo modo, quo exhibet
Anglicis justitiam de tenementis suis Angl. secundum legem Angl. & de
tenementis Wall. secundum legem Wall. & de tenementis Marchiæ secundum
legem Marchiæ. Idem facient Wallenses Regi & suis.

Ut Rex reddat filium Lewelini, & præterea omnes obsides de Wallia, &
chartas quæ ei liberatæ fuerunt in securitatem pacis.

Ut Rex faciat Regi Scotiæ de obsidibus reddend. & de libertatibus suis,
& jure suo, secundum formam quam facit Baronibus Angl. nisi aliter esse
debeat per chartas quas Rex habet, per judicium Archiepiscopi & aliorum
quos secum vocare voluerit.

Et omnes forestæ, quæ sunt afforestatæ per Regem tempore suo,
desafforestentur, & ita fiat de ripariis quæ per ipsum Regem sunt in
defenso.

Omnes autem istas consuetudines & libertates, quas Rex concessit regno
tenendas, quantum ad se pertinet, erga suos omnes de regno, tam Clerici
quam Laici observabunt, quantum ad se pertinent, erga suos.

Hæc est forma securitatis ad observand. pacem & libertates inter Regem &
regnum. Barones eligentur, XXV Barones de regno quos voluerint, qui
debent pro totis viribus suis observare, tenere, & facere observari
pacem & libertates, quas Dominus Rex eis concessit, & charta sua
confirmavit. Ita videlicet quod si Rex, vel Justic. vel Ballivi Regis,
vel aliquis de ministris suis in aliquo erga aliquem deliquerit, vel
aliquem articulorum pacis aut securitatis transgressus fuerit, &
delictum ostensum fuerit IV Baronibus de prædictis XXV Baronibus, illi
quatuor Barones accedent ad Dominum Regem, & ad Justic. suum, si Rex
fuerit extra regnum, proponentes ei excessum, & petentes ut excessum
illum sine dilatione faciat emendari. Et si Rex vel Justic. ejus illud
non emendaverit, si Rex fuerit extra regnum, infra rationabile tempus
determinandum in charta prædicta, IV referent causam illam ad residuos
de illis XXV Baronibus; & illi XXV, cum communa totius terræ,
distringent & gravabunt Regem modis omnibus quibus poterint, donec
fuerit emendatum secundum arbitrium eorum; salva persona Domini Regis &
Reginæ & liberorum suorum. Et cum fuerit emendatum, intendant Dom. Regi
sicut prius. Et quicunque voluerit de terra, jurabit ad prædicta
exequenda, pariturum mandatis prædictorum XXV Baronum, & gravaturum
Regem pro posse suo cum ipsis. Et Rex publice & libere dabit licentiam
jurandi cuilibet qui jurare voluerit, & nulli unquam jurare prohibebit.
Omnes autem illos de terra, qui sponte sua & per se jurare noluerint XXV
Baronibus de distringendo & gravando Regem cunctis, Rex faciet
jurare[474] ejusdem de mandata suo, sicut prædictum est.

     [Note 474: _Pat. 3. Joh. m. 7. n. 29._]

Item si aliquis de prædictis XXV Baronibus decesserit vel a terra
recesserit, vel aliquo modo alio impeditus fuerit, quo minus ista
prædicta possit exequi: qui residui fuerint de XXV eligent alium loco
ipsius pro arbitrio sui, qui simili modo erit juratus quo & cæteri. In
omnibus autem quæ istis XXV Baronibus committuntur exequenda, si forte
ipsi XXV præsentes fuerint & inter se super re aliqua discordaverint,
vel aliqui ex eis vocati nolint vel nequeant interesse, ratum habebitur
& firmum quod major pars ex eis provideat vel præceperit, ac si omnes
XXV in hoc concessissent, & prædicti XXV jurabunt quod omnia antedicta
fideliter observabunt, & pro toto posse suo facient observari. Præterea
Rex faciet eos securos per Chartas Archiepiscopi & Episcoporum &
magistri Pandulfi, quod nihil impetrabit a Dom. Papa, per quod aliqua
istarum conventionum revocetur, vel minuatur. Et si aliquid tale
impetraverit, reputetur irritum & inane, & nunquam eo utatur. Sine dato.

                                            [Marge: _Leges Forestæ._]

_Leges Forestæ observandæ Chartis Regis non obstantibus. A. D. 1201 Reg.
3._

Rex Hugoni de _Neville_ Sal.[475] Mandamus vobis quod non omittatis
propter aliquam Chartam quam alicui fecerimus quin Forestas nostras
Angliæ custodiatis per easdem Leges quæ fuerint in Forestis nostris
tempore Henrici Regis Patris nostri, exceptis terris quas
disaforestaverimus, & illis quibus per Chartas nostras parcos
concessimus.

     [Note 475: _Pat. 3. Joh. 7. m. 7. n. 29._]

                                            [Marge: _Assisa panis
                                            secundum divers. pretium
                                            frumenti._]

_Assisa panis secundum diversum pretium frumenti[476]._

     [Note 476: _Mat. Par. pag. 200._]

Eodem anno Rex fecit generaliter acclamari, ut assisa panis
inviolabiliter sub poena Collistrigiali observaretur. Quæ probata fuit
per pistorem Gaufridi fil. Petri Justitiarii Angliæ, & pistorem R. de
_Turnam_; ita quod pistores poterint sic vendere, & in quolibet
quarterio lucrarentur 3 denarios exceptis.

      Brennio & 2 panibus ad Furnarium.
      Et 4 servientibus--4 obolos.
      Duobus Garcionibus--1 quadrant.
      Et in sale----obol.
      Et in gesta----obol.
      Et in candela----quadrant.
      Et in busca----3 denar.
      Et in buletello----obol.

Quando frumentum (intellige _quarterium_) venditur pro 6 solidis, tunc
ponderabit panis de quadrante, albus & bene coctus, 16 solidos de
viginti lova; & panis de toto blado, debet esse bonus & bene coctus, ita
quod nihil subtrahatur, & ponderabit--24 solid.

Quando frumentum venditur pro 5 solid. & 6 den. albus panis ponderabit
20 solid. & de toto blado--28 solid.

Quando frumentum venditur pro 5 sol. albus panis ponderabit 24 sol. &
panis de toto blado--32 solid.

Quando frumentum venditur pro 4 sol. & 6 den. albus panis ponderabit 32.
solid. de toto blado--42 solid.

Quando frumentum venditur pro 4 sol. albus panis ponderabit 36 solid. de
toto blado--46 solid.

Quando frumentum venditur pro 3 sol. & 6 den. albus panis ponderabit 42
sol. de toto blado--54 sol.

Quando frumentum venditur pro 3 sol. albus panis ponderabit 48 sol. de
toto blado--64 sol.

Quando frumentum venditur pro 2 sol. & 6 den. albus panis ponderabit 54
sol. de toto blado--72 sol.

Quando frumentum venditur pro 2 sol. albus panis ponderabit 60 sol. de
toto blado--4 libr.

Quando frumentum venditur pro 18. den. albus panis ponderabit 77 sol. de
toto blado 4 libr. & 8 solid.

Et hoc per totum Regnum est proclamatum.

                                            [Marge: _Rex capit a
                                            Baronibus 7ma partem bonorum
                                            quod cum deseruere in
                                            Normannia._]

Rex in Comites & Barones occasiones prætendens quod ipsum inter hostes
reliquerant in partibus transmarinis, (sc. Normannia) unde Castella &
terras suas pro eorum defectu amiserat; cepit ab eis septimam partem
omnium mobilium suorum[477]; nec ab Ecclesiis conventualibus, nec
parochialibus manus coercuit: Siquidem placiti sui inter Ecclesiasticos
habuit executorem _Hubertum_ Cantuariensem Archiepiscopum; inter Laicos,
_Gaufridum_ filium Petri Angliæ Justitiarium, nemini parcentes.

     [Note 477: _Mat. Par. pag. 201._]

                                            [Marge: _2 Marcæ & dimid. de
                                            auxilio._]

In Crastino Circumcisionis convenerunt ad _colloquium_ apud _Oxoniam_
Rex & magnates Angliæ; ubi concessa sunt Regi auxilia militaria, de
quolibet scuto, scil. duæ marcæ & dimidia. Nec etiam Episcopi & Abbates
sive Ecclesiasticæ personæ, sine promissione recesserunt[478].

     [Note 478: _Mat. Par. pag. 201._]

                                            [Marge: _Proclamatio de
                                            Moneta._]

Proclamatio fiat[479] quod nemo ferat vel habeat denarium retonsum
omnibus Vicecomitibus directa. Et si denarius retonsus inveniatur post
diem prædictam in manu Burgensis, denarium illud capiatur & perforetur,
& quodam forulo ponatur, & ad opus Regis salvo custodiatur. Et qui
illud habeat ponatur per salvos plegios, & omnia ejus Catalla
attachientur.

     [Note 479: _Patentes an. 6. Joh. m. 6. n. 16._]

Et si inveniatur in manu Judæi vel Judææ capiatur ut supra & corpus &
omnia catalla ejusdem Judæi capiantur, &c.

Et si inveniatur in manu armigeri vel rustici, vel paisanti, capiatur &
reddatur ei a quo captus fuit.

                                            [Marge: _Patentes Regis de
                                            moneta._]

_Patentes Anno 6. R Joh. inter 29. Oct. 29. & 2. Nov. 17. de moneta._

Rex Willelmo de _Wrotham_, &c. & Reginaldo de _Cornhill_, &c. Sciatis
quod per commune consilium regni nostri fecimus hanc Assisam subscriptam
de moneta custodiend. & retonsoribus & falsonariis monetæ nostræ
destruendis. Et ad prædictam Assisam & ad articulos prædictæ Assisæ
custodiend. vos superiores custodes loco nostro constituimus vobis
præcipientes quod eam juste & rigide per totam Angliam custodiatis &
custodiri faciatis nemini aliquid injustum inferentes vel de jure nostro
deferentes. Et prædictam Assisam in his nostris patentibus vobis
mittimus in Warant.

                                            [Marge: _Penny peice._]

Assisum est de moneta quod vetus moneta currat unde quælibet libra sit
lacta 2 solid 6 den. ad plus; & illa libra quæ plus lactavit & denarii
qui plus lactaverint perforentur & reddantur sicut alias provisum fuit.
Judæi vero Aurifabri, & mercatores forinseci emant moneta ista victum &
vestitum suum tantum sed non debent præstitum vel _merchandisas_ facere
nisi de grossa & forti moneta quæ sit de lege & pondere denarii
_Sterlingæ_. Et ad cognoscendum denarium de prædicto lacco exeat a
monetaria nostra unum _penipeis_ & liberetur cui illud voluerit habere,
habendum usque ad Pentecostem anno Regni nostri septimo de lacco octavæ
partis denarii. Item denarios qui de cætero fiet scilicet post natale
anno Regni nostri sexto inventa rentoss. in alicujus manu perforetur &
ille cujus manu captus fuerit capiatur ut latro. Vide reliqua in MS.

Rex, &c. W. de _Wrotham_, &c. & Reginald de _Cornhill_, &c.[480] Sciatis
quod per commune consilium Regni nostri fecimus hanc Assisam
subscriptam de moneta custodienda & retonsoribus & falsonariis monetæ
nostræ destruendis & ad prædictam Assisam & ad articulos prædictæ Assisæ
custodiendos, vos superiores custodes loco nostro constituimus, vobis
præcipientes quod eam juste & rigide per totam Angliam custodiatis &
custodiri faciatis, nemini aliquid injustum inferentes vel de jure
nostro deferentes & prædictam Assisam in hiis literis nostris patentibus
vobis mittimus in Warant. &c.

     [Note 480: _Pat. 6. Reg. Joh. nu. 3. in Dorso._]

Item si quis cambiaverit denarium vel argentum alii quam ad Cambium
nostrum salvo Cambio Domini Cant. apud Cant. tam cambiens quam recipiens
cum eo, quod cambiaverit, capiantur; & _assisum_ est quod nullus capiat
ad Cambium pro libra de _fine_ & puro argento plus vel minus quam sex
denarios de Lege, & quod nullus denarius exeat de Cambio nostro vel
Domini Cant. nisi sit legalis de _Vintenlor_.

Item inquiratur per liberos & legales homines in Civitatibus Burgis &
Villis qui Christianus vel Judæus denarium retondit & qui inventus
fuerit retonsor Christianus vel Judæus, capiantur omnia catalla sua &
corpus suum mittatur in prisonam nostram, & sit in voluntate nostra de
justitia facienda.

Item si denarii qui non sint rationabiles de lege & pondere inventi
fuerint in manu Judæi Aurifabri vel Mercatoris forinseci vel servientium
eorum pro merchandisa vel præstito faciendo assisum est quod illi in
quorum manu fuerint inventi, nisi tamen ad victum & vestitum suum
emendum, ut prædictum est, capiatur. Teste meipso apud _Winton._
vicesimo sexto die Januar.

Exam. per me _Geo. Robson_
24 die Dec. 1619.

_In Rotulo memorandorum de anno nono Reg. H. fil. Reg. J. in ultimo
rotulo in Dorso[481]._

     [Note 481: _Rub. Lib. scacc. fol. 149. b._]

Consideratum est per Justic. quod precium _osturci_ fori sit XX s.
precium _Osturci_ mutati sit XL. s. Et si Austarcus fori non reddatur
primo anno, in anno sequenti dicatur & reddatur mutatus.

A. D. 1204. Reg. 6. Sciatis[482] quod pro amore Dei & salute animæ
matris nostræ quæ mortua est, liberasse nos prisones incarceratos pro
quacunque causa detenti fuerint; sive pro murdro, sive pro felonia, sive
latrocinio.

     [Note 482: _Dors. Pat. an. 6. Joh. m. 1._]

Exceptis prisonibus captis de Werra nostra, & Judæis prisonibus. Ita
quod inveniant plegios de se bene gerendo vel de Regno adjurando.

Assisa de moneta & retonsoribus & falsionariis monetæ nostræ
destruendis[483].

     [Note 483: _Dors. ibid. in 3._]

                                            [Marge: _Assisa de moneta
                                            contra retonsores ejus._]

Rex Vicecomiti _Roteland_ salutem[484]. Sciatis quod provisum est
communi assensu Archiepiscoporum................... quod novem milites
per totam Angliam invenient decimum militem bene paratum equis & armis
ad defensionem Regni nostri, & 2 solidos per diem ad liberationem suam.
Ideo tibi præcipimus sicut teipsum & omnia tua diligis, quod 10 milites
de Balliva tua sint apud London ad Pascha bene parati equis & armis cum
liberationibus suis, sicut prædictum est, parati ire in servitium quo
præceperimus pro defensione Regni nostri. Provisum quod si alienigenæ in
terram nostram venerint, omnes unanimiter eis occurrant cum forcia &
armis sine dilatione auditis rumoribus de eorum adventu.

     [Note 484: _In Dorso Pat. an. 6. Joh. m. 5. n._]

Et si quis se ipsum retraxerit modo non gravatus infirmitate, ipse &
hæredes sui in perpetuum exhæredentur, & feodum suum remanebit Domino
fundi ad faciendum inde voluntatem suam: Et qui non habent terras, servi
fient in perpetuum, reddendo annuatim 4 denar.

Eodem modo omnibus Vicecomitibus per Angliam scribitur. A. D. 1205. Reg.
7.

                                            [Marge: _Mulctantur qui Reg.
                                            non secuti sunt ad bellum
                                            transmarinum._]

Cum Rex (posthabito multorum consilio) classem copiosam apud Portesmuthe
conscripserat; parvo tamen comitatu Idibus _Julii_ naves ascendit velut
trajecturus, sed mutato consilio, tertia die Juxta _Warrham_ applicuit.
Reversus autem cepit de Comitibus, Baronibus, & militibus[485], & viris
religiosis, pecuniam infinitam; occasiones prætendens quod noluerunt
ipsum sequi ad partes transmarinas, ut hæreditatem amissam recuperaret.

     [Note 485: _Mat. Par. pag. 204._]

                                            [Marge: _A.D. 1206. Reg. 8.
                                            Appellatus de morte Hom. non
                                            plegiandus._]

Rex Justic. &c. Prohibemus districte ne quis appellatus de morte hominis
replegietur vel in Custodia trahatur, vel _escagietur_, nisi per
speciale præceptum nostrum, sed in gaola firmiter teneatur, donec coram
Justitiariis judicium suum habuerit T. Dom. Joh. Norwic. &c[486].

     [Note 486: _Pat. an. 8. Joh. m. 4. n. 27._]

                                            [Marge: _13 Pars mobilium
                                            exigitur._]

                                            [Marge: _Archiep. Ebor.
                                            contradicit._]

Rex in Purificatione B. Mariæ[487] cepit per totam Angliam tertiam
decimam partem ex omnibus mobilibus & aliis rebus tam de Laicis quam de
viris Ecclesiasticis & Prælatis cunctis murmurantibus, sed contradicere
non audentibus. Solus Gaufridus Archiep. Ebor. contradicens, clanculo
recessit ab Anglia, sed rerum Ecclesiasticarum in suo Archiepiscopatu
invasores, anathematis sententia innodavit.

     [Note 487: _Mat. Par. pag. 212._]

                                            [Marge: _Captura avium
                                            prohibita._]

Anno Domini 1209. Rex Anglorum _Johannes_ ad natale Domini fuit apud
Bristollum, & ibi capturam avium per totam Angliam interdixit[488].

     [Note 488: _Mat. Par. ibid. pag. 218._]

                                            [Marge: _Innocentius Pap.
                                            Angliam interdicit._]

Cum Stephanum _Langtonum_ Cardinalem S. _Chrysogoni_ quem Innocentius
Papa in Archiepiscopatum Cantuariensem obtruserat, nec blanditiis
suscipere duceretur Rex _Johannes_, nec comminationibus, Papa ad
gravissima confugiens Ecclesiæ tela sub generali interdicto totam
Angliam inclusit, quod a _Londoniensi_, _Eliensi_, & _Wigornensi_
Episcopis, ad hoc a Papa injunctis, die Lunæ in Passione Domini (quæ
tunc contigit decimo Cal. Aprilis) denuntiatum est. Cessaverunt itaque
in Anglia omnia Ecclesiastica sacramenta, præter Confessionem & Viaticum
in ultima necessitate, & baptisma parvulorum. Corpora defunctorum de
civitatibus & villis efferebantur, & more canum in biviis & fossatis
sine orationibus & sacerdotum ministerio sepeliebantur.

                                            [Marge: _Rex frendens
                                            invadit Ecclesiam._]

Rex in furorem adactus Ecclesiam involat, Vicecomitibus ubique præcipit
ut Prælatos jubeant regno excedere. Episcopatus, Abbatias, Prioratus,
Laicorum deputat custodiis. Bona & redditus Ecclesiasticorum fisco
rapit, parce eis victum ministrans & vestitum. Presbyterorum &
Clericorum focariæ (sic uxores vocant) passim captæ, ad gravem
compelluntur redemptionem; affectusque injuriis Clerus, nusquam reperit
sublevamen. Consanguinei insuper Archiepiscopi & Episcoporum qui Angliam
interdixere, ipsis elapsis, capiuntur, spoliantur, & in carcerem
detruduntur.

Inter hæc veretur sibi Rex Ecclesiastici fulminis plagam novissimam
excommunicationem subditosque a fidelitate sua absolvendos. Magnates
igitur ad nova cogit ligantiæ sacramenta, nec in hoc securus, obsides
etiam exhibendum. Judæos vero ad gravissimas redemptiones.

                                            [Marge: _Papa Regem
                                            excommunicat._]

                                            [Marge: _Regnum Angliæ Phil.
                                            Regi Fr. dat._]

                                            [Marge: _Phil. Rex Fr.
                                            Angliam invadit._]

Regem sævientem concionando ciet & tuetur Theologus quidam _Alexander
Cementarius_: Sed brevi hoc contrito, Papa non solum Regem excommunicat,
sed ex consilio Cardinalium sententialiter pronuntiat deponendum. Regnum
Angliæ _Philippo_ Regi Francorum largitur, qui devoratum longa spe
capescere, nervis omnibus jam aggreditur, militiam omnibus indicit sub
_Culvertagii_ stigmate. Pecuniam, arma, naves, obsonia, & quæ ad ingens
adeo molimen expetuntur, undequaque comparat, coepti diem statuens in
Octavis Paschæ.

_Johannes_ contra summam rerum jam in alea positam videns; nihil quod ad
defensionem pertinet non exequitur. Primo naves in universis portubus
lustrari facit, numeratasque codicillis conscribi juxta Brevis formulam
quod subsequitur singulorum portuum Ballivis directi.

_Forma Brevis regii singulis Vicecom. & Portuum Baillivis directi. A. D.
1213. Reg. 15._

                                            [Marge: _Breve Regis Joh.
                                            pro navibus congregand._]

Johannes Rex Angliæ, &c.[489] Præcipimus tibi quatenus statim visis
literis istis, eas in propria persona una cum Baillivis portuum ad
singulos portus de Bailliva tua, & facias diligenter imbreviare omnes
naves ibi inventas, quæ possunt ferre sex equos vel plures: Et præcipias
ex parte nostra magistris omnium navium illarum, & illis quorum naves
sunt; quod sicut se & naves suas, & omnia sua diligunt, habeant illas ad
Portesmuthe in media quadragesimæ bene adornatis bonis & probis
_Marinellis_, & bene armatis qui ituri sunt in servitium nostrum ad
liberationes nostras: Et tunc habeas ibi memoriter & distincte
imbreviatum quot naves in singulis portubus inveneris, & quorum ipsæ
sunt, & quot equos quælibet ferre possit. Et tunc facias nobis scire,
quot & quæ naves in portubus suis _die dominica_ proxime post Cineres,
sicut præceperamus, & habeas ibi hoc Breve. Teste me ipso apud _Nov.
Templum_ 3 die Martis.

     [Note 489: _Mat. Par. pag. 224._]

                                            [Marge: _Literæ Regis pro
                                            armis capiendis contra R.
                                            Philip._]

Misit Rex alias literas ad omnes Vice-comites Regni sui sub hac forma.

_Johannes_ Rex Angliæ, &c.[490] Summone per bonos summonitores, Comites,
Barones, milites, & omnes _liberos_ homines & _servientes_, vel
quicunque sint, & de quocunque teneant, qui arma habere debent, vel
habere possint, & qui homagium nobis vel ligantiam fecerunt; quod sicut
nos & seipsos & omnia sua diligunt, sint apud _Doveram_ ad instans
clausum Pascha, bene parati cum equis & armis, & cum toto posse suo, ad
defendendum caput nostrum & capita sua, & terram Angliæ. Et quod nullus
remaneat qui arma portare possit, sub nomine _Culvertagii_ & perpetuæ
servitutis. Et unusquisque sequatur Dominum suum. Et qui terram non
habent, & arma habere possint, illuc veniant ad capiendum _solidatas_
nostras. Et tu omnem attractum victualium & omnia mercata Baillivarum
tuarum venire facias, ut sequantur exercitum nostrum; ita quod nullum
mercatum de Baillivis tuis alibi teneatur: Et tu ipse sis ibi cum
prædictis summonitionibus. Et scias quod scire volumus quomodo venerint
de Baillivis tuis, & qui venerint, & qui non: Et videas quod tu ita
effortiate venias cum equis & armis, & hæc ita exequaris, ne inde ad
corpus tuum nos capere debeamus. Et tu inde habeas rotulum tuum, ad nos
certificandum qui remanserint.

     [Note 490: _Mat. Par. pag. 224._]

                                            [Marge: _Legatus Papæ de
                                            reconciliatione tractat._]

                                            [Marge: _Rex Joh.
                                            conditiones pacis accipit._]

Concurritur undique ad excipiendum hostem; sed interea Roma missus
_Pandulfus_ Subdiaconus[491] familiaris & Legatus Innocentii Papæ, de
reconciliatione tractaturus: Regis in adverso littore, licentiam opperit
ingrediendi. Hac concessa, Francorum veniens formidabilem nuntiat
apparatum. Anglorum metuendam defectionem, periculum imminens esse,
certum, & inevitabile. Papam non confusioni Regis, sed conversioni
studere, resipiscentiæ, & saluti animæ. Rex qui jam quinquennem pene
sustinuerat excommunicationem; caute recognoscens omnia, & illud una
quod a _Petro_ Heremita quodam vaticinatum esset, eum regno fore exutum
ante festum instantis ascensionis; Legato acquievit, se & regnum suum in
Papæ deferens Patrocinium. Jurat insuper coram Legato, tactis sacris
Evangeliis, se judicio Ecclesiæ pariturum; jurantque 16 e potentioribus
Magnatibus, cum in animam Regis, tum ut resilientem pro posse suo ad
satisfactionem compellerent.

