Home
  By Author [ A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z |  Other Symbols ]
  By Title [ A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z |  Other Symbols ]
  By Language
all Classics books content using ISYS

Download this book: [ ASCII | HTML | PDF ]

Look for this book on Amazon


We have new books nearly every day.
If you would like a news letter once a week or once a month
fill out this form and we will give you a summary of the books for that week or month by email.

Title: Les protestants à Nimes au temps de l'édit de Nantes
Author: Boulenger, Jacques
Language: French
As this book started as an ASCII text book there are no pictures available.
Copyright Status: Not copyrighted in the United States. If you live elsewhere check the laws of your country before downloading this ebook. See comments about copyright issues at end of book.

*** Start of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Les protestants à Nimes au temps de l'édit de Nantes" ***

This book is indexed by ISYS Web Indexing system to allow the reader find any word or number within the document.



                      NOTES SUR LA TRANSCRIPTION:

—Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
corrigées.

—On a conservé l’orthographie de l’original, incluant ses variantes.

—Les lettres écrites au-dessus ont étées representées ainsi: a^b et
 a^{bc}.



                                  LES

                          PROTESTANTS A NÎMES

                              AU TEMPS DE

                           L’ÉDIT DE NANTES



                   MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS



                           JACQUES BOULENGER

                                  LES

                          PROTESTANTS A NÎMES

                              AU TEMPS DE

                           L’ÉDIT DE NANTES



[Illustration: LOGO]



                         LIBRAIRIE FISCHBACHER

                          (_Société anonyme_)

                         33, RUE DE SEINE, 33

                                 PARIS

                                 1903



                          A FERNAND VANDÉREM



INTRODUCTION

 Organisation générale du parti protestant. Les assemblées politiques.
 Les assemblées ecclésiastiques. Celles-ci maintiennent l’unité du
 parti. Importance du consistoire.

 Plan de ce mémoire.

 Sources.


On a déjà étudié la situation sociale des protestants avant et
après l’édit de Nantes. M. Paul de Felice publie un ouvrage dans
lequel il nous renseigne sur leur culte, la vie de leurs pasteurs,
le fonctionnement de leurs assemblées et leur pédagogie[1]. Mais
l’inconvénient de ce livre est de s’étendre sur un plan trop vaste.
L’évolution du parti protestant n’y est pas nettement marquée, faute de
précision, et le mot «autrefois» remplace trop souvent la date exacte
que l’on souhaiterait.

En outre, comment se comportait le gouvernement communal dans les
villes huguenotes? Quels étaient les rapports des réformés avec les
catholiques? Est-il juste de dire que les protestants formaient un État
dans l’État? On pourra élucider ces questions lorsqu’un certain nombre
de monographies auront fait bien connaître l’organisation du parti
réformé dans les différentes provinces de France. C’est dans l’espoir
de contribuer à ce résultat que l’on s’est proposé d’étudier ici la
situation sociale et religieuse des calvinistes dans le colloque de
Nîmes.


_Organisation générale du parti._—En 1594, les protestants, réunis
à Sainte-Foy, réorganisaient leur parti comme il l’était avant
l’avènement de Henri IV. Le règlement politique qu’ils adoptèrent les
mettait peut-être à part du reste des Français, mais on n’avait pas
alors ce patriotisme dont la dernière forme apparut sous la Révolution,
et le reste des Français voulait massacrer, brûler ou pour le moins
convertir les protestants. En outre, depuis l’avènement de Henri IV,
cinq années s’étaient écoulées sans que les huguenots pussent rien
obtenir de leur ancien chef que des promesses, d’ailleurs vagues[2].
Ils commençaient à se détromper sur son compte: tant qu’il fut roi
de Navarre et héritier présomptif, il réclama avec eux la liberté du
culte[3]; mais, devenu roi de France, il lui parut que les idées
conservatrices étaient les bonnes et les protestants des rebelles; il
voulait «vivre en réalité, jouir enfin, et se reposer[4]». Aussi ne se
soucia-t-il plus de brouiller ses affaires avec le pape et de s’aliéner
la majorité catholique de ses sujets. Les huguenots s’en aperçurent et
crurent bon de se réorganiser: c’est alors qu’ils adoptèrent le fameux
règlement de Sainte-Foy qui fut revisé à Saumur (1595) et à Loudun
(1596).

Ils se divisaient en neuf provinces dont chacune avait: 1^o un conseil
provincial permanent de cinq ou sept membres; 2^o une assemblée
composée de trois députés par colloque qui se tenait une fois l’an.
En outre une assemblée générale, composée de deux députés pour chaque
province, plus un pour La Rochelle, devait s’occuper des affaires
générales du parti[5].

A côté de ces assemblées politiques, ils conservaient leur ancien
système d’assemblées ecclésiastiques. La France était divisée
en _Provinces_ qui se composaient d’un certain nombre d’églises
_dressées_[6], gouvernées chacune par une assemblée élue nommée
_Consistoire_ et desservie par un ou plusieurs pasteurs. Dans chaque
province, les églises se groupaient en _Colloques_; et, dans chacun
de ces colloques, une assemblée, composée des députés de toutes les
églises et nommée pareillement _Colloque_, jugeait en premier appel les
causes déjà examinées par les consistoires et réglait les différends
des églises entre elles. On pouvait appeler des décisions du colloque
au _Synode provincial_ formé des députés de tous les consistoires de
la province. Et enfin, en dernier ressort, on recourait au _Synode
national_ composé par les députés des synodes provinciaux de France.

Toutes ces assemblées ecclésiastiques devaient faire appliquer la
_Discipline_, et les assemblées politiques avaient à diriger la
conduite politique du parti. Il semble au premier abord que celles-ci
soient plus intéressantes que les premières. Mais, au point de vue un
peu spécial de cette étude, cela n’est pas exact.

Je souhaiterais, en effet, de montrer l’état intime du parti. Comment
vivaient les huguenots d’une ville comme Nîmes, par exemple? Quels
étaient leurs rapports avec les autorités, à une époque où la loi
ne fixait pas nettement leurs droits ni leurs devoirs? Comment se
comportaient-ils à l’égard des catholiques?

Nous verrons que les protestants s’étaient organisés en république:
dans chaque petite localité il y avait un consistoire qui gouvernait
les habitants et, par suite, la ville quand les huguenots y étaient
en majorité et pouvaient y élire des consuls de leur religion. Le
laboureur de Saint-Gilles[7] ou de Calvisson[8] entendait peut-être
parler des grandes négociations engagées par l’assemblée générale avec
le roi en vue d’obtenir un édit qui réglerait sa situation, mais il
s’intéressait davantage à l’élection de son consistoire, à la maladie
de son pasteur, ou au moyen de ne pas payer sa «quotisation pour
l’entretenement de l’église[9]».

Et il faudrait précisément savoir si le laboureur respecte le
consistoire et paye sa taxe. Car s’il n’est pas attaché à ce
consistoire, s’il ne craint pas son autorité, toutes les autres
assemblées qui reposent sur celle-là vont se trouver «en l’air»,
séparées de la nation, impopulaires, et s’il ne paye pas, le parti va
se trouver privé d’argent et de vie.

C’est le consistoire, avec les assemblées ecclésiastiques placées
au-dessus de lui, qui forme, si je peux dire, le cadre du parti. La
décadence ou l’accroissement de son influence sera le signe de la
puissance ou de la faiblesse des protestants. Si le «fidèle» respecte
la Discipline rigoureuse, qui soumet ses moindres actes au contrôle
du consistoire, les assemblées politiques pourront alors faire
leurs conditions au roi, certaines d’avoir derrière elles un peuple
enrégimenté et tout prêt à les soutenir. Elles simplifient l’existence
du parti en obtenant pour lui des conditions meilleures, mais les
consistoires assurent sa vie.

Remarquons maintenant que leur pouvoir sur les fidèles pourrait donner
aux consistoires une importance funeste à l’unité du parti, si les
colloques et les synodes n’étaient pas là pour leur rappeler qu’ils
ne sont que des membres du grand corps protestant, et les mettre en
communication les uns avec les autres. Leur initiative, en effet,
n’est pas nulle, mais toujours soumise au contrôle des assemblées
supérieures, et aucune de leurs décisions n’a de valeur absolue,
puisqu’on peut toujours en faire appel au colloque, puis au synode.

Cette parfaite subordination des assemblées les unes aux autres
donne aux protestants une cohésion, une unité qui font la force de
leur parti, à condition que le contact de la minorité dirigeante des
assemblées avec la foule des fidèles soit maintenu, c’est-à-dire que
l’autorité du consistoire sur le peuple soit absolue.


_Plan._—Les deux premiers chapitres seront consacrés à étudier les
ministres et le fonctionnement du consistoire. M. Paul de Felice a
déjà traité cette question, d’une manière générale, dans ses deux
volumes sur les _Pasteurs_ et les _Assemblées_ ecclésiastiques, aussi
me contenterai-je de rapporter des détails nouveaux et propres à faire
connaître l’état intérieur du parti à Nîmes.

Pour exister, pasteurs et assemblées ont besoin d’argent. Il faut en
obtenir des fidèles: le consistoire lève des impôts (_Chapitre III_).
S’il devient impopulaire, s’il n’est pas respecté, si son influence
sur les fidèles diminue, ceux-ci commenceront par ne pas payer leurs
taxes, et les assemblées ne pourront plus avoir lieu, les pasteurs ne
pourront plus vivre: ce sera la fin du parti[10].

Mais au contraire, le consistoire possède une autorité dont nous
n’avons pas idée (_Chapitre IV_). Il fait respecter et applique
rigoureusement la Discipline, recueil de décisions des synodes qui
lui donne le droit de contrôler tous les actes de la vie de ses
administrés. Un homme, par exemple, rapporte-t-il que M. X. a juré
dans sa boutique, le consistoire informe aussitôt[11]. On voit quelle
puissance peut lui donner une telle inquisition.

Cette autorité ne le met cependant pas en lutte avec les pouvoirs
politiques. Les consuls et les magistrats protestants qui gouvernent la
ville de Nîmes subissent son influence directe, et même prennent ses
ordres. Ainsi le consistoire possède une autorité politique effective à
côté de son autorité morale (_Chapitre V_).

Voici donc les protestants parfaitement organisés et disciplinés.
Au-dessus des fidèles et les gouvernant, le consistoire, dont
l’autorité et l’influence familières sont considérables, et qui se
trouve rigoureusement subordonné au colloque et au synode. Maintenant
quels sont les rapports de cette petite société protestante, ainsi
constituée, avec les catholiques? Elle les opprime, car elle est
la plus forte, de même que les catholiques le sont presque partout
ailleurs. L’exercice du culte romain est autant que possible empêché;
les papistes eux-mêmes sont écartés des emplois publics et soumis
à toute une série de mesures vexatoires que prend contre eux la
municipalité de Nîmes (_Chapitre VI_). Mais ils ne renoncent pas à la
lutte et, entre prêtres et pasteurs, se livre une guerre de sermons, de
pamphlets, d’influences, dont le but est de provoquer des conversions
(_Chapitre VII_).

Il ressort de tout cela que les huguenots de Nîmes, à qui leur nombre
assurait la prépondérance, vivaient tranquillement en république, sous
leurs consuls et leurs magistrats dirigés eux-mêmes par le consistoire.
Ils ne souhaitaient nullement qu’un nouvel édit vînt changer quelque
chose à leur état. Aussi, lorsqu’il fut question de l’édit de Nantes,
bien loin de seconder les négociations de l’assemblée générale, ils
montrèrent une mauvaise volonté que celle-ci, plus tard, leur reprocha.
Leurs intérêts, en effet, se trouvaient opposés à ceux des réformés
de presque tout le reste de la France: à Nîmes et dans son colloque,
c’étaient les catholiques qui souhaitaient l’édit de Nantes pour
replacer leur religion au premier rang, tandis que les protestants
s’efforçaient d’en empêcher les effets, comme l’exigeait l’intérêt
particulier de leur petit État.


_Sources._—J’ai tiré la plus grande partie de ce mémoire des registres
de délibérations du consistoire de Nîmes, conservés aux archives de
ce consistoire[12], où j’ai pu travailler en 1899 et 1900 grâce à
l’obligeance de M. le pasteur Fabre. Ces registres renferment tous les
renseignements sur la vie privée des protestants.

Les actes des synodes provinciaux de 1596 à 1609 se trouvent aussi dans
ces mêmes archives[13]: il en existe une copie faite par M. le pasteur
Auzière à la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme
français. Cette copie est préparée pour l’impression et il est dommage
qu’elle ne soit pas publiée. J’en ai collationné sur le registre
original une certaine partie dont on trouvera des extraits dans les
pièces justificatives. Je n’y ai point relevé d’erreurs, ce qui n’a
rien d’étonnant puisque M. Auzière, pour en avoir copié plusieurs
registres in-folio, possédait mieux que personne cette difficile
écriture.

Enfin, le consistoire de Nîmes renfermait une pleine armoire de
documents non classés, que j’ai dépouillés, et où j’ai vu beaucoup de
pièces concernant le duc de Rohan, mais fort peu intéressant mon sujet.

Aux archives départementales du Gard, j’ai trouvé plusieurs cahiers de
remontrances des catholiques ou des protestants sur l’application de
l’édit de Nantes; j’ai parcouru aussi un certain nombre de registres
de notaires[14] qui m’ont fourni de bons renseignements sur l’état des
personnes.

Les archives communales de Nîmes renferment un registre des
délibérations consulaires qui va de 1599 à 1604. Le précédent est
malheureusement perdu.

Celles d’Aigues-Mortes se trouvaient en 1899 dans de fort belles
armoires, mais dans un grand désordre.

Dans la série TT des Archives nationales, j’ai eu sous les yeux tout
ce qui intéressait le colloque de Nîmes, et les actes des États de
Languedoc (H^1 748^{10} 1109).

A la Bibliothèque nationale, j’ai dépouillé notamment les lettres du
duc de Ventadour (franç. 3225, 3337, 3550, 3562, 3575, 3586, 3589) et
du connétable Henri de Montmorency (franç. 3549, 3550, 3559, 3561,
3570, 16061), les actes des assemblées (Brienne 208, 209, 219, 221;
franç. 15814, 15815, 15816), et un certain nombre d’autres manuscrits,
notamment, les franç. 20870, Dupuy 62, 63, etc.

Enfin, la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme
m’a fourni la copie Auzière dont j’ai parlé; des inventaires manuscrits
d’archives protestantes, communales ou particulières, de Bas-Languedoc,
faits par M. Teissier; et des analyses des dires par écrit avec pièces
et notes à l’appui de Peiremales, l’un des commissaires députés par
Louis XIV pour exécuter l’édit de Nantes, qui ont pour auteur le même
M. Teissier. L’original s’en trouve aux archives de la Cour d’appel de
Nîmes (9^e division, n^o 50): je n’en ai tiré que peu de choses[15].



LES PROTESTANTS A NÎMES



I

LES PASTEURS

 Leurs fonctions.

 Leur entretien: Contrats d’engagement. Gages en espèces. Gages
 en nature. Avantages matériels. Pauvreté. Pension de retraite.
 «Assistance» des veuves et des orphelins.

 Petit nombre des pasteurs. Difficulté d’acquérir un pasteur
 «perpétuel». Dissensions entre les églises à ce sujet.

 Les «proposants». Contrats d’engagement. Leurs études. Leurs
 prérogatives. Leur entretien. Exemples: Jean Terond, Mardochée Suffren.

 Conclusion: De l’influence des pasteurs.


Chaque église du colloque de Nîmes[16] avait à sa tête un consistoire
et un ou plusieurs pasteurs. Il est nécessaire de bien connaître les
pouvoirs et les droits de cette assemblée et de ces ministres pour se
rendre compte de l’influence qu’ils pouvaient exercer sur le peuple.

Étudions en premier lieu les pasteurs.

Tout d’abord, qu’avaient-ils à faire? Je ne m’étendrai pas longtemps
sur ce point, car les obligations du ministère sont réglées par la
Discipline[17] et, étant officielles, elles se trouvent les mêmes dans
le colloque de Nîmes qu’ailleurs. En outre, M. P. de Felice les a
étudiées[18].

Les ministres avaient comme fonction principale la prédication.
Ils devaient exposer un livre entier de la Bible, et non, comme
aujourd’hui, en développer un passage[19].

Encore fallait-il qu’ils fussent fort circonspects et qu’ils se
gardassent d’alléguer des passages d’Origène «et autre faulx
docteurs», car ils prêchaient devant un public averti, et les fidèles
ne manquaient pas de se plaindre au consistoire si le pasteur avait
à leur avis erré sur des points de doctrine[20]. C’est ainsi qu’un
marchand, le sieur Péladan, reprochait au ministre Venturin d’avoir dit
en chaire «que le feu d’enfer estoyt ung feu qui consume tout, ung feu
consumant[21]». Ce fait témoigne de la forte instruction théologique
que le peuple avait alors; il nous aide à comprendre comment les
controverses scolastiques, insupportables pour nous, auxquelles se
livraient en public pasteurs et prêtres, pouvaient déterminer des
conversions[22].

A Nîmes il y avait un service religieux complet tous les jours[23],
c’est-à-dire prêche et prières publiques. Le dimanche, en 1600, on
prêchait à 5 heures et à 8 heures du matin; puis les «après-dynées»,
on faisait encore deux prêches: l’un au petit-temple et l’autre
à l’audience présidiale[24], ce qui scandalisait fort les
catholiques[25]. Et trois pasteurs seulement se partageaient tous ces
sermons[26].

Outre ces prédications, les ministres devaient faire le catéchisme aux
enfants et aux grandes personnes[27], et ne pas négliger les visites
aux pauvres. En 1601, on les voit se partager la ville de Nîmes «pour
la vizitation des mallades et autres charges[28]»; ils devaient
inspecter aussi, en compagnie d’anciens, les pauvres de l’hôpital et
des prisons[29].

Telles sont en quelques mots les obligations des ministres de Nîmes.
Si l’on songe qu’ils pouvaient avoir, en dehors de leurs prêches, leurs
catéchismes, leurs visites, à répondre aux pamphlets et aux défis
des controversistes catholiques[30], on trouvera comme nous qu’ils
gagnaient bien la pension que l’église leur allouait.

       *       *       *       *       *

Leurs occupations ne leur permettaient pas d’exercer des fonctions
profanes. La Discipline leur interdit même la médecine et la
jurisprudence[31]. Leur entretien était donc à la charge de leur
«troupeau».

Le synode provincial de Sauve en 1597 engage les églises à donner
aux pasteurs une somme suffisant à leur entretien et à celui de leur
famille et propre à leur assurer «la liberté et le repos d’esprit»
qui leur sont nécessaires pour vaquer à leur charge[32]. Ces gages
fixes étaient de beaucoup la partie la plus importante de leur revenu.
Il n’y avait pas en effet de casuel: «Les actes pastoraux sont tous
gratuits[33]». D’autre part, on ne peut pas compter parmi les revenus
des pasteurs les sommes que le roi leur avait promises en 1592 et
1594, car, depuis 1596 au moins, ils n’en touchaient plus rien. Henri
IV renouvela ces promesses au moment de l’édit de Nantes, mais les
ministres n’en virent guère davantage l’exécution: c’est ce que je
montrerai plus loin[34].

Ils ne pouvaient donc compter que sur ce que leur église leur
promettait. Or, aucune règle n’existait pour forcer celle-ci à leur
donner une somme d’argent fixée.

Les traitements étaient, en effet, proportionnés non à la place, mais
à la personne, et l’on payait le pasteur suivant son importance et
sa célébrité. En conséquence, on faisait marché avec lui avant de le
prendre: en 1600, par exemple, l’église de Nîmes offre à Gigord 400
écus pour les deux charges de pasteur et de lecteur en théologie à son
académie[35]. Les synodes reconnaissaient la valeur de ces sortes de
traités[36], mais ils ne les encourageaient pas et souhaitaient qu’ils
se réduisissent à de simples promesses enregistrées dans le livre du
consistoire[37].

Ces contrats pouvaient présenter des clauses assez variables. Ainsi,
le ministre Ricaud ne reçoit par an que 324 ou 347 l. environ de
Saint-Jean de Gardonnenc[38], mais Jérémie Ferrier en touche 690
à Alais[39].—L’église d’Anduze donne 500 l. à chacun de ses deux
ministres, Alphonse et Baille, qui ne se trouvent pas assez payés[40];
le colloque et le synode sont de leur avis et condamnent Anduze à
donner 600 l. à Baille, qui en a besoin «à cause de la grandeur
de sa famille[41]».—Gasques touche 600 l. du Vigan, plus 50 l.
d’Avèze[42].—Plus tard, en 1610, cette même ville du Vigan n’offrira à
Daniel Venturin que 450 l. par an, payables par quartiers, plus 60 l.
des habitants de Molières et 30 de ceux d’Avèze; elle lui abandonnera
en plus sa part des deniers du roi, et, s’il ne croit pas Molières
et Avèze solvables, elle prendra les 90 l. à sa charge en se faisant
annexer ces deux églises, quitte à exiger d’elles son remboursement.
En revanche, Venturin fera les voyages aux synodes et colloques à ses
frais, et il devra donner quatre cènes par an à ceux de Molières[43].
Ces conditions lui parurent suffisantes, car il les accepta[44].—M.
Fillon fait quittance, les 20 et 21 février 1597, aux habitants
d’Aimargues de 700 l. qu’ils lui ont avancées sur ses gages de 1596 et
1597[45]. Or, en février ils ne lui ont sans doute payé que le premier
quartier de ses gages de l’année, il est donc probable qu’il a au moins
525 l. par an.—Brunier, d’Uzès, touche 200 écus, soit 600 l. chaque
année[46].—Falguerolles reçoit à Nîmes 600 l. de traitement[47],
et cette église fait offrir 1200 l. à Gigord, qu’elle lui payera «à
quartiers avancés», et dont il aura 600 comme ministre et 600 comme
lecteur en théologie[48].

Il ne faudrait pourtant pas croire que les ministres qui enseignaient
la théologie dans l’académie de Nîmes[49] fussent bien payés. Ainsi,
Moynier et Falguerolles (ou plutôt ses hoirs[50]) recevaient, en
1600, 150 l. chacun à titre de gratification, pour avoir, «au grand
avancement des escoliers», professé «despuis huict ans ou environ[51]».
Puis l’année suivante, Moynier touche encore 200 l.[52]. Et c’est là
tout son salaire. Aussi conçoit-on qu’il se plaigne au synode[53].

Quelquefois, on payait une partie des gages en nature. Voici, par
exemple, une pièce que sire Cappon, en bon «receveur des deniers du
ministère[54]», joignit à ses comptes. C’est une quittance de Moynier
datée du 15 mars 1595, où il reconnaît avoir reçu six «saumées» de blé
valant 54 l., plus des marchandises pour 17 l. 8 sols et 8 deniers que
led. Cappon lui a «forni de sa boutique», le tout en déduction de son
«assistance[55]». Ainsi le pasteur et le receveur trouvaient là leur
compte.

On ne pouvait naturellement, sauf conventions spéciales dont je n’ai
pas relevé d’exemple, forcer les pasteurs à accepter leurs gages
en nature. Ils touchaient de 5 à 600 l. par an, en moyenne, ce qui
correspond approximativement à un traitement de 3.000 à 3.600 fr.
d’aujourd’hui[56]. En outre, leurs églises leur accordaient certains
avantages. Par exemple, à Nîmes, ils sont logés, ou du moins ils
touchent pour ce de l’argent: en 1578, Claude de Falguerolles n’a que
30 l.[57]; cette somme est loin de suffire à son fils Jean[58], qui
déclare en juin 1597 «qu’il n’a moyen de se loger à cinquante livres».
Le consistoire projette en conséquence de louer la maison de M. Chabaut
où l’on pourra mettre ensemble deux ministres[59].

Les frais de voyage aux colloques et aux synodes leur sont
remboursés[60], à moins de conventions spéciales[61] que les synodes
désapprouvent[62]. De même, quand on les envoie en mission, on paye
leur déplacement, leurs dépenses[63], et s’ils vont assister une église
qui manque momentanément de pasteur, ils sont nourris, logés, défrayés
de tout[64]. Très souvent, on stipule dans les conditions d’engagement
que l’église payera non seulement le voyage de son nouveau ministre et
de sa famille, mais encore le déménagement de ses meubles et de ses
livres. Ainsi, le «changement de la famille et mesnage» de M. Ferrier
coûte 58 l. 15 sols aux Nîmois[65], ce qui est cher, puisque pour faire
venir de Genève le mobilier de M. Fillon, leur nouveau pasteur, ceux
d’Aimargues n’ont que 60 l. à débourser[66].

On reconnaît encore aux ministres certains droits plus ou moins
considérables. Voici, par exemple, M. Moynier qui requiert son
consistoire de lui délivrer le «carteyron [de] pleumes» et la rame de
papier qu’il est d’usage de donner chaque année à chacun des pasteurs,
qui ont à faire «une infinité de dépêches[67]». C’est une économie de 2
l. 5 sols[68]. De plus, ce même Moynier loge en pension, au prix de 9
l. par mois[69], des écoliers qui, il est vrai, battent sa bonne[70],
vont tous les soirs à la danse et dérobent à M. Blisson des poules
qu’ils mangent ensuite chez Jean Pons[71].

       *       *       *       *       *

Ainsi les gages des pasteurs n’étaient pas considérables. Pourtant
ils leur auraient permis de vivre en conservant cette «liberté et
repos d’esprit» que le synode provincial de Sauve[72] leur croit
nécessaires, s’ils les avaient régulièrement touchés. Mais, comme nous
le verrons dans le chapitre IV, les églises étaient souvent «ingrates»
et il est bien rare qu’elles aient payé leurs ministres sans retard
et intégralement. Aussi, ceux qui, comme M. Baille, d’Anduze, se
trouvaient à la tête d’une nombreuse famille[73] et qui ne possédaient
pas de fortune personnelle, devaient avoir de la peine à vivre. C’est
le cas de M. Brunier; il est chargé de trois enfants de son premier lit
dont l’aîné a treize ans, et d’un enfant du premier lit de sa seconde
femme, encore enceinte, et il touche 300 l. de gages[74]. En 1599,
on voit le consistoire de Nîmes faire l’aumône de 5 l. à la fille du
pasteur Tempeste[75].

D’ailleurs les synodes recommandent sans cesse aux églises d’assister
les ministres malades ou très âgés[76], leurs veuves et leurs
orphelins[77]. Il était d’usage de payer aux veuves et aux hoirs la
valeur d’une année de gages ou à peu près: c’est ce qu’on appelait
l’«année de viduité[78]»; et si l’église paraissait s’y refuser, le
colloque et le synode l’ordonnaient au besoin[79]. Enfin, on dressait
à la fin du synode provincial un «despartement» pour les veuves de la
province, c’est-à-dire qu’on taxait chaque colloque suivant sa richesse
et ses moyens. Chaque femme assistée obtenait alors la somme minime de
20 ou 25 l. environ[80].

On voit que la profession de pasteur n’était point lucrative: elle
comportait beaucoup de travail et peu d’argent. Je montrerai[81] que
les consistoires avaient grand mal à obtenir de leurs administrés
qu’ils déliassent les cordons de leurs bourses et que les ministres
se trouvaient le plus souvent privés de la pension qu’ils auraient
dû toucher. Ceci nous explique pourquoi l’on prenait soin de n’en
créer qu’un nombre restreint et de s’assurer auparavant, «par tous
les colloques», s’il n’y avait «aucun pasteur à pourvoir ayant les
qualités requises», et si nul ministre «capable de sa charge» n’en
pouvait «recevoir dommage[82]».

       *       *       *       *       *

Ce petit nombre des pasteurs était la cause de bien des débats entre
les églises de la province. Il pouvait arriver, en effet, que l’une
d’elles se trouvât dépourvue de ses ministres pour cause de maladie,
de mort, d’envoi en mission etc. Dans ce cas, quand l’absence du
pasteur était momentanée, l’église priait ses voisines de l’«assister»,
c’est-à-dire de lui prêter les leurs à tour de rôle pendant un temps
plus ou moins long. Toutes les dépenses de ceux-ci étaient alors à sa
charge. Elle payait leur voyage: Jérémie Ferrier, venu d’Alais prêcher
à Nîmes, est remboursé de 30 sols que lui avait coûtés la location d’un
cheval et d’«ung homme pour l’accompagner[83]». Elle les nourrissait:
pour cinq repas de M. Massouverain, l’église de Nîmes paye 40 sous[84],
et 15 écus à sire Audiffret «pour les alimens qu’il a fournys à M.
Gigord» pendant les trois mois que celui-ci a prêché à Nîmes[85].
Enfin elle les logeait gratis; ainsi le pasteur Moynier réclame au
consistoire de cette même ville qu’on lui rembourse «la despense
faicte par M. Janny, menistre de Vauvert..... en sa maison[86]».

Si l’absence de son ministre se prolongeait, l’église s’adressait au
colloque[87] ou au synode[88], qui lui prêtait pour un temps déterminé
un des ministres «en distribution», c’est-à-dire libres d’engagement
immédiat envers une autre église.

Mais les difficultés commençaient quand l’absence du pasteur devenait
définitive et qu’il fallait au consistoire en trouver un nouveau.
C’était une tâche difficile. On s’adressait au synode qui n’avait
pas toujours sous la main un ministre «en liberté», et propre à être
«distribué». Si la localité dépourvue était importante, ou encore
exposée à l’influence des catholiques, le synode lui attribuait parfois
le pasteur d’une autre église. De là des réclamations sans fin. Tantôt
c’est Massillargues qui requiert le synode de lui donner définitivement
M. Maurice qu’on lui avait naguère prêté; mais les églises associées
de Nages, Solorgues, Boissière, Saint-Denis et Langlade le réclament
comme «estant leur pasteur naturel et perpétuel», et l’obtiennent[89].
Tantôt c’est l’église de Brenoux qui veut que Terond lui soit accordé
alors que le colloque de Nîmes le demande[90]. Les actes des synodes
de Bas-Languedoc sont remplis de pareilles contestations.

D’ailleurs, encore fallait-il que le pasteur plût à son troupeau. Les
fidèles, par amour-propre, souhaitaient que ce fût un homme notoire qui
leur fît le prêche et le catéchisme. Aussi le consistoire négociait-il
de préférence avec les ministres d’un talent connu. On le voit écrire
même à l’étranger à ceux qu’il désire acquérir[91]. En tout cas, il
est défendu «de se pourvoir d’aucun pasteur, ny dedans, ny dehors la
province ou royaulme» sans avoir pris «avis» du colloque et, autant que
possible, du synode[92].

Ces négociations avec des étrangers étaient lentes: on y recourait
cependant. Mais l’église préférait s’adresser à des pasteurs de sa
province. Aussi les plus célèbres se voyaient-ils disputés avec
acharnement. Souvent les contestations tournaient à l’aigre; des
rivalités se créaient d’une ville à l’autre et se prolongeaient de
colloque en synode jusqu’à durer pendant des années.

Aucune, je pense, ne fut plus longue et plus ardente que celle qui
divisa les deux villes de Nîmes et d’Alais. La première prétendait
conserver le pasteur Jérémie Ferrier, qui lui avait été prêté pour
quelques jours, en remplacement d’un de ses ministres. Ce Ferrier
était, à ce qu’il semble, d’une grande éloquence, et les Nîmois
s’étaient véritablement enthousiasmés de lui. Pour le garder, ils
alléguaient surtout que leur église était «beaucoup plus importante»
que celle d’Alais. Bien entendu cette raison exaspérait les habitants
d’Alais. Le pauvre Ferrier leur paraissait coupable de tout; ils
l’injuriaient, le calomniaient et souhaitaient «que le diable lui
rompît les jambes», mais ils s’obstinaient à ne pas le céder. Ce ne
fut qu’au prix des plus grandes peines que le synode sépara en 1601 le
pasteur Ferrier d’un «troupeau» si attaché[93].

Afin de s’éviter de tels ennuis, le consistoire de Nîmes prenait soin,
parfois, de retenir de longue main ses futurs ministres: il pensionnait
pendant ses études un écolier en théologie, aspirant au ministère, un
«proposant» comme on disait[94], moyennant que celui-ci promît, en
retour, de servir l’église lorsqu’il serait consacré.

Les mœurs de ces étudiants en théologie étaient soumises à une
surveillance sévère[95]. Ils travaillaient soit à l’académie de
Nîmes[96], soit à l’étranger, à Genève ou Heidelberg par exemple[97],
ou encore près d’un pasteur du colloque[98], ce qui était moins
dispendieux. Ils avaient une position quasi officielle dans la
hiérarchie réformée et jouissaient d’une certaine considération.
Ainsi, en 1596, le consistoire de Nîmes déclare qu’il «sera advisé»
si les proposants «capables, suffisans et approchans du ministère..
s’asserront au consistoire... comme ils requièrent[99]». Deux ans
plus tard, on le voit décider que deux d’entre eux, choisis par leurs
confrères et le pasteur Moynier, assisteront aux séances, mais «sans
pouvoir opiner[100]». Et une semaine après, c’est Jehan Blachière et
Jehan Ginac qui sont admis à cet honneur, après avoir juré, «la main
levée à Dieu», de tenir secret ce qu’ils entendront[101]. Au temple,
les proposants ont un banc spécial, immédiatement derrière celui des
pasteurs[102], qui n’a pas coûté moins de 5 l.[103]. Enfin, ils ont le
droit de lire en chaire chacun à son tour[104], et c’est une punition
que d’en priver l’un d’eux[105].

Pendant qu’ils étudient pour être admis au «ministère de la parole
de Dieu», les écoliers en théologie ne gagnent pas d’argent. Or, le
plus souvent fils de pasteurs, ils ne sont pas riches, car, ainsi
que le remarque M. de Felice, il n’y a eu, au XVI^e siècle, que
quelques ministres aisés et appartenant à de hautes familles, alors
qu’il s’en trouve bien plus au XVII^e siècle[106]. Aussi voit-on le
synode national de Montpellier (1598) se préoccuper de l’entretien des
proposants: il ordonne que les diacres devront apporter au colloque
ou au synode un compte des deniers des pauvres, afin qu’on puisse
vérifier si la cinquième partie de la recette a été réservée pour les
écoliers, et faciliter ainsi l’exécution du chapitre IV, article 4, de
la Discipline[107]. Cette ordonnance fut soumise l’année suivante au
synode provincial de Saint-Germain de Calberte qui la fit exécuter et
décida que les proposants ainsi entretenus demeureraient dorénavant
à la disposition du synode[108]. Mais cette levée du cinquième
ne fournissait pas une grosse somme, et le colloque de Nîmes qui
pensionne, en 1601, deux écoliers, emploie à cela «beaucoup plus que
dud. quint[109]». Ce ne fut pas non plus, après l’édit de Nantes, la
promesse que fit le roi de 45.000 écus, dont les églises ne touchèrent
jamais rien[110], qui fournit des fonds suffisants à cet usage. Grâce à
des impositions volontaires, et à l’aide apportée par la municipalité
nîmoise, qui levait sur tous les habitants une certaine somme destinée
spécialement aux proposants[111], le colloque ou même le consistoire
parvenaient tant bien que mal à entretenir aux études des écoliers qui
s’engageaient souvent, en retour, à les servir comme pasteurs.

C’est ce que fit Jean Terond, par exemple. Au mois de décembre 1592, en
consistoire extraordinaire, le pasteur Jean de Falguerolles représenta
qu’il était opportun de «recouvrer» un quatrième ministre à cause de
la vieillesse de Chambrun: il avait, disait-il, cherché lui-même parmi
les proposants, et aucun ne lui avait paru mieux «conditionné des mœurs
et probités requises à son eage et profession» que le fils du pasteur
Terond, de Meirueys, qui avait accepté en principe de se vouer à servir
plus tard l’église; il proposait en conséquence de l’envoyer à Genève
aux frais du consistoire. Mais celui-ci ne voulut pas s’engager à la
légère et décida qu’on ferait d’abord «proposer» son pasteur futur
devant «une douzaine d’hommes doctes et estudieux[112]». Cette épreuve
fut subie par le jeune homme avec succès, car en mars 1593 on décida
en principe le chiffre de sa pension[113], et enfin, le 12 mai, on lui
fit signer un traité d’engagement. Il promettait de se consacrer au
service de l’église quand il en serait digne. A cette condition, il
toucherait 60 l. tournois pour son voyage, et 200 l. tournois chaque
année[114].

Le contrat signé, Jean Terond ne s’empressa pas de partir[115]. C’est
qu’il ne pouvait obtenir sa pension: en janvier 1595, il n’avait pu
toucher que la moitié de ce qui lui était dû[116]. Sans doute, il ne se
souciait guère de s’en aller au loin mourir de faim. Cependant il dut
se décider: le consistoire l’avait menacé de lui couper les vivres s’il
ne partait pas[117]. Il arriva à Genève avant le 8 mars[118], puis de
là il s’en fut à Heidelberg[119] où, sans doute, il se plut, puisqu’au
bout de quatre ans il fallut lui écrire de revenir[120] pour se faire
consacrer[121]. A peine de retour, il fut distribué, «sans préjudice
des droicts» que l’église de Nîmes avait sur lui[122] aux églises de
Boubaux, Brenoux, La Melouze et Laval[123].

Tous les écoliers proposants n’étaient pas entièrement entretenus par
une église et en vertu d’un contrat comme Jean Terond. Voici, par
exemple, Mardochée, fils du pasteur Barnabé Suffren[124], à qui son
père n’avait pas dû laisser un héritage bien considérable puisque le
consistoire devait lui donner 25 l. pour qu’il pût se faire faire des
habits[125]. Il eut la chance d’être distingué par M^{me} d’Aubais
qui s’engagea à lui servir une pension de 30 écus par an[126]. Cela,
joint à quelque argent qu’il eut encore de l’église, lui permit de
partir pour Genève[127]. Le consistoire, qui avait pris soin de faire
constater au colloque les droits qu’il s’acquérait sur Mardochée en
l’entretenant[128], ne l’abandonna pas tout-à-fait une fois qu’il fut
arrivé là-bas. Mardochée mourait seulement à peu près de faim[129].
Cependant, comme il écrivait lettres sur lettres, on lui envoyait de
temps en temps quelque argent: par exemple, «33 l. et 10 escus en or»,
en une fois, par un marchand gènevois du nom d’Arnaud Jolly[130].
D’ailleurs, en juillet, Mardochée dut revenir sur l’ordre de
l’église[131]. Ce ne fut pas sans chagrin. Les leçons que lui donnait
un certain M. Tufan par ordre du colloque lui laissaient regretter
celles qu’il avait pu avoir à Genève; si bien qu’ayant réuni toutes ses
ressources, il repartit pour la Suisse, malgré le consistoire, afin d’y
étudier à ses frais[132]. Quelques mois plus tard, il implorait 10 écus
du colloque «pour employer en habitz», et si le consistoire décidait
d’«intercéder» pour lui, c’était à cause «de la bonne espérance» qu’on
avait de ses études[133] et de la nécessité où se trouvaient sa mère et
ses sœurs[134].

Nous avons vu par le cas de Jean Terond qu’il ne suffisait pas toujours
à une église d’avoir entretenu un proposant, grâce à des sacrifices
pécuniaires relativement assez considérables[135], pour être assurée
de l’avoir plus tard comme pasteur. Le synode allait en effet au plus
pressé et fournissait d’abord de ministres les églises tout à fait
dépourvues. Ainsi, en 1600, malgré les Nîmois qui réclamaient Terond,
celui-ci fut encore prêté pour un an à l’église de Saint-Martin de
Boubaux[136]. Néanmoins, sans approuver les contrats d’engagement
dans le genre de celui que Terond avait signé[137], les synodes
admettaient généralement qu’une église s’acquérait des droits sur un
pasteur lorsqu’elle l’avait autrefois «entretenu aux études[138]». Ce
qui était bien interdit aux consistoires, c’était de donner des gages
moins élevés à ceux de leurs ministres qu’ils avaient pensionnés comme
écoliers[139].

Si je me suis arrêté à étudier en détail les salaires qui pouvaient
être alloués à un pasteur et à un proposant dans le colloque de Nîmes,
c’est qu’ils nous fournissent un indice sûr de la popularité des
ministres et par conséquent de leur influence.

Or, en ce qui concerne les proposants, le consistoire avait la plus
grande peine à les entretenir et n’arrivait pas à leur donner ce qu’il
leur avait promis. Il en était de même pour les pasteurs. Les gages
qui leur étaient dus ne leur étaient pas versés. Nous verrons que le
consistoire ne pouvait obtenir des fidèles les sommes auxquelles il les
taxait pour l’entretien du ministère. Un Nîmois déclara qu’«il yroit
plus tost baptizer son enfant à la messe que bailher rien à MM. les
ministres[140]».

Pourtant, il ne faudrait pas croire que l’élément pastoral était en
général dédaigné et n’avait pas d’influence. Seulement cette influence
n’avait pas de caractère spécial. Le ministre n’a que l’autorité d’un
membre du consistoire, peut-être plus respecté que les autres. La
pureté de sa vie et son savoir lui valent une grande influence sur les
fidèles, mais c’est la même que pourrait avoir un ancien placé dans les
mêmes conditions.

Ce n’est plus l’influence du prêtre. Le principe du libre examen,
en effet, donne à chacun le droit de se former son opinion sur le
pasteur, de le récuser même. On peut venir en consistoire le reprendre
sur sa doctrine[141]. Certains se livrent à des «enquêtes secrètes»
sur «la doctrine et mœurs des pasteurs[142]». Il se forme en dehors
du consistoire des «scindicatz pour diffamer les pasteurs, diminuer
leur salaire, les chasser ou en requérir d’aultres» qui envoient
des députations aux colloques et aux synodes[143]. Les conseils
de villes ont le droit de nommer des députés pour se plaindre des
ministres, et de les «envoyer aux assemblées ecclésiastiques, sans
les consistoires[144]». Enfin, le consistoire peut censurer lui-même
son ministre, ainsi que le fit celui de Gignac à M. Rossel qui ne
voulait pas lui obéir, et ordonner «l’abaissement des cheveux de sa
femme[145]», s’il ne préfère le faire juger par le colloque[146].
Chacun dans le troupeau se donne donc le droit de juger et d’apprécier
les actes du pasteur de même que ceux d’un simple laïc.

Il résulte de cela que les ministres ne peuvent avoir sur les fidèles
une influence d’un caractère spécial. La leur ne se distingue pas de
celle du consistoire. Ils ont plus d’autorité qu’un ancien, mais une
autorité du même genre. Et c’est pourquoi leur action sur le peuple ne
peut être étudiée séparément de celle du consistoire avec laquelle elle
se confond.



II

COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT DU CONSISTOIRE

 Composition: Fonctions du «diacre» et de l’«ancien». Nombre des
 membres du consistoire. Leur élection. Leur classe sociale.
 Oppositions. Entrée en charge. Division du travail. Employés.

 Fonctionnement: Séances ordinaires. Leurs dates. Leur présidence.
 «Quorum» obligatoire. Séances de censure. «Consistoires
 extraordinaires». Ce qu’on entend par «actes consistoriaux».


Un consistoire se compose de _diacres_ et d’_anciens_. Ces noms
différents impliquaient à l’origine des fonctions distinctes. M. P. de
Felice a montré que les diacres furent caractérisés tout d’abord par
des devoirs pastoraux[147]. D’après un document attribué au réformateur
Viret[148], leur charge «consiste à la réception, distribution et
administration des biens dediez aux povres et autres destituez à
l’usage de l’église, comme à la nourriture des ministres et autres
affaires ordinaires ou survenants[149]». Leur office est bien distinct
de celui des anciens qui ont à «veiller sur les vices et scandales
universellement de ceux qui sont du corps de l’église[150]». La
Discipline précise d’une façon analogue les fonctions diaconales.
«L’office des diacres (dit-elle) est de recueillir et distribuer par
l’avis du consistoire les deniers des pauvres, des prisonniers et des
malades, les visiter et en avoir soin[151].»

Cependant, à Nîmes, à la fin du XVI^e siècle, je ne trouve aucune
distinction entre les fonctions de diacre et d’ancien. Tout d’abord,
les diacres n’ont pas la direction des finances de l’église: en effet,
les receveurs des deniers des pauvres et des deniers de l’église
sont, au contraire, choisis parmi les anciens[152]; de plus, un
synode provincial déclare responsables de l’entretien du pasteur les
diacres et les anciens indistinctement[153], et cette décision est
acceptée théoriquement par l’église de Nîmes[154]. Les diacres n’ont
pas davantage le devoir particulier de s’occuper des pauvres, car le
16 janvier 1602, le consistoire charge chaque «ancien» d’apporter le
rôle de ses pauvres[155], et l’hôpital est visité par «ung ministre
accompagné d’aulcungz du concistoyre[156]», non pas spécialement de
diacres.—Quant aux fonctions pastorales dont nous parle Viret, elles
semblent passer aux proposants: la lecture en chaire est faite par des
écoliers[157].—En outre, je ne trouve dans le registre aucune mention
des diacres-catéchistes dont parle M. de Felice[158] (et à propos
desquels il signale d’ailleurs que leurs fonctions tendent à passer
aux proposants[159]), ni aucune trace de charges spéciales données
aux diacres pendant la Cène[160].—Enfin, ceux-ci sont députés aux
colloques et synodes au même titre que les anciens[161].

On peut conclure de tout cela que la distinction primitive entre les
deux charges de diacre et d’ancien est, à cette époque, complètement
abolie dans l’église de Nîmes.

Le nombre des membres d’un consistoire change suivant les lieux et
même suivant les époques. Ainsi, à Nîmes, en 1596, il y a quatorze
anciens[162], mais les années suivantes, on en trouve quinze[163];
à Codognan, il n’y a que six anciens[164], de même à Junas[165]; à
La Salle, leur nombre oscille entre onze et quatorze, suivant les
années[166]. La proportion des diacres et des anciens est variable
également dans le consistoire. A Codognan, ils ne sont pas distingués
et les membres sont tous compris sous la dénomination d’«anciens[167]».
A Junas, il se trouve un seul diacre pour cinq «surveillans[168]». A
Nîmes, il y a régulièrement un diacre pour deux anciens[169].

Les élections se font à divers moments de l’année. A Codognan, les
membres nouveaux entrent en charge en juillet, en août, en octobre,
en novembre ou en décembre indifféremment, et ceci dans un intervalle
de treize ans[170]. A Montdardier, comme à Nîmes, c’est à la fin et
au commencement de l’année que se fait l’élection[171]. Le 5 janvier
1601, le consistoire de Nîmes décide qu’il est temps de changer les
anciens «suyvant la coustume»; on commence par exhorter «tous ceulx du
concistoire estans présens de demeurer pour l’année prochaine»; ceux
qui refusent donnent leurs raisons, et on les remplace à la majorité
des voix; les autres sont «continués» dans leur charge[172]. Il est
donc non seulement licite, mais encore recommandé aux anciens de
rester en charge pendant plusieurs sessions. Et pourtant, l’on en voit
assez rarement qui persistent plus de deux ou trois ans dans leur
emploi. Voici, il est vrai, à Codognan, «le sieur Valete» qui reste au
consistoire pendant quatorze années consécutives[173]. Mais de pareils
cas sont rares et il est à croire que les fidèles ne tenaient pas, en
général, à conserver une charge qui ne laissait pas de nuire à leurs
occupations.—A chaque nouvelle session, quelques-uns des anciens
«vieux» étaient «continués[174]» dans le but de mettre les «nouveaux»
au courant des affaires. C’est du moins cette raison qu’alléguait le
consistoire de La Salle pour, deux fois l’an, se renouveler par moitié
seulement[175].

A Nîmes, la durée du mandat était de douze mois[176]. C’était les
membres sortants qui choisissaient les nouveaux à la majorité
des voix[177]. A l’origine, le peuple avait élu les anciens
par acclamations[178]. Puis, suivant une marche naturelle aux
institutions, l’élection était tombée aux mains d’une oligarchie: le
consistoire lui-même. Le très vague article du synode de Nîmes (1601),
recommandant aux consistoires d’user «de prudence en la nomination des
anciens, pour empescher l’ambition qui sourdroit en l’église», s’ils ne
procédaient «avec la discrétion qui y est requise[179]», ne diminuait
pas beaucoup leur liberté.

Les anciens étaient choisis dans toutes les classes de la société.
Chacun pouvait être élu à la condition de jouir d’une honorabilité
parfaite. J’ai recherché, d’après le livre de M. Puech, qui nous
donne une étude de l’état des personnes à Nîmes à la fin du XVI^e
siècle[180], quelles étaient les professions des membres du consistoire
pendant les années 1596 à 1602. Il en est un certain nombre dont
je n’ai pu retrouver le rang social, c’est qu’ils ont passé dans
l’histoire sans laisser de traces. Mais quelque imparfait qu’il soit,
le tableau suivant peut servir à montrer que toutes les classes de la
société nîmoise concouraient à former le consistoire[181].


QUALITÉ DES MEMBRES DU CONSISTOIRE DE NÎMES DE 1596 A 1602[182].

                  {Daniel Arnaud, sgr. de la Cassagne
  2 nobles        { (p. 60); Pierre de Vestric, sgr. de
                  {Favier (p. 107).

                  {Le commis Jacques d’Agulhonet
                  { (p. 121); Claude Blisson (p. 122);
                  { Jacques Bonhomme (p. 125);
                  { Bosquier (p. 125); Guillaume de
                  { Calvière, sgr. de Saint-Cézaire de
  12 avocats      { Gauzignan (p. 125[183]); Jacques
                  { Deyron (p. 61); Anthoine Davin
                  { (p. 127); Falcon (pp. 60, 128[184]);
                  { Pierre Lansard (pp. 60, 130);
                  { Maltrait (p. 130); Mazaudier
                  { (p. 131); Pierre Unal (p. 134).

                  { Guidon Cheyron (p. 147); Pierre
                  { Dumas (ib.); Antoine Duprix (ib.);
  7 bourgeois     { Jean Gaissac (p. 148); Vidal Martin
                  { (ib.); Laurens Salveton (p. 60);
                  { Antoine du Vieulx (p. 147).

                   { Jean Bourges (p. 152); Jean ou Philippe
                   { Cappon (ib.[185]); sire Claude de
  6 marchands[186] { Combes (ib.); Jacques ou Antoine
                   { Crozet (pp. 147, 152); Daniel
                   { Manuel (p. 152); Jean Surian (ib.).
  Aucun médecin

  Aucun chirurgien

  1 apothicaire      David Guiraud (p. 167).

                    { Claude Pujol (p. 194); Vidal de Salhens
  2 praticiens      {(ib.).

                    { Jean Boschier (p. 194); Bauzile Fontfroide
  2 greffiers       {(ib.).

                    { Dostaly (p. 194); Anthoine Sabatier
  2 notaires        {(ib.).

                      { Louis Baudouin (p. 282); Jehan
  3 «gens des arts et { André, dit Radel (p. 257); Veyras
  métiers»            { le vieux (p. 263).

  1 ancien capitaine  {
  de compagnies       { Balthezart Fournier (p. 117).
  franches            {

  1 laboureur         Jean Gril (p. 305).

                      {Jehan Bourguet (p. 315-316); Georges
  2 jardiniers        {Grégoire (p. 316).

  Aucun berger

Si incomplet que soit le tableau précédent, il permet de constater que
les membres du consistoire sont surtout pris dans la seconde _échelle_,
parmi les avocats, les bourgeois et les marchands. Les nobles et les
magistrats dédaignaient peut-être la charge d’ancien, bien qu’à Nîmes
la noblesse fût presque entière de _robe_, peu nombreuse et assez
récente. Quant aux gens de la troisième et de la quatrième échelle,
on les élit rarement, mais du moins ils sont éligibles. Toutes les
classes de la société, et surtout la classe moyenne et aisée, sont donc
représentées.

La Discipline et M. P. de Felice nous apprennent qu’une fois nommés,
nobles et bourgeois devaient encore accepter et jurer de remplir leur
charge[187]. Puis, on soumettait leur nomination au peuple en publiant
leurs noms trois, deux ou même un seul dimanche après le prêche[188],
afin que les opposants pussent soumettre leurs raisons. Ceux-ci étaient
d’ailleurs fort rares et très mal reçus[189].

Après ces formalités, les anciens n’avaient plus qu’à entrer en
charge. A Nîmes, pour la première séance de l’année (qui avait lieu
un jour quelconque de la semaine[190]), le consistoire «vieux» et le
«nouveau» se réunissaient[191]. On lisait les «articles de l’ordre en
l’église[192]», c’est-à-dire la Discipline: en 1596, le synode national
de Saumur ordonne qu’on observe «mieux qu’il ne l’a été jusqu’à
présent» l’article «qui recommande la lecture de la Discipline dans
les consistoires[193]», ce qui laisse à supposer qu’on ne l’appliquait
pas toujours[194]. On continuait ensuite par la lecture des «articles
de l’ordre... du présent consistoire[195]», c’est-à-dire, peut-être,
le règlement qui doit se trouver dans le registre de l’année 1566,
transcrit de la main de Théodore de Bèze, comme le dit M. Borrel[196].
Les anciens «nouveaux» devaient déclarer s’y soumettre et alors ils
étaient définitivement reçus[197]. On déléguait quelques membres
des deux consistoires «pour clorre les comptes[198]». Souvent, on
désignait les receveurs des deniers des pauvres et du ministère[199].
On expédiait les affaires courantes comme aux séances ordinaires[200].
Finalement, les membres sortants étaient «remerciez et mis en
liberté[201]».

Je n’ai trouvé aucune mention de la réception publique et cérémonieuse
dont M. de Felice dit qu’elle était nécessaire[202]. Les «interrogats»
paraissent avoir été faits en consistoire et s’être réduits à une
simple promesse d’observer la discipline de l’église. Quant à la
lecture du règlement particulier du consistoire, il me semble que c’est
là une coutume assez spéciale aux Nîmois.

La division du travail entre les anciens était bien définie. La cité
avait été partagée, en 1566, en neuf surveillances ou quartiers,
ne correspondant pas aux quartiers traditionnels. Plus tard, sans
doute à cause de l’accroissement de la population, on en fit un de
plus[203]. Or, chaque ancien était affecté spécialement à l’une de
ces parties de la ville et chaque diacre avait à s’occuper de deux
d’entre elles[204]. Ils étaient chargés de «surveiller» leurs quartiers
et devaient rapporter au consistoire tous les faits graves qui s’y
passaient. De même, les pasteurs se partageaient «la vizitation des
mallades et autres charges[205]».

Outre ces fonctions tenant essentiellement à leur qualité, les anciens
et diacres pouvaient être chargés de missions spéciales. Tels étaient
le receveur des deniers du ministère et le receveur des deniers des
pauvres qui géraient les finances consistoriales[206].

Enfin, il y avait encore des employés généralement salariés, dont,
suivant les églises, variaient le nombre et la qualité.

