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Title: Poèmes et dessins de la fille née sans mère
Author: Picabia, Francis
Language: French
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Copyright Status: Not copyrighted in the United States. If you live elsewhere check the laws of your country before downloading this ebook. See comments about copyright issues at end of book.

*** Start of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Poèmes et dessins de la fille née sans mère" ***

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Free Literature (Scans generously made available by the
International Dada Archive.)



FRANCIS PICABIA

POÈMES ET DESSINS

DE LA

FILLE NÉE SANS MÈRE

18 dessins.--51 poèmes.


LAUSANNE

IMPRIMERIES RÉUNIES S. A.

1919



        _Je dédie cet ouvrage à tous les docteurs
                  neurologues en général
               et spécialement aux docteurs:
    Collins (New-York), Dupre (Paris), Brunnschweiller
                      (Lausanne)._

                                   _F. Picabia._
              _Terminé à Gstaad, 5 avril 1918._



    PAPE RELIGIEUX



    Merveilles naturelles plage de sable isolée
    sous forme colossale pleine de calme utile.
    Ce soir la crainte salutaire déguise la vérité
    en croisant les jambes
    la queue.--
    Ma maladie squelette de souvenirs
    se dresse à coup sûr en ennemi insupportable
    où le singe fait des raisonnements subtils
    mentalement.
    Le trappeur désarme la philosophie intriguée
    sur la grève articulée des choses.
    Je crois à mon image.
    C’est un système final
    car vous pensez en chinois libre.
    Infini du monde effrayant
    vibrations voisines
    vallée prodigieuse
    devenir fou et ainsi de suite.



    PNEUMONIE



    33  33  33  33  33  33  33
    élément du calcul
    dans ses ténèbres.
    Un spectacle d'enfant du bout des doigts
    calculateur prodige d'hypothèses
    de carottes et la fin correctement
    sous des yeux noirs brillants 33.
    Les merveilles meurent comme nous
    dans la situation que nous exigeons
    énigme du berceau.



    CRI



    Le matelas est probablement une langue
    plus incrédule peut-être
    le décès            la glu           visiteurs
    Captifs dans l'antichambre
    des magazines sur le sommeil
    de mise en scène--
    Le point sensible dévore
    sans espoir--



    BALANÇOIRE



    Nounou nuage impolitesse
    Vous êtes venu boire mon épaule
    C'est drôle
    De prendre l'amour fixement
    Enfantines gaités
    D'une mendiante supplémentaire
    Et zut après le déjeuner à la gare
    Gambades des affaires--



    PETIT ZÈBRE



    Scottish en patois dans l'azur aveugle
    Moins vrai avec un sourire
    Qu'au Bois de Boulogne
    Rassure-toi l'hiver du charbon
    Dans l'atelier de mes amis.
    Des ampleurs épanouies tout simplement
    S'étaient abattues en phonographes
    Sous la main des poumons
    Avec une aisance de lapin huileux
    Délices de Barcelone
    Aux récents déboires
    Tu ne tromperas pas ma carrière.



    LABYRINTHE



    La volonté attend sans cesse
    Un désir sans trouver.
    Le cran d'arrêt passionne l'absence
    de gaudriole.
    Une cicatrice vers la nuit
    profane la réflexion.
    Il n'y a que détachement
    incrédule.
    On me fait souffrir
    parce que je sais l'indifférence
    Banalités embarquées sans cesse
    sur elles-mêmes:
    Les horizons attirent les yeux
    de nos sentiments.



    RAHAT-LOUKOUMS



    J'ai des misères en pentes raides et nues,
    Les ricochets sans jupes contemplent la mer
    Pour m'embrasser voluptueusement comme un
                                  [bouquet
    C'est endormir mes petites larmes d'opium
    La science infinie, personnage mandarin de la lune
    Voilà mon vêtement en cerf-volant de miel glacé.
    Je l'ai écrit sur le lit transformé de la belle saison
    Que se câliner plusieurs fois les seins
    Dans le musée fermé
    Sous des vêtements en boule
    Devient du fard sur une pendule.
    La croix de l'alcool au menton bleu poétique
    Me révèle une barrière de lanternes,
    Redoutable volte-face
    Du danseur sur la piste plate-forme
    Dans l'imprévu silencieux d'une allée vide
    Je suis sur la montagne des femmes fières
    Sculptées jusqu'au cou.