     [Note 491: _Mat. Par._]

                                            [Marge: _Rex Joh. Articulos
                                            Pacis stipulatur._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, omnibus præsentes literas inspecturis,
salutem[492]. Per has Patentes literas Sigillo nostro munitas, volumus
esse notum, quod nobis præsentibus, hi quatuor Barones nostri,
Willielmus sc. Comes _Saresberiæ_, frater noster, & Reginaldus Comes
_Bononiæ_, Willielmus Comes _Warennæ_ & Willielmus Comes de _Ferrariis_,
juraverunt in animam nostram quod nos subscriptam pacis formam bona fide
per omnia curabimus observare.

     [Note 492: _Mat. Par. pag. 225._]

Inprimis igitur solenniter absolute juravimus, stare mandatis Domini
Papæ, coram ejus Legato aut Nuncio, super omnibus pro quibus
excommunicati sumus ab ipso.

Et veram pacem & plenam securitatem præstabimus venerabilibus viris
_Stephano_ Cantuariensi Archiepiscopo, Willielmo _Londoniensi_, Eliæ
_Eliensi_, C. _Herefordensi_, J. _Batoniensi_, & _Huberto Lincolniensi_
Episcopis, Priori quoque & Monachis Cantuariensibus, & _Roberto_ filio
Walteri, & _Eustachio_ de _Vesci_, nec non & cæteris Clericis & Laicis
ad hoc negotium contingentibus; præastando simul coram eodem Legato vel
Delegato publice juramentum, quod ipsos cum suis nec lædemus, nec lædi
faciemus, nec permittemus in personis vel rebus; illisque dimittemus
omnem indignationem, & in gratiam nostram eosdem recipiemus & tenebimus
bona fide: Quodque præfatos Archiepiscopum & Episcopos non impediemus,
nec faciemus, nec permittemus aliquatenus impediri, quominus ipsi libere
suum exequantur officium, & plena jurisdictionis suæ authoritate, prout
debent, utantur.

Et super his tam Domino Papæ, quam ipsi Archiepiscopo, & singulis
Episcopis nostras patentes literas exibebimus, facientes ab Episcopis, &
Comitibus, & Baronibus nostris, quot & quæ præfati Archiepiscopus &
Episcopi postulant juramenta & eorum patentes literas exhiberi, quod
ipsi bona fide studebunt, ut hæc pax & securitas firmiter observetur.

Et si forte, quod Deus avertat, per nos ipsos vel alios contra
venerimus, ipsi pro Ecclesia contra violatores securitatis & pacis,
mandatis Apostolicis inhærebunt; nosque perpetuo vacantium Ecclesiarum
custodias amittamus.

Quod si forte nequiverimus ad hanc ultimam partem juramenti eos
inducere, viz. quod si per nosmetipsos vel per alios contra venerimus,
ipsi pro Ecclesia contra violatores pacis & securitatis, mandatis
Apostolicis inhærebunt.

Nos propter hoc Domino Papæ & Ecclesiæ Romanæ per nostras patentes
literas obligavimus omne jus Patronatus quod habemus in Ecclesiis
Anglicanis. Et sic omnes literas quæ sunt pro securitate prædictorum
sunt exhibendæ; præfatis Archiepiscopo & Episcopis ante suum ingressum
in Angliam transmittemus.

Si vero nobis placuerit, sæpe præfatus Archiepiscopus & Episcopi, salvo
honore Dei & Ecclesiæ, juratoriam cautionem & literatoriam quod ipsi nec
per se nec per alium contra personam nostram, vel Coronam nostram
aliquid attentabunt, nobis prædictam pacem & securitatem servantibus
illibatam.

De ablatis autem plenam restitutionem, & de damnis recompensationem
sufficientem omnibus impendemus, tam Clericis quam Laicis ad hoc
negotium pertingentibus, non solum rerum sed omnium libertatum &
restitutas conservabimus libertates. Archiepiscopo quidem & Episcopo
Lincolniensi a tempore suæ consecrationis, aliis autem a tempore
discordiæ inchoatæ. Nec obstabit aliqua pactio, vel promissio, vel
concessio, quominus & damna recompensentur, & restituantur ablata tam
vivorum, quam & defunctorum. Nec aliquid retinebitur prætextu servitii
quod nobis debuerat impendi, sed postea nobis debita pro servitio
recompensatio tribuetur.

Statimque omnes quos detinemus Clericos, faciemus absolutos dimitti, ac
restitui propriæ libertati, cum Laicis qui hujus occasione negotii
detinentur.

In continenti quoque post adventum illius, qui nos debet absolvere,
faciemus de parte restitutionis ablatorum 8 millium librarum Legalium
Esterlingorum pro solvendis debitis, & faciendis expensis nunciis
prædictorum Archiepiscopi & Episcoporum, & Monachorum Cantuariensium
assignari sine impedimento quolibet per potestatem nostram ad eos libere
deferendorum, ut expediti veniant in Angliam honorifice revocati: viz.
Stephano Cantuariensi Archiepiscopo 2500 libras, Willielmo Londoniensi
750 libras: E. Eliensi 750 libras: J. Bathoniensi 750 libras: H.
Lincolniensi 750 libras: Priori & Monachis Cantuariensibus 1000 libras.

Et protinus postquam pacem illam duxerimus acceptandam, assignari
faciemus absque mora Archiepiscopo & Episcopis, Clericis & Ecclesiis
universis in manibus nuntiorum & procuratorum ipsorum, mobilia omnia cum
administratione libera eorundem & in pace dimitti.

Interdictum vero _Utlagatio_ vulgariter nuncupatum, quod proponi fecimus
contra Ecclesiasticas personas, publice revocabimus, protestando per
nostras patentes literas Archiepiscopo tribuendas, id ad nos nullatenus
pertinere, quodque istud de cætero contra Ecclesiasticas personas,
nullatenus faciemus proponi: Revocantes præterea utlagationem laicorum
ad hoc negotium pertinentium, & remittentes omnia quæ post interdictum
recepimus ab hominibus Ecclesiasticis, præter regni consuetudinem &
Ecclesiæ libertatem.

Si vero super damnis vel ablatis aut eorum quantitate vel estimatione
quæstio fuerit de facto suborta, per Legatum vel Delegatum Domini Papæ,
receptis probationibus terminetur.

Et his omnibus rite peractis, relaxabitur sententia interdicti.

Super cæteris autem capitulis, si quæ fuerint dubitationes subortæ, de
quibus merito debeat dubitari, nisi per Legatum vel Delegatum Domini
Papæ, de partium fuerint voluntate sopitæ; ad ipsius referantur
arbitrium, ut super quæ ipse decreverit, observentur, Teste me ipso apud
_Doveram_, 13 die _Maii_ Anno Regni nostri 14.

                                            [Marge: _Rex Papæ resignat
                                            coronam Angliæ._]

His expeditis convenerunt iterum Rex & Pandulphus & Magnates Angliæ ad
domum militum Templi juxta _Doveram_ 15 die Maii in Vigilia Ascensionis;
ubi Rex juxta id quod Romæ sententiatum est, resignavit coronam suam,
cum Regnis Angliæ &c. Hiberniæ in manus Dom. Papæ, cujus vices tunc
gerebat Pandulphus memoratus, factaque resignatione eadem Papæ &
successoribus suis per Chartam dedit & confirmavit.

                                            [Marge: _Charta Regis Joh.
                                            resignationis Regni._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, &c. Omnibus Christi fidelibus hanc
chartam inspecturis, salutem in Domino.

Universitati vestræ per hanc chartam Sigillo nostro munitam, volumus
esse notum, quod cum Deum & matrem nostram sanctam Ecclesiam
offenderimus in multis, & proinde divina misericordia plurimum
indigeamus, nec quid digne offerre possimus pro satisfactione Deo &
Ecclesiæ debita facienda, nisi nosmetipsos humiliemus & regna nostra;
volentes nos ipsos humiliare pro illo qui se pro nobis humiliavit usque
ad mortem, gratia Sancti Spiritus inspirante, non vi interdicti nec
timore coacti, sed nostra bona spontaneaque voluntate, ac communi
consilio Baronum nostrorum conferimus & libere concedimus Deo, & sanctis
Apostolis ejus Petro & Paulo, & sanctæ Romanæ Ecclesiæ, matri nostræ, ac
Domino Papæ _Innocentio_, ejusque catholicis successoribus, totum regnum
Angliæ, & totum regnum Hiberniæ, cum omni jure & pertinentiis suis, pro
remissione omnium peccatorum nostrorum, & totius generis nostri, tam pro
vivis quam pro defunctis, & amodo illa ab eo & Ecclesia Romana, tanquam
secundarius recipientes & tenentes, in præsentia prudentis viri Domini
Papæ Subdiaconi & familiaris.

Exinde prædicto Domino Papæ Innocentio, ejusque catholicis
successoribus, & Ecclesiæ Romanæ secundum subscriptam formam fecimus &
juravimus homagium ligeum in præsentia _Pandulphi_: Si coram Domino Papa
esse poterimus, eidem faciemus; successores nostros & hæredes de uxore
nostra in perpetuum obligantes, ut simili modo summo Pontifici qui pro
tempore fuerit, & Ecclesiæ Romanæ sine contradictione, debeant
fidelitatem præstare, & homagium recognoscere.

Ad indicium autem hujus nostræ perpetuæ obligationis & concessionis
volumus & stabilimus, ut de propriis & specialibus redditibus nostris
prædictorum regnorum, pro omni servitio & consuetudine, quæ pro ipsis
facere debemus, salvis per omnia denariis beati Petri, Ecclesia Romana
mille marcas Esterlingorum percipiat annuatim, in festo sc. S. Michaelis
500 marcas, & in Pascha 500; septingentis sc. pro regno Angliæ, & 300
pro regno Hiberniæ: salvis nobis & hæredibus nostris, justitiis,
libertatibus, & regalibus nostris.

Quæ omnia, sicut supra scripta sunt, rata esse volentes atque firma,
obligamus nos & successores nostros contra non venire: & si nos vel
aliquis successorum nostrorum contra hæc attentare præsumpserit,
quicunque ille fuerit, nisi rite commonitus resipuerit, cadat a jure
regni: Et hæc charta obligationis & concessionis nostræ semper firma
permaneat.

Teste meipso apud _Domum Militum Templi_ juxta _Doveram_ coram H.
_Dublinensi_ Archiepiscopo, Joh. _Norwicensi_ Episcopo, Galfrido fil.
_Petri_, W. Comite _Saresberiæ_, W. Comite _Penbroc_, R. Comite
_Bononiæ_, W. Comite _Warennæ_, S. Comite _Winton_, W. Comite _Arundel_,
W. Comite de _Ferrariis_, W. _Briwere_, Petro fil. _Hereberti_, Warino
fil. _Geraldi_, 15 die Maii, anno regni nostri 14.

Chartam Rex _Pandulpho_ tradidit _Innocentio_ deferendam[493].

     [Note 493: _Mat. Par. pag. 227._]

                                            [Marge: _Regis Johan. Charta
                                            obedientiam promittens
                                            Papæ._]

Ego _Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, & Dom. Hiberniæ, ab hac hora & in
antea fidelis ero Deo & Beato Petro & Ecclesiæ Romanæ, & Domino meo Papæ
Domino _Innocentio_ ejusque successoribus catholice intrantibus. Non ero
in facto, in dicto, consensu vel consilio, ut vitam perdant vel membra,
vel mala captione capiantur. Eorum damnum si scivero, impediam, &
remanere faciam, si potero: alioquin eis quam citius potero intimabo,
vel tali personæ dicam, quam eis credam pro certo dicturam. Concilium
quod mihi crediderint per se, vel per nuntios suos, seu literas suas,
secretum tenebo, & ad eorum damnum nulli pandam me sciente. Patrimonium
beati Petri, & specialiter regnum Angliæ, & regnum Hiberniæ, adjutor ero
ad tenendum & defendendum contra omnes homines, pro posse meo. Sic me
adjuvet Deus, & hæc sancta Evangelia. Amen.

Contulit Rex præterea quidpiam pecuniæ in arram subjectionis, quam
Pandulphus, reclamante Archiepiscopo, sub pede suo conculcavit.

                                            [Marge: _Phil. Rex contra
                                            Flandriam movet exercitum._]

                                            [Marge: _Rex Joh. revocat
                                            exulantes._]

                                            [Marge: _Jurat._]

His compositis, _Pandulphus_ Galliam repetit, ut _Philippum_ Regem ab
incoepto sisteret. Ille autem sex centena millia librarum se in apparatu
asserit expendisse; nec jam remorandus erat; nisi Comes _Flandriæ_, qui
signa ejus secuturus erat, eum deseruisset. In _Flandriam_ igitur
furorem vertit: cui Johannes opem ferens, 300 Galliæ naves abduxit
captas, & 100 vel eo amplius in sicco stantes flammis tradidit. Sed cum
ulterius adversus Gallum exercitum promoveret in _Pictaviam_, ad amissa
recuperanda; Magnates Angliæ eum sequi renuerunt, nisi ab
excommunicationis sententia prius solveretur. Archiepiscopum igitur &
Episcopos exulantes omni festinatione accersit: & 24 Magnatum chartis
securitatem tribuit veniendi. Venientes obviam excipit _Wintoniæ_,
provolutusque ad eorum pedes veniam flagitat commissorum. Mirantur Regis
humilitatem, & utrinque fletur: sed erectum ad Ecclesiam ducunt, &
absolvunt protinus. In absolutione autem jurat Rex ad sacra Evangelia:

Quod sanctam Ecclesiam ejusque ordinatos diligeret, defenderet, & in
manu teneret, contra omnes adversarios suos pro posse suo.

Quodque bonas leges antecessorum suorum & præcipue leges Edwardi Regis,
renovaret, & iniquas destrueret.

Et omnes homines suos secundum justa curiæ suæ judicia judicaret:
quodque singulis redderet jura sua.

Quod omnibus ad Interdicti negotium pertinentibus, infra proximum Pascha
plenariam restitutionem faceret ablatorum; sin autem, in pristinam
excommunicationis sententiam revocaretur.

Juravit præterea Innocentio Papæ, ejusque catholicis successoribus,
fidelitatem & obedientiam, prout superius continetur.

                                            [Marge: _Concil. apud S.
                                            Albanum._]

_Concilium apud S. Albanum pridie Non. Augusti[494]._

     [Note 494: _Mat. Par. pag. 229._]

                                            [Marge: _Inquiritur de
                                            damnis Episcop._]

In crastino S. _Margaretæ_ misit Rex brevia ad omnes Vice-comites regni,
præcipiens ut de singulis dominicorum suorum villis, IV legales homines
cum Præposito, apud S. Albanum pridie nonas Augusti facerent convenire:
ut per illos & alios ministros suos de damnis singulorum Episcoporum, &
ablatis, certitudinem inquireret, & quid singulis deberetur.

                                            [Marge: _Qui aderant huic
                                            Concilio._]

Conveniunt ad indictum diem & locum _Gaufridus_ fil. Petri Justitiarius
Angliæ, & Episcopus _Wintoniensis_ (quos paulo ante Rex statuerat
_Custodes regni_) _Archiep. Cantuariæ_, cæterique Episcopi & Magnates
Angliæ.

                                            [Marge: _Pax Regis & Leges
                                            Hen. I. conceduntur._]

Pax illic Regis denuntiatur omnibus, & ex parte ejus firmiter præceptum
est: Quatenus Leges Henrici I avi sui, ab omnibus in regno
custodirentur, & omnes leges iniquæ penitus enervarentur.

                                            [Marge: _Extorsiones
                                            prohibentur._]

                                            [Marge: _Et Scotalla._]

Denunciatum est præterea Vicecomitibus, Forestariis, aliis Ministris
Regis, sicut vitam & membra sua diligunt, ne a quoquam aliquid violenter
extorqueant, vel alicui injuriam irrogare præsumant, aut scotalla
alicubi in regno faciant, sicut facere consueverunt.

                                            [Marge: _Leges Hen. I.
                                            confirmantur._]

8. Calendas Septembris[495] convenerunt ad S. _Paulum_ Londoniarum,
_Stephanus_ Cantuariensis Archiepiscopus, & Episcopi, Abbates, Priores,
Decani, & Barones regni: statutoque in re Ecclesiæ paxilli quidpiam,
Proceres aliquot (ut fama refert) seorsum evocat in colloquium. Audistis
(inquit) quomodo ipse apud _Winton_ Regem absolvi, & ipsum jurare
compulerim, quod leges iniquas destrueret, & leges bonas, viz. leges
Regis Edwardi Confessoris renovaret, & in regno faceret observari.
Inventa est quoque nunc charta quædam _Henrici_ I Regis Angliæ, per quam
si volueritis, libertates diu amissas, poteritis ad statum pristinum
revocare. Et proferens chartam, in medium recitari fecit ad tenorem quem
posuimus in anno 2. Henrici I.

     [Note 495: _Ibid. pag. 230._]

Perlecta _charta_, jurant Proceres decertaturos, se pro hisce
libertatibus, si necesse fuerit, usque ad mortem; auxiliumque pollicetur
Archiepiscopus fidelissimum[496].

     [Note 496: _Ibid. pag. 231._]

                                            [Marge: _Dissensiones inter
                                            Regnum & Sacerdotium
                                            reformantur._]

Circa festum S. _Michaelis_[497] Angliam venit _Nicolaus Tusculanensis_
Episcopus & Sedis Apostolicæ Legatus, ut dissensiones inter regnum &
sacerdotium authoritate Apostolica reformaret. Indicta die, Londini
comparuit coram Rege & Legato Archiepiscopus Cantuar. cum Episcopis &
Magnatibus regni. Tractatum est triduo, de damnis Episcoporum, de
ablatis restituendis, de interdicti relaxatione. Rex in plenariam
satisfactionem, ultra omne quod anterius persolutum esset, centum millia
librarum argenti continuo numerandarum obtulit: & si post inquisitionem
investigari possit, custodes Ecclesiarum aliosve suos ministros amplius
abstulisse: illud totum, interposita tam fidejussoria quam juratoria
cautione, juxta arbitrium Episcoporum & Legati, ante Pascham sequentem
soluturum. Legato placuit, non Episcopis, qui inquisitionem prius
expetunt faciendam.

     [Note 497: _Ibid. pag. 236._]

                                            [Marge: _Inderdictum
                                            relaxatur._]

Die crastina conveniunt omnes iterum in Ecclesia S. _Pauli_ cathedrali:
ubi post multa de interdicti relaxatione, ante majus altare, coram Clero
& populo, exacta est a Rege & innovata famosa illa subjectio, qua
diadema suum cum dominiis Angliæ & Hiberniæ Papæ subjugaverat.
Subjectionis etiam charta, quæ prius cera obsignata erat, & Pandulpho
tradita, ut supra constat, auro nunc bullata est, & Legato ad opus Papæ
& Romanæ Ecclesiæ resignata.

Damnorum & ablatorum decisio ex Episcoporum avaritia multas accepit
dilationes, cum ad tempora tum ad loca.

Die Apostolorum Petri & Pauli[498] Legatus in cathedrali Ecclesia
solenniter relaxavit interdicti sententiam, postquam duraverat annis 6,
mensibus 3, & diebus 14, ad irrestaurabile damnum Ecclesiæ.

     [Note 498: _Ibid. 240._]

                                            [Marge: _Archiep. Patronatum
                                            obtinet Episcopatus Roff._]

_Quod Archiepiscopus Cant. habeat Patronatum Episcopatus Roffens.[499]
A. D. 1214. Reg. 16._

     [Note 499: _Lib. MS. Cant. Archiep. fol. 14. n. 26._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, Dominus Hiberniæ, Dux Normanniæ,
Aquitaniæ, & Comes Andegaviæ, Priori & Monachis Roffens. & Militibus ac
libere tenentibus de Episcopatu Roffens. salutem.

Sciatis, quod reddidimus venerabili Patri Domino _Stephano_, Cant.
Archiepiscopo, patronatum Episcopatus Roffens. cum omnibus pertinentiis
suis, tanquam jus suum. Et ideo vobis mandamus, quod ei tanquam Domino &
Patrono ejusdem Episcopatus sitis intendentes in omnibus. In hujus autem
rei testimonium has literas nostras patentes vobis mittimus. Teste
meipso apud Novum Templum _London._ XXII. die _Novembr._ anno regni
nostri XVI.

_Item de eodem infra (Chartas) Joh. (numero) 34. post tertium folium,
&c. in schedula, viz.[500]._

     [Note 500: _Ibid. post tertium folium._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angl. &c. Archiepiscopis, &c. Sciatis nos pro
salute animæ nostræ & antecessorum & successorum nostrorum Regum Angl. &
communi consilio Episcoporum, Comitum, Baronum & aliorum fidelium
nostrorum reddidisse & concessisse Deo & Ecclesiæ Christi Cant. &
venerabili patri nostro S. Cant. _Archiepiscopo_, totius Angliæ Primati,
& sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinali, Patronatum Ecclesiæ Episcopal.
_Roffens._ cum omnibus pertinentiis, dignitatibus, libertatibus, &
liberis consuetudinibus suis. Ita quod, vacante illa sede Episcopali,
custodiam & ordinationem illius Ecclesiæ idem Archiepiscopus &
successores sui habebunt, libere & pacifice, in perpetuum, ut patroni.
Ita quod in ordinatione ipsius Ecclesiæ de Episcopo & Episcopi
electione, nec ante, nec post electionem Episcopi, Regis inquiretur
assensus; sed totum ad Archiepiscopum, quicunque fuerit, pertinebit.
Episcopus autem, vel Electus, loci illius, temporalia, quæ prius
vocabantur Regalia, de manu prædicti Archiepiscopi & successorum suorum
plenarie recipiet, & fidelitatem ei faciet de feod. pertinent. ad
Ecclesiam illam Episcopalem, tanquam patrono ejusdem Episcopatus.
Servitia autem, quæ nobis inde & hæredibus nostris debentur, Episcopus
qui pro tempore ibi fuerit, faciet prædicto Archiepiscopo &
successoribus suis in perpetuum, tanquam dominis & patronis. Et ipse
Archiepiscopus & successores sui eadem servitia per manus suas nobis &
successoribus nostris faciet. Faciet quoque Episcopus Roffensis nobis &
hæredibus nostris fidelitatem tanquam Principi, sed non propter feodum.

Quare volumus & firmiter præcipimus, ut prædictus Archiepiscopus &
successores sui, prædictum Patronatum Episcopatus Roffens. cum custodia
& ordinatione ejusdem, cum vacaverit, habeant & teneant, libere, quiete,
pacifice, integre & plenarie, cum omnibus pertinentiis, dignitatibus,
libertatibus, & liberis consuetudinibus suis in perpetuum, sicut
prædictum est. Prohibemus autem ex parte Dei Patris omnipotentis, &
beatæ Mariæ, & omnium sanctorum, & nostra, ne quis contra hanc piam &
liberalem redditionem & concessionem nostram venire præsumat. Quod si
quis fecerit, maledictionem Dei & beatæ Mariæ & omnium sanctorum, ac
nostram incurrat.