L’avertisseur était le Maître Jacques du consistoire: il remplissait
les fonctions les plus diverses. Benoist nous dit qu’il avait «à
donner avis au ministre que l’heure est sonnée, ou aux membres du
consistoire du lieu et du jour de l’assemblée, ou de porter de divers
côtés les ordres de la compagnie[207]». Ailleurs, on lit qu’il devait
«appeler et adjourner au consistoire les délinquants», et encore
«exercer autres mandements du consistoire[208]». C’étaient là, en
effet, ses principales fonctions, celles dont il tirait son nom. A
Nîmes, l’avertisseur, «Maistre Guilhaumes Guiraud[209]», est une sorte
de personnage que l’on paye assez cher. Il convoque les pasteurs et
les anciens[210] et prévient les fidèles qu’ils aient à comparaître
en consistoire pour y répondre de leurs fautes contre la Discipline,
quand toutefois on ne délègue pas spécialement à cet effet un ou
plusieurs anciens[211]. Il inscrit sur un long registre les noms des
coupables avec, en regard, la faute dont on les accuse; et ce registre
passe d’avertisseur en avertisseur[212]. Il remplit des missions de
confiance: on le charge, par exemple, de vendre les meubles jadis
prêtés à une pauvre folle, nommée Jeanne la Simple, qui vient de
mourir[213], ou de recouvrer certaines sommes dues par l’église de
Milhaud[214]. Enfin, il fait la police du temple[215]. Dans de plus
petites villes, où l’avertisseur est moins occupé, il cumule encore
d’autres métiers. Ainsi, au Vigan, il est à la fois «advertisseur
du consistoire, sonneur de cloches pour le presche et les prières
publiques, et tient le temple net[216]».

Pour ses gages, Maître Guillaume Guiraud reçoit 72 l. par an[217]. De
plus, le consistoire s’est engagé à lui laisser prélever des droits
sur divers de ses revenus. Il touche, par exemple, une certaine somme
sur les «legatz pies» faits à l’église[218], et un écu pour son
«droit de leveure de l’argent deub par la ville pour l’entretenement
des escolliers proposans[219]». Enfin, il est à croire qu’il sait
se créer par ailleurs d’autres sources de revenu, car on voit le
consistoire lui défendre de louer plus d’un sol le drap mortuaire
pour les enterrements[220], et lui enjoindre de le bailler gratis aux
pauvres[221].

Pour rédiger les délibérations de l’assemblée, il y a un greffier.
A Nîmes, c’est un des notaires de la ville, et il change tous les
ans[222]. A Montdardier[223], c’est le maître d’école[224]. A La
Salle[225], un des anciens remplit les fonctions de secrétaire[226].
Il est en tout cas défendu aux greffiers de prendre aucun argent pour
les extraits d’actes du consistoire que des particuliers peuvent leur
demander; s’ils sont pauvres, l’église doit avoir soin «de pourvoir à
iceux[227]».

Le maître d’école dépend du consistoire et il faut qu’il ait été
approuvé par lui[228], qu’il serve ou non de greffier. Le «magister» du
Vigan touche 100 l. que lui paye la ville[229].

Quant au chantre, il reçoit à Nîmes 2 écus[230]. Il doit entonner et
diriger le chant des psaumes, car il n’y a pas d’orgue[231]; et ce
n’est peut-être pas une sinécure.

       *       *       *       *       *

Le règlement de 1566, dont j’ai parlé, porte qu’à Nîmes les séances
consistoriales devaient se tenir chaque mercredi à midi[232]. Parfois,
néanmoins, il se passait un assez long intervalle sans qu’il y en
eût[233]. Inversement, on se réunissait en cas de besoin, plusieurs
fois dans la semaine, le mercredi et le vendredi ou un autre jour[234].
L’assemblée avait lieu dans le temple[235], «à l’yssue du presche[236]».

Qui présidait? La Discipline veut que ce soit un pasteur, et, dans les
églises où il s’en trouve plusieurs, pour ne pas créer de compétitions
et de jalousies, elle ordonne sagement qu’ils présideront tour à
tour[237]. Ce dernier point n’était pas observé rigoureusement: à
Nîmes, tantôt chaque séance a comme «modérateur» un ministre différent,
mais sans que le tour de chacun revienne à des intervalles réguliers,
tantôt le même ministre préside sans interruption un certain nombre de
fois[238]. Je n’ai d’ailleurs relevé aucune contestation à ce sujet.

Pour que les décisions prises soient valables, il faut que les
deux tiers des membres soient présents à l’assemblée[239]. On doit
y arriver «à midy précézément», à temps «pour mettre le genoul en
terre et fere la prière», sous peine d’une amende de 5 sols[240]. Le
pasteur présidant prononce la prière[241]. Puis, on règle les affaires
courantes: censures, «réceptions à la paix de l’église», abjurations,
finances du consistoire, et «charges» diverses données aux anciens.

Outre ces séances ordinaires, le règlement adopté par l’église en
1566 porte que, la veille de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, le
consistoire se réunit pour censurer impartialement, s’il y a lieu,
la conduite de tous ses membres, y compris les pasteurs et les
employés, et pour désigner les anciens qui donneront la coupe, les
diacres qui tiendront les bassins aux portes, et celui qui recevra les
«méreaux[242]». Ces séances «de censure» ont lieu en 1560 et 1561:
on en trouve des traces dans le registre[243]. Mais à l’époque qui
nous occupe on n’en rencontre plus aucune mention. Il est difficile
de dire si c’est qu’elles ont disparu ou qu’on néglige simplement
de les inscrire: M. de Felice constate d’ailleurs que, d’une façon
générale, il est très rare qu’elles soient relatées dans les livres des
consistoires[244].

Le règlement de 1566 porte encore que, pour procéder à l’élection
des pasteurs, on doit envoyer une députation aux magistrats et aux
consuls, afin de les réunir en «assemblée mixte des trois corps»
avec les deux consistoires «vieux» et «nouveau[245]». Au temps de
l’édit de Nantes, on convoque aussi ces assemblées, ou «consistoires
extraordinaires[246]», pour décider l’imposition des deniers du
ministère[247]. Le consistoire ne trouve sans doute pas inutile de
s’adjoindre les notables de la ville pour sanctionner une décision
aussi désagréable aux habitants que celle-là[248]. D’ailleurs, il
réunit des assemblées mixtes au sujet du «logement des pouvres[249]»,
du collège et «rectorat d’icelluy[250]», et de tous les événements
importants.

D’autres personnes que les consuls, les magistrats et les anciens
vieux et nouveaux y prennent part: des «docteurs et advocatz[251]»
généralement, mais aussi des «bourgeois et marchans[252]». Le nombre
des assistants varie beaucoup. L’assemblée la plus nombreuse que
j’aie trouvé comprend le juge criminel Daniel de Calvière, quatre
conseillers, le lieutenant particulier de viguier, le lieutenant de
juge ordinaire, les quatre consuls, deux ministres, huit avocats,
dont quelques-uns membres du consistoire, un noble, et six bourgeois,
anciens ou non[253]. Elle se tient au temple, comme presque tous les
consistoires extraordinaires[254]; j’en note un, cependant, qui a lieu
«en la maison de M. le Juge Criminel[255]». C’est ce magistrat qui
préside toujours quand il est présent[256]; en son absence, c’est l’un
des pasteurs[257].

Les délibérations des assemblées mixtes ne devaient pas être inscrites
dans le livre du consistoire, ou tout au moins n’avaient pas la valeur
officielle d’«actes consistoriaux». C’est ce que montre un intéressant
jugement du synode provincial de Nîmes par députés, en 1599, rendu
au sujet d’un incident grave survenu entre le célèbre jurisconsulte
Julius Pacius de Beriga et un professeur de logique du collège de
Nîmes, Robert de Vismes[258]. Pacius avait fait extraire du registre
du consistoire, avec le consentement des anciens, puis imprimer
et publier, le procès-verbal d’une assemblée mixte tenue en avril
1598. Cette affaire fut portée au synode qui censura «griefvement»
le consistoire de Nîmes «d’avoir faict coucher» dans son livre «la
conclusion d’une assemblée mixte[259]», et envoya même deux ministres
inscrire en marge du procès-verbal en question la note suivante:
«Déclairons ce présent acte... estre d’une assemblée mixte et non
consistoriale, et pourtant n’en pouvoir estre despêché aucun extraict
portant tiltre des actes consistoriaulx[260]». Ainsi s’établit bien
nettement la différence entre les assemblées régulières, faites
suivant la Discipline, et ces assemblées mixtes qui sont parfaitement
autorisées, mais non reconnues officiellement. A Nîmes, on continue
d’ailleurs, après l’incident soulevé par Pacius, à inscrire dans le
registre les procès-verbaux d’assemblées mixtes[261], comme on l’a
toujours fait, mais, sans doute, on ne leur donne plus la valeur
d’actes consistoriaux.

Le «Livre» du consistoire devait, selon la Discipline, conserver la
mémoire des fautes qui, «étant conjointes avec rebellion, auroient
esté censurées de la suspension de la Cène ou excommunication»; et
les autres devaient théoriquement en être effacées[262]. En outre, on
y inscrivait les «décharges» des receveurs des deniers lorsque leurs
comptes avaient été arrêtés[263], les «accords» faits par l’église
avec les pasteurs[264], etc. C’était donc un témoin officiel pour
l’église, comme les registres de baptêmes et de décès. On pouvait en
certains cas délivrer copie d’actes consistoriaux[265] pour servir de
témoignages, d’attestations. Ceci explique pourquoi le synode prov.
de Nîmes tenait à maintenir bien nette la différence entre un acte
consistorial, procès-verbal d’une séance tenue selon les prescriptions
de la Discipline, et une simple relation authentique d’assemblée mixte.

       *       *       *       *       *

Il était utile d’exposer en détail la composition et le fonctionnement
du consistoire, car il faut bien connaître cette assemblée, pour
saisir comment elle remplit les deux fonctions si importantes qui lui
reviennent et qu’elle partagea à l’origine entre ses diacres et ses
anciens: 1^o obtenir des subsides, 2^o diriger la vie «de ceux qui sont
du corps de l’église[266]».

C’est par le consistoire, en effet, que le protestantisme officiel
communique avec la foule des fidèles. Les Nîmois entendent bien parler
du synode, mais cette assemblée est pour eux solennelle et lointaine,
au lieu qu’ils voient, qu’ils connaissent leurs anciens. Or, la
popularité des consistoires est nécessaire à la force du parti: si leur
influence périclite, les assemblées supérieures vont se trouver «en
l’air», si je puis dire. Je montrerai plus loin qu’à Nîmes, il n’en est
rien, et que le pouvoir du consistoire sur les fidèles fait de ceux-ci
des soldats disciplinés, et tout prêts à suivre les instructions que
les chefs du parti leur donneront.



III

LES FINANCES DU CONSISTOIRE

 Les comptes du «receveur des deniers de l’église» et du «receveur des
 deniers des pauvres».

 Deniers des pauvres: Recettes. Qui on assiste. Secours en nature.
 Tableau des secours délivrés par le consistoire de Nîmes entre janvier
 et mars 1596. Visites de charité. Surveillance de l’hôpital des
 pauvres.

 Deniers de l’église: Dépenses. Recettes: les imposés; la levée des
 rôles. Églises «ingrates». Pension payée à l’église par la ville.


Il reste maintenant à étudier les finances du consistoire de Nîmes et à
montrer quels étaient ses revenus. Il lui en fallait d’importants pour
subvenir aux dépenses qui lui étaient imposées: entretien des pasteurs
et des proposants, gages de l’avertisseur et des autres fonctionnaires,
aumônes, pensions aux nouveaux convertis, enfin dépenses des synodes et
colloques, car chaque église doit solder les frais de ses députations
aux assemblées ecclésiastiques. En matière de finances, comme en tout
le reste, ce sont les consistoires qui forment la base de l’édifice
protestant: sans leur argent, pas d’assemblées, et toute la hiérarchie
du parti se trouve désagrégée.

       *       *       *       *       *

A Nîmes, le budget de l’église se divise en deux parts distinctes: les
«deniers de l’église» et les «deniers des pauvres».

Chacune a son «receveur», son banquier, choisi chaque année parmi
les membres du consistoire, le plus souvent un ancien[267]. Une
délibération du 31 janvier 1601 montre que le receveur des deniers du
ministère touchait à cette époque des gages de 100 l.; mais c’est le
seul renseignement que j’aie trouvé sur ce point[268].

Les receveurs ne devaient délivrer aucune somme que sur la présentation
de «mandements», tirés sur eux par les anciens[269]. Et à l’expiration
de leur charge, chaque année, il fallait qu’ils rendissent compte de
leur gestion devant une commission nommée par le consistoire[270].

Le «receveur des deniers de l’église» à Nîmes présentait: 1^o les
pièces justificatives de ses comptes, comprenant, d’une part, les
mandements tirés sur lui, et d’autre part, les quittances de ses
payements, avec leur bordereau[271]; 2^o le «livre des quitances
des paiements de nos pasteurs.....», comprenant les quittances des
pasteurs, proposants et autres salariés du consistoire, qui était
en quelque sorte la mise au net des pièces précédentes, dont il ne
comprenait pas le détail[272]; 3^o un registre contenant les noms des
imposés pour l’entretien des ministres, avec le chiffre de leurs taxes,
et une liasse renfermant toutes les pièces relatives au recouvrement de
ces impositions[273].

Le receveur des deniers des pauvres avait des comptes moins compliqués:
il ne présentait que les mandements tirés sur lui et les quittances de
ses paiements avec leur bordereau[274]. La commission déléguée par le
consistoire vérifiait tous ces comptes et en donnait aux deux receveurs
une «décharge» qu’elle inscrivait sur un autre registre spécial[275],
et qu’on mentionnait souvent dans le livre du consistoire[276]. Puis
les comptes étaient renfermés dans un coffre et formaient les archives
de l’église[277].

       *       *       *       *       *

J’ai dit que les deniers des pauvres étaient tout à fait distincts
des deniers de l’église. Il arrive, en effet, qu’on fasse procès aux
«povres de l’église[278]», dont les revenus provenaient soit de legs
testamentaires, soit de quêtes faites par les diacres.

Les legs étaient assez fréquents et variaient beaucoup; je n’en ai
pas trouvé, néanmoins, de considérables: en 1598, un conseiller au
présidial, Antoine de Malmont, lègue 20 l., et le baile de Saint-Jean
de Valeriscle 25 l. aux pauvres de Nîmes[279]. En revanche, il y en a
un grand nombre de peu d’importance: voici, par exemple, à Congeniès,
un laboureur qui laisse 30 sols[280]; l’hôte du logis des Arènes à
Nîmes, Armand Gaubin, ne destine aux indigents que 10 sols[281], et,
même, un certain Jacques Malafosse, de Congeniès, ne leur en donne pas
plus de 5[282]. Ce ne sont pas d’ailleurs ces «légatz pies» qui forment
la plus grosse part du revenu des pauvres, et heureusement, car ils
ne doivent pas être fort exactement payés, s’il arrive fréquemment,
comme en 1597, que les magistrats se permettent d’en disposer[283]. Au
reste, une partie des legs est consacrée à l’entretien des pasteurs,
et ainsi les pauvres n’ont pas le bénéfice de toute la charité des
testateurs[284].

Les quêtes faites par les anciens et les diacres formaient leur
principale ressource. Il n’y a que fort peu de renseignements sur
ce point. On faisait la quête au temple dans un «bassin[285]». En
outre, on plaçait des troncs «aux» boutiques des marchands, et on les
visitait, ce semble, au commencement de chaque année[286]. Enfin,
tous les ans, on réunissait les objets perdus dans le temple et non
réclamés, on les vendait, et l’on en versait le produit au bassin: en
1596, on retire ainsi 2 l. 14 sols, et en 1601, 2 l. 16 sols[287].

Ces quêtes étaient les vraies ressources des pauvres. Elles devaient
fournir parfois des sommes importantes. Le synode national de
Montauban, en 1594, décide que, lorsqu’il se trouvera une somme
notable des deniers des pauvres «que l’urgente nécessité n’obligera
pas d’emploier pour leur subvention, les diacres, par l’avis du
consistoire, pourront en faire quelque prêt à des gens solvables pour
faire valoir cet argent à la plus grande utilité des pauvres...., à la
charge qu’on le puisse retirer promptement en cas de nécessité[288]».
C’était là une permission assez dangereuse, mais ces spéculations
paraissaient si séduisantes que, le synode national de Saumur les
ayant interdites en 1596[289], celui de Montpellier les autorisa de
nouveau en 1598[290]. Il est peu probable que le consistoire de Nîmes
ait pu user de la permission à l’époque qui nous occupe, car il avait
grand mal à entretenir ses très nombreux indigents[291] et, l’«urgente
nécessité» ne devait pas lui permettre d’amasser un capital pour le
placer.

Il secourait non seulement les pauvres de la ville, mais encore ceux
des autres provinces. Ainsi, en 1597, l’église de Grenoble ayant fait
parvenir aux Nîmois une lettre réclamant secours, le consistoire décide
que «tout ce qui sera levé au bassin» lui sera envoyé, et que l’on
communiquera la lettre aux autres églises du colloque[292]. On faisait
également l’aumône aux pauvres étrangers à la cité qui se présentaient
avec des attestations de leur église d’origine. Cette coutume, nommée
la «passade[293]», prêtait à de nombreux abus.

Des vagabonds exploitaient les églises en exhibant de fausses lettres
de leurs prétendus consistoires. C’est en vain que, pour y remédier,
le synode national de Montpellier (1598) décide que l’on ne devra
accorder aucune attestation avant d’avoir examiné en consistoire
si les raisons données par l’intéressé pour partir au loin sont
plausibles; que ses «âge, poil, stature» devront être spécifiés; et
que les ministres auxquels il s’adressera en chemin devront garder ou
détruire l’attestation qu’il présentera et lui en donner une autre,
s’il y a lieu, «pour la prochaine église[294]». L’abus subsiste, et le
consistoire de Nîmes se voit forcé d’ordonner que, dorénavant, les
pasteurs comme les anciens ne pourront délivrer à ceux qui «demandent
la passade.... aucungz bilhetz de 5 solz.... qui n’aye esté délibéré
au consistoire, ou à l’yssue du presche, et signé par quatre pour le
moingz[295]».

Il ne leur enlevait point, ce semble, le droit de distribuer des
«bilhetz» de moins de 5 sols, payables par le receveur des deniers des
pauvres. Celui-ci, comme nous l’avons vu, conservait précieusement
tous ces mandements comme pièces justificatives de ses dépenses. Ils
pouvaient monter à des sommes variables. Par exemple, du 1^{er} janvier
au 27 mai 1601, sire Dalbiac, à Nîmes, a reçu des billets pour 52 l.
19 sols[296], ce qui donne environ une moyenne de 125 l. d’aumônes par
an. Cela ne me paraît pas très considérable, si l’on songe que chaque
pasteur reçoit 600 l. de traitement annuel[297].

D’ailleurs, ces sommes, pour minimes qu’elles soient, semblent
distribuées avec équité. Marque d’une tolérance rare à cette époque,
on fait la charité même à des catholiques, et sans leur demander la
plus petite abjuration en retour. «Jane Varlède, _papiste_, sera
assistée de 10 souls pour une fois, atandu sa pouvretté[298]», décide
le consistoire. «La femme de Pierre Michel...., estant en extrême
pouvreté..., _bien que soit papiste_, luy sera assisté de 10 sols sans
conséquance[299].»

Les nouveaux convertis sont entretenus pendant un certain temps, quand
ils sont incapables de gagner leur vie, comme il arrive aux défroqués.
On paye leur apprentissage: Pierre, fustier, réclame au consistoire la
dépense «que le novisse moyne a faict à sa maison à raison de 5 sols
chascung jour[300]». Si l’église ne peut placer son converti, elle
écrit à ses voisines et le leur adresse[301]. Le synode provincial
et le colloque en prennent «soing» et cherchent «si quelque église
le voudra entretenir[302]». D’ailleurs, ils se trouvent souvent mal
de leur bonté. Le colloque de Nîmes, par exemple, se voit réclamer
400 l. par M^{re} Mathieu Guilien, apothicaire, «qu’un jadis moine,
nommé François Hon», mis en apprentissage chez lui pour trois ans par
le colloque, «auroit dérobé[303]». Ailleurs, c’est un ancien moine
de Tournon, nommé Denys Enard, que le consistoire de Nîmes envoie
comme apprenti chez M^{re} Noguier, chirurgien, au prix de 8 l. par
mois: «lequel apprenti s’en seroit allé sans luy rien dire» au bout
de onze jours, en emportant «deux couvre chefz de valleur de 24 solz
tous deux»; il faut donc payer les 24 sols et 3 l. pour les onze
jours d’apprentissage, plus 4 l. 10 sols pour deux chemises que le
consistoire avait fait acheter «pour bailher au susd. Denys Enard[304]».

Car il remettait souvent les secours en nature. Je vois, en effet,
qu’il fait délivrer pour 20 l. de «cadis à la vefve de Parant pour lui
fere une robbe[305]»; qu’il assiste d’une «eymine de bled», valant
15 sols, Jean S^t-Huict, serrurier[306], etc. En tout cas, pour le
principe, lorsqu’il donne une somme d’argent, il spécifie presque
toujours l’emploi qu’en doit faire l’assisté: si Estienne Audiballe
reçoit un écu, c’est «pour achepter une robbe à la fripperye[307]».

Certains pauvres étaient en quelque sorte abonnés et touchaient une
certaine somme chaque semaine, tandis que d’autres étaient secourus une
fois pour toutes. Parmi les premiers se trouvaient les malades, dont
le consistoire prenait grand soin. Une pauvre femme, Claude Deleuse,
étant tombée «malade à l’extrémité», il décide que l’ancien du quartier
devra avertir ses parents tout d’abord, mais «en cas de nécessité luy
adressera avec son diacre[308]». Souvent, il ordonne que certains
pauvres recevront une somme remise à la discrétion «du diacre et
surveillant de leur cartier[309]». Le tableau suivant renferme les noms
des indigents assistés entre janvier et mars 1596, avec la mention de
ce qu’on leur a donné[310].

                  NOMS                                SOMMES

  «La femme demeurant au derrière de la maison {10 sols par semaine
  de M de Chasteauneuf»                        {durant sa maladie.
  V^{ve} de M^{re} Parant et ses enfants        10 s. par semaine.
  Médecin demeurant chez M. Saint-Estienne     {somme remise au jugement
                                               {de son ancien.
  Bernardine Maure                              4 l. 10 s. 6 d.
  Anne Pagese                                   10 s.
  Leonarde                                      1½ teston.
  Guiraud                                       1 escu
  Canonge                                       15 s.
  Sezarde et Arnassane                         {somme remise au jugement
                                               {de leur ancien.
  Astruc                                        15 s.
  Janon                                         7 s. 6 d.
  Maurin et sa femme                            10 s.
  Astruc (de nouveau)                           15 s.
  De Montloy                                    15 s.
  Veuve Augier                                  40 s.
  Bourcas                                       2 escus
  Bunye                                         10 francs.
  Vallonne                                      10 s.
  Jean Astruc, dit Barbut (de nouveau)          1 chemise
  Les parents de done Boutarde                  20 s.
  La femme et ses 4 enfants demeurant à la     {somme remise à la
  maison de Bollanges, ensemble un nommé       {discrétion de leur
  Vidal                                        {diacre.
  «Loyse Arsegnelle»                            2 escus.
  Marguerite Cloche                             10 s.
  Saurette Saujette                            {10 s. par semaine
                                               {durant sa maladie.
  Saurette Saujette (de nouveau)                24 s.
  «Loyse Segnelle» (de nouveau)                 6 l.
  Jean Astruc (de nouveau)                      30 s.
  Cathelin Bonhomme                             15 l.
  Claude de Cussy «pauvre passant»              1 escu.
  Honnorade Rousse                              5 s.
  Gaspard, cardeur                             {somme remise à la
                                               {discrétion du diacre.

Le consistoire avait donc, en l’espace de trois mois, fourni à 26
personnes différentes des secours variant entre 10 l. et 5 sols. Il est
juste de constater que ce tableau ne comprend que les aumônes énumérées
dans le livre du consistoire, et que les anciens et les pasteurs
avaient le droit de distribuer des bons pour des sommes peu importantes.

Ce qu’il faut retenir, c’est le soin avec lequel l’église s’occupe
des indigents. Il ne se passe pas une séance sans qu’un des anciens
propose une infortune à soulager, et sans que le consistoire fasse
la charité suivant ses moyens, assez faibles à la vérité. En janvier
1602, il décide de reprendre une ancienne coutume qui lui semble
propre à ranimer le zèle des dames de la ville: elle consiste à
faire visiter les pauvres chaque semaine, par des «damoiselles et
autres honnorables personnes[311]». Il fait donc dresser un rôle des
demoiselles «honnorables», et, tous les mercredis, il désigne deux
d’entre elles à cet effet. Ce sont les plus hautes dames de la ville:
M^{me} d’Aubais et M^{me} de Rochemore[312], M^{lle} la Criminelle et
M^{lle} la lieutenante de Rozel[313], M^{lles} de la Rouvière[314],
de la Croix[315], etc. Elles sont chargées, notamment, d’aller voir
les pensionnaires de l’hôpital. Le consistoire semble avoir toujours
exercé une surveillance efficace sur cet hôpital. En 1597, il rappelle
sévèrement à l’avocat des pauvres que c’est son devoir de s’en
occuper[316]. Il prie les consuls de veiller à ce que «les serviteurs
et servantes de l’hospital traictent bien les povres[317]». Il leur
recommande encore d’y recevoir une malheureuse «femme boiteuse[318]».
Enfin, il s’assemble avec les consuls et les magistrats pour pourvoir
au logement des indigents[319].

Voilà comment on employait les deniers des pauvres. Ce n’était pas une
grosse somme, et l’on en retenait encore un cinquième pour l’entretien
des proposants[320]. Mais tout au moins les aumônes étaient distribuées
équitablement.

       *       *       *       *       *

La part la plus importante des revenus du consistoire était comprise
sous la dénomination: «deniers de l’église» ou encore «deniers du
ministère», parce qu’elle était surtout destinée aux pasteurs.

Le «receveur des deniers de l’église» avait bien des dépenses à
couvrir: d’abord, les frais qu’entraînaient les longues négociations
auxquelles il fallait se livrer pour obtenir un pasteur «perpétuel»,
quand l’église s’en trouvait dépourvue; puis les gages des pasteurs
en exercice; en leur absence l’entretien des ministres «prêtés», et
après leur mort, la pension de leurs veuves[321]; enfin, il payait
l’avertisseur, les employés du consistoire[322] et les députations aux
colloques et aux synodes.

Celles-ci devaient être, autant que possible, nombreuses, «afin de
resserrer l’union des églises». Un synode national recommande aux
localités qui ont plusieurs pasteurs d’en envoyer «alternativement...
le plus grand nombre qu’elles pourront[323]». Mais de telles
délégations coûtaient cher, et d’autant plus cher qu’elles étaient
composées d’un plus grand nombre de personnes. Certaines églises
n’étaient pas assez riches pour les supporter; aussi elles
s’entendaient pour choisir le même représentant au synode national et
s’unissaient pour payer son entretien[324].

Lorsqu’il s’agissait seulement d’un synode provincial, les frais de
voyage et de séjour des députés étaient moins élevés. C’est pourquoi
Nîmes y envoyait assez souvent, outre ses représentants réguliers, des
députations extraordinaires[325].

La note présentée par Isaac Roux, ancien d’Aimargues, délégué par
son église au synode de Saint-Germain de Calberte, peut nous donner
une idée de ce que devaient dépenser les députés de Nîmes: «Pour la
disnée à Calvisson», on lui doit 1 l. 6 sols; «pour avoir refferré la
cavale à Canes», 2 sols; «pour la souppée et couchée à Enduse», 1 l.
6 sols; «pour avoir fait raccoutrer la celle de la cavale,» 5 sols;
pour la ferrure «du petit bidet,» 1 sol 6 deniers; «pour une guide de
Saint-Étienne jusques à Saint-Jan», 1 sol; «item 1 sol en pain [_sic_]
pour la cavalle[326]», etc. On rembourse aux députés le prix de la
location de leurs chevaux, et, pour aller au colloque de Montpellier,
un cheval loué par le pasteur, avec sa selle et sa bride, se paye 30
sols[327].

Généralement les délégations aux synodes coûtent plus cher que les
délégations aux colloques, car le voyage qu’ont à faire les envoyés
est plus long. Ainsi la députation de l’église de Nîmes au synode de
Sauve (1597) lui revient à 39 l. 12 s. tournois[328]; au lieu que le
consistoire ne débourse que 4 écus, soit 12 l., pour les frais du
pasteur Chambrun et de l’ancien De Vieulx au colloque d’Aiguesmortes en
novembre 1598[329], et un seul écu pour les dépenses de Falguerolles
à celui de Vauvert, au mois d’août de la même année[330].—Jusqu’en
1599, la ville où se tenait le synode était très favorisée puisque
ses députés n’avaient pas à se déplacer; mais à cette date on décida
qu’elle aurait à «loger les pasteurs et anciens [des autres localités],
avec les montures, en maison bourgeoise» et à ses dépens[331]. Malgré
cette mesure, les frais de délégation paraissaient encore trop lourds
aux petites églises réunies sous un seul pasteur: contrairement à la
Discipline, elles n’envoyaient qu’un ancien avec leur ministre pour
les représenter[332] et payaient chacune leur part des frais[333].

Outre les députations aux assemblées, on prenait encore sur les deniers
du ministère l’achat des objets servant au culte, l’entretien du
temple[334] et de la bibliothèque.

L’église de Nîmes n’avait pas attendu les encouragements des synodes
nationaux de Saumur (1596), ou de Jargeau (1601) pour «dresser» une
bibliothèque propre à servir à ses ministres et à ses proposants[335].
En janvier 1596, elle ne s’occupait plus déjà que de la «parachever»
et achetait pour 7 écus les livres qu’un libraire avait apportés à
Nîmes[336]; peu après, le pasteur Falguerolles et l’avocat Chalas
découvraient dans «la bibliothèque de feu M. de Saint-Cézary...
deux volumes de _Concilles_ et la _Response et examen du concile
de Trante_, faictz par Rennitus», et les achetaient 3 écus pour le
consistoire[337]. Les livres étaient alors chez Chalas[338], et il y
en avait un nombre suffisant pour que leur catalogue fût considéré
comme un travail nécessaire et assez important[339]. D’ailleurs, on ne
cessait d’en acheter de nouveaux. Ainsi, le 8 janvier 1597, on paye «3
l. 8 sols tournois pour huit livres de M. de Falguerolles[340]». Chalas
partant en voyage, on le charge d’en rapporter quelques-uns[341]. On
presse, en 1597, la rédaction de l’«inventaire et contrerollage» de la
bibliothèque[342], que le nouveau consistoire de 1599 fait vérifier
en entrant en charge[343]. En octobre de cette même année, le synode
ayant arrêté que «les ministres seroyent tenuz tenir en leurs cheres
une bible de la nouvelle version», le consistoire se décide à vendre
celle qui lui sert actuellement. «Et au mesme instant, au consistoire,
a este enchérie, et, après plusieurs enchères, délivrée à M. Rostang du
Vieux pour le prix de 3 escus sol[344]». Puis, on achète une superbe
bible «de la nouvelle version..., dorée, lavée, réglée», que l’on paye
4 écus et demi[345]. En 1601, la «_Bibliotheca patrum_ par Marguarites
de la Bigne, impression de Paris de l’an 1589, en 9 tomes» est acquise
moyennant 18 écus, et sa reliure en «vert carton», plus le port,
revient à 5 écus 30 sols[346]. Enfin, il faut ajouter à cela qu’en 1600
on avait fait faire un «cabinet» pour les livres[347].

Il est fort probable que les petites églises du colloque de Nîmes ne
devaient pas avoir de bibliothèques faute d’argent, puisque une ville
comme Montpellier, siège d’une académie, se voyait, en 1598, exhortée
par le synode à se faire «une collection de livres en théologie[348]».
Quoi qu’il en soit, ce ne fut pas, comme le dit M. de Felice[349], le
synode nat. de La Rochelle, en 1607, qui encouragea le premier les
églises à se créer des bibliothèques, et Nîmes en possédait une fort
importante bien longtemps auparavant.

       *       *       *       *       *

Les deniers du ministère devaient subvenir à toutes les dépenses que je
viens d’énumérer; voyons d’où ils provenaient.

Le roi promit aux églises, en 1598, de leur donner 45 000 écus.
Cette promesse ne fut pas tenue[350], si bien que le consistoire
de Nîmes dut continuer à pourvoir à l’entretien des ministres par
des impositions sur les habitants. A l’époque qui nous occupe, on
décidait officiellement que ceux de la Religion seuls en auraient la
charge[351]; mais, vu les difficultés de toutes sortes qu’on avait à
recouvrer une subvention si nécessaire, on n’hésitait pas, en pratique,
à taxer les catholiques, et ce après comme avant l’édit de Nantes[352].

Chaque année, le consistoire extraordinaire, avec le concours des
magistrats et des consuls[353], décidait quelle somme on prélèverait:
tantôt 500 écus comme en 1596[354], tantôt 800 comme en 1601[355]. Il
déléguait ensuite quelques membres des consistoires vieux et nouveau,
un des magistrats, un ou deux consuls, pour en faire la répartition
sur les habitants[356]. Cette répartition, inscrite sur un livre long
nommé «la tariffe[357]», était alors présentée au magistrat pour qu’il
en autorisât l’exaction[358]. Une fois le «livre signé», on chargeait
de lever l’imposition celui qui faisait «meilheure condition», après
avoir pris l’avis des consuls: ainsi, en 1600, l’ancien Salveton ayant
accepté «d’en fere l’exaction pour 100 l. tournois», on décide «que le
bail de lever led. libvre sera passé aud. sire Salveton[359]». Mais
on ne donnait pas toujours la levée à forfait et le consistoire la
confiait souvent à des agents qu’il surveillait lui-même. Le 9 décembre
1598, en effet, nous le voyons décider que «les diacres et anciens...
poursuyvront ceulx quy sont commis à la levée des rolles[360]»; et une
autre fois, il ordonne qu’elle se fera «par survelliances et ysles...
par les nommés à cest effect..., suivant les rolles[361]».

La levée a lieu d’ailleurs très malaisément et les petites églises
comme les grandes ne mettent aucun enthousiasme à entretenir leurs
pasteurs. A Nîmes, les uns se plaignent d’être trop imposés et ne
veulent pas payer intégralement leur taxe; les autres «ne veullent
payer rien du tout[362]» et il y réussissent: on décide de les
«adjouster» aux rôles de l’année suivante[363], mais c’est toujours un
an de gagné, et pourquoi céderaient-ils davantage plus tard? Un nommé
Jehan de Vidalle déclare «qu’il yroit plus tost baptizer son enfant à
la messe que bailher rien à MM. les ministres[364]», et il est probable
que l’«exhortation pour l’entretenement des pasteurs» que Chambrun
fait en chaire après le prêche ne doit pas être sur lui d’un effet
puissant[365].

Aussi, la levée est-elle loin de rendre ce qu’elle devrait et les
pasteurs ne peuvent-ils obtenir leurs gages. En mars 1598, il est dû à
Falguerolles, «oultre les arreyrages de l’année passée... ung cartier
de la présante[366]». En mai, le consistoire est forcé d’emprunter
300 l., remboursables dans trois mois et au taux de 12%, desquelles
Chambrun prend 100 l., Falguerolles 200 et Moynier rien[367]. Cela
ne remplit pas la bourse du ministère: en septembre, il ne s’y trouve
encore «pas d’argent, mesmes pour les pasteurs servans[368]». On
atteint ainsi l’époque[369] de la levée de l’imposition, que l’on
décide le 21 octobre. Naturellement, elle ne se fait pas mieux que
d’habitude; en décembre, on décide de «poursuyvre» ceux qui en sont
chargés[370], car, sans doute, on la veut terminée pour la fin de
l’année. Les pasteurs sont tellement pressés qu’à peine quelque argent
se trouve-t-il entre les mains du receveur qu’ils demandent qu’on leur
délivre à chacun 12 écus[371]. D’ailleurs, c’est la coutume de leur
distribuer à mesure ce qui rentre[372], car il est impossible de réunir
une somme suffisante pour les payer en une fois.

Cependant, en 1599, le consistoire semble vouloir se libérer à l’égard
des ministres. Il charge le sieur de Saint-Cézary de prévenir le
conseil de ville de la difficulté que présentent la levée des rôles
et l’entretien du ministère; il ordonne de poursuivre rigoureusement
«ceulx quy doibvent d’argent des bénéfices pour le payement» des
pasteurs[373]; le receveur déposera le compte de ce que les ministres
ont reçu sur leur assistance[374]; enfin, ceux qui refuseront de
payer seront traînés devant le juge criminel[375]. Malgré tout, en
juillet, il reste dû encore tellement d’argent aux pasteurs que l’un
d’eux, Falguerolles, prévient le consistoire qu’il s’en plaindra au
colloque[376]. Quelques mois plus tard, il mourait[377] sans avoir
jamais pu toucher les 200 écus qui lui étaient dus[378].

Ainsi la ville de Nîmes ne pouvait arriver à fournir les sommes
nécessaires à «l’entretien de l’église». S’il en était ainsi dans
la plus riche et la plus puissante ville du colloque, on imagine ce
qui se passait dans les autres. Les assemblées sont remplies par les
querelles d’argent des pasteurs et des consistoires. D’ailleurs, que
pouvait-on sur les fidèles? La Discipline autorisait les colloques et
les synodes à procéder par des censures ecclésiastiques contre les
églises coupables d’«ingratitude» envers leurs ministres et à aller
même jusqu’à les priver du culte. Cette peine grave, la seule efficace,
on peut le dire, pouvait bien être prononcée contre des églises de peu
d’importance[379], mais comment l’appliquer à des villes comme Nîmes,
exposée aux influences catholiques et où les fidèles se trouvaient
livrés aux «séductions» des prêtres et des jésuites? Nous verrons que
les pasteurs combattaient ces influences à grand’peine. Ceux d’Alais,
réclamant au synode leur ministre Ferrier qui leur avait été emprunté
pour quelque temps, se plaignent que «plusieurs de la Religion, se
voyantz sans preche, seroient alez au sermon de Rhodes, jésuite[380]».
On juge de ce qui se serait passé dans les mêmes conditions à Nîmes,
où le consistoire se trouve forcé de sévir à chaque instant contre des
fidèles et même contre des proposants[381], qui ont été «ouyr» le P.
Coton.

Aussi ne songeait-on pas à appliquer de peines aussi radicales, ni même
à appliquer aucune peine. En voici la preuve. Un synode de 1594 avait
ordonné que les diacres et anciens ne pourraient quitter leurs charges
avant d’avoir «satisffait à l’entretainement des ministres[382]».
Conformément à cette décision, on voit, en janvier 1597, le consistoire
de Nîmes s’engager à ne pas se séparer avant d’avoir soldé «ce que
restera des gaiges deubz à MM. les pasteurs[383]». Cependant, le 9
décembre, il décide de procéder à la nomination des anciens pour
l’année suivante. Les pasteurs en appellent «d’aultant qu’ilz ne sont
payés de leurs gaiges[384]»; mais le consistoire nouveau n’en remplace
pas moins tranquillement le «vieux», et le règlement reste inappliqué.

La municipalité payait une pension à l’église, destinée notamment
à l’entretien des proposants. C’était, d’ailleurs, assez peu de
chose et insuffisant à sortir le consistoire de peine: en 1598,
la pension se monte à 86 l. 15 sols[385]. Elle était levée par un
exacteur des tailles[386] et portait sur tous les habitants, même les
catholiques[387]. De plus, le gouvernement communal aidait les anciens
à poursuivre le payement des impositions faites pour le ministère[388].
Son intervention fut autorisée par l’édit de Nantes qui donna le droit
aux consistoires de citer en justice les huguenots se refusant à payer
leur taxe[389].

L’église de Nîmes se résolut à employer ce moyen en février 1599[390].
Il ne paraît pas qu’elle en ait obtenu des résultats excellents,
si l’on on juge par les plaintes et les menaces de Falguerolles en
juillet 1599[391] et de Moynier en mai 1600[392], qui contraignirent le
consistoire à faire des emprunts onéreux pour fournir quelque argent à
ses ministres[393]. C’était encore un moyen inefficace. Les pasteurs
durent se résigner à n’être pas payés.



IV

L’AUTORITÉ DU CONSISTOIRE SUR LES FIDÈLES

 Lutte du consistoire contre l’influence catholique. «Superstitions».
 La tradition catholique.

 Les «vices» qu’il combat: La «paillardise». Adultère et divorce.
 Enquêtes de mœurs. La «coquetterie». Les censurés mécontents.

 Son intervention dans les querelles de ménage. Les bancs du temple.
 Réconciliations.

 Plaisirs permis. Spectacles et jeux défendus. Le repos du dimanche.
 Fêtes de corporations. La danse interdite. Les «charivaris».

 Dénonciations. Police consistoriale.

 Citations à comparaître; retards à s’y rendre. Enquêtes. Peines
 décrétées; leur application. Les nobles et les notables. Entente des
 consistoires pour la police.


Tout consistoire devait faire respecter par les fidèles la Discipline
ecclésiastique. Il faut entendre par là l’ensemble des règles suivant
lesquelles se gouvernait l’église réformée. Ce règlement, élaboré
peu à peu par les synodes nationaux, n’a reçu sa forme définitive
qu’au XVII^e siècle[394]. Il régit le fonctionnement des assemblées
ecclésiastiques, les cérémonies du culte, et donne aux fidèles des
règles précises de conduite. Or, le consistoire de Nîmes, chargé
de faire appliquer la Discipline, a, par cela même, le devoir de
surveiller étroitement la vie de ses subordonnés. Il cite à comparaître
devant lui ceux qu’il estime avoir enfreint le règlement; il les juge,
puis les condamne, s’il y a lieu. On voit quelle autorité peut lui
donner cette juridiction sur la doctrine et les mœurs de chacun. Ses
décisions sont sanctionnées par celles des colloques et des synodes
qu’il contribue à former et qui agissent dans le même sens et dans le
même esprit que lui. Ainsi se forme l’unité de la morale et de l’esprit
protestants.

       *       *       *       *       *

Les articles de la Discipline promulgués avant 1598 semblent avoir
comme but principal de combattre l’influence catholique et d’empêcher
que les fidèles retombent dans «l’idolâtrie». L’on craint que le
peuple ne soit emporté par son amour des cérémonies et par l’habitude
des fêtes traditionnelles de l’église romaine. Aussi la Discipline
lutte-t-elle de toutes ses forces et non sans peine contre les
«superstitions».

Au sujet des enterrements, par exemple, le consistoire et les
synodes doivent intervenir continuellement. En 1597, on démontre en
chaire qu’il faut se garder de «ses seremonies et superstitions quy
commensent de glisser parmy nous comme en l’esglise romaine..., comme
de fere marcher des hommes vestus de drap au-devant du corps et
d’user de tant de fassons au convoy de l’enterrement[395]». Il est
encore défendu de faire porter un «flambeau ardent[396]», ou, «au
grand escandalle de plusieurs», d’employer des pleureuses[397], de
faire «donner l’advertissement de la sépulture» par des veuves vêtues
de noir[398], de faire «porter les corps des femmes et des filles
décédées» par d’autres femmes «ayants chapeaux de fleurs, bouquets et
autres choses[399]», et même de vêtir en aucune façon ceux qu’on mène
au tombeau[400]. Enfin, il est absolument interdit d’enterrer personne
dans les temples[401].

Alors que les pasteurs eux-mêmes ont tendance à prêcher les «jours
chomables de la papauté» de préférence aux jours ordinaires[402], et
que le recteur du collège de Nîmes, Pacius, donne congé aux écoliers
«le jour de Caramantran[403]», comment s’étonner que l’on ait à
censurer des bourgeois «quy font le Roy boit» et les «bolangers qui
font des gasteaux avec la febve[404]»? Il est très difficile de
forcer les fidèles à rompre avec les habitudes anciennes. L’évêque
Valernod[405] fait-il son entrée à Nîmes? M. Bournet sort de la
ville pour le voir, «Messieurs le lieutenant et trézorier Albenas»
vont assister aux cérémonies[406], enfin, chose plus grave, il faut
réprimander les consuls, car ils ont fait tirer des arquebusades en
son honneur et ordonné à deux capitaines de l’escorter avec leurs
soldats[407].

La tradition triomphe souvent de la réforme. L’on a parfois à censurer
des parents qui aiment mieux envoyer leurs enfants aux Jésuites que les
mettre au collège[408], ou les confier à «l’école du maître papiste»
qu’à celle du protestant[409]. Les fidèles vont entendre les sermons
du P. Coton[410]. Pour combattre ces tendances, le consistoire va
presque jusqu’à leur interdire la fréquentation des catholiques. L’un
des consuls est appelé pour avoir accompagné l’évêque et un prêtre qui
allaient dire la messe à Beauvoisin[411]. Un maçon qui contribue à
bâtir une église est mis au rang des «fauteurs de l’idolâtrie[412]».
On doit empêcher les «pères faisans profession de la Religion» de
poursuivre «les jeunes hommes papistes qui ont rendu leurs filles
enceintes pour les leur faire espouser..., crainte d’un plus grand
mal[413]». Enfin, on décide que «les enfants qui auront accompagné
les funérailles de leurs pères en la papauté seront censurés selon la
prudence des consistoires[414].» Ce féroce règlement donne une idée
nette de la haine qui séparait les papistes et les huguenots.

La Discipline ne se contente pas d’éloigner les fidèles des
«superstitions», elle s’efforce de les défendre contre les vices et le
consistoire les maintient vigoureusement dans le droit chemin. Pour
cela, il lui faut surveiller la vie la plus intime de ses administrés,
et il s’en acquitte soigneusement.

Ainsi la «paillardise» est une faute grave, et dont la Discipline
se méfie fort: elle interdit aux fiancés d’habiter ensemble[415]
et de demeurer «longtemps à espouser», c’est-à-dire plus de six
semaines[416]. La veuve de Chatillon, «ensaincte soubz promesse du
cappitaine Blausac» qui «à présent ne la veult prendre», ne doit pas
trouver qu’elle a tort[417].—L’adultère commis par la femme, quand
il est «avéré, convaincu et puny par arrest de la cour», permet à
l’époux de se remarier. C’est ce que répond un synode de 1603, à M.
Jean Malessague en le renvoyant au roi qui, seul, pourra lui donner la
dispense nécessaire, «d’aultant que les lois du royaulme prohibent telz
mariages[418]».—Au reste, on ne se montre pas tendre pour les femmes
suspectes d’inconduite. Le consistoire s’informe soigneusement de leurs
mœurs[419], puis il les fait chasser de la ville ou mettre en prison
par les consuls[420]. Une malheureuse, nommée Martine, ayant eu un
enfant de Daniel Gansy, praticien, le consistoire décide qu’il la fera
punir par la justice et expulser, et que le père sera «examyné... de
prandre l’enfant[421]».

Il suffit que deux habitants soient dénoncés par les voisins comme
«conversant» ensemble pour que le consistoire les appelle, s’empresse
d’informer et leur interdise de se voir cependant[422]. Mais de telles
enquêtes ne sont pas aisées. Le sieur de La Farelle, qu’on a trouvé
«couché seul à seul avec une nommée Broquière, de nuit, à heure
indue», déclare au consistoire que c’est «sans avoir abuzé d’elle»:
on le censure à tout hasard[423]. Le capitaine Gras, surpris dans
des conditions analogues, allègue pour sa défense que sa chandelle
était encore allumée[424]. Et que répondre à M^{me} Martine qui,
«accusée d’avoir couché avec Anthoine Martin, son serviteur», prétend
qu’elle y fut contrainte pendant sept nuits «à cause de la malladie
d’icelluy... mais [que] sa fille mesme, celle quy est promise avec
led. Martin, estoit couchée au millieu d’eulx deux[425]». D’ailleurs,
le plus souvent, les inculpés, pressés de questions, finissent par
avouer ou par se trahir dans leurs réponses, comme le fit, par exemple,
Marguerite Brueisse, servante à Antoine Bonnet[426].

Le consistoire ne peut supporter la coquetterie. Il ne faut pas
que les femmes se parfument les cheveux, sous peine de privation
de la cène[427]. Les «guignevalets» sont interdits par un synode
national[428]. C’est risquer de se faire admonester devant tout le
monde par le pasteur que de venir au prêche avec de la «poudre sur la
teste», ou une robe à «cachebastards[429]». Les diacres et les anciens
sont invités à noter «les plus excessives» quant à leurs vertugadins
«pour après le leur remonstrer[430]». Celles qui sortent décolletées,
on peut aller jusqu’à les suspendre de la cène, si elles ne veulent
pas «fermer leurs poitrines[431]». Et que la femme d’un pasteur ne
s’avise pas de porter les «poilz relevés et les cornes», ou l’on
invitera sévèrement son mari à «fere son debvoir» pour empêcher un tel
scandale[432].

D’ailleurs, ceux que le consistoire a censurés pour coquetterie ne
se soumettent pas toujours paisiblement. Un écolier, André Guiran,
se plaint de ce que le pasteur Falguerolles l’ait interpellé du
haut de la chaire parce qu’il portait «de grandz poilz retroussés»
et «escandalleux» pour les «vrays chrétiens»: le consistoire, pris
comme arbitre, ordonne que le jeune homme sera sommé «de couper ses
cheveulx[433]».—M. Rossel, ministre de Gignac, réclame au synode
contre une ordonnance de son colloque, décrétant «l’abaissement des
cheveux de sa femme»: cela ne lui réussit pas, car il reçoit une
censure grave pour avoir poursuivi un tel appel[434].—Finalement, la
Discipline fut vaincue par la mode, et le synode de Jargeau (1601)
dut ordonner qu’on ôterait du texte de l’art. 26 les mots «poinçons,
houppes et vertugadins[435]».

Puisqu’il règle les questions de vêtements, le consistoire peut bien
s’occuper des querelles de ménage. Contre la volonté de son mari,
M^{lle} Baboys persiste à garder chez elle une certaine nourrice;
aussitôt, le consistoire intervient pour lui ordonner de la congédier
et d’en prendre une autre avant une semaine[436].—Un autre jour, il
défend fort sagement à sire Lhermite de se disputer avec sa belle-mère
ou de battre sa femme[437].—Il censure encore la femme de M^{re}
Antoine, boulanger, qui a dit à la nourrice de M. de Saint-Téodorite
qu’elle «estoit de gros saings[438]».—Ou bien il cite à comparaître
done Yssoire et la femme du cardeur Jean Combes qui se sont battues «en
plaine rue publicque[439]».

Mais c’est au sujet des bancs du temple que naissent le plus de
disputes et que le consistoire a le plus souvent à intervenir. Il faut
savoir qu’on réservait des bancs aux pasteurs et aux anciens, mais
aussi aux magistrats, aux consuls[440] aux proposants[441], aux régents
du collège[442] et à certaines personnes notables[443]. Cette coutume
ne se retrouve ailleurs qu’à Nîmes[444], mais ce qui paraît particulier
à cette ville, c’est que tout le monde peut y acquérir le droit d’avoir
un banc à soi au temple, moyennant une certaine somme[445]. Pourtant,
on ne peut choisir le rang où l’on sera placé: c’est le consistoire qui
fait ranger les sièges à son gré, sans que les magistrats aient rien à
dire[446]. Les bancs sont mobiles et non fichés en terre[447], mais on
y fait mettre des «escripteaux» composés par le greffier et portant le
nom de ceux qui ont acquis le droit de s’y asseoir exclusivement[448].

Ces places réservées étaient l’occasion de querelles continuelles
parce qu’elles faisaient naître des conflits de préséance. Voici,
par exemple, deux bourgeoises et leurs filles qui se disputent parce
que l’une, M^{lle} Saint-Estienne, a traîné son banc devant celui
de M^{lle} d’Ariffon. Celle-ci, aidée de sa fille, l’injurie de son
mieux, «appellant sond. mary faussaire et elle qu’elle estoit une
simple». Mais M^{lle} d’Ariffon, confrontée avec son adversaire devant
le consistoire, nie ces propos et déclare, au contraire, «elles ny
leurs fillies ne l’avoir injuriée, les ayant lad. Saint-Estienne
intéressé leur honneur, les ayant appellées querelleuses et que, sy
elle parloit, feroit baisser la teste à sa fillie; requérant qu’elle
aye à déclairer la cause pourquoi feroit baisser la teste à sad. fillie
parce que cela desroge à son honneur et de sad. fillie...; d’ailleurs
que luy a reproché qu’un bourreau avoit couppé la teste à son mary».
Le consistoire fait vérifier la place du banc en question et conclut
que «les deux fillies seront appellées tout présantement pour estre
toutes ensamblement sensurées, afin de les mettre en paix, amitié et
réconciliation[449]».—Un autre jour, c’est le précepteur des enfants
de sire Barthélemy Syméon et la femme de M. Fontfroide qui brisent le
banc de M^{lle} Passelar[450].—Ou encore, le ministre Falguerolles
se permet de faire asseoir des femmes sur le banc des écoliers et dit
à l’un d’eux, M. Rally, que les femmes méritent mieux d’être en cette
place que lui, et que s’il ne lui ouvre la porte, «il la rompra[451]».

Le consistoire avait fort à faire pour apaiser toutes ces
querelles. C’était, en effet, une de ses fonctions importantes que
de «réconcilier» ceux qui s’étaient disputés. Tantôt il faisait
comparaître les inculpés et leur ordonnait tout simplement de se
raccommoder[452], tantôt il déléguait quelques-uns de ses membres
pour apaiser le différend[453]. Quand les intéressés ne pouvaient
ou ne voulaient se mettre d’accord, il les censurait tous deux
«griefvement[454]». Ces réconciliations publiques étaient fort en
usage. Le colloque et le synode s’en occupent comme le consistoire.
C’est ainsi qu’un synode provincial de Nîmes contient la délibération
suivante:

 «Ouys M. Ferrier et M. de la Martinole [pasteur et ancien d’Alais]
 est ordonné qu’ils seront réconciliez: led. sieur de la Martinole
 déclairant tenir M. Ferrier pour fidèle ministre de l’église de
 Dieu et digne de sa charge, et led. M. Ferrier tenir led. sieur de
 la Martinole pour ancien de l’église digne de sa charge et homme
 d’honneur, oublians toutes paroles fâcheuses qu’ilz peuvent avoir heu.
 Ce qu’estant faict en présence de toute l’assemblée se sont donnez la
 main de réconciliation[455].»

Un autre devoir du consistoire était d’empêcher les fidèles de s’amuser
à des jeux défendus. A la vérité, les plaisirs permis par la Discipline
étaient surtout d’ordre moral. Le réformé pouvait lire la Bible à son
aise, assister à tous les prêches et méditer sur les vices du papisme.
Il pouvait aussi prendre des billets aux loteries organisées pour
soulager les ministres, les créanciers et les marchands, mais non
à celles qui n’avaient pour but que de donner une émotion frivole,
comme les «roues de Fortune[456]». Il ne devait pas perdre son temps
à regarder les bateleurs et les acrobates, les faiseurs de tours de
passe-passe et de goblets, ou les montreurs de marionnettes[457].
Il ne pouvait jouer au billard, car ce jeu «apporte beaucoup de
desbauches[458]», ni aux «quilles[459]», et encore moins aux
cartes[460]. Peut-être la paume et le jeu de ballon sont-ils autorisés
à Nîmes, mais en tout cas on recourt aux magistrats pour les empêcher
le dimanche, qui est le jour où l’on _doit_ se reposer[461].