    GLOBES ÉLECTRIQUES



    Un temple mollement au bord de l'eau
    commença à bouillir comme aux cimes
    des montagnes pacifiques.
    Les fées quenouilles prennent racine
    le long de mon cerveau de pavot
    et peu à peu comme des coupes mêlées
    elles revêtent la liste des gens
    cernés devant la route de jade



    FLEUR COUPÉE



    Nous habitions le même âge
    dans une ville déserte
    et le rideau électrique
    introduisait deux fois ses batteries
    dans une boîte d'allumettes bizarres



    VIVRE



    L'égoïsme conquérant récrée un sot
    Un amant attend le bonheur
    Affaires d'apparences
    Moi je n'ai jamais vu
    Ceux qui les portent
    L'inconnu n'a pas de théories
    Sur le gaspillage
    Le long du fleuve naufragé



    HÉLAS!



    Des femmes des hommes
    Les affaires
    Un pays ambitieux
    De souveraineté
    J'aime que l'on plie les yeux
    Des ennuis
    Surtout dans la mer du thorax
    Mais je dis des mensonges désintéressés
    C'est à peu près la même chose
    La vérité de l'âme
    Est la grande lâcheté de l'orgueil académique
    Mes yeux dans vos yeux
    Je suis content
    Dans ma solitude oubliée



    RAVI



    Métamorphoses multiples
    du rêveur fantastique
    qui embrasse des peaux de poulets aplatis
    et devient sans effort le génie
    étroitement extasié de la pensée--
    Ouvre la porte à trois filles de prostitution
    en bois de violette.



    LE GERME



    L'homme animal
    Vers le néant
    Enveloppe ses sens
    Les ombres de son égout
    Sont l'obstacle à l'amour
    Système chinois d'athéisme
    Comme un regard vide
    Moelles squelettes couleur de limaçon
    De la pénétration mutuelle
    Mécanisme aveugle et muet
    Nous trouverons des ailes qui vivent selon Platon
    Dans les apparences des réalités.



    PRESQUE FINI



    Dans la rue comme dans le cantique
    Une grosse
    Bonbon
    Vêtue de blanc
    Quand je joue un baiser déchiré
    Le goût de Paris me console
    Je vois dans le tulle une arabesque
    Les yeux cernés tracent autour de moi le divan
                               [des toasts
    La lumière rosée dans mes cheveux aplatis
    Questions inutiles
    Dans une famille de sucreries bercées
    Je cherche ma taille.



    BELLADONE



    Je suis seul comme vous êtes l'aveugle
    de la félicité des champs de bataille
    car vous tricotez une odeur de grenouille et d'araignée
    la jeunesse des mots voudrait
    le secret des tombeaux entr'ouverts de bavardages
                                 [stériles
    des hommes héros domestiques
    de l'homme sage

    Pickpockets gladiateurs
    fanés par les danseuses d'un rêve terrifiant
    cauchemars dans le ring rouge naturellement
    nous avons choisi les sensualités candides
    des clowns flasques flagellés dans le ciel
    où le fer calme l'endroit dangereux
    moi je tremblotte des reflets qui scintillent

    Un chef de sang frais enfin intelligence d'homme
    dont vous êtes si fier pour sa gourmandise
    continue à enseigner la toute puissance
    des mensonges de nouveaux cavaliers extravagants
    sur le fumier des imaginations de gloire
    avec une pointe identique du misérable mécanisme
    avant la syncope

    Bancs secs palpables déchargés du fardeau
    les vieux bégayaient les bonnes choses pour
                                       [mourir
    Jusqu'à la Noël des curés dont la piété magnifique
    perd à flots la guerre de larmes
    où le soldat imaginaire brait l'obscurité
    trébuche l'œil en ossement de bébé
    et réclame une motte de femme

    Une cigarette bizarre rectangulaire
    arrête net la sirène d'angoisse
    pourvu que le Dieu camarade
    une baleine sur le dos à chaque pas
    tourmente la statue de formules faites
    sur les nouvelles de l'obscurité belladone
    griffant la bougie de quatre sous

    Qu'y a-t-il de beau les vainqueurs
    aujourd'hui l'honneur rien de plus
    voilà les sentiments avec le lointain pour rire
    méprisable cette vie dépourvue d'habitudes
    où la lampe se passe dans la nuit dégrisée
    pour revenir accoucher sur le siège
    nonchalamment perceptible

    J'ai sans doute homme du public spirituel
    devant la police d'un sabre africain
    frappé les noces de Cana
    j'aimerais mieux risquer d'éprouver
    au fond des ciseaux ce que je dis là
    et le plus longtemps avoir ma poupée
    qui fut la nécessité de m'ennuyer.