Testibus Dominis W. _London._ P. _Winton._ R. _Elien._ E. _Hereforden._
P. _Bathon._ & _Glaston._ H. _Linc._ Episcopis R. Com. _Cestr._ W.
_Marescallo_ Com. _Penbroc._ W. Com. _Arundel._ W. Com. _Waren._ W. Com.
de _Ferrar._ S. Com. _Winton._ W. _Briwer._ Rob. fil. _Walteri_,
Galfrido de _Mandevill_, Ric. de _Monfichet_, Thoma de _Erdinten_. Datum
per manum Magistri Ric. de Marisco Cancellarii nostri, apud Novum
Templum London. XXII. die Novemb. anno regni nostri XVI. _Hæc non
habetur sigillata, sed transcripta est de registro veteri inter Chartas
Johannis Regis. Istud originale remanet penes Episcopum Roffensem._

                                            [Marge: _Clerici incarcerati
                                            traduntur Arch. Cant._]

_Quod Clerici apud Laicos incarcerati tradantur Archiepiscopo Cant._

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, Dominus Hiberniæ, Dux Normanniæ,
Aquitaniæ, Comes Andeg. Justiciariis, Vicecomitibus, Constabulariis, &
omnibus Ministris & Ballivis suis, salutem[501].

     [Note 501: _Lib. MS. Cant. Arch. fol. 14. b. n. 29._]

Sciatis nos concessisse venerabili Patri nostro H. _Cantuariæ_
Archiepiscopo, custodiam omnium Clericorum captivatorum, pro quocunque
forisfacto fuerint capti vel detenti. Unde vobis firmiter præcipimus,
quod eidem Archiepiscopo reddatis omnes Clericos, quos in custodia
vestra habetis, si quos in custodia habetis, vel quos vos pro aliquo
forisfacto, quodcunque sit, contigerit habere. Et prohibemus, ne quis
aliquem Clericum pro quocunque forisfacto detinere præsumat, postquam
præfatus Archiepiscopus ipsum requisivit.

Teste Will. _Marescallo_ Com. de _Penbroc._ apud Argenton. VII. die
Junii.

                                            [Marge: _Charta pro Clero de
                                            liberis Electionibus._]

_Charta Regis Johannis Clero Angliæ, de liberis Electionibus
faciendis[502]._

     [Note 502: _Mat. Par. pag. 253. Continuat. pag. 892._]

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, Dom. Hiberniæ, Dux Normanniæ &
Aquitaniæ, Comes Andegavensis, Archiepiscopis, Episcopis, Comitibus,
Baronibus, Militibus, Ballivis, & omnibus has litteras visuris, salutem.

Quoniam inter nos & venerabiles patres nostros, Stephanum Cantuariensem
(Archiep.) totius Angliæ Primatem, & sanctæ Ecclesiæ Romanæ Cardinalem,
Willielmum Londoniensem, E. Eliensem, E. Herefordensem, Johannem
Bathoniensem & Glastonensem, & Hubertum Lincolniensem, Episcopos, super
damnis & ablatis eorum tempore interdicti, per Dei gratiam, de mera &
libera voluntate utriusque partis plene convenit: volumus non solum eis
quantum secundum Deum possumus satisfacere, verum etiam toti Ecclesiæ
Anglicanæ salubriter & utiliter in perpetuum providere.

Inde est, quod qualiscunque consuetudo temporibus nostris &
prædecessorum nostrorum hactenus in Ecclesia _Anglicana_ fuerit
observata, & quicquid juris nobis hactenus vendicaverimus: de cætero in
universis & singulis Ecclesiis, & Monasteriis cathedralibus &
conventualibus totius regni Angliæ, liberæ sint in perpetuum electiones
quorumcunque Prælatorum, majorum & minorum: salva nobis & hæredibus
nostris custodia Ecclesiarum & Monasteriorum vacantium, quæ ad nos
pertinent.

Promittimus etiam, quod nec impediemus, nec impediri permittemus per
nostros, nec procurabimus quin in universis & singulis Monasteriis &
Ecclesiis, postquam vacaverint Prælaturæ, quemcunque voluerint, libere
sibi præficient electores Pastorem, petita tamen a nobis & hæredibus
nostris licentia eligendi, quam non denegabimus nec differemus. Et si
forte accidat, quod denegaremus, vel differremus, nihilominus procedant
electores ad electionem canonicam faciendam.

Et similiter post celebratam electionem noster requiratur assensus, quem
non denegabimus, nisi adversus eandem rationale proposuerimus, &
legitime probaverimus, propter quod non debemus consentire.

Quare volumus & firmiter jubemus, ne quis vacantibus Ecclesiis vel
Monasteriis, contra hanc nostram concessionem, aut constitutionem, in
aliquo veniat aut venire præsumat. Si quis vero contra hoc aliquo
tempore veniat, maledictionem Dei omnipotentis & nostram incurrat. His
testibus, P. _Wintoniensi_ Episcopo, W. _Mareschallo_ Comite _Penbrock_,
Willielmo Comite _Warenniæ_, R. Comite _Cestriæ_, S. Comite
_Wintoniensi_, G. de _Mandevilla_ Comite _Glouverniæ_ & _Essexiæ_, W.
Comite de _Ferrariis_, G. _Briewere_, W. fil. _Geraldi_, W. de
_Cantelupo_, G. de _Novilla_, Rob. de Ver. W. de _Guntingefeld_. Datum
per manum magistri _Roberti de Marisco_ Cancellarii nostri XV. die
Januarii apud _Novum Templum Londini_, anno regni nostri XVI.

Hanc concessionem (Charta integra in Bulla sua recitata) confirmavit
_Innocentius_ Papa verbis plurimis _Laterani_ datis III. Calend.
Aprilis, Pontificatus sui XVIII. _Vide Bullam apud Mat. Par. in A. D.
1215. p. 253._

                                            [Marge: _Quomodo R. Johann.
                                            adducitur ad concedend.
                                            Magnam Chartam._]

_Quomodo Rex Johannes adducitur ad concedendum Chartam Libertatum
Angliæ, quam Magnam Chartam vocamus._

Circa 14. Cal. _Novembris_, A. D. 1213.[503] Comites & Barones Angliæ
apud S. Eadmundum velut orationis causa convenientes, de restaurandis
tractant libertatibus, quæ in Charta Regis Henrici I. ab Archiepiscopo
(ut prædiximus) prolata, continebantur. Continebat autem Charta (inquit
Parisius) quasdam libertates & leges Regis Edwardi sancti, Ecclesiæ
Anglicanæ pariter & Magnatibus regni concessas, exceptis quibusdam
libertatibus, quas idem Rex de suo adjecit. Juraverunt igitur, a
majoribus incipientes, super majus altare illius Ecclesiæ, quod si Rex
has eis confirmare detrectaret, se ab illius fidelitate subtracturos,
bellumque illaturos donec faceret.

     [Note 503: _Mat. Par. pag. 243._]

Comparatis interea quæ ad arma spectant, Regem sub diebus Natalitiis
sequentibus in Novo Templo adeunt, Chartæ & Legum petunt confirmationem,
asseruntque eum juramento has spospondisse, cum Wintoniæ absolutus
esset. Rex eorum metuens potentiam, rem causatur arduam esse &
difficilem, utque igitur pro sua & Coronæ dignitate responderet,
inducias postulat in clausum Paschæ: sed invitus interim fide jussores
præstat, juste omnia peracturum.

Suæ autem salutis providus, omnes per Angliam vocat ad fidelitatem
iterandam & homagia; majorisque causa securitatis, non devotionis, in
festo Purificationis, crucem Domini in se suscepit.

Pascha veniente, Proceres insigni stipati exercitu, responsum Regis
_Oxonii_ petunt; ille tenorem Chartæ atque Legum: Lectis, prorupit in
furorem, juratque nunquam se has concessurum. Magnates protinus Robertum
filium Walteri, principem statuunt militiæ suæ, appellantes eum
Mareschallum exercitus Dei & Ecclesiæ sanctæ; convolantesque una ad arma
omnes, castella Regis impetunt, & Londinum ipsam ultro sese offerentem,
sine vi, sine strepitu ingrediuntur. Barones qui Regi hactenus
adhærebant denuo exigunt, ut ad ipsos venientes, pro regni libertate &
avitis starent legibus, suorum omnium minantur alias direptionem.

Destitutus Rex, vix septem equites in sua numerat clientela: resipiscens
igitur gratanter concessurum leges nunciat, conventusque diem pangit
atque locum. Convenitur inter _Stanes_ & _Windleshores_, prato appellato
_Runingemad_; deletisque utrinque arbitris, Rex pro eorum sententia has
concessit libertates.

                                            [Marge: _Magna Charta Regis
                                            Joh. de libertat. Angl._]

_Magna Charta Regis Johannis de Libertatibus Angliæ. A. D.
1215. Reg. 17._

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, &c.[504] Sciatis nos intuitu Dei, &
pro salute animæ nostræ & omnium antecessorum & hæredum meorum, & ad
honorem Dei, & exaltationem S. Ecclesiæ, & emendationem regni nostri,
per consilium venerabilium patrum nostrorum, Stephani Cantuariensis
Archiepiscopi, totius Angliæ Primatis, & S. Romanæ Ecclesiæ Cardinalis,
Henrici _Dubliniensis_ Archiepiscopi, Willielmi _Londinensis_ Episcopi,
Petri _Wintoniensis_, Jocelini _Bathoniensis_ & _Glaston._ Hugonis
_Lincolnens._ Walteri _Wigornens._ Willielmi _Coventrens._ Benedicti
_Roffens._ Episcoporum; & Magistri _Pandulphi_ Domini Papæ Subdiaconi, &
familiaris fratris _Emerin._ Magistri Militiæ Templi in Anglia, &
nobilium virorum Willielmi _Marescalli_ Comitis _Penbroc_, Willielmi
Comitis _Sarisberien._ Willielmi Comitis _Warrenniæ_, Willielmi Comitis
_Arundel_, Alani de _Leveia_[505] Constabular. Scotiæ, Warini filii
_Garaldi_, Petri filii _Hereberti de Burgo_, Senescalli _Pictaviæ_, Hugo
de _Nevilla_, Math. fil. _Hereberti_, Thomæ _Basset_, Alani _Basset_,
Philippi de _Albaniace_, Roberti de _Roppeleia_, Johannis _Marescalli_,
& Johannis filii _Hugonis_, & aliorum fidelium nostrorum.

     [Note 504: _Rub. lib. Scaccarii, fol. 234. Mat. Par. pag.
     246._]

     [Note 505: _Al. Calweia._]

In primis concessisse Deo, & hac præsenti Charta nostra confirmasse, pro
nobis & hæredibus nostris in perpetuum; quod Anglicana Ecclesia libera
sit, & habeat jura sua integra, & libertates suas illæsas, & ita volumus
observari: quod apparet ex eo, quod libertatem Electionum, quæ maxima &
magis necessaria reputatur Ecclesiæ Anglicanæ, mera & spontanea
voluntate, ante discordiam inter nos & Barones nostros _manifeste_
motam, concessimus, & charta nostra confirmavimus, & eam obtinuimus a
Domino Papa Innocentio III. confirmari, quam & nos observabimus, & ab
hæredibus nostris in perpetuum bona fide volumus observari.

Concessimus etiam & omnibus liberis hominibus regni _Angliæ_, pro nobis
& hæredibus nostris in perpetuum, omnes libertates subscriptas,
habendas & tenendas eis & hæredibus suis, de nobis & hæredibus nostris.

Si quis Comitum vel Baronum nostrorum sive aliorum tenentium de nobis in
capite per servitium militare, mortuus fuerit: & cum decesserit, hæres
suus plenæ ætatis fuerit, & relevium debeat, habeat hæreditatem suam per
antiquum relevium, sc. hæres vel hæredes Comitis de Baronia Comitis
integra, centum marcas: hæres vel hæredes Militis de feodo Militis
integro, per centum solidos ad plus; & qui minus debuerit minus det,
secundum antiquam consuetudinem feudorum.

Si autem hæres alicujus talium fuerit infra ætatem, & fuerit in
custodia, _& Dominus ejus non habeat custodiam ejus nec terræ suæ
antequam homagium ejus ceperit: & postquam talis hæres fuerit in
custodia_, & cum ad ætatem pervenerit, sc. _viginti & unius anni_,
habeat hæreditatem suam sine relevio, & sine fine: _ita tamen quod si
ipse, dum infra ætatem fuerit, fiat Miles, nihilominus terra remaneat in
custodia Dominorurn suorum usque ad terminum prædictum_.

Custos terræ hujusmodi hæredis, qui infra ætatem fuerit, non capiat de
terra hæredis, nisi rationabiles exitus, & rationabiles consuetudines, &
rationabilia servitia, & hæc sine destructione & vasto, hominum vel
rerum. Et si nos commiserimus custodiam alicui talis terræ, Vicecomiti
vel alicui alii, qui de exitibus _terræ_ illius nobis respondere debent,
& ille destructionem de custodia fecerit, vel vastum, nos ab illo
capiemus emendam, vel terra committatur duobus legalibus & discretis
hominibus de feudo illo, qui de exitibus _similiter_ nobis respondeant,
sicut prædictum est.

Custos autem, quamdiu custodiam terræ habuerit, sustentet domos, parcos,
vivaria, stagna, molendina, & cætera de illa terra pertinentia, de
exitibus terræ ejusdem. Et reddat hæredi, cum ad plenam ætatem
pervenerit, terram suam totam instauratam de carucis, _& omnibus aliis
rebus, ad minus secundum quod illa recepit_. _Hæc omnia observentur de
custodiis Archiepiscopatuum, Abbatiarum, Prioratuum, Ecclesiarum, &
Dignitatum vacantium, quæ ad nos pertinent, excepto quod custodiæ
hujusmodi vendi non debent._

Hæredes maritentur absque disparagatione: ita tamen quod antequam
contrahatur matrimonium, ostendatur propinquis de consanguinitate ipsius
hæredis.

Vidua, post mortem mariti sui, statim & sine difficultate _aliqua_
habeat maritagium _suum_ & hæreditatem suam; nec aliquid det pro dote
sua, vel pro maritagio suo, vel hæreditate sua, quam hæreditatem maritus
suus & ipsa tenuerunt, die obitus ipsius mariti: & maneat in _capitali
messuagio_ mariti sui per 40 dies post mortem ipsius _mariti_, infra
quos assignetur ei dos sua, _nisi prius fuerit assignata, vel nisi domus
illa fuerit castrum: & si de castro recesserit, statim provideatur ei
domus competens in qua possit honeste morari, quousque ei dos sua
assignetur secundum quod prædictum est, & habeat rationabile estoverium
interim de communi_. _Assignetur autem ei pro dote sua, tertia pars
totius terræ mariti sui, quæ sua fuit in vita, nisi de minori dotata
fuit ad ostium Ecclesiæ._ Nulla vidua distringatur ad se maritandum, dum
voluerit vivere sine marito; ita tamen quod securitatem faciet, quod se
non maritabit sine assensu nostro, si de nobis tenuerit, vel sine
assensu Domini sui de quo tenuerit, si de alio tenuerit.

Nos vero & Ballivi nostri non _seisiemus_ terram aliquam nec redditum
pro debito aliquo, quamdiu catalla debitoris _præsentia_ sufficiunt ad
debitum reddendum, _& ipse debitor paratus sit inde satisfacere_. Nec
plegii ipsius debitoris distringantur, quamdiu ipse capitalis debitor
sufficiat ad solutionem debiti. Et si capitalis debitor defecerit in
solutione debiti, non habens unde _reddat, aut reddere nolit cum
possit_, plegii respondeant debito; & si voluerint, habeant terras &
redditus debitoris, quousque sit eis satisfactum de debito, quod ante
pro eo solvitur, nisi capitalis debitor monstraverit se esse quietum
inde versus eosdem plegios.

Si quis mutuo acceperit aliquid a Judæis, plus vel minus, & moriatur
antequam debitum illud persolverit, debitum illud non usuret quamdiu
hæres fuerit infra ætatem, de quocunque tenet: & si debitum illud
inciderit in manus nostras, nos non capiemus nisi catallum contentum in
Charta. Et si quis moriatur, & debitum debet Judæis, uxor ejus habeat
dotem suam & nil reddat de debito illo. Et si liberi ipsius defuncti,
qui fuerunt infra ætatem, remanserint, provideantur eis necessaria
secundum tenementum quod fuerit defuncti; & de residuo solvatur debitum,
salvo tamen servitio Dominorum. Simili modo fiat de debitis, quæ
debentur aliis quam Judæis.

Nullum scutagium vel auxilium ponatur in regno nostro, nisi per commune
consilium regni nostri, nisi ad corpus nostrum redimendum, & ad
primogenitum filium nostrum Militem faciendum, & ad filiam nostram
primogenitam semel maritandam; & ad hoc non fiet nisi rationabile
auxilium.

Simili modo fiat de auxiliis de civitate Londonensi. Et civitas
Londinensis habeat omnes antiquas libertates, & liberas consuetudines
suas, tam per terras quam per aquas.

Præterea volumus & concedimus, quod omnes aliæ civitates, & burgi, &
villæ, _& Barones de quinque portubus_, & omnes portus habeant omnes
libertates, & omnes liberas consuetudines suas, & ad habendum _commune
consilium regni_ de auxiliis assidendis (aliter quam in tribus casibus
prædictis.) Et de scutagiis assidendis summoneri facimus Archiepiscopos,
Episcopos, Abbates, Comites, & _majores Barones regni_ sigillatim, per
literas nostras. Et præterea faciemus summoneri in generali, per
Vice-comites & Ballivos nostros, omnes illos qui in capite de nobis
tenent, ad certum diem, sc. ad terminum 40 dierum ad minus, & ad certum
locum & tempus, in omnibus literis illius summonitionis, causam
summonitionis illius exponemus: Et sic facta summonitione, negotium ad
diem assignatum procedat, secundum consilium eorum qui præsentes
fuerint, quamvis non omnes submoniti venerint.

Nos non concedimus de cætero alicui, quod capiat auxilium de liberis
hominibus suis, nisi ad corpus suum redimendum, & ad faciendum
primogenitum filium suum militem, & ad primogenitam filiam suam semel
maritandam; & hoc non fiat nisi rationabile auxilium.

Nullus distringatur ad faciendum majus servitium de feudo militis, nec
de alio libero tenemento quam quod inde debetur.

Communia placita non sequantur Curiam nostram, sed teneantur in aliquo
loco certo.

Præcognitiones de nova disseisina, & de morte antecessoris, & de ultima
præsentatione, non capiantur nisi in suis civitatibus, & hoc modo: Nos,
vel (si extra regnum fuerimus) Capitalis Justiciarius noster, mittet
duos Justiciarios nostros per unumquemque Comitatum semel in anno, _qui
cum militibus Comitatuum capiant in Comitatibus assisas prædictas, & ea
quæ in illo adventu suo in Comitatibus per Justiciarios prædictos, ad
prædictas assisas capiendas missos, terminari non possunt, per eosdem
terminentur alibi in itinere suo_. _Et ea quæ per eosdem propter
difficultatem articulorum aliquorum terminari non possunt, referantur ad
Justiciarios de Banco._

_Assisæ de ultima præsentatione Ecclesiarum semper capiantur coram
Justiciariis de Banco, & ibi terminentur._

Liber homo non amercietur pro parvo delicto, nisi secundum modum ipsius
delicti: & pro magno delicto amercietur secundum magnitudinem delicti,
salvo contenemento suo: Et mercator eodem modo, salva merchandiza sua:
Et villanus alterius quam noster, eodem modo amercietur, salvo wannagio
suo, si inciderit in misericordiam nostram. Et nulla prædictarum
misericordiarum ponatur, nisi per sacramentum proborum & legalium
hominum de vicineto Comitatus.

Comites & Barones non _amercientur_, nisi per pares suos, & non nisi
secundum modum delicti.

_Nulla Ecclesiastica persona amercietur secundum quantitatem beneficii
sui, sed secundum Laicum tenementum suum, & secundum quantitatem
delicti._

                                            [Marge: _A. D. 1215._]

Nec villa nec homo distringatur facere pontes ad riparias, nisi qui ab
antiquo & de jure facere debent.

_Nulla riparia de cætero defendetur, nisi illa quæ fuerat in defenso
tempore Henrici Regis avi nostri._

Nullus Vicecomes, Constabularius, Coronatores, vel alii Ballivi nostri,
teneant placita Coronæ nostræ.

Omnis Comitatus, & Hundredi, & Wapentaki, & Threthingi, sint ad antiquas
firmas absque ullo incremento, exceptis dominicis maneriis nostris.

Si aliquis tenens de nobis Laicum feodum moriatur; & Vicecomes vel
Ballivus noster ostendat literas nostras patentes de summonitione,
nostro de debito, quod defunctus nobis debuit: liceat Vicecomiti vel
Ballivo nostro attachiare & imbreviare catalla defuncti inventa in laico
feodo, ad valentiam illius debiti, per visum legalium hominum: ita tamen
quod nihil inde amoveatur, donec persolvatur nobis debitum, quod clarum
fuerit, & residuum relinquatur executoribus ad faciendum testamentum
defuncti. Et si nihil nobis debeatur ab ipso, omnia catalla redeant
defuncto, salvis uxori ejus & pueris ipsius rationabilibus partibus
suis.

Si aliquis liber homo intestatus decesserit, catalla sua per manus
propinquorum, parentum & amicorum suorum, per visum Ecclesiæ
distribuantur salvis unicuique debitis quæ defunctus ei debebat.

Nullus Constabularius vel ballivus noster capiat blada vel alia catalla
alicujus _qui non_ de villa ubi castrum situm sit, nisi statim inde
reddat denarios, aut respectum inde habeat de voluntate venditoris; _Si
autem de villa ipsa fuerit infra 40 dies pretium reddat_.

Nullus Constabularius distringat aliquem militem ad dandum denarios pro
custodia castri, si ipse eam facere voluerit, in propria persona sua,
vel per alium probum hominem, si ipse eam facere non possit propter
rationabilem causam. Et si nos duxerimus eum vel miserimus in exercitum,
erit quietus de custodia, secundum quantitatem temporis, quo per nos
fuerit in exercitu, _de feudo pro quo fecit servitium in exercitu_.

Nullus Ballivus noster vel Vicecomes, vel aliquis alius capiat equos,
vel caretas alicujus liberi hominis pro cariagio faciendo, nisi de
voluntate ipsius liberi hominis _reddat liberationem antiquitus
statutam: Scilicet pro careta ad duos equos 10 denarios per diem; & pro
careta ad 3 equos, 14 denarios per diem_. _Nulla Careta dominica
alicujus Ecclesiasticæ personæ vel Militis, vel alicujus Dominæ capiatur
per Ballivos prædictos._

Nec nos, nec Ballivi nostri, nec alii capiemus alienum boscum ad castra
vel alia agenda nostra, nisi per voluntatem ipsius, cujus boscus ille
fuerit.

Nos autem non tenebimus terras illorum qui convicti fuerint de felonia,
nisi per unum annum, & unum diem, & tunc reddantur terræ Dominis
feodorum.

Omnes _Kidelli_ de cætero deponantur penitus per Thamisiam, & per
Medewesiam, & per totam Angliam, nisi per costam maris.

Breve quod vocatur præcipe, de cætero non fiat alicui de aliquo
tenemento, unde liber homo perdat causam suam.

Una mensura vini & cervisiæ sit per totum regnum nostrum; & una mensura
bladi, sc. quarterium Londonense.

Et una latitudo pannorum tinctorum & _russeccorum_, & _haubergetorum_,
sc. duæ ulnæ infra listas.

_De ponderibus vero sit ut de mensuris._

Nihil detur vel capiatur de cætero pro brevi inquisitionis, ab eo qui
inquisitionem petit, de vita vel de membris, sed gratis concedatur, &
non negetur.

Si aliquis teneat de nobis per feodi firmam, vel socagium, vel per
burgaium; & de alio terram teneat per servitium militare; nos non
habebimus custodiam hæredis, vel terræ suæ, quæ est de feodo alterius
occasione illius feodi firmæ, vel Socagii, vel Burgaii; nec habebimus
custodiam illius feodi firmæ, vel Socagii, vel Burgaii, nisi ipsa feodi
firma debeat servitium militare.

Nos non habebimus custodiam hæredis vel terræ alicujus quam tenet de
alio per servitium militare, occasione alicujus parvæ Serganteriæ, quam
tenet de nobis per servitium reddendi nobis cultellos, vel sagittas, vel
hujusmodi.

Nullus Ballivus ponat de cætero ad aliquem Legem, nec ad juramentum
simplici loquela sua, sine testibus fidelibus ad hoc inductis.