Ce repos du dimanche, on le fait observer fort sévèrement. En 1611, un
synode formulera les «légitimes usages» auxquels il faut l’employer:
l’ouïe de la parole de Dieu, l’administration des sacrements et autres
exercices de piété[462]». Cependant, les notaires «qui reçoyvent des
contracts», ceux qui trafiquent et ceux qui voyagent le dimanche
sont poursuivis suivant la Discipline, «et jusques à privation de
la Cène»[463].—Un pauvre homme, nommé Pierre Tel, se fait censurer
«griefvement» pour «avoir estandu une cadène de cadis led. jour,
craignant que se gastast[464]».—L’hôtelier «du Sauvage» est appelé
parce qu’il a servi «à boire et manger aux allans et venans» pendant
le prêche du dimanche[465].—Enfin, le consistoire prie les consuls de
faire fermer les boutiques[466]. Et sans doute ceux-ci s’en chargent
volontiers puisqu’on les voit ordonner plus tard, de leur propre
mouvement, qu’avant le prêche du dimanche matin on n’ouvrira qu’une
des portes de la ville avec son guichet, et que, pendant la journée,
les autres seront seulement entre-bâillées, afin qu’on ne puisse faire
entrer aucun bétail et aucune charrette[467].

Le synode provincial de Montpellier (1596) autorise les fidèles à
prendre part à toutes les fêtes des corporations, mais il faut qu’elles
ne comprennent aucune danse, qu’elles ne se fassent à l’occasion
d’aucune fête de saint et que «l’exercice de la religion ne soit
intéressé[468]». Les Nîmois se passaient difficilement de danser et
le consistoire avait fort à faire pour les en empêcher. Il faut dire
que les danses étaient alors fort licencieuses, et notamment celle du
bouquet[469]. Cependant, le synode avait beau ordonner que l’article de
la Discipline les concernant serait lu en chaire[470], on n’arrivait
pas à le faire rigoureusement observer. La fiancée du juge criminel
aime tant la danse qu’elle se fait appeler au consistoire pour avoir
«ballé» aux épousailles de M^{re} Bon[471]: qu’y a-t-il d’étonnant à
ce qu’on danse et qu’on se masque à son propre mariage[472]?—Quant
à M^{me} de Favier, elle a le même vice, et il faut l’appeler aussi,
puisqu’elle «andure» qu’on danse en sa maison[473].

On chassait impitoyablement ceux qui facilitaient de telles
«débauches». Le 26 mai 1599, le consistoire prie les consuls de faire
sortir de la ville «celluy qui apprend à danser[474]». Plus tard, il
est averti qu’un «baladin» a «enrollé plusieurs, mesme de la Religion,
et attand les violons pour dresser le bal ordinaire». Il envoie
immédiatement demander aux magistrats d’«empêcher telz escandalles et
excèz qu’en peuvent arriver[475]». Le jeudi saint de l’année 1605,
M^{re} Lansard, consul, trouve le ménétrier Jacques Foëton, «tenant
l’archet encore estendu sur les cordes, et les doigts allongez de la
gauche, pour les frapper à leurs touches et à leurs espaces mesurés»,
seul dans le «lieu de dissolution et de désordre» où il donnait à
danser, «la honte et la crainte ayant faict esvanouïr les assistants».
Aussitôt le consul, saisi d’indignation, lui arrache le violon et
le met en pièces, ce qui lui vaut de passer en justice et de payer
une amende de 18 l.[476]. Enfin, à Aimargues, on fait, en 1602, des
remontrances à une demoiselle qui avait logé un «maistre danseur[477]».

Non seulement la danse, mais aussi la musique semble éminemment
corruptrice. Le jour de leur «reveue et bravade», les basochiens
veulent faire jouer des violons, des hautbois et autres
instruments[478], mais le consistoire de Nîmes ne peut supporter l’idée
d’une telle débauche et il supplie chaque année les magistrats de «fere
cesser» les instruments[479].

Il a horreur aussi des «charivaris» qui sont fort en honneur à Nîmes.
Sire Farel prend soin, au moment d’épouser M^{lle} Fazandier, de prier
Jean Jaudin et le capitaine Billanges «d’adviser qu’on ne luy fist
charbarie[480]». Mais pour cela il lui faut payer[481].—Bagard, lui,
n’échappe pas à cet inconvénient: Rouvière jeune, Pansiet, Pierre de
Montelz, Cottelier se font censurer et suspendre de la cène pour
avoir pris part à son «charbary», et spécialement Rouvière qui «est un
farceur et bouffonneur ordinaire»; un autre encore est censuré pour y
avoir assisté, d’autant qu’il remplissait les respectables fonctions
de sergent-major dans la garde communale; quant à Jehan Fornier,
il prétend avoir été appelé par la femme de Bagard pour empêcher
le vacarme, mais comme il trouve l’histoire si drôle qu’il ne peut
s’empêcher de rire en la racontant, on le déclare «colpable», et il se
fait suspendre de la prochaine cène comme les autres[482].

Toutes ces mesures sont sévères. Un pasteur a dit: «Calvin était parti
du principe que l’homme ne peut rien donner au plaisir sans risquer
d’oublier son créateur, et la conséquence immédiate de ce principe
était l’obligation de déclarer incessamment la guerre à tous les
instincts naturels du cœur humain[483]». C’est pourquoi «la Réforme
n’a pas été vraiment populaire en France», comme l’écrit M. le pasteur
Paul de Felice[484]. La nécessité de faire observer de tels règlements
forçait le consistoire à s’ingérer dans la vie privée d’une façon que
l’on serait loin de supporter aujourd’hui. Cela avait l’inconvénient
de favoriser la naissance et le développement des petites calomnies et
des «racontards». On était forcé de recourir aux serviteurs[485] et
aux voisines[486] pour enquêter sur la vie et les mœurs des fidèles
suspects, et l’on encourageait, en somme, la délation. Ainsi, M^{re}
Symon Mariaige, chirurgien, vient rapporter au consistoire «que ce
jourd’huy matin, il estoit en la boutique de M^{re} Noguier, y seroit
venu Jehan Dumas, praticien, quy auroit renyé le nom de Dieu plusieurs
foys[487]».

Mais, d’autre part, l’intervention des «surveillants» et des diacres
dans la vie privée des habitants avait alors son avantage: elle
remplaçait heureusement, en bien des cas, notre police. Par exemple,
en 1599, le consistoire empêche des parents de maltraiter leur enfant
martyr et de le faire, pendant l’hiver, «demeurer de nuict et de jour
presque tout nud, et morent de faim», à ce point que les voisines
apitoyées lui donnaient «souvent de pain et autres chozes[488]».

       *       *       *       *       *

Il résulte de ce qui précède que les habitants se trouvaient
étroitement soumis à la surveillance de leur consistoire: leurs
fréquentations, leurs mœurs, leurs querelles, leurs plaisirs, il
examinait tout. Mais reste à montrer quels étaient ses moyens de
sanction et à prouver que les fidèles lui obéissaient.

Ceux qui se trouvent accusés de fautes graves, c’est-à-dire ayant
causé du «scandale», sont cités à comparaître par l’avertisseur ou
les anciens[489]. A la vérité, ils ne se pressent pas toujours de se
rendre à la convocation. M^{lle} la lieutenante de Favier, appelée en
consistoire parce qu’elle a envoyé ses enfants faire leurs études chez
les Jésuites, en Avignon, répond qu’elle aimerait mieux aller cent fois
à la messe qu’une seule au consistoire[490]. Quelques jours plus tard,
elle promet pourtant au pasteur Ferrier de retirer ses enfants[491].
Mais elle n’en fait rien, et le 3 mai, on la rappelle de nouveau[492]:
elle ne vient pas[493]. On recommence le 16 mai, le 23 mai[494], le 30
mai[495], le 6 juin[496], le 22 août[497], le 29 août[498], et l’on ne
se résigne que le 31 août à la priver de la cène[499]. On continue à la
citer le 5 septembre[500], le 19 septembre[501], le 26 septembre[502],
le 18 octobre[503], en mentionnant à chaque séance qu’on la convoque
pour la dernière fois. Enfin, le 24 octobre 1601, on se résout à la
suspendre publiquement des sacrements[504]. Elle se décide alors à
faire dire au consistoire que, si elle n’est pas venue, c’est qu’elle
était indisposée; et aussitôt l’on surseoit de huit jours à la
publication[505]. Trois jours après, on envoie savoir pourquoi elle
n’a pas comparu: elle répond qu’elle est à nouveau souffrante[506]. Le
7 novembre, elle n’est pas encore venue au consistoire[507], et c’est
seulement le 14 qu’elle consent à s’y rendre[508]. Elle a donc résisté
pendant sept mois, sans que l’on se décide à l’excommunier.

Les fidèles étaient rarement aussi obstinés, mais souvent plus violents
que M^{lle} de Favier. Les nobles n’aimaient pas à comparaître devant
une assemblée de marchands[509]. M. de la Farelle, averti qu’il allait
être suspendu publiquement de la cène s’il ne voulait se rendre au
consistoire, renvoie brusquement les anciens chargés de l’en prévenir
«avec parolles facheuses», et leur déclare «qu’il estimoit autant
leurd. procédure comme ung brain d’asne[510]»; un autre jour il se met
fort en colère et fait dire aux membres du consistoire qu’il ne les
«crainct ny vifz ni mortz[511]». D’aucuns se contentaient de refuser
purement et simplement de répondre à la convocation[512]. Bref, soit
peur, soit dédain, quelques personnes refusaient de comparaître.

Le consistoire se montrait pourtant assez accommodant sur le jour à
fixer pour la citation. Ainsi un prévenu, appelé un vendredi pour le
mercredi suivant, avertit qu’«il s’en va la prochaine sepmaine hors la
ville», et les anciens consentent à s’assembler dès le lendemain pour
l’entendre[513].

Très souvent, les accusés avouaient la faute qui leur était
reprochée; mais il fallait quelquefois faire enquête, les presser
de questions et se livrer, en somme, à de vraies «instructions»
judiciaires pour connaître la vérité[514]. Si l’on établissait la
culpabilité de l’accusé, on le condamnait à la censure ordinaire,
à la censure «griefve», à la suspension temporaire de la cène, ou
à l’excommunication, suivant la gravité de sa faute. Les censures
s’infligeaient dans le consistoire ou, publiquement, au temple. Enfin,
on exigeait du coupable l’aveu public de son péché, soit devant
les anciens réunis, soit au prêche devant tout le monde, et ces
«restitutions» étaient fort redoutées[515].

Mais, en somme, les fidèles refusaient très rarement de se soumettre
à leur condamnation. Dans ce cas, on allait jusqu’à les «retrancher»
de la Religion en les excommuniant; ou, s’ils avaient commis un crime
qui pût passer pour un délit selon le droit, on les poursuivait en
justice[516]. On préférait d’ailleurs se soustraire par la ruse à son
châtiment: nous voyons que, très souvent, ceux qui ont été privés de
la cène réussissent à communier malgré la surveillance des anciens, en
se procurant le «méreau[517]» par surprise[518]. Mais, à moins d’être
bien décidé à apostasier, comme Guillaume de Reboul[519], on finissait
toujours par se soumettre.

Il est certain, d’ailleurs, que le consistoire hésitait plus à frapper
les grands et les notables que les petits. L’extrême patience qu’on
le voit montrer à l’égard de M^{lle} la lieutenante de Favier[520]
en est la preuve. Après avoir refusé pendant sept mois de venir au
consistoire, elle comparaît enfin: on se contente de la censurer
«vivement»[521]. Elle n’obéit pas davantage: alors, on prie son
beau-fils, conseiller à la cour de Castres, d’agir près d’elle[522],
on décide d’essayer de faire venir ses enfants à son insu[523]; on
lui donne à elle-même encore un mois de délai[524]; bref, on emploie
tous les moyens pour n’avoir pas à la «retrancher» de l’église. On ne
saurait reprocher au consistoire cette manière d’agir. La défection
des personnages en vue faisait assez grand tort au parti pour qu’on
renonçât à les excommunier, sauf en cas de force majeure[525]. Mais
lorsque la faute avait été «scandaleuse» le consistoire ne gardait
plus de ménagements: non seulement il citait et punissait ses propres
membres, aussi bien dans des séances dites «de censures» que dans
ses séances ordinaires[526], mais encore les consuls[527], les
magistrats[528] et, comme je l’ai dit, les nobles.

Enfin, il faut ajouter que les églises s’entendaient entre elles
pour organiser une police des mœurs. Celle de Nîmes écrit aux
anciens de Montpellier et au pasteur de Vezenobre «pour s’informer
du fait contre le sieur de Saint-Cézary» accusé de «converser avec
sa chambrière[529]». Un autre jour, elle reçoit une lettre «mandée
par M. Rudavel» lui signalant certaines personnes reconnues coupables
par le consistoire de Saint-Ambroix; elle lui répond pour réclamer le
détail des charges «contre iceux», et, cependant, décide qu’ils «sont
suspandus des saintz sacrements et baptêmes, jusques estre purgés
devant le consistoire de Saint-Ambroix de ce que leur est imposé sus à
cause d’avoir palliardé[530]».

       *       *       *       *       *

Tels sont les moyens que le consistoire de Nîmes avait à sa disposition
pour appliquer un règlement intransigeant et tracassier, dont tout
plaisir était hardiment banni. Il y réussissait, grâce au respect que
l’on avait pour son autorité. Les réformés soumis à des devoirs précis,
systématiques et presque inhumains, surveillés par la police des
consistoires de la région jusque dans leur vie la plus intime[531], se
trouvaient par là même disciplinés et unis.

Nous allons voir dans le chapitre suivant que les consuls et les
magistrats, subordonnés comme les autres, en tant qu’hommes privés, à
la Discipline, se trouvaient naturellement amenés à mettre toute leur
autorité politique au service de leur consistoire.



V

INFLUENCE DES ASSEMBLÉES SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL

 1. Consuls. Les anciens au conseil de ville. Les consuls et
 conseillers aux consistoires extraordinaires. Influence réciproque. La
 police faite par le consistoire. Pension payée par la ville à l’église.

 2. Magistrats. Moins soumis que les consuls. Leur ingérence dans
 les affaires ecclésiastiques. Mesures de résistance. Ils assistent
 aux consistoires extraordinaires. Ils exécutent des décisions
 consistoriales. Juridiction du consistoire. Protestation des
 magistrats (1562).

 Conclusion. La théocratie nîmoise. Influence personnelle des pasteurs
 et anciens.


A priori, le consistoire de Nîmes semble devoir exercer une influence
politique puisque la ville est gouvernée par des consuls et des
magistrats _protestants_. Ceux-ci sont parmi ses administrés: ils ont
donc à répondre de leurs actes devant sa juridiction. De plus, comme
tout bon réformé doit travailler à la grandeur de son église, ils sont
sujets à réprimandes lorsqu’ils gouvernent ou jugent d’une façon non
profitable aux intérêts de la Religion.

Mais il faut montrer dans quelle mesure s’exercent ces influences
ecclésiastiques.

Les consuls de Nîmes, élus chaque année, avaient dans leurs
attributions d’ordonner la police de la ville, de régler ses finances
et de préserver les intérêts communs. Ils étaient assistés par un
conseil de ville renouvelé aussi tous les ans, et qui pouvait se
renforcer «extraordinairement» de notables. Consuls et conseillers
étaient toujours protestants, parce que les réformés étaient en très
grande majorité dans la cité[532].

Or, il faut remarquer tout d’abord que le consistoire et le conseil
de ville sont en communication constante. Des anciens et des pasteurs
sont très souvent députés par l’assemblée ecclésiastique pour soumettre
au conseil les difficultés qui peuvent survenir à propos des affaires
de l’église (comme, par exemple, la levée des impositions, pour
l’entretien des ministres[533]). D’autre part, les consuls assistent
toujours aux consistoires extraordinaires[534]. On peut donc supposer
qu’il y a entente entre les conseils ecclésiastique et politique de la
ville.

Dans certaines localités moins importantes, cette entente est évidente.
A Aimargues[535] et à La Salle[536], on trouve, en effet, que des
habitants cumulent les fonctions de consul et d’ancien. Au Vigan,
l’avertisseur, sonneur de cloches, homme de peine du consistoire, est
en même temps «valet des consuls[537]».

Mais à Nîmes, nous avons seulement établi jusqu’à présent, qu’il
était _possible_ que le gouvernement communal fût influencé par le
consistoire: les actes vont nous prouver que cette influence existe
en réalité. Ils nous montrent le consistoire s’adressant aux consuls
directement pour faire exécuter ses décisions, qui passent pour des
mesures de police sévères, mais nécessaires. Le 10 juillet 1596, il
«charge le cappitaine Privat de parler aux consuls de fere fermer les
boutiques le jour de dimenche[538]».—Un autre jour, il leur recommande
de chasser de la ville une femme nommée Martine parce qu’elle a eu un
enfant illégitime[539];—ou encore «un nommé Savin et sa femme...
ensemble un cotturier que le sire Duprix [ancien] indiquera, demurant
chez done Molière et de Porreau[540]». On pourrait trouver des
quantités d’exemples analogues. Les encouragements du consistoire
sont d’ailleurs inutiles lorsqu’il s’agit de faire respecter le repos
dominical, et le conseil de ville donne alors des ordres de son propre
mouvement[541]. Il faut éviter le «scandale» que les catholiques
provoqueraient en ne se reposant pas comme les huguenots. Cette
intransigeance calviniste est aussi spontanée que l’intransigeance
catholique qui dictait l’art. 20 de l’édit de Nantes[542].

Ces exemples et ceux que je vais encore citer montrent que le
consistoire et le conseil collaborent tous deux à la police municipale.
Le premier s’en occupe au nom de la morale, le second au nom de la
sûreté de la ville, et tous deux de façon à sauvegarder les intérêts
de la Religion. M. Bosquier ayant eu ses vitres cassées à coups de
pierres «la nuit du dimanche de la reveue des cardeurs», s’adresse au
consistoire, plutôt qu’au conseil de ville, pour en avoir réparation,
et obtient qu’on députe deux anciens pour prier les consuls de
«réprimer et velher sur les ribleurs de nuict[543]». D’ailleurs, les
anciens, dont c’est le devoir de se renseigner sur la vie privée des
habitants, sont fort utiles aux consuls pour la police de la ville.
En 1597, le consul Duprix propose au consistoire que l’«on craint, à
cause de la cherté des vivres, quelque nécessité en l’arrière-saison, à
cause de quoy Messieurs les consuls désireroient... que les survellians
s’employent à faire led. rolle» des habitants. On décide de leur donner
«les surveillans pour les y aider» et que «lesd. survellians avec les
députez de la maison de ville remarqueront les gens sans adveu pour les
faire vuider de la ville[544]».

Les finances ne sont pas, comme la police, indivises entre le
consistoire et le conseil. A la vérité, la ville aide l’église
de son argent en lui servant une pension annuelle[545] et de son
autorité en faisant établir elle-même les rôles d’impositions pour
les ministres[546]; mais le consistoire règle seul et sans contrôle
l’administration de ses propres finances[547]. C’est la ville qui
supporte tous les frais causés par les députations aux assemblées
politiques du parti réformé, si bien que le consistoire ne paye que les
dépenses des délégués aux colloques et aux synodes. Ainsi, le conseil
de ville décide de solder non seulement la dépense des trois députes
de Nîmes à l’assemblée de Castres du «vingtiesme» janvier 1600, mais
encore celle du pasteur Moynier, député par le colloque[548].

En somme, le consistoire et le conseil s’influencent réciproquement.
Dans les petites villes comme Aimargues et La Salle où l’on voit
certains habitants cumuler les fonctions de consul et d’ancien[549],
cela ne fait pas de doute. A Nîmes, si l’on songe que le consistoire
communique à chaque instant avec le conseil de ville, qu’il fait même
exécuter ses décisions disciplinaires de morale par la force dont ce
conseil dispose, qu’il l’aide de son côté à faire la police de la
ville, qu’il reçoit de lui une aide pécuniaire, on est bien tenté de
dire que le consistoire et le conseil gouvernent de concert, sinon
officiellement, du moins dans la pratique.

Remarquons maintenant que les consuls sont soumis personnellement,
ainsi que les autres fidèles, à l’action du consistoire et que leur
vie n’est en rien soustraite à son examen[550]. Pour gouverner
impartialement, il s’agirait donc pour eux de subir son influence en
leur privé et de s’en dégager entièrement dans leur conduite politique.
C’est là une mesure assez difficile à garder; aussi ne l’est-elle pas,
et le consistoire n’hésite-t-il pas à contrôler l’administration des
consuls afin de la maintenir sûrement dans les tendances protestantes:
cette délibération, à la suite de laquelle un des pasteurs est chargé
de faire des remontrances aux consuls » «sur la procédure qu’ilz
firent le jour appellé La Feste-Dieu en faveur de ceux de la religion
romaine», en est une preuve[551]. D’ailleurs, les consuls ne s’exposent
pas souvent à de pareilles remontrances: inspirés par la Discipline,
nous les voyons, avec leur conseil, se préoccuper d’eux-mêmes du zèle
religieux et de la vie privée de leurs administrés[552].

Il ne serait peut-être pas exagéré de conclure de tout cela que le
gouvernement de Nîmes est une pure théocratie. Assurément l’assemblée
ecclésiastique n’a pas en théorie d’autorité politique. Pourtant il
semble bien qu’elle influence si fortement le conseil qu’elle le
soumette entièrement à son contrôle.

       *       *       *       *       *

Cependant les consuls et leur conseil n’étaient pas seuls maîtres de
la ville. Il y avait aussi le corps des magistrats, très important,
d’esprit assez différent, et dont l’influence sur la politique
communale était considérable. A la vérité, les magistrats réformés
dépendaient également du consistoire, puisqu’ils faisaient partie du
troupeau des fidèles. Mais en pratique, ils étaient moins soumis que
les consuls et les conseillers.

Ils se trouvaient, en effet, plus près du roi dont ils étaient les
agents directs et dont ils représentaient le gouvernement auprès des
Nîmois, tandis que les consuls étaient les représentants de la ville
par rapport au gouvernement central. En outre, ils avaient l’avantage
d’être inamovibles et sans doute plus persistants dans leurs desseins
que les consuls qui changeaient chaque année. Cette stabilité, qui
leur permettait de former une caste supérieure, devait assurément leur
donner un certain dédain pour les assemblées ecclésiastiques où la
classe moyenne dominait[553].

Aussi, la haute idée qu’ils ont de leur dignité les pousse à
entreprendre sur la liberté des assemblées. Ils cherchent à établir
leur droit d’assister aux colloques et synodes malgré la décision
du synode national de Saumur (1596) portant qu’ils n’y peuvent être
présents que s’ils y sont convoqués spécialement[554]. Ainsi, au
synode provincial tenu à Nîmes en 1601, on prie les magistrats de
cette ville de quitter la salle pendant qu’on jugera le différend qui
sépare Nîmes et Alais, «d’aultant que leur présence pourroit captiver
les advis»; mais ils répondent que, s’ils sont là, c’est «non pour
empêcher les voix, mais pour faire ce qu’est de l’exécution de leurs
charges, ce qu’on ne pouvoit trouver mauvais; et, ayans esté priez par
plusieurs fois, auroient insisté». On dut attendre leur sortie, qu’ils
firent avant la fin de la séance, pour rendre le jugement[555]. Cette
tendance à s’ingérer directement dans les affaires ecclésiastiques se
manifeste de même à Nîmes lorsque le juge criminel et l’avocat du roi
se permettent de disposer de «certains legatz pies» appartenant aux
pauvres du consistoire[556].

Mais les synodes prennent des mesures contre l’influence des
magistrats. Ainsi quand un homme condamné par la justice a nié
constamment, il peut être réconcilié avec l’église «après qu’on aura
déclaré au peuple en sa présence qu’on le remet au jugement de Dieu
et à celui de sa conscience[557]».—Un synode provincial prend une
décision pour ordonner à un juge d’abandonner l’instruction qu’il avait
commencée contre un homme qui avait «pormené son mulet au cimetière à
l’entour du temple», et de laisser au consistoire «la cognoissance de
ce faict[558]».—Enfin, le consistoire de Nîmes a soin de «veriffier
les jugemens fettes contre Bedon Berrier et Astruc du rapt fait par
iceux d’une fillie au mas de Viollande[559]». Toutes ces mesures
ont pour but de sauvegarder le droit de justice que les assemblées
ecclésiastiques possèdent sur les fidèles, et de le maintenir nettement
séparé des procédures faites par le magistrat, même réformé.

Le consistoire de Nîmes, tout en résistant de son mieux à l’influence
des magistrats, cherche cependant à se les concilier et ne manque pas
de leur demander leur avis afin d’obtenir leur appui. Il les convoque
avec les consuls à ses séances extraordinaires qui ont lieu, nous
l’avons vu[560], à propos de tous les événements importants de l’église.

En retour, il exerce sur eux une influence directe. Il les occupe,
comme les consuls, à exécuter ses décisions au sujet de la police de la
ville: il fait dire par le pasteur Chambrun aux consuls et à l’avocat
du Roy de «pourvoir aux désordres et riblerye de nuit quy se commettent
ordinairement par les jeunes hommes[561]»;—il prie «aulcungs des
principaulx magistratz» de chasser de la ville une fille publique qui
débauche un nommé Dugras[562], et d’expulser les «auboys et viollons»
retenus par les basochiens pour leur «reveue et bravade[563]»;—enfin,
il requiert le juge criminel et les consuls d’empêcher qu’on joue au
ballon[564]. Il a ainsi sa propre justice que sanctionne la justice du
roi, grâce aux magistrats.

Son devoir est de surveiller la vie des fidèles et de les punir au
besoin, c’est-à-dire d’exercer sur eux une juridiction. Si sa sentence
n’est pas observée, on peut recourir aux magistrats: «En cas que led.
Noguier et ses parentz et aliez ne tiennent lad. réconciliation, _est
permis_ aud. sieur de la Faye poursuivre... par devant la justice», dit
un synode[565].

Cette juridiction de fait qu’exerçait le consistoire[566] est si peu
niable que les magistrats trouvèrent, à un certain moment, qu’elle
empiétait singulièrement sur leurs prérogatives. Dès l’année 1562,
alors pourtant que le calvinisme n’était encore, à Nîmes, qu’à ses
débuts, et que le consistoire se trouvait par conséquent moins
puissant, les magistrats se virent forcés de faire solennellement à
celui-ci «prohibitions et inhibitions» de «prendre court, juridiction,
cognoissance, autorité ou puissance aulcune sur les subjetz du Roy,
pour raison des différentz, controverses et procez criminelz que soyent
que lesd. subjectz ayent ou puyssent avoir ensemble... et soyt soubz
prétexte de réconcilier hayne que pourroit estre entre eulx[567]».
Vers 1596, la Réforme étant devenue souveraine à Nîmes, on est fondé
à croire, ce semble, que la juridiction consistoriale n’avait pu que
s’étendre. En tout cas, la surveillance des anciens s’exerçait sur la
justice du roi, et il n’y a qu’à s’en féliciter si c’était toujours
pour protéger les pauvres[568] et les malheureux, comme ce Mazel que
le juge criminel avait peut-être oublié en prison et qui y mourait
certainement de faim[569].

       *       *       *       *       *

Il me paraît résulter de ce chapitre qu’il faut considérer les
consuls, les magistrats et le consistoire comme les trois branches
du gouvernement communal des villes protestantes. Ils s’influencent
réciproquement; pourtant, le consistoire domine les consuls et
les magistrats. La raison en est claire: c’est qu’il représente
essentiellement la Discipline à laquelle se soumettent tous ceux qui
sont de la Religion. Or, les magistrats et les consuls sont avant tout
des fidèles. La différence entre leurs devoirs d’hommes privés et de
fonctionnaires est trop subtile pour avoir été maintenue au XVI^e
siècle. Réformés, ils travaillèrent selon leurs pouvoirs à la grandeur
de la Réforme: c’est-à-dire qu’ils firent observer ses règlements.
Voilà pourquoi le consistoire, dont c’était proprement la fonction, les
dirigea.

J’ai, je crois, prouvé son influence visible sur le gouvernement
communal qui lui prête la force armée pour faire respecter ses règles
de morale. Il faut tenir compte aussi de l’action occulte, non
officielle, qu’il exerce forcément, par suite de la considération que
l’on a pour ses membres. Un synode recommande aux pasteurs «d’estre
grandement circonspects à la recommandation qu’ils fairont... des
parties plaidantes[570]». Et il n’a pas tort, si l’on en juge par cette
délibération du consistoire de Nîmes: «Sont chargés M. de Chambrun et
M. de Castelnou pour parler à M. le Cremynel pour raison de certain
procès intenté par Jonny, greffier _catholicque_, pour certaines
disputes, ayant obtenu prinse de corps contre le cappitaine Ferriol»,
et lui «remonstrer... _fere justice_ aud. Ferriol[571]». Ceci laisse
à penser que les catholiques nîmois ne devaient pas gagner souvent
leurs procès contre des réformés devant les magistrats protestants.
D’ailleurs, ils le leur rendaient bien: la nécessité où l’on fut de
créer des chambres mi-partie en est la preuve.

Il n’en est pas moins certain que la ville huguenote de Nîmes
possédait, par ses consuls et ses magistrats soumis à l’influence
du consistoire et des assemblées supérieures, un gouvernement qui
aurait obéi aux ordres du parti, plutôt qu’à ceux du roi. Elle se
trouvait presque détachée du pouvoir royal: c’était une sorte de petite
république théocratique à l’image de Genève.

Constatons, d’ailleurs, qu’au milieu de l’anarchie générale du royaume,
mainte ville catholique se trouvait dans une indépendance égale: ainsi
Mende, où commandait Fosseuse[572]. Pourtant, ce qui rendait moins
grave le cas de Mende, par exemple, que celui de Nîmes, c’était son
isolement: à cette époque la Ligue agonisait. Nîmes, au contraire,
formait avec les autres centres huguenots une association, une
alliance, absolument nécessaire pour sauvegarder sa religion dont on
voulait injustement la priver, mais dangereuse pour l’État. Et cette
association était très forte parce qu’elle était homogène, disciplinée,
et soumise en toutes ses parties à un seul et même règlement,
qui plaçait les opinions et toutes les actions de chaque réformé
sous le contrôle du synode national, par le moyen des assemblées
intermédiaires.



VI

RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES

 Méfiance réciproque des papistes et des huguenots.

 Un «parti» catholique dans le colloque. Son impopularité. Relâchement
 des mœurs du clergé.

 Le calvinisme religion d’État. Entraves à l’exercice du culte romain.
 Les catholiques exclus du gouvernement. Mesures vexatoires prises
 contre eux. Les rentiers des bénéfices dépouillés ou taxés pour
 l’entretien des pasteurs. Arrêts du Parlement et de la cour des Aides
 contre cet état de choses.


Il faut d’abord bien marquer que les profondes divisions qui avaient
séparé les protestants et les catholiques ne s’étaient pas effacées
avec la paix. Nous allons voir que l’édit de Follembray, s’il avait mis
fin aux guerres civiles, n’avait pas rapproché les deux partis. L’édit
de Nantes ne le fit pas davantage. En 1602, les protestants sortaient
en armes de Nîmes et brûlaient les moissons des catholiques[573]. En
1614, ils maltraitaient un curé qui avait été porter les sacrements
à une mourante[574]. Les exemples pourraient ainsi se multiplier. A
plus forte raison, avant la publication de l’édit de Nantes, les deux
partis restaient sur le qui vive. Au mois de mai 1600, le bruit court
à Nîmes que les catholiques préparent une conspiration. Aussitôt,
le consistoire délibère[575], et porte le fait à la connaissance du
conseil de ville, qui ordonne des patrouilles de jour et de nuit, prend
toutes les mesures nécessaires et fait avertir chacun des habitants
réformés d’avoir l’œil et l’oreille au guet[576]. C’est beaucoup
d’effroi pour rien. Peu après, le consistoire de Saint-Gilles prévient
en grand secret celui de Nîmes que «despuys quelques jours en ça, les
chanoines de Saint-Gilles tiennent la porte de leur église fermée à
clef, [et] ont faict bastir plusieurs portes en forme de forteresse».
Et les pasteurs d’avertir aussitôt les consuls, les magistrats et le
colloque de ce grave événement[577]. Naturellement, c’était une fausse
alerte.

Ces faits prouvent que la méfiance la plus absolue règne entre
huguenots et papistes. Pour un rien, ils prendraient les armes. Il
faut bien remarquer que les villes du colloque de Nîmes sont nettement
divisées en deux partis, l’un fort, l’autre faible. Les protestants
disposent du gouvernement et exercent le pouvoir à leur gré, tandis que
les catholiques ont leurs intérêts spéciaux qui les opposent à eux.
Il est nécessaire à ces derniers, moins nombreux, de s’organiser pour
résister aux huguenots, fortement centralisés grâce à leurs assemblées
qui ont action sur les consciences par l’intermédiaire des consistoires
et sur les personnes par les consuls et les magistrats. Les catholiques
se trouvent à Nîmes dans une situation correspondante à celle que les
réformés occupent dans le reste de la France. La majorité qui les
entoure de toutes parts augmente leur cohésion et les amène à former
une petite ville dans la grande, de même que les protestants forment un
État dans l’État.

Il existe donc un _parti catholique_ de même qu’un parti _protestant_.
Dans une délibération du conseil de ville de Nîmes, on rapporta que
les papistes s’étaient réunis, avaient nommé un chef et que ceux du
clergé avaient levé de l’argent «soubs le prétexte de l’employer à
l’entretenement des ministres que se révolteront[578]». Ceci prouve
au moins qu’il y avait entente entre les catholiques de la ville et
qu’il leur était possible de conspirer. L’édit de Nantes dut favoriser
leur accord et leur permettre de s’associer ouvertement. En effet
comme, lors de son exécution, les protestants avaient nommé à Nîmes une
commission spécialement chargée de faire les demandes aux commissaires
et de rédiger les cahiers de remontrances[579], il est à croire que les
catholiques, qui élisaient aussi des députations[580] et présentaient
des cahiers[581], devaient avoir agi pareillement.

Ainsi, après l’édit de Follembray, les deux partis restent en présence;
seulement, ils ne combattent plus les armes à la main: c’est une lutte
d’influences politiques et morales qu’ils se livrent. Les catholiques
sont impopulaires. Pour conserver leurs droits, ils sont forcés de
recourir au parlement de Toulouse, et ne se maintiennent que par son
autorité: c’est le cas du chapitre de Saint-Gilles, par exemple, qui
est en procès contre les habitants de son village[582].

D’ailleurs, un grand relâchement s’était introduit dans les mœurs
du clergé pendant les guerres civiles. Des prieurs et des curés
délaissaient le service divin sans se donner «aulcune peyne que
de jouir de leurs bénéfices, sans faire aulcune résidance», et,
lorsque l’évêque voulait les contraindre à remplir leur devoir, ils
en appelaient au parlement[583]. Les «chanoynes, prieurs, curés
et chappelains» se refusaient à aider l’évêque de leurs revenus,
lorsqu’il se décidait à faire reconstruire les églises ruinées[584].
Il était nécessaire de rappeler aux chanoines de Saint-Gilles qu’ils
ne devaient «conférer aucunement de jour ny de nuit avec femme de
mauvaise renommée», ou aller au cabaret et y jouer «à jeux deshonnestes
et deffendus»; il fallait les exhorter à psalmodier «distinctement» à
l’église, à «sçavoir chanter tout ce qu’il est besoin sçavoir», à ne
parler avec leurs voisins pendant les services que «bien rarement»,
et à ne pas sortir de l’église avant la fin du service; enfin, à se
procurer des bonnets carrés, à se faire couper les cheveux et tondre
leur «corone» au moins six fois l’an. Ce règlement comprend encore
des recommandations touchant la manière dont il convient de suivre
la messe qui prouvent la singulière ignorance des religieux auxquels
il s’adressait[585]. Il se produisit, après l’édit de Nantes, une
véritable renaissance catholique lorsque le chapitre et l’évêque de
Nîmes eurent le moyen de réagir contre ce relâchement des mœurs du
clergé. Mais les chanoines de Saint-Gilles, qu’il fallait rappeler
eux-mêmes à l’observance des coutumes catholiques, n’auraient guère pu
avoir d’influence sur les habitants protestants de leur ville.

La religion réformée avait gagné en développement tout ce que perdait
la catholique; à Nîmes, elle était passée au rang de religion d’État,
ce qui revient à dire qu’elle opprimait «la romaine». Ne le lui
reprochons pas, c’était dans les mœurs du temps et les catholiques
rendaient bien aux réformés ce qu’ils avaient à en souffrir dans
quelques villes. Quoi qu’il en soit, au colloque de Nîmes les huguenots
empêchaient à peu près le culte romain. Ainsi, le service divin était
complètement interdit à Calvisson, Galargues et Sommières[586]. A
Nîmes, les églises se trouvaient détruites ou entre les mains des
protestants[587], qui s’en servaient comme de citadelles[588];
il était défendu de célébrer la messe publiquement, de faire des
processions, de dresser des autels et de tapisser les maisons les jours
des fêtes de l’Église[589]; les enterrements à la mode romaine étaient
généralement interrompus à coups de pierres et d’immondices, et les
prêtres portant dehors le Saint-Sacrement s’exposaient à en recevoir
autant[590]. Enfin, les jours de fêtes chômées, les consuls avaient
coutume de faire clore les portes de la ville afin d’empêcher les
habitants des environs de venir entendre la messe[591].

Outre qu’on les empêchait de célébrer leur culte librement, les
catholiques se trouvaient, à Nîmes, privés de leurs droits politiques.
Ils étaient absolument exclus de la garde bourgeoise ainsi que leurs
serviteurs, et cependant on levait sur eux des impositions pour son
entretien[592]. De même, ils ne pouvaient être admis au consulat, au
conseil de ville, ni aux autres charges publiques. Cette question des
consulats créa des difficultés sans nombre lors de l’exécution de
l’édit de Nantes: catholiques et réformés envoyèrent députation sur
députation aux commissaires, au connétable, au roi, aux assemblées, aux
seigneurs influents de la cour. Les premiers eurent d’abord gain de
cause, puis ce furent les huguenots qui l’emportèrent, quoi qu’on en
ait dit[593].

Ce n’était pas seulement par point d’honneur que les catholiques
voulaient être admis au consulat et au conseil de ville: en effet, les
consuls et le conseil, composés exclusivement de réformés, prenaient à
chaque instant contre eux des mesures vexatoires. Ainsi, ils avaient
grand soin de choisir les maisons des ecclésiastiques pour le logement
des gens de guerre, malgré les ordonnances du roi[594]. Pour entrer
à Nîmes, il fallait déclarer aux gardiens des portes quelle religion
on professait, et les catholiques étrangers se voyaient souvent
repoussés[595]. En outre, les consuls avaient l’administration des
finances dont, comme nous l’avons vu[596], une certaine partie était
consacrée au paiement des assemblées, à l’entretien des proposants et
des ministres, ou encore à faire venir «M. Pacius..... mandé quérir
de Genève» et à racheter «l’estat de viguier affin de fere tumber les
estatz entre [les] mains de ceulx de lad. Religion[597]». C’est pour
empêcher les protestants de consacrer les revenus de la ville aux
intérêts de la Religion que les catholiques exigèrent d’être admis aux
consulats. Il ne leur était point agréable de payer les frais d’un
culte qu’ils détestaient.

Les rentiers des bénéfices étaient particulièrement molestés:
on trouva, en effet, mille manières ingénieuses de les faire
contribuer aux charges publiques ou à l’accroissement des revenus
seigneuriaux[598]. La plus radicale fut de leur enlever leurs
bénéfices. Voici un des moyens employés: «les consulz, collecteurs de
tailles» et même de simples particuliers faisaient, «soubz colleur
du payement des taille, décretter» les bénéfices dont les titulaires
avaient été forcés de s’enfuir, par suite de la démolition de leurs
«eiglizes et maisons presbytéralles», et jouissaient ainsi du revenu,
«n’estant ce qu’il reste.... suffizant» pour permettre aux titulaires
de résider sur les lieux[599]. D’autres fois, des «gentilshommes,
cappitaines et autres particuliers» avaient «impétrez» par des hommes
de paille les bénéfices dont un petit nombre seulement étaient,
«par la malice du siècle...., demeurés en leur entier»; ils se les
étaient appropriés et les avaient joints à leurs propres biens[600].
Certaines personnes faisaient «trafic de vendre et achepter bénéfices,
conséquemment le don du Saint-Esprit, jusques à les bailler en dot.....
à leurs filles», et forçaient «aulcuns pouvres ecclésiastiques les
leur bailer[601]». Tous ces usurpateurs des bénéfices n’étaient
naturellement pas disposés à rendre ce qu’ils se trouvaient bien
d’avoir pris. Retirés dans leurs maisons plus ou moins fortifiées,
ils recevaient si mal et à tel renfort de bâtons les sergents qui
venaient leur signifier les actes de justice, qu’il n’y avait plus
aucun huissier pour s’y risquer et que même, en certains lieux, on
ne trouvait plus personne pour se charger de la recette des décimes
auxquels les bénéfices étaient taxés.

Quant aux «pouvres bénéficiers» restés en possession de leurs biens,
il y avait aussi différents moyens d’en tirer de l’argent. Des
gentilshommes et même des «juges et officiers» royaux, partisans des
réformés, les empêchaient «de pouvoir jouir de leurs dixmes ..... et de
les pouvoir bailler par arrentement aux laboureurs et paroissiens du
lieu»: en effet, ils menaçaient et intimidaient les «serviteurs desd.
ecclésiastiques, les laboureurs et merchans» qui les voulaient prendre,
souvent même ils les rossaient, ou les faisaient «manger et ruyner par
des gendarmes», si bien que les pauvres gens étaient «constraintz de
composer avec eulx et leur bailler telle quantité de bled» qu’il leur
plaisait. «Conséquemment», ajoute l’auteur du cahier de plaintes dont
je tire ces renseignements, lesd. seigneurs «constraignent le pouvre
peuple de payer les dixmes deux ou trois foys pour une..... sans que le
pouvre peuple s’en oze plaindre, et, par ce moyen, l’ecclésiastique est
privé de pouvoir vivre, faire le service divin et de payer les décymes
et charges[602]».

Comme je l’ai dit[603], les consuls de Nîmes ne s’étaient pas privés
d’imposer les rentiers des bénéfices au même titre que les autres
habitants pour l’entretien des ministres et «autres usages». Cette
coutume était d’ailleurs adoptée généralement, si l’on en croit
le syndic du clergé Berthier, en Languedoc, Guyenne et Dauphiné,
c’est-à-dire dans les pays où les huguenots étaient maîtres[604].
Ceux-ci n’avaient pas pu obtenir que les ministres fussent exemptés
des tailles, puisqu’ils le demandent encore en 1611[605]. D’autre
part, ils n’avaient jamais reçu la subvention de 45.000 écus que le
roi leur avait promise pour l’entretien de leurs pasteurs[606]. C’est
pourquoi ils n’hésitèrent pas à taxer les bénéficiers suivant leurs
besoins. A Nîmes, ils faisaient des emprunts forcés sur les rentiers
des bénéfices. D’après un document catholique, ceux qui résistaient
se voyaient empêchés, par force au besoin, de toucher leurs dîmes, on
leur fermait les portes de la ville lors de la levée des blés, leurs
aires étaient fossoyées, leurs gerbes brûlées la nuit, leurs serviteurs
battus, blessés, tués[607]. Ces persécutions sont, sans aucun doute,
exagérées par le papiste qui les raconte, mais il faut qu’elles aient
un fonds de vérité, puisqu’elles sont rapportées aux commissaires de
l’édit de Nantes qui pouvaient les faire vérifier.

Le Parlement de Toulouse et la cour des Aides rendirent quelques
arrêts pour interdire aux huguenots d’imposer les ecclésiastiques.
Il y en a de 1596[608], de 1598[609], de 1601[610], de 1602[611]. En
outre, des comptes présentés à la cour de Montpellier prouvent que les
religionnaires d’Aigues-Mortes jouissaient encore en 1622 des revenus
du chapitre de cette ville[612], ce qui montre que l’édit de Nantes ne
put empêcher dans le colloque de Nîmes la coutume illégale de taxer et
dépouiller les ecclésiastiques.

En résumé, on peut dire que les catholiques et les protestants se
trouvaient aussi nettement séparés qu’au temps des guerres civiles.
Les huguenots, plus forts, opprimaient à Nîmes les papistes en les
empêchant d’exercer librement leur culte et en les forçant à payer
des impositions dont une bonne part servait à solder les frais de la
Religion. Les catholiques, d’autre part, étaient dans l’impossibilité
de se défendre, puisque, se trouvant en minorité, ils ne pouvaient
pénétrer dans le conseil de ville. C’était le contraire exactement de
ce qui se passait dans le reste de la France. Aussi, à Nîmes, l’édit de
Nantes ne pouvait qu’être favorable aux catholiques et défavorable aux
réformés. C’est pourquoi ceux-ci l’accueillirent fort mal[613].



VII

RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES

(_Suite_)

 Les deux partis luttent d’influence morale.

 Propagande par les écrits. Les synodes la régularisent. Commission
 pour l’examen des ouvrages. Les imprimeurs responsables. Pasteurs
 désignés pour répondre aux pamphlets. Pasteurs poursuivis en justice.

 Propagande par la parole. 1. Controverses. Permission du magistrat.
 Exemple: controverse entre Daniel Chamier et le P. Coton (1600).
 Influence des controverses sur la foi et les conversions. 2.
 Prédications. Succès du P. Coton. Influence des jésuites.

 Conversions. Les moines ou prêtres convertis aidés pécuniairement.
 Règlement calviniste pour les conversions. Nouveaux catholiques
 persécutés.


Les guerres civiles étaient enfin terminées. Nicolas Froumenteau,
dans un livre ambitieusement intitulé: _Le secret des finances de la
France descouvert et réparti en trois livres_ (Paris, 1581, in-8), nous
a laissé un triste dénombrement des maisons abattues, des villages
incendiés, des habitants tués. «Pour le seul diocèse de Nîmes, on
ne compte pas moins de 1.300 maisons brûlées, 11.782 victimes des
discordes civiles», dit Ménard[614]. Cela explique la réaction qui se
produisit ensuite. J’ai montré qu’à l’époque qui nous occupe, les
esprits n’étaient pas calmés: à la moindre alerte on s’armait[615].
Mais on ne se battait pas. Les bourgeois étaient dégoûtés de
l’héroïsme; ils retournaient à leur commerce, à leur famille. La
lutte était devenue pacifique: pasteurs et jésuites se combattaient
par des pamphlets; ou bien ils se défiaient à de grandes controverses
théologiques qui avaient lieu en public, devant des juges, à la manière
scolastique, et à la suite desquelles chacun des deux champions
proclamait invariablement sa victoire; ou bien encore ils rivalisaient
d’éloquence, le prêtre en son sermon, le pasteur en son prêche; enfin
ils se disputaient les enfants, pour les élever selon ce que l’un et
l’autre parti croyait les idées saines, et les jésuites obtenaient
assez souvent que les parents huguenots leur confiassent l’éducation de
leurs fils. Bref, le but que poursuivait chaque parti dans cette guerre
pacifique était de provoquer des conversions à sa propre religion, et
c’est, en somme, une lutte d’influences morales que je vais avoir à
exposer.

       *       *       *       *       *

Les pamphlets correspondaient à notre journalisme actuel, aussi
passionnants pour les lecteurs de ce temps-là que peuvent le paraître
nos feuilles politiques.

Les synodes de Bas-Languedoc organisèrent de bonne heure la
propagande par les écrits; ils tâchèrent de donner une unité à cet
amas de pamphlets par lequel les huguenots répondaient à l’amas
des pamphlets jésuites, en forçant les ministres à soumettre leurs
ouvrages à une commission nommée par eux. En 1601, on décide que,
_suivant la Discipline_, aucun livre ne sera imprimé avant que MM.
les pasteurs Gigord, de Montpellier, Moynier, de Nîmes, Gasques, du
Vigan, Baille, d’Anduze, et La Faye, de Saint-Germain, «n’ayent jugé
de la nécessité d’iceluy, et quand et quand, veu led. livre _despuis
l’épistre liminaire jusqu’à la fin_, et donné leur approbation au pied
d’un exemplaire à la main signé par eux[616]». C’était régulariser
un usage que l’on observait déjà depuis longtemps[617]. Le synode
national de Montpellier aurait voulu même que les libraires protestants
n’éditassent aucun livre sans l’avoir auparavant communiqué aux
ministres de leurs églises[618]. Je ne crois pas que cette prescription
ait été jamais exécutée. Mais il est certain que les éditeurs étaient
considérés comme responsables des ouvrages contraires à la religion
qu’ils publiaient[619].

C’était donc pour les pasteurs une fonction régulière que de
répondre aux Jésuites. Le synode chargeait nominalement un et,
souvent, plusieurs d’entre eux de répliquer à tel ou tel pamphlet
catholique[620]. Dans ce cas, il les faisait indemniser des frais de
l’impression, tantôt par le colloque[621], tantôt par le consistoire.
Par exemple, la réponse du pasteur Jean de Falguerolles à la _Salmonée_
de Reboul, tirée à 600 exemplaires, coûtera «4 l. la feuille» à
l’église de Nîmes[622].

Les catholiques s’efforçaient d’empêcher autant que possible la
publication des ouvrages protestants. En 1601, en effet, on voit
les réformés demander au roi de faire défense à tous ses officiers
et magistrats d’informer «à occasion des livres par eulx composés,
imprimés ou vendus en faict de relligion, et discipline, ou police
ecclésiastique[623]». D’ailleurs, les synodes s’efforcent toujours
de protéger ceux de leurs membres qui sont poursuivis «pour avoir
respondu aux Jésuites». Ils payent les frais de leur procès[624].
Cette solidarité des protestants leur fera reconnaître hautement et
imprudemment, en 1602, les fameuses thèses de Ferrier où il soutenait
que le pape est l’Antechrist[625]; on lui remboursera ses frais
d’impression[626] et on enverra un député en cour spécialement pour
solliciter sa grâce auprès du roi[627].

       *       *       *       *       *

Quelquefois les pasteurs étaient provoqués par les jésuites à de
grandes discussions à la manière scolastique que l’on faisait en public
et devant des juges, qui d’ailleurs ne s’accordaient jamais sur le
résultat.

Comme ces controverses, lorsqu’elles avaient lieu solennellement,
à la suite de défis, risquaient de «passionner» les auditeurs[628]
et de provoquer des émeutes, il fallait généralement demander à la
justice la permission pour les deux adversaires de «disputer». C’est
ce que fit le consistoire de Nîmes en mai 1599. Le pasteur Ferrier,
d’Alais, avait été provoqué par le P. Coton, si l’on en croit les
documents protestants[629]; ou Coton l’avait été par Ferrier d’après
le P. Prat[630]. En 1601 seulement, un synode détermina les conditions
auxquelles les pasteurs pourraient relever de semblables défis et
rendit, par conséquent, les controverses plus rares[631]. Mais l’église
de Nîmes ne fit que se conformer à un usage fréquent lorsqu’elle
répondit, en 1599, au défi du P. Coton.

Elle fit venir Ferrier à ses frais[632], et adressa au sénéchal une
requête demandant l’autorisation nécessaire pour que la conférence
projetée pût avoir lieu. La cour refusa la permission. Mais le
consistoire qui, sans doute, désirait vivement une défaite du P.
Coton, afin de combattre l’engouement dont les fidèles commençaient
à se prendre pour ses prédications[633], tenait fort à ce que la
rencontre eût lieu. Il décida[634] d’envoyer au sénéchal une seconde
requête aux fins d’obtenir la permission nécessaire. En faveur de leur
demande (où ils disaient que Ferrier avait été provoqué), les réformés
alléguaient que l’autorisation avait été refusée par un conseil composé
uniquement de catholiques: or, les édits ordonnaient que de pareils
jugements ne pourraient être rendus que par des juges catholiques et
des juges protestants en nombre égal. «Il y avait dans ces allégations
deux erreurs volontaires», dit à ce propos le P. Prat[635], «d’abord
la provocation était venue non de la part du P. Coton, mais du côté
des ministres, ils le savaient bien; ensuite, la défense portait,
entre autres signatures, celle de Calvière, juge criminel, et dévoué,
comme sa famille, aux idées nouvelles; elle n’avait donc pas été
faite par _les seuls_ magistrats catholiques. D’ailleurs, c’était le
consistoire lui-même qui, par les avocats Cheyron et Charles[636], ses
députés, s’était adressé avec les représentants du P. Coton à la cour
du sénéchal pour en obtenir l’autorisation. Il en avait donc reconnu
l’autorité; pourquoi la récusait-il ensuite?» Comme on voit, le P.
Prat n’a pas lu la requête présentée par les huguenots; d’ailleurs, il
se base uniquement sur l’_Apologétique_ du P. Coton: son récit s’en
ressent. Mais ne confondons pas son livre de propagande avec un ouvrage
historique. Pour en revenir à Ferrier et à Coton, leur dispute ne fut
pas autorisée[637]. Les Nîmois se vantèrent que «l’audace de Coton,
jésuite, [avait été] réprimée»[638], et nul doute que les catholiques
n’aient agi pareillement de leur côté.

Toutes les controverses n’étaient pas interdites par les autorités
comme le fut celle-là. Certaines, au contraire, se passaient en
présence de magistrats chargés d’en proclamer les résultats: il
en fut ainsi de la grande dispute de l’infatigable P. Coton et de
Daniel Chamier, ministre de Montélimar, en septembre et octobre 1600.
Elle est assez bien connue aujourd’hui, grâce aux _Actes_ publiés
en 1601 par chacun des deux adversaires, que M. Read et le P. Prat
ont analysés[639], et dont pourtant M. le pasteur Arnaud ignore une
partie[640]. Ces Actes donnent chacun une version un peu différente.
On peut les compléter par deux copies conformes prises à la mairie de
Nîmes et conservées au consistoire sous la cote B, 1. La première est
ainsi intitulée: «15 décembre 1600. Actes faits par M. Annibal d’Aymin,
chanoine de Nismes, au nom du P. Coton, jésuite, au sieur Chalas,
comme procureur fondé du ministre Chamier, avec les réponses dud.
Chalas pour led. Chamier, touchant l’exhibition des actes originaux de
la conférence publique entre lesd. P. Coton et ministre Chamier, et
collationnement des copies desd. actes.» La seconde commence par ces
mots: «22 janvier 1601. Acte de réquisitions fait par Maistre Annibal
d’Aymin, chanoine de Nismes, au nom du P. Coton, Jésuite, pour faire
recevoir par ceux du consistoire de Nismes la réponse par écrit dud. P.
Coton aux objections du ministre Chamier, proposées tant verbalement
que par écrit dans une conférence publique.»

Une étude approfondie de la conférence de septembre et octobre 1600
ne saurait rentrer dans le cadre de ce chapitre. J’en rapporterai
seulement ce qui peut avoir un intérêt général et montrer comment se
passaient ordinairement les controverses de ce genre.