    LEVRETTE



    Mon pays dédaigné souffle
    des étoiles
    pour dégager la grande injustice.
    Cet anneau rappelle un amour
    dont le sillage s'agite loin du rivage.
    Terre de cuivre
    harpe enchantée
    magicien des hirondelles
    ma vie préparée aux aventures
    se souvient de ses pieds.
    Jamais plus sans douleur
    mon chevreuil
    aimé
    ne verra luire
    des draps marqués
    en désordre.



    IMMENSES ENTRAILLES



    J'étais le dispensateur le plus extraordinaire
    des sermons imperturbables--
    Il me semblait que tout avait été dit
    d'une façon intermittente
    par les âmes d'apôtres--
    Maintenant c'est la nuit
    pleine de morts martyrs
    de poltrons, de héros incomparables
    emportés dans la boue des jarretelles
    sans preuves--
    Ma courbe pacifique
    est l'air doux des excursions
    du cocher sans numéro--



    PEAU



    Je veux demain assorti
    À une feuille de draps brodés
    Dans la valise russe
    Voilà pourquoi mon vrai plaisir
    Des laquais en robe de bal
    D'ici deux ans semblables aux déesses
    M'apportent le péché mortel
    Que j'aime
    À la grille du jardin caramel.



    OISEAU RÉSÉDA



    Un soir, ses longs cheveux en arrière
    la petite danseuse bizarre se faisait une ceinture,
    avec la fièvre des marais souvenir de promenade
    Animée elle pressait sur ma bouche un buisson.

    * * *

    Gâteaux de sucre rouge renflement en chignon
    où l'église vieille boîte à musique
    parée avec un collier de perles de petit chien
    entra dans ma chambre magnifique.

    * * *

    La nuit mes bras tournoient sur l'herbe
    son sourire scintillait par derrière immobile
    dans la pièce particulièrement silencieuse
    et toujours droite elle s'endormit.



    ÉPOUSE CHEVALET



    Ses feuilles anormales parasite étranger
    Contiennent les faits divers
    dans une compagne lourde de nerfs.
    Le noyer dans l'inconnu banal
    c'est la seule vérité
    plus loin.



    TROUSSE OREILLER



    Un gant noir de deuil devant une glace de jais
    comme dans un vertige d'isolement
    pendu à mon bras
    marchait en peignoir.
    Les fraises des bois dédaigneuses retombent
    par saccades envolées.
    Pendant ce long trajet le drap trop large
    onctueusement enfouit dans sa poche la reliure.



    PÉTULANCE



    L'âme du pape spirituelle fantaisie
    fait entendre un bruit acajou.
    Le pain nourriture d'opinion
    fait un petit bon d'installation électrique
    dans l'âme de la soustraction
    à chaque heure pour les morphinomanes.
    Sujet perdu les petits pains du silence
    dans le tumulte d'Oxford-street
    Est-ce possible le charme d'invoquer Dieu
    d'un symbole nègre.
    Oui, car la vie est l'irruption de la tortue
    à l'œil passionné.
    Coulisse génie de mouche pour rire.
    La machinerie du soldat viole des cubes d'eau
    avec des chaussettes cornemuses.



    BOUCHES



    Azur ivoire ton corps
    Amour à deux mains
    Dors-tu
    Mon amie bien-aimée
    Chaque soir sur la poitrine
    De notre amour.



    ZOIDE



    Entre les deux elle se lève et bande la main
    souriant toujours.
    Elle gouverne la science d'enchaîner
    les degrés de l'eau.
    Elle est le seuil des amitiés particulières
    en nous assignant jusqu'aux larmes
    les traces des faïences sous l'horizon.
    Je suis le monarque fauvette variété
    pudeur de passivité spermatozoïde.
    Inesthétique le matelot pâle
    près du lac sans soleil.