Nullus liber homo capiatur vel imprisonetur, aut disseisietur, aut
utlagetur, aut exuletur, aut aliquo modo destruatur de aliquo libero
tenemento suo, vel libertatibus, vel liberis consuetudinibus suis, nec
super eum ibimus, nec super eum in carcerem mittemus, nisi per legale
judicium parium suorum, vel per Legem terræ. Nulli vendemus, nulli
negabimus, aut differemus rectum aut justitiam.

Omnes mercatores nisi publice prohibiti fuerint, habeant salvum &
securum exire de Anglia, & venire in Angliam, & morari, & ire per
Angliam, tam per terram, quam per aquam, ad emendum vel vendendum sine
omnibus malis toltis per antiquas & rectas consuetudines, præterquam in
tempore guerræ, & si sint de terra contra nos guerrina; & si tales
inveniantur in terra nostra in principio guerræ, attachientur sine damno
temporum vel rerum, donec sciatur a nobis, vel a Justitiario nostro
capitali, quomodo mercatores terræ nostræ tractentur qui tunc
invenientur in terra contra nos guerrina; & si nostri salvi sint ibi,
alii salvi sint in terra nostra.

Liceat unicuique de cætero exire de regno nostro, & redire salvo &
secure per terram & per aquam, salva fide nostra, nisi tempore guerræ
per aliquod breve tempus propter communem utilitatem regni, exceptis
imprisonatis & utlagatis, secundum Legem regni, & gente contra nos
guerrina, & mercatoribus, de quibus fiat sicut supradictum est.

Si quis tenuerit de aliqua Eschaeta, sicut de honore _Walingefordiæ_,
_Nothinham Boloniæ_, _Lancastriæ_ vel de aliis Eschaetis quæ sunt in
manu nostra & sint Baroniæ, & obierit; hæres ejus non det aliud
relevium, nec faciat nobis aliud servitium quam faceret Baroni, si
Baronia illa esset in manu Baronis; & nos eodem modo eam tenebimus, quo
Baro eam tenuit; _nec nos occasione talis Baroniæ vel Eschaetæ habebimus
aliquam Eschaetam vel custodiam aliquorum hominum nostrorum, nisi alibi
tenuerit de nobis in capite ille qui tenuit Baroniam vel Eschaetam_.

Homines qui manent extra forestam non veniant de cætero coram
Justitiariis nostris de foresta per communes summonitiones, nisi sint in
placito, vel plegii alicujus vel aliquorum qui attachiati sunt propter
forestam.

Omnes autem bosci qui fuerunt afforestati per Regem Richardum fratrem
nostrum statim deafforestentur, nisi fuerint dominici bosci nostri.

Nullus liber homo de cætero det amplius alicui, vel vendat de terra sua,
quam ut de residuo terræ suæ possit sufficienter fieri Dom. feudi
servitium ei debitum, quod pertinet ad feudum illud.

Omnes patroni Abbatiarum qui habent chartas Regum Angliæ de advocatione,
vel per aliquam antiquam tenuram vel possessionem, habeant earum
custodiam cum vacuerint, sicut habere debent, & sicut supra declaratum
est.

Nullus capiatur vel imprisonetur propter appellationem foeminæ, de morte
alterius quam viri sui.

Nullus Comitatus teneatur de cætero, nisi de mense in mensem; & ubi
major terminus esse solebat, major sit. Nec Vicecomes aliquis, vel
Ballivus suus faciat terminum suum per Hundredum nisi bis in anno & non
nisi in loco debito & consueto, _viz._ semel post Pascha, & iterum post
festum S. Michaelis. Et visus similiter de Franco plegio, tunc fiat ad
illum terminum S. Michaelis sine occasione, ita sc. quod quilibet habeat
suas libertates, quas habuit & habere consuevit tempore Henrici Regis
avi nostri, vel quas postea adquisivit. Fiat autem visus de Franco
plegio sic, ut pax nostra teneatur, & quod Tethinga integra sit sicut
esse consuevit, & quod Vicecomes non quærat occasiones, & quod contentus
sit de eo quod Vicecomes habere consuevit de visu suo faciendo tempore
Henrici Regis avi nostri.

Non liceat de cætero alicui dare terram suam domui Religionis, ita quod
illam resumat tenendam de eadem domo. Nec liceat alicui domui Religionis
terram sic accipere, quod tradat eam illi a quo illam recepit tenendam.
Si quis autem de cætero terram suam sic dederit domui religiosæ, & super
hoc convincatur, donum suum penitus cassetur, & terra illa Domino suo
illius feudi incurratur.

_Scutagium_ de cætero capiatur sicut capi tempore Regis Henrici avi
nostri consuevit; & quod Vicecomes non quærat occasiones, & quod
contentus sit de eo quod Vicecomes habere consuevit.

Omnes autem consuetudines prædictas, & libertates quas concessimus in
regno nostro tenendas, quantum ad nos pertinet, erga omnes homines
nostros de regno nostro tam Clerici quam Laici nostri observent quantum
ad se pertinet erga homines suos; salvis Archiepiscopis, Episcopis,
Abbatibus, Prioribus, Templariis, Hospitalariis, Comitibus, Baronibus,
Militibus, & omnibus aliis tam Ecclesiasticis personis quam secularibus,
libertatibus & liberis consuetudinibus quas prius habuerunt. His
Testibus, &c.

                                            [Marge: _Leges Forestæ._]

Libertates vero de Foresta, & liberæ consuetudines, quæ cum libertatibus
præscriptis in una schedula, pro sua angustia contineri nequiverant in
hac alia charta subscripta complectebatur.

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, &c. Sciatis quod intuitu Dei, & pro
salute animæ nostræ, & animarum antecessorum & successorum ad
exaltationem sanctæ Ecclesiæ, & emendationem regni nostri Angliæ in
perpetuum, spontanei & bona voluntate nostra dedimus, concessimus pro
nobis & hæredibus nostris has libertates subscriptas, habendas &
tenendas in regno nostro Angliæ in perpetuum.

Inprimis omnes Forestæ quas Rex Henricus avus noster afforestavit,
videantur per probos & legales homines, & si boscum aliquem alium quam
suum dominicum afforestaverit ad damnum illius cujus boscus fuerit,
statim deafforestetur. Et si boscum suum proprium afforestaverit,
remaneat Foresta, salva communia de herbagio, & rebus aliis in eadem
Foresta, illis qui eam prius habere consueverunt.

Homines qui manent extra Forestam non veniant de cætero coram
Justitiariis nostris de foresta per communes summonitiones, nisi sint in
placito, vel plegii alicujus, vel aliquorum qui attachiati sunt propter
Forestam.

Omnes autem bosci qui fuerunt afforestati per Regem Richardum fratrem
nostrum, statim deafforestentur, nisi fuerint dominici bosci nostri.

Archiepiscopi, Episcopi, Abbates, Priores, Comites, Barones, Milites &
libere tenentes, qui boscos habent in Foresta, habeant boscos suos sicut
eos habuerunt tempore primæ Coronationis prædicti Regis Henrici avi
nostri; ita quod quieti sint in perpetuum de omnibus Purpresturis,
vastis & assartis factis in illis boscis post illud tempus usque ad
Principium secundi anni Coronationis nostræ. Et qui de cætero vastum,
purpresturam, vel assartum facient sine licentia nostra in illis boscis
de vastis, purpresturis & assartis respondeant.

_Regardatores_ nostri eant per Forestas, ad faciendum Regardum, sicut
fieri consuevit tempore primæ Coronationis prædicti Regis Henrici avi
nostri, & non aliter.

_Inquisitio_ vel visus de expeditatione canum existentium in Foresta,
de cætero fiat quando fieri debet regardum, sc. de tertio anno in
tertium annum; & tunc fiat per visum & testimonium legalium hominum, &
non aliter. Et ille cujus canis inventus fuerit tunc non expeditatus,
pro misericordia det 3 solidos; & de cætero nullus bos capiatur pro
expeditatione.

Talis autem _expeditatio_ sit per assisam communiter, quod tres ortelli
abscindantur de pede anteriori sine poleta. Non expedientur canes de
cætero, nisi in locis ubi expeditari solent tempore primæ Coronationis
prædicti Henrici Regis avi nostri.

Nullus _Forestarius_ vel _Budellus_ faciat de cætero scotallum, vel
colligat garbas vel avenam, vel bladum aliud, vel agnos, vel porcellos;
nec aliquam collectam faciat: Et per visum & sacramentum 12.
Regardatorum quando faciunt regardum, tot Forestarii ponantur ad
Forestas custodiendas, quot ad illas custodiendas rationabiliter
viderint sufficere.

Nullum Suanimotum de cætero teneatur in regno nostro, nisi ter in anno
viz. in principio 15 dierum ante festum S. Michaelis, quando Agistatores
veniunt ad agistandum dominicos boscos; & circa festum S. Martini,
quando Agistatores nostri debent accipere panagium suum. Et ad ista duo
Suanimota convenient Forestarii, Viridarii, & Agistatores, & nullus
alius per districtionem. Et tertium Suanimotum teneatur initio 15 dierum
ante festum S. Johannis Baptistæ, pro venatione bestiarum nostrarum, &
ad istum Suanimotum convenient Forestarii, Viridarii, & non alii per
districtionem. Et præterea singulis 40 diebus per totum annum convenient
Viridarii, & Forestarii ad videndum attachiamenta de Foresta, tam de
viridi quam de venatione, per præsentationem ipsorum Forestariorum, &
coram ipsis attachientur. Prædicta autem Suanimota non teneantur, nisi
in Comitatibus in quibus teneri consueverunt.

Unusquisque liber homo agistet boscum suum in foresta pro voluntate sua,
& habeat panagium suum. Concedimus etiam quod unusquisque liber homo
possit ducere porcos suos per dominicum boscum nostrum, libere & sine
impedimento, & ad agistandum eos in boscis suiis propriis, vel alibi ubi
voluerit. Et si porci alicujus liberi hominis una nocte pernoctaverint
in foresta nostra, non inde occasionetur, ita quod aliquid de suo
perdat.

Nullus de cætero amittat vitam vel membra pro venatione nostra; sed si
aliquis captus fuerit & convictus de captione venationis graviter
redimatur, si habeat unde redimi possit; & si non unde redimi possit,
jaceat in prisona nostra per annum unum, & unum diem; & si post annum
unum & diem unum plegios invenire possit, exeat e prisona; sin autem,
abjuret regnum nostrum Angliæ.

Quicunque Archiepiscopus, Episcopus, Comes, vel Baro veniens ad nos per
mandatum nostrum, transierit per forestam nostram, licet illi capere
unam vel duas bestias per visum Forestarii si præsens fuerit: Sin autem,
si facit coronari, ne videatur hoc furtive facere. Item licet in
redeundo idem eis facere sicut prædictum est.

Unusquisque liber homo de cætero, sine occasione faciat in bosco suo,
vel in terra sua quam habet in foresta; molendinum, Vivarium, Stagnum,
Marleram, fossatum vel terram arabilem extra coopertum in terra arabili,
ita quod non sit ad nocumentum alicujus vicini.

Unusquisque liber homo habeat in boscis suis Ærias Accipitrum,
Spervariorum, falconum, aquilarum, & heironum; & habeat similiter mel
quod inventum fuit in boscis suis.

Nullus Forestarius de cætero, qui non sit Forestarius de feudo, reddens
firmam nobis pro balliva sua, capiat cheminagium, sc. pro careta per
dimidium annum 2 denarios, & per alium dimidium annum duos denarios, &
pro equo qui portat summagium per dimidium annum unum obolum, & non nisi
de illis qui extra ballivam suam tanquam mercatores veniunt per
licentiam suam in ballivam suam, ad buscam Meirenium, corticem, vel
carbonem emendum & alias ducendum ad vendendum ubi voluerint. Et de
nulla Careta alia, vel summagio, aliquod cheminagium & capiatur. Non
capiatur cheminagium nisi in locis illis ubi antiquitus capi solebat &
debuit. Illi autem qui portant super dorsum suum buscam, corticem, vel
carbonem ad vendendum, quamvis inde vivant, nullum de cætero dent
cheminagium. De boscis aliorum nullum detur cheminagium Forestariis
nostris, præterquam de dominicis boscis nostris.

Omnes utlagati pro foresta a tempore Regis Henrici avi nostri, usque ad
primam Coronationem nostram, veniant ad pacem sine impedimento; & salvos
plegios inveniant, quod de cætero non forisfacient nobis de foresta
nostra.

Nullus Castellanus vel alius teneat placitum de foresta, sive de viridi,
sive de venatione: Sed quilibet Forestarius de feudo attachiet placita
de foresta, tam de viridi, quam de venatione, & ea præsentet viridariis
provinciarum; & cum rotulata fuerint, & sub Sigillis viridariorum
inclusa præesententur capitali Forestario cum in partes illas venerit,
ad terminandum placita forestæ, & coram eo terminentur.

Omnes autem consuetudines prædictas, & libertates quas nos concessimus
in regno tenendas, quantum ad nos pertinet, erga nostros; omnes de regno
nostro tam Laici, quam Clerici observent, quantum ad se pertinent, erga
suos.

Cum autem pro Deo & ad emendationem regni nostri, & ad melius sopiendam
discordiam inter nos & Barones nostros, hæc omnia concessimus, volentes
ea integra & firma stabilitate gaudere, facimus & concedimus eis
securitatem subscriptam, viz.

Quod Barones eligant XXV Barones de regno nostro quos voluerint, qui
debent pro totis viribus suis observare, tenere, & facere observari
pacem & libertates quas eis concessimus, & hac præsenti charta nostra
confirmavimus, ita sc. quod si per nos vel Justitiarium nostrum erga
aliquem in aliquo deliquiverimus, vel aliquem articulorum pacis vel
securitatis transgressi, fuerimus, & delictum ostensum fuerit IV
Baronibus de XXV Baronibus, illi IV Barones accedent ad nos & ad
Justitiarium nostrum si fuerimus extra regnum, & proponentes nobis
excessum, petent ut sine dilatione faciamus emendari. Et si nos excessum
non emendaverimus (vel Justitiarius noster si fuerimus extra regnum)
inter tempus 40 dierum, computando a tempore quo monstratum fuerit
nobis: prædicti _IV_ Barones referent causam illam ad residuos de illis
XXV Baronibus; & illi Barones cum commune totius terræ, distringent &
gravabunt in modis omnibus quibus poterunt, sc. per captionem castrorum,
terrarum, possessionum, & aliis modis quibus potuerint, donec fuerit
emendatum secundum arbitrium eorum: Salva persona nostra, & reginæ
nostræ, & liberorum nostrorum. Et cum fuerit emendatum intendent nobis
sicut prius fecerunt.

Et quicunque voluerit de terra, juret quod ad prædicta omnia exequenda
parebit mandatis prædictorum XXV Baronum, & quod gravabit nos pro posse
cum ipsis. Et nos publice & libere damus licentiam jurandi cuilibet qui
jurare voluerit, & nulli unquam jurare prohibebimus.

Omnes autem illos de terra nostra qui per se & sponte sua voluerint
jurare XXV Baronibus de distringendo nos, & gravando nos cum eis,
faciemus jurare eosdem de mandato nostro, sicut prædictum est.

In omnibus autem istis quæ XXV Baronibus committuntur exequenda, si
forte in aliquo inter se discordaverint; vel aliqui ex eis submoniti,
voluerint vel nequiverint interresse, ratum habeatur & firmum quod major
pars eorum providerit vel præceperit, ac si omnes XXV in hoc
concessissent.

Et XXV Barones jurent quod omnia antedicta fideliter observabunt, & pro
toto posse suo, facient observari.

Et nos nihil impetrabimus per nos, nec per alium, per quod aliquid
istarum concesssionum & libertatum revocetur aut minuatur. Et si aliquid
tale fuerit impetratum, irritum sit & inane, & nunquam eo utemur per nos
vel per alium.

Et omnes malas voluntates, & indignationes, & rancores ortos inter nos &
homines nostros Clericos & Laicos a tempore discordiæ, plene omnibus
remisimus, & condonavimus.

Et ad melius distringendum nos IV Castellani de _Northanton_ sc. de
_Kenillewwiche_, de _Nothingham_, & de _Scardeburck_, erunt jurati XXV
Baronibus, quod facient de castris prædictis quod ipsi præceperint, vel
mandaverint, vel major pars eorum. Et tales semper Castellani ponantur
in illis castris, qui fideles sint, & nolunt transgredi juramentum suum.

Et nos amovebimus omnes alienigenas a terra, Parentes omnes Girardi de
_Athies_, Engelardum scil. Andream, Petrum Gyonem de _Chanceles_, Gyonem
de _Cigony_, uxorem prædicti, Girardi cum omnibus liberis suis,
Gaufridum de Martenni, & fratres ejus, Philippum, Marc. & fratres ejus,
& G. nepotem ejus, _Falconem_, & _Flandrenses_ omnes, & ruptarios, qui
sunt ad nocumentum regni.

Præterea omnes transgressiones factas occasione hujus discordiæ, a
Pascha transacto qui fuit annus decimus sextus, usque ad hanc pacem
reformatam; plene remisimus omnibus Clericis & Laicis, & quantum ad nos
pertinet, plene condonavimus. Et insuper faciemus illis fieri literas
testimoniales & patentes Domini Stephani Cantuariensis Archiepiscopi,
Domini Henrici Dublinensis Archiepiscopi, Domini Pandulphi Subdiaconi &
Dom. Papæ familiaris, & Episcoporum prædictorum super securitate ista, &
concessionibus præfatis.

Quare volumus & firmiter præcipimus, quod Anglicana Eclesia libera sit,
& quod omnes homines de regno nostro habeant & teneant omnes libertates
præfatas, jura, & consuetudines bene & in pace, libere & quiete, plene &
integre, sibi & hæredibus suis, de nobis & hæredibus nostris in omnibus
rebus & locis in perpetuum ut prædictum est.

_Rubeus Liber Scaccarii fol. 234. magna Charta Regis Johannis._

                                            [Marge: _Steph. Arch. Cant.
                                            confirmat magnam Chartam R.
                                            Joh._]

Omnibus Christi fidelibus ad quos præsens scriptum pervenerit
_Stephanus_ Dei gratia Cantuariensis Archiepiscopus totius Angliæ primas
& sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinalis, _Henricus_ eadem gratia.
_Dublinensis_ Archiepiscopus, Willielmus _London._ Petrus _Winton._
Joscelinus _Bathon._ & _Glascon._ Hugo _Linc._ Walterus _Wigorn._
Wilielmus _Coventr._ & Benedictus _Roffen._ divina miseratione Episcopi
& Magister _Pandulphus_ Dom. Papæ Subdiaconus & familiaris, salutem in
Domino.

Sciatis nos inspexisse chartam quam Dominus noster _Johannes_ illustris
Rex Angliæ fecit Comitibus, Baronibus & liberis hominibus suis Angliæ de
libertate sanctæ Ecclesiæ, & libertatibus & liberis consuetudinibus suis
eisdem ab eo concessis sub hac forma.

_Johannes_ Dei gratia Rex Angliæ, Dominus Hiberniæ, Dux Normanniæ &
Aquitaniæ, Comes Andegaviæ, Archiepiscopis, Episcopis, Abbatibus,
Comitibus, Baronibus, Justitiariis, Forestariis, Vicecomitibus,
Præpositis, Ministris, & omnibus Ballivis & fidelibus suis salutem.
Sciatis vel ei vos assignaverimus. Et si dederimus vel vendiderimus
licui custodiam alicujus talis terræ, & ille destructionem inde fecerit
vel vastum, amittat ipsam custodiam, & tradatur duobus legalibus &
discretis hominibus de feodo illo qui similiter nobis respondeant sicut
prædictum est.

Custos autem quam carucis & wanagiis secundum quod tempus wanagii
exigit, & exitus terræ rationabiliter potuerunt sustinere qui cum
quatuor militibus cujuslibet Comitatus electis per Comitatum, capiant in
Comitatu & in die & loco Comitatus assisas prædictas; & si in die
Comitatus Assisæ prædictæ capi non possint, tot milites & libere
tenentes remaneant de illis qui interfuerint Comitatui die illo per quos
possint judicia sufficienter fieri secundum quod negotium fuerit majus
vel minus. Liber homo non amercietur.

Nullus Clericus amercietur de laico tenemento suo nisi secundum modum
aliorum prædictorum; non secundum quantitatem beneficii sui
Ecclesiastici. Nec villa nec.

Nos non faciemus Justitiarios Constabularios, Vice-comites vel Ballivos
nisi de talibus qui sciant Legem regni & eam bene velint observare.

Omnes Barones qui fundaverunt Abbatias unde habent chartas Regum Angliæ
vel antiquam tenuram, habeant earum custodiam cum vacaverint, sicut
habere debent.

Omnes forestæ quæ afforestatæ sunt tempore nostro, statim
deafforestentur; & ita fiat de ripariis quæ per nos tempore nostro
positæ sunt in defenso.

Omnes malæ consuetudines de forestis & Warennis, & de Forestariis &
Warennariis Vicecomitibus & eorum Ministris, Ripariis & eorum Custodibus
statim inquirantur in quolibet Comitatu per XII Milites juratos de eodem
Comitatu qui debent eligi per probos homines ejusdem Comitatus, & infra
40 dies post inquisitionem factam penitus, ita quod nunquam revocentur,
deleantur per eosdem: Ita quod nos hoc sciamus prius vel Justitiarius
noster si in Anglia non fuerimus.

Omnes obsides & chartas statim reddemus quæ liberatae fuerunt nobis ab
Anglicis in securitatem pacis vel fidelis servitii.

Nos amovebimus penitus de Ballivis parentes Girardi de _Atyes_ quod de
cætero nullam habeant ballivam in Angl. Engelardum de _Cygony_, Andream
Petrum & Gyonem de _Cairtell_, Gyonem de _Cygony_, Galfridum de
_Martenni_ & fratres ejus, Philippum _Martenni_ & fratres ejus &
Galfridum nepotem ejus, & totam sequelam eorundem; & statim post pacis
reformationem amovebimus de regno omnes alienigenas, Milites,
Balistarios, servientes, stipendiarios qui venerint cum equis & armis ad
nocumentum regni.

Si quis fuerit _dissaisitus_ vel elongatus per nos sine legali judicio
parium suorum de terris, Castellis, libertatibus vel jure suo, statim ei
restituemus; & si contentio super hoc orta fuerit, justitia inde fiat
per judicium viginti quinque Baronum de quibus fit mentio inferius in
securitate pacis.

De omnibus autem aliis de quibus aliquis dissaisitus fuerit vel
elongatus sine legali judicio parium suorum, per Henricum Regem patrem
nostrum, vel per Richardum Regem fratrem nostrum, quæ in manu nostra
habemus, vel quæ alii tenent quæ nos oporteat warantizare, respectum
habebimus usque ad communem terminum cruce signatorum, exceptis illis de
quibus placitum motum fuit, vel inquisitio facta per præceptum nostrum
ante susceptionem crucis nostræ: cum autem redierimus de peregrinatione
nostra vel si forte remanserimus, a peregrinatione nostra statim inde
plenam justitiam exhibebimus. Eundem autem respectum habebimus, & eodem
modo de justitia exhibenda, de forestis de afforestandis, vel remansuris
forestis quas Henricus pater noster vel Richardus frater noster
afforestaverunt, & de custodiis terrarum quæ sunt de alieno feodo,
cujusmodi custodias hucusque habuimus occasione feodi quod aliquis de
nobis tenuerit per servitium militare, & de Abbatiis quæ fundatæ fuerint
in feodo alterius quam nostro in quibus Dominus feodi dixerit se jus
habere, & cum redierimus vel si remanserimus de peregrinatione nostra
super hiis conquirentibus, plenam justitiam statim exhibebimus.

Nullus capiatur vel imprisonetur propter appellam foeminæ de morte
alterius quam viri sui.

Omnes fines qui injuste & contra legem terræ facti sunt nobiscum, &
omnia amerciamenta facta injuste & contra legem terræ omnino
condonentur, vel fiat inde per judicium XXV Baronum, de quibus fit
mentio inferius in securitate pacis, vel per judicium majoris partis
eorundem, una cum prædicto Stephano Cantuar. Archiepiscopo, si interesse
poterit, & aliis quos secum ad hoc vocare voluerit, & si interesse non
poterit, nihilominus procedat negotium sine eo. Ita quod si aliquis vel
aliqui de prædictis XXV Baronibus fuerint in simili querela, amoveantur
quantum ad hoc judicium & alii loco eorum per residuos de eisdem XXV
tantum ad hoc faciendum electi & jurati substituant.