Chamier arriva à Nîmes exprès pour la conférence. Elle eut lieu «au
logis du Roy, nommé la Thrésorerie», nous dit Chamier[641]. Ses
«modérateurs» furent le cardinal de Sourdis «en habit violet, comme
archevêque, hormis qu’il avoit le bonnet rouge», l’évêque de Nîmes
Valernod, Daniel de Calvière, juge criminel, de Rozel, lieutenant
principal. Comme simples assistants étaient deux conseillers au
Parlement de Toulouse, les magistrats des deux religions, les
principaux et plus anciens avocats et «un grand nombre d’autres
notables et bons habitants[642]». Les deux adversaires ayant nommé
leurs secrétaires, Chamier demanda à l’assemblée la permission de
faire sa prière selon la coutume réformée, tandis que Coton ferait la
sienne suivant le rite romain. Mais les catholiques se récrièrent et il
fut décidé que chacun ferait son oraison à part soi. Puis la dispute
commença. Les secrétaires, au commencement, résumaient ce que l’un
et l’autre champion disait; mais comme beaucoup de choses risquaient
ainsi de leur échapper, car ceux qui écrivent «ne peuvent de leurs
mains suivre la langue d’un qui discourt», Coton proposa à Chamier
de dicter ce qu’ils voulaient chacun «ou proposer ou respondre». Ce
qui fut accepté[643]. Cependant, le jésuite était trop éloquent pour
renoncer à discourir, aussi les deux adversaires développaient-ils
de vive voix leurs arguments avant d’en dicter la substance à leurs
secrétaires[644]. La conférence durait ainsi depuis six jours sans
résultat, lorsqu’arriva à Nîmes le président de la chambre mi-partie
de Castres, Fresne-Canaye. Le mardi 3 octobre, Coton et Chamier furent
étonnés de ne trouver personne à la Trésorerie en arrivant. Bientôt,
on vint leur dire que M. de Fresne-Canaye les mandait chez lui. Ils
s’y rendirent et, aussitôt, le président leur fit une allocution où
il leur disait que le roi n’aimait pas les disputes; que, pourtant,
s’ils s’étaient «contenus dans les termes de la matière pour laquelle»
ils s’étaient assemblés[645], on aurait pu les souffrir, mais qu’ils
s’étaient «jetés en des lieux communs de la doctrine desbattue dès si
longtemps», si bien que «les assistans se passionnoient»; bref, la
conférence était interrompue[646]. On décida d’en publier les actes.
Mais les exemplaires des deux secrétaires ne purent être collationnés,
car Chamier refusait de céder son original, craignant, disait-il,
qu’on le falsifiât[647]. Chacun imprima donc les actes de son côté.
Coton commença: son ouvrage parut sous le nom de Demezat avant celui
de Chamier; il n’y déclarait pas moins que sa publication venait en
réponse «à M. Chamier, ayant esté si osé que de publier lesd. Actes
pleins d’absurdités, dépravations, faussetés». Je laisse à penser si
le pasteur releva la mauvaise foi de son adversaire[648].

Telle est en résumé l’histoire de cette célèbre controverse. Elle
avait fait grand bruit. Mais toutes n’en causaient pas autant. On n’a
pas conservé la relation de la «dispute» qui eut lieu entre Moynier,
de Nîmes, et le P. Coton en 1600. On sait seulement que le lieutenant
principal de Rozel y avait présidé et qu’il avait ordonné qu’on n’en
publierait aucune relation; il eut du mal, au reste, à faire observer
sa décision: le consistoire voulut bien ne rien imprimer, mais ce fut à
la condition que le P. Coton se soumettrait à la même loi[649]. Moynier
avait, dès le 5 avril, composé la relation «des disputtes qu’il auroict
heu contre Couton[650]».

Les controverses étaient assez fréquentes dans tout le colloque de
Nîmes. Nous voyons, par exemple, en 1596, que «le moyne qui est en lad.
ville [d’Aimargues] demanda de conférer» avec M. Nissolle, pasteur,
«et, estans assemblés, M. Nicolas [de Nîmes, beau-frère du pamphlétaire
Reboul] soustint tousjours led. moyne, et après l’alla accompagner
et fist bruit par tout led. lieu que led. sieur Nissolle avoit perdu
sa cause[651]». Un autre jour, on décide à Nîmes d’organiser une
conférence entre M. Maurice, ministre de Nages, et le jésuite Poursan,
ce «que plusieurs de ceste ville requièrent grandement[652]».

Car il semble, en effet, que ces controverses aient vraiment été de
quelque poids dans la conscience des fidèles. A cette époque, les
huguenots étaient très instruits dans la théologie, le peuple se
passionnait pour des points de dogme, et le souci que l’on voit aux
autorités de mettre une limite au nombre de ces conférences en est la
preuve.

Les controverses durent même déterminer des conversions à l’une ou
l’autre religion. La femme de M. le receveur Bon, «révoltée», prie le
consistoire d’organiser une conférence entre le pasteur Moynier et le
P. Coton «aux fins de voir sy la femne dud. Bon est en erreur». Mais
le consistoire ne croit pas devoir lui accorder ce qu’elle demande:
Moynier, avec un diacre et un ancien, se contentera de se rendre chez
elle pour la «forthiffier..... sur les poins dont elle est en doute,
et suyvant les réquisitions de lad. damoyselle[653]».

On a remarqué que c’était presque toujours contre les jésuites que les
pasteurs avaient à lutter et spécialement contre le P. Coton. Ce Père,
confesseur futur de Henri IV, devait avoir une éloquence remarquable:
la peine que le consistoire avait à empêcher les fidèles de se rendre
à ses sermons en témoigne[654], et ses adversaires eux-mêmes la
reconnaissent[655]. L’extrême douceur de ses manières et la politesse
de son esprit lui valurent de grands succès partout où il alla. Il fut
le «premier de sa profession, dit-on, qui eût tant honoré Calvin que de
l’appeler Monsieur»; jusqu’alors on ne le nommait jamais autrement que
_le Démon incarné_[656]. Coton ne se fixa pas «à Nîmes dès 1596 comme
controversiste» ainsi que le dit M. Germain[657]: il habitait Avignon
et le quittait souvent, il est vrai, mais toujours momentanément,
pour soutenir de sa parole et de sa science le parti catholique[658].
Aussi était-il fort connu et déjà, en 1600, très influent. A cette
époque, il s’offre au chapitre de Saint-Gilles pour demander au roi,
avec l’évêque Valernod, la réunion de ses bénéfices et la réédification
de son église[659]. Le chapitre cathédral de Nîmes décide que, pour
l’engager à venir prêcher, son syndic «lui fera fere un beau manteau de
bon drap[660]».

C’est que ses sermons avaient grand succès. Le consistoire de Nîmes
ne parvient pas à empêcher les fidèles d’aller les entendre. A chaque
séance, il lui faut appeler ceux qui «vont ouyr Couton[661]». Les
écoliers en théologie eux-mêmes, bien que se destinant au ministère,
s’y laissaient entraîner[662]. Beaucoup de personnes font comme eux.
Las de réprimander tout le monde pour le même motif, le consistoire
fait publier en chaire que ceux qui vont au sermon seront suspendus
des sacrements[663]. Quelques jours plus tard, le succès de Coton est
tel qu’on décide d’en saisir le synode provincial[664], lequel fait
un article spécial contre ceux qui «vont ouïr les prescheurs de la
papauté[665]»; et cet article est publié en chaire «les deux sènes du
jour de Pasques[666]».

On voit que les pasteurs avaient fort à faire pour combattre les
jésuites et le P. Coton. Et ils n’avaient pas seulement à défendre les
parents, mais encore les enfants. Il arrivait, en effet, que certains
réformés envoyaient leur fille aux «nonnains»[667] et leur fils aux
Jésuites. J’ai parlé de l’obstination que la femme du lieutenant Favier
mit à ne pas retirer ses enfants aux Jésuites d’Avignon. Menaces du
consistoire, prières, rien n’y fit[668]. Elle exposa un jour pourquoi
elle ne voulait pas y consentir. La délibération est intéressante; on
lui demande pourquoi elle ne rappelle pas ses enfants: «A respondu
que c’est à cause que le collège de ceste ville [de Nîmes] n’est si
bien réglé qu’il seroit requis, et elle a desir de les advancer comme
elle en est obligée. Et, par l’expérience, despuis que ses enfantz
sont en Avignon, ilz sont plus retenus, avec plus d’instruction qu’ilz
n’avoient lhors qu’ilz estoient en ceste ville. Et c’est pourquoy elle
est résolue de les fere estudier. Et si on a tant de désir qu’elle
les tire de là, a requis de luy indiquer quelque lieu hors de ceste
ville pour les y fere estudier.—Luy a esté indiqué les collèges de
Genève, Montpelier et Montauban.—A respondu qu’elle n’a poinct ouy
parler du collège de Montauban et qu’elle s’en informera, et, si elle
est asseurée que ses enfantz y facent profit, elle y advisera.» On la
censure et on la menace de la suspendre publiquement des sacrements, ce
à quoi elle répond: «qu’elle n’est poinct de deux cens et que c’est le
pis qu’on luy a peu faire, et de la publier qu’on ne peult parce qu’on
n’a pas publié personne de plusieurs que ont norri leurs enfantz aux
Jésuites[669]». Ainsi, un certain nombre de fidèles confiaient leurs
enfants à la Compagnie de Jésus, qui en devait préparer singulièrement
les conversions.

On comprend que les raides huguenots aient détesté leurs adversaires
dont la propagande souple et obstinée leur faisait tant de mal.
Ils auraient bien voulu que l’ordonnance du Parlement concernant
l’expulsion de la Compagnie fût exécuté[670]. Mais le Parlement de
Toulouse était favorable aux Jésuites: pour répondre à l’arrêt du
18 août 1598, défendant aux Français d’envoyer leurs enfants aux
collèges des Jésuites, même à l’étranger, il en rendit un autre, le 23
septembre de la même année, qui interdisait, dans toute l’étendue de sa
juridiction, d’inquiéter les prêtres et les écoliers de la Compagnie
de Jésus[671]. Ceux-ci conservèrent donc leurs collèges[672], et j’ai
montré que leur instruction était appréciée de certains huguenots
même. On trouve partout la preuve de leur influence. Les précautions
disciplinaires que prennent les assemblées contre l’introduction
des «superstitions» catholiques en témoignent[673]. Le chapitre de
Saint-Gilles envoie exprès son syndic à Avignon chercher un prédicateur
jésuite[674]. Ceux de l’église de Nîmes réclament au synode un pasteur
dont ils ont grand besoin «pour estres assaliz des Jésuites les plus
doctes et disertz que les papistes puissent recouvrer[675]». Les
protestants de la province demandent continuellement que la Compagnie
de Jésus soit expulsée tout au moins des villes qui leur appartiennent.
Ainsi lorsque le lieutenant-général Anne de Ventadour[676] vient
à Montpellier, «le consistoire de Montpellier est chargé de faire
représenter à M. de Ventadour le danger qu’il y a» à introduire les
Jésuites «en ceste province[677]». En 1600, en 1601, les réformés
prient le roi de leur défendre l’entrée des villes de sûreté et
d’interdire leurs collèges «nouvellement établis[678]». C’est montrer
une véritable terreur de l’influence jésuitique.

Mais les huguenots avaient aussi leur propagande bien organisée. J’ai
dit ailleurs[679] qu’ils s’occupaient des convertis, les soutenaient
de leurs deniers, leur faisaient apprendre un métier: cela permettait
aux prêtres et aux moines d’adopter la confession de foi des églises
réformées sans risquer de mourir de faim. Certains devenaient pasteurs,
comme cet ancien cordelier, nommé Tolosani, qui, le 15 décembre 1596,
«proposa à Castres, et alla être ministre à Vabres[680]».

Le synode nat. de Saumur (1596) décide qu’on enregistrera le nom
des convertis et qu’on leur fera, si possible, signer leur acte de
conversion[681]; on doit spécifier en termes exprès le renoncement à la
messe dans leur réception[682]. Ce règlement paraît avoir été observé
dans le colloque de Nîmes: je trouve, par exemple, dans le registre du
consistoire d’Aimargues, la mention suivante: «Le 12^e d’aoust 1601,
Jean Nivolat, d’Aymargues, s’est présenté au consistoire pour estre
receu en l’église, et, après avoir renié la messe et toute idolâtrie
pour vivre au pur service de Dieu, a esté exhorté de se présenter
le Dimanche suyvant pour estre receu devant toute l’église[683]».
C’est sous cette forme généralement que sont enregistrés les actes de
conversion.

Ceux qui abandonnaient la religion réformée pour le papisme devaient
être fort mal vus et peut-être même persécutés par les huguenots,
comme les convertis à la Réforme l’étaient par les catholiques.
L’édit de Nantes ne changea rien à cela: ainsi, en 1602, Honorat
Majol, maître écrivain de Nîmes, fut séparé de certains prêtres et
chanoines qu’il accompagnait et empêché de rentrer dans la ville par
le capitaine Volpellière, commandant la garde d’une des portes, parce
qu’il avait abjuré le calvinisme depuis une semaine[684]. On peut dire
qu’aucun des deux partis n’aimait les «apostats», surtout quand leur
conversion s’était faite avec éclat, comme celle du moine Burdeus à la
Réforme[685] ou celle de Guillaume de Reboul au papisme[686].



CONCLUSION


Lorsqu’arriva la nouvelle que le roi avait enfin signé l’édit de
Nantes, que l’on attendait depuis si longtemps et que l’assemblée
générale de Chatellerault avait eu tant de peine à conquérir, il ne
sembla pas que les huguenots en ressentissent une grande joie: c’est
que le parti était loin d’obtenir ce qu’il avait demandé[687]. Le
synode national de Montpellier qui, composé de députés venus de tous
les coins de la France, reflète sans doute l’état d’esprit général des
réformés, parle de l’édit en ces termes: «MM. Charnier et Brunier...
nous aiant fait entendre que, faute d’une bonne union et intelligence,
nous n’avions pas obtenu tout ce qui nous étoit nécessaire pour la
liberté de nôtre religion, le jugement de nos causes et la sûreté de
nos vies, le sinode, aiant connu ce défaut, a protesté de vouloir
étroitement et mieux que ci-devant observer l’union jurée et signée à
Mantes...» Il exhorte ensuite les gouverneurs du parti «à faire leur
possible afin que l’édit du roi ne soit pas exécuté dans aucun lieu de
l’étendue de leur gouvernement, qu’il n’ait été exécuté auparavant dans
les lieux qui ne suivent pas la religion réformée[688].»

En Bas-Languedoc, l’édit fut accueilli avec la plus grande froideur.
Le synode provincial de Montpellier se contente de le mentionner: «M.
Brunier rend la lettre de l’assemblée générale de Chatellerault qui
a obtenu de S. M. un édit en faveur des églises du royaume. Il est
remercié de sa négociation[689].»

Déjà, durant les interminables pourparlers de l’assemblée de
Chatellerault, le Bas-Languedoc ne s’était rien moins que passionné
pour la conquête de l’édit. Bien plus, des bruits alarmants avaient
couru et s’étaient même répandus au point d’inquiéter l’assemblée. En
effet, «adjoustant plus de foy aux advis donnez tantost de la part de
quelques particuliers que, estans à la cour, y voulloient faire leurs
affaires aux despens du général, tantost de ceux-mesmes qui sont tous
ouvertement et par leur profession contraires au bien et advancement
des esglizes[690]», le Bas-Languedoc avait fini par croire ou par faire
semblant de croire que l’assemblée générale trahissait les intérêts
du parti[691]. Les choses en vinrent même à ce point que celle-ci
s’inquiéta et jugea nécessaire d’envoyer au plus vite le sieur de
Saint-Germain pour expliquer la cause de ses longueurs, renforcer le
zèle de la province et la raffermir dans l’union «tant nécessaire» des
églises[692].

La façon dont leur député fut reçu attesta l’impopularité des
négociateurs de Chatellerault: non seulement le conseil des églises
refusa de convoquer l’assemblée générale de la province pour
l’écouter[693], mais encore on l’empêcha d’assister à la séance du
conseil, «et les particuliers mesmes s’estrangèrent de luy sans luy
rendre les debvoirs ausquelz l’honnesteté civille doibt porter un
chascun[694].» Plus tard, l’assemblée de Chatellerault ne manqua pas
de se plaindre aigrement de cette «province sy considérable et qui
par le passé avoyt sy heureusement servy en cette cause[695]»; elle
attribua l’insuccès[696] de ses négociations à ce que le roi et la
cour s’étaient aperçus que l’union des réformés «dont l’apprehension
les avoit esmeus, n’estoit pas telle qu’on ne peust y faire brèche»,
et elle prétendit même qu’à partir de ce moment, «on» avait «non
[seulement] reffuzé ce qui n’estoit point accordé encores, mais aussy
remis en dispute plusieurs choses qui avoyent esté accordées et...
retranché des articles qui ne sont pas de peu d’importance[697]».

C’était peut-être exagérer l’importance du Bas-Languedoc, mais il se
peut cependant que le roi ait connu et exploité contre l’assemblée le
mécontentement de cette puissante province.

Or, ce mécontentement vient confirmer les conclusions que je tire de
cette étude. Pourquoi les huguenots du Bas-Languedoc, et de Nîmes par
conséquent, loin de participer à l’anxiété avec laquelle les réformés
du reste de la France attendent du roi un édit, se désintéressent-ils
des négociations laborieuses de l’assemblée, et même laissent-ils
entrevoir leur mauvaise volonté?

C’est qu’en réalité, ils n’ont pas grande envie que le roi s’occupe de
leurs affaires. Une loi applicable à tous les réformés du royaume ne
pourra que restreindre les libertés particulières des Nîmois. Ceux-ci
vivent tranquillement, en effet, sous leur consistoire (chap. I-III).
Le consistoire gouverne, car il dirige officiellement la morale et
contrôle entièrement la vie des fidèles (chap. IV), et son influence
sur les consuls et les magistrats double son autorité morale de
l’autorité matérielle et politique (chap. V). Comment les protestants
de ce petit État bien organisé souhaiteraient-ils qu’une loi vînt
bouleverser leur situation et surtout changer leurs rapports avec les
catholiques, qu’ils dominent et dont en fait ils réduisent à leur
gré les libertés (chap. VI-VII)? Chez eux, contrairement à ce qui se
passera dans le reste de la France, l’édit de Nantes sera à l’opposé
des intérêts huguenots et en faveur des papistes. En effet, la religion
catholique se trouve à peu près interdite: l’édit va la rétablir au
premier rang et reléguer l’exercice du culte réformé dans certaines
localités déterminées. Les protestants jouissent des rentes des
bénéfices, imposent les catholiques et leur interdisent les plaisirs
que défend la Discipline: l’édit de Nantes changera tout cela. Dans
ces conditions, on ne pourra s’étonner de voir, lors de l’exécution
de l’édit, les catholiques en réclamer la stricte application et les
réformés s’efforcer de l’empêcher[698].

En somme, nous avons voulu montrer qu’il existait, dans les dernières
années du XVI^e siècle, à Nîmes, une sorte de république calviniste à
l’image de Genève, autonome en fait, et possédant son gouvernement, ses
finances et ses intérêts particuliers, opposés à ceux des catholiques
et même, peut-être, des réformés de presque tout le reste de la France.
C’était un minuscule État dans l’État.



APPENDICES


A.—_Les «deniers du roi pour l’entretien des pasteurs»._

En 1589, Henri III «avait promis, par l’accord conclu entre lui et le
roi de Navarre à Plessis-lez-Tours, de fournir lui-même une partie
des gages des pasteurs de la Guyenne, du Languedoc et du Dauphiné.
Henri IV prit le même engagement aussitôt après son avènement. Plus
tard (1592) il en étendit le bénéfice à toute la France[699]». Il
confirma cette mesure en 1593, malgré l’opposition de son conseil.
«Mais par le mauvais vouloir des trésoriers généraux, elle fut
d’abord de nul effet... Alors, sur les remontrances de l’assemblée
de Mantes (15 janvier 1594), Henri IV décida qu’un fonds serait fait
en Espagne, et serait, sous le nom de Madame Catherine, distribué
aux Églises. En 1594, le synode national de Montauban détermina le
mode à suivre pour le répartir et pour en déterminer l’emploi...
Mais l’allocation promise en 1594 ne fut pas payée exactement. En
conséquence, les protestants de plusieurs provinces posèrent à
l’assemblée de Loudun (1596) la question suivante: «Est-il permis de
se saisir des dîmes ecclésiastiques?» Au lieu de répondre, celle-ci
pressa le roi de satisfaire, par un bon édit, aux réclamations de ses
anciens coreligionnaires. Henri IV déclara verbalement qu’il leur
ferait remettre chaque année 25.000 écus, mais refusa de spécifier,
par un acte public ou secret, la destination de cette allocation;
seulement, à la requête des assemblées de Saumur et de Chatellerault,
il porta la somme promise de 25.000 à 45.000[700]». Il en donna un
brevet le 3 avril 1598[701], par lequel il déclarait accorder aux
protestants 45.000 écus «pour employer à certains affaires secrets qui
les concernent que Sa Majesté ne veut estre spécifiez ni déclarez»,
payables par quartiers, «sans qu’il en puisse estre retranché ni reculé
aucune chose pour les non-valeurs ou autrement».

L’assemblée de Chatellerault, retraçant ses négociations au synode
de Montpellier, l’avertit que, par déférence, elle lui laisse «le
deppartement et distribution desd. deniers», en l’engageant à les
faire de suite, et à nommer en chaque province «un personnage fidelle
et responsable pour recepvoir et distribuer la part et portion desd.
deniers qui escherra, selon et en la forme qu’il sera advisé par
les sinodes provinciaux[702]». En conséquence, le synode fit la
distribution; il accorda au Bas-Languedoc, pour 116 églises[703], 6.105
l. 15 sols 9 deniers, plus 611 l. 6 sols 8 deniers pour le collège de
Nîmes et 500 l. pour celui de Montpellier[704]. Puis, pour l’année 1598
spécialement, attendu «que le roy ne donne payement que pour trois
quartiers, à cause que le brevet n’est accordé que du premier avril»,
il refit un état qui portait la part du Bas-Languedoc à 4.578 l. 28
sols 4 deniers et celle du collège de Nîmes à 458 l. 20 sols[705]. En
outre, il décida qu’on devait pensionner, sur l’allocation accordée par
le roi, les pasteurs qui, par vieillesse ou indisposition, ne pouvaient
exercer leurs charges, ainsi que les écoliers proposants, les veuves et
orphelins de ministres[706]. Afin d’établir un contrôle, les provinces
étaient tenues d’envoyer au prochain synode national leurs comptes des
deniers avec les reçus des pasteurs, proposants, veuves et orphelins.
De même, les universités devaient lui faire savoir comment elles
avaient employé leur subvention. Enfin, chaque province avait à nommer
un receveur de ses propres deniers[707].

Mais, en attendant, il fallait recouvrer les sommes promises. Le roi,
par son brevet du 3 avril 1598, avait assigné les 45.000 écus sur les
«premiers et plus clairs deniers» des recettes générales de Rouen,
Paris, Caen, Orléans, Tours, Poitiers, Limoges et Bordeaux[708].
L’assemblée de Chatellerault chargea ses députés en cour d’en obtenir
des assignations «bonnes et certaines[709]». Malgré ces précautions,
la somme fut loin d’être exactement payée. En effet, au lieu de 66.301
écus 30 sols que l’on devait toucher pour les trois derniers quartiers
de l’année 1598, à savoir 33.750 écus pour les pasteurs et 32.551 écus
pour la solde des garnisons des places de sûreté[710], le sieur Palot,
receveur des églises, n’avait encore reçu que 32.829 écus 50 sols 6
deniers, en juin 1600[711]. Ainsi donc, dès la première année, les
protestants se voyaient frustrés d’environ la moitié de ce qui leur
avait été promis. A la vérité, ils avaient bien des rescriptions pour
le reste de la somme, mais elles valaient si peu, qu’en 1600 ils durent
renoncer officiellement à l’espoir de toucher entièrement ce qui leur
était dû[712]. D’ailleurs, sur les deniers de l’année 1599, ils eurent
moins encore. En juin 1600, ils n’avaient pu obtenir en tout que 42.020
écus, au lieu de 45.000 écus pour les églises, plus 66.372 écus 17 sols
pour les garnisons, soit en tout 111.372 écus 17 sols pour lesquels ils
avaient eu des rescriptions[713]. L’assemblée de Saumur se plaignit au
roi; le roi promit qu’à l’avenir «ceux de lad. religion auront occasion
d’en estre contens», et il continua de ne pas payer[714].

La part de chaque pasteur se trouvait ainsi réduite à peu de chose,
car, non seulement, comme on l’a vu, le roi ne payait pas à beaucoup
près ce qu’il promettait, mais encore la plus grosse part des sommes
obtenues à grand’peine était prudemment consacrée à la solde des
garnisons[715]. En outre, sur la part même des ministres, on prélevait
encore une certaine somme pour l’entretien des collèges de Nîmes et de
Montpellier[716] et la fondation d’académies de théologie[717]. Les
protestants attachaient en effet une grande importance à ce que leurs
«universités» devinssent florissantes. Leurs synodes en encourageaient
le développement[718]. On décidait de les payer sur les deniers du
roi avant toutes les églises[719]. On tâchait de ne pas prélever sur
leur part les frais extraordinaires[720], que l’on couvrait au moyen
des deniers du ministère. En 1601, les deux collèges de Montpellier
et de Nîmes recevaient 1.000 écus, alors que tous les pasteurs de
Bas-Languedoc n’avaient à se partager que 3.201 écus 3 sols[721].
Enfin, les consistoires veillaient soigneusement à ce que les réformés
n’envoyassent pas leurs enfants faire leurs études ailleurs que dans
les universités de la Religion[722].

Outre les sommes consacrées à l’entretien des collèges et des
académies, les «deniers du ministère» avaient à supporter certaines
dépenses extraordinaires comme celles des députations à la cour et aux
assemblées[723], et ces dépenses pouvaient monter à de très grosses
sommes. Ainsi, en 1601, on se trouvait avoir à prendre sur l’argent
destiné aux ministres de Bas-Languedoc, 1.314 écus 45 sols 6 deniers,
ce qui réduisait la part de chacun d’eux de près de moitié[724].

Ce qui restait pour l’entretien des pasteurs n’était donc que peu de
chose, et il fallait encore en distribuer une part aux infirmes, aux
proposants, aux veuves et aux orphelins, suivant l’ordonnance du synode
national de Montpellier[725]. En février 1600, l’assemblée de Castres
prétend que la part du Bas-Languedoc sur les deniers des pasteurs a été
plus faible encore que celle des autres provinces[726], mais il est à
croire que chaque province devait penser de même, en voyant le peu que
lui rapportaient les promesses du roi.

Quoi qu’il en soit, si l’église de Nîmes comptait bien, à l’origine,
toucher sa subvention, il ne paraît pas qu’elle en ait eu grand’chose.
Le 2 décembre 1598, le consistoire décide d’envoyer un porteur jusqu’à
Montauban pour réclamer de l’argent à M. de Viçoze, «recepveur des
deniers destinés par le Roy pour le payement de Messieurs les
pasteurs[727]». Il n’avait donc probablement rien reçu encore.

Il est, au reste, très difficile de connaître exactement les sommes que
les églises touchèrent. Ainsi, le synode provincial d’Uzès, en mars
1600, déclare que «de l’argent desdié aux professeurs en théologie aux
académies de Montpeillier et Nismes, 200 escus seront deslivrés... à
M. Gigord... et 50 escus à M. Moinier et aultant aux hoirs de M. de
Falguerolles, en recognoissance des lecteures [en théologie] par eulx
faictes[728]». Peut-être le synode a-t-il entre les mains quelque
argent et ne donne-t-il pas là qu’une simple promesse, car Moynier,
réclamant en 1602 d’être payé de ses leçons de théologie, avoue avoir
reçu autrefois 50 écus[729]. Mais en tout cas, le synode ne doit pas
avoir la somme entière, et même, il semble bien qu’il ne possède que
ces 300 écus: car s’il pouvait disposer de quelque argent en surplus,
il le distribuerait aux académies et le consistoire de Nîmes ne se
plaindrait pas, au mois d’août, de ne pas avoir touché les 600 écus
qui lui avaient été octroyés par le synode national pour «dresser une
académie en théologie[730]».

Donc, voilà tout ce qu’avait pu obtenir en 1600 le Bas-Languedoc
sur les deniers des académies qui lui revenaient: 300 écus environ.
Pourtant, comme nous l’avons vu, on faisait passer le payement de
ces académies avant celui des pasteurs. Ceci laisse à penser que les
ministres n’eurent rien ou à peu près. Je ne trouve aucun texte avant
1602 qui permette de croire qu’ils touchèrent quelque argent sur les
deniers du roi. Aussi comprend-on que, par compensation, les églises
aient imposé les rentiers des bénéfices quand elles le pouvaient, et au
moins pour payer les tailles dont elles n’avaient pu obtenir que le roi
déchargeât les pasteurs.


B.—_Les pasteurs de Nîmes_

Comme nous l’avons vu[731], rien n’était plus difficile pour une
église que d’acquérir un pasteur «perpétuel» lorsqu’elle s’en trouvait
dépourvue. A cette époque, chaque fidèle pouvait venir au consistoire
reprendre le ministre sur des points de doctrine[732]; certains
enquêtaient secrètement sur ses mœurs; d’autres se syndiquaient,
en dehors du consistoire, pour obtenir son renvoi; le conseil de
ville se plaignait de lui aux assemblées ecclésiastiques; enfin, le
consistoire pouvait le censurer[733]. Chacun avait le droit de juger
dans sa conscience les actes de son ministre et de se faire sur lui une
opinion personnelle, ce qui était bien selon l’esprit de libre examen.
Un pasteur «ne peut être imposé à un troupeau contre le gré de la
majorité[734].» Il faut donc qu’il plaise à tous. Aussi recherche-t-on
celui qui a fait ses preuves et s’est rendu célèbre par son éloquence,
par sa science ou par sa piété. Les églises se livrent ainsi, pour
obtenir certains ministres, à des contestations et à des luttes qui se
prolongent de colloque en synode et peuvent durer des années. C’est,
en effet, une grande déception d’amour-propre pour l’une d’entre
elles que de voir le synode lui enlever son pasteur pour le donner à
quelque autre, et c’est pour cette raison que les protestants d’Alais
préféraient conserver un ministre qu’ils détestaient que de le livrer
aux Nîmois.

Ceux-ci se trouvaient en décembre 1599 dans une gêne extrême. Jean
de Falguerolles venait de mourir dans sa 39^e année[735]; le vieux
Chambrun ne prêchait plus depuis le mois de juin[736] et Moynier
restait seul pour une église qui aurait occupé largement quatre
ministres. Déjà en mai 1596, l’église s’était trouvée dénuée de
pasteurs, car Chambrun avait obtenu un congé «pour aller aux bains»,
Moynier se purgeait, et Falguerolles était assez malade pour ne pas
pouvoir prêcher[737], mais non trop pour faire la cour à une riche
héritière[738]. On avait alors écrit à MM. Couet, de Bâle, et Goulard,
de Genève, pour les engager au service de l’église, mais sans pouvoir
s’arranger avec eux[739].

Depuis, le consistoire avait continué, assez mollement, il est vrai,
à chercher un quatrième pasteur. En mai 1599, il faisait déclarer
au synode que l’église réservait son «droict sur M^r Terond pour
l’avoir entretenu aux estudes[740]», et réclamait le ministre Baille,
d’Anduze[741]. En septembre 1599, on paraissait sur le point d’engager
M. Caille, et le consistoire faisait annoncer au prêche qu’on allait
probablement l’avoir[742]. Néanmoins, deux mois plus tard, on rompait
catégoriquement avec lui. Et si on lui écrivait une lettre de
congé qu’on lui renouvela malgré ses réclamations[743] et celles de
Chambrun[744], ce n’était pas à cause de ses «loungs délays» et de ses
lettres «du tout incertaines», mais parce qu’il y avait «espérance de
recouvrer M. Ferrier[745]».

Ce Ferrier était un homme de talent. Il avait «assez de courage,
l’esprit vif, l’imagination enflammée, une grande facilité à parler,
un ton de voix impérieux, une véhémence dans l’action et le discours
qui entraînait les auditeurs et qui ne leur laissait pas la liberté
de lui contredire». De plus, «il pleuroit à volonté» et «il avoit
tellement charmé le peuple, qu’il le menoit comme il vouloit[746]».
Cette dernière assertion est certainement exacte. Il suffit de lire ce
qui va suivre pour voir quelle popularité il s’était acquise auprès
des Nîmois. C’était un homme d’une grande éloquence, quoi qu’en dise
Tallemant des Réaux, et quoi qu’en pensent les auteurs de la _France
protestante_[747]. Sinon, comment qualifier un orateur doué de toutes
ses qualités[748]?

A peine fut-il à Nîmes que cette église résolut de le conserver. Le 11
décembre, elle le prie de rester[749]. Il s’en retourne néanmoins. Le
22 décembre, on fait demander à l’église d’Alais de le céder à temps
ou à perpétuité[750]: elle refuse. Le 5 janvier, on envoie à Ferrier
trois députés et non, comme à Cailhe, une simple lettre, pour l’engager
au service de l’église[751] et, sans doute, il se laisse tenter par
leurs offres, car il vient à Nîmes. Aussitôt, le consistoire décide
qu’il y restera[752]. Mais ce n’était pas l’affaire de ceux d’Alais:
ils réclament la réunion extraordinaire du colloque qui a lieu le 13
janvier[753].

Ce colloque ne trancha pas la question, car Ferrier, le 19 janvier,
déclare au consistoire de Nîmes que «d’estre detenu en la présente
ville, il ne peult que ne soit prouveu par ung sinode ou colloque,
mesmes qu’il se doibt acheminer à l’asemblée de Castres». Mais le
consistoire affecte de le considérer désormais comme son pasteur
légitime. Il décide que M. Ferrier est arrêté pour toute cette semaine,
mais que lundi prochain il pourra se rendre à Alais, attendu que cette
église «se trouve depourvue[754]». Ce prêt aux habitants d’Alais d’un
ministre qui, en somme, leur appartenait, dut les exaspérer.

On s’en aperçut en mars 1600, au synode d’Uzès. Sur la proposition
de Moynier[755], les Nîmois y avaient envoyé une députation
extraordinaire qui commença par réclamer qu’on lui cédât M. Ferrier,
grâce à qui l’église avait «recongnu lesd. apostazies estre arrestées,
les fidèles afermis, et l’audace de Coton, jésuite, réprimée;» on
n’aurait, disait-elle, qu’à pourvoir l’église d’Alais, «beaucoup moins
importante», d’un autre pasteur. Mais ceux d’Alais répondirent par des
reproches contre Ferrier qui les avait quittés sans leur permission ni
celle du colloque, «d’où seroit survenu que plusieurs de la religion se
voyantz sans prêche seroient allés au sermon de Rhodes, jésuite», et
contre le consistoire de Nîmes qui avait «voulu pratiquer M. Ferrier
et l’aliéner d’eulx.» Le synode trouva moyen de mécontenter les deux
églises par son jugement. Il confirma Ferrier à Alais, mais décida
qu’elle le prêterait immédiatement à Nîmes pour trois mois, si bien que
l’une et l’autre en appelèrent au synode national[756].

Néanmoins, la délibération du synode fut suivie par provision, et,
sur la requête de Moynier, le consistoire de Nîmes écrivit à Ferrier
d’arriver «le plus promptement que faire se pourra[757]». Il vint, mais
il ne devait pas se considérer comme détaché de son église d’Alais,
car, le 5 avril, il annonce que le pasteur Baille, d’Anduze, qui lui
avait promis de venir faire la cène à Alais, n’y étant pas allé,
lui-même est forcé de s’y rendre. Pourtant, il resta[758].

Le consistoire de Nîmes se trouvait alors très embarrassé. Il lui
fallait absolument un ministre, ce qu’il cherchait en vain depuis
1596. Or, il n’avait pas d’argent. Moynier le menaçait de quitter la
ville pour aller chercher à Marvéjols les sommes nécessaires «pour le
mariage de sa fillie» si on ne lui payait ses gages[759]. Cependant,
Chambrun était si inutile qu’on lui accordait peu après un congé d’un
mois pour aller baptiser un de ses petits-fils[760]. Le consistoire
dut faire un emprunt[761]. Et il redoubla d’efforts pour sortir des
embarras continuels où le mettait le manque de pasteurs. Le 10 mai,
il envoie à Ferrier un ancien «pour luy offrir tous moyens possibles,
et s’il veult venir changer d’ert en ceste ville[762]». Même, il
fait une tentative infructueuse auprès du célèbre Daniel Chamier, de
Montélimar, pour obtenir son ministère[763]. Mais rien ne réussit,
Ferrier ni Chamier n’acceptent. Aussi, Moynier qui, malgré l’assistance
que lui apportaient temporairement les pasteurs du colloque, devait
être surchargé de travail[764], semble prêt à tout abandonner. Il ne
peut toucher ses gages; il a été forcé de faire des dettes pour 3 ou
400 l., et ses créanciers le poursuivent. En conséquence, il réclame
ce qui lui est dû et, en même temps, un congé pour aller se reposer
dans le Gévaudan. Le consistoire ne peut que le supplier de rester, lui
promettre qu’on le payera sur les premiers deniers liquides et déclarer
aux créanciers qu’il endosse les dettes de Moynier[765].

Dans ces conditions, on paraît renoncer tout à fait à Ferrier et
l’on négocie avec le pasteur Gigord. Le 23 août, le consistoire fait
offrir à ce dernier un contrat d’engagement[766]. Mais l’affaire
ne se terminant pas, Moynier part sans congé le 13 septembre pour
le Gévaudan[767]. Enfin la réponse de Gigord arrive vers le 8
novembre[768]: il se contente de charger le diacre Cheyron et l’avocat
Chalas de ses intérêts. L’affaire, traînée en longueur, n’aboutit pas.

Ainsi, à la fin de 1600, l’église de Nîmes, chef de colloque, la plus
riche et la plus importante de la province avec celle de Montpellier,
n’avait pas pu trouver de pasteur depuis si longtemps qu’elle en
cherchait un. C’est qu’elle se montrait difficile. En mai 1599, elle
s’était contentée de réserver ses droits sur Terond sans le réclamer,
sans doute parce qu’il venait d’être consacré et n’était pas encore
connu[769]. Un peu plus tard, elle abandonnait Cailhe pour l’espoir
d’obtenir Ferrier[770]. Puis, lorsque la mort de Falguerolles la
force d’acquérir coûte que coûte un ministre, c’est le célèbre Daniel
Chamier[771], c’est Gigord[772], dont la science était si connue que
le synode le dispensait, en 1603, de l’examen imposé aux pasteurs pour
professer en théologie[773], qu’elle s’efforce d’engager. Mais, il n’y
avait pas à ce moment de pasteurs libres dans le colloque ni dans la
province, et il est à croire que si Ferrier, séparé d’Alais, et mis
en distribution au synode le 9 mars 1601[774], lui fut enfin donné
comme ministre «en jussion[775]», ce fut uniquement parce qu’il était
impossible de le laisser à son église légitime.

Ceux d’Alais, en effet, tout en se refusant à le laisser partir,
l’avaient pris en haine. Il se plaignait au synode d’avoir été traité
«d’apostat» plusieurs fois par un ancien, et de «caqueteur». On l’avait
accusé de se préparer «pour se rendre Jésuite» et de vouloir se «faire
trop riche en appovrissant le commun». Alors qu’il partait d’Alais
pour «venir vers M^{rs} les Commissaires», les fidèles «le suivirent
avec foule et avec tesmoins et noteres pour luy faire quelques actes de
justice», et en voyant qu’il s’en allait, son troupeau criait «après
luy que le diable luy rompît les jambes quand jamais il retourneroit
dans lad. ville». Il se plaignait d’avoir été diffamé, calomnié,
presque emprisonné à deux reprises. Ce à quoi l’ancien d’Alais, après
lui avoir donné divers démentis[776], répondit que l’église «aimoit et
honoroit son ministère». Le synode mit Ferrier et l’église d’Alais en
distribution[777]; et il fit bien. Puis, il donna le pasteur à l’église
de Nîmes[778] malgré l’appel d’Alais à qui il était dur de voir sa
rivale triompher[779].


C.—_L’édit de Nantes._

L’édit de Nantes a été trop étudié pour que l’on recommence ici à
épiloguer sur ses causes et ses résultats généraux par rapport aux
protestants et aux destinées de la France. Il ressort nettement du bel
ouvrage de M. Anquez[780], M. Fagniez nous parle de la «magnanimité
de son cœur» qui le conduisit à «devancer» l’opinion[781]; M. Weiss
ajoute qu’il avait «compris» que la France devait être la «mère
commune de tous les Français[782]». Il est à croire que son cœur et
son intelligence furent fort aidés en ceci par la nécessité et par
la force des choses. M. Hanotaux[783], après Michelet[784], nous a
fort bien montré ce qu’il en était de la bonté et du génie d’Henri
IV. Les huguenots eux-mêmes s’en aperçurent. «Lors de l’assemblée de
Nantes, disent-ils, que ceux de la Ligue n’avoyent point encores parlé
de traicter avec S. M. dont les affaires sembloyent par conséquent
réduictz en assez mauvais estat, on ne fist point de difficulté de dire
qu’on trouvoit les demandes justes, seullement qu’il falloit patienter
et en attendre l’establissement de Sad. Majesté qui luy donneroit moyen
de nous faire tous jouyr de ce qui nous estoit deu. Mais, depuis, tant
plus il a pleu a Dieu de faire prospérer les affaires de Sad. Majesté,
plus on a non seulement faict naistre d’impossibilitez, mais aussi
faict demonstration de trouver de l’injustice esd. demandes»; et ils
ajoutent que lorsque «on» eut vu que leur intention était «seullement
de finir par une bonne paix», non seulement on refusa ce qui n’était
pas encore accordé, mais encore on retrancha des articles importants et
l’on remit en discussion des choses déjà convenues[785].

Les réformés durent en effet profiter des embarras du roi pendant la
guerre d’Espagne et l’intimider par leurs menaces de révolte pour lui
arracher à grand’peine le fameux édit de Nantes dont on fait honneur
à sa tolérance et qu’il n’aurait peut-être jamais osé leur accorder
sans cela[786]. «Alors que ce prince [Henri IV] était occuppé au
siège de La Fère et sous prétexte de la sûreté de leur religion, ils
[les huguenots] lui présentèrent une requête dans la situation la
plus fâcheuse de ses affaires», dit de Thou[787]. C’est grâce à ces
procédés, grâce à leur énergie que les réformés parvinrent à obtenir
l’édit de Nantes. Nous allons voir que ce ne fut pas sans peine.

Aussitôt monté sur le trône, Henri IV commence en effet par ne pas
observer rigoureusement la trêve qu’il avait signée lui-même avec
Henri III, en 1589[788]. Puis au bout de deux ans (1591), il se
décide à renouveler l’édit de 1577[789]. Un an plus tard encore, il
consent à révoquer officiellement les ordonnances de 1585 et 1588 qui
mettaient les réformés hors la loi et il leur accorde quelques discrets
articles de tolérance[790]. Et c’est tout. Les protestants sentent si
bien qu’ils n’auront pas plus s’ils ne l’exigent pas et s’ils ne se
rendent pas redoutables, qu’ils réorganisent entièrement leur parti à
l’assemblée de Sainte-Foy[791].

Nous sommes au début de l’année 1595, le roi n’a même pas encore réussi
à faire enregistrer son édit de 1591[792] par lequel il renouvelait
le traité de Poitiers: pourrait-il penser à accorder aux huguenots
un édit réglant équitablement leurs droits et leurs devoirs? Même en
1597, quelques mois avant la signature de l’édit de Nantes, il est
bien loin de songer qu’il soit possible d’accorder aux protestants
des conditions nouvelles et plus libérales. Sully le trouve un jour
«rêveur et chagrin» parce qu’«il avoit receu des nouvelles comme l’on
sollicitoit fort et ferme ceux de la religion de s’assembler pour luy
envoyer des députez demander un certain édict que les plus mutins et
séditieux d’entre eux avoient compilé à la solicitation de gens affidez
à MM. de Boüillon, la Trimoüille, du Plessis et autres, _lequel il
seroit hors de sa puissance de pouvoir jamais faire vérifier aux cours
souveraines_[793]». Voici donc ce que pensait alors Henri IV sur la
possibilité de rendre une ordonnance en faveur des huguenots. Pourtant,
quelques mois après il signait l’édit de Nantes: c’est qu’il y avait
été amené de force par les menaces des huguenots.

Le 17 janvier 1595, la guerre avec l’Espagne avait éclaté. L’assemblée
des églises réunie à Saumur le 22 février, envoya aussitôt au roi deux
députés chargés de lui demander un édit. A ce moment, Henri IV remit à
plus tard de répondre en raison de ses grands embarras[794]. L’année
suivante, la guerre dure toujours; Henri IV n’a rien fait. L’assemblée
de Loudun lui envoie dire, au moment où il assiège péniblement La
Fère, qu’elle ne se séparera pas avant d’avoir obtenu un édit[795]. Le
roi est si loin d’y songer, qu’il répond par un ordre de dissolution.
L’assemblée refuse d’obéir[796], engage secrètement les seigneurs
huguenots de l’armée à prévenir le roi qu’ils l’abandonneront plutôt
que de renoncer à leur culte, décide que la messe ne sera plus
célébrée dans aucune place protestante tant que l’édit ne sera pas
rendu, que les catholiques seront expulsés des villes réformées si
les protestants le sont des catholiques, etc.[797]. En somme, elle
se révolte ouvertement. Alors le roi, craignant peut-être la guerre
civile[798], cède: c’est le premier pas. Il envoie deux délégués, de
Vic et Calignon, qui présentent à l’assemblée ses explications[799].

Mais il est encore loin de songer à accorder aux huguenots l’édit de
tolérance qu’ils demandent[800]. Il va chercher à les amuser par des
négociations. Seulement, les réformés qui connaissent ses embarras
tiennent bon et restent menaçants. Ils déclarent les propositions
royales «totalement éloignées des choses nécessaires aux églises»
et leur assemblée, transportée à Chatellerault, présente à Henri un
véritable ultimatum, en avertissant le délégué royal Schomberg «qu’elle
n’attendrait pas au delà du 10 août». Schomberg se résigne alors à
faire à l’assemblée des propositions qu’elle accepte et il en informe
le roi en le suppliant de les ratifier. Mais Henri IV, qui, peut-être,
croit encore à l’amour des réformés pour sa personne, désavoue
Schomberg[801]. Aussi bien, la paix avec l’Espagne approche. On peut
croire que si le roi n’a pas cédé alors que ses affaires étaient si
mal en point, il va céder encore beaucoup moins maintenant. Pourtant,
il accorde l’édit de Nantes qui est définitivement signé en avril
1598[802].

Les témoignages des contemporains nous expliquent la raison de cette
conduite contradictoire. En réalité, ses difficultés avec l’Espagne
terminées, le roi se rendit compte que s’il persistait à refuser aux
protestants ce qu’ils demandaient, ceux-ci allaient abandonner les
menaces pour employer décidément la force, et que la guerre civile
allait éclater. Les histoires et les mémoires nous renseignent bien
sur ce point. Ainsi, Henri IV lui-même, faisant opiner son conseil
sur l’édit, dit entre autres choses dans son discours, suivant
L’Estoille[803], qu’il était las de la guerre, que les huguenots
étaient difficiles à battre et «qu’il s’asseuroit que trois ou
quatre batailles ne les desferoient point.... A quoi chacun baissa
la teste.» Sully rapporte que les réformés étaient prêts «à prendre
ouvertement les armes[804]». P. Cayet dit: «Le bruict courut que ceux
de la relligion n’eussent pas laissé de faire la guerre au roi....».
D’Aubigné nous raconte que quelques-uns étaient d’avis que l’on surprît
Tours[805]. Ceux-là «prétendaient que leur requête datée d’une si
bonne ville serait merveilleusement efficace pour persuader le roi
et son conseil[806]». Bouillon et La Trémoïlle y auraient sans aucun
doute contribué avec les troupes qu’ils avaient levées dans le Midi
aux frais du roi et qu’ils refusaient de mener à Henri IV, malgré les
supplications de De Thou[807]. D’autre part, on sait que les réformés
avaient envoyé des députés au prince d’Orange et à la reine Élisabeth
pour les prier de leur prêter leur concours[808]. Toutes ces raisons
firent qu’Henri IV se résigna à signer l’édit.

Mais on sent que ce fut de mauvaise grâce et la main forcée. En effet,
à peine les réformés se furent-ils séparés que l’édit fut soumis à des
changements de nature à restreindre les avantages qui leur étaient
accordés. Voici l’une des plus perfides de ces modifications.

Par le XXXIV^e «article secret de l’édit de Nantes[809]», le roi avait
permis de «tenir consistoires, colloques et synodes provinciaux et
nationaux». Puis, il se repentit de cette liberté qu’il laissait aux
protestants et fit ajouter à la fin de l’article ces simples mots:
«par la permission de S. M.[810].» C’était fort habile, car sans
rien supprimer, cela annulait l’article: c’était dire, en effet, que
le roi permettait aux protestants de lui demander l’autorisation de
tenir leurs assemblées ecclésiastiques. Et s’il la refusait, lui
ou ses officiers, leur culte se trouvait interdit. Heureusement,
l’assemblée de Chatellerault ne laissa point passer cette formule
sans protester[811]. Sur sa demande, le roi ne put refuser un «brevet
particulier», par lequel les réformés obtenaient le droit de se réunir
sans la permission royale et nonobstant le contenu dudit article[812].
Mais tout cela était assez compliqué, il ne pouvait manquer de
s’ensuivre des difficultés, et c’est ce qui arriva: au XVII^e siècle,
on se basa précisément sur le XXXIV^e article secret pour supprimer
successivement les synodes nationaux, puis les provinciaux et les
colloques[813].

L’assemblée de Chatellerault ne parvint pas à faire annuler toutes
les modifications ainsi faites au texte primitif[814]. Et en somme,
le principal mérite de l’édit de Nantes fut d’être, tant bien que
mal, exécuté. Mais de cela même il ne faut pas savoir tant de gré
à Henri IV. Il ne fit, après tout, qu’ordonner des «commissaires
exécuteurs», suivant la coutume[815]. Par bonheur, ce fut dans un temps
où la France, lasse de la guerre, goûtait la paix. La Ligue était
morte d’épuisement et d’anarchie; les villes s’étaient apaisées; les
protestants s’étaient séparés. Personne ne s’opposa à cet édit qui,
pourtant mécontentait papistes et huguenots. L’heureuse fortune de
Henri IV fut de se trouver le Roi à une époque où chacun n’aspirait
plus qu’à se reposer.



PIÈCES JUSTIFICATIVES



I

_1596-1602.—Liste des membres du consistoire de Nîmes._


ANNÉE 1596[816].

  _Quartiers._              _Anciens._                  _Diacres._

  Maison de ville. M^{re} Anthoine Sabatier.      }
                                                  } M. Mazaudier.
  Temple. Sire     Anthoine Duprix.               }

  Marché.          M. Fontfroide, continué.       }
                                                  } M. du Molin.
  Arènes.          M. Jean Boschier.              }

  Collège.         Sire Jean Tourrel.             }
                                                  } M. de Chateauneuf.
  La Ferrage.      Capitaine Balthezard Fournier. }

  Chapitre.        Capitaine Privat.              }
                                                  } M. Bosquier.
  Corcomayres.     Sire Vidal Martin.             }

  Bourgade.        Sire Georges Grégoire.           M. Faucon.

«Messieurs les pasteurs continués, c’est: M. Chambrun, M. Moynier, et
de Felguerolles.»

«Recepveur des deniers du ministère, M. Fontfroide, continué; pour les
deniers des pouvres, M. Anthoine Sabatier, notere.»

M^{re} Guilhaumes [Guiraud] advertisseur, continué.»


ANNÉE 1597[817].

  _Quartiers._                  _Anciens._               _Diacres._

  Maison de ville.  Guidon Cheyron.              }
                                                 }M. Bonhomme.
  Temple.           M. le commis d’Agulhonet.    }

  Marché.           Sire Tournier.               }
                                                 }M. du Molin, continué.
  Arènes.           M^{re} Boschier, continué.   }

  Collège.       Sire Robert de Méjanes.         }M. de la Cassagne.
  La Ferrage.    Capitaine Veyras.               }

  Chapitre.      Capitaine Jhanin, viguier de    }
                   Bellegarde.                   }M. Bosquier, continué.
  Corcomayres.   Sire Vidal Martin, continué.    }

  Bourgade.      Arnaud Drulhon.                 }M. de Langlade.
  Madeleine.     Sire Bourguet.                  }

Mêmes pasteurs.

«Recepveur des deniers du ministère, l.d. sire Jhanin; recepveur des
deniers des pouvres, le sire Guidon Cheyron.»

«M^{re} Pierre Rossel, notere, le fils, continué pour greffier.»

Même avertisseur.


ANNÉE 1598[818].

  _Quartiers._           _Anciens._                     _Diacres._

  Maison de ville.      Sire Guidon Chevron, continué } M. Maltret.
  Temple.               Guilhaumes Vallat.            }

  Marché.               Sire Daniel Manuel.           } M. Veyras le
  Arènes.               M. le commis d’Agulhonet.     } Vieux.

  Collège.              Sire de Méjanes, continué.    } M. de la
  La Ferrage.           M. Claude Poujol.             } Cassagne,
                                                      } continué.

  Chapitre.             Sire Rostang du Vieux.        } M. Bosquier,
  Corcomayres.          Sire Gril.                    } continué.

  Bourgade.             Anthoine Michel, dit Molezan. }
  Madeleine et autres }                   } M. de Langlade, continué.
  fauxbourgs.         } Paul Granier.     }

Receveur des deniers du ministère, Claude Poujol; receveur des deniers
des pauvres, Daniel Manuel.

Greffier, M^{re} Folchier.

Même avertisseur.


ANNÉE 1599[819].

  _Quartiers._          _Anciens._                       _Diacres._

  Maison de ville.   «Sire Jehan André pour et au    } Bosquier le
                       lieu d’Adan Farel.»           } Vieux.
  Temple.            Sire Guilhaume Vallat, continué.}

  Marché.            Sire Daniel Manuel, continué.   }
  Arènes.            Sire Pierre Dumas «pour le      } «M. Unal pour M.
                       comis Agulhonet».             }   Veyras.»

  Collège.           Sire Daniel Laurens «pour       }
                        Torrel».                     } «M. Lansard pour
  La Ferrage.        Sire Jacques Sigallon «pour     }   M. de la
                       sire Poujol».                 }   Cassagne».

  Chapitre.          Sire Rostang du Vieux, continué.} «M. de S^t-Cezary
  Corcomayres.       Sire Gril, continué.            } au lieu de M.
                                                     } Bosquier.»

  Bourgade.          Sire Anthoine Guiraudon         }
                       «pour Anthoine Molezan.»      } «M. Cheyron pour
  Madeleine et   }   Sire Paul Granier, continué.    }M.  de Langlade.»
  fauxbourgs bas.}                                   }

Même greffier. Même avertisseur.

Receveur des deniers du ministère, Daniel Laurens; receveur des deniers
des pauvres, Jean Radel[820].


ANNÉE 1600[821].

  _Quartiers._              _Anciens._                  _Diacres._

  Maison de ville.   Sire Radel, continué.           } «Diacre en ses
  Temple.            Maître Dostaly «au lieu de sire } deux}
                       Vallat».                      } surveillances:
                                                     } M^{re} Bousquier
                                                     } le vieulx.»

    _Quartiers._                   _Anciens._                _Diacres_

  Marché.               Sire Surian «au lieu de sire   } «M. Anthoine
                          Manuel».                     } Davin pour
  Arènes.               Sire Crouzet «au lieu de sire  } M. Unal.»
                          Dumas».                      }

  Collège.              Sire Daniel Laurens, continué. } «Diacre en ses
  La Ferrage.           Sire Anthoine du Vieulx «au    } deux ysles, M.
                          lieu du sire Sigallon».      } Blisson pour M.
                                                       } Lansard.»

  Chapitre.             Sire Salveton «au lieu de sire } «M. de
                          Rostand du Vieulx».          } Castelnou
  Corcomayres.          Sire Jacques Blanc «au lieu de } «pour M. de
                          sire Gril».                  } Calvières.»