    CEINTURE DE SOIE



    Le peintre ramoneur timbre la cheminée du torrent
    Nous irons l'aider au printemps un brochet sur le béret
    Moissonneurs de la groseille frappée par la foudre
    L'aigrette d'une fraise mûre chante une jolie chanson
    École des girafes des carpes capucines
    Les sapins couvrent le ciel
    Biscuit du cygne je suis allé à Paris
    Sur une côtelette noyée au soleil des économies
    Je porte un jeu de dominos dans un poulet égaré
    Et le chant des tuyaux de gaz
    Amis joyeux ôtent la housse du canapé
    Pour assister par la fenêtre au concert des abeilles.



    CACODILATE



    Sa parade dont l'ébullition a des bornes impitoyables
    faisait cortège d'un œil cacodilate rose vif
    dans ma vie de suralimentation suisse.
    Les chaises longues existaient après la mort
    ce qu'elles pensaient couvre l'abandon c'est net
    tout cela dans un peu de cristal médecin--

    Je m'en fais gloire infiniment des bibelots d'ivoire
    dussé-je souffrir aujourd'hui pendant ce long trajet
    vers le peignoir rose en plis de cierges allumés--

    Abominablement la science comme un dépôt
    limite le cœur avec une invisible caresse
    dans je ne sais quoi, mais en rond--

    Les livres spirales caractérisent d'intimes délicatesses
    de petit Saxe gisant épars partout où se glisse
    la passagère flottante d'isolement chocolat.

    Elle m'a laissé sa main d'hygiène arsenic
    à cette place meurtrie d'accalmie froncée
    comme le foyer d'un nouveau lit nuptial.



    QUOI



    Là-bas ensemble le terrain qui navigue
    demeure mon désir.
    Messagère à petite vitesse d'ardoises
    ouatée de neige blanche
    les bonnes choses d'hiver échappent
    en étoiles comme des cloches à sonnettes.
    Sonnez en momies tapageuses dans le gosier
                                [des colonnes
    comme les nues obscures.



    POISON OU REVOLVER



    Mante religieuse des images intérieures
    espèce de marotte qui gonfle la pudeur
    tous nous avons un petit livre de sournoiserie
    suivant le mécanisme en idole

    Mon clavier de vieille femme infatuée
    avec une tristesse infinie fait la grimace
    traduisant le désir de la roue fébrile
    du drame inscrit dans ma tête

    Musiciens en silhouettes masquées
    goinfres frénétiques des styles fondus
    sur la plage imprimée des champignons
    nous avançons dans la vie géniale

    Comme les saccades du somnambulisme
    trop tard dans ma vie d'alchimiste
    car l'image de soi gravite
    dans le suicide



    LA BONNE



    L'auto-cycliste aux cheveux cuivrés
    féérie
    dont la fantaisie
    était sortie d'une vallée mominette
    protesta le trémolo.
    Lassitudes sereines j'attendais le chef de bureau
    le long de la discussion
    ridicule
    dans une chambre de bonne
    devenue un chou à la crème.
    Si seulement les chaussures orgueilleuses
    comprenaient les améthystes
    avec des plumes de lapins vivants.
    L'affaire en omnibus s'assombrirait
    des explosions du civet de lièvre caméléon.
    Savants futurs des places publiques
    vous vous imaginez que mes yeux
    de vierge nabote
    font la culbute cambrioleuse.



    CHAUSSON DE VISIÈRE



    L'aurore de mon corps contenait tes bras noués
    Loin de mon tombeau en œuf d'autruche
    Je l'épouserai quelquefois en poussant des hurlements
    Ne sois pas silencieuse si je meurs le premier
    Paupières bleues rouillées
    Dents lumineuses
    Comme mon désir ramassé dans l'eau
    Mes reins n'entendent plus nos hymnes
    Sous les ombrages du linge fenêtre
    À l'aube l'indifférence
    de jet d'eau en collier
    Dieu sourit.



    VIDE



    Deux directions contraires à toutes langues
    car les fantômes créent des abstractions
    et développent dans leurs formes parfaites
    les merveilles auxquelles une coquille
    comme on le voit forme entièrement
    la parole humaine

    Dans ses lois propres
    sous l'influence actuelle de la vie
    où l'épuisement intérieur du cœur
    qui survient du dehors
    est le mouvement continu
    qui sépare le Dieu qui se cache

    Selon la volonté des hommes
    les trois rayons impliquent
    que l'atmosphère immobile
    de putréfaction règne sur cette terre
    qui souffre de la nature spirituelle
    comme on le voit.