Si nos dissaisivimus vel elongavimus Wallenses de terris, vel
libertatibus, vel rebus aliis, sine legali judicio parium suorum in
Anglia vel in Wallia, eis statim reddantur; & si contentio super hoc
orta fuerit, tunc inde fiat in Marchia per judicium parium suorum, de
tenementis Angliæ secundum legem Angliæ, de tenementis Walliæ secundum
legem Walliæ, de tenementis marchiæ secundum legem marchiæ. Idem faciant
Wallenses nobis & nostris. De omnibus autem illis de quibus aliquis
Wallensium dissaisitus fuerit, vel elongatus, sine legali judicio parium
suorum, per Henricum Regem patrem nostrum, vel Richardum Regem fratrem
nostrum, quæ nos in manu nostra habemus, vel alii tenent, quæ nos
oportet warantizare, respectum habebimus usque ad communem terminum
cruce signatorum, illis exceptis de quibus placitum motum fuerit, vel
inquisitio facta per præceptum nostrum ante susceptionem crucis nostræ.
Cum autem redierimus, vel si sorte remanserimus, a peregrinatione nostra
statim eis inde plenam justitiam exhibebimus secundum leges Wallensium &
partes prædictas.

Nos reddemus filium _Lewelim_ statim, & omnes obsides de Wall. & chartæ
quæ nobis liberatæ fuerunt in securitatem pacis.

Nos faciemus _Alexandro_ Regi Scott. de sororibus suis & obsidibus
reddend. & libertatibus suis & jure suo, secundum formam in qua faciemus
aliis Baronibus nostris Angl. nisi aliter esse debeat per chartas quas
habemus de Willielmo patre ipsius, quondam Rege Scott. & hoc erit per
judicium parium suorum in Curia nostra.

Omnes autem istas consuetudines prædictas & libertates, quas nos
concessimus in regno nostro tenendas, quantum ad nos pertinet erga
nostros, omnes de regno nostro tam Clerici quam Laici observent, quantum
ad se pertinent erga suos.

Cum autem pro Deo, & ad emendationem regni nostri, ad melius sopiendum
discordiam inter nos & Barones nostros ortam, hæc omnia prædicta
concessimus, volentes ea integra & firma stabilitate in perpetuum
gaudere; facimus & concedimus eis securitatem subscriptam, viz. quod
Barones eligant viginti quinque Barones de regno, quos voluerint, qui
debeant pro totis viribus suis observare, tenere, & facere observari
pacem & libertatem, quas eis concessimus, & hac præsenti charta nostra
confirmavimus: Ita scilicet, quod si nos vel Justiciarius noster, vel
Ballivi nostri, vel aliquis de Ministris nostris, in aliquo erga aliquem
deliquerimus, vel aliquem articulorum pacis aut securitatis transgressi
fuerimus, & delictum ostensum fuerit quatuor Baronibus de prædictis XXV
Baronibus, illi quatuor Barones accedant ad nos, vel ad Justiciarium
nostrum, si fuerimus extra regnum, proponentes nobis excessum, petent ut
excessum illum sine dilatione faciamus emendari: Et si excessum non
emendaverimus, vel, si fuerimus extra regnum, Justiciarius noster non
emendaverit infra tempus XL. dierum, computand. a tempore quo monstratum
fuerit nobis, vel Justiciario nostro, si extra regnum fuerimus; prædicti
quatuor Barones referant causam illam ad residuos de illis XXV
Baronibus, & illi XXV Barones, cum communia totius terræ, distringent &
gravabunt nos modis omnibus quibus poterint, scil. per captionem
terrarum, possessionum, & aliis modis quibus poterunt, donec fuerit
emendatum secundum arbitrium eorum, salva persona nostra, & Reginæ
nostræ, & liberorum nostrorum. Et cum fuerit emendatum, intendent nobis
sicut prius fecerunt, & quicunque voluerit de terra juret, quod ad
prædicta omnia exequenda parebit mandatis prædictorum XXV Baronum, &
quod gravabit nos pro posse suo cum ipsis: Et nos publice & libere damus
licentiam jurandi cuilibet qui jurare voluerit, & nulli nunquam jurare
prohibebimus. Omnes autem illos de terra, qui per se & sponte sua
voluerint jurare XXV Baronibus de distringendo & gravando nos cum eis,
faciemus jurare eosdem de mandato nostro, sicut prædictum est. Et si
aliquis de prædictis XXV Baronibus decesserit, vel a terra recesserit,
vel aliquo alio modo impeditus fuerit, quo minus ista prædicta possint
exequi, qui residui fuerint de illis XXV Baronibus, eligant alium loco
ipsius pro arbitrio suo, qui simili modo erit juratus quo & cæteri. In
omnibus autem quæ ipsis XXV Baronibus committuntur exequenda, si forte
ipsi XXV præsentes fuerint, & inter se super re aliqua discordaverint,
vel aliqui ex eis summoniti nolint vel nequeant interesse, ratum
habeatur & firmum quod major pars eorum, qui præsentes fuerint,
providerit vel præceperit, ac si omnes XXV in hoc consensissent. Et
prædicti XXV jurent, quod omnia antedicta fideliter observabunt, & pro
toto posse suo facient observari; & nos nihil impetrabimus ab aliquo per
nos, nec per alium, per quod aliqua istarum concessionum vel libertatum
revocetur vel minuatur. Et si aliquid tale impetratum fuerit, irritum
sit & inane, & nunquam eo utemur per nos nec per alium. Et omnes malas
voluntates, indignationes & rancores ortos inter nos & homines nostros,
Clericos & Laicos, a tempore discordiæ, plene omnibus remisimus &
condonavimus. Præterea omnes transgressiones factas occasione hujus
discordiæ, a Pascha anno regni nostri sexto decimo usque ad pacem
refirmatam, plene remisimus omnibus Clericis & Laicis, & quantum ad nos
pertinet plene condonavimus.

Et insuper fecimus eis fieri literas testimoniales patentes Domini
Stephani Cantuar. Archiepiscopi, Dom. Henrici Dublin. Archiepiscopi, &
Episcopor. prædict. & Magistri Pandulfi super securitate ista, &
concessionibus præfatis. Quare volumus & firmiter præcipimus, quod
Anglicana Ecclesia libera sit, & quod homines in regno nostro habeant &
teneant omnes præfatas libertates, jura, & concessiones, bene & in pace,
libere & quiete, plene & integre, sibi & hæredibus suis, de nobis &
hæredibus nostris, in omnibus rebus & locis, in perpetuum, sicut
prædictum est.

Juratum est autem, tam ex parte nostra quam ex parte Baronum, quod hæc
omnia supradicta bona fide & sine malo ingenio observabuntur. Testibus
supradictis & multis aliis. Dat. per manum nostram in prato quod
vocatur _Runigmed_ inter _Windleshores_ & _Stanes_, quinto decimo die
_Junii_, anno regni nostri septimo decimo. Et ne huic formæ prædictæ
aliquid possit addi, vel ab eadem aliquid possit subtrahi vel minui,
huic scripto sigilla nostra apposuimus.

Charta Regis _Henrici_ I quod cives _London._ non placitent extra muros
civitatis, fol. 131. b. _Rubri_ (ut opinor) _Libri Scaccar._

Fidelitas Archiepiscopi Rothomag. ibid.

Charta Regis _Henrici_ I quod Barones & qui cum eis affident, ex mandato
Regis in scaccario habeant antiquas liberationes, &c. S. D. ibid. fol.
131. b.

Mag. Char. _Hen._ III fol. 138.

Charta W. _Conq._ de quibusdam statutis, fol. 161. b.

Charta de Monet. _H._ I. fol. 163. b. & seqq. alior. RR.

Summa _XV._ Assisæ per Angliam a Regis H. fil. R. Joh. 8. XX/IV. VI Mil.
DCCLVIII Mr. IId. fol. CIV/XX.

Summa XL anno Regis ejusdem 17. XXIV Mil. DCCXII Mr. VIIs. Vd. ib.

Summa Carucagii III Mil. Mr. ib.

Summa XXX Assisæ, an. Regis ejusdem 21. XX/IV Mil. DCCC-XX/IV XI Mr.
IIs. Id. ib.

A. D. 1259. 43º. Hen. fil. Regis Joh. convenientibus apud Westmonast. in
quindena S. Mich. ipso Dom. Rege & Magnatibus suis, de communi consilio
& assensu dictorum Reg. & Magnatum factæ sunt provisiones subscriptæ, &
per ipsos Reg. & Magnat. publicatæ in hunc modum. De sectis faciendis ad
curias magnatum & aliorum Dominorum, &c. fol. 181.

Charta Regis _Henr._ fil. _Joh._ pro die in anno bissext. computand. cum
procederet esse unum. Dat. 9. Maii, reg. 40. fol. 97. b.

                                            [Marge: _Auxilia concessa
                                            Regi Joh._]

Auxilium Baronum & Militum concess. Dom. Reg. H. fil. R. Joh. anno regni
sui 19. ad maritandam _Isabellam_ sororem suam _Frederico_ Romanorum
Imperatori, sc. de quolibet scuto 2 Marc. sicut continetur in longis
rotulis.

Item auxilium concess. ad primogenitam filiam ejusdem R. H. maritandam
An. R. ejusdem R. H. 29. viz. de quolibet scuto 20 s. sicut continetur
in magnis rotulis cujuslibet Comitatus Angl.

Item auxilium ad primogenitum filium ejusdem Regis Henr. Militem
faciendum concess. an. R. ejusdem R. H. 38. scuto assesso ad 40 s. sicut
continetur in magnis rotulis cujuslibet Comitatus Angl.

Item die Jovis, primo die Junii, anno Regis E. fil. R. H. 18. concess.
fuit auxilium ad primogenitam filiam ejusdem R. E. maritandam, viz. de
quolibet scuto 40 s. sicut continetur in Memor. Term. S. Trin. an. 18.
fol. 217. b.

Juratum autem est tam ex parte nostra, quam ex parte Baronum, quod hæc
omnia supradicta bona fide & sine malo ingenio observabimus. Testibus
supradictis & multis aliis. Data per manum nostram in prato quod vocatur
_Riningemade_, inter _Stanes_ & _Windleshores_, 15. die _Junii_, anno
regni nostri 17.

                                            [Marge: _Rex Joh. queritur
                                            de injuriis._]

                                            [Marge: _Barones regni
                                            Nuncio Papæ articulos Chartæ
                                            R. Joh. porrigunt._]

Rex ad sua, suos, & seipsum reversus, acta altius recognoscit.
Dignitatem regiam non tam minui videt, quam conculcari, & ludibrio
exponi. Pudet, poenitet, seditiosorumque instigatus suasionibus, pacta &
jurata detestatur. Castra præcipit munienda: Oratores ad vicinos mittit
Principes: Queritur de injuriis, de audaciis, de insaniis Procerum; opem
implorat atque militem, sed omnia clanculum. Nuncios etiam ad Papam
expedit; ejus se profitetur feudatarium, nec de regno igitur, ipso
inconsulto, potuisse quidpiam aut statuere aut pacisci. Cruce præterea
insignitum, & ex voto in Terræ Sanctæ profecturum sublevationem. Nota
hæc & contempta omnia a Baronibus; quorum ut nihil deesset impietati,
appellationem ejus super istis ad Romanam sedem una pariter rejecerunt.
His expositis, articulos chartæ, quos exosos magis noverant, Papæ Nuncii
porrigunt. Ille omnia contemplatur; rugarisque supercillis indignationem
præferens: Nunquid (ait) Barones Angliæ Regem cruce signatum, & sub
protectione sedis Apostolicæ constitutum, a solio regni nituntur
expellere, & dominium Romanæ Ecclesiæ ad alium transferre? Per S. Petrum
hanc injuriam non poterimus præterire impunitam. Habito igitur cum
Cardinalibus consilio, prædictam libertatum chartam definitiva sententiâ
in perpetuum damnavit & cassavit.

                                            [Marge: _Bulla Innoc. Papæ
                                            contra Chartas Regis Joh._]

_Bulla Innocentii Papæ III. qua Chartas Regis Johannis de libertatibus
Angliæ irritas decernit[506]._

     [Note 506: _Mat. Par. pag. 256._]

_Innocentius_ Episcopus, servus servorum Dei, universis Christi
fidelibus hanc paginam inspecturis, salutem & Apostolicam benedictionem.

Etsi charissimus in Christo filius noster Johannes Rex Anglorum
illustris, Deum & Ecclesiam vehementer offenderit, unde nos eum vinculo
excommunicationis innodavimus, & regnum ejus Ecclesiastico subjecimus
interdicto: ipse tamen (illo misericorditer inspirante) qui non vult
mortem peccatoris, sed ut convertatur & vivat, tandem conversus est ad
cor, Deo & Ecclesiæ humiliter satisfecit, in tantum, quod non solum
recompensationem pro damnis, & restitutionem exhibuit pro ablatis, verum
etiam plenariam libertatem contulit Ecclesiæ Anglicanæ. Quinimo utraque
sententia relaxata, regnum suum, tam Angliæ quam Hiberniæ, beato Petro &
Ecclesiæ Romanæ concessit, recipiens illud a nobis in feudum cum annuo
censu mille marcarum, fidelitatis nobis inde præstito sacramento, sicut
per privilegium ejus apparet aurea bulla munitum.

Adhuc etiam omnipotenti Deo amplius placere desiderans, signum vivificæ
crucis reverenter accepit, profecturus in subsidium Terræ Sanctæ, ad
quod se magnifice præparabat. Sed humani generis inimicus, qui semper
consuevit bonis actibus invidere, suis callide artibus, adversus eum
Barones Angliæ concitavit, ita ut ordine perverso in illum insurgerent,
postquam conversus Ecclesiæ satisfecit, qui assistebant eidem quando
Ecclesiam offendebat.

Orta siquidem inter eos dissensionis materia, cum plures dies statuti
fuissent ad tractandum de pace, utrumque interim solennes nuncii ad
nostram fuerunt præsentiam destinati: cum quibus habito diligenti
tractatu, post plenam deliberationem scripsimus per eosdem Stephano
Cantuariensi Archiepiscopo, & Episcopis Anglicanis, præcipiendo
mandantes, ut ad reformandam inter utrosque veram & plenam concordiam
diligens impenderent studium & operam efficacem. Omnes Conjurationes &
Conspirationes, si quæ fuerint forte præsumptæ a tempore subortæ
discordiæ inter Regnum & Sacerdotium, Apostolica denunciantes
authoritate, cassatas; & per excommunicationis sententiam inhibentes, ne
talia de cætero præsumantur a quoquam. Magnates & Nobiles Angliæ monendo
prudenter & efficaciter injungendo, ut per manifesta devotionis &
humilitatis indicia, ipsum regem sibi placere studerent: ac deinde si
quid ab eo ducerent postulandum, non insolenter, sed humiliter
implorarent, regalem conservantes ei honorem, & exhibentes servitia
consueta, quæ ipsi & prædecessores eorum sibi & prædecessoribus suis
impenderunt: cum ab eis ipse Rex non debet absque judicio spoliari, ut
sic quod intenderent, possent facilius obtinere.

Nos enim eundem Regem per literas nostras rogavimus, & monuimus, & per
præfatos Archiepiscopum & Episcopos rogari & moneri mandavimus, in
remissionem sibi peccaminum injungentes, quatenus prædictos Magnates &
Nobiles benigne tractaret, & justas eorum petitiones clementer
admitteret, ut & ipsi congaudendo, cognoscerent eum in meliorem statum
divina gratia esse mutatum, & per hoc ipsi & hæredes eorum sibi &
hæredibus suis deberent promptius & devotius familiari; plena eis in
veniendo, morando & recedendo securitate concessa, ita quod si forte
nequiret inter eos concordia provenire, in Curia sua per partes eorum
secundum leges & consuetudines regni suborta dissensio sopiretur.

Verum antequam Nuncii cum hoc provido & justo mandato rediissent, illi
juramento fidelitatis omnino contempto, cum etsi Rex eos injuste
gravasset, ipsi tamen non debuissent sic agere contra eum, ut in causa
sua iidem judices & executores existerent; vassalli contra dominum, &
Milites contra Regem publice conjurantes, non solum cum aliis, sed cum
ejus manifestissimis inimicis præsumpserunt arma movere, occupantes &
devastantes terras illius, ita quoque quod Civitatem Londinensem, quæ
sedes est regni, proditione sibi traditam, invaserunt.

Interim autem præfatis Nunciis revertentibus, Rex obtulit eis secundum
formam mandati nostri, justitiæ plenitudinem exhibere, quam ipsi omnino
spernentes coeperunt manus extendere ad pejora. Unde Rex ipse ad
audientiam nostram appellans, obtulit eis exhibere justitiam coram
nobis, ad quem hujus causæ judicium ratione dominii pertinebat, quod
ipsi sunt penitus aspernati. Deinde obtulit illis, ut tam ab ipso quam
ab illis quatuor viri eligerentur prudentes, qui una nobiscum subortam
inter eos discordiam terminarent, promittens quod ante omnia revocaret
universos abusus, quicunque fuissent in Anglia suo tempore inducti.

Tandem illis Rex proposuit, quod cum regni dominium ad Romanam Ecclesiam
pertineret, ipse non poterat nec debebat absque nostro speciali mandato,
quicquam de illo in nostrum præjudicium immutare. Unde rursus ad nostram
audientiam appellavit, seipsum & regnum, cum omni honore ac jure suo,
Apostolicæ protectioni supponens. Sed cum nullo modo proficeret,
postulavit ab Archiepiscopo & Episcopis, ut nostrum exequerentur
mandatum, Jus Ecclesiæ Romanæ defenderent, ac tuerentur eundem secundum
formam privilegii cruce-signatis indulti.

Porro, cum ipsi nihil horum facere voluissent, videns se omni auxilio &
consilio destitutum; quicquid illi ausi sunt petere, non est ausus ipse
negare. Unde compulsus est per vim & metum, qui cadere poterat in virum
etiam constantissimum, compositionem inire cum ipsis non solum vilem &
turpem, verum etiam & iniquam, in nimiam derogationem & diminutionem sui
juris pariter & honoris.

Quia vero nobis a Domino dictum est in Propheta: _Constitui te super
gentes & regna, ut evellas & destruas, ædifices & plantes_; itemque per
alium Prophetam, _Dissolve colligationes impietatis, solve fasciculos
deprimentes_: Nos tantæ malignitatis audaciam dissimulare nolentes in
Apostolicæ Sedis contemptum, regalis juris dispendium, Anglicanæ gentis
opprobrium, & grave periculum totius negotii cruce-fixi, quod ubique
immineret, nisi per authoritatem nostram revocarentur omnia, quæ a tanto
Principe cruce signato taliter sunt extorta, & ipso volente servare; ex
parte Dei Omnipotentis, Patris & Filii & Spiritus Sancti, authoritate
quoque Apostolorum ejus Petri ac Pauli, ac nostra, de communi fratrum
nostrorum consilio, compositionem hujusmodi reprobamus penitus &
damnamus, sub intimatione anathematis prohibentes, ne dictus Rex eam
observare præsumat, aut Barones cum implicibus suis ipsam exigant
observari: tam Chartam, quam obligationes seu cautiones quæcunque pro
ipsa, vel de ipsa sunt factæ, irritantes penitus & cassantes, ut nullo
unquam tempore aliquam habeant firmitatem. Datum Agnaniæ nono Calendas
Septembris, Pontificatus nostri XVIII.

Eadem, sed contractius Baronibus scribit[507], & hæc inter cætera: Cum
igitur illa Compositio, qualis qualis, ad quam per vim & metum
induxistis eundem, non solum sit vilis & turpis, verum etiam illicita &
iniqua, ut merito sit ab omnibus reprobanda, maxime propter modum; Nos,
qui tam Regi quam Regno tenemur, & spiritualiter & temporaliter
providere per Apostolica scripta, vobis præcipiendo mandamus, & in recta
fide consulimus, quatenus facientes de necessitate virtutem, renuncietis
compositioni hujusmodi per vos ipsos, & satisfaciatis eidem Regi ac suis
de damnis & injuriis irrogatis, ut idem Rex per manifesta devotionis &
humilitatis indicia placatus a vobis, per seipsum emendet quicquid de
jure faceret concedendum, ad quod etiam nos ipsum efficaciter inducemus.
Quoniam sicut nolumus, quod ipse suo jure privetur, ita volumus, ut ipse
de vestro gravamine desistat: nec per consuetudines pravas & exactiones
iniquas sub nostro dominio regnum Angliæ opprimatur. Eritque firmum &
stabile in perpetuum, quod tali modo fuit ordinatum. Inspiret igitur
vobis ille, qui neminem vult perire, ut adquiescatis humiliter nostris
salubribus consiliis & mandatis: ne si secus egeritis, in eum incidatis
articulum necessitatis, quem tandem evadere sine multo gravamine non
possitis. Datæ ut superiores.

     [Note 507: _Mat. Par. pag. 257._]

His non acquiescentes Barones, Papa primo generaliter, deinde
specialiter & nominatim, cum fautoribus suis, excommunicat, terras etiam
eorum sub interdicto ponens. Fortes vero in malitia Ludovicum filium
Regis Franciæ sibi eligunt in Regem, qui ne prohibente Papa, a
direptione Angliæ revocatur. Romam igitur Nuncios mittit, inter quos &
Papam, sic de causa agitur.

                                            [Marge: _Causa Reg. Johannis
                                            Romæ acta inter Nuncios R.
                                            Fr. Ludov. & Innocent.
                                            Papam._]

_Causa Johannis Regis Angliæ Romæ agitur inter Nuncios Ludovici Franci,
& Papam Innocentium._

_Nuncii._ Quod Johannes Arthurum nepotem suum (regni & dominiorum Regis
Richardi I. legitimum hæredem) propriis manibus per proditionem
interfecit, pessimo mortis genere, quod Angli murdrum appellant. Pro quo
facto idem Rex condemnatus fuit ad mortem in Curia Regis Francorum per
judicium Parium suorum.

_Papa._ Barones Franciæ non potuerunt judicare eum ad mortem, qui sit
Rex inunctus, & ita sit superior: Per Barones, tanquam inferiores, non
potuit ad mortem condemnari, quia major dignitas quodam modo absorbet
minorem. Et præterea incivile videtur, & contra Canones esse, in hominem
absentem, non vocatum, nec confessum, mortis ferre sententiam.

_Nuncii._ Consuetudo est in regno Francorum, quod Rex habet omnimodam
jurisdictionem in homines Ligios suos: Et Rex Angliæ erat suus homo
Ligius, tanquam Comes & Dux: Ergo licet esset alias Rex inunctus, tamen
tanquam Comes & Dux, erat de jurisdictione Domini Regis Francorum. Sed
si Comes & Dux in regno Francorum delinqueret, posset & deberet judicari
ad mortem per Pares suos. Imo, si non esset Dux & Comes vel homo Ligius
Regis Franciæ, & deliquisset in regno Franciæ, ratione delicti in regno
perpetrati, potuerunt Barones eum judicare ad mortem. Alioquin si Rex
Angliæ, quia Rex erat inunctus, non posset judicari ad mortem, impune
posset intrare regnum Franciæ & interficere Barones Franciæ, sicut
interfecerat Arthurum.