  Bourgade.             Sire Jehan Baudouin «au lieu   }
                          du sire Guiraudon».          } «M Cheyron,
  Madeleine et autres } Sire Isaac Paris «au lieu du   } continué.»
  fauxbourgs.         }   sire Granier».               }
Greffier, M^{re} Michel Ursy, notaire royal, au lieu de «M^r Fauchier».
Même avertisseur.


ANNÉE 1602[822].

    _Quartiers._                 _Anciens._                  _Diacres._

  Maison de ville.         Sire Claude Combes.               } M.
  Temple.                  M^{re} Vidal de Salhens, continué.} Jacques
                                                             } Dairon.

  Marché.                  Sire David Guiraud.               } M.
  Arènes.                  Sire Jehan Rolland.               } Gaissac,
                                                             } continué.

  Chapitre.                M^{re} Arnaud Guérin, continué.   } M.
  Collège.                 Sire David Nysmes.                } Maltrait.

  Corcomayres.             Sire Bourges, continué.           } M. Daniel
  La Ferrage.              M^{re} Louis Baudouin.            } Arnaud,
                                                             } sieur de
                                                             } la
                                                             } Cassagne.

  Bourgade.                Claude Foucard.                   }
  Madeleine, S^t-Antoine }                                   } M. de
  et autres              } Jehan Bourguet.                   } Méjanes.
  fauxbourgs.            }                                   }

  Greffier, M^{re} Pierre Nogarede.
  Receveur des deniers du ministère, Sire Claude Combes.
  Receveur des deniers des pauvres, Sire David Guiraud[823].



II

 _1562, 26 octobre.—Défense faite par le présidial de Nîmes au
 consistoire d’empiéter sur la justice du roi_[824].


La prière faicte, et avoir conféré ensemble de plusieurs afferes par
longtemps,

Le seigneur Président[825] a remis les articles de prohibition
suyvants, en deux pièces papier, escriptz, par luy signées, au long
leuz par le seigneur de Clozone à la réquisition dud. sieur President,
faisant lad. prohibition et inhibitions comme ausdictz articles est
contenu, requérant luy estre faict responce, estantz de teneur:

Sur la requeste présentée par le procureur du Roy en la présente
seneschaussée et siege presidial, tendant à la conservation et
entretenement de l’autorité du Roy et de sa justice, et pour obvier à
l’entreprinse que pourroit estre faicte au contrere par les ministres
de la religion refformée et autres qui suyvent icelle, suyvant l’advis
du conseil du siege presidial ou lad. requeste a esté rapportée, avons
inhibé et deffendu, inhibons et deffendons, à peine de mil livres
tournois et des autres que de droict pourroient estre encorues, ausd.
ministres, leurs consistoires, et à toutz autres qu’il appartiendra, de
prendre court, juridiction, cognoissance, autorité ou puissance aulcune
sur les subjetz du Roy, pour raison des differentz, controverses et
procès criminels que soyent que lesd. subjectz ayent ou puissent avoir
ensemble, soyt pour matières civiles ou criminelles, excès, injures
ou oultrages en consistoire ny aultrement, et soit soubz prétexte de
réconcilier hayne que pourroit estre entre eulx, et ce à occasion
desd. differentz et procès, leurs causes, déppendances et envergences.
Et, toutes foys, n’entendons empescher lesd. ministres et aultres
qui ont charge en lad. églize quant à ce et encores toutz autres qui
pour le debvoir de crestiens sont a ce tenus, qu’ilz ne fassent leurs
charges, uzans crestiennement et hors de concistoires ou assemblées
d’exortations, prières, admonitions, reprehensions et aultres toutes
voyes deuez, selon, toutes foys, la parolle de Dieu et doctrine
ecclesiastique a icelle reglée, pour leur fere depposer et delaisser
lesd. haynes, maulvaises affections et rancunes qu’ilz pourroient
avoir conceues a occasion desd. procès, causes d’iceulx et leurs
deppendances, et pour les réconcilier a paix, concorde et amytié. Aussi
n’entendons empescher lesd. ministres et consistoires esd. exortations,
reprehensions et en la correction des escandales, des faultes atroces
ou publicques, comme la cognoissance et correction leur en peult
appartenir par la doctrinne ecclesiastique reglée par la parolle de
Dieu et par ses Escriptures sainctes, sans sortir hors les bornes
d’icelles, ny interrompre l’ordre y ordonné, en y uzant pareillement
des censures ecclesiastiques, excommunications et aultre autorité
appartenant à l’églize, suyvant lad. parolle. Pareillement inhibons et
deffendons sur mesmes peines ausd. ministres et toutz aultres qu’il
appartiendra fere pour estre observées par les subjetz du Roy, loix
statutz ou ordonnances politiques pour estre chose appartenant à la
seule Majesté du Roy; fere aussi restitutions, traditions, reglementz
ou loix pour servir à l’exercisse de lad. religion et constraindre
lesd. subjectz du Roy a observation d’icelles que soyent contre lad.
parolle ou dont on puisse sortir superstition, prophanation des
choses instituées de Dieu ou aultrement, scrupule ou scandale au
danger des consciences des fidelles. Davantage, sur mesmes peines,
inhibons et deffendons à toutz ministres de se ingerer au ministère
de la predication de la parolle de Dieu en ceste séneschaussée, que
premièrement il n’aye presté entre les mains des officiers du Roy
en lad. seneschaussée le serment requis. Et aussi qu’ilz ne fassent
synodes ny consistoires sans exprès congé, ou en presence de l’ung
desd. officiers pour la conservation de l’autorité du Roy et de ses
magistratz. Et le tout par provision et jusques autrement en soyt
ordonné. [Signé] Calvière, président.

Lesquelz articles d’inhibitions leuz et entendus par toutz ceulx du
consistoire et aultres y estantz de la partie des ministres de la
presente ville auroyt esté offert d’y obeyr. Et despuis, en l’absance
dud. sieur Président, demandant y estre faict responce, ayant heu sur
ce advis, auroyt esté arresté par le consistoire pour lad. responce que
l’on n’a onques pensé contrevenir aux articles et inhibitions propozés,
comme n’y veulent aussy contrevenir cy après, n’estant besoing pour ce
regard lesd. inhibitions y contenues leur estre faictes, lesquelles
néant-moingz prennent à la bonne part, attendu que l’intention de la
court n’est aultre que de se vouloir tenir et fere tenir les subjectz
du Roy soubz l’obéissance d’icelluy, comme se seroient aussi tousjours
tenus et veulent fere.


III

 _1596, avril-août.—Enquête faite par le consistoire de Nîmes au sujet
 de Suzanne Cregude, Paul Rivière, dit La Canquille, et Gasais, accusés
 du crime de «paillardise»._

«Suzanne Cregude, femme de Estienne Girardin, venue en consistoire,
accusée d’avoir conversé charnellement avec certains jeunes hommes de
la présante ville ses jours passés, heure de neuf de nuict, exortée
de dire vérité et quy la força, ladite Nina a dit qu’à son advis et
jugement, a environ quinze jours, c’estoient Jan Gasays et Pol Rivière
de la présante ville, qui vindrent en la maison de Gourdouse, lesquels
y firent collation, et après, deux hommes qui ressemblent jeunes la
vindrent chercher en sa maison et la menèrent par force à la boucherie
de la présante ville près la bouticque dudit Gasays, qui estoit environ
l’heure de neuf de nuit, où illec la volleurent presser de son honneur.
Non toutesfois quy le fissent; et, voyant ce, la renvoyèrent, et
elle s’en retourna en sad. maison..... Lad. Cregude sera exortée ne
continuer en lad. adultère[826].»

       *       *       *       *       *

«Suzanne Cregude, venue..... en consistoire à cause d’avoir conversé
charnellement, heure de nuict, avec Jacques Gasais et Pol Rivière, ce
qu’elle a confessé, et avoir esté par iceux forcée et induicte à ce
fere dans la maison et bouticque dud. Gasais...., confesse aussy estre
mariée, mais son mary a demeuré absent de ceste province puis trois
ans, s’estant, ainsin qu’elle a entandu, en Prouvance.....[827]»

       *       *       *       *       *

«Pol [Rivière, dit] la Canquille, venu en consistoire, ...... a
dit estre inossant de l’accusation fette par lad. Cregude et ne la
cognoistre aulcunement, bien est vray avoir esté dans la maison où elle
demeure pour fere collation avec led. Gasais, mais il ne luy parla
point.....[828]»

       *       *       *       *       *

«Suzanne Cregude, venue en consistoire, après avoir promis et juré de
dire vérité, a esté là mesme accarrée à Pol Rivière que parelhement a
promis et juré de dire vérité. A esté demandé ausd. Rivière et Cregude
s’ils se cognoissent l’un l’autre. Ladicte Cregude a dict cognoistre
led. Rivière, et led. Rivière a dit ne la cognoistre, moings de
l’avoir jamais veue. Interroguée lad. Cregude....... a respondu que
led. Rouvière, accompagné dud. Gasais, la vindrent trouver en la maison
qu’elle fait sa demeure, qu’estoit environ l’heure de dix de nuict,
et la menèrent et conduirent dans la bouticque et maison d’icelluy
Gasais....., et pense bien que led. Rivière lors abusa d’elle avec led.
Gasais, non toutesfois qu’elle veullie assurer dud. Rivière parce qu’il
estoit nuict, et pense qu’il s’en alla.

Led. Rivière a acordé que véritablement il acompagna led. Gasais
conduisant lad. Cregude (qu’il recognoist), icelluy Gasais marchant
devant et luy après, et lad. Cregude au millieu, et, après qu’ilz
l’eurent conduicte dans la maison dud. Gasais, il y entra avec eulx,
et, après avoir fait collation, il en sortist et les laissa tous deux
seulz dans icelle, comme il en feust prié par led. Gasais......

Interroguée lad. Cregude..... a respondu la vérité estre telle: que ce
feust sullement led. Gasais quy la cognust et abusa d’elle, et pense
estre ensaincte de l’œuvre d’icelluy, et non dud. Rivière, qu’elle n’a
jamais accusé.

Led. Rivière, sur ce oüy, ..... a percisté comme dessus........ Bien
est vray que....., il fust prié par led. Gasais sortir et s’en aller
(ce qu’il fist), et, environ deux heures après qu’il ce fust assis et
sommellié sur un tablier de lad. place, il retourna en lad. maison où
il treuva que led. Gasais avoit congédié lad. Cregude[829].»

       *       *       *       *       *

«Jacques Gasais et Suzanne Cregude, femme à Estienne Girardin, venus et
appellés en consistoire.....

Interrogé, led. Gasais..... a respondu que, sur le commensement dud.
mois d’apvril dernier, se promenant avec Pol Rivière La Canquille.....
et passans près le pont de la Gau....., qu’estoit environ l’heure
de unze de nuict, ilz rencontrèrent lad. Cregude présante, qu’ilz
prindrent et admenèrent en sa maison..... où, comme furent entrés dans
icelle, ledict Rivière..... abusa premièrement de lad. Cregude et, ce
fait, après avoir fait collation tous ensamble led. Rivière sortist de
lad. boutique dans laquelle laissa tout seul il quy respond et lad.
Cregude, que parelhement.... abusa d’icelle, et, après, feust par eux
congédiée, ne sachant led. Gasais où elle passa. Bien dit que led.
Rouvière l’alla accompaigner.

Interrogué..... a respondu ne l’avoir jamais cogneue que ceste seulle
fois..... où lors lad. Cregude leur auroit librement confessé que un
nommé Sargent Yssac, dans la maison duquel elle demeuroit, en avoit
plusieurs fois abusé d’elle pandant que la femme d’icelluy estoit
mallade.

Interroguée, lad. Cregude la cause de sa variation, ayant accusé du
commensement led. Rivière avoir abusé d’elle avec led. Gasais, et
maintenant le descharge......, et pourquoy aussy n’auroit-elle confessé
led. Sargent Ysac......., a dict et respondu qu’elle, du commensement,
avoit confessé la vérité......, et, lorsque led. La Canquille lui
fust accaré, l’ayant volleu descharger pour crainte qu’elle avoit
d’icelluy......, niant avoir jamais confessé led. Sargent Ysac avoir
abusé d’elle.......[830]»

       *       *       *       *       *

«Pol Rivière, dit La Canquille, et Cregude, venus en consistoire......,
ont persévéré [chacun dans ses dires]....... Led. Rivière soutient lad.
Cregude este une putain publicque[831]»

       *       *       *       *       *

[Pol La Canquille et Gasais appelés tous les deux persistent dans leurs
dires. Voici le jugement:]

«Conclud..... de l’adultère fait et comis par led. Gasais d’avec lad.
Suzanne Cregude en la maison dud. Gasais, suivant la confession par
eulx fette....., et que lesd. Gasais et Rivière sont coustumiers ribler
les rues de nuict, se masquer et jouer meries et farces, qu’ilz et
lad. Cregude seront vivement sensurés, leurs noms et surnoms publiés
en chaire, dimenche prochain, et, oultre ce, suspendus de la prochaine
cène, et, venans à repantance et contrition de cœur, recognoissans leur
mesfaict, se présanteront après pour y estre receus......[832]»

       *       *       *       *       *

«Jacques Gasais et Pol Rivière remonstrent à vous, Messieurs les
pasteurs et anciens de l’esglise refformée de Nymes, que la suivante
deslibération prinse contre eulx a esté donnée le corps du consistoire
non complet, comme est requis par la dissipline, d’allieurs que lad.
deslibération contre eulx donnée est trop rigoreuse, en ce que par
icelle est pourté qu’ilz seront nommés publiquement en chère, bien que
la circonstance du fait ne le mérite poinct...... Considéré que lad.
résollution les pourroit esmouvoir à quelque autre recours sy laditte
résollution n’est modérée, ce qu’ilz vous requièrent très humblement,
veu leur jeunesse, qu’ilz promettent....... doresnavant quicter et
renoncer à toute mauvaise action et intantion. Déclairent qu’ilz
offrent fere réparation à lad. esglise et dans le consistoire d’icelle
et non autrement......[833]»

[Mais, la précédente délibération étant confirmée, Rivière et Gasais en
appellent au colloque.]

       *       *       *       *       *

«Gasais et Rivière ce sont présantés au présant consistoire pour estre
receus aux sainctz sacrementz à la prochaine cène, offrans fere toute
réparation...... moyenant qu’elle ne soit publicquement, ores leur
soit esté ainsin ordonné par le dernier collocque tenu en la ville de
Montpellier, par laquelle la sentence du présant consistoire a esté
confirmée. Conclud qu’ilz demeureront suspandus des saintz sacremens
jusques à ce qu’il aparoisse de leur repantance, et alors feront
réparation publicque un jour de dimenche à huict heures. A quoy ont
consenti et promis ce fere[834]».



IV

 _1598, janvier.—Mémoires donnez au sieur de Sainct-Germain s’en
 allant vers les esglises du Bas-Languedoc de la part de l’assemblée
 généralle de Chastellerault_[835].


Led. sieur remonstrera ausd. esglizes que Messieurs de l’assemblée
généralle, croyans que les longueurs de leur négociation leurs sont
ennuyeuses et voullans rendre manifeste, autant qu’il sera possible,
la seurté de leurs intentions, estre les divers bruictz qu’ilz sçavent
estre artificieusement semez par les provinces préjudiciable au bien
des affaires généralles des esglizes de ce royaume, autant qu’ilz
peuvent en rompre, ou, pour le moings, affoiblir l’union sy nécessaire
à leur conservation, l’ont pour cet effect depputé affin de leur faire
le récit au long et véritable des choses qui se sont passées en toute
cette négociation, par lequel, pouvans congnoistre la vraye forme de
ces longueurs et en outre le vray estat auquel se trouvent maintenant
les affaires, non seullement elles ayent de quoy repprimer ces bruits,
mais puissent aussy donner leurs bons et meurs advis, ausquels elles se
doibvent asseurer que lad. assemblée se confirmera aultant qu’il sera
possible.

[Ici se place un long rapport des négociations de l’assemblée, dont le
détail se trouve dans le même ms.]

Telle est la suitte, et par cette suytte l’estat des affaires,
lesquelles lesd. esglises du Bas-Languedoc sont priées de bien
et diligemment considérer pour en donner leurs bons advis et y
recongnoistre la vraye cause des longueurs esquelles cette négociation
a esté entretenue, contre l’opposition de Messieurs de l’assemblée,
ausquelz Dieu a faict la grâce d’estre monstrez sy affectionnez au bien
public, qu’ilz ont mieux aymé dévorer une infinité d’incommoditez que
les toucher en leur particulier, et tous les ennuys que leur viennent
nécessaires de sy estranges proceddures, et non pas de précipiter leur
résolution avant le temps, voyans bien qu’il n’en pouvoit advenir que
beaucoup de mal pour tout le royaume, auquel fauldroit peu d’effort,
après tant de rudes secousses, pour le pousser en la dernière ruyne, et
pour les esglises du deshonneur pour estre blasmées d’affectionner les
ou du desadvantage en acceptant des conditions insuffisantes à remédier
à leurs remèdes.

A ces causes seront lesd. esglises au Bas-Languedoc instamment priées
au nom de Dieu, et en tant qu’elles ont chère leur conservation et de
tout le corps dont Dieu les a faictes, de se porter toutes entières à
cette tant nécessaire union, prenant garde de ne donner aucune occasion
de penser qu’elle sont tant peu distraictes d’avec les autres, comme
l’ont voulu croire ceux qui de ses apparences prennent occasion de
dillayer à donner remède aux maux publicqs; pour cest effect prendre
une entière créance en la seureté desd. sieurs depputez de l’assemblée,
lesquelz, par une sy longue patience incroyable à eux mesmes, pensent
avoir assez suffizamment tesmoigné le désir qu’ilz ont de voir toutes
choses paisibles en l’Estat, et particulièrement asseurer à ceux qui
leur font cest honneur de se fier en eux de leur conservation, que
s’ilz eussent esté aultrement disposez, comme ilz sçavent qu’on les
a voullu calompnier, il ne leur estoit jà besoing de sy longtemps
attendre, et avec tant d’incommodité pour leur particulier, veu les
mesures de l’estat qui ne donnent que trop de moyens de se mettre en
combustion pour peu qu’on y ayt de l’affection.

Leur sera aussy représenté que c’est avec un très grand regret que
lesd. sieurs depputez ont, dès le commencement, entendu les semences
de division que y a en lad. province entre les particulliers, et plus
encores de ce qu’en un sy long temps on n’ayt peu trouver le moyen
de les assouppir, et que c’est une des causes que les a poulsez à
depputer led. sieur de Saint-Germain pour se transporter sur les
lieux et voir sy, le consel de la province n’y ayant peu remédier,
l’autorité de l’assemblée généralle y pourra point davantaige, comme
il est à espérer sy lesd. esglises du Languedoc se résolvent de donner
par leur consentement force et vigueur aux advis qui leur apportera.
Déclarera donc qu’on trouve une très dangereuse ouverture en la
désobeyssance que le cappitaine Gaultier rend au sieur de Bertichères,
à qui appartient le gouvernement d’Aiguesmortes, dont le fort de Pecais
est une deppendance comme l’assemblée l’a recongnu par les provisions
auparavant données par Sa Majesté tant au sieur de Legues qu’aud. sieur
de Bertichères et par les actes du consel et des assamblées de la
province; pourtant trouve raisonnable que led. Gaultier soit exhorté
vivement de recongnoistre son debvoir, et resouldre à ne deppendre
plus de ceux qui veullent se servir de luy pour commencer par les
esglizes à affoiblir toutes les autres; que sy les remonstrances y sont
inutilles et que led. Gaultier soit sy oppiniastre et, par douleur, on
ne puisse rien gaigner sur luy, sont exhortées lesd. esglises, a qui
le faut toucher premièrement et de plus près, adviser à tenir moyens
propres pour l’y contraindre, et sy besoing est leur seront par led.
s^r de Saint-Germain faictes les ouvertures telles que entendues en
l’assemblée, estant de toute importance de ne laisser aucune occasion
de croire qu’il soit au pouvoir du premier qui vouldra l’entreprendre
de frustrer les esglizes des choses qui leur sont sy nécessaires, ce
qui doibt tant plus estre trouvé mauvais que ce faict particulier
pourroit tourner en exemple pour faire que plusieurs fissent leur
accord à part du reste des esglises; lequel moyen de contrainte il
exposera, s’il void que l’inclination de la province y soit et qu’elle
fust portée et disposée à cela et non aultrement.

Leur sera aussy représenté l’importance du faict d’Aubenas et combien
est non seullement mal séante, mais aussy dommageable au public la
dispute sy crimineuse entre les s^{rs} de Chambault et Pilotz, veu
qu’on est ce pendant en danger de perdre du tout lad. place pour le
général des esglises, et par conséquent pour les particuliers, qui
vouldront ne se deppartir point de l’union qu’il est sans doubte que
ce différent donne à ceux qui se roidissent à la rayer du roolle des
suretez, et courage à oppiniastrer leur injuste vollonté et espérance
d’en venir à bout.

Pourtant il est trouvé nécessaire d’apporter en un tel faict et
dilligence et prudence, mesmes d’exhorter led. s^r de Chambault à
voulloir cedder ses intérêts à nos nécessitez publicques et ne donner
aucun empeschement en ce que la place soit seurement gardée pendant
la disputte principalle, et de ne donner occasion par une impatience
trop grande au sieur Pilotz de jouer à la désespérance et se précipiter
en des conselz qui seront et dommageables au général et malaisez à
repparer, ou finallement peu honnorables aud. sieur de Chambauld, qui
l’y auroit poussé pour ne voulloir rien relascher de ses prétentions.
Cependant, led. sieur de Saint-Germain est chargé de se transporter
sur les lieux s’il y est besoing, et prier le consel de Languedoc de
le faire accompaigner de tel ou telz qu’ilz trouveront à propos pour,
ayant ouy lesd. sieurs de Chambault et Pilotz, faire des ouvertures
d’accord entre eux deux par l’advis dud. Consel. L’église sera exhorté
de pourvoyr aussy aux moyens de payement de la garnison nécessaire pour
conserver la place au party des esglises.

Et pour ce que c’est un grand préjudice à la négociation commencée
qu’il soit pourveu à la garde et gouvernement des places qui sont pour
la seureté des esglises ainsi que par leur nomination, l’assemblée,
ayant entendu que le sieur Rolles, papiste, a esté pourveu du
gouvernement de Sommières, savoir de l’estat de sergent-major, à
Montpellier, et Corbière de la compaignie du feu sieur de Leques, led.
sieur de Saint-Germain remonstrera que l’avis de Messieurs les depputez
est que toutes telles provisions ne soyent point receues, comme avec
grand contentement ilz ont entendu qu’elles ont esté reffuzées, et
les priera de voulloir recongnoistre de là combien il leur importe de
faire voire à tout le monde qu’elles veullent deppendre de l’union
généralle, affin qu’elles ne se rendent mesprisables et par conséquent
donner aultant d’empeschement à ce que les choses qui se traictent icy
n’y puissent leur estre profitable, quand il plaira à Dieu que cette
négociation se termine, selon le désir des gens de bien, à sa gloire,
à la consolation et assurance de tous ceux qui désirent la servir et
liberté de conscience.

Finallement, par ce qu’il importe que l’assemblée soit entretenue
et continuée pour achever ce qui restera de nécessaire, et qu’il
est impossible que ceux qui y ont desja donné deux années demeurent
plus longtemps esloignez de leurs affaires, oultre plusieurs autres
considérations qui rendent nécessaire la substitution des depputez pour
renouveller lad. assemblée, sont priées lesd. esglizes du Bas Languedoc
de nommer un personnage suffizant et assigné, au lieu des sieurs baron
de Fons et Brunier leurs depputez et seront asseurez qu’on a desja
pourveu à l’entretenement de celluy qu’elles envoyront comme aussy de
tous les autres, sans que les provisions en soyent grevées.

Faict et arresté en l’assemblée généralle des esglizes refformées de
France tenant à Chastellerault, le XXIIII^e...... 1598, et signé par
ordonnance d’icelle par moy depputé et secrétaire en icelle. Signé
Rochelle.



V


 _1598, 11 avril.—Accord en consistoire de Julius Pacius et de Vismes,
 recteur et régent du collège de Nîmes_[836].

Du sabmedy, 11^e apvril 1598, jour extraordinaire, le consistoire
assemblé après avoir invoqué le nom de Dieu. M. le juge criminel, MM.
le gardeseau, et d’Agulhonnet; M. Rozel, premier consul, M. Dumolin,
cappitaines Veyras et Boschier. Led. sieur juge conduisant l’action.

S’est présanté M. de Vismes, lequel auroit dict que M. Pacieux auroit
esté à bon droict offancé de la délaction et propos tenuz par led. de
Vismes tant en consistoire que alheurs contre l’honneur et réputation
dud. sieur Pacieux, le priant le pardonner et ne fere aulcune poursuyte
en justice contre luy pour raison de ce dessus, déclairant aussy qu’il
le tient pour homme de bien et d’honneur, l’ayant tousjours cognu
de bonne vye et conversation, et de saincte et orthodoxe doctrine,
conforme à la confession des esglizes refformées de France, et que
telz propos ne debvoyent et de doibvent estre proférés ny mis en
advant contre led. sire Pacieux, le priant derechef se contenter de la
présante déclaration, que auroit faicte au consistoire le premier du
présant moys d’apvril, soit rayée, et autres escripts bifés et rompus.
Ce que a esté faict en présance des sus nommés. [Signés:] Robert de
Vismes. Calvière. De Chambrun. J. Pacius. Paien? Dagulhonet. Rozel,
consul. Maltret. Molin. Janotade (?)

       *       *       *       *       *

[_En marge_:]

M. Esaye Baille, ministre de l’églize d’Anduze, et Isaac Bolet,
ministre de l’églize de Vergèse, suivant la charge à nous donnée par
le synode provincial tenu ce jour d’huy en la présante ville déclairons
ce présent acte, ensemble le suivant ausquels M. le Juge Criminel a
présidé estre d’une assamblée mixte et non consistoriale, et pourtant
n’en pouvoir estre despêché aucun extraict portant tiltre des actes
consistoriaulx. Faict à Nismes ce 7 aoust 1599 par nous soubzsignés.
Baille. Bolet.

       *       *       *       *       *

Et par lad. assamblée a esté deslibéré que la déclaration faicte par
led. M. de Vismes aud. s^r Patieux, pour raison du mariage de sa
belle-sœur, seroit registrée. La teneur de laquelle s’ensuit: «Je
soubzsigné recognois, déclaire, et confesse avoir, de mon propre
mouvemant et libre volonté, demandé et faict demander, à mon nom en
mariaige damoiselle Camille, filhe de M. Laurens Venturin, bourgeois
de Genève, en quoy et en la promesse de mariaige despuys ensuyvye
entre nous je n’ay esté nullement constrainct, mais ay le tout faict
par bone et meure deslibération, ay tousiours tenu comme je tiens
encores à présant lad. damoiselle Camilhe pour très honneste et très
vertuze et sans reproche, et que j’ay dict ou escript à Genève à M. de
Bèze et aux père et mère d’icelle damoiselle ou autres parsonnes ou
autre part quy puisse estre entandu contre la susdicte, recognoissant,
déclairant, et confessant et aulcunemant tant soit peu au préjudice
de lad. damoiselle et de son honneur, je l’ay rétracté comme mal et
imprudemant escript et contre vérité et tant qu’il peult aulcunement
fere ou estre entandu contre lad. damoiselle et contre son honneur,
priant la mesme damoiselle et ses pere et mere, et autres siens parens
de le me pardonner, l’imputant plus tost à inavertance et imprudance
qu’à malice. Laquelle recognoissance, déclaration, confession, et
demande j’ay faict en présance des soubzsignés magistratz, pasteurs,
et autres parsonnes d’honneur, lesquelles soubzsigneront avec moy la
présante escripteure en tesmoignage de vérité. Faict à Nismes au 25^e
mars 1598. Robert de Vismes ay faict la susdicte déclaration. Calvière.
Des Vignolles présant d’Agulhonnet. Moynier, ministre dudict Nismes.
Rozel, I^{er} consul. [_Au bas de la page_:] «J’ay reçeu l’original du
susdict extraict, l’ay rendu à M. Paccius qui me l’avoit ballié. J.
Moynier.»



VI

 _Extrait des instructions du pasteur Daniel Chamier, député par
 l’assemblée de Chatellerault au synode national de Montpellier_[837].


Mais il est advenu au grand regret desd. sieurs depputez que plusieurs
particuliers, quelques esglizes, et mesmes des provinces entières ont
faict démonstration de n’approuver pas beaucoup lesd. procceddures,
reffuzans de se joindre en icelles, les unes en se contantans
simplement de s’en tenir loing et en regarder l’issue, les autres en
les blasmant et s’y opposant trop ouvertement, en quoy les ungs et les
aultres sont de tant plus à condemner qu’il n’ont daigné communicquer
leur advis à lad. assemblée, pour la rendre cappable des raisonz qu’ilz
pensoyent avoir, ou se laisser eux mesmes instruire pour ramener par ce
moyen les choses à un mutuel contentement.

Que ceux avec lesquelz on a eu affaire, gens qui tiennent la relligion
pour hérésie, et par conséquent en désirent l’abolition et la ruyne
de ceux qui en font profession, ont sceu très bien faire leur profit
de ces semences de division, selon qu’ilz ont tousjours accoustumé
de mesurer la condition des esglizes non pas à l’équité et justice,
laquelle ilz ne peuvent ou veullent comprendre, mais l’estat des
affaires, pour monstrer et cacher leur mauvaise vollonté sellon qu’ilz
le[s] voyent ou fortes ou foibles pour empescher leurs desseins; comme
de faict, lors de l’assanblée de Mantes, que ceux de la Ligue n’avoyent
point encores parlé de traicter avec Sa Majesté, dont les affaires
sembloyent par conséquent réduictz en assez mauvais estat, on ne
fist point de difficulté de dire qu’on trouvoit les demandes justes,
seullement qu’il falloit patienter et en attendre l’establissement de
sad. Majesté qui luy donneroit moyen de nous faire tous jouyr de ce
qui nous estoit deu. Mais depuis, tant plus il a pleu à Dieu de faire
prospérer les affaires de sad. Majesté, plus on a non seullement faict
naistre d’impossibilitez, mais aussy faict demonstration de trouver de
l’injustice èsd. demandes.

Surtout quand à l’infidellité ou imprudence d’aucuns qui se disoyent
estre membres de tout ce corps, on a descouvert l’intention desd.
esglizes et par conséquent de l’assemblée généralle n’estre point de se
prévaloir des confusions de l’édict, moings encores de les augmenter
par les résolutions viollentes, ains seullement de finir par une bonne
paix, qu’on a aussy veu que cette union dont l’apprehension les avoit
esmeus n’estoit pas telle qu’on ne peust y faire brêche, on a [non]
seullement reffuzé ce qui n’estoit point accordé encores, mais aussy
remis en dispute plusieurs choses qui avoyent esté accordées, et en a
on retranché des articles qui ne sont pas de peu d’importance.

Qu’entre ceux qui se sont le plus mal portez en lad. union, lad.
assemblée ne peult, à son très grand regret, qu’elle ne se plaigne
nommément de la province du Bas Languedoc, laquelle, adjoustant plus
de foy aux adviz donnez tantost de la part de quelques particuliers
que, estans à la cour, y voulloyent faire leurs affaires aux despens
du général, tantost de ceux mesmes qui sont tous, ouvertement et par
leur profession, contraires au bien et advancement des esglizes, que
non pas aux déclarations et protestations qui luy ont à diverses fois
esté faictes de par l’assemblée en corps et par les depputez mesme que
lad. province avoit en icelle, s’est persuadée et a voullu persuader
aux aultres qu’il ne tenoit qu’à ceux qui estoyent en lad. assemblée
que la paix ne fust à pièce faicte et que leurs intentions estoyent de
rejecter le royaume ès misérables confusions de la guerre civille,
jusques à ce laisser marquer le jour assigné pour la prise des armes.

Ausquelz oppositions elle s’est laissée transporter sy avant que, comme
l’angoice en laquelle se trouvoit lad. assemblée pour veoyr une telle
province, sy considérable, et qui par le passé avoit sy heureusement
servy en cette cause, prendre un chemin sy préjudiciable non seullement
à tout le corps, mais aussy à son particulier, eust faict prendre
résolution d’y depescher le sieur de Saint-Germain, personnage des
plus qualiffiez et pour sa maison et pour sa suffizance, affin de
reschercher les remèdes aux confusions qu’estoyent dans icelles d’un
commun advis avec le consel qui y estoit estably et obligé à cela
par son debvoir, on le traicta sy indignement, au grand mesprix de
lad. assemblée généralle, qu’on ne luy voullust permettre d’assister
au consel; on ne voullust poinct aussy convocquer l’assemblée de
la province suivant la charge qu’il avoit de la requérir, et les
particuliers mesmes s’estrangèrent de luy, sans luy rendre les debvoirs
ausquelz l’honnesteté civille doibt porter un chascun, en quoy on se
plainct particullièrement des rudesses de Messieurs les Consulz et
Cappitaines de la ville de Montpellier.

Que les choses survenues en la ville d’Aiguesmortes donné[e] de long
temps pour seureté, estant importante, laquelle on a par ce moyen mise
au grand hazard, ne peuvent qu’elles ne soyent trouvées très estranges
et par lesd. sieurs depputez en l’assemblée généralle, et par tous ceux
qui peuvent voire clair aux affaires, car ce ne peult estre sans un
très grand scandal qu’on ayt veu ceux qui faisoyent profession d’une
mesme religion s’acharner les ungs contre les autres, et ne pouvoir
ordonner qu’un contentement à ceux qui ne désirent pas mieux, après
s’estre veu eux mesmes trop foibles pour achever la ruyne des esglises,
que de les voire se déchirer elles mesmes. Que, l’union généralle ne
pouvant consister qu’en l’ayde et support mutuelle que se donneroyent
les particuliers les ungs aux autres, il est aysé à voire quelle
préjudice ont faict à leur conscience et debvoir ceux qui, après avoir
signé et juré lad. union, ont entreprins telz excès sans l’advis et
consentement des esglizes dont on avoit promis de voulloir deppendre.



VII

 _1600, mars.—Extrait d’un «rolle des pasteurs servantz actuellement
 ez eglises du Bas Languedoc», dressé au synode provincial d’Uzès_[838].


COLLOQUE DE NISMES

  Nismes,        MM. Chambrun, Moinier, M. Ferrier et Suffren.
  Galargues,         Claveroles.
  Aubais,            de Marisy.
  Clarensac,         Tufan le père.
  Aimargues,         Fillon.
  Calvisson,         Renvoy.
  Nages,             Terond[839].
  Vergèses,          Bolet.
  Vauverd,           Jannin.
  Massilhargues,     Justamond[840].
  Aiguesmortes,      Bansillon.
  Sommières,         Chauve.
  Saint-Giles,       Sufren.
  Bernis,            Vuatelier.
  Uchau,             Venturin.
  Saint-Laurent,     Tufan le fils.
  Vilevielle,        Rufy.



VIII

 _1600, 23 août.—Conditions proposées au pasteur Gigord par l’église
 de Nîmes afin de l’obtenir comme ministre_[841].


Sur le traicté que l’esglise est avec M. Gigord de l’avoir pour
pasteur et lecteur en théologie en ceste ville, a esté exibé par M.
Cheyron les articles de la convention et pactes entre les parties,
et, iceulx leuz en l’assemblée et les voix recullies, a esté conclud,
suyvant la precedente desliberation du 10^e de ce moys, que M. Cheyron
s’acheminera a Montpellier pour traiter avec led. sieur Gigord et fere
ouverture des moyens pour le recouvrer. Et chargé de le raporter au
concistoyre sur les articles, desquels la teneur s’ensuyt:

Premierement, on esté presentées et accordées au sieur Gigord les
professions tant du menistère que de téologie.

Item a esté accordé aud. sieur pour les dicteux [_sic_] professions la
somme de quatre cens escus chesque an.

Item a esté accordé aussy que la susd. somme de quatre cens escus sera
payée et deslivrée aud. sieur à quartiers avancés et chesque année.

Item a esté aussy accordé et se chargent lesd. sieurs susnommés de
payer à M. Gigord lad. somme de quatre cens escus, encores que lesd.
sieurs susnommés ne jouyssent de six cens escus, lesquels, suyvant le
don du roy, fait aux ministres et menistère des esglizes réformées de
France, de la somme de cinquante mille escus et par distribution faicte
au synode national, ont esté ottroyés à l’église de Nismes pour y
dresser une académie en théologie.

Item a esté accordé qu’il sera dressé ung auditoyre propre et
convenable pour la profession de théologie.

Item se chargent lesd. sieurs du consistoyre de feire changer les
meubles dud. sieur Gigord à leurs despens.



IX

 _1601, 28 fév.—Confrontation en consistoire d’Anthoine Bonnet et de
 Marguerite Brueisse, accusés de «paillardise»_[842].


Enquise lad. Brueisse par l’organe dud. M^{re} Bonnet de dire la vérité
selon Dieu et sa conscience: sy jamais il l’a subornée et induict à
mal, ains, au contraire, s’il ne luy a faict plusieurs admonitions
d’estre sage et n’estre point esgarée comme elle estoit.

Laquelle a dict que, selon Dieu et sa conscience, elle disoit la vérité
d’avoyr esté cogneue charnellement et randue ensaincte par led. sieur
Bonnet.

Enquise par led. Bonnet en quel lieu il l’avoyt cogneue la première
fois et particulariser par le menu les artifices dont il uza.....

A dict que ce feust au mois d’avril, après son retour de Castres, ung
jour qu’elle metoit du fumier à la murtie du jardin dud. Bonnet, de son
commandement elle monta au grenier du devant, et illec led. Bonnet la
tumba sur ung monceau de segle où par force il la cogneust, luy metant
ung mochoir à la bouche pour l’empêcher de crier, et lhors il luy donna
trois escutz en doutzains, et luy faisoit de grandes promesses.

A requis led. Bonnet qu’elle déclaire s’il l’a jamais cogneue en autre
part.

A dict qu’il l’a cogneue aud. jardin, à sa crote des Arènes, et à
Rodilhan, non alheurs.

Led. Bonnet luy a remonstré n’estre vraysemblable qu’il la peult
forcer sur ung molon de segle, attandu que cela est glissant.

A dict que ce feust tout joignant lad. segle.

A requis aussi led. Bonnet qu’elle die la vérité, s’il l’a jamais
cogneue dans sa maison.

A dict que non.

Luy a remonstré que la commodité eust esté plus propre en sa maison
qu’alheurs, mesmes durant huict ou neuf jours que sa femme demeura
à Uzès allant visiter sa filhe, et que led. Bonnet et lad. Brueisse
couchoient en mesme chambre ung lit proche de l’autre.

A dict qu’il n’avoit loisir de l’ataquer à la maison car sa filhe y
estoit; d’alheurs sa femme n’est poinct allée à Uzès despuis ce temps
là.

Enquise par icelluy Bonnet de dire la vérité, s’il ne luy a paié ses
gages....., et si oultre cela il luy a donné autre chose pour l’induire
à mal.

A accordé avoir esté paié de ses gages, et oultre ce avoir receu de luy
trois escutz dix solz comme elle a dict cy dessus, et encores une autre
fois quatre escutz en or qu’il luy donna après avoir esté recogneue
ensaincte, et lhors qu’il la fist aller à Saint-Gilles chez ung oncle
de lad. Brueysse, et les luy bailha dans sa maison.

Led. Bonnet luy a dict qu’elle sçait bien la conversation et
familiarité qu’elle avoit avec... [_sic_] cordonier, lequel luy donna
ung aneau, et que c’est de ses euvres qu’elle a faict l’enfent, comme
elle a déclairé en sa première responce, à laquelle elle persévèreroit
si elle n’estoit constraincte par son frère.

A nyé la conversation et d’avoyr receu l’aneau et persévère que
l’enfent est dud. Bonnet. Dict aussi que led. Bonnet sçait bien que par
promesse ou menasse l’avoit induicte à donner l’enfent aud., contre
la vérité et sa conscience, l’ayant à ces fins faicte aller chez son
beau-filz.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Led. Bonnet a requis que lad. Brueisse dise la vérité: où elle feust
cogneue la première fois et combien il a de tenps.

Lad. Brueisse a dict ainsi: «Voulés qu’iou vous ou digue? fouguet à
Roudilhan, a ung an per lou mens.»

Led. Bonnet a dict que par les contrariétés de lad. Brueisse, la
companie peult juger en quelle conscience elle parle. Aussi est elle
une putain, ainsi que sera attesté par le tesmoignage de M^e Passebois,
de Seynes, Percet, et Chalas le jeune qu’il requiert estre ouys....

Ce faict, après que led. Bonnet a desnyé avoir jamais cogneu
charnellement lad. Brueisse, non pas mesmes l’avoyr baisée à la bouche,
sont sortis du concistoire.

Et délibération prinse, Conclud que mecredy prochain, convoqué l’antien
concistoire, sera procédé au jugement de cest affere, et sera signifié
par M^r Gueissac aud. Bonnet de porter ses pièces justificatives si bon
luy semble.



                             BIBLIOGRAPHIE


 ANQUEZ (Léonce).—_Histoire des assemblées politiques des réformés de
 France_ (Paris, 1859, in-8).

 ARNAUD (E.).—_Documents protestants inédits du XVI^e siècle; synode
 général de Poitiers, 1557; synodes provinciaux de Lyon, Die, Peyraud,
 Montélimar et Nîmes en 1561 et 1562; assemblée des états du Dauphiné
 en 1563; etc._ (Paris, 1872, in-8).

 ARNAUD (E.).—_Notice sur les controverses religieuses en Dauphiné
 pendant la période de l’édit de Nantes_ (Grenoble, 1872, in-8).

 AUBAIS (M^{is} d’) et MÉNARD (Léon).—_Pièces fugitives pour servir
 à l’histoire de France_ (1546-1653) (Paris, 1759, 2 tomes en 3 vol.
 in-4).

 AYMON.—_Tous les synodes nationaux des églises réformées de
 France..._ (La Haye, 1710, 2 vol. in-4).

 BENOIST (Élie).—_Histoire de l’édit de Nantes_ (Delft, 1693, 5 vol.
 in-4).

 BORREL.—_Histoire de l’église réformée de Nîmes_, 2^e éd. (Toulouse,
 1856, in-12).

 CHAMIER (Daniel).—_Considérations sur les Advertissements de A.
 Porsan_ (S. l., 1600, in-8).

 CHAMIER (Daniel).—_Les actes de la conférence tenue à Nismes entre
 Daniel Chamier .... et Pierre Coton ...., publiez maintenant par
 led. Chamier pour faire voir les faussetés de ceux que Coton a fait
 imprimer .... sous le nom de P. Demezat .._ (Genève, 1601, in-8).

 CHAMIER (Daniel).—Voy. Read (Ch.), _Daniel Chamier ...._

 _Considérations d’état sur les mémoires envoyés par les consuls de
 Nismes aux députés généraux des églises prétendues réformées de France
 .... à la justification des calomnies faussement imposées au sieur
 Ferrier ci-devant ministre and. Nismes_ .... (S. l., 1613, in-4).

 COTON (Le P. Pierre).—_Apologétique par Pierre Coton, Forésien, de la
 Compagnie de Jésus_ (Avignon, 1600, in-18).

 CRÉTINEAU-JOLY.—_Histoire religieuse, politique et littéraire de la
 Compagnie de Jésus_ (Paris, 1851, 6 vol. in-8).

 DANNREUTHER (H.).—_Quelques jugements sur l’édit de Nantes_; voy.
 _Troisième centenaire de l’édit de Nantes..._

 DARDIER (Le pasteur Ch.).—_La Discipline dans l’ancienne église
 réformée de Nîmes_; voy. _Étrennes chrétiennes de Genève._

 DEMEZAT [Le P. Coton].—_Actes de la conférence tenue à Nismes entre
 le R. P. Pierre Coton.... et M. Chamier...., commencée le 26 septembre
 1600 et interrompue le 3 octobre dud. an, sur certains passages citez
 par led. Pierre Coton en son livre de la Messe et impugnez de faux par
 led. Chamier ..._ (Lyon, 1601, in-8).

 DEVIC (Dom).—Voy. Vaissète, _Histoire générale de Languedoc_.

 _Discipline (La) des églises réformées de France ou l’ordre par lequel
 elles sont conduites et gouvernées_, nouv. éd. (Saumur, 1657, in-4).

 _Discours envoyé à Mgr l’illustrissime cardinal de Sourdis...,
 contenant succinctement et au vray le narré de la conférence commencée
 à Nismes dans la maison du Roy...... entre le R. P. Coton... et M.
 Chamier..._ (Avignon, 1600, in-8).

 DUPLESSIS-MORNAY (M^{me}).—_Mémoires_, éd. par M^{me} de Witt, née
 Guizot (Paris, 1849, 2 vol. in-8; _Soc. de l’hist. de France_).

 _Émotion arrivée en la ville de Nîmes en Languedoc le 15^e de juillet
 de l’an 1613, envoyée par les sieurs consuls dud. Nîmes aux sieurs
 députés généraux des églises réformées de France résidents près Leurs
 Majestés, avec l’excommunication de M. Jérémie Ferrier telle qu’elle
 a été prononcée en l’église de Nîmes le dimanche 14 de juillet 1613_
 (S. l., 1613, in-8).

 _Étrennes chrétiennes de Genève_; 9^e année; 1882 (Genève et Paris,
 1882, in-16).

 FAURIN.—_Journal des guerres de Castres_ (1597-1601); voy. d’Aubais
 et Ménard, _Pièces fugitives..._

 FELICE (G. de).—_Histoire des synodes nationaux des églises réformées
 de France_ (Paris, 1864, in-12).

 FELICE (Paul de).—_Comment l’édit de Nantes fut observé_; voy.
 _Troisième centenaire de l’édit de Nantes._

 FELICE (Paul de).—_Les protestants d’autrefois; vie intérieure des
 églises; mœurs et usages_ (Paris, in-16; 1^{re} série, 2^e éd., 1897;
 2^e série, 1898; 3^e série, 1899).

 _France (La) protestante..._ Voy. Haag (Eug. et Em.).

 FROSSARD (Ch.-Louis).—_Recueil de règlements extraits des actes des
 synodes provinciaux tenus dans la province du Bas-Languedoc de 1568 à
 1623_ (Paris, 1885, in-8).

 FROSSARD (Ch.-Louis).—_Étude historique et bibliographique sur la
 Discipline des églises réformées_ (Paris, 1887, in-8).

 FROUMENTEAU (Nicolas).—_Le secret des finances de la France
 descouvert et réparti en trois livres_ (Paris, 1581, in-8).

 GERMAIN (M.-A.).—_Histoire de l’église de Nîmes_ (Paris et Nîmes, s.
 d., 2 vol. in-8).

 HAAG (Eug. et Émile).—_La France protestante..._ (Paris, 1846-1852,
 10 vol. in-8); 2^e éd. publ. sous la direction de Henri Bordier
 (Paris, en cours de publication, in-8).

 HANOTAUX (Gabriel).—_Études sur le XVI^e et le XVII^e siècles_
 (Paris, 1886, in-12).

 HUISSEAU (d’).—Voy. _Discipline (La)..._

 LAFAILLE (G.).—_Annales de Toulouse....., avec l’abrégé de l’ancienne
 histoire de cette ville_ (Toulouse, 1687-1701, 2 vol. in-f^o).

 L’ESTOILE (Pierre de).—_Mémoires-journaux_, publiés... par G.
 Brunet, A. Champollion, E. Halphen, Paul Lacroix, Ch. Read et Tamizey
 de Laroque (Paris, 1875-1896, 12 vol. in-8).

 MAZON (A.).—_Notice sur Le Cheylard_ (Annonay, 1894, pet. in-8).

 MÉNARD (Léon).—_Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la
 ville de Nismes_ (Paris, 1750-1758, 7 vol. in-4).

 MÉNARD (Léon).—_Histoire des évêques de Nismes_ (Paris, 1737, 2 vol.
 in-12).

 MÉNARD (Léon).—Voy. Aubais (M^{is} d’) et Ménard (Léon), _Pièces
 fugitives..._

 NICOLET (G.-E.).—_L’école primaire protestante en France jusqu’à
 1789_ (Auxerre, 1891, in-8).

 PALMA CAYET.—_Chronologie septennaire_ (_Collection Buchon_, t. XVI).

 PERRENS (F.-T.).—_L’église et l’état en France sous le règne de Henri
 IV et la régence de Marie de Médicis_ (Paris, 1872, 2 vol. in-8).

 PRAT (Le P.).—_Recherches historiques sur la Compagnie de Jésus en
 France du temps du P. Coton_ (Paris, 1875-1878, 5 vol. in-8).

 _Procès (Le) de la ville de Nismes, fait et formé tant sur les
 mémoires envoyés par l’assemblée des trois villes de Montpellier,
 Nismes et Usez aux députés généraux de leurs Églises que sur toutes
 les séditions advenues aud. Nismes depuis le quinzième juillet
 jusqu’au mois de novembre 1613..._ (Chantely, 1613, in-8).

 PUECH (Le D^r Albert).—_Un évêque de Nîmes au commencement du XVII^e
 siècle: Pierre de Valernod_ (1561-1625) (Nîmes, 1887, in-8).

 PUECH (Le D^r Albert).—_Un Nîmois oublié: le pamphlétaire Guillaume
 de Reboul_ (1564-1611) (Nîmes, 1889, in-8).

 PUECH (Le D^r Albert).—_Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin
 du XVI^e siècle, d’après le compois de 1592 et des documents inédits_
 (Nîmes, 1884, in-8).

 READ (Charles).—_Daniel Chamier; journal de son voyage à la cour
 d’Henri IV, en 1607_ (Paris, 1858, in-8).

 READ (Charles).—_Henri IV et le ministre Daniel Chamier, d’après un
 journal inédit du voyage de ce dernier à la cour en 1607..._ (Paris,
 1854, in-8).

 REVILLOUT (Charles).—_Le jurisconsulte Julius Pacius de Beriga avant
 son établissement à Montpellier_ (1550-1602) (Montpellier, 1882, 30
 pp. gr. in-4).

 ROVERIUS.—_De vita P. Petri Cotoni libri tres..._ (Lyon, 1660, in-8).

 SOUBEIRAN (N.).—_Essai historique; l’église réformée de Saint-Laurent
 d’Aigouze_ (Nîmes, 1888, 40 pp. in-8).

 SULLY.—_Oeconomies royales_ (_Coll. Michaud et Poujoulat_, 2^e série,
 t. II-III).

 THOU (J.-A. de).—_Historiarum sui temporis libri CXXXVIII_, trad.
 franç. par Desfontaines, Lebeau, Le Mascrier, Adam et Leduc (Paris,
 1734, 16 vol. in-4).

 _Troisième (Le) centenaire de l’édit de Nantes en Amérique et en
 France_ (Paris, 1899, in-8).

 VAISSETE et DEVIC (D.-D.).—_Histoire générale de Languedoc_, nouv.
 éd. (Toulouse, 1872-1892, 15 vol. in-4).

 WEISS (N.).—_Difficultés et obstacles que rencontra l’édit de
 Nantes_; voy. _Troisième centenaire de l’édit de Nantes_.



                         TABLE DES NOMS CITÉS

(Les noms des personnes sont en petites capitales, les noms des lieux
en italiques.)


  AGULHONET, pp. 63 notes, 65 n. 3, 115 n. 4, 191, 192, 193, 207, 208.

  AGULHONET (Jacques d’), p. 33.

  _Aigues-Mortes_, pp. 130, 137 n. 2, 204, 211, 212.

  AIGUILLIONET. Voy. AGULHONET.

  _Aimargues_, pp. 6, 10, 65, 95, 107, 110, 145, 153, 212.

  _Alais_, pp. 6, 13, 15, 16, 75, 91, 112, 138, 171, 173 n. 6, 174-80.

  ALBENAS (D’), pp. 63 n. 8, 82, 84 n. 5, 103 n. 2.

  ALPHONSE, pasteur, pp. 6, 24 n. 3.

  ANDRÉ (Jehan), dit Radel, pp. 34, 55 n. 5, 193 et n. 2.

  _Anduze_, pp. 5 n. 3, 6, 11, 19 n. 4, 24 n. 3, 65, 135, 172, 176, 207.

  ANTOINE, p. 87.

  ARIFFON, p. 89.

  ARNASSANE, p. 61.

  ARNAUD (Daniel), seigneur de la Cassagne, pp. 33, 192, 193, 194.

  ARSEGNELLE (Loyse), p. 62.

  ASTRUC (Jean), dit Barbut, pp. 61, 62, 113.

  _Aubais_, pp. 8 n. 3, 67 n. 8, 212.

  AUBAIS (M^{me} d’), pp. 22, 63.

  _Aubenas_, p. 205.

  AUDIBALLE (Estienne), p. 60.

  AUDIFFRET, p. 13.

  AUGIER, p. 61.

  _Aujargues_, p. 67 n. 1, 74 n. 5.

  _Aumessas_, p. 173 n. 6.

  _Avèze_, p. 6.

  _Avignon_, pp. 98, 147, 149, 151.

  AYMIN (Annibal d’), p. 142.


  BABOYS, p. 87.

  BAGARD, p. 95-6.

  BAILLE (Esaye), pasteur, pp. 6, 11, 135, 172, 176, 207, 208.

  _Bâle_, pp. 15 n. 2, 172.

  BANSILLON, pasteur, pp. 67 n. 1, 74 n. 5, 137 n. 2, 212.

  BARONIUS (Le cardinal), p. 154 n. 2.

  BARRIÈRE, p. 96 n. 4.

  BAUDOUIN (Jehan), p. 194.

  BAUDOUIN (Louis), pp. 34, 194.

  _Beauvoisin_, pp. 83, 110 n. 3.

  _Bernis_, p. 212.

  BERRIER (Bedon), p. 113.

  BERTHIER, syndic du clergé, p. 129.

  BERTICHÈRES (Le sieur de), p. 204.

  BERTRAND, pasteur, pp. 12 n. 2, 135 n. 2.

  BESSONNET (M^{lle} de), p. 100 n. 2.

  BÈZE (Théodore de), pp. 36, 208.

  BILLANGES (Le capitaine), p. 95.

  BLACHIÈRE (Jehan), proposant, p. 18.

  BLANC (Jacques), p. 194.

  BLAUSAC (Le capitaine), p. 84.

  BLISSON (Claude), pp. 10, 33, 65 n. 3, 194.

  _Boissière_, p. 14.

  BOLET (Isaac), pasteur, pp. 207, 208, 212.

  BOLLANGES, p. 61.

  BON, pp. 94, 146.

  BONHOMME (Cathelin), p. 62.

  BONHOMME (Jacques), pp. 33, 191.

  BONNAIL, p. 90 n. 5.

  BONNET (Antoine), pp. 86, 214-16.

  BOSCHIER (Jean), pp. 34, 85 n. 2, 116 n. 1, 191.

  BOSCHIER (Le capitaine), p. 207.

  BOSQUIER, pp. 33, 108, 191, 192, 193.

  BOSQUIER LE VIEUX, p. 193.

  _Boubaux_, pp. 22, 24.

  BOURCAS, p. 61.

  BOURGES, p. 194.

  BOURGES (Jean), p. 34.

  BOURGUET, pp. 34, 192, 194.

  BOURNET, p. 82.