    MAIGRE



    Belle chanson comme l'on s'amuse sur le siège
    de la sympathie rousse du piano de cuir
    l'exécutant en lunette de flanelle halée
    me dit allons voici la chanson de véranda
    où la jeune fille aimait un petit revolver
    bourré de savoir.
    C'est une chanson de marin des écuries
    au moment sévère sur le vieil instrument
    dans la zone espérée.



    TOUS LES JOURS



    La nuit brille comme des feuilles de verre
    J'ai compris
    Les feuilles se couvrent de nuages
    Nouvelle aventure
    La nuit toute neuve
    Qui se balance en l'air comme une béquille
    Infirme
    Dans la maison je suis sur une petite échelle.



    PERSONNALITÉ



    Ma proportion exiguë
    Ne se trouve pas dans ces régions
    Esclaves des habitudes nègres
    Folie que la sottise montre de nos jours
    Instincts d'enseigner toutes les littératures
    Ils veulent pétrir un génie dans les temples
    Nains de la morale multimillionnaire
    La force musculaire des géants visibles
    À une vie médiocre et criminelle
    La clef des champs jusqu'à l'excès même
    Pour se sauvegarder de ce va-et-vient économique
    Emigrés du monde nos espérances aujourd'hui
    Furent recrutées aux assemblées politiques
    Monter à l'échafaud monter à la tribune
    Ne fait que confirmer cette entrevue
    Depuis des milliers de générations
    Ce qui frappe chez les géants
    C'est surtout la longueur des oreilles.



    BONHEUR



    Je veux que l'objet
    Comme l'alcool païen
    Gribouille l'estomac de la raison
    Et que le chant du coq
    Maudisse le soleil
    Passe-temps du diable
    Lubies quel bonheur
    Je me porte bien
    Au hasard.



    PHARMACIEN CALIN



    Une femme grimace
    Snobisme torture du lit
    Au bord d'une allée
    Sous l'affût d'une position nouvelle
    Elle vivait soumise aux bras d'un passager
    Malfaiteur dans l'étreinte des caresses
    Amoureux marqués des empreintes
    Sans suite
    Dans les nuits leurs visages
    S'amusaient dans le silence
    À travailler quelque ouvrage violon
    Unique sujet ce cri visible
    De l'étrange pudeur d'amour.



    RIRE



    L'autre devant mes yeux chante
    un javelot dans un cadre de nymphe
    au milieu de la nuit du médaillon.

    Ce fut inutile elle ne riait ni ne faisait
    que notre rocaille tomba sur le nez
    dans la liberté du râtelier caprice.

    Grande variété les eaux basses rougeole
    vous vous trompez: chacun d'après un système
    abandonne l'ambition.



    CHANGEMENT DE VITESSE



    Envie folle de prendre dans mes bras
    Le doigt vers le ciel
    Plus loin et plus haut
    Je voulais avec toi faire un petit tour
    Comme un enfant malade qui déraisonne
    Je suis le collaborateur de l'usine
    Qui alésait les cylindres du bonheur
    Mon esprit a des rêves d'hôtels insensés
    D'autres n'ont qu'une maîtresse
    que je n'ai plus
    Le chagrin s'efface plus vite dans la Seine
    Mais une joie égoïste de taxi-auto
    Dans la pente ouatée des étoiles
    Aux grandes lézardes Monaco
    Me fouette le visage dans cette nuit
    Car de fines silhouettes goélands
    Regardent un spectacle unique
    Mon moteur en voyage de noce
    Et mon joli ovaire
    Que je goûte avec moi.



    MOTTES DE GAZON



    L'intelligence de l'amour
    comme il n'est rien.
    J'essaierai sans coquetterie
    l'amour de la faim
    et des épluchures
    infranchissables.



    SUBSTANCE



    Une niche chemine
    Et chatouille le nez du soir essoufflé
    La lampe la plus utile
    Gronde les reflets malades des cages
    Un petit singe à tire d'aile
    La figure dans un tablier
    Cherche sa maîtresse bien élevée
    Avec la casserole brillante remplie de disputes
    Comme c'est amusant d'aller avec rapidité
    Voltiger contre les mouettes
    Gouttelettes mouillées de multitudes grillons
    Les oiseaux commencent ce demi-jour
    Qui tricote son bas
    À l'ombre des escargots
    Dans un jardin acide
    Fortifiant le vent du Nord
    Et enlève la grelotte dans une sébile perchée.
    Plaisir coco pour cacher mes bronches nues.