Hujus autem negotii veritas talis est. Revera non fuit Rex Johannes
juste & rite abjudicatus a Normannia: quia idem Rex non judicialiter sed
violenter spoliatus, misit propter restitutionem Regi Francorum
Philippo, Nuncios solennes & prudentes, viz. Eustachium Episcopum
Eliensem, & Hubertum de Burgo, viros disertos & facundos, significans ei
quod libenter veniret ad curiam suam juri per omnia super illa re
pariturus ac responsurus, sed ut provideretur ei salvus conductus. Et
respondit Rex Philippus sed non sereno vultu vel corde; Libenter in
pace salvus veniat. Et Episcopus: Domine, & rediat. Et Rex: Ita sit, si
parium suorum judicium hoc permittat. Et cum supplicassent omnes Nuncii
Regis Angliæ ut liceret ei salvo venire & redire, Rex Franciæ iratus cum
juramento solito respondit: Per sanctos Franciæ, non nisi mediante
judicio. Et cum adderet Episcopus pericula quæ possent contingere per
adventum ejus, ait: Domine Rex, non posset Dux Normanniæ ad Curiam
vestram venire, nisi veniret Rex Angliæ, cum una persona sint Dux & Rex,
quod non permitteret aliquo modo Barnagium Angliæ, etsi ipse Rex hoc
vellet: imminerent enim pericula, ut nostis, capturæ vel cædis. Cui
respondens Rex, dixit: Et quid hoc, domine Episcope? Bene scitur quod
Dux Normanniæ, qui Tenens meus est, Angliam sibi acquisivit violenter: &
si subito aliquid accrescit in honorem, perdetne per hoc Dominus
Capitalis? Absit. Ad quod cum nuncii nihil poterant rationabiliter
respondere, redierunt ad Dominum Regem Angliæ, quæ audierant & viderant,
nunciantes. Rex autem noluit se committere dubiis casibus, & judiciis
Francorum qui eum non diligebant, maxime cum timeret ut ei de turpissima
morte Arthuri objiceretur, juxta illud _Horatii_,

      _----quia me vestigia terrent,
      Omnia te adversum spectantia, nulla retrorsum._

Magnates autem Franciæ nihilominus processerunt in judicium, quod rite
non debuerunt facere, ex quo judicandus abfuit, qui adesse voluit si
posset. Unde si Rex Johannes, abjudicatus fuerit per adversarios suos,
non rite abjudicabatur.

_Papa._ Multi Imperatores & Principes, & etiam Francorum Reges, multos
in Annalibus occidisse leguntur innocentes, nec tamen quenquam illorum
legimus morti addictum. Et cum Arthurus apud Mirabel in castrum non ut
innocens, sed quasi nocens & proditor domini & avunculi sui cui homagium
& ligantiam fecerat, captus fuerit; potuit de jure, morte etiam
turpissima sine judicio condemnari.

_Nuncii._ Quod sæpe citatus non personaliter juri pariturus comparuit,
nec sufficientem Responsalem pro se ad Curiam Franciæ destinavit.

_Papa._ Si Rex Angliæ fuit tantum contumax, quia citatus non venit, nec
misit; sed propter contumaciam non solet quis puniri ad mortem, nec
debet. Ergo Barones Franciæ non potuerunt judicare eum ad mortem, sed
saltem alio modo punire eum, per ablationem sc. feudi sui.

_Nuncii._ Consuetudo est in regno Franciæ, quod ex quo aliquis accusatur
coram suo Judice de tam crudeli homicidio quod murdrum appellatur, &
ille qui accusatur non venit (nec) vero modo legitimo se excusat, pro
convicto habetur, & tanquam convictus per omnia judicatur, & etiam ad
mortem, ac si præsens esset.

_Papa._ Pactio potuit esse inter Regem Franciæ & Ducem Normanniæ, vel
antiqua consuetudo, quod Dux Normanniæ non debet venire ad citationem
Regis Franciæ, in Marchiam. Unde, si non venit citatus, nec deliquit,
nec propter hoc potuit taliter puniri. Item si sententia lata fuerit
contra Regem Angliæ, non tamen mandata fuit executioni, quia non fuit
occisus; unde proles quam suscepit postea, debet ei in regno succedere:
Quia Rex Angliæ non commisit crimen læsæ Majestatis nec crimen hæreseos,
pro quibus tantum filius exhæredatur, pro delicto patris.

_Nuncii._ Consuetudo est in regno Franciæ, quod ex quo aliquis est
damnatus ad mortem, quod proles suscepta post sententiam damnationis
succedere non debet; geniti tamen ante sententiam succedere debent. Sed
tamen super hoc nuncii litigare noluerunt.

_Objectiones Papæ versus Lodovicum._

_Papa._ interim. Licet Rex Anglorum judicatus esset ad mortem, & etiam
filii de carne sua geniti, non ideo _Blanca_[508] deberet ei succedere,
sed propinquiores de genere ejus, viz. proles fratris primogeniti: & ita
soror Arthuri, vel Otho qui fuit filius sororis primogenitæ. Et si
ponatur quod Regina Castellæ debeat succedere, & ita Blanca filia ejus,
non est verum, quia masculus debet præferri: Rex sc. Castellæ. Et si
nullus esset Masculus, præferri deberet Regina Legionum, tanquam
primogenita.

     [Note 508: _Uxor Lodovici, neptis Regis Johannis._]

_Nuncii._ Filii fratris non debent succedere, ex quo, tempore latæ
sententiæ frater non vivebat; & ita neptis, soror sc. Arthuri, non debet
succedere, quia non est in linea descendenti, cum sit filia fratris.
Similiter tempore latæ sententiæ, mater Othonis non vivebat, ergo non
successit, ergo Otho non debet succedere. Sed Regina Castellæ vivebat
quæ soror erat, & ideo successit. Ergo mortua Regina Castellæ, proles
successit & succedere debuit.

_Papa._ Rex Castellæ succedere debet quia masculus est, vel Regina
Legionum tanquam primogenita.

_Nuncii._ Cum plures sunt hæredes qui alicui debent succedere, & ille
qui primo loco debet succedere, taceat, vel hæreditate investiri debet,
hæreditate illa secundum consuetudinem approbatam, salvo tamen jure
alterius si reclamaverit. Et ideo Dominus Ludovicus intrat regnum Angliæ
ut suum: Et si quis propinquior velit super hoc reclamare, Dominus
Ludovicus faciet inde quod debet.

_Papa._ Regnum Angliæ suum proprium est, & est in possessione Domini,
ratione fidelitatis quæ super hoc est ei facta per juramentum, & etiam
ratione census qui jam ei solutus est de regno; unde cum in nullo
delinqueret, non deberet sibi guerram movere Ludovicus, nec deberet eum
spoliare a regno Angliæ per guerram; maxime cum Rex Angliæ multas habet
terras in feudo Regis Franciæ, de quibus potest ei movere guerram.

_Nuncii._ Mota fuit guerra & justum bellum contra Regem Angliæ antequam
regnum illud esset Domini Papæ. Sed de regno Angliæ venit Willielmus de
longa Spata, & multi alii cum eo in manu valida, & armata, qui damna
multa & injurias intulerunt Domino Ludovico in terra sua propria, & ideo
Dominus noster potest movere justum bellum contra Regem Anglorum.

_Papa._ Licet Rex Angliæ tanquam Vassallus ejus Ludovico, non ipse
tamen deberet ei movere guerram; sed deberet conqueri Domino superiori
sc. Papæ, cui subest Rex Angliæ tanquam Vassallus ejus.

_Nuncii._ Consuetudo est, ex quo aliquis Vassallus alterius movet
guerram alicui authoritate sua; ille cui mota est guerra, potest ei
movere guerram authoritate sua: ille tenetur conqueri Domino illius. Et
si Dominus vult defendere Vassallum suum quamdiu movet talem guerram,
ipse Dominus dicitur facere guerram.

_Papa._ In generali Concilio statutum est, quod inter omnes discordantes
debet esse Pax vel treuga, usque ad 4 annos, pro succursu terræ sanctæ,
& ideo tempore medio Ludovicus non debet regno Angliæ guerram movere.

_Nuncii._ In recessu suo a Francia Lodovicus non fuit requisitus de pace
vel treuga; & si requisitus esset, crediderunt tantam esse malitiam
Regis Angliæ, quod noluit pace vel treuga gaudere.

_Papa._ Rex Angliæ cruce signatus est: unde, ex constitutione generalis
Concilii, ipse Rex & omnia sua, debent esse sub protectione Ecclesiæ.

_Nuncii._ Rex Angliæ ante crucem sumptam guerram moverat Domino
Lodovico, & damna multa fecerat, castra sua ceperat, & adhuc milites
suos & servientes incarceratos retinet, & huc usque in guerra est contra
Dominum Lodovicum, nec pacem vel treugam cum eo habere voluit super hoc
etiam sæpe requisitus.

_Papa_ dicit quod ipse, de communi consilio generalis Concilii
excommunicaverat Barones Angliæ, & omnes fautores eorum, & ita Dominus
Lodovicus sententiam incurrisse videtur.

_Nuncii._ Lodovicus non adjuvat Barones Angliæ, nec fovet eos, sed jus
suum prosequitur; nec etiam credit Lodovicus, nec credere debet, quod
Dominus Papa ad tantum Concilium, injuste velit aliquem excommunicare.
Nam tempore latæ sententiæ Dominus Papa nesciebat, quod Lodovicus
haberet jus de regno Angliæ; & cum hoc illi constiterit, non credit Dom.
Lodovicus quod Concilium possit ei jus suum auferre.

_Papa._ Rex Francorum & Lodovicus filius ejus, post sententiam a
Baronibus Franciæ in Regem Angliæ latam, ipsum Regem appellaverunt, &
pro Rege habuerunt, & cum eo tanquam cum Rege Angliæ, treugas
statuerunt.

_Nuncii._ Post latam sententiam a Baronibus in Regem, nunquam illum pro
Rege habuerunt, sed ipsum Regem depositum appellaverunt, sicut Abbas
depositus & quilibet alius dici solet.

_Papa._ Novissime dicit, quod ipse (non) statuet super his antequam
veniant Nuncii Domini Walonis. Erat autem Walo Legatus ejus cum ad Regem
Franciæ tum in Angliam & ad Johannem Regem.

Rex _Johannes_ in castro _Neuwerc_ asperrimo contritus morbo, _Henricum_
filium suum primogenitum regni denuntiat successorem: Literisque Sigillo
suo munitis, omnibus Vicecomitibus & Castellanis præcipit, ut ei forent
intendentes; nocteque 19 _Octobris_ vitam post tot discrimina exhalavit.



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_HENRICUS  III._

                                            [Marge: _Initium Regis
                                            Ætas._]

                                            [Marge: _Juratur._]

_Henricus_ III coepit regnare 19 Octob. 1216. & die 28 ejusdem mensis,
natus jam annos tantum novem & dies 27 a Legato Walone, cum Episcopis &
Magnatibus Angliæ ad Ecclesiam S. Petri Westmonast. solenni ducitur
processione[509]: ubi ante altare majus constitutus juravit coram Clero
& Populo, appositis sibi sacrosanctis Evangeliis, & plurimorum Sanctorum
reliquiis, dictante juramentum _Jocelino_ Bathoniensi Episcopo.

     [Note 509: _Mat. Par. pag. 278._]

                                            [Marge: _Ecclesiæ._]

Quod honorem, pacem & reverentiam, portabit Deo & sanctæ Ecclesiæ, &
ordinatis, omnibus diebus vitæ suæ.

                                            [Marge: _Justit._]

Quod in populo sibi commisso, rectam justitiam tenebit.

                                            [Marge: _Bonis Legibus._]

Quodque Leges malas & iniquas consuetudines, si quæ sint in regno,
delebit, & bonas observabit, & ab omnibus faciet observari.

                                            [Marge: _Homag. Papæ
                                            facit._]

Deinde homagium fecit Romanæ Ecclesiæ, & Innocentio Papæ, de regno
Angliæ, & Hiberniæ, & juravit præterea.

                                            [Marge: _Censum jurat._]

Quod 1000 marcas quas Pater ejus Romanæ contulerat Ecclesiæ fideliter
persolveret, quamdiu prædicta regna teneret.

                                            [Marge: _Coronatur._]

His peractis a Petro _Wintoniensi_ & _Johanne Bathoniensi_ Episcopis
(suspenso & exulante _Cantuariensi_ Archiepiscopo) in Regem, de more,
unctus & coronatus est.

                                            [Marge: _Homag. & fid.
                                            capit._]

Die crastina Homagia & fidelitates Episcoporum & Magnatum præsentium
cepit.

                                            [Marge: _Comes Penbroc._]

Post Coronationem, custos ei & regno eligitur Guilielmus Comes
_Penbroc_, magnus Angliæ Marescallus; qui literis protinus omnibus
Vicecomitibus & Castellanis præcipit ut Regi jam coronato sint
intendentes[510].

     [Note 510: _Mat. Par. ib._]

Quilibet pannus debet esse duas ulnas infra listas memb. 4. bis ex
Claus. An. 1. Hen. 3. in dors. p. lib. 18.

                                            [Marge: _Pacis articuli
                                            inter R. Henr. & Ludov. R.
                                            Fr._]

A. D. 1217. 3 Id. Septemb.[511] cum ad extremas angustias adactus
_Lodovicus_ Gallus, pacem ab Henrico Rege exorasset; conveniunt utrique
in insula quadam juxta Stanes, juranteque inter alia Lodovico recessurum
se ab Anglia nunquam rediturum; & Henrico Regi omnia jura sua in
partibus transmarinis restituturum. Henricus Rex vicissim Legato Papæ &
Custodi Regni Guil. Marescallo jurat, quod redderet Baronibus Angliæ &
aliis omnibus de regno, omnia jura & hæreditates suas, cum omnibus
libertatibus antepetitis, pro quibus discordia fuit exorta inter Jo.
Regem Anglorum & Barones.

     [Note 511: _Mat. Par. pag. 288._]

                                            [Marge: _Winton. Episc. fit
                                            custos Regis & regni._]

A. D. 1219. Sub Natalitiis Domini[512], Guilielmus Marescallus custos
Regis & regni moritur; & Petrus _Wintoniensis_ Episcopus ad hoc munus
eligitur.

     [Note 512: _Mat. Par. pag. 292._]

                                            [Marge: _Secunda Coronatio
                                            Regis Hen._]

A. D. 1220. Regis 5. 16 Cal. _Junii_ die sancta Pentecostes Rex apud
Westmonasterium a _Stephano_ Cantuariensi Archiepiscopo præsente Clero &
Populo totius regni (verba sunt _Parisii_)[513] coronatus. Sed hoc de
more annuo.

     [Note 513: _Mat. Par. pag. 398._]

                                            [Marge: _Membrorum truncatio
                                            adhuc in usu._]

A. D. 1222. Die S. Jacobi excitato seditioso tumultu a
_Londoniensibus_[514]. Constantinus author vir magnus in civitate &
nonnulli alii a capitali Justitiario Com. Cantii suspendio traduntur,
alii truncatis pedibus sive manibus puniuntur.

     [Note 514: _Mat. Par. pag. 304._]

_Patent. an. 3. H. III. memb. 5._

                                            [Marge: _Literæ Regis pro
                                            Justitiariis de modo
                                            puniendi maleficos._]

Rex dilectis & fidelibus suis _Philippo_ de _Ulecot_ & sociis suis
Justitiariis itinerantibus in Comitatibus, Cumberland. Westmerland. &
Lancaster. _Salutem._

Qui dubitatum fuit & non determinatum ante inceptionem itineris vestri
quo judicio deducendi sunt illi qui rectati sunt de latrocinio, murdro,
incendio, & hiis similibus, cum prohibitum sit per Ecclesiam Romanam
Judicium ignis & aquæ, Provisum est a consilio nostro ad præsens ut in
hoc itinere sic fiat de rectatis de hujusmodi excessibus; videlicet quod
illi qui rectati sunt de criminibus prædictis majoribus, & de eis
habeatur suspicio quod culpabiles sint de eo unde rectati sunt (de
quibus etiam licet regnum nostrum abjurarent adhuc suspicio esset quod
postea malefacerent) teneantur in prisona nostra & salvo custodiantur,
ita quod non incurrant periculum vitæ vel membrorum occasione prisonæ
nostræ: Illi vero qui mediis criminibus rectari fuerint & quibus
competeret Judicium ignis vel aquæ si non esset prohibitum, & de quibus
si regnum nostrum abjurarent nulla fuerit postea malefaciendi suspicio,
regnum nostrum abjurent. Illi vero qui minoribus rectati fuerint
criminibus, nec de eis fuerint mali suspicio salvos & securos plegios
inveniant de fidelitate & pace nostra conservanda & sic demittantur in
terra nostra. Cum igitur nihil certius providerit in hac parte consilium
nostrum ad præsens, relinquimus discretioni vestræ hunc ordinem
prædictum observandum in hoc itinere vestro, ut qui personas hominum,
formam delicti, & ipsarum rerum veritatem melius cognoscere poteritis,
hoc ordine, secundum discretiones & conscientias vestras in hujusmodi
procedatis. Et in hujus rei testimonium, &c. Teste Domino P.
_Wintoniensi_ apud Westmonasterium XXVI die Januarii, anno regni nostri
tertio.

_Per eundem & P. de Burgo Justiciarium._

Eodem modo scribit Domino Bathon. & Glaston. Episcopis, & sociis suis
Justic. itinerantibus in Comitatibus Sumerset, & Dorset. Justiciariis
itinerantibus in Comitatu Oxon. & Justiciariis itinerantibus in Comitatu
Lanc. & Justiciariis itinerantibus in Com. Essex. & Hertford. &
Justiciariis itinerantibus in Com. Eborum, & Justiciariis itinerantibus
in Com. Bedford. & Bucks, & Domino. H. Lincoln. & sociis suis
Justiciariis itinerantibus.

Capitula & sacramentum coram Justiciariis itinerantibus dorso Paten. 3.
H. 3. m. 1. p. 31. l. 12. libr. Steph. _Segrane_ in Bedf. Buck. Vid.
_Hoved._ p. 549 & 743.

                                            [Marge: _Magnates petunt
                                            libertates Angl. juxta
                                            sacramentum Regis._]

                                            [Marge: _Rex annuit._]

A. D. 1223. Regis 8. in Octavis _Epiphaniæ_[515] Archiepiscopus
Cantuariæ, & alii Magnates, Regem Londoniis obtestantur, ut libertates
Angliæ, pro quibus bellatum fuit cum patre suo, confirmaret. Asserentes,
quod in recessu Lodovici Galli ab Anglia, juratum esset ab ipso Rege, &
tota nobilitate regni: quod libertates præscriptas omnes observarent, &
omnibus traderent observandas. Guilielmus Briwere, unus e Consilio
Regis, respondit: Eas violenter extortas fuisse, nec debere igitur
observari. Moleste id ferens Archiepiscopus: Guillielme (inquit) si
Regem diligeres, non impedires pacem regni. Quibus Rex pie motus: Omnes
(ait) libertates illas juravimus, & omnes astricti sumus, ut quod
juravimus observemus.

     [Note 515: _Mat. Par. pag. 305._]

                                            [Marge: _Rex inquirendas
                                            præcipit libertates
                                            Angliæ._]

Habito super hoc consilio, misit literas suas ad singulos Vice-comites
regni, præcipiens:

Ut per Milites XII. vel legales homines uniuscujusque Comitatus, per
sacramentum facerent inquiri, quæ fuerunt libertates in Anglia tempore
Regis Henrici avi sui: & factam inquisitionem, ad _Londonias_ mitterent
ad Regem in 15 diebus post Pascha.

                                            [Marge: _Normannia detenta,
                                            quod libertates Angliæ non
                                            conceduntur._]

A. D. 1223. Mortuo, circa festum S. Petri ad vincula[516], _Philippo_
Rege Francorum, succedit _Ludovicus_, quem _Henricus_ Rex per solennes
Legatos rogat, ut Normanniam ei redderet cum aliis terris transmarinis,
sicut juraverat in recessu suo ab Anglia, cum ex assensu universorum
Magnatum, pax inter eos esset composita. Sed hoc renuit _Ludovicus_,
asserens juramentum ex parte Henrici esse violatum: tum quod Imprisii
sui Lincolniæ capti ad gravissimam redemptionem sunt compulsi: tum
autem quod de libertatibus regni Angliæ, pro quibus guerra mota fuerat,
(&) quæ in recessu suo concessæ erant, & ab omnibus juratæ; ita actum
est, quod non solum illæ leges pessimæ ad statum pristinum sunt reductæ,
sed & illis nequiores, per totum regnum Angliæ sunt generaliter
constitutæ.

     [Note 516: _Ibid. pag. 306._]

                                            [Marge: _Concil.
                                            Northampton._]

A. D. 1224. In Octav. S. Trin. Concilium _Northamptoniæ_ celebrat[517],
præsentibus Archiepiscopo, Episcopis, Comitibus, Baronibus, & aliis
multis. Tractatur de regni negotiis & dominiis in Francia reparandis.

     [Note 517: _Ibid. pag. 308._]

                                            [Marge: _Falcasius
                                            latrocinii, accusatus Regis
                                            Justiciarios in carcerem
                                            detrudit._]

Considunt interea Dunestabliæ Justitiarii Regis itinerantes, _Mar. de
Pateshull_, _Thode Multona_, _Hen. de Braibroc_, & alii, placita
tenentes de nova dissaisina. Coram his comperitur _Falcasius_ quidam
(vir potens, & qui Johanni Regi militans Anglos acerrime contriverat)
multos spoliasse, & plusquam 30 liberos homines de tenementis suis
dissaisasse, dirutisque tenementis, fundum castello suo de _Bedford_
assaisisse; ideoque totidem centenis libris in Regis mulctatur
misericordiam. Iratus _Falcasius_, comprehendi jubet istos Justitiarios,
vinctosque in cæcum detrudi castelli carcerem. Manipulum emittit, qui
jussa expediat; fugiunt Justitiarii, capitur tamen _H. Braibroc_, &
carceri mancipatur. Uxor Regem advolat & Concilium: acta ejulans
nunciat, & implorat opem. Consulitur una voce in vindictam celerem.
Conscribitur exercitus, & arma omnes capiunt. Rex cum Clero atque Populo
castellum adit, Justitiarium suum deposcit & introitum. Respondent
Castellani, se nec de homagio Regis esse nec de fidelitate (erant quippe
_Neustrii_) ideoque non tradituros castrum, _Falcasio_ (qui absens erat)
non jubente. Obsidentur acriter & impetuntur a Populo telis, a Clero
anathemate: Cædunt tamen Regios, & interficiunt. Commotus Rex, cohortem
mittit _Falcasium_ quæsituram & comprensuram: sed hoc frustra. Tunc
machinas adhiberi jubet, labefactarique muros, atque etiam frustra.

                                            [Marge: _Falcasius in
                                            exilium relegatur._]

Solennius jurat, se obsessos suspensurum omnes, si per vim hos caperet.
Illi, spretis cum minis nunciis, prohibent se ulterius de reddendo
sollicitari. Rex accersit fabros; castellum ligneum erigit multo ipsis
eminentius: Hinc ex alto missilibus, infra cuniculis subterraneis,
undequaque machinis & armato milite impetuntur: & sic tandem capti
fratres _Falcasii_ & Nobiles multi (24 numero) suspensi luunt.
_Falcasio_ ipsi ad Regis confugienti misericordiam, decreto Concilii ob
insignem in militia probitatem vita indulgetur: sed spoliatis bonis
omnibus atque prædiis, in perpetuum exilium relegatur.

In hoc autem _Concilio_[518], Regi, pro maximis laboribus suis &
impensis, tam a Prælatis quam a Laicis, concessum est per totam Angliam
Carucagium, de qualibet caruca duo solidi argenti.

     [Note 518: _Mat. Par. pag. 310._]

Magnatibus autem concessit Rex scutagium sc. de scuto quolibet duas
Marcas Sterlingorum, & sic omnes ad propria recesserunt.

                                            [Marge: _Rex 15am, petit ad
                                            recuperanda amissa in
                                            Francia._]

_Concilium Westmonasterii. A. D. 1225._

Rex _Henricus_[519] ad Natale tenuit Curiam suam apud Westmonasterium,
præsentibus Clero & Populo cum Magnatibus regionis. Solennitate igitur
ut decebat completa, Hubertus de Burgo, Domini Regis Justitiarius ex
parte ejusdem Regis, proposuit coram Archiepiscopis, Episcopis,
Comitibus, Baronibus, & aliis universis, damna & injurias, quæ Regi
illata fuerant in partibus transmarinis, ex quibus non solum Rex, sed &
Comites multi & Barones sunt exhæredati cum ipso: & cum multi sunt in
causa, multorum subventio erit necessaria. Petiit ergo ab omnibus
consilium, pariter & auxilium, quibus Corona Angliæ dignitates amissas
ac jura posset pristina revocare. Ad hoc quoque plene perficiendum, Regi
sufficere credidit, si ei quintadecima pars omnium rerum mobilium totius
regni Angliæ, tam a personis Ecclesiasticis quam a Laicis donaretur.