  BOUTARDE, p. 61.

  _Brenoux_, pp. 14, 22.

  BROQUIÈRE, p. 85.

  BRUEISSE (Marguerite), pp. 86, 214-16.

  BRUGUIER (Marcelin), notaire, p. 54 n. 6.

  BRUNIER, pasteur, pp. 7, 11, 155, 156, 206.

  BUNYE, p. 61.

  BURDEUS, p. 154.


  CAILLE, pasteur, pp. 135 n. 4, 172, 178.

  CALIGNON, p. 185.

  CALVIÈRE (Daniel de), pp. 45, 55 n. 2, 63 n. 8, 90 n. 5, 92 n. 4, 96
        n. 4, 114, 115 n. 4, 117, 140, 143, 194, 197, 207, 208.

  CALVIÈRE (M^{lle} de), pp. 63, 94.

  CALVIÈRE (Guillaume de). Voy. SAINT-CÉZAIRE DE GAUZIGNAN, (Guillaume
        de Calvière, sgr. de).

  CALVIN, pp. 96, 147.

  _Calvisson_, pp. 65, 124, 212.

  CAMILHE, p. 208.

  CANONGE, p. 61.

  CAPPON (Jean ou Philippe), pp. 8, 34, 53 n. 1.

  CASTELNOU, pp. 117, 194.

  _Castres_, pp. 102, 138 n. 1, 152, 214.

  CHABAUT, p. 9.

  CHALAS, avocat, pp. 45 n. 1, 65 n. 3, 68, 140, 142, 178, 216.

  CHAMBAULD, p. 205.

  CHAMBRUN (Pineton de), pasteur, pp. 9 n. 3, 20, 38 n. 2, 66, 72,
         77 n. 5, 106 n. 2, 114, 117, 135 n. 2, 171, 173, 175 n. 2,
         177, 191, 207, 212.

  CHAMBRUN (M{^lle} de), p. 12 n. 1.

  CHAMIER (Daniel), pasteur, pp. 130 n. 1, 141-5, 146 n. 1, 155, 177,
         179 et n. 2, 209.

  CHASTEAUNEUF (Le sieur de), pp. 61, 191.

  CHATILLON, p. 84.

  CHAUVE, pasteur, p. 212.

  CHEYRON (Guidon), pp. 31 n. 1, 33, 52 n. 3, 71 n. 3, 106 n. 2,
        139 n. 1, 140, 178, 191, 192, 193, 194, 213.

  _Clarensac_, p. 212.

  CLAVEROLES, pasteur, p. 212.

  CLOCHE (Marguerite), p. 62.

  CLOZONE (Le sieur de), p. 195.

  _Codognan_, pp. 29, 30, 31.

  COMBES (Claude de), pp. 34, 194, 195.

  COMBES (Jean), p. 88.

  _Congeniès_, pp. 8 n. 3, 54, 55, 67 n. 2.

  CORBIÈRE, p. 206.

  CORNIARET (Jean), p. 54 n. 4.

  CORTOIS (Étienne), p. 123 n. 3.

  COTON (Le P. Pierre), jésuite, pp. 75, 83, 138-49, 175.

  COTTELIER, p. 95.

  COTTON, p. 107 n. 1.

  COUET, pasteur, pp. 15 n. 2, 172.

  CREGUDE (Suzanne), pp. 197-201.

  CROZET (Jacques ou Antoine), pp. 34, 194.

  CUSSY (Claude de), p. 62.


  DAGULHONET. Voy. AGULHONET.

  DAIRON. Voy. DEYRON.

  DALBIAC, pp. 53 n. 4, 58.

  DARBOUSES, p. 55 n. 2.

  DAVIN (Anthoine), pp. 33, 45 n. 1, 194.

  DELEUSE (Claude), p. 60.

  DEMEZAT (Le P.), pp. 141 n. 1, 144.

  DES MARTINS, p. 145 n. 1.

  DESSAC (Jehan de), proposant, p. 10 n. 5.

  DES VIGNOLLES, p. 208.

  DEYRON (Jacques), pp. 33, 194.

  DOSTALY, pp. 34, 193.

  DRULHON (Arnaud), p. 192.

  DUGRAS, p. 114.

  DUMAS (Pierre), pp. 33, 193, 194.

  DUMAS (Jehan), p. 97.

  DUMOLIN, pp. 52 n. 4, 63 n. 5, 191, 207.

  DU PLESSIS-MORNAY (M^{me}) pp. 87 n. 2, 183 n. 1.

  DUPRIX (Antoine), pp. 33, 108, 109, 191.

  DUTOUR (Suzanne), p. 172 n. 2.

  DU VIEULX, p. 66.

  DU VIEULX (Antoine), pp. 33, 194.

  DU VIEULX (Rostang), pp. 68, 192, 193, 194.


  ENARD (Denys), pp. 59, 60.


  FALCON, FAUCON, p. 33, 191.

  FALGUEROLLES (Claude de), pasteur, p. 9.

  FALGUEROLLES (Jean de), pasteur, pp. 7, 8 n. 3, 9 n. 2 et 4, 12 n. 1,
        17 n. 2, 20, 45 n. 6, 59 n. 2, 66, 68, 72, 74, 77, 86-7, 90,
        102 n. 7, 135 n. 2, 136, 146 n. 1, 169, 171, 172 notes, 191.

  FAREL (Adam), pp. 52 n. 4, 84 n. 5, 95, 193.

  FAUCHIER, p. 194.

  FAVIER (Pierre de Vestric, sgr. de), pp. 8, 33.

  FAVIER (M^{me} de), pp. 94, 98-9, 102, 149-50.

  FAZANDIER, p. 95.

  FÉLIX, proposant, p. 17 n. 3.

  FERRIER (Jérémie), pasteur, pp. 6, 10, 13, 15, 16, 38 n. 2, 75, 91,
        98, 137, 138-40, 167 n. 2, 173-80, 212.

  FERRIOL (Le capitaine), p. 117.

  FILLON, pasteur, pp. 6, 10, 212.

  FOËTON (Jacques), p. 94.

  FOLCHIER, p. 192.

  _Follembray_ (Édit de), p. 119.

  FONS (Baron de), p. 206.

  FONTFROIDE (Bauzile), pp. 34, 52 n. 1 et 4, 65, 90, 191.

  FOSSEUSE, p. 117.

  FOUCARD (Claude), p. 194.

  FOURNIER (Balthezart), pp. 34, 52 n. 4, 191.

  FOURNIER (Jehan), p. 96.

  FRANÇOIS (Charles), p. 59 n. 3.

  FRESNE-CANAYE (Le président de), pp. 138, 144.


  GAISSAC (Jehan), pp. 33, 194.

  _Galargues_, pp. 124, 212.

  GANSY (Daniel), p. 85.

  GANTELME, proposant, p. 16 n. 2.

  GASAIS, pp. 197-201.

  GASPARD, p. 62.

  GASQUES (Christofle de Barjac de), pasteur, pp. 6, 9 n. 7, 135.

  GAUBIN (Arnaud), p. 54.

  GAULTIER (Le capitaine), p. 204.

  _Genève_, pp. 17, 20, 21, 22, 23, 72, 117, 126, 136 n. 2, 149, 172,
                 208.

  _Gignac_, pp. 26, 87.

  GIGORD (Jean), pasteur, pp. 5, 7, 13, 17 n. 2, 135, 167 n. 2, 169, 178
        et n. 4, 179, 213.

  GINAC (Jehan), proposant, p. 18.

  GIRARDIN (Estienne), pp. 197, 199.

  GONSETTE, p. 85 n. 2.

  GOULARD, pasteur, pp. 15, 172.

  GOURDOUSE, p. 198.

  GRANIER (Paul), pp. 193, 194.

  GRAS (Le capitaine), p. 85.

  GRÉGOIRE (Georges), p. 34, 191.

  _Grenoble_, p. 57

  GRIL (Jean), pp. 34, 47 n. 4, 76 n. 2, 192, 193, 194.

  GUEISSAC, p. 216.

  GUEYSSAC (M^{lle} de), p. 101 n. 4.

  GUÉRIN (Arnaud), p. 194.

  GUILIEN (Mathieu), p. 59.

  GUIRAN (André), proposant, p. 86.

  GUIRAUD, p. 61.

  GUIRAUD (David), pp. 34, 194, 195.

  GUIRAUD (Guillaume), pp. 39, 40, 191.

  GUIRAUDON (Anthoine), pp. 193-194.

  _Guyenne_, p. 129.


  _Heidelberg_, pp. 17, 20.

  HENRI IV, pp. VIII-IX, 4, 147, 181-9.

  HON (François), p. 59.

  HURET (Grégoire), p. 151 n. 4.


  JANIN, pp. 52 n. 3 et 4, 54 n. 2, 212.

  JANNY (Claude), pasteur, p. 14.

  JANON, p. 61.

  JANOTADE, p. 207.

  JAQUY (Sébastien), p. 135 n. 4.

  JAUDIN (Jean), p. 95.

  JHANIN (Le capitaine), p. 192.

  JOLLY (Arnaud), p. 23.

  JONNY, p. 117.

  JULIEN, pasteur, p. 135 n. 4.

  _Junas_, pp. 8 n. 3, 29, 30, 67 n. 2.

  JUSTAMOND, p. 212 et n. 3.


  LA CASSAGNE. Voy. ARNAUD (Daniel), seigneur de la Cassagne.

  LA CROIX (M^{lle} de), p. 63.

  LA FARELLE, pp. 85, 92 n. 4, 99.

  LA FAYE, pasteur, pp. 101 n. 2, 115, 135.

  LA MARTINOLE, p. 91.

  _La Melouze_, p. 22.

  _Langlade_, p. 14.

  LANGLADE, pp. 192, 193.

  LANSARD (Pierre), pp. 33, 94, 193, 194.

  _La Rochelle_, p. IX.

  LA ROUVIÈRE (M^{lle} de), p. 63.

  _La Salle_, pp. 29, 31, 35 n. 2 et 3, 41, 107, 110.

  LAURANT, pasteur, p. 11 n. 5.

  LAURENS (Daniel), pp. 106 n. 2, 193, 194.

  _Laval_, p. 22.

  LEBLANC (Jacques), p. 119 n. 2.

  LEONARDE, p. 61.

  _Léran_ (Château de), p. 151 n. 4.

  LESDIGUIÈRES (Le duc de), p. 147 n. 4.

  _Le Vigan_, pp. 6, 39, 41, 107, 135, 136 n. 2.

  LHERMITTE, p. 87.

  LOMBARD, p. 45 n. 1.

  LOMBARD (Jean), p. 85 n. 2.

  LUC (Françoise de), p. 82 n. 1.

  _Lyon_, p. 146 n. 1.


  MAJOL (Honorat), p. 153.

  MALAFOSSE (Jacques), pp. 54-5.

  MALESSAGUE (Jean), p. 84.

  MALMONT (Antoine de), p. 54.

  MALTRAIT, pp. 33, 100 n. 2, 192, 194, 207.

  _Mantes_, pp. 155, 209.

  MANUEL (Daniel), pp. 34, 106 n. 2, 192, 193, 194.

  MARIAIGE (Simon), p. 97.

  MARISY, MARITY (Roland Mengin de), pasteur, p. 8, 180 n. 4, 212.

  MARTIN, p. 45 n. 1.

  MARTIN (Anthoine), p. 85.

  MARTIN (Vidal), pp. 33, 52 n. 4, 191, 192.

  MARTINE, p. 85.

  _Marvéjols_, pp. 77 n. 4, 177.

  _Massillargues_, pp. 14, 42 n. 4, 212.

  MASSOUVERAIN, pasteur, pp. 13, 212 n. 2.

  MAURE (Bernardine), p. 61.

  MAURICE (Paul), pasteur, pp. 14, 145 n. 6.

  MAURIÉ (Antoine), p. 107 n. 2.

  MAURIN, p. 61.

  MAZAUDIER, pp. 33, 45 n. 1, 53 n. 4, 191.

  MAZEL, p. 116.

  _Meirueys_, p. 20.

  MÉJANES (Robert de), pp. 192, 194.

  _Mende_, p. 117-8.

  MICHEL (Anthoine), dit Molezan, pp. 192, 193.

  MICHEL (La femme de Pierre), p. 58.

  _Milhaud_, p. 39.

  MOLEZAN. Voy. MICHEL (Antoine), dit Molezan.

  _Molières_, pp. 6, 108.

  MOLIN, p. 207.

  _Montauban_, pp. 87 n. 2, 149-50, 168.

  _Montdardier_, pp. 30, 35 n. 2 et 3, 40.

  _Montélimar_, pp. 141, 177.

  MONTELZ (Pierre de), p. 95.

  MONTLOY, p. 61.

  MONTMORENCY-DAMVILLE (Henri de), pp. XVIII, 82 n. 1, 151 n. 4.

  MONTMORENCY (Marguerite de), p. 151 n. 4.

  _Montpellier_, pp. 9 n. 7, 19 n. 4, 59 n. 3, 69, 103, 135, 136 n. 2,
        149, 151, 163, 166, 167 n. 2, 169, 178, 201, 206, 209, 211, 213.

  MOYNIER (Jean), pasteur, pp. 7, 8, 10, 13, 17 n. 2, 18, 35 n. 1, 38
        n. 2, 72, 77, 106 n. 2, 110, 116 n. 1, 135, 145, 146, 169,
        175-8, 191, 209, 212.

  MYRMAN, proposant, p. 148 n. 5.


  _Nages_, pp. 14, 146, 212.

  _Nantes_ (Edit de), pp. XV, 4, 19, 74 n. 1, 76-77, 108, 119-20, 131,
        153, 155-9, 160-70, 180-9.

  NICOLAS, p. 145.

  _Nîmes._ Voy. _Table des matières_.

  _Nîmes_ (Académie de), pp. 7, 17 n. 2, 81, 163, 166, 167 n. 2, 169,
        173 n. 6.

  _Nîmes_ (Colloque de). Voy. _Table des matières_.

  _Nîmes_ (Consistoire de). Voy. _Table des matières_.

  _Nîmes_ (Hôpital de), p. 63 et n. 8.

  NISSOLE, pasteur, p. 145.

  NIVOLAT (Jean), p. 153.

  NOGAREDE (Pierre), p. 195.

  NOGUIER, pp. 59, 97, 101, 115.

  NYSMES (David), p. 194.


  _Orange_, p. 135 n. 4.


  PACIUS (Julius), pp. 46, 47, 81, 88 n. 6, 89 n. 2, 126, 148 n. 5, 207,
        208, 209.

  PAGESE (Anne), p. 61.

  PALOT, receveur des églises, pp. 162 n. 2, 164, 165 notes, 166 n. 1,
        167 n. 3.

  PANSIET, p. 95.

  PARANT (La veuve de), pp. 60, 61.

  PASQUIER, pasteur, p. 5 n. 3.

  PASSELAR, p. 90.

  PATIEUX. Voy. PACIUS (Julius).

  _Pecais_ (Fort de), p. 204.

  PÉLADAN, p. 2.

  PERCET, p. 216.

  PILOTZ, p. 205.

  PONS (Jean), p. 10.

  PORREAU, p. 108.

  PORSAN, POURSAN (Le P. Antoine), jésuite, pp. 136 n. 2, 146 et n. 1.

  POUJOL (Claude). Voy. PUJOL (Claude).

  PRIVAT (Le capitaine), pp. 107, 191.

  PUJOL (Claude), pp. 34, 192, 193.


  RADEL. Voy. ANDRÉ (Jehan) dit Radel.

  RALLY, proposant, p. 90.

  REBOUL (Guillaume de), pp. 29 n. 4, 101, 135 n. 2, 136, 145, 154.

  RENVOY, pasteur, p. 212.

  REYNE (Catherine), p. 97.

  RHODES (Le P.), jésuite, pp. 75, 176.

  RICAUD, pasteur, p. 5 et n. 5.

  RICHELIEU (Le cardinal de), p. 173 n. 6.

  RIQUETTE (Marie), p. 97 n. 1.

  RIVIÈRE (Paul), pp. 197-201.

  ROCHEMORE (M^{me} de), p. 63.

  _Rodilhan_, pp. 214-16.

  ROLLAND (Jehan), p. 194.

  ROLLES, p. 205.

  ROSSEL, pasteur, pp. 26, 87.

  ROSSEL (Pierre), pp. 40 n. 7, 192.

  ROUSSE (Honnorade), p. 62.

  ROUVIÈRE, p. 95-6, 199.

  ROUX (Isaac), p. 65.

  ROZEL, p. 45 n. 1.

  ROZEL (Le lieutenant de), pp. 143, 145, 207, 209.

  ROZEL (M^{lle} de), p. 63.

  RUDAVEL, pasteur, p. 103.

  RUFY, p. 212.


  SABATIER (Anthoine), p. 34, 52 n. 1, 191.

  SAINT-CÉZAIRE DE GAUZIGNAN (Guillaume de Calvière, sgr. de), pp. 33,
        68, 73, 103, 106 n. 2, 193.

  SAINT-CÉZARY (De). Voy. Saint-Cézaire de Gauzignan (Guillaume de
        Calvière) sgr. de.

  _Saint-Denis_, p. 14.

  SAINT-ESTIENNE, p. 61, 89.

  SAINT-GERMAIN (Le sieur de), pp. 156-7, 202, 204, 205, 206, 211.

  _Saint-Germain de Calberte_, p. 135.

  _Saint-Gilles_, p. 120, 122-3, 148, 151, 212, 215.

  SAINT-HUICT (Jean), p. 60.

  _Saint-Jean de Gardonnenc_, p. 5 et n. 5.

  _Saint-Jean de Valeriscle_, p. 54.

  _Saint-Laurent_, p. 212.

  _Saint-Martin de Boubaux._ Voy. _Boubaux_.

  SAINT-TÉODORITE, p. 88.

  SAINT-VERAN, p. 65 n. 3.

  SALHENS (Vidal de), pp. 34, 194.

  SALVAY, pasteur, p. 146 n. 1.

  SALVETON (Laurens), pp. 33, 71, 194.

  SAROUILLE, p. 107 n. 1.

  SAUJETTE (Saurette), p. 62.

  _Sauve_, pp. 5 n. 4, 6 n. 2, 19 n. 4, 41 n. 6.

  SAVIN, p. 108.

  SCHOMBERG, pp. 185-6.

  SERRES (Olivier de), p. 135 n. 4.

  SEYNES, p. 216.

  SEZARDE, p. 61.

  SIGALON (Jacques), pp. 55 n. 5, 193, 194.

  SIXMARD, p. 84 n. 2.

  _Solorgues_, p. 14.

  _Sommières_, pp. 12, 124, 205, 212.

  SOURDIS (Le cardinal de) p. 142.

  SUFFREN (Barnabé), pasteur, p. 22.

  SUFFREN (Mardochée), pasteur, pp. 1, 18 n. 1, 22-23, 212.

  SURIAN (Jean), pp. 34, 194.

  SYMÉON (Barthélemy), p. 90.


  TAUSAN (Denis), p. 96 n. 4.

  TEL (Pierre), p. 91.

  TEMPESTE, pasteur, p. 11.

  TEROND, pasteur, père du suivant, p. 20.

  TEROND, THEROND (Jean), pasteur, pp. 14, 17 n. 3, 20-22, 23, 24, 172,
        176 n. 1, 178, 212 et n. 2.

  TOLOSANI, pasteur, p. 154.

  _Toulouse_ (Parlement de), pp. 37 n. 3, 122, 130, 150.

  TOURNIER, p. 191.

  _Tournon_, p. 150 n. 4.

  TOURREL, pp. 107 n. 2, 191.

  TUFAN, pasteur, pp. 18 n. 1, 23, 212.


  _Uchau_, p. 212.

  UNAL (Pierre), pp. 33, 193, 194.

  URSY (Michel), p. 194.

  _Uzès_, pp. 7, 9 n. 7, 19 n. 4, 136 n. 2, 212, 215.


  _Vabres_, p. 152.

  VABRESSE (Jehanne), p. 97 n. 1.

  VALERNOD (Jean de), p. 82 n. 1.

  VALERNOD (Pierre de), évêque de Nîmes, pp. 82, 103 n. 1, 143, 148.

  VALETE, p. 31.

  VALLAT (Guillaume), pp. 192, 193.

  VALLONNE, p. 61.

  VARLÈDE (Jehanne), p. 58.

  _Vauvert_, pp. 14, 212.

  VENTADOUR (Le duc de), pp. XVIII, 6 n. 6, 151 et n. 4, 167 n. 3.

  VENTURIN (Camille), p. 46 n. 1.

  VENTURIN (Daniel), pasteur, pp. 2, 6, 212.

  VENTURIN (Laurens), p. 208.

  _Vergèse_, pp. 207-212.

  VERQUIÈRE, p. 53 n. 4.

  VESTRIC. Voy. FAVIER (Pierre de Vestric, sgr. de).

  VEYRAS (Le capitaine), pp. 34, 52 n. 4, 192, 193, 207.

  _Vezenobre_, p. 103.

  VIC (Méry de), p. 185 et n. 4.

  VIÇOZE (Le sieur de), p. 168.

  VIDAL, p. 61.

  VIDALLE (Jehan de), p. 72.

  VIEULX. Voy. DU VIEULX.

  _Villevieille_, pp. 67 n. 1, 74 n. 5, 212.

  _Viollande_, p. 113.

  VIRET, pp. 27, 28.

  VISMES (Robert de), pp. 46, 207, 208.

  VOLPELLIÈRE (Le capitaine), p. 153.


  WATELIER, p. 212.


  YSAC, p. 200.

  YSSOIRE, p. 88.



                          TABLE DES MATIÈRES


  INTRODUCTION

                                                                   Pages

  Organisation générale du parti protestant. Les assemblées
  politiques.—Les assemblées ecclésiastiques.—Celles-ci
  maintiennent l’unité du parti.—Importance du consistoire           vii

  Plan                                                              xiii

  Sources                                                            xvi


  I.—LES PASTEURS

  Leurs fonctions                                                      1

  Leur entretien. Contrats d’engagement.—Gages en espèces.—Gages
  en nature.—Avantages matériels.—Pauvreté.—Pension de
  retraite.—«Assistance» de leurs veuves et orphelins                  4

  Petit nombre des pasteurs.—Difficulté d’acquérir un pasteur
  «perpétuel».—Négociations.—Dissensions entre les églises à ce
  sujet                                                               13

  «Proposants» ou écoliers en théologie. Contrats
  d’engagement.—Études.—Prérogatives.—Entretien.—Jean Terond et
  Mardochée Suffren                                                   16


  II.—COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT DU CONSISTOIRE

  Composition. Fonctions du «diacre» et de l’«ancien».—Membres
  du consistoire.—Leurs élections.—Leur classe
  sociale.—Oppositions.—Entrée en charge.—Division du
  travail.—Employés                                                   27

  Fonctionnement. Séances ordinaires.—Leurs dates.—Leur
  présidence.—«Quorum» obligatoire.—Séances de
  censure.—Consistoires extraordinaires.—Ce qu’on entend par
  «actes consistoriaux»                                               41


  III.—LES FINANCES DU CONSISTOIRE

  Comptes du «receveur des deniers de l’église» et du «receveur
  des deniers des pauvres»                                            51

  Deniers des pauvres. Recettes.—Qui on assiste.—Secours en
  nature.—Tableau des secours délivrés par le consistoire
  de Nîmes entre janvier et mars 1596.—Visites de
  charité.—Surveillance de l’hôpital des pauvres                      54

  Deniers de l’église. Dépenses.—Recettes: les imposés; la levée
  des rôles.—Églises «ingrates».—Pension payée par la ville           64


  IV.—L’AUTORITÉ DU CONSISTOIRE SUR LES FIDÈLES

  Lutte du consistoire contre l’influence catholique.
  «Superstitions».—La tradition catholique                            79

  Les «vices» qu’il combat. La «paillardise.»—Adultère et
  divorce.—Enquêtes de mœurs.—La «coquetterie».—Les censurés
  mécontents                                                          83

  Son intervention dans les querelles de ménage.—Les bancs du
  temple.—Réconciliations                                             87

  Plaisirs permis. Spectacles et jeux défendus.—Le repos du
  dimanche.—Fêtes de corporations.—La danse interdite.—Les
  «charivaris»                                                        91

  Dénonciations.—Police consistoriale                                 96

  Citations à comparaître; retards à s’y rendre.—Enquêtes.—Peines
  décrétées; leur application. Les nobles et les
  notables.—Entente des consistoires pour la police                   97


  V.—INFLUENCE DES ASSEMBLÉES SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL

  Consuls. Les anciens au conseil de ville.—Les consuls et
  les conseillers aux consistoires extraordinaires.—Influence
  réciproque.—La police faite par le consistoire.—Pension payée à
  l’église par la ville                                              105

  Magistrats. Moins soumis que les consuls.—Leur ingérence dans
  les affaires ecclésiastiques.—Mesures de résistance.—Ils
  assistent aux consistoires extraordinaires.—Ils exécutent les
  décisions consistoriales.—Juridiction du consistoire               111

  Conclusion. La théocratie nîmoise.—Protestation des magistrats
  contre le développement de la juridiction du consistoire
  (1562).—Influence personnelle des pasteurs et des anciens          116


  VI.—RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES

  Méfiance réciproque des papistes et des huguenots                  119

  Un «parti» catholique dans le colloque.—Son
  impopularité.—Relâchement des mœurs du clergé                      121

  Le calvinisme religion d’État.—Entraves à l’exercice du culte
  romain.—Les catholiques exclus du gouvernement.—Mesures
  vexatoires prises contre eux.—Les rentiers des bénéfices
  dépouillés ou taxés pour l’entretien des pasteurs.—Arrêts du
  Parlement et de la cour des Aides contre cet état de choses        124


  VII.—RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES (_Suite_).

  Lutte d’influence morale entre les deux partis                     133

  Propagande par les écrits. Les synodes la
  régularisent.—Commission pour l’examen des ouvrages.—Les
  imprimeurs responsables.—Pasteurs désignés pour répondre aux
  pamphlets.—Pasteurs poursuivis en justice                          134

  Propagande par la parole. 1. Controverses. Permission du
  magistrat.—Exemple: controverse entre Daniel Chamier et le
  P. Coton (1600).—Influence des controverses sur la foi et les
  conversions.—2. Prédications. Succès du P. Coton.—Influence des
  jésuites                                                           137

  Conversions. Les prêtres convertis aidés pécuniairement.
  Règlement calviniste pour les conversions.—Nouveaux catholiques
  persécutés                                                         152


  CONCLUSION

  Les réformés du Bas-Languedoc accueillent froidement l’édit de
  Nantes.—Pendant les négociations de l’assemblée générale avec
  le roi, ils affectent de se croire trahis                          155

  Raisons de cette mauvaise volonté. Ils ne souhaitent pas
  qu’un édit vienne changer quoi que ce soit à leur état.—Ce
  ne pourrait être qu’au profit des catholiques.—Leur petite
  république de fait s’en verrait atteinte 158


  APPENDICE A

  _Les deniers du roi pour l’entretien des pasteurs_                 161


  APPENDICE B

  _Les pasteurs de Nîmes_                                            170


  APPENDICE C

  _L’édit de Nantes_                                                 180


  PIÈCES JUSTIFICATIVES

  N^o 1.—Liste des membres du consistoire de Nîmes (1596-1602)       191

  N^o 2.—Défense faite par le présidial de Nîmes au consistoire
  d’empiéter sur la justice du roi (26 octobre 1562)                 195

  N^o 3.—Enquête faite par le consistoire de Nîmes au sujet de
  Suzanne Cregude, Paul Rivière, dit La Canquille, et Gasais,
  accusés du crime de «paillardise» (avril-août 1596)                197

  N^o 4.—«Mémoires donnez au sieur de Saint-Germain s’en allant
  vers les esglises du Bas-Languedoc de la part de l’assemblée
  généralle de Chastellerault» (janvier 1598)                        202

  N^o 5.—Accord en consistoire de Julius Pacius de Beriga et de
  Vismes, l’un régent, l’autre recteur du collège de Nîmes (11
  avril 1598)                                                        207

  N^o 6.—Extrait des instructions du pasteur Daniel Chamier,
  député par l’assemblée de Chatellerault au synode national de
  Montpellier 209

  N^o 7.—Extrait d’un «rolle des pasteurs servantz actuellement
  ez eglises du Bas-Languedoc» dressé au synode provincial d’Uzès
  (mars 1600)                                                        212

  N^o 8.—Conditions proposées au pasteur Gigord par l’église de
  Nîmes afin de l’obtenir comme ministre (23 août 1600)              213

  N^o 9.—Confrontation au consistoire d’Anthoine Bonnet et de
  Marguerite Brueisse, accusés de «paillardise» (28 février 1601)    214

  BIBLIOGRAPHIE                                                      217

  TABLE DES NOMS CITÉS                                               223


                   MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS



FOOTNOTES:

[1] _Les protestants d’autrefois_, v. ci-dessous la _Bibliographie_.

[2] Anquez, _Hist. des Assemblées politiques_, pp. 68 et suiv., 93 et
suiv.

[3] Il adressa aux États de Blois un mémoire où il établissait que la
France ne serait complètement pacifiée que le jour où catholiques et
protestants posséderaient les mêmes immunités (Anquez, _op. cit._, p.
85).

[4] Michelet, _Hist. de France_, t. X, p. 191.

[5] Anquez, _op. cit._, pp. 62-67.

[6] «Ce que le synode [de Montpellier, en mai 1598] appelle dresser ou
former une église ne veut pas dire établir un exercice dans un lieu où
il n’eût jamais, ou y recevoir un ministre par imposition des mains,
où y nommer un consistoire dont il n’y eût pas une ombre auparavant.
Mais c’est y rendre perpétuel et ordinaire ce qui ne s’y étoit fait que
provisionellemment et par intervalles; y donner en propre un ministre
qui n’y avoit servi que par occasion ou par emprunt; y assujettir les
anciens à une discipline réglée; y ranger les familles par quartiers
sous la direction de l’ancien qui en devoit prendre soin; déclarer
à quelle classe ou colloque l’église appartiendroit et lui donner
rang entre celles de la province: choses qui avoient accoutumé de se
régler de vive voix et d’être mises en pratique sans autre loy que
la conformité de l’usage reçu dans les églises du même synode. C’est
porquoy on écrivoit fort rarement des actes de ces établissemens.» (E.
Benoist, _Hist. de l’éd. de Nantes_, t. I, p. 258).

[7] Arr. Nîmes, chef-lieu de canton.

[8] Arr. Nîmes, canton Sommières.

[9] Chaque ministre était à la charge de l’église qu’il desservait; v.
ci-dessous, chap. I et III.

[10] Les sommes que le roi leur avait promises ne leur furent pas
payées; voy. l’appendice A sur les _Deniers du roi_.

[11] Voy. ci-dessous, p. 97.

[12] Sous la cote B, 90; j’ai vu le tome VI et surtout le t. VII qui va
de 1595 à 1602.

[13] Sous la cote A, 10: «Livre des actes des synodes provinciaux
despuis aoust 1596 jusques en l’année 1609.» Le registre comprend
le synode de Montpellier (21 août 1596), de Sauve (7 mai 1597), de
Montpellier (20 mai 1598), de Saint-Germain de Calberte (12 mai 1598),
de Nîmes, par députés (5 août 1599), d’Uzès (15 mars 1600), de Nîmes (7
mai 1601), d’Alais (17 avril 1602), d’Uzès (15 avril 1603), etc.

[14] M. Puech (_Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin du XVI^e
siècle_) a dépouillé entièrement tous les registres de notaires.
Malheureusement, les notes de son livre sont trop rares et trop peu
précises.

[15] Je désigne par les initiales _B. P. F._ la Bibliothèque de la
Société de l’histoire du Protestantisme français, par les initiales _B.
N._ la Bibliothèque nationale, par les mots _Arch. du consist._ les
archives du consistoire de Nîmes.

[16] Il est impossible d’exposer la situation matérielle et d’étudier
l’influence des pasteurs de Nîmes, sans parler en même temps des autres
pasteurs du colloque. L’histoire de l’église de Nîmes est intimement
liée à celle des églises qui dépendaient d’elle. Pour savoir, par
exemple, si les salaires de ses ministres étaient élevés relativement,
ou faibles, il faut bien qu’on les compare avec ceux qui étaient
alloués aux pasteurs des autres églises. C’est pourquoi, dans le cours
des chapitres suivants, nous rapprocherons l’église de Nîmes de ses
voisines toutes les fois que cela devra nous permettre d’apprécier plus
exactement son état d’esprit, ses ressources, etc.

[17] _Discipline_, chap. I, art. 12 et suiv.

[18] _Protestants d’autrefois_, 2^e série, chap. II, pp. 30 et suiv.

[19] P. de Felice, _op. cit._, 2^e série, p. 33.

[20] C’est le droit strict des fidèles de «venir se plaindre contre
leurs pasteurs aux consistoires» (Cf. syn. prov. de Nîmes, séance du 13
mars 1600; B. P. F., copie Auzière).

[21] Délib. du consist. de Nîmes du 8 mars 1600 (Arch. du consist., B,
90, t. VII, f^o 332).

[22] V. pour ces controverses, ci-dessous, chap. VII.

[23] P. de Felice, _op. cit._, 1^{re} série, p. 96.

[24] Délib. du consist. du 19 mai 1600 (_loc. cit._, f^o 350).

[25] Ils s’en plaignent aux commissaires exécuteurs de l’édit de
Nantes, sur leurs cahiers de remontrances, art. 19 (Arch. du Gard,
G, 446). Le choix de la cour présidiale remontait sans doute à 1597
(Délib. du consist. des 23 octobre 1596 et 29 octobre 1597; _loc.
cit._, f^{os} 133 et 197).

[26] Voy. l’appendice B sur les _Pasteurs de Nîmes_.

[27] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, pp. 39-42.

[28] Délib. du consist. du 21 mars 1601 (f^o 401).

[29] Délib. du 8 novembre 1600 (f^o 371).

[30] V. ci-dessous, chap. VII.

[31] _Discipline_, chap. I, art. 37.—V. à ce sujet P. de Felice,
_Protestants d’autrefois_, 2^e série, chap. II, qui reproduit et
commente la Discipline.

[32] B. P. F., copie Auzière.

[33] P. de Felice, _op. cit._, 2^e série, p. 230.—Ainsi au syn. prov.
d’Uzès, séance du 18 mars 1600, un pasteur est accusé d’avoir pris 6
écus pour bénir des mariages hors son église (B. P. F., copie Auzière).

[34] V. l’appendice sur les _Deniers du roi_.

[35] V. _Pièce_ n^o 8.

[36] Le syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601, condamne l’église
d’Anduze à payer à son ancien ministre, le sieur Pasquier, «50 l. pour
sa fille, suivant l’accord dès longtemps faict entre lad. église et
led. sieur Pasquier, selon lequel lad. église a donné semblable somme à
chacun des autres enfants dud. sieur» (B. P. F., copie Auzière).

[37] Syn. prov. de Sauve, 1597 (_Ibid._).

[38] «Contrat d’obligation passé par les consuls dud. lieu..... de la
somme de 595 livres au proffict dud. Ricaud pour ses gages de ministre
despuis le mois de julhet 1596 jusques au mois d’avril aud. an 1598»
(Ordonnance des commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes, portant
continuation de l’exercice de la R. P. R. à Saint-Jean de Gardonnenc
(1662); B. N., ms. franc. 15832, f^{os} 41 v^o-42 r^o).

[39] Cf. syn. prov. de Nîmes, séance du 11 mars 1601 (Arch. du consist.
de Nîmes, A, 10, f^o 63).

[40] Syn. prov. de Sauve (1597); (B. P. F., copie Auzière).

[41] Syn. prov. d’Uzès, séance du 24 avril 1603 (_Ibid._).

[42] Arch. comm. du Vigan, BB, 2.—Le Vigan, Gard, chef-lieu
c^{on}.—Avèze, arr. et c^{on} Le Vigan.—Noble Christofle de Barjac de
Gasques fut pasteur du Vigan de 1563 à 1569 et de 1570 à 1609 (d’ap. M.
F. Teissier dans le _Bull. de la Soc. du Protestantisme_, t. XLVIII -
1899), p. 652.

[43] Arch. comm. du Vigan, GG, 2.—Molières, Gard, arr. et c^{on} Le
Vigan.

[44] En 1611, il est ministre du Vigan et député au duc de Ventadour
(_Ibid._, FF, 6).

[45] Ordonnance des commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes (1662)
(B. N., ms. franç. 15832, f^o 5 v^o).—Aimargues, Gard, arr. Nîmes,
c^{on} Vauvert.

[46] «L’église d’Uzès..... le satisfera de la somme de 100 escus
deus pour sa pension ordinaire pendant les six mois» (Syn. prov. de
Montpellier en 1596; B. P. F., copie Auzière).

[47] C’est ce que touchent ses hoirs pour l’«année de viduité» (Délib.
du consist. de Nîmes du 19 janvier 1600; arch. du consist., B, 90, t.
VII, f^o 321).

[48] _Pièce_ n^o 8.

[49] V. sur cette académie, ci-dessous, pp. 17, note 2.

[50] Il était mort en novembre ou décembre 1599 (Cf. l’_Appendice_ B.)

[51] Syn. prov. d’Uzès (1600); (B. P. F., copie Auzière).

[52] Délib. du consist. de Nîmes du 5 février 1602 (_loc. cit._, f^o
465).

[53] Syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (B. P. F., copie
Auzière).

[54] V. sur les fonctions du receveur des deniers du ministère,
ci-dessous, chap. III.

[55] Ces comptes sont parmi les arch. non classées du consist. de
Nîmes. On y trouve également la reconnaissance suivante: «Mémoire que
j’ai receu une saumée de bled, pour 9 livres, de M. le lieutenant de
Favier pour mon assistance. [Signé] Falguerolles.»—Cf. une quittance
par laquelle Marisy reconnaît avoir reçu de ses églises d’Aubais,
Congeniès [et Junas] 60 l. sur ses gages, soit «10 l. en argent et 60
l. en blé» (1604, 15 août). Arch. nat., TT, 242^2.

[56] Si l’on admet avec M. le vicomte d’Avenel (_Hist. économique de la
propriété_..., t. I, p. 137) qu’il faut multiplier par 6 environ.

[57] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 238.

[58] Claude de Falguerolles, pasteur de Nîmes, eut pour fils Jean qui
lui succéda à Nîmes en 1591 et mourut en 1599 (Puech, _Guillaume de
Reboul_, pp. 81-84).

[59] Délib. du consist. de Nîmes du 11 juin 1597 (Arch. du consist., B,
90, t. VII, f^o 183).—Une délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257) montre
que le troisième pasteur, Chambrun, était logé également.

[60] Falguerolles reçoit un écu pour ses frais au colloque de Vauvert
(Délib. du consist. de Nîmes du 2 octobre 1598, f^o 239).—Le syn.
prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599, décide
que les villes où se tiendront les synodes logeront dorénavant «les
pasteurs et anciens avec les montures en maison bourgeoise» (B. P. F.,
copie Auzière).

[61] V. ci-dessus les conditions offertes au pasteur Daniel Venturin
par l’église du Vigan.

[62] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 76.

[63] De Gasques, député en cour par Nîmes, Montpellier et Uzès, au
sujet de l’édit de Nantes, reçoit 400 écus d’or sol (Délib. consulaire
de Nîmes du 9 février 1601; arch. comm., LL, 15, f^o 164 r^o).

[64] Cf. ci-dessous, p. 13.

[65] Délib. du consist. de Nîmes du 28 mars 1601 (_loc. cit._, f^o 402).

[66] Arch. comm. d’Aimargues, E, Supp. 688—Aimargues, Gard, c^{on}
Vauvert.

[67] Délib. du 25 mars 1598 (f^o 217).

[68] Délib. du 24 mars 1599 (f^o 275).

[69] «M. Moynier..... entretiendra en sa maison...... Jehan de Dessac,
escollier en théologie, au fur de trois escutz le mois.....» (Délib. du
25 juillet 1601, f^o 423).

[70] Délib. du 16 février 1600 (f^o 329).

[71] Délib. du 9 février 1600 (f^o 327).

[72] Cf. ci-dessus, p. 4.

[73] Cf. ci-dessus, p. 6.

[74] Valant à peu près 1.800 fr. d’aujourd’hui. Cf. p. 8, note 5.—V.
un état des pasteurs du diocèse d’Uzès en 1575 dressé à l’assemblée de
Nîmes. Les autres ministres sont pauvres également (Arch. du Gard, C,
1209).

[75] Délib. du 27 octobre 1599 (f^o 307).

[76] Le consist. de Nîmes décide de proposer au colloque «d’entretenir
M. Laurant....., ayant esté pasteur» (Délib. du 2 juillet 1597, f^o
185).—V. la _Discipline_, chap. I, art. 48.

[77] Syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I,
p. 216.—Syn. nat. de Gergeau (1601), _ibid._, p. 245.—_Discipline_,
chap. I, art. 44.

[78] Le 19 janvier 1600, le consist. de Nîmes vote le don de 200
écus, soit une année des gages de Falguerolles, à la «mère gran» de
ses enfants (f^o 321).—Le 28 octobre 1601, il accorde à M^{lle} de
Chambrun les gages de son mari pendant son année de deuil et décide
d’entretenir son fils qui étudie en théologie (f^o 437).

[79] Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 14 mai «au
matin» 1599, confirme la sentence du colloque de Nîmes ordonnant à ceux
de Sommières de payer «dans deux ans et par quartiers aux hoirs dud. M.
Bertrand 200 escus pour l’année de viduité» (B. P. F., copie Auzière).

[80] «Despartement des vefves», fait au syn. prov. d’Uzès en 1603
(Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 99 r^o).

[81] V. chap. III.

[82] Règlement donné en 1607 (Frossard, _Recueil de règlements_, n^o
6). Ces précautions étaient en usage longtemps avant ce règlement,
si l’on en juge par le petit nombre de proposants qui sont reçus aux
synodes.

[83] Délib. du consist. de Nîmes du 23 février 1600 (Arch. du consist.,
B, 90, t. VII, f^o 329).

[84] Délib. du 25 octobre 1600 (f^o 370).

[85] Délib. du 27 juin 1601 (f^o 421).

[86] Délib. du 22 mars 1600 (f^o 336).—Cf. aussi une délib. du 19
octobre 1600 (f^o 369).

[87] V. notamment une délib. du 15 novembre 1600 (f^o 372).

[88] V. à la B. P. F. les actes des syn. prov. de Bas-Languedoc,
1596-1609 (Copie Auzière, _passim_).

[89] Syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601 (B. P. F., copie
Auzière).—Massillargues, Gard, arr. Alais, c^{on} Anduze.—Nages,
Solorgues, Boissière, Saint-Denis et Langlade, Gard, arr. Nîmes, c^{on}
Sommières.

[90] Syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars 1600 (B. P. F., copie
Auzière).—Brenoux, Lozère, arr. et c^{on} Mende.

[91] Ainsi l’église de Nîmes écrit à Goulard, à Genève, et à Couet, à
Bâle, pour leur faire des propositions d’engagement (Délib. du 12 juin
1596; _loc. cit._, f^{os} 95-96).

[92] Décision du syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (B. P. F.,
copie Auzière).

[93] J’ai rapporté la curieuse histoire de cette contestation dans
l’appendice B sur les _Pasteurs de Nîmes_.

[94] Les deux mots «escollier en théologie» et «proposant» sont
synonymes. Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai
1599, décide que le cinquième des deniers des pauvres sera réservé à
l’entretien des «_proposants_» (B. P. F., copie Auzière). Or, celui de
Nîmes, séance du 8 mai 1601, contient une délib. intitulée «Du quint
des deniers des povres ordonnez pour les _escoliers en théologie_»
(_Ibid._). En outre, le 26 avril 1600, le consist. de Nîmes décide que
les «_escoliers proposans_» liront en chaire chacun à son tour (f^o
345).—Et le 31 août 1601, il prive un «_escholier en théologie_» nommé
Gantelme de faire la lecture en chaire (f^o 429).

[95] Avant même de les inscrire à la «matricule» des proposants de
l’académie, le consistoire de Nîmes fait enquête sur leur vie et leurs
mœurs (V. ses délib. des 12 décembre 1601 et 23 janvier 1602, f^{os}
447 et 457).—Lorsqu’ils passent leur premier examen au colloque, ils
sont l’objet d’une nouvelle et très sévère enquête (Frossard, _Recueil
de règlements_, art. 2).—Enfin, lors de leur examen au synode,
celui-ci doit s’assurer par tous les moyens possibles que leurs mœurs
sont irréprochables (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 7).

[96] M. Corbière (_Académie protestante de Montpellier_, dans _Mém.
de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier_, t. VIII, 3^e
fasc., années 1888-89, p. 431) dit qu’une partie des deniers du roi fut
destinée par le synode de Montpellier (1598) à fonder l’Académie de
Nîmes.—Ceci est corroboré par Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 225.—Dans
la «Distribution des 45.000 escus... faite au synode de Montpellier»
le «collège de Nîmes» reçoit 611 escus, 6 sols, 8 deniers (B. N.,
ms. franç. 15815, f^o 75 r^o,—et ms. Brienne 208, f^o 473 r^o). On
verra que l’on fut loin de toucher les sommes promises par le roi (cf.
plus loin, appendice A sur les _Deniers du roi_).—Le 12 mai 1599, le
syn. prov. de Saint-Germain de Calberte exhorte les pasteurs Moynier,
Gigord et Falguerolles à «continuer les lecteures en théologie» (B.
P. F., copie Auzière).—Le synode prov. d’Uzès (1600) gratifie Gigord
de 200 deniers et Moynier et Falguerolles de 50 chacun «d’aultant que
despuis huict ans ou environ lesd. sieurs se sont heureusement employés
en la lecteure de la théologie jusqu’à présent, au grand avancement
des escoliers dont plusieurs ont esté promeus au sacré ministère»
(_Ibid._).—On eut de la peine à faire prospérer l’académie; en 1601,
elle n’a pas de professeurs en théologie (cf. ci-dessous) et il n’y a
que huit étudiants à la matricule des proposants (D’après A. Borrel,
dans _Bulletin de la Soc. de l’hist. du Protestantisme français_, t.
III, p. 46).

[97] Le consist. de Nîmes entretient, en septembre 1599, un certain
Félix, écolier en théologie, qui étudie à Genève (Délib. du 22
septembre 1599, f^o 303).—Il entretient Jean Terond qui étudie à
Heidelberg, en 1595, etc. (f^{os} 17, 183, etc.).

[98] Mardochée Suffren, proposant, demeure avec le pasteur Tufan qui
lui fait «des leçons» (Délib. du consist. de Nîmes du 11 novembre 1596,
f^o 138).

[99] Délib. du consist. de Nîmes du 18 décembre 1596 (f^o 144).—La
_Discipline_ laissait «à la prudence du consistoire» d’appeler ou non
des proposants à ses séances (chap. V, art. 6).

[100] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244).

[101] Délib. du 28 octobre 1598 (f^o 245).

[102] Délib. du 25 décembre 1596 (f^o 146).

[103] Délib. du 7 février 1597 (f^o 163).

[104] Délib. du 26 avril 1600 (f^o 345).

[105] Délib. du 31 août 1601 (f^o 429).—Sur la première partie du
service du dimanche, à laquelle préside le lecteur, cf. P. de Felice,
_Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, pp. 99 et suiv.

[106] _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 209.

[107] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 216.—Cette ordonnance fut
corroborée par le syn. nat. de Jargeau, 1601 (_loc. cit._, t. I, p.
237).

[108] Séance du 12 mai 1599 (B. P. F., copie Auzière).

[109] Syn. prov. de Nîmes, séance du 8 mars 1601 (_Ibid._). Le colloque
de Montpellier entretient aussi deux écoliers; quant à ceux d’Uzès,
Anduze et Sauve, ils ne peuvent «faire aucun quint... d’aultant qu’on
n’exige assez pour fornir aux nécessitez ordinaires de leurs povres et
cotitez de l’entretenement des povres vefves».

[110] Cf. l’appendice A sur les _Deniers du roi_.

[111] «L’argent deub par la ville pour l’entretenement des escolliers
proposans...» (Délib. du consist. de Nîmes du 12 juin 1596, _loc. cit._
f^o 96).

[112] Délib. du 3 déc. 1592 (Arch. du consist., B, 90, t. VI, f^o 127).

[113] Délib. du 17 mars 1593 (_Ibid._, f^o 155).

[114] «Accord faict avec M^{re} Jean Theron led. mecredy, 12 may 1593»
(_Ibid._, f^o 174).

[115] Délib. des 28 juillet 1593, 7 avril, 20 juillet 1594, 18 janvier
1595 (_Ibid._, f^{os} 209, 284, 319).

[116] Savoir 196 l. 15 sols tournois, depuis le 12 mai 1593; on lui
devait encore 133 l. 6 s. 4 d. tournois (Délib. du 25 janv. 1595,
_Ibid._, f^o 320).

[117] _Ibid._

[118] Délib. du 8 mars (_Ibid._, f^o 334).

[119] Délib. des 15 décembre 1595, 11 juin 1597 (Arch. du consist., B,
90, t. VII, f^{os} 17, 183).

[120] Délib. du 26 septembre 1598 (_Ibid._, f^o 242).

[121] Le 27 janv. 1599, le consistoire charge les pasteurs de «parler
à M. Therond, pasteur, des jours qu’il voudroit prêcher» (_Ibid._, f^o
262).

[122] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du «14^e may au
matin» 1599 (B. P. F., copie Auzière).

[123] Même synode, séance du 14^e may.—Brenoux, Lozère, arr. et
c^{on} Mende.—Saint-Martin de Boubaux, Lozère, arr. Florac, c^{on}
Saint-Germain de Calberte.—La Melouze et Laval, Gard, arr. Alais,
c^{on} La Grand’Combe.

[124] Délib. du consist. de Nîmes du 15 avril 1592 (Arch. du consist.,
B, 90, t. VII, f^o 59).

[125] Délib. du 21 septembre 1594 (_Ibid._, f^o 298).

[126] V. les délib. des 15 et 24 mars 1595 (f^{os} 336 et 340).

[127] Le 12 mai 1595, le consist. lui donne 100 l. et fait écrire à
M^{me} d’Aubais de lui bailler, «s’il luy plait», ce qu’elle lui avait
«cy devant offert», afin qu’il puisse «aller advanser ses estudes à
Genève». (f^{os} 357-8).

[128] Cf. délib. du 26 juillet 1595 (f^o 379).

[129] Il écrit au consistoire qu’il va être forcé de revenir car il n’a
pas du tout d’argent (Délib. du 10 janvier 1596, f^o 27).

[130] Délib. du 29 novembre 1595 (f^o 13).—Le 31 janvier 1596, on lui
mande 10 écus (f^o 30), le 12 juin, 12 écus (f^o 95).

[131] Le 2 juillet, il est de retour; on l’accuse de vouloir s’en
retourner à Genève (f^o 102).

[132] Le consist. lui remontre que le colloque avait ordonné qu’«il
demeureroit avec M. Tufan qui luy feroit des leçons». Mais il ne put
même attendre le colloque prochain, car «il avoit compagnie», et plus
tard «il ne pourroit... passer» (Délib. du 12 novembre 1596, f^o 138).

[133] Délib. du 8 janvier 1597 (f^o 153).—Cette somme lui fut envoyée
(Délib. du 29 janvier 1597, f^o 160).

[134] Délib. du 9 avril 1597 (f^o 175).

[135] V. ci-dessous, chap. III, la difficulté qu’elles avaient à payer
les pasteurs.

[136] Syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars 1600 (B.P.F., copie Auzière).

[137] Ainsi, le syn. prov. de Sauve (1597) déclare que le contrat
d’engagement passé par M. Alphonse avec l’église d’Anduze est nul et
contraire à la discipline, pour n’avoir été approuvé par une assemblée
ecclésiastique, et il exhorte les pasteurs à ne faire aucune formalité
semblable, mais à enregistrer seulement leur promesse au livre du
consistoire (B. P. F., copie Auzière.—V. aussi Frossard, _Recueil de
règlements_, art. 20).

[138] Le syn. nat. de Jargeau (1601) cassa l’ordonnance du syn. prov.
d’Uzès citée note 2. (Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 242).—D’ailleurs
le syn. d’Uzès avait reconnu formellement les droits des Nîmois sur la
personne de Terond.

[139] Cf. une ordonnance du syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon,
_Syn. nat._, t. I, p. 223.

[140] Délib. du consist. du 23 décembre 1598 (_loc. cit._, f^o 254).

[141] V. ci dessus, p. 2.

[142] Syn. prov. d’Uzès, séance du 21 avril 1603 (B. P. F., copie
Auzière).

[143] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (B. P. F., copie
Auzière).

[144] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599
(_Ibid._)

[145] Rossel en appela au syn. prov. de Montpellier (1596) qui le
censura «griefvement... d’avoir appelé de l’abaissement des cheveux de
sa femme» (_Ibid._)

[146] Syn. nat. de Jargeau (1601) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p.
238.—Cf. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, pp. 281-2.

[147] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, pp. 7-9.

[148] Viret naquit en 1511 et mourut avant le 22 avril 1571 (_France
protestante_, 1^{re} édition). Le document dont il s’agit est intitulé
_La forme de dresser un consistoire_; il a été publié par E. Arnaud
(_Documents protestants inédits_) qui l’attribue à Viret (pp. 88-89).

[149] Arnaud, _op. cit._, p. 75.

[150] Arnaud, _op. cit._, p. 72.

[151] _Discipline_, chap. III, art. 5.

[152] En 1596, 1597, 1598, 1599, 1601, 1602; je ne connais pas les
receveurs de l’année 1600 (_Pièce_ n^o 1).

[153] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 48.

[154] V. délib. des 10 décembre 1597 et 9 décembre 1598 (Arch. du
consist., B, 90, t. VII, f^{os} 200 et 250).

[155] _Ibid._, f^o 455.

[156] Délib. du consist. du 8 novembre 1600 (_Ibid._, f^o 371).

[157] Cf. ci-dessus, p. 18.

[158] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 7.

[159] _Op. cit._, p. 9.

[160] Guillaume de Reboul, décrivant la cérémonie de la Cène, dit que
le pain est distribué par le ministre et les verres par «deux _anciens
ou diacres_» (_Salmonées_, citées par Puech, _Le pamphlétaire Guillaume
de Reboul_, p. 68).

[161] Ainsi le consistoire de Nîmes députe, le 29 mai 1596, au colloque
un pasteur et un diacre (_loc. cit._, f^o 30).—Etc.

[162] _Pièce_ n^o 1.

[163] _Ibid._

[164] «Livre du consist. de Codognan» (Arch. nat., TT, 241^{12}, f^o 1).

[165] Extrait des actes du consistoire de Junas (Arch. nat., TT,
242^2).—M. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 27,
dit n’avoir trouvé aucun consistoire composé de moins de huit membres.

[166] Arch. comm. de La Salle non classées; registre des baptêmes
et mariages, 1561-1609, f^{os} 103 et suiv. (Inventaire ms. par M.
Teissier, à la B. P. F.).

[167] V. ci-dessus, p. 29, note 8.

[168] V. ci-dessus, p. 29, note 9.

[169] V. _Pièce_ n^o 1.

[170] Entre 1598 et 1611.—Livre du consist. de Codognan (Arch. nat.,
TT, 241^{12}, f^o 1).

[171] Abrégé du consist. de Montdardier (arch. particulières), copie
par M. Teissier à la B. P. F.