    EN SUISSE



    La cloche en bas pour mourir longtemps
    C'est signé comme un loir confiture espagnole
    Dans ces montagnes de paille bleue
    Cette clarté change vite du blanc à l'ombre
    Sommets tachés de vert
    Les sapinières de beurre rient pour boire du café
    Un paysan brouillard fétide serre les lèvres
    Pendant que mes pieds pataugent en somnambule
    La boue sévère était louche au soleil
    L'odeur acheva de griller les paysages parisiens
    La nature s'agenouille devant moi.



    BORGNE



    L'illusion des nouvelles
    comme des paysages
    plus beaux
    ressemblent aux amants et amantes.
    C'est le système nerveux
    à l'imagination personnelle
    des plaisirs d'éprouver
    l'impossibilité.



    NÉANT



    Les formes de l'univers sensuel
    participent de la volonté obstacle.
    Les formes mystiques
    sans l'intelligence
    comme les mathématiques
    sont dans les bras l'une de l'autre.



    ODORAT



    La victoire en sauvegardant la liberté dans ma poche
    à cet égard j'estime par des vociférations mon chien
    si le service militaire des déserteurs est accordé

    Le scrutin de la pensée n'a cessé de croiser
    au-dessus avec un chat organique d'esprit fraternel
    animal terrible sous les grands molletons

    Pourtant je m'excite dans l'eau épave
    que des ennuis monotones pieds nus
    les yeux dans les vieux regards amusent

    Scepticisme strophe de bonheur illusion réalisée
    quand on sait avec la peau des papillons vivre
    on y enfonce comme les fleurs du miroir

    C'est trop quelque chose de sensé dans la vie
    sur mon orgueil phénomène de gazon champêtre
    dressé sur l'oubli magique

    Et maintenant s'écoule l'exercice sensuel
    joies de l'amour qui fait souffrir l'inattendu
    géométrie de forme oreille



    ÉCHOUÉ



    Devant moi la petite hauteur hasard
    Galopait merveilleussement dans le lointain
    Mais si changée dans la chambre
    Où une douce lumière est prête à s'éteindre
    Son petit visage que j'avais connu trésor m'apparut
    Sur la corde fixée à des rochers opposés au gouffre
    Et les oreilles bourdonnantes dans l'excès volonté
    Je veux clouer la porte de la chambre silencieusement
    Car toujours sur mon désir que affole le monde
    Je l'ai entendue dans la chambre cachée séparément
    Dans le milieu derrière le buisson invisible de la
                                  [petite hauteur
    Je fourrage dans le sable avec mon visage livide
    Gouttes de sueur engagées sur ce sentier
    Par la main du guide j'expliquerai cela
    Sans appeler au secours car les buissons touchent
                                    [ma poitrine
    Avec une résignation de métal contenu
    Attendre la mort comme pour la défense
    Et enfoncer la porte opposée de la pièce
    Voice le récit de ma fiancée dans la chambre bagatelle
    À onze heures et demie du matin.



    ANECDOTE



    Voyez-vous, je suis fou de me l'imaginer
    Je suis un homme aux doigts agiles
    Qui veut couper les fils des vieilles peines
    Faux plis de mon cerveau anxieux
    Histoires en arabesques souvenirs
    Je ne suis heureux qu'en pleine mer
    Où l'on va plus loin
    Sur les vagues anonymes.



    TÉLÉGRAPHIE SANS FILS



    Ma maladie écoute mon cœur
    Bouton clos des joies perdues
    Je veux en espiègle m'assombrir dans les bras
    De ma jolie maman
    Souvenir du ciel bleu
    Où j'aurais pu me blottir
    Il faut tâcher de tout oublier
    L'agonie du monde en vertige
    De héros qui tournoient
    les valses hideuses de la guerre
    Dans l'atmosphère énigmatique
    Et masquée.



    DESSERT



    Rien que du bonheur et des sensations physiques
    Pour discipliner la volonté sur un bloc-note
    Voilà l'embrocation raide comme un pantin.