     [Note 519: _Mat. Par. verb. pag. 311._]

                                            [Marge: _Barones libertatum
                                            concessiones petunt a
                                            Rege._]

His in hunc modum prosecutis, Archiepiscopus & concio tota Episcoporum,
Comitum, & Baronum, Abbatum & Priorum, habita deliberatione, Regi dedere
responsum: Quod Regis petitionibus gratanter adquiescerent, si illis
diu petitas libertates concedere voluisset.

                                            [Marge: _Renovantur chartæ,
                                            ut a Joh. concessæ._]

Annuit itaque Rex, cupiditate ductus, quod petebant magnates: Chartisque
protinus conscriptis, & Regis sigillo munitis, ad singulos Angliæ
Comitatus, chartæ singulæ diriguntur: & ad provincias illas quæ in
forestis sunt constitutæ, duæ Chartæ sunt directæ, una sc. de
libertatibus communibus, & altera de libertatibus forestæ.

Istarum autem tenor Chartarum superius habetur expressius, ubi historia
agitur de _Johanne_: ita quod Chartæ utrorumque Regum in nullo
inveniuntur dissimiles.

                                            [Marge: _Visio forestarum._]

                                            [Marge: _Chartæ singulæ in
                                            singulos Comitatus._]

Tunc constitutus est dies certus ad mensem post Pascha, ut, de singulis
Comitatibus regni, XII Milites & legales homines eligerentur, qui,
addito juramento, novas a veteribus discernerent forestas: ut omnes illæ
quæ inventæ fuerint afforestatæ post primam coronationem Henrici avi
istius Regis, statim deafforestentur. Et sic soluto Concilio, delatæ
sunt Chartæ singulæ ad singulos Comitatus, ubi ex Regis mandato,
literatorio interposito juramento, ab omnibus observari jubentur.
_Richardo_ fratre Domini Regis, Milite, libertates generales, tam
forestarum quam aliarum libertatum, pro quibus tantum cum Rege Johanne
decertatum fuit, licet nil stabile vel solidum, vel pollicita
redderetur, vel observaretur, sunt deceptoriæ acclamatæ.

                                            [Marge: _Forestæ
                                            deambulantur._]

                                            [Marge: _Omnia ad totam
                                            possidentur._]

Ad mensem per Pascha, A. D. 1225. dimissi sunt[520] a Rege _Hugo de
Nevilla_ (capitalis Justitiarius Forestarum) & _Brienus de Insula_, cum
aliis ad hoc assignatis per Angliam; ut in singulis forestarum
provinciis XII Milites vel liberi homines eligerentur ad deambulandum
metas forestarum; ut per sacramentum eorum, quæ forestæ remanere, ut
fuerunt prius, & quæ deafforestari debeant, discernatur. Facta itaque in
brevi regii executione mandati, licet non sine magna contradictione
plurimorum; concessis libertatibus singuli usi sunt: de boscis suis
propriis vendentes; terram arabilem de inculta sulcantes; ita quod de
nemoribus deafforestatis omnes pro libitu disponebant: Et non solum
homines, verum etiam canes, qui prius expeditari solebant, has
libertates se habere gaudebant. Communibus vero libertatibus, Magnates,
Milites, & libere tenentes adeo usi sunt, quod nec iota unum in Regis
Charta contentum, extitit prætermissum.

     [Note 520: _Ibid. pag. 311._]

Circa eosdem dies quintedecimæ partis medietas totius regni omnium
mobilium & rerum habitarum, colligitur ad opus _Regis_; concessis
induciis de altera medietate, usque ad festum S. Michaelis.

                                            [Marge: _Bulla Papæ qua
                                            Henr. majorennem declarat._]

_Gregorius Papa mandat, ut Rex Henricus, qui est minoris ætatis
permittatur ad disponendum de regno & regni negotiis, eo quod virtutes
ejus supplent ætatem.[521]_

     [Note 521: _Rub. lib. Scac. fol. 171._]

_Gregorius_ Episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis nobilibus
viris, Comitibus & Baronibus Angliæ, & aliis charissimi in Christo filii
nostri Henrici illustris Regis Angliæ fidelibus universis, salutem &
Apostolicam benedictionem. Ad hoc in annis minoribus constitutos
legitime sanctiones eorum indempnitatibus consulendo, usque ad certum
tempus esse sub tutoribus & curatoribus providerunt, ne iidem minores
rebus suis valeant male uti, sed per illos utiliter procurentur. Verum
cum secundum sanctiones easdem ad dampnum cujusquam non debeat
retorqueri, quod in ejus favorem noscitur introductum, si non
permittantur adulti, quibus prudentia defectum supplet ætatis, de rebus
suis utiliter disponere, ac discrete profecto in eorum perniciem
vergeret, quod pro ipsorum fuerat utilitate provisum, & quod esse debent
ad bonum eis inveniretur ad malum. Licet igitur E'mi in Christo filii
nostri H. Regis Angliæ illustris adolescentia computetur in annis,
compertum sicut accepimus & gaudemus animum jam induit virilem ætateque
profecit & prudentia, Ita quod illud quod in annorum numero sibi deest
in discretionis videatur recuperare virtutem, non est idem amodo
prohibendus de regno & regni negotiis utiliter disponere ac prudenter.
Ideoque devotioni vestræ per Apostolica Scripta præcipiendo mandamus
quatenus cum venerabili fratre nostro Winton. Episcopo, & nobilibus
viris Justic' Angl' & W. Briwere dom' nostris litteris in præceptis, ut
amodo sibi regni sui dispositionem dimittant liberam & quietam eidem
Regi de cætero intendatis humiliter & devote exhibendo ipsi reverentiam
& honorem quem decet fideles Domino exhibere, ac adversus eos qui contra
ire præsumpserint sic ei fideliter & firmiter assistatis quod fidelitas
vestra clareat in effectum, & ideo ad dilectionem vestram non immerito
astringatur. Quod si secus feceritis, quod non credimus ferendum, in vos
excommunicationis sententiam poteritis non immerito formidare. Datum
Lat' Idus April' Pontificatus nostri anno primo.

_Concilium Oxonii, quo Rex Chartas Libertatum denuntiat irritas. A. D.
1227, Reg. 11._

                                            [Marge: _Libertatum irritus
                                            denuntiat._]

Rex in mense Februario apud _Oxoniam_ Concilio congregato, denuntiavit
coram omnibus, se legitimæ esse ætatis, ut de cætero solutus a custodia,
regia negotia ipse principaliter ordinaret. Sic a gubernatione
Wintoniensis Episcopi se excussit, consilio _Huberti de Burgo_
Justitiarii Angliæ.[522]

     [Note 522: _Mat. Par. pag. 324._]

Jam in hoc ipso _concilio_ cancellari fecit & cassari omnes Chartas in
Provinciis omnibus regni Angliæ, de libertatibus forestæ, postquam jam
per biennium, in toto regno fuerant usitatæ. Hanc occasionem prætendens,
quod Chartæ illæ concessæ fuerant, & libertates scriptæ & signatæ dum
ipse erat sub custodia, nec sui corporis aut sigilli, aliquam habuerit
potestatem: unde viribus carere debuit, quod ratione fuerat usurpatum.

Facta est autem super his in Concilio ingens murmuratio, & omnes
Justitiarium hujus perturbationis judicabant auctorem.

Tunc vero denuntiatum est viris religiosis & aliis, qui suis volebant
libertatibus gaudere, ut innovarent Chartas suas de novo Regis sigillo:
scientes quod Rex chartas antiquas nullius esse momenti reputabat. Pro
quarum innovatione, non juxta singulorum facultatem taxatio facta est,
sed quicquid Justitiarius æstimabat, solvere sunt coacti.

Sub Idibus _Julii_ Barones Regem minaciter petunt ut inter alia, Chartas
quas nuper _Oxonii_ cancellaverat de libertatibus forestæ, sibi absque
dilatione restitueret sigillatas. Commotos, Rex pro tempore mulcet, sed
hoc infecto[523].

     [Note 523: _Ibid. pag. 225._]

Rex, celebratis _Domini Natalitiis_ Eboraci, Londinum regreditur, & in
itinere mensuras bladi, vini & cervisiæ falsitatis arguens[524], quasdam
confregit, & comburere nonnullas præcepit, & vasa substituens capaciora,
panem majoris ponderis jussit fieri, & hujus statuti contemptores, poena
gravi pecuniaria mulctari præcepit.

     [Note 524: _Mat. Par. pag. 332._]

_Magnum Concilium Westmonasterii cui præter Magnates, aderant qui de
Rege tenent in Capite (juxta concessionem Regis Johannis in Magna Charta
sua) & Rectores etiam Ecclesiarum._

                                            [Marge: _Concilium datur
                                            Papæ Nuncio._]

Cum magister _Stephanus_ Domini Papæ Capellanus & Nuncius, Regi Anglorum
negotia ipsius Papæ, & sui causam adventus ostendisset[525]: fecit Rex
convenire apud Westmonasterium, _Dominica_ qua cantatur misericordia
Domini, Archiepiscopos, Episcopos, Abbates, Priores, Templarios,
Hospitalarios, Comites, Barones, _Ecclesiarum Rectores_, & qui de se
_tenebant in capite_, ad locum præfixum & diem, ut audirent negotia
memorata, & de rerum exigentiis communiter tractarent ibidem.

     [Note 525: _Ibid. pag. 349._]

                                            [Marge: _Decimas petit ad
                                            bellum contra Imperatorem._]

Omnibus igitur congregatis tam Laicis quam Clericis & eorum subjectis,
Magister _Stephanus_ coram omnibus recitavit literas Dom. Papæ, in
quibus exigebat; decimas omnium rerum mobilium de tota Anglia, Hibernia,
& Wallia, ab Universis Laicis & Clericis, ad guerram suam sustinendam,
quam contra Romanum Imperatorem susceperat Fredericum. Ostendit autem in
literis memoratis, quod ipse solus hanc expeditionem susceperat pro
universali Ecclesia, quam dictus Imperator jam diu excommunicatus &
rebellis, subvertere nititur, sicut evidentibus apparet indiciis: unde
divitiæ sedis Apostolicæ cum non sufficiant ad ipsum exterminandum,
necessitate compulsus, ab universis Ecclesiæ filiis implorat auxilium,
per quod expeditionem inchoatam, & in parte jam feliciter prosperatam,
perducere valeat ad desideratum effectum. Persuadet denique Dominus Papa
in conclusione negotii, singulis Ecclesiæ membris, quatenus sicuti filii
naturales Ecclesiæ Romanæ, quæ mater est omnium Ecclesiarum, potenter
subveniant, ne, quod absit, ipsa, deficiente, membra cum capite
succumbere videantur.

                                            [Marge: _Rex tacet._]

Rex, a quo cæteri omnes auxilium sperabant & defensionem, Romæ per
procuratores se ad decimas solvendas obligaverat, nec volens ideo
contradicere: tacendo visus est Assensum præbere.

                                            [Marge: _Laici negant._]

Comites vero & Barones & Laici omnes plane renuunt; nolentes Baronias
suas, vel Laicas possessiones Romanæ Ecclesiæ obligare.

                                            [Marge: _Clerus invitus
                                            concedit._]

Episcopi, Abbates, & Prælati alii post trium vel quatuor dierum (cum
murmure) deliberationem; excommunicari metuentes vel interdici,
consentiunt demum, at sperantes quod pro certa summa pecuniæ rem
transigerent. Arte autem Stephani de Segrave Justitiarii & Consiliarii
Regis, factum est ut asseritur, quod decimæ ipsæ redduntur integre, ad
Ecclesiæ damnum inæstimabile. Sibimet nec successit.

                                            [Marge: _Taxandi modus
                                            pavis._]

Tunc ostendit Nuntius Papæ literas, quibus ipse Procurator constitutus
fuit ad has decimas colligendas, non secundum taxationem factam in
Vicesima quæ Regi nuper data fuit pro Libertatibus obtinendis, sed
secundum quod melius possunt ad commodum Domini Papæ & uberius, omnia
bona & mobilia singulorum taxari, viz. de omnibus redditibus,
proventibus, fructibus carucarum, oblationibus, decimis, nutrimentis
animalium, & fructibus, & de omnibus obventionibus Ecclesiarum vel
aliarum possessionum quocunque nomine censeantur, non aliquibus debitis
vel expensis aliqua occasione deductis.

                                            [Marge: _Contradicentes
                                            excommunicantur._]

Habuit etiam ex eisdem literis auctoritatem, contradictores
excommunicandi & Ecclesias interdicendi. Unde constitutis procuratoribus
suis in singulis comitatibus regni, omnes illos excommunicavit qui circa
decimas ipsas reddendas, vel taxationem faciendam, per se, vel per
alium, colludium, pactum iniquum, subtractionem, vel fraudem aliquam
duxerint faciendam.

                                            [Marge: _Præstatur ante
                                            collectionem._]

Et quoniam negotium festinum exigebat auxilium, Prælatis omnibus & aliis
poena excommunicationis indixit; ut vel mutuo, vel alio quocunque modo,
pecuniam perquisitam sibi traderent indilate, ut eam Domino Papæ
incontinenti transmitteret: eandem postmodum, decimis singulorum rite
taxatis plenarie recepturi. Erat quippe Papa tot tantisque involutus
debitis, ut susceptum nequiret bellum sustinere. Sic soluto Concilio
murmurantibus cunctis, recessum est.

                                            [Marge: _Decimantur ipsæ
                                            segeces._]

His peractis, sequitur exactio adeo aspera, ut de frugibus venturi
Autumni qui adhuc erant in herba, decimarum cogerentur exhibere pretium.

                                            [Marge: _Ad celerem
                                            Solutionem res Ecclesiæ
                                            venduntur._]

Urgetur denique solutio repentina, fierique non tantum in denariis
pensatis & probatis, sed nuper etiam fabricatis. Calices igitur & sacram
supellectilem vendunt Prælati, aut foeneratoribus (quos secum adduxit
ipse nuntius) pignori exponunt, ut ad Romani votum omnia fierent, nam
sub interdicto omnia periclitabantur.

                                            [Marge: _A. D. 1229. Solus
                                            Comitatus Cestriæ liber ab
                                            his decimis._]

Adversus hanc autem decimationem, solus sed viriliter stetit _Ranulphus_
Comes _Cestrensis_, nolens terram suam in servitutem redigi[526]: Non
permisit igitur de feodo suo Religiosos, vel Clericos decimas memoratas
conferre, quamvis Anglia & Wallia, Scotia & Hibernia, multaque insuper
regna transmarina & longe posita, ad solutionem compellerentur.

     [Note 526: _Mat. Par. pag. 350._]

                                            [Marge: _A. D. 1230. Gravis
                                            exactio a Clero Londinens. &
                                            Judæis._]

Sub mense _Aprili_, A. D. 1230, ad exactionem Regis, Archiepiscopi,
Episcopi, Abbates & Priores per Angliam totam, Regi pecuniam dederunt
non modicam, quod per eam, subtracta patris sui jura posset revocare in
partibus transmarinis. Cives Londinenses pro eodem negotio, ad
redemptionem gravissimam sunt compulsi. Judæi etiam tertiam partem
suorum omnium, vellent nollent, Regi sub festinatione persolverunt.

                                            [Marge: _A. D. 1231. Reg.
                                            16. Hen. III. Scutagium 3.
                                            marcarum._]

                                            [Marge: _Archiep. negat a
                                            Laicis censeri._]

                                            [Marge: _Defertur ad 15.
                                            Paschæ._]

Rex ab expeditione _Britanniæ_, _Andegaviæ_, _Pictaviæ_, & _Gasconiæ_,
sat inglorius reversus: quarto jam mense viz. VII Calend. _Februarii_,
A. D. 1231, colloquium init _Westmonasterii_ cum Prælatis & aliis regni
Magnatibus: & scutagium exigit trium marcarum pro quolibet scuto, de
omnibus qui Baronias tenebant tam Laicis quam Prælatis[527]. Cui
_Richardus Cantuariensis_ Archiepiscopus & quidam Episcopi cum eo,
audacter resistentes, dixerunt quod non tenentur viri Ecclesiastici
judicio subjici Laicorum, cum absque illis concessum fuisset scutagium
in finibus transmarinis. Tandem vero post multas hinc inde
disceptationes, negotium quantum ad Prælatos reclamantes pertinebat,
usque XV Dies post Pascha dilationem accepit; omnes alii, tam Laici quam
Clerici ac Prælati, favebant regiæ voluntati.

     [Note 527: _Ibid. pag. 354._]

                                            [Marge: _A. D. 1232. Rex
                                            petit auxilium ob Sumptus in
                                            bello._]

Convenerant Nonas _Martii_ ad colloquium apud _Westmonasterium_ ad
vocationem Regis Magnates Angliæ tam Laici quam Prælati, quibus Rex
proposuit[528] quod magnis esset debitis implicatus causâ bellicæ
expeditionis quam nuper egerat in partibus transmarinis: unde
necessitate compulsus, ab omnibus generaliter auxilium postulavit.

     [Note 528: _Ibid. 359._]

                                            [Marge: _Laici ajunt se una
                                            militasse, & sic
                                            discedunt._]

Quo audito Comes _Cestriæ Ranulphus_ pro Magnatibus regni loquens,
respondit, quod Comites, Barones ac Milites qui de eo tenebant in
Capite, cum ipso erant ibi corporaliter præsentes & pecuniam suam ita
inaniter effuderunt, quod inde pauperes omnes recesserunt: unde Regi de
jure auxilium non debebant. Et sic petita licentia Laici omnes
recesserunt.

                                            [Marge: _Clerus petit
                                            inducias._]

Prælati vero Regi respondentes dixerunt quod Episcopi multi & Abbates
qui vocati erant, non fuerant præsentes: & sic petierunt inducias
quousque ad diem certum possent omnes pariter convenire. Præfixus est
itaque dies a XV diebus post pascha, ut omnibus congregatis, tunc fieret
quod erat de jure faciendum.

                                            [Marge: _Capitalis
                                            Justitiarius deponitur._]

_Hubertus_ de _Burgo_ Comes _Cantii_ & Capitalis Angliæ Justitiarius
deponitur: & edicto Regis proclamatum est per Civitatem: ut omnes qui
habebant querelam contra Hubertum de quacunque injuria, venirent ad
Regem justitiam illico recepturi.

                                            [Marge: _A. D. 1232. Reg.
                                            16. 40ma pars bonorum Regi
                                            data._]

Convenerunt, A. D. 1232, apud _Lambejam_ ad _colloquium_ in exaltatione
S. Crucis coram Rege, Episcopi & alii Ecclesiarum Prælati cum
Proceribus regni[529] ubi concessa est Regi pro debitis quibus Comiti
Britanniæ tenebatur astrictus, quadragesima pars rerum mobilium, ab
Episcopis, Abbatibus, Prioribus, Clericis, & Laicis, sicut ea habuerunt
frugibus congregatis in Autumno, anno regni ejusdem Regis XVI.

     [Note 529: _Mat. Par. pag. 364._]

                                            [Marge: _Hub. de Burgo
                                            declinat Concilium._]

_Hubertus_ de _Burgo_ cui datus fuerat a Rege iste terminus ad
respondendum super articulis & exactionibus ei impositis, iram Regis
nimis habens suspectam, non ausus est hic comparere, sed ad pacem
Ecclesiæ confugiens, _Meritoniæ_ inter Canonicos delituit, mortem (ut
rebatur) turpissimam sic effugiens. Vide articulos apud _Parisium_, pag.
363, & in _Archæologo_ nostro.

Ad prædictam autem quadragesimam colligendam, Rex hujusmodi misit
literas in singulos Comitatus.

                                            [Marge: _Modus colligendi
                                            subsidium._]

_Modus antiquus concedendi, assidendi, & levandi auxilium Regi, quod
hodie subsidium dicimus._

                                            [Marge: _Collectores &
                                            Assessores._]

_Henricus_ Dei gratia Rex Anglorum, Petro de _Thaneo_, Willielmo de
_Culewurthe_, & Adæ filio _Willielmi_, Collectoribus Quadragesimæ,
salutem[530].

     [Note 530: _Ibid. pag. 367._]

                                            [Marge: _Concessio 40mæ
                                            partis._]

Sciatis quod Archiepiscopi, Episcopi, Abbates, Priores & Clerici, terras
habentes quæ ad Ecclesias suas non pertinent: Comites, Barones, Milites,
Liberi homines, & _Villani_ de regno nostro, concesserunt nobis in
auxilium 40mam partem omnium mobilium suorum apparentium, sicut ea
habuerunt in crastino S. Matthæi anno regni nostri XVI. viz de _Bladis_,
carrucis, ovibus, vaccis, porcis, harariis, equis carretariis, &
deputatis ad wannagium in Maneriis, Exceptis bonis quæ prædicti
Archiepiscopi, Episcopi & aliæ personæ Ecclesiasticæ habent de Ecclesiis
Parochialibus, & de Ecclesiis præbendialibus & Præbendis, & terris ad
præbendas pertinentibus, & Ecclesias Parochiales spectantibus.

                                            [Marge: _Taxanda per 4 de
                                            villa & præpositum
                                            juratos._]

                                            [Marge: _Ipsi per alios._]

                                            [Marge: _Villæ imbreviandæ
                                            in rotulo._]

Provisum est generaliter a prædictis fidelibus nostris, quod prædicta
40ma hoc modo assideatur, & colligatur. Quod viz. de qualibet Villa
integra eligantur 4. de melioribus, & legalioribus hominibus, una cum
Præpositis singularum Villarum, per quorum Sacramentum 40ma pars omnium
mobilium prædictorum taxetur, & assideatur super singulos, in præsentia
militum Assessorum, ad hoc assignatorum. Et postea per Sacramentum
duorum Legalium hominum earundem villarum, inquiratur & assideatur 40ma
omnium mobilium, quæ prædicti 4. homines & Præpositi habent: & districte
imbrevietur & aperte de cujus vel de quorum Baronia, quælibet villa
fuerit in parte, vel in toto.

                                            [Marge: _Rotulus tradendus
                                            Senescallo Baronis, ut Baro
                                            colligat, &c._]

                                            [Marge: _Pecunia Militib.
                                            Assessoribus._]

                                            [Marge: _Summa irrotulanda
                                            inter Senescal. &
                                            Assessor._]

Et postquam Quadragesima fuerit Assisa, & in Scriptum redacta, rotulus
omnium Particularium de singulis villis, & singulis Comitatibus,
liberetur Senescallo singulorum Baronum, vel Attornato ipsius
Senescalli, vel Baillivo libertatis ubi aliquis libertatem habuerit: sc.
quod Baro vel Dominus Libertatis velit & possit prædictam 40mam
colligere, & pro ea habenda distringere. Si vero non velit vel non
possit, Vice-comites districtionem faciant prædictam, ita quod nil inde
recipiant. Sed tota 40ma prædicta, prædictis Militibus Assessoribus
liberetur, in majori, & securiori villa singulorum Comitatuum. Et de
qualibet villa fiat summa talis inter Senescallum Baronis vel ejus
Attornatum, vel Senescallos Domini Libertatis, & prædictos Assessores.

                                            [Marge: _Pecunia servanda in
                                            majori villa sub sigillo &
                                            clavib. Assess. & Vicecom._]

Et deponatur pecunia per eosdem Assessores, in aliquo loco tutiori ejus
villæ, ita quod Assessores habeant sigilla sua & seras & claves suas
super pecuniam prædictam: & Vice-comites similiter sigilla sua, & seras
& claves suas.

                                            [Marge: _Assessores mittent
                                            rotulos taxationis & receptæ
                                            ad Scaccarium._]

                                            [Marge: _Pecunia at novum
                                            Templum._]

Et Assessores statim ex quo quadragesima assisa fuerit per ipsos mittant
rotulos suos ad Scaccarium, de toto itinere suo. Et similiter ex quo
prædicta pecunia ab eis collecta fuerit, mittant rotulos suos ad
Scaccarium de recepta sua, & prædicta pecunia reservetur in locis ubi
deposita fuit, donec ad mandatum nostrum deferatur usque ad novum
Templum Londinense.