[172] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 445.

[173] De 1591 à 1601 («Livre du consist. de Codognan», Arch. nat.,
TT, 241^2, f^o 1).—A Nîmes, sire Guidon Cheyron conserve le titre
d’ancien deux années de suite, puis devient diacre et est réélu comme
tel pendant trois ans; il demeure donc cinq ans dans le consistoire
(_Pièce_ n^o 1).

[174] A Nîmes, 2 des diacres et 2 des anciens de 1596 sont continués
en 1597; en 1598, on retrouve 3 diacres et 2 anciens de l’année
précédente, etc. (_Pièce_ n^o 1).

[175] Arch. comm. non classées de La Salle, invent. ms. par M. Teissier
à la B. P. F.: registre du consist. à la date du 21 mai 1581.—La
Salle, Gard, chef-lieu de c^{on}, arr. Le Vigan.

[176] Le consist. est renouvelé tous les ans (_Pièce_ n^o 1).

[177] V. délib. du consist. du 5 décembre 1601 (_loc. cit._, f^o 445).

[178] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 12.

[179] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 47.

[180] _Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin du XVI^e siècle._

[181] On sait que Nîmes était divisée en quatre _échelles_ dont chacune
élisait un consul: la 1^{re} comprenait les nobles et les magistrats;
la 2^e les avocats, bourgeois, marchands payant plus de 100 l. d’impôts
et les docteurs en médecine; la 3^e les apothicaires, chirurgiens,
marchands payant moins de 100 l. d’impôts, praticiens, greffiers,
notaires, gens des arts et métiers; la 4^e les laboureurs, les
jardiniers, les bergers et aussi les anciens capitaines de compagnies
franches qui, après les guerres, étaient restés à Nîmes (Puech, _Une
ville au temps jadis_).

[182] Les chiffres précédés de p. entre parenthèses renvoient
aux pages de Puech, _Une ville au temps jadis_, d’où je tire ces
renseignements.—Les noms des anciens me sont fournis par le registre
du consist. de Nîmes (_Pièce_ n^o 1).

[183] Ce doit être ce personnage qui est mentionné sous le nom de
«Saint-Cézary» dans la liste des anciens de 1599 (_Pièce_ n^o 1).

[184] La liste des anciens de 1596 le nomme Faucon (_Pièce_ n^o 1).

[185] La liste des anciens de 1601 mentionne un Cappon, sans nom de
baptême (_Pièce_ n^o 1). Or, il n’y a que deux Cappon, tous deux
marchands.

[186] Je n’ai pu faire la distinction entre les marchands de la 2^e et
de la 3^e échelle, n’ayant pas le chiffre de leurs impôts.

[187] _Discipline_, chap. III, art. 1, citée par P. de Felice,
_Protestants d’autrefois_, 3^e série p. 19.—Le 19 décembre 1599,
pasteur Moynier représente au consist. de Nîmes qu’un des diacres élus
«a refusé et porté appel de sa nomination»; on décide de passer outre
et de publier les nominations néanmoins (Arch. du consist., B, 90, t.
VII, f^o 314).

[188] A Montdardier, on les publie trois dimanches (Abrégé du registre
de ce consist. appartenant à M. Falguière dont une copie par M.
Teissier se trouve à la B. P. F.).—A La Salle, on les publie deux
fois (Arch. comm. non classées, invent. ms. par M. Teissier à la B. P.
F.; registre du consist., année 1574, f^o 103) ou une seulement: «Tous
lesquels estans publiez le 30 décembre, ont esté receuz le 17 janvier
1577» (_Ibid._, année 1577).

[189] Je n’ai trouvé mention dans le registre du consist. de Nîmes
d’aucune opposition.—V. les registres des consist. de La Salle (année
1593) et de Montdardier cités.

[190] En 1599, elle a lieu le _mardi_ 5 janvier (Arch. du consist.,
B, 90, t. VII, f^o 258). En 1601, le _samedi_ 6 janvier (_Ibid._, f^o
384). En 1602, le _mercredi_ 2 janvier (f^o 451).

[191] V. une délib. du 2 janvier 1602 (f^o 451).

[192] Délib. du 6 janvier 1601 (f^o 384).—«Sera cet article escript
aux articles généraux pour estre leu chascun an comme les autres» (f^o
346).

[193] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 197.

[194] Je ne trouve dans les délib. des années 1596 à 1602 du consist.
de Nîmes que la mention citée précédemment de lecture «des articles de
l’ordre de l’église». Mais ce n’est pas une raison pour qu’on ne l’ait
pas faite les autres années.

[195] Délib. du 6 janvier 1601 (_loc. cit._, f^o 384).

[196] _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, 2^e éd., p. 58.—M. Borrel
en donne l’analyse (_op. cit._, pp. 57-62).

[197] Délib. du 5 janvier 1599 (_loc. cit._, f^o 258).

[198] On le fait du moins en 1599 (Délib. du 5 janvier, f^o 257).—En
1597, on ne prend cette mesure que le 12 février (Délib. à cette date,
f^{os} 164-5).

[199] V. par exemple délib. du 2 janvier 1602 (f^o 452).—Sur ces deux
charges, v. ci-dessous, chap. III.

[200] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257). On s’y occupe d’un arrêt du
parlement de Toulouse, de ceux «qui font le roy boit», etc.....

[201] Délib. du 2 janvier 1602 (f^o 451).—Délib. du 6 janvier 1601
(f^o 384).

[202] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 25.

[203] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 57.—V. sur les
quartiers et les faubourgs de Nîmes le 1^{er} chapitre de l’intéressant
ouvrage du D^r Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 13 à 22.

[204] _Pièce_ n^o 1.

[205] «A esté arresté...., que led. sieur Ferrier..... aura le quartier
du Marché, des Arènes, et Fauxbourgs, M. de Chambrun le Temple, la
Maison de ville et la Ferrage, M. Moynier le Collège, le Chapître et
Corcomayres» (Délib. du consist. du 21 mars 1601, f^o 401).

[206] V. ci-dessous, chap. III.

[207] _Hist. de l’édit de Nantes_, t. III, p. 357.

[208] _La forme de dresser un consistoire_, dans Arnaud, _Documents
inédits_, p. 74.

[209] Il est ainsi nommé dans les comptes des deniers du ministère pour
l’année 1594 (Arch. non classées du consist. de Nîmes).

[210] «Du 9^e d’aoust 1598, le consistoire assemblé après le presche du
soir, la convocation faicte par l’advertisseur» (Arch. du consist., B,
90, t. VII, f^o 237).

[211] Délib. des 29 mai 1599 (_Ibid._, f^o 285), 15 mars 1600 (f^o
333), 24 octobre 1601 (f^o 436), etc.

[212] V. au consist. de Nîmes, sous la cote C 1, le «livre des
advertisseurs».

[213] Délib. du 19 août 1598 (f^o 238).

[214] Délib. du 11 septembre 1596 (f^o 126).—Milhaud, Gard, arr. et
c^{on} Nîmes.

[215] Délib. du 30 mai 1601 (f^o 414), etc.—Pour ce qui concerne les
bancs dans le temple, v. ci-dessous, au chap. IV.

[216] Arch. comm. du Vigan, BB, 3.

[217] Le 27 janvier 1599, le consist. lui délivre 2 écus pour ses gages
d’un mois (f^o 262); le 7 juillet 1599, il reçoit 12 écus sol pour ses
gages de six mois (f^o 294); le 2 décembre 1598, 36 fr. pour le même
laps de temps (f^o 249).

[218] Délib. du 5 «may» (lisez _juin_) 1596 (f^o 94).

[219] Délib. du 12 «may» (lisez _juin_) 1596 (f^o 95).

[220] Délib. du 29 août 1601 (f^o 428).

[221] Délib. du 27 février 1602.

[222] _Pièce_ n^o 1.—Le 29 février 1596, le greffier Rossel propose
au consist. de faire comparaître certaines personnes pour savoir qui
a dansé aux épousailles du juge criminel (f^o 40). Il fait donc acte
d’ancien, pourtant il ne l’est pas, puisqu’il n’est pas inscrit sur les
listes.

[223] Montdardier, Gard, c^{on} du Vigan; colloque de Sauve.

[224] Registre du consist. de Montdardier (Bibl. particulière) analysé
par M. Teissier (B. P. F.).

[225] La Salle, Gard, arr. du Vigan, chef-lieu c^{on}; colloque
d’Anduze.

[226] Invent. ms. des arch. non classées de La Salle, par M. Teissier
(B. P. F.).

[227] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 64.

[228] Frossard, _op. cit._, art. 45.

[229] Arch. comm. du Vigan, BB, 2.—Le Vigan est dans le colloque de
Sauve. V. un «Rolle des pasteurs servantz actuellement» dressé au syn.
prov. d’Uzès en 1600 (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 70).—On
trouvera un grand nombre de contrats intéressants, concernant les
maîtres d’écoles, dans les registres des notaires de Nîmes (Arch. du
Gard, série E).—Cf. Nicolet, _L’école primaire protestante jusqu’en
1789_, passim.

[230] Délib. du consist. du 22 juin 1597 (_loc. cit._, f^o 185).

[231] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, p. 37.

[232] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 58.

[233] Il n’y a aucune séance entre le 20 septembre et le 12 octobre
1600 (f^{os} 367 et 368).

[234] Il y a, par exemple, séance le mercredi 29 mai, le vendredi
31 mai et le mercredi 5 juin 1596 (f^{os} 86, 89, 94)—Séances «du
sabmedy» 15 janvier 1600 (f^o 320); «du jeudy 3^e février 1600» (f^o
324); «du lundy 19^e aoust 1596» (f^o 117).

[235] V. délib. des 3 septembre 1599, 15 janvier 1600, 3 février 1600,
etc. (f^{os} 300, 320, 324).—Il en est de même à Massillargues:
«Extraict des actes du consistoire tenu dans le temple de Massillargues
ès années» 1596, 1597 et 1598, trouve-t-on dans une ordonnance des
commissaires de 1662 (B. N., ms. franç. 15832, f^o 53).

[236] «Du lundy 19^e aoust 1596, à l’yssue du presche» (Délib. du
consist. à cette date, f^o 117).—«Renvoyé à demain yssue du presche»,
délib. du «vendredi» 3 septembre 1599 (f^o 300).—«Sabmedy 23^e jour
du moys de octobre 1599, yssue du presche, le consistoire assemblé...»
(f^o 306). Etc.

[237] _Discipline_, chap. V, art. 1, et chap. I, art. 17.

[238] V. le registre du consist. (Arch. du consist., B, 90, t. VII).

[239] Délib. du 9 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 453).

[240] Délib. du 3 mai 1601 (f^o 411).

[241] V. notamment délib. du 3 septembre 1599 (f^o 300).

[242] D’après Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p.
62.—Sur les méreaux, v. ci-dessous, au chap. IV.

[243] B. N., ms. franç. 8666, cité par P. de Felice, _Protestants
d’autrefois_, 3^e série, p. 34.

[244] _Op. cit._, p. 35.

[245] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 61.

[246] «...En consistoyre y assemblé extraordinairement» (Délib. du 5
mars 1600, f^o 331). Etc.

[247] V. délib. du 16 octobre 1596 (f^o 131); du 18 octobre 1596 (f^o
132); du 13 janvier 1599 (f^o 259); etc.

[248] Voyez ci-dessous, au chap. III, combien difficilement se faisait
la levée des rôles d’imposition.

[249] Délib. du 11 décembre 1596 (f^o 144).

[250] Délib. du 18 octobre 1596 (f^o 132).

[251] Ainsi, le 11 novembre 1599, le consist. extraordinaire se compose
de 2 magistrats, 2 consuls, 5 avocats, et sans doute les anciens et
pasteurs qu’on ne mentionne pas (f^o 309.)—«...On fera assamblée
demain judy à midy, par MM. les magistratz, consulz, advocatz et
consistoire vieux et nouveau...» (Délib. du 4 juin 1597, f^o 182).

[252] «Du vendredy 25^{esme} jour du moys de décembre, le consistoire
vieulx et nouveau assemblé par devant MM. de Calvière, juge criminel,
Des Martins, conseiller, de Rozel, Martin et Lombard, consulz de la
ville de Nismes, MM. Challas, A. Davin, Mazaudier et plusieurs autres
bourgeois et marchans» (f^o 255).

[253] A la date du dimanche 5 mars 1600 (f^o 331). Elle nomme une
députation extraordinaire au syn. prov. d’Uzès «pour requérir... de
pasteur».

[254] Par exemple, celui que je cite note 1. «La compagnie que sera
convoquée et assamblée au présant temple sur l’imposition» des deniers
du ministère (Délib. du 16 octobre 1596, f^o 131). V. encore à la date
du 10 mai 1601 (f^o 411).

[255] Le 8 avril 1601 (f^o 404).

[256] V. par exemple, consist. extraordinaire du 11 avril 1598 (f^o
220).

[257] Par exemple, le consist. extraordinaire du 11 novembre 1599,
auquel assistent, pourtant, le lieutenant particulier, le garde-sceaux
conseiller, 2 consuls, etc., est présidé par le ministre Falguerolles
(f^o 309).

[258] Julius Pacius de Beriga, né le 3 avril 1550 à Vicence, fut
principal du collège et recteur de l’Académie de Nîmes, et mourut à
Valence en 1635.—Voy. Berriat Saint-Prix, _Notice sur Julius Pacius
a Beriga_.—Ch. Revillout, _Le jurisconsulte Julius Pacius de Beriga
avant son établissement à Montpellier_ (_1550-1602_), à compléter par
le compte rendu détaillé de M. Tamizey de Laroque dans la _Revue des
Questions historiques_, octobre 1883.—Ménard, _Hist. de Nîmes_, t.
V, p. 291 et suiv., et surtout Preuves, p. 215 et suiv.—Voy. aussi
la _Revue des Pyrénées et de la France méridionale_, année 1890, p.
324, et H. Omont, _Les mss. de Pacius_ dans _Annales du Midi_, t. III,
1891, p. 1 et suiv.—Le consist. et les arch. de Nîmes fourniraient
encore un grand nombre de renseignements inédits.—Vismes, pour éviter
de remplir une promesse de mariage avec Camille Venturin, de Genève,
belle-sœur de Pacius, avait couvert de calomnies le jurisconsulte et sa
parente. Puis, Pacius l’ayant poursuivi en justice, il avait reconnu
en consistoire extraordinaire ses calomnies, et le jurisconsulte avait
publié les actes de ce consistoire. D’où l’intervention du synode (V.
syn. prov. extraordinaire de Nîmes, séance du 6 août 1599, B. P. F.,
copie Auzière, et _Pièce_ n^o 5).

[259] Syn. prov. de Nîmes cité.

[260] _Pièce_ n^o 5.

[261] Par exemple, dès le 1^{er} septembre 1599, on réunit un consist.
extraordinaire dont on couche au registre la délibération (f^o 300).

[262] _Discipline_, chap. V, art. 28.—Cette seconde partie de
l’article n’était que très rarement exécutée; on voit pourtant quelques
délibérations biffées.

[263] Par exemple, le 19 décembre 1599, le consist. de Nîmes «donne
décharge» à Jehan Gril, receveur des deniers du ministère en 1598 (f^o
322).

[264] Le syn. prov. de Sauve (1597) engage les églises à ne pas faire
de contrats formels avec les pasteurs, mais à «enregistrer seulement
leur promesse au livre du consistoire» (B. P. F., copie Auzière).

[265] Le fait est reconnu par la Discipline du Bas-Languedoc dont un
article, donné au syn. d’Alais en 1575, recommande aux greffiers de ne
prendre «point d’argent des extraicts qu’ils dépêcheront des actes du
consistoire» (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 64).

[266] _La forme de dresser un consistoire_, dans Arnaud, _Documents
protestants inédits_, p. 75.

[267] En 1596, le receveur des deniers de l’église est M. Fontfroide,
ancien, et le receveur des deniers des pauvres est M^{re} Antoine
Sabatier, ancien. En 1597, 1598, 1599, 1601, 1602, ce sont, de même,
des anciens (_Pièce_ n^o 1).

[268] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 392.

[269] «Sera depesché mandement au sire Cheyron, recepveur des deniers
des pouvres, de la somme de 56 soulz tournois» (Délib. du consist. du
9 juillet 1597; _ibid._, f^o 186).—«Sera despéché mandement au sire
Janin, recepveur, de 11 livres, 7 souls, 8 deniers» (Délib. du 16
juillet 1597, f^o 187).

[270] «M. Dumolin, le sire Fournier, Martin et Janin et Veyras» sont
députés «pour ouyr, clore et arrester les comptes» de sire Farel,
receveur des deniers des pauvres, et de M. Fontfroide, receveur des
deniers du ministère, «à ces fins que, doresnavant, les recepveurs ne
recepvront aulcune chose sans conterollage et fere receu dans un livre
à ce désingné.» C’est le «livre des quitances». (Délib. du 12 février
1597, f^{os} 164-5).—V. aussi délib. des 22 avril 1598, 5 janvier
1599, etc. (F^{os} 222, 257, etc.).

[271] V. dans les arch. non classées du consist. de Nîmes les comptes
de sire Cappon (1594) et les comptes suivants.

[272] Ce registre, qui ne contient rien pour les années 1596 à 1602
incluse, commence à 1580 et s’arrête à 1647 (Arch. du consist., H, 61).

[273] Il se trouve plusieurs de ces registres dans les arch. non
classées du consist.

[274] Arch. non classées du consist. «Par M. de Mazaudier et Verquière
les bilhetz des pouvres estant entre les mains de sire Dalbiac,
recepveur des deniers des pouvres, seront vériffiés et le compte
d’iceux arresté» (Délib. du 21 mars 1601; arch. du consist., B, 90, t.
VII, f^o 401).

[275] Arch. du consist., H, 55.

[276] V. notamment délib. du consist. du 2 juin 1599 (_loc. cit._,
f^{os} 286-7).

[277] «Les recepveurs ne recepvront aulcune chose sans.... fere
receu dans un livre.... _que demeurera dans le coffre_» (_Ibid._,
f^{os} 164-5).—Sire Janin, receveur, «a remis _devers les archifz
de l’esglize_ le compte faict de son administration et les pièces
justificatives» (f^{os} 286-87).

[278] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257).

[279] 21 février et 30 octobre 1598 (Arch. du Gard, E, 629); notariat
de Jean Corniaret.

[280] 7 décembre 1597 (Arch. nat., TT, 242^2).—Congeniès, Gard, arr.
Nîmes, c^{on} Sommières.

[281] 21 novembre 1598 (Arch. du Gard, E, 563); notariat de Marcelin
Bruguier.

[282] 14 octobre 1597 (Arch. nat., TT, 242^2).

[283] «M. Darbouses, greffier commissionnel, appellé en consistoire
pour remettre à la bourse des pouvres de la présante esglise certains
légatz pies qu’il a entre ses mains....., ce qu’il a confessé, mais
qu’il a baillié lui mesmes argent au geolier et autres, du mandement du
sieur juge criminel et de M. l’advocat du roy» (Délib. du consist. du
19 mars 1597, f^o 172).—Le syn. prov. de Montpellier (1581) ordonne
que «ceux qui ne payent les légats faicts aux povres» doivent être
«appelés au consistoire et poursuivis comme sacrilèges par autres voyes
du magistrat» (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 51).

[284] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 128.

[285] «Tout ce qui sera levé au bassin.....» (Délib. du consist. du 24
septembre 1597, f^o 194).—M. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_,
3^e série, p. 126, dit que la collecte se faisait ordinairement à la
porte du temple dans des «bourses, boîtes, bassins, plats, coupes ou
tasses».

[286] Voici les deux délib. du consistoire que j’ai recueillies à ce
sujet: «Par sire Radel et sire Sigalon, antien, seront retirés les
deniers des boîtes pour les povres qui sont aux botiques des merchans»
(3 janvier 1599, f^o 259).—«Pour l’argent des boytes des pauvres que
sont aux botiques des marchands de l’année dernière......» (12 janvier
1600, f^o 319).

[287] «Inquand des choses trouvées au temple et non demandées, et
l’argent mis au bassin» (En tête des délib. du consist. de l’année
1596, f^o 26).—«Inventaire des choses perdues au temple et non
demandées» (Délib. du 24 février 1601, f^o 394).

[288] Aymon, _Synodes nat._, t. I, p. 180.

[289] Aymon, t. I, p. 200.

[290] Aymon, t. I, p. 232.

[291] V. ci-dessous la décision que dut prendre le consist. de Nîmes
relative aux «billets» délivrés par les anciens.

[292] Délib. du 24 septembre 1597, par exemple (_loc. cit._, f^o 194).

[293] Délib. du 1^{er} août 1601 (f^o 424).

[294] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 216.

[295] Délib. du 1^{er} août 1601 (f^o 424).

[296] Délib. du 30 mai 1601 (f^o 415).

[297] V. ci-dessus, p. 8.

[298] Délib. du 8 mai 1596 (f^o 53).

[299] Délib. du 23 octobre 1596 (f^o 133).

[300] Délib. du 10 mars 1599 (f^o 270).

[301] V. délib. du 4 juin 1597 (f^o 182).—«Le sieur de Falgueroles
adressera aux esglises circonvoysines le capuchin converty pour avoir
assistance pour le fere mettre de mestier» (Délib. du 11 juin 1597, f^o
183).

[302] Cf.: «De Charles François, de Neufvile en Dauphiné, cy-devant
curé, estant à présent à Montpellier faisant profession de la vraye
religion» (Art. du synode prov. de Sauve (1597), B. P. F., copie
Auzière).

[303] Syn. prov. de Montpellier, séance du 10 juin 1605 (_Ibid._).

[304] Délib. des 18 et 21 octobre 1598 (_loc. cit._, f^{os} 243 et 244).

[305] Délib. du 15 octobre 1597 (f^o 195).

[306] Délib. du 18 décembre 1596 (f^o 144).

[307] Délib. du 19 mars 1597 (f^o 172).

[308] Délib. du 15 janvier 1597 (f^o 157).

[309] Délib. du 13 février 1596 (f^o 33).

[310] Arch. du consist., B, 90, t. VII (registre des délibérations),
f^{os} 26-41.

[311] Délib. du 25 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 460).

[312] Délib. du 30 janvier 1602 (f^o 463).

[313] Délib. du 13 février 1602 (f^o 471).

[314] Délib. du 20 février 1602 (f^o 475).

[315] Délib. du 27 février 1602 (f^o 478).

[316] «Chargé M. Dumolin... de parler à M. l’advocat des pouvres pour
luy remonstrer son debvoir quand au logement des pouvres, en y ayant
plusieurs quy ne sont que titullaires et non aulcun pouvre» (Délib. du
29 janvier 1597, f^o 160).

[317] Délib. du 16 juin 1599 (f^o 291).

[318] Délib. du 2 juillet 1596 (f^o 102).

[319] «Demain sera pourveu sur le logement des pouvres...»; on
convoquera le juge criminel, l’avocat du roi, et l’avocat des pauvres
à la maison de ville, «ensamble les survellians avec leurs pouvres
et rolles chascun de sa survelliance» (Délib. du 11 décembre 1596,
f^o 144).—«M. le lieutenant Albenas et M. Agulhonet, advocat des
pauvres... ont propozé... que, pour la grande et extrême charté des
vivres, il est expédiant de les lotger dès à présant. Conclud que on
avertira Messieurs les consuls pour en prendre rézolution à demain»
(Délib. du 23 octobre 1599, f^o 133).—V. au sujet de l’hôpital de
Nîmes, Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 562 et suiv.

[320] Voy. ci-dessus, p. 19.

[321] Voy. ci-dessus, p. 12.

[322] Voy. ci-dessus, p. 38 et suiv.

[323] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 198.

[324] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 80.

[325] Par exemple, elle députe au syn. prov. d’Uzès (1600): «MM.
d’Aiguillionet, consellier, de Sainct-Veran, Fontfroide, consul,
Blisson, avocat, diacre, et Chalas» (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10,
f^o 45, v^o). Ces députations extraordinaires devaient être défrayées,
en partie tout au moins, par la municipalité, de même que celles
envoyées aux assemblées politiques (V. ci-dessous, chap. V )

[326] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 59.

[327] Délib. du 11 septembre 1596 (_loc. cit._, f^o 125).

[328] Délib. du 14 mai 1597 (f^o 178).

[329] Délib. du 18 novembre 1598 (f^o 247).

[330] Délib. du 2 septembre 1598 (f^o 239).

[331] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599
(B. P. F., copie Auzière).

[332] V. la note suivante.—Aujargues et Villevieille (Gard, arr.
Nîmes, c^{on} Sommières; colloque de Nîmes) associées sous le pasteur
Bansillon de 1597 à 1598, envoient au colloque de Nîmes (13 novembre
1597 un ancien chacune; au colloque de Galargues (5 février 1598) un
seul ancien, habitant d’Aujargues - Extraits des actes des colloques de
1594 à 1598, concernant Aujargues; Arch. nat., TT, 232^{18}).—Cette
coutume de ne députer qu’un seul ancien, par groupe d’églises
associées, fut sanctionnée au syn. prov. de Barre en 1618 (Frossard,
_Recueil de règlements_, art. 72).

[333] Les députés des consist. de Junas, Congeniès et Aubais (Gard,
arr. Nîmes, c^{on} Sommières; colloque de Nîmes) étant «assemblés
ensemble le 2 avril 1595», à Junas, leur ministre leur remontre «le
peu d’ordre qu’il y a» en ce qui concerne la députation aux assemblées
ecclésiastiques; ils décident que «fondz sera fait en chasque esglize»,
sur lequel on prendra l’argent nécessaire aux députations, «chacune
pour son tiers». On voit dans la suite que le plus souvent un seul
ancien d’une des trois églises accompagne le pasteur (Extr. des actes
du consistoire de Junas allant de 1592 à 1599; Arch. nat., TT, 242^2).

[334] Ainsi on donne mandement de 100 s. «sur les deniers du ministère
pour paier au menuzier le reste de sa faction du banc mis au temple»
(Délib. du 8 janvier 1598, _loc. cit._, f^o 154).—Etc.

[335] Syn. nat. de Saumur (1596) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p.
203.—Syn. nat de Jargeau (1601), _Ibid._, p. 237.

[336] Délib. du consist. de Nîmes du 10 janvier 1596 (f^o 26).

[337] Délib. du 31 janvier 1596 (f^o 30).

[338] Délib. du 14 février 1596 (f^o 32).

[339] Délib. du 19 août 1596 (f^o 118).

[340] Délib. à cette date (f^o 153).

[341] Délib. du 9 avril 1597 (f^o 174).

[342] _Id._

[343] Délib. du 31 décembre 1598 (f^o 255).

[344] Délib. du 6 octobre 1599 (f^o 304).

[345] Délib. du 13 octobre 1599 (f^o 305).

[346] Délib. des 24 octobre, 28 novembre et 26 décembre 1601 (f^{os}
436, 443 et 450).

[347] Délib. du 26 janvier 1600 (f^o 323).

[348] Syn. prov. de Montpellier, séance du 27 mars 1598 (B.P.F., copie
Auzière).

[349] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 60, note 3.

[350] V. l’appendice sur les _Deniers du roi_.

[351] Le consist. de Nîmes décide, le 18 octobre 1596, que «la somme
résollue» sera départie «sus chacun de la Religion» (_loc. cit._, f^o
132).—De même, le 8 avril 1601 (f^o 404).

[352] Requête du chapitre de Nîmes au parlement de Toulouse pour qu’il
interdise aux protestants de lever aucune somme sur les rentiers des
dîmes pour l’entretien des ministres; juin 1601 (Arch. du Gard, G,
177).—Pour plus de détails, v. ci-dessous, chap. VI.

[353] V. l’assemblée du 18 octobre 1596 «convocquée sur la contribution
pour l’entretenement du ministère» (Arch. du consist., B, 90, t. VII,
f^o 132); et celle du 11 novembre 1599 (f^o 313). V. aussi délib. du
conseil de ville du 19 décembre 1599 (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^o
90).

[354] Délib. du consist. extraordinaire du 18 octobre 1596, citée.

[355] «Oultre 700 l. que se pourront retirer des restes desd. deux
livres [d’imposition des années précédentes] et 1.300 l. qu’on pourra
retirer d’alheurs [peut-être en imposant les rentiers des bénéfices]
sera nécessaire, pour subvenir tant au paiement des arreyrages deubz
esd. pasteurs que pour leur assistance de la présente année 1601 et
fraix extraordinaires de l’églize, d’imposer la somme de 800 escutz
sans y comprendre les leveures et fraix des livres» (Délib. du 8 avril
1601, Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 404).

[356] Délib. du consist. de Nîmes du 18 octobre 1596 (_Ibid._, f^o 132).

[357] D’après le règlement donné à l’église en 1596; Borrel, _Histoire
de l’église réformée de Nîmes_, p. 62.

[358] Chargés Cheyron diacre et Salveton ancien de «fere signer le
livre sur le payement des pasteurs» (Délib. du consist. extraordinaire
du 19 janvier 1600, f^o 321).—Le 3 février 1600, on voit que le rôle
de l’imposition pour les pasteurs a été signé par le garde-sceaux (f^o
325).

[359] Délib. du 3 février 1600 (f^o 325).

[360] F^o 250.

[361] Le 8 janvier 1597 (f^o 154).

[362] Délib. du consist. du 15 janvier 1597 (f^o 157).—Délib. des 18
et 25 novembre 1597 (f^{os} 247 et 248).

[363] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244).

[364] Délib. du 23 décembre 1598 (f^o 254).

[365] Délib. du 13 janvier 1599 (f^o 259).

[366] Il réclame en conséquence que l’église «se charge de payer et
acquitter l’obligé qu’il fera» de 50 écus, qu’il a empruntés «aux
apportz» pour envoyer son frère étudier en théologie à Genève (Délib.
du 20 mars 1598, f^o 216).

[367] Délib. des 15, 20 et 27 mai 1598 (f^{os} 227, 228 et 229).

[368] Délib. du 16 septembre 1598 (f^o 242).

[369] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244).

[370] Délib. du 9 décembre 1598 (f^o 250).

[371] Délib. du 16 décembre 1598 (f^o 252).

[372] V. délib. des 19 février 1597 et 20 janvier 1599 (f^{os} 167 et
261).

[373] Délib. du 20 janvier 1599 (f^o 260).

[374] Délib. du 20 janvier 1599 (f^o 261).

[375] Délib. du 24 février 1599 (f^o 267).—C’était grâce à l’édit de
Nantes que de pareilles poursuites étaient possibles en vertu de l’art.
43 secret (Anquez, _Assemblées politiques_, p. 494).

[376] Délib. du 28 juillet 1599 (f^o 295).

[377] V. l’appendice sur les _Pasteurs de Nîmes_.

[378] Sa mère réclame au consistoire 200 écus qui restent dus sur les
gages de son fils (Délib. du 13 juin 1601, f^o 418).

[379] Ainsi Aujargues et Villevieille sont privées de leur ministre
Bansillon par le colloque du 16 août 1598, pour ne l’avoir pas payé
et jusqu’à ce qu’elles l’aient payé. (Dires par écrit devant les
commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes en 1664; Arch. nat., TT,
232^{18}).

[380] Syn. prov. d’Uzès, séance du 17 mars 1600 (Arch. du consist. de
Nîmes, A, 10, f^o 45 v^o).

[381] V. ci-dessous, chap. VI.

[382] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 48.

[383] Délib. de 10 décembre 1597 (_loc. cit._, f^o 200).

[384] Délib. du 9 décembre 1598 (f^o 250).

[385] Le consist. fait mandement de 3 l. à son avertisseur «pour les
poursuittes par luy fettes et droit de leveure de l’argent deub par la
ville pour l’entretenement des escolliers proposans». (Délib. du 12
juin 1596, f^o 95).—V. ci-dessus, p. 20.

[386] Jean Gril, «ancien et recepveur des deniers du menistère» en
1598, se présente au consist. le 26 janvier 1600 et expose qu’«il a
faict recepte en ses comptes de la somme de 86 l. 15 solz pour la
pention annuelle que la présente ville faict à l’église et pour lad.
année 1598..., l’ayant payée comme exacteur des talhes et au nom des
consulz». On lui en donne décharge «pour luy servir d’acquit... envers
MM. les consulz» (f^o 322).

[387] V. le cahier de plaintes des catholiques de Nîmes, présenté aux
commissaires de l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601; art. 9^e
(Arch. du Gard, G, 446).

[388] Le 19 décembre 1599, les consuls proposent au conseil de
ville que le consistoire le prie de s’occuper _officiellement_ de
confectionner les rôles et de faire la levée des impositions destinées
au payement des pasteurs; le conseil décide de prendre auparavant
l’avis des magistrats (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^o 90).—Le 25
novembre 1601, il députe des gens «califfiés» pour dresser «l’estat de
lad. imposition par cappitation sur ceulx de la religion refformée tant
seulement» (_Ibid._, f^o 229 v^o).—Cette décision est confirmée en
conseil extraordinaire le 3 décembre 1601 (_Ibid._, f^o 236 r^o).

[389] L’art. 43 secret permet aux réformés de «s’assembler devant
le juge royal et, par son authorité, égaler et lever sur eux telles
sommes de deniers qu’il sera arbitré estre nécessaire, pour estre
employez pour les frais de leurs synodes et entretenement de ceux qui
ont charge pour l’exercice de leurd. religion..., _et seront les taxes
et impositions desd. deniers exécutoires_, nonobstant oppositions ou
appellations quelconques» (Anquez, _Assemblées politiques_, p. 494.)

[390] Délib. du 24 février 1599 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o
267). Le 13 janvier 1599, le consistoire avait décidé de faire une
«assemblée pour pourvoir à l’exécution de l’imposition des deniers
_ordonnés par le Roy_ pour l’entretenement de MM. les pasteurs» (f^o
259).

[391] Il menace de se plaindre au colloque si on ne lui pave pas ce qui
lui est dû (Délib. du 28 juillet 1599, f^o 295).

[392] Il prévient le consistoire que si on ne lui solde ses gages,
il va s’en aller à Marvéjols «quérir d’argent pour le mariage de sa
fillie» (Délib. du 10 mai 1600, f^o 347).

[393] Le 24 mai 1600, il décide d’emprunter 600 l. pour payer les
arrérages de Chambrun et de Moynier (f^o 350).—Le 17 janvier 1601,
«attandu les arreyrages deubz aux pasteurs et leur nécessité, et qu’il
est notoire qu’il n’y a _aulcung argent_ ez mains du recepveur», il
conclut à l’emprunt de 300 l. payables à six mois (f^o 389).

[394] Ch.-L. Frossard, _Étude historique et bibliographique sur la
Discipline des Eglises réformées_.—Outre la Discipline générale, œuvre
des synodes nationaux et codifiée en 1666 par d’Huisseau, il existe des
recueils de décisions de synodes provinciaux. V. pour le Bas-Languedoc
un _Recueil de règlements extr. des actes des synodes provinciaux_...
publ. par le pasteur Ch.-L. Frossard.

[395] Délib. du consist. de Nîmes, du 16 septembre 1597 (Arch. du
consist., B, 90, t. VII, f^o 193).

[396] Délib. du 16 octobre 1596 (_Ibid._, f^o 131).

[397] Délib. du 18 décembre 1601 (f^o 448).

[398] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 124.

[399] Frossard, art. 123.

[400] Frossard, art. 124.

[401] Frossard, art. 110.

[402] «Conclud qu’on ne changera point l’ordre des prédications
en ceste province, et qu’on ne preschera point les dicts jours
[chomables], si ce ne sont jours ordinaires de prédication de la dicte
église» (Frossard, art. 156).

[403] Délib. du consist. de Nîmes, du 24 février 1599 (_loc. cit._, f^o
267).

[404] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257).

[405] Pierre de Valernod, né le 25 mai 1551, de Jean de Valernod et de
Françoise de Luc, chanoine de Die, archidiacre de Carcassonne, chanoine
puis précenteur à Nîmes, fut nommé évêque de Nîmes le 4 septembre 1594,
par le roi, grâce au crédit de son frère Jean de Valernod, secrétaire
du connétable de Montmorency (V. sur Jean de Valernod: Ménard, _Hist.
de Nîmes_, t. V, p. 294.—D’Aubais et Ménard, _Pièces fugitives_, t.
III, p. 23). Un arrêt du Grand Conseil, du 8 juin 1595, permit à Pierre
de Valernod de prendre possession civile de son évêché; la cérémonie
eut lieu le 4 septembre suivant; mais il ne reçut ses bulles qu’en 1598
et fut sacré à Avignon le 24 février 1598 (Ménard, _loc. cit._, et
_Histoire des évêques de Nîmes_, t. I.)—Puech, _Un évêque de Nîmes au
commencement du XVII^e siècle; Pierre de Valernod_.—Germain, _Hist.
de l’église de Nîmes_, t. II, p. 190.—Goiffon, _Catal. analytique des
évêques de Nîmes_, dans _Bull. du Comité de l’art chrétien du dioc. de
Nîmes_, t. I, pp. 304 et 333.—_Exhortation de l’évêque de Nîmes Pierre
de Valernod à ses diocésains, lors de l’abjuration de Henri IV (1595)_
(Bibl. de Nîmes, n^{os} 212-217, VI, 9). La _Gallia Christiana_, t. VI,
p. 549, dit que Valernod fut nommé à l’évêché d’Uzès. Cette erreur est
relevée par Ménard (_loc. cit._).

[406] Délib. du consist. de Nîmes, du 18 mars 1598 (Arch. du consist.,
B, 90, t. VII, f^o 214).

[407] Délib. des 18, 20 et 25 mars 1598 (_Ibid._, f^{os} 214 et 217).

[408] V. notamment une délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439).

[409] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 55.

[410] Délib. du consist. des 3 février 1600, 16 février 1600, etc.
(_loc. cit._, f^{os} 325, 327, etc.).

[411] Délib. du 26 juin 1596 (f^o 101).—V. encore une délib. du 7 août
1596, relative au juge criminel qui reçoit des prêtres dans sa maison
(f^o 114).

[412] Synode prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 14^e may «au
matin» (B. P. F., copie Auzière).—Frossard, _op. cit._, art. 151.

[413] Frossard, art. 139.

[414] Frossard, art. 125.

[415] Frossard, art. 148.

[416] Frossard, art. 145.—Ce n’est pourtant qu’au bout d’un an que le
consist. de Nîmes envoie «parler à Sixmard et à sa fiancée de ce qu’ils
ne s’espousent» (_loc. cit._, f^o 36).

[417] Délib. du consist. de Nîmes, du 16 février 1600 (f^o 328).

[418] Syn. prov. d’Uzès, séance du 17 avril 1603 (B. P. F., copie
Auzière).

[419] «Chargé sire Farel... de s’informer de la vye de certaine femme
qui demeure près M. le lieutenant d’Albenas» (Délib. du 10 juin 1598,
f^o 230).

[420] Délib. des 6 octobre 1599 (f^o 304) et 26 décembre 1601 (f^o 450).

[421] Délib. du 9 septembre 1598 (f^o 241).

[422] Le consist. décide d’appeler Jean Lombard, cardeur, accusé
d’inconduite «par la voix et famé publicque» (Délib. du 28 février
1596; f^o 38).—«Chargé M^{re} Boschier de inthimer au livraire logeant
chez done Gonsette de desloger et vuider de sa maison, pour ce qu’_on
préthand_ qu’ilz couchent en une mesme chambre» (Délib. du 13 mars
1596, f^o 46).—V. une autre délib. du même jour (_Ibid._).

[423] Délib. des 28 avril et 28 mai 1599 (f^{os} 278 et 285).

[424] Délib. du 12 décembre 1596 (f^o 137).

[425] Délib. du 17 avril 1596 (f^o 58).

[426] _Pièce_ n^o 9.

[427] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 159.

[428] Syn. nat. de La Rochelle (1581) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p.
152.

[429] Délib. du consist. de Nîmes du 17 juillet 1596 (_loc. cit._, f^o
108).

[430] Délib. du 31 mai 1600 (f^o 352).

[431] Frossard, art. 159.—Délib. du consist. du 3 octobre 1601 (f^o
433).

[432] Délib. du 25 novembre 1598 (f^o 248).

[433] Délib. du 7 avril 1599 (f^o 274).

[434] Syn. prov. de Montpellier (1596) (B. P. F., copie Auzière, f^o
7).—M^{me} Duplessis-Mornay se vit priver de la cène à Montauban pour
avoir persisté à soutenir ses cheveux avec des «fils d’arichal» (V. ses
_Mémoires_, t. II, pp. 269 et suiv.).

[435] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 240.

[436] Délib. du 5 mai 1599 (f^o 279).

[437] Délib. du 13 mars 1596 (f^o 46).

[438] Délib. du 10 avril 1599 (f^o 227).

[439] Délib. du 10 janvier 1596 (f^o 27).

[440] Délib. du 25 décembre 1596 (f^o 146).

[441] Leur banc était immédiatement derrière celui des pasteurs (Délib.
du 25 décembre 1596, f^o 146); il était fermé par une porte (Délib. du
21 avril 1599, f^o 278); et il avait coûté 5 l. (Délib. du 7 février
1597, f^o 163).

[442] Délib. du 1^{er} avril 1598 (f^o 219).

[443] Ainsi, Pacius en demande un pour lui et pour sa femme, qu’on lui
fait choisir (Délib. du 1^{er} octobre 1597, f^o 194).

[444] V. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, pp. 39
et suiv.

[445] Le règlement adopté par le consistoire en 1566 porte que le prix
de location des bancs dans le temple sera versé dans la bourse des
pauvres (Borrel, _Hist. de l’égl. réformée de Nîmes_, p. 58).

[446] Frossard, art. 111.—V. délib. du consist. du 28 février 1596
(f^o 37).

[447] Délib. du 17 janvier 1596, ordonnant que certains bancs «que sont
fichés» seront arrachés et la place «rendue libre comme auparadvant»
(f^o 27).

[448] Du moins, il y en a sur le banc de Pacius (Délib. du 8 octobre
1597, f^o 194).

[449] Délib. du 28 février 1596 (f^o 37).

[450] Délib. du 24 juin 1598 (f^o 232).

[451] Délib. du 21 avril 1599 (f^o 278).

[452] C’est ce qu’il fait, par exemple, pour Mesdemoiselles d’Ariffon,
de Saint-Estienne et leurs filles, comme je l’ai dit.—V. aussi la
réconciliation qu’il fit de Julius Pacius avec Robert de Vismes
(_Pièce_ n^o 5).

[453] Le 27 juin 1601, il délègue deux pasteurs et un ancien pour
«accorder le juge criminel et le lieutenant de Bonnail qui avoient
différend» (f^o 420).

[454] Ainsi fait-il à Falguerolles et à Rally, l’écolier; le premier
accepte sa censure, le second en appelle au colloque (Délib. du 19 mai
1599, f^o 281).

[455] Syn. prov. de Nîmes, séance du 12 mars 1601 (Arch. du consist. de
Nîmes, A, 10, f^o 64 r^o).

[456] Syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, t. I, p. 219.

[457] Syn. nat. de Montpellier (1598), _loc. cit._

[458] Frossard, art. 166.—Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte,
séance du 12 mai 1599 (B. P. F., copie Auzière).

[459] Frossard, art. 168.

[460] Frossard, art. 165.—Je pourrais m’étendre davantage sur tous les
jeux défendus d’après le règlement de la Discipline. Mais il n’est pas
particulier au colloque de Nîmes, et l’on ne sait dans quelle mesure il
était appliqué.

[461] «Sera appelé le paumier du jeu de M. de la Farelle pour s’estre
trouvé en faute d’avoir tenu des joueurs dimanche dernier en son jeu»
(Délib. du 24 janvier 1596; arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o
31).—«Pour le fait du jeu de balon qui se continue... mesme durant
l’heure des prêches le dimanche», on parlera «à Messieurs le juge
criminel et consulz affin qu’ilz y remédient» (Délib. du 26 novembre
1597, f^o 199).—V. sur les jeux alors en usage à Nîmes, Puech, _Une
ville au temps jadis_, pp. 436-446.

[462] Frossard, art. 115.

[463] Frossard, art. 114.

[464] Délib. du 23 décembre 1598 (f^o 254).

[465] Délib. du 24 janvier 1596 (f^o 31).

[466] Délib. du 10 juillet 1596 (f^o 105).

[467] Délib. du conseil de ville de Nîmes, du 10 janvier 1600 (Arch.
comm., LL, 15, f^o 97 v^o).

[468] Frossard, art. 167.

[469] Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 450-452.

[470] Syn. prov. d’Uzès, séance du 18 mars 1600 (B. P. F., copie
Auzière).—L’ordonnance du syn. fut observée à Nîmes: le 22 mars 1600,
le consist. décide de la publier en chaire «les deux sènes du jour de
Pasques» (f^o 335).

[471] Délib. du 21 février 1596 (f^o 35).

[472] Délib. du 29 février 1596 (f^o 40).—Les «masques» étaient
interdits comme les danses: en 1583, des jeunes gens nîmois avaient
imaginé un «costume» original: ils avaient peint leurs corps nus
(Délib. des 23 mars et 6 avril 1583; arch. du consist., B, 90, t. IV,
f^{os} 2 et 5).

[473] Délib. du 16 février 1600 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o
327).

[474] Délib. du 26 mai 1599 (_Ibid._, f^o 283).

[475] Délib. du 2 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 452).

[476] Dardier, _La discipline dans l’ancienne égl. réf. de Nîmes_, dans
_Étrennes chrétiennes_, pp. 72-74.—Quelques traits de cette étude ont
été reproduits par l’auteur dans le _Bulletin de l’Académie de Nîmes_,
année 1881.

[477] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 54.

[478] Délib. du 12 mai 1599 (_loc. cit._, f^o 280).

[479] V. la délib. précédente et celle du 10 mai 1600 (f^o 347).

[480] Délib. du 13 mars 1596 (f^o 44).

[481] Délib. du 6 mars 1596 (f^o 42).

[482] Délib. du 20 mars 1596 (f^o 47).

[483] Ch. Dardier, _La Discipline dans l’ancienne égl. réf. de Nîmes_
dans _Étrennes chrétiennes_, p. 68.

[484] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 186.

[485] «Jean Moynier, serviteur de M. le Juge Criminel, mandé venir au
consistoire pour savoir quy a dancé... aux nopces... de M. le Juge
Criminel, lequel a dict que, pour en savoir nouvelles du tout, la femme
de M^{re} Denis Tausan, Barrière et sa femme», etc. (Délib. du 29
février 1596, f^o 40).

[486] «Sont esté mandé venir Marie Riquette..., Jehanne Vabresse et
Catherine Reyne...; lesd. femmes ont dict...» (Délib. du 14 juillet
1599, f^o 294).

[487] Délib. du 9 avril 1599 (f^o 275).

[488] Délib. du 14 juillet 1599 (f^o 294).

[489] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 52.

[490] Délib. du 11 avril 1601 (_loc. cit._, f^o 405).

[491] Délib. du 18 avril 1601 (f^o 408).

[492] F^o 411.

[493] F^o 412.

[494] F^o 413.

[495] F^o 415.

[496] F^o 416.

[497] F^o 427.

[498] F^o 427.

[499] F^o 428.

[500] F^o 430.

[501] F^o 431.

[502] F^o 432.

[503] F^o 434.

[504] F^o 435.

[505] F^o 437, délib. du 27 octobre.

[506] F^o 437, délib. du 30 octobre.

[507] F^o 439.

[508] F^o 439.

[509] Sur la qualité des membres du consistoire, voy. ci-dessus, p. 33.

[510] Délib. du 19 juin 1596 (f^o 98).

[511] Délib. du 19 août 1596 (f^o 117).

[512] «M. Maltrait, venu au consistoire..., ayant esté appellé par
l’advertisseur, se seroit rendu reffuzant» (Délib. du 29 mai 1599, f^o
285).—M^{lle} de Bessonnet, appelée deux fois par l’avertisseur, «lui
a dict qu’elle ne voloit point venir et que ne viendroit point» (Délib.
du 24 octobre 1601, f^o 436).

[513] «A esté renvoyé à demain» (Délib. du 3 septembre 1599, f^o 300).

[514] V. _Pièces_ n^{os} 3 et 9.

[515] Requête de Rivière et Gasais au consist. _Pièce_ n^o 3.

[516] Le syn. prov. d’Alais permet au pasteur de la Faye de citer
en justice un certain Noguier qui avait écrit contre lui un libelle
diffamatoire si celui-ci, ses parents et ses alliés ne «tiennent lad.
réconciliation» (Séance du 20 avril 1602; B. P. F., copie Auzière).

[517] M. Delorme dit qu’on l’employait à Nîmes dès 1561 (_Bull. de
la Soc. du Protestantisme_, XXXVII (1888), p. 317). Il semble plutôt
que c’étaient des _billets_ en papier qui en faisaient l’office (P.
de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 128). Sur les
méreaux, on peut voir encore: Gélin, _Le méreau dans les églises
réformées de France_, dans _Mémoires de la Soc. de statistique des
Deux-Sèvres_, année 1892, et Ch. L. Frossard dans _Bull. de la Soc. du
Protestantisme_, XXXI (1872), pp. 236 sq.

[518] Le consist. de Nîmes décide, le 24 mai 1600, de faire comparaître
M^{lle} de Gueyssac «voir que luy a baillé la marque» qui lui a permis
de communier malgré sa suspension (Arch. du consist., B, 90, t. VII,
f^o 350). V. encore (f^{os} 248, 345) séances du 9 septembre 1598 et du
3 mai 1600.

[519] V. A. Puech, _Un Nîmois oublié, le pamphlétaire Guillaume de
Reboul_.

[520] Voy. ci-dessus, pp. 98-99.

[521] Délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439).

[522] Délib. du 2 janvier 1602 (f^o 452).

[523] Délib. du 9 janvier 1602 (f^o 453).

[524] Délib. du 16 janvier 1602 (f^o 454).

[525] De même, il aurait fallu qu’une forte sanction parût bien
nécessaire pour que l’on condamnât une église aussi importante que
Nîmes, par exemple, à la privation du culte (Voy. ci-dessus, pp. 74-75).

[526] «Le sire Tourrel, surveillant,... luy sera représenté s’il ne
fait estat de joueur, pour après en informer le consistoire» (Délib.
du 17 janvier 1596, f^o 28).—Le 1^{er} août 1598, le ministre
Falguerolles est griefvement censuré» (f^o 236).

[527] Un des consuls est appelé pour avoir fait route avec l’évêque
Valernod (Délib. du 26 juin 1596, f^o 101).

[528] «M. le lieutenant Albenas sera appellé par le diacre et le
survelhant de son quartier» (Délib. du 4 mars 1598, f^o 218).—Il
empêche l’avocat du roi «de n’usurper le cimetière plus qu’il ne fault
pour son sépulcre» (Délib. du 5 novembre 1597, f^o 197).

[529] Délib. du 29 février 1596 (f^o 40).

[530] Délib. du 21 février 1596 (f^o 35).

[531] Voy. notamment, dans ce chapitre, les enquêtes du consistoire
sur la paillardise, la coquetterie, la danse et la musique et son
intervention dans les querelles de ménage. Cet ordre de choses «nous
choquerait infiniment plus qu’il ne choquait nos devanciers» (P. de
Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 181). Je n’ai pas lu,
en effet, dans le registre du consistoire, qu’aucun fidèle se soit
jamais plaint de la surveillance consistoriale.

[532] V. les actes du conseil de ville (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15,
passim.).

[533] M. de Saint-Cézary est chargé de «proposer en maison de ville
par devant Messieurs les consulz et leur conseil pour la levée des
rolles et payement de Messieurs les ministres pour leurs gages, le
premier jour que seront assemblés» (Délib. du consist. du 20 janvier
1599, Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 260).—«Charge Messieurs
Chambrun, Moynier, Cheyron, et sire Manuel, et M^{re} Laurens au
conseil mandé par Messieurs les consulz le jour de demain en la maison
de ville, pour raison de certaines affaires concernant l’esglize»
(Délib. du même jour, _ibid._).—On trouve parmi les assistants au
conseil de ville du 21 janvier: le pasteur Chambrun et les anciens
Saint-Cézary et Manuel (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^{os} 5 v^o, 6
r^o).—«Le premier conseil ordinaire que se tiendra en la maison de
ville, l’on y représantera le faict de la cloche de Vergèses» (Délib.
du consist. du 13 août 1597, _loc. cit._, f^o 189).—Etc.

[534] «A l’issue du prêche, demain, l’on assemblera avec le
consistoire» quelques magistrats, les «consulz» et les «principals
advocats» (Délib. du consist. du 12 mai 1596, f^o 95).—Etc....

[535] En 1602, «le sire Cotton, consul», est chargé par le consistoire
de «remonstrer à damoiselle Sarouille...» (Arch. comm. d’Aimargues, GG,
54).

[536] On trouve parmi les membres du consist., en 1579: «Sire Anthoine
Maurié de Rovirac, qui est aussi consul»; des consuls sont encore élus
anciens en 1593, 1598, 1600, 1601, 1603, etc... (Reg. des baptêmes et
mariages de La Salle, comprenant les listes des membres du consist.;
inventaire analytique de M. Teissier, B. P. F.).

[537] Arch. comm. du Vigan, BB, 3.

[538] Arch. du consist, B, 90, t. VII, f^o 105.

[539] Délib. du 9 septembre 1598 (_Ibid._, f^o 241).—V. encore une
délib. analogue du 6 octobre 1599 (f^o 304).

[540] Délib. du 21 février 1596 (f^o 34).

[541] V. ci-dessus, p. 93.

[542] «Seront aussi tenus de garder et observer les festes indictes
en l’Église catholique, apostolique et romaine, et ne pourront, ès
jours d’icelles, besongner, vendre, ny estaller à boutiques ouvertes»
(Anquez, _Assemblées politiques_, p. 463).

[543] Délib. du consist. du 29 mai 1596 (f^o 86).

[544] Délib. du 15 janvier 1597 (f^o 156).

[545] V. ci-dessus, p. 76.

[546] V. ci-dessus, p. 76, note 4.

[547] V. le chap. III.

[548] Délib. du 10 janvier 1600 (Arch. comm., LL, 15, f^o 98 r^o).

[549] V. p. 107.

[550] Ainsi un des consuls est appelé au consistoire «pour avoir
accompagné l’évesque de la présante ville et prestre pour aller dire la
messe à Beauvoisin» (Délib. du 26 juin 1596, _loc. cit._, f^o 100).

[551] Délib. du 27 mai 1598 (f^o 229).

[552] V. ci-dessus, p. 93.

[553] Certains prétendaient être assis et couverts pendant que le
consistoire les censurait. Le syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars
1600, n’osa donner un règlement qui aurait pu provoquer de graves
révoltes sans doute, car il permit aux consistoires d’en ordonner
librement suivant qu’ils le jugeraient bon (B. P. F., copie Auzière).

[554] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 202.—Cet article fut renouvelé par
le syn. prov. du Vigan (1609); v. Frossard, _Rec. de règlements_, n^o
80.

[555] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 (B. P. F., copie
Auzière).

[556] Voy. p. 55, note 2.

[557] Syn. nat. de Montpellier (1598), dans Aymon, _Syn. nat._, t. I,
p. 218.—Cet article est le développement d’un règlement donné au syn.
prov. de Montpellier en 1598 (V. Frossard, n^o 61).

[558] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (B. P. F., copie
Auzière).

[559] Délib. du 19 juin 1596 (_loc. cit._, f^o 99).

[560] Ci-dessus, pp. 44 et suiv.