    Écoutez-moi qu'il s'agisse d'un assassinat
    Principalement dans la sphère militaire
    Il ne me reste plus rien à dire

    Le front dans les mains je prends la résolution
    À l'aide d'un casse-tête tombé des lèvres
    D'embrasser une Américaine sur un transatlantique

    Quelques gorgées de thé enfiler un pyjama
    La lumière anglaise dans la mémoire
    C'est une enveloppe majuscule

    Qu'on en sente l'odeur le tour est joué
    Sur la surface aux moyens pratiques automobiles
    C'est un problème et bon exercice

    Tous ces clichés là de bien charmantes gens
    Avec leur cerveau sans volonté
    Ont toujours l'air d'un jeu bien habillé.

    Car j'ai appris également le nom des héros
    Et de bonnes tournures photographiques
    Avec le contenu des portes fenêtres.



    OXYGÉNÉ



    Vierge des allusions anxieuses
    L'abbé s'enfuit à Tahiti
    Où un pigeonnier héliotrope
    M'énervait dans le pupitre des cigarettes anglaises
    Dans mes bras la pile énorme
    Couronnée de mouches
    Souille le tramway de sa mère
    Les filles s'abreuvent de cocktails au duvet écarlate
    Au-dessus de sa bouche.



    CAFETIÈRE DE BEURRE



    Les guides à la main semant sa jolie langue
    toute essoufflée avec une gaule amazone
    la montagne bébé ramasse cinquante centimes
    dans le jardin sangsue anémone
    tombée d'une échelle carte postale.
    Le frein de la salade en ceinture de cuir
    une orange à la main souffle sur les vêtements
    du pâtissier qui fait les vendanges à l'hôpital
    du drapeau à la hampe de radis.
    Nous sommes dans le grenier des merles
    où l'aimable araignée porte des pépins
    d'un air fatigué dans la large liqueur
    des gilets en petits vers rongeurs.
    Voltiger en l'air festin de chenille
    c'est le risque du paradis de fer blanc
    suspendu au plafond de la cheminée.



    ODEUR



    Toiles d'araignée lamentables du marquis de faïence
    Tissus emmêlés dans un faux pas en cadence
    Dans sa robe au pied du Christ rose
    La surprise c'était des grands yeux
    Vaguement anxieux comme une huile vénérable
    Engourdis de bonheur dans un jardin unique
    Émotion extraordinaire sur l'ivoire.
    Peu à peu la mer respirait comme on respire
    Et dans une sorte de dédoublement
    Une grande paix de buis projetait vers elle
    L'irrésistible sommation du panorama mortuaire
    Les cheveux en désordre son âme religieuse
    Souriait à mesure que ma vie originale
    Se donnait toute entière
    Comme un soleil de soie
    Architectures magnifiques dans les vagues



    TABLE DES MATIÈRES


    Pape religieux
    Pneumonie
    Cri
    Balançoire
    Petit Zèbre
    Labyrinthe
    Rahat-Loukoums
    Globes électriques
    Fleur coupée
    Vivre
    Helàs!
    Ravi
    Le germe
    Presque fini
    Belladone
    Levrette
    Immenses entrailles
    Peau
    Oiseau Réséda
    Épouse chevalet
    Trousse oreiller
    Pétulance
    Bouches
    Zoide
    Ceinture de soie
    Cacodilate
    Quoi
    Poison ou Revolver
    La Bonne
    Chausson de visière
    Vide
    Maigre
    Tous les jours
    Personnalité
    Bonheur
    Pharmacien calin
    Rire
    Changement de vitesse
    Mottes de gazon
    Substance
    En Suisse
    Borgne
    Néant
    Odorat
    Échoué
    Anecdote
    Télégraphie sans fils
    Dessert
    Oxygéné
    Cafetière de beurre
    Odeur



    Table des gravures

    Vis-à-vis
    Machine de bons mots
    Polygamie
    Égoïste
    Nécessaire
    Cantharides
    Mammifère
    Voyez
    Haricot
    Mâle
    Narcothique
    Machines sans but
    Ventilateur surprise
    L'art impatience
    Hermaphrodisme
    Libellule
    Machine des idées actuelles dans l'amour
    La cuisse





*** End of this Doctrine Publishing Corporation Digital Book "Poèmes et dessins de la fille née sans mère" ***

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