                                            [Marge: _Non taxandus qui
                                            non habet 40 den._]

Nihil autem capietur ab aliquo homine nomine 40mæ qui non habuerit de
hujusmodi bonis mobilibus ad valentiam 40 denariorum ad minus.

Ad prædictam siquidem 40mam assidendam in Comitatu _Hertfordiæ_,
assignavimus vos, & mandavimus vicecomiti nostro de _Hertfordia_, quod
singulas villas Comitatus sui, certis diebus & locis, quos ei scire
faciatis, & in omnibus quæ ad dictum negotium pertinent & obediat.
Valete.

                                            [Marge: _A. D. 1233.
                                            Magnates recusant venire ad
                                            Parlamentum._]

Rex, A. D. 1233, missis Literis suis vocavit omnes de regno Comites &
Barones ad _Colloquium_, ut venirent apud _Oxoniam_ ad festum S.
_Johannis_[531]. Sed ipsi noluerunt ad ejus mandatum venire, tum propter
insidias alienigenarum; tum propter indignationem quam conceperant
adversus Regem, qui extraneos ob eorundem Baronum vocavit contemptum.

     [Note 531: _Mat. Par. pag. 372. Verb._]

                                            [Marge: _Nunc veniunt
                                            stipari, sed nihil actum._]

Edicit Rex aliud _Colloquium Westmonasterii_ ad Calendas Augusti, cui
magno militis apparatu multi veniunt Proceres, sed propter quorundam
absentiam, præsertim Comitis _Cestriæ_, qui de insidiis monitus, ocius
refugerat, nihil actum est.


_OBSERVATION._

      Rapin de Thoyras[A] attribue la division qu'il y eut entre
      Henri III & les Barons, à ce que les Ministres de ce
      Monarque avoient tenté de les priver des droits que la
      grande Charte leur accordoit. Ces priviléges consistoient
      sur-tout dans la possession perpétuelle & héréditaire des
      Fiefs que Guillaume le Conquérant leur avoit donnés,
      possession dont Henri III vouloit se rendre le maître
      absolu. Depuis Guillaume le Conquérant jusqu'à Henri III,
      les Loix féodales ont donc toujours été en vigueur en
      Angleterre; & si le Peuple desiroit & obtenoit à chaque
      nouveau regne le rétablissement des Loix d'Edouard, les
      Seigneurs avoient intérêt que celles du Conquérant fussent
      maintenues. De là au commencement de quelques regnes on voit
      les Loix d'Edouard rétablies en apparence, & dans le cours
      de ces regnes, les Loix féodales, qui avoient été
      introduites par la Conquête, reprendre le dessus. Enfin rien
      ne prouve mieux que ces Loix sont les seules sources dont
      les Coutumes actuelles des Anglois sont émanées, que le peu
      de rapport qu'il y a entre ces Coutumes & les Loix, tant
      d'Edouard que de ses Prédécesseurs.

                                            [Marge A: Dans les Remarques
                                            sur le premier Volume des
                                            Actes de Rymer.]

_FIN._



=========================================================================

_DICTIONNAIRE_
DES MOTS LES MOINS INTELLIGIBLES
_DU TEXTE DE LITTLETON_.


Pasquier, Livre 18 de ses Recherches, au mot _Couvrefeu_, dit que dans
l'_Ouvrage_ de Littleton _il y a plus de paroles Normandes que
d'Angloises_. Cette observation a pu faire croire jusqu'ici qu'il
falloit sçavoir l'Anglois pour entendre Littleton: le Texte de ce
Jurisconsulte, en devenant moins rare, dissipera certainement ce
préjugé.

L'idiome dont Littleton s'est servi est purement Normand. Il ne paroît
Anglois que parce que la plupart des termes François qui étoient en
usage au commencement de notre Monarchie, ont passé en Angleterre avec
les Loix de notre Nation. Il faut cependant convenir que les expressions
du Jurisconsulte Anglois different beaucoup des façons de parler qui se
rencontrent dans les Actes ou Ecrits antérieurs ou postérieurs au temps
où il vivoit, mais ceci doit seulement nous faire appercevoir combien il
seroit important que l'on déterminât les époques du langage qui a été
spécialement adopté dans chaque siecle: sans cette opération, il ne sera
jamais possible d'appercevoir les divers degrés par lesquels notre
Langue est parvenue au point de perfection où nous la voyons maintenant.

Le défaut de la plupart de nos Vocabulaires consiste en ce qu'ils ont eu
pour objet l'interprétation de tous les mots qui ne sont plus
aujourd'hui d'usage. De là ceux qui ont rédigé ces Vocabulaires ont
puisé indistinctement dans tous les Ecrits ou dans tous les Titres qui
leur ont offert des expressions surannées en plus grand nombre; mais ils
n'ont pas réfléchi sur le danger de cette méthode.

Satisfaits d'avoir découvert un sens dont un mot a été susceptible
pendant un certain temps, ils ont négligé d'examiner si on n'avoit pas
cessé dans la suite d'attacher le même sens à ce mot. D'où il arrive que
ceux qui suivent trop scrupuleusement leurs interprétations sont induits
à faire souvent signifier aux choses le contraire de ce qu'elles
désignent.

Si j'avois eu assez de liberté pour former un Recueil de tout ce qui a
été écrit sur les anciennes Coutumes de Normandie, j'aurois terminé ce
Recueil par un Dictionnaire Chronologique des termes successivement
usités en cette Province depuis le dixieme siecle jusqu'à la réforme du
vieux Coutumier; mais nécessité par mon état actuel de me restraindre à
l'interprétation du Texte de Littleton, interprétation que je n'ai
d'abord entreprise que pour mon utilité particuliere, je me suis aussi
borné à l'explication des termes les plus hétéroclites de ce Texte.
Peut-être cependant que dans la suite les circonstances me permettront
(si personne n'entreprend ce travail) de publier les Traités sur
l'ancien Droit Coutumier Normand que j'ai indiqués dans ce second
Volume; alors le Public trouveroit, dans la réunion des différens
Vocabulaires que je joindrais à chaque Traité un Dictionnaire universel
du langage qui a subsisté en Normandie durant les cinq siecles que j'ai
précédemment indiqués. Sans le secours d'un Ouvrage fait d'après cette
idée, il y aura toujours lieu d'appréhender qu'en prenant pour guides le
plus grand nombre, & peut-être même tous nos Vocabulaires actuels, on ne
confonde le sens des expressions des différens siecles, comme les
Auteurs de ces sortes de Livres ont confondu les dates des autorités sur
lesquelles ils ont appuyé leurs interprétations.


A

_A_                            de

_Abarrer_,                     empêcher l'effet.

_Abbatement_,                  destruction.

_Abbatre_,                     anéantir, rejetter.

_s'Abbatre en une terre_,      s'en emparer.

_Abeiance_,
        droit en _abeiance_,   droit qui est suspendu.

_Able_,                        habile, propre, convenable.

_Abridger_,                    abréger.

_Accomplish_,                  accompli.

_Accompt_,                     comptés.

_Accordant_,                   qui a rapport, qui est conforme.

_Achate_,                      achat.

_Acquitance_,                  droit de se faire décharger par un autre
                               d'une demande

_Adwouson_,                    Patronage.

_Afferance_,                   rapport, produit.

_Affiance_,                    Fiançailles, promesse réciproque faite
                               entre deux parties de s'épouser.

_Affiert_,                     appartient, écheoit.

_Agard_,                       observé; _il fut agard_, il fut observé.

_Age_ de discrétion,           14 ans.

_Age plein_,                   Voyez _Pleinage_.

_Aiel_ ou _Ail_,               Ayeul.

_Ale_,                         aller.

_Ale_,                         séparé, détaché, effacé.

_Alien_,                       étranger.

_Alien_,                       aliéner, vendre, donner, transporter.

_Alienee_,                     Aquereur.

_Alleger_,                     alléguer.

_Allotment_,                   l'action de faire des Lots.

_Almes_,                       ames.

_Alotte_,                      tombé dans un Lot.

_Allow_,                       approuvé.

_Allowable_,                   digne d'approbation.

_Allowance_,                   du Verbe allouer, accorder une chose
                               à quelqu'un.

_Alterate_,                    altéré, préjudicié, endommagé.

_Ambideux_,                    toutes les deux.

_Amnuity_,                     rente, revenu.

_Amount_,                      monte.

_Ancestors_,                   Ancêtres.

_Ancestrel_,                   d'Ancêtres.

_Anienter_,                    anéantir.

_Apiert_,                      il est prouvé, il paroît.

_Appearence_,                  comparence.

_Appel_,                       appellé, nommé.

_Apportion_,                   à proportion.

_Apprender_,                   s'instruire, apprendre.

_Aquitement_,                  décharge qu'un Garant doit au Garanti.

_Arer_,                        labourer.

_Arere_ ou _Adere_,            arréragé.

_Arraigner_,                   impétrer, solliciter un Jugement,
                               assigner.

_Array_,                       préparé.

_As_,                          aux.

_Ascention_,                   droit de succéder à un Ascendant.

_Ascun_,                       aucun.

_Assent_,                      consentement.

_Assese_,                      réglé ou réglée.

_Assesser_,                    fixer, déterminer, établir.

_Assets_,                      assez.

_Assouth_,                     exempt, absous.

_Attainder_,                   Jugement de condamnation.

_Attaint_,                     actionné, poursuivi en Jugement.

_Attainte_,                    action pour se plaindre d'un Jugement ou
                               d'un Procès-verbal faux.

_Attornement_,                 transport.

_Attorner_,                    transporter à un autre un droit que l'on

_Attorney_,                    Porteur de Procuration.

_Available_,                   valable.

_Averment_,                    Aveu d'une tenure.

_Averrer_,                     prouver.

_Avers_,                       Bestiaux qui nantissent une Ferme à la
                               Campagne.

_Aunt_,                        Tante.

_Avowerie_,                    reconnoissance faite au Seigneur par le
                               Vassal, de ce qu'il a des terres
                               relevantes de son Fief.

_Avoyde_,                      nul, compté pour rien.

_Autels_,                      autant.

_Auter_,                       autre.

_Aweroust_,                    doute.

_Auterment_,                   autrement.

_Auxy_ ou _Axy_,               aussi.

B

_Barbits_,                      brebis.

_Baron_,                        Epoux.

_Barre_,                        exception.

_Barrer_,                       empêcher, priver.

_Barretors_,                    Chicaneurs.

_Baylement_,                    location.

_Bayler_,                       donner, louer une maison.

_Beale_,                        belle.

_Blees_,                        bleds.

_Bond_,                         borne.

_Bondage_,                      tenure villaine.

_Bont_,                         droit.

_Boefes_,                       boeufs.

_Bouch_,                        bouche.

_Breve_,                        bref.

_Burgesses_,                    Bourgeois.

_Burgessours_,                  Incendiaires.

_Burgh_,                        Bourg.

_Bushels_,                      Boisseaux.

C

_Cancell_,                      cancelé, scellé.

_Capons_,                       chapons.

_Carier_,                       charrier.

_Carue_,                        charue, autant de terre qu'il en faut
                                pour occuper une Charue.

_Case_,                         cas.

_Castle_,                       Château.

_Ceo_,                          ce

_Cest_,                         ce

_Ceulx_,                        ces

_Challenge_,                    moyens par lesquels on rejette le
                                témoignage des Jureurs.

_Chapter_,                      Chapitre.

_Chateux_ ou _Chatels_,         effets mobiliers.

_Chaunter_,                     parler, décider, prononcer.

_Chescun_,                      chaque.

_Claime_,                       clameur.

_Claimer_,                      reconnoître, avouer, & aussi reclamer.

_Clove_,                        clou.

_Coadjutors_,                   concurrens.

_Coheirs_,                      Cohéritiers.

_Cohert_,                       forcer, obliger, contraindre.

_Colour_,                       apparence, droit apparent.

_Commeitter_,                   confier.

_Common_,                       commun.

_Compel_,                       forcé, obligé, contraint.

_Compeller_,                    forcer, obliger, contraindre.

_Compester_,                    disposer les terres à recevoir les
                                différentes semences avec succès.

_Complaine_,                    plainte.

_Comprehender_,                 comprendre.

_Conclude_,                     non-recevable.

_Congeable_,                    qui peut être expulsé.

_Continual_,                    continué.

_Contristiant_,                 Voyez _Nient_.

_Conveyer_,                     conserver à un autre un droit qu'on a.

_Conusans_,                     connoissance.

_Conusier_ ou _Conuster_,       reconnoître, avouer.

_Conusor_,                      Prédécesseur, Auteur, celui au droit
                                duquel on jouit d'un fonds.

_Cornage_,                      publication ou convocation faite avec
                                une corne percée.

_Corrupt_,                      corrompu.

_Consen_ ou _Cosin_,            Parent & Parente.

_Costage_, ou _Cost_,           coût, débours.

_Covenants_,                    conventions.

_Covert_,                       couvert.

_Coverture_ ou _Couverture_,    Mariage subsistant.

_Covin_,                        convention secrete, concert.

_Counsailer_,                   Conseiller.

_Counter_,                      conter, raconter.

_Countie_,                      Comté.

_Cresser_,                      accroissement.

_Culpable_,                     coupable.

_Cure_,                         soin.

_Curge_ ou _Courge_,            court, _currit_.

_Curtesie_,                     droit de viduité dû au Mari qui a eu un
                                enfant vivant.

_Cy_,                           oui.

D

_Dagger_,                       dague, poignard.

_Damajouse_,                    dommageable.

_Darrain_,                      dernier.

_Deane_,                        Doyen.

_Deanry_,                       Chapitre, Doyenné.

_Decease_,                      décès.

_Declaration_,                  Contrat.

_Defeasible_,                   qui peut être anéanti.

_Defeat_,                       déchu, anéanti.

_Deforcer_,                     retenir injustement.

_Deins_,                        dans.

_Dementiers_,                   jours intermédiaires.

_Demesne_,                      propre.

_Demesnes_,                     propriétés, fonds.

_Detinue_,                      retenue, détention.

_Devates_,                      débat.

_Deviat_,                       mourut.

_Devider_,                      diviser, partager.

_Devier_,                       mourir, _il devy_, il meurt.

_Devise_,                       clause d'un Testament, Testament.

_Devisor_,                      Testateur.

_Disabilitie_,                  incapacité.

_Disable_,                      inhabile, incapable.

_Disabler_,                     prétendre que quelqu'un est inhabile,
                                incapable.

_Disagreer_,                    refuser,

_Discent_,                      Succession.

_Discinet_,                     Homme qui n'a point de ceinture.

_Disclaimer_,                   renoncer, méconnoître.

_Discontinuance_,               interruption du droit qu'on a sur un
                                fonds par la vente qu'un autre, chargé
                                de conserver ce droit, en a faite.

_Discover_,                     découvrir.

_Disease_,                      figure, aspect.

_Disinheritance_,               action par laquelle on deshérite
                                quelqu'un, on le dépouille d'un droit.

_Disparagement_,                faire épouser à un Mineur ou à une
                                Mineure une personne de condition
                                inférieure ou qui est difforme, &c.

_Disseisissour_,                celui qui dépossede.

_Distrainer_,                   saisir, enlever d'un fonds quelque
                                meuble.

_Distres_,                      _détresse_, saisie.

_Distresse_,                    faculté de dépouiller quelqu'un de sa
                                possession.

_Distributer_,                  distribuer.

_Divester_,                     dénaturer.

_Done_, _Donor_ ou _Donour_,    Donateur.

_Donées_,                       Donataires.

_Dowment_,                      Dot.

_Droiturel_,                    légitime, conforme au droite.

_Duties_,                       redevances.

E

_Effectual_,                    exécuté, effectué.

_Egaltie_,                      égalité.

_Egresse_,                      sortie.

_Eigne_,                        aîné _ou_ aînée.

_Eigné_,                        aîné.

_Eeins_,                        dans, dedans.

_Eire_,                         Tribunal ambulant.

_Election_,                     choix.

_El ust ewe_,                   il _ou_ elle eût eu, _qu'il soit ewe_,
                                qu'il ait eu.

_Embear_,                       embarrasser, charger, occuper une chose
                                par une autre.

_Empleder_,                     appeller en Jugement.

_Enclosure_,                    empêchement, obstacle, opposition.

_Encounter_,                    envers, contre.

_Endent_,                       autentique.

_Endenture_,                    Acte autentique, double, & dont les deux
                                parties étant dentelées _s'endentent_
                                l'une avec l'autre.

_Endict_,                       convaincu, jugé, condamné.

_Endorce_,                      employé sur, endossé.

être _Endow_,                   avoir douaire.

_Endurer_,                      durer.

_Enheritance_ ou _enheritage_,  succession.

_Enheritrix_,                   Héritiere.

_Enlarger_,                     étendre, augmenter.

_Ent_,                          cependant.

_Entaile_,                      qui a la faculté de succéder à un
                                _Fief à tail_ ou conditionnel.

_Entent_,                       point, a _cel entent_, en ce point.

_Enter_,                        entrer; il signifie aussi enregistrer.

_Entiertie_,                    totalité.

_Entire_,                       entier & entiere.

_Entrer_,                       se mettre en possession.

_Entry_,                        entrée.

_Equitie_,                      raison.

_Escheate_,                     échéance.

_Escrouet_,                     rouleau.

_Eslier_,                       choisir, opter.

_Especial_,                     spécial.

_Esperver_,                     épervier.

_Estate_,                       état.

_Ester_,                        être.

_Estope_,                       sans droit, non recevable, exclus.

_Estoyer_,                      subsister.

_Estoyera_,                     restera.

_Evidence_,                     preuve.

_Ewe_,                          eau.

_Excommengement_,               excommunication.

_Executors_,                    Exécuteurs testamentaires.

_Expences_,                     dépenses.

_Expresser_,                    exprimer.

_Expulsement_,                  expulsion.

_Extinguishment_,               amortissement, extinction.

_Extortionners_,                Concussionnaires.

F

_Face_,                         fait.

_Failir_,                       faillir, manquer.

_Fait_,                         Acte.

_Fait polle_,                   Acte olographe, qui n'est point
                                autentique.

_Fauxer_,                       faire déclarer faux un Acte.

_Fealty_ ou _Fealtie_,          fidélité.

_Feasance_,                     réduction.

_Feast_,                        Fête.

_Fee simple_,                   Fief héreditaire.

_Feigner_,                      feindre.

_Feoffee_,                      Fieffataire, feudataire.

_Feofment_,                    inféodation.

_Ferromus_,                     nous ferons.

_Fieffor_,                      celui qui donne un fonds en fief.

_File_,                         fille.

_Fime_,                         fumier.

_Finali_,                       final.

_Fine_,                         somme, amende, taxe, & aussi
                                transaction.

_Fits_,                         fils.

_Follie_,                       tort, faute.

_Forbarre_,                     privé, dépouillé.

_Forbarré_,                     empêché, non recevable.

_Forcprise_ ou _Fortspris_,     excepté.

_Forsque_,                      sinon.

_Forstaller_,                   frauder un droit.

_Fort_,                         capable.

_Foundu_,                       fondé.

_Foundu_,                       copié, dressé sur un modele.

_Foyal_,                        fidele.

_Franckalmoigne_,               franche-aumône.

_Franc tenement_,               usufruit, possession des fruits, bien
                                dont on n'a que la jouissance.

_Friers_,                       freres.

_Fuit_,                         fut.

G

_Gallines_,                     poules.

_Gaunts_,                       gants.

_Genuler_,                      fléchir le genouil, s'agenoullier.

_Gilofer_,                      géroffle.

_Gisant_, en _gisant_,          en jettant.

_Gisir_,                        consister en quelque chose, résider en
                                quelqu'un ou en quelque chose.

_Grants_,                       dons, cessions de biens.

_Grantor_,                      Donateur.

_Greinder_ ou _griender_,       grand, élevé, plus considérable.

_Griever_,                      faire préjudice.

H

_Hanap_,                        coupe.

_Happer_,                       arriver, il _happa_, il arriva que, &c.
                                il veut dire aussi se _procurer_,
                                obtenir.

_Heires_,                       hoirs, successeurs, héritiers.

_Hont_,                         honte.

_Host_,                         armée.

_Hotchpot_,                     rapport entre cohéritiers.

I

_Iammes_,                       jamais.

_Impeachment_,                  empêchement.

_In_,                           dans.

_Incumbent_,                    pourvu d'un Bénéfice; celui qui
                                l'occupe.

_Indenture_,                    voyez _Endenture_.

_Indictment_,                   assignation.

_Inheritable_,                  qui a droit de succéder.

_Interrupt_,                    interrompt & interrompre.

_Joine_,                        déposé en la main de Justice.

_Mise joine_,                   gages que le demandeur & le défendeur
                                donnoient respectivement avant de
                                plaider.

_Jointment_,                    conjointement.

_Jointure_,                     tenure que l'on possede conjointement
                                avec quelqu'un.

_Issint_,                       ainsi.

_Issuant_,                      sorti.

_Issue_,                        enfant.

_Jurie_,                        Jurée, Assise, où l'on prononce sur le
                                rapport des Jureurs.

_Justices_,                     Juges.

_Juventute_,                    jeunesse.

L

_Laches_,                       négligence.

_Large_, _prender a large_,     prendre une chose dans sa Généralité.

_Lease_, _leas_,                cession, abandon.

_Lessee_,                       cessionnaire.

_Lessor_,                       celui qui cede.

_Letter_,                       Acte, Ecrit, Lettre.

_Levie_,                        approuvé, _sine levie_, transaction
                                ratifiée par les Juges.

_Ley_,                          Loi; ce mot se prend aussi pour
                                bataille,_Ley gager_, c'est gager la
                                bataille.

_Liable_,                       qui est tenu, obligé, engagé à exécuter
                                quelque convention.

_Limit_,                        spécifié, désigné.

_Lirroit_,                      il seroit permis.

_Liver_,                        livre de poids.

_Liverie de saisin_,            investiture.

_Lou_,                          quand.

_Lour_,                         leur.

M

_Maihemer_,                     disloquer, estropier.

_Maines_,                       mains.

_Maintenance_,                  manutention, conservation.

_Maner_,                        maniere.

_Manor_,                        Manoir, Seigneurie.

_Manumission_,                  affranchissement.

_Marches_,                      frontiere.

_Marry_,                        marié.

_Master_,                       Maître, Chef, Supérieur, Administrateur.

_Matter_,                       matiere.

_Meane_,                       intermédiaire, moyen, médiation. Ce mot
                               est quelquefois substantif, quelquefois
                               adjectif.

_Mease_,                       masure; il veut dire aussi moyen.

_Meason_,                      maison.

_Meinder_,                     moindre.

_Meins_,                       moins.

_Melieux_,                     meilleur.

_Mercie_,                      merci, _estre en le mercie_, être à la
                               merci.

_Mere_,                        vrai, certain, _plus mere_, plus certain.

_Mese_,                        métairie.

_Mesmes_,                     moi-même.

_Mesnaltie_,                  état du Seigneur moyen, intermédiaire.

_Mesne_,                      moyen, qui tient le milieu.

_Metes_,                      mesures.

_Mi_,                         pas _ou_ point.

_Mischief_,                   malheur.

_Mise_,                       gages.

_Mitter_,                     mettre, employer.

_Moity_,                      moitié.

_Money_,                      monnoie.

_Monstrans_,                  exhibition.

_Morant_,                     mort.

_Morier_,                     finir, s'éteindre.

_Mulier_,                     enfant né avant le mariage.

_Mulnes_,                     moindre, plus petit, plus jeune.

_Mults_,                      plusieurs.

_Muster_,                     _montre_, revue de troupes.

N

_Nemy_,                       non pas.

_Nief_,                       femme née en villenage.

_Nient_,                      n'est pas _ou_ rien; il signifie
                              quelquefois _sans_ comme dans ce mot
                              _nient constritant_, sans faire injustice,
                              malgré, indépendamment.

_Nonage_,                     minorité.

_Nosme_,                      nom.

_Noyer_,                      nuire.

_Nulluy_,                     aucun.

_Number_,