[561] Délib. du 18 septembre 1596 (f^o 127).

[562] Délib. du 5 mars 1597 (f^o 169).

[563] Délib. du 12 mai 1599 (f^o 280).

[564] Délib. du 26 novembre 1597 (f^o 199).

[565] Syn. prov. d’Alais, séance du 20 avril 1602 (B. P. F., copie
Auzière).

[566] Voy. le chap. IV et la 1^{re} partie de celui-ci.

[567] _Pièce_ n^o 2.

[568] «Demain sera pourveu sur le logement des pouvres à l’heure de
midy»; on priera le juge criminel, l’avocat du roi et celui des pauvres
d’assister à la séance (Délib. du 11 décembre 1596, f^o 144).

[569] «M. Moynier et M. Boschier sont chargés de parler à M. le juge
criminel de ne plus longuement tenir Mazel aux prisons, ou, sy ainsin
est, qu’il luy balhe alhimens pour sa norriture, atandu sa pouvreté et
disette» (Délib. du 17 juillet 1596, f^o 110).

[570] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 24.

[571] Délib. du 19 avril 1600 (_loc. cit._, f^o 344).

[572] Voy. Dom Vaissète, _Hist. du Languedoc_, t. V, _passim_.

[573] 1602, 13 août. Lettre du roi aux consuls de Nîmes (B. N., ms.
franç. 3564, f^o 65).

[574] 1614, 27 mai. Plainte d’un prêtre servant en l’église de Nîmes
par devant Jacques Leblanc, «juge roial de Nymes» (Arch. du Gard, G,
446).

[575] Le 19 avril 1600 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 344).

[576] Délib. du conseil de ville des 19 et 27 avril 1600 (Arch.
communales, LL, 15, f^{os} 108 et 109).

[577] Délib. du consist. de Nîmes du 3 mai 1600 (Arch. du consist.,
B, 90, t. VII, f^o 346).—Saint-Gilles, Gard, arr. Nîmes; colloque de
Nîmes.

[578] Délib. du 19 avril 1600 (Arch. comm., LL, 15, f^o 108).

[579] Délib. du conseil de ville du 11 novembre 1600 (_Ibid._, f^{os}
151 v^o-152 r^o); etc.

[580] Ils envoient au roi une députation de 10 ou 12 personnes pour
réclamer leur admission aux consulats; il faut bien, pour nommer cette
députation, qu’ils se soient assemblés (Délib. du conseil de ville du
26 décembre 1600, f^o 158).

[581] V. par exemple, aux Arch. du Gard, G, 446, leur cahier présenté
aux commissaires et répondu le 22 février 1601. Je ne tiens compte
que des faits précis allégués dans ces cahiers, tant des catholiques
que des protestants, et je néglige totalement tout ce qui n’est pas
justifié par des faits.

[582] V. les délib. des 6 novembre, 31 décembre 1599, etc. (Arch. du
Gard, G, 1118, f^{os} 10 r^o, 16 r^o, etc.).—Des procès de ce genre
étaient très fréquents, même dans des régions toutes catholiques, du
XVI^e au XVIII^e siècle.

[583] Cahier des états de Pézenas, «présentés au roy le 12 aoust 1596»,
art. XVII^e (Arch. du Gard, C, 925, f^o 6).

[584] Cahier des états de Pézenas cité, art. XIX^e (f^o 7 r^o).

[585] Voici ces recommandations: «Durant le saint sacrifice de la
messe, que chacun demeure debout despuis le commencement d’iceluy
jusques que le célébrant monte à l’autel, comme aussy à toutes les
oraisons qu’il dict et preffaces; demeurer à genoux un peu avant la
consécration du corps et du sang précieux de Nostre Seigneur jusques
que le prebstre dict ces mots: _Omnis honor et gloria_. Là, aiant
un peu incliné le chef, se mettre droit pour la préface du _Pater_
jusques à _Domine non sum dignus_, où faut estre de genoux et y
demeurer jusques à la communion, puis se lever aux oraisons, et prendre
la bénédiction à genoux. Pour les autres heures,... demeurer debout
lorsqu’on les commence jusques à _Alleluia_ ou _Laus tibi_, à chacun
_Gloria Patri_ jusques à _Amen_, aux capitules, derniers vers de chacun
hymne, aux commémorations à cause des oraisons, et, quand on lit à
matines l’Évangile, jusques à _Et reliqua_». Ce règlement commence
ainsi: «M. Maistre Estienne Cortois, archidiacre second en l’église
collégiale de Saint-Gilles, vicaire de M. l’abbé dud. lieu, exorte
Mess^{rs} du chapitre... vouloir fere ce qui est contenu aux articles
soubscrits.» Il est intercalé entre deux délibérations dud. chapitre,
l’une du 3 novembre 1600, et l’autre du 3 avril 1601 (Arch. du Gard, G,
1118, f^o 35).

[586] Cahier des catholiques de Nîmes présenté aux commissaires
exécuteurs de l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601; art. 2^e
(Arch. du Gard, G, 446).

[587] Même cahier, art. 3^e et 5^e.

[588] V. même cahier, art. 5^e.—Cahier présenté au roi par les
réformés du Bas-Languedoc, répondu le 17 avril 1601, art. X et XI
(Arch. du Gard, G, 446). Cahier des états de Pézenas présenté au roi le
12 août 1596, art XVI (Arch. du Gard, C, 925, f^{os} 5 v^o-6 r^o).

[589] Cahier des catholiques de Nîmes, cité p. 122, note 2: art. 6^e.

[590] Même cahier, art. 7^e.

[591] Même cahier, art. 11^e.

[592] Même cahier, art. 29^e et 30^e.

[593] Germain, _Hist. de l’Église de Nîmes_, t. II, p. 194.—V. même
cahier, art. 22^e, 23^e, 24^e, 25^e, 26^e.—Cahier des réformés de
Bas-Languedoc au roi, répondu le 17 avril 1601, art. I (Arch. du Gard,
G, 446).—Etc.

[594] Cahier des états de Pézenas, présenté au roi le 12 août 1596,
art. XXX (Arch. du Gard, C, 925, f^o 7).

[595] Cahier des catholiques de Nîmes, présenté aux commissaires de
l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601, art. 9^e (Arch. du Gard,
G, 446).

[596] V. ci-dessus, p. 20 et chap. V.

[597] Cahier des catholiques de Nîmes, cité p. 122, note 2, art.
31^e.—V. ci-dessus, p. 46, note 1.

[598] Il n’y a pas de raisons pour accuser les huguenots d’avoir
plus contribué que les catholiques à dépouiller les rentiers
ecclésiastiques; mais il n’y en a pas moins. A la faveur des troubles,
s’était levée une foule d’aventuriers, tant huguenots que papistes, qui
ne songeaient qu’à s’enrichir. Je mentionne les faits qui suivent pour
donner une idée du désarroi régnant en général dans le parti catholique.

[599] Cahier présenté au roi par «les états du Languedoc», répondu le
7 septembre 1595; art. IV (Arch. du Gard, C, 925). V. aussi le cahier
des états de Pézenas, présenté au roi le 12 août 1596, art. X (Arch. du
Gard, C, 925, f^o 3 v^o).

[600] Cahier des «états de Languedoc» cité, art. V.—Voy. aussi cahier
des états de Pézenas, cité p. 126, note 2; art. XI.

[601] Même cahier des états de Pézenas (f^o 4 v^o-5 r^o).

[602] Même cahier, art. XV (f^o 5).

[603] V. ci-dessus, pp. 70 et 127.

[604] Palma Cayet, _Chronologie septennaire_, éd. Buchon, t. XVI, pp.
209-210.

[605] «Cahier de ceulx de la Religion Prétendue réformée, assemblés
à Saumur 1611», art. IX, avec le sommaire suivant en marge:
«De l’exemption des tailles pour les ministres comme pour les
ecclésiastiques» (B. N., ms. Brienne, 222).

[606] V. ci-dessous l’appendice _A_ sur les _Deniers du roi_.

[607] Cahier de remontrances des catholiques de Nîmes aux commissaires,
répondu le 22 février 1601, art. 13^e (Arch. du Gard, G, 446).

[608] Arrêt du Parlement de Toulouse interdisant aux consuls, syndics
et autres de saisir les fruits décimaux «soubs prétexte de la norriture
desd. pouvres» (Arch. du Gard, G, 437).

[609] Arrêts de la cour des Aides contre les consuls de Nîmes exemptant
des tailles les Carmes de lad. ville (_Ibid._, H, 297).

[610] Requête du chapitre de Nîmes au Parlement de Toulouse pour qu’il
interdise aux protestants de lever aucune imposition sur les rentiers
des dîmes pour l’entretien des ministres (_Ibid._, G, 177).

[611] Arrêt de la cour des Aides exemptant de tous les impôts l’église,
le couvent et l’enclos des Carmes de Nîmes (_Ibid._, H, 296).

[612] _Ibid._, G, 1105.

[613] Voy. la _Conclusion_.

[614] _Hist. de Nismes_, t. V, p. 148.

[615] V. ci-dessus, p. 120.

[616] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 (B. P. F., copie
Auzière).

[617] Le syn. prov. de Montpellier, séance du 23 août 1596, décide
que Falguerolles continuera de répondre à l’_Apostat_ de Reboul «avec
l’advis et assistance de MM. de Chambrun et Moinier, aussy ministres
de Nîmes», et communiquera sa réponse aux pasteurs Bertrand et Gigord
(B. P. F., copie Auzière).—Moynier est censuré par le colloque de
Nîmes pour n’avoir montré son livre au ministre Baille que «après qu’il
s’imprimoit» (Syn. prov. de Nîmes (1601), _loc. cit._).—Souvent c’est
le colloque (ou au moins trois ou quatre de ses pasteurs) qui est
chargé de revoir l’ouvrage (Frossard, _Recueil de règlements_, n^o 67).

[618] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 219.

[619] Ainsi, Sébastien Jaquy, imprimeur nîmois, «examiné sur le livre
qu’il a imprimé intitulé: _Très humble supplication à Monsieur le
conte Maurice par la suivante d’Orange_, a respondu que c’est M.
Julien, ministre dud. Orange, et le consul de lad. ville qui l’ont prié
l’imprimer et luy ont délivré 10 escus 2 livres pour le pris, et, de
lad. impression, il auroyt délivré cent exemplaires auxd. sieurs, et
n’auroyent en son pouvoir que deux siens, en ayant donné à quelques
particuliers seulement troys. Et... a dict et préthandue avoyr remis
entre les mains desd. sieurs la coppie sur laquelle il a faict lad.
impression, ayant déclairé avoyr cogneu qu’une partie de la coppie et
jugé escripte de la main de M. de Serres.....» (Délib. du consist.
de Nîmes du 1^{er} juillet 1598; arch. du consist., B, 90, t. VII,
f^o 233).—Plus tard, le 29 novembre 1600, il est _accusé_ dans led.
consistoire d’avoir édité un pamphlet intitulé: _La teste du ministre
Caille_ (_Ibid._, f^o 374). V. sur l’imprimeur Sébastien Jaquy, Puech,
_Une ville au temps jadis_, p. 363.

[620] Cf. ci-dessus, p. 135, note 2.

[621] Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte (1599) décide que
Falguerolles pourra envoyer à Genève sa réponse au jésuite Porsan
pourvu que, revue par les pasteurs de cette ville, elle y soit
imprimée, ou bien simplement la montrer aux pasteurs de Nîmes, d’Uzès
et du Vigan et l’éditer à Nîmes ou à Montpellier; le tout aux frais de
son colloque (B. P. F., copie Auzière).

[622] V. délib. du consist., 25 septembre 1596 (Arch. du consist., B.
90, t. VII, f^o 128).—Sur Reboul, v. Puech, _Guillaume de Reboul_.

[623] Cahier de remontrances des réformés de Bas-Languedoc, présenté au
roi, répondu le 17 avril 1601; art. XVI^e (Arch. du Gard, G, 446).

[624] Le syn. prov. de Nîmes, séance du 12 mars 1601, «conclud que.....
les frais qui seront faicts par lesd. pasteurs [pour leurs procès]
seront mis sur le général» (B. P. F., copie Auzière).—Celui d’Alais
(séance du 21 avril 1602) rembourse au ministre d’Aigues-Mortes,
Bansillon, «ses fraiz faictz à la poursuite du procez qu’il a heu à
raison de son livre contre le Jésuite» (_Ibid._).

[625] V. le syn. prov. d’Alais, séances des 19 et 21 avril 1602
(_Ibid._).—Ch. Read, _Henri IV et le ministre Daniel Chamier_ (1854),
pp. 23 et suiv.—Syn. nat. de Gap, dans Aymon, _Syn. nat._, t.
I.—Sully, _Oeconomies_, pp. 516 et suiv.—Etc.

[626] Syn. prov. d’Uzès, séance du 24 avril 1603 (B. P. F., copie
Auzière).

[627] Même syn., séance du 21 avril 1603 (_Ibid._).

[628] C’est le motif qu’invoque le président de la chambre de l’édit
de Castres, de Fresne-Canaye, pour interdire la continuation de la
controverse entre le ministre Chamier et le jésuite Coton, dont je
parle ci-après (Ch. Read, _Daniel Chamier_, pp. 338-9).

[629] Requête des protestants au sénéchal pour lui remontrer que,
Ferrier ayant été provoqué par Coton, son conseil aurait refusé
l’autorisation nécessaire pour qu’ils pussent se livrer à leur
controverse, malgré les précédents; or, son conseil n’était alors
composé que de catholiques, ce qui est contraire aux édits qui
ordonnent qu’en pareil cas, il doit se composer du même nombre de
juges protestants et catholiques; que le sénéchal accorde donc lad.
permission, ou ils en appelleront à la chambre de l’édit (Ménard,
_Hist. de Nîmes_, t. V, _Preuves_, 222).—Une copie conforme de cette
requête se trouve aux Arch. du consist. de Nîmes, sous la cote B, 1.

[630] _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 444. Ce livre,
publié en 1875-78, est soit un pamphlet, soit une œuvre d’édification,
comme on voudra. En tout cas, il n’a pas le minimum d’impartialité
nécessaire pour qu’on puisse le qualifier d’historique.

[631] Le syn. nat. de Jargeau (1601) décide que les ministres «ne
seront point agresseurs.... Ils n’entreront jamais en dispute réglée
que par des écrits respectifs, donnés et signés de part et d’autre.
Et pour ce qui est des disputes publiques, ils n’y entreront que par
l’avis de leur consistoire et celui de quelque nombre de pasteurs qui,
pour cet effet, seront choisis par les coloques et synodes provinciaux.
Ils n’entreront point aussi en aucune dispute ou conférence générale
sans l’avis de toutes les églises assemblées au synode national,
sous peine aux ministres qui y entreront autrement d’être déclarés
apostats et traités comme violateurs des loix fondamentales de nos
églises» (Aymon, _Syn. nat_., t. I, pp. 237-8).—V. aussi G. de Felice,
_Syn. nat._, pp. 232-3.—Cet art. du syn. de Jargeau passa dans la
_Discipline_ (chap. VI, art. 4).

[632] Le 10 novembre 1599, le consistoire fait mandement à sire Cheyron
de 3 écus 13 sols qu’avait coûtés l’entretien de Ferrier durant son
séjour «pour la conférence avec le P. Couton», et de 4 l. «pour le
voyage des chevaulx» (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 309).

[633] V. ci-dessous, p. 148.

[634] Le 23 mai 1599 (f^o 306).

[635] _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 444.

[636] Lisez _Chalas_.

[637] Ferrier dit au synode prov. d’Uzès, séance du 17 mars 1600, que
la dispute avec Coton «ne luy aurait été permise par le Magistrat»
(Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^{os} 45 v^o-46). C’est donc à
tort que M. Germain, _Hist. de l’égl. de Nîmes_, p. 193, écrit qu’elle
eut lieu.

[638] C’est ce que dit le consist. au même synode, même séance.

[639] Après la conférence, le P. Coton publia ou fit publier: 1^o
«_Discours envoyé à Mgr. l’illustrissime cardinal de Sourdis,
archevesque de Bourdeaux et primat d’Aquitaine, contenant succinctement
et au vray le narré de la conférence commencée à Nismes, dans la
Maison du Roy, le 26 septembre et finie par ordonnance de la Cour le
3 d’octobre 1600, entre le R. P. Coton, de la Compagnie de Jésus, et
M. Chamier, ministre_.—En Avignon, de l’imprimerie Jacques Bramereau,
1600, in-8 de 175 pp. (d’après le P. Prat, _Recherches sur la compagnie
de Jésus_, t. I, p. 612). 2^o _Actes de la conférence tenue à Nismes
entre le R. P. Pierre Coton, de la Compagnie de Jésus, et M. Chamier,
ministre, commencée le 26 septembre 1600 et interrompue le 3 octobre
dudict an, sur certains passages citez par ledict Pierre Coton en son
livre de la Messe, et impugnez de faux par ledict Chamier_.....—A
Lyon, par Estienne Tantillon, MDCI, in-8 de 296 pp. sans les
préliminaires. Cet ouvrage est à la bibl. de Grenoble (d’après Ch.
Read, _Daniel Chamier_, pp. 450 et suiv.).—De son côté, Daniel Chamier
publia postérieurement aux deux ouvrages précédents: _Les actes de
la Conférence tenue à Nismes entre Daniel Chamier, ministre du Saint
Évangile, pasteur de l’église de Montélimar, et Pierre Coton, jésuite,
prédicateur aud. Nismes, publiez maintenant par led. Chamier, pour
faire voir les faussetés de ceux que Coton a fait imprimer à Lyon
par Estienne Tantillon sous le nom de P. Demezat_.—Genève, Gabriel
Cartier, 1601, in-8 de 256 pp. (Ch. Read, _op. cit._, p. 229).

[640] E. Arnaud, _Notice sur les controverses religieuses en Dauphiné_
(1872), pp. 15-16, ignore la seconde publication du P. Coton.

[641] Dans ses _Actes de la conférence_, cités par Ch. Read, _Daniel
Chamier_, p. 234, d’où je tire également ce qui suit.

[642] Le P. Prat, _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, pp.
543 et suiv., donne une analyse des arguments théologiques des deux
adversaires; mais Coton a trop continuellement raison pour qu’on ne
suspecte pas l’impartialité du P. Prat sur ce point comme sur les
autres.

[643] D. Chamier, _Les actes de la conférence_, cité par Ch. Read,
_Daniel Chamier_, p. 235.

[644] Id., _Ibid._, pp. 236-237.

[645] C’est-à-dire la preuve par Chamier que les passages allégués par
Coton pour établir la légitimité de la messe étaient faux ou controuvés
(V. p. 141, note 1).

[646] D. Chamier, cité par Read, _op. cit._, pp. 238-9.

[647] V. les deux copies conformes d’actes de réquisitions faits par
M^{re} Annibal d’Aymin, chanoine de Nîmes, et procureur du P. Coton,
des 15 décembre 1600 et 22 janvier 1601 citées (Arch. du consist. de
Nîmes, B, 1).—Ch. Read, _op. cit._, pp. 239 et suiv.

[648] Ch. Read, _op. cit._, p. 230.

[649] Délib. du 19 avril 1600 (_loc. cit._, f^o 344).

[650] Le 5 avril 1600, il prévient le consist. qu’il a «dressé» ses
disputes avec Coton et lui demande s’il «trouve bon qu’il les parachève
et en communique» (f^o 339).

[651] Délib. du 29 mai 1596 (f^o 85).

[652] Délib. des 8 et 15 juillet 1598 (f^{os} 234-5).—Antoine Poursan
ou Porsan occupait une assez importante place dans la Compagnie de
Jésus. Un arrêt du Parlement lui avait enlevé la direction du collège
de Lyon que le prévôt des marchands et les échevins lui avaient
confiée sur l’assurance qu’il leur avait donnée d’avoir quitté la
Société de Jésus (De Thou, _Hist. sui temporis_, trad. 1734, t.
XIII, pp. 159-161).—Il est l’auteur des _Advertissements d’Antoine
Poursan contre Falguerolles et contre Salvay_, d’après D. Chamier:
_Confusion des disputes papistes_, cité par Ch. Read, _Daniel Chamier_,
p. 226.—Falguerolle répondit à ces _Advertissements_ (Délib. du
syn. prov. de Saint-Germain de Calberte (1599) intitulée: «De la
responce faicte par M. de Falgueroles à Porsan, prêcheur jésuite»; B.
P. F., copie Auzière).—Enfin, Chamier lui-même répondit aussi par
ses _Considérations sur les Advertissements de A. Porsan par Daniel
Chamier, Dauphinois_ (s. l., Pierre de la Rovière, 1600, in-8 de 266
pp.).

[653] Délib. du consist. du 29 mars 1600 (_loc. cit._, f^o 337).

[654] V. ci-après, p. 148.

[655] D. Chamier, _Actes de la conférence_, cité par Ch. Read, _D.
Chamier_, pp. 235-6.

[656] V. Ch. Read (_Henri IV et le ministre D. Chamier_, pp. 39-40 et
pass., et _Daniel Chamier_, p. 35, note 1, p. 49, note 1, et pass.) qui
donne une série de jugements contemporains.—Le P. Prat, _Recherches
sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 240 et pass., nous donne son
itinéraire alors qu’il se trouvait dans le Midi et un récit de ses
controverses religieuses en se basant sur l’_Apologétique par Pierre
Coton, Forésien, de la Compagnie de Jésus_....—Sur la conversion
de la fille de Lesdiguières qu’il opéra, v. E. Benoist, _Hist. de
l’éd. de Nantes_, t. I, p. 260.—Sur les Questions Cotoniennes, v.,
notamment, un art. de Ch. Read dans le _Bull. de la Soc. de l’Hist. du
protestantisme franç._, t. XXXIX (1890), pp. 210 et suiv.

[657] _Hist. de l’égl. de Nîmes_, p. 193.

[658] P. Prat, t. I, pp. 240-605.

[659] Délib. du chapitre de Saint-Gilles du 13 novembre 1600 (Arch. du
Gard, G, 1118, f^o 28 r^o).

[660] En janvier 1600 (Arch. du Gard, G, 1336, d’après l’_Inventaire_).

[661] V. délib. des 3 février, 16 février, 23 février, 8 mars, 15 mars
1600 (f^{os} 325, 327, 329, 333, 334).

[662] «M. Pacius sera pryé..... de ne permettre que aulcung escolier
n’aille ouyr ni communiquer avec led. Coton» (Délib. du consist. du
3 février 1600, f^o 325).—Le 23 février 1600, Myrman, écolier, est
appelé pour y avoir été (f^o 329).

[663] Délib. du 8 mars 1600 (f^o 333).

[664] Délib. du 15 mars 1600 (f^o 334).

[665] Frossard, _Rec. de règlements_, art. 154.

[666] Délib. du consistoire du 22 mars 1600 (f^o 335).

[667] C’est le cas de «M^{lle} la conterollesse de Baudan» dont la
fille est «en Arles, chez les nonnains» (Délib. du 29 novembre 1600,
f^o 374).

[668] V. ci-dessus, pp. 98-99 et 102.

[669] Délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439).

[670] V. à ce sujet Perrens, _L’Église et l’État en France sous Henri
IV_, t. I, p. 181.

[671] Crétineau-Joly, _Histoire de la Compagnie de Jésus_, t. III, p.
26.

[672] Ils n’avaient lors de leur expulsion que deux collèges en
Languedoc, à Toulouse et à Tournon, d’après Lafaille, _Annales de
Toulouse_, t. II, p. 517.

[673] V. ci-dessus, pp. 80 et suiv.

[674] Délibération du chapitre de Saint-Gilles du 6 septembre 1599
(Arch. du Gard, G, 1118, f^o 5 r^o).

[675] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (Arch. du consist. de
Nîmes, A, 10, f^o 66 v^o).

[676] Anne de Levis, duc de Ventadour, pair de France, chevalier des
ordres du roi, lieutenant-général du Languedoc, était le deuxième
fils de Gilbert III de Lévis et de Catherine de Montmorency (Moreri,
_Dictionnaire_, VI, pp. 280 et suiv.). Il épousa, le 28 juin 1593,
Marguerite de Montmorency, fille de Henri de Montmorency-Damville
(son contrat de mariage se trouve au château de Léran - fonds
Lévis-Ventadour, A, I, n^{os} 57¹ et ²). Ses armoiries sont dans
l’_Hist. chronologique_ du P. Anselme, éd. Potier de Courcy, t. IV,
p. 1.—M. A. Tardieu a fait reproduire une gravure de Grégoire Huret
représentant Marguerite de Montmorency, dans le _Bulletin de la Soc.
scientifique, historique et archéologique de la Corrèze_ (Brives, 1889,
pp. 119-124), et un portrait à l’encre de Chine d’Anne de Ventadour,
tiré du fonds Clairambault de la B. N., dans le même _Bulletin_
(Brives, 1891, pp. 21-22). Ventadour mourut âgé de 53 ans. Sa mort est
rapportée dans les Mémoires mss. du chanoine de Banne, cités par M.
Mazon dans une _Notice sur le Cheylard_ que l’on ne trouve pas à la B.
N.—Ses lettres à Montmorency intéressant l’administration du Languedoc
sont à la B. N. (V. ci-dessus l’introduction). Les arch. du château de
Léran, récemment classées par M. J. Poux, contiennent quelques contrats
sans importance le concernant.

[677] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599
(B. P. F., copie Auzière).

[678] «Cahier présenté au roy par ceux de la R. P. R. de Languedoc,
répondu à Lyon, le 13 d’aoust 1600»; art. 4^e (B. N., Brienne, 209,
f^{os} 216 v^o-217 r^o).—«Cahier présenté au roy par ceux de la R.
P. R. du Bas-Languedoc, répondu à Paris le 17^e avril 1601»; art. 6^e
(Arch. du Gard, G, 446).

[679] V. ci-dessus, p. 59.

[680] Faurin, _Journal_, à la date du 15 décembre 1596 (Ménard et
d’Aubais, _Pièces fugitives_, t. III, p. 140).

[681] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 200.

[682] Aymon, _op. cit._, t. I, p. 202.

[683] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 54.

[684] Sa plainte et l’instruction à laquelle elle donna lieu sont de
juillet 1602 (Arch. du Gard, G, 446).

[685] Lafaille, _Annales de Toulouse_, t. II, p. 545.

[686] Voy. D^r A. Puech, _Le pamphlétaire Guillaume de Reboul_. On
pourrait ajouter à cette brochure quelques renseignements inédits
tirés des arch. du consistoire.—D’après M. Puech, Reboul serait né
en 1564 ou 1565; il abjura le calvinisme en 1596, composa contre les
ministres des pamphlets qui eurent du succès, fut protégé par le
cardinal Baronius, et mourut pendu, le 25 septembre 1611, à Rome, pour
un libelle qu’il avait écrit soit contre le pape, soit contre le roi
d’Angleterre.—V. sur Reboul, outre l’ouvrage de Puech cité, Roverius,
_De vita P. Petri Cotoni libri tres_, lib. I, cap. 70; _France
protestante_, 1^{re} éd., à son nom; Borrel, _Hist. de l’égl. réf.
de Nîmes_, p. 114.—La bibliographie de ses ouvrages dans la _France
protestante_, et plus complète dans Puech, _op. cit._, p. 93 ss.

[687] Voy. l’Appendice C sur _l’édit de Nantes_.

[688] Aymon, _Syn. nationaux_, t. I, p. 223.

[689] Séance du 22 mai 1598 (B. P. F., copie Auzière).

[690] Instructions données par l’assemblée de Chatellerault à Chamier,
son député au syn. national (B. N., ms. franç. 15814, f^o 131 v^o.
_Pièce_ n^o 6). Ces instructions sont très intéressantes.

[691] V. les instructions de l’assemblée à Chamier citées, et aussi
celles qu’elle donna au sieur de Saint-Germain envoyé en Bas-Languedoc
(B. N., ms. franç. 15814, f^o 106 v^o-107 r^o. _Pièce_ n^o 4).

[692] Instructions du sieur de Saint-Germain citées (_Pièce_ n^o 4).

[693] «Extrait des actes du conseil de Bas-Languedoc» (B. N., ms.
franç. 15814, f^o 121 v^o).

[694] Instructions de Chamier citées (_Pièce_ n^o 6).

[695] Id.

[696] Car elle considérait bien l’édit comme un insuccès, v. _pièce_
n^o 6.

[697] _Pièce_ n^o 6.

[698] Voy. les cahiers de remontrances des catholiques et des réformés
cités au chap. VI.

[699] Les protestants de Languedoc s’empressèrent de distribuer sur le
papier la «bénéficence royale». On peut voir dans les dires par écrit
avec pièces et notes à l’appui de Peiremales, commissaire protestant
député pour l’exécution de l’édit de Nantes en la province de Languedoc
et Pays de Foix par Louis XIV: «Extrait de la bénéficence accordée
par le roy Henry IV aux églises et en l’année 1591»; «Estat de la
bénéficence faite par le roy Henry IV aux ministres en l’année 1592»;
«Acte ou patente de la bénéficence du roy Henry le Grand en faveur des
églises» (1592), etc. (Arch. de la Cour d’appel de Nîmes, 9^e division,
n^o 502, dont, à la B. P. F., copie par M. Ferd. Teissier).

[700] Les passages cités sont d’Anquez, _Assemblées politiques_, pp.
109-110.

[701] B. N., Brienne 208, f^o 479.—Le brevet est publié dans Anquez,
_Assemblées politiques_, p. 497, avec la date du 13 avril par
erreur.—P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 149,
note 2, se basant sur le ms. franç. 20965 de la B. N., le date du 3
avril.—C’est par erreur que G. de Felice, _Hist. des syn. nat._,
pp. 126-8, d’après Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 225, parle de 43.000
écus. Le brevet du 3 avril 1598 mentionne 45.000 écus, de même que les
comptes du receveur Palot (B. N., ms. franç. 15816, f^o 35 v^o).

[702] Instructions de l’assemblée de Chatellerault au pasteur Chamier,
député par elle au synode de Montpellier (_Pièce_ n^o 6).

[703] Ce qui ne veut pas dire 116 pasteurs. Jusqu’au syn. nat. de
Jargeau (1601) deux églises desservies par un seul pasteur comptaient
pour deux dans la répartition des deniers, au lieu qu’une église
desservie par plusieurs pasteurs comptait pour une. Le synode ordonna
que le département se ferait, désormais, non par églises, mais par
pasteurs (Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 252).

[704] «Distribution des 45 mil escus octroyés par le Roi.., faite au
synode de Montpellier» (B. N., ms. franç. 15815, f^o 75 r^o; et ms.
Brienne 208, f^o 473 r^o).

[705] B. N., Brienne 208, f^o 475.

[706] Aymon, t. I, pp. 226 et 227.

[707] Aymon, t. I, p. 227.

[708] Brevet du 3 avril 1598 cité.

[709] _Pièce_ n^o 6.

[710] Le 30 avril 1598, le roi avait signé un brevet qualifié
d’«articles secrets», par lequel il promettait aux réformés 180.000
écus par an pour entretenir les garnisons de leurs places de sûreté,
«sans y comprendre celle de la province de Dauphiné» qui seraient
entretenues «d’ailleurs». Ce brevet est publié dans Anquez, pp. 498 et
suiv.

[711] Clôture des comptes du sieur Palot, «conseiller et secrétaire
du Roy, et commis à faire la recepte et distribution des deniers que
Sa Majesté a accordés à ceux de la religion réformée de ce royaume»,
faite à l’assemblée de Saumur le 20 juin 1600 (B. N., ms. franç. 15816,
f^{os} 30 et suiv.).

[712] «Pour laquelle somme de 31.599 écus 9 sols 2 deniers, il [Palot]
a par devers luy des rescriptions jusques à la concurrance d’icelle
somme, dont le recouvrement est encore à faire, à cause des difficultés
et impossibilités qui s’y présentent, et lesquelles led. sieur
Palot a fait voir en lad. assemblée si grandes, qu’après les avoir
examinées....., se trouve qu’il ne peut estre fait estat que de la
somme de 18.443 escus, et que le surplus, montant à la somme de 13.156
escus 9 sols 2 deniers, tombent en faute de fonds et non valoirs qui
est autant à dire que perte» (Comptes du sieur Palot, _ibid._, f^o 31
r^o).

[713] Comptes du sieur Palot, _ibid._, f^o 35 v^o.—En juin 1600, Palot
n’avait encore rien pu toucher des deniers de l’année 1600, car il
n’avait pu retirer les rescriptions qu’au mois de mai (_Ibid._, f^o 36
r^o).

[714] Cahier des plaintes de l’assemblée de Saumur, répondu par le roi
en janvier 1601 (B. N., ms. Brienne 209, f^{os} 238 v^o-239 r^o).

[715] Ainsi, pour l’année 1599, Palot ayant touché 42.020 écus, paye
37.000 écus aux garnisons et seulement 5.020 écus aux églises et
académies (Clôture de ses comptes à l’assemblée de Chatellerault; B.
N., ms. franç. 15816, f^o 35 v^o).

[716] Le synode de Montpellier, en 1598, accordait au collège de Nîmes
611 l. 6 sols 8 deniers et à celui de Montpellier 500 l. («Distribution
de 45.000 escus octroyés par le Roy», B. N., ms. franç. 15815, f^o 75
r^o, et Brienne 208, f^o 473 r^o).

[717] _Pièce_ n^o 6.

[718] Le synode national de Saumur (1596) engage les provinces à
établir chacune un collège et deux académies de théologie pour le moins
(Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 197).

[719] Synode national de Jargeau en 1601 (Aymon t. I, p. 252).

[720] «Pour faire face aux despenses des voyages ordonnés vers
le roy... on ne touchera pas à l’argent affecté au payement des
universités» (Actes de l’assemblée provinciale de Castres, analysés par
M. de France dans le _Bull. de la Soc. de l’hist. du protestantisme_,
t, XXXI, p. 307).

[721] Syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601 (B. P. F., copie
Auzière).

[722] V. ci-dessus, p. 17, note 2.—Malgré tout, on eut de la peine
à faire prospérer les académies de théologie en Bas-Languedoc. En
1601, il n’y a que 8 écoliers inscrits à la matricule des proposants
de l’académie nîmoise (Borrel dans _Bull. de la Soc. de l’hist. du
protestantisme fr._, t. III, p. 46). Au syn. prov. de Nîmes en 1601,
on propose de distribuer aux pasteurs la part réservée aux académies
de Nîmes et de Montpellier, attendu «qu’il n’y a point de professeurs
en théologie ny aucun exercice, et ce, jusqu’à ce que les professeurs
servent actuellement». Mais le synode n’y consent point et décide
que les églises de Nîmes et Montpellier devront s’être pourvues de
professeurs pour leurs académies avant le prochain synode. Il ajoute
qu’«aucuns de ceste compagnie qui peuvent estre propres pour lire en
théologie» seront examinés «par deux textes du Vieulx Testament et
du Nouveau à rendre d’un jour à l’aultre, comme aussy respondre aux
thèses» (Séance du 10 mars, B. P. F., copie Auzière). En 1603, Gigord
et Ferrier se présentent pour passer cet examen; le syn. prov. d’Uzès
les en dispense vu leur notoriété et les «reçoit et authorize pour
docteurs et professeurs en théologie, M. Gigord pour l’Académie de
Montpellier et M. Ferrier pour l’Académie de Nismes» (Séance du 23
avril).

[723] L’assemblée de Castres, en avril 1599, décide que «pour faire
face aux despenses des voyages vers le Roy, l’assemblée de Chatelleraut
et M. de Ventadour», on prendra de l’argent des deniers du ministère
(Actes publ. par de France dans le _Bull. de la Soc. de l’hist.
du protestantisme_, t. XXXI, p. 307).—Cf. aussi le syn. prov. de
Saint-Germain de Calberte, séance du 14 mai «au matin» (B. P. F., copie
Auzière), et une délib. du synode d’Uzès (séance du 24 avril 1603)
pour réfréner «le grand abus, tant de M. Palot à bailler l’argent à
quiconque luy en demande que des villes et assemblées politiques qui
font leur députation à ces fraiz-là» (B. P. F., copie Auzière).

[724] «Tarife des colloques» de 1600 ou 1601. Elle se trouve, en effet,
entre un rôle de 1600 et un autre de 1601, dans le «Livre des actes des
synodes provinciaux» (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 71 r^o).

[725] En 1598 (Aymon, _Syn. nat._, t. I, pp. 226 et 227).

[726] Cahiers de remontrances de l’assemblée de Castres, faits le
1^{er} février 1600 et répondus par le roi le 7 mai; art. 9^e (B. N.,
ms. Brienne 209, f^o 129 v^o).

[727] Arch. du consist. de Nîmes, B. 90, t. VII, f^o 249.

[728] Séance de mars 1600 (B. P. F., copie Auzière).

[729] Syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (_Ibid._).

[730] _Pièce_ n^o 8.

[731] V. ci-dessus, pp. 14 et suiv.

[732] V. ci-dessus, p. 2.

[733] V. ci-dessus, pp. 25-26.

[734] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 12.

[735] V., sur les pasteurs Jean de Falguerolles, Jean Moynier et
Pineton de Chambrun, Puech, _Le pamphlétaire Guillaume de Reboul_, pp.
81 sq., et la _France protestante_. Puech dit que Jean de Falguerolles
était mort en octobre 1599, sans doute à Cologne, âgé de 39 ans (p.
84). Mais il préside encore le consistoire le 11 novembre 1599 (Arch.
du consist., B, 90, t. VII, f^o 312).

[736] «M. Moynier et M. Falgayrolles se régleront pour les
prédications... affin que M. Chambrun n’en soyt plus en peyne» (Délib.
du consist. du 16 juin 1599, _loc. cit._, f^o 291). Il avait pourtant
conservé assez de vigueur pour contracter un troisième mariage dont lui
naquit un fils (Puech, _op. cit._, p. 91).

[737] «Sur la lettre mandée par M. de Falguerolles.... à cause sa
malladie et indisposition qui empêche l’exercice de sa charge» (Délib.
du consist. du 31 mai 1596, _loc. cit._, f^o 93).

[738] Elle se nommait Suzanne Dutour. Falguerolles était agréé par
la mère, mais refusé par les oncles et le tuteur qui protégeaient
d’autres prétendants. L’affaire alla en justice (Arch. du Gard, E,
207, f^o 47, cité par Puech, p. 83. Arch. du Gard, E, 629). Tout finit
par s’arranger en décembre 1596, et Falguerolles épousa Suzanne Dutour
(_Ibid._, E, 313, f^o 1089).

[739] Cf. aux arch. du consist. de Nîmes, B, 90, t. VII, f^{os} 95 et
96, deux délib. du 12 juin 1596.—En octobre 1596, on continue encore
de négocier avec Goulard (_Ibid._, f^o 131, délib. du 16 octobre, et
f^o 132, délib. du 18 octobre). Mais on ne put s’arranger, car on ne
les voit plus mentionnés.

[740] V. sur ce Jean Terond, ci-dessus, pp. 20 et suiv.

[741] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance «du 14^e may au
matin» 1599 (B. P. F., copie Auzière).

[742] Délib. du 1^{er} septembre 1599 (f^o 300). L’église avait, en
effet pensionné Jean Terond alors qu’il étudiait comme proposant.

[743] Délib. du 11 décembre 1599 (f^o 312).

[744] Délib. du 15 décembre 1599 (f^o 313).

[745] Délib. du 11 novembre 1599 (f^o 309).

[746] _France protestante_, 2^e éd., t. VI, p. 492, d’après E. Benoist,
_Hist. de l’édit de Nantes_, et Tallemant des Réaux, _Historiettes_.

[747] _Loc. cit._

[748] L’abjuration de Jérémie Ferrier lui a fait du tort dans l’esprit
de ses historiens.—Il naquit vers 1570, fut ministre à Aumessas,
puis, quelques mois plus tard, à Alais (1596), enfin à Nîmes. Il était
fort savant, car il fut reçu sans examen comme lecteur en théologie
à l’acad. de Nîmes (v. ci-dessus, p. 167, note 2). Il fut déclaré
indigne du ministère pour désobéissance aux colloques et synodes. Il
obtint du roi la place d’assesseur criminel, puis de conseiller au
présidial de Nîmes (1613); il fut alors excommunié (14 juillet 1613),
ce qui provoqua à Nimes une émeute où il faillit perdre la vie (15 et
16 juillet). Enfin, il revint à Paris, se convertit au catholicisme,
obtint la faveur de Richelieu, fut nommé conseiller d’État et privé
en 1626, et mourut le 26 septembre de la même année.—V. sa vie et
une bibliographie de ses ouvrages dans la _France protestante_ (_loc.
cit._). On trouve de nombreux renseignements sur sa vie dans les
actes des syn. prov. de Bas-Languedoc (B. N., ms. franc. 8669, f^o
196, et Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, pass.).—L’émeute qui eut
lieu à Nîmes en 1613 est rapportée dans _Émotion arrivée en la ville
de Nîmes en Languedoc le 15^e de juillet de l’an 1613_ (B. N., impr.
Ld^{176}53).—V. encore à ce sujet: _Considérations d’état sur les
mémoires envoyés par les consuls de Nismes_.... (B. N., impr. Lb^{36}
187); et _Le procès de la ville de Nismes_... (B. N., impr. Lb^{36}
190).—V. sur les négociations qui eurent lieu afin d’obtenir de
Louis XIII l’abolition de ses ordres pour la répression de l’émeute
de 1613, aux Arch. comm. de Nîmes: DD, 1, deuxième partie; et DD,
4.—Ferrier fut mis sur la liste des apostats au syn. nat. de Tonneins
(Aymon, _Syn. nat._, t. II, p. 49).—V. sur sa fortune. Arch. nat.,
TT, 450.—Sur ses enfants, v. les registres de baptêmes et de décès de
l’église réformée de Nîmes aux Arch. comm. de cette ville, UU, 94; UU,
118.

[749] Arch. du consist. de Nîmes, B, 90, t. VII, f^o 312. Délib. du 11
décembre 1599.

[750] _Ibid._, f^o 314. Délib. du 22 décembre 1599.

[751] _Ibid._, f^o 318. Délib. du 5 janvier 1600.

[752] _Ibid._, f^o 319. Délib. du 12 janvier. On décide que «M. Ferrier
demeurera icy.»

[753] _Ibid._, f^o 319. Délib. du 12 janvier 1600. «A esté propozé par
M. Chambrun que le colloque s’assemblera extraordinairement demain à
Allès pour raison de M. Ferrier que ceulx d’Allès préthendent encores
avoir en leur églize.»

[754] _Ibid._, f^o 321. Délib. du 19 janvier 1600.

[755] _Ibid._, f^o 331. Délib. du 5 mars 1600.

[756] Syn. prov. d’Uzès. Séance du «vendredy 17 mars» 1600 (Arch. du
consist., A, 10, f^{os} 45 v^o sq.). A ce synode, le 19 mars, l’église
de Nîmes rappelle ses droits sur le pasteur Terond pour l’avoir
pensionné comme proposant. Mais elle ne le réclame pas, ce qui montre
bien que c’est Ferrier qu’on voulait (B. P. F., copie Auzière).

[757] Délib. du 22 mars 1600 (f^o 335). «M. Moynier a remonstré qu’il
seroit besoing escripre de surcharge à M. Ferrier de s’en venir le
plus promptement que faire se pourra.... et qu’il n’a moien survenir à
l’entier menistère de lad. esglize.»

[758] Délib. du 5 avril 1600 (f^o 339).—Il semble que M. Baille ait
été à ce moment fort mal disposé à l’égard de Ferrier. En effet, au
syn. de Nîmes, séance du 9 mars 1601, «après disner», Ferrier se plaint
qu’on l’ait calomnié dans la maison de Baille, de qui l’ancien d’Alais
invoque le témoignage contre Ferrier (_loc. cit._, f^{os} 59 v^o sq.).

[759] Délib. du 10 mai 1600 (f^o 347).

[760] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 351).

[761] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 350).

[762] Délib. du 10 mai 1600 (f^o 347).

[763] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 350).

[764] Il se plaint, le 22 mars, au consist. de ne pouvoir «survenir à
l’entier menistère de lad. esglize» (f^o 335).

[765] Délib. du 19 juillet 1600 (f^o 356).

[766] Délib. du 23 août 1600 (f^o 361).

[767] Délib. du 13 septembre 1600 (f^o 366).

[768] Délib. du 8 novembre 1600 (f^o 371). On annonce qu’il est arrivé
une lettre de M. Gigord, et l’on décide de convoquer une assemblée
extraordinaire, le 11, pour en entendre la lecture. Cette délib. du 11
ne s’est pas conservée.

[769] V. p. 172.

[770] Cf. pp. 172-3.

[771] Il faut voir sur Daniel Chamier les deux ouvrages de Ch. Read,
_Henri IV et le ministre Daniel Chamier_ et _Daniel Chamier, journal de
son voyage à la cour en 1607_.

[772] Sur le pasteur Gigord, voir, outre la _France protestante_:
Corbière, _Académie protestante de Montpellier_ dans _Mémoires de
l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, Lettres_, VIII
(1888-9), p. 429 et suiv.

[773] V. le syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601; celui d’Alais,
séance du 20 avril 1603; et celui d’Uzès, séance du 23 avril 1603 (B.
P. F., copie Auzière).

[774] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars «après disner» (Arch. du
consist. de Nîmes, A, 10, f^o 61 v^o).

[775] Même syn., séance du 13 mars «après disner» (f^o 66 v^o).

[776] V., outre la délib. du syn. prov. de Nîmes citée ci-dessus, celle
du 11 mars 1601 (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^{os} 63 et suiv.).

[777] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 «après disner»
(_Ibid._, f^{os} 59 v^o et suiv.).

[778] Même syn.

[779] L’église d’Alais obtint le pasteur «de Marity» au syn. prov.
d’Uzès, séance du 21 avril 1603 «après disner» (f^o 94 r^o).

[780] _Hist. des assemblées politiques des réformés de France_
(1573-1622). On regrette que M. Anquez n’ait pas corroboré cette étude
impartiale et consciencieuse par des notes plus abondantes et précises.

[781] _Le P. Joseph et Richelieu_ dans _Revue hist._, t. XLVIII (1890),
p. 472.

[782] _Difficultés et obstacles que rencontra l’édit de Nantes_ dans
_Troisième centenaire de l’édit de Nantes_, p. 120.

[783] Cf. _Études historiques sur le XVI^e et le XVII^e s._

[784] _Histoire de France_, t. X; v. notamment pp. 190 sq.

[785] Instruction de l’assemblée de Chatellerault à Chamier, son député
au syn. nat. (_Pièce_ n^o 6).

[786] Il semble qu’il ne croyait pas pouvoir rendre un tel édit sans
provoquer une véritable révolution parmi les catholiques. V. le passage
de Sully cité ci-dessous.—Plus tard, Henri IV cite comme une chose
remarquable de sa part d’avoir accordé aux huguenots des conditions
plus libérales que celles qu’ils avaient obtenues de ses prédécesseurs:
«Le roy ayant de sa grâce specialle accordé aux supplians un second
baillage pour l’exercice de leur relligion, outre ce qui estoit porté
par les précédans édits...... les supplians n’ont aucun sujet de se
plaindre, puisque ces exceptions ne diminuent en effet la gratification
de S. M. qui leur a permis, en ce faisant, _plus qu’ils n’ont jamais
obtenu des Roys ses prédécesseurs_» (Réponse aux cahiers de l’assemblée
de Chatellerault, août 1599; B. N., ms. Brienne, 209, f^o 151).

[787] _Mémoires_, p. 666.

[788] Duplessis-Mornay, cité par Anquez, _Assemblées politiques_, p. 93.

[789] Anquez, _op. cit._, pp. 52 et 93.

[790] Anquez, p. 94.

[791] Le règlement qu’ils se donnèrent est assez nettement résumé dans
Anquez, p. 62 et suiv.

[792] L’édit ne fut enregistré qu’en février 1595 par le Parlement de
Paris (Cf. Anquez, pp. 55-56 et 69).

[793] Sully, _Œconomies royales_, t. II, p. 252, col. 1.—V. aussi
_Ibid._, les _Remarques_, t. II, pp. 42-47. Sully est en général
suspect. Mais les faits qu’il avance ici sont vraisemblables; voy.
ci-dessous, les hésitations du roi à cette époque.

[794] Benoist, _Hist. de l’édit de Nantes_, t. I, p. 154.

[795] Benoist, _op. cit._, t. I, pp. 167-68.

[796] Anquez, p. 69.

[797] Anquez, p. 97.

[798] Sur l’état d’esprit des protestants à partir de ce moment, v.
plus loin, p. 187.

[799] Ils lui expliquèrent que si le roi avait ordonné sa dissolution,
c’est parce qu’il avait été blessé qu’elle lui eût fait «des demandes
contraires au respect qu’elle lui devait». Mais le roi «lui permettait
maintenant de subsister» (Anquez, p. 70).

[800] Bien longtemps après, de Vic déclare sur son ordre que les
demandes de l’assemblée sont «injustes» (Anquez, p. 71).

[801] Toutes ces négociations sont exposées dans Anquez, pp. 71-75.

[802] On sait qu’on entend par les mots d’_édit de Nantes_: 1^o l’édit
même, daté du 13 avril; 2^o 56 articles _secrets_ du 30 avril; 3^o
un brevet du 3 avril accordant aux protestants une subvention (V.
l’appendice sur les _deniers du roi_); 4^o 24 articles _secrets_ du
30 avril. L’édit du 13 avril et les 56 articles secrets du 30 furent
vérifiés au Parlement le 25 février 1599, mais avec des modifications
de texte contre lesquelles protesta l’assemblée de Chatellerault (V. p
188).—On avait dressé deux expéditions de l’édit, l’une pour le roi,
l’autre pour les églises. Ce dernier exemplaire qui était conservé à
La Rochelle a disparu. Nous n’avons plus aujourd’hui que l’exemplaire
dressé pour le roi qui est aux Arch. nat. sous la cote J 943, n^o 2 (N.
Weiss et A. Bernus dans le _Bulletin de la Soc. du protestantisme_,
XLVII (1898), p. 305). On trouvera l’édit dans Anquez, pp. 456 et suiv.
Cette édition donne, outre le texte primitif, les modifications qu’on
y avait apportées lorsqu’il fut vérifié au Parlement. Elle attribue à
tort au brevet du 3 avril la date du 13 avril.—On pourra voir à la B.
N., dans le ms. Brienne 209, différents mémoires «sur les difficultés
qui se trouvent en l’édit», tous de l’année 1598.

[803] _Journal_ à la date du 31 décembre 1598, t. VII, pp. 159-160.

[804] _Œconomies._

[805] «Quelques-uns furent d’avis de se loger à Tours.... mais le
plus de voix et les plus saines réduisirent les autres à la patience»
(_Histoire universelle_, Amsterdam, 1626, t. II, fol. 624).

[806] Poirson, _Hist. de Henri IV_, t. I, p. 364.

[807] _Mémoires_, passim.

[808] Anquez, pp. 76-78.

[809] Anquez, p. 491.

[810] V. les cahiers de l’Assemblée de Chatellerault, art. 7^e, dans
Anquez, p. 190.

[811] Id.

[812] Voy. Réponses aux cahiers précédents (Anquez, p. 191).—Le brevet
fut donné en août 1599. M. P. de Felice (_Protestants d’autrefois_, 3^e
série, p. 252) le reproduit d’après le ms. de la B. N., franç. 20965,
f^o 68, qui le date du 23 août 1599. Le ms. de la B. N., Brienne 209,
f^o 161 r^o, le date du 21 août 1599.

[813] V. dans _Troisième centenaire de l’édit de Nantes_, l’art. de M.
Paul de Felice, pp. 40-41.

[814] L’édit sous sa dernière forme constitue ce que M. Anquez appelle
le «second édit de Nantes» (pp. 188 sq.).

[815] V. leurs instructions dont une copie se trouve à la B. N., ms.
Brienne 209, f^{os} 131 r^o-136 r^o.

[816] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 25.

[817] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 159.

[818] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 203.

[819] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 258.

[820] C’est-à-dire Jean André, dit Radel: voy. ci-dessous la liste de
l’année 1600, et Puech, _Une ville au temps jadis_, p. 257.

[821] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 317.

[822] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 445.

[823] Les deux receveurs sont nommés le 2 janvier 1602 (_Ibid._, f^o
452).

[824] Délib. du consist. de Nîmes, du «lundi 26^e octobre» 1562 (B. N.,
ms. franc. 8666, f^{os} 169-170).

[825] C’est le ministre Mauger.

[826] Délib. du consist. de Nîmes du 17 avril 1596 (Arch. du consist.
de Nîmes, B, 90, t. VII, f^o 58).

[827] Délib. du 15 mai 1596 (_Ibid._, f^o 74).

[828] Délib. du 22 mai 1596 (_Ibid._, f^o 78).

[829] Délib. du 22 mai 1596 (_Ibid._, f^o 80).

[830] Délib. du 31 mai 1596 (_Ibid._, f^o 89).

[831] Délib. du 19 juin 1596 (_Ibid._, f^o 99).

[832] Délib. du 10 juillet 1596 (_Ibid._, f^o 105).

[833] Délib. du 17 juillet 1596 (_Ibid._, f^o 109).

[834] Délib. du 30 août 1596 (_Ibid._, f^o 122).

[835] B. N., ms. franç. 15814, f^{os} 106 v^o-117 v^o.

[836] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^{os} 220 sq.; délib. du 11
avril 1598.

[837] B. N., ms. franç. 15814, f^{os} 130 v^o-132 v^o.—Il existe une
autre copie de ces instructions à la Bibl. Mazarine, ms. J 1504 F,
in-f^o.

[838] Arch. du consist., A, 10, f^o 70 r^o. «Livre des actes des
synodes provinciaux....», 1596-1609.

[839] On a biffé _Massouverain_ et écrit à côté _Terond_.

[840] On a biffé _Maurice_ et écrit à côté _Justamond_.

[841] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 361; délib. du 23 août 1600.

[842] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 395 sq.; délib. du 28
février 1601.





*** End of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Les protestants à Nimes au temps de l'édit de Nantes" ***

Doctrine Publishing Corporation provides digitized public domain materials.
Public domain books belong to the public and we are merely their custodians.
This effort is time consuming and expensive, so in order to keep providing
this resource, we have taken steps to prevent abuse by commercial parties,
including placing technical restrictions on automated querying.

We also ask that you:

+ Make non-commercial use of the files We designed Doctrine Publishing
Corporation's ISYS search for use by individuals, and we request that you
use these files for personal, non-commercial purposes.

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort
to Doctrine Publishing's system: If you are conducting research on machine
translation, optical character recognition or other areas where access to a
large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the use of
public domain materials for these purposes and may be able to help.

+ Keep it legal -  Whatever your use, remember that you are responsible for
ensuring that what you are doing is legal. Do not assume that just because
we believe a book is in the public domain for users in the United States,
that the work is also in the public domain for users in other countries.
Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we
can't offer guidance on whether any specific use of any specific book is
allowed. Please do not assume that a book's appearance in Doctrine Publishing
ISYS search  means it can be used in any manner anywhere in the world.
Copyright infringement liability can be quite severe.

About ISYS® Search Software
Established in 1988, ISYS Search Software is a global supplier of enterprise
search solutions for business and government.  The company's award-winning
software suite offers a broad range of search, navigation and discovery
solutions for desktop search, intranet search, SharePoint search and embedded
search applications.  ISYS has been deployed by thousands of organizations
operating in a variety of industries, including government, legal, law
enforcement, financial services, healthcare and recruitment.



Home